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Le couac
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. [...]
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. Constitué d'une équipe rédactionnelle et de collaborateurs bénévoles, le journal se targue d'être libre et indépendant. Projet mûri entre anciens camarades de Quartier libre, journal étudiant de l'Université de Montréal, Le Couac est fondé par les journalistes aux nombreux chapeaux Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau. Pierre de Bellefeuille agit à titre d'éditeur et demeure à la barre du journal de nombreuses années. Prenant inspiration des éphémères Le Fantasque et La Lanterne, prédécesseurs québécois du XIXe siècle, Le Couac, dont le nom rappelle l'onomatopée du canard, s'inscrit davantage dans la lignée du journal français Charlie Hebdo que du Canard enchaîné. « Le couac » et « le canard », qui peut signifier « journal », peuvent tous deux être associés à un son discordant au sein d'un groupe, le groupe dans lequel Le Couac détonne étant ici l'ensemble de la presse. Le Couac donne son soutien à l'activisme de gauche en dénonçant par la satire, souvent cinglante, l'ordre établi, les réactionnaires, les moralistes, la publicité, le journalisme de masse, les puissants, les injustices, les atteintes aux droits et libertés, les pollueurs, l'économie marchande, etc. Le Couac est en phase avec l'actualité politique, sociale et culturelle québécoise et internationale et montre un intérêt particulier pour les États-Unis. La lutte au terrorisme et ses débordements du début du XXIe siècle y inspirent d'ailleurs plusieurs coups de gueule. En plus des deux fondateurs, un grand nombre de collaborateurs au regard critique et mordant sur le monde participent au journal au cours des années : Pierre Falardeau, Pierre Vadeboncoeur, Louis Hamelin, Marco Silvestro, Isabelle Baez, Jacques Bouchard, Victor-Lévy Beaulieu, Marco de Blois, Michel Rioux, Bruno Dubuc, Francis Dupuis-Déri, François Patenaude, Normand Baillargeon, Simon Tremblay-Pepin. 10 ans de Couacs - Je pense, donc je nuis : les meilleurs articles du mensuel satirique francophone le plus lu en Amérique du Nord!, choix des textes, des brèves et des illustrations par l'équipe du Couac; coordination de Bruno Dubuc, Montréal, Le Couac, 2007, 123 p.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1997-2016
Contenu spécifique :
octobre
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque mois
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Le couac, 2002-10, Collections de BAnQ.

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1 ["Mares p.3 1 \mê Une obsession des pro-américains vue par Michelle Loslier et Francis ^ Xi Dupuis-Déri Éducation Normand Baillargeon explique la bêtise des «bons d'éducation» proposés par l'ADQ International Les «Marines» à Bagdad en janvier 2003, selon Michel Collon I Vol.6 • n° 1 Octobre 2002 3,50$ Coûte, Conte, Réacteur nucléaire au Québec En sécurité à Gentilly ?LE GOUVERNEMENT du Québec entend, à titre préventif, distribuer sous peu des comprimés d'iode aux citoyens qui vivent près de la centrale nucléaire de Gentilly.Le Dr Gilles Grenier, de la Régie régionale de la santé et des services sociaux, s'est vu confier la tâche d'expliquer aux médias, le 27 août dernier, les effets de l'iode pour contrecarrer les cancers imputables à la radioactivité.L'effet de l'iode sur la glande thyroïde ressemble à celui de l'eau dont on gorge une éponge: déjà saturée d'iode, la glande refuse d'absorber de l'iode radioactif.Mais cette technique protège la glande thyroïde seulement.Peut-on compter sur autre chose que l'iode pour lutter contre les radiations?Bien sûr.affirme le docteur à une journaliste de RDI.Et que propose ce brave docteur à la population ?Tout simplement de fermer les portes et fenêtres de la maison.À TQS, aux questions de Jean Lapierre, le même médecin-conseil continue d'enfoncer son clou: «Simplement de rentrer dans les maisons et de fermer portes et fenêtres sont des mesures qui protègent l'organisme entier.Alors les comprimés d'iode viennent tout simplement compléter ces mesures».C'est beau, c'est simple.Fermer la porte.Fermer la fenêtre.Si les habitants de Tchernobyl avaient su.Mais g ct ÎROTO IL LY'> le plus beau, quand on y pense, est qu'une mesure de sécurité pareille évite du même coup aux mouches d'entrer dans les maisons.directement environ 700 personnes ! Sans compter les firmes d'ingénieurs de la région ainsi que les contractuels que nous engageons périodiquement».Donnez-moi un emploi et je vous dessine un réacteur nucléaire.Aucun journaliste n'a semblé remarquer la grossièreté candide des propos du porte-parole des autorités.Peu importent les isotopes en cause dans les radiations émises par un réacteur en perdition, le fait de fermer portes et fenêtres n'a en fait qu'un seul effet : calmer dans l'immédiat l'inquiétude d'individus qui subissent des radiations mortelles ou capables d'entraîner des dommages irréversibles au code génétique.Mais d'ailleurs pourquoi s'inquiéter?De pareilles catastrophes n'arrivent qu'aux autres.Le Québec, en effet, n'a jamais été victime d'un accident nucléaire d'importance.Près de Toronto, en 1983 et en 1994, il y a bien eu des fuites radioactives à la centrale nucléaire de Pickering.Mais Toronto, c'est loin.Au Québec, l'aura de Céline Dion dresse sans doute un bouclier infranchissable.Au Nouvelliste, le 5 septembre, un ingénieur de Gentilly-2, Jonathan Aubin, précisait ce qui, au fond, compte le plus pour des gens qui, comme lui, travaillent auprès d'atomes en folie: «À elle seule, Gentilly-2 emploie Mais d'ailleurs pourquoi s'inquiéter?De pareilles catastrophes n'arrivent qu'aux autres.Au fond, ajoutait l'ingénieur Aubin, il s'agit d'une « industrie» comme les autres.Une « industrie» qui a sa part d'accident.«[ll| s'agit, oui, de catastrophes, mais somme toute d'accidents bien comparables aux autres types d'industries.» À Tchernobyl, la fission du cœur du réacteur a libéré dans l'environnement seulement 3 % de ses matériaux radioactifs.Au moins 155 000 kilomètres carrés ont été contaminés.Près de 400 000 personnes ont dû être déplacées.Depuis 1991, l'Ukraine, la Biélorussie et la Russie ont dépensé environ 20 milliards de dollars pour corriger la situation.Pour les trois décennies à venir, le coût total des dommages est estimé à plusieurs centaines de milliards de dollars.L'Allemagne, la Suisse, la Suède et les Pays-Bas ont décidé que le nucléaire n'avait pas sa place chez eux.Toujours bien avisé en matière d'environnement, le texan Georges Bush a cru bon pour sa part de relancer l'«industrie» nucléaire des États-Unis.Et au Québec, puisqu'on peut fermer portes et fenêtres, dans des maisons conçues du reste pour les grands froids, on peut certainement tout attendre dans le calme, y compris un hiver nucléaire.JEAN-FRANÇOIS NADEAU (AVEC LA COLLABORATION DE GUY NADEAU) Poutre dans l'œil Onze unversitaires signaient une lettre dans Le Devoir (13-02) pour dénoncer les manifestants «violents» à l'Université Condordia qui auraient malmené de tranquilles citoyens sous « les yeux impuissants des policiers ».Des policiers aux yeux impuissants, fallait vraiment se mettre à onze pour trouver une si belle image.Et quand ils matraquaient et utilisaient le poivre de Cayenne et des gaz lacrymogènes à l'intérieur même de l'université, avaient-ils les yeux ouverts ou fermés, ces pauvres policiers?La liberté d'expression des oppresseurs Le 9 septembre, Benjamin Nétanyahou n'a pas pu donner une conférence à l'Université Concordia à cause des manifestants qui s'oppo- sion et au progrès des idées.» Pour peu, les larmes nous montaient aux yeux.En fait, il est assez ironique que l'ex-premier ministre d'Israël de 1996 à 1999 se réclame de la liberté d'expression, puisque sous son gouvernement, non seulement les partis palestiniens et les rencontres politiques furent interdites, mais la torture fût légalisée et appliquée largement sur des individus qui auraient bien aimé, eux aussi, avoir un peu de cette liberté d'expression.Sans parler du fait que la seule posses- pager la parole, puisqu'il propose des solutions si originales et efficaces pour régler les conflits.Lorsque les citoyens manifestent contre le fait qu'on accueille Suharto au pays à cause du génocide dont il est responsable, affirme-t-on qu'il s'agit d'un geste anti-Indonésien?La manifestation à Concordia visait un individu responsable d'atrocités qui devrait être jugé pour ses crimes.Les médias donnent dans la paresse intellectuelle lorsqu'ils qualifient cette manifestation de pro- saient à sa venue.Prisonnier du Ritz-Carlton (comme le titrait le journal Le Devoir), l'ancien Premier Ministre d'Israël a affirmé que sa liberté de parole avait été brimée et a qualifié ses opposants d'émeutiers.L'histoire a vite été montée en épingle par la plupart des médias.Agnès Gruda, de La Presse, titra que le pauvre Nétanyahou fût «muselé» De son côté, Paule Des Rivières, du Devoir, en donnait plus que le client en demande dans son éditorial intitulé «Le droit de s'exprimer» en affirmant que « Les manifestants ont réussi leur coup, faisant ainsi triompher l'intolérance dans une institution vouée à l'expres- sion d'un drapeau palestinien constituait un crime sous le règne de Nétanyahou.Ce monsieur ne manque pas de tribunes pour s'exprimer.Son discours est déjà bien connu.Il s'oppose catégoriquement à la création d'un État Palestinien et à toute forme de pourparlers de paix.Il prône la solution militaire et, par conséquent, un élargissement du conflit.Que disait-il le lendemain au cours de sa conférence à Ottawa?Que non seulement nous devrions bombarder l'Irak sans tarder, mais que nous devrions aussi songer à faire de même avec l'Iran et la Syrie.Voilà un homme dont on devrait pro- Palestinienne, laissant sous-entendre par conséquent qu'elle était anti-Israélienne.S'opposer à Nétanyahou, c'est s'opposer à un être assoiffé de sang, à une façon de gouverner fondée sur la terreur et l'oppression.Savez-vous qui commanditait cette tournée de l'ancien chef du Likoud ?Izzy Asper le propriétaire de CanWest-Global, celui qui a voulu imposer à 14 journaux, dont le Ottawa Citizen et la Gazette, un éditorial unique par semaine, écrit de ses quartiers généraux de Winnipeg.BOB L'ABOYEUR ET WON D.RANGER Attaquer l'Irak «Oui.Tout comme les Afghans, les Irakiens accueilleront les soldats américains en libérateurs.» (Gil Troy prof d'histoire à l'Université McGill La Presse 14-9-2) C'est sans doute parce que les Afghans sont très contents que les combats s'éternisent et qu'Hamid Karzaï d'UNOCAL, le roi-nègre de Kaboul, vient d'échapper de justesse à un attentat à la bombe.Les Afghans sont tellement contents en fait, que Karzaï doit avoir recours à des gardes du corps état-suniens pour assurer sa sécurité, faute de gardes afghans fiables.Logique Selon «Le bulletin de santé des hôpitaux du Québec», l'hôpital de la Baie des HA1HA! reçoit deux fois la note A.Ah bon.Attention Frustrés de ne pas avoir été candidats pour le prix Nobel de la paix, Bush II et son pote Sharon se préparent à bombarder la Suède.Une évidence « The proof is the proof and when you have a good proof it's proven.» (Une preuve est une preuve et quand vous avez une bonne preuve, c'est prouvé).- Jean Chrétien à propos du manque de preuves pour attaquer l'Irak.* Le Couac, octobre 2002, page 2 Pendant ce temps, en Afrique C'est un monde désaxé 11 septembre 2002.Un signet repère la date dans bon nombre d'agendas africains.Pas comme la flamme perpétuelle d'une commémoration.Plutôt comme un pense-bête collé sur un réfrigérateur, pour ne pas oublier un programme télé.Un an plus tôt, les attentats du 11 septembre étaient, pour l'Africain moyen, d'abord un spectacle.Celui que les chaînes occidentales déversaient sur les antennes «relais» du continent noir.Nord et Sud étaient enfin égaux dans le voyeurisme, avec la nuance qu'apporte le recul.Celui de la distance, celui de la virtualité et celui de la mise à l'écart.Distance: les tours jumelles ne faisaient pas partie de ce patrimoine qu'on croit universel, comme la Tour Eiffel ou la Muraille de Chine.Virtualité: ce Pentagone, c'est le même qui abrite, dans les films, les héros aux faciès prognathes qui tentent d'éradiquer d'identiques déflagrations d'un terrorisme .de fiction.Mise à l'écart: les États-Unis ont en commun avec les soutiens financiers ou hospitaliers de leurs agresseurs un désintérêt certain pour l'Afrique; même lorsque le dirigeant sénégalais, Abdoulaye Wade, met à la disposition des États-Unis meurtris les neurones et les réseaux de ses homologues.Dans les pays d'Afrique francophone, on porte parfois un tee-shirt « Ben Laden » comme on s'habille du visage de Tyson ou d'une star d'un feuilleton brésilien.Pas comme on arbore Che Guevara.Du calendrier «Al-Qaïda» venu du Nigeria, on se sert comme.d'un calendrier.Pas d'un outil de propagande Lorsqu'on entend «Ben Laden-là, il est trop fort-même», ce sont les propos d'un ivrogne qui commente le combat des « axes du mal et du bien» comme un match de foot.Ou peut-être ceux d'un membre d'une obscure association islamique nigérienne qui ne représente qu'un quarteron de militants.Le terrorisme homologué par les chaînes de télévision américaines est réducteur.Il est de préférence islamiste et basané, le visage de Timothy McVeigh - terroriste made in US - ayant vite été zappé.Il s'offre parfois des décors tropicaux, mais ne flirte guère avec l'Afrique noire.Quand Carlos -si ringard aujourd'hui - foule le sol soudanais, c'est en transit prolongé.Quand des bâtiments explosent à Dar es-Salaam, c'est dans la seule zone de la capitale qui n'est pas tanzanienne: celle d'ambassades.Bien sûr, les Africains ont aussi «leur» terrorisme, celui qui rime rarement avec Islam, et jamais avec débauche de moyens.Mais une rébellion sierra-léonaise qui coupe les membres des enfants comme d'autres enfants arrachent les ailes des mouches, ça ne fait pas écho aux fantasmes des scénarios de la Warner.Le 11 septembre 2002, l'Afrique oubliera un peu ses plaies en s'abreuvant des «sons et lumières» d'outre-Atlantique.Censément, si les Américains ne retiennent que le pire de l'Afrique, l'inverse est aussi vrai.D.G.(source: \ournal du \eudi, 29 août-4 sept.) Nigeria: Miss Charia condamnée à mort ! Le concours Miss Monde 2002, qui doit avoir lieu en novembre dans la capitale nigériane Abuja, est l'objet de vives critiques de la part de plusieurs groupes islamiques, qualifiant l'événement de «parade de nudité qui va à l'encontre de toutes les religions et des cultures civilisées».Il faut dire qu'en matière de «civilisation» le Nigeria est en tête: la condamnation à mort par lapidation d'Amina Lawal - jeune femme coupable d'avoir eu un enfant hors mariage - a été confirmée le 19 août dernier par la cour d'appel islamique de Funtua.Elle devrait être exécutée après le sevrage de sa petite fille, au mois de janvier 2003.Amina Lawal confirme qu'elle ne prétend pas au titre de Miss Nigeria.STÉPHANE BOU ET SÉBASTIEN BAUVET (Charlie Hebdo) COURRIER DES LECTEURS Le «prisonnier» du Ritz Ils nous ont traités de nazi, de violents.Et cet homme qui a sa voix à la Maison Blanche et dans tous ces palais d'injustice, cet homme qui prône le génocide, il a sa chambre au Ritz et ose s'en plaindre.Quelque part dans le monde les gens sont fous: ils laisseraient encore Hitler faire ses discours et tous ceux et celles qui ont perdu des gens sous les ordres de cet homme se feraient bastonner au nom de la liberté d'expression.la légalisation, parlent des méfaits de la mari, sans la comparer à aucun autre psychotrope ou drogues légales! .Voilà qu'ils (elles) concluent que la mari doit demeurer «Criminelle».©2002 tout droits réserves fouduvillage$exc!Se.com Exi Mo gez le cannabis gouvernemental t 1ns fort, plus cher, pas d* c««l»r Judiciaire I |4r| Ministère du cannabis l'arrête et on le juge.Pourquoi ne pas «attendre» que le consommateur de pot fasse un VRAI CRIME avant de l'arrêter?Il y a déjà des lois contre la délinquance, le vol, le viol, le meurtre etc.Je suis un consommateur occasionnel et ça me dérange beaucoup d'être un «criminel» AV A N T preuve du contraire.Les policiers font croire aux gens qu'il faut faire la vie dure à une plante ! C'est la vie de vraies personnes qui est gâchée en prison.Leurs vrais enfants qui sont garo-chés dans des centres d'accueil.Merde à Benjamin Netanyahu, merde à ce recteur de Concordia, merde à Gérald Tremblay, merde à Izzy Asper et merde aux futurs éditos de Mario Roy à notre sujet.Marie-Pier Frappier Contre la mari?Ceux qui débattent de la question en prenant position contre Chers concitoyens et concitoyennes, vous qui êtes contre la la mari : Ce n'est pas les plants de pots que les policiers mettent en prison.Ce sont des HUMAINS! Des personnes qui vont se faire « enrichir» d'un séjour en prison : Brasser leurs frustrations et s'enfoncer dans la pire culture du crime et des drogues, pires que la mari.|.| Si un consommateur de bière ou de tabac commet un crime on Limageur écrivez-nous Le Couac publie les commentaires de ses lecteurs.Les textes doivent être courts.Le courrier électronique demeure la meilleure façon (texte@lecouac.org) Sinon une disquette par courrier postal: Le Couac, CP 129 Suce de Lori-mier, Montréal (Québec) H2H 2N6.Télécopieur: (514) 521-5599.Le Couac c.p.129 Suce, de Lorimier, Montréal, Québec, H2H 1V0 Téléphone: (514)521-5499 Télécopieur: (514) 521-5599 Fondé en 1997 par Pierre de Beliefeuille et Jean-François Nadeau Rédacteurs en chef de ce numéro: Bruno Dubuc, David Ledoyen Collaborateurs: Bob l'Aboyeur, Normand Baillargeon, Gilbert Balsamo, Sébastien Bauvet, Pierre Beaudet, Pierre de Bellefeuille, Oncle Bernard, Stéphane Bou, Jacques Bouchard, Michel Collon, Clôde de Cuise, Francis Dupuis-Déri, Michelle loslier, Guy Nadeau, Jean-François Nadeau, Monique Page, Yvon D.Ranger, Aude Ribis, Mohamed Smith-Gagnon, Valentin Tardi, Pierre Vadeboncoeur, Ramon Vitesse.Illustrations: Boris, Charb, Filio, Luc Giard, Honore, Luz, Serge Ferrand, Richard Suicide, Ramon Vitesse.» Graphisme: France Mercier alias Marguerite Binette Nous remercions chaleureusement Charlie Hebdo et Le Rire (France) et Le journal du leudi (Burkina Fasso) pour leur collaboration.Abonnement et publicité: David Ledoyen au (514) 521-5499 •ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec Le Couac en faveur de la mondialisation ! Nous venons d'entériner une très importante entente avec l'hebdomadaire Le \ournal du \eudi, un journal indépendant polémique et satirique du Burkina Faso (www.journaldujeudi.com).Nous reproduisons depuis le précédent numéro des textes de ce journal, qui pourra publier en retour des textes du Couac pour informer les Burkinabé des dernières aventures de Mario Dumont, Richard Martineau, Véronique Cloutier, etc.Le Couac avait déjà une entente similaire avec le journal satirique français Charlie Hebdo.Les démarches auprès du Wall Street journal se poursuivent.^ PLOGUES Squat ! Une lutte pour un toit Été 2001 à Montréal, en pleine crise du logement, une cinquantaine de squatters entreprennent le développement d'un projet alternatif de squat qui est peu à peu mis en péril par l'administration municipale.Dans le style cinéma direct, Squat! est un documentaire choc qui nous plonge au cœur de la réalité d'un squat politique et qui nous amène à voir des êtres à part entière avec leurs rêves, leurs luttes et leurs espoirs.Une œuvre cinématographique percutante de Eve Lamont, réalisatrice indépendante (Méchante )ob, 2001), qui joint son regard et ses convictions aux gens dont la réalité, l'expression et les droits sont occultés dans nos sociétés marchandes.À l'affiche du 27 septembre au 8 octobre au Cinéma Parallèle (Ex-Centris), 3536 boul.St-Laurent.Les représentations ont lieu à 15h30 et 19h35 Enquête fictive sur des militants bien réels Côté fiction maintenant, le Gambit du Fou est un film à petit budget qui n'a toutefois rien à envier aux blockbusters hollywoodiens: avec sa finale apocalyptique faisant appel à 6 000 comédiens-policiers et plus de 50 000 figurants-manifestants, il reconstitue le Sommet des Amériques de Québec avec un réalisme troublant ! Mais Le Gambit du Fou, c'est aussi une chronique documentaire sur des anarchistes, des entartistes, des intellectuels, des gens qui œuvrent dans la presse alternative (dont Le Couac!), qui préconisent la désobéissance civile ou l'action directe, etc.Bref, des militants qui nous font découvrir l'envers de la propagande officielle à travers un suspens mélangeant fiction et réalité, partie d'échecs et film policier de série B.Visitez donc le site web www.legambitdufou.org pour connaître les dates de la sortie prochaine de ce docu-fiction (il sera en tournée au Québec cet automne) où l'énigmatique Mohamed Smith-Gagnon affronte le non moins ténébreux Yvon D.Ranger dans un duel à finir! Grève continentale Du 27 octobre au 1er novembre 2002 se tiendra à Quito la septième rencontre ministérielle de la ZLÉA avec pour objectif d'établir un consensus concernant l'accès aux marchés et les modalités de tarification aux frontières, le tout faisant partie du nouveau cycle de négociations post-Québec pour l'adoption de la ZLÉA.Parallèlement à la mobilisation qui s'organise à Quito, au cours de laquelle des membres de mouvements sociaux des Amériques convergeront pour participer à des forums de résistanœ sous le thème de « Oui à la vie, Non à la Zléa », tout le milieu estudiantin est invité à participer à une grève le 31 octobre et le Ier novembre.Parce que l'éducation et l'environnement ne sont pas des marchandises, parce que notre continent n'est pas un vaste marché à exploiter au profit des entreprises multinationales, faisons savoir aux chefs d'États notre opposition à la ZLÉA! Pour plus d'information: Association Syndicale Étudiante (UQAM).- 987-3000 poste 2760 ou le site de la Campagne Continentale : www.movimientos.org/noalca/ POUR S'ABONNER Par téléphone: (514) 521-5499 Par la poste: Le Couac CP.129 Suce, de Lorimier, MONTRÉAL (Québec) H2H 2N6 Adressez votre chèque à : Le Couac.Abonnement d'un an : 28$ + taxes = 32,20$ Abonnement de deux ans : 50$ +taxes = 57,50$ Abonnement institutionnel et de soutien: 50$ + taxes = 57,50$ Abonnement de groupe d'un an (10 copies par parution) : 220$ + taxes = 253,00$ Abonnement d'un an à l'étranger: 46$ Nom Adresse Code postal Courriel_ .Téléphone NATIONAL Le Couac, octobre 2002, page 3 L'obsession de «l'obsession anti-américaine » En 1993, Mario Roy a publié un pamphlet intitulé Pour en finir avec l'anliaméricanisme (Boréal).Aujourd'hui éditorialiste à La Presse, Roy critiquait vertement, dans son pamphlet, ceux qu'il accuse d'antiaméricanisme « primaire».Et depuis, chez l'éditorialiste, le sujet ne tarit plus : il est repris à toutes les sauces.L'anniversaire 911a offert à Roy une occasion en or pour vilipender, encore une fois, les supposés adeptes de l'«antiaméricanisme».Pas tant ceux du Moyen-Orient que ceux de l'Occident: les Québécois, les Français, certains Américains infidèles.Évoquant notamment les auteurs Noam Chomsky et Micheal Moore, Roy constate: «On assiste ici à un phénomène qui, un an après les attentats, s'avère en être une des retombées majeures: la renaissance à l'échelle mondiale, y compris en Amérique, d'une profonde - et parfois délirante, voir Meyssan - haine anti-américaine.» (La Presse, 7-11-02) Dans le même texte, Roy cite son idole |ean-François Revel, auteur de L'Obsession anti-américaine (Pion, 2002): «Le mystère de l'antiaméricanisme n'est pas la désinformation - l'information sur les États-Unis est très facile à se procurer - c'est la volonté d'être désinformé».Critiquer les politiques américaines, donc, c'est de la haine et de la désinformation.Pourquoi ne pas dire tout de suite que c'est du terrorisme?Dans la foulée de l'anniversaire 911, les collègues de Mario Roy, chez Power Corporation-Gesca, veulent tous y mettre du leur et se joignent à Roy pour former un chœur.La chanson-thème: l'antiaméricanisme.André Pratte, tête éditoriale de La Presse, fait le lien entre le vilain militantisme et l'antiaméricanisme.11 évoque les militants écologistes qui ont hué le secrétaire d'État américain au Sommet de Johannesburg: «Comme tous les exercices du même genre depuis quelques années, ce sommet a donc viré au défoulement anti-américain.» (5-11-02) Quant à Alain Dubuc, du Soleil, il se désole encore du fait que les Québécois critiquent les Américains, même après le tragique 911, ce qui révélerait « une facette de la mentalité québécoise bien troublante, un antiaméricanisme latent assez fort pour émousser les réflexes élémentaires de solidarité.» (7-11-02) Dubuc clôt son éditorial en nous rappelant que nous s\ommes «tous américains».De la hauteur de vue, comme d'habitude.Dans les «salons huppés de la gogauche», renchérit Lysiane Gagnon de La Presse, «{.) paradoxalement, le 911 a déclenché un incroyable déferlement de haine contre les États-Unis.Le marxisme est disparu, il n'en reste que la lie, dont cet antiaméricanisme primaire et stupide.» (10-11-02).De la lie de marxisme.Voilà de quoi on s'abreuve, si on critique les USA.C'est tout simple.Chose plus inquiétante, l'anti-américanisme est associé - et pas subtilement - au fascisme, Roy et Gagnon laissant entendre que le premier est aussi monstrueux et injuste que le deuxième.Nazis et anti-impérialistes : le même combat, bien sûr.«À cette époque [1930], au Québec, l'antiaméricanisme était surtout le fait d'un clergé sympathique aux fascismes européens, vaguement antisémite, méfiant à l'endroit de la démocratie et de la modernité, tenté par le repli famille-travail-patrie [.).Or, curieusement, ce vieux discours antiaméricain n'était pas essentiellement différent de ce qu'il est, aujourd'hui, au sein des couches éclairées et progressistes que nous avons vues (.] occupées à ressusciter le relativisme postmoderne.» (Mario Roy, La Presse, 6-10-01) Jolie stratégie que de faire passer son propre produit idéologique pour de l'analyse historique! Cela donne aussi des ailes à la pensée déjà aérienne de Lysiane Gagnon : « Le discours de Le Pen est calqué sur celui des fascistes des années trente.Tous les thèmes y sont: l'antisémitisme larvé, la xénophobie, le nationalisme revanchard et isolationniste, la nostalgie du catholicisme traditionnel et l'antiaméricanisme.» (La Presse, 4-5-02) Et Mario Roy, qui radote inlassablement: «|C)ette haine |envers les États-Unisl transcende les clivages politiques.Historiquement, elle est née du côté de la droite et de l'extrême droite: le clergé au Québec, le milieu de la finance au Canada anglais, les mouvances plus ou moins fascistes en Europe.Mais, sans cesser de nourrir l'extrême droite, cette haine a traversé le spectre politique.» (Mario Roy, La Presse, 8-11-02) Qu'on se le tienne pour dit : la menace antiamé-ricaniste plane sur le monde juste.Et pour être taxé d'antiaméricanisme, il suffit d'oser rappeler que, malgré le 911, les Américains ne sont pas des victimes blanches comme neige.MICHELLE LOSLIER Jeux de maux: Antiaméricanisme Pendant l'année qui a suivi les terribles attaques contre les États-Unis, nombre d'intellectuels se sont lamentés devant ce qu'ils identifiaient comme une montée de l'«antiaméricanisme».C'est vrai que des sentiments pas très tendres, envers les États-Unis se sont exprimés depuis le 11 septembre 2001.Nombreux sont ceux qui déclaraient: «Bien fait pour leur gueule ! ».Et lorsqu'en France, le célèbre et très sérieux journal Le Monde titrait un éditorial par «Nous sommes tous Américains», il fut inondé de lettres de lecteurs disant: «Hé, oh! Vous, peut-être, mais pas moi!».Inutile de le nier: il existe une tendance à juger en bloc cet empire alors qu'il s'agit d'une société extrêmement diversifiée, bien évidement multi-culturelle, et mettant de l'avant des idées et des pratiques politiques hétérogènes.Le cas de Noam Chomsky -un critique virulent des États-Unis mais Américain lui-même et vivant à Boston -permet de mieux comprendre toute l'ambiguïté qui se cache dans l'accusation d'«anti-américanisme».L'expression, clairement péjorative, évoque des attitudes telles que le racisme, le sexisme, l'antisémitisme et un sens du jugement défaillant, surtout quand on souffre d'«anti-américanisme primaire» (en est-il d'autre que primaire?, se demandait fort justement Pierre Foglia).Chomsky n'est pourtant pas «antiaméricain» car il ne critique pas l'Amérique en soi, mais plus précisément les politiques du gouvernement américain.Et Chomsky critique ce gouvernement au nom même des principes fondateurs de l'État américain: la liberté, l'égalité, la solidarité et le droit.Il reproche au gouvernement américain d'utiliser ces principes de façon hypocrite puisqu'il cherche à tisser des alliances avec l'Arabie Saoudite et le Pakistan, deux pays gouvernés par des despotes, ou à commercer avec la Chine populaire, véritable dictature totalitaire sous verni communiste.Est-ce donc de l'« antiaméricanisme» que de dire que les États-Unis devraient avoir l'accord du Conseil de sécurité de l'ONU avant d'attaquer l'Irak, d'affirmer que Bush 11 n'est pas très futé, de souligner qu'il y a des conflits en Afrique qui font des milliers de morts par semaines et dont aucun médias ne parlent, de rappeler que Ben Laden fut financé par les États-Unis pour combattre les Soviétiques en Afghanistan dans les années 1980, de mentionner que l'Irak est un des plus grands producteurs de pétrole et que plusieurs membres du cabinet de Bush II ont déjà travaillé pour de grandes compagnies pétrolières?Enfin, comme un concept stimulant sait en appeler d'autres, il faudrait se deman-der si l'attaque contre l'Afghanistan relevait d'un certain «antiafghanistanis-me» et si la Maison Blanche fait preuve aujourd'hui d'« an-tiirakianisme », deux concepts assurément voués à un avenir glorieux.FRANCIS DUPUIS-DERI Amende Fin août, la direction de la Grande bibliothèque du Québec, actuellement en construction dans le centre ville de Montréal, annonçait que les travaux avançaient plus lentement que prévu et que l'ouverture serait retardée d'un an.Si les bibliothécaires comptent 25 cents par jours de retard, l'amende sera salée.Toponymie La Cité du commerce électronique de Montréal qui devait compter neuf tours de bureaux parvient difficilement à trouver des locataires pour remplir les deux premières tours.Du coup, le projet est revu à la baisse et on pense changer le nom de «Cité» par celui de Patelin du commerce électronique.Bunker: un bide e Couac adore la satire (télésérie Bunker le cirque.Le Couac devrait donc adorer la Mais ce n'est pas le cas, tout simplement parce que Bunker est un bide.La bonne satire est intelligente et subtile.Bunker est bête et grossier.Un ou deux gags ne suffisent pas pour faire de la bonne télévision.C'est mal pensé, mal écrit, mal mis en scène.Seuls les comédiens méritent une bonne cote, qui réussissent à jouer convenablement un texte peu jouable, surtout Louise Marleau qui crée un personnage cohérent.Les auteurs, Luc Dionne et Pierre Houle, connaissent mal le milieu politique.Ils devraient par exemple savoir que ceux qui ont le goût du pouvoir ne l'affichent surtout pas.Mais c'est la Société Radio-Canada, compagnie de la couronne fédérale, qu'il faut blâmer de mettre en ondes cette caricature grossière, à une époque où nos institutions politiques souffrent d'un profond discrédit et où les gens responsables s'efforcent d'identifier les vrais problèmes et d'y remédier.Radio-Canada, qui brillait jadis dans ce qu'on appelait les affaires publiques, fait aujourd'hui de la désinformation.Serait-ce parce que les élections approchent au Québec?PIERRE DE BELLEFEUILLE d'idées Le Parti libéral du Québec promet une baisse d'impôt de 27%.Pour se démarquer, l'ADQ proposera sans doute 28% et le PQ 26%.Référendum Le Parti libéral du Québec devrait tenir un référendum pour savoir si «oui» ou «non», le parti doit se séparer de son chef Jean Charest.La longue marche Une petite recherche dans les archives du Devoir révèle que l'éditorialiste de choc Paule des Rivières a utilisé l'expression «un pas dans la bonne direction» pas moins de.26 fois.À ce compte là, on devrait s'approcher du but.Surtout que depuis, elle a discuté de la manifestation à l'Université de Condordia contre Benjamin Nétanyahou et de la décision de l'association étudiante d'accepter de participer à un débat sur la liberté d'expression, ce qui serait selon elle «un pas dans la bonne direction» (Le Devoir, 12-09) Vingt-sept pas dans la bonne direction, de quoi être essoufflé.Reste à savoir si ce débat sur la liberté d'expression est un «faux débat», expression qu'a utilisée plus de 20 fois depuis le début des années 1990 Alain Dubuc, ex-éditorialiste en chef à La Presse et aujourd'hui exilé au Soleil.Parmi ces faux débats, on notera « le faux débat du déficit zéro » (La Presse, 14-12-96) et le « faux débat» de la privatisation de l'eau (Le Presse, 22-05-96).Quant à Paule des Rivières, elle aurait avantage à ne pas regarder toujours dans la même direction : elle découvrirait alors que ce sont les policiers et non les étudiants qui les premiers ont «recouru à la violence» à l'Université de Concordia.Les manifestants s'étaient donné comme mot d'ordre de pratiquer une obstruction non-violente mais ils ont perdu leur calme après que les policiers aient commencé à arrêter de façon musclée des organisateurs de la manifestation et à matraquer et asperger de poivre de Cayenne des manifestants assis calmement dans les escaliers.Il s'agit là d'une dynamique bien connue des sociologues qui analysent les manifs : des manifestants tendus mais calmes sont provoqués par les policiers et répliquent à la violence policière puis se font accuser d'avoir manifesté dans la violence par les autorités politiques et les éditorialistes qui écrivent toujours dans la bonne direction.Mais sans doute dira-t-on qu'il s'agit là d'un faux débat.MOHAMED SMITH-GAGNON INTERNATIONAL Le Couac, octobre 2002, page 4 Mensonges médiatiques Ce mois-ci, notre collaborateur Jacques Bouchard s'est amusé à colliger quelques histoires de propagande médiatique récemment rendues publiques.Après la lecture de ces petites joyaux de fabrication du consentement, vous n'écouterez plus jamais CNN de la même façon.Irak : crimes de guerres et relations publiques «Oh corne on.Who gives a shit.»' La guerre menée par les États-Unis contre les citoyens des pays les plus pauvres de la planète pour s'emparer de leur pétrole et autres richesses naturelles, se déroule sur deux fronts.Sur les champs de bataille d'Amérique du Sud, d'Afrique, d'Asie Centrale et du Moyen-Orient en premier lieu, mais plus encore sur le front intérieur, à coups de mensonges, de propagande et de désinformation.Les stratèges du Pentagone n'ont pas oublié qu'ils ont perdu la guerre du Vietnam dans les médias, en particulier à la télévision Depuis cette défaite, les militaires ont pris l'habitude de fabriquer des images virtuelles pour alimenter notre société téléphage, et travailler l'opinion publique selon leurs désirs.Devant la menace d'attaque de plus en plus imminente pesant contre l'Irak, le Christian Science Monitor{6-9) rappelait à ses lecteurs les mensonges de la propagande guerrière ayant servi pour faire accepter l'Opération Tempête du Désert, la Guerre du Golfe de 1990-91.À la mi-septembre 1990, le Pentagone, grâce à des photos satellites top secrets, estimait à 250 000 hommes et 1 500 tanks les forces armées irakiennes stationnées à ses frontières.Le St-Petersburg Times de Floride avait alors réussi à obtenir des photos de la même région, prises au même moment par un satellite privé soviétique.Pas l'ombre de troupes irakiennes en vue, seulement le sable du désert Le Times tenta sans succès à trois reprises de confronter le Secrétaire de la Défense d'alors, et aujourd'hui, vice-président Dick Cheney, obtenant pour toute réponse : « Fiez-vous à nous» Cette prétendue accumulation de troupes menaçant l'Arabie Saoudite a servi de « justification » à l'attaque de l'Irak.Les photos satellites sont encore top-secret aujourd'hui.Voilà sans doute pourquoi le Pentagone a acquis l'exclusivité des images de la totalité des satellites privés survolant l'Afghanistan avant d'attaquer ce pays.L'Irak a envahi le Koweït en août 1990 Une semaine avant, Amnesty International accusait le gouvernement koweïtien (la famille royale) d'avoir emprisonné sans procès et torturé les dissidents politiques C'est dans ces circonstances que le gouvernement en exil devait vendre sa guerre à l'opinion publique des pays industrialisés, surtout aux États-Unis.Comment convaincre le public que Saddam Hussein, cet ancien allié de la guerre contre l'Iran de Komeïny qu'on avait armé jusqu'aux dents en échange de pétrodollars, était soudainement devenu le diable incarné?Et la monarchie pétrolière koweïtienne une démocratie naissante qu'il fallait soutenir?Comment transformer une sale guerre permettant de défendre le monopole pétrolier d'un gouvernement antidémocratique en cause humanitaire nécessaire pour maintenir l'économique mondiale en santé?Une fondation à but non lucratif fut créée: Citizen for a Free Kuwait.Ça sonne mieux que Reinstate Monarchy in Kuwait, n'est-ce pas?La monarchie pétrolière koweïtienne y injecta plus de 10 $ millions.La noble cause fut confiée à Hill & Knowlton, la plus grosse multinationale des relations publiques au monde.Craig Fuller, alors président et directeur exécutif de la firme, avait été le chef de cabinet de George Bush père au moment où ce dernier était vice-président de Ronald Reagan et trafiquant d'armes et de drogues (voir Irangate).Thomas Ross, le vice-président de la boîte, avait été porte-parole du Pentagone sous limmy Carter.La tâche de vendre cette sale guerre fut confiée à Lauri Fitz-Pegado, ex-agente de renseignement du département d'État devenue spécialiste des dossiers délicats auprès des gouvernements étrangers désirant jouir des bonnes grâce$ de Washington.Fitz-Pegado a défendu, entre autres, les intérêts de Bebé doc Duvalier, l'ex-dictateur de Haïti, et ceux du trafiquant d'armes Adnan Khashoggi.La firme de relations publiques lança une vaste campagne de propagande, fit signer des pétitions, distribua des milliers d'autocollants et de T-shirts Free Kuwait gratuits sur les campus universitaires.Elle organisa de nombreux comités « d'experts », multiplia les conférences et les communiqués de presse, publia The Rape of Kuwait un livre de 154 pages sur les prétendues horreurs du régime de Saddam, etc.Malgré tout, l'appui à la guerre demeurait assez mitigé Le 5 septembre 1990, le London Daily Telegraph prétendit qu'un exilé koweïtien aurait déclaré avoir vu des bébés prématurés sortis des incubateurs dans les hôpitaux L'histoire fut reprise sans vérification par d'autres médias autour du monde.Fitz-Pegado sauta sur l'histoire et décida d'en faire « l'hameçon » de sa campagne de propagande.Pour donner du poids à ses mensonges, un comité sénatorial bidon fut créé, le Congres-sionnal Human Rights Caucus.Le moment décisif des auditions eût lieu le 10 octobre 1990 alors que Nariyah, une jeune koweïtienne de 15 ans, livra en sanglotant un témoignage poignant devant les caméras de ce comité bidon aux dehors officiels Témoignant uniquement sous son prénom, sous prétexte de protéger des représailles sa famille demeurée au Koweït, Nariyah jura avoir vu des soldats irakiens sortir les bébés des incubateurs de l'hôpital de Koweït City pour « les laisser mourir de froid sur le plancher glacé».Hill & Knowlton inonda immédiatement les salles de rédaction des médias du monde entier de communiqués de presse et de bandes vidéos de cet émouvant témoignage.Ceux-ci avalèrent l'hameçon et la ligne avec.Fitz-Pegado répéta la performance le 27 novembre devant le Conseil de sécurité des États-Unis, et fit comparaître des témoins sous de fausses identités devant l'ONU.La fraude des bébés sortis des incubateurs prit une ampleur démesurée.Aucune autre allégation contre Saddam n'eût autant d'impact sur l'opinion publique.De 15 le nombre de bébés monta jusqu'à 312.Le président Bush évoqua le mensonge cinq Les militaires ont pris l'habitude de fabriquer des images virtuelles pour alimenter notre société téléphage fois dans ses discours, en parlant de «Hitler revisité».Sept sénateurs reprirent l'histoire au cours du débat sur la déclaration de guerre à l'Irak, approuvée avec seulement cinq voix de majorité.Il fut démontré par la suite que Nariyah était membre de la famille royale, et fille de l'am-bassadeur du Koweït au Canada et aux États-Unis.Lauri Fitz-Pegado l'a entraînée personnellement à livrer son faux témoignage devant la commission bidon, en présence des médias.Le Congres-sionnal Human Rights Caucus bénéficiait de bureaux et de service téléphoniques gratuits dans les locaux de Hill & Knowlton à Washington, et la fondation avait reçu 50 000 $ de Citizen for Free Kuwait.Hill & Knowlton a aussi produit des douzaines de vidéos de « nouvelles», pour plus d'un demi million de dollars, une somme judicieusement investie et ayant rapporté des millions en publicité gratuite.Les vidéos ont été diffusés aux bulletins de nouvelles du monde entier.Les téléspectateurs n'ont jamais su qu'ils regardaient des films de fiction.Les médias n'ont jamais identifié la firme de relations publiques comme source.Autre fait sans précédent, les vidéos de propagande tournés par Hill & Knowlton ont été présentés au conseil national de sécurité.L'Histoire semble vouloir se répéter.La plupart des membres influents du gouvernement de Bush fils ont joué un rôle important dans l'administration de Bush père pendant la guerre du Golfe.Raison de plus pour être vigilant.«Ils sont prêts à tout pour arriver à leurs fins.» selon l'éditeur du Yiarper's Magazine )ohn MacArthur2.Le mensonge de l'accumulation de troupes à la frontière de l'Irak a servi de «justification» à l'agression, et le mensonge des bébés sortis des incubateurs de caution morale.Les relation-nistes qui fabriquent des films de propagande et entraînent de faux témoins à se parjurer pour provoquer la guerre sont-ils des criminels?Geobbels, était-il moins criminel que Hitler, Goering ou Himmler?Encore une bonne raison pour les États-Unis de refuser de reconnaître l'autorité de la Cour de lustice internationale.Après la guerre du Golfe, les étudiants en communications de l'Université du Massachusetts ont publié une étude concluant que: plus les gens regardaient la télévision, et moins ils étaient informés.Moins ils étaient informés, et plus ils appuyaient la guerre.Un p'tit conseil, ne regardez pas trop la télévision JACQUES BOUCHARD 1 - «Voyons donc.Tout le monde s'en fout.» Lauri Fitz-Pegado a un sénateur lui demandant d'expliquer ce qu'elle savait des divergences entre la vérité et le faux témoignage de Nayirah.Senate Record Vote Analysis, ( 16-6-1994 www senategov) 2 - Second Front: Censorship and Propaganda in the Gulf War, par John MacArthur, cité abondamment par le Christian Science Monitor, voir aussi www.prwatch.org et wwwodwyerpr.com Propagandiste un jour, propagandiste toujours Plus de 10 ans après les faits, les médias ont complètement oublié qu'il ont diffusé ad nauseam les vidéos de propagande de Hill & Knowlton, en les présentant au public pour de vraies nouvelles.Lorsqu'on constate avec quelle assurance les journalistes de la télévision nous présentent aujourd'hui comme des «preuves irréfutables» de toutes sortes de chose, les bandes vidéos soi-disant découvertes au fin fond de l'Afghanistan par CNN, et dont personne ne connaît réellement la source, on est en droit de se demander si on a affaire à des idiots ou à des escrocs.AU6MENTER LE5 ÉNERGIES RENOUVELABLES Le gouvernement israélien ment .çaisie d'un bateau israélien avec une cargaison d'équipements militaires en Allemagne [.] destinée à l'Iran illustre bien les liens occultes que certaines sociétés israéliennes entretiennent avec un pays pourtant officiellement présenté par Israël comme son pire ennemi dans la région.» (La Presse , AFP 30-8-2).Le gouvernement d'Israël a nié être au courant de la destination finale de la cargaison, de même que Avihaï Vinstein, le propriétaire de la société exportatrice «qui avait obtenu du ministère de la Défense une autorisation légale d'exportation de ces éléments fabriqués en Israël.» Toujours selon le même communiqué de presse, Raphaël Reitan, un ancien conseiller pour les affaires terroristes auprès du gouvernement israélien, aurait déclaré à la radio nationale israélienne: «qu'Avahaï Vinstein ne pouvait pas ne pas savoir quelle était la destination finale de la cargaison.» Les équipements militaires ont été saisis à bord du Zim-Anvers.Tapez Zim sur n'importe quel moteur de recherche internet, et vous trouverez le site de la Zim Israël Navigation Company (www.zim.co.il).On y apprend que Zim est un des plus gros transporteurs de conteneurs au monde, et le transporteur national d'Israël.Le gouvernement d'Israël détient 48.8 % des parts.Si un «spécialiste de la lutte antiterroriste israélien» affirme que l'expéditeur «ne pouvait pas ne pas être au courant de la destination finale de la cargaison», le ministère de la Défense et l'armateur pouvaient-ils l'ignorer?La compagnie offre d'ailleurs à ses clients la possibilité de suivre les déplacements de leur cargaison via internet.Jusqu'à l'été 2001, la succursale Zim American Israeli Shipping Co.occupait des bureaux au 16e et 17e étage de la tour nord du World Trade Center.La compagnie a transféré son siège social à Norfolk, et fermé ses bureaux de New York deux semaines avant les attentats terroristes du 11 septembre (Communiqué de presse du bureau du gouverneur de Virginie 18-10-2).Y'a-t-il encore des journalistes dans les salles de rédaction, ou seulement des téléscripteurs?JACQUES BOUCHARD Si t'es pas sage, Saddam va te couper les oreilles Avez-vous remarqué dans les médias la présence quasi quotidienne d'histoires d'horreur venant des pays musulmans?La presque totalité des éditorialistes et des chroniqueurs des grands médias y sont allés d'un coup de gueule bien senti pour les dénoncer.Une journée, c'est une jeune institutrice pakistanaise de 18 ans qui se fait violer par les membres d'un tribunal islamique parce que son frère à osé fréquenter une fille d'une caste supérieure.Le lendemain c'est une nigérienne qui sera lapidée à mort pour adultère.Un autre jour, c'est l'exploitation des enfants jockey en Arabie Saoudite, ou Saddam Hussein qui ordonne personnellement qu'on coupe les oreilles des déserteurs, etc.Brian Whitaker, journaliste du Guardian (12-8-2) s'est demandé qui leur fournissait à lui et à ses confrères, ces articles traduits des journaux arabes qu'ils recevaient tous avec régularité.L'organisation s'appelle MEMRI (The Middle East Media Research Institute), et se spécialise dans la traduction hors contexte des pires horreurs possibles trouvées dans les journaux du Moyen Orient.Le co-fondateur, président et propriétaire se nomme Yargal Carmon.Le colonel Carmon a passé 22 ans dans les services secrets israéliens avant d'être conseiller pour la lutte antiterroriste auprès des présidents Yitzak Shamir et Ytzak Rabin.Trois des six employés, y compris le colonel, sont d'ex-agents du Mossad.Une source fiable quoi. INTERNATIONAL USA, Irak, etc.La défense de se défendre Un peu de scepticisme suffit pour décoder le discours tonitruant des va-t-en-guerre américains.On découvre alors tout de suite l'envers de ce que la grande gueule de la propagande raconte.Washington ne cesse de répéter son couplet sur la « guerre préventive » contre la « menace » des «États-voyous».Cette nouvelle doctrine de «droit» est taillée sur mesure pour l'usage arbitraire de la force.Prévenir quoi en effet?Une attaque perpétrée par l'Irak ou d'autres pareils?Il semble bien que ce soit le contraire et que cette guerre «préventive» ne vise pas à prévenir une attaque qui serait déclenchée par l'Irak, mais à empêcher ce pays d'en venir à pouvoir se défendre adéquatement contre une attaque américaine.C'est juste l'inverse.Mais cet envers est beaucoup plus plausible.S'il n'est pas réellement concevable que l'Irak prenne un jour l'initiative de lâcher l'atome par exemple sur Israël puisque celui-ci est déjà maître de l'arme atomique et qu'une riposte apocalyptique serait immédiate, il n'est pas du tout impensable, en revanche, qu'ayant un jour cette arme l'Irak s'en serve, le cas échéant, s'il est soumis à l'effrayante puissance de feu américaine et à l'invasion du territoire.Tous les pays du club en sont là.L'invasion serait devenue impossible.Pour les USA, quoi qu'en dise la propagande, il ne s'agit pas d'abattre un ennemi sur le point d'attaquer mais d'éliminer un ennemi qui pourrait devenir capable de se défendre.On ne comprend que trop bien que M.Bush veuille lancer une guerre «préventive» contre l'Irak, pendant qu'il en est temps encore, en vue de continuer de faire main basse sur le pétrole de la région sans avoir à craindre un acte de défense désespéré et absolu M.Bush fait semblant de vouloir défendre l'Amérique et d'autres pays contre les « États-voyous», alors qu'en réalité il veut empêcher ces derniers de se défendre afin de pouvoir à son aise les attaquer.Une telle lecture de la situation est plus consistante.Il est interdit de se défendre contre les États-Unis étendant leur empire.Voilà le nouveau principe de droit international.La guerre « préventive » qui s'annonce est une guerre de conquête.Cette guerre de défense «préventive» sera une guerre d'agression.Cette «prévention» sera une invasion.D'ailleurs, la défense des «États-voyous» est interdite même s'il s'agit de moyens défensifs traditionnels.L'aviation américaine et britannique multiplie les frappes.«Monnaie courante», dit le quotidien Libération.Par exemple, au début de septembre 2002, elle a pilonné un centre de commandement et de contrôle de la défense antiaérienne irakienne.Pareille opération, de toute évidence, ne vise pas à empêcher une guerre, mais à en préparer une.PIERRE VADEBONCOEUR Décalage Curieux qu'au sujet du réchauffement de la planète, il faille absolument encore et toujours continuer à mener des tests pour s'assurer qu'il y a bien un problème, mais que dans le cas de l'Irak, il est «évident» que cette grande puissance écrasée voilà 10 ans en quelques semaines de bombardements aériens et en 48 heures d'offensive terrestre prépare des armes de destruction massive nucléaires, biologiques et chimiques.ABONNEZ-VOUS ! www.lecouac.org Subtile Le président Vladimir Poutine, grand massacreur de Tchétchènes, affirme vouloir intervenir en Géorgie car il aurait des preuves que des rebelles y sont retranchés et qu'ils auraient participé à la préparation des attentats du 11 septembre 2001 contre les États-Unis.Constatant à quel point la politique repose sur des dynamiques subtiles, l'équipe du Couac affirme détenir des preuves que Jojo Savard, Richard Martineau, Zéronique Cloutier, Mario Dumont, P.-K.Péladeau, Guy Bertrand, Bill Gates, le Pape et Denise Bombardier ont participé à la préparation des attentats et s'apprête donc à lancer des raids contre ces diverses personalités de l'axe du mal.RhAfaJ Qui HW&eftflft Moto WSiCA.iwwsMerae.-.Le Couac, octobre 2002, page 5 G.I.Joe, Bart Simpson baise ta femme ! Selon une «nouvelle» publiée en page éditoriale du New York Times pendant la guerre du Golfe (1-14-1991), Bagdad Betty, la station de propagande destinée aux soldats étatsuniens, aurait diffusé le message suivant: «G.I., tu aurais dû rester chez-toi.Pendant que vous êtes au loin, les vedettes de cinéma séduisent vos femmes.Robert Redford fréquente ta petite amie.Tom Selleck embrasse ta fiancée.Bart Simpson fait l'amour à ta femme.» La «nouvelle» a été reprise par CNN, Entertainment Tonight, NBC, Time magazine.Le président Bush 1er a personnellement qualifié la propagande de Bagdad de «ridicule».Si le ridicule tuait, il nous aurait débarrassés des éditorialeux de droite qui réclament aujourd'hui encore le bombardement de l'Irak.Ceux-ci avaient pris une blague de Johnny Carson (The Tonight Show 8-22-1990) pour une nouvelle.À la différence que Carson parlait de Homer Simpson, le père; ce qui rendait la chose plus.plausible.Bart a huit ans.(Source: Fairness & Accuracy in Reporting - www.fair.org) Guerre au terrorisme Suite à la quarantaine de morts attribuables au virus du Nil cette année aux États-Unis, le président Bush II menace de bombarder l'Egypte.Hold-up Bush II continue à préparer au vu et au su de tous son hold-up des immenses ressources pétrolières de l'Irak.Rumeur La santé du Pape va mieux: il est allé au travail en marchant sur l'eau.Routine habituelle La direction de Tyco, un conglomérat industriel des États-Unis, est accusée de corruption et de fraude pour un montant de 600 millions de dollars US.Un an plus tard Les États-Unis sont en train de redessiner la carte du monde en décidant unilatéralement qui en fera partie, qui sont les «bons terroristes» (Israël, la Turquie, divers régimes répressifs alliés) et qui sont les méchants à commencer par Saddam Hussein.Au bout de la ligne, tout cela ressemble étrangement à ce qui s'est passé avant la deuxième guerre mondiale.Sauf que la compétition est faible, pour le moment en tout cas.En Palestine, en Irak, en Afghanistan, au Congo, en Colombie et ailleurs, des millions d'êtres humains sont méprisés, agressés, éliminés.Que l'on soit dans la mire des «croisés contre le terrorisme» ou que l'on ait le malheur de vivre dans des zones contestées, on subit la loi de la jungle.Le cadre de la légalité internationale n'existe pratiquement plus.Les États-Unis qui refusent le Tribunal international contre les crimes de guerre ridiculisent ce qui aurait pu sauver cette légalité.Ils le font pour d'évidentes raisons: les forces armées américaines seraient éventuellement incriminées devant ce tribunal pour les atrocités commises en Afghanistan (comme le massacre de 4000 prisonniers présumés Talibans), en Irak, aux Philippines et en Amérique centrale, où ils ont entraîné pendant des décennies des escadrons de la mort.Le système de l'ONU est bafoué, alors que Washington s'apprête à attaquer l'Irak sans le consentement du Conseil de sécurité.L'empire se déploie Pour le moment, la stratégie américaine est concentrée sur le Moyen-Orient et l'Asie centrale, ce qui ne veut pas dire que le reste du monde est oublié.Dans les Amériques, l'ambition de Bush est de réinventer la Doctrine Monroe.Ce qui impose de restructurer la «sécurité» des hémisphères: en clair, prendre le contrôle des frontières en commençant par le Canada et le Mexique.Également, la stratégie implique une série de processus unilatéraux par lesquels les États-Unis vont imposer leurs besoins et leurs vues aux «partenaires» de la ZLEA, ainsi transformés en clients et obligés dans des processus où le multilatéralisme sera mis au rancart.Pour être sûrs d'assurer cette domination, les États-Unis devront éliminer les gêneurs, à commencer par Cuba, ainsi que le gouvernement d'Hugo Chavez au Venezuela.Washington fera la même chose avec le Brésil si Lula, le candidat du PT, l'emporte aux élections d'octobre prochain.Ils consolideront la militarisation de toute la région, via le «Plan Colombie» En Afrique, les États-Unis resserrent leur contrôle sur cet «arc des crises » qui traverse le continent d'est en ouest à travers le Soudan, le Congo, l'Angola, le Nigeria, l'Algérie.C'est là où se trouvent par hasard les ressources énergétiques.C'est là où les régimes surarmés et surmilitarisés pratiquent des mini-génocides à toutes les semaines.Washington, en lien avec un certain nombre d'alliés régionaux, veut consolider sa présence et éliminer la compétition, notamment européenne.Malgré la supériorité militaire des USA, personne ne peut sous-estimer la capacité de résistance.Une superpuissance emballée ou rationnelle?Cet extrémisme militariste des États-Unis est souvent expliqué comme étant une sorte de pathologie.Bush et ses proches auraient été recrutés par des intégristes chrétiens pour lesquels le monde est divisé en deux, les États-Unis (et Israël) d'un bord, et le reste de l'autre.Cette explication a du mérite, mais aussi ses limites.Car le fait demeure qu'au-delà des critiques qui lui sont adressées par une partie de la classe politique, Bush est loin d'être une incarnation du docteur Folamour! Il y a en effet une terrible «rationalité» dans le projet de reconquête du monde.Sur le plan économique, le colosse américain a des pieds d'argile: la finan-ciarisation de son économie sous l'égide des spéculateurs et des voyous dont les péripéties sont de plus en plus révélées a placé l'économie américaine sur la brèche.Les mégapoles américains sont menacés, de même que la domination sur certains secteurs de haute technologie où les Européens en s'unifiant deviennent plus puissants.À long terme, estime-t-on à Washington, la supériorité américaine assurée par le dollar ne pourra durer.Comment empêcher cela sinon qu'en créant une situation où le monde post-guerre froide sera régi par le militaire plutôt que par le politique et l'économique?Sur ce terrain au moins, la domination américaine est sans partage.Le grain de sable dans l'engrenage Mais malgré cette supériorité militaire, personne ne peut sous-estimer la capacité de résistance.La comparaison vaut ce qu'elle vaut, mais on sait bien qu'une poignée de jeunes palestiniens ont foutu par terre le mythe israélien (et avec lui, le projet qu'Israël allait devenir hégémonique au Moyen-Orient).Dans le monde depuis quelques années, des masses innombrables se sont mises en marche pour entraver l'empire, autant de grains de sable qui cassent les rouages.Aux États-Unis mêmes, méconnus et ignorés des médias complaisants, des mouvements sociaux se révoltent contre le capitalisme «de voyou» qui s'impose sous l'administration Bush et également contre la militarisation.De Porto Alegre en passant par Gênes et Québec, nous sommes des millions et nous pouvons arrêter cette dérive.PIERRE BEAUDET Directeur de Alternatives BLOC-NOTE Le Couac, octobre 2002, page 6 Avez-vous songé au sexe écolo?Les résultats du Sommet de la Terre de Johannesburg ont été, comme prévus, très décevants et même inquiétants.Les États-Unis et leurs acolytes - l'Australie, le japon, le Canada et les pays de l'OPEP-ont tout fait pour ne pas adopter un plan d'action qui aurait lancé la révolution des énergies renouvelables et procuré de l'énergie aux deux milliards de personnes qui en sont actuellement privées.Ce sang-froid de l'administration Bush, qui sacrifie allègrement des millions de vies humaines, est la marque de commerce de cette gouvernance guerrière et unilatérale.Des millions de personnes en Occident déplorent cette absence de conscience planétaire et ce manque de solidarité qui mettent en péril la survie de notre petite planète.Plusieurs d'entre-nous cherchons à faire notre part au quotidien.Vous êtes de ceux et celles qui avez troqué la voiture pour le vélo, qui mangez bio.Vous recyclez, vous compostez, etc.Mais vous souhaitez en faire davantage.Avez-vous songé au sexe écolo?Faire l'amour est l'activité la plus pratiquée au monde et même au plus fort de la passion vous pouvez être écolo.Sachez donc qu'il est possible d'être une bombe sexuelle sans pour autant faire sauter la planète.Voici 10 conseils pour la pratique du sexe écolo que l'on trouve sur le site Internet de Greenpeace international et que j'ai traduit (plutôt librement) pour vous: 1.Éteignez les lumières.Nous avons tous notre part à faire pour freiner les changements climatiques.Cela veut dire réduire notre consommation en énergie et appliquer des mesures d'efficacité énergétique.S'il vous faut absolument voir votre partenaire en faisant l'amour, faites-le en plein jour ! 2 Vous avez une passion pour les fruits défendus?Cela vous fait bouillir le sang, assurez-vous qu'ils sont sans OGM.Aucune étude n'a encore pu déterminer les effets à long terme des aliments génétiquement modifiés.Méfiez-vous de ces produits même pour vos ébats intimes.3.Les huîtres et autres mollusques sont reconnus comme aphrodisiaques, mais les océans sont surexploités à un rythme accéléré.Tournez-vous vers des produits tout aussi exotiques en provenance de la forêt tropicale de l'Amazonie comme le guarana, une herbe stimulante qui augmentera votre performance.4.Votre cour est-elle un lieu sécuritaire pour passer à l'acte?Nous ne parions pas des Sachez donc qu'il est possible d'être une bombe sexuelle sans pour autant faire sauter la planète.voisins.Par contre, utilisez-vous des pesticides et des fertilisants chimiques pour l'entretien de votre pelouse de rêve?Avez-vous vraiment envie de poser vos fesses sur une pelouse bourrée de produits chimiques?Commencez à utiliser des fertilisants et pesticides naturels et ébattez-vous joyeusement dans la cour arrière.5.Bien sûr, vous n'utiliserez pas de lubrifiant à base de pétrole ! Esso est en train de « baiser » la planète, ce n'est pas ce que vous voulez faire.6.Pour augmenter le plaisir, vous êtes amateurs d'accessoires erotiques.Vous n'allez tout de même pas utiliser des objets en polyvinyle de chlore (PVC) ?Abandonnez ces accessoires pour vos jeux erotiques La production et la libération de PVC sont la principale source de dioxine dans l'environnement, un des produits chimiques les plus toxiques connus à ce jour.Pensez-y, vous n'avez sûrement pas envie de sucer un de ces machins en PVC.L'usage de PVC pour de nombreux jouets d'enfants, dont les anneaux de dentition, a été interdit dans plusieurs pays.Optez donc pour des substances plus naturelles comme le caoutchouc ou le cuir.7.Travailler pour l'environnement peut-être une activité très excitante.Se savonner mutuellement sous la douche ou dans le bain va mousser.Plus d'un milliard de personnes n'ont pas accès de l'eau potable.C'est donc un luxe qui doit définitivement être partagé avec un{e) ami(e).8.Bon, je ne sais pas vraiment ce que vous comptez faire avec des rames, mais si vous en avez besoin.assurez-vous que le bois provienne d'exploitations forestières durables et qu'il est certifié par la Forest Stewardship Council (FSC), le seul organisme international reconnu de certification de produits forestiers écologiques.9.Les jeux de rôle peuvent être amusants quand les partenaires sont consentants.Ainsi, si l'un de vous choisit de s'habiller et de jouer le rôle de George W.Bush et des multinationales américaines au Sommet de la Terre ou d'autres jeux similaires, entendez-vous au préalable sur ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas.Souvenez-vous que les jeux - comme les fantasmes - ne sont pas la vraie vie ! 10.Faites l'amour, pas la guerre.CLODE DE GUISE La retraite des gros Chez AOL Time Warner et Ford Gerald M.Levin, président du géant des communications AOL Time Warner, a pris sa retraite en mai dernier.Mais la retraite n'est pas de tout repos dans le monde des géants des grandes entreprises de la planète.Imaginez la mauvaise posture de pareil retraité: Levin doit demeurer disponible pour travailler cinq jours par mois afin de justifier la mise au rancart.Et l'affaire ne lui rapporte qu'un seul million de $ américains par année.Il continue cependant d'avoir secrétaire et bureau à sa disposition jusqu'en 2005.Maigre consolation.Du côté de Ford, Jacques Nasser a quitté la direction de la compagnie en octobre 2001.Il continue lui aussi de bénéficier d'un bureau et d'une secrétaire.Mais sa pension annuelle n'est que de 1,27 million de $ américains.Ford lui offre en outre une seule voiture neuve chaque année pour le reste de ses jours.Il a tout de même la possibilité d'acheter plusieurs autres voitures neuves à bas prix.Mais avec une retraite pareille, peut-on vraiment se permettre d'avoir deux voitures?Heureusement, si tout le monde aux États-Unis peut espérer devenir le patron d'une grande entreprise, la malchance ne sourrit pas à tous.BELF0R1 LeIBays Canards colvert et sarcelles sous la mitraille Hier matin, c'était l'ouverture de fa chasse aux gibiers d'eau dans le département Les chasseurs étaient au rendez-vous, maigre une météo peu clémente, fusil à la main et revendications dans la gibecière.Sut m otang à fSariawmt, fes jote est de mise para tape 4'um quinzaine ds efc««**j«rs.Ou bien l'éditeur du journal a un humour particulier, ou bien il s'en est fait passer une petite vite.Foire Aux Questions Les bons d'éducation (1/2) Lj ADQ propose, en éducation, l'instauration d'un programme de « bons d'éducation » et que ce i sujet va donc vraisemblablement être beaucoup discuté au Québec dans les prochains mois.Or cette notion - et les nombreux enjeux qu'elle soulève - ne sont probablement pas familiers à bien des personnes.Qu'est-ce qu'un bon d'éducation et d'où vient donc cette idée?Commençons par la deuxième question.L'idée de bons d'éducation - en anglais on dit des vouchers - a été mise de l'avant par l'économiste Milton Friedman, le bien connu chef de file de l'École de Chicago.Comme on sait, lui et ses théoriciens sont des défenseurs du libre marché, de la concurrence et de la privatisation, en quoi ils voient la solution à tous nos maux.Les bons d'éducation s'inscrivent dans cette logique.Friedman en a émis l'idée il y a des décennies mais c'est durant le règne de Ronald Reagan, dont il était le gourou économique, qu'elle a fait son entrée dans les débats publics.L'idée est toute simple et pour la comprendre, laissons parler Friedman lui-même.Dans leur best-seller Free to Choose (p.160-161), Milton et Rose Friedman (sa femme) écrivent ceci: «Supposons que votre enfant fréquente une école publique primaire ou secondaire.En moyenne, au pays, cela coûte au payeur de taxes - c'est-à-dire à vous et moi - environ $2 000 par an (en 1978) pour chaque enfant.Si vous retirez votre enfant de l'école publique et l'inscrivez à une école privée, vous faites faire aux contribuables une économie annuelle de $ 2 000 - mais vous ne recevez aucune part de cette économie si ce n'est celle qui vous revient alors qu'elle se répercute sur tous les contribuables, ce qui signifie tout au plus quelques sous de moins sur votre facture d'impôt.Mais vous devez payer l'école privée en sus de vos taxes - ce qui constitue un fort incitatif à laisser votre enfant à l'école publique.Supposons maintenant que le Gouvernement vous dise: «Si vous nous soulagez de la dépense de scolarisation de votre enfant, on vous octroiera un bon d'éducation, un morceau de papier échangeable contre une somme d'argent convenue si et seulement si cette somme est utilisée pour payer le coût de la scolarisation de votre enfant dans une école reconnue».Cette somme peut-être de $ 2 000 ou peut être moindre, disons $ 1 500 ou $ I 000 de manière que soient partagées entre vous et les autres contribuables les économies réalisées.Mais quel que soit le montant, il éliminerait d'autant la pénalité monétaire qui limite actuellement le choix des parents.(.) On pourrait et on devrait permettre aux parents d'utiliser ces bons non seulement dans les écoles privées mais aussi dans les écoles publiques - et pas seulement dans les écoles de leur district, de leur ville ou de leur province, mais dans toute école qui est disposée à admettre leur enfant.Cela permettra de donner à chaque parent une plus grande liberté de choix et en même temps obligerait les écoles publiques à se financer elles-mêmes en facturant des droits de scolarité (entièrement, si le bon correspond au coût total ; partiellement, dans le cas contraire).De cette manière, les écoles publiques seraient en compétition à la fois entre elles et avec les écoles privées.Un tel programme ne soulagerait personne du fardeau de l'impôt destiné à financer l'éducation.Mais il offrirait aux parents un choix plus étendu quant à la forme que prendra cette éducation que la communauté s'est engagée à fournir à leur enfant.|.|» Qu'est-ce qui s'est passé ensuite?Aux États-Unis, l'idée a tout particulièrement intéressé trois groupes: les partisans du tout-au-marché, les adeptes de l'éducation à domicile ainsi que les groupes religieux extrémistes ou conservateurs.De nombreux (huit) référendums ont eu lieu depuis 30 ans, tous perdus par les partisans des vouchers.N'empêche: durant les années 90, quelques d'États ont mis en oeuvre des programmes de bons d'éducation menés à diverses échelles et selon différentes modalités pratiques.Les plus importants sont ceux de Milwaukee (1990), Cleveland (1996) et Floride (1999).Fin juin 2002, la Cour Suprême des É.U.a lancé un immense pavé dans la mare en décidant (à 5 voix contre 4) que le programme de Cleveland était constitutionnel et offrait aux parents une véritable occasion de choisir.Ajoutons que l'idée attire désormais beaucoup de parents et, selon des récents sondages (1999), une majorité de Noirs (68%).Et rappelons aussi qu'une certaine gauche a déjà proposé un tel programme, pour parvenir à la déscolarisation de la société - Illich, dis-moi, tu t'attendais à ça?Qu'est-ce qui est en jeu, là-dedans ?Bien des choses et les protagonistes ressassent constamment les mêmes arguments.Dans le coin droit, les pro-vouchers : le système public est en ruines : les bons permettent de l'assainir par la compétition ; ils donnent aux parents une réelle possibilité de choisir; ils permettent de diminuer le coût de l'éducation; la recherche montre que les gosses y ont des résultats scolaires meilleurs et que les pauvres et les minorités en sont le premiers bénéficiaires; ils sont enfin constitutionnels.Dans le coin gauche, les anti: le système public n'est pas en ruines, mais les bons vont exacerber les causes de ce qui y va mal ; le marché et la compétition font très mauvais ménage avec l'éducation et le bien commun; avec les bons, ça va coûter plus cher et le public va payer pour envoyer des gosses au privé ; les recherches ne montrent aucunement ce que vous dites, au contraire; ces écoles ne sont aucunement soumises à la reddition de compte, aussi bien financière que pédagogique; enfin le choix offert est illusoire.Pensez-y: ces écoles peuvent demander des frais additionnels aux bons et donc les meilleures ne seront accessibles qu'aux nantis; pour accéder à une école encore faut-il s'y rendre: les meilleures seront dans les meilleurs endroits; enfin, les écoles sont libres d'écrémer à l'entrée, ce que ne fait pas l'école publique, qui se retrouvera sans ressources et avec tous les cas difficiles.Bref: les bons sont une inadmissible forme de subvention publique à la discrimination, à l'enseignement privé, y compris à l'enseignement religieux même sectaire, ce qui viole la séparation de l'Église et de l'État.Et que dit I'ADQ ?Ça, on y reviendra la prochaine fois-, j'ai plus la place.RAYMOND-LA-SCIENCE (Baillargeon.normand@uqam.ca) LIVRES Le Monde et les péquenots de Sollers Philippe Sollers a lancé un nouveau livre: Létoile des amants.De la puissance, de la culture, du sublime Une certaine critique éclairée en parle comme un événement de la rentrée littéraire.Ce doit donc être vrai.La Presse, sous la plume de Louis-Bernard Robitaille, s'est inspirée du cahier littéraire du Monde pour nous en présenter une idée encore plus juste de ce dont il s'agit.Robitaille explique que losyane Savigneau, responsable du cahier du Monde, a «écrit de manière définitive » au sujet de Christine Angot qu'il faut désormais faire dans l'autofiction, c'est-à-dire faire comme Sollers.D'ailleurs, ce Sollers est le « prophète de l'autofiction depuis Femmes (1983) Note-t-on au passage que Sollers appartient au même parti que Savigneau, notamment à titre d'«éditorialiste associé au Monde»?Peut-être cela a-t-il échappé à la vigilance de La Presse.Au Monde, dans les faits, on se bat pour adorer Sollers.Éloge de l'infini, un de ses livres récemment encensés sans réserve par Le Monde, était d'ailleurs composé d'articles publiés dans.Le Monde.Dans La littérature sans estomac, un essai remarquable, le professeur Pierre Jourde a montré comment la crédibilité du Monde, en matière littéraire, s'effrite continuellement.N'en pouvant plus de cet instrument de pouvoir qu'est Le Monde, un éditeur, Olivier Gadet, a d'ailleurs commis un pamphlet qui en dit aussi long sur les pratiques du clan Sollers.Comme Le Monde n'a pas parlé de ces deux livres, nos bons critiques québécois n'en parleront pas non plus.Ils ne manqueront cependant pas de continuer, comme au Monde, de parler de Sollers et cie.Le talent en moins.Qu'est-ce qu'on achètera avec Sollers ou Angot?Un pastiche de réussite littéraire pour critiques de carnaval ou les parodies de critique d'un monde littéraire figé ?Ainsi Robert Lévesque, dans les pages du ICI, mugit-il lui aussi de contentement devant celui qu'il appelle le « Roi-Sollers ».Le nouveau Sollers est sûrement royal puisque «dans Le Monde il a eu droit à une critique favorable à la une du cahier des livres.» Et Lévesque enfile avec une autre réussite entérinée par Le Monde: Christine Angot.C'est dire qu'au ICI, le parti pris du risque total en matière de choix littéraire est de mise.Dans la circulaire de Québécor, on ne fréquente pas les sentiers archi-battus pour rien : c'est pour mieux montrer que, avec Sollers et cie, on en sort.Au Soleil, on est tout de même un peu moins dans la lune Sollers ne fait partie que des «retours remarqués».Mais au total, on se contente là aussi de reproduire les lieux communs, de montrer son asservissement aux communiqués qui ont fait peu à peu des livres de simples marchandises vouées à la consommation de la multitude.Il faut donc acheter Sollers.Et peut-être Angot.On hésite néanmoins un peu avant de se lancer à l'assaut d'une librairie.Car au fond, qu'est-ce qu'on achètera avec Sollers ou Angot?Un pastiche de réussite littéraire pour critiques de carnaval ou les parodies de critique d'un monde littéraire figé?JEAN-FRANÇOIS NADEAU Olivier Gadet, J'emmerde Le Monde, Grenoble, Éditions Cent pages, 1998.Pierre Jourde, La littérature sans estomac, Paris, L'Esprit des péninsules, 2002.]osepfi E.Stiglitz Le Nobel désillusionné Stiglitz est un économiste sorti du sérail.Formaté, usiné, nivelle à l'économie libérale, la microéconomie pur sucre, celle des maths et du délire thétorico-logique qui porte la casuistique enseignée dans les universités depuis cinquante ans.Ancien chef des conseillers de Clinton, il fut « chef économiste » et vice-président de la Banque mondiale, dont il démissionna en novembre 1999.En définissant l'économie comme «la science des choix», il affirme qu'il reste un orthodoxe.Il est persuadé que la mondialisation est une bonne chose.Il dénonce le «fanatisme du marché».Il dénonce les «obscurs technocrates» du FMI, de la Banque mondiale et de l'OMC, coupables des pires politiques, les plus désastreuses en Russie, en Asie, en Afrique 11 montre assez bien l'imbécillité du FMI (le mot n'est pas trop fort), ce « mélange d'idéologie et de mauvaise économie».Les politiques d'austérité, la libéralisation des marchés, les politiques de privatisation, le démantèlement des services publics, tout ça est bien vu.Le chapitre le plus savoureux concerne la Russie: comment, avec la complicité de quelques experts libéraux de Havard copieusement arrosés, la Russie a été mise en coupe réglée au nom de la transparence, de la liberté et de la démocratie est assez intéressant.On y trouve le détail des «opérations» d'équarissage.«Comment la politique du FMI a mené le monde au bord de l'effondrement général » est le sous-titre du chapitre concernant la crise asiatique, et la nullité astronomique d'un type comme Camdessus et de sa constellation d'experts laisse rêveur.Stiglitz crache dans la soupe?Non.C'est un libéral.Il commence d'ailleurs son livre en remerciant Wolfensohn, le président de la Banque mondiale.Ensuite, il croit dur comme fer au «marché» et au libre jeu des interactions des décisions individuelles, à la transparence, à l'objectivité des faits économiques et à la «science» économique nouvelle (directement issue de la vieille, celle de papa Walras), très différente de « l'idéologie » laissée.à qui, d'ailleurs?Aux hommes politiques?Aux curés?Aux philosophes?Il croit en l'efficacité du marché et à toutes les calembredaines, comme la meilleure information qui va guider les peuplades africaines vers le bonheur occidental.D'un côté le marché, de l'autre les «institutions», et les institutions font tourner la bonne mécanique du marché grâce à une bonne information.Mais son livre est important pour un point: il a vu de l'intérieur.Et on voit avec lui, malgré lui.On voit aussi à quel point l'idéologie de l'économie peut décerveler les meilleurs.Croire qu'un «meilleur fonctionnement des marchés» peut aider l'humanité est.une croyance.Qu'elle vaille mieux que celle en Dieu n'est même pas sûr.ONCLE BERNARD (Charlie Hebdo) Muse et Zique Dans bien des idiomes musicaux, l'amateur éclairé souhaite être soufflé par le particulier bien que, paradoxalement les genres soient (trop) bien connus.Le rock n'échappe pas à cela et, Le Nombre dépasse allègrement la seule intensité du garage-rock en risquant l'alchimie avec des genres limitrophes tels le punk et la chanson française.Avec des textes conséquents- encore là il y a inventivité- on passe des pastiches (Laissez venir à moi les grandes brunes) à des textes enragés différents (Dépecer la planète ou Pourquoi conquérir le monde).Si plusieurs ont souligné les antécédents prestigieux des membres au sein de l'underground québécois, Le Nombre, pour notre part, dépasse l'addition.Il est multiplicateur! RAMON VITESSE Le Nombre, Le Nombre (Blow The Fuse) Joseph E.Stiglitz, La Grande désillusion, Paris, Fayard, 2002 Dessine-moi une toison Le centre de formation Antoine-de-Saint-Exupéry (commission scolaire de la Pointe-de-l'île) offre des cours de soins esthétiques et d'épilation à l'électricité.Bientôt nous pourrons profiter des soins d'esthéticiennes qui réciteront, d'après Saint-Ex.: « L'essentiel est invisible pour les yeux, c'est le temps que tu as passé à épi 1er ta rose qui la rend importante».ABONNEZ-VOUS ! www.lecouac.org CISM 89,3 FM Le Couac, octobre 2002, page 7 Les héritiers de la Maison du Egg Roll Mon dernier papier dans Le Couac (juillet 2002) m'a valu une assez jolie lettre de protestation de Monsieur Pierre Thibeault, «chroniqueur culturel à l'hebdomadaire ICI».Il n'y a pas de sot métier comme disait ma mère.Même les nains ont commencé petits, pour reprendre le titre d'un film allemand fameux.En critiquant le dernier livre de Marcel Trudel où le «grand» historien vant les bienfaits du colonialisme britannique après la «conquête» de 1760, j'ai commis paraît-il une erreur impardonnable : j'ai attribué à Monsieur Thibeault un éloge du livre qu'il n'a jamais écrit.J'en suis atterré.Littéralement.J'en perds le sommeil.Pour ma défense, je dirai simplement qu'il y a un tel ramassis d'insignifiants chroniquant à la petite semaine, sur tout et sur rien, dans les médias, qu'on arrive facilement à les confondre les uns avec les autres.L'erreur est humaine.J'ai dû confondre Monsieur Thibeault avec un autre de ces chroniqueurs pédants que Radio-Cadenas s'empresse de récupérer en les faisant passer pour des intellectuels de haut vol.Toues mes excuses donc au cher « chroniqueur culturel » Par contre, en relisant la lettre passablement hystérique sur les bords de Monsieur Thibeault (août 2002), j'ai la curieuse impression de ne m'être trompé qu'à moitié et d'avoir créé un genre littéraire nouveau : la critique prémonitoire.Jugez par vous-mêmes : « Votre nation, je l'encule à sec et plus encore, je m'exécute avec du sable.En fait je la roule dans la merde votre nation, Elle et son drapeau minable.» À voir le « chroniqueur culturel » s'exciter ainsi le poil du scrotum, on peut conclure sans top se tromper que la lecture éventuelle du livre de Trudel sur les bienfaits de la «conquête» devrait le conforter dans son délire monomaniaque.Certains, paraît-il, sortent leur revolver en entendant le mot culture.Monsieur Thibeault lui, qui fait dans la culture, c'est plutôt le mot nation qui l'enragé.En écrivant les mots nation, national ou nationalisme, il dézippe et défaine.Faut qu'il baisse ses culottes.Une manie.Faut qu'il encule ! À sec ! Avec du sable en plus ! Vous avez essayé avec des braquettes?Ou du papier sablé?La nation, vous l'enculez avant de la rouler dans la merde ou après?Vous sucez aussi?Vous excuserez, cher Monsieur Thibeault, ces questions quelque peu intimes, mais votre santé physique et mentale m'inquiète au plus haut point.En plus de vous échauffer les parties, à vous exciter de la sorte.Devriez essayer avec de la vaseline ou de la margarine molle polysaturée.Consultez le Dr Mailloux, chroniqueur à CKAC, paraît que ça se soigne.Écrivez au courrier du cœur ou à Jeanette Bertrand mais faites quelque chose.Ça presse.En attendant il y a toujours le truc du bon vieux Sans Antonio : vous vous frottez les schnolles sur un bloc de glace jusqu'à ce que ça fasse des étincelles.C'est radical pour les fantasmes, paraît-il.Fascinant quand même, le puits sans fond de la sexualité humaine! Comme tout le monde, j'avais entendu parler de zoophilie, de scatolophilie ou de nécrophilie mais j'ignorais qu'on pouvait jouir de la sorte en enculant la nation.Joli cas de perversion pour le petit père Freud et autres chroniqueur du cul patentés.Certains fétichistes, paraît-il, n'arrivent à jouir qu'en portant des dessous féminins affriolants ou des jack-straps en cuir.D'autres doivent se déguiser en bonnes soeurs ou en pompier-nouillorquais-post-11-septembre.Certains même visionnent des photos couleurs de Claude Ryan ou de Stéphane Dion, pour atteindre l'orgasme.C'est vous dire.Mais je ne savais pas que le drapeau national pouvait inciter certains individus particulièrement dérangés au coït à la hussarde et au viol à répétition.Juste à écrire «assemblée nationale», «capitale nationale» ou «école nationale», il en éjacule du stylo, le «chroniqueur culturel à l'hebdomadaire ICI ».Le national comme fixation, faut le faire.Et la «National Football Leagues, ça vous excite aussi, Monsieur l'éjaculateur précoce?Vous embourber «à sec et avec du sable» des gros tas de cellulite modifiés génétiquement, ça vous allume?Et sodomiseur de dindes congelées à la « National Poultry Co.» ou enculeur de poisson mort à la «National Herring Importing Co.», ça vous chatouille les bijoux de famille?Je vous proposerais bien la momie du sénateur Jean-Louis Roux à la «National Theatre School of Canada», les dames du «National Council of Jewish Women » ou le directeur général du «National Pea Soup Congress » mais vous m'accuseriez, en plus de tout le reste, de ne pas aimer l'Egypte ancienne, les juifs ou la soupe aux pois.Je vous laisserai donc tout simplement avec la « National Chop Suey Company».Enculeur de egg roll, ce n'est pas rien.On avait déjà les enculés de la Maison du Egg Roll, vos dignes prédécesseurs de Cité libre seront fiers d'apprendre que leur progéniture se porte bien.En vous quittant, cher Monsieur Thibeault, je vous souhaite une joyeuse thérapie.Et toutes mes excuses au chroniqueur que j'ai malheureusement confondu avec le « Déchiranus» fossilisé du ICI.PIERRE FALARDEAU Moréa Au moment où éclate le scandale TOTAL en Europe, les Éditions du Soleil publient au Canada le deuxième tome de Moréa, dessiné par le talentueux montréalais Thierry Labrosse, sur un scénario d'Arleston.Quel rapport avec Total?Moréa est un récit de science-fiction, sur les transnationales, agrémenté d'une histoire de tripatouillages technobiologiques qui vont permettre à l'héroïne, Moréa, de devenir immortelle.Mais le scénario s'appuie sur la réalité actuelle des sociétés qui, pour la « piasse », n'hésitent pas à entrer dans des intrigues politiques et militaires meurtrières.La critique, bien que couverte du voile de la science-fiction, n'en demeure pas moins solide.Ce qu'il y a d'intéressant c'est qu'à un siècle de distance, les États-Unis, poursuivant leur dérive, sont devenus un état intégriste, paranoïaque et xénophobe, qui n'hésite pas à pratiquer la fouille au corps sur les touristes.Thierry Labrosse a fait preuve de maîtrise et ce n'est pas pour rien qu'il sera le prochain Président d'honneur du Festival de BD de Québec.MONIQUE PAGE ET GILBERT BALSAMO Le Couac, octobre 2002, page 8 Les « Marines » à Bagdad en janvier 2003?par Michel Collon* « Nous devons gagner la Première Guerre mondiale du XXIe siècle », a déclaré l'ex-premier ministre israélien Barak e premier chapitre de la guerre, l'Af-ghanistan, s'achè-m ve, vient de déclarer ^L^^ J J l'ex-premier mi-^ JHHHH nistre israélien Barak.L'étape suivante, c'est l'Irak, et ensuite l'Iran.» 1 Pourquoi?«Nous devons gagner la Première Guerre mondiale du XXIe siècle.Ce ne sera pas une simple guerre.Ce sera un marathon.» réduire le nombre de petites firmes commerçant avec l'Irak en imposant que le prix du brut irakien soit connu seulement.après sa livraison!6 Imposer partout dans le monde des « dirigeants capables » sortis de leurs valises À travers et en même temps que l'Irak, les Palestiniens aussi sont visés.« Nous » désigne bien sûr le patron de Barak, les États-Unis, dont il dévoile avec franchise les objectifs dans les «chapitres» qui nous attendent.Au même moment, Bob Graham, président de la commission Services secrets du sénat US, réclame une intervention pour «éliminer les camps terroristes» au Liban et en Syrie2.Enthousiaste pour la nouvelle croisade, le ministre australien des Affaires étrangères, réutilise la classique comparaison «Irak = nazis» (déjà employée par exemple en 1956 lorsque l'Occident attaquait l'Egypte progressiste de Nasser)3.(.) Le chapitre 2 de cette «guerre mondiale» vise bel et bien à mettre l'Irak à genoux pour trois raisons: 1.Contrôler tout le pétrole du monde.2.Isoler puis briser les Palestiniens.3.«Avertir» tout pays supposant à la mondialisation des multinationales.Le pétrole nécessaire Le pétrole?D'autant plus nécessaire que l'Agence Internationale de l'Énergie annonce une hausse de la consommation en 20034.À condition que la « reprise » soit confirmée, bien sûr.En tout cas, pour étrangler l'Irak et faire main basse sur ses réserves pétrolières convoitées, Washington continue ses diverses formes d'agression: (.| encore des bombardements US sans aucune base légale ont touché des civils, pendant que le maintien du veto US continue à bloquer l'importation de biens de nécessité vitale: 1.074 contrats concernant la nourriture, l'électricité, la production d'aliments, l'eau et les équipements sanitaires, etc.5 Au 1er semestre 2002, les exportations de pétrole irakien pour acquérir des produits humanitaires ont dégringolé de 2,2 à 1,2 million de barils par jour.Washington et Londres cherchent aussi à Le chapitre 2 de cette « guerre mondiale » vise bel et bien à mettre l'Irak à genoux pour trois raisons : 1.Contrôler tout le pétr .du monde.2.Isoler puis briser les Palestiniens.3.«Avertir» tout pays s'opposant à la mondialisation des multinationales.gance et d'hypocrisie, en raison de leur soutien à Israël - qui peut faire tout ce qui est interdit aux autres - et des politiques commerciales US: imposant aux autres l'ouverture des frontières mais favorisant leurs propres multinationales sidérurgiques ou agricoles par le protectionnisme.[.] « Grande Coalition Bush bis » Victimes aussi de la mondialisation, de nombreux pays arabes et musulmans rejettent ces politiques US, et aussi l'agression qui se prépare.« Les Arabes de lordanie se détournent bien plus des États-Unis qu'en 1990», affirme Abou Odeh, conseiller de l'ancien roi10.À Amman, McDo et Burger King ont dû licencier du personnel.La consommation de Coca Cola a baissé.Condoleeza Rice, proche de Bush, vient de le répéter: «Aussi bien l'Irak de Saddam que les Palestiniens d'Arafat ont besoin de nouveaux leaders»7, ajoutant avec arrogance: «Les Palestiniens ont besoin d'une direction capable de diriger des réformes comme en Serbie et en Afghanistan».En Serbie, le gouvernement made in FMI a quadruplé le prix de l'électricité, la rendant impayable pour des milliers de Belgradois qui ne pourront se chauffer l'hiver prochain En Afghanistan, quand le n°2 du gouvernement est assassiné, les médias nous signalent en deux lignes, et après coup seulement, «qu'il était de notoriété publique qu'il avait bâti sa fortune sur la culture et le trafic d'opium»8.Mais George Bush exige le droit d'imposer dans le monde entier de tels «dirigeants capables», sortis de ses valises.Avis aux Palestiniens ! Mais aussi à pas mal d'autres peuples qui en ont marre de la mondialisation.«Comme les choses se déroulent, ça va être bientôt les États-Unis contre le reste du monde», relate Clyde Prestowitz, qui fut négociateur du président Reagan et qui dirige à présent l'Economie Strategy Institute9.«Voilà ce que m'a dit un haut dirigeant de Malaisie et c'était juste une parmi cent expressions que j'ai entendues lors d'un récent périple à travers 14 pays d'Asie, Europe et Amérique latine.» Les États-Unis, explique-t-il, ont acquis partout dans le monde une image d'arro- Le secrétaire de la Ligue Arabe, Amr Moussa, a refusé toute coalition militaire contre l'Irak".Le président iranien Katami (pourtant étiqueté «réformiste», donc plus ouvert aux USA) a qualifié le président Bush de « va-t-en-guerre»12.Même le pro-US président égyptien Moubarak a dû se déclarer « opposé aux frappes sur l'Irak» et à toute tentative d'éliminer Hussein ou Arafat, « le Moyen-Orient ne pouvant supporter le poids de nouvelles crises»13.Tandis que l'Arabie Saoudite annonçait qu'elle organisera une foire commerciale à Bagdad14.Et que le Qatar et la lordanie, refusaient - publiquement, en tout cas - de servir de bases militaires aux troupes US.Et en coulisses?Ces deux pays sont particulièrement sous pressions pour prêter leur territoire Washington vient de doubler son «aide» militaire à la lordanie.Et le Guardian britannique cite des «témoins oculaires affirmant que les préparatifs (US) sont en cours à la base militaire de Muafaq Salti >15.Pourquoi Washington recherche-t-elle toutes ces bases?Parce qu'elle craint une résistance acharnée en Irak même, et particulièrement une guérilla urbaine à Bagdad.L'occupation du pays coûterait plus de vies de soldats US que celle de l'Afghanistan, prédisent certains analystes militaires.Tarek Aziz, vice-premier irakien confirme: «Nous n'avons pas peur.Nous sommes prêts à protéger notre pays, notre indépendance, notre dignité.Quiconque dans le monde arabe s'oppose aux Américains deviendra plus fort aux yeux de son peuple.Une attaque US sur Bagdad n'affaiblirait pas mais renforcerait Saddam.»17 Cette résistance irakienne et arabe inquiète les alliés européens de Bush.« Lesquels ne s'engageront pas dans une guerre, a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères, sauf si on leur prouvait clairement et sans équivoque que l'Irak produit des armes de destruction massive »18.Ce « sauf si » laisse évidemment la porte ouverte à de futurs revirements.N'empêche que Bush a dû reculer quelque peu : « )e suis un homme patient Nous utiliserons tous les moyens à notre disposition.»'9 «Tous les moyens» veut dire que la CIA a reçu instruction d'essayer d'assassiner le chef d'État irakien (elle s'y connaît) ou de fomenter un coup d'État comme au Venezuela.Mais, toujours selon le Hew York Times, « la plupart des responsables militaires et politiques estiment qu'un coup d'État ne réussirait sans doute pas et qu'une bataille terrestre avec des forces locale ne suffirait pas.» La guerre, donc.Dans quelques mois, car le climat ne permet pas une guerre terrestre en été.Et surtout parce que, pour venir à bout de la résistance irakienne, les USA doivent amasser d'importantes troupes, ce qui prendra quelques mois Ils voudraient un encerclement complet permettant, selon une récente « fuite du New York Times», d'attaquer à partir de sept pays: Turquie, Jordanie, Émirats, Bahrein, Omar, Koweït et Qatar, outre les habituels porte-avions et bases plus lointaines.Tous ces pays, sous pression de leur opinion publique respective, sont réticents.Aussi le forcing va-t-il se renforcer en coulisses pour les obliger à entrer dans la «Grande Coalition Bush bis».Horizon: la guerre en janvier 2003 La Première Guerre mondiale du XXIe siècle, annonce l'ex-premier israélien Nous voilà avertis: l'Iran suivra.Et les Palestiniens.Et tous les autres.Seule une grande mobilisation anti-guerre, unissant tout particulièrement les peuples arabes et européens, permettra de renforcer ia pression sur les régimes arabes, d'arrêter les plans militaristes et de développer la lutte pour une société qui mette fin aux guerres.* Michel Collon est un journaliste belge qui écrit notamment dans l'hebdomadaire Solidaire.Il a publié de nombreux llivres sur la guerre et les médias.1.AFP-Sofia, 11 juillet 2.AFP-Beirouth, 8 juillet 3 AFP-Sydney, 12 juillet 4.AFP-Paris, 12 juillet.5.AFP-Dubaï, 10 juillet.6.AP-UN, 12 juillet 7.AFP-Rome, 3 juillet.8.USoir, 8 juillet.9.Washington Post, 7 juillet.10 The Guardian, 13 juillet 11.Xinhua, 14 juillet 12 AP-Teheran, 12 juin.13.Xinhua, 15 juillet.14 AFP-Bagdad, 9 juillet.15 The Guardian, 7 juillet.16.Michael Kinsley, Washington Post, 12 juillet.17.Reuters, 6 juillet.18.AFP-Rome, 9 juillet 19.AFP-Washington, 14 juillet
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