Le couac, 1 novembre 2002, novembre
Venez rencontrer l'équipe du journal au Salon du livre de Montréal, du 14 au 18 novembre.Kiosque #34 Vol.6 • n° 2 Novembre 2002 3,50$ Irak, conflit localisé ?La guerre contre l'Irak, projet dans lequel les États-Unis s'entêtent, aura donc lieu?On peut craindre que ce ne sera pas seulement une guerre, mais que celle-ci risque de déranger dans ses assises l'équilibre entre les grandes nations.A l'heure où j'écris ceci, le 8 octobre, la Chine, la Russie, la France résistent à la volonté de Washington de rendre inacceptable à l'Irak, par le libellé, de façon à provoquer la guerre, une résolution de l'ONU.Les Américains ont défié l'ONU, notamment en disant en substance que l'Organisation allait avoir le choix de décider enfin de faire la guerre à l'Irak ou bien de démontrer sa propre inutilité à la face du monde.Menace à peine voilée.Déclaration tendant à faire savoir que les États-Unis sont importants mais que les Nations Unies ne le sont pas, et que les premiers peuvent éventuellement se débarrasser des secondes.Que le pouvoir est entre les mains du pays le plus fort mais nullement dans celles des autres.Que l'équilibre qui a prévalu entre eux jusqu'ici n'est pas absolument nécessaire et qu'il peut être rompu.Que la balance convenue entre les puissances appartient peut-être au passé.Qu'elle n'est pas nécessaire à l'ordre du monde.Que l'axe politique de la terre change et qu'il est déjà changé.Que le point de gravité universel se déplace en ce moment même et que cela ne pose pas un problème de première grandeur.Voilà.Mais il serait étonnant que ce changement fondamental soit tout ELTAN60 DE simplement accepté comme un fait de la vie par de très grands pays devenant soudain de purs spectateurs des ambitions impérialistes illimitées des USA.Il y a un point où les intérêts vitaux des principales nations se contredisent radicalement entre elles à moins qu'ils ne s'accordent.La seule superpuissance du monde semble prétendre que c'est elle qui va fixer les termes d'un tel accord et que les autres n'auront qu'à s'en accommoder.Les États-Unis entreprennent de dominer seuls le Moyen-Orient et l'Asie centrale, et aussi certains pays d'Afrique.Cela se déroule très près des intérêts russes, chinois et français, sans parler des Arabes eux-mêmes, qui ne sont pas tous inféodés et qui exècrent la civilisation américaine.Des forces immenses bien qu'inégales se trouvent donc là en contradiction, à moins évidemment qu'on puisse dire que les capitalistes ne forment plus qu'un club universel dont les membres puissent, au-dessus des nations, négocier sereinement entre eux leurs parts respectives de butin, ce qui serait beaucoup simplifier.On n'en est pas encore là.En effet, la concurrence a des racines plus complexes.Elle demeure en partie conditionnée par des solidarités nationales, culturelles ou autres, et ce pour des raisons d'intérêts d'argent, car ces derniers sont partiellement rattachés aux pays et à la force, politique et de tous ordres, de ces pays mêmes.Et puis les pays ne veulent pas tomber sous le joug les uns des autres, Chine ou Russie sous les USA, Europe sous l'Amérique, et ainsi de suite.Mais alors la logique rigide de la guerre à tout prix sur les routes du pétrole dépasse le cadre de l'économique et rejoint d'emblée le géopolitique où elle risque de déborder les calculs initiaux des va-t-en-guerre.Ce n'est pas par hasard que Washington essaie, première semaine d'octobre, de faire du forcing aux Nations Unies pour réduire la faille qui s'y manifeste précisément à propos de l'Irak C'est que la volonté de guerre sur un tel terrain ne peut se concevoir que comme une volonté d'empire, et que cette volonté-là va directement contre d'autres volontés de même type, le terrain dont il s'agit étant tout désigné pour l'opposition des intérêts en jeu.Washington veut amener tout cela dans son jeu.On ne lit pas grand-chose là-dessus.On parle d'une guerre américaine.Mais les paramètres d'une guerre américaine en cette matière ne sont pas simplement ceux d'une promenade militaire dans un pays dépourvu.Il s'agit de géopolitique, de géoéconomique, au sens complet de ces mots, et ce sont en réalité des puissances qui sont en cause.On peut douter que les plus grandes nations soient prêtes à s'inféoder à l'une d'entre elles, quelle que soit la force de cette dernière.Le terrorisme est très peu de chose à comparer à l'ampleur planétaire de cette partie.Quelles sont les vraies oppositions dans le monde et à quoi peuvent-elles conduire?Cela se pense en termes mondiaux.Si elles provoquent un jour un choc, cela risque de n'être pas seulement celui d'une simple guerre d'Afghanistan ou quelque autre de même calibre.La projection de l'entreprise américaine est d'une autre échelle, et le malaise aux Nations Unies en ce début d'octobre témoigne d'un ébranlement dont on ne semble pas mesurer la profondeur et la projection possible.Qu'on se demande si l'univers est prêt à accepter la férule américaine.La réponse à cette question n'est pas évidente.Donc, si l'on ne peut répondre, c'est qu'il y a là une inconnue redoutable.Cette dimension n'apparaît guère dans les commentaires qu'on lit.Elle dépasse sans doute les représentations que l'on se fait de la prochaine étape, - l'irakienne.PIERRE VADEBONCŒUR Pour une presse indépendante RectO'Verso, Le Mouton NOIR et Le Couac solidaires .^^^^ es iournaux existent, qui ne sont ^^^^^ pas conçus uniquement en fonc- S tion du marché publicitaire ou pour engranger des profits.Nous Bë^^t — les publications indépendantes et communautaires — diffusons une information différente, des points de vue ignorés par la presse commerciale, des nouvelles du coin écrites par les gens de la place.La presse communautaire est résolument solidaire dans la volonté de présenter des facettes de la réalité sociale, des gens et des façons de penser autrement qui, sans elle, demeureraient ignorés.Nous avons autre chose en commun.Nous allons à contre-courant dans un univers médiatique possédé par une toute petite poignée de patrons qui contrôlent: les imprimeries, les agences de distribution, les télévisions, les radios, les portails Internet, les journaux et les magazines.Sans compter: les compagnies d'assurances, le téléphone, la câblodistribution, les papeteries et plus encore.Ces consortiums monopolisent tous les canaux disponibles.Qu'elles nous impriment, nous distribuent, ou nous éclipsent de la scène publique, nous sommes confrontés à ces entreprises tous les jours.À chaque nouvelle fusion, les spécialistes et la Fédération des journalistes avertissent: «Nous atteignons un seuil intolérable de concentration de la propriété des moyens d'information».Mais rien n'y fait.Il y a 30 ans, Sept-îles comp- Le gouvernement du Québec refuse de limiter la concentration de la propriété des médias et de leurs moyens de production.tait une demi-douzaine de journaux hebdomadaires, et les Montréalais avaient le choix, chaque matin, entre sept quotidiens.Inimaginable aujourd'hui, trop cher.Comme si le Québec et le monde rapetissaient.Tellement qu'aujourd'hui, un même commentateur nous livre la même information sur papier, en ondes et par Internet.Et que le nombre de commentateurs rapetisse d'autant.Les journaux indépendants et communautaires sont nombreux (une centaine) sur tout le territoire du Québec.Vous êtes nombreux à nous lire, à nous soutenir par vos abonnements ou votre implication personnelle.C'est notre force, mais cela ne suffira pas.Le gouvernement du Québec refuse de limiter la concentration de la propriété des médias et de leurs moyens de production.Il devrait assumer son rôle de régulateur, dans un marché trusté par des monopoles ou des duopoles.En clair, pour rétablir l'équité sur les marchés, il doit faciliter, grâce à des fonds publics, le démarrage, le maintien et le développement des médias indépendants et communautaires.Nous sommes loin du compte.Mme Diane Lemieux, ministre de la Culture et des communications du Québec, a mandaté un comité de travail sur la concentration de la presse.Il doit lui faire ses recommandations en janvier 2003.Pour résoudre les problèmes posés par la concentration de la presse, le comité doit proposer des solutions concrètes aux journaux indépendants et communautaires.La presse indépendante et communautaire s'unit, se renforce et s'enrichit.Nous tablons sur nos différences, et sur votre appui.le p'tit comique Un p'tit comique, ce Tony Blair, chien de poche du sheriff Bush.Ça se prend pour la gauche.Une gauche impérialiste.Ça tente de nous arracher des larmes avec les pauvres Kurdes massacrés par l'abobinable homme de Bagdad.Malheureusement, ce fils de pute, descendant de colonialistes victoriens, oublie de nous dire que c'est sa Royal Air Force qui bombardait les Kurdes en Irak en 1932.Puis en 1943.Et encore en 1945.Et les Kurdes se feront encore fourrer comme on les a toujours fourrés.La stabilité de l'Empire avant la liberté des peuples.PIERRE FALARDEAU Néolibéral.de gauche Bernard Landry déclare à Lysiane Gagnon que le PQ est un parti de gauche (La Presse 12-10) .Le 20 septembre, le même quotidien nous apprenait que le PQ partait «en croisade contre la pauvreté.La ministre souhaite réduire de moitié le nombre de ménages pauvres d'ici 10 ans.» La moitié dans 10 ans?Quand les profits des industriels sont trop bas, on prend des mesures dans les plus brefs délais (Kenworth, GM, Gaspésia, Québécor, etc).Au diable la dépense.On emprunte s'il le faut.Ça urge ! « La proportion de pauvres est actuellement de 12,8 % et le PQ se donne comme objectif de le réduire à 6 %» Comment?En créant un «observatoire de la pauvreté».D'ailleurs, les premiers observateurs ont déjà obtenu d'excellents résultats (Le Devoir 4-10): «"L'actuelle façon de calculer le seuil de faible revenu ne rend pas compte de la véritable situation de la pauvreté au Québec" soutient le Professeur Langlois de l'Université Laval, dans une volumineuse étude qui vient d'être soumise aux députés de l'Assemblée nationale membres de la commission parlementaire qui étudie la lutte contre la pauvreté.» Les données corrigées indiquent que cette proportion de pauvres est plutôt de 8,6 %.Et voilà ! On passe de 12,8 % à 8,6 %.Les deux tiers de l'objectif «souhaité» atteint en quinze jours grâce à une seule étude.En parlant de volumineuses études, en voici une autre.Selon les chercheurs du département de médecine sociale de l'Université de Bristol (Angleterre) « Les taux de suicide augmentent de façon significative lorsque des partis de droite détiennent le pouvoir Les politiques conservatrices engendreraient un sentiment d'«anomie» les gens auraient l'impression d'assister impuissants, à la disparition des valeurs communes du groupe.» (La Presse 19-9) Le Québec affiche un des plus hauts taux de suicide des pays industrialisés.Voilà qui devrait faire réfléchir Bernard Landry, la prochaine fois qu'il signera un chèque en blanc à une multinationale.JACQUES BOUCHARD Le Couac, novembre 2002, page 2 Jeux de maux: « États-Unis » Le mois dernier, nous parlions des forces politiques se cachant sous l'expression malicieuse d'« antiaméricanisme » et soulignions l'évidence: l'Amérique est une mosaïque, les États-Unis un empire.À moins de mauvaise foi ou d'ignorance, on ne peut les aimer ni les haïr en bloc, puisqu'en leur sein existent, cohabitent et s'entrechoquent tant de réalités et leurs contraires.Mais ce nom même d'« États-Unis » pousse l'esprit à penser ce pays comme un tout unifié.Les États-Unis, voilà un pays sans nom propre, contrairement à des pays comme la Belgique, la Bolivie, la France, l'Espagne, etc.Dans certains cas, les noms de ces pays renvoient au nom d'un fondateur ou des nations qui en sont plus ou moins les fondatrices quant il ne s'agit pas d'un calque maladroit d'expressions tirées de langues autochtones, comme pour le Canada et le Québec (mais est-ce un pays?).Mais dans tous ces cas, l'origine est souvent oubliée par la plupart de ses habitants, et il s'agit de noms propres sans signification particulière.Le nom désigne le pays et rien d'autre Avec les États-Unis, au contraire, le nom évoque une idée et ce pays n'est pas le seul dans son cas.Il y avait hier encore une Union des républiques soviétique"s.anglo-saxons, les Juifs et les socialistes, il y a un Royaume ivrusulmans, les latino-améri- Uni et des Émirats Arabes Unis.Curieux, cette obsession à décliner publiquement l'unité politique qui laisse dans l'ombre une histoire de désunion : déjà, en 1787, lors de la création de la fédération américaine et du gouvernement central, un vaste mouvement «anti-fédéraliste» militait contre ce projet d'union, espérant préserver l'indépendance des divers États qui venaient de se libérer de l'emprise coloniale britannique.Presque cent ans plus tard, les États du Sud des États-Unis déclarèrent unilatéralement qu'ils se séparaient de la fédération et s'ensuivit une terrible guerre de sécession qui permis, par le sang versé à la tonne, de conserver ces États unis.Aujourd'hui encore, de quelle union parle-t-on?Il y a bel et bien une quasi-union de la population derrière son président depuis les attentats du 11 septembre, alors qu'en-viron 90% des sondés se disaient satisfaits de la politique étrangère de Bush II.Mais dans cette société si diversifiée, quelle union réelle entre les habitants de la côte Est et de la côte Ouest, entre les descendants des colons cains, les afro-américains et les «sauvages» parqués dans des réserves?Quelle union entre les manifestants contre la mondialisation du capitalisme à Seattle et Washington et les policiers qui les arrêtent par centaines?Unis les militants écologistes si dynamiques aux États-Unis et les grandes pétrolières qui ont si bien su placer leurs hommes à la Maison Blanche?Et les petits travailleurs, sont-ils unis aux ex-patrons d'Enron et de Worldcom qui partent avec la caisse de retraite de leurs employés et ferment la boîte?Unies, les féministes radicales et les Quakers, Mormons et autres religieux ultra-orthodoxes?Unis à ceux et celles qui étudient dans les grandes universités américaines, ceux et celles qui ne croient toujours pas à la théorie de l'évolution car elle contrevient à ce qui est écrit dans la Bible?Comme les Nations Unies, les États-Unis expriment par leur nom tout un programme, tout un idéal.Leur nom est comme une pub, un logo.Mais une fois de plus, il y a une différence de nature entre le produit et l'allégorie qu'évoque son nom bien choisi à des fins de marketing.FRANCIS DUPUIS-DÉRI francisdupuisderi@hotmail.com Le Couac à la hausse.Chers abonnés et futurs abonnés, l'augmentation de nos frais d'envoi nous contraint à augmenter le prix de nos abonnements à 35,00 $ pour un abonnement d'un an et 62,00 $ pour celui d'une durée de deux ans.Cette augmentation sera effective dès le 1er janvier 2003.Bien que ces nouveaux prix permettent encore d'obtenir Le Couac à meilleur marché qu'en kiosque, nous vous suggérons de renouveler dès maintenant votre souscription afin de profiter du tarif actuel.La nouvelle économie Le couple Pierre-Karl Péladeau et Zulie Snyder, c'est de l'intégration verticale ou horizontale?Ça dépend de l'heure.COURRIER DES LECTEURS Bunker: on se bidonne le Couac adore la satire.Le Couac devrait donc adorer la télésérie Bunker, le cirque.Mais ce n'est pas le cas parce que Bunker ne se coule pas dans les moules convenus.La bonne satire est intelligente et subtile sans craindre le bête et méchant, voire la grossièreté à la Coluche.Quelques bons gags en font même une série télé comique par moments.C'est pensé, écrit et mis en scène de façon originale.Et les comédiens méritent presque tous un très bonne note, car ils et elles réussissent à jouer avec panache un texte exigeant, surtout Louise Marleau, qui doit défendre avec cohérence un personnage très coloré et imprévisible, ce qu'elle réussit haut la main.Les auteurs.Luc Dionne et Pierre Houle semblent assez bien connaître le milieu politique pour en dresser un tableau imaginaire.aussi décapant.La plupart des gens qui ont le goût du pouvoir sentent l'opportunisme à plein nez, surtout s'ils s'efforcent de ne pas l'afficher.Il faut féliciter Radio-Canada, compagnie de la Couronne fédérale, qui ose mettre en ondes cette caricature parfois grossière, parfois subtile, à une époque où nos institutions politiques souffrent d'un profond discrédit souvent mérité malgré que des gens de bonne volonté s'efforcent, souvent maladroitement, d'identifier les vrais problèmes et de proposer de bonnes pistes de solutions, la plupart du temps perdues dans le brouhaha organisé par les firmes de relations publiques (voir les textes de lacques Bouchardjou par la bêtise des politiciens eux-même.En commission parlementaire sur le logement social et abordable qui se tient en ce moment, le représentant de la ville de Gatineau et conseiller municipal Marc Bureau rappelle à la Commission que la ville réclame toujours des mesures d'urgence pour ses citoyens toujours sans logis.Réponse d'un membre de la commission parlementaire, le député péquiste de Roberval Benoît Laprise : « Pour une fois, il y a des gens qui ont un beau problème ! Le manque de logements ne témoigne-t-il pas du dynamisme économique de la Alain Robert ville?» Un délice Si ce mot d'un député péquiste n'a pas encore été porté à votre attention, j'aimerais vous en faire part.le l'intitule humblement: la platitude du jour.Il est tiré du Devoir, édition du samedi 19 octobre 2002, p.Bl, sous la plume de Josée Boileau.«Le logement se cherche un nid», 4ième paragraphe Un vrai délice.! Nathalie Durand Écrivez-nous ! Le Couac publie les commentaires de ses lecteurs.Les textes doivent être courts.Le courrier électronique demeure la meilleure façon (texte@lecouac.org) Sinon une disquette par courrier postal: Le Couac, CP.129 Suce, de Lori-mier, Montréal (Québec) H2H 2N6.Télécopieur: (514) 521-5599.À Marseille, en France, le cola des pauvres a un nom profond: «Québec».et «Classic» en plus! PLOGUES Un livre de Vadeboncœur Vous avez aimé dans Le Couac, depuis plus d'un an, les textes de Pierre Vadeboncceur consacrés aux États-Unis et à la guerre?Ils viennent d'être réunis, avec plusieurs autres, dans un livre intitulé La ]ustice en tant que projectile.C'est publié chez LUX éditeur.Colloque Bourdieu Colloque «Hommage à Pierre Bourdieu» à l'Université de Montréal le 14 novembre de 13 h à 19 h.Pour information, Roxane Bernierau (514) 343-6620.La Tribu du Verbe a un an l La Tribu du Verbe (www.latribuduverbe.com) a un an! Leur «blogue» (forum de discussion convivial), consacré à l'actualité politique, a remporté le prix du Meilleur Blogue Canadien 2002.Mais rassurez-vous, cela n'en fait pas une servile courroie de transmission du pouvoir pour autant.Loin de là ! La Tribu, c'est un peu le pendant web du Couac, le côté interactif en plus, (Mais on peut trouver aussi Le Couac sur le web.) On y trouve des milliers de commentaires qui nuancent, confrontent ou relancent les idées des 600 textes qui y sont répertoriés à ce jour.Avec de nouvelles entrées quasi quotidiennes, la Tribu est un espace unique.Les Lucioles nous éclairent de leurs films Les Lucioles sont un collectif de jeunes vidéastes qui visent à faire entendre et voir une autre réalité que celle véhiculée par les médias traditionnels, trop impliqués financièrement et politiquement pour rapporter les faits sans parti pris.Le collectif, loin de prétendre à une objectivité absolue, s'engage fièrement à dénoncer et défendre sa vision d'un monde juste et équitable.La prochaine projection aura lieu le mercredi 27 novembre à 20h00 (portes ouvertes à 19h00) à l'ALIZÉ, 900 Ontario est, à deux minutes du métro Berri-UQÀM.Contribution volontaire, http ://www.mozaikvideo.com/lucioles/index.htm Réseau bio L'Agriculture soutenue par la communauté (ASC) est un con cept qui relie des citoyens à des fermes biologiques locales.On devient partenaire d'une ferme en achetant une part de récolte à l'avance.Chaque ferme livre ensuite des paniers de légumes variés en saison, à un point de chute.Les partenaires sont invités à s'engager dans l'organisation et, à l'occasion, à aider au travail dans les champs.Près de 61 fermes sont actuellement membres du réseau des projets d'ASC au Québec et desservent environ 8000 personnes.Dans ce projet, Équiterre a pour but de soutenir le développement des fermes biologiques au Québec tout en rendant leurs produits accessibles.Pour avoir accès à la liste des fermes, cliquez sur «comment participer» et ensuite «liste des fermes».C'est écologique, économique et solidaire! http ://www.equiterre.qc.ca/asc/intro/index.htm POUR S'ABONNER Par téléphone: (514) 521-5499 Par la poste: Le Couac CP.129 Suce, de Lorimier, MONTRÉAL (Québec) H2H 2N6 Adressez votre chèque à : Le Couac.Abonnement d'un an : 28$ + taxes = 32,20$ Abonnement de deux ans: 50$ + taxes = 57,50$ Abonnement institutionnel et de soutien: 50$ + taxes = 57,50$ Abonnement de groupe d'un an ( 10 copies par parution) : 220$ + taxes = 253,00$ Abonnement d'un an à l'étranger: 46$ Nom Adresse Code postal Courriel_ .Téléphone, Le Couac c.p.129 Suce, de Lorimier, Montréal, Québec, H2H IV0 Téléphone : (514) 521-5499 Télécopieur: (514) 521-5599 Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau (actuel pdc) Rédacteurs en chef de ce numéro: lacques Bouchard, Bruno Dubuc, David l.edoyen Collaborateurs: Normand Baillargcon, Cilbcrt Balsamo, Pierre de Bellefeuille, lacques Bouchard, lean Bricmont, P.C, Bruno Dubuc, Clôde de Cuise, Francis Dupuis-Déri, Pierre Falardeau, Brousse l.y, Bruno Marquis, lean-François Nadeau, Monique Page, Yvon D.Ranger, Michel Rioux, Alain St-Pierre, Pierre Vadeboncoeur.Illustrations: Boris, Charb, Filio, Luc Ciard, Honore, Luz, Serge Ferrand, Richard Suicide, Ramon Vitesse.Graphisme : France Mercier Nous remercions chaleureusement Charlie Hebdo et te Rire (France) et te Journal du Jeudi (Burkina Fasso) pour leur collaboration.Abonnement et publicité : David ledoyen au (514) 521-5499 ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec NATIONAL Lotopompe 3fc AM MAfr Tant qu'il n'est pas question du Québec, tant que ce plusse beau pays au monde qu'il ne faut surtout pas critiquer demeure à l'abri des assauts séparatistes, tant qu'il n'y a pas de référendum à l'horizon, tant qu'on ne discute pas des scores à la Saddam Hussein enregistrés dans certains poils de Côte-Saint-Luc au dernier référendum et tant que les Chrétien et Dion peuvent agir à leur guise dans leur entreprise de Québec bashing, The Gazette est capable d'offrir de l'excellent journalisme.À preuve cette série parue récemment qui faisait la démonstration que les vidéopokers, placés stratégiquement dans les quartiers les plus défavorisés, ne faisaient rien d'autre, finalement, que prélever sur les plus pauvres de notre société une taxe proprement ignoble.Preuves à l'appui et à la suite d'une longue enquête, le journaliste Alexander Norris, à qui la direction de Loto-Québec avait refusé de fournir ces détails, a pu découvrir, grâce aux codes postaux, la localisation de ces appareils qui représentent pour les plus mal pris d'entre nous la seule porte ouverte sur le rêve.Un rêve qui, malheureusement pour des milliers d'entre eux, se révèle plutôt un cauchemar.Cela pose la question du rôle et de la responsabilité de l'État.Cela pose à l'ensemble de la société la question de savoir jusqu'où il est possible d'accepter que les gouvernements agissent ainsi, de sang-froid et en toute lucidité, pour pomper de la poche gauche de l'assisté social, le premier du mois, la majeure partie du chèque d'environ 530 $ qui a été versé dans sa poche de droite en guise d'allocation de subsistance?Le shylocking est une activité fort détestable à laquelle se consacrent une flopée de petits, moyens et gros truands.Là aussi, les victimes de ces requins se recrutent en majorité chez les plus mal pris.Le taxing s'exerce aussi généralement sur les plus faibles.Les bonnes âmes bien-pensantes - auxquelles le rêve est autrement accessible - partageront le point de vue de Stendhal et décréteront, du haut de leur environnement libre de tout vidéopoker, comme c'est le cas à Outremont et à Westmount, par exemple, que les loteries sont une «duperie certaine et un bonheur recherché par des fous».Fabricants de morbidité en tout genre -suicides, alcoolisme, toxicomanie, prostitution, drames familiaux -, les jeux de hasard, dont les vidéopokers représentent aujourd'hui l'aspect le plus dangereux, prolifèrent dans des terreaux où toute forme d'espérance constitue une denrée de plus en plus rare.On est loin ici du gratteux à 50 cents ou des bingos qui se jouaient dans le temps dans les sous-sols d'églises pour permettre à la fabrique d'arrondir ses fins de mois.À cet égard, il convient sans doute de rappeler une des conclusions de la commission présidée il y a 30 ans par le sociologue Fernand Dumont.«Que penser des bingos ?On les justifie parfois en faisant valoir que, sans ce moyen, telle paroisse serait tombée en faillite.(_) Le moins qu'on puisse dire, c'est que les bingos, auxquels s'associent loteries et choses du même genre, expriment une faillite de l'imagination face aux problèmes des loisirs, tablent sur des tendances ou des goûts qui ne sont pas à encourager, constituent une solution de facilité comme mode partiel ou provisoire de financement et sont une invitation faite aux chrétiens à ne pas assumer leurs responsabilités.» Lt appât du gain étant né quasiment en même i temps que l'humanité, il n'est pas étonnant que toutes les formes de loteries se soient présentées au fil des siècles.Mais il est aussi intéressant de constater que pendant la Révolution française, les loteries furent interdites Ce qui ne serait pas une mince affaire au Québec, où Loto-Québec a connu des revenus de 3,4 milliards $ pour l'exercice financier 2001-2002.Au milieu des années 1970, un slogan de Loto-Québec révélait le véritable visage de ces jeux de hasard mis en place par l'État: Un jour, ce sera TON tour], susurrait la porte-parole.Apologie du sauvetage individuel.Tant que ce slogan ne sera pas remplacé par un autre, qui affirmera cette fois: Un jour, ce sera NOTRE tourl, à Kirkland, Beaconsfield, Outremont et Westmount, dans ces ZLAV (Zones libres d'appareils vidéopokers), on sera morts de rire de tous ces impôts qu'on n'aura pas à payer puisque des pompes sont installées en permanence dans Hochelaga-Maisonneuve, Pointe Saint-Charles et Parc Extension, où on perd son BS et une bonne part de son âme dans les vidéopokers.MICHEL RIOUX Magnola La bombe à retardement fait des tic-tac inquétants Le 9 octobre dernier, l'usine Magnola de la Noranda Inc., qui transforme les résidus de la mine d'amiante d'Asbestos en magnésium, rendait public un dépassement important de ses émissions de dioxines et de furannes produites par son procédé d'extraction.On sait que ces deux composés chimiques sont parmi les plus toxiques au monde, compte tenu de leur capacité de se concentrer dans la chaîne alimentaire pour ensuite se stocker dans les tissus humains où ils causent des anomalies des systèmes reproducteur, immunitaire et neurologique.Une entente internationale visant l'élimination virtuelle des dioxines et furannes a d'ailleurs été signée à Stockholm par le Canada le 23 mai 2001.Or les chiffres de Magnola pour les deux derniers mois, extrapolés en charge totale annuelle, donnent 4,6 grammes comparativement à une prévision de 0,09 gramme, soit 51 fois plus.Pas deux, pas trois.51 fois plus! Sur une base annuelle toujours, ce niveau d'émissions représente 3% de toutes les émissions de dioxines et de furannes répertoriées au Canada et classe l'usine Magnola au premier rang des sources d'émission de dioxines et de furannes au Québec.Devant ces résultats plus qu'alarmants, le chef de l'environnement de Métallurgie Magnola, Alain Bergeron, a déclaré «être un peu surpris de ces résultats» et a promis de «travailler à ramener ça à des niveaux acceptables.».Des propos bien peu rassurants, d'autant plus que Magnola a invoqué comme facteur atténuant la gravité de la situation le fait que les normes de concentrations mises en place par le Ministère de l'environnement du Québec pour l'émission dans l'air de ce type de polluant étaient toujours respectées Le problème, c'est que tous les experts sérieux savent que ces normes de concentration dans l'air ambiant sont peu pertinentes pour ce type de polluants parce que l'inhalation n'est responsable que de 10% de l'absorption des organochlorés dans les tissus humains et que le 90% restant de l'absorption proviendrait de la nourriture consommée.Faut-t-il rappeler ici que la région où se trouve l'usine Magnola est considérée comme le «bassin laitier» du Québec?BRUNO DUBUC Le Couac, novembre 2002, page 3 Les illusions perfides des privatisations Les idéologues néo-libéraux prêtent toutes les vertus à la privatisation.Selon eux, confier les services publics à l'entreprise privée permet de faire des économies, d'augmenter l'efficacité et même d'améliorer la qualité.11 n'y a là que de perfides illusions.Alors que les services publics visent le bien commun, les entreprises privées visent le profit.Or lorsqu'on privatise, il faut dégager une marge de profit.Cela constitue un coût supplémentaire.On peut évidemment masquer ce coût en diminuant le personnel, en comprimant ou en supprimant les volets les moins rentables du service - cela s'appelle l'écrémage - ou encore en réduisant la qualité du service ou son aspect sécuritaire.Les Britanniques, par exemple, l'apprennent ces temps-ci à leurs dépens.Leur service ferroviaire, naguère excellent, se dégrade sans cesse depuis qu'ils l'ont privatisé Les accidents tragiques se multiplient.Or la Grande-Bretagne a longtemps été la grande experte en matière de chemins de fer.C'est à elle qu'ont fait appel l'Asie, l'Afrique et l'Amérique du Sud, au siècle dernier, pour mettre sur pied leurs réseaux ferroviaires.Les privatisations en série imposées par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, particulièrement en Amérique du Sud, ont mené à la catastrophe.L'Argentine traverse une crise sans précédent De plus en plus, sa population est réduite à la misère.L'instabilité menace aussi l'Uruguay, qu'on appelait naguère la Suisse d'Amérique latine, et le géant de la région, le Brésil.Que la corruption fasse problème ou non dans un pays, les privatisations en multiplient les occasions, comme cela s'est produit, par exemple, en Russie postsoviétique.La pensée néo-libérale, en préconisant l'abolition des réglementations, a libéré un capitalisme de plus en plus sauvage.Cette sauvagerie est téméraire.Elle est même suicidaire, comme l'ont montré les scandales Enron, Worldcom, Vivendi Universal et les autres.Dans Le Monde diplomatique d'août 2002, l'universitaire français Denis Duclos dresse un parallèle psychologique W/A V m frappant entre les patrons fraudeurs et les tueurs fous comme Denis Lortie (à l'Assemblée nationale du Québec en 1984) et Marc Lépine (à l'École polytechnique de Montréal en 1989).À l'échelle mondiale, la sauvagerie du capitalisme excite d'autres sauvageries qui s'expriment par le terrorisme.11 y a ça et là des rancoeurs tenaces, dont certaines durent depuis huit ou neuf siècles puisqu'elles remontent jusqu'aux croisades.Tant que le capitalisme n'aura pas été mis à la raison, les prétentions démocratiques de l'Occident ne seront guère crédibles.En préconisant l'introduction du secteur privé dans le domaine de la santé, l'Action démocratique du Québec joue un jeu démagogique.Elle exploite des préjugés éculés comme ceux qui touchent les fonctionnaires.Faut-il croire que ses propres fonctionnaires, si elle prenait le pouvoir, seraient transformés d'un coup de baguette magique?11 faut être très naïf pour croire que cette baguette pourrait régler des problèmes comme ceux qui perdurent dans le domaine de la santé.Bien sûr, on a commis des erreurs, mais des données impérieuses comme le vieillissement de la population et le retrait graduel du financement fédéral interdisent le recours à la pensée magique PIERRE DE BELLEFEUILLE La critique est un viol La critique est un viol.Et ce n'est pas moi qui le dit, c'est Jacques Godbout.Oui, oui, ce Jacques Godbout aux idées confuses et aux textes brouillons que vous n'avez jamais lu ou alors que vous n'avez lu qu'une seule fois.Où?Mais dans ce petit magazine - vous savez, celui aux articles si timorés - oui, c'est ça, L'Actualité - en page 93 du numéro du 1er octobre.le cite, parce que ça en vaut la peine.Certains intellectuels s'étant interrogés dans un bouquin sur les motifs des actes terroristes du 1 1 septembre 2001 - rejetant les explications saugrenues de l'intelligentsia américaine - notre petit lacquot bien servile explique leur pensée en affirmant que « leur question ressemblait à celle souvent posée en cas de viol : la victime n'avait-elle pas sollicité son agresseur?» Comparer les États-Unis, agresseur parmi les agresseurs, véritable État tyran et criminel, le plus puissant d'entre tous, à une femme victime de viol, tient, vous en conviendrez, du pire machiavélisme.Et qui serait le violeur de cette grosse vache aux mains toutes sales de sang?le vous le donne en mille: eh oui, le tiers-monde, ou, pour chanter le même refrain raciste que notre petit lacquot, en fin de texte, « les populations des pays islamistes, parmi les plus jeunes, les plus pauvres et les plus ignorantes».Une question se pose encore: une bassesse sera-t-elle un jour trop vile pour notre petit lacques?Difficile d'y répondre, vous devez avouer!.BRUNO MARQUIS Le Couac, novembre 2002, page 4 NATIONAL L'ADQ ^AUveOK 01) SYSTEME DE S^Nrgr /iinsi lottes POUR VÔTRE SOMOe PASSM FAUT Que MOPPCR 7Roisi?rv>e,j— Suggestion Si Mario Dumont qui promet de réduire la taille de l'État est élu premier ministre, c'est ce poste qu'il devrait abolir en priorité Manifeste du FLIQ L e Front de Libération Ironique du Québec (le FLIQ) n'est pas le messie, ni un Robin Fusée des temps modernes.C'est un regroupement de non- zumoristes institut décidés à tout peuple d sourire en" uébécois qui sont uvre pour que le rigolotement son Le Front de LibâratiorfTpnfque du Québec veut l'indépendanceco^ftîr^jeîotale des Québécois, réunis dans une"société libre et purgée à jamais de sa clique de requins voraces, les « big boss» patronneux de la famille Rozm et leurs valets qui ont fait de l'humour queberajs leur chasse gardée, incluant la cynique MichvHpe Charest, grande usurpatrice de subventions,-çK droits de hauteur et mère adoptive de l'irvtertenifiant Caillou et de ses millions de produitsideRvés cul des zumoristes diplômés de l'école multinationale de l'humour qui tapissent les murs à murs des radios commerciales privées et le 3/4 des salles de spectacles du pays (.) Ironistes québécois, commencez dès aujourd'hui à reprendre ce qui vous appartient; prenez vous-mêmes ce qui est à vous, c'est pas juste pour rire.Arrêtezj^.j4+e^l¥nTre^doptez le sourire ironique"fhoqueur et dé/astateur des gens conscienfe^H«tP''més.1^>>^ Faites vousus les yens^u£.^ôfrJp'9s§|,de : le sarca: me, la Tlëne, la raillerie; le cynisme.«Cj .,' ux Qiuatre coins du Québec, ceux 5 iu'on a rauer aVe_c dédain de 2 de pique/et d'al-cootques entjeprsrmei^ù^q^^usément le combat contre/ les matraqueurs du rira gras et mettent hàrsjd'état sionnels dalpiumo queriç subventionnée Nous so irons jus avec tou de la TV pensant société rempl les des iro au bout la popul iar une so elle-mê 'Uverte sur r le Juste cesj profes-escro- et nous mplacer isclaves nant et une ons ire ironiqie et intellig Notre À bas l'industrie du rire rémur Vive le sourire libre ! Vive les camarades ironistes ! Vive la révolution sarcastique québécoise! Vive le Front de Libération Ironique du Québec ! L'ironie vaincra ! alain ST-PIERRE Pour Musironie à C1BL Monarchiste à 110% L'industriel et ex-champion cycliste Louis Garneau a été pris la main dans le sac.Enfin, la main sur le sac, plus précisément sur l'épaule d'Elisabeth de Windsor; cette riche héritière qui étale son portrait en camaïeu vert caca d'oie sur le billet de 20 $ canadien.Surpris par l'ampleur de la réaction médiatique devant ce crime de lèse majesté, l'industriel déclare, par communiqué de presse interposé, qu'il voulait seulement «rapporter à ses trois enfants, William (comme le prince héritier), Edouard (comme la série de rois numérotés) et Victoria (comme le pont), une photo souvenir de cette rencontre mémorable ! » La télévision nous apprenait de son côté que la petite Victoria était née le premier juillet Quel exploit ! On voit d'ici cet homme rigoureux enfiler son casque de sécurité Louis Garneau® iso 9004 avant d'enfourcher sa légitime le jour ), après s'être assuré par des calculs minutieux, que cette performance leur permettrait d'engendrer un rejeton à naître le jour de la confédération Plus monarchiste que ça.On se demande si madame Garneau a le portrait d'Elisabeth tatoué au creux des reins pour stimuler son monarchiste pendant le sprint final?ma#e c homme, m cum il Aura fini çe mte foutue i£s il FtfiA Qitoi, Ï»0HH£7 L'affaire Simard-Michaud ou comment nous faire avaler des OGM Non, non, il ne s'agit pas du Michaud «Robin des banques».Celui-là s'appelle, Dominique Michaud.H est chercheur et dirige le Centre de recherche en horticulture de l'Université Laval.Le ministre délégué à l'Environnement, lean-François Simard, lui a octroyé 200 000 $ pour étudier l'impact des cultures transgéniques sur l'environnement.lusque-là tout baigne.Mais le Michaud en question, auquel le ministre Simard a accordé nos deniers pour la recherche, a un faible pour les OGM comme le démontre son CV de chercheur Comme par hasard, l'équipe de recherche aura pour partenaire la Fédération des producteurs des cultures commerciales du Québec qui regroupe notamment les producteurs de maïs qui sont les plus importants utilisateurs d'OGM.Ce partenariat injectera un 45 000 $ additionnel à la mise de départ.Le ministre n'est pas sans savoir que de nombreuses études d'experts confirment la nécessité d'études indépendantes et rigoureuses sur les OGM (Société royale du Canada, Institut national de santé publique du Québec, etc.) et que les mises en garde sont suffisantes pour arrêter immédiatement toute dissémination d'OGM dans l'environnement.En mai dernier, le Réseau québécois contre les OGM adressait au ministre Simard une requête pour un BAPE générique sur les OGM et pressait le gouvernement du Québec d'être à l'avant-garde en interdisant les OGM sur le territoire québécois.Les résultats de la recherche du professeur Michaud et de son équipe sont attendus pour 2005 Belle entourloupe du ministre Simard pour passer la patate chaude au prochain gouvernement et nous faire croire que le PQ a pris ses responsabilités dans le dossier des OGM en confiant la recherche sur les impacts environnementaux des OGM à un partisan des OGM Quant à Dominique Michaud, il se dit impartial.Vous y croyez à l'impartialité?CDEG VHUT50N ttotiOSS£n ' Un collaborateur du Couac au cœur d'une intrigue policière Peu de gens connaissent sa réelle identité.Pourtant, c'est l'un des collaborateurs les plus assidus de ce journal.Mohamed Smith-Gagnon, puisqu'il faut l'appeler par son pseudonyme, se retrouve ces jours-ci en vedette dans un film où toute ressemblance avec des personnages réels n'est que bien rarement l'effet du hasard.Le long métrage en question s'intitule Le Gambit du Fou et a été réalisé par Bruno Dubuc, un autre ténébreux personnage qui sévit à l'occasion en ces pages.Le Gambit du Fou est un film farouchement indépendant qui n'a rien à envier aux blockbusters hollywoodiens Avec sa finale apocalyptique faisant appel à 6 000 comédiens-policiers et plus de 50 000 figurants-manifestants, il reconstitue le Sommet des Amériques de Québec avec un réalisme troublant.Mais Le Gambit du Fou, c'est aussi une chronique documentaire sur des anarchistes, des entartistes, des intellectuels, des gens qui oeuvrent dans la presse alternative, qui préconisent la désobéissance civile ou l'action directe, etc.Bref, des militants qui nous montrent l'envers de la propagande officielle à travers un suspens mélangeant fiction et réalité, partie d'échecs et film policier de série B! Après des projections dans quelques villes du Québec (St-Adrien, Baie-St-Paul, St-Georges de Beauce, Québec), la tournée automnale du Gambit du Fou se poursuit le 2 novembre à Rimouski et le 5 novembre à Sherbrooke.Les lieux précis et les heures des différentes projections se retrouvent sur le site web www.legambitdufbu.org La première montréalaise est prévue pour la fin novembre, début décembre.La date précise sera annoncée sous peu sur le site web Site sur lequel vous trouverez aussi des liens avec de nombreux groupes militants, des extraits sonores inédits notamment avec Normand Baillargeon et Michel Chartrand, ainsi que deux bandes annonces du film laissant entrevoir la personnalité complexe de l'énigmatique Mohamed Smith-Gagnon.YVON D.RANGER INTERNATIONAL *»9 fx^ AUX.OSPk, LA UE&fnWB DEfEHSE pRtn/ENTI- Les raëliens en Afrique Cloneries Dans les capitales africaines, certaines salles de conférences sont, ces derniers temps, pleines comme des oeufs.énu-cléés, inséminés, soumis à un «électro-stimulateur de fusion membranaire».Vous y pigez que dalle?Alors, vous avez raté le speech-prosélyte de la Dr Brigitte Boisselier, présidente de Clonaid, société de clonage humain créée par la secte des raëliens.Si, le temps d'une tournée promotionnelle, la chimiste a lâché ses éprouvettes, c'est qu'elle se sent «investie d'une mission: mettre les nouvelles technologies à la portée de tous».Rapport avec les raëliens?Simple: avec pour credo «la religion comme science, et la science comme religion», ils jurent que la vie ici-bas a été créée par des extraterrestres super intelligents.Lesquels, la tâche accomplie, s'en seraient retournés dans l'espace, laissant à leur progéniture le soin de poursuivre leur oeuvre de «scientifiques-créateurs».Comme les chrétiens intégristes, les raëliens rejettent la théorie de l'évolution, pensant que leurs «dieux» les ont faits à leur image Mais eux poussent la logique à fond Car avec le clonage on aura des hommes vraiment à l'image les uns des autres.Tous frères, tous semblables L'ennui, c'est qu'on les freine dans leurs expérimentations.Qui?« Les gouvernements, les groupes d'intérêts» alliés du Vatican.On devine pourquoi: le clonage, c'est l'arme absolue; plus besoin d'églises, de mosquées Place aux labos Finie la convertion de masse, vive la production de raëliens en série, «pour le plus grand bien de l'humanité».BROUSSE LY Source: lournal du jeudi (Burkina Faso) N°574 du 19 au 25 septembre 2002 RE&PtACER m® IWTÉRÎM .JUSQU'À LA TENUE Le Couac, novembre 2002, page 5 L'Empire du Mal Le livre noir des États-Unis de Peter Scowen se présente comme une enquête journalistique sur Internet.L'auteur remercie d'ailleurs sa connection Internet haute vitesse en préface, de même que l'« historien » Henry Kissinger.Pas certain que ce dernier soit une source fiable pour connaître les secrets de l'histoire cachée des États-Unis L'auteur explique en introduction qu'au départ, assommé par les attentats du 11 septembre, il était totalement en accord avec les propos belliqueux de George Bush: «j'ai été heureux d'entendre le président Bush déclarer que c'était un combat entre le bien et le mal », écrit-il.Il trouvait odieuse l'idée que ces attentats aient pu être commis en représailles aux actions étatsuniennes à l'étranger.Revenu à lui, il cherche à savoir: « Le gouvernement américain met-il la vie de ses citoyens en péril par ses politiques étrangères et ses actions passées?» La réponse est oui.On apprend par exemple que la CIA fournissait aux «étudiants» des escadrons de la mort formés à l'École des Amérique un manuel de torture'.Coïncidence, la courte description des directives qu'on y trouve correspond aux procédures standard d'arrestations et d'interrogatoires de la Sûreté du Québec On enseigne aux tortionnaires de forcer les prisonniers à garder une position inconfortable durant de longues heures, à les priver de nourriture, de sommeil et à les empêcher d'aller aux cabinets d'aisance2.Il est aussi recommandé de procéder aux arrestations par surprise au petit matin, « afin de provoquer le plus grand malaise mental possible.» Prochainement aux Intouchables, le livre noir de la Sûreté du Québec?Ça pourrait être intéressant.Mais l'ouvrage a des ambitions, disons plus mondiales, que l'exposition des méthodes de travail quotidiennes de la SQ L'auteur a quand même dû faire un choix.Eût-il voulu faire l'inventaire complet des interventions militaires, paramilitaires et autres renversements de gouvernements impliquant l'armée et les services secrets de nos puissants voisins, il aurait dû publier l'Encyclopédie noire des États-Unis.Les histoires d'horreur choisies par Scowen remontent donc aux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki.Contrairement à ce que Mario Roy et Lysiane Gagnon écrivent régulièrement, elles n'ont pas été lancées pour mettre fin à la guerre contre le Japon, mais pour faire peur aux Russes.Résultat: la guerre froide, la course aux armements, avec en prime un bel arsenal capable de faire péter plus de 100 fois la planète.Nous survolons ensuite les Amériques Centrale et du Sud, Nicaragua, Honduras, Guatemala, Chili.Renversements de gouvernements, massacres de populations civiles, condamnation par le tribunal linternational de La Haye, etc.Scowen évoque la collaboration de la CIA avec les trafiquants de cocaïne, sans jamais mention- ner que les enquêtes sur l'Irangate, et les enquêtes internes de l'agence, ont prouvé que la dite CIA a été impliquée jusqu'au cou dans l'importation de cocaïne, et l'introduction du crak en Amérique du Nord pour financer ses opérations.L'auteur esquisse ensuite un croquis rapide des pays de «l'Axe du Mal»; Iran, Irak, Corée du Nord, qui ont en commun d'être de pures créations des guerres, coups d'État et tractations géopolitiques des États-Unis.Au chapitre sur l'Irak, Scowen tourne les coins rond.Il omet de nombreux faits importants et reprend quelques mensonges courants, alors qu'un tel ouvrage devrait au moins tenter de rétablir les faits surtout s'ils sont facilement vérifiables II ignore complètement le piège tendu à Saddam Hussein lors de la guerre du Golfe de 1991 April Glaspie, l'ambassadrice des États-Unis à Bagdad de l'époque, a déclaré lors d'une rencontre officielle avec ce dernier à propos du Koweït, que les États-Unis ne se mêleraient pas des affaires entre arabes.Quelques jours plus tard, l'armée irakienne envahissait le Koweït.Autre mensonge courant, Saddam Hussein n'a jamais expulsé les inspecteurs des Nations Unies C'est Washington qui a ordonné leur retrait la veille des bombardements destinés à faire une diversion au Zippergate (Opération Renard du Désert 1998)3 C'est vrai que Saddam a refusé le retour des inspecteurs II affirmait que l'équipe était infiltrée par les espions de la CIA et du Mossad 11 avait raison 4 Scowen termine son tour du monde par les États-Unis: élections truquées de la Floride en 2000, prisons qui débordent de noirs et de latinos, culture vide, plus précisément « la vulgarité et l'artificialité de sa culture populaire», malbouffe, etc.L'ouvrage a ses défauts, et l'approche de l'auteur est légèrement superficielle, sa principale qualité est de présenter l'histoire avec un angle différent de celui choisi par les médias corporatifs.IACQUES BOUCHARD Peter Scowen, Le livre noir des États-Unis, Les Intouchables , Montréal 2002 I - Voir «À l'école des assassins», Le Couac 6-2, aussi School of America Watch, www soaworg 2 - Voir « Torture made in Québec », Le Couac 6-2 3 - «Tard jeudi soir Butler a donné l'ordre aux inspecteurs de l'UNESCOM de se retirer de Bagdad Tout le personnel a été évacué avant l'aube mercredi » Les bombardements ont commencé jeudi matin CNN 16-12-1998 http://www.cnn com/World/meast/9812/16/iraq strike/ tous les détails sur Faimes & Accuracy \n Reporting (FAIR) http //www fair org/extra/0210/inspectors html.dossier complet à Irak 4 - Withholding the news The Washington Post and the UNSCOM spying scandal, h 11 p /Avww fa i r o rg/ext ra/9903/u n sco m h t m 1 Logique «Saddam Hussein trompe le monde, ignore les Nations Unies et accumule des armes Nous ne devons pas nous méprendre à propos de cet homme (.) Il est prêt à utiliser des armes de destruction massive» a déclaré Georges W Bush (La Presse.25-9).Si on remplace le nom de Saddam Hussein par celui de Georges W Bush la déclaration tient encore la route Cela nous autorise-t-il a bombarder les États-Unis de façon préventive?Humour royal La reine du Canada Elizabeth II a anobli Alan Greenspan, le président de la réserve fédérale des États-Unis, pour « sa contribution exceptionnelle à la stabilité économique mondiale» (Boston Metro, 27-29 sept).La Maison Blanche annonçait récemment que depuis que Bush 11 est président, le département de la justice a ouvert plus de 400 enquêtes pour fraude financière et que plus de 45 personnes ont été reconnues coupables ou s'apprêtent à plaider coupable.Comme il n'y a plus de place dans les cages d'acier de Guatanamo, sans doute faudra-t-il les incarcérer dans des cages dorées des îles Cayman.Ou demander à Elizabeth de les anoblir?SUPPORTEZ LA PRESSE INDÉPENDANTE ! ABONNEZ-VOUS ! ?Groupe populaire: 25$ IHHIil ?Individu: 20 $ ?Institutionnel: 25$ mm ?Soutien: 32 $ ?Étudiant ou sans emploi: 15$ ?A l'étranger: ?Individu: 30 $ ?Institutionnel: 40 $ Nom Faire parvenir votre chèque Adresse ou mandat poste à: Revue Vie Ouvrière inc.Code postal Téléphone 1215.rue Visitation, bureau 101 Courriel ?Paiement inclus Montréal (Québec] H2L 3B5 -jr—- VOUS NE PAYEREZ QUE LES FRAIS DE POSTE ET DE MANUTENTION (toutes taxes InclustsI 1 I Ahnnnnmonl H'itn an • OOÉi .-.va.- — 32.20$ 57,50$ 57.50$ Wf'Couac i—i Muunnynimti u un du .?Abonnement de deux ans : ?Abonnement institutionnel et de soutien : 50$ ?taxes = 50$ + taxes = ?Abonnement de groupe d'un an |10 copies par parution]: 220$ + taxes = 253,00$ ï-v" ?Abonnement d'un an à l'étranger: 46$ Nom Par téléphone: I5U] 521-5499 Adresse Par la poste: Le Couac CP.129 Suce, de Lorimier Code postal Téléphone MONTRÉAL (Québec) H2H 2N6 Courriel Adressez votre chèque à: Le Couac li.MorntiN NOIR ?Individus: 20 $ ou soutien $ ?Organismes sans but lucratif: ?Entreprises/institutions: ?Abonnement cadeau: Groupe d'âge: ?19 à 25 ans ?26 à 35 ans 25 $ ou soutien $ 40$ ou soutien $ 40 $ ou soutien $ n 36 à 49 ans ?50 à 64 ans ?65 ans et ?Nom Adresse Faites votre chèque à l'ordre des Éditions du Berger Blanc Code postal Téléphone CP 113 Rimouski [Québec] G5L 7B7 Courriel £WTRE MOUS ET \ LA a»Kfi&n**'\ Sainte Crapule Notre bon pape lean-Paul 11, grand défenseur des ignorants et pourfendeur invétéré des réformes sociales de tout horizon, vient encore de faire des siennes II s'agit cette fois d'un record: la canonisation la plus rapide de l'histoire de l'Église.Il faut comprendre ici que la canonisation d'une crapule comme Monseigneur Escriva de Balaguer, fondateur de l'Opus Dei, véritable société secrète profasciste, devait se faire rapidement, en catimini, et surtout ne pas prêter flanc à la critique.C'est que le sieur Escriva de Balaguer est loin d'être un ange et même un saint.Fondateur d'une confrérie secrète qui n'a eu de cesse de défendre le fascisme et d'empêcher tout développement social et démocratique en Amérique latine, il aura été le directeur de conscience de véritables ordures comme le général Franco en Espagne et le général Augusto Pinochet au Chili Quelques jours après le coup d'État chilien de 1973, le futur «saint» s'était en fait rendu à Santiago célébrer une action de grâce pour «son fils spirituel», le général et cruel dictateur Augusto Pinochet Le Réseau Voltaire rappelle d'ailleurs, à ce sujet, qu'en avril 1993, à l'occasion des cinquante ans de mariage du dictateur chilien, S.S.lean-Paul II avait lui-même adressé félicitations et bénédiction à ce cher Augusto.La preuve qu'on peut toujours compter sur l'amitié de ses proches.Sacré lean-Paul ! Grâce à toi, les fascistes auront leur saint eux aussi.Pie XII, en enfer, là où il doit se trouver, doit été fier de toi.BRUNO MARQUIS Le Couac novembre 2002, page 6 BLOC-NOTE Le Québec, un pays en voie de développement ?Le premier ministre Bernard Landry nous parle de la dernière chance pour faire l'indépendance du Québec II est minuit moins cinq, nous prédit-il.Comment se fait-il qu'un homme de son intelligence ne se rende pas compte qu'il est également minuit moins cinq dans le secteur de l'énergie?Deux projets de centrale thermique au gaz, recommandés par la société d'État Hydro-Québec, sont à l'étude.La centrale du Suroît à Beauharnois fait l'objet actuellement d'une étude menée par le BAPE (Bureau d'audiences publiques sur l'environnement).L'autre centrale serait construite à Varennes par le consortium québécois-américain Axor-Calpine.Ces deux centrales augmenteraient d'environ 5 % nos émissions de gaz à effet de serre (GES).Le droit de polluer Le gouvernement s'enlise dans une politique dangereuse et rétrograde.Non seulement a-ton comme projet d'établir des petits barrages sur près d'une vingtaine de nos plus belles rivières; voilà que nous allons développer, pour assurer notre approvisionnement en électricité, des centrales au gaz pour répondre au désir du pdg d'Hydro, André Caillé, ex-pdg de Gaz Métropolitain (qui s'y connaît sans doute mieux en gaz qu'en hydroélectricité) de développer la filière du gaz à Hydro.À la veille de la ratification du Protocole de Kyoto par le Canada, d'oser songer hausser nos émissions de GES est une hérésie.Et pourquoi le Québec nage-t-il à contre-courant?Le raisonnement est simple, pour ne pas dire simpliste: le premier ministre Landry et Hydro-Québec nous disent que comme nous affichons le meilleur bilan des émissions de GES au Canada, on peut donc se permettre de polluer un peu.Hydro-Québec ajoute à cela que nous obtiendrons des crédits d'émissions pour notre bonne performance ce qui annulera l'augmentation prévue des émissions de GES engendrée par ces deux centrales thermiques.Et si la réalité était tout autre?L'attribution de ces crédits d'émissions de GES fait partie d'un des scénarios envisagés par le gouvernement fédéral pour atteindre les objectifs du Protocole de Kyoto sur les changements climatiques.Hydro-Québec souhaite en recevoir des États-Unis, mais rien n'est moins sûr.De nombreux articles dans la presse canadienne confirment que l'Union européenne refuse de rouvrir les ententes de Kyoto pour accorder des crédits d'émission au Canada.Même les États-Unis, qui se sont pourtant retirés de l'accord de Kyoto, refusent de négocier un passe-droit sur les exportations canadiennes de sources d'énergie moins polluantes comme l'hydroélectricité et le gaz naturel.Pour comprendre les enjeux de ces deux projets de centrale thermique, partons de l'article 6 du Protocole de Kyoto qui définit clairement ce que sont les crédits d'émissions.Cet article précise que pour obtenir des crédits d'émissions, il faut que le projet en question vise à réduire les émissions et que cela doit se faire uniquement entre les pays qui ont ratifié Kyoto.Dans le cas du Québec, l'utilisation du gaz naturel constitue indéniablement une forme de production d'électricité plus polluante que la production hydroélectrique actuelle.Si Hydro-Québec vise l'exportation de cette électricité vers les États-Unis afin d'obtenir des crédits d'émissions, il sera impossible d'obtenir lesdits crédits puisque les États-Unis se sont retirés du Protocole de Kyoto.Enfin, Kyoto n'accorde pas de permis de polluer (ce que le Québec se propose de faire) à moins qu'il ne s'agisse d'un pays en voie de développement, précise-t-on dans le texte du protocole.Ce que le Québec n'est pas.À moins que le gouvernement Landry veuille nous ramener au statut de pays en voie de développement ou se comporte comme tel.De plus, l'entrée en vigueur du protocole et sa ratification probable par le Canada ne fera que rendre le bilan des émissions québécoises de GES moins reluisant.D'autant, qu'il est prévisible que l'ensemble des pays devra répertorier et inclure dans ses inventaires les émissions de GES provenant des barrages.Si le Canada ratifie Kyoto, le Québec devra forcément réduire ses émissions de GES.Être dans le vent Hydro-Québec affirme que l'énergie éolienne n'est pas une source d'énergie fiable Pourtant au début de 2002, 35 000 MW de capacité éolienne étaient déjà installés à travers le monde fournissant suffisamment d'électricité à 14 millions de ménages ou 35 millions de personnes, soit plus que la population canadienne.Le secteur éolien connaît la plus forte croissance de l'ensemble du secteur énergétique, soit 40 % annuellement, comparable à celui de la téléphonie cellulaire ! Il est d'autant plus difficile de comprendre la position d'Hydro-Québec dans ce dossier que jusqu'à preuve du contraire, le Québec ne possède pas ou peu de réserves de gaz naturel alors que nous possédons l'un des plus importants potentiels éoliens en Amérique du Nord! CLÔDE DE GUISE L'activisme vidéo Et si les petites caméras vidéos domestiques pouvaient servir à autre chose qu'à filmer nos dernières vacances ou le mariage du cousin ?C'est par cette question que s'ouvre Seeing Is Believing, un film qui explore l'utilisation politique et sociale des caméscopes.Coréalisé par les canadiens Katerina Cizeket Peter Wintonick (ce dernier nous ayant donné, avec Mark Achbar, le puissant Manufacturing Consent: Noam Chomsky and the Media), ce documantaire montre comment un gadget technologique conçu pour divertir peut devenir une arme de guérilla pour de nombreux activistes et défenseurs des droits de l'homme.Le film s'articule autour de l'histoire de Joey Lozano, un activiste vidéaste philippin, qui documente depuis plusieurs années les violations des droits humains des autochtones du sud des Philippines.On voit comment la seule présence de Joey et de sa caméra a permis d'éviter des massacres et de faire connaître des pratiques environnementales scandaleuses Finalement télédiffusées à la grandeur du pays, ses images ont dérangé et provoqué le débat.Mais elles n'ont pas empêché plusieurs assasinats sélectifs des membres de ce mouvement de réappropriation des terres artcestrales Ou les auraient-elles même favorisés9 Toute arme a malheureusement un double tranchant.Ceux qui participent ici à des manifestions anti-capitalistes l'auront sans doute noté en voyant tous ces flics tentant de cadrer convenablement la tête des organisateurs de la manif dans le viseur de leurs caméras.N'empêche que depuis plus d'une décennie, les caméscopes amateurs sont devenus les yeux du monde.Les images qu'ils captent témoignent des horreurs impunies et montrent la terreur subie par des gens dont les grands média voudraient bien faire oublier l'existence.Et l'avènement de la vidéo numérique avec son format mini-DV depuis quelques années, rend possible non seulement la production d'images brutes, mais l'existence de véritables oeuvres cinématographiques produites avec presque rien.Cette démocratisation des images commence à faire des petits un peu partout dans le monde.Au Québec seulement, on ne compte plus les courts métrages militants tournés depuis le Sommet d'avril 2001 et qui contribuent à pousser la réflexion amorcée lors de cet événement choc.On voit même apparaître de plus en plus de longs métrages, comme Ce n'est qu'un début, Zones Grises ou Le Gambit du Fou (voir article en page 4).Dans les mains de cinéastes engagés confirmés, la mini-DV devient un outil qui permet de produire plus vite et à moindre coût.On n'a qu'à penser à Eve Lamont qui nous avait donné Méchant \ob et qui vient de sortir l'excellent Squat ! qui montre si bien comment le pouvoir politique peut anéantir les projets autogérés qui remettent en question la logique de la propriété privée.Sans parler du success story du mouvement Kino qui, sans être explicitement militant, fonctionne sur une base non-hiérarchique et auto-organisation-nelle favorisant l'échange et la responsabilisation des individus.Et du collectif les Lucioles qui vient de voir le jour (voir nos Plogues page 2).Les rois du monde et leurs flics ont beau s'adapter pour étouffer les nouveaux contre-pouvoirs, il est bon de penser qu'ils en auront plein les bras avec les activistes vidéos.BRUNO DUBUC Première télévisuelle de Seeing is Believing dimanche 3 novembre sur la chaîne CBC à 22 h.• http://www.seeingisbelieving.ca • www.witness.org • http://www.videoactivism.org/ • www.kinoOO.com • http://www.mozaikvideo.com/lucioles/index.htm Vous désirez acheter une publicité dans le Couac?Laissez un message à François Patenaude par téléphone au (514) 521-5499 ou par courriel à info@lecouac.org Foire Aux Questions Les bons d'éducation (2/2) Résumé du chapitre précédent: La dernière fois on a vu que l'ADQ propose au Québec d'adopter un système de bons d'éducation (vouchers).Il s'agit d'un système par lequel les gens reçoivent directement de l'État un montant équivalent à ce que coûterait la scolarisation de leur enfant pour une année (disons $5 000) et peuvent ensuite dépenser ce montant dans l'école de leur choix.Disons que vous avez un enfant qui ira en première année ; vous recevez un bon de $5 000 et les écoles - celles qui existent déjà et toutes celles qui pousseront aussitôt comme des champignons puisque ce sera désormais facile et intéressant de « monter une école» - se battront entre elles pour avoir votre argent.Le temps fera le ménage dans tout ça, les mauvaises écoles fermeront, les bonnes resteront ouvertes et cette pratique, nous assure-t-on, va améliorer l'éducation.Pourquoi donc?D'abord, dans ce système les écoles sont en concurrence les unes avec les autres, ce qui introduit une dynamique de marché en éducation, dynamique qui, de nos jours mais aussi de nos nuits, est présumée a priori être une excellente chose.Ensuite, ce système donnera du pouvoir et la possibilité de choisir aux «consommateurs» plutôt qu'aux « producteurs » d'éducation, aux parents et à leurs enfants plutôt qu'aux écoles, aux fonctionnaires, aux syndicats.Enfin, il permettra d'introduire un vrai pluralisme là où règne l'immuable et monolithique unité de pensée et d'action créée et maintenue par le monopole public actuel.J^fc Quelques programmes de vouchers ont été mis en place aux États-Unis, où l'idée fait peu à peu son chemin Au Québec, l'Union Nationale a autrefois (1966) envisagé quelque chose de semblable, sans aucun succès.Avec le programme de l'ADQ, l'idée de vouchers arrive sérieusement chez nous.On se demande cette fois ce qu'on peut en penser À première vue, l'idée peut sembler séduisante.Que disent donc les opposants au bon scolaire?Ils sont nombreux et ne s'opposent pas au projet pour les mêmes raisons.J'ai dit la dernière fois que les vouchers ont été proposés non seulement par la droite conservatrice mais aussi par une certaine gauche, disons lyrique (Illich et consorts).Les opposants viennent également et de la droite (typiquement libertarienne) et de la gauche.Les premiers voient dans ce système une sorte de socialisme d'État voué à l'échec : un marché, disent-ils, suppose pour son fonctionnement des droits de propriété privée et ne peut pas s'établir sur la base de bons donnés par la collectivité et dont l'État seul préciserait (et pourrait modifier à sa guise) les conditions d'utilisation.Ils craignent aussi la multiplication de start-ups de l'éducation, aux pratiques parfois douteuses.Ils pensent encore que cet afflux artificiel de monnaie fera monter les coûts et laissera sur le pavé encore plus de parents.Ils craignent également les effets de ce système, sur l'école privée.D'un côté, disent-ils, les bons vont accroître le contrôle de l'État sur ces écoles (c'est la théorie du Cheval de TYoie) ; de l'autre, ils rappellent (c'est la théorie de la capture, bien connue des économistes) que les firmes réglementées finissent par capturer le processus de réglementation : le monopole public (syndicats, fonctionnaires, etc.) s'associera à des écoles privées et éliminera toute dynamique de marché.Ça mérite réflexion.Et à gauche, on dit quoi?le trouve commode de penser à tout cela en se souvenant que le système public d'éducation, dans une démocratie libérale, est un lieu de tension entre deux valeurs fondamentales de ces sociétés.La liberté individuelle, d'une part; le souci de l'égalité et de la démocratie, de l'autre Les vouchers et ses critiques de droite parlent principalement à partir du premier pôle, la liberté individuelle.Les opposants de gauche aux vouchers parlent principalement à partir du deuxième.Ils craignent d'abord que ce projet n'aboutisse à la création d'un système d'éducation à deux vitesses.La véritable liberté de choisir, disent-ils, y sera en effet celle des écoles bien plus que des parents, des écoles qui pourront, à leurs conditions, accepter qui elles veulent et refuser qui elles veulent.Les écoles de l'élite demanderont des gros montants en sus des vouchers et n'accepteront que les cas faciles; les écoles publiques, se contenteront d'encaisser le voucher et devront accepter tout le monde (cas problèmes, difficultés d'apprentissage et ainsi de suite).Et puis, à cause de la question du transport scolaire, la liberté de choisir restera de toute façon limitée à un territoire.Ils prédisent aussi que les valeurs démocratiques et égalitaires (accueil de chacun, création d'une culture commune, respect des différences, égalité des chances etc.) seront très fortement mises à mal par ce système, s'il en vient à être appliqué.Lexemple américain est très éclairant : parmi les plus forts opposants aux vouchers se trouvent tous ceux qui craignent qu'il n'abolisse la séparation de l'église et de l'État.La multiplication des écoles religieuses aux É.U.leur donne raison.Qui voudrait de ça ici?Enfin, la question de la reddition de comptes, financiers mais aussi pédagogiques, reste difficile mais cruciale.À qui et comment ces écoles seront redevables?Au marché qui nous donne Me Do en gastronomie, la voiture en transports, Brittney Spears en culture?Ignorants - ce n'est pas une insulte: juste un constat -ce qu'est l'éducation, la culture, comment des parents peuvent-ils choisir ce que leurs enfants doivent savoir, ce que l'école devrait enseigner?La remarque de Kant (c'était au XVIIIe siècle!) reste ô combien actuelle: «Un principe de pédagogie que devraient surtout avoir devant les yeux les hommes qui font des plans d'éducation, c'est qu'on ne doit pas élever les enfants d'après l'état présent de l'espèce humaine, mais d'après un éclat meilleur, possible dans l'avenir, c'est-à-dire d'après l'idée de l'humanité et de son entière destination.Ce principe est d'une grande importance.Les parents n'élèvent ordinairement leurs enfants qu'en vue du monde actuel, si corrompu qu'il soit.Ils devraient au contraire leur donner une éducation meilleure, afin qu'un meilleur état en pût sortir dans l'avenir.Mais deux obstacles se rencontrent ici : premièrement, les parents n'ont ordinairement souci que d'une chose, c'est que leurs enfants fassent bien leur chemin dans le monde, et deuxièmement, les princes ne considèrent leurs sujets que comme des instruments pour leurs desseins.» Au total, tu dis quoi?le n'ai fait qu'effleurer le sujet Mais si on me pousse à me prononcer en un mot, je dirais que s'il est vrai qu'il y a de réels et sérieux problèmes avec le système d'éducation publique, partout en Occident, cette solution-là proposée par l'ADQ est pire que le mal qu'elle prétend combattre RAYMOND-LA-SCIENCE (Baillargeon.normand@uqam.ca) LIVRES En chair vive II Il y a longtemps que je voulais vous parler de ce livre.La dernière fois, j'en avais écrit le titre mais j'avais prféré dénoncer les crimes colonialistes israéliens en Palestine.Aujourd'hui je reviens à la littérature.proche de tous les hommes, de tous les temps.«L'universel c'est le local moins les murs», donne-t-il comme titre à un autre de ses livres.L'écrivain portugais Miguel Torga a tenu son journal pendant soixante ans.La première partie qui va de 1933 à 1977 s'intitule «En franchise intérieure».La deuxième partie, «En chair vive», couvre les vingt dernières années de la vie du poète et va de 1977 à 1996.)e n'ai lu que la deuxième partie du journal.Ça m'a coûté 55 piasses effet.Mais quel livre génial.Un écrivain provincial, régional, local.Et pourtant si proche de nous, si proche de tous les hommes, de tous les temps.Horrible en C'est Gilles Archambault qui m'a parlé de Miguel Torga, un jour qu'on discutait en toute amitié de tout et de rien, c'est-à-dire de littérature, de musique, de politique.Comme on ne peut plus lire Archambault dans Le Devoir, depuis qu'on l'a honteusement mis à la porte pour faire place à des chroniqueurs insipides plus branchés, plus conformes, plus loyalistes, plus canadiens, il faut le rencontrer en personne pour continuer à profiter de son amour immense pour les livres et les écrivains.«Vous avez aimé Le journal des années noires de Guéhenno.Vous devriez lire le journal de Torga.Vous qui ne lisez pas de romans, je crois que vous allez aimer.» Touché en plein cœur, jusqu'au plus profond de l'âme.Découvrir Torga, c'est découvrir un frère, un ami.Comme on découvre Camus ou Orwell.Lire son journal c'est comme parler avec Archambault, écouter Miron ou jaser avec Perrault.On ferme sa gueule et on écoute.Pendant des centaines de pages, Torga nous parle du Portugal et on a l'impression qu'il nous parle de nous-mêmes, de notre pays, le Québec.L'amour du peuple, l'amour de la nature, l'amour de l'art, l'amour du pays, le dévore, le brûle, le consumme.Torga écrit avec la sueur, les larmes et le sang du peuple portugais.Il travaille dans la chair vive.Fort.Noble.Puissant.Pourtant, je suis sûr que, dans son propre pays, on le traite de «pure laine», de «tricoté serré», de «clérico-nationaliste».Les mêmes ordures à l'œuvre, ici et là-bas.Les mêmes salopards.Les mêmes rampants.Les mêmes collabos.Ici comme partout.En effet Torga est un écrivain de village, de son village.Un écrivain provincial, régional, local.Et pourtant si proche de nous, si Mais comment partager la joie qui me serre le cœur?Laissons-lui tout simplement la parole « On trouve ici, l'envahisseur de toujours, aujourd'hui plus sophistiqué, et les renégats du moment, disposés par avance à le recevoir à bras ouverts Le capital n'a pas de patrie ou il a la patrie qui rapporte le plus.» « Si j'en étais resté à la science des livres, je serais aujourd'hui un ignorant lettré et suffisant.Mais en recevant les successives leçons de sagesse du peuple, je sais au moins, humblement, qu'on ne sait rien si on ne sait pas déchiffrer l'abécédaire de la réalité.» « le me demande comment je vais résister.En résistant.me répond une tenace voix intérieure.» « Le Portugal.C'est en cherchant à le comprendre que j'ai compris quelque chose de moi.Les patries sont de gigantesques miroirs qui reflètent la petitesse de leurs fils.» «Nier Dieu.Fort bien.Mais que ce ne soit pas pour diviniser les succédanés plus absurdes que lui.» «le voudrais bien, mais je n'arrive pas à m'abstraire de la comédie démocratique qui a remplacé la tragédie autocratique sur la scène du pays.Personne ici n'entend d'autre voix que celle de ses humeurs.» À prochaine vraie paye, j'achète le tome 1.Sans doute aussi horriblement cher que le tome 2.Mais pas plus en fait que cinq films américains minables.En plus, c'est meilleur.PIERRE FALARDEAU Miguel Torga, En chair vive, Paris, lose Corti, 1997 Miguel Torga, En franchise intérieure, Paris, Aubier Montaigne, 1982 Récupération de Michael Moore Après avoir publié et proclamé la haute valeur du vice-roi John Saul, du ministre ultra-mondialiste Pierre Pettigrew, de la taupe Claude Morin et du très progressiste duo lacques Godbout-Richard Martineau, les éditions du Boréal viennent de lancer un livre de.Michael Moore! L'ont-ils confondu avec Roger Moore ?Le livre paraît au moment où Moore n'a jamais été aussi populaire dans le monde francophone.Bowling for Columbine, le nouveau film du réalisateur de Roger and Me, vient de sortir.Il propose un regard sur l'Amérique des armes à feu.Mais à force d'être récupéré par tous les seigneurs des finances, la pensée du grand Mike est sans doute en voie d'être complètement désarmée.En France, le livre Mike contre-attaque, traduction de Stupid Wfîite Man.est publié par La Découverte Cette maison était jusqu'ici la propriété de Vivendi Universal, une compagnie dont les scandales financiers ne sont pas sans faire songer aux entreprises carnivores que dénonçait Moore dans The Big One.Mais le secteur édition de Vivendi vient d'être cédé à un autre géant de l'imprimé, le groupe Lagardère Or Lagardère, si vous ne le saviez pas, est un des plus importants marchands d'armes de la planète C'est pratique de pouvoir vendre à la fois des armes et le discours qui s'y oppose.Michael Moore, Mike contre-attaque !, Montréal, Boréal, 2002 En noir et Black Max Hastings a été longtemps au service du magnat de la presse Conrad Black.Il a été l'éditeur du Daily Telegraph de Londres.Il vient de publier ses souvenirs (An Inside Story of Newpapers).On y apprend entre autres choses que les questions internationales préoccupent beaucoup Lord Black.«Tout commentaire dans nos pages qui se montrait anti-américain causait des problèmes.» Sur la question du Moyen-Orient, l'appui de Black a Israël est intraitable, explique Hastings, «surtout après son achat du )erusalem Post».«Conrad se montrait lui-même comme un ardent supporteur de la cause israélienne contre celle des Palestiniens.» Mais la presse est libre, évidemment.JFN Pierre Vadeboncoeur La justice en tant que projectile La paix disparaît de l'ordre du jour.Le monde est occupé à construire ce qui y est contraire.L'aménagement de la planète, dans les conditions modernes, y compris la tâche d'empêcher la terre de devenir inhabitable, prendrait l'essentiel des forces, du génie, de la politique.Mais void que les USA réinventent l'hostilité.Dans quoi nous jette-t-on?LA JUSTICE EN TANT aUE 1 LU U-l 104 pages, 16,95$ Pierre Vadeboncoeur La justice en tant que projectile • (16,95$) 104 pages /'Bon de commande) \ à nous retourner*' par courrier: LUX Édithur CP.129, suce, de Lorimier, Montréal (Québec) H2H 1V0 Je règle par: ?Mundat Q Chèque Nom Adresse .Code postal Courriel_ .Téléphone.En vente dans toutes les librairies, 16,95$ (+ tx) # TPS: 143635464 Le Couac, novembre 2002, page 7 Cocteau L'Université de Montréal a reçu en don une importante collection consacrée à lean Cocteau.Gilles Blain, collectionneur de longue date des oeuvres de Cocteau, a fait don (contre reçu d'impôt) d'une partie de sa collection à la section des livres rares des bibliothèques de l'Université de Montréal.La collection rassemble quelque 400 documents reconnus comme «biens culturels d'intérêt exceptionnel et d'importance nationale» par la Commission canadienne d'examen des exportations de biens culturels.Une exposition de quelques-unes des pièces de cette collection se déroule jusqu'au 23 décembre 2002, au Service des livres rares et dans l'atrium du Pavillon Samuel-Bronfman 3000, rue )ean-Brillant à Montréal.Ptiluc Émule moderne de La Fontaine, Ptiluc met en scène des animaux qui nous offrent en miroir le spectacle lamentable de l'humanité.Avec son dernier album, publié aux Éditions des Humanoïdes Associés, sa critique de la société atteint son paroxysme.L'exploitation de l'homme par l'homme - pardon du castor emplumé comme un Indien, par le rat calculateur, - débouche sur la lutte des classes, la révolte sociale.avortée, et des alliances politiques douteuses.La dernière vignette résume magistralement tout le dérisoire de notre réalité quotidienne engluée dans un système sans lendemain.L'auteur a réussi le tour de force de réunir Karl et Groucho Marx, pour nous dilater la rate.MONIQUE PAGE ET GILBERT BALSAMO Le puritain Bush Au XVIIe siècle, dans leurs colonies d'Amérique du Nord, les Anglais, les Puritains, massacrèrent à qui mieux mieux les Amérindiens, comme le rappelle Howard Zinn, dans Une histoire populairedes États-Unis, de 1492 à nos jours, qui vient d'être publiée chez LUX Éditeur, à Montréal.ts, qui vient d être p « L'invasion de l'Amérique du Nord par les Anglais, leur brutalité et les massacres d'indiens trouvaient leur origine dans cette force impérieuse, caractéristique des civilisations fondées sur la propriété privée-», écrit l'historien r la propri L'auteur parle entre autres d'une guerre contre les Pequots.contre les Wampanoags.puis «Les Anglais, dit-il, trouvèrent un prétexte (un meurtre) pour entamer une guerre de conquête contre les Wampanoags.» Savourez maintenant ceci, qui vous fera penser à quoi, à qui, croyez-vous?«Les Anglais étaient clairement les agresseurs, mais ils prétendaient agir pour PRÉVENIR les agressions futures.» |HLgwM^^^^^ L'auteur cite un autre historien: « un appétit dépravé pour Jës objets les plus vains, rêves et fantômes de cette vie passagère.Une soif de terre, les terres de ces régions sauvages, comme si les hommes étaient réellement dans le plus grand danger et se trouvaient confrontés à l'extraordinaire nécessité de s'approprier de vastes étendues de terre.» (Les soulignés sont de moi.) Tout cela aussi au nom de Dieu, naturellement.«We shall prevail.God bless America», disait encore Bush, à Cincinnati, le 7 octobre.God ! PIERRE VADEBONCOEUR Riopelle Des impressions à la suite de quelques visites chez le célèbre peintre composent Chez Riopelle, un petit livre tout bleu que signe Lise Gauvin aux éditions de l'Hexagone.Ça mérite d'être lu.Howard Zinn Une histoire populaire des États-Unis De 1492 à nos jours Le point de vue de ceux dont les manuels d'histoire parlent habituellement peu.L'auteur, professeur émérite à la Boston University, a vendu ce livre à près d'un million d'exemplaires aux États-Unis.Une Histoire populaire des États-Unis, a été qualifié de «réussite» par Le Monde diplomatique.812 pages, 34,95$ Howard Zinn Une histoire populaire des USA • (34.95$) 812 pages r.-.„ par courrier: LUX Éditeur /'Bon de commande) CP.129, suce, de Lorimier, Montréal a nous ratourmry (Québec) H2H 1 Vu Je règle par: Q Mandai Q Chèque Nom Adresse Code postal.Courriel_ .Téléphone.En vente dans toutes les librairies, 34,95$ (+ tx) # TPS: 143635464 v 1! W Le Couac, novembre 2002, page 8 Lettre ouv auxp par Jean Bricmont es concessions irakiennes Let les recommandations de dirigeants de nombreux pays ne semblent pas ébranler la détermination affichée par les États-Unis à imposer un «changement de régime» en Irak.En y renonçant maintenant, ils perdraient d'ailleurs toute crédibilité.Cette situation pose de nouveaux défis, tout en offrant l'espoir d'un renouveau des mouvements de la paix, à condition que nous ayons une vue claire de la situation.Les remarques qui suivent n'ont pour but que de lancer une réflexion et un débat parmi les pacifistes sur les attitudes à prendre.Tout d'abord, il faut apprécier correctement les rapports de force réels.Les États-Unis possèdent une puissance de destruction, conventionnelle et non conventionnelle, unique dans l'histoire.Leur allié israélien est de loin l'État le plus puissant du Moyen Orient.La supériorité économique des États-Unis sur l'Irak est écrasante.Mais ce n'est pas tout; la plupart des moyens d'information au niveau mondial présentent les États-Unis sous un jour favorable - en particulier en acceptant l'idée saugrenue que ce sont eux et non l'Irak qui sont menacés, malgré le rapport de force existant.Par ailleurs, ni les Vietnamiens ni les millions d'autres victimes de la politique américaine depuis un demi-siècle n'ont attiré une attention des médias comparable à celle consacrée aux victimes du 11 septembre.Il existe aujourd'hui de nombreuses études montrant que les médias sont systématiquement biaises lors des guerres.Nous devons par conséquent nous en méfier et utiliser et diffuser, autant que possible, des informations alternatives.Nous ne devons pas nous laisser enfermer dans la logique des sanctions qui seraient un moyen approprié pour obtenir le désarmement unilatéral de l'Irak.En effet, quelle est cette logique?Si on lève les sanctions, rien n'empêchera l'Irak de se réarmer.Donc, l'exigence de désarmement mène à la perpétuation des sanc- tions qui, comme en ont témoigné des responsables du programme pétrole pour nourriture (von Sponeck et Halliday) ont des conséquences géno-cidaires pour la population, et cela malgré le fait que le régime irakien fait ce qu'il peut pour distribuer la nourriture disponible.Exiger le désarmement unilatéral d'un seul pays dans une région où il y a des conflits et des convoitises multi-ples n'est pas dra pas en conclure que la guerre est légitime, mais plutôt que l'ONU a renoncé à sa mission.Il est, par ailleurs, absurde de présenter l'Irak comme une menace pour la paix.Aucun des pays voisins ne la considère comme telle.Lors de la guerre Iran-Irak, l'Occident a soutenu l'Irak, y compris en fournissant des armes chimiques, ce qui fait qu'il est assez cynique d'utiliser aujourd'hui cette guerre, comme on le fait en Occident, pour démoniser l'Irak.L'Irak n'a aucun moyen d'envoyer des missiles sur les États-Unis ou l'Europe et, surtout, il n'y a aucune raison de croire que ses dirigeants soient prêts au suicide national qu'une telle attaque impliquerait.Lors de la guerre de 1991, ils ont laissé leur pays être détruit par des armes conventionnelles plutôt que d'utiliser les armes non conventionnelles qu'ils possédaient.Nous devons séparer radicalement notre opposition à la guerre et notre opinion sur la nature du régime irakien.Qui accepterait que l'Inde, qui est une démocratie, envahisse la Syrie, qui est une dictature, pour y opérer un « changement de régime »?Il ne faut pas non plus oublier que, pour les États-Unis, il y a des bonnes dictatures et des mauvaises, mais surtout, il y de bonnes et de mauvaises démocraties : l'Argentine sous Menem est une bonne démocratie parce que la population y est atomisée et démoralisée et que les ressources nationales peuvent être bradées ; le Venezuela de Chavez est une mauvaise démocratie, pour les raisons raisonnable.La seule solution passe par un désarmement global, en commençant par les pays les plus armés - Israël dans la région et les États-Unis au niveau mondial.Les résolutions de l'ONU ne doivent pas être sacralisées par le mouvement de la paix.D'une part, depuis la création de l'ONU, il existe une résolution demandant que les réfugiés palestiniens puissent rentrer chez eux.Tout le monde sait que cela ne se fera jamais et personne n'exige des bombardements massifs ou un changement de régime en Israël pour mettre cette résolution en application.Ce type de résolution peut donc rester longtemps lettre morte.D'autre part, la structure du conseil de sécurité ainsi que les rapports de force économiques au niveau mondial font que l'ONU, loin d'être une instance neutre, est trop souvent une arme entre les mains des grandes puissances.Finalement, il ne faut pas oublier que l'ONU a été créée pour éviter à l'humanité le «fléau de la guerre».Si les États-Unis parviennent, au moyen de pressions politiques et économiques à convaincre le conseil de sécurité d'appuyer leur offensive (comme ils l'ont fait en 1991), il ne fau- Les résolutions de l'ONU ne doivent pas être sacralisées par le mouvement de la paix.D'une part, depuis la création de l'ONU, il existe une résolution demandant que les réfugiés palestiniens puissent rentrer chez eux.Tout le monde sait que cela ne se fera jamais et personne n'exige des bombardements massifs ou un changement de régime en Israël pour mettre cette résolution en application.inverses.Il est à noter que dans leur empressement à «défendre la démocratie», les États-Unis et l'Union Européenne ont soutenu en avril 2002 au Venezuela un des coups d'État les plus éphémères de l'histoire.Quant au désir proclamé d'apporter la démocratie dans le monde arabe, il faut faire attention : un pays arabe qui serait véritablement démocratique tentera de contrôler ses ressources et sera bien plus anti-sioniste que les dictatures actuelles, parce qu'une telle attitude refléterait les aspirations de sa population.On peut douter que c'est cela que l'Occident souhaite.Notre opposition à la guerre doit être inconditionnelle et basée sur des principes clairs.En particulier, elle ne doit pas se baser sur le coût de la guerre, pour nous ou même pour les Irakiens, sur les risques de déstabilisation de la région, etc.De tels arguments ont été avancés lors de la guerre du Kosovo ou de l'Afghanistan et, lorsque les échecs prédits ne se réalisent pas, cela affaiblit encore plus le mouvement de la paix.Il est très possible que les États-Unis arrivent à leurs fins par un coup d'État, une insurrection ou une guerre-éclair.L'avenir le dira, mais il ne faut jamais oublier qu'ils ont énormément de cartes dans leur jeu et qu'ils ont procédé de la sorte très souvent dans le passé.Une opposition solide à la guerre doit partir d'une vision globale.La guerre froide, loin d'être une simple lutte défensive contre le communisme, a été caractérisée par ce qu'on pourrait appeler la latino-américanisation du monde, c'est-à-dire, d'une part, le remplacement de l'Europe par les États-Unis comme centre du système impérial et, d'autre part, la substitution du néo-colonialisme au colonialisme.Le néo-colonialisme permet de continuer le pillage classique, exploitation des ressources et de la main d'oeuvre du Tiers Monde (et, aujourd'hui, de la matière grise qui doit suppléer aux déficiences de notre système éducatif), tout en permettant une autonomie politique formelle et une délégation corrélative des tâches de répression.Les renversements d'Arbenz au Guatemala, de Mossadegh en Iran, de Goulart au Brésil, d'Allende au Chili, de Soekarno en Indonésie, de Lumumba au Congo ont été la face visible de cette politique, à côté d'une multitude de pressions en tout genre ainsi que de la mécanique de l'endettement.Le but des États-Unis en l'Irak est d'étendre ce système à tout pays récalcitrant.Quels que soient les moyens mis en oeuvre pour y parvenir, c'est cet objectif, et l'accroissement des inégalités qu'il implique, que nous devons rejeter, et cela par principe.Le mouvement altermondialiste devrait être un allié privilégié du mouvement de la paix.11 est évident que n'importe quel pays qui mettrait en oeuvre certaines des mesures que ce mouvement prône, qu'il s'agisse de l'annulation de la dette ou de la remise en place de services publics forts, serait immédiatement traité comme l'Irak ou la Yougoslavie.On commencerait peut-être par des mesures de rétorsions économiques ou par une subversion politique (ce qui a d'ailleurs été essayé en Irak) ; mais il ne faut jamais oublier que la guerre est la dernière carte du système.Finalement, nous ne devons pas craindre d'être isolés parce que nous adoptons une position claire.Les États-Unis sont forts militairement, mais ils sont en train de perdre la bataille des idées ; nous devons au moins faire tout ce que nous pouvons pour les affaiblir sur ce plan-là.De plus, ils sont face à un dilemme: s'ils n'attaquent pas, ils perdent leur pouvoir d'intimidation.S'ils attaquent, ils décupleront la haine dont ils sont déjà l'objet.Même en Europe, leur arrogance suscite une forte opposition.Mais, dans le Tiers Monde, la situation est différente: des millions de gens admirent bin Laden et admireront demain Saddam Hussein.Pourquoi?Parce qu'ils apparaissent - à tort ou à raison - comme les symboles de la résistance à l'oppresion et à l'exploitation.Nous ne sommes pas obligés de partager ce point de vue, mais nous devons au moins adopter une attitude qui nous démarque radicalement des positions des gouvernements occidentaux et qui rende possible le dialogue entre les mouvements pacifistes en Occident et les mouvements bien plus radicaux qui existent dans le Tiers Monde, ainsi que dans les populations immigrées ici Ce sont eux nos véritables alliés et non les représentants de partis anciennement pacifistes qui ont vendu leur âme en échange de strapontins ministériels.C'est seulement ainsi que le mouvement de la paix sortira de la léthargie dans laquelle il est tombé depuis la guerre du Golfe et contribuera à inverser la mécanique militaire, économique et idéologique qui, depuis vingt ans, ne fait qu'aggraver la violence et l'injustice du monde.* Professeur à l'Université catholique de Louvain en Belgique Auteur notamment de Impostures intellectuelles (en collaboration avec Alan Sokal).(
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