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Le couac
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. [...]
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. Constitué d'une équipe rédactionnelle et de collaborateurs bénévoles, le journal se targue d'être libre et indépendant. Projet mûri entre anciens camarades de Quartier libre, journal étudiant de l'Université de Montréal, Le Couac est fondé par les journalistes aux nombreux chapeaux Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau. Pierre de Bellefeuille agit à titre d'éditeur et demeure à la barre du journal de nombreuses années. Prenant inspiration des éphémères Le Fantasque et La Lanterne, prédécesseurs québécois du XIXe siècle, Le Couac, dont le nom rappelle l'onomatopée du canard, s'inscrit davantage dans la lignée du journal français Charlie Hebdo que du Canard enchaîné. « Le couac » et « le canard », qui peut signifier « journal », peuvent tous deux être associés à un son discordant au sein d'un groupe, le groupe dans lequel Le Couac détonne étant ici l'ensemble de la presse. Le Couac donne son soutien à l'activisme de gauche en dénonçant par la satire, souvent cinglante, l'ordre établi, les réactionnaires, les moralistes, la publicité, le journalisme de masse, les puissants, les injustices, les atteintes aux droits et libertés, les pollueurs, l'économie marchande, etc. Le Couac est en phase avec l'actualité politique, sociale et culturelle québécoise et internationale et montre un intérêt particulier pour les États-Unis. La lutte au terrorisme et ses débordements du début du XXIe siècle y inspirent d'ailleurs plusieurs coups de gueule. En plus des deux fondateurs, un grand nombre de collaborateurs au regard critique et mordant sur le monde participent au journal au cours des années : Pierre Falardeau, Pierre Vadeboncoeur, Louis Hamelin, Marco Silvestro, Isabelle Baez, Jacques Bouchard, Victor-Lévy Beaulieu, Marco de Blois, Michel Rioux, Bruno Dubuc, Francis Dupuis-Déri, François Patenaude, Normand Baillargeon, Simon Tremblay-Pepin. 10 ans de Couacs - Je pense, donc je nuis : les meilleurs articles du mensuel satirique francophone le plus lu en Amérique du Nord!, choix des textes, des brèves et des illustrations par l'équipe du Couac; coordination de Bruno Dubuc, Montréal, Le Couac, 2007, 123 p.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1997-2016
Contenu spécifique :
décembre
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque mois
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Le couac, 2002-12, Collections de BAnQ.

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Ê Féminisme 1 mmÊÈÊ Le Québec est-il soumis à une tyranie féministe conduisant les hommes au suicide?1 Conquêtes p.4 1 Pierre Vadeboncœur, cherche à découvrir les intentions cachées de Washington m 1 Lettre ouverte p.8 1 Pierre Falardeau, adresse à l'ADQ une lettre que vous n'avez pas pu lire dans Le Devoir Vol.6 • n° 3 Décembre 2002 3,50$ Coûte, Le retour de la Gestapo Le Department of Homeland Security menacera le droit à la vie privée des citoyens du monde entier « Si nous vivions dans une dictature ce serait diablement plus facile.À condition que je sois le dictateur.» George W.Bush (CNN 8-12-2000) En 1933, conscient qu'une partie de plus en plus importante de la population allemande remettait en question la légitimité de son gouvernement, particulièrement les gens instruits, les artistes et les intellectuels, Hitler décida qu'il avait besoin d'une police pour espionner ces citoyens et prévenir la formation d'une opposition organisée.Il baptisa ce service spécial GEheime STAatsPOlezeise qui pourrait se traduire par Police Secrète d'État, mieux connu par son acronyme : Gestapo.« La Gestapo a la tâche de rechercher toutes les intentions qui mettent l'État en danger, de rassembler et d'exploiter les résultats des enquêtes, d'Informer le gouvernement et de tenir les autorités au courant des constatations importantes pour elle.» (article 1, loi fondamentale de la Gestapo) La Gestapo peut arrêter, interroger et détenir des suspects sans l'accord des tribunaux.Elle écoute les conversations téléphoniques, dispose d'une prison spéciale à Berlin où les opposants sont torturés.Ceux-ci n'ont pas droit à un avocat et sont envoyés dans les camps de concentration sans procès.Aucune opposition politique n'a réussi à survivre après 1939, même clandestinement.Le 14 novembre, La Presse et Le Devoir publiaient simultanément un bulletin de l'Agence France-Presse célébrant la victoire de George W.Bush devant le Congrès pour procéder à la création du Department of Homeland Security (DHS).Décrit par Bush comme « la plus grande réorganisation du gouvernement fédéral américain depuis les années 1940», ce superministère mobilisera les ressources humaines, techniques et financières de 22 agences fédérales, regroupant 170 000 employés, disposant d'un budget de 38 milliards $ US.CIA, FBI, corps de police municipaux, douanes, gardes côtes, Immigration, transport aérien, etc., tout ce beau monde va être mobilisé pour espionner le monde entier.Le projet a été voté à toute vapeur.Presque personne n'a vraiment eu le temps d'en prendre connaissance avant son adoption.Les législateurs ont reçu le projet de loi de 484 pages le matin du vote.Le représentant démocrate de Californie au Congrès, Henry Waxman, «doute que plus de 10 membres de la Chambre des représentants connaissent le contenu de la loi» (CNET Neivs.com).Les Républicains y ont introduit plusieurs clauses à la dernière minute en reconnaissance aux multinationales qui ont si généreusement financé la dernière campagne électorale.Les compagnies pharmaceutiques, par exemple, ont obtenu la vaccination obligatoire dans certains États (pour l'instant) avec prison et confiscation de propriété pour les récalcitrants, doublé de l'immunité contre les poursuites en cas de contamination par des vaccins défectueux.Il y a aussi le Cyber Security Enhancement Act (CSEA).La nouvelle police secrète pourra intercepter sans mandat toutes les communications téléphoniques, et Internet.Le CSEA facilite aussi la «collaboration » entre les fournisseurs Internet et le pouvoir policier.Les cyberpirates (vaguement définis) pourront être passibles de prison à vie.« Une souris peut être aussi dangereuse qu'une balle de fusil ou une bombe», selon le sénateur républicain Larry Smith membre d'un sous-comité du Sénat sur la criminalité.(CNET News.com) Un des éléments les plus menaçants de ce beau programme est un super système de surveillance informatique ayant la capacité d'analyser, en temps réel, l'ensemble des bases de données autour de la planète, pour débusquer les terroristes et les mettre «préventivement» hors d'état de nuire.Au lendemain des attentats du 11 septembre, le Defence Advance Research Projects Agency (DARPA, le département recherche et développement du Penta- Bientôt, on pourra recouper tous les renseignements pour ensuite couper court à toutes activités « subversives » gone) créait deux nouvelles agences: le Information Awareness Office (IAO Bureau de conscience des renseignements) et le Information Exploitation Office (IEO Bureau d'analyse des renseignements).Les bombardiers furtifs et les drones tueurs à distance sont des produits développés par le DARPA.L'IAO travaille à mettre au point un nouveau système, baptisé Total Information Awereness (TIA système de conscience totale de l'information) qui devrait fournir à la nouvelle Gestapo les moyens techniques de réduire le temps entre le moment où un terroriste est identifié et le moment où il peut être « préventivement » mis hors d'état de nuire.Comment, en effet, faire le lien entre une photo prise par une caméra de surveillance en Allemagne, une communication téléphonique en provenance de Montréal et un transfert de fonds du Pakistan vers la Floride?Le TIAS comprendra donc plusieurs volets.TIDES traduira toutes les langues en anglais.Genysis rendra compatibles entre elles toutes les bases de données du monde.EARS retranscrira les communications orales présélectionnées.HID Human Identification at Distance sera un procédé d'identification à distance des suspects dans une foule grâce à des caméras « intelligentes».Paiements par cartes de crédit, abonnement à un journal ou un à magazine, liste des livres achetés ou empruntés à la bibliothèque, dépôts et retraits Suite à la page 5 Qui va à la chasse perd la face ?Chaque automne, depuis des décennies, les chefs de grandes compagnies et des politiciens se rendent à l'île Province, en Estrie, une île du lac Memphrémagog située en partie au Québec et en partie au Vermont.On y chasse le faisan en toute tranquilité, entre gens de qualité.L'île Province est la propriété de Guy Savard, vice-président du conseil de Merrill Lynch Canada, ancien président de la Caisse de dépôt et proche du Parti libéral.Encore récemment, on a pu y voir entre autres Brian Levitt, d'Imasco, Paul Desmarais, de Power Corporation et les politiciens lean Charest et Paul Martin.Pour les politiciens, ces parties de chasse sont une occasion de consolider leurs relations dans le monde des puissants de la finance.Pour l'occasion, on se déguise en chasseur.Des milliers de faisans sont abattus chaque année sur l'île, mais heureusement le ridicule n'a jusqu'ici tué personne.Le déroulement d'une journée de chasse est simple.Tout d'abord, les distingués invités de l'île accostent au quai.Vêtus comme des dandys, très british, accoutrés de chapeaux sur lesquels le nombre de plumes épinglées permet de jauger les talents du chasseur, ces messieurs et leurs épouses se regroupent solennellement pour une cérémonie où un enregistrement de clairon annonce le début de la digne journée de chasse.Qui rabat le gibier pour ces messieurs si joliment accoutrés?Des bons scouts des Cantons de l'Est ! Pour eux, il s'agit d'un moyen de financement, mais aussi d'une occasion en or de rire de la performance de ces chasseurs de carnaval.Mais on ne rit pas toujours: en 1994, un scout a été frappé malencontreusement par une décharge de plombs.Les scouts-rabatteurs de l'île se réjouissent de ne pas être nés fils de riche, surtout quand ils voient à l'œuvre les fils de Desmarais.On a pu voir ces messieurs presqu'oublier, avec leurs armes, que ce n'était pas des chiens qui rabattaient les faisans.Lors de la chasse, les invités sont installés à un poste de tir où ils attendent que les oiseaux s'envolent devant eux.Règle générale, seulement les hommes tirent.Mais les épouses, comme toujours, sont fort utiles: elles ont tout le loisir de soutenir le moral autant que les munitions.À leur sortie du bois, les scouts-rabatteurs ramassent les faisans abattus et achèvent ceux qui n'ont été que blessés.Ce manège est repris dans plusieurs boisés jusqu'à midi, lorsque les invités sont conviés à partager un repas gastronomique et à se désaltérer.Pendant ce temps, les scouts profitent du soleil ou de la pluie, confortablement installés à l'extérieur sur une table à pique-nique.Les plus chanceux d'entre eux auront le privilège de nettoyer les fusils.Pour les invités, la journée n'aura été éprouvante que par la quantité de sourires figés et de conversations stériles échangées.Avant de s'en retourner, ils enlèvent leur chapeau pour réentendre le chant enregistré du clairon.Près d'eux, les faisans ont tous été disposés sur le sol, en rangées symétriques, la tête tournée vers le soleil.Ces charmants chasseurs repartent le cœur léger et, qui sait, peut-être même avec un reçu pour déduction d'impôt.,.KARINE DUBOIS Oussama ben Noël La CIA a effectué une perquisition au château du père Noël, après avoir intercepté plusieurs lettres d'enfants afghans et palestiniens lui étant destinées et dans lesquelles ils affirmaient avoir été sages toute l'année.Ils lui demandaient pour cadeau des manuels de pilotage.Deux lutins pakistanais auraient été arrêtés et déportés à Guantanamo.OFFREZ Garnitures Les discours sont comme les pizzas.Ceux qui les livrent sont rarement ceux qui les préparent.Numérologie Saviez-vous que les infâmes numéros tatoués aux prisonniers d'Auschwitz ont commencé par des numéros de code IBM?(entrez Hitler, Auschwitz, IBM dans Google).Intéressant Toujours aussi intéressants, les journalistes.Sur toutes les chaînes, ils se demandent si la réponse des Russes à la prise d'otage de Moscou était la bonne.Assez de gaz, pas le bon, risques mal calculés, etc.Mais pas un seul qui se questionne sur ce qui se passe au pays des «terroristes».Personne qui se demande si, là-bas, le jugement des Russes est le bon.Heureusement que la presse est libre, parce que sinon, en plus d'être aveugle, elle serait aussi baîllonnée.Comédie musicale Fort de son succès à Moscou, le Cirque du Sommeil de l'Armée russe part en tournée en Tchétchénie.Emploi Rozon pense à engager Marc Snyder de l'ADQ pour travailler avec Micheline Charest de Cinar.Rumeur sur Internet Apparemment, une rumeur circulerait sur Internet.Rumeur Ben Laden s'apprête à joindir les rangs de l'ADQ.1 Le Couac, décembre 2002, page 2 I- Jeux de maux: « Féminisme » j» lire Voir ou la chronique g\ signée Denise Bom-JTm.bardier dans Le Devoir, le Québec des dernières années serait soumis à une tyrannie féministe qui force les garçons au décrochage, les pénis à la mollesse et les hommes au suicide.Au-delà des drames personnels, c'est à toute une campagne politique que se livrent les antiféministes.Selon eux, ce serait la faute des féministes si les garçons ne sont pas performants à l'école dans la mesure où ils n'ont plus de modèles masculins auxquels s'identifier .Cette caricature d'explication n'a aucune profondeur car elle est recroquevillée sur le temps présent.A-t-on exploré le passé pour voir si avant le féminisme, les fillettes traînaient loin derrière les garçons à l'école?Et à l'étranger?Le Bulletin du Centre de recherche et d'intervention sur la réussite scolaire (mars 1994) indique pourtant que dans les pays où «l'enseignement est donné principalement par des hommes, la différence entre les résultats selon le sexe est la même» (Le Devoir, 12-11).Le plus répugnant reste encore cette récupération que les antiféministes font des suicides d'hommes.Parlant au nom de ces milliers de morts, ils affirment que ces suicidés se sont tués à cause des féministes, entendez que les femmes les ont tués.On oublie deux faits de la plus haute importance: 1) dans tous les pays du monde, le taux de suicide chez les hommes est toujours plus élevé que chez les femmes pour une raison très simple: les stéréotypes masculins rendent les hommes plus enclins à utiliser pour se suicider des armes à feu, ce qui leur laisse peu de chance de survivre, alors que les femmes ont tendance à avoir recours à des moyens moins drastiques (elles ingurgitent des pilules, par exemple) ; 2) le taux de suicide général est au Québec l'un des plus élevés au monde, c'est-à-dire que si les Québécois se suicident plus que les autres hommes, les Québécoises se suicident elles aussi plus que les autres femmes.Or, comment expliquer que les femmes québécoises se suici- dent plus que, disons, les Afghanes ou les Koweïtiennes, si les Québécoises exercent une telle domination qui leur procure tant d'avantages?Les souverainistes disent qu'on se suicide au Québec par manque de souveraineté, d'autres accusent la musique Heavy Metal, la méchante drogue alors que ce fut pendant un temps Dongeons & Dragons qui poussait les jeunes à se tuer.Dans un article du ]ournal of Epidemiology and Community Health, des chercheurs démontraient pour leur part qu'on se suicide en plus grand nombre sous des gouvernements de droite que de gauche en Grande-Bretagne et en Australie.Qui croire?L'argument central des antiféministes selon lequel les hommes québécois manquent aujourd'hui de modèles masculins est lui aussi sujet à caution.Il existe enfin des modèles féminins plus diversifiés qu'il y a vingt ou trente ans: des femmes sont policiers, astronautes, députés, camionneurs, etc.Mais les hommes ne manquent pas pour autant de modèles puisque ce sont eux qui ont dominé presque entièrement la société pendant des milliers d'années et qui en ont écrit l'histoire.Quelques exemples parmi tant d'autres: nommez une philosophe d'importance dont l'œuvre soit étudiée dans les cégeps du Québec aux cotés de Platon, Aristote, Montaigne, Kant, Hegel, Nietzsche.Ou nommez une artiste peintre étudiée dans les cours d'histoire de l'art aux côtés de Michel-Ange, Léonard de Vinci, Rembrandt, Manet, Monet, Renoir, Matisse, Chagall, Miro, Picasso, Dali.Et lorsqu'ils écoutent la télévision ou lisent les journaux, les garçons québécois n'ont-ils pas l'impression d'un monde où les hommes dominent?Bush le plus puissant, Bill Gates le plus riche, ben Laden le plus méchant, Jim Carter prix Nobel de la paix.En politique: Chrétien, Landry, Charest, Du-mont, Sharon, Saddam, Poutine, Chirac, Blair, Castro.À la tête de l'ONU, de l'Union Européenne, de l'OTAN, des hommes et encore des hommes.Le G8?Des hommes.En économie, tous les prix Nobel furent attribués à des hommes et les hommes sont les plus riches: Pierre-Karl Péladeau à la tête de son empire, Greenspan à la tête de la Réserve fédérale américaine.Et les sports: Jacques Villeneuve au volant de sa bombe sur roues et nos Glorieux sont des hommes.Et la religion: le pape est un homme et refuse que des femmes représentent Dieu, lui-même d'ailleurs plutôt masculin.Qui manque de modèles?Plus que les hommes, ce sont les «féministes» qui manquent de modèle, cette idéologie ayant été si efficacement discréditée qu'il est extrêmement rare de croiser aujourd'hui une jeune fille se disant «féministe», sans parler des hommes dont le contingent féministe est pratiquement inexistant.Les antiféministes sont parvenus à réaliser un tour de force: faire croire que le féminisme avait pour objet les hommes et la haine des hommes, plaçant encore une fois les hommes au centre du monde.C'est un peu comme si les Blancs étaient parvenus à faire croire aux Noirs eux-mêmes que les mouvements pour les droits civiques aux États-Unis et contre l'Apartheid en Afrique du Sud avaient eu comme sujet principal les Blancs et comme objectif premier d'inculquer la haine des Blancs.Le féminisme n'a pas pour sujet les hommes, mais avant tout les femmes elles-mêmes et la liberté, l'équité, la solidarité et la justice.FRANCIS DUPUIS-DÉRI francisdupuisderi@hotmail.com COURRIER DES LECTEURS Les débats « spectacles » À la télévision, il arrive parfois que nous puissions assister à des débats.Or, les questions profondes, les idées de fond sont pratiquement toujours ignorées.On mise sur la polémique pour la polémique pour faire un bon show.Pour bien comprendre, il suffit de ressortir les prémisses que partagent les protagonistes, et non l'inverse.Par exemple, Gilbert Rozon à l'émission Franc-tireurs.Martineau s'est acharné comme un diable dans l'eau bénite sur Micheline Charest, engagée par Rozon.Ensuite, il a questionné celui-ci à propos de ses liens avec les gouvernements.Rozon s'est très bien défendu et pour cause.Il n'est qu'un homme d'affaires, un entrepreneur qui a très bien réussi et qui joue simplement la game du libéralisme économique.Or, les véritables travers de l'humour n'ont pas été soulevés: sa marchandisation, son institutionnalisation et l'humour comme valeur commerciale.Ces phénomènes contribuent à instaurer une censure qui ne semble pourtant pas se manifester, puisque ceux qui oeuvrent dans l'industrie du rire ont complètement intériorisé les normes, valeurs et représentations du libéralisme économique.L'humour, par définition iconoclaste et un acte de résistance face à l'ordre établi, demeure un produit commandité par les entreprises et subventionné par les gouvernements.On ne peut alors s'étonner du fait que l'humour traite seulement du quotidien banal de la vie sans rien brasser, sans porter de véritable critique politique et sociale.Tout ça n'a pas été mentionné à Franc- tireurs.On s'attaque aux personnes comme Rozon, alors que le problème est structurel et beaucoup plus complexe.|.| Robert Aird Nous reproduisons ici des extraits d'un échange de courrier entre une lectrice et son député.Plutôt révélateur.Monsieur Sirros, [.] je vous écris pour vous communiquer mon point de vue sur deux points: 1- Je suis complètement contre la guerre en Irak.Je suis contre une guerre qui sert d'abord des enjeux géopolitiques et les compagnies pétrolières.[.] Question de sécurité, si l'on ose sortir de l'information insipide donnée par les journaux de masse, si l'on ose lire par exemple le livre de Chossudowski que vous connaissez certainement, on comprend que la politique impérialiste américaine a fait beaucoup plus de morts que tous les pays de l'axe du mal réunis.2- Ce sujet est de moindre importance bien que très frustrant.L'an dernier, j'ai payé une contravention de 135$.J'ai appris dernièrement qu'elle devait être de 136$.J'ai donc omis de payer 1 $.Je l'ai appris en recevant une condamnation de la cours qui m'impose une pénalité de 67 $.[.| Croyez vous qu'il soit normal que pour un dollar un juge prenne le temps, même quelques secondes, de signer une condamnation ?[.| Merci de votre attention.Isabelle Senécal Madame, Merci de vos commentaires.Quant à la guerre en Irak, souhaitons tous qu'elle n'ait pas lieu.Pour ce qui est de cette contravention impayée de 1 $, devenue 67$, heureusement que le ridicule ne tue pas! Merci de m'avoir fait sourire.Christos Sirros Monsieur, Je suis sidérée par vos réponses.Si vous ne trouvez rien d'autre à faire contre la guerre qu'espérer, je me demande qu'est-ce que vous faites comme député.Bien sûr que vous siégez au provincial, mais tout de même.Au sujet de la deuxième réponse, je suis surtout contente pour vous que le ridicule ne tue pas.Moi, j'ai honte que les organismes publics de ma nation se remplissent les poches d'une façon aussi odieuse.À la cour municipale, on m'avait dit que mon député était le seul à qui je pouvais m'adresser.Espérons que le prochain sera plus dégourdi que vous.(.) Isabelle Senécal Écrivez-nous ! Le Couac publie les courts commentaires de ses lecteurs.Le courrier électronique demeure la meilleure façon (texte@lecouac.org) Sinon une disquette par courrier postal : Le Couac, CP.129 Suce de Lorimier, Montréal (Québec) H2H 2N6.Télécopieur: (514) 521-5599.»» PLOGUES Le Gambit du Fou à la Cinémathèque Cet automne, Le Gambit du Fou, un long métrage indépendant de Bruno Dubuc, a été projeté dans six villes québécoises.Les projections montréalaises auront lieu à la Cinémathèque québécoise le 30 janvier, 1er et 4 février 2003.Le film sera présenté en alternance avec Ce n'est qu'un début, autre film sur la résistance à la connerie mondialisée tourné autour du Sommet des Amériques.Pour ceux qui voudraient voir Le Gambit du Fou avant les fêtes, il sera présenté dans le cadre de la Nuit des Coprods, un événement organisé par le Vidéographe (qui a coproduit le film), le 6 décembre à 19 h.au 3655, boul.St-Laurent, #104.Pour tous les détails, consultez le site web www.legambitdu-fou.org Pasolini, Venragé En 1965, à Rome, le grand cinéaste doublé d'un écrivain s'était livré au regard de Jean-André Fieschi.Pendant une semaine, Pasolini est filmé dans son quotidien.Pour mieux connaître l'indispensable Pasolini, il faut voir ce film à la Cinémathèque (Montréal), le mercredi 4 décembre à 19h, salle Fernand-Séguin.SUPPORTEZ LA PRESSE INDEPENDANTE ! ABONNEZ-VOUS ! La presse indépendante est sur Les dents! Elle a décidé de s'unir pour mieux résister à l'hégémonie de .a presse commerciale.n'attendez pas que les poules aient des dents et abonnez-vous à un second, voire à un troisième journal indépendant! ils ont tous une dent contre la bêtise et se complètent si bien.Un magazine bimestriel.pour se faire les dents.?Groupe populaire; 25$ ?Individu: 20$ ?Institutionnel: ?Soutien: 32$ ?Étudiant ou sans emploi: 15$ ?À l'étranger: ?Individu: 30 $ ?Institutionnel; 40 $ Nom Faire parvenir votre chèque Adresse ou mandat poste à: Revue Vie Ouvrière Inc.Code postal Téléphone 1215, rue Visitation, bureau 101 Courriel ?Paiement inclus Montréal [Québecl H2L3B5 VOUS NE PAYEREZ QUE LES FRAIS DE POSTE ET DE MANUTENTION [toutes taxes Incluses] Le Couac est un mensuel satirique qui propose un regard critique sur notre société avec l'humour grinçant qui lui a valu son surnom de "canard qui a des dents".?Abonnement d'un an : 28$ + taxes = 32,20$ |^ ?Abonnement de deux ans : 50$ + taxes = 57,50$ [ CjtUar D Abonnement institutionnel et de soutien : 50$ + taxes • 57,50$ KJJUaC q Abonnement de groupe d'un an 110 copies par parution]: 220$ ?taxes = 253,00$ ?Abonnement d'un an à (étranger: £6$ Nom Par téléphone: (5U1 521-549?Adresse Par la poste: Le Couac CP 129 Suce, de Lorimier Code postal Téléphone MONTRÉAL (Québec) H2H 2N6 Courriel Adressez votre chèque à: le Couac Le Mouton NOIR est un journal d'opinion et d'information, plus mordant que le loup.?Individus: 20 $ ou soutien_ $ ?Organismes sans but lucratif: 25$ ou soutien_ $ Le Mmitdn NOIR ?Entreprises/institutions- a0 $ ou soutien_ $ ?Abonnement cadeau: Groupe d'âge: ?19 à 25 ans ?26 à 35 ans 40$ ou soutien_ ?36 ci 49 ans ?50 à 64 ans ?65 ans et .$ Nom Adresse Faites votre chèque à l'ordre des Éditions du Berger Blanc Code postal Téléphone CP.113 Rimouski (Québec) G5L 7B7 Courriel l'aut'journal est un mensuel indépendantiste et progressiste pour qui «Informer, c'est mordre à l'os tant qu'il y reste de quoi ronger» (Jacques Quay) 30$ ou soutien_ 45$ ou soutien_ Nom Adresse Faites votre chèque à.l'ordre de L'aut'journal Code postal Téléphone 3575, Saint-Laurent, bur.117, Courriel Montréal H2X 2T7 Le Couac c.p.129 suce, de Lorimier, Montréal, Québec, H2H IV0 Téléphone : (514) 521-5499 Télécopieur : (514)521-5599 Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau Rédacteurs en chef : Bruno Dubuc, David Ledoyen Collaborateurs: Gilles Archambault, Normand Baillargeon, Gilbert Balsamo, Pierre de Bellefeuille, Jacques Bouchard, Clôde de Guise, Karine Dubois, Bruno Dubuc, Francis Dupuis-Déri, Floïse Fbouriffone, Pierre Falardeau, Michelle I oslier, Jean-François Nadeau, Monique Page, François Patenaude, Yvon D.Ranger, Aude Ribis.Michel Rioux, Pierre Vadeboncoeur, R.D., Ramon Vitesse, Volker.Illustrations: Boris, Charb, Filio, I uc Ciiard, Honore, Luz, Serge Ferrand, Richard Suicide, Ramon Vitesse.Graphisme: France Mercier Nous remercions chaleureusement Charlie Hehclo et te Rire (France) et Le tournai du leudi (Burkina lasso) pour leur collaboration.Abonnement et publicité: David ledoyen au (514) 521-5499 ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213(369 Imprimé au Québec NATIONAL Le Couac, décembre 2002, page 3 Uncle Sam est une ordure Si Georges Duhamel a raison, il n'y aurait pas que le Père Noël qui serait une ordure.Le vieil écrivain soutenait en effet que chaque civilisation avait les ordures qu'elle méritait.De ce point de vue, nous ne sommes pas sortis de l'auberge avec les États-Unis.Bien que.La civilisation états-unienne?Il y a quelque chose qui cloche quand on accole ces deux termes, il me semble.Quelque chose qui heurte l'entendement, qui blesse le bon sens et agresse l'idée qu'on se fait du civisme.La civilisation, cela renvoit à une certaine idée de la dignité.Cela sert aussi, d'une certaine manière, d'unité de mesure pour vérifier la pro-gression de l'homme, de ce qu'il était quand il s'appelait Neanderthal ou Cro-Magnon à ce qu'il est devenu aujourd'hui À voir ainsi s'acharner les Étatsuniens et à constater l'ampleur des moyens mis en oeuvre pour combattre ces valeurs qui ont mis des siècles à se développer et que nous nommons aujourd'hui compassion, recherche de justice, égalité de droits, partage de la richesse, magnanimité, on se dit qu'un pays qui agit de la sorte ne peut décemment prétendre à l'utilisation du mot civilisation pour décrire ce qu'il est dans son essence même.Quand la grossièreté tient lieu de politique Quand la vulgarité devient une vertu cardinale.Quand on se croit puissant et qu'on agit plutôt en matamore.Quand tout cela et bien plus encore est réuni, le doute n'est plus possible: nous sommes en présence d'un groupe humain, les Étatsuniens, qui, pour l'instant, gendarme l'humanité tout entière mais qui, et la chose apparaît inexorable, porte en son sein ce qui le conduira à sa perte.Les États-Unis comptent dix fois plus de junkies que tous les autres pays réunis.Par contre, les États-Unis ne voilent même pas leurs menaces à l'endroit du Canada, qui jongle timidement avec l'idée de légaliser partiellement l'usage du cannabis.Les États-Unis ont entretenu les relations les plus étroites avec Noriega, ont financé la lutte aux sandinistes avec l'argent de la coke et assistent sans mot dire à la reprise de la culture du pavot en Afghanistan.Belle mentalité.Aux États-Unis, les lois du marché le disputent aux Tables de la loi telles que promulguées par Moïse sur le Sinaï quand il s'agit de trouver un phare susceptible de guider les masses : les sectes fondamentalistes ne sont pas moins prosélytes, dans la propagation de leurs doctrines, que ne le sont les Bourses, les grandes entreprises fraudeuses à tour de bras, les firmes comptables véreuses, un Congrès aux sièges qu'on achète et un président voleur d'élection pour soutenir la liberté de faire des affaires.Faire des affaires.Les idéologues de droite au pouvoir en Ontario viennent d'apprendre aux dépens des contribuables ce qu'il en coûte de jouer aux apprentis sorciers en importa n t ici des politiques états-uniennes.La déréglementation des prix de l'électricité en Californie avait produit le plus beau cafouillage jamais vu dans l'histoire des ser-vices publics depuis que Margaret Tatcher avait bradé l'essentiel du butin collectif des Anglais.Pourtant, Harris et ses idéologues, n'écoutant que leur aveuglement, livraient il y a six mois l'électricité aux règles du privé, donc du profit.Cauchemar dont ne sont pas prêts de se remettre les Ontariens, qui ont vu leur facture grimper de 25 pour cent avant qu'une opération urgente ne vienne récemment mettre fin à cette flambée.Mais n'ayons crainte: les idéologues étant ce qu'ils sont, il y a fort à parier que Mario Dumont a déjà dans ses cartons un plan de privatisation d'Hydro-Québec et que les électeurs d'ici auront oublié ce qu'il est advenu de ces idéologies appliquées en Californie et en Ontario quand viendra le temps de voter.M'enfin ! C'est bien connu: les É.-U disputent à l'Iran et à la Chine la championnat toutes catégories de l'application de cette peine incivique entre toutes qu'on appelle fort justement capitale.Et combien de fois n'a-t-on pas entendu ces vertueux Mormons, Quakers, Presbytériens, Pente-côtistes, Moonistes et capitalistes de tout acabit dénoncer la barbarie de certaines condamnations ayant cours dans des pays fort peu civilisés, selon leurs critères: bastonnades, expositions publiques, mains coupées, etc.?Or, il arrive que le 14 novembre, un homme s'est vu appliquer la règle des three strikes en vigueur en Californie et qui conduit à un minimum de 25 ans de prison quiconque en est à son troisième délit.Une bouteille de piquette, un tube de Lipsyl, une bouteille de Listerine: ça vaut 11 dollars.Onze iouesse, me direz-vous, mais quand même! Le type va passer les 25 prochaines années de sa vie en prison pour ça ! Même si la propagande état-sunienne sait fort bien manipuler les esprits, peut-être viendra-t-il à l'esprit de ce condamné, du fond de son cachot, de se demander s'il n'eût pas mieux valu pour lui qu'il naquît en Iran, en Chine ou à Cuba ?Aux États-Unis, ce ne sont pas les ordures qui sont en rupture de stock, c'est la civilisation.MICHEL RIOUX Des paroles malheureuses Selon les médias, le premier ministre Bernard Landry aurait déclaré que la souveraineté n'est pas l'affaire du gouvernement mais celle du parti.Autrement dit, il s'en lave les mains, sous prétexte qu'il s'agit du gouvernement de tous les Québécois et qu'une certaine proportion de la population est opposée à la souveraineté.Or ce raisonnement est manifestement faux.Le Parti québécois, aux dernières élections, a obtenu la majorité des sièges à l'Assemblée nationale.Il forme le gouvernement, conformément aux lois et en toute légitimité.Il a donc le mandat de réaliser son programme, dont l'article premier prévoit la souveraineté du Québec.À deux reprises, le gouvernement du parti québécois a poussé le souci démocratique jusqu'à soumettre la question à un référendum.Le fait qu'il ne les ont pas gagnés ne l'oblige nullement à modifier son programme.En Grande-Bretagne, où l'on connaît sûrement aussi bien que nous, sinon mieux, les règles du parlementarisme de type britannique, une nette majorité de la population est opposée au remplacement de la livre sterling par l'euro.Cela n'empêche nullement le gouvernement Blair d'en faire la promotion.Selon l'expression populaire, eux, ils connaissent ça.Au Canada, le gouvernement central ne se gêne pas pour consacrer des sommes considérables, surtout au Québec, à la promotion de l'«unité nationale».On ne peut guère contester son droit de le faire, mais la question qui se pose est celle de savoir si ces sommes dépassent la mesure.De la même façon, le gouvernement du Québec a le droit de puiser dans les fonds publics pour faire la promotion de la souveraineté, mais il ne doit pas dépasser la mesure.Cela n'est pas facile à juger, mais il est certain qu'un modeste soutien au conseil de la souveraineté, que M.Landry s'est engagé à mettre sur pied, ne dépasserait pas la mesure Au-delà de ces considérations éthiques, il s'impose à l'évidence que lorsque les citoyens portent au pouvoir un parti souverainiste, ils s'attendent à ce que le gouvernement agisse en faveur de la souveraineté S'il s'en lave les mains, les adversaires se réjouissent, mais les partisans de la souveraineté sont incrédules.Les militants se disent: «on élit le parti québécois pour faire la souveraineté, mais le gouvernement nous renvoie à nous, simples citoyens, le mandat qui lui a été confié.» De là à décrocher, il n'y a qu'un pas.Il est urgent que le premier ministre se débarrasse de ses scrupules sans fondement, qui sentent la political correctness à plein nez.La démocratie n'exige pas l'unanimité, ni même l'insaisissable consensus, manie des temps actuels.Elle s'accommode fort bien des règles du régime parlementaire, tout imparfait qu'il soit.PIERRE DE BELLEFEUILLE Bienséance L'Association des machos du Québec tient à remercier la baronne Nadine de Rothschild, prêtresse de la bienséance, qui, comme tous les maniaques du contenant, a un contenu vide.Elle a déclaré lors d'un récent passage à Montréal (La Presse, 2-11): - les femmes doivent endurer les infidélités de leur époux (elle admire le stoïcisme de Hillary Clinton); - les hommes sont faits pour gagner de l'argent et les femmes pour en demander; - «sois belle et tais toi » n'est pas nécessairement une insulte.Dans son cas, si on se fie à la photo publiée dans La Presse, on ne pourra pas l'empêcher de parler.Insolite Mario Dumont a avoué avoir déjà fumé du pot lors du party de fin d'année au cégep (La Presse 2-11) Le beau Mario est vraisemblablement rendu aux drogues dures maintenant, car il a exigé 3000 $ de représentants du secteur pharmaceutique pour qu'ils puissent lui serrer la main.Soif Le groupe Danone, propriétaire de l'eau Évian et deuxième embouteilleur d'eau au monde, continue son offensive au Québec.En octobre dernier, Danone a fait l'acquisition de Patrimoine des eaux du Québec (Naturo, Aquaculture, Boischatel et Laro-chelle).Danone possédait déjà les eaux Labrador, Montclair et Naya.Reproduction Francis Reddy annonce l'émission de René Homier-Roy en affirmant que ses propres enfants l'écoutent.Sans conteste une façon intelligente de produire de nouveaux imbéciles.Chinoiseries Pierre Bourque songe à devenir ministre dans un gouvernement de l'ADQ.Le poste de ministre délégué aux affaires chinoises l'intéresserait tout particulièrement, semble-t-il.Cinq ans d'aide sociale pour tout le monde Le Devoir nous apprenait dans son édition du 31 octobre que le Conseil du patronat veut limiter à cinq ans l'aide sociale aux citoyens.Selon les déclarations de Gilles Taillon, président du Conseil, devant la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 112 visant à lutter contre la pauvreté : « Si un assisté social ne parvient pas à se trouver un emploi au terme de ce délai, le gouvernement devrait tout simplement cesser l'octroi de son aide financière.» Si c'est une bonne idée pour les personnes physiques, pourquoi ne serait-ce pas aussi bon pour les «personnes morales » et ceux qui les contrôlent?Le gouvernement devrait appliquer cette mesure « progressiste » à l'ensemble des assistés sociaux, sans omettre les patrons assistés sociaux ni les entreprises assistées sociales (lire subventionnées).Il faut quand même reconnaître que les plus gros assistés sociaux du Québec sont les grandes familles capitalistes via les entreprises qu'elles possèdent ou contrôlent: la famille Péladeau (deux milliards volatilisés), la famille Chagnon (qui a mis à l'abri de l'impôt dans une fondation les centaines de millions de profits réalisés en vendant Vidéotron, un monopole bâti à coup de subventions), la famille Beaudoin-Bombardier, la famille Desmarais, la famille Bronfman (deux milliards exemptés d'impôts grâce à un tour de passe-passe administratif nébuleux), la famille Paul Martin (qui ramasse les subventions à la pelle pendant que la mal nommée Canada Steamship Lines enregistre ses navires aux Bahamas), etc.Gilles Taillon parle d'une «obligation de résultats» pour les assistés sociaux.Bonne idée.Si une entreprise n'est pas profitable après cinq ans, c'est qu'elle n'est pas adaptée au marché ou qu'elle est mal administrée.Après cette période, il faut «tout simplement» lui retirer toute forme d'aide sociale (fonds publics) directe ou indirecte.Fini les Davie Shipbuilding qui n'en finissent plus d'agoniser, après plus d'un quart de siècle et plus d'un milliard d'aide sociale.Fini les 50 millions d'aide sociale annuelle à « l'industrie» du pari sur les courses de chevaux.Fini les prêts de 25 ans sans intérêt, cinq ans maximum Obligation de résultats: toutes les entreprises qui licencient après avoir reçu de généreuses subventions pour «créer» des emplois devront rembourser les sommes reçues.Cela nous évitera un autre scandale à la GM.Fini les projets foireux comme l'Assistée du multimédia et l'Assistée du commerce électronique.Des ballounes spéculatives gonflées avec plus d'un milliard de fonds publics en pure perte, en se basant sur des prévisions farfelues fournies aux gouvernements par des think tanks touchant en même temps des commissions sur l'aide versée aux entreprises assistées.Les programmes de subventions sont des bars ouverts pour les entreprises.Année après année, les vérificateurs généraux font cette constatation.Les chiffres de l'année 2000 démontrent que 58 % des 2,57 milliards d'assistance sociale versés par l'Agence économique du Canada au cours de la décennie précédente ont profité à 4 % des 11 000 entreprises assistées, avec en tête Bombardier, la Banque Royale, Canada Steamship Lines, Canada Packers, les aliments McCain, Canadien Pacifique, etc.Le gouvernement du Québec ne pourra jamais assainir les finances publiques tant qu'il ne fixera pas une limite à l'assistance sociale dont bénéficient les citoyens les plus riches.JACQUES BOUCHARD ni if* INTERNATIONAL Le Couac, décembre 2002, page 4 Les conquêtes préventives Que les États-Unis sont-ils en train de faire au Moyen-Orient, en Asie centrale, éventuellement en Afrique ou ailleurs?À quoi riment cette politique de force, cette volonté de contrôle des États-Unis sur des régimes du globe jusqu'ici insuffisamment domestiqués au g^it de Washington^ Qu'est-ce que cette presse ?Car on sentx de leur part une volonté fébrile.Une politique nouvelle a pris forme.Mais qu'est-ce qu'elle vise?W Vv.-^ On doit essayer de voir un peu plus loin que de coutume.Car le discours officiel, repris inlassablement comme une antienne par presque tous les médias, par tous pour ainsi dire, lesquels le répercutent et donc le véhiculent tout simplement, s'en tient aux billevesées de Washington depuis un an ; poursuite d'individus comme Ben Laden, écrasement de réseaux de terroristes un peu partout et donc prétendue nécessité d'envahir des territoires (notamment et surtout, comme par hasard, là où se trouvent des champs pétrolifères ou des territoires par où doit passer le pétrole), ou encore crainte alléguée des armes de destruction massive d'Irak ou d'ailleurs.En réalité on veut désarmer ces pays-là ou prévenir leur armement pour pouvoir marcher dessus sans encombre.On invoque la sécurité nationale.Ce serait à croire que les Etats-Unis, qui possèdent en matière militaire une puissance de degré mille, disons, sont si vulnérables qu'ils se voient dans l'obligation de laminer des pays dont la force militaire avoisine le degré dix.On doit chercher d'autres raisons, évoquer une tout autre partie.L'idée de guerre défensive («préventive» ou non) alléguée par les Américains ne tenant guère, il faut, pour trouver un sens à tout cela, en chercher la raison parmi celles d'une guerre d'agression.Ce changement complet d'optique seul paraît rétablir les choses dans une logique intelligible.Mais alors nous ne parlons plus du tout de la même chose.Qu'est-ce donc que cette guerre d'agression?Cherchons des explications à la mesure de l'affaire, qui n'est pas petite.Les commentateurs parlent maintenant plus indiscrètement de pétrole.Enfin! Ce n'est pas trop tôt.Cette explication, bien qu'évidente, a bien tardé et ne figure pas encore dans tous les discours, il s'en faut.Le monde officiel pour sa part n'en parle pas.Lut et la plupart des commentateurs s'en tiennent toujours à l'idée de guerre antiterroriste, défensive, démocratique, légitime, éthique, comme dans la L«,fr
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