Le couac, 1 février 2003, février
Valeurs immorales Il y a vraiment quelque chose de pourri dans le royaume du capital.il I Mensonge par omission p.Écrire sur l'Opération Condor sans mentionner l'implication des États-Unis, c'est un énorme mensonge Vol.6 • n ' 5 m rËxcîûsîf p.5 1 Rapport de recherche qualitative d'un téléjournal classique (Montrealus cesoirus) Co Février 2003 3,50$ Coûte, LES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE DU DROIT « La raison du plus fort est toujours la meilleure.» — La Fontaine Le droit le plus bizarre naît de l'empire de la force dans le monde.C'est un plaisir que d'en examiner la structure.On en arrive à la conclusion que ce système de droit ne comporte pas de règle également applicable à tous.Il est donc discriminatoire.Il suppose par conséquent la négation même du droit.En fait, ce que l'on désigne là comme du droit n'est que de la politique.Prenons par exemple les armes de destruction massive.C'est la question soulevée par l'Irak, qui ameute le monde entier.L'Irak possède-t-il ou cherche-t-il à posséder l'arme atomique ou d'autres armes de destruction massive?C'est une question de fait, mais on en fait aussi une question de droit.On pourrait tout aussi bien couper au plus court et simplement dire avec plus d'honnêteté: «Ecoutez, vous êtes soupçonné de vouloir fabriquer l'arme atomique entre autres, et donc on vous attaque sans autre forme de procès.» Mais on tient mordicus à placer le problème sur le plan juridique, car on veut se justifier d'attaquer.Alors voyons ce que cela donne.Cela donne le droit bancal que voici.On peut le résumer comme suit : on a tout à fait le droit de posséder des armes de destruction massive si l'on en possède déjà d'une manière avérée et en grande quantité.Cela n'est pas grave.C'est le cas d'Israël, n'est-ce pas?Mais dans le cas contraire, on n'a aucun droit de chercher à en posséder ou de ne pas déclarer celles qu'on a peut-être, car cela est grave.Désirer acquérir de telles armes est très reprehensible, mais en avoir déjà une panoplie ne l'est pas et même il n'y a rien de plus légitime.On ira donc voir en Irak ce qu'il en est.Mais on n'ira voir ni en Israël, ni aux États-Unis, ni au Pakistan, ni en Inde, ni en Russie, ni en Chine, ni en France, ni en Grande-Bretagne.On ira voir cependant en Corée du Nord.Autrement dit, votre situation est régulière si à coup sûr vous êtes ainsi armé jusqu'aux dents.Mais elle est irrégulière si peut-être vous ne l'êtes pas encore ou cherchez peut-être à le devenir.Dans le premier cas, vous avez le droit pour vous et votre affaire est bonne.Dans le second cas, vous avez le droit contre vous et conséquemment l'on entrera chez vous à coups de canon.Le seul moyen d'avoir le droit de posséder des armes de destruction massive, c'est donc d'en posséder des stocks considérables.En ce cas, on ne relève pas des résolutions de l'ONU.La logique juridique n'est pas le fort de la force.La force fait des fautes de raisonnement partout, comme dans la fable de La Fontaine.Il ne peut en être autrement puisque son principe est la volonté, que l'intelligence indiffère.Ainsi en est-il du nouveau «droit» de guerre préventive, c'est-à-dire d'invasion sans raison, pure invention des États-Unis en mal d'envahir des pays comme l'Irak pour le pétrole.Depuis un an, en plus d'un domaine, les USA font de la sorte du «droit» nouveau.Par exemple encore, ils ont aboli le statut de prisonnier de guerre dans le cas des captifs d'Afghanistan: ces prisonniers sont des « terroristes » gardés au secret à la base américaine de l'île de Cuba, sans protection, sans avocats, sans aucun droit reconnu.Aux États-Unis même, des garanties juridiques ont été supprimées relativement à certaines catégories de prévenus.Il faudrait, pour commenter adéquatement pareil arbitraire, la dialectique de Biaise Pascal.«Vérité au deçà des Pyrénées, erreur au delà».Or le dialecticien Pascal existe de nos jours et il est en Amérique C'est Noam Chomsky, Le seul moyen d'avoir le droit de posséder des armes de destruction massive, c'est donc d'en posséder des stocks considérables.l'illustre professeur de linguistique au MIT.On l'appelle l'unique dissident des États-Unis À lire: n'importe quel de ses ouvrages politiques.Plusieurs ont été traduits.Mais en réalité, Chomsky n'est pas seul-de son espèce aux USA.On entend parfois d'autres témoins très critiques.Par exemple il y a M McArthur, du grand magazine américain Harper, qui parle d'ailleurs un excellent français, le l'ai entendu une fois à la télévision, puis en une autre circonstance à la radio.Le discours de cet homme est aussi clair que cinglant.Il étonne par ses audaces et sa raison, son non-conformisme et sa liberté.Il conteste sans ménagement la politique belliqueuse du gouvernement américain.Il faut fréquenter de tels esprits si l'on veut croire encore à l'Amérique du droit.PIERRE VADEBONCŒUR Le Roy de la désinformation Dès son RETour des vacances des fêtes, Mario Roy servait une grande leçon de morale à ses lecteurs sur leur devoir citoyen d'être bien informé, tout en profitant de l'occasion pour les désinformer un peu.{La Presse 12-1) Le titre de l'éditorial «Qui, quoi, où, quand, comment?» aurait été choisi pour décrire « les pages d'information, théoriquement fabriquées en fonction de ce que les anglophones appellent les cinq W».Mine de rien, il lui manque le plus important.Pourquoi?Cherche à qui profite le crime, dit le dicton.Quel était le motif?Pourquoi?C'est d'autant plus troublant que: comment se traduit par how, qui ne commence justement pas pas W.Les cinq W sont: Who (qui) was there?What (quoi) happened?Where (où) did it happened?When (quand) did it happened?Why (pourquoi) did it happened?Quoi et comment deviennent dans le cas présent des synonymes, et le pourquoi vient de sauter Conclusion, il ne faut surtout pas compter sur La Presse et Mario Roy pour apprendre pourquoi certains événements se produisent.À première vue, l'éditorial fait donc l'apologie de l'information faussement appelée «objective».Le journalisme objectif est un piège à cons.En principe, il s'agit de rapporter les faits «objectivement», c'est-à-dire sans les commenter, sans opinion Les journalistes couvrent donc les conférences de presse des politiciens, des groupes de pression et des hommes d'affaires, pour nous rapporter leurs bonnes paroles.Résultat, avec la concentration et les coupures de budgets dans les salles de presse, les journalistes n'ont pas le temps de vérifier auprès de sources indépendantes les «informations» qui leur sont gracieusement fournies par les spécialistes des relations publiques, les rédacteurs de communiqués de presse et de discours officiels.Les médias rapportent ces «informations» biaisées et non vérifiées auprès de sources indépendantes comme des faits avérés.Les « rapports d'études » biaises des think thanks de droite, comme l'Institut Fraser et l'Institut économique de Montréal, sont rapportés comme paroles d'évangile.Le journalisme «objectif» est devenu la courroie de transmission directe des versions biaisées des divers groupes d'intérêt auquels les médias ouvrent leurs pages, quand leur agenda politique va en symbiose avec celui des commanditaires et des propriétaires du média concerné mettre plein la vue aux téléspectateurs et leur faire croire qu'elle est au cœur de l'action, alors qu'elle se contente de répéter (objectivité oblige), les paroles que Bush, Rumsfeld ou Powell viennent tout juste de prononcer trois secondes plus tôt dans l'extrait vidéo qui illustre son « reportage », avant de conclure par la Dossier dérives médiatiques Le Couac vous propose ce mois-ci quelques textes sur les pratiques journalistiques de nos médias.Le constat n'est pas rose.À lire en pages 4 et 5.La télévision aussi est «objective».Lorsque Christine Saint-Pierre, la correspondante de Radio-Canada à Washington, se plante soir après soir devant la Maison Blanche ou le Capitol dans le but d'en lecture « objective » des grands titres des pages politiques du Washington Post ou du New York Times, on a l'impression persistante que Radio-Canada nous prend pour des cons, et que Christine Saint-Pierre est un perroquet apprivoisé.N'est-ce pas un immense gaspillage de fonds publics d'avoir une correspondante aux États-Unis pour nous répéter ce qu'on vient d'entendre, nous lire les grands titres des journaux avec objectivité?Quant à ces fameux journalistes d'opinion dont prétend faire partie Mario Roy, il est encore une fois à côté de ses pompes.Dans la presse capitaliste, les éditorialistes ne sont pas là pour exprimer leur opinion personnelle mais celle du journal, du patron, en l'occurrence ici, celle de la famille Desmarais.Bien sûr, Mario Roy répondra que les Desmarais ne lisent pas ses éditoriaux avant publication.Inutile.Mario connaît très bien la longueur de sa laisse.Il sait bien que s'il va trop loin, il va s'étouffer lui-même et n'aura plus de nonosse.Son confrère André Pratte, l'éditorialiste en chef, est là pour lui rappeler la fragilité de son statut de fou du roi.Rétrogradé aux chiens écrasés après avoir égra-tigné le grand boss Desmarais dans un de ses articles, Pratte a fait un long séjour au purgatoire avant sa nomination à l'éditorial Servile, mais pas con, il a appris à la (Suite en page 4) Le Couac, février 2003, page 2 COURRIER DES LECTEURS Après l'Empire soviétique, l'Empire américain ?« I! n'y a pas de guerre qui ne finisse un jour, mais il y a des déclarations d'extension de pouvoir par un État qui se croit infaillible.» — Susan Sontag Les États-Unis sont un pays à propos duquel il faut se poser la question: pourquoi devient-il si actif et si déstabilisateur, surtout depuis le 11 septembre 2001?Parce que tout puissant?Ou au contraire parce qu'il sent lui échapper le monde qui est en train de naître?C'est le 11 septembre qui, en deux heures, a donné à George W.Bush une politique extérieure qui se résume en trois mots : guerre au terrorisme.Elle combine le triple avantage d'être aussi simple et universelle que l'en-diguement du communisme, par opposition aux incertitudes et aux complexités de l'après-guerre froide, de susciter l'adhésion quasi unanime du peuple américain, et de correspondre aux intérêts de George Bush et aux idées de certains de ses conseillers les plus influents.du degré zéro de l'écriture.Ground Zero, c'est le degré zéro du récit.Prise au dépourvu l'Amérique, faute de récit, a entonné ses vieilles rengaines, sorti ses drapeaux, désigné ses ennemis caricaturaux, fit monter sur les estrades ses pompiers et ses héros, mit la guerre à l'ordre du jour.Ce qui s'est brisé à Manhattan, c'est l'effondrement d'une forme d'autorité sur le récit, non pas l'autorité politique que l'Amérique continuera quelque temps à faire respecter par les bombes, mais l'autorité de la chose narrée.America a perdu toute crédibilité.Hollywood n'est plus qu'une vulgaire officine de propagande.Ground Zero, c'est une zone de langage effondré.Au pied des tours en ruines, c'est le récit américain qui gît en pièces.» La guerre au terrorisme permet aux USA de continuer ce qu'ils faisaient avant, mais le 11 septembre leur a fourni une excuse S£loHMf>H,LA Gmut 1ST La plupart des citoyens américains ne savent pas que les effets du pouvoir américain à l'étranger n'ont rien à voir avec les «valeurs» célébrées dans leur pays.Mais leur conscience s'éveille à ce que fait leur gouvernement, leur conscience de l'immense gouffre financier qui se creuse est en train de se développer.)e parle ici d'une direction, d'une tendance, pas d'un moment.Personne ne peut dire quand cette tendance prendra le dessus.Ni combien de temps il faudra pour que le pouvoir américain tombe.Mais à la fin, je crois qu'il tombera.Sources: www.census.gov/foreign-trade/balance/: Pierre Hassner.in États-Unis, l'empire de la force ou la force de l'empire?, Cahiers de Chaillot N° 54; Howard Zinn, in une critique de son A People's History of the United States, Emmanuel Todd, Après l'Empire.H1k Camelots Le Couac se cherche des camelots.Vendez le journal quelques heures par jour (à l'heure de pointe) aux stations de métro Berri, Mont-Royal, Guy ou Côte-des-Neiges.Pour informations: 514-596-1017 ou www.lecouac.org «Les États-Unis sont le seul modèle survivant du progrès humain», déclare Bush |r.Et sa conseillère pour les problèmes de sécurité, Condeleeza Rice, énonce le corollaire de pareille arrogance: les États-Unis «doivent partir du sol ferme de leurs intérêts nationaux» et faire abstraction des «Intérêts d'une communauté internationale illusoire».C'est clair.Les États-Unis se considèrent comme l'unique modèle au monde et se proposent de l'imposer au reste de l'humanité sans considération envers quiconque - ni envers les Latino-Américains, ni envers les Européens, ni les Asiatiques, ni les Africains, c'est-à-dire nous tous qui ne représentons qu'«une communauté internationale illusoire».Le 11/09/01 : le début de la fin ?Le 1 1 septembre, c'est deux avions pour les Twin Towers, deux avions pour les Twin Powers (Le Pentagone et la Maison Blanche).Le but de cette entreprise totale, c'est de produire un effet de désorienta-tion.A en juger par les errances actuelles de l'unilatéralisme américain, le résultat a été atteint Après le 11 septembre, l'Amérique n'est plus que l'ombre d'elle-même.Désormais l'Empire manque de crédibilité; il a perdu sa compétence narrative.C'est Christian Salmon, écrivain français qui écrit: «Barthes parlait spéciale pour poursuivre dans cette politique, qui est celle de l'expansionnisme impérial sur le reste du monde.Présentement, les Américains poursuivent des «opérations» dans des dizaines de pays, qui leur coûtent des milliards de dollars.Ce qui démontre que le pouvoir étasunien est vraiment fragile, qu' il n'est pas enraciné.On l'a vu pour d'autres pays.Pour le moment, ils se font trop d'ennemis à l'étranger mais après, le processus arrivera aussi à l'intérieur: pour continuer à développer sa puissance, l'empire américain devra s'approprier une part toujours plus grande de l'argent des Américains.Pour avoir un budget militaire de 400 milliards de dollars, il y a moins d'argent pour la santé, l'école et le logement.Soulignons qu'entre 1990 et 2000, le déficit commercial américain est passé de 100 à 450 milliards de dollars.L'Amérique a donc besoin d'un flux de capitaux extérieurs de même volume pour équilibrer ses comptes extérieurs.Les États-Unis ne peuvent plus vivre de leur seule production.Même dans le domaine de la technologie avancée.L'Amérique importe et consomme.L'Amérique a besoin de 1 milliard de dollars par jour de rentrées financières pour couvrir son déficit commercial.Si les Américains consomment trop et que le flux financier cesse, le dollar s'effondrera.Pierre-Paul Roy, retraité Le Vol de la Caisse Le gouvernement déclare la guerre aux précaires.Après le vol de la caisse de l'assurance-emploi (Éric Mi-chaud- Le Vol de la Caisse) par le gouvernement fédéral, le fédéral semble prendre des mesures d'incitation et de suggestion auprès des prestataires de l'assu-rance-emploi.Il impose aux prestataires, avec ses nouvelles normes de 42 jours d'attente pour un premier versement de prestation, de ne pas envisager de s'inscrire au programme d'assurance-emploi car cela équivaut à deux mois sans revenus.Alors que la norme en vigueur est de 28 jours, comment arrivons-nous à défoncer celle-ci et à fixer l'ingérance gouvernementale dans ce dossier comme étant la nouvelle norme! Chers amis, je m'inquiète beaucoup de la direction que les gouvernements donnent aux acquis sociaux.|e sais que ce n'est pas la majorité d'entre nous qui font face à ces réalités et voilà sûrement le plus grave de notre société.Une aile de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont a été baptisée «Beyrouth» par les employés: il s'agit de l'urgence de l'hôpital.Je crois qu'il serait temps de dénoncer ces nouvelles politiques sociales et ce dans tous les domaines où elles se produisent.Le Scarabée Écrivez-nous ! Le Couac publie les courts commentaires de ses lecteurs.Le courrier électronique demeure la meilleure façon (texte@lecouac.org) Sinon une disquette par courrier postal: Le Couac, CP.129 Suce, de Lorimier, Montréal (Québec) H2H 2N6 Télécopieur: (514) 521-5599.Le Couac c.p.129 suce, de Lorimier, Montréal, Québec.H2H IV0 Téléphone: (514) 521-5499 Télécopieur : (514)521 5599 Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau Rédacteurs en chef: Bruno Dubuc, David ledoyen Collaborateurs: Gilbert Balsamo, Pierre de Bellefeuille, Jacques Bouchard, Le Couac Dinner, Bruno Dubuc, Clôde de Cuise, Jean-Marie Laliberté, David Ledoyen, François Maliet, Monique Page, François Patenaude, Martin Petit, Michel Rioux Magritte Sauvageau, Le Citoyen Untel, Pierre Vadehonrœur, Ramon Vitesse.Illustrations: Boris, Charb, Filio, Le Fou du Village, Luc Giard, Honoré, Julie Lemieux, Luz, Matt Mahlen, Serge Ferrand, Richard Suicide, Ramon Vitesse.Graphisme: France Mercier Nous remercions chaleureusement Charlie Hebdo et Le Rire (France) et te Journal du Jeudi (Burkina Fasso) pour leur collaboration.Abonnement et publicité: David Ledoyen au (514) 521-5499 ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec Vous vous .demandiez- ce qu'il lui était(Qflrfyé ?ADi Action Démoniaqu è^^rdu Québec Samare électorale loseph Facal, c'est, semble-t-il, la branche adéquiste du PQ, soit l'aile droite.Et comme on cherche encore l'aile gauche, il ne faut pas s'étonner si le parti tourne en rond.Pensez^y deux secondes Les inspecteurs de l'ONU en Irak ont découvert des «ogives chimiques vides» [Le Devoir 17-1).Doublevé Bush y voit la preuve que l'Irak possède des armes de destruction massive.Regardez attentivement la prochaine fois que vous verrez ces images aux nouvelles télévisées, où elles repassent régulièrement On voit un inspecteur dévisser le capuchon d'un de ces dangereux obus, l'enlever, et se pencher pour y introduire son nez.Sniff! Sniff! Sniff! Pensez-y deux secondes: si vous étiez un expert de réputation internationale en armes chimiques et bactériologiques, et que vous ayez le moindre soupçon que cet obus ait pu un jour contenir un dangeureux agent pathogène possiblement mortel, iriez-vous y fourrer votre nez?»» PLOGUES Cassette vidéo de la conférence de Howard Zinn Pour ceux qui se sont vu refuser l'entrée à la conférence de Howard Zinn du 20 janvier dernier {plus de 750 personnes, autant que dans la salle!) et qui voudraient écouter cette passionnante présentation, des cassettes VHS de la soirée sont disponibles en appelant au (514) 596-1017.Au prix coûtant.Et puis, il y a toujours ses livres.Tribu TV : Pour que chaque vote compte Comme à chaque mois, la Tribu TV (www.latribuduverbe.com) présente sur son site web un court métrage vidéo faisant parti de la dernière compilation du collectif des Lucioles (www.mozaikvideo.com/lucioles/).Ce mois-ci, le collectif de vidéastes s'est penché sur une question brûlante d'actualité: la réforme du mode de scrutin au Québec dans le film intitulé «Pour que chaque vote compte».Afin de vous éclairer sur le sujet, ils ont réalisé des entrevues avec deux partisans du scrutin proportionnel, Paul Cliche et Mercedes Roberge.SUPPORTEZ LA PRESSE INDEPENDANTE ! ABONNEZ-VOUS! La presse indépendante est sur les dents! Elle a décidé de s'unir pour mieux résister à l'hégémonie de la presse commerciale.N'attendez pas que les poules aient des dents et abonnez-vous à un second, voire à un troisième journal indépendant! Ils ont tous une dent contre la bêtise et se complètent si bien.L'aut'journal est un mensuel indépendantiste et progressiste pour qui «Informer, c'est mordre à l'os tant qu'il y reste de quoi ronger» (Jacques Guay) JOURNAL O Un an ?Deux ans 30 $ ou soutien .45 $ ou soutien .Nom Adresse Faites votre chèque à l'ordre de L'aut'journal Code postal Tél.: 3575.Saint-Laurent, bur.117.Courriel Montréal H2X 2T7 POUR S'ABONNER Par téléphone: (514) 521-5499 Par la poste: Le Couac CP.129 Suce, de Lorimier, MONTRÉAL (Québec) H2H 2N6 Adressez votre chèque à : Le Couac.• Abonnement d'un an : 30,42$ + taxes = 35,00$ • Abonnement de deux ans : 52,15$ + taxes = 60,00$ • Abonnement institutionnel et de soutien: 52,15$ + taxes = 60,00$ • Abonnement de groupe d'un an (10 copies par parution) ; 225,98$ + taxes = 260,00$ • Abonnement d'un an à l'étranger: 43,46$ + taxes = 50,00$ Nom Adresse Code postal Courriel_ Téléphone NATIONAL L'évangile selon saint Lucre Q uand il fut dit, dans la Bible: Allez, multipliez-vous, les médecins spécialistes ont compris : Allez, multipliez pour nous.Quand ce sont les valeurs qui soutiennent la moralité qui flanchent dans les sociétés; quand c'est la cupidité qui nourrit les actions des hommes; quand c'est le mensonge, la fourberie et la protection des privilèges qui inspirent les annoncée par le président Bush.Une politique taillée sur mesure pour ses copains qui l'ont fait élire et dont on est convaincu que le principal souci n'est pas de trouver l'argent pour acheter les patates de la semaine.Que non ! En exemptant de tout impôt les gains de dividendes, Bush lance à nouveau le signal que l'argent tiré de la spéculation est mieux traité que l'argent tiré du travail salarié.Et à qui cela profitera-t-il?On actions que les plus forts dirigent contre les plus faibles, il faut se rendre à l'évidence: il y a vraiment quelque chose de pourri dans le royaume du capital.Bien sûr, les thuriféraires du système n'ont de cesse de répéter que le système est capable de se réguler lui-même.Sauf que l'actualité récente a continué d'apporter des preuves qui viennent infirmer terriblement ces prétentions.À partir des médecins spécialistes qui veulent partir avec la caisse jusqu'aux récentes politiques économiques du président Bush, en passant par le pactole versé au président de Metro-Richelieu et à cette fraude d'un cambiste étatsunien, il y a un lien : jamais l'appât du lucre ne s'est-il si bien porté que maintenant.Personne ne soutiendra sans rire que le président de Métro-Richelieu, Pierre H.Lessard, vaut les quelque 28 millions $ qui viennent de lui être versés pour la seule année 2002.Une somme plus importante que celle touchée par l'ensemble des actionnaires.C'est pourtant ce même personnage, antisyndicaliste primaire, qui a coûté la rondelette somme de 31 millions $ à son entreprise pour avoir voulu, à rencontre de toutes les règles, se débarrasser d'un syndicat CSN.N'insistons pas sur cet ineffable John Roth, de Nortel, parti avec 135 millions $ en laissant l'entreprise exsangue et des milliers de travailleurs dans la rue.Parlons plutôt de ce cambiste étatsunien qui vient d'être condamné à payer 700 millions $ US pour fraude.C'est le dernier d'une longue liste de requins de la finance qu'un appétit démesuré a fini par perdre.Comme ce banquier anglais qui avait provoqué la faillite de la Barings en 1995, en opérant un système de fraudes à partir de Hong Kong.Le meilleur exemple de l'immoralité de ce système demeure la récente politique économique estime que le quart des quelque 364 milliards $ US soustrait à l'impôt tombera directement dans les poches de personnes gagnant plus d'un million par année.Bill Gates n'a pas tardé à y trouver son intérêt.Pour la première fois depuis plus de 15 ans, Microsoft compte verser des dividendes de 870 millions $ US.Or, 143,7 millions $ US iront aux administrateurs et dirigeants de l'entreprise, dont quelque 100 millions $ US à Bill Gates lui-même.À deux mains dans l'auge à cochons ! Ici, au Québec, l'échelle est plus courte, forcément.Mais à force de prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages, les médecins spécialistes ont fini par se convaincre qu'ils pouvaient leur passer n'importe quel sapin.Il n'y a pas d'autre explication à cette publicité les présentant non seulement comme les soigneurs, mais surtout comme les défenseurs des grabataires, des poitrinaires et de tous ceux qui font de l'urticaire rien qu'à penser aux urgences.Non mais ! Heureusement que dans la profession, il se trouve des journalistes comme Jean Dussault, à la Tribune du Québec, à Radio-Canada, pour remettre les pendules à l'heure sur les véritables motifs qui font s'échauffer ces émules d'Asclépios, qui ont depuis longtemps égaré le texte de leur serment d'Hippocrate entre les pages de relevés de leurs opérations boursières et les tickets d'avion pour les sports d'hiver dans les Alpes italiennes.L'un d'eux se plaignait auprès de Dussault d'avoir à travailler de 70 à 90 heures par semaine, tout en déplorant de ne pouvoir opérer après 16 heures, les salles étant fermées.«Mais où diable trouveriez-vous le temps d'opérer, même si les salles étaient ouvertes?», demanda l'animateur.Le son qui suivit s'apparentait à celui des ballounes qui éclatent à la surface, dans un bocal de poissons rouges.MICHEL RIOUX Le Couac, février 2003, page 3 La pseudodémocratie Nous faisons tous partie, n'est-ce pas, de la «société civile».Si j'ai bien compris, c'est ce qui reste si l'on met à part la classe gouvernante, élus et fonctionnaires.Alors on se gargarise de ces deux mots magiques, on prétend permettre à la société civile (pourquoi ne parle-t-on plus du peuple?) de s'exprimer, dans un encadrement bien contrôlé, celui des sommets et des états généraux.Cette tendance a été condamnée vigoureusement par un sociologue de l'Université Laval, Gilles Gagné, lors d'une table ronde présentée le 16 janvier à l'UQAM par les Amis du Monde diplomatique.Gagné affirme que cet abus de langage conduit à un effritement de l'État qui, dans ce dédale corporatiste, perd le sens de sa finalité.En effet, les gens qui donnent leur avis aux sommets et aux états généraux ne représentent qu'une infime proportion de la population.Chaque comparant n'a qu'un mandat très limité.Il est absurde de prétendre que la somme de ces avis particuliers représente l'opinion publique.Le recours à ces consultations restreintes constitue un aveu : la principale institution représentative, le parlement, est en dérive.Les députés ont des rôles écrits d'avance.Ceux du côté du gouvernement font l'éloge des ministres.Ceux de l'opposition les démolissent.Dans un cas comme dans l'autre, l'opinion du député lui-même n'intervient que par hasard, et celle de ses électeurs reste inconnue.Alors les gouvernants contournent le parlement et s'en remettent à une pseudo-démocratie.Depuis longtemps - près d'un demi-siècle au Québec - le pouvoir exécutif a pris en main le pouvoir législatif.Les députés ne contrôlent plus le gouvernement.Ils ne font presque jamais appel à leurs pouvoirs d'initiative prévus par le règlement.Le droit à la dissidence devient désuet.Les députés ont des rôles écrits d'avance.Ceux du côté du gouvernement font l'éloge des ministres.Ceux de l'opposition les démolissent.Les députés sont mal placés pour blâmer le gouvernement de cet état de choses.Les deux pouvoirs, le législatif autant que l'exé-cutif, en sont responsables.La ligne de parti n'est devenue trop rigide qu'avec le consentement - peut-être inconscient - des députés.Le gouvernement du Parti québécois a contribué au glissement corporatiste.Il prend des décisions, souvent de bonnes décisions, dans divers domaines, mais permet, sous prétexte de consultations insuffisantes, que le débat sur le virage à droite sur feu rouge dure plus de deux ans.Quant à son objectif fondamental, la souveraineté, le premier ministre semble être le seul à ne l'avoir pas oublié PIERRE DE BELLEFEUILLE Quarante chômeurs au Kraft Dinner Le Couac vous présentait, il y a un an (vol.5 no.5, fév.2002), la situation des travailleurs syndiqués de l'usine Kraft de l'arrondissement LaSalle.Suite au transfert de la production des Life Savers du Michigan à Montréal, 100 personnes avaient été engagées à l'usine non syndiquée de l'arrondissement Mont-Royal pendant qu'on transférait des lignes de production syndiquées de LaSalle vers le Texas et la Floride (suppression de 15 emplois), ce qui était passé inaperçu dans les médias.L'ancien président du syndicat local estimait à cette époque que les travailleurs n'étaient pas en position pour pouvoir influer sur les décisions de la multinationale connue pour ses positions antisyndicales.Il prédisait aussi que Kraft pourrait miser sur le sentiment favorable de l'opinion publique provoqué par le transfert des Life Savers à Montréal pour réduire encore plus les activités à LaSalle dans l'indifférence générale.Ben c'est exactement ce qui est arrivé! Un entrefilet minus- cule de La Presse du 16-01-03 nous informe que 40 postes de plus sont supprimés à LaSalle.Kraft essaie clairement de casser le syndicat: dans les dernières années, les deux derniers présidents les plus combatifs sont partis et Kraft a engagé des travailleurs qui venaient de perdre leur précédent emploi pour cause de fermeture d'usine dans le secteur alimentaire.«Ils ne veulent pas faire de vague, ils sont craintifs», nous disait alors un membre de l'exécutif syndical «Que veux-tu faire quand les plus vieux sont partis et quand les nouveaux veulent juste garder leur job pour ne pas retourner sur le chômage?».Rien d'autre que t'écraser et espérer que tu ne seras pas réduit à bouffer le Kraft Dinner de ceux qui t'exploitent.LE COUAC DINNER AU CHÔMAGE Rêves de flics et police communautaire Une thèse de doctorat en criminologie nous apprend que les policiers préfèrent la chasse à l'homme et la répression à l'approche préventive de la police communautaire (Forum, UdeM, 13-01-03).Nos flics se représentent plutôt dans le modèle viril et violent véhiculé par le cinéma populaire que dans celui du policier rose bonbon qui jase avec les gens dans la rue.Cette attitude ne surprend personne, nos flics montréalais ne s'étant pas montrés très communautaires depuis deux ans.Consciente du problème et voulant faire changer les mentalités, la direction du SPVM fournira à l'ensemble de son personnel une formation en éthique.Nos vaillants hommes en bleu réfléchiront notamment sur l'opportunité de se déchausser avant d'entrer dans une mosquée (La Presse, 13-01-03).Aussi au programme: l'avantage de faire signer une décharge aux itinérants avant de les battre, la justesse du remplacement de l'expression «p'tit christ de nèg'» par «jeune homme issu d'une communauté culturelle minoritaire» lors des admonestations aux stations de métro, ainsi que plusieurs autres conseils visant à faire réduire le nombre de plaintes en déontologie.Le SPVM estime avoir besoin de deux ans pour inculquer le respect des citoyens à son troupeau.La citation du mois « On veut revamper certaines choses et donner au journal un look différent.À l'heure d'Internet et des médias de consommation rapide, on pense aussi que c'est intéressant de fractionner les contenus.Personne ne lit un journal au complet.Les modes de consommation ont changé et on essaie de suivre la tendance.Les jeunes adultes sont surexcités par la consommation, ils veulent que ça aille vite, que ce soit clinquant, intéressant, que ça attire l'œil.Ils sont pressés.» C'est de François Desmeules, nouveau rédacteur en chef du Voir.Qui aurait cru qu'un jour on s'ennuierait presque de Richard Martineau?Solution « Le père Noël a déménagé son atelier en Chine» (La Presse 16-12-02),« Marois veut alléger le fardeau fiscal des entreprises» (La Presse 15-12-02), « Le Conseil du patronat souhaite un environnement plus favorable aux investissements» (La Presse 21-9-02).Clopin-clopant Vidéotron a fait appel aux talents de négociateur de Lucien Bouchard pour mettre fin à la grève de ses techniciens.Selon plusieurs observateurs, tes chances de régler le conflit sont plus boiteuses que jamais.ABONNEZ-VOUS! www.lecouac.org DERIVES MEDIATIQUES Le Couac, février 2003, page 4 Le Roy de la désinformation (Suite de la page 1) dure que: s'il a le malheur de déplaire au boss encore une autre fois, il se retrouve au chômage, sinon à la retraite.Revenons à Mario Roy et à son éditorial La morale d'abord : « il n'existe plus de véritable citoyenneté |.| sans une fréquentation raisonnablement soutenue et intelligente de l'information.[.] Le droit d'être informé c'est aussi le devoir de l'être.» Il prévient le lecteur: «on trouve aussi — sous couvert d'objectivité, ce qui est encore plus pernicieux — des reportages et comptes rendus férocement orientés.» Vraiment ?La désinformation maintenant: «Les générations futures seront stupéfaites d'apprendre que l'événement de l'an 2002 dans le monde littéraire [.) aura été l'ouvrage de Thierry Meyssan, ^Effroyable imposture, niant la réalité des attentats de New York et Washington».Et voilà le vrai sujet de cet éditorial, le pourquoi.Il ne s'agit pas tant de défendre l'objectivité de la presse capitaliste (plus personne n'y croit), mais de discréditer tous ceux qui s'interrogent sur les points obscurs de la version officielle des attentats terroristes du 11 septembre 2001, parce qu'il sont convaincus que l'administration Bush a des choses à cacher en faisant systémétiquement obstruction à toute enquête publique indépendante.Peu importe la valeur de l'ouvrage de Meyssan, il n'a jamais nié la «réalité» des attentats, ni de New York, ni de Washington.Meyssan prétend par contre que c'est un missile et non un Boeing qui aurait frappé le Pentagone Si pareille hypothèse peut exister, c'est bien parce que les autorités n'ont jamais été capables de fournir la moindre image des attentats, alors que le Pentagone est un des édifices les plus surveillés au monde par des caméras de surveillance.Et surtout, parce que l'admi-ïiistration Bush s'est opposée à une enquête indépendante dès le début et pendant plus d'un an, pour finalement nommer â-lenry Kissinger en charge de l'enquête.iwou encadré, Conflits d'intérêts) En écrivant que Meyssan nie la «réalité» des attentats, particulièrement ceux de New York alors que tout le monde a vu et revu les Boeing s'encastrer dans les tours du World Trade Center, Roy utilise une technique de propagande vieille comme le monde pour discréditer l'adversaire en le couvrant de ridicule.Ce n'est pas la première fois que Roy s'attaque à Meyssan en utilisant le mensonge, la dernière fois, il inventait un lien farfelu avec des soucoupes volantes (La Presse 21-3-2, 13-4-2).Le but n'est pas tant de s'attaquer à Thierry Meyssan personnellement, mais de discréditer tous ceux, et ils sont nombreux, qui remettent en question la version officielle des attentats du 11 septembre remplie d'incohérences et de demi-vérités, pour l'ajuster à l'agenda guerrier de Washington.Bien sûr, c'est un péché véniel de mentir au sujet de l'hypothèse de Thierry Meyssan.Mais Roy démontre néanmoins ici un manque de rigueur journalistique flagrant, dans un éditorial qui en fait justement l'éloge.Il nous fournit par la même occasion un bel exemple de désinformation classique.Selon Vladimir Volkoff (Desinformation flagrant délit, Éditions du Rocher, Monaco, 1999), la désinformation est :« une manipulation de l'opinion publique, à des fins politiques, avec une information traitée par des moyens détournés».Beaucoup plus insidieuse que le mensonge classique, la technique de désinformation utilisée ici consiste à planter un mensonge au second plan d'un texte dont le sujet principal charrie des évidences avec lesquelles tous sont d'accord à priori.Ici, par exemple, le mensonge est planté au milieu d'un papier qui soutient que tout le monde a le devoir de s'informer, une déclaration qui fait l'unanimité.Le mensonge ainsi encadré de cette lapalissade acquiert l'illusion de la vérité.Comme disait le grand faussaire Elmir de Hory à propos de ses faux tableaux: «Quand ils entrent dans les musées et qu'on les accroche à côté des vrais, ils deviennent vrais eux aussi.» JACQUES BOUCHARD Conflits d'intérêts « Uillégal, on le fait immédiatement.Pour l'inconstitutionnel, c'est un peu plus long.» — Henry Kissinger Fin novembre, après plus d'un an d'obstruction systématique, l'administration Bush accepte enfin de créer une commission d'enquête au pouvoir limité sur les attentats du 9/11, et nomme Henry Kissinger à la tête de cette commission.La crédibilité de Kissinger, l'un des plus grands falsificateurs et tueurs en série du XXe siècle, étant largement au-dessous du niveau zéro, celui-ci a dû démissionner pour conflit d'intérêts aussitôt nommé, puisqu'il dirige une firme de consultants au service des multinationales du pétrole et des monarchies pétrolières soupçonnées d'avoir financé les attentats.Il a été remplacé par Thomas Kean, ancien gouverneur du New lersey siégeant au conseil d'administration de la pétrolière Amerada Hess, associée à Delta Oil d'Arabie Saoudite pour exploiter le pétrole de la région de la mer Caspienne.Delta Oil appartient aux clans bin Mahfouz et Al-Amoudi.Et la sœur de Khalid bin Mahfouz est mariée à Oussama ben Laden.Thomas Kean est donc le partenaire d'affaires du beau-frère d'Oussama ben Laden.Le monde est petit Voilà une information qui aurait dû faire la une de La Presse une journée où Raël était en vacances Ou un de ces nombreux jours où les inspecteurs d'armements de l'ONU en Irak ont fait la une, même si comme d'habitude, ils n'avaient encore absolument rien trouvé, même pas une douille d'obus vide.Dessine-moi un éditorialiste Martin Brunette, un jeune lecteur du Couac, nous a envoyé un courriel dans lequel il nous pose cette question: «Serait-il possible de me donner la définition d'un éditorialiste?Mon enseignant m'a confié le devoir de trouver la vraie définition d'un éditorialiste et ses fonctions.» Eh bien mon cher Martin, en guise de réponse, nous te proposons de lire l'article ci-contre intitulé «Le Roy de la désinformation».Tu y trouveras sans doute certaines fonctions d'un éditorialiste qui ne sont pas répertoriées dans tes manuels scolaires.Propagande George Orwell a écrit que la vérité est la première victime de la guerre Mais n'oublions pas que la pro-papande et la désinformation sont les seuls produits que l'armée fabrique en temps de paix.tô£ m te vfatjwOAi^rr 22 g Miner subtilement la crédibilité La Presse nous offrait samedi le 16 janvier un subtil exemple d'attaque à la crédibilité (déjà chancelante) du mouvement en faveur d'une autre mondialisation et de plus de justice sociale En effet, en Une de son cahier «Actuel» (lire: «mode», donc passager et un peu frivole) on peut lire en très gros caractères «Anti-tout».Suit, sous la plume de Marie-Julie Gagnon, un article qui nous dit qu'il y a deux sortes d'anti, les «anti-pour», qui proposent une alternative, et les «anti-anti», qui ne proposent rien, sorte de nihilistes par désœuvrement.C'est la seule mention que l'on fait des «anti-pour»: le reste de l'article ne traite que des « anti-anti », tout en se réfèrent implicitement au mouvement altermondialiste.Il ressort de cette prose que les membres de ce mouvement ne se révoltent que parce qu'ils se cherchent individuellement dans une société sans repères ou parce que c'est à la mode de s'opposer et que le système fonctionne à l'opposition.Donc tout ça ne sert à rien.Ah bon ! En plus de cela, et pour terminer en beauté cette entreprise de sape, la colonne à gauche du très gros titre propose une retranscription partielle d'une séance de clavardage à laquelle s'est soumis laggi Singh.Message: jaggi, comme les autres, ne s'oppose à l'ordre néolibéral que parce qu'il n'a rien de mieux à faire et que c'est à la mode.D'ailleurs ça marche parce qu'on le voit partout dans les médias ces temps-ci.MAGRITTE SAUVAGEAU Le mensonge par omission « )e ne vois pas pourquoi on aurait besoin de rester là à observer un pays virer au communisme à cause de l'irresponsabilité de son propre peuple.Les enjeux sont trop importants pour laisser les électeurs chiliens décider eux-mêmes.» — Henry Kissinger1 Lm omission est de loin la forme du mensonge la plus efficace.C'est la plus facile à camoufler, à défendre et i la plus difficile à critiquer.Dimanche 19 janvier, Gilles Paquin, envoyé spécial de La Presse à Montevideo, réussissait à écrire un article sur l'Opération Condor abondamment illustré et couvrant une double page, sans mentionner l'implication des États-Unis, de la CIA, de la School of Americas et de Henry Kissinger, l'un des plus grands criminels de guerre du XXe siècle, dont les victimes se comptent par millions, en Grèce, en Indochine, en Afrique, en Amérique Latine, au Bengladesh, au Timor Oriental, etc.(voir Les Crimes de Monsieur Kissinger, Christopher Hitchens, Éditions Saint-Simon, 2001) Le 6 mars 2001, le New York Times rapportait l'existence de documents secrets du Département d'État récemment declassifies, révélant que les États-Unis ont fourni des renseignements et facilité les communications entre les divers services secrets des pays d'Amérique du Sud collaborant à l'Opération Condor.L'Opération Condor était une entente secrète entre les dictatures militaires et les gouvernements d'extrême-droite d'Argentine, de Bolivie, du Brésil, du Chili, du Paraguay, d'Uruguay, appuyés par les États-Unis, pour échanger des renseignements et de la «main-d'œuvre» dans le but d'intimider, de kidnapper, de torturer et d'assassiner les «soi-disant "gauchistes", communistes et marxistes» réfugiés dans un des pays collaborant à l'entente et à l'étranger.On peut lire, sur une note de 1976 signée par Robert Sherrer chef du FBI à Buenos Aires, faisant partie de documents rendus publics, que : « la phase trois |.] inclut la mise en place d'équipes voyageant partout dans le monde pour mener à bien des sanctions y compris l'assassinat.» Les différents services participants communiquaient entre eux à l'aide des installations état-suniennes de la zone du canal de Panama couvrant l'ensemble de l'Amérique du Sud.Quant à Herr Doctor Kissinger, il ne peut plus sortir des États-Unis sans avoir recours à une batterie de conseillers juridiques.Plusieurs magistrats en Argentine, au Chili, au Brésil voudraient bien entendre sa version de l'Opération Condor.Il avait dû faire ses valises en catastrophe, en mai 2001, pour s'enfuir de l'hôtel Ritz à Paris en pleine nuit.Juste après la visite «de la brigade criminelle, qui venait de lui remettre une convocation du juge Roger Le Loire l'invitant à se présenter le lendemain à son bureau du palais de justice», pour répondre à quelques questions sur la mort suspecte de cinq citoyens français au Chili dans les années 1970 (Le Monde 29-5-1) Le juge espagnol Baltasar Garzon, le même qui avait fait arrêter Augusto Pinochet, ancien dictateur du Chili et pivot de l'Opération Condor, aimerait bien, lui aussi, poser certaines petites questions à ce cher Henry.C'est pour protéger Kissinger et les criminels de guerre de haut rang que les États-Unis refusent farouchement que leurs criminels soient traduits devant le Tribunal pénal international.«Si vous êtes Henry Kissinger, et que chaque fois que vous allez dans tel ou tel pays européen vous devez vous demander si vous ne recevrez pas une convocation, c'est préoccupant», déclarait |ohn Bolton, sous-secrétaire d'État chargé du contrôle des armes et de la sécurité internationale, pour expliquer le refus des États-Unis d'adhérer au tribunal (The Guardian 14-11-2) Ceux qui croyaient que Washington voulait protéger les sans-grade qui torturent et qui violent se sont trompés.C'est pour protéger Kissinger et les criminels de guerre de haut rang que les États-Unis refusent farouchement que leurs criminels soient traduits devant le Tribunal pénal international.Des milliers de «gauchistes» ont été arrêtés, torturés et assassinés dans le cadre de l'Opération Condor.La plupart étaient des syndicalistes, des défenseurs des droits humains, des journalistes, et des dissidents non violents de gauche et du centre-gauche, incluant plusieurs prêtres et religieuses catholiques.Rappelons aux lecteurs que la majorité des dictateurs et des officiers militaires tortionnaires d'Amérique Latine sont des diplômés de la School of Americas, de Fort Benning USA, aujourd'hui rebaptisée Western Hemisphere Institute for Security Cooperation Les militaires impliqués l'an dernier dans la tentative ratée de renversement de Hugo Chavez, le président vénézuélien élu démocratiquement, étaient eux aussi des diplômés de « l'école ».Que le correspondant de La Presse fasse totalement abstraction de l'implication des États-Unis dans l'Opération Condor, c'est sans contredit un « hénaurme» mensonge par omission.Censurer l'implication de Washington dans un article sur les ravages et les crimes contre l'humanité des dictateurs mis en place avec l'aide de la CIA, ça frôle le crime par association.Particulièrement par les temps qui courent, alors que les médias sont remplis de propagande et de désinformation pour entraîner le monde civilisé dans une injustifiable guerre coloniale, au nom de la démocratie et de la liberté dont les États-Unis seraient, selon Bush : « le phare qui éclaire le monde».JEAN-MARIE LALIBERTÉ Note: on peut lire les documents declassifies démontrant l'implication des États-Unis sur le site Internet de la National Security Archives de l'Université George Washington wwwgwu.edu/~nsarchiv/news/20010306/ Pour en savoir plus, entrez Plan Condor dans Google français ou Opération Condor dans la version anglaise Pour la School of America, voir wwwsoaworg 1 - À propos de l'assassinat et du renversement de Salvator Allende, président du Chili élu démocratiquement, par des militaires armés et financés par la CIA. DERIVES MEDIATIQUES Le Couac, février 2003, page 5 Rapport de recherche exclusif du Couac ! Analyse qualitative d'un téléjournal classique (Montrealus cesoirus) démontrant l'emploi abusif de l'expression « émission d'information » pour le désigner Introduction Est-ce que c'est moi qui halluciné ou l'émission Montréal ce soir, à 18 heures à Radio-Canada, atteint ces temps-ci des sommets en terme de désinformation et de sen-sationnalisme ?Non pas que j'aie de grandes attentes envers la télévision pour m'aider à comprendre le monde, mais j'aime à l'occasion admirer le travail des experts en fabrication du consentement.Ma fibre masochiste devait être particulièrement vibrante ces derniers jours puisque je me suis tapé le Montréal ce soir.À l'écoute de ce journal télévisé, il m'est apparu de plus en plus vraisemblable que l'essentiel de ce qu'on nous présente à dix-huit heures à la télévision d'État n'est pas de l'information mais se rapproche davantage d'une version télévisée du Alio Police.J'ai donc établi le mini-protocole de recherche suivant afin de vérifier mon intuition, ('insiste sur son objectivité La même, en fait, dont se réclament les grands médias.Méthodologie l'ai d'abord noté, minute après minute, les sujets qui étaient abordés durant le premier quart d'heure de quatre Montréal ce soir pris au hasard (n=4).Ce fut, et de loin, la partie la plus éprouvante de l'expérience.Je me suis ensuite livré à une petite «analyse qualitative» du contenu de chacun des topos et j'ai pu les classer en cinq catégories, soit.1) information, 2) meurtres et procès, 3} accidents, 4) température et 5) sport, l'ai ensuite additionné les minutes dans chacune des catégories pour tenter d'infirmer mon hypothèse de départ qui était, rappelons-le, que l'information à la télé d'État est ni plus ni moins que de la merde.Résultats Le tableau 1 illustre le minutage total ainsi que le pourcentage de temps alloué pour chaque catégorie.Hélas, à la lumière de ce tableau, il semble que nous nous acheminions plutôt vers une confirmation éclatante de l'hypothèse.Catégorie Durée Pourcentage (min.) (%) 1 ) Information 20 31 2) meurtres et procès 17 26 3) accidents 11 17 4) température 9 14 5) sport 8 12 TOTAL 65 min.100% Discussion le tiens d'abord à préciser que j'ai été très généreux dans la catégorie «information» (y incluant par exemple des topos sur le taxage dans le métro ou les sempiternelles urgences bondées) et que ces nouvelles étaient toutes locales ou nationales.Rien sur le reste du monde dans les quinze premières minutes du laïus de Raymond St-Pierre qui fut, dans une autre vie, grand reporter à l'étranger.Cette «information», au sens faible, occupe donc à peine le tiers du temps d'antenne, l'autre deux tiers étant constitué de ces diversions abrutissantes que sont les meurtres, les procès, les accidents, la température et le sport.Conclusion Elle est encore plus triste que vous pensez: si l'on se souvient qu'un sondage publié il y a quelques années rapportait que près de 75 % des gens affirment que la télévision est leur principale source d'information.BRUNO DUBUC Colloque à l'Université McGill Qui contrôle les médias ?Du 13 au 15 février, l'Université McGill, via son centre d'étude sur nous-mêmes (The Institute for the Study of Canada), présente une conférence ayant pour titre «Qui contrôle les médias?» Pour répondre à cette question d'actualité, on a évidemment invité des personnalités très autorisées en matière de contrôle de ce genre: la vice-reine Adrienne Clarkson, Alain Dubuc (Le Soleil), Francis Fox (Rogers Telecommunications), Alain Gourd (Bell Globemedia), Royal Orr (Columbia Communications Inc), Robert Rabinovitch (CBC), Mireille Silcoff (The National Post), André Pratte {La Presse), Robert Prichard (Torstar), Andrew Coyne, {The National Post) et quelques autres de la même farine.Tout est en place pour qu'une perspective critique apparaisse: aucun représentant des médias alternatifs n'a été invité.Pas même quelqu'un du Devoir, le seul quotidien indépendant.À quand un colloque qui se demandera qui contrôle les colloques sur les médias?L'éthique élastique du New York Times Le 15 janvier, La Presse publiait dans sa page Média une brève titrée: «Code déontologique strict au New York Times».On y apprenait que les journalistes seront soumis à un des codes déontologiques les plus stricts de la profession, leur interdisant de posséder des actions des compagnies œuvrant dans le secteur où ils sont actifs.Par exemple, un reporter affecté à la santé ne pourra pas détenir des actions de compagnies pharmaceutiques.Toute activité politique leur est aussi interdite, incluant les comités d'école.La veille, le 14, le magazine Editor & Publisher avait fait entendre un autre son de cloche: «Le bureau de révision de la CIA et le "NY Times"» (The CIAs Copy Desk and "The NY Times").On apprenait que lames Risen, journaliste spécialisé dans les affaires de sécurité nationale, et à ce titre affecté à la couverture des actions de la CIA, avait négocié un contrat pour un livre révisé par l'agence.La CIA a censuré la moitié de The Main Enemy, un ouvrage sur la guerre supersecrète que l'agence a livrée aux Soviétiques en Afghanistan dans les années 1980.Pas surprenant que la CIA ait des choses à cacher, puisqu'Oussama ben Laden, les «combattants de la liberté» afghans et Al Quaeda ont été créés et financés par l'agence La partie «purifiée» du livre a été écrite par l'ancien espion Milton A.Barden, coauteur et ancien chef de la division soviétique de la CIA.Bearden a officiellement laissé l'agence de renseignements pour créer une firme de consultants, Steeplechase Group.La firme est en plein milieu d'un contrat de deux ans à 50 000 $ par mois avec Anis Haggar, un homme d'affaires britannique, pour défendre les intérêts de ce dernier au Soudan: «un cauchemar des droits de l'homme qui a jadis servi de retraite à Oussama ben Laden».-Coïncidence.Bearden écrit aussi régu- * lièrement, en tant qu'expert * à la sécutité nationale, des '-lettres d'opinion éditoriales '.(op-ed: opposées à l'édito- '.rial), publiées par les" grands quotidiens état- ' suniens.Tous les employés ] de la CIA anciens et actuels .doivent faire réviser leurs écrits par l'agence avant publication.Dénichez les « Tu peux te payer un journaliste pour une couple de centaines de dollars par mois, c'est pas mal moins cher qu'une bonne call a/rl»1 Vers la fin des années 1940, la CIA (Central Intelligence Agency) mit sur pied l'Opération Mockingbird2, en recrutant des journalistes étatsuniens et étrangers pour collecter des renseignements et pour disséminer la propagande de l'agence dans la presse locale et internationale.La CIA attendait de ces journalistes qu'ils relaient les informations fournies par l'agence, mais aussi qu'ils écrivent de virulents articles anticommunistes et des histoires racoleuses de réussites capitalistes L'opération fut mise sur pied par Frank Wisner (département d'État), Allen Dulles (FBI), Richard Helms (CIA), et Philip Graham, éditeur du Washington Post, agent de la CIA, et mari de Katherine Graham, riche héritière et propriétaire du Post.Les représentants de la CIA ont admis avoir eu 400 agents journalistes dans 25 organismes de presse aux auditions de la Commission Church (1975), chargée d'enquêter sur les crimes et autres illégalités de l'agence.La CIA a tout fait pour restreindre la portée de l'enquête de la commission William Colby, le directeur de l'agence, et son successeur, George Bush père, réussirent à convaincre le Sénat qu'une enquête en profondeur risquait de paralyser leur capacité de collecter des renseignements, tout en déclenchant une chasse aux sorcière chez les journalistes, les éditorialistes et les éditeurs du pays.Les sénateurs n'eurent accès qu'à un nombre limité des dossiers de la CiA, «épurés» des noms et de certains faits risquant de compromettre la sécurité nationale.Selon d'autres sources, le nombre de personnes, salariées ou contractuelles se serait plutôt élevé à 3 000, pour un coût annuel estimé à 265 millions $ US en 1978.Parmi les médias les plus importants, la CIA pouvait compter sur William Paîey, président de CBS, Henry Luce, propriétaire de Time et Life magazine, Arthur Hays Sulzberger, propriétaire du New York Times, et des collaborateurs à Newsweek, ABC, NBC.Associated Press, United Press International, Reuters, Hearst Newspapers, pour ne nommer que les plus importants.À l'étranger — on imagine que ceci inclut le Canada — la technique de diffusion de la propagande est généralement la suivante.Des journalistes, éditorialistes et chroniqueurs en vue sont recrutés.Cela va des collaborateurs agissant par conviction idéologique aux agents rémunérés.Lagence fournit aux propagandistes les faits (vrais ou faux), les thèmes, les grandes lignes éditoriales, et des textes d'opinion à être retravaillés pour consommation locale.Ces histoires publiées par les journalistes collaborateurs seront reprises par d'autres collaborateurs dans les agences de presse internationales, puis relayées par les médias du monde entier En février dernier, le New York Times (19-2-02) dévoilait l'existence de l'Office of Strategic Influence (Bureau d'influence stratégique) chargé de lancer des campagnes de propagande et de désinformation dans la presse internationale.Aussitôt l'affaire rendue publique, le Pentagone annonçait la fermeture du bureau.Encore un pieux mensonge! Fairness & Accuracy in Reporting (FAIR www.fair.org 27-11-02) se surprenait de l'occultation par les médias corporatifs d'une déclaration de Donald Rumsfeld, secrétaire à la Défense (ministre de l'Attaque Préventive), au cours d'une conférence de presse avant une visite officielle au Chili.La voici : « Et puis il y a eu le Bureau d'influence stratégique.Vous vous souvenez peut-être.Les «Oh bonté divine n'est-ce pas effroyable, Henny Penny le ciel va nous tomber sur la tête.» Le lendemain, j'ai déclaré c'est bon, vous voulez vous attaquer à l'affaire, voici son cadavre.Prenez le nom Vous pouvez avoir le nom, mais je continuerai à faire tout ce qui est nécessaire, et je l'ai fait.Ce qui devait être fait par ce bureau a été fait par ce bureau, PAS par d'autres voies».(18-11-2)3 Ce qui n'a pas empêché Eric Schmitt d'écrire un mois plus tard dans le New York Times (17-12): « Plus tôt cette année, M Bush a réagi violemment en apprenant qu'un nouveau bureau du Pentagone, le Bureau d'influence stratégique, envisageait des moyens pour planter des fausses informations grâce à des journalistes ne se doutant de rien Le secrétaire à la Défense Donald H Rumsfeld a été forcé de fermer le bureau ».À qui peut-on se fier?Toutes ces manigances démontrent que pour être crédible la propagande doit être faussement attribuée à des «sources indépendantes».Il est aussi généralement admis que les «informations» ainsi diffusées sont fausses.En général, ce genre d'opération n'est pas isolée.Elle fonctionne en parallèle avec des pressions politiques, diplomatiques, économiques, envers le pays visé.Pensons à la propagande faite par les États-Unis contre la «porosité» de la frontière canado-étatsunienne, Hillary Clinton qui vient de fustiger le Canada pour avoir servi de porte d'entrée à des terroristes n'ayant jamais existé, au conflit du bois d'oeuvre, aux pressions pour augmenter les budgets militaires et pour entraîner le Canada dans une guerre injustifiable contre l'Irak, etc.Maintenant, demandez-vous quels éditorialistes, chroniqueurs et journalistes sont vendus.Quels sont ceux qui voient de l'antiaméricanisme partout, qui défendent avec acharnement «l'objectivité» de la presse corporative étatsunienne, qui sont pour le périmètre de sécurité nord-américain, l'intervention de l'armée des États-Unis au Canada en cas d'attaque terroriste, la frontière «intelligente», qui appuient la guerre antiterroriste sans condition, même au prix de graves atteintes au droit à la vie privée et aux libertés individuelles?De ceux-là il faut se méfier, à commencer par ceux qui sévissent dans votre média concentré préféré JACQUES BOUCHARD 1 - Un agent de la C!A discutant avec Philip Graham propriétaire et éditeur du Washington Post sur la disponibilité et les prix des journalistes acceptant de propager la propagande de l'agence, Katherine the Great.Deborah Davis, Sheridan Square Press, New York 1991.2 - Mockingbird: Mimus polyglottos, moqueur polyglotte, oiseau nord-américain répandu au Québec qui imite le chant des autres oiseaux.3 - traduction libre.Le texte original anglais est disponible sur le site internet du Pentagone à l'adresse suivante : http 7/www.dod.gov/news/Nov2002A 11212002_t 1 ! 8sd2 html BLOC-NOTES Le Couac, février 2003, page 6 La guerre du golfe PAR CLODE DE GUISE Cette guerre est celle du golfe et de l'estuaire du Saint-Laurent: des baleines contre du pétrole et du gaz.La bataille a commencé en novembre dernier lorsque HydroQuébec et le gouvernement Landry ont annoncé en grande pompe un vaste projet d'exploration gazière et pétrolière sous les fonds marins du Saint-Laurent.Un investissement de 330 millions de dollars, financé à 80 % par le secteur privé (ce sera sûrement très lucratif).En fait, on estime théoriquement que le volume de gaz disponible dans le golfe équivaut à la consommation actuelle des Québécois pendant 25 ans.Et, lorsqu'il y a du gaz, le pétrole n'est pas loin.Appât.pré-électoral L'annonce du projet d'exploration gazière et pétrolière a eu lieu sans aucune consultation publique préalable.De plus, la ministre déléguée à l'Énergie, Rita Dionne-Marsolais, a fait miroiter la création possible de 4 000 emplois en Gaspésie et sur la Côte-Nord.Ça sent l'appât pré-électoral ! L'exploration se ferait des Îles-de-la-Madeleine à l'île d'Anticosti et dans l'estuaire jusqu'au nord de Mont-)oli.Le Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM) a rapidement pris le leadership de ce combat naval.Forages et relevés sismiques sont au programme pour évaluer la structure et la composition du sous-sol marin.Pour les relevés sismiques, on utilise des sons ou des sonars de très grande puissance.Ces ondes, comme l'explique Robert Michaud, directeur scientifique du GREMM, posent de nombreux problèmes aux habitants du milieu marin.Elles sont susceptibles d'interférer avec la survie des baleines, mais aussi des crabes, des homards, des sébastes et même des morues (pour ce qu'il en reste).Ce brouillage d'ondes éloigne notamment les baleines des secteurs d'exploration dans un rayon variant entre 20 et 40 km.Dans un milieu confiné comme l'estuaire, cela équivaut à ériger une barrière pour empêcher la libre circulation des mammifères marins dans cette zone.L'environnement, mais Au mouvement de protestation se sont joints, entre autres, divers organismes environnementaux, le cinéaste Frédéric Back et la Fédération des pêcheurs semi-hauturiers du Québec.Tous ont réclamé un moratoire sur le projet d'exploration et la tenue d'audiences publiques sur les projets de prospections gazière et pétrolière dans le fleuve.En début d'année, la ministre Dionne-Marsolais a rassuré le bon peuple.11 y aura de «bonnes chances» que le BAPE (Bureau d'audiences publiques sur l'environnement) fasse enquête sur l'exploitation gazière et pétrolière dans le golfe.Comme cela semble sage.Le hic, c'est que la ministre insiste sur le fait qu'avant que le BAPE se penche sur la question, le gou- vernement veut lancer les travaux d'exploration.Elle s'empresse de préciser: «On fera face aux défis (environnementaux) au moment de l'exploitation.»(.)« Les facteurs environnementaux ne doivent pas freiner le développement économique.» (La Presse, 8-1-03, Pétrole dans le golfe, Québec confierait une étude au BAPE).Les permis d'exploration doivent être accordés par le fédéral, responsable des fonds marins, qui tarde à les accorder.Cette fois, cela fait l'affaire des protestataires qui ont le temps d'organiser le mouvement d'opposition.Les risques d'un tel projet sont nombreux et parmi ceux-ci notons : que l'on trouve ou non du pétrole, les boues de forages dispersées affectent l'ensemble de l'écosystème.Un déversement pétrolier serait une catastrophe puisque le golfe et l'estuaire sont plus sensibles que les hauts-fonds au large.Les détonations sont un stress supplémentaire pour les animaux aquatiques.Artiste demandé Comme le note Robert Michaud, du GREMM : « D'ici 25 ans, 30 ou 35 peut-être, les réserves d'énergie fossile convoitées auront été brûlées et transformées en gaz à effet de serre.Une fois la source tarie, que nous restera-t-il?» (La Presse, 18-12-2002, lettre de Robert Michaud à Bernard Landry, « Petro-Québec » : au-delà des drapeaux).Le souvenir d'un Fleuve aux grandes eaux.Kyoto a été ratifié par le Canada et nous devons prendre des mesures pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre.Le gouvernement péquiste peut faire mieux et démontrer qu'il peut se mettre au développement durable en investissant dans les technologies de l'avenir.La Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine sont parmi les meilleurs sites éoliens en Amérique du Nord.Pour cela, Bernard Landry devra faire le ménage chez Hydro-Québec.Il devrait mettre à la retraite tous ces gestionnaires dinosaures qui ne jurent que pas l'exploitation des énergies fossiles, en commençant par le PDG André Caillé et son acolyte lean A.Guérin, récemment nommé vice-président, exploration gaz et pétrole, d'Hydro-Québec (autrefois président de la Régie de l'énergie et exvice-président chez Gaz Métropolitain).Pour remporter la bataille des baleines contre le pétrole, faudra-t-il faire appel à un artiste influent et dans le vent qui aurait l'écoute du premier ministre Landry?Rappelons-nous que Paul Piché et de nombreux autres artistes ont sauvé les rivières de l'emprise des petites centrales hydroélectriques et que Richard Desjardins fait bouger le dossier de l'exploration forestière pour sauvegarder la forêt boréale déjà surexploitée.Pour en savoir plus: www.baleinesendirect.net/O/FS.html ?Le Nèg l ?° Certains de nos cons ?g citoyens ont jugé intelli- ° a gent d'analyser et de criti- ° ?quer l'affiche du plus ?récent film de Robert ?° Morin à la manière du ° a journalisme moderne, £ ?c'est-à-dire de manière ?primaire, ridicule et ?E instrumentale, le sensa- E a tionnalisme étant avant ° ° tout le but recherché.On S ?a alors taxé Morin de ?g raciste et d'impolitique- ° ?ment correct.Heurté dans ° ° son fond multiculturel, ° ?Jean Chrétien sonqerait à ?D imposer au réalisateur un ° ?changement de titre pour ° a sa sortie en vidéo.Selon S ?des sources douteuses, le ?° film pourrait s'intituler ° ° «Une statuette arbitraire- ° S ment brune en plâtre ° ° canadien pêche d'un ?° océan pollué à l'autre et ° E se brise».E LE CITOYEN UNTEL ° ?an 11 Montraël Selon l'Elohim Press, le déshonorable Raël songerait à proposer un changement de nom pour la ville de Montréal.Nous avons appris en effet que le clones-que en question tiendrait à proposer le nom de Montraël en guise de modernisation de la ville le tout, dans la foulée des travaux entrepris il y a quelque temps sous le slogan «une île, une ville».Rejoint dans sa soucoupe, monsieur le Raël a confirmé l'existence de la rumeur en refusant cependant de la montrer.LE CITOYEN UNTEL Septembre, mois de l'innocuité alimentaire Depuis septembre 2002, en collaboration avec l'Association des diététistes au Québec (ADAQ)', le Ministère de l'agriculture, des pêcheries et de l'alimentation du Québec, le Ministère de la santé et des services sociaux du Québec, le Conseil de la transformation agroalimentaire et de produits de consommation du Québec, ARAMARK* et les Relations publiques Louise Vézma consommateurs que nous sommes sont de rm-anditaires t couru et es épiciers aitiers du invités à «célébrer nocuité alimentain de cet événement connu de la populati Metro, les Product Québec, Olymel-Fl ciation québécoise de fruits et légumes.Le communiqué de presse lié à cet événement précise que -"* .Jr»""f-J« «i À l'appel du Collectif Échec à la guerre, des milliers de citoyens et citoyennes (entre 20 000 et 30 000) se sont rendus au centre-ville de Montréal pour manifester leur opposition à une guerre en ¦ DANS LE TEMPS D'LE DIRE.porter* «lia Irak.La mani-festation à Montréal s'inscrivait dans un effort international pour exprimer un non massif à la rhétorique guerrière du gouvernement américain, supportée timidement par ses alliés des pays soi-disant développés.VIACOM Chrétien à l'ONU ou au Tribunal Le gouverneur de l'illinois abolit la peine de mort la veille de quitter son poste On imagine que c'est ce qu'on appelle le courage politique.Clinton et Bush père avaient amnistié leurs amis criminels.Au Canada et au Québec, on nomme les copains au Sénat ou à la tête des sociétés d'État.Depuis qu'il est premier ministre, lean Chrétien cherche un moyen d'inscrire son nom dans les livres d'histoire.Pierre Elliott Trudeau et Brian Mulroney ont rêvé d'une fin de carrière au poste de secrétaire général des Nations unies, sous prétexte que le Canada est un pays pacifique Le truc pour avoir le poste, c'est de prouver au reste du monde que le Canada est un pays indépendant vraiment pacifique, et que son premier ministre n'est pas le chien savant des États-Unis.Le temps est venu pour Chrétien de prendre son courage politique à deux mains et de s'opposer à la guerre contre l'Irak, l'Iran, la Corée du Nord.Peu importe la cible, la guerre préventive est injustifiable.Ça lui ouvrira peut-être les portes de l'ONU Par contre, s'il décide de participer à cette agression illégale sans l'appui de l'ONU, c'est plutôt devant le Tribunal pénal international qu'il risque de se retrouver.\
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