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Le couac
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. [...]
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. Constitué d'une équipe rédactionnelle et de collaborateurs bénévoles, le journal se targue d'être libre et indépendant. Projet mûri entre anciens camarades de Quartier libre, journal étudiant de l'Université de Montréal, Le Couac est fondé par les journalistes aux nombreux chapeaux Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau. Pierre de Bellefeuille agit à titre d'éditeur et demeure à la barre du journal de nombreuses années. Prenant inspiration des éphémères Le Fantasque et La Lanterne, prédécesseurs québécois du XIXe siècle, Le Couac, dont le nom rappelle l'onomatopée du canard, s'inscrit davantage dans la lignée du journal français Charlie Hebdo que du Canard enchaîné. « Le couac » et « le canard », qui peut signifier « journal », peuvent tous deux être associés à un son discordant au sein d'un groupe, le groupe dans lequel Le Couac détonne étant ici l'ensemble de la presse. Le Couac donne son soutien à l'activisme de gauche en dénonçant par la satire, souvent cinglante, l'ordre établi, les réactionnaires, les moralistes, la publicité, le journalisme de masse, les puissants, les injustices, les atteintes aux droits et libertés, les pollueurs, l'économie marchande, etc. Le Couac est en phase avec l'actualité politique, sociale et culturelle québécoise et internationale et montre un intérêt particulier pour les États-Unis. La lutte au terrorisme et ses débordements du début du XXIe siècle y inspirent d'ailleurs plusieurs coups de gueule. En plus des deux fondateurs, un grand nombre de collaborateurs au regard critique et mordant sur le monde participent au journal au cours des années : Pierre Falardeau, Pierre Vadeboncoeur, Louis Hamelin, Marco Silvestro, Isabelle Baez, Jacques Bouchard, Victor-Lévy Beaulieu, Marco de Blois, Michel Rioux, Bruno Dubuc, Francis Dupuis-Déri, François Patenaude, Normand Baillargeon, Simon Tremblay-Pepin. 10 ans de Couacs - Je pense, donc je nuis : les meilleurs articles du mensuel satirique francophone le plus lu en Amérique du Nord!, choix des textes, des brèves et des illustrations par l'équipe du Couac; coordination de Bruno Dubuc, Montréal, Le Couac, 2007, 123 p.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1997-2016
Contenu spécifique :
juillet
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque mois
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Le couac, 2004-07, Collections de BAnQ.

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Radio, cinéma, liberté Un documentaire émouvant sur le journaliste haïtien Jean Dominique.Vol.7 • n° 10 Un nouveau parti à gauche?p.7 Françoise David a-t-elle vraiment pour objectif d'unifier la gauche?%4 f -1 I La mort du grand Manitou p.8 1 Vibrants adieux: à sa mort, Reagan laisse des traces foireuses.Juillet 2004 3,50$ att &4 %& &4 sat $4 âat m âat £4 ts& *U âst &4 âsi £U sait &4 Ce n'est pas la séparation, maïs.C'est Jean Lapierre qui l'a dit: « les gens nous ont punis.» Mais la pénitence est douce: les libéraux, au pouvoir, recommenceront-ils, comme dans la chanson?L'étonnante performance du Bloc québécois crée un parlement à l'italienne, comme le souhaitait Jacques Parizeau.Reflets du Québec actuel, les cinquante-quatre députés bloquistcs ne sont pas tous «pure laine».A noter, le rejet des conservateurs, vus comme des cow-boys évangélistes.A noter aussi, le rejet des transfuges, Béchard, ex-péquiste devenu libéral, dans Sherbrooke, et Harvey, ex-conservateur devenu libéral, dans Chicoutimi-le Fjord.Et puis la situation de Paul « Le Mammouth » Martin n'est guère reluisante.Ses proches conseillers, catapultés dans des comtés supposés certains, n'ont pas été élus: David Dawson dans Beauport, Mahoney dans Ottawa-centre (battu par Broadbent) et Stan Keyes dans Hamilton-centre.Ti-Paul n'aura donc pas ses ti-z-amis pour l'aider a prendre des «décisions fortes pour un Canada éclairé».Il n'aura que Jean Lapierre et Peter Pettigrew (amputé de la peau des fesses depuis minuit le 28 juin).Dans le cas de Lapierre, c'est quasiment un handicap pour le prochain gouvernement.Attendez que ce zigoto se mette à dire des canneries en chambre, il va accélérer la chute du mammouth libéral, qui ne pourra pas former une coalition majoritaire durable.Depuis plus de dix ans la politique fédérale est moche.Nous n'avions que les frasques de Chrétien à se mettre sous la dent.Maintenant, enfin, il va se passer quelque chose à Ottawa.« Wouin, j'ai les défenses à terre pis le poil graisseux, mais j'ai pu sauver des meubles.Au moins j'ai fait mieux que mon papa: je suis Premier Ministre ! D'un parti minoritaire ayant perdu toute crédibilité, mais quand même: ma trompe a encore trompé.Droit devant, s'tie!» «Vive Liberté 54! Enfin la victoire, après toutes ces années de travail! Mais 54 à Ottawa, c'est-tu vraiment la liberté?La liberté est à Québec! Anyway, moi mon papa serait vraiment fier de moi.» «Hey! La vue est belle, d'ici! C'est vrai que c'est grand, le Canada ! J'espère pouvoir garder mon beau sourire quand je devrai montrer aux Libéraux que je sais mordre! Je ne peux pas juste remuer la queue ! Une chance que j'ai papa Broadbent avec moi.» LE COUAC Joke cochonne Le mois dernier Le Couac publiait une blague des Cyniques qui disait : « Les libéraux présenteraient un cochon dans Outremont, pis y s'rait élu ».C'est toujours vrai 35 ans après ! lean Lapierre a été élu.« C'est ce qui arrive quand on a deux papas, l'Alliance canadienne et le Parti conservateur: on se fait fourrer! À bas le mariage reste plus qu'à retourner dans les sables bitumineux avec mes semblables.» «La nouvelle ménagerie parlementaire», gravure d'époque (datation approx.: 29 juin 04 vers 02h00) retrouvée sous une pile de vieux papiers moisis aux archives zoologiques nationales.Gracieuseté de Banville.la spirale En Irak ou ailleurs, le gouvernement américain croyait simplement mener une guerre, puis faire main basse sur le pétrole de quelques régions qu'il dominerait politiquement et économiquement, un point c'est tout.Mais en réalité il a entraîné les États-Unis dans une spirale.Celle-ci est tout à fait distincte des initiatives bien nettes et bien découpées du début.Elle est faite de forces qui les entraîneront d'elles-mêmes, eux, et le monde par conséquent.Un chaos régnera en effet plutôt, suscitant des dynamiques hostiles réagissant les unes sur les autres indépendamment, comme on commence à le voir: par exemple, la résistance soulevée par l'occupation, le terrorisme suractivé par l'impérialisme, les fanatismes provoqués de surcroît par les armes chargées de les mater, et toutes sortes de développements spontanés, multiformes, géopolitiques, imprévus, remplis d'énergie.Attendez seulement que l'impérialisme et la guerre, après les élections américaines, reprennent de plus belle.On avait entrepris une action directe et linéaire; on s'est mis au contraire dans un vortex dont on ne saurait contrôler les forces, y compris, à terme, les conséquences d'une menace géopolitique universelle s'étendant sur d'autres pays petits ou grands, car tous sont concernés par l'impérialisme américain.Les États-Unis eux-mêmes sont en danger: des terroristes pourraient leur infliger des maux infinis, voire vraisemblablement décisifs.Quand une dynamique de violence est lancée et peut atteindre jusqu'à l'intérieur de ce grand pays soi-disant invincible, cela montre, chez lui comme ailleurs, toute la puissance de malheur libérée aujourd'hui sur le monde.Le gouvernement des États-Unis ferait mieux d'y penser.Une hécatombe est possible même chez eux.Quand on est dans un temps où des fragments d'apocalypse peuvent se produire dans les faits, on ne met pas en action une mécanique explosive comme les États-Unis se sont chargés de le faire.Où peuvent s'arrêter les dévastations?A cette échelle et vu les moyens de guerre et de terreur disponibles, nul ne peut l'imaginer.Qu'est-ce que les États-Unis ont donc fait?Ils ont réintroduit le désordre planétaire dans l'histoire.Ils ont cette écrasante responsabilité.Le terrorisme l'a aussi, bien entendu, mais il ne fallait pas entreprendre une guerre «antiterroriste» qui était en réalité une guerre de conquête et aggraver ainsi cette problématique mondiale.On est maintenant devant un dérèglement historique fondamental qui fait que la suite des événements risque d'échapper en réalité à toute maîtrise.Autrement dit, un chaos mondial est peut-être commencé et voilà le phénomène spécifique sur lequel il faut concentrer notre attention.Le conflit israélo-palestinien donne par sa durée, à une échelle réduite, un exemple de ce que c'est que d'être entraîné par la dynamique des faits, de la cupidité et de la haine.On peut imaginer par cet exemple restreint ce qu'il peut advenir du monde soumis à la même loi.Certes, par deux fois, au XXe siècle, un embrasement quasi mondial s'est produit, mais chaque fois le phénomène atroce s'est résorbé au bout de quelque cinq ans.Cependant, aujourd'hui, il y a un élément additionnel.11 se peut que le désordre n'ait pas de fin, et cela pour deux raisons: justement parce que le temps, maintenant, presse bien plus que jadis et nous est compté, et deuxièmement parce qu'il est de la nature des combats actuels et futurs de ne pouvoir se terminer par une paix.Il s'agit d'une guerre aveugle dans laquelle les populations elles-mêmes sont engagées au ras du sol, guérilla susceptible de s'étendre partout, feu de brousse inextinguible, défense qui a trouvé son moyen propre, le terrorisme.Comment négocier avec le terrorisme, force protéiforme et sans structure officielle?On ne verra peut-être pas la fin de la spirale dont on est aujourd'hui témoin du commencement.Les États-Unis ont mis en marche non pas simplement une histoire mais un destin et peut-être le destin.Des forces jamais mises à l'épreuve et ayant une envergure comparable à celle du monde ont commencé leurs empoignades.Cela pointe nécessairement vers des suites.Mais le temps avare qui nous est dorénavant imparti s'épuisant, des extrémités arriveront plus vite qu'une conclusion possible et c'est ainsi qu'il n'y aura pas de conclusion peut-être.PIERRE VADEBONCOEUR Plateforme conservatrice pour les nuls «Attention, un couple de terroristes gais souverainistes arabes et pédophiles pourrait tenter d'entrer sur votre propriété afin de faire avorter votre femme, vous privant ainsi de précieuse main-d'œuvre sur la ferme.Votez Harper.» Interrogatoires musclés Aux agents de la GRC et du SCRS, Le Couac propose la méthode suivante pour faire craquer les suspects récalcitrants : leur faire suivre les deux débats, français et anglais, en même temps.Si l'individu résiste, remplacer la bande-son des débats par celle de l'émission 110%.Sports «Un esprit sain dans un corps sain».L'auteur de cette maxime n'avait sûrement jamais entendu parler de Myriam Bédard.SOUTENEZ UNE PRESSE LIBRE ET VIVANTE EN APPUYANT LE COUACl ABONNEZ-VOUS ! www.lecouac.org 077831301091610 Le Couac, juillet 2004, page 2 La société civile s'exprime ! Les rêves de Ricardo Petrella Ricardo Petrella était de passage à Montréal récemment pour nous parler de «désir d'humanité», titre de son nouveau livre publié aux éditions Écosociété.Il y revendique le droit de rêver de paix, de justice, de solidarité et de bien-être pour tous dans un monde où la violence, la quête de puissance, de richesse et de domination prédominent.Pour Petrella, les rêves d'aujourd'hui ne sont acceptés que s'ils sont liés avec les intérêts et la logique du système en place.Ils appartiennent donc essentiellement aux artisans du «progrès» économique de notre société, qui se livrent à une créativité compétitive, fondée sur la rivalité et l'exclusion.Le temps est venu d'exprimer des rêves qui projettent un avenir différent fondé sur la solidarité, l'amitié et la justice.L'invitation de Petrella est simple: sortir du champ de liberté, limité par nos dirigeants.Il a lui-même tenté l'expérience qui l'a conduit aux quatre rêves suivants : Le droit à la vie pour tous: Leradication de la pauvreté est utopique - au dire de nos dirigeants — qui ont récemment diminué de moitié les objectifs de la lutte contre la pauvreté.Le PNUD (Programme des Nations Unis pour le développement ) a pourtant démontré qu'il était financièrement possible de garantir l'accès universel à cinq services sociaux de base au coût de 40 milliards par année d'investissements additionnels pendant 10 ans.Si une volonté politique réelle existait, le rêve du droit à la vie pour tous serait réalisable en l'espace d'une génération ! Une autre économie: L'économie doit dorénavant délaisser «la culture managériale» pour s'articuler autour de trois grandes sphères : celle de l'économie publique couvrant les biens et les services communs essentiels à la vie; celle de l'économie coopérative couvrant les biens et les services à finalité sociale tout en assurant le bien-être de ses membres; la sphère de l'économie privée couvrant les biens et les services de propriété privée individuelle dans le respect prioritaire du bien commun qui doit relever du domaine public.La paix universelle: Les dominants ont théorisé «l'inévitabilité» de la guerre et ils la présentent comme étant l'instrument ultime de reconstruction de la paix, méprisant du coup les principes fondateurs de l'ONU et des autres traités internationaux.Il est plus que temps «de remplacer les droits de la force par la force du droit » et d'assurer la mise en place d'une institution (l'organisation mondiale de l'humanité) responsable de la promotion et de la sauvegarde des droits humains universels, de la sécurité mondiale et de la gestion des biens et des services publics mondiaux.La reconnaissance de l'humanité en tant que sujet juridique et politique serait donc le premier pas à franchir.La démocratie: L'effritement de la démocratie est évident de par les inégalités grandissantes et la négation du pouvoir des peuples.Le citoyen se sent toujours plus seul face aux puissants de l'économie, aux médias et aux manipulateurs démagogiques, aux promoteurs de richesse et de puissance.Le rêve de la démocratie constitue « le rêve d'être reconnu comme un citoyen à toute autre égal au plan des droits et des devoirs et jouissant d'une large autonomie en matière de décision et de contrôle dans le cadre d'institutions politiques».Pour y arriver, nous devons favoriser une démocratie participative et construire un système démocratique mondial traitant les problèmes communs mondiaux.Ainsi prennent forme les rêves de Ricardo Petrella.C'est à la collectivité de rêver maintenant et de reconquérir ainsi sa liberté, car «.rêver, ce n'est pas fuir la réalité.C'est larguer les évidences, quitter délibérément les sentiers de l'obéissance, se projeter dans une réalité qu'on ose penser différente».(J.M.Keynes, 1936).ANDREE DESHARNAIS Ricardo Petrella, Désir d'humanité, Montréal, Éditions Écosociété, 2004.COURRIER DES LECTEURS Félicitations «Bravo! Aussi bon que le Canard enchaîné ! » André Baudin, Montréal, juin 2004.Le Bloc dans le ROC Après tout ce que les libéraux nous ont fait endurer depuis dix ans, que des gens proposent de remettre ça avec eux me sidère.Pour le seul scandale des commandites, ils méritent d'être sanctionnés.Et puisqu'il faut encore élire des députés à Ottawa, nous serions fous de laisser le champ libre à des fédéralistes unitaires qui ne cherchent qu'à diminuer les pouvoirs des provinces.S'il n'en tenait qu'à moi, non seulement le Bloc resterait bien en vie au Québec, mais il prendrait de l'expansion et présenterait des candidats partout dans le ROC (Rest of Canada), afin d'y porter son discours nationaliste et progressiste.L'opération pourrait s'avérer lucrative, en considérant la réforme du financement des partis politiques qui fait qu'un vote aux élections fédérales rapporte de l'argent au parti qui le gagne.On sait que le Bloc s'est gagné récemment des adeptes dans le ROC.Ainsi, 3 % des Colombo-Britanniques se montreraient prêts à voter pour lui aux prochaines élections si cela était faisable.Imaginez.D'une certaine manière, présenter des candidats bloquistes dans le ROC, c'est comme en présenter dans les châteaux forts libéraux du Québec : il n'y a aucune chance d'élection, mais les pro-Bloc peuvent néanmoins s'exprimer et enrichir la cagnotte.Voir un jour en piste quelque 300 candidats du Bloc à la grandeur du Canada, de Queen Charlotte Island à Prince Edward Island, n'est pas chose invraisemblable, à moins qu'un référendum rende le projet caduc.Pour finir, si le Bloc arrive à détenir la balance du pouvoir le 28 juin, jamais le Québec n'aura été aussi fort à Ottawa.Il serait alors bien placé pour demander à ce que la proportionnelle soit introduite aux prochaines élections, ce qui ferait avancer le Sylvio Le Blanc ontréal, juin 2004.La torture banalisée Le cas de Laloue Desperrier-Roux, cette altermondialiste québécoise qui a défrayé la manchette depuis quelques jours, est révélateur de la liberté d'action dont jouissent trop souvent les forces de l'ordre pour réprimer une contestation politique tout à fait légitime.[.] Nous devrions dénoncer le fait qu'un pays qui se dit démocratique (le Mexique) se dote d'une force policière digne d'une des défuntes dictatures d'Amérique latine.Nous devrions aussi décrier l'impossibilité pour nous, citoyens, de se prononcer sur des accords de libre-échange qui nous affectent directement.La jeune Québécoise fait partie de ceux qui refusent que la destinée commune soit décidée sans l'accord des populations.Certains ont soutenu que cette jeune femme se «prenait pour une Mexicaine» et qu'elle se mêlait de choses qui ne la regardent pas.Oui, Mme Desperrier-Roux n'est pas une citoyenne du pays de Vicente Fox.Elle est beaucoup plus que cela.Elle est une citoyenne du monde.Alexandre Shields, Montréal, juin 2004.Ecrivez-nous ! Le Couac publie les courts commentaires de ses lecteurs.Le courrier électronique demeure la meilleure façon de nous joindre (texte@lecouac.org).Sinon, une disquette par courrier postal: Le Couac, CP.222 Suce.D, Montréal (Québec) H3K 3G5.Le Couac c.p.222 suce.D, Montréal, Québec, H3K 3G5 Téléphone : (514)596-1017 Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau Co-Rédacteurs en chef: Bruno Dubuc, David ledoyen, Marco Silvestro Collaborateurs: Normand Baillargeon, Pierre de Bellefeuille, Jacques Bouchard, Claude G.Charron, Andrée Desharnais, Frédéric Dubois, Francis Dupuis-Déri, Clôde de Guise, Sébastien Mengin, Jean-François Mercure, Michelle Loslier, Martin Petit, Michel Rioux, Marco Silvestro, Sniper, Yvon D.Ranger, Valentin Tardi, Simon Tremblay-Pepin, Ramon Vitesse.Illustrations: Kirk Anderson, Simon Banville, Bobidoche, Boris, Charlotte, Dolbec, Luc Giard, Kérozen, Serge Ferrand, Marco Silvestro, Sniper, Richard Suicide, Ramon Vitesse.Graphisme: Charlotte Lambert, France Mercier Nous remercions chaleureusement Charlie Hebdo et Le Rire (France) et Le Journal du Jeudi (Burkina Faso) pour leur collaboration.Abonnement et publicité: lecouac@vif.com (514) 596-I0I7.ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec Erratum Le mois dernier, les lecteurs attentifs auront remarqué en page 8 que l'encadré titré Rions un peu avec Les Cyniques était signé Gilles Pellerin.Les quatre premières citations sont extraites de la discographie des Cyniques et les deux autres de celle de Gilles Pellerin.PLOGUES W ilaffaire Guindonville : un an déjà ! Le 10 juillet prochain, les expropriés de Guindonville vont commémorer le premier triste anniversaire de la démolition de leur maison au mois de juillet 2003 (voir au http://www.guindonville.ca.tc/ pour un rappel des événements).On se souviendra comment la municipalité avait agit avec arrogance et négligence dans ce dossier, mettant à la rue — en pleine crise du logement — sept ménages qui vivaient dans autant de petites maisons à loyer modique.La supposée urgence de construire un stationnement pour un parc montre, un an plus tard, toute sa scandaleuse absurdité alors qu'un cimetière de boue à peine praticable fait en ce moment office de stationnement et que le parc en question ne verra probablement jamais le jour.Vous êtes donc tous conviés samedi le 10 juillet à midi à la petite gare de Val-David pour un grand pique-nique suivi vers 13h d'une marche symbolique pour rappeler les événements de Guindonville et l'importance du logement social.Avec entre autre François Saillant du FRAPRU.Les Québécois Francis Dupuis-Déri (collaborateur de longue date de votre canard préféré) et Julie Châteauvert lançaient dernièrement «Identités mosaïques» (éditions du Boréal), un recueil d'entretiens avec onze Québécois juifs qui réfléchissent à leur identité culturelle.On découvre une identité juive surprenante et très diversifiée au fils des discussions au sujet de la souveraineté du Québec, de l'importance du communisme et du syndicalisme dans l'histoire de la communauté juive de Montréal, de la langue (français, anglais, hébreux, yiddish), d'Israël et des Palestiniens, de Dieu ou de son absence, des hassidiques, du féminisme, etc.Pour mieux comprendre les Juifs, le Québec et les rapports entre les deux.Et pour défaire les préjugés qui perdurent.Ne manquez pas le seul festival environnemental au Québec ! La 2e édition de lÉchofête se déroulera les 30, 31 juillet et 1er août prochain à Trois-Pistoles, dans la merveilleuse région du Bas-Saint-Laurent.Cette année, le seul festival environnemental au Québec présentera une programmation entièrement dévouée à la forêt, à sa compréhension et à sa beauté.Vous pourrez visiter un village amérindien, assister à des conférences données par des spécialistes et même vous offrir une randonnée pédestre accompagnée de guides qui vous feront découvrir la beauté sauvage de la forêt.Le tout bercé par la festive musique de Thomas lensen, du groupe de percussionnistes Zuruba et de bien d'autres encore.Venez donc fêter la forêt à Trois-Pistoles, sur les majestueuses rives du Saint-Laurent.Entrée: 5 $ par jour et 12 $ pour les trois jours.Pour plus d'informations ou pour vous procurer des billets, contactez Marie-Noëlle Clermont au (418) 851-1995.POUR S'ABONNER Par téléphone: (514) 596-1017 Par la poste : Le Couac CP.222 Suce.D, MONTRÉAL (Québec) H3K 3G5 Adressez votre chèque à : Le Couac.• Abonnement d'un an : 30,42$ + taxes = 35,00$ • Abonnement de deux ans: 52,15$ + taxes = 60,00$ • Abonnement institutionnel et de soutien: 52,15$ + taxes = 60,00$ • Abonnement de groupe d'un an (10 copies par parution) : 225,98$ + taxes = 260,00$ • Abonnement d'un an à l'étranger: 43,46$ + taxes = 50,00$ Nom Adresse Code postal Courriel_ Téléphone. NATIONAL Le grand amour Le Couac, juillet 2004, page 3 If ai eu jadis un professeur de grec qui nous enseignait que la grandeur se mesurait des épaules en montant, le reste étant de la longueur.C'était un plaidoyer pro domo, car il faisait tout juste cinq pieds, ainsi qu'on calculait encore à l'époque.Mite (4 , tr- Ise racisme ensuite Si à la richesse s'ajoute l'élément linguistique, on obtient ce résultat qui saute aux yeux quand on regarde la nouvelle carte de l'île de Montréal.Un autre jovialiste, Gérald Tremblay, a beau dire qu'il s'agit là d'un débat du passé, le réel se chargera bien de le rattraper dans un proche avenir.Le ci-devant ministre des Affaires municipales est trop jeune pour avoir reçu les enseignements de mon prof, mais il en suit la même logique.«L'important, pour les villes, ce n'est pas la grosseur mais la grandeur.» Sibyllin, mais jovialiste aussi que ce lean-Marc Fournier.Il faut l'être en effet, et pas à peu près, pour soutenir sans rire que le résultat des référendums sur les défusions ne porte absolument pas la marque du snobisme petit-bourgeois et du racisme linguistique, selon que l'on soit dans l'Ouest de Montréal ou sur la Rive-Sud.Se shootent au vinaigre ceux qui pensent ainsi.Ce garçon siffle assurément la chanson La vie en rose en prenant sa douche.Le snobisme d'abord Il faut avoir entendu à la radio cette dame indignée et qu'on imaginait rouge de colère affirmer qu'elle ne s'était pas installée à Boucherville pour se faire dire ensuite qu'elle est de Longueuil.Veut rien savoir des habitants de cette ville, plus pauvres qu'elle, en effet, pour une bonne majorité d'entre eux.Résultat: les quatre villes les moins riches de l'ancien Longueuil restent ensemble quand les quatre autres, plus riches, ont dit bye bye.Il n'y a rien comme les nouveaux riches et les petits-bourgeois pour lever un nez méprisant sur une plèbe dont ils étaient pourtant il y a peu, comme c'est le cas de plusieurs.Des chiffres parlent en effet d'eux-mêmes.Avant les défusions, la valeur foncière de chaque habitant de 'île était de 68 000 $.Au lendemain des défusions, la valeur de ceux qui restent a chuté à 64 375 $ alors que celle des habitants des nouveaux ghettos dorés connaissait une hausse vertigineuse, atteignant aujourd'hui 120 000$.Une chose me tarabuste par ailleurs.Ce sont là gens à savoir où se trouve le pouvoir.Ils ont appris, contrairement aux francophones, à ne pas gaspiller leurs votes pour assurer leur influence.Dans 'Ouest de l'île, on ne prend pas des vessies pour des lanternes et on n'abandonne pas la proie pour l'ombre.Or, leur choix, dans l'état actuel des choses, les coupe du véritable pouvoir.N'auront à peu près plus un mot à dire dans leurs propres affaires.Comment expliquer cela, qui relève de l'incompréhensible?M'est avis que Charest étant ce qu'il est, un vassal, il ne serait pas surprenant d'apprendre que le ghetto retrouvera sous peu tout ce qu'il lui faut en termes de pouvoirs.Ces résultats sont par ailleurs porteurs d'une bonne nouvelle.Deux villes à forte concentration d'allophones, Anjou et Saint-Laurent, ont choisi de poursuivre l'aventure commune avec la majorité francophone, ce qui est de bon augure pour l'avenir.Parlant d'avenir, puisque ces partitionnistes de toujours ont choisi de lever le nez sur ce que représente Montréal, il faudra penser à reprendre le combat pour faire de ce qu'il reste de Montréal une ville véritablement française.Le temps des accommodements et des risettes pour se faire aimer étant révolu, c'est le respect qu'il faut désormais rechercher.Ce qu'a compris Greta Chambers quand elle a dit à ses concitoyens de Westmount: «Vous pouvez divorcer, c'est vrai.Mais vous ne pouvez pas déménager.» L'envers et l'endroit du décor Voici un exemple de discours typique du « très honorable » Paul Martin : « Dans notre parti politique, nous accomplissons ce que nous promettons.Seuls les imbéciles peuvent croire que nous ne lutterons pas contre la corruption, parce qu'il y a quelque chose de certain pour nous-.l'honnêteté et la transparence sont fondamentales pour atteindre nos idéaux.Nous démontrerons que c'est une grande stupidité de croire que les mafias continueront à faire partie du gouvernement comme par le passé.Nous assurons, sans l'ombre d'un doute, que la justice sociale sera le but principal de notre mandat.Malgré cela, il y a encore des gens stupides qui s'imaginent que l'on puisse continuer à gouverner avec les ruses de la vieille politique.Quand nous assumerons le pouvoir, nous ferons tout pour que soit mis fin aux situations privilégiées et au trafic d'influences.Nous ne permettrons d'aucune façon que nos enfants meurent de faim.Nous accomplirons nos desseins même si les réserves économiques se vident complètement.Nous exercerons le pouvoir jusqu'à ce que vous aurez compris qu'à partir de maintenant nous sommes le parti libéral fédéral, la nouvelle politique.-» * * * Maintenant, relisez le texte à l'envers, en commençant par la dernière phrase et en remontant ligne par ligne.Vous découvrirez le véritable agenda libéral.MICHEL RIOUX ?i Panne à la l S Royal Bank i ?Pour éviter de nouveaux problèmes, ?jjjj le système informatique est licencié jjjj ?et sera remplacé par une armée de o jjj travailleurs chinois.Ce sera plus effi- ° ?cace et moins cher.?a ?an le nouveau film de 3 millions Foglia bientôt au Couac?Dans sa chronique du 17 juin dernier, Pierre Foglia écorche gentiment Omar Aktouf, professeur de management aux HEC et candidat NPD dans Outremont, en appelant de ses vœux un véritable journal de gauche au Québec où il se verrait chroniquer en compagnie d'Amir Khadir au poste de directeur de l'info, Françoise David aux affaires sociales et Omar Aktouf à la section vacances-voyages.(ironisant sur les nombreuses conférences que donne Aktouf à l'étranger).Il me semble que monsieur Foglia est plutôt mal placé pour faire ce genre de reproches, lui qui nous gratifie de ses écrits en provenance du bout du monde au moindre petit conflit et à chaque Tour de France.Mais son article a au moins un grand mérite: nous rappeler en toute lettre qu'il travaille pour un journal «qui tient une ligne éditoriale assez loin de [ses] convictions», au Couac, nous n'avons peut-être pas les moyens de vous payer le pont d'or que le Journal de Mourial vous a jadis offert et que vous avez si joliment refusé, mais on vous signale tout de même qu'on fait pas mal «à gauche».Et qu'on attend encore un chroniqueur de renom pour ouvrir une section vacances-voyages.SUPPORTEZ LA PRESSE INDEPENDANTE ! ABONNEZ-VOUS! La presse indépendante est sur les dents! Elle a décidé de s'unir pour mieux résister à l'hégémonie de la presse commerciale.N'attendez pas que les poules aient des dents et abonnez-vous à un second, voire à un troisième journal indépendant! Ils ont tous une dent contre la bêtise et se complètent si bien.Le Mouton NOIR est un journal d'opinion et d'information, plus mordant que le loup.?Individus: 20 $ ou soutien t ?Organismes sans but lucratif: 25 $ ou soutien $ LéMoiton noir ?Entreprises/institutions: 40 $ ou soutien S ?Abonnement cadeau: 40 $ ou soutien $ Groupe d'âge: ?19 à 25 ans ?26 à 35 ans ?36 à 49 ans ?50 à 64 ans ?65 ans et + Nom Adresse Faites votre chèque à l'ordre des Éditions du Berger Blanc Code postât Téléphone CP.113 Rimouski (Québec! Courriel G5L7B7 Le Québec profond se morfond Tous les gouvernements se targuent de mettre en oeuvre la régionalisation.Il s'agit de décentraliser le pouvoir et de donner aux régions les moyens de favoriser leur développement.C'est facile à dire, mais en pratique, ça va cahin-caha et c'est toujours à recommencer.Voilà pour un premier malentendu.La régionalisation est difficile parce qu'elle porte atteinte à la toute-puissance des États et qu'elle provoque dans les régions des luttes pour le pouvoir.Même le général de Gaulle, l'un des plus respectés chefs d'État de l'après-guerre, l'a appris à ses dépens lorsque l'échec de son référendum sur la régionalisation l'a poussé à démissionner, en 1969, dans la foulée de la crise de mai 1968.Un autre malentendu brouille la question.C'est la croyance très répandue selon laquelle le développement d'une société est avant tout un phénomène économique.Bien sûr, l'économie, c'est important.Nos gagne-pain en font partie.Mais on observe que les facteurs culturels (la pensée plus que le monde du spectacle), sociaux (l'éducation, la santé, la répartition de la richesse) et environnementaux sont les plus déterminants dans l'évolution d'une société.L'économie suit, ou sinon elle devient facteur de déséquilibre, sinon de désordre.Par conséquent, il ne suffit pas d'attirer quelques entreprises pour assurer le développement.Chaque région doit se prendre en main et mobiliser toutes ses créativités.Au Québec, le pouvoir est concentré dans les deux rivales inégales, la capitale et la métropole.Au fil des ans, des mesures partielles de décentralisation ont été adoptées, notamment la création des municipalités régionales de comté (MRC).On a subventionné modestement les conseils régionaux de développement et les conseils sectoriels: culture, environnement, tourisme.On a confié aux municipalités de nouveaux pouvoirs dans la protection du pat rimoine, sans succès mirobolants.Mais poussé par on ne sait trop quel vent contraire, le Charest a aboli les conseils régionaux de développement.Ce geste a semé le désarroi et repose sur une base théorique discutable.gouvernement Charest a décidé, il y a quelques mois, d'abolir les conseils régionaux de développement et de les remplacer par une structure jusqu'alors inconnue, les conférences régionales des élus (CRÉ).Ce geste a semé le désarroi.Il repose sur une base théorique discutable.Les élus (députés et maires) en ont déjà plein les bras.Les conseils régionaux de développement avaient le grand mérite d'élargir leurs horizons en introduisant dans leurs discussions les représentants d'organismes communautaires et les bénévoles.Ces nouveaux CRÉs ne se sont pas révélés très efficaces.On a même connu des cas où des réunions ont été annulées parce qu'il n'y avait rien à l'ordre du jour.Outre la protection du patrimoine, il y a d'autres domaines où le gouvernement a voulu confier des responsabilités aux municipalités: l'épuration des eaux, le transport en commun, la police et les mesures d'urgence.Mais les municipalités se méfient.Comme le gouvernement ne délie que parcimonieusement les cordons de la bourse, les maires ne voient dans ces tentatives que du « pelletage ».Les moyens d'un gouvernement provincial, même fédéraliste, sont limités.Dans un autre domaine, on a pu constater il y a quelques jours le peu de poids des régions en comparaison de celui de Québec et Montréal.Sur les neuf personnes choisies par le gouvernement Charest pour faire partie du comité qui étudiera l'avenir de Télé-Québec, une seule est «régionale», venant de Sept-îles.Les huit autres, n'en doutons pas, sont des génies de Québec et Montréal.On imagine facilement que chacun tentera de vendre sa salade, dans des conditions peu propices à une réflexion en profondeur sur la mission de Téié-Québec, qui comporte assurément le soutien à la cohésion sociale de tout le Québec.Mais mon impression n'est pas un jugement.Attendons donc le rapport du comité.PIERRE DE BELLEFEUILLE NATIONAL Le Couac, juillet 2004, page 4 Le servile André Pratte à la rescousse d'un PLC déculotté Durant moult décennies, nos curés nous avaient enseigné la soumission à César.Le Vatican y avait trouvé son compte.La forte fertilité des Canadiennes-françaises et des Irlando-américaines pouvait lui faire espérer une importante percée dans une Amérique anglophone par trop protestante.Mais, après les douloureux événements de 1837-38, le frileux rabattement de nos ancêtres autour du clocher n'a pas eu que des désavantages.Il a permis notre survivance et produit l'actuelle singulière originalité des los tabarnakos.Autre étrange phénomène de notre histoire: quand la Révolution tranquille a brisé le carcan idéologique des curés, un certain Paul Desmarais s'est senti comme une mission de prendre le relais.Ce Franco-ontarien, alors propriétaire d'une flotte d'autobus, a donc voulu acheter toutes les entreprises de presse qui lui tombaient sous la main et, cela, pour une raison précise: contrer le mouvement nationaliste qui émergeait au Québec et qui l'horripilait.Il avait d'ailleurs admis qu'aucun «séparatiste» ne deviendrait éditorialiste dans ses journaux.Maintenant à la barre du groupe Gesca, André Desmarais a la phobie du paternel.Devant un PLC de plus en plus déculotté, il prend les grands moyens pour sauver «le plusse meilleur pays du monde»: retour d'Alain Dubuc comme scri-bouilleur, recherche effrénée par notre Lysiane nationale de tout relent d'antisémitisme dans la bourgade, reprise de la coutume des longs éditoriaux lénifiants à la manière d'Alain Dubuc.Dernier en date « Préserver la démocratie canadienne» est signé par son successeur André Pratte.Afin de démontrer la tartufferie qui se dégage de cet éditorial étalé sur cinq jours ( La Presse, 1-5 mai), nous y relevons les aberrations les plus évidentes.Tartuferie à contrario du premier intertitre : Lexigence éthique.Pratte semble d'ailleurs y craindre la raillerie des «vétérans de la jungle politique (qui) n'ont que faire de l'angélisme d'un éditorialiste».L'auteur du Syndrome de Pinocchio n'entend pourtant pas à rire: «Une politique éthique est fondée sur la franchise, au contraire, la politique moderne carbure à la tromperie.» Pour démontrer une objectivité sans faille, il dénonce Pauline Marois: «Quand elle a présenté son budget préélectoral l'an dernier, elle et ses collègues savaient fort bien que les chiffres ne tenaient pas».Pratte s'en prend également à.Paul Martin, chose surprenante à première vue: «Il a beau faire l'apôtre du renouveau, le comportement de ses acolytes au cours des dernières années prouve que pour lui comme pour bien d'autres politiciens, la quête du pouvoir justifie tout.Peu leur astucieux slogan, Pratte déclare que les députés bloquistes se sont salis les mains par leurs incessantes interventions durant le «cirque» de la période de questions aux Communes.La présomption d'innocence, déplore-t-il, n'existe pas en politique.Le penchant au lynchage du Bloc a «fait un tort considérable à la légitimité politique au Canada.» Et l'éditorialiste de trouver à la fois inutile et nuisible.Inutile parce qu'à la mauvaise place: « Le régionalisme a bien sûr sa place au Canada; c'est même un des fondements de ce pays.Mais il doit s'exprimer d'abord par les instances provinciales».Nuisible parce qu'il transforme ses électeurs en gérants d'estrades : «Voter Bloc, c'est sortir du système fédéral pour se contenter de le critiquer de l'extérieur».importe qu'au passage, on multiple les coups bas contre «un premier ministre légitimement élu».Pratte écrit-il vraiment cela par souci éthique ou parce que les Desmarais sont très près des Chrétien ?Le second texte, La fin du lynchage, semble donner raison à qui choisit cette dernière réponse, car tous les lynchés de Pratte ont eu des rapports étroits avec l'ancien premier ministre ou ont bénéficié des commandites: un ex-ministre qui, de retour du Danemark, ne savait plus ce qui s'était passé dans son ministère, un dénommé Boulay du groupe Everest, Michel Vennat et Jean Carie trouvés coupables d'atteinte à la réputation de François Beaudoin suite au grenouillage autour d'une certaine auberge.Et le grand responsable de tous ces lynchages?Le vilain Bloc.Avant même que son chef et ses conseillers ne dévoilent trop de journalistes qui, par manque de modération, ont été les complices d'un «parti d'opposition peu scrupuleux».Comme Pierre Foglia?Le 10 avril, il hurlait contre des gens, comme son patron qui refusent de voir le scandale des commandites comme une vaste escroquerie politique.Nous ne nous attarderons pas plus qu'il ne faut sur le troisième texte, Pour un Parlement à la hauteur.Par un cours magistral de science politique, Pratte tente ici de refaire aux lecteurs de La Presse le coup des commandites en donnant une visibilité excessive aux institutions qu'il considère comme «nationales» tout en faisant peu de cas des entités provinciales.Pas surprenant qu'il frémisse à la pensée qu'un jour les sénateurs puissent être élus.On ne peut par contre passer outre le quatrième texte, Des partis nationaux.Le Bloc Québécois y est jugé comme un parti Petit fantasme de bedéiste - Banvite Quel mépris de ses lecteurs de la part d'un éditorialiste qui sait très bien que la majorité d'entre eux sont souverainistes et que, cohérents avec eux-mêmes, ils s'apprêtent à voter Bloc le 28 juin.Si la conjoncture faisait qu'une majorité de souverainistes accepte les arguments voulant «qu'il faut voter du bon bord pour avoir un député qui participe aux décisions», Pratte s'empresserait de chanter en chœur avec tous les autres mercenaires de la plume que le séparatisme est «définitivement mort»; Dire qu'à The Gazette, sur des questions aussi fondamentales que l'identité, éditorialistes et chroniqueurs ont a peu près la même opinion que leurs lecteurs ! Exception à la règle: losée Legault.Au secours grand'mère ! On n'est point sorti de l'auberge ! CLAUDE G.CHARRON Infiltration protégée Dernièrement, les Raëliens se sont payé une belle-demi page de pub dans un quotidien qui se dit «indépendant».Cela pour nous inviter à faire comme les journalistes et à venir « les infiltrer» lors d'une journée de «stages».«Les Raëliens et Raëliennes du monde entier adorent être infiltrés».Apportez vos condoms.Elections fédérales Il est illégal, en vertu de la loi canadienne, de manger son bulletin de vote.Ça pose problème, car c'est la seule façon de pouvoir le chier.Rapprochement Un rapport du très conservateur Fraser Institute recommandait récemment la décriminalisation de la marijuana.L'équation est simple et empreinte de la plus pure rationalité économique: puisque 25% des canadiens avouent tirer une poffe lorsque l'occasion s'en présente, les bénéfices que pourrait en tirer le gouvernement en taxant la vente légale du produit seraient largement supérieurs aux coûts sociaux de son utilisation.Fraser Institute - Bloc Pot : même combat ?Université Wal-Mart ?Un professeur d'université enseigne, fait de la recherche, a accès à des programmes publics de subvention et participe à l'administration de l'université.Ne voilà-t-il pas que l'université d'Ottawa («l'Université Canadienne») cherche a créer un nouveau type de professeur: les «enseignants associés».Il s'agit de régulariser la situation de certains chargés de cours qui ne pourront exercer que la tâche qui est actuellement la moins valorisée dans la carrière universitaire, l'enseignement, tout en ayant l'impression de profiter du prestige universitaire.C'est ce qui arrive quand les institutions publiques s'inspirent des principes de la grande entreprise.Patapouf dans sa baloune X * près 14 mois de règne chao-/\t ique.Patapouf Ie' reste de marbre : «Tout va bien au Québec, je suis heureux» affirmait-il placidement il y a deux semaines.Et pourtant: seul le quart des Québécois estime que son règne est satisfaisant.Un record pour si peu de temps au pouvoir.Depuis avril 2003, on l'a vu imposer le bâillon pour modifier le Code du travail envers et contre tous.En juin, plusieurs projets de loi ont été déposés à la toute fin de la session parlementaire; ils ne seront donc pas adoptés avant l'automne.John-Jean n'a pas voulu imposer une fois de plus le bâillon.Après avoir relégué la réforme du mode de scrutin aux oubliettes et après le flop JÙ ridicule des consultations publiques, ça ™ l'aurait foutu mal.Parmi ces projets déposés en catimini, on compte celui sur les Partenariats public-privé (Patapouferies pro-pognon, PPP).Le fameux projet de réingéniaiserie de l'État se confirme comme pirouette verbale, buzz word sans contenu.«Réinventer le Québec» et dépasser la Révolution tranquille ne signifiait, finalement, que changer les meubles de place, faire du bruit, donner l'impression de travailler — et balayer la poussière sous les tapis.Ça ne va pas mieux du côté des troupes.Depuis un an, deux des piliers du PLQ, les députés Sirros et Paradis, ont tiré leur révérence, visiblement déçus.De même en est-il de l'arriviste Bellemarre (ex-sinistre de la Justice) qui n'avait pas compris le mot « collectif» dans l'expression « représentation des intérêts collectifs».Le screw-en-chef Jacques Chagnon — inconnu pour sa délicatesse — a été complètement désavoué par les Premières nations qui n'ont plus confiance en lui.Mulcair, le bourreau de l'environnement, délire complètement et n'a aucune crédibilité auprès des écologistes, des scientifiques et de la population en général.En éducation, Pierre Raid « l'étudianticide à senteur de citron», plutôt que de respecter les promesses de son parti, a modifié le régime des PRÊTS et bourses pour s'assurer que les pauvres restent pauvres.Il essaie aussi de rouvrir les dossiers des frais de scolarité et de la pertinence des cégeps sous couvert de commission parlementaire.«La démocratie, c'est cause toujours», dit le dicton.«De toutes façons, notre idée est déjà faite », rajoute le cabinet patapoufien.Le ministre des Phynances Séguin prend des positions aux allures péquistes et reconnaît le déséquilibre fiscal, à rencontre de la ligne de pensée libérale.Et en plus, Patapouf a trahi les défusionnistes.Bientôt, ce ne seront plus les anars et les pauvres qui iront jeter des tomates dans ses fenêtres, mais bien ses voisins west-mountais lorsqu'ils auront vécu le piège de la loi sur le «démembrement».Le gouvernement Charest est en déroute.Tout le monde s'accorde pour dire que le cabinet — et particulièrement son chef — communique mal ses intentions.Le gouvernement avance et recule selon le vent de l'opinion publique.Cependant « tout va bien » répète Patapouf.Bien sûr; il faut jamais contrarier quelqu'un qui délire.Le seul qui bénéficie vraiment de la baisse de popularité de Jean Charest, c'est François Parenteau des Zapartistes, dont l'imitation du premier sinistre récolte de plus en plus d'applaudissements.Bonnes vacances dans ta baloune, Patapouf! MARCO SILVESTRO INTERNATIONAL Jean Dominique, conscience dn peuple Haïtien «Oh ne peut tuer la vérité.On ne peut tuer ce pourquoi nous nous battons» lean Dominique Le film «The Agronomist », de l'Américain Jonathan Demme, fait un vibrant portrait de lean Dominique, pionnier du journalisme en Haïti et assassiné en avril 2000 à Port-au-Prince.Même s'il est moins connu à l'extérieur d'Haïti que lean-Bertrand Aristide, Jean Dominique est une figure toute aussi marquante, sinon plus, pour les Haïtiens.Tourné sur une période de 15 ans, le film trace finalement trois portraits: celui de cet homme exceptionnel, celui de son épouse et collègue Michèle Montas, et celui du peuple Haïtien.Le cinéaste à succès, «oscarisé» pour des réalisations léchées comme le Silence des Agneaux, est également un documentariste admirateur du peuple haïtien.Et un citoyen étatsunien très critique sur la manière dont son pays a constamment conspiré pour forcer Haïti à aller dans le sens de ses intérêts.Demme avait en effet réalisé une vingtaine d'entretiens avec Jean Dominique et sa femme en 1993 et 1994.À travers un montage souvent inventif, le réalisateur intègre à ces entrevues des témoignages de la famille de Jean Dominique ainsi que différentes images d'archives pour relater plusieurs décennies de l'histoire tumultueuse de ce pays.Jean Dominique, après avoir fait des études en agronomie en France, parcours les campagnes d'Haïti où il côtoie la paysannerie créole.C'est ce peuple qu'il voudra informer.Comment?En s'im-provisant journaliste à Radio Haiti Mer où il devient rapidement, avec son franc-parler et son charisme, l'éditorialiste le plus populaire du pays.Dans cette station de radio dont il prend la direction en 1968, il dit avoir introduit deux choses : le créole et.l'information.Petite révolution en soi, à une époque où l'élite francophone du pays contrôle l'information.Pour la première fois de son histoire, l'ensemble du peuple haïtien avait maintenant accès à de l'information dans sa langue ainsi qu'à des encouragements à participer aux divers mouvements politiques de son pays.En parlant ainsi quotidiennement de questions politiques, Dominique ne fut pas long à s'attirer les foudres de l'establishment.Une fois de plus.Car déjà au début des années soixante, animé par une passion pour le cinéma qu'il avait découvert lors de son séjour en France, il organisait des projections de films d'auteurs à Port-au-Prince.Il y présenta entre autre Nuit et Brouillard, un film-d'Alain Resnais sur les camps de concentration nazis, convaincu que la force évocatrice de tels films pouvait initier des changements concrets dans la société.Des initiatives du genre constituaient pour les autorités en place des actes hautement subversifs qui ne pouvaient rester impunis, lean Dominique fut ainsi emprisonné durant six mois, et goûta plus souvent qu'à son tour aux coups, injures et intimidations d'usage.Mais il faut voir la sévérité naturelle du visage de ce conteur s'illuminer à tout moment de sourires contagieux, pour comprendre quelle force intérieure animait le personnage.Car dénoncer les jeux politiques sournois qui se trament autant dans le camp haïtien que dans celui de la tristement célèbre CIA qui orchestre tous les mauvais coups que subit son pays, voilà une « risky business» comme il le dit si bien avec son large sourire.Sous le règne de Jimmy Carter et de sa promotion des droits de l'homme, cela passait encore.Mais la lune de miel allait se terminer abruptement en 1980 avec l'élection de Ronald Reagan que Jean Dominique appelle affectueusement «le cowboy ».Reagan au pouvoir, Jean-Claude «Bébé Doc» Duvalier avait maintenant le champ libre pour attaquer de front les locaux de Radio Haïti.Ce qu'il fit, forçant Jean Dominique à un premier exil de six ans.En 1986, après que les américains eurent aidé Bébé Doc à s'enfuir de son pays, Dominique rentre au pays.À son arrivée, il est porté en triomphe à l'aéroport par 60 000 personnes euphoriques réunies pour l'accueillir.Ces images, certainement les plus fortes du film, incarnent à elles seules le désir de changement qu'a pu insuffler Dominique à son peuple.La radio ré-émet à partir de 1987, mais elle est de nouveau attaquée lors du coup d'État de 1991.Deuxième exil et retour en 1994.Et, encore une fois, réouverture de Radio Haïti jusqu'à ce matin du 3 avril 2000 où Jean Dominique sera lâchement assassiné devant l'immeuble de sa radio.Il avait 69 ans, dont les 40 dernières consacrées à sortir son peuple de la servitude.En décembre 2002, Michèle Montas est à son tour la cible d'une tentative d'assassinat qui se soldera par la mort d'un de ses gardes du corps et elle devra, une fois de plus, s'exiler aux États-Unis.Le film de Demme n'explore pas l'enquête fertile en rebondissements qui entoure la mort de Jean Dominique, le meurtrier n'étant toujours pas arrêté malgré quatre années d'investigation, et les soupçons d'une conspiration d'État se confirmant au fur à mesure que les recherches avancent.On peut le regretter, mais on comprend aussi pourquoi.La vie de lean Dominique est une telle source d'inspiration pour quiconque se bat pour la justice et la liberté que la meilleure réplique à ce geste ignoble était peut-être de le faire revivre avec ce film, pour tout ceux qui ne l'avaient pas connu.Notre monde en général, et encore plus Haïti ces dernières années, a plus que jamais besoin d'entendre cette voix.BRUNO DUBUC À l'affiche au cinéma Ex-Centris à Montréal jusqu'au 8 juillet.Pour des repères chronologiques sur l'histoire d'Haïti et sur la conspiration d'État ayant mené à l'assassinat de Jean Dominique: www.filmdeculte.com/film/film.php?id=818 Pour la bande-annonce du film www.apple.com/trailers/inde-pendent/the_agronomist.html 1ER Le Couac, juillet 2004, page 5 Alan Dershowitz la torture au service du terrorisme Dès que l'État ou quelque autre institution dominante se trouve en mal de légitimité, il se trouve toujours un idiot instruit pour venir à la rescousse.Ce coup-ci, c'est le gouvernement américain qui doit se défendre contre des accusations de torture et autres brèches à la Convention de Genève.L'idiot de service s'appelle Alan Dershowitz et, depuis deux ans, il multiplie écrits et entrevues sur le sujet.Dernière en date, avec Christian Rioux, en juin, dans l'Actualité— la revue pour emballer vos poissons.Prof de droit à Harvard, Dershowitz pense que la torture peut être pratiquée mais doit être réglementée, ceci sur le modèle de ce qui se passe en Israël, qui, comme chacun sait, est un modèle de vertu.Il ne s'agirait pas de permettre le meurtre: seulement d'enfoncer des aiguilles stérilisées sous les ongles des terroristes pour les faire parler.Le prof avance trois arguments : la torture se pratique et se pratiquera de toute façon; il vaut mieux qu'un seul souffre un peu si ça peut éviter d'énormes souffrances à plusieurs ; il vaut mieux que l'on torture dans un cadre légal.Conclusion : émettons des permis de torturer.Les trois arguments sont foireux et serviraient à justifier le viol, la pédophilie, ou n'importe quoi.Peut-être parce qu'il en est bien conscient, Monsieur D.invoque ensuite le cas imaginaire d'un terroriste entre nos mains qui sait qu'une bombe va exploser: on le torturerait bien pour apprendre où elle est, non?L'ennui, c'est qu'on ne fait pas des lois pour des cas imaginaires auxquels la réalité ne se conforme d'ailleurs jamais tout à fait.La torture est illégale parce qu'elle est un crime contre la dignité humaine.Les lois internationales ne définissent pas pour rien le bourreau comme hostis humani generis, i.e.ennemi du genre humain.Renoncer à l'illégalité de la torture, c'est s'engager sur la pente glissante qui conduit peu à peu à vouloir torturer n'importe qui soupçonné de s'opposer à l'État tout en distribuant des certificats d'impunité aux bourreaux.Dershowitz ne s'arrête pas là.Il souhaite aussi que l'État procède à des assassinats sélectifs de terroristes.Ici encore, Israel est son modèle.Ici encore, la pente glissante est terrifiante.Monsieur D.devrait d'ailleurs le savoir, puisqu'il l'a parcourue jusqu'au bout.C'est ainsi qu'en mars 2002 il signait un article dans le ]erusalem Post approuvant la destruction punitive de villages palestiniens entiers en représailles à des actes violents posés par des individus ou des groupes palestiniens.Rien d'étonnant à cela puisque tel est l'aboutissement logiquement inévitable d'une position qui veut combattre le terrorisme par le terrorisme.Le seul mérite de ces tortueux arguments aura été de nous le rappeler.Merci l'Actualité.NORMAND BAILLARGEON Ça coule de source Relativement à la victoire du documentaire Fahrenheit 9/11 de Michael Moore au festival de Cannes, la Maison-Blanche a déclaré que «les États-Unis respectaient la liberté d'opinion ».Quelques jours plus tard, dans son édition du 26 mai 2004, le prestigieux New York Times publiait un long éditorial dans lequel la direction avouait son manque de rigueur dans le traitement de l'information avant la guerre en Irak.Le lendemain, le moins prestigieux quotidien montréalais Métro précisait que « Les articles alarmistes sur l'Irak se basaient sur des sources dont la crédibilité a ensuite été mise en doute.» On attend toujours le commentaire de la Maison-Blanche quant à ces sources d'information sur la préparation de la guerre.De notre servitude (informatique) involontaire On ne change pas le monde simplement en mangeant «bio» ou en achetant du café équitable.Pourtant, l'impact de nos actions sur l'état du monde s'évalue en prenant en compte ces choix «quotidiens» parce qu'il est alors question, concrètement, de l'incidence de nos actions individuelles sur la vie d'autres personnes.Dans le même sens, utiliser des logiciels libres n'est pas en soi un acte qui pourrait, seul, «changer le monde».La Free Software Foundation' appelle logiciels libres ceux qui répondent aux quatre critères suivants: • liberté d'exécuter le programme, pour tous les usages ; • liberté d'étudier le fonctionnement du programme, et de l'adapter à nos besoins.Pour ceci l'accès au code source est une condition requise; • liberté de redistribuer des copies, donc d'aider votre voisin ; • liberté d'améliorer le programme et de publier vos améliorations, pour en faire profiter toute la communauté.Pour ceci l'accès au code source est également une condition requise.Si nous sommes d'accord pour résister au capitalisme, à l'autoritarisme, et autres «ismes» dont la caractéristique est de réduire la liberté des individus, il faut inclure dans notre réflexion sur nos pratiques quotidiennes et/ou militantes l'utilisation de logiciels libres: Microsoft est à l'informatique ce que Monsanto est à l'agriculture, et il existe des alternatives à cet état de fait.Utiliser des logiciels «propriétaires» (Microsoft, Apple, etc.) lorsqu'on milite dans un groupe d'information écologiste, lorsqu'on publie des informations en ligne sur les actions militantes locales, lorsqu'on imprime des tracts en solidarité avec les peuples opprimés, etc.soulève la même contradiction que, par analogie, l'utilisation systématique d'un 4x4 pour se rendre aux manifestations écologistes.Une autre analogie: cela nous viendrait-il à l'idée de tenir nos réunions dans un Me Donald pour préparer le prochain numéro de notre revue, par exemple?Faire un choix raisonné L'utilisation de l'informatique a souvent pris tant de place dans nos organisations, et depuis si longtemps, que quitter un système (propriétaire) pour un autre (libre) est souvent vu comme une chose effrayante, complexe et coûteuse en terme de travail/temps (compatibilité des fichiers archivés, compatibilité avec les systèmes des autres groupes, etc.).Les inquiétudes qui inspirent une telle réticence sont parfois justifiées.En effet, utiliser des logiciels libres n'est pas un but en soi, mais uniquement un moyen de mieux servir nos actions, nos volontés, notre imagination.Il s'agit donc de bien mesurer l'effort à fournir ainsi que le coût en adaptation et en apprentissage qui seront nécessaires pour «passer au libre».Car il n'est pas question de purisme ou de vertu à tout prix.Au contraire, nos objectifs doivent être pragmatiques et cohérents.)e propose donc la création d'un groupe d'initiation et d'information au sujet des logiciels libres.Il pourrait fournir de l'information, des séances d'initiation et du soutien technique auprès des groupes militants, afin de leur donner la possibilité d'opérer un choix en connaissance des causes et de leurs conséquences.Il pourrait également intervenir directement auprès des groupes demandeurs et fournir un soutien technique pour aider ces derniers dans la transition entre les logiciels propriétaires et les logiciels libres.Une page d'information complémentaire à cet article est disponible à l'adresse: http ://sebastien.flibuste.net/libre/index.h tml.Toute personne qui souhaite s'impliquer dans cette démarche et y contribuer ou qui souhaite recueillir de l'information, de l'aide, etc., est invitée à s'y exprimer.Dernier détail: copiez cet article comme bon vous semble! modifiez-le! améliorez-le!.SÉBASTIEN MENGIN copyleft mai 2004 Le titre de cet article est emprunté à un livre d'Alain Accardo, paru chez Agone et diffusé par Lux au Québec.1 Free Software Foundation : http://www.fsf.org/home.fr.html.Une page de présentation est disponible en français.Pour une information détaillée sur le copyleft: http://wwwgnu.org/copyleft/fdl.html.4 BLOC-NOTES Le Couac, juillet 2004, page 6 Le monstre du Loch Ness se réveille au Québec En 2002, l'Assemblée nationale adoptait à l'unanimité la Politique nationale de l'eau.Avant même qu'elle ne soit mise en vigueur, le gouvernement Charest est en train de la saper en réhabilitant, entre autres, les projets de petites centrales électriques privés.La Politique nationale de l'eau établissait que l'eau est un bien commun et redonnait aux citoyens, rassemblés au sein de 33 organismes de bassin versant, la responsabilité de protéger la ressource.En cas de conflit d'usage, pour les eaux de surface comme pour les eaux souterraines, les besoins fondamentaux des citoyens auraient la primauté.Nous sommes loin du compte.Rivières sous pression Novembre 2002, le gouvernement Landry met fin aux projets de petites centrales privées sur des sites publics.La société civile criait Victoire! Plus de 70 artistes du Québec ont soutenu les citoyens en devenant parrains et marraines de nos rivières.Ce sont 33 projets de petites centrales qui tombaient à l'eau, échappant ainsi aux ambitions des promoteurs privés.La rivière Trois-Pistoles, encore en litige aujourd'hui, faisait partie du deal.Seulement trois projets ont eu l'aval du gouvernement Landry.Ils se trouvaient sur des rivières déjà harnachées par des barrages — Magpie sur la Côte-Nord, Matawin dans Lanaudière et Des Quinze en Abitibi-Témiscamingue.Peu de temps après, son arrivée au pouvoir, le gouvernement Charest rouvre le dossier des petites centrales.Ce qui est vertement dénoncé par la Fondation Rivières, notamment dans une lettre adressée au PAR CLODE DE GUISE premier ministre par son cofondateur et vice-président actuel, le comédien Roy Dupuis.Il s'élève contre le fait que les rivières soient cédées à la pièce.Alain Saladzius, codirecteur de la Fondation, explique que dans le bilan énergétique du Québec ces projets de petits barrages sont minimes « une goutte d'eau dans l'océan ».Les seuls a en retirer un réel profit sont les promoteurs privés puisque Hydro-Québec s'est engagée à racheter l'électricité produite pendant 25 ans.Quant à la création d'emplois dans une perspective de développement économique régional, c'est de la poudre aux yeux.Environ une cinquantaine d'ouvriers sont requis pour la construction du barrage pendant un an et, une fois celui-ci en place, c'est un emploi permanent créé pour la surveillance du niveau d'eau.De plus, comme le souligne Roy Dupuis : «Toutes les tractations et projets (entre promoteurs et corps publics) sont secrets car les documents ne sont pas accessibles.» Onze rivières sont actuellement en péril : Métabetchouane au Saguenay-Lac St-Iean; Batiscan en Mauricie; Du lièvre en Outaouais; Sault aux cochons, Aux Rochers, Au Tonnerre sur la Côte-Nord; Trois-Pistoles et Verte dans le Bas Saint-Laurent.La Fondation Rivières cherche également à sauver les rivières Magpie, Des Quinze et Matawin même si des barrages (généralement vétustés) existent déjà sur celles-ci.Un patrimoine collectif Ces rivières font partie de notre patrimoine collectif.« De nombreux sites sont d'une beauté exceptionnelle et nous cherchons à mettre en valeur leur potentiel récréotouristique en créant des haltes-routières, des sentiers pédestres les lon-geant ou encore en favorisant des activités de descente de rivières », précise Alain Saladzius.La Fondation Rivières, avec le regroupement les Amis de la Trois-Pistoles, va recourir aux tribunaux pour contester le projet de barrage sur la rivière Trois-Pistoles.Le projet vient d'être soumis à un vote référendaire organisé par le promoteur lui-même, la MRC des Basques.Le référendum s'est soldé par 59 % pour et 41 % contre, avec un taux de participation de 36 % de la population.L'auteur et éditeur Victor-Lévy Beaulieu est personnellement monté aux barricades pour soutenir les opposants au projet et dénoncer la faille démocratique dans le processus référendaire.La Fondation poursuit sa mission de sensibilisation pour la protection des rivières et organisera au mois d'août des descentes de rivières en rafting.Cet automne, conjointement avec la revue Géo Plein air, elle lancera un Guide des rivières et des chutes méconnues au Québec.Pour en savoir plus: www.fondation-rivieres org Ministre en « vrac » et contre tous Le ministre de l'Environnement du Québec, Thomas Mulcair, cherche à se rendre intéressant en rebrassant une vieille idée, celle de vendre notre eau en vrac.Les conséquences seraient énormes.Certains prétendent que Mulcair se plaît à lancer des ballons politiques pour sonder la population.Cela serait dû, semble-t-il, au sang irlandais qui coule dans ses veines et qui en fait un batailleur né.Actuellement, un batailleur frustré.Faut-il qu'il s'ennuie dans un ministère aux goussets vides pour attirer l'attention en mettant la population en émoi?Au printemps, il faisait la une des journaux avec son idée de mise en place de compteurs d'eau et, récemment, c'était avec un projet farfelu de vente d'eau en vrac.Ce qu'il faut retenir dans ce dossier litigieux: 1.Le Québec n'a pas procédé à l'inventaire exhaustif de la capacité des nappes d'eau souterraines.On ne connaît pas leur taux de recharge, leur étendue ni même leur profondeur.2.On n'a pas mis en place un système de redevance sur le captage des eaux souterraines.Le Québec se fait siphonner gratuitement! 3.On n'a pas dressé les besoins des différents utilisateurs d'eau par région.Premier arrivé, premier servi, telle est la coutume actuellement.4.Que ce soit au Québec ou dans une autre province canadienne, le jour où l'eau deviendra une marchandise, elle sera soumise aux règles de l'ALENA et nous aurons perdu la gestion souveraine de la ressource.Ce seront les embouteilleurs aux États-Unis qui empocheront les profits.Et malgré cela, le ministre Mulcair s'amuse de la levée de boucliers qu'il soulève.SVP M.Mulcair, trouvez donc d'autres moyens de vous distraire.CLÔDE DE GUISE Avos oreilles ouvertes aux alternatives j'ai la joie de relayer Mosaic Music, un label de distribution français comparable à un coffre aux trésors d'indépendants.Véritable mosaïque pour les provenances (de toutes les régions de la France, de l'Espagne, de Corse, de la francophonie et du monde entier) et les genres.De fait, les musiques populaires de qualité y sont des mail-, Ions forts.Ska (Pistons Flingueurs, Livin'Soul, Kortatu), Rock (Beautés Vulgaires, Rosemary's Baby), chanson et nouvelle scène (Soldat Inconnu, La Varda) mais aussi reggae, blues, jazz et electro.Avec quelques 300 artistes et groupes, voici un accès inouï à du matériel des plus intéressant, mais introuvable ici.Une plongé s'impose dans ce catalogue de vente par correspondance (www.mosaic-musicdistribution.com).Fait à noter: des compilations maison (par genres) sont offertes pour qui souhaiterait un survol ou serait pris de vertige devant tant de choix et de qualité.Un exemple?Active Sound 2 brosse un panorama de 31 groupes sur un double CD dédié à la scène rock-ska-reggae-fanfare.Mes oreilles applaudissent!!! L'amateur de blues reconnaîtra certainement des noms dans 10 ans de blues au Québec (Bros) cette compilation dixième anniversaire (1994-2004) qui s'avance, notamment, avec Stephen Barry Band, Steve Hill, Bob Walsh et Pat The White.On retrouve aussi des coups spéciaux tels la résurrection de Vann «Pianoman» Walls et la bande sonore de Gaz Bar Blues de Guy Bélanger et Claude Fradette — qui ont tout retravaillé pour un disque exceptionnel.Un regret, l'absence de Robert Dr Bobus Paquin (bien qu'il ne soit que distribué par Bros, ce marginal valait très largement une exception).RAMON VITESSE Bulles explosives! Le village qui s'amenuise (Dargaud) de Corbeyran et Balez s'ouvre sur une querelle d'agriculteurs ayant pour objet une clôture mitoyenne apparemment déplacée.Une satire menée avec un brio tonitruant par des auteurs qui font feu des coups de larnac trop humains, mais, surtout, et c'est là son intérêt principal, sur des magouilles expérimentales militaires.Ici, c'est un procédé faisant que la terre se rétracte jusqu'au jour où les possédants s'entretuent à force que leurs territoires s'amenuisent et que la promiscuité les enfonce dans la bestialité.Pawa (Delcourt) du même Stassen auquel nous devons Les enfants (Dupuis) dont nous rapportions ici la contre-analyse terrain des dégâts rwandais en lien avec cet autre colonialisme sévissant souvent au cœur même de l'aide internationale.Ce titre ravira ceux qui souhaitent creuser ces questions puisque l'auteur, loin de jouer au guide, démontre la complexité des rapports sociaux en amont et en aval des massacres.Stassen, qui voyage fréquemment en Afrique, procède à quatorze chroniques déroutantes tout en ajoutant des notes linguistiques, une chronologie et une bibliographie de base.Le noir et blanc contribue à un cinglant état des lieux ! Sardine de l'espace (Bayard) de loann Sfar et Emmanuel Guibert constitue une série turbulente où des valeurs libertaires fleurissent envers et contre les prétentions du vociférant Supermuscleman (Président de l'Univers) et de son fou de savant, le Docteur Krok.Les Pirates de l'Espace, dont la petite sorcière Sardine, restent irréductibles face au tyran.Dans La Montagne électorale (9), il est question d'une montagne au lieu d'une platte campagne.pour atteindre des sommets électoraux! Le dessin tapage tout autant.VALENTIN TARDI lEir si KlloMMiiai» c'ifrirMir wvus Au moment d'aller sous presse, nous apprenons que l'audience qui doit déte.miner si les États-unis acceptent Mohamed Cherfi comme réfugié ou s'ils le déportent levers l'Algérie, où sa vie est en danger, n'aura pas lieu le 25 juin mais le 30 juillet 2004.Ce report fait suite à une demande de l'avocat de Cherfi qui voulait disposer de plus de temps pour préparer son dossier.Cela veut aussi dire, par contre, que sans une intervention des autorités canadiennes et québécoises concernées, Cherfi devra passer encore un mois en prison.Ça commence à faire pas mal pour un homme dont le seul crime est d'avoir cru aux droits et libertés.Rappelons que 95% des demandeurs d'asile dans le district de Buffalo, où Cherfi est présentement emprisonné, sont refusés par les autorités américaines.Il est toujours du devoir des gouvernements québécois et canadien de réparer leurs erreurs.Pour faire pression une nouvelle lettre à leur envoyer rappelant bien toute la responsabilité qu'ils ont dans ce dossier est disponible au www.mohamedcherfi.org La rébellion des gens ordinaires Pour cerner d'un peu plus près Lénigme argentine, le livre de Victor Armony est une lecture désignée L'auteur y démystifie dans un langage accessible ce qui se révèle comme «l'échec national le plus retentissant de l'histoire moderne».Il analyse l'évolution du pays à la lumière de ses mythes nationaux fondateurs et de sa culture politique qui a toujours oscillé entre dictature, autoritarisme charismatique et démocratie.«L'argentinité», écrit-il, s'est construite à partir du mythe d'une « nouvelle race» créée par la fusion des nombreuses ethnies immigrantes de ce «pays neuf».La volonté de mettre concrètement au jour cette «race cosmique» s'est traduite par des processus intenses de création d'identité et d'unité nationale.Sur le plan économique, forte de ses ressources naturelles, l'Argentine est rapidement devenu un État-nation industrialisé et mondialisé parmi les plus importants en Occident.Cependant, l'Argentine demeure largement une « promesse inaccomplie ».L'histoire sociopolitique du pays est en effet une succession de situations politiques, sociales et économiques extrêmes: dictature sanglante, taux d'inflation galopants, dette extérieure exorbitante, dévaluation monétaire, instabilité politique.Les raisons de l'effondrement de 2001 sont complexes, prévient l'auteur - qui ne prétend pas clore la question.On peut relever, depuis 1989, le tournant néolibéral du président Menem qui a exacerbé l'impact sur l'Argentine des crises économiques d'États périphériques (Asie du Sud-est, Mexique, Brésil).Les événements de la fin 2001 sont aussi l'expression, après le renouveau post-dictatorial de 1983, d'une profonde crise de légitimité des classes dirigeantes.Enfin, au-delà de la politique et de l'économie, le tout exprime la mise en cause «d'une certaine image d'eux-mêmes et de l'Argentine» par ce peuple orgueilleux qui, avec la surprise que se révèle être le président Kirchner, semble s'être remis à croire à la grandeur inéluctable de son destin.MARCO SILVESTRO Victor Armony, 2004, Lénigme argentine.Images d'une société en crise, Montréal, Athéna Éditions / Chaire MCD, 200 pages. LIVRES ^ It m m Le Pouvoir citoyen sa m Le Couac, juillet 2004, page 7 PIIANCO'VV DAVID Bien commun recherché Un» opMon citoyarwie cvsv.w « Que/te malédiction a frappé l'Occident pour qu'au terme de son essor il ne produise que ces hommes d'affaires, ces épiciers, ces combinards aux regards nuls et aux sourires atrophiés, que l'on rencontre partout?Est-ce à cette vermine que devait aboutir une civilisation aussi délicate, aussi complexe?» — E.M.Cioran, Histoire et utopie.Françoise David, qui a fait de la politique de coulisses toute sa vie, se lance finalement en politique partisane en publiant Bien commun recherché, Une option citoyenne.Ce work in progress auquel ont collaboré une trentaine de personnes devrait servir de plateforme électorale à une nouvelle union de la gauche inspirée du mouvement féministe.Les auteurs présentent leur travail de réflexion comme l'ébauche d'«un projet aux utopies réalisables».Le Robert nous apprend que «L'utopie est un pays imaginaire où un gouvernement idéal règne sur un peuple heureux».Ce qu'André Pratte s'est empressé de prendre au pied de la lettre.« Il y a là une contradiction flagrante: par définition l'utopie est irréalisable», écrit-il (La Presse, 21-5).Et la loi du marché, tu crois qu'elle est naturelle, Ducon?Les éditorialistes à gages de La Presse avaient pourtant applaudi comme des phoques apprivoisés la création de l'ADQ, qui «renouvelait» le discours politique québécois, selon eux.On réalise aujourd'hui que l'ADQ était un cheval de Troie, une astuce de l'oligarchie capitaliste pour introduire dans le discours politique les idées des think tanks d'extrême-droite étatsunienne par l'entremise de leurs succursales locales1, tout en faisant croire que les libéraux de Jean Charest sont des modérés.Françoise David «vise une société juste, égalitaire, solidaire fondée sur la recherche du bien commun » dirigée par un parti politique «de gauche, féministe, écologique et altermondialiste».Vaste programme! Un chausson avec ça?Par contre, on doit admettre qu'elle a raison ; le tissu social se détériore depuis le début des années 1980.L'avènement des Reaganomics et du Tatchérisme ont inversé le sens de la progression sociale des années fastes de l'après-guerre et entraîné l'ensemble du spectre politique des «démocraties» capitalistes de plus en plus à droite.Au point de faire disparaître complètement la gauche et ses idées du paysage politique parlementaire.Ce nivellement du progrès social par le rouleau compresseur de la «croissance économique» a fait monter le taux d'abstentionnisme à des niveaux records.Les séparatistes de gauche reprocheront à Françoise David de diviser le vote indépendantiste en agissant en marge du PQ.Le désormais inévitable « syndrome Ralph Nader», auquel elle fait elle-même allusion, frappe encore.On nous l'a fait aussi pour l'UFP - et les libéraux fédéraux l'ont ressorti pour attaquer le Bloc Québécois.Dès que la gauche tente de se faire entendre, la droite «modérée» ressort le fameux «syndrome Nader» et accuse les tiers partis de faire le travail de l'extrême-droite.Réglons la chose une fois pour toutes: Al Gore n'a pas perdu les élections à cause de Ralph La gauche a toujours été écartelée entre l'indépendance du Québec et l'action sociale.Nader, mais parce que « Dubya » Bush a volé la présidence en tripotant les listes électorales, en truquant les programmes informatiques des machines à voter électroniques et en se faisant «élire» par des juges de Floride au service de son frère leb, gouverneur de l'État.La gauche a toujours été écartelée entre l'indépendance du Québec et l'action sociale.Les gouvernements péquistes ont surtout cherché à séduire en priorité l'élite capitaliste locale et internationale avant de servir les électeurs des classes exploitées.Pierre Vallières avait bien diagnostiqué le problème dans les Nègres Blancs d'Amérique.Alors que pour les classes exploitées le séparatisme est un moyen de reprendre le pouvoir économique pour promouvoir le progrès social: «Le séparatisme est pour la petite bourgeoisie québécoise le seul moyen d'arriver à jouer au Québec le rôle que joue la bourgeoisie anglo-saxonne dans l'ensemble du Canada, c'est-à-dire le rôle de garde-chiourme parasitaire et policier des intérêts américains», écrivait-il.Comme on l'a vu, le PQ de Bernard Landry et de Lucien Bouchard avant lui, est un parti beaucoup plus préoccupé à faire le bonheur de la petite bourgeoisie que celui du petit peuple.Françoise David imagine « un autre Québec possible à la recherche du bien commun», dans lequel le progrès social passe avant les profits privés.Elle propose de redéfinir à qui doit profiter la société, aux citoyens ou au grand capital?Elle relance aussi le débat sur la réforme de nos institutions démocratiques.Le scrutin proportionnel ne devrait-il pas permettre de donner accès au parlement à des tiers partis?Option citoyenne a choisi d'agir en marge de l'UFP: « Parce que, malgré un engagement ferme du parti quant à la place que les femmes doivent occuper, il est difficile de percevoir un réel leadership de celles-ci lorsque l'on observe l'UFP de l'extérieur.À l'automne, Option citoyenne se tournera vers l'Union des forces progressistes et le Parti vert.(.) notre première utopie réalisable: qu'au printemps 2005, il y ait au Québec un seul parti politique de gauche féministe, écologique et rassemblant tous ceux et celles qui veulent bâtir un Québec dans la solidarité.» Ce qui nous donne à penser qu'une certaine part de bien particulier pourrait se cacher derrière cet exercice de redéfinition du bien commun.Serions-nous devant une tentative de putsch contre les leaders de l'UFP, destiné à imposer Françoise David comme chef d'un nouveau parti d'union de la gauche féministe?Si c'était le cas, la démarche risque autant de faire éclater l'union de la gauche que de la souder.Nous verrons à l'automne.Pour ce qui est du nom ; Option citoyenne, ça manque quand même un peu de punch.Fallait-il absolument trouver un nom féminin à ce futur parti politique?Pourquoi pas Pouvoir citoyen?Un nom qui a des cou il les ! JACQUES BOUCHARD Françoise David, Bien commun recherché— Une option citoyenne, Écosociété, Montréal, 2004.www.optioncitoyenne.ca I - Comme l'Institut déconneries de Montréal.La propagande est ainsi faite, que chaque fois qu'on prononce ou écrit au long l'Institut économique de Montréal, même si c'est pour dénoncer leur manque de crédibilité, le seul fait d'utiliser le mot économique donne à penser qu'ils sont des experts en économie, alors qu'il n'en est rien.Ce sont des propagandistes d'extrême-droite, point.Destroy, certes, Les postmodernes ont généralement assez mauvaise presse dans la gauche québécoise.Étrangement, quand il s'agit de savoir qui sont les postmodernes, on arrive rarement à une définition précise.À lire Uhumanité improvisée, le pamphlet que Pierre Vadeboncoeur a écrit à leur sujet en 2000, on ne sort pas pleinement certain de qui nous parlons.Dans ce livre et dans les discours qui s'opposent au postmodernisme, ce courant est placé à l'origine de tous les mots de la société contemporaine (désengagement politique, hypermédiati-sation, publicité, télé-réalité, paresse intellectuelle, pédan-tisme savant, etc.).Suivant une vision peut-être moins englobante, mais qui m'apparaît plus prudente, je dirais que le postmodernisme est la remise en question des Grandes Valeurs Universelles que nous avons reçues en héritage des Lumières.Les postmodernes s'attaquent à la justice, à la Liberté, à la Science, au Progrès, pour tenter de montrer que leurs bases ne sont pas si universelles et les résultats de leur application pas toujours souhaitables.Cette piste de réflexion, plusieurs (dont Vadeboncoeur et Normand Baillargeon) la lient à un relativisme (toutes les valeurs se valent) qui avantage le statu quo économique, politique et social.Elle est pour eux, à rejeter sans autre forme de procès.La critique qu'a formulée Louis Cornellier sur Contre l'espoir comme tâche politique, le dernier livre du politologue Lawrence Olivier, me semble tenir d'un rapport semblable au postmodernisme.Sauf le respect que je porte aux auteurs que je viens de mentionner, je crois qu'ils errent dans leur commentaire sur cette approche philosophique.Que le chemin emprunté par le postmodernisme ne les intéresse pas, c'est là leurs affaires, mais lorsqu'ils rejettent par le fait même les apports théoriques de ces penseurs, ils se mettent forcément en position de faiblesse.Ils le font particulièrement face à une droite qui a su récupérer le postmodernisme, non pas parce qu'il était fait pour elle, mais parce qu'elle en a vu l'importance pratique et théorique.Pour illustrer mon propos, penchons-nous sur la critique de Cornellier mentionnée plus haut et titrée Lawrence Olivier, philosophe destroy (Le Devoir, 06-03).Dans ses derniers paragraphes Cornellier se porte à la défense de l'espoir en nous sortant un bon vieil argument datant du temps d'Aristote: l'espoir est nécessaire, mais il faut en faire usage avec modération, le péché est dans l'excès.La réponse apparaît un peu facile, alors qu'Olivier nous décrit un espoir qui, vécu de l'intérieur, est bien incapable de révéler quand l'excès est atteint, Cornellier trace une limite qu'il ne situe pas.Comment savoir, en vivant un espoir politique, que nous ne dépassons pas les limites de l'excès?Le propre du politique ne peut-il pas être de remettre justement en question les valeurs qui nous permettent de situer le faisable et l'infaisable, le trop du pas assez?C'est justement cette attitude de rejet rapide que je tente de questionner.Si, à l'inverse de Louis Cornellier, nous prenions ce qui peut servir la gauche dans l'écrit de Lawrence Olivier, qu'y trouverions-nous?Pour moi, un outil théorique et un outil pratique.Au niveau théorique, la mise en relief de la place de l'espoir dans l'action politique me semble très intéressante à développer à propos de la gauche.D'abord, bien sûr, pour se défendre avec de meilleures armes quand cette valeur est attaquée.Ensuite pour remonter aux origines, pour mieux comprendre ce qui amène les gens à gauche.Cela sera-t-il pour en attirer d'autres, pour mieux contrôler la force de ce principe ou pour être plus apte à juger le lien entre l'espoir fondateur et les gestes posés?Peu importe, contrairement à ce que Lawrence Olivier soutiendrait probablement, sa critique de l'espoir est très utile à ceux qui considèrent l'espoir encore important.Du côté pratique, c'est la critique radicale qui peut se révéler fort utile.L'espoir est loin d'être la seule chose qui peut être attaquée de la sorte.Plein d'idées politiques de droite peuvent subir le même sort.La position d'indifférence adoptée par le critique radical lui permet d'aller à la racine même des idées qu'il attaque, de faire tout effondrer sans rien suggérer.Voilà une offensive argumentaire d'une profondeur qu'on voit rarement poindre à gauche ces temps-ci.L'auteur de Contre l'espoir comme tâche politique sera probablement révulsé par ce que j'en fais, mais contrairement à lui, je ne crois pas que la critique radicale soit vaine et sans issue.Bien au contraire, dans l'espace politique de tous les jours, son radicalisme peut avoir des effets destructeurs chez l'adversaire sans qu'on soit obligé de tenir compte des dommages qu'il nous inflige en passant.La rhétorique politique réelle est beaucoup plus leste et laisse bien plus d'espace que la philosophie politique rigoureuse dans laquelle navigue Lawrence Olivier.Pour moi, contrairement à ce qu'écrivait Baillargeon dans un article sur Régis Debray, les penseurs français de cette fin de siècle n'ont pas une triste histoire, le trouve bien plus regrettable qu'une certaine gauche rejette sans les considérer des questionnements pourtant essentiels en donnant parfois l'impression que c'est simplement parce qu'ils la remettent en question.Dans des temps lointains et révolus, n'a-t-elle pas revendiqué, cette gauche, la tâche de remettre en question ce qui apparaissait comme évident?SIMON TREMBLAY-PEPIN Lawrence Olivier, Contre l'espoir comme tâche politique, Liber, Montréal, 2004, 252 pages.Obstination Doublevé Bush s'obstine à dire que des liens existaient entre Saddam et Ousama, même si tout le monde dit le contraire.Mais ça ne veut rien dire.N'oublions pas qu'il a déjà affirmé que les changements climatiques sont un mythe.11 a aussi déclaré à John McCain en 2000: «Je pense que nous sommes d'accord sur ce point: le passé est terminé.» Il a dit aussi, parlant de commerce extérieur: « De plus en plus de nos importations viennent de l'étranger.» Et aussi : « En tant que président, je proposerai que chaque ville ait une ligne 119, en plus du 911, pour tous les dyslexiques américains».Alors, hein, pour ce qui est de la crédibilité, on repassera.La Dictature internationale Pierre Vadeboncoeur Le peuple américain ne voit pas qu'il est en train de jeter les bases d'une dictature.Non plus une dictature classique, nationale, intérieure, s'exerçant sur un peuple directement à la tyrannie de son propre gouvernement, mais une dictature transnationale exercée par le gouvernement américain, commandement unique et étranger voulant s'imposer à l'acceptation même des alliés, des puissances concurrentes et de dizaines d'autres pays.Il faut marquer l'originalité du phénomène.Dans toutes les (bonnes) librairies et sur www.luxediteur.corn 144 pages 13.95$ Lux Éditeur c.p.129, suce, de Lorimier, Montréal (Qc) H2H 1V0 info@luxediteur.com 1 DOSSIER VA-T-EN-GUERRE Le Couac, juillet 2004, page 8 Ronald Reagan Les adieux du Couac à un bienfaiteur de l'humanité Né pauvre, surtout d'esprit, en 1911, le petit Ronald finit par comprendre qu'il lui faudrait viser un de ces jobs où on peut exceller avec trois neurones.Il chercha longtemps.Puis un jour, à 15 ans, devant sa maîtresse de troisième année qui lui demandait s'il était vraiment débile ou s'il faisait semblant, il déclara : « le serai président des États-Unis».La route vers ce glorieux sommet serait longue: mais Ronnie s'y engagea avec cet air buté qu'il devait à son infinie bêtise à front de taureau, qui allait justement lui être si utile sa vie durant.En tournant des séries B, il apprit à réciter sans les comprendre des textes nuls écrits par d'autres, ce qui est indispensable pour faire un bon président.Il travailla ensuite pour la General Electric, comme porte-parole du service des relations publiques.Comme ce nom ne l'indique pas, il y apprit l'importance d'avoir des relations et comment s'y prendre pour mentir au public, toutes choses absolument nécessaires pour réussir en politique.En 1981, grâce à ses relations, Ronnie débarquait à la Maison Blanche.Le monde entier, ébloui, découvrit alors un homme hors du commun, un homme complet comme on n'en avait plus vu depuis la Renaissance.Art, science, philosophie, littérature, politique: Ronnie touchait à tout.Il est vrai qu'il était mauvais en tout: mais la perfection n'est pas de ce monde.Et plutôt que de faire la fine bouche, rappelons ici quelques-unes de ses plus importantes contributions.Aux sciences, d'abord.Comment oublier cette maxime si profonde que, 24 ans plus tard, les écologistes, n'ont toujours pas fini de la méditer: «Les arbres provoquent plus de pollution que les automobiles» (1980).Ou la finesse de ses observations géographiques.Lors d'un voyage au Brésil, en 1982: «Je lève mon verre au peuple bolivien».Ou après un voyage à Venise : « Le printemps a dû être très dur là-bas, toutes les rues étaient inondées».(1987) Son apport à la science politique a été décisif.Avant lui, les philosophes croyaient qu'il y avait trois types de politiciens: ceux qui pensent et agissent; ceux qui pensent, mais n'agissent pas; ceux qui agissent, mais ne pensent pas.Reagan, marionnette de son entourage, * Oh * \\\ / .».w km »¦.>• .- ¦ fil wmm — - un grants homme Reagan a favorisé la course aux armements pour détruire un système déjà au bord de la ruine (l'URSS) et a favorisé la course contre les déficits pour favoriser la grande entreprise amerloque et la Phy-nance internationale.Le soviétisme et Reagan sont morts gâteux.Le premier sous les feux des projecteurs, le second dans la solitude.L'environnement survie à peine.Seuls les marchands d'armes sont toujours en bonne santé.Ce qui ne sera pas le cas des enfants qui paieront les intérêts du rêve de «ce grand homme».2C leur fit soupçonner qu'il y en avait peut-être quatre.Mais c'est à l'économie que Ronnie, inventeur des reagonomics, a plus que tout contribué.Il sut résumer en une phrase cette belle théorie : « Nous tentons de parven i r à u n e hausse du chômage et je crois que nous y arriverons, le taux de pauvreté a commencé à baisser, mais il continue à croître» (1982).n'est rien du tout.Reagan parvint à faire croire qu'il avait éliminé le communisme à lui tout seul.Il a peut-être triplé la dette nationale, mais quel charisme ! Il a peut-être soutenu l'apartheid, certes, mais quelle personnalité Il a soulenu Saddam, certes, mois avec lui on se sentait tellement bien ! Il a écrasé les travailleurs, mais c'est le genre de gars avec qui tu pouvais prendre une bière.Et pourtant, tout cela n'est rien à côté de sa contribution à la vie démocratique.Reagan inventa en effet (et breveta) la lecture de téléscripteur en position dite « relax, les bras posés sur le pupitre».On s'extasia.Il inventa aussi le sourire dit «d'annonce de bombardement» (lui aussi breveté) ainsi que le sourire dit «d'appui aux dictatures» (en instance de brevet).La démocratie ne serait plus jamais la même.En matière d'aide au Tiers-Monde, Reagan monta généreusement des troupes de clowns appelés milices qui firent de nombreuses tournées, particulièrement en Amérique latine: ils étaient, parait-il, à mourir de rire.Il est bien triste qu'il ne reste aucun témoignage de ces spectacles.Après avoir vu le film La Guerre des Étoiles, il lança le projet du même nom, sans aucun doute le plus grand spectacle d'illusionnisme de tous les temps.Funambule, il marcha souvent sur un fil au-dessus du volcan de la Guerre nucléaire tout en portant la paix sur ses épaules.Magicien, il fit disparaître des tas de choses : vous voyez ce morceau d'aide sociale?Pfft: plus rien.Il fit aussi apparaître, d'un seul coup, dans les rues des grandes villes américaines, d'innombrables sans-abris.On mesure mieux le génie de Reagan quand on le compare à quelqu'un d'aussi surfait que David Copperfield: celui-ci fait fortune en faisant croire qu'il fait disparaître la Tour Effel.Ce La guerre des étoiles était une folie qui a coûté une fortune, mais l'homme avait un tel optimisme ! Il a appuyé les escadrons de la morts dans toute l'Amérique centrale, mais au fond il voulait le bien de tout le monde.Il détourna le regard pendant que les alliés au Salvador violaient des soeurs américaines, mais I avait un tel humour ! mélangeait les vieux films de séries B et la politique étrangère, mais quel faneur ! a échangé des armes pour des otages, filé du fric aux escadrons de la mort, des dealers de drogues, mais il n'a jamais cessé de voir ReMeMBeRiNG» ReAGjAN Au début des années 80, Ronnie inventa l'anti-magie, discipline où il réalisa certains de ses meilleurs tours.L'anti-magie consiste à faire grossir des choses que l'on prétend faire disparaître.Par exemple, Ronnie fit augmenter les déficits en prétendant les éliminer, augmenter la pauvreté en préten-drant la diminuer, augmenter le chômage en prétendant le faire disparaître.Cet homme de scène était aussi très généreux et aidait volontiers les débutants, par exemple ces islamistes fondamentalistes qui nous font encore tant rire aujourd'hui.On l'a lâchement accusé de n'avoir été qu'un acteur ayant mis son talent à devenir le porte-parole des puissants.C'est faux.Pour commencer, il n'avait pas de talent.Ensuite, il ne jouait pas toujours.Prenez par exemple l'enquête sur l'affaire Iran-Contra: quand Ronnie déclara, un milliard de fois: «le ne me souviens plus ; je ne comprends pas la question; je ne sais pas», certains crurent le voir tenir son meilleur rôle.C'est une erreur: il ne jouait pas.Ce tableau serait pourtant biaisé si, à l'instar de grands médias, nous ne faisions preuve ici de distance et d'esprit critique.Nous le dirons donc haut et fort: Ronnie avait aussi quelques défauts.Non ?Si, si.Des défauts tout petits, mais des défauts quand même.Par exemple, il n'était pas toujours de son avis ; il ne rendait jamais le peu de bon sens qu'on lui prêtait par erreur; et il pissait beaucoup au lit, surtout les dernières années.Celles-ci furent très dures au grand homme.Il trouva malgré tout la force de nous étonner une dernière fois.En effet, lui qui, légumineusement, avait ignoré une bonne partie de sa vie qu'il était vivant, ne sut jamais, vers la fin, qu'il était déjà mort.Il est bien triste de penser que les dernières volontés du cher défunt n'auront pas été respectées.Ronnie aurait en effet tellement aimé que ses cendres reposent auprès de celles de ces centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants du Salvador, du Nicaragua et du Guatemala qu'il a aimés à mort ; ou à la rigueur à côté de celles de tous ces dictateurs, ensanglantés comme lui, qu'il a appuyés, protégés et financés du Chili et des Phillipines jusqu'au Cambodge, à Haïti et à l'Argentine.Mais son héritage survit.Et l'émotion nous étreint quand, aux États-Unis, on voit aujourd'hui de nouveau au pouvoir tous ces gens qui l'entouraient hier; et on verse une larme quand on les voit pratiquer les mêmes bons vieux tours d'anti-magie : par exemple, augmenter le terrorisme sous prétexte de l'éliminer.Pour tout cela, merci Ronnie.Et nul doute que des centaines de milliers d'Africains se joindraient à nous pour t'applaudir bien fort s'ils n'étaient morts de "ton appui constant à l'apartheid.NORMAND BAILLARGEON Les néocons voudraient qu'on les aime Le gourou des néocons, Robert Kagan, publie un nouvel essai, Le revers de la puissance — Les États-Unis en quête de légitimité dans lequel il prétend justifier et légitimer l'invasion de l'Irak par les États-Unis.Comme nous l'écrivions en juin dernier, alors qu'il faisait paraître La puissance et la faiblesse, Kagan, co-fondateur du Project for a New American Centery (PNAC), est l'un des principaux théoriciens de la pensée néoconservatrice état-sunienne à avoir fait la promotion d'une invasion de l'Irak comme première étape vers la transformation du Moyen-Orient.Dans son essai de l'an dernier, Kagan soutenait que l'Europe devait accepter l'hégémonie américaine comme un mal nécessaire.Devant le refus de la France et de l'Allemagne de participer à l'invasion de l'Irak, Kagan revient à la charge et tente de justifier l'injustifiable.Les Européens se sont très bien accommodés des guerres impériales étatsuniennes pendant toute la durée de la Guerre Froide, alors qu'ils comptaient sur la puissance militaire des États-Unis pour les défendre de la menace soviétique, explique Kagan.Aujourd'hui, la Russie ne menace plus le «monde libre» et les Européens se méfient de l'unipolarité de la puissance étatsunienne.« Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, l'Amérique se trouve confrontée à une crise de légitimité internationale », écrit-il.Il admet que la Russie, la Chine et de nombreux pays de l'Amérique du Sud et du Moyen-Orient s'opposent à la légitimité de la puissance étatsunienne et ce n'est pas nouveau.«En revanche, ce qui est nouveau et dramatique, c'est la défection des alliés européens de l'Amérique et leur ralliement à l'autre camp.» « Pour s'attaquer aux menaces qui pèsent sur la planète, les Américains ont besoin d'une légitimité que l'Europe Le revers de la puissance Les kutv-Ums en quêtt de Mjjir imité seule peut apporter.» Que cette dernière ne peut leur refuser, ajoute-il, puisqu'elle a «légitimé» la guerre du Kosovo à laquelle Kagan se réfère abondamment.En refusant d'appuyer la guerre en Irak, la France et l'Allemagne ont exigé des États-Unis qu'ils respectent des règles internationales qu'eux-mêmes avaient ignorées quatre ans plus tôt, écrit-il.D'ailleurs, il soutient qu'aucune institution internationale n'a le pouvoir, ni la légitimité, de prendre de décision pour la communauté internationale, surtout pas l'ONU.Et là, Kagan nous sort un beau théorème pour démontrer que : « La raison du plus fort est toujours la meilleure.(.) Durant la Seconde Guerre mondiale, les prétentions des démocraties alliées en matière de justice et de morale étaient plus fondées que celles de l'Allemagne hitlérienne ou de l'Empire nippon.De même, au cours de la Guerre Froide, les prétentions de l'ouest libéral dans ce domaine étaient plus fortes que celles du bloc soviétique.Pendant la guerre du Kosovo, ce sont les prétentions de l'OTAN qui l'emportaient sur celles de Slobodan Milosvic et la Russie d'Eltsine.D'où l'on peut tirer la conclusion suivante : un monde sans norme universelle de droit international n'est pas nécessairement un monde dépourvu de morale et de justice.» CQFD.L'Oncle Sam a gagné son étoile de Shérif international puisqu'il a le plus gros budget militaire du monde.Après la main invisible du marché qui régule pour le mieux l'économie mondiale, voici la main très visible de l'armée du plus fort qui régule nécessairement pour le mieux le sort du monde.Le problème, selon Kagan, c'est que les nations d'Europe n'ont jamais partagé les craintes de l'Amérique au sujet des armes de destruction massive en Irak, en Iran et en Corée du Nord.En clair: les Européens ne subissent pas le lavage de cerveau médiatique militariste imposé à la population des Etats-Unis (et du Canada, devrait-on ajouter.Un beau bonjour, en passant, à Christine Saint-Pierre, la voix radiocanadienne des néocons de Washington).Les Européens ne croient pas les mensonges de l'administration Bush.Toute la th|orie de l'agression préventive échafaudée par Kagan et les néocons reposait sur la possibilité que des «états voyous», particulièrement l'Irak de Saddam Hussein, fournissent des armes de destruction massive aux terroristes internationaux.Mais comme on le sait maintenant, l'invasion de l'Irak est une guerre du pétrole et de profits privés.Il n'y a jamais eu d'armes de destruction massive.Si l'Irak en a possédées, par le passai elles étaient Made in USA.Saddam Hussein n'a jamais eu aucun lien avec les auteurs des attentats du* 11 septembre 2001, pas plus que les 10 000 irakiens assassinés pas les bombes intelligentes étatsuniennes.Les faucons étatsuniens ont menti au monde entier, et la CIA a fourni sur commande les rapports trafiqués, comme c'est son rôle, pour soutenir ces mensonges.Visiblement, Kagan a échafaudé son beau théorème sur la raison du plus fort avant que la commission d'enquête sur les attentats du 11 septembre ne conclue à l'absence de collaboration entre Saddam Hussein et al-Quaïda, et que les histoires de torture envahissent la presse internationale.Robert Kagan cherche à sauver ses fesses.Si les vrais responsables du gâchis irakien étaient un jour inculpés pour crime de guerre ou crime contre l'humanité devant une Cour pénale internationnale «légitime», il serait un des premiers à devoir faire face à la justice.JACQUES BOUCHARD Robert Kagan, Le revers de la puissance — Les États-Unis en quête de légitimité, Pion, Paris 2004.Project for a new century: www.newamericancentury.org r
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