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Le couac
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. [...]
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. Constitué d'une équipe rédactionnelle et de collaborateurs bénévoles, le journal se targue d'être libre et indépendant. Projet mûri entre anciens camarades de Quartier libre, journal étudiant de l'Université de Montréal, Le Couac est fondé par les journalistes aux nombreux chapeaux Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau. Pierre de Bellefeuille agit à titre d'éditeur et demeure à la barre du journal de nombreuses années. Prenant inspiration des éphémères Le Fantasque et La Lanterne, prédécesseurs québécois du XIXe siècle, Le Couac, dont le nom rappelle l'onomatopée du canard, s'inscrit davantage dans la lignée du journal français Charlie Hebdo que du Canard enchaîné. « Le couac » et « le canard », qui peut signifier « journal », peuvent tous deux être associés à un son discordant au sein d'un groupe, le groupe dans lequel Le Couac détonne étant ici l'ensemble de la presse. Le Couac donne son soutien à l'activisme de gauche en dénonçant par la satire, souvent cinglante, l'ordre établi, les réactionnaires, les moralistes, la publicité, le journalisme de masse, les puissants, les injustices, les atteintes aux droits et libertés, les pollueurs, l'économie marchande, etc. Le Couac est en phase avec l'actualité politique, sociale et culturelle québécoise et internationale et montre un intérêt particulier pour les États-Unis. La lutte au terrorisme et ses débordements du début du XXIe siècle y inspirent d'ailleurs plusieurs coups de gueule. En plus des deux fondateurs, un grand nombre de collaborateurs au regard critique et mordant sur le monde participent au journal au cours des années : Pierre Falardeau, Pierre Vadeboncoeur, Louis Hamelin, Marco Silvestro, Isabelle Baez, Jacques Bouchard, Victor-Lévy Beaulieu, Marco de Blois, Michel Rioux, Bruno Dubuc, Francis Dupuis-Déri, François Patenaude, Normand Baillargeon, Simon Tremblay-Pepin. 10 ans de Couacs - Je pense, donc je nuis : les meilleurs articles du mensuel satirique francophone le plus lu en Amérique du Nord!, choix des textes, des brèves et des illustrations par l'équipe du Couac; coordination de Bruno Dubuc, Montréal, Le Couac, 2007, 123 p.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1997-2016
Contenu spécifique :
octobre
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Le couac, 2004-10, Collections de BAnQ.

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I Santé, gros bidons et fraudes p.41 Est-ce que la santé privée coûte moins cher aux États-Unis?Non.Confit d'intérêts Les secrets de George Soros, 2e partie Histoire de l'esclavage p.8 Des extraits de l'introduction aux Mémoires d'un esclave, de Frederick Douglass #257 1 Vol.8 • n° 01 Octobre 2004 3,50$ Tomàs Jensen et les Faux-Monnayeurs en vedette au Gala du Couac Le Couac a sept ans.Ça se fête! il nous fallait un orchestre de circonstance pour accompagner le délire du Gala des Palmes d'or.Si nous avons choisi Tomàs Jensen et les Faux-Monnayeurs — qui viennent tout juste de lancer un album éponyme — c'est avant tout pour leur musique festive et entraînante qui accompagne des textes souvent décapants.Le groupe de colorés musiciens (Philippe Brault, Pierre-Emmanuel Poizat, Martin Desranleau et Némo Venba) s'est joint à Tomàs, dans leur local de répétition, pour discuter avec les envoyés du Couac de leur art et de la grosse semaine de promotion qu'ils venaient de passer.Alain Brunet a écrit de leur album que le «ton éditorial est trop insistant» (La Presse 11-9).Un autre journaliste préfère les «entendre jouer de la musique plutôt que de faire de la chanson ».Quand on leur parle des réticences des critiques musicaux aux paroles socialement engagées écrites par Tomàs, les membres du groupe sont les premiers surpris de cette réaction négative.Tomàs se questionne : « C'est la première fois que j'entends dire que c'est négatif d'avoir du contenu qui fait réfléchir, du contenu politique, dans des textes de chanson.Effectivement, on dirait que ça acquiert un aspect négatif.Je m'en rend compte là, juste là.Donc je suis en train de réfléchir, justement, comment ça se fait», confie-t-il.Ils sont, par ailleurs, étonnés de voir que les textes prennent autant de place dans l'esprit des critiques et qu'ils fassent ombrage aux arrangements musicaux.Pierre-Emmanuel, qui signe la plupart des arrangements, a l'impression que dans «tous les articles on parle beaucoup du contenu, mais on parle peu de la musique, des arrangements, ils ne parlent que des textes engagés.» Pourquoi ces réticences, en effet?Selon un sondage, « la majorité des Québécois et Québécoises aimeraient que les artistes d'aujourd'hui affichent publiquement leurs convictions politiques » (SOM-La Presse 23-06-01).Paradoxalement, on croirait que le public est en même temps allergique à l'art engagé.C'est-à-dire qu'on veut bien que nos artistes signent des pétitions ou se produisent dans les téléthons pour dénoncer le harnachement des rivières, la chasse aux baleines, l'invasion de l'Irak ou la faim dans le monde, mais seulement en parallèle de leur oeuvre artistique.Celles-ci doivent nous «faire rêver» pour oublier les ravages causés par le harnachement des rivières, la chasse aux baleines, etc.Un peu comme si tous les Québécois préféraient les chanteurs et chanteuses «à voix» qui s'égosillent en égrainant des paroles insignifiantes — et qui défendent publiquement des causes humanitaires pour faire la preuve qu'ils ne sont pas si idiots que leurs textes le laissent entendre.On réalise à la lecture du dossier de presse sur le groupe, que les critiques musicaux ont tendance à répéter les mêmes clichés.« Le rôle du critique, c'est de donner des pistes au lecteur, lui dire dans quel genre, lui indiquer la qualité générale.J'ai jamais vu un journaliste qui arrive et qui te fait une analyse d'une toune», déplore Pierre-Emmanuel.Le Couac se demandait si, depuis que Tomàs est le «porte-voix artistique» de Greenpeace, son engagement direct avait suscité l'intérêt de journalistes en dehors de la scène musicale.Pour l'instant, il semble que non.«Par contre, j'aimerais bien ça», avoue le chanteur en tirant sur sa cigarette.Tous s'accordent pour dire que la principale force du groupe réside dans ses prestations sur scène.« En spectacle, on n'entend pas tellement les paroles, c'est plus le côté musical qui ressort, et je trouve ça bien, confie Tomàs.Le concert c'est le moment de saisir la fête, de s'amuser.Ça donne l'envie de fêter, de bouger.Sur l'album, on entend beaucoup mieux les paroles Moi ça me va ces deux aspects complémentaires.Mais ce qu'on aime le plus, c'est faire des concerts.» En France, Tomàs était membre d'un collectif de 25 artistes de différentes disciplines: danse, théâtre, musique, etc., où tout le monde faisait un peu partie de tous les groupes à la fois.Cette expérience l'a amené à explorer le côté ludique de la musique.En arrivant au Québec, il avait envie de retrouver cet aspect de la création.C'est à la suite de rencontres ici et là avec des gens qui partagent cette vision musicale que sont «nés» les Faux-Monnayeurs.«À un moment donné on s'est dit que ça serait le fun de voir les gens danser», nous dit Martin.Les chansons qui figurent sur leur dernier album ont été peaufinées en spectacle au gré des réactions du public.«Sur scène tu peux ajouter de la folie, de l'énergie.Nous nous accordons une grande liberté en spectacle, la liberté de créer en direct, d'improviser.C'est aussi une forme de revendication, pas par le texte, mais par la musique.Il y a quand même une revendication.On va se permettre de pousser à bout la musique.C'est un manifeste sonore.Il y a un engagement dans cette musique-là», déclare Philippe.Suite en page 2 Le Gala des Palmes d'or du Couac Avec Tomàs Jensen et les Faux-Monnayeurs Samedi 23 octobre 2004 à 20 h.Édifice St-Sulpice.Bibliothèque nationale du Québec 1700, rue St-Denis, Montréal.Métro Berri-UQAM.Convention républicaine à New York La violence invisible La convention républicaine qui S'est tenue à New York à la fin du mois d'août et au début du mois de septembre a provoqué une vaste mobilisation de contestation.Des centaines de milliers de personnes ont manifesté dans les rues, soit lors de défilés, soit lors d'actions décentralisées (théâtre de rue, déroulement de banderoles, etc.).Il n'y a pas eu de Black Blocs, ni de vitrines de MacDonald's ou de banques fracassées.Donc pas de «violence» pour les médias officiels publics ou privés, qui ont peu couvert ces manifestations.Des manifestations sans violence semblent avoir moins de valeur médiatique que des actions «violentes», aux yeux des groupes de presse.Il est étonnant, toutefois, que les médias officiels n'aient presque pas accordé d'attention à une autre violence: l'arrestation de 1821 manifestants, selon la police (source: New York Times, 4-09).C'est presque quatre fois plus que lors des manifestations contre l'OMC à Seattle en 1999 ou contre le Sommet des Amériques à Québec en avril 2001.Et pourtant.À New York, il n'y a eu — Visse; 865 M&S er mat* de l'aveu même de la police — aucune vitre fracassée.Comment alors expliquer que près de 2000 personnes non violentes se retrouvent en prison?N'y avait-il pas là matière à couverture médiatique, à éditoriaux enflammés?Il semble que la violence des policiers soit invisible aux yeux des médias officiels.Tout autant que la campagne de désinformation et de peur, orchestrée par les policiers et relayée par les médias.Quelques semaines avant la Convention, un quotidien new-yorkais laissait savoir en Une que les policiers craignaient que des «anarchistes» préparent des «bombes».Rien de mieux pour justifier un vaste déploiement «sécuritaire».Le 26 août, le journal New York Daily News titrait en Une: «Police iMtelliaence Warning.Anarchy Inc.».L'article mentionnait l'arrivée imminente de dangereux militants anarchistes, dont «Jaggi Singh, un citoyen canadien (.) qui aurait catapulté des ours en peluche imbibés d'essence contre les policiers lors des manifestations contre le G20 en 2001 à Québec, selon le rapport de la police de New York».Le même article du quotidien de New York laissait savoir — de façon — que Jaggi Singh aurait été arme de poing, et aurait reçu un entraînement aux armes à feu» par un ancien membre des Black Panthers, toujours selon la police.Dix jours plus tôt (16 août), le New York Post avait publié une photo non datée d'un individu à la peau sombre tirant d'une arme à feu, identifié à tort comme Jaggi Singh, accompagnée par la légende «Voilà le trouble».Tout cela n'est que pure fabulation.farfelue «vu tirant à 1 Amalgames, mensonges, désinformation.Qui sème la peur, qui terrorise?Et qui utilise la violence?Imaginons un monde hypothétique où des manifestants s'empareraient de 1821 membres de la convention républicaine, les menotteraient pendant plusieurs heures puis les détiendraient dans des cachots pendant des jours.Les médias seraient horrifiés.Ces médias se taisent et ferment pourtant les yeux quand, dans le monde réel, ce sont des policiers qui arrêtent par centaines des manifestants qui n'ont rien cassé, ni blessé personne.Les témoignages concordent au sujet d'arrestations des plus arbitraires: celui-là jouait de la guitare sur le trottoir: arrêté.Ceux-là déroulaient une banderole dans la rue: arrêtés.Ceux-là manifestaient en vélo: arrêtés.Ceux-là se rassemblaient pour délibérer au sujet des prochaines eventtt» manifestations: arrêtés.Et ces manifestants non violents ont été détenus sans accusation plus de 24 heures, ce qu'a dénoncé la Guilde nationale des avocats.Les médias officiels aiment diffuser l'idée selon laquelle le recours à la «violence» ternit l'image publique des manifestants.À considérer la ligne éditoriale de ces mêmes médias, il semble pourtant que c'est presque la seule façon pour les manifestants d'avoir une image publique.Et contrairement à ce que laissent si souvent entendre les médias officiels, ce n'est pas parce que les manifestants sont violents que les policiers les arrêtent en masse.En conséquence, il semble peu surprenant que des manifestants en viennent à la conclusion que se munir de casques et de boucliers de fortune, s'armer de bâtons et de pierres, est un meilleur moyen d'éviter l'arrestation que de choisir de jouer de la guitare.Qui est violent?Qui encourage le recours à la violence?Tchétchènes Déclaration d'un terroriste avant de mourir: «Nous aurions bien attaqué une de nos écoles en Tchétchénie, mais il n'y en a plus.» Sortie de secours « Des avortements tardifs seront pratiqués au Québec» (La Presse, 11-09).Est-il trop tard pour se débarrasser de Mario Dumont?FRANCIS DUPUIS-DÉRI fdd@no-log.org asque spatial Si les Elohims peuvent transporter S.S.Raël dans le temps et l'espace, ils ne peuvent toutefois rien pour sa calvitie.Etrange tout de même. t>9 ffljg; Le Couac, octobre 2004, page 2 On remet ça! Le Couac présente, ^ dans le cadre de son 7e anniversaire: t Le 4e Gala annuel des Palmes d'or Outre le spectacle de Tomàs Jensen et les Faux-Monnayeurs, dans le cadre de son 7e anniversaire, Le Couac est fier d'annoncer que l'humoriste Christopher Hall se joindra à nous lors de la soirée pour nous donner un V exemple de son esprit cynique.Le sympathique anglo partagera avec nous ses réflexions sur l'actualité.La soirée débutera par la tant attendue remise des Palmes d'or du Couac.Cette année, l'équipe s'est encore creusé la tête pour imaginer des trophées plus loufoques les uns que les autres! Nous vous rappelons que les catégories retenues cette années sont les suivantes: La sortie de scène de l'année La rumeur veut que cette catégorie mette en compétition trois illustres personnalités publiques disparues cette année et qui méritent (ou pas) qu'on revienne sur leur cas Parce que c'est bien gentil de les louanger après leur décès, mais il faut, un moment donné, leur dire leurs quatre vérités ! La commandite de l'année Qui n'est pas financée par le Parti libéral du Canada, mais qui mettra aux prises les grandes multinationales, George Soros et la Canada Steamship Lines.La déclaration de l'année Aucun des nominés de cette catégorie ne peut revendiquer la distraction ou le lapsus.Non, ce qu'ils ont dit fut réfléchi et ils étaient en pleine possession de leurs pauvres moyens lorsqu'ils ont fait ces déclarations ! La matraque d'or Cette année, une matraque d'or spéciale sera remise afin de souligner et d'honorer dans toute sa plénitude les manifestations de l'autorité abusive de l'État.L'humoriste de l'année, Catégorie fort courue dans la classe politique.Le choix des nominés a été difficile parmi la panoplie de rigolos et de clowns qui prétendent diriger nos destinées.Pour connaître les gagnants, il ne vous reste plus qu'à vous procurer un billet! Toute l'équipe du Couac vous invite cordialement à venir fêter en grand le 7e anniversaire du seul canard qui ait des dents au Québec! COURRIER DES LECTEURS Pierre Reid: un ministre incompétent?Lors de sa nomination comme ministre de l'Éducation, Pierre Reid se vantait d'avoir été le vingt-deuxième de sa classe à l'école secondaire.Cela ne m'a pas empêché de devenir ministre, disait-il avec désinvolture ! Or, je crois que le Québec mérite mieux qu'un vingt-deuxième de classe à l'éducation.Car ce que le ministre Reid ne sait peut-être pas, c'est qu'il agit présentement exactement comme un vingt-deuxième de classe.Chaque jour, il fait de nouvelles annonces, toutes aussi farfelues et incongrues les unes que les autres: Il s'amuse d'abord à faire peur aux étudiants avec des politiques de prêts et bourses qui assureront leur endettement jusqu'à la fin de leurs jours.Ensuite, il menace les enseignants du collégial en parlant de l'abolition des cégeps Mais, devant le tollé provoqué, il se ravise, et annonce plutôt la disparition du diplôme de cégep (DEC).Le lendemain, il met en avant l'idée de séparer le secteur professionnel du secteur général.Flairant la bonne affaire, les commissions scolaires entrent alors dans la danse et réclament à hauts cris le secteur professionnel pendant que les universités se battent à qui mieux mieux pour s'approprier le secteur général.Puis le ministre se ravise encore une fois: ne vous inquiétez pas, annonce-t-il fièrement, les cégeps sont là pour rester! Mais, ajoute-t-il aussitôt, la formation générale doit être entièrement modifiée: par exemple les cours de philosophie et d'éducation physique doivent faire place aux humanities (où l'on priorise les sciences humaines), ce qui serait plus proche de la mentalité scientifique anglo-saxonne qui nous environne(_).Devant ce vaudeville, les jeunes diplômés formés dans les maisons d'enseignement perdent tout espoir pour leur avenir.Et, quant aux parents, ils se demandent bien que vaudra réellement le diplôme que leur enfant ira décrocher.C'est tout le monde de l'éducation qui se retrouve ainsi traumatisé et paralysé à la suite des annonces à l'emporte-pièce du ministre.Plutôt que de réfléchir, de consulter et d'agir, il terrorise tout le monde sans trop savoir lui-même ce qu'il fait et où il va.On se souviendra comment, il y a quelques années, le même scénario s'était présenté: le ministre péquiste de la Santé lean Rochon avait bousillé tout notre système de santé en quelques mois avec des mesures à courte vue qui n'avaient ni queue, ni tête.Nous en payons encore le prix aujourd'hui.Or, c'est exactement la même chose que s'apprête à faire avec l'éducation ce nouveau ministre mal léché C'est trente-cinq ans d'efforts et de sacrifices dans les cégeps que celui-ci s'apprête à jeter pardessus bord pour satisfaire de ridicules velléités politiques de changement.Pourtant, et tout le monde le dit, les cégeps constituent un modèle unique au monde qui fonctionne beaucoup mieux que celui des high schools américains (qui produisent des spécialistes totalement incultes) ou que le système archaïque du lycée français déconnecté du monde actuel.Pourquoi alors s'amuser à détruire ce fleuron de notre identité culturelle et vouloir calquer notre système d'éducation sur celui des Américains?Pierre Desjardins, auteur, professeur de philosophie, membre de la NAPAC (Nouvelle alliance pour la philosophie au Collège), membre de EM|EU (Éthique pour une modération du jeu).Retour sur le Disneyland dlntrawest l'ai bien aimé le texte de Valérie Simard: 350 millions$ pour 5000 jobines.Mais même s'ils ne créaient que 2 jobines, ce serait déjà le double de ce que les 300 millions $ engloutis par Bernard Landry et ses partenaires dans la relance de l'usine Gaspésia de Chandler ont produit.300 millions$ et un seul emploi, celui de l'administrateur chargé du démantèlement de l'usine.|.) Que l'on soit d'accord ou non avec le type de développement fait à Tremblant, faut tout de même reconnaître qu'Intrawest a des retombées significatives sur la région, emplois, commerces et taxes.Quant à la qualité des jobines, c'est pas pire que tous les programmes de réinsertions en emploi créés depuis vingt ans par les gouvernements péquistes et libéraux qui se sont succédé à Québec.Ce qui me désole, c'est que le gouvernement actuel s'est fait élire en promettant d'abolir ce type de subvention issue du «modèle québécois» inventé par le PQ.Et après on se questionne sur l'origine du cynisme des Québécois face à la politique qui se pratique dans leur belle province ! Pierre Morin Écrivez-nous ! Le Couac publie les courts commentaires de ses lecteurs.Le courrier électronique demeure la meilleure façon de nous joindre (texte@lecouac.org).Sinon, une disquette par courrier postal: Le Couac, CP.222 Suce.D, Montréal (Québec) H3K 3G5.Le Couac c.p.222 suce.D, Montréal, Québec, H3K 3G5 Téléphone: (514) 596-1017 Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau Co-Rédacteurs en chef: Bruno Dubuc, David Ledoyen, Marco Sllvestro Collaborateurs: Normand Baillargeon, Pierre de Bellefeuille, Jacques Bouchard, Claude G.Charron, Andrée Desharnais, Francis Dupuis-Déri, Martin Petit, Michel Rioux, Chantai Santerre, Mohamed Smith-Gagnon, Valentin Tardi, Simon Tremblay-Pepin, Pierre Vadeboncœur, Ramon Vitesse.Illustrations: Simon Banville, Bobidoche, Boris, Charlotte, Dolbec, Luc Giard, Kérozen, Serge Ferrand, Sniper, Stefan, Richard Suicide, Ramon Vitesse.Graphisme : France Mercier, Charlotte Lambert Nous remercions chaleureusement Charlie Hebdo et Le Rire (France) et Le tournai du jeudi (Burkina Faso) pour leur collaboration.Abonnement et publicité: lecouactsVif.com (514) 596-1017.ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec Tomàs Jensen et les Faux-Monnayeurs Suite de la page 1 Et qu'en est-il des moments de folie, de totale liberté musicale et vocale, qu'ils introduisent dans quelques chansons, dont Les Milliardaires?« C'est vraiment en show qu'on prend notre pied Dans la notion d'improvisation il y a un jeu avec le public, un échange.Le public, par ses réactions, participe à la création de la musique, même sans s'en rendre compte.Pour moi c'est une expérience extraordinaire et je suis très content de cela », ajoute Tomàs.« En spectacle, à travers nos moments de liberté, nos moments de folie, les gens peuvent avoir accès à des bouts de nous autres qui sont vrais.T'as pas le choix |de te révéler] quand tu es sur scène et que tu improvises», renchérit Philippe.En définitive, le groupe apparaît comme une bande de passionnés de musique et d'arrangements hétéroclites provenant de divers horizons musicaux.Il faut voir Nemo bidouiller pendant un moment pour tenter de faire sortir toutes sortes de sons de sa guitare basse.Pierre-Emmanuel évoque avec enthousiasme leur participation à un festival expérimental où ils ont pu s'éclater.Philippe rajoute: «On retrouve ça aussi dans nos collaborations avec d'autres artistes.Ça permet d'expérimenter».Une tournée québécoise est prévue à partir de la mi-janvier 2005.Le Gala du Couac sera donc la seule occasion pour les fans montréalais d'entendre Tomàs lensen et les Faux-Monnayeurs en 2004.Ce sera le moment de danser et de chanter la satire à pleins poumons.Le groupe est prêt, il a répété et affiné ses chansons tout l'été.Venez fêter avec nous ! On vous attend ! SOUTENEZ LA PRESSE INDEPENDANTE ! ABONNEZ-VOUS! La presse indépendante est sur les dents! Elle a décidé de s'unir pour mieux résister à l'hégémonie de la presse commerciale.N'attendez pas que les poules aient des dents et abonnez-vous à un second, voire à un troisième journal indépendant! Ils ont tous une dent contre la bêtise et se complètent si bien.L'auf journal est un mensuel indépendantiste et progressiste pour qui «Informer, c'est mordre à l'os tant qu'il y reste de quoi ronger».(Jacques Guayl ?Un an 30 $ ou soutien $ ?Deux ans 45 $ ou soutien $ Nom Adresse Faites votre chèque à l'ordre de L'aut'journal Code postal Tél.: 3575, Saint-Laurent, bur.117, Courriel Montréal H2X 2T7 POUR S'ABONNER Par téléphone: (514) 596-1017 Par la poste : Le Couac CP.222 Suce.D, MONTRÉAL (Québec) H3K 3G5 Adressez votre chèque à : Le Couac.• Abonnement d'un an: 30,42$ + taxes = 35,00$ • Abonnement de deux ans: 52,15$ + taxes = 60,00$ • Abonnement institutionnel et de soutien: 52,15$ + taxes = 60,00$ • Abonnement de groupe d'un an (10 copies par parution) : 225,98$ + taxes = 260,00$ • Abonnement d'un an à l'étranger: 43,46$ + taxes = 50,00$ Nom Adresse Code postal Courriel_ Téléphone NATIONAL Le sens de l'histoire Ainsi donc, en Floride, Ralph Nader sera à nouveau candidat aux présidentielles grâce à une Cour suprême aux ordres d'un autre Bush, à des militants de groupuscules d'extrême-droite qui ont fait campagne pour réunir les signatures nécessaires à sa candidature et à un avocat spécialisé en ces matières — oui, celui-là même ayant plaidé en 2000 pour un George W.Bush qui, au terme de magouilles déshonorantes, avait finalement obtenu les 12 votes du collège électoral qui le catapultèrent à la présidence.Pas besoin d'être grand analyste pour comprendre cette sollicitude suspecte : en obtenant 97 000 voix en Floride aux dernières élections, Nader nous a fait cadeau de W.qui, selon la version officielle bien sûr, en aurait finalement recueilli quelques centaines de plus que Al Gore.La même fin de semaine, un parti d'extrême-droite faisait pour la première fois élire des représentants dans le lànder de Saxe, en Allemagne.On s'en est fort ému dans le coin, autant qu'on s'inquiète en France de voir le Front national rafler des votes autrefois garantis au Parti communiste.Au même moment, il y eut des élections partielles au Québec.Élections fort révélatrices et à plusieurs égards pleines d'enseignements.Ainsi, la confirmation a été faite d'un problème d'eau potable dans Québec et sa banlieue.Qui a oublié le suicide collectif qu'un fou du nom de lones avait provoqué dans une île des Antilles, il y a de cela bien des années ?Les quelque mille suicidés avaient tous avalé une espèce de Kool-Aid empoisonné.Dans Vanier, c'est Jeff Fillion et le canal d'égout CHOI qui ont aimablement fourni le poison, favorisant de la sorte l'élection du candidat de l'ADQ.Pour gagner ce comté, Mario Dumont a vendu son âme au diable et cette victoire n'a été acquise qu'au prix d'une crédibilité désormais en chute libre vers le niveau zéro.Aurait-on oublié le sens premier du mot démagogie?«Politique par laquelle on flatte, excite, exploite les passions des masses.» À Montréal, ce même parti s'est classé en dernière place dans les trois élections, devancé même dans Gouin et Laurier-Dorion par l'UFP.Moins de 5 pour cent pour le petit Mario.Curieux d'ailleurs de voir en page A-3 de La Presse un tableau des résultats dont était totalement absente cette formation de gauche.Il y a quelques années, André Arthur avait dû plier bagage et retourner à Québec, la greffe de la radio poubelle ne prenant pas à Montréal.Idem pour l'ADQ, dont l'aire d'influence semble se concentrer dans les anciennes régions créditistes et dans cette espèce de zone sinistrée qu'est devenue la ville de Québec.Visiblement, à Québec, ce qui porte un tant soit peu les valeurs de gauche n'est pas à la mode.Dans Vanier, l'UFP n'a pas fait 1 % et le PQ s'est classé troisième.Mais en remportant le comté de Laurier-Dorion, habité par une majorité de non-francophones, le PQ a peut-être ouvert une fenêtre par laquelle un peu d'air frais pourra entrer.Par ailleurs, même si on peut estimer honorables les résultats de 8 % et de 5 % obtenus par l'UFP dans deux comtés montréalais, force est de constater que dans l'état actuel du mode de scrutin, cela ne fera jamais des enfants ben ben forts.Et lean Charest?Deux comtés perdus, quelques jours après un retour triomphal d'Ottawa.De quoi avoir encore davantage envie d'y retourner.Les élections, on le voit, sont souvent des boîtes à surprises.Mais à moins d'adopter le système géniocratique de Raël, où seuls les gens intelligents peuvent voter, il semble bien qu'il faille faire avec.MICHEL RIOUX Las Miravegas Des investisseurs ÉTATSUNiENS ont annoncé un projet faramineux devant lequel le maire de Mirabel, Hubert Meilleur, est béat d'admiration.Le projet s'appelle «Lac Mirabel ».Las Miravegas conviendrait mieux, lugez plutôt.Selon les journaux du 16 septembre, le projet comporte trois volets dans un site de verdure autour d'un lac artificiel, sur 1,3 million de mètres carrés, le long de l'autoroute 15, quelque part entre Boisbriand et Saint-Ianvier.On y trouvera un immense aquarium couvert avec vingt mille espèces de poissons, y compris des requins, un village pour enfants baptisé d'un nom américanogrec, «kidstropolis», et un gigantesque centre commercial.Les promoteurs ne cachent pas que Las Vegas figure parmi leurs modèles.Il s'agit, paraît-il, d'un projet «touristique».C'est en réalité de l'antitourisme.Il y a près d'un million de lacs au Québec.On s'en fiche.On en creuse un artificiel.Il y a une foule d'animaux aquatiques au Québec, mais pas de requins.Tant pis, c'est le règne du toc et du dollar.L'important, c'est le centre commercial.Comme de raison, on invoque la création d'emplois pour tenter de justifier ce projet insultant.Mirabel n'est décidément pas né sous une bonne étoile.La municipalité a été créée autour d'un aéroport qui devait être « la porte d'entrée en Amérique du Nord».Ce n'est plus qu'un gigantesque fantôme, victime d'un PPP (partenariat public-privé) appelé Aéroports de Montréal qui a cédé aux pressions d'Air Canada et d'autres intérêts qui favorisaient plutôt Toronto.Au fait, les promoteurs de Las Miravegas devraient eux aussi s'orienter ailleurs.PIERRE DE BELLEFEUILLE Le Couac, octobre 2004, page 3 Les lendemains ne chanteront guère Le «fédéralisme asvmétrioue» bricolé par Jean Charest aura sans doute apporté quelques votes de plus aux candidats libéraux des quatre partielles.Mais il n'a pas mis un seul dollar de plus dans les caisses presque vides de notre régime public de santé.Son seul effet touche les comptes que les provinces devront rendre à Ottawa.Il n'a aucune valeur constitutionnelle.Plutôt que d'annoncer un retrait du fédéral de ce domaine de compétence exclusive des provinces, il ajoute plusieurs grosses pierres solides à l'édifice de l'intrusion du gouvernement central.La question de savoir si le Québec est ou n'est pas une province comme les autres fascine nos fédéralistes, qui accordaient la plus grande importance aux défunts accords du lac Meech et de Charlottetown.Selon le vocabulaire de Charest, le fédéralisme était resté «symétrique».Pour les premiers ministres des autres provinces, ce qui comptait, à cette conférence d'Ottawa convoquée par Paul Martin, c'était les milliards de dollars, et non pas les fantasmes hiérarchiques du Québec.C'est pourquoi ils se sont mis un doigt dans l'œil en appuyant Charest.Il est évident que le ROC (rest of Canada) n'est pas d'accord.Pour s'en rendre compte, on n'a qu'à consulter les journaux du ROC, National Post en tête.Quant à lui, Roy Romanow n'a pas mâché ses mots en dénonçant cette «asymétrie».Romanow, ce n'est pas seulement le président de la commission qui a fait enquête sur le régime de santé, dont le rapport est à la base de la politique adoptée par Paul Martin.C'est aussi un ancien premier ministre de la Saskatchewan qui, auparavant, avait été le bras droit de Jean Chrétien dans les manœuvres constitutionnelles de 1981 qui ont mené à ce qu'on a appelé «la nuit des longs couteaux» et à la déroute du Québec.Le ROC n'en démordra pas : le Québec est une province comme les autres.Cela a peu d'importance La vraie question, c'est à savoir si le Québec doit être une province, territoire des vaincus, ou un pays libre.Laroche canadienne Après avoir tant bourdonné Pour en extraire le suc Le fameux accord asumétruc Va remettre en santé Un Canada malade Avant qu'il se dégrade Marcel Séguin Un dernier mot à propos des félicitations que Jacques Pari-zeau a adressées à Charest.Il aurait pu se taire.Il est vrai que le chef libéral a été habile, mais la politique n'est pas un sport.C'est la substance qui compte, et non pas la performance.PIERRE DE BELLEFEUILLE te otmc enfin.(& (JUS P6 L'Union paysanne dénonce le tape-à~l'œil de l'UPA Entre le rêve et la réalité Dimanche le 12 septembre dernier, à 9 heures du matin, je me suis rendu devant les bureaux de l'Union des producteurs agricoles (UPA), à Longueuil, où avait lieu une journée «portes ouvertes».L'Union paysanne, qui dénonce le modèle agricole industriel mis en avant par l'UPA, y tenait une contre-manifestation réclamant le droit et les moyens de promouvoir une agriculture paysanne.Mais 9 heures le dimanche matin, c'était bien tôt pour un gars qui avait fait le party la veille.Et dans cet état de somnolence éthylique que l'on appelle communément les vapes, toutes sortes de flashs hallucinatoires peuvent vous assaillir.J'allais en être victime abondamment durant cette manifestation.Le premier flash m'est venu en comprenant petit à petit que ce n'était pas avec les fermettes sympathiques présentées dans cette foire que l'UPA, avec l'aide de ses syndicats affiliés, gérait des sommes dépassant les 4 milliards de dol- L Un flash: les rangées d'arbres laissées debout par les compagnies forestières le long des routes alors que derrière, c'est la coupe à blanc à perte de vue Puis le second flash m'est venu en voyant défiler docilement les centaines de personnes déversées par des dizaines d'autobus scolaires en provenance de toutes les régions du Québec.Ces gens étaient contenus sur le trottoir par des agents de sécurité qui les faisaient rentrer plus loin sur le site de l'exposition Un flash: des cochons eritassés-*tens un van se font sortir à coup de chocs électriques pour s'acheminer à la qireue leu leu vers une usine à jambon.Dociles, soumis, quelques individus du troupeau prenaient parfois distraitement les tracts distribués par les militants de l'Union paysanne sans les lire.Et pourtant, dieu sait qu'ils y auraient appris des choses intéressantes.Comme par exemple que c'est depuis 1972 qu'une loi donne à l'UPA un monopole syndical en agriculture au Québec.Bien sûr, les agriculteurs ne sont pas obligés d'être membres de l'UPA.Mais ils sont obligés de payer une cotisation de plus de 250 $ par propriétaire d'entreprise, ce qui revient exactement au même, tout en privant par le fait même toute autre éventuelle organisation de financement.Et comme l'UPA contrôle tout le secteur agricole, quiconque s'y oppose se voit isolé, dénigré et intimidé.C'est le cas du propriétaire de cette ferme de la Gaspésie, pourtant reconnue pour la qualité de ses produits du terroir, qui a été exclu de l'opération portes ouvertes du 12 septembre.Son crime?Avoir pris sa carte de membre de l'Union paysanftej^ Un flash: la mafia n'oblige p^rsonnejwje'n-trer dans ses rangs.Mais si tu paies pas le monsieur qui passe de temps, en temps, c'est drôle comment les risques d'incendies de ton commerce augmentent.Ce monopole syndical dans le secteur agricole est unique au Québec.On ne le retrouve nulle part ailleurs au Canada ou à l'étranger.Et pour cause : cette loi brime carrément la liberté d'association telle que garantie par la Déclaration des Droits de l'homme des Nation unies.Que dit cette déclaration, symbole de la modernité?Que nul ne peut être obligé de faire partie d'une association (Article 20-2) et que toute personne a le droit de fonder avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts (Article 23-4)>J'r Un flash: le Québec de la fin des années quarante.une gang de peintres avant-gardistes qui enjDr\t rrtâtte de Duplessis .un joli petit texte intitulé Le Refus global.Et qu'arrive-t-il si un agriculteur refuse de payer sa cotisation forcée?Généralement, il sera poursuivi par l'UPA avec une pénalité de 18 % d'intérêt, et ce, même jusqu'à 20 ans en arrière.Plus de 5000 agriculteurs qui avaient décidé de résister à ce monopole ont ainsi été poursuivis au cours des vingt dernières années.Ce qui montre en passant que les agriculteurs sont loin d'être un bloc monolithique et ont plutôt des sensibilités et des intérêts très divergents.Comme le scandait inlassablement une militante de l'Union paysanne à l'entrée de cette foire agricole: «Ce que vous allez voir n'est pas la réalité : l'UPA vous montre ici de belles petites fermes familiales mais prend des décisions qui les tuent le reste de l'année.» 5*''% Un flash: ce petit bijou d'animation intitulé The Meatrix (http://www.themeatrix corn/) qui transpose l'univers virtuel du film The Matrix dans celui des porcheries industrielles.Le personnage de Morpheus y est alors incarné dans la peau d'une vache qui offre à un cochon croyant vivre sur une petite ferme familiale (superbe Keanu Reeve) l'opportunité de découvrir ce qu'est «The Meatrix».S'il veut savoir, il doit ingurgiter une pilule rouge, s'il veut rester dans l'illusion, il doit prendre la bleue.Keanu le cochon choisit la rouge et se retrouve dans une porcherie industrielle qui s'étend à l'infini.« Welcome to the real world », lui susurre alors Morpheus la vache.J'aurais aimé avoir un camion de pilules rouges en ce matinal dimanche de septembre.Et peut-être aussi une aspirine pour le mal de bloc.BRUNO DUBUC Le Couac, octobre 2004, page 4 NATIONAL Le show de tévé-réalité des premiers ministres Serait-ce un nouveau moyen de relancer la télé parlementaire?Avec cette formule, on peut éliminer tous les sièges vides, les députés qui dorment, ceux qui lisent leur journal, ceux qui se jouent dans le nez.Serait-ce le début de la politique-réalité, celle qui est vrai?Contrairement à l'autre, la vraie, qui était fausse?Le tout commandité par Coca-cola.La vie en commune Les premiers ministres ne s'entendent pas sur la vie dans le loft.11 semblerait que Patapouf pue des pieds, que Paul Martin ne fait pas sa vaisselle tandis que Ralph Klein s'est tiré en apportant la majorité des meubles.Élimination Les premiers résultats BBM de la conférence des premiers ministres sont formels: les spectateurs ont décidé d'éliminer tous les concurrents et de retourner regarder le hockey et Virginie.Trafic d'organes On apprend que toute l'équipe du Journal de Montréal se passe le seul cerveau disponible dans la rédaction.Ce n'est plus du travail d'équipe, c'est un esprit pour toute l'équipe.Autocritique Poussant une fois de plus sa complainte de phoque au sujet du malheur d'être homme au Québec l'omniprésent médiatique Richard Martineau écrivait dans Voir (26-08) «Partout, à la radio, dans les journaux et à la télé, l'homme est dépeint comme un cave, un zouf, un idiot.Lhomme tata fait maintenant partie intégrante de notre paysage culturel.Il est tellement présent qu'on ne s'en offusque même plus.Si Richard Martineau n'était pas lui même partout a la radio à la télé et dans les journaux et magazines, l'homme aurait 1 air moins idiot.*~ ¦ « Opération bidon et jugement Le juge Evasio Massignani, de la cour municipale de Montréal, a acquitté le 23 septembre la centaine de manifestants qui avaient contesté leur arrestation et la contravention qu'ils avaient reçue, le 26 avril 2002, alors qu'ils étaient rassemblés au carré Dominion, à Montréal, dans l'espoir de manifester contre une réunion des ministres du travail du G8.La manifestation n'avait pas eu lieu, les policiers ayant encerclé et arrêté toutes les personnes présentes quelques minutes avant le départ du défilé.Les policiers avaient justifié leur opération en disant qu'ils avaient repéré dans la foule un bidon d'essence (qu'ils n'ont pas saisi et qui n'a jamais été retrouvé.), en précisant que plusieurs personnes avaient des sacs à dos qui paraissaient « lourds» et en s'inquiétant de voir des manifestants en apparence «anarchistes».Suite à l'arrestation de masse, le porte-parole de la police, André Durocher, avait brandi devant les caméras des bouteilles de plastique qui étaient, selon lui, des «cocktails Molotovs» (en réalité, une telle arme doit être fabriquée avec une bouteille de VERRE, pour qu'elle puisse exploser.).Ces cocktails Durocher n'avait pour objectif que d'enflamer l'opinion publique contre les «anarchistes», et donc de justifier la répression et cette opération bidon.Selon le juge, l'événement semblait pacifique, il n'y a eu aucune perturbation de la paix, et il n'y avait ni geste ni paroles qui laissaient croire qu'il y aurait perturbation.Et tout le monde a été jugé non coupable.Reste à savoir pourquoi, dans un « État de droit », les policiers se donnent la permission d'arrêter des centaines de personnes avant même le début d'une manifestation.FDD « Robert Gillet reprend le micro» Le micro porte plainte pour attouchements.Guerre des gangs Guerre des gangs à Montréal pour le contrôle du territoire.Peter Trent et Pierre Bourque nient toute implication.Masculinistes Le président du lobby antiféministe déclare : « La prise d'otages à l'école de Bes-lan en Russie par des terroristes tchét-chènes a été un fiasco.Ce ne serait pas arrivé si les garçons n'étaient pas mélangés avec les filles, et s'il y avait plus d'heures d'éducation physique pour les gars.» « Les "affaires" du capitalisme ne peuvent plus se réaliser sans qu'il y ait un recours à la brutalité.» Certains pensent que, «oui c'est possible!», mais un p'tit coup d'oeil à leur livres de comptabilité les convaincraient du contraire! » - Bertold Brecht INTERNATIONAL La santé du secteur privé : des coûts inutilement élevés Les défenseurs de la privatisation des services de santé avancent souvent que le privé serait en mesure d'offrir les mêmes soins à meilleurs coûts.Or, de récentes publications contredisent cet argument et démontrent que le secteur privé utilise plusieurs stratégies douteuses afin de maximiser ses profits, parfois au détriment de la santé.Une étude récente évalue les coûts des soins de santé dans des établissements privés à but lucratif aux États-Unis1.Les résultats de cette importante étude, réalisée auprès de 350 000 patients, démontrent que les soins de santé en hôpital privé à but lucratif coûtent en moyenne 19 % de plus que dans un hôpital privé sans but lucratif.Les impacts de cette marge supplémentaire sur les prix exigés sont nombreux.Premièrement, «grâce» au secteur privé, les éta-suniens ont payé 6 milliards SUS de plus en 2001 pour des soins de santé privés dans des hôpitaux à but lucratif sur des dépenses totales de 37 milliards $US.C'est donc dire que ces dépenses auraient totalisé 31 milliards $US si elles avaient été engagées dans un hôpital privé sans but lucratif — et probablement encore moins dans un hôpital public.Deuxièmement, parce que les frais totaux sont plus élevés de 19 %, les primes d'assurance sont ajustées annuellement afin de couvrir ces coûts excédentaires.Les profits exigés par les hôpitaux à but lucratif et ceux encaissés par les compagnies d'assurance sont donc tirés directement des poches des consommateurs de soins de santé.La capacité de payer des gens n'étant pas illimitée, il est clair que ces facteurs contribuent à réduire l'accessibilité à un service essentiel.Cette surcharge a des impacts sur les gens pauvres et ceux de la classe moyenne qui ne possèdent pas de couverture d'assurance santé, ainsi que sur ceux qui n'ont pas les moyens de se payer une couverture complète.Ceux qui bouclent leur budget de peine et de misère en se payant une couverture complète sont également touchés par une telle dynamique.Selon une autre étude récente2, 43 millions de personnes n'ont aucune couverture d'assurance santé aux États-Unis, soit 17 % de la population de moins de 65 ans.Depuis plusieurs années, ce nombre ne cesse de croître.L'objectif de maximisation des profits des hôpitaux privés à but lucratif cause également d'autres problèmes qu'on ne peut ignorer.Voici deux exemples significatifs: Columbia/HCA, la plus grande entreprise privée à but lucratif d'hôpitaux éta-suniens, a dû payer 1,7 milliards $US au gouvernement à titre de règlement relativement à des actes de fraude, des paiements de ristournes à des médecins et de surfacturation au système Medicare.Dans les années 1980, la firme Tenet - la deuxième plus grande firme d'hôpitaux privés étasuniens -, alors qu'elle portait le nom de NME, a également dû payer plus d'un demi milliard $US à titre de règlement relativement à une histoire de ristournes liées à des références non justifiées et des détentions inappropriées de patients en institutions psychiatriques, simplement dans le but de remplir des lits qui auraient été vides sans cette «clientèle».Des allégations récentes révèlent que la compagnie aurait aussi procédé à des interventions médicales non justifiées sur des patients en parfaite santé ainsi qu'à des diagnostics exagérés, exploitant des trous dans les règles du système Medicare afin d'encaisser des centaines de millions $US en paiements non justifiés.De plus, cela permettait à des médecins d'arborer une fiche de rendement supérieure, tant au niveau de la guérison que de l'efficacité des traitements donnés aux patients.Ces exemples nous démontrent clairement que le secteur privé est prêt à utiliser toutes sortes de stratégies afin de maximiser ses profits et ce, même au détriment de la collectivité, des patients et des finances publiques.Rémunération de la haute direction En observant la rémunération des dirigeants, un facteur important de l'explosion des coûts des services de santé à but lucratif, nous pouvons constater qu'elle n'a rien à voir avec les résultats obtenus par ceux-ci.Par exemple, lorsque le PDG de Columbia/HCA a remis sa démission relativement à l'ouverture d'une enquête pour fraude, l'entreprise lui a remis une prime de départ de 10 millions $US et un lot d'actions totalisant 324 millions $US.Moins chanceux, le PDG de Tenet a pu exercer des options d'achat d'actions totalisant 111 millions $, peu de temps avant d'être forcé de démissionner, en 2003.Le PDG de la compagnie HealthSouth -le principal joueur dans le domaine des soins de réhabilitation - a encaissé 112 millions $US en rémunération en 2002, un an avant qu'il ne soit mis en accusation dans une affaire de fraude.Au niveau comptable, la rémunération des dirigeants entre dans les frais généraux des organisations.Que ce soit dans les hôpitaux privés à but lucratif ou chez les assureurs privés, les chercheurs ont remarqué un tendance nette d'augmentation des frais généraux par rapport aux coûts totaux.Alors que les frais généraux du régime de santé public Afin d'augmenter leurs profits, des hôpitaux privés et des médecins ne se gênent pas pour frauder l'État et opérer des patients qui ne sont pas malades.canadien atteignent généralement 1 % des coûts totaux, ils totalisent 3 % au sein du système public étasunien, 13 % dans le privé sans but lucratif et 19 % dans le secteur privé à but lucratif.Cette importante différence est un effet de la rémunération démesurée des dirigeants dans le secteur privé.Dans le public et dans le privé sans but lucratif, la rémunération des PDG est d'environ 20 fois celle des salariés au plus bas échelon, tandis que dans le secteur privé à but lucratif, le rapport est de 180 fois plus élevé que l'échelon salarial le plus bas.Il faut également préciser que dans le secteur privé à but lucratif, l'échelon salarial le plus bas se situe encore plus bas que celui des secteurs sans but lucratif.Les chercheurs concluent que la politique salariale du secteur privé exerce un transfert d'argent des employés à bas salaire - principalement des femmes - vers la haute direction.Alors que le secteur public cherche à répondre adéquatement à des besoins essentiels et devrait mettre tout en oeuvre afin d'y arriver, le secteur privé ne vise qu'un but, c'est-à-dire maximiser ses profits par tous les moyens possibles.Cette dynamique impose entre autres une maximisation des revenus, donc des coûts exigés aux patients et aux gouvernements.Il est donc erroné d'avancer que les soins de santé privés dans un établissement à but lucratif coûtent moins cher que ceux offerts par le secteur public.Martin Petit IRIS petit@iris-recherche.qc.ca http ://www.iris-recherche.qc.ca 1 Devereaux, P| et ai, « Payments for care at private for-profit and private not-for-profit hospitals: a systematic review and meta-analysis » et Woolhandler, S.et Himmelstein, D.U., «The high costs of for-profit care», Canadian Médecine Association lournal, juin 2004, vol.170 no.12.2 « Insuring America's Health: Principles and Recommendations*, collectif, The Institute Of Medicine of The National Academies, janvier 2004. INTERNATIONAL Cela mentait de partout If Al PU SUIVRE UNE PARTIE DU CONGRÈS du parti républicain à la télévision anglophone.Hallucinant spectacle évidemment réalisé pour doper l'électorat.le n'avais jamais rien vu de pareil.Insoutenable de fausseté démagogique et de nationalisme impérialiste.Méga-show monté avec une rare précision.Des psychologues du conditionnement des masses avaient sans doute étroitement collaboré.Cela mentait de partout.Par le ton, par le fond.Par une sentimentalité patriotique infecte et visiblement calculée.Par l'exaltation, également calculée et triomphale, de la force et de la domination.Or, c'est étonnant, les jours suivants, dans les médias, il y a eu très peu de réactions devant ce phénomène.La surprise, une surprise scandalisée, ne s'exprimait nulle part, du moins d'après ce que j'ai pu voir.On ne se rend donc pas compte?On ne sait pas lire les signes?Ils sont pourtant éloquents.Ils annoncent des lendemains fort inquiétants.Des psychologues du conditionnement des masses avaient sans doute étroitement collaboré.Ces signes multipliés ne vous rappellent rien?La volonté de puissance.La supériorité absolue des armes et leur développement continu et systématique.Le militarisme.Le nationalisme exacerbé.Une politique de conquêtes successives.Cela ne vous évoque rien dans le passé?Et puis, de même, le mépris du droit international.Les violations croissantes du droit tout court.Le mépris pour l'ONU.L'arrogance.Le mensonge, constant, éhonté.Un sens aigu du spectacle politique visant les masses non cependant par des parades militaires mais par des moyens d'aujourd'hui, c'est-à-dire par la désinformation, les messages et les publicités télévisés, les discours emphatiques de congrès diffusés dans des millions de foyers.Reprenez ces points l'un après l'autre.Excusez-moi, mais ce qui s'annonce là, chez les républicains, c'est le fascisme.Et le mot est faible.PIERRE VADEBONCOEUR Scandale en Des inspecteurs électoraux ont trouvé tous les personnages de Walt Disney World inscrits sur la liste électorale.Guantanamo Rien de nouveau.Militarisme démocrate Les partisans démocrates aux États-Unis se réjouissent que leur candidat John Kerry ait été un vaillant soldat au Vietnam et s'insurgent que George W.Bush n'ait pas effectué scrupuleusement son service militaire.Et la paix dans tout ça?Femmes kamikazes Elles vont directement au paradis, où Allah les récompense en leur offrant un unique homme, dont elles doivent s'occuper seulement une fois tous les 72 jours.La sainte paix.Chez tous les bons libraires En prévision de sa réélection du 2 novembre prochain, les éditions Québec-Livres, propriété de Québécor, sont fières de vous annoncer la publication de la nouvelle biographie de Bush qui aura pour titre Occupation double.Et si le Québec était au Brésil De notre correspondant à Porto Alegre Si le Québec était au Brésil, nous serions en élection municipale.La campagne électorale durerait six mois.Le vote serait obligatoire.Ceux qui s'abstiendraient de voter ne pourraient pas obtenir de passeport, auraient des problèmes à ouvrir des comptes bancaires et plein d'autres désagréments.Le vote blanc ou l'annulation seraient cependant permis.Systématiquement tous les poteaux seraient couverts de pancartes, non seulement pour les candidats à la mairie, mais aussi pour les conseillers municipaux.Les terre-pleins des routes et autoroutes auraient leurs affiches autoportantes, les murs des édifices seraient peints aux couleurs primaires des partis, même les garde-fous et clôtures auraient le moyen de devenir partisans.Ces affiches mentionneraient deux choses: un nom et un numéro.En effet, le Québec aurait la chance de bénéficier du système de votation le plus perfectionné du monde qui permet la votation électronique de tous les Brésiliens.Vous entrez le numéro du candidat, sa photo apparaît et vous confirmez votre vote.Comme l'a déjà dit un ancien président de la république : «Aussi simple que même une ménagère peut s'en servir».Les partis politiques municipaux seraient les mêmes que les partis provinciaux (Tremblay devrait clairement s'afficher comme libéral et Bourque comme adéquiste.Au moins il y aurait un lien plus clair dans la tête des électeurs).Chaque candidat aurait sa chanson.Généralement le refrain serait son nom/prénom/surnom répété inlassablement.Des camions se promèneraient dans toutes les rues en dispersant cette joyeuse mélodie à qui veut bien — et à qui ne veut pas — l'entendre.Chaque jour, à midi et à 20 h, la télévision arrêterait ses programmes (tous les postes, même Musique Plus) pour passer une heure de publicité électorale.Les conseillers municipaux comme les candidats à la mairie auraient droit de parole.Ils diraient tous sensiblement la même chose: «Votez pour moi, mon numéro est.» Aux coins des principales artères, quelques dizaines de militants avec des drapeaux attendraient les feux rouges pour se mettre devant les voitures et agiter leurs bannières.Dans la rue, tous les jours, on vous offrirait des tracts, papiers, autocollants de votre candidat préféré, souriant et arborant fièrement son numéro.Des convois automobiles seraient organisés pour faire le tour de la ville, des cinquantaines de voitures une derrière l'autre, que leurs conducteurs n'utilisent que pour afficher les couleurs de leur candidat, agiter des drapeaux, crier et jouer leur musique.Je ne saurais dire combien d'écolos s'immoleraient par le feu devant une telle pratique, car il n'y en a à peu près pas à Porto Alegre (le Parti Vert s'est associé à la droite et ne dit rien de la campagne).Dans les fêtes, marchés, places et parcs publics les candidats auraient des stands pour que leur (immense) équipe de bénévoles rencontre et discute avec le public.Imaginez la place d'Youville ou l'entrée du métro Mont-Royal, remplies de partisans qui crient, chantent, et parlent dans des porte-voix.La démocratie ne serait pas reposante tous les jours.Elle aurait, aussi, cet air démagogique qui fait tant peur aux amateurs du calme tyrannique (de Platon jusqu'aux élitistes d'aujourd'hui).Elle ne serait pas toujours brillante, pas toujours jolie ni inventive, mais elle aurait l'avantage d'exister et de faire partie du quotidien des gens.On en parlerait dans les cafés, dans les restaurants et avec des inconnus.Le système ne serait pas parfait et il faudrait l'améliorer, mais au moins les élections municipales ne passeraient pas inaperçues comme c'est trop souvent le cas chez nous.SIMON TREMBLAY-PEPIN Le Couac, octobre 2004, page 5 Confit d'intérêts Le Crocodile La fortune personnelle de George Soros (voir Le Couac 9-04 Le père Noël de John Kerry est-il une ordure?)1 est évaluée à 7 milliards $ US.Cela le place en 28e position sur la liste Forbes des personnes les plus riches des États-Unis.Soros est surtout connu pour spéculer sur les devises avec des fonds spéculatifs (hedge funds).Une combine qu'il a mise au point dans les années 1960 après avoir découvert qu'il pouvait faire d'énormes profits en déplaçant des fortunes d'un pays à l'autre.Les fonds spéculatifs s'adressent aux individus très riches.Ils permettent de tirer parti des déficiences des marchés financiers en menant des «opérations profitant des zones grises dans les lois fiscales, là ou les contrôles sont inexistants et la manceuvrabilité est grande.» (The New Yorker 23-1-1995).Les fonds de couverture ont aussi la réputation de servir au blanchiment d'argent.Le Quantum Group de Soros est enregistré dans l'île de Curaçao, un paradis fiscal des Antilles Néerlandaises réputé pour le blanchiment des profits des trafiquants de drogue des pays d'Amérique Latine.Soros devint célèbre du jour au lendemain en septembre 1992, en tant que « l'homme qui fit sauter la Banque d'Angleterre ».Convaincu que la Banque d'Angleterre dévaluerait la livre sterling sous la pression, il spécula agressivement contre celle-ci, en échangeant pour des marks allemands, dix milliards de livres empruntées sur le marché anglais.Quand la livre s'est effondrée, Soros a remboursé ses emprunts en livres sterling dévaluées et empoché un profit de 1,1 milliard de $.La même année, Soros s'est attaqué à la lire italienne, la dévaluation engendra une vente de feu des propriétés d'État.Soros s'est aussi attaqué aux monnaies de l'Argentine, de la Malaisie, de l'Indonésie, des Philippines et de Taïwan, causant ravages économiques et privatisations massives, partout où il passe.Il s'empresse alors de racheter à une fraction de leur valeur, les infrastructures, les ressources naturelles et les services publics ainsi «privatisés».Depuis 1979, Soros s'est impliqué en politique par l'entremise de ses fondations «philanthropiques», qu'il décrit comme «une intéressante combine fiscale» (Wa(( Street (ournal 3-3).Ces fondations sont établies dans plus de 50 pays sur les cinq continents.Leur «mission»; «transformer les sociétés fermées en sociétés ouvertes et protéger les valeurs des sociétés ouvertes |.| en définissant les politiques gouvernementales et en soutenant l'éducation, les médias, la santé publique, les droits humains, les droits des femmes, aussi bien que les réformes sociales, légales et économiques.» (Open society Institute www.soros.org) Vaste programme! Des gens plus pragmatiques croient que les fondations de Soros lui servent plutôt à installer ses poulains aux postes stratégiques des gouvernements qui privatisent les infrastructures industrielles et les ressources naturelles, sous les pressions du FMI, de l'OMC et de la Banque Mondiale : « l'Axe du Mal capitaliste », selon Ignacio Ramonet du Monde diplomatique.Les fondations de Soros seraient en partie responsables de la destruction du socialisme en Europe de l'Est et dans l'ancienne URSS.Soros a financé les dissidents de I'ex-URSS et ses pays satellites, dont Solidarité, Andrei Sakarov et Vaclav Havel: la «gauche» tournée vers l'Ouest.Et aussi la droite néolibérale, par la publication des écrits des défenseurs de la « liberté » du marché et des promoteurs de la mondialisation capitaliste.Les fondations « philantropiques » de George Soros y ont fait ouvertement le travail que la CIA avait l'habitude de faire en secret.Son réseau d'oeuvres «philanthropiques» y dépense environ 450 millions $ par année.« En 1993-94, il fournit à lui seul la moitié du budget russe pour la recherche fondamentale, il se substitue à un gouvernement qui ne peut plus payer ses chercheurs, espérant ainsi enrayer la fuite des cerveaux russes.» (Le Nouvel Observateur 3-10-02) Soros aurait cultivé avant tout ses propres intérêts en s'assurant les droits sur des milliers de découvertes scientifiques et nouvelles technologies russes.Il a si bien réussi à enrayer la fuite des cerveaux favorables à sa cause en Russie et en Europe Centrale, que ceux-ci ont accédé aux postes décisionnels des nouveaux gouvernements « démocratiques » en devenant les artisans de la privation.Et Oncle George a été un des principaux bénéficiaires de « l'ouverture des marchés».Charité bien ordonnée commence par soi-même, dit le dicton.Ceci n'a jamais été aussi vrai qu'avec les fondations « philanthropiques » capitalistes.Les actions «philantropiques» de Soros ne sont pas bienvenues partout.L'Open Society a dû cesser ses activités en Chine où on surnomme Soros «le Crocodile».La police politique avait infiltré son équipe.La fondation s'est aussi retirée d'Ouzbékistan après que le gouvernement eut édicté de nouvelles règles, se donnant un droit de veto sur les activités des fondations étrangères (The Guardian 19-4).Il faut croire que l'Open Society n'est pas si ouverte, finalement.Les fondations sorosiennes ont aussi été accusées d'être des nids d'espions et d'avoir enfreint les lois monétaires en Albanie, au Belarus, au Kyrgyzstan, en Serbie et en Croatie.Soros est aussi membre du Council on Foreign Relations, de la commission Trilatérale et du groupe Bilderberg: le «triumvirat» des organisations politiques de l'élite capitaliste mondiale.Le Crocodile y côtoie d'autres grands philanthropes, tels que David Rockfeller, Zbigniew Brzezinski, Conrad Black et Henry Kissinger.11 est aussi membre du Forum Économique Mondial de Davos.Toutes ces organisations quasi secrètes qui rassemblent l'élite internationale pour définir, en catimini, les règles d'une «bonne gouvernance» mondiale.On a vu plus ouvert.Crocodile George ne serait que la pointe visible de l'iceberg d'une force politique organisée, dont le but est d'implanter le concept d'un gouvernement mondial dans l'idéologie de la gauche altermondialiste, sous le couvert de défendre les libertés civiles.Soros est aussi membre du groupe Carlyle.Le fameux fonds d'investissement privé, spécialisé dans l'industrie militaire, qui regroupe une brochette d'anciens militaires, directeurs de la CIA, politiciens et financiers influents.Papa Bush y a des intérêts et la famille Ben Laden en avait jusqu'au 9/11.Assez ironiquement, alors que Soros s'attaque aujourd'hui à Geoge Doublevé Bush, c'est lui qui l'aurait jadis sauvé de la faillite.En 1986, Spectrum 7, la compagnie de Doublevé, s'écrasait, lorqu'elle fut rachetée par Harken, contrôlée par Soros.« On s'achetait de l'influence politique.C'est tout.Il n'était pas un très bon homme d'affaires», a déclaré Soros à David Corn (The Nation 17-7-02).Le fait est qu'il n'est pas, non plus, un très bon président.JACQUES BOUCHARD 1.Voir aussi : George Soros, Pour l'Amérique contre Bush, Dunod, Paris 2004 BLOC-NOTES mmi Le Couac, octobre 2004, page 6 Le Monde diplomatique et le terrorisme intellectuel DANS SON ÉDITION DE SEPTEMBRE, le célèbre Mondé- diplomatique propose un dossier sur le «choc» des civilisations et le «terrorisme islamiste».Dans l'espoir d'offrir à son lectorat une perspective historique, un texte du professeur Rik Coolsaet, de l'Université de Gand (Belgique), précise en ouverture que « le terrorisme appartient à tous les temps, tous les continents et toutes les confessions», ce qui est vrai, pour continuer en nous assenant la bonne vieille histoire du «terrorisme anarchiste».L'article passe en revue les attentats les plus célèbres des anars de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, de l'assassinat du président français Sadi Carnot (1894) par un «anarchisant» à celui du président américain William McKinley (1901).Curieusement, l'article passe à la trappe du silence la répression dont étaient victimes à l'époque les anarchistes et leurs sympathisants, ce qui à mené à plusieurs exécutions aux États-Unis et ailleurs.Pourquoi ne pas avoir aussi rappelé que bien avant les Musulmans en Occident, ce sont les Chrétiens dissidents qui ont encouragé et pratiqué l'assassinat des têtes couronnées corrompues?Henri 111, roi de France, a été assassiné par Jacques Clément, un frère dominicain, le 1er août 1589.Neuf ans plus tard, le lésuite espagnol Mariana écrivait au sujet du despote que «chacun peut le tuer et lui enlever la vie et le pouvoir.».Et en 1610, c'est François Ravaillac, qui rêvait de devenir lésuite, qui assassine à coups de poignard le roi Henry IV.Les républicains assassinent aussi les chefs d'État, que ce soit lors d'une poussée révolutionnaire (le roi d'Angleterre décapité au XVIIe siècle et le roi de France lors de la Révolution française du XVIIIe siècle) ou lors d'attentats, comme Charles 1er, roi Qu'est-ce qui justifie de laisser entendre qu'il y a une similitude entre le « terrorisme islamiste» et le «terrorisme anarchiste», tout en passant sous silence les centaines d'assassinants politiques organisés au XXe siècle par les partisans de toutes les idéologies, dont celle de la « raison d'État » ?du Portugal, assassiné en 1908.Abraham Lincoln et lohn F.Kennedy sont deux autres présidents assassinés sans que les anarchistes n'aient été impliqué dans le complot, ni dans celui qui a failli coûté la vie à Ronald Reagan, à Charles De Gaulle ou au Pape lean-Paul II.Le Premier ministre italien Aldo Moro a été assassiné dans les années 1970 par les Brigades rouges, d'inspiration marxiste-léniniste.En Inde seulement, Mahatma Gandhi, Indira Gandhi puis son fils Rajiv Gandhi ont été tués sans qu'un seul anarchiste ne soit engagé dans le complot.Un Premier ministre israélien a été assassiné par un luif sioniste, un président égyptien par des soldats « islamistes » de sa propre armée.Et les nationalistes, toutes catégories confondues, ont assassiné bien plus de chefs d'État que les anarchistes.S'il est important de réfléchir à l'attaque du 11 septembre 2001 et des guerres qui s'ensuivent à la lumière de l'Histoire du terrorisme, comme le prétend le Monde diplo.pourquoi ne pas parler de la Première Guerre mondiale, résultat d'un enchaînement de décisions tragiques déclenché en grande partie par l'assassinat de l'archiduc François Ferdinand, à Sarajevo, par un nationaliste serbe.Et que dire du terrorisme d'État, et des attaques réussies ou ratées contre la vie de chefs d'États orchestrées directement ou indirectement, par exemple, par les États-Unis: contre Fidel Castro (et Che Guevara), Salvador Allende, Saddam Hussein, etc.Quelle est la ligne politique qui justifie — comme dans le Monde diplomatique — de laisser entendre qu'il y a une similitude entre le «terrorisme islamiste» et le «terrorisme anarchiste», tout en passant sous silence les centaines d'assassinats politiques organisés au XXe siècle par les partisans de toutes les idéologies, dont celle de la «raison d'État»?Ne sait-on pas à la direction du Monde diplomatique que cet amalgame — terrorisme islamiste et «terrorisme» anarchiste antimondialiste — est pratiqué par les leaders d'opinion de la droite et par les organisations policières à travers l'Occident?Ne sait-on pas que ceux et celles qui sont identifiés à tort ou à raison comme «anarchistes» dans le mou- vement altermondialiste n'ont jamais tué personne et sont pourtant violemment criminalises depuis les actions directes de Seattle en 1999?(Des milliers en Occident et des centaines au Québec font face à des procédures judiciaires).Le Monde diplomatique, si fier de ses liens avec la frange modérée du «mouvement des mouvements» et ATTAC, a-t-il avantage à ressortir cette vieille image de l'anarchiste sanguinaire?Sinon, pourquoi pro-pose-t-il cet amalgame?FRANCIS DUPUIS-DÉRI CULTURE S'en aller au diable le cœur heureux Selon le dossier de presse fourni par GSI Musique, la plupart des chroniqueurs estiment que lensen « est profondément ancré dans le folk».Le principal intéressé situe ses sources plutôt dans la chanson française, dans le surréalisme et dans la création ludique.Les Faux-Monnayeurs, quatre multi-instrumentistes, se plaisent quant à eux dans le cosmopolitisme, la création d'atmosphères sonores subtiles, la fusion des genres.Si le premier album Au pied de la lettre était moins riche au niveau des arrangements, il comportait néanmoins quelques expérimentations notables, telles que les performances buccales de Pierre-Emmanuel sur la pièce Le coin d'ia rue.Pour leur deuxième album, Pied-de-nez, ayant bénéficié d'un peu plus de temps et d'argent, on a pu mieux apprécier leur talent et la richesse de leurs arrangements.Avec Tomàs lensen et les Faux-Monnayeurs, disponible depuis peu, le groupe révèle toute ses capacités dans une production léchée qui permet d'apprécier les nuances de la musique.Le groupe évolue dans un univers en construction depuis ses débuts.On retrouve plusieurs rythmes latins, langoureux, joyeux ou tragiques, qui s'accordent à la voix de Tomàs lorsqu'il chante en espagnol ou en portugais.Les cuivres, la clarinette, la flûte ajoutent des nuances colorées aux chansons en faisant ressortir les émotions de façon subtile Le surréalisme, la folie et la liberté sont aussi des éléments essentiels de leur musique.Tomàs l'avoue, ce qu'il aime par-dessus tout c'est de jouer avec les mots.Le résultats est très poétique, mais il emprunte souvent le registre du jeu de mot et du calembour.Ainsi plusieurs textes flirtent avec l'absurde.Sur le plan musical, parfois les instruments s'emballent, dérapent, font un couac qui finit par s'inscrire tout à fait dans la chanson.Par exemple dans Les Milliardaires où le groupe se permet «un free contrôlé», mais aussi dans Le Cortège ou dans Rions.Une complainte comme Demain j'm'en va au diable, constitue à la fois une très bonne et belle critique du capitalisme ainsi qu'une pièce musicale (pour quatuor à cordes) solide, profonde, dans un style assez classique.Dans Pauvres riches, les arrangements se font plus technologiques, plus subtils, plus hachurés, dans un tout autre genre.Dans Le Cha Cha des bourreaux, un texte profondément cynique se déroule sur une musique douce, tranquille, presque sereine.Bref, ça promet pour le 23 octobre ! LE COUAC Tomàs lensen et les Faux-Monnayeurs, GSI Musique, 2004.Somnambulisme Devant l'opposition soulevée, «Québec songe à déménager le Suroît en Abitibi» (Radio-Canada, 08-25).Le gouvernement Patapouf vit dans le songe et marche à l'aveuglette.À preuve, cette déclaration du ministre de l'environnement, Thomas Mulcair: «Nous nous laissons toutes les portes ouvertes.» Afin de ne pas se casser la gueule dessus?Circoncision Le Collège des médecins et des chirurgiens de Colombie-Britannique estime que la circoncision des bébés mâles pourrait un jour être considérée comme une atteinte à leurs droits humains (La Presse, 31-7).De quoi foutre le bordel dans la communautée juive internationale.Imaginez le procès: Schlomo Prépuschtein entreprend un recours collectif au nom de l'ensemble des juifs circoncis, contre l'ensemble des rabbins qui les ont mutilés.La Cour pénale internationale condamnera-t-elle Israël pour la mutilation systématique de ses citoyens mâles?Le gouvernement d'Israël condamnera-t-il le Collège des médecins de la C.-B.pour propos antisémites?Tout amateur de BD québécoise reconnaîtra en Line Gamache, désormais domiciliée en Estrie avec son complice Siris, l'animatrice de Une Affaire Gigogne (1997)- un comic collectif de femmes auteures.Issue des arts visuels, cette peintre et sculpteure ne s'en revendique pas moins «patenteuse» de l'art.Pour Té malade, toi! (Zone Convective/Les 400 coups) une BD autobiographique au long cours de soixante pages, elle cède l'avant-scène à losée, la benjamine de la famille, ainsi qu'à sa mère.À la fois une histoire de femmes ordinaires et extraordinaires: la soeurette a un handicap intellectuel et la mère, suite à un cancer du sein, se voit rattrapée par le mal rongeur.Le plus souvent, tout simplement à raison de quatre cases par page, l'affect transit au lecteur par l'aspect tissé macramé du dessin et une narration intimiste qui, indubitablement, questionnent la place du retardé dans une société tellement sûr d'être vite sur ses patins.Une guerre, par définition, ça se trimballe un max de casseroles aux fesses.Étonnant toujours de tomber sur des lectures et des recherches jetant de nouveaux éclairages dans des histoires tenues pour uniques et authentiques.Outre certains révisionnistes acharnés et politiquement téléguidés, certaines histoires ont pour fonction de détourner le regard.Deux livres concourent à inciter à des replongés qui débouchent sur des à-présent.Témoins muets (collection Carrément BD, Glénat) de Éric Gorski traque des bribes d'une Pologne dont l'histoire fut prise en étau entre nazisme et stalinisme.Sous la forme d'une évocation à la fois baroque et documentée, la découverte d'une fosse commune permet de déterrer des doutes.Quant à Ferrandez, avec Rue de la bombe (série Carnets d'Orient, Casterman), il met à jour les tactiques d'infiltration et d'intoxication à tout prix en direction du fellaga autant que des violences de l'État FLN.Par delà l'amnistie et l'amnésie ou la mémoire sélective menant à l'impasse, selon le préfacier Bruno Etienne, resterait l'anamnèse à laquelle contribue l'auteur.VALENTIN TARDI Bérurier Noir, avec Même pas mort (Folklore de la zone mondiale/ D7/Dep) qui a été édité ici juste avant le retour de ce groupe cultivant minimalisme musical punk, performances clownesques politisées à des textes faisant le rodéo entre écriture automatique et refus d'obéir vaille que vaille.Quoiqu'on pense du remake à succès au Festival d'été de Québec, il faut reconnaître que cette raya d'irréductibles offre une discographie des plus inspirantes- surtout à une époque où la course au son parfait, même en punk, sonne faux.Ainsi, outre ce disque triple regroupant deux DVD et un CD 16 titres (1983-2003) la totalité de leur discographie, tel Concerto pour détraqués et hbracadaboum, nous est rendue disponible à prix québécois.L'occasion fait le larron ! Le Karlof Orchestra, frappe à nouveau en zigonnant de la pop déroutante comme le revendique le titre Fuzzu trash pop (L-Abe/ Select).Capable de tous les pastiches stylistiques, la force de l'irrévérencieux Karlof reste l'autodérision.mm Truffé d'interventions en aparté et de petits commen-taires couplés à des musi-* ques clins d'ceil désopilantes, nous faisons figure de complices dans cette démarche de jean-foutres qui nagent à contre courant des gens préoccupés.Sans avoir l'air d'y toucher, même au 11 septembre comparé à un surprise party avec détournement, Galovsky met le doigt sur bien des crottes qu'il retourne à l'expéditeur.La Descente du coude, Croyez moi ça fait mal'.(Dare to care/ Local).Voici un groupe fort véloce dans un registre punk ne craignant pas de s'épi-varder dans des mélodies et des textes bienheureux.Bien qu'il ne s'agisse que d'un quatre titres, incluant Regime de bananes et L'Axe du Mal malaxé, soulignons une solidité certaine et un humour qui rassérène.L'analogie du combat politique avec la lutte (à main nue) comme thématique de pochette et d'éditorial s'avère représentative de ce sourire qui mord: «Malgré tous ses coups dans le dos et la complicité d'un arbitre corrompu, rien ne pourrait tenir devant la rage décapante de l'urgence de vivre.La tyrannie au tapis, l'espoir nouveau s'élance de la troisième corde et assène une descente du coude imparable.».RAMON VITESSE LIVRES Le « Désormais » de Davos JEAN ziegler les nouveaux maitres du monde DANS LA RÉÉDITION de son essai Les nouveaux maîtres du monde et ceux qui leur résistent, Jean Ziegler relate comment, à Davos en 1996, «à l'intérieur du bunker (où) les 1000 oligarques les plus puissants du monde sont mêlés aux chefs d'État, premiers ministres et ministres de plusieurs États du monde.» Le président de la Bundesbank allemande aurait lancé à son auditoire.«Désormais, vous êtes sous le contrôle des marchés financiers».Les plus vieux d'entre nous se rappelleront un autre «désormais», celui de Paul Sauvé, il y a de cela 45 ans.Deux «désormais» aux antipodes l'un de l'autre.En 1959, le successeur de Duplessis annonçait que les Québécois ne seraient désormais plus exclus de la révolution keynésienne.En 1996, un petit banquier à la traîne se sentait en devoir de sonner à Davos la fin de la récréation.Qu'il n'était plus de mise de reconnaître aux États un rôle régulateur dans la vie économique des peuples.«Applaudissements nourris», se désole Ziegler.«Les chefs d'États, premiers ministres, ministres, socialistes pour beaucoup d'entre eux, acceptent comme une évidence la surdétermination de la souveraineté populaire par la rationalité marchande et spéculative du capital financier globalisé.» Les nouveaux maîtres du monde Tout, dans l'ouvrage de Ziegler, nous porte à désespérer de l'état actuel du monde sous l'emprise des «prédateurs».L'auteur pointe un doigt accusateur sur tous les « pharaons et leurs séides, les intellectuels du World Economie Forum, qui clament qu'il suffirait de privatiser la planète, d'abolir toute norme sociale contraignante, et d'instaurer la stateless global governance pour que disparaissent à tout jamais les inégalités et la misère.En réalité, écrit Ziegler, les maîtres du capital financier accumulent des fortunes personnelles comme aucun pape, aucun empereur ne l'ont jamais fait avant eux.» En 2000, Michael Eisner de Walt Disney a «fait fabriquer ses pyjamas et autres vêtements pour enfants, ornés de la célèbre souris, entre autres dans des sweat shops, des ateliers de la sueur, en Haïti.Or, Eisner gagne par heure 2783 dollars US.Une ouvrière de Port-au-Prince cousant ses pyjamas gagne 28 cents de l'heure.Pour rejoindre l'équivalent du revenu horaire d'Eisner, elle devrait travailler pendant 16,8 années d'affilée.La même année, Eisner empoche en supplément des actions pour une valeur de 181 millions de dollars US.Et ceux qui leur résistent Dans la quatrième partie de son essai — Comment démocratiser le monde — Ziegler cherche des solu- tions pour contrer ce darwinisme social.Première option, celle des souverainistes européens qui, devant la tendance néo-libérale de l'Union européenne, songe à un repli vers l'État-nation.Ziegler refuse cette option «le ne crois pas à la résurrection de l'État national et républicain tel que le défendent Régis Debré, Max Gallo et lean-Pierre Chevènement » 11 y a la solution Habermas qui consiste à renforcer l'ONU pour en faire «l'incarnation de la conscience publique internationale».Ziegler refuse tout autant cette hypothèse parce qu'à son avis inopérante.Les prédateurs imposent la privatisation au monde.«Au lieu de les affronter, les Nations unies tentent de les apprivoiser, mais sans succès.» En dernier recours, Ziegler place ses espoirs dans «la société civile planétaire».«La société civile a joué un rôle déterminant dans la rupture avec le monde féodal Le triomphe rapide de l'État républicain l'a écartée de l'avant-scène de l'Histoire, puis renvoyée à l'oubli.Elle vit aujourd'hui une renaissance spectaculaire.[.] Ce qui est à reconstruire aujourd'hui, c'est l'individu tel qu'il a été conçu par Voltaire, Diderot et Rousseau et mis au monde par les révolutionnaires de 1792.» La lumière au bout du tunnel, Ziegler la voit donc dans tous ces fronts de résistance qui se sont manifestés, tels les manifestations de Gênes de 2001 et le rassemblement de Porto Alegre de 2002.Réhabilitation de l'ONU et de l'État national En postface de l'édition 2003, Ziegler répond à ceux qui, réagissant à son livre, lui ont dit qu'ils ne voient pas «quelle société universelle nouvelle, libérée, fraternelle et juste doit naître de la multitude des combats anticapitalistes» Il leur répond que les droits de l'homme, tels que définis dans la chartre des Nations Unies doivent avoir priorité sur tout.Il y a ici contradiction avec ce qu'il avait écrit un an plus tôt, puisqu'il préconise maintenant l'option Habermas, c'est à dire une ONU capable de contrer l'Empire.Réhabilitation des États nationaux, du moins ceux qui se convertissent à l'altermondialisme: «Aux organisations non gouvernementales et aux mouvements sociaux nouveaux ou renaissants, en Europe, dans le Tiers-monde, mais aussi aux États-Unis, il faudrait ajouter des États nationaux, comme le Brésil, l'Argentine, où des hommes acquis aux thèses altermondialistes sont au pouvoir.Et le Québec là-dedans?Ziegler n'en dit mot.Peut-être pourrions-nous nous attendre d'un PQ enrichi d'un SPQ libre que son leader, devenant moins obnubilé par la faune de Davos, prononce un jour un autre «désormais» qui fasse l'Histoire.CLAUDE G.CHARRON Ziegler, lean, Les Nouveaux maîtres du monde et ceux qui leur résistent, collection Points, Fayart, Paris, 2003 Croque mitaines Michèle Ouimet, éditorialiste de La Presse (15-8), se désole qu'Hamid Karzaï d'Unocal, l'homme de main du Pentagone, ait un opposant aux élections présidentielles d'Afghanistan le 9 octobre prochain.Elle ne peut pas s'empêcher d'en faire un méchant de bandes dessinées, comme on en trouve dans toute bonne propagande militaire primaire à l'intention des masses laborieuses.« Dolton ne fait pas dans la dentelle |.] Il a déjà ordonné qu'un de ses hommes soit ligoté sur les roues d'un char d'assaut qui a roulé jusqu'à ce qu'il soit réduit en bouillie », écrit Ouimet.C'est vrai que de réduire les civils innocents en bouillie, à distance, avec des bombes intelligentes d'une tonne, c'est quand même bien plus civilisé.Et engager des mercenaires pour les torturer, c'est pas mal non plus.Le Couac, octobre 2004, page 7 : Kristina Borjesson Black List ~ 10 3T% \ 18 15 pi amer fa io II.ils journalistes cains brisent i du silence Ta yeule SIGNALONS LA PARUTION de Black Ust, la traduction française de Mo the Buzzsaw, en livre de poche (voir Le Couac 8-03 La loi du silence).Tous les Mario Roy du monde qui croient à la fable de la liberté de presse étatsunienne, c'est-à-dire à la liberté d'expression des journalistes, devraient lire ce livre.Aussitôt qu'un journaliste s'approche trop près des bavures de l'armée, des trafics de la CIA, ou des multinationales, il risque d'y laisser sa job, sa réputation et sa chemise, s'il s'obstine à vouloir publier la vérité.La journaliste Kristina Borjesson, qui a rassemblé les mésaventures de quatorze de ses confrères, a pour sa part enquêté sur l'affaire du vol TWA 800 qui, selon toutes apparences, s'est retrouvé au milieu d'un exercice militaire pour être abattu par un missile de l'armée des États-Unis.Gary Webb a découvert le trafic de cocaïne de la CIA, qui a introduit le crack dans les ghettos noirs pour financer ses activités clandestines, tout en fournissant le prétexte pour emprisonner le plus possible de jeunes Noirs, afin de donner l'illusion à la population blanche raciste qu'elle est plus en sécurité.Greg Palast a découvert avant les élections de 2000 que le clan Bush avait trafiqué les listes électorales de Floride et personne n'a accepté de publier les résultats de son enquête.Suite à des menaces, il a dû s'expatrier en Angleterre pour protéger sa famille et se trouver un nouveau job.On ne peut s'empêcher de penser que le «droit du public à l'information», dont se gargarise la presse nord-américaine, est en fait un slogan publicitaire mensonger pour vendre plus de journaux.Édifiant ! JACQUES BOUCHARD Kristina Borjesson, Black List, 10/18, Paris 2004 Rêve américain »«t à la convention républicaine-.Arnold the Governator à ja con , ts ont tous «^Amérique est un end °' fab^^icain Ua preuve: je ne suis la possibilité de réalise e ^/^nabis.j'aime bien tripo- Les innocents Le Washington Post fait son mea-culpa, reconnaissant que sa couverture de la guerre en Irak a manqué d'objectivité et fait la part trop belle à l'administration Bush (Là Presse et Le Devoir 13-4) On se demande ce que Radio-Canada, La Presse et compagnie attendent pour chanter en chœur leur mea-maxima-culpa.Après tout, ils ont servi de relais aux mensonges de l'administration Bush, eux aussi.Alors que tout les internautes bien informés savaient que les preuves des faucons du Pentagone étaient bidon.Les mêmes informations qui servent aujourd'hui à démontrer que les bushistes ont menti ont circulé sur le net aussitôt qu'un nouveau mensonge était proféré.Il est impossible que les grands médias aient ignoré ce que savaient les webmestres de sites d'information sur Internet fonctionnant avec des budgets symboliques.Souhaitons que Radio Cadenas profite de l'occasion pour se débarrasser définitivement de Christine Saint-Pierre, la porte-parole de la Maison blanche.De même que Charles-Philippe David, l'expert «indépendant» qui avait trouvé «très convaincante» la minuscule fiole de sucre agitée par Collin Powell devant le Conseil de sécurité de l'ONU.Poésie transmise radiophoniquement à l'émission Des Monstres dans la gorge.Dimanche : 22 h Proposez vos creations i poésie radlophonique parlée, audio, brufflsme sonore, etc.CP.30064 600, boul.Charest Est Québec G1K8Y1 1 • ABONNEZ-VOUS ! rj 5 L'IRIS vous invite au lancement de la brochure Privatisation et sous-traitance À l'heure où l'idéologie néolibérale s'étend à la grandeur du globe, plusieurs faits indéniables tendent à démontrer l'échec des politiques découlant de ce courant de pensée.On ne compte plus les nombreux cas de privatisation et de sous-traitance ayant conduit à des reculs majeurs pour la collectivité et ce, autant à court terme qu'à long terme.Cette brochure retrace des cas concrets de privatisations et de sous-traitance dans plusieurs domaines (eau, santé, chemins de fer et vente au détail des produits de l'alcool) et expose des faits révélant la dynamique socio-économique de ces mesures.Où: au Café Chaos Quand: le mercredi 13 octobre 2004 à 17 h 30.Bière pas chère, babyfoot et humour au menu. ESCLAVAGISME ET ELECTIONS PRESIDENTIELLES Le Couac, octobre 2004, page 8 De la fuite et du courage Extrait de Vintroduction à Mémoire d'un esclave, de Frederick Douglass Toute l'histoire des progrès de la liberté humaine démontre que chacune des concessions qui ont été faites à ses nobles revendications ont été conquises de haute lutte.La où il n'y a pas de lutte, il n'y a pas de progrès.Ceux qui professent vouloir la liberté mais refusent l'activisme sont des gens qui veulent la récolte sans le labour de la terre, la pluie sans le tonnerre et les éclairs, ils voudraient l'océan, mais sans le terrible grondement de toutes ses eaux.Frederick Douglass En février 1818, sur une ferme située près d'Easton, au Maryland, dans le sud des États-Unis, une jeune esclave appelée Harriet Bailey donna naissance à un garçon.Cette femme avait toutes les raisons de penser que la vie qu'elle venait de donner serait aussi misérable que la sienne et que celle de ces centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants alors enchaînés dans l'enfer de l'esclavage.Elle songea probablement, comme toutes les autres mères esclaves, qu'elle ne pourrait guère offrir à son enfant plus qu'un nom.Mais elle n'ignorait pas l'importance de ce présent, si précieux parce qu'il confère à qui le porte un minimum d'identité et contribue à lui donner un semblant de dignité humaine susceptible d'alléger le fardeau des chaînes.On peut donc supposer qu'elle choisit avec le plus grand soin le nom de son enfant.Il allait s'appeller, ainsi en avait-elle décidé, Frederick Augustus Washington Bailey.stratégique bien précis.Douglass voulait en effet établir la crédibilité de l'orateur abolitionniste qu'il venait de devenir.Passé au Nord depuis quelques années à peine — son évasion date de 1838 —, il était devenu, dès 1841, un porte-parole bien en vue de la cause antiesclavagiste.Or de nombreuses voix s'élevaient alors de toutes parts pour mettre en doute que cet homme à la formidable éloquence, à la vaste érudition et aux si remarquables capacités argumentatives puisse être un esclave en fuite.En publiant son récit, Douglass entendait leur répondre et établir ainsi son identité.Mais il a voulu le faire en racontant intégralement son histoire, et donc non seulement en rapportant des faits, mais aussi en donnant des noms de lieux et de personnes, dont certaines étaient toujours vivantes.Puisque ces dernières ne souhaitaient rien tant que le ramener au Sud et à sa condition d'esclave — et que la loi les autorisait à le faire — il fallait, pour oser tout raconter de la sorte, un immense courage.Mais Douglass, on va le constater, en avait à revendre.Son récit nomme donc chacun des participants au drame terrible qu'il expose.L'auteur raconte tout, ou du moins tout ce qu'il lui est possible de dévoiler sans nuire à ses frères enchaînés et sans diminuer leurs chances de s'évader à leur tour.L'ouvrage connut un succès énorme et immédiat, qui contraignit aussitôt Douglass à l'exil.On trouve à l'oeuvre de Douglass des mérites qui vont bien au-delà des circonstances historiques dans lesquelles elle s'est inscrite.Il apparaît ainsi comme un écrivain, un philosophe, un orateur et un éducateur.Mais, cette fois, rien ne devait se passer comme prévu.Contre toute attente, cet enfant ne serait pas toute sa vie un esclave et, ne gardant que le prénom que lui avait donné sa mère, il allait devenir universellement connu.Son parcours serait aussi remarquable qu'improbable: le petit Frederick apprendrait à lire et à écrire, en grande partie seul ; puis, ayant réussi à passer au Nord et à fuir l'esclavage, il deviendrait un des plus célèbres, des plus éloquents et des plus passionnés abolitionnistes; il serait aussi un des plus illustres orateurs de son temps et un écrivain qui aura non seulement cherché, mais aussi, et c'est beaucoup plus rare, trouvé une part de son salut dans la littérature, il serait encore un philosophe et un politologue de tout premier plan; un conseiller des présidents; enfin et surtout il serait un combattant lucide et fermement engagé dans toutes les luttes menées contre toutes les injustices.Car Frederick Augustus Washington Bailey allait devenir Frederick Douglass, c'est-à-dire un de ces êtres plus grands que nature dont l'Histoire gratifie parfois l'humanité, peut-être pour lui rappeler que tout n'est pas ik\ï^3WuMB ¦ Le texte dont nous proposons une traduction, pour la première fois intégrale et annotée, est le premier écrit de Frederick Douglass il a paru en 1845, sous le titre: Narrative of the Life of Frederick Douglass, an American Slave.Written by Himself.La puissance de l'inspiration, l'originalité et le talent de l'écrivain allaient propulser Douglass aux premiers rangs des auteurs de récits autobiographiques d'esclaves, genre littéraire en plein développement à l'époque, et lui ouvrir toutes grandes les portes du fulgurant parcours qui allait être le sien.Le livre avait pourtant été rédigé dans un but ponctuel et Mais on lit aujourd'hui Douglass pour d'autres raisons encore que son opposition à l'esclavage et on trouve à son oeuvre des mérites qui vont bien au-delà des circonstances historiques dans lesquelles elle s'est inscrite.11 apparaît ainsi, et de plus en plus, comme un écrivain à part entière, un philosophe, un orateur et un éducateur.Pour notre part, en méditant sur cette vie et sur cette œuvre, nous sommes d'abord admiratifs devant la passion de connaître et d'apprendre qui a brûlé en Douglass avec une intensité que chacun de ses lecteurs ne peut manquer de ressentir.Nous souscrivons donc volontiers au jugement de Cari Sagan qui, dans un émouvant chapitre de The Demon-Haunted World, explique que Douglass nous a montré que, si l'esclavage et la liberté sont multiples, tous les chemins de la liberté passent par l'éducation en général et par la lecture en particulier1.Cependant, lorsque nous pensons à Frederick Douglass, une autre image s'impose également à l'esprit, une image qui nous est donnée par une anecdote que nous voulons rappeler pour clore cette introduction.On raconte qu'un jeune étudiant vint trouver Douglass au soir de sa vie pour demander au célèbre vieil homme ce qu'il devait faire de son existence.Douglass se leva alors de toute sa grandeur et déclara : « Agitate ! Agitate ! ».NORMAND BA1LLARGEON ET CHANTAL SANTERRE Frederick Douglass, Mémoires d'un esclave, Lux Éditeur, octobre 2004 I Cari Sagan, The Demon-Haunted World, Ballantine Books, 1997, chapitre 21.Chronologie 1619.Les Noirs commencent à remplacer les serviteurs blancs sous contrat, devenus rares, et sont soumis à l'esclavage.1641.L'esclavage devient légal au Massachusetts, puis au Connecticut et en Virginie.1741.Cent soixante esclaves sont accusés de conspiration contre la ville de New York.Treize seront brûlés vifs et dix-huit autres pendus.1776.Le 4 juillet, promulgation de la Déclaration d'indépendance.On y lit: «Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes: tous les hommes sont créés égaux; ils sont doués par leur Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur.Les gouvernements sont établis par les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés.» 1805.Les États-Unis comptent 800 000 esclaves noirs et 100 000 Noirs libres 1818.Naissance à Tuckahoe, comté de Talbot, Maryland, de Frederick Augustus Washington Bailey.1827.Le petit Frederick commence l'apprentissage de la lecture, aidé de Sophia Auld, mais ces leçons sont bientôt fermement et violemment interrompues par Hugh Auld.Parution à New York du premier journal des Noirs, le Freedom's ]ournal.La ville de New York libère les dix mille esclaves qui s'y trouvaient toujours.1829.Douglass travaille sur un chantier naval; il complète puis perfectionne sa connaissance de la lecture et de l'écriture.1834.Douglass est envoyé à un «casseur de Nègres», Edward Covey.Le combat singulier qu'il lui livre est à ses yeux un moment décisif de sa vie.1843.Lors d'une rencontre antiesclavagiste à Pendleton, Indiana, Douglass est sauvagement battu par une meute de racistes.Grièvement blessée, sa main droite ne retrouvera jamais toute sa force et sa dextérité.1845.Douglass rencontre l'abolitionniste et suffragette Susan B.Anthony (1820-1906) et devient un ardent promoteur des droits des femmes.Publication de Narrative of the Life of Frederick Douglass.1865.La guerre civile se termine au printemps.Le 13e amendement de la Constitution est adopté: il abolit l'esclavage.Le 14 avril, Lincoln est assassiné.1895.Le 20 février, après avoir pris la parole au National Council of Women à Washington, DC, il rentre chez lui et meurt en racontant sa journée à son épouse.Campagne présidentielle aux États-Unis Les anarchistes en tête dans les intentions électorales Si la tendance se maintient, les anar-chistes réussiront à obtenir le meilleur score aux élections présidentielles aux États-Unis, soit un taux d'abstention dépassant 40%.C'est ce que révélait un sondage Le Couac/ Ultraléger Inc.mené aux États-Unis en septembre auprès d'individus bien informés qui désirent garder l'anonymat.Selon le sondage, les deux principaux candidats — G.W.Bush pour les républicains et I.Kerry pour les démocrates — sont encore loin derrière les anarchistes.Bush obtient 52% des intentions de vote, Kerry 48% et le candidat indépendant Ralph Nader 2%, mais ces chiffres ne tiennent compte que des personnes ayant déclaré leur désir d'aller voter.Les calculs qui prennent en considération l'ensemble des personnes inscrites sur les listes électorales ainsi que le taux d'abstention donnent des résultats très différents.Le sondage prévoit alors qu'il y aura, la journée des élections: 40% d'abstentionnistes, 31% d'électeurs pour Bush, 28% pour Kerry et 1% pour Ralph Nader.Les anarchistes bénéficient donc, dans les faits, d'une avance confortable de près de 9% sur le plus proche candidat.Interrogée au sujet de ce sondage, une anarchiste de San Francisco affirme ne pas être surprise: «Les gens savent que les candidats lancent des promesses qu'ils ne Les gens savent que les candidats lancent des promesses qu'il ne tiendront pas.Sondage exclusif Le Couac/Ultraléger Inc.tiendront pas.Nous, les anarchistes, ne faisons pas de promesses parce que nous ne cherchons pas à être élus.» Selon une anarchiste d'Eugène, en Oregon, «Les grands médias donnent une image déformée de la campagne électorale.Ils montrent les événements publics organisés par les deux grands partis, où l'assistance se compte en milliers de personnes.Ça semble à première vue très impressionnant.Mais quand nous, les anarchistes, organisons un rassemblement au sujet des élections dans des grandes villes comme Los Angeles, Chicago ou New York, des millions — oui, des millions — de personnes ne viennent pas.Entre les milliers qui se déplacent pour exprimer leur intention de vote et les millions qui affichent ainsi clairement leur volonté de ne pas participer à ce jeu électoral, il est facile de voir que notre campagne pour l'abstentionnisme est très efficace, très démobilisatrice.C'est très encourageant.» Le résultat des anarchistes est tout de même étonnant, considérant le peu de ressources dont ils disposent.Alors que les deux grands partis ont investi chacun plus de 100 millions de dollars dans cette campagne électorale, les anarchistes n'ont que quelques bombes.de peinture, pour faire des graffitis, et des tracts photocopiés qu'ils collent sur les murs.Mais leurs slo- gans sont percutants: «Elections 2004: Just don't do it!», «Elections 2004: Weapon of mass deception* ; «1/ voting could change the system, it would be illégal».Une militante précise qu'il leur faudra redoubler d'efforts dans les prochaines semaines pour convaincre les gens de ne pas aller voter: «Le plus difficile reste à faire, et ce sera la journée même de l'élection.Nous allons téléphoner aux personnes inscrites sur les listes électorales pour s'assurer qu'elles n'iront pas voter.Nous leur proposerons d'envoyer des bénévoles qui les amèneront au cinéma, jouer au minigolf ou aux quilles.Ce sera toute une organisation.» Dans le QG anarchiste de New York, l'ambiance est à la fête suite aux résultats du sondage Le Couac-Ultraléger inc.Une autre militante s'inquiète et accuse les médias : « Ils font tout pour donner envie aux électeurs d'aller voter: ils présentent des portraits personnalisés des candidats, parlent de leur enfance, des sports qu'ils aiment, de leurs animaux domestiques, de leurs enfants.C'est très accrocheur, ça donne tellement le goût d'aller voter.» Pour un autre militant, les partis politiques ne rendent pas facile la tâche des abstentionnistes «avec cette habitude qu'ils ont d'utiliser les femmes des candidats comme hameçon à sympathie.Elles restent toujours aux côtés de leur mari, souriantes, elles visitent des orphelinats, des hôpitaux, des écoles.Émus, on veut aller voter pour que les orphelins et les malades soient plus heureux, pour qu'ils aient de la visite.Nous, les anarchistes, c'est difficile: on ne croit pas au mariage et on n'a pas d'épouse à trimbaler ainsi pour séduire les abstentionnistes.» Une militante avoue subitement avoir déjà voté, au high school.Les yeux au sol, elle rougit en disant aussi avoir été élue.Ses camarades la regardent, incrédules.«Mais j'ai rapidement compris, ajoute-t-elle, surtout avec l'aide du groupe local des Voteurs anonymes.Là, j'ai trouvé des gens comme moi, qui avaient honte de s'être fait avoir par le jeu électoral, d'y avoir cru, d'avoir été des voteurs compulsifs qui couraient déposer leur bulletin de vote dès qu'ils voyaient une urne.Ces réunions m'ont donné de la force et j'ai finalement dissout le Conseil d'élèves, proposant plutôt que tous les élèves se réunissent au gymnase et tiennent des assemblées générales pour décider ensemble.Pas besoin de chefs ou de représentants ! » Elle est aujourd'hui contente de voir que les anarchistes sont en première position des intentions électorales.La dernière remarque s'adresse aux candidats Bush et Kerry.Un militant se dit profondément déçu par leur manque du sens du devoir citoyen : « D'élection en élection, ceux qui gagnent sont élus avec moins de la moitié des suffrages Ils sont souvent choisis par moins de 30% des personnes inscrites sur les listes électorales, comme ce fut le cas des plus récents présidents.Et pourtant, ils continuent à parler au nom des États-Unis et de la nation américaine.Mais de quel droit?Ils continuent à lancer des guerres, à lever des impôts et des taxes, à offrir à leurs amis des contrats lucratifs.Quel manque de civisme ! » MOHAMED SMITH-GAGNON Correspondant spécial aux États-Unis
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