Le couac, 1 décembre 2004, décembre
IL 1 Économie p.4J Comme toujours, l'Institut économique de Montréal veut votre bien! h-B-———- I International p.5| Brésil: comment perdre un colosse et un modèle.Une correspondance de Porto Allègre.Falloujah mon amour.Une grande aventure à découvrir dans nos pages.•«sa; Couac Vol.8 • n° 03 Décembre 2004 3,50$ âat *k tau &4 sat A % Ai sst iSi sat A % Ai sat Ai sat Ai sat Ai sat Ai Pot et propagande Les ravages de la prohibition PAR JEAN-MARIE LALIBERTE , RCMP (Royal Canadian Marijuana Polemicist) L_ article pubue dans nos pages le mois dernier , " dénonçant le manque de rigueur journalistique du « Dossier: Les ravages du pot » (La Presse 9 et ¦ 10 octobre), nous a valu une lettre enflammée de madame Marie-Michelle Poisson, (voir courrier des lecteurs page 2).La lettre de madame Poisson, qui accuse l'auteur de ces lignes de se prêter à la désinformation, est elle-même remplie de désinformation prohi-bitionniste.Elle reprend à son compte certains mythes prohibitionnistes véhiculés dans l'article de La Presse.Le dossier de La Presse sur les ravages (sic) du pot était si biaisé, que le Parti Marijuana (PM) a déposé une plainte au Conseil de la Presse pour: «le manque d'exactitude de l'information transmise, l'utilisation sélective d'information, la manipulation de données, le manque de rigueur, d'équilibre et d'exhaustivité dans l'élaboration de ce reportage à saveur sensationnaliste.»2 Le PM s'inquiète avec raison, de ne jamais lire d'articles sur la majorité des fumeurs qui font un usage responsable du cannabis, n'ont jamais eu aucun problème et approuvent la légalisation.Alors que les cas problèmes font la Une, même s'ils ne représentent qu'un pourcentage infime des consommateurs.Madame Poisson, comme une bonne partie des journalistes, puise peut-être son information dans les « études » de la police.Dans un article intitulé « Entre la liberté et la sécurité, Analyse de quelques prises de position sur le cannabis et la loi» (Droaues, santé et société, printemps 2004), le bioéticien Guy Bourgeault qualifie la prose policière sur le cannabis de caricaturale.Les positions des opposants à la prohibition y sont présentées, écrit-il: «Comme les questions du petit cathéchisme (.) formulées simplement pour que les réponses préfabriquées puissent être données à apprendre.» Et Bourgeault de conclure: «Je me méfie des policiers lorsqu'ils prétendent aussi être agents d'information du public et d'éducation des jeunes.» L'avenir de not' belle jeunesse inquiète madame Poisson.Ils ne sont pas cons les jeunes! À force de leur dire n'importe quoi pour démoniser le cannabis, les éducateurs perdent toute crédibilité.Il ressort d'une enquête nationale de Santé Canada sur la consommation d'alcool et d'autres drogues, qui vient tout juste de sortir, que « près de 70 % des personnes âgées de 18 à 24 ans en ont fait usage au moins une fois» dans leur vie (http://cclat.ca/pdf/ccsa-004805-2004.pdf).Ils sont donc aux premières loges pour sous-jacents plutôt qu'une cause» (Comité spécial du Sénat sur les drogues illicites, Le Cannabis, mai 2002).En passant, une société qui prescrit des camisoles-de-force chimiques (Ritalin et autres saletés) aux élèves du primaire pour contrôler leurs débordement d'énergie, ne devrait pas se surprendre de les voir fumer du pot quand ils arrivent au secondaire.Et puis, dans la fameuse série d'articles de La Presse, on pouvait lire: «On fume avant les cours quand on sait que la matière L'éducation des jeunes sur les drogues devrait être basée sur les connaissances scientifiques, la compassion, la santé publique, les libertés fondamentales et les droits humains, et non pas sur l'obscurantisme, le puritanisme, la déformation des faits, la démonisation et la répression, comme c'est le cas actuellement.savoir que le cannabis n'est pas la plante démoniaque qu'on leur décrit.L'éducation des jeunes sur les drogues devrait être basée sur les connaissances scientifiques, la compassion, la santé publique, les libertés fondamentales et les droits humains, et non pas sur l'obscurantisme, le puritanisme, la déformation des faits, la démonisation et la répression, comme c'est le cas actuellement.Le gouvernement fédéral dépense 500 millions de dollars par année pour la répression policière et des miettes pour l'éducation.La prohibition fait obstacle à l'éducation, puisqu'elle accapare la presque totalité des budgets.L'intolérance totale (tolérance zéro) nie l'existence de la consommation responsable et donc de l'éducation basée sur la connaissance et la modération.Et puis les jeunes, ils n'ont pas tous des problèmes.C'est plutôt l'exception que la règle.« Les études tendent à montrer que les jeunes qui font un usage problématique du cannabis ont aussi une consommation problématique d'alcool et manifestent une tendance plus élevée à adopter des «comportements à risque».Il semble donc que la consommation problématique chez les jeunes soit un symptôme d'autres problèmes vue en classe n'est pas très difficile» (10-10).Si on voulait être méchant et procéder par amalgame, comme font certains journalistes, on pourrait conclure que les jeunes fument avant les cours où ils s'ennuient.Et que les professeurs ennuyeux se servent du cannabis comme bouc-émissaire pour camoufler leur incompétence.Il faut qu'une société soit gravement malade pour tenter de faire croire à ses citoyens qu'une plante, qui a fait partie de la pharmacopée traditionnelle de l'humanité depuis des millénaires, est soudain devenue la cause de ses problèmes sociaux.Le cannabis est là pour rester, quoi qu'en pensent les prohibitionnistes.Tant que la politique d'intolérance totale sera appliquée et que la propagande prohibitionniste tiendra lieu d'information en même temps que d'éducation pour les jeunes, les problèmes de consommation et de crime organisé risquent d'empirer.C'est le mauvais exemple étatsunien, à ne pas suivre.nisres.lanr aie sera Suite en page 2 ABONNEZ-VOUS ! www.lecouac.org /.\la vie des piétons contre aa 1 ravis des banlieusards Une nouvelle étude réalisée à la Direction de la santé publique de Montréal permettra bientôt d'obtenir des cartes illustrant l'ensemble des lieux où des piétons ont été frappés par un véhicule sur l'île de Montréal.La nouvelle étude dresse un portrait radicalement différent de celui offert par la méthode habituelle des «points noirs», qui ne retient que quelques intersections comptant un grand nombre de blessés.Les résultats', qui portent sur 5 082 piétons blessés, démontrent que les «points noirs» ne représentent qu'une infime proportion (3%) de l'ensemble des intersections où un piéton a été blessé.En effet, la grande majorité des intersections impliquées ne comptent qu'un ou deux piétons blessés au cours de la période étudiée (1999-2003).Les cartes préliminaires illustrent la très grande dispersion des sites de collision: dans certains arrondissements centraux, de 20 à 25% des intersections comptent au moins un piéton blessé; dans certains secteurs, aucune rue ou intersection ne semble épargnée ! L'insécurité routière, omniprésente Autrefois, avant l'avènement de l'ère automobile, avant même les tramways, Montréal fut piétonne.Aujourd'hui, pour le piéton comme pour le cycliste, le danger est omniprésent.L'énergie cinétique d'une infinité de véhicules en mouvement l'attend à chaque intersection.Les blessures éventuelles seront d'autant plus graves, voire mortelles, que le véhicule est lourd (kg) et rapide (km/h).Vive les SUV! Vive la performance! Vive le 0 - 100 km/h en 7 à 10 secondes ! Vive le street racing] Une moyenne de cinq piétons par jour sont blessés sur les rues montréalaises (1 825 en 2003)2.Et cela ne représente que la pointe de l'iceberg de l'insécurité routière vécue lors des déplacements à pied; dans la majorité des situations dangereuses, la collision est évitée à la dernière minute, le plus souvent parce que le piéton recule ou renonce à traverser.Le droit de marcher vs le privilège de la vie de banlieue N'en déplaise à l'industrie automobile, environ le tiers des montréalais ne possède pas de voiture.De plus, que l'on marche par choix ou par obligation, le risque d'être frappé est plus élevé dans les quartiers pauvres que dans les quartiers riches.Les mesures d'apaisement de la circulation, comme celles mises en place dans Outremont, améliorent la sécurité des piétons en réduisant le nombre et la vitesse de la circulation de transit.Mais il faudrait de telles mesures sur l'ensemble de l'île.Il faut favoriser la marche et les transports en commun, au détriment des déplacements en voiture individuelle, et pas seulement par de louables intentions, par des vœux pieux.Malheureusement, il ne semble pas y avoir de volonté en ce sens du côté des autorités concernées si l'on se compare avec une ville comme Vancouver par exemple3.Peut-être y a-t-il d'autres voies à explorer que de décupler le nombre de voitures, et la congestion routière, pour diminuer la vitesse des véhicules; continuer l'oeuvre des années 604, à plus grande échelle, en rasant et pavant Hochelaga, Villeray, Rosemont et Ahuntsic; ou encore inonder de publicités automobiles les journaux indépendants comme Le Couac, pour qu'ils cessent d'offenser le sacro-saint marché du char.CLAIRE LAVOIE 1 Morency P, Cloutier MS.Insécurité routière : la géomatique au secours de la santé publique.Affiche présentée aux 8e journées annuelles de santé publique, 29 novembre 2004.2 Société de l'assurance-automobile du Québec.Dossiers statistiques - accidents, parc automobile, permis de conduire: bilan 2003.3 François Cardinal, La Presse, 24-11-2004 4 Les années 60: Montréal voit grand.Centre Canadien d'Architecture, Montréal.Exposition du 20 octobre 2004 au 11 septembre 2005 Deux statistiques pour comprendre l'incompréhensible victoire de Bush L'Américain moyen passe en moyenne 4 heures par jour à regarder la télévision - l'équivalent de 50 jours complets par année.A l'âge de 65 ans, il ou elle aura passé 9 années de sa vie à regarder la télévision.98 % des foyers américains ont au moins un téléviseur; une famille en a en moyenne 2,4.Source: Media Use in America.2003 Issue Briefs.Universal City, Calif.: Mediascope Press.L'américain moyen lit moins d'un livre par année.Source: The Daily Cardinal, University of Wisconsin-Madison.077831301091603 Le Couac, décembre 2004, page 2 Les ravages de la prohibition Suite de la page 1 L'abolition de la prohibition est le seul moyen de mettre fin à l'emprise du crime organisé.Le meilleur moyen de protéger les jeunes, c'est de consacrer à l'éducation et la santé, les centaines de millions de dollars dépensés annuellement en répression policière.En attendant, 68 % des Québécois appuient la légalisation, 25 % la décriminalisation, et seulement 4 % croient qu'il faut maintenir le statu quo.Comme la majorité des citoyens appuit la légalisation, ils devraient disposer d'autant, sinon de plus d'espace médiatique pour exprimer leur opinion, que celui consacré aux prohibitionnistes.Ce qui n'est pas le cas actuellement.Madame Poisson termine son réquisitoire en déclarant qu'« il est plus que temps que nous ayions un débat responsable et véritablement adulte sur l'ensemble des problématiques entourant le commerce et la consommation de pot au Québec».C'est bien le seul point sur lequel nous sommes d'accord.Mais, pour avoir un débat éclairé sur le sujet, il faut que l'information se rende jusqu'au public.C'est pour pallier à la carence d'information objective dans les grands médias sur la question que Le Couac publiera une série d'articles sur le sujet au cours des prochains mois.La propagande n'est généralement pas conçue pour résister à une analyse approfondie, et la propapande prohibition-niste anti-cannabis ne fait pas exception à cette règle.Nous en analyserons les failles et tenterons de découvrir à qui elle profite.Au programme: « Mon pot est plus fort que le tien », «Quelle différence y a-t-il entre un poteux et un schizo», «Tolérance zéro = Intelligence zéro», etc.1 - « Intolérance totale, La Presse peut rendre violent» (Le Couac novembre) 2 - http://www.partimarijuana.com/ article.php3?id_article=153 COURRIER DES LECTEURS Réaction au texte de M.)ean-Marie Laliberté paru dans Le Couac de novembre 2004 intitulé « Intolérance totale, La Presse peut rendre violent.» l'apprécie les textes qui informent et qui font montre de bonne foi.Le texte de M.J-M Laliberté désinforme et est de surcroît de mauvaise foi et cela m'a énormément déplu.Les articles de La Presse sur les ravages psychologiques du pot attirent l'attention sur des faits inqué-tants qui n'ont pas été repris par M.Laliberté.Celui-ci a plutôt choisi de créer une diversion en développant un discours délirant sur le thème d'un soi-disant «complot prohibi-tionniste».Les faits: les fumeurs de pot sont de plus en plus jeunes (dès 10-12 ans); le taux de THC est toujours plus élevé ; et le pot est de plus en plus coupé avec d'autres substances (comme du PCP) ce qui entraîne une augmentation sensible des cas d'urgences psychiatriques conséquentes à la consommation de marijuana.«Aux seules urgences de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal, le Dr Stéphane Proulx et deux confrères voient chaque mois plus d'une douzaine de nouvelles psychoses induites par le cannabis.Du cannabis parfois mêlé à d'autres drogues, parfois consommé seul, précise le jeune psychiatre, qui le sait grâce aux analyses d'urine.Quant aux jeunes touchés, plusieurs ne se révèlent pas schizophrènes."La distinction entre drogue dure et drogue douce n'est plus vraie, conclut le médecin."» (La Presse, 24-9).N'en déplaise à ceux qui aiment le pot et en font l'étendard de toutes les libertés, le pot évolue, l'âge des consommateurs évolue aussi.Le commerce de cette substance est entre les mains des pires organisations criminelles au pays Celles-ci n'ont aucun scrupule à ajouter des substances addictives à leurs produits.M.Laliberté ne pourra pas jouer à l'autruche encore longtemps, surtout si en bout de ligne ce sont nos enfants qui sont les victimes: car on parle bel et bien d'enfants âgés entre 12 et 16 ans, ou d'adolescents qui peuvent rester hospitalisés jusqu'à deux mois et qui subissent des séquelles jusqu'à six à douze mois.En tant que parent je me dois de savoir tout cela.Le pot qui circule aujourd'hui n'a plus rien à voir avec ce que nous avons pu expérimenter il y a 20 ans.En tant qu'enseignante je ne vois pas en quoi la légalisation pourrait améliorer la situation des jeunes qui, de plus en plus nombreux, fument le matin avant d'aller en classe.et finissent par décrocher de l'école à cause des propriétés du pot qui, n'en déplaise à M.Laliberté, sont totalement incompatibles avec l'acuité intellectuelle qu'exige la scolarisation.En tant que lectrice du journal Le Couac, je considère que votre journal a manqué à son devoir d'information pour verser dans une forme de manichéisme primaire qui nous oblige à choisir notre camp : ou bien vous êtes du côté des cools qui sont pour la légalisation du pot ou bien vous êtes des alarmistes-prohibition-nistes-d'extrême-droite (sic) si vous osez soulever quelques faits qui méritent réflexion concernant la marijuanna.le n'aime pas me sentir contrainte à la «pensée unique» mais c'est malheureusement ce que tente de faire M.Laliberté.Il est plus que temps que nous ayions un débat responsable et véritablement adulte sur l'ensemble des problématiques entourant le commerce et la consommation du pot au Québec; il en va de l'avenir de notre jeunesse et de la paix sociale.Marie-Michelle Poisson, Montréal La culture à l'abattoir Depuis quelques mois, des organismes culturels phares sont contraints d'envisager la fermeture ou la diminution drastique de leurs activités, bref, de se mettre en mode «dormance», en espérant ne pas expirer avant le printemps.Les premiers affectés proviennent des milieux les plus fragiles, ceux de la danse et des musées: FIND, Fondation ]ean-Pierre Perreault, La La La Human Steps, Musée des sciences et de la nature à Sherbrooke, Musée du Bas-Saint-Laurent.Comment ces institutions réputées peuvent-elles se retrouver acculées au pied du mur de la sorte?Malheureusement, rien pour l'instant ne semble exclure les autres institutions culturelles, voire les autres institutions publiques, d'un sort semblable.À mes yeux, la chute de ces institutions sonne l'alarme.Ces organismes sont les bisons de l'avant du troupeau, ceux que l'on pousse à sauter les premiers dans le vide pour s'écraser plus bas, au pied de la falaise.|.J Depuis quelques années, des oeillères majestueuses sont apparues au visage des décideurs (pas nécessairement les élus) et de leurs véhiculeurs de pensée.Ils envoient la société «droit devant», dans des ornières aussi creuses que leur discours.Et le reste du monde suit, s'enfonçant davantage à chaque pas.Pour ce que j'en comprends, ce chemin vise un seul objectif: l'augmentation de la richesse.Bien, mais cette richesse est peu profitable lorsqu'elle reste entre quatre mains et lorsqu'elle est gagnée en pensant uniquement au prochain trimestre.Suis-je trop naïve?Il me semble pourtant évident que notre société a besoin d'équilibre.Il faut remplir les existences de chacun, certes, de travail et de pain, mais tout à la fois de gens, de musique, de lecture, d'idées, d'images, de nature, de mouvements.Louisianne Débarq Écrivez-nous ! Le Couac publie les courts commentaires de ses lecteurs.Le courrier électronique demeure la meilleure façon de nous joindre (texte@lecouac.org).Sinon, une disquette par courrier postal: Le Couac, CP.222 Suce.D, Montréal (Québec) H3K 3G5.Le Couac op.222 suce.D, Montréal, Québec, H3K 3G5 Téléphone: (514) 596-1017 Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille el Jean-François Nadeau Co-Rédacteurs en chef: Bruno DÙbuc, David Ledoyen, Mann Silvestro Collaborateurs: Normand Baillargeon, Pierre de Bellefeuille, lacques Bouchard, Christian Boulais, Claude Ci.Charron, Clôde De Cuise, lean-Marie Laliberté, Claire Lavoie, Sylvio Le Blanc, Bruno Marquis, lean-François Mercure, Michel Rioux, Marcel Séguin, Valérie Simard, Valentin Tardi, Simon Tremblay-Pepin, Pierre Vadeboncœur, Ramon Vitesse.Illustrations et photos : Simon Banville, Bobidoche, Boris, Luc Ciard, Kérozen, Serge Ferrand, Charlotte Lambert, Sniper, Valerie Remise-, Richard Suicide, Ramon Vitesse.Graphisme: France Mercier, Charlotte Lambert Nous remercions chaleureusement Charlie Hebdo et te Rire (France) et Le tournai du Jeudi (Burkina Faso) pour leur collaboration.Abonnement et publicité: lecouac@vff.com (">Mi l'Ki-1 o 17.ISSN 14811-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec Bienvenue au grand Sweet Steak*: Le Couac aux Œufs d'Or Ne reculant devant aucun concept de marketing pour assurer sa survie, Le Couac lance son nouveau concours «Gagner sans avoir rien demandé ! » Voici comment ça marche.Chaque mois, nous sélectionnerons au hasard le nom d'un ou une abonné(e) que nous publierons en nos pages.Cette personne n'aura qu'à nous appeler pour nous donner les coordonnées d'un ou une ami(e) qui sera sur le champ (je dis bien SUR LE CHAMP!) abonné(e) gratuitement au Couac pour un an ! C'est-ti pas beau ça ?Alors ce mois-ci, le grand gagnant est.roulement de tambour.M.Etienne Giguère! Felicitation, M.Giguère.Nous attendons donc avec impatience votre appel pour que l'un de vos proches puisse enfin se délecter de l'information mordante de notre canard qui a des dents ! ET CE N'EST PAS TOUT! Euh.oui, en fait, pour l'instant, c'est tout.* Sweepstake L L L M M L m m m M L k Appel Eau Secouristes La Coalition québécoise pour une gestion responsable de l'eau - Eau Secours ! - n'a pas le choix que d'intervenir de façon percutante dans le dossier de la privatisation de la gestion de l'eau suite au projet de loi 61 (agence des partenariats public-privé) et projet 62 (privatisation de la gestion de l'eau, tarification des citoyens pour payer des contrats de 30 ans, autorisation de barrages privés sur les rivières et transfert des responsabilités quant aux cours d'eau), soumis par le gouvernement Charest.La Coalition entend demander au Premier ministre du Québec de retirer l'eau des projets de loi 61 et 62.Il reste peu de temps pour agir car le projet de loi 61 pourrait être adopté avant la mi-décembre.Un appel est donc lancé à la population qui est invitée à une soirée d'information (grand public) organisée par Eau Secours! à la Salle Marie-Gérin Lajoie de l'UQÀM à Montréal, le 6 décembre de 19 heures à 21 heures.Un court argumentaire présentant le dossier sera bientôt disponible sur notre site web au www.eausecours.org.Nous vous demanderons aussi d'écrire un mot personnel à votre député de comté lui demandant de retirer l'eau de ces deux projets de loi.Ueau potable est un bien commun trop précieux pour être confiée à la libre entreprise.Grâce à Cyclo Nord-Sud, la roue tourne pour la planète ! Cyclo Nord-Sud a passé le cap des 11 000 vélos expédiés dans 12 pays depuis 1999 avec l'envoi de son quatrième conteneur (en moins de 2 ans!) à l'Association Aide aux Veuves et Orphelins du Burkina Faso, le 14 novembre dernier.Et ça se poursuit un 8ième conteneur, a été expédié fin novembre à destination du Ghana ! Cyclo Nord-Sud est en campagne de financement et offre un super calendrier recyclé et recyclable en 2005-2011-2022 au coût minime de 10 $ (utilisable 3 ans) ! Si vous êtes intéressés à en obtenir plusieurs exemplaires pour votre organisme, votre entreprise ou pour distribuer vous-même, une liste de prix a été établie pour les grandes quantités.Pour commander: Isabelle Tremblay, (514) www.cyclonordsud.org, info@cyclonordsud.org 843-0077, m Abonnement: Spécial des Fêtes! Par téléphone : (514) 596-1017 Par la poste : Le Couac CP.222 Suce.D, MONTRÉAL (Québec) H3K 3G5 Adressez votre chèque à : Le Couac.Pratique: Cette année, donnez un cadeau qui revient tous les mois.Négligent: Quoi?Vous avez ^ encore des amis à qui vous n'avez pas fait découvrir Le Couac?Militant: En ces temps de concentration de la presse, encourager la presse indépendante est l'un des gestes les plus subversifs qui soit.Mais notre meilleur argument est encore qu'à 25$ pour 12 numéros (au lieu de 35 $), notre Spécial des Fêtes fait un maudit beau cadeau ! Pour les tarifs de groupe, institutionnel et à l'étranger voir le www.lecouac.org.Nom Adresse Code postal Courriel_ Téléphone. NATIONAL 1 îi Walmardisation galopante • Depuis 1998, Wal-Mart a connu des revers dans près de 200 communautés aux USA.En Californie, le conseil municipal de West Covina a refusé de lui vendre un terrain de 20 hectares.Lors d'un référendum, les habitants d'Inglewood, en banlieue de Los Angeles, ont rejeté à 66 % le projet d'installation d'un mégamarché Wal-Mart sur leur territoire.On accuse la plus grosse entreprise au monde de tuer le petit commerce et de piétiner les droits de ses salariés.La ville d'Oakland a empêché l'implantation d'un Wal-Mart sur son territoire.semblables sont instruites au Colorado et dans le Nouveau-Mexique.• Wal-Mart fait face à une quarantaine de procès pour avoir contraint son personnel à faire des heures supplémentaires sans les payer.Les heures de repas sont régulièrement sacrifiées et les horaires légaux dépassés.Tout cela permet à Wal-Mart de bénéficier de coûts salariaux inférieurs de 20 % à ceux de ses concurrents.• Le Front civique de défense de la vallée de Teotihuacan s'est mobilisé pour empêcher Wal-Mart de construire un magasin aux portes du principal cite archéologique du Mexique.Une délégation était à Montréal début novembre pour sensibiliser les Québécois au problème.• Wal-Mart est accusé de faire pression sur ses fournisseurs, forcés de délocaliser leur production pour conserver leurs contrats.Au cours des cinq dernières années, Wal-Mart a doublé ses importations de Chine, achetant pour 12 milliards $US de marchandises en 2002, soit 10% de toutes les importations étatsuniennes.Plus de 3 000 usines chinoises lui fournissent des produits.• Le New York Times a révélé que Wal-Mart enfermait ses travailleurs de nuit à l'intérieur de certains magasins pour mieux les surveiller.Fin 2003, on a découvert des centaines de travailleurs clandestins travaillant chez Wal-Mart pour des sous-traitants assurant l'entretien ménager.• Pendant cinq mois, de novembre 2003 à février 2004, 70 000 salariés des deux principales chaînes de supermarchés californiennes ont fait grève.Craignant l'arrivée de Wal-Mart, les supermarchés ont voulu réduire considérablement les salaires et les avantages sociaux pour survivre.Les travailleurs ont repris le travail sur une défaite.• Wal-Mart a eu recours aux tribunaux pour contester l'autorité de la Commission des relations de travail de la Saskatchewan.Et pour contrer la seconde tentative de syndicalisation de son magasin de Thomson, au Manitoba, Wal-Mart a contesté la nature de l'accréditation.• Wal-Mart a été reconnu coupable de pratiques déloyales par la Commission des relations de travail en Colombie britannique et par la National Labor Relations Board, aux États-Unis: congédiements de militants syndicaux et menaces de fermeture de magasins, si un syndicat était accrédité.• Affirmant que son magasin de (onquière perd de l'argent, Wal-Mart menaçait en octobre dernier de le fermer.C'est le seul magasin syndiqué en Amérique.• Wal-Mart est visé par une poursuite de discrimination sexuelle dans le cadre du plus grand recours collectif jamais entrepris aux États-Unis.Bien que les femmes constituent 72 % de son personnel, seulement 10% d'entre elles occupent des postes de gérance.Depuis le 24 septembre, un juge de Californie instruit un recours collectif intenté par d'anciennes employées.• En Oregon, un jury a jugé en décembre 2003 que les agissements de Wal-Mart étaient illégaux et de mauvaise foi.Des poursuites Boycotter Wal-Mart serait un service à rendre à l'humanité.• À Aima, on craint que les emplois concurrents mieux rémunérés finissent par disparaître avec l'arrivée de Wal-Mart.À Matane, un comité a été formé pour bloquer l'ouverture d'un Wal-Mart dans cette ville.• Le National Labor Committee a reproché à Wal-Mart de faire appel à des fournisseurs utilisant des sweatshops au Honduras.Dans les usines de fabrication de vêtements, la majorité des employés sont des jeunes femmes travaillant à la chaîne pendant plus de 12 heures par jour.À l'usine Evergreen, on travaille parfois près de 88 heures par semaine, 7 jours sur 7.• La centrale syndicale du Lesotho a sollicité un soutien international pour exiger que les fournisseurs de Wal-Mart respectent le code du travail et les normes de l'Organisation Internationale du Travail (OIT).Alors qu'une journée dure théoriquement dix heures, les employés sont forcés de travailler jusqu'à 14 heures consécutives.Insultes, agressions physiques, harcèlement sexuel, insuffisances en termes d'hygiène et de sécurité, toilettes insalubres et leur usage restreint à certaines heures: voilà le lot de ces travailleurs.ET POURTANT, selon le classement 2004 du magazine Fortune-.• Wal-Mart est la première entreprise du monde sur le plan du chiffre d'affaires, qui se situe à 262 milliards SUS.• Ses profits ont augmenté de 18 % par an depuis cinq ans.• 138 millions d'acheteurs visitent les 4 750 magasins de Wal-Mart.MICHEL RIOUX L£S PU>* OAip.?oW -wé- Charest est allé au Mexique pour qu'on lui parle de corruption.Regret Guy Cloutier a bien du regret : ave.toutça il a manqué l'hommage pour les 50 ans de Martine à la ferme au Salon du livre.Mirabellemort Le dernier clou a été enfoncé dans le cercueil du magnifique aéroport de Mirabel, au profit de Toronto.Qui est coupable de ce gâchis?La réponse est simple.Les coupables sont tous les gouvernements qui se sont succédé à Ottawa et à Québec.Les voies d'accès, qu'on a négligées, sont aussi importantes que l'aéroport lui-même.Quand Dorval étouffera, un jour, il n'y aura guère d'autre solution que Mirabel.PIERRE DE BELLEFEUILLE Mirabel : Exproprier au cas ou Le 18 novembre dernier, Aéroports de Montréal inaugurait en grandes pompes le nouveau complexe des arrivées internationales de l'aéroport PET Un hall des douanes deux fois plus grand, une nouvelle salle de récupération des bagages trois fois plus vaste et des carrousels à bagages deux fois plus imposants! Pendant ce temps à Mirabel, les carrousels à bagages ne tournent plus, la salle d'accueil des passagers est vide et le très prévoyant ministre des Transports du Canada, lean Lapierre, refuse de s'excuser et de rendre aux agriculteurs les terres inutilisées qu'on leur a volées il y a 35 ans.«Au cas ou, on en aurait besoin dans 25 ans.» En 1969, le gouvernement fédéral, avec à sa tête Pierre Elliott Trudeau, avait exproprié 97 000 acres de terres pour la construction de l'aéroport qui en occupe aujourd'hui moins de 6 000.Il a revendu 80 000 acres 16 ans plus tard, mais refuse de rendre les 11 000 autres que réclament depuis plusieurs années les expropriés.Ils paient donc un loyer à l'État pour pouvoir exploiter leurs terres, sans pouvoir y faire la moindre construction.Devant l'évidence, le Fédéral s'entête.Même si on investit 750 millions pour agrandir Montréal-Trudeau.Même si plus aucun passager ne transite par Mirabel depuis le 31 octobre dernier.Même si les grands aéroports du monde n'utilisent guère plus que 6 000 acres.Tout à coup, on en aurait besoin.Tout à coup les 40 millions de visiteurs par année qu'on attendait décident de débarquer.Vous avez raison, M.Lapierre, il faudra être prêts.VALÉRIE SIMARD Le Couac, décembre 2004, page 3 Les visions étatsuniennes de Patapouf Comme s'il s'acharnait à justifier son surnom de Patapouf, le premier ministre Jean Charest piétine certaines des caractéristiques les plus sympathiques de la société québécoise.Ainsi, il s'élève contre le fait que les frais de scolarité des maisons d'enseignement québécoises comptent parmi les moins élevés en Amérique du Nord.Il entend corriger cet état de choses, notamment en transformant cent millions de dollars de bourses en cent millions de dollars de prêts, c'est-à-dire de dettes, alors que l'accessibilité des études, y compris leur faible coût, est le signe d'une société évoluée.Aux États-Unis, pays de l'argent-roi, les frais de scolarité sont très élevés,, souvent prohibitifs, ce qui met un bémol au caractère démocratique de cette société qui est pourtant, comme chacun sait, une impétueuse donneuse de leçons, parfois à grands coups de canons.D'autres indices montrent que le gouvernement libéral a de l'éducation une vision à l'états-unienne.Ainsi, il entretient un débat ridicule sur les cégeps, dont certaines commissions scolaires trop influencées par les milieux d'affaires réclament l'abolition.Or les cégeps sont une invention québécoise dont nous avons tout lieu d'être fiers.Ils apportent notamment une formation générale dont les jeunes ont besoin pour devenir de bons citoyens.Il est ironique de rappeler que c'est un gouvernement libéral, celui de Jean Lesage, qui a institué en 1961 la commission Parent, qui devait recommander la création des cégeps, et que ce même gouvernement libéral, dans le cadre de la Révolution tranquille, a créé en 1964 le ministère de l'Éducation, assumant ainsi une responsabilité qui avait jusqu'alors été exercée par les autorités religieuses.Le rapport Parent était basé sur une haute conception du rôle de l'éducation.Celle-ci ne consiste pas principalement à former la main-d'oeuvre dont les entreprises ont besoin.Elle tient compte, bien sûr, des réalités du marché du travail, mais elle vise plus haut.Elle inculque une vaste gamme de connaissances et, plus encore, elle apprend à apprendre.Idéalement, elle forme le caractère et stimule la pensée.Ces éléments sont la base indispensable des habiletés professionnelles.C'est principalement là que se situe le cégep, entre l'école et l'université.Autant l'inconscience du gouvernement Charest dans le domaine de l'éducation est étonnante, autant on s'interroge sur les projets de lois 61 et 62.Le premier crée l'agence des partenariats publics-privés (PPP).Le second confie de nouvelles compétences aux municipalités, y compris les municipalités régionales de comté (MRC), en matière d'environnement, de contrôle des cours d'eau, de production d'énergie et de PPP.Le débat est déjà lancé sur les PPP, inspirés eux aussi par une vision étatsunienne.On s'est moins préoccupé du projet de loi 62, qui risque d'ouvrir la porte au désordre dans des domaines délicats, sensibles et vitaux.Selon le projet de loi, les municipalités pourraient agir, seules ou en collaboration avec des organismes d'État ou des sociétés privées, pour produire de l'énergie, harnacher des rivières, créer des réservoirs, ouvrir des dépotoirs, décontaminer des sols et, comble d'imprécision, réglementer en matière d'environnement.Plutôt que de protéger les cours d'eau, les MRC pourraient intervenir à leur guise, ce qui a fait dire à lean-Robert Sansfaçon, éditorialiste: «attention poissons, les motomarines arrivent!» (Le Devoir, 8 novembre 04).Autant les municipalités pourraient se réjouir de cet étonnant cadeau qui flatte leur fierté, autant elles pourraient déplorer que le pelletage de responsabilité ne soit accompagné d'aucun soutien financier.À propos des heures d'ouverture dans les centres commerciaux, prolongées arbitrairement par les propriétaires des centres, au mépris des problèmes imposés à beaucoup de petits commerces, selon une tendance venue des États-Unis, le ministre Audet a tenté de justifier le refus du gouvernement d'intervenir par un désir de «responsabiliser les intervenants ».C'est d'abord Patapouf qui doit cesser de se déresponsabiliser.PIERRE DE BELLEFEUILLE NATIONAL Le Couac, décembre 2004, page 4 Plus pour les riches ou moins pour les pauvres ?L'art de faire croire que les pauvres souhaitent leur appauvrissement.Ie venais de me faire couler un bon bain chaud.Et pour la énième fois, je pu vérifier le principe d'Ar-chimède qui veut que «lorsqu'un corps est plongé dans un bain.le téléphone sonne ! ».Un sondage.De Léger Marketing pour le compte de l'Institut économique de Montréal (IEDM), en plus.Le sondeur a une voix neutre, mais agréable.Il vous explique qu'il s'agit d'un sondage sur l'impôt à taux unique Vous ne comprenez pas trop bien de quoi il s'agit.Bon joueur, vous acceptez cependant de répondre à ses questions.Après tout, ce n'est qu'un sondage et c'est un bien petit service à rendre.Dans une question des plus techniques qui soient, propre à vous emberlificoter, on vous demande en fait si vous êtes pour ou contre une diminution des taxes pour les plus riches et une augmentation des taxes (ou une réduction des services) pour les plus pauvres.Enfin, vous comprenez sans doute que la question de l'IEDM, filiale québécoise du Fraser Institute, est loin d'être aussi limpide et honnête.L'objectif recherché par cet « institut» n'est-il pas après tout de faire payer aux plus pauvres, aux plus faibles et aux plus démunis les prochaines vacances et les nouveaux produits et services de luxe de ses riches commanditaires?Voici, pour vous permettre d'en juger, la question posée lors de ce fameux sondage effectué du 27 au 31 octobre dernier pour le compte de l'Institut économique de Montréal: Sachant que présentement au Québec, le taux d'imposition des particuliers augmente à mesure que le revenu augmente, seriei-vous d'accord ou non pour que le gouvernement du Québec adopte un taux unique d'imposition sur le revenu des particuliers, c'est-à-dire le même taux en pourcentage, et ce quel que soit le revenu de salaire?Seriez-vous a) Entièrement d'accord b) Plutôt d'accord c) Plutôt en désaccord d) Entièrement en désaccord e) Ne sait pas Il s'agissait, vous le comprenez, d'être équitable envers les riches.Et de toute façon, si vous ne compreniez pas trop bien la question ou si vous ne la compreniez qu'en partie, sans tout de suite pouvoir en peser le pour et le contre, l'Institut se chargeait avec plaisir de vous diriger sur la bonne voie en orientant subtilement votre réponse vers un « entièrement d'accord » ou à tout le moins, ce qui paraît aussi bien dans la réponse globale, vers un «plutôt d'accord».Les résultats du sondage sont stupéfiants: 46 % sont d'accord (19 % entièrement d'accord et 27 % plutôt d'accord) et 49 % sont en désaccord (23 % plutôt en désaccord et 26 % entièrement en désaccord).Quoi?Un si fort pourcentage des Québécois(es), dont la majorité sont à moyen et faible revenu, sont prêts à faire payer moins aux riches et plus aux pauvres?Une telle proportion de gens à moyen et faible revenu est en fait prête à se serrer encore la ceinture pour en mettre davantage dans les poches d'une minorité de riches?Eh oui! C'est bien ce que révèlent les résultats de ce sondage tordu.De plus, en en décortiquant les résultats, le sondage nous révèle que 55 % des travailleurs manuels et 52 % de ceux qui ont une scolarité de niveau secondaire sont favorables à ce changement du mode d'imposition.Ces gens seraient favorables à un mode d'imposition qui, selon toute vraisemblance, ne ferait que les appauvrir?Incroyable, non, tout ce qu'on peut obtenir comme résultats en piégeant de paisibles baigneurs?Vous devinerez que le fameux Institut en question s'est tout de suite précipité aux portes du gouvernement pour lui annoncer la bonne nouvelle.et pour peser de tout son poids en faveur de ce changement de mode d'imposition tout à l'avantage de ses membres.Les sondages, l'IEDM le sait bien, ne sont pas des instruments démocratiques.Les personnes jointes au téléphone n'ont pas été au préalable informées des enjeux en cause et tendent souvent à répondre dans le sens de la question posée.Les sondages n'ont en fait rien à voir avec un référendum ou avec un plébiscite, qui sont de véritables consultations populaires où les citoyens amenés à se prononcer sont au préalable, comme il se doit, bien informés des options qui leur sont proposées.La prochaine fois, quand le téléphone sonnera, que ce sera pour un sondage, pensez-y bien avant de rendre ce petit service.À plus forte raison s'il s'agit d'un sondage pour le compte de 1' IEDM.BRUNO MARQUIS HLe commtNTAiRt du appy Redneck AVEC uH GoWE^NEMEtf* CO>^e CE-LVi Tat CHKRE.ST NOUS ALLONS «DfcoiTO M» BUT ï iâaJj On s'en fout ! Le millième épisode de Virginie (et les autres).On s'en fout un peu moins Cela a été permis avec nos taxes Étude no 1 de {institut de recherche couaquiste de Montréal (IRCM) Pourquoi se priver des fonds publics?Après avoir déposé le projet de loi 31 modifiant l'article 45 du Code du travail voulant modifier les lois se rapportant à la sous-traitance, la camarilla Charest forme cette fois une commission d'enquête chargée de l'étude du controversé projet de loi 61 créant l'Agence des partenariats public-privé (PPP) au Québec.Chargée d'étudier le dossier, l'IRCM reproduit ici le fruit de son analyse.Québécois et Québécoises, mangeurs de hot dogs et buveurs de Molson, Plutôt que de vous surmener à vous faire vos propres idées sur la question des PPP ou plutôt que de vous triturer les circonvolutions cérébrales en vous demandant «un PPP, qu'osse ça donne?», je me propose dans les quelques lignes à venir en tant qu'expert patenté de renom et membre de cette ô combien prestigieuse institut de recherche, de lever une partie du voile sur cette épineuse question.J'ajouterai que c'est dans un souci du respect de l'ordre établi que nous devrions continuer à faire ce que nous savons chacun le mieux faire à savoir moi, penser et vous, dé-penser; le partenariat public-privé a quand même ses limites.L'énoncé de ces quelques idées qui vous seront prochainement canardées à l'unisson par le champ médiatique privé, à force de répétition et sans le moindre effort de votre part, finiront par vous sembler vôtres, soyez sans crainte.Les PPP au Québec, contrairemertt aux ouï-dire populaires, sont omniprésents sur la scène politique depuis au moins des décennies.Depuis toutes ces années, le secteur privé conjointement avec le secteur public, s'occupent notamment des affaires financières québécoises ; pendant que le privé voit à récolter le maximum de profits dans toutes les sphères possibles et inimaginables, les employés du secteur public s'affèrent à la sueur de leur front à réduire les déficits provincial et national, principalement causés par les dépenses excessives de nos gouvernements dans les services sociaux.Ce partenariat est connu comme Barrabas dans la Passion.En élargissant l'étendue des PPP, d'autres thésaurisations substantielles sont à prévoir, particulièrement dans le domaine des transports en commun.Imaginez un instant à titre d'exemple, les coûts astronomiques des transports en communs de la bourgeoise ville-palindrome de Laval.Combien de circuits pensez-vous sont quasiment déserts de passagers?Pensez à la pollution qu'engendrent ces monstres sur quatre roues en roulant à des heures absurdes uniquement meublés de leur chauffeur en plus d'engorger les ponts et les boulevards clés?11 devrait être fixé un minimum de passagers requis pour qu'un circuit perdure et il devrait en être coupé certains autres, ceux-là trop tardifs, qui ne font qu'être des vecteurs de délinquance chez les jeunes.Lorsque passé vingt heures, tout jeune de moins de 18 ans devrait déjà être à la maison à se repentir de ses larcins quotidiens en entonnant des « Je vous salue Marie» ou à écouter le 1000e épisode de Virginie plutôt que d'aller bourlinguer ou dissiper son maigre pécule aux profits du crime organisé.Le PPP des transports en commun devrait rationaliser de manière convaincante les dépenses excessives aux profits des classes improductives, soient les jeunes et le troisième âge.De plus, avec ce partenariat, le métro de Montréal pourrait devenir plus efficace si nous lui annihilons les stations de l'est pour rajouter des passages de wagons aux stations de l'ouest comme McGill, Snowdon ou Square Victoria.Que ceux qui ne croient pas en l'applicabilité d'une logique de marché dans ce secteur se ravisent et cogitent sur les deux augmentations en autant d'années de 10% du tarif sur les passes d'autobus ; la non-rationalisation des subventions gouvernementales accordées aux transports en commun n'a fait "que dilapider les argents nécessaires à sa ré-ingénérie.Côté soins de santé, on remarque que les cliniques privées offrent des soins de meilleure qualité dans un délai beaucoup plus raisonnable que les cliniques et hôpitaux publics.Que ceux qui ont l'argent nécessaire pour se faire soigner dans ces cliniques en profitent et que les autres gagne-petit subissent le public.Il faut savoir avec une précision chirurgicale choisir ses priorités et comme le dit la boutade : « Il vaut mieux être riche et en santé que pauvre et malade».Il faut laisser «la main invisible» du marché et la « sélection de la loi naturelle » faire son travail pendant que nous nous occupons du reste.Soyez sans crainte, nous voulons votre bien ! JEAN-FRANÇOIS MERCURE Lettre trouvée par Claude G dans un vieux bac à recyclage à Westmount M ONS1EUR DESMARAIS, le pense de plus en plus que nous avons pris une mauvaise décision en retirant lean-Jacques Samson de son poste de rédacteur en chef de notre journal, Le Soleil de Québec, lui permettant ainsi d'être récupéré par l'écurie PKP Nous avons erré car, depuis que notre ancien collaborateur est devenu chef de nouvelles au \ournal de Québec, j'ai rarement lu du si bon jJS, et cela, à l'heure où les deux hydres, gauchiste et séparatiste, que l'on croyait définitivement terrassées grâce à notre inlassable travail, relèvent de la tête comme rarement depuis notre quasi-défaire de 1995.Nous avions malheureusement perdu de vue que Pierre-Karl s'aventurait de plus en plus sur notre terrain.Homme d'affaires crypto-séparatiste, son paternel avait jadis trouvé intérêt à ce que les Lévesque et Bourgault diffusent leur hérésie dans ses journaux.Mais, nous aurions dû prendre conscience que, grâce aux Filion et Arthur, le climat a changé dans la vieille capitale.Et il semble que PKP a conservé le petit côté populo de son papa, ce qui fait que, quand il se rend à Québec, c'est d'instinct qu'il syntonise CHOI-FM.Il a ainsi vite saisi l'avantage de récupérer un Samson que nous venions tout juste de nous départir.Ce que nous n'avons pas vu venir, c'est que, à l'occasion de la lente agonie d'Arafat, Samson allait se surpasser.J'ai rarement lu une façon aussi astucieuse de nuire à nos adversaires gauchistes et séparatistes que d'associer à cette occasion le PQ et la CSN avec l'OLP.Et de mettre dans le même sac anti-sionisme et antisémitisme.Quelle astuce de la part de ce IJS : il emprunte les mots de deux biographes pourtant reconnus comme sympathiques aux séparatistes pour leur faire dire que leur héros, ou du moins les gens qui gravitent autour d'eux, étaient des antisémites ! J'ai rarement lu une meilleure façon de laisser supposer que Michel Chartrand est un antisémite notoire que quand, par JJS interposé, Fernand Foisy lui fait dire que, au début des années 1970, le fort en gueule «développait alors dans les instances de la CSN un discours très antisémite dans lequel il accusait Israël d'utiliser les mêmes méthodes avec les Palestiniens qu'Hitler avait employées contre les Juifs, comme les Français en Algérie avaient aussi imité les Allemands contre eux».J'ai rarement lu meilleure façon de discréditer le PQ que de reprendre les mots de Pierre Godin et de lui faire dire que « lors du congrès de 1974, les militants avaient tourné le dos à la com-| munauté juive, parce que celle-ci ne s'identifiait pas à son pays d'adoption, lui préférant sa religion.» Et tout ça, au moment où notre pauvre Lysiane qui, en temps ordinaire, sait tellement bien gratter et dénicher les tares des Canadiens Français afin de leur répéter qu'ils ne valent pas grand chose, ne se relève pas de sa déconfiture à l'occasion de l'incendie de la bibliothèque de l'école Torah ! Elle avait pourtant là un bon filon.C'était une très bonne idée que d'écrire que, avant le vieil antisémitisme canadien-français était surtout une affaire d'attitude et que, maintenant, on avait passé aux actes.Pour notre grand malheur, il a fallu que ce soit des beurs qui ont commis l'acte.Lysiane semble avoir de la difficulté à se remettre de son impair.J'ai rarement lu propos moins appropriés que de parler de la corruption de l'OLP le jour même de la mort d'Arafat.Si elle avait lu le papier de IJS paru dans Le }ournal de Québec deux jours plus tôt, elle aurait sûrement été inspirée pour traiter du très ancien couplage du PQ avec les terroristes de l'OLP Il faut donc, monsieur Desmarais, réparer la gaffe que nous avons faite en laissant partir IJS.Je vous suggère donc de lui offrir le même statut que vous avez dernièrement offert à Alain Dubuc, celui de voir sa si mordante prose contre les séparatistes et les gauchistes se retrouver dans tous les journaux de la chaîne Gesca.Si vous mettez suffisamment d'argent sur la table, le retour au bercail de la brebis est assuré.Quant à moi, votre fidèle serviteur à Québec, j'y travaillerai sans relâche.GÉRARD MAN LU INTERNATIONAL Comment on perd un colosse et un modèle De notre correspondant à Porto Alegre Les élections municipales qui viennent de prendre fin au Brésil annoncent bien des malheurs à venir pour le Parti des Travailleurs (PT).Deux énormes pertes: Sao Paulo, le colosse et Porto Alegre, le modèle.Sao Paulo est la métropole du Brésil.Avec plus de 15 millions d'habitants, elle en est le centre économique et culturel.Bien souvent, elle représente aussi une pièce maîtresse de l'échiquier politique.En 2000, le PT avait mis le grappin sur la ville-monstre grâce à sa candidate Marta Suplicy qui vient d'essuyer un cuisant revers avec seulement 46 % des voies au second tour.Sao Paulo c'est l'image même de l'urbanité brésilienne, c'est la ville référence où un parti a l'occasion de montrer ce qu'il peut faire au pouvoir.Porto Alegre a été un des premiers bastions du PT.Depuis 1988, 16 ans, Porto Alegre était sous sa bannière.Porto Alegre c'est la ville du Forum social mondial, c'est aussi celle du budget participatif et de plusieurs méthodes de gestions progressistes et innovatrices.Porto Alegre c'est la ville qu'on cite en exemple de Montréal à Tokyo quand il est question de participation populaire.Cet exemple, ce château fort que le PT présente au monde depuis des années vient de passer dans des mains dont beaucoup doutent qu'elles continueront les expériences misent en place sous l'ancienne administration.Plus important que de faire de la futurologie sur les conjonctures à venir, il serait intéressant de savoir ce qui a bien pu se passer.Quand on se rappelle les explosions de joie d'il y a quelques années lors de la victoire, on peut se demander qu'est-ce qui a tué l'enthousiasme pour le PT en ces lieux cruciaux.D'ailleurs, peut-être l'étude des errements du PT aidera-t-il le futur-nouveau-pas-encore-sur-le-point-d'être-presque-prêt parti de gauche québécois.En effet, malgré toute la sympathie qu'on peut lui porter, on sent que la gauchiste-écologiste-féministe-et-peut-être-souverainiste Option Citoyenne a besoin d'avoir des modèles à suivre et à éviter.Dans une chronique publiée dans la Folha de Sâo Paulo (06/11), Kennedy Alencar soulignait cinq erreurs commises par le PT lors de ses premières années à la présidence du pays.D'abord, le PT a promis la lune pour finir par donner des prunes.Personne ne voit les changements majeurs annoncés, le président Lula a beau s'égosiller sur les tribunes, beaucoup de Brésiliens restent dubitatifs devant ses discours.Ensuite, le PT aurait été arrogant autant dans ses rapports aux autres partis que dans son attitude face à la population.Résultat: plusieurs partis autrefois alliés sont sur le point d'abandonner la coalition gouvernementale au Congrès.Troisièmement, il n'aurait pas pris les occasions simples qui se présentaient à lui pour mettre en place des politiques populaires (par exemple, la divulgation des archives de l'époque de la dictature militaire).Quatrièmement, le PT entretient des accointances avec des gens corrompus ou des partis qui ne respectent pas du tout sa ligne de pensée.Enfin, Alencar affirme que les Brésiliens ont l'impression qu'en faisant comme si de rien n'était et comme si « la révolution continuait», le gouvernement est sourd à leurs demandes et les prend pour des valises.À bien y penser, la future Union des Forces Citoyennes (ou tout autre nom que prendra ce mariage) n'a pas besoin de regarder le cas brésilien pour voir ce genre d'erreur, on peut arriver exactement aux mêmes conclusions avec les derniers mandats du Parti québécois.Voilà deux partis qui ont fait leurs élections à gauche sous les couleurs de l'espoir et qui gouvernent à droite dans la grisaille de la prétendue «nécessité».Les Brésiliens ont le mérite, pour l'instant, de ne s'être fait prendre au jeu qu'une fois.SIMON TREMBLAY-PEPIN ERRATUM Lors du dernier article de notre correspondant à Porto Alegre, une erreur s'est glissée dans l'adresse du site Web du seul journal alternatif national du Brésil.L'adresse exacte est : www.brasildefato.com.br.Les quatre as B ush a les quatre as.Son pays, de loin le plus puissant du monde, les a aussi.La coïncidence est parfaite.Cette lourde conjoncture, trop gagnante, penche d'elle-même vers ses propres conséquences.Un tel moment, une telle combinaison ne peuvent qu'être historiques et provoquer des faits considérables.Il ne peut donc que se passer quelque chose, mais qu'est-ce que cela sera?Cet avenir est une menace.Voilà pourquoi les gens le moindrement à gauche ou même le moindrement lucides se sentaient catastrophés au lendemain des élections.Nombre d'Américains, découragés, parlent même de venir s'établir au Canada.La conséquence des quatre as, c'est que ceux-ci seront joués.Le danger est plus grand maintenant qu'il ne l'était auparavant.Certains expriment pourtant l'idée que Bush et ses amis montreront plus de modération désormais.Pourquoi?Un deuxième mandat est souvent différent, allègue-t-on.Bush ne pourra de toute façon se présenter à nouveau et il devra préparer favorablement sa succession.Au surplus, pour l'Histoire, il voudra prendre une pose avantageuse.Et ainsi de suite.Je ne suis pas de cet avis.C'est que les multinationales, les pétrolières, elles, veulent des résultats.Point, à la ligne.Elles n'ont que faire de l'esprit politicien.Au reste, le temps presse.Comme ils ont commencé de le faire, les États-Unis veulent se positionner le plus tôt possible en matière d'énergie et d'occupation territoriale, devant toutes les puissances et devant la Chine particulièrement.L'occasion est d'ailleurs là.Il est capital de la saisir.La violence sera donc aussi grande et étendue que jamais, sinon plus.D'ailleurs on l'a vu tout de suite, dès l'élection passée.On attaquera Fallouja par tous les moyens.La nouvelle en a été publiée le 6 novembre.Dès le 7, aujourd'hui, un grand pas de plus: on annonce à la radio que pratiquement tout le pays sera mis en état d'urgence et pas seulement Fallouja.C'est sans doute recommencer à faire la guerre en Irak et j'écris ces lignes à ce moment.En même temps, Bush fera des simagrées: l'ouverture aux alliés.Cette invitation est une mesure de guerre.On peut craindre que l'Europe, sous l'influence de l'argent, ne se laisse enfin gagner.Pour ouvrir le chemin, le Canada, d'ailleurs, passera le premier, avec cette histoire de Bouclier.Bref les quatre as.On ne doit pas douter qu'on soit maintenant dans une nouvelle partie.Les as seront abattus.La politique, plus que jamais, s'appellera domination et impérialisme.PIERRE VADEBONCOEUR Le Couac, décembre 2004, page 5 Irak: L'impensable devient normal (extrait.Pour l'article au complet, voir au http :/Avww.stopusa.be/scripts/texte.php ?section=BDBGBB&langue=0&id=23212) Par John Pilger, 11-11-2004, The New Statesman Traduction par Cuba Solidarity Project [.] La majeure partie des éléments présentés à la Commission sur le 11/9 |dans le rapport Kean) sont venus du Général Ralph Eberhart, commandant de la NORAD (Défense Aérienne Nord-Américaine).«Les avions de combat auraient pu intercepter les avions piratés qui se dirigeaient vers le World Trade Center et le Pentagone,» dit-il, «si les contrôleurs aériens avaient demandé de l'aide 13 minutes plus tôt.Nous aurions pu abattre les |.lavions.» Et pourquoi ne l'ont-ils pas fait?Le rapport Kean stipule clairement que « la défense aérienne des États-Unis le 11 septembre n'a pas été conduite selon les simulations et protocoles existants.Si le piratage était confirmé, (.) le coordinateur des piratages de service doit contacter le Centre de Commande Militaire Nationale du Pentagone (NMCC).Le NMCC demande alors l'approbation du bureau du Secrétaire à la Défense pour fournir une assistance militaire.» Étrangement, cela n'a pas été le cas.L'administrateur adjoint de l'Autorité de l'Aviation Fédérale, Monte Belger, déclara à la commission qu'il n'y avait aucune raison pour que la procédure n'ait pas été déclenchée ce matin-là.Il affirme « le NMCC était connecté au réseau et écoutait tout en temps réel.Je peux vous dire que j'ai connu des dizaines de piratages.et ils étaient toujours en train d'écouter avec tous les autres.» Mais cette fois-ci, ils n'étaient pas en train d'écouter.Le rapport Kean dit que le NMCC n'avait pas été informé.Pourquoi?Étrangement, encore une fois, tous les moyens de communication vers le haut commandement échouèrent, affirma-t-on devant la commission.Donald Rumsfeld, secrétaire à la Défense, était introuvable ; et lorsqu'il parla avec Bush une heure et demie plus tard, il s'agissait, selon le rapport Kean, «d'un appel bref au cours duquel l'autorisation d'abattre les avions n'a pas été abordée».Le résultat fut que les commandants de NORAD étaient «abandonnés dans le noir et sans isntructions».Le rapport révèle que la seule partie du système de commande, réputé infaillible, qui fonctionna ce jour-là fût à la Maison Blanche où le Vice-président Cheney était aux commandes, et en contact étroit avec le NMCC.Pourquoi n'a-t-il rien fait pour les deux premiers avions piratés?Pourquoi le NMCC, un lien vital, était-il silencieux pour la première fois de son existence?Kean refuse d'aborder cette question.Bien sûr, cela pourrait être le résultat d'un concours extraordinaire de circonstances.Ou peut-être pas.En juillet 2001, un rapport confidentiel préparé à l'attention de Bush indiquait: « Nous |la CIA et le FBI] croyons que OBL [Oussama Ben Laden] va lancer des attaques terroristes d'envergure contre les intérêts US et/ou Israéliens dans les semaines à venir.L'attaque sera spectaculaire et prévue pour provoquer d'énormes dégâts contre des sites ou intérêts US.Les préparatifs sont terminés.L'attaque sera déclenchée avec peu ou sans préavis.» L'après-midi du 11 septembre, Donald Rumsfeld, qui n'avait pas agi contre ceux qui venaient d'attaquer les États-Unis, demanda à ses collaborateurs de préparer un plan pour attaquer l'Irak - sans aucune preuve.Dix-huit mois plus tard, l'invasion de l'Irak, non provoquée et basée sur des mensonges désormais établis, fut déclenchée.Ce crime épique est le plus grand scandale politique de notre époque, le dernier chapitre d'une longue histoire du xxe siècle de conquêtes par l'Occident des terres et des ressources d'autrui.Si nous devions le laisser se banaliser, si nous refusons de mettre en cause et d'examiner les objectifs cachés et les structures secrets du pouvoir, qui n'ont de comptes à rendre à personne, cachés au sein des gouvernements «démocratiques», et si nous laissons le peuple de Falloujah se faire écraser en notre nom, alors nous nous laissons confisquer à la fois notre démocratie et notre humanité.Ces pauvres riches Une des réussites majeures du Parti Républicain au cours des dernières décennies a été de persuader beaucoup de travailleurs pauvres de voter en faveur de réductions d'impôt pour les milliardaires.NICHOLAS D.KRISTOF, « NEW YORK TIMES» Un Rioux Dans un de ses délires sur la campagne américaine, Christian Rioux attribue la responsabilité de la défaite démocrate aux velléités anti-guerre de John Kerry.En conclusion, il pose cette question : « Pourquoi et depuis quand la gauche devrait-elle être pacifiste?» (Le Devoir, 04/11).Considérant que «78% des personnes ayant accordé leur préférence à M.Bush ont cité les valeurs morales comme la principale motivation ayant déterminé leur vote» (Cuberpresse, 03/11), la prochaine question de M.Rioux sera-t-elle: «Pourquoi la gauche n'est-elle pas évangéliste?» ou, plus simplement, « Pourquoi la gauche n'est-elle pas la droite?».On peut dans la foulée se demander pourquoi Ch.Rioux n'écrit pas dans Le Couac.Épigramme Sur George W.Bush Sa victoire Bush la doit À trois millions de voix Ce que reconnaît un journal londonien Que rien ne retient Et qui ajoute de façon leste et facile Trois millions d'imbéciles MARCEL SÉGUIN BLOC-NOTES Le Couac, décembre 2004, page 6 environnemental u ne année qui se termine avec son lot de bonnes et de mauvaises nouvelles.Parmi les bonnes : le projet de centrale au gaz Le Suroît a été définitivement abandonné par Hydro-Québec.Et ce, en majeure partie, grâce à la forte opposition populaire.Qui a dit que les citoyens et citoyennes n'avaient pas de pouvoir?La Russie a finalement ratifié le Protocole de Kyoto sur les changements climatiques qui entrera en vigueur le 16 février 2005.('allais oublier, la meilleure des bonnes nouvelles.Vous êtes allergiques aux chats ?Qu'à cela ne tienne, votre cauchemar est désormais chose du passé.L'entreprise californienne Allerca a créé un chat OGM (génétiquement modifié) dont les poils, la salive et les petits cacas ne vous feront plus éternuer.Le minou de rêve, clôné à des millions d'exemplaires à partir, d'une même bête, se vendra 3 500 dollars US et les livraisons débuteront en 2007.Commandez tôt, les quantités sont «illimitées».Beurk ! ! ! Du côté des mauvaises qui sont plus nombreuses.Qui a dit que la connerie était plus largement répandue?La bombe à Bombardier Le 9 novembre dernier, la très chère Denise de son prénom, chroniqueuse à TVA, « chroniquait » avec Sophie Thibault, la lectrice des nouvelles, sur le rapport du Conseil de l'Arctique portant sur les changements climatiques.Dans celui-ci, on rapporte que la région se réchauffe deux fois plus vite que l'ensemble de la planète.La chroniqueuse Bombardier, en guise d'entrée en matière, nous apprend que tous les jours une nouvelle catastrophe est annoncée et que celle-là en est une parmi tant d'autres.Elle ajoute que les scientifiques sont partagés sur la question et qu'il y a les optimistes et les pessimistes.Non, mais dites donc comme entrée en matière, c'est époustouflant ! À l'heure où plus de 120 pays ont ratifié le Protocole de Kyoto et, que les Nations Unies, la NASA, Environnement Canada et plus de 160 gouvernements affirment à l'unisson que nous courrons vers la catastrophe climatique, Denise Bombardier prétend que ce n'est qu'une autre tempête médiatique.Sur quelle planète vit donc cette prétentieuse?Commentant sur la disparition probable de l'ours polaire, elle rétorque que cela permettra une recrudescence des morues et des crevettes.Un cours de biologie 101 s'impose, madame Bombardier, l'ours polaire est le plus grand carnivore ter- restre et ne se nourrit ni de crevettes ni de morues.De plus, se foutre de l'extinction des ours polaires sous prétexte que nous ne serons plus là est d'un je-m'en-foutisme à l'égard de nos enfants.Bel exemple de solidarité ! Finalement, la chroniqueuse ose affirmer candidement que «l'information à caractère scientifique doit être présentée avec prudence, sans trop simplifier, et elle doit être expliquée par des gens responsables.» (Verbatim.Le TVA édition 22hOO -22h22, 9 nov.2004).Cela aura pris deux minutes à Denise Bombarbier pour étaler autant d'ignorance et d'insignifiance.Quand on ne sait pas de quoi on parle madame.on se la ferme!!! Patapouf 1er et le développement durable Charest, alias Patapouf 1er, vient de redécouvrir deux mots qui faisaient jadis partie de son vocabulaire alors qu'il était ministre de l'Environnement sous le gouvernement Mulroney, ce sont les mots: développement et durable.Par contre, tout porte à croire qu'il ne les utilise pas à bon escient.Il n'a pas encore découvert leur sens profond surtout lorsque les deux termes sont associés pour former le concept de développement durable.Dans une envolée électrisante, clôturant le 29e congrès du Parti libéral à la fin novembre, notre seul et unique Patapouf a déclaré que le Québec prenait le virage du développement durable avec l'hydroélectricité.Le principe est simple: nous allons vendre notre électricité aux Américains en échange de beaucoup, beaucoup d'argent.Et, avec tout cet argent US, on va régler tous nos problèmes - la santé, l'éducation et le développement régional.Impressionnant, non ! Tellement simple que c'est simpliste.De un, ti-lean, combien en reste-t-il de ses grands projets?La Rupert, la Romaine, la Eastman 1-A et peut-être Churchill Falls.des projets fortement contestés.De deux, les petits barrages, t'oublies ça d'autant qu'Hydro ne s'en mêle pas, que cela compte pour des grenailles et on te l'a assez répété, on n'en veut pas.De trois, l'éolien tu nous le sers encore en plat d'accompagnement.Tas pas encore compris que cela s'impose comme le plat de résistance au menu du développement durable.Si au moins tu nous faisais rire Patapouf, mais t'es même pas drôle.Pathétique !!! Réélu.catastrophe environnementale La réélection de George W.Bush est une catastrophe environnementale.Par son refus de reconnaître l'imminence des changements climatiques, Bush va encore foutre le bordel pour les quatre prochaines années.On peut prédire que les ouragans (au sens propre et figuré) seront de plus en plus nombreux et dévastateurs.Les écologistes américains sont en deuil et 68 % de la population désavoue les politiques environnementales de ce dogmatique conservateur.Vous pouvez faire votre part, pour atténuer la déprime des Américains qui n'ont pas voté pour Bush et qui souhaitent ardemment s'exiler.C'est tout simple: marier un Américain ou une Américaine - rendez-vous galant sur le site: www.marryanamerican.ca Papier jetable, forêt jetable Le nez qui coule et renifle.une seule envie le moucher au plus vite.Un «kleenex» ça presse! (entendre ici un papier-mouchoir).Voilà le hic.le moucher oui, mais dans tout sauf dans un vrai Kleenex de marque Kleenex.Pourquoi ?Parce que Kimberly-Clark, le premier producteur de papiers jetables au monde, est le fabricant, entre autres, des produits Kleenex.Cette multinationale américaine du Texas, qui possède des bureaux et des manufactures dans 38 pays, fabrique ses papiers jetables presque exclusivement à partir de fibres vierges provenant de coupes exécutées dans des forêts menacées.Cela prend 90 ans pour rendre un arbre à maturité et quelques secondes pour envoyer un papier-mouchoir à la poubelle.Le 18 novembre dernier, Greenpeace lançait une campagne internationale contre Kimberly-Clark.Elle demande aux consommateurs et consommatrices de boycotter la marque Kleenex qui rase, entre autres, notre forêt boréale.Et ce, tant que le géant du papier jetable ne fabriquera pas ses Kleenex et autres pro-duits à partir de fibres recyclées comme la majorité des autres fabricants le font.Pour vous donner un point de comparaison, Kimberly-Clark utilise moins de 19 % de fibres recyclées pour fabriquer ses Kleenex alors que Cascades utilise 96 % de fibres recyclées pour fabriquer ses papiers jetables et la moyenne dans l'industrie se situe autour de 60 %.Si chaque ménage canadien troquait une boîte de papiers-mouchoirs Kleenex, de ^eK«Wf«: 100 feuilles, 2 épaisseurs, faite de fibre vierge pour une boîte de papiers-mouchoirs faite de papier recyclé, on sauverait de la coupe presque 12 000 arbres par année.Pensez-y la prochaine fois que vous aurez le «rhube».Se moucher n'est pas un geste anodin : Un nez coule, un arbre tombe avec la marque Kleenex!!! Pas avec les papiers-mouchoirs recyclés.Pour en savoir plus: www.kleenexsosforet.com CLÔDE DE GUISE Dictionnaire réaliste Banquier Personne qui serait d'accord pour vous consentir un prêt à la condition que vous lui apportiez la preuve que vous n'en avez pas besoin.Capitaliste Personne qui se rend de son bureau climatisé en voiture climatisée à son club climatisé pour y prendre un bain de vapeur.Mariage Snobisme S'acheter des choses qu'on n'aime pas avec de l'argent qu'on n'a pas dans le but d impressionner des gens qu on n'aime pas.Vedette Union qui permet à deux personnes de supporter des choses qu ils n auraient pas eu besoin d'endurer s ils étaient restés seuls.Personne qui travaille dur toute sa vie pour être reconnue, et qui porte ensuite de grosses lunettes noires pour qu'on ne la reconnaisse pas.}_ Le combat ordinaire (Dargaud) de Manu Larcenet ajoute encore à une oeuvre en fragile équilibre à tenter l'obsession maladive, l'aizeihmer (sur le plan individuel et social.), le non-sens du travail à travers un photographe qui, pourtant, aiguise sa vision avec des ouvriers locaux assistant à la mort lente de leur goulag, à l'amour refuge en ces temps de dérèglements, etc.L'humour et les passages sombres s'entrelacent pour des tangos chancelants encore soulignés par un trait capable d'autant de dépouillement que de cacophonie.Deux titres parus.Le second, Les Quantités négligeables, serait à préférer.À risque ! Une histoire de pêche (Mécanique Générale/ Les 400 Coups).Les rencontres au sommet de rien des marionnettes horribles qui prétendent gérer l'univers ont inspiré PhlppGrrd: à partir de la Conférence de Québec (1943) qui réunissait Churchill et Roosevelt voici le prétexte de partir à la dérive sur un voyage de pêche dans les Laurentides en marge des travaux.Staline et une morte feront des incursions au chalet tandis que les deux grands nigauds se mouilleront vraiment - ce qui est rarissime en politique.Généralement, on noie plutôt le poisson dans l'eau ! 32 histoires.Les mini-comics OPTIC NERVE (Seuil) d'Adrian Tomine Un tango avec la mort (Treize étrange) de Ulf K.Bobl (coll.écritures, Casterman) de Georges Bess Mon premier narre les réticences d'un jeune à s'insérer dans le flux des citoyens en devenir à préférer se dessiner.Au propre comme au figuré, on voit l'évolution de ce californien qui a débuté à la photocopieuse en 91 avant d'être édité par Drawn & Quarterly (Montréal) - l'histoire de son interview dans une chic émission de New-York où on ne lui laisse pas d'espace est hilarante.Mon deuxième est issu d'une collection jeunes auteurs d'un micro éditeur.Cette série d'histoires extrêmement sombres porte bien son titre en proposant quelques pas avec la mort et le désespoir.Disons que voici des conséquences des non-choix auxquels le citoyen dépossédé se laisse tomber.Mon troisième, d'un suisse immigré aux États-Unis, déconcerte: un carnet à dessin magique impose ses délires au créateur qui accouche d'un personnage ludique et universel.Entre la maladie mentale et la soupape libertaire, il est question de retrouver un filon commun à l'humanité via un visage ! Mon tout, ce sont ces oeuvres noires et blanches comportant des traits autobiographiques qui représentent autant de ponts au sein d'une communauté tissée à partir des différences plutôt que des ressemblances.MUSIRONIE samedi 18h30 101,5 FM de foire, on assiste à la renaissance d'un rock vigoureux tout en français et en ellipses.Faisant flèches de tout bois, le contenu frise le dérisoire pour mieux brûler les icônes du film d'horreur qu'on aimerait bien faire avaler à une population en mal de soporifiques.Guignol s'en prend plein la tronche.VALENTIN TARDl GFK, If Liberty Isn't Given It Should Be Taken (G7 Welcoming Committee) sont d'incrédules anars de Beauport qui cisèlent un brouet aux confluents du métal et du hardcore depuis huit ans.Pour ce troisième album, ces activistes joignent la virulente étiquette de Winnipeg et ont recruté Pierre Rémillard (ex Obliveon) afin de s'assurer un son à la mesure de propos fort résistants.Leurs analyses à contrepied du maelstrom d'informations éthérées constituent un judicieux tonique.The End Of Our Contribution To Modem Slavery, Globa-liverne ou Prison Of Life sont de ces brûlots.Todo Para Todos !!! Cwenwed, Le retour du grand bleu métallique (Proxenett/ Local), sur fond de simili bois, la pochette s'égaye d'un couple d'indiens blancs et, de surcroit, flambants nus avec arcs et flèches.Dans un esprit kitch et canaille, au moyen de textes déroutants où tout peut arriver - par exemple que Marie épouse une bête Leopold Z, La (oie (L.ZI Local).Avec d'ex 3/4 Putains et l'homme au tambours d'Urbain Desbois, ce trio, qui a réchappé le titre d'un film du maudit Gilles Caries navigue à l'instinct vagabond pour une musique acoustique débordante de trouvailles et de possibles (banjo, ukulélé, orgue, programmation, contrebasse, percussions illimitées, etc.).Cela pour le seul plaisir de faire valser la « route de la rage et des nuages» du rebelle en nous.Avec son lot de pépites résolument poético-anarchistes les arnaques dieu, salarié et distraction (d'où La Joie.) en prennent plein la gueule.Le diable ornant la pochette illustre à souhait le bonheur de textes qui frétillent en refusant l'enrôlement.Tel cette adaptation de Joe Hill: « Pourquoi le travail/ Me pèse plus qu'à d'autres ?/ Cparce que ceux qui travaillent/ Se prennent pour d'autres ! ».Immanquable.RAMON VITESSE 4 CULTURE 80 millions de puritains illuminés Barbara Victor La dernière CROISADE Les fous de Dieu version américaine Pion Toutes les religions sont basées sur des croyances irrationelles.La première chose qui nous frappe en lisant La dernière croisade, Les fous de Dieu version américaine, de la journaliste franco-étatsunienne Barbara Victor, c'est le crétinisme des fondamentalistes chrétiens étatsuniens.On n'hésite pas à se foutre de Raël dans les émissions de télé-achat dont tout le monde parle, mais personne n'oserait ridiculiser, pour leurs croyances, les membres du clergé des grandes religions traditionnelles.Pourtant, quand on fait l'inventaire des croyances bizzarroïdes à la base de la chrétienté, on ne peut s'empêcher de penser que ceux qui croient à tous ces miracles au premier degré, sont un peu dérangés.Le Bible Belt, l'ancien Sud esclavagiste, compterait 80 millions de crétins fondamentalistes.Ce qui représenterait 42 % du parti républicain.Parmi tous ces illuminés, les Born Again Christians sont particulièrement crakpots.Pour devenir un Born Again, il faut avoir rencontré Dieu personnellement.Ce qui donne le pouvoir de lui parler et de recevoir ses «ordres» directement.Pour déjouer Satan et l'empêcher d'intercepter leurs prières pendant qu'elles montent au ciel, ils prient en parlant à Dieu «en langue».Chaque fanatique récite à haute voix une litanie d'onomatopées qu'il est le seul à comprendre, avec Dieu, bien entendu.Puisque Dieu comprend toutes les langues et pas Satan.Les fondamentalistes sont convaincus que Dieu leur dicte directement leurs actes, même les choses de la vie courante.Voilà qui simplifie la vie quand il faut justifier une décision.Celui qui s'oppose à leur volonté, s'oppose à Sa volonté, rien de moins.Ils font une lecture littérale de la Bible, sont créationnistes, et préparent le retour du Christ sur terre.Leur action la plus néfaste pour la paix mondiale est inspirée par l'Apocalypse.Il y est écrit que le Christ reviendra sur terre pour affronter l'Antéchrist dans la bataille d'Armageddon.Cette prédiction devrait se réaliser après le retour des Juifs en Israël.C'est pourquoi ils préconisent la création d'un grand Israël et l'expulsion des Palestiniens de Cisjordanie.Ce qui les amène a financer l'armée israélienne et l'implantation des colons juifs à coups de milliards.De plus, les attentats du 11 septembre les ont convaincu que l'Islam est devenu «l'incarnation du Mal attaché à détruire le monde judéo-chrétien», écrit Barbara Victor.Pour eux, l'« evangelisation » du Moyen-Orient avec des bombes, à commencer par l'Irak, est une nouvelle Croisade.Sur le plan social, ces bons chrétiens sont contre l'avortement même en cas de viol, pour la peine de mort, mais contre le contrôle des armes, pour la religion obligatoire dans les écoles et les prisons, contre l'homosexualité (une maladie qui s'attrappe), etc.On ne fait pas plus à droite.Ils s'intéressent peu à la politique et votent en bloc pour les candidats désignés par leurs chefs religieux.Ceux qui défendent le mieux les idées de la droite chrétienne, bien sûr.John Ashcroft, ministre démissionnaire de l'Injustice et parrain du Patriot Act, est un Pentecôtiste d'extrême-droite qui parle à Dieu «en langue».George Bush prétend être lui-même un Bom Again, qui aurait arrêté la course aux jupons, l'alcool et la cocaïne, après avoir rencontré Jésus personnellement.Mais puisqu'il ment comme il respire, plusieurs doutent qu'il soit assez naïf pour croire qu'il s'entretient directement avec Dieu.Sa sincérité a peu d'importance.Ce qui compte, c'est qu'il est prêt à faire les quatre volontés de l'extrême-droite religieuse pour obtenir son vote.Raël n'est qu'un pauvre clown inoffensif comparé à ces dangeureux puritains illuminés.Peu importe la religion, l'intégrisme engendre l'intolérance.C'est une arme de destruction massive de l'équilibre social.Comment le pays le plus riche et le plus avancé technologiquement au monde, a-t-il pu en arriver là?Dieu seul le sait ! Mais le Diable s'en doute.Barbara Victor, La dernière croisade, Les fous de Dieu version américaine, Pion, Paris 2004 JACQUES BOUCHARD Nouvelle France-, un ratage annoncé On ne pouvait rien attendre de bon du film Nouvelle-France (sans trait d'union dans les publicités, marché anglo-saxon oblige), profilé d'abord par Pierre Billon, celui-là même derrière le mélo Séraphin, usiné ensuite au coût faramineux de 35 millions par Richard Goudreau, le mauvais génie derrière les trois Boys et Les Dangereux, et lissé finalement par Jean Beaudin, en panne d'inspiration depuis des lunes.Voilà une coproduction anecdotique, racoleuse, sirupeuse et gorgée de poncifs, dans laquelle des acteurs de renom (Gérard Depardieu, Vincent Perez, Irène Jacob, Tim Roth) font leur peinture par numéros.Elle est à image de la chanson-thème écrite par Luc Plamondon et chantée par notre Celine internationale.La langue parlée par les comédiens québécois en est une bâtarde, qui fait le plus « français international » possible.Pourrait-on se réveiller une fois pour toutes à la SODEC et à Téléfilm Canada?Penser d'abord qualité et pas seulement bénéfices (si le film réussit à en faire, c'est que nous n'aimons pas le bon cinéma)?Imaginez les Gaz Bar Blues (Louis Bélanger) et les Roger Toupin, épicier variété (Benoît Pilon) qui auraient pu éclore d'une utilisation judicieuse des crédits gouvernementaux.SYLVIO LE BLANC Tout Falardeau Paru en novembre dernier Québec libre] Entretiens politiques avec Pierre Falardeau, fruit de huit entretiens réalisés au printemps 2004 par Pierre-Luc Bégin et premier ouvrage publié dans la collection « Grands entretiens » aux éditions Du Québécois.Ce livre est selon Bégin appelé à devenir LE document de référence sur la pensée politique de Pierre Falardeau.Sans censure ni demi-mesure, Falardeau nous y livre avec émotions une sorte d'autobiographie politique, du milieu des années soixante lors de ses premiers engagements au sein du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) jusqu'à nos jours, avec ses impressions et commentaires sur le scandale des commandites, la mort de Claude Ryan, son dernier opus cinématographique, la convergence médiatique, etc.C'est à travers ces 200 pages que j'ai découvert chez Falardeau une pensée beaucoup plus complexe et beaucoup mieux articulée que l'image qu'il est possible de s'en faire à travers 4 minutes d'apparition à Julie Snyder, quelques lignes à l'hebdomadaire Voir ou quelques montages «radio-cadenassiens».En fait, l'objectif premier de Bégin en publiant ce livre était de donner enfin la parole à Pierre Falardeau pour que ceux qui le maudissent et ceux qui l'estiment sachent au moins avec plus de justesse pourquoi.La plus grande force du livre est malheureusement aussi sa plus grande faiblesse.En lisant cet ouvrage, on a l'impression d'être assis à côté de Bégin et Falardeau à les écouter s'entretenir de sujets politiques et l'impression nous est très agréable.De plus, le style de l'écriture, n'ayant pas été aseptisée, respecte le niveau parlé de la langue et ajoute à notre sensation de proximité avec les interlocuteurs.Mais cette particularité n'est pas sans nous donner parfois l'impression d'analyses manquant d'objectivité et de nuance.En d'autres termes, l'émotion qui transcende l'instant où Falardeau raconte un événement ou décrit une situation, enlève parfois à son analyse une certaine rigueur.Point d'ailleurs dont il est lui-même bien conscient et qu'il souligne dans sa lettre en guise d'avertissement à l'ouvrage: «Faudrait presque réécrire certains passages pour apporter des nuances.Faudrait adoucir des analyses un peu trop carrées.Mais tout ça n'en finirait plus.» Et il ajoute finalement: «J'assume tout».Québec libre ! est toutefois un livre qu'il nous faut lire ne serait-ce que pour l'admirable exemple de détermination de Pierre Falardeau dans sa quête vers l'indépendance du Québec; trop rares sont ces hommes de convictions encore debout pour que nous les ignorions.JEAN-FRANÇOIS MERCURE Le Couac, décembre 2004, page 7 C'est ru ve
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