Le couac, 1 janvier 2005, janvier
1 Projet de tribunal islamique p.31 JvL Jw*^flt Le seul fait d'accepter d'en discuter est le signe d'un manque total de jugement, estime Pierre de Bellefeuille.B Forum Social Mondial | ¦H Notre envoyé spécial nous parle des coqueluches et de la dissidence du star-système de la gauche.Un conte pour tous Le Canada se targue d'être une terre d'accueil pour les réfugiés: terre d'asile ou asile d'aliénés?Un drôle d'oiseau 1 ps X Vol.8 • n° 04 Janvier 2005 3,50$ % &4 «att &4 âat $4 tau *k tssu *k tau *k tau #U tau &4 at £4 at Ai « Le bouclier antimissile : la pointe de l'iceberg » Il s'appelle Michel Chossudovsky, professeur et chercheur en sciences économiques à l'université d'Ottawa, il a publié deux ouvrages aux Éditions Écosociété: Guerre et mondialisation et le plus récent La mondialisation de la pauvreté, ouvrages qui ont été traduits en plusieurs langues.Il dirige le Centre de recherche sur la mondialisation (Global research) et a gagné de nombreux prix en journalisme dont six fois, un des prix octroyés par Project Censored Award.À tous les ans, Project Censored (www.projectcensored.org) publie son Top 25 des articles importants qui n'ont pas été publiés dans la presse officielle (corporate press) aux États-Unis.C'est dire que notre homme est aussi la bête noire des médias officiels ici.«L'annexion du Canada fait-elle partie du projet militaire de Bush?» (l'intégral en anglais se trouve sur le site de Global research, www.globalresearch.ca).Je vous résume à grands traits le contenu de cet article et j'ai pu m'entretenir au téléphone avec son auteur pour pousser la réflexion sur le pourquoi et le comment de cet état de fait.« We are all Americans » Cela fera bientôt deux ans que la redéfinition du système de défense canadien est discutée à huis clos (et, pas chez nous) à la base aérienne de Peterson, au Colorado, là ou se trouve le quartier général du Commandement américain (Northcom) dont l'objectif déclaré est d'étendre sa juridiction sur l'ensemble de l'Amérique du Nord (incluant le Canada et le Mexique) tel que proclamé par Donald Rumsfeld, secrétaire à la Défense au sein de l'administration Bush.Chrétien a refusé de se joindre à Northcom.En attendant que le Canada cède, on a mis en place un groupe «consultatif» de planification binationale (Binational Planning Group, BPG).Pour tout «consultatif» qu'il soit, ce groupe n'est redevable ni devant le Congrès américain, ni devant la Chambre des communes canadienne.Il est constitué de 50 «planificateurs militaires», des Canadiens et des Américains qui de la base Peterson, travaillent à mettre en place un système unifié de défense contrôlé par le Pentagone.PAR CLODE DE GUISE au strict commandement militaire mais déborde dans les sphères de l'immigration, de la police et du renseignement.« Le Canada pourra-t-il se réclamer d'une certaine souveraineté lorsque la fusion des banques de données sera chose faite?», rappelle Michel Chossudovsky, qui précise que le Canada pourrait devenir un membre de Northcom à la fin du mandat du groupe de planification binationale (BPG).Ce mandat se terminait en décembre dernier et vient d'être prolongé jusqu'au printemps 2005.11 est évident que Paul Martin ne s'y opposera pas comme l'a fait son prédécesseur 11 va même nous dorer la pilule en insistant sur le fait que ce sera, précise Chossudovsky: «dans l'intérêt du pays», que cela « créera des emplois pour les Canadiens » et « rendra le Canada plus sécuritaire».Rendu à ce degré de fusion, le Canada aura vendu son âme au diable et aura perdu sa souveraineté nationale.Nous serons tous contrôlés par Big Brother of the United States of America.Cela fait partie d'un projet plus large de contrôle planétaire - terre, mer et espace.«Ih God we trust-» ! trie militaire canadienne - General Dynamics (Canada), Bell Helicopter Textron (Canada), General Motors Defense, CAE Inc., Bombardier, Groupe SNC-Lavalin pour ne nommer que ceux-là.En pièces détachées Pour expliquer que ce projet mégalomane américain, qui menace la sécurité mondiale et l'avenir de l'humanité, suit son cours sans trop d'entraves, Michel Chossudovsky explique : « Les analyses sont partielles.On s'oppose au bouclier antimissile sans le relier au projet global d'intégration qu'est Northcom.De même le contrôle économique via l'Accord de libre-échange des Amériques (ALENA) fait partie de la même logique.Or, sans une dénonciation globale du phénomène d'assimilation en cours, on se fait avoir.» Chossudvosky est préoccupé du fait que les médias s'autocensurent et n'abordent pas cette question.Il dénonce les médias américains qui véhiculent des propos erronés sur la lutte au terrorisme.Il s'insurge contre le fait « qu'on réussit à nous faire avaler que la torture de même que les atteintes aux droits humains sont, dans certains cas, des outils de démocratisation.Que 100 000 civils tués en Irak, c'est légitime pour L'annexion du Canada fait-elle partie du projet militaire de Bush ?Le Canada vendra-t-il son âme au diable et perdra-t-il sa souveraineté nationale ?Serons-nous tous contrôlés par Big Brother of the United States of America?Le comité travaille sur deux blocs principaux: 1.le Plan combiné de défense (Combined Defense Plan, CDP) 2.le Plan d'assistance civile (Civil Assistance Plan, CAP) impliqué dans le soutien à la militarisation des fonctions civiles au niveau judiciaire et de la police.La stratégie est de concevoir des plans militaires d'urgence en cas d'attaque terroriste.Pour soi-disant nous protéger contre les méchants terroristes, un tel programme donne au Département de la Sécurité intérieure américaine un accès à des informations confidentielles sur les citoyens et résidents canadiens (incluant des données fiscales).Il y a de la coupe aux lèvres pour comprendre que ce processus «d'intégration binationale» ne se résume pas Il n'est pas si loin le jour où Canadiens et Québécois seront arrêtés par des agents américains au même titre que si ces derniers étaient canadiens.Ou encore, que les troupes et les forces spéciales américaines nous envahissent pour assurer soi-disant notre sécurité.Qui ne se souvient pas de la Loi des mesures de guerre de Trudeau ?Voilà ce qui nous pend au bout du nez en cas d'alerte rouge.« Le contrôle territorial du Canada fait partie du projet géopolitique et militaire des États-Unis», écrit Michel Chossudovsky.Aux lendemains des attaques contre le World Trade Center, le II septembre 2001, le gouvernement canadien a endossé les politiques racistes de nos voisins du Sud.Il pourchasse les ethnies ennemies comme les Arabes-Musulmans et procède à des arrestations arbitraires de militants anti-guerre.Qui travaille déjà dans la la réalisation de ce projet machiavélique?Nombre de députés libéraux dont Paul Martin en tête de liste, le Parti conservateur et l'indus- permettre la tenue d'une élection» libre.«On finit par trouver quasi normal les nettoyages ethniques, etc.Qu'on se le tienne pour dit, une guerre juste cela n'existe pas.» Bref, nous sommes à la fois informés, désinformés et qui plus est insensibilisés.«Ce dont on a vraiment besoin est de rompre la propagande médiatique mensongère nord-américaine qui est le plus grand obstacle à la mobilisation des citoyens», soutient Chossudovsky.Et, la gauche dans tout ça?D'entrée de jeu, celui-ci affirme: «le ne sais pas trop ce qu'est la gauche.Si on parle des syndicats et des groupes sociaux de la société civile, le problème qui se pose est que cette gauche est divisée et que plusieurs de ses prises de position sont ambiguës.Par exemple, s'opposer à la guerre en disant Non à la guerre est nettement insuffisant, il faut dénoncer la légitimité des acteurs de la guerre, leur enlever cette légitimité.Puis, il y a les ONG qui sont financées par le gouvernement ou des fondations privées.Il leur devient difficile d'avoir les coudées franches pour s'opposer au système.» Et, les partis d'opposition de la soi-disant gauche, que font-ils?«Il faudrait leur demander, rétorque Chossudovsky.Pour renverser la vapeur, il faudra créer des alliances larges.Le danger qui nous guette est cette complicité de l'État américain avec les médias.Une dictature à façade démocratique s'installe lorsqu'il y a consensus sur un projet guerrier et qu'on dénonce comme mensonger tout ce qui va à rencontre», de conclure Michel Chossudovsky.ABONNEZ-VOUS www.lecouac.org L'entremetteur La stratégie présente du gouvernement américain est évidente, tout enveloppée qu'elle soit.Elle consiste d'abord à mettre sur un plan incliné et glissant le Canada, plus accessible, et ensuite l'Europe, de manière que la résistance à la politique impérialiste et guerrière américaine commence à se relâcher.Une première faiblesse en entraînera fatalement d'autres à cause du déplacement de l'opinion ainsi obtenu et de l'effet domino.Par rapport à l'Europe, le Canada est le début de la pente, et le début de ce début est M.Paul Martin.PIERRE VADEBONCŒUR M.Martin, observez-le bien, est un type qui n'a pas de regard.Les commentateurs de la politique ont bien tort de ne pas s'intéresser aux physionomies.Elles sont révélatrices, elles disent ce qui veut être caché, particulièrement quand elles sont fermées.Le premier ministre n'a pas d'expression.Cela garde toutes ses pensées derrière.Elles sont cependant tout à fait visibles, malgré ou à cause du masque.Martin est déjà sur le versant préparé par le gouvernement américain.Depuis Halifax, le but est clair.La confirmation de la politique améri- caine a eu lieu là, agréablement, avec des invites et des salamalecs, mais très fermement, assez pour impressionner et influencer notre opinion publique et une partie des députés.Le Canada est un bon début, peut-être le seul possible, ou en tout cas le meilleur.Pour Washington, il s'agissait de saisir le point où tout pourrait commencer à basculer.M.Martin est ce point-là.La manoeuvre est délicate.Martin l'assure mieux que quiconque.Pour le moment, il est la clef.Ne sous-estimez pas ce rôle éphémère mais essentiel.C'est celui d'un entremetteur.Suite en page 8 Le déclin « Depuis trois ou quatre ans, La Presse est devenue un très bon journal d'information».(Pierre Foglia, La Presse 2-12-04) La Presse ne devient un excellent journal d'information que dans l'exacte proportion où Foglia perd ses facultés critiques.Au rythme où vont les choses, La Presse sera bientôt le meilleur journal au monde.So.SO.SO.Pendant la grève des employés de magasin et de bureau de la SAQ, le chroniqueur en vins de La Presse suggère de recourir à l'importation privée pour vous approvisionner en vin.De son côté, le chroniqueur du Devoir nous conseille d'aller faire le plein du côté de l'Ontario.C'était notre rubrique conscience sociale.077831301091604 Le Couac, janvier 2005, page 2 Le logement, ce droit à réaffirmer La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec a récemment invité ses membres à ignorer les recommandations de la Régie du logement en ce qui a trait aux hausses des loyers en 2005.L'association est outrée de la lenteur du gouvernement à appliquer les conclusions du rapport du groupe Roche, une firme privée mandatée en 2003 pour étudier le mécanisme de fixation du prix des logements par la Régie.Selon les propriétaires, la hausse devrait atteindre dans certains cas 15% pour rattraper le retard des dernières années.Le Front d'action populaire en réaménagement urbain soutient pourtant que les loyers ont augmenté en moyenne de 13% entre 2000 et 2003.Et plus de 218 000 ménages locataires de la province consacrent déjà plus de la moitié de leur revenu pour se loger.Les libéraux devront donc trancher entre les droits des citoyens et la soif de profits des propriétaires.Avec la réingénierie de l'État en toile de fond, il y a lieu de s'inquiéter.Surtout si on observe de plus près le groupe Roche.L'ancien vice- président principal de l'organisme est M.Sam Hamad, ministre des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs.Ce dernier a aussi présidé la chambre de commerce de Québec, qui s'oppose à la fixation des loyers par la Régie du logement depuis des années.M.Marc-Yvan Côté, ancien député et ministre dans des gouvernements libéraux du Québec et jadis organisateur en chef du Parti libéral du Québec, est un des dirigeants de cette firme.11 y a là, sans grand effort d'analyse, apparence de conflit d'intérêts, voire de grave copinage.Si l'équipe Charest continue à répondre aux demandes des sacro-saints défenseurs du libre marché, les minces recours que les locataires peuvent oser prendre sont appelés à disparaître.Car certains propriétaires usent déjà de menaces et d'intimidation pour forcer les locataires à ne pas porter plainte auprès de la Régie.Le logement est un droit fondamental qu'il importe de protéger.Aucune règle du «marché» ne doit avoir préséance sur celui-ci.ALEXANDRE SHIELDS Fils de pub Le Chicago Tribune nous apprenait récemment que le marketing auprès des enfants est une affaire de 15 milliards de dollars en chiffre d'affaire annuel.Des listes de noms d'enfants du préscolaire au secondaire se vendent d'ailleurs déjà 70$ par tranche de 1 000 aux entreprises que cela intéresse À quand les sages-femmes payées pour se déguiser en Ronald MacDonald lors de l'accouchement ou, mieux encore, la pub sonar lors des echographies?6Jf^ AWéc 20OÇ COURRIER DES LECTEURS Wal-Marde On apprenait en fin de semaine, dans un hebdo régional (Linfo du nord) que tout était prêt pour accueillir le géant de la pacotille à bon Marché «Wal-Marde» à Ste-Agathe des-Monts.En effet le maire de cette ville se dit confiant et a pris les devants pour voter le règlement 2004-EM-69 qui prévoit des travaux de 1 075 000 $ pour défrayer les coûts d'infrastructures municipales: prolongation de la rue Laverdure et installation des feux de circulation (intersection avec la route 117).Le projet comporte plusieurs impacts négatifs, comme par exemple, la fermeture de dizaines de petits commerces qui ne peuvent subsister face a ce géant du «bon marché».Lorsqu'on connaît les difficultés qu'éprouvent certains d'entre-eux à Ste-Agathe et que l'on prétend vouloir revitaliser cette ville, je ne pense pas qu'un Wall-Mart viendra améliorer la situation, bien au contraire I-P Charce Val David.Crosses boulettes Madame Gauthier, Ministre de l'Agriculture du QuébecT^p— { Madame Gauthier, savez-vous ce qu'est la solidarité sociale?Le Conseil des ministres, dont vous êtes solidaire, a-t-il lui le sens de l'équité?Vous venez d'utiliser AU MOINS 20 millions de fonds publics au profit d'un meilleur Noël pour les producteurs de bœuf du Québec.Eux et elles auront au moins du bœuf haché sur la table du réveillon.Votre gouvernement vient de couper 103 millions aux étudiantEs du Québec! Votre gouvernement vient de «non indexer» une grande partie des assistéEs sociaux du Québec! Votre gouvernement garde des réserves [de combien?) pour des baisses d'impôt [pour qui ?] Madame Gauthier savez-vous ce qu'est la paix sociale?Madame Gauthier si, comme je le crois, vous êtes plus solidaire avec certain qu'avec d'autres, vous devez au moins savoir que vous êtes sérieusement en train de mettre fin au peu de paix sociale qui nous reste.Madame Gauthier si vous êtes plus solidaire avec les amis commerçants de monsieur Audet, votre collègue ministre, vous devrez comme Conseil des ministres faire face en 2005, à la fin de la paix sociale au Québec.Renaud Biais Citoyen du Québec étudiants universitaires québécois ont reçu sans jamais en avoir fait la demande la magazine Bafiu.Le dit magazine est un mélange à parts égales de publicité ciblée pour les universitaires et de photo-montages grunges illustrant des pseudoarticles sans réelle substance.Après enquête, il apparaît que le magazine s'est procuré les coordonnées des étudiants à même la liste des membres de la FEUQ.On a évidemment de le difficulté à comprendre pourquoi la FEUQ vendrait les informations personnelles de ses membres à une telle publication.Tout s'explique quand on apprend que le directeur du magazine Bahu, Etienne Vincent, est aussi le directeur administratif de la FEUQ.Avec une telle fédération étudiante pour défendre leurs intérêts, les étudiants québécois se réjouissent de ne plus avoir besoin d'ennemis.Yannick Gingras étudiant, UQAM ¦1 M l Confit d'intérêts semble que l'appât du gain ait fait des victimes à la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).Au cours des dernières semaines, plusieurs Écrivez-nous ! Le Couac publie les courts commentaires de ses lecteurs.Le courrier électronique demeure la meilleure façon de nous joindre (texte@lecouac.org).Sinon, une disquette par courrier postal: Le Couac, CP.222 Suce.D, Montréal (Québec) H3K 3G5.Le Couac c.p.222 suce.D, Montréal, Québec, H3K 3G5 Téléphone: (514) 596-1017 Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau Co-Rédacteurs en chef: lacques Bouchard, Bruno Dubuc, David Ledoyen Collaborateurs: Normand Baillargeon, Pierre de Bellefeuille, Adil Charkaoui, Claude G.Charron, Clôde De Cuise, Philippe Deschenes, Frédéric Dubois, lean-Marie Laliberté, Eric Martin, |ean-François Mercure, Michel Rioux, Alexandre Shields, Marco Sylvestro, Valentin Tardi, Simon Tremblay-Pepin, Alain Vadeboncœur, Pierre Vadeboncœur, Ramon Vitesse.Illustrations et photos: Simon Banville, Bobidoche, Boris, Luc Ciard, Kérozen, Serge Ferrand, Charlotte Lambert, Dawn Paley, Sniper, Richard Suicide, Ramon Vitesse.Graphisme: France Mercier Nous remercions chaleureusement Charlie Hebdo pour sa collaboration.Abonnement et publicité: lecouac@vif.com (514) 596-I017.ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec Vaste campagne contre le gaspillage du papier ! Chaque année, l'équivalent de la moitié de la forêt du parc du Mont-Royal, soit 45 000 arbres, est coupée pour imprimer les circulaires publicitaires livrées de porte en porte aux Montréalais.Sur l'île de Montréal plus de 900 000 sacs publicitaires sont distribués par semaine soit plus de 47 millions de sacs par année.Ces publicités représentent 11 000 tonnes de papier, l'équivalent de plus de 3 millions d'annuaires téléphoniques ! Si, au mieux, cette masse de papier échappe à l'enfouissement, c'est plus d'un million de dollars annuellement que cela coûte aux Montréalais en frais de recyclage ! Le Conseil régional de l'environnement de Montréal et ses partenaires Greenpeace, Équiterre, Option Consommateurs, Environnement Jeunesse et le Regroupement de services Éco-quartier (RÉSEQ) lancent une campagne contre le gaspillage du papier en publicité.Posez un geste simple: apposer un autocollant sur la porte ou la boîte aux lettres indiquant votre refus de recevoir des circulaires.Pour en savoir plus.- www.cremtl.qc.ca Une réforme qui doit être réformée Comme prévu, le mode de scrutin que vient tout juste de proposer le Ministre Jacques Dupuis ne représente pas le gain démocratique auquel la société québécoise est en droit de s'attendre.Si nous pouvons nous réjouir que le débat puisse enfin commencer, il est cependant extrêmement décevant que la base de discussion soit si peu audacieuse et comporte toujours les mêmes défauts majeurs déjà décriés par l'ensemble des groupes en faveur d'une véritable réforme du mode de scrutin.Le 15 janvier 2005, à 13 h, au 1601 de Lorimier à Montréal, le public est invité à une rencontre organisée par le Mouvement pour une démocratie nouvelle où l'on procédera à une étude plus approfondie de l'avant-projet de loi.Question de bien comprendre pourquoi le modèle proposé par le gouvernement ne contient pas les caractéristiques nécessaires pour en faire un véritable modèle proportionnel mixte, soit : compter deux votes distincts, utiliser des listes pour faire le choix de ce deuxième vote, et cela en vue d'une compensation reflétant la volonté populaire.POUR S'ABONNER Par téléphone : (514) 596-1017 Par la poste : Le Couac CP.222 Suce.D, MONTRÉAL (Québec) H3K 3G5 Adressez votre chèque à : Le Couac.• Abonnement d'un an: 30,42$ + taxes = 35,00$ • Abonnement de deux ans: 52,15$ + taxes = 60,00$ • Abonnement institutionnel et de soutien: 52,15$ + taxes = 60,00$ • Abonnement de groupe d'un an ( 10 copies par parution) : 225,98$ + taxes = 260,00$ • Abonnement d'un an à l'étranger: 43,46$ + taxes = 50,00$ Nom Adresse Code postal Courriel_ Téléphone, NATIONAL Le Couac, janvier 2005, page 3 billables et corvéables à merci Une précision: ce ne sont pas toutes les lignes de piquetage qui sont respectables.Quand des racistes se massaient devant des restaurants réservés aux Blancs pour bloquer le passage à des Noirs, ces lignes-là devaient non seulement être franchies, mais défoncées ! Or, la ligne de piquetage des employés de la SAQ est légale, légitime et respectable.Pourtant.« ayant été crissé dehors après 26 ans de service ».On se demande bien ce qu'ont à y voir les grévistes de la SAQ, mais si ça lui fait du bien de contribuer activement à la souffrance de ses congénères, qu'en dire?11 y en a, comme cette dame Linda Tremblay, citée au texte dans La Presse du dimanche 5 décembre, qui voient l'univers tout entier dans leur nombril chéri, «le suis syndiquée, mais je ne suis pas syndicaliste.Pour moi, une bonne bouteille de vin passe avant un choix d'horaires de travail pour les employés de la SAQ.» Qu'avait-elle besoin, celle-là, de préciser qu'elle n'était pas syndicaliste?Elle se dit employée d'une caisse populaire.On se rappelle le slogan de Desjardins : Conjuguer Avoirs et Être?Grosse faute du côté de l'Être dans son cas ! 11 y en a qu'on voit marcher tête basse, le cou engoncé profondément dans le col, les mains bien calées dans les poches de leur manteau, le regard résolument fixé sur le trottoir, aussi gris, semble-t-il, que les idées qui les habitent.Vont au bordel?Vont dans une piquerie?Vont baiser la femme du voisin?Non, vont à la SAQ et n'en sont pas très fiers ! Il y en a qui, au contraire, se croient dans un film hollywoodien, avec de bons Blancs d'un côté, du leur bien entendu, obligés de traverser une bande serrée de dangereux Sauvages pour aller chercher la ration qui les fera durer quelques jours encore.Il y en a qui, on le jurerait, ont décidé comme ça, du jour au lendemain, de se mettre à boire pour le seul plaisir d'aller écœurer ces gras durs, largement payés et travaillant bien au chaud quand ils ne sont pas en grève, qui tiennent en otage une population assoiffée, à bout de nerfs, au bord de la crise d'apoplexie maintenant que la crise de foie se trouve momentanément écartée, faute de combustible.Il y en a, comme je l'ai entendu, qui semblent profiter de la situation pour prendre une amère revanche sur la vie, Il y en a qui, comme cette jeune fille qui s'exprimait à la tévé, n'ont aucun scrupule à traverser la ligne de piquetage.«Y gagnent 16 piastres de l'heure.C'est plus que moi!» Mais 15 heures à 16 $ l'heure, ça ne fait toujours que 15 000 $ en fin d'année.Pourtant, peut-être que le matin même, elle maudissait son sort, sacrant contre sa situation de temporaire, sur appel, à temps partiel.Ce qui est le sort de deux-tiers des grévistes de la SAQ et qui constitue la principale pierre d'achoppement des négociations.Il y en a qui, comme Lucien Bouchard, nous refont le coup du charmeur de serpents à sonnettes, l'air du bon gars qui voudrait bien régler, mais qui ne peut pas agir de façon déraisonnable en accordant aux grévistes ce qu'ils demandent en termes d'ajustements des horaires de travail.C'est tout de même pas le goulag, la SAQ, puisque nous recevons 35 000 demandes d'emplois par année, susurre ce charismatique politicien qui avait entrepris sa carrière en De Gaulle pour la terminer en Pinay.Chez Wal-Mart aussi, c'est rempli de p'tites madames qui sont contentes.Mais Lucien l'a dit: il faut s'aligner sur les conditions de l'industrie.Qui, elles, sont alignées sur Wal-Mart.Bravo Lucien.Le Québec te devra beaucoup de problèmes.Car plus ce conflit dure, plus il fait ressortir combien il sera difficile de faire un pays avec un peuple qui a oublié la solidarité, chez qui un grand nombre a pour guide le chacun pour soi et que le diable emporte les autres et dont plusieurs prennent plaisir à se faire plaisir au prix de la dignité des autres.MICHEL RIOUX Les yeux grand fermés Lise Bissonnette, directrice de la Bibliothèque nationale du Québec, a été reçue membre de l'Académie des lettres du Québec.Pour souligner l'événement, le Devoir (11-11-4) a rendu un vibrant hommage à son ancienne directrice en publiant une photo illustrant bien la principale qualité de cette fonceuse, une grande visionnaire.Mme Bisonnette est accompagnée de Jacques Allara et Jean Royer.Art contemporain Après une trentaine d'années de réprobation à propos de la laideur de l'édifice de l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec, on s'est enfin décidé à retaper cette verrue qui défigurait la rue Saint-Denis, à Montréal.Alors que les travaux semblent toucher à leur fin, on peut crier mission accomplie.En effet, ce qu'on pouvait qualifier d'horreur des années 1970 a enfin disparu.Nous avons maintenant une authentique merde des années 2000 Faut être de son temps ! ABONNEZ-VOUS ! www.lecouac.org Selon Jacques Languirand, Le Couac et il Bâbord doivent servir le capitalisme Sur les ondes de la radio d'État, le bavard Jacques Languirand témoigne de son affection pour nulle autre que la divine famille Rothschild, ces milliardaires qui reprennent en France 37 % du capital de l'ex-joumal de gauche français Libération (12-12-04).Voyez-vous, explique-t-il, « le capitalisme va mourir» sauf si d'autres hommes aussi riches que les Rothschild comprennent enfin qu'il faut soutenir la gauche, « sans se mêler du contenu », c'est-à-dire ans se soucier de ses idées, bien sûr.Il faut, raisonne-t-il, financer la gauche afin que le capitalisme se régénère et reprenne un second souffle.Au Québec, ajoute notre célèbre diseur de n'importe quoi, il faudrait des bien nantis pour soutenir «Le Couac ou À B^ord! ».La belle logique de Languirand se résume à ceci: il nous faudrait plus de millionnaires pour soutenir des lieux de critique du système afin que celui-ci se perpétue.En somme, Le Couac ou À Bâbord doivent finir par être utiles en étant malgré eux au service de ce qu'ils combattent ! À son émission de la semaine suivante, remarquez que le brave homme continuait de proposer gravement d'autres niaiseries comme il a l'habitude de le faire depuis quarante ans.Il parlait cette fois du Da Vinci Code du millionnaire Dan Brown, c'est-à-dire d'une illusion de pensée greffée à un pur produit commercial.Notons au passage que c'est ce même lacques Languirand qui, à titre de président du conseil d'administration de la célèbre compagnie de danse Jean-Pierre Perrault, ne voyait pas, il y a quelques mois encore, que cette importante maison dont il avait pourtant la charge prenait l'eau de toute part.Aujourd'hui, cette Fondation qui doit plusieurs centaines de milliers de dollars est fermée après avoir été applaudie partout.Et lacques Languirand, lui, sévit toujours, comme si de rien n'était, en osant même professer des leçons d'hygiène du capitalisme! PHILIPPE DESCHENES Québec ioue avec le feu à propos de la charia Dans l'invraisemblable concours d'incompétence auquel se livrent entre eux les ministres de Jean Charest, qui est comme un préfet de discipline absent, le ministre de la Justice Dupuis accepte de discuter de l'établissement au Québec d'un tribunal islamique.Qu'est-ce que cela représenterait?Dans une partie de la population québécoise, un mari pourrait, d'un seul mot, renier son épouse, une femme adultère pourrait être lapidée, les femmes seraient privées d'accès au divorce et le port du tchador, le foulard islamique, serait obligatoire.La charia, loi canonique islamique, confond tout, le public, le privé, le politique, le religieux.Le seul fait que le ministre accepte d'en discuter est le signe évident du manque total de la moindre once de jugement.L'État québécois est un État laïque.On y rend à César ce qui est à César.Malheureusement, dans le monde anglo-saxon, avec notre souveraine, la reine d'Angleterre, qui est chef de l'église anglicane, et George W.Bush réélu à la présidence de notre voisin du sud dont la devise, in God we trust, est plus actuelle que jamais, la laïcité de l'État est mal reconnue.(Étrange Dieu que celui auquel se fient les Etatsuniens, qui les pousse en croisade meurtrière en Iraq.) Au Canada, à cause de la charte des droits de Trudeau, certains principes comme celui de la liberté religieuse deviennent envahissants.Par exemple, on invoque cette liberté pour refuser d'interdire le voile islamique à l'école, alors que le véritable enjeu, en la matière, n'est pas de nature religieuse.En France, le populaire imam Tarik Ramadan explique le choix du tchador en ces termes: la femme qui le porte indique ainsi qu'elle est contente et fière d'être soumise.il est clair que ce voile est avant tout un instrument de domination de la femme.Jacques Dupuis a tissé des liens avec la collectivité musulmane de Saint-Laurent, à l'occasion des élections de 2003.Il s'agit de 7 435 voteurs.Le projet de tribunal islamique est piloté principalement par l'imam Salam Elmenyawi, président du Conseil musulman de Montréal, chargé de la prière du vendredi aux mosquées des universités McGill et Concordia.Cet important dirigeant de la collectivité musulmane se fait fort, advenant la création du tribunal islamique, d'avoir recours aux avis d'émi-nents islamistes comme le cheik égyptien Youssef al Kardaoui.Or ce personnage s'est déjà distingué en lançant une fatwa appelant à « une guerre totale contre les juifs, où qu'ils soient».(Le Devoir, 11 et 12 déc.04) Voilà dans quoi s'embarqent Patapouf et son simili-gouvernement.L'imam Elmenyawi signale avec raison qu'il existe déjà, au Québec, des tribunaux rabbiniques.Il y a peut-être là une atteinte à la laïcité de l'État québécois, mais ces tribunaux ne semblent pas avoir causé des problèmes graves, contrairement aux tribunaux islamiques institués en Ontario depuis 1991 et dont l'expérience est probante: ils multiplient les décisions iniques envers les femmes, en matière de divorce, de garde d'enfants et d'héritage.Heureusement, ce projet absurde est très loin de faire l'unanimité chez les musulmans de Montréal.Plusieurs voix, surtout féminines, se sont élevées Il faut les entendre.PIERRE DE BELLEFEUILLE Impardonnable Garou, à propos de Nouvelle France: «Quand je vais avoir 112 ans, j'espère que je vais pouvoir conseiller à mes petits-enfants de regarder ce film-là comme un classique».Même à cet âge-là, ils ne te le pardonneront pas! Embrouillamini Dans une chronique parue sur tous les rouleaux de papier-cul de la province, Alain Dubuc affirme que la gauche se trompe tellement dans les dossiers des frais de scolarité et des prix de l'électricité que, dans les faits, c'est elle qui serait à droite.Eh, Bucbuc, t'as oublié un détail: si la gauche avait des idées de droite, tu serais en train de l'applaudir au lieu de la sermonner! Le Couac, janvier 2005, page 4 NATIONAL Pot et propagande Mon pot est plus fort que le tien Dans les années 1970, il se fumait surtout du haschlch de 5 à 10 fois plus concentré en THC que le cannabis.Tout le monde n'est pas d'accord avec la légalisation du cannabis, mais la plupart s'entendent pour dire qu'il est plus que temps d'avoir un large débat public sur le sujet.En matière de cannabis, l'opinion publique «est souvent fondée sur des mythes, ou du moins sur un manque d'information», constatait le Comité spécial du Sénat sur les drogues illicite (rapport Nolin).Toute cette histoire du «pot» daujourd'hui plus fort que celui des années 1970 est une distortion des faits, pour dire le moins, Les prohibition-nistes des années 1970, comme ceux des années 2000, prédisaient les pires malheurs aux fumeurs de pot: suicide par défenestration1, enfants mongoloïdes, cancers assortis et particulièrement au cerveau, aliénation mentale et autres joyeuses maladies débilitantes.L'usage très répandu du cannabis dans les années 1970 leur a donné tort.Aucune de ces prophéthies de malheur ne s'est réalisée et les baby boomers sont rentrés dans les rangs après leur crise d'adolescence et leur cégep II fallait trouver un nouveau truc pour continuer de faire peur au monde De là est née la légende de l'apparition récente du super cannabis C'est un fait que dans les années 1970, le Québec Green avait un taux très bas de THC (/^-tetrahydrocannabinol, la principale substance psychotrope du cannabis).Tellement bas en fait, que presque personne n'en fumait parce qu'il ne leur faisait pas assez d'effet Du cannabis à 1 % de THC, c'est bon pour faire de la corde.Cela ne veut pas dire que l'herbe fumée à cette époque était plus faible en THC que celle fumée aujourd'hui.Les consommateurs avaient le choix entre VAcapulco Gold avec un taux entre 3 et 5 % de THC et le sinsemilla colombien ou jamaïcain à 9 ou 10 % de THC, tout aussi concentré que le Québec Gold d aujourd'hui Les statistiques de l'époque démontrent que les ténors de la désinformation prohibitionniste brandissent les taux les plus bas, tout en occultant sciemment les taux comparables à ceux d'aujourd'hui.Voici ce qu'on peut lire dans Cannabis, Rapport de la commission d'enquête sur l'usage des drogues à des fins non médicales (Rapport Le Dain), paru en 1972: «Pour la marijuana, l'éventail était de 0,02 à 3,46 % de THC.Mais il peut être plus large, car on a signalé une teneur de plus de 10 % dans un choix de sommités fleuries et de bractées de marijuana cultivée au Mississipi, en Angleterre et en lamaïque.» Du pot à 0,02 %, et même à 1 % de THC, c'est une marchandise de mauvaise qualité destinée à arnaquer les clients.Mais le plus important, c'est que les fumeurs des années 1970 se gelaient la bette surtout avec du hashich marocain ou libanais à 10 %, voire à 15 % et plus de THC, avec de l'Afghan, du Cachemire ou du Népalais pouvant contenir jusqu'à 30 ou 40 %, ou encore avec de l'huile de hashich à plus de 50 % de THC.C'est ce que constataient les auteurs du rapport Le Dain : « D'après les chiffres fournis par la GRC, les saisies de hashich accusent une constante augmentation.Compte tenu de sa teneur en THC, le hashich (qui est cinq à dix fois plus actif que la marijuana) représente une très forte proportion des quantités de cannabis saisies.|.| Au Canada, l'usage du hashich est très nettement la forme la plus courante de cannabisme.» Mais, «on se demande quelle importance peut avoir, dans la pratique, cette différence entre la marijuana et le hashich.Selon de nombreux observateurs, même si la teneur en THC du hashich est de cinq à dix fois supérieure à celle de la marijuana, presque tous les usagers règlent les quantités de manière à obtenir un même degré d'ivresse», écrivaient encore les auteurs du rapport Le Dain.De plus, la majorité des fumeurs trouvent désagréable d'être trop stoned.Les buveurs d'alcool ne font pas autre chose lorsqu'ils ajustent leur consommation en fonction de ce qu'ils boivent: une couple de bières OU une coupe de vin OU une shot de fort, ça donne le même bun.En conclusion, même si le pot québécois est plus concentré en THC que celui des années 1970, dans les faits, les fumeurs québécois consomment un produit jusqu'à 5 fois moins concentré en THC que le hashich et l'huile de hashich fumés alors.Et le fumeur de pot faible des années 1970 n'avait qu'à fumer un joint deux fois plus gros pour être aussi stoned.Ça s'appelait un bat, en allusion au bâton de baseball Si quelqu'un osait prétendre que le scotch peut induire des psychoses, parce qu'il contient 40 % d'alcool, alors que la bière qui n'en contient que 5 % est Peace and love®, tout le monde le prendrait pour un cave.Plus le niveau de THC est élevé, moins il faut en fumer pour être high, point.Comment des «experts» autopatentés en prohibition peuvent-ils affirmer que le pot à 10 % de THC est beaucoup plus dangeureux que celui à 5 % et être repris texto sans broncher par les journaleux, alors que cela contredit la littérature scientifique et les statistiques de l'époque?Pire, comment peut-on aller jusqu'à prétendre que sa consommation rend fou?Primo, les journaleux ne font pas leur travail, et deuzio, comme disait Goebbels: «À force de répéter un mensonge, il devient vrai.» En matière de cannabis, la machine à laver les cervelles tourne à plein régime JEAN-MARIE LALIBERTÉ 1 - Selon un mythe persistant à l'époque, les «drogués» avaient la mauvaise habitude de vouloir s'envoler en se lançant par les fenêtres des édifices en hauteur Des policiers bien intentionnés En matière de pourcentage de THC, des policiers « bien intentionnés» font des «déclarations qui ne sont pas tout à fait exactes», selon la GRC.Les forces policières tiennent un double discours; d'un côté ses porte-paroles n'hésitent jamais à dénoncer le pot à «forte teneur en THC » dans les médias, et de l'autre, la GRC reconnaît candidement leurs mensonges dans sa « littérature» officielle.m JMarijuar^ UN MILLIARD DE CLIENTS SATISFAITS Pour ce qui est du taux de THC, on _ peut lire ceci à la page 16 de La culture de la maiuhuana au Canada.Évolution et tendances actuelles novembre 2002 de la GRC1: « La culture illicite de marihuana (sic) au Canada a fait l'objet d'une vaste couverture médiatique au début de 1999.Les statistiques avancées relativement à la puissance de la drogue révélaient des niveaux élevés de THC.['.) Même les rapports de policiers bien intentionnés contiennent parfois des renseignements semblables qui sont ensuite repris par les médias.La vérité, c'est qu'aucune de ces statistiques n'a été prouvée.» Toujours selon le même document, les statistiques Santé Canada concluent que: «Bien que le maximum enregistré soit de 25 %, les moyennes annuelles atteintes à l'échelle du pays sont de beaucoup inférieures, soit 6 % en 1996-97, 5,5 % en 1997-98 et de 5,7 % en 1998-99.En fait, le niveau de THC de près du tiers des échantillons était inférieur à 3 %.» Donc, sur des milliers d'échantillons analysés par Santé Canada pendant trois ans, un seul échantillon atteignait 25 % de THC, les autres dépassant rarement les 12 %.Même constatation dans le rapport de la GRC Situation des drogues en 2003, page 8: «La marihuana canadienne est de plus en plus désignée comme ayant une "forte teneur" en THC, |.|.Il y aurait lieu de préciser que de telles déclarations ne sont pas tout à fait exactes.» Admirez la formule.Suivent les statistiques de Santé Canada pour les deux dernières années qui comptent encore une fois un seul échantillon à 27 % de THC, et les deux tiers en bas de 9 % Santé Canada identifie un échantillon de cannabis à 20 % de THÇ une fois tous les 2 ou 3 ans parmis les milliers d'analyses faites pour l'ensemble des corps policiers canadiens.Statistiquement, un fumeur ordinaire a à peu près autant de chance de tomber sur du super pot à plus de 20 % de THC que de gagner le gros lot à la loto 6/49.JML 1 - http//wwwrcmp-grc.qcca/crimint/cultivation_f htm 2 -(http//:www rcmp-grc.qc.ca/crimint/drugs 2003 J htm) Les info-pubs de luxe «La recherche a besoin d'argent dans deux domaines prioritaires: le cancer et les missiles antimissile.Pour les missiles antimissile, il y a les impôts.Pour le cancer, on fait la quête» -Pierre Desproges Pour être francs, les initiatives philanthropiques douteuses du temps des fêtes de la part des hommes d'affaires, PDG de multinationales et responsables médiatiques, nous laissent tout pantois.Que les protagonistes de la Comédie humaine de série B - dans laquelle nous ne sommes que bien souvent figurants d'arrière-plan - profitent facétieusement de cette période pour s'attirer un capital de sympathie, devrait non pas nous réjouir, mais leur opportunisme devrait plutôt nous lever le cœur.Pourquoi devrait-on s'émouvoir à la vue d'un banquier remettant un chèque à un organisme sans but lucratif, une largesse déductible d'impôt à 60%, équivalent pour lui à une poignée de petit change, quand il le fait probablement contre son gré, contraint depuis quelques années par la Loi sur les banques?Ces petites mises en scène culpabilisent ceux d'entres-nous qui n'auraient pas les moyens d'avoir l'âme aussi charitable que ces bienfaiteurs de l'humanité.Qui ne pourraient pas se permettre d'acheter deux ou trois cannes de bines pour les enfants pauvres de Montréal À trop culpabiliser le Gaétan moyen, il en vient à oublier sa condition d'aliéné au sein d'une élite politique et économique qui s'affaire à concentrer les richesses en un cercle de plus en plus restreint d'individus.Ces mises en scène s'efforcent de légitimer le système dans lequel nous vivons en expliquant ses faiblesses par un échec à la solidarité civile plutôt que par une ingérence politique.Le problème de la pauvreté n'est donc plus du ressort gouvernemental ni collectif, mais individuel.Indécent et barbare Il s'agit de faire porter par les individus donateurs une responsabilité financière qui incombe à toute la collectivité, plus encore, aux entreprises qui réalisent des profits faramineux.Les téléthons de tout acabit et la guignolée des médias n'ont pas de raison d'être, car il s'agit de pallier le désengagement de l'État et l'exclusion sociale par l'initiative privée et caritative.Une société véritablement équitable et redistributive devrait assurer un niveau de vie adéquat et des soins de santé gratuits à l'ensemble de ses membres, sans qu'il soit nécessaire de tenir au temps de Noël d'interminables téléthons à l'eau de rose, où les caméras envahissent de façon tout à fait indécente la vie privée d'enfants malades pour persuader les gagne-petits de céder quelques dollars de leur maigre revenu à une cause chaque fois plus urgente.Il n'est pas à douter de la bonne foi des vedettes du sport et des artistes de variétés qui participent aux événements télévisuels de levées de fonds.Il faut cependant être critique de toute prise en charge forcée du _ bien-être d'une partie de la population par le secteur privé et des opérations de relations publiques génératrices de capital politique qui y sont associées.Doit-on comprendre qu'au Québec, la recherche pour les enfants malades dépend nécessairement de la contribution ponctuelle annuelle de chaque ménagère de Pointe-au-Pic qui s'émeut au souper devant son écran de télévision?Selon l'éminent politologue italien Riccardo Petrella, c'est la fiscalité qui a permis à nos sociétés de sortir minimalement de la barbarie en instaurant une redistribution relative et coercitive de la richesse par le biais de l'impôt progressif.Si on veut venir à bout des injustices sociales engendrées par le capitalisme sauvage, nous devrions penser à ce bon vieux Karl Marx qui disait que la seule façon de tuer le capitalisme c'est : « Des impôts, des impôts et toujours plus d'impôts».Comment expliquer que la tendance inverse prévale depuis les vingt dernières années, à savoir un transfert du fardeau fiscal sur l'individu alors que la croissance économique profite aux corporations ?La Chaire d'études socioéconomiques de l'UQÀM nous révèle qu'alors que les entreprises du Québec payaient 61% des impôts en 1964, elles n'en payaient plus que 19% en 1999! Comme le disait Léo-Paul Lauzon: «Les compagnies devraient payer leurs impôts et laisser les élus, politiquement imputables devant la population, s'occuper de la redistribution des fonds publics».À moins que nous fassions collectivement un choix aussi barbare que d'investir dans l'armement plutôt que dans la recherche sur les maladies infantiles.___ Quand la télévision nous envoie des violons et nous demande de sortir quelques trente sous pour aider les indigents, posons-nous la question suivante: «Comment se fait-il que ces gens-là dépendent des dons arbitraires des citoyens individuels?» La question n'est pas tant d'arrêter de donner dans l'immédiat.Il s'agit, somme toute, de faire pression sur les pouvoirs publics afin de freiner le désengagement de l'État en matière sociale plutôt que d'y contribuer inconsciemment en alimentant le transfert de responsabilité vers des organisations extra-étatiques de type guignolée, voire pire, au secteur privé.ÉRIC MARTIN ET JEAN-FRANÇOIS MERCURE INTERNATIONAL 09 «g De notre correspondant à Porto Alegre Coqueluche et dissidence Le star-système de la gauche mondiale fonctionne selon deux principes : les coqueluches et la dissidence.Quand apparaît un phénomène/un groupe/une idée qui réussit à être identifié à la «nouvelle gauche» elle devient la coqueluche mondiale.Nous n'avons, dès lors, plus que cet exemple à la bouche (rappelez-vous : la Commune de Paris, la Révolution russe, la lyrical Left, la Grande Marche, le Viet-Nam, Trotski, l'Albanie, etc).Généralement, les coqueluches ont la capacité de s'associer à d'autres mots et de dire « Je suis la même chose », c'est ce qu'on appelle des «chaînes d'équivalences».Prenons un exemple.Aujourd'hui, la coqueluche de la gauche c'est le Forum Social Mondial (FSM).Au FSM s'agglutine une constellation de mots qui deviennent dotés du même éclat, du même attrait.On pourrait dire que la chaîne d'équivalences qui se constitue autour du FSM est la suivante: Nouvelle gauche = FSM = Porto Alegre + Démocratie Participative + Alter-mondialisme + Discours contre-hégémoniques Dissidence Conservons cet exemple pour parler de la dissidence.Dès le second FSM, un groupe a commencé à souligner deux principaux errements du forum: exclusion et théorisation.On lui reprochait d'abord une logique de «forum classique», qui suppose une attitude très proche de celle des réunions de n'importe quelle chambre de commerce (hôtel, palais des congrès, échange de cartes d'affaires, restaurants, tourisme, etc).Non seulement cette logique allait à rencontre de ce qui était professé au sein même du forum, mais, en plus, cela excluait plein de gens qui n'avaient pas les moyens de se payer tout ça.Dans le même sens, on affirmait que le FSM restait trop théorique et ne menait pas à des changements concrets la vie des gens ou du système capitaliste.C'est ainsi qu'est né le Campement Intercontinental de la Jeunesse (CIJ).Si, pour beaucoup, cet espace sert avant tout de possibilité de logement alternatif pour assister au Forum (seulement 15 $ pour une semaine de campement) ce n'est pas l'objectif principal de ses organisateurs.Le CIJ est une opportunité de mettre en pratique les alternatives au capitalisme (bioconstruction, économie solidaire, réductions des déchets, etc) qui sont discutées au Forum.De plus, le Cl) fonctionne selon les principes de l'autogestion: ceux qui occupent le territoire l'organisent.Les prises de décision sont faites de manière entièrement horizontale et consensuelle.Pas de hiérarchie, pas de dirigeants et d'exécutants ni d'obligations venues d'en haut.Le Cl| est le résultat de cette dissidence qui apparaît toujours face aux coqueluches de gauche (et ce probablement depuis Bakounine lors de la première Internationale).On fonctionne par l'opposition des chaînes d'équivalences.FSM = Accessibilité + Pratique alternatives au capitalisme + Autogestion = CI| = Vraie Nouvelle Gauche On ne s'en sort pas Cette dialectique qui s'installe entre les coqueluches et la dissidence vient probablement du rapport entre la théorie et la pratique qui est particulier à la gauche.Pour les gens de droite, nul besoin d'agir suivant certains principes sauf celui du «moi d'abord».À l'inverse, la gauche essaie sans cesse d'aller vers la cohérence entre les idées et les gestes.Comme la cohérence totale n'est jamais possible, il y a là une source infinie de critiques, de scissions et de dissidence possibles: «Tes idées ont un fond de petite bourgeoisie», «Tu ne consommes pas que de la bouffe bio», «Tu n'as pas suffisamment de drapeaux rouges chez toi», etc.Qu'on se demande ensuite pourquoi les projets d'union de la gauche sont si difficiles.On attend 50 000 campeurs cette année au Campement de la jeunesse.Les structures physiques s'installent, les commissions se réunissent hebdomadairement, l'ensemble commence à prendre forme, lusqu'à maintenant un seul insuccès au tableau, le séminaire national de Rio qui ne comptait que très peu de participants.On a aussi pu y voir que deux approches de la gestion du campement s'opposaient farouchement: une plus centralisatrice et radicale et l'autre plus libertaire.Y'aurait-il dissidence au sein du Campement.?SIMON TREMBLAY-PEPIN i Écrit sous l'influence des textes d'Ernesto Laclau Le Couac, janvier 2005, page 5 Un faux pas pour Rioux, un grand sot pour l'humanité r léâirc Il MM'11 essaie de lire Christian Rioux depuis longtemps, malgré le malaise récurrent qu'il m'inspire.Stagiaire à Harvard, il conserve parfois une certaine distance critique, fort seyante pour un journaliste, avec les politiques de ses hôtes.« L'Horreur», article paru le 19 novembre dernier dans Le Devoir, où il commente avec émotion le lâche assassinat de Margaret Hassan, était d'ailleurs presque crédible.D'après lui, l'exécution de cette femme sympathique, n'ayant jamais fait qu'aider les autres, permettrait à quelqu'un de faire reculer d'hypothétiques frontières morales et ouvrirait en conséquence la porte à des crimes autrement plus terribles, par exemple l'usage «terroriste» de l'arme nucléaire Hiroshima l'aurait aussi fait soixante ans plus tôt, ajoute-t-il curieusement.Ouvrir une porte depuis si longtemps défoncée?Avec quoi, une poignée dans le dos?D'hypothétiques «codes d'honneur» retiendraient encore les terroristes et s'ils devaient tomber, la voie serait dorénavant libre pour un usage dément du nuclé C'est donc qu'il en existe un usage rationnel?Cela donne le frisson.Rioux se dépasse, ce qui n'est pas peu dire.Mais emporté par l'élan, se peut-il qu'il dérape sur la pente glissante de sa rhétorique?Croyant se réveiller, au contraire ne s'endort-il pas?Et cherche-t-il à nous endormir aussi?Sans le savoir?Le sachant?Parce que, malgré l'extrême gravité du sujet, son analyse est remarquablement tordue.Dégoûté, comme tous, de voir cette pauvre femme en larmes implorer Tony Blair, Rioux met en effet en parallèle deux événements que tout oppose : une agression nucléaire inouïe, froidement perpétuée par une nation, volatilisant une centaine de milliers de civils en quelques secondes, et le meurtre par balle d'une innocente, comme il s'en commet chaque jour des dizaines aux États-Unis ou ailleurs et qui n'empêchent pas Charlton Heston de dormir.Écouterait-il trop la télévision?C'est qu'invoquer l'horreur n'épargne pas d'éviter l'erreur.Rioux n'ignore pourtant pas que les meurtres d'otages occidentaux, répugnants mais ponctuels, sont bien loin d'égaler ceux commis depuis toujours par nos «démocraties occidentales ».Larbre voile ici la forêt.Sa proximité accrue avec l'objet de son étude paraît avoir érodé son vernis critique.Veut-il dorénavant se donner bonne conscience?Les 98 000 victimes civiles (The Lancet, Volume 364 Issue 9448), presque invisibles, fauchées en Iraq à coups de frappes chirurgicales, les centaines de milliers d'enfants victimes des sanctions économiques, n'ont-ils pas aussi fait reculer, à chaque sépulture, une nouvelle frontière morale?Quel insolite système applique-t-il pour en faire un point tournant de l'histoire?Pourquoi madame Hassan?«Parce qu'elle était dans le camp ennemi?Parce qu'elle avait la mauvaise nationalité?La mauvaise religion?» Questions pertinentes.On pourrait les appliquer aux autres civils : « Pourquoi eux?Parce qu'ils sont dans le camp ennemi?Qu'ils ont la mauvaise nationalité?La mauvaise religion?» Distorsion du langage ou de l'esprit, certains ne remarquent le terrorisme que là où la télévision le montre: étranger, commis par d'autres.Rioux prend la seconde Intifada comme exemple, mais omet de mentionner que beaucoup plus de Palestiniens que d'Israéliens en sont morts.Et en quoi donc le pitoyable terrorisme des bombes humaines est-il plus condamnable que celui des tanks?9/11 aurait pour sa part «forcé le monde à regarder la barbarie en face».Effaçant probablement, du coup, Nagasaki ou le Guatemala.L'assassinat de Margaret Hassan révélerait aujourd'hui le «degré zéro de l'humanité».Du coup, se souvient-on encore de la défoliation du Vietnam, du bombardement du Liban ou des massacres en Indonésie?Conclure à la rupture, c'est relativiser, volontairement ou non, des crimes autrement graves et nombreux, ceux de nos démocraties occidentales au fil des siècles.Les États-Unis, touchés durement sur leur territoire, ont choisi d'asséner une riposte démesurée à un Irak riche en pétrole mais n'ayant rien eu à voir avec 9/11.Rioux se désole de ne pas voir les centaines de millions d'opposants à cette guerre descendre de nouveau dans les rues afin de «dénoncer l'assassinat sauvage de Margaret Hassan».Peut-être sont-ils simplement plus lucides que lui?Avec aussi peu de quille, il n'est pas surprenant que Rioux souffre du recul des frontières morales comme d'autres du mal de mer: ça se passe aussi dans la tête.Mais on sait dorénavant où il s'amarre.ALAIN VADEBONCŒUR [.] certains ne remarquent le terrorisme que là où la télévision le montre.Bolivie : Ras-le-bol populaire Oruro, Bolivie, 23 décembre 2004_ Le cœur de l'Amérique du Sud bat à un rythme plutôt instable.Pays andin de 8,8 millions d'habitants, la Bolivie se réveille chaque matin avec un mal de bloc.À chaque tournant, une nouvelle menace semble mettre cette démocratie chancelante au défi.Pas de répit en vue.Immunité sans frontières Les États-Unis sont nerveux depuis l'éviction populaire du pouvoir de Gonzalo «Goni» Sanchez de Lozada, président anti-syndical, fidèle bras droit de l'oncle Sam et dirigeant sanguinaire ayant réanimé l'appareil répressif à l'occasion des mobilisations citoyennes anti-privatisation d'octobre 2003.Le ministre des affaires étrangères Siles annonçait en décembre dernier que Washington, le principal respirateur artificiel du pays, signifiait son intention ferme de couper toute aide financière si la chambre de députés n'acquiesçait pas à une immunité pour tout Étatsunien en terre bolivienne.Cette nouvelle fracassante intervenait alors à peine 24 heures après qu'Evo Morales, leader charismatique de l'opposition officielle en chambre MAS (Mouvement vers le Socialisme), menaçait de «mettre le feu» au Congrès si le parti au pouvoir (MNR) tentait de faire passer l'accord d'immunité.L'accord en question, survenu le 19 mai 2003 entre l'ambassadeur Greenlee et le ministre des affaires étrangères de l'époque, stipule que la Bolivie décharge tout soldat étatsunien des responsabilités pour des crimes commis en son territoire.L'accord qui n'est pas en vigueur, précise par ailleurs que «tous les ressortissants des États-Unis d'Amérique et le personnel militaire qui exerce ou a exercé des fonctions dans le passé pour les États-Unis d'Amérique et ne possède pas la nationalité des États-Unis, ne seront pas transférés par quelconque moyen que ce soit à la Cour pénale internationale | .]».La Bolivie qui est paradoxalement l'un des plus grands supporters de la CP1 se demande désormais comment ne pas lire cet accord comme un chèque en blanc, comme une invitation à l'administration Bush pour participer de plein droit à un éventuel coup d'État.Ce qui grouille dans l'ombre des pressions internationales Carlos Mesa, ex-vice-président a repris le flambeau du pouvoir en 2003 et mis de l'avant un certain nombre de mesures pour relégitimiser l'élite politique désorientée.Ainsi, en juillet 2004, un référendum sur le gaz aura, malgré des questions vagues, tout de même permis au peuple d'afficher clairement sa préférence pour la nationalisation de cette ressource abondante.Aussi, une réforme des institutions démocratiques est en cours, avec pour thème central l'addition d'une assemblée constituante.Cette assemblée «avec des dents», balayée du revers de la main par bon nombre de syndicats et mouvements sociaux, | verrait des représentants de la «société £ civile» participer activement aux déci-I sions gouvernementales.a g Le gouvernement Mesa bénéficie tou-?jours d'un mince capital de sympathie auprès de l'opposition du MAS et de la population en général.Les dernières élections municipales du 5 décembre 2004, baromètre assez fiable de la confiance populaire face aux dominants, aura cependant vu s'écrouler totalement le parti au pouvoir (6,65 % des voix).Le MAS est devenu la principale force politique au pays avec 18,48 % des suffrages, un résultat tout de même décevant pour un Morales caressant le rêve présidentiel en 2007.«Ego» Morales, aussi chef du syndicat des cocaleros (paysans de la coca), a bataillé en lion dès ses débuts aux côtés des secteurs sociaux à partir d'une plateforme socialiste, pro-campesina et pro-autochtone (75% des habitants).Le MAS a pourtant commencé à perdre des plumes, en préparation des présidentielles de 2002, où Morales est arrivé à 1,5% du bourreau Goni.Des pri- ses de position conservatrices et complaisantes en chambre, tout comme des manœuvres politiques verticales, dont le dictât des candidats dans plusieurs circonscriptions électorales, ont contrarié la base.La multiplication de ces irritants, en rupture avec la rhétorique populiste et socialiste beurrée épais dans les discours du parti, agrandissent le fossé entre une machine électorale huilée au quart de tour et un peuple assoiffé de justice sociale et de politique arassroots.La rupture tranquille Or, Les dernières élections municipales, ont vu surgir des forces neuves.Les réformes du président Mesa reconnaissent pour la première fois deux nouvelles formes juridiques admissibles aux élections aux côtés des partis politiques 11 s'agit de «groupements citoyens » et de « peuples autochtones » Ces deux forces ont certainement délogé les partis politiques, y compris le MAS, qui s'est vu damer le pion de la mairie dans les dix plus grandes villes du pays.La population a clairement montré son majeur à la politique partisane, envoyant un message d'écœurement et de refus de suivre le statu quo.Cette rupture est pourtant calculée et doit être nuancée à la lumière de la composition des groupements citoyens.Ces derniers ont presque tous à leur tête des ex-maires et ex-politiciens ayant volontiers retourné leur veste.Les syndicats de mineurs et de paysans, les groupes de femmes, les intellectuels de gauche, les défenseurs de l'eau, du gaz naturel, du pétrole et autres ressources naturelles dont regorge le sous-sol bolivien, sont sur un pied d'alerte en ce début d'année 2005.Les rumeurs de coup d'État se faisant de plus en plus insistantes et la stagnation des salaires face à une conjoncture marquée par l'inflation rendent le climat social et politique étouffant.Temps houleux à l'horizon.FREDERIC DUBOIS On peut lire ses reportages et ceux de sa collègue Dawn Paley dans: www.patagoniabolivia.net BLOC-NOTES Le Couac, janvier 2005, page 6 Le cas Bernard-Henri Lévy Bernard-Henri Lévy aurait rêvé d'être Malraux.Mais c'est un Malraux bouclé, astiqué.Lévy ressemble à ses noces.Romantique?Pas même, pas les moyens.Impeccable dans son apparence, avec art.S'étalant dans l'actualité comme Malraux, qui, lui, cependant, s'y est vraiment mesuré et de plain-pied - y compris quand il suivit de Gaulle.C'est raté.Lévy, c'est Lévy.Le 29 novembre, dans un entretien avec Denise Bombardier à TV5, Lévy, s'étendant sur la situation internationale, l'islamisme, la guerre d'Irak, la démocratie, le rôle des États-Unis au Moyen-Orient, a trouvé le moyen de prétendre que de critiquer les États-Unis comme nous le faisons ici et en Europe, c'est faire le lit du fascisme.Madame Bombardier malheureusement laissait dire.Pas question de l'impérialisme américain, du pétrole, des invasions, de la guerre «préventive», du péril américain sur le monde.Pas un mot.Motus sur les faucons.Lévy a quelque chose de fabriqué.Il joue le rôle de quelqu'un d'important.11 présente avec modestie sa prétention.Il fait de la para-révolution.Sur l'écran.C'est pourquoi on l'y retrouve à tout moment, invité permanent.La télé a adopté cet agitateur de tout repos, ce publiciste de lui-même.Il est de gauche, en plein à droite, la droite américaine, comme c'est le cas cette fois.Lévy est ambigu.Heureusement sa position pro-américaine simplifie tout, ambiguïté comprise, qu'elle met en évidence.Pas de mystère.Rien qu'un type assez finaud qui soutient comme il peut son propre rôle ainsi que les causes auxquelles il consacre sa propre image.PIERRE VADEBONCŒUR é efiSÊHete^ueouTD'owÉ HËUftfe, IL H'fR RESrê At BliAft»! Couacardage : l'Autre solitude dans La Presse « Le couacardage, c'est comme le cholestérol.Y en a du bon, pis y en a du mauvais.» Hyppocrite Enough is enough, trois mots qui résument l'exaspération de Lawrence Martin dans le Globe and Mail du 16 décembre.Exaspération d'un homme qui désespère de voir un jour son pays dominé par autre chose que par un French power.Le Lawrence Martin fait-il ici allusion à une sadique poupée de site web ?Ou à un invincible petit Gaulois devenant à son tour dominateur?Couac a été intrigué par le fait que, traitant du même sujet quatre jours plus tôt dans La Presse, le journaliste toron-tois avait un ton plus avenant.Il fut donc décidé de scruter deux textes, ceux de Jeffrey Simpson et de Lawrence Martin parus récemment dans La Presse, histoire de vérifier de quelle sorte de couacardage il en ressort.Nous commencerons par celui de Simpson commentant la visite de Bush au Canada.Halifax, 30 novembre 2004, photos de Roosevelt et de Churchill en fond de scène.Décor cohérent avec le message de Doublevé aux Canadiens.Ton d'abord lénifiant, puis incisif.Traduction libre: «Nous avons les mêmes valeurs parce que nous sommes issus d'une même souche anglo-saxonne.Il y a soixante ans, votre premier ministre était dans un même combat avec les deux grands personnages que vous voyez dernière moi.Comment se fait-il qu'en ce début de millénaire, votre premier ministre hésite tant à se joindre à moi et à Tony pour combattre le Mal qui a envahi notre belle planète?» Dans La Presse du 5 décembre, Jeffrey Simpson donne un début de réponse à cette interrogation.Si le Canada offre tant de résistance à suivre Bush dans ses aventures guerrières, c'est surtout à cause d'un Québec avec une solidarité anglo-saxonne, disons moins élastique qu'ailleurs dans notre vaste pays.Simpson dérape.« Il se peut, écrit-il textuellement, que les francophones québécois aient obtenu leurs nouvelles internationales de France, et, ayant été en France au cours de la guerre, j'ai pu constater que les commentaires et la couverture à propos de l'Irak semblent directement inspirés du président Chirac.» Les René Mailhot à Radio-Canada, locelyn Coulon à La Presse et Serge Truffault au Devoir s'abreuveraient donc directement à l'Elysée.Tout comme leurs confrères français.Couac, Couac, Couac ! Malgré deux cent cinquante ans de rupture, les « francophones québécois» auraient encore le cordon ombilical humide.Couac, Couac, Couac, Couac ! Martin beurre moins épais que Simpson.Le 12 décembre, il signe dans La Presse La domination québécoise, un texte dithyrambique à propos de ce que le Québec a apporté au Canada.Nous sommes ici en plein love in.C'est le Québec, s'exclame-t-il, qui a fait le Canada.« Comme par hasard, les trois leaders les plus dynamiques et charismatiques - René Lévesque, Pierre Trudeau et Lucien Bouchard - sont tous trois issus du Québec.Ils ont tous trois contribué à renforcer l'influence de la province.On devra peut-être un jour ajouter le nom de Jean Charest à cette liste.» Trudeau?Certainement.Mais Lévesque et Bouchard?Le Canada moderne s'est donc construit sur deux victoires successives du non aux référendums, Lévesque contribuant au rapatriement et Bouchard à l'enfermement du Québec dans le Clarity bill?Couac, Couac.Un héros, l'homme au déficit zéro que Martin traite de quasi-psychopathe dans la biographie qu'il a écrite d'un premier ministre du Québec qui, par sa capacité de réaliser l'indépendance s'il l'avait vraiment voulu, faisait paniquer le tout Bau street?Couac, Couac, Couac ! Dans le Globe and Mail du 16 décembre, la domination québécoise devient Quebec as dominatrix: The beat goes on and on.Dominatrix?Lawrence Martin fait-il ici allusion à une sadique poupée de site web?Ou à un invincible petit Gaulois devenant à son tour dominateur?Dans le Globe, le journaliste retire lean Charest de sa liste de héros.Le fédéralisme asymétrique n'a pas bonne presse à Toronto.Mais trop, c'est trop ! Traduction libre de ce qui différencie le texte du Globe par rapport à celui de La Presse: «Depuis 56 ans pendant 90% du temps, le premier ministre du Canada a été un Québécois, si bien qu'Ottawa est obsédé par le moindre éter-nuement de la belle province.C'est elle qui donne le ton, qu'il s'agisse de débattre du bilinguisme, de la guerre en Irak, du bouclier antimissile ou de subventions à accorder à Bombardier.» C'est sur ce dernier point que Martin veut surtout sensibiliser ses lecteurs ontariens.Et ceux de l'Ouest.On parle tant de leur aliénation par rapport au Canada central.Il faut qu'ils comprennent que ce n'est pas l'Ontario qui est responsable de leur situation d'éternels quémandeurs.Mais bien le French power.Donc, quatre décennies d'une domination injuste et sans fin du Québec.La cause de tout cela éclate en conclusion : «It has nothing to recommend it, save for the fact that it may well have saved the country.» Enfin, la cause du Grand Malaise est nommée ! Le remède pour que le Canada aie enfin ses coudées franches: l'indépendance du Québec Mais, à Toronto, on craint comme la peste une telle éventualité.Le ROC est donc pris en souricière.Si Paul Martin continue à bégayer, il faudra bien, hélas, se résigner à nommer Stéphane Dion comme premier ministre.Et le cycle recommencera.Couac, Couac, Couac, Couac.CLAUDE G.CHARRON Bulles explosives Interview avec Christophe Blain (mmm71 ¦ i -£«^Hr e 1 f 11 If il 1 ^^^B ' 1 V ¦ I \ Au départ, rien ne destinait Christophe Blain à la BD outre qu'il ait lu et apprécié le western avec Lucky Luke (la première période Fil de /er-très «nouille»- cartoon années '40) ou Blueberry.Des études aux Beaux-Arts l'ont par la suite convaincu qu'il s'agissait d'un truc vulgaire.Le hasard a voulu qu'il joigne un atelier occupé par deux bédéistes alors parfaitement incon nus ; David B.et Joan Sfar.Ce sont eux qui lui feront réaliser l'émergence d'une BD nouvelle à la narration extrêmement fluide et beaucoup plus picturale: «De C r é c y et Mattotti sont les précu rs-se u rs de ces audaces Pour ma part, dit Blain, j'ai l'occasion de côtoyer Sfar qui, avec Trondheim, constituent des locomotives au sens où leurs productions communes et respectives sont tellement nombreuses qu'ils m'ont décomplexé en mettant l'emphase sur l'aisance du geste plutôt que de piétiner longuement.».Initialement illustrateur de livres pour enfants, de carnets de voyages (un au Bengladesh et l'un sur son séjour sur un bateau militaire lors de son service), en joignant l'atelier, Christophe se lance sur un scénario halluciné de David B.où une paire de voyageurs singuliers (un journaliste scientifique et un Indien pouvant rappeler Mandrake et Lothar!) se trouve confrontée à la révolte des objets.Cet album, Hop-Frog (Dargaud 1997), n'est pas sans rappeler les BD- peintures contemporaines de Mattoti.Pour sa première BD solo, Le Réducteur de vitesse (coll.Aire Libre, Dupuis 1999), il tisse une fiction exhubérante dans les entrailles d'un sombre navire de guerre.Ses couleurs primaires, son coup de crayon désormais plus véloce et son affection pour le paradoxe voire même l'ambiguité en font une référence narrative pleine de rebondissements.Sa passion pour la marine se confirmera avec sa série Isaac le pirate (coll.poisson pilote, Dargaud) qui compte, à ce jour, quatre volumes.L'auteur d'expliquer: «Ce qui m'intéresse, c'est l'ultra roman- tisme où tendresse et élan amoureux sont à la fois un drame vécu par les personnages et un brin ridicule.En somme, Isaac c'est une histoire d'amour où la violence et l'action sont omniprésentes.».Rien d'étonnant à ce que Blain mentionne Woody Allen, François Truffaut et Ernst Lubitsch comme étant exe m p 1 a i -res en terme de drôlerie et de décallages amoureux ! Toujours dédié à « l'intime et l'épique », Blain a également prêté ses talents de dessinateur i Joan Sfar pour deux épisodes de la série Donjon (Delcourt)- une série animalière inénarrable qui parodie Mickey et son vaste univers de personnages en période médiévale.Avec Sfar toujours, il dessine Socrate le demi-chien (coll.poisson pilote, Dargaud) pour une odyssée philosophique, sexuelle et guerrière empreinte de drôlerie.Pourquoi pas en solo?«l'ai confiance avec loan.Et puis je m'amuse avec Donjon où, tout en s'appuyant sur l'institution BD qu'est la série, on s'en moque allègrement.».Que nous réserve Blain, qui confie travailler sur des sonorités reggae, soul et jazz?«Pousser du côté de la rapidité en dessinant avec moins de moyens.Idéalement en noir et blanc, ce qui autorise des changements de ton radicaux! ».Jeune papa qui lit plein d'histoires à son gamin, Blain ajouté: «J'ai de plus en plus envie d'écrire des histoires pour lui ; à partir de lui.».Qui sait aussi si le succès de Sfar avec son Chat du Rabbin (plus de 100 000 exemplaires!!! Pas mal pour des gens de la BD alternative d'influencer l'émergence d'une narration très libre auprès d'un vaste public) aura des répercussions pour Socrate le demi chien leur série commune, dont Ulysse (Dargaud 2004), la deuxième tranche, qui revisite philosophie, poésie et libertinage.VALENTIN TARDI DOBACARACOL, Soley (Indica/ Outside) Difficile de ne pas tomber sous le charme et le doux vent de liberté qui souffle chez ce duo DOBA-Doriane CARACOL-Carole.Ensemble, avec des complicités, elles composent un univers réellement humain qui par ses désordres débouche sur un ordre qui ne ressemble qu'à elles.et aux êtres souhaitant vivre autrement.Baisé Salé fait figure de manifeste de conscientisation et, Étrange comme je t'aime ancre une force de résistance dans la nature même, dans les éléments et, précisément, dans cette conscience qui s'affute.Aussi, la musique enracinée dans le monde et plus particulièrement les percussions africaines et les voix vibrent intensément dans une dynamique en suspension.Nous voici interpelés.LES ABDIGRADATIONNISTES, Puissance et gloire (La Tribu/ Select) Le retour de la bête sexuelle.Après J3 J î/î L'Amour au fond de la gorge et son épingle à linge insérée dans le boîtier les revoici avec un cinq titres (et un bonus).Fidèles à eux-mêmes?Le boîtier présente uniquement des ronds psychédéliques sur plastique translucide.Pour la musique et les textes, on se retrouve avec cette gageure de transcender les radios commerciales sans se damner.Pas facile dès lors de ne pas regretter les digressions et les excès qu'on leurs connaissait- sauf Tattoo.Le plaisir subtil, par exemple de Elle sur la grosse-minceur dans tous ses états et sur toutes ses coutures, offre un menu plus équilibré.STEPHEN BARRY BAND, Bluesvilie (BROS) Véritable basse du blues à Montréal, ce grand et humble Barry triture des morceaux qui seraient autant de pierres et de couleurs différentes de cet idiome de charbonniers noirs.Depuis plus d'un quart de siècle le lascar a effectivement, soit avec son groupe éponyme ou bien en accompagnant divers fondateurs du genre (telle l'inénarrable Big Mama Thornton sur les planches du Rising Sun).Sa versatilité et ses interprétations sans esbrouffe proche de l'esprit des Willie Dixon, Jerry Leiber, Mose Allison ou Ike Turner sont exemplaires.RAMON VITESSE CULTURE Le Couac, janvier 2005, page 7 Faites l'amour pas la guerre Lf AVENTURE HIPPIE é de Jean-Pierre Bouyxou et Pierre Delannoy, réédité en livre de poche à l'automne, fait «revivre» l'époque des sixties et des early seventies, peut-on lire en substance en quatrième de couverture.La contre-culture hippie trouve sa source dans les mouvements contestataires des années 1960 aux États-Unis : luttes pour la défense des droits civiques et fin de la ségrégation raciale (1964), manifestations contre la guerre au Vietnam, de même que dans l'Internationale situationniste et Mai 68, en France.Les fondateurs du mouvement hippie partaient du principe que la société capitaliste est pourrie et que le communisme est un goulag.De là, le besoin de repartir à zéro et de créer une société nouvelle.Les idées de l'utopie hippie (sexe, drogues, rock'n'roll, peace and love, vie communautaire, renouvellement de la vie spirituelle en dehors des religions et retour à la terre) étaient très répandues quand les bébé boomers sont passés à l'âge adulte.Par contre, ceux qui les ont réellement mises en pratique, en fondant des communes par exemple, sont restés rares même s'ils ont marqué l'époque.La majorité des jeunes n'ayant retenu que la première partie du truc, à savoir, sexe, drogues et rock'n'roll, le temps que jeunesse se passe.Mais, la contre-culture a quand même laissé des traces importantes dans notre société.On a tendance à oublier aujourd'hui que plusieurs organismes communautaires en sont issus.Pensons aussi à la bouffe et à l'agriculture bio et au mouvements écologiste et pacifiste.Les jeunes des générations précédentes n'auraient jamais osé manifester massivement leur opposition aux gouvernements et le mot écologie ne faisait pas partie de leur vocabulaire.L'aventure hippie de Bouyxou et Delannoy c'est avant tout l'aventure française, et l'aventure californienne vue de la Mère patrie.La Californie vue de Paris, c'est doublement exotique.À lire en faisant brûler de l'encens sur fond de musique psychédélique.JB.lean-Pierre Bouyxou, Pierre Delannoy, Uaventure hippie, 10/18, Paris 2004 Expériences de pensée « We all been playing those mind games forever.» John Lennon PERMETTEZ QU'ON COMMENCE par Une question difficile et qui en a intrigué plus d'une et d'un depuis des lustres: Qu'est-ce que l'espace?Quand la physique classique s'est constituée, deux réponses s'affrontaient.La première assurait que l'espace, ce n'est rien d'autre que les relations entre les objets du monde.Si vous voulez, l'espace, ici, est compris un peu sur le modèle d'un contrat, dans le sens où un contrat est quelque chose qui lie deux personnes.Supprimez l'une ou l'autre de ces personnes (ou les deux) ou leurs relations et il n'y a plus de contrat, lequel n'existe donc pas en dehors des contractants et des relations qui les lient.De même, le monde est constitué d'objets en relation et l'espace n'est rien d'autre que ces objets et leurs relations, assurent les partisans de cette théorie.Le fondateur de la physique moderne, Isaac Newton, n'était pas d'accord.Il pensait, lui, qu'il existait un espace (et un temps) absolu.Newton, si on ose simplifier beaucoup, pense l'espace sur le modèle d'une boîte de céréales.De ce point de vue, il existe bel et bien un espace (l'intérieur de la boîte) dans lequel les objets (les morceaux de céréales) se trouvent et on peut décrire les relations de ces objets par rapport à ce réfèrent absolu.Vous l'avez deviné: il y a une grosse différence entre la boîte de céréales et l'espace absolu; pour Newton, l'espace absolu est un contenant comme la boîte mais qui se prolonge infiniment dans toutes les directions.Comment décider entre ces deux théories?Newton a cru pouvoir prouver la sienne de la manière suivante.Imaginez un seau à demi rempli d'eau.Il est suspendu par une longue corde au plafond d'une pièce.Moment 1 : l'eau est immobile relativement au seau et la surface de l'eau est plane.À présent vous tournez la corde, de très nombreuses fois.Puis vous relâchez.Moment 2: le seau se met à tourner; l'eau reste plane et immobile pendant que le seau est en mouvement (il tourne) par rapport à l'eau.Moment 3: le seau continue à prendre de la vitesse et communique son mouvement à l'eau qui se meut avec lui et à sa vitesse ; eau et seau sont alors immobiles l'un par rapport à l'autre ; on constate alors aussi que l'eau a monté sur la paroi du seau et que sa surface n'est plus plane mais se creuse au centre.Newton pose la question suivante : qu'est-ce qui fait monter l'eau sur les parois du seau au moment 3?Son mouvement, sans doute.Mais mouvement par rapport à quoi ?Pas par rapport au seau, évidemment puisqu'ils sont alors immobiles l'un par rapport à l'autre, comme au moment 1.Newton répond à sa propre question : l'eau est en mouvement par rapport à l'espace absolu et c'est ce qui explique la courbature de sa surface.C'est aussi ce qui permet de distinguer absolument le moment 1 du moment 3.L'espace absolu existe donc, conclut Newton, et il a , on vient de le voir, des effets observables.CQFD.Vous y êtes?Bravo ! Car vous venez de réaliser votre première expérience de pensée.De quoi s'agit-il ?La catégorie est large, mais disons, avec Martin Cohen qui leur consacre ce succulent petit livre, qu'on conçoit ici des sortes de tests destinés à explorer des intuitions et mettre à l'épreuve des idées et qu'on les réalise «de tête» uniquement.Des expériences de pensée ont été réalisées tout au long de l'histoire de la philosophie et des sciences et elles ont joué un rôle prépondérant dans leur développement.Elles aident à clarifier nos idées, à formuler plus précisément des problèmes, à faire remarquer des contradictions ou encore à établir la plausibilité de certaines idées ou théories.Cohen en a choisi 26, qu'il décline de A à Z dans un livre d'une lecture qui fait de gros efforts pour être accessible à tous et y parvient le plus souvent.L'ouvrage doit son titre à une expérience de pensée proposée par le philosophe Ludwig Wittgenstein et qui concerne une boîte que posséderait chacun de nous laquelle contiendrait quelque chose appelée par tous coccinelle.Mais le livre vous fera aussi connaître une chambre chinoise, deux jumeaux qui voyagent dans le temps, les mystères de la nuit noire d'Olbers, le rayon de lumière d'Eisntein, un violoniste sauvé par une société de mélomanes fous, un démon de Maxwell, un cannibale catholique, et j'en passe.Des heures de plaisir et une façon originale et infiniment ludique de prendre contact avec des questions philosophiques et scientifiques.Ceci dit, si on s'en faisait une autre ?Cette fois, c'est un philosophe de l'Antiquité, appelé Zenon, qui nous invite à son laboratoire mental.Il imagine qu'une course est organisée entre Achille (dit aux pieds légers) et la Tortue.Généreusement, le Héros a convenu d'accorder une bonne avance à Madame Carapace.Disons qu'il lui permet de partir de la moitié du parcours.Le signal du départ est donné.À l'évidence, avant de rattraper la Tortue, Achille devra d'abord atteindre le point d'où celle-ci est partie, ce qui lui prendra au moins un peu de temps.La Tortue est très lente, certes, mais, à l'évidence aussi, durant ce temps elle aura parcouru une certaine distance.Quand il aura atteint le mi-parcours, Achille devra donc encore parcourir cette nouvelle distance.Ce qui prendra du temps, pendant lequel.Vous avez compris.Logiquement, il semble, et c'est tout à fait ridicule, qu'Achille le rapide ne peut absolument pas, dans les conditions décrites, rattraper Madame Carapace.Qu'est-ce qui ne va pas dans tout ça?Où nos intuitions sont-elles prises en défaut?Et lesquelles?Au fait: le sont-elles?Réponses chez M.Cohen.NORMAND BAILLARGEON Martin Cohen, Wittgenstein's Beetle.And Other Classic Thought Experiments.Blackwell, Londres, 2005.Pilule miracles el profits mirobolants L'AlASKA N»Y££ sous („e ?ÉTtoOE I CLAUDE STONGE L'envers de la pilule L ES COMPAGNIES PHARMACEUTIQUES sont des entreprises capitalistes comme les autres, écrit Jean-Claude St-Onge dans L'envers de la pilule, les dessous de l'industrie pharmaceutique, un essai percutant qui dénonce certaines de leurs pratiques douteuses.Le profit passe avant tout, une moyenne annuelle de 40 % pendant les années 1990.Pensons seulement à la lutte qu'elles ont mené pour s'opposer à la production de médicaments génériques contre le SIDA, par l'Afrique du Sud.On ne compte plus les médicaments qui ont dû être retirés du marché, ou qui ont été l'objet de restrictions sévères à cause de leurs effets secondaires graves et possiblement mortels.La recherche sur les médicaments est entièrement entre les mains des compagnies qui les « inventent».Tous les médicaments ont des effets secondaires.Il suffit au fabriquant de démontrer que la toxicité du médicament est tolerable par rapport au soulagement qu'il apporte et que ses effets dépassent ceux d'un placebo, pour le mettre en marché.Aucun test sur l'efficacité réelle du médicament n'est requis.Rien n'oblige les compagnies à faire connaître l'ensemble des résultats des essais cliniques, protégés par le secret des brevets.Ce qui fait qu'elles ont tendance à publier seulement les résultats favorable et à occulter les résultats négatifs.C'est pourquoi de nombreux médicaments pas toujours efficaces provocant des effets secondaires graves sont mis en marché.Puis retirés en catastrophe quand les dommages causés deviennent importants, et que les poursuites devant les tribunaux menacent de dépasser les profits.Les pharmaceutiques brandissent les coûts extrêmement élevés de la recherche et développement pour justifier les prix prohibitifs de leurs produits.Ce qu'ils ne disent pas, c'est que la plus grande partie des frais de développement est en fait dépensée en publicité.À l'heure actuelle, 22 % du personnel est employé en recherche et 39 % en marketing.La publicité fait vendre, «le nombre d'ordonnances pour les médicaments ayant reçu le plus de publicité a augmenté six fois plus (italiques de l'auteur) que le nombre d'ordonnances pour les autres médicaments», écrit St-Onge.Ceci n'est pas sans effets sur la santé publique et l'augmentation des coûts des services de santé.La publicité permet aux fabricants de faire connaître leurs «produits» sans être obligés de publier les mises en garde sur les effets secondaires, comme c'est le cas pour les médicaments vendus en pharmacie.La publicité des pharmaceutiques est la principale source de revenus des revues médicales et il y a une tentative permanente d'infiltrer le rédactionnel.La censure des articles n'est pas rare.Et comme la publicité des compagnies pharmaceutiques envahit les pages des grands quotidiens, il faut s'attendre à ce que le public soit de plus en plus mal informé.Les dépenses en médicaments ont doublé depuis 10 ans au Québec.Et c'est pas fini! Le gouvernement de Patapouf vient d'annoncer la fin du gel des prix.On ne peut s'empêcher de penser que les patapoufistes ont choisi de défendre l'industrie avant l'intérêt public.Les actionnaires doivent sauter de joie comme des p'tits vieux dans les pubs de pilules pour bander.JACQUES BOUCHARD Jean-Claude St-Onge, L'envers de la pilule, Les dessous de l'industrie pharmaceutique, Écosociété, Montréal 2004 MUSIRONIE samedi 18h30 101,5 FM Musique peu ordinaire Lund 22H00 L'Oreille cassée: musique avariée 16H00 L'Homme Scalp : musique du monde ordinaire Dimanche 23H00 Fais-le toi-même: musique domestique «OU Mr 89.1 à Quebec cable 89.5 www.ckrl.qc.ca APLATVENTRISME CANADIEN Le Couac, janvier 2005, page 8 Dans la série des contes pour tous Canada : terre d'asile ou asile d'aliénés ?Voici une petite histoire se déroulant dans un pays soi-disant merveilleux mais rempli d'aberrations logiques qui débouchent sur des injustices inacceptables.Un conte pour toute la famille que je vous invite à découvrir.(imaginez ici la voix de Charles Tisseyre) En mai 1997 en Espagne, deux Basques, Gorka Perea et Eduardo Plagaro, sont déclarés coupables d'incendies criminels sur la seule base d'aveux obtenus sous la torture.Entre deux procès, ils se réfugient au Canada et demandent le statut de réfugiés politiques.En 1999, la loi canadienne change et fait dorénavant passer l'extradition avant toute demande de statut de réfugié.Et comme l'Espagne ne s'est pas gênée pour faire une demande d'extradition, la procédure de demande d'asile de Perea et Plagaro est interrompue sur-le-champ.Vous ne trouvez pas qu'il y a déjà quelque chose qui cloche?D'une part, le Canada se targue d'être une terre d'accueil pour les réfugiés et de l'autre, il institue la primauté de la parole des États sur celle des individus.Comment on fait alors pour devenir réfugié politique?On fonde un État avec un seul habitant, soi-même?Remarquez, les compagnies sont bien des « personnes morales» au sens de la loi et personne ne rigole.Continuons la lecture de notre «Asile au pays des merveilles».En juin 2001, Perea et Plagaro sont emprisonnés à Rivière-des-Prairies où ils passeront 2 ans de leur vie à attendre la décision du ministre de la Justice du Canada de l'époque, Martin Cauchon, qui refuse d'examiner les preuves de torture et accepte l'extradition.Le 6 octobre 2003, les deux prisonniers déposent à la Cour d'Appel du Québec une demande de révision judiciaire de la décision du ministre.Quelques semaines plus tard, ils sont libérés sous caution en attendant une réponse de la demande de révision judiciaire.Événement personnel mais néanmoins important pour la suite de l'histoire : en juin 2004, Perea a un accident de vélo avec traumatisme crânien sévère qui le plonge plusieurs semaines dans le coma.Le 14 décembre 2004, la Cour d'Appel maintient la décision de la Cour supérieure et du ministre de la Justice d'extrader Perea et Plagaro et ordonne qu'on remette en prison les deux réfugiés politiques malgré le fait que les deux Basques aient respecté scrupuleusement les conditions de remise en liberté qui leur furent assignées depuis plus d'un an.Encore une fois, il semble que les juges aient échoué leur cours de logique 101.D'un côté, le jugement admet «que de nombreux rapports émanant d'organismes internationaux crédibles fassent état de cas de torture » en Espagne ; mais de l'autre, il soutient qu'il n'existe pas de «risque sérieux de torture » pour les deux réfugiés basques.Surtout pas pour deux indépendantistes basques militant pour leur langue, serait-on tenté d'ajouter tant qu'à y être ! Mais deux militants qui, soit dit en passant, n'ont jamais cru en une solution armée et prônent plutôt le dialogue.En plus, rappelons qu'aucun juge ni ministre n'a voulu entendre les témoignages des deux hommes et ces décisions furent donc prises sans qu'ils ne puissent défendre leur point de vue.Eh oh, les amis journalistes ardents défenseurs des « deux côtés de la médaille», qu'attendez-vous pour grimper dans les rideaux?Le 15 décembre dernier, dès son arrivée au Centre de détention de Rivière-des-Prairies, Perea a été victime de brutalité policière alors qu'il voulait simplement discuter d'une décision du Centre de détention qui l'obligeait à séjourner dans un secteur éloigné de son ami Plagaro.L'agente en place, au lieu de l'écouter, a réclamé l'intervention d'une dizaine d'agents qui l'ont frappé au corps et à la tête à plusieurs reprises alors qu'il était D'une part le Canada se targue d'être une terre d'accueil pour les réfugiés et de l'autre il institue la primauté de la parole des États sur celle des individus.déjà immobilisé.Excellent traitement pour un convalescent d'un coma causé par un traumatisme crânien.En plus, Perea n'a pu consulter une infirmière que le lendemain.Celle-ci n'a fait que des tests de routines et n'a pas voulu l'entendre lorsqu'il a voulu lui expliquer ses antécédents médicaux.Le comité de discipline a plutôt pris la décision d'envoyer Perea et Plagaro au « trou » pendant trois jours.Un peu comme si les gardiens de Rivière-des-Prairies avaient voulu leur dire : «Vous voyez les gars, ici aussi on peut vous tabasser.Alors aussi bien aller vous faire tabasser à la maison ! ».Mais s'il reste un semblant de justice dans ce pays imaginaire, Perea et Plagaro doivent plutôt retrouver immédiatement leur liberté conditionnelle et une Cour de justice doit enfin entendre leur témoignage de vive voix.À terme, on doit leur accorder le statut de réfugiés politiques leur permettant de vivre ici heureux et, peut-être, d'avoir beaucoup d'enfants.BRUNO DUBUC Comité de soutien aux prisonniers politiques basques: (514) 528-2656 ou 525-6436 Deuxième lettre ouverte d'Adil Charkaoui*, 20 décembre 2004 Un immigrant, Big Brother et les 3 juges Ceci n'est ni un extrait d'un roman kafkaïen ni un conte médiocre se déroulant dans une république de bananes mais bel et bien l'état des droits de l'homme dans le plusse meilleur pays du monde.Le jugement sur la constitutionnalité des certificats de sécurité rendu le 10 décembre 2004, journée internationale des droits de l'homme, est l'illustration probante de ce qu'est l'ère post-onze septembre au Canada.justice - qui n'a jamais été aussi aveugle - pencherait inévitablement en faveur du plus grand nombre et de ses représentants, celui de la sacro-sainte sécurité nationale.Or, dans la requête présentée à la Cour d'appel fédérale, le point central de la plaidoirie de la défense est que le « tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que les autres » Dans cette décision décriée par l'ensemble des associations de défense des droits de l'homme et par un nombre impressionnant de juristes canadiens (plus de 60, coast to coast), les trois juges de la Cour d'appel fédérale ont statué que les certificats de sécurité - procédure de la loi d'immigration où la présomption d'innocence est inexistante, une partie ou toute la preuve n'est pas divulguée, le ouï-dire accepté, le contre-interrogatoire des témoins à charge refusé, le droit d'appel dénié et les ex-parte entre juges et procureurs monnaie courante - sont « une dérogation exceptionnelle mais permise» (Extraits du jugement de la Cour d'appel fédérale).Ce qui est surprenant, ce n'est guère la décision en elle-même - la Cour d'appel fédérale étant connue pour son conservatisme - mais la symbolique de la journée choisie pour rendre la décision.Sans parler de la restriction quasi malhonnête du litige en un dilemme entre les droits d'un immigrant et ceux de l'ensemble des citoyens et de leurs représentants, entre « le droit à la survie » de la collectivité et « un absolutisme aveugle des droits individuels», «entre la liberté avec ordre et l'anarchie sans l'un ni l'autre» (Extraits du jugement de la Cour d'appel fédérale).Le litige formulé de cette manière, il est indubitable que la balance de la « droit d'avoir ses droits définis par un tribunal n'est pas lié au contexte de l'immigration ou à un statut d'immigrant ou non, en soi.Ce droit fondamental est surtout lié à la reconnaissance à toute personne de voir ses droits et obligations définis par un tribunal indépendant au mérite, par le fait du droit international comme du droit interne» (Extrait du mémoire de l'appelant), «mm En niant à un résident permanent dont les parents et les enfants sont des citoyens canadiens et qui vit dans ce pays depuis dix ans le droit à être jugé selon les mêmes standards de justice que les autres habitants du pays, la Cour d'appel fédérale fait sienne cette formule prémonitoire de George Orwell dans La Ferme des animaux «tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que les autres».* Montréalais d'origine marocaine, Adil Charkaoui est un résident permanent détenu depuis le 21 mai en vertu d'un certificat de sécurité.ADIL CHARKAOUI Plus d'info : Coalition pour justice pour Adil Charkaoui, www.adilinfo.org, justiceforadil@riseup.net Travailleuse d'érections ludy Sgro, la ministre fédérale de la Citoyenneté et de l'Immigration, est dans l'eau bouillante.Elle serait intervenue pour qu'une travailleuse d'élection d'origine roumaine obtienne le statut de résidante temporaire.Le problème, semble-t-il, c'est que la dame était aussi travailleuse d'érections dans un bar de danseuses.L'entremetteur Suite de la page 1 Le gouvernement canadien fera ce que les USA ne peuvent pas faire eux-mêmes : consentir.Donner l'exemple du consentement au reste de l'Occident Montrer une opposition qui cède.On est dans un autre temps.Comme dit Bush, le différend sur la guerre d'Irak est chose du passé.Voici la nouvelle mode, pour la suite de l'histoire.Les Alliés sont invités à saisir cette «nouveauté », pour une politique américaine qui restera absolument la même, identique à celle de 2003, mais portée plus loin.J'écris ceci début décembre.Martin sera vraisemblablement, pour quelques semaines, le pivot de l'impérialisme américain.Ce n'est pas rien.Mesurez la portée du service qu'il rendra: suppôt de la guerre, du bouclier antimissile, donc de la course aux armements, et peut-être bien des prochaines invasions «préventives».Pion politico-diplomatique.En vue d'ouvrir aussi l'Europe.Pour l'heure, personnage historique numéro un d'une histoire qui se fera de toute façon sans lui.Comparse insignifiant mais indispensable en ce moment pour la pièce où se jouent d'incommensurables intérêts d'argent.Je suis persuadé que Martin, malgré sa situation précaire, jouera jusqu'au bout la partie envisagée pour lui, s'il peut seulement rester au pouvoir, et davantage encore s'il le reprend après l'avoir perdu.Sans lui, d'ailleurs, ce serait bonnet blanc, blanc bonnet, avec Harper.Nous nous en allons vers ce côté.Les balises sont bien posées.Mais l'opération est subtile.Il faut pour le moment que l'entremetteur Martin ait l'air de se poser des questions, de tergiverser un peu, et qu'il ne paraisse finalement se décider qu'après un temps, comme un converti.On s'imaginera alors qu'il n'y a vraiment pas moyen de faire autrement.D'ailleurs, il s'agit de prendre le temps de laisser pourrir l'opposition dans l'opinion publique canadienne.Il est important d'étudier les physionomies comme on fait couramment dans la vie, mais il importe aussi, exactement de la même façon, d'imaginer par le détail les phases successives et programmées d'une manoeuvre politique.Ce sont là deux exercices dont ne s'occupent guère les médias, sauf Le Couac et quelques autres feuilles marginales.Ces phases sont pourtant évidentes.Les mensonges sont très apparents.Une politique secrète, cela n'existe pas, même si elle est pleine de secrets.Il suffit de bien regarder.Mais les médias ont coutume d'emprunter le langage biscornu du pouvoir pour commenter les actes du pouvoir.Des propositions inacceptables deviennent ainsi des points de vue discutables et discutés, à l'infini.De la sorte, les messages en question se reproduisent et restent dans l'opinion, une opinion qu'ils vicient de cette manière et qu'ils finissent par modifier dans le sens voulu par le pouvoir, justement.Les yeux de vitre de M.Martin en disent autant sur ce qu'ils cachent que les déclarations provocantes de M.Bush à Halifax.Secret et provocation finiront bientôt par se rejoindre tel que prévu.Car ils contiennent exactement la même chose.
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