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Le couac
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. [...]
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. Constitué d'une équipe rédactionnelle et de collaborateurs bénévoles, le journal se targue d'être libre et indépendant. Projet mûri entre anciens camarades de Quartier libre, journal étudiant de l'Université de Montréal, Le Couac est fondé par les journalistes aux nombreux chapeaux Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau. Pierre de Bellefeuille agit à titre d'éditeur et demeure à la barre du journal de nombreuses années. Prenant inspiration des éphémères Le Fantasque et La Lanterne, prédécesseurs québécois du XIXe siècle, Le Couac, dont le nom rappelle l'onomatopée du canard, s'inscrit davantage dans la lignée du journal français Charlie Hebdo que du Canard enchaîné. « Le couac » et « le canard », qui peut signifier « journal », peuvent tous deux être associés à un son discordant au sein d'un groupe, le groupe dans lequel Le Couac détonne étant ici l'ensemble de la presse. Le Couac donne son soutien à l'activisme de gauche en dénonçant par la satire, souvent cinglante, l'ordre établi, les réactionnaires, les moralistes, la publicité, le journalisme de masse, les puissants, les injustices, les atteintes aux droits et libertés, les pollueurs, l'économie marchande, etc. Le Couac est en phase avec l'actualité politique, sociale et culturelle québécoise et internationale et montre un intérêt particulier pour les États-Unis. La lutte au terrorisme et ses débordements du début du XXIe siècle y inspirent d'ailleurs plusieurs coups de gueule. En plus des deux fondateurs, un grand nombre de collaborateurs au regard critique et mordant sur le monde participent au journal au cours des années : Pierre Falardeau, Pierre Vadeboncoeur, Louis Hamelin, Marco Silvestro, Isabelle Baez, Jacques Bouchard, Victor-Lévy Beaulieu, Marco de Blois, Michel Rioux, Bruno Dubuc, Francis Dupuis-Déri, François Patenaude, Normand Baillargeon, Simon Tremblay-Pepin. 10 ans de Couacs - Je pense, donc je nuis : les meilleurs articles du mensuel satirique francophone le plus lu en Amérique du Nord!, choix des textes, des brèves et des illustrations par l'équipe du Couac; coordination de Bruno Dubuc, Montréal, Le Couac, 2007, 123 p.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1997-2016
Contenu spécifique :
février
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Le couac, 2005-02, Collections de BAnQ.

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De Mozart à Tino-Rossini p.3 Reid le mathématicien s'empêtre dans ses chiffres et nous joue un opéra de quat'sous La santé aux Etats-Unis Martin Petit montre qu'être malade aux États-Unis, c'est vraiment un sport dangereux.Spécial faces à claques p.10 Quelques-uns de nos pseudo-intellectuels mangent une momifie pour leur améliorer le portrait.Vol.8 • n» 05 $4 Ai sat Voici le rétrolibéralisme IL Y AURA BIENTÔT DEUX ANS, nOUS avons porté le parti libéral au pouvoir à Québec.Nous nous sommes dit: c'est la victoire du néolibéralisme, qui fait des conquêtes un peu partout dans le monde.Charest est jeune et moderne.Il est sûrement néo.Erreur.Charest gouverne à l'ancienne.C'est le régime des petits amis, le règne du patronage.On nous ramène à l'époque du libéral Tasche-reau, qui a partagé avec l'Union nationale de Duplessis les années sombres de la grande noirceur, de 1921 à 1960, avec une pause sous le gouvernement Godbout, pendant la deuxième guerre mondiale.Prenez la saga des mégahôpitaux.Le gouvernement avait choisi l'hôpital Saint-Luc comme emplacement du CHUM, mais plusieurs de ses petits amis, dans le milieu des affaires, ont décidé d'appuyer le projet de l'Université de Montréal dans la cour de triage, et ont menacé de retirer leur appui Charest gouverne à l'ancienne.C'est le régime des petits amis, le règne du patronage.rétrolibérale, le citoyen n'a pas d'importance.Quand on a proposé à Charest de consulter les citoyens, il a refusé net.Dans un autre domaine, la pensée rétrolibérale n'a que faire de la laïcité dans nos régimes d'enseignement, objectif poursuivi de dures luttes depuis une quarantaine d'années.11 subsiste un nombre important d'écoles privées, certaines d'entre elles étant rattachées à une religion.Aux rétro-libéraux, qui pren-nent souvent l'Ontario comme modèle, on pourrait signaler que dans la province voisine, seulement 1% des revenus des écoles privées provient du gouvernement, alors qu'au Québec, cette proportion est de 43%.Nous avons du chemin à faire quant au développement de l'enseignement public.Mais le gouvernement Charest agit dans le sens contraire.Il réduit les budgets de l'enseignement public et augmente l'endettement des étudiants.Et voilà que dans un CERTAINS owTum Accès PRfVfLÉ&fÉ au PRENiER.^ financier si le gouvernement ne changeait pas d'avis.Ne sachant que faire, malgré les millions dépensés en consultations privées (n'oublions pas qu'il n'y a pas eu de consultation publique), Charest s'en remet aux conseils de deux autres petits amis, messieurs Armand Couture et Guy Saint-Pierre, qu'on ne peut guère considérer comme « experts indépendants », étant donné qu'ils ont tous deux occupé des fonctions importantes chez SNC Lavalin, firme d'ingénierie qui a déjà été consultée en privé à propos du projet grandiose de l'Université de Montréal.L'affaire tourne au burlesque.Au moment où ce mandat lui est confié, Saint-Pierre se fait dorer les cuisses sur une plage floridienne.Il accepte mais reste là-bas, touchant des honoraires de 1 100 dollars par jour.Il prétend pouvoir s'acquitter de sa mission à distance.Quelle admirable confiance en soi ! Le mot «citoyen», devenu un adjectif, est très populaire.Mais dans la pensée geste inexplicable, rejeté à 89% dans l'opinion publique, selon un sondage, ce qui est un record, le pouvoir rétrolibéral a d'abord décidé de porter de 60 à 100% les subventions à cinq écoles privées juives.Cela ne pourrait avoir pour effet que de bétonner la mentalité de ghetto.Manifestant une inconscience étonnante, le ministre de l'Éducation, Pierre Reid, cherchait à justifier la décision en prétendant qu'elle favoriserait les échanges interculturels.C'est tout le contraire.L'école laïcisée se prête beaucoup mieux que l'école religieuse aux échanges entre élèves provenant de groupes divers.Heureusement, impressionné par les 89% de rejets, Charest a retiré le projet.Peut-être qu'après tout, même aux yeux du gouvernement, l'opinion des citoyens compte parfois, s'ils sont assez nombreux.Reste qu'accorder des faveurs, c'est gouverner à l'ancienne.C'est tout-à-fait rétro.PIERRE DE BELLEFEUILLE Fait divers Les Bushistes en ont profité du fait que le tsunami faisait déferler une vague de diversion massive sur l'information, pour annoncer ce qu'on savait depuis que Collin Powell a fait sa présentation idiot-visuelle devant l'ONU: les preuves étaient bidon et il n'y a jamais eu d'armes de destruction massive en Irak.La confirmation de cette «kolossale» menterie, pompée pendant des mois par les plus hauts dirigeants du pays le plus puissant du monde afin de «justifier» le massacre par les armes de milliers de civils innocents, a été traitée par la presse en général et La Presse en particulier, comme un fait divers.VIVEMENT Mosiuse km ot&e crues titer AœiaitXT, tes woo&SSt" Ce n'est pas la même chose TROISIÈME SEMAINE DE JANVIER, les compilations à ce jour évaluent à plus de 220 000 le nombre des victimes du raz de marée qui a déferlé le 26 décembre sur les rivages d'une dizaine de pays.Affreuse désolation.La presse pendant deux ou trois semaines ne parle plus que de cela, décrivant chaque jour les conséquences de l'événement, jusque dans le détail des tragédies individuelles qu'il a causées.Les reporters sont partout, relevant tout, commentant, interviewant, montrant la terrible situation des survivants, orphelins, pères, mères, collectivités ruinées, difficile organisation des secours, collectes dans nombre de pays.220 000 morts.Immense tragédie.Retentissement médiatique à sa mesure.Mais, au fait, il y en a une autre, étouffée, d'un tragique pire encore s'il se peut, à cause de l'injustice et de la haine, et d'une envergure tout à fait comparable: la guerre d'Irak, dont on estime à 100 000 le nombre des victimes du côté «ennemi», et ce ne sont pas des soldats.100 000 morts.Sèchement un chiffre, et qui demeure un chiffre.A ajouter aux millions d'enfants ayant péri en conséquence des conditions imposées à l'Irak pendant dix ans.Cette guerre n'a pas de réalité tragique palpable, individuelle, domestique, qu'on montrerait par des images sur les écrans.Est-ce à cause de la censure?Est-ce le trop petit nombre de journalistes, ceux-ci risquant maintenant l'enlèvement, l'assassinat?Est-ce que les médias ne demandent ni n'attendent de copie sur la vie en Irak sous l'occupation?On fonce sur Fallouja, mais c'est comme s'il n'y avait personne.On avait pilonné Bagdad, mais était-ce un désert?Les victimes, les tués, les blessés, les orphelins, les veuves, la douleur, la ruine, pas question, sauf un chiffre ici, un chiffre là.Il ne s'agit que de la guerre, de la désorganisation des cités.Les caméras ne vont pas dans les maisons, dans les intérieurs, ou si peu.Cette misère est sans visage.Cela fait bien l'affaire des dirigeants américains, lesquels sans doute veillent sur l'information.D'un côté, le tsunami, 220 000 morts, un cataclysme décrit et commenté par les médias sans arrêt et jusque dans le détail.De l'autre, 100 000 morts, un carnage, mais regardé comme du haut des airs.Ce n'est pas la même chose, c'est très différent.La guerre d'Irak, c'est une guerre, c'est une statistique, pas un drame humain.PIERRE VADEBONCŒUR Vague de libérations conditionnelles encore 2oS.Pas de nouvelles, bonne nouvelle.Tsunami du temps!!! Selon Paul Martin, l'escouade canadienne de la DART envoyée au coût de 20 millions de dollars en mission au Sri Lanka, est une «équipe de militaires spécialement formés pour intervenir en cas de désastre».Heureusement pour elle, puisqu'arrivée avec 13 jours de retard, elle aura beaucoup de pain sur la planche.Tsunamis et vrais amis i ffro i no 000 S aux centaines de milliers de victimes Patapouf offre100 000$ auxœ pQur ,es du tsunami de 1 Océan ind.e en deux experts qui rê re reeVcV té d s plus nécessi- plus.ne servira pas à améhor^mS"fde 30 000$ chacun, teux?1100$ par jour, pour« f^nohnson fils avait ^ 1 tSSSîSÏ et le beau Brian reçu plus de 28000$ pour ^ q s "TéZl au0tan?£Z tsunamis d'ici, Patapouf ne veuille pas donner aux tsunamis des autres.ABONNEZ-VOUS ! www.lecouac.org 077831301091605 Le Couac, février 2005, page 2 pour (>Oltk.\ II MM MtlMI MM S IIS III I I 4.11 S 1*111 I I llll IS 5 mails 14 HEURES « A H m; i'll 11 i i i-s "gn mi:i'no ^ tlf-Lill Gorka et Eduardo sont deux militants de la gauche indépendantiste basque.En Espagne, ils furent persécutés et torturés.Ils ont donc fui pensant trouver ici paix et justice.Or, l'État canadien, en exécutant la demande d'extradition de l'Espagne, s'apprête à rendre ces deux hommes aux tortionnaires espagnols.L'injustice a assez duré.Si ces deux Basques sont en prison, c'est justement parce qu'ils ont choisi de lutter pour la liberté.Ne les laissons pas tomber.Ils tentent maintenant d'être entendu en Cour suprême, c'est la dernière chance qui leur reste.I «imite «l«- soutien aux prisonnier* politique* basque* *-®t'1 m® TSUNAMI Économie politique du désastre Ironie du mauvais sort: le tsunami qui a ravagé l'Asie du Sud a frappé en décembre, c'est-à-dire au moment même où nos charognards de la misère entraient, comme à chaque année, dans leur ignominieuse phase de compassion forcée, de guignolées de guignols et de charité aussi bien ordonné qu'aveugle aux véritables causes de l'injustice.ses mots: «Les États-Unis sont beaucoup trop récalcitrants et pingres quand vient le moment de partager leurs données, y compris avec leurs alliés européens» (London Times, 29-12-04).D'autre part, et c'est proprement horrible, les gouvernements locaux, malgré des catastrophes antérieures, Ils n'ont eu qu'à continuer sur leur lancée pour donner leur pleine mesure.11 faut dire que l'occasion était en or, tout à fait dans leurs cordes et selon leur goût.Pensez-y: une catastrophe d'une ampleur extraordinaire, imprévisible et pour laquelle personne n'est à blâmer; des drames humains qu'on peut sans risque exhiber à pleine pages et à plein écran, sans avoir à chercher à comprendre ou à analyser.Nos trafiquants d'émotion furent cette fois encore à la hauteur et on a pu mesurer toute l'étendue de leur contribution à notre civilisation.Là où il fallait poser des questions fondamentales, ils nous donnèrent du sensationnel ; là où il fallait un large portrait d'ensemble de la réalité, ils nous fourbirent de l'anecdotique ; là où s'imposait d'avoir une vision à long terme, ils nous forcèrent à avaler de l'immédiat; là où on aurait dû penser les causes, ils nous firent contempler les effets; et là où il fallait impérativement interroger nos institutions, ils nous firent avaler du vécu et du «human interest*.On ne peut empêcher un tsunami, c'est entendu.Mais comme on sait qu'il y en aura, on doit faire en sorte qu'il soit le moins dommageable possible.On peut aussi désormais, grâce à la science, prédire qu'un tsunami est imminent et informer aussitôt les populations pour qu'elles fuient sur les hauteurs, ce qui limite considérablement les pertes de vie.Pourquoi rien de cela n'a été fait, voilà la grande question qu'il faut approfondir.L'ennui, c'est que ce qu'on y trouve n'est pas au goût des maîtres et doit donc rester dans le trou noir de l'oubli.Pour prévenir les populations locales et pour que cette vitale information leur soit utile, plusieurs conditions doivent être satisfaites II faut d'abord savoir qu'un désastre va se produire; il faut aussi avoir la volonté de transmettre cette information ; il faut encore disposer d'un canal de transmission; il faut enfin que les récepteurs de l'information puissent mettre en œuvre, rapidement, les mesures qui s'imposent.À OOh 58 (temps universel), les sismographes de Jakarta décèlent le tremblement de terre au nord de Sumatra.À lh 14, le Centre américain de surveillance des tsunamis de Hawaii le confirme.Les premières vagues arrivent à Aceh quinze minutes plus tard.On savait donc.On aurait pu agir.Pourquoi n'a-t-on pas transmis la précieuse information?Il y a deux ordres de raisons, toutes deux révoltantes.Le premier est le manque de volonté politique de partager l'information.En bref: le partage de données n'est pas organisé parce qu'il n'est pas prioritaire.C'est particulièrement vrai pour les États-Unis, qui possèdent et génèrent la plus grande quantité d'information scientifique.Philip Stott, prof émérite de biogéographie à l'Université de Londres ne mâche pas £'oCC IDE NT À LA RESCOUSSE n'ont prévu ni modalité d'information de populations ni plan d'évacuation.Bref: on n'aurait donc pas su qui avertir, quand bien même on l'aurait voulu ! Ce qui fait réfléchir, en particulier aux priorités que nos élites et nos institutions dominantes nous font poursuivre.Après tout, nous sommes à l'ère de la communication, n'est-ce pas?Nous habitons un village global, nous communiquons à haute vitesse, nous transmettons et recevons instantanément toute information.Certes.Mais si cela vaut pour toutes les places boursières du monde, y compris celles d'Asie du Sud, ça ne vaut plus pour les populations, surtout si elles sont pauvres.Un système qui aurait permis de sauver de centaines de milliers de vies coûte, littéralement, des peanuts; mais ces vies sont sans importance.En attendant, la guerre en Irak a coûté à ce jour $148 milliards aux États-Unis.Elle dure depuis environ 675 jours et, au moment où vous lisez ces lignes, la dépense d'une seule journée aurait pu sauver au bas mot des dizaines de milliers de personnes.Mais, direz-vous, sachant que des tsunamis surviennent, les populations locales peuvent prendre des mesures pour en minimiser les impacts?Vous avez raison et cer- taines populations se préparent fort convenablement, par exemple en érigeant des murs : c'est le cas du lapon.Mais les pays pauvres?À défaut de murs érigés par les humains, la nature elle-même offre deux types de murs protecteurs: les récifs de corail et les mangroves, qui sont des sortes de forêts de mer.Ces barrières naturelles offrent de précieuses protections contre les tsunamis L'ennui, c'est qu'il n'y en a plus à certains endroits en Asie, et c'est là que les dégâts ont été les plus étendus.Mais s'il n'y a plus ni corail ni mangroves, c'est qu'on les a supprimés pour construire des hôtels de luxe sur bord de la mer et pour ériger des usines à culture de crevettes.80% des crevettes de i^^^ culture proviennent désormais des pays en développement de l'Asie.Les pays occidentaux, pas fous, interdisent cette dangereuse pratique.Ayons une douloureuse pensée pour les enfants qui gagnaient leur vie en nettoyant les cuves avec des produits toxiques.On ne parle pas souvent d'eux et de leur industrie.Sur les 450 articles qui se sont écrits ce dernier mois sur le tsunami dans les principaux journaux québécois, il s'en est trouvé quatre pour faire discrètement référence à cette culture de la crevette et à la destruction des littoraux.Quatre.Et encore : il s'agissait à chaque fois de la même dépêche d'AFP.En attendant, les données ne mentent pas: la région de Ngapattinam, la plus dévastée, est aussi celle où sévissent le plus le tourisme et l'industrie de la crevette.Par contre, les populations d'Andaman et de Nicobar, les plus proches de l'épicentre, ont subi le moins de pertes de vies.Mais elles ont conservé leur mangrove, leur corail et il ne s'y fait pas de culture de la crevette.Les combats contre les tsunamis et contre toutes les catastrophes écologiques sont à la fois politiques, scientifiques et économiques.Ils exigent sur chacun de ces plans de la compassion, une pensée à long terme, la volonté de connaître et de partager le savoir, de même que mille autre choses encore.Toutes ont en commun de trouver dans le marché et les institutions dans lesquelles nous vivons un terrain farouchement inhospitalier.Le premier novembre 1755, un autre célèbre tsunami eut lieu, cette fois à Lisbonne.Il fit 60 000 victimes.En réaction, le Portugal lança le premier programme d'étude scientifique des tremblements de terre, ouvrant ainsi la voie à leur étude et leur prédiction.Dans la foulée, il entreprend aussi de libérer les cerveaux, en faisant taire les voix prônant devant le désastre la soumission à la volonté divine.Le pays commença donc à laïciser son espace public et amorça son programme en chassant les Jésuites.Ça me donne de ces idées.Pas vous?NORMAND BAILLARGEON -wuflM! m\£ w vies re- solution pour Kyoto Pour vraiment inciter les gros pollueurs à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, la solution est simple: il faut donner une valeur économique à la production de réduction.Si les gros pollueurs ont l'impression de participer à la croissance en réduisant leur pollution, le Canada pourra atteindre ses objectifs face au Protocole de Kyoto.Le principe est déjà en marche en Europe : les consommateurs sont invités à changer leurs vieux appareils pour des plus performants sur le plan énergétique et sont appelés à calculer les unités d'énergie qu'ils économiseront en achetant (donc en contribuant à la croissance).Le consommateur produit alors des «négatron », c'est-à-dire une portion d'énergie qui n'existe pas et qu'il ne consommera pas.Ça a l'air louf, mais c'est logique: le capitalisme produit déjà des coquilles vides.Ne restait plus qu'à éliminer la coquille.LBS 7oûRisIê3 cause: RÉELLE INTERNATIONAL Le Couac, février 2005, page 7 Privatisation et santé ne vont pas de pair Depuis son élection, le gouvernement Charest jongle avec l'idée de donner encore plus de place au secteur privé dans le système de santé québécois.Mais quoi qu'on en dise et malgré les lois fédérales supposées donner accès à tous et toutes à des soins de santé de qualité, le privé occupe déjà une place importante dans ce domaine.En observant l'exemple de nos voisins du sud (voir encadré), il est permis de croire qu'un recul important se dessine non seulement au Québec mais également partout où des services essentiels tels que la santé sont privatisés.De l'avis de plusieurs experts, le système de santé éta-sunien est un des plus chers au monde tout en étant un des moins accessibles et équitables socialement.Les données disponibles affichent les dépenses de santé par personne (en dollars US ajustés à parité de pouvoir d'achat) pour les cinq pays les plus onéreux de l'OCDE.Ces données démontrent que les soins de santé éta-suniens sont les plus chers au monde (4 887 $ per capita) et qu'ils coûtent 1 565 $ de plus que le deuxième pays le plus dispendieux, c'est-à-dire la Suisse (3 322 $ per capita).Le Canada se place au 5e rang, la dépense per capita se chiffrant à 2 792 $.Accessibilité du système de santé étasunien Selon une étude publiée en janvier 2004 par l'Institute of Medicine des Etats-Unis (IOM)l, un organisme de recherche publique, 43,3 millions de personnes n'ont aucune couverture d'assurance santé aux États-Unis, dont environ 8,5 millions d'enfants, ce qui représente 17,2 % de la population de moins de 65 ans de ce pays.En 2000, on estimait qu'environ 40 millions de personnes se trouvaient dans cette situation.On peut donc constater un recul de l'accès aux soins de santé aux États-Unis et ce, même si le gouvernement affiche le plus bas niveau de dépenses publiques de tous les pays de l'OCDE.11 s'agit donc d'un choix budgétaire, d'une décision économique favorisant l'industrie privée de la santé.Qui n'est pas couvert?L'étude de l'IOM confirme que ce sont majoritairement les gens les plus pauvres qui ne possèdent aucune couverture d'assurance santé.Deux tiers des entreprises étasuniennes offrent des couvertures d'assurances santé à leurs employés.Entre 1977 et 1998, alors que le revenu médian des ménages étasuniens augmentait de 17 %, le coût des assurances santé a littéralement explosé: la part des assurances santé assumée par l'employeur a augmenté de 260 % et celle assumée par l'employéE a augmenté de 350 %.(en dollars constants US de 1998).En 2003, pour qu'une famille de quatre personnes gagnant l'équivalent du seuil de pauvreté étasunien (18 400 $ US) puisse se payer une assurance santé volontaire offrant une couverture complète, celle-ci devait dépenser environ 9 068 $ US, c'est-à-dire 49,3 % de son revenu annuel médian.Cet exemple éloquent Santé privée « made in USA » Des 30 pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les États-Unis se positionnent au dernier rang relativement au pourcentage des dépenses publiques sur les dépenses totales en santé, avec 44,4 %.C'est également dans ce pays que le secteur privé est le plus actif dans le domaine de la santé.Il est intéressant de constater que les États-Unis arrive derrière le Mexique (45 %), un pays que plusieurs associent parfois, à certains égards, aux nations sous-développées.Le Canada arrive au 19e rang avec 70,8 % des dépenses totales qui sont publiques, ce qui laisse tout de même une place importante au secteur privé.En observant les dépenses en sàfité réalisées par les compagnies d'assurances privées nous constatons qu'encore une fois, les États-Unis se démarquent par la plus grande part des dépenses en santé assumées par les compagnies d'assurances privées avec 35,6 %, soit 20,1 % de plus que le deuxième pays, les Pays-Bas (15,5 %).Le Canada occupe le 5e rang avec 11,4 % de ses dépenses en santé, soit moins du tiers de ce que nos voisins du sud dépensent envers les assureurs privés.Selon l'Institute of Médecine (IOM), les adultes étasuniens non assurés courent un risque plus élevé de mourir avant 65 ans que les adultes assurés, le nombre de décès imputables aux gens qui n'ont pas d'assurance atteignant 18 000 annuellement.Si nous observons les coûts liés aux soins dispensés aux États-Unis, il est alors clair que le fait de posséder une couverture d'assurance n'est pas garant d'un accès sans limite et peu coûteux aux soins de santé.À titre d'exemple, en 1999, une admission et un traitement à l'hôpital pour un adulte souffrant d'une pneumonie simple coûtait entre 100 $ et 3 434 $ US pour une personne assurée selon la couverture d'assurance santé que détenait cette personne tandis que le montant exigé passait à 9 812 $ pour une personne non assurée.Notons ici qu'il n'est pas question de chirurgie ou de soins spécialisés mais bien du traitement d'une pneumonie simple.démontre clairement que pour les familles pauvres où les parents travaillent dans des emplois mal rémunérés, il est à peu près impossible d'obtenir une couverture adéquate des soins de santé et ce, peu importe l'âge, l'origine ethnique, le genre, le niveau de scolarité, le revenu, l'emploi ou l'état civil.Près de 66 % des gens sans assurance font partie des salariés sous le seuil de pauvreté.Il est donc évident qu'en ajoutant des intermédiaires qui doivent impérativement se dégager un profit sur leurs activités, nous assistons invariablement à une hausse imprévisible des coûts.La notion de profit suffisant étant fortement variable d'une entreprise privée à une autre, il est impossible de prédire les hausses de coûts d'un système de santé privatisé.Nous savons toutefois qu'un système public doit seulement offrir des soins de santé de qualité aux personnes qui en ont besoin, la notion de profit ne faisant pas partie des objectifs à atteindre.Après des années de compressions budgétaires et de politiques de restructuration ayant fortement compromis la capacité du système de santé à répondre adéquatement aux besoins de la population, la privatisation semble la solution créée de toute pièce par le gouvernement pour satisfaire le milieu des affaires.L'option d'un réinvestissement public massif en santé permettant un retour à la normale ne cadre pas avec les politiques néolibérales des gouvernements et ce, autant au provincial qu'au fédéral.L'exemple étasunien devrait toutefois servir de base de réflexion collective quant à l'orientation sociale de ce service essentiel puisqu'il est clair que privatisation et santé ne vont pas de pair.MARTIN PETIT, IRIS www.iris-recherche.qc.ca 1 - Insuring America's Health : Principles and Recommendations.collectif.The Institute Of Medicine of The National Academies, lanvier 2004.Le Québec comme V0U6.mardi 19 h 30 .ne l'avez jamais vu.Des gens fascinants, des sujets originaux, des opinions pour le moins contrastées, tout pour vous étonner! Animation : Matthieu Dugal Réalisation-coordination : Erik Tremblay Télé-Québec telequebec.tv Cet change de la télé BLOC-NOTES Le Couac, février 2005, page 8 le Suroît est-il vraiment mort et enterré ?PAR CLODE DE GUISE La Commission parlementaire sur l'énergie au Québec va poursuivre ses travaux en février et mars.Plus de 120 mémoires ont été déposés par des entreprises, des ONG et des individus.Ce débat public est la conséquence du rejet massif du projet de centrale thermique au gaz, le Suroît.Mais dans l'esprit du gouvernement ce projet est-il vraiment mort et enterré ?Le potentiel de l'énergie solaire est énorme.La future politique énergétique du Québec devrait inclure l'installation de milliers de systèmes solaires thermiques.En novembre dernier, nous avons tous assisté aux obsèques du Suroît.La population qui s'était mobilisée, plus de 5 000 manifestants dans la rue pour dire non au projet, et les groupes écologistes ont crié victoire.Enfin, la voix populaire avait gain de cause.Cette saga a mis en évidence la nécessité d'un débat public.Depuis dix ans, le Québec ne s'est pas doté d'une politique cohérente en matière d'énergie.La commission parlementaire en cours va proposer les paramètres d'un plan global de développement dans ce dossier fondamental pour notre avenir.Le « Fantôme » du Suroît Le ministère des Ressources naturelles, de la faune et des parcs (MRNFP) a publié, en décembre dernier, un document de consultation intitulé : Le secteur énergétique au Québec, contexte, enjeux et questionnements.Le document constitue un plaidoyer totalement partial en faveur de l'utilisation accrue du gaz naturel.Le gaz naturel comme énergie de l'avenir est mentionné 93 fois dans le texte.Le fantôme du Suroît hante le gouvernement.Doit-on lire que le gouvernement veut mul-tiplier les Suroîts?Déjà, le projet de Bécancour en est un exemple éloquent.Dans le cadre des PPP, l'esprit «plein gaz» qui anime le gouvernement mise également sur l'exploitation gazière et pétrolière dans le golfe Saint-Laurent et sur l'installation de ports méthaniers.Le document du MRNFP mentionne 37 fois le secteur éolien (popularité oblige), 17 fois le secteur des énergies renouvelables (incluant le solaire, le biomasse, etc.).Et c'est à peine si on fait référence au Protocole de Kyoto sur les changements climatiques qui entrera en vigueur le 16 février pourtant d'une importance capitale pour la planète.De toute évidence, le MRNFP s'obstine à lancer le Québec sur la voie du gaz naturel.Le document est truffé d'affirmations gratuites et partielles sur la question du gaz naturel comme la suivante : « Le prix du pétrole brut et sa disponibilité sont soumis à la conjoncture économique et géopolitique internationale, et le Québec n'a aucune influence en cette matière.» Si cette affirmation est vraie pour le pétrole, le document passe sous silence le fait qu'elle l'est tout autant pour le gaz naturel ! Le gouvernement Charest est un dinosaure incapable de proposer un développement énergétique résolument tourné vers l'avenir qui s'inscrive dans la logique d'un authentique développement durable.Pas celui prôné dans le discours de Jean Charest qui n'est que du verbiage.Il faut souhaiter que les intervenants à cette commission changeront cette vision rétrograde.Une vision d'avenir Toute politique énergétique digne de ce nom doit d'abord procéder à l'analyse rigoureuse des besoins actuels ainsi que ceux à venir en matière d'énergie.Une analyse des meilleures options énergétiques doit être faite.Or, jusqu'en avril dernier, ni Hydro-Québec ni le gouvernement ne connaissaient le potentiel éolien du Québec.Souligons que c'est grâce aux écolos que nous avons désormais cette information.Le potentiel des énergies comme le solaire passif (chauffage de l'eau et de l'air) et la géothermie est toujours inconnu.De plus, nos objectifs d'efficacité énergétique ne représentent qu'une fraction de ce qui est réalisable.Du vent à revendre Le Québec dispose d'une puissance éolien-ne gigantesque d'environ 100 000 MW pouvant être installés à moins de 25 km des lignes existantes de transport d'électricité, soit plus que la production totale actuelle d'Hydro-Québec.Et, à des prix qui concurrencent les autres filières de production d'électricité.Le Québec serait donc en mesure de privilégier l'éolien comme source d'énergie pour répondre à nos besoins futurs.Le solaire • Le solaire photo-voltaïque (PV) est la technologie par laquelle l'énergie du soleil est transformée en électricité, on parle de «panneaux solaires».• Le solaire thermique est ainsi appelé parce que l'énergie produite n'est pas de l'électricité, mais plutôt de la chaleur, qui peut ensuite servir à chauffer l'eau ou encore l'air intérieur.• Le solaire passif fait surtout référence à des techniques de construction et d'orientation des immeubles et des maisons, plutôt qu'à une technologie précise.Le solaire passif consiste essentiellement à bien orienter les immeubles, de façon à maximiser les gains solaires: beaucoup de fenêtres au sud, peu au nord, une bonne isolation, etc.Le potentiel de l'énergie solaire est énorme.La future politique énergétique du Québec devrait inclure l'installation de milliers de systèmes solaires thermiques et PV.De plus, une politique de construction et d'aménagement urbain maximisant les gains solaires passifs doit être mise en place afin de bénéficier de cette forme d'énergie gratuite et renouvelable.L'efficacité énergétique Il est navrant de constater à quel point nos dirigeants accordent peu d'attention à l'efficacité énergétique.Au début des années 1990, Hydro-Québec a initié un ambitieux plan d'efficacité énergétique qui a été presque totalement abandonné en 1995.Le potentiel d'efficacité énergétique du Québec se situe à près de 7 TWh à un coût de 2,8 cents le kWh.Hydro, qui a repris la filière récemment pour répondre à une directive de la Régie de l'énergie, propose de développer un modeste 3,1 TWh.Pourquoi faire dans la demi-portion?Transports Le ministère des Ressources naturelles de la faune et des parcs envisage desubstituer le gaz naturel au pétrole dans le secteur des transports.La substitution vers un autre combustible fossile est totalement inadéquate.Les écologistes ne cessent de le répéter, l'objectif ultime est de réduire le nombre de véhicules sur nos routes et d'augmenter d'autant les déplacements en transport en commun.C'est d'ailleurs ce que démontre toute la polémique autour du prolongement de l'autoroute 25 incluant la construction d'un pont à péage entre Montréal et Laval.y Le gouvernement du Québec devrait adopter les standards d'émissions tel que l'a fait l'État de la Californie qui a les normes les plus sévères en Amérique.Ces standards exigent des manufacturiers automobiles d'introduire un certain pourcentage de véhicules à faibles émissions polluantes ainsi que l'introduction de véhicules à «zéro émission».Nucléaire, out ! Hydro-Québec étudie présentement la possibilité de restaurer la centrale nucléaire Gentilly II près de Bécancour d'y engloutir 1,2 milliard de dollars, l'estimation de départ était de 500 millions $ et une étude faite pour le compte d'Hydro-Québec parle de coût pouvant atteindre 2,3 milliards de dollars ! La question du nucléaire ne devrait même pas se poser au Québec.Nous n'avons tout simplement pas besoin d'exploiter ce secteur à haut risque.MUSIRONIE samedi 18h30 101,5 FM Emma Goldman : Propos d'une étonnante actualité Née en Russie, mais ayant émigré aux États-Unis en 1885, l'anarchiste et féministe Emma Goldman a participé activement à une campagne contre la conscription lors de la Première Guerre mondiale.Elle organisa des manifestations contre la guerre, distribua quelques-unes des 100 000 copies d'un manifeste contre la conscription et fonda la Ligue Anticonscription, dont les bureaux furent visités par la police.Goldman est alors arrêtée et déférée devant un jury pour complot.Dans son plaidoyer de défense, un passage frappe par son actualité : « J'ai connu plusieurs personnes — et je suis l'une d'elles — qui ne sont pas nées ici, et qui n'ont pas demandé la citoyenneté américaine, mais qui aiment pourtant l'Amérique avec une passion plus profonde et une intensité plus grande que plusieurs natifs dont le patriotisme se manifeste en poussant, frappant et insultant ceux et celles qui ne se lèvent pas quand retentit l'hymne national.Notre patriotisme est celui d'un homme qui aime une femme en gardant les yeux ouverts.Il est enchanté par sa beauté, mais il voit ses défauts.Donc, nous aussi connaissons l'Amérique et nous aimons sa beauté, ses forets, son Niagara et ses déserts.Et par-dessus tout, nous aimons ses gens qui ont produit sa richesse, ses artistes qui ont créé de la beauté, ses grands apôtres qui rêvent et travaillent pour la liberté.Mais avec la même émotion passionnée, nous haïssons sa superficialité, son hypocrisie, sa corruption, sa vénération démente et sans scrupule à l'autel du Veau d'Or.Nous disons que si l'Amérique s'est engagée dans la guerre pour rendre le monde plus sécuritaire pour la démocratie, elle doit premièrement sécuriser la démocratie en Amérique.Comment sinon le monde pourrait-il prendre l'Amérique au sérieux, quand la démocratie y est quotidiennement bafouée, la liberté d'expression supprimée, des rassemblements calmes dispersés par des brigands en uniforme dominateurs et brutaux, la presse libre encadrée et toute opinion indépendante bâillonnée.En vérité, pauvre comme nous le sommes en ce qui regarde notre démocratie, comment pourrions-nous offrir la démocratie au monde?Nous disons de plus qu'une démocratie conçue par la servitude militaire des masses, par leur asservissement économique, et se nourrissant de leurs larmes et de leur sang, n'a rien d'une démocratie.C'est du despotisme — le résultat conséquent d'un enchaînement d'abus — que, selon un document dangereux, la Déclaration d'Indépendance [des États-Unis], le peuple a le droit de renverser.» Le jury a reconnu Emma Goldman coupable.Elle fut condamnée à 10 000$ d'amende, et à deux ans de prison.FRANCIS DUPUIS-DÉRI «Le battement d'ailes d'un papillon.provoque des remous à l'autre bout de la planète », affirme le dicton.André Caillé l'a fait sien et affirme que le mouvement des plaques tectoniques dans l'Océan indien, par un phénomène fort complexe, a complètement sucé les réserves d'eau derrière les barrages d'Hydro-Québec et qu'il faudrait par conséquent penser à construire cette saudite de centrale du Suroît parce que l'électricité n'est pas assurée dans plusieurs villes québécoises, notamment New York, Boston et St-Cyrille-de-Wendover.S'appuyant sur le cas du CHUM, il constate aussi que le gouvernement semble favorable à la logique de la réévaluation et qu'il faudrait peut-être en profiter.MALAJUBE, Le compte complet (Dare to care/ Local) Non, ce n'est pas du bonbon que ce disque inusité qui en réfère au baseball (comme dans la vie) et qui ramène des claviers débordants de chatouilles et de vitales énergies auprès d'un power punk flirtant avec le tonic rock.Leur prose semble découpée dans les pages d'une pile de revues sauvées de la récupération.Blague à part: Le Bataillon, Le Métronome, Les Dents sont des écrits qui parlent d'une désolation ambiante avec un humour qui fouette les sens en donnant envie de bouger.Et c'est déjà un bout de chemin.à coup sûr.HENRI BAND, Le tour du libraire (La Tribu/ Select) Il y a un bail que ces chantres lettrés et combatifs n'avaient pas décoché un album.Le quatrième opus de ces agitateurs du folk rock québécois sont inimitables: jonglant avec langues et concepts, ils entonnent d'abord et avant tout d'étonnantes historiettes qui décoiffent l'imbécilité où qu'elle puisse se terrer.Moi, Elvis pis les autres, Mon village et la propagande ou Danse macabre sont des chapitres tirés de ce tour préfacé Michel Faubert.SWIFT YEARS, Three (Flaming Nora) Trio de folk (celtique, tzigane et amérique) à l'exentricité magique.Cosmopolitisme résume leur ouverture sans frontière.Déjà qu'ils-elle sont d'origines européennes diverses (Hongrie, Ecosse, etc.), que leurs expériences les ont fait jouer blues, reggae-ska, folk et chanson avec bien du monde, que Montréal les habite, que leur virtuosité ne sert qu'à allumer humour et gouaille.Guitare, mandoline/banjo et basse sont les outils pour bourgeonner des trucs qui grouillent ; telles La banqueroute d'Oscar Thiffault, des pièces traditionnelles ré-éclairées ou des compos inimitables de gouaille- Couldn't we?RAMON VITESSE CULTURE Le Couac, février 2005, page 9 Chomsky, le pourfendeur N oam Chomsky est un politologue qui n'a pas bonne presse aux États-Unis.Les démocrates l'ont tout autant en horreur que les républicains.Le personnage dérange dans ce pays où le patriotisme est presque religion.Et son dernier essai n'a rien pour arranger les choses.Dominer le monde ou sauver la planète?- LAmérique en quête d'hégémonie mondiale ne s'attarde pas uniquement au côté va-t-en-guerre de l'actuel président.Chomsky, qui a l'habitude de ratisser large, y remet en cause tout «l'idéal wilsonien» de la politique étrangère américaine, se permettant même au passage d'écorcher le mythe de bon président toujours accolé à Kennedy.Et quel est cet idéal wilsonien, principe premier de la politique étrangère américaine?Chomsky l'explique en ces termes: «parce qu'elle est seule à embrasser et à manifester le but de l'Histoire, l'Amérique a le droit, et même le devoir, d'agir de la façon que ses dirigeants estimeront la meilleure, pour le bien de tous, que les autres le comprennent ou non.Et, à l'exemple de son noble et actuel second, la Grande-Bretagne, elle ne doit pas avoir peur de réaliser la fin transcendante de l'Histoire même si elle est "clouée au pilori" par les imbéciles et les rancuniers, comme le fut son prédécesseur en domination mondiale selon ses plus prestigieux avocats.» Depuis le 11 septembre, Bush dit faire la guerre pour éradiquer le terrorisme.Or, l'administration Bush est contradictoire, car la définition officielle donnée à ce mot par la CIA est conforme aux milliers d'actes de violence autorisés par bon nombre de présidents américains.À commencer par Washington sur le peuple Iroquois.Des horreurs qui, par l'amoncellement des victimes, rendent marginale la tragédie du World Trade Centre.Des actes de barbarie souvent minimisés par la presse officielle, mais que l'on retrouve à toutes les pages que contient le livre de Chomsky.En voici quelques exemples : La terreur Kennedy à Cuba - Il imposa un embargo écrasant contre cette île qui était devenue, depuis sa «libération» de l'Espagne soixante ans plus tôt, «colonie virtuelle» des États-Unis.Kennedy a été l'instigateur de l'opération Mangouste, un programme d'opérations paramilitaires, de guerre économique et de sabotages qu'il lança fin 1961 pour déchaîner les «terreurs de la terre» sur Fidel Castro et, plus prosaïquement pour le renverser.La terreur Reagan au Nicaragua - De 1981 à 1990, les contras, entraînés par vous savez qui, ont terrorisé une des populations les plus démunies d'Amérique centrale.Bilan : selon l'historien Thomas Carothers, alors haut responsable du Département d'État, les pertes en vies humaines, en proportion de la population, «ont été nettement plus élevées que le nombre d'Américains tués pendant la guerre de Sécession et toutes les guerres du XXe siècle réunies.» La terreur Clinton au Soudan -L'attaque aux missiles contre l'usine d'Al-Shifa en 1998 a entraîné plusieurs dizaines de milliers de morts.La CIA «savait qu'on allait détruire la source principale de produits pharmaceutiques et vétérinaires du pays, et ce qui allait probablement en résulter.» Nous sommes ici en pleine doctrine hégélienne qui fait des Africains «de simples choses».Chomsky emprunte la formule de John Rockwell du New York Time-.«Depuis le 11 septembre, l'Amérique scrute l'abîme de l'avenir», mais ajoute que c'est la population qui scrute l'abîme alors que les dirigeants exploitent les peurs et les angoisses du moment.« Ils peuvent même prendre des mesures qui rendront l'abîme encore plus profond et marcher droit vers lui, si cela sert les objectifs des puissants, des privilégiés.» L'Amérique de Bush mène l'humanité au bord du désastre sans préoccupation pour l'opinion publique internationale.Kyoto?Connaît pas.Le Tribunal pénal international ?Pas pour nous.L'ONU ?Oui, du moment qu'elle respecte notre désir de diriger le monde à notre gré.Y a-t-il quelque espoir que l'humanité puisse se préserver de l'abîme?Chomsky met tous ses espoirs sur «ces mouvements de solidarité» qui se sont développés dans l'Amérique profonde au cours des années 1980 au sujet de l'Amérique centrale.«Jamais jusque là, autant de personnes issues d'une société impérialiste n'étaient venues en nombre partager la vie des victimes d'une odieuse agression pour les aider et leur apporter une certaine protection», écrit-il.Autre raison d'espérer tous ces mouvements pour la justice globale qui se réunissent tous les ans au Forum social mondial.« L'important, conclut-il, est de savoir si nous parviendrons à nous réveiller du cauchemar avant qu'il nous engloutisse tous, et de donner un peu de paix, de justice et d'espoir au monde; ce qui, aujourd'hui même, est à portée de nos moyens d'action et de notre volonté.» Souhaitons que, sur ce point là comme il le montra sur tant d'autres, il ne se trompe pas.Noam Chomsky Dominer le monde ou sauver la planète' L'Amérique en quête d'hégémonie mondiale CLAUDE G.CHARRON Noam Chomsky, Dominer le monde ou sauver la planète?- L Amérique en quête d'hégémonie mondiale Fayard, Paris, 2004.Histoire du syndicalisme agricole : version officielle A l'occasion de ses soixante ans, en 1984, l'UPA s'était payée les services d'un historien, Jean-Pierre Kesteman, qui a accepté d'écrire l'Histoire du syndicalisme agricole au Québec, UCC-UPA 1924-1984.À l'époque, ce livre offrait la seule histoire complète sur le sujet.Il fut réédité en novembre dernier, avec quelques augmentations qui prennent en compte les 20 dernières années.Selon l'auteur principal, l'objectif est de «fournir aux agriculteurs du Québec une lecture globale, une vision à larges traits de l'histoire de leur principale association professionnelle».Le livre, écrit-il, n'est pas « la version officielle de l'histoire de l'UCC-UPA», même si le projet «est né au sein même» du syndicat et qu'il a donné lieu à «un travail d'équipe imposant».Travail d'équipe?Celle chargée de recueillir les données était composée d'un étudiant et de lean-Marc Kirouac, une tête forte de l'UPA surnommé «M.Plan conjoint».Léquipe du centre de documentation de l'UPA, que dirigeait Kirouac, a aussi prêté main-forte.En plus, un «comité interne» de lecture réunissant des dirigeants (dont le président de l'époque, Jacques Proulx) «a formulé d'intéressants commentaires et d'utiles suggestions » tout au long du processus.Ce qui veut dire, finalement, que Kesteman et son étudiant étaient les seuls n'appartenant pas à l'UPA et, en définitive, le résultat est une histoire officielle balisée par l'UPA.Malgré cela, le livre raconte une belle et grande histoire qu'il vaut la peine de lire.L'agriculture québécoise a évoluée rapidement depuis le début du 20e siècle et l'histoire de l'Union catholique des cultivateurs (UCC), devenue en 1972 l'Union des producteurs agricoles (UPA), est riche en péripéties, en grands moments de solidarité entre les agriculteurs et en victoires collectives.Le tout constitue une histoire riche et détaillée qui trace un portrait honnête et vraisemblable de l'évolution du syndicalisme agricole dans ses dimensions les plus significatives.Le principal défaut de l'ouvrage réside dans son parti-pris pour une histoire des structures centrales de l'UCC-UPA et pour une narration qui met celle-ci en valeur, avec un enthousiasme parfois exagéré.Les conflits sont systématiquement minimisés et les bons coups de l'organisation centrale sont soulignés à gros traits.De plus, probablement sans le vouloir, les auteurs font ressortir la caractéristique principale de l'UPA, c'est-à-dire sa tendance à la centralisation, à la bureaucratisation et à l'extension de son pouvoir sur tous les aspects de l'agriculture.Le meilleur exemple de la volonté de centralisation demeure l'obsession à propos du monopole syndical.Depuis sa naissance en 1924, influencée par l'Église, l'UCC caresse le rêve de concrétiser l'unité de la classe paysanne.En 1929, le ministre de l'Agriculture avait élaboré un projet de loi sur le monopole syndical parce qu'il lui paraissait plus facile de négocier avec une seule organisation.Il n'eut toutefois jamais le courage de donner tant de pouvoir à l'UCC et le projet demeura dans ses tiroirs.Dans les années 1960, sortie renforcée de la lutte pour l'implantation des plans conjoints, l'UCC oriente son lobbying sur les questions du monopole et de la définition «moderne» du producteur agricole.Elle s'appuie sur des revendications ouvrières et rédige elle-même des projets de loi qu'elle soumet aux ministres.En 1972, l'UCC bénéficie de la montée du nationalisme québécois, qui fait peur à Robert Bourassa et le pousse à faire voter la loi sur les producteurs agricoles pour faire plaisir aux agriculteurs.Depuis ce temps, motus et bouche cousue sur la contestation du monopole.Dans le livre, on vante les résultats du référendum et on ne dit presque rien sur la contestation du monopole.Pourtant, un agriculteur a déjà déposé une poursuite en Cour supérieure, disant que le monopole brime ses libertés fondamentales.Malheureusement, il était seul face à la machine de l'UPA et il fut débouté en 2000.Les auteurs du livre, même s'ils ont récolté des informations jusqu'en 2004, ne parlent pas de l'Union paysanne dans tout leur livre.Us se contentent de citer, dans une note en fin de volume, le Journal de l'Union paysanne (et ils le citent tort, en plus).Il est aussi intéressant de noter que les auteurs mentionnent rapidement que la Fédération de l'agriculture biologique (FABQ) et la Quebec Farmers' Union (QFA) se sont subitement affiliés à l'UPA en 2001 et 2002.On se garde bien de dire pourquoi, mais nous savons bien que la naissance de l'Union paysanne a fait peur à l'UPA, laquelle s'est empressée de s'assurer la fidélité des quelques-uns qui prétendaient encore à l'indépendance.En conclusion, réaffirmons que le livre de Jean-Pierre Kesteman est absolument nécessaire pour la connaissance historique du Québec.Il offre une réelle synthèse, dans une langue très accessible, de la complexe histoire des luttes agricoles pour la reconnaissance de leur valeur.À la limite, on pourrait considérer comme normal que l'UPA soit impliquée dans le projet.Ce qui nous désole, c'est que le parti-pris pour les structures centrales soit si apparent et que les autres visions de l'agriculture et du syndicalisme agricole ne soient pas prises en compte.L'histoire véritable du syndicalisme agricole québécois reste donc à faire.MARCO SILVESTRO Histoire du syndicalisme agricole au Québec, UCC-UPA 1924-2004, de lean-Pierre Kesteman, G.Boisclair, J.Morneau et J.-M.Kirouac, Montréal: Éditions du Boréal, 2004, 455 pages.Musique peu ordinaire Lundi 22H00 L'Oreille cassée: musique avariée Samedi 16H00 L'Homme Scalp musique du monde ordinaire Dimanche 23h00 Fais-le toi-même: musique domestique CKRL MF 89.1 à Québec câble 89.5 www.ckrt.qc.ca SPECIAL FACES A CLAQUES if Le Couac, février 2005, page 10 Potinage artistique La «grande» journaliste de «l'excellent» journal «d'information» de la rue saint-jacques, Nathalie Pétrowski, s'insurge que Mitsou Gélinas soit choisie à la place de Sophie Durocher pour animer Au courant, au réseau Newsworld de la CBC.L'émission «consiste à faire découvrir chaque semaine les réalités québécoises aux Canadiens anglais ou, si vous voulez, leur donner des nouvelles de leurs indigènes préférés», écrit Pétrowski (La Presse 19-5).Nathalie «peau de vache» Pétrowski Richard «Surexposé» Martineau (Monsieur Sophie Durocher) et Pétrowski elle-même avaient accepté de collaborer à l'émission.Ils se sont désistés pour protester contre l'embauche de Mitsou.Imaginez mon étonnement en apprenant que ce serait Mitsou qui animerait notre panel?Un coup parti pourquoi pas le bonhomme carnaval », a écrit Pétrowski.«Je croyais que c'était un show sérieux où on parlait du hard news et des relations entre Québec et Ottawa», a expliqué Richard Martineau (La Presse, le même jour).Toujours à côté de la track ces deux-là.Si les chasseurs de têtes de la CBC les ont approchés, c'est visiblement parce qu'ils cherchaient des amuseurs publics, pas des journalistes sérieux.Ceux qui se souviennent de la quantité d'âneriês débitées par Nathalie sur la peinture à l'époque de la « légendaire » émission La Bande des Six savent qu'elle est particulièrement douée pour se rendre ridicule en disant n'importe quoi sur un sujet auquel elle ne connaît absolument rien, pourvu qu'on lui en donne l'occasion.Sa chronique dans La Presse nous en fottfriHsd'ailleurs Ja preuve ave^'ûoé' belle régularité.Quand à Martineau, c'est vrai qu'il est pas mai fort dans les hard itews.Il se contredit tellement souvent dans ses éditoriaux, qu'il est probablement convaincu (jy.il peut représenter à lui tout seul l'ensemble des points de vue du spectre politique québécois.Monsieur Pâte-à-Modeler.Pour ce qui est de la pétillante Soph:t.Purocher, pour avoir admirpHi tentative de casser son image de petite-bourgeoise coincé* (B$e et convg), on sait qu'elle'exécute les danses indigènes avec une souplesse et une aisance pour le moins relatives, 4a craint.Qui a bien pu avoir l'idée saugrenue de choisir ces troîs guignols pour présenter le Québec aux Anglos?Les deux associés et la clocheTe seront pas engagés.Les Anglos du ROC l'ont échappée belle, et les Québécois aussi par la même occasion ! JACQUES BOUCHARD Gros et Martineau Saviez-vous que selon richard Martineau, de la circulaire publicitaire Voir (6-01), le documentaire Fahrenheit 9/11 de Michael Moore, qui s'est pourtant mérité la Palme d'or du dernier Festival de Cannes, n'est qu'une «bouillie idéologique, mélangeant faits historiques, théories du complot, mensonges éhontés, demi-vérités et légendes urbaines»?Dans un exposé cousu de fil blanc, Martineau tente contre toute logique de nous convaincre que le film de Moore ne contient rien de crédible, rien de valable, rien de bon.Il propulse à l'avant-scène deux fantoches pour justifier tant bien que mal ses chimères.Qui?Rien de moins que le réalisateur Denys Arcand, du film « Les invasions barbares», et l'auteur Dan Brown, du roman « Da Vinci Code ».Arcand, le premier à entrer en scène, est campé dans des vêtements qui ne lui vont pas (ceux d'un héros lucide et clairvoyant) et doit tantôt jouer les historiens notoires, tantôt les humanistes.Rôles difficiles à jouer et qui prêtent plutôt à rire pour le réalisateur d'un film dont les plus grands mérites sont de s'attaquer à notre système de santé et à se moquer de nos rares esprits quelque peu critiques ! Brown, lui, joue le rôle du fantoche naïf et superstitieux, rôle en fait fort simple et fort effacé.Dans un grotesque amalgame, notre petit Richard Cœur de crapaud tente en fait de nous amener, sans grande discrétion, en discréditant Brown, à discréditer Moore.Les ficelles de nos personnages, on s'en doutera, sont grosses comme du cordage de bateau.L'amalgame est tellement gros que personne, évidemment, à moins d'être ignorant comme une carpe, ne mord à l'hameçon.Le texte laisse pantois, tellement qu'une seule question nous vient éventuellement à l'esprit : À quoi veux en venir ce pauvre Martineau avec toutes ces inepties?Au noble titre de Roi des vers de terre?Allez savoir.BRUNO MARQUIS Culture Chaque semaine, La Presse publie une demi-page d'informations artistiques «internationales» (état-suniennes) dans son cahier Arts et spectacles.Une semaine sur deux c'est Britney Spears (qui pue des pieds), l'autre c'est Paris Hilton (qui est une agace-pissette).Samedi 15 janvier, grosse semaine, on a eu droit à Britney ET Paris.Comme l'écrivait Foglia, «La Presse est devenue un très bon journal d'information».Un excellent journal d'information culturelle internationale, pourrait-il ajouter.A vot' bon cœur Tout en nous racontant les affres du magasinage de billets d'avion, la chroniqueuse de La Presse Lysiane Gagnon nous apprend qu'elle n'a rien contre ce qu'elle appelle le offshoring, la sous-traitance à l'étranger : « C'est peut-être un sacrifice que doivent faire les pays industrialisés pour aider les puissances émergentes à se développer.» Les victimes de délocalisation seront heureuses d'apprendre qu'à la section profession, elles ne doivent plus cocher chômeur, mais aide au développement.Sélection de lectures indigestes : Rioux un peu Dans sa chronique du 6 janvier au Devoir, Christian Rioux décrit avec conviction comment les terroristes enfreignent les «règles» de la guerre, cet «état de droit où l'on vise notamment «à épargner autant que possible les civils ».Et comment les «djiha-distes » nous ramènent « à un état de civilisation da- Unis.» Le bombardement aérien en haute altitude, en particulier, rendrait difficile la distinction entre cibles civiles et militaires.Chirurgical peut-être, mais un peu sanglant.tant d'avant la guerre ».Leur barbarie contre notre civilisation, en somme.Toutefois, Le Devoir du 10 janvier nous rassure fort à propos, soulignant judicieusement les perfectionnements de quelques guerres civilisatrices.Ainsi, page A4, on montre deux jeunes femmes vietnamiennes difformes, victimes civiles de Christian Rioux en pleine réflexion l'agent orange parmi C'eut été néanmoins pertinent de préciser quelles récentes guerres ont pu atteindre ces louables objectifs.La seconde Guerre mondiale?Le Vietnam?L'Irak?Il est vrai qu'en Iraq, d'après le réputé journal The Lancet, le nombre des victimes civiles fut limité: 98 000 à peine.«Autant que possible».Pas même un tsunami.Plusieurs experts distraits considèrent pourtant que le pourcentage de victimes civiles n'a cessé de croître au cours des guerres du siècle dernier, passant de 10% à 90%.Mais sans doute ne sont-ils pas passés par Harvard.L'historien britannique Eric J.Hobsbawn écrit par exemple que: «(.) les guerres ont de plus en plus visé l'économie et l'infrastructure des États ainsi que leurs populations civiles.Depuis la Première guerre mondiale, le nombre de victimes civiles de la guerre a été bien plus important que celui des victimes militaires dans tous les pays belligérants, sauf aux États- deux millions d'autres, ce remarquable composé de dioxine ayant contaminé les sols et causé «cancers, maladies respiratoires et (.) troubles génétiques».Page A5, on rapporte que Guantanamo constitue, d'après Amnestie Internationale, « l'incarnation même du non-droit » et « une tentative de se mettre au-dessus des lois de la part d'un gouvernement», indéniable progrès.Plus bas, en entrefilet, on signale que Pinochet conservait 8 millions de dollars dans une banque de Washington, ce qui n'est pas non plus sans intérêt.Enfin, on y lit que l'armée américaine aurait commis le 8 janvier deux bavures, tuant 18 Irakiens, dont plusieurs enfants, ce qui est dommage mais demeure collatéral à nos propos.Si Christian Rioux concède du même souffle que la vision américaine du terrorisme est «un peu simpliste», il omet discrètement, par modestie, de mentionner son propre don pour s'inventer de singulières perspectives.ALAIN VADEBONCOEUR lysiane, notre déboulonneuse ^ La Presse, Paul Desmarais n'a pas à qué-/% mander.Lysiane Gagnon est toujours prête MM.à utiliser ses talents pour discréditer ses compatriotes autant que faire se peut, démontrant ainsi aux lecteurs québécois qu'ils sont inaptes à former un État français viable et démocratique en Amérique du Nord, et qu'il vaut donc mieux pour eux accepter leur statut de minorité au Canada.Cette tâche de scribouilleuse qui tire plus vite que son ombre comprend des risques.Comme par exemple celle de mettre à tort sur le compte d'un supposé antisémitisme atavique des Canadiens français l'incendie d'une bibliothèque scolaire juive à Montréal.On sait ce que peut entraîner cette tendance à pousser nos concitoyens à se battre la coulpe au moindre incident.Au niveau de nos élus, cela nous a donné la malheureuse affaire Michaud.Et récemment la malencontreuse décision concernant le financement des écoles privées juives.Lysiane «the snake» Gagnon, à l'époque de la mue.Et voilà que notre inquisitrice de service se fait maintenant déboulonneuse en s'attaquant au pourtant très prisé ministre de la santé.À Philippe Couillard, ce personnage hors normes qui semble un peu perdu dans la faune bien ordinaire de nos trop drabes politiciens.C'est le genre de personne que le PQ aimerait bien avoir dans ses rangs en ces jours de course au leadership larvé.Le genre de personne à qui bien des citoyens seraient prêts à ériger une statue de son vivant.Comme les cols bleus de Montréal l'ont fait pour leur bien-aimé ancien président.En supposant, pour parler le langage à la mode, qu'il y ait statue virtuelle de Philippe Couillard, eh bien Lysiane l'a symboliquement déboulonnée de son socle.Dans sa chronique intitulée «Erratique et aberrant» (La Presse, 15 janvier), elle sous-entend que notre ministre de la santé et des services sociaux fait partie de «la bande de Sherbrooke», ce qui ne peut faire autrement que de nous rappeler « la bande des quatre», ce groupe de dissidents dont faisait partie la femme de Mao suite au décès de cette grande icône chinoise.La «bande de Sherbrooke », écrit la chroniqueuse, agit exactement comme les fonctionnaires de Québec diplômés de Laval, ils «sont peu portés à favoriser les projets de l'Université de Montréal ».Lysiane va plus loin dans sa diatribe contre le bon docteur Couillard: «Ce dernier, bien avant d'entrer en politique, avait publié dans La Presse des textes d'opinion plus que réservés au sujet du CHUM.On lisait entre les lignes que pour lui ce n'était pas une priorité, d'autant moins que le Dr Couillard n'a jamais participé à des travaux de recherche avancés (au lieu de faire des études postdoctorales, il a préféré aller pratiquer en Arabie Saoudite ce qui, il faut bien le dire, était financièrement plus intéressant).» Et vlan ! Tout cela n'est que procès d'intention.La grande famille libérale dont, - c'est une évidence - font partie les journaux Gesca, est en crise ouverte.Et il fallait en plus que, ces jours-ci, s'ajoute la question du financement des écoles privées juives! Dans le cas du CHUM, il semble que Jean Charest penche pour le site d'Outremont que l'on nomme dorénavant le site L'Acadie-Beaumont, question de paraître moins élitiste.Mais il y a l'incontournable docteur Couillard qui favorise le site Saint-Luc.Incontournable parce que le ministre a la cote auprès de la population.Mais d'avoir trop forcé pour déboulonner l'honorable docteur de son socle, j'ai bien peur, Lysiane, que ton jupon dépasse.CLAUDE G.CHARRON Avis public Réduction des coûts de production oblige, les directions de La Presse et du Journal de Montréal annoncent que leurs torchons seront dorénavant imprimés avec de l'encre de Chine non syndiquée.
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