Le couac, 1 septembre 2005, septembre
Institut du Nouveau Monde p.4 Deux de nos collaborateurs ont participé au « réservoir d'idées» de Michel Venne et en font la critique : l'une gentille, l'autre méchante.Terrorisme Normand Baillargeon s'interroge sur les conditions nécessaires et suffisantes qui permettent d'identifier un acte comme terroriste.m 1 Gouverneur général p.8 1 Que ce soit un vase chinois sous Chrétien ou un bibelot haïtien sous Paul Martin, son rôle demeure le même : fermer sa gueule et faire décoratif.Vol.8 • n° 12 Co Septembre 2005 3,50$ Sauve qui peut ! nfoncé dans les profondeurs abyssales de sondages tOUJOUrS plUS dévastateurs pour lui et son parti, lean Charest, inspiré en cela par un instinct de conservation qui tient souvent lieu de jugement, va emprunter la seule voie qui pourra lui permettre de survivre à sa propre mort politique tant de fois annoncée : déclencher des élections hâtives sur le dos des syndicats.Depuis quelques jours, le scénario, planifié semble-t-il de longue main, commence à véritablement prendre forme.C'est ainsi que ce matin (22 août), le cabinet est réuni dans ce qui a été pompeusement appelé dans les médias un Lac-à-l'Épaule, en souvenir bien sûr de cette réunion du cabinet Lesage en 1962, qui devait conduire à l'élection tenue cet automne-là et à la nationalisation de l'électricité.Depuis plusieurs jours, les ministres sont montés au front.Celui des Finances, pour dire que Québec est cassé.Celui de l'Éducation, pour soutenir que le porte-monnaie est vide, invitant du même souffle étudiants et enseignants à briser les piquets de grève pourtant légaux, mais surtout légitimes.Celle du Trésor, enfin, l'inénarrable Jérôme-Forget, son foulard Hermès flottant négligemment sur ses épaules, qui se fait un point d'honneur de n'avoir pas bougé d'un mil- ! limètre de l'offre globale et finale déposée il y a 18 mois.Preuve s'il en est que le scénario se met en place, lean Charest lui-même, d'habitude peu porté sur la chose, accordait une entrevue en direct à Homier-Roy ce lundi 22 août.Ici Radio-Canada Nouvelle gouverneure générale Michèle Viroli est en crisse.Gaza Un groupe d'opposants au retrait des Juifs de la bande de Gaza retranchés dans une synagogue a aspergé d'acide les soldats israéliens venus les déloger.On les surnomme les juifs acidiques.Pas fou, le Charest.Surtout, comme c'est son cas, qu'il lutte pour sauver rien de moins que sa peau.Encore mieux et depuis plus longtemps que nous, il a compris que les mêmes personnes qui l'ont mis à ce poste n'attendent que la première occasion pour le remplacer.Les hommes de pouvoir qui contrôlent le parti libéral n'acceptent pas la perspective d'une défaite électorale qui les éloignerait encore une fois de l'auge à laquelle ils s'engraissent allègrement.Jean Charest, va emprunter la seule voie qui pourra lui permettre de survivre à sa propre mort politique : déclencher des élections hâtives sur le dos des syndicats.Le thème est déjà trouvé.On entend déjà lean Charest, transformé pour la cause en Danton vociférant, clamer de Rimouski à Chicoutimi, de Trois-Rivières à Senne-terre : « Électrices et électeurs, vous avez un choix historique à faire ! qui va mener au Québec?C'est nous, le gouvernement ou eux, les syndicats?» Variation sur le même thème: «Québécoises et Québécois, nous ne permettrons pas que l'anarchie s'installe.C'est le gouvernement qui a été élu pour administrer le Québec, pas les syndicats.Nous prendrons nos responsabilités ! » Le truc a souvent fonctionné.De Gaulle, en 1968, a été plébiscité quelques semaines après Mai 68.«La chienlit.», avait-il jeté avec mépris.Bourassa l'a utilisé lui aussi.En 1973, après les événements du Front commun.En 1989, quand une grève touchait le secteur de la santé.Et le Parti Québécois, en 1981, quelques mois après avoir été réélu, faisait adopter par décret quelque 70 000 pages tenant lieu de convention collective pour l'ensemble de la fonction publique.Le Parti Québécois?Tiens, tiens! Il aura un nouveau chef le 15 novembre.M'est avis que s'il n'arrive pas en retard pour l'élection, ce nouveau chef aura à peine quelques jours pour se faire la main.Pour en revenir aux libéraux, n'oublions jamais qu'un rat n'est jamais aussi dangereux que lorsqu'il se sent pris dans un coin.MICHEL RIOUX Radio-Canada : le club-école Je suis L'Indien.Celui que faisait apparaître Radio-Canada lorsqu'il fallait ajuster les appareils.Si j'ai décidé de me servir de ma plume c'est parce que l'appareil radio-canadien est si bien rodé, qu'il marche aujourd'hui main dans la main avec les libéraux fédéraux sans que personne ne s'en formalise.La désignation de Michaëlle Jean comme gouverneure générale en est l'illustration la plus récente.On a fait tant de bruit sur la personne de Michaëlle lean et le nouveau couple vice-royal, mais si peu sur l'institution dont elle provient, ce club-école de hauts dignitaires canadiens.Pourtant.Dans le }oumal de Montréal du 5 août dernier, le directeur des Grands reportages et documentaires à la télévision de Radio-Canada, Jean Pelletier, a jugé utile de se féliciter de cette nomination de la façon suivante : « C'est aussi bon de savoir que l'entreprise publique de Radio-Canada a fourni quatre gouverneurs généraux! ».Ces propos laissent planer de sérieux doutes sur l'indépendance politique de la Société Radio-Canada.Il suffit pour s'en convaincre d'imaginer l'exemple contraire: monsieur Pelletier se serait-il réjoui de la candidature d'un journaliste de Radio-Canada comme leader du Parti Québécois?Arrêt sur image.lean Pelletier est le supérieur hiérarchique direct de Michaëlle Jean, au moment de sa nomination.Il est le fils de feu Gérard Pelletier, ministre libéral sous Trudeau, également l'une des Trois Colombes, qui a d'ailleurs co-animé une émission de télévision en compagnie de Michaëlle lean au début des années 1990.En 1998, le journaliste Normand Lester rapporte que Jean Pelletier s'est félicité, dans une lettre de réponse à un téléspectateur, du report par l'ex-premier ministre Lucien Bouchard d'un éventuel PAR L'INDIEN troisième référendum au Québec.Il écrivait alors dans cette lettre: «Au moment d'écrire ces lignes, cela fait trois jours que l'élection a eu lieu, que les sondeurs se sont trompés, que M.Charest a été élu (comme député de Sherbrooke) et que M.Bouchard a repoussé à je ne sais quand la tenue d'un référendum.D'aucuns estiment que la sagesse a prévalu.Nous croyons y être pour quelque chose.» Jean Pelletier a aussi mis fin à une enquête de Normand Lester portant sur les commandites cachées de la série Le Canada du millénaire.Son motif: «Radio-Canada n'était pas la mieux placée pour enquêter sur RDI ».En fait, cette enquête menaçait de conduire le journaliste jusqu'au bureau de l'actuel PDG de Radio-Canada, Robert Rabinovitch.Avant d'être nommé à la tête de la Société d'État, en 2000, M.Rabinovitch a été trésorier de la Fondation CRB, « un organisme de bienfaisance» qui «contribue à l'unité canadienne».Cette Fondation a produit les Minutes du Patrimoine de Robert Guy Scully et participé au financement de la série le Canada du millénaire en compagnie de la firme BCE et du désormais célèbre Bureau d'information du Canada, organisme de propagande fédéraliste.La véritable réponse qu'aurait dû offrir Jean Pelletier à Normand Lester est venu de l'ombudsman de Radio-Canada, visiblement mal à l'aise.Pressé d'enquêter sur cette histoire par le syndicat des journalistes de la SRC en 2000, l'ombudsman du service anglais, M.David Bazay s'était déclaré incompétent dans son rapport sur un point essentiel : « .vous savez pertinem- Désormais, les Québécois se font présenter leur mémoire collective par des producteurs dont le mandat est de « contribuer au partage d'une conscience et d'une Identité nationale canadienne » ment que l'ombudsman relève directement du président-directeur général et, par le truchement de ce dernier, du Conseil d'administration de la Société Radio-Canada.Par conséquent, je ne pense pas qu'il soit convenable de demander à l'ombudsman KHr page 2: Club-école * S Le Couac, septembre 2005, page 2 Club-école d'enquêter sur la personne ou sur les personnes de qui il relève».Toujours en 2000, le tout nouveau PDG Robert Rabinovitch déclarait à l'édition canadienne de la revue Time, au sujet d'une production conjointe de Radio-Canada et CBC portant sur l'histoire du Canada, qu'un tel «projet historique est un exemple des superproductions vouées au nation building que nous voudrions faire».Cinq ans plus tard, cette logique prévaut.En effet, au début du mois de septembre 2005 sera diffusée une série documentaire portant sur le référendum de 1995 conçue selon un même mode de production conjoint.Désormais, les Québécois se font présenter leur mémoire collective par des producteurs dont le mandat est de «contribuer au partage d'une conscience et d'une identité nationale», tel qu'on peut le lire dans le code des journalistes, les Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada.En 2002, la Société Radio-Canada suppliait presque ses employés en lock-out de ne pas discuter du conflit de travail avec les politiciens fédéraux, alléguant la .suite de la page 1.nécessaire distance qu'une société publique d'information comme Radio-Canada doit entretenir avec le pouvoir, ce qu'il est convenu d'appeler le arm's length (ou distance raisonnable).Jaloux de préserver cette distance, Robert Rabinovitch en a d'ailleurs rappelé les grandes lignes l'an dernier à la toute nouvelle ministre du Patrimoine, Liza Frulla, elle-même issue de Radio-Canada, qu'il trouvait trop insistante.Or, en matière de arm's length, c'est comme si au fil des ans ce bras s'est si bien engagé dans le tordeur fédéraliste, qu'il risque de devenir manchot.Radio-Canada serait-elle devenue une usine à représentants fédéraux, une machine à fabriquer notre consentement au Canada?Plus préoccupée par le nation building que par l'information juste et équitable?Il y a là matière à réflexion car Radio-Canada est l'une des grandes institutions culturelles québécoises et nous sommes convaincus que plusieurs de ses honnêtes artisans s'attristent d'une telle dérive politique, sinon partisane.D'autant plus que selon les propos tenus par le conseiller légal senior de la CBC, Daniel Henry, lors de la Commission d'étude de la Loi sur les dénonciateurs publics, « la chaîne de commandement pour des questions journalistiques clés va jusqu'au haut de la hiérarchie, jusqu'au président et au conseil d'administration.» Or, le pdg et les membres du CA doivent leur existence au bon vouloir du premier ministre de l'heure.C'est celui-ci qui les nomme.On peut donc parler de tout, sauf d'une organisation indépendante.Il suffirait de quelques gestes significatifs pourtant.Si Radio-Canada veut rétablir la distance nécessaire qui doit prévaloir entre elle et le pouvoir fédéral, elle doit commencer par remplacer immédiatement Jean Pelletier, un des grands responsables de l'information à la télévision de Radio-Canada, par une personne plus neutre.Si le gouvernement veut aider, il doit cesser de considérer la Société d'État comme un club-école, ses journalistes et animateurs comme des «espoirs», et les patrons qui les choisissent comme des «entraîneurs» ou des «fabricants» de personnalités fédérales et agir en conséquence.Mais il y a beaucoup plus à faire pour rétablir une nécessaire distance avec le Elly Alboim, une recrue de l'équipe-école L'ancien chef de bureau de la CBC à Ottawa dans les années 80 et 90, Elly Alboim, est selon le site même de la CBC, l'un des plus importants conseillers du premier ministre Paul Martin.M.Alboim est aussi un des partenaires de la firme de communication et de lobby Earnscliffe Strategy, qui emploie plusieurs organisateurs et amis personnels de Paul Martin et qui, selon le Bloc québécois, a reçu «6 M$ en contrats publicitaires fédéraux depuis 1993».Ajoutons seulement que peu avant que son ami ne devienne premier ministre, Elly Alboim est intervenu, avec succès, auprès du directeur de l'information de la CBC afin qu'un reportage portant sur les placements offshore de la Canada Steamship Lines, compagnie de Paul Martin à l'époque, ne soit jamais diffusée ! pouvoir politique.Du processus de nomination du conseil d'administration de la Société et de ses hauts dirigeants jusqu'aux mécanismes de redditions de comptes, la SRC a un important déficit d'indépendance et de transparence, d'ouverture et de libre expression à corriger.des principes pourtant fondamentaux de notre démocratie.COURRIER DES LECTEURS Richard, que vas-tu faire dans cette galère?Lettre ouverte à Richard Théorêt, ex~ conseiller du RCM et candidat de Vision Montréal à la mairie de l'arrondissement du Plateau Mont-Royal lors des élections de novembre prochain.Richard, mon compagnon de militance, que vas-tu faire à Vision Montréal dans cette galère antidémocratique soumise aux quatre volontés de l'autocrate Pierre Bourque?Toi, l'ex-conseiller municipal du RCM, exemplaire dans la tâche du service aux citoyens; toi, le mobilisateur pédagogue qui, à partir d'événements vécus, ne manquais pas une occasion de faire comprendre aux citoyens le fonctionnement de notre société au profit d'une minorité et la nécessité d'une action politique populaire collective, tu ne seras certes pas crédible comme porte-parole de ce parti dont le séjour au pouvoir a permis de détruire les réalisations démocratiques de l'équipe du RCM.rrf culte du secret hérité de l'ère Drapeau, sa caisse électorale occulte qui ressemble comme deux gouttes d'eau à la machine libérale dont la commission Gomery a démonté les engrenages pour notre édification.Tu as aussi déploré avec raison le laxisme de son comité exécutif omnipotent qui, derrière des portes closes, octroie à la ronde de lucratifs contrats aux entrepreneurs et consultants de tout acabit alors qu'aucun mécanisme démocratique issu du conseil municipal ne permet d'en contrôler la gestion.En quittant les officines de l'administration Tremblay, tu as déploré avec raison le manque de transparence de ce type de gouvernance qui fait perdurer le Mais cette description — tu le sais bien parce que tu l'as dénoncée vigoureusement comme conseiller dans l'opposition — s'applique aussi à l'administration Bourque des années 1995-2001.Ne te souviens-tu pas des condamnations de Vision Montréal pour financement illégal?Le comité exécutif siégeait aussi à huis clos alors pour accorder de plantureux contrats aux amis du régime souscripteurs sous la couverture à sa caisse électorale.Et il n'existe aucune garantie que ce serait différent si ce populiste de droite à la gomme reprenait le pouvoir en novembre prochain.Au contraire, l'ex-maire parle d'abolir une réalisation intéressante de l'administration Tremblay en ramenant dans ses mains à l'hôtel de ville des pouvoirs décentralisés vers les arrondissements dont tu veux devenir une figure de proue.Heureusement, il semble que ce ne sera pas le cas et que ton nouveau chef se dirige plutôt vers la porte de sortie.Richard, nous avons milité ensemble depuis la création du RCM en 1974.Désormais nous serons séparés, car je suis membre de Projet Montréal, le seul parti en lice qui, comme le RCM d'antan, s'engage à refonder la démocratie montréalaise sur le pouvoir citoyen.le déplore que tu n'aies pas fait le saut avec nous, car je suis convaincu que ce ne sont pas les attraits d'une carrière politique qui t'ont fait opter pour Vision Montréal qui en est à son dernier tour de piste.Pourquoi alors ne pas bâtir pour l'avenir?Paul Cliche, ex-conseiller du RCM sur le Plateau Mont-Royal Écrivez-nous ! Le Couac publie les courts commentaires de ses lecteurs.Le courrier électronique demeure la meilleure façon de nous joindre (texte@lecouac.org).Sinon, envoyez une disquette par courrier postal : Le Couac, CP.222 Suce.D, Montréal (Québec) H3K 3G5.Le Couac c.p.222 suce.D, Montréal, Québec, H3K 3G5 Téléphone: (514) 596-1017 Vous voulez collaborer au Couac '.Vous pouvez nous faire parvenir vos textes/dessins/photomontages pai courriel, via notre site Internet: www.lecouac.org.Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille el Jean-François Nadeau «Vice-président à l'information et éditeur adjoint» : David I edoyen Co-Rédacteurs en chef: lacques Bouchard, Bruno Dubuc, Marco Silvestro Collaborateurs: Bob L'Aboyeur, Isabelle Baez, Normand Baillargeon, Pierre de Bellefeuille, lacques Bouchard, Claude G.Charron, l'Indien, |ean-Marie Laliberté, Sylvio Leblanc, Eric Martin, |ean-François Mercure, Yvon D.Ranger, Michel Rioux, Valentin Tardi, Simon Tremblay-Pepin, Pierre Vadeboncœur, Ramon Vitesse.Illustrations et photos: Bobidoche, Boris, Charb, Luc Giard, Serge Ferrand, Sniper, Ramon Vitesse.Graphisme : France Mercier Imprimé par: les travailleurs el travailleuses syndiqué-es de Payette et Simms inc.Distribué par: Messageries de Presse Benjamin Inc.Nous remercions chaleureusement Charlie Hcbclo pour sa collaboration.Abonnement et publicité: lecouac@vif.com (îl4i 596-1017.ISSN 1480-2074 • Kl" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québei Va-t'on laisser mourir Hassan Almrei ?Au moment de mettre sous presse (lundi, 29 août) Hassan Almrei réfugié d'origine syrienne détenu au Canada sous un certificat de sécurité depuis octobre 2001, entame son 68e our de erève de la faim.Il demande principalement le droit de pouvoir sortir de sa cellule (ou il est tenu en isolement) pour faire un peu d'excercice à l'extérieur durant une heure chaque jour Une sortie recommandée par le médecin de la pnson car Almrei à de gros problèmes aux genoux.Un être humain peut tenir de 8 à 12 semaines en ne consommant que de l'eau et du jus.Hassan Almrei en est à sa 10 semaine Les autorités canadiennes vont-elles laisser mourir de faim un détenu parce qu'il demande simplement a se dé-Uer les jambes comme tous les autres détenus?Le seul fait de poser la question relève de la cruauté et de l'indécence et devrait fa?re rougir de honte les responsables du gouvernement canadien et ontarien impliqués dans cette histoire.]ournée sans voiture L'Agence métropolitaine de transport (AMT) et ses principaux collaborateurs répètent encore cette année la journée « En ville, sans ma voiture!» qui se tiendra le jeudi 22 septembre prochain.Cette initiative vise à encourager l'usage des modes de transport et de déplacements alternatifs à la voiture particulière, à informer les citadins sur les risques liés à la pollution et à montrer ce que pourrait être la ville si on favorisait un trafic motorisé réduit au sein de périmètres réservés.Rappelons que durant cette journée en 2004, on avait enregistré une baisse de 90 % du taux de monoxyde d'azote (NO) et de 100 % du monoxyde de carbone (CO), tandis que la mesure de bruit enregistrée pendant la période la plus calme de la journée (13 h 30) était de 50 décibels, comparativement à 80,5 décibels en temps normal ! L'ensemble des détails techniques (périmètres et heures de fermeture des rues) et la programmation de l'édition 2005 de l'événement seront dévoilés sur le site http://www.amt.qc.ca/ comm/enville05/ POUR S'ABONNER Par téléphone: (514) 596-1017 Par la poste : Le Couac CP.222 Suce.D, MONTRÉAL (Québec) H3K 3G5 Adressez votre chèque à : Le Couac.• Abonnement d'un an : 30,42$ +taxes = 35,00$ • Abonnement de deux ans: 52,15$ + taxes = 60,00$ • Abonnement institutionnel et de soutien : 52,15$ +taxes = 60,00$ • Abonnement de groupe d'un an (10 copies par parution): 225,98$ + taxes = 260,00$ • Abonnement d'un an à l'étranger: 43,46$ + taxes = 50,00$ Nom Adresse Code postal Courriel_ Téléphone. La course à la cfiefferie Bonne nouvelle carrière, monsieur Landry Le chef démissionnaire du Parti québécois n'est pas dans la course à sa propre succession.Il en a décidé ainsi après plusieurs semaines d'indécision, pendant lesquelles il souhaitait que se soulève une vague de fond réclamant son retour.Cela ne s'est pas produit.Beaucoup de militants lui ont donné leur appui, mais il a jugé que cela ne constituait pas une vague de fond.C'est précisément faute d'une vague de fond, chiffrée à au moins 80% d'appuis, que les 76% du 5 juin, au congrès du PQ, l'avaient poussé à démissionner.C'était une erreur.Dans un parti aux tendances diverses comme le PQ, l'appui des trois quarts des militants est suffisant.Malheureusement, Lucien Bouchard avait en quelque sorte créé un précédent lorsque, obtenant un appui de 76%, il s'était retiré sous sa tente et avait boudé toute la H pourra voyager, de conférence en congrès, et nous faire profiter de sa riche expérience, dans des circonstances où quelques mots de latin ou d'espagnol seront bien reçus.nuit.Mais, plus rusé, il n'a pas démissionné.On prétend que l'entourage de Landry l'a poussé vers la sortie.C'est dommage.Le film À hauteur d'homme donnait un portrait peu flatteur de cet entourage comptant plusieurs fins penseurs mais ne travaillant pas en équipe.Cette démission du 5 juin, une erreur, était difficile à corriger.Devant l'indécision du principal intéressé, l'opinion publique restait indécise.Ainsi, la démission du 5 juin demeure.À mon avis, Bernard Landry ne doit pas s'en désoler.Il doit plutôt envisager une nouvelle étape de sa carrière, un rôle d'elder statesman, tout comme lacques Parizeau.Cette comparaison ne doit pas lui déplaire.Il pourra voyager, de conférence en congrès, et nous faire profiter de sa riche expérience, dans des circonstances où quelques mots de latin ou d'espagnol seront bien reçus.La course à la chefferie continue.Louis Bernard a déposé son bulletin de candidature, avec les mille signatures.Il est le deuxième à le faire, après Richard Legendre.André Boisclair, dans le style clinquant de l'émission de télévision l'Académie des stars (je refuse de dire en anglais ce qui se dit bien en français), a déposé 3720 signatures obtenues dans les 125 comtés.Pauline Marois a fait de même, avec mille signatures.Ghislain Lebel, ci-devant du Bloc québécois, aussi.Gilbert Paquette, dont la candidature était prévue, a confirmé la rumeur.Prêt à appuyer un éventuel retour de Landry, il attendait sa décision avant de se lancer.De plus en plus, les militants s'interrogent sur la méthode de vota-tion qui a été choisie.Elle a été empruntée de Y Académie des stars, avec un bulletin de quatre votes.Les scénarios fantaisistes se multiplient.Il faudra sans doute que les autorités clarifient les zones d'ombre.PIERRE DE BELLEFEUILLE NATIONAL L'OPINlOAl he Couac, septembre 2005, page 3 Taux d'intérêt élevé pour les fusions Ainsi donc, les citoyens canadiens que nOUS sommes n'auraient rien compris à l'affaire.Si le spectre des fusions bancaires est revenu nous hanter en l'avatar de Ralph Goodale il y a de cela quelques semaines, c'est forcément dans notre intérêt, nous laisse-t-on croire.Ces fusions projetées dès 1998 (TD avec CIBC et banque Royale avec banque de Montréal) avaient comme but avoué par les banques elles-même de devenir plus compétitives sur les marchés extérieurs.Des actions philanthropiques pour le bien de la communauté, bien entendu.Les banques canadiennes réquisitionnent donc le droit de former un cartel au même titre que les compagnies pétrolières pour devenir plus agressives sur les marchés étrangers et remettre plus d'argent à leurs actionnaires (aux frais du client).Comme le faisait remarquer François Pouliot du département de management de l'université Laval: «les grandes banques demandent aux Canadiens de courir un risque social de diminution de la concurrence pour pouvoir entrer dans un marché où il y a plus de concurrence.C'est pour le moins curieux.» {Le Soleil 30-7) Avec un peu d'optimisme, on peut penser qu'une fois approuvées, les fusions n'auront pas comme conséquences des augmentations de frais de service pour les clients.Mais la question de savoir précisément comment cette motion enrichira le Canadien moyen et pourquoi devrait-il se montrer favorable à ces fusions reste toujours sans réponse parce que seul le pauvre est client de la banque; le riche, lui, achète des actions de la banque ou des bateaux (un bateau, c'est pratique pour aller à la Barbade).Ce qu'il y a de plus inquiétant dans cette histoire, c'est que jusqu'à aujourd'hui, seul le NPD semble s'être inquiété de ces questions avant de vouloir se prononcer sur le sujet.JEAN-FRANÇOIS MERCURE AL OJOTtyAl II Pushers de bière Les dirigeants et des membres du BLOC pot (BP) doivent faire face à la justice pour avoir vendu illégalement de la.bière.Le 29 novembre 2003, le BP, un parti politique voué à la légalisation du cannabis, convoquait les médias pour annoncer l'ouverture de Chez Marijane, le «Bureau de consultation populaire» du parti.Les sympatisants à la cause étaient invités à s'y rencontrer pour discuter des moyens politiques à prendre afin de combattre la prohibition et ses nombreux effets néfastes sur la société, à commencer par les atteintes aux droits fondamentaux.Selon le chef du BP, Hugo Saint-Onge, il était entendu dès le départ que Chez Marijane serait la vitrine politique du parti, un lieu pour recruter des membres et tenir des assemblées publiques.Les participants étaient prévenus qu'«Ici (Chez Marijane) et partout au Canada, la possession, la culture et le trafic du cannabis sont illégaux.C'est-à-dire que c'est autant illégal ici que sur la rue et chez vous.La différence ici c'est que nous ne faisons pas de répression» (Bloc Pot) La consommation de cannabis était tolérée, mais on n'y faisait pas le commerce.Dès le début, des agents en civil de l'escouade des stupéfiants et de la moralité de la police de Montréal ont infiltré occasionnellement les assemblées en s'inscrivant comme membres du parti, certains sous leur véritable identité, d'autres sous des pseudonymes.Des flics en uniforme se pointaient juste après le départ des agents civils, pour arrêter les fumeurs de pot repérés par ces derniers.Et les journalistes judiciaires étaient convoqués pour publiciser les arrestations.Ce que ces serviles serviteurs de la répression s'empressaient de faire sans sourciller.Aucun des citoyens appréhendés lors de ces descentes policières n'a été accusé, sauf Boris Saint-Maurice, alors leader du Parti Marijuana au fédéral, un récidiviste notoire en matière de cannabis.Toutes les personnes arrêtées étaient en possession de seulement quelques joints de la substance maudite.La police utilisait les médias consentants pour décourager les citoyens à se joindre au BP, et d'exercer le droit de s'associer au parti politique de leur choix.Le BP est un parti politique officiel, dûment enregistré au bureau du Directeur géné rai des élections du Québec depuis le 18 mars 1998.À partir du moment où la stratégie policière est devenue évidente, les dirigeants du BP se sont mis à interdire l'accès au local du parti aux flics en civils qui étaient faciles à repérer.Les descentes ont cessé temporairement.Comme dans de nombreux lieux de travail, locaux de partis politiques ou groupes communautaires, les membres du BP en charge du local mettaient de la bière et des chips à la disposition des participants pour un coût minimum.Il ne s'agissait pas de faire du commerce, mais de partager les dépenses.Les maigres « profits » étaient versés à la cause, c'est-à-dire à contribuer au coût du loyer.On parle d'une dizaine de bières par rencontre, en moyenne.Les flics ont décidé de se servir de ce prétexte pour harceler les militants du BP.Au printemps 2004, l'escouade de la moralité a multiplié les descentes pour saisir quelques caisses de bière et une poignée de dollars par visite.Les saisies étaient sans suites.Les membres du BP les ont vues comme un prétexte à des intrusions abusives et rachetaient de la bière.Chez Marijane a fermé ses portes le premier juillet 2004, et les accusations sont arrivées en août.Huit militants sont accusés de possession de boissons alcooliques, de vente de boissons alcooliques et de s'être retrouvés dans un débit de boisson illégal.En multipliant les trois chefs d'accusations par le nombre de saisies, chacun d'eux est passible d'une quinzaine de milliers de dollars d'amendes.Au moment d'écrire ces lignes, es membres du BP sont en attente de procès.Ils sont défendus par Me Julius Grey, pour qui il ne s'agit pas d'une cause de cannabis, mais de droits fondamentaux.Le harcèlement des membres du BP nous rap-pelle que dans les années 1970, la GRC a été blâmée par a Commission MacDonald pour avoir infiltré des partis politiques en prétendant faire la chasse aux terroristes (en plus d'avoir posé des bombes et rédigé des faux communiqués d'un faux groupe de terroristes, mais ça c'est une autre histoire.Les quelques joints et quelques bières consommés illégalement Chez Marijane n'auraient jamais mérité les dépenses et les ressources policières qui ont été consacrées à les réprimer, n'eût été de l'engagement politique des membres du Bloc Pot.Les flics ont violé un des principes fondamentaux de la démocratie en infiltrant et en harcelant le BP pour l'obliger à fermer le local du parti : le droit d'association à l'abri de la surveillance abusive de l'État, y compris lorsqu'il s'agit de combattre légalement par des moyens politiques des lois jugées illigitimes par certains citoyens.Avis aux militants qui partagent le coût de la bière lors de leurs rencontres politiques: l'escouade de la moralité vous a à l'oeil.Quand on voit les bandes de délégués complètement bourrés aux congrès des grands partis politiques, on serait porté à croire que ceux-ci se réservent le droit de saouler leurs membres, dans le noble but de faire élire leurs candidats.JEAN-MARIE LALIBERTÉ NATIONAL Le Couac, septembre 2005, page 4 g^ffj^titii.in-MH#-*i'iii''i'i|i"iBii'i'ililil,M
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