Le couac, 1 novembre 2005, novembre
Néo-Rhino Clôde de Guise rencontre les Zapartistes qui font renaître le parti Rhinocéros 1 Dossier fachos p.6 1 De Claude Picher de 1 f§n La Presse au Chili post-Pinochet, les fachos sont vos amis I Cinoche p.81 Un regard critique ^ w sur deux des trois gros festivals montréalais n drôle d'oiseau VJZJA Novembre 2005 3,50$ at 2z *k %ssl *k âat âsfe *k ast âsfe #U a Une escroquerie raffinée âat sat Ai E PRIX DES PRODUITS PÉTROLIERS EXPLOSE, 'et les pétrolières blâment la météo, quand ce n'est pas la Chine.Katrina, Rita et les Chinois ont bon dos.L'augmentation récente du coût de l'essence n'a rien à voir, ou si peu, avec les dommages causés par les ouragans récents dans le Golfe du Mexique.Les grandes pétrolières ont profité des événements pour déclencher une crise du pétrole planifiée de longue date.De la même manière que les Bushis-tes se sont servi des attentats terroristes du I 1 septembre 2001 pour se lancer à la conquête de l'Irak, une guerre coloniale désirée depuis des années.La Commission fédérale du Commerce des États-Unis (Federal Trade Commission) vient d'ouvrir une enquête pour savoir si les compagnies pétrolières se sont concertées afin de réduire leurs capacités de raffinage pour augmenter leurs marges de profits (Reuters 21-9).Le premier septembre dernier, la Fondation pour la défense des droits des contribuables et des consommateurs (Foundation for Taxpayers & Consumers Rights) de Santa Monica (Californie) publiait une étude démontrant que, sur un total de 65 cents d'augmentation du prix du gallon d'essence à la pompe entre le 17 janvier et le 18 avril 2005, 61 cents étaient allés aux raf-fineurs.L'association californienne de protection des consommateurs a aussi publié sur son site Internet, des mémos internes de Chevron, Mobil et Texaco datant de 1996, suggérant fortement que ces compagnies ont volontairement diminué leurs capacités de raffinage et leurs stocks de produits raffinés pour augmenter leurs profits, et pour faire «assouplir» les lois environ- PAR JACQUES BOUCHARD très faibles marges de profits et de très faibles bilans financiers pour les raffineurs», peut-on lire dans le mémo de Texaco.Aujourd'hui, il ne reste que 12 raffineries pour alimenter le marché de la Californie, alors qu'il y en avait trois douzaines il y a une vingtaine d'années.automobile c'est subventionner la pollution, véhicule hybride ou pas.Les bagnoles hybrides produisent encore en moyenne un peu plus de 3 000 kg de C02 par an, soit 20 à 25 % de moins qu'un véhicule ordinaire équivalent.Combien devrait-on verser en subventions aux citoyens qui ne possèdent pas d'auto, pour être juste?Les grandes pétrolières ont profité des événements pour déclencher une crise du pétrole planifiée de longue date.Jusqu'à maintenant, les pétrolières ont gagné sur tous les tableaux.Le 7 octobre dernier, leurs hommes de main du clan Bush ont profité de l'occasion pour faire voter un projet de loi à la Chambre des Réprésentants, approuvé de justesse (212 contre 210), sous les huées des Démocrates.Joe Pitts, le représentant républicain de la Pen-sylvanie qui a présenté le projet de loi en Chambre, a été jusqu'à prétendre que la crise actuelle serait due aux restrictions des lois environnementales.Selon lui, ces lois auraient empêché les pétrolières de construire de nouvelles raffineries depuis 30 ans (www.house.gov/pitts/).Avec cette loi, les Républicains comptent céder trois bases militaires désaffectées aux pétrolières pour y construire de nouvelles raffineries, en plus de réduire les exigences environnementales.Les grandes pétrolières ont fermé leurs raffineries il y a peu pour créer artificiellement une pénurie, et en récompense, le gouvernement les aidera à en construire de nouvelles, en se fichant des lois environnementales.La bonne affaire ! Pas plus fin, le gouvernement du Québec étudie la possibilité de subventionner l'achat de véhicules hybrides, à cause de La «crise» du pétrole est là pour durer et les guerres de Washington risquent de l'aggraver.Pas besoin d'être devin, ou économiste, pour prédire que l'organisation sociale centrée sur l'automobile deviendra progressivement un gouffre financier sans fond au cours des prochaines années.En 15 ans, de 1985 à 2000, le nombre de véhicule de promenade a augmenté de 68 % et le nombre de camions lourds de 34,5 %, selon Transport Québec.La seule solution écologiquement et économiquement logique, c'est le transport collectif.La société québécoise doit investir massivement dans les transports en commun et non pas dans le transport individuel.Pourquoi faut-il presque deux heures pour aller du centre-ville de Montréal à Saint-Hyacinthe, une banlieue dortoir à 50 km de la ville?Et cette grosse nouille de Jean Charest qui voudrait un TGV pour aller à New York.On ne peut pas dire qu'il a le sens des priorités celui-là.Selon l'Organisation mondiale de la santé, en l'an 2000, l'automobile a tué 4 fois plus que les guerres et les conflits.Au Québec, c'est 700 morts, 5 450 blessés graves et près de 50 000 blessés légers, tous les ans.D'après le gouvernement du Canada, 16 000 personnes décèdent prématurément de problèmes respiratoires causés par la pollution automobile chaque année.C'est environ 1 900 personnes pour la région de Montréal.CHEMlVieMeMT PU p&WXf nementales les concernant (wwwconsumerwatchdog.org).«Le facteur le plus critique auquel doit faire face l'industrie du raffinage sur la Côte Ouest est le surplus de capacité de raffinage et le surplus de production d'essence.(Cette constatation est valable pour l'ensemble de l'industrie du raffinage des États-Unis).L'offre dépasse significative-ment la demande l'année durant.Avec pour résultat de la crise du pétrole.Le PQ n'est pas en reste.Stéphan Tremblay, le député de Lac-Saint-Jean et porte-parole de l'opposition officielle en matière d'environnement réclame lui aussi des incitatifs fiscaux pour l'achat de véhicules hybrides (www.pq.org).L'Ontario offre déjà un rabais de taxe de vente de 1000 $ aux acheteurs d'un hybride et les États de George Bush une réduction d'impôt qui pourrait atteindre 3 400 $ ÉU.Subventionner l'achat d'une ON Toute forme de subvention au transport individuel est une subvention à l'augmentation des coûts sociaux et une récompense pour les escrocs qui dirigent les multinationales du pétrole.Tant que le Québec ne se sera pas doté d'un système de transport en commun municipal et intermunicipal efficace, l'automobile fera des milliers de victimes et les Québécois seront les otages des bandits du pétrole.Venez assister à l'enregistrement de Animé par nul autre que le chaleureux mais néanmoins verbomoteur David A.Ledoyen assisté de son Fou du roi, le mordant Bob L'Aboyeur ! Sans oublier notre potiche de service.Nos invités cette semaine : Normand Balllargeon Francis Dupurs-Dérf Pierre De Benef euMe Anne-Marie Brunele Benoit Perron Entrée : 10 S pour les étudiants, les sans-emplois, les fauchés 20$ pour les salariés 40$ pour l'abonnement de soutien (pour sol ou un tiers) donnant accès aux places VIP ! Lieu : Pavillon Hubert Aquln de l'UQAM, 400 Ste-Catherlne Est, salle A-M050 (suivez les affiches à l'entrée) Date: Vendredi le 25 novembre 2005, È 20h.Et ce n'est pas tout! Car le même soir, à partir de 22H30 : gros party chez Etienne, un bienfaiteur du Couac qui nous prête son somptueux appartement sur le Plato (coin Mont-Royal/ Barnler.l'adresse exacte vous sera communiquée à Personne ¦'en parle) avec bière en vente sur place et les mix lancinants de DJ Brouuune!!! C'est-y pas beau ca?Alerte orange ! Cher lecteur, chère lectrice, Ce n'est pas en sautillant de gaieté que nous prenons cet espace pour causer « bidoux » avec vous, mais nous n'avons pas vraiment le choix.C'est la dure réalité de la presse indépendante.Vous savez tous que votre canard préféré n'appartient à aucun grand groupe financier qui peut éponger sans problème les perles occasionnelles d'une de ses divisions (le Couac est un OSBL et les rédacteurs sont bénévoles).Vous savez aussi peut-être que la presque totalité des entrées d'argent du Couac provient de la vente de notre journal et non pas de la pub comme c'est le cas de La Presse et de ses semblables.Par conséquent on n'essaie pas, comme eux, de vendre nos lecteurs à des annonceurs, mais bien, grands naïfs que nous sommes, de vendre simplement de l'information à nos lecteurs.Peu de gens savent cependant qu'on n'est pas fondamentalement contre le fait d'annoncer des produits et services responsables, équitables et qui servent la communauté, ce qui nous aiderait bien au niveau financier.Mais c'est le temps et l'énergie qui nous manquent pour simplement approcher ces éventuels annonceurs.Depuis 8 ans maintenant, le Couac est publié chaque mois, contre vents et marées.Or il arrive parfois, un peu comme c'est le cas pour les habitants du sud des États-Unis et de l'Amérique Centrale, où l'on n'a pas assez de répit entre deux tempêtes pour se remettre complètement à flot.C'est ce qui nous arrive en ce moment.Dans ces moments difficiles, faire l'orgueilleux ou l'autruche est suicidaire.Au contraire, la solidarité seule a montré son efficacité dans de telles situations.Bref, tout cela pour dire qu'on va avoir besoin de vous, ami(e) lecteurs.Comment?L'idée de vous demander simplement du fric comme on s'en fait demander pour toutes sortes de bonnes causes ne nous plaisait guère.Nous vous avons plutôt concocté deux avenues qui nous semblent plus stimulantes et prometteuses.La première, c'est notre concept «Personne n'en parle» (voir l'affiche ci-haut), dont nous ne sommes pas peu fiers! Eh oui, ça nous prenait quelque chose de moins lourd à organiser que nos traditionnelles Palmes d'Or du Couac étant donné l'urgence de la situation.La contrainte étant mère de l'invention, on a pondu ce concept révolutionnaire à côté duquel l'émission de Guy A.fait figure de soporifique jeu de société.Alors si vous voulez nous aider tout en assistant à un vrai spectacle stimulant intellectuellement et grinçant à souhait, venez nous voir à l'UQAM le 25 novembre prochain! Suite page 2: Alerte Orange 006538528211302 L« Couac, novembre 2005, page 2 Alerte Orange suite de la page 1.L'autre avenue pour soutenir notre journal indépendant, c'est de suivre le petit protocole d'appui au Couac suivant, qui suggère une façon concrète d'agir selon les disponibilités et les revenus de chacun : Votre état: Ce que vous pouvez faire : Vous êtes complètement cassé parce que sans emploi ou parce que vous étudiez à temps plein?Pas de problème, continuez à acheter et à lire le Couac quand vous le pouvez.Vous savoir parmi nos lecteurs est déjà une bonne nouvelle pour nous.Vous travaillez et achetez le Couac malgré vos finances serrées?Faites-le simplement connaître à une personne de votre entourage en lui filant vos anciens numéros.Elle vous en sera sans doute infiniment reconnaissante.Vous avez une job qui vous permet enfin de souffler un peu financièrement?Abonnez-vous en profitant de notre spécial à 25 $ pour 12 numéros.À ce prix-là, on couvre tout juste l'impression et les frais d'expédition de votre journal, mais au moins vous n'en manquez pas un et il vous arrive chez vous par la poste.Vous avez un salaire décent qui vous permet de sortir et d'avoir des loisirs?Abonnez-vous au tarif régulier de 35 $ par an.C'est moins que le coût d'une bière par mois pendant un an.Une bière de moins pour 8 pleines pages d'information de plus! Votre cerveau et votre bide ne s'en porteront que mieux.Votre travail vous donne un accès direct à une institution comme une bibliothèque, un syndicat, une association quelconque?Allez voir la personne responsable et proposez-lui de prendre un abonnement institutionnel à 60$.Il ne manque que vous comme intermédiaire pour que cette maigre somme pour eux leur rapporte une mine d'information mensuelle.Vous avez un peu plus de temps à nous consacrer parce que vous croyez que notre journal est essentiel au paysage médiatique québécois et que sa disparition serait une catastrophe?Expliquer à cette même association ou au commerce sympa en bas de chez vous comment une publicité dans le Couac peut rejoindre des gens curieux et cultivés et comment cette petite pub peut aider notre journal.Parlez-leur de nos petits formats abordables, la carte d'affaire (80$) et le huitième de page (200$).Pour les entreprises responsables de plus grande envergure, offrez-leur nos quarts de page (400$), nos demi-pages (800$) nos pleines pages (1350$).Dites-leur aussi que nous sommes ouverts à négocier les prix pour plusieurs publications.Vous êtes mécène et vous avez un gros carnet de chèque?Appelez-nous (514 596-1017), on aimerait mieux vous connaître.Voilà.Comme vous voyez, il y en a vraiment pour tous les goûts et pour toutes les bourses ! Comprenez bien qu'il ne s'agit pas ici de cris plaintifs pour jouer sur les sentiments.Cela nous «énarve» autant que vous.C'est juste qu'on en a VRAIMENT besoin pour continuer de vous proposer chaque mois un journal satirique indépendant qui, en plus d'informer et de faire réfléchir, essaie aussi de vous faire sourire.Et nous serions les premiers peines que cette belle aventure soit compromise faute de fric.Notre espoir est que nous ne sommes pas les seuls à penser ainsi.L'ÉQUIPE DU COUAC COURRIER DES LECTEURS Un Bonbon amer Quand j'étais enfant, comme tous ceux de mon âge, on quêtait de porte en porte, à l'occasion de l'Halloween.Certains des adultes qui répondaient en profitaient pour s'amuser à nos dépens: «Chante une chanson, ordonnait-on, ou alors fais-nous une imitation d'Elvis et alors tu auras des bonbons ».J'imagine Raymond Lévesque et Marcel Dubé (N.D.L.R.: tous deux lauréats du Prix du gouverneur général 2005] à la mascarade de la gouverneure générale: «Raymond, chante-nous Bozo-les-culottes.et toi, Marcel, lis-nous un extrait des Beaux dimanches où il est fait allusion au FLQ.Et Raymond et Marcel repartiront avec leur bonbon de 15 000 $.l'entends déjà les rires, comme ceux qui nous humi-liaient à l'Halloween.Michel Gingras journalisme « made in China » La Chine accueillera les Jeux olympiques d'été en 2008.La décision d'accorder une telle compétition à la plus grande dictature du globe est en soi douteuse.Mais il est plus que déplorable de voir La Presse (19-09, page A2 et A3) répondre à une invitation du gouvernement chinois, ce qui équivaut à l'aider dans son effort de relations publiques internationales.Parler de ce pays est pourtant une excellente idée.Mais comme il était indiqué à la fin de l'article, le journal a répondu à l'appel de « l'Office national du tourisme».Dans la série de deux textes, pas un mot sur cet État qui contrôle pratiquement toute la sphère médiatique sur son territoire.Pour s'implanter en Chine, même les fournisseurs des moteurs de recherche Internet comme « Google » doivent développer une version qui fait disparaître tout ce qui fait référence aux mots «Taïwan», «démocratie», «Tienanmen», «droits humain », etc.La plupart de ses filtres sont d'ailleurs développés par des entreprises occidentales.Une soixantaine d'internautes «dissidents» et une trentaine de journalistes croupissent aussi dans les prisons.Des établissements bien garnis.Plusieurs ONG prévoient que cette chasse à la dissidence politique et idéologique s'accentuera au fur et à mesure que l'ouverture des Jeux approchera.Certains des détenus torturés dans le silence ont notamment été arrêtés sur la place Tienanmen, en 1989.À cette époque, l'armée a réprimé dans le sang une manifestation de citoyens qui réclamaient pacifiquement des réformes démocratiques.Reporters sans frontières classe la Chine au 162e rang — sur 167 — pour la liberté de presse dans le monde.Pour bien paraître malgré tout, le gouvernement invite des journalistes pour témoigner des «fantastiques» travaux planifiés pour les Olympiques de 2008.Les sbires de Pékin prennent soin de passer sous silence les questions liées à la liberté d'expression, à la démocratie ou aux droits humains.La Presse, elle, a mordu à l'appât.Alexandre Shields Écrivez-nous ! Le Couac publie les courts commentaires de ses lecteurs.Le courrier électronique demeure la meilleure façon de nous joindre (texte@lecouac.org).Sinon, envoyez une disquette par courrier postal : Le Couac, CP.222 Suce.D, Montréal (Québec) H3K 3G5.Le Couac op.222 suce.D, Montréal.Québec, H3K 3G5 Téléphone : (514)596-1017 Vous voulez collaborer au Couac?Vous pouvez nous faire parvenir vos textes/dessins/photomontages par courriel, via notre site Internet: www.lecouac.org.Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et |ean-François Nadeau «Vice-président à l'information et éditeur adjoint» : David Ledoyen Co-Rédacteurs en chef: Jacques Bouchard, Bruno Dubuc, Simon Tremblay-Pepin Collaborateurs: Isabelle Baez, Normand Baillargeon, Pierre de Bellefeuille, François Cavaillès, Claude G.Charron, Marc-André Cyr, Clôde De Cuise, Emilie |oly, Jean-François Landry, Michel Rioux, Valentin Tardi, Pierre Vadeboncœur, Ramon Vitesse, Le cercle de zoologie politique Winston-Smith.Illustrations et photos : Bobidoche, Boris, Charb, Luc Ciard, Serge Ferrand, Sniper, Ramon Vitesse.Graphisme: France Mercier Imprimé par: les travailleurs et travailleuses syndiqué-es de Payette et Simms inc.Distribué par: Messageries de Presse Benjamin Inc.Nous remercions chaleureusement Charlie Hebdo pour sa collaboration.Abonnement et publicité: lecouac@vif.com (514) 596-I0I7.ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada! 1213369 Imprimé au Québec Un oubli ?Difficile de ne pas être d'accord avec Josée Boileau (Le Devoir 29/09) : « La liberté d'expression a bon dos quand il s'agit de céder l'antenne aux crétins qui sévissent dans notre société.Les gens qui savent, qui sont capables de mettre les choses en perspectives, qui ont du vécu, de la bouteille, de la sagesse — ce qui n'a rien à voir avec l'âge — n'ont pas, eux, ce privilège qu'on leur tende si facilement le micro.» Mais on peut demander à la responsable des pages Idées: leur tendez-vous si souvent la plume?Dix ans, et toutes ses dents ! Le journal Le Mouton NOIR de Rimouski (www.moutonnoir.com )fête cette année son dixième anniversaire.Pour ces dix ans de liberté d'expression, d'indépendance et de parole citoyenne, Jacques Bérubé, le fondateur du journal, vient de faire paraître un documentaire intitulé Dix ans.Indépendant.Toutes ses dents ! Indépendant.Dix ans.Toutes ses dents! Un ni m oc Jacques Bérube fftooutr r»k Production Digitale Pierre Landry, le fameux Doc Landry du Mouton, vient pour sa part de publier aux Éditions Trois-Pistoles un livre intitulé Le Mouton NOIR, Plus mordant que le loup qui retrace l'histoire du journal et de la presse indépendante régionale, de même que l'idéologie du Mouton et sa politique éditoriale.Le livre est doublé d'une anthologie, une sélection de textes parus au cours des 10 dernières années.De plus, le prochain numéro du Mouton Noir sera une édition spéciale pour souligner cet anniversaire.Bravo au Mouton et, comme dirait l'autre, «Vive la presse.libre! » La crise expliquée aux tout-petits Le smog.La pollution sonore.La surconsommation.Le déclin de la planification urbaine.Le cartel du pétrole.La guerre.Votre enfant de six ans vous demande de lui expliquer tout cela, le tout en moins de cinq minutes.Vous avez environ 1000 mots.L'auteur Charles Montpetit a relevé ce défi dans La grande menace, un album pour enfants où un village médiéval est envahi par des monstres plutôt encombrants.Cet album est exclusivement diffusé par les organismes Cyclo Nord-Sud et Équiterre qui conserveront l'entièreté des revenus ainsi générés.Pour se procurer le livre: Cyclo Nord-Sud: (514) 843-0077 ou info@cyclonordsud.org; Équiterre: (514) 522-2000 poste 247 ou info@equiterre.qc.ca POUR S'ABONNER Par téléphone: (514) 596-1017 Par la poste : Le Couac CP.222 Suce.D, MONTRÉAL (Québec) H3K 3G5 Adressez votre chèque à : Le Couac.• Abonnement d'un an : 30,42$ +taxes = 35,00$ • Abonnement de deux ans: 52,15$ + taxes = 60,00$ • Abonnement institutionnel et de soutien: 52,15$ + taxes = 60,00$ • Abonnement de groupe d'un an ( 10 copies par parution): 225,98$ + taxes = 260,00$ • Abonnement d'un an à l'étranger: 43,46$ +taxes = 50,00$ Nom Adresse Code postal Courriel_ .Téléphone, NATIONAL Le cilice pour l'éternité Le Couac, novembre 2005, page 3 Il v a l'approche M-L (marxiste-léniniste), Celle que nOUS connûmes à l'époque et qui se résumait dans le slogan De défaite en défaite jusqu'à la victoire finale.La souffrance faisant foi de tout, il faut donc se garder de tout optimisme et bannir toute réjouissance tant que la totalité de l'objectif n'est pas atteint.Alors seulement est-il permis d'enlever cilices autour des reins et cendres sur la tête.Rien de tel que les ténèbres, semble-t-il, pour forger une âme collective forte.Il y a aussi l'approche qui fait confiance à la vie.Qui permet de prendre la mesure des événements, à travers des lunettes non pas roses, mais claires.Dans ce type d'approche, on s'interdit d'affirmer Maintenant ou jamais pour privilégier plutôt le Jamais comme maintenant.L'histoire des peuples nous enseigne en effet que ces derniers, s'ils demeurent attirés par l'absolu, choisissent plutôt le relatif à l'heure des grands tournants.Ces réflexions me sont venues à la lecture d'un texte d'un étudiant en littérature publié dans l'édition du Devoir du 15 octobre.Souveraineté du Québec -Léchée comme fiction su gère que le Québec souverainiste, se situant en marge du réel, serait en train de transformer une défaite en victoire morale et en progrès historique.L'idée que le résultat de 1995 fut une défaite a été en effet rapidement accréditée en haut lieu, à commencer par Lucien Bouchard lui-même, qui s'est rapidement chargé de ravaler le projet de libération nationale en commande d'épicerie.Par contre, dès le lendemain du référendum, Gérald Larose, alors président de la CSN et porteur de ballon important durant la campagne référen- " daire, déclarait ceci : «Si, mathématiquement,* le vote référendaire se solde par la défaite du OUI, au plan politique, il exprime une tout autre réalité-, le Québec a gagné, jamais le Québec n'aura joui d'un rapport de forces aussi impressionnant.» On connaît malheureusement la suite: l'avocat de campagne précédemment cité, dont on croyait qu'il était fier mais qui n'était en réalité que vaniteux, s'est chargé, avec quelques autres, de gaspiller ce rapport de forces politique à nul autre pareil dans notre histoire.L'étudiant condamne dans son texte le fait que «le rêve est encore la force motrice de ce mouvement, et c'est ce qui devrait nous inquiéter le plus.» À son avis, ce n'est pas à la fête qu'il faudrait convier le monde en ce dixième anniversaire, mais «au deuil et au silence».Or c'est le rêve qui nourrit et porte à l'action.Et c'est le désespoir qui dessèche.«Une espérance collective ne peut pas être domptée.Tout désespoir en politique est une sottise absolue.» Il y a des peuples, écrivait Pierre Bourgault un an avant le référendum de 1995, «au/ ont compris qu'on ne devait pas confier la politique aux marchands de tapis.Ils ont compris qu'il y a des risques qu'il vaut la peine de courir.Ils ont surtout compris que l'indépendance n'est pas une récompense pour les peuples parfaits, mais un instrument essentiel à qui veut le devenir.Que, s'il y a des risques à devenir souverain, il y en a peut-être plus à rester sous domination.Que tout n'est pas qu'affaire d'argent dans la vie.» Une bonne part de notre drame collectif vient de là.Quand on a dit, comme ce fut le cas au moment du référendum sur Accord de Charlottetown : À ce prix-là, c'est non\, on affirmait de ce fait que si le prix était meilleur, on pourrait trouver de fort jolis atours au fédéralisme.Fuck la dignité ! Fuck la liberté! C'est ce que se sont dit récemment une journaliste d'origine haïtienne, un cinéaste d'origine française, et quelques souverainistes qui ont reçu quelques dollars de leurs mains.La dignité, cela ne s'achète pas.Les grandes luttes ouvrières, les grandes grèves, n'ont pas été menées en brandissant des calculettes ! «.Proposez-nous la liberté en nous demandant si nous sommes prêts à en payer le prix.Mais cessez vos marchandages sur notre dos», disait encore Bourgault.Par contre, là où l'étudiant en question a raison, c'est quand il déplore que le PQ «s'apprête à porter à sa tête un chef faible».Il aurait pu ajouter: terriblement fragile, et sujet à tous les chantages qui, l'atteignant, auront pour effet de nous affaiblir collectivement.C'est pour cette raison que la dernière journée où la chose a été possible, le 14 octobre, j'ai pris pour la première fois de ma vie une carte de membre du PQ.Pour pouvoir lui dire NON, à ce petit arriviste de droite.MICHEL RIOUX * (Ndlr.Et encore! La lecture du brulôt de Robin Philpot, le référendum voie, force à reprendre les calculs ) Le couac?Euh.Non! Jamais entendus parler.Il appartient à qui au juste ce journal?Québécor ou Power ^ Non, monsieur Péladeau, Le Couac n'est pas à vendre ! (il accepte cependant les dons charitables) Vous avez secoué le monde de l'édition et des lettres.Vous avez frappé un grand coup en achetant le groupe Sogides, qui comprend plusieurs maisons, notamment: L'Hexagone, VLB, L'Homme, Le Jour, Les Presses libres, Typo et Utilis.Chacune de ces maisons a une personnalité propre.Pourront-elles la conserver?Les liens de Sogides avec des éditeurs français seront-ils maintenus?Vous aviez déjà mis la main sur Libre expression, Stanké, CEC, Trécarré et Logique.Il y a donc une concentration de l'édition qui inquiète, de la même façon que la concentration de la presse qui est un domaine voisin de l'édition.Ce que sont devenus les hebdomadaires régionaux que vous avez acquis, de pitoyables feuilles de chou, ne rassure guère.Ne perdez donc pas votre temps à nous fignoler une offre.C'est non pour tout l'or du monde.Vous pouvez toutefois vous abonner ou abonner vos différents journaux et maisons d'édition.Vu leur nombre, cela nous ferait du bien.Et leur rappellerait peut-être la belle époque de leur indépendance.Votre tout dévoué, LE COUAC « Le Canada n'est pas un pays, c'est un système ferroviaire » Le 20 septembre dernier renaissait, aU Lion d'or, le parti Rhinocéros dans le cadre du Festival international de littérature et l'Internationale zapartiste.Le Rhinocétaphe est un spectacle hommage à lacques Ferron souligant le 20e anniversaire de sa mort.« Le parti Rhinocéros: un parti séditieux, un parti d'escarmouche, de guérilla idéologique», écrivait Ferron pour décrire ce parti qu'il a co-fondé en 1963 pour mettre un peu d'humour dans la grisaille politique ambiante.La fièvre rhino a pris de l'ampleur aux élections de 1980 alors que trois Rhinos ont réussi à se hisser en 2e place au niveau du vote populaire.Le pouvoir en place, objet de dérision, a répliqué en haussant de 200 $ à 1 000 $ le montant de la cotisation donnant le droit de briguer les suffrages.Rhino s'est éteint en 1993.Qu'à cela ne tienne, il renaît de ses cendres plus vigoureux que jamais.« Dieu est mort mais le rhinocéros est partout», clamaient les Rhinos d'époque.De l'hippopotame au rhinocéros La petite histoire rhino s'est notamment inspirée d'une histoire d'hippopotame.Des habitants d'un quartier de Sao Paolo au Brésil avaient voté massivement pour un hippopotame du zoo local plutôt que pour les élus locaux.En 1979, deuxième vague du parti qui avait été pris d'assaut par des artistes du quartier Saint-Louis à Montréal, Cornélius 1er, un rhino né au zoo de Granby a été proclamé chef à vie du parti.Le Couac a fait enquête : Cornélius 1er est décédé sans laisser de descendance et des mauvaises langues vous diront qu'il était impuissant, mais ça c'est une autre histoire.Pourquoi le rhinocéros?Parce que c'est le symbole par excellence de la stupidité, de l'insignifiance.Pour le parti, les politiciens, comme le rhinocéros, sont par leur nature: «à peau épaisse, se déplacent lentement, ont l'intellect faible, peuvent se déplacer très vite lorsqu'ils sont en danger et ont de grandes cornes velues poussant au milieu de leurs visages».Le slogan du parti était: «D'une mare à l'autre», le drapeau : « l'Union lack avec un rhinocéros écrasé en plein milieu», l'objectif se calquait sur celui des autres partis: «ne rien faire», la plate-forme avait deux pieds de haut et était faite en bois.Le credo de base «ne rien promettre» et briser chaque promesse (comme les partis traditionnels).Si élu, le parti rhino allait exiger immédiatement un recomptage des votes.Les promesses de la plate-forme politique rhino d'origine n'ont malheureusement pas été repris par les partis traditionnels malgré la pertinence de celles-ci comme: « fournir une éducation plus élevée aux Canadiens en construisant des écoles plus hautes » ; « instituer l'anglais, le français et l'analphabétisme comme les trois langues officielles du Canada » ; «mettre la dette nationale sur une carte Visa», etc., etc., etc.Néo-Rhlno Le Rhinocétaphe, mis en scène par François-Etienne Paré, entouré de Gary Boudreault, François Patenaude, Christian Vanasse, Zoomba et dans l'ombre mais non moins présente, Nadine Vincent avec en musique les Conques claquent (Stefan Boucher, loël Montpetit et lean-François Ouellet) est le point départ du courant néo-rhino.Il faut savoir que les Néo-Rhinos ont développé l'art du paradoxe à tel point que tout est vrai et son contraire aussi.Les Néo-Rhinos font rarement consensus, ils sont selon leur propre expression «dissenssuels».Chaque spectacle est en fait un meeting politique.Les Néo-Rhinos sont constamment en campagne électorale.Y a-t-il parfois consensus chez les Rhinos?«Le retour rhino est d'abord un show hommage à lacques Ferron que nous avons découvert et qui est encore tout à fait d'actualité», explique Rhino Paré.«Ferron, c'est notre gourou, ostie! », surenchérit Rhino Boudreault.Le slogan du parti Néo-Rhino est « le futur, c'est tout à l'heure, fait qu'on va y voir».Le futur est-il un parti politique Rhino?Dans le show chaque Rhino — Rhinogigon, Rhinovateur, Rhinoffensif, Rhino-Willie (Lamothe), Rhinocirrhose-défend ses propres intérêts, peut représenter plusieurs comtés ou un comté peut-être représenté par plusieurs Rhinos, nos promesses se contredisent, etc.« Rhino s'impose comme le parti unique de toutes les tendances - sécession, corruption, conservatisme, utopie, etc.», raconte Rhino Paré.«Pour la formation d'un parti politique, peut-être ben qu'oui ou peut-être ben que non ! Y a des gens qui nous approchent, des personnes qui sont prêtes à s'investir dans une campagne Rhino mais maintenant on ne sait pas ce qui va arriver», soutient Rhino Vanasse.Rhino Zoomba rajoute, « on n'ira même pas aux réunions du parti, on ne votera pas pour nous-même.» Le Néo-Rhino est-il clownesque?«Nous ne sommes certainement pas des amuseurs publics même si être ironique et cynique peut porter au clownesque», s'empresse de dire Rhino Zoomba.«En réveillant Rhino on remue la fange et ça pue.C'est l'esprit rhino qu'on diffuse et qui peut être transféré à tous les paliers de gouvernement.Nous formons la confrérie des insatisfaits», rétorque Rhino Vanasse qui rajoute: «le serai satisfait quand André Pratte va écrire dans La Presse "le Rhino, c'est con ! "» La suite Néo-Rhinocéros?Des promesses, des promesses: « éradiquer la pauvreté et l'obésité de façon définitive en donnant les gros à manger aux pauvres » ; «analyser les impacts des gaz à effet de serres en enveloppant l'Alberta sous un gros polythene » ; « Introduire la conduite automobile à gauche au Québec.mais progressivement; en commençant par les gros camions en finissant par les vélos ».«Quand la corne vous poussera dans le front, vous saurez que l'heure rhinocéros est venue.Il suffit de vous regarder dans le miroir tous les matins ! » CLÔDE DE GUISE NATIONAL Le Couac, novembre 2005, page 4 f| La vie des bêtes {fjft ff\N^* Au lieu de l'habituel combat des opinions et des préjugés dans le domaine politique, le Cercle de zoologie politique Winston-Smith vous propose un regard scientifique sur la basse-cour politicienne.« 11 était un fantôme solitaire, proférant une vérité que personne n'entendrait jamais.Mais aussi longtemps qu'il le faisait, d'une certaine manière obscure, la continuité n'était pas rompue.Ce n'était pas en se faisant entendre, mais en restant sain d'esprit qu'on poursuivait l'héritage humain.» _ - George Orwell, 1984 Le Boisclairien Anatomie d'un engagé politique de surface Cm est dans les hauts plateaux du comté de Gouin que l'observateur aguerri risque de croiser ce qu'il est dorénavant établi d'appeler le Boisclairien.Descendant de la famille des jeunes péquistes, on reconnaît le spécimen à ses lunettes carrées, sa chemise pré-fripée et le macaron «Je suis souveraniste», excroissance de son sac d'école.Car le Boisclairien est étudiant, et il est fréquent de le croiser, en hiver, sur un campus universitaire haut perché à flanc de montagne.En période de rut électoral, le Boisclairien émet un hullulement aigu qui illustre son plaisir à approuver les parades amoureuses de son mâle dominant.Le mâle dominant attend généralement les heures de grande écoute ou les midis-rencontres pour pavaner son plumage arc-en-ciel tout en émettant des sons inintelligibles mais chargés en émotion, destinés à susciter l'adhésion immédiate et spontanée de tout Boisclairien potentiel.Observons un peu le cycle de vie du Boisclairien.La période de gestation est d'environ un an dans une fédération étudiante universitaire locale ou nationale.Dans son cocon, le Boisclairien en devenir développe une forte tendance souverainiste qui se confirmera rapidement par son adhésion à la meute péquiste.La métamorphose se produit lorsqu'il admet l'inéluctable: seul André Boisclair est capable de mener le Québec à la souveraineté.S'ensuivra une longue période initatique ou le nouveau Boisclairien doit prouver son allégeance.Le rite de passage défnitif se fera lorsqu'il saura répéter avec la conviction la plus totale le mantra fondateur : « le problème est à Ottawa ».Certes, le boisclarien pourra à l'occasion se désoler des problèmes environnementaux, sociaux ou internationaux.Mais cela n'aura jamais d'impact sur son appui indéfectible à André Boisclair.Car il existe pour le Boisclairien deux mondes cloisonnés: la sensibilité personnelle et l'action politique concrète.Ces deux solitudes ne seront réunifiées qu'au moment de la conquête de l'indépendance politique par l'élu instruit par les sages de Harvard.Le Boisclairien est donc une espèce à deux vitesses pour qui le projet social québécois doit attendre l'ascension vers la souveraineté.Entre temps, le Boisclairien est prêt à ravaler le pire avec le sourire: capitalisme carnassier, exploitation, libre-échange à l'américaine, inégalités sociales, pauvreté endémique, destruction de l'environnement, mondialisation néolibérale.Ce n'est pas tellement qu'il accepte ou cautionne ces problèmes humains, mais plutôt qu'il estime qu'il est peu opportun d'en discuter, car il pourrait s'agir là de sources de divisions de la grande famille souverainiste.De toute façon, trop brasser la cage peut aussi être source de problèmes plus graves.Car, s'il est soucieux de l'avenir national, le Boisclairien ne perd pas pour autant de vue son avenir personnel et sa carrière.Afin de se reproduire et d'assurer la survie de l'espèce, le Boisclairien organise dans des nids montagneux quantité de rassemblements élec-trisants sur fond de rythmes tribaux à la Loco Locass, autant d'occasions de se prouver au mâle dominant.La surpopulation de Boisclairien, en hausse de 40% depuis les derniers mois, menace l'équilibre de l'écosystème socio-politique québécois.La biodiversité idéologique risque d'en souffrir fortement.En effet, à l'ombre des silences boisclairiens, les jeunes pousses socialistes ne pourront que s'étioler dans l'oubli et l'obscurantisme.S'ensuivra une ère glacière intellectuelle qui figera les pensées.Et, si l'hiver passe enfin, il restera, comme l'observait Lelièvre, bien « peu de choses de ce jardin de jolis mots».LE CERCLE DE ZOOLOGIE POLITIQUE WINSTON-SMITH a- & £ Ç/~ A ®- „ « Ht
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.