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Le couac
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. [...]
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. Constitué d'une équipe rédactionnelle et de collaborateurs bénévoles, le journal se targue d'être libre et indépendant. Projet mûri entre anciens camarades de Quartier libre, journal étudiant de l'Université de Montréal, Le Couac est fondé par les journalistes aux nombreux chapeaux Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau. Pierre de Bellefeuille agit à titre d'éditeur et demeure à la barre du journal de nombreuses années. Prenant inspiration des éphémères Le Fantasque et La Lanterne, prédécesseurs québécois du XIXe siècle, Le Couac, dont le nom rappelle l'onomatopée du canard, s'inscrit davantage dans la lignée du journal français Charlie Hebdo que du Canard enchaîné. « Le couac » et « le canard », qui peut signifier « journal », peuvent tous deux être associés à un son discordant au sein d'un groupe, le groupe dans lequel Le Couac détonne étant ici l'ensemble de la presse. Le Couac donne son soutien à l'activisme de gauche en dénonçant par la satire, souvent cinglante, l'ordre établi, les réactionnaires, les moralistes, la publicité, le journalisme de masse, les puissants, les injustices, les atteintes aux droits et libertés, les pollueurs, l'économie marchande, etc. Le Couac est en phase avec l'actualité politique, sociale et culturelle québécoise et internationale et montre un intérêt particulier pour les États-Unis. La lutte au terrorisme et ses débordements du début du XXIe siècle y inspirent d'ailleurs plusieurs coups de gueule. En plus des deux fondateurs, un grand nombre de collaborateurs au regard critique et mordant sur le monde participent au journal au cours des années : Pierre Falardeau, Pierre Vadeboncoeur, Louis Hamelin, Marco Silvestro, Isabelle Baez, Jacques Bouchard, Victor-Lévy Beaulieu, Marco de Blois, Michel Rioux, Bruno Dubuc, Francis Dupuis-Déri, François Patenaude, Normand Baillargeon, Simon Tremblay-Pepin. 10 ans de Couacs - Je pense, donc je nuis : les meilleurs articles du mensuel satirique francophone le plus lu en Amérique du Nord!, choix des textes, des brèves et des illustrations par l'équipe du Couac; coordination de Bruno Dubuc, Montréal, Le Couac, 2007, 123 p.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1997-2016
Contenu spécifique :
juillet
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque mois
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Le couac, 2006-07, Collections de BAnQ.

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1 Cercle Winston Smith m Un nouvel animal voit le jour: le communautarus immobilis, dangereusement paralysant.1 Port Méthanier p.6 1 m juiih—! Clôde de Guise attaque m I,, rr t*"» les projets de ports méthaniers à Cacouna Law*** - et Lévis.Festival juste pour mourir p.8 Bruno Dubuc nous informe des dernières injustices commises en fait de meurtres étatiques.LE COUAC DU QUEBEC DEPUIS 1997 ^ Vol.9 • n° 10 âatt Ai sait Ai sas Juillet 2006 couac, &4 âat « Ai sait Insécurité certifiée Un sans faute pour Harper efficace, la peur.orce est de reconnaître que ça fait longtemps que nous n'avons pas eu un gouvernement aussi dans l'art de distiller Et vu son orientation favorable au gouvemment de Bush avec la sécurité comme mot d'ordre, on peut dire que ça fait longtemps que nous n'avons pas eu un gouvernement aussi chanceux: quatre mois à peine après son arrivée au pouvoir, il pleut des terroristes.Après des années de traque de multiples groupes extrémistes, voilà que les terroristes de Toronto décident, à peine un mois après le rapport du SCRS (voir encadré 1), d'acheter ce qu'ils croient être le nitrate d'ammonium nécessaire à la mise à exécution de leurs plans machiavéliques.« Nitrate » mis à disposition par.les services secrets canadiens.Quoi qu'il en soit, ça fait longtemps qu'on n'a pas eu des services secrets aussi généreux La dernière fois, c'était avec Germinal, les jeunes Québécois auxquels on avait eu la gentillesse de fournir du personnel quelques jours avant le Sommet des Amériques.Et bien avant ça, c'était la dynamite vendue à ceux qui faisaient sauter les boîtes aux lettres pendant la crise d'octobre.Un jugement attendu Dès lors, la table était mise pour les audiences de la cour suprême réunie au grand complet (9 juges) les 13 et 14 juin dernier à Ottawa.Audiences qui devront permettre de déterminer si oui ou non, les certificats de sécurité, tels qu'ils existent et sont appliqués aujourd'hui, sont constitutionnels.procès et en isolement des personnes formellement accusées de rien parce que nos amis font de même (États-Unis, Grande Bretagne, etc.) Ou bien, quand un autre représentant du gouvernement a estimé que garder quelqu'un en isolement même 5 ans était correct puisque ça s'est déjà fait dans notre beau pays avec l'assentiment de la cour.Et des juges de la cour suprême de s'étonner tout de même à l'occasion qu'on puisse garder pour une durée indéterminée des personnes n'ayant jamais été informées dans les détails (ni leur avocat, d'ailleurs) de ce qu'on leur reproche.Certains avocats des prévenus, comme Me Copeland, avocat de Mohamed Harkat, ont proposé qu'on nomme un conseiller spécial lorsque quelqu'un est détenu sous un certificat de sécurité et que ce conseiller ait accès aux preuves.Argument rejeté en bloc par la partie adverse; laquelle a, sans surprise, mis l'accent sur la sécurité nationale qu'elle estime devoir passer avant toute autre considération.D'ici quelques mois, la cour suprême rendra son verdict.Quelles sont les chances que la constitutionnalité des certificats soit mis en doute?Selon Christian Legeais, porte-parole de la coalition de défense de Mohamed Harkat, elles sont bien maigres.11 souligne que les juges de la cour suprême sont loin d'être les éléments les plus progres- sistes de la société.Quant à Mme Harkat, rencontrée également, elle s'est dite déçue du peu de temps accordé à chacun des intervenants dans les dossiers des accusés.En effet, alors que les avocats du fédéral et de l'autre partie se sont vus octroyer chacun une heure de parole, les organismes de défense des droits humains qui soutiennent Harkat, Charkaoui et Almrei n'ont eu droit, quant à eux, qu'à un maigre 15 minutes Pour une cause dont le jugement était attendu depuis au moins 3 ans.Il reste que les faits qui ont précédé les audiences de la cour suprême tombaient à point nommé pour le gouvernement.La population canadienne est certainement davantage prête aujourd'hui qu'il y a un mois à accepter que les certificats perdurent, que le budget de la défense augmente, mais aussi que les troupes canadiennes restent en Afghanistan.Et puis, il y a ce voisin du Sud, à qui Harper n'en finit plus de lécher les pieds.ISABELLE BAEZ De notre correspondante à Ottawa Les faits Le 9 mai : la Presse canadienne rend public le fait que le patron du SCRS estime qu'une attaque terroriste est possible en sol canadien.Ces propos sont tirés d'un rapport datant de 2005 sur lequel la Presse canadienne viendrait seulement de mettre la main.Le même jour, Stockwell Day affirme qu'il faut que l'on trouve un moyen d'augmenter le nombre de nos espions à l'étranger.Il pense à deux possibilités: créer une nouvelle agence à cet effet ou augmenter le champ d'action du SCRS.Le Couac est allé mettre sa patte de canard dans cette mare nauséabonde Et ce n'est pas seulement le nez, mais les oreilles qu'on a eu le goût de se boucher.Comme lorsque l'avocat du fédéral, Me Laprade, a justifié le fait qu'on garde enfermées sans Le 2 juin: 17 personnes sont arrêtées à Toronto.Elles sont soupçonnés d'avoir préparé des attentats terroristes.Le 3 juin : Harper déclare « Nous sommes ciblés en raison de ce que nous sommes (.) des valeurs que les Canadiens chérissent.» Le 4 juin : la folie s'empare des médias.Toutes les hypothèses sont bonnes : on prévoyait l'enlèvement de politiciens.Heu, non, la Tour de la Paix au Parlement allait être attaquée.Ben non, finalement, c'était Harper.11 devait être décapité! Le 5 juin: alors que tous les Canadiens ont déjà pu lire une liste non-exhaustive de suppositions, un des juges mandatés pour le procès des 17 présumés terroristes impose une ordonnance de non-publication pour toute la durée des procédures.Sortie sur vos tablettes d'un nouveau suspense ! Titre du film : Ils sont partout et veulent notre mort Résumé: Ils sont partout et veulent notre mort.Scénario: la CIA et le SCRS.Bref, la CIA.Réalisation: Un pool de « Directors* d'Hollywood Acteurs principaux: Jim Judd, du SCRS; Harper; Day et 17 terroristes de soutien.Figurants: des femmes en noir refusant de parler aux médias Décor: des vendeurs de tissu noir et Rona l'entrepôt Producteurs: la presse canadienne dans son ensemble Producteur délégué : Léger Marketing André Pasclair : le chef idéal PAR MARC-ANDRE CYR En politique, la médiocrité est depuis t0ui0urs la norme.Mais depuis quelques décennies - sans vouloir amoindrir ce qu'ont subi les générations précédentes - le discours politique dominant semble caractérisé par une insipidité historiquement inégalée.Le tournant qu'a pris la gauche parlementaire depuis le début des années 1980 compte certainement parmi les explications de ce triste phénomène.N'ayant pas eu le courage de combattre les attaques de la classe dominante contre le modèle keynésien, cette gauche (du moins sa majorité) a pris le tournant néolibéral avec une pathétique résignation.À partir de ce moment, elle a géré, main dans la main avec la droite, les transfor- mations nécessaires à l'expansion du capitalisme (déréglementations, privatisations et coupures).Faute d'idée et d'originalité, les progressistes parlementaires ont ainsi été littéralement avalés par les forces libérales et conservatrices.Le centre-gauche s'est déplacé au centre-droit, permettant ainsi à la droite de poser son gros derrière jusqu'à l'extrême - le centre, pour sa part, a continué en toute quiétude de nous éblouir par son inexistence manifeste.Comme si tout le monde se pliait désormais aux lois divines du Capital, on se retrouve aujourd'hui avec des politiciens de droite qui se réclament de la gauche sans que le moindre hurlement d'indignation ne se fasse entendre.Au Québec, le cas le plus éloquent de cet aplatissement idéologique est sans aucun doute incarné par le très souriant André Boisclair.En entrevue, le jeune et séduisant politicien affirme que le PQ est de gauche et, du même souffle, que l'analyse gauche-droite ne s'applique pas au Québec: « Le Parti québécois est un parti social-démocrate progressiste et qui a compris une chose importante.Au Québec, au-delà des étiquettes et de l'analyse fine qu'on peut faire sur la droite, la gauche et les explications qu'on peut donner comme intellectuel sur ces questions, c'est qu'on est un peuple de 7,6 millions d'habitants.On occupe un territoire qui fait trois fois et demie la France1».Après ce petit cours de géographie fort instructif, l'intellectuel poursuit son «analyse fine»: «Si le Québec veut continuer à se développer, il y a une règle: c'est qu'on n'a pas les moyens de perdre quiconque (.) Et si le Québec veut continuer d'être compétitif sur la scène internationale, il faut qu'il y ait un dialogue intelligent et responsable entre le public et le privé».Suivant la mode du jour, Boisclair est un social-démocrate «heureux» d'avoir fait partie d'un gouvernement qui a réduit les impôts des entreprises2, un Suite page 8: Pasclair 6 0065385282113 Le Couac, juillet 2006, page 2 COURRIER DES LECTEURS « Montréal n'est pas un sanatorium.» Cette lettre a été envoyée à La Presse par un groupe de professionnels de la santé en réponse à une chronique de Lysiane Gagnon.Le quotidien l'a publiée en retranchant d'importants passages.Le voici en intégralité; les passages restitués sont en italiques.À nos lecteurs de juger.— Le Couac Nous avons lu avec intérêt la réaction surprenante de Madame Gagnon à notre rapport annuel intitulé «Le transport urbain, une question de santé».Selon Mme Gagnon, « il n'y a pas vraiment d'embouteillages à Montréal ».Les bulletins de circulation quotidiens affirment plutôt le contraire.De toute façon, notre rapport ne porte pas sur le problème des embouteillages, mais sur le fait que le parc automobile a augmenté 3 fois plus rapidement que la population entre 1998 et 2003 (près de 40 000 autos de plus par an) et que la place massive et croissante de l'automobile a des impacts importants sur la santé.Cette situation risque de s'accentuer avec le temps à moins d'effectuer un virage dans les politiques publiques qui influencent nos choix des moyens de déplacement quotidiens.Mme Gagnon peut relativiser « le danger mortel que représente l'automobile à Montréal » mais elle passe sous silence l'augmentation du nombre de blessés sur les routes montréalaises (plus de 10 000 en 1998, 12 806 en 2003), le fait que la moitié des piétons frappés chaque année au Québec le sont sur l'île de Montréal (une moyenne de cinq piétons par jour!), que la moitié des hospitalisations suite à des accidents de la route à Montréal touche les piétons et les cyclistes, etc.M"* Gagnon insinue que la pollution n'a aucun effet sur la santé sauf chez les personnes mourantes, les «.grands asthmatiques ou les allergiques chroniques», ce qui va à [encontre des données scientifiques disponibles.Les effets sur la santé de la pollution atmosphérique sont multiples.Les chercheurs de Santé Canada ont évalué qu'à Montréal la mortalité attribuable à la pollution atmosphérique se situe à 1 540 décès prématurés par année, dont 400 lors des pics de pollution et 1 140 à d'autres moments de l'année en raison d'une exposition chronique.Mais ce chiffre ne représente que la pointe de l'iceberg, car des effets sur la santé moins graves touchent encore plus de personnes.Les effets à court terme comprennent des hospitalisations et des visites à l'urgence, l'aggravation des symptômes cardiorespiratoires, l'utilisation accrue de médicaments, etc.Les effets à long terme comprennent la diminution de la croissance pulmonaire et une possibilité du développement de l'asthme chez les enfants ainsi qu'un risque accru de développer des maladies cardiorespiratoires chez les adultes.Il ne faut pas oublier non plus la centaine de milliers de Montréalais vivant à proximité des voies achalandées et qui sont plus exposés à la pollution et au bruit pouvant entraîner des effets significatifs sur leur santé, tel qu'illustré par notre étude qui démontre un excès de risque d'hospitalisation pour maladies respiratoires chez les personnes âgées de 60 ans et plus.Imaginez le déploiement des mesures d'urgence si un tel fléau était attribuable à une contamination soudaine de l'eau potable plutôt qu'à un problème insidieux comme la pollution de l'air.Sans en venir à gérer Montréal comme un sanatorium, une boutade de Mme Gagnon dans son article, ces problèmes de santé clairement évitables méritent la mise en place de solutions éprouvées dans plusieurs grandes agglomérations.Face aux problèmes nombreux et objectivement mesurables que génère l'usage excessif de l'automobile privée en milieu densé-ment peuplé, la Direction de Santé publique de Montréal adopte une position rationnelle et nuancée.Loin de vouloir sacrifier la vitalité économique de Montréal au profit d'une vision étriquée de la santé, nous rappelons simplement, comme de nombreux organismes internationaux, qu'il faut rétablir un meilleur équilibre entre l'automobile privée, le transport en commun et le transport actif de façon à ce que la mobilité urbaine, si essentielle aux échanges économiques et sociaux, soit compatible avec les principes du développement durable.Plus précisément, nous suggérons de viser un objectif 50-50 en période de pointe la matin, c'est-à-dire de ramener la part modale de l'automobile de 70 % à 50 % (d'ici 15 ans) ; et ce, non pas en transformant «de force les Montréalais en Scandinaves » (!), mais plutôt en offrant à la population de la région métropolitaine des alternatives à l'auto, comme un service de transport collectif rapide, efficace, confortable et abordable ainsi qu'en aménageant des infrastructures piéton-nïères et cyclables qui soient invitantes et sécuritaires pour tous, enfants, adultes et personnes âgées.Plusieurs grandes villes du monde ont déjà amorcé un virage vers le transport durable, non seulement les «austères» cités de l'Europe du Nord, mais aussi plusieurs de nos concurrentes nord-américaines.C'est justement dans le but de mobiliser les acteurs montréalais en vue d'un tel virage que nous organisons notre Forum sur le transport, l'aménagement urbain et la santé, le 9 juin prochain.Le virage vers le transport durable entraîne des gains importants en termes de santé et de bien-être, mais aussi en termes économiques comme le soulignait un récent rapport de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain: «Transport en commun: un puissant moteur de développement économique de la région métropolitaine de Montréal».Ainsi, le développement du transport collectif ne nuit pas aux affaires en général, au contraire il les stimule, sans parler du fait qu'il correspond à un créneau d'excellence du secteur industriel québécois.Mme Gagnon a raison de conclure «qu'il serait suicidaire.d'encourager l'émigration du grand commerce vers la banlieue».Justement, le développement d'un centre-ville dynamique et convivial pour tous exige un aménagement urbain et une organisation de la mobilité adaptés aux besoins et aux possibilités actuels: en réorientant la priorité accordée à l'automobile depuis cinquante ans vers des transports en commun dignes du xxie siècle.Louis Drouin, MD Norman King, épidémiologiste Patrick Morency MD François Thérien, agent de recherche Direction de santé publique de Montréal NDLR: La Direction de la Santé publique a récemment publié un livre sur les impacts du transport sur la santé des Montréalais.Cuindonville : 3 ans après Bientôt 3 ans que les petites maisons de Guindonville ont disparu sous les pelles des bull-doozers, emportant avec elles des tonnes de souvenirs partagés par tous ceux qui y ont résidé.Depuis, M.Guindon nous a quittés.Celui qui avait bâti de ses mains ce petit hameau où résidaient de nombreux artistes, saltimbanques et personnes à revenu modeste, s'en est allé dans les étoiles.Pour les ex-résidents, la colère et les larmes se sont tues mais non point l'amertume, car ce qui devait naître, sur les cendres encore fumantes de Guindonville devait être grandiose et dans l'intérêt de tous : le fameux parc régional.Il y a bien un énorme chalet d'accueil et quelques touristes par-ci par là, mais c'est loin de ce que l'on nous avait annoncé.En plus, il faut payer pour accéder à ce que la nature nous offre gracieusement.Mais à Val-David, le bol d'air pur et les pâquerettes, ça se paie.Il faut bien que ça rapporte, surtout que la facture ne cesse de grimper.Ceux qui défendaient le projet «corps et âmes» voulaient un parc pour «nos enfants».C'est plutôt une ardoise salée qu'ils vont leur laisser.Sans compter qu'à 5 $ l'entrée, nos jeunes vont se tourner vers d'autres activités, et on les comprend.Par contre côté logement social, toujours rien à l'horizon.Il est vrai que ce n'est pas une priorité pour l'actuel conseil de ville.Et pourtant ils sont nombreux ceux qui cherchent un logement à faible coût à Val-David.Une nouvelle polémique fait également rage à Val-David, toujours à propos du fameux parc.Cette fois-ci, ce sont les commerçants qui sont en furie: la mairie veut déménager l'office du tourisme (situé en face du Métro dans l'ancien bureau de poste) dans le chalet d'accueil du parc (sûrement question d'attirer les touristes peu nombreux dans les parages.).Un autre dossier chaud, c'est l'expropriation du promoteur Sylvain Cousineau.Les avocats de la mairie lui auraient proposé 2,5 millions mais Cousineau en veut 5 (qui va payer?).Bref, on n'en a pas fini avec la saga du parc Dufresne à l'origine de l'expropriation des 7 locataires de feu Guindonville.Un ex de Guindonville lean-Pierre Charce Écrivez-nous ! Le Couac publie les courts commentaires de ses lecteurs.Le courrier électronique demeure la meilleure façon de nous joindre (texte@lecouac.org).Sinon, envoyez une disquette par courrier postal : Le Couac, CP.222 Suce.D, Montréal (Québec) H3K 3G5.Le Couac c.p.222 suce.D, Montréal.Québec.H3K 3G5 Téléphone: (514) 596-1017 Vous voulez collaborer au Couac?Vous pouvez nous faire parvenir vos textes/dessins/photomontages par courriel, via notre site Internet: www.lec oua< .org.Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuilte et Jean-François Nadeau «Vice-président à l'information et éditeur adjoint»: David l.edoyen Co-Rédacteurs en chef: Bruno Dubuc, David l.edoyen, Simon Tremblay-Pepin Collaborateurs: Isabelle Baez, Normand Baillargeon, Pierre de Bellefeuille, Claude Ci.Charron, Marc-André Cyr, Abou Dnehr, G.I., Gode de Cuise, l impide, François Ouellet, Michel Rioux, Valentin Tardi, Pierre Vadeboncoeur, Ramon Vitesse, Enrique Von Kalva, Le cercle de zoologie politique Winston-Smith.Illustrations et photos: Bobidoche, Boris, Charb, Luc Ciard, Serge Ferrand, Sniper, Ramon Vitesse.Graphisme : France Mercier Imprimé par: les travailleurs et travailleuses syndiqué-es de Payette et Simms inc.Distribué par: Messageries de Presse Benjamin Inc.Nous remercions chaleureusement Charlie Hcbdo pour sa collaboration.Abonnement et publicité : (514) 596-I0I7 ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec Sniper expose ! La pluie ayant empêché la tenue de l'événement Nuit Blanche sur Tableau Noir lors de la vente trottoir sur la rue Mont-Royal, notre collègue Sniper en a profité pour squatter ces beaux carrés blancs à sa façon.-PLOGU ES Les pages jaunes de Vautogestion.Un projet de recherche sur l'autogestion demande la participation des groupes militants!!! Des militantEs (pro)féministes libertaires (Pointe libertaire, Rubrique, Lucioles, LiberTerre) forment le collectif de recherche sur l'autogestion menant le projet « Un autre monde est-il possible?Une perspective critique sur les expériences autogestionnaires qui émergent depuis 1995 au Québec».Ce projet vise à comprendre comment se vit l'autogestion au Québec, quels en sont les défis, les impacts et les contradictions.Les résultats ultimes de cette recherche ont pour but la création d'outils pour l'organisation libertaire et la mise en réseau et en partage des différents groupes et individus qui en font l'expérience.Les groupes participant au projet seront impliqués dans le processus de recherche, qui se veut une recherche-action sur le terrain avec les militantEs.Ainsi, à travers des entretiens individuels et collectifs, le collectif de recherche AVEC le groupe-participant identifieront les conceptions, les valeurs, les idéaux, les pratiques, les structures formelles et informelles d'organisation et de pouvoir pour confronter et améliorer la cohérence de nos pratiques.Alors si vous recevez un appel ou un courriel à propos d'une recherche universitaire sur l'autogestion, ne soyez pas paranoïaque, c'est juste nous ! ! ! Pour plus d'information: 514-343-7222 Les Éditions Boréal se mettent au vert Elles viennent de s'engager à publier leurs bouquins sur papier recyclé.C'est une première victoire pour Écolnitiatives au Québec qui œuvre à la promotion du papier recyclé dans le domaine de l'édition.Déjà 70 % des maisons d'édition au Canada anglais ont signé le protocole d'engagement.Le résultat le plus spectaculaire de ce projet est l'édition canadienne en 2002, du best-seller de J.K.Rowling intitulé Harry Potter et l'Ordre du Phénix imprimé sur du papier blanchi sans chlore, 100 % recyclé post-consommation par Raincoast Books.POUR S'ABONNER Par téléphone: (514) 596-1017 Par la poste : Le Couac CP.222 Suce.D, MONTRÉAL (Québec) H3K 3G5 Adresser votre chèque à : Le Couac.• Abonnement d'un an: 30,42$ +taxes = 35,00$ • Abonnement de deux ans: 52,15$ + taxes = 60,00$ • Abonnement institutionnel et de soutien: 52,15$ + taxes = 60,00$ • Abonnement de groupe d'un an (10 copies par parution) : 225,98$ + taxes = 260,00$ • Abonnement d'un an à l'étranger: 43,46$ + taxes = 50,00$ Nom Adresse Code postal Courriel_ Téléphone. NATIONAL Manger son prochain \t est au cri de Dieu le veut! que les chrétiens ont répondu à l'appel du pape Urbain II et suivi saint Bernard pour chasser les infidèles des lieux saints chrétiens, il y a de cela 900 ans.( Pour conquérir Jérusalem, ces chers chrétiens n'hésitèrent pas à manger du mahométan, au sens propre (?) du terme, nous ont appris les historiens.Curieux quand même de constater aujourd'hui l'absolu renversement des rôles, Monsieur ben Laden ayant dans sa mire l'extermination des dans ce genre d'entreprises.Véritable incubateur des idéologies de droite à la mode, cet institut prend une place que ne saurait lui garantir sa seule compétence.Il y a autre chose sous roche.L'une des thuriféraires qui y sévit a pignon sur rue hebdomadaire au Journal de Montréal.Bon endroit pour lancer des brûlots.Nathalie Elgrably, ces dernières semaines, a dénoncé le salaire minimum, qui «fait dis- infidèles qui occupent, cette fois, les lieux saints musulmans.M'enfin.) Ce n'est pas de ces croisés que je veux vous entretenir aujourd'hui.S'inspirant des mêmes sources sectaires et aveugles, d'autres ont pris le relais et transposent dans leur action les mêmes préjugés, ne lésinant pas sur les moyens puisqu'ils soutiennent combattre pour une bonne cause.Il y en a qui mangent du séparatiste Chuck Guité ne voulait pas que des séparatistes agissent comme jurés à son procès.Il s'en serait ouvert au juge Fraser Martin, qui lui aurait expliqué que d'entrer ainsi dans l'analyse des chromosomes politiques des aspirants jurés pourrait amener plus de problèmes que cela n'en résoudrait.Surprenante au premier chef, cette attitude ne l'est plus quand on se rappelle que le gars nous avait avertis il y a déjà longtemps, alors qu'il comparaissait devant un comité de la Chambre des communes: «On était en guerre contre les séparatistes ! » Autrement dit, tous les moyens étaient bons pour écraser la vermine.Et quand on a un front de beu comme lui, et qu'on en a mené large à Ottawa, avec la bénédiction des élus en place, il va de soi qu'on puisse penser choisir soi-même les personnes appelées à nous juger.Il y en a qui mangent du pauvre L'Institut économique de Montréal (1EM) se spécialise 9*& paraître des emplois et est une source de chômage» ; a défendu le travail des enfants dans les pays pauvres, car « le travail dans les sweatshops est pénible, mais il s'agit néanmoins d'une étape nécessaire au développement des pays pauvres » ; s'en est prise au Protocole de Kyoto, au contrôle des loyers et à la redistribution de la richesse: «les partisans du libre marché croient qu'il est injuste d'arracher à quiconque le fruit de son travail ».Le nouveau président du Conseil du patronat, tout juste sorti du sérail idéologique de l'IEM, en a remis.Dans une lettre destinée à être publiée, Michel Kelly-Gagnon pour qui, bien sûr, les syndicats sont trop forts et le patronat pas suffisamment ferme, s'en prenait récemment aux «professionnels de la contestation» qui «se font payer par l'État pour dire à l'État quoi faire».Le drame?L'abandon du projet de casino à Montréal ! Alain Dubuc en est un autre qui n'a pas besoin de présentation.Dans un récent essai, Éloge de la richesse, l'homme-lige de Power fait la démonstration qu'il vaut mieux être riche et en santé que pauvre et malade, pour reprendre la boutade de Louis Cornellier dans Le Devoir.Ce que déplore Dubuc?L'absence de boutiques Armani à Montréal.En effet, selon lui, «ce luxe éhonté est généralement un indice assez représentatif de la force d'une économie».Des Croisades à aujourd'hui, il s'en est toujours trouvé pour se la remplir.MICHEL RIOUX Un spectre hante l'Amérique Québec Solidaire a maintenant un logo.Tremblez bourgeois Québec solidaire aura bientôt un programme.Pour une poignée de dollars Le 19 mai dernier, le Directeur général des élections du Québec mettait en ligne le rapport financier 2005 des partis politiques.Comme vous pourrez le constater ci-après, les forces en présence lors des prochaines élections sont vraiment inégales, beaucoup plus qu'en 2003.En effet, malgré le taux élevé d'insatisfaction à l'égard du gouvernement Charest, le Parti libéral du Québec est en bonne voie de pouvoir se «payer» une réélection d'ici peu.Au cours des deux dernières années seulement, le PLQ a pu engranger des surplus totalisant près de 8M$, alors que les autres partis ont vu leur situation financière précaire demeurer pratiquement inchangée ou même se détériorer.Le PLQ a déjà amassé plus de 90% du montant qu'il sera autorisé à dépenser lors de la campagne électorale ! FRANÇOIS OUELLET FAITS SAILLANTS DU RAPPORT FINANCIER 2005 DES PARTIS POLITIQUES: ACTIFS NETS DES ENTITÉS POLITIQUES (PARTI + INSTANCES) (au 31 déc.2005) PLQ: 9,7M$; PQ: 0,2M$; ADQ: -1,2M$; UFP/QS: -30,000$ (approx.); PVQ: - 8,000$ (approx.) NOMBRE DE CONTRIBUTIONS RECUEILLIES PAR LES ENTITÉS POLITIQUES (2005) PLQ : 22,846 ; PQ : 35,112 ; ADQ : 1,929 ; UFP/QS : 852 ; PVQ : 59 CONTRIBUTION MOYENNE RECUEILLIE PAR LES ENTITÉS POLITIQUES (2005) PLQ: 359$; PQ: 146$; ADQ: 229$; UFP/QS: 92$; PVQ: 140$ REVENUS TOTAUX DES PARTIS (2005) PLQ: 11,5M$; PQ: 2,6M$; ADQ: 782,138$; UFP/QS: 138,607$; PVQ: 24,080$ REVENUS TOTAUX DES INSTANCES (2005) PLQ: 92,556$; PQ: 4,4M$; ADQ: 220,917$; UFP/QS: n.d.; PVQ: n.d.EXCÉDENT DES REVENUS DES PARTIS (2005) PLQ: 4,5M$; PQ: -0,2M$; ADQ: 59 403$; UFP/QS: 11 639$; PVQ: -284$ Le Couac, juillet 2006, page 3 Fleurs et pots pour l'Hydro Un beau bouquet de fleurs À hydro-québec qui a révisé à la baisse la hausse de tarif prévue pour 2007.Elle l'a coupée d'un peu plus de la moitié II y a quelques mois, on parlait de 10 %.Maintenant, on annonce 4,8%.C'est peut-être encore trop, mais c'est un progrès.Il est normal que l'électricité ne coûte pas cher au consommateur québécois, de la même façon que les produits pétroliers coûtent peu au consommateur albertain.Grâce à des premiers ministres géniaux comme Adélard Godbout et Jean Lesage qui ont créé Hydro-Québec et nationalisé l'électricité, nous profitons de nos richesses naturelles.(Mais oui, deux libéraux.Un premier ministre libéral n'est pas forcément stupide.) On parle beaucoup de la lutte contre la pauvreté, mais on cherche les gestes qui suivent la parole.L'électricité pas chère en est un.Beaucoup de pauvres logent dans des habitations chauffées à l'électricité et.mal isolées.Ainsi, elle prétend que HydroQuébec-Distribution est déficitaire, et que cela justifie les hausses.C'est nous prendre pour des valises.Des fleurs.et maintenant le pot.Ou les pots.Hydro-Québec utilise une ruse grossière pour masquer son âpreté au gain.Elle se partage en plusieurs divisions: production, distribution etc.Ainsi, elle prétend que Hydro-Québec-Distribution est déficitaire, et que cela justifie les hausses.C'est nous prendre pour des valises.Hydro-Québec, quelles que soient ses divisions internes, n'est qu'une seule entité, et elle est très rentable.De nos jours, un peu partout dans le monde, on développe l'énergie éolienne.Hydro-Québec devrait acquérir, si elle ne la possède pas déjà, la compétence technique dans ce domaine prometteur.Plutôt que de concevoir elle-même les antennes éoliennes, elle s'en remet au secteur privé et, selon des renseignements qui n'ont pas été contredits, à l'étranger.C'est ce qu'aurait décidé l'actuel premier ministre libéral, mauvais héritier de Godbout et Lesage.PIERRE DE BELLEFEUILLE Ouinl À écouler les discour* de Boise lair y a un chose au moins qui est clair Tu ne fais pas reference a son homosexualité j'espère ?La révolution est à nos portes Le porte-à-porte promet d'être intensif.Stratégie révolutionnaire Le SPQ-Libre milite pour François Legault et André Boiclair, ABONNEZ-VOUS ! www.lecouac.orq NATIONAL Le Couac, juillet 2006, page 4 Le cercle de zoologie politique Winston-Smith Le communautarus immobilis Jadis une espèce dont la reproduction était relativement stable et contenue dans Hochelaga-Maison-neuve, le communautarus immobilis proliférerait aujourd'hui dans toutes les1 forêts du Québec, à tel point que les grands experts craignent une épidémie.foudroyé par une paralysie immobilisante qui n'est pas sans rappeler les effets du curare.Ce petit animal hirsute et malpropre niche dans les bas fonds des quartiers populaires, dans des locaux humides, généralement dans des sous-sols ou des deuxièmes étages d'anciennes écoles primaires.Il se nourrit de compost, de recyclage et de souper-spaghetti.Les familles de communau-taris vivent dans le mutualisme et l'entraide tout en contribuant à la stabilité de l'écosystème, puisqu'ils corrigent les inéquités de la loi de la jungle.Or, ces petits animaux jadis plutôt peu nombreux et inoffensifs seraient, d'après le représentant du Conseil de la chasse et de l'exploitation du Québec, Michel « Killer » Gagnon, en voie de déferler sur l'ensemble du territoire, à tel point qu'on puisse parler d'épidémie d'immobilis-.« Avant, il s'agissait tout au plus d'une partie de notre patrimoine et de notre folklore que d'observer de haut ces petits animaux qui grenouillaient dans Saint-Henri ou Saint-Rocn.Mais aujourd'hui, alors que le maintien de l'exploitation nous oblige a intensifier notre pénétration dans leur habitat, on constate une agressivité, une résistance farouche chez les immobilis qui les pousse à s'associer en meutes et à attaquer les chasseurs en villégiature», explique M.« Killer » Gagnon.Lorsqu'il est pourchassé ou menacé, le communautarus immobilis utilise une arme de défense fascinante et inusitée.Son corps se couvre d'une carapace exos-quelettique très dure et hérissée de dards enduits de venin paralysant.Quiconque s'y frotte est immédiatement Aujourd'hui, je ne peux même pas prendre plaisir à torturer de petits animaux sans être attaqué par ces petits bestiaux hystériques et paralysants.On dirait qu'ils ont oublié que la démocratie, c'est la loi du plus fort.dirait qu'ils ont oublié que la démocratie, c'est la loi du plus fort.Ils pensent que parce qu'ils sont nombreux, ils savent nécessairement ce qui est mieux pour eux.J'ai des petites nouvelles pour ces va-t-en-guerre de la faune.», lance M.« Killer » Gagnon.Dans l'objectif de mettre fin à l'invasion d'immobilis, le groupe de M.Gagnon ne recule devant rien.«Nous devons aller de l'avant coûte que coûte et permettre au développement économique de se poursuivre.S'il faut inonder le territoire du Québec en entier pour noyer ces poulamons de la contestation, nous le ferons.En plus, cela nous permettra de surproduire de l'énergie en caves et de faire la piasse en la vendant aux Amarécains.Think big, sti, c'est ce que je dis tout le temps», conclut Michel Gagnon, l'air visionnaire, superbe avec son Stetson et son costume safari douze poches.cercle.winston.smith@ gmail.com « Les camps de chasseurs et de forestiers sont menacés.Plusieurs d'entre nous n'osons même plus sortir de la maison par peur d'être encerclés et immobilisés par les communautarus.Dès que nous tentons de pénétrer plus avant dans la forêt, des hordes de ces sales bestioles viennent nous faire bloquage.Nous sommes littéralement assiégés et pris en otage» Les chasseurs ont pourtant tout tenté pour amadouer les communautarus immobilis.Consultations, audiences publiques, tables de concertations, tanières à prix modique et autres nananes, généralement suffisants pour apprivoiser les animaux rébarbatifs, n'ont pas enrayé l'infestation.Tous les projets d'exploitation en cours au Québec (le Cirque du soleil, le Casino, le Mont Orford, le Suroît, les condos) ont subi les contrecoups de la vague d'immobilis.« \e suis nostalgique de la belle époque de mon grand-père où nous pouvions chasser, expbiter, scalper et extorquer les gens en toute liberté, sans égard à l'environnement.}e me souviens, on pissait notre Wildcat dans les rivières en gang et on jetait nos cacanes dans les nids d'oiseau.C'est une tradition familiale chez nous», explique Michel « Killer », la larme à l'oeil.« Aujourd'hui, je ne peux même pas prendre plaisir à torturer de petits animaux sans être attaqué par ces petits bestiaux hystériques et paralysants.On Un communautarus immobilis de type barbu dans son environnement naturel.fi* .' • I I • , « » ï.9 i tp|La vie des bêtes (Aft Au lieu de l'habituel combat des opinions et des préjugés dans le domaine politique, le Cercle de zoologie politique Winston-Smith vous propose un regard scientifique sur la basse-cour politicienne.« Il était un fantôme solitaire, proférant une vérité que personne n'entendrait jamais.Mais aussi longtemps qu'il le faisait, d'une certaine manière obscure, la continuité n'était pas rompue.Ce n'était pas en se faisant entendre, mais en restant sain d'esprit qu'on poursuivait l'héritage humain.» George Orwell, 1984 Èï LE COIcN" DO WlSOCKlfrfk 11 faut bien qu'au moins un canard souffre pour le bien de la canarderie C'est malheureusement moi qu'on a choisi.Avec, je l'avoue, un peu de plomb dans l'aile je m'astreindrai donc.à lire chaque mois pour les autres canards.La Gazette, Couac ! Le Globe and Mail Couac ! Couac ! Et le National Post, Couac! Couac ! Couac ! \Ar\L- Notre sublime André Pratte disait dernièrement craindre que les constantes tentatives de Stephen Harper pour séduire le Québec risquaient de faire japper les provinces anglaises (La Presse, 7 juin).le conseille à Pratte de ne pas trop s'en Les leurres de compter le Parti québécois de Landry qui a voulu se faire du capital politique en voguant dans ces eaux.Voilà donc que Stephen Harper, ayant promis pendant la campagne électorale de régler le déséquilibre fiscal, tient promesse! Tellement que le Bloc s'est senti obligé de voter pour le budget pour la raison unique qu'on y avait ajouté un petit livre bleu où le gouvernement promettait de régler le déséquilibre fiscal dans les mois qui viennent.Mais il y a ici pierre d'achoppement: l'influente élite torontoise et les mandarins fédéraux qui ont toujours privilégié une forte centralisation des pouvoirs à Ottawa.Dans sa chronique du 3 mars du Globe and Mail dont on peut traduire le titre par « L'épouvantail du déséquilibre fiscal », Ibbitson prophétise: «Voici un texte que vous pourrez découper et placer sur votre frigo.» Le journaliste ne ressources offshore dans le calcul de ce que la province recevrait en péréquation.Or, ce qui est bon pour une Have not province doit également l'être pour une Have.Gros embarras tant pour Harper que pour Charest, ce dernier voyant son Conseil de la Confédération, dans lequel il a mis tous ses œufs, embourbé dans la discorde.D'autant plus que les journaux ontariens sont maintenant déchaînés et Anthony Westell y a mené la plus forte charge.(Equalization should be scrapped, The Globe and Mail, 21 avril) Vieux routier du journalisme roquien, Westell s'est fait délibérément provocateur: «La péréquation est un boulet à la patte des entreprises ontariennes et albertaines.Elle les désavantage par rapport à leurs compétiteurs du Sud et d'Outremer.Et quel conseil donne-t-il aux Maritimers qui verront leur niveau de vie péricliter quand on empêchera leur gouvernement local de respirer?"Going down the road" «Faites comme les gens des Prairies qui s'en sont allés au BC ou en Alberta.Vite vos valises et hop, tous en Ontario ! » Cinq jours plus tôt dans notre toujours servile Presse, c'était le très gauche-caviar Jeffrey Simpson qui se permettait de faire la leçon à ces enfants prodigues que sont les Québécois.En chapeau de son texte : « Le Mythe du déséquilibre», cette semonce: «Si le Québec souhaite avoir une économie dirigiste et un État providence social-démocrate, qu'il lève les impôts en conséquence.» faire car Harper a un plan pour sauver son cher Canada.Il doit lui laisser le temps de continuer à leurrer les Québécois afin que son ami Charest revienne au pouvoir bloquant ainsi la voie aux séparatistes.Harper n'a pas à dire lust watch me, comme Pierre Trudeau.Il agit.Agir pour Harper, c'est leurrer un assez grand nombre de Québécois pour que Charest gagne ses prochaines élections et qu'ensuite le ROC en sache gré au chef conservateur d'avoir ainsi sauvé le pays.Premier leurre: un siège pour le Québec à l'Unesco.Opération réussie: signatures en grandes pompes de l'entente au Salon bleu de l'Assemblée nationale.Véritable leurre que cette dite entente puisqu'ici tout ce que le Québec reçoit n'est qu'un simple tabouret au sein de la délégation canadienne.Mais qui s'intéresse à de telles questions de représentation internationale?Second leurre, et de loin plus important: la promesse de régler le déséquilibre fiscal.Ça c'est du concret.Ça remonte à «donnez-nous notre butin» de Duplessis et ça va jusqu'à l'autonomisme du p'tit Mario.Sans s'est pas trompé.Il y a actuellement une bataille rangée entre «Have» and «Have not provinces»-.«Les provinces riches préfèrent des transferts de points d'impôts tandis que, parce qu'ayant moins de contribuables à hauts revenus, les Have not souhaitent des transferts directs au prorata de la population.» Mais Ibbitson n'escomptait nullement que Harper ouvre la boîte de Pandore que constitue la question de la péréquation.«Impensable, écrivait-il, it's too complicated».11 se trompait.Harper a «officieusement» accepté les conclusions du Comité O'Brien qui avait été mandaté pour faire le point sur cette épineuse question.11 n'en fallait pas plus pour que Dalton McGuinty et Ralph Klein ruent dans les brancards, ce dernier promettant de «se battre bec et ongles» pour qu'au grand jamais le gouvernement fédéral n'inclut les ressources naturelles non-renouvelables dans ses calculs.11 est de bon ton ici de se rappeler que c'est Paul Martin qui a ouvert ce panier de crabes quand il a promis au premier ministre de Terre-Neuve de ne pas considérer les revenus de ses Stephen Harper Il aurait été néfaste pour la cause fédéraliste que La Presse reproduise les propos de Westell dans l'espace qu'elle réserve chaque dimanche à «L'autre Canada».Des propos qui ont un égal goût de rassis que ceux du banquier André Bérard proposant au gouvernement de fermer la Gaspésie.Simpson, lui n'est pas dangereux.Il serine le même refrain que les Pratte et Dubuc quand il s'agit de nous sermonner à propos du modèle québécois.Question de préparer encore une fois les Québécois à leur sort d'éternels perdants.Surtout quand ils connaîtront les gagnants de l'actuel bras-de-fer entre Have and Have not sur la péréquation.Que de leurres dans cet imbroglio ! Pratte a finalement raison d'avoir peur.À trop prendre les Québécois pour des valises, lui et ses comparses risquent d'avoir des surprises.CLAUDE G.CHARRON 4 INTERNATIONAL Le Couac, juillet 2006, page 5 Le dernier mur Devant la race humaine se dresse aujourd'hui une muraille: nous commençons à savoir qu'à moins de gigantesques changements d'orientation économique et politique, presque impossibles d'ailleurs à effectuer, l'humanité se trouvera bloquée irrémédiablement.Nous arrivons au mur de l'Impossibilité.Ce ne sera pas dans mille ans.Telle impossibilité se manifestait jadis «gfc.à propos d'entreprises historiques Àg|3r sa survivance.11 s'agit d'un changement absolu d'échelle.Pourtant les chefs d'États en restent toujours à penser ces choses-là comme on le faisait autrefois.Ils prennent des modèles de volonté de puissance dans l'histoire, comme l'exemple de Napoléon, de ses calculs, de ses audaces, de sa résolution, de son réalisme grandiose mais aveugle.démesurées, mais elle était limitée.Les conquêtes napoléoniennes, la révolution russe corrompue, les ambitions d'Hitler, tout ça finissait par échouer.Mais cela s'arrêtait là.L'avenir de l'homme n'était pas encore en cause.Il n'y a pas dans le monde de « conspiration » plus étendue.Celle-ci n'existe probablement même pas à ses propres yeux.À ces époques, les ambitions politiques et militaires étaient trop grandes et elles finissaient dans le désastre; mais quant à elles seules.Les calculs de la puissance sont presque toujours trop courts.Un effondrement finissait par se produire, puis l'on passait à autre chose.Les dommages, quoique gigantesques, se limitaient plus ou moins à l'épisode.Or, dorénavant, ce ne sera plus la même chose.L'impossibilité dont je parle est maintenant à la mesure de la planète et de toute l'histoire humaine.Elle est nouvelle et vraisemblablement elle s'annonce comme infranchissable et définitive.Elle ne concerne pas seulement l'avenir de l'Amérique impérialiste ou les rêves plus lointains de l'hégémonie chinoise.Elle englobe désormais l'avenir de l'homme et Ces mesures, si vastes qu'elles aient été, ne s'appliquent plus pourtant.La conjoncture présente et à venir est extrêmement nouvelle et la situation aussi implacable que nouvelle.Elles n'ont plus grand-chose à voir avec le passé Nous entrons, semble-t-il, dans 1ère de l'implacable et de l'inévitable.Le mur de l'impossibilité a aujourd'hui des dimensions eschatologiques.On ne passe pas.Il semble qu'on n'ait qu'une chance minime de passer.Les perspectives actuelles et futures à cet égard ne se comparent à rien dans l'histoire.Mais on persiste à imiter ce passé comme des imbéciles.La problématique fondamentale de la politique n'aurait en rien changé.En fait, l'imitation de certaines entreprises historiques de jadis, lesquelles réussissaient quelquefois, par exemple l'empire romain sur quelques siècles, paraît aujour- d'hui devoir être enveloppée dans un échec universel écrasant, dont on peut mesurer grosso modo la proximité: peut-être seulement un siècle à ce qu'on dit.Il faut pointer les principaux responsables de cette paralysie.Seuls ils pourraient sonner l'alarme avec chance d'être entendus et amorcer dès lors une réaction: les chefs des grands États, États-Unis, Chine, Allemagne, France, Grande-Bretagne.Ils n'en font rien.Ils ont seuls les tribunes requises mais ne les utilisent pas.En réalité, ils font tout le contraire, ils agissent comme si la question dont ils ne parlent pas n'existait pas et ils font précisément tout ce qu'elle interdirait.C'est un scandale si grand qu'on ne l'aperçoit pas, qu'on ne le mentionne pas.Le pire peut-être, dans le comportement des dirigeants, est leur mutisme, et le silence des chefs d'État sombre dans un autre silence, celui des médias comme dans celui des oppositions officielles.Il n'y a pas dans le monde de «conspiration» plus étendue.Celle-ci n'existe probablement même pas à ses propres yeux.Analysez les silences du pouvoir et vous verrez apparaître en positif la somme des idées qu'il supprime, ou qu'il cache, ou qu'il ne comprend pas.Ce qui, à échéance relativement rapprochée, mène l'humanité à sa perte ne figure pas dans la pensée officielle des États au point où leur politique générale en soit le moins du monde influencée.PIERRE VADEBONCŒUR ABONNEZ-VOUS ! www.lecouac.org Recrutement sans frontières Après avoir recruté Daniel Audet venu de l'Institut économique de Montréal, André Boisclair aurait proposé à ce dernier de former un nouveau club politique au sein du parti québécois, le PPQ Libre.Les Patrons Profiteurs pour un Québec Libre promettent d'insuffler au parti le réalisme économique dont il aura besoin pour demeurer le grand parti social démocrate que l'on connaît.Soyons efficace Décapité, Harper continuerait à fonction-ner quand même.C'est pas la tete quil faut lui couper, mais Maison Blanche.les fils tirés par la Harper-le-guerrier fait d'une pierre deux coups Ayant prolongé la mission guerrière du Canada en Afghanistan, le gouvernement Harper s'est lancé dans d'énormes dépenses militaires: avions géants pour le transport des troupes, sous-marins, frégates et tutti quanti.Ce faisant, il donne du corps à sa politique militariste.Mais il atteint aussi un autre objectif: régler, de manière imprévue, le problème du déséquilibre fiscal qui empêche la plupart des provinces de s'acquitter convenablement de leurs responsabilités.Pendant qu'Ottawa engrange d'énormes surplus, ces provinces accumulent des déficits.Les nouvelles dépenses guerrières peuvent faire disparaître les surplus.Le tour est joué.Le déséquilibre fiscal cède la place aux déficits équilibrés.G.L.Lenvahissement du pouvoir Il était deux fois à Atenco.Ll heure zéro de la parole a sonné.Les bâtons et les bombes lacrymogènes i sont sortis à la place du dialogue.Les pénis et le sang dans l'espace public.La violence jamais justifiée Un, deux morts.Trente femmes violées.Deux cents blessés, deux cents vingt-trois personnes emprisonnées.Voilà pourquoi l'on dit que la répression n'est pas l'état normal de la politique.Et pourquoi l'utilisation de la force comme première ressource n'est pas ce qu'on attend d'un gouvernement.Cela s'est passé à San Salvador Atenco, au Mexique, les 3 et 4 mai dernier.Le gouvernement de Vicente Fox a encore une fois trahi le mandat démocratique de la population.Il a éclaboussé de sang le jeune visage de la démocratie mexicaine.L'incursion violente à Atenco est la dernière preuve de ce désenchantement et la confirmation exacte de l'imbécillité d'un gouvernement incapable de gérer ses pulsions répressives.La négociation et le dialogue ne font donc point partie du cahier de gouvernance de Vicente Fox qui a décidé d'agir avec la plus pure brutalité.Il reste quand même une explication: la logique de la revanche aveugle.Car, quatre ans auparavant, la même population d'Atenco défendait son village de la destruction en supposant à la construction d'un nouvel aéroport international.À cette occasion, les villageois du Front des peuples unis pour la défense des terres ont sorti les machettes pour préserver leur territoire d'une expropriation.Expropriation immorale puisque les indemnisations étaient ridicules.Et la population d'Atenco a gagné par le biais de la mobilisation et la contestation.C'est la démocratie participative qui a décollé plutôt que les airbus.Lors des événements de mai 2006, les forces policières sont rentrées dans Atenco avec le but évident de «mettre sous contrôle» une population trop consciente, très politisée.Le gouvernement de Vicente Fox a décidé de frapper une ville où la politique passe par la parole et la résistance pacifique.Ce faisant, il a inversé la lettre «E» et la lettre «U» de son allégeance politique, passant de «conservateur» à « conservaTUER ».Amnistie International vient de se prononcer en donnant toute la crédibilité à la version de la population et non pas aux autorités politiques.Plusieurs personnalités d'un peu partout dans le monde ont aussi dénoncé l'attitude du gouvernement.Une commission de l'ONU s'est déjà penchée sur le dossier.On attend la lumière de la justice.C'est dans ce contexte que le processus électoral se déroulera au Mexique en juillet 2006.Car le coup à Atenco est aussi un coup aux élections et surtout à la crédibilité de la politique aux yeux des citoyens.La route sera longue pour remettre la parole au centre du processus politique ENRIQUE VON KALVA vonkalva@hotmail.com mi m mow: fetes/ Le 27 mai dernier, deux manifestations ont eu lieu quasi simultanément à Montréal: celle de Solidarité Sans Frontière exigeant la régulation des personnes sans statut au pays et celle d'un groupe de citoyens demandant des mesures d'apaisement de la circulation.< 1 BLOC-NOTES Le Couac, juillet 2006, page 6 INTRODUCTION A L'ETHIQUE Beaucoup de gens tirent leurs conceptions morales de la religion à laquelle ils adhèrent et décident à partir d'elle du comportement à adopter dans telle ou telle circonstance.C'est ainsi que le chrétien invoquera les dix commandements ou que le croyant en appellera à tel ou tel passage de la Bible — ou du Coran, ou de la Bhagavad Gita, ou de la Toran.L'idée est la suivante : est bien ce que Dieu y prescrit; mal ce qu'il y interdit.Les problèmes de l'éthique sont ainsi résolus.Les adeptes de cette doctrine (appelée le commandement divin) ont du mal à concevoir qu'il puisse en être autrement et pensent très sincèrement que la moralité serait impossible en dehors de la religion: «Sans dieu, tout serait permis», diraient-ils volontiers, en paraphrasant Dostoïevski.Ce n'est pas que de la théorie: dans le monde, en ce moment même, on trouvera bien des milieux où une telle vision des choses est extrêmement présente et influente.C'est elle, au moins en partie, qui anime les intégristes de tout poil et de tous les pays et qui inspire les fondamentalistes — depuis les États-Unis jusqu'aux quatre coins du monde.Si ces personnes ont raison, l'éthique, du moins telle que la philo essaie de la concevoir, est un projet vain.En effet, devant tout problème moral, il suffirait de consulter les voix autorisées pour savoir quoi penser et que faire.Que penser de cette position?Elle a pour commencer un certain nombre de problèmes que la plupart des 3/12 : ÉTHIQUE ET RELIGION gens reconnaissent d'emblée.Il y a d'abord bien entendu le fait que tout dépend que l'on croie ou non à Dieu.Ensuite le fait qu'il existe des religions différentes qui donnent des prescriptions différentes.Et puis le fait qu'une même religion a pu, durant son histoire, soutenir des positions différentes voire opposées sur un même sujet.Il y a encore le fait qu'on trouvera dans un même texte (la Bible, disons) des positions différentes voire opposées.Il y a enfin le fait que certaines prescriptions religieuses nous semblent parfaitement délirantes.Mais la doctrine du commandement divin souffre aussi d'un problème majeur et irréparable qui a été aperçu par Platon — il y a donc longtemps.Le voici.Cela se passe dans un dialogue appelé Euthyphron.En allant au palais de justice pour y apprendre les accusations qui sont portées contre lui, Socrate croise ce jeune homme, Euthyphron.Celui-ci est allé porter plainte contre son propre père, qu'il accuse de meurtre.Était-ce la chose à faire, demande Socrate.Certainement, répond l'autre : c'est ce qui est saint (ou pieux), c'est ce que demandent les dieux.On reconnaît là notre doctrine du commandement divin.Socrate pose alors à Euthyphron la question suivante : « Le saint [ou le pieux] est-il aimé des dieux parce qu'il est saint, ou est-il saint parce qu'il est aimé des dieux?» Un philosophe contemporain soutient qu'on peut savoir si une personne est douée pour la philo selon qu'il se rend compte, ou non, de la profondeur et des implications de cette question.Apparemment, Euthyphron n'était pas très doué, puisqu'il répond : « le n'entends pas bien ce que tu dis là, Socrate.» Ce que la question implique, c'est que même si on accepte la doctrine du commandement divin, on ne peut échapper à un dilemme dont la solution demande qu'on renonce à la doctrine du commandement divin.est mal et c'est pourquoi il le commande et qu'on retrouve ce commandement dans le Coran.Tout va bien pour le croyant et la doctrine du commandement divin, alors?Regardez mieux.On l'a rejetée pour la sauver, cela en admettant qu'il existe un standard de ce qui est bien (ou mal) indépendant de Dieu.Il existe des religions différentes qui donnent des prescriptions différentes.Le fait, à vrai dire, est que les théologiens eux-mêmes rejettent massivement la doctrine du commandement divin pour fonder l'éthique — et cherchent dans d'autres directions Supposons qu'on réponde à Socrate que X est la chose à faire parce que c'est ce que Dieu commande.Par exemple, un marchand ne vole pas ses clients parce qu'Allah l'exige.En ce cas, voler n'est ni bien ni mal en soi et c'est ce qu'il faut faire parce qu'Allah le veut.S'il avait recommandé de voler ses clients, c'est ce qui serait bien et ce qu'il faudrait faire.Cette conclusion est inacceptable, même si on est croyant Elle fait dépendre ce qui est moral dépend des commandements arbitraires de Dieu — qui aurait bien pu commander le contraire de ce qu'on a — et rend impossible de maintenir que Dieu est bon.Arrivé à cette conclusion, le croyant se rabat alors sur la deuxième option du dilemme: ce qui est saint est aimé des dieux.En d'autres termes, Dieu commande ce qui est juste et c'est parce que c'est juste que c'est recommandé par lui.Dieu sait que voler ses clients Résumons.L'éthique veut proposer des principes et des théories permettant de répondre de manière argumentée et cohérente à la question de savoir comment nous devrions vivre.Certains pensent que l'entreprise est vouée à l'échec : c'est le cas des relativistes moraux.Mais nous avons conclu la dernière fois que leur position est intenable.D'autres pensent que l'entreprise est inutile, cette fois en raison de la doctrine du commandement divin.Nous venons de voir que cette idée est incohérente (youhou, M.Bush, youhou .inscrivez ici le nom de votre intégriste préféré).La prochaine fois, j'en finirai avec les thèses qui prétendent que réfléchir à l'éthique est perdre son temps.Après quoi on se lancera à l'eau.NORMAND BAILLARGEON baillargeon.normand@uqam.ca Ports méthaniers au Québec : un risque inutile Energie Cacouna, regroupant TransCanada Pipelines et Pétro-Canada, propose de construire un terminal d'importation de gaz naturel liquéfié (GNL) à Saint-Georges de Cacouna près de Rivière-du-Loup.Gaz Métro, Enbridge Inc.et Gaz de France ont un projet similaire, le projet Rabaska à l'est de la ville de Lévis.Le Québec a-t-il besoin de cet apport en gaz naturel dans sa filière énergétique?Lénergie bleue, pas propre, propre ! Moins polluant que le pétrole et le charbon, le gaz naturel (que gaz Métro a baptisé l'énergie bleue), liquéfié ou gazeux, n'est pas aussi «propre» qu'on tente de nous le faire croire.Le gaz naturel est constitué de produits émetteurs de gaz à effets de serre (GES) et de polluants atmosphériques.La composition chimique des émissions provenant du gaz naturel est la même qu'il ait été converti en GNL ou brûlé directement à partir du gaz.Cependant, les procédés permettant de liquéfier le gaz naturel et de le transporter sont énergivores.Le processus appelé la «chaîne logistique du GNL», qui consiste à liquéfier le gaz naturel, à le transporter outre-mer, puis à le regazéifier, exige une consommation accrue en gaz naturel de l'ordre de 18 à 22 %.De plus, le C02 initialement présent dans le gaz à l'état brut est susceptible d'être évacué dans l'atmosphère durant le processus de transformation.L'impact combiné de l'évacuation du C02 dans l'atmosphère au cours de la transformation du gaz, et de la pénalité énergétique inhérente à l'utilisation de la «chaîne logistique du GNL» auraient pour effet d'augmenter les émissions de 20 à 40 % par rapport aux émissions couramment produites à partir du gaz naturel obtenu de sources domestiques.Cette augmentation réduit substantiellement l'écart entre le charbon et le gaz naturel pour la production des gaz à effet de serre.Potentiellement explosif Le GNL est principalement composé de méthane, mais comme l'ont mentionné les promoteurs d'Énergie Cacouna, le GNL peut contenir du propane et du butane, hautement explosifs.Le GNL est un gaz inodore, incolore, non toxique, ininflammable, non corrosif et inerte selon les promoteurs.Le GNL est gardé à une température inférieure à -160 °C.À cette température, il est effectivement ininflammable.Toutefois, en cas de fuite, le GNL retrouvera son état gazeux très rapidement.Ce mélange de gaz, sous forme de nuage, est inflammable, en plus d'être toxique et hautement réactif.De plus, pour des raisons de sécurité, les installations doivent être érigées loin de la population.Ce qui n'est pas le cas puisque le port méthanier est à proximité du village de Saint-Georges-de-Cacouna.Au fur et à mesure que se multiplient les projets de ports méthaniers en Amérique du Nord, les inquiétudes sont plus vives concernant les risques encourus.D'après une récente étude du Service de recherche du Congrès américain, les terminaux de GNL, les pétroliers et les oléoducs représentent des cibles de choix pour les terroristes.Cette étude souligne que le risque potentiel d'une attaque menée à rencontre d'une installation de GNL constitue une «grave menace».Quoiqu'une attaque terroriste n'ait pas encore été lancée contre un méthanier ou des installations de traitement de GNL, soulignons que des gazoducs, des oléoducs et des pétroliers ont fait l'objet d'attaques dans au moins six pays, incluant une action terroriste menée en 2002 contre le pétrolier français Limberg au large de la côte yéménite.Les installations de traitement du GNL sont des cibles de choix parce qu'elles sont extrêmement voyantes et donc faciles à repérer.Parmi les dangers potentiels, il y a les incendies de nappes d'hydrocarbures qui surviennent lorsqu'un mélange combustible de gaz et d'air s'en-flamme au-dessus d'une nappe de GNL résultant d'une fuite.Ces nappes brûlent avec une grande intensité, bien plus vite que s'il s'agissait de feux de pétrole ou d'essence, et dégagent une chaleur vive.Et, il y a consensus autour du fait que ce type d'incendie ne peut être éteint.Selon lames A.Fay, professeur émérite de l'Institut de technologie du Massachusetts, et expert eminent en GNL, un bateau bourré d'explosifs, comme celui que les terroristes ont utilisé contre le USS Cole en 2000 ou le pétrolier Limburg en 2002, provoquerait le déversement dans l'eau d'au moins la moitié de la cargaison et allumerait un puissant incendie.Au bout d'un peu plus de trois minutes, l'incendie pourrait se propager à plus d'un kilomètre du navire.Les responsables de la sécurité ne pourraient rien faire dans un cas pareil.Il n'y aurait pas assez de temps pour évacuer les gens ou pour neutraliser l'incendie.Comme ce fut le cas avec l'attaque dirigée contre le World Trade Center, il n'existe pas d'exemple pertinent de catastrophe industrielle impliquant un incendie de cette ampleur qui pourrait servir de précédent à partir duquel on pourrait projeter des mesures permettant d'assurer la sécurité du public.Jerry Havens, professeur à l'université de l'Arkansas, spécialiste des incendies et des armes de destruction massive, se préoccupe surtout du manque de mesures de sécurité exigées pour le transport du GNL.Lors de son témoignage devant le sous-comité de la Chambre sur les Réformes énergétiques, le 22 juin 2004, il a expliqué que la possibilité d'un déversement de carburant par un méthanier pourrait exiger la création d'une zone d'exclusion de plusieurs kilomètres afin de protéger adéquatement le public tout en précisant que «la réglementation actuelle ne couvre pas les déversements d'un méthanier amarré aux installations.» Le Québec n'a aucune raison de développer la filière du GNL ni à Cacouna, ni à Lévis.Pourquoi mettre les populations à risque lorsque celui-ci est inutile?S'il faut développer des projets régionaux, trouvons des solutions plus écologiques et sécuritaires.HydroQuébec a commencé à développer des projets éoliens d'envergure et la filière de l'efficacité énergétique refait surface.Bien sûr Hydro devra développer son propre champ de compétence dans l'éolien plutôt que d'allouer des contrats fort lucratifs au secteur privé.Pour vous opposer à ces projets : www.visioncacouna.com www.appellevis.org CLODE DE GUISE LIVRES Célébrer la moustache Le Couac, juillet 2006, page 7 M ichel onfray ne s'est jamais caché d'avoir été inspiré grandement par Nietzsche.Ses livres commencent par des citations du philosophe allemand et son ton vindicatif rappelle celui du créateur de Zarathoustra.Cela dit, on ne savait jamais clairement quelle était son interprétation de Nietzsche.Par la publication cette année d'un texte écrit en 1988, La Sagesse tragique, Michel nous parle de sa relation avec Friedrich.Michel Onfray La Sagesse tragique possibilités, les rendent visibles mais, en plus, portent à en accomplir les potentialités.Si la volonté de puissance semble en premier lieu un constat ontologique fort, c'est surtout un constat d'une ignorance fondamental de l'humain sur les forces qui l'habitent.1 J F 1 1 L À travers sa vision de Nietzsche, Onfray tente de tracer une ligne, de procéder à une séparation au sein de la philosophie française contemporaine.Onfray nous permet de distinguer les philosophes qui acceptent les affirmation nietzschéennes de ceux qui les récusent; entre ceux qui voient les conséquences de la mort de Dieu et ceux qui se ferment les yeux sur ce décès.En proposant sa définition de trois concepts nietzschéens (la volonté de puissance, le pouvoir et la construction de soi) Onfray nous donne des pistes pour mieux comprendre Nietzsche, mais surtout pour saisir la démarche d'un « nietzschéisme de gauche» dont il se réclame.Le constat nietzschéen, difficilement dépassable, de la réduction des forces morales à la volonté de puissance est bien expliqué par Onfray.On comprend rapidement qu'il ne s'agit pas d'un déterminisme social ou biologique mais bien d'un mélange des deux.On comprend aussi qu'il n'est pas possible d'affirmer une Vérité dernière sur ces déterminismes.À la question de ce qui fait vouloir l'humain - ce qui le fait se mouvoir - la volonté de puissance propose un mélange de forces intérieures et extérieures qui non seulement créent les Ce constat mène inévitablement à l'individualisme radical.Cet individualisme n'oublie pas l'Autre, mais il affirme l'impossibilité de prendre un autre sujet que l'individu pour comprendre le monde.On ne peut penser qu'à partir de l'indivisible «un».On ne peut pas le séparer en deux comme le dualisme corps/âme le propose, mais on ne peut pas non plus l'agréger à plein d'autres individus (une nation, un peuple, une classe) sans que l'analyse perde de l'efficacité.Le pouvoir fonctionne justement par cette séparation ou cette agrégation.11 sacrifie le matériel au profit d'idéaux, il sacrifie le corps à l'âme et l'individu au social.Chacun est réduit pour des principes qui dépassent ses plaisirs: construction des pyramides, érections des cathédrales, création du réseau économique de la mondialisation marchande, mais, aussi, travail quotidien pour la promesse (jamais vraiment réalisée) de la satisfaction des désirs à travers la consommation.C'est la logique de l'idéal ascétique qui place des systèmes transcendants et autonomes comme modèles pour justifier le sacrifice des individus.Ce modèle fonctionne depuis Platon jusqu'à nos jours.Cette interprétation de Nietzsche est la base du système d'Onfray qui lui permet ensuite de construire l'objectif de la construction d'une éthique de soi et de la rébellion con- tre l'idéal ascétique en lui opposant son «matérialisme hédoniste».C'est une arme intéressante contre les Luc Ferry, Alain Finkielkraut et autres kids kodak insipides de ce monde.C'est aussi une approche combative de la philosophie qui permet une grande richesse de réflexion.Toutefois, le lien entre les constats nietzschéens et la résistance contre la domination restent flous.Bien sûr, Onfray nous trouve quelques citations du célèbre moustachu qui peuvent nous convaincre sur le fait qu'il aurait, lui aussi, choisi le côté de résistance: «Fi! Croire que l'on pourrait remédier par un salaire plus élevé à l'essentiel de leur détresse, je veux dire leur asservissement impersonnel ! Fi ! Se laisser persuader que grâce à un accroissement de cette impersonnalité, à l'intérieur de la machinerie d'une société nouvelle, la honte de l'esclavage pourrait devenir vertu ! Fi ! Avoir un prix auquel on cesse d'être une personne pour devenir un rouage ! Êtes-vous complices de la folie actuelle des nations qui ne pensent qu'à produire le plus possible et à s'enrichir le plus possible.» La question ne s'arrête toutefois pas à savoir ce qu'en pensait Nietzsche.Une fois que la volonté de puissance est constatée et une fois mises de côtés les valeurs universelles: qu'est-ce qui nous pousse à choisir la résistance plutôt que la domination?Est-ce un choix arbitraire?Obéit-on à devenir ce que l'on est en prenant l'un plutôt que l'autre?Bref, peut-on tracer les limites de la volonté de puissance?Michel Onfray offre d'intéressantes perspectives de réponses, mais cette tension, qui habite aussi les œuvres de Foucault, Deleuze, Baudrillard et même Debord, n'est toujours pas résolue.SIMON TREMBLAY-PEPIN Onfray, Michel, La sagesse tragique, du bon usage de Nietzsche, Grasset, 2006, 188 p.BABYLON CIRCUS, Dances of resistance (Yelen/ Anubis) Retenant toute la charge du cirque et la verve de la résistance, Babylon Circus, un groupe issu du creuset liber- taire sévissant à Lyon (France), la ramène avec un album intransigeant et pourtant, \& J> d'un bout à l'autre, en équili-• bre précaire en reprenant, dans leur registre métisse allumé, le feu ardent cher à la Mano Negra initiale.À neuf, ce collectif respire des cuivres et des chants pourtant si urgents tout en reprenant pieds là où on se contente de courir après des mirages.MINE DE RIEN, Chute auditive (autoproduit MDR) SAINT-FLEMME,.Un peu ailleurs (Saint-Flemme/ Local) AVEC PAS D'CASQUE.Trois chaudières de sang (Dare to care/ Outside) Mine de rien, justement nom- mé, s'adjoint d'une clarinette impétueuse qui donne le contrepoint aux guitares et rythmiques débridées.Le sens de la cavale de ces Sherbrookois rassérène d'autant que les textes, tel Herbal, contribuent à nous revitaliser au-delà de toute publicité et discours experts.Saint-Flemme, un nom de village improbable dédié à la farniente, est le fait de Michel Bouffard, un musicien (un orgiaque guitariste acoustique, électrique, dobro, steel, etc.) qui a tout bidouillé («l'ordinateur permet facilement des 25 ou 30 pistes! ») ou presque sur ce disque pour le moins étonnant qui pète fort et sans vergogne.L'air de ne pas y toucher, le monde vu d'un char rend critique face à l'inénarrable corbillard qu'est juste- ment la bagnole: «On sait plus trop bien où on s'en va/ On sait plus rien/ La loi du marché compromet à long terme notre survie/ Y paraît que mon avenir appartient à une compagnie».Avec Pas d'Casque n'est autre qu'un duo batterie/ guitare brinquebalant qui cultivent des textes faussement naïfs privilégiant des saveurs surettes tout en traquant le malaise et l'incohérence à même le consensuel.Sur des rythmes un tantinet désabusés, voici des titres également à rebrousse poil qui ne manquent pas d'humour; Débouler ensemble, Poignées de mains molles, Gratuit à l'achat d'une montagne, etc.RAMON VITESSE JEUNESSE DE FRANCE, T.l Sylvain et Laurent s'éclatent (Fluide Glacial) de Lindin-gre n'est pas à prendre autrement qu'un sévère coup de gourdin - l'horreur ça commence en bas âge pour ces jeunes largués par un système hyper exclusif.Voici une lecture certes raccourcie, mais redoutable d'une récupération de la hargne des jeunes des cités périphériques qui pataugent dans l'ignorance et la pauvreté mais sont fringues avec des oripeaux tapageurs produits dans la misère absolue.Pour une apothéose familiale.L'AFFAIRE DU VOILE (Albin Michel) du dangereux Pétillon, celui-là même sévissant au Canard Enchaîné, rien de tel comme cette «enquête» du délirant Jack Palmer afin de pourfendre les minorités intégristes s'arrogeant nos destinées ! Dans des élans apparentés, JUIFS ARABES (Futuropolis) de Farid Boudjellal, une réédition attendue, cet auteur cartonne dans les imbécillités dogmatiques sans jamais dérougir.Un rare point de convergence entre ces juifs et arabes : dompter ces jeunes qui résistent aux haines séculaires et pire.s'aiment! LA CROISADE S'AMUSE (Albin Michel) de Jul, oui, ce coup de crayon impénitent et impie sévissant dans Charlie Hebdo, permettra de pisser de rire en découvrant maints dessous facétieux dans cette hallucination américaine à en découdre avec des démons qui, incidemment, font leur nid à même des vestiges de matière grise.VALENTIN TARDI Chroniqueur à Xhebdomadaire Voir Le zapartiste François Parent eau passe à la « presse libre » Faut-il le rappeler?François Parenteau, membre des Zapar-tistes, a été congédié de Radio-Canada en décembre 2005, après y avoir livré, pendant quelques années, ses chroniques d'opinion dans le cadre de l'émission de J.Le Bigot.Le motif du congédiement?Si vous avez vu l'une ou l'autre des dernières prestations des Zapartistes, si vous avez lu le livre que Parenteau vient de publier, si vous l'avez lu encore dans l'hebdomadaire Voir, où il est désormais chroniqueur, vous savez très bien.Et si vous ne savez pas, vous n'avez aucune excuse puisque Parenteau ne cesse de le rappeler sur toutes les tribunes, sans arrêt, depuis six mois.Ses propos «ressemblaient trop à de l'éditorial».Voilà pourquoi.Le genre semble pourtant bienvenu pour d'autres, à d'autres heures, et surtout pour d'autres plumes autrement colorées.Cette affaire a fait du bruit à juste titre, mais elle semble désormais devenir un fond de commerce pour le principal intéressé.Par ailleurs, on peut bien crier à la censure et pester contre le contrôle des esprits sur les ondes fédérales, mais encore faut-il répartir sa logique et sa critique de façon équitable.Passons sur le bref passage de Parenteau à l'hebdomadaire, puis au bimensuel, puis au mensuel Le Doigt.Cette revue lancée par un ancien drôle du défunt magazine Croc n'a fait qu'un petit tour et tout le monde l'a déjà oubliée.Disons que ce n'était que drôle.Mais faut-il rire de voir Parenteau affirmer, dans sa première chronique à l'hebdomadaire Voir (8 juin), qu'il est heureux désormais de travailler pour un «média indépendant des grands groupes de presse et des gouvernements», tout en remerciant Richard Martineau pour «la plogue»?Faut-il rappeler au zapartiste que Transcontinental possède des avatars du Voir à Gatineau, Québec et Sherbrooke; que Transcontinental imprime La Presse grâce à sa mise en cheville avec Gesca qui relève de Power Corporation ; que.Transontinental est cette même entreprise qui contrôle l'immense majorité des journaux de quartier, qui nous inondent de publicités mais donnent toujours bien peu d'informations; que Transcontinenatl est aussi l'heureux créateur et diffuseur des Publisacs, cette autre production écologique de qualité?Plus que tout, Transcontinental, c'est depuis toujours le journal Les Affaires et ce qui vient avec.N'en jetons plus: le bac de recyclage est plein.Ce cher Parenteau est-il pris soudain d'une inquiétante candeur ou son ironie se fait-elle si fine qu'on ne la voit plus?François, reviens! Reviens, François ! Les lecteurs qui préféraient l'ancien François Parenteau à celui-là se réjouiront au moins de retrouver les meilleurs passages de ses chroniques radio-cannadiennes rassemblée chez Lanctôt éditeur, désormais propriété de l'éditeur Michel Brûlé.Malgré quelques pièces moins bien mûries, plusieurs valent le détour.ABOU DNEHR PARENTEAU, François Délits d'opinion.Chroniques d'humeur.et rien d'autre Lanctôt éditeur, Montréal, 2006, 201 p.ISBN 2-89485-348-3 i m m i mmi Le Couac, juillet 2006, page 8 Le festival juste pour mourir « Que voulez-vous enseigner avec votre exemple?Qu'il ne faut pas tuer.Et comment enseignez-vous qu'il ne faut pas tuer?En tuant.» -Victor Hugo, 1848 Voici enfin l'été et la saison des festivals.Seulement à Montréal, on a les Francofolies, le festival de jazz, de l'humour, des films du monde, etc.Et on ne parle même pas de tous les petits festivals de province: le festival western de St-Tite, le festival agricole de St-Hyacinthe, le festival de la fraise de Ste-Madeleine, et j'en passe.Curieusement, on en oublie souvent un qui pourtant est tout aussi pittoresque et ouvert à l'année longue: le festival de la peine de mort.De calibre international, ce festival attire bon an mal an de gros joueurs comme la Chine, l'Iran et le Vietnam.Mais notre voisin du sud n'est pas loin derrière avec une grille horaire des plus remplies.Avec 65 exécutions en 2003 et 59 en 2004, le festivalier en a pour son argent ! Que 86 pays aient renoncé ou suspendu leur participation à ce carnaval morbide ne semble pas avoir découragé nos valeureux voisins dont les prisons renfermeraient près de 3 400 détenus condamnés à mort.Les sites de ce festival perpétuel au pays de l'Oncle Sam sont nombreux mais le chapiteau le plus gros est situé à Huntsville au Texas.Le Texas détient d'ailleurs le record cumulatif du nombre d'exécutions dans un État américain depuis 1976, avec 355 exécutions, dont 152 approuvées par W.Bush lui-même durant les six années où il a été gouverneur de cet état.Bravo George pour ce record en tant que gouverneur d'un État ! Mais revenons à la billetterie du festival.L'attente pour obtenir son billet dans les couloirs de la mort peut être plus ou moins longue, allant de quelques années à 24 ans dans les cas des festivaliers les plus patients Aux États-Unis, l'immense majorité des condamnés à mort sont pauvres et n'ont pas eu droit à une défense équitable.42% des condamnés à mort sont Noirs alors qu'ils ne représentent que 12% de la population.Une personne reconnue coupable du meurtre d'un Blanc risque 20 fois plus la peine capitale que celle qui a tué un Noir.La sentence de Farley Matchett a été prononcée par 11 personnes de race blanche et une seule de race noire.une femme mariée à un homme blanc.comme le célèbre Mumia Abu-lamal, ou 14 ans pour Farley Matchett dont il sera question un peu plus bas.Après la longue montée en tension dans le couloir de la mort, la date du show est enfin annoncée.11 ne reste plus que quelques mois avant le spectacle, pendant lesquels l'heureux élu est changé de prison, histoire qu'il n'oublie surtout pas ce qui l'attend.Puis vient le grand soir et son célèbre dernier repas où toutes les extravagances sont permises: certains y vont d'un double cheeseburger, d'autres de tacos nappés de trois sauces différentes.Au diable la dépense quand c'est l'État qui paie.Et puis c'est le trajet qui mène à l'abattoir, euh.je veux dire sur le «stage» où l'on vous injectera le poison létal.Certains tremblent et ont un trac fou (c'est normal, une première c'est toujours énervant.), d'autres demeurent stoïques et dignes.Quoi qu'il arrive que certains perdent leur superbe quand la veine n'est pas bien piquée où le dosage des produits pas adéquat.On l'a vu encore récemment lors de l'exécution de Joseph Clark le 2 mai dernier, alors que celui-ci a agonisé pendant 90 minutes avant de finalement faire son salut final.Ceux qui ont assisté au meurtre se retrouvent ensuite dehors devant la presse locale pour partager avec elle les moments forts du spectacle.Tout cela est fort bien montré dans Le Dernier Repas*, un des rares films qui décortique l'abjecte «machine» derrière tout ce cirque.Si je vous parle de cela aujourd'hui, alors qu'on est tous à planifier nos vacances estivales, ce n'est pas absolument pour faire mon «casseux de party ».C'est seulement pour vous informer que l'un de ces prisonniers du couloir de la mort vient de recevoir sa date d'exécution pour le 12 septembre prochain.Or cette personne, comme la majorité des condamnés à mort, a eu un procès bâclé indigne d'une société dite civilisée.Vous me direz, reste à savoir si le pays de Guantanamo Bay et d'Abu Graïb, si le pays des massacres de civils en Irak et en Afghanistan, le pays qui gracie des dindes mais rarement des être humains, est civilisé, mais ça c'est une autre histoire.Toujours est-il que Farley Matchett continue de se battre et garde espoir que son avocat puisse faire rouvrir son procès avant la date fatidique.Après tout, d'autres ont réussi avant lui.Et son procès avait été une farce si lamentable (voir l'extrait de la lettre ci-contre) que sa réouverture pourrait lui permettre, selon lui, de plaider la légitime défense et d'éviter l'assassinat programmé par l'État.Inutile de dire que les fonds pour sa défense sont plus que jamais nécessaires.Loin de moi l'idée d'assombrir votre début d'été déjà pas très beau.Allez-y; aller vous baigner, pédaler, camper, manger, fêter.Bref profitez de votre liberté.Car c'est pour elle que l'on se bat.Mais si vous avez le choix entre 4 ou 5 shows payants au festival de )azz, pourquoi ne pas choisir d'en voir 4 et de mettre le 30 $ du cinquième pour acheter le DVD du Dernier Repas dont tous les profits vont à la défense de Farley Matchett?BRUNO DUBUC * Le DVD du Dernier Repas, de Julien Élie, est disponible par courriel au schulles@colba.net Extrait d'une lettre écrite par Farley Matchett : [.) Eh juillet 1991, j'ai demandé à un homme qui me devait de l'argent, quand il comptait régler cette dette vieille de 8 mois.Lorsque je lui ai posé cette question, il s'est fâché.)e me suis très vite rendu compte que la conversation allait s'envenimer et j'ai tenté de partir.Mais il m'a brutalement arrêté à la porte, m'a bloqué et m'a asséné un coup de poing.Nous avons commencé à nous battre.J'étais en situation d'infériorité devant cet homme bien plus fort que moi.A un moment donné, il a sorti un couteau qu'il a appuyé sur ma gorge dans l'intention bien évidente de me la couper.)e lui ai envoyé un coup de genou dans l'aine et j'ai retourné le couteau contre lui.Le couteau est entré dans sa poitrine et il s'est immédiatement écroulé.J'ai appelé les secours mais il est mort sur la table d'opération.Trois jours plus tard, j'ai été arrêté et passé à tabac pendant 36 heures d'affilée.Pendant ce tabassage, les policiers ont littéralement extorqué une confession et j'ai signé ce qu'ils voulaient simplement pour que s'arrête ce tabassage.}e ne pouvais voir ce que je signais tellement mes yeux étaient gonflés.Les policiers ont guidé ma main pour que je signe cette confession.Qn m'a alors jeté dans une cellule souterraine pour y attendre mon procès, j'y suis resté 19 longs mois.Le procès a débuté le 22 février 1993 et s'est terminé le 26 février 1993.Ce n'était rien de moins qu'une parodie de justice.Mon avocat commis d'office n'a pratiquement rien fait pour défendre mes droits.Il m'a donné pour instruction de plaider coupable afin d'éviter une sentence de mort, il prétendait invoquer la légitime défense par la suite.]e l'ai suivi car je lui faisais confiance mais en vérité il m'a préparé à recevoir une sentence de mort.II n'a appelé que deux témoins pendant la première phase du procès.\l n'a formulé aucune objection et en 1996, la Cour d'Appel m'a débouté lors de mon premier appel à cause de cela, lis ont dit que l'avocat avait omis de faire valoir des objections lorsque les erreurs étaient manifestes et que, de ce fait, ils ne pouvaient les acter pour lui.S'il avait fait valoir une seule objection, j'aurais pu obtenir un nouveau procès.II a laissé le champ libre à l'accusation pour m'envoyer dans le Couloir de la Mort.I.1 Farley C.Matchett # 999060 Polunsky Unit DR.3872 FM 350 South Livingston - Texas 77351 USA The Farley c.Matchett Defense Project (Donations) c/o Mrs Pennie Matchett P.O.Box 121 Midway, Texas, 75852 L'objectivité Guy Fournier, président du conseil d'administration de Radio-Canada: «Durant [les 15 ou 20 dernières années], je crois que Radio-Canada n'était pas totalement objective ou très bien équilibrée dans l'information qu'elle diffusait.Pas seulement dans l'information, mais aussi dans les émissions d'affaires publiques.» (radio-canada.ca, 29 mai 2006) L'objectivité est un concept pourtant simple: «Je crois que la SRC peut faire ce que le chemin de fer a fait lors de la fondation de ce pays, le crois qu'elle peut unifier le pays.C'est le rôle qu'un diffuseur public doit jouer.» (Ibid.) LIMPIDE Des chiffres ou des lettres ?Voilà maintenant que l'on demande l'avis des parents pour savoir comment il faut noter les enfants ! Et si au lieu de demander l'avis des parents on demandait l'avis de tout le monde en organisant un sondage pour les 7 à 97 ans Ou mieux encore,un referendum avec une question claire: «des chiffres ou des lettres?».Les parents doivent sûrement avoir des connaissances transversales pour être aussi compétents en numérologie ou encore être très lettrés.Si tous les spécialistes en science de l'éducation et tous les fonctionnaires du ministère de l'Éducation du Québec n'ont pas réussi à se mettre d'accord les parents,ces pauvres êtres traumatisés, qui ont subi les affres d'un système où on les notait injustement vont pouvoir exiger que l'on ne soit pas injuste envers leur progéniture.Car toute la question est là comment évaluer les connaissances d'un apprenant (en vieux français,un écolier)?Le problème a commencé à se poser à la fin des collèges classiques, au début des cégep, lorsqu'on a demandé aux professeurs de «normaliser» les notes.Il fallait que de plus en plus d'élèves passent au niveau suivant.Résultat :celui qui était faible dans une matière éprouvait encore plus de difficultés au niveau suivant et devait se rattraper et décrochait au sens propre ou figuré car sa note de passage n'avait plus aucune signification.Cette normalisation ou ce tassement des notes un peu au-dessus de la note de passage n'a eu que des effets pervers.Mais passons.puisque tout le monde doit passer.Soyons positifs(ce qui veut dire supérieur à 0 mais qui n'a pas de sens dans le système des lettres).Qu'est-ce qui empêche de revenir à un système de numérotation pour tous?Si vous arrivez à répondre à cette question, avec la permission de mes parents.je vous décerne la note 10/10 ou je vous attribue A/A.THOMAS DÉRI ex prof de maths et ex parent qui n'a plus d'enfant à l'école Pasclair nationaliste contre la nationalisation de l'eau3, un progressiste favorable aux Partenariats publics-privés (PPP)4 et un gauchiste qui désire créer un fonds de remboursement de la dette5.Le chef du PQ a également salué les signataires du Manifeste pour un Québec lucide pour leur «contribution importante»6 et vient tout juste de nommer un penseur de droite, Michel Audet de l'Institut économique de Montréal, dont il apprécie la «qualité des idées», comme conseiller spécial7.Concernant la souveraineté, on remarque que le grand chef n'a pas son pareil pour soutirer de ce projet (quoique le mot est fort) ses derniers relents progressistes.En entrevue, il affirme qu'il parlera de souveraineté «au moins autant que M.Mulroney a parlé du libre-échange en 1988» et que le Québec est une « entreprise » que l'on ne peut redresser «en partant de la succursale»8.Inspirantes images, n'est ce pas?Mais toutes ces déclarations n'ont absolument rien de spécial ou d'extraordinaire.Au contraire, s'il y a une chose claire avec Boisclair c'est qu'il est un politicien d'une banalité consommée qui ne fait que suivre le chemin tracé par Parizeau, Bouchard et Landry.11 suit le courant ordonné par la fosse sceptique néolibérale, et rien d'autre.Ce qui surprend, plutôt, c'est que certains gauchistes continuent de militer au PQ.Car si on comprend que Boisclair puisse endormir l'élec-torat en le berçant de ses fables progressistes, on se demande bien pourquoi des militants politisés - on pense ici au SPQ-libre - se laissent berner par un discours d'une telle grossièreté.Il est en effet impossible de comprendre la schizophrénie qui anime cette gauche étrange si l'on oublie qu'elle est motivée par une autre idéologie que celle de la sociale-démocratie.C'est ailleurs qu'il faut chercher pourquoi certains progressistes ont encore la tête dans le PQ, dans un autre cadre idéologique, celui du nationalisme.Car selon eux, même vidée de son contenu progressiste, comme c'est le cas depuis au moins 1995, la souveraineté restera toujours, voire éter- suite de la page 1 nellement, un projet de gauche.Aucun argument ne peut ébranler cette conviction viscérale: puisqu'on ne pourra jamais régler les conflits sociaux et environnementaux sans avoir notre État, la lutte de libération nationale se situe au-dessus de ces mêmes conflits.Elle est une première étape essentielle sans laquelle rien n'est possible.C'est la conviction de ce fait jamais démontré qui les amène à vivre leurs contradictions sans que leur cerveau ne casse en deux.C'est elle qui les amène à militer au nom des « idéaux les plus élevés de liberté et de justice sociale»9, à la construction d'un État capitaliste et autoritaire, au sein de cette «grande coalition nationale» qu'est le PQ, un parti antisyndical et chauvin.D'après eux, la lutte de libération nationale se situe dans la sphère inatteignable et transcendante de la Nation - ou plutôt de l'idée qu'ils se font de celle-ci.À une telle hauteur, ils s'élèvent effectivement au dessus des conflits sociaux pour se mettre à flotter avec légèreté dans le vide.À ce niveau, nous sommes d'accord avec les « progressistes» du PQ.En matière de vide, il est certain qu'André Boisclair sera le chef idéal.Ce qui surprend, plutôt, c'est que certains gauchistes continuent de militer au PQ.1 Novembre 2005.2 Débat à Deux Montagnes lors de course à la chefferie du PQ (octobre 2005) 3 Débat à Rimouski (octobre 2005) 4 Ibid.5 La Presse, jeudi 22 septembre 2005, p.Al.6 Le Téléjournal/le Point, octobre 2005.7 Le Devoir, vendredi 9 juin 2006, p.A5 8 Le Téléjournal/Le Point, novembre 2005.9 Déclaration de principes du SPQ-libre: www.pierredubuc.org N.D.L.R.: Ce texte n'engage que son auteur Comme par hasard Le lien menant à la section social-démocratie du site internet du PQ indique que La page à laquelle vous tentez d'accéder n'existe plus ou est désuète.
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