Le couac, 1 mai 2007, mai
Où s'en va le PQ?, p.3 La chair à canon de l'armée canadienne, p.4 Comment les riches détruisent la planète Hervé Kempf : le chaînon manquant, P.7 Vol.10 • n° 08 ! tt Mai 2007 3.50 MAXIMUS, dit l'Honorable endant qu'ici on s'interroge encore SUr 08 qui a bien pu arriver pour qu'une partie trop importante du peuple se garroche dans les bras de Mario en élisant ses nobodies, à Ottawa, un gouvernement qui milite ouvertement pour l'installation d'une droite idéologique poursuit son chemin avec une constance qui devrait inquiéter, pour ne pas dire effrayer.L'un des principaux porte-drapeaux de cette droite d'inspiration étasunienne est Maxime Bernier, beauceron d'origine réfugié depuis longtemps à Montréal pour affaires.Élu en Beauce avec 67% des voix l'année dernière, il a gagné de se faire appeler désormais Maximus.En effet, hormis les comtés de l'Ouest de l'île, où les libéraux récoltent des majorités qui n'auraient pas déplu à Saddam Hussein à l'époque, et les sables bitumineux albertains, où les conservateurs font, c'est le cas de le dire, le plein, on ne trouve plus semblable majorité nulle part.On le dit même sur les rangs quand sonnera l'heure de remplacer Stephen Harper.Avec lui, par contre, cela a l'avantage d'être clair.Pendant la dernière campagne électorale, il mettait sur le dos des défenseurs de l'environnement les hausses du prix du pétrole.Même les pétrolières s'en sont trouvées interloquées.«I! y a des gens qui disent que c'est difficile de construire une nouvelle raffinerie à cause des pressions des environnementalistes.Ils ont tout à fait raison.C'est la gauche qui fait en sorte que le prix du pétrole soit élevé.C'est des gens de gauche, avec des pressions environnementalistes qui font pression sur les compagnies pétrolières pour les empêcher de raffiner des produits.]'aimerais que les Québécois arrêtent de pointer les compagnies pétrolières.» C'est ce qu'il confiait à Radio-Canada.Pensée.raffinée, à tout le moins.Dans une plaquette publiée en 2003, le point de vue maximal s'étalait à droite toute.Partisan d'un taux unique d'imposition, on pouvait lire sur la quatrième de couverture de la publication que «la progression dans les taux d'imposition ne repose sur aucun critère de justice.En réalité, elle repose sur le fait qu'une majorité a la possibilité d'établir un impôt discriminatoire aux dépens d'une minorité de citoyens.La discrimination basée sur le revenu n'est pas plus défendable que la discrimination basée sur la religion.Notre régime bafoue le principe de l'égalité des citoyens devant la loi et constitue un abus de pouvoir des politiciens.Il est inéquitable, injuste et arbitraire.» C'est avec difficulté qu'on résiste à verser une larme sur le sort de ces pauvres riches.Même Marcel Dutil, grand patron de Canam-Manac, capitaliste beauceron lui aussi et surtout pas gauchiste pour deux sous, avait vertement rabroué le petit Mario quand il avait flirté avec cette idée d'un taux unique d'imposition durant la campagne de 2003.Jusqu'à son élection, Maximus était vice-président de l'Institut économique de Montréal, une usine montréalaise de fabrication de la pensée néolibérale qui pourfend le salaire minimum, plante les BS et dénonce l'équité salariale, entre autres opérations.Son président d'alors, Michel Kelly-Gagnon, «un ami personnel», est aujour- %)c.volo sit juheo sit fvû ratrionv voluntas* d'hui président du Conseil du patronat.C'est à ce titre qu'il y a quelques jours, il félicitait Maximien pour mettre la pression afin de déréglementer la téléphonie locale.«Il a pris une bonne décision», a-t-il dit, comme l'ont aussi affirmé les présidents de Bell et de Telus pendant que l'Union des consommateurs s'inquiétait.«H est comme nous autres, Maxime», a même confié un député albertain.C'est ça: libre concurrence, lois du marché, et le gouvernement laisse faire.C'est aussi Maximus qui s'interdisait d'exiger de Boeing qu'une part importante des retombées du plantureux contrat militaire de 15 milliards $ qui venait de lui être accordé bénéficie au Québec.«Lorsque j'entends le Bloc demander à ce gouvernement de s'ingérer dans des contrats de nature privée pour allouer et dicter à Boeing avec qui faire affaire, c'est irrespectueux, c'est irresponsable et ce gouvernement ne fera pas ça.» Très privé, en effet, ce contrat dont les contribuables sont seuls à payer la note.Prédestiné par son prénom, Bernier ne rigole pas avec le protocole.Quand on est maximum, on ne fait pas dans le minimum, n'est-ce pas.C'est ainsi que le 4 août dernier, une personne de son cabinet, Isabelle Fontaine, rappelait que «te ministre préfère se faire appeler Honorable dans les documents d'industrie Canada.» Lâche pas mon Max, ça s'en vient, le Très Honorable ! MICHEL RIOUX Le Me plus ultra des lobs i l n'y a pas que ia mascotte ronald qui a des allures clownesques ces jours-ci chez McDonald's.Les faiseurs d'images du grand M jaune de la Malbouffe aussi sont forts en escobarderies.Leur dernier exploit est une campagne publicitaire fallacieuse tout aussi indigeste et laxative qu'un Big Mac réchauffé.Une offensive à l'objectif double: d'une part, encourager les jeunes Québécois à s'enrôler dans leur rang et de l'autre, dénoncer, voire même faire abolir la définition de l'expression Mcjob qui, comme on le sait, désigne un emploi sous-payé, peu prestigieux et sans grande possibilité d'avancement.Mais pour que les mentalités changent, il faudrait premièrement que McDonald's ajoute de la cohérence en agissements à ses slogans aussi vides en contenu que les menus qu'ils proposent.De manière concrète, 'offensive se remarque notamment à l'intérieur des autobus de la ville de Québec où plus de la moitié de l'espace réservé à la publicité y est occupé par la propagande McDonald's.«On est là pour nos employés», clament les affiches qui poussent même l'audace jusqu'à sous-entendre une philanthropie sans bornes de la part de la compagnie: «On apprécie tout de ton travail, et il n'y a rien qui nous rende plus heureux que de te récompenser» (http ://www.worksforme.ca/fr/).Traduction : Hey le jeune, tu vas voir qu'on est pas regardant, des Big Macs, ça nous coûte pas cher! Au Québec, un Mc-employé moyen gagne l'équivalent d'un trio (frites, breuvage, sandwich) soit le salaire horaire minimum fixé par le gouvernement de la province.En Chine, le même employé gagne - en théorie - 7,5 yuans, l'équivalent d'un huard canadien.Vous avouerez qu'une «récompense», c'est quand même plus poétique que «on voudrait bien vous payer moins, mais malheureusement, l'état nous met constamment des bâtons dans les roues».À cet effet, l'Agence France-Presse (AFP) publiait en début de mois dernier les résultats d'une étude officielle montrant que des travailleurs Chinois embauchés chez McDonald à temps partiel, gagnaient 4 yuans, soit 3,5 yuans de moins que le salaire minimum en vigueur.De quoi faire douter des «salaires compétitifs» promis, de la bonne volonté des dirigeants de la compagnie et faire perdurer la connotation péjorative associée à l'expression Mcjob.JEAN-FRANÇOIS MERCURE Edito 4 : Convergeons ! Après dix ans d'existence.Le Couac brisait en février dernier son légendaire silence éditorial pour plusieurs raisons: d'abord pour vous rappeler l'importance des abonnements comme source première de revenus d'un journal indépendant comme le nôtre; ensuite pour vous expliquer pourquoi nous avons quitté notre gros distributeur pour un plus petit indépendant comme nous; et finalement, le mois passé, pour vous rappeler que nous sommes toujours ouverts à de nouvelles collaborations.Ce mois-ci, c'est de convergence médiatique qu'il sera question.Mais ce ne sera pas, contrairement à notre habitude, pour décrier l'empire de Québécor, de Canwest Global ou autre Rupert Murdoch de ce monde.Non.Car l'équipe du Couac a enfin compris les bienfaits de la convergence ! Elle a surtout compris qu'un peu comme un couteau, la convergence n'est pas mauvaise en soi mais bien selon l'usage qu'on en fait: pour trucider l'intelligence du monde à coup de Journal de Montréal, de Star Académie et de vedettes préformatées insipides, ou encore pour la sculpter avec la pointe acérée de la satire et l'ironie.Voilà une deuxième option ô combien plus réjouissante! Cette option, nous la retrouvons chez deux autres médias indépendants québécois avec qui, on vous l'annonce donc en grande pompe, nous allons «converger»! Il s'agit, dans le coin gauche, de la Tribu du Verbe (www.latribuduverbe.com), le blog d'actualité politique qui vous implore de «financer la violence pour qu'elle ne soit plus gratuite» et dans le coin droit, parmi les ordures, de Musironie (www.musironie.com), la «radio poubelle de gauche».La Tribu du verbe compte une bonne centaine de collaborateurs dont les entrées quasi quotidiennes sur le site reçoivent souvent des dizaines de commentaires.C'est donc un lieu de débat où la langue de bois est à laisser au vestiaire, où de joyeux trublions nous « dérident les fesses », et où le choc des idées amène à se positionner.Quant à Musironie, c'est l'œuvre de trois compères, Alain St-Pierre, Guillaume Lévesque et Bob l'Aboyeur qui, depuis plusieurs années maintenant sur les ondes de CIBL (101,5 FM), s'emploient à nous inventer les plus vraies fausses nouvelles en ville.Tellement fausses en fait, que l'ironie qui en émane nous fait voir la réalité plus clairement et plus crûment que bien des analyses sérieuses.Donc deux médias indépendants qui, comme Le Couac, utilisent l'humour pour décaper le vernis de démocratie que nos «grands médiocres » badigeonnent partout et ainsi faire ressortir ce qu'il y a derrière: les beaux noeuds des esprits tordus qui asservissent la majorité.Ensemble, nous convergerons donc pour faire trembler l'oligarchie.Car voici enfin venue l'alliance caustique par excellence, la troïka de l'Union des Républiques Satiriques Salvatrices (U.R.S.S.), j'ai nommé: Le « Triumvirus » La Tribu du Verbe - Musironie - Le Couac 3 fréquences de publication Quotidien, hebdomadaire, mensuel.3 types de médias Blogue, radio, journal.Un même but Tirer sur la connerie où qu'elle soit ! Et comment va se matérialiser cette convergence?De différentes façons au gré des idées, des collaborations ou des événements.Mais déjà, on sait qu'une nouvelle section «Couac» sera créée dans la Tribu du Verbe.De sorte que si l'auteur d'un article dans Le Couac veut ouvrir la discussion avec ses lecteurs, il n'aura qu'à indiquer le lien qui mène à son entrée dans la Tribu.Et ceux qui voudront lui faire des commentaires, des suggestions ou des insultes pourront le faire grâce au système de commentaires du blogue.Il y aura aussi tout ce qu'on faisait déjà de façon sporadique et informelle et qui gagnera à devenir plus systématique: la publication dans Le Couac de textes particulièrement drôles ou percutants venant de Musironie ou de la Tribu du Verbe, des collaborateurs du Couac qui vont à Musironie parler de leur article ou de la sortie d'un nouveau numéro du journal, etc Bref, Canoë et son empire n'ont qu'à bien se tenir car voici venir la «chaloupe de la convergence », le tentaculaire et omniscient « Triumvirus La Tribu du Verbe - Musironie - Le Couac» ! L'ÉQUIPE DU COUAC 006538528211308 If h Le Couac, mai 2007, page 2 Des vraies lettres sur du vrai papier Comme Le Couac est un journal qui évolue toujours à la fine pointe de la technologie et de vos besoins les plus fous en matière d'information, nous avions perdu l'habitude de recevoir des messages autrement que par courriel ou par messages textes sur nos cellulaires.Or, le mois derniers nous avons reçu quatre vraies lettres écrites sur du vrai papier et nous avons été tellement touchés par ce geste qui nous rappelait l'époque victorienne que nous les publions ici en version scannée.1.J*» kfl&M, C.'î) viA>i JÙèâity to ^Sûds.d*> ^ ) COURRIER DES LECTEURS Une constitution et une citoyenneté Québécoise : des propositions déraisonnables ! Pour M.Pratte (éditorial du 23 février), il s'agit là de propositions déraisonnables qui tourneraient vite en nids à chicane et dont le résultat serait de peu d'utilité, même si, par ailleurs, il reconnaît que « les constitutions énoncent les principes généraux, les fondements d'une société donnée».Définir les droits et les devoirs des citoyens, aussi bien leurs droits fondamentaux individuels que leurs droits collectifs, décrire les institutions politiques qu'ils veulent se donner pour vivre leur démocratie aux plans national, régional et local, et enfin, pour la première fois dans son histoire, associer le peuple à l'adoption de son contrat social, sa convention collective de citoyenneté, pour que chacun puisse en prendre possession et en être fier, c'est la tâche essentielle à laquelle presque tous les peuples ont voulu s'adonner avec courage et lucidité.Et pour nous, pauvres Québécois, ce serait « rêver en couleurs», selon M.Pratte.Pourtant, ce projet de rédiger et de faire adopter par le peuple sa Constitution, on le retrouve dans les programmes, non seulement de l'ADQ, mais aussi du PLQ, du PQ et de Québec Solidaire.Ont aussi souscrit à ce projet des citoyens aussi honorables et raisonnables que, entre autres, Guy Rocher, Jacques-Yvan Morin, Guy La-forest, Michel Sarra-Bournet, Bjarne Melkevic, Denis Monière, Marc Chevrier, Michel Seymour, Pierre Noreau, Claude Béland, André Larocque, Jean Cour-noyer, Marie McAndrew, Pierre F.Côté, Mario Cardinal, Jean-Claude Rivest, Paul Cliche.Tous seraient, aux yeux hyper lucides de M.Pratte, de dangereux rêveurs irresponsables ! Certes, l'adoption par les Québécois de leur Constitution ne serait pas, par elle-même, la solution apportée à tous leurs problèmes, mais elle pourrait bien s'avérer comme le commencement d'une véritable démocratie citoyenne enfin à la portée de tous, et non seulement des juristes experts consti-tutionnalistes ou de quelques savants éditorialistes.Marc Brière Co-président du Mouvement Démocratie-Souveraineté Le moustachu M Marc André Cyr, Merci.Il était temps que quelqu'un réagisse et ferme le clapet du moustachu du Lac-St-jean.La recherche que vous avez faite pour créer le petit lexique démontre les propos haineux et stupides d'un personnage qui, lorsqu'il se présentait dans le compté du Lac-St-Jean, ne les tenait pas car il aurait été foutu dehors à grand coup de pied dans le c.Je crois cependant que ce ne sera pas assez pour que le Quotidien ne le publie plus.Felix-Antoine Gagnon Citoyen du Saguenay — Lac-St-Jean Et qu'est-ce que ce sera pour le centenaire de Vimy?La commémoration à Vimy dans le nord de la France, qui rappelle la prise de la crête du même nom par les soldats canadiens durant la Première Guerre mondiale, en 1917, aurait dû se tenir en 2017, en prévision du cente- naire, et non cette année.Va pour le cinquantenaire, mais pourquoi souligner le 90e anniversaire?La seconde inauguration du monument restauré aurait très bien pu attendre 2017, d'autant qu'il reste encore à faire pour remettre en état l'ensemble du site de 250 hectares.(Voir l'article de Stéphane Baillargeon dans Le Devoir du 11 avril 2007.) M'est avis que le gouvernement conservateur du premier ministre Stephen Harper, qui nous aurait entrainés dans la guerre en Irak aux côtés de Bush s'il avait été au pouvoir en 2003, veut agir sur les esprits pour aider sa cause en Afghanistan.Une guerre que les coalisés vont perdre, comme celle que les Britanniques y ont perdue au XIXe siècle et les Soviétiques au XXe (l'annonce de la perte de six soldats canadiens en Afghanistan le jour précédent la commémoration apparaît d'ailleurs comme un signe funeste).Une guerre perdue dont il résultera une hausse des actes terroristes dans le monde.Depuis la fin de la guerre de Corée, un gouvernement canadien n'a jamais autant dépensé (ou engagé des dépenses) en si peu de temps (14 mois) pour la chose militaire, comme s'il avait de grands projets devant lui.Et Harper est minoritaire! Je crains le pire s'il parvient à obtenir la majorité au prochain scrutin.Sylvio Le Blanc Écrivez-nous ! Le Couac publie les courts commentaires de ses lecteurs.Le courrier électronique demeure la meilleure façon de nous joindre (texte® lecouac.org).Sinon, envoyez une disquette par courrier postal : Le Couac, CP.222 Suce.D, Montréal (Québec) H3K.3G5.cSclQx PLOGUES Le 7e Salon du livre Anarchiste de Montréal Samedi le 20 mai prochain, de 10 à 18 heures, aura lieu le 7e Salon du livre Anarchiste de Montréal.Le plus grand événement anarchiste en Amérique du Nord se tiendra au CEDA, 2515 rue Delisle (à deux pas du métro Lionel Groulx).Il sera précédé par le mois du Festival de l'anarchie (mai 2007) et suivi par une journée entière de débats et d'ateliers sur l'anarchisme (21 mai 2007).Le Salon du livre Anarchiste de Montréal est une occasion unique d'échanger sur des idées libertaires et anti-autoritaires.Fondé en mai 2000, le Salon accueille des participants des quatre coins de l'Amérique du Nord et de l'étranger, www.salonanarchiste.taktic.org Réforme du mode de scrutin : l'autre pétition Au début du mois d'avril, une coalition d'organismes profitait du momentum créé par les élections provinciales pour lancer une pétition (http://cybersolidaires.org/nouveaumodedescrutin ) visant à convaincre les nouveaux élus de l'urgence d'introduire une composante proportionnelle dans notre mode de scrutin.Un débat a cependant cours quant à la pertinence de cette stratégie de faire pression sur les élus pour que ce soit eux qui procèdent à cette réforme.D'autres voudraient en effet que soit constituée une Assemblée citoyenne qui, elle, s'en chargerait.Ils citent en exemple l'Ontario où l'on vient d'annoncer un réfé-rendum pour cet automne suite au travail d'une telle Assemblée citoyenne.Les tenants de cette seconde voie affirment que l'Assemblée citoyenne permettrait d'enclencher un processus de réforme qui survivrait à un mandat écourté en plus de se faire dans l'intérêt des citoyens.On peut signer une autre pétition destinée à faire la promotion de cette démarche au www.assemblee-citoyen-ne.qc.ca/petition.asp .Une idée à maintenir bien vivante considérant les nombreuses fois où les élus (élus par le mode de scrutin actuel.) ont remis la réforme aux calendes grecques.POUR S'ABONNER Par téléphone: (514) 596-1017 Par la poste : Le Couac CP.222 Suce.D, MONTRÉAL (Québec) H3K 3G5 Adressez votre chèque à : Le Couac.• Abonnement d'un an: 30,42$ + taxes = 35,00$ • Abonnement de deux ans : 52,15$ + taxes = 60,00$ • Abonnement institutionnel et de soutien: 52,15$ + taxes = 60,00$ • Abonnement de groupe d'un an ( 10 copies par parution): 225,98$ + taxes = 260,00$ • Abonnement d'un an à l'étranger: 43,46$ + taxes = 50,00$ Nom Adresse Code postal Courriel , Téléphone Le Couac c.p.222 suce.D, Montréal, Québec, H3K 3G5 Téléphone: (514) 596-1017 Vous voulez collaborer au Couac7.Vous pouvez nous faire parvenir vos textes (max.700 mots)/ dessins/photomontages par courriel, via notre site Internet: www.lecouac.org.Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau Co-Rédacteurs en chef: Isabelle Baez, Bruno Dubuc, David Ledoyen, Simon Tremblay-Pepin.Collaborateurs: Isabelle Baez, Normand Baillargeon, Renaud Biais, Guillaume Beaulac, Pierre de Bellefeuille, Ulysse Bergeron, Claude G.Charron, Ève-Lyne Couturier, Clôde de Guise, |ean-François Mercure, Michel Rioux, Jean-Claude St-Louis, Valentin Tardi, Pierre Vadeboncœur, Ramon Vitesse.Illustrations et photos : Bobidoche, Boris, Luc Giard, Serge Ferrand, Neves, Valentin Tardi, Simon Tremblay-Pepin, Ramon Vitesse, http://gallery.cmaq.net.Graphisme : France Mercier Imprimé par: les travailleurs et travailleuses syndiqué-es de Payette et Simms inc.Distribué par: Gladu distribution Nous remercions chaleureusement Charlie Hebdo pour sa collaboration.Abonnement et publicité : (514) 5%-1017 ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec NATIONAL La vie ne fonctionne L pas comme ça e PQ a été sanctionné le 26 mars pour avoir montré trop d'irréalisme.Ce qu'on entendait de lui, c'était un discours, mais c'était aussi un peu un disque, quelque chose de mécanique, de rigide, d'assez étranger à la complexité des choses.Les militants ont quelque raison de craindre les dérapages des caractères, les glissements idéologiques.Cela a toujours été un danger en politique progressiste.Mais cette préoccupation avait elle-même glissé dans la caricature et surtout dans un irréalisme extraordinaire.« L'action, comme la politique, est impossible sans marge de manoeuvre, sans expérimentation, sans tâtonnements, sans liberté d'invention.» Le bon sens n'était plus très présent.Exemple : cette histoire de référendum à tout prix, quelles que soient les circonstances.C'était le comble.D'autant que le public ne voulait pas en entendre parler.On revenait sans cesse avec ça.Et puis cette autre histoire, le bizarre discours théoricien selon lequel le PQ doit chercher à se faire élire tout en annonçant une intention ferme de ne pas gouverner.Cela bravait toute espèce de logique.Cette idée ne tenait pas le devant de la scène mais elle faisait partie du décor.La population, qui ne suit pas dans le détail les propos des politiciens, finit parfois par entendre la drôle de musique que fait l'ensemble d'un parti, et c'est bien suffisant pour comprendre.Le PQ se discréditait, car il ne jaugeait plus vraiment l'état réel de l'opinion.11 pouvait soutenir divers points de sa politique, mais cela, en un sens, n'avait pas beaucoup d'importance: une part de la population avait le sentiment que le parti ne la comprenait pas, fixé comme il paraissait l'être sur des idées obsessionnelles.L'écart était assez considérable.Ces gens s'imaginaient qu'au contraire l'ADQ les comprenait très bien et, de fait, celle-ci savait comment leur parler.La défaite cuisante, la dangereuse défaite du PQ s'explique.Ce n'est pas un mystère.Depuis quelques années, ce parti, dirait-on, fonctionne dans une sorte d'abstraction.Mais il faut se demander comment il ne voyait plus certaines évidences, tout entier à ses idées fondamentales.Il ne pouvait plus varier, s'adapter aux circonstances, se montrer plus réaliste, imaginer non seulement sa destination mais aussi des voies latérales et notamment occuper, comme grand parti, un large éventail de possibilités concrètes.Il n'était plus assez polyvalent.Il semblait ne plus pouvoir s'occuper des réalités dans leur ensemble.11 n'avait pas beaucoup cette liberté.Il fallait absolument qu'il coure au référendum.C'est ce qui ressort de la campagne.Boisclair ne parlait pas seulement de ce dernier, mais le peuple avait sans doute limpression que le parti répétait toujours la même chose.L'action, comme la politique, est impossible sans marge de manœuvre, sans expérimentation, sans tâtonnements, sans liberté d'invention.Il faut agir comme on vit, comme on invente, comme on fait des tentatives, parfois risquées.C'est le rôle d'un grand leader de s'adapter aux circonstances et aux possibilités de l'heure.Il n'a que faire d'une linéarité rigoureuse et étroitement imposée.La vie ne fonctionne pas comme ça.Il faut savoir cela d'instinct.Alors, pour corriger la situation, ne comptons pas sur des ajustements méticuleux à la façon des techniciens.Ce n'est pas une question de calcul, de dosage, de dispositifs.Ce n'est pas une question pour les experts.C'est une question pour des créateurs.PIERRE VADEBONCOEUR 475 jours Vous vous souvenez peut-être, c'était il y 20 ans.Le journaliste français Roger Auque avait été détenu en otage pendant un an au Liban par les intégristes musulmans.Les médias avait alors eu l'heureuse initiative (une fois n'est pas coutume.) de rappeler à chaque jour au début des bulletins d'information le nombre de jours qui s'était écoulé depuis son enlèvement, contribuant ainsi à empêcher l'affaire de sombrer dans l'oubli.«475 jours et Abdelkader Belaouni est toujours prisonnier de l'église St-Gabriel de Pointe Saint-Charles, à Montréal».Ce rappel-ci, vous ne l'avez pas entendu souvent à la télé.Pourtant, au moment d'aller sous presse, cela fait 475 jours qu'Abdelkader Belaouni a été forcé de prendre refuge dans ce sanctuaire devenu depuis sa prison.Mais voilà, Belaouni n'est pas un grand reporter, il anime simplement une émission de radio mensuelle à CKUT du sous-sol de son église.Et ses geôliers ne sont pas des méchants terroristes mais, ce qui est quand même moins sexy, Immigration Canada.La noble institution refuse en effet d'admettre que la déportation de cette personne aveugle et dia- bétique ruinerait la belle intégration qu'il a réussie dans cette communauté depuis son arrivée à Montréal il y a presque 4 ans.Voilà pourquoi, pour des motifs humanitaires, Amnistie Internationale, appuyée par plus d'une cinquantaine d'organismes et de députés fédéraux, demande d'accorder immédiatement à monsieur Belaouni le statut de résident permanent.Et voilà pourquoi aussi, le 5 avril dernier, lors de la dernière tempête de «slutch» de l'année, une cinquantaine de personnes ont manifesté devant les bureaux d'Immigration Canada.Leur demande était fort simple : que la ministre Finley, qui a récemment utilisé son pouvoir discrétionnaire pour régulariser la situation d'un couple d'immigrants iraniens bloqué aux États-Unis, accepte de rencontrer Abdelkader Belaouni et son comité de soutien pour se rendre compte en personne de la situation.Vous pouvez appuyer les revendications de ce comité de soutien pour Abdelkader Belaouni de plusieurs façons en vous rendant sur le site www.soutienpourka-der.net BRUNO DUBUC Le Couac, mai 2007, page 3 Lfieure de vérité pour le Parti québécois Depuis René Lévesque et sous tous ses successeurs - sauf Jacques Parizeau - le Parti québécois a toujours eu peur de lui-même, de son ombre et surtout de sa dangereuse option, qu'il ne fallait surtout pas appeler de son vrai nom : l'indépendance.Ou la souveraineté tout court, c'est la même chose, quoi qu'en pensent les braves militants qui gaspillent leur énergie en faisant la polémique entre ces deux synonymes.USÉRAUX Alors l'indépendance a été masquée en souveraineté-association, en affirmation nationale, en conditions gagnantes.Même Parizeau a dû accepter qu'elle joue un rôle de partenariat.Quant à André Boisclair, le chef actuel - pour combien de temps?- il a parlé de référendum en passant sous silence l'objet de la consultation.Il est depuis longtemps de bon ton de toujours blâmer les purs et durs dont le grand tort est d'être indépendantistes sans faux fuyant.Le peuple a droit au parler vrai.PARTI 0BEBÊC0IS ACTION OÉMQCRATiQUE OU QUEBEC La situation créée par les élections du 26 mars est tout à fait nouvelle.Le vaste espace occupé naguère par l'Union nationale de Maurice Duplessis, grand défenseur de l'autonomie provinciale, espace qui restait vacant entre le fédéralisme plutôt content du Parti libéral et l'indépendantisme timoré, teinté de gauchisme réticent, du Parti québécois, cet espace est désormais occupé massivement par l'Action démocratique (très joli nom).Le parti de Marion Dumont, défenseur de l'autonomie comme Duplessis, a devant lui de belles perspectives aux prochaines élections, puisqu'il tient déjà quarante et un comtés et s'est placé deuxième dans quarante-sept autres comtés.C'est dans cet espace que le PQ aurait voulu aller panser ses plaies, comme il l'a fait après chaque échec.Plus question de référendum, dit Boisclair.Mais l'espace est déjà occupé.Où aller?La réponse de Louis Bernard est claire: dans l'espace à conquérir pour l'indépendantisme de gauche, du centre et de droite.Voilà un retour aux origines, au programme du PQ d'avant le funeste étapisme que ses interlocuteurs d'Ottawa avaient proposé à Claude Morin.Louis Bernard propose qu'aux prochaines élections, le PQ dise aux électeurs: si vous nous élisez, nous ferons l'indépendance; si vous n'êtes pas d'accord, ne votez pas pour nous.Le PQ n'entend pas gouverner une province.Cet engagement lie les 125 candidats du parti.S'il est porté au pouvoir, le PQ déclenche immédiatement un référendum sur l'indépendance.S'il le perd, son gouvernement démissionne.Fin d'un chapitre.Nul ne connait la suite de l'histoire.La première partie de ce plan - un vote pour le PQ est un vote pour l'indépendance - répond aux exigences de la situation.La suite est plus douteuse.Trouver 125 candidats qui accepteraient l'engagement du gouvernement à démissionner advenant l'échec du référendum ?Pas facile.Mais le débat est lancé.Si le parti n'acceptait que la première partie du plan, ce serait déjà infiniment préférable à l'habituel recul.PIERRE DE BELLEFEUILLE 6ii d'en m le Q Parti Québécois 9 Pas de chèque en blanc pour la souveraineté ! Monsieur Louis Bernard est bien de sa génération.Celle-ci est à l'origine de notre révolution faite par une élite.M.Bernard n'est toujours pas au rendez-vous du XXIe siècle.Après Seattle (1999), le 3e Sommet des Amériques et la mort de la ZLÉA les citoyens ont pris leur place.C'est pourquoi j'affirme que les mandarins dirigeants du Parti québécois ne sont pas encore au fait que la souveraineté faite par une élite, de plus en plus de QuébécoiseES n'en veulent pas.La création du RAP (Rassemblement pour une alternative progressiste), de l'UFP (Union des forces progressistes), d'Option citoyenne et finalement de Québec solidaire, l'histoire le confirmera, il ne s'agit pas plus d'un accident de parcours que ne l'était la création du Mouvement souveraineté association au XXe siècle.Comme Michel Venne l'affirme, « Les citoyenNEs veulent de plus en plus participer aux décisions entre les élections» (Jobboom, mars 2007.) Il poursuit : « les médias n'ont pas compris que le monde a changé avec le XXIe siècle».C'est pourquoi les citoyenNEs du XXIe siècle doivent et ont dû créer leurs propres médias alternatifs (très peu fréquentés par nos élites).Dorénavant, les souverainistes purs et durs, comme les plus mous doivent prendre acte que la souveraineté du Québec sera populaire ou ne sera pas.Le processus d'élaboration et de mise sur pied d'un nouveau pays par le moyen d'une constituante est le processus le plus crédible qui soit et surtout le plus adapté au XXIe siècle.Personnellement, jamais je ne voterai plus pour un parti politique, ni même à un référendum promu par un comité du OUI qui ne me dira pas AVANT à quel type de souveraineté il me convie: une souveraineté définie et construite par une élite ou bien une souveraineté construite par l'ensemble des citoyenNEs qui vivront avec la constitution qui en résultera.À bon entendeur, RENAUD BLAIS Ex péquiste demeuré solidaire Le Couac, mai 2007, page 4 NATIONAL Armée canadienne Tous les moyens sont bons pour trouver de la chair à canon Depuis 1988, un programme intitulé Bold Eagle vise à inciter les jeunes autochtones à rejoindre les rangs des militaires canadiens.Ils ont depuis été un millier à le faire.Ce programme d'été permet à l'armée canadienne d'attirer les jeunes autochtones sous couvert de leur apprendre leur propre culture.Ainsi, avant même de commencer un entraînement de 6 semaines, comme toute autre recrue des forces armées, les autochtones qui désirent entrer dans le programme Bold Eagle ont droit à 4 jours d'un «camp culturel» (sic) au cours duquel des aînés des Premières nations viennent leur présenter les «coutumes du guerrier» ainsi que les traditions de leur collectivité.C'est donc en mettant de l'avant la particularité des jeunes autochtones que l'armée canadienne compte atteindre son but.On peut se demander si lors de ces 4 premiers jours sont mentionnés le rôle joué par les Forces canadiennes lors des conflits avec des autochtones (ex: Oka) ou l'exploitation des Autochtones qui se sont battus pour le Canada, notamment lors de la dernière guerre mondiale.À cette époque, les autochtones qui voulaient rejoindre les rangs des combattants devaient aupa- « Dès l'âge de 16 ans, [les jeunes autochtones] se font approcher (.] lors des activités sociales et.à l'école.» aujourd'hui parler de l'argent, des bourses d'études et de l'entraînement qu'ils pourraient recevoir.Dès l'âge de 16 ans, ils se font approcher dans des lieux où tout harcèlement de ce type peu paraître improbable: lors des ravant renoncer à leur statut d'Indiens, afin de de-venir citoyens canadiens.Lorsqu'ils revenaient du front, leurs droits indiens ne leur étaient pas rendus, mais ils ne recevaient pas pour autant les diverses compensations (dons de terre, pensions, etc.) offertes aux autres citoyens canadiens.Pour ajouter à l'injustice, le ministère des Affaires Indiennes les forçait à retour-ner dans leurs réserves.Comme on peut s'en douter, les jeunes autochtones interpellés par les recruteurs de l'armée canadienne se font plutôt Canada VEHDEZ-VOUS TUEZ OU MONDE AVEC LES FORCES CANADIENNES INSTAUREZ U PEUX.INSTAUREZ LA DÉTRESSE.INSTAUREZ LE CHAOS.LES FORCES CANADIENNES PLUS DE 100 POSSIBILITES DE TUER A TEMPS PlEIN ET PARTIE WWW.IBSUISAVENORE.CA »«« i-800-86i-8£88 activités sociales et.à l'école.Dernièrement, Laura Holland, mère de deux jeunes ados autochtones racontait dans une entrevue accordée à Mordecai Briemberg (l) qu'elle a eu la surprise de voir ses enfants revenir de l'école avec des pamphlets vantant les mérites du programme Bold Eagle.Un programme que ses jeunes auraient probablement intégré si elle n'avait pas su _ trouver les bons mots et prendre le temps de leur expliquer leur histoire en tant que membres des Premières nations et le lourd passé des Forces armées envers leur communauté.Elle ne s'étonne pas de l'attrait de ses enfants envers les propositions de l'armée, car, souligne-t-elle, ils souffraient alors de désoeuvrement, comme nombre de jeunes de leur collectivité.Ainsi, ils ne bénéficiaient pas, par exemple, d'infrastructures sportives, avec l'armée, qui devenaient accessibles et gratuites.L'armée canadienne, qui a d'ailleurs récemment laissé tomber les masques en changeant son slogan «Vivez l'aventure en Afghanistan!» pour «Combattez avec les Forces canadiennes: enrôlez-vous!», se montre très optimiste quant à son taux de recrutement (voir son site : http://www.army.forces.gc.ca/lf/Français/ 6_l_l.asp?id=l786).La présence des militaires canadiens en Afghanistan aurait en effet une incidence positive sur le nombre d'enrôlements.De plus, l'armée se vante sur son site Internet de savoir être au bon endroit au bon moment pour approcher les jeunes: dans des foires; dans les salons d'emploi ; à Expo Québec et.dans les écoles.En ce sens, les jeunes autochtones ne sont pas les seuls à être ciblés: partout au Canada, les militaires peuvent se présenter dans les écoles pour appâter des jeunes ou tout bonnement y laisser des tracts.C'est là une réalité scandaleuse et, à l'heure où le Canada devient de plus en plus un pays «va-t-en guerre», une réalité dangereuse.ISABELLE BAEZ Entrevue diffusée le 17 mars dernier sur les ondes de Redeye, Vancouver Cooperative Radio, 102, 7 FM.O'Connor dérangé Des manifestantes anti-guerre ont perturbé un discours du ministre canadien de la Défense nationale, Gordon O'Connor, mardi le 3 avril 2007 à Montréal.Trois femmes ont réussi à pénétrer à l'intérieur du Grand Salon de l'Hôtel Reine-Élisabeth, où O'Connor entamait une allocution devant un parterre d'hommes d'affaires, d'officiers de l'armée, de politiciens et de représentants des médias.Les manifestantes ont déployé une bannière sur laquelle on pouvait lire : «Canada, crisse ton camp de l'Afghanistan ! » et ont commencé à apostropher O'Connor, sous les huées des convives irrités - qui avaient payé 90$ le couvert.À l'extérieur de l'hôtel, une centaine de manifestants s'étaient rassemblés pour participer à une manifesta- tion organisée conjointement par Bloquez l'Empire -Montréal et le Collectif Échec à la guerre pour protester contre l'intervention canadienne en Afghanistan.La veille de cette manifestation, les Conservateurs Maxime Bernier (ministre de l'Industrie) et Michael Fortier (ministre des Travaux publics), en compagnie de cadres de la grande industrie, avaient donné une conférence de presse à Montréal pour annoncer un programme de subventions aux entreprises pour les industries aéronautique, militaire et de sécurité au Canada.la démocratie représentative au Canarda Les élections viennent de se terminer au canarda.Le mode de scrutin y est un peu particulier: les 55 électeurs de ce pays fictif remplissent un bulletin de vote où ils indiquent leurs préférences: de celui qu'ils considèrent être le meilleur, à celui qu'ils aiment le moins.Pour faire plus simple, appelons les partis A, B, C, D et E.Voici donc les résultats du vote après dépouillement: Nombre 18 12 10 9 4 2 1er choix A B C D E E 2e choix D E B C B C 3e choix E D E E D D 4e choix C C D B C B 5e choix B A A A A A Chaque donnée de la rangée « Nombre » représente la quantité de personnes qui ont rempli leur bulletin de vote selon l'ordre mentionné dans sa colonne.La question se pose alors : comment trouver le gagnant du scrutin?Faisons un tour de magie: compilons ces résultats pour obtenir un résultat différent à chaque fois.Système uninominal à un tour Dans ce système, qui devrait nous être très familier, seul le premier choix des électeurs compte, et celui qui a le plus haut score l'emporte.Souvent, seul ce premier choix est demandé à l'électeur.Qui gagne?A, avec 18 votes, contre 12, 10, 9 et 6 (pour E).Il est bien de remarquer que, pour 37 personnes, A est le dernier choix, le pire des pires .Système uninominal à deux tours Le système électoral français se rapproche de ce modèle, mais dans notre exemple le choix est figé après un seul tour de scrutin.Les résultats par contre sont considérés en deux étapes: après le premier tour, sauf s'il y a majorité absolue (50% +1 ), seuls les deux candidats qui ont eu le plus de votes restent.Avec les préférences indiquées au scrutin, il est possible d'aller chercher le candidat le moins pire selon les électeurs.A et B restent donc, mais B gagne au second tour parce qu'il est préféré à A par 37 électeurs.Vote préférentiel ou alternatif Il s'agit du système australien.Comme dans le cas précédent, un candidat obtenant la majorité absolue est élu.Autrement, le candidat ayant le moins de < < «1er choix» est éliminé.E, qui n'a que six votes, est ainsi enlevé des bulletins de vote.En recompilant les résultats, nous obtenons le tableau suivant: Nombre 18 16 10 9 4 1er choix A B C D C 2e choix D D B C D 3e choix C C D B B 4e choix B A A A A D est éliminé, il n'a que neuf «1er choix», alors que A, B et C en ont respectivement 18, 16 et 14.Transformons notre tableau : Nombre 18 16 21 1er choix A B C 2e choix C C B 3e choix B A A Pour vendre la mèche, B est éliminé à ce troisième tour et C l'emporte au quatrième en ayant 37 votes, contre les 18 de A.Méthode Borda Devant cette situation, des intellectuels des Lumières se sont penchés sur la résolution de ce problème qui est plutôt préoccupant pour les hurluberlus qui se soucient du lien entre la démocratie et les choix effectués par les citoyens aux urnes.Borda est l'un d'eux et il a proposé une méthode de calcul assez intuitive : les électeurs se prononçant sur le mérite des candidats, ceux-ci reçoivent des points en fonction de leur rang.Ainsi, un 5e choix ne donne aucun point, un 4e en donne 1, un 3e en donne 2, un 2e en donne 3 et un 1er choix donne 4 points.En calculant de cette façon, le score de A est de 72 points; celui de B, 101 points; C obtient 107 points; D en a 1 36 et E, 134.D gagne alors, de justesse devant E.Méthode Condorcet La méthode de Condorcet, autre intellectuel des Lumières, est un peu plus fastidieuse puisqu'elle requiert des duels entre chacun des candidats.Voici le tableau de ces duels.A B C D E A X 18 18 18 18 B 37 X 16 26 22 C 37 39 X 12 19 D 37 29 43 X 27 E 37 33 36 28 X Ce tableau se lit ainsi : la ligne représente le nombre de votes pour le candidat et la colonne, le nombre de votes contre celui-ci.Dans le tableau ci-dessus, deux nombres sont en gras pour illustrer un de ces duels: E y est préféré à A par 37 personnes, et A l'est à E par 18 autres.Avec cette méthode, le candidat qui gagne est nul autre que .E, qui remporte tous les duels (37-18 pour E-A, 33-22 pour E-B, 36-19 pour E-C et 28-27 pour E-D).Un problème est lié à cette méthode: le paradoxe de Condorcet.Il peut y arriver qu'il n'y ait pas de gagnant de Condorcet.Sans expliquer cela en détail, il suffit de mentionner que cette méthode n'est pas à toute épreuve et peut conduire à des situations franchement étranges.Cette thèse a inspiré le théorème d'impossibilité d'Arrow qui stipule, pour simplifier de façon abusive, que si, lors d'un vote, il y a plus de deux options mutuellement exclusives (plus de deux choix) offertes, alors le vote n'est pas démocratique.La conclusion?Le bipartisme ou la mort?Surtout pas.Quelle méthode choisir alors?Il apparaît que chacune des cinq façons de comptabiliser les votes présentées dans cet article ont des biais envers un candidat plutôt qu'un autre: chacun gagne une fois.Le choix est déchirant pour le Canarda : choisir une méthode serait l'équivalent de choisir le gagnant ! Une alternative possible, dont nous entendons beaucoup parler ces temps-ci, est l'élection de députés proportionnelle au pourcentage de votes obtenus.Les partis plus marginaux pourraient ainsi avoir un ou deux candidats élus, voire encore plus (je soumets le chiffre de 4, par hasard .) - surtout parce que ce ne serait plus stratégique de voter pour un candidat pour tenter de bloquer l'élection d'un autre.Mais le problème est peut-être la représentation elle-même.GUILLAUME BEAULAC Merci à Bernard Picard, à qui je dois les données numériques de cet article INTERNATIONAL Pomme « avariée » Votre ordinateur est-il vert?Le cycle de vie des ordinateurs et la masse des déchets toxiques qu'ils produisent est une préoccupation environnementale très fréquemment soulevée.L'Association Greenpeace France s'est penchée sur la question au mois d'août dernier en publiant un premier guide « Pour une high-tech responsable ».Ce guide, dont la troisième édition est parue en avril 2007, évalue les quatorze principales entreprises du secteur informatique en fonction de leurs politiques et de leurs pratiques en matière d'utilisation de substances chimiques et de gestion des déchets.Les inquiétudes des consommateurs et la pression de la compétition ont permis une amélioration sensible du score des 14 entreprises sous la lorgnette de Greenpeace.Neuf de ces entreprises dépassent maintenant la moyenne de 5/10 (contre cinq lors de la première édition du guide).Chine en tête Nokia était au premier rang du classement en août 2006 et voilà qu'il est détrôné par Lenovo, un fabricant chinois de PC, qui a acheté la division «Electroniques de grande consommation» d'IBM en 2005.Ce fabricant est le premier à avoir mis en place des services de reprise et de recyclage dans tous les pays où sont commercialisés ses produits.Grand bien lui en fasse puisque c'est en Chine qu'échoue une grande partie des déchets électroniques mondiaux.La prochaine étape pour Lenovo sera de commercialiser des produits plus respectueux de l'environnement.Sony et LG Electronics disparaissent du top 5.Officiellement, ces entreprises affirment que le producteur doit être le seul responsable des déchets alors qu'aux États-Unis, elles infligent la tâche aux consommateurs.La fameuse pomme Apple est «avariée».Elle se maintient à la toute dernière place.Honteux tout de même que la mythique entreprise américaine haut de gamme et à la fine pointe de la technologie se fasse damer le pion par une entreprise chinoise au niveau de sa politique de responsabilité environnementale.Au palmarès Derrière Lenovo, arrivent dans l'ordre Nokia, Sony Ericsson, Dell et Samsung.Sony Ericsson, qui s'est hissée dans le trio de tête, est la première entreprise à s'engager sur une échéance.Au 1er janvier 2008, elle éliminera des substances toxiques telles que les phtalates, le berylllium et certains usages de composés d'antimoine (1).Fait intéressant, cet engagement pris par Sony Ericsson dépasse la demande la directive RoHS (Restriction des substances dangereuses dans les produits électroniques).Si l'un s'engage qu'attendent les 13 autres?CLÔDE DE GUISE 1.Le béryllium est utilisé dans les contacts électriques.Leur recyclage produit des poussières de béryllium qui peuvent provoquer une maladie invalidante des poumons (appelée «CBD» ).même si l'exposition est de courte durée ou à faible dose.Les phtalates sont utilisés comme plastifiants de certains plastiques, en particulier du PVC.Certains phtalates sont des toxiques reconnus du développement ou de l'appareil de reproduction.2.Pour consulter le guide: www.greenpeace.org/france/press/reports/guide-pour-une-high-tech-responsable-avril-2007 Le Couac, mai 2007, page 5 Forêts tropicales et climat Pres de 25% des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont dues à la disparition des forêts tropicales soit pour les transformer en pâturages ou en terres agricoles ou pour l'ouverture de chemins pour l'exploitation.La voie rasée à travers la forêt pour construire ces pistes peut dépasser en largeur certaines de nos autoroutes.République Démocratique du Congo et Climat On estime que d'ici à 2050, le deforestation en République démocratique du Congo (RDC) devrait libérer jusqu'à 34,4 milliards de tonnes de C02 (équivalent aux émissions de C02du Royaume-Uni au cours des soixante dernières années).Plus de 8 % du carbone terrestre stocké dans les forêts vivantes au niveau mondial se trouve dans les forêts de la RDC.C'est plus que n'importe quel autre pays d'Afrique.La RDC possède le quatrième plus grand réservoir forestier de carbone au monde.Les calculs de Greenpeace, basés sur l'analyse d'une zone de 170 000 hectares déjà exploitée, montrent que les émissions induites par les pistes d'exploitation et les infrastructures forestières sont 2,5 fois plus importantes que celles produites par l'exploitation sélective elle-même.Les émissions pour cette zone sont estimées à 10 tonnes de C02 par hectare en moyenne.Greenpeace mène une campagne assidue pour préserver les forêts du Bassin du Congo et tout spécialement les forêts encore intactes en RDC.Un rapport choc a été lancé en avril 2007: «Pillage des forêts du Congo» www.forets-du-congo.org à consulter sur: CDEG élections vertes en France Pour la première fois les associations environnementales ont noté les 12 candidats à la présidentielle française sur les enjeux écologiques.L'évaluation a porté sur 24 mesures essentielles réparties en 4 grands secteurs : Climat, urgence; stopper les destructions, produire sans nuire; solidaire, responsable et citoyen.La notation des programmes environnementaux des candidats, réalisé le 30 mars, a donné les résultats suivants sur un total de 20: En peloton de tête, Les Verts, Dominique Voynet: 17,5; José Bové: 16; Parti Socialiste, Ségolène Royal: 16 et en peloton de queue, l'Union pour la Majorité Présidentielle, Nicolas Sarkozy: 8,5 et Front National, Jean-Marie Le Pen: 6.L'ensemble des données et le détail des résultats sont disponibles sur: www.lalliance2007.fr CDEG Quelle journée, mes cocos ! À quelques heures d'intervalle, on apprenait le 8 avril dernier, jour de Pâques, sur le site de la SRC, que 6 soldats canadiens étaient morts en Afghanistan, que Nashqbandi, l'interprète du journaliste italien précédemment enlevé, avait été dacapité par les talibans, que Harper était à Vimy (pour y corriger les fautes de français?), que le pape déplorait la violence et s'inquiétait pour l'Afrique et l'Irak et que, justement en Irak, une « nouvelle » vague de violence déferlait.Mais dormez en paix, braves gens, car pendant ce temps George Bush priait pour la paix à Ford Hood, au Texas (Cyberpresse, 08-04-07).Chronique « le Nord et le Sud » Le Couac, ne reculant devant aucune terre inhospitalière pour vous informer, a envoyé au péril de leur vie deux de ses correspondants à l'étranger couvrir les antipodes du globe pour vous.C'est ainsi que durant les prochains mois, Ulysse Bergeron nous écrira du Nunavut canadien et Ève-Lyne Couturier de l'Afrique du Sud.Le concept?Un thème leur est imposé à chaque mois, et le lecteur du Couac se régale du choc des cultures, des contrastes et des dizaines de degrés Celcius qui les séparent! Environnement Vendre de l'ours.la peau L'ours, ils l'ont tué.Mais la iGSOO.iNt* Peau' elle^ n'est toujours pas vendue.La dépouille de l'immense animal est étendue en plein milieu de la salle.Avec un certain détachement, je regarde un couple inuit qui découpe la chaire écarlate soudée à la toison blanche devenue rose à cause du sang.Je suis à Kimmirut, un charmant hameau de 500 résidants, au sud de la Terre de Baffin.Dans les environs, un peu plus de cinq ours polaires ont été tués au cours des dernières semaines.Celui-là a été abattu hier par un chasseur du Sud qui ne rapportera que le manteau blanc.La chasse lui aura coûté près de 20 000$.«Qu'est-ce qu'on fait des entrailles?», que je demande naïvement.Une femme traduit ma question en inuktitut.L'homme s'arrête un instant et m'explique que les entrailles sont récupérées d'une quelconque façon, à l'exception du foie.«Le fait de savoir qu'on continue de tuer une espèce en voie de disparition ne vous dérange pas?» La question me brûle les lèvres, mais je n'ose pas.Peur subite de briser l'harmonie.De toute façon, me dis-je, la position inuite est ici bien connue.Elle est limpide: la chasse à l'ours ne doit pas être arrêtée pour des raisons culturelles et économiques.Plusieurs communautés en dépen- dent.Difficile à chiffrer, mais il s'agit là d'un revenu de plusieurs milliers de dollars.D'ailleurs, le sujet alimente les discussions, particulièrement depuis que le gouvernement étasunien a apposé le nom du Nanuk à la liste des espèces vulnérables.Le gouvernement du Nunavut n'a pas tardé à se mobiliser.En fait, ici, depuis mon arrivée, les chiffres n'arrêtent pas de se contredire.D'un côté, la population des ours de la baie d'Hudson chute en raison des changements climatiques.De l'autre, de récentes études dénotent d'une augmentation de la population de l'animal dans l'Extrême Nord en raison du nombre de naissance.Qui dit vrai?La guerre aux chiffres et aux prévisions embrouille les idées.Pendant que les statistiques vrillent à l'intérieur de ma tête, l'homme s'arrête à nouveau.Comme s'il avait entendu ma pensée, il lance une phrase que la femme me traduit aussitôt en anglais.«Il dit que la chasse n'arrêtera jamais.C'est quelque chose qui a toujours été et qui restera.Ça fait partie de notre culture.» le lui souris poliment.Voilà, que je me dis.il s'agit là d'une question de culture.Pas de sport.Pas de trophée de chasse.Pas d'une gloriole démesurée qui se fait au détriment d'une espèce qui risque, selon certaines études, de disparaître d'ici 2050.Malgré le fait qu'il n'y ait aucune certitude scientifique, le risque est définitivement trop grand.ULYSSE BERGERON Environnement WM J'ai eu la chance d'assister à la présenta-tion du budget sud-africain peu de temps après mon arrivée au pays.J'étais dans mon bureau-hangar, alors c'était à la radio que j'entendais le ministre des finances Trevor Manuel (qui a déjà dit que son idole était Paul Martin.) nous dire comment le gouvernement prévoyait dépenser son argent.À la fin de son discours, il déplorait ne pas avoir de plan environnemental, mais affirmait que ce serait un enjeu important pour les prochains budgets.Le seul fait qu'il mentionne l'absence indique une certaine préoccupation quant à cet enjeu.Mais nous sommes en Afrique du Sud et tout discours doit être vu en lien avec ce qui se passe sur le terrain.L'Afrique du Sud est séparée en deux: la ville et les townships.Ce sont deux réalités différentes qui se confrontent bien souvent.Les beaux discours concernent surtout la première moitié et la réalité est dans la deuxième, où la majorité de l'Afrique du Sud habite.Johannesburg a longtemps été une ville très sale, mais l'arrivée imminente du Mondial de soccer en 2010 a forcé les responsables à appliquer les lois quant à la gestion des déchets.En ville, tout est beau, de plus en plus beau, de plus en plus propre.Dans les townships par contre, c'est plus difficile.Dortoirs de la classe ouvrière pendant de nombreuses années, l'important était que celle-ci soit apte au travail et non qu'elle vive dans un endroit décent et convenable.Les usines sont souvent le centre de ces univers.C'était ainsi plus facile pour se rendre au travail.Les normes environnementales étant le dernier des soucis des capitalistes (blancs), et les ouvriers (noirs) étant à peine humains, il n'y avait aucune raison pour faire attention.Les cancers et les maladies pulmonaires ont beau être plus éle- vés dans ces endroits, les recours sont faibles pour ces gens de peu de moyens comparés à la puissance des grandes entreprises.Le système capitaliste n'a pas épargné les habitants des townships.Encore plus depuis la fin de l'apartheid où ils ont acquis le statut de citoyens-consommateurs, ils se retrouvent dans un monde d'hyper-consommation et de sur emballage.Tout les poussent à acheter, consommer et jeter.Leur taux d'endettement est très élevé, et conséquem-ment, la nature se dégrade autour d'eux.L'environnement est une préoccupation de riche.Les townships sont tentaculaires, énormes, infinis.Leurs ressources le sont moins.Ce que l'on veut, c'est de l'eau, c'est de l'électricité, c'est un toit.La gestion de déchets arrive loin derrière dans l'allocation de budget.Alors on jette dans la nature.Sauf que la nature ne peut pas tout absorber et les champs, les sentiers, tous les endroits qui ne sont pas une propriété privée (ça, on respecte.), se retrouvent envahis par des déchets hétéroclites.Lorsqu'une personne considère que c'en est assez, qu'il y a en trop, elle met le feu.La nuit, quand on circule en voiture, la vue de ces champs enflammés donne mal au cœur: c'est à la fois d'une beauté mystique et d'une bêtise grave.Mais que veut-on qu'ils fassent d'autres?Les services essentiels passent avant la santé écologique.On tente bien quelques projets de recyclage, des essais de composta-ge, mais la cueillette sélective n'est pas envisageable dans un avenir rapproché.Il faudrait une campagne de sensibilisation, bien entendu, mais s'il n'y a aucune infrastructure pour encourager un changement de comportement réel, comment peut-on s'attendre à ce que ce soit différent?Et de toute manière, qui a vraiment intérêt à nettoyer les townships?Les seuls blancs qui y vont sont des touristes qui, dans le fond, sont bien heureux de voir la saleté s'accumuler.Ça rend la misère plus authentique.L'industrie touristique ne s'en porte que mieux.ÈVE-LYNE COUTURIER 1 i BLOC-NOTES Le Couac, mai 2007, page 6 INTRODUCTION A L'ETHIQUE 11U/12 : LES ÉTHIQUES FÉMININES (tin) On a vu la dernière fois comment et pourquoi certaines personnes en sont venues à soutenir que le développement moral des femmes — ainsi que leurs valeurs et leurs façons d'aborder les problèmes moraux — différaient significativement des hommes.Cette hypothèse soulève (au moins) trois grandes et graves questions : • Est-elle vraie?• Si elle l'est, quelles conséquences sa véracité a-t-elle sur l'éthique?• Enfin, comment expliquer ces différences (si du moins on les admet)?Sur chacune de ces questions, on va le voir, font rage de vives polémiques La première peut sembler facile à trancher: si les différences supposées existent, on devrait pouvoir les observer! Mais ce n'est pas si simple.Pour couper au plus court, disons simplement que la validité (conceptuelle et méthodologique) des travaux de Gilligan a été contestée, comme l'a été celle de travaux qui arrivaient à des conclusions différentes ou opposées.Mais admettons qu'existent bien, en morale, les différences supposées entre les sexes — en simplifiant, disons que les hommes adoptent un point de vue caractérisé par le respect des règles, tandis que les femmes adoptent un point de vue caractérisé par l'importance accordée à la sollicitude.Ce que cela implique concrètement pour l'éthique reste encore à cerner.Après tout, les hommes et les femmes n'habitent pas des univers moraux complètement différents et tous deux sont capables d'apprécier l'importance des règles et de la sollicitude.De même, si on admet que la sollicitude caractérise essentiellement les femmes et le respect de règles, les hommes, il existera entre les individus d'un même sexe, comme c'est le cas pour la force physique ou la taille, des différences qui feront que certains d'entre eux ressembleront plus à ce qui est typique de l'autre sexe.Enfin, et quoi qu'il en soit, on pourra toujours penser que les différences observées sont en fait culturelles et caractérisent moins les hommes et les femmes que la manière dont ils et elles sont respectivement éduqués et socialisés dans nos cultures.Vaste question, que je reprendrai à la fin de ce texte.Pour le moment, cependant, demandons-nous ce qu'impliquerait, pour l'éthique, l'adoption de l'idée qu'il existe des différences caractéristiques des deux sexes — ce qui est en gros ce qu'admettent plusieurs théoriciennes féministes de l'éthique.Pour cela considérons l'exemple des idées avancées par Nel Noddings.La morale de la sollicitude selon Noddings Sans rejeter toute référence aux conséquences possibles d'une action, à des règles, ou à la délibération rationnelle, Noddings soutient que la source de la moralité est à chercher dans l'expérience originelle de ce qu'elle appelle la sollicitude (caring), dont la relation de la mère à l'enfant offre le modèle fondateur.Cette expérience, dit-elle, laisse à chacun de nous, en principe, le souvenir d'avoir été l'objet d'une telle sollicitude.Analysant cette relation, Noddings en propose une riche et fine description en termes de réceptivité, de rapprochement et d'imprégnation.Elle met encore en évidence la réciprocité qui la caractérise et qui interdit dès lors, selon elle, de penser à l'éthique dans les termes limitatifs de l'utilitarisme et des morales déontologiques qui voudraient ramener la vie morale à des considérations élaborées par un sujet isolé, calculateur et raisonneur.C'est à partir de cette expérience de la sollicitude que Noddings reprend l'analyse des concepts et des problèmes des éthiques traditionnelles (la justice, l'égalité et ainsi de suite), qui sont profondément transformés par ce nouveau point de départ.Montrons-le sur quelques exemples, que je reprends à James Rachels et qui montrent à la fois la richesse et les limites de ces analyses.Trois exemples Considérez d'abord le type de relations que nous entretenons typiquement avec nos enfants, notre famille ou encore nos amis.Les analyses et le vocabulaire de Noddings semblent particulièrement adéquats pour décrire ce qui s'y passe — tandis que le vocabulaire des éthiques traditionnelles (règles, devoir, calcul de conséquences) semble au «Après tout, les hommes et les femmes n'habitent pas des univers moraux complètement différents et tous deux sont capables d'apprécier l'importance des règles et de la sollicitude.» contraire bien pauvre.Un parent n'est pas (et ne doit pas être !) un sec calculateur d'utilités pour ses enfants; un ami n'est pas (et ne doit pas être !) un observateur froid et impartial appliquant des règles-, et ainsi de suite.)e pense qu'on accordera tout cela sans mal.Mais considérez cette fois la question du végétarisme.Est-il justifié de manger de la viande?C'est au terme d'un raisonnement utilitariste que bien des gens, après Jeremy Bentham, en sont venus à penser que non.Mais pensons à cette question du point de vue de l'éthique de la sollicitude.On est alors tenté de distinguer entre son animal domestique, où il existe bien une relation entre un objet de sollicitude (il s'agit de mon chat) et un sujet de sollicitude (moi) et la vache qui va à l'abattoir.Selon Noddings, manger le deuxième animal serait acceptable ; manger le premier, non — puisque, si j'ose dire, on ne va tout de même pas faire une fricassée avec une être vivant qu'on connaît personnellement ! Un dernier exemple: que faire devant ces milliers d'enfants qui meurent chaque jour faute d'un vaccin qu'il ne nous coûterait à chacun de nous que quelques sous de leur fournir?Les morales utilitaristes et déontologiques nous enjoignent de les donner.Mais comme il n 'y a ici aucune possibilité de réciprocité, Noddings conclut que nous n'avons aucune obligation d'aider «des êtres dans le besoin qui se trouvent dans des régions fort éloignées |de nous] sur la planète».Difficile, il me semble, de ne pas trouver que quelque chose, ici, ne va pas du tout.*** On le voit: rien n'est simple.D'autant que l'idée que les femmes «pensent» différemment des hommes (et que cette manière est inférieure) a été la justification de bien des oppressions dans le passé.Le féminisme s'en est d'abord éloigné et d'aucuns et d'aucunes déplorent qu'il s'en rapproche aujourd'hui — avec justement cette idée d'une morale féministe Mais si cela était, deux explications peuvent en être proposées.La première, déjà évoquée, soutient que les femmes pensent différemment en morale, parce qu'elles ont historiquement et culturel-lement été opprimées et confinées à des rôles et à des stéréotypes.La deuxième se fonde plutôt sur la biologie pour soutenir, ce que fait par exemple la psychologie évolutionniste, que ces différences sont, au moins en partie, fondées en nature.Cette piste nous conduit au dernier thème que je voulais aborder dans cette série, à savoir les approches biologistes de l'éthique.Que conclure pour le moment?On a devant nous cette famille d'idées affirmant, avec plus ou moins d'emphase, que les morales traditionnelles sont biaisées contre les femmes, qu'elles ne prennent guère en compte leur manière de penser, de sentir, de parler de moralité, qu'elles ne se préoccupent guère des problèmes auxquels elles font spécifiquement face et qu'elles dévalorisent leurs expériences vécues et leurs valeurs.Des idées importantes et à méditer, sans aucun doute.Il vous revient de déterminer jusqu'où vous acceptez cette description comme valable et l'importance que vous lui reconnaissez.NORMAND BAILLARGEON baillargeon.normand@uqam.ca le « Tïiumvirus » La Tribu du Verbe • Musironie • • Le Couac • www.latribuduverbe.com, www.musironie.com et www.lecouac.org 3 fréquences de publication Quotidien, hebdomadaire, mensuel.3 types de médias Blogue, radio, journal.Un même but Tirer sur la connerie où qu'elle soit ! Une pipe pour la paix, est-ce bien suffisant?C'est du moins ce que croyaient les premières nations.Cette bande dessinée raconte l'histoire d'un homme et d'une femme: l'un ancien militant communiste arrivé à 50 ans, l'autre est jeune et en pleine possession de ses moyens.«"., on petit peuple serre de près aux soutanes restées les seules dépositaires de taPc^du savoir; de tq vérîhéetdeia richesse nationale.Tenu à IVc^rf de l'évolution universel le de b pensée pleine de risques e* dangers,, éduqué sons mauvaise volonté,,» Kievei L'éditeur l'a compris er Bella aussi.Ile savenrqueMraumatïsme est" plus ancien que Berlin.Le traumatisme vient de loin, de Uenfbnce.Octobre Wïoj'habite rue saint-urbain etjefiêauerte dt-en/ànt-Jêsus.[« Diplomate lanqlQis enleva | par le Rt.Q.» u> presse L'avais dfxons.te Que"bec -terre anwrj te .terre Oktnêre/omme^savroasron W»con, n'a toujours pos ete-'ctoanAonn n*5u* prenons ro^r»e.nousdt*-.nans notre soon ernotresueur- un pays/eiaseporreavrWcfcsc».fbsbeioinde rtrres de propriété': notrtpossins^epouhu flunks ocVobTe \9fO \ m i news ov/o?m pourquoi dites-Vous que vous allez.aPinsK quand vous allez, q MinsK ?iU ! Toutdemerne le neur novembte iWfùrune nuirimporfcnte.ie murde la honte S'écroulait enFin.lesodalisme chutaitauss» fini ia patrie du prolétariat.Les attaques contre les étrangers semuihpif.atent^ague de xénophobie dans toutel'q|iemQone.^irAi»L^ (Â suivre) CULTURE Le chaînon manquant Le Couac, mai 2007, page 7 HERVÉ KEMPF Comment les riches détruisent H la pli HClG ervé Kempf n'est pas le premier à tirer la sonnette d'alarme en ce qui concerne les changements climatiques.Il n'est pas non plus le premier à faire des liens entre les désastres environnementaux et l'idéologie capitaliste.Bien d'autres avant lui ont montré comment le profit pour le profit exige qu'on surconsomme, qu'on ne prenne pas soin de la nature, et qu'on balaie sous le tapis toutes ces «externalités» qui ruinent notre planète.L'intérêt du discours d'Hervé Kempf, auteur du livre «Comment les riches détruisent la planète»1, tient à mon sens à la conjoncture de deux éléments supplémentaires.D'abord le statut professionnel de l'homme : spécialiste des questions environnementales au grand quotidien français Le Monde, le type jouit d'une longue expérience sur ces questions et d'une réputation de journaliste rigoureux.D'autre part cet individu, qu'on peut difficilement taxer de «sale-gauchiste-radical-adepte-de-la-théorie-du-complot» écrit dans son livre que (en conférence, il dira «je vous propose l'hypothèse que.», c'est dire sa retenue naturelle) : une faible proportion de la population, 10 %, 5 %, 1 %, peu importe, est responsable de ce gâchis.Cette classe dirigeante, qui ne fait plus 20 fois le salaire de ses employés comme dans les années 1970, mais bien 150 fois, est non seulement dénuée de tout idéal social mais fait sciemment obstacle au changement de cap nécessaire pour éviter la fracture sociale et environnementale qui se profile clairement à l'horizon.Et voilà où ça devient intéressant.Qu'un type comme Kempf publie un livre (qui en est déjà à sa deuxième réimpression quelques mois après sa publication) où il appelle un chat un chat, et une oligarchie responsable du désastre planétaire une oligarchie responsable du désastre planétaire, a de quoi réjouir les sales-gauchistes-etc-etc.que nous sommes.Tout comme la longue file d'attente de gens refusés par manque de place lors de sa conférence à l'UQAM le 10 avril dernier lors de son passage à Montréal avait aussi quelque chose de formidable.Ce soir-là, dans la salle, on retrouvait des émules de Laure Waridel (elle-même y était.), des membres de Greenpeace, des animateurs d'écoquartiers, bref que des convertis diront les cyniques.Mais ces «convertis» ont entendu ce soir-là un chaînon qui manque souvent à leur discours de consommation responsable ou d'action directe ponctuelle: un appel à l'urgence de lier l'écologie et le social et d'analyser le rôle central de l'oligarchie dominante dans la crise écologique actuelle.Et l'espoir que conserve Kempf malgré un constat qui en a dérouté et découragé plus d'un lors de cette soirée (on le sentait par les questions posées à la fin), c'est que la gravité de la situation fait en sorte que les grands médias n'ont d'autre choix que d'en parler et que c'est maintenant la majorité des gens qui sont préoccupés par les problèmes environnementaux.Et si tous ces gens en viennent assez rapidement à comprendre «le chaînon manquant» (que ces mêmes grands médias font tout pour occulter, Kempf ne se gêne pas pour le dire), alors peut-êt'e pourrons-nous remonter collectivement à la cause ultime de nos malheurs (et agir en conséquence) et pas seulement tergiverser sur leurs causes proximales.Une nuance qui n'est d'ailleurs pas si difficile à comprendre.En clair, et pour reprendre les mots de Hervé Kempf: ce n'est pas la pollution qui menace la planète mais bien les riches.BRUNO DUBUC Comment les riches détruisent la planète, Hervé Kempf, Éditions du Seuil, 2007.http://www.reporterre.net/livre/index.php THE UNITED STEEL WORKERS OF MONTREAL, Broken trucks and bottles (Weewerk) À grand renfort de mandolines, d'accordéons, d'harmonicas, de guitares électriques inspirés et de rythmes déterminés cet ensemble qui semble vivre hors du temps présent chavire indubitablement l'auditeur tant et tant les voix se chevauchent dans un Ouest Montréalais un chouia halluciné.La voix de Felicity porte bien son nom tandis que celle de Gern rappelera celle d'un ours en quête d'un peu de miel; vaille que vaille pour les abeilles! Goddamn the CPR, ici reprise remémore la vie de misère, l'exploitation à contribuer à la fortune des patrons du rail.LES CHARBONNIERS DE L'ENFER, À la grâce de dieu (La Tribu/Select) Le quintette de voix a capella la ramène à grands renfort de cordes vocales vibrantes sur des textes rapportés par les souvenirs d'un tel ou d'une telle.Ce répertoire, bien plus qu'un reportage sur le folkore, redonne vie à des morceaux d'histoire vivante.À travers ces textes on reconnaît la prépondérance de la religion sur la rude vie de nos ancêtres.Il n'en demeure pas moins qu'à tirer le diable par la queue, on relativise les préceptes de ce sacré farceur (euh.seigneur?!) et, voici la porte grande ouverte au libertinage.On se rappellera que d'aller danser au bal pouvait entraîner.l'excommunion !!! LES ÉKORCHÉS, S/T (Indica/Outside) Cette formation regroupe des éléments de BARF (nul autre que le chanteur Marc Vaillancourt), Ghoulunatics, Voïvod et un violoncelliste pour une virée métalo-acoustique pas piquée de vers.Musicalement le résultat reste très brute et les amateurs des groupes susmentionnés ne seront pas déçus tout en ayant accès à des textes entièrement en français.Si la reprise de Vesel (Brel) avec )oe Evil à l'accordéon et Franz Schuller de Grimskunk fait figure d'excellent morceau, on ne peut pas en dire autant de tous les textes qui, malgré des tentatives intros-pectrices honorables, s'extraient difficilement d'une violence qui, si elle peut parfois s'avérer nécessaire, apparaît presque comme modus vivendi.Autrement, la déprime se noie dans une mer d'alcool.Reste toujours cette musique virulente ! MYSTIC MOTORCYCLES, Gay LA.Music?(Hail Kings) Tout pour le rock avec ce quatuor grenoblois qui se pose (?) pour toute une année dans la belle province.Roucoulant de glam un rien pervers, débitant un rock garage mâtiné de psycho dans la foulée de The Cramps, ce groupe qui ne réinvente pas la roue n'en demeure pas moins excellent dans sa démarche de revival.Évidemment, les textes prêchent par leur vacuité en étirant la sauce de quelques stéréotypes en revisitant l'arrière scène des bars les plus louches ! MAXIM ROBIN, Is a town tempo kind of guy (E-R/Local) Habitué des Kino avec ses courts métrages avec lesquels il excelle à bidouiller des trames sonores glanées sur son amas de vieux vinyles.Ce disques représente bien cette habileté de ce Robin des bois à voler aux riches pour donner à nos pauvres oreilles quelques productions sinon ahuri-santes, à tout le moins joliement rythmées et des plus accortes.Sans êtres fondamentalement revendicatrices, il n'en demeure pas moins que l'on retrouve sur la quinzaine de pièces un splendide Éloge à la lenteur et un rire démoniaque à l'égard du droit d'auteur sur Ma génération.RAMON VITESSE Onf ray : Après 30 bouquins, Onfray la puissance d'cxisli-r Ecrire trente volumes en 15 ans n'est pas une mince affaire.Surtout pas en donnant quotidiennement des cours et conférences et en organisant des projets importants comme l'Université populaire.On peut prêter à Michel Onfray la Grande santé que nous souhaite Nietzsche, son maître à penser.Au trentième livre, un résumé de l'œuvre et de la proposition philosophique qui la soutient n'apparaît pas comme un luxe.En effet, l'homme est éclectique, certains diraient dispersé, on ne se plaindra pas d'avoir un guide, un fil d'Ariane pour mieux comprendre le propos.Vulgarisateur hors pair de la pensée des autres, Onfray s'attaque à la sienne, tente de réduire à la plus simple expression ses propres propositions.La puissance d'exister, Manifeste hédoniste.La couverture donne le ton.Au-dessus de ce titre tapageur, une photo de l'homme nous observant, à la fois satisfait, à la fois provocateur, le tout dégage un certain narcissisme.Condenser la pensée donne probablement un meilleur accès à celui qui la vit (notons qu'il ne s'est jamais trop dissimulé), comme il est dans ces thèses que l'on fait en philosophie, plus souvent qu'autrement, de nécessité vertu.Pour ceux qui ne connaissent ni le penseur ni ses propositions l'ouvrage a certes son utilité.Il est accessible, facile et rapide à lire et donne un panorama honnête des 29 précédents.Par contre, dans cette approche succincte Onfray perd beaucoup de son pouvoir de séduction.En effet, on trouvera là une bonne première approche à l'hédonisme, mais y adhèrera-t-on?Ces constats et ses propositions alignés comme des perles ne perdent-elles pas un peu de la force sans tout l'argumentaire et toutes les digressions et explications qui l'accompagnaient habituellement?Si on comprend le sens de ce qui est proposé, on voit moins bien l'application et on se sent un peu bousculé par des thèses présentées comme des évidences bien plus que défendues.Aussi, certaines parties de l'œuvre montrent plus clairement leurs faiblesses.On pense, entre autres, aux passages sur l'art et sur la bioéthique.Plus encore sur ces sujets, on a l'impression qu'Onfray veut régler des questions complexes en deux coups de cuillères à pot laissant les nuances et la réflexion approfondie à d'autres.Est-il suffisant, pour parler de la bioéthique, de condamner ceux qui tentent d'effrayer la population avec des scénarios catastrophes et de proposer, à l'inverse, une bioéthique de l'audace qui se base sur l'évitement des douleurs.On comprend l'objectif, et on peut y souscrire, ça ne règle pas le problème d'application qui est pourtant central sur cette question.Toute éthique des changements biologiques sera valide suivant la mesure où elle peut être appliquée de façon rigoureuse et efficace.Sinon il ne s'agira que de vœux pieux qui auront laissés aux plus riches ou aux plus puissants le pouvoir de les contourner.On constate, au niveau politique, un retrait de plus en plus grand de la question sociale.Comme si l'hédoniste était de moins en moins convaincu de la possibilité de faire ensemble.Alors que la possibilité d'une association d'égoïstes pour réaliser ensemble des modèles alternatifs d'économie était envisagée dans Politique du rebelle, elle semble complètement écartée dans La puissance d'exister Quelle conclusion devons-nous en tirer?L'hédoniste se retire dans son jardin épicurien ?Grand malheur si c'est le cas.Le seul espoir d'un hédonisme réalisé tient en une société qui ne combat pas systématiquement toutes les sources de plaisir.Il faut que des hédonistes luttent dès aujourd'hui pour construire cette société où le plaisir est de plus en plus possible.Autrement, des conditions qui dépassent leur capacité à créer la jouissance (environnement, paupérisation, urbanisme délirant, etc), viendront imposer l'ennui, la souffrance et l'aliénation.SIMON TREMBLAY-PEPIN ONFRAY, Michel, La puissance d'exister, Manifeste hédoniste, Grasset, Paris, 2006, 230 p.Ça meurt beaucoup dans LE PEUPLE DES ^ ENDORMIS, T.2 (Dupuis) de Tronchet et Ricard.Pas étonnant, que dans ce roman qui nous rabaisse à la colonnie africaine et aux esclavagistes la prétention et des égos fabuleux noircissent la vie bien loin par delà le noir rebelle! Parole de dieu, bonnes manières, duplicité et amour guerrier sont de ce progrès outrancier ici rendus splendidement ridicules; littéralement empaillés.HENRI DÉSIRÉ LAN-DRU (Vents d'Ouest) de Chabouté remanie également l'histoire pour une proposition hallucinante où le célèbre étrangleur aurait été la marionnette d'un soldat défiguré rêvant de faire fortune.Toutefois, la société, si civile en cette fin de guerre 14-18, préférait mythifier le bon poilu.Exit Landru qui faisait un parfait bouc émissaire ! Un découpage et un noir et blanc au coupe choux.Le suicide abordé dans MA MAMAN DU PHOTOMATON (400 Coups) de Manon Guathier et Yves Nadon reste vibrant, autant par le graphisme fébrile de l'illustratrice que par la force de bribes vécues par la petite orpheline jonglant avec des souvenirs, eux, impérissables.Avec LES AVENTURES DE MÉGAMONSIEUR, 2.Y'en a marre des fioulpes! (Lito) M.Desbats pervertit la BD super héros avec son personnage soutenant les paysans (en buvant du thé équitable) et ne polluant pas (à vélo et en pédalo.) dans une aventure branchée sur la réalité des carburants fossiles dont les réserves s'amenuisent.Il y est question d'intérêts fianciers (surtout), des médias et de scénarios catastrophes en vertus de scientifiques asservis au capital ! Pour trinquer, nous trinquons avec CHEZ FRANCISQUE (Fluide Glacial) de Lindingre et Larcenet.Dans ce troquet favorable à l'extrême droite, les conversations, toujours des histoires sur une page avec maxime de buveur attardé, ne vont pas bien loin, effrayées par l'étranger sans doute, et tournent en bourrique toute différence.Le racisme ordinaire dans ce qu'il a de plus désastreux.Plus bas encore?LES SOUS-SOLS DU RÉVOLU (Musée du Louvre Éditions / Futuropolis) de M.-A.Mathieu, au contraire de son titre qui nous ouvre grand les écoutilles des réflexions muséologiques pour jouer à cache-cache avec des concepts qui se télescopent et, parfois, nous éblouissent par un pan de mystère approché.Il est question de bri-cabracologie, de dessein, de restauration et, bien sûr, d'expert.Une visite à nulle autre pareille des fondements mêmes de la muséologie et, plus par-ticulèrement, de la conservation - en BD!!! Une autre incursion inusitée avec UN TAXI NOMMÉ NADIR (Actes Sud BD) de R.Multier et G.Tévessin pour une colorée virée dans les souvenirs précisément d'un chauffeur de taxi venu d'Algérie.Il y a, inévitablement, une part anecdotique qui, heureusement se voit dépassée par des réflexions sur le travail, la famille, la nuit et le sens.des valeurs.Un livre brillant et rigoureux avec des espaces où le temps se voit dévidé comme un fil de pêche.VALENTIN TARDI DOSSIER DECRYPTAGE Le Couac, mai 2007, page 8 La manipulation des masses PAR JEAN-CLAUDE ST-LOUIS Nous sommes manipulés sans en être tout à fait conscients.Le « nous » représente le peuple, c'est-à-dire les petites gens et, en grande partie, la classe moyenne qui contribue à 88% des impôts payés au Canada, car les Puissances de l'argent ne paient pratiquement pas d'impôts, tout en réalisant des milliards de dollars de profits.Les Puissances de l'argent exercent le pouvoir absolu sur le monde et bénéficient de l'appui inconditionnel de leurs hommes de paille, les chefs politiques, ainsi que celui des médias d'information sur lesquels elles ont le plein contrôle.Quelles sont les puissances de l'argent?Comment manipulent «-on les masses?1- Les grandes multinationales et les banques dont les chiffres d'affaires représentent des centaines de milliards de dollars et qui ont le pouvoir de tasser les gouvernements.Exemples : a) Les puissantes pétrolières américaines qui placent leurs pions sur l'échiquier mondial et qui peuvent, avec leurs milliards, faire élire le président de la plus grande puissance de la terre-, b) Les 150 patrons des plus grandes industries canadiennes, dont les chiffres d'affaires dépassent, ensemble, les 1500 milliards de dollars et qui ont créé le B.C.N.I.(Business Council on National Issues of Canada), Ce lobby extrêmement puissant a son mot à dire dans l'élaboration des politiques et priorités nationales du Canada.Il est très actif dans le transfert des Sociétés d'État rentables au secteur privé; c) Toutes ces multinationales qui, grâce à la mondialisation et aux traités internationaux, ont réussi à imposer le profit comme étant prioritaire sur la santé publique et la protection de l'environnement.Aux États-Unis, au Canada et au Mexique, à cause de l'Alena, un gouvernement ne peut adopter une loi qui pourrait nuire aux profits actuels, futurs ou potentiels des multinationales.S'il le fait, il s'expose à des poursuites devant un tribunal de l'Alena dont les décisions sont sans appel ; d) Un géant comme Wal-Mart, ouvertement anti-syndical, qui a réussi à faire adopter une loi par le gouvernement Harris de l'Ontario, afin de contrer la syndicalisation de ses employés.On l'appelle, par dérision, la loi Wal-Mart.2- Les puissantes banques du monde, soit les banques centrales et les grandes banques qui créent l'argent, qui le prêtent et qui fixent les taux d'intérêts (la première préoccupation de Tony Blair, une fois élu, a été de transférer à la Banque d'Angleterre, le pouvoir de fixer les taux d'intérêts), ainsi que les institutions qui leur sont dévouées, soit le F.M.l.( Fonds Monétaire International), la Banque Mondiale, l'O.M.C.(Organisation Mondiale du Commerce), de même que les agences de notation financière (Moody's, Standard and Poor's, etc.) 1- Par la peur! La tactique la plus efficace consiste à faire peur au peuple en inventant des monstres qui risquent de l'anéantir.Exemple : les grandes pétrolières américaines qui voulaient prendre le contrôle des puits de pétrole irakiens.Un monstre a été créé: Saddam Hussein, un cruel dictateur dans son pays, comme il en existe des centaines dans le monde (pourtant allié des États-Unis dans la guerre Iran-Irak) qui possédait, disait-on, des armes de destruction massive pouvant anéantir le monde.L'Irak fut mis à feu et à sang et les grandes industries américaines s'y sont précipitées pour réaliser des profits faramineux.On a fait de même avec le président Noriega du Panama, pour prendre le contrôle de ce petit pays et du Canal et on veut faire un monstre du président Hugo Chavez du Venezuela, afin de prendre le contrôle des puits de pétrole de ce pays.2- Par la division ! Le vieil adage «diviser pour régner» n'a jamais été aussi d'actualité.Les Puissances de l'argent se servent de leurs hommes de paille, les politiciens, pour diviser le peuple en présentant les syndicats, les assistés sociaux et les non-productifs, comme étant responsables de la situation précaire des finances publiques.Elles ne disent pas, évidemment, que si les finances publiques sont en difficulté, c'est justement à cause d'elles, les Puissances de l'argent, qui ne paient pas leur juste part d'impôts ; que leurs hommes de paille les dorlotent en leur octroyant des milliards en subventions, des prêts sans intérêts, des terrains gratuits et des reports d'impôts à l'infini.3- Par la désinformation ! Les médias étant aux mains des Puissances de l'argent, rien de plus facile pour elles que de contrôler l'information.Les journalistes ne peuvent plus être neutres et impartiaux, car ils ne peuvent se passer des puissants appuis financiers.Ils doivent refléter le choix des rédacteurs en chef et de ceux qui les embauchent et qui peuvent les congédier en tout temps.Il en résulte que la nature même du système capitaliste, où l'information est contrôlée, sape les bases de la démocratie.James Squires, ex-directeur du Chicago Tribune, l'a reconnu en disant : « La prise de contrôle de l'information par les puissantes multinationales a tué le journalisme impartial ».Conclusion Les disparités s'accentuent de plus en plus entre les riches et les pauvres, au détriment de ces derniers.Même dans des pays riches comme les États-Unis et le Canada, ces disparités sont frappantes.La classe moyenne, la grande vache à lait des gouvernements, voit son pouvoir d'achat diminuer d'année en année.Les syndicats sont attaqués de toutes parts par les Puissances de l'argent et leurs valets, les hommes politiques, qui les rendent responsables de l'état précaire des finances publiques, alors que ce sont elles qui en sont responsables.La contribution des industries, en impôts payés au Canada, qui était de 50% dans les années 1950, n'est plus que de 12% aujourd'hui.Les Puissances de l'argent disposent de tous les outils pour manipuler les masses et elles ne s'en privent pas bien, au contraire.PUBLICITÉ La Souveraineté par la démocratie Appel à nos concitoyens Le Mouvement Démocratie-Souveraineté, un groupe non partisan, s'est donné comme tâche d'approfondir les questions qui se posent maintenant aux Québécois quant à leur avenir politique comme nation et comme peuple souverains et démocratiques.Quelles voies, quelles réformes, quelles orientations faut-il privilégier pour aujourd'hui et pour demain?Comment remédier au manque de crédibilité de nos politiciens et de nos partis politiques et à la perte de confiance du citoyen dans ses institutions?Quelle social-démocratie pourrait offrir aux Québécois plus de justice, plus de prospérité, plus de solidarité?Faut-il se donner dès maintenant une nouvelle constitution?De quelle souveraineté s'agit-il et de quelle(s) nation(s)?Comment définir la citoyenneté québécoise?La démocratie et la souveraineté sont pour nous les deux assises indissociables et indispensables sur lesquelles les Québécois doivent fonder leur avenir collectif.Notre projet est: «LA SOUVERAINETÉ PAR LA DÉMOCRATIE / LA DÉMOCRATIE PAR LA SOUVERAINETÉ».Nous croyons qu'il est urgent d'agir pour arrêter une forme de dérive qui risque de nous entraîner dans un dangereux laisser-aller, une fatale insouciance.Nous nous sommes donné comme programme: faire tout ce qui peut, démocratiquement, favoriser la souveraineté et ne rien entreprendre qui nous en éloignerait; à cette fin, il faut faire tout ce qui augmente notre cohésion nationale et éviter tout ce qui serait un facteur de division.Se concen- trer sur l'essentiel et mettre de côté tous les débats secondaires ou accessoires non urgents.Pour atteindre ses objectifs, le MDS se propose de réunir ses membres lors de rencontres mensuelles dans diverses localités et sur le Web, et de diffuser le résultat de ses réflexions par la publication occasionnelle d'un encart dans un journal, (selon ses moyens financiers) et sur le Web.À cette fin nous sollicitons l'appui de nos concitoyens et nous comptons sur leur traditionnelle générosité.Nous avons donc constitué un fonds - Fonds Démocratie-Souveraineté - pour recevoir vos dons et les administrer de façon à soutenir le mieux possible les initiatives du MDS.Le MDS est un organisme sans but lucratif.Son conseil d'administration est présentement composé de: Marc Brière, Mireille Tremblay, Claude Corbo, Andrée Lajoie, Jean-Pierre Bonhomme, Me Isabelle Therrien, Philippe Leclerc et Éric Gervais-Després.Guy Rocher et Hélène Pelletier-Baillargeon en sont présidents honoraires.Fondé en novembre 2006, le MDS a déjà tenu cinq rencontres mensuelles avec, comme conférenciers invités, Gilles Bourque, Jacques Dufresne, Louis Balthazar, Jean-Pierre Charbonneau, Jacques Beauchemin, Patricia Rimok, Giuseppe Sciortino.Nos prochains invités seront Louis Bernard, Geneviève Nootens.Ces rencontres sont réservées aux membres.Si vous désirez participer au MDS, faites parvenir ce coupon et votre contribution à Marc Brière, 5154 Avenue Notre-Dame-de-Grâce, Montréal, H4A 1K5.Cotisation annuelle: 40$_ (étudiant ou conjoint: 20$_) Campagne de souscription: 1,000$_ 500$_ 100$_ NOM: PRENOM: Occupation ou champ d'expertise: Adresse: Courriel: Téléphones: (rés): (aff): (cell): MOUVEMENT DÉMOCRATIE-SOUVERAINETÉ http://cf.groups.yahoo.com/group/democratiesouverainete
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