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Le couac
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. [...]
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. Constitué d'une équipe rédactionnelle et de collaborateurs bénévoles, le journal se targue d'être libre et indépendant. Projet mûri entre anciens camarades de Quartier libre, journal étudiant de l'Université de Montréal, Le Couac est fondé par les journalistes aux nombreux chapeaux Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau. Pierre de Bellefeuille agit à titre d'éditeur et demeure à la barre du journal de nombreuses années. Prenant inspiration des éphémères Le Fantasque et La Lanterne, prédécesseurs québécois du XIXe siècle, Le Couac, dont le nom rappelle l'onomatopée du canard, s'inscrit davantage dans la lignée du journal français Charlie Hebdo que du Canard enchaîné. « Le couac » et « le canard », qui peut signifier « journal », peuvent tous deux être associés à un son discordant au sein d'un groupe, le groupe dans lequel Le Couac détonne étant ici l'ensemble de la presse. Le Couac donne son soutien à l'activisme de gauche en dénonçant par la satire, souvent cinglante, l'ordre établi, les réactionnaires, les moralistes, la publicité, le journalisme de masse, les puissants, les injustices, les atteintes aux droits et libertés, les pollueurs, l'économie marchande, etc. Le Couac est en phase avec l'actualité politique, sociale et culturelle québécoise et internationale et montre un intérêt particulier pour les États-Unis. La lutte au terrorisme et ses débordements du début du XXIe siècle y inspirent d'ailleurs plusieurs coups de gueule. En plus des deux fondateurs, un grand nombre de collaborateurs au regard critique et mordant sur le monde participent au journal au cours des années : Pierre Falardeau, Pierre Vadeboncoeur, Louis Hamelin, Marco Silvestro, Isabelle Baez, Jacques Bouchard, Victor-Lévy Beaulieu, Marco de Blois, Michel Rioux, Bruno Dubuc, Francis Dupuis-Déri, François Patenaude, Normand Baillargeon, Simon Tremblay-Pepin. 10 ans de Couacs - Je pense, donc je nuis : les meilleurs articles du mensuel satirique francophone le plus lu en Amérique du Nord!, choix des textes, des brèves et des illustrations par l'équipe du Couac; coordination de Bruno Dubuc, Montréal, Le Couac, 2007, 123 p.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1997-2016
Contenu spécifique :
septembre
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Le couac, 2007-09, Collections de BAnQ.

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C'est o notre tour.it pmtr le Quebec ! /fàforvn social * 1) » Mut 1007 Forum Social PSP: et la sécurité Spécial rentrée, Québécois et réformisme, p.4 des femmes?p4 P-8 Un drôle d'oiseau Vol.10 • n° 12 Septembre 2007 3,50 Enrichissez-vous,* qu'il disait on pas que le souhait le plus profond de l'homme (ce qui embrasse aussi la femme) fsoit de rechercher sans cesse toutes les manières possibles de s'appauvrir.Il faut bien admettre qu'il puisse y avoir des limites à manger du baloney et à devoir se satisfaire d'un Pepsi tablette sur un balcon brûlant en guise de vacances annuelles.En conséquence, celui qui voudrait jouir au moins du nécessaire ne devrait pas être considéré comme un ennemi du progrès, encore moins comme un parasite social.En revanche, depuis que quelques notions d'éthique se sont graduellement glissées dans les comportements humains à partir du moment où nos ancêtres sont sortis de leurs cavernes, une certaine morale, naturelle ou religieuse, c'est selon, est supposée guider les gestes de l'homo sapiens.l'ai bien écrit «supposé».En effet, il faut se rendre à l'évidence, qui, en l'occurrence, n'est pas bien loin.Dans certains milieux, ça ne s'est pas su que voler, c'est pas bien.Dans certains milieux, on ignore encore que ce n'est pas correct d'écraser plus petit que soi.Dans certains milieux, on fait son ordinaire de la tromperie, de la fraude, de toutes ces manœuvres dolosives que des cerveaux particulièrement inventifs ne cessent d'imaginer.Vous voulez des noms?la mondialisation, «l'accroissement du niveau de vie passe par la création de richesse».À cela, le professeur Paul Bernard réplique en prenant le contre-pied de cette position.«If faut redistribuer la richesse dans le but de la créer», a-t-il écrit le 10 août.Or, l'article qui a provoqué ce débat, écrit par un chercheur du Centre canadien de politiques alternatives, Mathieu Dufour, et publié le 1er août, fournit amplement d'arguments pour soutenir que le problème ne réside pas dans la création de la richesse mais dans le fait qu'elle demeure concentrée entre les mains d'un petit nombre de bien nantis.Voyons : • De 1975 à 2005, le PIB par habitant a connu une hausse de 72 % et la productivité moyenne des travailleurs a augmenté de 51%.Pourtant, les salaires sont demeurés au même niveau, augmentant de 0,06% de 1991 à 2005.Plus productifs, les travailleurs n'ont pas vu leur situation s'améliorer.Ces données pourtant simples se compliquent néanmoins dans certains débats.Il faut savoir gré au Devoir de nous avoir présenté l'un de ces débats durant l'été, dont certains éléments rejoignent les quelques réflexions qui précèdent.La grande question tourne autour des pôles suivants: création de la richesse et distribution de cette même richesse.Tous les lucides de ce monde vont nous dire : Ben voyons donc ! Pour distribuer la richesse, encore faut-il qu'il y en ait eu de créée.Personne ne s'étonnera qu'un chercheur de l'Institut économique de Montréal, Mathieu Laberge, aille de ce côté tambour battant, soutenant qu'avec «le problème ne réside pas dans la création de la richesse mais dans le fait qu'elle demeure concentrée entre les mains d'un petit nombre de bien nantis.» • Si le salaire moyen avait progressé de 1991 à 2005 au même rythme que la productivité, les travailleurs auraient gagné 10 000$ de plus chaque année.• Le salaire minimum québécois est passé de 9,14$ à 7,32$, de 1976 à 2005, en dollars actuels.• La part du PIB qui va aux entreprises n'a jamais été plus élevée que mainte- nant.Par contre, celle allant aux travailleurs n'a jamais été aussi basse depuis 1961, année où les statistiques ont commencé d'être colligées.• Il y a 25 ans, les pdg des grandes entreprises étasuniennes gagnaient 40 fois le salaire industriel moyen.Aujourd'hui, c'est plus de 400 fois! C'est devenu un truisme de soutenir que les riches s'enrichissent et que les pauvres s'appauvrissent.La preuve?Paul Bernard la fournit.«Entre 1975 et 2000, le revenu de marché réel avant impôt au Canada s'est accru de 13% pour l'ensemble des Canadiens.Mais pour le dixième des individus les mieux payés, la hausse a été de 28%; pour le cen- tième supérieur, la hausse a été de 75% et pour le millième supérieur, de 319%.» Qu'est-ce à dire?Trop occupés à boucler les fins de mois en tirant le diable par la queue, les travailleurs n'ont pas entendu le conseil de Guizot.Mais les possédants, eux, morts de rire et l'oreille grande ouverte, l'ont entendu 10 sur 10.MICHEL RIOUX * C'est le conseil que François Pierre Guillaume Guizot, ci-devant ministre du roi Louis-Philippe de 1830 à 1848, avait donné à la bourgeoisie française: Enrichissez-vous! «Favorableà la grande bourgeoisie d'affaires, il contribua à accroître la misère ouvrière*, en dit le Robert 2.CQFD Montebello la liberté de presse au Canada Il faut avoir séjourné quelques iours sur l'île de Cuba pour prendre la mesure de l'étendue de la liberté de presse au Canada, histoire de se rendre compte à quel point l'ampleur de celle-ci fait en sorte que les journalistes de la télévision peuvent produire des reportages d'une ineptie à vous faire regretter l'invention du cinémascope.Lors des vols d'Air Canada, deux bulletins de nouvelles de Radio-Canada sont diffusés, pour s'assurer de faire bilingual à souhait.Avec un transfert à Toronto, cela fait quatre T) bien enfilés, tous caractérisés par une grande réflexivité, similaire à celle du crâne de David Gentile.L'ancien candidat à la présidence américaine avait dû crier fort ce jour-là, puisque l'ouragan Dean terrassait la Martinique et anéantissait l'une après l'autre des habitations d'infortune et leurs résidents.L'équipe de CBC a tout de même cru bon d'ouvrir son bulletin avec des images de navette spatiale après qu'un Ontarien eût, chose improbable, effectué quelque prouesse de portée apparemment historique en battant le record du space walk, ce qui en dit longtemps sur la grande force des canadiens: prendre des marches et regarder ailleurs pendant que l'action se passe.«Je ne suis pas d'accord avec vous.Un p'tit-gars-de-chez nous qui rafle le record historique du moonwalk, n'est-ce pas là une légitime source d'orgueil patriotique, de frémissements de plaisir technologique et de chauvinisme à l'érable?Cela n excuse-t-il pas une petite complaisance?Ou oseriez-vous prétendre le contraire, c'est-à-dire restreindre cette liberté de presse qui nous permet à nous, journalistes canadiens, de river l'objectif du kodak sur l'odyssée de l'espace cependant que la planète se trouve balayée par un ouragan dont pâtiront, certes, les plus pauvres.mais ne seraient-ils pas mieux logés dans l'espace, honnêtement?Nous vous entendons déjà, geôliers castristes liberticides, en appeler à la censure en voyant dans les mêmes bulletins in flight à quel point nos journalistes ont la liberté pleine et entières'il leur prend cette unanime envie, d'c mettre toute référence aux enjeux politiques entourant le sommet de Montebello et les manifestations qui s'y déroulent pour se concentrer uniquement sur les signes visibles de la sécurisation et du contrôle social post-9/ \ 1 qui, vous l'avouerez, sont de nature à troubler les plaisanciers de la marina de Montebello, ou encore ceux du club de planeur du bled perdu d'en face, qui se trouve littéralement dans l'œil du cyclone du no fly zone qui permet à George Bush de faire du vélo tranquilos.Lhorreur quoi.Tiens, prenez ce résident qui ne peut plus se bercer sur sa véranda.Ou encore cet épicier qui craint pour ses bay windows et sa caisse enregistreuse.Il n'ira pas jusqu'à tout placarder comme son voisin.Comprenez, comment pourrait-il autrement profiter des retombées économiques du Sommet.D'ailleurs, c'est un peu l'objectif de ce Sommet: sécuriser toute les Amériques, afin que les épiciers de l'hémisphère puissent profiter des retombées.vous dites, «.les retombées radioac- tives comme en Irak» !?Mais vous êtes cynique, ma foi.ce ne sont pas des blagues à faire.non non.j'entendais les retombées économiques qui actuellement sont gênées par toute sorte de règles et d'obstacles comme les normes sur les pesticides qui sont trop hautes au Canada.Voyez, c'est un peu comme à Montebello.My aie Sommet qui stimule l'économie et fait tomber sur la région une manne de richesse que devraient pouvoir récolter les propriétaires d'épiceries.Seulement, il y a tout ces gens qui viennent se placer entre les deux, utilisant leur corps à la manière de boucliers humains, un peu comme les jeunes granolas à Heathrow qui se foutent en travers des pistes des avions et perturbent l'ordre des choses.S'ils n'y étaient pas, tout cela serait fluide, et (en aparté).je vous le dis off the record, ce serait un peu moins de travail pour nous, nous journalistes, qui en avons déjà plein les bras à expliquer aux gens pourquoi il faut demeurer en Afghanistan même si la mission est dangereuse, pour lutter contre l'extrémisme.» (soupir) «Vous savez les gens ont le droit d'être en désaccord, mais cela ne changera pas qu'il y a des choses qui doivent être faites, surtout si la démocratie doit être préservée et.et puis la compétitivité économique du Canada.Comment vou-driez-vous qu'on aille dans l'espace autrement pour préparer les bases de repli dont nous aurons besoin plus tard?-Si je suis inquiet?Comme tout le monde, l'environne-Ej ™ ï^lW ment et tout.bien sûr.Pourquoi je n'en parle pas dans mon reportage?Parce, que ça n'intéresse pas les gens.ils veulent voir les conséquences des événements sur des gens comme eux, du vrai monde.et puis on se doit bien de rapporter les événements, surtout criminels, qui perturbent l'ordre normal des choses.Des présidents qui font du fine-tuning au libre-échange pour qu'il soit plus en ordre.ce n'est pas un événement, du reste, ce n'est rien de nouveau, c'est juste.de l'actualisation.Nous cherchons de l'actualité.La nuance est importante.Et n'allez pas croire que c'est quelque directive d'en haut qui me fait dire cela.Ici, contrairement à Cuba, il y a la liberté de presse, mon cher, n'allez pas prétendre le contraire.» ERIC MARTIN 006538528211312 Le Couac, septembre 2007, page 2 Spock.com is watching you ! Une société de San Francisco annonçait récemment son intention d'indexer sur Internet les 6 milliards d'humains qui peuplent la planète! Le moteur de recherche Spock.com dispose déjà, en version expérimentale, de données sur plus de cent millions d'individus.Ces données ont été compilées à partir du contenu de centaines de sites des réseaux sociaux virtuels, comme myspace et aussi de sites plus généraux.Naturellement, ces méthodes d'indexation automatique ne permettent aucune interprétation des données recueillis, donc aucune vérification.Ce sont les utilisateurs qui devront pallier au manque de fiabilité de ces informations.Vous pourrez aussi créer votre profil ou celui de quelqu'un d'autre.Vous pourrez également les modifier.Car il s'agit bien de données personnelles qui seront mis en circulation libre C'est possible parce que dans le droit états-unien les moteurs de recherche sont considérés comme des tierces parties fournissant de l'information et ne pouvant être tenu responsable des données qu'ils mettent en ligne.Mais spock.com ne compte bien sûr pas se limiter à «profiler» des citoyens des États-Unis.En fait, leur intention est de pouvoir profiler tout ce qui peut l'être.Ce type d'initiative ne vise qu'un seul but: créer un site où il y aura une grande circulation de nature à attirer des annonceurs.Car à quoi bon «ficher» publiquement les gens?Surtout si rien ne garantie l'authenticité des informations.Toute forme de délation, de malveillance, de manipulation sont déjà possible.Imaginez toutes les conséquences: un employeur peut se faire une idée de quelqu'un non plus seulement à partir d'un CV ou d'une entrevue mais à partir de cet espion électronique que sera spock.com.Votre dernière petite amie vous en veut, vous avez fait quelques gaffes dans votre jeunesse, vous avez eu des conflits avec un sale type dans un milieu de travail précédent, vous avez accidentellement bousculé quelqu'un en jouant au basket, toutes les informations les plus anecdotiques, fondées ou non, pourront être consultées par le monde entier! Vous avez déjà cherché l'amour par Internet et dû remplir un profil avec des informations très privées et très personnelles, tremblez qu'elles ne se retrouvent étalées au grand jour.Et si vous avez le malheur, ou la chance, c'est selon, de porter un nom assez courant, alors là ça peut devenir le plus délirant des cafouillages! On ne fait plus la différence, depuis quelques années, sur ce qui relève de la vie publique et de la vie privée.Certains vont même jusqu'à remettre en question la pertinence de l'espace privé, à l'abris du regard des autres et du contrat social.Tout doit être contrôlé, personne ne devrait rien avoir à cacher.Il est bien vu de tout étaler sans aucune pudeur, que la planète devienne un gigantesque reality show! And Big brother is watching you! CLAUDE ST-PIERRE Education «Être en Afghanistan ou ne pas y être, le réponds d'emblée que nos soldats doivent y être.Afin de former des officiers de qualité et des soldats courageux, l'expérience de la guerre est, je crois, la meilleure école.» (Le Devoir, 22/08) Liberté «Pendant que George W.Bush, Stephen Harper et Felipe Calderon dégustaient leur entrée de napoléon de canard fumé, les derniers manifestants retournaient tranquillement chez eux, laissant la voie libre aux accords entre les trois pays.» (La Presse, 21/08) Les qualités de Pierre-Marc laloux des vertus somnifères de la commission Johnson, un groupe d'insomniaques du Minnesota a fait sauter un pont enjambant le Mississipi.MUSIRONIE COURRIER DES LECTEURS Le meilleur monde possible Toujours à l'ordre du jour, possible et émergent comme société en progrès constant.Un changement de main radicale dans les rapports de pouvoir qui favorisera l'encerclement et la disparition ultime de la propriété privée des moyens de production pour la mettre sous le contrôle des travailleur-euse-s dans «une libre association des producteur-trice-s».Pour que des gens s'engagent dans les responsabilités liées à leurs droits, ils-elles leur faut la capacité et l'opportunité d'exercer eux-elles-mêmes le pouvoir.Qu'en est-il des travailleur-euse-s dans leurs milieux qui sont encore obligé-e-s de le déléguer partiellement à des représentants syndicaux, ou encore, de s'en voir complètement exclus, en le laissant carrément aux patrons?On ne pourra parler de démocratie participative tant et aussi longtemps que le pouvoir ne reviendra pas à la base et complètement à la base.Le dernier mot doit être celui de sa libre expression ultime.Il n y a encore aucune assemblée générale souveraine, dans les milieux de travail, du type de celle que nous connaissons et vivons, grâce aux ressources et aux compétences mises à notre disposition pour que ça marche, comme nous le faisons à Québec solidaire dans nos congrès.C'est dire tout le potentiel de renouveau de la vie politique québécoise qu'annonce ce parti.C'est avec ce genre de progrès appréhendés que la démocratie participative se fera subversive et qu'elle remettra en cause les fondements du capitalisme et de ses iniques lois qui carburent aux fermetures d'usines, à l'appauvrissement et à la misère du monde.Et même si cela ne devait venir à bout de ce système mondialisé d'exploitation et d'oppression que de manière partielle, il s'agirait tout de même d'un genre de progrès politique qui permettrait la plus grande contribution des ouvrièr-e-s à un développement équivalent dans toute la société, ou dans la vie de quartier, par exemple.Cela aurait aussi tout au moins l'avantage de mettre en évidence la contradiction principale du capitalisme, comme l'ont fait dans le passé toutes les avancées de la démocratie, i.e.la socialisation de l'organisation du travail contre la privatisation des profits et du contrôle par des gestionnaires non élus, ou des propriétaires ne répondant qu'aux actionnaires, auxquels il faut arracher, et notre pitance, et nos droits, en particulier celui fondamental du droit au travail de subsistance.Utopiste?Plutôt conforme à l'évolution des sciences politiques qui ont l'audace de remettre en cause le statu quo d'un pouvoir sclérosé n'ayant plus comme perspective, au moyen des partis néolibéraux, que le maintien ou l'extension des privilèges des nantis, chez nous, comme à l'échelle de la planète.Guy Roy, Montréal Écrivez-nous ! Le Couac publie les courts commentaires de ses lecteurs.Le courrier électronique demeure la meilleure façon de nous joindre (texte® lecouac.org).Sinon, envoyez une disquette par courrier postal: Le Couac, CP.222 Suce.D, Montréal (Québec) H3K 3G5.Charest refroidit Vardeur de ses homologues 'l'Ttto'aftes coronariens Désir La Presse a parfois des éclairs de génie sans le savoir.Pour ou contre ?En page titre du journal Métro (7 août 2007): «Un an avant Pékin 2008, les droits humains sont dénoncés».Dans les prochains jours, le journal nous informera de ['«avancement de la lutte pour le SIDA», du «combat pour le cancer» et de la «lutte pour l'homophobie».Un pont du Minessota s'écroule Mario Dumont souligne que c'est encore une fois la preuve que le modèle québécois est désuet.Climat dangereux «Des vents violents et de la grêle ont fait d'importants dégâts dans la région d'Huntingdon»; le maire Stéphane Gendron songe à imposer un couvre-feu Enterrez syndicat ! Mgr Turcotte prie pour la fin du conflit à Notre-Dame-des-Neiges {Métro, 7 août 2007) fatàmt ofdùiife • ./ POUR S'ABONNER Par téléphone: (514) 596-1017 Par la poste : Le Couac CP.222 Suce.D, MONTRÉAL (Québec) H3K 3G5 Adressez votre chèque à : Le Couac.• Abonnement d'un an: 30,42$ + taxes = 35,00$ • Abonnement de deux ans : 52,15$ + taxes = 60,00$ • Abonnement institutionnel et de soutien: 52,15$ + taxes = 60,00$ • Abonnement de groupe d'un an ( 10 copies par parution): 225,98$ + taxes = 260,00$ • Abonnement d'un an à l'étranger: 43,46$ + taxes = 50,00$ Nom Adresse Code postal Courriel_ .Téléphone.Le Couac c.p.222 suce.D, Montréal, Québec, H3K 3G5 Téléphone: (514) 596-1017 Vous voulez collaborer au Couacï Vous pouvez nous faire parvenir vos textes (max.700 mots)/ dessins/photomontages par courriel, via notre site Internet: www.lecouac.org.Fondé ei\ 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau Co-Rédacteurs en chef: Bruno Dubuc, David Ledoyen, Simon Tremblay-Pepin.Collaborateurs: Normand Raillargeon, Guillaume Beaulac, Pierre de Bellefeuille, Claude Ci.Charron, Eve-I.yne Couturier, Francis Dupuis-Déri, Alexandre Leduc, Eric Martin, Ludvic Moquin-Beaudry, Musironie, Michel Rioux, Les Sorcières, Claude St-Pierre, Valentin Tardi, Pierre Vadeboncœur, Ramon Vitesse.Illustrations et photos: Bobidoche, Boris, Hal, Luc Ciard, Serge Ferrand, Philippe Marchand, Neves, Valentin Tardi, Ramon Vitesse.Graphisme : France Mercier Imprimé par: les travailleurs et travailleuses syndiqué-es de Payette et Simms inc.Distribué par: Gladu distribution Nous remercions chaleureusement Charlie Hchdo pour sa collaboration.Abonnement et publicité: (S14) 596-1017 ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 121J369 Imprime au Québe< NATIONAL Plaidoyer pour le réel On peut avoir raison jusqu'à Vabsurde.Aux dernières élections québécoises, le PQ, fidèle à l'idée qui est sa raison d'être, tenait, mais jusqu'à la déraison, un discours répétitif et lassant où l'idéologie flottait plus ou moins loin de la réalité et même loin d'une évidence dont tout politicien devrait se soucier: l'état de l'opinion publique.Des militants - et non des moindres -allaient jusqu'à promettre que le PQ, s'il était élu, ne gouvernerait pas mais mettrait en marche la machine référendaire et voilà tout.Pour des raisons comme celle-là, l'électorat, ennuyé, s'est tourné plutôt vers Mario Dumont, un type qui ne pensait rien, un fumiste ayant le don de ramasser çà et là des thèmes à la mode et rendus populaires par la presse, une salade démagogique où les gens croyaient enfin entendre parler d'eux-mêmes et du concret.Le PQ a donné dans l'obsession suivante: l'essentielle raison du parti doit être son seul calcul, sa seule stratégie, jusqu'à éliminer l'idée même de stratégie et de calcul.Un seul but, par conséquent une seule ligne, un seul chemin, quelles que soient les circonstances.J'exagère à peine.Par exemple, un chef qui, quant à lui, ne soit pas beaucoup plus qu'un simple exécutant.Comment appeler pareil discours?Paralysie dogmatique?Gueule de bois progressiste?Un extraordinaire échec a sanctionné cette politique abstraite et cette psychologie d'adolescent.Il arrive parfois ceci en politique: le peuple, qui n'entend plus, ne veut plus rien entendre II semble qu'une partie des citoyens en était là.Elle nous l'a bien fait savoir.« Des dérives certes sont à craindre, mais moins que l'irréalisme qu'on a connu dans ce parti » Quand le peuple cesse d'écouter quelque chose, il ne fait pas qu'oublier cette chose, il fait un pas de plus: il se prévient contre elle.Dès lors, aller le rechercher s'annonce comme problématique.Pauline Marois est la principale personne sinon la seule à avoir vraiment parlé de l'irréalisme dont il est ici question, et à en avoir parlé pour se faire comprendre.Il faut recommencer à tenir compte du réel.Des dérives certes sont à craindre, mais moins que l'irréalisme qu'on a connu dans ce parti, où plusieurs semblaient avoir oublié ce que c'est que l'action, l'expérimentation justement, les essais, le risque, les écarts nécessaires, la stratégie, ou simplement le bon sens.PIERRE VADEBONCŒUR Environ 4000 cages ont été installées dans plusieurs secteurs de la Montérégie pour contrer une éventuelle épidémie de rage.La rage est une maladie incurable qui se transmet par un contact entre la salive infectée et une plaie ou une muqueuse, lusqu'à maintenant, seuls 28 adé-quistes ont pu être interceptés et vaccinés.MUSIRONIE Dernières nations Le PDG du Canada, Monsieur Stephen Harpon, a annoncé la semaine dernière lors d'un voyage dans le grand nord canadien, que le pôle nord était bel et bien un territoire canadien, de même que le père Noël, ses lutins, ses rennes et les ours polaires formaient une nation au sein d'un Canada uni.MUSIRONIE Explosion Deux adéquistes modérés du bien-bas du fleuve ont avoue être responsables de l'incendie du Barouf et du restaurant Continental, sur la rue St-Denis à Montréal Les deux lascars ont déclaré que les ostis de fendants de la clique du Plateau mériteraient touttes de mourir pendus par les couilles.s'ils en avaient.MUSiRONIE Le Couac, septembre 2007, page 3 r «"HO Pour une bonne télé sans pubs La télé de Radio-Canada n'est plus ce qu'elle était.Aucune émission, de nos jours, ne joue un rôle comparable à celui, naguère, de Point de mire, le Sel de la semaine, les Plouffe ou Un homme et son péché qui, dans le contexte de la Révolution tranquille, ont été, au delà du divertissement, de puissants instruments de prise de conscience collective.L'époque est en effet déjà loin où la télévision était reconnue comme agent d'éducation populaire.Dans les années 50, 60 et 70, Radio-Canada collaborait étroitement avec l'organisme appelé Institut canadien d'éducation des adultes.La conférence annuelle dite de Sainte-Adèle, fruit de ce concours, a guidé la modernisation du Québec.Donc, première constatation: la qualité de la programmation actuelle n'est que médiocre.Elle nage dans un vedettariat factice, marqué par de fréquentes acclamations peu spontanées mais très bruyantes.Elle s'accompagne, deuxième constatation, de messages commerciaux longs et fréquents, pour lesquels le diffuseur hausse le niveau sonore.La plupart de ces messages frôlent la stupidité, qui reflète ce que les annonceurs pensent de nous, pauvres consommateurs.Il y a une distinction importante à faire entre, d'une part, la publicité dans les journaux et revues et dans les lieux publics, et, d'autre part, la publicité à la radio et la télé.Dans le premier cas, nous restons libres d'en prendre connaissance ou pas.On n'a qu'à diriger son regard ailleurs.Ce n'est pas le cas de la publicité à la radio et la télé, qui prend toute la place pendant sa diffusion.Chez moi, en tout cas, la fréquence et la durée des pubs à la télé atteignent le niveau d'écœurement Peut-on rêver d'une télé SRC réformée?Une concurrence indue Le CRTC, organisme fédéral de réglementation, a imposé une limite de douze minutes de commerciaux par heure.Il a annoncé qu'il relâcherait cette limite, mais la direction de la SRC envisage au contraire de se limiter à huit minutes par heure.Une aspirine pour guérir le cancer.Radio-Canada devrait se retirer complètement de toute diffusion de messages commerciaux.Pour son financement, elle devrait se contenter de la subvention que lui attribue annuellement le Parlement canadien.À l'heure actuelle, cette subvention de près d'un milliard de dollars représente les deux tiers de ses revenus.Elle suffirait amplement pour financer une nouvelle programmation digne de la mission de la SRC, peut-être dans un horaire légèrement réduit.Avec son double financement, public et privé, la SRC impose une concurrence indue à la télé privée.On peut s'étonner que celle-ci, et ses alliés comme le Institut économique de Montréal, ne protestent pas plus fort.Radio-Canada a l'obsession des cotes d'écoute.Elle se croit en concurrence avec la télé privée.C'est qu'elle ne comprend pas le rôle de la télé publique, qui devrait être un instrument d'éducation populaitre, comme jadis, et laisser le divertissement à la télé privée.C'est fondamental.L'État n'est justifié de faire de la télé que dans un souci de développement social et culturel.Le divertissement et la chasse aux vedettes ne font pas partie de ses responsabilités.À propos de chasse, le gouvernement Harper a confié aux chasseurs de têtes Egon Zehnder International la tâche de dénicher un nouveau président de Radio-Canada, vu que le mandat du titulaire actuel, Robert Rabinovitch, prendra fin en novembre.Or on apprend que la firme a confié cette mission à un anglophone, ancien militant du parti égalité.Ça n'augure rien de bon.Rêvons toujours.PIERRE DE BELLEFEUILLE Immigration : le choix de la peur ?a commission Bouchard-Taylor, qui mènera une consultation sur les accommodements raisonnables liée aux différences culturelles, n'avait pas encore commencé son travail que le sujet de l'immigration occupait déjà le haut du pavé dans le débat politique au Québec.Mais s'agit-il vraiment d'un débat politique?Il serait plus exact de parler d'un débat de société qui ne veut pas dire son nom.D'abord quelques données.Le Québec accueille chaque année autour de 45 000 immigrants.La grande majorité s'installent dans la région de Montréal et proviennent de pays non francophones.Dans les documents présentés par le Canada aux immigrants potentiels, on décrit une société sans culture dominante.Le gouvernement du Québec a quant à lui coupé de moitié les programmes de francisation et d'intégration.Pas surprenant que les nouveaux immigrants ne sentent pas la nécessité de s'intégrer à autre chose qu'à la grande et merveilleuse American way of life.La nécessité de continuer à recevoir des immigrants n'est plus à démontrer.L'Ontario, qui accueille 3 fois plus d'immigrants que le Québec, a fait grimper de 65% le nombre de personnes en âge de travailler et de pro- créer.Dans le même temps, cette croissance n'a été que de 30% au Québec.C'est encore plus vrai dans les régions où bon nombre d'entreprises seraient bien positionnées pour accroître leurs activités s'ils disposaient de la main d'oeuvre appropriée.L'immigration est une constante historique.C'est le flot migratoire qui a permis la constitution de l'économie moderne dans la plupart des pays riches.L'immigration est également le fer de lance de la culture mo-ouverture au monde.Et derne, de depuis la nuit des temps, le métissage ethnique a permis aux populations humaines de s'accroître et d'évoluer.Sans cet échange actif et constant, la démographie n'aurait jamais atteint ce qu'elle est présentement.Mario Dumont a lancé un pavé dans la mare en prétendant que le Québec a fait le plein d'immigrant et qu'il est dangereux pour la préservation de la culture québécoise de poursuivre en ce sens.C'est une vision étriquée, qui historiquement a su cacher de bien sombres desseins, une vision de notre société basée sur la suffisance et la peur.C'est aussi une forme de nationalisme social et culturel que l'Occident tente d'enterrer depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.Le chef de l'ADQ a aussi dit que le Québécois est un «créatif minoritaire et débrouillard».Il s'agit là d'un curieux amalgame qu'aucun sociologue ne saurait décemment justifier.Sommes-nous si peu sûrs de la valeur de notre héritage historique et culturel que nous le sentions menacé par une poignée d'individus qui ne demandent qu'à mieux nous connaître, qu'à enrichir leur expérience au contact de la nôtre?Mario Dumont fait voler bien bas le nécessaire débat sur la question.Et le plus dangereux, c'est qu'il joue très habilement, avec ses clips verbaux bien sentis, dans ce qui constitue le côté le plus sombre de notre inconscient collectif.Je m'inquiète toujours d'entendre des gens, surtout des jeunes, s'exciter « Sommes-nous si peu sûrs de la valeur de notre héritage historique et culturel que nous le sentions menacé par une poignée d'individus qui ne demandent qu'à mieux nous connaître [.]?» à de tels propos.Toute idée ne se vaut pas, tout n'est pas qu'une question de point de vue.Le fascisme n'était pas qu'un simple point de vue.C'était une vision du monde basée sur de fausses perceptions, sur des peurs que d'habiles tribuns populistes savaient canaliser.CLAUDE ST-PIERRE Le « Triumvîrus » • La Tribu du Verbe • • Musironîe • • Le Couac • www.latribuduverbe.com, www.musironie.com et www.lecouac.org 3 fréquences de publication Quotidien, hebdomadaire, mensuel.3 types de médias Blogue, radio, journal.Un même but Tirer sur la connerie où qu'elle soit ! NATIONAL Le Couac, septembre 2007, page 4 Davos de la santé : Les loups sont dans nos On connaît la chanson Les loups sont entrés dans Paris que, de son vivant, Reggiani a si magistralement bien interprétée.Langage hyperbolique pour exprimer tout le malaise des Parisiens face au bruit des bottes des nazis durant l'Occupation.Alerte rouge: nous sommes en occupation.De gros loups sont dans nos parages.11 faut prêter l'oreille et entendre leurs sombres hurlements.Ils ont un but précis: au nom du sacro-saint libre marché, s'accaparer à leur profit de notre système public de santé.Les loups.- André Noël: «Une rencontre très discrète qui se veut le «Davos de la santé» se tiendra cet automne à Saint-Sauveur, dans les Laurentides, réunissant des personnalités triées sur le volet et provenant d'une quinzaine de pays industrialisés, à l'invitation de Raymond Chrétien, neveu de l'ancien premier ministre et lui-même ancien ambassadeur.» (André Noël, «Un Davos de la santé à Saint-Sauveur», La Presse, 14-08-07, A-14) Les loups.portent veston cravate - André Noël: «Ce "forum grandiose", tel qu'il se définit, se tiendra les 5, 6 et 7 novembre au Manoir Saint-Sauveur.11 profite d'une contribution gouvernementale, mais l'inscription coûte quand même 4552$.À leur descente d'avion à Montréal, les participants venant d'Europe, des États-Unis et d'Asie seront transportés dans les Laurentides en limousine.» Rien de trop beau pour cette grosse meute! Les loups.nous veulent du bien - André Noël: «Le World Health Executive Forum (WHEF) se montre favorable à une plus grande participation du secteur privé dans la santé.Le document joint à l'invitation contient un sondage présenté ainsi: «81% des leaders politiques et des dirigeants de la santé croient qu'il est dans le meilleur intérêt de nos systèmes de santé d'avoir recours aux services du secteur privé».Les loups.sont en ville - Le WHEF est basé à Montréal.Les loups.se sentent très forts - Document «strictement confidentiel» attaché à l'invitation: «(le WHEF) veut être à la santé ce que le World Economie Forum de Davos (en Suisse) est àj'économie».Les loups.ont ici des petizamis - les louveteaux Charest, lérôme-Forget et Couillard ont très discrètement louvoyé avec eux à Gatineau l'année dernière.Les loups.sentent leurs proies bien faisandées - Charest: «Nous aurons beaucoup besoin d'un forum comme celui-ci pour nous inspirer et mettre en place de nouvelles politiques qui nous permettront d'assurer la pérennité de nos systèmes de santé à des coûts raisonnables.» Les loups.sont modernes - Et sont à l'heure de la mondialisation.Certains ont des noms étranges: KMPG et Amerigroup Corporation.Comme la fausse Mère-grand, ils insistent pour que l'on s'approche d'eux.De ne pas avoir peur.Qu'ils ne nous mangeront pas.Les loups.nous veulent donc du bien - Mais, bénéficieront quand même d'un «grand périmètre de sécurité» à ce «Davos de la santé» de Saint-Sauveur en novembre, avec fils barbelés et flics prêts à lancer leur gaz contre vilains petits pou-cets et vilaines petites chaperonnes rouges, lesquels et lesquelles, tout récemment à Montebello, autres gros loups ne voulaient aucunement entendre leurs jérémiades.Et vive la démocratie.des loups! CLAUDE G.CHARRON À la mémoire du Front de libération des femmes (FLF) Eh PRISON POUR LA CAUSE DES FEMMES Ei n 1 971 , les femmes au Québec peuvent être traînées devant un juge, appelées à témoigner lors d'un procès mais elles n'ont pas le droit d'être membres d'un jury.Pour dénoncer cette injustice, 7 militantes profitent du procès d'une femme dans la foulée de la Crise d'octobre pour sauter sur le banc du jury en criant «La justice, c'est de la marde!» Cette action directe de la cellule X ou Action-choc du Front de libération des femmes (FLF) du Québec aura deux conséquences, l'une négative puisque les activistes se retrouvent en prison à Tanguay, et l'autre positive car les femmes obtiennent enfin le droit d'être membres d'un jury.Prenant cette action comme point de départ, Marjolaine Péloquin, elle même ancienne membre du FLF, signe un ouvrage important qui retrace l'histoire du FLF, de son émergence à sa fin, tout en évoquant les débats entre historiennes et féministes au sujet du FLF.Débutant par l'histoire de féministes radicales qui s'organisent suite à une arrestation de près de 200 femmes en novembre 1969 qui avaient manifestées à Montréal contre le règlement interdisant les manifestations, le récit proposé par Péloquin se termine par un bilan des années FLF qui démontre une capacité à l'autocritique, tout en rappelant les acquis et l'héritage de ce mouvement.Ce livre est important à plusieurs égards: il offre enfin une histoire complète du FLF, démontre clairement que l'action directe perturbatrice peut être efficace et offre la parole à des participantes du mouvement féministe, soit en replongeant dans les documents d'époque (dont le journal Québécoises debouttel), soit en citant d'anciennes militantes que Péloquin a retrouvées et avec qui elle s'est entretenue avant d'écrire son ouvrage.Abondamment illustré et proposant des encadrés thématiques et des annexes pertinentes (dont des extraits des débats de l'Assemblée nationale démontrant le sexisme pathétique des députés), l'ouvrage est d'utilisation aisée et se lit en fait comme un roman d'aventure politique.On y présente avec sensibilité et intelligence les réflexions et les analyses des féministes de l'époque qui oeuvraient sur plus plusieurs fronts: lutte contre le patriarcat, bien sûr, mais aussi pour la justice sociale envers les travailleuses et les travailleurs, pour l'indépendance du Québec et pour la mise en place d'institutions féministes avec des moyens dérisoires (garderie, journal, clinique d'avortement, etc.).Cet engagement féministe se déroule dans un contexte difficile.Les militantes doivent faire face à des réactions antagonistes de certains de leurs mâles camarades et à la répression policière brutale qui entraînera même la mort d'une des militantes au cours d'une manifestation.Sachant bien que l'histoire du FLF est au mieux mal connue, au pire ignorée mais qu'elle reste l'objet de diverses rumeurs, Péloquin s'efforce en conclusion de déboulonner quelques faussetés au sujet du mouvement auquel elle a participé.Le FLF n'était pas composé à majorité de militantes d'organisations marxiste-léninistes considérant que la lutte anticapitaliste était prioritaire.Si le FLF comptait quelques sympathisantes du marxisme-léninisme, il se caractérisait surtout par une grande diversité idéologique avec comme point de ralliement l'idée que la lutte contre le patriarcat devait être la priorité du mouvement féministe.Enfin, certaines rumeurs laissent entendre que le FLF et le féminisme radical des années 1960-70 était peu ouvert aux thématiques anti-racistes, voire qu'il entretenait un nationalisme ethnique.Péloquin explique clairement que la dynamique menant à une rupture avec les alliées anglo-canadiennes s'inscrivait précisément dans une analyse mariant le féminisme et l'anti-racisme (les féministes franco-québécoises se sentant prises dans un rapport inégalitaire face aux féministes anglo-canadiennes) et rappelle surtout que les militantes du FLF se considéraient en général tiers-mondistes et solidaires des peuples en lutte de libération nationale.Ce livre saura donc intéresser les féministes, les activistes des mouvements sociaux et celles et ceux qu'intéresse l'histoire du Québec contemporain.FRANCIS DUPUIS-DERI Marjolaine Péloquin, En prison pour la cause des femmes : la conquête du banc des jurés.Montréal, Remue-ménage, 2007, 307 p.Forum Social Québécois : Réf olutionnaire ?Du 23 au 26 août a eu lieu, à l'Université du Québec à Montréal, le tout premier Forum Social Québécois (FSQ).À ce forum Q-est ^ notre tour étaient invités de penser le Québec ! tous les actrices et acteurs de la gauche1 québécoise dans le but de «penser le Québec!» Cette démarche n'est pas sans rappeler les festivals altermondialistes de Porto Allègre et, on s'en doute, les Solidaires (qui sont, rappelons-le, d'assez lucides personnes.pour la plupart) ne sont pas très loin de l'organisation de ce sommet.Fait amusant, il se déroulait tout de suite après la rencontre de nos bandits favoris, Bush, Harper et Calderon, pour le Partenariat pour l'Insécurité et 1 Exacerbation de la Pauvreté (PSP-SPP), rappelant d'autres confrontations épiques Sommet - Anti-Sommet.Qu'est-ce que ce FSQ, d'abord?11 s'inscrit dans la lignée des divers forums sociaux qui se déroulent à travers le monde et son but est d'entreprendre la recherche d'alternative aux diktats du marché et au pouvoir de la dictature que nous élisons de temps en temps (c'est déjà ça!).Dans les mots employés par les organisateurs du FSQ: «Le Forum social québécois est un espace qui vise à rassembler, l'espace de quelques jours, |touTEs| ceux et celles qui croient en une société plus juste, qui s'opposent aux avancées du capitalisme néolibéral et à toute |sic| les forme d'oppressions, que ce soit au Québec ou dans le monde, et qui désirent construire ensemble le projet d'une société démocratique et solidaire.» N'attendez pas pour crier votre joie: le FSQ remplit plusieurs de ses promesses et les groupes qui l'appuient et/ou y ont participé en témoignent (utilisation de tactiques différentes, sources de financement diverses - allant de l'utilisation de subventions gouvernementales à l'autofinancement, différentes inspirations politiques, etc.).Évidemment, ombre importante au tableau, comme dans plusieurs rencontres d'envergure, des partenaires moins joyeux sont du lot.SSQ vous comprenez ce que je veux dire (pour n'en nommer qu'un)?Nous pouvons nous consoler en nous rappelant qu'au moins, les repas y étaient moins somptueux qu'à certains congrès sur la pauvreté2 .Ce forum n'est pas la panacée: les maux du système d'exploitation dans lequel ce forum se déroule n'ont pas été apaisés par cette rencontre.Des solutions miracles n'ont pas été trouvées.Aucun consensus n'en est sorti.Par contre, des personnes ont pu se rencontrer, discuter et échanger sur des sujets qui nous touchent touTEs en dehors des huis clos bien connus du côté droit.Des gens ont pu créer des espaces libres pour la discussion et la réflexion sur nos problèmes et sur d'éventuelles solutions.Fait étonnant et encourageant: des personnes qui n'avaient pas milité depuis une ou plusieurs décennies s'y sont retrouvées afin de discuter avec d'anciens camarades qui, parfois, sont encore d'activés et d'actifs militantEs.Ce n'est pas l'opinion de tout le monde par contre.Pour certains, le FSQ est «largement dirig[é| par des organismes réformistes, sociaux-démocrates, des organismes dont certains se laissent acheter par l'État, qui ne remettent aucunement en question les fondements du système capitaliste-impérialiste mondial, sinon pour en critiquer les pires excès.» («Forum social québécois: appel à un contingent anti-impérialiste et révolutionnaire», sur le CMAQ) Que certainEs ne soient pas d'accord avec les visées révolutionnaires et armées des autres, que certainEs profitent des programmes gouvernementaux de subvention pour avoir un pouvoir d'action plus important, ça mine leur crédibilité, leur pouvoir d'action ou leur discours sur la nécessité d'un monde meilleur?Le pire c'est que le FSQ déclare s'opposer «à toutes les formes d'oppression», ce qui est déjà une remise en question appréciable des fondements du système.Le jugement révolutionnaire me semble un peu dur sur une initiative qui semble plutôt positive et pousser à une réflexion concrète.D'autant plus qu'ils sont invités, comme le reste de la gauche du Québec, au Forum qui «repose largement sur l'auto-programmation»! Le problème du slogan «Révolution, seule solution!» des signataires du manifeste anti-FSQ, outre qu'il soit extrêmement réducteur quant aux possibilités de changement social d'envergure, est qu'il ne convainc que les convertis.Le groupe Crass déclarait, il y a près de 30 ans, que «la liberté n'a pas de valeur si la violence en est le prix»3 et la plupart des gens, surtout dans leur confort (et leur indifférence dirait un certain Denys), ne veulent pas envisager cette façon d'entreprendre un changement radical.La prise du pouvoir par les armes reste une prise du pouvoir, n'est-ce pas?L'élite éclairée du PCR ne pourrait pas grand chose pour faire de cela une solution, et rares sont ceux qui y croient vraiment en dehors de leur cercle d'influence.J Devant des slogans du genre, devant des critiques faciles et trop radicales comme celles-ci, je me demande franchement comment ces gens pourraient convaincre un badaud, croisé dans la rue.Des réponses toutes faites, des «On verra quand ça arrivera», des «Ouais mais t'es aliéné», ce n'est pas une très bonne campagne de marketing et ça limite radicalement le pouvoir d'action de ces groupes.Ce n'est pas en critiquant de façon acerbe et non constructive un événement de gauche qui a un potentiel de rassemblement et de réflexion qu'il nous sera possible de trouver une issue.Ce n'est pas non plus en bêlant des slogans simplistes et des formules toutes faites que nous pourrons construire une alternative plausible qui saura convaincre les gens.Ce n'est pas en coupant les liens avec des gens sensibles à une cause mais qui ne sont pas assez radicaux qu'il sera possible de créer un mouvement fort.À mon sens, il faut penser à une véritable avenue pour pouvoir répondre aux questionnements qui viennent naturellement aux gens lorsque nous leur parlons de la possibilité d'une société postcapitaliste, et ce n'est qu'en ayant des réponses solides et satisfaisantes que nous pourrons espérer convaincre les gens de la possibilité d'un monde meilleur.Des événements comme le FSQ sont là pour y réfléchir et pour échanger sur ces sujets trop peu abordés dans notre quotidien.GUILLAUME BEAULAC 1- Et de l'extrême-gauche, de la gaugauche, de la social-démocratie, du centre-un-peu-à-droite- mais-encore-à-gauche, des fervents défenseurs de la douteuse théologie de la libération .sans aucune discrimination! 2- Voir la Une du dernier numéro du Couac, «Pauvreté Cinq Étoiles».3- Crass, «Bloody Révolutions».Chanson enregistrée en 1980 qui se retrouve sur l'album Best Before Montréal INTERNATIONAL Le Couac, septembre 2007, page 5 La sécurité et la prospérité : de qui ?par qui ?et contre qui ?Du 19 au 21 août 2007 seront au château Mon-tebello George Bush, Stephen Harper et Felipe Cal-deron, 3 hommes blancs occidentaux qui se réunissent pour parler du Partenariat sur la Sécurité et la Prospérité (PSP).Bien entendu, un des buts des trois hommes blancs d'Amérique est d'assurer la circulation des marchandises et LEUR prospérité économique et financière.Mais on discute de la prospérité et de la sécurité de qui?De celle des hommes blancs occidentaux.Ces trois hommes osent nous faire croire qu'il est nécessaire d'accroître la sécurité des trois pays nord-américains, parce que selon leur rhétorique, les frontières ne sont pas assez protégées contre les dits Talibans ou tous ceux qui pourraient leur ressembler physiquement (profilage racial en perspective.), bref contre ces hommes que l'Occident nous dépeint comme des monstres.Mais ce qui ne nous est pas dit, c'est que l'homme agresseur et l'homme sauveur peuvent être partout.Par exemple, notons que 10% des Marines, «hommes sauveurs» par excellence, avouent avoir violé une femme (Romito 2006: 35).Nous, femmes et féministes de l'Amérique du Nord, refusons le paternalisme de l'homme sauveur et des États occidentaux, qui prétendent nous défendre face aux grands dangers venus de l'extérieur.En effet, des années 1980 à aujourd'hui, la liste des pays où s'est exercé le viol systématique des femmes et des petites filles paraît interminable: Mexique, Guatemala, Salvador, Haïti, Colombie, Pérou, Chili, Argentine, Russie, Afghanistan (Romito 2006: 36).Nous ne sommes en sécurité en aucun lieu, et nous sommes solidaires de ces femmes qui vivent dans les pays occupés au nom de notre «sécurité» occidentale, et qui devront subir les fougues à la fois des fondamentalistes religieux et de nos gen-tils «sauveurs», hommes, blancs, occidentaux, qui utilisent encore et toujours en 2007 le viol comme arme de guerre.Nous, femmes et féministes, nous déclarons apatrides, puisque aucun état n'a su nous protéger jusqu'à maintenant, ni à l'extérieur, ni à l'intérieur, contre sa propre violence.Si on poursuit la logique patriarcale de sécurité des dirigeants réunis à Montebello, en prenant cette fois-ci en compte la situation des femmes, il faudrait alors bombarder le Canada, les États-Unis, l'Europe, car dans l'ensemble des pays industrialisés, LES FEMMES NE SONT PAS EN SÉCURITÉ! En effet, dans ceux-ci, on dénombre que 20 à 30% des femmes auraient subi des violences sexuelles ou physiques (Romito 2006: 40).Au lieu de contrôler les frontières, il faudrait cibler l'État (est-il besoin de détailler davantage?), les tavernes (lieux de consolidation du machisme et des pouvoirs masculins), les lieux de culte (contrôle du corps des femmes et de leur reproduction), les diverses «fraternités» (insécurité des femmes sur les campus.Ex: aux Etats-Unis, de 25 à 50% des étudiants avouent avoir commis un viol ou une tentative de viol), les entreprises (harcèlement sexuel au travail, insécurité financière des femmes, etc.), bref, tous ces espaces et institutions qui contribuent à l'infériorité politique, sociale et économique des femmes, et certainement pas à notre réelle sécurité.Faisons un autre exercice: qu'est-ce qu'impliquerait une réelle prospérité / sécurité pour les femmes, et constituerait le moindre mal pour nous dans un système patriarcal toujours à renverser?La cessation de toutes formes de violences (économique, physique, psychologique, sexuelle) faites aux femmes, davantage d'argent dans les programmes sociaux à l'intérieur (alors que les Etats-Unis investissent près de la moitié du budget fédéral dans la Défense), l'acquisition d'un statut pour les sans-papiers, un réel accès à l'éducation, à un travail décent, à des conditions de travail viables, quand on sait que les femmes constituent le groupe social le plus précaire, ce qui est vrai dans les pays occidentaux comme à l'échelle mondiale.LES SORCIÈRES Référence: Patricia Romito, Un silence de mortes - La violence masculine occultée, Syllepse, Paris, 2006 Kadhafi : Diplomatie ou ignominie ?Après des années de négociation suite à la séquestration par la Libye d'infirmières bulgares et d'un médecin palestinien accusés d'avoir volontairement injecté le sida à des milliers d'enfants, le colonel Kadhafi vient de décrocher la lune en reconnaissance de ses exactions! Non seulement la preuve concernant cette affaire était fortement soumise à caution par des experts médicaux indépendants, mais l'accusation elle-même frisait le délire: on accusait ces méchants professionnels de la santé d'avoir eu le dessein de vouloir carrément, en posant ce geste, éliminer le peuple libyen au grand complet! Rien de moins! Les «accusés» ont été emprisonnés et torturés pendant huit ans et finalement condamnés à mort par une justice expéditive soumise aux diktats du colonel.Qu'a obtenu la Libye en échange de la libération des prisonniers?D'abord des compensations monétaires importantes qui couvriront les sommes qui avaient dû être versées aux victimes des attentats de Lockerbie et d'un DC 10 UTA au-dessus du Niger.Car faut-il le rappeler, le colonel était, il n'y a pas si longtemps, considéré par les pays occidentaux comme le plus grand émule du terrorisme mondial.Par toute une série de tractations et de chantage économique, il a réussi en quelques années à blanchir sa réputation dans les officines diplomatiques.Et cela, malgré que les organismes de défense des droits humains le considèrent au même niveau que feu Pinochet ou le dictateur Idi Amin Dada pour sa propension aux exécutions, à la torture et à la répression.Le président français Sarkozy, grand négociateur improvisé de la libération des victimes de ce chantage, a signé une série d'accords avec la Libye dans tous les domaines: relations économiques et militaires, accords de collaboration industrielle, culturelle, scientifique.On va même lui construire une belle centrale nucléaire toute neuve! Et, cynisme ou ironie, un bel hôpital sera construit à Benghazi, spécialisé dans le traitement du VIH, là même où les infirmières bulgares auraient accompli leur forfait.Quant aux prisonniers libérés, ne leur demandez rien concernant leur séjour 4 étoiles dans les prisons considérés parmi les plus répressives au monde, leur silence fait partie de l'accord signé! Kadhafi s'en tire avec le beurre et l'argent du beurre et Sarkozy, qui n'a fait que récupérer le travail de négociation amorcé par d'autres mais qui a cédé plus que tous au chantage du colonel il devient le héros de l'heure! La Libye, grâce aux milliards investis dans les prochaines années, compte se glisser d'ici 2012 parmi les dix plus grands producteurs de pétrole au monde.Ce pays pourtant riche, au lieu d'investir dans ses infrastructures de base, routes, ports, ponts, écoles et hôpitaux, a plutôt massivement investi dans les armes et le soutien au terrorisme.Le népotisme et la corruption des amis du colonel y tiennent lieu de système politique.On va le récompenser en lui payant tout ça sur le bras CLAUDE ST-PIERRE Les « idiots » de Vargas Llosa LE COIeN" DO WlSOCHltrflS Il faut bien qu'un canard se sacrifie Pour le bien de la canarderie.Celle-ci m'a confié une pénible tâche Il y a de cela deux ans C'est donc avec beaucoup de plomb dans l'aile Que depuis je m'astreins à lire pour vous.La Gazette, Couac! ^f\\S'ti°' Le Globe and Mail, CouaclCouac! £0^^ Et le National Post, Couac! Couac! Couac! Le journaliste péruvo-étasunien alvaro vargas Llosa qualifiait récemment d'idiots ses compatriotes latinos «qui prêchent la révolution et le nationalisme économique» (National Post, 17-07-07: Return of the idiots).Idiots ceux qui détestent les États-Unis.Idiots ceux qui considèrent que l'État aurait le devoir d'agir pour la justice sociale.Idiotie que «cet engouement pour des hommes forts à la tête de l'État au mépris de la règle du droit».Castro étant en déclin, les «hommes forts», aux yeux de Vargas Llosa, sont les présidents Hugo Chavez du Venezuela et Evo Morales de Bolivie, élus tous deux fort démocratiquement par leurs «idiots de compatriotes».Alvaro est le fils de Mario Vargas Llosa, écrivain péruvien qui a goûté à la politique en se présentant comme candidat de droite aux élections présidentielles péruviennes de 1990.Battu, et, depuis, ne se consacrant qu'à la littérature, fiston a repris le flambeau avec comme mission de traquer tous les opposants à l'ordre mondial instauré par Reagan et Thatcher et poursuivi par Bush et Blair.Vargas Llosa réside aux Etats-Unis depuis qu'au Pérou, il est devenu persona non grata en ne.se présentant pas à un procès où il devait se défendre d'une accusation de diffamation.Exil doré puisqu'il est devenu directeur du Center of Global Prosperity (CGP), lié à [Independent Institute.Et comme ses coriaces diatribes contre les intellectuels gauchisants ont tout pour plaire aux gens de la National Endowment for Democratu (NED), les billets verts affluent au CGP1 et, autre important effet, les journaux aussi conservateurs que notre National Post se font un honneur d'ouvrir leur page d'opinions à ce grand missionnaire du néolibéralisme.Dans son texte du NP, Vargas Llosa accuse d'éminents académiciens et écrivains du Nord de parrainer le présent retour d'un socialisme radical dans le Cône Sud de l'Amérique.«Thèse "American and European \diots", écrit-il, ont projeté leur idéalisme, leur culpabilité et les griefs qu'ils ont contre leur propre société sur la scène latino-américaine, cautionnant ainsi d'infâmes causes populistes.» Et Varga Llosa de donner sa liste de «ses éminents idiots».Des Prix Nobel en tête de liste: Harold Pinter, Jose Saramago et Joseph Stiglitz.Et comme il fallait s'y attendre, suit de près Noam Chomsky, puis le sociologue James Petras.Preuve que Vargas Llosa est sensible au «mal français» diagnostiqué par Hayek, l'Hexagone est bien représentée avec Ignacio Ramonet et les correspondants étrangers du Nouvel Obs.Omission grave: Le Couac et Normand Baillargeon alors que Die Zeit et le Washington Post complètent la liste des idiots-caviar d'un Vargas Llosa qui ajoute qu'en «légitimant ce type de gouvernement qui est au cœur du sous-développement politique et économique de l'Amérique latine, la façon de penser |des importants personnages de sa liste noire) constitue une forme de trahison intellectuelle.» Vargas Llosa peut bien pontifier sur la trahison de ces clercs, il reste qu'il fait de la désinformation quand il traite des sanglants événements qui se sont déroulés au Nicaragua dans les années quatre-vingt.À Harold Pinter qui témoigne que «les sandinistes ont tout fait pour que se forme en ce pays une société stable, décente et pluraliste et où on n'avait enregistré aucun signe de torture ou de brutalité policière», il réplique: «Comment se fait-il alors que les sandinistes ont été jetés hors du pouvoir par le peuple en 1990?» Motus et bouche cousue à propos des contras financés par la CIA qui, pendant des années, ont terrorisé la population.Bouche cousue sur tout l'argent que madame Shamorro a reçu de papa Bush pour battre Ortega à ces élections.Varga Llosa accuse les sandinistes d'avoir endoctriné les Miskitos à l'idéologie marxiste.Surprenante com- passion de la part d'un néolibéral qui n'a normalement du souci que pour les individus, petits pions de la main invisible qui régit le marché.Mais fallait bien ici discréditer les sandinistes.11 reste que ce qui compte pour Vargas Llosa ce sont les intérêts du grand capital et il se doit donc de traiter d'idiots tous ces intel-los à la gomme qui s'épanchent sur le sort des autochtones.Le marché étant source de prospérité pourquoi s'en faire avec ces milliers d'Amérindiens qui, «pour leur bien», devront s'expatrier dans les centres urbains étant donné que les compagnies minières auront contaminé leur rivière?«Exproprier» les terres des autochtones et les obliger à aller s'entasser dans les bidonvilles, n'est-ce pas, selon les néolibéraux, la voie royale pour en arriver à une solution finale avec le problème amérindien?Vargas Llosa semble le penser et c'est pourquoi il n'a que de bons mots pour un Lula impuissant à stopper les entreprises rasant les forêts amazoniennes» afin d'y faire la culture extensive du soja servant à la production du biocarburant.Avec les résultats qu'en plus du grave tort que ce saccage fait actuellement à de nombreuses nations de l'Amazonie, il est fort à parier que le Brésil ait à vivre un grave déséquilibre climatique dans un proche avenir Vargas Llosa se réjouit de l'actuelle faiblesse politique de celui qui, il y a peu, était l'espoir de tous les alter-mondialistes.C'est pourquoi il qualifie de «végétarienne» la coalition de gauche que préside Lula au Brésil, tout autant que Vasquez en Uruguay et Arias au Costa-Rica.À cette «gauche végétarienne», il oppose «la gauche Carnivore» d'un Chavez qui, à même les redevances du pétrole, soigne et éduque la population autochtone du Venezuela et d'un Morales en Bolivie qui se donne comme rôle de «libérer les masses indigènes partout entre le Mexique-Sud et les Andes».Vargas Llosa pense qu'on aura de la difficulté à confiner aux archives ces idiots de la gauche carnivore tant qu'il y aura à les appuyer autant d'éminentes personnalités au Nord.Gros travail pour la NED, celui de recruter davantage de collabos latinos de la trempe d'Alvaro afin de neutraliser l'action des idiots du Nord.Et de faire comprendre aux autochtones que la prospérité passe par le libre-marché.CLAUDE G.CHARRON 1- Pour mieux connaître la NED, Le Monde diplomatique, juillet 2007, Hernando Calvo Ospina, Quand une respectable fondation prend le relais de la CIA ( bloc-notes Le Couac, septembre 2007, page 6 De la philo derrière les gros titres Cerveau, pensée et ordinateurs LE 26 JUILLET DERNIER, le }0Unidl de Montréal annonçait que deux joueurs de poker professionnels classés parmi les meilleurs au monde avaient — mais de justesse! — battu un ordinateur dans un match de quatre parties.Il s'agissait là, dit-on, du premier championnat de poker qui opposait la machine à l'être humain.Les gagnants, modestes, ont trouvé leur adversaire excellent et ont prédit qu'il sera difficile à battre à l'avenir, quand ses concepteurs auront amélioré le programme.Nul doute que ce sera le cas et que la machine battra prochainement les meilleurs joueurs de poker Mais, avouons-le, de telles nouvelles ne nous émeuvent plus beaucoup, tant nous sommes habitués à ce que des machines performent mieux que nous sur un grand nombre de tâches.En fait, depuis la gestion d'un réseau bancaire jusqu'aux calculs de toutes sortes en passant par le vol d'avions et des milliers d'autres exemples, on ne compte plus les domaines où les performances des ordinateurs égalent ou surpassent celles des humains.Aux échecs même, qui sont longtemps resté un bastion de la supériorité de l'être humain sur la machine, un dur coup a été porté dès 1997, alors que l'ordinateur Deep Blue a battu le champion du monde du moment, Garry Kasparov.Derrière tout cela se profile une grande question philosophique et je suis certain qu'elle vous a déjà effleuré l'esprit: les ordinateurs peuvent-ils, ou du moins pourront-ils, un jour, penser?Tout le monde convient qu'on ne peut pas dire de nos calculatrices de poche qu'elles pensent: mais peut-on imaginer avoir un jour un robot qui, lui, puisse penser, imaginer, ressentir, désirer, être ému?Ce robot aurait un ordinateur super-puissant comme «cerveau» et il pourrait, pourquoi pas, ressembler extérieurement à un être humain, bouger comme nous, être recouvert d'une «peau» synthétique, etc.On trouve des exemples de tels robots dans les films ou les romans de science-fiction.Mais pourrait-on éventuellement en fabriquer un pour vrai?En d'autres termes: un ordinateur pourrait-il tenir lieu de cerveau humain?Tentons de voir un peu plus clair dans cette difficile question.La thèse forte de l'Ai et le test de Turing Certaines personnes qui travaillent dans le domaine de l'intelligence artificielle (Al) pensent que oui et adhèrent à ce qu'on appelle la thèse forte de l'intelligence artificielle.Un de leurs arguments les plus intéressants a été avancé par Alan Turing.Figure tragique (il s'est suicidé après que les tribunaux lui aient imposé un traitement chimique destiné à guérir son homosexualité qui lui a fait .pousser des seins), Alan Turing (1919-1954) a été un des plus profonds et fascinants génies du XXème siècle.Ses travaux sont notamment à l'origine de l'ordinateur, dont il a formulé le modèle théorique dès 1936 — il avait alors 24 ans! En 1950, Turing a proposé un petit jeu qui porte depuis son nom (le test de Turing) et qui devrait nous permettre de décider si une machine donnée pense ou non.On pourrait réaliser ce test avec trois participants, chacun étant isolé dans une pièce.Il y a un questionneur — disons vous; une autre personne; et une machine.Le questionneur pose des questions aux deux autres, disons par l'intermédiaire d'un clavier; les réponses vous parviennent écrites sur un écran.Le test de Turing dit que si vous êtes incapables de distinguer la machine de la personne, la machine a passé le test — et on pourrait dire qu'elle «pense».Turing imaginait le dialogue suivant: Question: Écrivez, je vous prie, un sonnet sur le Pont Forth.Réponse: le vais passer mon tour.Je n'ai jamais pu écrire de poésie.Question: Ajoutez 34957 à 70764 Réponse: (la réponse est donnée après une pause d'environ 30 secondes) 105621.Question: Jouez-vous aux échecs?Réponse: Oui.Question: l'ai mon roi en K8 et aucune autre pièce.Vous avez seulement votre roi en K6 et une tour en RI.C'est à vous de jouer, que jouez-vous?Réponse: (après une pause de 15 secondes) T-T8: mat.Nous sommes encore bien loin de pouvoir fabriquer un ordinateur qui passerait le test de Turing.Pour vous en convaincre, allez sur Internet discuter avez Éliza (http://www-ai.ijs.si/eliza/eli-za.html), un programme conçu au MIT et qui vous propose ses services de psychothérapeute.Je suis certain qu'il ne vous faudra pas longtemps pour la faire couler son test de Turing.« (.) peut-on imaginer avoir un jour un robot qui, lui, puisse penser, imaginer, ressentir, désirer, être ému?» Mais les partisans de la thèse forte de l'Ai pensent qu'on parviendra un jour à fabriquer un ordinateur qui le passera et que ce jour-là, nous aurons bel et bien une machine qui pense.Durant les années 70, l'optimisme à ce sujet était à son comble.C'est alors qu'un philosophe appelé John Searle (né en 1932) a jeté un pavé dans la mare en proposant une expérience de pensée (c'est-à-dire une expérience qu'on peut faire «dans sa tête») et qui, selon lui, prouve que les partisans de la thèse forte de l'Ai se trompent absolument.On appelle cette expérience de pensée La chambre chinoise.La chambre chinoise Searle nous demande d'imaginer une personne enfermée dans une pièce hermétiquement close, à l'exception d'une fente pratiquée dans un des murs: cette pièce, c'est la chambre chinoise.Par la fente, de l'extérieur, sont introduits des bouts de papier couverts de signes qui sont incompréhensibles à la personne se trouvant dans la chambre chinoise.Quand elle en reçoit un, cette personne consulte un immense registre dans lequel elle repère les signes se trouvant sur la feuille: y correspondent d'autres signes, qu'elle recopie sur une nouvelle feuille de papier, qu'elle envoie, toujours par la fente, à l'extérieur de la chambre chinoise.Pourquoi cette chambre s'appelle-t-elle chinoise?C'est que les signes reçus et envoyés sont du chinois, une langue qu'ignore totalement la personne dans la chambre.Mais à l'extérieur, une personne parlant cette langue a posé une question en chinois et a reçu, après un délai plus ou moins long, une réponse pleinement satisfaisante.La questionneuse pourrait donc croire que la chambre (ou quoi que ce soit qui s'y trouve ou la constitue) parle chinois.Et pourtant non, comme on vient de le voir.Vous aurez compris la signification de cette analogie.La personne dans la pièce représente l'unité centrale de l'ordinateur; les instructions qu'elle consulte dans le registre représentent le programme; les bouts de papier qui entrent et sortent sont respectivement les inputs et les outputs.La chambre chinoise fait exactement ce que ferait un ordinateur programmé pour parler chinois et elle fait comme lui.Mais c'est sans les comprendre qu'elle manipule des symboles.Faut-il donc conclure à la mort de la thèse forte de l'Ai?Beaucoup de gens le pensent; mais d'autres, minoritaires, ne sont pas d'accord.La chambre chinoise de Searle a en tout cas suscité un nombre extraordinaire de réactions, de critiques et de défenses et amené bien des gens à penser plus profondément à la question de savoir ce que signifie penser, ce que veut dire être conscient et ainsi de suite.Faites attention, cependant: Searle ne dit pas qu'une machine qui pense est impossible, et cela pour la bonne raison qu'une telle machine existe déjà: nous sommes une telle machine.Ce qu'il dit, c'est qu'une machine comme un ordinateur ne peut pas penser — parce qu'elle n'est pas faite de la «bonne matière».Ce que Searle a voulu rappeler, avec sa chambre chinoise, c'est que l'ordinateur manipule simplement des symboles sans les comprendre et que, pour cette raison, il ne pourra jamais être une machine qui pense.Pour le dire autrement, un ordinateur n'a qu'une syntaxe, c'est-à-dire des règles permettant de manipuler des symboles — en fait, des séquences de 1 et de 0 — mais il n'a pas de sémantique ou d'intentionnalité.En bout de piste, si Searle a raison, un ordinateur pourra toujours nous battre au poker: mais le plaisir de passer un bluff lui échappera à tout jamais.NORMAND BAILLARGEON baillargeon.normand@uqam.ca Guerre coûteuse La guerre en Irak coûte 12 milliards de dollars US par mois.Moins de 2$ par habitant de la terre, par mois.Moins de 7 cent par jour par habitant de la terre Des peanuts finalement! MUSIRONIE Hors de l'église.Notre St-Pépère, le pape Rat Zigneur, a déclaré que seule l'église catholique était une véritable église chrétienne.La preuve?Us sont les seuls à organiser des Bingos! MUSIRONIE Une pipe pour la paix, est-ce bien suffisant?C'est du moins ce que croyaient les premières nations.Cette bande dessinée raconte l'histoire d'un homme et d'une femme: l'un ancien militant communiste arrivé à 50 ans, l'autre est jeune et en pleine possession de ses moyens.* .^*^^ 1 r?^ • - * j
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