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Le couac
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. [...]
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. Constitué d'une équipe rédactionnelle et de collaborateurs bénévoles, le journal se targue d'être libre et indépendant. Projet mûri entre anciens camarades de Quartier libre, journal étudiant de l'Université de Montréal, Le Couac est fondé par les journalistes aux nombreux chapeaux Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau. Pierre de Bellefeuille agit à titre d'éditeur et demeure à la barre du journal de nombreuses années. Prenant inspiration des éphémères Le Fantasque et La Lanterne, prédécesseurs québécois du XIXe siècle, Le Couac, dont le nom rappelle l'onomatopée du canard, s'inscrit davantage dans la lignée du journal français Charlie Hebdo que du Canard enchaîné. « Le couac » et « le canard », qui peut signifier « journal », peuvent tous deux être associés à un son discordant au sein d'un groupe, le groupe dans lequel Le Couac détonne étant ici l'ensemble de la presse. Le Couac donne son soutien à l'activisme de gauche en dénonçant par la satire, souvent cinglante, l'ordre établi, les réactionnaires, les moralistes, la publicité, le journalisme de masse, les puissants, les injustices, les atteintes aux droits et libertés, les pollueurs, l'économie marchande, etc. Le Couac est en phase avec l'actualité politique, sociale et culturelle québécoise et internationale et montre un intérêt particulier pour les États-Unis. La lutte au terrorisme et ses débordements du début du XXIe siècle y inspirent d'ailleurs plusieurs coups de gueule. En plus des deux fondateurs, un grand nombre de collaborateurs au regard critique et mordant sur le monde participent au journal au cours des années : Pierre Falardeau, Pierre Vadeboncoeur, Louis Hamelin, Marco Silvestro, Isabelle Baez, Jacques Bouchard, Victor-Lévy Beaulieu, Marco de Blois, Michel Rioux, Bruno Dubuc, Francis Dupuis-Déri, François Patenaude, Normand Baillargeon, Simon Tremblay-Pepin. 10 ans de Couacs - Je pense, donc je nuis : les meilleurs articles du mensuel satirique francophone le plus lu en Amérique du Nord!, choix des textes, des brèves et des illustrations par l'équipe du Couac; coordination de Bruno Dubuc, Montréal, Le Couac, 2007, 123 p.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1997-2016
Contenu spécifique :
décembre-janvier 2008
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque mois
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Le couac, 2007-12, Collections de BAnQ.

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Spécial Ripoux: FEUQ, Dubuc, L'Actualité, p.3 De la philo à Noël: Dieu et la souffrance, p.6 Éducation: le problème et la solution, p.8 Un drôle d'oiseau Vol.11 • n" 03 - 04 Dec.2007 - lanv.2008 3,50$ \m La droite est une conspiration a droite s'installe plus fermement et plus redoutable-ment un peu partout en Occident.Cette droite, y compris celle de la France avec Sarkozy, et ici par exemple celle de Harper, s'articule sur le système impérialiste américain.Ces ralliements inconditionnels, particulièrement évidents maintenant, ne sont pas des phénomènes isolés.L'Otan, dont Paris maintenant se rapproche, est en train de reconstituer des antagonismes de grandes puissances ou de blocs comme au temps de l'URSS.C'est là que mènent directement les volontés hégémoniques américaines au Moyen Orient et ailleurs, avec l'accompagnement des satellites que nous sommes.La terre entière ne se soumettra pas aux ambitions américaines, appuyées soient-elles par la Grande-Bretagne, par la Pologne et maintenant ouvertement par la France et d'autres pays.Il en résultera une nouvelle situation conflictuelle entre super-puissances, reproduisant à l'identique les conditions de la guerre froide.Cela commence à être le cas, on le voit déjà par l'installation du système anti-missile en Pologne et par la réplique armée annoncée par la Russie.Il y a d'autres indices de la progression rampante de la droite dans l'Occident industrialisé, y compris au Canada, y compris au Québec.Pour la Grande-Bretagne, queue de veau des États-Unis, cette vassalisation a lieu depuis longtemps.De Gaulle la remarquait déjà.La Pologne, la pauvre Pologne historique, s'est vendue elle aussi aux Etats-Unis.Et maintenant, en France, le diminutif Sarkozy, qui ne comprend rien à la grandeur ni à l'indépendance de son pays, est en train de l'offrir gratis aux Etats-Unis, après avoir recruté dans ce but quelques transfuges «socialistes» pro-guerre d'Irak comme le toubib sans frontières Krouchner.Il ne s'agit pas de phénomènes-champignons détachés les uns des autres et plus ou moins fortuits.C'est plus profond que cela.La Réaction est à l'œuvre et elle est internationale.Les États-Unis, dans leur politique, englobent un nombre croissant d'États, dont la marge d'autonomie se rétrécit.La France du Diminutif s'offre, se livre, méconnaissable.Cela ressemble à une trahison.Et le Canada?Harper, lui aussi, nous vend littéralement, se conforme à la politique armée de Washington, entretient la guerre du Moyen Orient avec nos troupes, accentue le recrutement GtoïSiS TOM cm?! de l'armée, ne cherche qu'à complaire aux Etats-Unis et à leur politique rétrograde.On le voit non seulement à son militarisme mais à divers signes, par exemple, récemment, à propos de la peine de mort.La Droite tente de s'imposer à l'humanité par les armes, par une diplomatie racoleuse, par le marché, par la propagande.Localement, au Québec, la droite, avec Charest, après le Suroît, après Orford, tentatives avortées, continue de sévir, cette fois au sujet du port méthanier.Le néo-duplessisme de Mario Duvent fait partie de cette vague inquiétante de non-résistance à une droite proliférante en Occident.La gauche, la gauche comme mot d'ordre, la gauche comme action consciente et conséquente, ouverte et proclamée, raisonnable et mesurée, s'imposerait donc maintenant comme une riposte et comme un obstacle à la conspiration spontanée d'une droite dont l'ampleur en même temps que les moyens menacent tout ensemble la paix, la souveraineté d'États comme la France et le Canada, ainsi que la démocratie, la justice sociale, la culture.Cette droite programmée constitue un phénomène historique en soi.Il importe de la regarder ainsi, de l'isoler par l'analyse, d'exercer contre elle une opposition ciblée.Il faut agir sur le singulier (politiques de Harper, de Charest, de Dumont).On ne doit pas y voir des politiques non liées entre elles, mais plutôt, au contraire, comme faisant partie d'une politique de fond, celle-ci trahissant clairement à certains moments son origine comme on le voit par la soudaine orgie de dépenses militaires canadiennes accompagnée de notre présence belliqueuse en Afghanistan.La Droite tente de s'imposer à l'humanité par les armes, par une diplomatie racoleuse, par le marché, par la propagande.C'est d'une mouvance qu'il s'agit, d'une entreprise universelle.Comment ne pas voir par exemple que les politiques de Harper sont dans ce courant?Elles découlent d'une influence apparemment lointaine, mais immédiate en réalité.Comment expliquer Sarkozy?Comment expliquer l'occupation de l'Afghanistan?Et les glissements de Charest?Et Hillary Clinton?Et les attaques contre Chavez, pareilles à celles qui en 1973 eurent raison d'Allende au Chili et installèrent Pinochet à sa place?La droite, locale, n'est pas que locale.En fait, elle est surtout internationale et dominée par les USA.La Droite est une conspiration silencieuse, spontanée, mais réelle.Celle-ci est si profonde que l'observateur ordinaire n'en aperçoit généralement que les effets proches et particuliers.Il importe que les commentateurs, en ce qui la concerne, retrouvent dans leurs analyses quelque chose qui s'inspire du sens de l'histoire et d'une certaine transcendance du raisonnement politique.PIERRE VADEBONCOEUR 10 ans de Notre livre «10 ans de Couacs» est maintenant disponible ! On vous l'avait annoncé, le voici: « 10 ans de Couacs» regroupe les meilleurs articles du mensuel satirique francophone le plus lu en Amérique du Nord! Plus d'une quarantaine d'auteurs ayant été publiés en nos pages durant la dernière décennie proposent des textes qui donnent à penser et, considérant le monde dans lequel on vit, à nuire.S'il n'était que cela, « 10 ans de Couacs» serait déjà une perle rare.Mais le livre va plus loin en proposant, au fil de ses dix chapitres, une analyse globale de notre société.En suivant la recette éprouvée du «PPC» (Peur, Protection, Contrôle), l'enchaînement de ses chapitres montre que lorsque vous créez un climat de peur permanent et que vous offrez ensuite la protection contre l'ennemi, vous obtenez le parfait contrôle de la population pour faire vos petites affaires tranquillement.Bref, un grand soufflé qui ne demande qu'à être dégonflé par l'esprit critique, ce que ce livre, on l'espère, favorisera.Comme les anthologies de journaux indépendants québécois ne pleuvent pas, nous sommes convaincus qu'en votre qualité p'e lectrices et de lecteurs assidus du Couac, vous vous procurerez sans hésiter votre exemplaire.Et quelle belle occasion, également, d'acheter quelques cadeaux de « Nowel » pas trop cons pour faire rire le beau-frère tout en le faisant réfléchir un peu! Et comme Le Couac n'a pas encore été racheté par Québécor et que nous disposons de moyens de diffusion, disons, moindres que ceux de PKP, nous vous invitons à faire circuler la bonne nouvelle dans vos réseaux! Il en va, comme vous le savez sans doute, de la survie même d'une presse indépendante au Québec.Vous pouvez commander le livre par la poste au coût de 28 $ (25 $ + 3 $ de frais d'envoi).Envoyez votre chèque fait à l'ordre de « Le Couac » au 1872 Gauthier, Montréal, Qc, H2K 1A3.N'oubliez pas de nous indiquer clairement votre adresse postale.Pour plus d'un exemplaire (et donc catégorie « colis » de Poste Canada), veuillez nous contacter au (514) 596-1017 pour avoir le prix exact.L'ÉQUIPE DU COUAC De la littérature et de la brasseuse de vent La grenouille voulant se faire plus grosse que le bœuf a trouvé une parfaite illustration en la personne de Denise Bombardier alias Sa Suffisance AKA B-52.Sur Radio Canada, je l'ai ni plus ni moins entendue dire, lapidaire, péremptoire, qu'en matière de littérature deux points ouvrez les guillemets «J'ai du talent».Rien que ça! À quand Denise Bombardier dans la Pléiade, coincée entre Balzac et Camus?On se demande où Sa Suffisance a appris la modestie.Ne parlons pas d'humilité, nous verrons cela ultérieurement, quand on descendra son cercueil en forme d'avion dans la tombe de la cour à scrap, avant que les asticots et la rouille se mettent au boulot.Depuis quand un auteur peut-il s'autoprocla-mer talentueux?Seuls quelques lecteurs attentifs peuvent le dire, personne d'autre.J'ai publié dix romans ces dix dernières années (dont 3 chez le plus respecté des éditeurs parisiens), mais je ne m'imagine pas une seule seconde en train de dire dans les médias ou assis sur ma toilette que j'ai du talent.Parce que le monde s'en fout ! > t Pour finir en apothéose, Sa Suffisance a conclu l'entrevue en confiant qu'elle vivait une période faste sur les plans familial (et un petit coup de brosse à reluire pour le fiston !), professionnel et intime.Une fraction de seconde, j'ai retenu mon souffle, j'ai cru que la Denise allait nous faire un orgasme de bonheur médiatique en direct.En raison de sa forme phallique, j'ai même craint pour le micro.Quel idiot ! Avec la langue de bois qu'on pratique à la radio, il n'y avait aucun risque de voir le plaisir au rendez-vous./dm .v 0N£ citiefiE Si un jour elle redescend sur terre, B-52 devrait méditer cette vérité de Michel Audiard : « Les cons, ça ose tout, c'est même d'ailleurs à ça qu'on les reconnaît.» En ces temps d'écologie à tout va, les éoliennes (ces grosses machines qui brassent du vent) ne poussent pas que sur les reliefs de Gaspésie, on entend aussi le ronronnement des pales de Bombardier l'après-midi à la radio.JACK DEBONCOEUR Fini le niaisage Pour la période des fêtes, Option Consommateurs recommande aux parents d'offrir directement de la peinture au plomb à leur enfant, plutôt que de gaspiller leur argent avec des jouets chinois qui risquent d'être rappelés.MUSIRONIE Écologisme André Arthur a été sauvé par la police des mains d'un forcené qui tentait, sans succès, de le faire rentrer dans un bac de recyclage à la pointe d'un fusil.Une fois maîtrisé par les forces de l'ordre, le déséquilibré aurait déclaré vouloir faire sa part durant la semaine de réduction des déchets au Québec.MUSIRONIE Humour médiatique L'Association canadienne des radiodiffu-seurs a remis un Ruban d'or à TVA pour sa couverture de la fusillade au Collège Dawson.Elle s'est ensuite auto-décernée une palme dans la catégorie humour pour cette excellente blague.MUSIRONIE 006538528211303 •* m m, i Le Couac, décembre 2007 - janvier 2008, page 2 PETITS NUAGES DE FUMÉE (Tchiize) par Marc Tessier Dans la veine autobiographique et pour le développement d'une BD d'auteur à saveur artistique québécoise, Tessier se pose en apôtre depuis les années 80.D'abord porté sur le cinéma, il découvrira la BD par le biais d'amis et contribuera à son essor à titre de scénariste, de photographe (roman photo BD), éditeur et coordonateur du collectif Cyclope à ses débuts.Cet esprit collectiviste marque ce nouvel album que certains qualifieront à tort de para BD.Et pourtant, tout en explorant son propre cheminement (notamment en explorant ses racines familliales, son enfance et sa quête philosophale en Inde) l'auteur témoigne de l'éclosion de la BD underground au Québec en écrivant une page d'histoire effervescente où les créateurs se sont rassemblés pour sortir de l'anonymat et démystifier un Cet ouvrage de Marc Tessier, un pionnier de la BD d'auteur québécoise .PAR LES CHEMINS NOIRS, 1.Les Prologues (Futuropolis) par David B.Auteur membre fondateur de l'Association pour le moins étrange qui navigue dans les eaux stagnantes des marais de l'histoire et de la mémoire; où l'inconscient et les rêves lui croassent des récits sombres, romancés et quelque peu hallucinés.Ces Prologues ne s'écarte pas de ses thématiques chères: la guerre et la cupidité.Ici l'écrivain italien et Commandant D'Annunzio - un précurseur du fascisme à force de célébrer une certaine volupté férocement héroïque, entre dans Fiume (Rijeka - Yougoslavie) pour l'offrir au gouvernement italien.Collant au caractériel exalté, ce récit met en scène d'innombrables bagarres générales dans les rues (le livre s'ouvre avec l'une de celle-ci), de guerres intestines, de conflits larvés et d'opérations proches du gangstérisme pour se re-subtiliser des butins provenant de pillages à une faction ennemie.Une idylle entre deux protagonistes constitue une sorte de métaphore des scories de discour antagonistes fusant au sein d'un haut-commandement forcené.À sa façon, telle l'œuvre de Tardi, David B.ébranle les fondements de la guerre ; les refuse ! ELLE(s), Alice, Charlotte & Renaud (KSTR) de Bastien Vives Quasiment un roman savon moderne avec une paire de jeunes filles un rien délurées mais, surtout de celles qui sont de plein pied dans ce monde factice où tout s'achète à commencer par son échelon social en bûchant fort au cours des études et, plus prosaïquement, un style en vogue avec quelques guenilles prêtes à porter.Sans compter que le jeune dessinateur affuble une des deux copines d'une paire de seins que l'on pourrait confondre avec des Zeppelin.Déboule là-dedans un garçon balourd et un peu plus vieux qui grippe la machine et, apparemment malgré lui - sauf en étant lui-même, apporte un vent d'authenticité et chamboule toute l'affaire.Aussi bêtement comique que ridiculement tragique nous voici dans une réalité toute nue, de celle qui évolue, abordée graphiquement à grands traits dégingandés.VALENTIN TARDI Les Jewues »t L'AbO veulent coin** us «vies ffji ASSISTÉS soc.AUK Libération On apprend en dernière heure qu'après son voyage au Tchad pour récupérer des journalistes et des hôtesses, on s'attend à ce que le président Sarkozy viennent bientôt chez nous à Montréal pour récupérer Chris-tobal Huet.MUSIRONIE Compétition déloyale Après des années à pratiquer le jaunisme dans ses pages journalistiques, Québécor a décidé de s'assumer et annonce qu'elle fera compétition aux pages jaunes.MUSIRONIE COURRIER DES LECTEURS Tanné de manifester le suis tanné de devoir manifester pour tenter de me faire entendre de nos dirigeants, élus pour nous représenter, mais qui n'ont aucune écoute.Et je ne suis pas seul, je vous le dis.L'autre jour, durant une marche, j'ai entendu: «Est-ce que Charest et Harper attendent que des kamikazes se fassent sauter devant les parlements?» Pour ma part, pacifiste par conviction, je ne le ferai pas.Sauf que, des gens bien au diapason du sentiment populaire pourraient, lors d'un «grand moment de désespoir personnel», envisager de poser des gestes qui ne pourraient qu'avoir une portée historique.Quand nos gouvernements minoritaires gouvernent en vase clos (sans aucune sensibilité envers l'opinion populaire) c'est, de mon point de vue, qu'ils ont un agenda pas toujours très officiel.Par exemple, à Ottawa, il m'apparaît très clair que le premier ministre a un agenda «à la BUSH».)e veux dire que ces campagnes électorales ont été et seront financées par les lobbies à la fois des «vendeurs d'armes» et des «grandes pétrolières».Nous l'avait-il dit, au moment de se faire élire?Et à Québec, le premier ministre, qui provient du même milieu idéologique, a un agenda favorisant à outrance (un peu plus que le gouvernement précédent) les entreprises privées.Dans son cas, en se rappelant comment il a «atterri» comme chef du Parti libéral du Québec, on aurait dû le savoir.Mais nous l'a-t-il rappelé en campagne électorale?Dans le cas de Monsieur Charest, depuis qu'il se sent en sursis, les membres de son gouvernement nous annoncent des investissements, dans les infrastructures (en dehors des programmes réguliers de la plupart des ministères) par milliards.À mon avis, c'est pour attribuer le plus possible de contrats lucratifs «aux petits amis» avant de se retrouver devant l'électorat (campagne électorale à financer) et, cette fois-ci peut-être qu'il n'aura pas autant de chance que le dernière fois.Bref, nos principaux dirigeants politiques n'ont aucune écoute, parce qu'il ont un agenda bien à eux, et surtout, ils ne nous en ont pas parlé au moment de l'élection où ils ont obtenu le mandat de nous représenter.Ceci a des conséquences pour l'avenir de la démocratie elle-même et pourrait avoir des conséquences très graves face à une population qui compte un nombre grandissant de personnes désespérées.Renaud Biais Citoyen qui en a mare de manifester et qui aurait bien autre chose à faire Écrivez-nous ! Le Couac publie les courts commentaires de ses lecteurs.Le courrier électronique demeure la meilleure façon de nous joindre (texte® lecouac.org).Sinon, envoyez une disquette par courrier postal: Le Couac, CP.222 Suce.D, Montréal (Québec) H3K 3G5.TORNGAT, You could be (Alien8 Recordings) Lancé à la mi-octobre à la Sala Rosa ce trio instrumental de Montréal présente un disque dont la musique ondoie à l'oreille tels des blés bien mûrs.Se résumant par la formule: cor français (un bonheur en soi !), claviers et batteries, Torngat, qui pourrait s'inspirer de la montagne du même nom dans le Labrador lors de certains passages nous transporte aux confins de nous-mêmes, évoquera parfois des musiques enfantines et d'autres ritournelles fantaisistes.Mouton noir, A super hero anthem ou Minute by minute sont des exemples de pièces inventives qui se situent hors du temps; comme en apesanteur pour faciliter certains passages.CAMIONNETTE, louer dans les airs (Iconoclaste/ DEP) Ce quatuor féminin québécois s'annonce comme étant la perle rare qui ne s'en laisserait pas imposer par la rock bizz.C'est effectivement assé frais comme mouture mais malheureusement superficiel au niveau d'une musique rock peinarde et de textes qui n'avancent à peu près nulle part.Il y a bien Moyen, sur un gars qui pourtant se crois le coup du siècle.Mais, est-ce que ce discours ne collerait pas tout autant au groupe?LES COWBOYS FRINGANTS, Au Grand Théâtre de Québec (La Tribu/ Select) Une des plus grandes qualité de ce groupe fétiche de la belle province reste bien sûr d'avoir su évoluer en étant toujours un peu approximatif et imperturbablement rigoureux dans des textes au ras des pâquerettes ancrés dans la culture populaire folkoriques tout en dénonçant la grande arnaque; en la traquant dans les mensonges multiples qui nous sont servis comme des vérités.Ce double disque se présente tout bonnement comme une sorte de compilations des plus grands succès du groupe dans un format spectacle public qui sied à merveille à des bêtes de scène intransigeante à changer le cours, à leur mesure, du pillage planétaire battant son plein.RAMON VITESSE Bienvenu chez nous La commission Bouffon, T'à l'heur a produit un premier bilan de son interminable série d'auditions publiques.Les 2 co-présidents trouvent que les québécois sont ouverts aux immigrants, surtout à ceux qui font les jobs plates dont personne ne veut et qui ne disent jamais un mot pour se plaindre.MUSIRONIE -PLOGUES ZAP 2007 : La Revue de l'année des Zapartistes (22 novembre 2007) De la débâcle d'André Boisclair à celle annoncée de Stéphane Dion, de l'embâcle de l'ADQ à celle des Conservateurs, du couronnement de Sarkozy à celui de Pauline, l'année 2007 fut fertile en hauts, mais surtout en bas.Le huard s'envole, les avions de Bombardier s'écrasent, le climat se dérègle et les algues bleues envahissent nos lacs.Pendant ce temps, on privatise, Québec donne le feu vert à Rabaska et Ottawa tourne le dos à Kyoto.Viaducs, agriculture, aînés et accommodements, les Québécois ont plus de choix que jamais dans le magasinage de leurs commissions ! De Kandahar à Hérouxville en passant par la Tunisie, l'imam jaziri, le doc Mailloux, le Pape, Poutine, Chavez, Bush, Ben Laden, Harper, Layton, Mulcair, Duceppe, Charest le mal-aimé, Super Mario, et tous les maires Tremblay, personne ne sera épargné ! Pas même Fidel ! Le temps des bilans approche.Aiguisez vos incisives et joignez-vous aux Zapartistes pour tourner la page dans la bonne humeur Parce que rire est une si jolie façon de montrer les dents ! Réservations: (514) 844-3500 ou http://www.montrealmetropo-lis.ca/Metropolis Pour plus d'informations, consultez notre calendrier au www.leszapartistes.com POUR S'ABONNER Par téléphone: (514) 596-1017 Par la poste : Le Couac CP.222 Suce.D, MONTRÉAL (Québec) H3K 3G5 Adressez votre chèque à : Le Couac.• Abonnement d'un an: 30,42$ + taxes = 35,00$ • Abonnement de deux ans: 52,15$ + taxes = 60,00$ • Abonnement institutionnel et de soutien: 52,15$ + taxes = 60,00$ • Abonnement de groupe d'un an (10 copies par parution) : 225,98$ + taxes = 260,00$ • Abonnement d'un an à l'étranger: 43,46$ +taxes = 50,00$ Nom Adresse.Code postal Courriel_ Téléphone Le Couac c.p.222 suce.D, Montréal, Québec, H3K 3G5 Téléphone: (514) 596-1017 Vous voulez collaborer au Couac7.Vous pouvez nous faire parvenir vos textes (max.700 mots)/ dessins/photomontages par courriel, via notre site Internet: www.lecouac.org.Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau Co-Rédacteurs en chef: Bruno Dubuc, David Ledoyen, Simon Tremblay-Pepin.Collaborateurs: Guillaume Beaulac, Isabelle Baez, Normand Baillargeon, Pierre de Bellefeuille, Francine Campeau, Idéal du Chanbor, Claude C.Charron, Aziz Choudry, Marc Daoud, Jack Deboncoeur, Clôde de Cuise, Philippe Hurteau, Marie-Eve Lamy, Eric Martin, Musironie, Michel Rioux, Claude St-Pierre, Valentin Tardi, Pierre Vadeboncoeur, Ramon Vitesse.Illustrations et photos : Bobidoche, Boris, Luc Ciard, Hal, Serge Ferrand, Neves, Sniper, Valentin Tardi, Ramon Vitesse.Graphisme : France Mercier Imprimé par: les travailleurs et travailleuses syndiqué-es de Payette et Simms inc.Distribué par: Gladu distribution Nous remercions chaleureusement Charlie Hebdo pour sa collaboration.Abonnement et publicité: (514) 596-1017 ISSN 1480-2074 • N" de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec SPECIAL RIPOUX L'argent sale Le Couac, décembre 2007 - janvier 2008, page 3 «Je ne me scandalise pas des revenus élevés des dirigeants d'entreprise.Ces rémunérations s'inscrivent dans une autre logique que celle des salaires.Et surtout, ce n'est pas en dénonçant ces revenus qu'on assure la justice sociale.» - Alain Dubuc Décidément, c'est jusqu'au coude qu'il s'est fourré le doigt en l'an 67 avant JC, l'empereur Vespasien, en décrétant que l'argent n'a pas d'odeur.Au contraire, l'argent sent.L'argent de la job minable au salaire minimum, ça sent la sueur.L'argent de la pension de vieillesse, quand c'est le seul revenu qui rentre, ça sent la détresse.L'argent du BS, quand il n'y a pas moyen de faire autrement, ça sent la pauvreté.Mais l'argent de la spéculation foncière, qui voit en quelques mois un terrain passer de 6 millions $ à 130 millions $; mais l'argent des primes de départ monstrueuses pour des patrons incompétents; mais l'argent de monopoly de ces maisons financières, banques et fonds d'investissements, qui jouent avec celui des autres; mais l'argent des stocks options dont on gratifie scandaleusement des PDG repus et bien gras, ça sent les égouts ! Celui de la Citibank, Charles Prince, qui a conduit son entreprise à rayer 11 milliards $ de ses actifs pour abus de subprimes, a reçu 95 millions $ pour ses bons services.Celui de Merrill Lynch, Stan O'Oneal, a de son côté profité des largesses du conseil d'administration en se faisant offrir 159 millions $ pour lâcher la job.La banque privée a perdu 8 milliards $ avec les subprimes.La Bank of America a subi une perte de 3 Milliards $, IP Morgan aussi, Barclay's-Royal Bank of Scotland 12 milliards $, UBS a vu 4,7 milliards de sa valeur s'envoler en fumée, la Deustche Bank, 3,2 milliards $, HSBC, 3,3 milliards $.Plus près de nous, Desjardins pourrait rayer plus de 2 milliards $ de ses actifs.Banque Nationale en a déjà rayé 575 millions $ et c'est pas fini, paraît-il.La Caisse de dépôt, comme d'habitude, pète ses propres bretelles avec des pertes qui pourraient se situer à 4 milliards $.Ce qui choque là-dedans, hormis le fait que ce n'est pas leur argent que ces grands financiers gaspillent, mais bien celui des autres, à l'instar de Vincent Lacroix qui a mis dans la rue des milliers de petits épargnants, c'est qu'ils se posent en Jos Connaissant, donnant des leçons de gouvernance et de rigueur administrative urbi et orbi, particulièrement aux gouvernements qui, c'est bien connu, n'ont pas la compétence du privé en ces matières ! Le moindre dérapage dans un programme gouvernemental est l'objet de condamna- tions sans appel de la part de ces chantres du tout au privé qui, s'ils faisaient preuve d'un peu plus d'humilité, se feraient davantage discrets.L'inénarrable Alain Dubuc, indécrottable thuriféraire de cette oligarchie, s'est fendu récemment dans La Presse d'une froide lecture de cette réalité.«Je ne suis pas d'un naturel populiste.Quand j'ai lu, il y a un an, que le grand f r patron du Canadien national, M.Hunter Harrisson, avait touché une rémunération de 46,4 millions, en dollars américains, l'une des plus élevées de l'histoire du Canada, je n'ai pas grimpé aux rideaux.]e ne me scandalise pas des revenus élevés des dirigeants d'entreprise.Ces rémunérations s'inscrivent dans une autre logique que celle des salaires.Et surtout, ce n'est pas en dénonçant ces revenus qu'on assure la justice sociale.» Et maintenant, lâchons ces broutilles pour parler des vraies affaires, comme ils disent.Pendant que les milliards revolent allègrement dans le merveilleux monde des affaires, les jeunes (!!!) de l'ADQ cherchent des crosses aux BS.À 594 $ par mois, il est sûr que ces BS sont un poids intolérable pour la société.Mais après un rapide calcul, j'ai constaté qu'il faudrait quelque 7030 années à un BS pour toucher l'équivalent de la prime de départ empochée en une journée par le PDG de la Citibank.Autre calcul.La seule prime du PDG assurerait leur chèque pendant deux mois aux 140 000 BS du Québec aptes au travail.Ce que cela révèle?Un manque flagrant d'ambition.Même chose pour les personnes âgées admissibles au surplus du revenu garanti.Il faut en faire la demande pour toucher ce surplus.Mais c'est pas tout le monde qui est au courant.En ne le versant pas de façon automatique, le fédéral a épargné, sur le dos des moins bien nantis, quelque 3 milliards $ ces dernières années.Quand on n'est pas foutu de s'occuper de ses propres affaires, hein.Revenons à Alain Dubuc.On aura compris que c'est en ne dénonçant pas ces revenus scandaleux des PDG incompétents qu'on va assurer la justice sociale.Mande pardon?MICHEL RIOUX Ce n'est qu'un au revoir.et non pas un adieu.Ayant pondu environ cent vingt articles pour notre cher canard, je prends congé.Selon l'inspiration, je reprendrai sans doute la plume.Bonne lecture ! PIERRE DE BELLEFEU1LLE La fin d'un palmarès Alors que tous les médias en redemandaient la semaine dernière en réaction au fameux palmarès des écoles de l'institut Fraser publié par L'Actualité, le milieu de l'éducation a eu la réaction qui à mon avis est la plus saine et la plus porteuse de changement qui soit: ne pas réagir! Dans les dernières années, c'est toute la filière éducative, parents, professeurs, directions d'école et de commissions scolaires, hauts responsables du ministère et ministres, qui devaient se positionner en fonction d'une étude bâclée au niveau de la méthode et surtout très orientée au niveau de l'objectif: discréditer l'éducation publique, faire l'éloge du privé et convaincre la population de la pertinence de lui faire plus de place.C'est ainsi que fonctionne l'institut Fraser, « think tank » canadien par excellence, qui, sous un camouflage pas très convaincant d'institut de recherche, travaille à orienter l'opinion en fonction d'objectifs politiques propres au néolibéralisme.Ce genre d'institut sévit partout dans le monde.Ils précèdent les privatisations massives.Ils traquent les défenseurs du bien commun, se servent de tous les arguments les plus fallacieux, souvent issus d'une vision populiste propre à attirer la sympathie de l'opinion publique, jouant sur les faiblesses et les imperfections des systèmes publics.Parallèlement, l'État se fait couper les vivres par les plus riches qui le forcent à orienter la fiscalité pour aspirer encore plus de richesse.Privés de moyens, les grands systèmes publics, santé, éducation, et autres se désagrègent petit à petit, laissant le champ libre à ses détracteurs pour réclamer leur démantèlement.Ça s'est passé ailleurs, ça se passe ici aussi.Mais la recette commence à avoir du plomb dans l'aile.On ne reviendra pas sur la nature profondément malhonnête de ce fameux palmarès.D'autres l'ont fait abondamment.Le système d'éducation a des ratés, nous le savons, mais c'est à peu près la meilleure façon de ne pas les régler que de favoriser ainsi une compétition malsaine et artificielle entre les écoles.Bien sûr qu'une école privée performera mieux globalement puisqu'elle est conçue pour les élèves qui réussissent déjà bien et qui arrivent à se conformer à un modèle de comportement qui exige constance et autonomie.Mais les défis que doit relever à tous les jours le système public sont beaucoup trop complexes pour être illustrés avec ce genre de palmarès à 5 sous.Bravo au milieu de l'éducation qui a décidé de traiter cette étude bidon comme elle le mérite.Quant à la revue LActualité, bien qu'elle ait été à l'origine de plusieurs bons coups par le passé, elle a depuis quelques années une forte propension à servir de poubelle de l'information, donnant du crédit et du verni à des études et des analyses qui relèvent de la propagande.En ce qui concerne les autres médias qui avaient l'habitude de suivre le mouvement et de demander des comptes au milieu de l'éducation à partir de données qui ne révèlent que la mauvaise foi des gens qui les ont compilés, je suis heureux qu'ils n'aient plus que ça à se mettre sous la dent cette année.S'ils veulent parler d'éducation, qu'ils le fassent avec tout le sérieux que ça mérite ! Ce n'est pas si difficile, il faut juste prendre le temps et donner la parole aux principaux intéressés, pas aux faux chercheurs enivrés de pouvoir et de gloire.CLAUDE ST-PIERRE Insultes Michel Bissonnette, le guignol qui préside l'assemblée nationaleuse, a interdit au bouffon Patapouf de traiter le pitre Mario Dément de girouette nationale.Le terme «girouette» a donc été ajouté à la liste des 222 termes «non parlementaires» qui sont interdits au grand cirque parlementeur, avec «Rapace d'en face», «Grosse vache qui pue», «Tête de vomi », « Pauvreté » et « Démocratie ».MUSIRONIE L'Abitibi sauvée La tordeuse d'épinette est revenue pour ravager nos forêts.Heureusement, elle n'y a retrouvé aucun arbre digne de ce nom.MUSIRONIE Requiem pour des baffes = de la violence estudiantine Voilà que les camarades de la FEUQ et de la FECQ1 se fâchent contre «|l]es actes d'intimidation, de violence et de vandalisme perpétrés par des minorités virulentes».Il faut comprendre ici qu'ils parlent des étudiant-e-s qui crient un peu plus fort et qui exercent une pression plus «visible» - d'ailleurs ces étudiant-e-s, dans le dossier du dégel des frais de scolarité, revendiquent davantage qu'une quelconque autre voie qui, finalement, ne serait qu'une capitulation à peine voilée (l'ASSÉ demande la gratuité scolaire2, par exemple).Pour le collectif, ces militant-e-s sont donc des éléments indésirables à éliminer -ou minimalement à faire taire - au plus vite.Les signataires de la lettre sont même prêts à approuver la violence des forces désordres: «|.| nous croyons tout à fait possible que certains abus des forces de l'ordre, rapportés par les étudiants, s'avèrent fondés.» Nous parlons ici de: - deux interventions policières dans la même journée dans une université (UQAM) - un scandale en soi -pour attaquer des étudiant-e-s exerçant un droit de grève, et d'autres tentant une occupation de leur université de façon pacifique (lundi le 12 novembre); - l'intervention des policier-ère-s qui brisent une baie vitrée pour évincer des étudiant-e-s d'un collège en utilisant matraque, poivre de cayenne et, selon certaines sources étudiantes, le controversé laser3, en plus d'arrêter plus de 100 personnes (mardi le 13); - un policier qui pointe son arme sur un étudiant quelques heures après une manifestation (mercredi le 14).Évidemment, les grands médiocres ont joué un rôle capital dans leur «analyse»; les signataires l'admettent en parlant de «la laideur des images [.] passées en boucle».Que ce soit en parlant d'une «séquestration» d'un Corbo - un prof, qui décide de ne pas respecter le piquet de grève des étudiant-e-s en sachant très bien de quelle façon ce sera perçu venant du seul candidat au rectorat de l'UQAM, termine «enfermé» dans un local à cause d'étudiant-e-s en sit-in devant la porte - ou de «Pot, Alcool et Grabuge» observés par un journaliste infiltré (une Grande Enquête du Faits-divers de MouriaU)-.es médias ont, avec leur adresse habituelle, réussi à exagérer de façon absurde la violence » étudiante - en montrant quelques graffitis! - tout en minimisant au maximum la répression abusive et sauvage du SPVM.Admettons un instant que les actions étudiantes étaient mal venues, peu stratégiques (c'est peut-être vrai), voire inutiles ou nuisibles.Il est possible de ne pas s'entendre sur les stratégies à utiliser ou de condamner certains gestes.Mais de là à affirmer que la violence étatique visant des collègues plus militant-e-s est « fond[ée|» ?Nous n'avons qu'à peine besoin d'imaginer ce qui devient justifiable lorsque cette logique est appliquée pour voir l'imbécillité d'un tel raisonnement.Ce non-débat a une ressemblance troublante avec les événements de 2005 qui avaient mené à l'exclusion de la CASSÉE4 des tables de négociation.Discréditer les plus radicaux par cet argument de violence alors que l'État exerce cette dernière de façon exacerbée avec les forces désordres (et dans une guerre impérialiste en sol afghan) a toujours relevé du surréel - mais l'argument fonctionne bien une fois présenté dans les grands médiocres.Il ne date pas d'hier non plus, et l'impact de la mauvaise presse (il y a deux sens ici, et les deux sont pertinents) est bien visible.En fait, ça a tellement bien fonctionné que les fédérations croient que les «étudiant-e-s viraux» prôneraient «la destruction du bien public» et des «dogmes sociaux», tout en souhaitant «imposer [leurs] opinions par la violence et par la force».C'est, non seulement, absurde mais aussi franchement risible.Le reste de leur torchon est sans intérêt : entre autres, ils proposent la création d'une «Commission parlementaire itinérante» qui montre clairement l'amour qu'ont les fédérations pour une bureaucratie qui ne servirait qu'à justifier des mesures s'attaquant directement à l'accessibilité de l'éducation ! Néanmoins, je propose une modification aux propos publiés dans Le Devoir du 19 novembre dernier: «Les actes d'intimidation, de violence et de vandalisme perpétrés par [les forces policières] dans les établissements d'enseignement de l'Université du Québec à Montréal et du Cégep du Vieux Montréal sont déplorables.»5 GUILLAUME BEAULAC 1.Ces associations, presque toutes des membres des deux grandes fédérations étudiantes (FECQ et FEUQ).ont signé un texte publié dans Le Devoir du 19 novembre en tant que «Collectif de fédérations et d'associations étudiantes » (six associations de la FEUQ, deux de la FECQ et de deux sans affiliation).2.Cette revendication est plus réaliste que les grands médiocres ne nous le laissent croire: i! suffit de consulter deux récentes études de l'Institut de Recherches et d'Informations Socio-économiques (IRIS) qui sont boudées par ce fan club de l'Institut Économique de Montréal (IEDM).3.Une enquête est en cours suite au décès d'un homme à Vancouver.Robert Dziekanski est mort des suites de deux décharges d'une de ces armes « neutralisantes » déchargeant près de 50 000 volts.Robert Bagnell est une autre victime connue ; la famille de ce dernier a un blogue sur le sujet: .4.La CASSÉE avait initié le mouvement de grève qui a mené à l'abolition de la coupure des fameux « 103 millions» dans l'aide financière à l'hiver 2005.La coalition avait d'autres revendications, mais celles-ci - les demandes des étudiant-e-s ! - ont été ignorées.5.« Déplorable » est même très faible ! NATIONAL Le Couac, décembre 2007 - janvier 2008, page 4 Quand le discours médiatique s'emmêle Ainsi, certaines étudiantes et étudiants sont encore en grève.«Désolante routine»1, se plaint Denise Bombardier.Pourtant, les manifs ont, dans un passé pas si lointain, fait avancer les sociétés.La génération à laquelle j'appartiens (la même que celle de Mme Bombardier) les a multipliées, permettant entre autres la création de l'Université du Québec, en mai '68 en France., en 1989, à la place Tien An Men.ce sont des étudiantes et des étudiants qui revendiquent plus de démocratisation, des façons de faire autres.Oui, les étudiantes et les étudiants manifestent.Une chance qu'ils sont là pour le faire; nous, les baby-boomer, n'en avons plus l'énergie ou alors nous sommes passés à droite, dans notre confort.Et c'est faire preuve de respect (non pas de jeunisme comme Madame l'affirme) que d'accepter de discuter avec eux, tandis que le discours de son article est franchement méprisant: «des manifestations où s'expriment des indignations gonflées à l'hélium idéologique par des professeurs complaisants dont la lecture sociale s'inspire de la gauche périmée.» La journaliste devrait retourner à l'université pour rafraîchir ses connaissances du milieu.Elle serait satisfaite d'ailleurs de l'attitude du professeur Claude Corbo ; l'unique candidat au rectorat de cette université est arrivé entouré d'agents de sécurité pour donner son cours.Voyant le groupe de manifestantes et de manifestants, il s'est enfermé dans un local.Pourtant, les enseignantes et les enseignants de l'Uqam avaient reçu de la Direction des études la consigne de ne pas s'opposer si un groupe perturbait le déroulement des cours.Mais M.Corbo a choisi de s'enfermer dans son local, demandant à la sécurité et à la police d'intervenir.L'ex et nouveau recteur pensait-il se faire égorger à mains nues par cette poignée d'étudiantes et d'étudiants?Ne pouvait-il dialoguer avec les responsables de ce groupe plutôt que de s'isoler dans une tour d'ivoire?Que penser de son attitude, lui qui demandait un appui fort de la communauté?Est-il intéressé à connaître le point de vue des étudiantes et des étudiants dont il veut redevenir le recteur?Croit-il en la jeunesse comme il le clame dans son texte Ma vision de l'Uqam?Et de continuer à «bombarder» sans nuance: «S'il n'est pas facile d'être jeune de nos jours, comment qualifier l'époque ou, à 25 ans, les garçons et les filles étaient déjà parents |ce qui est mon cas) de deux ou trois enfants qu'ils avaient la responsabilité de faire vivre?» Et Joël Le Bigot, et Nathalie Cloutier de se bidonner à la lecture de ces propos.Quel argumentaire! Admirable rigueur! J'ajoute que nos grands-mères se mariaient à 17 ans et avaient déjà dix enfants à l'âge de trente ans.Ma mère était devant une salle de classe dans le fond d'un rang à l'âge de 16 ans.Nos aïeules devaient donc nous trouver bien gâtées, Mme Bombardier et moi, mais ma mère ne me l'a jamais fait sentir.J'en vois des étudiantes et des étudiants parents à l'université où j'enseigne, et ils travaillent à temps plein, et ils étudient à temps plein, et ils sont parents à temps plein.Puis, ils n'en peuvent plus, alors ils abandonnent, ou ils manifestent.Ailleurs, on dit que les étudiantes et les étudiants revendiquent violemment; entendons-nous sur ce dernier mot.Quelques pots de gouache jetés sur les murs, une toilette sortie à l'extérieur ne m'apparaissent pas des actes si «violents» qu'ils justifient des coups de matraque.Je n'approuve pas ces actions: détruire du matériel me paraît inutile dans toute circonstance.Mais peut-on réduire la cause de la gratuité scolaire au comportement de quelques étudiantes et étudiants excédés par l'attitude des médias, le silence de l'élite (ou la bêtise de certains) et le manque de vision à long terme de nos gouvernements?Qu'on se rappelle la manifestation de l'École des Beaux-Arts autour de '68 : les étudiants avaient lancé machines à écrire, bureaux, chaises, etc.des fenêtres du 2e étage.Mais l'accent mis sur ces fâcheuses histoires de vandalisme permet d'occulter les vrais enjeux de cette grève : c'est tellement fatigant, le changement.On a fait taire Saku Koivu2 qui se disait peu surpris de la demande de gratuité des étudiants.En effet, nous ne voulons même pas discuter de «gratuité» tant le changement - l'étranger- nous effraie.Nous préférons dire, comme Denise Bombardier, comme le gouvernement, qu'ailleurs, c'est tellement plus cher.En effet, dans son site Internet qui traite des formations à l'international3, Polytechnique dit que les pays anglo-saxons, Australie, Royaume-Uni et États-Unis, ont les frais de scolarité les plus élevés, alors qu'en Europe, il y a peu ou pas de frais de scolarité.Réfléchissons donc un peu à cette gratuité.Gratuité - réduction de la taille de l'État (objectif si cher à l'État), plus besoin de gérer les prêts et bourses, ni avant ni après les études; économie des bourses elles-mêmes; économie en terme d'abandon scolaire et de temps pour obtenir le diplôme, les étudiants ayant moins besoin de travailler pour payer leurs études ; coûts de santé économisés en raison des maladies reliées au stress des étudiantes et des étudiants; revenus d'impôts et taxes augmentés parce que les étudiants consommeront plus vite après leurs études, n'ayant plus ce 30 mille dollars à remettre, l'économie globale s'en portant mieux.Une rapide recherche Internet permet de voir que la gratuité scolaire n'est pas un slogan de jeunes en mal de contestation ou de « has been » mais un débat légitime où tous ont le droit d'exprimer leur point de vue, dans le respect des autres.Entre autres, en octobre dernier, Philippe Hurteau et Marc Daoud, deux chercheurs de l'Institut de recherches et d'informations socio-économiques (IRIS), ont publié une étude4 qui proposait trois scénarios différents pour la gratuité scolaire à tous les niveaux, scénarios qui ne présentaient aucun impact sur le degré d'endettement actuel du gouvernement et aucune hausse de taxation pour la population, sauf en ce qui concerne les plus fortunés; mais les auteurs disent que l'augmentation demeure très «raisonnable » pour ce groupe de la société.Et l'étude de conclure : « En bref, un réinvestissement important orienté vers l'abolition des frais de scolarité et le refinancement des cégeps et des universités apparaît comme économiquement viable et socialement plus équitable que la hausse de la tarification.» Équitable, ce mot pourtant à la mode chez 1 intelligen-cia.Comme le café et le chocolat?Équitable, oui: dans les universités état-suniennes de prestige, 74 % des étudiants proviennent de familles aisées.À réfléchir: au Québec, le taux de participation aux études universitaires est le plus bas du Canada selon Statistique Canada (2005).Ce ne sont que des avantages économiques; il faudrait maintenant penser à ce qu'apporte une société vraiment scolarisée.Mais toutes ces statistiques, Mme Bombardier les dit «tronquées ou complaisantes», sur la base de quoi, elle ne le dit pas.J'aime mieux écouter le discours des représentants des jeunes grévistes que celui de Denise Bombardier, celui de madame la Ministre des finances qui répète «les argents, les argents [sic).», ou encore celui de madame la Ministre de l'Éducation, des Loisirs et des Sports5, qui brandit, comme solutions aux problèmes que connaissent nos écoles, le retour aux notes chiffrées et sa formule «dictée», mais qui, à Tout le monde en parle, craignait tellement devoir en faire une qu'elle a sorti la sienne subito presto pour y soumettre les autres.FRANCINE CAM PEAU enseignante à l'UQAM, novembre 2007 1- Denise Bombardier, « Désolante routine», Le Devoir, 17-18 novembre 2007, p.B5 2- Lors d'une entrevue accordée par Saku Koivu au )oumal de Montréal en 2006, le hockeyeur a fait référence au système d'éducation de son pays d'origine, la Finlande: «11 permet à tout le monde de faire exactement ce qui leur plaît, sans égard à leur situation financière», a-t-il dit.Le journal étudiant L'Ultimatum a repris ces propos en novembre dernier.La direction du club Canadien a dit qu'il s'agissait d'une « récupération non autorisée » et Saku Koivu ne s'est plus prononcé à ce sujet.3-http:/Avww.polytechnique.fr/sites/orientation4a/ pages_orientation/fichiers/autre/X2005_10mai07_in ternational.ppt#354,!2, Diapositive 12, page consultée le 19 novembre 200" 4 http ://www.iris-recherche.qc.ca/docs/Etude-Gratuite.pdf, page consultée le 19 novembre 2007 5- Tous ces chapeaux pour le même ministère, c'est dire la place qu'occupe l'éducation dans notre gouvernement.LE.COIK
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