Le couac, 1 juin 2008, juin
Julius Grey: L'avocat des nobles causes ?P.3 Pétrole, OGM, etc : Arnaques sans frontières P.5 Entrevue : Peter Hallward sur les mythes d'Haïti P.8 drôle oiseau Vol.11 • n» 09 m ov h usa sir m uin 2008 m m m &j m m 3,50 La copulation internationale «L es Nations unies et l'OTAN cou-' cheront sur papier une nouvelle entente pour accélérer le développement de l'Afghanistan et limiter les erreurs stratégiques », lit-on dans Le Devoir du 21 avril.Elles coucheront ensemble?L'ONU, l'organisation commune de toutes les nations, et l'OTAN, organisation militaire de l'impérialisme atlantique, autrement dit deux entités incompatibles par nature, par finalité, par leurs bases respectives de populations, l'une de ces organisations visant à résoudre les conflits, l'autre à les provoquer, travailleront ensemble plus étroitement à l'entreprise impérialiste de la «coalition» occidentale là-bas, la seconde pour continuer de faire main basse sur le pays, la première soi-disant pour le « reconstruire», parachèvement espéré de l'invasion.«L'ONU et l'OTAN veulent mieux coopérer», dit le titre.Les Nations unies et l'Atlantique nord ! L'organisation pacifiste officielle de tous les peuples va donc se mettre à aider les fauteurs de guerre dans une sorte d'association avec eux pour de prétendues raisons de restauration du pays déjà ruiné depuis longtemps, puis subjugué par leurs armes et par les nôtres ! L'ONU a honte, dit Le Devoir, mais elle marche quand même, poussée dans le dos par le bras armé de l'Occident.Lisez plutôt : «Cette entente devait être signée au dernier sommet de l'OTAN à Bucarest, le 3 avril, mais l'ONU était mal à l'aise de parapher un tel document lors d'une réunion militaire.La signature officielle aura donc lieu au mois de mai, dans l'enceinte de l'ONU, à New York» Cela fait toute la différence, n'est-ce pas?Que pensent la Chine et la Russie de cette copulation?C'est un joyeux détournement des Nations unies.PIERRE VADEBONCOEUR Poursuite de Barrick Gold contre Écosociété 6 millions contre la liberté d'expression Ainsi donc la plus grosse compagnie aurifère au monde, Barrick Gold, met sa menace à exécution et poursuit les Éditions Écosociété et les trois auteurs du livre Noir Canada pour 6 millions de dollars (pour un résumé des circonstances ayant mené à cette poursuite, voir notre article du mois passé au www.lecouac.org).Six millions de dollars.Ce chiffre évoque pour plusieurs d'entre nous Steve Austin, « l'homme de six millions de dollars », personnage cyborg de la série télévisée des années 1970 À l'époque, 6 millions de dollars, c'était beaucoup d'argent.Aujourd'hui?Ça dépend pour qui.Pour la maison d'édition Écosociété, 6 millions de dollars, c'est énorme : 2 500 % de son chiffre d'affaire annuel, pour être plus précis.Mais pour une multinationale comme Barrick Gold, 6 millions de dollars c'est un pet dans le cosmos : quelques dixièmes de 1 % de leur chiffre d'affaires.L'allusion au cosmos n'est donc pas innocente puisque dans les faits, le géant minier dispose de ressources quasi-illimitées pour épuiser financièrement et ultimement faire fermer la petite maison d'édition québécoise bien connue pour ses essais progressistes.Comme l'expliquait Alain Deneault, auteur principal de l'ouvrage, lors d'une conférence de presse le 5 mai dernier, «La dernière fois qu'un livre a fait l'objet d'autant d'agressivité, c'était à l'époque du Refus Global Vous voyez ce à quoi on nous ramène.Et dans le Refus Global, il y avait une phrase qui disait : "Au refus global nous opposons la responsabilité entière." Et c'est à cela que nous nous tenons maintenant.» Mais pourquoi sortir ainsi l'artillerie lourde devant un simple moustique?Qu'y a-t-il donc dans ce livre?Alain Deneault : «Noir Canada s'enquiert du fait qu'un nombre considérable de documents nationaux et internationaux crédibles font état d'un nombre considérable d'abus, voire de crimes, qui auraient été commis par un nombre considérable de sociétés canadiennes en Afrique.Cette tendance générale est vivement préoccupante.» Ce n'est donc peut-être pas tant du moustique que Barrick Gold a peur, mais de ce qu'il porte et qui pourrait se développer.En clair, Barrick a peur de la malaria.Alors elle tente de faire oublier le message et tire sur le messager avec ses moyens démesurés.Dans l'une des nombreuses lettres d'appui déjà suite en page 6 Sympathy for the devil Suite aux plus récentes déclarations de l'ex-général Dallaire, le diable a publié un communiqué dans lequel il réfute avoir déjà serré sa main.MUSIRONIE C'est le début d'un temps nouveau.Mai 68 célèbre ses 40 ans avec un nouveau slogan : sous les pavés, Mon Moi Inc.: l'entrepreneurshit passe-partout MUSIRONIE Qui?Un sondage démontre qu'un travailleur sur quatre déteste son patron.Les trois autres ne savent pas c'est qui.MUSIRONIE Dans le trou L'écart entre les riches et les pauvres s'est encore agrandi.On peut maintenant y enterrer la classe moyenne au complet.MUSIRONIE Par un beau matin de mai, je débarque au CHUM - Saint-Luc pour un examen en ORL.Une quinzaine de minutes après mon arrivée, l'audiolo-giste qui m'accueille me reçoit, sympathique à souhait.En bavardant avec elle, je remarque une petite annonce sur la babillard juste au-dessus de son bureau.Celle-ci cadre dans la semaine de l'infirmière et de l'infirmière auxiliaire 2008.On peut y lire en gras « Conférence - Le Moi Inc.de Sylvain Boudreau».Ça ne m'en prend pas plus pour lui demander de partir avec cette publicité pour le moins louche.Dès que je sors de son bureau, je réfléchis à ce titre vide de sens.Le Moi inc.De quossé?L'annonce de la conférence poursuit ainsi : « Le succès repose sur une attitude gagnante».Ouais, bon.Déjà là, ayant étudié en administration, je me doute que j'aurai certainement autre chose au programme ce jour-là.Et l'annonce de me renseigner sur le fait que «Le Moi inc.» signifie que nous sommes tous propriétaires d'une belle entreprise dans laquelle nous devons investir afin de lui donner de la valeur.Nous devons tous réaliser que nous Va te faire voir.une stratégie de prospection et réseautage On dit souvent que la force de quelqu'un ne réside pas dans ce qu'il connaît, mais bien dans qui il connaît.C'est exactement l'origine de cette conférence stimulante, drôle et pleine de vérités.La version jovialiste de la classique de Richard Desjardins : « Chercher une job c'est comme fumer un joint, plus tu têtes, plus tu vas loin.» sommes responsables de nos choix, de nos carrières et de notre bonheur.» le comprends donc que le CHUM, via « la direction des regroupements clientèles», ainsi que «la direction des ressources humaines » invitent tout le monde à cette conférence de motivation et d'endoctrinement d'une absurdité redoutable.Car voyez-vous, en plein contexte de privatisation des soins de santé, le CHUM se doit de bien «renseigner» ses employéEs et ce, par tous les moyens nécessaires.Devenir un Moi Inc, voilà donc la quintessence de l'entrepreneurshit 101 de notre monde actuel, le seuil où la marche du monde doit inévitablement culminer.Prenez le temps de jeter un coup d'œil au site ouaibe de ce léger imbécile heureux (www.sylvainboudreau.com).Plaisir garanti sur extraits vidéo.En le regardant déblatérer ses infamies, on souhaite à peine qu'il tombe en pleine face au bas de la scène et qu'il se brise le cou pour qu'il saisisse enfin oh combien nos sommes responsables de nos choix.Pour celles et ceux qui oseront aller le voir, profitez allègrement de ce lavage de cerveau servi par un lobotomisé.Quand, une à une, toutes nos petites entreprises déclareront faillite, il ne restera qu'à se souvenir qu'il n'est pas sain de ne pas être fou dans une société profondément malade.MARTIN PETIT 006538528211306 Le Couac, juin 2008, page 2 Le compteur de l'inadmissible Au 1er juin 2008, cela fait 882 JOURS que Abdelkader Belaouni se terre dans l'Église St-Gabriel pour ne pas être déporté.Pour l'aider : www.soutienpourkader.net Logique 101 : Cours d'introduction à l'intention des commissaires à l'immigration canadiens Voici le genre de problème que le commissaire à l'immigration sera en mesure de résoudre à la fin du cours Logique 101.Trouvez les deux erreurs de logique présentes dans le cas suivant.a) Prenons un pays où la torture est interdite, par exemple, le Canada.b) Un étranger, par exemple, un Espagnol du nom d' Ivan Apaolaza Sancho, a trouvé refuge au Canada et y vit depuis 5 ans.c) L'Espagne accuse Ivan de terrorisme, par exemple de faire partie de l'ETA.d) Ivan est arrêté au Canada.e) Le Canada ne possède aucune preuve de la culpabilité d'Ivan, mais l'Espagne lui certifie qu'il est bien un terroriste.f) La preuve est présentée sous la forme d'un mandat d'arrêt espagnol.g) Le mandat d'arrêt en question reproduit précisément la déclaration faite sous \ncomunicado] d'une militante basque.h) La militante basque a porté plainte pour torture et nie l'ensemble de sa déclaration puisqu'elle lui aurait été arrachée sous la torture.i) Le Canada, ayant signé la Convention contre le torture, ne peut inculper une personne sous la base de preuves pouvant avoir été obtenues sous la torture.j) Tenant compte du point i), Le commissaire à l'immigration rejette la preuve basée sur la déclaration de la militante.k) Le commissaire à l'immigration accepte cependant le texte du mandat d'arrêt comme preuve pour emprisonner Ivan.I) Le Canada, ayant signé la Convention contre le torture, ne peut renvoyer quiconque vers un pays où la torture est pratiquée.m) Amnistie Internationale ainsi que le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture accuse l'Espagne de pratiquer une torture au demeurant assez diversifiée (chocs électriques, simulation de noyade, etc.) n) Le commissaire à l'immigration canadien décide de renvoyer l'homme en Espagne.Réponse : les erreurs logiques se situent aux points k) et n).Justification : k) si on ne peut accepter une déclaration faite sous la torture comme preuve, on ne peut accepter un mandat d'arrêt se référant à cette même déclaration n) si on ne peut renvoyer une personne vers la torture, on ne peut renvoyer une personne en Espagne puisque l'Espagne pratique la torture.Un cours qui ne ferait pas de mal non plus à plusieurs journalistes des grands médias.Ceux qui crient à l'horreur devant les conditions de détention d'Omar Khadr.Il est bien noble de leur part de demander qu'il soit jugé au Canada, mais ils oublient de préciser, au passage, qu'au Canada justement, on peut moisir fort longtemps dans une cellule sans que la justice n'ait besoin de fournir de preuves pour nous emprisonner.À croire qu'aucun d'entre eux n'a jamais entendu parler des certificats de sécurité.Logique, quand tu nous tiens ! ISABELLE BAEZ I \ncommunkado ¦.garde à vue pratiquée en Espagne suivant une loi antiterroriste.Cette garde à vue permet de détenir une personne de 5 à 13 jours sans aucun contact avec sa famille, un avocat ou un médecin.Personne n'est une île : Kader et 23 (TuThree) Le 3 mai dernier, la dynamique Pointe-St-Charles de Montréal fut le lieu du lancement de No Human Is Ad Island, premier album CD de musiques et chansons du désormais célèbre membre de cette communauté, Abdelkader Belaouni, réfugié en sanctuaire dans l'église St-Gabriel depuis janvier 2006.C'est cependant Kader B.B.B.qui, ce samedi là, est monté sur scène accompagné de 23 (TuThree), artiste hip-hop indépendant et complice aux logiciels, micros et mélodies pour nous présenter des extraits de cette première création musicale, alternativement planante et rythmée, souvent agrémentée de résonances moyen-orientales et de sauce world beat, aux harmonies accrocheuses, tramées au hip-hop et au rap, tissées d'engagement social, de solidarité et - fait rare dans la pop actuelle -de féminisme ! L'originalité de cette œuvre, un émouvant appel à la liberté, se situe d'abord au niveau du tour de force que fut sa production : tous les enregistrements ont eu lieu dans la chambre du presbytère que Kader occupe depuis plus de 840 jours (et ça continue.).TuThree s'est chargé presque seul (sa conjointe s'occupant de leurs deux poupons) de toute la partie technique du projet : composer les accompagnements, capter les amies aux cordes vocales de tous accents, faire les samplings d'alliés en pleines déclarations d'appui, concevoir la pochette (avec des œuvres de l'« artiviste » multimédia, Tatiana Gomez), et combien d'autres miracles qui ont réussi à produire une œuvre d'un professionnalisme étonnant vu les conditions absurdes du quotidien de Kader.Kader, faut-il le rappeler, habite depuis 28 mois l'église Saint-Gabriel de Pointe Saint-Charles, défiant l'ordre de déportation qui l'exhorte à sortir de notre plusse meilleur pays de droits humains et de néo-libéralisme, vers un sort risqué, qu'il a quitté pour pérégri-ner et finalement s'établir au Québec.Dans la continuité des démarches politiques et médiatiques visant à obtenir audience auprès de la ministre de l'Immigration, le lancement a donc eu lieu sous l'œil des médias dans la salle communautaire de l'église.Le groupe LAL, venu spécialement de Toronto avec plusieurs de leurs fans, s'est joint au party et a profité de l'occasion pour lancer leur nouvel opus, Deportation (titre inspiré d'une histoire personnelle, une amie des membres du groupe ayant elle-même subi la déportation).La voix mystique de Rosina à réussi à mener l'assemblée de la transe à la danse, le tout baigné des images de )ose Garcia défilant sur des écrans juxtaposés, évoquant la carrure morbide des murs frontaliers et mettant en lumière les thématiques évoquées.Il n'y manquait que la triste figure de la ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, Diane Finley, qui, sous ses verres fumés, oublie parfois de voir l'injustice faite à Kader.Plus de deux cents personnes se sont donc encore une fois rassemblées pour encourager Kader dans sa démarche pour être entendu par la ministre de l'Immigration dont le pouvoir discrétionnaire pourrait, en quelques minutes, lui accorder un statut.Madame Finley, Diane, s'il faut, pour être entendu en démocratie, rivaliser de patience avec Nelson Mandela, Kader continuera de vous interpeller sous toutes les formes : hier, un vernissage guérilla déambulant dans la ville souterraine, aujourd'hui un CD lancé sous l'autel d'une église.et nous, votre population, continuerons d'en appeler avec lui à la justice, en fredonnant partout le refrain que lui a offert Marcel Sévigny, activiste émé-rite : « résistance, résistance ».Il ne vous reste qu'à vous asseoir, Diane, à mettre vos écouteurs et à vous laisser bercer par le premier CD lancé sous l'autel d'une église.Voyage planant assuré si, bien sûr, on ne vous embête pas aux frontières .LOCA NOREGREB ^^PLOGUES Pour donner une chance à Kader Procurez-vous No Human Is An Island, le premier album autoproduit de Kader B.B.B.et 23 (TuThree) au coût de lancement (10 $) en écrivant à soutienkader@gmail.com; bientôt chez les disquaires indépendants.Des extraits sont disponibles sur Facebook et MySpace (www.myspace.com/23andkader).Pour toute autre info concernant le lancement, l'album ou le soutien à Kader, contactez le 514-691-0567 ou consultez www.soutienpourkader.net Mouvement Montréal Français : Grand rassemblement Le dimanche 8 juin au Parc leanne-Mance à 13h30 (métro Place-des-Arts, autobus 80 Nord et 129; métro Mont Royal, autobus 97 et 11) avec Loco Locass, Sycop, Yves Lambert et le Bébert Orchestra, Emmanuel Bilodeau, Luc Picard, Pierre Chagnon, Sylvie Potvin et René Roy (FTQ), Pierre Patry (CSN), Réjean Parent (CSQ), Raymond Legault (UDA), Maria Mourani (MMF), Jean Dorion (SS)BM), Mario Beaulieu (président du MMF) Lancement du livre Haiti - après le déluge?Aristide, Lavalas et la communauté internationale, Samedi le 31 mai à 15h le au Centre Culturel Simon Bolivar (394 de Maisonneuve O.) Place-des-Arts (www.canadahaitiaction.ca • www.haitianalysis.com), une conférence de Peter Hallward auteur du livre et Paul Loulou Chéry, secrétaire général de la Confédération des Travailleurs Haïtiens (CTH) POUR S'ABONNER Par téléphone : (514) 596-1017 Par la poste : Le Couac 6940, rue logues, Montréal (Québec) H4E 2W8 Adressez votre chèque à : Le Couac.• Abonnement d'un an : 30,42 $ + taxes = 35,00 $ • Abonnement de deux ans : 52,15 $ + taxes = 60,00 $ • Abonnement institutionnel et de soutien : 52,15 $ + taxes = 60,00 $ • Abonnement de groupe d'un an (10 copies par parution): 225,98 $ + taxes = 260,00 $ • Abonnement d'un an à l'étranger 43,46 $ + taxes = 50,00 $ Nom Adresse Code postal Courriel_ Téléphone COURRIER DU LECTEUR Guerre et répartition des revenus Pour faire la guerre là-bas, il faut la faire d'abord ici.contre les travailleureuses.Comment expliquer autrement l'acharnement systématique à réduire les salaires (les fermetures d'usines participant au chantage) pour libérer des fonds avec lesquels faire la guerre à l'autre bout du monde?Le lien entre la pression à la baisse sur les salaires et le financement des opérations militaires d'un État comme le Canada en guerre en Afghanistan n'est pas évident pour vous?Qui décident de déclencher les guerres et où le décident-ils?Aux Parlements des élites! Et qui est intervenu auprès des travailleur-euse-s d'Olymel pour leur passer le sapin d'une diminution de revenu?Un ancien parlementaire à Ottawa, qui a baissé les bras, en plus, sur la question £Ç Crocs Le Couac 6940, rue logues Montréal (Québec) H4E 2W8 Téléphone : (514) 596-1017 Vous voulez collaborer au Couac?Vous pouvez nous faire parvenir vos textes (max.700 mots)/dessins/photomontages par courriel, via notre site Internet : www.lecouac.org.Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau CO REDACTEURS EN CHEF : Guillaume Beaulac, Bruno Dubuc, Simon Tremblay-Pepin.COLLABORATEURS : Isabelle Baez, Pierre de Bellefeuille, Cari Boileau, Claude G.Charron.Paul Cliche, Éric Darier, Clôde De Guise, Alain Denault, Bruno Dubuc, Darren EH, Loca Noregreb, Martin Petit, Martin Poirier, Yvon D.Ranger, Michel Rioux, Valentin Tardi, Simon Tremblay-Pepin, Pierre Vadeboncoeur, Ramon Vitesse.ILLUSTRATIONS ET PHOTOS : Bobidochc, Boris, Darren EH, Serge Ferrand, Luc Giard, Hal, Valentin Tardi, Ramon Vitesse.MISE EN PAGE : Coopérative Molotov - molotovcoop.org IMPRIMÉ PAR : les travailleurs et travailleuses syndiquées de Payette et Simms inc.DISTRIBUÉ PAR : Gladu distribution Abonnement et publicité : (514) 596-1017 ISSN 1480-2074 • No de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec du Québec, Lucien Bouchard, grand dompteur de grévistes, qui fait des réductions de revenus des salarié-e-s la «cause nationale» du Québec.Et il présente ça comme une victoire de tout-e-s, alors que c'est une reconquête de quelques-uns de nos éminents patrons, et de leurs représentants politiques, partis en campagne de par le monde derrière les USA.Demandez-vous d'où ils tirent leurs ressources, et par quels choix politiques ils le font, pour se précipiter dans un des pays du Tiers-Monde le plus pauvre afin de le pacifier au nom de la lutte antiterro- riste.Cet ordre des choses sur terre (une hiérarchie des pays dominants établie et défendue militairement, que l'on nomme, en politique, impérialiste) permet aussi de mettre à pied ici ou d'appauvrir des milliers de salariées privés littéralement de leur moyen de gagner leur vie en travaillant.L'exemple de CROC à Québec est bien là pour nous le rappeler.[.] Guy Roy Flaherty, détenteur d'un record Guinness?Le ministre conservateur |im Flaherty a accordé un contrat sans appel d'offres de 122 000 $ à un ami conservateur pour la rédaction d'un discours relatif au budget de 2007.Quelqu'un devrait soumettre ce dossier aux records Guinness, car il pourrait s'agir du discours le plus cher payé par des contribuables.Une somme si importante pour un texte de quelques pages, c'est du vol organisé.Avec un tel tarif au mot, c'est une chance que Fidel Castro ne soit pas au Parlement canadien, car avec ses discours fleuves de 7 heures, il aurait mis le Canada sur la paille, puis sur la liste de Centraide.Sylvio Le Blanc NATIONAL La Coupe Grey Il n'est pas ici question d'une coupe comme celle qui a encore une fois échappé cette année aux Canadiens, la Coupe Stanley.Ni de ce qu'on appelait la coupe à blanc à l'époque où les compagnies forestières n'avaient qu'à se pencher pour couper tout le bois qu'elles pouvaient, sans égard au respect de la ressource.Ni non plus de la fameuse coupe de cheveux Longueuil, adoptée par plusieurs pour, espèrent-ils, produire un effet sur le sexe dit faible.Non.Il s'agit plutôt d'un Grey, prénommé Julius, avocat de gauche, à ce qu'il dit de lui-même.Tout entier consacré à la mise en valeur de sa propre personne, le Maître recherche constamment le moyen d'apparaître dans une posture idéologique et intellectuelle susceptible d'amener quiconque ne prête pas suffisamment attention à ses arguments à conclure que voilà, en effet, un homme de progrès.Mais quand on y regarde de plus près, on constate au contraire que le Maître est passé.maître dans l'art de flasher à gauche pour mieux virer à droite.Et quand on regarde l'ensemble de son œuvre, on ne peut que s'écrier, comme Madame Roland avant d'être guillotinée : Ô Liberté\ Que de crimes on commet en ton nom ! Car le Maître n'en a que pour cela, la liberté, qui ne peut se concevoir qu'individuelle et qui doit se traduire en droits, encore là individuels.Une espèce de liberté menacée, on s'en serait douté, par des droits collectifs qui ont l'heur de provoquer chez lui des poussées d'urticaire.Dans une récente chronique publiée dans le journal de Québec, le Maître s'en est désolé.« Une société où le concept douteux de » droit collectif « non seulement remplace la solidarité entre individus qui était à la base des grandes réformes au 20e siècle, mais obtient une préséance sur les libertés individuelles.Bref, une démocratie totalitaire.» Quelques précisions s'imposent Ce que décrit le Maître, ce n'est pas la solidarité, c'est la charité qui était érigée en système jusqu'au 20e siècle.C'est plutôt le concept de justice qui a amené la collectivité à prendre solidairement des mesures pour protéger les moins bien nantis.Et parlons un peu du journal de Québec, où le Maître continue de tenir chronique en dépit d'un lock-out qui y sévit depuis un an.Il dit ne pas voir pourquoi, à l'instar de Lise Payette, il cesserait sa collaboration en appui aux travailleurs mis à la rue par Québécor.«Au contraire, il est important que des idées de gauche continuent de circuler», a affirmé, de ses quartiers de Westmount, le Maître thuriféraire de la Charte de Trudeau, si assidu à la Cour suprême qu'on le soupçonne d'y louer une suite à l'année.Idée de gauche, celle de déplorer que Lord Black doive faire de la prison?« Je suis soulagé qu'il n'ait pas eu 20 ans.Mais six ans et demi, ça reste trop.11 est regrettable d'utiliser le système carcéral pour des gens qui ne sont pas dangereux.» Dixit Churchill : «Si vous volez un rail, vous êtes un voleur et on vous fout en prison.Si vous volez la compagnie de chemins de fer, vous êtes un homme d'affaires et on vous nomme au Sénat.» Idée de gauche, celle de défendre l'Association des garderies privées qui voulait imposer une surfacturation aux parents?Idée de gauche, celle de soutenir le droit de travailler dans la construction sans carte de compétence, en combattant l'obligation d'être membre d'un syndicat?Idée de gauche, celle d'accepter à l'école un kirpan dont le port est pourtant interdit dans les avions et.dans les cours de justice?Idée de gauche, celle de se porter à la défense des tenanciers de bars, dont le Maître dit, dans le journal du Barreau, que la liberté est au centre du débat et que leur volonté de dénoncer la loi interdisant de fumer dans les lieux publics est «très importante pour toute la société», dans la mesure où elle pose des questions fondamentales sur la liberté, sur le droit légitime de faire des affaires, sur la vie quotidienne des citoyens, sur les limites de la réglementation et sur les exigences de la santé publique » ?Idée de gauche, celle de faire parvenir en décembre 2007 un SLAPP de 100 000 $ et d'accuser d'antisémitisme un citoyen coupable d'avoir demandé la destitution du richissime Michael Rosenberg de la Commission sur les relations intercommunautaires d'Outremont, qu'il accusait de «bafouer allègrement les règlements municipaux» ?Ce même Rosenberg qui, le 24 décembre 1993, avait mis à la rue les employés du Holiday Inn Crown Plaza de Montréal pour se défaire du syndicat CSN.Il aura fallu 43 mois pour que ces travailleurs retrouvent leur emploi.La compagnie 2028107 Canada Inc.avait cédé l'entreprise à la compagnie 2985420 Canada Inc.Rien de rien n'avait changé, sauf qu'il n'y avait plus de syndicat et que d'autres employés avaient été engagés.Idée de gauche, celle de porter jusqu'en Cour suprême la décision de la Cour d'appel sur l'illégalité de la synagogue et de l'école hassidiques construites illégalement à Val-Morin?Spécialiste des droits individuels, il arrive même au Maître d'en inventer de toutes pièces.Ainsi, dans une émission diffusée à Radio-Canada récemment, il proclamait péremptoirement le « droit au bilinguisme» pour les immigrants.Rien de moins.Jusqu'à ce qu'il s'étouffe quand losée Legault lui fit comprendre l'inanité de son propos.En janvier, le magazine Réussir Ici Montréal consacrait un article dithyrambique au Maître, le qualifiant «d'avocat des nobles causes ».Ah oui ! Nobles causes?Vraiment?MICHEL RIOUX Esclavage La gouverneuse générale du Canada, Michaëlle lean, elle-même descendante d'esclaves haïtiens, a salué les millions d'esclaves canadiens qui doivent travailler au salaire minimum pour payer sa fonction de potiche royale.MUSIR0NIE Enfin un effet positif de l'incompétence ! Les autorités douanières ont perdu la trace depuis 2003 de quelque 41 000 personnes visées par une mesure d'expulsion du Canada, a révélé mardi la vérificatrice générale, Sheila Fraser.(Cyberpresse, 6 mai 2008).Le Couac, juin 2008, page 3 Menace Une étude démontre que le cancer guettera un Canadien sur 2 en 2010.La nouvelle est d'autant plus troublante que l'autre Canadien devrait aussi mourir de quelque chose à un moment donné.MUSIR0NIE Le ministère de la Bêtise Il y a au Québec un débat sur l'enseignement de l'Histoire.Un débat incompréhensible.D'un côté, des historiens, des pédagogues et autres penseurs disent et répètent qu'enseigner l'Histoire, c'est faire connaître les principaux événements qui ont marqué notre passé collectif, et les causes de ces événements.C'est l'évidence même.Pourtant, des réformateurs sortis on ne sait d'où rejettent cet avis consensuel et soutiennent que la connaissance des événements est secondaire.Le principal, disent-ils, c'est que les écoliers acquièrent des compétences.On peut donc être diplômé en Histoire et ne rien savoir de ce qui s'est passé.On nage dans l'absurdité.Qui soutient l'absurdité?Essentiellement, le ministère de l'Éducation.Il faut reconnaître que ce ministère a joué un rôle important dans la laïcisation de l'État québécois, un élément fondamental de la Révolution tranquille.Mais le pouvoir corrompt, y compris le pouvoir souvent considérable des fonctionnaires.La pensée elle-même est corruptible.Pensez-y.Réformer l'éducation, c'est un défi enivrant.Alors parfois on dérape.On s'enivre de théories fumeuses.L'enseignement de l'Histoire a déjà été réformé.On a corrigé certains excès de nationalisme.Mais on n'a pas encore rendu justice aux Amérindiens, les premiers occupants, que nous appelions « les sauvages ».C'est tout dire.Heureusement, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a du jugement et de la détermination.L'avenir est prometteur.PIERRE DE BELLEFEUILLE Ruines La mascotte de la Vieille Capiteuse, Régis Badabeaume, préfère finalement qu'on conserve le manège militaire dans son état actuel, puisqu'il n'y a jamais eu autant de visiteurs que depuis qu'il a brûlé.MUSIR0NIE Rapport sûr Dès sa publication, le Montmarquette a été rebaptisé Mon Market.Dada éculé et persiflage méprisant Dans le numéro d'avril du Couac.Pierre Vadeboncoeur n'a pu s'empêcher d'enfourcher de nouveau un dada qu'il avait heureusement mis au rancart il y a quelques années.Selon lui, Québec Solidaire - et auparavant l'Union des forces progressistes - font le jeu ni plus ni moins que de la « Réaction ».En effet, ces partis diviseraient « nos forces » en supposant au Parti québécois que lui semble considérer comme le défenseur patenté du «Québec libre, de la nation québécoise, de notre avenir historique, de la démocratie sociale».De plus, la description qu'il fait des deux formations de gauche ressemble beaucoup plus à du persiflage méprisant, indigne d'un essayiste de haut vol comme lui, qu'à une analyse sérieuse «Des groupuscules (.) des partis imaginaires (.) une collection bigarrée d'éléments de gauche peu compatibles entre eux.» Pour justifier son accès de vitriol, mon ex-collègue syndicaliste soutient que son argumentation repose sur «une mathématique rigoureuse qui est celle des faits».Ces faits, ce sont évidemment les résultats des deux dernières élections où l'Union des forces progressistes et Québec Solidaire n'ont pu faire mieux, prétend-t-il, que « rogner sur quelques faibles majorités péquistes et donc de favoriser les libéraux et maintenant l'ADQ».Mais Pierre feint-il d'oublier que les tiers partis constituent une cible de choix dans un système électoral aussi injuste que le nôtre?N'est-ce pas le fondateur du PQ, René Lévesque qui, en 1972, a dénoncé le mode de scrutin majoritaire que l'Angleterre a légué à sa colonie canadienne comme « démocratiquement infect».Et ne sait-il pas qu'un des.principaux effets pervers de ce système - en plus de provoquer parfois des renversements de la volonté populaire comme c'est arrivé en faveur du PQ en 1998 - est d'induire le vote stratégique.Lors des dernières élections, ce phénomène malsain a incité une proportion significative de sympathisants de Québec solidaire à voter pour le PQ afin d'éviter l'élection du candidat libéral ou adéquiste dans leur circonscription.Avec un scrutin proportionnel, au contraire, tous les partis auraient pu faire le plein de leurs votes parce que chacun de ces derniers aurait compté.Pourtant, le PQ s'était engagé, dès 1969, à instaurer un scrutin proportionnel.Mais, rendu au pouvoir, René Lévesque n'a pu convaincre son caucus de lui laisser présenter la réforme qu'il avait préparée; certains députés allant même jusqu'à employer, en guise d'argument, le slogan malavisé « La souveraineté avant la démocratie ! ».Et, encore aujourd'hui, péquistes et libéraux s'entendent comme larrons en foire pour bloquer cette réforme essentielle à la revitalisation de la démocratie québécoise.Le PQ veut ainsi maintenir son hégémonie sur la démarche souverainiste peu importe le tort qu'il risque de causer à un mouvement qui s'est fort diversifié depuis le dernier référendum.J'ai milité au PQ pendant quelques années au cours de la décennie soixante-dix bien conscient que j'adhérais alors à une coalition arc-en-ciel qui ne pourrait pas tenir indéfiniment si l'accession du Québec à la souveraineté se faisait trop attendre.Plus récemment, j'ai voté pour Parizeau, le seul chef péquiste qui a cru à l'indépendance.Mais depuis Bouchard, qui a officialisé le flirt du PQ avec le néo-libéralisme, j'ai rejeté définitivement ce parti et je tente, avec beaucoup d'autres, de bâtir une alternative progressiste et souverainiste.Que veux-tu, Pierre, je suis aussi réfractaire que toi à l'imposition d'un système de pensée unique.De plus, je ne peux supporter sans réagir le scandale d'une Assemblée nationale assujettie à l'idéologie néo-libérale à cause de la complicité de mon ancien parti, celui auquel des personnes se disant progressistes - encore obnubilées par un espoir qu'elles savent pourtant irrémédiablement trahi - s'acharnent à faire désespérément confiance.Excuse-moi, mon ami Pierre, de t'asséner ces faits implacables.Mais si cela peut te consoler quelque peu, je t'informe qu'au fédéral je vote normalement pour le Bloc québécois comme bien des membres de Québec solidaire d'ailleurs.PAUL CLICHE, membre fondateur de l'Union des forces progressistes et de Québec solidaire Les faits, les chiffres Mon ami Paul Cliche est un homme aussi impétueux qu'il est sincère.C'est une des causes de mon amitié.Il m'avait fait à peu près la même scène qu'aujourd'hui en 2001, dans ces pages et sur le même sujet.Cette fois-ci, Paul m'en veut pour avoir écrit que Québec solidaire fait de la politique imaginaire et que ce parti, rempli de «ismes» peu compatibles entre eux, marxisme, communisme, socialisme, écologisme, nationalisme, souverainis-me, étrange cocktail de peu d'attrait pour l'opinion, est aussi en quelque sorte un gargarisme.Bon, soit ! le ferai comme Charest pour le mot «girouette».Vu le règlement, je retire le mot «gargarisme».Mais laissons les mots et regardons les faits, cette fois des chiffres.QS : 2 % dans Pointe-aux-trembles, 4 % dans Bourget.Ce n'est pas fort.Or ces circonscriptions sont tout ce qu'il y a de plus populaire et de plus francophone.QS ne colle pas.Paul accorde du reste trop d'importance à l'idée du vote proportionnel, même si c'est un bon principe.Les profonds mouvements politiques n'attendent pas cette condition-là : les libéraux en 1960, le PQ dès 1970, l'ADQ aux dernières élections générales.Mais le QS ne lève pas.Cela veut sans doute dire quelque chose.Mais n'y a-t-il pas, il est vrai, Gatineau?10 % pour le QS.Mais ce n'est pas concluant : tout le monde sait que Gatineau, plus ou moins branché sur Ottawa et conditionné par l'Ontario, est libéral teint et que c'est une circonscription plutôt tiède à l'égard du souverainisme.Le vote réformiste se serait donc en partie transporté un peu ailleurs qu'au PQ dans ce cas.C'est, je crois, un cas d'espèce, comme Mercier naguère.le ne convaincrai pas Paul Cliche.11 est tout d'une pièce.C'est d'ailleurs une qualité.PIERRE VADEBONCOEUR NATIONAL Le Couac, juin 2008, page 4 Richard Bergeron, chef de Projet Montréal « L'homme invisible » pour La Presse Vous aurez sans doute remarqué qu'il ne se passe pratiquement pas une journée sans que, sous un prétexte ou un autre, le journal La Presse ne publie la photo de Gérald Tremblay.De même, ces derniers temps, à la faveur de la course à la chefferie d'un parti politique pourtant moribond, Vision Montréal, La Presse multiplie les articles sur Benoît Labonté.Toutefois, on chercherait en vain dans La Presse le nom de Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, sauf parfois à la toute fin d'un article d'importance secondaire.Projet Montréal a pourtant talonné le parti du maire Tremblay aux deux dernières élections partielles municipales, laissant les deux fois Vision Montréal loin derrière en troisième position.Comment expliquer ces malencontreux oublis?Passons par exemple en revue quelques articles publiés dans l'édition du lundil4 avril 2008.D'abord énorme titre en page A-6 : « Benoît Labonté tend la main à Gérald Tremblay».Le motif est la réforme de la carte électorale provinciale présentement en cours.C'est l'occasion de souligner combien Benoît Labonté est un ardent défenseur «des intérêts supérieurs de Montréal».Normal chez qui fut «président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain », prend-on soin de rappeler.Du même coup, on rappelle aussi, comme on le fait pratiquement chaque jour, que Gérald Tremblay est l'actuel maire de Montréal.Des fois qu'on l'oublierait.Autre gros titre en page A-8 : « Le maire Tremblay devrait-il prendre le métro?».Il s'agit dans ce cas de la chronique de François Cardinal, chroniqueur environnemental à La Presse.François Cardinal se désole de constater que si peu d'élus montréalais prennent les transports collectifs.Outre Gérald Tremblay, il nomme dans son texte Claude Dauphin, Alan DeSousa, Robert Perreault et Jack Layton, les deux premiers pour souligner qu'on ne les voit jamais dans le métro, les deux seconds, au contraire, pour dire qu'on les y voyait souvent.Toujours est-il que le chroniqueur oublie de mentionner qu'un élu municipal, qui plus est chef de parti, candidat à la mairie de Montréal à l'élection de 2005 et candidat déclaré, au même poste, à celle de 2009, un dénommé Richard Bergeron, utilise tous les jours le métro.Peut-être François Cardinal n'a-t-il jamais entendu parler de Richard Bergeron?Ce serait étonnant puisque l'an dernier, ils ont tourné ensemble un reportage des Francs Tireurs sur le centre d'achats Dix-30, situé à Brossard, plus récente horreur de l'urbanisme métropolitain.En page suivante, A-9 donc, La Presse publie un reportage sur la manifestation contre le projet de modernisation de la rue Notre-Dame, tenue la veille.Rappelons que ledit projet consiste à transformer la rue Notre-Dame en autoroute urbaine.Toute personne un tant soit peu informée sait que Richard Bergeron est le seul membre du conseil municipal de Montréal à s'y opposer.Sur place, ceux qui l'auraient jusque-là ignoré n'auraient pas manqué de voir l'imposante bannière de Projet Montréal, en plus d'une bonne trentaine de pancartes aux couleurs de ce parti politique.Or, le reportage de La Presse ne dit mot ni de Richard Bergeron, ni de Projet Montréal.Quant à la photo illustrant cet article, elle montre bien Richard Bergeron, mais sans dire de qui il s'agit, en plus de réussir ce véritable exploit de ne montrer aucune pancarte de Projet Montréal.Rendons-nous maintenant à la page A-12, où le chroniqueur Yves Boisvert se désole du « recul aberrant » de la liberté de presse.Le motif qu'un juge puisse obliger un journaliste à révéler ses sources est ici hors de propos.Le hasard a simplement voulu que La Presse nous parle de la liberté de presse le jour même où sa propre partialité fut plus évidente que jamais.Comme à chaque lundi, vient ensuite le cahier Auto de La Presse.Richard Bergeron faisait remarquer dans son Livre Noir de l'automobile, publié en 1999, que ledit cahier est ni plus ni moins qu'une publicité déguisée à la gloire de l'industrie automobile.De deux pages au début des années 1990, le cahier est passé à cinq pages en 1999 : ce lundi 14 avril 2008, il n'en comptait pas moins de vingt-quatre! L'avant-dernière présentait la Suzuki Hayabusa, une supermoto de 200 chevaux vapeur de puissance, dont la vitesse de pointe excède les 300 km/h.De telles motos sont interdites de circulation autant en Europe qu'au lapon.Au Québec, un adolescent âgé de 16 ans et quelques mois qui calcule bien son coup peut s'en procurer une en toute légalité.et aller se tuer dans les jours qui suivent.Comment se positionne La Presse face à cette réalité odieuse?Citons la fin de l'article : « La Hayabusa se veut plus que jamais l'incarnation de la vitesse.Mais dans le mesure où l'exploitation de ce potentiel est la responsabilité du pilote, pourquoi aurait-elle à s'excuser de quoi que ce soit?».Traduisons : «Si les jeunes veulent aller se tuer, ça les regarde.Nous, notre job, c'est de faire vendre des chars et des motos ».On comprend que Richard Bergeron, qui est allé jusqu'à titrer un chapitre de son Livre Noir « La Presse : au service de l'industrie automobile» (p.187), ne soit pas On comprend que Richard Bergeron, qui est allé jusqu'à titrer un chapitre de son Livre Noir « La Presse : au service de l'industrie automobile», ne soit pas forcément dans les bonnes grâces de ce journal.forcément dans les bonnes grâces de ce journal.Ardent défenseur des transports collectifs et du modèle de développement qui s'ensuit, Richard Bergeron dénonce et la croissance continue du nombre d'automobiles, et les investissements autoroutiers à répétition qui alimentent cette croissance.Gérald Tremblay a pour sa part renié sa parole donnée en 2002 et accepté que la rue Notre-Dame soit transformée en autoroute.Par ailleurs, on ne l'a jamais entendu dire le moindre mot sur le fait que depuis le début de son règne, le parc automobile de l'île de Montréal s'accroît de 10 000 véhicules par année.Quant à Benoît Labonté, sa position est fort habile : d'une part, il demande à ce qu'à l'ouest du pont Jacques-Cartier, la future autoroute soit recouverte sur toute sa longueur, ce qui accroîtrait de plusieurs centaines de millions de dollars notre investissement collectif dans les infrastructures de l'automobile; en ce qui concerne l'est du pont lacques-Cartier, il se défile en affirmant ne pas avoir encore d'opinion arrêtée sur la pertinence ou non d'une autoroute.Force est d'admettre, en tout cas, que Richard Bergeron n'est pas un Desmarais' Kid (voir l'encadré), loin s'en faut ! Ceci étant, quels que soient les calculs auxquels se prêtent les «Grands» de ce monde, quels que soient les pions qu'ils décident d'avancer sur l'échiquier dont ils se croient les maîtres, il demeure qu'en dernière instance, c'est la population qui se rend aux urnes pour y choisir ses dirigeants.Que les gens qui constituent Projet Montréal persistent dans la démarche démocratique qui est la leur et l'on verra bien ce que seront les résultats de l'élection municipale du premier novembre 2009.CARL BOILEAU Benoît Labonté, un Demarais' Kid La Presse est la propriété de la société Power Corporation du Canada, appartenant aux Paul Desmarais, père (81 ans) et fils (53 ans).Paul Desmarais père est reconnu comme l'une des personnes les plus riches et influentes au Canada.Où que l'on regarde autour de soi, on trouve la famille Desmarais : Paul Desmarais fils est marié à la fille de Jean Chrétien; sa sœur Hélène est présidente du conseil et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, en plus de présider le conseil d'administration des HEC de Montréal ; lors de l'inauguration de leur modeste propriété de 75 kilomètres carrés, dans Chalevoix, en 2003, les Desmarais ont pu compter sur la présence de deux anciens présidents américains, George Bush père et Bill Clinton, en plus de Lucien Bouchard, de la duchesse d'York Sarah Ferguson et de Paul Martin ; il y a même jusqu'à Nicolas Sarkozy à compter parmi les intimes des Desmarais.En fait, Paul Desmarais père a de longue date entretenu toute une écurie de Desmarais' Kids.11 repère de jeunes loups et louves paraissant avoir tout ce qu'il faut pour se retrouver un jour au pouvoir, puis les aide à y accéder en facilitant leur cheminement de carrière grâce aux interventions appropriées au sein de ses nombreux réseaux d'influence.Bien sûr, il ne s'agit pas d'une science exacte, comme tout éleveur de chevaux le confirmera.Il reste que lean Charest, actuel premier ministre du Québec, et Nicolas Sarkozy, actuel président de la France, témoignent l'un et l'autre de l'efficacité certaine du système Desmarais.Ce qui nous amène à Benoît Labonté.On se rappellera qu'avant de faire le saut en politique municipale, il occupait le poste de président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.Déjà, il serait inimaginable qu'il ait eu accès à ce poste sans l'intervention des Desmarais.D'autant qu'à 32 ans à peine, Benoît Labonté était promu chef de cabinet du ministre des Finances du Canada de l'époque, nul autre que Paul Martin, proche de Paul Desmarais père.Les Desmarais'Kids n'accèdent pas tous aux plus hautes fonctions politiques, cela va de soi.Ainsi, rien n'assure que Benoît Labonté deviendra un jour maire de Montréal.D'autant qu'il a désormais une tache à son dossier : rongé par l'ambition, il a largué Gérald Tremblay, ce qui constitue rien de moins qu'une trahison au sein même de la grande famille libérale.Du coup, il s'est fait beaucoup d'ennemis au sein de cette famille.Il n'empêche qu'au stade actuel, la famille Desmarais lui maintient son appui, comme en témoignent les gros titres à répétition dans le journal La Presse.Baisse des Depuis que Maxime Bernier a été enrôlé pour vendre la mission afghane aux Français, le prix de la mission est en chute libre.MUSIR0NIE LE COIN DU MASOCHISTE Les gros mensonges d'un p'tit plaideur Avec l'Opération Culpabilisation, Couac Présentement en cour, Couac, Couac Dans notre grosse Presse, Couac, Couac Et dans le Rapport Taylor-Bouchard, Couac, Couac Ce que pensent de nous le Globe et le Post, Couac Devient passablement dérisoire Couac, Couac, Couac, Couac « La loi 104 éliminera un maillon institutionnel nécessaire à la survie de la communauté anglo-québécoise et accélérera l'exode des Anglo-Québécois.» Gros mensonge proféré par p'tit plaideur.Et ce n'est pas le seul que contient le texte de Ronald F.Caza paru dans La Presse du 14 avril, le plus grand étant que notre homme semble ici se présenter comme étant le porte-parole de l'ensemble des écoles privées du Québec alors qu'il n'est l'avocat que de 23 d'entre elles, membres de l'Association of independent Schools (QAIS) mieux connue sous ce nom que sous celui d'Association des écoles privées du Québec (AÉPQ).Le texte de Caza se voulait une réplique à un Pratte trouvant « mal avisée» la décision de la communauté anglophone d'intervenir devant la Cour suprême du jugement de la Cour d'appel du Québec contre la loi 104.Cette loi avait, en 2002, été adoptée à l'unanimité des partis à l'Assemblée nationale.Le législateur voulait ainsi colmater une brèche de la loi 101 qui faisait qu'un enfant dont aucun des deux parents n'avait eu un enseignement en anglais au Canada puisse quand même, ainsi que ses frères et ses sœurs et leurs descendants, fréquenter l'école anglaise après seulement un an d'inscription dans une école privée non-subventionnée.Le 22 août 2007, la Cour d'appel déboutait la loi 104.Il s'en est ensuit que, pour ne pas aliéner davantage la majorité francophone qui semblait tant délaisser son parti, lean Charest s'est empressé de renvoyer la cause en Cour suprême.Caza écrit que les écoles de la QAIS, « ont beaucoup évolué depuis les trente dernières années et que ses diplômés sont bilingues, biculturels et font cause commune avec la majorité francophone.» Bilingues?Peut-être.Mais, biculturels?Difficile à croire que ces jeunes garçons et jeunes filles BCBG fraîchement sortis des indépendant schools du West-ls/and aient été nombreux à être frustrés de ne pas avoir entendu Claude Dubois chanter à la CBC.Caza écrit que la loi 104 attaque le droit d'étudier en anglais dans les écoles privées.Or, le Québec n'a aucune obligation constitutionnelle à maintenir un régime qui, soit dit en passant, permet aux écoles privées de recevoir des parts de subventions plus généreuses que presque partout ailleurs dans le monde.Depuis la diffusion des honteux palmarès des écoles du Québec que L'Actualité' et l'Institut économique de Montréal publient chaque année, la cause est entendue.On cherche à réaliser pour les écoles le même écrémage social que dans le secteur de la santé.Vive l'utilisateur-payeur! Ajouté à cela le fait que notre régime d'écoles privées largement subventionnées est peut-être une véritable bombe à retardement.Il favorise en effet des cloisonnements néfastes des futurs citoyens tant sur les plans social, culturel et surtout religieux.À terme, de tels cloisonnements risquent fort de «beyrouthiser» Montréal.On ne peut trouver plus grande contradiction entre une fragmentation aussi systémaltisée et officialisée de l'enseignement au Québec et la politique d'in-ter-culturalisme qui devait être la répli- que québécoise au multiculturalisme Canadian.Notre p'tit plaideur prédit que la loi 104 sonnerait le glas de la communauté anglophone du Québec au moment même où les Termote et Castonguay prédisent que les francophones sont en train de devenir minoritaires à Montréal.Caza va jusqu'à prédire un nouvel exode des Anglos.Hourra ! En fait, heureusement qu'à la fin des années soixante-dix il y a eu ces quelque cent mille Anglos qui, apeurés par l'arrivée au pouvoir du PQ et par la promulgation de la loi 101, ont emprunté la route 401 et fait un aller-simple vers l'Ontario.Un phénomène qui a quelque peu freiné le périlleux processus de louisinanisation présentement en cours au Québec.Dernier argument : les jugements limitant les droits constitutionnels des Anglo-Québécois effriteraient les droits des francophones ailleurs au Canada.Pensez-donc! Si le Québec nie le droit des écoles anglaises d'accepter tous les enfants des Néo-Québécois désirant recevoir leur enseignement en anglais, il se pourrait un jour que Winnipeg fasse de même en empêchant les petits Néo-Manitobains d'étudier en français.Quelle horreur! Adieu la culture franco-man ito-baine! Heureusement qu'il y a la Cour suprême ! CLAUDE G.CHARRON ARNAQUES TRANSNATIONALES Exit la loi sur les OGM en France I mi «e Urne MkU.C'était le suspense le 13 mai dernier alors que des centaines de pique-niqueurs s'étaient massés sur les pelouses des Invalides à Paris.Ces pique-niqueurs militants représentaient Attac, la Confédération paysanne et Greenpeace.Ils manifestaient contre le projet de loi sur les OGM qui était voté par l'Assemblée nationale en dernière lecture.Ce projet, considéré à juste titre pro-OGM, était en passe d'être définitivement adopté.Un Sénat vendu Dans le projet de loi qui avait été voté par le Sénat en avril 2008, on avait pris soin de définir ce qu'est une culture OGM mais on n'avait pas clairement défini ce qu'est une culture sans OGM.Aucune mesure n'était mise de l'avant pour assurer la protection des producteurs dont les champs seraient contaminés par les OGM.Le refus des amendements sur l'étiquetage des produits issus d'animaux nourris aux OGM et celui d'indiquer clairement que les dossiers d'évaluation environnementale et sanitaire ne peuvent en aucun cas rester confidentiels démontraient bien que l'intention du gouvernement français était d'imposer les OGM partout et en cachette.En fait, il donnait pratiquement carte blanche à Monsanto.«Alors que l'objectif de cette loi devrait être la protection de la santé humaine et de l'environnement», rétorque Arnaud Apoteker, chargé de campagne OGM pour Greenpeace France.Il faut comprendre que la contamination génétique est un phénomène irréversible et met en péril les écosystèmes naturels et l'agriculture biologique.Avec un tel projet de loi, le droit de refuser les OGM dans son assiette était complètement bafoué.Le vote de la différence Par une voix d'écart, le gouvernement Sarkozy a été mis en déroute.Des dizaines d'heures de débat jetées à la poubelle sur une question préalable défendue par le député-maire communiste, l'Auvergnant André Chassaigne.Par cette procédure, l'assemblée peut décider de ne pas engager de débat autour d'un texte.Les députés ont rejeté la loi : 136 (a mice uj&Cf i6
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