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Le couac
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. [...]
Publié à Montréal depuis 1997, Le Couac est un mensuel satirique résolument à gauche distribué dans l'ensemble du Québec. Constitué d'une équipe rédactionnelle et de collaborateurs bénévoles, le journal se targue d'être libre et indépendant. Projet mûri entre anciens camarades de Quartier libre, journal étudiant de l'Université de Montréal, Le Couac est fondé par les journalistes aux nombreux chapeaux Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau. Pierre de Bellefeuille agit à titre d'éditeur et demeure à la barre du journal de nombreuses années. Prenant inspiration des éphémères Le Fantasque et La Lanterne, prédécesseurs québécois du XIXe siècle, Le Couac, dont le nom rappelle l'onomatopée du canard, s'inscrit davantage dans la lignée du journal français Charlie Hebdo que du Canard enchaîné. « Le couac » et « le canard », qui peut signifier « journal », peuvent tous deux être associés à un son discordant au sein d'un groupe, le groupe dans lequel Le Couac détonne étant ici l'ensemble de la presse. Le Couac donne son soutien à l'activisme de gauche en dénonçant par la satire, souvent cinglante, l'ordre établi, les réactionnaires, les moralistes, la publicité, le journalisme de masse, les puissants, les injustices, les atteintes aux droits et libertés, les pollueurs, l'économie marchande, etc. Le Couac est en phase avec l'actualité politique, sociale et culturelle québécoise et internationale et montre un intérêt particulier pour les États-Unis. La lutte au terrorisme et ses débordements du début du XXIe siècle y inspirent d'ailleurs plusieurs coups de gueule. En plus des deux fondateurs, un grand nombre de collaborateurs au regard critique et mordant sur le monde participent au journal au cours des années : Pierre Falardeau, Pierre Vadeboncoeur, Louis Hamelin, Marco Silvestro, Isabelle Baez, Jacques Bouchard, Victor-Lévy Beaulieu, Marco de Blois, Michel Rioux, Bruno Dubuc, Francis Dupuis-Déri, François Patenaude, Normand Baillargeon, Simon Tremblay-Pepin. 10 ans de Couacs - Je pense, donc je nuis : les meilleurs articles du mensuel satirique francophone le plus lu en Amérique du Nord!, choix des textes, des brèves et des illustrations par l'équipe du Couac; coordination de Bruno Dubuc, Montréal, Le Couac, 2007, 123 p.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1997-2016
Contenu spécifique :
février
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque mois
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Le couac, 2009-02, Collections de BAnQ.

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Février 2009 | Vol.12 - n" 5 | 3,50 $ Je pense, donc je nuis mi ï ^ Un soulier sur la gueule! p.s Le Couac célèbre le commerce S-r—r Dossier Gaza : J&a&h / Israël et le modèle -—j irakien p.8 POSTES CANADA ^# POST Poit» Publication* Publication» Mail Bi pn vpnii p EMILIE JOLY Obamaland $ égalité.Y'a rien comme l'égalité.L'égalité des chances, l'égalité des sexes, l'égalité devant la loi, devant son dieu, devant son miroir.Aux États-Unis, all men are created equal depuis 1776.En 1913, le congressiste démocrate de la Géorgie Seaborn Roddenberry, considérant que «les mariages interraciaux entre blancs et noirs sont répulsifs et opposés à tous les sentiments du pur esprit américain», propose un projet de loi visant à les interdire.En 2008, la Californie adopte la Prop 8, illégalisant le mariage entre personnes de même sexe.All men are created equal.Y en a-t-il des plus égaux que d'autres ?Avec l'élection d'Obama, plusieurs se sont écriés que la plus grande barrière raciale était tombée : un African American peut désormais devenir président des États-Unis.Certes, mais il reste tellement de ces peti- Un Black peut aujourd'hui être le président du pays construit par l'avilissement de ses ancêtres.Cooà.Mais le système maintient ses compatriotes serviles aux maîtres de Wall Street.tes barrières, incrustées au plus profond de l'Amérique, qu'il est amer de clamer «We have overcome'».200 ans d'oppression ne s'effaceront pas avec l'écho du «I solemnly swear n d'Obama.Ça n'empêchera pas la police de taper sur les jeunes, les pauvres, les noirs, les latinos et les queers.L'élection d'Obama ne ressuscitera pas Rodney King.Ni Kathryn Johnston, Jessie Lee Williams Jr., Timothy Stansbury Jr., Amadou Diallo, Johnny Cammage et Adolph Archie.Et ce pas vers l'égalité laisse en pan plusieurs de ceux qui colorent la trame américaine de toute sa diversité.À quand un président latino?Une femme présidente ?Un président gay ?Un Blackpeut aujourd'hui être le président du pays construit par l'avilissement de ses ancêtres.Good.Mais le système maintient ses compatriotes serviles aux maîtres de Wall Street.Lancement des festivités entourant l'inauguration d'Obama : un gigantesque pow-wow a mis en scène la gauche caviar d'Hollywood, mêlant patriotisme et black power ; This Land is your Land - l'hymne à l'impérialisme américain par excellence - côtoyant My Country 'Tis of Thee, en hommage à Marian Anderson qui la chanta en 1939 sur les marches du Lincoln Memorial après son interdiction dans une école blanche de DC.On a également célébré le courage de Rosa Parks.Évidemment, ce n'est pas Rosa Luxembourg, mais tout est relatif.Pour ne pas trop déprimer ceux qui s'attendaient à tellement plus, Obama en a appelle à l'inclusion des gays et lesbiennes - un sujet souvent tabou aux États-Unis - et Bono a chanté son appui au peuple palestinien.Plus important encore, la foule l'a applaudit bruyamment.Le seul vrai moment digne de postérité fut celui éclipsé par les caméras.Gene Robinson, un Évêque episcopal ouvertement gay, a célébré la prière d'ouverture qui, pour des raisons dites techniques, n'a pas été diffusée à la télé et a été victime d'une très mauvaise qualité sonore.Il a offert une oraison emplie d'humilité : [.] Bless us with anger - at discrimination, at home and abroad, against refugees and immigrants, women, people of color, gay, lesbian, bisexual and transgenderpeople.[.] Entre l'Obamafest et l'inauguration, la Journée de bénévolat en l'honneur de Martin Luther King Jr.a permis aux fans de se reposer un peu et de faire le plein de souvenirs à l'effigie du nouveau leader, dont des t-shirts arborant le «Président of Sexiness ».Pour les plus radicaux, il était aussi possible de célébrer le départ de Bush en lançant une chaussure sur son effigie de 4 mètres portant une bannière «Mission Accomplished ».L'inauguration était entourée d'un imposant dispositif de sécurité estimé à plus de 40 000 agents, dont 12 500 membres de la garde nationale.Responsables de la circulation, ils restaient souvent impuissants devant les masses qui se foutent bien qu'on leur dise de ne pas passer : Yes we can! Comble de la paranoïa sécuritaire : pendant qu'Obama et Biden souriaient et se faisaient aller de salutation en salutation - élevant la barre pour notre Reine - le secrétaire à la Défense Robert Gates, sixième dans la ligne de succession présidentielle, se terrait dans un lieu secret pour assurer la présidence en cas d'une invasion terroriste ou d'une attaque nucléaire qui éliminerait les cinq qui le précèdent.Dans son discours d'inauguration de 1933, FDR affirmait « the only thing we have to fear is fear itself ».Fear and terrorists, that is.Après une présentation interminable de personnali- tés politiques - dont l'apparition ironique de Dick Cheney en chaise roulante - et le bégaiement d'Obama lors de son assermentation, les mers d'obamaniaques ont eu droit à un discours d'inauguration sans grands fracas, malgré quelques critiques dosées envers l'administration Bush et la noble promesse de restaurer l'État de droit et les libertés fondamentales.Obama a invoqué « the next great american chapter in history », rassurant ses concitoyens quant au retour inéluctable de la superpuissance américaine.Le plus grand garant de controverse, le pasteur évangélique ultra-conservateur Rick Warren n'a pour sa part qu'offert un niais Notre Père, empêchant ainsi les défenseurs des droits des gays et lesbiennes de se régaler de sa méchanceté.Finalement, l'événement a pu paraître comme une simple orgie patriotique célébrée dans une marée de drapeaux américains, sans référence au caractère davantage historique de l'avènement d'un African American à la présidence.La cérémonie avait tout de même certains moments forts, en particulier la bénédiction finale du Révérend Dr.Joseph Lowery - figure de proue du mouvement pour les droits civiques, et aujourd'hui partisan de la reconnaissance de ceux de la communauté LCBT.Ces clins d'oeil apparaissaient toutefois parfois trop subtils, comme si faits pour ne pas bousculer.Pour ne pas trop déranger.Pour rassurer les African Americans, sans faire peur aux maîtres blancs.Lowery, débutant son apologie par un couplet de l'Hymne National Africain Américain, Lift Every Voice and Sing, termina son allocution par une rime caractéristique des sermons des églises noires : .we ask you to help us work for that day when black will not be asked to get back; when brown can stick around; when yellow will be mellow; when the red man can get ahead, man; and when white will embrace what is right.Amen.hi 1 kNTIvp* »V ENTERING THIS **** j J?0 ARE CONSENTING ^.tg *6ARCH OF YOU* BfXONCIWSS I 2*1 ENCIPS 1 I S^?«ANOO LA BuaO^flSfi' -W iÇrédu : Mark Seizor Une poubelle à l'entrée du site de 1 guration de Barack Obama mm inau- Le Québec soutient-il l'apartheid ?STEFAN CHRISTOFF I 1 n septembre dernier, le Québec a §*»* signé un accord de partenariat JLmé économique avec l'Israël.Cet accord bilatéral, conclu par une délégation menée par le gouvernement du Québec en Israël, a reçu peu d'écho médiatique.L'accord du Québec avec Israël contraste avec le mouvement international croissant qui appelle au boycott économique d'Israël.En novembre, le président de l'Assemblée Générale des Nations Unies, Miguel d'Escoto Brockmann, a déclaré que «ce qui est en train d'être fait au peuple palestinien me semble être une version de la politique hideuse d'apartheid».Le président a approuvé la campagne internationale de boycott, de désinvestissement et de sanctions contre le gouvernement israélien, qui est similaire au mouvement contre le régime d'apartheid en Afrique du Sud dans les années 1970 et 1980.Au Québec, les mouvements étudiants et syndicaux soutiennent de plus en plus la campagne internationale de boycott en solidarité avec le peuple palestinien.L'année dernière, l'Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (ASSÉ), représentant plus de 40 000 étudiant-e-s, et la FNEEQ, le plus important syndicat de professeur-e-s de niveau universitaire au Québec représentant plus de 20 000 personnes, ont voté en faveur d'un soutien à la campagne internationale de boycott contre le gouvernement israélien.Ces résolutions récentes sont une avancée significative dans la campagne internationale de boycott - historiquement le Québec était un point central pour le mouvement contre l'apartheid en Afrique du Sud dans les années 1980 ; le mouvement popu- laire venant du Québec a mis la pression sur les haut dirigeants canadiens qui ont ensuite poussé pour obtenir des sanctions sur l'Afrique du Sud dans le Commonwealth.En contraste avec la participation croissante dans la campagne internationale de boycott, il y a des sociétés québécoises importantes dans les secteurs militaires et celui des communications qui soutiennent ce récent accord économique avec Israël et qui ont participé à la délégation en Israël cet automne.On y trouve l'entreprise de Montréal CAE, qui a des contrats pour développer des simulateurs de vol militaire pour les États-Unis en Iraq, et la société de communications Neuralitic.Le Ministre du Développement Économique, Raymond Bachand, a déclaré qu'«en signant cet accord complémentaire, Québec réitère son attachement avec Israël et son souhait d'une collaboration plus étroite dans le futur.» Bachand, qui conduisait la récente délégation en Israël, a signé l'accord bilatéral avec le ministre israélien de l'industrie Eliyahu Yishai, un politicien de droite et un ferme partisan de la construction de colonies sur le territoire palestinien, ce qui est en infraction avec le droit international et les résolutions des Nations Unies.«Vous ne pouvez pas geler la construction à Jérusalem et dans les lieux environnants », a déclaré Yishai, plus tôt en 2008, à une conférence de presse tenue dans une colonie israélienne dans l'Est de Jérusalem occupé.Selon de nombreux observateurs israéliens, palestiniens et internationaux, la construction des colonies rend pratiquement impossible une solution à deux états et reste un des plus grands obstacles à la paix.De plus, selon le Palestinien Center for Human Rights basé à Gaza, le siège israélien « est en train d'infliger une punition collective sévère sur la population civile entière, en violation totale avec le droit international humanitaire et des droits de l'Homme : les civils endurent des coupures de courant allant jusqu'à 10 heures par jour, ce qui a des conséquences sévère sur chaque aspect de la vie à Gaza».L'accord économique du Québec avec Israël ne fournit aucune contrainte qui engagerait Israël à respecter la loi internationale concernant la construction des colonies ou le respect des droits humains à l'égard des Palestinien-ne-s.À travers l'accord Québec-Israël récemment signé, le gouvernement libéral de Jean Charest fournit une couverture diplomatique et un soutien économique à Israël sans s'occuper de la réalité de son occupation militaire et de la colonisation des territoires palestiniens.À travers le Québec, la question concernant l'accord se pose aujourd'hui : pourquoi est-ce que le gouvernement a signé un accord majeur avec Israël sans consultation publique, à un moment où se renforce une opposition internationale contre l'occupation militaire israélienne en Palestine, et que de nombreuses figures importantes de l'Afrique du Sud, notamment Desmond Tutu, comparent cette occupation à l'apartheid?Aussi publié sur www.tadamon.ca/ ||||l|||||||||l|||l|||||||| III 02 post/2683 a 006538528211302 2 Le Couac | février 2009 1128 LE COMPTEUR DE L'INADMISSIBLE Au icr février 200g, cela fait 1128 jours que Abdelkader Belaouni se terre dans l'Église St-Gabriel pour ne pas être déporté.Pour l'aider : www.soutienpourkader.net LE COUAC La Banque mondiale et la pauvreté BRUNO MARQUIS Au fait, combien de gens vivent sous le seuil de pauvreté dans le monde ?Un ou un virgule deux milliard?Êtes-vous sûr?De 15 à 18 % de la population mondiale ?D'où tirez-vous ces chiffres ?D'où l'on tire ces chiffres, voilà toute la question! On les tire des statistiques de la Banque mondiale, cette impitoyable promotrice du capitalisme sans bornes, qui cherche à nous faire avaler, sans céder à l'évidence, que la globalisation du monde est la voie obligée vers la réduction de la pauvreté.[•••] Selon une méthode de calcul qui ne tient pas compte de plusieurs variantes et que d'aucuns trouvent tout à fait arbitraires, elle catégorise comme extrêmement pauvres les habitants de la planète ayant un revenu de moins d'un dollar par jour (notez que ce montant de 1 $ par jour a par la suite été revu à la hausse à 1,25 $ par jour).C'est ainsi que l'on obtient ce montant de plus d'un milliard de personnes très pauvres.[•••] Il est clair que la Banque mondiale, au service des puissances économiques et financières, minimise volontiers l'étendue de la pauvreté dans le monde.Il s'agit bien sûr de minimiser du même coup les dégâts du système économique en place pour en démontrer l'efficacité, même si toutes les données sur la pauvreté prouvent le contraire.Le raisonnement est simple : convaincre les populations des pays riches que les mesures prises permettent tranquillement d'éliminer la pauvreté, que ce soit chez eux ou ailleurs dans le monde.Une fois les consciences bien endormies, quoi de plus facile que d'exclure du discours la lutte à la pauvreté pour la faire porter sur tout autre 'est le 12 décembre dernier que s'est tenu le traditionnel party-bénéfice de votre canard pré-1 féré.Cette année, on vous accueillait au centre communautaire Centre-Sud.La neige et le froid n'ont pas empêché les plus courageuses et courageux d'entre vous de venir nous soutenir.Le spectacle s'est ouvert en verve ce soir-là avec une présentation du Couac par Simon Tremblay-Pépin et Éric Martin.Ils ont été suivis de près par Maryse Leblanc, qui nous a fait découvrir des sla-meurs et des slameuses aux styles très différents, comme Jocelyn Thouin, Jean-Sébastien Larouche, Marie-Paule Grimaldi et Rose Eliceiry avant de nous offrir un slam de sa composition.Isabelle Baez, collaboratrice au Couac, a quant à elle livré un slam-hommage à tous ceux et celles dont on a déjà parlé dans le canard et qui ont été ou sont encore détenu-e-s sans avoir pu bénéficier d'un procès équitable.Une liste trop longue pour être détaillée ici.C'est en musique que la soirée a atteint sa vitesse chose qui servira bien les intérêts de l'élite économique, dans le domaine militaire et dans les différentes formes d'aide et d'assistance aux grandes entreprises par exemple.Le sous-commandant Marcos évaluait, il y a une dizaine d'années, qu'environ 10 % de la population mondiale vivait confortablement, tandis que l'autre go % souffrait de pauvreté.C'est assurément là une évaluation beaucoup plus juste de la réalité que celles de la Banque mondiale.Si l'on parvient un jour à renverser la tendance, à réduire et à éliminer la pauvreté et la misère sous toutes leurs formes, ce sera parce qu'un autre monde aura pris le pas sur celui que défendent bec et ongles, pour le compte des puissances, les institutions comme la Banque mondiale ; un autre monde axé sur la solidarité et l'entraide, la justice, l'égalité et la fraternité.« Valse avec Bachir » SYLVIO LE BLANC En désignant le long métrage d'animation documentaire «Valse avec Bachir» meilleur film de l'année 2008, la Société nationale des critiques de films aux États-Unis n'a sûrement pas voulu intervenir dans le conflit qui embrase actuellement la Bande de Caza.N'empêche que cet honneur tombe pile.Le film gagnera ainsi en popularité et les gens feront des rapprochements avec l'actualité.Le film porte sur l'invasion du Liban par Israël en ig82, et en particulier sur l'odieux massacre survenu dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila.Quelque 27 ans plus tard, l'histoire se répètera-t-elle ?Comme Israël empêche les journalistes de rendre compte de l'incursion de Tsahal dans Gaza, les images marquantes du film de l'ex-soldat israélien Ari Folman suppléeront d'une certain façon celles que nous ne verrons jamais.Le Couac 6940, rue Jogues, Montréal (Québec) H4E 2W8 514.596.1017 Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau co-rédacteurs en chef Cuillaume Beaulac, Bruno Dubuc, Simon Tremblay-Pepin.collaborateurs Claude C.Charron, Stefan Christoff, Marc-André Cyr, Dror, Martin Dufresne, Francis Dupuis-Déri, René Girard, Pascal Crenier, Emilie Joly, Bruno Marquis, Nidal, Martin Petit, Michel Rioux, Valentin Tardi, Simon Tremblay-Pepin, Pierre Vadeboncœur, Ramon Vitesse.illustrations et photos Bobidoche, Boris, Serge Ferrand, Luc Ciard, Hal, Latuff, Mark Selzer, Valentin Tardi, Ramon Vitesse.correction Laurence Olivier mise en page Coopérative Molotov - molotovcoop.org imprimé par Hebdo-Litho distribué par Gladu distribution Abonnement et publicité : 514.596.1017 ISSN 1480-2074 • N° de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec 33,9 de croisière avec le lancement de deux clips.Harley Pédalson, version petite reine du tube de Cainsbourg, a été l'occasion d'admirer certain-e-s sympathisant-e-s, qu'on ne nommera pas ici, dans leur quasi plus simple appareil et d'apprécier des paroles aussi senties que « Pas besoin de testosterone en Harley Pédalson » ou « Je rêve d'aller à Terrebonne en Harley Pédalson ».Pour un nouveau regard sur les cyclistes, allez jeter un œil au fr.youtube.com/watch ?v=YFigQfz2Ch4.Le film suivant n'était autre que le premier vidéo-clip des Antideps sur la pire calamité qui puisse s'abattre sur un banlieusard : un pissenlit sur sa pelouse, fr.youtube.com/watch?v=sPc4dIIB8Co .Chanceux comme on l'est, les Antideps sont miraculeusement sortis de l'écran pour nous servir quelques tounes en direct.L'autre belle surprise musicale, se sont Les Têtes Réduites qui nous l'ont offerte.Ils nous ont tenu-e-s en haleine et nous ont réchauffé-e-s jusqu'à la dernière bière.N'oublions surtout pas François Gourd, maître es encans, qui a permis à d'anciens numéros du Couac de trouver preneuse et preneur.Si on n'a pas fait fortune, malgré le prix impressionnant qu'ont atteint certaines collections, on s'est bien bidonné-es.Un grand merci à toutes celles et tous ceux qui ont participé dans l'ombre, derrière le bar ou dans la lumière à cette soirée.On a ramassé de quoi tenir encore, écrire encore, imprimer encore pour une -'autre'ar^li,.S 11* if mmZ '," fi Merci aussi aux lecteurs et aux lectrices qui cmt prouvé leur amour pour la liberté de la presse en nous donnant un petit coup de pouce, que ce soit en s'abon-nant, en offrant un abonnement pour Noël ou en envoyant un don au journal.Merci encore de votre soutien! NORMAL Constatant les déboires de la Caisse de dépôt, Jean Charest a tenu à calmer le jeu en affirmant qu'il était logique que le bas de laine des Québécois soit géré par un pied.musironie Optimiser son temps L'International Earth Rotation and Reference Systems Service a décidé d'ajouter une seconde à la journée du 31 décembre 2008.Le Couac espère que vous en avez profité pour faire quelque chose de constructif.Déception Après enquête de la SO, aucune accusation criminelle ne sera déposée dans l'affaire de Fredy Villanueva.La Fraternité des policiers de Montréal se dit déçue puisqu'elle espérait une poursuite posthume contre le dangereux criminel, musironie POUR S'ABONNER Un an : 30,42 $ + taxes = 35,00 $ Deux ans : 52,15 $ + taxes = 60,00 $ Abonnement institutionnel et de soutien : 52,15 $ + taxes = 60,00 $ Abonnement de groupe d'un an (10 copies par parution) : 225,98 $ + taxes = 260,00 $ Abonnement d'un an à l'étranger : 43,46 $ + taxes = 50,00 $ nom adresse code postal téléphone courriel par téléphone 514.596.1017 par la poste Le Couac, 6940, rue Jogues Montréal (Québec) H4E 2W8 Adressez votre chèque à : Le Couac Vous voulez collaborer au Couac ?Vous pouvez nous faire parvenir vos textes (maximum 700 mots), dessins, photomontages par courriel au info@lecouac.org.www.lecouac.org Le Couac | février 2009 Un éclair, pas de génie MICHEL RIOUX Steal a rail, you are a thief and they put you into jail.Steal a railroad, you are a businessman and they put you into Parliament.Winston Churchill es plaignants ont commis un délit très sérieux, sapant le lien de confiance nécessaire au maintien de leur emploi.Le congédiement a été une sanction raisonnable et justifiée.» L'affaire semble au départ d'une extrême gravité.Pour congédier deux hommes qui travaillent depuis dix ans dans une entreprise, mmm^mmsmmmmm,M il faut que la faute ait été lourde, très lourde.Un congédiement, c'est quelque chose comme une peine capitale.Des jobs non spécialisées plutôt bien payées, ça ne court pas les rues, en particulier ces temps-ci.Et sur le plan pécuniaire, si on fait l'hypothèse que ces deux employés auraient été au travail encore une trentaine d'années, à un salaire d'environ 40 000 $, c'est une perte de près d'un million et demi de dollars en salaire qu'ils subissent.Il fallait donc que l'affaire soit très, très grave pour qu'on mette à la rue ces deux travailleurs quelques jours avant Noël.Un viol peut-être ?Du harcèlement ?Ou encore une agression caractérisée sur un supérieur?Était-il question d'un détournement de fonds, d'une fraude de plusieurs milliers de dollars ?On le sait, certains employeurs ont le congédiement facile.Rapides sur la gâchette.Mais pour qu'un arbitre de grief donne raison à un employeur en ces matières, il fallait que l'affaire soit grave, très grave.Elle l'était, en effet.À la pause-café, les deux gars s'étaient assis et avaient mangé un éclair au chocolat tiré d'une boîte qui s'était brisée pendant le transport.Certainement pas beaucoup plus qu'un éclair ; ça ne se mange pas à la douzaine, ces sucreries.Plutôt bourratif.Le geste est bien sûr interdit.Un employeur n'est en effet pas tenu de nourrir ses employés, sauf si la chose est prévue au contrat de travail.Pris en flagrant délit, ils sont congédiés sur-le-champ.La cause est confiée aux bons soins d'un arbitre, maître André Sylvestre, avantageusement connu dans sa confrérie.C'est aussi un des arbitres à exiger les plus hauts tarifs en termes d'honoraires et autres dépenses : 250 $ l'heure pour l'audition, le délibéré et la rédaction, une allocation de déplacement de 125 $ l'heure, des frais de 0,60 $ le kilomètre parcouru.D'ajouter le savant et bien rémunéré arbitre dans sa décision : «Dans les circonstances, les regrets ne permettaient pas d'accorder une seconde chance aux plaignants.Le vol ou la consommation interdite dans le domaine de l'alimentation, une industrie grandement pénalisée par ces délits, est tout à fait inadmissible.» Paraîtrait qu'on ne compte plus le nombre de magasins d'alimentation acculés à la faillite pour cause de goinfrerie de leurs employés.C'est ce même arbitre que le rédacteur en chef du Devoir avait fustigé l'année dernière pour avoir refusé d'entériner le congédiement d'un employé à qui avaient été imposés, en moins de deux ans, 53 jours de suspension.Un dossier plutôt accablant.L'employé Un congédiement, c'est quelque chose comme une peine capitale.Des jobs non spécialisées plutôt bien payées, ça ne court pas les rues [.] en question « s'était comporte comme un gougeat [avec les émoluments qu'il commande, maître Sylvestre pourrait peut-être se payer un dictionnaire] avec une directrice », avait jeté sur la table d'un contremaître «un câble se terminant par un nœud coulant pouvant préfigurer une pendaison », et autres aménités du genre.La conclusion de Jean-Robert Sansfaçon devant ce congédiement transformé en suspension : «Tout cela vient d'être anéanti par la décision d'un arbitre payé 225 $ par heure [son tarif a augmenté depuis!], en dépit d'un manque de jugement à faire pleurer.» Dans son roman Les Misérables, Victor Hugo, pour camper le personnage de Jean Valjean, s'était inspiré d'un fait vécu en 1801.Un certain Pierre Maurin avait été condamné à cinq ans de bagne pour un pain volé.Sa soeur avait sept enfants affamés.On ne signale pas, cependant, qu'une épidémie de faillites aurait cette année-là frappé les boulangeries de France et de Navarre.Or, pendant ce temps, les quelque 600 principaux traders, banquiers et financiers de Wall Street se sont partagé l'année dernière, en honoraires et en primes, la somme de 1,6 milliard $.Une moyenne d'environ 2 500 000 $ par tête de brigand à col blanc.Vous dites ne pas voir le lien?Ah bon! Au fait, c'est quoi, la valeur d'un éclair au chocolat?Cinquante cents, maximum.Gérard Picard, une figure de proue PIERRE VADEBONCOEUR La CSN, d'abord appelée CTCC (Confédération des syndicats catholiques du Canada) fut fondée en 1921.Gérard Picard, devenu président de la centrale en 1946, lui donna une telle impulsion qu'on a dit qu'il l'avait fondée une deuxième fois.Il en quitta la présidence il y a cinquante ans cette année.En fait, Picard lui insuffla un esprit radicalement nouveau, libre, dynamique, moderne.Avec le concours de Jean Marchand, secrétaire général depuis 1948, il fit d'une centrale appesantie par ses liens étroits avec la hiérarchie religieuse un mouvement laïque, contestataire de l'ordre établi, hostile à l'arbitraire capitaliste dans les entreprises, bref, une organisation syndicale progressiste et très combative.Cette transformation fut fort rapide : quelques années à peine.Quand j'ai commencé à travailler pour la CTCC vers 1950 ou 1951, elle était déjà, sinon accomplie partout dans le mouvement, du moins achevée pour l'essentiel, en particulier à Montréal, où j'avais mon bureau, de sorte que je n'y ai pas connu autre chose que cet esprit nouveau.Ce virage était tout à fait récent.D'ailleurs, il faut le dire, la grève de l'amiante (1949) avait influencé profondément le syndicalisme de la centrale.Comment était Picard?Physiquement un petit homme, plutôt maigre, droit comme un piquet, relativement peu impressionnant au premier abord, mais dont on apprenait vite la clairvoyance, l'esprit décidé, le jugement rapide et sûr, l'autorité, par conséquent.Il savait débroussailler prestement les situations les plus compliquées.C'était un maître.Un authentique dirigeant.Le mouvement tout entier tenait dans sa pensée.Il n'avait pas l'éloquence passionnée et superbe de Marchand, extraordinaire tribun à l'époque, mais il avait le don de pouvoir expliquer, parfois même à des foules, la logique et les détails essentiels d'une affaire et les solutions qu'il envisageait pour y faire face.Par son égalité d'humeur, par sa sérénité, il était d'un abord facile.Il ne haussait jamais le ton, soit en négociation, soit dans ses rapports avec les permanents et les gens en général.Il raisonnait avec eux sur les questions qu'on lui soumettait.Je me souviens que son regard, dans ces moments, s'éclairait d'une sorte de sourire, comme s'il était amusé, je crois, de sa propre lucidité, qui était constante.Il ne donnait jamais d'ordres, mais plutôt seulement des conseils ou des indi- cations.Il appuyait les permanents dans leur travail et leur faisait confiance.Il leur laissait la bride sur le cou.Cette liberté qu'il leur laissait avait pour effet que chacun s'efforçait de donner le meilleur de lui-même.Il était très progressiste.Mais, habile, il se gardait de trop le montrer, dans un milieu social et syndical qui, vers 1950, malgré la grève de l'amiante, n'était pas encore entièrement dégagé des influences traditionnelles, notamment celle du clergé.Il avait le coeur à la bonne place, mais il ne se laissait pas aller à des effusions.Il était d'un comportement sobre et mesuré.Il dirigeait la CTCC d'une main sûre, d'une manière toute portée vers l'avenir mais avec l'adresse qu'il fallait dans le milieu politique et social encore réactionnaire du Québec d'alors.Il fut un grand politique.Il a créé une CTCC moderne, qui allait prendre le nom de Confédération des syndicats nationaux en i960, deux ans après qu'il en eut quitté la présidence.L'influence de Picard sur le syndicalisme québécois a été des plus profondes.Elle dure encore, des années après la dis- MHHS^H^^H^^HfflHHHHBHMHBHMHNHMBHNMI parition du personnage.Cela dit tout.Picard est aujourd'hui trop peu connu.C'est curieux car, pour la CSN, son importance historique demeure majeure, et le rôle qu'il a joué dans l'évolution du Québec a été aussi très important.Il fut à mon avis l'une des quelques personnalités, peut-être une dizaine, qui, par leur action dans les années 40 et 50, ont le mieux préparé la Révolution tranquille et l'ont rendue possible.L'espèce d'oubli non justifié dont sa mémoire est victime n'est peut-être pas sans rapport avec l'absence de prétention qui le caractérisait.Il importe de faire ressurgir dans la mémoire collective ce personnage négligé par l'histoire.La CSN a cette responsabilité, qui comprend celle d'amener des historiens à se pencher sur l'importance de la CTCC avant i960 comme un des facteurs de premier ordre qui ont influé sur le cours subséquent des événements dans tous les domaines au Québec.Il dirigeait la CTCC d'une main sûre, d'une manière toute portée vers l'avenir mais avec l'adresse qu'il fallait dans le milieu politique et social encore réactionnaire du Québec d'alors.Il fut un grand politique.Pensée de notre Averell municipal Le froid ralentit les opérations de déneigement à Montréal.C'est ce qui explique que le déneigement se fait beaucoup plus facilement en été, comme l'a précisé Marcel Tremblay.musironie RENÉ GIRARD Tfne vérité qui n'est dite qu'à demi I ne sert nullement la cause que Jr l'on défend.Crand défenseur d'une cause dont on ne peut que le féliciter, Réjean Thomas, à chaque fois qu'il apparaît en public, occulte une partie importante de la vérité et nuit en fin de compte davantage à la cause qu'il défend.Ce fût le cas encore récemment lors de son apparition à l'émission Tout ie monde en parle à la veille du premier de l'an.Le docteur Réjean Thomas a manqué une autre occasion en or de désigner un des grands responsables de la propagation du sida dans le monde : l'Église catholique et son chef Benoît XVI.N'est-ce pas nuire à une cause que l'on défend à corps et à cris que d'occulter une partie de la vérité ?Que lui aurait-il coûté de dénoncer cet état de fait?Le port du condom sauve des vies.Si c'est bon pour nous homas et le SIDA autres pourquoi ce ne le serait pas pour les autres ?Pourquoi le docteur ne pro-fite-t-il pas des tribunes qui lui sont offertes grâce à sa notoriété pour pourfendre l'Église catholique qui interdit l'usage du condom dans les pays africains ou d'Amérique latine où elle occupe une place dominante?C'est donc qu'il n'est pas libre de parler et que le faire serait menaçant pour sa sécurité ?Alors le sida ferait également une victime de plus, mais à un autre niveau.Et combien d'autres qui n'osent le dire.Faut quand même donner crédit à Raymond Gravel qui lui n'a pas eu peur de dire la vérité, bien qu'en tentant maladroitement de défendre l'Église, dans un texte paru dans Le Devoir du 8 juillet 2008, alors qu'il était encore député de Repentigny pour le Bloc Québécois.Il disait ceci : «Il serait dangereux de condamner Henry Morgentaler pour génocide ou pour crime contre l'humanité parce qu'il serait responsable de la mort de milliers de foetus humains, comme il serait injuste de condamner l'Église qui, en refusant l'usage du condom aux pays d'afrique, aurait provoquéla mort de centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants ayant contracté le virus du sida » (emphase par moi).Or, si un prêtre catholique ose le dire, à plus forte raison un professionnel de la santé a-t-il le devoir de dénoncer une institution qui nuit aux efforts pour éradiquer ce fléau mondial.Existe-t-il une raison suffisante pour accepter dans certains pays une conduite aussi assassine ?Accepterons-nous encore longtemps ces terrorismes de la conscience exercés par une religion, quelle qu'elle soit?Alors je reviens à vous, monsieur Thomas.Votre silence approuve donc les orientations malsaines de l'Église catholique concernant le sida.Ou alors qui vous musèle ?Protestation musclée Plusieurs personnes handicapées dénoncent les hausses de tarifs dans le transport adapté depuis le 1e1 janvier, affirmant que ça coûte maintenant un bras pis une jambe.MUSIRONIE 4 Le Couac | février 2009 Action bureaucratique Le plan d'action 2009-2011 de l'organisme municipal Montréal-Nord en santé déposé en décembre dernier stipule à la page 7 : «Parallèlement à ces travaux, le partenariat verra à déterminer, avec les organismes locaux et les bailleurs de fonds appropriés, les mécanismes à concevoir et les ressources à mobiliser pour approfondir les différents axes d'intervention mentionnés précédemment et pour en assurer un suivi dans le cadre d'une stratégie jeunesse et famille permanente».Les jeunes voulaient de l'action, ils vont en avoir! Montréal, un monde merveilleux pour Disney MARTIN PETIT Chaque temps des fêtes devient une occasion de consommer toute sorte de trucs plus débiles les uns que les autres.Trop occupés à bosser comme des dingues à l'année longue, les parents aiment bien offrir à leur progéniture des sorties en famille.En décembre dernier, le High School Musical, The Ice Tour de Disney, version patinage «artistique», débarquait en ville pour 14 représentations dont quatre en anglais.Voilà ce que proposait le Croupe Gillett au Centre Bell pour resserrer les liens familiaux un peu trop laissés sur la glace durant l'année.Les billets en vente valant entre 25 et 100 $, il fallait déjà prévoir suffisamment de sous, simplement pour y assister.Dès l'arrivée, la petite famille débarque dans un couloir bondé de kiosques offrant des bébelles cheaps scintillantes de magasins à une piastre au prix légèrement rajusté pour l'occasion : 20 $.Dans ce capharnaùm bruyant, les Dès l'arrivée, la petite famille débarque dans un couloir bondé de kiosques offrant des bébelles cheaps scintillantes de magasins à une piastre au prix légèrement rajusté pour l'occasion : 20 $.parents francophones découvrent qu'ils ne pourront se faire servir dans leur langue puisque les locateurs du Centre Bell n'ont pas exigé le bilinguisme chez les adolescent-e-s engagé-e-s pour l'occasion.Côté rafraîchissements et collations, les enfants ont le choix : des boules de glace avec du colorant ajouté devant le client à 12 $ et 16 $, des petits maïs soufflés également à 12 $ et de la barbe à papa toujours à 12 $, le tout servi dans des contenants à l'effigie de High School Musical.Un parent plus vite que les autres décide de se rendre aux restaurants du Centre Bell affichant des prix plus « raisonnables », obtenant une seule réponse, exposant d'un trait toute la logique réelle de l'économie de marché : «Désolé madame, on ne peut pas vendre ce que Disney vend déjà.Ils ont l'exclusivité aujourd'hui .» Qu'à cela ne tienne, les enfants ne sont pas là que pour être vendus à une multinationale du divertissement mercantile, le spectacle les attend.Celui-ci débute avec une présentation vidéo du réalisateur des deux films en anglais suivie de 30 minutes de pompom girls en patin qui chorégraphient n'importe quoi.Ce début plutôt moche ne lève pas au point où les enfants ne suivent pas l'invitation à suivre la chorégraphie.L'histoire doit être commentée pour que le public puisse suive : c'est celle d'une gang d'étudiant-e-s d'un High School qui montent une comédie musicale.Tout au long du spectacle, sur un fond de trames sonores toutes préenregistrées, les « comédien-ne-s » font semblant de parler, de chanter et de dialoguer en plus de faire semblant de patiner.Un enfant perspicace observe que les personnages ne ressemblent même pas aux personnages originaux du film, comme si Winnie The Pooh portait le costume d'un ours mal léché.Le décor apparaît tout aussi cheap que le reste, de base, des structures de métal, un faux piano, des tables rondes de cafétéria avec un second étage en métal où la moitié des patineurs qui s'y trouvent ne peuvent patiner faute d'espace et, finalement, une automobile rose fabriquée avec un kart de golf peint en rose constituant l'élément visuel le plus impressionnant de tout le spectacle.Durant le « spectacle », les vendeurs se promènent dans les allées avec leurs trucs qui flashent et qui attirent les enfants.Dans une rangée, la crise de l'un stimule les achats des autres.Aux bas mots, 80 % des enfants auront bu, mangé ou seront repartis avec une bébelle achetée sur place.Voyant tous ces parents acheter des bidules à leurs enfants, ceux qui n'achètent rien n'ont pas d'autre choix que de se sentir cheaps envers les leurs.À l'entracte, des spectateurs décou- vrent que des gens ayant payé 25 $ vont s'asseoir dans les sièges non vendus à 100 $ du fait que Disney, voulant assurément rentabiliser le tout au maximum, n'avait prévu aucune surveillance.N'ayant pas encore vu l'autre moitié du spectacle, bien des enfants veulent déjà retourner à la maison.Au final, ils ont trouvé ça long et/ou ont été déçus de leur sortie.Dans un article-pub publié le 24 décembre dans le Journal de Montréal, on apprend que Montréal s'avère payant pour Disney.Une responsable des relations de presse pour le Croupe Gillett y déclare que « Nous sommes devenus un marché qui sert d'exemple pour leurs productions [.] c'est pour ça qu'ils reviennent si souvent ici, parce qu'ils vendent beaucoup de billets».D'autres spectacles vont d'ailleurs débarquer à Montréal dans les prochaines années.La meilleure façon d'habituer les gens à une société du spectacle médiocre et endormante ultra-lucrative, c'est de leur en assurer une bonne portion fréquemment.Fallait y penser Comme aucune crise politique majeure n'est survenue depuis la fermeture abrupte du Parlement l'an dernier, plusieurs Canadiens et Canadiennes optent pour proroger le Parlement encore une année OU deUX.MUSIRONIE Union contre nature Stephen Harpon estime que l'union entre le Parti Libéral et le NPD serait un pas de plus vers la légalisation de la polygamie.musironie ^ovlVEW) 5CAWAIE X UUûfo CtST CA VOTRE KlOWVEUï.VOUS , JEUNE HOMME, QUE C£TTE OEUVRE *.TMS U'tN BoBibCCHE OS Fallait-il sauver le soldat Dion ?¦NMRMMMMMMM CLAUDE G.CHARRON amais je n'aurais cru que je me sentirais un jour un devoir de produire un texte défendant le père du Clarity Bill.Mais la crise parlementaire de décembre aidant.Jeffrey Simpson, chroniqueur au Globe and Mail, s'est toujours fait grand dénonciateur du «chantage» des politiciens québécois afin que la plus grosse part de la tarte canadienne revienne au Québec.Il fallait donc s'attendre à des éclats de sa part quand il apprit l'entente Dion-Layton-Duceppe.Le 5 [.] des pays n'ont souvent jamais connu autres choses que des gouvernements minoritaires, et personne ne parle ni de putsch ni de coup d'État quand le gouvernement tombe suite à un vote de confiance.décembre, il titre And the winner is.the Bîoc, sous-titre : The loser is Canada, et explique : «Un Canada perdant avec gouvernement minoritaire du fait qu'avec un Bloc devenu le parti préféré des Québécois, cela devient la règle.Harper a déjà passé tout près de succomber, et voilà que chutent libéraux et néodémocrates.Le Bloc en sortira gagnant-gagnant.Il criera victoire si la Coalition accepte ses demandes.Et menacera de la défaire si elle n'y répond pas.» Il ne fallait pas croire que ce qui cause tant d'effroi à Simpson allait être mieux perçu chez nous.Sur les ondes de «La radio qui parle», Denise Bombardier en vient vite à canonner «que le Canada fait face à un coup d'État».«Un putsch, rien de moins» canonne à son tour notre Lysiane nationale.Coup d'État et de la part de Dion et Layton ?Complicité de Duceppe ?Si Lysiane Cagnon est toujours fin prête à suivre les commandes des Desmarais, qu'arrive-t-il à notre Denise Bombardier d'ordinaire si prompte à réprouver les excès de langage ?Ailleurs, des pays n'ont souvent jamais connu autre chose que des gouvernements minoritaires, et personne ne parle ni de putsch ni de coup d'État quand le gouvernement tombe suite à un vote de confiance.Et est remplacé par une coalition.Ici, dans le seul espoir de se parfaire une majorité, un premier ministre déclenche des élections précipitées.Il faillit à la tâche et, en tout début de la première session, se permet de brader l'opposition en leur présentant un programme indigeste.Tout au côté de l'article pisse-vinaigre de Simpson, Rick Salutin explique ce qui a poussé Harper à la provocation en utilisant l'image d'un scorpion demandant à une grenouille de l'aider à traverser la rivière.Celle-ci accepte, mais se noie à la presque toute fin du trajet ayant été mordue par son compagnon de voyage.Et la bibitte de se justifier en disant que c'est dans sa nature de mordre.«La vraie nature de Harper est d'être archi-conservateur», conclut Salutin.Oublions l'élimination des subventions accordées aux partis politiques.Il reste que, avec la crise économique qui se pointe, l'énoncé de politi- que qui fut présenté aux trois partis d'opposition était amplement suffisant pour que ceux-ci aient l'obligation morale de renverser ce gouvernement.Et de le remplacer par une coalition.Mais était-ce constitutionnel d'agir ainsi?Sur ce sujet, à la télé de Radio-Canada le 3 décembre, deux constitu-tionnalistes ont croisé le fer.Eugénie Brouillet de l'Université Laval soutenait que Michaëlle Jean n'aurait d'autre choix que de répondre à toute demande du premier ministre pour proroger la session ou pour dissoudre la Chambre suite à un vote de non-confiance, tandis que David Robitaille, de l'Université d'Ottawa, était en total désaccord avec elle.Ce dernier ayant étayé son argumentation dans le Devoir du 8, c'était autour d'Eugénie Brouillet de lui répondre le 11, épaulée cette fois par Henri Brun et Guy Tremblay.Texte avec conclusion surprenante : « Chez-nous, cette situation (de coalition) n'est susceptible de se présenter que dans le prolongement d'une élection générale n'ayant donné la majorité absolue à aucun parti : si le gouvernement est battu dès que siège le nouveau parlement, un parti d'opposition susceptible d'obtenir l'appui de la chambre pourra être appelé à former le gouvernement.» Eh, doctes gens de Laval, c'est justement lors d'un début de session postélectorale que Harper a osé faire du forcing avec les trois partis d'opposition ! On a beau parler ici de convention constitutionnelle, il demeure indécent que Michaëlle Jean ait accepté la demande de Harper de proroger une session venant tout juste de débuter, la seule raison de sa requête étant d'éviter que le Parlement le désavoue.Sa seule justification : l'argument Simpson à savoir qu'il est tout àfait anti-canadien qu'un parti fédéraliste «couche avec un parti dont l'objectif est de briser le Canada».Dans les jours qui ont suivi l'annonce de l'entente, la machine de propagande conservatrice marchait déjà à plein régime.Stéphane Dion nous était montré comme frayant avec le Diable.Et on demandait aux citoyens d'aller manifester contre une éventuelle mainmise du pays par les séparatistes.Tous les journaux du ROC ont avalé la couleuvre.Un soir aux nouvelles, on a pu voir le spectacle pathétique du père du Clarity Bill qui, de son siège de chef de l'Opposition officielle, jurait à tous les dieux que, toute sa vie, il l'avait consacrée à défendre le Canada.Il faut admirer Dion.Quelle constance à défendre «le plus meilleur pays du monde»! Le soir de sa défaite électorale, la caméra d'Infoman l'a suivi, arpentant seul avec sa femme un long corridor l'amenant et le ramenant de l'endroit où l'attendaient la télévision et quelques supporteurs.À ceux-ci, il a prononcé les mots d'usage : «À la prochaine».Il n'y en aura pas de prochaine.Déjà en ce soir du 14 novembre, on ne pouvait plus sauver le soldat Dion.N'ayant pas pu gagner sa province à la Cause de sa vie, Boy Street l'a lâché.Et, effet domino, son parti l'a lâché.Et il ne serait pas surprenant d'apprendre un jour que certaines personnes bien placées dans l'establishment du parti ont saisi l'occasion d'une présentation vidéo afin de déshonorer leur chef.afin qu'il comprenne.Et Denise et Lysiane qui continuent à croire à un coup d'État! À un putsch! Désolent! Indécent! Le terrorisme tranquille de Chatel Le Couac | février 2009 MARTIN DUFRESNE e terrorisme peut être défini comme l'utilisation de gestes aléatoires de violence pour inti-Imider une population et imposer à l'État ses objectifs politiques.C'est bien ce qu'a semblé faire en janvier le magazine Châtelaine dans un article racoleur sur les meurtres de conjointe et d'enfants1.En plus de son caphar-naùm habituel de Tout-Pour-100 $, le magazine phare de Rogers Communication prend la barque du mascullnlsme pour nous convaincre que si des hommes tuent femmes et enfants, c'est parce que ses lectrices ne les aiment pas assez! Après tout, puisque les tueurs le disent eux-mêmes (dans un film d'un cinéaste français qui donne la parole à un assassin et à ses apologistes) .Désinformation mur à mur Pour accréditer cette grossière inversion, Châtelaine passe essentiellement le puck au lobby masculiniste.Par exemple, Yvon Dallaire, l'imbuvable «sexologue» de service, étale ses concepts-bidons pour faire des femmes les coresponsables de leur meurtre.Détail étonnant : un dirigeant de la firme de sondage CROP nous informe que le problème n'est pas cette violence mais sa perception, et décrit comme «facteur négatif» le geste de soutenir les femmes violentées plutôt qu'appeler simplement la police.Les «experts» invités - tous de la même tendance -vont jusqu'à dénoncer le financement des ressources anti-violence, sous prétexte que cela ferait ombrage au soutien d'hommes «en détresse».Dans un magazine pour femmes, faut le faire! Cet argument nous vient de Lise Bilodeau, animatrice d'un lobby de lutte contre les pensions alimentaires (au nom des « secondes conjointes » qui y perdraient au change.).Il n'y a pas de petits profits ! L'argument du meurtre Rappelons qu'en août dernier, Lise Ravary, la directrice de Châtelaine, a réclamé du gouvernement Charest l'abolition du Conseil du statut de la femme.On l'a retournée à ses recettes.Elle ajoute maintenant à ses arguments la violence meurtrière de certains hommes, attribuée au « malaise » que créeraient les droits des femmes.Un assassin conjugal ne dirait pas mieux.Et de fait, dans cette logique tordue qui tente de renvoyer les femmes à l'obligation d'assurer le bonheur de leur homme, chaque nouveau meurtre devient un argument de plus pour les déposséder.Le terrorisme ne fonctionne pas autrement.1 fr.chatelaine.com/reportages/societe/article.jsp ?content=2 008ll27_144726_19492 Libérez les Afghanes ! De qui ?Une dépêche de l'Agence France-Presse révélait à la fin de décembre 2008 que la CIA a distribué du Viagra à des chefs militaires afghans.Cela permettrait à des chefs qui ont jusqu'à quatre épouses de « réaffirmer leur autorité», selon un agent de la CIA.Un chef ayant reçu quatre pilules (une pour chaque femme?) serait revenu voir les agents très heureux, «épanoui», et «après cela nous pouvions faire ce que nous voulions dans sa zone.» La démocratie et les femmes sont-elles dès lors tout aussi épanouies?Logique capitaliste Winston Blackmore, l'un des deux dirigeants d'une secte polygame de Colombie-Britannique, accusé d'être marié à 20 femmes, vient d'être engagé par la compagnie Pfizer comme nouveau porte-parole de Viagra.musironie Sagesse des proverbes En Irak, les cordonniers sont de plus en plus mal chaussés, surtout depuis qu'ils lancent leurs souliers à la figure des troupes d'occupation américaines.musironie BUTIN NAUSEABOND iUOi On apprend en dernière heure que des pirates séquestrent présentement Paul Martin à bord d'un de ses bateaux de la Canadian Steamshit Line ; ils demandent une rançon de 10 millions de dollars, sans quoi, ils le relâcheront.*• musironie Solidarité contre la guerre ?Bruit de bottes, de souliers et de pantoufles Bonne St-Valentin Hey! les filles : pour être heureuses en couple, acceptez l'injustice ! FRANCIS DUPUIS-DÉRI : von Dallaire, sexologue et psychologue se pré-Y sentant comme spécialiste des relations de A couples (hétérosexuels), tient depuis quelques mois chronique dans Le Journal de Montréal.Il y reprend les idées ressassées dans ses livres, et surtout celle-ci : les hommes et les femmes sont différents.C'est en comprenant cette différence qu'on éviterait les déceptions et les conflits et que l'on pourrait vivre un amour harmonieux.Pour faire image, Dallaire a dans son cabinet de consultation un échiquier ou un damier, c'est selon, sur lequel il a disposé d'un côté des pièces d'un jeu d'échec, de l'autre des dames d'un jeu de dames.Voyez-vous, dira-t-il en fin psychologue, c'est comme si les hommes et les femmes jouaient à deux jeux différents, avec des règles différentes.Ah! Bon?Il lancera en guise de consultation expresse à une dame, dans un salon du livre : c'est comme si vous et votre conjoint, madame, parliez deux langues différentes.Ah! Bon?Dans ses livres, il aime bien citer les livres de John Crey, dont Les hommes viennent de Mars et les femmes viennent de Vénus.Et après ?Eh bien, cela permet à Dallaire de glisser en douce, dans sa chronique intitulée «Les secrets des couples heureux» (21-12-08), que le bonheur en amour dépend de «l'acceptation des inégalités».Lesquelles?Évidemment, «une répartition inégale et variable des salaires, des tâches ménagères, des soins aux enfants.» Ça vous dit quelque chose, ces trois champs d'inégalité?Comme par hasard, ce sont des inégalités identifiées par les féministes depuis des générations comme problématiques pour l'autonomie des femmes.Au Québec aujourd'hui, ces «inégalités» désavantagent en général les femmes, alors que les hommes en tirent le plus souvent des avantages.Le psychologue conclut : «Les couples heureux acceptent et reconnaissent qu'il puisse y avoir des modes de fonctionnement différents selon le sexe.Ils ont renoncé à la fameuse égalité-similarité entre les hommes et les femmes, et laissent chacun être et agir selon sa nature et ses convictions.» Traduction en langue des Martiens adeptes du jeu d'échec : «Moi, chérie, ma nature, c'est de gagner plus de cash que toi, pendant que tu me fais le ménage et t'occupes des kids gratis.C'est pas de ma faute, je viens de Mars, et on n'a pas inventé le chiffon ou la couche, là-bas.C'est ben plate, mais c'est mieux de pas en parler, on pourrait se chicaner, et tu veux surtout pas ça, hein?Allez, viens que je te prenne dans mes tentacules avant que tu retournes à tes casseroles.Si t'es encore malheureuse, on pourrait consulter le doc Dallaire, paraît qu'il a bonne réputation.» Je ne me prétends ni sexologue, ni psychologue, ni astronome, mais j'éprouve comme un malaise à l'idée que des femmes qui cherchent à être plus «heureuses» dans leur couple se retrouvent à lire ou à consulter des psychologues comme Yvon Dallaire.Le résultat est pourtant prévisible : avec l'aide d'une telle thérapie, le roi met la dame échec et mat.Que peuvent demander de plus les antiféministes et autres masculinistes qui s'agitent aujourd'hui au Québec?i-H [.] le bonheur en amour dépend de « l'acceptation des inégalités ».FRANCIS DUPUIS-DÉRI Membre de Bloquez l'Empire - Montréal (texte écrit à titre personnel) oilà plus de cinq ans que l'Irak saigne sous la botte des États-Unis.En décembre 2008, le journaliste irakien Muntadar Al-Zeidi a lancé ses souliers vers Ceorge W.Bush, lors d'une conférence de presse à Bagdad, en Irak.Al-Zeidi a crié : «C'est un baiser d'adieu du peuple irakien, chien ! De la part des veuves, des orphelins et de tous ceux qui sont morts en Irak!».Les policiers l'ont plaqué au sol et jeté en prison.Selon le juge chargé de l'affaire, il y a été torturé.Le 20 décembre 2008, le collectif antimilitariste Bloquez l'Empire - Montréal (BLEM) a organisé une action en solidarité avec Al-Zeidi.Il s'agissait de lancer des souliers sur un portrait de Ceorge W.Bush devant le consulat des États-Unis (et sur un portrait de Stephen Harper, devant un centre de recrutement de l'armée canadienne).L'action a reçu une certaine couverture dans les médias, surtout qu'Amir Khadir y participait, quelques jours à peine après son asser-mentation comme député.Amir Khadir est un habitué des manifestations de l'extrême gauche qui dénoncent le néolibéralisme, le capitalisme, la guerre et la brutalité policière.Ce 20 décembre, il a lancé une chaussure sur le portrait de Bush, en criant qu'il posait ce geste en tant que député de Québec solidaire et membre de l'Assemblée nationale.Les journalistes ont adoré.Soit.Dans les jours qui ont suivi, plusieurs lettres paraissant dans les journaux exprimaient une vive indignation face à ce geste «violent».Un enseignant, Cilbert Cagnon, a même porté plainte au président de l'Assemblée nationale, arguant qu'un député ne doit pas encourager la violence, et que le geste d'Amir Khadir n'est pas plus légitime que celui d'un élève lançant un soulier à son professeur.Dans Le Devoir, un citoyen responsable prétendait que le geste «contient en soi un germe de violence.Si je lance mon soulier à la tête de ma conjointe, est-ce que je deviens un héros ?» Mais à quoi bon comparer un président en guerre avec un enseignant ou une conjointe, à moins que cette conjointe ou cet enseignant ne porte la responsabilité d'une guerre qui a provoqué plus de cent mille morts ?En 2008, le procureur Vincent Bugliosi a signé un livre intitulé The Prosecution of Ceorge W.Bush for Murder (L'accusation de Ceorge W.Bush pour meurtre), dans lequel il avance que George W.Bush devrait être condamné pour la mort des milliers d'Irakiennes, d'Irakiens et de soldats des États-Unis, victimes directes de ses décisions présidentielles.Or le système de justice n'appellera jamais Ceorge W.Bush à comparaître pour répondre de ses crimes contre l'humanité, commis en toute impunité.Alors, un soulier lancé à son portrait, pourquoi pas, surtout si le geste évoque clairement une solidarité avec Al-Zeidi.L'« opinion publique » n'est pas si bête qu'elle ne sache décoder une action politique aussi simple.Et il n'y a pas si longtemps, les spectateurs assistant aux matchs théâtraux de la Ligue nationale d'improvisation (LNI) lançaient parfois des claques quand le jeu était décevant, sans qu'il y ait là un encouragement à lapider les acteurs, ou les enseignants .Au final, même Amir Khadir de Québec solidaire va miner la signification de l'action de BLEM et rompre la solidarité avec Al-Zeidi, en se dissociant de son geste.Appelé sur place par des journalistes qui cou- vraient l'action à préciser s'il aurait lancé une godasse au vrai Ceorge Bush, Amir Khadir a curieusement réagi.Il s'est tout de suite repositionné devant le portrait de Bush pour lancer un deuxième soulier, criant cette fois qu'il ne s'agissait que d'un geste symbolique.En entrevue avec la Presse canadienne, quelques jours plus tard, Amir Khadir a bien dit que Bush symbolisait à ses yeux «le mensonge, la manipulation, la guerre et la destruction», mais que «si M.Bush lui-même avait été là en personne, [il] ne lui aurais jamais lancé un soulier à la figure.» À l'occasion de son asser-mentation comme député, Amir Khadir avait déclaré n'être «ni gauche caviar, ni gauche radicale.» Serait-il de la gauche en pantoufles?Quant à Al-Zeidi, il s'est fait arranger le portrait à coups de botte.SPORT Dave Hilton s'engage à respecter ses conditions de libération, ajoutant qu'il ne viole pas les conditions de libération, mais plutôt les jeunes filles.musironie l 9 Humour fratricide Le responsable du déneigement à Montréal, Marcel Tremblay, demande aux Montréalais de s'acheter des chaussures à crampons, quitte à venir les lancer à son frère Cérald, lors du prochain Conseil de ville.MUSIRONIt 6 Le Couac | février 2009 Service essentiel menacé Le Regroupement des Analphabètes du Québec se dit inquiet des rumeurs de lock-out au Journal de Montréal, puisque c'est le seul journal que peuvent consulter ses membres.musironie Journalisme de guerre : c'est payant ! FRANCIS DUPUIS-DÉRI ous vivons une époque formidable pour la liberté de presse ! le Couac de novembre 2008 nous apprenait que le journaliste Alec Castonguay, signant au Devoir et à L'Actualité quantité de textes parfois très pertinents, mais souvent plus ou moins critiques au sujet de la guerre en Afghanistan, s'était vu décerné le prix média Ross Munro de la Conférence des associations de la défense (CAD), avec le Canadian Defence and Foreign Affairs Institute.Les deux institutions sont considérées par plusieurs comme des caisses de résonnance de l'armée et du ministère de la guerre.Voilà qu'Alec Castonguay reçoit, en décembre 2008, le prix Judith-Jasmin de la catégorie «entrevue ou portrait».Et pour quoi?Pour son article «La guerre de Rick Hillier», paru dans L'Actualité à l'été 2007.Selon le jury ébloui par ce portrait, le journaliste «s'est distingué par la diversité de ses sources».Voyons voir! Outre les propos quelque peu critiques d'un professeur de géopolitique internationale au sujet des prisonniers, un enjeu que le journaliste neutralise rapidement en offrant la réplique au général, et ceux d'«une source militaire de haut niveau, qui ne cache pourtant pas son admiration pour Rick Hillier», les autres sources - toutes complaisantes - sont : « un militaire qui l'a côtoyé» ; un lieutenant-colonel à la retraite ; un lieutenant-général à la retraite ; un vice-chef d'état-major à la retraite ; un autre lieutenant-général à la retraite, mais de l'armée des États-Unis ; le lieutenant-général Bill Leach ; un officier à la retraite de l'armée des États-Unis, qui a été son adjoint ; Bill Graham, alors ministre de la Défense; et.le site Internet du ministère de la Défense.Diversité des sources, vraiment?Le jury souligne également «la quantité et la pertinence de ses détails».Encore une fois, voyons voir.Le journaliste nous apprend que le chef d'État major a un humour contagieux, qu'il fait son jogging en écoutant Abba, qu'étant jeune « il tire à la carabine 22 autour de la maison pour s'amuser et sort avec ses amis boire une bonne lager - ce qu'il fait encore à l'occasion», qu'il affectionne les cigarillos, qu'il a apporté la coupe Stanley aux soldats canadiens en Afghanistan et que « son repas préféré typique de Terre-Neuve», c'est « du bœuf salé servi avec des pommes de terre et des carottes».Le jury a donc raison de souligner la «trame narrative colorée» de l'article, même si la couleur kaki domine clairement.Enfin, le jury se réjouit que « l'auteur ne nous offre pas seulement le portrait d'un homme, mais nous dépeint aussi les grandes lignes de la politique militaire canadienne.» Soyons précis.Dans ce texte, Alec Castonguay se mue en admirateur du chef d'état major d'une armée en guerre, fier de l'avoir envoyée en guerre.Un tel patriotisme n'a pas de prix, non?RECYCLAGE Pour relancer les géants de l'automobile aux États-Unis, on songe à retirer les roues des SUV et à les vendre comme maisons unifamiliales à prix modique.musironie Éloge du commerce Caricature de soi-même Plusieurs personnes ont sévèrement critiqué le Bye Bye de Radio-Canada.Les autres ont trouvé que Dodo imitait très bien Véronique Cloutier.musironie Optimisme Libéral Jean Charest se dit confiant que les listes d'attente de l'Hôpital Sainte-Justine se résorbent d'elles-mêmes puisque les enfants finiront bien par être assez vieux pour aller attendre ailleurs.musironie MARC-ANDRÉ CYR a ferveur admirative avec laquelle Lysiane Gagnon défend l'ordre économique semble être proportionnelle aux désordres intellectuels caractéristiques Ide son statut de journaliste.Quelques heures avant Noel, elle nous en a fait encore la convaincante démonstration, cette fois par un liturgique et inquiétant « éloge du commerce ».Après nous avoir professé que c'est par «amour» que les Québécois rappliquent dans les nombreux centres d'achat de la province, et ce, malgré les mauvaises m Folie financière Des centaines d'économistes ont dû être internés en institution psychiatrique lors des derniers mois alors que chacun tentait d'expliquer aux autres la restructuration du Papier Commercial Adossé à des Actifs.musironie nouvelles économiques, le froid et la neige, la journaliste affirme, avec une éloquence produisant une espèce de petit écho irritant : La simplicité volontaire à laquelle en appellent de bons apôtres est un mode de vie qui peut plaire à certains originaux.Il y a encore des gens qui croient que les humains vivaient mieux à l'âge des cavernes, ou à l'époque où nos ancêtres s'échinaient sur des terres de roche alors que leurs femmes se faisaient déchirer les entrailles par des grossesses à la chaîne tout en lavant le linge à l'eau froide et en se levant à l'aube pour faire le pain.Mais la simplicité volontaire, un concept néo-puritain revenu à la mode à la faveur de la crise financière, n'est pas dans la nature humaine.Sans le commerce, chers lecteurs aux doigts noircis par La Presse, nous vivrions encore de la chasse et de la pêche, trimerions dur pour la reproduction de l'espèce et, comme si ce n'était pas assez, laverions notre linge à l'eau froide.Heureusement pour nous, Dieu a créé l'homme à son image et l'a fait.commerçant.Depuis la « nuit des temps », toujours selon la bienheureuse Lysiane, le commerce nous a permis de découvrir le vin, l'huile d'olive, la laine, les statuettes de bronze.C'est d'ailleurs lui qui est à l'origine de la plus belle invention qui soit : l'écriture.Sans ses « contrats et ses bilans comptables » tracés dans la glaise de la Mésopotamie, qui sait ce que serait aujourd'hui l'humanité?Elle n'aurait pas de poésie, pas d'histoire, ni de littérature.Elle en serait sans doute encore aux grognements primates et à la danse de la pluie.Un peu plus et la Lysiane nous apprend que c'est le commerce qui explique l'évolution bipède des humains.puisqu'à quatre pattes il est impossible de se déplacer les bras chargés de sacs de magasinage.Conformément aux préceptes du temple, Lysiane nous enseigne également que les achats de la classe moyenne sont «rarement extravagants», qu'ils sont «entièrement dominés par le souci de l'autre» et par le «désir de rendre ses proches heureux».Les files d'attente dans les centres d'achat?Rien de moins que des «expéditions amoureuses» destinées à faire le bonheur des enfants.Lysiane a également une pensée pleine de compassion et de charité envers les païens égarés par la critique.Comment, en effet, croire qu'il soit possible que nous n'ayons «plus besoin de bijoux, de parfum, de livres d'art et de vin mousseux» ?Ce qu'ils doivent être malheureux, les pauvres.Que font-ils du «plaisir», de l'« émotion » et du « désir très humain de séduire » que nous offrent le commerce et la consommation?On imagine Sainte-Lysiane, le regard fou, sous quelques guirlandes, à boire du champagne, priant pour que l'humanité en quête de sens ouvre enfin son cœur aux riches et multiples marchandises divinement concoctées pour son bonheur.1 Lysiane Gagnon, «Éloge du commerce», La Presse, mardi 23 décembre 2008, P.A29.Après le bébé de Tannée».» Bisibille dans les Forces Canadiennes : les familles des trois soldats décédés la semaine dernière se disputent le titre du centième soldat décédé en Afghanistan.musironie La crise financière et la simplicité volontaire La crise financière est à nos portes.Nos gouvernements s'y préparent à Québec comme à Ottawa.PASCAL GRENIER Administrateur du Réseau québécois pour la simplicité volontaire Président du Groupe de simplicité volontaire de Québec I" e Réseau québécois pour la simplicité volontaire (RQSV) et le Croupe de simplicité volontaire de ¦JQuébec (CSVQ) croient que l'approche de la réduction de la consommation, qu'ils proposent depuis des années, est valide plus que jamais, et ce, même en temps de crise.Selon les simplicitaires, c'est l'occasion d'effectuer des changements sociaux et économiques profonds plutôt que cosmétiques.Lorsque les adeptes de la simplicité volontaire avancent l'idée de la réduction de la consommation pour accroître la qualité de vie, plusieurs argumentent que ça va nuire à l'économie.Ne faut-il pas consommer pour faire rouler l'économie, dit l'adage populaire?Au contraire, les faits récents nous montrent que c'est en grande partie la surconsommation, voire l'hyperconsommation, associée à l'endettement excessif, qui a créé la crise financière mondiale.Traditionnellement, les gouvernements stimulent la consommation en période de récession.Si on fait de même cette fois, ne va-t-on pas nourrir la cause de la crise financière ?Le «Triumvirus» La Tribu du Verbe latribuduverbe.com Musironie musironie.com Le Couac lecouac.org Les simplicitaires proposent plutôt d'accepter une certaine réduction de la consommation, parce que nous vivons dans une société de surconsommation qui n'est pas viable.Cette décroissance pourrait être modulée par une augmentation du commerce non-matériel ou moins matériel, comme celui des services, de la culture, du savoir, de la relation d'aide, de la croissance personnelle, etc.Les effets négatifs de la récession pourraient ainsi être amoindris, tout en minimisant les impacts sur l'environnement.De plus, les simplicitaires peuvent offrir des modèles alternatifs à celui de la surconsommation qui règne sur nos sociétés, car ceux-ci en font l'expérience au quotidien.¦ Vivre selon ses besoins plutôt que selon ses moyens ; ¦ Avoir un logement et une auto (si nécessaire) dimensionnées selon ses vrais besoins ; ¦ Se rapprocher de son lieu de travail pour réduire les déplacements ; ¦ Augmenter la longévité des objets en les réparant et apprêter ses aliments soi-même ; ¦ Adopter des modes de transport écologiques (covoi-turage, transport en commun, location court terme, vélo, marche ; ¦ Etc.(mille et une autres solutions).Et, peut-être plus important, de faire tout cela non dans un esprit de sacrifice ou avec un sentiment de manque, mais dans la reconnaissance qu'une fois les anciennes habitudes brisées, ces alternatifs apportent, le plus souvent, une grande libération, la fierté et un mieux-être profond.Aussi, un meilleur partage de la richesse, ce qui est au cœur de la philosophie de la simplicité volontaire, peut aider à résoudre les problèmes qu'accentuera la récession.En effet, il ne manque pas de richesse financière au Québec, même si les principaux partis politiques promettent toujours d'en créer plus ; c'est sa répartition qui n'est pas suffisamment équitable.La crise économique est intimement liée à l'environnement.Puisque la planète nous montre de plus en plus que les limites de son exploitation et de sa pollution sont atteintes, une réduction de l'exploitation des ressources et de l'énergie, une diminution du transport et de la consommation en général, sont de bonnes nouvelles sur le plan écologique.Finalement, il apparaît donc qu'une migration de mentalité et d'attitudes vers la simplicité volontaire pourrait être d'un secours précieux, non seulement dans le cadre de la présente crise économique, mais également pour amoindrir et traverser la crise écologique, beaucoup plus sérieuse, qui pourrait très bien suivre les présentes difficultés financières.3 fréquences de publication Quotidien, hebdomadaire, mensuel 3 types de médias Blogue, radio, journal Un même but Tirer sur la connerie où qu'elle soit ! La bonne vieille question Le Couac | février 2009 SIMON TREMBLAY-PEPIN Le titre avait l'avantage d'être efficace et de poser «la vraie question» comme l'aurait dit le «gros cave» du Bye-Bye - bien qu'il n'aurait jamais pensé, lui, que c'était la vraie question, ni même que c'était une question d'ailleurs : Socialisme ou barbarie.Notez, il n'y a pas de point d'interrogation.Plutôt qu'une question c'est le constat d'un futur prisonnier d'une seule alternative.Ce sera l'un ou l'autre, pas d'entre-deux.Pour l'instant, on sait quel côté de l'équation l'emporte.Le groupe et la revue Socialisme ou barbarie ont existé de 1949 à 1967.On les connaît surtout aujourd'hui comme le point de départ d'intellectuels comme Cornelius Castoriadis, Claude Lefort et Jean-François Lyotard.Les textes de cette revue introuvable sont souvent ignorés et inconnus, Socialisme ou barbarie devient ainsi une Artésienne intellectuelle de gauche : on en parle beaucoup, mais on ne la voit jamais.Bonne raison, donc, pour applaudir l'effort de plusieurs anciens membres du groupe pour en regrouper les textes majeurs publiés dans une anthologie aux éditions Acratie en 2007.L'anthologie s'ouvre sur une réflexion sur le statut de la revue qui est passé de l'ombre complète au mythe fondateur a posteriori de grands intellectuels sans jamais avoir connu de vie publique autonome.Finalement les arguments portés par cette publication n'auront jamais été étudiés sérieusement pour ce qu'ils étaient : soit on les ignorait complètement, soit on les considérait comme le passé révolu d'une pensé (de trois pensées) s'étant affirmée plus tard.Pourtant, la pertinence des propos de cette revue (du moins des textes publiés dans cette anthologie) surprend et passionne dès les premiers textes.La critique de la société bureaucratique, tant celle qui prévalait à l'Est sous Staline que celle qui se construisait à l'Ouest, est formulée dès les premiers numéros qui datent du début des années 50.Cette position critique à l'égard des deux blocs d'alors est doublée d'une compréhension de la bureaucratie comme classe sociale distincte des capitalistes et des prolétaires.On découvre avec étonnement qu'à l'ombre du trotskisme du PCI (Parti communiste internationaliste) et du stalinisme du PCF (Parti communiste français) des années 50, des idées encore irrecevables pour plusieurs orthodoxes d'aujourd'hui étaient avancées.Idées qui offrent d'ailleurs une meilleure comprehension du champ politique de la deuxième moitié du 20e siècle que celles qui étaient proposées alors.De l'autre côté de la clôture, on se désolera devant la reprise des thèses anti-staliniennes de Castoriadis et Lefort par les autoproclamés «nouveaux philosophes» (Bernard Henri-Lévi, André Cluksman, Luc Ferry, Maurice Clavel) qui mettent de côté tout regard critique (voire tout regard tout court) sur le capitalisme.Lié à cette vision du bureaucratisme, Socialisme ou barbarie s'attarde au monde du travail de façon parti-'culièrement originale.Il n'est pas question ici de L'environnement entre bonnes mains Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Poznan en Pologne : tous les participants à la conférence se sont finalement mis d'accord sur l'urgence d'agir et se sont donné rendez-vous à Copenhague, l'année prochaine, musironie MONONC'SERGE & ANONYMUS, Musique barbare (Mononc'Serge/Dep) Serge, ce Mononc' terrible de la chanson en déroute, est de retour avec Anonymus pour se fendre d'un nouvel opus le pied au plancher d'un vaisseau musical hautement métalloïde.Après l'Académie du massacre, qui n'était en somme que du matériel déjà existant repris avec le quatuor, les choses se corsent : Mononc'Serge compose de tout nouveaux textes et les musiques tandis que les arrangements incombent à la bande d'Anonymus.Visiblement le plaisir est pogné dans la cabane.«Résistance festive » ou «Sous-marin brun» (splendide outrage aux Beatles) donnent une mesure à la démesure aux insultes, aux blasphèmes et à la marde dont il est un ardent utilisateur! Tout de même, René Lévesque se mérite une chanson hommage - Mononc ne respecte rien?Allons, allons.THE ONE NIGHT BAND, Hit 0- Run (Stomp Records) Avec des membres ayant notamment des antécédents ska (en français, mur à mur, à l'époque) au sein de Spleen et de 2 Stone 2 Skank, ce groupe était destiné à poursuivre dans la veine du ska désormais retournée à la musique alternative après une phase de popularité aussi soudaine qu'éphémère.Exit la première mouture du One Night Band, voici une formule resserrée à quatre seulement - on notera la contribution de Mitch Cirio (un vieux routier du ska canadien avec King Apparatus) à cinq textes du nouvel album, avec une guitare typique à la rythmique caractéristique, une basse bien ronde, des claviers lumineux et un batteur également percussionniste.Quelques cuivres ont été conviés aux sessions d'enregistrement, mais leur rôle consiste essentiellement à peaufiner une formule quatuor se suffisant à elle-même.L'ensemble privilégie un retour aux traditions du genre - surtout l'époque 2 Tone et rocksteady avec, à l'occasion, un chouia de rock.Les effets, rappelant parfois ceux du dub, ajoutent aux tempos qui donnent largement le temps de respirer.Une qualité par ces temps où le quidam court frénétiquement.OU BARBARIE L« SOCietf bureaucratique 3 0 monde du travail La crise «lu • w * .tu I L«* contenu du *u*-i*)iwmt> & K ?,\i%érie- ** ht Chine Acmtie Le capitalism*- medrrrw et la r«»turt» av*v u- marxiant*1 mobiliser le travailleur bêtement à coups de journaux rouges aux portes des usines ou de l'haranguer de discours célébrant le socialisme réel.On s'affaire plutôt à donner la parole aux ouvriers pour bien topographier les lieux de pouvoir de l'usine (on trouve dans l'anthologie un texte brillant sur l'organisation du travail chez Renault) tout en faisant la promotion de la gestion ouvrière des lieux de travail.Sur ce dernier point un grand effort de réflexion et de recherche est mis sur la capacité et la volonté des travailleurs et travailleuses à s'organiser par eux-mêmes.La lecture des articles d'époque permet de suivre la révolution ouvrière hongroise de 1956 sous un angle passionnant.On trouve, dans cette révolte trop souvent oubliée, des revendications qui confortaient les auteurs de la revue dans leurs thèses.Étonnant de voir à cette époque des révolutionnaires exiger un communisme dont les contours seraient décidés par et pour le peuple hongrois et non téléguidé par Moscou.Les ouvriers hongrois contredisaient déjà ceux qui séparent la question nationale - l'identité culturelle - de celle de l'organisation de nos vies.Il faut bien commencer par sentir que nous appartenons à une collectivité pour pouvoir proposer d'en diriger nous-mêmes le destin.Lire ces textes quand on connaît ceux de Michael Albert et Robin Hahnel crée un drôle de lien de parenté.Il en va de même pour des auteurs comme André Corz, Murray Bookchin et Herbert Marcuse.Un filon idéologique, encore en bonne partie indistinct à mes yeux et qui contient peut-être les éléments de base du socialisme renouvelé, semble traverser les soixante dernières années.Socialisme ou barbarie pourraient bel et bien en être le point de départ.Socialisme oubarbarie, Anthologie, LaBussière, Acratie, 2007, 380 p.L'ouvrage contient des textes de : D.Mothé, C.Lefort, A.Véga, C.Castoriadis, J.F.Lyotard, P.Romano, Hugo Bell, P.Brune, S.Chatel, P.Souyri.Ont participé aux choix des articles, à la rédaction de la préface ainsi qu'aux textes de présentation : Hélène Arnold, Daniel Blanchard, Enrique Escobar, Daniel Ferrand, Georges Petit, Jacques Signorelli.Il ne semble pas facile de se le procurer au Québec.On peut le commander sur le site (monstrueux) de la maison d'édition Acratie (acratie.ouvaton.org), et la BaNQen a une copie en traitement au moment d'écrire ces lignes.VALENTIN Ti B(ti ,u e*Bic$j^§ LA RÉSISTANCE DU SANGLIER (Futuropolis) Stéphane Levallois Entremêlant des souvenirs d'enfance, l'auteur, qui ressemble physiquement à son grand-père, finira par comprendre qu'il a été résistant.Affublé d'une tête de sanglier, le grand-père apparaît au garçon et on comprend tranquillement que l'aïeul l'avait échappé belle alors que deux de ses compagnons d'armes ont été torturés et exécutés après avoir souffert le martyr.Évidemment, après il est resté comme pétrifié.Ce témoignage n'a rien d'un énième truc de héros et, tout comme au contact de l'œuvre de Tardi, nous voici à vomir l'abomination guerrière.Le sens de l'ellipse et les lavis de Levallois sont des plus éloquents et favorisent suffisamment de flou pour entrer dans la peau d'une horreur tenace.MADEMOISELLE, MANUEL DE LA CÉLIBATAIRE IMPARFAITE (Clénat Québec) Eva Rollin Initialement paru en 2004 chez un micro-éditeur, revoici ce livre d'illustrations humoristiques et de brèves BD sans bulles dont l'humour ne recule pas devant l'autodérision.À ranger parmi les BD d'Hélène Bruller ou de Cigi Perron.Premier titre de l'éditeur français pour la toute nouvelle collection Québec -avec, pour auteure, une Française désormais québécoise ! Candeur et décadence, le tome 2 de Mademoiselle est déjà annoncé.Mais à quoi pensaient-ils ?MARTIN DUFRESNE uand des scrapologues du 29e siècle chercheront dans les rares clés USB à avoir survécu aux « événements » de 2012 ce pourquoi on ?aura montré si peu d'intérêt pour le mur de béton vers lequel on se précipitait, la notion de racisme environnemental a de bonnes chances d'être validée.En effet, à y regarder de près, le fameux syndrome «pas dans ma cour» en cache un autre : le syndrome «dans la cour des Indiens»! Et on sait bien que ce qui se passe chez eux ne compte pas.Au-delà de «l'environnement» Dans Environmental Justice and Racism in Canada, Cheryl Teelucksingh et Andil Cosine nous invitent à repenser notre notion de «l'environnement».À l'«espace distant, sauvage et inhabité» des groupes environnemen-talistes qui ont pignon sur rue, ces sociologues de gauche torontois opposent la réalité d'un espace où des gens «vivent, travaillent, jouent et prient».Un espace que des groupes de gens racisés défendent avec de plus en plus de succès contre la grande entreprise.Parce qu'ils se battent pour plus w—^^^——^—^——.Le Québec n'a pas d'avenir sans solidarité avec les luttes autochtones qu'un principe abstrait.L'intersectionnalité des luttes peut - comme la fameuse «diversité» épinglée par nos deux auteurs - n'être qu'un effort ultime pour créer la Grande Théorie Unitaire de Tout.Mais dans ces exemples de luttes nord-américaines retracées depuis les années i960, elle apparaît plutôt comme le seul outil capable d'expliquer la dysfonctionnalité d'un système qui pelleté sa marde chez les «autres» et de lui opposer un véritable «nous».Une lecture à conseiller aux artisans des nécessaires solidarités de demain.Desjardins, Monderie, Arthur Lamothe et les défenseurs de l'ïle-Levasseur l'ont compris.Le Québec n'a pas d'avenir sans solidarité avec les luttes autochtones, menées - l'appren-drons-nous assez vite ?- contre notre boulimie d'espaces «vierges».Environmental Justice and Racism in Canada, Cheryl Teelucksingh et Andil Cosine, Eward Montgomery, Toronto, 2008.www.emp.ca/ej Jazz diet Le président du Festival de jazz de Montréal, Alain Simard, affirme que le retrait du commanditaire principal en 2010 n'affectera pas le Festival, qui a quand même survécu au retrait du jazz il y a plu- sieurs années.LA CELLULE (Collection KSTR, Casterman) Costes &.Long Le couple bat de l'aile, peut-on parfois lire dans la presse en mal de psychologie populaire et de généralités préfabriquées.En tout cas, le couple de cette trompettiste de jazz et de ce scientifique travaillant sur des cellules se brise, apparemment parce qu'il ne s'y passe plus rien.Lui s'y complaît et la contemple béat tandis qu'elle décide d'arrêter les frais.Si l'histoire peut sembler banale avec le gars qui s'accroche et refuse l'évidence, l'affaire prend des proportions bizarres.Quand, par petites touches et au moyen de rencontres en aparté ou de songes fluides, on finit par comprendre que le scientifique a décidé de se réunir avec son amour à travers une cellule, on frise le délire! Pour l'amoureux persistant, l'expérience consistait à passer la frontière, à tenter la fusion -«D'ailleurs, tout se confondait au commencement.Non?».À la fin, on se demande si les ogres existent vraiment.Et pour cause, dessiné sobrement mais avec une mise en page inventive, l'auteur parvient aisément à nous faire avaler cette disparition autrement inexplicable MISS PAS TOUCHE, 3.LE PRINCE CHARMANT (Dargaud) Hubert &.Kerascoët À l'origine de cette série, une jeune fille entre au service d'un bordel fréquenté par le tueur de sa sœur, avec un dessein de vengeance.Dans ce volume survient un prince charmant de cette classe dépravée et parvenue d'exploiteurs pleins aux as.Le rêve va tout de même déraper et notre Blanche, puisque que c'est son nom, en verra de toutes les couleurs.Et les coups fourrés viennent aussi étonnamment des collègues qui espèrent toutes le gros lot pour s'en sortir.Une BD aussi crue que documentée et dessinée avec verve ! LOGIQUE CAPILLAIRE La styliste de Jean Charest explique que ce dernier refuse de se mouiller pour éviter de friser davantage le ridicule.musironie m 1 iodf si plus d'une quarantaine d'auteurs ayant publié en nos pages durant la dernière décennie.Des auteurs dont les textes donnent à penser et, considérant le monde dans it, à nuire.Commandez dès maintenant votre exemplaire en nous envoyant un cheque de 28 $ (25 $ ?3 % de frais d'envoi) a l'ordre de « Le Couac ».au 1872 Gauthier, Montréal.Qc, ?.»
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