Le couac, 1 mars 2009, mars
Mars 2009 1 Vol.12 r n° 6 | 3,50 $ Je pense, donc je nuis Le Canadien dans nos écoles p.3 Retour vers le passé p 6 f-ITF IIIHtF POSTES ^4 ^ CANADA CANADA ^ POST fort pa>4 ¦¦ Mp ¦'¦>¦¦ Po«« Public»non« Publicttioni Mail 40024966 stole tore MICHEL RIOUX Je crois me souvenir vous avoir parlé de Winston Churchill pas plus tard que le mois dernier.Vous vous rappelez, le type qui vole un rail et qu'on met en prison et l'autre qui vole la compagnie de chemin de fer et qu'on élit au Parlement?Une histoire d'éclair au chocolat qui a provoqué le congédiement de deux travailleurs.Une photo vue dans la Presse du 8 février m'a de nouveau fait penser à ce vieux bouledogue, alcoolique et fumeur de cigares au demeurant, qui a néanmoins tiré le peuple anglais vers le haut quand tout concourait à ce qu'il s'écrase.La photo en question faisait voir une femme noire marchant sur un trottoir en Floride, une pancarte tenue au-dessus des épaules.«Istole from a local store», pouvait-on y lire.On comprend que la femme s'était rendue coupable de vol à l'étalage et qu'un juge plutôt original l'avait condamnée à faire étalage de sa turpitude en public durant trois heures.Une canne de tomates payée au prix fort de l'humiliation.Tout à coup, I had a dream ! Si cette pauvre femme méritait une peine aussi humiliante, à savoir défiler durant trois heures devant ses voisins, accrochée à sa pancarte accusatrice, pourquoi ne serait-il pas possible de faire marcher de la même manière les Conrad Black, Bernard Ebbers, Kenneth Lay, Vincent Lacroix, John Roth, Jeffrey Skilling, Dennis Kozlowski, John Rigas, Michael Milken, Bernard Madoff et autres escrocs de ce merveilleux monde où règne la canaille?Ce ne sont pas les sujets d'inspiration qui manqueraient pour illustrer les pancartes que devraient tenir à bout de bras ces fieffés gredins.Qu'on en juge! GweAtMÀ te.Avec un chiffre d'affaires annuel de 100 milliards $, il s'était versé un salaire de 141,6 millions $ en 2001.Apôtre de la déréglementation, Lay avait déclaré : «Je crois en Dieu et au libre marché», ajoutant : «Nous sommes des anges; dans toutes les affaires que nous avons conduites, nous sommes les bons gars».Je me suis accordé une prime de 200 millions $ pour avoir mis ma banque en faillite.John Tain, PDC depuis quelques mois seule ment de la Merrill Lynch, a mené sa banque au bord de la faillite avant qu'elle ne soit rachetée par la Bank of America.Pour que les hauts dirigeants de la banque touchent des primes de plus de 4 milliards $, dont 200 millions $ pour lui seul, il en a fait devancer le versement.J'ai pris 12 ans de prison et 8 millions $ d'amende pour une fraude.Sanjay Kuman, PDG de Computer Associates.ans»» Coupable d'un délit de 3 milliards $, j'ai pris 6 ans de prison et 19 millions $ d'amende.Joesph Nacchio, PDC de QWest.J'ai mis en faillite le deuxième plus impor tant opérateur mondial de télécommunica tions.Condamné à 25 ans de prison pour fraude, Bernard Ebbers avait mené son entreprise à 41 milliards de dette et avait fait apparaître aux livres 11 milliards $ de revenus fictifs.La faillite de Worldcom a été, jusqu'en 2008, la plus grosse dans l'histoire des États-Unis.***** J'ai volé les fonds de pension de 2 millions de travailleurs.Bernard Madoff, spécialiste des ventes pyramidales et grand philanthrope devant l'Éternel.Avec l'argent des autres, bien entendu.Accusé d'une fraude de 50 milliards $.Il a été président du Nasdaq.J'ai volé 150 millions $ à ma compagnie.Dennis Kolzowski, PDC de Tyco International, condamné à 8 ans de prison pour fraude.Il avait installé un rideau de douche d'une valeur de 6000 $ dans son bureau et fait payer par l'entreprise un party privé au cout de 2 millions $.À force de la voler, j'ai mis mon entreprise en faillite.Kenneth Lay, PDC de Enron, a fini par mettre l'entreprise en failli- JE ME «Mi* Aceofrpé Grâce à moi, l'action de Nortel est passée de 124,50 $ à 10 cents.Quand il a quitté le poste de PDC de Nortel en 2002, John Roth a touché une prime estimée à 139 millions $.Deux ans auparavant, ses pairs de Bay Street l'avaient élu PDC de l'année.Dans ses dîners-conférences pour lesquels il se faisait payer 25 000 $, il reprochait aux gouvernements de ne pas faciliter la tâche aux entreprises en leur imposant des réglementations tatillonnes et en ne leur fournissant pas un environnement fiscal où elles pourraient s'épanouir davantage.Avant de partir, il avait eu le temps de mettre à la porte 10 000 employés.L'hécatombe s'est poursuivie avec son remplaçant, John Dunn.Encore 45 000 employés sacrifiés et des pertes de 27,3 milliards $ en 2003.Une fraude comptable ayant été décelée, Nortel a dû verser 2,2 milliards $ à des actionnaires floués.Aujourd'hui, Nortel s'est placée sous la protection de la Cour pour éviter la faillite et 1500 actions qui valaient 157 000 $ en 2000 n'en valent plus que 17,27 aujourd'hui.Combien de temps ?Petite opération mathématique.Sur la base d'une peine de trois heures pour un vol à l'étalage de quelques dollars, pendant combien de temps ces messieurs cravatés, respectables mais néanmoins escrocs, fréquentant l'église et la synagogue, où ils se font rappeler cette loi de la Torah : Tu ne voleras point!, devraient-ils marcher avec leur pancarte pour que justice soit faite?J'A' >|ÇOOOO0OO A *A .7\ Fbpc^ T>E 3'A«Mi$ Mon ^1 BONNE NOUVELLE ÉCONOMIQUE Après les récentes mises à pied chez Bombardier, Domtar, CM, Bell Helicopter, Microsoft, Warner, Ericsson, Motorola, Toyota, Etcetera, on voit maintenant une lumière au bout du tunnel.Sylvie Latrouille, 14 ans et demi, de St Prospère de Beauce vient d'obtenir sa première job chez Samuel-Choux-Moutarde-Patates.Elle travaillera tous les vendredis et samedis soirs de mars.Le Couac vous invite à l'encourager.musironie Technique éprouvée Pour éviter le licenciement en période de crise, plusieurs experts recommandent de s'enchaîner à son patron.musironie Caméo Le député libéral Denis Coderre se dit prêt à participer aux commémorations de la bataille des plaines d'Abraham ; il aurait été approché pour incarner un boulet, musironie 006538528211303 2 Le Couac | mars 2009 1155 LE COMPTEUR DE L'INADMISSIBLE Au 1er mars 2009, cela fait 1155 jours que Abdelkader^Belaouni se terre dans l'Église St-Cabriel pour ne pas être déporté.Pour l'aider : www.soutienpourkader.net L'affaire des plaines d'Abraham PLOGUES Reconstituer d'abord, penser et juger ensuite o ni Les Plaines.et tout ce qui fait qu'au Québec la cour est pleine! Déjeuner conférence avec Pierre Falardeau au restaurant Le Topaze, 2166, boulevard Saint-Joseph, Lachine, Prix d'entrée : 15,00 $, Réservations : 514-637-1425.la Ihflosc 24 kemeœ.^WlStw La nuit de la Philosophie À partir de 10 h le 21 mars uqam • grande bibliothèque • cinémathèque québécoise www.nuitdelaphilo.com U^wtUa^ ****** * ^oe'E^mri Le seul sur 47 SYLVIO LE BLANC Le 12 janvier, le Canada a été le seul des 47 pays membres du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies à s'opposer à une résolution condamnant l'offensive militaire israélienne à Gaza et demandant la fin du lancement des roquettes contre les civils israéliens.En trois ans de pouvoir, les conservateurs de Stephen Harper n'étaient jamais tombés aussi bas au chapitre des relations internationales.Il y a 30 ans, un autre conservateur, le premier ministre Joe Clark, nous avait mis dans de beaux draps en parlant de déplacer l'ambassade canadienne de Tel-Aviv à Jérusalem, ce qui nous avait valu de se faire traiter de «chiens canadiens» par Arafat, le leader palestinien.Peu de temps après, Clark était battu à la Chambre des communes.J'espère qu'il arrivera la même chose à Harper.Cela dit, l'opposition inacceptable du 12 janvier pourrait bien retenir l'attention d'islamo-terroristes et valoir prochainement au Canada des attentats d'envergure comme l'Angleterre et l'Espagne en ont subi ces dernières années.Mais ces considérations n'ont sûrement pas effleuré l'esprit du premier ministre ni celui de son ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, tant ils sont obnubilés par Israël.FRANÇOIS CLERMONT Il y a quelque chose d'effarant dans la partisane-rie, la mauvaise foi, l'ignorance et l'émotivité dans les interventions publiques sur projet de reconstitution de la bataille des plaines d'Abraham cet été à Québec.Un niveau d'immaturité collective qui laisserait pantois, par exemple, les Écossais qui commémorent (avec reconstitution) chaque année leur défaite de Culloden, parce que c'est important dans l'histoire nationale de l'Ecosse (et pour son mouvement indépendantiste).En 1955, lors d'un de leurs congrès nationaux, les Acadiens ont aussi fait une grande fête.C'était pourtant le 200e anniversaire de leur déportation.Un fait historique tout à fait tragique.Pourquoi fêter?Pour affirmer qu'ils étaient toujours là et qu'ils tenaient le coup! Pas de danger que quelqu'un ait pensé à ça pour Québec 1759.À entendre certains «porte-parole» et «leaders d'opinion» indépendantistes, 1759 viendrait justifier l'indépendance du Québec.C'est une pensée aberrante, parce que si on entre dans cette logique, les Anglais pourrait bien justifier 1759 par les atrocités commises pendant huit décennies en Nouvelle-Angleterre par les Français et leurs alliés amérindiens.Et ainsi de suite.Nous n'en sortirions jamais.Ou alors en acceptant que les Amérindiens renvoient à la mer les «Euro-Américains».Au début des émois publics (je ne parle pas de débat, parce que nous ne sommes pas encore arrivés à ce niveau), avec des amis férus d'histoire, je posais que le problème, c'est qu'à deux niveaux nousnepartons pas du même événement.Pour les gens qui analysent plus en détails l'histoire, la bataille de 1759 n'est qu'une étape dans une conquête qui se conclue l'année suivante (pour l'Amérique du Nord continentale seulement puisque la guerre continue à Cuba, à Terre-Neuve).Et de toute façon il fallait que cette capture militaire soit confirmée politiquement : ce sera par le traité de Paris.Bref, le «sort de l'Amérique» est bien plus lié au sort de la France dans la Guerre de Sept ans et à ses priorités économiques qu'à l'issue de la bataille de Québec.Sauf que pour des gens comme René Boulanger, tout a changé d'un coup le 13 septembre 1759 à 12 h 16 m.36 sec.2 dixièmes.En quelque sorte nous ne parlons pas du même événement historique.Mais il y a des gens qui préfèrent les mythes.Et l'histoire de la bataille de 1759 est pourrie de mythes qui mériteraient d'être questionnés publiquement.Ensuite, pour l'événement de commémoration, les gens qui connaissent la reconstitution historique dans ce qu'elle a de plus sérieux savent bien de quel genre de manifestation il s'agit.Mais ces gens sont rares au Québec.Ce qui est prévu est grand par l'ampleur (beaucoup de participants inscrits), mais aussi respectueux dans le traitement.Avec les moyens modernes (et sans tuer personne), faire une représentation le plus juste de l'événement, et combattre le mythe tenace d'un continent perdu en quelques minutes.Mais les détracteurs les plus farouches se sont montés une image fantasmagorique de la chose.Ils s'imaginent que c'est un « party » commandé par Ottawa pour rire des francophones.Ils doivent se monter une balloune, avec des visions de ballons, de feux d'artifices, de discours de politiciens, des ours, des majorettes Sweet Caporal et un concert de Bruce Sprinsteen avec La Chicane en première partie.Comment faire comprendre à ces gens (dont l'auteur De la bataille âe la mémoire (!)) qu'ils se battent contre un événement qui peut aussi rappeler la mémoire des défenseurs de Québec (entres autres choses)?Quant aux reconstituteurs, tous des bénévoles, ils auraient voulu participer à cette reconstitution qu'elle se tienne sur un terrain appartenant au Québec, à la ville ou même en territoire cubain ou finlandais, si l'ambassade de Cuba ou celle de la Finlande avait acheté le site de la bataille.Entendons nous bien.Il n'est pas question de défendre la CCBN ou ses communications ni son programme (et surtout pas le bal costumé qui est un événement bien distinct du projet de reconstitution de bataille).C'est à eux de faire leur travail.Laissons de côté le maire Labeaume, il se charge très bien de son cas lui-même.Mais je croyais qu'on allait en arriver à un débat sur les manières les plus appropriées de commémorer publiquement 1759 (et 1760, et 1763) parce que c'est important dans l'histoire du Québec.Ben non.Je pensais au porte-parole des indignés, Pierre Falardeau.Il s'est bien battu (avec raison) pour avoir des sous de Téléfilm pour faire un film historique sur les patriotes, des gens qui ont été battus, vaincus et pour certains pendus.Grands dieux, est-ce possible de montrer de pareilles choses?Tiens, sur le site nationaliste Vigile, on trouve ceci : «Obtenez le DVD du Souper des Patriotes 2006 avec monsieur Jacques Parizeau, madame Louise Harel et autres invités.Pour une somme modique, vous aurez accès à l'intégralité des discours et à l'ambiance festive de ce moment historique!».Ambiance festive?Le 15 février?Et les photos le prouvent bien, tout le monde est joyeux.et on boit! Sacrilège, ils ne pleurent pas les patriotes pendus ?Certains sont même « déguisés » en patriotes.Chacun sa «mascarade», finalement.Encore une fois sur le sectarisme GUY ROY, COLLECTIF « PARTI COMMUNISTE DU QUÉBEC » (PCQ) DANS QUÉBEC SOLIDAIRE.J'ai beaucoup de respect pour Francis Dupuis-Déri.J'ai travaillé avec lui à la mobilisation du 3 juillet 2008 lors de la cérémonie du Droit de Cité à Québec au cours de laquelle notre noble maire Labeaume, illustre chevalier de l'industrie, converti récemment en «social-démocrate intégriste», l'avait traité de minable et avait invité tout le gratin fédéraliste à la tête de l'armé canadienne à accueillir les soldats occupants du Québec.Mais là, ses attaques mesquines contre Amir Khadir m'ont heurté.D'autant plus qu'Amir vient de rendre visite aux ouvrièr-e-s de Bowater dont les emplois sont menacés.On entend peu les camarades anarchistes sur les conséquences de la crise financière comme perte d'emploi.Si la salariat est bien ce dernier esclavage que connaîtra l'humanité, la situation de la classe ouvrière au Québec ou dans le monde impose des interventions politiques qui, pour n'être pas de type révolutionnaires ou de nature insurrectionnelles, prennent fait et cause pour la défense du Travail contre le Capital.Le camarade Francis devrait comprendre ça et aligner ses critiques contre le sort fait aux ouvrièr-e-s dans la conjoncture actuelle.Un anarchiste qui se respecte le ferait au lieu de chercher noise au député de l'Assemblée nationale qui Le Couac 6940, rue Jogues, Montréal (Québec) H4E 2W8 514.596.1017 Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau co-rédacteurs en chef Guillaume Beaulac, Bruno Dubuc, Simon Tremblay-Pépin.collaborateurs Sylvie Berthaud, François Cavaillès, Claude G.Charron, Le Chat noir, François Clermont, Bruno Dubuc, Martin Dufresne, Francis Dupuis-Déri, Philippe Hurteau, René Girard, Jean-François Landry, Éric Martin, Nargess Mustapha, Michel Rioux, Bertrand Schepper, Valentin Tardi, Simon Tremblay-Pepin, Pierre Vadeboncoeur, Ramon Vitesse.illustrations et photos Bobidoche, Boris, Serge Ferrand, Luc Giard, Pascal Kanemy, Valentin Tardi, Ramon Vitesse.correction Etienne Desprès, Bruno Dubuc, Simon Tremblay-Pepin mise en page Coopérative Molotov - molotovcoop.org imprimé par Hebdo-Litho distribué par Gladu distribution Abonnement et publicité : 514.596.1017 ISSN 1480-2074 • N° de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec représente le seul parti ayant pris clairement position en faveur de revendications qui maintiendraient quelques emplois dont ont besoin les ouvrièr-e-s pour vivre.Bien sûr, il faudrait des ouvrièr-e-s sur les barricades.Je rêve moi-même de me retrouver avec Francis sur l'une d'elle et d'imposer un changement radical dans les rapports de pouvoir.C'est mon objectif : que le pouvoir change de main et qu'il se retrouve entre celles de ces adversaires du capitalisme que sont les ouvrièr-e-s.Le travail patient pour éduquer sur ces questions n'aboutira pas si les forces de gauche se réfugient, comme du temps des ML, dans des invectives entre elles.Toujours prêter mauvaise foi aux autres alors que soi-même on se tient loin des milieux de travail où la conscience et la pratique militante se développe au cœur du mouvement ouvrier, toujours piquer et stigmatiser la «gauche pantoufle» au lieu de chercher les lieux d'intervention où les ouvrièr-e-s apprendront à « conquérir la démocratie » au côté de leur représentant-e-s politiques, est une attitude contre-productive.POUR S'ABONNER Un an : 30,42 $ + taxes = 35,00 $ Deux ans : 52,15 $ + taxes ¦ 60,00 $ Abonnement institutionnel et de soutien : 52,15 $ + taxes = 60,00 $ Abonnement de groupe d'un an (10 copies par parution) : 225,98 $ + taxes « 260,00 $ Abonnement d'un an à l'étranger : 43,46 $ + taxes ¦ 50,00 $ code postal courriel téléphone par téléphone 5i4.596.lOi7 par la poste Le Couac, 6940, rue Jogues Montréal (Québec) H4E 2W8 Adressez votre chèque à : Le Couac Vous voulez collaborer au Couac ?Vous pouvez nous faire parvenir vos textes (maximum 700 mots), dessins, photomontages par courriel au info@lecouac.org.www.lecouac.org Le Couac | mars 2009 Génération d'idées LA JEUNESSE TECHNOCRATIQUE EN MARCHE MMMMMM ERIC MARTIN Les dernières décennies ont vu appparaître tout un tissu d'organisations « jeunesse » prétendant défendre la cause des «jeunes» dans une société où le dialogue inter-générationnel serait «inaudible».La jeunesse technocratique n'étant pas en reste, un nouveau groupe a vu le jour l'an dernier.«Génération d'idées» tient un blogue, produit un magazine et intervient dans les médias pour défendre la «cause» des 25-35 ans.Le groupe se décrit comme un «mouvement de responsabilisation de la génération Y».On connaissait déjà Force Jeunesse, Le Pont entre les générations, la FEUQ et tutti quanti, leurs liens avec les ailes jeunesses des partis parlementaires.Mis à part leur lobbying, l'objectif de ces organisations n'est pas de contester les institutions politiques, le mode de production économique ou la domination de classe, mais de s'en prendre aux baby-boomers et aux gens âgés en général qui étoufferaient sous leur «poids démographique» les jeunes générations dès lors inhibées dans leur avancement social.L'argumentaire est déployé à partir d'un déni du conflit de classe.Cela produit un déplacement idéologique et fallacieux de ce conflit vers le rapport entre les générations.1 Cette occultation les a amenés à adhérer à la vision libérale d'une société pacifiée, où règne l'harmonie et la «carrière ouverte aux talents».enfin si ce n'était de la caste des vieux qui monopolise encore le pouvoir politique et économique que convoitent les «jeunes leaders».Cette posture a souvent amené ces organisations à reprendre à leur compte l'agenda de la droite néo-libérale sur plusieurs enjeux (remboursement accéléré de la dette, discours sur le «choc démographique», discours des «Lucides», défense du Remboursement propori-tionnel au revenu (RPR) en éducation, etc.).Bref, lorsqu'elles se construisent dans le déni du conflit social, les «nouvelles idées» des jeunes technocrates en puissance s'avèrent le plus souvent du réchauffé d'idéologie dominante.Il faut rendre à César ce qui lui appartient et reconnaître que Cénération d'idées a su mettre en place un rapport avec certains représentants des générations plus âgées qui agissent à titre de mentors pour les jeunes auteurs dans le magazine.Il y a bien Danny Laferrière, Serge Bouchard et Lorraine Page, mais de manière plus «intéressante» : Daniel Audet, Premier vice-président du Conseil du patronat, ancien chef de cabinet de Bernard Landry et conseiller d'André Boisclair, Claude Béland, ancien président du mouvement Desjardins, André Caillé, ancien président-directeur général d'Hydro-Québec, Cilles Châtillon, Principal artisan des Sommets économiques au Québec et le président-directeur général du Cercle des prési- L'argumentaire est déployé à partir d'un déni du conflit de classe.dents du Québec, Jean Coutu Pharmacien, président du conseil d'administration du Croupe Jean Coutu (PJC) inc., Marc Lalonde, ancien ministre de la Justice, André Larocque, Sous-ministre, réforme des institutions démocratiques, David Levine, Membre du conseil d'administration et président-directeur général de l'Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de Montréal, André Pratte, éditorialiste en chef du journal La Presse.Dans un texte intitulé le «krach démographique» publié récemment dans Le Devoir, qui a toujours les priorités à la bonne place, le groupe livre un message clair : «il faut empêcher à tout prix que la vieillesse de notre société entraîne celle de ses idées».Les vieux coûtent cher en frais de santé, et ils n'est pas question qu'on paie pour eux.Le texte a beau être enrobé de références humanistes sur le partage d'expérience entre les générations, on n'y croit pas.L'un des fondateurs, Paul St-Pierre Plamondon, dévoile le pot aux roses lorsqu'il dit «La participation de nos aînés à la société est fort probablement notre planche de salut comme collectivité.Le concept de "Liberté 55" doit faire place à un partenariat entre générations où chacune d'entre elles doit participer au maintien de notre économie et de nos finances publiques.Cette participation ne peut pas se faire systématiquement sous forme de "double dipping", par exemple dans le cadre d'une mise à la retraite hâtive combinée à un nouveau salaire à titre de consultant ».Le groupe propose de «favoriser l'implication et l'intégration de nos aînés dans la société tant par le travail ou le bénévolat (.) Il faut encourager l'embauche de personnes plus âgées, empêcher les pratiques discriminatoires sur la base de l'âge et mettre fin aux politiques de retraites hâtives.De plus, nous devons nous assurer que chaque organisation saisisse les occasions de mentorat et de transfert de connaissances entre générations».Toutes choses étant égale par ailleurs et le capitalisme étant un fait naturel, il faut augmenter l'âge de la retraite, abolir les retraites hâtives et encourager les employeurs à engager des plus de 60 ans.Il fut un temps où l'on parlait de «faire payer les riches».Maintenant on sait : il faut faire payer les vieux.Il fallait bien un esprit de jeune cadre pour générer un tel cliché.Le pire, c'est qu'ils prévoient organiser bientôt un Sommet.À suivre.1 J'ai déjà montré ailleurs comment ce déplacement ne tenait pas la route (www.pressegauche.org/spip.php ?articlei465).Certes, ce discours fournit un habillage rhétorique commode à l'ambition narcissique et l'opportunisme de jeunes technocrates en manque de reconnaissance.il est plus facile de faire de l'âgisme que de pointer du doigt le véritable responsable : la hiérarchie économique, et l'appareil capitaliste qu'elle sert.La très grande classe du Canadien LE CHAT NOIR Du matériel «pédagogique» à l'effigie du Canadien de Montréal circule actuellement dans les classes au Québec.Subventionné à hauteur 125 000 $ l'an dernier et 128 000 $ cette année par le Ministère de l'éducation, du loisir et du sport, la ministre Courchesne a soutenu que ce matériel produit par une société privée ontarienne ne constituait pas de la publicité, ni de la promotion pour le club de hockey et que la subvention visait à souligner le 100e anniversaire du club cette année.Pas un journaliste n'a osé demander : «Pourquoi donc l'avoir également financé l'an dernier Mme Courchesne?Pour leur 99e anniversaire peut-être?» En somme, les médias en ont largement parlé sans toutefois vérifier qui est derrière cette campagne et surtout, sans s'attarder à la qualité de ce matériel «pédagogique».Dans un texte publié dans le numéro précédent, un collaborateur à ce canard décrivait l'insignifiance d'un spectacle très lucratif de Disney produit au Centre Bell par le Croupe Cillett.Or, en plus de ce groupe, George Cillett possède aussi le Canadien de Montréal valant environ 334 millions $.Les machines à fric tentacu-laires carburant aux produits dérivés, Ceorge Cillett semble bien les connaître.M.Cillett a donc retenu les services de Paton Publishing dont le slogan « Thinking young » (disponible sur le ouaibe) laisse peu de doute sur leurs réelles motivations.Sur leur site, on trouve une équation bien révélatrice de u ~ ^ WtfcOCHAGf SCMA^E * leur créneau : la photo 1 111*» - .¦ ¦ ¦ phc d'un jeune homme à laquelle on additionne les produits de Paton égale « Youth Experts».Avec des clients comme Hasbro, Pizza Hut, Reese's (General Mills), Lego et M & M, on avale difficilement l'argument selon lequel cette compagnie ne cherche pas à vendre des enfants à des compagnies privées ultra lucratives.En clair, cette entreprise se spécialise dans l'expertise ciblant le marché des jeunes consommateurs.Stu>N HON MOVVtkvMMWU ScoU'tst, QHkm Ottt tÙUiH V*»W- cxst te co»trt' Qu'on StfME.Vou5 M'WQ ?ft V£UR t>cT8E RENVOJC' VU liS OïtoNSTV Lutte au décrochage ?En parcourant le site www.canadiensatschool.com, on saisit l'ampleur de cette arnaque publicitaire.Dans la section «Parents» du site, on trouve des jeux dont certains demeurent relativement éducatifs, un coin aux devoirs et un coin de lecture.Mais dans un document pour les enfants visant l'aide aux devoirs, il est écrit : «Lorsqu'il aura terminé sa carrière dans la LNH, [Christopher Higgins] compte se réinscrire à Yale pour obtenir le diplôme qu'il n'a pas eu le temps de compléter avant d'être recruté par les Canadiens.» Dans le document s'adressant aux parents pour l'aide aux devoirs, cette information sur le décrochage de Higgins disparaît tout bonnement.Comme quoi expliquer aux enfants les bonnes raisons de décrocher doit s'avérer rentable pour des propriétaires comme Cillett.La majorité des documents exposent en filigrane la glace du Centre Bell où on peut évidemment y observer une publicité pour Bell au centre de la patinoire.Dans le coin de lecture, on peut télécharger cinq histoires version « débutant» ou «avancé» mettant en vedette des joueurs du Canadien.En somme, de trop banales histoires tournent à l'entour du rôle des joueurs, du respect des règles établies, de la discipline, de l'effort individuel et du travail d'équipe.La version «avancé» compte généralement une phrase ou deux de plus que la « débutant ».Si le but visait à encourager la lecture chez les jeunes, il est permis de penser que le concepteur de ces histoires ne possédait pas les compétences requises pour atteindre cet objectif.Du fait que les pages de l'histoire de Mike Komisarek ait été mélangées à la mise en page et que le tout se soit retrouvé tel quel sur leur site ouaibe, on sent l'amateurisme qui se dégage de cette initiative pseudo pédagogique.Au final, croire que le Canadien désirait réellement publier du matériel pédagogique tient d'une naïveté sans borne.Même un enfant le voit facilement.Si tel avait été leur but, on aurait eu droit à de réels outils pédagogiques sans le logo du club, le contenu aurait réellement aider les écoles dans leur mission et Cillett n'aurait pas demandé plus d'un quart de million de dollars au Ministère de l'éducation, du loisir et du sport, somme considérable qui aurait pu réellement servir à financer autrement le secteur public.Aider les enfants à réussir à l'école avec ce matériel équivaut à aider les enfants à gérer leurs finances avec Vincent Lacroix de Norbourg.Apprendre à compter et à écrire le français aux enfants par le biais d'une campagne de séduction publicitaire, sachant que le hockey stimule la compétition, la violence, les comportements machistes et le décrochage scolaire chez les garçons, revient à mettre encore plus de l'avant un système d'éducation dont le rôle consiste à endoctriner la population et ce, par tous les moyens nécessaires.Parce qu'après tout, le capitalisme n'a besoin que de producteurs, de consommateurs et de spectateurs.6»&it>ocM£ o"| OBAMA AU JOUR LE JOUR Jugement MUSIRONIE Un homme qui a fait preuve de sens critique envers le nouveau président Obama sera accusé la semaine prochaine dans un tribunal du Maryland de crime contre l'unanimité.UN MONDE PLUS HUMAIN Obama veut interdire la violence dans les techniques d'interrogatoire ; désormais, il demande à la CIA de torturer humainement les détenus.Rare inconfort Inauguration présidentielle aux États-Munis : Devant le concert d'éloges, seul Ted Kennedy a eu un petit malaise.TERRORISME INTERNATIONAL Au Kenya, un camion s'est enflammé, tuant plus de 113 personnes.Fox News viens d'établir un lien entre cet incident et le président Obama.Suspension Changement de tactique à Cuantanamo : on ne suspendra plus les prisonniers, seulement leur procès.La guerre des prix FRANCIS DUPUIS-DÉRI Si l'on parle beaucoup au sujet de l'Afghanistan de la récolte de pavot, il ne faut pas oublier la récolte des prix.La guerre en Afghanistan est très rentable pour les journalistes canadiens.Dans les derniers numéros du Couac, nous vous avons parlé du journaliste Alec Castonguay, du Devoir et de L'Actualité, qui a gagné quelques prix pour ses textes sur la guerre en Afghanistan et sur le chef d'état major Rick Hillier.Il a ainsi raflé en 2008 le prix Ross Munro Media, de la Conference of Defence Associations (CDA), en association avec le Canadian Defence &.Foreign Affairs Institute.Bref, un prix offert par des militaristes à des textes glorifiant la guerre ou ceux qui la font.En 2006, le prix Ross Munro Media était remis à Christie Blatchford, du Globe 0-Mail, pour son travail exceptionnel à l'égard « des efforts des Forces canadiennes dans la préservation des valeurs démocratiques canadiennes.» Au sujet de sa couverture de la guerre en Afghanistan, qu'elle décrirait selon le jury avec «une prose superbe», elle a «de toute évidence compris les soldats et bien saisi la camaraderie qui les lient les uns aux autres», tout en «célébrant les valeurs comme l'honneur et le sacrifice».Ces chroniques tirées de son expérience comme journaliste intégrée dans une unité de l'armée canadienne ont ensuite été regroupées dans un livre (FifteenDays), qui décrit quinze événements lors desquels des soldats canadiens sont morts en Afghanistan : l'attaque d'une école, l'explosion d'un véhicule, etc.Cette approche, qui ne peut qu'entraîner notre empathie envers «nos» soldats sans nécessairement nous aider à mieux comprendre les enjeux politiques de ce massacre, lui a été suggérée par des amies avec qui elle fait régulièrement son jogging, soit une conseillère stratégique en commerce, une directrice en marketing dans une firme d'architecte, une avocate et une assistante juridique qui a élevée ses enfants avec son mari dans une maison qui n'avait qu'une salle de bain complète.Cette précision, livrée par l'auteure elle même dans sa préface, annonce d'entrée de jeu tout ce que ce livre aura à nous apprendre sur l'Afghanistan, sa société, sa culture, sa politique, son économie, son avenir.Ce livre n'est ni plus ni moins qu'une série de chapitres décrivant dans le détail des épisodes tactiques de cette guerre : le caporal machin plonge derrière un petit mur, il lance un grenade, il se relève et saute par dessus le mur, il est blessé à la jambe, son ami le lieutenant truc arrive à la rescousse, lui panse la jambe, etc.Quelques mises en contexte nous rendent ces histoires encore plus attachantes : la fiancée du caporal machin raconte sa réaction quand elle a appris qu'il avait été tué.Elle a été très triste.Elle a pleuré.Ce livre a gagné, en 2008, le prix de la Couverneure générale, soit la reconnaissance annuelle la plus prestigieuse en littératu- [.] un prix offert par des militaristes à des textes glorifiant la guerre ou ceux qui la font.re au Canada.Le jury précise que Christie Blatchford «démontre que le reportage et les mots du langage ordinaire peuvent atteindre le sommet de la littérature.L'écriture de Blatchford permet aux soldats et à leurs familles de s'exprimer à nous dans leurs propres voix, sans parure».Je sais, le jury du prix de la Gouverneur générale est indépendant ; il est tout de même cocasse de savoir que la Couverneure générale est la cheffe des armées .Qu'un livre laisse les soldats parler, honore ceux qui meurent au combat, et oublie tout à fait de réfléchir à ces Afghans et ces Afghanes — et à leurs familles — qu'ils tuent dans cette guerre néocoloniale n'est finalement pas si surprenant.On vit en temps de guerre, la justifier vaut bien une récompense. Le Couac | mars 2009 PPP dans les universités, au profit de qui ?PHILIPPE HURTEAU, JEAN-FRANÇOIS LANDRY ET BERTRAND SCHEPPER Chercheurs à l'IRIS Depuis plusieurs semaines, les plans de sortie de la crise économique des gouvernements se succèdent, chacun promettant un passage moins douloureux à travers la crise économique.Ces plans mettent pour la plupart l'accent sur le développement des infrastructures afin de stimuler l'économie.Or, au Québec, les grands projets d'infrastructures mis de l'avant au cours des prochaines années seront assujettis à la Loi favorisant le maintien et le renouvellement des infrastructures publiques, qui exigent que tout grand projet (projet de plus de 40 millions $) soumis par un ministère ou un organisme public soit référé pour examen à l'Agence des partenariats public-privés du Québec, qui déterminera si le projet doit être réalisé en mode de partenariat public-privé.Il y a donc maintenant une obligation de penser le développement du Québec sur le mode des partenariats publics-privés, obligation qui est mise en évidence par l'étude du monde universitaire1, en se penchant plus particulièrement sur les cas de l'UQAM, de l'UQAR et de l'UQTR.Cardons à l'esprit que ces PPP participent au processus plus large de la privatisation des infrastructures publiques, que l'on pense, par exemple, au cas du CHUM ou au prolongement de l'autoroute 25.Encore récemment, le professeur Pierre J.Hamel de l'INRS mettait en garde contre ce type de partenariat, dont l'efficacité reste encore à prouver, mais qui vient lier les administrations publiques à des entreprises privées pour des périodes de 20-25, voire 35 ans, pendant lesquelles il est pratiquement impossible de réouvrir les contrats, au risque de pénaliser grandement le secteur public2.Le cas des universités québécoises est particulièrement éloquent en ce qui concerne le déséquilibre propre au modèle PPP : d'un côté tous les avantages sont consentis aux partenaires privés et de l'autre les risques financiers du projet sont assumés par les partenaires publics.L'avantage pour une administration publique de monter un projet en PPP est qu'elle n'a pas à inscrire de dettes dans ses livres comptables.Le cas des universités est particulièrement probant puisque celles-ci reçoivent des subventions du ministère de l'Éducation selon leur niveau d'endettement.Ainsi, dans certains cas (UQAM, UQAR), plutôt que de s'endetter pour la construction d'infrastructures, les universités garantissent les dettes de leurs partenaires privés - pour éviter de s'endetter directement - tout en faisant bénéficier ces derniers d'un taux d'emprunt avantageux.Cependant, en cas de faillite ou de défaut de paiement, c'est le public qui paie.Considérant que tant que le partenaire privé possède les infrastructures, il demeure responsable de son administration privant les universités de juridiction sur leur campus, il devient clair que le partage de risque est totalement inéquitable dans la gestion en PPP dans le milieu universitaire.Alors que ce mode de développement est relative- ment nouveau au Québec, il est utilisé depuis de nombreuses années au Royaume-Uni.Or, des projets de construction majeurs ont été annoncés récemment, entre autres des grands hôpitaux à Londres et en Ecosse, qui ne seront pas construits en mode PPP, car rien ne prouve que le public y gagne vraiment, tant au niveau financier qu'en prestation de services.Les cas de l'UQAM, de l'UQAR et de l'UQTR mettent en évidence des projets de développement qui marquent la privatisation de l'espace universitaire, que l'on parle des pavillons eux-mêmes ou bien de la recherche.Le partage de risques dans ces projets se fait systématiquement au désavantage de l'organisme public.Dans une volonté malsaine d'enrayer la dette publique à tout prix, le gouvernement (et les partenaires privés qui profitent d'occasions d'affaires leur assurant des revenus sur de longues périodes sans risque majeur) sous-estime les avantages liés à la construction d'infrastructures en mode conventionnel et surévalue la construction en mode PPP.C'est ainsi, par une résolution purement idéologique de laisser au privé le soin de gérer le développement des infrastructures publiques, que le gouvernement québécois laisse s'implanter de nouveaux îlot voyageur à travers le Québec." 1 IRIS - Les PPP dans les universités québécoises, www.iris-recherche.qc.ca 2 Pierre J.Hamel, « PPP : une dernière occasion d'en parler avant longtemps».Le Devoir, 3 décembre 2008.www.ledevoir.com/20o8/i2/03/220395.html Prêcher m lexempll Oh MU M.W*' HE Cm iVV» Jamais à court d'idées Le 3 février dernier, L'Institut économique de Montréal (IEDM) organisait une conférence intitulée : «La privatisation d'Hydro-Québec : une source d'enrichissement pour les citoyens du Québec» (véridique).Dans la même série, on apprend que les conférence de mars, avril et mai de l'IEDM auront pour titre : « Le licenciement des employés : une occasion à saisir pour refaire sa vie», «La socialisation des coûts : l'édifiante aventure de se serrer la ceinture» et «Les externalités de l'industrie : quand la nature devient partenaire d'affaire».REPRESAILLES POSSIBLES Éclatement d'une conduite d'eau à Outremont : la communauté juive menace le Hamas de représailles.musironie Déception Lueur d'espoir dans le conflit en Palestine : malheureusement, il ne s'agit que de bombes au phosphore.Retour sur l'investissement «Bon, d'accord, 38 milliards de pertes à la Caisse de dépôt.Mais techniquement, on est propriétaires de deux sur trois des îles Caïman!» Économie Le marché s'est brusquement redressé; malheureusement, il s'est cogné la tête sur le plafond salarial.musironie JE T'AIME, MOI NON PLUS Apprenant que le montage du Journal de Montréal se fait à Toronto pendant le lock-out, Bernard Landry annonce qu'il abandonne sa chronique.Il a justifié sa décision en déclarant qu'il préfère se faire monter au Québec.musironie Feux croisés autour d'une manif CLAUDE G.CHARRON La manifestation du 10 janvier contre l'offensive d'Israël dans la bande de Caza a donné lieu à des feux croisés qui nous prouvent que, ici comme ailleurs, les esprits s'échauffent quand ça chauffe au Proche-Orient.Les hostilités débutent avec l'envoi aux médias par le Comité Israël-Québec (CIQ) et le Congrès juif d'une vidéo dans lequel on voit une poignée de manifestants lancer des slogans antiIsraël.Tout va sans à-coups jusqu'au dimanche 18 janvier alors que dans La Presse, Rima Elkouri réprouve les deux organismes qui «prennent prétexte de ces dérapages» pour discréditer la manifestation dans son ensemble et la qualifier de «pro-Hamas».L'accusation de terrorisme intellectuel a l'effet d'irriter vivement les deux groupes.Tout comme la conclusion d'Elkouri : «Car, faut-il le rappeler, ce n'est pas parce que l'on critique l'État d'Israël, force occupante qui bafoue en toute impunité le droit international depuis 40 ans, que l'on louange pour autant les fanatiques du Hamas et leurs actions autodestructrices.» Sous la signature de son directeur général, paraît dans La Presse du 25 la réplique du CIQ.Luciano C.Del Negro se désole que son organisme ait été assigné au banc des accusés pour «terrorisme intellectuel» et «rhétorique guerrière».«Si Madame Elkouri juge ces "écarts de conduite" comme nous, "indignes de Montréal" , elle se méprend lorsqu'elle avance que les lacunes linguistiques des organisateurs les absolvent de toute responsabilité pour la transformation du centre-ville de Montréal en banlieue du Hamastan.» Le polémique est d'autant plus enga- gée que, deux jours plus tôt, dans Le Journal de Montréal, Richard Martineau a lancé la première pierre sur qui il ne nomme pas, mais l'apelle avec un mépris certain : «une chroniqueuse de La Presse».«Et si c'était une manif destinée à critiquer le Hamas et des militants qui traitent les musulmans de chiens, accuse-t-il, vous pensez que cette chroniqueuse banaliserait la situation en disant que, de toute façon, "toute manifestation du genre comporte un risque de dérapage" ?Non.Elle grimperait dans les rideaux en criant au racisme.» Dire que le même Martineau qui pourfend Elkouri pour manque d'objectivité, prenant à la légère les slogans anti-Israël proférés en arabe dans la rue, ne semble avoir aucune gêne de laisser traîner sur son blogue(1) les propos d'un certain Jean-Claude St-Yves, compris de tous parce que dans la langue de Molière, et qui lui avaient été courriellés le 5 janvier : «La solution serait, écrit Saint-Yves, d'exterminer la Bande de Caza (sic) pour de bon afin d'avoir la paix.Israël doit y songer et il en est capable.C'est dommage pour les innocents, mais ils sont collatéraux.» Il est, hélas, bien difficile, pour les non-Juifs de critiquer Israël sans être taxés d'antisémitisme.Heureusement que certains Juifs se permettent de le faire, mais il est dommage que l'on ne puisse lire leur abondante prose que dans les journaux à faible tirage, comme dans le numéro de février d'Alternatives où l'on peut détecter les haut-le-cœur tant de Naomi Klein que de Judy Rebick, cette dernière témoignant que, avec huit autres femmes juives, elle a été arrêtée le 8 janvier pour avoir occupé le consulat israélien à Toronto.Un autre universitaire tout autant juif qu'antisioniste, Noam Chomsky, vient de dénoncer la volonté d'Israël pour ses actions à Caza.(2) Il n'y va pas avec le dos de la cuillère quant il écrit que l'usage de la terreur contre les Palestiniens, des actions militaires et diplomatiques et de la propagande incessante, ont toujours fait partie de l'arsenal de l'État d'Israël afin de mettre un jour la main sur le plus de territoire possible en Palestine.Quant à l'opération «Plomb durci», c'est six mois d'avance qu'elle aurait été planifiée.Et à partir d'un plan comprenant deux volets, l'un militaire et l'autre de propagande, avec comme but ultime de réparer les erreurs de la guerre du Liban de 2006.Abonde dans le même sens dans Le Nouvel Obs, que l'on ne peut taxer d'an-tisionisme, Yves Aubin de laMessuzière.Le 4 novembre, après cinq mois de cessez-le-feu globalement respectés, témoigne-t-il, «c'est une opération israélienne contre les tunnels creusés sous la frontière entre la bande de Caza et l'Egypte qui a marqué le début de la rupture de la trêve.» (3) Lors d'une visite à Caza en juin, Messuzière avait conseillé au premier ministre Haniyeh d'assouplir la position du Hamas face aux exigences israéliennes.« La trêve a été conclue et, pendant cinq mois, les Quassam ont cessé de tomber sur les localités israéliennes, mais les Palestiniens de Caza n'ont constaté aucun allégement du blocus, aucune ouverture permanente des points de passage, comme il l'avait réclamé.» Mais devant un Israël qui, avant même que quelques Quassam atteignent Sderot, a fermé tous les points de passage dans la bande de Caza réduisant considérablement, et parfois refusant, le passage de vivres et de médicaments, ne pouvait-on pas s'attendre à ce que certains en viennent à proférer de gros mots lors d'une manif à Montréal?Dans un contexte d'une blitzkriek cau- sant la mort de treize cents Palestiniens contre treize Israéliens, les expressions « chiens de juif» et « détruisons Tel-Aviv» entendues en arabe méritent-elles que les organisateurs de la manif battent leur coulpe?Si on peut faire un reproche à Rima Elkouri, c'est d'avoir catalogué le Hamas comme étant uniquement un repère de «fanatiques», s'alignant ainsi avec la position de nombreux pays développés, dont le Canada, qui se sont mis à la traîne des États-Unis en plaçant le Hamas sur leur «Liste des groupes terroristes».Messuzière est contre cette approche.À son avis, elle ne peut que radicaliser davantage les Palestiniens qui se considèrent comme étant tous des «résistants» devant « l'envahisseur israélien ».Martineau devrait songer à cogner à la porte des Asper afin d'arrondir ses fins de mois, lui qui ne semble pas avoir les moyens de respecter une ligne de piquetage, qu'elle soit physique ou virtuelle.On risque de lui ouvrir, tellement l'idéologie qu'il véhicule correspond à celle de la chaîne Canwest.1 martineau.blogue.canoë.ca, commentaires, «Appel de courtoisie», 5 janvier 200g 2 www.vigile.net/Exterminez-toutes-les-brutes î « Le risque, c'est la radicalisation du Hamas », Le Nouvel Observateur, 8-14 janvier 2009 NB : Le 9 février, au moment d'écrire ces lignes, dans le Clobe and Mail, Lysiane Cagnon prend prétexte d'un trop-plein de compassion palestinienne de la députée Mourani, pour faire peser des soupçons de judéo-phobie sur tout ce qui bouge au Québec.Bonne façon d'attiser un peu plus les braises du Quebec bashing qui couvent toujours dans le « plus meilleur.»! GAINS POUR LES TRAVAILLEURS Crâce à la nouvelle entente sur la mobilité de la main-d'oeuvre au pays, il sera maintenant plus facile de ne pas se trouver d'emploi dans une autre province canadienne.musironie Pression syndicale Conflit de travail au journal The Gazette : les employés accentuent leurs moyens de pression.Certains menacent même de parler français.musironie Le Couac | mars 200g Quel État gère ?SYLVIE BERTHAUD Auparavant municipalité régionale de comté (MRC) d'Asbes-tos, en Estrie, cette belle région de 15 000 habitants change de nom en 2005 suite au déclin de la mono-industrie de l'amiante et de l'échec patent de Magnola (1 milliard 300 millions engloutis dans une usine non fonctionnelle et polluante).Elle devient la MRC des Sources pour signaler une réorientation majeure en faveur du développement durable et de ses micro-entreprises.Au printemps 07, pour se conformer aux nouvelles normes, une régie de 15 municipalités est créée pour mettre sur pied un lieu d'enfouissement technique (LET), répondant à leur besoin d'élimination des déchets.La MRC veut pour cela adopter un plan de gestion des matières résiduelles (PCMR) limité à 50 000 tonnes pouvant être enfouies annuellement.En octobre 07, le président de la mine d'amiante Jeffrey, M.Bernard Coulombe, annonce le Parc Éco-ressources-énergie (ERE) en partenariat avec la Corporation Maybach (propriété de Lucien Rémillard).Une composante majeure de ce projet est un énorme dépotoir de 30 millions de tonnes d'ordures (600 000 T par an) , joliment nommé LET-bioréacteur.Il nous est dit que le LET va permettre de financer un centre de tri, du compos-tage et une usine de gazéification, ce qui ferait du projet Jeffrey-Maybach un «champion de l'environnement».Les consultations publiques de janvier 08 confirment la volonté de la MRC d'opter pour un PCMR de 50 000T maximum, même si plusieurs se prononcent pour 35 000T dégressif.La population ne veut pas d'un méga dépotoir pas plus que 6 des 7 maires.Le 7e, celui d'Asbestos s'insurge ; l'implantation était prévue dans sa municipalité, lui octroyant de fortes redevances et les 200 emplois annoncés.De nombreuses présentations du Parc ERE sont effectuées avec service d'autobus et collation offerts.Dès le printemps 08, les promoteurs occupent la scène médiatique et mobilisent régulièrement les élus.L'été venu, la ministre de l'environnement confirme l'acceptation du PCMR tel qu'adopté.Le volet «gazéification» a disparu sans explication pour être remplacé par une usine de méthanisation.Ces procédés très différents ne traitent pas les mêmes matières.Il n'est plus non plus question du Parc ERE : l'entreprise s'appelle maintenant Complexe Estrie-Enviropôle.Des citoyens découvrent que le promoteur local n'en est pas actionnaire alors que c'est lui qui a signé la demande auprès du ministère de l'environnement.L'opposition au méga dépotoir s'organise, aidée par le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQCED) qui apporte son expertise indépendante.Une pétition commence à circuler.Il naît une antenne des AmiEs de la Terre1.En octobre 08, Estrie Enviropôle déclare qu'elle va ériger dès le printemps 09 l'usine de méthanisation comme iere phase de leur complexe, décrétant que «les discussions ont assez duré».Peu après, cette entreprise privée annonce une poursuite en cour supérieure pour demander l'annulation de certains règlements tout à fait légaux dont le fameux PCMR et intente un procès à la MRC et aux 6 maires réfractaires.Une soirée d'information publique sur la gestion des déchets organisée par les AmiEs de la Terre réunit 400 personnes.Le 19-01-09, le Préfet reçoit une pétition contre le méga dépotoir qui récolte 5123 noms sur environ 7 000 > '/MJtftyXukX Ccnpie ÏAtMAH pWrtPfc efvi .périt cAoAvw>*e~t a* prc • AIR CANADA @ Cette fausse publicité, qui ressemble comme deux gouttes d'eau aux véritables pubs d'Air Canada, a été distribuée par des militants pour les droits des réfugiés à Montréal (Cyberpresse, 08-02-09).Elle offre des vols à prix réduit aux «accompagnateurs officiels d'une personne transférée», autrement dit aux screws de service qui voudraient surveiller des réfugiés expulsés du Canada dans leur pays d'origine ! «Chargez-vous personnellement de la surveillance et du confort de la personne transférée.Remettez-la officiellement aux autorités au moment de votre arrivée à destination.Recevez, une fois votre mission accomplie, un document biographique complet de la personne transférée incluant son dossier d'immigration, avec reliure dorée frappée du sceau royal canadien.», ajoute la pub signée «Déportation Alliance» au lieu de «Star Alliance», le réseau international de lignes aériennes dont fait partie Air Canada.Le transporteur aérien n'aurait, semble-t-il, pas apprécié.On se demande bien pourquoi.Peut-être que ça lui rappelait un peu trop le faux communiqué émis il y a quelques années dans lequel Air Canada annonçait avoir renoncé à transporter les réfugiés expulsés.Décidément, les Yes Men font des petits.Présent depuis quinze ans au mouvement alternatif français (anarchisme, librairie coop, droits des animaux), Léo Thiers-Vidal, un anarchiste proféministe radical français dont on trouve plusieurs écrits sur le Web1 apporte dans le jardin des hommes la pierre du féminisme matérialiste (Delphy, Cuillaumin, Tabet, Wittig aussi).Loin de s'en tenir aux arcanes de la philosophie politique, il mène une pratique de soutien à des étudiantes violées par un prof tendance et aux mères assiégées par le lobby des pères incestueux - dont, notamment, un eminent psychologue québécois.En le faisant, il interpelle l'espèce de stase prudente des soi-disant bons gars de la constellation progressiste, si étrangement impuissants face au sexisme.Fil à la patte, ou poil dans la main?Entre toutes ces activités, Léo poursuit son travail universitaire, tente d'aimer différemment, en parle autour de lui et mène une recherche innovatrice dans le milieu progressiste.Doctorant en philosophie politique à Lyon il mène, sous la direction de Christine Delphy, une recherche qualitative auprès de huit hommes identifiés au mouvement progressiste et s'identifiant ou non comme anti-masculinis-tes pour explorer à quel point ceux-ci se considèrent ou non chanceux d'être de sexe masculin, afin de repérer chez eux la conscience de dominer.¦ Comment empêcher un homme de vous tuer sans lui faire de la peine?¦ Pourquoi parle-t-on si peu de l'autonosexualité et de l'hiverosexualité?¦ Comment convaincre un groupe de militants qu'un viol commis entre deux ateliers de leur weekend antisexiste est inacceptable?Quelle conclusion (ou révérence) tirer quand on n'y arrive pas ?Albert Camus lançant Le Deuxième sexe au bout de ses bras il y a 50 ans comme «insulte au mâle latin».Trois questions et une image, à nous d'en faire émerger d'autres ensemble.Je nous propose de mettre la pensée de Léo en jeu ensemble à l'UQAM.Réunissons-nous le 21 mars lors de La nuit de la philosophie à i6h au local R-M110.Écrivez-moi vite pour entamer tout de suite la discussion ! On ne fait pas d'Hamlet sans casser des eux.1 entre-sol.blogspot.com/2008/06/de-la-masculinit-lanti-masculinisme.html mauvaiseherbe.wordpress.c0m/tag/leo-thiers-vidal/page/2/ sisyphe.org/article.php3Fid_articlen364 mauvaiseherbe.wordpress.com/tag/leo-thiers-vidal/ www.chiennesdegarde.com/article.php3 ?id_article=3io sisyphe.org/spip.php ?article7so INTEGRATION Bonne nouvelle: les jeunes autochtones souffrent de plus en plus de diabète, ce qui prouve qu'ils s'intègrent de mieux en mieux à la société nord-américaine.musironie Le Couac | mars 2009 I A-t-on raison de se remémorer?Cité libre SIMON TREMBLAY-PEPIN > o La gauche des années 60-70 suscite de plus en plus d'intérêt dans certains milieux.En faire l'histoire, en tracer les contours, devient une chose non seulement possible mais intéressante.Que ce soit pour l'expliquer, la répudier ou simplement pour témoigner de ce qui a été, on recom mence à en parler et à écrire.Pierre Beaudet, très impliqué dans la gauche de l'époque et mieux connu pour son lien avec Alternatives, publiait ses «chroniques des années 70» (étrangement le tout s'achève en 76 et il y est beaucoup question des années 60) sous le titre On a raison de se révolter.On trouve dans cet ouvrage ce qui semble être, au jeune néophyte, un compte-rendu lucide et honnête d'un militant qui a su faire ses bilans.Après un prologue un peu lassant par son impressionnisme échevelé, on entre dans un récit plus clair et précis, sans pour autant sombrer dans le détail maniaque.On y fréquente tant les luttes étudiantes de la vie collégiale et universitaire que l'activité militante plus large.Le style, mais surtout les événements en eux-mêmes, permettent de se laisser emporter dans le récit de cette époque et de ce milieu méconnus par la plupart des gens de ma génération.Haro sur le Beaudet Beaudet témoigne d'ailleurs de l'application d'un procédé assez troublant (et de toute évidence traumatisant) dont il a été victime.Il raconte en effet la dissolution de l'organisation militante dont il était le secrétaire, Mobilisation, qui s'est transformé en un processus d'autocritique aussi ubuesque que destructeur dont les extraits qui nous sont livrés étonnent par leur dureté : Les débats évoluent puis se perdent dans une spirale qui m'échappe.Nous ne pouvons plus nous regarder dans les yeux.Nous ne pouvons plus ouvrir nos cœurs.Les mots jaillissent comme des insultes, parfois comme des menaces.Je suis mis en quarantaine.Je n'ai plus le droit de contacter mes amis.On m'interdit l'accès à mon bureau et à mes documents.Mes 2000 livres sont mis sous scellés.Cette mini fin du monde bien symbolique me fait paniquer; j'ai le sentiment de perdre pied.HltHNfc bfcAUOt T On a raison de se révolter Déprime?On y rencontre un Québec qui res-semble assez peu à celui d'aujourd'hui.Le fossé est d'ailleurs parfois très déprimant.Quand on lit le nombre de militant-es décidées à agir et impliqué-es, les manifestations fréquentes et populeuses et l'impact des groupes de gauche dans la population, on constate une effervescence _____ que, de toute évidence, nous ne connaissons pas.La déprime arrive avec le constat d'échec de ces mouvements, formulé tant par Beaudet que par les faits.Alors qu'ils étaient si nombreux et enthousiastes, alors qu'ils avaient plusieurs organisations et des militant-es chevronné-es et bien organisé-es : l'échec est patent et évident.On se demande bien comment, avec trois pelés et une tondue, on pourrait réussir, nous, à faire quelque chose.La réponse positive, s'il y en a une, se trouve peut-être dans la manière de faire de la politique, manière qui se serait épurée de certaines façons de faire plus musclées du temps (pas si) jadis.CHRONIQUE NÉCROLOGIQUE [.] un compte-rendu lucide et honnête d'une militant qui a su faire ses bilans Revenir aux sources Mais au-delà de constater tous les problèmes à l'origine de ces passages difficiles, comment faire pour qu'ils ne restent pas la seule signification de cette époque ?Abdiquer devant cette interprétation univo-que qui place les mouvements d'alors comme une pathologie sociale, c'est à la fois dénigrer d'où vient la gauche québécoise actuelle et nier sa pertinence aujourd'hui.Bien entendu ce sera l'opinion de ceux d'en face et ils commencent déjà à la rependre, tant dans des livres que dans des films.Mais quelle sera la lecture que nous offrirons de notre passé (je dis le nôtre parce que, sans y avoir pris part, je m'inclus dans la lignée de ceux qui en étaient) qui permettra de construire notre avenir.Elle devra être critique, bien entendu, mais à l'image de la chronique de Beaudet, elle ne devra pas être que cela.Si on ne veut pas qu'une version simpliste et libérale domine cette histoire, il faudra que d'autres prennent la plume ou la parole.D'abord, pour raconter.Ne faisons pas comme nos adversaires qui plaquent d'emblée leur analyse sur la réalité d'autrefois pour ensuite oublier les grands pans qui ne «fittent» pas avec leur thèse.Ensuite, au moment de l'analyse et de la synthèse il y aura des désaccord sur l'interprétation, mais la force de la diversité et du débat (peut-être un des apprentissages de cette époque?) dépassera la bêtise de leurs préjugés.BEAUDET, Pierre, On a raison de se révolter : chronique des années 70, Écosociété, Montréal, 2008, 248 p.MUSIRONIE CSI Montréal Suite à la découverte du corps d'un nourrisson mort-né dans une machine à laver de l'Hôpital Lakeshore de Montréal, une enquête a été ouverte: il s'agirait d'un suicide.n institution La Commission des champs de bataille nationaux annonce une reconstitution historique spéciale pour commémorer l'enlèvement de Cédrika Provencher à Trois-Rivières l'été prochain.TOUT S'EXPLIQUE Labyrinthe Un incendie dans une usine de portes et fenêtres a fait une victime ; l'homme aurait cherché en vain la bonne porte pour sortir de l'usine avant de mourir asphyxié.Le Couac a appris en exclusivité que c'est en écoutant l'ensemble de son oeuvre pour la préparation d'un album-compilation qu'Éric Lapointe a été pris d'un malaise.Spécialité étrangère Afin de résoudre l'épineux problème du nombre de places disponibles en garderie, le Gouvernement du Québec songe à faire appel au spécialiste .belge Kim De Celder.Les troubles d'«un enfant du siècle» québécois C'est pas clair, Pierre Schneider FRANÇOIS CAVAILLÈS Poète, ado délaissé, poseur de bombes, jeune homme brisé par les pires prisons au pays, journaliste minable, éponge ambulante et toxico sur le tard, époux et homme d'affaires en perpétuelle reprise.Autant d'impressions données par le récit d'un «je» qui court d'une traite 300 pages, l'histoire d'une vie gonflée comme un film (à quand l'adaptation au cinéma?).Crave autobiographie cathartique, mais aussi roman captivant et amusant des bas-fonds abyssaux de la nuit à Montréal, Survivance complète Boum, baby boom.La véritable histoire de Bozo-les-culottes (paru en 2002 aux Editions Québec Amérique) en ajoutant notamment une conclusion de propagande indépendantiste.C'est pas clair, Pierre Schneider, attiré par la lumière.Et pourtant.Comment un destin fonce seul, dans le mur forcément.Ainsi soit-il, comme un militant peut-être, à ne voir le monde que comme on voudrait qu'il soit, la réalisation de nos libertés.De rêves littéraires en résistance rocambolesque, ses 20 premières années passées, il a dû en purger trois au Vieux Pénitencier de Saint-Vincent-de-Paul.Quelle justice lui rendre aujourd'hui?Si il était un soldat canadien patrouillant en Afghanistan, ou un député québécois payé au boniment, il se porterait mieux, la conscience plus tranquille.Sans cette maudite peine de prison, il y aurait de fWrrr \ttnr*4ci Survivance sa plume libérée davantage de poèmes et de chroniques.Idem pour ses compères fondateurs du tout jeune Front de libération du Québec, un groupe qui, derrière un nom évocateur de guérilla, «n'a jamais été un mouvement structuré dont les actions étaient bien planifiées» (p.183).Menotte, enchaîné et brisé pour des actes terroristes ou pour tous ceux qu'il a représentés comme opposant à l'ordre social établi?Dans l'ancien palais de justice de la rue Notre-Dame, le verdict lui est tombé dessus comme le ciel sur la tête.Quarante-six ans plus tard, reste bien accroché le devoir de sauver Pierre Schneider tel qu'il apparaît au bout de cette survivance sans fard, sexagénaire au grand coeur rabiboché, apparemment sans descendants.Sauvez l'homme des griffes de l'homme.Survivance, un roman autobiographique de Pierre Schneider, aux Editions du Québécois, 2008, 301 pages.Edition revue et actualisée de Boum, baby boom.La véritable histoire de Bozo-les-culottes (2002, Editions Québec Amérique).vue par un survivant PIERRE VADEBONCOEUR CITE L1BKE Le Québec est alors exactement sur la crête de deux époques Le «Triumvirus» La Tribu du Verbe latribudu verbe.com Musironie musironie.com Le Couac lecouac.org Ou'est-ce que c'était que la revue Citélibre à ses débuts, en 1950 ou 1951?Une dizaine de jeunes gens cherchant leur voie et celle aussi de la société québécoise du ^^^^ temps.Le Québec est alors exactement sur la crête de deux époques, l'une finissant, l'autre allant commencer.Celle-ci aboutira à la Révolution tranquille dans les années 60, après la mort de Duplessis (1959) et l'arrivée au pouvoir de « l'équipe du tonnerre» de Jean Lesage, avec Paul Cérin-Lajoie, Kierans, mais surtout René Lévesque.J'ai fait partie de Cité' libre peu après sa fondation en 1950.Quelques-uns de ses futurs rédacteurs se réunissaient apparemment depuis un an, cherchant à se donner un moyen d'expression.Il y avait parmi eux Pierre Trudeau, Gérard Pelletier, Jean-Paul Geoffroy, avocat et syndicaliste.Les deux derniers étaient passés par la JEC (Jeunesse étudiante catholique).D'autres les joignirent pour Cite libre, par exemple Roger Rolland, un littéraire, Maurice Blain, un intellectuel agnostique, notaire de profession, avec son frère Jean-Guy, et Reginald Boisvert, poète et employé de Radio-Canada.Quelques-uns, syndicalistes, travaillaient depuis peu pour la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC, future CSN) : Pelletier, Geoffroy et moi-même.Mon cas était cependant un peu spécial.J'avais fait mon droit de 1940 à 1943, mais sans conviction et étudiant vraiment très peu.J'ai tout de même obtenu mon baccalauréat en droit, quoique de justesse.Reçu au Barreau presque à mon corps défendant, j'ai déclaré à un ami, le soir même, qu'à partir de ce moment, je cessais de faire du droit!.Je fréquentais des artistes.J'essayais d'écrire.Je publiais quelques articles.Trudeau et Pelletier, dès 1950, avaient déjà une espèce de carrière publique.Moi, pas du tout.Je connaissais Trudeau depuis l'enfance.Il avait constamment été mon camarade de classe depuis l'élémentaire et naÊËmmammB , m - .jusqu'à la fin de nos études de droit.Mais j'ai rencontré Pelletier pour la première fois à Citélibre.Un détail : il était très intelligent, mais lui et moi n'avions pas beaucoup d'atomes crochus.En 1950, période charnière, la société québécoise était entre deux mondes, comme je l'ai dit.Elle était engoncée dans un passé figé.Le climat avait quelque chose d'étouffant.On était en plein duplessisme.Que pouvait donc représenter cette petite revue, Citélibre?La grève de l'amiante venait d'avoir lieu (1949).Refus global, le pamphlet de Borduas, avait été publié l'année précédente, contre la sclérose sociale et culturelle du Québec à l'époque.Sur le moment, cette brochure a fait moins de vagues qu'on ne l'a dit par la suite.Mais elle était un signe, virulent, que le Québec commençait à bouger.Gabrielle Roy, peu de temps auparavant, avait écrit Bonheur d'occasion, son premier roman (1945), et Roger Lemelin le sien, Au pied de la pente douce.Dans le désert ambiant, ces deux livres, plutôt modestes, furent considérés comme des événements importants, ce qui permet de mesurer dans quelle société endormie nous nous trouvions.Et Saint-Denys-Garneau, un pur poète, était décédé très jeune, à 31 ans, en 1943, après un silence de plusieurs années.La CTCC (CSN), devenue une centrale très militante, fut l'une des manifestations les plus importantes de l'évolution du Québec à cette époque et d'ailleurs par la suite.Elle allait contribuer à changer le Québec en profondeur, à enterrer le duplessisme, à en finir avec le conformisme réactionnaire.C'est justement dans cette période que Cite'libre publia ses premiers numéros.Notre histoire, autour de 1950 précisément, allait changer de direction.Il y avait le passé et il y aurait enfin l'avenir.Personnellement, je ne me rendais pas compte de cette cassure imminente.Superficiellement, tout paraissait encore stagnant et devoir le rester.C'est contre cet immobilisme que la revue militait.Pour ma part, je faisais mon boulot à la CTCC, à Citélibre, sans éclat particulier, et voilà tout.Je n'apercevais pas de signes annonciateurs d'une mutation.Pourtant, nous travaillions objectivement pour ces changements, sans trop saisir la portée de nos actions.Tel est grosso modo le souvenir que je garde de cette période obscure.Trudeau et Pelletier étaient les vrais dirigeants de la revue.À propos de l'avenir, ils avaient sans doute des intuitions plus vives que les miennes.Ils avaient d'ailleurs, ce qui explique un peu cela, des ambitions personnelles, donc des vues moins confuses sur l'avenir du Québec, car c'était un peu leur propre avenir.Tel n'était pas mon cas : une carrière politique m'indifférait.Le Québec se préparait à sortir de la Grande noirceur.Trudeau et Pelletier pressentaient probablement un tel changement, ainsi qu'un rôle pour eux dans tout ça.3 fréquences de publication Quotidien, hebdomadaire, mensuel 3 types de médias Blogue, radio, journal Un même but Tirer sur la connerie où qu'elle soit ! Le Couac | mars 2009 À bas les préjugés ! RENÉ GIRARD L, ouvrage du baron D'Holbach, Essai sur les préjugés, constitue à mon sens la meilleure démonstration de ce que les préjugés entre-f tiennent l'absence de démarche intellectuelle face aux fausses représentations du monde auxquelles les hommes croient sans réfléchir.En d'autres termes, il s'agit de démontrer en quoi consiste l'abdication pure et simple de la raison devant ce qui lui est présenté.Les pensées de l'homme sont ainsi, en quelque sorte, embarrassées par les préjugés qui remplacent souvent le défaut d'éducation.Dès les premières pages, le lecteur entre dans une expérience profonde de connaissance de soi.Une expérience pure qui dépasse, voire même annihile, tous les mysticismes mystificateurs, les oraisons incantatoires à quelque dieu imaginaire ou la confiance aveugle en quelque gourou imposteur qui polluent notre monde actuel.Il ne s'agit pas de trucs de magie, de prières stériles adressées à des dieux imaginaires.Non, il s'agit du travail naturel de la raison délestée des faussetés qui entrave son bon fonctionnement.Encore faut-il pour cela qu'elle les reconnaisse ces faussetés.C'est à cette tâche que se propose de nous conduire D'Holbach.Si je peux risquer une image pour qualifier cet essai je dirais qu'il est un miroir de ce que nous sommes, de l'immense richesse que nous portons en tant qu'individu une fois le ménage opérée par le départage du mensonge et de la vérité.J'ajouterais que ce miroir loin de porter l'image d'une nation, porte l'image de l'humanité.Ce texte met au jour ce que sont les préjugés et com- ment nous en sommes infestés sans en être conscient.Principalement, au regard de deux domaines qui affectent nos vies plus ou moins quotidiennement : le religieux et le politique.D'Holbach insistera sur l'importance d'une saine éducation, et montrera que la vraie morale est incompatible «avec les principes religieux et politiques des hommes».En passant on devrait peut-être s'en inspirer pour enseigner à nos enfants une vraie morale à la place de cette fantaisie abominable que l'on appelle Éthique et culture religieuse.«L'erreur, nous dit le baron, n'est une maladie innée du genre humain, la guérison de son esprit n'est devenue si difficile, que parce que l'éducation lui fait sucer avec le lait un venin dangereux qui finit par s'identifier avec lui et qui, développé par les circonstances, produit dans les sociétés les ravages les plus affreux.» Pour ce qui est des préjugés dans le domaine politique, les hommes «trouvent bien plus commode et plus court de se laisser entraîner par l'autorité ».Tous les régimes fascistes et despotiques en profitent amplement, et l'éducation aux vraies valeurs n'est pas leur fort.Ils «calomnient la Nature et la raison; ils les font passer pour des guides infidèles».Ils parviennent à montrer que la vérité est dangereuse, tout en se gardant bien de dire qu'elle le serait effectivement pour eux-mêmes.Aussi, ils la présentent comme difficile à atteindre, à moins de passer par leurs judicieux conseils qui souvent ne sont que d'horri- D'Holbach Essai sur les préjugés Dr l'Influente des optmtms sur les mtrurs & sur le b^mheur des hommes bles mensonges.D'Holbach ne fait pas qu'insister sur les préjugés, il a aussi de savoureuses pages sur leurs envers plus lumineux, il s'agit d'un véritable plaidoyer en faveur de la vérité.Par exemple, lorsqu'il attaque le préjugé bien tenace qui consiste à dire que « la vérité peut être dangereuse pour les peuples.Dire qu'il est des vérités que l'on doit taire, c'est prétendre qu'il est des maladies et des plaies auxquelles il est à propos de ne point appliquer les remèdes infaillibles et connus.» Sa démonstration achève de nous persuader de l'importance de la vérité contre ceux qui en ont peur, car elle les dénonce.Et il désigne encore une fois les coupables : «Si l'on considère avec attention la funeste chaîne des erreurs et des vices qui affligent l'humanité, on verra qu'elle part de l'autel et du trône».J'encourage donc le lecteur à constater par lui-même la richesse d'enseignements pertinents en si peu de pages.C'est un texte qui n'a pas d'âge, ni de frontière ; il s'adresse à toute personne qui aime la réflexion encore aujourd'hui.Puissions-nous en retirer à notre profit la sagesse qui en émane et ainsi faire connaître et apprécier de nos contemporains ce philosophe des Lumières qu'aimaient fréquenter Diderot, Rousseau et Voltaire, le baron Paul-Henri Thiry D'Holbach.Paul-Henri Thiry D'Holbach, Essai sur les préjugés, CODA & Jean-Pierre Jackson, Paris 2007, 233 pages.CANADIEN ERRANT Les écoles primaires du Québec utilisent du matériel pédagogique conçu par le Club de hockey Canadien, notamment en français (ouille) et en mathématiques.Au secondaire, le contrat du matériel de cours "Éthique et culture religieuse" ira sans doute aux Forces canadiennes et à SNC-Lavalin: "Si une bombe à fragmentation de 100 kg tombe à 200 km-h de 500 mètres d'altitude sur un village afghan, combien de temps faudra-t-il pour que." Ah comme la neige.Plan de déneigement à Montréal: après les crampons, Marcel Tremblay suggère aux Montréalais de s'acheter des raquettes.MUSIRONIE RAMON VITESSE KEITH KOUNA, Les Années monsieur (P572) Probablement fiché pour Caché icitte, un chant provocateur qui rentre dans nos maudites polices, Keith Kouna tourne désormais la page du groupe les Coules dont l'aventure s'achevait récemment avec la sortie de Fêtes des morts (toujours sur étiquette P572) avec un double disque - live et DVD.Exit le temps où, musique florissante, l'approche heavy dominait et exigeait de crier aussi fort que le reste du groupe.Dans ce nouvel album, on tombe sur le derrière ou bien on sautille en tentant de déclamer les textes déjantés le livret à la main.Toujours champion en chanson aux factures cosmopolites et aux instrumentations inventives (Tristan Mckenzie et un ex Coules) Kouna ramène la fête et boute le feu tant dans des pièces de miel dérobé goutte à goutte (L'Or, Déo, etc.) que des moments enfiévrés ou virulents (Tarentule, joyeuse, etc.).Partisan d'une chanson hyperréaliste aux limites de l'incongru, Kouna transmet l'urgence de vivre en adéquation avec la nature et une sensualité qui offre un bouquet à fleur de peau (voir aussi les illustrations de Marie-Pascale Hardy) sans parler de musiques touffues pouvant évoquer un Tom Waits pourtant dans une autre galaxie.Une manière matricielle les rassemblent! AVEC PAS D'CASQUE, Dans la naturejusqu'au cou (Crosse Boîte) Pour leur second album, ces chantres d'un country alternatif low-fi, ravive les braises de leur cœur d'animal blessé qui se remet chancelant sur pattes.Les ambiances deviennent un chouia plus élaborées sur des rythmes lents qui vrillent avec la force tranquille d'un marcheur imperturbable.Leurs pièces sont des moments iconoclastes où le réel est vécu en temps authentique et ou l'imaginaire se trouve sollicité par bonheur.Faire l'étoile et caler quand même, Un nez qui saigne, L'amour passe à travers le linge sont à brailler parce que quelque chose proche de l'unisson, du chevreuil apeuré et d'un, pourtant, si petit espoir dans un monde presque fané, frétille indubitablement dans les lignes de spirographes.TRYO, Cequel'onsème(S02/Salut/Columbia/Sony/BMC/Indica) Ce groupe farouchement indépendant avait les moyens de ses prétentions vocales et de ses chansons reggae rock uniques parce qu'elles avaient, dès le départ suscitées des foules de jeunes allumés par un possible monde alternatif.Au Québec on a pu entendre même à l'aube d'un succès populaire fulgurant, ce public chantant en tout leurs textes l'extase dans les yeux.Le savoir faire du groupe, voici des perfectionnistes (un crédit de coach vocal), et leur capacité à atteindre leurs idéaux (il faut entendre les collaborations et l'instrumentation additionnelle) chevauche des textes encore politisés (Abdallah ou Travailler plus) mais, s'attardent dans de petites histoires et sur notre importance relative dans le cosmos (Poussière d'étoile).Nos mousquetaires entrent en phase de maturité et c'est ainsi.KODIAK, La Mécanique (Indica/Outside) Un bond de géant et une touche magique pour ce groupe dont le premier opus hip-hop tournait en rond.Ce nouvel album propose des tonalités world reggae forts accortes dont les arrangements coulent de source avec une production exceptionnelle du parisien Laurent Jaïs (Mano Negra, Dobacaracol, etc.).Le noyau de base du groupe s'est resserré en s'octroyant ici et là avec à propos choeurs, claviers ou cuivres.Les textes, comme le titre de l'album peut le laisser penser, fustigent avec brio un monde qui poursuit sa marche cadencé vers le néant (Calamité, L'Horreur est humaine, Zombies, etc.).À voir en spectacle, fréquemment à l'affiche avec Tryo en tournée québécoise de la mi-mars à la fin mars! Sports Veuillez noter que Guy Laliberté viens de faire changer son nom au civil pour Monsieur Éric.musironie VALENTIN TARDI •La compagnie Kellogs annule sa commandite de Michael Phelps après que ce dernier ait montré Son côté givré.musironie LE RETOUR À LA TERRE, 5.LES RÉVOLUTIONS (Dargaud) Ferri & Larcenet THE AUTOBIOGRAPHY OF A MITROLL, 1.MUM IS DEAD (Dargaud)Bouzard Deux bouquins qui abordent des questionnements exacerbés et, comment l'humain s'adapte au temps qui file avec son lot de changements pourtant presque imperceptibles vus de l'intérieur.Dans les deux cas les auteurs adoptent le genre humoristique et même poussent dans le féerique - le premier avec ermite capable de léviter et le second avec des origines phénoménales d'un père.troll! Si Le retour à la terre pastiche le style BD autobiographique en format comics strip avec un trait presque ciselé, cette énième autobiographie loufoque captive dans un registre graphique fascinant de dynamisme mais, encore plus à déjouer une contrainte de quatre cases par trois avec virtuosité.LULU FEMME NUE, PREMIER LIVRE (Futuropolis) Etienne Davodeau © ^Î5l| b$Jl(?c^ À quarante quelques années, Lulu, une mère de famille sans histoires autres que la platitude et un mari adepte de la bouteille lourd comme une poche de patates, sans aucun plan à cet effet, un beau matin, décide de s'octroyer une nuit avec elle-même dans un motel quelconque.Tout donne à croire qu'elle rentrerait au bercail; de toute manière elle donna de vagues nouvelles de loin en loin.Davodeau, auteur de deux BD documentaires militantes (Un homme est mort et Les Mauvaises gens) remarquables, ici il s'entiche du vécu effacé d'une femme au mi-temps pour lancer un dyptique autrement plus captivant et ourlé que n'importe quelle merde d'action dopée d'effets spéciaux.Admettons aussi que son dessin délié et économe porte aisément ce conte allant tel un ruisseau en cascades.Voir Polytechnique >u ^Enlèvement ?FRANCIS DUPUIS-DÉRI Beaucoup d'hommes dans les médias se sont demandés publiquement s'ils iraient voir Polytechnique, le film.Peut-être que c'est trop dur, comme homme, de revivre tout ces sentiments, toute cette violence.L'homme québécois est sensible, il faut qu'il se ménage, à défaut de le faire.Vaut mieux alors aller voir L'Enlèvement, un film avec Liam Neeson dans le rôle principal et qui a été en tête du box-office aux États-Unis.C'est vraiment très bon et cela nous aide à réfléchir aux rapports entre les hommes et les femmes.L'acteur Liam Neeson joue le rôle d'un agent secret américain à la retraite, divorcé et père d'une fille de 17 ans.Cette dernière va à Paris avec une de ses amies.En débarquant en France, elles sont enlevées pas des Albanais qui font dans le trafic sexuel.Le père divorcé-exagent-secret vole à son secours.Au fil des formidables péripéties - dont une très belle scène dans laquelle le héros torture à l'électricité un homme pour apprendre, avant de le tuer, où est sa fille - on découvre que le réseau albanais va la vendre à un prix fort, car elle est vierge.Fichtre! Le père parviendra-t-il à sauver la virginité de sa fille?Suspens.Horreur, elle est achetée par un arabe, gros vicieux décadent, grâce à la complicité de Français corrompus.Heureusement, le père divorcé-ex-agent-secret des États-Unis réussit à punir (tuer) les mauvais Français, à liquider ces salauds d'arabes et à sauver sa fille, juste avant qu'elle ne perde sa virginité.Aucun journaliste ne s'est demandé s'il irait voir ou non ce film.Normal : il offre dans le rôle du père divorcé-ex-agent-secret un si beau modèle pour les hommes qui pensent qu'il n'y a plus de modèles masculins dans notre société féminisée.y le PENSE, DONC JE NUIS c'est plus d'une quarantaine d'auteurs ayant publié en nos pages durant la dernière décennie.Des auteurs dont les textes donnent à penser et, considérant le monde dans lequel on vit, a nuire.Commandez dès maintenant votre exemplaire en nous envoyant un chèque de 28 $ (25 $ + 3 $ de frais d'envoi) à l'ordre de « Le Couac », au 1872 Gauthier, Montréal, Qc, H2K1A3.Et n'oubliez pas d'indiquer votre adresse postale de retour ! au www.iecouac.org Pour une liste des points de vente, allez au www.lecouac.org/points_vente.html Le Couac | mars 2009 MONTREAL-NORD, QUARTIER SOUS LES VERROUS CO sqj nargess mustapha Les événements qui ont suivi l'assassinat de Fredy Villanueva à Montréal-Nord le 9 août 2008 n'avaient rien d'inattendu pour quiconque connaît les conditions socio-économiques dans lesquelles est confinée la population du district nord-est de cet arrondissement.Les chiffres sont éloquents, particulièrement lorsqu'ils sont comparés au reste de l'île.À Montréal-Nord, le revenu moyen par famille est de 20 000 $ inférieur à la moyenne montréalaise.En outre, 40 % de la population vit sous le seuil de la pauvreté (50 % plus élevé que Montréal), près d'une famille sur trois est monoparentale (comparativement à 1 sur 5 à Montréal), et on compte beaucoup plus d'adolescentes avec des enfants (45/1000 contre 28/1000).On peut aisément déduire que ces indicateurs de précarité sont plus élevés encore dans le district nord-est de l'arrondissement, un immense quadrillé de blocs appartements qui ne manque pas de rappeler Bratislavia.À Montréal-Nord, le revenu moyen par famille est de 20 000 $ inférieur à la moyenne montréalaise.Une grande part de la population nord-montréalaise est captive, c'est-à-dire qu'elle n'a plus les moyens d'échapper à la spirale de l'endettement, des loyers élevés, de la stigmatisation sociale et d'un phénomène de sauve-qui-peut qui pousse les moins malchanceux à lever les voiles dès que l'opportunité se présente.Dans bien des cas, restent ceux qui n'ont pas les moyens de partir.Malgré tout, la nature a horreur du vide et la zone rouge1, oubliée sinon caricaturée par la société québécoise, a développé sa propre culture sous l'impulsion notamment d'une nouvelle génération métissée qui n'adhère ni aux critères d'une tradition canadienne-française ni à celle d'une culture d'origine en ce qui concerne les familles immigrées (Haïti, Liban, Honduras.).Pour elle, l'hybridité de la culture hip-hop, par exemple, renferme bien davantage un bagage de referents qui correspond au quotidien.La fertilité de l'underground s'étend bien plus loin que la culture.Désormais, Montréal-Nord a aussi son économie informelle, ses propres lois non-écri-tes, ses relations de pouvoir alternatives et même une nouvelle fraternité populaire.C'est cette fraternité, répondant à celle des policiers, qui s'est soulevée le 10 août.Lorsque Jean-Loup Lapointe a enfilé ses gants noirs et est descendu de la voiture de patrouille pour régler le compte de Fredy, les témoins directs de l'intervention, ses amis proches et des membres de sa famille, ont immédiatement rapporté leur version des faits à la communauté.Le bouche à oreille a fait son œuvre et a vaincu localement la version policière colportée par les grands médias se livrant même à des affirmations du type «.entouré par une vingtaine de personnes hostiles, un policier n'a eu d'autre choix que de dégainer son arme et faire feu».Imperméable à la science-fiction officielle, les résidents du district nord-est ont explosé de colère et cette rage était telle que la bavure ne saurait dès lors demeurer impunie.L'exclusion qui génère une société parallèle à Montréal-Nord, c'est aussi un système politique clientéliste héritier de l'ère Ryan, ancien maire de la ville (avant la fusion de 2002).Depuis, la mainmise sur l'arrondissement est plus subtile ; on affame les groupes communautaires devenus serviles et apolitique.Les héritiers de Ryan se sont aussi appliqués à la gestion scrupuleuse de leur image de bienfaiteurs dans les médias.Ainsi, après les émeutes, une firme de communication est engagée pour contrôler les dommages politiques que les émeutes pourraient infliger à l'arrondissement2.Solidarité Montréûî-Nord, selon le communiqué de presse émis le 15 août, regroupe « les organismes communautaires et les principales institutions, dont l'arrondissement de Montréal-Nord, le Service de police de la Ville de Montréal (PDQ 39) et le CSSS »3.Bref, une nouvelle étiquette pour la même petite clique qui constitue le pouvoir effectif de l'arrondissement et qui verrouille l'accès au système officiel de répartition du pouvoir.À Montréal-Nord, concertation rime avec cooptation.Cet exercice de relations publiques qui visait à limiter les dégâts dont la clique locale porte la responsabilité aurait sans doute réussit n'eût été de l'intervention de Montréal-Nord Républik venu mettre en lumière à la fois les tentatives de subterfuges et exiger une véritable justice suite à la bavure du 9 août.Depuis, il semble que petit à petit, l'immuable édifice de l'establishment, basé sur l'acoquinement et l'anes-thésie populaire se fissure progressivement.La cinquième revendication de Montréal-Nord Républik demande la «reconnaissance du principe que tant qu'il y aura des insécurités économiques, il y aura insécurité sociale».C'est dire que la bataille afin que justice soit faite pour Fredy Villanueva a aussi lancé une guerre à finir contre les matraqueurs de la démocratie : ceux qui portent l'uniforme ou les autres, en cravate.1 C'est-à-dire un territoire dont le contrôle appartient aux gangs de rues «rouges» (les bloods), par opposition aux zones «bleues» (les crips.) 2 «City-linked PR firm aids groups », TheCazette, 17 août 2008.3 Communiqué envoyé sur CNW le 15 août 2008 RECHERCHE La police de Québec recherche activement un pédophile.Expérience un atout.Veuillez vous adresser au Service de police, 275 rue de la Maréchaussée, Québec.MusiRONiE Mauvaise nouvelle pour la SO La police de Montréal veut interdire le port d'un masque sur le visage durant les manifs.Les agents provocateurs pourront être plus facilement identifiée.* * >' '.'¦'• • ."' i>i • De boeuf, de porc, de gros chien sale.Il sera bientôt illégal d'insulter les policiers sur l'île de Montréal.Le Couac vous invite à bien en profiter avant que la loi n'entre en vigueur.MUSIRONIE L'antidote au tittytainment bruno dubuc Voici une petite revue de presse de quelques médias indépendants qui veulent distiller autre chose que le petit lait sucré du divertissement.Plus nombreux qu'on ne le croit, mais peu connus, ils tentent encore de transmettre de l'information à leurs lecteurs plutôt que de vendre un lectorat à des annonceurs.Ce que résumait le PDG de la télé française TFi, par sa célèbre formule sur sa fonction : «vendre du temps de cerveau disponible à Coca-Cola ».Bref oublions ensemble, À bâbord ! r«>vue sociale?et politique 6AZA : LES RECETTES DE L OBJECTIVITÉ»,,^* M m HP LJ \N KSSWt IDUCMICS IAM0IY LA .1 riAKKiMCf IMHUI 9l\tU IMM UM LA tAUCHC CAM* US MTWK $UI SE CAVCKT LU MC S M'« DAVOS.LA UtCf I T Mf Mf fji) SAVON DAMS LA t*« SINE H l'espace d'un instant, les 2,3 millions de téléspectateurs au premier gala de la 4e édition de Star Académie.Commençons près de chez nous avec le grand frère intello du Couac, j'ai nommé la revue à bâbord1.Moins irrévérencieuse que son jeune frère, la bimestrielle «revue sociale et politique» n'en demeure pas moins un complément indispensable pour fouiller certains dossiers.Dans le numéro de février / mars 2009, c'est par exemple la «fiscalité équitable et la justice sociale» qui est à l'honneur.Caétan Breton et Claude Vaillancourt, deux infatigables vulgarisateurs des magouilles économiques, vous invitent à découvrir le merveilleux monde des paradis fiscaux, de la fiscalité équitable (en ce moment surtout pour les banquiers) et surtout les liens que tout ça entretient avec la justice sociale.Bref, tout ce que vous n'osez pas demander parce que nos grands médiocres nous répètent quotidiennement que l'économie a ses raisons que le cœur ignore.Deux nouveaux venus ensuite.D'abord les nouveaux cahiers du socialisme2.Quoi?Qui ose encore parler de socialisme aujourd'hui ?Et attendez, il y a pire, ce premier numéro aborde la question des classes sociales ! Eh ben, moi qui croyait avec Alain Dubuc (ancien ML, mais qu'importe.) que l'éloge de la richesse au sein d'une économie mondialisée était enfin sur le point d'accomplir les prophéties d'une «nouvelle Internationale» où nous voguerions tous allègrement de montage financier en montage financier.Ces Cahiers, qui renouent avec la tradition de revues de gauche produites à la fois par des professeur-es et des militant-es vient péter ma balloune pas à peu près.Et c'est tant mieux.Mieux vaut avoir la balloune dégonflée sur le plancher des vaches que de se perdre dans la stratosphère des idées vaporeuses de l'IEDM et consort.L'autre nouveau venu, c'est le journal l'objecteur de croissance Le Mouvement Québécois pour une Décroissance Conviviale, pour lequel Le Couac a déjà publié de nombreux plaidoyers, a donc maintenant son propre porte-voix.À l'heure où de «vrais» journalistes «sérieux» commencent à écrire des livres qui ont pour titre Comment les riches détruisent la planète ou Pour sauver la planète, sortez du capitalisme (Hervé Kempf, du journal Le Monde, pour ne pas le nommer), il serait peut-être temps qu'on se rendre compte que la croissance a la quékette à l'air et que c'est une idée que l'on ne peut pas soutenir sérieusement.Quoi qu'en dise, une larme à l'œil, tous les Bernard Derome de ce monde en nous déclamant leur lithanie sur la crise économique.On souhaite donc à ce nouveau journal une.croissance fulgurante! Un petit tour dans les Europes pour finir.Des fois, quand je me tape C.Q.F.D., Le Plan B et Sine'Hebdo d'une traite, maudit que je nous trouve tranquilles au Québec.On peut bien se targuer d'être le seul peuple au monde à avoir fait une «révolution tranquille».Putain ! Comme disent les français qui, contrairement à leur nabot en chef, ne sont pas tous de cette droite qu'on dit «décomplexée».À preuve, les trois journaux indépendants que voici.Le premier, c.q.f.d.4, nous rappelle chaque mois «ce qu'il faut détruire, développer.».Avec des chroniques comme «Ça brûle», «Vrais ennemis, faux ami» ou «Tout doit disparaître», on est à des années lumières du politically correct ambiant qui sévit trop souvent même au sein de la gauche québécoise.Les scribouilleurs du plan b sont aussi énervés, mais différemment.Le bimestriel qui fait dans la «critique des médias et l'enquête sociale» part du postulat (on ne peut plus certain) que les médias mentent.S'ensuit une toute une rhétorique joyeuse où par exemple, pour s'abonner, il faut dire «Oui! Je veux détruire le PPA (Parti de la Presse et de l'Argent) ! ».Article non signés, démontage de texte, pastiche de procès des pires complices du PPA, tout cela fait qu'on ne s'ennuie pas de «la laisse d'or» de son précurseur, feu PLPL.Sans compter le fantôme de Pierre Caries qui n'est jamais loin.Bref, tout pour faire trembler les grands médiocres.Finalement, le dernier mais non le moindre, siné hebdo le journal mal élevé.Viré de ce qui reste de Charlie Hebdo cet été par celui qui l'a mené où il est rendu, le (malheureusement) incontournable Philippe Val, le vieux Siné (le monsieur vient d'avoir 80 bornes) a fait peut-être le plus beau bras d'honneur de sa vie (et dieu sait qu'il en a fait.) en créant cet hebdomadaire avec une bande de copains (Cuy Bedos et Michel Onfray, entre autres, qui ont allongé le cash par partir la patente).Depuis, les ventes de Charlie sont à la baisse et celle de SineHebdo sont suffisantes pour assurer à ce jouissif mariage de dessinateurs irrévérencieux et de chroniqueurs baveux un brillant avenir.Baveux et, disons-le, à peu près tous libertaires, ce qui fait du bien autant à la tête qu'au cœur.1 www.ababord.org 2 info: ERic.MARTiN(ô>uottawa.ca 3 info : editionobjecteurdshotmail.com 4 www.cequilfautdetruire.org 5 www.leplanb.org 6 www.sinehebdo.eu Célébration chinoises ErïjChine, les différents corps poli-"ciers.entafnent la nouvelle année avec.fierté-et optimisme, puisque ••selon le calendrier chinois, 2009 est l'année du ùoeuf.musironie
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