Le couac, 1 avril 2009, avril
Ayril 2005I I Vol.12 - n° 7 I 3,50 $ Je peîise, donc je nuis POSTES ^afe CANADA CANADA POST Pnrt pay* poet** ptud Poit» Publication, PuDncni.nl Mail 40O2486& Manger MARC-ANDRÉ CYR Membre de la coop Touski Il faut poser des actes d'une si complète audace que même ceux qui les réprimeront devront admettre qu'un pouce de délivrance a été conquis pour tous.Claude Gauvreau Tel est le préambule, non pas d'un manifeste révolutionnaire, ni même d'un hommage aux automatistes, mais bien.d'un plan d'affaires, celui de la coopérative de travail Touski.La petite histoire de cet espace autogéré débute en 2001, dans un lieu que les tenants de la novlangue gouvernementale appellent un bureau «d'assurance emploi».Deux jeunes femmes monoparentales, évidemment sans le sou, se lancent l'idée, sans trop y croire, de mettre sur pied un café coopératif où les enfants du quartier Centre-Sud pourraient manger autre chose que des « hot-dogs » et de la friture aux origines douteuses.Elles s'entourent donc de quelques amies - hippies, anarchistes, féministes - et mettent sur pied ce qui cinq ans plus tard est en voie de devenir une authentique institution dans le quartier Sainte-Marie -ce que les bureaucrates municipaux nomment «arrondissement» (comme s'il y avait quoi que ce soit de rond à Montréal!).Peuplé de « pawns shops », de salons de masseuses, de nombreuses polices et de vidanges, Sainte-Marie est l'antithèse du Plateau Mont-Royal.Mis à part les punks et les travelos, qui viennent mettre un tantinet de couleur à ces rues, il est certainement l'un des quartiers les plus mal en point du Canada, et sans aucun doute de Montréal - sans compter qu'il est habité par le siège social de la Sûreté du Québec et des studios de Radio-Canada, ce qui en fait un quartier tout aussi dangereux pour la santé mentale que physique.Depuis déjà six ans, le Touski, à la différence de la vaste majorité des coops qui multiplient les patrons à l'aide d'un conseil d'administration, fonctionne de façon radicalement démocratique, voire consensuelle.Le C.A, qui doit malheureusement exister sur CAFE TOUSKI, COOP DE L'ANNÉE! Le 19 févler dernier, cette utopie bien concrète qu'est le Touski a été applaudie par près de personnes réunies pour le douzième Gala Prix du Mérite coopératif, organisé par la co rative de développement régional de Monti Laval.Succès d'estime?Petite tape eondesce dante dans le dos?Non.Prix de la Coopérative l'année, rien de moins.le capital papier, s'est proprement fait couper la tête par les membres.Son fonctionnement, qui laisse bien sûr place à la spontanéité, est encadré par une régie -que les travailleuses et les travailleurs ont eu la bonne idée d'écrire au féminin.Les décisions sont prises par l'ensemble des membres lors des assemblées générales (qui ont lieu de 4 à 5 fois par année) et l'exécution est assurée par différents comités (ressources humaines, culturel, finances, entretien.) qui se rencontrent au besoin.Sans patron, sans hiérarchie ni autorité : la volonté des membres est le seul socle sur lequel repose le projet.Mais ce n'est pas tout, car le café s'est doté d'un mandat plus substantiel.Il offre une salle de jeux pour les enfants, de la bouffe abordable (provenant de producteurs locaux, de préférence), un espace pour les artistes et musiciens du quartier, tout en étant un (une bouchée à la fois) Imaginez le topo : plein' de bonshommes en cravate e gros souper gastronomique.bref, un gala.Et Jean-Philippe Villemure, l'un des 20.membres de la coop, qui arrive en avant et fait le speech qui suit.Certains « boomers » ont dû avoir une petite larme'de nostalgie.point de chute pour des paniers bios, etc.La programmation artistique est chaque mois bien remplie : soirée de contes (pour enfants et adultes), musique (celtique, jazz, blues.), vernissages, lancements.Sans oublier que le Touski offre à sa clientèle la possibilité de consulter un kiosque de journaux de gauche (d'ailleurs coiffé d'un drapeau canadien en lambeau.et où votre canard favori est toujours bien en vue), et qu'il est le lieu privilégié pour les rencontres des différents groupes populaires et politiques du quar-tier (anarchistes, écologistes, socialistes, queers.) qui peuvent utiliser l'espace gratuitement.Bien entendu, tout projet porte en lui une bonne dose de contradictions.Habitués à l'autorité, les membres ont parfois tendance à exercer exagérément leur droit à la paresse.Mais qui, mis à part quelques lucides talibans du travail, osera honnêtement leur en vouloir?Sans compter qu'en dehors des murs, les loups rôdent et ne font pas de cadeau.Le Touski est isolé dans un monde de fous et la pression est impitoyable : réglementation étouffante, compétition féroce et paperasseries bureaucratiques sont autant d'entraves à la volonté égali- taire et libertaire.Sous peine d'amendes, il faut un permis pour la bière, un autre pour les spectacles, encore un pour servir dans la cour, un autre p'tit pour faire une activité dans la ruelle.Malgré toute sa bonne volonté, le café reproduit donc quelques travers du système d'exploitation capitaliste : salaires peu élevés (ils ont même dû les baisser sous peine de non-financement), part de clientèle issue de la gentrification, hausses de prix non désirées, etc.Sans compter que si le projet est désormais autonome, il a, pendant ses premières années, bénéficié de subventions gouvernementales sans lesquelles il serait sans doute mort-né.Le Touski n'est qu'un petit lieu libre d'autorité1, un grain de sable dans l'engrenage.et il reste encore beaucoup de pavés à balancer avant qu'il ne se déploie comme une vaste plage.Parlez-en aux travailleuses, alors qu'elles terminent un intensif quart de travail, elles pourront vous en parler mieux que quiconque.www.touski.org 2361 Ontario E., pris de Fullum, à Montréal 1 Et il n'est heureusement pas seul.Selon le CRAC (Collectif de recherche sur l'autonomie collective), le Québec compterait plus de 130 groupes autogérés.Tau i i t Technologie verte Le BAPE autorise Hydro-Québec à harnacher la Romaine afin de faire de l'énergie avec de la laitue.MUSIRONIE «Le système'craque de partout.Nous vivons une crise économique et sociale globale sans précédant.La situation va.continuer de s'aggraver.malgré les efforts déployés par la confuse élite économique pour tenter d'éviter l'inévitable, soit la chute dû capitalisme d'exploitation.Ce système archaïque maintient l'être humain dans une position de domination et de servitude depuis trop longtemps.Il ne permet l'épanouissement que d'une minuscule parcelle de ce qui le caractérise réellement.» «Heureusement, des gens travaillent chaque jour à instaurer un système 'concret où la collaboration, la communication, l'égalité, la responsabilité et la liberté prennent le pas sur l'autorité, la mise en opposition, la.précarité et la peur.C'est ce que l'autogestion propose comme changement fondamental.» «Je suis tombé sur, une citation de Gandhi dernièrement qui me semblait-appropriée.Elle dirait : ''Nous devons devenir le changement que nous désirons voir dans le monde".C'est.précisément ce que nous sommes en train de faire ensemble.'C'est aussi pourquoi nous avons une certaine obligation de succès dan5 nos enwépriseSï Afin de montrer à la société que l'utopie est réalisable, même.souhaitable, ^ous sommes à petite échelle ce que la société civile devra être dans le futur.» « Nous aoceptons^donc ce prix comme un,message de votre part nous enjoignant à poursuivre"4ans cette,voie et d'accélérer le pas afin de devenir un exemple de réussite, dans l'égalité'èt le fespect.Merci, bonne fin de.soirée » Nouvelle émission Les drones, de'l'armée canadienne seront bientôt armés de cameras'.La chaîne de télévision TOS songe à diffuser les meilleurs extraits ^ous le titre Dronè de Vidéo.musironie 0 006538528211304 Le Couac | avril 2009 1186 LE COMPTEUR DE L'INADMISSIBLE Au 1er avril 2009, cela fait 1186 jours que Abdelkadertelaouni se terre dans l'église St-Cabriel pour ne pas être déporté.Pour l'aider : www.soutienpourkader.net LE COIN DU ZAP L'évolution à l'envers PLOGUES CHRISTIAN VANASSE o ni Alors que le monde de la science célèbre le bicentenaire de naissance du géant Darwin et les 150 ans de la parution de sa célèbre Théorie de l'Évolution, la planète Vatican tenait début mars un congrès international dans lequel elle affirme ne voir aucune contradiction entre foi et évolutionnisme.Hé ben, à l'instar de Saint-Thomas, permettez-moi d'en douter! La Sainte Parole Vaticane est reprise en chœur par les croyants qui affirment fièrement que les deux théories se valent et qu'on peut très bien faire fonctionner ensemble la foi et la science.C'est aussi l'avis de plusieurs députés canadiens, selon Hélène Buzzetti du Devoir (12-02-09).Elle y cite le ministre des Finances Jim Flaherty, qui soutient que « la raison a sa place et la foi a sa place dans nos vies.» Je veux bien que chaque chose ait sa place, mais pas au même endroit, s.v.p.Mais le but des croyants est de mettre foi et science sur un même pied pour pouvoir ensuite enseigner le créationnisme à l'école.«Le Vatican dénature la sélection naturelle» selon l'anthropologue Daniel Baril (LeDevoir, 04-03-09), qui y voit «une magistrale récupération de l'une des théories scientifiques explicatives les plus puissantes à être élaborées» La théorie de l'évolution (qui doit être entendue dans le sens de « ce qui n'est pas fixe » et non dans le sens de «progrès») est fondée sur un fait largement démontré, celui de la sélection naturelle : de petites différences dues au hasard des mutations et des combinaisons génétiques apportent à certains individus de légers avantages qui, au hasard des variations de leur environnement, feront qu'ils seront mieux adaptés et qu'ils transmettront leur avantage génétique à leurs descendants.L'accumulation de ces différences, et parfois des transformations plus radicales, conduira à de nouvelles espèces.Cela signifie que l'évolution ne poursuit aucun but.Si elle ne poursuit aucun but, cela veut dire que l'être humain aurait pu ne pas exister; il n'est d'ailleurs apparu que 13 milliards d'années après la «création».La vie aurait pu ne pas apparaître ou en rester aux dinosaures, aux tulipes ou aux bactéries.Une telle perspective est incompatible avec une position finaliste qui fait de l'être humain le produit d'une intention divine, à moins que Dieu ne se soit limité à mettre du hasard dans sa création.» Manifestement, les croyants ont un problème avec le hasard de l'évolution mais est-ce un hasard si cette semaine les parlementaires canadiens ont refusé de reconnaître la théorie de l'évolution comme seule explication scientifique de l'origine de l'être humain?(PresseCanadienne, 03-03-09) Ouant à moi, après d'intenses recherches et questionnements sur ma foi, j'en suis arrivé à la conclusion qu'il n'y a qu'un seul Dieu : le Monstre de Spaghetti Volant!1 Et je vous souhaite la grâce d'être un jour touché par son appendice nouillesque.Ramen.1 Le pastafarisme (Flying Spaghetti Monsterism ou pastafari-anism en anglais, jeu de mot faisant référence aux pâtes et au mouvement rastafari) est une parodie de religion créée par Bobby Henderson en 2005, un diplômé en physique de l'Université d'État de l'Oregon, pour protester contre la décision du Comité d'Éducation de l'État du Kansas, soutenu par le président des États-Unis George W.Bush et le sénateur Bill Frist, de permettre au dessein intelligent d'être enseigné dans les cours de science au même titre que la théorie de l'évolution.(texte d'abord publié sur le blog vinasse.branchez-vous.com) Les exceptions qui confirment la règle Le gouvernement conservateur annonce un plan musclé afin de lutter contre tout type de paradis artificiels, à l'exception des paradis fiscaux et de Christian Paradis.musironie Féru de justice L'aile jeunesse du Parti libéral du Québec demande l'équité intergéné-rationnelle.Toujours à l'écoute, Jean Charest leur a promis de tout mettre en oeuvre afin qu'ils deviennent aussi pauvres que leurs arrières grands-parents.musironie Preuve à l'appui Henri-Paul Rousseau affirme ne pas être un si mauvais gestionnaire puisque dans les derniers 6 mois, son portefeuille à lui a enregistré de forts gains.musironie DEUX BOMBES DE L'IEDM Une étude indépendante de l'Institut économerdique de Montréal démontre que la disparition des dinosaures serait largement due à l'interventionnisme gouvernemental.Elle fait suite à une autre étude qui démontrait, elle, que les végétariens étaient responsables de lâ rléfnrpsrarinn uiicibohif Sage décision Monique Jérôme-Forget songerait à prendre sa retraite avant que la Caisse de dépôt n'ait plus les moyens de la lui offrir, musironie —Éml'j s •.-, ¦ .' , i» -rTr~ • y': 1 CBlilrier ¦-' ».-¦>''*- .'.y „¦ " V *.y- .' •w''".; :"a' '.vT-Sit-î:" "t* 'î^f Vaincre la tuberculose Il nous était possible de croire jusqu'à récemment que la tuberculose faisait partie de l'histoire ancienne, de l'époque de nos grands-parents et du docteur Bethune.Malheureusement, ce n'est plus le cas.Parce que nous nous sommes surtout préoccupés de l'éradiquer chez nous, sans trop nous soucier de l'éradiquer par la suite ailleurs dans le monde, dans les sociétés plus pauvres, elle revient aujourd'hui nous hanter.De nouvelles souches de cette maladie résistent ainsi de nos jours aux médicaments que nous avions élaborés contre elle.Cette «nouvelle tuberculose» frappe de plus en plus de Canadiens et frappe surtout de plein fouet les communautés autochtones.Selon une étude publiée le 27 février dernier par la revue Le Couac 6940, rue Jogues, Montréal (Québec) H4E 2W8 514.596.1017 Science, elle cause en fait 1,5 million de décès dans le monde chaque année.Et que fait le Canada contre la recrudescence de cette maladie infectieuse?Vraiment pas assez! En deux ans, selon les plus récentes données, le gouvernement fédéral a diminué de près de moitié sa contribution à la lutte contre la tuberculose.Le saccage de l'Afrique par des entreprises qui jouissent de l'appui et du soutien du Canada, en réduisant à la misère et à la maladie de vastes populations, contribue également, dans une vaste mesure, à la propagation de cette maladie.[.] BRUNO MARQUIS Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau co-rédacteurs en chef Cuillaume Beaulac, Bruno Dubuc, Simon Tremblay-Pepin.collaborateurs Louise Caroline Bergeron, Claude C.Charron, Paul Cliche, Marc-André Cyr, Martin Dufresne, René Cirard, Pascal Leclerc, Eric Martin, Anne-Martie Provost, Yvon D.Ranger, Michel Rioux, Valentin Tardi, Simon Tremblay-Pepin, Pierre Vadeboncœur, Christian Vanasse, Michel Virard, Ramon Vitesse.illustrations et photos Boris, Serge Ferrand, Luc Ciard, Rémy, Valentin Tardi, Ramon Vitesse.correction Isabelle Baez mise en page Coopérative Molotov - molotovcoop.org imprimé par Hebdo-Litho distribué par Gladu distribution Abonnement et publicité : 514.596.1017 ISSN 1480-2074 • N° de publication (Poste Canada) 1213369 Imprimé au Québec Librairie anarchiste L'Insoumise L'Insoumise (située au 2033 St Laurent, à Montréal) compte actuellement sur ses rayons près de 3000 titres liés à l'histoire sociale libertaire et à diverses tendances subversives et insurrectionnelles dans le monde.Des CD, DVD, vidéos sur les nouvelles pratiques sociales ou des témoignages filmés sur des formes de résistances sont disponibles.De nombreuses revues européennes, américaines (nord et sud) et canadiennes, qui suivent quotidiennement l'actualité des luttes dans le monde, sont régulièrement reçues à la librairie.On y trouve aussi des livres et de la documentation sur les autochtones.Nous envoyons dans les régions : contactez-nous pour en connaître les conditions.La librairie est gérée par un collectif d'organisations, de groupes et d'individuEs libertaires.Des bénévoles assurent le fonctionnement de la librairie (toute proposition de participation est la bienvenue).Son mandat est de diffuser toutes thèses radicales d'inspiration anarchiste et révolutionnaire et de diffuser la pensée libertaire.Nous sommes ouverts à toute suggestion et à toute information pertinente concernant des publications ou des revues pour le moment non diffusées au Ouébec.Si ces publications rentrent dans le cadre de notre mandat, nous les commanderons.Le collectif de la librairie ne diffuse aucune thèse ou idéologie nationaliste, au contraire, il encourage vivement leur critique.UN APPEL POUR LA DÉCROISSANCE Considérant l'ampleur de la débâcle financière les conséquences actuelles de la crise économique : chômeurs, travailleurs précaires, sans logis, et misère sous toutes ses formes ; Considérant l'interrelation entre la croissance économique, fondée, entre autres, sur le postulat de l'accumulation illimitée des richesses, avec les autres crises tangibles : crise alimentaire, crise sociale, crise de sens et crise environnementale, dont les effets néfastes largement reconnus se manifestent dans tous les coins du globe affectant le sort de nombreuses populations ; Considérant l'aveuglement des plans de relance présentés par la plupart des gouvernements qui demeurent ancrés dans le paradigme de la folle poursuite de la croissance économique ; Considérant que l'état de décroissance temporaire dans lequel nous nous trouvons n'a rien à avoir avec le projet du Mouvement québécois pour une décroissance conviviale ; Considérant que, durant cette période de crise aiguë, les idées et les propositions du projet de la «décroissance» doivent se faire valoir dans le débat public et doivent être largement diffusées ; Nous vous invitons vivement à venir participer à la mise sur pied d'un comité ad-hoc avec pour principal mandat la rédaction d'un appel mettant de l'avant les propositions du projet de décroissance.Faites-nous part de votre intérêt dès maintenant au brochierleo(S>yahoo.ca si vous souhaitez vous impliquer pour un tel projet.Détails de procédure Monique Jérôme-Forget propose sa formule pour une commission parlementaire sur la Caisse de Dépôt.Celle-ci devra se tenir un jeudi de pleine lune, entre minuit et minuit dix-huit, les questions devront lui être adressées en latin, et elle répondra en code morse.musironie POUR S'ABONNER Un an : 30,42 $ + taxes = 35,00 $ Deux ans : 52,15 $ + taxes = 60,00 $ Abonnement institutionnel et de soutien : 52,15 $ + taxes = 60,00 $ Abonnement de groupe d'un an (10 copies par parution) : 225,98 $ + taxes * 260,00 $ Abonnement d'un an à l'étranger : 43,46 $ + taxes = 50,00 $ adresse code postal téléphone par téléphone 5i4.596.lOl7 par la poste Le Couac, 6940, rue Jogues Montréal (Québec) H4E 2W8 Adressez votre chèque à : he Couac Vous voulez collaborer au Couac ?Vous pouvez nous faire parvenir vos textes (maximum 700 mots), dessins, phbtomo'ntageS par courriel au info@)lecouac.org.www.lecouac.org La vraie nature des PPP Le Couac | avril 2009 Pognés pour payer MICHEL RIOUX ALondres, berceau des projets réalisés en partenariat public-privé, après que plusieurs constructions dans le secteur hospitalier eurent viré au cauchemar et exigé des interventions vigoureuses de l'État pour opérer des sauvetages, le dernier projet annoncé récemment, la construction d'un hôpital consacré à la cardiologie, sera réalisé en mode conventionnel.L'acharnement thérapeutique transformé en préjugé favorable à l'égard des PPP, fondé sur une idéologie erronée, à savoir que le privé, lui y connaît ça!, semble avoir fait Son temps au royaume de la fière Albion.On le comprend quand on sait que début mars, le gouvernement anglais a dû verser près de 20 milliards $ pour soutenir les entreprises privées en train de couler, risquant d'emporter dans leur chute hôpitaux, écoles, autoroutes et autres infrastructures.En Ontario, comme le rappelaient récemment les Médecins québécois pour le régime public, le vérificateur général a constaté que les coûts de construction du premier hôpital construit sur le mode PPP étaient de 50 millions $ plus élevés que s'il avait été réalisé en mode conventionnel, l'État agissant comme maître d'oeuvre.Dans cette même province, les droits de péage de l'autoroute 407, construite à l'époque en partenariat avec un consortium privé, qui devaient être augmentés de 2 % par année, ont au contraire fait un bond de 200 %.C'est par pure idéologie que le gouvernement Harris avait mis en avant ce PPP, dont le gouvernement actuel tente désespéré-rnent de se sortir, alors qu'il est coincé avec un contrat qui court sur 99 ans.En Colombie-Britannique, on est revenu au mode traditionnel pour la construction d'une autoroute à péage et c'est l'État qui financera seul le projet de 2,5 milliards $.Parmi plusieurs autres, l'un des vices cachés les plus onéreux des PPP n'est pas pris en compte dans l'évaluation des coûts.On parle ici de coûts de conception, de négociation et d'administration.Maîtres d'oeuvre de ces négociations entre une multitude de parties, les grandes firmes d'avocats d'affaires font en effet des affaires d'or dans la négociation des contrats réalisés sur ce mode.Tout doit être prévu et précisé dans les moindres détails.Et les contrats qui finissent par en résulter, de 12 à 24 pouces d'épaisseur, contiennent suffisamment de clauses floues et d'échappatoires pour que le coût final soit absorbé par l'État plutôt que par l'entreprise.Encore une fois, et cette fois-ci sur une base organisée et voulue, les pertes seront refilées au public et les profits, dont on peut être assurés qu'il y en aura, seront encaissés par le privé.Après avoir payé un loyer somptuaire durant 30 ans, le Québec deviendra propriétaire du pont de l'autoroute 25.Juste au moment où le pont devra sans doute être reconstruit ou encore réparé à grands frais, comme c'est actuellement le cas pour le pont Champlain, qui n'a pas atteint les 50 ans et dont on doute fortement de la sécurité.Pas plus tard qu'à la fin de février, l'État québécois a dû allonger 75 millions $ pour payer immédiatement le tiers des coûts de construction de la maison de l'OSM, l'entrepreneur privé étant incapable de trouver le financement nécessaire.Et dire qu'on nous avait vendu ce PPP en soutenant que l'État y trouverait son profit en étalant sa dette sur 30 ans! Et on s'entête à vouloir construire le CHUM sur ce mode ?Vous pouvez mettre un 2 $ là-dessus : c'est encore l'État qui va cas-quer, les entrepreneurs ne pouvant trouver le financement, quand ils ne se retirent pas du projet, comme vient de le faire la compagnie australienne Babcock and Brown, sur le bord de la faillite.Ces dernières semaines, on a vu et entendu le P.D.C.de l'Agence des PPP, Pierre Lefebvre, monter aux barricades pour défendre son bébé.On le comprend de vouloir ainsi sauver une vache à lait qui le nourrit si bien.Comme le signalait le critique péquiste en matière de services gouvernementaux, Sylvain Simard, qui s'étonnait de la rémunération versée à ce monsieur : «Avec un quart de million par année en salaire, le président de l'Agence gère une boîte d'un budget de 7,2 millions $ avec 25 personnes pour le moment.Le sous-ministre à la Santé, lui, gagne 30 % de moins pour gérer 22 milliards $ et 272 833 employés.Cherchez l'erreur!» On se débattrait à moins.L'Institut économique de Montréal n'est pas en reste dans la production de matériel idéologique distillé sous forme d'injection de chloroforme en vue de soutenir la thèse des PPP porteurs de bonheur.Avec ce qu'on apprend maintenant au sujet de la part des investissements que l'État se doit de toute urgence d'assumer - PPP : Québec assumera plus de risques (le Devoir, page 1, 10 mars) -, il faut en effet un front de beu pour affirmer sans rougir que « le PPP permet de transférer à un partenaire privé certains coûts et risques encourus par l'État-investisseur.Ainsi c'est le partenaire privé qui assume le coût de l'investissement initial ; le PPP devient alors une stratégie intéressante pour moderniser les infrastructures sans pour autant alourdir la dette publique.Mais surtout, l'État évite d'assumer le risque de retard dans l'achèvement des travaux et le risque de dépassement des coûts, deux problèmes courants».Et dire que dans ses délires les plus oniriques, Jérôme-Forget voyait, et voit encore, en rose l'avenir en PPP.Un médecin membre du regroupement Médecins québécois pour le régime public pourrait ÇA ME T'iMÛOièTE IJftJ so& eût* ri faire.WS SB ^rpowpep J peut-être poser le diagnostic suivant : un aveuglement volontaire, devenu permanent, résultat d'une absorption massive et désordonnée d'un distillât proprement idéologique dont elle ne s'est pas suffisamment privée.En témoigne ce qu'elle disait le 11 novembre 2004 : «Un PPP, ce n'est pas un raccourci vers la privatisation, c'est un rempart contre la privatisation.» Contre la privatisation des pertes, oui.BONNE RAISON Réagissant aux critiques qui l'accusent d'avoir déclenché des élections pour camoufler les pertes à la Caisse de Dépôts et Placements, Jean Charest a déclaré qu'il s'oppose aux élections, parce que ça politise trop le débat.musironie La poubelle du Devoir texte que ia vénérable institution de la rue Bleury (_|_2_?n'a pas daigné publier.wW; Consultations pré-budgétaires sur le web Un recul pour la participation LA JEUNESSE TECHNOCRATIQUE EN MARCHE (SUITE) ERIC MARTIN Le 14 mars derniers, le président du PLO-jeunesse et le président de Force Jeunesse, l'ancien militant étudiant et membre de l'UFP (!) Jonathan Plamondon, se sont opposés publiquement à ce que le gouvernement suspende ses versements au Fonds des générations (FDC) ou encore aille y puiser des sommes pour éponger un éventuel déficit résultant de la crise économique actuelle.Peu importe la crise, l'important, c'est la dette! L'obsession des organisations jeunesse technocratiques concernant le remboursement accéléré de la dette ne date pas d'hier.Elle connaît un sursaut lors de la publication du Manifeste pour un Québec lucide, en octobre 2005, prédisant une catastrophe pour le Québec, aux prises avec une réduction de la population (et de la main-d'oeuvre.), une dette publique «élevée», la concurrence asiatique et un « retard économique ».La solution ?Des réformes néolibérales agressives visant entre autres à réduire les charges fiscales des corporations et la taille de l'État.Il ne faut pas chercher bien loin pour trouver d'où vient le FDG : «Le président du Mouvement Desjardins (.) a déjà proposé que les tarifs d'électricité soient augmentés et qu'une part déterminée des profits d'Hydro-Québec soit consacrée au remboursement de la dette (.) Nous endossons cette proposition, en précisant qu'à notre avis, la hausse des tarifs d'électricité devrait être à la fois substantielle et progressive ».Un mois plus tard, une série de groupes de jeunes alignés sur le discours patronal emboîtent le pas et réclament à hauts cris dans les médias que l'on rembourse la dette au nom de la «justice intergénérationnelle».Ils seront exaucés lors du budget 2008-09, qui institue le «Fonds des générations», financé à même des redevances d'Hydro, des «revenus de placement» et.des ventes d'actifs du gouvernement.Bref, avec la complicité active de la jeunesse technocratique, le gouvernement a mis en place la mesure proposée par les Lucides et le Mouvement Desjardins, pressant Hydro comme un citron (avant de monter les tarifs du pauvre monde).le tout essentiellement pour rassurer Moody's, puisque son effet réel sur la dette est quasi-insignifiant.En effet, comme l'a montré Louis Gill1, le Fonds prive dans l'immédiat le gouvernement de sommes qui pourraient être investies dans les services publics sans véritablement accélérer le remboursement de la dette, qui diminue déjà par rapport au PIB.Pire encore, alors que la marge de manoeuvre du gouvernement, déjà mince après les baisses d'impôts concédées aux riches, a fondu a vue d'oeil, celui-ci s'avère sans fonds pour engager des mesures de relance économique.Les «jeunes» s'assurent d'ailleurs qu'il n'ait pas les moyens de le faire, sacrifiant le présent sur l'autel du futur, doux mélange de rebels without a cause, d'une idéologie lucide-patronale prête-à-porter.En 1977, le réalisateur Chris Marker produisait un documentaire sur la gauche communiste intitulé Le fond de l'air est rouge.Au Québec, en 2009, on sent que dans les organisations jeunesse, le fond(s) est de plus en plus manifestement.d'un autre rouge.1 GILL, Louis, Rembourser la dette publique : la pire des hypothèses : http://classiques.uqac.ca/contemporains/gill_louis/rembourser_dette_pub-lique/rembourser_dette_pub.html SIMON TREMBLAY-PEPIN Doctorant en science politique à l'université York et consultant en communication ANNE-MARIE PROVOST Étudiante en science politique à l'UQAM et stratégiste web Le 13 février dernier, le ministère des Finances a annoncé le début des consultations prébudgétaires sur Internet en invitant les citoyen-ne-s à remplir un questionnaire sur le web.Certains ont présenté cette consultation comme un pas en avant, alors que, pourtant, les limites de l'exercice sont telles qu'elles font la démonstration de l'échec du « consultationnisme ».Une série de questions dirigées Pour participer, il faut se rendre sur le site web du ministère, qui soumet un questionnaire contenant une série de six questions.La dernière porte uniquement sur l'âge et le sexe du répondant, alors que la cinquième est facultative : on y demande votre avis sur « les autres actions qui pourraient être entreprises par le gouvernement afin de bâtir le Québec de demain?».en 250 mots.Le centre de la consultation tient donc en quatre questions.On vous demande d'abord, à des fins statistiques, si vous avez été touchés par la crise et comment.La deuxième question vise à savoir comment le gouvernement pourrait combattre la crise.Le choix de réponse permet de sélectionner un des trois thèmes mis de l'avant par le ministère lors de l'énoncé économique de janvier, ou d'offrir une réponse «Autre» et d'expliquer en 150 mots comment réaliser votre proposition.Outre le choix de réponse dirigé, cette question est celle qui laisse le plus de place aux citoyen-ne-s.Les deux questions suivantes montrent le vrai visage de cet exercice prétendument démocratique.La troisième vous demande de choisir vos trois priorités pour «atténuer les impacts de la crise économique sur les finances publiques» parmi les choix suivants : couper dans les programmes sociaux, augmenter les tarifs ou suspendre les versements au fonds des générations.Aucune possibilité de proposer autre chose.Si, par exemple, vous pensez qu'on ne doit en aucun cas couper dans les programmes sociaux, vous devez arrêter d'être «consulté» à ce moment-là car le ministère ne veut même pas vous entendre.La quatrième question est tout simplement un concours de popularité entre les dernières mesures adoptées par le gouvernement du Québec.On vous demande de choisir entre des grands projets du gouvernement que le parti libéral mettait déjà de l'avant lors des élections de l'automne dernier (Plan Nord, entente France-Québec, accord sur la mobilité, etc.).L'équivalent d'un vote par applaudissement, en somme.Culture participative?La simple lecture des questions montre que le ministère est prêt à consulter dans la mesure où on lui donne les réponses qu'il veut entendre.Que fera-t-il ensuite de ces réponses?Aucune obligation ne le lie à ce qu'il reçoit de la population, dont il pourra se servir pour justifier ses décisions à volonté, mettant à l'écart les critiques ou les désaccords.Tout cela se transforme, au final, en une entreprise de relations publiques dans laquelle le gouvernement du Québec tente de paraître «à la page» et «à l'écoute» du Québec.Rappelons que quand la population descend dans la rue pour conserver une montagne, obtenir de meilleures conditions de travail ou s'opposer à une centrale au gaz, ce même gouvernement fait la sourde oreille ou répond à coups de décrets.Cette attitude est symptomatique d'une certaine vision de la démocratie.Ici, on consent momentanément à «tendre l'oreille» vers la population.Celle-ci n'a aucun pouvoir décisionnel et se lassera vite de participer à des exercices sans conséquences.On lui reprochera ensuite volontiers son apathie et son cynisme, qu'on aura pourtant largement créé à force d'espoirs déçus et de «consultations» qui ne changent rien.Les exemples de participation à la prise de décision politique sont pourtant nombreux.On pense aux budgets participatifs (dont on est bien loin ici), mais aussi à des expériences démocratiques locales très intéressantes qui ont lieu actuellement en Amérique latine.Ces expériences redonnent à la population du contrôle sur sa vie et lui permettent de participer à la prise de décision en tant que telle, et non seulement d'émettre, ici et là, son opinion.Non content d'avoir transformé la politique électorale en cirque où les engagements n'ont plus de portée ni d'intérêt, voilà que notre establishment politique, voulant singer le succès d'Obama, transforme la démocratie participative en une consultation bidon sur le web.Ceux qui applaudissent devant cette «avancée» pour la politique 2.0 ne voient pas en quoi un tel faux pas est en fait un recul de plus.Cette consultation non effective vient légitimer une stratégie déjà écrite dont l'échec inévitable sera expliqué par les «lois naturelles» du marché, à propos desquelles aucune consultation n'est d'ailleurs prévue. Le Couac|avril 2009 La déclaration de Harper : un non-événement «Mon propre jugement, très franchement, c'est que nous ne battrons jamais cette insurrection » PIERRE VADEBONCOEUR Le 2 mars, sur les ondes de CNN, Harper a fait cette étonnante déclaration.Elle a été publiée dans les journaux le 3.J'écris ce qui suit le 4.Il faut faire des hypothèses à propos de ce singulier discours.Je ne crois pas qu'il aura vraiment une suite.C'est un non-événement, je pense.Déjà, le 3, tout le monde s'affaire à atténuer la nouvelle, sauf le NPD qui, par la voix de M.Mulcair, prenant la phrase du premier ministre à la lettre, se réjouit de voir qu'elle rejoint la doctrine anti-militariste de ce parti touchant l'Afghanistan.Le NPD est vraiment très optimiste.Les autres n'auront pas été lents à tenter de délayer le message du chef conservateur, surtout les conservateurs eux-mêmes ! L'entourage du premier ministre, écrit Alec Castonguay dans Le Devoir, soutient que les phrases prononcées par Harper ont peut-être été plus directes que d'habitude, mais que, sur le fond, le gouvernement répète le même message depuis douze mois : les soldats canadiens sont là-bas pour entraîner les forces afghanes à assurer la sécurité de leur propre pays, thèse commode quand on est très engagé militairement tout en prétendant ne pas l'être.Quant aux libéraux, Bob Rae déclare que la solution en Afghanistan ne sera pas uniquement militaire.«Dans ce sens-là, dit M.Rae, le premier ministre n'a rien dit de nouveau».Le Parti libéral n'entend pas se voir représenter par les conservateurs comme le plus favorable à la participation à un STEPHEN HARPER conflit dont les citoyens canadiens majoritairement ne veulent pas.Alors, si je comprends bien, on est de part et d'autre dans le domaine de la comédie.Harper a fait une déclaration propre à lui concilier une partie de l'opinion publique mais sans avoir la moindre intention de changer sa politique afghane, tandis que les libéraux chantent à peu près la même chanson que les conservateurs.Bref, en réalité le flou continue de part et d'autre.La guerre se poursuivra, en somme.D'autant que les Américains veulent s'en mêler désormais davantage, avec 30.000 hommes de plus.Ce n'est pas la première fois que Stephen Harper fait semblant.C'est son style, c'est sa nature, lui et son air innocent.Il faut toujours le décoder.Car cet air-là.CHEAP SHOT! CRISE ECONOMIQUE MUSIRONIE Mesures cosmétiques Crise économique : le numéro un mondial des cosmétiques, la compagnie l'Oréal, doit procéder à un gel d'embauché; heureusement, il s'agit d'un gel moussant qui donne une saine apparence de santé financière.Éthologie 1 ~ ^ __._.J .^ Signe de la crise écono-les grands moyens nu**:«sommai.nant les pigeons qui Pour stimuler l'économie, les États-Démunis décrè- nourrissent les courtiers tent un Noël d'urgence le 25 avril prochain.dans les parcs autour de Wall Street.économique * La chasse à la morosité économique est .„- , .•1 maintenant ouverte.Plusieurs chas- -Une''battue a été '0rgaQlseeraivJ'all seurs ornent leur voiture de dépouilles « 'Street'-ai^n de retrouve*' les pomts d'économistes.-perdus parte Dow Jortes.\220GSjj|?£ »ti i«f *« •*/ *.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.