L'itinéraire, 1 janvier 1998, mars
[" Visitez notre site Web.une foule d'information et de textes inédits! http://itineraire.educ.infinit.net L'Itinéraire est produit et vendu en majeure partie par des sans-emploi, des personnes itinérantes, ex-itinérantes ou toxicomanes, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion future sur le marché du travail.Pour chaque exemplaire vendu à 2 dollars, 1 dollar revient directement au vendeur.Les profits de L'Itinéraire servent à financer les coûts de production du journal, les projets de réinsertion sociale, et le Café sur la rue, destiné aux personnes itinérantes.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs sur la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre chose que le journal, ils le font à titre personnel.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus ou les comportements des vendeurs, communiquez sans hésiter avec Mme Josette Bouchard au (514) 525B5747.Les personnes QUi dÉSiRENT vencIre L'hiNÉRAiRE sont INViTÉES à se rencJre au CaIé sur k rue, au 1 104, rue Ontarjo Est.(coIn AmIherst) Infos Café: 525-5747 Merci aux institutions financières suivantes qui ont déjà contribué afin que les frais fixes du Café électronique soient assurés en 1998.Joignez-vous à elles.Caisse populaire ourgs de Montréal Caisse populaire sprit de Rosemont Caisse d'économie ndicats Nationaux Venez surfer au Café électronique, 1104, Ontario Est.Seulement 1$/heure pour naviguer sur le Net.Une ambiance amicale et une bonne bouffe vraiment pas chère.caferue @ videotron.ca Des entreprises impliquées Vidéotron fournit déjà les branchements Internet et la Fondation de la Famille Samuel et Saidye Bronfmann a contribué financièrement pour les rénovations de la salle informatique.Hydro-Québec et AXA Canada Tech vont donner des ordinateurs.L'Itinéraire sollicite les institutions financières, les entreprises ou toutes personnes désireuses de soutenir le projet du Café électronique.Nous avons besoin d'aide, pour cette première année de démarrage du projet, afin de débourser des frais fixes (loyer, électricité, assurances, etc.) de 600 dollars par mois.Le projet doit s'autofinancer l'année suivante.Voulez-vous nous aider?Appelez Serge Lareault au 597-0238 ou envoyez vos dons à l'ordre du Groupe communautaire L'Itinéraire avec la mention: Café électronique.1907, rue Amherst, Montréal (Québec) H2L 3L7 CANADA Tél.: (514) 597-0238 Fax:(514) 597-1544 E-mail: itineraire@videotron.ca Site internet: http://itineraire.educ.infinit.net Plus de la moitié de cette publication est rédigée par des personnes ayant connu le milieu de l'itinérance.Les articles écrits par des journalistes pigistes professionnels portent la mention «collaboration spéciale».Enfin, les propos tenus dans les pages de Lltinéraire n'engagent que la responsabilité de leur auteur.La formation professionnelle des travailleurs(euses) au journal Lltinéraire a été rendue possible grâce, entre autres, aux appuis de la SQDM, la CDEC du Plateau Mont-Royal/ Centre-Sud, la Ville de Montréal, la Régie régionale de la santé Montréal-Centre et l'UQAM.Ù| Conseil d'administration du g| Groupe communautaire L Itinéraire: Président: Mario Lanlhier.W Vice-président: Jean Lesieur.Secrétaire: Réjean Mathieu.Trésorier: Guy Lapomte Conseillères: Claudette God ley.Micheline Lelebvre, Gabrielle Girard Comité de direction: Alain Demers, Serge Lareault, Josette Bouchard, Denise English.Équipe de production du journal Rédacteur en chef: Serge Lareault.Adjoints à la rédaction: Bryan Dionne, Cylvie Gingras, Johanne Gingras Collaborateurs:Gma Mazerolle, Glaude Brùlè, Cathy Bazinet, Rebecca Stacey, Alain Coulombe, Manus Kiri, Gabrielle Girard Illustrateurs: Pol Mall, André-Philippe Côté.Sylvain Caron.Photographe: Gabrielle Girard.Relations publiques: Gabrielle Girard Révision: Jean-Paul Baril, Cylvie Gingras, Guy Boulanger, Marie-Nicole Cimon.Mots-croisés: Gaston Pipon.Infographie: Jocelyne Sénècal, Serge Lareault.Distribution: Josette Bouchard (coordonnatrice), Michèle Wilson, Mario Lanthier.Imprimeur: Hebdo Litho.Tirage: 15 000 exemplaires vendus par des itinérants el des sans-emploi dans les rues du cenlre-ville de MontréaL Administration du groupe: Administrateur: Alain Demers.Publicité: Éric Cimon.Secrétaire-comptable: Sylvie Boos Coordination du Calé sur la rue: Denise English Resp.Caté électronique: Serge Lareault (coord.) Roger Bélanger, Sébastien Langlais (animateurs) L'Itinéraire est membre de la NASNA L'Association nord-américaine des journaux de rue i 1 irp Son tirage est certifié par et de /\\|Y\\Lv^ DIlHI/butlon AlMf/mntét A2DA /\\ L'Itinéraire ta 9 entièrement recyclable Journal l ' I t i n e r a i r e M o n t r e a |Photo page couverture: Philippe Burnet mars 1998 La TAPE du Mouvement Desjarcjîns.Alors que tout le monde commence à en avoir ras le bol de l'exploitation institutionnalisée, les banques cherchent à se créer une plus belle image.Ainsi, le Mouvement Desjardins à offert a ses membres sinistrés le Prêt Dépannage Desjardins pouvant atteindre la somme de 2 000 $ sans intérêt, si celle-ci est remboursée avant le 2 avril 1998.Bien sûr, ce mini geste altruiste est calculé en intérêts; on nous laisse savoir que pour chaque 2 000 $ «donné» d'une main, il y aura une perte de 40$.Ce semblant de générosité a été rapidement récupéré de l'autre main par les caisses: une quinzaine d'entre elles, dont neuf situées sur la Rive-Sud, viennent d'inventer la TAPE (Taxe Aux Pauvres Épargnants).En effet, les caisses vont prélever mensuellement 3 $ sur le compte de chaque client qui n'est pas en mesure d'avoir un \"coussin\" de 100 $.Tout comme moi, vous n'avez pas besoin d'un MBA pour savoir quelle clientèle est dans le champ de tir, n'est-ce pas?Les damnés B.S.Les dirigeants des caisses osent nous dire: «Les banques ne veulent pas de vous autres alors que nous, on ne refuse pas les assistés sociaux parce que cela fait partie des valeurs du Mouvement.» Ça, ça veut dire: «Payez le privilège qu'on vous a accordé.» Yves Proteau, vice-président Rive-Sud à la Fédération des caisses populaires de Montréal et de l'ouest du Québec, affirme qu'il y a des coûts importants à gérer les petits comptes, à cause du plus grand besoin de liquidités et du personnel nécessaires lors de la journée du chèque d'aide-sociale.On est en droit de se demander si la tempête de verglas, qui n'a pas coûté plus cher aux caisses qu'aux autres entreprises, n'est pas un prétexte de plus pour s'acharner sur les plus démunis.Quand a-t-on lu dans les médias que les banques offraient 100 millions $ pour donner un \"brun\" à chaque sinistré?Pendant ce temps, on se permet d'interdire à Insta-Chèque et autres maisons de change d'encaisser les chèques gouvernementaux?Il paraît que c'est illégal d'exiger 2,9% de frais! La vérité est que ça enlève de l'argent aux institutions bancaires qui, elles, ont le droit de faire payer des frais aussi exorbitants à chaque chèque qui leur passe entre les mains.Le plus shylock des deux n'est pas celui que l'on pense! Pourtant Desjardins n'est pas dans la rue! L'année 1997 a été exceptionnelle pour les fonds Desjardins: l'encours a.atteint 2,8 milliards $, une p'tite augmentation annuelle de 105%! M.Béland, si j'enlevais deux 0 à votre salaire annuel d'un demi-million, seriez-vous en mesure d'avoir chaque mois 100 $ en banque?20 millions $ pour se faire aimer Les banques dépenseront 20 millions $ au cours des cinq prochaines années afin de redorer leur image.Ray Protti, président de l'Association des banquiers canadiens (ABC), a expliqué que le projet de relations publiques commencera par un blitz d'information pour expliquer aux clients comment ils peuvent aussi assurer leur prospérité.Comme si cette initiative allait contrer l'évident problème d'image des banques qui saute au visage de tous les \"épargnants\"! Comme si on pouvait oublier qu'en 1997 les banques ont fait des bénéfices de 7,5 milliards $; les salaires astronomiques de leurs dirigeants (3,2 millions $ pour le président de la Banque de Montréal); la rationalisation des effectifs \"humains\" (remplacés par les machines) et l'augmentation des frais de services.La cerise sur le ET 20 MilliONS $ POUR RECURER Ie biASON ARCjENTÉ (IeS bANQUES sunday?L'ABC a octroyé le contrat de la conception télévisuelle/multimédias à McLaughlin et ass., compagnie située à Toronto.J'ai déjà 20 millions de raisons de haïr les institutions bancaires, en voici quelques-unes faisant partie de mon quotidien: refus de m'ouvrir un compte parce que je suis sur le B.S.; parce que je demeure une rue trop à l'est ou trop à l'ouest du quartier où est située la succursale; ou encore, quand je présente un chèque, on vérifie mon adresse; on inscrit mes numéros d'assurance-sociale, d'assurance-maladie et de permis de conduire; on me demande mon numéro de téléphone au boulot et à la maison.Et quand on m'a demandé une carte de crédit, j'ai retroussé mes manches en demandant: «Un test VIH avec ça?» Plus les années passent, plus elles se ressemblent: pires pour nous, meilleures pour les mangeuses mercantiles de chair.J'ai 20 millions de raisons de vous haïr, mais le pire, c'est que je commence à aimer vous haïr.La pauvreté et la peur sont les plus grandes motivations Un exemple de petits écrasés par les gros?L'employé du mois au McDo de St-Hubert ne sera pas syndiqué ce k mois-ci.i£ mois Xf» (texte: Laurent Sorel « Illustration: Sylvain Caron) Journal L'Itinéraire - Montréal a r s 19 9 8 Les redresseurs financiers En début d'année, après avoir pleinement profité du Temps des Fêtes, on peut se sentir aussi dépouillé que le sapin de Noël après le 25 décembre.Effectivement, c'est pendant les mois qui suivent cette période de festivité que l'on enregistre, habituellement, une recrudescence de faillites.Comme le malheur des uns fait le bonheur des autres, il se trouve toujours des individus malhonnêtes pour profiter de la détresse et de la vulnérabilité des gens.Si la faillite vous guette, il se peut également que les redresseurs financiers vous aient à l'oeil.et vous dépouillent du peu qu 'il vous reste! Des conseiIs à ne PAS pRENfJRE pOUR ARCjEMT COMpTANT., CAThy Bazinet ColkboRArioH spÊci/ds Ils sont partout.Sous la rubrique \"Insolvabilité\" des pages jaunes, dans les petites annonces des journaux et leur publicité pourrait même se retrouver dans votre boîte aux lettres si vos créanciers vous ont sommé de rembourser vos dettes.Trouver les adresses des gens en difficulté financière est pour eux un jeu d'enfant.Leur mine d'or?Les banques de données telles que le Centre de distribution des saisies et le Bureau des dépôts volontaires qu'ils ratissent littéralement pour établir une liste de \"clients potentiels\".Une démarche tout à fait légale qui commence à prendre de l'ampleur, comme le soulignait récemment l'émission \"La Facture\" qui a présenté un reportage sur les pratiques douteuses de ces requins de la banqueroute.«Le problème avec les redresseurs financiers, c'est qu'ils se présentent comme des conseillers.Ils ne sont régis par aucune corporation, ni par le gouvernement, ce qui fait que la qualité des conseils peut être très variée.Il y a également une ignorance de la loi chez les citoyens que les redresseurs exploitent et entretiennent.Au pire, ils peuvent inciter le débiteur à commettre des infractions en matière de faillite, par exemple en lui suggérant de ne pas déclarer certains biens», explique Raymond Villemure, vérifi- «Quand les gens versent de l'argent à un redresseur, ils se font carrément extorquer de l'argent.» cateur à la Division des Faillites à Industrie Canada.Seuls les syndics sont autorisés à faire une proposition de faillite et, contrairement aux redresseurs, la première consultation est souvent gratuite.Tous les frais encourus pour les consultations et la gestion du dossier font partie du patrimoine du failli, ce qui n'est pas le cas lorsqu'on débourse pour un redresseur financier: «Quand les gens versent de l'argent à un redresseur, ils ne sont pas sous la loi de la faillite.Ils se font carrément extorquer de l'argent et le plus triste, c'est que beaucoup d'individus n'ont même pas la faculté de comprendre qu'ils se sont fait déposséder de 400 à 500 $ avant la faillite.Certains redresseurs peuvent également retenir un dossier avant d'être payés, ce qu'un syndic n'a pas le droit de faire», précise M.Villemure.Les lois ne sont pas parfaites et il y a, de toute évidence, une zone grise dans le domaine de la faillite.Les redresseurs financiers profitent de la situation en agissant comme des intermédiaires - tout à fait inutiles, d'ailleurs - entre les syndics et les débiteurs.«Les gens sont désemparés et ne savent plus à quel saint se vouer.La faillite est encore un sujet tabou, on ne raconte pas à tout le monde qne les huissiers nous courent après.C'est ce qui explique pourquoi les gens sont prêts à écouter quiconque leur fait miroiter la possibilité de s'en sortir sans trop d'égratignures», constate Louise Bélanger-Mahoney, surintendant adjoint du district des faillites à Industrie Canada.Des syndics pas toujours blancs comme neige Depuis 1995, les syndics sont soumis à un code de déontologie.C'est un des moyens que s'est donné Industrie Canada pour assurer la qualité des services et l'objectivité des syndics.Ce qui n'empêche pas certains mandataires de se faire prendre en flagrant délit de collusion.«Certains redresseurs réfèrent toujours aux mêmes syndic, ce qui est pour nous un sujet d'inquiétude.Il y a des relations évidentes entre certains syndics et redresseurs financiers.Le problème, c'est l'apparence d'objectivité.On examine la situation de près et on s'assure que le syndic s'occupe adéquatement de ses dossiers sans subir d'influence.Si ce n'est pas le cas, ils se font taper sur les doigts.Dans le cas des redresseurs financiers qui sont reconnus coupables d'incitation à la faillite, ils sont passibles d'une amende.Mais il semble que cela fait partie de leurs frais d'opération.Toutefois, dans le cas de récidives, le tribunal est plus sévère», expose Mme Mahoney Il ne faudrait pas croire, cependant, que c'est le travail du syndic de Itinéraire M o n t r e a mars 19 9 8 Journal vérifier l'exactitude des informations fournies par le débiteur.Certes, ils aident le débiteur à faire sa déclaration, mais comme les créanciers sont les premiers concernés, ce sont souvent eux qui veillent au grain et qui informent les syndics des irrégularités.Les enquêtes sont ouvertes suite à une plainte qui peut être faite par un citoyen ou un séquestre officiel.S'il y a infraction, le dossier est remis à la GRC.Pour M.Villemure, le problème est d'autant plus complexe parce que trois parties sont impliquées.Et si certains débiteurs croient agir en toute bonne foi en suivant les conseils des redresseurs, d'autres bénéficient sciemment du système.«Le redresseur demande une rémunération et bénéficie d'une certaine clientèle dans la zone grise.Le débiteur, pour sa part, si on lui a suggéré de cacher ou de sous-évaluer certains biens pendant la faillite, profite aussi du stratagème.D'un autre côté, certains syndics bénéficient peut-être d'une clientèle plus nombreuse.Le redresseur a conseillé, mais le débiteur a posé le geste.Est-ce le débiteur qui est la victime ou est-il en partie responsable?»,questionne M.Villemure.Il y a d'autres solutions Si les redresseurs financiers ont tendance à pousser les gens vers la faillite, il est toutefois important de savoir qu'il existe d'autres solutions à la banqueroute comme, par exemple, la consolidation de dettes ou la proposition de consommateur.«On invite les gens à nous téléphoner pour se renseigner.On envoie à ceux qui le désirent une brochure d'information qui leur présente l'éventail des choix qui s'offrent à eux, ainsi qu'une liste de syndics qui s'occupent des faillites de consommateurs.A partir de cette liste, les débiteurs peuvent communiquer avec un syndic de leur choix.Si jamais trois syndics refusent leur cas, on leur en impose un.Mais aucun de ces syndic ne peut refuser un débiteur parce qu'il n'a pas d'argent et ils ne doivent pas faire affaire avec un redresseur.C'est le prix à payer pour être sur cette liste», souligne Mme Mahoney.De plus en plus de faillites Malgré une croissance économique intéressante, le Canada affiche un nombre de faillites croissant, le Québec représentant 30% des faillites.«Cela peut s'expliquer par une augmentation du crédit à la consommation qui est plus élevé qu'il y a 5 ou 10 ans.Les institutions financières sont, de façon étonnante, assez ouvertes à donner du crédit, on n'a qu'à penser aux cartes Sears ou Zellers.Les façons d'obtenir du crédit sont nombreuses et leur accès est trop facile.Il va y avoir une augmentation des deuxièmes faillites, plusieurs gens retombent dans le même pattern.A ce niveau, les syndics ont une certaine responsabilité auprès des faillis.Ils doivent les aider à faire le point dans leur vie et leur apporter un support psychologique.On veut que les gens s'en sortent», conclut Mme Mahoney.Petits conseils : dressez une liste de vos biens avant de rencontrer un syndic et consultez l'information disponible à Industrie Canada.L'adresse est le 5, Place Ville-Marie, 8e étage et le numéro de téléphone est le (514) 283-6192.d'André-Philippe Côté paru aux éditions Soulières Baptiste le clochard tfON COMPJÀ&LB M AS/AfT cotise >He Ve fÔOTmettre AU nom t>e ma femme.AU CAS Ou JE FEFtAiS.FA,LUTE- i A.Pu.crcier ?* Journal L'Itinéraire ontréal - mars 199 ((Quiconque meurt, meurt à douleur» DE L'iTiNÉRAÎRE AU cilNElVIA Mon but c 'était de montrer des gens qui vivent avec la constante présence de leur mort.Robert Morin Bryan Pionne Claude Brûlé, Cylvie Gingras, Jean-Marie Tison et James Bond, des collaborateurs de L'Itinéraire, font partie de la distribution du dernier film de Robert Morin, le cinéaste qui nous avait donné \"Requiem pour un beau sans coeur\".Cette fois-ci, avec \"Quiconque meurt, meurt à douleur\", les frontières entre les genres sont oubliées, alors que le reality show, la fiction et le documentaire sont exploités.Des consommateurs de drogues dures, des jeunes comme des \"mûrs\", sans expérience en tant qu 'acteurs, nous balancent leur vie à l'écran.Un film qui expose la violence, la vraie, de ceux et celles dont le malheur est extrême et sans issue.Au cours d'un raid policier dans une piquerie, deux agents et un caméraman de nouvelles sont pris en otages par des junkies armés jusqu'aux dents.La maison est encerclée; le siège dure 36 heures durant lesquelles les junkies nous entraînent dans le monde de leur souffrance.Cylvie Gingras Les interprètes du film n'ont aucune expérience de jeu, mais ils ont vécu cet univers de violence et de dépendance.Ils ont participé à l'écriture du film, s'inspirant de leur quotidien et puisant dans leur passé des souvenirs déchirants et percutants.Ils ont créé des personnages purs et durs, des situations, des dialogues, une véritable création collective.Parmis eux, des collaborateurs de L'Itinéraire qui expérimentent depuis quelques années déjà la réinsertion sociale et la communication par le biais de ce journal de rue.C'est là que le réalisateur Robert Morin les a repêchés.Un réalisateur, des créateurs ¦ Membre fondateur de la Coop Vidéo de Montréal, Robert Morin jouit d'une grande réputation, mais c'est avec \"Requiem pour un beau sans coeur\", en 1993, qu'il atteint la reconnaissance internationale.Cette oeuvre est d'ailleurs sélectionnée à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes, le plus important festival du cinéma au monde.Dans son nouveau film, le réalisateur et scénariste nous amène dans un univers très particulier, où la fiction et la réalité se confondent.«L'idée était de faire quelque chose qui a l'air vrai, qui touche au réel, au point où on se demande si c'est vrai.C'est pas qu'ils jouent leur propre rôle, ces gens-là, ce sont des créateurs au même titre que moi», affirme Robert Morin.Les créations collectives demandent parfois une approche différente, une manière particulière de travailler.Souvent, chacun a sa propre vision des choses.«Dans l'écriture de mon canevas, j'avais fait une brève description des personnages.On a trouvé des gens qui, en lisant le scénario, s'identifiaient aux personnages.C'est à partir de là qu'ils se sont mobilisés.On a pris le canevas et on l'a retravaillé en fonction d'eux-mêmes.Chacun amenait ses suggestions.» Claude Brûlé dans le rôle de Bécik J o u r n a l l'Itinéraire Montréal 1 9 9 «Le tournage s'est fait un peu comme du jazz: il y avait des bouts où tout était placé, puis il y avait des bouts où c'était complètement de l'improvisation», poursuit-il.Les risques du cinéma vérité Les acteurs dans ce film exposent au public une période assez délicate de leur vie et, selon Jean-Marie Tison, qui incarne Yellow, il y a une distinction à faire entre la fiction et la réalité.«Moi, j'ai simplement pris ça comme un acteur.C'est certain que c'est tourné comme un documentaire, mais je jouais.Si je l'ai fait, c'est que l'idée première du film me plaisait.On n'incite pas les gens à prendre de la drogue, ça, c'est évident.A un moment donné, c'est sûr que ça m'a \"buggé\" un peu, c'est un \"exposure\".C'est comme si on avait demandé à Bobino déjouer un alcoolique, tout le monde savait qu'il était alcoolique.Yellow, c'est Yellow: puis moi, c'est moi.Je le sais que je vais me faire ramasser avec ça, mais en quelque part, c'a eu comme un effet d'exorcisme pour moi», explique-t-il.De L'Itinéraire au cinéma Cylvie Gingras et Claude Brûlé, collaborateurs au journal, font également partie de la distribution du film.Une expérience qu'ils ne sont pas prêts d'oublier.«Imagine qu'un jour, on te propose une job et tout ce qu'on te demande comme C.V.c'est d'avoir été une junkie! Flyé, tu dis?C'est ce qui m'est arrivé il y a un an.André-Line Beauparlant, la blonde de Morin, est venue me trouver à L'Itinéraire pour me faire lire un scénario.Ils m'avaient entendue à la radio et vue à la télé.Ils connaissaient des bribes de ma vie d'itinérante junkie bien avant que Robert commence à mettre ça sur papier.Ce soir-là, je suis retournée chez moi, le scénario en main, et j'ai lu trois fois l'histoire.J'ai eu le coup de foudre!», explique Cylvie.Pour Claude, le contact avec Robert Morin s'est fait tout autrement.«J'avais entendu parler du film et ça me travaillait, raconte-t-il.J'ai réussi à rencontrer Morin.Durant notre conversation, il m'a demandé ce que j'avais eu à l'oeil.Là, j'me suis levé debout, j'ai dit: Écoute-moi attentivement! Je lui ai raconté mon histoire, je m'étais fait poignarder dans un bar.Il m'a dit: C'est le rôle de Bécik que tu veux, ben, tu l'as!» L'implication personnelle dans ce projet, le fait de jouer des scènes douloureuses déjà réellement vécues, c'est pas facile.«Le tournage du film Cylvie Gingras et Jean-Marie Tison dans un a été dur pour moi, confte Cylvie.Ça me ramenatt a une ^ percutant mr fe monde des junkies.époque pas si lointaine de ma vie.Un miroir sur une partie de ma vie passée et ce bout de vie-là, j'étais trop \"stoned\" pour le voir, je l'ai passé à faire du bungee, entre les paradis artificiels, la salle d'attente (le purgatoire, ça existe pas!) et l'enfer.Dans le film, je rejoue une partie de ma vie de bungee.à jeun!» «Sur le coup, j'ai pas pensé à ça, j'ai pris ça comme une chance de faire du cinéma, affirme Claude.Quand Robert nous a demandé si on pouvait se faire des «hit» avec des solutions neutres, sans effet, j'ai dit oui tout de suite.J'ai pris ça comme une thérapie.Quand je frappais le policier, c'est comme si je le frappais pour de vrai, je pensais à ma jeunesse, à un policier en particulier».Plus «vrâ» que vrai Cylvie et Claude sont conscients que le film peut paraître \"bigger than life\", mais selon eux, le scénario est parfaitement plausible.«Même que je trouvais ça pas assez heavy! Je pense que la «vrâ» vie vue et vécue à travers ces junkies va faire autant \"freaker\" la moitié de la planète québécoise que \"La Petite Vie\" l'a fait crouler de rire.Il y avait des gens dans l'équipe technique qui étaient loin de penser qu'ils avaient été engagés pour faire un stage à l'école de la «vrâ» vie», explique Cylvie.«Je ne voulais pas faire un film sur la dope comme tel, j'voulais faire un film politique.C'est -à-dire comment les gens qui sont dans la dope voient la société.On les met en marge, et de la marge, ils ont une vision bien particulière de la société.C'est ça qui m'intéressait,» conclut Robert Morin.\"Quiconque meurt, meurt à douleur\" sera à l'affiche du cinéma Parallèle tous les jours, du 27 février au 27 mars prochain.L'Itinéraire tient à remercier le distributeur, Film Tonic, pour le don de billets qui permettront à des gens démunis d'assister à la projection.J 0 u r n a 1 Itinéraire Montréal 19 9 8 Michel Barrette OuANd l'huMOUR dEviENT UN EXUTOÎRE Bryan Djonne Michel Barrette, humoriste, comédien et animateur, est l'un de ceux qui n'ont pas peur de se donner à fond dans leur métier.Pour lui, pas question de parler à travers son chapeau.En effet, pour un spécial sur l'itinérance lors de son émission \"Montréal-Barrette\" diffusée sur les ondes de CKOl, ce comique a passé une journée et une partie de la nuit avec punks et itinérants montréalais.Ayant connu lui-même des moments très difficiles, Barrette n'est pas insensible aux malheurs des moins nantis.L'humour à la rescousse Selon Michel Barrette, c'est l'humour qui lui a permis de ne pas sombrer dans les moments difficiles: «On a besoin d'une soupape dans la vie.Tout le monde a vécu une période d'adolescence plus ou moins rock'n'roll, plus ou moins délinquante.Moi, j'ai vécu la mienne, et l'humour m'a permis de transposer mon agressivité et mon désespoir.Tu sais, mon Hi! Ha!, cela a toujours été le petit trou sur le presto!» «J'étais directeur de crédit dans une banque, poursuit Michel Barrette.Imagine-toi mes anciens clients qui me voient à la télé aujourd'hui, les cheveux rasés.Ils doivent se dire: Tabarnak! C'est lui qui a signé mon hypothèque! Mais j'ai réussi à trouver ma délinquance dans la vie de tous les jours, sans que ça choque personne.Aujourd'hui, j'ai encore 17 ans dans ma tête, même si j'en ai 40.Je ne vivrai pas avec des cravates, ça, je l'ai vécu quand j'avais 25 ans.La banque, c'est sûr que c'aurait mal viré.Si la vie m'avait obligé à rester enfermé dans ce créneau-là, je serais aujourd'hui un ancien gérant de banque, soit complètement bum ou décroché.» Les problèmes qu'il vivait à cette époque l'ont poussé à développer une certaine forme de dépendance: «C'est sûr! Je buvais comme un trou parce que j'étais pas heureux, et quand t'es pas heureux, tu rumines, tu tournes en rond et c'est souvent de ces moyens-là dont tu te sers.J'étais pas heureux et ça paraissait dans ma face que c'était le malheur», affirme-t-il.«J'étais un délinquant, poursuit-il.À 20 ans, je suis entré dans les forces armées.Là, je suis devenu un rocker alcoolique.C'a duré cinq ans, il y a cinq ans de ma vie qui n'existent pas pour moi.J'étais pas alcoolique, mais ivrogne.Je me levais pas le matin en pensant prendre un verre, mais quand j'en prenais, j'en prenais en crisse!» Michel débarque à Montréal Michel Barrette est arrivé à Montréal, conscient que la métropole était loin d'être le village de son enfance.«C'est un choc, quand tu viens d'une petite ville, de voir qu'il y a du monde qui dorment dans lame.Tu dis: Crisse, chez nous on les ramasserait, on les logerait, mais la problématique est différente et l'ampleur du phénomène aussi.» Ce n'est pas un hasard si le comédien a un jour décidé de venir s'installer parmi les édifices et gratte-ciel urbains.«C'est l'humour qui m'a sorti de la torpeur (un grand mot!), de la tentative de suicide.J'ai laissé la caisse, j'ai commencé à faire du théâtre et je me suis retrouvé: j'ai retrouvé celui que j'étais à la base.C'est ça qui m'a amené à sortir du Lac-St-Jean pour débarquer à Montréal.Une chance que je suis arrivé à Montréal au moment où je sortais de tout ça, parce qu'être arrivé à Montréal en plein milieu, c'aurait été un méchant problème», admet-il.Dans la dèche «Mais c'était pas évident, je revenais à la case départ.Je me souviens, dans les premiers temps, j'étais invité à \"Casse-Tête,\" une émission animée par Daniel Lemire.J'avais fait \"Les Lundis des Ha! Ha!\", et c'est là que je l'avais rencontré.Daniel avait dit au réalisateur: «J'ai connu un jeune aux \"Lundis des Ha! Ha!\" et je le trouve très drôle, ça serait l'fun qu'il vienne comme invité à l'émission.» Alors, on m'a invité à y aller.J'ai pris l'autobus, je suis descendu en ville.J'avais pas une crisse de cenne, j'étais allé voir mon père pour lui emprunter l'argent de mon billet, et là, on m'a dit: «Tu reviens à l'émission la semaine prochaine.» Journal h ' I t i .n é r a i r e Montréal mars 1998 Une forme d'itinérance «J'ai décidé de rester à Montréal.J'avais un casier à Berri-de-Montigny.Je passais mes journées et mes nuits là.Quand on me crissait dehors, j'allais prendre une marche et je revenais plus tard pour changer mes affaires de place.C'a duré presque un mois.Quand j'ai eu la première paye de \"Casse-Tête,\" je me suis loué une petite chambre, coin St-André et Ste-Catherine.J'allais faire l'émission et quand elle était finie, je passais le reste de la semaine dans ma chambre ou à \"bretter\" dans le centre-ville, à pied», se rappelle-t-il.Dans la rue, avec les vrais Michel Barrette a renoué avec la dèche, récemment, en passant du temps avec les gens de la rue.C'est dans le cadre de son émission \"Montréal-Barrette\" que cette expérience s'est déroulée; un exemple de générosité artistique qui a fait jaser.«Si je me fie à ce que l'on a eu comme écho à l'émis sion de radio, les gens nous ont dit que nous avions changé leur vision de l'itinérance.Tu peux être un punk de fin de semaine, comme une mode, tu peux t'habiller comme ça parce que tu trouves ça cool, mais t'es pas un itinérant pour le plaisir, enfin je pense pas.» Cette confrontation avec les «vrais» de la rue lui a permis de mieux comprendre certaines choses.«Comme tout le monde, j'avais des craintes, raconte-t-il.Des fois, je me sentais agressé, mais j'ai toujours donné aux itinérants.» «Quand je suis allé passer une partie de la nuit avec eux, j'ai vu la réaction des policiers.J'ai squeegé et il y en a un qui m'a dit la troisième fois:«Si je passe ici et que tu es encore là, je te ramasse!»Voir la vraie affaire m'a donné tout un choc.Mais j'ai aussi pu constater la générosité des «flos» dans la rue.Il y avait un vieux monsieur, un itinérant qui avait vraiment un problème; il était malade.Les jeunes s'en sont occupés, ils ont pris des vieilles couvertures et ils ont mis ça sur lui.Ils n'ont rien et ils donnent à ceux qui ont encore moins», poursuit-il.Courez la chance de gagner un chandail du Canadien signé par Vincent Damphousse! La Canadien de Montréal appuie L'Itinéraire en offrant quatre prix pour les fane du club de hockey.Envoyez ce coupon à l'adresse mentionnée pour participer au tirage au sort qui eura lieu le 15 )uln prochain.Date limite pour recevoir vos coupons (l'original du journal ou une photocopie - un coupon par envol): 14 juin à 16 heures.Les gagnants seront prévenus par la poste et annoncés dsns L'Itinéraire.Envoyez dès maintenant vos coupons pour par tlciper et gagner soit un chandail signé par Vincen Damphousse, un bâton de hockey autographié par les joueurs, une casquette et un t-shirt ou la série de magazines Les Canadiens.CONCOURS WÏOCm DANS LA RUE Nom: m \"l \"\u2022 _*¦\t\t\t\tmq\t -w~ I Adresse:\t\t\t\t\t \t\t\t\t!\t i Té H i {Kl Téléphone:________ Envoyez à L'Itinéraire au 1907, rue Amherst, Mtl (Que) H2L 8L7 Répondez à la question suivante: Quelle entreprise ou commerce aimeriez-vous voir annoncer dans Lltineraire?1._2._ 3.4.t r, s 1 i'Itinéraire Montréal su a.r s 19 9 8 André Boisclair Ministre des Relations avec les citoyens et de l'Immigration 21 mars 1998 Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale Il y a longtemps que le gouvernement du Québec est engagé dans la lutte pour l'élimination du racisme.Cet engagement, il l'a officialisé dans la Charte des droits et libertés de la personne du gouvernement du Québec, promulguée en 1976, puis dans la Déclaration sur les relations interethniques et interraciales de 1986.L'année 1998 marque le 50e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, adoptée par l'assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948.Pour souligner cet important anniversaire, le gouvernement du Québec offre une programmation diversifiée mettant en valeur la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.Combattre le racisme doit être une préoccupation quotidienne pour chacun d'entre nous.Profitons de cette journée pour continuer de semer dans notre entourage une attitude de respect envers tous nos concitoyens.Gouvernement du Québec Ministère des Relations avec les citoyens et de l'Immigration Québec a a a a Journal I t i n é r a i r Montréal a r s 1 9 Le métro Vu d'en bas L'hiver surtout, le métro représente pour bien des gens de la rue la chaleur sous terre.à ne pas confondre avec l'enfer.qu'ils vivent sur terre.C'est pourquoi nous vous présentons un dossier sur notre transport en commun, considéré comme l'un des plus beaux au monde.Mais le métro est-il accessible à tous?C'est au lendemain de la crise économique de 1929 que Montréal songe à construire un métro pour tranporter les milliers de travailleurs du centre-ville qui devient de plus en plus important.Le journal Herald demande à ses lecteurs en 1930 si «Montréal devait construire un métro» Le Herald publie chaque jour les lettres Stmt IaweauIt RtiMKu» en chef Photo Philippe Burnet de ses lecteurs et offre 5 $ à la meilleure de la journée.La population se montrait déjà enthousiaste.Aujourd'hui, le métro est une réalité incontournable de notre vie urbaine.En plus des travailleurs qui ne font que passer, des commerçants, des musiciens et même des sans-abri s'y côtoient pour diverses raisons.D'autre part, environ 60 pour cent des lecteurs de L'Itinéraire utilisent régulièrement le métro pour se déplacer.Il n'est pas évident pour tout le monde de se déplacer en métro parmi une foule de personnes plus différentes les unes que les autres.Pour les mendiants ou les petits travailleurs autonomes que sont les musiciens du métro, tirer sa part «commerciale» de ce flot incessant de voyageurs n'est pas une mince affaire.Enfin, le métro, au dire de bien des usagers, commence à être un luxe que le pauvre monde peut de moins en moins se permettre.Y a-t-il une limite à l'ascension du prix du billet?Y a-t-il des solutions pour que les petits travailleurs n'y laissent pas leur chemise dans leurs déplacements pour trouver du travail?Un sujet qui doit préoccuper des milliers de Montréalais.\u20acgii*e Mme ê>amt-Jean (514) 866-0641 Une église protestante de langue française au coeur de la cité Solidaire avec tous ceux que touche L'Itinéraire Culte: tous les dimanches à 1 Oh 30 110, rue Sainte-Catherine Est, Montréal, Québec H2X 1K7 Pasteur Une parole sur la place »__I ffinnnnf L Itinera ira ! Une sérieuse implication Les Soeurs de la Providence Province Notre-Dame LES OEUVRES DE LA MAISON DU PÈRE 550, boul.René-Lévesque Est Montréal (Québec) H2L 2L3 Tél.: (514) 845-0168 Fax: (514) 845-2108 Journal L'Itinéraire - Montréal mars 1998 Le transport en commun.Communément accessîdIe?JojjANNI CJNqRAS Le transport en commun, le métro comme Vautobus, c'est loin d'être économique pour les plus pauvres, pas seulement les assistés sociaux, mais également les chômeurs en recherche d'emploi.Sans espérer un service gratuit comme dans certains pays arabes, peut-on espérer voir un jour un service à la portée des plus pauvres comme cela se pratique dans plusieurs pays?G?TARIF F'iXB ® Le 18 novembre dernier, un article de La Presse faisait état d'un projet de réduction du prix des titres de transport pour les personnes à faible revenu.En effet, afin de favoriser l'utilisation des transports en commun par cette importante portion de la population (15%) vivant de l'aide sociale, le projet présentait, selon l'auteur de l'article, Éric Clément, la possibilité d'établir des \"tarifs préférentiels\" comme cela se fait en Europe et plus particulièrement en France.On pouvait y lire, entre autres, que Guy Picard, directeur de projet à la STCUM, considère que les transports en commun ont non seulement un rôle économique et environnemental, mais aussi un rôle social.Il faut croire que ce rôle demeurera le dernier en importance, vu la fidélité indéfectible de nos dirigeants entièrement dévoués à la philosophie néo-libérale.Rejoint au téléphone, Yves Ryan, président du conseil d'administration de la STCUM, affirme qu'il ne s'agit en aucun cas d'un projet; ce sont des intentions émises de bonne foi par M.Picard, mais irréalisables parce que trop onéreuses.Cela n'a même pas été soumis au conseil.M.Ryan se félicite d'avoir réussi à maintenir les prix au niveau actuel, alors de là à parler de réduction.Guy Picard abonde dans ce sens et précise que le journaliste a «pris des libertés» en qualifiant de projet ce qui n'était qu'un texte de présentation sur les différentes options utilisées ailleurs dans le monde.Le marché des BS.Cependant, à la STCUM, on a bel et bien déjà fait une enquête téléphonique sur la fréquence d'utilisation du métro par les citoyens montréalais assistés sociaux.La société de transport a utilisé les banques de données du ministère de l'Emploi et de la Solidarité afin de rejoindre 2 000 bénéficiaires et de sonder leurs habitudes de consommation du transport en commun.C'est donc qu'on tient compte malgré tout du statut du consommateur potentiel de cette partie de la population qui achète son pain et son beurre au même prix que tout le monde.Mais on ne s'avance pas outre mesure sur le chemin des bonnes intentions.Des systèmes efficaces Pourtant, les exemples de réussite et de faisabilité ne manquent pas ailleurs dans le monde.Par exemple, l'abonnement Joker émis par la TRAM (Transports de l'agglomération mulhousienne), depuis avril 1997, permet aux citoyens en situation de précarité (chômeurs ou bénéficiaires d'aide sociale) de Mulhouse, en France, de profiter d'un titre de transport pour la moitié du prix.À Paris, le Syndicat des transports parisiens a piloté la mise en place d'un système d'aide au transport en faveur des catégories de chômeurs les plus démunis: les «Chèques Mobilité» servent à l'achat de différents types de titres de transport dont la carte Formule 1 qui permet de voyager toute la journée à dans différentes zones; la carte Orange d'une durée d'un mois, etc.Ce programme a débuté il y a plus d'un an et devrait avoir rejoint 170 000 personnes.Toujours dans la capitale française, où le prix des titres de transport est sensiblement le même qu'à Montréal (8 F le ticket, soit 1,93 $ canadien), les chômeurs en recherche d'emploi, les assistés sociaux ou les personnes à la recherche d'un premier emploi, peuvent obtenir le remboursement de leur carte de transport par le bureau d'aide sociale de la mairie.De plus, des réductions sont réservées aux étudiants jusqu'à l'âge de 26 ans.Les employeurs de la région de l'Ile de France s'impliquent eux aussi dans le processus puisqu'ils prennent en charge une partie des coûts reliés au transport en commun.Plus près de nous, à Toronto, la ville injecte près d'un million de dollars pour l'achat de titres de transport qui sont ensuite redistribués aux usagers à faibles revenu! Il n'est donc pas impossible de réaliser un système qui permettrait aux plus démunis de se déplacer à meilleur prix.Il suffit que la société de transport fasse un effort en ce sens, ce qui n'est pas le cas à la STCUM.Il semble que l'on ne veuille même pas en parler.Journal l'Itinérai Montréal mars 1 9 9 58 «OueIUs AMÉliORATÎONS AÎMERÎEZ-VOUS VOÎR (JaNS Ie METRO?» (Photo: Gabrielle Girard) Camille Major, agent de sécurité dans le métro: «La tarification et la perception des titres devraient être améliorées.Je trouve que c'est un petit peu du laisser-aller; les cartes CAM c'est pas vraiment un système qui est rentable pour la STCUM.(.) C'est trop facile de laisser une carte que tout le monde utilise à la maison, qu'on se prête entre amis, il y a beaucoup de pertes engendrées à ce niveau-là.(.) Y a des cartes à puce qui se vendent présentement, en Europe, je crois, le nombre de passages est marqué dessus, peu importe l'utilisateur, ça serait plus rentable pour la STCUM.» Rachel, bénévole: «Plus de restaurants, de petites boutiques, parce qu'il y a beaucoup d'espace, il y a de la perte d'espace(.) Des bancs quand on est fatigué.Le prix du passage est vraiment trop cher pour des gens de votre âge.La CAM à 45 $ par mois c'est vraiment très cher.» (Photo: Gabrielle Girard) M.Paquette, agent de sécurité dans le métro: «J'suis constable dans l'métro.ça dépend des stations, mais ici y a rien à faire, c'est un lieu public.Ces personnes-là sont pas ici pour prendre le métro, elles sont ici pour se réchauffer, pour quêter, c'est un besoin naturel.La Société des transports peut pas tolérer ces personnes-là dans le métro.La société les aide pas, elle les entretient.C'est une roue qui tourne.On n' a pas de problème avec les gens qui vendent L'Itinéraire.» (Photo: Gabrielle Girard) (Photo: Gabrielle Girard) Mélanie, étudiante: «L'heure des ouvertures pis des fermetures.(.) Sur 24 heures.(.) Plus de lignes.J'vais à Laval souvent, c'est compliqué.» O A Me Bertrane Royer AVOCATE spécialisée en droit carcéral (libérations conditionnelles) 3689, rue Saint-Hubert Montréal (Québec) H2L 3Z9 Téléphone: (514) 522-5549 (514) 522-4025 Télécopieur: (514) 522-7626 journal L'Itinéraire M o 427, rue de la Commune Est Montréal (Québec) H2Y IJ4 ^Téléphone: (514) 845-3906 Télécopieur: (514) 845-7Q1 9 LA CARTE TOURISTIQUE Les «cjratteux»
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