L'itinéraire, 1 janvier 2003, novembre
[" L'Itinéraire Plus qu'un magazine! L'Itinéraire est bien plus que le magazine que vous avez entre les mains.En plus de la centaine de camelots qui y trouvent une alternative à la mendicité et une façon de se revaloriser, L'Itinéraire apporte un espoir et de la formation à des centaines de personnes chaque année.Par des expériences de vie et de travail, nous voulons ranimer l'estime de soi chez des personnes qui sont dévalorisées par leur exclusion de la société.Le Café sur la rue reçoit environ 500 personnes par mois en offrant des repas à 3 $ dans un environnement accueillant et respectueux de leur réalité.D'ailleurs, plus de l 000 repas ont été offerts cette année par les Montréalais grâce au projet de cartes-repas.L'Espace Internet permet à environ 400 personnes par mois d'avoir accès à l'informatique à 2 $ de l'heure et de recevoir gratuitement de la formation en navigation, en initiation à l'ordinateur et en traitement de texte.Notre organisme a permis en 2003 à des centaines de personnes d'obtenir des services d'intervention psychosociale, des références auprès d'organismes spécialisés et de l'aide concrète dans la résolution de leurs problèmes avec les services publics.Une cinquantaine de collaborateurs ont participé à L'Itinéraire et ont reçu de la formation en écriture journalistique.« L'Itinéraire m'a aidé à revenir sur la map en occupant mon temps, en me fournissant un surplus de revenu pour m'aider à subsister.Mais le plus important, c'est qu'il m'a redonné le goût de vivre », de dire André, l'un de nos camelots.La vente de L'Itinéraire ne permet pas à elle seule la réalisation de toute cette aide dont les personnes de la rue ont tant besoin.Nous avons besoin de vos dons pour continuer à offrir de la formation professionnelle et du soutien.Aidez-nous à ranimer la confiance et l'estime de soi en nous encourageant à poursuivre nos projets! Je vous fais parvenir mon don de : 20 $ ?50 $?100 $?Autre_$ ?Nom Prénom Adresse : Code postal Tél.-(_)_ i_________________________________________________.cj Q^^cs'rv (/ /tous e/tcot/.rorr^e/r/ Envoyer un chèque ou mandât-poste à l'ordre du Groupe communautaire L'Itinéraire à l'adresse suivante : 1108, rue Ontario Est Montréal (Québec) H2l_ 1 Ri Je désire recevoir un reçu pour fin d'impôts ?Les reçus pour les dons de plus de 10 $ seront émis à la fin de l'année seulement Le Groupe communautaire L'Itinéraire est un organisme de charité fondé en 1990 pour aider les itinérants.Le conseil d'administration est composé en majorité de personnes ayant connu l'itinérance, l'alcoolisme ou la toxicomanie.Le conseil d'administration : Président : Sylvio Hébert Secrétaire : André Martin Vice-présidente : Michèle Wilson Conseillers : Robert Beaupré, Audrey Coté, trésorier : Éric Cimon Andié Canuel, Martin Gauthier \u2022 Direction : \u2022 Administration : \u2022 Café sur la rue : \u2022 Distribution : \u2022 Espace Internet : \u2022 Journal : codirecteur : Serge Lareault codirectrice : Denise English Administration du groupe : Serge Lareault Adjointe à l'administration : Claudette Turgeon Adjointe administrative : Denise Ouellet Agente de développement : Audrey Coté Conseillère publicitaire : Renée Lariviere Conseiller publicitaire : Sieglried L Matriciel : Denise English Organisatrice : Carole Coulure Responsable : Denise English Organisateur : Sylvio Hébert, François Bouchard Représentants des camelots : Gabriel Bissonnette Robed Dion.André Canuel Organisateur : Jean-Pierre East Concepteur Internet : Serge Cloutier Responsable : Serge Lareault Adjoint à la rédaction : Jérôme Savary Agente de développement, de liaison et rédactrice en chef de Cyberrtinéraire : Nancy Roussy Le mensuel L'Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et maisons de chambres.Depuis mai 1994, L'Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée en majorité par des personnes vivant ou ayant connu l'itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.Pour chaque numéro, vendu 2 $, 1 $ revient directement au camelot.Les profits de L'Itinéraire servent à financer les projets d'entraide.Attention aux fraudeurs; personne n'est autorisé à solliciter au porte à porte ou dans les commerces des dons monétaires ou matériels pour L'Itinéraire.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou demandent des dons, ils ne le font pas pour L'Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus ou le comportement des vendeurs, communiquez sans hésiter avec le (514) 597-0238, poste 28.Rédacteur en chef : Serge Lareaull Équipe de production du journal Collaborateurs : Nancy Roussy, Audrey Coté, Johanne Gingras, Élyse Frenelte, Jérôme Savary, Kanne Projean, Jean-Philippe Pleau, Patrick Cadoret, Pierre Salducci, Léo Paul Lauzon, Maxime, Lucie Hamel, André Canuel, Jean-Pierre Béliveau, Michel Côté, Gilles Bélanger, Laurent Bond, Albert Grandmaison, Lise Lavoie.Infographiste : Jocelyne Sénécal Photo page couverture : Patrice Bériault Révision : Guy Crevier.André Martin, Lorraine Boulais, Mariette Élhier-Morand, Anne Rodrigue Mots croisés : Gaston Pipon Imprimeur : Québécor World Lebonlon Tirage : 18 000 exemplaires vendus par des itinérants et des sans-emploi dans les rues de Montréal L'Itinéraire est membre de NASNA \u2022 Association nord-américaine des journaux de rue Le réseau international des loumaux de rue AMECÛ^\" Son tirage est certifié par AVDA _ me-nb™2oo3 L'Itinéraire est C j entièrement recyclable La formation professionnelle des travailleurs(euses) à l'Itinéraire a été rendue possible grâce, entre autres, à Emploi Québec, à la CDEC du Plateau Mont-Royal/Centre-Sud, à la Ville de Montréal, à la Régie régionale de la santé Montréal-Centre et à l'UQÀM.L'Itinéraire Administration - adresse postale 1108, Ontario Est, Montréal (Québec) H2L1R1 Journal et Espace Internet 1907, rue Amherst Calé sur la rue 1104, Ontario Est Tél.: (514) 597-0238 Téléc.: (514) 597-1544 Courriel : itineraireivideotron.ca Site : www.itineraire.ca sommaire Entrevue avec Roxomc NadeaM 14 Actualité 5 Édito : Un financement du fédéral très attendu pour la lutte contre la pauvreté 6 Regard neuf sur la pauvreté 8 Nouveau : Cyberltinéraire 18 Les gens de la rue investissent l'autoroute de l'information 22 Gilles Vigneault : poète de tout le monde 27 Les élections scolaires Chronique* Le monde du travail Livre Info VIH/SIDA Communautaire 10 12 13 20,24 Mots de camelots Prof Lauzon Info alcool Mots croisés 28 31 34 33 Vous voulez rejoindre plus de 50 000 personnes par le biais de notre journal de rue?Un public conscientisé qui remarquera votre présence dans une publication qui vient en aide à des centaines de personnes défavorisées Information (514) 597-0238 poste 30 Nos conseillers publicitaires Renée Lariviere et Siegfried L.Mathelet L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 S'abonner à L'Itinéraire, c'est plus qu'acheter un bon magazine : c'est soutenir les plus démunis qui se prennent en main pour améliorer leur sort.| Prix : 74 $ pour un abonnement de 12 mois J (12 numéros, taxes et frais d'envoi inclus, un montant de 50 $ étant directement réservé à réaliser la mission de l'organisme).Chaque abonnement supplémentaire livré à la même adresse coûte 24 $.Renseignements : (514) 597-0238, poste 26.Nom et prénom : Adresse :_ Ville :_ Mme ?M.Q Code postal :_ Téléphone :_(_ Indiquez vos choix en cochant la ou les cases appropriées: -)- ?Un abonnement à 74 $ ou Deux abonnements à 98 $ ou abonnements à Je veux recevoir un reçu de charité de 50 $* Dites-nous quand votre abonnement doit débuter : Je veux que mon abonnement débute en_ Signature Merci de faire votre chèque à l'ordre du Croupe communautaire L'Itinéraire, et de nous le poster à l'adresse suivante : Abonnements à L'Itinéraire 1108, rue Ontario Est Montréal (Québec) H2L 1R1.*Les reçus de charité sont postés à la fin de l'année.novembre 2003 Participez au succès du party de Noël des camelots! A l'approche des Fêtes, L'Itinéraire fait appel à la générosité des commerçants pour nous aider à offrir des cadeaux aux camelots lors de la fête de Noël du 17 décembre prochain.Un petit don fera toute la différence pour la plupart de nos camelots pour qui Noël est synonyme d'isolement et de tristesse.N'hésitez pas à communiquer avec Mathieu Proulx, notre stagiaire responsable de l'organisation du party de Noël au 597-0238, poste 23.Inl.iNnAinnnpmcntr ' pi LES MESSAGERS THE MESSENGERS À l'Ex-Centris Un documentaire inspirant sur les artistes engagés Dominique Blain Présenté en première mondiale et en compétition au Festival du nouveau cinéma et nouveaux médias de Montréal, le documentaire Les Messagers réalisé par Helen Doyle nous fait découvrir des artistes engagés contre la guerre et la barbarie.À travers la démarche artistique engagée de six artistes, Les Messagers est sans conteste un film de réflexion sur la nécessité de réagir aux structures de pouvoir qui créent les inégalités sociales et bafouent le droit à la vie.Un documentaire aux personnages inspirants qui nous renvoient à nos propres possibilités d'engagement.« Notre confort et notre indifférence, c'est à ça que je réagis», déclare l'artiste canadienne Dominique Blain.À l'affiche au Cinéma Parallèle (Ex-Centris) du 21 novembre au 4 décembre 2003 Erratum Dans le numéro d'octobre 2003, le texte « Le chant du cygne : Hommage à Arthur Allaire » devait être signé Pierre Hamel.Désolé de cet oubli Pierre! L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 edito Un financement du fédéral très attendu pour la lutte contre la pauvreté serge Lareault rédacteur en chef Alors que le débat semble s'enliser entre les mouvements pour la lutte contre la pauvreté et le gouvernement de Jean Charest qui laisse présager de fortes coupures et la remise aux calendes grecques de la Loi 112 contre la pauvreté, le vent d'engagement social souffle plutôt du côté du gouvernement fédéral.Ce sont 25 millions de dollars qui seront offerts aux organismes d'aide aux itinérants et aux démunis de Montréal, à compter des prochains mois, et ce, jusqu'au 31 mars 2006, par le gouvernement fédéral dans le cadre du programme d'Initiative aux partenariats en action communautaire (IPAC).En tout, 56 millions de dollars pour l'ensemble du Québec seront distribués.Ce programme avait été mis sur pied par la ministre Bradshaw afin de faire face au phénomène des sans-abri qui ne cesse de prendre de l'ampleur.Géré par Ressources humaines Canada en collaboration avec des instances comme les Régies régionales de la Santé et des Services sociaux, ce programme avait permis aux organismes de Montréal de réaliser une centaine de projets d'aide au cours des trois dernières années.Cette deuxième contribution du gouvernement, appelée IPAC 2, est particulièrement attendue.Les organismes d'aide de Montréal ont jusqu'au 7 novembre prochain pour déposer leurs projets.Ça va se bousculer aux portes car les besoins sont infinis et la pauvreté ne cesse de s'étendre.« On nous prédit une demande encore plus forte que pour IPAC 1 », a déclaré à L'Itinéraire Norma Drolet, responsable d'IPAC à la Régie régionale de la Santé et des Services sociaux de Montréal-Centre.« Lors du premier IPAC, nous avions reçu environ 150 projets totalisant 47 millions de dollars alors que nous n'avions que 25 millions de dollars pour le programme.» Des choix sociaux incomparables.25 millions $ : deux ans de lutte contre la pauvreté 2 millions $ : deux semaines d'entraînement pour la lutte contre les Afghans Les organismes vont essayer de mettre à profit cette manne, mais, en même temps, ils dénoncent le trop peu d'investissement des gouvernements face à un problème d'une telle ampleur à l'échelle du pays.Pour plusieurs d'entre eux cependant, le programme d'Initiative aux partenariats en action communautaire semble être la seule planche de salut.De son côté, le gouvernement du Québec n'annonce aucune mesure en matière de soutien aux organismes d'aide.On ne sait pas s'il y aura des programmes d'insertion à l'emploi comme celui du Fonds de lutte contre la pauvreté, qui avait permis à des milliers de personnes d'acquérir des expériences de travail.Des milliers de Québécois réclament des budgets et des programmes pour un partage plus équitable des richesses au pays, mais c'est au compte-goutte qu'ils nous parviennent.Les organismes n'ont jamais les munitions nécessaires pour lutter réellement contre la pauvreté.Pendant ce temps, le gouvernement n'hésite pas à dépenser deux millions de dollars pour un entraînement de deux semaines destiné à une poignée de militaires qui iront faire la lutte aux Afghans et qui, en quelques jours, auront dépensé pas moins de 300 000 balles à blanc.Dans ce contexte, qu'advient-il de la lutte à la pauvreté?¦ L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE Regard neuf sur la pauvreté jean-philippe pleau sociologue Définir la pauvreté semble une tâche ardue.En effet, même Statistique Canada, l'organisme mandaté par le gouvernement fédéral pour mesurer la pauvreté au pays, ne possède toujours pas de définition claire pour comprendre globalement cette réalité.Actuellement, seules des informations basées presque exclusivement sur la consommation et le revenu structurent un discours scientifique sur la pauvreté.Certes, des analyses statistiques tiennent compte d'un certain nombre d'autres variables comme l'origine sociale.Mais cela est-il suffisant pour comprendre le phénomène de la pauvreté dans son ensemble?Sinon, quelles peuvent être alors les conséquences d'une telle simplification?À première vue, cette simplification peut conduire à masquer les nombreuses dimensions que pourrait revêtir la notion de pauvreté.Or, la pauvreté ne fait aucun doute : celle de nature économique existe et demeure bien présente au sein des discours commun et scientifique.Qu'en est-il cependant des pauvretés que l'on pourrait qualifier de sociale, culturelle et politique?Pauvreté sociale, culturelle et politique Nous savons peu de chose, il me semble, sur ces différentes formes de pauvreté.À cet égard, posons l'hypothèse suivante : dans nos sociétés capitalistes actuelles, l'accord des populations envers le néolibéralisme, qu'il soit explicite ou non, contribue à l'effacement de toute forme possible de pauvreté autre que celle que l'on qualifie « d'économique».Plus précisément, en considérant que la logique de marchandisation a atteint l'ensemble des domaines de la vie sociale, il est permis de croire que les autres formes de pauvreté deviennent alors caduques, voire sans fondement, et que la pauvreté semble plus que jamais un problème de consommation matérielle.Or, une telle lecture donne à penser que l'accès à un revenu supérieur au seuil de faible revenu, la lecture des grands quotidiens, la consommation de masse ou l'écoute télévisuelle par exemple, assurent dans nos sociétés l'intégration et la reconnaissance sociales de même que l'évitement de la pauvreté.D'une certaine manière, ces hypothèses ne sont pas fausses dans le contexte actuel.Mais là n'est pas la question, rappelez-vous.À quoi peuvent donc renvoyer les formes de pauvreté sociale, culturelle et politique dans nos vies quotidiennes?Simplement quelques faits pour mieux comprendre.Selon Québécor, le Journal de Montréal rejoindrait près de deux millions de lecteurs sur une base hebdomadaire.Ainsi, par sa nature populaire tout autant que par l'appareil publicitaire de convergence médiatique auquel il est associé, un média comme le Journal de Montréal est, en soi, très influent.En contrepartie, il existe au Québec une multitude de médias alternatifs ou indépendants qui, plus souvent qu'autrement, doivent composer avec des moyens de diffusion très limités, et ce, que l'on parle de tirage effectif (médias écrits), d'ondes disponibles (médias radiophoniques et télévisuels) ou d'accessibilité à un hébergement de site Internet (médias électroniques).Et pourtant, une qualité ainsi qu'une quantité d'informations y circulent tous les jours sans que l'ensemble de la population y ait vraiment accès, pour de multiples raisons.Ici se dessine alors une pauvreté de type sociale qui n'est pas calculée par Statistique Canada.Parallèlement, dans la grande famille Québécor, on retrouve également la populaire émission de télévision « Star Académie » qui, il y a quelques mois, attirait fréquemment plus de deux millions de téléspectateurs.Encore une fois, l'environnement dans lequel cette production fut développée et mise en marché ainsi que les cotes d'écoute qu'elle a récoltées laissent croire à une influence potentielle majeure dans la population.En contrepartie, plusieurs artistes émanant de la scène musicale dite alternative doivent avoir fréquemment recours à leur ingéniosité pour annoncer eux-mêmes, et à faible coût (cf.la réappropriation des poteaux dans les rues par exemple), leur prochaine performance espérant y trouver un public.Dans cette perspective, L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 c'est donc dire que bon nombre de productions artistiques de qualité arrivent à peine à sortir de leur univers de conception et éprouvent, par le fait même, de la difficulté à s'approprier une reconnaissance sociale nécessaire à leur évolution.Ici, on a affaire à une pauvreté de type culturelle qui n'est pas calculée par Statistique Canada.Par ailleurs, les partis politiques conventionnels au Québec, c'est-à-dire le PQ, le PLQ et l'ADQ, disposent notamment d'un budget considérable pour la diffusion de leurs idées - on parle de plus de dix millions de dollars à eux trois pour la campagne électorale de 2003! Pareil coût contribue à leur assurer une présence de choix dans l'ensemble des médias québécois ainsi qu'un rayonnement physique notable à l'échelle de la province (cf.les autobus de campagne).En contrepartie, il y a une foule de partis politiques qui, à chaque élection québécoise, ne parviennent jamais à cumuler plus de 2 °/o du vote à l'échelle de la province et qui, pour toutes sortes de raisons, voient constamment leur développement ralenti ainsi que leur rayonnement entravé.Dans cette perspective, sans tenir compte du fait que former un parti politique engendre des coûts considérables, il est permis de croire que plusieurs idées respectables ne trouvent donc jamais d'oreille et que cela révèle, par le fait même, une forme de pauvreté politique qui n'est pas, elle non plus, calculée par Statistique Canada.Culture de l'innovation Mais l'adoption d'une conception économique de la pauvreté n'a pas pour seul effet d'en masquer d'autres possibles, elle comporte aussi certaines lacunes pouvant contribuer à minimiser l'importance réelle du phénomène.En ce sens, des techniques de calcul comme l'indice des prix à la consommation (IPC) permettent de contourner certains éléments essentiels qui, autrement, affecteraient à la baisse le pouvoir d'achat des consommateurs.Ainsi, au nom de la culture de l'innovation, les entreprises développent de nouveaux moyens pour rencontrer des taux de profits croissants, et ce, sans directement en avertir le consommateur.Un exemple parmi d'autres.Il y a quatre ans, des emballages d'une marque de fromage bien connue contenaient 450 grammes de produit.Progressivement, la compagnie a réduit les formats, passant d'abord à 400, puis ensuite à 350 et maintenant à 300 grammes, et ce, tout en con- servant le prix original.Après vérification auprès de Statistique Canada, l'indice des prix à la consommation (IPC), construit à partir d'un panier d'achat fixe dans le temps, ne tiendrait pas compte de ces transformations.Et de l'avis de plusieurs, là ne résident pas les seules faiblesses des méthodes de calcul de la pauvreté au Canada (voir notamment les travaux du sociologue de l'Université Laval Simon Langlois à cet effet).Une propension de la sorte à se cacher collectivement la globalité et la multidimensionnalité de la pauvreté n'est pas sans inquiéter.Toutefois, c'est probablement dans une telle perspective que tout un ensemble de moyens pour contrer la croissance de la pauvreté, sinon la pauvreté elle-même, trouvent actuellement leur importance et puisent leur légitimité.Parmi eux, on compte notamment des propositions «sociales» comme la journée internationale pour l'élimination de la pauvreté (le 17 octobre de chaque année), des propositions « culturelles » comme celle de l'îlot fleurie à Québec (http://membres.lycos.fr/ilotfleurie/), un organisme sans but lucratif issu de la rencontre de l'art et du social, des propositions «économiques» comme l'idée d'un revenu minimum garanti et finalement, d'un point de vue « politique » et démocratique, des propositions comme celle de la réforme proportionnelle du mode de scrutin.Mais cela sera-t-il suffisant pour assurer l'avenir de nos sociétés dans une perspective plus humaine et collective?La question se pose.Et si cette mise au point n'était plus le désir de la majorité d'entre nous?La question se pose également.À la lumière de cette réflexion, le temps n'est-il pas venu de faire de la pauvreté un véritable débat de société?Cependant, compte tenu du contexte actuel et de la rigidité de la logique néolibérale défendue par nos gouvernements et le monde des affaires, cela implique nécessairement le recours à l'autodéfense intellectuelle, dirait Normand Baillargeon.Ensuite, l'idée de base est d'en arriver à faire en sorte que les revendications pour l'élimination de la pauvreté, tout comme celles que l'on qualifie d'alter-mondialistes, sortent des bassins d'individus convaincus et gagnent en popularité.Ce projet vous semble-t-il intéressant?Moi, ça me plaît! La guerre en Irak a mobilisé des centaines de milliers de personnes dans les rues de Montréal.Il me semble que cela devrait nous allumer.jppleau@videotron.caB L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 Information alternative Vers un renouveau du paysage médiatique au Quebec! patrick cadoret collaboration spéciale À l'ombre des géants corporatifs qui convergent et se concentrent et à l'encontre des médias de masse qui contrôlent l'économie de l'information, de plus en plus d'initiatives et de projets médiatiques autonomes font renaître chez plusieurs l'espoir d'une « société des communications » réellement démocratique.L'émergence récente de plusieurs nouveaux médias alternatifs au Québec se double d'une volonté de mettre en commun leurs ressources pour faire contrepoids au discours monolithique du complexe médiatique institutionnel.L'avenir médiatique au Québec sera alternatif Le 24 septembre dernier, la revue sociale et politique À Bâbord! était lancée en même temps que le Journal de l'Union paysanne.L'un et l'autre se donnent pour mission d'offrir à la population une information qu'elle ne trouve pas dans les médias traditionnels.À Bâbord! est le nouvel avatar de la revue Espaces Possibles.Ses artisans s'emploient « à la construction de vastes solidarités, à favoriser le mouvement (de gauche) et la rupture vis-à-vis du consensus néolibéral et à promouvoir l'idée d'apprendre à faire de la politique autrement», écrit Pierre Mouterde dans le tout premier éditorial de la revue qui affiche la volonté d'animer une tribune «d'intervention sociopolitique» pour la gauche québécoise.Ainsi, un des traits qui caractérisent la plupart des nouveaux médias alternatifs est l'absence de cette prétention à l'objectivité et à l'impartialité dont se targuent les médias traditionnels et l'élite journalistique.Il en va de même pour le Journal de l'Union paysanne, qui ne se cache pas de défendre une agriculture et une alimentation paysannes, opposées à la conception industrielle de l'exploitation agricole et farouchement critique de la mondialisation capitaliste.Le journal vise à informer les milliers de membres de l'UP, mais il cherche aussi à conscientiser la population québécoise quant au développement agricole contemporain : agriculture biologique, développement durable, politiques économiques néfastes, etc.Ces nouveaux médias proposent donc de l'information et des modèles de société différents, mais encore faut-il qu'ils soient en mesure de rejoindre la population.Il s'agit, là aussi, d'élaborer des alternatives au monopole qu'exercent les pouvoirs corporatifs sur les réseaux de distribution.Face à cette difficulté, plusieurs artisans de l'Union paysanne et d'À Bâbord!, organisent présentement une collaboration entre divers médias, laquelle devrait donner lieu à la création d'une agence commune de distribution, de promotion, de nouvelles et de reporters.Enfin un réseau de distribution indépendant pour les médias alternatifs du Québec! Voilà qui devrait en réjouir plusieurs! Libres dans la sphère virtuelle! Il n'y a pas que le médium écrit qui connaisse une période d'expansion.Le développement des nouvelles technologies de l'information et des communications (NTIC) ont permis, au cours des dernières années, l'émergence d'une panoplie de nouveaux médias alternatifs sur la Toile.Le Centre des médias alternatifs du Québec (CMAQ : www.cmaq.net), qui fête ce mois-ci ses trois ans d'existence, continue de proposer une alternative radicale à la pensée unique.Le CMAQ anime ce qu'on appelle une tribune de « publication ouverte », c'est-à-dire un site Web où tous les citoyens peuvent participer au fil de presse via un formulaire de publication en ligne.Le slogan du réseau international Indymedia, dont fait partie le CMAQ, «Ne haïssez pas les médias, Soyez le média! », ne cesse de faire des convertis au Québec et partout dans le monde.La communauté du CMAQ compte maintenant plusieurs centaines de personnes qui nourrissent régulièrement le site d'articles, d'analyses et de communiqués.Mais la formule ultra-libérale du CMAQ n'est pas la seule à faire des petits.On compte maintenant par dizaines les cybermédias indépendants produits au Québec.Citons par exemple, La Tribu du Verbe (www.latribuduverbe.com), un journal à la verve iconoclaste fièrement affichée, Cybersolidaires (www.cyberso-lidaires.org), un incontournable de la pensée féministe d'ici, L'Insomniaque (http://insomniaque.org), un zine libertaire mensuel et le site d'information d'Alternatives (www.altematives.ca), pour ne nommer que ceux-là.En outre, la plupart des médias alternatifs qui dif- L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 fusent traditionnellement sur papier disposent maintenant d'une version électronique.C'est le cas par exemple du Le Couac (www.lecouac.org), de l'Aut'Joumal (www.lautjournal.info), du Mouton Noir (www.moutonnoir.com), de Cyberltinéraire, version web de L'Itinéraire (www.itineraire.ca) et bientôt de Recto-Verso (www.rectoverso.info).Le souci de démocratisation des moyens de communication a même rejoint l'Office National du Film (ONF), qui lançait tout récemment sa propre tribune électronique, Parole Citoyenne (http://citoyen.onf.ca).L'exergue du site est assez éloquent : «À l'heure où les médias se défilent, ce site carbure à la libre expression.Penseurs, créateurs et citoyens s'y rencontrent pour susciter l'émergence de nouvelles idées.OSEZ LE TON!» Voilà qui peut paraître étonnant de la part d'une agence gouvernementale, mais qui n'en indique pas moins un signe des temps encourageant.Vous écoutez.la radio du futur! La radiodiffusion aussi connaît des bouleversements intéressants.Les dernières années ont vu se multiplier un peu partout les webcasts, ou programmes de radio diffusés sur Internet.En 2001, les producteurs de CHOQ (http://web.choc.fm), la radio des étudiants et étudiantes de l'UQÀM, n'ayant pas pu trouver une niche sur la bande FM, ont relevé le défi de produire une diffusion 24 heures sur Internet.Près d'un ans après sa mise en ligne, CHOQ compte maintenant plus de 200 collaborateurs et collaboratrices! Radio Taktic (http://radio.taktic.org) est le plus récent webcast de la région montréalaise.Initialement mis en ligne en juillet dernier pour couvrir la mobilisation populaire contre l'OMC, Taktic diffuse maintenant 24 heures sur 24, dont un minimum de six heures par jour en direct.Selon ses animateurs, «Internet permet de rejoindre non seulement Montréal mais le monde entier, et ainsi de créer des ponts afin de renforcer nos luttes pour un monde socialement juste ».La plupart des radios communautaires et étudiantes de Montréal, comme CKUT, CIBL, CISM et Radio Centre-Ville, disposent également d'un webcast sur leur site respectif.La naissance d'un réseau de solidarité On ne peut que se réjouir de l'émergence de nouveaux médias indépendants sur la scène québécoise.Les moyens limités de ces organismes, le fait qu'ils sont plus souvent qu'autrement animés par des bénévoles et le peu d'espace qui leur est laissé par les conglomérats médiatiques, forcent les médias alternatifs à imaginer des solutions innovatrices pour diffuser et faire la promotion de l'information libre.Depuis janvier dernier, le « Réseau des médias alternatifs du Québec », né de la volonté de plusieurs médias d'ici de mettre en commun leurs ressources et leurs expertises dans un contexte informel et coopératif, se constitue discrètement.Le Réseau n'a pas la prétention de devenir une association reconnue juridiquement, ni même d'adopter une « ligne » commune ou des revendications politiques précises.Son objectif est plutôt de faciliter les alliances et les échanges de service entre les nombreux médias alternatifs du Québec et de promouvoir ceux-ci.Le premier projet du Réseau, le « Portail des médias alternatifs » (www.reseaumedia.info), est en ligne depuis plusieurs semaines et devrait être lancé officiellement d'ici peu.Le portail se veut une fenêtre commune pour les membres du Réseau et un espace où, d'un seul coup d'oeil, l'internaute aura une idée d'ensemble de l'actualité couverte par les médias alternatifs d'ici.Parce que c'est avant tout la diversité des sources d'information que prônent ces médias, un reflet de la multiplicité de nos communautés, de nos luttes et de nos espoirs, et parce que l'information n'est pas une marchandise, il est essentiel que, collectivement, nous encouragions les médias alternatifs.Et ceci commence peut-être par le boycott des Québécor, Gesca et autres Canwest.H Solidaire avec L'Itinéraire Le député de Mercier, L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 LE MONDE DU TRAVAIL Sous-traitance Les syndicats montent aux barricades Dans sa volonté de procéder à une « réingénierie » de l'État, le gouvernement propose un assouplissement de l'article 45 afin de permettre la sous-traitance dans les services publics, et ce, avant même les négociations des conventions collectives avec ses employés.Arrogance du gouvernement, mutisme du ministère du Travail, crise de nerfs chez les jérôme savary syndicats : les prochains mois s'annoncent tendus.Selon les syndicats, les enjeux de ce dossier sont principalement la création de cheap labour et la baisse de la qualité des services offerts à la population.Le gouvernement serait-il en train de sacrifier les avantages sociaux des salariés de l'État pour atteindre le déficit zéro?Concrètement, l'assouplissement de la Loi sur la sous-traitance entraînera-t-il un recul de la syndicalisation?Chose certaine, le débat qui s'amorce semble dépasser l'habituel conflit entre employeur et salariés et interpelle plusieurs acteurs de la vie politique et sociale québécoise.Les concessions ou les victoires des syndiqués de l'État auront certainement des répercussions sur les conditions de travail des salariés du Québec, qu'ils soient ou non rattachés au secteur public.Mi-septembre, Jean Charest a fait une sortie tonitruante lors du congrès du parti libéral en promettant l'assouplissement imminent de l'article 45 du code du travail.L'article en question n'empêche pas la sous-traitance, mais il protège tout de même les salariés québécois.D'ailleurs, selon le professeur des Hautes études commerciales Alain Halley, 59% des entreprises québécoises donnent déjà certains contrats en sous-traitance.Cette disposition législative régit la suite des conventions collectives en cas de vente d'entreprises ou de sous-traitance.Précisément, il maintient la présence d'un syndicat et les conditions de travail définies dans la convention collective pour une année supplémentaire.« C'esf une opération de libéralisation tout à fait sauvage », s'insurge la présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) en entrevue avec L'Itinéraire, Claudette Carbonneau.La CSN n'est pas la seule dans le milieu syndical à se montrer outrée par les initiatives gouvernementales.« Ce que l'on peut lire en filigrane, c'est que le gouvernement Charest va se passer des lois pour ensuite couper à la hache dans les conditions de travail », prévient le président de la Fédération des travailleuses et travailleurs du Québec (FTQ), Henri Massé.Aujourd'hui, selon la présidente de la CSN, une convention collective sur deux au Québec ne comporte aucune clause balisant le phénomène de sous-traitance.Ainsi, d'après des statistiques du ministère du Travail, environ 850 000 salariés québécois seraient immédiatement touchés par une telle mesure.« Pour moi, c'est une opération d'appauvrissement des travailleuses et travailleurs, tranche Claudette Carbonneau.Qui nous dit que des emplois à 15$ l'heure ne vont pas se retrouver demain matin au salaire minimum?» FTQ Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec 545, boulevard Crémazie Est 17e étage Montréal (Québec) H2M2V1 Téléphone: (514) 383-8000 Site: www.ftq.qc.ca L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 Intrusion du privé dans le public À l'heure où les négociations des conventions collectives du secteur public pointent à l'horizon, le gouvernement signale clairement qu'il n'a pas peur d'affronter les syndicats.Ici, ce sont 425 000 salariés de l'État qui sont concernés par les futures négociations susceptibles de s'étaler, selon la présidente de la CSN, sur un an à un an et demi.«Avec l'attaque des libéraux sur l'article 45, le gouvernement nous annonce d'entrée de jeu sa volonté d'imposer la sous-traitance dès l'ouverture des négociations, alors il y a là un enjeu absolument majeur», insiste Claudette Carbonneau.La volonté de Jean Charest d'assouplir les règles sur la sous-traitance repose cependant sur un plan de marche encore obscur.«Les orientations gouvernementales ne sont pas connues, car les travaux menés par le ministère du Travail ne sont pas complétés, justifie l'attaché de presse du ministre du Travail, André Ménard.L'échéance de ces études est prévue pour cet automne.» L'affaire est donc en cours.Malgré l'insistance de L'Itinéraire, André Ménard n'a pas voulu indiquer quel était le contenu des travaux menés actuellement par le ministère.Impossible de savoir pour l'instant avec quelle sauce le gouvernement épicera les prochaines rencontres avec les syndicats.Études du ministère ou pas, la volonté du gouvernement s'est affichée et la possible intrusion majeure du privé dans le public en hérisse plus d'un.«En Ontario, l'arrivée du privé dans le public a entraîné des problèmes dramatiques dans les domaines de Teau [pollution et morts à Walkerton] et de la santé, rappelle Henri Massé.Avec du cheap labour, on fait du service public de mauvaise qualité.» La très large majorité des entreprises privées a effectivement des objectifs de profit à court terme.Ce souci de rentabilité immédiate semble être en totale contradiction avec une mission de service public uniquement inspirée par l'intérêt de la communauté.->~ Pour la dignité Des revenus décents www.ccmm-csn.qc.ca (514) 598-2021 ^o^Mt™™™^»» Syndicat canadien de _ la fonction publique ftq scfp.qc.ca t affaiblissement Code du travail ur favoriser sous-traitance inacceptable va à l'encontre d'une véritable spérité.CSN L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 Dans le domaine de la santé, La Presse du 30 septembre nous apprend que la Fédération de la Santé et des Services sociaux (FSSS), affiliée à la CSN et plus gros syndicat du secteur de la santé au Québec, veut faire inclure des protections contre la privatisation dans les conventions collectives des 100 000 travailleurs qu'elle représente.*(.) Si le gouvernement dépose un projet de loi pour modifier l'article 45, il va y avoir une bataille rangée à ce niveau-là », précisait alors le vice-président à la négociation de la FSSS, Laurier Goulet.La CSN placera la thématique de la sous-traitance au premier plan des prochaines négociations concernant les conventions collectives du secteur public.Cette priorité se joindra probablement à celles qui touchent la retraite progressive et l'aménagement du temps de travail.« Cependant, je ne crois pas gue la seule motivation du gouvernement soit celle reliée à son statut d'employeur du secteur public, ajoute Claudette Carbonneau.Le gouvernement a beaucoup de copinage dans le secteur privé et il veut lui présenter les salariés sur un plateau d'argent.I Nouvelle coalition à gauche Les multiples attaques du gouvernement sur le plan social essoufflent les défenseurs des conditions des travailleurs.« L'Union des forces progressistes (UFP) s'attendait à ce genre d'offensive, souligne sa porte-parole Molly Alexander, mais nous avons été surpris par la rapidité avec laquelle tous ces programmes néo-libéraux ont été introduits.» Le milieu syndical semble avoir aussi quelques difficultés à repousser les assauts du gouvernement contre les salariés.« Ce qui est dur, c'est de voir un gouvernement attaquer sur tous les fronts, le faire sans débat public, dans la plus grande précipitation et pour ses seuls intérêts politiques », concède Claudette Carbonneau.Forts de ce constat amère, les syndicats ne lâchent pas prise pour autant et promettent une lutte acharnée à la sous-traitance.S'allier avec des groupes communautaires et des représentants de la société civile constitue une autre stratégie utilisée par le mouvement syndical pour développer un véritable rapport de force politique avec le gouvernement.Le rassemblement de citoyens et citoyennes D'abord solidaires s'est d'ailleurs lié, entre autres, au mouvement syndical pour créer une toute nouvelle coalition.Celle-ci regroupe une trentaine de mouvements sociaux ayant pour but de «résister au vent de droite qui souffle actuellement sur le Québec», indique la porte-parole de D'abord solidaires, Manon Massé.Des groupes contestataires de tous bords ont ainsi réussi à accorder leurs violons et sont aujourd'hui prêts à offrir un concert de contre-propositions aux libéraux de Québec.Syndicats (centrales et indépendants), étudiants, femmes, personnes âgées, groupes communautaires et d'éducation populaire, Union paysanne, écologistes et altermondialistes, tous y sont! Le rassemblement de cette coalition à Québec le 21 octobre dernier (non effectué au moment de mettre sous presse), lors de l'ouverture de session de l'Assemblée nationale, indique qu'un rapport de force moins favorable au gouvernement est en train de se confirmer.La coalition s'ancre dans un discours alternatif à celui du gouvernement Charest, partagé par de nombreux critiques.« Non seulement nous nous opposons à un assouplissement de la législation sur la sous-traitance, mais nous sommes même pour un renforcement de l'article 45 », revendique la porte-parole de l'UFP.La résistance effective au gouvernement Charest s'organise et donne de la voix.L'entendez-vous7 ¦ Pour commenter ce texte visitez Cyberltinéraire : www.itineraire.ca Je suis un bum de bonne famille élyse frenette camelot, Mont-Royal/Bordeaux Que savons-nous exactement de la toxicomanie?Comment arrive ce problème?Est-il possible de s'en sortir?Jean-François Bertrand nous offre un formidable témoignage sur ce sujet dans son livre Je suis un bum de bonne famille, publié aux Éditions de l'homme.Ancien ministre sous René Lévesque, Jean-François Bertrand a dû quitter la vie politique à la suite de ses problèmes de consommation.Pendant 20 ans, il a connu l'enfer des dépendances occasionnées par l'alcool, les médicaments et la cocaïne.Avec simplicité et franchise, l'auteur nous parle de sa vie, de son expérience de toxicomane, des hauts et des bas entre ses sept thérapies et autant de rechutes.¦ Pour lire la version intégrale de ce texte et la chronique des livres visitez Cyberltinéraire : www.itineraire.ca L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 Une initiative montréalaise au service des jeunes vivant avec le VIH pierre salducci collaboration spéciale Au Québec, il existe peu de services destinés aux jeunes vivant avec le VIH.L'association « Les Enfants de Béthanie » constitue actuellement leur recours principal.Fondé en 1992 par trois familles d'accueil confrontées à la problématique du VIH/sida chez leurs enfants, cet organisme offre aux enfants et adolescents ainsi qu'à leur(s) famille(s) touchée(s) par le VIH/sida divers services permettant le développement d'un environnement favorable à leur épanouissement.Une des particularités des « Enfants de Béthanie », c'est que l'aide et le soutien qu'on y dispense ne s'adressent pas exclusivement aux enfants qui vivent avec le VIH, mais visent également les frères et sœurs, les parents, etc.; tous peuvent trouver de l'aide et du soutien auprès de l'association, y compris les enfants qui ont perdu un ou deux parents à cause du sida.On estime que plus de 1 000 enfants au Canada vivent cette situation.Les besoins particuliers des jeunes Chez les jeunes, le sentiment d'appartenance est très fort, si bien que le sentiment d'exclusion l'est tout autant.Les jeunes séropositifs éprouvent donc un fort besoin d'identification.Il est important pour eux de rencontrer d'autres jeunes qui vivent la même chose et il est tout aussi important qu'ils se sentent représentés par rapport à ce vécu.À l'heure actuelle, il n'est toujours pas facile de déclarer sa séropositivité et de vivre avec le VIH, mais cette réalité s'avère encore plus difficile pour les jeunes que pour les adultes.La divulgation de sa séropositivité à sa famille n'est pas du tout la même.Les jeunes disposent de moins d'expériences et de ressources personnelles que les adultes pour faire face à ce genre d'épreuves et pouvoir s'affirmer face aux autres.La plupart du temps, quand ils apprennent leur séropositivité, les jeunes savent relativement peu de chose sur le VIH.Ils connaissent quelques informations générales, mais ils ignorent presque tout des traitements et de la réalité de la vie avec le VIH.Il y a donc beaucoup d'apprentissages à faire.Certains peuvent apprendre seuls, d'autres ont besoin d'aide.Dans tous les cas, il faut que les jeunes sachent où trouver cette information et que des services spécialisés soient mis à leur disposition pour la leur donner et les aider.La coalition montréalaise Devant l'ampleur des besoins, les services actuels ne suffisent pas.Les groupes communautaires ne possèdent aucun programme particulier destiné aux jeunes séropositifs.Il existe bien des ateliers de soutien dans un CLSC de Montréal, mais il s'agit de groupes limités, pour un temps limité.Pour sa part, l'organisme « Les Enfants de Béthanie » offre d'excellents services aux 12 ans et moins, mais ailleurs, rien n'est prévu pour prendre la relève des adolescents et des jeunes jusqu'à trente ans.Pour pallier ces manques, des intervenants de trois groupes communautaires montréalais (CPAVIH, Enfants de Béthanie et Maison Plein Cœur) ont décidé récemment de former une nouvelle coalition afin de mettre en place une structure commune destinée aux jeunes séropositifs.Ce projet s'inspire en partie de l'expérience du Positive Youth Outreach (PYO) de Toronto, fondé par le ministère de la Santé de l'Ontario et le AIDS Committee of Toronto.Le PYO dispose d'un centre de jour une fois par semaine et offre un service de référence en plus d'un calendrier d'activités adaptées à la réalité des jeunes séropositifs.La coalition montréalaise propose de commencer par réunir les jeunes séropositifs montréalais et leur demander directement quels sont leurs demandes ou leurs désirs; ce qui donnera aux intervenants la possibilité d'agir en fonction des besoins réels.Cette réunion se tiendra le 15 novembre, dans les locaux du Projet 10 (à confirmer).Elle s'adresse autant aux gars qu'aux filles, sans discrimination, gais, lesbiennes, hétéros, bisexuels.À la suite de cette première rencontre, la coalition fera connaître rapidement les actions qu'elle compte entreprendre et les services qu'elle compte offrir.Plus que jamais, l'objectif est de briser l'isolement des jeunes séropositifs.La coalition montréalaise veut leur offrir une place pour s'exprimer, s'affirmer et créer des liens, tout en fournissant une information pertinente et mieux adaptée à un public qui n'est pas encore adulte.Depuis l'apparition du sida, les jeunes se plaignent que tous les messages leur parlent de «vivre leur mort»; la coalition montréalaise est bien décidée à leur montrer comment « vivre leur vie ».Info cpavih: www.cpavih.qc.ca ¦ Si vous avez un problème de jeu.MISE SUR TOI 1866 SOS-JEUX L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 E N T Roxane Nadeau le culte de l'intensité audrey coté LÏTINÉRAJRj « Quand tu t'fais casser la gueule dans une ruelle, que tu saignes de partout pis qu'les lumières s'allument dans les maisons mais que personne ne réagit ou n' appelle la police, c'est là qu'tu réalises que pour le monde, t'es rien qu'une pute! Pourtant, la non-assistance à une personne en danger est un crime!» Roxane Nadeau sait de quoi elle parle lorsqu'elle dénonce le regard méprisant de la société vis-à-vis des travailleuses du sexe.Ayant fait de la prostitution de rue pendant 13 ans, elle milite aujourd'hui pour les droits des travailleuses du sexe et donne une voix à ses consœurs par l'entremise de Vicky, la narratrice prostituée eXjunkie de son premier roman Pute de rue.Mais attention! la narratrice n'est pas l'auteure.En fait, bien que la frontière identitaire entre la narratrice et l'auteure s'embrouille aisément, Vicky et Roxane sont deux femmes fortes qui partagent un univers aussi dur que stimulant : la rue.« Vicky a une parole et Roxane un discours », nuance l'auteure en expirant la fumée de sa cigarette.La rue : une quête spirituelle Ce qu'on remarque en premier lorsqu'on rencontre Roxane Nadeau, c'est son regard magnifique, illuminé d'une vivacité empreinte d'urgence de vivre, «/suis bien dans l'intensité.Et d'ailleurs, l'intensité existe seulement dans quelque chose qui n'est pas installé, qui ne peut se tenir pour acquis.Et dans la rue, y'a pas d'acquis.» Dix ans après avoir vécu la prostitution de rue, la femme de 38 ans a écrit Pute de rue en pensant à ses consœurs de la rue : «J'ai écrit ce roman pour celles qui sont mortes, pour celles qui travaillent encore sur la rue.Je l'ai aussi écrit pour que les gens comprennent que les travailleuses du sexe de la rue ne sont pas juste une drôle d'affaire qui marche tout croche.On est aussi des personnes humaines.» D'ailleurs, ses consœurs de Stella (organisme qui soutient les travailleuses du sexe) ont été les premières lectrices de Pute de rue car, dit-elle, « la solidarité à l'égard des filles de la rue était essentielle pour l'écriture de ce roman.» Lieu de tous les possibles, la rue habite toujours Roxane Nadeau : « On ne sort jamais complètement d'Ia rue.La rue, c'est chez moi», souffle-t-elle spontanément.Belle marginale à la trajectoire de vie marquée par l'indépendance à tout prix, Roxane Nadeau dégage à la fois l'assurance et la fragilité de celle qui a bataillé intérieurement et socialement pour être et rester elle-même.sans compromis.La narratrice et l'auteur ont en commun le culte de l'intensité.L'intensité comme mode de vie, comme impérieuse condition de l'existence : « Pour moi, la rue, ça a été comme une quête spirituelle, un culte de l'intensité.T'es seule face à toi-même et tu dois vivre, malgré tout.Ça m'a permis d'explorer mes limites, mes possibilités.C'est une recherche de l'essentiel.La dope, ça t'donne ¦ accès à autre chose, à l'intérieur et à l'extérieur de toi », raconte l'auteure de Pute de rue. Photos Patrice BÉriauit Décriminaliser pour contrer la violence Dans la quête de soi, il y a aussi toujours eu la quête des autres, le souci de l'engagement social pour les femmes et les travailleuses du sexe.Consciente qu'elle s'est longtemps réfugiée dans la drogue par peur de réussir, elle trouve toujours aussi assommant le discours qu'on sert ad nauseam aux filles qui choisissent librement de faire de la prostitution et de s'impliquer dans leur milieu : «J'accepte pas le discours du monde qui dit : \" tu vaux plus que ça, tu peux faire mieux, t'es intelligente, belle.\" On vaut plus que quoi, que qui?C'est quoi c'te concept-là?L'autre jour, une journaliste de La Presse a essayé d'me faire dire que j'étais une exception, que j'étais surdouée, différente des autres.C'est quoi ça?Différente par rapport à qui?», s'inter-roge-t-elle, visiblement contrariée par la tendance des médias de masse à vouloir tout expliquer par le cas particulier plutôt que de considérer l'ensemble d'une problématique.Militante active auprès de groupes féministes et de Stella depuis l'âge de 18 ans, Roxane Nadeau pose un regard des plus perspicaces sur les conséquences de la criminalisation des activités liées à la prostitution : « Tu sais, on est dans une société hypocrite.Un gars n'a pas le droit de payer 20$ pour se faire sucer, mais il peut battre une prostituée en toute tranquillité par exemple! Pas de flics pour ça, c'est juste des putes!» Sans conteste, la criminalisation des activités liées à la prostitution, qui rendent les travailleuses du sexe plus vulnérables face aux agresseurs potentiels, est le premier facteur aggravant de la violence: « Chaque fois qu'il y a une opération-clients [opération policière visant à dissuader les consommateurs de prostitution], // y a une recrudescence de la violence envers les travailleuses du sexe.On est obligées de se cacher encore plus et on a moins l'temps d'évaluer les risques.Les clients sont nerveux et se vengent sur les filles.Tout ça pour dire au monsieur : \"c'est pas beau c'que tu fais.\" Ypeut-tu s'faire sucer tranquille! Il paye!» Et que ceux et celles qui pensent que les prostituées n'ont qu'à faire autre chose s'il y a trop de violence se ravisent aussitôt : « On ne demande pas à une femme hétéro victime de violence conjugale de ne plus fréquenter d'hommes.Alors pourguoi une prostituée serait davantage responsable de la violence d'un homme à son égard?», questionne judicieusement l'ex-travailleuse du sexe.Résidants contre la prostitution et clients?C'est dans la perspective de reconnaissance de la légitimité du travail du sexe que Roxane Nadeau et ses consoeurs de Stella entrevoient la possibilité de développer collectivement des moyens concrets pour lutter contre la violence et l'exploitation subies par plusieurs travailleuses du sexe : «Au fond, il faut que les gens comprennent que la prostitution peut être une option valable, au même titre que n'importe quel autre métier.Et puis qu'on arrête de nous victimiser en disant: 1a pauv'tite c'est à cause d'Ia drogue ou elle a dû être victime d'abus sexuels dans son enfance.\" Après tout, c'est nous qui chargeons aux clients!», lance-t-elle avec l'aplomb de la militante aguerrie.Si les travailleuses du sexe militent pour le droit d'exercer leur métier dans un contexte légal et sécuritaire, d'autres militent pour les criminaliser davantage et les chasser de leurs quartiers.C'est notamment le cas du comité de résidants du quartier Centre-Sud.Chasse aux sorcières contemporaine, la lutte de certains résidants pour assainir leur quartier se noie dans l'incohérence, dans l'inadéquation du discours et de la pratique : « J'peux t'affirmer que beaucoup d'hommes, souvent des commerçants d'ailleurs, qui font partie de comités de résidants pour s'opposer aux prostituées dans leur quartier sont les premiers clients des prostituées de rue! », dénonce l'auteure de Pute de rue en toute connaissance de cause.N'est-ce pas là une belle démonstration des contradictions inhérentes à la nature humaine?L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 Photos Patrice Bêriault Féministes abolitionnistes et marginales assumées « Une femme peut-elle choisir entre aller vendre des hamburgers chez McDo ou danser dans un club, faire la rue ou être escorte?Est-ce qu'on pourrait juste penser que ça peut être une décision éclairée, prise en toute lucidité et connaissance de cause?» La réponse à la question que pose Roxane Nadeau fait l'objet de débats houleux parmi les féministes.Non, disent radicalement les féministes en faveur de l'abolition de la prostitution.Oui, disent en cœur les travailleuses du sexe et leurs alliées : «J'suis féministe militante depuis l'âge de 18 ans et ça me fait chier que les abolitionnistes disent aux filles de Stella qu'elles ne sont pas représentatives des travailleuses du sexe.À leurs yeux, on est de pauvres p'tites victimes aliénées par le patriarcat, victimes inconscientes de l'oppression.Comme si elles étaient davantage pour les principes moraux que pour les femmes.Moi, j'suis pas pour ou contre la prostitution, j'suis pour les femmes.J'suis pour qu'on les protège, prenne soin d'elles, quelle que soit leur situation », déclare la féministe, l'œil pétillant de conviction.À l'instar de la narratrice de son premier roman, Roxane Nadeau est ouvertement lesbienne et déplore la dissociation des lesbiennes féministes envers les prostituées depuis la reconnaissance de certains de leurs droits : « Les lesbiennes, féministes parmi les plus militantes des grandes batailles sociales pour les femmes, ont pourtant été longtemps marginalisées par les féministes hétérosexuelles.Maintenant que leurs droits sont mieux recon- nus, beaucoup de lesbiennes féministes ont laissé tomber les putes.» Comme le dit si bien l'attachante narratrice du roman : « Ça doit être ça qui arrive quand tu t'éloignes de la marginalité : tu t'éloignes aussi de la solidarité.» La division des marginalisées prend d'ailleurs un accent de nostalgie dans Pute de rue : «Dans ce temps-là, les lesbiennes, les putes et toutes les autres, on était dans le même bateau.» Évidemment, plusieurs lesbiennes conçoivent difficilement qu'une des leurs puisse à la fois aimer les femmes et se prostituer avec des hommes pour l'argent.Marginales parmi les marginales, les lesbiennes prostituées sont trop souvent stigmatisées et exclues : «J'ai connu des danseuses lesbiennes qui n'osaient plus vivre leur sexualité, car elles se sentaient jugées par les lesbiennes », témoigne l'auteure.Malgré le succès qui semble poindre à l'horizon, ce n'est pas demain la veille que Roxane Nadeau s'assoira confortablement sur ses acquis pour délaisser ses consœurs de la rue.Multiple, insaisissable malgré sa générosité, c'est lorsque les médias commençaient à la réclamer qu'elle a décidé de quitter Montréal pour Calcutta, en Inde.«7e reviendrai après avoir écrit mon deuxième roman », a-t-elle lancé pour seule certitude.Résurgence de la peur de réussir ou appel irrépressible de la quête de l'intensité, de Tailleurs qui repousse les limites intérieures?> Roxane Nadeau, Pute de rue, Éditions des Intouchables, Montréal, 2003._audreybcote@hotmail.com M Présentation du roman Pute de rue sur Cyberltinéraire: www.itineraire.ca VEMBRE 2003 Un appui à notre lutte contre la pauvreté Depute de Laurier-Sainte Marie Chef du Bloc québécois 1717, boul.René-Lévesque Est, bureau 305, Montréal (Québec) H2L 4T3 Tél.: (514) 522-1339 Téléc.: (514) 522-9899 CHAMBRE DES COMMUNES Bernard Bigras Député de Rosemont 2105, rue Beaubien Est Montréal (Québec) H2G 1M5 Tél.: (514) 729-5342 Téléc.: (514) 729-5875 CIRQUE DU SOLEIL 8400, 2e Avenue, Montréal (Québec) Canada H1Z 4M6 Réal Ménard, Député Hochelaga-Maisonneuve 4036, rue Ontario Est Montréal (Québec) HIW 1T2 Tél.: (514) 283-2655 Fax: (514) 283-6485 ?ASSEMBLEE NATIONALE QUÉBEC André BOULERICE Député de Sainte-Marie-Saint-Jacques 1951, boul.de Maisonneuve Est Bureau 001 Montréal, Québec H2K 2C9 Téléphone : (514) 525-2501 Télécopieur : (514) 525-5637 C^J C^?> C^J Hôtel du Parlement Bureau 2.129 Québec (Québec) G1A1A4 Tél.: (418) 643-4313 Téléc.: (418) 646-4385 ASSEMBLEE NATIONALE QUÉBEC Jacques Chagnon Député de Westmount-Saint-Louis 1155, rue Université Bureau 708 Montréal (Québec) H3B 3A7 Tél.: (514) 395-2929 Téléc.: (514) 395-2955 Ville-Marie, Au cœur de la métropole! Votre voisin a-t-il un permis pour I les travaux qu'il vient de débuter?Votre propriétaire refuse de corriger I une anomalie dans votre logement Informez-vous de vos droits.LA DIVISION DES PERMIS ET DE L'INSPECTION VOUS ECOUTE ¦ Le code du logement; ¦ Tout autre règlement de la ville visant les bâtiments, Pour toutes vos questions sur : \u2022 Les permis de construction et de transformation de bâtiments; \u2022 Les certificats d'occupation commerciale; \u2022 Les enseignes commerciales et publicitaires; l'urbanisme et les nuisances; Arrondissement de Ville-Marie Ville de Montréal - de 8 h 30 à 16 h 15.en tout temps.I D^oionpments et plaintes : 872-1672 L'ITINÉRAIRE Les gens de la rue investissent l'autoroute de l'information Merci à Claire Lamarche et son équipe! Claire Lamarche, animatrice à TVA; Jacques Auger, organisateur du tournoi et Jocelyne Cazin, également animatrice à TVA.Cette année, l'animatrice Claire Lamarche a tenu à remettre les profits de son tournoi de golf à L'Itinéraire : «L'Itinéraire est une cause qui m'a toujours interpellée.J'aime le dynamisme des camelots sur la rue », a spontanément déclaré Mme Lamarche.Fidèle à L'Itinéraire depuis nombre d'années, on se souviendra que, dans le cadre de son émission quotidienne à TVA, l'animatrice organisait annuellement une vente de garage avec les artistes au profit de L'Itinéraire.Le tournoi de golf de Claire Lamarche a eu lieu le 27 septembre dernier au golf le Manitou de Mont-Tremblant.Plus d'une quarantaine de collègues de Mme Lamarche ont participé au tournoi et contribué à amasser un montant de 1 300 $ pour L'Itinéraire.Mille mercis à Claire Lamarche et à toute son équipe! SOCIAL et ACTION COMMUNUTAIRE Ptmsm d« l'Unfvcralté du C Presses de l'Université du Quebec (418) 657-4399 serge lareault codirecteur de L'Itinéraire L'Itinéraire lance ce mois-ci son webzine, Cyberltinéraire, sur son site Internet (www.itine-raire.ca).Cyberltinéraire nous permet non seulement de publier plus de textes de personnes de la rue ou des articles qui touchent les multiples problématiques sociales, mais il contribue à présenter différemment les actualités qui nous concernent.Cyberltinéraire est conçu par l'entreprise Drafter.com et le designer Serge Cloutier.La rédactrice en chef de ce nouveau média est Nancy Roussy, également agente de développement et de liaison du Groupe L'Itinéraire.La particularité du webzine de L'Itinéraire réside dans la présentation interactive de l'information.En accord avec notre souci de libre expression, chaque article de Cyberltinéraire peut être commenté instantanément par les lecteurs qui peuvent ainsi ajouter leurs compléments d'information, leurs opinions ou leurs commentaires.Nous désirons par ce webzine démocratiser l'information et permettre à nos lecteurs d'y participer.Un article imprimé demeure figé sur le papier.Grâce au public, l'information sur Cyberltinéraire sera évolutive, en constant développement.Les internautes peuvent devenir membres du site de L'Itinéraire gratuitement et être avertis des nouveautés.Enfin, L'Itinéraire mettra prochainement à la disposition du public et des organismes d'aide un «Babillard d'entraide» gratuit sur Cyberltinéraire.Les organismes qui ont des annonces à publier ou des besoins à manifester, les personnes en difficulté ou encore les individus et les entreprises qui ont de l'aide à proposer pourront inscrire eux-mêmes leurs informations sur le « Babillard ».L'objectif de Cyberltinéraire est de constituer une cybercollectivité, un lieu de rencontre des personnes touchées personnellement par la pauvreté ou l'exclusion et de celles qui se sentent interpellées par ces questions et qui désirent apporter leur contribution.N'hésitez pas à participer à Cyberltinéraire et à contribuer, avec nous, à la diffusion d'une information qui porte sur les enjeux de notre société et qui soit, à l'instar de bien des médias actuellement, plus juste, plus vraie, plus humaine et essentielle.L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 A lire sur www.itineraire.ca Drogue, prostitution et mendicité La part de responsabilité des acteurs économiques du centre-ville La prostitution de rue M Kchrllr l: 2 000 ('.poli 11 r.\u2022.n.il.el de t.,11 i' -.111 .i i féminine 1 Tci'i-ltnti-vtl'ir karine projean et serge lareault Le centre-ville de Montréal et particulièrement l'arrondissement Ville-Marie sont le théâtre de grands débats autour de la pauvreté et de la criminalité.Ce secteur de la ville est en pleine expansion et connaît une gentrification certaine depuis plus de dix ans.L'arrivée de nouveaux commerces, la construction de condominiums de luxe et l'expansion de l'UQAM amènent de nouveaux résidents et de plus en plus de visiteurs.En même temps, la criminalité et la mendicité y sont de plus en plus visibles.Une guerre fait rage entre les résidants et les commerçants (les tenanciers de bars particulièrement).Ces premiers accusent les bars d'être la cause du bruit et de l'implantation des réseaux de drogues.Ces derniers se considèrent être les grands responsables de l'essort économique du secteur.La majorité des deux clans semble cependant s'entendre pour dénoncer la pauvreté comme une problématique nuisible participant à la dégradation de leur qualité de vie.On n'a qu'à penser aux débats houleux qu'à connu l'arrondissement Ville-Marie concernant la prostitution et la mendicité.François Thivierge, l'un des fondateurs de L'Itinéraire et organisateur communautaire depuis une quinzaine d'années au Centre Dollard-Cormier, situé dans l'arrondissement, apporte un éclairage nouveau sur ces problématiques et dénonce la gentrification comme un facteur de bouleversements sociaux.Et si les responsables de la pauvreté et de l'expansion des réseaux de drogues n'étaient pas les pauvres eux-mêmes, mais l'ensemble des acteurs de l'activité économique du centre-ville?Le 20 Novembre prochain Reporters sans frontières demandent aux rédactions du monde entier de se mobiliser en faveur de leurs confrères emprisonnés pour avoir exercer leur métier.Le 20 Novembre, L'Itinéraire soutient Reporters sans frontières et les journalistes emprisonnés en parrainant le journaliste Raul Rivero.En mars dernier, alors que tous les regards étaient tournés vers Bagdad, Fidel Castro emprisonnait 26 journalistes et les condamnait à des peines allant de 14 à 28 ans de détention, faisant de Cuba la plus grande prison du monde pour les professionnels des médias.Raûl Rivero directeur de l'agence de presse indépendante Cuba Press, a été condamné le 7 avril 2003 à 20 ans de prison par le Tribunal municipal du district du 10 Octobre, à La Havane.«7e ne conspire pas, j'écris », a expliqué, pour sa défense, le journaliste.Retrouvez le portrait de ce journaliste cubain sur Cyberltinéraire.Le 7 novembre, personne n'est à l'abri! Attention, ça vous concerne!!! La 14e Nuit des sans-abri aura lieu dans 12 villes différentes à travers le Québec.À Montréal, l'événement se déroulera devant L'Auberge communautaire du Sud-Ouest au 5947, boulevard Monk (métro Monk, autobus 36), à partir de 18 h 00 et cela jusqu'au petit matin.Venez en grand nombre pour cette vigile de solidarité! Pour plus d'informations : www.lanuitdessansabri.ca Globe-trottoir Nouvelles Internationales North American Newsbriefs ¦ www.streetnewservice.org ¦ > Les Autrichiens gagnent la première coupe mondiale de soccer de rue chez eux! Voici la grande réussite sportive d'itinérants venus de partout à travers le monde.> Bumfights : malgré de nombreuses heures en cour pour répondre à plus de 14 chefs d'accusations pour leur premier film, les réalisateurs sont de retour! Déjà bannie dans plusieurs pays qui perçoivent (enfin!) ce film comme une suite incessante d'actes dégradants et d'exploitation, la suite doit nous faire réfléchir sur les conséquences sociales de l'abus des laissés-pour-compte.NUMERO 111 - N COMMUNAL) TA I R E La violence du regard méprisant Le 3 octobre dernier, la Fondation Robert-Sauvé tenait un colloque intitulé « Violence, harcèlement, exploitation : pour des actions cohérentes!» Réunissant des intervenants de plusieurs disciplines, ce colloque a permis une réelle réflexion sur les diverses formes que prend la violence dans notre société.Parmi les interventions les plus originales : le psychologue et professeur agrégé Mario Poirier (Université du Québec) a révélé les conclusions de sa recherche sur la violence du regard posé sur les personnes défavorisées.Selon lui, quatre types de regards méprisants contribuent à maintenir les personnes défavorisées dans un sentiment d'infériorité : l'impression de supériorité, l'indifférence, la pitié froide (générosité de bonne conscience) et l'envie (la pensée que ceux qui ne travaillent pas ont tout).Mais de quoi se protège-t-on, au juste?D'après le psychologue, la personne méprisante aurait notamment peur de reconnaître la fragilité de sa condition humaine lorsqu'elle est en contact avec une personne défavorisée.En ce qui concerne les personnes défavorisées elles-mêmes, étant donné que «/e mépris est porté par une collectivité, les personnes en situation de honte adhèrent au mépris qu'on porte sur eux», a constaté Mario Poirier.Les pistes de solutions présentées proposent de développer un regard davantage informé, d'accepter la fragilité inhérente à chaque être humain et de prendre conscience de ses limites en termes de vécu et de connaissance.Alexandre Péloquin, camelot.Un chaud merci à la Caisse Populaire Desjardins du Mont-Royal Au printemps dernier, les administrateurs de la caisse populaire Desjardins du Mont-Royal nous ont contactés pour savoir comment contribuer à la mission d'insertion sociale de L'Itinéraire.Ils ont été sensibilisés au fait que nos camelots ont besoin de vêtements chauds quand ils vendent le journal en hiver.Nous leur avons aussi expliqué que des vêtements à l'effigie de L'Itinéraire leur feraient chaud au cœur et stimuleraient leur sentiment d'appartenance.Dans la multitude des besoins à combler, L'Itinéraire n'avait pas les moyens de procurer aux camelots de tels vêtements.Les administrateurs de la caisse du Mont-Royal ont donc offert cet été des t-shirts L'Itinéraire à notre centaine de camelots et, depuis quelques semaines, ces derniers se promènent avec des chandails en coton ouaté à capuchon.Ces vêtements sont très appréciés et vous avez peut-être déjà remarqué que nos vendeurs les portent souvent.Un immense merci aux administrateurs de cette institution financière pour leur conscience socialement responsable et pour leur contribution aux organismes d'aide de leur arrondissement.Dans la lutte contre la pauvreté et l'exclusion, nous avons besoin de tels engagements sociaux de la part des décideurs et des institutions.Souhaitons que cette action donne l'idée à d'autres institutions et entreprises d'en faire autant! Une bourse d'études de 1 100 $ à un ancien camelot Luc Lenoir et Mme Lina Btain Après la perte de son fils décédé à la suite d'une hémorragie cérébrale il y a treize ans, Lina Blain a créé une bourse d'études en sa mémoire pour les personnes de la rue de L'Itinéraire.Cette année, la bourse Paolo-Blain au montant de 1100$ a été attribuée à Luc Lenoir.« J'suis vraiment content, cette bourse-là est une délivrance.J'me demandais comment j'allais payer mes frais de scolarité à l'université.» En effet, après avoir été camelot à L'Itinéraire pendant près de 10 ans, Luc a décidé de faire un retour aux études en gestion de la construction à l'UQÀM.La bourse Paolo-Blain lui apporte, dit-il, une motivation supplémentaire pour continuer les démarches entreprises depuis deux ans pour se libérer de l'alcoolisme qui l'a mené à la rue : «/me suis repris en main et ça va bien.Je me suis créé un nouveau mode de vie.Travail à temps partiel, études, loisirs.l'équilibre quoi! » Pour sa part, madame Blain s'est dite particulièrement touchée de constater la détermination de Luc face à son nouveau défi : «Je sens qu'il a beaucoup de volonté et je suis vraiment contente que cette bourse lui donne un coup de pouce.» Enfin, Mme Blain souhaite que sa bourse soit bonifiée par d'autres personnes qui souhaitent aider concrètement les gens de la rue.L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 Solidaires des personnes de la rue (J§5 Desjardins Solidaires de L'Itinéraire Caisse populaire Desjardins du Mont-Royal Siège social 435 avenue du Mont-Royal Est Montréal (Québec) H2J 1W2 Centre de Services Saint-Louis-de-France 745 rue Roy est Montreal (Québec) H2L 1E1 Tél.: (514) 288-5249 Téléc.: (514) 288-7536 PARLER DE PAUVRETÉ, D'EXCLUSION.DE MEILLEURE REDISTRIBUTION DES RICHESSES.CEST PAS MAL MOINS A LA MODE QUE DE PARLER DE GLOBALISATION ET DE DIVIDENDES AUX ACTIONNAIRES POURTANT.NOUS LE DEVONS AUX PLUS DÉMUNIS PARCE QUE, COMME TOUT LE MONDE, ILS ONT DROIT A UNE VIE MEILLEURE LES MEMBRES DE LA CSQ SE SONT TOUJOURS BATTUS POUR FAVORISER LA JUSTICE SOCIALE ET CONTRER LA MARGINALISATION DES PLUS PAUVRES PARCE QU'ILS ONT TOUJOURS CRU QU'IL EN ALLAIT DE L'INTÉRÊT DE TOUTE LA SOCIÉTÉ DÉFENDRE LES VRAIES VALEURS 427, rue de la Commune Est Montréal (Québec) £ H2Y IJ4 Téléphone: (514) 845-3906 Télécopieur: (514) 845-7Q19 L'Institut de pastorale des Dominicains un centre universitaire à taille humaine un lieu de formation permanente à la foi chrétienne 2715, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Montréal (Que) H3T 1B6 Tél.: (514) 739-3223 Téléc.: (514) 739-1664 Courriel : secretariat@ipastorale.org Site Internet : www.institutdepastorale.org \t\t En Solidarité\t\t avec le Groupe L'Itinéraire\t\t dans son travail\t! ^£\t de développement social\t\t Les ôoeurs de la Pre\tévidence\t Province NoLre-Dame, MonLréal\t\t Tél.: (514) 526-3141\t\t Les Œuvres de la Maison du Père 550, boul.René-Lévesque Est Montréal (Québec) H2L 2L3 Tél.: (514) 845-0168 Fax: (514) 845-2108 Centre d'accueil pour hommes de 25 ans et plus.\t\tÉglise Unie Saint-Jean \t\tCommunauté protestante francophone au cœur de la cité Ûï \" il\t\t+ célébration chrétienne dominicale à 10h30 + ressourcement spirituel et biblique + pastorale des mariages 110, rue Sainte Catherine Est Visitez notre site web: Montréal H2 X 1K7 www.cam.org/~stjean (514) 866-0641 L'ITINÉRAIRE Gilles Vigneault le poète de tout le monde Photos : Nicholas J Pogue audrey coté « Y'a bien du monde qui habite le chemin de nos jours et qui sont en quelque sorte, eux aussi, des itinérants.Je pense à ceux qui sont toujours avec leur cellulaire sur la route, et qui n'ont finalement aucune minute à eux pour réfléchir.Au fond, c'est la même chose.Il ont peut-être un lieu pour dormir, mais il n'ont aucun espace de liberté.» D'emblée, une sagesse apaisante émane de Gilles Vigneault lorsqu'il réfléchit sur l'être humain contemporain.La ballade de l'itinérant Malgré un agenda plus chargé que celui d'un premier ministre ce jour-là, c'est avec le plus grand enthousiasme que Gilles Vigneault s'est rendu Chez Clo pour dîner avec L'Itinéraire.Aussitôt assis, 11 entame la conversation avec sa chanson «La ballade de l'itinérant», dont il est d'ailleurs fier de dire qu'elle lui a été inspirée par un camelot de L'Itinéraire : «Le camelot à qui j'ai acheté le journal m'a spontanément raconté son parcours et j'ai décidé de m'en inspirer pour écrire une chanson sur l'itinérance.» Souriant, affable avec tous les clients s'adressant spontanément à lui à coup de « S'Iut Gilles! » ou de « Bonjour monsieur Vigneault», il est véritablement le poète de tout le monde, celui dont on a l'impression qu'il fait partie de la famille.Celui aussi qui a beaucoup réfléchi aux choses difficiles en les exprimant avec des mots si simples, si beaux qu'ils touchent autant le travailleur de la construction que l'avocat.Entre deux salutations, il poursuit sur « La ballade de L'Itinérant» : « C'est une chanson de 12 couplets, c'est la plus longue chanson que j'aie faite de ma vie, mais c'est aussi une des plus importantes.» L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 Préoccupé par l'itinérance, et surtout par ceux qui la vivent quotidiennement, le poète confie aisément que lorsqu'il a du change dans ses poches, il «en laisse tomber».Sa chanson, dit-il, a pour but de faire prendre conscience aux gens « J'ai connu la misère et je sais ce que c'est que d'avoir faim.Je passais de grandes journées à ne boire que de Veau.J'ai même déjà quêté pour manger.» qu'ils sont vulnérables eux aussi et susceptibles de vivre une difficulté majeure qui pourrait les conduire à la rue : « Les gens se réfugient dans les jugements : c'est plus confortable pour la conscience de dire : \"c'est un paresseux\" », constate le poète.L'étudiant affamé Même s'il fait remarquer que «la misère est à la portée de tout le monde », Gilles Vigneault considère que le malaise des gens face à la pauvreté matérielle devrait se traduire en «goût de partager » : « La plupart des grands mouvements idéologiques et sociaux n'ont pas commencé par des discours.Les meilleurs changements sont effectués par l'individu gui décide de devenir collectif.» Le poète de 65 ans ne parle pas au travers de son chapeau lorsqu'il parle de pauvreté et d'itinérance.Le regard songeur, il se souvient de ses années estudiantines de vache maigre alors qu'il étudiait en lettres à l'Université de Montréal au début des années 50 : «J'ai connu la misère et je sais ce que c'est que d'avoir faim.Je passais de grandes journées à ne boire que de l'eau.J'ai même déjà quêté pour manger », confie le poète.Message d'un poète aux camelots de L'Itinéraire Pour Gilles Vigneault, la plus grande pauvreté est évidemment celle du manque d'amour : «Il existe des déshérités sur la terre.La plupart du temps, ce sont des handicapés de l'amour.C'est c'que je perçois.Pour avoir confiance en soi, il faut avoir été aimé, s'être senti important pour quelqu'un.» Ces carences du coeur sont d'ailleurs souvent à l'origine de difficultés psychologiques qui peuvent incidemment mener à diverses difficultés de parcours (alcoolisme, toxicomanie, itinérance).Admiratif du travail et de la vaillance des camelots de L'Itinéraire, le poète a tenu à les encourager à persister dans leur prise de parole : « Comme disait Hippocrate, qui a pratiquement fondé la médecine occidentale, fiez-vous à la parole, l'herbe et le couteau.En clair, cela signifie que, pour se guérir, tant mentalement que physiquement, le premier outil est de prendre la parole.Ensuite, c'est la pharmacopée naturelle, et si ça va très mal, en dernier recours, la chirurgie ou la médecine traditionnelle.Bref, parlez à ceux qui sont dans la misère et surtout à ceux qui croient qu'ils ne le sont pas!» Le spectacle de Gilles Vigneault est présenté en supplémentaires au Théâtre Corona (2490, rue Notre-Dame Ouest, Montréal) du 14 au 18 novembre prochains.¦ Paroles de « La ballade de l'itinérant » sur Cyberltinéraire: www.itineraire.ca L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 La Fondation André Gauthier soutient les gens de la rue Soucieuse de favoriser une meilleure compréhension entre les gens d'affaires et ceux de la rue, la Fondation André Gauthier tenait son premier cocktail-bénéfice de sensibilisation aux réalités de la rue, le 24 septembre dernier au Centre des sciences de Montréal.Les 12 500 $ recueillis lors de cette soirée ont été versés aux organismes Spectre de rue, CACTUS, Dans la rue, la Fondation des Auberges du cœur et L'Itinéraire.À la suite du décès de son épouse, André Gauthier et ses trois enfants ont pris la décision de créer une fondation dédiée à l'aide aux organismes oeuvrant auprès des malades et des démunis.« Ce cocktail-bénéfice a pour but d'aider les organismes, mais aussi de faire connaître les initiatives novatrices et créatives de ceux-ci auprès des gens de la rue », a expliqué Martin Gauthier, directeur général de la Fondation.Au cours de la soirée, les dirigeants des cinq organismes ont pu présenter leurs activités et leurs projets aux gens d'affaires.De plus, cinq personnes de la rue ont témoigné de leur expérience au sein de ces mêmes organismes : de belles possibilités d'échanges et de partenariats entre les milieux d'affaires et communautaires.Dynamique et sensible aux réalités des organismes communautaires venant en aide aux personnes issues de la rue, la Fondation André Gauthier est partenaire de L'Itinéraire depuis près de deux ans.Au nom de tous les organismes présents à ce cocktail-bénéfice, merci à la famille Gauthier pour son ouverture d'esprit et sa générosité! De gauche à droite : Audrey Coté et Serge Lareault de L'Itinéraire; M.André Gauthier, Sylvio Hébert, président du CA de L'Itinéraire; Maryse Gauthier, Martin Gauthier et Éric Gauthier.Rad 91,3 fm Montréal 100.3 fm Sherbrooke .Ville-Marie tA\"**t**u Une programmation diversifiée et captivante 24 heures à l'écoute de la vie 140 émissions par semaine 110 animateurs et chroniqueurs 150,000 auditeurs en quête de musique de qualité, de réflexion et de partage 30 organismes communautaires participants éclairer, divertir, informer, contribuer au progrès humain, social, culturel et spirituel Dans un monde en changement, Radio Ville-Marie une voix réconfortante qui fait chaud au coeur 1-877-668-6601 - /Cea^efr d L 'éocra,te,! - (514) 382-3913 Radio Ville-Marie est récipiendaire du prix international Agnellus Andrew Pour obtenir l'horaire détaillé : Radio Ville-Marie 505 ave.du Mont-Cassin, Montréal, Québec H3L 1W7 Tél.: (514) 382-3913 Télécopieur : (514) 858-0965 Sans frais : 1 877 668-6601 Internet : www.radiovm.com courriel : cira@radiovm.com L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 Bulletin d'information Info RAPSIM Support communautaire en logement Vers une plate-forme de revendications! En novembre 2002, le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal vous annonçait le projet RAPSIM sur la question du support communautaire en logement.Comme mentionné l'an dernier, ce projet allait permettre d'outiller le RAPSIM sur cette question plus qu'importante pour les personnes les plus démunies de notre société.Par le biais de ses membres, le RAPSIM représente plus de 4000 unités de logements associées à des services variés de support communautaire pour des personnes itinérantes ou menacées de le devenir.Derrière ces unités, des personnes travaillent jour après jour pour refaire leur place ou la maintenir et obtiennent mille et une petites victoires! Le support communautaire en logement, et vous nous entendrez souvent le répéter dans les mois à venir, permet tout simplement un peu plus que du logement, c'est une pratique favorisant la stabilité résidentielle tout en permettant la stabilité sociale et/ou psychosociale de la personne résidante.Pourtant, il existe très peu de reconnaissance pour un modèle qui fait ses preuves année après année .Un premier petit pas a déjà été franchi par la Régie régionale Montréal-Centre avec la signature d'un protocole d'entente prévoyant un financement des services de support communautaire en logement.L'enveloppe n'est malheureusement que de 300 000 $ récurrent, et ce, jusqu'en 2006 seulement.Nous avons encore beaucoup à faire! Le travail de la dernière année Tout au long de cette année, plusieurs activités ont eu lieu et de nombreuses personnes ont investi temps et énergie.D'une part, c'est grâce à des discussions mensuelles avec les membres de notre comité logement, sans compter les nombreuses heures de réflexion nécessaires à une telle aventure, que nous avons construit petit à petit ce projet.D'autre part, celui-ci serait bien pauvre sans les entrevues réalisées avec les responsables de ressources communautaires-logements et celles réalisées auprès de personnes habitant dans ces logements communautaires.Or, avec un immense plaisir, nous vous annonçons les toutes dernières étapes de ce projet.En effet, c'est le 30 novembre prochain qu'est prévue la date du dépôt du rapport final de recherche réalisé par le Collectif de Recherche sur l'itinérance (CRI).De plus, deux activités sont prévues au calendrier en ce qui concerne le cadre de référence, cadre qui rendra officielle notre plate-forme de revendications autour de la reconnaissance du support communautaire en logement.Un premier débat, sous forme de déjeuner-causerie, où les membres du RAPSIM sont invités à venir discuter et débattre de la définition préliminaire qui y sera déposée par leur comité logement.À partir des résultats de cette rencontre, lors d'une assemblée générale spéciale une deuxième définition sera proposée en vue de l'adoption de la définition officielle du cadre de référence.Vers une plate-forme de revendications Dès le 11 novembre prochain, à la suite de l'assemblée générale spéciale, le RAPSIM travaillera à mettre sur pied les outils de la plate-forme de revendications sur le support communautaire.D'abord, la rédaction du texte de revendications, Cadre de référence : le support communautaire en logement, est sur le point de se terminer au moment où vous lisez ces lignes.Débutera ensuite la diffusion du même document auprès des personnes appropriées.Évidemment, la création de liens avec des partenaires oeuvrant aussi à sensibiliser le monde politique autour de la notion de support communautaire en logement sera privilégiée.Grâce au Cadre de référence sur la question du support communautaire (incluant une définition claire), le RAPSIM espère apporter sa contribution, son temps et ses énergies dans une lutte qui permettra enfin la reconnaissance politique et financière d'un modèle d'intervention qui a pour but bien du succès pour de nombreuses personnes! C'est ce que nous ferons entendre aux élus, représentants politiques et autres interlocuteurs prêts à écouter et à agir.Le réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal.Tél.: (514) 879-1949 L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 www.memo.qc.ca (514) 331-2210 sans exclusion! ^^d» MOUVEMENT POUR UNE ÉCOLE MODERNE ET OUVERTE Le dimanche 16 novembre, votons louise.mainville@memo.qc.ca IL.michel.guenet@memo.qc.ca lainvilie SAINT-LOUIS/MILE END Michel Guenet PLATEAU MONT-ROYAL LES FAUBOURGS INTERNET HAUTE VITESSE PLUS RAPIDE.Avec Vidéotron, bénéficiez de l'accès 1|I Internet haute vitesse le plus rapi- j de.» Jusqu'à 50 fois plus rapide qu'un modem téléphonique de 56 kbit/s \u2022 Jusqu'à 2 fois plus rapide que la haute vitesse téléphonique (DSL) à 1,5 Mbit/s MODEM CÂBLE GRATUIT* (une valeur de 159'5') INSTALLATION GRATUITE* (une valeur de 99\" ') Une économie de 260 $ Modem câble disponible chez les détaillants autorisés.\" Cette offre, d'une durée limitée, s'adresse aux nouveaux clients résidentiels du service Internet haute vitesse Vidéotron et est applicable à un engagement de 12 mois.Rabais instantané de 60 S sur le prix régulier du modem (159,95 $), plus rabais de 99,95 S crédité sur votre compte Internet haute vitesse Vidéotron selon certaines modalités Frais d'accès mensuel en sus.Temps d'utilisation illimité.Là où la technologie le permet Des frais additionnels seront facturés pour l'utilisation excédentaire de la bande passante.L'offre et les tarifs peuvent changer sans préavis.Taxes en sus.Certaines conditions s'appliquent.Abonnez-vous vite ! www.videotron.com 1 877 380-2511 (Vidéotron) QUtetCOK MEDIA Le pouvoir infini du câble L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 Les élections scolaires Pauvreté des enfants karine projean collaboration spéciale Diane De Courcy et Éric Cimon Le 16 novembre prochain auront lieu les élections scolaires pour la Commission scolaire de Montréal (CSDM).En plus des candidats indépendants, deux partis s'affrontent : le Mouvement pour une école moderne et ouverte (MÉMO) et le Collectif pour la réussite et l'épanouissement de l'enfant (CRÉE).L'Itinéraire a voulu connaître la position de chacun sur la pauvreté grandissante des enfants et ce qu'ils comptent faire pour l'éradiquer.Pour le MÉMO, il est important de participer à la lutte contre la pauvreté et de combattre ses effets néfastes sur la réussite scolaire.Pour ce faire, sa présidente Diane De Courcy, qui est aussi présidente de la CSDM, veut limiter les frais payés par les parents et tendre vers la «vraie gratuité», en diversifiant les moyens de lutte contre la pauvreté des élèves et de leur famille, et en arrimant les différents programmes offerts par les organismes et les institutions.«L'école ne peut pas être dans une bulle », affirme la présidente.D'où l'importance de créer un lien entre l'école et les différents organismes.«Il n'y a pas de solution qui passe uniquement par l'école.On doit y arriver ensemble.» Pour Mme De Courcy, tous rament dans la même direction et doivent s'unir pour le faire : par exemple, certains organismes offrent nourriture, d'autres (comme la Ville de Montréal) des activités aux plus démunis, et il est essentiel que chacun mette ses forces en commun avec celles des autres.Le gouvernement doit investir Pour le CRÉE, parti dont Marcellin Noël est l'instigateur (président du comité exécutif de la CSDM), c'est au gouvernement qu'incombe la tâche de remplir les estomacs vides et d'intégrer les jeunes issus des différentes communautés ethniques.Le parti souhaite conclure avec le gouvernement québécois un pacte qui tienne compte de cette réalité.Les idées du CRÉE sur la pauvreté abondent dans le même sens que celles du MÉMO.Ainsi, pour ces candidats, il est important d'investir dans les infrastructures qui entourent le jeune.Le plan du MÉMO est basé sur une expérience de dix ans dans Villeray, affirme Diane De Courcy.Le parti veut inciter la collectivité à se mobiliser, en créant, par exemple, des «maisons de la famille» à proximité de l'école afin que les enfants et leurs parents soient regroupés.Ces maisons permettraient aux parents d'être appuyés, de s'entraider par rapport à l'éducation des enfants, et offriraient de l'aide aux devoirs et des sorties familiales à moindre coût.«Il faut qu'il y ait un lieu qui réunisse la famille et qui prolonge les actions de l'école », assure madame De Courcy.Les enfants ont faim! Candidat du MÉMO dans Pointe-Saint-Charles / St-Henri / Atwater, l'attaché politique du Bloc Québécois et trésorier de L'Itinéraire, Éric Cimon, est très actif dans le ÉplLjr milieu communautaire.«La pauvreté est M grande chez les enfants et il y en a trop qui M ne mangent pas [à leur faim], précise-t-il.// M y a le Club des petits-déjeuners, mais ce ¦ n'est pas suffisant et ça ne fait que panser m la plaie.Le tout se doit d'être accompagné de soutiens multiples à l'enfant et aussi à sa famille.On ne peut pas séparer la pauvreté des enfants de celle de leur famille, et des répercussions qu'elle aura sur leur éducation.» Pour ainsi faire, le MÉMO a aussi à cœur de réduire la facture pour les parents.Il veut atteindre cet objectif par le regroupement des magasins Partage qui, depuis deux ans, permettent aux gens, avec une contribution minime, d'acheter des articles qui ont été achetés collectivement.Louise Pinard, candidate du CRÉE dans Centre-Sud / Les Faubourgs, affirme quant à elle : «En partant, il faut voir ce qui a déjà été fait et le solidifier.» Mme Pinard est également d'avis qu'il faut travailler avec les organismes communautaires, comme les Maisons de jeunes, qui sont « un outil important qu'on doit favoriser» Celle qui a d'ailleurs travaillé dans le milieu communautaire insiste sur le fait qu'il faut aussi soutenir constamment les parents.Pour Paul Trottier, candidat du MÉMO dans le même secteur, il est primordial de ne pas nécessairement victimiser les enfants des quartiers démunis : « Je refuse de considérer que les écoles de mon quartier ne sont que des écoles de milieux défavorisés.Elles sont beaucoup plus que ça.Il ne s'agit pas de nier une certaine réalité, c'est-à-dire que les familles dont les enfants fréquentent les écoles des Faubourgs ont, pour la plupart, des revenus très modestes, mais la condition financière des familles ne doit jamais être considérée comme une maladie génétique.Lorsque je fais passer des entrevues pour choisir un nouveau directeur ou une nouvelle directrice pour une école du quartier, je pose toujours la même question : dites-moi ce que vous savez des écoles du quartier?Si la réponse commence par \"c'est sûr que c'est un milieu difficile parce qu'il y a beaucoup de pauvreté\", cette personne, assurément, ne deviendra pas directrice dans une école de mon quartier parce que j'exige des directions d'établissement plus que de la compassion et de la complaisance.» Souhaitons que les élus du 16 novembre réussissent à concrétiser tous leurs projets de lutte contre la pauvreté.Il en va de notre avenir!¦ L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 MOTS DE CAMELOTS Merci à L'Itinéraire André Canuel Camelot, métros Champ-de-Mars, Place d'Armes et Mont-Royal/Lanaudière Je distribue L'Itinéraire au métro.De plus, je travaille au journal quatre heures par jour.Vous savez, L'Itinéraire, c'est plus que le journal, c'est aussi un café, « Le Café sur la rue », où tous les itinérants sont les bienvenus; ça les empêche, au moins quelques heures par jour, d'errer et de consommer.On s'y fait des amis aussi.Je leur dois beaucoup.J'avais plongé dans l'abîme, et L'Itinéraire m'a aidé à remonter la pente.Ça a été dur au début car lorsque tu descends trop bas, tu développes une espèce d'orgueil qui t'empêche de chercher de l'aide.Ça prend beaucoup de désespoir pour demander de l'assistance.Mais, ce pas franchi, il faut faire ensuite beaucoup d'efforts pour s'en sortir.À L'Itinéraire, il y a des travailleurs sociaux qui sont là pour nous motiver, pour aider à notre réinsertion sociale, enfin pour nous rendre autonome.Ici, quand on accepte d'être épaulé, on ne nous brusque pas, on nous laisse aller à notre rythme.L'Itinéraire m'a aidé à revenir sur la map en occupant mon temps, en me fournissant un surplus de revenu pour m'aider à subsister.Mais le plus important, c'est qu'il m'a redonné le goût de vivre.Après cinq années d'itinérance, j'habite maintenant un petit logement avec un «coloc» en attendant un logement à prix modique.Là aussi, L'Itinéraire nous donne un coup de main pour les démarches à faire.J'ignore combien d'individus le Groupe communautaire L'Itinéraire a aidé à sortir de la rue mais une chose est certaine : c'est un des organismes qui obtient d'excellents résultats.J'étais descendu aux enfers.Ici, l'équipe m'a redonné le respect de moi-même que j'avais perdu.Un million de mercis à L'Itinéraire.Après ces six pénibles années de remontée, je recommence enfin à savoir profiter de la vie.Page blanche Michel Côté Camelot, Pointe-aux-Trembles Lundi le 6 octobre deux mille trois.Je ne sais pas encore quoi écrire.Comme à l'habitude, je pourrais vous parler du beau manteau de cuir que le bon Dieu m'a fait parvenir, mais je ne vais pas le faire.Je voudrais par contre demander à mes lecteurs et lectrices si, par hasard, il y aurait parmi vous des gens qui pourraient me donner de bon sujets d'articles pour les prochains mois.Étant donné que c'est vous qui me faites vivre, j'aimerais parler de sujets qui vous intéressent.Évidemment, si vous me faites des suggestions, je ne pourrai probablement pas toutes les écrire mais je choisirai celles qui, à mon avis, seraient les meilleures.Merci.La guerre d'Irak s'étend à mon ordinateur! Jean-Pierre Béliveau Camelot-journaliste, métro Laurier Je n'avais pas écrit depuis l'invasion de l'Iraq par les É.-U.Mon implication dans le «Collectif échec à la guerre» qui tente d'arrêter cette guerre illégale et immorale drainait toutes mes énergies.Cette guerre m'a fait prendre conscience de la croissance de la surveillance sur Internet et de la vulnérabilité d'un ordinateur mal protégé car la guerre semblait s'étendre aussi sur Internet.Les hackers des deux clans dirigeaient leurs énergies vers les plus faibles.Si on surveille, comme moi, l'information de près, on est vite identifié comme danger potentiel par ceux qui veulent la contrôler.Avec mon budget et mon équipement contre ceux d'une surper puissance comme les É.-U., je ne faisais pas le poids.J'ai remarqué quand j'essayais de me brancher sur le site d'Al-Jazira, que j'étais détourné vers des sites pornos ou d'églises évangélistes (celle de Bush?).« La connaissance libère », dit-on.J'ai dû m'attaquer à l'apprentissage en accéléré de la sécurité sur Intenet.Il y en a des choses à apprendre dans ce monde! Mais une fois la compréhension de cette dimension d'Internet intégrée, on n'a plus de problème.C'est pourquoi je serai plus efficace dans mes écrits.Il faut que ce soit la vérité qui triomphe ! Pour ceux qui ont lu ma lettre au Premier ministre Jean Chrétien, je leur dirais que ma démarche a peut-être contribué à la non-implication du Canada dans cette guerre.Par le fait même, j'ai protégé mes soldats, même si je ne suis plus caporal-chef.J'ai fait mon devoir par le biais de L'Itinéraire.C'est pas pire pour un petit journal comme le nôtre.Attachez vos tuques car si j'ai recommencé à écrire, je vous en promets des bonnes à venir! Merci à tous ceux qui nous encouragent en achetant L'Itinéraire et surtout en le lisant.L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 L'expérience de la vie Lucie Camelot, SAQ Mont-Royal/Papineau Bonjour, En ce matin du 7 octobre 2003, je viens vous jaser un peu de la vie.J'avais promis à quelques personnes qu'au mois de novembre je leur parlerais des feux d'artifice.Je suis très fière du Canada qui nous a si bien représentés cette année.Je peux vous dire que, comme par les années antérieures, je n'en ai pas manqué un.Pour moi, ces feux représentent la féerie et la rencontre avec beaucoup de personnes de toutes les nationalités qui retrouvent, pendant cette demi-heure, leur cœur d'enfant.Pour ma part, ce qui ressort de mon expérience d'itinérance dans ma voiture aux mois de septembre, octobre et novembre 1994, c'est la liberté.Depuis l'âge de 13 ans je n'avais cessé de travailler pour gagner ma vie, pour ma famille, pour la société (28 ans dans les hôpitaux).Après toutes ces années, je me suis retrouvée seule, assise dans ma Sunbird à regarder le soleil se lever.Son reflet sur l'eau du fleuve et sur le paysage environnant fut comme un point de départ vers une autre vie.Je vis à présent pour moi.Il y a quelques mois, j'ai fait la rencontre d'un monsieur d'un âge avancé qui me disait que certaines personnes retrouvent leur bien-être en tombant sur le B.S.Avant, j'avais de l'argent, j'étais quelqu'un pour beaucoup de personnes.Aujourd'hui, en étant sur le B.S., je suis toujours la même personne, mais avec beaucoup plus d'expérience, ayant vécu 45 ans de l'autre côté de la barrière de la société.M'étant débattue tout l'été pour garder ma place de vente à la SAQ, j'espère que justice sera faite devant le gros problème sur le plateau Mont-Royal.Je ne peux passer sous silence l'encouragement de cette chère professeur Jacqueline qui me réconforte toujours avec son beau sourire.Merci, merci beaucoup.Et aussi de cet ange blond Chantale qui, chaque fois, me réjouit le cœur simplement par le son de sa voix, et quelle voix!.Je te souhaite un CD pour bientôt (elle cherche un commanditaire) pour que tout le monde vibre au son de ta voix.L'itinérance peut être vécue à tout âge.J'ai rencontré récemment une dame de près de 70 ans, Réjeanne, qui a tout laissé derrière elle pour écrire un livre en Europe.Quelle dame! Quelle lumière dans ses yeux! Et là-dessus, je vous quitte et à la prochaine.Merci, merci beaucoup.Votre camelot Lucie.Le nouveau chandail fait vendre Maxime Camelot angle Fleury/Jarry Chers lecteurs, J'aimerais faire une mise au point concernant mon article du mois de septembre dernier.Je crois que je n'ai pas été bien compris, alors je vais vous expliquer ma situation.Tout d'abord, je n'ai jamais voulu attaquer le commerçant qui n'aime pas mon Zappy.Mais, que voulez-vous, après avoir enduré pendant 5 ans des commentaires désagréables lorsque je travaillais très fort, beau temps, mauvais temps, j'avoue que j'en ai eu assez.Zappy aussi était fatigué.C'est le meilleur vendeur, lui qui fait toujours rire les gens et qui leur remonte le moral.Ce n'est pas facile d'être orphelin et de vendre le journal, assis sur une poubelle, mais il garde toujours le moral.Il m'a dit encore hier qu'il avait hâte de retourner voir son monde sur Fleury.Il s'ennuie de ces gens tellement aimables qui lui ont même offert une soirée au théâtre dernièrement.Il était ravi, assis bien au chaud plutôt que sur sa poubelle! Nous avons savouré un bon pop-corn en regardant le spectacle et en pensant au généreux donateur.Depuis l'article de septembre, je suis retourné sans mon Zappy sur Fleury, et je suis content de m'être installé devant une banque en portant fièrement mon chandail neuf de L'Itinéraire.C'est fou ce que ce chandail peut me faire vendre! Par contre, mes clients se demandent pourquoi j'ai changé de place et prennent de mes nouvelles.Maintenant, je sais que j'ai ma place sur le trottoir, mais je préfère éviter la chicane avec certaines personnes.Avec tous les efforts que j'ai faits depuis 5 ans, je suis fier de m'être monté une si bonne clientèle.Quand on travaille avec le public, il faut s'attendre à rencontrer des obstacles, comme les préjugés de certaines personnes, mais je n'ai pas peur car je suis un fonceur.Bientôt vous verrez votre vedette amicale, en la personne de Zappy, sur le trottoir de la rue Fleury.Il aurait cependant besoin d'une bonne toilette.Alors je vous lance une fois de plus un appel à l'aide : y a-t-il un bon samaritain qui pourrait lui payer un toilettage ainsi qu'un chandail chaud pour l'hiver?Écrivez moi, comme toujours, à mon adresse : maxzappy@hotmail.com ou venez me voir à l'un de mes points de vente.Je serai toujours heureux de vous parler.À bientôt chers lecteurs et lectrices et bon mois de novembre.MARINA ACHATS ET VENTES rue Ontario Est Place-des-Arts Frontenac, autobus 125 Tél.: (514) 529-3008 Téléc.: (514) 529-9849 OR, DIAMANTS, BIJOUX, CAMÉRAS ET VIDÉOS, etc.L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 MOTS DE CAMELOTS Du fun dans les Laurentides! Lise Lavoie, alias Tatou Camelot, rue Ontario Bonjour mes lecteurs et lectrices, Je veux vous raconter la journée que j'ai passée dans les Laurentides avec des amies.C'est le commencement de mon rêve.On a eu du fun dans l'auto en montant, on s'est arrêtées pour acheter du vrai blé d'Inde de campagne.On est arrivées au camp et on a été reçues comme des reines.On a très bien mangé, c'était délicieux.J'ai été me promener dans la nature.On a été visiter les villages.J'ai cueilli des fleurs pour mes deux amies.On a jasé de tout et de rien.On a pris des photos un peu partout.Quand le copain a dit : « On descend », ça nous tentait pas trop de revenir en ville dans la pollution, le bruit.On avait la nostalgie! C'était une très belle journée, une journée inoubliable.Après, la semaine s'est bien passée.J'ai même vu mon fils, ma brue et ma pou-poune.Je remercie beaucoup le copain qui nous a fait passer cette journée inoubliable.Je viens de vous raconter ma journée du 15 septembre et je vous remercie de me lire, chers lecteurs et lectrices.Le petit bonheur Albert Grandmaison Camelot, Jeanne-Mance/Ste-Catherine Je vous fais part d'un petit bonheur en vous disant que je suis très fier de vous mes lecteurs et lectrices parce que vous prenez le temps de lire L'Itinéraire, mais vous prenez aussi le temps de parler avec moi et ça, ça me fait chaud au coeur.Je vous remercie beaucoup de votre simplicité et de votre gentillesse à mon égard.Bonne journée.Mon parcours Laurent Bond Camelot, métro Me Gill près de La Baie Pour moi, l'isolement social et la solitude ont débuté dans mon enfance vers l'âge de 11 ans.Voici comment ça a débuté : je revenais de l'école et j'ai vu un monsieur âgé en train de gratter la peinture des châssis.Je me suis approché de lui et il m'a demandé d'aller l'aider le lendemain.Quand je suis arrivé à la maison, je l'ai dit à ma mère, mais elle m'a répondu qu'on retournait dans notre village et c'est à ce moment-là que quelque chose en moi s'est brisée.Quand nous sommes arrivés dans notre village, je voyais le village en ennemi.Je suis devenu un « enfant-problème » et mes parents ne savaient pas pourquoi.J'avais peur de tout, je me retirais de tout et c'est là que la solitude s'est installée.Fidèle au poste Gilles Bélanger Camelot, Complexe Desjardins/ Jeanne-Mance & René-Lévesque Passez une bonne journée, chers lecteurs et chères lectrices.J'apprécie beaucoup les gens qui achètent le journal.Je suis fidèle à mon poste, toujours poli et avec un beau regard.En passant, j'adore mes lecteurs et lectrices.À tous et toutes, passez un bel automne.Merci beaucoup de votre collaboration et de votre gentillesse.Passez un bon mois de novembre.Prière au Saint-Esprit Saint-Esprit, toi qui résouds tous les problèmes, toi qui éclaires tous les chemins pour m'aider à atteindre mon but, loi qui me donnes le don divin de pardonner et d'oublier le mal que l'on fait, toi qui te trouves à mes côtés dans toutes les circonstances de la vie Je veux, par cette courte prière, le remercier pour tout et te confirmer une fois de plus que |e ne voudrais pas èlre séparé de toi, même en dépit de toutes tentations matérielles illusoires Je veux être avec loi dans la gloire éternelle.Merci pour ta miséricorde envers moi et les miens.Vous devez réciter celte prière pendant trois jours consécutifs.Ensuite, la laveur demandée vous sera accordée, même si elle vous parait diïticile à obtenir Vous devez alors publier cette prière, y compris les instructions, immédiatement après que votre souhait a été exaucé, mais sans mentionner la nalure de voire voeu Seulement vos initiales devront apparaître à la tin de cette prière mrp.L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 Contes Comptes du |-)r®f Texte dt Léo-PauI Lauzon, proFesseur au Pour l'inscrire : Tél.: (514) 526-1651 Téléc.: (514 526-1655\tServices gratuits > Ateliers de groupe > Stages en entreprise > Suivis individualisés > Activités post-formation > Support dans la recherche d'emploi\tTu es > Âgé(e) de 16 ans ou plus > Motivé(e) à intégrer ou réintégrer le marché du travail > Démuni(e) face à l'emploi Les services du GIT sont offerts grâce à la contribution financière d'Emploi-Québec Québec S S Emploi-Québec Groupe Information Travail > 2260, av.Papineau > Montréal (Québec) H2K 4J6 > git@infotravail.net L'ITINÉRAIRE NUMÉRO 111 - NOVEMBRE 2003 Boire à en perdre sa job johanne gingras collaboration spéciale Les proches d'une personne alcoolique iront souvent chercher aide et réconfort auprès d'organismes habilités, car la dépendance à l'alcool cause des dommages relationnels importants.Cependant, que peuvent faire ceux et celles qui travaillent avec un alcoolique?Certaines situations peuvent devenir vraiment dangereuses, puisqu'il est prouvé que l'alcoolisme est plus souvent présent dans les métiers où la force physique est employée, et où des facteurs de stress sont présents : horaires variables, longues heures d'immobilité, cadences à maintenir, manque de personnel, etc.D'autant plus que dans son milieu de travail, l'alcoolique ne bénéficie pas nécessairement de l'indulgence et de l'amour qu'il peut trouver auprès de ses proches.L'augmentation des tensions et la culpabilité, par exemple, feront en sorte que la personne boira encore plus.C'est à ce moment qu'un Programme d'aide aux employés (PAE) peut intervenir.Des chiffres alarmants De durs constats s'imposent : 60 % à 70 % des personnes qui ont un problème de consommation d'alcool ont un emploi.Au Québec, un accident lié à l'alcool se produit toutes les trois minutes.Par ailleurs, un employé alcoolique occasionne des coûts estimés au quart de son salaire annuel.Son taux d'absentéisme est presque trois fois plus élevé que celui de ses collègues, et 15 % des réclamations versées par les compagnies d'assurance sont dues à des alcooliques.TICIQ Transcal Québec Service de formation Internet à domicile Sylvain Tremblay 342, rue Jubinville, Laval H7G 3E2 Téléphone : (450) 663-7009 * Fax : (450) 663-1760 Courriel : info@transcal.qc.ca Internet : www.transcal.qc.ca Un peu d'Histoire En pleine ère industrielle, dès 1883, un imprimeur américain pose les bases du premier PAE, en hébergeant un de ses employés alcooliques pendant sa période de sevrage et ses premières semaines d'abstinence.Il s'en félicita par la suite car ce dernier devint l'un de ses meilleurs collaborateurs.Une étude menée chez Western Electric, entre 1927 et 1936, commence ensuite à faire le lien entre les plaintes rapportées par les employés et leurs problèmes personnels; ladite étude montre que les employés deviennent plus productifs lorsqu'ils peuvent extérioriser leurs malaises.En 1940, la compagnie Edison met en place le premier PAE.L'alcoolisme était alors considéré comme une maladie et les superviseurs héritaient du rôle ingrat de «chasseurs de sorcières ».Par la suite, des outils ont été mis en place afin d'inciter les gens à se présenter volontairement au programme.Dix ans après le modèle américain, les PAE du Québec et ceux du Canada mettent plus l'accent sur la prévention, en tenant compte des causes organisationnelles et sociales des difficultés rencontrées par les employés.La formule PAE Des services de consultation personnalisée et des équipes multidisciplinaires soutiennent l'entreprise dans la recherche du mieux-être des employés en mal d'équilibre personnel.Les nouvelles tendances en gestion des ressources humaines relèvent d'ailleurs l'importance de concilier les besoins de l'organisation avec ceux du travailleur, d'améliorer la qualité de vie au travail et de modifier en conséquence la philosophie de gestion de l'entreprise.Ce n'est pas une mince tâche, mais à la lumière de l'expérience, une conclusion s'impose : la prévention a bien meilleur goût! ¦ SOLUTIONS de la pase 33 0\tP\t1\tR\tE\tS\t\t\t\u2022\tN\tnm\tD\tE s\tU\tH\t\tc\tA\tT\tE\t\t0\tCEO\t\tN s\tT\tA\tT\t0\tR\t\tN\t1\tE ¦ T\tsb\tS\tT \tR\tM\tA\t\tR\tA\tI\t\t\t3ho\tU\tR F\tE\tt\t\tD\tA\tN\tS\t0\t\tIl D\tE\tA \tS\tS\tU\t\t
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