La presse, 4 avril 1990, F. Le Grand Séminaire célèbre ses 150 ans
[" F2 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 4 AVRIL 1990 \t1 __\t\t\t\t\t\t\t\t \ti\tw jn\tEGRAND\tSEMINAIRE\t' < i \u2022 .\t\t\t.» .' ¦**,.¦ *\t \"^^\"^ffl II I\tI Le Grand séminaire de Montréal | a aussi connu sa a révolution »\t\t\t\t\t\t\t\t JULES BÉLIVEAU Lionel Cendron: 1 -¦^ orsquc «¦¦je suis entré au Grand Séminaire en septembre 1965, nous étions près de 300 séminaristes.Dans mon groupe de nouveaux venus, nous étions 74.L'année suivante, .les nouveaux étaient 52.En 1967, ils étaient 25.Et en 1968, ils y en avait 12.Aujourd'hui, le Grand Séminaire compte une cinquantaine de futurs prêtres.» Le sulpicien Lionel Gendron, recteur actuel du Grand Séminaire de Montréal, n'a rien trouvé de mieux, pour illustrer dans un premier temps la «révolution» qu'a connue depuis le milieu des années 60 la grande institution montréalaise de formation de futurs prêtres, que d'aligner quelques chiffres.Les changements intervenus au Grand Séminaire de Montréal depuis le concile Vatican II et la Révolution tranquille au Québec, s'ils ont été accompagnés en 1975 d'un creux de vague se traduisant par la présence d'à peine une quarantaine de séminaristes dans les vieil édifice de la rue Sherbrooke, sont toutefois beaucoup plus profonds que les statistiques.Des changements M.Gendron se souvient aussi que, lors de son entrée au Grand Séminaire, les séminaristes portaient encore la soutane.Mais ce n'est pas, non plus, l'adoption des vêtements civils les plus variés qui constitue le plus important changement que l'on ait connu au Grand Séminaire de Montréal.«Jusqu'en 1965, rappelle M.Gendron, le cadre de vie au Grand Séminaire était beaucoup plus monastique.Tout était alors vraiment centré sur la vie spirituelle, la vie liturgique, la vie communautaire et la vie intellectuelle.Mais ce n'est qu'avec le concile qu'ont commencé, au début de façon assez discrète et mesurée, les activités pastorales.» Aujourd'hui, il est tout à fait normal \u2014et même obligatoire\u2014 que les séminaristes, qu'il soient au début de leur formation de futurs prêtres ou à la dernière année de leurs études théologiques, sortent régulièrement du Grand Séminaire afin de se consacrer à diverses tâches ici et là dans le diocèse.Dans ce sens, le Grand Séminaire de Montréal n'est plus du tout la «serre, chaude» qu'il a déjà été.La pastorale par l'action «Lorsque nous disons actuellement formation, explique à ce sujet M.Gendron, nous parlons de pastorale par l'action.Cela signifie que dès le début de la formation d'un futur prêtre, il y a un engagement surtout d'ordre caritatif auprès, par exemple, des clochards et des personnes handicapées ou dans des mouvements ou des groupes de jeunes.Ensuite, «Jusqu'en 1965, le cadre de vie au Grand Séminaire était beaucoup plus monastique.» PHOTO JEAN-YVES LETOURNEAU, lê Presse Pardon monsieur: ivfWTOWar^, c'est le séminaire ou la faculÊé.?JULES BÉLIVEAU a a été une longue et surtout une pénible toire.On aurait dit, pendant un temps, que tous les facteurs imaginables se sont réunis pour, jeter de l'huile sur le feu.Mais après plusieurs années, on peut dire que c'est aujourd'hui la sainte paix entre ïe Grand Séminaire de Montréal et la faculté de théologie de l'Université de Montréal.La sainte paix et un «voisinage§ pacifique».Toute cette affaire plutôt fort désagréable a pourtant commencé dans l'enthousiasme lorsque, au cours de l'été 1967, la faculté de théologie, qui avait logé jusque-là au Grand Séminaire de Montréal, a déménagé ses pénates sur le campus de l'Université de Montréal.Un long débat Le cardinal Paul-Émile Léger était encore, à cette époque, archevêque de Montréal.Toutes les parties concernées, c'est-à-dire l'archevêché, les Messieurs de Saint-Sulpice, les responsables du Grand Séminaire, les autorités de l'Université de Montréal et plusieurs communautés^ religieuses ayant des institutions de formation de futurs prêtres, avaient longuement débattu de la chose et voyaient d'un oeil plutôt \u2022favorable le déménagement de la faculté de théologie.Mais voilà que, à peu pres au moment même où le futur cardinal Paul Grégoire était nommé officiellement archevêque de Montréal, les contestations étudiantes de mai 68 ont éclaté en France et se sont étendues jusqu'à l'Université de Montréal.Peu après la rentrée de septembre 1968, les contestations étudiantes se sont» faites encore plus vives sur le campus de l'Université; idé Montréal, que fréquentaient déjà depuis un ah les «pensionnaires» du Grand Séminaire de Montréal* Et les étudiants de la faculté de théologie, dit-on.n'étaient pas moins engagés que leuré collègues des autres facultés dans toute cette agitation.Des craintes À cette époque, d'universit pontificale qu elle avait été jusqu'à tout récemment, la grande institution de haut savoir du mont Royal venait d'acquérir son tout nouveau ; titre d'université laïque.Et la faculté de théologie, qui ne formait que des séminaristes ; lorsqu'elle occupait ses locaux anciens du Grand Séminaire, commençait à être fréquentée par des étudiants \u2014 et aussi des étudiantes \u2014\u2022 ne se destinant pas à la prêtrise.Ajoutés à tout le reste, ces deux facteurs n'étaient certes pas plus rassurants qu'il ne le fallait aux yeux de l'archevêque de Montréal et des responsables du Grand Séminaire, qui pouvaient alors craindre le pire pour leurs séminaristes.Mais plusieurs sources rapportent que c'est surtout une question d'horaires qui causait des problèmes aux dirigeants du Grand-Séminaire: comme les séminaristes, inscrits dans diverses classes à.la faculté*-faisaient constamment la navetteèntre le Grand Séminaire et le campus universitaire» ^toutes lés heures du jourétvméme en soirée, iFn'y avait vraiment plus itîpyeri de réuni£àt£même moment toute la communauté de la grande maison de la rue Sherbrooke.Cela était sans compter que les salles de classe du Grand Séminaire étaient devenues désertes.Une «hôtellerie» Plusieurs prêtres ont constaté alors non sans amertume que le Grand Séminaire avait pris l'aspect dVune hôtellerie».Et comme si tout cela ne suffisait pas;Jl y a eu encore, entre 1970 .et 1975, la «querelle des prêtres' laïcisés»: un règlement de Rome interdisait à cette époque\" 0 » \u2022 t ¦ i ¦ 4 - % -4 r * \u2022 1 .t i .n LA PRESSE, MONTREAL MERCREDI 4 AVRIL 1990 Le Grand Séminaire d'aujourd'hui n'est ni ghetto, ni tour d'ivoire F 3 :\u2014-1\u2014*us*ifl JULES BÉLIVEAU i les quelque 25 dernières années ont été mouvementées et passablement éprouvantes pour l'Église catholique, elles l'ont été aussi pour le Grand Séminaire de Montréal.Que l'on songe seulement, si on a encore besoin d'en être convaincu, a la «baisse des vocations» et aussi, ce qui n'a guère été plus intéressant pour la vénérable institution de la rue Sherbrooke, à l'abandon de la prêtrise, surtout dans les années 60-75, par un bon nombre de prêtres qui y ont reçu leur formation presbytéralc.Le Grand Séminaire de Montréal semble toutefois avoir retrouvé dans ses vieilles réserves d'énergie toute la force nécessaire pour affronter les exigences et les défis du monde actuel ct de celui de demain.Comme le note dans un livre devant être publié à l'occasion du 150e anniversaire du Grand Séminaire de Montréal le sulpicien Louis-Paul Gauvreau, les responsables de la maison n'ont pas craint de remettre en question le type de formation offerte dans des institutions semblables.Le Grand Séminaire n'est ni «ghetto» ni «tour d'ivoire», écrit notamment l'ancien recteur, \\ou\\ant souligner par là une des transformations majeures apportées au programme de formation des futurs prêtres dans l'institution sulpicienne: une plus grande ouverture aux réalités des Églises particulières et de la société en général.M.Gauvreau fait référence ici à la diversification des cours dispensés au Grand Séminaire, mais aussi à l'engagement des futurs prêtres dans des activités pastorales tout au long de leur formation.Il signale que les directeurs du Grand Séminaire «croient qu'une participation progressive des séminaristes à des responsabilités apostoliques suscite une ouverture nouvelle aux personnes ave/, lesquelles ils entrent en conutet, aux questions de foi et de morale qu'elles posent et aux grands problèmes pastoraux d'une paroisse et d'un diocèse».Et il ajoute : « Ils ( les séminaristes ) y reçoivent une formation pastorale; ils y découvrent également ce qu'est la vie des prêtres au service de leur peuple; ils apprennent à apprécier le travail d'agents de pastorale, hommes et femmes, ct à travailler avec eux.» Le Grand Séminaire de Montréal n'est pas cependant, loin s'en faut, un endroit d'où les séminaristes s'échappent le plus souvent possible pour aller «rayonner en ville» ou passer le plus clair de leur temps à des activités pastorales sur le terrain.Il suffit pour s'en convaincre de jeter un coup d'oeil sur le programme des cours dispensés aux futurs prêtres et aussi sur le répertoire des offices religieux et des exercices spirituels qui jalonnent leurs journées.La formation spirituelle M.Gauvreau \u2014qui a décidément le don des mots faisant image\u2014 reconnaît que le Grand Séminaire n'est pas un «cloître», une «abbaye» ou un «monastère» et affirme d'emblée qu'il ne s'agit évidemment pas de vouloir transformer les séminaristes en «contemplatifs» ou en «moines».Il souligne toutefois qu'il est «un lieu de rencontre avec lésus-Christ, avec |ésus Pasteur dont nos futurs prêtres auront à continuer et à actualiser l'action parmi les hommes de notre temps en tant que serviteurs du Père et de leurs frères et soeurs».Au coeur de la vie spirituelle du Grand Séminaire, il y a bien sûr l'eucharistie, qui y est célébrée chaque jour et qui m m '¦\u2022.?* lïSS ' mm m rassemble habituellement la communauté entière de la maison.Il y a également les visites individuelles que les séminaristes font à la chapelle du Grand Séminaire et la pratique du sacrement du pardon.La vie spirituelle du Grand Séminaire comprend aussi la liturgie des Heures avec la célébration quotidienne, matin et soir, des laudes et des vêpres.Et les séminaristes accordent une place privilégiée à l'oraison, qui est décrite comme une rencontre «en coeur à coeur» avec Dieu, et sont invités, surtout durant la première année de leur formation, à faire l'apprentissage du silence, de l'écoute prolongée de la Parole.Les responsables du Grand Séminaire de Montréal ont toujours encouragé leurs étudiants à d'autres formes de prière traditionnelles ou plus récentes comme le chapelet ou la prière partagée en groupe.Ils attachent également beaucoup d'importance aux temps de récollection ou de retraite spirituelle, à la lecture de la Parole de Dieu, â celle des grands maîtres spirituels, de la vie des saints et d'ouvrages religieux plus récents.Il existe toutefois au Grand Séminaire de Montréal un instrument ct un moyen de progression que l'on considère tout à fait indispensable dans la vie spirituelle du futur prêtre: la direction spirituelle.C'est par l'accompagnement spirituel d'un prêtre expérimenté qu'il aura lui-même librement choisi, estime- t-on en effet, que le séminariste pourra le mieux voir clair dans son projet vocationnel ct progresser dans sa formation de futur pasteur.La formation intellectuelle Au cours de leurs cinq années de formation au Grand Séminaire de Montréal, les séminaristes ont certes une vie de prière et de contemplation intense.Mais ils étudient également beaucoup! Après le retour de ses étudiants dans ses salles de cours en 1977, au terme d'une expérience de quelques années pendant laquelle ils ont reçu leur formation théologique à la faculté de théologie de l'Université de Montréal, le Grand Séminaire a mis au point un programme d'études qu'il a voulu taillé sur mesure pour des futurs prêtres d'aujourd'hui.«L'enseignement qui se donne au Grand Séminaire, indique à ce sujet l'ancien recteur Louis-Paul Gauvreau, veut tenir compte à la fois du ministère spécialisé auquel se préparent les futurs prêtres el de la dimension pastorale qui doit unifier l'ensemble de leur formation.Le programme des études est construit en fonction des exigences manifestées tant par l'Église universelle que par l'Église canadienne sur la formation philosophique et théologique des futurs pasteurs.Ces exigences reflètent une grande expérience de la formation presbytérale.» Comme les séminaristes d'aujourd'hui ne sont pas issus comme autrefois d'un petit séminaire ou d'un collège classique, d'où leurs prédécesseurs passaient directement à un grand séminaire, mais qu'ils ont plutôt connu des expériences de formation les plus diverses, les responsables du Grand Séminaire de Montréal en sont venus à instituer deux années complètes d'études philosophiques.Pendant ces années, qui permettent aux étudiants d'approfondir sérieusement leurs connaissances avec les grands m m ma FM.V \"TV ; &(8 ma ;r-v .¦ KSI les mi! m m Le Grand Séminaire de Montréal, version 1990: une plus grande ouverture aux réalités des Églises particulières et de la société en général.PHOTO ARMAND TROTTIER.La Prntr philosophes ayant marque la pensée humaine, les séminaristes suivent aussi des cours d'introduction à la Bible, de spiritualité, de psychologie, d'histoire de l'Église canadienne, etc.Les trois années suivantes du séminariste du Grand Séminaire de Montréal sont celles des études théologiques proprement dites.Elles ont été conçues de telle sorte qu'elles donneront une vue d'ensemble de la théologie avec les accents convenant à des futurs prêtres.S'il a satisfait aux exigences académiques, un étudiant peut donc sortir du Grand Séminaire de Montréal avec un baccalauréat canonique en philosophie et un baccalauréat en théologie.Et il peut, s'il en a le goût et les capacités, poursuivre sa formation intellectuelle dans des facultés universitaires de théologie au Québec ou à l'étranger.Des hommes de communion La formation que reçoivent les étudiants au Grand Séminaire de Montréal ne serait sans doute pas complète si, en plus de leur faire acquérir des connaissances intellectuelles poussées et un profond goût de la prière, elle n'en faisait pas des «hommes de communion» au service de la «communion ccclésialc».Divers moyens ont été mis en oeuvre au Grand Séminaire de Montréal afin que la communauté des séminaristes et de leurs directeurs forme véritablement une «cellule d'Église».On vise ainsi notamment â préparer les futurs prêtres à vivre communautairement avec leurs futurs paroissiens ou avec les personnes auprès desquelles ils exerceront leur ministère pastoral.La grande communauté du Grand Séminaire, de même que les «groupes-vie» plus restreints que l'on y a formes, ont également pour objectif, tout en permettant rétablissement de précieux liens d'amitié entre futurs prêtres, de favoriser le discernement et la formation de leur projet presbytéral.Pour M.Gauvreau.lu vie en communauté, qu'il décrit comme un « lieu de révélation ».est d'une importance majeure au cours de la formation des séminaristes.« La communauté, dit-il.permet a un futur prêtre de se révéler à lui-même et aux autres, d'évaluer l'appel qu'il croit discerner en lien avec des formateurs et des confrères qui vivent ce même projet et surtout de faire l'expérience, dès le temps du séminaire, de ce qu'exige la vie en Église.En ce sens, il n'est pas exagéré de dire que la vie de séminaire est déjà une expérience de vie authentiquement presbytérale.1 Université de Montréal FACULTÉ DE THÉOLOGIE La Faculté de Théologie de l'Université de Montréal présente ses hommages au Grand Séminaire de Montréal à l'occasion du 150e anniversaire de sa fondation.Le Collège de ï/Assomption, ayant déjà célébré en 1982 son 150e anniversaire de fondation, s'associe avec beaucoup de fierté à la direction, au personnel et aux étudiants du Grand Séminaire de Montréal pour leur souhaiter beaucoup de succès.L'oeuvre du Grand Séminaire puise sa force dans la sagesse du passé et fait appel au dynamisme de son équipe pour relever les défis des années 1990.# Son message de foi continuera à questionner notre jeunesse.Le recteur et le personnel du Collège de L'Assomption 270, boulevard l'Ange-Gardien L'Assomption, Qc J0K 1G0 - 1990 un psaume de150 ans mm 9 > ^ « ?F4 150 ANS LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 4 AVRIL 1990 M»?Lt\\: Quelques 18/35 qui ont, en 1990, choisi d'entrer ou Grand Séminaire 2J JULES BÉLIVEAU La chose était bien visible: Luc Laurence, 2b ans, étudiant de 3V année de théologie et séminariste depuis cinq ans au Grand Séminaire de Montréal, ne tenait manifestement pas à dire dans combien de temps il sera ordonné prêtre.«Ce que je vis présentement, a-t-il dit, est important.Lorsqu'on me parle de l'objectif que je poursuis, il arrive que ça m'ennuie un peu.Pourquoi ne pas s'intéresser à la démarche que je fais actuellement, à ce qui est beau dans ce cheminement-là, plutôt que de toujours me définir en fonction de ma future ordination à la prêtrise?» Luc convient qu'il ne peut pas exiger de tout le monde qu'il se mette dans la peau d'un séminariste.Mais décidément, l'expression «futur prêtre» l'agace un peu.Des sons de cloche différents.Dans un salon dépouillé, presque austère, du cinquième étage de l'imposant immeuble de la rue Sherbrooke ouest, ils étaient quatre des quelque 50 séminaristes du Grand Séminaire de Montréal à converser tranquillement avec le représentant de La Presse.Outre Luc Laurence, il y avait Éric Sylvestre, 21 ans, Karl Strauch, 26 ans, et Jean-Pierre Couturier, 35 ans.Si on a déjà cru que tous les séminaristes sont coulés dans le même moule, pour ce groupe-là, il faudrait repasser.C'est que, â la vérité, autant pour ce qui a trait à leur formation antérieure que pour ce qui est de leurs idées sur une bonne quantité de sujets, les quatre séminaristes rencontrés ont laissé entendre un joyeux carillon de sons de cloche différents, pour ne pas dire disparates.Il y a d'abord les antécédents des membres du groupe: le plus jeune ( Éric) est passé directement du cégep au Grand Séminaire de Montréal.L'aîné (lean-Pierrc), qui a obtenu à l'université McGill un baccalauréat en histoire de lu musique et une licence en chant et qui a acquis en outre une formation en administration des arts, a une expérience de plusieurs années de vie professionnelle comme chanteur.Celui qui étudie depuis le plus longtemps au Grand Séminaire (Luc) avait déjà en poche un baccalauréat en urbanisme de l'Université du Québec à Montréal et avait amorcé des études en informatique avant d'y faire son entrée.Quant au quatrième ( Karl ), il a roulé sa bosse depuis Montréal jusqu'à Toronto, où il a étudié en cinéma, et à San Antonio au Texas, où il a suivi des cours en investissements immobiliers, avant de revenir dans sa ville d'origine pour se mettre à des études devant le conduire à la prêtrise.Jean-Pierre, l'artiste du groupe, trouve bien beau que Luc Laurence, 27 ans: «La formation que nous recevons aujourd'hui nous rend plus proches de l'humain.» Les Religieuses de Jésus-Marie s'associent avec joie au Grand Séminaire de Montréal en ce 150e anniversaire de sa fondation HOMMAGES ET FELICITATIONS .1.Maison provinciale 10070, d'Auteuil Montréal \u2022i1 Bppbpbi de Bi-iitriBi | MAISON PROVINCIALE 1601 est, boul.gouin montréal, que.H2C 1C2 CANADA Tél.: 387-7337 HOMMAGES pour ses 150 ans Le Grand Séminaire de Montréal L'INSTITUT DES FRÈRES DE SAINT-GABRIEL AU CANADA 1 Selon Karl Strauch, 26 ans, le mariage des prêtres n'aurait aucun effet sur le nombre des vocations à la prêtrise.«On n'a qu'à regarder du côté des protestants», dit-il.Luc parle de sa «vocation de séminariste».Mais il note qu'«on ne peut pas demeurer séminariste toute sa vie».Éric, de son côté, souligne que les séminaristes «doivent tout de même garder en tête qu'il vivent dans une communauté de passage».Un point sur lequel les quatre membres de notre échantillonnage s'entendent bien: le but principal de la formation que reçoivent les séminaristes au Grand Séminaire est de les préparer à «mieux faire connaître le Christ, son amour et l'Église» et d'en faire des «témoins de l'espérance» capables de bien exprimer devant le monde toute la foi qui les habite.Une vie plus «ouverte» Les quatre semblent s'accorder également pour dire que la vie d'aujourd'hui au Grand Séminaire de Montréal est plus «ouverte» qu'elle ne l'était autrefois.«Ça dépend de ce qu'on entend par là», soumet toutefois Éric, le cadet du groupe et aussi celui qui.En ce 150e anniversaire de fondation, nous offrons nos hommages au Grand Séminaire de Montréal.les freres de sainte-croix 3800, rue Jean-Brillant Montréal, Québec H3T1P1 Recluses Missionnaires Les Recluses.Missionnaires forment dans l'Eglise un Institut contemplatif centré sur le mystère eucharistique dans l'adoration et l'intercession.Jeanne le Ber, première recluse canadienne est une inspiration pour leur vie contemplative.Partage: Séjours à l'hôtellerie monastique pour toute personne en quête d'un lieu où rencontrer le Seigneur dans un climat de prière, de silence et de paix.les recluses missionnaires \u2014 12050 est.boul.Gouin, MONTRÉAL (Québec) H1C 1B8 Tél.: (514) 648-6801 \u2014 2351 boul.Labelle.LAFONTAINE (Québec) J7Z 5T5 Tél.: (514)438-1852 m\t s\tc LES MISSIONNAIRES DU SACRÉ-COEUR Conscients des exigences du travail en formation à la vie sacerdotale, les Missionnaires du Sacré-Coeur s'unissent aux artisans et au personnel actuel du Grand Séminaire de Montréal pour célébrer le 150e anniversaire de ce foyer d'espérance.Dans la foi, nous savons que la mission du Christ se continue par divers ministères que tous, prêtres et laïcs, sont appelés à exercer sous l'influence du même Esprit.Pour leur part, où qu'ils soient, les Missionnaires du Sacré-Coeur sont d'abord et avant tout les envoyés de l'amour de Dieu.Leur «pays de mission» est là où une personne a besoin de se sentir aimée.Pour tout renseignement sur les MISSIONNAIRES DU SACRÉ-COEUR, on peut s'adresser à: Gérard Hamel, m.s.c.ou à: 816, av.Madeleine-de-Verchères Québec (Québec) GIS 4K5 Tél.: (418) 681-2015 Jean-Luc Couture, m.s.c.7675, rue Edouard LaSalle (Québec) H8P1T5 Tél.: (514) 365-2113 probablement, fait le plus sérieux.Il précise que, a son avis, «être ouvert ne doit pas signifier tout accepter».Selon Karl, comme l'ensemble de la société est aujourd'hui en général plus ouverte, cela ne peut que se répercuter également dans les murs d'un grand séminaire.Pour Luc, il n'y a guère de doute que les séminaristes d'aujourd'hui ont une formation qui les rend plus proches de l'humain.«En plus de nos études théologiques proprement dites, souligne-t-il, nous avons des cours de psychologie, de sciences naturelles et de diverses autres matières qui nous aident à mieux comprendre l'homme.» Et lean-Pierre ajoute, un sourire en coin: «Nous sortons, vous savez!» Effectivement, les séminaristes du Grand Séminaire de Montréal sortent.Et ils le font non seulement pour des raisons dites «pastorales», mais également pour aller au cinéma ou assister à des pièces de théâtre et à des concerts.«Chacun de nous a sa clé et peut rentrer au séminaire à Éric Sylvestre, 21 ans: «Les séminaristes doivent quand même garder en tête qu'ils vivent dans une communauté de paSSage.» photos robert nadon.La Presse Jean-Pierre Couturier, 35 ans «Nous sortons, vous savez!» l'heure qu'il veut», lance \u2022 soudain Eric sur le ton de celui qui voudrait bien qu'on passe à autre chose.«Dans notre temps.» «Il nous arrive de rencontrer des prêtres un peu vieux qui condamnent notre genre de vie, enchaîne Karl.Il y en a qui condamnent Vatican II, donc ça se transpose là-dessus.» Luc corrige toutefois: «Qui \"condamnent\", c'est peut-être un peu fort.Mais qui s'interrogent ou qui sont surpris, il y en a.Ils disent : \"Dans notre temps, ce n'était pas comme ça.\"» C'est ce même Luc qui, au, sujet du port de la soutane, s'est esclaffé: «La soutane, je connais ça.|e l'ai déjà portée quand j'étais servant de messe!» Il faut dire qu'on ne voit plus depuis longtemps au Grand Séminaire de Montréal, sauf erreur, l'ombre d'une soutane.Mais, pour certains services liturgiques particuliers, les séminaristes revêtent une aube.Les séminaristes d'aujourd'hui porteront-ils par ailleurs le col romain après leur ordination à la prêtrise?«le l'espère!» s'est exclamé ean-Pierre.Mais d'autres, au même moment, on émis des murmures charges d'un peu moins de conviction, ce qui a fait dire à Luc: «Comme vous voyez, il y a deux écoles!» Et le mariage des prêtres?Comment les séminaristes voient-ils la question du mariage des prêtres?«Avant de vous rencontrer, a confié Luc, je me suis dit: \"Ça, c'est une des questions qu'il va nous poser\".» Ce qui a amené les autres, l'air légèrement moqueur, à lui demander: «As-tu prépare ta réponse?» Luc avait effectivement une réponse et a précisé qu'il l'avait depuis longtemps: «Ce n'est pas parce que l'Église va manquer de prêtres qu'elle doit se jeter sur une solution absolue comme celle de permettre le mariage des prêtres ou \"d'embarquer des femmes dans le sacerdoce\".\u2022 (.) On peut par contre s'interroger franchement sur les fondements théologiques de l'exclusivité de la prêtrise pour les hommes.S'agit-il là d'un phénomène uniquement social reposant sur le fait que, dans son temps, le Christ a choisi seulement 12 hommes.Pourquoi des femmes ne pourraient-elles pas être prêtres aujoud'hui?Tout cela demeure une question ouverte dans l'Église.» Karl a soutenu de son côté que le mariage des prêtres, s'il devenait autorisé dans l'ensemble de l'Église romaine, n'aurait vraisemblablement aucun effet sur le nombre des vocations à la prêtrise.«On n'a qu'à regarder du côté des protestants, a-t-il dit.Ils vivent exactement ce que nous vivons chez les catholiques.» La discussion qui a suivi entre les séminaristes, même si le magistère de l'Église semblait y occuper beaucoup plus de place que certains l'auraient souhaité, a été fort intéressante.«On aborde une foule de questions controversées dans nos cours, a signalé Luc.Nous avons le droit de ne pas partager les opinions de nos professetirs/quarift il s'agit de questions ouvertes.Nous pouvons eméitrfrnôs idées pour essayer de faire avancer l'Église.Mais je pense que si on veut faire avancer ce bateau-là, c'est en demeurant à l'intérieur qu'on peut y parvenir.» Le ministère des Affaires culturelles et les Sulpiciens à l'oeuvre pour la sauvegarde et la mise en valeur de notre patrimoine national: le domaine du fort de la Montagne Restauration des tours Travaux déjà réalisés Restauration des tours Réfection des fenêtres et des couvertures Réfection du mur d'enceinte Réfection de la maçonnerie de la chapelle Aménagement du parterre et de la place d'interprétation iiift  W Y rS >\u2022 A Photographies et plan Beaupré et Micriaud.architectes Plan de l'enrayure haute de la charpente d'une tour et vue de cette charpente rénovée Us GOLW(?'roment au 0U606C Ministère des Affaires culturelles Québec LA PRESSE, MONTRÉAL.MERCREDI 4 AVRIL 1990 F 5 A Montréal doit son existence à la foi des grandes familles aristocratiques de France JEAN-PIERRE BONHOMME e sont les nobles de IFrance, membres de la communauté du Séminaire de Saint-Sulpice de Paris \u2014 disposant de puissants moyens financiers \u2014 qui sont â l'origine de la colonie montréalaise.ou presque.Ce ne sont pas tout à fait les sulpiciens, il est vrai, qui ont fondé Montréal.Il faut bien rendre aux jésuites et à la «Société Notre-Dame de Montréal pour la conversion des sauvages», ainsi qu'à son mandataire, M.de Maisonneuve, ce qui appartient aux jésuites.Ces derniers, vaillants explorateurs et bons relationnistes, ont été pratiquement les seuls à accompagner le Fondateur et sa collaboratrice Jeanne Mance à partir du début en 1642 et pendant les deux décennies suivantes.Essoufflement Mais la colonie de Montréal et la quarantaine de grandes familles parisiennes qui l'appuyaient de leurs deniers, en France, s'essoufflaient.Les dettes s'accumulaient et c'est la toute nouvelle communauté de prêtres-nobles du Séminaire de Saint-Sulpice, parisienne elle aussi, qui vint à la rescousse en 1663.L'archiviste du Séminaire de Saint-Sulpice de Montréal, M.Bruno Harel, la maison-mêre canadienne de la Compagnie de Saint-Sulpice, le Séminaire de Saint-Sulpice, rue Notre-Dame (ne pas confondre avec le Grand Séminaire de la rue Sherbrooke, qui est l'une de ses oeuvres) trace quelques grandes lignes de l'épopée.M.Harel, d'abord, nous corrige.Le Séminaire de Saint-Sulpice de Paris n'a pas acheté en 1663 l'île de Montréal et quelques autres domaines riverains, comme nous le pensions.La communauté a plutôt fait «l'acquisition» de ce grand territoire quasi vierge et de ses bâtiments au moyen d'une «dotation onéreuse», c'est-à-dire que le Séminaire parisien s'est fait donner toute cette terre, mais en assumant toutes les dettes afférentes.On dit que le Séminaire a payé l'équivalent d'un million en dollars d'aujourd'hui.Les associés du Séminaire devenaient ainsi, de plein droit.Seigneurs du territoire.Des prêtres-seigneurs Pour illustrer l'ampleur de cet engagement, qu'on sache que les prêtres de Saint-Sulpice, nobles possédants, y allaient de leurs fortunes personnelles.M.de Bretonvilliers, par exemple, supérieur parisien en second, et ses amis ont personnellement déboursé, pour soutenir Montréal dans les premières décennies de son histoire, quelque cinq millions en dollars d'aujourd'hui.La communauté du Séminaire de Saint-Sulpice de Paris a été, rappelons-le, fondée par un curieux hasard en 1641, l'année même du départ pour Montréal des fondateurs de Ville-Marie.Mais qui étaient donc ces prêtres-seigneurs, ces «séminaristes» parisiens?Et qu'est-ce qui les poussait à venir s'établir ainsi dans les mouches noires québécoises si longtemps avant l'apparition d'Hydro-Quebec?En ce milieu du 17e siècle, indique M.Harel, certains enfants des grandes familles françaises aristocratiques étaient animés par un désir religieux de rétablir une certaine justice sociale et de propager leurs valeurs civilisatrices.Le Fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice, M.lean-Iacques Olier, explique l'archiviste, n'était pas un pauvre hère.Son père avait été secrétaire de Louis XIII et intendant de Lyon.Le fils |ean-|acques avait hérité, à l'âge de 12 ans et entre autres biens immobilicrs%d'un prieuré (couvent) qui rapportait des prébendes.Abbé de Pébrac, il recevait des bénéfices et avait des revenus \u2014si nous avons bien compris \u2014 de 80 000 livres tournois, l'équivalent actuel de 800 000$.L'oeuvre de Olier Olier était l'ami de Vincent de Paul, du Cardinal de Bérule et d'autres bienfaiteurs de sainte mémoire comme eux.Il s'est installé avec des amis dans la paroisse Saint-Sulpice de Paris parce que le quartier assez mal famé avait bien besoin de prêtres instruits, ce qui était rare dans le diocèse.Il s'agissait donc, avec l'argent de famille et les revenus d'église, d'instruire des prêtres, de fonder des «séminaires», institutions alors peu répandues, et d'enrichir du même coup la culture générale.Olier et ses amis ont fondé quatre séminaires en France et un autre encore, qui porte le nom de Saint-Charles-Borroméc, à Milan.W Gabriel de Queylus, V.G.directeur de la première équipe de sulpiciens venus s'installer à Montréal Avec joie et reconnaissance, Je diocèse de St-Jérome rend hommage au Séminaire de Montréal pour ses 150 ans de riche présence.Hommages au Grand Séminaire Amen*} Çon jcixi -COEUR -MONTRÉAL photo JEAN goupil.Li prmsf Monsieur Bruno Harel, parmi les archives du Séminaire de Saint-Sulpice, rue Notre-Dame, parle de l'ardente foi des aristocrates parisiens qui furent des acteurs principaux dans la fondation de Montréal.Les premiers sulpiciens, à savoir trois prêtres et un diacre, sont arrivés à Montréal en 1657.Ils ont été reçus par leanne Mance en son Hôtel-Dieu, et par Chomedey de Maisonneuve, qui les a logés chez lui.C'est de Maisonneuve qui avait plaide auprès d'OJier pour obtenir ce secours.Le directeur de cette première équipe était M.Gabriel de Queylus, de Thubière, de Lévy, de tout son nom.11 était lui-même supérieur de l'abbaye de Loc-Dieu et cure de Privas.Il était en voie de devenir eveque.Ces gens, indique M.Harel.étaient imprègnes d'un énergique désir d'élargir les frontières de la civilisation, principalement au moyen de l'enseignement.Ce dont ils ne se privèrent d'ailleurs pas «en Canada».Non que les choses fussent faciles! Les cinquième et sixième sulpiciens à venir avec le deuxième contingent.MM.Lemaistre et Vignal.ont été scalpés et massacrés par les Iroquois.l'un près de l'île Notre-Dame, l'autre à Pointe-Saint-Charles.Quant â M.de Queylus, il échoua dans ses aspirations à devenir eveque de Nouvelle-France.La Conquête Jusqu'à la Conquête, le Séminaire de Paris a envoyé un total de 122 prêtres cn Canada.L'un d'eux, François de Bclmont, a construit à ses frais le Fort de la montagne et un manoir qui portait son nom.Les autres seigneurs associes, a partir de 1663, ont loti, arpenté en «côtes» et cédé 1376 terres à des colons.À la reddition, il se trouvait 40 Messieurs en poste à Montréal et dans la région.L'équipe de rédaction du volume publié chez Fidcs.à l'occasion du centenaire du diocèse de Montréal, dit que seulement 28 de ces prêtres restèrent.M.Harel conteste cette assertion et soutient que deux seulement sont rentrés en France.Les textes, en tout cas.révèlent que les prêtres de la Compagnie de Saint-Sulpice ont pu conserver leurs propriétés à la seule condition «qu'ils s'affranchissent de la France et que Paris cesse d'envoyer des sujets».Les Sulpiciens disent par ailleurs, dans un document présenté en France dans les années 1920, que pour échapper aux confiscations et rester en Canada, les membres de leur communauté ont dû «prêter serment d'allégeance au roi d'Angleterre».L'un des prêtres, François Piquet, en poste à Oka, a jugé inacceptable cette tournure des événements et il a regagné la France par la Louisiane.Oiciic WotfUtdUcr de S
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