La presse, 3 novembre 1990, B. La Presse Plus
[" D D LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 3 NOVEMBRE 1990 CELTEX inc.$$$ \"T SPECIAL (M) ÊêtmmoLM PORTATIF CsmMMtrm PT 500 ACTIVATION AVEC BATTERIE.CHARGEUR ET ÉTUI \\ 984-5292 967-9770 JEAN-FRANÇOIS LÉONARD fean-François Léonard est professeur d'administration publique au Département de Science politique de l'Université du Québec à Montréal.Amoins d'imprévu, Jean Doré sera réélu demain soir maire de Montréal, entraînant dans son sillage une majorité de conseillers du RCM.Ce deuxième mandat s'obtient au terme d'une campagne électorale particulièrement «plate» où les bonnes vieilles traditions ont refait surface: élections sans enjeux réels, propositions minima-listes du parti au pouvoir, opposition marginale et fractionnée, candidatures pour remplacer le maire qui ne font pas le poids, rôle d'évaluation et de critique comblé par les journaux et les éditorialistes.Avec en arrière-plan une certaine nostalgie du règne Drapeau, ou à tout le moins de son style de leadership si «près des Montréalais», qui fournissait des «occasions de célébration collective» et qui nourrissait à peu de frais une opposition bien cristallisée.Par delà ces réminiscences des campagnes électorales qu'on a déjà connues, à quoi peut-on s'attendre de l'action municipale durant les quatre prochaines années?Le mouvement de démocratisation et de décentralisation amorcé durant le dernier mandat du RCM va-t-il s'accélérer, piétiner ou reculer?La modernisation des services municipaux va-t-elle se poursuivre et dans quel sens?Quels problèmes urgents vont devoir être réglés pour que Montréal sorte du marasme et de la stagnation économique?Enfin à quoi correspond te type de leadership du maire Doré?Est-il adapté à la conjoncture que Montréal doit affronter tant au niveau local, régional, national qu'international?Pour répondre à ces questions, il faut regarder ce qu'on a fait et ce qu'on veut faire dans les trois dossiers prioritaires de lean Doré et de son équipe lorsqu'ils ont franchi les portes de l'hôtel de ville il y a quatre ans: démocratiser le fonctionnement du système politique montréalais, moderniser les services de la Ville et procéder à la relance économique de Montréal.Le développement économique d'une ville comme Montréal fait évidemment partie des priorités de toute équipe qui la dirige.Les deux autres dossiers constituaient l'image de marque du RCM, élu avec une majorité comme Drapeau les aimait.Les premiers pleurs et grincements de dents vont venir assez rapidement quand on va voir «comment» ces priorités vont être mises en oeuvre.La ville aux mille conseillers Du côté de la démocratie politique, les amuse-gueules que sont l'ouverture des portes de l'hôtel de ville, la période de questions au conseil municipal, le fonctionnement «ministériel» de l'exécutif sont unanimement salués.Les premiers .tiraillements vont apparaître lors de la mise en place des commissions municipales, équivalent montréalais des commissions parlementaires provinciales, et au moment de la création des comités conseils d'arrondissement, version tronquée des fameux conseils de quartier.r- ' ¦ Les lignes d'autorité et d'initiative feront l'objet de tensions entre certains responsables des commissions municipales, conseillers du RCM* et l'exécutif de la Ville.Le premier éclat se produira au sujet des logements Overdale: le pouvoir d'orientation stratégique du comité exécutif sera clairement réaffirmé à cette.oc-casion.Pour plusieurs groupes communautaires, ce sera le début de la trahison du RCM, du renoncement à ses idéaux.La ligne de démarcation entre les satisfaits et les insatisfaits des nouvelles formes de la démocratie montréalaise va passer essentiellement par le degré, l'intensité avec laquelle les gens seront associés ou pas aux prisés de décision.Pas étonnant que les associations d'affaires et les syndicats soient satisfaits du RCM au pouvoir: ils ont participé à l'élaboration de plusieurs énoncés de politique et ont été étroitement associés à plusieurs gestes de représentation et de pression de la Ville, surtout dans le domaine du développement économique.Pas étonnant non plus que les groupes communautaires et certains groupes corporatifs soient déçus: ils n'ont pas eu droit à un réel pouvoir d'intervention dans les affaires de la Cité, devant se contenter de simples «auditions».Le cas des comités conseils d'arrondissement est exemplaire à cet égard: ascenseurs locaux utilisés pour faire remonter au niveau de l'exécutif et du conseil municipal certains besoins limités, ils n'ont pas répondu à la volonté d'intervention dans la qualité de vie des quartiers qu'avait une large partie de la base populaire qui a porté le RCM au pouvoir.Les milieux communautaires concluent: «on a été écoutés mais peu entendus».¦ ¦ ¦ ¦ PHOTO PIERRE LAUIMIERE.là Presse De Daniel Latouche, chroniqueur à ses heures, à Jean De Grandpré, ex-président des entreprises Bell, on ne s'est pas géné pour dénoncer le «parlottage» du RCM dans ses multiples commissions et comités consultatifs comme étant une perte de temps et d'énergie, un frein à la decision.On oublie trop souvent que le mandat premier du RCM en était un de démocratie: donner la parole aux citoyens et implanter un vrai système parlementaire au conseil municipal.A-t-on tout fait pour démocratiser la vie politique montréalaise?Assurément pas car la démocratie n'existera vraiment à Montréal que le jour où le système politique n'engendre^ ra plus invariablement des régimes chants puisqu'il permet facilement des débordements d'intolérance en laissant .*peu sinon pas de place à un débat sérieux.Surtout si cette procédure est introduite au niveau des comités conseils d'arrondissement.Par ailleurs une véritable décentralisation des pouvoirs d'intervention et de gestion est fort attendue au niveau des arrondissements.Si la volonté politique le confirme, les comités conseils d'arrondissement seront gonfjés en «maisons d'arrondissements».Le débat reste à faire sur les pouvoirs et les services qui entreraient dans ces maisons.Et surtout sur qui va les diriger, selon quel mode de représentation.Si les organismes communautaires ont des percées à faire, c'est à ce niveau que ce sera possible, «forts», ou 1 opposition réelle \u2014 i.e.\" ' 7 ., in.- celles et ceux l_______,.t j __ plus importante, instauration d'une représentation proportionnelle.Compte-tenu de ce dossier, à quoi peut-on s'attendre dans les années qui viennent?.Premièrement, dans l'hypothèse où le RCM l'emporte; il y aura vraisemblablement une stabilisation de la consultation.Cela veut dire que l'ensemble des mécanismes consultatifs mis en place par le RCM devraient trouver un mode de fonctionnement plus formel, où les enthousiasmes, les attentes et les incertitudes de départ seront remplacés par une certaine routine.Ce qui se traduira certainement par des espoirs moins grands de la part des publics concernés et une participation moins nombreuse de la part des groupes associatifs.Deuxièmement, on devrait introduire d'une façon ou d'une autre un mécanisme de référendum qui permette minima-lement aux citoyennes et aux citoyens concernés de voter sur des modifications aux règlements de zonage.L'analyse de cette procédure, de ses avantages et de ses inconvénients a fait l'objet d'une longue étude à l'hôtel de ville.C'est un outil délicat, un couteau à deux Iran- Chose certaine, s'il y a ralentissement du processus de décentralisation et de démocratisation politique, il faudra attendre une autre génération avant que le retour du balancier ne permette la repri-.se d'un tel mouvement sur une base plus déterminée et plus audacieuse.Les services municipaux Navire impérial de toute administration municipale, le Service des travaux publics est à la fois la principale vitrine de la Ville, première responsable de l'humeur des administrés à l'égard de ses dirigeants.De la propreté des rues aux panneaux de signalisation, des nids de poules à la glace sur les trottoirs, des bennes à ordures bruyantes à la neige souillée, le Service des travaux publics est toujours le grand responsable de nos malheurs.Sans parler des égouts qui n'en font qu'à leur tète une fois tous les cent ans.C'est aussi principalement ce service qui est utilisé pour paver la voie, si on peut dire, à toute équipe qui veut se faire réélire: comme par hasard, l'année qui procède une élection, il y a une presence ostentatoire de la ville «on action»: les marteaux piqueurs retentissent comme des mitraillettes, les lunettes sont continuellement embuées par l'asphalte qui fume de partout, et les ornements urbains bêtonfaés surgissent comme autant de menhirs â là gloire des administrateurs.L'équipe Doré est donc arrivée à l'hôtel de ville avec ce deuxième dossier prioritaire qu'était la modernisation du fonctionnement de l'Hôtel de Ville.Avec en prime un secrétaire-général-Hercule-sur-mesure pour nettoyer les écuries de la Ville et si possible réorienter ses incuries: ce qui fut fait avec célérité.Le défi était de taille, tout le monde en convenait: comment passer d'une ville gérée comme une quincaillerie de la rue Bélanger à une ville gérée comme un gouvernement moderne.Si le grand ménage s'est fait en haut de la fonction publique montréalaise, la base a peut-être suivi moins rapidement.Et les quatre prochaines années amèneront peut-être à ce niveau des changements dans la façon d'offrir les services.Décentralisation -Oue peut-on prévoir?Si l'actuelle administration reste en place, elle devrait aller de l'avant dans son désir de reporter au niveau des arrondissements la gestion de certains services: plus de souplesse dans leur exécution, plus d'interventions de la part des citoyennes et des citoyens, une forme de confrontation plus directe entre ceux-ci et les fonctionnaires qui va forcer un dialogue au jour le jour pratiquement inexistant à l'heure actuelle.Cela peut comprendre tant les loisirs et la culture que l'enlèvement des ordures ou de la neige, la surveillance policière dans les quartiers que les mesures de prévention des incendies.Les limites à cette prise en charge collective seront fixées à la fois par la capacité d'adaptation .des fonctionnaires municipaux et par la réaction de la population face à des choix nouveaux.Si on décide de ne plus jeter la neige au fleuve, va-t-on accepter que celle-ci soit rejetée sur les terrains comme cela se fait dans plusieurs municipalités?Ce genre de décision devra harmoniser à la fois l'intérêt public, les limites financières de la ville et la volonté politique du parti au pouvoir.C'est un débat et une mise en oeuvre qui fourniront sûrement quelques émotions aux observateurs et aux participants de la scène municipale.Montréal à la remorque de Brossard?Le troisième dossier prioritaire pour l'administration Doré était celui du développement économique.On a choisi pour ce faire d'intervenir plus directe- ment dans le développement économique sur la base d'études sectorielles, d'une concertation surtout avec le milieu d'affaires et du développement d'une expertise internationale qui n'a pas encore donné ses résultats, loin de là.L'une des questions sous-jacentes au développement économique a été celle de la perte d'influence de Montréal.Pour plusieurs, cette situation est liée au pouvoir de négociation plus faible du maire Doré que de son prédécesseur.À notre avis c'est moins ici le leadership du maire qui est en question que le leadership politique de Montréal.Qu'est-ce à dire?11 faut constater qu'actuellement Montréal n'est plus le gros noyau de l'agglomération qu'il a été.Que c'est Laval et la Rive-Sud qui ont, sinon le gros bout du bâton, du moins le vent en poupe, aidées en cela par les visions de développement des gouvernements supérieurs (on n'a qu'à penser au plan de transport du ministre Côté).Le dynamisme de la Montérégie à cet égard est d'ailleurs significatif.La misère Mais ce qui est le plus «dérangeant», à court terme, c'est l'augmentation de la misère à Montréal même: 40 p.cent des HLM du Québec y sont construits, plus de 14 000 demandes sont en attente, et près de 60 p.cent des gens qui restent dans ces HLM y demeurent jusqu'à l'âge de 80 ans.Ce qui pose des problèmes sérieux de gestion puisque petit à petit ces lieux se transforment en centre de soins obligés, un phénomène accentué par l'espèce de désengagement du réseau des affaires sociales à cet égard, et qui provoque son cortège de misère, d'itinérance, de dépendance et de violence.La richesse de ce point de vue est mal répartie et les villes de banlieue ferment les yeux, se gardant bien d'avoir une politique «agressive» d'accueil à l'égard de ces populations.Dans la campagne actuelle, seul Pierre-Yves Melançon et son parti ont fait de propositions originales à ce sujet.Cet affaiblissement de Montréal comme ville centrale se retrouve dans la plupart des autres villes américaines.Comment le RCM va-t-il y réagir?L'une des voies de sortie qu'il va probablement emprunter pour «ramener les classes moyennes en ville » est la levée du moratoire sur la transformation des logements en condominium.Si une telle solution était adoptée, ce dossier chaud, qui a fait l'objet de nombreux débats au sein des groupes communautaires, risque d'élargir le fossé entre une base populaire d'opposition qui se reconstitue tranquillement et les dirigeants du RCM.Une note de 700 millions La conférence Québec-municipalités du printemps prochain sera un moment crucial pour l'économie de Montréal.Québec veut refiler une note d'environ 700 millions aux municipalités en leur confiant le paiement, sinon la gestion, de services que la province considère comme relevant des responsabilités municipales.On pense, bien sûr, au transport en commun.Mais on pense aussi à certains aspects du secteur social, à la culture, à l'environnement.Ne serait-ce qu'a ce dernier chapitre, Montréal risque d'y goûter.On n'a qu'à penser aux sols contaminés, actuellement nettoyés aux frais du gouvernement provincial.Si ce problème est jeté dans la cour des municipalités, Montréal, la ville qui a été depuis près d'un siècle le moteur principal de l'industrialisation de l'ensemble du Québec, va devoir assumer seule cet héritage collectif que sont les sols contaminés.Quand on sait qu'ils le sont à peu près tous, on imagine facilement la facture.Montréal: ville internationale?Autre moyen qui va être mis de l'ayant pour redonner vie à l'économie urbaine: l'accentuation de son positionnement comme ville internationale de premier rang.De ce côté, la partie n'est pas jouée.Si la Ville essaie de se donner depuis quatre ans un visage «high tech», si elle commence à développer une expertise au niveau international, le « milieu » semble avoir du mal à suivre.À preuve, le verre de cognac à 8$ qu'on a reproché au maire, et plus généralement l'ensemble de ses dépenses à l'étranger.Entre le matelas d epinette que vénère Claude Ryan et le lit d'eau rempli de Per-rier qu'affectionnent Brian et Mila, il y a bien sûr un juste milieu.Mais le jour où lean Doré se rendra à Tokyo en apportant sa caisse de saké pour couper les frais, il sera mûr pour un contrat avec le festival |uste pour rire car l'expertise internationale suit un certain nombre de règles auxquelles on peut difficilement échapper.Et positionner Montréal comme ville internationale implique une présence d'autant plus suivie que notre ville ne bénéficie pas d'atouts naturels comme les villes de soleil que sont Barcelone ou Montpellier.À travers tout cela on reproche au maire un style de leadership froid, technocratique, prudent pour ne pas dire indécis, tout en lui reconnaissant une maîtrise des dossiers, une parole qui peut tirer 300 mots par minute et un certain sens de l'humour.Certains regrettent le bon roi lean.S'il est vrai dans le contexte actuel que le maire n'est plus le roi de cette ville, il est aussi vrai que Montréal n'est plus la reine de ce pays.À qui la faute?I 1 R2 LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 3 NOVEMBRE 1990 Éditorial Paul Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson Marcel Desjardins éditeur adjoint directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Montréal: l'opposition doit venir des quarti ontréal est une belle ville, que les Montréalais aiment habiter et que les touristes aiment fréquenter.Mais, en même temps, Montréal est une ville qui vieillit vite et s'appauvrit rapidement.Montreal n'est plus la ville aux cent clochers et aux mille tavernes.C'est une ville aux acquis et avantages culturels, sociaux et économiques nombreux et importants, mais une ville dont l'avenir immédiat inquiète.Montréal perd du terrain.Au profit de la banlieue qui accueille les classes moyennes et laisse à la ville-centre ses locataires, ses vieux, j|l ses démunis.Au profit des régions immédia-^1 tes de Laval, de la Rive-Sud et des autres régions du Québec qui se développent rapidement et qui sont plus sensibles aux attentions des gouvernements supérieurs.Au profit de Toronto qui est devenue la métropole et qui lui vole ses industries, ses sièges sociaux et ses cerveaux.Montréal se transforme, mais l'adaptation a la présence d'ethnies nombreuses et variées, la diminution graduelle mais importante de la majorité francophone, l'accroissement du crime et de la violence dans cette ville ouverte et cosmopolite, sont autant d'éléments qui rendent la situation difficile et créent de graves remous.Les grands courants mondiaux ont leurs résonnances et leurs effets ici.Montréal perd sa spécificité mais gagne en diversité.Montréal est à se reconstruire par la composition multicultu-relle et la personnalité propre dévolue à chacun de ses quartiers; par la relance ou le développement à la fois résidentiel, commercial et industriel de ses grandes zones comme le centre-ville, l'est et le sud-ouest; par l'élaboration de son premier plan d'urbanisme qui permettra de définir le Montréal de demain.La campagne électorale qui se termine a déçu.La faiblesse des candidats à la mairie a trop souvent limité les interventions aux querelles partisanes et aux promesses qu'on trouve habituellement chez les maires de villages.L'avenir de Montréal est pourtant critique.Les enjeux, moins flamboyants et moins perceptibles qu'à l'ère Drapeau, n'en sont pas moins majeurs.M.Jean Doré demeure le plus apte des candidats à diriger Montréal.Son premier mandat n'a pas été concluant mais non plus catastrophique.Période de rodage, de réforme administrative, de modernisation des services municipaux de base, d'une tentative de démocratisation et de décentralisation de l'appareil politique et administratif vers les quartiers et arrondissements.En affaires municipales, un deuxième mandat est habituellement nécessaire pour livrer la marchandise.C'est dans cet esprit qu'il faut réélire le maire Doré et son équipe du Rassemblement des citoyennes et citoyens de Montréal.Mais si l'administration Doré ne devait pas offrir un meilleur bilan de réalisations à la fin du second mandat qu'à la fin du premier, il faudra alors en conclure que cette équipe est incapable de passer de la parole aux actes, des belles théories aux actions concrètes.L'équipe que présente le RCM n'est pas suffisamment solide et rassurante pour lui donner un mandat en blanc.Si elle devait être réélue avec une accablante majorité, la tentation serait forte de croire que la ville lui appartient.Les électeurs montréalais doivent déléguer, de leur district, des représentants des autres partis en nombre suffisant.Les Alain André (Ahuntsic), du Parti municipal, et Pierre-Yves Melançon (Côte-des-Neiges), de la Coalition démocratique, qui présentent une colistière dans leur district, doivent siéger à l'hôtel de ville.La présence idéale de 15 à 20 candidats de l'opposition sur un total de 50 conseillers municipaux assurerait une saine démocratie à la ville de Montréal.Claude MASSON Le dialogue canadien f exercice auquel se livrera M.Keith Spicer ne sera pas, comme on le conclut un peu vite au Québec, une démarche futile.la Commission sur l'avenir du Canada, qu'il présidera, n'aura pas la pompe et les moyens des commissions royales traditionnelles.Ses onze membres, nommés jeudi par le premier ministre Mulroney, s'engagent dans une démarche presque intimiste: sonder les âmes et les coeurs des Canadiens.Il est évident que cela peut difficilement mener, comme l'espère M.Mulroney, à un quelconque consensus.Et même pas au dialogue entre Canadiens qu'annonce le premier ministre.Le Canada est a ce point ecartelé par des aspirations divergentes, déchiré entre son attachement au statu quo et son désir de changement, confus quant a son identité, paralysé oar les luttes politiques, que les audiences de la commission Spicer donneront lieu à une bruyante cacophonie.Mais M.Spicer, lucide, voit sa demarche comme une forme de thérapie collective, avec ce que cela comporte d'émotions et de contradictions.Est-ce inutile?Certainement pas.Si le Quebec approche de la maturité dans la recherche de son identité, le reste du Canada traverse encore, à bien des égards, les affres de l'adolescence.Et comme cela fut longtemps au Quebec, il est sain que les Canadiens s'adonnent à un défoulement collectif pour ventiler les frustrations que les débats entre constitutionnalistes et les séances à huis clos entre premiers ministres n'ont pas permis d'exprimer.Bien sûr, une telle entreprise ne mène pas à des propositions concrètes, mais elle permettra de faire le point sur l'état de la nation, d'évaluer son état de préparation à des changements que le Canada ne pourra pas éviter.Cela n'est pas inutile pour le Quebec.D'abord parce qu'on ne perçoit pas, dans les propos du premier ministre que nous reproduisons en page A-6, la volonté d'affrontement que craignaient bien des Québécois.; Derrière les phrases lyriques qui ponctuent hélas toujours les discours des premiers ministres canadiens sur le Canada, la lecture des problèmes canadiens que fait M.Mulroney est lucide, infiniment plus que les propos figés de Jean Chrétien.Sa volonté de ne pas concurrencer les travaux de la Commission Bélan-ger-Campeau est on ne peut plus claire.Certes, la Commission Bélanger-Campeau a pour mandat de définir un projet québécois et non pas de tenter de rebâtir, pour une nième fois, les structures fédérales.Ce choix résolument québécois fait l'objet, à juste titre, d'un large consensus au Québec.Mais quelles que soient les conclusions de la Commission Belanger-Campeau, elles seront confrontées, tôt ou tard, a la réalité canadienne.C'est avec le Canada qu'il faudra discuter, dans l'affrontement ou la négociation.-En ce sens, ce que Keith Spicer découvrira sur les états d'âme canadiens sera un outil utile pour les Québécois.Ses travaux seraient encore plus utiles si M.Spicer, qui incarne le fédéralisme intelligent, réussissait à tenir son pari : «remplacer le dialogue de sourds par une conversation civilisée.» Mais peu de Québécois ont encore de telles illusions.Alain dubuc Est-il trop tard?| e compte a rebours est commencé.Plus que 67 jours pour I les couples mariés avant juillet 1989 pour se soustraire à la Bn loi sur le patrimoine familial.En janvier 1991, aucun compromis pour les nouveaux couples.Pas question de prolonger le délai, dit le Barreau du Québec au gouvernement qui s'interrogeait sur la possibilité de prolonger la période de réflexion.Il faut mettre fin, dit-il, au harcèlement et à la violence conjugale que suscitent les discussions entourant cette décision.Dans cette foulée, la Chambre des notaires réplique et demande le libre choix: pouvoir renoncer au partage familial tout au long de l'union.Replongeons-nous dans le débat de l'été 1989.Presque unaniment, éditorialistes, columnists, gens de tous les milieux se prononçaient contre ce projet de loi qui, si son contenu protège un certain nombre de femmes qui se retrouvent démunies en cas d'échec de mariage, lèse toutes les femmes au travail et ignore les réalités contemporaines des familles recomposées.La loi 146 fait en sorte que les biens des époux constitue un patrimoine familial qu'ils se partagent également en cas de divorce.Comble d'ironie, en décembre dernier, Mme Gagnon-Tremblay, la ministre qui avait piloté agressivement le dossier, rejeté les amendements proposés pour le bien des femmes, se désengageait de sa propre loi.Les objections d'alors refont surface.En agissant ainsi, l'État penalise la salariée et écarte de façon méprisante des revendications legitimes.Cette loi est dérisoire.Mais est-il vraiment trop tard?Claudette toucas msieue dope ET SB PlUS PèoCttES ' s/.i/ DROITS RÉSERVES Bourgault suggère de suspendre la liberté de presse et le PQ ne trouve rien à redire MARCEL ADAM Lorsque le dernier bouquin de Pierre Bourgault (Maintenant ou jamais) est paru je me suis empressé de le lire mais il m'est tombé des mains à mi-^ \u2022 chemin.Inca- pable que je suis de me farcir un prê-chi-prêcha destiné à raf-fernir la foi des fidèles et à indiquer la voie du Royaume.C'est la dénonciation par Lysiane Gagnon du passage où l'auteur suggère qu'il pourrait être nécessaire de conscrire les médias, une fois le Québec indépendant, qui m'a forcé à en terminer la lecture.Je n'ai pas voulu réagir avant de voir si cette proposition provoquerait une réaction indignée dans sa famille politique, et particulièrement de Jacques Parizeau à qui l'ouvrage est dédié.Évoquant l'éventualité où un gouvernement péquiste devrait proclamer unilatéralement la souveraineté du Québec, l'auteur presse le Parti Québécois à commencer à élaborer en secret un plan d'urgence afin de pouvoir rester maître de la situation (IL va de soi, dit-il, (que cela ) ne peut faire l'objet de discussions pendant les congrus un nue Is du Parti.).Et de poser 12 questions qui devront selon lui trouver réponse à l'intérieur du plan secret.La plus étonnante, venant de cet ancien journaliste, en même temps que la plus révoltante pour un authentique démocrate, est ainsi formulée: Comment faire en sorte que la population soit informée en tout temps des décisions de son gouvernement et de l'attitude qu'il serait préférable d'adopter en telle ou telle circonstance ?L'État devrait-il «conscrire» pour un certain temps les médias d'information ?Prenant la précaution de laisser à beaucoup plus compétents que lui le soin de répondre aux autres questions, dans ce cas-ci il propose sa réponse: (l'entends déjà qu 'on crie à la dictature, à la propagande et à l'asservissement de l'information.Je ne suis pas assez naïf pour ne pas voir le danger de pareille action mais je ne suis pas assez naïf non plus pour ne pas la croire nécessaire en certaines circonstances).Pierre Bourgault suggère une autre grave limitation à la liberté de mouvement dans cette question : \u2014 Fermerons-nous nos frontières ou les laisserons-nous ouvertes ?À ceux qui l'accuseront de faire peur au monde inutilement, ou encore d'élaborer des scénarios peu réalistes, il répond, entre autre, que l'improvisation amène le nécessaire autoritarisme alors que la préparation permet de perpétuer la démocratie même dans les circonstances les plus difficles.Perpétuer la démocratie en supprimant la liberté de presse qui en est la condition?On croirait entendre le vieux discours marxiste-léniniste justifiant au nom de la démocratie la confiscation des droits et des libertés des citoyens.On me dira qu'il propose l'embrigadement des médias pour un certain temp seulement.La belle affaire! C'est ce qu'ont fait tous les régimes autoritaires, mais ont-ils tenu promesse?Une fois suspendue la liberté de presse, les droits et libertés perdent du même coup leur plus efficace protection.Et plus rien ne peut prévaloir contre la raison d'État.Le plus inquiétant ce n'est pas que Pierre Bourgault commence à céder à la tentation totalitaire, c'est le fait qu'ayant avoué son penchant il n'ait soulevé aucune protestation indignée dans la formation qui se veut le parangon des vertus démocratiques.Dans le dernier d'une série d'articles parus cette semaine dans Le Devoir sur la situation politique après la mort de l'accord Meech et la crise d'Oka, le professeur Léon Dion, qui s'inquiète des occasionnels accès de violence que notre société a connus depuis les années 60, fait un plaidoyer en faveur de la préservation des valeurs démocratiques.Lui qui endosserait sans peine l'indépendance politique du Québec le jour où la population choisirait cette voie, avoue publiquement, pour la première fois, une vieille crainte concernant la qualité de la vie démocratique dans un Québec devenu seul maître de son destin politique.Il rappelle qu'au temps du RIN, mais surtout après l'élec- tion du PQ, et avant le référendum, certains parlaient de la nécessité, une fois faite l'indépendance, de mettre au pas les «traîtres» et les «étrangers» qui n'épouseraient pas le nouvel ordre politique.Or voici que les propositions antidémocratiques de Pierre Bourgault viennent de raviver ses vielles appréhension.Le politicologue interpelle Jacques Parizeau pour lui dire qu'il urge de dénoncer des propos qui terniront la bonne réputation du PQ et ne feront qu'accréditer chez nous et ailleurs la présomption que ce Parti recèle des tendances fasci-santes.Il est trop tard, le mal est fait.Après sept semaines de silence, une telle dénonciation ne paraîtrait dictée que par la crainte, non par un sentiment d'indignation procédant d'un bon naturel démocratique.À l'instar de Léon Dion c'est pour des raisons déraocratiq-wue que je redoute surtout un éventuel Québec souverain.Dans le PQ aussi bien que dans l'intelligentsia québécoise de gauche qui épouse son objectif, il y a trop de gens influents qui n'ont que mépris pour la démocratie libérale et les valeurs qui la sous-tendent.Trop des gens qui sont bien aise d'user des droits et libertés de nos chartes pour mieux propager leurs idées et miner les valeurs démocratiques dans la population, particulièrement dans le monde étudiant, mais qui seraient prêts à en faire bon marché pour instaurer la société dont ils révent.91 l LA PRESSE.MONTRÉAL.SAMEDI 3 NOVEMBRE 1990 Plus B3 Opinions Les jeunes chercheurs et l'avenir du Québec selon Fernand Dumont JACOUES DUFRESNE collaboration spéciale ors d'une émission de télévision à laquelle je participais récemment, j'ai pris la défense des jeunes pédagogues et des jeunes chercheurs.Quelques jours plus tard, je recevais une lettre signée Louis Filon.contenant le passage suivant : « Vous avez raison d'affirmer que les problèmes auxquels fait face ma génération afin de s'intégrer à la société (surtout sur !c marché du travail) ne sont pas traités comme ils le devraient sur la place publique parce qu'aucun groupe ne nous représente.Vous avez encore raison de citer l'exemple de jeunes enseignants qui ne peuvent obtenir de poste (moi-même, diplômé de 2e cycle en sciences, je cherche depuis sept ans un emploi qui soit autre chose que du «tem-poraire-surnuméairc-occasionnel-cpntractuel-temps partiel»).Il se produit présentement une déchirure importante du tissu social qui augure très mal pour l'avenir.Dix années de conservatisme attardé ont mené les pays industriels à l'éclatement social».Mardi soir dernier, lors de la cérémonie de remise des grands prix du Québec, le sociologue Fernand Dumont.récipiendaire du prix Léon-Gérin, repondait aux milliers de Louis Pilon du Quebec par une proposition dont il faut espérer qu'elle aura des suites.Voici ressent ici de son allocution: '< Membre d'un jury qui devait choisir deux candidats pour un poste de chercheur, je me trouvai récemment devant plus de cent dossiers: des jeunes, pourvus d'un doctorat, auteurs souvent de publications excellentes.Mes collègues pourraient aisément ajouter de multiples cas semblables.Le temps n'est-il pas venu de demander carrément quel sort promet notre société a ses ressources scientifiques, et pas seulement ses ressources naturelles?C'est la responsabilité des aines de répeler inlassablement cette interrogation pressante».«Une commission parlementaire se penche présentement sur l'avenir constitutionnel du Québec.Les artistes et les universitaires y sont peu nombreux, à ce qu'on dit.Ce qui nous laisse tout le loisir pour entreprendre une ta- che aussi considérable: l'examen de la place que devraient occuper les arts et les sciences dans un pays qui cherche a se définir un destin honorable parmi les nations.» Après une telle déclaration, monsieur Dumont pourrait difficilement refuser la présidence ou la co-présidence d'une commision sur les arts et les sciences que les universités pourraient instituer.Le premier mandat d'une telle commission serait de résoudre le problème de l'intégration des jeunes tel qu'il est posé dans les deux exemples précédemment évoqués.Le second mandat pourrait être d'étudier la place respective de la recherche et de l'enseignement dans l'université.Le professeur d'université merite-t-il encore d'être appelé professeur?De plus en plus d'observateurs en doutent.Depuis de nombreuses années déjà, le premier titre de gloire pour un universitaire n'est pas de communiquer la passion de la connaissance et de la recherche a ses étudiants, mais d'accumuler les budgets de recherche.Tel professeur apporte 300000$ par année à son université! C'est là, et de loin, le critère le plus important pour l'avancement dans la carrière.Le second critère, c'est le nombre de publications dans les revues avec comité de lecture, dont certaines méchantes langues soutiennent qu'on les appelle ainsi pour les distinguer des revues avec communauté de lecteurs.Ces deux critères ont l'avantage d'etre facilement quantifiables, ce qui leur confère une très grande valeur dans un univers où, voulant éviter d'avoir à s'en remettre au jugement d'une autorité, on n'a que mépris pour toute évaluation comportant une large part de subjectivité.Dans ces conditions, le meilleur pédagogue du monde n'a droit, s'il consacre l'essentiel de ses énergies à ce but, qu'à de vagues mentions qualitatives qui ne lui permettront ni d'être reconnu à l'extérieur des salles de cours, ni d'être invité par les médias, ni de faire ces fréquents voyages à l'étranger qui sont le parfum et le sel de lu profession.Et comme l'octroi de la permanence et des autres privilèges dépend également de ces faits mesurables, voila notre Socrate condamné à boire lentement sa ciguë.Lt voila les jeunes privés de mai-tres.a un moment de l'histoire des idées où les synthèses sont de plus en plus nécessaires et de plus en plus difficiles pour cette raison même.Fernand Dumont a fréquem- M.Fernand Dumont ment dénoncé cette situation au cours des dernières années.Mais dans ce domaine comme dans tant d'autres, dont celui du nationalisme, il a surtout prêché par l'exemple.Avant d'être sociologue, philosophe, poète ou administrateur, il est et il a toujours été professeur.Au cours des dix dernières années, le travail titanesque qu'il a accompli en tant que président de l'Institut Québécois de Recherche sur la Culture ne l'a pas empêché de poursuivre sa carrière de professeur à la faculté des sciences sociales de l'Université Laval.Il a plus souvent qu'à son tour donné des cours d'introduction et l'on peut présumer qu'il a refusé de nombreux voyages à l'étranger pour demeurer plus disponible à ses étudiants.Ces jeunes à qui l'on accorde de plus en plus d'autonomie alors que c'est d'attention et de fidélité qu'ils ont besoin! En choisissant Fernand Dumont, c'est d'abord la profession d'enseignant que le jury a honorée, l'aimerais voir là le prélude à une decision qui s'impose depuis longtemps: la création d'un grand prix du Québec pour l'éducation.Lst-il donc moins important de former les êtres que de transformer les choses?Au début des années 1950, dans les restaurants du vieux Québec, où se trouvait alors la faculté ou plutôt la maison des sciences sociales de l'Université Laval, on entendait souvent des conversations passionnées sur les sujets les plus inattendus, de la poésie de Mallarmé à l'épistémologie de la science économique.Fernand Dumont.alors jeune professeur, était souvent a l'origine de ces joutes intellectuelles d'où allait émerger une elite articulée dont le Qubec avait un urgent besoin.Il faisait école.Lt si cela peut encourager les jeunes professeurs d'aujourd'hui qui osent l'imiter en dépit des critères officiels d'évaluation, je dirai que c'est son rayonnement en tant que professeur qui est à l'origine de sa réputation en tant que chercheur et écrivain.On a voulu le lire parce qu'on avait eu du plaisir à l'entendre.N'est-ce pas l'ordre naturel des choses?Bien des professeurs débutants se privent du plaisir immédiat d'être entendus pour partir prématurément à la recherche de l'improbable plaisir d'être lus.«Nul n'est tenu de faire un livre» disait Bergson.Nul n'est tenu de faire un article pour les r.a.c.(revues avec comité de lecture), dirait-il aujourd'hui.Lt quand on pénètre au coeur de l'oeuvre écrite de Fernand Dumont, qu'est-ce qu'on découvre?Que la parole vivante, créatrice de liens entre les êtres, les idées et les moments de l'histoire est le lieu de l'homme, le fondement de l'éthique, la référence ultime.Dumont sociologue, philosophe, poète, est fasciné par Socrate qui n'a pas écrit et il assigne à ses livres ce but paradoxal: protéger, retrouver ou créer les conditions d'une parole si vivante qu'elle n'aurait pas besoin d'être écrite pour se perpétuer et devenir la source de signification.Telle est la Cité dont il a la nostalgie; une nostalgie qui, sur le plan de la culture première, le ramène à la convivialité du Québec traditionnel et, sur le plan de la culture savante, lui rappelle les origines athéniennes de la culture occidentale.«De la signification a donner au monde humain (une signification sans cesse à instaurer.raoDelons-le) ecrit-il dans «L'anthropologie en l'absence de l'homme», les Grecs faisaient l'objet de la praxis proprement collective.Pour nous, c'est le monde de la nécessité, de l'Economique, qui a pris cette place, la quête de la signification étant reléguée dans la vie privée.Pour nous, parler pour parler, converser pour entretenir le sentiment que les hommes se retrouvent dans leur liberté d'exister, relevé des marges de la vie sociale, que nous confondons aussi avec l'intimité de l'existence.Alors que.pour les Grecs, parler c'était gagner sur la vie privée, sur la répétition quotidienne, le droit de faire un monde dont on puisse publiquement discuter.» (DUMONT Fernand.L'anthropologie en l absence de I homme, PUF, Paris.1981, p.18a > Pour un débat sur l'énergie FRANGINE PELLETIER cuilnborution spéciale epuis que Rene Levesque a eu la bonne idee de la nationaliser, l'hydroélectricité est devenue une vache sacrée au Québec.Plus qu'utie ressource energe-tique, plus qu'un simple levier de développement économique, l'électricité est depuis 50 ans synonyme de progrès, d'émancipation, de prospérité.Hydro-Quebec est née «et la lumière fut», pourrait-on dire.Depuis ce moment-là, depuis surtout l'arrivée de Robert Bouras-sa au pouvoir en I97l, l'hydroélectricité comme géant de l'économie québécoise est chose acquise.Chose patriotique, aussi, comme nous le rappelait la semaine dernière Lise Bacon.Nous n'acceptons pas qu'Ottawa freine le développement économique québécois, gronda la ministre de l'Énergie devant «l'intervention inacceptable» du fédéral en ce qui concerne les normes environnementales.Bref, l'aspect politique, a toujours tellement primé en ce qui concerne le développement hydroélectrique qu'il n'y a jamais vraiment eu moyen d'en discuter.D'ailleurs, tous ceux qui ont osé poser des questions à ce sujet ont été fort mal reçus.En commençant par les Cris qui, en 1971, n'ont même pas été avertis des projets du gouvernement, en passant par Lucien Bouchard qui, après avoir pointé du doigt la performance écologique du gouvernement Bourassa, subissait cette semaine les foudres de la ministre.Des questions, pourtant, s'imposent.Des questions politiques, économiques, environnementales.Des questions qui pourraient se résumer ainsi : avons-nous besoin de tout ce développement énergétique?Et si oui, alors à quel prix?La réponse du gouvernement est claire et nette.Non seulement en avons-nous besoin, mais il s'agit là d'une entreprise unique, grandiose.«Une des sept merveilles du monde», disait le président d'Hy-dro-Quebec.Richard Drouin, en entrevue récemment.Et les conséquences de tout ça?«On n'a jamais dit qu'il n'y a pas d'impact au développement hydro-electrique», uffirme le directeur des relations de presse d'Hydro-Québec, Jacques-André Couture.Des impacts, effectivement, il y en a.En I98l, par exemple, le jour où la rivière Caniapiscau fut harnachée pour créer le réservoir LG4.la terre trembla.C'est vous dire l'impact sur la croûte terreste du détournement des rivières.Autre impact bien connu: l'empoisonnement au mercure.Deux tiers des Cris de la Baie lames ont un taux de mercure deux à trois fois plus élevé que la normale, dû au développement hydro-électrique.Mais pour les maîtres d'oeuvre de cette vaste entreprise, il n'y a pas raison de s'inquiéter.«Des caribous, des castors, des poissons, il y en a autant qu'avant», dit M.Couture.Il est farfelu, selon lui, de croire à la catastrophe écologique comme ne cessent de l'évoquer les «ayatollahs de l'environnement».Et puis, la population crie ayant augmenté depuis 20 ans, il trouve démagogiques les accusations portées par les représentants amérindiens à l'égard du développment de la Baie lames.«l'en ai entendu un dire que chaque fois qu'on allumait la lumière, on les tuait!» s'exclame-t-il.Mais à démagogie, démagogie et demie, rétorquent les écologistes.Lise Bacon n'a-t-elle pas affirmé que, sans nouveaux développement hydro-électriques, le Québec devra «s'éclairer à la chandelle»?Un vice-président d'Hydro-Québec, lacques Guèvremont, n'a-t-il pas renchéri en disant que le cas échéant, les Québécois «n'uu-raient même pas d'argent pour s'acheter des chandelles»?« Et ce sont les écologistes que le gouvernement et Hydro-Québec accusent de faire peur au monde»!, lance Daniel Green, président de la Société pour vaincre la pollution.En fait, si le gouvernement et sa société de la couronne sont si sûrs de leur coup, demandent les écologistes, pourquoi toutes ces manoeuvres de bas étage?Pourquoi avoir obligé les Cris, lors des pourparlers de la Convention de la Baie lames en 1975, de rompre tous liens avec les médias et les groupes environnementaux?Pourquoi avoir systématiquement refusé de tenir des audiences publiques sur le développement énergétique?Pourquoi le public n'a-t-il pas accès aux documents d'Hydro-Québec?«Hydro-Québec peut dire n'importe quoi parce qu'il n'a pas de comptes à rendre», dit l'économiste Hélène Lajambe.fondatrice du Centre d'analyse des politiques énergétiques.Les écologistes s'inquiètent donc du manque de transparence, voire de la manipulation gouvernementale en ce qui concerne la Baie lames.Mais surtout, ils s'inquiètent des courtes vues tant économique qu'écologique du gouvernement.«Si l'hydro-électricité est le miracle économique que prétend Robert Bourassa, dit Mme Lajambe.pourquoi sommes-nous toujours plus endettés?» L'économiste se demande, en fait, si nous ne sommes pas en train de nous doter d'une économie du tiers inonde: une économie où tous les oeufs sont mis dans le même panier (l'exploitation d'une ressource primaire) et à prix ridiculement bas, en particulier aux alumineries.Où est la logique?D'un point de vue environnemental, l'électricité a certes des avantages: c'est propre et inépuisable.Mais l'exploitation de cette énergie, par contre, pose plusieurs problèmes.« Hydro-Québec est en train de transformer un environnement fluide en un environnement stagnant.C'est l'équivalent de la destruction de la forêt amazonienne», dit Daniel Green.Outre l'empoisonnement au mercure, des concentrations de fu-ranes et de dioxines dans les réservoirs d'eau sont à craindre, selon l'écologiste, ainsi qu'un changement climatique nordique, la destruction de la végétation et des effets néfastes sur la faune environnante.Déjà, on note une diminution notoire des oiseaux migratoires.Et que dire des Amérindiens dans cette histoire?Malgré des bénéfices importants provenant de la Convention de la Baie lames (logement, éducation, services de santé), les Cris souffrent d'acculturation, c'est évident.«On a modernisé la vie des Cris mais seulement en superficie», explique Bob Epstein, conseiller au Grand conseil des Cris du Québec.«On leur a donné des maisons mais pas les valeurs, les habitudes qui vont avec.On leur à donné de beaux villages neufs mais où il n'y a rien à faire.Les gens sont désemparés; ils ne savent plus quel role est le leur».Conséquences: trois tentatives de suicide par jour (l'équivalent de 3500 à Montréal), alcoolisme, drogues, exils.Pour ne rien dire de l'empoisonnement au mercure.Du côté des opposants aux mega-projets électriques, la réponse est donc tout aussi claire: nous n'avons pas besoin de nouveaux développements hydro-électriques.Le prix est trop élevé et puis, l'heure est à l'économie d'énergie.Il suffirait, disent les propagandistes du développement durable, d'adopter des programmes de conservation d'énergie «sérieux» (plus qu'une pomme de douche, donc) pour subvenir amplement à nos besoins.La conservation d'énergie?de répondre Hydro-Québec.D'accord.Mais les hubitudes des consommateurs sont lentes à changer.Il faut donc développer comme prévu.Qui dit vrai?Quelle «philosophie de développement» le Québec devruit-il adopter pour fuire face à l'an 2000?Le débat est ouvert.Gérald Le Blanc Des petits entrepreneurs aux petits réformateurs ATautomme 86, le mot changement résumait, a lui seul, l'enjeu de l'élection à la mairie de Montréal.Tous les sondages révélaient un profond désir de tourner la page: le régime de Drapeau avait fait son temps, on voulait passer à celui de Doré.; À l'automne 90, c'est le temps d'évaluer le changement survenu depuis cette relève de la garde.Le RCM était un parti réformiste qui promettait un profond changement d'administration municipale.La mutation historique s'est-elle produite?Démocratiser et moderniser Deux incidents, survenus au début des années 80, permettent de mesurer le chemin parcouru depuis quatre ans.\u2014 C'est le milieu des affaires qui avait, contre la volonté du maire Drapeau, mené sa propre consultation publique sur l'aménagement de la rue McGill College.Ce fut le début de la fin d'un régime, qui n'arrivait même plus à rallier les promoteurs, longtemps bénéficaires du laisser-faire du Parti civique.Depuis quatre ans.le régime Doré a multiplié les consultations publiques, dont trois majeures: l'agrandissement du Musée des Beaux-Arts, l'aménagement de la Montagne et le plan directeur du.centre-ville.On a ouvert les portes de l'hôtel de ville, au propre et au figuré, et démocratisé l'appareil.\u2014 Un autre incident, de fin de régime, a révélé la vétusté de l'appareil.Le choix était probablement déjà fait pour l'Ontario, mais les Japonais, portés.sUr les convenances, étaient venus voir ce que Montréal avait a offrir pour une usine d'autos.En catastrophe, les fontionnaires ont ramassé quelques données et organisé une visite des grands terrains de l'Est.Les tiroirs étaient vides; Montréal avait manqué le bateau de la gestion moderne.Le vide a été comblé, à un point tel que les tiroirs débordent.Montréal peut maintenant parler des sans-abri, de mode, d'aménagement urbain, de parc technologique.On a ajusté l'horloge à l'heure contemporaine, où le stockage et la présentation.dés données constituent des préalables à toute planification sérieuse.Une nouvelle race de gérants La glusnost ou Yaggiornamenio auraient sans doute eu lieu, même si le Parti civique de Claude Dupras avait pris la relève, tellement l'urgence de moderniser sautait aux yeux.Il n'est cependant pas sans importance que ce soient les gens du RCM, une nouvelle race de gérants, qui aient fait le grand ménage.Le Parti civique était un club de notables de paroisses et de quartiers, de professionnels et de commerçants, de petits entrepreneurs habitués à la gestion quotidienne et aux projets immédiats.Le RCM est un rassemblement de travailleurs communautaires et de syndicalistes, d'enseignants et d'urbanistes, de réformateurs habitués à dénoncer les injustices du système et à proposer des solutions globales.«Ça ne se serait jamais produit sous Drapeau», disait un collègue nostalgique, au lendemain de l'annonce que l'Agence spatiale canadienne ne logerait pas au centre-ville de Montréal.Il avait doublement raison, lean Drapeau n'aurait jamais orchestré la campagne, menée par le tout Montréal, pour infléchir l'hostilité des fonctionnaires fédéraux.Par contre, il ne se serait jamais fait passer le sapin de Saint-Hubert.Si lean Drapeau s'était, par une soudaine conversion, occupé de cette affaire, il n'aurait jamais perdu de vue le grand finale (sic): la pelletée de terre au coeur de Montreal, métropole internationale.On pourrait multiplier les exemples de ce manque de flair politique.Prenons les fêtes du 350e anniversaire, lean Doré s'est engagé à ne pas repéter les folies olympiques.11 a cependant oublié la vérité à laquelle Drapeau avait sacrifié toutes les autres: le peuple ne fête pas l'austérité, le peuple aime les jeux, le peuple préfère l'illusion à la triste réalité.Les Montréalais voulaient une grande fête de Pâques; lean Doré les a invités à faire carême.\u2022 Le design urbain devait enfin éclater sous le regime Doré, lui-même issu de cette nouvelle culture urbaine.Que s'est-il produit?On a fait ses devoirs et rempli ses promesses: Montréal aura un plan directeur d'aménagement.L'accouchement de ce plan aura cependant donné lieu à un grand anti-climax: loin d'attiser le feu sacré pour la ville à bâtir, on l'a étouffé dans la grisaille des coefficients d'occupation du sol et d'ensoleillement des façades.Le RCM a demandé aux Montréalais ce qu'ils voulaient faire de leur ville; de vrais leaders leur auraient proposé un projet emballant.Drapeau concoctait ses projets sans tenir compte des forces du milieu, Doré n'ose pas proposer de projets au milieu.Des shows sans lendemain, on est passé aux shows d'un lointain demain.Le balancier a oublié de s'arrêter au juste milieu.Le syndrome péquiste .Tout nouveau gouvernement amène sa propre faune d'experts politiques: le régime Doré a ainsi servi de refuge aux péquistes, chassés du pouvoir provincial en 85.Disponibles et proches du courant social-démocrate du RCM, ces anciens péquistes ont transporté, à Montréal, l'expérience acquise à Québec.Ils se sont rappelé que le PQ s'était attiré les foudres de l'establishment, en implantant, durant son premier mandat, de nombreuses réformes majeures: loi 101, assurance-automobile, loi anti-scabs, protection du territoire agricole-Bien avant Montréal, Toronto s'était donné une administration municipale réformiste, dirigée par |ohn Sewell.Trop audacieux, l'animateur Sewell fut défait, en 78.par Art Eggleton, qui préside toujours aux destinées de la Ville-Reine.Instruits par les expériences du PQ et des réformistes de Toronto, lean Doré et sa troupe ont choisi de s'enraciner tranquillement pas vite, de s'installer à long terme.Les anciens alliés du RCM dénoncent l'étapts-me de Jean Doré, qui n'a pas profité de son premier mandat pour donner les coups de barre attendus d'une administration réformiste.Les nouveaux copains du RCM, venus du milieu des affaires, se réjouissent que la relève de la garde se soit faite sans grands bouleversements, sans mettre en péril la sacro-sainte stabilité économique.Montréal fêtera son 350e anniversaire sous la gouverne des petits réformateurs qui ont remplacé les petits entrepreneurs à la mairie de la rue Notre-Dame. LA PRESSE.MONTRÉAL, Si L'entreprise aussi abandonne Montréal pour la banlieue mm* FRANÇOIS DCétÛCH Les nombreuses grues qui peu- Iplein le ciel du v centre-ville de M Montréal laissent - H croire au passant que la métropole * .québécoise est en- core en plein boum économique.Une dizaine de grands projets immobiliers sont en construction, alors où est donc la récession?se demande-t-on.La fébrilité immobilière au centre-ville est en fait un trompe-l'oeil masquant la poursuite du phénomène de l'exode vers les banlieues non seulement de la population, mais aussi des investissements et de l'emploi.A la veille des élections municipales, Montréal continue de «saigner», malgré les efforts déployés par l'administration pour activer le «retour à la ville».Les tours à bureaux, les hôtels et les projets institutionnels (musée dçs Beaux-Arts, Université du Québec ) en cours de construction dans le centre-ville ont été conçus sur papier il y a trois ou quatre ans, à un moment d'essor économique.Après leur parachèvement, les investissements vont chuter à Montréal pour se situer à un niveau comparable à celui de la récession de 1982, selon les prévisions de la municipalité.La Ville s'engagera dans la conversion dé condos FRANÇOIS BERCER ne façon de retenir les Montréalais en ville et dfe stopper en partie l'exode vers les banlieues serait de perrriettrc l'accession à la propriété sous la forme de la conversion des logements locatifs en copropriétés.Pour des raisons évidentes de protection des 750tXX) locataires montréalais; ce genre de conversion, qui nécessite une mise de fonds que la plupart des ménages ne peuvent faire, est interdit à Montréal.Le gouvernement du Québec avait décrété au début des années 1980 un moratoire sur les conversions, après que des locataires eurent été expulsés de leurs logements.Ce moratoire a été levé en 1987, avec des conditions garantissant la protection des locataires, mais l'interdiction est restée applicable à Montréal.Seule l'administration municipale peut-la lever.\" : Sfihs aller jusqu'à permet-trente libre conversion, la VCrUe s'apprête tout de même à étudier la question et va; même charger son ser-vjoç de l'habitation de procéder lui-même à des conversions, dans le cadre de projets-pilotes.'.;Le service de l'habitation yâ;sc porter acquéreur d'im-mcnbles locatifs et va tenter é de Par ailleurs, il n'y a pas eu de dans consultation sur des projets con-et à'iroversés: les tours Marathon et LHLavalin avec leur cinquantaine 3d'étages, les arrondissements, des ^^changements de zonage (Fonte-rWeneau), des garderies dans des rt**01 parcs, la place Berri, le Biodôme, cen- etc.îsfor- _ Les comîtés conseils d'ar-?4ian'rondissements, lieux d'expression ilîdes groupes organisés plus que :n 2'des simples citoyens, cherchent Mrencore leur voie entre l'approba-e tion de marches d'escaliers non-conformes aux règlements muni-iccro-cipaux et la décentralisation des liturfipouvoirs exécutifs, ban- ation.Moins de logements 58 ont _ L'administration Doré a mis iuuetfin g l'Opération 20000 loge- int li|0gt*mcnts à Montréal; en 1989, seulement 2692.Les villes de ban- i beaiiieue.soumises aux mêmes lois économiques, ont pourtant aug- Le fameux piano Fazloli, dont l'achat par la ville a coûté 82000$ mente leurs mises en chantier.En 1986, il se construisait à Montréal 21,8 p.cent des logements de la région; en 1989, 12,4 p.cent seulement.Mais on a maintenant une politique d'habitation prévoyant, entre autre, 50000 logements sociaux en dix ans.\u2014 L'action du RCM en habitation a mal commencé avec l'affaire Overdale: raser un îlot résidentiel pour permettre à des promoteurs de construire 2000 condos au centre-ville.En échange, les promoteurs relogeront une partie des locataires évincés.Les résidents résistent, la police s'en mêle, les condos restent sur la glace: les locataires ont été évincés pour rien.L'affaire reste le symbole du hiatus entre le discours et l'action du RCM.\u2014 Dernier Recours: un refuge infect en plein centre-ville, avec du café comme seul outil thérapeutique pour des clochards accourus de partout.L'équipe Doré attise la colère du voisinage pour faire bouger Québec, ce qui provoque l'indignation des organismes sociaux.Elle justifie son action en brandissant le spectre de centaines de morts (imaginaires) de clochards dans les rues de Montréal.\u2014 Protection du patrimoine: tout ce qui existait hier doit exister demain, les vieilles masures brûlées dix fois comme les beaux immeubles de pierre.Résultats: les logements vacants sont passés de 11000 à 22800 entre 1986 et 1990 et les immeubles barricadés se multiplient.Mais on démolit l'intérieur de magnifiques banques, rue Saint-Iacques, avec la bénédiction des élus : la façade est sauve.Le maire Doré a toutefois perdu des alliés en autorisant la démolition de l'hôtel Queen's.\u2014 Le belvédère du mont Royal est en ruine, l'érosion fait des siennes, des arbres agonisent.L'équipe Doré lance une vaste consultation pour se faire dire de ne pas reconstruire la montagne, mais de protéger ce qui existe.Entre temps, elle construit des soccers en dur (parc leanne-Man-ce), des places «minérales» sans gazon (Roy), déracine des arbres en refaisant des trottoirs (rue Berri) et réfléchit sur le réseau vert promis.\u2014 Depuis quatre ans, la dette municipale par habitant est passée de II 23$ à 1225$.Les dépenses ont augmenté plus que l'inflation, passant de 1,3 milliard à 1,7 millard.L'évaluation foncière a monté de 44 p.cent mais la taxe n'a baissé que de 21 p.cent et reste l'une des plus élevées de la région à 2,07 $.Mais on ne lésine pas sur les dépenses: l'achat d'un piano Fazioli de 82000$, la création d'une voie réservée pour les autobus de 6 millions, d'une piscine de 9 millions, etc.L'absence du maire \u2014 Autres points noirs: l'absence du maire lors du «déluge» du 14 juillet 87 et le cafouillage qui a suivi.l'Agence spatiale à Saint-Hubert plutôt qu'à Montreal, la création d'une seule et très coûteuse voie réservée aux autobus (trois autres sont dues à la pression de Québec ), la faible proportion de collecte sélective des déchets, le versement de subventions aux multinationales (Coca-Cola), etc.Sans oublier la decision de la STCUM (que dirige un élu de Montréal) permettant aux flâneurs de tout acabit de rançonner les clients du métro.Décision sur laquelle on a été forcé de revenir, et qui était fort malvenue après l'annonce d'une taxe spéciale de stationnement qui risque de faire fuir les clients du centre-ville vers les centres commerciaux de banlieue._ y .7».- .¦ v%,4«5r;:: Le maire Doré était absent lors du «déluge - du 14 juillet 87 et il s'en est suivi un joli cafouillage.Les communautés culturelles ne s'ennuient pas de 1ère Drapeau * * RICHARD HÉ TU f Le maire n'a ajouté qu'une dizaine de km en quatre ans au réseau de pistes cyclables déjà existant i Lg administration Dore mérite d'être applaudie pour le changement «radical» des politiques de la Ville en H matière intercul- turelle et interraciale, soutiennent de façon presque unanime les leaders des communautés culturelles et les défenseurs des droits des minorités ethniques et raciales de Montréal.«Compte tenu du fait qu'il s'agit d'un premier mandat, nous pensons que l'administration Doré a fait du bon travail.Elle a ouvert des portes qui étaient fermées aux communautés culturelles pendant le règne de Drapeau», affirme Gasha Masiman-go, du Conseil de la communauté noire du Québec, un organisme qui a pignon sur rue dans le quartier Notre-Dame-de- Grâce.«L'administration Doré est la première à s'ouvrir à toutes les communautés culturelles.C'est très important pour nous», déclare pour sa part Luciano Corag-gio, le rédacteur en chef du Cor-Here Italiano, un hebdomadaire de la Petite Patrie.Malgré ce changement de cap «radical» (l'épithète est d'Alain lean-Bart.de SOS-Racisme), il y a encore beaucoup à faire pour satisfaire les communautés culturelles.Au sein des groupe?communautaires, notamment, on se demande si les déclarations et les structures mises en place par l'administration Doré changeront vraiment quelque chose dans la vie quotidienne des membres des quelque 80 communautés culturelles de Montréal.«On a l'oreille de l'administration Doré, mais les mains c'est plus important pour faire des choses», dit Martin Ore, un Montréalais d'origine péruvienne, qui se voue à l'amélioration des conditions de logement des immigrants.L'accès à l'emploi Pour plusieurs observateurs et intervenants, le programme d'accès à l'égalité en emploi que la Ville a instauré en mai 1989 constitue la réalisation la plus importante de l'administration Doré en matière interculturelle et interraciale.Avec ses 13293 employés, la Ville est le plus important employeur de la région.Considérant avoir un rôle exemplaire à jouer en matière de promotion à l'égalité en emploi, elle s'est engagée à confier 25 p.cent de ses postes à des citoyens issus des communautés culturelles, qui forment environ 30 p.cent de la population.Elle n'a cependant pas voulu fixer de délai pour atteindre cet objectif, se contentant de promettre une évaluation annuelle de sa performance, une stratégie qui en a deçu plusieurs au sein des communautés culturelles.C'est que l'instauration du programme est loin de se faire sans heurts.Ainsi, quand la Ville a commandé une étude pour déterminer l'importance de la représentation des communautés culturelles au sein de la fonction publique, moins de 30 p.cent des employés municipaux ont accepté d'y participer, rendant nécessaire la tenue d'une autre étude.«Cette fameuse étude a démontré qu'il y avait de grandes résistances dans la fonction publique municipale», dit Fo Nie-mi, le directeur du Centre de recherche-action sur les relations raciales.«11 aurait fallu créer un climat beaucoup plus ouvert et favorable au concept d'égalité en matière d'emploi.» D'autres observateurs déplorent que la Ville n'ait pas fait de distinction entre minorités ethniques et raciales ( ou visibles ).Et les minorités visibles?«II n'y a rien pour les minorités visibles, dit M.Masimango.Nous sommes mêlés aux Italiens, aux Grecs, etc.Nous faisons certes partie des communautés culturelles, mais les Noirs, les Asiatiques et les Latinos sont plus souvent victimes de discrimination que les autres.» L'administration Dore a par ailleurs innove en matière interculturelle cl interraciale en ouvrant au printemps 1988 le Bureau Interculturel de Montréal, dont le rôle est de donner aux membres et aux organismes des communautés culturelles un meilleur accès à l'information et aux services offerts par la municipalité.À ce jour, six personnes travaillent au BIM, et parlent plusieurs langues, dont l'italien, le portugais, le créole, le grec et.l'espagnol.Il s'agit d'un service utile, estiment les observateurs et les intervenants, mais dont les ressources sont nettement insuffisantes.« le peux vous dire qu'il y a des personnes à l'intérieur même du BIM qui disent, nous sommes trop peu, il y a tellement de choses à faire, nous ne pouvons; pas tout faire à six ou sept persons nés», note M.Niemi.\">y L'enracinement des membres des communautés culturelles est une autre des grandes priorités de l'administration Doré en ^matière interculturelle et interràciâj le.Pour renforcer leur sentiment d'appartenance dans les quartiers et faciliter leur participation aux activités et les contacts harmonieux entre les groupes de différentes cultures, la Ville a notamment pris des initiatives dans le domaine des arts, «facteurs importants de cohésion sociale» .La «ghettoisation» : un danger L'administration Doré a aussi créé en mars 1989 un comité consultatif sur les relations interraciales et interculturelles, qui a pour mandat de conseiller le Comité exécutif en la matière.En 1989, elle a également fait du 21 mars la (ournée annuelle contre la discrimination raciale, adoptant à cette occasion la Déclarer tion de Montréal contre la discrimination raciale.C'est l'ensemble de ces structures, de ces mesures et de ces déclarations qui font que les membres des communautés culturelles se sentent mieux sous l'administration Doré que sous l'administration Drapeau.«Depuis l'avènement de l'administration Doré, les communautés culturelles sont mieux informées», déclare Yat K.Lo, de la Chambre de commerce du quartier chinois de Montréal.«Nos élus sont aussi davantage à l'écoute de nos préoccupations.Nous sommes plutôt satisfaits de ce qui se passe.» .: i tÊÊà Martin Oré: «On a l'oreille de l'administration Doré, mais les mains c'est plus important.» Un certain nombre d'observateurs et d'intervenants reprochent toutefois à l'administration Doré sa tendance à vouloir «ghettoiser» et «culturaliser» les préoccupations des communauf tés culturelles.Ils en ont notamment pour preuve l'objectif de la Ville d'améliorer le réseau des bibliothèques municipales et des Maisons de la culture afin de favoriser l'enracinement des minorités ethniques et raciales au sein de leur quartier.«La volonté politique est là, mais il faut avoir une volonté politique across the board, comme on dit en anglais, soutient M.Niemi.Ii ne faut pas oublier-que les communautés culturelles ont aussi des préoccupations en matière de logement, en matière économique, ainsi de suite.» .Sur le terrain.En outre, les observateurs et les intervenants notent que les appels de la Ville en faveur de l'harmonie raciale ne sont pas toujours entendus sur le terrain.Dans certains quartiers, on relève notamment de sérieux malentendus entre la police et certaines communautés culturelles.«Il y a des secteurs de la ville où les relations interculturélles et raciales posent des problèmes», dit Alain (ean-Bart, de SOS-Racisme.«)e pense à Côte-des-Neiges, Notre- Dame-de-Gra^ ce et Parc-Extension en partiçu: lier.L'intervention de la Ville est importante à ce niveau-là.« Dans les secteurs à fortes concentrations ethniques, il y a uussi de sérieux problèmes reliés au logement.On constate qu'il y a des blocs qui sont peuplés uniquement d'Haïtiens ou de Latinos ou des deux.Et comme par hasard \u2014- c'est un euphémisme \u2014, ce sont des blocs qui sont les moins salubres, qui sont les moins bien entretenus et où il est le plus difficile d'obtenir des rénovations.» Maria Elena Concha, de l'Association des immigrants latino-américains de Côte-des-Neiges, est peut-être celle qui résume ie mieux l'opinion des membres des communautés culturelles au terme du premier mandat de l'administration Doré.«La Ville a fait des choses méritoires au cours des quatre dernières années, dit la Montréalaise d'origine chilienne.Mais entre les nobles énoncés politiques et la réalité, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir.» > - \u2014 B8 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 3 NOVEMBRE 1990 Festival Artemide «Itaha» GRANDE VENTE 4 JOURS ÉCONOMISEZ DE 20% À 50% Les négociations sont à nouveau rompues à la STRSM LUMINAIRES UNIQUES DE QUALITE ET DESIGN | LAMPES DE TABLE, À SUSPENDRE, MURALES, TORCHÈRES ET D'EXTÉRIEUR LILIANE LACROIX \u2022 BONIS : AMPOULES GRATUITES JEUDI 1 r NOVEMBRE, 9 H À 21 h \u2014 VENDREDI 2 NOVEMBRE, 9 H À 21 H SAMEDI 3 NOVEMBRE, 9 H À 18 H \u2014 DIMANCHE 4 NOVEMBRE, 9 H À 18 H 4875, RUE JEAN-TALON OUEST \u2014 TÉL.: 733-1330 (PRÈS DE LA RUE VICTORIA) ¦ Ça va de mal en pis dans le conflit qui oppose la Société de transport de la Rive-Sud (STRSM) à ses employés d'entretien.Les négociations, qui avaient repris hier en présence du conciliateur, ont été définitivement rompues vers 23 h et aucune rencontre n'est prévue dans un avenir prochain.Visiblement mécontent de la tournure des événements, le président du syndicat, M.Claude Leduc, lançait d'un ton sans réplique: «C'est fini, cassé.On ne veut plus rien savoir.Quoi que les négociateurs patronaux en pensent, le syndicat n'est pas encore assez à plat pour marcher à qua- Une joyeuse tradition de Noël ! LA BAIE Notre liquidation mensuelle est de retour! V JUSQU'A Le lundi 5 novembre c'est la Journée des prix fous à la Baie! Et pour préparer l'événement comme il se doit, nous ouvirons nos portes à 11 h.Mais ne perdez pas une minute, car c'est la journée toute trouvée pour dénicher des aubaines mode pour toute la famille et des articles pour la maison à des prix irrésistibles! En fait, il y a des occasions fantastiques dans tous nos rayons! Soyez fin prêt pour réaliser des économies formidables durant la Journée des prix fous à la Baie! Un jour seulement! Le choix des articles soldés varie selon le magasin et les quantités sont limitées.Alors magasinez tôt pour bénéficier du meilleur choix! Désolés.pas de bon d'achat différé.LE LUNDI 5 NOVEMBRE SEULEMENT! SOYEZ-Y DÈS 11 H! Satisfaction garantie.On peut s'y fier! VISA Wm j Qbmpagnic Uc la!3aie U^uDson LES PAUSES-DELICES DE LA BAIE Lors de vos emplettes durant la Journée des prix fous, venez vous détendre un moment devant une succulente portion de gâteau mousseline au moka, tout en dégustant un savoureux café.Ce petit goûter vous est proposé à seulement 1,59 dans nos restaurants libre-service, toute la journée! il 59 aie tre pattes.Chose certaine, même advenant une éventuelle entente, les relations de travail seront pourries au cours des années à va-nir.» Selon M.Leduc, les patrons auraient maintenant de nouvelles exigences et menaceraient de réduire leurs offres à chaque nouvelle rencontre.Étrangement, du côté patronal, on affiche les mêmes frustrations : «Le syndicat en demande de plus en plus, déclare.Me Jean-Jacques Rainville, négociateur en chef.C'était réglé ou presque.Mais ils ont toujours de nouvelles exigences, On régresse au lieu d'avancer.» Selon lui, le syndicat profiterait de la campagne électorale qui s'achève dans les municipalités de la Rive-Sud pour faire de la politique au lieu de se concentrer sur les négociations, Divers points sont cause de discorde.Sur le plan des salaires, trois catégories d'employés représentent un hic.La STRSM et le syndicat se sont déjà entendu sur douze catégories de travailleurs qui obtiendront parité avec la STCUM.Le problème, c'est que dans le cas des trois catégories restantes, les descriptions d'emploi diffèrent quelque peu entre les deux compagnies de transport et là, on ne s'entend plus sur les salaires, une question qui touche une quarantaine d'employés.La prise des vacances, ainsi que la sous-traitance, représentent aussi des irritants.«C'est une question d'attitude.Pour régler il faut vouloir.Et le syndicat ne démontre aucune volonté en ce sens», dit Me Rainville.Il espère toutefois qu'après les élections municipales de demain, les négociations vont prendre un tour un peu plus calme.Me Rainville ne nie toutefois pas avoir servi une mise en garde aux syndiqués: «On a essayé d'être accommodant.Mais quand les syndiqués refusent des offres intéressantes, ils doivent comprendre qu'il va finir par y avoir un braquage.» «On a déjà offert l'arbitrage obligatoire et final.Si le syndicat était de bonne foi, il aurait accepté.Si on n'est pas capable de s'entendre, pourquoi ne pas laisser un tiers décider notre différend?» Les employés d'entretien sont en grève depuis six mois.En vertu d'une décision du Conseil des services essentiels, ils doivent toutefois assurer 70 p.cent de leurs services habituels.Les cadres comblent la différence, ce qui assure aux usagers un service à peu près normal.Vancouver, en avant de Montréal Presse Canadienne VANCOUVER ¦ La ville de Vancouver surpassera Montréal en tant que deuxième des plus grandes villes du Canada en raison de la très forte expansion économique des pays du Pacifique, a déclaré jeudi soir M.Frank Feather, futuriste global.«Ça ne se produira peut-être pas durant les années 90, mais sûrement peu après», a-t-il ajouté devant les participants à la Conférence sur la spécificité du Canada pacifique.M.Feather, auteur du livre «G-Forces.Re-inventing the World», a souligné que 80 p.cent des immigrants entrant au Canada venaient maintenant des pays du tiers monde ou situés autour du Pacifique et que Vancouver demeurera une de leurs principales destinations.Mode ii i; i; se e 1- îC Ib 1- IS e h .0 t 1- \u2022 life-\" \u2022 \u2022î-.u ts t- a et le m ii-it al es K3 té Ills Mardi, dans le cahier mode.La Presse vous propose Doux dessous ! Un article signé Anne Richer is et .is es e-n- ct it-a- \u2022 ie ns \u2022 a *st lie nt n-jr-n, jeta, ti-li- \u2022o- rc ¦ .n nt tes lu- le- ai- la luu \u20224 "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.