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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. La Presse Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1992-07-04, Collections de BAnQ.

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[" \u2022 LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 4 JUILLET 1992 700 Mexicains font sur les fermes d'ici un sale travail que refusent les Québécois À 5,75$ l'heure, l'ouvrier mexicain gagne en une heure ce qu'il gagne en un jour chez lui SUZANNE COLPRON ans un coin, un homme de petite taille cuit des tortillas.D'autres, tous moustachus, assis autour d'une grande table, mangent des fèves noires sans le regarder.Des chaudrons, des bouteilles de lait, des Frosted Flakes et des cokes s'entassent devant eux.Ils ont dans la trentaine; on leur donnerait plus de 40 ans.Ces hommes, ce sont des Mexicains.Venus de leur pays pour travailler dans les champs, ils font ce que les Québécois ne veulent pas faire: les tâches ingrates et dures du piochage et du désherbage; le ramassage des piments, des échalottes et des choux-fleurs, du tabac, de la laitue et des pieds de céleri.«On réserve aux Mexicains le travail le plus difficile», avoue André Picher, responsable du dossier pour le ministère fédéral de l'Emploi et de l'Immigration.«Ce sont des travailleurs fiables et stables.Ils restent dans les champs de 10 à 12 heures par jour et ne font pas de différence entre le samedi et le dimanche.» La plupart des Québébois, en revanche, refusent de faire une septième journée et de travailler dans les champs en plein soleil.On les dit instables et peu fiables.«La qualité de leur travail est moins élevée», soutient lean-Bernard Van Winden, propriétaire des Fermes Hotte et Van Winden à Napierville.«Les Mexicains ont ça dans le sang.Dans leur pays, ce sont des paysans.Travailler sous le soleil ou la pluie ne les dérange pas.» Directeur du service de la main-d'oeuvre à la fédération des Laurenti-des de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Daniel Goyer abonde dans le même sens.«On n'est pas capables de fournir aux producteurs maraîchers des travailleurs québécois aux mêmes conditions que les Mexicains», admet-il.Nombre au Québec : 700 Durée du contrat : quatre mois Ils sont 700 au Québec.Embauchés par 70 producteurs dans autant de fermes, les Mexicains restent ici en moyenne quatre mois par année.Les premiers arrivent en mai avec la production des légumes de serre.Les derniers repartent en novembre après la récolte des choux.Depuis deux ans, le gouvernement fédéral tente de limiter leur nombre, lequel a fait un bond extraordinaire au cours des cinq dernières années.Il est passé de 55, en 1986, à 760, en 1990.Pendant ce temps, l'Ontario accueillait quelque 11 000 travailleurs étrangers, dont plus de la moitié en provenance du Mexique.« Au milieu des années 80, le Canada avait un taux de chômage bas.Il était difficile de recruter de la main-d'oeuvre agricole.Les gens avaient mieux à lairc que de ramasser les légumes dans les champs», explique le responsable du programme à Ottawa, Dave Green-hill.La situation a cependant changé.Aujourd'hui, avec un taux de chômage de 11 p.cent au Canada et de 12,5 p.cent au Québec, le gouvernement entend diminuer de 4 p.cent le nombre de travailleurs étrangers par rapport à l'an dernier.« Règle générale, on s'en tient à 750 par année», révèle André Picher, du ministère fédéral de l'Emploi et de l'Immigration.«Il faut savoir que les Mexicains constituent de la main-d'oeuvre de remplacement; on les engage pour palier aux pénuries de main-d'ocuvre québécoise.Les producteurs maraîchers qui veulent les recruter doivent d'abord démontrer leur volonté d'engager des locaux.» Salaire: 5,75 $ l'heure, billet d'avion compris Le Centre d'emploi du Canada réduit la plupart des demandes de travailleurs mexicains qui lui sont soumises, précise André Picher.«On est obligé d'imposer des quotas parce que les producteurs québécois voudraient en engager beaucoup plus.» Et cela, même si ce sont eux qui doivent défrayer le billet d'avion aller-retour entre Mexico et Montréal (800$) et fournir un toit aux Mexicains pour la durée de leur séjour.Et le salaire?Il est d'environ 5,70$ l'heure.Ni plus ni moins que ce que touchent les autres travailleurs.Les producteurs peuvent toutefois prélever 4 p.cent du salaire hebdomadaire des Mexicains \u2014jusqu'à concurrence de 375$ \u2014 pour payer une partie du billet d'avion.«C'est la baie lames pour eux autres.Plus ils font d'heures et plus c'est payant», lance Daniel Goyer, directeur du service de la main-d'oeuvre agricole à la fédération de l'UPA dans les Laurentides.«Les Mexicains gagnent en une heure au Québec ce qu'ils gagnent en une journée chez eux», ajoute Jean-Bernard Van Winden, producteur de Napierville.Us sont recrutés par le ministère du Travail du Mexique.Ce sont de préférence des pères de famille.On exige aussi qu'ils soient en bonne santé.Une évaluation leur est remise à la fin de leur contrat au Québec.Ainsi, ils peuvent revenir l'année suivante si l'employeur se dit satisfait de leur rendement au travail.«Dans les faits, plus de la moitié reviennent d'année en année», assure André Picher.Pareil en Floride et en Californie Ailleurs, en Amérique du Nord, la situation n'est guère différente.«|e n'aime pas qu'on dise que les Québécois sont des sans coeur», dit Alain Gibouleau, propriétaire de la plus grosse ferme au Québec en culture maraîchère.«C'est partout pareil.Allez voir aux États-Unis, il n'y a pas m \\6 ¦ - - .i ¦ ¦ v >y ri\" 'iff: Rodolfo Juarez, 23 ans, vient au Quebec depuis six ans.Au fil des ans, il a appris le français.photos jean goupil, u presse un Américain qui travaille dans les champs.Ce sont tous des Latinos.» M.Gibouleau emploie 68 Mexicains.En 1977, il était un des seuls au Québec, avec Frank Spingola, de Saint-Hyacinthe, à engager des étrangers.Mais aujourd'hui, il préside l'organisme Ferme, créé il y a deux ans, pour négocier le prix des billets d'avion et servir d'intermédiaire entre les fermiers et le fédéral.Les producteurs doivent donner 50$ à Ferme pour chaque Mexicain qu'ils font venir au Québec et un autre 50$ pour le visa.Jean-Bernard Van Winden embauche 10 Mexicains depuis 1986.Il exporte aux États-Unis, en Ontario et dans les Maritimes plus des trois quarts de sa production de laitue et de céleri.«Tous nos compétiteurs, en Californie et en Floride, engagent de la main-d'oeuvre mexicaine, explique-t-il.Pas de Mexicains, ça veut dire pas de laitue.» «|e ne peux pas me permettre de payer 1 $ ou 1,50$ pour sortir une boîte de 18 laitues si ça coûte 75 cents en Californie», ajoute ce fermier, selon qui la productivité des Québécois est loin d'égaler celle des Mexicains.Rodolfo Juarez en sait quelque chose.Depuis six ans, ce Mexicain vient passer huit mois dans une ferme du Québec.11 fait rarement moins de 70 heures par semaine.«On travaille de 10 à 12 heures par jour, souligne-t-il.C'est ça qu'on veut, nous autres.» -JÉL Alain Gibouleau, propriétaire de la plus grosse ferme de culture maraîchère au Québec, emploie 68 travailleurs mexicains.Jésus Ottero passe la moitié de l'année sur une ferme québécoise SUZANNE COLPRON epuis cinq ans.[esus Ottero passe la moitié de son année sur une ferme du Québec; l'autre au Mexique.«|e n'ai pas d'ouvrage chez moi», explique-t-il en espagnol.Ce père de famille de quatre enfants est âgé de 33 ans.Au Québec, il fait en une journée le salaire d'une semaine dans son pays.Son employeur, Alain Gibouleau, propriétaire d'une ferme a Laval, lui donne 5,75$ l'heure.Jésus touche ni plus ni moins le même salaire que tous les autres employés, peu importe leur nationalité.Assis devant son plat de fèves noires et de saucisses hot-dog, il semble content de son sort même s'il trouve parfois le temps long.Sa femme et ses enfants lui manquent.«l'améliore ma maison et j'achète des biens avec l'argent que je gagne», dit-il à Rodolfo Juarez, un compagnon de travail bilingue qui lui sert d'interprète.Antonio Melesio, assis en face de lui, en est à sa première année au Québec.Agé de 36 ans, il est père de cinq enfants.«Je connais le travail des champs mais je n'ai pas de terre au Mexique», précise-t-il.Reviendra-t-il l'an prochain?Fort probablement.Plus d'un Mexicain sur deux revient d'année en année.Ces travailleurs infatigables et dociles passent en moyenne 10 heures par jour dans les champs.Et il n'est pas rare de les voir travailler le dimanche.Seule compensation: le magasinage.«Ils dépensent ici la moitié de l'argent qu'ils font», signale Alain Gibouleau, propriétaire de la plus grosse ferme de culture maraîchère au Québec.Ce producteur embauche 68 Mexicains par année, d'avril à octobre, pour faire la récolte des piments, des brocolis et autres légumes.Qu'est-ce qu'ils achètent?«Des téléviseurs, des radios, des magnétoscopes, des systèmes de son, des moulins à coudre.» Toutes sortes de choses, en somme, qu'ils ne trouvent pas au Mexique à si bon compte et en si grande quantité.Ils sont aussi friands de vêtements.«Ce sont de très bons clients des marchés aux puces», ajoute Jean-Bernard Van Winden, de Napierville.Propriétaire d'une ferme de 200 acres, M.Van Winden fait venir 10 Mexicains et engage 30 Québécois au plus fort de la saison.( « Ils achètent des bicyclettes usagées, des vieux pneus, des vêtements et des appareils électriques.Ce sont de grands consommateurs.» Quelque 70 producteurs maraichers se partagent depuis quelques années les 700 travailleurs mexicains qui viennent passer en moyenne quatre mois au Québec.Us doivent défrayer leur transport, les loger et les conduire une fois par-semaine au supermarché et à la banque de la municipalité la plus proche.Pour le reste, les Mexicains se débrouillent.Le midi et le soir, ils se préparent d'authentiques mets mexicains épicés dans les cuisines de leurs maisons.Mais ici, ce n'est pas le grand luxe.Les demeures des travailleurs mexicains sont pour la plupart d'anciennes maisons mobiles récupérées de la baie James.Celles que possède Alain Gi-1 bouleau peuvent accueillir 18 personnes.Elles comprennent une vaste-salle à manger, équipée d'une cuisinière de restaurant, d'un réfrigérateur et d'une télé.Les travailleurs mexicains dînent à la maison.Ils se cuisinent d'authentiques plats de leur pays.Jésus Ottero, 33 ans, père de quatre enfants: «Je n'ai pas d'ouvrage chez moi.» ! B2 LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 4 JUILLET 1392 Paul Desmarais president du conseil d administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson Marcel Desjardins éditeur adjoint directeur de I information Alain Dubuc éditorialiste en chef TVQ: l'enfer, c'est chez nous autres L orsque le ministre québécois des Finances, Gérard D.Le-vesque, a annoncé l'arrivée d'une TPS québécoise, la TVQ, au mois d'août 1990, c'était au nom de l'harmonie.Québec volait ainsi au secours des marchands et des entreprises, pour leur éviter le fardeau des chevauchements et des contradictions entre deux régimes de taxation indirecte.Pour harmoniser, Québec décidait d'éliminer les exemptions à sa taxe de vente, prévoyait étendre sa taxe aux services, comme Ottawa l'avait fait, et signait un accord de perception avec le gouvernement fédéral pour gérer et la TVQ et la TPS.La province de la société distincte et du rapport Allaire était la seule à copier plate-M ment le gouvernement fédéral et à accepter »w de devenir son agent.Cette incongruité au- rait été intolérable si le gouvernement Bourassa n'avait pas pu la justifier par les bénéfices qu'elle procurait aux Québécois: un regime fiscal transparent et simple.C'était du vent.Pour faire passer la pilule de la taxe de vente sur les services, le ministre Levesque a annoncé, dans son budget de ce mois de mai, que le taux qui s'appliquerait aux services serait de 4 p.cent, plutôt que 8.C'est là que ça s'est gâché.Les contribuables réagissent mal à ce nouvel impôt qui augmentera le prix des coiffeurs, des taxis, des réparations d'automobile ou des abonnements à un vidéo-club.Ils sont aus- si irrités par les trois taux, 7 p.cent à Ottawa, 8 ou 4 p.cent a Québec, qui pourront tous se retrouver sur la même facture.Mais c'est rien à côté des problèmes des entreprises et des commerces.Non seulement sont-ils aux prises avec deux systèmes plutôt qu'un, mais l'un d'entre eux est un monstre.Déjà, avant l'imposition de la TVQ sur les services, il y avait des différences entre les régimes fédéral et provincial.Le gouffre s'élargit maintenant, notamment en ce qui a trait aux dates où les entreprises et les commerces doivent faire leurs déclarations.Tandis qu'il peut être possible de remettre des déclarations trimestrielles ou même annuelles à Ottawa, elles devront être mensuelles au Québec.L'autre difficulté, ce sont les taux.Le régime fédéral est simple: sept p.cent partout.Au Québec, non seulement y a-t-il deux taux, mais il est difficile de savoir lequel s'applique où.Voici comment le document d'une firme comptable pose le problème.* Y a-t-il une fourniture ou plusieurs?S'agit-il d'une fourniture taxable, détaxée ou non-taxable?S'il s'agit d'une fourniture taxable, quel est le taux?Est-ce un bien meuble corporel 18%), un service (4%), un service qui accompagne un bien meuble corporel (8% ou 0% ou FNT), un service d'installation (4%), ou un immeuble (4%)?» On voit le genre.Et le troisième problème, invisible pour le grand public, est pire.La logique de la TPS et de la TVQ, c'est que les entreprises peuvent déduire la taxe qu'elles ont payé sur leurs intrants.Mais au Québec, pour compenser la perte de revenus occasion- née par la baisse de 8 à 4 p.cent du taux appliqué aux services, on a limité les dépenses qui donnent droit aux déductions.L'essence, les transports, certaines dépenses de télécommunications ne sont pas déductibles.Le système devient complexe et coûteux, et s'écarte encore plus du régime fédéral.n'est pas inutile de comparer cet enfer au paradis que promettait le ministre Gérard D.Levesque lorsqu'il a proposé sa réforme.'Ainsi, par suite de la pleine application de la réforme de ces taxes présentées dans ce document, les deux régimes de taxation prévoiront les mêmes règles administratives.Il en découlera notamment que les entreprises appliqueront les deux taxes au même moment, qu'elles auront les mêmes périodes de déclaration, qu'elles pourront effectuer les remises de taxes aux mêmes dates et que, règle générale, elles pourront taxer les mêmes biens de la même manière.Non seulement cette réforme permettra-t-elle de simplifier le régime fiscal, mais elle permettra aussi de l'améliorer afin de mieux l'adapter aux impératifs de l'environnement économique international de plus en plus compétitif».Deux ans plus tard, le système simple et clair croule sous le poids des exceptions, des cas particuliers et des incohérences.Au lieu de la fiscalité de l'an 2000, nous avons droit à la taxation des années quarante.C'est là le triomphe de l'alliance entre bêtise bureaucratique et tripotages politiques.Alain dubuc Merci, madame Roy! érer une entreprise ptîblique de 7 700 employés, un budget de 685 $ millions, c'est déjà un défi colossal, presque inhumain.Réussir à concilier les intérêts souvent divergents des 29 municipalités-membres de la STCUM qui trouvent la facture de 40 p.cent fort lourde, du gouvernement qui ne paie que 10 p.cent mais qui veut édicter toutes ses volontés, des cinq syndicats (dont les chauffeurs et les employés d'entretien) on ne peut plus revendicateurs, des usagers qui défraient eux aussi 40 p.cent de la note et réclament à juste titre des services directs et personnalisés, relève de l'exploit.Après des années de fonctionnement cabins' caha, au gré des pressions politiques et des secousses syndicales, plus ou moins dirigée par des gestionnaires incompétents ou dépassés, exception faite de l'ex-prési-dent Lawrence Hanigan, madame Louise Roy, PDG durant sept ans, a refait de fond en comble la Société de transport de la Communauté urbaine de Montréal.Elle a donné à la STCUM une crédibilité qu'elle n'avait jamais eue.Sous des apparences de délicatesse et de gentillesse, elle a agi avec fermeté.La transparence de son administration, son ouverture d'esprit, la clarté de ses positions, l'accroissement de l'efficacité des gestionnaires de haut niveau auront permis de faire le ménage de la maison, de reconstruire le solage de cette société publique chambra niante.Louise Roy aura réussi à faire partager par le personnel, au moins partiellement, l'objectif prioritaire du service à l'usager, celui-ci devant être considéré comme un véritable client, qui a droit à ses exigences.Les réalisations de madame Roy sont majeures.Le temps le prouvera davantage.Mais rien n'est jamais acquis à la STCUM.Son successeur devra raffermir et accentuer ces notions «d'entreprise» et de «service».Merci, madame Roy! Vous avez marqué la STCUM! M.BOUQÇV& DROITS RESERVES LETTRE DE TORONTO John Honderîch et Alain Dubuc poursuivent leur correspondance sur l'avenir du Canada.on cher Alain, Au moment même où je vous écris, Joe Clark et neuf premiers-ministres se réunissent à quelques .centaines de mètres d'ici, pour se chicaner au sujet du Sénat.La dernière d'une interminable série de rencontres de dernier recours, celle-ci sera, nous dit-on, l'ULTIME tentative visant à résoudre l'impasse constitutionnelle.Combien de fois Pavons-nous déjà entendue celle-là?Mais, pensez-y bien un peu.Se chicaner au sujet du Sénat! )e vous avoue que ce long processus commence à me peser sur le moral.Les négociateurs s'intéressent d'abord et avant tout au marchandage.Dans votre dernière lettre, vous jetiez une partie du blâme sur le fait que le processus est maintenant centré sur le Canada plutôt que sur le Québec.À votre avis, cette situation a permis aux groupes de pression d'intensifier leurs revendications et de prévaloir.Même s'il me semble que cela ne pouvait se passer autrement, étant donné le goût amer qu'a laissé Meech au Canada anglais, les faits sont indéniables.L'autonomie pour les Autochtones, des sièges au Sénat réservés aux femmes, une meilleure représentation des provinces de l'Ouest et des Maritimes au Sénat et.pour le Québec, des pouvoirs accrus et une clause sur la société distincte.Où cela nous mcncra-t-il?Au point où nous en sommes, qui sait?Un embrouillamini constitutionnel, une impasse?Le meilleur des Canadas?Mais, pis encore, ces change- ments n'ont guère de signification aux yeux de monsieur et madame tout-le-monde.Les gens du pays ne voient aucun lien entre ces propositions et leur vie quotidienne.Prenons, par exemple, la seule question qui se répercuterait de manière tangible sur l'économie et sur le marché du travail : l'élimination des barrières tarifaires entre les provinces, ces mécanismes qui nous ont coûté des millions au cours des ans.Eh bien, la proposition n'est pas encore formulée.D'ailleurs, on n'en a guère discuté jusqu'à présent.Pourtant, les enjeux sont considérables: il s'agit de nos emplois.On ne peut pas en dire autant du remaniement du Sénat ou de la clause sur ta société distincte.Il y autre chose qui me dérange: l'absence de leaders qui présenteraient de arguments puissants et raisonnes en faveur d'un gouvernement fédéral fort.D'ailleurs, un magazine de langue anglaise résumait ainsi la situation, la semaine dernière: «Who speaks for Canada?» Vous parlez avec dérision du processus de consultations amorcé par Ottawa après l'échec du lac Meech.Certes, la démarche a été coûteuse et a parfois frisé le ridicule.Mais elle s'est avérée fort utile, au même titre que la Commission Bélanger-Campeau: le peuple canadien a eu l'occasion d'exprimer sa'colère et de réorienter son énergie.On oublie souvent, cependant, un des principaux messages du rapport Spicer.Car, partout au Canada anglais, la commission a reçu à maintes reprises ce message: un gouvernement fédéral fort est essentiel.Pas le même son de cloche qu'au Québec, il est vrai.Mais personne ne s'attendait à ce que ce soit le cas.Mais qui se fait le prote-parolc de ce fédéralisme en ce moment?Clyde Wells?Peut-être, bien qu'il semble se soucier surtout du Sénat, ces derniers temps.Les trois premiers ministres néo-démocrates, MM.Rae, Harcourt et Rom a now?Leur adhésion à la démocratie sociale nous porterait à croire qu'ils appuient un gouvernement central fort.Or, jusqu'à présent, leur discours tient surtout du marchandage.Et Joe Clark?L'ancien défenseur d'un Canada qu'il qualifiait de «communauté de communautés» fait preuve d'une patience remarquable, mais d'idéologie.aucune.Quant au premier ministre Mulro-ney, jusqu'à la semaine dernière, son discours consistait principalement à nous avertir des dangers de la séparation.Il semble donc que les groupes de pression tiennent le haut du pavé.Ainsi, on dirait qu'aucun premier ministre n'ose ouvrir la bouche sans d'abord avoir consulté Ovide Mercredi ou la présidente du Comité canadien d'action sur le statut de la femme.Judy Rebick.Par exemple, l'une des suggestions qui me confond le plus est celle selon laquelle on garantirait aux femmes un nombre fixe de sièges au Sénat.Comment s'y prendrait-on?Les femmes élues seraient-elles classées comme conservatrices, libérales ou péquistes?Seraient-elles les seules femmes à délibérer et à décider des questions féminines?Et, si on préservait des sièges aux femmes, qu'en serait-il des Autochtones, des groupes multiculturels, des personnes handicapées, etc.Cela ne finirait plus.Malheureusement, personne, à ma connaissance, ne soulève ces questions.le n'entends pas non plus de voix puissante s'élever en faveur du fédéralisme.Peu importe ce que l'on en pensait, on savait toujours à quoi s'en tenir avec Pierre Trudeau.Il en va de même pour Jacques Pari-zeau.Et le rapport Allaire, je comprends très bien ce qu'il signifie.Certains s'empresseront de souligner que le Canada est fondé sur le compromis.Or, je pense que de nombreuses personnes s'inquiètent que l'on ne cherche à forger le pays coûte que coûte.Nous saurons bientôt à quoi nous en tenir.Quoi qu'il en soit, nous voilà à la veille des vacances.Vous aurez le dernier mot la semaine prochaine et je vous répondrai en août.Bonnes vacances! A la prochaine, John Quand Québec traite Montréal et son administration avec mépris centriques, ont favorisé cette dispersion plutôt que de la frei- MARCEL ADAM Lw administration Dore a pose un geste de défi sans precedent en créant un comité chargé de consulter la population sur l'éventuel déménagement à Rivière-des-Prairies de l'hôpital Hôtel-Dieu.Cette initiative faisait suite à l'adoption, il y a quelques semaines, par le gouvernement, de ce projet du ministère de la Santé, contre la volonté des autorités municipales et en dépit de l'opposition des principaux corps constitués de la ville.Cette coalition a eu beau rencontrer le ministre Côté pour tenter de lui faire renoncer à cette décision, il est demeuré inflexible.Se contentant, dit-on, d'opposer des raisons strictement comptables aux arguments concernant les impacts de cette décision en matières scientifique, économique, urba-nistique, démolinguistique, patrimoniale, le statut universitaire de l'Hôtel-Dieu, l'avenir des vieux édifices, etc.Ce qui frappe dans cette décision, c'est son caractère unilatéral.On pourrait admettre à la limite que Québec ignore l'opposition de l'administration municipale après avoir consulté les corps sociaux et obtenu l'assentiment de l'opinion publi- que montréalaise.Mais ce n'est pas le cas: la décision a été prise de façon autoritaire, sans consultation publique et sur la foi de prétendues études que le ministre refuse de publier.Un comportement aussi cavalier oblige à constater le grave dépérissement du pouvoir politique de Montréal.Car on ne peut imaginer une situation semblable à Toronto, Paris, New-York ou dans n'importe quelle ville majeure d'un pays démocratique.Même à Montréal, il n'y a pas si longtemps, cela eut été impensable.Si on a déjà vu le maire Drapeau traiter de haut des membres du gouvernement provincial, on n'a jamais vu un ministre le traiter comme s'est permis de le faire l'autre jour le ministre Côté en ironisant sur « monsieur le maire» qui se promène à travers le monde pour faire rayonner Montréal.Comment expliquer cette impuissance politique de la métropole qui enhardit un provincial borné et entête comme Marc-Yvan Côté à faire le matamore avec elle?Il y a une relation directe de cause à effet entre ce coup de force et l'étalement urbain qui a réduit à néant le poids politique des citoyens de Montréal, comme le rappelait après beaucoup d'autres, le mois dernier, le professeur Gérard Beaudet, de l'Institut d'urbanisme de l'Université de Montréal.Cela par la faute des gouvernements d'Ottawa et de Québec qui, cédant aux pressions des zones ex- ner.C'est cette situation qui a forcé le maire Doré, en désespoir de cause, à créer le Conseil consultatif sur l'avenir de l'Hôtel-Dieu.Au cours des trois dernières semaines, la grande majorité des corps intermédiaires et des spécialistes entendus à ces audiences télévisées ont expliqué en quoi le déménagement de l'Hôtel-Dieu serait une erreur lourde de conséquences pour Montréal.En d'autres circonstances une telle initiative pourrait se retourner contre la ville.Mais au point où en sont les rapports entre le gouvernement et l'administration, Montréal n'a pas d'autre choix que de s'en remettre au processus démocratique pour amener Québec à se raviser.Si une coalition de corps constitués a pu faire fléchir un homme aussi coriace et têtu que le maire Drapeau, en 1985, au sujet du projet Cadillac-Fair-view, un lobby semblable pourrait avoir un résultat aussi positif, en supposant évidemment que le rapport du Conseil consultatif reflétera le consensus qui a paru se dégager des audiences.Car il n'est pas dit que le Conseil des ministres, et au pre-mier chef les ministres de Montréal, ne s'aviseraient pas qu'un tel autoritarisme est inacceptable dans une démocratie moderne, si le ministre Côté devait persister dans son obstination. Lysiane Gagnon LA PRESSE.MONTRÉAL, SAMEDI 4 JUILLET 1992 Plus Opinions Québécois et autochtones sont des alliés naturels (NDLR.Au moment où la négociation constitutionnelle franchit une autre étape, Ovide Mercredi, dans un texte, remis à La Pressc./ance un appel aux Québécois, qu'ils considèrent comme des partenaires naturels des siens.) OVIDE MERCREDI Chef national de l'Assemblée des Premieres Nations Les Québécois ont une devise.Elle exprime bien qui vous êtes, et la perception que vous avez de vous-mêmes.On la retrouve partout chez vous, sur vos plaques d'immatriculation, même sur les panneaux publicitaires.Elle évoque votre souvenir collectif, entretenu de génération en génération, en dépit de la raison du plus fort, puis du plus grand nombre, à contre-courant de l'assimilation.Cette devise, c'est «Je me souviens».Les Québécois francophones savent que leur langue, leur culture, leurs lois, leur façon d'être leur appartient, qu'ils y ont droit, non pas parce que d'autres les leur ont accordées en faveur, mais parce que ces droits, ijs les avaient à la naissance.Ayant lutté si vaillamment pour assurer votre survivance, qui mieux que vous pouvez comprendre les inquiétudes des Premiers Peuples du Canada?Les Premiers Peuples savent ce que c'est que de se battre pour la survie de sa culture, d'essayer de préserver sa langue et son identité distincte.C'est à ce titre que nous tentons actuellement de faire reconnaître notre droit inhérent de nous gouverner nous-mêmes.Nous voulons qu'on nous le reconnaisse comme étant un droit préexistant et non un droit qui nous serait simplement délégué par la bonne volonté du parlement canadien ou d'une assemblée législative d'une province.Notre droit à l'autonomie gouvernementale nous appartient de naissance.Nos peuples l'exerçaient déjà bien avant l'arrivée des premiers explorateurs sur les côtes d'Amérique.Quand vos ancêtres sont arrivés ici de France il y a quelques siècles, les nôtres vivaient ici et se gouvernaient eux-mêmes, depuis des milliers d'années.Nous sommes toujours là, et nous y resterons.Les Québécois et les Premières Nations ont beaucoup en commun.Les Québécois, les Acadiens et les autres Canadiens de langue française en dehors du Québec savent ce que c'est que d'être menacés d'assimilation.Savoir résister Nulle part au Canada a-t-on mieux réussi à résister à l'assimilation qu'au Québec.Nous admirons votre lutte, votre ténacité.En vérité, nous envions votre succès.Mais nous n'avons pas connu le même succès dans notre lutte pour faire respecter les droits collectifs de nos peuples.Le droit des Québécois d'être reconnus comme société distincte se fonde sur une réalité historique et sociologique antérieure à la Confédération, mais qui fut reconnue comme étant l'un des fondements de cette menu Confédération.D'emblée, en concluant la première entente constitutionnelle en 1867, le Canada anglais reconnaissait le droit préexistant de ceux qu'on appelait alors les Canadiens-français à leur langue, à leur religion, à leur système juridique basé sur le Code Napoléon.Dès le début, vous avez été inclus.On ne vous a jamais demandé d'éteintre à jamais tous vos droits.Cent vingt-cinq ans plus tard, vous chérissez toujours la langue, la culture et les institutions qui vous rendaient distincts alors, institutions auxquelles vous avez ajouté de nouvelles institutions de gouvernement autonomes au fil des années, à mesure qu'elles devenaient nécessaires.Nous, les Premiers Peuples, n'avons pas connu un sort aussi heureux.Bien que notre défaite n'ait pas eu lieu sur le champ de bataille et malgré le fait que la Couronne et, plus tard, le nouvel État canadien aient conclus des traités avec certaines de nos nations, nos traités n'ont jamais été respectés, nos terres nous ont été ravies, nos peuples ont été décimés par la maladie.Dans de nombreuses régions du pays, nos langues ont été interdites.Nos cérémonies spirituelles comme la danse de la soif et la Porlatch ont été mises hors-la-loi, nos institutions sociales, nos méthodes d'élever nos enfants, nos traditions pour résoudre les conflits, nos lois, bref, toutes les institutions de nos gouvernements autonomes ont été minées ou carrément détruites.Et ce droit inhérent Pourtant, grâce à notre persévérance, à notre acharnement, nous avons survécu.Nous avons reçu de nos Aînés le devoir et la responsabilité collectifs de préserver nos traditions spirituelles, nos nom- Ovide Mercredi, chef national de l'Assemblée des Premières Na tions.breuses langues distinctes (qui.à l'exception de trois d'entre elles, sont toutes plus ou moins menacées d'extinction), ainsi que nos façons de nous gouverner nous-mêmes, de concevoir notre relation avec le Créateur, avec la Terre et nos rapports les uns avec les autres.Ce que nous revendiquons actuellement est la reconnaissance de notre droit de préserver ce qui fait de nous ce que nous sommes, et de nous développer et de nous épanouir en tant que sociétés humaines distinctes de la société majoritaire canadienne et nord-américaine.Le droit inhérent à l'autonomie gouvernementale n'est rien de plus et rien de moins, qu'un droit préexistant.En vertu de notre histoire, nous avons l'autorité inhérente de prendre les décisions qui touchent à nos vies, plutôt que de permettre que ces décisions soient prises ailleurs, loin de notre réalité de tous les jours, par d'autres que nous, quelles que soient leur bonnes intentions.Les Canadiens et les Québécois n'ont que tout récemment commencé à prendre conscience des injustices que nous subissons depuis pourtant bien longtemps et c'est pourquoi certains sont confus, même inquiets, face aux changements que nous proposons dans la réforme constitutionnelle présentement envisagée.Un troisième ordre de gouvernement ne veut pas dire une sorte d'«État intérieur indépendant» comme certains le prétendent.Les Premières Nations comprennent qu'assumer un droit c'est aussi assumer les responsabilités que ce droit comporte^.) Le troisième ordre de gouvernement que nous voulons faire reconnaître signifie en réalité une souveraineté partagée, une idée chère au premier ministre du Québec, et pour cause.11 s'agit en effet d'une nouvelle répartition des pouvoirs que nous préférons voir élaborer par l'entremise d'accords négociés avec les deux autres paliers de gouvernement^.) Négocier Il y a longtemps que le Québec réclame des changements profonds aux structures confédérales.C'est là une exigence à laquelle les Premières Nations font écho depuis longtemps.Pour vous comme pour nous, le statu quo n'est tout simplement pas une option valable.Pas plus que ne le sont la confrontation et la violence, pour résoudre les différends politiques.La négociation a été et demeurera l'option préférée des Premières Nations, et non le recours aux tribunaux.Les Québécois sont bien placés pour comprendre que nous résigner à dépendre des tribunaux des autres pour protéger nos droits, c'est accepter des risques énormes.Le recours aux tribunaux dépasse d'ailleurs les moyens de la plupart de nos communautés.Vos gouvernements, après tout, ont tout le pouvoir, tout l'argent, toutes les ressources.En fin de compte, il n'y a pas de garantie que les tribunaux trancheront en notre faveur, comme notre expérience l'a maintes fois prouve.Nous ne sommes par conséquent pas plus pressés de nous retrouver en cour que ne le sont vos gouvernements.Mais dans une négociation, il faut qu'il y ait un équilibre entre les parties.Le droit inhérent à l'autonomie gouvernementale doit être justifiable, sinon la loi suprême du Canada aura entériné deux catégories de droits: des droits ayant force exécutoire pour la majorité et des droits sans force exécutoire pour les Premiers Peuples de ce pays.Le délai de trois ans avant que le droit inhérent puisse être invoqué devant les tribunaux incitera toutes les parties à négocier de bonne foi.Cela ne vaut pas dire que le couperet judiciaire tombera automatiquement quand trois ans seront écoulés.En 1981 la principale objection à l'entérinement des droits autochtones à l'article 35 de la constitution était que cela créerait de l'incertitude.Ces droits, n'étant pas «définis», mèneraient au chaos, nous disait-on, tant sur le plan juridique que social.De toute evidence, cela ne s'est pas produit.Le bon sens devrait dicter que seules les négociations qui se retrouveront dans une impasse absolue, aboutiront devant les tribunaux.Pendant le délai de trois ans, il faudra également établir des tribunaux ou d'autres mécanismes pour résoudre les conflits qui s'élèveront au cours des négociations.Loin de constitutionnaliser «l'incertitude» et de remettre un «chèque en blanc» aux Premières Nations, la reconnaissance du droit inhérent à l'autonomie gouvernementale doit comporter la souplesse et l'esprit d'innovation nécessaires à la négociation d'ententes concernant l'autonomie gouvernementale^.) Imposer d'avance la «certitude» à un processus s'adressant à des collectivités aussi géographique-ment, historiquement, sociologi-quement, politiquement et économiquement diverses que les nôtres garantit pratiquement, au contraire, l'impasse et l'échec en bout de ligne.Nous-mêmes avons montré notre flexibilité et notre réalisme au cours des pourparlers multilatéraux sur la constitution, par la série de compromis auxquels nous avons donné notre accord, à savoir: ¦ que les peuples autochtones ont le droit inhérent à l'autonomie gouvernementale «à l'intérieur du Canada».Nous voulons contribuer à ce pays et non en saper les fondations ou le rendre «ingouvernable»; ¦ que soit ajoutée.une clause dite contextuelle, qui décrit ce que vise l'exercice de ce droit ( la protection de nos langues, de nos cultures, de notre identité et de notre relation avec la Terre et avec l'environnement, etc.) En échange de la clause contextuelle, nous avons renoncé au libellé de «sociétés distinctes» pour les peuples autochtones, alors que c'était la position officielle de l'Assemblée des Chefs depuis 1987; ¦ que le droit ne soit justifiable qu'après un délai de trois ans, afin de permettre aux négociations de s'amorcer ainsi que de s'assurer qu'elles progressent rapidement et de bonne foi; ¦ que la Charte canadienne des droits et libertés s'appliquera à nos gouvernements pourvu que nous ayons, dans certaines circonstances, accès à la clause nonobstant au même titre que les autres gouvernements, ainsi qu'à d'autres accommodements visant a tenir compte de notre histoire et de nos traditions; ¦ que les lois fédérales et provinciales continueront de s'appliquer jusqu'à ce qu'elles soient remplacées par de nouvelles lois votées par une assemblée législative autochtone.Les territoires Pour l'Assemblée des Premieres Nations, l'autonomie gouvernementale est inséparable d'assises territoriales.Les autochtones vivant dans les villes demanderont des changements administratifs pour mieux répondre à leurs besoins particuliers, mais l'Assemblée des Premieres Nations ne revendique pas le gouvernement autonome pour les populations autochtones en milieu urbain.Dans ce contexte, nous chercherons a créer ou a élargir le cas échéant des programmes et des services pour les nôtres et a réformer les institutions canadiennes de façon à ce qu'elles nous incluent et à ce qu'elles nous représentent mieux.En même temps, si l'on veut pouvoir juger d'un oeil favorable les ententes d'autonomie gouvernementale futures, il importe à notre peuple d'avoir la garantie que tous nos traités seront désormais honorés.Historiquement il y a eu de sérieux problèmes concernant l'application de tous les traités, y compris les traites modernes.Il ne peut plus y avoir de promesses rompues.Par moments, la reaction de certains ténors québécois face aux «gains» que nous avons obtenus à la table de négociation a été de souligner «la différence» entre l'approche qu'ont adoptée les provinces anglophones face à notre dossier et la reticence dont elles continuent à faire preuve envers les demandes minimales du Québec.Le fait est que les peuples autochtones ne disposent tout simplement pas des moyens politiques et financiers que le Québec a réussi à obtenir au sein de la Confédération.Il nous faudra des décennies pour vous rattraper.(.) Quels que soient les progrés que nous avons marqués à la table de négociation multilatérale, nous n'avons pas «trop obtenu», comme le disent certains.Ce que nous avons négocié est un minimum pour assurer notre survivance et notre développement en tant que peuples.Les Premières Nations habitent ce pays d'un bout à l'autre, dans des conditions que l'on ne retrouve que dans le tiers monde, et subissent quotidiennement les ravages de la pauvreté, du suicide, de l'aliénation, de l'alcoolisme et du désespoir.Qui plus est.il reste des questions significatives à régler dans le dossier, comme par exemple le financement de notre autogouvernement, la création de tribunaux spéciaux pour résoudre les conflits, ainsi que la question du consentement autochtone à tout amendement constitutionnel futur qui nous touche particulièrement.Alors que le Canada fête son 125e anniversaire, les deux questions les plus urgentes dans le dossier constitutionnel concernent la reconnaissance des droits collectifs des Québécois et des peuples autochtones.Le temps de la réconciliation et de la guérison est arrivé.(.) Le moment est venu d'unir nos efforts afin de bâtir un nouveau pays basé sur le respect de nos différences, sur le droit à la différence, pour votre peuple, pour le mien, pour nous tous.C'est là le coeur même du débat.Car la question pour le Canada est de savoir si dans ce pays nous choisirons de prendre les devants, de donner l'exemple en redéfinissant les rapports entre nos collectivités nationales, ou si nous ne serons pas à la hauteur du défi, comme tant d'autres pays qui aujourd'hui paient leur manque de générosité et d'imagination par le gaspillage de leur potentiel humain et de leurs ressources.Ne reculons pas devant le défi.Relevons-le ensemble.Montrons à nos concitoyens le chemin d'un «nouvel ordre mondial» véritable qui créera un équilibre entre les droits collectifs et individuels, et où des sociétés complexes trouveront moyen d'évoluer dans une coexistance harmonieuse, sur le plan politique, économique et culturel.Ensemble bâtissons un nouvel État-nation qui embrassera ce vicl impératif fondamental de la paix entre les peuples et qui reposera sur nos valeurs humaines communes de respect mutuel.Parole de Dieu ! ieux vaut en rire que d'en pleurer.Alorç, ; c'est Dieu qui accorde une audience à trois ; premiers ministres \u2014 M.Major de Grande-Bretagne, M.Rabin d'Israël et M.Mulroney du Canada: «Dites-moi.Seigneur, quand donc les ]r fonda is ; du Nord cesseront-ils de s'entretuer?», demândÇ'M.Major.\u2022 *~ .« Pas de votre vivant », répond Dieu.«Et le Proche-Orient?, s'enquiert M.Rabin, verrons-nous jamais le jour où Juifs et Palestiniens vivront en paix?» .'.; : « Pas de votre vivant », répond Dieu.¦ ; '.Vient le lourde M.Mulroney: « Dites-moi.Sei- ! gneur, quand donc les Canadiens arrêteront-ils.dç se chicaner sur la constitution?» « Pas de mon vivant! », soupire Dieu.* * * Les blagues constitutionnelles commencent à faire leur chemin un peu partout.Merci au confrère Don MacPherson qui m'a appris cette dernière.Peut-être avez-vous entendu l'autre, qui court déjà depuis un bon moment.C'est le Bon Dieu qui convoque M.Eltsine de Russie, M.Bush des États-Unis et M.Bourassa du Québec.IS a une terrible nouvelle à leur apprendre: la fin du monde est pour la semaine prochaine.Boris Eltsine retourne à Moscou et convoque la\" foule sur la Place Rouge.«J'ai deux mauvaises nouvelles à vous annoncer, dit-il à son peuple.La première, c'est que les Russes, ayant cru Marx, se sont trompés pendant 75 ans: Dieu existe, je l'ai rencontré.La deuxième mauvaise nouvelle, c'est que la fin du monde est pour la semaine prochaine.» George Bush retourne à Washington et achète une heure d'antenne à CBS.«j'ai une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle, dit-il à son peuple.La bonne nouvelle, c'est que les États-Unis ont eu raison de croire en Dieu.La mauvaise nouvelle, c'est que la fin du monde est pour la semaine prochaine.» Robert Bourassa revient à Québec et fait un jescrum » à l'entrée du bunker.«)'ai deux bonnes nouvelles à vous annoncer, dit-il aux journalistes.La première, c'est qu'en revenant de Davos, où j'ai rencontré d'importants investisseurs intéressés à poursuivre le développement hydro-électrique de la Baie lames, j'ai été reçu en audience privée par Dieu Lui-même.11 voit d'un oeil très favorable les divers projets de mon administration.Dieu est particulièrement fasciné par la façon dont mon gouvernement a réduit le déficit et augmenté la productivité.» «Mais quelle est l'autre bonne nouvelle?», hurlent les reporters.«L'autre bonne nouvelle, réplique M.Bourassa, c'est qu'il n'y aura pas de référendum.» * * * Peut-être en effet seule l'Apocalypse nous épargnerait-elle d'avoir à subir un, voire deux référendums d'ici à la fin de l'année.Car au fond, combien de gens veulent vraiment un référendum?Sûrement pas M.Mulroney.qui risque de se faire battre à plate couture.Sûrement pas M.Bourassa, qui déteste ce genre d'aventure.Les souverainistes?Mais pourquoi?Si le courant indépendantiste continue à plafonner, les souverainistes qui réclament un référendum sur la souveraineté devront faire marche arrière, car rien ne les assure qu'ils en sortiraient gagnants.\u2022 Tous les sondages indiquent que si l'idée d'indépendance a fait des progrès considérables dans la population, le bloc solide des souverainistes \u2014 ceux qui y tiennent vraiment et seraient prêts à courir des risques personnels pour voir leur rêve se réaliser \u2014 n'a pas tellement grossi.Au début d'une campagne référendaire qui risquerait d'être fort houleuse, le camp souverainiste partirait avec une très faible longueur d'avance \u2014 peut-être même avec moins de la moitié de l'appui populaire.La majorité reste ambivalente, et artaçhpê.aç£ Canada par des liens pudiques mais émotionnels et historiques.On s'en doutait évidemment, jnais le dernier sondage fait par CROP pour l'Actualité le confirme.Près des trois-quart des Québécois \u2014 et'un souverainiste sur trois!\u2014 considèrent que «lé G4n$da fait partie de (leur) identité personnelle»;, uhe'très solide majorité s'identifie aux valeurs et aux 'symboles canadiens: non seulement au volet utilitaire, comme le dollar et le passeport, mais aussi'au-territoire, aux ressources ou même à la Charte des droits-fédérale! ; \" ! ' Par ailleurs, le même sondage montre que les Québécois se sentent plus Québécois que Canadiens.C'était déjà un phénomène marquant avant, le.référendum de 1980.C'était du reste cette donrîec-la qui poussait le gouvernement Lévesque à un certain optimisme quant à ses chances de gagner le référendum.Ce sentiment d'appartenance prern4$rç $u Québec, donc, n'a rien de nouveau.Ce qui l'est; c'est qu'il a augmenté sensiblement ces dernières années.Ce qui toutefois ressort de l'ensemble des sondages des derniers temps, c'est que les Québécois, même s'ils se sentent plus proches du Québec que de tout autre entité, se refusent obstinément à choisir entre «le pays» et «la patrie».Quand on les force à le faire, ils se replient dans la sémantique'et jouent sur les mots (jouant notamment, à l'instar de Robert Bourassa, sur l'ambiguïté du concept de «souveraineté»), mais il ne s'agit pas là de choix réels et concrets.Il va de soi que les jeux ne sont pas faits.Dépendant de ce qui se passe sur la scène constitutionnelle, l'opinion publique pourrait bouger d'ici à l'automne.Si, par exemple, les propositions émanant du reste du Canada étaient jugées insultantes, si jamais le sentiment de rejet et d'humiliation devait être ravivé, on pourrait en revenir à la situation d'après-Meech.L'opinion publique serait une fois de plus balayée par un vif éclair de colère.Mais il serait étonnant que les grandes tendances de fond soient totalement renversées lorsque nous émergerons de cet été constitutionnel.* * * Donc, c'est l'été.Aussi cette chronique fera-t-elle relâche les mardis et jeudis.Mais comme ce sera un été constitutionnel \u2014c'est ce mois-ci que les grandes orientations seront définies\u2014, nous vous reviendrons tous les samedis.À samedi prochain! B4 LA PRESSE, MONTRÉAL.SAI JPIi Peuple en mutation, les juifs de Montréal 01 GERALD LEBLANC ai M ALAN GOLD juge c 21 juillet, Alan Gold aura 75 ans et prendra sa retraite comme juge en chef de la Cour supérieure du Québec.Une carrière bien remplie et une kyrielle d'imprévus depuis sa naissance au coeur du vieux quartier juif de Saint-Urbain.Ses parents, Samuel Gold et Lea Stein, venus d'Ukraine comme jeunes adultes, se marièrent à Montréal et eurent quatre enfants: Alan, Ruth, Edward et Phyllis.Ancien militaire, papa Samuel se recycla dans «la guenille» pendant que maman Lea, fille de rabbin, inculquait aux enfants le sens des études supérieures.La règle était alors le yiddish à la maison et l'anglais, à l'école, notamment au Baron Bing High School, pépinière de célébrités juives de Montréaf.Cette ancienne école du PSBGM, rue Saint-Urbain juste au nord de la rue Rachel, abrite maintenant Sun Youth, dirigé par Sid Stevens, Un autre juif du quartier.À la frri de son bac à ^l'université Queen, Alan avait -deux bourses pour poursuivre ses études en art dramatique, tout comme son camarade Lome.Greene, « Avec ma petite taille, je savais que je jouerais toujours les seconds\" violons.l'ai donc préféré le droit, à la grande joie de mes parents», raconte le petit \\ juge.! Parce que les cours y commençaient trois semaines avant ceux de McGill, Alan s'inscrivit à l'université de Montréal, même s'il ne connaissait à peu près rien du français.Le reste est connu : brillante carrière d'avocat et de juge, depuis 31 ans, avec un impressionnant palmarès de médiation chez les débardeurs, les cheminots, les diplomates, les postiers et même les Mohawks.Marié à Lynn Lubin, une compatriote juive de New York, le juge Gold a deux garçons avocats, Marc et Daniel, et une fille travailleuse sociale, Nora.Les enfants vivent tous à Toronto, mais Marc s'apprête à revenir a Montréal.Attaché à ses origines et à son appartenance juives, le juge Gold l'est aussi à sa patrie du Québec.«Comme juge, je ne peux commenter les débats, sauf pour vous dire que nos chicanes de famille me touchent car je fais partie de la famille.» Bl se passe rarement une semaine sans que des juifs de Montréal ne défraient les manchettes.Dans les affaires courantes: Alan Gold, juge en chef de la Cour supérieure, prendra sa retraite le 21 juillet.Charles Bronfman figurera en tête des 100 Québécois les plus riches, dans le numéro de GABRIEL KAKON alias Gavroche Tout a commencé à l'initiation ( le bar mitzvah ) de son frère.La fête s'était poursuivie à la maison et le petit Gabriel y avait donné son spectacle de «break dancing».Robert Charlcbois, un ami de la famille, avait été ébloui par le talent du jeune danseur.11 en fit sa «star d'un soir» à l'émission de Pierre Lalonde.Suivirent les apparitions à diverses émissions de télé et le grand coup des « Misérables».En anglais et en français, Gabriel joua, de façon magistrale, le petit Gavroche, pendant six mois à Montréal, avant de reprendre le rôle pendant six semaines sur Broadway, ce printemps.Tout un départ, pour le petit gars qui est retourné à l'école juive, où il apprend l'hébreu ainsi que l'anglais et le français.Gabriel n'y aime guère les uniformes, gris et bleu, et préfère les planches de théâtre aux bancs d'école.Bien que ses parents soient tous deux juifs.Gabriel est en quelque sorte le fruit d'un mariage mixte, puisque sa mère est ashke-nase-anglophone et son père séfarade-francophone, les deux grandes branches de la famille juive de Montréal.Lola et ses deux soeurs sont nées à Montréal, de parents juifs venus d'Europe de l'Est via l'Angleterre et l'ouest canadien.Albert est né à Cassablanca, au Maroc, de parents juifs qui immigrèrent à Montréal en 1964.Albert avait alors 15 ans et paradoxalement se retrouva à l'Outremont High School, école fréquentée par Lola, bien qu'il ne connut pas un traître mot d'anglais.C'était avant que la loi 101 ne permette aux juifs de fréquenter les écoles françaises.Les parents de Lola ainsi que ses deux soeurs vivent toujours à Montréal.Quant aux Kakon, ils y forment un important clan: les grands-parents, les sept enfants et 16 petits-enfants.Gabriel a une grande soeur de 17 ans, lennifer, et un grand frère de 16 ans, David, ainsi qu'une petite soeur de 22 mois, Roxanne.Albert Kakon exerce sa profession de dentiste chez les francophones où il compte de nombreux amis: Charle-bois, Lauzon, Latraverse.f RMAND LESTER journaliste braham Lester tenait boucherie au marché Saint-Laurent et Jeanne-Mance Bubreuil était serveuse dans un restaurant du coin.Dans le Québec de 1944, leur mariage était loin d'aller de soi.Tout un monde séparait en effet le fils de ferblantier de la lointaine Roumanie et la fille de cultivateur de Sainte-Dorothée.La religion, juive pour lui et catholique pour elle, constituait alors une barrière qu'on franchissait très rarement.Arrivé à Montréal en 1929, Abraham était moins pratiquant que (eanne-Mance.C'est donc lui qui promit d'élever les enfants dans le religion de l'autre.Et c'est en catholique que leur fils unique.Normand, fréquenta l'école et l'église de quartier à Rosemont, dans le plus pur moule franco-catholique des années 50.Ses professeurs furent surpris d'apprendre que son père était de religion juive, mais Normand n'eut jamais à souffrir de cette différence.«Sur la neuvième avenue, personne ne faisait de différence et mon père, mort en 79, était aussi schizophrène que les autres, appuyant Lévesque et Trudeau en même temps.» Comme journaliste, l'as reporter de Radio-Canada se souvient d'un seul incident malheureux.Un leader syndical l'avait accusé publiquement, sans aucun fondement, de censurer les Palestiniens, invités au congrès du conseil central delaCSN.en 1972.Officiellement, Normand n'est pas juif, puisque ce statut est donné par la mère.Il a cependant visité Israel, en 1968, avec son père, qui y retrouvait ses frères et soeurs, émigrés après avoir échappé de justesse aux affres de la terreur nazie.«le ne suis pas très porté sur les religions ou les idéologies.Ma solidarité va à la mémoire de mon père et à tout ce qu'il chérissait.|e regrette de ne pas l'avoir entendu plus souvent parler de ses racines, l'ai eu les meilleurs parents du monde et je leur dois tout ce que suis», disait Normand qui venait d'enterrer sa mère lors de notre rencontre, le mois dernier.juillet des Affaires Plus.Le premier juin, David Levine prenait la direction générale de Notre-Dame, le plus gros hôpital du Quebec.Alain Perez se révèle un joueur-clef dans la fusion SNC-Lavallin.En célébrant les 25 ans de Terre des Hommes, la télé remet à l'honneur Habitat 67 de Moshc Safdie.C'est Nanette Workman qui chante la chanson du 350° anniversaire de Montréal.Sonia Benezra passe de Musique Plus à Quatre Saisons et Normand Lester sort le scoop de l'année à Radio-Canada.Les enseignes de Pascal et de Steinberg disparaissent pendant que se multiplient celles des souliers Aldo (Bensadoun) et des diamants Elinor (Sebag).Stephen et Richard disent toujours «oui papa» à David Shiller.À Montréal, le coroner Harvey Yarosky blâme sévèrement la police pour la mort d'un jeune Noir.À Québec, Robert Libman conteste la loi sur les référendums.A Toronto, les adversaires d'Henry Morgcntaler mettent le feu à sa clinique d'avortement.À Otttawa, Hugh Segal devient chef de cabinet du premier ministre, remplaçant Norm Spector qui avait succédé à Stanley Hart.A marc usque ad mare, Mordecai Ri-chler pourfend le Québec français.Tous les patronymes soulignés ci-dessus sont issus de la communauté juive de Montréal, qui alimente souvent l'actualité, à Montréal, ailleurs au Canada et partout dans le monde.Né et élevé à Lachine, c'est aux États-Unis que Saul Bellow a mérité, en 1976, le prix Nobel de littérature.C'est à Los Angeles que le barde Leonard Cohen enregistre son prochain disque et c'est de New York que Mortimer Zuckcrman dirige ses influents magazines, Atlantic et US News & World Report.Et ce n'est pas d'hier que s'illustrent les juifs du Québec: une première synagogue en 1777 et un premier depute en 1807, on peut même retracer leur influence a la bataille des Plaines d'Abraham, où Wolfe et Montcalm avaient chacun leur armateur juif, Moses Frank chez les Anglais et Abraham Gradis avec les Français.On a pris l'habitude de parler de vieille et nouvelle souches, pour distinguer les anglos et francos des autres immigrants arrivés plus tard.Pours les juifs, on ne sait s'il faut dire ancienne ou nouvelle souche.Trois grands moments On peut effectivement distinguer trois grands moments dans cette séculaire implantation juive en territoire québécois: ¦ SOLDATS ET MARCHANDS DE 1760: interdits durant le régime français, les juifs font leur apparition NANETTE WORKMAN chanteuse _# imer c'est comme cuisi-ner.Il faut y mettre tout son coeur et y ajouter du piquant», lit-on au dessus de la cuisinière de Nanette Workman, qui recevait ses parents lors de notre visite.Nanette et sa mère, Beatrice Kreisman, aiment bien le piquant amoureux.C'est en entendant Ernest Workman jouer de la trompette, à New York, que Beatrice a su qu'il deviendrait son mari.Et c'est en dansant pour Tony Romane, dans un bar de New York, que Nanette a décidé de déménager à Montréal.«On s'est marié devant un juge de paix, avec comme témoins deux employés d'entretien ménager, et je ne l'ai dit à mes parents, des juifs orthodoxes, que lorsque j'étais enceinte de Nanette », raconte Mmc Kreisman, responsable de l'enseignement religieux à sa synagogue de Jackson, au Missisi-pi, où vivent les Workman, depuis 45 ans.C'est là que Nanette a passé son enfance, avant de tenter sa chance'sur Broadway, de tomber amoureuse de Tony Romane, de s'installer à Montréal, avec des sauts à Paris chez Johnny Hally-day, puis pour jouer dans Starma-nia et la Légende de I i m my.Nanette ne pratique aucune religion mais respecte grandement celle de ses parents \u2014son père s'est converti au judaïsme il y a une vingtaine d'années\u2014 qui la visitent chaque année, dans sa maison de ferme de Saint-Pierre, non loin de Chateauguay.Elle partage avec le cinéaste André Gagnon la garde de leur fils de quatre ans, lesse.«Quand il visitera sa grand-mère, elle lui apprendra sans doute les fondements du judaisme.Il décidera alors s'il préfère le judaïsme de grand-mère aux valeurs de maman.» Parce qu'elle ne pratique pas et ne fréquente pas la communauté, Nanette ne se sent pas juive.«Le Québec est mon chez-moi.La musique est ma vie.Ma religion est intérieure et les humains sont ma communauté » ,répond-elle quand on lui parle d'identité.kl > m ¦ kl Dans les archives de La Presse, on 1 noms arrivés à Montréal en 1949.Il 129 juifs arrivés au Canada par I d errance à travers le monde dec le en Eun MICHAEL G0LDBL00M avocat r an dernier, Michael Gold-bloom a été nommé pdg du réseau des YMCA de Montréal.Il s'est alors rappelé que sa mère, Sheila Barshay, professeur de travail social à McGill, fut la première juive à travailler dans un YMCA au Canada.Quant à son père, Victor, il compte aussi quelques premières à son palmarès, notamment d'avoir été le premier juif à siéger au conseil des ministres à Québec et à y avoir été le premier ministre de l'Environnement.Et le grand-père, Alton, fut le premier vrai pédiatre du Québec, avec une importante clientèle chez les francophones.Alors que les deux Goldbloom, Alton et Victor, travaillaient dans le même bureau, on demandait souvent, au téléphone, à qui on avait affaire: «Le père ou le fils?» «Le Saint-Esprit», répondait Alton.Les Goldbloom, venus de Li-thuanie en 1880, représentent une des plus importantes et des mieux enracinées familles juives de Montréal.Quant à la mère de Michael, sa famille avait immigré à New York, en provenance de Russie, au début du siècle.Tout comme Susan et lonathan, sa soeur ainée et son frère cadet, Michael a fait ses études en anglais à Montréal et à Boston.Avant le YMCA, il était avocat chez Marti-neau Walker.Un des fondateurs d'Alliance Québec, Michael en fut le deuxième président, après Eric Maldoff, un compatriote juif qui travaille aussi chez Martineau Walker.Sa femme, Fiona Macleod, née en Angleterre d'un père écossais et d'une mère belge, est directrice de l'administration à Alliance Québec.Michael déplore l'exode de ses collègues et amis juifs de Montréal, autour de 50 000 depuis 15 ans, mais estime que c'est en tant qu'anglophones qu'ils sont partis vers Toronto ou ailleurs au Canada.«Montréalais, Québécois, Canadien, juif et anglophone», répond Michael quand on essaie de cerner son identité.«Pas un trait plus qu'un autre», ajoute-t-il dans un bon français, perfectionné pendant deux ansà Paris.INA FICHMAN cinéaste .I» ors une terre promise!» C'est le titre du documentaire de 90 minutes que Ina Fich-man et son mari, Howard Goldberg, tournent sur les relations entre les )udéo et Franco-Québécois.On y verra Dora Wasserman diriger les comédiens jouant en yiddish «Les Belles Soeurs» de Michel Tremblay.On y verra peut-être Gilles Vigneault et Leonard Cohen qui cherchent les moyens de faire une chanson ensemble.On y verra les écrivains David Rome et Jacques Langlais, les danseurs Edouard Locke et Louise Le Cavalier, les comédiens Carole Laure et Lewis Furey.La cinéaste Fichamn a voulu mettre en évidence les ponts alors qu'on a jusqu'ici surtout parlé de rupture.«Je suis découragée de voir les miens partir, de constater le vide qui se creuse autour de nous.Il y a beaucoup d'incompréhension mais aussi de beaux efforts de rapprochement», explique la jeune juive anglophone.(|osh Freed termine un film sur les anglophones du Québec tandis qu'un autre compatriote juif, Gary Beitel, a produit l'an dernier un do-cumentaire sur les Hassidiques d'Outremont.) Dans le monde des communications, où elle a touché au reportage et au documentaire, Ina rejoint de nombreux collègues juifs, y compris son célèbre grand-père, Jack Tietolman, le coloré fondateur et ex-propriétaire des stations CKVL et CKOl.Toujours vivant et toujours fringant, Jack est né à Montréal, où il a fait carrière dans le commerce et la publicité qui l'a conduit à CKVL.Les parents d'lna, Stephen Fich-man et Marilyn Tietolman, habitent la très juive ville de Côte Saint-Luc.Ils sont tous deux nés à Montréal, y ont grandi et fait carrière, lui en ophtalmologie et elle en thérapie du langage.Ina aimerait bien continuer sur la lancée de ses ancêtres, immigrés d'Europe de l'Est, il y aura bientôt un siècle, en quête, encore une fois, d'une terre promise.Elle est optimiste sur l'avenir des siens au Québec.«C'est une communauté forte, une communauté qui change profondément.Il nous faut faire le lien et assurer le contact avec le Québec français», explique la jeune cinéaste de 30 ans.1339 *M EDI 4 JUILLET 1992 M reJ sit it des racines qui remontent à la Conquête av :c la conquête anglaise de la Nouvelle-France.Liées à Ta rmée comme soldats ou fournisseurs, les premiers fs (Hart.Joseph, David, Judah, Hays, Solomon, /ers, Lyon, Abraham.) s'établirent à Trois-Riviè->.Montréal et Québec à la fin du XVIIIe siècle.Plu-urs repartirent vers l'Angleterre ou les États-Unis, mi ils certaines familles se sont enracinées au Québec, co iiimc la famille Joseph dont nous parlerons diman-chc, où elles devinrent un important rouage de la bour-ge oisie marchande du Québec.¦ LA VAGUE YIDDISH DE 1880: la petite colonie jui vc, 518 personnes en 1871, fut totalement submergée par la vague yiddish du tournant du siècle.Fuyant par rdj lliers la persécution en Europe de l'Est ( Russie-Polo-gn e-Roumanie ), ces juifs ashkénases (signifie alle-mi nul ) arrivent avec le goût des études et du travail.Us créent, autour du boulevard Saint-Laurent, un quartier yiddish entre la ville française de l'Est et l'anglaise de l'ouest.C'est de ce vieux Quartier juif que sortent les bagels et les smoked meat, Steinberg et Pascal, Richler et Cohen, les écoles et les hôpitaux d'un impressionnant réseau parallèle d'institutions juives.En cours de route, les juifs troquent le yiddish pour l'anglais et rejoignent les anglophones dans l'ouest de l'île.Séparée de la majorité francophone par la géographie et la langue ainsi que par les mauvais souvenirs de l'antisémitisme des années 30-40, la communauté juive va réagir à la montée nationaliste des années 60 en prenant le train de l'exode anglophone vers Toronto et le reste du continent.On estime que plus de 50 000 juifs ont quitté le Québec depuis 20 ans.URSS et d'Ethiopie.Ces nouveaux immigrants arrivent dans une communauté vieillissante, en raison d'un faible taux de natalité combiné à l'exode de la jeunesse, et inquiète de son avenir.Traversée par des courants contradictoires, de rupture cl de rapprochement avec le Québec français, la communauté juive se retrouve, encore une fois, en pleine crise d'idenlite et de repositionnement sur l'échiquier québécois.DEMAIN « Oncle Aaron était déjà là en 1761» M LA GREFFE SÉFARADE MAROCAINE DE 1960: pendant que partaient les juifs ashkénases anglophones, arrivaient leurs cousins séfarades francophones, fuyant la montée arabe au Maroc et dans les pays avoi-sinants.Francophones de langue et de culture, ces nouveaux juifs ont transformé de l'intérieur la communauté juive de Montréal.Comme l'avaient fait les Ashkénases chez les anglophones, les Séfarades ont fait leur chemin dans les universités francophones, en plus de se tailler une place enviable chez les professionnels et dans le monde des affaires.Ils sont près de 25 000 et constituent désormais un bloc incontournable de la communauté juive, qui compte moins de 100 000 membres, contre les 110 000 inscrits au recensement de 1971.Ces dernières années, l'immigration juive, continue mais de faible niveau, est venue d'Israël, de l'ancienne GHITTA CAISERMAN Jpeintre wmw est à leur image que la pein-¦i tre Ghitta Caiserman et l'Architecte Max Roth ont aménagé le ur maison-atelier, rue )eanne-Miance dans le quartier Milton P;|trk.Pour Ghitta cette maison de rêve est aussi un rappel de l'univers de se s parents, Hanane Caiserman et Si rah Wittal, venus à Montréal au de but du siècle, en provenance de la Roumanie.C'est en effet au coeur de ranci Bn quartier juif, autour de la rue Si tint-Urbain, que naquit et grandit Ghitta et sa défunte soeur ainée N ina.Ghitta a fréquenté les écoles fai îglaises du PSBGM, Alfred Joyce au primaire et Montreal High S( hool au secondaire, avec la jeu-ni rsse anglo-saxonne de Montréal.Elle détestait tout ce qui ressem-b ait a un ghetto juif, y compris les éc oies religieuses où elle se mo-.qi îait de ses professeurs en les cari-ci tu rant méchamment, et s'oppose it à ses parents, surtout à son .tc, ardent sioniste et fondateur dii Congrès juif du Canada, avec Kjippui financier de Sam Bronf-an.Pendant que sa femme, la vraie pourvoyeuse de la famille, dirigeait ic usine de vêtement et tenait sari pour les artistes et intellectuels ifs ou européens, Hanane Caiser-an se promenait à travers le Ca-ida et à l'étranger.Il fut un des premiers visiteurs de Tiniest à entrer à Lodz en Pologne, eji 45, et y rencontra Necha Gutt-an, une jeune juive sauvée in ex-mis des fours d'Auschwitz, qui allait devenir la soeur adoptive de hitta.Mecha, devenue travailleur \u2022ciale, vit maintenant à Laval.Encore aujourd'hui, Ghitta se rebiffe contre toute religion, y compris celle de ses parents, bien que ses peintures, particulièrement la sdrie «Analogie» avec ses poupées abandonnées et jetées dans des boitas, évoquent les drames du peuple jtjif.Kathe, la fille de Ghitta, une édi-trlice-traductrice, vient d'obtenir le contrat de traduction des Filles de Qalcb d'Ariette Cousture, avec qui sifege justement Ghitta sur la com-it ission chargée de définir le statut d ; l'artiste.Ghitta est fière de pouvoir main-nant prononcer aes conférences h français, dam les universités et à n atelier de peinture, et se sent dfc plus en plus cher elle au Québec.« |e suis bien ici, je me sens acceptée et désirée», conclut la dame dès tournesols, des lits, des boites et des poupées.u Id it n n it o si CHARLES BRONFMAN industriel Lw on n'est pas sûr du nom de famille, Bronfman ou Braufman ou même Weizmann, mais on sait qu'Ekiel était commerçant de tabac en Bessarabie, entre la Russie et la Roumanie.U émigra en 1889 dans l'ouest canadien, en Saskatchewan puis au Manitoba.Ekiel et ses fils quittèrent vite l'agriculture, à laquelle les destinait l'immigration canadienne, pour le commerce du bois, l'hôtellerie et finalement la fabrication d'alcool.D'abord une affaire de famille, la distillerie Seagram devint vite la chose de Samuel, un des huit enfants d'Ekiel dont cinq (les quatre gars et Laura) s'établirent à Montréal.Tout en bâtissant un des plus grands empires financiers du Canada, Sam Bronfman fut un des principaux leaders de la communauté juive.Avec Saidye Rosner, venue aussi de Bessarabie et établie à Winnipeg, Samuel eut quatre enfants: Mindel, morte à Paris en 1987, Phyllis, notre grande dame du design urbain, Edgar, établi à New York où il dirige les affaires américaines, et Charles, le pdg de Seagram Canada et ancien propriétaire des Expos.Né à Westmount, dans la maison où vit toujours sa mère, Charles R.Bronfman a été tissé dans le moule anglo-saxon canadien (Sel-wyn House School, Trinity College et McGill), sans jamais perdre ses attaches à la communauté juive.D'abord marié à Barbara Baer-wald, la mère de ses deux enfants (Stephen, 28 ans, et Ellen, 23 ans) qui vit toujours à Montréal, Charles s'est remarié, en 82, à Andrea Morrison.Stephen travaille avec son père, à l'édifice Le Windsor au Square Dorchester, et fane vit à N.Y où elle dirige Cineplex Odeon, une filiale de l'empire Bronfman.Alors que leur père se débrouille en français, Stephen et lanc sont bilingues, tout comme leur tante Phyllis.«Citoyen canadien et membre du peuple juif C'est ainsi que se définit l'homme le plus riche du Québec.Il a de nombreux amis en Israel et sa belle-mère vit à Jérusalem.Il se rend trois fois par année au pays hébreu, où Jonathan Kol-ver, le fils du sénateur et associé de Charles, s'occupe des affaires des Bronfman.ROBERT LIBMAN député u haut de ses deux ans, le petit Kevin s'étonne quand son père anglophone, Robert Lib-man, parle la langue de sa mère francophone, Malia Azeroual, ou vice versa.Déjà bilingue.Kevin parle effectivement l'anglais avec papa Robert et le français avec maman Malia, une juive séfarade de Casablanca au Maroc, immigrée au Québec à l'âge de 15 ans.Pour Robert, le choc des langues fut un peu plus compliqué.À sa naissance en 1961, ses grands-parents paternels, des immigrants juifs venus de Pologne, avaient déjà vendu leur épicerie, rues Villeneuve et leanne-Mance.Ses parents, nés et éduqués à Montréal, comprenaient encore le yiddish mais parlaient l'anglais avec leurs enfants, qui étudiaient en anglais à l'école juive.C'est finalement sur les terrains de baseball de Chomedey, où vécut la famille Libman de 67 à 83, que Robert s'est frotté aux petits francophones.Puis il y eut le travail d'architecte avec des collègues franco-Québécois, entre autres au complexe Felix-Martin, le siège social de la firme d'ingénieurs SNC.Les contacts avec sa femme, dont il est maintenant séparé, et trois ans à l'Assemblée nationale ont achevé la bilinguisation du député de Darcy McGee, un comté formé à plus de 75 p.cent d'électeurs d'origine juive.Même s'il croit refléter la vision de son électoral \u2014«pas nécessairement celle de l'establishment juif» précise-t-il \u2014 qui l'a appuyé massivement, c'est surtout comme anglophone que Robert Libman mène son combat politique contre la société distincte.«Le Québec doit s'ouvrir aux deux langues.C'est une obligation inscrite dans la réalité géographique et c'est la seule manière d'arrêter l'exode vers Toronto et le reste de l'Amérique», clame le nouveau chantre du bilinguisme québécois.Incidemment Warren, son frère cadet, est orthodontiste à Seattle, mais Glen et lames, les deux plus jeunes des quatre fils, étudient encore à McGill et Concordia.Papa et maman Libman (Goldie Aronovitch) habitent maintenant dans le quartier Snowdon.ISAAC LANDAU commerçant Asa demande, c'est la seule de nos 13 étoiles dont le portrait généalogique ne sera pas accompagné d'une photo, qui aurait pourtant bien décrit Isaac Landau, un juif hassidi-quc.C'est comme s'il y avait deux Isaac, celui qui vend des systèmes informatiques aux petites entreprises, à partir de ses bureaux de la rue Saint-Jacques au centre-ville, et qui est venu nous rencontrer à La Presse, et celui qui vit rue Durocher, au coeur du fief des juifs hassidi-ques à Outremont.Les deux portent cependant les mêmes vêtements noirs, avec des ornements plus solennels pour les visites à la synagogue, et ne se coupent ni la barbe ni les cheveux sur les tempes.En ville, Isaac se contente de retourner derrière les oreilles les petites couettes avec lesquelles on identifie les Hassidi-ques.«Il est dit dans le Talmud que le grand rabbin Yochanon saluait toujours avant qu'on ait le temps de le saluer», explique Isaac pour bien indiquer qu'il ne faut pas se couper de ses voisins.11 vit cependant surtout avec les siens, sa femme et ses enfants, une dizaine scmble-t-H même s'il refuse d'en préciser le nombre.Sa femme, Toba Goldberg, née à Montréal, et ses enfants, qui étudient à l'école juive, parlent quatre langues: anglais et français, hébreu et yiddish, cette dernière étant la langue d'usage au foyer.Isaac comprend difficilement le français et le parle très peu, étant né et ayant grandi en Angleterre.11 trouve que les juifs sont très bien traités au Québec.Il avait 20 ans lorsque des visiteurs montréalais, ses futurs beau-père et oncle, vinrent en visite dans sa communauté has-sidique.Il accepta alors l'offre de rencontrer la fille de M.Goldberg.Et ils se marièrent et eurent de nombreux enfants! Continuant la tradition, sa fille aînée vient de se marier avec un juif hassidique de New York.Cette coutume des mariages arrangés est règle générale chez les juifs hassidiques, dont les filles épousent des garçons de New York, de Londres ou d'ailleurs dans le monde.C'est pourquoi les hommes parlent rarement le français, tandis que les femmes sont généralement bilingues (français-anglais), tout le monde parlant le yiddish et lisant l'hébreu.Isaac a deux frères à New York, un en Israel et l'autre à Londres, où vivent sa soeur et sa mère, et où est décédé son père.MALKA ABRAHAM infirmière n mai 91, plus de 14 000 Éthiopiens s'envolèrent d'Addis-Abeba vers Israel.Ce grand coup, baptisé Opération Solomon, venait couronner une décennie de rapatriement des juifs d'Ethiopie.La soudaine irruption de juifs de race noire ne s'est pas faite sans émoi.Isolés au fond de l'Ethiopie pendant des siècles, depuis le roi Solomon semble-t-il, cette branche du judaïsme ne fut découverte, par le français Joseph Halévy, qu'en 1867.Il a fallu du temps pour s'apprivoiser mutuellement.En Israel on a mis 25 ans, de 1948 à 1972, pour trancher la question de fond : les juifs éthiopiens étaient de la famille et pouvaient donc se prévaloir de la loi du retour dans la terre promise.Ce grand bouleversement a eu ses répercussions jusqu'à Montréal, qui compte maintenant une centaine de Falashas (étrangers ou errants), nom souvent donné aux juifs éthiopiens.Vint d'abord Baruch Te-gegne.reparti pour Israel, qui fit venir sa cousine Mal-ka Abraham et ses trois filles: Devorah, Gelila et Bethel, 8, 10 et 14 ans lors de leur arrivée à Montréal en 1980.Mmc Abraham était déjà séparée de son mari, resté en Ethiopie.Malka descend en droite ligne de la grande aristocratie juive d'Ethiopie, comptant parmi ses ancêtres de grands rabins formés en Europe.Quant à elle, Malka fut du premier groupe de jeunes Ethiopiens à étudier au pays hébreu durant les années 50.Infirmière et sage-femme, Malka est présentement en IsraÉl, chez sa soeur qui attend un bébé.Sa mère, un frère et une soeur ainsi que plusieurs cousins et cousines vivent en Israel.À Montréal, Martha vit à Côte-Saint-Luc et travaille à l'hôpital Mount Sinai.Tout en étant noire, elle se sent plus près de la communauté juive, sa nouvelle famille à Montreal.«On ne connaît pas l'avenir, mais, après avoir visité d'autres villes canadiennes et américaines, je sais que Montréal est devenu mon chez-nous», disait Malka, lors d'une conversation téléphonique Montréal-lerusalem.JOE COHEN commerçant Hl n'est pas disparu le commerçant juif prêt a tout pour gagner et conserver un client.Il se nomme |oe Cohen, alias loe Cash, et tient boutique rue Ontario, face au métro Frontenac.11 dansait les «sets carrés» trois jours après son arrivée à Sorel en 1965, 11 a déjà vendu des vidéocassettes à un cent l'unité, il a fait une croisière avec un Grec et un Arabe puis s'apprête à marier une Chinoise, il vient de rassembler 600 personnes à une sucrerie pour contrer les mange-québecois Mordecai Richler et Raymon Aaron.Surtout, il parle à un rythme étourdissant de son commerce, de sa collection de vieilles autos et de ses « terres » à Saint-Rémi et Cap-Chat, notre « Québécois d'adoption et juif de religion».«le n'ai pas honte de dire que je suis Juif quand je suis avec vous autres et je n'ai jamais honte de dire que je suis .Québécois quand je suis avec les juifs», proclame notre marchand, qui s'est converti à l'électronique après avoir débuté dans les machines à coudre et être passé par les encyclopédies Grolier.Il était conducteur de train au Maroc avant d'immigrer au Québec avec ses parents en 1965.Son père, Samuel, est mort à Montréal et sa mère, Allegria Laredo, née au Brésil de parents marocains, fait la navette entre Miami, Cinr cinnati.où vit une de ses filles, et Montréal, où vivent l'autre fille et les deux garçons, Joe et David.De son premier mariage, loe a deux garçons, )oel et Chad, 14 et 12 ans.Sa boutique est tapissée de messages de toute sorte.Voici celui qu'il a fait passer à la station de radio CIBL après les sorties de Richler et d'Aa-ron: «Je suis québécois d'adoption et juif de religion.Le Québec est ma terre promise.» En voici un autre, inscrit dans son grand cahier à pétitions: «Il y a beaucoup d'avenir dans notre belle province qu'est le Que-bec, à la condition de bûcher fort.Pour quelqu'un qui ne bûche pas, il n'y a d'avenir nulle part.» B 6 riii s LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 4 JUILLET 1992 Près de 10 p.cent de l'Amazonie est déjà partie en fumée.Les écologistes accusent avant tout les grands propriétaires fonciers et les compagnies étrangères.Le tribunal a ordonné un nouveau procès pour les assassins de Chico Mendes (ci-haut) qui a dirigé la lutte des cueilleurs de latex.La plupart des assassinats de paysans et d'Indiens, en Amazonie, restent impunis.PHOTO AP L'Amazonie à feu et à sang ^environnement et les droits sociaux sont étroitement liés au Brésil : I ANDRÉ NOËL envoyé spécial La Presse à RIO DE JANEIRO L a survie de centaines d'espèces de plantes et d'animaux repose sur les épaules d'hommes comme Go-mercindo Rodrigues.Mais celui-ci pense avant tout à la survie de ses camarades de travail et de leurs familles.Rodrigues, un ingénieur agronome âgé de 33 ans, était le proche collaborateur de Chico Mendes, un cueilleur de latex abattu par des tueurs à gage en décembre 1988.Les assassins ont été condamnés, mais le tribunal a décidé cette année de reprendre leur procès.Rodrigues pourrait être appelé à témoigner.Mendes était le symbole de la lutte de milliers d'ouvriers, de paysans et d'indiens contre les grands propriétaires fonciers et les multinationales qui rasent l'Amazonie pour y établir des pâturages ou de gigantesques plantations.Des hommes comme Rodrigues ont pris sa succession.Ils sont l'exemple vivant du lien étroit, dans le tiers monde, entre les revendications sociales et environnementales.«Les millions de personnes qui habitent l'Amazonie sont là pour y rester, expliquait Rodrigues, au cours d'un entretien récent à Rio de Janeiro.La forêt peut éternellement leur fournir des moyens de subsistance.Encore faut-il qu'elle reste debout!» Avec ses quatre millions de kilomètres carrés, l'Amazonie est la plus grande forêt tropicale au monde.Selon les scientifiques, plus de 50 000 espèces végétales (dont 30 000 réperto- riées) et des milliers d'espèces animales \u2014 certaines encore inconnues \u2014 vivent dans la forêt amazonienne.Il s'agit là du plus important patrimoine biologique de la planète.Les réserves hydrauliques du Brésil représentent d'autre part la moitié de l'eau douce de la terre.Les chefs d'État présents au Sommet de Rio, en juin, pensaient avant tout à l'Amazonie lorsqu'ils ont signé un traité sur la protection de la biodiversité.Près de 10 p.cent de la forêt est déjà parti en fumée, un territoire équivalent à la moitié du Québec.Mais on ne peut pas sauver les plantes et les animaux sans sauver les êtres humains qui les protègent, affirme Go-mercindo Rodrigues, un homme trapu et voûté.En 1991 seulement, les tueurs à gage ont abattu 54 paysans, indiens, écologistes et prêtres dans la partie brésilienne de l'Amazonie.«Ils m'ont eu» Rodrigues en sait quelque chose: il était avec Chico Mendes 10 minutes avant que celui-ci se fasse tuer.Mendes dirigeait le syndicat des cueilleurs de latex, ce liquide blanc sécrété par les hévéas et dont on tire le caoutchouc naturel.Un million de cueilleurs vivent en Amazonie, si on compte les membres de leur famille.«l'étais dans la maison de Chico à Xapuri ( nord-ouest du Brésil ), raconte Rodrigues, en passant sa main large et calleuse dans sa barbe.On jouait aux dominos.Deux gendarmes étaient assis sur le perron.Ils étaient censés le protéger, car il avait reçu plusieurs menaces de mort.«D'habitude, des pistoleros (des hommes armés) rôdaient dans les environs.Depuis quelques jours, on ne les voyait plus.Ça m'inquiétait.l'ai décidé d'aller à leur recherche.Quand je suis revenu, le corps de Chico était étendu par terre.Il avait été abattu en se rendant aux toilettes, à l'arrière de la maison.Selon sa femme, il a juste eu le temps de dire: ils m'ont eu.» L'année précédente, Mendes avait reçu le prix Global 500 du Programme des Nations unies sur l'environnement.Alfredo Sirkis, chef du Parti vert brésilien, soutient que les «extra-divistes» ont sauvé des milliers d'hectares de forêt.Souvent, les cueilleurs et leurs familles s'assoient en face des bulldozers qui veulent illégalement abattre les arbres.Vivre de la cueillette du latex et des noix n'est cependant pas chose facile.Quelques compagnies \u2014Michelin, Pirelli, Firestone, Goodyear\u2014 contrôlent l'industrie du pneu et donc le marché.Elles fixent les prix et boudent le latex produit par les extradivis-tes, affirme Rodrigues.Elles préfèrent planter elles-mêmes les hévéas.Les multinationales Manoel Pereira de Andrade, du Centre d'études et d'enquêtes des États de l'Amazonie, du Pantanal et du Cerra-do, soutient que le gros de la deforestation, en Amazonie, est le fait de multinationales comme Michelin (France), Nestlé (Suisse), Liquifarm (Italie) et de quelques gros propriétaires brésiliens, qui fournissent souvent des compagnies étrangères comme la chaîne de restaurants Macdonald.Sous divers prête-noms ou en utilisant des sociétés-écrans, les grandes compagnies étrangères s'approprient les terres, affirme Andrade.Elles achètent à bas prix des faux titres de propriété puis chassent les paysans ou les indiens installés depuis des siècles ou des millénaires.Elles ont beau jeu, car les paysans et les indiens n'ont aucun document officiel attestant qu'ils sont les réels propriétaires.«Les tueurs à gage demandent aux gens d'abandonner leurs terres et leur suggèrent d'aller travailler pour les compagnies, explique Andrade.Quand les gens ne veulent pas, ils font des menaces.Ils brûlent quelques maisons.Ils menacent de kidnapper les enfants.Éventuellement, ils assassinent les chefs des groupes de paysans et d'indiens.» Des compagnies comme Liquifarm ont acquis jusqu'à un million d'hectares, soutient l'ingénieur.Elles en revendent parfois des portions à des sociétés-écrans brésiliennes.En 1990, une d'entre elles a déboisé 60 000 hectares pour des pâturages.Les effets sur le sol sont désastreux.Les indiens aussi font de l'agriculture en Amazonie.Mais ils ont l'habitude de laisser reposer la terre pendant de longues périodes.La forêt repousse et le sol ne s'épuise pas.Il n'en va pas de même avec les pâturages intensifs.Dans les pays tropicaux, le sol non régénéré par un couvert forestier perd rapidement ses sels minéraux, à cause des pluies abondantes et de la chaleur qui accélère la décomposition de la matière organique.Sans arbre, le sol se dénude.Assassinats d'indiens La violence contre les indiens est constante.L'an dernier, 27 d'entre eux ont été assassinés, affirme le Conseil des missionnaires auprès des Indiens (CIMI), une agence liée à la Conférence nationale des évêques du Brésil.Le CIMI croit qu'il faut délimiter les terres indiennes et les protéger effectivement contre les «envahisseurs».Mais surtout, affirme le CIMI, il faut punir les assassins.Ceux-ci jouissent généralement de l'impunité.Seulement 11 des 27 meurtres commis en 1991 ont donné lieu à des procédures judiciaires.Et seulement les tueurs impliqués dans deux assassinats ont été arrêtés.Beaucoup d'assassinats passent inaperçus.Tsamoa Pedroza, une jeune fille de 17 ans, a raconté à La Presse comment son père \u2014un Indien Xa-vantes\u2014 a perdu la vie dans un accident, ce printemps.Tous deux roulaient en auto dans une réserve du Matto Grosso.Soudain, une camionnette a bloqué la voie.Des hommes ont ouvert leurs fenêtres et pointé des fusils dans leur direction.Ils ont visé les roues.Les pneus ont éclaté.L'auto dans laquelle se trouvait Tsamoa a fait une embardée.«Je ne sais pas ce qui est arrivé ensuite, raconte la jeune fille, dont la mère est une Cri du Québec, j'ai perdu connaissance.Quand j'ai ouvert les yeux, des policiers m'entouraient.Le corps de mon pere était sur moi.Mort.» La Commission pastorale de la terre affirme que la deforestation se fait souvent par des esclaves.La commission a compté 4883 esclaves au Brésil en 1991, deux fois plus que l'année précédente.La plupart du temps, il s'agit d'ouvriers ou de paysans recrutés avec des promesses d'un salaire élevé, puis transportés loin de chez eux.Les entreprises ou les propriétaires leur avancent l'argent pour les outils, le logement, la nourriture.Leur salaire ne suffit jamais à rembourser leurs dettes, si bien qu'ils deviennent captifs.«On peut pointer du doigt le genre d'entreprises qui utilisent le plus grand nombre d'esclaves: des entreprises de deforestation, surtout en Amazonie, affirme un rapport de la Commission pastorale.Des gardiens armés surveillent les esclaves jusqu'à ce que le travail soit fini.Ceux-ci ne peuvent pas partir.» Le document rapporte le témoignage d'un esclave, Joao Rodrigues.de Souza, 61 ans: «À la fin du contrat, le contremaître m'a dit que je devais 16 000 cruzeiros ( 10$).Quand je lui ai dit que je m'en allais, il m'a dit : \"Non, tu ne pars pas.\" Chaque fois que j'essayais de partir, on revenait me chercher pour me remettre au travail.Les inspecteurs étaient armés de fusils.» Voilà dans quelles conditions se fait un des désastres environnementaux du XXe siècle, la destruction de la plus importante forêt au monde.Le grand bond en avant de i'ONU La proposition de Boutros-Ghali d'une force permanente ne déplaît pas aux USA LOUIS WIZMITZER Nations unies.NEW YORK n proposant la création d'une sorte de force armée permanente des Nations unies chargée d'intervenir ponctuellement pour maintenir la paix ou la rétablir là où elle a été violée, le secrétaire général des Nations unies, M.Boutros Boutros-Ghali permet à l'organisation internationale d'effectuer un véritable bond en avant et entreprend de civiliser enfin les relations internationales.Il reprend en effet l'idée des Pères fondateurs de l'ONU qui avaient même prévu un état-major militaire onusien commandé par le secrétaire-général de l'ONU lui-même agissant sur les directives du Conseil de sécurité.Avec la guerre froide, aucune suite n'avait été donnée à ce projet ; pendant 40 ans, l'ONU s'est révélée dans l'impossibilité de jouer son rôle de gendarme planétaire, l'organisme se trouvant paralysé par 279 vetos soviétiques, américains, français, anglais et chinois.Boutros-Ghali propose que des forces armées soient spécialement affectées à l'ONU, qu'un comité d'état-major onusien soit réactivé, que des «unités d'implantation de paix» constituées de volontaires, soient créées (qui seraient dépêchées aux points chauds pour empêcher les conflits d'éclater et pour «crédibiliser» la diplomatie préventive onusienne ).Regrets et action Jusqu'ici l'ONU en était réduite à «regretter» et à «déplorer» la conduite de ses membres qui violaient la Charte et brutalisaient leurs voisins ou leurs propres populations.A partir du moment où l'ONU serait capable de joindre le geste à la parole et de menacer les pays récalcitrants d'être confrontés à des casques bleus, son rôle de gardienne de la paix serait plus crédible.La SG préconise la mise en place d'une force d'intervention rapide mais aussi d'un dispositif d'alerte qui se déclencherait dès qu'une menace contre la paix aurait été constatée.Un déploiement préventif pourrait intervenir.Il préconise que les contributions pour financer ces efforts militaires soient prélevées sur les budgets de la défense des pays membres plutôt que sur celui des affaires étrangères.Le rapport de Boutros-Chali compare le coût des opérations de maintien de la paix (3 milliards de dollars en 12 mois) à celui des dépenses militaires dans le monde: mille milliards US par an.L'ONU, débarrassée de la guerre froide et du jeu des vetos, doit pouvoir réellement intervenir pour forger un nouvel ordre mondial où les problèmes se régleraient par la négociaion et non par la force.La bouderie des USA Dans le passé, les États-Unis s'étaient toujours opposés à l'idée d'une armée onusienne au service du Conseil de Sécurité, tandis que les Soviétiques l'avaient appuyée.De toute évidence, l'Amérique voyait dans l'ONU une empêcheuse de danser en rond qui la gênerait dans sa politique \u2014 au nom de l'intérêt des USA (et partant, du BIEN ).Les Soviétiques au contraire y voyaient le moyen de diluer et de freiner le pouvoir américain.Or \u2014 sans le ; ¦ «x PHOTO REUTER Le secrétaire général de l'ONU, Boutros Boutros-Ghali : des propositions concrètes pour policer la planète.proclamer\u2014 les Etats-Unis ont sur ce point modifié leur attitude du tout au tout et nous apprenons, de sources placées en haut lieu, que l'administration Bush a, au contraire, encouragé Boutros-Ghali à faire preuve d'audace et à lancer son projet.«Notre première réaction officielle ne sera ni favorable ni hostile mais après les élections présidentielles nous nous rallierons à votre idée», lui a-t-on fait savoir au plus haut niveau.En effet, l'ONU, bien que partiellement réhabilitée ces dernières années, a toujours une mauvaise image dans les milieux d'extrème-droite et Bush ne souhaite pas prêter le flanc à la critique de ceux qui l'accuseraient de permettre à l'ONU de tenir les USA en laisse.Par contre, sur le fond, la position américaine a fait un virage à 180 degrés.En effet, le gouvernement américain comprend que: 1 ) des interventions pour rétablir la paix dans un monde plus volcanique que jamais seront nécessaires (Yougoslavie, Haut-Karabakh, Géorgie, Moldavie, etc.); 2) que les USA n'auront pas l'estomac pour répéter leur performance de la Guerre du Golfe et envoyer des «boys» à grand frais en Asie Centrale, dans les Balkans, dans la Corne de l'Afrique: 3 ) Il sait enfin que de toute manière il a contrôlé aujourd'hui le Conseil de sécurité de l'ONU puisque les Russes sont «dans la poche» des Américains, que la Chine se contente de s'abstenir (pour ne pas gêner l'Amérique et en même temps préserver «son honneur», que la Grande-Bretagne suit toujours Washington et que la France en fait autant, ne disposant pas des moyens politiques et économiques pour faire cavalier seul.Dans ces conditions non sculemcant la création d'une force d'intervention au service de l'ONU ne poserait aucun problème à l'Amérique mais l'aiderait même dans son rôle de shérif planétaire qui souhaite y mettre la forme et agir au nom de la communauté internationale (et non pas à la manière du cowboy).Comme il avait été prévu, fames Baker, le secréaire d'État, a commenté le plan de Boutros-Ghali sans l'approuver, ni le rejeter.«C'est une idée intéressante à suivre», a-t-il dit pour l'essentiel.En fait le gouvernement américain demande à être entraîné sur cette voie.C'est pourquoi il n'est nullement gêné par le fait que François Mitterrand d'une part, John Major d'autre part, s'attribuent le mérite de cette idée.Saddam Hussein n'aurait sans doute pas envahi le Kuweit si une ou deux divisions de casques bleus avaient été stationnées sur la frontière entre l'Irak et ce pays.Boutros-Ghali met l'accent sur la diplomatie préventive qui, pen-sc-t-il, coûtera moins cher en vies humaines et en argent que le rétablissement de la paix.Depuis qu'il a assumé ses fonctions début janvier, il a concentré ses efforts sur les crises et dépéché des commissions en Somalie, au Cambodge, en Yougoslavie, en Irak, en Lybie.Bien sûr, ce qui préoccupe le secrétaire général, c'est le financement de ces opérations.Certains pays et non des moindres (USA) doivent d'énormes arriérés à l'ONU.Il propose la création d'un fonds de roulement de 250$ millions et d'un fonds de réserve de 50$ millions pour les opérations de maintien de la paix.Le Canada, aux côtés du lapon, de l'Allemagne, des pays Scandinaves, ap-partient à la catégorie des bons payeurs et des meilleurs élèves de la classe onusienne.Quoi qu'il en soit, du point de vue des relations internationales le projet de Boutros-Ghali constitue une véritable révolution (qui a largement jusqu'ici passé inaperçue).: i ¦ ¦ m LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 4 JUILLET 1992 Plus Un «procès à la Nuremberg» menace les communistes russes Gorbatchev sera-t-il touché par le procès de Moscou?PAULE ROB IT AILLE collaboration spéciale MOSCOU Cf Le est le 23 août 91.Les pu te h is tes viennent d'échouer lamentablement.Ce jour-là, Boris Eltsine humilie sans pitié le président de l'URSS, Mikhail Gorbatchev qui revient d'une retraite forcée en Crimée.Sous les yeux du secrétaire général, Boris Eltsine arrête et interdit les activités du Parti communiste, l'organisation oui dirige le pays depuis 70 ans.Devant un Parlement russe en délire, Mikhail Gorbatchev est décontenancé: «Ce n'est pas juste.Boris Nico-laiovitch soyez démocrate!» Les députés le huent.Le président de Russie, intraitable, signe d'un trait les décrets et c'est la belle mort du Parti communiste de l'URSS.«Ces décrets sont inconstitutionnels, crient les anciens communistes.Redonnez-nous notre Parti!» Mardi, la Cour constitutionnelle de Russie les entendra.Ce procès s'annonce comme l'un des plus mémorables de l'histoire de la Russie bien qu'elle ait une très courte tradition dans ce domaine.Un procès mémorable parce que le gouvernement de Russie compte bien en profiter pour fouiller dans les entrailles du défunt Parti et en faire le «procès».Des proches de Eltsine ont même parlé d'un procès à la «Nuremberg».Les «démocrates» veulent faire d'une pierre deux coups: punir publiquement l'ancien pouvoir et discréditer son opposition, un rejeton extrémiste du Parti communiste.Des explications Les avocats du gouvernement russe disent que Boris Eltsine avait tous les droits lorsqu'il a banni le Parti.Scion eux, le PCUS n'a jamais été un parti politique mais plutôt une super-structure gouvernementale qui a abusé «grossièrement» de ses droits.«C'était comme un cancer, une tumeur qui se propage dans tout le corps», confie Mikhail Fedo-tov, un avocat de l'équipe du président.Le procès suscite un vif débat en Russie.Les critiques clament que ce procès du PCUS est insensé: «Les démocrates ont presque tous \"magouillé\" dans le Parti, plaident-ils.Les vrais coupables sont déjà morts!» Les autres rétorquent: «Ce procès-là est vital; c'est une façon d'expier nos péchés, de faire un constat de ces années noires.» Autant de questions à la veille de ce procès qui survient dans un pays qui jongle maladroitement avec la démocratie et les libertés qui s'en suivent.; Les «démocrates» y voient une façon de punir publiquement l'ancien pouvoir, entre autres Mikhail Gorbatchev, et, du même coup, de discréditer l'opposition.Les «conservateurs, eux, qu'ils ga-gnent ou qu'ils perdent, diront que c'est Boris Eltsine qui se livre \u2022 ;à des abus et non leur sacro-saint \\ parti.I L'indépendance du pouvoir ju- \u2022 diciaire est une notion nouvelle dans ce pays habitué à l'autoritarisme.Récemment, les 13 juges de cette cour, l'équivalent de notre Cour suprême en matière constitutionnelle, ont envoyé un signal d'alarme.Leur fragile pouvoir est menacé, disent-ils.Ils accusent le gouvernement et les extrémistes de violer régulièrement la constitution.Ils se plaignent de la passivité du Procureur général et de la police.Des craintes Une semaine avant le procès, un juge de la Cour constitutionnelle a fait état devant la presse de ses craintes à l'endroit des «conservateurs» (les anciens communistes et l'extrême-droi-te), ceux-là même qui ont entamé les procédures du procès de mardi.«Voyez! lance Ernest Ametis-tov en montrant des journaux qui titrent en manchette des slogans fascistes et racistes.Dans votre pays, de telles publications ont peu de conséquences.Chez nous, la population est sous pression et un rien peu tout faire exploser.11 faut les punir.» Puis le juge se ressaisit, se calme et assure qu'il est impartial même si les gestes des conservateurs le choquent.«Mardi, nous ne voulons pas faire le procès du Parti communiste», d'expliquer Ernest Ametistov, qui défend l'intégrité de sa cour.Nous ne sommes pas un instrument du pouvoir politique comme certains tentent de le faire croire.Nous répondons aux demandes de certains groupes qui en appellent de la constitutionnalité de certains gestes et d'une organisation.» Mais quoi qu'en dise la Cour constitutionnelle, sa décision aura un poids politique énorme.Elle sera le forum d'une bataille rangée entre «démocrates» et «conservateurs».Des équipes d'avocats travaillent jour et nuit accumulant les documents d'archives et allongeant la liste des témoins.On compterait 36 volumes d'archives et une soixantaine de témoins.Le procès durera au moins 15 jours, dit l'avocat Fedotov.Pour cela, ils devront déterminer ce qu'est un parti politique.«Nous trouvons très intéressante la définition proposée par la Cour constitutionnelle d'Allemagne de l'Ouest dans les années 50», avoue le juge Ametistov.En 1956, la cour allemande avait jugé que le Parti communiste était une organisation subversive qui ne respectait pas la constitution, donc qui n'était pas un parti politique.Une tâche difficile Mais la tâche des juges demeure ardue.La Russie est au prise avec une vieille constitution adopté sous l'URSS.Ces lois sont toutes en train d'être révisées, «l'avoue que cela nous donne de gros maux de tête», dit le juge Ametistov.L'avocat Fedotov, lui, prêche pour sa paroisse.11 dit que l'illégalité du Parti est patente et se prouve par quelques documents PAULE ROBITAILLE collaboration spéciale MOSCOU Le colonel Constantin Chkod-kin veut qu'on l'enterre avec un portrait de Joseph Staline sur la poitrine.En attendant, il fait tous les meetings des communistes nostalgiques et de l'extrémc-droitc.«le n'en manque pas un.» Ce barbu à la façon d'un professeur de cégep des années 70 veut sauver la Russie de la perdition et «ériger» le socialisme.Pour le colonel Constantin Ni-colaiovitch, 70 ans, un communiste est un homme honnête qui aime son peuple et qui est prêt à souffrir pour lui: c'est un saint-homme.Et des communistes comme çà, selon le colonel, il y en a encore beaucoup.Au moins quelques millions en Russie.« Bien sûr, certains ont fait des er- d'archives seulement.«Le Parti communiste n'a jamais été un parti politique et cela, même avant 1917, sauf pour une brève période, dit-il.C'était un groupement de criminels et d'extrémistes.II opérait clandestinement, avait sa bande armée et était financé par des pays étrangers, notamment l'Allemagne.Us ont pris le pouvoir par la force, c'était un coup d'État.» Ensuite, il ajoute que le Parti communiste est devenu une super-structure gouvernementale «comme un cancer, une tumeur, qui se propage dans tout le corps.» Le parti décidait de tout: de la nomination des juges, des rédacteurs en chef de journaux et des leaders syndicaux.« Et il a fait tellement de victimes», d'ajouter cet homme qui dit ne jamais avoir été membre du Parti.reurs mais qui n'en fait pas?Nos buts sont nobles.» Pour le colonel, juger le Parti communiste est donc un péché.« De toute façon, cela n'a pas de bon sens!, s'exclame le colonel.À Nuremberg, ils ont jugé des hommes, des fascistes, mais pas le Parti national socialiste.On interdit peut-être un parti mais on ne fait pas son procès.» La discussion donne des frissons au colonel.Quel blasphème! Comparer les fascistes aux communistes; des communistes dont lui-même qui se sont battus corps et âme pour sauver leur «Russie» de Hitler.Le gouvernement actuel a oublié tout cela, selon lui.Eltsine et ses amis ont fait carrière dans le Parti, ils en ont profité, ils en ont abusé et maintenant, ils veulent le juger.«Tous des Judas.Ce sont eux, les traîtres!» «C'est Gorbatchev qu'on de- «Ce que nous prouverons, mardi, c'est qu'ils sont même allés à rencontre de leur propre constitution, explique l'avocat.Ils ont bafoué les grands principes du communisme.\"Le pouvoir au peuple\", pouvait-on lire dans leurs lois; quelle blague!» Mi- vrait juger, c'est à lui la faute, de dire le vieux militaire qui brandit le journal de l'armée l'Etoile Rouge.Le lâche.On était 19 millions de communistes et il nous a laissé tomber.» Maintenant, si le gouvernement Eltsine veut mettre à mort le Parti, Constantin Chkodkin est d'avis que c'est pour se débarrasser de l'opposition.«Mais aussi, ils veulent nous achever pour recevoir plus d'argent de l'ouest.Nous sommes si dépendants de l'étranger.Et pour l'Occident, la mort du PC est une condition sine qua non pour aider.» Pour le colonel qui a vécu toute sa vie dans un pays autoritaire et qui vénère Staline, l'indépendance de la Cour constitutionnelle est une notion abstraite.Pour lui, le pouvoir judiciaire répond aux désirs du chef.Aux États-Unis, Eltsine a célébré les funérailles du Parti com- khail Fedotov montre quelques documents d'archives.«Voyez ce bijou!» s'exclame-t-il.Et il sort de sa valise un document de 1974 de la Commission centrale des élections qui confirme les élections du Soviet Suprême deux jours avant qu'elles aient eu lieu.muniste.Mardi, les démocrates veulent faire de ce procès son enterrement.Mais le colonel et ses amis ne les laisseront pas faire.À l'ouverture de la cour, ils seront là.«On s'organise et, croyez-moi, cela sera mémorable.» Les conservateurs ont l'expérience et sont bien organisés.Presque à tous les dimanches, les «rouges bruns» ( rouge pour communiste \u2014 brun pour fasciste), en majorité des retraités, manifestent.Ils se sont fait remarquer récemment, en juin.Pendant 10 jours, ils ont veillé à l'entrée du siège de la télévision russe à «Os-tenkino».Ils exigeaient un droit de passage régulier sur les écrans d'une télévision qu'ils jugent «entièrement contrôlée par les sionistes et les juifs».Selon le colonel, ce n'est pas tout le monde qui juge le PC mais Des procès en vue Si Fedotov gagne sa cause, si le Parti communiste est jugé inconstitutionnel, l'affaire ouvrira la porte à une série de procès au civil et au criminel contre les anciens hauts dirigeants du Parti.«Un exemple: ils pourraient être poursuivis pour avoir participé à des actes terroristes à l'étranger, confie l'avocat qui lit ensuite l'article 67 du Code criminel de Russie.Selon l'avocat.Mikhail Gorbatchev est la cible parfaite.Et Boris Eltsine?Il répond evasive-ment: «Le Président de la Russie est honnête, on a déjà vérifié les documents.» Reste à savoir quel serait l'avis des communistes et des habitants de Svcrlosk où, il y a quelques années, monsieur Eltsine était là-bas secrétaire du Parti communiste.seulement la télévision, la radio et les journaux.«Ce n'est pas pour rien que l'on appelle «Os-tenkino, l'empire du mensonge».Tout ce que veut Constantin Nicolaiovitch, c'est que ses petits-enfants vivent bien, qu'ils puissent s'acheter tout ce qu'il faut pour faire un borch pour 80 kopecks.Il souhaite qu'ils gagnent leur vie honnêtement sans avoir à pactiser avec la mafia.C'est pour cela qu'il est communiste.Et il ne voit pas de mal là-dedans.Pour lui, le procès de mardi est une claque en plein visage, une grossière humiliation.Si par un heureux hasard, les communistes gagnaient leur procès, Constantin Chkodkin et les autres promettent qu'ils organiseront un plenum du Parti, et ensuite, un congrès du Parti.«Ça sera un nouveau Parti et des nouveaux membres», assurent les leaders.LES GRANDS ÉVÉNEMENTS DU PARC OLYMPIQUE « Un vieux colonel stalinien s'explique B 8 \u2022 « LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 4 JUILLET 1992 Les cristaux de l'espace contre le sida et le cancer Agence France-Presse HOUSTON ¦ L'équipage de lu navette Columbia, qui entame aujourd'hui la neuvième de ses neuf journées de vol, établissant un nouveau record à ce chapitre, affirme que toutes les expériences à bord se poursuivent sans heurts.Ces expériences procèdent notamment des recherches les plus poussées sur des cristaux susceptibles de combattre les maladies telles que le cancer et le sidaA, a indiqué la NASA.A 28 000 km/h, dans le confortable laboratoire Spacelab, l'astronaute Lawrence DeLucas a observé au microscope trois échantillons de cristaux, dont ceux d'un enzyme associé au virus du sida, pour s'assurer de leur bonne croissance, après les avoir retirés d'un incubateur.Pour la première fois dans les programmes spatiaux, un expert en cristallographie \u2014 l'astronaute DeLucas \u2014 organise et conduit à bord de la navette, au rythme d'une douzaine d'heures de travail par jour, toute une série de recherches pour fabriquer les meilleurs cristaux, en taille et en pureté, en profitant de la durée record de 13 jours de ce vol.«Il y aurait davantage de découvertes si l'on volait plus souvent et plus longtemps dans l'espace », avait déclaré M.DeLucas, qui est professeur à l'Université d*Alabama à Birmingham.En cherchant à produire dans l'espace des cristaux à partir de protéines, de virus et d'enzymes liés à des maladies comme le cancer, les scientifiques associés à la NASA espèrent obtenir des structures cristallines parfaites non déformées par la gravité comme sur Terre.«Une fois que vous avez des cristaux bien formés avec une bonne organisation des molécules spécifiques à une maladie, vous pouvez mettre au point un médicament adapté», explique Marianna Long, directrice-adjointe pour la NASA au centre de cristallographie moléculaire de l'Université d'Alabama.«C'est exactement comme de posséder la serrure et de fabriquer la clé correspondante», a encore ajouté cette spécialiste.Mais la grosse difficulté est de laisser lentement croître les cristaux pendant plusieurs jours, sans la moindre interférence qui provoque aussitôt une dislocation de la structure moléculaire en cours de formation.La moindre accélération de la navette ou les vibrations provoquées par les bicyclettes ergométriques des astronautes peuvent être fatales pour la qualité des cristaux obtenus.Au retour de Columbia prévu pour le 8 juillet, différents laboratoires d'universités américaines vont analyser les cristaux par diffraction avec des rayons-X qui permettent de mettre en évidence la structure tridimensionelle des molécules.Où était le Vincennes ?Agence France-Presse WASHINGTON ¦ Le sénateur Samm Nunn a demandé au Pentagone, hier, d'enquêter sur les allégations que la marine aurait «délibéremment trompé le Congrès» sur l'emplacement du croiseur américain Vincennes lorsqu'il a abattu un appareil civil iranien il y a quatre ans.Le Pentagone a admis cette semaine que le navire de guerre se trouvait, à la suite de «manoeuvres défensives», dans les eaux iraniennes comme dans les eaux internationales lorsqu'il a abattu l'airbus iranien, tuant ses 290 passagers, le 3 juillet 1988.Le Vincennes croyait faire l'objet d'une attaque d'un chasseur iranien.La demande d'enquête du sénateur démocrate de Géorgie, président de la commission sénatoriale des forces armées, intervient après une déclaration cette semaine de l'amiral Crowe, l'ancien chef de l'état-major militaire interarmes, indiquant que le Vincennes se trouvait dans les eaux territoriales iraniennes lors de l'incident.Le commandant du Vincennes comme les hauts responsables de la marine et du Pentagone ainsi que le président Reagan avaient tous déclaré à l'époque que le navire se trouvait dans les eaux internationales.Le commandant du Vincennes, le capitaine Will Rogers, a déclaré pour sa part cette semaine qu'il est «absolument certain» que son navire ne se trouvait pas dans les eaux iraniennes lors du lancement du missile qui a abattu l'airbus.Il a toutefois reconnu qu'il est «probablement exact» que le navire a franchi la ligne de démarcation durant son combat avec des bâtiments iraniens.Bonnie Dumbar, spécialiste de mission et responsable de l'appareillage scientifique, examine son cahier de procédures tout en surveillant de prés l'appareil dans lequel se poursuit une expérience de cristallisation, à bord de la navette Columbia.L'apesanteur permet de fabriquer des cristaux beaucoup plus purs que ceux que l'on trouve ou fabrique sur Terre et sont très précieux dans la recherche médicale et scientifique ainsi que dans l'industrie.photo afp Si vous êtes membre du CLUB, entrez le code suivant: À NE PAS !_ MANQUER1- ^^^^¦¦«.^ LESMULTl- 1 53584QfiQ «3% SM*EO\\ DM© Sinon, composez, à Montréal, le 251-8688 ou, sans frais, le 1 800 563-8688.ALCAN prô.'.onto lo PEST1VJ mTEEMTIl DE MONTREAL on collaboration avoc Bleue ^ ~~- /v ton DANS LE CADRE DU 350e ANNIVERSAIRE DE MONTRÉAL l B4?A "]
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