La presse, 30 août 1992, C. Livres - Arts et spectacles - Galeries d'art
[" Arts et spectacles Galeries d'art LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 30 AOUT 1992 À que ons encore de la retraite Mary Higgins Clark, la «reine du suspense» s'amuse en écrivant LUCIE COTE collaboration spatiale Les livres île celle «reine du suspense» sont des best -sellers immédiats, déjà vendus à des dizaines de millions d'exemplaires à travers le inonde.Elle a signe un méga-contrat, en lc)88, avec Simon & Schuster, sa maison d'édition, qui lui assurait alors 12 millions pour cinq livres, dont quatre ont deja été publies.Mais celte charmante et élégante femme, mere tie cinq enfants et cinq fois grand-mère ( la dernière fois il y a moins de deux semaines), douce, aimable et cl role, qui affectionne les personnages ordinaires soudainement confrontes au mal.ne songe toujours pas à In retraite.Mary Higgins Clark vient de publier Nous n'irons plus au bois et travaille deja a son prochain roman qui devrait paraître au printemps.« Lorsque je suis sur le point de commencer un nouveau livre, j'ai l'impression d'etre au pied d'une très bauie montagne, le me dis alors oh mon dieu,ça recommence, raconie-l-ellc en riant.«Mais je n'hésite jamais.Rien ne peut remplacer ça, ça fait partie de moi.l'aime écrire et je m'amuse en écrivant.|e mets en ce moment un an a écrire un livre, je pourrais sûrement travailler plus rapidement encore.|e finis habituellement un roman en février, il sort a la Pète des mères, et je lais alors la tournée des médias.Pendant l'été, je n'écris que des bribes.Mais quand la promotion est terminée, je retourne a ma maison de Cape Cod.ou.plutôt, ce qu'il reste de moi y retourne, pour écrire le prochain livre.« Il me semble (pie je dois écrire.Un écrivain n'arrête pas d'écrire, cxplique-t-cllc.El c'est ce que je fais pour gagner ma \\ ie.» Sourire sceptique de ma part.Il allusion au faramineux contrat.«Attende/ de voir le prochain», lance-t-cllc ravie.Ah bon?Elle n'en dira cependant fias beaucoup plus, parce ce fameux contrat, qui devrait inclure encore une fois plusieurs livres, n'est pas encore signé.Mary Higgins Clark, venue rencontrer ses lecteurs et les journalistes, pour parler de /Vous n'irons plus au bois, sou plus récent roman, assistera aussi le lundi \"SI août a la projection de A cry in the night, un film du cinéaste canadien Robin Spry, inspire du roman du même titre ( Lu Maison du guet en français), présente au Festival des films du monde (et en septembre a Super Écran).Ce huitième film lire d'une des oeuvres de la romancière, met île plus en vedette Carol Higgins Clark, sa fille, cpii vient elle aussi de publier un roman.«l'ai toujours voulu que le role de lenny aille .1 Carol, elle est une 1res bonne actrice.Et j'aime particuliemenl ce film, indique Mai v Higgins Clark, il est fidèle a mon roman.On m'a fait lire le scenario d'abord.La premiere version n'allait pas du tout.Les auteurs avaient changé tellement de choses a l'histoire.lai le lisant, je me suis dit qu'ils étaient totalement dans relieur.C'est alors que Robin l'a réécrit au complet.» Le meurtre d un prof Nous n'irons plus nu bois raconte l'histoire de Laurie Kenyon, une étudiante accusée du meurtre d'un professeur.Les preuves sont accablantes, mais Laurie n'a conserve aucun souvenir du meurtre.Sa soeur Sarah, avocate, assure sa défense et découvrira, a l'aide d'un beau médecin, que Laurie souffre de doubles de la personnalité.Enfant, clic a etc en lev ce cl séquestrée pendant deux ans et toute sa vie s'en est trouvée bouleversée.Lin personnage typique de Marv Higgins Clark.\u2022 l'ignore pourquoi j'écris toujours a propos du même genre de personnes, avoue l'auteur.Ça arrive simplement comme ça.l'ai toujours celle idée que tout va bien jusqu'à ce que.tout a coup, quelque chose de terrible se produise.Ça peut arriver a n'importe qui, a n'importe quel moment.» C'est arrive justement a la petite Mary lli^iuns qui.revenant insouciante tic la messe, aperçoit un attroupement devant sa maison et apprend que son père est mort dans \u2022on sommeil.Elle avait dix ans.Mary Higgins Clark a gardé un souvenir très vif de ce jour.« l'ai SU tout de suite que quelque chose était arrive.|e portais ce jour-la un manteau rose, que j'adorais, le ne l'ai jamais remis ensuite et pendant des années, je n'ai plus porte cette couleur.Mais j'ai mis longtemps à savoir pourquoi.» Et l'incident a inspire une scene de Nous n'irons plus nu bois qui.comme les autres livres île Mary Higgins Clark, se termine bien.\u2022 C \"est toujours comme ça, parce que mes personnages nui vécu des épreuves, mais en sortent victorieux», soulignc-t-elle.La romancière, qui a une fille juge, ci un fils avocat, assiste souvent à des procès pour trouver son inspiration.I 1 c'est une pli rase de sa fille Carol qui a fournit le sujet de son dernier roman.«ïrish.une amie de ma fille, m'a de m a iule de dédicacer un de mes livres pour l'une de ses patientes, qui souffre de personnalités multiples.Carol a alors demande: «Voyons, laquelle de ses personnalités lit les livres?».|e collectionnais déjà tics cas de personnalités multiples depuis plusieurs années, mais je me suis clït .1 ce moment que j'avais le sujet de mon prochain liv re.» NOUS N IRONS PLUS AU BOIS M.iry Hiqqms Clark îr.idtut tic 1 anqlais D.ir Anne Damour Parti.Albin Michel 1992, 345 pages PH0T0 DE MS CCURVILIE U Pr*>$c l e I'cslhal dos films K! \\MU,MMI\\|s|)\\Ns| \\ |>R| SSI Ol M K I I MiMM s Ul ( K \\( (S) CKAC73AM Air Canada C2 LA PRESSE.MONTREAL.DIMANCHE 30 AOÛT 1992 LIVRES y y* La vie des livres PIERRE VENWAT Oui ou non, produit-on trop de livres ?A u moment où s'amorce la JH^ rentrée littéraire, il est normal que la question soit posée brutalement.Cette chronique a déjà abordé le sujet il y a quelques semaines.Il ne semble pas que les éditeurs québécois aient une réponse très claire sur le $ujet.' ,ÉjiH France, le débat est de plùs^en plus engagé.Après le quQUdièn parisien Libération, aù&uef nous avons fait écho, LivresIlcbdo, l'hebdomadaire de l'industrie française du livre a piftQté de l'été pour provoquer un vaste débat en interviewant les,.pfïg du Seuil, d'Albin Michel; de La Découverte et de PlbruPcrrin et Orban.Or les éditeurs eux-mêmes ne s'entendent pas sur la question.Olivier Orban, directeur de PlotV Perrin et Orban, affirme morne que chaque fois que l'édition; traverse une crise, on agite le problème de la surproduction,.\u2022 .«C'est un discours récurrent, que j'ai déjà entendu à plusieurs reprises.Je ne crois pas qu'il y ait un- problème de surproduction : ll«y a le problème de chaque éditeur devant sa production.11 est de la responsabilité dp\" chacun de se restreindre lofscflie ses livres ne se vendent pas*», dit-il.Claude Cherki, pdg du Seuil, se .demande même de quoi on parle lorsqu'on parle de surproduction.En réalité, dit-il, en n ombre de titres, la France arrive^ peine au niveau de la Grande-Bretagne et bien en dessous dé, l'Allemagne.Si l'on prend le cas concret du Seuil, j'ai effectivement publié plus de titres depuis deux ans, mais pas dans tous les secteurs.En littérature générale, nous n'avons rien changé.C'est notamment en poche, où nous étions plus petits, que nous avons dû augmenter pour conserver une place en librairie.» François Gèze, pdg de la Découverte, affirme cependant que l'inflation du nombre de titres publiés est effectivement une réalité.Entre 1978 et 1982, la production a été relativement stable, à 26 000 titres par an en moyenne.Or on en a recensé près de 40 000 en 1991 ! «C'est un problème de fond: il y a une augmentation démente du nombre de titres, tandis que les tirages moyens chutent.La production de livres au format de poche, par exemple, a plus que doublé ces dix dernières années, passant de 4000 à 8S00, alors que leurs tirages moyens sont tombés de 25 000 à 12 500.«U est vrai que trop de gens se lancent dans cette profession inconséquente, sans les moyens nécessaires.Cela dénote un mépris des libraires, auxquels ils disent en substance: «Prenez mes livres et débrouillez-vous».Il faut bien reconnaître que le marché est malade, estime pour sa part, Francis Esménard, le pdg d'Albin Michel.«Quand on met sur le marché des livres en grande quantité, ils reviennent et lorsqu'on en met de toutes petites quantités, ils reviennent également! Il faut publier des livres qui aient en librairie une rotation normale.L'éditeur doit essayer, avant de publier, de connaître son marché.«Or les éditeurs font souvent l'inverse.On prend des directeurs de collection qui ne connaissent rien à l'édition, qui imposent leurs livres aux services commerciaux et aux librairies, l'ai fait la démarche inverse sur un certain nombre de secteurs qui marchent bien, en envoyant d'abord les gens \u2014 extrêmement diplômés\u2014 sur le terrain, en librairie.» Une nette dégringolade du côté des retours Cela dit, la crise est grave.U y a une nette dégringolade du côté des retours.Tout le monde a doublé son taux.En nombre d'exemplaires vendus, on enregistre une chute de l'ordre de 10 à 15 p.cent depuis deux ans.François Gèze, par ailleurs, affirme que les éditeurs sont en train d'asphyxier la librairie mais Olivier Orban voit un autre danger: sélectionner les livres en suivant des critères financiers et ne publier que des éditeurs confirmés avec le risque de laisser tomber les auteurs de demain.Claude Cherki, lui, affirme que le problème est plus celui de la qualité des livres que de leur quantité.«Aujourd'hui, tout ce qui n'est pas impubliable est publié.le vois souvent publier ailleurs des textes que j'ai refusés.» Tandis que Francis Esménard conclut qu'il faut résoudre la crise en association avec les libraires.«Si nous ne changeons pas nos méthodes de travail, il est clair que nous subirons des retours de bâton.Nous devons cesser d'envoyer dans la nature des livres qui ne trouvent pas leur public.» Femmes en quête de bonheur CAROLE-ANDRÉE LANIEL coHabontion spéciale ¦ Doris Lessing demeure sans contredit l'une des grandes dames de la littérature britannique et, pourquoi pas, mondiale.Plus que son talent indéniable dé romancière, ce sont surtout ses thèmes qui lui ont valu cette renommée.Les thèmes politiques, sociaux et psychologiques, comme l'expérience féminine (et là.inévitablement, nous revient en mémoire Le Carnet d'or, un des monuments de la littérature anglaise) se retrouvent dans L'habitude d'aimer, un recueil de nouvelles.Publiées pour la première fois il y a 30 et même 40 ans, ce ne sont pas toutes des nouvelles inoubliables mais quelques-unes risquent fort d'impressionner par leur désillusion.Pensons seulement au titre L'habitude d'aimer.Les désastres de la Seconde guerre mondiale se retrouvent dans certaines nouvelles comme « L'autre femme», l'une des belles mais tristes histoires de ce livre qui met en scène plusieurs personnages féminins en quête de bonheur.Rose vient de perdre sa mère et la seule chose qui lui traverse l'esprit c'est de rompre ses fiançailles et de s'occuper de la maison et de son père.Des années plus tard, la maison s'ef-frondre sous les bombarde- ments en emportant avec elle son père.Elle est désormais seule.Un homme vient à passer et l'emmène avec lui dans le monde des promesses et des mensonges de l'amour.Un homme qu'elle voudrait pour mari et père de ses enfants.Mais les choses ne sont jamais aussi simples avec Doris Lessing et il faudra la solidarité féminine pour venir à bout des ravages des hommes.Solitude et silence Ses femmes viennent de plusieurs milieux: ouvrier, artisti- ment d'amour et de confiance.Mais voilà, elle n'est pas heureuse.Elle ne se sent pas libre.Alors, une fois par semaine, puis tous les jours, elle loue la chambre 19 d'un hôtel quelconque.Elle s'assied devant la fenêtre et ne pense à rien en rêvant au jour où elle ne pensera plus définitivement.Un jour proche.Est-ce là le salut?Les conditions des femmes ont beaucoup changé.Mais ce PLUSOE 3 ooo po«n* LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE que et bourgeois.Aucun d'eux n'offre une sécurité contre l'âge et la déception.Malgré le bonheur apparent et la réussite incontestable de leur vie qui mène à ce bonheur, elles s'enferment dans la solitude et le silence.C'est le cas de Susan dans la dernière nouvelle, «Chambre 19», la plus achevée, la plus forte et la plus troublante.Une femme indépendante épouse un homme indépendant.Ils ont de beaux enfants et s'ai- Si vous êtes membre du CLUB, entrez le code suivant: 62559486 Sinon, composez, à Montréal, le 251-8688 ou, sans frais, le 1 800 563-8688.CLUB flfu/ù, pOùiÙ jX \\ it Doris L'habitude retour en arrière ne se fait pas sans un certain malaise.Malgré le chemin parcouru depuis les années où ces textes ont été écrits, on entend une voix demander: est-ce là le bonheur humain, est-ce là le salut?Est-ce le bon chemin qui a été parcouru?U ne s'agit pas de remettre en question ce trajet emprunté par les femmes, mais simplement de constater que le bonheur n'est pas au bout de la course.Où?Dans un lieu encore inconnu de l'âme, peut-être.L HABITUDE D'AIMER.Dons Lessing.traduit de l'anglais par Marianne Veron.\u2022 Les grandes traductions», Albin Michel, 1992.Triste banlieue REGINALD m ART EL_ ¦ Occasionnelle et modérée, la fréquentation de la littérature américaine nous renvoie presque chaque fois à nous-mêmes.Bercés par notre incontestable appartenance à la francophonie, nous avons parfois l'illusion d'en tirer \u2014 ou d'y apporter\u2014 des traits de culture qui nous singulariseraient tout à fait.Or, et ces choses commencent ici a être pensées et dites, nous sommes beaucoup plus américains que nous croyons l'être, même si la langue paraît à elle seule établir entre les peuples américain et québécois une barrière rassurante.11 n'y a vraiment rien de commun entre le roman de Mme Alice Hoffman, la Maison de Nora Silk, et ceux qui s'écrivent ici ou en France.La manière de la romancière américaine est en effet tout autre.Elle est faite de traits vifs et précis, qui suffisent à camper physiquement les personnages, et de descriptions psychologi- bitants du bout de rue où va s'installer l'héroïne du roman, Nora Silk, une mentalité et des comportements qui ressemblent de façon troublante à ceux des Montréalais qui eux aussi, il y a trente ou quarante ans, ont quitté la ville pour le paradis suburbain.Bien peu parmi nos romanciers, sinon pour s'en moquer, ont jugé le phénomène de l'étalement urbain susceptible d'inspirer leurs oeuvres.Ceux d'une génération déjà ancienne avaient pourtant suivi d'assez près la migration des ruraux vers les villes.Cette tendance irréversible avait son importance: changer de lieu de vie, après tout, c'est changer la vie, ou tout au moins vouloir la TRADUCTION ques allusives.L'effet est tellement visuel qu'on a l'impression souvent de regarder un film ou une dramatique télévisée.Ce rythme et cette tension particuliers de l'écriture, qui des mots font des images, ne laissent aucune place aux longues introspections qui caractérisent encore la tradition romanesque de langue française.Les grands journaux et revues des États-Unis ont consacré à ce livre de Mme Silk, Seventh Heaven en américain, des critiques extrêmement élogieuscs.Le roman a des qualités réelles.De fraîcheur, de fantaisie et d'émotion, de style aussi sans doute, mais l'unanimité apparente des critiques vient peut-être en partie d'une certaine nostalgie.L'histoire que raconte la romancière se passe en 1959 et en 1960, il y a donc plus de quarante ans, dans une excroissance toute nouvelle de la banlieue new-yorkaise.L'accession à la propriété, l'air moins pollué, un milieu jugé favorable à l'éducation des enfants, tout cela a été un rêve de bonheur terrestre que les faits ont cruellement déçu.Le septième ciel méritait bien quelques regrets.Notre voisine Nora Comment, dira-t-on, cette histoire peut-elle nous renvoyer à nous-mêmes?En ceci que le développement de la banlieue montréalaise s'est fait selon un modèle très américain, pour les mêmes raisons et avec les mêmes conséquences.L'analyse compétente de tout cela appartient aux urbanistes et aux sociologues, sans doute, mais rien ne nous empêche de reconnaître chez les ha- ALIC\u20ac HOFFMAN Lu maison de Nora Silkl per Relier y changer.Les romanciers d'aujourd'hui portent leur regard aux confins de l'univers ou, au contraire, ne s'intéressent qu'à Outremont ou au Plateau Mont-Royal.C'est dommage un peu, car voici une Bostonnaise qui vient nous parler de l'explosion de la banlieue comme si elle avait vécu elle-même à Laval ou sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent.Ne boudons pas notre plaisir pour autant, encore que ce plaisir soit un peu amer parfois.Et admirons un peu cette Nora Silk, mère d'un jeune garçon et d'un bébé, qui ose s'installer rue Hemlock dans un bungalow semblable à tous les autres.Elle ose?C'est que, rue Hemlock, il n'y a que des gens bien.Pas au sens de riches: ils sont artisans, commerçants ou petits fonctionnaires; pas riches, donc, mais corrects: ils sont honnêtes et travailleurs, ils ne trompent pas leur conjoint, ils aiment leurs enfants, ils aident leurs voisins et ils ne négligent pas les bonnes oeuvres.Son mauvais genre Aux yeux de ces gens-là, Nora Silk n'a pas bon genre.Elle ne s'habille pas comme tout le monde, elle n'entretient pas sa maison trop bien et, ce qui est plus grave, elle ne vit pas avec un mari.Nos nouveaux banlieusards de la fin des années cinquante étaient-ils plus tolérants?Peut-être.Pour le reste, ils ressemblaient certainement beaucoup aux résidents de la rue Hemlock.Mme Alice Hoffman nous fait assister à une comédie humaine remplie de petits et de grands drames que chacun doit cacher, pour paraître se conformer aux valeurs du groupe.Elle donne à voir, sans même y faire une allusion directe, l'extrême pauvreté culturelle du milieu: tout se vit pour chacun entre le bungalow, le centre commercial et, les jours fastes, le steak house.Selon les normes conservatrices de la rue Hemlock, Nora Silk est celle par qui le scandale arrive.En réalité, elle est celle qui révélera, même aux plus bornés de ses voisins, la médiocrité et l'hypocrisie de leurs comportements.Mme Hoffman a bien pris garde d'en faire une sorte de gauchiste militante.Nora au contraire est une femme toute simple qui, jeune fille, rêvait elle aussi, comme the girl next door, de trouver un bon mari et de lui faire de beaux enfants.Le mari était beau et charmeur, il était un magicien sans talent, il aimait trop les femmes.Emigréc en banlieue avec ses deux mômes, Nora aura ce qu'il faut de courage pour gagner sa vie: elle sera manucure et vendeuse de produits Tuppcrware; mais il lui faudra plus de courage encore pour se faire accepter par les voisins.La mort du rêve Tandis que l'héroïne traverse intacte la tourmente de sa vie, la plupart de ses voisins finissent par trébucher.La romancière décrit sans triomphalisme aucun la victoire morale de Nora Silk, celle qui choisit sa propre vérité, sur ceux qui préfèrent se conformer au mensonge qu'impose la censure sociale.Ses enfants sont son meilleur soutien.Le bébé finira par lui ouvrir la porte de voisines que sa beauté effrayait ( à juste titre ! ) ; le petit garçon, pas magicien pour deux sous, a pourtant le don terrible de lire dans les pensées des autres: il donnera à sa mère, sans le savoir, les clés du monde qui les entoure.C'est un inonde menace, puis condamne.Les enfants grandissent, le quartier leur parait une prison; ceux qui le peuvent s'en vont, les autres se résignent à faire ce qu'ont fait leurs parents.Quant à ceux-ci, ils vieillissent et se haïssent; les plus courageux se sépareront.On devine que la rue Hemlock, dans peu d'années, ne sera plus qu'un espace dévasté, le froid cimetière des bonnes intentions.LA MAISON DE NORA SILK.Alice Hoffman Roman.360 pages Traduit de l'américain par Madeleine Thuot.Super Sellers (Flammarion), s I.1992 Pas de pitié pour les tricheurs REGINALD MARTEL ¦ On se demande chaque fois comment ils font.Le texte doit être tellement bref qu'il faut s'en tenir a une intrigue très simple et très linéaire.Il faut que les personnages existent tout de suite, créés en quelques mots, et que leurs paroles et gestes leur ressemblent tout à fait.Il faut de l'action, pour intéresser les lec- LITTERATURE JEUNESSE T: .'¦WMJHIll.l WWW teurs; il faut que la progression dramatique soit rigoureuse et efficace; il faut aussi un brin d'humour.et quoi encore?Mme Sonia Sarfati a réussi tout cela, une fois encore, grâce à une narration fluide et des dialogues parfaitement naturels.L'illustrateur, M.Pierre Durand, s'est bien occupé du reste.Les jeunes enfants partageront donc volontiers, je pense, le drame du petit Raphael.Il vient de changer d'école, en plein milieu de l'année.H est imaginatif et timide.!l a peu d'amis encore.Pour se faire mieux connaître de ses noLiveaux camarades, il décide de participer à un concours de jeux vidéo.Souplesse et agilité Tout semble aller pour le mieux quand Damien, un sacré tricheur celui-là, sabote le jeu de Raphael.Et Raphael d'exercer ses doigts, pendant ce long week-end de Pâques, pour leur conserver souplesse et agilité: au piano dont il ne sait pas jouer, au tricot qu'il apprend de toute urgence.On a beau être timide, on ne se laisse pas pour autant manger la laine sur le dos.Raphael va faire une sottise, demander à un grand de voler le jeu vidéo de Damien.Mais le grand refusera et c'est la nature, qui parfois fait bien les choses, qui empêchera Damien à son tour de se préparer au concours.La nuit apporte un orage, l'enfant tricheur s'éveille et joue avec son vidéo.Le père s'éveille aussi.Résultat: l'appareil est confisqué pour deux semaines.Qui, de Damien ou de Raphael, Sonia Sanâtj Tricot, piano et jeu vidéo le ecurre échelle.triomphera?Mme Sarfati n'a pas épuisé encore son sac à malices.TRICOT.PIANO ET JEU VIDEO.Sonia Sarfati 63 pages.Collection Premier Roman.Les editions de la courte échelle.Montreal, 1992 u 4900, JEAN TALON 0 OUVERT LE DIMANCHE \u2022 Lun., mar.: 9 h 30 ¦ 18 h \u2022 Mer., jeu.: 9 h 30 \u2022 21 h \u2022 Ven\u201e 9 h 30 -18 h \u2022 Fermé samedis LU Œ < o U) Q 132 4900 Œ O O: > Choques acceptes I I\u2014ff*- rh ENTREPÔT CHAUSSURES | > £T& Charles ¦ ' ^\\ DAVID 1 [®0 M CERTIFICAT CADEAU 1 Ne peut être combiné à aucune autre promotion.| I ^0^7.':'' Un certificat par client, pour achat minimum de 49$.| \" Valable jusqu'au 27 septembre 92.j r m i 36 LA PRESSE, MONTREAL.DIMANCHE 30 AOUT 1992 C 3 LIVRES En quelques lignes agatha Pour échouer à tout coup 5 n: fONTM unimci IN VISTIIV» nww'i Mus i Les années les plus fructueuses d'Agatha.W il est un volume à ne pas manquer dans la nouvelle intégrale Agatha Christie ( toujours aussi elegante avee son papier fin.sa jaquette jaune et son appareil critique éclairant), c'est bien le cinquième consacré aux années 1936-1937,qui lurent parti iculierement fructueuses.Qu'on en juge.Tout en accompagnant son mari Max Mallowan sur les chantiers des fouilles archéologiques du Moyen-Orient.Agatha Christie occupe l'essentiel de son activité littéraire a Hercule Poirot.Ft quatre des cinq romans écrits alors ( ABC contre Poirot.Cartes sur table.Meurtre en Mésopotamie et Mort sur le Nil), ainsi qu'un recueil de nouvelles ( Le miroir du mort) figurent parmi les chefs-d'oeuvre de la prolifique « reine du crime».Est-ce parce que la vie de la romancière et celle de sa creature se rejoignent des rives du Nil a celles du Tigre?Ou parce qu'après quelques tâtonnements, le personnage de Poirot a enfin acquis son autonomie?Coquet, maniaque jusqu'au ridicule, vaniteux, mais aussi d'une perspicacité infaillible, le fameux detective a pris bien trop de place au gre d'Agatha qui rêva, des les années 30.de s'en débarrasser.Mais comme il était la cause principale de son succès, elle s'est résignée a passer le reste de sa vie avec lui.Gilbert Grand AGATHA CHRISTIE 5: Les années 1936-1937 1344 paqes.Le Masque Librairie des Champs Elysees.Hommage à Lambrichs on en février dernier.Cieorges Lambrichs elait un écrivain rare, le fondateur de la 1res belle collection Le Chemin, chez Gallimard, et le prédécesseur de lacque Réda a la direction de La Nouvelle Revue française.Ses auteurs, y compris Ueda, lui ont rendu hommage dans le numéro de juin de la revue, qui publie également un entretien de Lambrichs et |ean-Maurice de Montremy.Les 25 témoignages de ceux qui l'ont connu et aime sont brefs, sobres et touchants et permettent d'entrevoir quel homme était Georges Lambrichs.Discret, comme son auteur, le texte de |ean-Marie La-clavetine, dont les quatre premiers romans sont au Chemin, est particulièrement émouvant.I.M.G.Le Clczio, qui a lut aussi fait ses débuts avec Lambrichs, à 23 ans, lui écrit une lettre pleine de souvenirs, demotions et de gratitude.Aussi au sommaire, une etude sensible, minutieuse, approfondie de l'oeuvre de Christian Bobin, ce séduisant poète à la merveilleuse simplicité.Fidèle à sa méthode, lean-Pierre Richard s'attache aux détails pour en arriver à comprendre l'ensemble de l'oeuvre et en révéler toute la beauté Lucie Côté LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE.No 473.Juin 199?mm\\) orsque vous êtes à court de problême a résoudre.provoquez-les! Soyez comme ces pompiers surpris en train de mettre le feu.Paradoxe.Peut-être.Mais réfléchissez à la souffrance de celui qui veut consacrer sa vie à aider ses semblables en les sauvant des flammes alors qu'il n'y a pas le moindre incendie à l'horizon !» Dominique Chalvin est sociologue, psychologue et consultant en entreprise.Mais comme les manuels de management pullulent au point que les apprentis-managers ne savent plus où donner de la téte, Chalvin a imaginé le contraire.Il vient de publier un Anti-manuel de management.En un mot au lieu de dire aux gens quoi faire, il leur dit quoi .ne pas faire.Sur le mode humoristique.Celui qui suivrait ses conseils aurait de-couvert la méthode infaillible de comment saborder sa carrière et couler son entreprise.Bref, Chalvin dresse une liste de tous les travers imaginables qui vous feront échouer à tout coup.Si après cela, vous conservez vos mauvaises habitudes, vous ne pourrez prétendre qu'on ne vous a pas avertis! Pierre Vcnnat ANTI-MANUEL DE MANAGEMENT: COMMENT SABORDER SA CARRIERE ET COULER SON ENTREPRISE.Dominique Chalvin Editions de I Archipel L'archéologie vulgarisée M habitude, les archéologues se cachent derrière un tumulus dès qu'ils entendent le mot «vulgarisation».C'est dire qu'une pluie de silex s'abat sur chaque numéro d'Archaeology qui a justement pour vocation de vulgariser les différentes recherches archéologiques entreprises dans le monde.Les nations n'ont pas l'habitude de commémorer les pires aspects de leur passé.Les pharaons d'Lgypte, les empereurs de Rome ont manipulé le passé quand ça faisait leur affaire; mais aucune nation n'a été plus loin que l'Allemagne de Hitler à cet égard.Grâce à l'article «The Past as Propaganda », le lecteur apprend comment les archéologues nazis ont falsifié la préhistoire européenne pour justifier leur idéologie raciste et leurs conquêtes territoriales.« Digging Berlin's Chamber of Horrors » rapporte une expérience archéologique unique dans l'histoire des nations.Des citoyens ordinaires de Berlin, craignant le retour du fascisme, fouillent présentement les caves des anciens quartiers généraux de la Gestapo afin de préserver les preuves des horreurs nazies.Le numéro de juillet-août contient aussi un article sur l'âge du bronze en Angleterre et sur le plan fou de quelques citoyens du Nebraska pour ériger une imitation de Stone-henge.Ce site, Carhenge, devrait contenir en tout 5b automobiles à moitié enfouies dans le sol.Les photos de ces autos au coucher du soleil sont franchement intéressantes.Abondamment illustrée, écrite dans un anglais non spécialisé, cette revue bimestrielle (5,75$) devrait plaire à tous les amateurs d'archéologie.Claude Mart il ARCHAEOLOGY, luillet août 1992, en kiosque: 5.75$ UJ UJ OU Cl 5 Livres et Galeries dart Ariioint au directeur de I Information MICHEL G TREMBLAY Chef de division MARIO ROY Chef de section Evénements spéciaux ALAIN DE REPENTIGNY Secretaire de redaction FLEURETTE BELANGER Pupitre NICOLE BEAUCHAMP, YVES DE REPENTIGNY.M0NI0UE PRINCE Galeries d art RAYMOND BERNATCHEZ littérature québécoise REGINALD MARTEL Information générale PIERRE VENNAT Collaborateurs requliers ESSaiS MARCFERNAND ARCHAMBAULT lnlorrn.ition qener.ile LUCIE COTE Littérature française JACOUES FOLCH RIDAS Roman policier GILBERT GRAND Lit ter.Hure étrangère CAROLE ANDREE LANIEL Périodiques MARIE FRANCE LEGER Bande dev.m.e JOCELYNE LEPAGE En traduction CLAUDE MARCIL Livres pratiques HUGUETTE ROBERGE Littérature ieunesse SONIA SARFATI Poésie CILLES TOUPIN Péninsule.Vous avez dit péninsule?our revenir des États, les chemins ne manquent pas, le long des lacs, le long des côtes, le long des forêts du Maine, puis de l'Acadie, puis du Ouébec.De temps en temps, une ferme, une exploitation forestière: éta-ble, quelques animaux, une coupe de bois, quelques champs.Julie, rêveuse, songe a l'hiver: \u2014 Imaginez, le froid par la-dessus, la neige, le gel, le vent.|c ne sais pas si je serais capable de vivre ici.\u2014 Ce sont des durs, sachez-le bien.Ils sont gentils, ils pendent des paniers de fleurs sous leur galerie et fument des blondes extra-douces à bout filtre, comme Marie-Chantal.Mais ne vous y fiez pas, ce sont des durs, hommes et femmes, de la graine de pionniers, résistants comme des épinettes noires, décharnées, échevelées, mais droites et bien vivantes.Hommage aux «habitants», Julie, chapeau bas, il y en a encore.Nous sommes de pauvres dénaturés de la ville.Vous vous moquiez de moi, disant que je ne me crois encore au temps des Chapdelaine de Péribonka.Eh bien, regardez, combien de Péribonka a l'intérieur des terres?Cent?Au moins.Et des gens heureux.La.Regardez.Au bord de la route, entre le fossé et l'orée de la forêt, un tapis de fleurs a été étendu.Ce pays est celui des fleurs sauvages.Champs de marguerites et de boutons d'or, de trèfles violets ou blancs, de pétales couleur moutarde, de graminées en tons beiges, de campanules et d'ombrelles, c'est d'une incroyable générosité.\u2014 Voilà les fleurs que j'aime, dit lu-lie.Faut que je me roule dans un champ de marguerites! Arrêtez, arrête/ ! File est revenue, elle avait de l'herbe partout, une fleur dans la bouche et des petites gouttes de pluie sur les épaules.H y a quelques indications intéressantes dans le nouveau Guide Michelin sur le Québec, qui vient de parailre.Par exemple, les étoiles, les fameuses étoiles de tourisme (pas celles de cuisine qui sont distribuées parcimonieusement le long des routes décrites dans les guides ).ulie (ml)ord de l'eau JACQUES FOLCH-RIBAS collaboration spécialt Ainsi, les deux étoiles (qui signifient: mérite un detour), [ulie dit: \u2014Ça dépend d'où on vient.H n'y a que quatre fois deux étoiles dans toute la Gaspésie! Ce sont les jardins de Metis, la Route panoramique le long du Golfe, le Parc National Fori lion et le Rocher Percé.|e trouve que c'est peu.Et il y a un seul trois étoiles (qui signifie: vaut le voyage).C'est Percé (le village).Hum.Tout cela me semble bizarre, subjectif, en diable, gênant, un peu niais aussi.Pourquoi mettre des étoiles?Allons voir si la Gaspésie est bonne.q Nous revenons au Quebec, et c'est naturellement par la mer.Si l'on pénètre la Péninsule par la Baie-des-Chaleurs (où Cartier, parait-il, avait eu si chaud.), on a plus vite la surprise du paysage mer-montagnes, et des criques que l'on nomme ici du joli nom d'anses.\u2014 Parce que ça danse, dit Julie (j'aurais dû m'y attendre ).Pourtant.C'est vraiment dansant.La route, en tournants.Les collines qui vallonnent.Les maisons qui semblent pencher.\u2014 Elles sont toutes croches! \u2014 Mais non, Julie, c'est l'illusion d'optique, qu'on appelle, lit naturellement, au fond des criques, la mer qui valse en tous sens, et le bruit: le rouleau des cailloux.\u2014 le veux chercher des agates! \u2014 Sous la pluie?File a essayé, cou- verte d'un impermeable que les marins bretons appellent un cire.File a essayé, petulant deux heures, moi dans la voiture la plupart du temps, je lisais les légendes de toutes ces villes et de tous ces petits villages, je me gargarisais de leurs noms, Hopetown et Sainl-Godefroy, Port-Daniel et l'Anse-aux-Gascons, Pabos (et Petit Pabos), Grande-Riviere et l'Ansc-a-lieaufils.Julie, la, est donc revenue avec une demi-tonne de pierres.\u2014 Joutes des agates! a-t-elle dit.impériale.Arrivés a Percé, avec le chauffage de l'auto, les cailloux ne brillaient plus, ils étaient parfaitement secs et insignifiants.\u2014 C'est du vol! C'est de la pub, leurs histoires d'agates! Quand elle le veut, elle est parfaitement malhonnête.O Devant la mer : \u2014 |e vous jure que le Rocher Perce existe.\u2014 Pas vrai ! C'est encore une de vos farces plates.\u2014 Allons.Julie.-\u2014lion, alors je veux le toucher! Dialogue surréaliste.Mais voici ce qui est arrive.En arrivant a Perce, après beaucoup de pérégrinations, et de detours, et de commentaires acerbes sur le climat de bord de mer qu'on sait bien que s'il ne pleut pas c'est parce qu'il va pleuvoir et en plus il y a de la brume, ils appellent ça la brtime, les marins, épais, mais c'est du brouillard, épais, de la soupe.Apres donc bien des avatars, nous avons pris le dernier tournant de la route, celui au-dela duquel le Rocher Percé apparait enfin aux yeux éblouis du touriste ordinaire, et alors.Rien.Si.de la brume plein les yeux.J'ai dit: \u2014 Le rocher et la, derrière.\u2014 Meuh.C'est facile, a dit Julie.Trois jours qu'on roule, et il me dit le Rocher est la, derrière! \u2014 Bon.Il suffit d'attendre que la brume se levé.\u2014 Si vous appelez encore cette soupe de la brunie, je mords.Nous avons attendu.La brume ( excusez-la ! ) ne s'est pas levée.Le lendemain matin non plus.C'est alors que Julie a voulu loucher.\u2014-r-:- M ¦\u2022 ¦ m I I IHiH I * vS4 En Gaspésie, la route tourne et danse au bord de l'eau.Une chance, c'était marée basse et l'on atteint le Rocher sans presque se mouiller les pieds, (ulie a touché.Contrairement â son habitude, elle n'a pas ouvert la bouche, nous sommes revenus la téte basse et le nez froid ( signe de santé).Consolation: j'ai deux cartes postales anciennes.On y voit très bien le rocher, de deux côtés différents.\u2014 Voui, me dit Julie, mais regardez, autour, ça ne ressemble en rien au paysage que je vois! \u2014Forcément, ce sont des cartes anciennes.\u2014C'était beau, en ce temps-là.C'était vide!* Troisième carte postale.Un peu plus loin, en arrivant à Gas-pé.« Fishing Fleet », dit-elle.Rien a voir avec la baie actuelle de Gaspc, évidemment.Il me souvient pourtant que Cartier (toujours lui) avait décrit cette baie comme «pouvant contenir toute une flotte du Roy, jusqu'à cent vaisseaux».Alors, on nous tu-1 conte la querelle entre la baie de Gaspé et Halifax.Lorsqu'il s'est agi de doter le Canada d'un grand port atlantique, Halifax a été préféré \u2014 parce qu'il n'était pas ra* nadien-français.C'est ce que de vieilles personnes de Gaspé (thé, arsenic et dentelles, biscuits a la cannelle, médisances) nous expli* quent avec le plus grand sérieux* Ce sont des tantes de Julie ( par je ne sais quelle fesse gauche) et, lorsqu'elles ne la regardent pas, elle leur tire la langue.Moi, là-dedans, il faut que je garde mon sérieux, comme c'est commode! Encore une auberge agréable, a.l'ancienne, en bord de mer, àSi-viére-aux-Renards, entourée de.champs de véroniques.Et une autre à Rivière-Madeleine.Car nous sommes revenus le long du Golfe, à l'envers du grand trafic des escargots américains (les ca-* ravanes qui marchent ensemble, quinze, vingt, se suivant, toutes de modèle semblable, en aluminium).Julie les appelle les «bal-; lounes chromées».Nous, notis-roulons donc côté mer, et parfois c'est très près de l'eau, au ras des vagues.Saint-Joachim, Sainte* Anne-des-Monts, Cap Chat, les Méchins.Tous les Québécois connaissent cette route et ces petites villes qui semblent ne jamais changer, même si parfois une architecture très «moderne» surgit devant la vieille église: une-banque, un bureau de poste, une caisse populaire.Tous les Québécois ont au moins une anecdote à raconter sur leur voyage en Gaspésie, cette péninsule est une sorte de fonds commun de rêve et d'aventure, ou de vacances.Je dis à Julie: \u2014 J'ai l'impression que le coeur du Québec, c'est la Gaspésie.Le coeur, côté sentiments, naturellement.Et Julie m'a répondu ceci : \u2014 C'est un pays qui parle au monde, par ici.FIN ii'tllu bCftaUCili S i «Il LES MENSONGES BLANCS Aux librairies lammarion i ¦ * \u2022 \u2022 \u2022'.L'ennui gris REGINALD MARTEL ¦ 11 y a peu à dire des trois nouvelles de Mme Tiziana Beccarelli Saad, sinon qu'elles sont construites chacune autour d'un mensonge.À première vue, l'unité thématique y gagne, encore qu'un recueil de nouvelles ne l'exige pas, mais l'idée de depart devient ici un simple procède, chaque fois répété, sans souci visible d'approfondir le thème.L'amour et la haine sont l'espace où joue et se joue le mensonge.Dans «Insistants malentendus», une fille déteste sa mère parce qu'elle juge que tous ses gestes et attitudes sont faux, donc mensongers; dans «Les ronces», une mère préfère tuer son enfant plutôt que d'en annoncer l'existence à celui qui avec elle l'a conçu: elle craint qu'il cesse de l'aimer; dans «L'impatience de l'angoisse», une mère apprend que son fils est atteint du sida: elle avait jusqu'alors refusé de savoir qu'il était homosexuel.Des résumés aussi succints peuvent ne pas rendre justice aux nouvelles de l'auteur.Mme Saad n'a pas mieux joue sa partie, qui consistait tout d'abord à rendre crédibles les faits assez terribles qu'elle voulait raconter.Il fallait aussi une écriture moins poussive, beaucoup plus naturelle, pour exploiter au moins minimale-ment le produit de son imagination.Faute de cela, ces nouvelles ne distillent que l'ennui.LES MENSONGES BLANCS Tizi3n.i Beccarelli Saad.Nouvelles.72 pages.Editions Triptyque Montre.il.1992.r*2 ¦ + un réseau de 6 librairies de fonds + des libraires attentifs et expérimentés + un service rapide de commandes spéciales + des commandes téléphoniques acceptées + et surtout.des clients satisfaits depuis I950 les spécialistes du livre en langue française » \u2022 \u2022 » LES LIBRAIRIES ?371, Laurier Ouest 277-9912 ?Place Montréal Trust 499-9675 ?Carrefour Angrignon 365-4432 ?Galeries d'Anjou 351-8763 ?Centre Laval 688-5422 ?Mail Champlain 465-2242 LA PRESSE, MONTREAL.DIMANCHE 30 AOÛT 1992 GALERIES D'ART Authentiquement artistique, le pastel s'expose sans fausse honte en public RAYMOND BERNATCHEZ ¦ Lorsque les artistes s'adonnent au pastel, ils le font scmble-t-il plutôt discrètement, cette forme d'art n'étant pas très en faveur par les temps qui courent.À l'instigation de Monique Brunet-Wcinmann, conservatrice invitée par la Galerie de l'Université du Quebec à Montreal.27 artistes ont «brave l'interdit» et accepté de participer conjointement à l'exposition Pastel québécois contemporains, presentee à la galerie de l'université jusqu'au 27 septembre.Dans un texte d'accompagnement intitulé Le Pastel manifeste.Monique Brunet-Weinmann souligne en effet que «le nombre étonnamment élevé d'artistes qui, au Québec, travaillent avec régularité le pastel et le tiennent pour un de leurs media de predilection prouve assez sa vitalité et *u-versatilité dans l'art actuel.Mais* ajoute-t-elle, il y figure le plus souvent dans la clandestinité, occulté par le mixage des techniques et la denomination floue de mixed média.» La conservatrice precise plus loin sa pensée en ces termes: «Si les idées reçues n'avaient pas la vie dure, la revalorisation du pastel ne serait plus à faire.Pourtant, un vague préjugé persiste qui considère le pastel comme le médium des jeunes filles de bonnes familles et le loisir de la bourgeoisie bien .tempérée pour reprendre le mot de Paul Valéry.Est-ce préci- sément parce que les femmes-peintres l'adoptent volontiers qu'il est juge moins authentiquement artistique?On remarque que la présente exposition regroupe 15 femmes sur les 27 artistes participants, soit plus de la moitié de la représentation alors que la représentation feminine est de l'ordre du quart dans le meilleur des cas habituels.» Ce qu'on fait du medium Si préjuge il y a, si les pastellistes sont réellement victimes d'ostracisme, il faudra bien en venir â la conclusion qu'il y a des gens dans le milieu des arts qui ont du temps à perdre et qui travaillent davantage du chapeau que du pinceau.N'importe quel adolescent dirait qu'il n'y a pas «rapport».Que ce qui importe ce n'est pas tant le médium (le bâtonnet de couleur) mais ce qu'on en fait.Faudrait-il condamner toute forme d'expression contemporaine à l'huile sous prétexte qu'a une certaine époque on s'en est servie pour exprimer l'art pompier?Et bannir l'utilisation du bronze parce que ce matériau a été utilise naguère pour réaliser les statues de Nelson, Maison neuve et Duplessis?Après avoir vu les oeuvres exposées à la Galerie de l'UQAM par 27 artistes (parmi lesquels nous retrouvons Kittie Bruneau, Michel Casavant, René Derouin, Giuseppe More, Peter Krausz, Rita Letendre, et lean-Paul Rio-pelle), l'évidence s'impose: le pastel est un medium qui permet d'exprimer, avec parfois des nuances particulières, la plupart des formes d'art contemporain.La plupart, car on imagine mal un artiste créant notamment au pastel une oeuvre hypcrréaliste.Pour ce qui est du «médium bourgeois», des oeuvres produites pas des «jeunes filles de bonnes familles)», l'exposition de l'UQAM démontre éloquemment que toutes ces «idées reçues» relèvent de la pure foutaise.D'entrée de jeu, nous sommes accueillis par Opus Incertum LXXXIX de Paul Béliveau, un pastel sec sur fond de lavis avec acrylique produite en 1991.De dimension imposante, l'oeuvre crée un effet de choc.Dans le tiers supérieur, le corps d'une femme aux seins dénudés est partiellement recouvert d'un drap.Au centre de l'oeuvre, une corde ou plutôt un câble enroulé nous incite à une réflexion sur la vie et la mort.Les ciseaux et le couteau de Michel Casavant.dans Le temps d'un autre jeu ont également et pour d'autres raisons attiré notre attention.A cause du jeu des formes qui s'entrecoupent sur ce pastel et gouache sur papier, comme si la raison d'être du jeu était d'établir un équilibre entre les formes et les couleurs sans privilégier ni les unes ni les autres.Il faudrait avoir vraiment l'esprit tordu pour voir dans les trois oeuvres de Peter Krausz, Champ, Portrait, et Le canal, l'expression d'une réalité bourgeoise; pour ac- coler cet épithète a l'abstraction Hommage à John Cage de lean-Paul Riopeile, et nier le fait que Christian Tisari est engagé avec le pastel sec dans une fabuleuse recherche touchant les rapports existants entre la lumière et la couleur, les rapports d'une couleur avec elle-même.Maturité et force d'évocation Pour ce qui est du pastel comme passe-temps pour jeunes filles de bonnes familles, cette perception n'a vraiment rien à voir avec la maturité, la force d'évocation, des oeuvres présentées dans cette exposition par Kittie Bruneau, Rita Letendre.Vivian Gottheim, et Monique Hénaut notamment.Et surtout pas avec l'évocation de la forme féminine dans Caliopi, de Su Schnec, un troublant paysage surréaliste aux imposantes dimensions réalisé au pastel sec.«Si cette exposition manifeste une ouverture que d'aucuns taxeront d'éclectique, c'est très volontairement, a écrit encore Monique Brunet-Wcinmann.Hors du genre â la mode de l'installation, elle rallie une communauté d'artistes du Québec plus nombreuse, riche et variée et tout aussi contemporaine que son cercle étroit dit international.» Les portes de la Galerie de l'Université du Québec a Montréal, localisée au 1400 rue Berri.salle I-R120 du Pavillon ludith-lasmin.sont ouvertes au public-tous les jours de la semaine, de midi â 18h.L'entrée est gratuite.I M* * « Opus Incertum LXXXIX, de Paul Beliveau; pastel sec sur fond de lavis avec acrylique.1991, 216 X 107 cm.photo paul henri talbot u Preue i i ma mm y II : I teÉÉ De Sue Rusk, Portrait, pastel et fusain sur papier Arches, 1992, 61 X122 cm ( triptyque ).Hommage à John Cage de Jean-Paul Rio pel le ; pastel et collage, 1989, 88.8 X 60,9 cm.photos paul-henri TALB0T.lj Preste fi.< EXPOSITIONS MUSEE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTREAL «185 Ste Catherine oi Expositions «Pour la suite au monde» «La Collection tableau inaugural» et installation v.aeo ae Louis Courier Du rr.ar au dim ce 11 h a 13 n mere .de 11 n a 21 n MUSEE DES BEAUX-ARTS DE MONTREAL 11379, Snerprooke o » \u2022 Pavillon Jean-Noel Desma-rats Expositions -Le génie du sculpteur dans i oeuvre de Michel-Ange».«Le spectre de la couleur».«Construire un art» et «Figures dans l espace» \u2022 Pavilion Banaïah dbb E«positions «Nouveau parcours de l art canad-en» Du mar au dim.de 11 h a 16 h mere sam de 11 h a 21 h MUSEE DES ARTS DECORATIFS DE MONTREAL «Angle Pie ix et Snerbrco*e» - Auj ne 11 h a 17 h exposition \u2022 Dentelles anciennes et contemporaines I art dentellier en Belgique» MUSEE McCORD bthaire Bluteau ne revicnï 4lï û Muni rciil que pour ^^ïtilçûx ropartirî |o croyais qu'il *>c^tcrnil eu ville pour la iluree I-tlu l'estival des films du nion-\u2022Jde.nlai^ non.il repart celte 4^ois pour New York.î* l>epuis un an.il a surtout f^>ar^jcipe a des coproductions \u2022 ^tournées dans les pays de ITst : i-re.un e\\cellent festival de lilms pour les jeunes doiu le jury est entièrement compose d'enfants.Llle ne prévoit sans doute pas être indisposée en septembre.Si j'arrive a comprendre quelque chose la-dedans, je vous expliquerai ea la semaine prochaine.LATULIPPE EN FÊTE ¦ Le comédien Gilles Latulippe.a-lon sera ouvert a 9h lundi.ST-JULES (Raymond) A Laval, le 28 août 1992.a l'âge de 75 ans, est .décédé M.Raymond St-lules, époux de Marcelle Lefebvre.Outre son épouse, il laisse dans le deuil sa fille Monique (Normand), ses soeurs: leanninc (|can-Louis).Yvette (André).Denise (|im).Thérèse.Yolande (Danny), ses belles-soeurs: Jacqueline (Lucien) cr Cécile, neveux et nieces, parents et amis.Expose dimanche le 30 août 1992 de 14h a 17h et de I9h a 22h au Complexe funéraire Alfred Dallaire Inc 2159 est boul.St-Martin Duvernay, Laval Funérailles lundi te 31 août 1992 a llh en le glise St-Vincent-de-Paut.5443 boul.Levesque, St-Vincent-de-Paul.Laval.Inhumation au cimetière St-Vincent-de-Paul.Compensez l'envoi des fleurs par des dons a l'Association pulmonaire du Que-bec.i 1 \u2022 « 1 Remerciements au Sacre-Coeur pour faveur obtenue.Que le Sacre-Coeur de léfUS soit loue, adore et glorifie, à travers le monde pour les siècles Amen Dites cette prière 0 lois par jour pendant 9 jours et vos prières seront c\\au cees même si cela semble impossible N'oublie/ pas île remercier le Sacré\" Coeur Bvcc promesse de publication, quand la la veur sera bteiuie C D PERREAULT (Robert) À l'Hôpital Notre-Dame de Montreal.le 28 août 1992.a l'âge de 53 ans.est decede M.Robert Perrcault.époux de lean-nette Hamcl.U laisse, outre son épouse, ses enfants: lohanne (Rey-nald Nadcau).Louise (Bruno Lalibcrté).Yves (Sonya Brochu).ainsi que 5 petits-enfants: lui le, |can-l rançois Nadeau.Emilie et Olivier Lalibcrté et David Perreault.son pere M.Ernest Perreault (Georgette Comtois), ses soeurs: Thérèse (Tony Frigault).Cécile (Richard Beaudoin).plusieurs bcaux-freres.belles-soeurs, neveux et nieces, parents et amis.Les funérailles auront lieu lundi le 51 août 1992.Le convoi funèbre partira du Complexe funéraire: Alfred Dallaire Inc.2750 Marie-Victorin E.Longueuil pour se rendre en l'église Ste-iamille de Boucher-ville.500 boul.Marie-Victorin E.Boucherville.ou le service sera célèbre a 15h30 et de la au cimetière Près du Fleuve.Lon gueuil.Parents et amis sont pries d'y assister sans autre invitation.Heures des visites: dimanche de I5ha 17hetde 19ha22h.lundi de midi a I5h.TREMBLAY (HARRISON) Pauline À l'Hôpital Pierre-Boucher, le 29 août 1992.a l'âge de 69 ans, est deeedee Mme Pauline Tremblay, épouse de feu Leslie Harrison, demeurant a Ste-|ulic.mere de Claudette, Denis (lohanne St-Gelais).Louise (Alain Geoff non).Carole (Daniel McDuff).grand-mére de Michel.Manine.Philippe.Isabelle.Catherine.Elle laisse également sa soeur Simone (Gaston Senecal).ainsi que son neveu et ses nièces.Exposée a compter de lundi 51 août 1992 14h au salon funéraire Maurice Demers Inc le 14 Principale Sfe-Julie Funérailles mardi 1er septembre a 1 lh a.m.en l'église de Ste-|ulie.Inhumation au cimetière Notre- Dame-d es-Neiges.Remerciements au personnel du 8icme Nord de l'Hôpital Pierre-Boucher.Des dons a la Maison Victor-Gadbois seraient apprécies (cartes disponibles au salon).Mardi matin, salon ouvert des 9h.IN MEMORIAM Si 1er ANNIVERSAIRE DESMARAIS Pierre Yves 30 août 1991 Cher époux, cher papa.1 Via 1 ans que tu nous as quittes et c'est avec beaucoup de difficulté que nous devons accepter ton depart.Nous n'oublierons jamais ton beau sourire et les meilleurs souvenirs que tu nous ,is laisses et nous vivrons dans l'espoir de te retrouver un jour Demande à Dieu de nous accorder quotidiennement la pais intérieure et la joie de vivre l'on épouse leanninc, et tes filles Celine.Lucie, Nathalie.Guylaine.tes gendres et tes petits-cn* fants Nous l'aimons lou« jours Pierre ^ ves M.Vincent Angelillo (Jimmy) Il va 14 ans que tues nani et la ride que tu as laissée' ne pourra jamais èlre-comblée.Tu es encore present dans mon esprit et dans mon coeur et tu le seras toujours.Ton frere Louis 50 août 1992.REMERCIEMENTS \u2022t > l Remerciements au Sacre Coeur pour faveur obtenue.Que le Sacre-Coeur de lèsus soit loue, ivlorv et glorifie, a travers je monde pour les siècles.A.men.Dues cette prière 6 font./ par jour pendant ^ jours et vos prières seront exaucées même si cela semble impossible.N'oubliez pan de remercier le Sacte- Coeur avec promesse de publication, quand la fa veur sera obtenue- Al C 12 LA PRESSE.MONTREAL, DIMANCHE 30 AOÛT 1992 A L'AFFICHE AUJOURD'HUI THÉÂTRE MAISONNEUVE 18:30 \u2014 Sofic Liv Ullmann; Danemark-Suéde; 146mn; STF & STA 21:30 \u2014 Demain est un autre jour DaniloCatti; Belgique; 13mn; Fr.STA Michail Kalatozishvili; Géorgie; 103mn; STA 17:30 \u2014 Contre l'oubli 30 réalisateurs: Akerman.Allio.Amar.Becker.Carre.Chereau.Corneau.Costa-Gavras.Dante.Denis.Depardon.Deray.Deville.Doillon.Franck.Frot-Coutaz.Gi-rod.Godard.Goupil.Hubert.Kramer.Leconte.Moon.Muyl.Res-nais, Serreau.Tavernier.Trintignant; France; 110mn; Fr.STA Despues Del Sueno (Après le 19:40 T.^i^«ff%™™.oAm\u201e.«rr rcvC) Mehdi Charef ; France ; 94mn ; Fr.Mario Camus; Espagne; 106mn; STF & STA THEATRE JEAN-DUCEPPE 18:30 \u2014 Le Mouton noir Jacques Godbout; Canada; 232mn; Fr (Il y aura un entracte de 20mn) CINÉMA IMPÉRIAL 9:00 \u2014 Demain est un autre jour (CO) DaniloCatti: Belgique; 13mn: Fr.STA Despues del Sueno (Après le rêve) Mario Camus; Espagne; 106mn; STF & STA 11:20 \u2014 Sofic STA 21:40 \u2014 An Independent Life Vitali Kanievski; Russie-France; 97mn.STA PARISIEN 5 9:30 \u2014 Rampage William Friedkin; USA; 97mn; Ang.11:30 \u2014 Innocents Abroad Les Blank: USA; 84mn; Ang.14:00 \u2014 Memento Mori Jack Clayton; Grande-Bretagne; 98mn ; Ang.17:00 \u2014 The War Against the Indians Harry Rasky; Canada; 145mn; Ang.Liv Ullmann; Danemark-Suede; 20:00 \u2014 Arabam, Mercedes mon 146mn.STF & STA 14:20 \u2014 La Bastringue Madame Bol-duc George Geertsen; Canada; 4mn.La Vie fantôme Jacques Leduc; Canada; 98mn: Fr.STA 16:30 \u2014 Chain of Desire Temistocles Lopez; USA; PARISIEN 6 105mn; Ang.STF 19:00 \u2014 Rampage amour Bay Okan ; France-Allemagne-Turquie; 95mn; STF 22:00 \u2014 Latin Nights Anthony Azzopardi: Canada: 87mn ; STA 9:00 \u2014 Baraka Ron Fncke; USA; 96mn; Ang.William Friedkin: USA; 97mn; H;00 \u2014 House of A ngels Ang.21:30 \u2014 Baraka Ron Fncke; USA; 96mn; Ang.PARISIEN 2 9:00 \u2014 Sumo Do, Sumo Don't Masavuki Suo.Japon; l05mn; STA 11:00 \u2014 A Story From Croatia Krsto Papic: Croatie: I03mn; STA 13:20 \u2014 Semana Santa Colin Nutley: Suède-Norvège-Danemark; 119mn; STA 13:30 \u2014 Jcrico Luis Alberto Lamata; Venezueal; 90mn; STA 15:30 \u2014 Quartier Mozart Jean-Pierre Bekolo; Cameroun-France; 80mn; STA 17:30 \u2014 Le Amiche del Cuore (Les Amies du coeur) Michèle Placido; Italie; I06mn; STF Manuel Gutierrez Aragon; Espa- 19:40 \u2014 Nargess gne;41mn.Rakhshan Bani-Estemad; Iran; Sevillanas 100: STA Carlos Saura; Espagne; 55mn; 21:40 \u2014 Vasthuhara (The Disposses- STF sed) 15:30 \u2014 Huntza (La Hiedra) Aravindan; Inde: I03mn; STA Antonio Conesa Garcia: Espa- gneM5mn;STA PARISIEN 7 Julio Medem; Espagne; 96mn; 9:00 \u2014 Présentation spéciale: STA Beware of the Holy Whore 18:00 \u2014 A mo la y in (Darling) Rainer Werner Fassbinder ; RFA : Bolat Kalymbetov: Kazakhstan; 103mn;STA 70mn; STA 11:00 \u2014 Adorable Mentiras 19:40 \u2014 Le Chêne Lucian Pintilie: Roumanie-France: I05mn; STF 22:00 \u2014 Semana Santa Manuel Gutierrez Aragon; Espagne; 41mn.Se villa nos Carlos Saura; Espagne: 55mn; STF PARISIEN 3 9:00 \u2014 / Thought it Was Love Massimo Troisi: Italie; 113mn; STA 11:20 \u2014 The Long Day Closes Terrence Davies; Grande-Bretagne ; 84mn : Ang.13:10 \u2014 Man and Wife (Yuvathipathi) Amar Nath Jayatilaka ; Sri Lanka ; 94mn; STF & STA 15:00 \u2014 Deuce Coupe Mark Deimel; USA; 106mn; Ang.17:20 \u2014 Hyènes Djibnl Diop-Mambety: Senegal-France-Suisse; 108mn; STA 19:30 \u2014 Sweet Emma, Dear Bobe Gerardo Chijona; Cuba; 100mn: STF 13:00 \u2014 Festival du film étudiant canadien (Prog, films No.3 - 103mn) Fire Fools/Fish Scratch, poisson gratté / 4 Floors VP / Le Fuck d'Amérique / The Graveler Happy Valley/L'Homme Hypocampe /I Have a Harmonica /In One eye and Out the Other/Jaune d'oeuf.15:30 \u2014 Bratan (Brother) Bachtijar Chudojnasarow; Tadjikistan; 93mn; STA 17:30 \u2014 Festival du film étudiant canadien (Prog, films No.4 - 115mn) Kermit and Pin / Kitschen Pop Queen The Kitty Within / Lines Half Told.Tales Left Crooked / The Loop / Make-up / Marlboro City /Mouthpiece.20:00 \u2014 Liberators: Fighting on Two Fronts in World War II William Miles.Nina Rosenblum: USA: 85mn; Ang Istvan Szabo; Hongrie; 90mn; 21:40 \u2014 Festival du film étudiant canadien (Prog, films No.5 - 116mn) Mr.Dmgelman / Nature morte / The Noise / Our Back Yard t Des poissons solubles / Purple Humming Noise/Puzzled/Re: Cycle.STA 21:30 \u2014 Vagabond Ann Le Monnier; France; 89mn; Fr.STA PARISIEN 4 9:00 \u2014 Le Jour du chat Alain Berliner; Belgique: 9mn; Fr.Sans un cri Jeanne Labrune; France; 86mn; Fr.STA 11:00 \u2014 Love at First Sight Rudolf Thome : Allemagne ; 103mn; STA 13:20 \u2014 L'Oeil oui ment (Dark at Noon) Raoul Ruiz; France; 100mn; Fr.15:20 \u2014 The Chosen One PLACE DU 350e ANNIVERSAIRE (Coin Ste-Catherine et St-Hu-bert) 21:00 \u2014 Les meilleures intentions Bille August: Suede; 180mn.STF Projection en plein air gratuite / Admission free.La seance sera reportée au lendemain a la même heure en cas de pluie.Le cinéaste argentin Fernando Solanas lors du tournage du Voyage, présenté au F FM FERNANDO SOLANAS Un cinéaste irréductible SERGE DUSSAULT ¦ Rien ne fera taire le cinéaste argentin Fernando Solanas.Ni la prison, ni huit ans d exil, ni les balles tirées sur lui il y a quelques mois, à l'époque où il montait son film.«Sitôt sorti de l'hôpital, j'ai repris mon travail, stimule par une vague de solidarité vraiment internationale.» Le film s'appelle te Voyage.Le Festival des films du monde le présente hors competition.«On a voulu me réduire au silence, j'ai haussé le ton.» Cinéaste engage et passionne Le fait est qu'il parle, Solanas.Et pas que dans ses films.Assis hier midi dans un petit salon attenant à sa chambre, à l'hôtel Méridien, il s'enflammait contre les «politiciens qui ont trahi la confiance du peuple».Cinéaste engage, cinéaste passionné, Solanas le sera toujours.Comme il combattra toujours pour la decolonisation culturelle.Il a peu tourne.Cinq films en près de trente ans.Mais des films qui comptent.Son premier long métrage.l'Heure des brasiers, un film de plus de quatre heures, était ardemment peroniste.«Aujourd'hui, le péronisme n'est plus qu'un mouvement libéral-conservateur qui a trahi tous les principes de justice sociale, mais à cette époque, il représentait l'espoir d'un peuple.» Il tourne ensuite les Fils de Fierro.Puis, contraint à l'exil après le coup d'État militaire de 1976, il s'installe à Paris et réalise là-bas le Regard des autres, tangos, l'exil de Cardel et te Sud qu'il terminera en Argentine.Voyage initiatique Martin, le héros de Voyage, part des iles de la Terre de Feu, à l'extrême sud de l'Argentine, et remonte jusqu'au Mexique pour retrouver son père.Il traverse ainsi, explique Solanas, les grandes régions qui ont fait la richesse culturelle de ce continent.La recherche du pere est symboliquement la demarche de l'exile \u2014«l'exil est un grand theme de la vie argentine», a deja declare Solanas\u2014 qui se cherche une identité, qui se cherche un pays.«Mon film est un voyage initiatique qui tient de la bande dessinée et du côté baroque de la culture latino-américaine.La musique y joue un moins grand rôle que dans l'Exil de Gardcl et le Sud.C'est le dessin qui la remplace.Le Voyage est un film d'humour noir, un mélange de grotesque et de pathétique.«L'Argentine aujourd'hui est comme un cheval avec les pattes a l'envers.Nous sentons dans la vie quotidienne les désarroi de la société.Nous vivons dans un climat de pessimisme général après avoir connu de longues dictatures militaires et maintenant une pseudo-démocratie où la presse et la télévision sont contrôlées par le grand capital.Nous vivons le scandale des privatisations, de la corruption des fonctionnaires.Les richesses naturelles du pays \u2014 dont le pétrole \u2014 sont vendues à des prix scandaleusement bas sans aucune nécessite.Nos hommes politiques se traînent à genoux, le peuple se serre la ceinture.«On est venu chercher de l'or, puis du pétrole et du caoutchouc en Argentine, maintenant nous sommes exportateurs de devises: 150 milliards de dol- Walter Ouiroz (Martin) et Soledad Alfaro (Vida-la), dans une scène du Voyage.lars pour la dette extérieure et les royalties aux grandes compagnies! Les gens sont pauvres comme ils ne l'ont jamais ete depuis trente ans.» ^ Tant a dire Décourage, Solanas?Non.Mais il ne comprend pas la demobilisation des intellectuels.Il ne comprend pas les cinéastes qui ne trouvent rien à dire.Tant de choses se passent partout, souligne-t-il, il y a un tel bouillonnement dans le monde! «En Argentine même, malgré tout, une coalition de gauche s'impose comme troisième force politique.Un grand mouvement a pris naissance pour défendre l'école et l'université publiques, une tradition chez nous comme l'hôpital public.» Le Voyage est une fiction, insiste Solanas, mais profondement ancrée dans la réalité.«Tous mes films constituent un long chemin pour trouver mon identité de cinéaste, l'invente, je cherche à construire des métaphores.Il faut exprimer, comme en poésie, et non pas expliquer.» Pas besoin d'explication quand on voit, dans un pays en train de couler, littéralement, le président de la republique se montrer en publie avec des palmes de plongeur.Ni quand ministres, évéques et généraux marchent a genoux sur les estrades.L'humour de Solanas est corrosif, lit très efficace.Chaleureusement applaudi hier matin, te Voyage prendra bientôt l'affiche à Montréal en version originale avec sous-titres français et, une semaine plus tard, en version française.LE 16e FESTIVAL DES FILMS DU MONDE ¦k Sevillanas Frisson andalou Agence f ni nev-Presse PASCAL UOURDON ¦ Un frisson andalou a parcouru hier le Festival des films du monde avec la présentation en première mondiale de Sevillanas, un ensorcelant document du cinéaste Carlos Saura sur ce que l'on appelle communément le flamenco.Réalisé pour l'Exposition universelle de Seville, seul lieu où il avait jusque-là été projeté, Sevillanas est comme une poursuite, sinon un achèvement, de la série «flamenca» déjà tournée, en fiction, par Saura avec l'inestimable concours du danseur Antonio Gadcs: Notes Je sang, Carmen et L'amour sorcier.Monstres sacres Là, pas de scénario, ni d'acteurs.|ustc une série de monstres sacrés du chant et de la danse andalous, qui donnent libre cours à leur art sur un plateau dépouillé.Pour les hommes.Paco de Lucia, Camaron de la Isla ( mort tout récemment ), Manolo Sanlucar, Los Romeros de la Puebla, et.chez les femmes, deux mythes: Rocio lurado, l'une des reines du genre, et surtout l'increvable Lola Florès, dite La Faraona, qui danse autant avec son visage qu'avec son corps.Autour, des danseurs, petites filles, jeunes beautés, amples matrones, frêles centenaires ou latin lovers veloutés, se renversent avec fureur au rythme des castagnettes, des battements de mains et des inexorables claquements de talons du « laconeo».Voix gutturales, folie ou retenue des mouvements, profondeur des visages, provocation des regards, flottements des falbalas et des châles de broderie, ehants d'hommage à Triana, le quartier gitan de Seville: Saura s'efface avec modestie devant un sujet qui ne mérite ni commentaire ni effet superflu.Ft, en 55 minutes seulement, il montre tous les aspects de la sevillana \u2014 un des genres particuliers du flamenco.luste avant, le FFM \u2014qui rend hommage cette année au cinema espagnol\u2014 proposait une autre \\ision de cette même Seville, avec Semana Santa, un document de Manuel Gutierrez Aragon sur la célèbre Semaine sainte.V * X LA PRESSE A VU ¦ An Independent Life, de Vitali Kanevski (Russie-France).Comme si bouge pas.meurs et réussite, le magnifique premier film du cinéaste russe, qui lui a valu une reconnaissance mondiale, pouvait avoir une suite! Dans celte récidive, les mêmes personnages ressuscitent, bougent et disparaissent a la fin; le style unique de Kanevski se réaffirme, mais Valerka et Galia ont grandi, et l'effet de surprise de leurs propos et gestes enfantins s'est envole, avec une bonne partie du charme original.HR.¦ Au pays des luliets.de Medhi Çharef (France).Trois prison-hières en permission pour 24 heures voient leurs projets respect iK compromis par une grève des cheminots.En revanche, elle trouvent l'occasion de faire connaissance, de partager leurs tristes histoires personnelles, bref, de se bâtir une solidarité.Un film beaucoup moins réaliste qu'il ne parait a prime abord, avec quelques maladresses de réalisation, mais souvent touchant maigre tout.El vrai comme le rôve dans la vie des femmes.H R ¦ le ehene.de Lucian Pintilie (Roumanie).I xpulsc de la Rou-m.mie sous I.» dictature, l'auteur > retournail l'an dernier en Rou-manie pour y tourner cette furieuse caricature de la vie «enfin ikii male ».D.ms ce pays qui compte plus de cadavres que de réfrigérateurs pour les entreposer, et ou les catastrophes se télescopent.Nela.dont le père vient de mourir en léguant son corps a la science, tente de faire respecter ce dernier voeu.On la suit dans son errance jusqu'au chêne, symbole d'espoir.HR ¦ Le coup de foudre ( Love at First Sight) de Rudolph Thome (Allemagne).La reunification des deux Allemagne en la personne d'un couple, Lisa et Zenon.Elle, futurologue, séparée, de l'ex-RI A.Lui, archéologue en chômage, veuf, de l'ex-RDA.Ils se rencontrent dans un parc.C'est le coup de foudre.Ils mettent en commun ce qu'ils ont, y compris leurs trois enfants.Le bonheur, quoi! dans un monde qui n'annonçait rien qui vaille.Pas banal, cet optimisme a l'allemande.L P ¦ Douce Fmma, chère Bobe, de Istvan S/abo (Hongrie).L'histoire de l'amitié entre deux jeunes institutrices qui ont quitte leur campagne pour venir vivre leur vie a Budapest.Mais tout bouge a l'Ist et la grande ville est dure pour les jeunes provinciales, qu'elles aient le vague u l'aine ou les pieds bien ancrés au sol.Emma, la romantique, vit un amour illusoire avec sou directeur d'école qui ne la vaut pas.Kobe, ia réaliste, ne réve pas.Mais les revis sont nécessaires, non ?HR ¦ llyenes.de Djibril Diop Mam-bety ( Senégal-SuisseT rance ) La visite d'une vieille dame (récit inspire de Durrenmatt) provoque tout un émoi dans un village africain.Celle qui s'est enrichie a l'étranger en vendant ses charmes veut maintenant acheter toute la population pour assouvir une vengeance.« Le monde a fait de moi une putain, lance l'héroïne, le vais faire du monde un bordel.» Continent de misère, l'Afrique est prête à se vendre au plus offrant.Mais la démonstration laisse perplexe.LP ¦ The Long Day Closes, de Terence Davies (Grande-Bretagne).Benjamin d'une famille de dix enfants, le cinéaste britannique séduisait Cannes l'an dernier avec son premier film.Distant Voices.Still Lives, tiré des souvenirs d'enfance de sa fratrie.Le revoici avec sa propre enfance condensée en un été, celui de ses onze ans, dans un quartier très pauvre de Liverpool.Un film lent, nostalgique, plein Samuel Froller et Pernilla August, dans Les meilleures intentions, de Bille August.Projection en plein air, a la Place du 350 e.ce soir a 21 h.d'images et de musiques qui feront sourire les 40 ans et plus.Sans histoire, comme le bonheur.HR.¦ Les meilleures intentions, de Bille August (Suède).Une mise en scène d'une extrême sobriété, des personnages denses, magnifiquement interprétés par Pernilla August (prix d'interprétation à Cannes) et Samuel Froller.Scénario d'Ingmar Bergman qui raconte l'histoire de ses parents, Henrik et Anna Bergman.Lui, jeune pasteur d'une droiture exceptionnelle.Elle, riche et complexe, comme le sont presque toujours les personnages féminins dans l'oeuvre de Bergman.Palme d'or du dernier Festival de Cannes.S.O.¦ Le mouton noir, de lacques Godbout (Québec).Un superdocumentaire de près de quatre heures sur l'apres-Meech.De Terre-Neuve à Vancouver, le cinéaste observe sur le terrain et questionne des hommes politiques, des leaders d'opinions, des politicologues (Godbout dit de préférence politologues, terme qui sonne mieux a son avis), des jeunes militants.Il ressuscite même quelques «grandes gueules» de notre passe constitutionnel.Un film vrai, et passionnant comme la meilleure fiction.HR.¦ L'oeil qui meut, de Raoul Ruiz ( I ranee ).Savant et rationaliste.Félicien Pascal se rend au Portugal pour toucher l'héritage qui vient île son pere.Il découvre un village en proie aux mira- cles et aux apparitions de la Vierge, où les habitants dorment le jour et vivent la nuit et ou les chiens dévorent les vivants.Un film inclassable, proteiforme, qui charrie le meilleur mais surtout le pire, traverse néanmoins par un humour surréaliste ravageur.LP.¦ Rampage, de William Friedkin (États-Unis).Meurtres gratuits, mutilation de cadavres, sourire angélique de l'assassin.Images du Christ et d'Hitler.Le Bien et le Mal.Drame de conscience d'un jeune procureur oppose à la peine de mort, et qui finira par la réclamer devant tant d'horreur.La folie, dit-il, n'excuse pas tout.Un film dur, d'une efficacité certaine, tourne par le metteur en scene devenu célèbre au milieu des années soixante-dix avec The Fxorcist.Pour estomac solide.so.¦ Sans un cri, de leanne Labrune (France).Une histoire à la fois infiniment triste et terriblement captivante que celle de Pierre et Anne, deux êtres incapables de communiquer, et auxquels leur adorable petit garçon ne pourra servir de trait d'union.Pierre est un grand bébé confusément jaloux de l'attention et de l'amour qu'Anne donne au petit Nicolas.Pour combler sa solitude, le routier adopte un chiot.Molosse, qui grandira plus vite que l'enfant et deviendra bientôt menaçant.Pour qui?HR "]
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