La presse, 22 octobre 1992, B. Informations nationales
[" Informations nationales 4 f LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 22 OCTOBRE 1992 mm m '/MM/y-'V-'-' f f I REFERENDUM 92 Ce qu'ils ont dit .sur/es effets du A/OA/ ROBERT BOURASSA: «L'instabilité politique en-traine de l'inquiétude chez les investisseurs.Ce n'est pas du terrorisme que de dire cela.C'est simplement énoncer les lois économiques les plus simples.» [Saint-Laurent, le 18 octobre) BRIAN MULRONEY : «Un NON ça veut dire un NON, on ne se contera pas de peurs.Il n'y en aura pas de négociations constitutionnelles, il ne faut pas rêver en couleur! Si vous dites NON à Chariot te town, c'est fini ! » ( Entrevue publico dans La Bresse le 17 octobre) JACQUES PARIZEAU: «|e garde espoir que ce désaveu terrible de la classe politique canadienne, un désaveu effrayant, se transformera en pressions sur les politiciens pour leur faire comprendre que quand on veut se faire réélire, il faut s'attaquer aux vrais problèmes.» ( Montréal, le 19 octobre) Jean Chrétien JEAN CHRETIEN: «MM.Pari/eau et Bouchard disent qu'on pourra s'attaquer aux problèmes de l'économie après la victoire du NON.Mais est-ce qu'ils s'engagent, eux, à ne plus parler de souveraineté du Québec après le 26 octobre pour s'attarder à l'économie?C'est bien clair qu'ils se battent pour le NON et qu'ils s'apprêtent à mieux préparer la souveraineté.» ( Su in te-Ca t herine-de-la -lac-ques-Cartier, le 18 octobre) MICHAEL HARCOURT, premier ministre de la Colombie-Britannique: «Si le NON l'emporte et que Brian Mulroney convoque une nouvelle conférence constitutionnelle, je ne m'y rendrai pas.Si les gens disent NON le 26 octobre, c'est fini.Ma réaction serait différente si je croyais pouvoir améliorer l'entente pour la Colombie-Britannique et m'opposer à la garantie de 25 p.cent des sièges à la Chambre des communes au Québec.Mais il n'y a aucune chance que ça arrive.» ( Dans le Vancouver Sun le 17 octobre) MARC-YVAN CÔTÉ, ministre de la Santé du Québec: «Si le NON l'emporte, nous sommes dans la merde jusqu'au cou.» ( Portrait publié dans La Presse le 17 octobre ) JEAN-CLAUDE ICART, ancien directeur du Bureau de la communauté chrétienne des H;uticns de Montréal : « Après le 26 octobre, ça ne sera pas le chaos, pas la catastrophe.» ( Montréal, le 18 octobre) JOHN McCALLUM, professeur à l'université McGill: «.au lendemain d'un vote négatif au Québec, l'idée d'une souveraineté-association ou même d'un marché commun ne survivra pas longtemps dans les bars et les salons du Canada anglais.» ( La Presse, le 19octobre) EDWARD McWHINNEY, professeur à l'université Simon Fraser, Colombie-Britannique et militant du OUI: «|e refuse d'embarquer dans les scénarios de peur.Un NON ne signifiera pas la fin du Canada, ni une chute de 50 p.cent du dollar.Car on ne peut tout de même pas prétendre que l'accord de Charlottctown est la meilleure entente constitutionnelle depuis celle des Etats-Unis en 1787.» ( Entrevue dans La Presse, le 17 octobre) 4 'i Mulroney croit avoir démasqué Parizeau // déduit d'une déclaration de Parizeau qu'un NON est un OUI à l'indépendance MARIE-CLAUDE LORTIE BAIE COMEAU ne nouvelle déclaration de Jacques Pari/eau confirmant ses intentions indépendantistes a permis a Brian Mulroney de donner une dernière injection d'énergie à sa campagne en affirmant qu'à la veille du référendum, il est plus clair que jamais qu'un NON à l'entente est un OUI à l'indépendance.Selon M.Mulroney.le président du comité du NON au Québec, lacques Parizeau, a fait une erreur stratégique «sérieuse» en levant «l'écran de fumée» sur son intention de profiter d'une victoire du NON pour accélérer la marche vers l'indépendance.L'enjeu est maintenant limpide, dit-il, c'est la séparation, et le premier ministre estime que cela aidera énormément ses troupes a convaincre les indécis de pencher en faveur du OUI.Mardi, M.Parizeau a déclaré: «La souveraineté du Québec il va falloir, après avoir dit NON a ce document-là, il va falloir la faire, puis la faire vite.Moi je n'ai pas l'intention d'attendre 12 ans ou huit ans ».Pour Brian Mulroney, il n'en fallait pas plus pour illustrer la thèse qu'il défend depuis le debut de la campagne.Cette these, c'est qu'un NON ouvre la porte a l'indépendance parce que M.Parizeau s'en servirait pour forcer la tenue d'élections provinciales qu'il gagnerait.À ce moment-là, le chef du PO commencerait ses démarches vers la souveraineté, explique M.Mulroney.qui semble tenir pour acquis une victoire du PQ aux prochaines élections provinciales.« Il dit, si vous me suivez dans la voie du NON.je vous annonce ce soir que ce n'est plus un NON à Charlottctown, c'est un OUI a l'indépendance», a lancé le premier ministre aux militants du comité du OUI de Baie-Comeau.«C'est la premiere fois qu'il parle comme cela, a continué le premier ministre, il s'agit là d'une erreur stratégique de sa part.Parce que l'écran de fumée que je dénonce depuis quatre semaines sans arrêt on le voit maintenant de façon limpide.Ses intentions sont claires comme de l'eau de roche.(.) C'est sérieux ce qu'il a dit.c'est sérieux ce qu'il a dit.Un NON c'est lourd de conséquence.» Brian Mulroney espère pouvoir remonter la pente grâce à cette tournure du dé-bal.Hier midi, il a encouragé ses troupes en indiquant d'ailleurs que le sondage Gallup ne donnait que dix points de différence entre le NON et le OUI dans l'ensemble du Canada, un écart tout à fait sur-montable, estime le premier ministre.'< Vous avez vu un sondage, de Gallup je crois, qui dit que c'est 50 p.cent pour le NON, 40 p.cent pour le OUI et 10 d'indécis.C'est la même maison de sondage qui, a deux semaines des dernières élections, a dit que le Parti libéral allait gagner avec ( |ohn ) Turner.(.) La nous avons seulement un petit dix points à gagner dans l'espace d'une semaine», a-t-il lancé à ses troupes ravies de le voir mais qui admettent que leur tâche est ardue dans le comté.En 1980, la région du village natal de M.Mulroney avait vote majoritairement pour l'option souverainiste de René Léves-que.* Mais M.Mulroney continue inlassablement à afficher l'image de celui qui croit encore gagner.«C'est en fin de soirée que l'on voit les meilleurs danseurs, a-t-il rappelé a ses militants, vous allez voir lundi prochain que le p'tit gars de Baie-Comeau sait comment danser».« Mulroney devrait se taire une journée et penser» \u2014 Jacques Parizeau YVES BOISVERT photo robert nadon u Presse À la brasserie chez Larry, Angus Comeau (à droite), opérateur de machinerie lourde, prend une bière avec son ami François Houle.Ils ont bien l'intention de voter NON au référendum.Les travailleurs de l'Est n'ont que faire du référendum .et vont voter NON ABrian Mulroney, qui dit que lacques Parizeau a fait une «erreur stratégique» en disant qu'un NON pourrait ouvrir la voie à la souveraineté, lacques Parizeau dit d'aller se coucher et de se taire pour une journée.« l'ai eu tout un choc aujourd'hui: le premier ministre du Canada vient de découvrir que je suis souverainiste!» a-t-il lancé sous les éclats de rire des quelque 500 militants qui emplissaient le local du comité du NON de Vimont.à Laval, hier soir.Jacques Parizeau MICHÈLE OUIMET '.'.'.'.'.'.'.'.V.V.'.'.V/i' '¦\u2022 :V:>^vV*:*:\"xï la brasserie chez Larry, située à Montréal-Est dans le coin des raffineries, l'humeur est maussade.Les travailleurs se demandent pourquoi les gouvernements tiennent absolument à ce qu'il y ait un référendum.«C'est de la foutaise! Ils dépensent des millions pour ça.Ici, dans l'Est, ils ont fermé des raffineries et les gens sont sur le chômage ou sur le BS», dit Gilles Beauchamp, un entrepreneur en électricité.«Ouin.», approuve son ami.Alors pourquoi dépenser tout cet argent, se demandent les travailleurs, alors que l'est de l'ile de Montréal encaisse des fermetures d'usines depuis dix ans: Texaco, Esso.Gulf, ia Vickers, les Biscuits David, les Aliments Steinberg, Black and Decker, l'usine pétrochimique Kemtee et.plus récemment, les ateliers Angus?Les travailleurs sont inquiets.On est loin des subtilités entourant les textes juridiques et la jus-ticiabilité de l'union économique.Ici, chez Larry, Robert Bouras-sa et Brian Mulroney n'ont pas la cote.le eemiianne «Mulroney.il ferme toutes les jobs, dit Angus Comeau.un operateur de machinerie lourde qui a six enfants, presque tous sur le chômage.Mulroney, je l'aime pas.Bourassa, je l'aime pas.|e vote NON.» « Moi aussi je vote NON pis ça viens de s'éteindre», ajoute son ami, François Houle.«Le monde, ils sont tannes de se faire runner, dit Gilles Beau-champ.Ils veulent que l'économie marche.» Le problème, explique lacques Arsenault, un accidenté du travail, c'est que l'économie est mêlée.«Aujourd'hui, tu peux acheter des spark-plugs ( bougies ) dans une pharmacie.Ça n'a pas de bon sens! Il faut que le boucher vende de la viande et que le poissonnier vende du poisson.Hey.c'est rendu que MacDonald vend de la pizza ! Tout est mêlé.» C'est dans cette brasserie virile où il n'y a que des hommes, à part les deux serveuses, qu'on a tourné le film Coyote et une affiche affriolante de Mitsou orne un mur juste à côté de la table de billard.Dans le fond, il y a une télévision avec un écran géant et un bar avec des tabourets au style canadien su ran fie.À une table, un homme tranche dans le decor.Il est le seul à porter un complet-cravate.C'est un représentant en transport et, de temps en temps, il vient manger chez Larry.Pendant que les Demons du midi jouent à tue-téte et que le rire aigu de Suzanne Lapointe emplit l'espace, le représentant en transport se vide le coeur.Il parle vite et il est intarissable.Tout y passe: les Québécois nés pour un petit pain, l'humiliation d'avoir un patron unilingue anglais a Toronto qui ne comprend rien au Québec, la folie de tenir un référendum et l'incompétence des hommes politiques.«l'ai honte, finit-il par lâcher.On fait colon, fuck.» En sortant de chez Larry, le ciel est toujours aussi gris.Il n'y a que des raffineries et des usines qui crachent leur fumée.Le temps est à l'orage.L'humeur des travailleurs aussi.Plus tôt dans la journée, le premier ministre Mulroney avait déclaré à Baie Comeau que le chef du NON au Québec avait pour la première fois laissé entendre qu'à ses yeux un NON à Charlottctown est «un OUI à l'indépendance».Devant les journalistes.M.Parizeau a ironisé sur la déclaration du premier ministre.«Ça fait six semaines qu'on travaille la main dans la main, ceux qui veulent la souverainté du Québec et ceux qui veulent des changements majeurs du système fédéral pour refuser l'accord de Charlottctown.Et tout d'un coup, le premier ministre de ce pays découvre que Parizeau est un souverain-site .Mon Dieu ! Que Dieu vienne en aide au Canada ! » « |e crois que ça montre simplement que le premier ministre du Canada ne sait plus trop où il en est ( he is having a hard time with himself).Le pauvre homme.|e crois que le premier ministre du Canada devrait dormir une journée.Partir une journée, et ne rien dire, simplement se taire une journée et penser.Penser un petit peu.Réalisez-vous que vous êtes tous la ce soir, nombreux, avec de nombreuses caméras de télévision, à me de- mander si le premier ministre du Canada a raison et si je suis un souvenrainiste! Mon Dieu! Est-ce que l'homme ne .pourrait pas simplement s'en aller et dormir la-dessus une journée?» M.Parizeau a également levé un voile sur son rôle pendant la crise qui a secoué la réserve d'Akwe-sasne (qui se partage entre l'Ontario, le Quebec el l'État de New York ).quelques mois avant les troubles d'Oka.M.Parizeau avait parlé de ces événements à CKAC plus toi dans la journée, en réponse à une attaque du ministre Claude Ryan, qui lui reprochait son attitude pendant la cirse autochtone de l'été 1990.Après que Conrad Sioui l'ait appelé pour se plaindre du refus du ministre Sam Elkas d'envoyer la SQ sur la reserve même s'il y avait eu mort d'homme, M.Parizeau a dit avoir appelé personnellement M.Bourassa «pour éviter une nouvelle effusion de sang» afin de lui demander d'envoyer « immédiatement » la Sûreté du Quebec dans la réserve où «les gens se tiraient dessus».«Quelques minutes après qu'on se soit parle, il y a eu un deuxième mort.Et dans le courant de la journée, M.Bourassa.finalement, a accepté d'envoyer la Sûreté du Québec à Akwesasne et l'ordre a été rétabli», a résumé le chef de l'opposition.Le chef pequiste a indique qu'il n'avait pas jugé bon de rendre publiques ces informations jusqu'ici, mais que M.Ryan avait été trop loin.«Quand je vois tout à coup M.Ryan, le ministre de la Sécurité publique, commencer à m'attaquer quant au rôle que j'aurais joue selon lui pendant la crise autochtone, alors là, une sorte de pudeur disparait.Le message de Bourassa ne passe pas Une analyse de PHILIPPE DUBUISSON QUÉBEC artout où la caravane de Robert Bourassa s'arrête, le premier ministre du Québec doit répondre à la même question: «Où sont les compétences exclusives, réclamées depuis des années par les gouvernements du Québec, dans l'accord de Charlottctown?» Et à chaque fois, M.Bourassa répond à peu près ceci: «En faisant partie du marché commun canadien, le Québec doit accepter une souveraineté partagée dans plusieurs secteurs pour permettre l'atteinte d'objectifs liés au territoire canadien.» M.Bourassa explique qu'un partage des pouvoirs étauche entre les provinces et le gouvernement fédéral est inconcevable à l'aube de l'an 2000.A l'archaïsme de l'isolement, il oppose le concept européen et contemporain de la «subsidiarite».Le partage des competences doit être fonction de l'efficacité des gouvernements, dit-il.Prenant le cas de la formation de la main-d'oeuvre, il précise que les provinces sont mieux placées pour assurer la livraison des services.L'entente de Charlotte-town, promet-il, permettra au Québec de mettre sur pied un «guichet unique», c'est-à-dire gérer un seul réseau de forma- ! tion sur son territoire, mettant fin aux chevauchements.L'entente de Charlottctown permettra aussi au gouvernement fédéral de fixer des objectifs au chapitre de qualification de la main-d'oeuvre pour accroître sa mobilité.Le Québec bénéficiera de ses normes canadiennes qui ne pourront qu'accroître l'efficacité du marché économique canadien.A ceux qui mesurent les pouvoirs exclusifs promis au Québec par l'entente de Charlottctown à l'auge des 22 compétences reclamées par le rapport Allaire, M.Bourassa répond qu'il peut demander la lune comme chef de parti, mais qu'il doit être réaliste à titre de chef de gouvernement.Mais ce message que le premier ministre veut contemporain ne réussit pas à convaincre.Il n'a pas convaincu la Chambre de commerce du Québec ou l'Association des manufacturiers du Quebec, demeurés neutre dans la campagne référendaire, qui réclamaient un menage en profondeur dans le partage des compétences.L'entente de Charlottctown, disent ces incrédules, ne mettra pas un terme aux dédoublements de programmes entre les provinces et le gouvernement fédéral.Elle reconnaît plutôt au gouvernement fédéral le pouvoir de dépenser dans les secteurs de juridiction exclusive des provinces, .un gage de chicanes interminables entre gouvernements qui s'affichent à coups de subventions.Aux antipodes Mais si le message de M.Bourassa ne passe pas, c'est qu'il se situe aux antipodes du discours tenu par son gouvernement et de ses principaux ministres depuis la mort de Meech.Le gouvernement Bourassa avait en fait depuis deux ans préparé les esprits à un discours opposé : \u2022 Dans le secteur de la santé, une exclusivité des provinces, le ministre Marc-Yvan Côte a réclamé à grands cris mais sans sucées plus de souplesse dans les normes fédérales pour introduire son «ticket orien-teur»; \u2022 Dans le secteur de la formation professionnelle, le ministre Bourbeau a multiplie les sorties contre son homologue fédéral, qu'il a accusé de doubler le reseau Québécois de la formation de la main-d'oeuvre sans tenir compte des priorités du Québec; \u2022 Dans le secteur de l'environnement, compétence partagée, le ministre Pierre Paradis a imploré le Sénat de rejeter le projet de loi C-13.Ottawa, disait-il.se donne le droit de dicter le processus d'évaluation environnementale de tout projet, même ceux de compétence provinciale où le gouvernement federal intervient en vertu de son pouvoir de dépenser.M.Bourassa a même amplifié ce discours de son gouvernement en qualifiant de «fédéralisme dominateur» le partage des pouvoirs proposé par la comité fédéral Beaudoin-Dobbie, dont se sont pourtant très largement inspirés les premiers ministres pour convenir de l'entente de Charlot-tetow n.On recolle ce que l'on sème, dit-on.Cette maxime, aussi simple qu'elle soit, exprime bien le bourbier dans lequel s'est enfonce le gouvernement Bourassa.non pas depuis le debut de la campagne référendaire, mais depuis deux ans en tenant un discours hostile au gouvernement fédéral et fort revendicateur.Le premier ministre federal avait pourtant donne raison en quelque sorte au gouvernement du Quebec en affirmant, avant la conclusion de l'entente de Charlottctown: «Le veritable problème canadien, c'est l'utilisation abusive par le gouvernement federal de son pouvoir de dépenser».Aujourd'hui, à quelque jours de l'échéance référendaire, M.Bourassa souhaite que le débat sur le partage des competences soit «un peu plus contemporain».Mais dans une campagne de 3b jours, où le débat est plus émotif que serein, les Québécois ont du mal a suivre « avec lucidité » leur premier ministre.! D2 LA PRESSE, MONTREAL, JEUDI 22 OCTOBRE 1992 Éditorial Paul Desmarais president du conseil d administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson Marcel Desjardins éditeur adioint directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Le vrai courage, oser accepter l'entente Bien des Québécois et des Québécoises hésitent à approuver l'entente de Charlottetown parce qu'ils ont l'impression que voter OUI, c'est en quelque sorte accepter de ne plus se battre, c'est choisir la voie de la résignation et de la médiocrité.Pourtant, le vrai courage ne consiste pas à envoyer de temps à autre un premier ministre se battre à Ottawa, ou à flirter avec une option que Ion rejettera quand elle devient menaçante.Le vrai courage, c'est d'accepter de clore le débat constitutionnel en approuvant l'entente de Charlottetown, de bâtir le Québec en osant changer de terrain d'affrontement.Cela demande une bonne dose d'audace, parce que nos batailles avec Ottawa sont devenues des béquilles et exigent bien moins d'efforts que de s'attaquer de front aux problèmes qui nous assaillent.Ces batailles avec le reste du Canada sont tellement ancrées dans nos habitudes qu'elles sont devenues un carcan, qu'elles mènent les Québécois à se réclamer d'un nationalisme des années soixante pour se préparer à l'an 2000.Le débat constitutionnel, dont cette campagne référendaire est le plus récent chapitre, est poussiéreux.D'abord, il repose largement sur ce que nous appelons des revendications traditionnelles.Des exigences élaborées il y a trente ans et qui correspondaient sans doute aux besoins de la société de l'époque, encore informe et fragile.Le Québec a radicalement changé, mais n'a pas fait le ménage dans ses demandes.Un nombre important des acteurs du psychodrame référen- daire, comme MM.Trudeau, Parizeau, Bourassa et Chrétien, étaient déjà des acteurs des affrontements qui se sont déroulés il y a un quart de siècle.Et ils réussissent à nous imposer encore aujourd'hui les paramètres des batailles de leur jeunesse.Ce poids du passé a fait en sorte que ces affrontements épi-sodiques sont devenus mécaniques, avec leurs rites confortables et leur vocabulaire guerrier: se tenir debout, céder, affronter, gagner.Ils ont aussi donné naissance à une industrie constitutionnelle qui les entretient et les perpétue, observateurs, universitaires, constitutionnalistes, politiciens, le nid de vipères des conseillers des gouvernements, qui vivent de cette crise sans jamais souffrir de ses effets.Où toutes ces énergies nous ont-elles menés?Nulle part.En trente ans d'affrontement, pas une virgule de la constitution n'a été modifiée à l'avantage du Québec.Mais le Quebec, lui, le vrai Québec, pas celui des alinéas et des virgules, mais celui des gens, de leurs emplois, de leurs institutions, de leurs créations, a littéralement explosé.Il s'est modernisé, s'est développé, a mis au point ses propres modèles, a dépassé ses frontières.Bien sûr, ce n'est pas grâce au cadre fédéral que ce développement a été possible, car les succès du Québec ont souvent exige des batailles rangées avec le reste du Canada.Le principal moteur de cette évolution a d'ailleurs été le nationalisme québécois sous ses diverses formes.Mais il est également clair que le cadre fédéral, dans la plupart des cas, n'a pas été un frein.Le plus souvent, les contraintes liées à la constitution, au partage des pouvoirs, aux conflits intergouvernementaux ont eu une très faible influence sur les réalisations les plus significatives de la société québécoise, que ce soit le développement de son réseau d'éducation, de ses institutions économiques, de ses programmes sociaux, de ses réalisations culturelles.Et pourtant, même si elles n'ont le plus souvent rien à voir, combien de fois nous sommes nous servis des contraintes politico-constitutionnelles soit pour expliquer nos échecs, soit pour proposer des solutions.Par exemple, à l'heure actuelle, on associe la survie du fait français à la clause de la société distincte et donc au bon vouloir du reste du Canada, quand dansjes,.faits les vraies solutions reposent sur une restauration de notre réseau d'éducation et sur notre capacité de renouveler les générations.Et c'est en ce sens que ce débat est une béquille qui entretient le mythe réconfortant voulant que nous puissions résoudre nos problèmes en changeant les règles du jeu.Les problèmes les plus criants, ceux qui nous font le plus peur et pour lesquels nous n'avons pas de solution, la restructuration de notre économie, le brassage ethnique, la pauvreté^ la crise de l'État, l'environnement, seront rigoureusement les mêmes, peu importe le cadre constitutionnel.C'est de la pensée magique de croire qu'ils seront plus faciles à régler dans un fédéralisme profondément renouvelé a la Allaire ou dans un projet de souveraineté sans douleur.ill \u2022 \u2022 Le vrai courage, c'est de se rendre compte que les solutions ne viendront pas d'un quelconque débat de nature constitutionnelle, mais des efforts de chacun.Et le vrai nationalisme, ce n'est pas de se battre pour des virgules, mais de foncer pour bâtir le Quebec.Et pour cela, il faut d'abord tourner le dos à ce débat stérile.Alain dubuc Salut Willie! i Le country québécois est en deuil.Willie Lamothe, celui qu'on surnommait le «monument national», est décédé.On se souviendra longtemps de lui.Dans des témoignages empreints d'une grande tristesse, ses proches l'ont décrit comme un homme dénué de prétention, plein d'énergie, Jl d'humour, tendre et généreux.Willie Lamothe avait trois passions.Sa famille et ses amis, le country et western et la rigolade.Il fut un chanteur adulé.Un merveilleux acteur dans une dizaine de films.Une grande vedette à Télé-Métropole dans le célèbre Ranch à Willie.Durant une trentaine d'années, il a sillonné la province, se produisant sur les petites et grandes salles de spectacles à une époque où la culture country québécoise était méprisée par l'élite et par les gens de théâtre en général.Mais Willie Lamothe n'était pas un homme de compromis.Toujours fidèle à lui-même, il a chanté inlassablement les petites choses de la vie, l'amour et la nostalgie et mérité, en bout de piste, le respect de tous.Avec courage, il a assumé les quatorze dernières années de sa retraite forcée souffrant terriblement des séquelles d'une embolie cérébrale.Ils sont très peu nombreux les disparus célèbres dont le départ suscite une telle belle unanimité de regrets et de sympathie.Willie Lamothe aura marqué, à sa façon, non seulement la culture country québécoise, mais l'ensemble des Québécois.Dans le paradis des cowboys, il doit être mort de rire quand il raconte aux autres la récupération que l'élite a fait de la culture western.Salut Willie.Claudette toucas Montréal, au secours! Une fois de plus, la Ville de Montréal vole à la rescousse de ses sociétés paramunicipales.L'an dernier, elle avait emprunte 72 millions pour en renflouer quatre, aux prises avec un lourd endettement.Cette année, c'est un montant de 400 millions quelle ira chercher sur les marchés financiers pour le compte de ses «paras» engagées dans de grands projets immobiliers.Et souffrant, comme tout le monde, du marasme économique actuel.Quatre cent millions, c'est beaucoup pour une ville dont le budget annuel s'élève à moins de deux milliards.Les partis d'opposition ont immédiatement saisi l'occasion pour dénoncer l'engagement de l'administration dans des projets coûteux et qui, pour le moment du moins, ne tournent pas rond du tout.Ces dénonciations n'échappent pas à la démagogie.Prenons le cas du Centre de com-H merce mondial, qui recevra une tranche de 86 millions des emprunts municipaux.Au moment où cet ambitieux projet censé revitaliser le Vieux-Montréal et développer le caractère international de la métropole avait été mis en branle, personne ne prévoyait que la récession qui, à l'époque, ne faisait que s'annoncer, allait durer aussi longtemps.Ni qu'on allait tomber aussi bas.Que le Centre de commerce serait incapable de louer plus de 30 p.cent de ses locaux.Et que les banques ne se précipiteraient pas pour lui fournir du financement a long terme.Une fois qu'elle a mis le pied dans ce projet, par le truchement de deux sociétés paramunicipales, la Ville n'avait probablement plus le choix.Et penser qu'aujourd'hui, elle devrait se départir de sa part d'actifs du Centre, à un moment où le marché immobilier souffre de morosité aiguë, pour réinjecter les fonds ainsi récupérés dans la réparation de trottoirs, cela relève du simplisme politique.En revanche, ces emprunts massifs viennent nous rappeler que les sociétés paramunicipales, théoriquement indépendantes de l'hôtel de ville, ne constituent en quelque sorte que le bras commercial de l'administration publique.Et que leurs activités ont un impact direct et substantiel sur les contribuables.Or, le conseil municipal, en principe responsable des «paras», ne les suit que de façon épisodique, une fois Tan, lors de la presentation de leurs budgets.Les rapports qu'elles acheminent périodiquement à l'administration municipale ne sont pas rendus publics.Il n'existe pas de portrait d'ensemble de leur situation financière.Elles ne sont pas tenues de divulguer de liste exhaustive des contrats qu'elles octroient.Bref, elles échappent aux mécanismes de contrôle qui s'appliquent aux administrations publiques.Parce qu'elles occasionnent une contribution majeure de la part de la Ville, les difficultés que rencontrent aujourd'hui ces créatures municipales constituent une occasion en or pour revoir leur fonctionnement.Agnès cruda Çi &ksTc/fl/ Peu Selteé c'&zttout/ \u2014T- .» vi'icr l-Ut III \u2022 t 4» La boîte aux lettres Punition trop légère pour Usa Al Guy Fournicr.¦ |e suis une grande admira-triee de votre émission jamais deux sans toi pour toute la réalité et la vivacité de ses émotions et des événements.Mais l'émission du jugement de la petite Lisa (12 octobre dernier) m'a fait grandement réagir.|c suis mère de trois enfants et j'ai travaillé à la Maison Notre-Dame de Laval durant dix ans comme psycho-éduca-trice.Le geste que Lisa a posé (tirer sur sa mère) est absolument inacceptable et démontre des troubles psychologiques graves.Cette enfant avait besoin d'aide de psychologues.Ses comportements nous le démontraient déjà depuis longtemps.Quelle image donne-t-on à nos adolescents dans cette émission?«Si tu tires sur ta mère ou une autre personne mais que tu as une bonne raison, tu fera 30 heures de travaux communautaires et le juge te fera des beaux sourires.» Kristine CHOOUETTE Psycho-éducatricc « Sport » risqué, mais palpitant ¦ Dans La Presse du jeudi 15 octobre, le chef de pupitre de-Montrèal Campus vient à la défense de ses collègues du Polyscope sous le titre «Publier n'importe quoi».Il dit notamment: «Les publications étudiantes adorent s'adonner à un sport risqué, mais ô combien palpitant: repousser au maximum les limites de la liberté d'expression.Tout peut être écrit, pourvu que ce ne soit pas raciste, sexiste ou discriminatoire.» À la lecture de l'article, on pourrait croire qu'il n'y a rien de sexiste dans le Polyscope «Spécial sexe».Partout dans le texte, pourtant, remplacez «homme» par «blanc» et «femme» par «immigrant».Ensuite, essayez de me dire que ce numéro n'est pas raciste.Essayez de ne pas y voir de discrimination.Publiez un Polyscope \u2014 ou un Montréal Campus \u2014 aussi raciste que le «Spécial sexe» était sexiste, et vous aurez toutes les communautés ethniques sur le dos.Le ministre des Communautés culturelles et de l'Immigration ira même jusqu'à présenter des excuses publiques au nom des Québécois.Mais dans notre société encore sexiste, les femmes ne peuvent même pas réagir sans passer pour des frustrées, si bien que les journaux étudiants \u2014 et les autres \u2014 peuvent encore se permettre n'importe quoi impunément.Suzanne BLANCHET Longucuil Vive le stade ! ! ! ¦ Récemment, nous, éducatrî-ces en garderie d'enfants de 3-4 ans, avions décidé d'amener notre groupe de 13 enfants faire un tour au Stade.Vu la proximité entre notre garderie et les installations olympiques, nous avons pris cette habitude.Cette fois-là, le funiculaire était notre destination.Mentionnons que depuis l'ouverture du funiculaire, jamais nous n'avons eu à débourser pour les enfants de moins de 5 ans, ceux-ci étant toujours accompagnés d'adultes, en l'occurence nous les éducatri-ccs.D'ailleurs le tableau posé prés du guichet le mentionne très bien.Quelle ne fut pas notre surprise, ce jour-là, de nous faire refuser l'accès en prétextant que chaque enfant doit avoir son billet.Pourtant ces enfants ont tous moins de 5 ans et nulle part il n'est mentionné qu'ils doivent être accompagnés de leur parent pour bénéficier de cette gratuité.Le transport urbain (autobus, métro), les musées, l'Insec-tarium, le jardin Botanique, les installations municipales sont gratuits pour les moins de 5 ans accompagnés.De quel droit la RIO ne rcspectc-t-clle pas les politiques dans ce sens et a le mauvais goût d'aller à rencontre de ce qu'elle indique à ses guichets.À quand notre prochaine visite au Stade?Nous nous le demandons! ! ! Jocelyne DESSUREAUTL et Andrée TREMBLAY Éducatrices en garderie Un reflet de notre civilisation ?¦ L'endroit choisi, le Palais de la Civilisation, pour y établir un casino n'est pas un choix subtil, s'il en est un.De bien mauvais goût.Pourquoi n'y avoir pas établi le Musée de la Science et de la Technologie et toutes ses grappes?Pour attirer les touristes.¦a - w n DROITS RESERVES notre maire Doré voit grand, somptueux! Rien n'est trop beau.Dans un pays civilisé comme.l'Angleterre, les maisons de jeu sont permises moyennant un « membership » et sont tenues à l'ombre dans des clubs privés pour les gens qui ont les « moyens» de se payer ce genre de sport.ou divertissement anathème.Ici dans notre «belle» province où la loterie tient lieu de planning social, de religion, d'espoir, en prônant l'évasion de la réalité pécuniaire d'un* grand nombre, il n'y aura pas de froncement de sourcils et encore moins un interlocutoire public.Nous avons maintenant\" notre monument à la loterie! Il ne s'agit pas ici de passer un jugement moral mais d'y voir un «non-sens» et une désinvolture face à nos valeurs 3e' patrimoine.L'endroit idéal puisqu'il n-'y a plus de recul, serait les Cours Mont-Royal qui sont devenues un éléphant blanc.Ou encore Mirabel?L'éditorial de La Presse (21 sept.) par Claudette Tougas est faible et défaitiste en titrant: «Les jeux sont faits».On nous, relate la raison du choix comme étant reliée à la «sécurité».Paradoxalement, la distance du site faciliterait la démesure, l'incongruité.Allons plutôt voir les autres «pressions» faites pour en arriver là, sans ambages.Et que penser d'un fardeau fiscal additionnel d'un corps policier discret «sur mesure»! En toute honnêteté, je n'y crois pas à ce choix.G.DESGROSEILLIERS Montreal' y Lysiane Gagnon LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 22 OCTOBRE 1992 Opinions \u2022 > Une entente qui consacre le statu quo -w.Le texte qui suit est extrait de la Déclaration officielle du Comité des économistes pour le NON, un regroupement d'une vingtaine d'économistes québécois.' *X.v^*- \u2022 lusieurs membres de notre ^profession ont déjà exprimé leur point de vue sur l'avenir économique du Québec.Dans leur très grande majorité, ils ont recommandé des changements substantiels et fondamentaux au régime politique et constitutionnel actuel, changements qui ne se reflètent nullement dans le projet d'entente de Charlotte-town.Ils.ont fait ces recommandations â partir d'une lecture serrée des tendances de fond au chapitre de la mondialisation et de l'intégration économique qui donnent lieu à de nouveaux déterminants quant â la compétitivité des économies contemporaines.Le projet de Charlottetown i-gnore cette réalité en proposant la poursuite d'un régime centralisateur, dépassé, éloigné des agents économiques et non rentable pour le Québec.De plus, en consacrant comme jamais auparavant le pouvoir du gouvernement central de s'immiscer dans toutes les sphères de juridiction, y comprises celles dites exclusives des provinces, ainsi qu'en reconnaissant et en consti-tutionnalisant pour la première fois, de façon aussi claire et tranchée, le pouvoir fédéral de dépenser et la centralisation des décisions à Ottawa, le projet d'entente du 28 août ne pourra que faire perdurer l'incertitude qui, elle aussi, est constitutionnalisée par un processus de discussions similaires à celui que le Québec a connu depuis 30 ans.De façon plus spécifique, nous disons NON à la poursuite de ce régime qui est une faillite sur le plan de la gestion des fonds publics avec un déficit annuel de 30 milliards de dollars et une dette accumulée qui atteindra cette année les 450 milliards de dollars, soit 34000 dollars par Canadien en âge de travailler.Le Canada est le deuxième pays le plus endetté des pays développés.Rien dans le projet d'entente ne permet de mettre fin à cela.Au contraire, l'en ten te consacre la multiplication des chevauchements et des duplications qui entraînent des gaspillages annuels de l'ordre de 2 à 3 milliards de dollars.' Aucun retrait réel du fédéral 4ans des champs de compétence provinciale n'est clairement défini dans ce projet d'entente.Là où il Selon Les économistes pour le NON, l'entente du 28 août ne prévoit rien pour la relance économique.pourrait survenir, éventuellement, par la négociation, le fédéral demeurerait présent, à ses conditions, par l'entremise d'ententes fédérales-provinciales renouvelables à tous les cinq ans.Nous disons NON à un régime qui a été un échec dans la lutte aux disparités régionales.Depuis 15 ans, l'écart entre le Québec et les autres provinces canadiennes ne cesse de se creuser.En 1988, le Québec, avec 13,5 p.cent des familles vivant sous le seuil de la pauvreté, dépassait les Maritimes où la pauvreté touchait 12,5 p.cent des familles.La mobilité des personnes telle qu'on la présente dans le projet d'entente ne peut régler par elle-même ce problème.La richesse familiale nette au Québec, c'est-à-dire la valeur des actifs moins celle des passifs détenue par les familles québécoises, est la sixième au Canada avec 204000$; elle est inférieure à la moyenne canadienne de 261 400$ par famille et loin de la richesse moyenne de 329500$ pour les familles ontariennes.Le Québec devrait donc s'attendre, étant donné ces disparités de richesses, à retirer plus du régime actuel que ce qu'il paie au fédéral en taxes et en impôts.Au mieux, le bilan des dépenses courantes et des recettes fédérales au Québec est neutre sur son niveau de richesse.C'est le signal eminent d'un modèle qui ne fonctionne pas.Nous disons NON à ce projet d'entente car il ne contribuera d'aucune façon à faire une lutte acharnée au chômage, dont le taux atteint actuellement les 13 p.cent, ni au taux d'inactivité qui progresse dramatiquement vers le quart de la population en âge de travailler au Québec.Nous dénonçons aussi l'analyse biaisée consistant à voir le régime actuel comme bénéfique pour le Québec parce qu'il génère un surplus au chapitre de l'assurance-chômage et du soutien social.Les évaluations du coût de l'inactivité au Québec présentent une facture de 25 milliards de dollars annuellement en salaires non versés, en profits non réalisés et en soutien de toutes sortes visant à atténuer l'appauvrissement progressif du Québec; c'est 25 fois que le surplus conjoncturel du fonds d'assu-rancc-chômagc.Pour sortir le Quebec du sous-emploi chronique, il faut plus qu'un pouvoir parcellaire comme celui de la formation de la main-d'oeuvre, conditionnel au respect des objectifs canadiens, pouvoir qui, de surcroit, si l'on se base sur les échanges de lettres entre le Premier ministre du Canada et celui du Québec, n'est pas assuré de devenir avant longtemps une réelle compétence du Québec.Une lutte efficace au sous-emploi exige un seul répondant et une seule politique de main-d'ocuvre intégrant la formation de la main-d'oeuvre, la formation professionnelle, l'éducation postsecondaire, la gestion du fonds de l'assurance-chômage, les programmes de création d'em- plois et l'ensemble des volets de la sécurité des revenus.Nous disons NON à ce projet d'entente du 28 août dernier, car les dispositions qu'il contient ne contribueront d'aucune façon à la relance de l'économie du Québec.La réalité économique du Canada n'est pas, en effet, celle véhiculée dans le cadre des campagnes publicitaires de «Canada 125».La dure, la vraie réalité est que le Canada se classe au vingtième rang sur vingt-deux parmi les pays industrialisés quant aux perspectives futures de compétitivité.De plus, il est loin derrière en matière de recherche et développement (vingtième sur vingt-deux), de transfert technologique et de formation (dix-neuvième).Le Québec, dans son désir de performer et gagner, doit disposer au minimum: d'une plus grande man rise d'oeuvre en matière de R et D; de l'autonomie nécessaire pour définir et concrétiser une politique industrielle et commerciale vigoureuse; des moyens entiers pour mettre rapidement en place une véritable politique de main-d'oeuvre, avec ses différents volets indissociables incluant l'ensemble des mesures relatives à la sécurité du revenu et tous les volets de la formation et de l'éducation; des leviers nécessaires à la mise en place d'une vraie politique de développement régional.Le Québec doit aussi appuyer son développement économique sur des concertations et des synergies que le projet d'accord de Charlottetown pourrait contrecarrer.Charlottetown reconnaît l'interdépendance nécessaire des deux ordres de gouvernement L'auteur est avocat-conseil auprès du cabinet Fraser & Beatty à Ottawa et ancien sous-ministre de la Justice et sous-procureur général du Canada (1977-1985).Je viens de prendre connaissance du commentaire signé par onze spécialistes de droit constitutionnel et intitulé «Partage des pouvoirs: le Québec traité comme les autres provinces», paru dans votre journal le 5 octobre.Même si, je veux bien l'admettre,'le texte de l'entente de Charlottetown n'est pas d'une clarté cristalline, en ce qui touche à tout le moins au partage des pouvoirs, je suis surpris de retrouver un si grand nombre d'inexactitudes dans le commentaire des spécialistes.' Le pouvoir fédéral de dépenser D'abord en ce qui concerne le pouvoir fédéral de dépenser, je souligne que l'entente de Charlottetown comprend trois volets importants: (i) les nouveaux programmes fédéraux pan-canadiens à frais partages; (ii) les six matières communément appelées les six «soeurs», soit les forêts, les mines, le tourisme, le logement, le loisir et les affaires municipales et urbaines ; (iii) les autres matières.Voyons-y de plus près.\u2014 En vertu des propositions de Charlottetown, le Québec aura le droit, reconnu par la constitution, de se retirer d'un nouveau programme à frais partagés.S'il met en oeuvre un programme compatible avec les objectifs nationaux, il aura le droit d'exiger du fédéral une juste compensation.En d'outrés mots, c'est dire que la compensation versée au Québec suite à son retrait, par exemple, d'un programme national sur les garduries, ne pourra servir à l'amélioration du réseau routier.Tant et uussi longtemps que le Québec demeure dans le régime fédéral ca-uatlieu, est-ce vraiment déraisonnable d'exiger que les f^Tids fédé- raux versés sous forme de compensation servent à tout le moins à la poursuite des objectifs nationaux?\u2014 Le Québec aura aussi le droit, reconnu par la constitution, d'exiger que le fédéral mette fin à ses programmes dans la province fondés sur son pouvoir de dépenser dans le cas des six «soeurs».La juste compensation à laquelle aura droit le Québec sera établie dans une entente avec le gouvernement fédéral.À défaut d'entente, le Québec pourra s'adresser aux tribunaux qui en décideront.\u2014 L'entente de Charlottetown va plus loin en prévoyant que les Premiers ministres élaboreront un encadrement qui guidera dorénavant l'exercice du pouvoir fédéral de dépenser dans les autres domaines qui relèvent de la compétence exclusive des provinces.Cet encadrement, une fois établi, prendra la forme d'une entente multilatérale qui sera protégée par la constitution.L'importance de ces propositions est manifeste.Pour la première fois de toute notre histoire constitutionnelle, les onze gouvernements au Canada sont convenus d'apporter des balises, d'imposer des limites constitutionnelles au pouvoir fédéral de dépenser dans les domaines qui relèvent de la compétence exclusive des provinces.Les ententes intergouvernementales Les onze spécialistes ont raison de dire que les ententes intergouvemementales prévues par Charlottetown ne pourront servir au transfert de compétences législatives.Pour cela, il faudrait un mécanisme de délégation des compétences législatives clair et spécifique.C'est ce que le comité Beaudoin-Dobbic avait recommandé mais que les Premiers ministres n'ont pas retenu.Cela étant dit, l'entente de Charlottetown prévoit clairement que ce sont les parties à une entente qui décideront si l'entente doit être protégée par la constitution.Le mécanisme de protection n'est pas limité aux seules matières au Roger Tassé sujet desquelles il est expressément prévu que des ententes peuvent être conclues, comme le prétendent les onze spécialistes.Toute entente, tout aussi bien celles concernant l'immigration, la main-d'oeuvre ou la culture, que celles relatives à toutes autres matières, pourront être protégées.Les spécialistes font aussi valoir que la clause d'égalité de traitement pourra éventuellement limiter l'utilité de ce mécanisme de protection parce que, selon eux.le fédéral pourrait hésiter «à concéder à l'un ce qu'il pourrait se voir forcé d'accorder ensuite a neuf autres».Bien sûr, la notion d'égalité de traitement des provinces est de nature à imposer une nouvelle discipline au fédéral dans sa façon de traiter les provinces.Mais il ne s'agit pas là d'un principe absolu.Il est tempéré par l'obligation constitutionnelle imposée au fédéral de tenir «compte de la situation et des besoins particuliers de chacun».Cette disposition devrait favoriser le Québec dans la mesure où il pourra invoquer le caractère distinct de la société québécoise.Immigration et main-d'oeuvre Même si l'entente de Charlottetown est silencieuse sur la ques- tion, tous s'entendent pour dire, contrairement à ce que les onze spécialistes suggèrent, que les ententes relatives à l'immigration seront protégées par la constitution.Ce qui n'est pas clair, c'est de savoir si cette protection découlera d'une disposition constitutionnelle particulière à l'immigration comme c'était le cas dans l'Accord du Lac Meech, ou de l'application du mécanisme général de protection des ententes intergouvernementales.Par ailleurs, contrairement à ce que prétendent les onze spécialistes, une lecture attentive de l'entente m'amène à conclure, sans équivoque, que le Québec pourra exiger que le fédéral se retire du champ d'activité de la main-d'oeuvre.Le fédéral sera non seulement tenu de négocier mais aussi de conclure une entente visant à établir une juste compensation.Si le fédéral et le Québec ne peuvent s'entendre, les tribunaux décideront de la juste compensation à laquelle le Québec a droit.En conclusion, il est évident que la lecture que je fais de l'entente de Charlottetown au chapitre du partage des pouvoirs est fort différente de celle qu'en font les onze spécialistes.Contrairement à ce qu'ils prétendent, les propositions comportent, à mon avis, des modifications fondamentales à la Constitution de 1867, en consolidant les compétences législatives du Québec et surtout en balisant et limitant le pouvoir fédéral de dépenser.C'est aussi évident que les Premiers ministres canadiens ont rejeté la version «allairiste» de la réforme constitutionnelle, fondée sur une répartition étanche des compétences et des responsabilités gouvernementales, pour favoriser plutôt une vision du fédéralisme qui reconnaît l'interdépendance nécessaire des deux ordres de gouvernement et met en oeuvre des mécanismes de coordination et d'harmonisation des politiques et programmes gouvernementaux qui répondent aux exigences de la realité économique, sociale et culturelle du monde d'aujourd'hui.Votez Oui, Votez Non Toutes les familles ont un Jean Allaire.Un «mon'oncle» affable et rassurant, à qui l'on confierait les yeux fermés ses petites économies.Le portrait-robot de l'honnête gérant de caisse populaire.Promu vedette par un bizarre concours de circonstances.Me Allaire incarne, dans la campagne référendaire, ces innombrables Québécois qui rêvent a la souveraineté sans risque et sans rupture, et qui s'imaginent qu'après un Non, le reste du Canada reprendra docilement le chemin de la table de négociation pour mettre au point de meilleures «offres».que le Québec n'aura qu'à cueillir gracieuse* ment.Hélas, si l'on élevait un temple à la naïveté, c'est à ce pauvre jean Allaire qu'il faudrait le dédier.Hier manipulé par les Libéraux, aujourd'hui par les Pequistes, le pauvre homme continue de s'accrocher à un rapport que seul Yvon Deschamps ( mais seulement sur scène, dans son personnage du pauvre type) pourrait prendre au sérieux, parce qu'il repose sur le postulat tragico-comique d'un Québec libre dans un Canada fort.Me Allaire et ses disciples propagent du rêve : celui d'un Québec doté de tous les pouvoirs sauf l'armée.et la dette nationale, qui continuerait miraculeusement à contrôler le quart du Parlement fédéral et recevrait par-dessus le marché des paiements de péréquation! Mais ce pays de Cocagne n'existera jamais que dans l'imagination de ces allairistes, \u2014 qu'il faudrait plutôt appeler des isolationnistes, car ils vivent à proprement parler dans une bulle, loin des réalités politiques les plus élémentaires.Malheureusement pour ceux qui auront cru à ces chimères, le Québec, après un Non, n'aura à choisir qu'entre le statu quo et l'indépendance.se jfc «4c Le principal, presque l'unique mérite de l'entente de Charlottetown.c'est que pour une fois tout le monde s'était mis d'accord.Comme argument de vente, c'est mince, mais il est vrai qu]un rejet marquera pour longtemps la fin des négociations constitutionnelles.Car ce consensus était non seulement le premier de la petite histoire constitutionnelle contemporaine, mais fort probablement le dernier.Il n'y a pas un gouvernement qui osera rouvrir un dossier aussi miné que celui-là.Les premiers ministres des provinces anglophones, à jamais échau-dés, ne voudront plus en entendre parler.Le gouvernement Mulroney sera au bord du gouffre; jamais son successeur, qu'il s'agisse d'un autre gouvernement conservateur ou d'un gouvernement libéral, ne voudra se lancer dans une opération aussi périlleuse à moins d'y être forcé par la pression populaire.Or, s'il est théoriquement concevable que cette pression se manifeste au Québec, ne serait-ce que parce que les allairistes vont revenir à lu charge avec leur projet à la Yvon Deschamps, la resistance, au sein de la population canadienne-anglaise, sera étanche.Seuls les apôtres les plus irréductibles du Sénat Triple-E et certains leaders autochtones, de même que quelques groupes d'intérêts relativement marginaux, à qui cette ronde constitutionnelle a donné de l'appétit, voudront à tout prix rouvrir le débat.Quant au Québec, à supposer que M.Bourassa reste aux commandes, la seule chose à espérer sera qu'il s'abstienne dorénavant de toute velléité de mettre le bout du pied dans le marécage constitutionnel.Après sa pathétique performance des deux dernières années, mieux vaut que M.Bourassa se consacre corps et àme à autre chose \u2014 n'importe quoi sauf la constitution ! Le statu quo, donc.La vie continuera, comme elle a continué après «la nuit des longs couteaux» de 1981.Il y a dix ans, comme on dit, que «le Québec ne fait pas partie de la constitution».Qui en a senti les effets dans sa vie quotidienne?Le statu quo constitutionnel est-il vivable?Est-il préférable à une mauvaise entente (une entente qu'on ne pourra jamais modifier, car avec la règle de l'unanimité, il sera impossible de changer un iota à cette constitution )?Telle est la première question à se poser.Si l'on y répond oui, on vote Non.car c'est au statu quo que ramène la victoire du Non.En régime fédéral, notons-le, le statu quo n'est pas l'immobilisme.Il y a toujours des mini-négociations, des aménagements, des ententes à la pièce.Un consensus large sur une réforme globale de la constitution sera certainement impossible à recréer d'ici plusieurs années \u2014 d'ici au moins à ce que le personnel politique ait changé dans toutes les capitales qui comptent \u2014, mais l'on peut prévoir des adaptations, de légères modifications à l'actuelle répartition des pouvoirs, par ententes bilatérales et accords administratifs (sur la main-d'oeuvre, par exemple).La difference, c'est que rien ne sera enchâssé dans la constitution; rien ne sera «coulé dans le béton ».Le Québec gardera ses sièges à la Cour suprême pour la simple raison qu'il n'y a pas un gouverne^ ment fédéral qui voudra s'aliéner une province qui contrôle le quart des sièges aux Communes ( plus encore quand elle vote en bloc pour le parti au pouvoir).Et le Quebec restera, dans les faits sinon sur papier, une société «distincte».Les symboles se seront envoles, mais la realité, elle, demeurera.* * * Si toutefois l'on trouve le statu quo constitutionnel invivable, si l'on croit que les problèmes réels du Québec tiennent à la constitution, alors l'autre question à se poser est celle-ci : Suis-je prêt à voir le Québec devenir un État indépendant, séparé du Canada, avec lequel il pourra peut-être \u2014 c'est possible, mais non garanti \u2014 réaliser un jour une association économique?Si vous repondez oui à cette question, alors évi: demment vous voterez Non lundi prochain.Si par contre vous répondez non à cette question, et que par ailleurs vous trouvez le statu quo constitutionnel invivable, alors votez Oui.Si vous voulez à tout prix une reforme constitutionnelle, sautez sur celle-ci.Elle n'est pas fameuse, mais il n'y en aura pas d'autre avant bien des années.A 4 B4' \u2022 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 22 OCTOBRE 1992 REFERENDUM 92 :;S-:.:-;;::>\";ï:\"\"V -y f8«!8ww>\"i->>,.::\"v< ->:::-:\\S :¦>:\u2022:¦:¦: >:>v::';:^S lx:>:;>:;»r dredi de 20 h à 7 h et toute la f.n de semaine à compter de la mise en service jusqu'au 31 décembre 1992 Ces périodes peuvent être modifiées le programme «J'ai tout mon temps» est également d«spon,bie.a rd.son de 39.95- S oar mors.san> l'achat dun téléphone Certaines cono : s'appliquent Une approbation de crédit est nécessaire Les taxes, les frais d'accès au système et de rn.se en service sont en sus Cette offre est assujettie a l'approbation de l'organisme de réglementation et est bonne po.' une péi ode l-mitee Certa.ns frais d .nstallahon peuvent s app q\u201et\" Montréal 770, rue Notre-Dame ouest (à l'intersection de la rue Université) 875-9512 Montréal 5954, boulevard Métropolitain est (entre les boul.Lacordaire et Langelier) 257-8826 Laval 3364, boulevard St-Martm ouest (entre les boul.Daniel-Johnson et Chomeday devant le Centre 2000) 682-2640 St-Laurent 6315, Ch.Côte-de-Liesse (près du boul.Cavendish) 738-3833 Quelle chance Que vous soyez abonné LA PRESSE, MONTREAL, JEUDI 22 OCTOBRE 1992 Si votre nom apparaît sur cette liste: M.Loiselle de Verchères.n° 284124L02 Mme Deslauriers de Beloeil.n 286265D01 Mme Arel de Ste-Julie.n° 286844A01 Mme Demers de Deux-Montagnes.n 210905D13 M.Dubuc de Montréal.n° 212001D02 M.Léonard de Montréal.n° 212480L02 M.Sauvé de Lasalle.n° 216440S02 M.Amyot de Montréal.n° 218144A00 M.Corbeil de Montréal.n° 220044C00 Mme St-Michel de Boucherville.n° 222007S01 M.Reeves de Longueuil.n° 222142R00 M.Gadbois de Boucherville.n 222663G04 M.Martineau de St-Lambert.n° 224219M00 Mme Trudeau de Montréal.n 22930ST00 Mme Sarrazin de Montréal.n° 229885S00 VOUS GAGNEZ! Un exemplaire dédicacé du plus récent roman d'Ariette Cousture CES ENFANTS D'AILLEURS, publié aux Éditions Libre Expression et bientôt en vente dans toutes les librairies.Quotidiennement, jusqu'au 1* novembre 1992, nous publierons les noms de 15 abonnés, ceux-ci gagneront automatiquement le livre d'Ariette Cousture, offert par Libre Expression et La Presse.La valeur totale des prix offerts est de 5988$.Le texte des règlements est disponible à La Presse.Veuillez accorder un délai de deux semaines pour la livraison de votre prix.Le gouvernement n'a pas bougé à Akwesasne jusqu'à ce que j'intervienne, affirme Parizeau Presse Canadienne ¦ Choqué par les propos du ministre de la Sécurité publique.Claude Ryan, qui a maltraite sa position sur les questions autochtones, laïques Pari/eau a révèle hier soir a Laval le rôle qu'il a joué pour sensibiliser le premier ministre Robert Bourassa à la crise il'Akwesasne, cette réserve située â cheval sur la frontière ca-nado-americaine à la hauteur de Cornwall.Il a expliqué que le gouvernement avait refusé de s'impliquer jusqu'au moment où il a accepté, à la demande du chef de l'Assemblée des premières nations (Québec-Labrador h Konrad Sioui.d'intervenir personnellement auprès du premier ministre Bourassa.«le n'en ai jamais parle, a-l-il dit, mais quand j'ai vu M.Ryan commencer à m'attaquer quant au role que j'aurais joue selon lui au moment de la crise autochtone, alors là.mon devoir de réserve disparait un peu.» M.Pari/eau a aussi explique que son rôle a quand même ete Le N.Y.Times souhaite une victoire du OUI Presse Canadienne assez mineur et qu'il s'est Impliqué parce qu'il pensait que l'intérêt public le demandait.«Le gouvernement ne voulait pas bouger, a-t-il raconte, il y avait déjà eu un mort et M.Sioui m'a telephone en me disant qu'il cherchait a faire bouger le minis- tre de l'époque, M.Sam Elkas, qui refusait de s'engager.Il m'a demande si je pouvais faire quelque chose.«l'ai alors rejoint le premier ministre quelque temps après et je lui ai dit que cela n'avait pas de bon sens et d'envover la Sûreté du Québec immédiatement.Dans le courant de la même journée, M.Hourassa a répondu à mon appel en envoyant la SQ.L'ordre a finalement ete rétabli.» L'intervention de M.Pari/eau dans cette crise a été confirmée hier par M.Sioui.WASHINGTON ¦ Le New York Times souhaite que le OUI l'emporte au Canada.Dans un éditorial paru dans son édition d'hier, intitulé «Yes-Oui for Canada», l'influent quotidien new yorkais prend position au sujet du référendum de lundi prochain.Le quotidien estime que l'entente de Charlottetown est un compromis qui permettra de préserver et d'améliorer le Canada.Cette entente permettra également au Quebec de demeurer au sein de la federation, donnant ainsi l'occasion aux provinces de poursuivre une collaboration économique fructueuse.Il s'agit la d'un point important pour les États-Unis, estime le journal.«L'intérêt des Ltats-Unis est dans une solution garantissant la stabilité et la solidité de son allié le plus fiable et de son plus grand partenaire commercial ».indique-t-il.Le New York Times estime qu'a moins d'une victoire du OUI dans toutes les provinces, le Canada sera condamné à davantage de «querelles paroissiales».YENS, MARKS, DOLLARS ET TIRELIRE Ul \u2022 t O 3 3 O a u.Quels sont les liens entre les grands mouvements économiques planétaires et les hauts et les bas de votre tirelire?Si après avoir posé la question à votre gérant de banque vous n en savez toujours pas plus, regardez Questions d'argent en direct, le nouveau magazine économique sur les ondes de Radio-Qurbec.Questions d'argent en direct, le jeudi à 20 h.L'autre télé.L'autre vision.Radio Québec DÉCOUVREZ LES TOIT MVEM BODYSIIAPERS DE DAISYFRESH, PROFITEZ DUE OFFRE SPÉCIALE ET COUREZ LA CHANCE DE GAGNER UNE VOITURE SPORT 1ATA DE MAZDA! 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