La presse, 24 octobre 1992, B. La Presse Plus
[" Brian Mulroney P«07G RCSEKT\\*ZZU Ù Presse Robert Bourasssa r - Z7Q RC3ÉRT MAJLLOUX.U Presse Le poids d'un vote sur Gros nuages à l'horizon.MARIE-CLAUDE LORTIE i le NON gagne lundi, comme les sondages le prédisent de plus en plus, Brian Mulroney pourrait attraper en plein visage la pire claque de sa carrière politique.Une claque qu'il risque d'avoir énormément de difficulté à absorber, autant sur le plan politique que personnel.Pour retrouver une défaite «électorale» dans la carrière du premier ministre, il faut remonter à la course au leadership de 1976, qu'il avait perdue aux mains de |oe Clark. l'époque, il était beaucoup moins connu, son échec n'avait pas fait l'objet de beaucoup de discussions dans les cuisines canadiennes et c'était son premier essai en politique.Malgré tout, l'homme ne l'avait pas pris.Le naufrage de Meech a aussi été pour lui tredifficile à accepter.11 en porte encore les cicatrice-, c'est lui-même qui le dit.La machine a rumeurs de la colline parlementaire veut que sur le plan personnel, il soit alors passé à travers une période de déprime très douloureuse.Toutefois, avec Meech.M.Mulroney n'avait pas ete défait par suffrage et n'avait pas eu la chance de partir en campagne chez les gens, un terrain où il se considère imbattable.Alors imaginez s'il perd lundi une campagne référendaire nationale, que ses propres conseillers lui recommandaient de ne pas faire et qui demeure donc en grande partie son propre projet.Déjà, on remarque p;.r les \\isagcs tendus de l'équipe du bureau du premier ministre qui s'occupe de la tournée référendaire que le boss est de bien mauvaise humeur.Sans compter les pointes acérées qu'il lance de plus en plus fréquemment aux journalistes de la presse nationale.Lst-ce vraiment étonnant?Si M.Mulroney perd lundi, c'est tout son univers politique qui sera en péril.Les critiques fuseraient de toutes parts dans les autres formations partisanes, évidemment.Le chef du Reform party, Preston Manning, grise déjà les foules en promettant le depart de M.Mulroney en cas du victoire du NON.Les attaques pourraient aussi venir du sein même du Parti conservateur, de ses assises en Alberta notamment, où les tories savent mieux que quiconque que la présence de Brian Mulroney à la tete du parti pourrait préparer à elle seule une virulente défaite aux prochaines elections.Patate chaude Les propos récents d'un député albertain |im Edwards, un des hommes de confiance de M.Mulroney au sein du caucus, illustrent bien à quel point la présence de M.Mulroney est, pour ces conservateurs albertains.une véritable patate chaude.En campagne cette semaine dans son comté, M.Edwards, tentant apparemment de convaincre ses électeurs d'approuver l'entente de Charlottetown, a déclare que si le OUI gagnait, le premier ministre choisirait probablement de se retirer de la politique, satisfait de ce couronnement d'un travail durement accompli.En revanche, a dit M.Edwards, si le NON venait à gagner, cela inciterait probablement M.Mulroney à se replonger encore plus à fond en politique.M.Edwards a explique qu'il ne s'agissait que de spéculations basées mit sa simple intuition, mais en pleine campagne, de telles declarations publiques en disent long au sujet de l'effet Mulroney sur les électeurs et ce que lev deputes en pensent.I e premier ministre, pour sa part, dit que si le NON gagne, il retournera effectivement au bureau le 27 octobre, pour s\\x:cupcr des affaires de l'Etat, comme si de rien n'était.A chaque fois qu'on lui demande s'il a l'intention éventuellement de «sacrer son camp» (pour reprendre ses propres mots), quels que soient les résultats du référendum, il repond «non» sans hésiter.«|'ai du millage dans le corps mais je pense qu'avec un peu de gaz, je suis bon pour un autre sprint», a-t-il déclare, par exemple, en entrevue à Baie-Comeau.Le premier ministre laisse cependant tomber de plus en plus d'indices qui vont dans le sens inverse.Dans cette même entrevue à Baie-Comeau, il a notamment lancé une phrase comme : « Dix ans en politique, c'est long.» Il fait aussi reference de façon plus fréquente à la place qu'il aura dans l'Histoire, qui sera la seule, dit-il.à pouvoir juger ses décisions dans le dossier constitutionnel et ailleurs Mardi â Baie-Comeau, il a en outre parlé de lui-même a plusieurs reprises au passé, ce qui a contribue à donner a ee discours au milieu des siens un relent de nostalgie révélatrice.SUITE A LA PACE B6 «Touche pas à mon Boubou.» DENIS n film muet.Le héros se penche, et c'est son ami, derrière, qui reçoit la tarte â la crème.L^ratigne dans l'opinion publique, Robert Bourassa sortira à peu prés indemne de la campagne référendaire aux yeux de ses militants.Et sans l'avouer publiquement, ses troupes comptent bien que le prochain scrutin fédéral \u2014et non les élections québécoises qui viendront beaucoup plus tard\u2014 sera l'occasion choisie par les Ouébécois pour exprimer leur dépit â l'égard de la classe politique.La défaite du OUI sera celle de Mulroney.affirment déjà les organisateurs du Parti libéral du Ouébec.en se croisant les doigts pour que le NON.s'il doit l'emporter, ne se limite pas au Ouébec.A moins qu'il ne décide de passer la main et de se retirer aux prochaines élections \u2014ce dont doutent énormément tous ceux qui le côtoient\u2014 il est très improbable que M.Bourassa ait a faire face à la «fronde» que lui prédisait lean Allaire dans l'éventualité d'une défaite du OUI.Des le lancement de la campagne, M.Bourassa avait tenu â souligner que c'est l'entente constitutionnelle, et non son gouvernement, qui allait être jugée le 2b octobre.A chaque occasion il situe l'élection provinciale dans un an au plus tot, parle même de 1994.théoriquement l'ultime année d'un mandat entamé en septembre 1989.El au PLQ.on ne cesse de rappeler que René Lévesque avait été reporté au pouvoir en 1981, moins d'un an après avoir encaissé un cuisant échec au référendum.Démobilisés et amers durant toute la semaine dernière, les organisateurs du OUI ne parlaient plus que d'un sondage: celui qui indique que Robert Bourassa a repris les devants dans la confiance populaire depuis qu'il a croisé le fer avec Jacques Pari-/e;iu à la télévision.Le débat calmera tous ceux qui auraient voulu lui imputer la responsabilité de la défaite, estime-t-on au sein du caucus et chez les organisateurs.Avec un mandat et demi derrière lui.malgré la récession, c'est essentiellement sa popularité qui tient son parti dans la course, côte à cote avec l'opposition péquiste dans les intentions de vote, insiste-t-on.Aussi, personne n'osera s'en prendre au leadership de Robert Bourassa dans les troupes libérales, en depil des ambitions évidentes des Gil Rémillard.Gerald Tremblay et Daniel lohnson.Le «dauphin» évident Gérald Tremblay, «sait qu'il n'est pas prêt» et n'a pas dans le cabinet le réseau d'appuis dont dispose déjà un Daniel lohnson par exemple.Ce dernier ne s'est pas fait beaucoup d'amis en faisant mollement campagne en faveur de l'entente \u2014 bien qu'il compte déjà plusieurs supporters dans l'aile fédéraliste du cabinet.Quant à Gil Rémillard.il a envoyé un message ambigu aux libéraux en se portant activement â la défense de l'entente, tout en laissant planner le doute sur ses reticences sérieuses lors des négociations de la fin août.Le panier de crabes Si le NON l'emporte lundi, le gouvernement fermera le couvercle pour plusieurs mois sur le dossier constitutionnel, affirme-t-on partout.Même si les libéraux dissidents soulignent l'évident problème de crédibilité qu'aura un gouvernement plus fédéraliste que l'ensemble de la population, les députes souhaitent ardamment que l'on tire, et pour longtemps, un trait sur le panier de crabe constitutionnel.D'autant plus que dans de nombreux comtés, le chômage devient un problème de plus en plus grave.Les deputes voudront donc que les ministres s'attaquent à la recession, même s'il est evident qu'avec le deficit et la menace d'une «décote» du credit du Québec sur les marches étrangers, il est hors de question que Ouébec puisse «vider la cagnotte» et multiplier les annonces économiques avant l'élection.Théoriquement la position constitutionnelle du Parti libéral redevient le rapport Allaire, comme le prévoyait la resolution adoptee par les militants fin août.Niais prédit-on déjà, Robert Bourassa indiquera que cette position sera revue d'ici la prochaine election provinciale, sans trop s'engager sur la direction a prendre.On prévoit déjà que le congrès biennal des membres prévu pour le printemps puisse être reporte, histoire de ne pas rouvrir les plaies île la campagne référendaire.Le cas des dissidents Dans les lendemains difficiles du referendum, le Les deux champions de « l'entente en des temps plus cléments.PHOTO JEAN GOUPIL U PfTS* SU,yE A ^ pACE B6 LA PRESSE.MONTREAL, SAMEDI 24 OCTOBRE 1992 Editorial Paul Desmarais president du ronseii d administr.ition Roger 0.Landry president et éditeur Claude Mav.on éditeur ndioint Marcel Desjardins directeur de ! information Alain Oublie éditorialiste en chef Pourquoi nous nous devons de dire OUI à l'Entente Il se trouvera sûrement, parmi nos lecteurs et lectrices, certains qui, a la simple lecture de ce titre, passeront tout de suite a autre chose.«La Presse fédéraliste, on ne veut pas lire ça».C'est leur droit.C est leur droit, mais c est aussi dommage.Car l'enjeu du vote référendaire de lundi est si important qu'il est essentiel que chaque citoyen et citoyenne du Québec en connaisse les facettes et les consequences avant de faire un X sur le bulletin.Ce sont ces facettes et les conséquences prévisibles \u2014 pas Imaginatives, pas ténébreuses, et encore moins illusoires, mais tout simplement prévisibles \u2014 de notre décision collective de lundi prochain que je crois de mon devoir de porter à l'attention des lecteurs de La Presse.Ces lecteurs qui forment une importante proportion de la population du Québec.?* * La Constitution, on en parle beaucoup depuis qu'on nous la rapatriée.Dans ces deux dernières années seulement, nous avons vu se dépenser des dizaines de millions de dollars, lu ou entendu des centaines de millions de mots, vu défiler commission après commission, nous sommes passés d'un lac à l'autre, et voila que tout a coup, ceux qui régissent nos vies, les élus, se sont retrouves ensemble autour d'une table et, fort symboliquement, dans cette même petite ville de Charlottetown où, il y a 125 ans.un autre groupe d'élus se réunissait pour poser les fondements de ce qui allait devenir le Canada.Du Charlottetown de 1867 a celui de 1992, il n'y a de différence que dans l'ampleur du problème à résoudre.Le fond est demeure le même: par quels moyens, de quelle façon pouvons-nous en arriver a nous entendre entre nous, avec nos différences nos particularités, nos langues, nos cultures; comment en arriver a faire servir au bien commun \u2014 la raison d'être de tout pays \u2014 les richesses naturelles de tous et de chacun, la qualité de la main-d oeuvre, le légitime désir du développement économique au-dela des disparités régionales; comment dégager les roles et les responsabilités des institutions représentatives; comment créer l'unité dans la diversité.Facile, tout ça?Non.Sûrement pas.Une entente parfaite?Certainement pas.Un miracle n'aurait pu le faire.Mais la meilleure entente possible, compte tenu des inévitables divergences d'intérêts des participants, compte tenu aussi des heritages historiques qui font partie de la diversité du Canada, une diversité avec laquelle le Canada a su vivre depuis le jour ou il a pris son nom.Qui dit que ce fut la meilleure entente possible?Pas moi.Pas même le premier ministre Bourassa.Mais d'autres, personnages crédibles parce que n'étant pas directement en cause dans le débat, qui ont lu l'entente et en ont dégagé cette conclusion que maigre ses imperfections, malgré les points de discussion qu'elle laisse encore en suspens et sur lesquels il faudra revenir, cette entente est valable parce qu'elle laisse ouverte la porte au cheminement rationnel et pacifique de notre mode de vie collectif dans le respect des modes de vie particuliers.Ça, c'était l'évaluation selon la raison.Est alors entrée en scène la passion.La passion qui est le plus sûr antidote de la raison, parce qu'elle est aveugle.Au Québec, le cri de la passion s'est élevé: «À ce prix-là, c'est NON».Pourtant, le OUI en réponse à la question référendaire n'est rien d'autre que l'accord de la population à la poursuite du processus dans un climat d'entente.Ce n'est pas un chèque en blanc, comme le soutiennent les passionnes: c'est la reconnaissance de la confiance envers celui qui, après une longue hésitation, a jugé que le temps lui était redevenu favorable à la poursuite des intérêts fondamentaux des Québécois et s'est consacré, en un épuisant combat, à les défendre et a les faire valoir a l'ensemble du pays.«Ce n'est pas assez!-, clament les adversaires de l'Entente au Québec.Pas assez?«C'est trop!», soutient-on dans certaines autres parties du pays.À entendre ceci, il y a de quoi être très fier de ce qu'a accompli le premier ministre du Québec.Mais ce n'est que l'une des contradictions de ce débat qui ne se terminera tout probablement pas au soir du 26 octobre, mais aura au moins franchi une étape difficile, la première d'une telle envergure dans les 125 ans d'histoire du Canada.Une autre de ces contradictions, et non la moindre, se trouve dans l'attitude toute empreinte de bonhomie du chef des adversaires de l'Entente au Quebec lorsqu'il veut rassurer les Québécois sur le sens du vote qu'il leur demande.C'est à l'image du slogan sur lequel s'appuie sa campagne.Car il ne faut pas se conter des histoires: pour le chef du PQ, le vote majoritaire en sa faveur lui sera le mandat de poursuivre résolument sa course vers l'indépendance du Quebec et la renonciation au Canada.Ça, c'est la face cachée du vote qu'il demande.Il est la.le chèque en blanc.Il y a trois semaines, je demandais, dans cette même page, quel serait le prix de notre refus de l'Entente.Aucune réponse n'est venue de ce cote.Il en est cependant venu de l'extérieur, de la part d'études sérieuses qui laissent entendre qu'advenant la victoire des adversaires de l'Entente au Québec, il s'en suivrait une période plus ou moins longue de flottement politique et de tension sociale dont les effets s'exerceraient primordialement sur la situation économique.Les cris de la passion se sont a nouveau élevés : «Terrorisme économique! On veut nous faire peur!» On n'a par ailleurs jamais expliqué en quoi, exactement, ces rapports étaient faux.Et si nous devions découvrir, au lendemain du 26 octobre, qu'ils étaient fondes?Maccusera-t-on de vouloir semer la peur en posant cette question?Je le préférerais, plutôt que de voir la peur se concrétiser en réalité.* * * Il est la, le fond de la question.Dans la conviction que ce n'est qu'en restant au sein du Canada que le Québec pourra pleinement s'affirmer dans sa force économique comme dans sa richesse culturelle.S'affirmer d'abord à la dimension de ce pays honorable et respecté, de ce pays de liberté qu'est le Canada.S'affirmer dans le grand ensemble économique et social nord-américain qui vient de voir le jour.Affirmer enfin sa sagesse à l'heure, déjà arrivée, de la mondialisation.Rien de cela ne se réalisera si nous fermons la porte au dialogue, si nous nous enfermons dans la ouate de l'isolement politique, un isolement dont la conséquence inevitable \u2014 l'Histoire est la pour ie prouver \u2014 est la décroissance sociale, économique et culturelle; si nous cessons de construire pour tout détruire et recommencer à zéro; si nous nous déshéritons nous-mêmes de ce pays que nos pères nous ont légué après lui avoir tant apporté.Si nous en déshéritons nos enfants.* * * C'est volontairement que j'ai individualise le titre de cette reflexion en lui faisant dire que «nous nous devons.\u2022 Je m'inclus dans ce « nous ».Depuis deux mois, je suis de près, comme les Canadiens et les Canadiennes, comme les Québécois et les Québécoises, le déroulement de ce débat qui conduit au vote de lundi.Un débat qui a été, pour plusieurs, déclencheur d'intolérance.Ce n'est pas cela qui fait l'honneur d'une société appelée a vivre ensemble, à continuer de vivre ensemble dans la diversité des opinions et des idées qui y circulent.Il y a la une leçon à prendre.Une autre leçon que nous a donné ce long débat, c'est qu'il est facile de faire perdre le sens du sujet en cause.Pourtant, dans le présent cas, le sens du sujet était bien précis: c'était nous, les citoyens, qui étions directement en cause et qui le serons encore lundi au moment du X.C'est ce que j'ai cru de mon devoir de rappeler ici.On a parle de tout, et abondamment, dans ce débat.De tout, sauf de la vraie raison pour laquelle nous allons voter.La vraie raison, c'est nous, les Québécois, les Québécoises.Une Constitution, ça ne fait vivre personne.Ca ne donne pas a manger.Ce qui fait vivre, manger, c'est le climat que la Constitution crée, un climat dans lequel nous pouvons exister dans la liberté, l'entente, les projets communs, quand ce ne serait que de vivre ensemble.Dans la communauté des intérêts du coeur et de l'esprit.Et ce climat, c'est nous seuls qui pouvons le créer.Nous, les citoyens et les citoyennes du Quebec, et personne d'autre.Le créer dans la perspective de notre avenir immédiat et de l'avenir, pas si éloigne, de ceux qui nous suivent et a qui nous voudrons remettre un pays propre, libre prospère, riche d'espoirs.C'est pour ce prix-là que nous nous devons de dire OUI a l'Entente.De dire OUI au Canada.De dire OUI au Quebec.Roger D.LANDRY president et éditeur LETTRE DE MONTREAL Le lendemain de la veille moNHA ÂtmrD/r oui.fu\u20ac/ \u2022 \u2022 i * \u2022 Alain Dubuc et l'éditeur du Toronto Star, lohn Honderich.poursuivent leur correspondance.car lohn.|e ne risque pas grand chose a supposer que le NON va l'emporter lundi.À tout le moins, je ne me tromperai pas comme je l'ai fait dans ma lettre du debut de la campagne où je prévoyais que le OUI remporterait probablement au Québec.Comment ai-je pu m'enfon-eer aussi profondément le doigt dans l'oeil?|c crois que j'ai moi-même donne la réponse, en lançant ma malheureuse prévision : « |e suis peut-être naïf mais je crois que la raison va l'emporter», j'étais naïf.Bien sûr, un miracle est toujours possible.Mais mon expérience des chicanes constitutionnelles canadiennes m'a appris qu'il n'y a jamais de miracle.Partout à travers le Canada, les observateurs ont d'ailleurs commencé à tirer des bilans de cette campagne.Au Canada anglais, on s'interroge deja sur la cause de la victoire du NON, on se demande qui est responsable de l'effondrement du OUI : Mulroney, Pierre Trudeau, les élites?Au Quebec, ce ne sont pas les causes de la victoire du NON qui nous intéressent.Mais le sens qu'il faut donner au vote.Il y a une raison à cela.Dans le reste du Canada, l'opposition à l'entente vient d'un groupe hétéroclite, de trudeauistes, de populistes de droite, de féministes de gauche, de groupes d'intérêts divers.Mais au Québec, même s'il y a de bizarres alliances au sein du camp du NON, la bataille du NON a été très clairement menée par un noyau dur de souverainistes, ceux du PQ et du Bloc.Il est donc plus facile d'interpréter la victoire du NON comme celle de ceux qui ont mené l'assaut.F.t c'est dans cet effort de réinterprétation du vote que les souverainistes se sont lancés.Ce processus se déroule déjà sous nos yeux.Il s'agit de la plus spectaculaire fraude intellectuelle de cette campagne.Au début, pour attirer à lui les fédéralistes déçus.M.Parizeau a soigneusement rayé de son discours toute allusion à la souveraineté.On connaissait son option, mais il jurait quelle n'avait rien à voir.Il eiait particulièrement clair dans sa conclusion au débat des chefs, il y a douze jours, quand il expliquait le sens du NON devant deux millions de spectateurs.Voici ce qu'il a dit.«Il va cependant, peut-être, permettre à ces ileux gouvernements qui sont encore en poste pour un certain temps \u2014 M.Mulroney pour un peu moins d'un an probablement, M.Bourassa pour pas loin de deux ans \u2014 enfin de s'occuper de relance économique.Enfin.Si on est capable de se débarrasser de ces discussions autour de ce contrat, de ce projet de contrat, on pourrait demander, la, a nos deux gouvernements, de se grouiller un peu pour amorcer cette relance de l'économie qui est, on le sait, très problématique.Moi.j'aimerais mieux penser que, après un NON retentissant, nos gouvernements comprendraient que, là, il est temps de s'atteler au relèvement d'une économie qui en a bien besoin.» C'était il y a 12 jours.Il y a trois jours, il a déclaré: «La souveraineté du Ouebec il va falloir, après avoir dit NON à ce document-la, il va falloir la faire, puis la faire vite.» j'ai cru déceler une différence entre les deux déclarations! Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a modifié son échelle de priorités.Parizeau, le souverainiste, est sorti de son placard.Le virage serait comique s'il n'était pas si lourd de conséquences.Si M.Parizeau a changé de ton.c'est que la victoire du NON est assez acquise pour qu'il ne soit pas obligé de se travestir pour gagner des voix.Il doit y avoir autre chose, puisque M.Parizeau aurait pu se taire encore un peu.Il fallait qu'il parle de souveraineté pour recalibrer le vote du NON et lui donner un sens qu'il n'a pas.C'est d'autant plus nécessaire que la façon dont l'entente risque d'être rejetéc est celle qui est la moins favorable pour M.Parizeau.Pour lui, le résultat idéal aurait été un NON au Québec et un OUI ailleurs.Le message aurait été clair, un rejet par les Québécois de la conception anglo-canadienne du Canada.Ce NON aurait indéniablement eu un parfum souverainiste.À défaut d'un tel résultat, un OUI au Québec assorti d'un NON dans quelques provinces-clé aurait pu être un bon prix de consolation.Ce NON anglophone aurait bloqué l'entente et aurait été perçu comme un remake de Meech, où, encore une fois, le Canada dit NON aux demandes du Québec.Mais un NON un peu partout, comme les sondages semblent l'annoncer, n'a pas le même sens.Il ne veut rien dire, sinon que le processus de négociations a floppé.Il ne nous révélera pas grand chose sinon que toutes les parties du Canada qui étaient en demande sont insatisfaites.On ne pourra même pas attribuer le refus de l'entente dans l'Ouest à un sentiment anti-québécois.Ce sentiment existe, mais nous savons tous qu'il y avait une foule d'autres raisons pour dire NON.Mais, du même coup, le NON québécois perd sa saveur souverainiste, puisque le fait de dire NON n'a rien de particulièrement québécois, n'a rien de distinct.Et voilà pourquoi il devient important pour M.Parizeau de donner à ce vote une signification souverainiste.On sait que le camp du NON a attiré des fédéralistes déçus qui veulent revenir au Parti libéral de Robert Bourassa.On sait que les authentiques indécis ont finalement basculé vers le NON sans grande conviction.On sait que Bourassa est plus populaire que Parizeau, que la souveraineté ne grimpe pas dans les sondages.Et voilà pourquoi M.Parizeau, qui a besoin de cette victoire, a tout intérêt à parler, à insister, sur la souveraineté dans les derniers milles.En quelque sorte, il tente de mettre une cerise souverainiste sur un « sundae » référendaire tutti frutti.Même si on n'a pas encore voté pour celui de lundi, au Québec, nous sommes presque déjà dans l'autre référendum.À la prochaine.Alain La chronique de Marcel Adam est publiée en page B-4 onOITS RCSCRVtS Lysiane Gagnon LA PRESSE.MONTREAL, SAMEDI 24 OCTOBRE 1992 REFERENDUM 92 débat «7 : À l'invitation de La Presse, tous les samedis d'ici au 26 octobre, le ministre des Affaires municipales et de la Sécurité publique Claude Ryan et le vice-président du Parti québécois Bernard Landry feront valoir en cette page leur point de vue respectif OUI La meilleure option CLAUDE RYAN collatyoration spéciale our les fins du référendum, les forces politiques en présence nu Québec ont dû se regrouper les unes sous la bannière du OUI.les autres sous celle du NON.Par-delà les sondages, il importe de discerner clairement ce que réservent au Québec les tenants de chaque option.Du côté du OUI, les choses sont claires.Les partisans du OUI appuient l'accord de Char-lottetown parce qu'ils le jugent bon pour le Québec et pour le Canada.L'Accord de Charlottetown est bon pour le Québec.Il reconnaît explicitement le caractère distinct de la société que forme le Québec.Il affirme en outre le droit de cette société de protéger et de promouvoir son identité avec l'appui de sa legislature et de son gouvernement.Seul le Quebec est l'objet dune telle mention dans la constitution canadienne.On a voulu lui reconnaître ainsi un statut distinct.Au chapitre des pouvoirs, le Que-bec conserve toutes les compétences qu'il détient déjà, en particulier en matière linguistique.Il obtient également la garantie qu'aucun de ses pouvoirs ne pourra être aboli ou diminué à l'avenir sans le consentement du Québec.Le Québec se voit en outre reconnaître des pouvoirs considérablement élargis dans les domaines touchant le développement de ses ressources humaines, notamment dans l'immigration, la formation et le développement de la main-d'oeuvre, la culture et l'habitation.Au plan des institutions fédérales, le Québec jouira à perpétuité d'une représentation d'au moins 25 p.cent des députés à la Chambre des communes.Il sera assuré de la présence à la Cour suprême de trois juges de formation civiliste en provenance du Québec, nommés sur présentation du gouvernement du Québec.Aucun amendement ne pourra être apporté à la Chambre des communes, au Sénat, au rôle et à la composition de la Cour suprême sans le consentement du Québec.Celui-ci disposera en outre dun droit de retrait, accompagné decompensation financière, à l'endroit de toute modification constitutionnelle pouvant entraîner un transfert de pouvoirs des provinces vers le Parlement fédéral.En résumé, le Québec sera partie prenante à tous les changements constitutionnels significatifs de l'avenir.Ces changements assurent au Québec le statut qu'il a toujours réclamé, celui d'un partenaire majeur clans un ensemble économique et politique plus large dont la force de frappe dans le monde sera toujours plus grande que ne serait celle d'un Québec séparé.Bon pour le Canada L'Accord de Charlottetown est également bon pour le Canada.Notre pays possède depuis I982 une Charte des droits et libertés qui est l'une des meilleures du monde.Mais cette Charte définit des libertés universelles.Il manquait dans la constitution un texte définissant des valeurs propres au Canada.Par la clause Canada.l'Accord de Charlottetown comble cette carence.Attachement au régime parlementaire, au système fédéral de gouvernement et à la primauté de la loi; reconnaissance des droits des communautés autochtones; reconnaissance du caractère distinct du Quebec et du rôle de son gouvernement à cet égard; attachement aux droits des minorités de langue officielle à travers le pays; reconnaissance de l'égalité des personnes, sans égard au sexe, à la race ou à l'origine ethnique; attachement aux droits individuels et collectifs; égalité juridique des états constituants; ces huit traits décrivent fidèlement la réalité canadienne.Ils indiquent pour l'avenir un idéal élevé vers lequel pourront tendre avec profit les citoyens et les gouvernements de ce pays.L'Accord de Charlottetown permettra aussi de rajeunir les institutions politiques fédérales.La réforme projetée vise à créer une nouvelle dynamique entre les deux chambres du Parlement.Elle vise également à favoriser une participation mieux équilibrée des provinces et des régions au processus législatif.Il faut concilier le principe de l'égalité des provinces et le droit du Québec au maintien de sa représentation dans les processus décisionnels.L'Accord offre à cet égard un compromis honorable.Les provinces de l'Ouest et les provinces atlantiques gagnent des points.Le Ouébec, sous des formes différentes, maintient ses positions.Ci race à la reforme projetée, l'institution parlementaire pourra fonctionner plus efficacement.Mlle pourra résoudre plus rapidement les conflits susceptibles de s'élever entre les deux chambres.Voter OUI le 2b octobre, c'est dire OUI aux améliorations nombreuses cl substantielles que procure l'Accord de Charlottetown.C'est dire OUI a des changements qui sont à portée de notre main.Un NON plein de contradictions Du côté du NON, on s'est plu a critiquer l'Accord de Charlottetown.On s'est bien gardé toutefois d'offrir des solutions de rechange.Car les contradictions qui opposent entre eux les tenants de cette option auraient vite éclaté au grand jour.Parmi les tenants du NON qui se réclament du fédéralisme, certains, comme Pierre-Elliott Trudeau, demeurent attachés à un fédéralisme trop rigide.Cette vision du fédéralisme s'est toujours heurtée à la réa-lité très diverse du Canada.D'autres, comme lean Allaire, mettent de l'avant des propositions qui se rapprochent beaucoup plus de la souveraineté-association que du fédéralisme bien compris.Par-delà ces points de vue particuliers, le camp du NON est dominé de toute évidence par les partisans de l'indépendance politique du Ouébec.Les souverainistes rejettent le pays canadien.Ils n'ont jamais voulu de quelque accord pouvant comporter le maintien du lien fédéral.Ils sont opposés aujourd'hui a Charlottetown.comme ils le furent en I987 à Meech.Aussi n'ont-ils trouvé que des choses négatives, et très souvent fausses, à dire à propos de Charlottetown.Dès le lendemain du référendum, dans l'hypothèse d'une victoire du NON.ils s'empresseront d'interpréter le résultat comme une étape importante vers la réalisation de leur objectif.Un NON entraînera soit l'enlisement du pays dans l'impuissance constitutionnelle, ce qui servira la cause du séparatisme, soit un glissement accéléré vers la separation du Quebec et la rupture du Canada.Le pays sera plonge dans la confusion et l'incertitude.Il sera incapable de bouger pendant une période indéfinie.À partir des propositions concrètes définies dans l'Accord de Charlottetown, le OUI.s'il l'emporte, permettra au contraire au Québec et au Canada de franchir un pas important vers une meilleure acceptation mutuelle et une plus grande harmonie dans l'action.Il aidera le Canada à renforcer la place enviable qu'il a su se tailler dans la famille des peuples.Non à un projet à contresens BERNARD LANDRY collaboration spéciale algré quelques digressions prévisibles vers les terrains marécageux de la peur économique et des pronostics de guerre civile, l'exercice référendaire a.somme toute, porté sur l'analyse des vrais enjeux.Peu de lignes, peu de mots du document du 28 août n'ont été analysés, décortiqués et révélés pour ce qu'ils sont vraiment : non pas une «offre», mais une demande au Québec de renoncer à ce qu'il a toujours été et à ce qu'il a toujours voulu être.On a pensé à Ottawa, comme à Québec, que l'approbation de l'Accord ne serait qu'une simple Formalité.Il semble que tel ne sera pas le cas.Pourquoi?La meilleure explication, du moins pour le volet québécois de l'aventure, m'est suggérée par la science physique.Monsieur Bou-rassa semble avoir été la victime de l'implacable loi de l'inertie.H a lance un mobile a toute allure et avec force dans une direction donnée et.soudainement, il a tenté non seulement d'en arrêter la course, mais de le propulser aussi raide dans le sens inverse, sans avis ni délai: mission impossible en politique tout autant qu'en sciences exactes.La fermeté de bon aloi de l'après-Meech.la négociation un à un.la signature de Belanger-Campeau, comme celle du rapport Allaire et l'adoption de la loi 150, ont donné une Formidable poussée d'accélération aux consensus, déjà forts, sur ce qui est essentiel au développement du Quebec.Vouloir freiner un tel bolide en catastrophe dans les dernières semaines d'un mauvais été ne peut être qu'une folle manoeuvre à la limite de la cascade de cinéma.Renverser le consensus Depuis trente ans, depuis le «Maître chez nous» de lean Lesagc et de la Revolution tranquille, le Québec réclame plus de pouvoirs, revendique la pleine maîtrise des leviers de son devenir.Depuis trente ans.la population a élu des gouvernements qui proposaient, jusqu'à tout récemment, de faire de Québec et non pas d'Ottawa le centre déterminant des décisions concernant son avenir.La récupération de pouvoirs exclusifs est au coeur des revendica- tions historiques du Québec.Le premier ministre Bourassa a accepté des offres qui contredisent celte ligne de force de notre histoire, de notre histoire récente en* particulier.Le projet conçu en son absence, mais qu'il a finalement endorse, ne comporte le rapatriement au Quebec d'aucun nouveau pouvoir exclusif.Les Québécoises et les Ouebecois n'y reconnaissent pas l'ombre du message que, dans leur très grande majorité, ils ont formule à l'intention de leur gouvernement au moment des travaux de la Commissions Bélanger-Campeau.Protections symboliques En échange de ce revirement, de l'abandon de la revendication la plus fondamentale du Québec en matière de pouvoirs exclusifs réels, le premier ministre Bourassa nous propose l'acceptation d'un concept de société distincte sans portée, noyée dans les huit caractéristiques fondamentales que comporte la clause Canada et inconciliable avec les principes de la dualité linguistique et de l'égalité des provinces que le même document édicté.Purement symbolique et au mieux une simple protection défensive, l'affirmation de la société distincte n'a aucune efficacité pour assurer la force et l'originalité du peuple québécois.Au surplus, pour la première fois, un premier ministre du Que- bec a accepte une diminution du poids du Québec dans une institution fédérale.Dans un Sénat égal, il ne compterait éventuellement que moins de neuf p.cent des voix et deviendrait l'égal de l'ilc-du-Prince-Ldouard.Et ce Sénat aurait des pouvoirs réels.On a tenté de nous rassurer en prétendant qu'une majorité de sénateurs francophones pourrait bloquer des projets de loi en matière de langue et de culture alors que rien n'assure que les sénateurs du Québec formeraient cette majorité.En compensation, le Québec obtiendrait la garantie que sa représentation ne tomberait jamais sous la barre des 25 p.cent alors qu'en 1982.au moment du rapatriement unilatéral de la Constitution, nous avions près de 28 p.cent de la deputation en provenance du Québec.Cette garantie serait illusoire, elle n'ajouterait rien aux pouvoirs de l'Assemblée nationale.Il est à espérer que lundi prochain, le «peuple» saura dire non à cette entreprise de manipulation inédite réalisée avec la complicité très active du premier ministre du Ouébec.Il faudra rechercher par un NON puissant à retrouver les concensus d'avant Charlottetown.Enfin, merci à La Presse pour son hospitalité et merci aux lectrices et lecteurs de ces feuillets de campagne qui, j'espère, leur furent utiles.La boîte aux lettres Réflexions sur le oui et le non ¦ Des constitutionnalistcs.des hommes politiques et des penseurs réfléchis sont en faveur de l'entente de Charlcttctown.D'autres constitutionnalistcs.d'autres hommes politiques et d'autres penseurs se positionnent contre cet accord.Tous se prononcent sur le même texte.Conclusion ; il est illusoire de vouloir utiliser le texte de l'accord sur une base objective pour démontrer son point de vue.La polémique se réduit plutôt à une argumentation à base émotive visant à défendre l'existence du Canada ou la souveraineté du Québec.Une coalition d'handicapés, des regroupements de femmes et d'autres groupes ont annoncé qu'ils militeraient contre les ententes parce qu'ils estiment que leurs droits ne sont pas enchâssés par la Constitution.C'est cela du mercantilisme, et c'est malheureusement l'exemple que nous ont donné les provinces du Canada, chacune tentant d'estimer les «profits» et les «pertes» de l'appartenance au Canada.Conclusion; si on réussit à préserver le Canada, ce sera un pays sans grande vision, bâti sur des intérêts et des privilèges gratifiant les uns en frustrant les autres.Les tenants du non affirment qu'un non au oui ne conduira pas à la séparation, mais à d'autres négociations.Qui le garantit?Si j'appartenais à une province anglophone, je serais exaspéré par le Quebec et je pourrais être tenté de l'inviter à partir.Et.par expérience, on sait que les comportements sont presque toujours des réactions à base émotive.l'aime le Canada, la diversité de ses visages géographiques et ethniques, |e suis fier d'appartenir à un des plus grands pays au monde, qui se classe également dans les premiers rangs pour In qualité de la vie.Si le Quebec se sépare, j'accepterai forcement le verdict populaire, mais je ne crois pas qu'un réflexe defensif soit un bon moyen de bâtir un pays, La législation peut être un moyen efficace pour proté- ger temporairement la culture et la langue.Elle peut aussi conduire à l'isolement et l'cthnocentrismc si on en reste là.L'éducation, la scolarisation sont des outils plus efficaces à moyen terme et les francophones l'ont bien montré lorsqu'ils ont repris le contrôle des leviers économiques.Or, le taux de décrochage francophone au secondaire prepare assez mal la naissance d'un Etat souverain.Au total.Robert Bourassa aurait du se conformer au projet initial et demander un référendum sur la souveraineté.On aurait au moins parlé de l'enjeu véritable.Paul E.LEFORT, m.d.Ri gaud Mon salmigondis ¦ Le consensus politique du 28 août 92 de Charlottetown représente au plus une ébauche d'un nouveau projet de constitution pour la federation canadienne.Au fond, il suffit de me demander en tant que francophone, s'il est encore possible de continuer a vivre au Canada dans une province un peu plus distincte que les autres, quand même ouverte sur le monde et respectueuse dans l'affirmation de son identité propre, en attendant mieux.Si oui.c'est un petit oui mais un oui! Surtout.au diable les tergiversations autour des 31 gains obscurs de Bourassa.les salmigondis de Pari/eau, le folklore des joueurs ca-juns de banjo à la Mulroncy, le pleutre et le mange-canayen à la Trudeau, le ferme-ta-gueulc fonctionnaire de Chrétien, l'unilinguis-me assimilateur hors Québec du COR et du Reform party, sans oublier le mange-Québécois à la Mor-decai Richler.Et vive si possible la Mosaïque canadienne sans ce triste cirque.Sinon.ce sera un ttf*s»*gros non et définitif celui-là! Maurice GAUTHIER Montreal Tension et euphorie in de campagne émotionnelle.Dans le camp du Oui.confronté a une défaite probable, la tension montait au même rythme que l'euphorie dans le camp du Non.Vendredi midi.Brian Mulroncy était a C|MS avec Gilles Proulx.Le premier minisrc tutoyait sans vergogne l'animateur, l'appelant par son prénom, comme si l'amer avant-goût de la de-faite lui faisait oublier les règles élémentaires de la communication en français.(Aux États-Unis et au Canada anglais, il est courant que les politiciens appellent les journalistes par leur prénom, et le vouvoiement n'existe pas en anglais.En français, pareille familiarité est absolument déplacée, à plus forte raison dans la bouche d'un premier ministre.) Mais cela, c'est le detail.Désespéré, faisant flèche de tout bois, M.Mulroncy avait recommence a clamer qu'un Non équivalait à un vote en faveur de la «séparation», quelques jours après que son ministre |oc Clark eut recommencé, pour la deuxième fois en un mois, a évoquer le spectre de la Yougoslavie! À Washington, l'ambassadeur Derek Bur-ney (un diplomate de carrière qui a trempé dans la politique partisane entre 1987 et 1989 a titre de directeur de cabinet du premeir ministre Mulroncy ) faisait lui aussi dans le terrorisme verbal.En cas de victoire du Non, expliquait-il en début de semaine â un auditoire de Chicago, le Canada serait un partenaire économique et un allié moins fiable pour les États-Unis! Avec des ambassadeurs comme celui-là.qui n'hésitent pas à démolir, à des fins partisanes.le pays qu'ils représentent à l'étranger, le Canada n'a pas besoin d'ennemis! En tout cas, il sera pour le moins divertissant de voir comment ces messieurs interpréteront le résultat du scrutin si le Non l'emporte.M.Mulroney continuera-t-il à dire que les Ouebecois ont vote en faveur de la souveraineté?M.Clark aura-t-il l'obligeance de nous indiquer ou.exactement, se produiront les massacres et les tueries qu'il a si éloquemment annoncées?M.Burney conseillera-t-il aux gens d'affaires américains de retirer leurs capitaux du Canada?* * * A la tin de la campagne.M.Bourassa.quant a lui.paraissait moins troublé.Furieux et amer, oui.et convaincu que l'exploitation qui a été faite des propos de ses fonctionnaires, tant par les médias que par le camp du Non.avait répandu des «mensonges» et des «faussetés» dans la population.Mais pour lui, la défaite appréhendée n*a pas le même impact que pour son homologue fédéral.Les derniers sondages montrent que l'écrasement de la campagne du Oui n'a guère entame le soutien populaire du Parti libéral, ni celle de son chef.qui.si une élection avait lieu demain, aurait de fortes chances de battre son adversaire pequiste.M.Bourassa.de passage hier après-midi a Lu Presse, semblait savourer, sans trop s'en vanter, ce baume bienfaisant qui lui permettait d'aborder le dernier virage avec moins de rancoeur que son homologue fédéral, dont l'avenir politique risque de couler en même temps que l'entente de Charlottetown.Dans cette campagne a l'enjeu austère et difficile, le camp du Non a été d'enîrée de jeu favorisé par trois événements majeurs.La defection des Allaire et des Dumont.illustrant qu'on pouvait être contre l'entente tout en étant libéral et non-souverainiste, lui a permis de déborder du bassin de l'électoral pequiste.La sortie de Pierre Trudeau aura servi, surtout au Canada anglais où elle a eu un énorme impact, à démolir l'idée qu'un Non constituait une menace à l'unité canadienne.Enfin, l'affaire Wilhelmy et les fuites émanant de la fonction publique auront ravagé la crédibilité de M.Bourassa dans le dossier constitutionnel et complètement fait dérailler la campagne du Oui au Québec \u2014 ce qui, les provinces étant des vases communicants, aura eu un effet de dominos ailleurs.(A l'inverse, les sondages indiquant une forte poussée du Non dans l'Ouest et même en Ontario auront objectivement aide le camp du Non au Québec.) Dans ce contexte, les porte-parole du Non ont eu la partie belle.Il leur suffisait de concentrer leurs tirs sur une entente contestée de toutes parts sans jamais ouvrir leur jeu.Cette relative immunité aura permis aux Pa-rizeau et aux Bouchard de distribuer ici et là quelques coups bas qui auront finalement passé pres-qu'inaperçus.Ainsi.M.Bouchard disant d'un air faussement vertueux a un groupe de gens âges qu'ils sont bien libres de voter comme ils veulent.« mais que vos enfants, eux.et vos petits-enfants, vont avoir des problèmes si vous votez Oui!».Etonnant, venant d'un mouvement politique qui a tant reproche aux «fédéraux», en 1980.de terroriser les vieux ! Ainsi, cette remarque de Bernard Landrv.le vice-president du PQ pourtant chargé des relations avec les minorités; interroge par un animateur de radio sur l'appui d'une partie des communautés grecque, juive et italienne au camp du Oui, M.Landry de répliquer que les communautés culturelles allaient «comme d'habitude appuyer la solution la moins québécoise».pour ensuite ajouter qu'à mesure que les francophones allaient rejoindre le camp du Non, celui du Oui «n'aurait pas assez de Grecs.d'Italiens et d'autres (minorités) pour compenser».Y aurait-il deux sortes de Québécois?Les «vrais» et les autres?Et ceux qui votent Oui seraient-ils de moins bons Québécois?Idem de la part de lacques Parizeau.qui a mi-campagne s'en prenait mesquinement à deux hommes d'affaires qui ont eu le malheur d'opter pour le Oui L'entreprise de l'un d'eux ayant déjà bénéficie du REA, M.Parizeau l'a accuse de « faire peur» aux Québécois «à qui il doit son expansion».Qu'est-ce que cette salade?Tout le monde M son pere a bénéficie du REA.Les subventions le l'Etat sont-elles des cadeaux politiques?Et y a-t-il une seule façon de servir le Quebec?La campagne achève.Tant mieux.Il y a eu assez de cris et de hurlements, et assez de sectarisme.Il est temps de changer d'air.Errata tutions raient l'unanimité. I .' \u2022Il Opinions V \u2022 1 ¦ Le peuple est nu ! JACOUES DUFRESNE collaboration spéciale i.elon toute probabilité.les Canadiens s'apprêtent à fausser compagnie à tous leurs dirigeants.Faut-il s'en étonner?Depuis quelque temps les politicologues nous répètent que 80 p.cent des citoyens avouent avoir retiré leur confiance aux politiciens.Le discours politique officiel n'est à bien des égards que du vent dans un ballon, mais à force de vouloir dégonfler le ballon, par la démocratie directe notamment, ne risque-l-on pas de se priver d'une fonction très positive du même discours officiel: amortir les chocs?Lundi prochain, les Canadiens diront sans détour ce qu'ils pensent du projet de constitution qui leur est proposé.Les contradictions à l'intérieur du Canada apparaîtront dans toute leur vérité.Les risques de collision frontale seront aussi plus grands désormais.La vérité est pourtant la condition d'un lien solide, durable et fécond.À quelles conditions pourrons-nous faire un usage positif de la vérité qui éclatera lundi?Si le pouvoir m'était conté l'ai trouvé la réponse à cette question dans un conte ( 1 ) pour grandes personnes.Il était une fois un roi qui aimait si fort les vêtements neufs qu'il passait son temps à se faire habiller.Au lieu de dire de lui «11 est au Conseil», les gens affirmaient sans crainte de se tromper: «Le roi est avec son tailleur.» Deux fripons, comprenant le parti qu'on pouvait tirer d'un tel vice, se présentèrent à la cour en se faisant passer pour tisserands.Ils expliquèrent au roi qu'ils pouvaient lui fabriquer un vêtement qui.en plus d'être d'une grande beauté, aurait la propriété de paraître invisible aux simples d'esprit de même qu'à ceux qui étaient inaptes à la charge qu'ils occupaient.« Voilà, en vérité, de splendides vêtements, pensa le Souverain.Si j'avais un semblable habillement, je verrais du premier coup lesquels d'entre mes sujets ont usurpé leur charge et je pourrais distinguer les sages des fous, je veux qu'on me tisse immédiatement cette étoffe.» Le jour même, il ordonna qu'on apporte aux deux prétendus tisserands la soie la plus délicate et le fil d'or le plus pur du royaume.Les deux fripons s'empressèrent de mettre ce butin dans leur havresac et continuèrent de s'affairer autour du métier à tisser exactement comme si un vrai travail avait été en progression.En realité ils filaient le vide.Le roi voulut bientôt savoir où en était l'ouvrage.Craignant de ne rien voir et d'être ainsi pris en flagrant délit d'inaptitude à sa charge, il délégua son vieux et fidèle premier ministre.«Que veut dire cela, pensa le vieillard en ouvrant ses yeux tout grands.|e ne vois pas le moindre bout de fil sur les métiers.Comment ! Se pourrait-il que je fusse inapte à ma charge?En tout cas.si le fait est exact, personne ne doit s'en douter.» Et le loyal premier ministre s'en revint proclamant la beauté du dessin et des couleurs de l'étoffe.Tout le monde dans le royaume, à commencer par le roi lui-même, fut bientôt persuadé que le premier ministre avait dit vrai.On connaît la fin de l'histoire.Un cortège est organisé, au centre duquel se trouve le roi dans son nouveau costume.Tous ses sujets sont dans la plus grande admiration, lusqu'à ce qu'un enfant, pensant ce qu'il voyait au lieur de voir ce qu'il pensait, (2) s'écrie:' « Le roi est nu.» Si les gens n'ont plus confiance en leurs dirigeants, ne serait-ce pas parce qu'ils les voient tels qu'ils sont, sans le prestige que leur donnaient une croissance économique facile et assurée combinée à une libéralité étatique dont ils s'attribuaient trop volontiers le mérite?Si juste qu'elle puisse sembler, cette interprétation de l'histoire du roi nu n'est pas la plus intéressante.Les politiciens savent eux-mêmes depuis longtemps, aussi bien que leurs sujets, de quoi est faite l'image que leur tissent leurs conseillers en communication.Le peuple devant son miroir Lundi prochain, c'est le peuple qui, à son tour, se verra dans toute sa nudité.On sait ce que le roi de la légende a fait quand il s'est vu tel qu'il était: il s'amenda et prit l'enfant qui avait vu clair comme principal conseiller.Que peut faire un peuple qui découvre, en exprimant sans détour ses opinions contradictoires, ce qu'il y a de trompeur, de suranné ou d'insuffisant dans tous les mots dont il a l'habitude de se servir pour se définir: peuples fondateurs, droits individuels, droits collectifs, bilinguisme, société distincte, multiculturalisme, autonomie?S'il est vrai que les politiciens, Pierre Trudeau, bien avant et bien davantage que Brian Mulroney, sont responsables du gâchis économique et politique, il est encore plus vrai que toute solution reposera sur la maturité, la cohérence, le sens de l'obligation dont les citoyens voudront faire preuve, il n'est pas nécessaire d'en savoir plus pour n'accorder sa confiance qu'aux leaders qui auront plus d'exigence que de complaisance et autant de vision que de stratégie.Il faudrait poursuivre le débat, la ré- flexion, jusqu'au fond des choses.Les questions québécoises et autochtones ne sont pas tout le problème canadien, loin de là.La chute du mur de Berlin aura rendu des réajustements nécessaires dans le monde entier, y compris au Canada.Pendant qu'à l'Est les peuples étaient maintenus dans l'ordre par la terreur, à l'Ouest, ils étaient emportés par une croissance économique qui a grisé bien des gens au point de détourner leur attention des conditions intérieures du progrès social.D'autre part, pour résister à la menace communiste, les peuples de l'Ouest devaient s'arc-bouter, ce qui contribuait puissamment à raffermir l'ordre et la discipline.La fin de la guerre froide provoqua une baisse subite de tension.Quand on joue à la souque à la corde, de part et d'autre on est à son affaire, mais quand la corde se rompt, on perd l'équilibre, de part et d'autre également.Comment retrouver l'équilibre?Par le haut, uniquement par le haut.11 faut un principe spirituel.L'Europe, quand elle fut unie, était la chrétienté.Peut-on redonner à la chrétienté l'ascendant qu'elle avait au moment où Charlemagne s'en est inspiré pour construire l'Europe?Sinon par quoi la remplacer?Par une religion cosmique, apparentée au stoïcisme, reposant sur la conscience que nous avons de vivre sur une planète de plus en plus fragile?Telle est la question fondamentale.Soljénitsyne l'a maintes fois posée en termes mystiques.Francis Fukuyama la pose en termes plus rationnels, à la fin de son remarquable ouvrage sur la démocratie, (3) après avoir démontré que l'humanitarisme centré sur les droits individuels ne suffit pas.Un consensus sur un principe spirituel rendrait possible une véritable hiérarchie des pouvoirs.On comprendrait alors que ce dont le monde, les grands ensembles et les peuples ont besoin, c'est moins de gouvernement centraux forts de l'étendue et de la variété de leurs pouvoirs, que d'autorités suprêmes fortes de leur légitimité et capables, pour cette raison, de veiller sur les grandes règles d'un jeu qui doit se jouer le plus près possible de la base, du citoyen.(Telle est la subsidiarité dont monsieur Bourassa a osé parler lors du débat des chefs.) Quand l'Etat central est au coeur de toutes les mêlées à cause de ses nombreux pouvoirs, il lui est impossible de jouer son rôle essentiel d'arbitre.Il confie alors ce rôle aux tribunaux, détournant ainsi ces derniers de leur mission oroore.(1) L'habit neuf de l'empereur, Encyclopédie de la Jeunesse, Tome 9.(2) Paraphrase d'un mot de Bergson, qui a écrit : - il faut penser ce qu'on volt et non voir ce qu'on pense.» t 3 ) La fin de l'histoire et le dernier homme.Paris.Flammarion 1992.Les journalistes sont-ils des menteurs ?FRANGINE PELLETIER collaboration spéciale_ assurez-vous.La question n'est pas de Marc-Yvan Côté, le bouillant organisateur en chef du PLQ qui, on le sait que trop, ne porte pas les journalistes dans son coeur.Elle n'est pas de Daniel Latouche non plus, lui qui fustigeait dans sa dernière chronique l'émission The Journal pour son documentaire supposé-ment biaisé sur l'entente de C h a r I o 11 e t o w n .«Ceaucescu aurait été content», a-t-il dit, à peine provocateur.Elle n'est même pas de Laurier La-pierre qui ne cesse d'invectiver, ces temps-ci, les «notables québécois».Ce qui veut dire, huit fois sur dix, les médias de chez nous.Non, bien que la question aurait très bien pu être formulée par un de ceux-là, elle est plutôt du Nouvel Observateur qui, ce mois-ci, en fait tout un numéro.«Faut-il croire les journalistes?», demande d'emblée le magazine français.Vous admettrez avec moi qu'à quelques jours de «l'heure de vérité» \u2014où nous en aurons enfin le coeur net sur l'appréciation des Canadiens, Québécois et autochtones de l'entente de Charlottetown\u2014 la question tombe pile.Si les journalistes sont effectivement «les médiateurs du forum démocratique», avons-nous, alors, bien mené le bal?La question est d'autant plus brûlante que les journalistes sont au ras des pâquerettes de la popularité, «lamais ils ne vous ont tant informé; jamais ils ont été aussi mal vus», écrit le Nouvel Qbs.En France, le verdict populaire est particulièrement lapidaire.Parmi les professions «auxquelles il convient de faire confiance», un échantillonnage de 1990 place les journalistes avant-derniers.«Entre les prostituées et les députés», précise le magazine.Au Canada, ce n'est guère plus reluisant.Un sondage Gallup effectué en août 92 sur la crédibilité de diverses professions place aussi les journalistes au bas de l'échelle.Avant les leaders syndicaux, les directeurs de publicité Ct, bien sûr.les députés ( bons derniers, ici aussi ) mais bien après les médecins (numéro un sur la liste), les policiers, les professeurs d'université, les ingé- nieurs, les comptables et les psychiatres.Tellement bas.en d'autres mots, qu'on se surprend à espérer, je ne sais pas moi, un sketch au Gala de l'ADlSQ l'année prochaine?Quelques journalistes en tutu ou en collant qui dansent une folle farandollc autour d'un Normand Brathwaithe déguisé en André Tremblay criant: «J'me sens violé!».Quelque chose, en tout cas, pour relever l'honneur de cette profession malmenée!.Blague à part, les journalistes méritent-ils toutes ces accusations?Sont-ils effrontément décrochés de la réalité, comme le clament M.et Mme Tout le monde?Ehontément partisans, comme le disent Messieurs Côté, Latouche et Lapierre?Oui et non.11 y a une part de vérité là-dedans, comme une part d'erreur, qui doivent être distinguées l'une de l'autre.La vérité c'est que les journalistes font désormais partie de l'élite.Bernard Dcrome a beau affirmer dans le dernier Maclean's qu'il n'est pas «une star», il en est une.(Si vous voulez raffermir votre foi en l'objectivité journalistique, soit dit en passant, lisez cet excellent dossier sur le Québec.) Le monde s'étant transformé en « médiasphère », comme disent les Français, un monde de plus en plus réglé par l'information qui, elle, est de plus en plus régie par les lois de la communication, les journalistes sont désormais indissociables des «puissants».Ils se retrouvent sur la même scène que les grandes figures publiques, après tout, à utiliser sensiblement le même langage et les mêmes moyens: marketing, relations publiques, publicité, pour ne rien dire de l'électronique.Tintin et Milou, en d'autres mots, n'ont plus tellement à voir.L'erreur, par contre, c'est de croire qu'il s'agit ici d'un complot quasi diabolique, les médias et les pouvoirs publics marchant main dans la main, se faisant un secret plaisir de restreindre leurs interrogations à eux-mêmes, genre de chose.En fait, c'est beaucoup plus simple que ça.S'il est vrai que les médias se concentrent beaucoup sur les pouvoirs en place \u2014au détriment des petites gens et de leurs problèmes, c'est vrai\u2014 c'est qu'ils répondent plus que jamais à cette règle d'or: aller là oû il y a du tapage.Et tout le monde le sait, les grands ont de plus gros tambours que les petits.La règle du tapage explique, d'ail- leurs «pourquoi il a tant été question du NON lors de cette campagne référendaire.Les organisateurs du OUI, ct Marc-Yvan Côté le premier, s'en sont copieusement plaints, voyant là un autre exemple de la partisaneric des journalistes.La partisaneric n'est pas exclue \u2014 une enquête du journal de Montréal révèle que The Gazette a consacré 74 p.cent de sa couverture référendaire au OUI, 26 p.cent au NON, alors que Le Devoir, lui, 65 p.cent au NON et 35 p.cent au OUI.Mais c'est la règle du plus fort, très souvent, qui dicte la conduite médiatique.Prenez La Presse qui, bien qu'ayant pris position pour le OUI, a consacré 50 p.cent de sa couverture au NON et 41 p.cent au OUI.Ou encore, L'Actualité qui tout en privilégiant le OUI également, a beaucoup favorisé le NON en publiant ces révélations de fonctionnaires.Tambour oblige.Alors, vous voyez, l'objectivité journalistique existe quand même un peu.le dis bien un peu parce qu'il est évident que les médias ont des partis pris.Évident, aussi, qu'il ne saurait en être autrement, les médias étant ni plus ni moins le reflet des communautés qu'ils desservent.Et puis, comme dit le Nouvel Obs: «Publier, c'est choisir; écrire, c'est embellir.Le journaliste met en forme : il n'est jamais loin de mettre en scène.» Ce qui m'amène au documentaire de The Journal tant vilipendé par Daniel Latouche, qui voit là une propagande éhontée pour le OUI.Ce n'est pas du tout mon avis.« Anatomy of a Deal* est un modèle de journalisme rigoureux, intelligent, qui prend la peine d'aller là où personne d'autre a mis les pieds.(Tintin en serait fier.) Le documentaire met surtout en lumière la mystérieuse dynamique de groupe qui s'installe lorsque nos chefs politiques s'enferment pour discuter constitution.Un peu comme les hommes qui ont fait la guerre, qui n'ont jamais rien vécu d'aussi éprouvant mais rien d'aussi gratifiant non plus, il y a un espèce de syndrome des tranchées qui s'installe ici, et qui expliquent à la fois le positivisme de nos combattants ct Iç négativisme de la population.Comme dit une leader inuit, peut-être devrions-nous remettre en question cette façon de construire un pays?Pour quiconque veut comprendre le processus politique actuel, en tout cas, ce documentaire est un must.Dommage qu'on n'ait pas pensé à le diffuser en français.Ca nous reposerait des sempiternels «face à face»! L'accord qui a fait r unanimité est le meilleur possible MARCEL ADAM elon les sondages, une majorité de Québécois s'apprêtent à rejeter l'entente de Charlottetown.l'imagine que plusieurs personnes pourraient se ressaisir au moment de décider entre prendre le risque de perpétuer la crise en votant NON, ou courir la chance d'y mettre fin en votant OUI.Car c'est ce dilemme que devront trancher les fédéralistes qui s'apprêtent à rejeter cette entente pour obliger les politiciens à en refaire une meilleure.Ce n'est pas vrai que son rejet n'aura pas de conséquences sérieuses.Robert Bourassa survivrait difficilement au discrédit que lui vaudrait une deuxième déconfiture constitutionnelle en cinq ans.Son parti deviendrait encore plus nationaliste, après que le triomphe du NON aurait accru la crédibilité de lean Allaire et de son rapport quasi souverainiste.Par contre, lacques Parizeau interpréterait le rejet de cette réforme du fédéralisme canadien comme le signe que son option a le vent dans les voiles.Et advenant l'accession de son parti au pouvoir, il n'hésiterait pas à mettre le cap sur la souveraineté.C'est dire que nous serions loin de la paix constitutionnelle que tout le monde souhaite.Il est illusoire de rejeter l'entente en calculant que les politiciens seront forces d'en renégocier une meilleure.L'entente de Charlottetown a été plus difficile à réaliser que celle de Meech.S'il fallait reprendre l'opération, la réussite serait encore plus problématique.La priorité c'est de sortir le pays des sables mouvants constitutionnels.Or rejeter l'entente c'est l'y maintenir enlise.C'est perpétuer une incertitude qui aura pour effet de retarder la reprise économique et empêcher nos gouvernants de s'attaquer à tous les autres problèmes d'importance cruciale.C'est aussi risquer de plonger les gouvernements dans une instabilité qui ne serait pas propice à la prise de décisions difficiles, ou à faciliter la concentration des énergies sur les redoutables défis qu'ils doivent relever.Un troisème échec, après ceux de Meech et de la conférence ratée de 1987 sur les autochtones, consommerait la faillite du processus ordinaire de modification de la Constitution.Ce qui pourrait nous acculer à recourir éventuellement à des moyens extraordinaires ou extra légaux pour sortir de l'impasse, avec tous les risques que cela comporte.Une jeunesse sacrifiée a une idéal constitutionnel Une victoire du NON aurait de plus un effet terriblement négatif sur le moral des citoyens, pour qui l'échec de ses gouvernants serait ressenti comme un échec collectif.L'impact serait particulièrement dur pour la jeunesse, qui a le sentiment d'être le principal otage de cet interminable contentieux.Angéline Fournicr, une jeune femme de l'équipe de Cité libre, a dit des choses très justes à ce propos dans une vibrante réponse à l'invitation de Pierre Trudeau de répondre «un gros NON à ce gâchis», lors de son intervention de ce mois-ci à Saint-Henri.\u2014 l'appartiens, dit-elle, à une génération qui n'a connu que la chicane constitutionnelle.On a été un peu sacrifiés à un idéal constitutionnel.Alors, pour la première fois les premiers ministres et les chefs autochtones sont arrivés à un consensus selon un processus démocratique.Démonter l'entente pièce par pièce pour convaincre de voter NON, c'est miner un pont alors qu'on ne sait par quoi le remplacer.Dans l'état actuel du Canada, c'est un luxe intellectuel qu'on ne peut pas se permettre.Alors moi je propose que toutes ces énergies créatrices soient mises à bâtir l'avenir, à construite un projet de société avec lequel on puisse vivre.L'adoption de cette entente apportera la paix.Pendant plusieurs années aucun politicien n'osera rouvrir ce panier de crabes.Le PQ devra ranger son option au placard et Jacques Parizeau sera forcé comme René Lévcsquc de solliciter un mandat de bon gouvernement dans la continuité fédérale.Certes, il y aura encore des négociations pour conclure les nombreux accords administratifs ct politiques prévus par Charlottetown.Mais il s'agira de discussions techniques menées à huis clos par les fonctionnaires surtout.Est-il raisonnable de fermer les yeux sur une réforme qui semble avoir plus de défauts que de qualités, sous prétexte que le peuple est las ct accablé de nombreux problèmes?Une constitution c'est pour longtemps ct difficile à corriger.Si les défauts ou les qualités d'une réforme constitutionnelle font généralement sentir leurs effets à long terme, c'est dans l'immédiat que fait ses ravages une crise comme celle qui, depuis des années, débilite le pays ct empêche les gouvernements de résoudre les problèmes majeurs qui appellent des solutions urgentes.Le Canada doit sortir de cette crise de toute urgence.Or une seule solution nous est offerte pour y arriver et c'est cette entente.Elle est le fruit de négociations et d'un compromis politiques qui, par définition, ne peut être que décevant.Mais il faut comprendre que demander à nos élus un meilleur compromis que celui qui a fait l'unanimité des négociateurs c'est demander l'impossible.Comment peut-on accepter un processus basé sur la négociation ct rejeter le compromis qui a fait consensus?Rejeter l'entente de Charlottetown c'est non seulement renier le processus démocratique qui y a conduit, c'est ne pas admettre que la politique soit l'art du possible ou du compromis \u2014 un art qui consiste presque toujours à choisir le moindre mal ou la moins mauvaise solution.L'entente de Charlottetown laisse a désirer mais c'est la meilleure que nos représentants élus et mandatés par nous ont réussi à faire, après y avoir mis tous les efforts et la meilleure volonté.Un argument d'autorité plaidant pour l'entente 11 faut faire confiance au peuple et a nos institutions.La Constitution était loin d'être parfaite et, pourtant, le Canada est devenu un pays qui fait envie.Il n'était pas prévu en 1857 que les tribunaux établiraient que les provinces sont aussi souveraines dans leur domaine que le fédéral dans le sien et que le Canada deviendrait l'un des plus décentralisés et non l'État unitaire que souhaitait Macdonald.Il n'était pas non plus prévu dans la Constituion que le Canada deviendrait exemplaire au chapitre de la démocratie et des droits de l'homme.Trudeau veut ««un gros NON à ce gâchis-.Il faut également faire confiance aux juges.Ils interpréteront les dispositions douteuses ou inquiétantes de l'entente en vertu des principes démocratiques et philosophiques qui les ont toujours guidés dans le passé.Il faut enfin se dire qu'au pire une mauvaise constitution ne saurait prévaloir et dénaturer un pays de vieille tradition démocratique comme le nôtre: le peuple s'arrangerait pour se redonner une constitution à son image.Quand Trudeau a accepté par compromis une clause dérogatoire qui permet de suspendre tous les droits fondamentaux et politiques protégés par la Charte, il a fait le pari que, dans uns société civilisée et libre comme la nôtre, il ne prenait pas un risque excessif.Il ne s'est pas trompé.l'invoquerai en terminant la caution d'un des cerveaux politiques les plus remarquables de l'histoire américaine, Alexander Hamilton, l'inspirateur de la constitution de 1787.À ceux qui refusaient un projet dont les auteurs avaient avoué qu'il n'était pas absolument parfait, Hamilton répliqua par un argument qui a tout autant de valeur aujourd'hui chez-nous.«Ce serait, à mon avis, le comble de l'imprudence de prolonger l'état précaire où se trouvent nos affaires nationales ct d'exposer l'Union aux dangers d'expériences successives, dans la poursuite chimérique d'un projet parfait.« |e n'espère pas voir un ouvrage parfait sortir des mains d'un homme imparfait.Le résultat des délibérations de tous les corps collectifs doit nécessairement être composé des erreurs et des préjugés, aussi bien que du bon sens et de la sagesse des individus qui les composent.«Les arrangements, qui doivent embrasser treize Étals différents dans un lien commun d'amitié ct d'union, doivent être nécessairement un compromis entre autant d'intérêts ct d'inclinations différentes.Comment la perfection peut-elle sortir de semblables éléments?» Hamilton disait cela il y a deux siècles au sujet d'une constitution décriée à cause de ses inadéquations, mais qui, depuis, a servi de modèle à plusieurs pays et permis aux États-Unis de devenir ce qu'ils sont. IA PRESSE.MONTRÉAL.SAMEDI 24 OCTOBRE 1992 Mus B 5 Opinions «World class eh!» Pourquoi je «prends pour» les Blue Jays.hé! hé! hé REAL PELLETIER CC W eh ! », titrait en manchette, il y a lu jours, le Toronto Star.faisant reference a l'accession des Blue lays aux World Scries.Cela s'imposait : et sur 12 picas (cinq centimetres ) de hauteur encore.C'est pas rien.El en jel bleu (d'encre), comme il se devait.Les Geais bleus venaient, la veille, de transformer les A's de Oakland en B's.« World class eh ! » Toron to-l'équipe courait après ce-statut depuis Ib ans.Ioronto-la-villc sollicite la même envergure depuis un demi-siècle.El Toronto-la-ville se satisferait bien, aujourd'hui ou demain, d'une victoire de I oronloTcquipc en «Série mondiale», sachant fort bien néanmoins que les reflets de la couronne du champion de baseball n'atteignent guère que l'Amérique du Nord, plus des morceaux d'Amérique latine et de lapon, lit l'avant-dernière page du Herald Tribune, publie a Paris.Les World Series?Sans blague! Trois cents millions d'Européens fans du ballon rond et une couple de milliards d'Asiatiques adeptes du deux-roues ne voudront même pas savoir ce week-end qui.des Blue lays de Toronto ou des Braves d'Atlanta, ont gagne la Série mondiale.« World class eh ! » Ile.he i Evénement continental Reste qu'accéder à ces World Series, c'est pas banal sur noire continent.Encore moins banal si cette ville est la premiere ville non etasunienneà mériter cet honneur.C'est comme si.a l'échelle du mer-veilleux-mondc-du-sport, venait se confirmer l'intégration continentale dont l'accord de libre-échange a donne le signal.Normal aussi que l'honneur échoie a Toronto \u2014en pleine croissance\u2014 plutôt qu'a Montreal \u2014 au bord de la de-cadence.Mais pour les Montréalais que nous sommes, une question cuigmatique se pose a ce moment-ci: «Entre les Blue lays et les Braves, pour qui prends-tu?» le n'ai jamais vraiment saisi l'astuce de ce trait de langage bien de chez nous: «prendre pour», est-ce que ca signifie que l'on souhaite la victoire d'une équipe donnée ou est-ce qu'un savant calcul a convaincu le locuteur que ladite équipe va l'emporter?Vieux routier du sport.Guy Pinard jure que «prendre pour» traduit, pour le plus grand nombre, un choix affectif plutôt que rationnel.A tout événement, la question aujourd'hui est posée aux Montréalais: on «prend pour» les Blue lays ou pour les Braves?En fait, la vraie question de l'homme des tavernes est plus sournoise: pour ou contre 'Toronto?Bien sûr.Montréal appartient a la «Ligue Nationale» de baseball, ce qui commande une affection pour les champions de cette ligue, les Braves d'Atlanta.Mats Montreal appartient aussi a un pays dont Toronto est la métropole.Règlements de comptes Montréal et Toronto: les comptes n'ont jamais vraiment été régies entre ces deux villes.Au sommet de sa gloire après avoir écrase Montreal dans a peu près toutes les colonnes comptables.Toronto en veut encore a Montreal.Dans le Toronto médiatique, la hargne anti-montréalaise est presque disparue; on ne retrouve plus par exemple ce bon vieux Charles Lynch qui écrivait encore il y a un mois, dans le Ottawa Citizen où il s'est réfugie: «Le Québec n'est pas une province comme les autres.Ici.au Québec, (le referendum ) c'est bas et c'est sale.D'ailleurs la politique au Quebec, ça a toujours ete comme ca.tant au niveau federal que provincial ou municipal.Ça fait partie du territoire et c'est intègre dims la culture.» 'Textuel.Cette hargne-là n'existe plus qu'à Ottawa on imagine, mais reste tout de même à Toronto beaucoup de mépris pour Montreal.Quelques signes.Banals mais non sans eloquence.Cet etc.quand les Expos se sont mis a talonner sérieusement les Pirates de Pittsburg, le téléjournal de CBC fail a Toronto, aurait pu imaginer une jolie Série mondiale Toronto-Montreal, loin! CBC s'est plutôt empresse, histoire de ne pas porter ombrage au suc-ces courant des Blue lays, de remettre les choses dans leur véritable perspective: tout ca n'était pas sérieux puisque les Expos appartenaient à la section est de la Ligue Nationale de baseball et que celte section était la plus pourrie du baseball professionnel.Une sorte de ligue mineure au sein du baseball majeur, quoi.A quelques jours île la.Andre Agassi, triomphait! a Toronto aux Internationaux de tennis Players, prend lai 11 u \u2022; .\u2022H' WSr ¦ 51 A' * WÊ* parole après sa victoire pour dire, en substance: «El si Tan prochain on sautait l'étape de Montreal pour rester à Toronto?» La réponse dans le stade: un délire.Transmis coast-to-coast a la tele.Agassi, que ces questions préoccupent certainement autant que sa premiere raquette, avait-il pense à ca tout seul ?Du chroniqueur comme Richard Gwyn du Toronto Siur savoure déjà le jour \u2014dans le premier quart du XXIe siècle, precise-t-il \u2014 ou Vancouver aura declasse Montreal comme deuxième ville en importance au Canada.La cigale et la fourmi Toronto, laborieuse, opiniâtre, fait encore payer Montreal pour des décennies de sarcasmes à son endroit.Déjà dans les années d'après-guerre, pendant que la cigale montréalaise allait se coucher a six heures du matin en ronflant sur son titre de «Gay Paris» d'Amérique du Nord, la fourmi toron toise se levait à la même heure pour aller bâtir son infrastructure.Alors que tous les lacques Normand de cabaret se payaient la tronche de To-ronto-la-Pure.à l'autre bout île la \\ ieille route 2.on tirait des plans.Ce fut d'abord l'aménagement de la Voie maritime du Saint-Laurent.Une decision qui, grace au gouvernement fédéral \u2014«avec nos impôts de surcroît!», grognait mon pere a l'époque\u2014 et avec la complicité américaine, allait ouvrir les pays des Grands lacs, dont Toronto, a l'Atlantique, et casser éventuellement Montreal comme plus grand port de mer intérieur au momie.Celait le début.Apres le transport maritime, ce fut le transport aérien.Dans les années 00.de retour d'un \\ol inaugural Montreal-irancfort d'Air Canada, à la descente du DC-8 vers Dor val.je me souviens de deux journalistes torontois plutôt guillerets qui étaient venus carrément baver sur les collègues montréalais: « Profilez-en parce que d'ici une couple d'années, ces avions-la venant d'Europe vont passer par dessus vos p'tites teles et atterriront a Toronto.Il c'est vous qui ferez escale a Toronto avant de rentrer a Montréal.» Effectivement, les Montréalais regardent de plus en plus passer les avions au-dessus de leurs «p'tites teles » depuis.Tout ca iranspirait le roman d'anticipation, avec soupçon de racisme.C'était en fait de la planification en marche.Tout comme d'ailleurs les succès des Blue lays sont aussi le fait, en bonne partie, d'un sens tenace de la planification, allie a une indefectible fierté des Torontois pour leur ville.Comment expliquer, au siècle de la multiplication des loisirs, que le seul attrait du jeu de baseball ait pu conduire les fans des Blue lays à battre deux ans de suite tous les records d'assistance de l'histoire de ce sport professionnel en Améri- que?Les mau\\aises langues montréalaises diront que c'est parce que les Torontois n'ont guère autre chose à faire par les soirs d'été alors qu'a Montreal.mais ce serait sûrement incomplet comme explication.Ce que les Montréalais en general savent mal.c'est que Toronto se prepare depuis fort longtemps à la consecration qui l'attend, au baseball aujourd'hui et autrement demain.Depuis une quinzaine d'années maintenant, les gourous qui pensent celte ville ont jure de positionner Toronto au rang de troisième grande métropole du continent, pole nord d'un triangle comprenant New York à l'Lst et Los Angeles à l'Ouest.Lt pour ce faire, à défaut de pouvoir créer un Cats, un Miserable* ou un Phantom, on pouvait toujours essayer d'en monter un plus fort qu'à Londres ou New York.La règle: faire mieux que.Mieux que les records d'assistance des Dodgers a Los Angeles en l'occurrence.Peut-être pas très original, mais ca marche.Lt ca rapporte finalement assez de sous pour aller acheter un Dave Winfield, un lack Morris ou un |oe Carter.Vers la gloire Chemin faisant vers la gloire.1 o-ronto a développe un projet de société bien singulier: une société canadienne ou Toronto se voit, seule, occupant tout l'espace économique central, névralgique et décisionnel de ce pays.Quand l'Quest du pays dénonce, tout en l'enviant, le «central Canada», To- Ce que Toronto importe.Trois personnages occupent lavant-scène torontoise depuis plusieurs mois, trois baseballeurs venus du sud.Jack Morris, Joe Carter et Dave Winfield.et ce qu'il exporte Toronto a donne \u2014c'est mal connu des Montréalais\u2014 ces trois personnalités à l'Amérique et au monde: l'économiste John Kenneth Galbraith, le pianiste Glenn Gould et le gourou de la communication Marshall McLuhan.i rontO rit dans sa barbe parce que s'il est une chose qu'elle veut bien partager avec Montreal \u2014c'est bien la seule\u2014.c'est l'avalanche de coups de-pied aux fesses venus du reste du Canada a ce propos, alors que le vrai «central Canada» \u2014 Toronto le sait et Montreal s'en doute\u2014.c'est un bout de pays qui va de Windsor a Toronto, branché en ligne directe sur Qttawa.L'instinct de croissance des sociétés est naturel et Toronto n'y échappe pas.superbement située par ailleurs sur le continent.Sans compter que Toronto possède \u2014 les Montréalais souvent l'oublient\u2014 une solide tradition de culture, qui a donne à l'Amérique et au monde les inventeurs de l'insuline et Glenn Gould, lohn Kenneth Galbraith et Marshall McLuhan.Les Montréalais, bons enfants somme toute, pourraient volontiers partager cette gloire.Mais la où le bat blesse, c'est cette impression que la puissance actuelle de Toronto repose en bonne partie sur le pillage systématique du butin économique trouve à Montreal depuis 50 ans.Au tournant de 70.le grand business canadien deja faisait chanter Montreal: «Range la langue ou on part.I i avec les meubles en plus.» Sans même attendre de réponse d'ailleurs \u2014qui ne viendra formellement qu'avec la loi 101 après l'élection de 1976\u2014 plusieurs s'activaient fébrilement \u2014conquistadores du XXe siècle\u2014 a transferer systématiquement à 'Toronto tout ce qui était déménageable.Qu'on se souvienne: si la Sun Life avait pu emporter aussi son immeuble, elle l'aurait fait.Le choc fut très dur.Mon pere exploitait dans les années bO.a l'ombre des raffineries de pétrole de l'Est de Montreal, un petit salon de coiffure pour hommes de cinq employés.Un de mes frères occupe seul, aujourd'hui, le même commerce, rue Broadvvav.On n'a pas encore a ce jour, que je sache, écrit la veritable histoire du grand démantèlement systématique \u2014et presque complet \u2014 de toute l'industrie pé-tro-chiinique de l'Lst de Montreal, rebâtie dans l'Ouest, mais surtout dans le giron toroniois de Sarnia.Avec, évidemment, déplacement de sieges sociaux a l'avenant, dans la nouvelle métropole.Lt on n'a jamais mesure avec grande precision non plus quel role a joue le gouvernement federal dans cette affaire.Le jupon dépassait sous la jupe du Trench Power.De fait, on n'a jamais pu mesurer, de Montreal ou de Que-bec, comment fonctionne l'axe Toronto-Ottawa dans la structure de pouvoir de ce pays, qui ne vit pas seulement de constitution.Comment se fait-il que les propos les plus durs tenus par M\"K Wilhelmy.dans la conversation téléphonique que l'on sait, ont etc diriges non pas contre Robert Bourassa.nun pas contre les fonctionnaires fédéraux, ou encore les Clyde Wells et cie.mais contre les mandarins de Bob Rae qui font marcher Queen's Park?Qu'est-ce que Mru Wilhelmy avait en tete en disant cela?Qu'est-ce qui s'est passe au juste?\u2014 Ok, me direz-vous.tout ca c'est de l'histoire, de l'anecdote, du nationalisme revanchard, voire du fiel de partisan des I xpos frustre.Regarde les choses comme elles sont.Par exemple: Brian Mulroney a permis que Bombardier mette la main sur Canadair.et Bob Rae.que Bombardier acquierre de llavilland de Toronto.\u2014 le veux bien, mais comment expliquer que depuis l'accord Bob Rae-Laurenl Beaudoin sur de llavilland.le service de marketing de Canadair ail ete déplace a Toronto?que c'est à To-ronto désormais que va se faire la remotorisation des CL2I5.une affaire de 500 millions pour les années à venir?Et quand le Quebec songe a faire de l'électricité avec de l'eau à la baie lames.Greenpeace Canada \u2014siege social a Toronto\u2014 jette les hauts cris, pendant qu'une vingtaine de centrales nucléaires fonctionnent a plein tube dans la province voisine; et pendant qui Ivdro-Ontario traficoie tranquillement avec le Manitoba des aménagements hydroélectriques dans le nord de cette prov ince pour alimenter éventuellement l'Ontario.\\ la veille du referendum, les Montréalais pourraient bien être convies a fêter une éventuelle victoire des Blue lays de Toronto, l'équipe défendant l'image «nationale» du Canada en Série mondiale.Personnellement, je veux bien «prendre pour» les Blue lays au nom d'une certaine solidarité face aux Américains.Mais si on m'invite a sabler le champagne à l'avenant, je me découvrirai peut-être, un oeil sur l'indice île chômage compare a Toronto et a Montreal, un gout insoupçonné pour la moderation.Comme me le suggérait d'ailleurs le gouvernement federal lors du référendum île 1980: «Non merci î ».ilt si.par inadvertance, les Braves battaient les Blue lays, je serais contraint, en guise de prix de consolation, île me rappeler que les I xpos ont battu les Braves plus souvent que l'inverse durant la saison 1992 V Ile! bel hé! Plus LA PRESSE, MONTREAL.SAMEDI 24 OCTOBRE 1992 Une joie mal retenue Jacques Parizeau aura été le grand gagnant de la campagne référendaire GILLES NORMAND jm inuinv d un im-JWa probable rcvirc ment, on peut d'ores et déjà considérer que les jeux sont faits.Une situation qui n'est pas sans inquiéter le camp du NON.parce qu'elle laisse craindre que nombre d'électeurs se satisfassent de l'avance insurmontable que lui donnent les sondages d'opinion pour conclure que ce n'est pas la peine de voter.Voilà pourquoi lacques Parizeau répète partout, depuis quelques jours, qu'il faut «faire sortir le vote».Le débat télévise du lundi 12 octobre, même si l'electorat y a vu un avantage pour Robert Bourassa.n'a pas ren-verse les données.Le message du pre-mier ministre ne passe tout simplement pas.Les chefs politiques du OUI se sont donc engages dans le dernier droit resignes à sauver leur peau.Rien d'autre! Au Quebec, le premier ministre Robert Bourassa aura espéré jusqu'à la fin une diminution de l'écart entre les intentions de vote, afin de réduire l'ampleur du coup porté a sa crédibilité.Pendant ce temps, son adversaire lacques Parizeau n'avait de cesse de fouetter l'ardeur de ses troupes, répétant que la décision populaire ne s'exprimerait que le 26 octobre, faisant en sorte qu'une victoire du NON n'ait pas l'acre saveur de l'arrogance, même s'il lui importe qu'elle soit la plus écrasante possible.Toute la semaine, le chef du Parti québécois s'efforçait de ne pas ressembler a l'image que ses adversaires tentent de lui fabriquer: celle d'un homme qui se fait arrogant en se montrant trop tôt triomphaliste.M.Parizeau.qui éprouve déjà des problèmes d'image attribuables à son style, ne pavoise pourtant pas.Il n'avait même de cesse que d'inviter les siens a ne pas le faire.Mais, durant celle dure dernière semaine, une heure semblait toujours venir où une certaine exhubérance échappait a sa maîtrise, lui donnant l'air de quelqu'un pour qui la fete est commencée.Le camp du OUI, durant cette période, a multiplié les attaques les plus incisives contre le chef du comité du NON, en faisant ressortir que ce qu'il veut en réalité, c'est la souveraineté.Une manoeuvre pourtant utilisée sans succès en debut de campagne.Un piège qu'évitait habilement le chef du camp du NON, en répliquant: « La souveraineté, bien sur, c'est le programme de mon parti.Mais telle n'est pas la question.» Même si devant le souverainiste syndicat des cols bleus de la ville de Montréal, il s'est senti obligé, la semaine dernière, de parler de «ce détour que le referendum imposait avant qu'on puisse commencer a construire le pays qu'on veut avoir».Jacques Parizeau.chef du camp du NON en vue du référendum de lundi, a mené une campagne dure et efficace contre les tenants du OUI.iuc simon wrsault u Pour le reste.M.Parizeau s'en tenait a du deja dit.évitant de soulever des vagues.A l'attaque! Comment alors expliquer ces attaques assez abruptes contre des gens d'affaires associés au camp du OUI et dont les propos ou les gestes lui ont déplu?Parce que ces attaques portées par M.Parizeau, ce n'était pas rien.El dans son entourage, on avait hâte que l'orage passe, comme si on craignait que le chef ne commette une gaffe irréparable.Le mardi 15.devant la Chambre de commerce de Repentigny, le chef pe-quiste portait sa plus furieuse charge depuis le debut de la campagne, s'en prenant spécifiquement a deux hommes d'affaires pour qui un NON signifierait un frein à l'emploi et la paralysie des investissements étrangers.Ainsi, a-t-il rappelé a l'ex-vice-presi-denl de la Banque de Nouvelle-Ecosse (devenue la Banque Scotia), André Bisson.qu'il l'avait lui-même chargé peu après l'élection du Parti québécois, en 1976, de procéder à la première emission internationale d'obligations du gouvernement du Ouébec en français.Il rappelait dans le même discours à l'homme d'affaires de Trois-Rivières, Laurent Verreault, que son entreprise.Le Groupe Laperrière et Verreault, avait connu son principal essor grâce au Regime d'epargne-actions ( REA ) du Quebec, donc avec l'aide des Québécois.«Ce sont les Québécois qui dirigent leur propre destin et personne d'autres», lançait-il.Une vérité pas bien méchante, mais qui a mal passé dans certains milieux où on s'est demande si le REA était un cadeau qu'il fallait rembourser le jour des elections.Et lundi, a Montreal, M.Parizeau récidivait devant l'Association des économistes du Québec, en dénonçant le president de Bombardier, Laurent Beaudoin, pour avoir inséré un de ses discours en faveur du OUI dans les enveloppes de paye des 8000 employes de Canadair.Les propos de M.Parizeau avaient toutefois quelque chose de grinçant lorsqu'il invitait M.Beaudoin à se mêler des affaires de son entreprise au lieu de s'occuper de la société distincte.Interroge à ce propos le lendemain, par le journaliste Michel Lacombe.de Radio-Canada.M.Parizeau déclarait qu'il n'acceptait pas «l'utilisation par des patrons de leur situation pour imposer leur vision à leurs employés».Son conseiller spécial, lean Royer, explique que «M.Parizeau s'indigne lorsqu'on tente de faire peur aux Québécois, comme en 1980».« Il s'emporte lorsqu'on agit comme si le Québec n'avait jamais réussi dans les affaires.Quand ceux qui se livrent à de telles manoeuvres sont la preuve vivante du contraire, il faut le leur dire», explique le porte-parole du chef péquiste.Rien, de toute evidence, n'a été improvise dans la campagne orchestrée par le chef du PQ, même si son camp a reçu un coup de main inespéré avec l'affaire Wilhelmy, et plus récemment avec la publication dans la revue L'Actualité du dossier secret que des fonctionnaires du gouvernement du Québec ont laissé couler.Le président du Parti québécois aura fait la demonstration qu'il peut travailler avec des gens de diverses allégeances: fédéralistes et libéraux, milieux syndicalistes, politiciens fédéraux et lean Campeau.Surtout, il n'a apparemment eu aucun mal à composer avec Lucien Bouchard, que plusieurs voient comme un futur chef du PQ.Le sens du NON Il a réussi à faire échec a l'idée propagée par ses adversaires qu'un NON à l'entente signifiait un OUI a la souveraineté.Comment?En soutenant que le lendemain, la vie continue, qu'il est toujours dans l'opposition et ses adversaires au pouvoir.Les tenants du OUI n'ont pas réussi à transformer le dérapage de Diane Iules, ni la controverse autour de Guy Lafleur en nouvelle affaire des Yvettes.Le débat des chefs, sur lequel Robert Bourassa comptait désespérément n'a rien changé.Tout a fonctionné autour de la thématique suivante: l'entente est-elle dans l'intérêt du Quebec?On s'est efforce de démontrer que non et on s'en est tenu à cela.Une dynamique qui tirait également sa force de la lecture que Robert Bourassa avait faite des sondages: l'ecoeurcment des Québécois l'égard de l'éternelle discussion constitutionnelle ferait passer l'entente.Au terme de cette harassante campagne, les dirigeants du camp du NON.au Québec, peuvent déjà s'écrier: mission accomplie! Cela est vrai pour les lacques Pari/eau et Lucien Bouchard, mais aussi et largement pour les libéraux lean Allaire et Mario Dumont.de même que pour les dirigeants des grandes centrales syndicales et d'autres organismes qui ont mis tout leur poids dans la lutte.Il faut insister tout particulièrement a ce chapitre sur le poids qu'ont eu MM.Allaire et Dumont, en ouvrant la porte a tous ceux qui voulaient éviter d'être apparentes au Parti québécois et a son option, mais qui ne pouvaient accepter ce qu'on proposait.Il n'est d'ailleurs pas impossible qu'ils aient fait toute la difference dans l'issue de la d e m a rc h e re f e re ndai re.Mais, en franchissant les derniers obstacles, lacques Parizeau aura ete le grand gagnant de cette campagne référendaire, dans ce sens que ce succès aura une portée bien au-delà du référé ndum.Gros nuages- Touche pas SUITE DE LA PACE B1 Dans son entourage, on prédit qu'au lendemain du référendum, s'il est défait, M.Mulroney s'imposera une période de calme et de réflexion.On souligne que le premier ministre sera le premier à prendre au mot ses collègues des autres partis qui ont enjoint aux électeurs durant toute la campagne de faire abstraction de M.Mulroney le temps venu de voter.«Il sera le premier a dire qu'un NON à l'entente ce n'est pas un NON a Mulroney.» On convient que l'homme sera confronté à une décision de taille.«Quand vous perdez un truc de cette ampleur.» Mais on précise qu'il ne faut pas écarter d'emblée la possibilité qu'il reprenne le collier aux prochaines élections.M.Mulroney est en effet mené par une conviction extrêmement profonde en ses capacités de gagner.Le simple fait qu'il se soit embarqué dans cette galère référendaire alors que sa popularité personnelle et celle de son parti trament à des niveaux catastrophiques dans les sondages depuis deux ans, l'illustre bien.En outre, depuis deux semaines, il se plait a repeter fréquemment que René Levesque a perdu son référendum en I980 pour gagner brillamment les élections ensuite.Il fait aussi constamment référence a la campagne électorale de I988, alors qu'il traînait par 13 points dans les sondages avant de gagner par une majorité de 13 points, ce fameux «swing de 2b points», dont il adore parler.Le temps presse Que ce soit M.Mulroney lui-même qui décide de quitter, ou le parti qui l'y invite, il faudra que ça se fasse relativement rapidement.On ne pourra pas passer un an a y réfléchir, quelques mois tout au plus.En vertu de la Constitution, le premier ministre est en effet tenu de déclencher des elections avant octobre 1993.soit cinq ans précisément après les elections qui l'ont reporte au pouvoir.Or.si M.Mulroney part, les conser- vateurs auront besoin d'un nouveau chef.Ils devront tenir un congres au leadership, ce qui ne s'organise pas du jour au lendemain.En toute logique, ce congrès devrait se tenir quelque part au printemps, pour laisser au nouveau chef le temps de preparer les élections.Ce délai avant les élections permettrait aussi au parti de colmater les brèches qui se créent inévitablement au sein d'un parti durant une course au leadership.On ne peut cependant exclure la possibilité d'un congrès au mois d'août pour déclencher des élections sur cette lancée.D'ici la résolution de toutes ces questions, si le premier ministre perd son référendum lundi, on peut s'attendre à ce que les Mulroney passent des moments extrêmement douloureux.Car cet homme qui dit qu'il acceptera le verdict populaire «avec grâce et sans amertume» a démontré par le passé, les rares fois qu'il a été confronté à l'échec, qu'il n'était pas le meilleur des perdants.SUITE DE LA PACE B1 premier défi sera de régler sans trop de remous les cas de Jean Allaire, Mario Dumont et des autres «libéraux pour le NON».Un problème d'autant plus délicat que leur campagne auprès d'auditoires normalement acquis au gouvernement a dès le départ ébranlé ia tournée du OUI.Dimanche dernier, le Réseau des libéraux pour le NON réunissait sa centaine de militants pour discuter de l'apres référendum.Il était clair que le groupe n'entendait pas disparaître avec ses pancartes le 2b au soir.On continuera pendant un moment de jouer la mouche du coche pour que le PLQ prenne le virage vers la souveraineté partagée, le «scénario de Bruxelles» auquel s'accrochent les Allaire et Dumont depuis plusieurs mois.Mais s'il n'en tient qu'aux députés, et à plusieurs organisateurs, les deux dissidents ne réapparaîtront pas de si- X 8 tôt dans l'organisation libérale, «la-mais ne ne pourrai travailler avec eux, jamais, c'est clair?» lance Robert Do-bie, un organisateur pour l'Ouest de l'île de Montréal.Plus conciliant, Norbert Morin, de Chaudière-Appalache, prédit que Mc Allaire ne pourra revenir en arrière.En revanche, «on aura besoin du charisme de Mario Dumont » prédit-il.Pour des députés fédéralistes, les deux dissidents ont pris une route à sens unique «en se battant contre leur camp» une fois la guerre déclarée.Les deux dissidents souhaitent réintégrer le parti.Mais cet objectif pourrait être plus difficile à atteindre pour jean Allaire \u2014qui a prédit « une fronde » contre M.Bourassa en cas d'échec\u2014 que pour Mario Dumont, qui reste l'élu choisi par les jeunes du PLQ.«Si la population dit à 55 p.cent qu'on avait raison, je ne vois pas pourquoi je m'en excuserais», affirme Mario Dumont, qui prédit beaucoup de problèmes au PLQ «s'il tente de ne pas tenir compte du verdict de la population».Dumont se dit prêt à réintégrer son parti au lendemain du référendum, si le PLQ est disposé «à se reconstruire».Règlements de comptes Peu habitués à la défaite \u2014qu'ils n'ont pas connue depuis 1981 \u2014 les libéraux aiguisaient la hache du post mortem de la campagne réclame partout.Tous les vétérans du PLQ le reconnaissent: si la défaite est cuisante lundi, comme personne ne touchera à Robert Bourassa, plusieurs chercheront des boucs émissaires.On pointe du doigt la permanence du PLQ, notamment le directeur Pierre Anctil, «celui qui a ramené tous ceux qui étaient partis» lorsque le PLQ a traversé une période difficile.Autre cible favorite, l'organisateur pour l'Ouest du Québrt.Clémcnl Patenau-dc.Tout au long de la campagne, sous le boisseau, l'hostilité couvait chez les militants a l'endroit de la poignée des stratèges montréalais.M.Bourassa fera obstacle a la vendetta, prévoit-on, mais on convient que la tentation sera la pour les militants déçus.Certains prédisent que M.Anctil \u2014 peu enthousiaste à l'origine devant la minceur des gains obtenus à Char-lottetown\u2014 tirera bientôt sa révérence, au profit de Thierry Vandal, d'obédience clairement fédéraliste.D'autres spéculent déjà sur un autre depart, celui de |ohn Parisella \u2014depuis quatre ans chef de cabinet de M.Bourassa \u2014 que la rumeur envoie tantôt à Domtar, tantôt a la délégation du Québec à Boston.Des «racontars sans fondements», réplique-t-on aussitôt dans l'entourage de M.Bourassa.Militants recherchés Dans les derniers jours les organisateurs du OUI avouaient que les «bras» \u2014 les militants\u2014 avaient fait cruellement défaut tout au long de la campagne.Plusieurs des militants les plus actifs ont tout simplement décidé de «rester chez eux» dégarnissant dangereusement plusieurs comités de comté.Apres le débat, la campagne du OUI avait repris un peu de momentum, un sursaut bien tardif rapidement assommé par une nouvelle tuile, la publication de notes de fonctionnaires de M.Remillard, fort critiques a l'endroit de l'entente ramenée de Charlottetown par le premier ministre Bourassa.Chez plusieurs, on ne s'explique encore pas comment la campagne du OUI ait pu ne «décoller» que deux semaines après celle de lacques Parizeau.Au passage, des députés pointent du doigt la quasi absence de certains ministres, les Liza Erulla-Hébcrt et Daniel lohnson notamment, qu'on accuse d'avoir défendu l'entente «du bout des lèvres» et s'être souvent «déguisés en courant d'air» durant la campagne.Un air de piano nostalgique, le film s'achève.Le protagoniste reprend la route «pour de nouvelles aventures».Mais cette fois, il semble bien seul. LA PRESSE.MONTREAL.SAMEDI 24 OCTOBRE 1992 Plus B7 un ultime effort.Lundi, les Canadiens et les Québécois devront répondre à la question suivante: «Acceptez-vous que la Constitution du Canada soit renouvelée sur la base de l'entente conclue le 28 août 1992?» Des millions de mots ont été écrits et dits sur « l'entente conclue le 28 août 1992».Pourtant, beaucoup de gens continuent à dire qu'ils sont mal informés, qu'ils ne comprennent pas.À 48 heures du vote, La Presse vous offre une dernière occasion de comprendre l'entente de Charlottetown.BOISVERT PHILIPPE DUBUISSON I Tentes: YVES BOISVERT et PHILIPPE DUBUISSON PARTAGE DESPOUVOIRS LES .« SIX SOEURS » ¦ À la demande d'une province, Ottawa négociera son retrait des six secteurs suivants: forêts, mines, tourisme, logement, loisirs, affaires minicipales et urbaines.Les forêts, les mines et les affaires municipales sont déjà clairement des compétences provinciales depuis 1867.Les provinces ont également compétence dans les trois autres matières, mais elles ne sont pas énumérées en toutes lettres dans la constitution.De toute façon, le fait est qu'Ottawa s'est engagé dans tous ces domaines par divers procédés.Des ententes facultatives à être négociées entre une province et Ottawa fixeront les conditions de retrait du gouvernement fédéral, y compris le transfert de ressources financières du fédéral à la province.Ces ententes bilatérales seront protegees par la Constitution pour des périodes d'au plus cinq ans, avec possibilité de reconduction avec le consentement des deux gouvernements.LA CULTURE ¦ «La culture dans la province» sera reconnue de compétence exclusive provinciale.Ottawa s'engage à négocier avec les provinces qui le veulent des ententes visant à leur assurer la maîtrise d'oeuvre de la culture sur leur territoire et l'harmonisation des politiques.Le federal conservera son «rôle relativement aux affaires culturelles nationales.» Ottawa maintient également ses responsabilités envers les institutions nationales ( Radio-Canada, Office national du film.Conseil des arts, etc.), y compris les subventions et contributions versées par celles-ci.LA FORMATIEZ\t1 DE LA MAIN-D'OEUVRE\t ¦ Le développement et la formation de la main-d'oeuvre seront reconnus de compétence exclusive des provinces qui le voudront.À la demande d'une province, et après négociation d'ententes bilatérales, le gouvernement fédéral devra se retirer partiellement ou totalement du champ des activités de la formation de la main-d'oeuvre.Les provinces devront respecter des «objectifs nationaux» établis par le fédéral après négociation avec les provinces.La compétence fédérale exclusive à l'égard de l'assurance-chômage est maintenue.LE POUVOIR FEDERAL\t DE DEPENSER\tj ¦ C'est en vertu de son pouvoir de dépenser que le gouvernement fédéral intervient dans les domaines de compétence exclusive des provinces.Avec l'entente, Ottawa et les provinces s'engagent à élaborer un cadre devant guider l'exercice du pouvoir fédéral de dépenser.Une fois arrêté, ce cadre pourrait devenir une entente protégée dans la Constitution pour une période d'au plus cinq ans.avec possibilité de reconduction.DROIT DE RETRAIT ¦ Une province pourra choisir de ne pas participer à tout nouveau programme cofinancé mis sur pied par le gouvernement fédéral dans un domaine de compétence exclusive des provinces (exemple: un programme national de garderies).Une juste compensation financière sera versée a la province qui aurait recours a ce droit de retrait, mais a la condition de mettre en oeuvre un programme ou une initiative compatible avec les objectifs nationaux.L'IMMIGRATION ¦ Le gouvernement federal s'engage, au moyen d'une disposition constitutionnelle, a négocier avec les provinces dans un délai raisonnable des ententes en matière d'immigration.Ces ententes \u2014 il en existe déjà une entre Ottawa et Quebec depuis 15 ans\u2014 seraient en quelque sorte «constitutionnalisées» et ne pourraient être modifiées qu'avec l'accord du fédéral et de la province concernée.LE DEVELOPPEMENT REGIONAL ¦ Le développement régional ne sera pas reconnu comme une sphère de compétence distincte dans la Constitution.Le gouvernement fédéral sera tenu de négocier «dans un délai raisonnable», avec les provinces qui le désirent, des ententes pour clarifier les responsabilités de chaque niveau de gouvernement dans ce domaine.Ces ententes seraient protégées dans la Constitution pour une période d'au plus cinq ans.avec possibilité de reconduction.LES TELECOMMUNICATIONS ¦ Dans le secteur des télécommunications, le gouvernement aura une obligation de «négocier un accord» avec un gouvernement provincial en vue de coordonner et d'harmoniser leur réglementation.POUVOIR DECLARATOIRE ET POUVOIR DE DESAVEU ¦ Le «pouvoir declaratoire» permet au gouvernement federal de déclarer qu'un «ouvrage» est à l'avantage général du Canada et de l'assujettir a la competence législative du Parlement.C'est par ce biais que le federal a le pouvoir exclusif de réglementer en matière d'énergie nucélaire: il a déclare a l'avantage general du Canada les «ouvrages, entreprises de production, de recherche et d'utilisation d'énergie atomique».L'entente prévoit que ce pouvoir, non utilisé depuis 31 ans, ne pourra s'exercer dans une province qu'avec l'accord de celle-ci.Le pouvoir «de desaveu et de reserve», qui permet au federal d'empêcher (réserve) l'adoption d'une loi provinciale ou même de l'annuler (desaveu), serait aboli.Ce pouvoir exorbitant a été utilise pour la dernière fois en 1945.REFORME DU SÉNAT COUR SUPRÊME mm ne ¦ Dans le Sénat réforme, chaque province serait représentée par six sénateurs et chaque territoire par un sénateur, pour un total de 62 sièges.Le nombre de sièges du Québec passe ainsi de 24 à 6.Un certain nombre de sièges additionnels seront réservés aux Autochtones.Les sénateurs seront élus, selon des modalités à être déterminées, lors d'élections qui auront lieu en même temps que les élections pour la Chambre des communes.Une province pourra toutefois faire élire ses représentants par son assemblée legislative.Le Sénat disposera d'un veto absolu, par un vote de 50 p.cent plus un, sur tout projet de loi concernant des changements fondamentaux de la taxation des richesses naturelles.Pour les projets de loi traitant des dépenses et recettes du gouvernement fédéral, le Sénat sera dote d'un droit de veto suspensif de 30 jours.Les projets de loi ayant une ¦ Il sera inscrit dans la Constitution que la Cour suprême se compose de neuf juges.Trois juges doivent avoir été reçus au Barreau du Québec et choisis à même une liste d'au moins cinq personnes soumise par le gouvernement du Québec.Le gouvernement fédéral choisira les autres juges de la Cour suprême à partir de listes de noms soumises par les autres provinces et les territoires.importance particulière pour la culture ou la langue française seront soumis a la règle de la «double majorité».Ils devront être adoptes par une majorité de sénateurs (au moins 52) ET une majorité de sénateurs francophones, qui disposeront ainsi d'un veto à cet égard.Il reviendra aux sénateurs eux-mêmes de se déclarer francophones ou non.En cas de contestation, le président du Sénat aura le pouvoir de trancher.C'est également lui qui tranchera sur la question de savoir si un projet de loi touche de façon importante à la langue ou la culture française.Pour tout autre projet de loi de la Chambre des communes, le Sénat pourra forcer un vote en seance conjointe des deux chambres du Parlement en le rejetant a la majorité simple.Un vote à majorité simple des 62 sénateurs et 337 deputes lors de cette seance conjointe décidera du sort du projet de loi.SOCIÉTÉ DISTINCTE 4T 1 CHAMBRE DES COMMUNES B L'Ontario voit son nombre de deputes passera 117 ( + 18).le Quebec a 93 ( + 18).La Colombie-Britannique obtient quatre deputes supplémentaires, l'Alberta deux.Le nombre de députés à la Chambre des communes passe de 295 à 337.On procédera a un autre remaniement après le recensement de 1996 de manière qu'aux prochaines elections, aucune province n'ait moins que 95 p.cent des sieges qu'elle recevrait en vertu d'une stricte representation proportionnelle.Ainsi.l'Ontario et la Colombie-Britannique recevraient trois sièges supplémentaires et l'Alberta deux, ce qui porterait le nombre total des deputes a 345.Le poids relatif du Quebec a la Chambre des communes passerait ainsi de 25,4 p.cent qu'il est aujourd'hui a 27.b p.cent, puis a 2b,9 p.cent après le remaniement suivant le recensement de 1996.Le Quebec obtient la garantie constitutionnelle de conserver à un minimum de 25 p.cent son poids relatif a la Chambre des communes.¦ L'accord de Charlottetown introduit dans la constitution une «clause Canada», qui est une sorte de definition du pays.L'article ne crée aucun nouveau pouvoir pour qui que ce soit mais doit servir de reference aux juges pour interpreter la constitution.Y sont enumeres huit «caractéristiques fondamentales)» du Canada.Parmi elles, le fait que le Quebec forme une «société distincte, comprenant notamment une majorité d'expression française, une culture qui est unique et une tradition de droit civil ».Une autre de ces huit caractéristiques est «l'attachement des Canadiens et de leurs gouvernements à l'épanouissement et au développement des communautés minoritaires de langue officielle dans tout le pays.» Un débat juridique s'est engage quant a savoir si celte deuxième «caractéristique», ainsi que les autres, ne viendraient pas affaiblir la société distincte.Les défenseurs de l'entente soulignent cependant que dans un paragraphe sépare, il est indique que la legislature et le gouvernement du Quebec «ont le rôle de protéger et de promouvoir la société distincte», rôle qui n'est octroyé a aucun autre gouvernement pour quelque autre caractéristique fondamentale.DROIT DE VETO ¦ Le droit de veto, c'est le pouvoir d'empêcher des modifications de la constitution.Pourquoi le Québec veut-il du droit de veto?Pour empêcher que l'on ne modifie la constitution à son désavantage.Actuellement, pour certaines parties de la constitution, le Québec, comme les neuf autres provinces, détient un droit de veto ( il n'y a pas droit de veto seulement pour le Québec ).Cette unanimité des provinces et du fédéral est actuellement nécessaire pour les modifications suivantes: le statut juridique et le rôle de la Reine, du gouverneur général et du lieutenant-gouverneur au Canada; le droit des provinces d'avoir à la Chambre des communes autant de députés qu'elles ont de sénateurs; l'usage du français dans les institutions fédérales; la composition de la Cour suprême et la formule de modification de la constitution elle-même.La formule de modification de la constitution, introduite lors du «rapatriement» de 1982.prévoit cependant que la règle générale de modification est celle du «7-50»: il faut l'accord du fédéral et de deux tiers des provinces (donc sept en ce moment) représentant plus de la moitié de la population canadienne.L'entente de Charlottetown viendrait étendre la règle de l'unanimité \u2014 et donc du droit de veto du Quebec comme de chacune des provinces\u2014 essentiellement pour trois choses: toute modification de la Chambre des communes et du Sénat (cela, évidemment, conditionnellcment à la réforme de la Chambre des communes et du Sénat proposée dans l'entente), et toute modification de la Cour suprême (sauf pour ce qui est du mode de selection des juges, toujours soumis au 7-50).Le partage des compétences resterait soumis à la règle du «7-50».Cela signifie une plus grande facilite à réaménager le partage des pouvoirs.dans un sens qui plaît ou qui déplaît au Quebec.Mais si les provinces décidaient de transferer une competence provinciale à Ottawa, le Quebec pourrait se dissocier de cette modification, conserver sa competence et obtenir une compensation financière.L'entente ne permet pas au Quebec d'empêcher la creation de nouvelles provinces.Mais il pourra limiter leur participation a la vie de la federation, car chacune des 10 provinces actuelles aura un veto sur l'augmentation du nombre de sieges de ces hypothétiques nouvelles provinces aux Communes et au Sénat et sur leur participation à la formule de modification constitutionnelle.AUTOCHTONES UNION SOCIALE ET ÉCONOMIQUE ¦ Le «droit inhérent à l'autonomie gouvernementale des peuples autochtones» sera reconnu dans la Constitution, instituant ainsi un troisième ordre de gouvernement.Ce que seront ces gouvernements, leurs pouvoirs, leurs rapports avec les autres gouvernements, qui pourra y participer (seulement les autochtones?), on ne le sait pas encore: cela resterait à négocier un peu partout au Canada avec les divers gouvernements.Si.au bout de cinq ans.ces négociations n'aboutissent pas, il sera possible pour les autochtones de recourir aux tribunaux pour faire interpréter ce qu'est le gouvernement autochtone.Les nouveaux gouvernements autochtones ne pourront adopter des lois incompatibles avec les lois fédérales ou provinciales «essentielles au maintien de la paix, de l'ordre et du bon gouvernement au Canada».Ce qu'est une loi essentielle à la paix.etc.on ne le sait pas précisément.La Charte s'appliquerait aux gouvernements autochtones, y compris, d'une façon qui devrait être adaptée à leur situation, la clause qui permet de déroger à certains droits fondamentaux ( « nonobstant » ).Le droit inherent a l'autonomie gouvernementale des peuples autochtones ne crée pas de nouveaux droits territoriaux.t ¦ Une nouvelle disposition intitulée «l'union sociale et économique» sera ajoutée a la Constitution afin d'énoncer une série d'objectifs, notamment sur les soins de santé, les services sociaux, l'éducation, les droits de négociation collective et l'environnement, le plein emploi et la libre circulation des biens, des sen ices, des capitaux et des personnes.C elle partie de la constitution ne pourra servir de base polir contester une loi devant les tribunaux B 8 LA PRESSE.MONTREAL, SAMEDI 24 OCTOBRE 1992 REFERENDUM 92 La majorité des Québécois disent avoir lu l'entente LOUIS FALARPEAU_ p.cent) ont lu les resumes publies dans les grands quotidiens, 20 p.cent le texte anno-, , \u201e , .runn le publie pur le comité du 1 m£Rend ^J$ïï* N44 S'il y avait des élections PROVINCIALES AUJOURD'HUI au Québec, pour quel parti, parmi les suivants, voteriez-vous ?le Parti libéral .33 le Parti québécois.36 le Nouveau Parti démocratique (NPD-Q) 3 le Parti égalité .2 ou un autre parti ?.1 ne voterait pas, annulerait.3 ne sait pas .18 refus / pas de réponse.4 MÊME SI VOTRE CHOIX N'EST PAS ENCORE FAIT.Y a-t-il quand même un parti que vous seriez tenté(c) d'appuyer présentement?\t\t\t \t%\tQ10\t \t8\t35\t44 \t10\t38\t48 le Nouveau Parti démocratique\t\t\t \t\u2014\t3\t4 \t1\t2\t3 \t\u2014\t1\t1 uc voterait pas, annulerait - \u2022\t9\t2\t\u2014 Ne sait pas/pas de réponse - - -\t55\t14\t\u2014 \t16\t4\t\u2014 .\u2022 il Pour voter lors du référendum du 26 octobre, il faut être inscrit sur la liste électorale.Ètes-vous Inscrit (e) sur la liste électorale?OUI.96 NON.i - - \u2022 3 Nc sait pas / pas do réponse.1 LA PRESSE.MONTRÉAL, SAMEDI 24 OCTOBRE 1992 B9 REFERENDUM 92 Parizeau dénonce le «NON du mépris» de Pierre Trudeau Plû§ de 4500 personnes assistent au ralliement du NON à l'aréna Maurice-Richard CILLES NORMAND_ ¦ Invitant tous les Québécois à inscrire un NON retentissant, Imidi, le président du Parti québécois, laeques Parizeau, a fait un sérje/ux pied de nez à l'ex-prcmier ministre canadien, Pierre Elliott Trudeau en rejetant son NON.«S'il y a un NON que je ne prends pas, c'est le NON de Pierre Trudeau.Le NON du mépris.Celui-là, jamais.Oh! Non! pas le mépris», a lancé le chef du comité dû NON.en metant fin à un rassemblement de clôture très réussi, à l'aréna Maurice-Richard.Acclamé comme on ne Ta pas vu souvent par ce ralliement de 45(H) à 5000 personnes, Jacques Parizeau a souligne que tout au long-de cette campagne de six semaines, beaucoup de «Québécois d'à peu prés toutes les régions ont allie leurs efforts pour éviter qu'on soit floués, pour ne pas employer un mol plus fort», « Nous avons manifesté toute la fierté de nous-mêmes.On a de nouveau essayé de nous faire peur avec le Liban, la Yougoslavie, la 4 4* !.\u2022 .Bourassa «s'est un peu excité» \u2014 Parizeau GILLES NORMAND SAINT-JANVIER fâtû fatigue, selon laeques Parizeau.et la panique, selon Lucien Bouchard, expliquent la déclaration du premier ministre Robert bourassa selon qui des documents secrets mis en \u2022 cause par la revue L'Actualité dans le dossier constitutionnel seraient des faux.«Monsieur Bourassa sort des bornes du raisonnable», a commenté le président du comité du NON.hier, peu avant d'entreprendre en compagnie de Lucien Bouchard une visite de l'usine de Bell Helicopter, à Saint-|anvier, dans le cadre de sa tournée référendaire.Le chef du Parti québécois a de nouveau invité M.Bourassa au calme, hier, en lui rappelant qu'il ne restait que deux jours à cette campagne référendaire qui aura été épuisante pour plusieurs.«Je pense que le premier ministre du Québec s'est un peu excité hier.Ce serait bien qu'il se calme.Il s'était excité au début de la campagne et je lui avais suggéré de se calmer», a indiqué M.Parizeau qui ne son faisait pas non plus avec les accusations de malhonnêteté intellectuelle portées contre lui ci ses collaborateurs du NON».«Il y a un bout de temps que ça dure», répond-il simplement.Quant à savoir qui dit vrai, de L'Actualité ou du premier ministre, le président du camp du NON n'a aucune hésitation à soutenir qu'«il faut croire le ministre de la justice».«Il est nommé pour ça», dit-il, rappelant que Gil Rémillard a en effet reconnu l'authenticité des documents à l'occasion d'une conférence de presse prononcée la semaine dernière.«Il a contredit son premier ministre», souligne M.Parizeau.Pour Lucien Bouchard, vice-president du comité du NON.les propos de M.Bourassa sont une démonstration de panique.«C'est du charriage de fin de campagne.C'est une tentative ultime de faire déraper quelque chose en vue d'un miracle quelconque qui n'arrivera pas», dit-il.Quant aux accusations de malhonnêteté intellectuelle portée par M.Bourassa, le chef du Bloc québécois trouve éttMtrge «que ça vienne de quoiqu'un qui a tourné le dos aux engagements de son parti, à ses propres engagements, lui qui a glissé, de reniement en reniement depuis des semaines».«|e pense que M.Bourassa est le dernier à pouvoir utiliser un tel langage», ajoute M.Bouchard.Toujours selon le chef du Bloc québécois, le virage constitutionnel imposé par M.Bourassa a son parti a mis ce dernier en danger.«S'il veut survivre, il va devoir se coller à sa continuité, celle qu'incarnent les lean Allaire et Mario Du-mont.Les vrais libéraux, ce sont M.Allaire et la majorité de ceux qui sont là et qui se sont fait imposer un dictact du chef, un retournement 180 degrés.» Un peu plus tôt, le vice-président du comité du NON a eu .un entretien particulier avec le directeur général du collège rabinique et responsable de la communauté hassidim de Bois-briaitd, Israel Lovven qui a imu 'a se dissocier de la position du Congrès juif canadien qui s'est déclaré pour l'entente de Charlottetown, la semaine dernière.Banque royale.Cela a coulé sur nous comme l'eau sur le dos d'un canard.Ce n'est pas que nous ayions refuse la peur.On ne Ta pas ressentie», a dit le chef pé-quistc qui a loué le travail et le courage de plusieurs collaborateurs de Lucien Bouchard à Jean Allaire, en passant par Mario Du-mont et les jeunes libéraux, dont il a dit qu'ils «ont refusé qu'on ratatine le Québec».M.Parizeau a dit comprendre que MM.Allaire et Dumont ne soient pas présents à cette soirée.«Ils veulent réorganiser leur parti, lui donner un nouveau souffle.|e leur dis toute notre admiration pour leur courage.» Puis il a souligné le rôle des centrales syndicales, «qui sont de toutes les causes de la défense des Québécois», le nouveau député péquistc Richard Holden, et bien sûr, les membres de son propre parti.La mémoires de René Lévesque a aussi été évoquée à quelques occasions, soulevant la fouie.« Non ! Ne recommencez jamais!» a-t-il lancé à l'endroit des premiers ministres du Canada et du Québec.PHOTO LUC SIMON PERRAULT.L* Presse Le vice-président du PO, Bernard Landry, s'est laissé à une petite danse avec la présidente du comité du NON des communautés culturelles hier, lors du grand ralliement du NON.«Quand on en arrivera au vrai choix, il faudra tous se souvenir du temps d'une campagne électorale d'un petit parti politique qui avait pour slogan: «On est capables!» Le chef du Bloc québécois, en grande forme également, a souligné que MM.Mulroney et Bourassa avaient eu une idée géniale en faisant un référendum pour mettre le Québec a sa place: «Ils nous donnent l'occasion de nous rappeler le long combat que nous menons comme peuple.Ils nous ont posé une question de province.Lundi nous leur donnerons une réponse de peuple», a dit Lucien Bouchard.«C'te fois-ci, on va se faire comprendre.Calvaire !» venait de lancer une heure et demie plus tôt le chanteur Dan Bigras, l'un des porte-parole du comité du NON durant cette harrassante campagne, et qui y est allé de deux chansons, en plus d'une tou-ne de piano tout ce qu'il y a de plus endiablé dans le répertoire rock'n roll.La chanteuse Marie-Claire Séguin a aussi présente deux chan- sons dont une complainte particulièrement touchante «Ce soir, on est des milliers Lundi, on sera des millions à dire NON», a lancé le chef syndical Gérald Larosc.de la CSN.l'un des 17 orateurs à prendre^la parole, hormis l'animatrice Loui-sette Dussault.M.Larose a qualifié l'entente de Charlottetown de «gros tapis sous lequel les 17 tricoteurs cie constitution ont voulu balayer tous les problèmes canadiens».«M.Bourassa, on ne vous a pas demandé de cacher notre problème, on vous a demandé de le régler dans le sens de Bélanger-Campeau ou dans le sens du rapport Allaire », a ajouté-le syndicaliste.¦ * Une soirée haute en couleur, autant pour sa mise en scène que pour l'atmosphère surchauffée a coups de tonnerre, comme on ne trouve d'équivalent que dans la musique de la pièce saguenéenne « La fabuleuse histoire d'un royaume», pour faire aboutir à un unique message: «À ce prix là.c'est NON ! NON c'est NON!» f i r i i i t » i i i> i *.y i i » « Le statu quo signifie les barricades », prévient Mercredi PIERRE de la Presse Canadienne ¦ Si le NON doit prévaloir au référendum de lundi, le chef de l'Assemblée des premières nations, Ovide Mercredi, affirme que «je vais tout à fait l'interpréter comme un rejet de nos droits.Nous devrons à nouveau rappeler aux Canadiens que nous avons été exclus.» «le n'accepterais pas plus que maintenant une suspension des négociations», a affirmé M.Mercredi, hier en conférence de presse, à l'Université McGill.La chance qu'apporte un OUI d'« abattre le statu quo» des blancs, source des maux infligés aux autochtones, pourrait bien être unique : « Une autre ronde de négociations constitutionnelles est vraiment hypothétique.Ce n'est pas moi qui vais reconvoquer les premiers ministres.» Et à quoi bon reconvoquer les chefs de l'APN, qu'il rencontrait en début de journée à Montréal?« Est-ce que je vais leur proposer de ratifier le vide?» lance-t-il au sujet d'un éventuel rejet de l'entente.L'avocat manitobain a salué Taction du premier ministre Bourassa en faveur du OUI, donc de «la paix sociale», et prévenu que «le statuo quo, cela signifie les barricades, les conflits et le déni de nos droits».Par ailleurs une majorité au OUI dans «sept ou huit provinces» au référendum de lundi donnerait matière à y repenser, estime M.Mercredi.Le porte-parole autochtone référait à la «clause 7-50» (sept provinces et 50 pour cent de la PHOTO MICHEL GRAVEL L2 Presse Ovide Mercredi population ) en jonglant avec des questions hypothétiques.Ovide Mercredi a également reconnu que le 28 août, à la conclusion de l'entente, il ne s'attendait pas à cette incertitude de fin de campagne: «Ça montre combien je ne connais pas les comportements de l'électorat canadien.» Il n'est personnellement pas d'accord avec le minimum garanti de 25 pour cent de députés du Québec aux Communes et «c'est aussi la base du refus de beaucoup de monde au Canada».Harper, Kahnawake Au sujet d'Elijah Harper, dont le refus de juin 1990 a précipité l'échec du Lac Meech, M.Mercredi affirme qu'«il a été un champion de nos droits, par la voie dé- mocratique.Cette fois-ci.au lieu de l'abstention, il devrait prôner carrément le NON pour que les gens s'expriment, il serait plus conséquent avec son exemple d'il y a deux ans.» Au chef mohawk |oe Norton, de Kahnawake, qui a repoussé la recension électorale du Québec sur ce territoire, M.Mercredi dit avoir rappelé le «droit démocratique de s'exprimer sur une question si importante».Un vote «le même jour, à la même question, ce serait l'idéal ».S'il doit y avoir une consultation des Mohawks «menée sous leur propre juridiction » \u2014 comme les Cris comptent en tenir une \u2014 ce serait déjà ça.II faut montrer, dit-il, que «notre futur droit inhérent â l'autonomie ne doit pas servir à supprimer les droits individuels».lustc avant, devant 500 personnes emplissant un amphithéâtre du pavillon Stephen Lcacock.l'orateur invité Mercredi avait répondu â un Mohawk dénonçant «cette entente qui nous est imposée » : «Alors vous voulez le statu quo.qu'est-ce que le statu quo vous a apporté?Avec cette entente et le droit inherent, je vous assure que vous aurez plus de possibilités qu'en vous butant au mur de briques de la loi des Indiens.Vous êtes trop pessimiste, vous devriez croire plus à la capacité de votre peuple d'affirmer son identité.» À l'intention de Pierre Elliott Trudeau, tenant du NON et chantre des droits individuels.Ovide Mercredi lance que «c'est facile pour lui quand ses propres droits collectifs sont déjà assurés dans sa propre constitution ».Reform Party : un congrès qui a mal commencé PHILIPPE CANTIN WINNIPEG 9 A 14h hier, après une pause de quelques minutes, la présidente d'assemblée a éprouvé de gros ennuis à convaincre les 1200 délégués participant au congrès annuel du Reform Party de regagner leur place.Au fond de la salle, des dizaines d'entre eux attendaient patiemment de faire dédicacer un livre par un de ses co-auteurs.« Un livre dégoûtant », a dit |im Strom, un délégué offrant le bouquin â 20$, la moitié de cette somme étant destinée aux coffres du Reform Party.«Mais un livre important, car il explique comment les députés volent les électeurs.» Heureux comme un vendeur de parapluies lorsqu'éclatc l'orage, le co-auteur )ohn Warren signait copie sur copie de «A Capital Scandai».En dénonçant sur 272 pages la «corruption» de nos élus, M.Warren trouvait ici un public attentif.Le Reform Party, une organisation foncièrement populiste, en veut à l'establishment d'Ottawa.Dans le vidéo présenté en ouverture du congrès, «les élites politiques» ont reçu quelques jabs.Et la foule a réagi avec bonheur à un extrait du récent débat entre leur chef Preston Manning et Audrey McLaughlin, leader du NPD, à propos du référendum.«Si vous votez OUI, vous suivez les politiciens, disait M.Manning.Si vous votez NON.vous les dirigez.C'est leur jeu, mais votre choix.» Mais même si le Reform Party prétend se situer dans une niche distincte de celle des partis traditionnels, leur chef est aux prises avec les ennuis habituels des leaders politiques.Le congrès a plutôt mal commencé pour lui.Dans son édition d'hier, le Globe and Mail de Toronto affirmait qu'il avait flirté avec l'idée d'appuyer le OUI au référendum du 26 octobre avant d'opter pour le NON.Selon le scénario apparemment imaginé par M.Manning, les représentants du Reform Party au nouveau Sénat auraient régulièrement provoqué des crises susceptibles de diviser le pays.L'objectif: augmenter les pouvoirs de cette institution.Le quotidien torontois écrivait aussi que le Reform Party était divisé, que le style autocratique du chef suscitait de l'acrimonie et que les finances du parti n'étaient pas fameuses.M.Manning a donc consacré les premières heures du congrès à nier ces assertions.«Prétendre que j'ai songé â appuyer le OUI est fondamentalement incorrect, a-t-il déclaré.Quiconque écoute ce que je dis depuis cinq ans ne peut avoir de doutes là-dessus.Nous avons analysé l'accord de Charlottetown en profondeur et conclu qu'il n'était pas bon.Des gens ont peut-être mal interprété notre délai avant de nous prononcer.» M.Manning a cependant avoué que des «tiraillements» existaient dans tout nouveau parti et qu'un post-mortem de la campagne référendaire devrait être tenu.Le « Mulroney Deal » Avec le Bloc Québécois, le Reform Party est le seul parti fédéral à s'opposer à l'entente.Dans l'Ouest du pays, cela lui a valu des appuis importants.M.Manning a nié que la position de son parti envers l'accord constitutionnel avait été dictée uniquement par le désir de se distinguer des trois partis traditionnels.«Mais ce fut une conséquence de notre choix et cela ne nous rend pas inconfortables.Nous sommes très différents des trois autres partis, spécialement au niveau du modèle constitutionnel.» M.Manning a paru sur la dé- fensive en expliquant pourquoi il surnommait l'accord de Charlottetown «The Mulroney Deal».alors qu'il a aussi été signé par les premiers ministres des provinces et les leaders de groupes autochtones.«Ses empreintes se retrouvent sur ce document.Et dans nos assemblées publiques.les gens établissent un lien entre M.Mulroney et l'entente.Ils croient que cet accord a été conclu uniquement dans le but de conclure un accord.» Le Reform Party attend avec confiance les prochaines élections fédérales.En après-midi hier, des spécialistes en communications ont d'ailleurs expliqué aux délégués les façons de transmettre au peuple le message du parti.«Nous sommes confrontés à quatre problèmes, a dit lack Hurst, membre de l'exécutif national.Nous sommes un nouveau parti, nos fonds sont limités, notre programme n'est pas toujours compris et nos adversaires nous dépeignent comme des gens anti-francophones, anti-Québec, anti-femmes, anti-immigrants et racistes.» Pour contourner ces difficultés, le Reform Party s'attend à de grandes choses de ses délégués.Les plus fameux discours de Winston Churchill et John F.Kennedy ont été cités comme des exemples à suivre.La barre est donc placée à un niveau pour le moins élevé.Parmi les gens inscrits au congrès comme observateurs, on retrouve Dorothy Dobbie, membre du caucus conservateur, co-prési-dente de l'ex-commission Beau-doin-Dobie sur la constitution.«Les gens du Reform Party essaient de dresser les minorités les unes contre les autres, a-t-ellc dit.Dans les assemblées publiques, ils font beaucoup de désinformation.Après avoir assisté à l'une d'entre elles, je me suis même senti malade.» Du bifteck à la vache ! MARIE-CLAUDE LORTIE ¦ Robert Bourassa a demandé un bifteck, mais il est revenu avec une boite de biscuits! a lance l'animateur à Brian Mulroney.\u2014 Mais non, il est revenu avec toute la vache! a rétorqué le premier ministre, sur les ondes de C|MS hier midi, où il a été interviewé pendant une heure et demi.Voilà le genre de commentaires que M.Mulroney ne pourra pas se permettre, aujourd'hui en Alberta, où il fait une visite éclair, la seule de toute sa campagne.Ce voyage, réduit au minimum, le mènera à Lloydminster, une petite ville sur la frontière de la Saskatchewan, où il rencontrera presque exclusivement des militants pour le OUI, mis à part une interview à la radio d'Ed-monton.C'est qu'en Alberta, où M.Mulroney est extrêmement impopulaire et où les tenants du OUI ont jugé mieux, pour l'instant, de le garder à distance, on ne peut pas vendre une entente constitutionnelle en clamant les gains du Québec.Au contraire.Là-bas.si les sondages indiquent que le NON est en avance, (par 4b p.cent contre 43 p.cent pour le OUI indique le dernier sondage Optima publié dans les journaux Sun), c'est précisément parce qu'on trouve que le Québec a reçu une «vache» et que l'Ouest a reçu une simple «boite de biscuits».Le leader du Reform Party.Preston Manning, principal leader du NON dans cette province et premier dans les sondages, a passé toute sa campagne à l'expliquer.En Alberta, les tenants du NON en ont autant contre la «société distincte» et le 25 p.cent des députés garanti au Québec, que contre des choses qui semblent pourtant bien acquises au Québec, comme la garantie du tiers de juges à la Cour suprême, qui était même dans Meech.et qui ne fait que confirmer ce qui se fait depuU de nombreuses années.M.Mulroney a indiqué hier aux journalistes qu'il allait dire exactement la même chô*-se aux Albertains qu'aux Québécois, mais durant toute to campagne il a effectivement été obligé de modifier les axe$ de ses discours selon l'endroit où il se trouvait et les intérêts des gens qu'il rencontrait.11 y a deux semaines à Winnipeg, par exemple, il n'a jamais parlé du 25 p.cent d« sièges des Communes réservés au Québec.À la place, il a vanté les mérites du Sénat égal qui permet aux quelque un milliop de Manitobains d'avoir autant.'' de sièges que la populeuse Oivv tario.jamais M.Mulroney n'a parlé en ces termes-là du Sénat -aux Québécois.À la veille de son départ en Alberta, le premier ministre a pour une enième fois proclamé qu'il était confiant de gagner les dix provinces lundi prochain.Il a en outre confirmé cju'iî entendait se représenter aux prochaines élections, où il ne* se battra pas contre le Bloc et le Reform, affirme-t-il, mais bien contre ses ennemis traditionnels, les libéraux et les néo-démocrates.En outre, pour la première fois depuis le début de la cam' pagne, M.Mulroney a déclaré publiquement que les médias ne lui avaient pas fait la vie facile.Selon lui, au Québec, «le' NON a été choyé».Il a fait ces*\" commentaires quand on lui a fait remarquer que certains ténors nationalistes conservateurs, comme Marcel Masse, n'avaient pas fait beaucoup d'apparitions publiques.M.Mulroney a répondu qu'ils n'avaient tout simplement pas été couverts par la presse.Le OUI accuse le NON de vandalisme r r ?w YVES BOISVERT ¦ Le comité du OUI accuse carrément le comité du NON de s'être servi du vandalisme comme «argument tout au long de la campagne ».Dans une conférence de presse hier mrttin, le président du OUI dans Sainte-Marie\u2014Saint-lac-ques, M.Michel Dubois, dont le local a reçu une brique dans la fenêtre, a dit dans une déclaration équivoque à souhait que «sans accuser personne», «si par son silence on laisse des choses comme ça se passer, on est indigne de siéger dans une assemblée».Le comité du OUI n'a pu chiffrer exactement la valeur des dommages, mais affirme qu'en moyenne 15 affiches du OUI, d'une valeur de 500$ chacune, ont été détruites dans chacune des 125 circonscriptions.«On parle certainement de centaines de milliers de dollars», prétend-on au comité du OUI.Quelques locaux du OUI ont également subi des dommages.Une quinzaine de voitures ont été peintes à l'aérosol de graffitis du NON ou enduites de goudron lors du rassemblement de Verdun, la semaine dernière.Un certain nombre de plaintes ont ete faites à la police.Dans le local de Crémazie, des voleurs se sont emparés du four à micro-ondes, du photocopieur et d'un téléphone, et on y voit unej connotation politique au comité du OUI.«|e n'accuse personne,», mais à trois jours d'un référenv dum.je trouve ça louche» a ditj M.André Ménard, attaché de-presse du ministre André Valle-I rand, qui ajoute que des fenêtres; ont été brisées et des papiers dé-J chirés.Sur un ton dramatique, l'ex-de-j puté du Bloc québécois redevenu* conservateur, M.Gilbert Char-t trand, de Verdun, a prétendu que} «les gens ont peur de s'affichen.pour le OUI » à cause de la terreur!; que leur inspireraient certains; partisans «organisés» du NON.IV, a donné l'exemple d'une dame de.72 ans en chaise roulant qui se se-; rait fait «bousculer» par un mil-tant du NON parce qu'elle s'affi-i chait pour le OUI.; laeques Chagnon, député de Saint-Louis, qui «n'accuse personne» lui non plus, demande: tout de même à laeques Parizeau de «retenir ses troupes».î Une personne qui se réclama du NON aurait été arrêtée pour} un délit mineur.L'information; n'a pu être confirmée.\u2022 % Au comité du NON.Charles Larochelle, directeur des corn-munciations, accueille avec uni haussement d'épaule ces accusa-; tions.Il estime que les gens du OUI «ne savent plus quoi faire, n'ont plus nen.u dire».v REFERENDUM 92 ft ^ la presse, montreal.samedi 24 octobre 1992 Le référendum tient une place bien discrète dans la presse française LOUIS-BERNARD ROBITAILLE collaboration spéciale PARIS H Pour CC qui est de la couverture dans les médias français du référendum du 2b octobre, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle.Commençons par la bonne: sauf erreur, ni la Delegation du Quebec ni l'Ambassade du Canada n'ont eu a inviter de journalistes français de la presse écrite ou de la tele pour obtenir des reportages.Comme cela 5*esl beaucoup fait à d'autres époques plus fastes: pour tel voyage officiel de Robert Bourassa dans les années 70.pour Célébrer les elections de 197b, pour annoncer le référendum de 1980.Aujourd'hui les services «communications» des deux representations diplomatiques ont une vertu à toute épreuve, en proportion de leur dénuement : toujours pas de directeur des communications pour le Quebec; un bulletin d'informations canadiennes réduit a sa plus simple expression typographique depuis le debut octobre.Mauvaise nouvelle en contre-partie de cette vertu forcée: on n'a pas vu venir grand chose de la part des médias français.Kepetons-le pour la enieme fois à la puissance 9: «Le Monde», qui suit les dossiers internationaux indépendamment \u2014 ou presque \u2014 de leur sex-appeal commercial, a publié au moins deux articles consistants par semaine sur la question (les deux derniers sur les fuites, et sur Lucien Bouchard ).Le ciel et Oncle Sam -faisant bien les choses, l'envoyé \u2022Spécial du journal aux élections ^américaines fera un saut au Quebec pour le referendum lui-même.* Les mêmes elections ameri-cîiines donneront l'occasion à \".l'envoyé special de «L'I xpress» \u2014 normalement \u2014 de faire le detour par Quebec.Mais il n'y a rien de prévu pour le « Nouvel Observateur», « L'Événement du jeudi» et le «Point».En revanche, les deux autres quotidiens importants de Paris, le «ligaro» et «Liberation» ont des envoyés spéciaux prévus (venus des élections américaines?Ce mystère épais n'est pas celairci ).Faut-il préciser que pour les téléspectateurs français moyens il n'y a pour l'instant aucun événement du tout au Quebec?Pas plus que les radios nationales, les chaînes de télévision n'ont fait la moindre mention de la crise constitutionnelle canadienne dans leurs emissions de nouvelles.Une emission «spéciale» On annonçait un numéro de la nouvelle emission de l'animateur connu Claude Serillon.«Geopolitis», sur le Québec.Les 55 minutes ont été diffusées samedi dernier en début d'apres-midi, ce qui n'est pas vraiment un bon créneau.Pour qui se serait attendu à un document quelque peu nouveau ou consistant, c'était le désastre.L'essentiel de l'émission était constituée d'un montage d'archives remontant a la fondation de Quebec et défilant par la suite toutes les images les plus célèbres et rabatteuses ( De Gaulle a l'hôtel de ville.Leves-que le soir du référendum, etc.etc.).A cela on avait ajouté de brèves interviews.de réalisateurs de cinéma venus au festival récent de Blois.Dieu sait pourquoi, une équipe avait réalisé des interviews avec des citoyens «de base» à Sa in te-Agathe.La-dessus on avait attrapé la directrice du Devoir.Lise Bissonnette.de passage à Paris ( pour le NON ).Ht pour le OUI.oti avait eu l'idée plutôt incongrue de rajouter la responsable de presse.de l'ambassade du Canada.Mme Gervais-Vidricai-re! Ni reportage digne de ce nom, ni même invites dignes de ce nom en plateau: une misère comme on n'en avait pas vue depuis longtemps a la télévision française pour une emission nouvelle.Ottawa prépare un train de mesures économiques pour secouer la morosité post-référendaire DENIS LESSARD ¦ A Quebec comme a Ottawa, les gouvernements Bourassa et Mul-roney tenteront de passer rapidement l'éponge sur la période référendaire, si, comme le prédisent les sondages, le NON l'emporte lundi soir.Ottawa convoquera rapidement une conference fédérale-provinciale sur l'économie pour tenter de secouer la morosité post-référendaire.À Ottawa, le leader du gouvernement aux Communes, Harvic Andre, a déjà indique que le gouvernement Mulroney mettrait de lavant dès cet automne un train de mesures économiques et sociales.Les travaux aux Communes doivent reprendre le 10 novem- Ceux qui votent bre.La conference des premiers ministres sera vraisemblablement précédée d'une reunion des ministres des Finances.Ottawa garde dans sa manche un imposant programme de travaux publics \u2014 essentiellement une réfection de la route Trans-Canadienne \u2014 qui se poursuivra jusqu'au tournant du siècle.Le projet est si avance en coulisse que déjà les premiers ministres Prank McKenna.du Nouveau Brunswick, et Bob Rae, de l'Ontario, ont publiquement fait part de leurs divergences sur ses détails et la partie de la facture qu'aurait à défrayer leur province.L'annonce était, pendant mi moment, prévue pour la campagne référendaire, mais compte tenu du résultat anticipe on a cru bon de distinguer ce projet de la crise constitutionnelle pour souligner la volonté d'Ottawa de changer de cap et île s'attaquer aux problèmes économiques.Lors de la fin du débat sur la question référendaire, le gouvernement Bourassa avait convoque les deputes à l'Assemblée nationale, le 24 novembre prochain.Cette session déjà brève \u2014 la Chambre ajourne traditionnellement quelques jours avant Noel \u2014 risque d'être écourtée davantage.On songe à en reporter de quelques jours le début si, comme prévu, la conférence économique à Ottawa survient dans la seconde moitié de novembre.Peu d'événements politiques sont prévisibles à court terme, à moins que le Parti conservateur ne s'engage dans une course au leadership avant les prochaines elections fédérales.Du côte du PLQ, un congres general des membres devait théori- quement avoir lieu au printemps prochain \u2014 deux ans après l'adoption du rapport Allaite \u2014 mais on prévoyait déjà qu'il puisse être reporte pour être tenu plus proche d'éventuelles elections provinciales.A Ottawa plusieurs spéculent sur des élections des le printemps 1995, au mois de mai ou juin.Brian Mulroney, qui complète sa quatrième année de mandat, est tenu de déclencher des élections avant novembre 1995.À Québec, le premier ministre Bourassa dispose d'une plus grande marge de manoeuvre.Élu en septembre 1989, il a jusqu'à l'été 1994 pour solliciter un nouveau mandat, ce qui lui permet de prévoir des elections a la fin de l'année prochaine ou même au printemps suivant.« Où veulent-ils en venir ?» ¦ Hormis le NON qu'elle dira le 2b octobre.Lorraine Chali-foux n'est sûre de rien.Et elle se demande bien où les politiciens veulent en venir.Lorraine Chalifoux n'est pas sure, par exemple, que les politiciens que l'on a beaucoup vus et qui otit beaucoup parle depuis un mois aient toujours dit toute la vérité.Elle n'est pas sure que le Canada et le Quebec \u2014 et surtout le Quebec \u2014 y gagneraient a couler leur avenir dans une masse qu'elle juge plus ou moins informe et indéfinie sur laquelle les simples citoyens n'auraient jamais plus aucune prise.Elle n'est pas sure enfin \u2014 mais là, pas du tout! \u2014 que l'entente de Charlottetown, «avec tellement de points sur lesquels ils tie se sont même pas entendus», mérite un QUI.Lorraine Chalifoux 58 ans LaSalle Vote NON (a vote OUI au referendum île 1980) «Non.dit-elle.Ce sera NON.P.l là, je suis sûre.» Cette femme de LaSalle.mère d'une fille de 10 ans et d'un gar-con de neuf ans.dit volontiers qu'elle se méfie des «chèques en blanc» et des «cartes blanches», lit elle affirme que répondre OUI lors du referendum équivaudrait a dire aux dirigeants politiques qu'ils peuvent completer comme ils l'entendent l'accord qu'ils ont signe le 28 août.«Ce serait leur dire: \"I aites ce que vous voulez, moi ça ne me derange pas\".» Lorraine Chalifoux a bien suivi le débat télévisé Bourassa-Pari/.eau du 12 août.«C'était du patinage, commente-t-elle.Ils ont dit beaucoup de mots mais en fait, ils n'ont rien dit.» Selon elle, des deux hommes* c'est lacques Pari/eau.bien qu'elle manifeste quelques reserves à son sujet, qui ferait.le meilleur prochain premier ministre du Quebec.Mais elle lance soudain comme un cri du coeur: «l'aimais beaucoup M, Lévcsquc et j'avais totalement confiance en lui ! » \u2014 l.t Lucien Bouchard,qu'en pen se/.-vous?\u2014 Ce n'est pas M.Lèves-que.V.- i attrape a fièvre s points a la Et un tas d'autres gens l'attrapent aussi! Ce n'est pas étonnant.La fièvre des points trappe tort à la Banque Nationale, la seule banque où l'on peut obtenir des Multi«points.Et la seule banque où l'on peut attraper la t'ièvre.des points! BANQUE NATIONALE PASSER À M BANQUE N'A JAMAIS ÉTÉ AUSSI EXCITANT! .1 .* nque aie! ¦ .\"A » ¦ ' ' .à DES MULTI-POINTS.OU ÇA?CHEZ LES PARTENAIRES SUIVANTS ¦'/SSSi'' Videotron o CFîm Pas de paiement ni d'intérêt avant 6 mois; Sharp, toujours à l'avant-garde mondiale de l'électronique au foyer, présente la Carte Sharp.La carte qui accorde aux clients admissibles six mois sans paiement ni intérêt.Par ses avantages exceptionnels, la nouvelle Carte Sharp se recommande aux milliers de consommateurs qui exigent la technologie de pointe Sharp.Renseignez-vous, ça vaut la peine! H y a un détaillant participant Sharp près de chez vous.Composez l-800-561-7735.La carte Sharp, tout un avantage! 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