La presse, 26 novembre 1992, B. Informations nationales
[" Informations nationales .1 r- - BBS Jean Chrétien Chrétien propose de créer des emplois avec les milliards utilisés pour soutenir le dollar MAURICE GIRARD de la Presse Canadienne OTTAWA Le chef libéral, Jean Chrétien, a réclamé hier du gouvernement fédéral qu'il laisse fluctuer le dollar canadien sur les marchés de change et qu'il affecte à la création d'emplois les milliards de dollars utilisés par la Banque du Canada pour assurer la stabilité de la monnaie canadienne.«Il faut qu'il fasse quelque chose pour nous redonner confiance s'ils ne veulent pas payer le prix de leur incurie», a déclaré le chef de l'opposition officielle, dénonçant «la paralysie systématique d'un gouvernement, un peu coincé dans sa cinquième année».À la période des questions, libéraux comme néo-démocrates ont poursuivi leur offensive contre la politique économique du ministre des Finances, M.Don Mazankowski, en se servant des nombreuses critiques contenues dans le dernier rapport du Vérificateur général.La réponse du gouvernement n'a pas changé.Certes, convient le ministre des Finances, «des taux d'intérêt élevés ont sûrement un effet de refroidissement sur la reprise», mais l'incertitude des marchés reste en partie attribuable à «l'inquiétude soulevée par les résultats du référendum».Explication que le chef libéral ne partage pas: «Le ministre parle du référendum.Or, après le référendum, la situation est restée stable jusqu'à ce que le premier ministre (Brian Mulroney) annonce le maintien de sa politique.Les gens ont alors réalisé que l'économie du Canada n'avancerait pas et que le gouvernement ne savait plus quoi faire».En fait, soutient M.Chrétien, chaque augmentation d'un point du taux d'escompte de la Banque du Canada, qui sert de mesure pour calculer les taux d'intérêts, provoque des sorties «de presque deux milliards de dollars pour maintenir la monnaie à flot».Cet argent, croit-il, serait mieux utilisé si Ottawa l'injectait dans la création d'emplois, quitte à laisser le dollar canadien tomber encore plus bas.«Nous avons clairement indiqué depuis des mois que nous sommes pour une politique de croissance, pour une politique de taux d'intérêt plus bas.Évidemment, si le dollar est plus faible, nous pouvons vivre avec cela.» L'opposition avait également d'autres munitions, puisées dans le rapport du Vérificateur général, en ce qui a trait au coût de la mise ne place de la taxe sur les produits et services (TPS) et l'évasion fiscale pratiquée par les multinationales canadiennes, qui profitent d'abris fiscaux de «centaines de millions de dollars» en «investissant» dans certains pays comme la Suisse et la Bar-bade.«Le Vérificateur général a dit que de permettre aux gens riches de profiter d'évasions fiscales sur les plages du Portugal ou sous les palmiers de la Barbade est une grave injustice pour les travailleurs du Canada», a rappelé Mme Sheila Copps.Le ministre Mazankowski ne partage pas cette évaluation «et nous l'avons clairement indiqué au Vérificateur».Le député George Baker, de Terre-Neuve, a pour sa part dénoncé ce qu'il appelle les avantages spéciaux consentis aux personnes fortunées par l'application de la TPS.«Les crédits sont reliés directement au nombre d'enfants.En d'autres termes, pour une personne gagnant 33 000$ par année, vous recevez 2000$ de plus par enfant.«Le ministre réalise-t-il que pour un Canadien gagnant 100 000$ par année il devra, pour obtenir un crédit de TPS, avoir 35 enfants de moins de 18 ans?C'est tout un homme ou toute une femme», a-t-il dit avec la manière théâtrale qu'on lui connaît, au grand amusement de ses collègues députés.«Même toi, tu ne pourrais pas réussir», a lancé une voix des rangs conservateurs, qu'on n'a pu identifier.LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 26 NOVEMBRE 1992 Les Canadiens veulent la démission de Mulroney, mais pas les Québécois Rejeté au Québec, Chrétien obtient un succès mitigé dans le reste du Canada ¦ ¦ PHILIPPE DUBUISSON du bureau de La Presse OTTAWA Les Canadiens sont majoritaires à dire que Brian Mulroney doit démissionner compte tenu du rejet de l'accord de Char-lottetown.Mais le premier ministre canadien peut se consoler à l'idée que les électeurs de sa province d'origine, le Québec, pensent autrement.C'est ce qui ressort d'un sondage réalisé par la firme Gallup du Il au 16 novembre dernier auprès de 1006 personnes.La maison de sondage a voulu mesurer le désaveu du public envers les chefs des partis fédéraux ainsi qu'envers les premiers ministres des provinces à la suite de l'échec constitutionnel.Selon les résultats obtenus, 54 p.cent des électeurs canadiens pensent que M.Mulroney doit démissionner de ses fonctions de premier ministre contre 39 p.cent qui pensent au contraire qu'il doit demeurer en poste.Seulement 6 p.cent des répondants sont indécis.«Le désaveu de l'électorat est centré sur la presonne du premier, ministre canadien», dit l'analyste de la maison Gallup, André Tur- SONDAGE GALLUP Ils\" \u2022 \u2022;>;'3|| cotte.M.Mulroney ne donne cependant pas l'impression d'un homme qui entend tirer sa révérence.Depuis le référendum, il tente de convaincre qu'il jouit de l'appui indéfectible de ses troupes à l'occasion de dîners-bénéfices.M.Mulroney s'affaire à ne laisser planer aucun doute quant à sa foi en ses chances de réélection et se dit convaincu que sa force réside dans la faiblesse de ses adversaires, en l'occurence le chef de l'opposition et du Parti libéral, lean Chrétien.À ce sujet, M.Mulroney pourra se réconforter des résultats de ce sondage, qui démontre que 31 p.cent des électeurs pensent que le chef libéral Jean Chrétien doit aussi démissionner, contre 55 p.cent qui affirment le contraire.Pour l'analyste André Turcotte, ce résultat n'est guère réjouissant pour M.Chrétien, car son parti mène largement dans les intentions de vote des électeurs.Le leader du NPD, Audrey McLaughlin, ne semble pas de son côté subir le contrecoup de l'échec constitutionnel.Seulement 20 p.cent des électeurs di- sent qu'elle doit démissionner contre 62 p.cent qui pensent le contraire.Les chefs des trois principaux partis fédéraux ont fait campagne en faveur de la ratification de l'accord ae Charlotte-town.Enfin, le chef du Reform Party, Preston Manning, qui s'est oppose à la ratification de l'accord de Charlottetown, doit démissionner selon 25 p.cent des électeurs et demeurer en poste selon 49 p.cent des personnes interrogées.Gallup n'a pas sondé les opinions en regard du chef du Bloc québécois, Lucien Bouchard.Si ces résultats sont défavorables au premier ministre Mulroney dans leur ensemble, le chef du gouvernement canadien pourra se consoler de faire meilleure figure que son opposant Jean Chrétien au Québec.En fait, beaucoup d'électeurs au Québec estiment que Jean Chrétien doit démissionner de son poste, soit 44 p.cent contre 43 p.cent qui pensent le contraire.Les indécis représentent 13 p.cent des électeurs.Ailleurs au Canada, une majorité des électeurs pensent que le chef libéral doit rester en poste.En ce qui a trait au premier ministre Mulroney, 43 p.cent des électeurs québécois estiment qu'il doit démissionner, contre 47 cent qui pensent le contrair Seulement 10 p.cent sont ind cis.«Ce résultat confirme la tr grande impopularité de Jei Chrétien au Québec», dit M.Ti cotte.Selon l'analyste de Gallu il sera très difficile pour le Pat libéral de reconquérir le soutii des électeurs québécois avec \\ Chrétien à sa tête.« Il porte le fe deau des 16 années au pouve des libéraux de Pierre Trudei auxquels il a été associé de près dit-il.Au Québec, la stratégie du pr -mier ministre Brian Mulrom consiste à blâmer le précède: .gouvernement libéral pour problème d'endettement du C nada et la mauvaise gestion des I nances publiques, comme en t moigne le discours qu'il a livré r Palais des congrès de Montré, dimanche dernier, devant que que 1800 partisans.Reste à voir cette stratégie peut fonctionner l'extérieur du Québec.Un sondage comportant un t échantillon a une marge d'errei de 3,1 p.cent 19 fois sur 20.Pôi les provinces, la marge d'errei se situe autour de 6 p.cent com te tenu du nombre plus faible t répondants.Québec créera un ministère de la Culture et un Conseil des arts et des lettres Deux projets de loi en ce sens sont déposés à l'Assemblée nationale ! CILLES NORMAND du bureau de La Presse_ QUÉBEC Le gouvernement du Québec veut élever la culture au rang des priorités, au même titre que l'économie et les affaires sociales.C'est ce qu'a soutenu la ministre des Affaires culturelles, Liza Frulla-Hébert, en présentant deux projets de loi dont elles espère l'adoption avant la fin de la présente session, l'un créant un ministère de la Culture et l'autre un Conseil des arts et des lettres.Le futur ministère de la Culture est appelé à remplacer l'actuel ministère des Affaires culturelles, dont il conservera le personnel sans autres formalités, comme le mentionne le projet de loi 52, qui prévoit aussi que les dossiers et autres documents de l'actuel ministère deviendront ceux de la Culture.Il en sera de même des affaires en cours et des crédits accordés au ministère de Mme Hébert.Le Conseil des arts et des lettres du Québec, lui, sera un mandataire du gouvernement et aura son siège social à Québec, avec bureau administratif à Montréal.Le budget de cet organisme atteindrait d'ici à trois ans, 63 mil-lions$, si tout suit son cours normal, a indiqué la ministre.«Si on est sérieux quand on parle de Québec comme capitale, Québec se doit d'avoir le siège social des institutions nationales, ce qui ne veut pas dire qu'on entrave le fonctionnement des choses.Ce qui ne veut pas dire non plus que Montréal n'a pas un rôle international à jouer là-dedans, que Montréal n'aura pas des leviers économiques, que Montréal n'aura pas son rôle de métropole», a souligné Mme Hébert.Liza Frulla-Hébert Deux leviers essentiels pour la mise en oeuvre de la politique culturelle, selon Mme Frulla-Hébert, qui réclame de nouveau tous les pouvoirs en matière de culture.Le milieu^ de la culture réclamait l'établissement à Montréal du futur Conseil des arts, puisque 86 p.cent de la création artistique y est exécutée, a déploré en fin de journée le président de l'Union des artistes, Serge Tur-geon, qui salut cependant ces deux initiatives en disant bravo, sous réserve de ce que contien- nent les projets de loi dont il n'avait pas encore pris connaissance.Il va sans dire que la ville de Québec accueille cette décision avec satisfaction, en y voyant « un pas de plus vers la reconnaissance de Québec comme capitale», comme l'a souligné un porte-parole du maire Jean-Paul L'Allier.Ces deux projets proposent des leviers essentiels pour la mise en oeuvre de la politique culturelle adoptée par le gouvernement en juin, a souligné Mme Hébert, qui profite de l'occasion pour réclamer de nouveau tous les pouvoirs en matière de culture.«La pleine compétence du Québec, ça demeure un objectif», soutient-elle, ajoutant qu'elle allait reprendre les discussions à zéro avec Ottawa, en janvier.Le projet de loi sur la création d'un ministère de la Culture prévoit que celui-ci veillera sur le patrimoine, les arts, les lettres et les industries culturelles.Le ministère pourra élaborer une politique d'intrégration des arts à l'architecture et à l'environnement.Ce projet permettrait à toutes les municipalités d'établir des bibliothèques publiques, des maisons de la culture, des musées publics, des centres d'exposition, des centres d'interprétation du patrimoine et des salles de spectacle.Quant au projet de constitution d'un Conseil des arts et des lettres du Québec, la ministre espère qu'il sera chose faite vers la fin du printemps 1993.il aura pour fonction de soutenir dans toutes les régions du Québec la création, l'expérimentation et la production et d'en favoriser le rayonnement au Québec, dans le reste du Canada et à l'étranger, tout en appuyant le perfectionnement des artistes.Loiselle défend Crow Presse Canadienne OTTAWA '__» m i Le président du Conseil du Trésor s'est porté à la défense hier du gouverneur de la Banque du Canada, |ohn Crow.«le suis très étonné de l'incompréhension profonde de la façon dont les taux d'intérêt bougent», a décla ré hier M.Gilles Loiselle à son arrivée à la réunion du cabinet après avoir pris connaissance des commentaires du ministre de l'Industrie et du Commerce du Québec, M.Gérald Tremblay, du président du Conseil du patronat, M.Ghislain Dufour, et de certains éditoriaux parus hier dans la presse.«Si vous pensez que c'est agréable pour nous d'augmenter les taux d'intérêt, en vertu de quelle logique?Chaque fois que les taux d'intérêt montent d'un pour cent, ça nous coûte 1,8 milliard.» «Ce n'est pas une fantaisie du gouvernement ou du gouverneur de la banque.On a une dette et, selon le degré de confiance des investisseurs, le titres partent ou ne partent pas et le taux bancaire est ajusté en ajoutant un quart de point sur ce taux-là», a expliqué patiemment le ministre Loiselle.De fait, pour financer l'imposante dette fédérale, le gouvernement du Canada met en vente sur le marché international des titres sous forme d'obligations qui trouveront preneur dans la mesure où les taux d'intérêt qui y sont assortis procurent un rendement supérieur au marché.I Camil Samson serait, jusqu'ici, la seule « vedette» des libéraux fédéraux MARIE-CLAUDE LORTIE du bureau de La Presse OTTAWA I endant qu'on se crêpe le chignon dans les comtés de Toronto, au Québec, les mises en candidatures libérales fédérales cheminent cahin caha sous la houlette d'acier du grand manitou Pietro Rizzuto.Tout va bien, disent en choeur les organisateurs.Non, on ne risque pas de voir au Québec les levées de boucliers de partisans hyper organisés, fâchés que le chef leur catapulte un candidat de I extérieur, comme on Ta vu à Toronto depuis deux semaines, remarquent plusieurs observateurs au sein du parti.Seules des élections précipitées, forçant la mise en place rapide d'une série de candidats pourraient forcer des tordages de bras explosifs.Mais ceci ne veut pas dire qu'il n'y a pas de tensions actuellement dans le parti.Plusieurs personnes auraient aimé être pressenties comme candidates, dit-on.Déçues d'avoir été ignorées, elles dénoncent la main de fer du sénateur Rizzuto.Celui-ci a réussi, par exemple, à bloquer la candidature d'Eddy Goldcnberg, conseiller de Chrétien, ou à faire passer Camill Samsom Clifford Lincoln, l'ancien ministre de l'Environnement, contre un candidat moins connu mais meilleur vendeur de cartes de membres, dans le comté de La-chine Saint-Louis.«Vous savez, (M.Rizzuto) est dans une situation d'arbitrage pas facile à assumer.(.) C'est normal que du côté des aspirants candidats défaits, il y ait des mécontents», répond l'ancien minis- tre Serge loyal, membre de la commission politique du parti au Québec.Des problèmes comme cela, il y en a toujours pendant la sélection des candidats, continue-t-il, mais pour l'instant, force est de constater qu'il n'y a pas eu de hauts cris sur la place publique comme en Ontario.Le plus gros problème au Québec, actuellement disent très officiellement les organisateurs libéraux, c'est le nombre trop peu élevé de femmes candidats.« Le gros désappointement», dit le chef de cabinet de Jean Chrétien, lean Pelletier.Dans les couloirs des officines libérales, en revanche, on parle d'un autre problème: le manque de vedettes, de nouveaux venus à la notoriété déjà établie, prêts a briguer la candidature d'un parti qui a des chances appréciables aux prochaines élections.Les noms du journaliste Pierre Nadcau et de l'homme d'affaires Claude Bcauchamp ont peut-être circulé mais le premier dit qu'il n'était pas question qu'il se présente en politique et le second semble préférer lorgner vers la mairie de Montréal.Personne ne parle ouvertement du problème, on dit que c'est normal que les vedettes attendent à la dernière minute.Mais tous conviennent, du sénateur Rizzuto à M.Pelletier, que «c'est bien difficile», actuellement, de con- i vaincre les gens de se lancer dans la tor-ride arène politique.Pour l'instant, donc voici les noms qui ressortent de la liste des 23 candidats choisis et de la douzaine d'autres qui devraient l'être d'ici la fin de janvier, soit presque la moitié des 75 comtés du Québec.\u2022 Camil Samson, ancien leader creditis-tc devenu il y a 11 ans animateur de radio, actuellement en «année sabbatique», serait pressenti dans Québec-est.La rumeur court depuis longtemps.M.Samson affirme qu'il n'a pas du tout pris de décision.Dans les hautes sphères libérales à Ottawa on en parle comme d'une chose presque faite.\u2022 Céline Hervieux-Payette, ancienne ministre, se présenterait dans Ahuntsic, un nouveau comté pour elle, son troisième; \u2022 Denis Codcrre.animateur d'une émission du midi à CKVL, candidat défait dans la partielle de Laurier-Sainte-Marie qui a porté le bloquistc Gilles Duceppe au pouvoir, compte se presenter dans Bourassa, un comté du nord de Montréal.Son assemblée d'investiture aura lieu le 13 décembre.\u2022 Michel Dupuy, ancien ambassadeur, sera candidat dans Laval-Ouest; \u2022 Clifford Lincoln, ancien ministre de l'Environnement du Québec, a été choisi candidat dans Lachinc-Lac-Saint-Louis; \u2022 Nunzio (Nick) Discepola, maire de Kirkland.a été choisi dans Vaudreuil \u2022 Kimon Valeskakis, professeur d'économie, président d'une boite de «prospective», qui a tenu tète à Pierre Trudeau à la maison Egg Roll, serait pressenti dans Chateauguay ; \u2022 Angélinc Fournier, de Cité libre, une autre qui s'en est pris de vive voix à l'ancien premier ministre après qu'il ait lancé son NON des plus cinglant, serait aussi candidate; M.Pelletier, ancien maire de Québec, pourrait se présenter.Il n'a pas encore pris sa décision, il le fera en janvier.Dans les ténors libéraux de l'ancienne garde on peut aussi compter sur le retour potentiel de Serge loyal et de Francis Fox, deux anciens ministres qui sont restés très actifs dans le parti, mais qui n'ont pas arrête de décision.En outre, le nom de François Macero-la.vice-president chez Malofilm, ancien président du conseil d'administration de l'Office national du film, douce moitié de l'animatrice de la Bande des six Suzanne Lévesquc, circule à Ottawa.On lui aurait réservé le comté de Lauren ti-dcs.f B2 LA PRESSE, MONTREAL, JEUDI 26 NOVEMBRE 1992 T7 J \u2022j.^.* ^ I Paul Desmarais fl 11 III il il 1 president du conseil JUJUi IUI 1Q1 d administration\tRoger D.Landry president et éditeur\tClaude Masson éditeur adiomt\tMarcel Desjardins directeur de 1 information\tAlain Dubuc éditorialiste en chef \u2022 ¦\t\t\t\t Révoltant, ce gâchis des finances publiques Effrayant! Révoltant! Décourageant! Qu'allons-nous faire avec nos gouvernements?Changer un parti pour un autre?C'est du pareil au même.À Québec comme à Ottawa.Quelqu'un, quelque part, saurait-il administrer les finances publiques?Il faudra bientôt lancer un avis de recherche.D'année en année, dans les deux capitales, le Vérificateur général du Canada comme celui du Québec soulèvent des aberrations dans le fonctionnement de l'État qui font se dresser les cheveux sur la tête.Se peut-il que nous soyons si mal administrés?On ne parle pas de « peanuts ».On ne parle plus de millions.On parle de milliards de dollars de gaspillage, de fonds publics dépensés à tort et à travers, de sommes astronomiques «garrochées» sans contrôle adéquat.C'est désolant.Le pire, c'est que nos gouvernements édictent des politiques, des règlements, des directives pour tenter de contrôler les données fiscales des entreprises et les impôts des contribuables mais ils oublient de s'auto-discipliner, de regarder leurs propres administrations incontrôlées sinon incontrôlables.Ce que vient de révéler le Vérificateur général du Canada dans son rapport annuel de 700 pages est proprement incroyable, inconcevable, inacceptable.Jusqu'à répugnant même.Si tous les contribuables canadiens prenaient le temps de lire au complet le rapport de M.Denis Desautels, il y aurait révolte dans la rue.Les faits sont tellement gros, comme vous avez pu les lire dans notre édition d'hier, qu'il y a de l'incompétence crasse au sein des ministères gouvernementaux, visiblement de la mauvaise foi après de nombreux avertissements du vérificateur, probablement de la tricherie sinon de la malhonnêteté.Les élus trouvent souvent que les citoyens, et davantage les médias, s'acharnent abusivement sur eux.Ils n'ont pas complètement tort.Mais quand on constate tout le laxisme, tout le laisser-aller, tout l'abandon des élus face aux recommandations répétées des vérificateurs généraux, on en conclut qu'il faut être encore plus vigilant, plus exigeant, voire même intransigeant, à l'égard du personnel politique.Les politiciens sont astucieux.Ils savent trop bien que les états financiers d'un gouvernement ne constituent pas un livre de chevet.Les contribuables sont fâchés durant 24 ou 48 heures et, la vie normale suivant son cours, ils oublient.Les gouvernements comptent sur ces oublis.Les mots «états financiers» font penser à des séries infinies de chiffres et à des expressions inconnues qui ne peuvent être comprises que par des comptables.Pourtant, l'évaluation de l'information sur la situation financière du pays est trop importante pour qu'on la laisse seulement à des spécialistes techniques.Le vérificateur fédéral Denis Desautels, conscient de cette faille, écrit que «les états financiers du gouvernement de- vraient renseigner les Canadiens sur la situation financière du gouvernement en des termes faciles à comprendre et les prévenir tôt lorsque les déficits et la dette risquent d'engendrer des problèmes plus tard».C'est, au contraire, à la 11e heure, lorsqu'ils constatent qu'ils ne peuvent plus faire autrement, que les gouvernements finissent par nous dire la vérité, souvent en des termes les moins compréhensibles possible.Les abus dénoncés par le Vérificateur général sont trop nombreux et importants pour mettre son rapport sur une tablette.Les ministères et organismes fédéraux ne sont pas suffisamment fiables pour leur faire totalement confiance dans les correctifs majeurs à apporter.En plus du comité de la Chambre des communes qui siège pour étudier le rapport annuel du Vérificateur, la situation financière actuelle est tellement pourrie et la discipline des ministères et organismes fédéraux tellement inadéquate que la gravité commande un suivi plus régulier et public du Vérificateur lui-même.À tous les trois mois, M.Desautels devrait rendre publique l'application ou la non conformité des ministères et agences gouvernementales à l'égard des recommandations contenues dans son rapport annuel.Il faut instaurer une discipline de fer parce que les délinquants nous font perdre des millions de notre argent collectif chaque année.Claude MAISON Revoir la loi 101 On y verra plus clair au cours des prochains mois.À mesure que les diverses instances du Parti québécois se pencheront sur la question.Mais, pour l'instant, rien n'indique que les péquistes ont compris la leçon du référendum.À preuve les premières réactions à la rumeur d'une remise en question de la politique du parti en matière linguistique.Les résultats du 26 octobre sont pourtant d'une éloquence brutale: la majorité francophone n'est pas parvenue à associer les minorités culturelles à ses inquiétudes ni à ses aspirations dans le contexte politique actuel.Encore moins, peut-on en conclure, à leur «vendre» l'hypothèse de la souveraineté.En termes concrets, l'analyse du vote référendaire démontre que le PQ pourrait, avec la carte électorale en vigueur, prendre le pouvoir avec l'appui des seules circonscriptions à forte majorité francophone.Ce serait cependant une toute autre histoire dans un référendum sur la souveraineté dont le résultat positif, pour être crédible et incontestable, requerrait une majorité convaincante dans l'ensemble de l'électorat.Dans un parti ordinaire, ce calcul strictement électoraliste suffirait pour paver la voie à des ajustements «idéologiques» qui ne seraient, en fait, que des concessions stratégiques.Et, d'une certaine façon, il faut se réjouir que le PQ ne bascule pas sans réfléchir dans un aggiornamento linguistique uniquement inspiré par un vulgaire opportunisme référendaire.C'est pour d'autres raisons, plus fondamentales, que le parti doit s'engager dans une revision, même déchirante, de sa politique linguistique.L'objet premier de sa démarche, la souveraineté, concerne en effet l'ensemble des Québécois sans égard à leur langue ni à leur origine ethnique.Toute éventuelle accession à l'indépendance qui équivaudrait à la revanche d'une majorité sur une minorité, même historiquement dominante, serait viciée au depart.Pour espérer relever avec quelque chance de succès le colossal défi qu'une telle transition représente, le Québec ne pourra pas compter que sur l'adhésion prudente d'à peine plus qu'un citoyen sur deux.Il devra miser sur la détermination et la concertation dune forte majorité.Et pour y arriver, il devra y rallier une bonne partie de ceux qui s'y opposent aujourd'hui.\u2022 Ce nécessaire consensus ne sera pas possible tant que tout le débat sera empoisonné par la bataille linguistique qui prend, de part et d'autre, des allures de symbole.Et ce n'est pas en admettant vaguement l'hypothèse que, peut-être vingt-cinq ans après la souveraineté, les francophones seront assez sûrs d eux pour faire des concessions aux anglophones qu'on en sortira.C'est en acceptant, dans les deux communautés linguistiques, de faire le point lucidement.Maintenant.Non pas en fonction des humiliations passées ni des frustrations actuelles mais bien d'objectifs acceptables à tous les Québécois de bonne volonté.Ainsi, par exemple, seuls quelques esprits butés continueront à s'opposer à l'unilinguisme français officiel dans le Québec de demain.Souverain ou non.Sur cette lancée, tout le monde devrait convenir que des mesures s'imposent pour protéger cette identité originale en Amérique du Nord.Entre autres, en ce qui a trait à la langue de travail et à l'intégration des néo-Québécois.C'est sur la définition de ces mesures et leurs modalités d'application que la réflexion doit reprendre dans un climat d'ouverture propre à désamorcer les antagonismes stériles actuels.\u2022 Plus que la détestable loi 178, c'est toute l'économie de la loi 101 qu'on doit repenser.Sans nier les précieux effets positifs qu'elle a eus.Mais sans en faire non plus un étendard sacré dans les plis duquel se cache, pour plusieurs, une attitude de peur et de méfiance a l'endroit de tous ceux qui ne sont pas francophones de naissance.C'est en s'engageant sereinement dans le travail de mise à jour qui s'impose sur cette question que le PQ fera la preuve qu'il veut vraiment associer tous les Québécois à son grand projet.Et non pas seulement gagner des élections.Pierre gravel Barbarie Quand elle veut s'acharner, l'Immigration canadienne ne lésine pas : on a même nolisé un avion pour se débarrasser une fois pour toutes d'Olad Mohamed et le déposer à Mogadiscio, ville mise à feu et à sang par la guerre tribale.Aucune logique ne peut justifier cette décision.Olad, qui réclamait l'asile politique au Canada, n'a pas été reconnu comme réfugié?Il a menti, en faisant croire qu'il est Somalien alors qu'il vient de Djibouti?Il a fraudé l'aide sociale?D'accord.C'étaient peut-être des raisons suffisantes pour le déporter.* Mais pas pour l'envoyer à l'abattoir.Il faut être cynique ou ignare pour croire, comme l'assurait Ottawa hier, que M.Mohammed ou qui que ce soit d'autre peut déambuler en toute sécurité dans les rues de Mogadiscio.Si, avec cette odieuse operation, le ministre Valcourt voulait montrer au monde que nos frontières ne sont pas une passoire, il a mal choisi son «cas type».Tout ce qu'on retiendra, c'est que le Canada vient de hisser la barbarie au rang de politique d'immigration.Agnès cruda Lg Ptotyb'N CA4PÇAU * ¦ V ¦ v ¦ f \u2022 ;0 .:1 DROITS RESERVES Vient de disparaître sans bruit un héros victime du terrorisme fetquiste MARCEL ADAM n martyr de la folie natio-nalo-gauchiste qui a sévie au Québec dans les années 50-70 vient de disparaître.Dimanche dernier le sergent-major Walter Leja rendait rame à l'hôpital des vétérans de Sain-te-Anne-de-Bellcvue, après avoir souffert pendant près de trente ans des suites horribles de l'explosion d'une bombe fel-quiste.C'est en tentant de désarmorcejr un engin artisanal, le trot- \\^^ré99f sième ce jour de mai 1963, que des terroristes avaient eu la délicate attention de placer dans une boite à lettres de West-mount, que ce jeune militaire de 42 ans devint un héros handicapé pour la vie.Le célèbre FLQ, de honteuse mémoire, aura fait endurer un véritable calvaire non seulement à ce brave homme, mais aussi à sa femme et à son fils, trois victimes innocentes de l'infâme entreprise de quelques cervelles brûlées qui auront terni l'histoire d'un peuple foncièrement pacifique.Amputé d'une grande partie de son bras gauche et affligé de sérieuses blessures au visage, à la poitrine et au cerveau (où les dommages le laissèrent à demi-paralysé et presque complètement muet), on lui accordait si peu de chances de survie, que le matin de l'attentat La Presse, je m'en souviens, avait préparé une manchette annonçant son décès \u2014 qu'elle dut évidemment refaire in extremis.Est-ce dû à l'oubli, à l'indifférence, à la gène de la presse française, ou à mon inattention?|e n'ai vu que dans la Gazette l'annonce du décès de Walter Leja.Il est bon de remémorer un tel événement, ne serait-ce que pour se rappeler que ce genre de folie guette tous les peuples et que la récidive est toujours possible.* * * Les représentants syndicaux des policiers de la Communauté urbaine de Montréal et de la Sûreté du Québec ont exprimé publiquement leur mécontentement au sujet du projet d'Ottawa de réglementer de manière plus contraignante l'usage des armes à feu pas les policiers dans les cas de fuite.Pour eux, une telle mesure aurait pour effet de menotter encore davantage les policiers.La ministre de la Justice, Kim Campbell, suggère que le Code criminel pourrait être modifié afin de ne permettre aux policiers de tirer que si leur sécurité ou celle de la population est immédiatement en danger.Ou encore si la sécurité publique pouvait être mise en danger par la fuite d'un suspect dangereux, comme par exemple un tueur connu, fût-il désarmé.Dans une société de droit comme la nôtre on ne peut autoriser les policiers à tirer sur un fuyard non arme quand ils n'ont pas de raison de croire qu'il re- présente une menace publique.La Fédération des policiers du Québec fait preuve de plus de bon sens à cet égard, elle qui trouve logique que la police n'ait pas le droit de se substituer aux jurés et d'imposer la peine de mort à un suspect.|e continue de penser que si les policiers conservaient la condition physique exigée pour leur admission dans ce corps parami-litaire, ils seraient beaucoup moins portés à utiliser leurs armes pour retenir ou maîtriser des présumés malfaiteurs plus alertes et vigoureux qu'eux.C'est les soumettre à l'irrésistible tentation d'user abusivement de leur arme que de soumettre périodiquement les policiers à des exercices obligatoires de tir, mais de ne pas forcer à se remettre à l'entraînement les agents trop empâtés, afin qu'ils puissent mieux qu'aujourd'hui rivaliser de vitesse et de force avec les délinquants.Aussi, plutôt que de réclamer le maintien d'un état de choses qui a donné lieu â plusieurs abus intolérables de la part de policiers dangereusement trigger happy, les organisations policières devraient faire en sorte que les armes soient une ultime mesure de protection plutôt que le moyen facile de suppléer â la piètre condition physique de leurs membres.le pense en particulier â la Fraternité des policiers de la CUM qui, aux dires de l'ancien president du Conseil de sécurité de Montréal, feu Guy Décary, a fait obstacle à la volonté des autorités qui, conscientes de ce problèmes, voulaient astreindre les policiers à se maintenir en meilleure condition physique.* # * Un mot en terminant au sujet de l'accueil que le premier ministre du Canada a fait la semaine dernière à la jeune Virginie Larivièrc (soeur de Marie-Ève, violée et assassinée en mars dernier), allée lui présenter une pétition réclamant une loi contre la violence â la télévision.|e n'ai rien à redire contre la démarche de l'adolescente ni contre la cause qu'elle défend: elle a au contraire toute ma sympathie.Mais j'en ai contre le fait que Brian Mulroney se soit fait piéger par cet événement médiatique.Au début de la rencontre il a dit, avec la prudence et la diplomatie qu'il fallait, qu'en un domaine aussi délicat et complexe une loi n'était pas nécessairement la meilleure solution, sans toutefois écarter cette éventualité.Mais la jeune militante l'interrompit pour lui dire qu'insister n'était pas assez et qu'il fallait une loi.C'est ainsi que le chef du gouvernement, pris de court, s'est engagé devant tout le pays, comme cela, sans avoir consulté personne et sans savoir si c'est faisable ou désirable, à légiférer au besoin contre la violence à la télévision.Et le voilà acculé ou bien à trahir une promesse intenable ou bien à imposer éventuellement, comme un dictateur, sa volonté â son parti et au Parlement, peut-être contre tout bon sens. LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 26 NOVEMBRE 1992 R 3 __.______ # Opinions Le Dictionnaire québécois d'aujourd'hui un «coup bas» à la langue française » # PIERRE BEAUORY * i J L'auteur est un linguiste bien connu.JW ai souvent critiqué l'arbitraire du Petit Robert quant à ses condamnations de mots pourtant courants qu'il qualifie d'anglicismes.Arbitraire nécessairement marqué d'inconséquence puisque tout en critiquant, par exemple - et jusque dans son édition de 1991 - un mol aussi indispensable que marketing, il accepte camping de bien bonne grâce.Et que tout en s'indignant des emprunts les plus légitimes des Français, il accueille plusieurs de nos anglicismes, des vrais, ceux-là.Mais dans toutes mes critiques, j'ai reconnu ses bons côtés, dont surtout le système analogique qui nous sert si efficacement à trouver les mots qui nous manquent.De sorte que si le Petit Robert respectait les règles de la lexicographie en s'en tenant à son rôle de témoin de l'usage sans les tendancieux jugements personnels de ses auteurs, il serait parfait.Ai-je besoin d'ajouter que le grand responsable des défauts qu'il m'a souvent fallu dénoncer n'est nul autre que M.Alain Rey qui, au moment où j'écris ces lignes, est de passage au Québec pour promouvoir ce qu'il a l'audace d'intituler le Dictionnaire québécois d'aujourd'hui.Québécois, ce dictionnaire qui est une copie, quoique bien appauvrie, du Petit Robert et dont le contenu d'origine «québécoise» - souvent anglaise d'ailleurs - n'est même pas de dix pour cent?D'aujourd'hui, ce dictionnaire qui, dans un grand nombre de ses rubriques «québécoises» (merci du compliment) cherche à légitimer des fautes déjà disparues ou en bonne voie de disparition sous l'effet d'une volonté nationale d'amélioration?Et finalement, comment un tel gâchis de contradictions peut-il même porter le nom de dictionnaire?Pour comprendre, ou plutôt constater sans arriver à comprendre, le sophisme dans lequel M.Rey s'enhardit de plus en plus, il faut lire et entendre ses savantes élucubra-tions faisant fi de la normalisation comme instrument de compréhension à l'intérieur d'une langue donnée.L'introduction de son nouveau «dictionnaire» en est la plus troublante manifestation, allant même jusqu'à reconnaître comme pendant du français de France ce qu'il appelle le français américain.Bientôt il nous dira que chaque département français, chaque ville française et.qui sait, chaque arrondissement de Paris, a droit à sa propre langue et mérite son dictionnaire.Qu'il est bien prêt à publier, sans doute, pour permettre aux francophones de se reconnaître dans la plus harmonieuse cacophonie.À l'écouter défendre ces jours-ci son dernier ramassis d'erreurs, je ne puis m'empêcher de ressentir une certaine admiration, tant il est passé maître dans l'art de nous faire comprendre pourquoi notre fille est muette.Et cette admiration ne fait que grandir à mesure que je lis les fascinantes mystifications avec lesquelles il s'applique à nous endormir dans l'introduction de son dictionnaire québécois.Au point de réussir, presque, à nous faire croire que rien n'est plus utile à la connaissance du français qu'un dictionnaire évitant toute distinction entre ce qui est français et ce qui ne l'est pas.Car son truc est d'une foudroyante simplicité: tout est français, même le jouai qu'il ressuscite avec enthousiasme.Mais là où il a réussi un véritable tour de force, c'est en arrachant à Gilles Vi-gneault, par je ne sais quel subterfuge, un débordant éloge d'un ouvrage aux antipodes de sa magnifique poésie.Ce qui m'amène à signaler à Vigneault que les beaux vieux mots de son père dont il dit avoir ébloui Luc Lacourcière (et qui d'ailleurs étaient autrement dignes de respect que les minounes, les chars, les tabernacles et la marde) sont en grande partie absents de ce dictionnaire prétendument québécois, et que bon nombre d'autres se trouvent déjà dans le Petit Robert de France! À Vigneault, je pardonne bien des choses, même lorsqu'il a passé une soirée à s'indigner à la télévision française des «anglicismes» des Français sans trop paraître s'inquiéter des nôtres.Sans s'arrêter au fait qu'il s'est maintes fois produit à notre grotesque Place des Arts sans jamais faire mine de s'émouvoir de ce monstrueux anglicisme.Et même sans avoir l'air de s'attrister de ce que sous la domination anglaise de notre industrie forestière, les bûcherons qu'il chante sont devenus des lumberjacks, leurs contremaîtres des foremen et le flottage la drave (du mot anglais drive).Mais à Rey, je ne puis rien pardonner.Nos jeunes n'avaient pas besoin, absolument pas besoin de lui pour se sentir libres de parler de la belle température ou de leurs chums ou même de dire qu'il sont en crisse après quelqu'un! Ne serait-ce que pour signaler le manque de sérieux de cette publication, notons qu'à certains endroits on y trouve des remarques aussi insolites que « l'emploi de ce mot est parfois critique» alors que la plupart des autres mots «québécois» présentés sans ce commentaire l'auraient mérité tout autant, sinon davantage! Cette insipidité est notamment flagrante dans le cas du mot déductible (en ce qui concerne l'assurance) où il y a renvoi au mot franchise, et à ce dernier mot où le renvoi se fait vers déductible.Parfois critiqué, l'anglicisme déductible?Et comment! Même s'il a fallu vingt ans d'efforts pour le chasser, on le chercherait en vain dans l'actuelle documentation de nos assureurs.Pourquoi même en parler, donc, quand on reconnaît qu'il est mauvais.Mais au fait, je fais erreur, rien n'est mauvais chez nous si j'en crois M.Rey, ce grand admirateur de nos verrues.Son apologie du français du Québec, celui que présente son dictionnaire, ne manque pas de nous affirmer que le plus bas niveau de notre langue est, selon lui, vivant - et beau (p.x de l'introduction).Quant au principal complice de M.Rey, M.Boulanger de l'Université Laval, signalons à quel point son langage tout à fait correct s'éloigne à la radio de ce qu'il qualifie de québécois.Comme c'était d'ailleurs le cas de tous les prosélytes du jouai qui l'ont précédé dans cette éternelle recherche d'une confortable façon de s'asseoir entre deux chaises.Sachons aussi reconnaître les «inexactitudes», pour employer un mot poli, et les affirmations gratuites de la participation de M.Boulangera l'introduction, notamment en ce qui concerne la promulgation d'un «français américain dont la norme sociale est aujourd'hui, malgré les polémiques qui montrent sa vitalité (pardon ?) en voie de constitution (!)».S'il avait été réservé aux spécialistes de la linguistique, le Dictionnaire québécois d'aujourd'hui aurait pu avoir une certaine utilité sur le plan strictement scientifique.Mais il aurait évidemment été moins payant, et voilà sans doute pourquoi on l'a destiné à un secteur plus large mais combien plus vulnérable, celui des élèves du secondaire et du CEGEP qui ne savent même pas que c'est sous l'influence de l'anglais qu'ils se prennent pour des étudiants, commettant ainsi une faute que M.Boulanger ne manque pas de justifier dans le cas des cégépiens, histoire de se faire des amis.Plaignons ces pauvres élèves déjà bien assez déchirés entre nos nombreuses factions linguistiques: privés des indications sur l'éty-mologic et le caractère universel ou régional des mots, ils ne sauront jamais comment s'exprimer en présence des autres francophones ou même de leurs compatriotes.On doit s'interroger sur S X \u2022 ¦ / ¦ ,3?: Pierre Beaudry les motifs qui ont incité les auteurs à écarter ces deux éléments pourtant indispensables, et encore plus sur la conception qu'ils se font de l'honnêteté intellectuelle en osant affirmer sur la couverture de leur ouvrage qu'il comporte TOUTE LA RICHESSE DE LA LANGUE FRANÇAISE DU QUÉBEC.Mais là où ils disent vrai sans le vouloir, c'est lorsqu'ils ajoutent: DIFFICULTES DE LA LANGUE! MM.Rey et Boulanger auraient rendu bien meilleur service aux Québécois s'ils avaient apporté leur concours à l'amélioration de la langue en ajoutant aux excellents ouvrages déjà sur le marché, notamment, dans l'ordre de leur parution.Le Français du Canada, de Victor Barbeau, Les anglicismes au Québec, de Gilles Colpron, Le Diction-, naire des difficultés de la langue française au Canada, de Gérard Dagenais, et le plus complet de tous, quoique'for-cément moins analytique que le Dage-nais.Le Multidictionnaire, de Marie-' Éva De Villers., '.Malgré donc toute la fumisterie d*un; battage visant à nous convaincre désavantages d'une séparation d'avec la francophonie dans le plus facile esprit de clocher, sachons reconnaître que sous la direction de M.Rey la maison Robert est devenue une entreprise purement - ou plutôt impurement - commer-.ciale et que sa dernière publication n'a pour motivation qu'une basse vénalité^ doublée d'une aveugle ignorance des intérêts et des aspirations du peuple québécois.Les Indiens de la Colombie menacés par un plan d'aménagement L'auteur est ambassadeur du Grand Conseil des Cris du Québec à l'ONU.Il a joué un rôle primordial dans les négociations qui ont abouti à la Convention de la Baie lames et du Nord québécois.JW ai consacré une bonne partie de ma vie à lutter pour maintenir les traditions des Cris dans le nord du Québec.Notre lutte visant à protéger les terres, les eaux, les ressources halieutiques et fauniques que menaçaient des barrages hydrauliques massifs, s'est révélée un pénible exercice de sauvegarde.Une superficie inondée est engloutie pour toujours.Nous avons donc voulu limiter nos pertes, car les sites archéologiques, les cimetières, les terres marécageuses, les frayères et les aires de mise bas des caribous disparaissent.La végétation s'étiole et le mercure qui s'accumule dans les micro-organismes contamine la chaîne alimentaire.Des espèces d'animaux, d'oiseaux et de poissons sont en voie d'extinction.Il y a peu de temps, j'ai rencontré un autre peuple exposé aux mêmes dangers.En Colombie, au sud de Panama, 110 000 Indiens Embera et Waunan, rares héritiers des civilisations de cueillette et de chasse, vivent dans les forêts tropicales sur la côte du Pacifique.Elles pourraient bien disparaître à jamais tout comme les forêts inondées de la baie lames.Et comme dans le cas de la baie James, le Canada doit intervenir.En octobre dernier, je me suis rendu en Colombie au sein d'une délégation de l'Assemblée des Premières nations (APN).Nous étions invités par l'ONIC (organisation nationale des indigènes de la Colombie), qui représente 700 000 Indiens de ce pays.Faisaient partie de notre délégation, Konrad Sioui, directeur des relations internationales de l'APN et le chef Ron Ignace, de la nation Shuswap.en Colombie-Britannique.La Colombie compte un éventail disparate de bandes indiennes, semblables à celles du Canada.Nombre de litiges concernant les terres sont en attente d'un règlement, ce qui donne lieu à des incursions d'étrangers dans les territoires ancestraux des autochtones.Sous toutes les latitudes, la préservation des cultures autochtones a pour pierre angulaire la terre.En Colombie, cette pierre angulaire s'effrite, laissant les Amérindiens sans protection.La constitution colombienne approuvée par une assemblée constituante en juillet 1991 reconnaît les droits des peuples autochtones y compris leur autonomie territoriale.Pourtant, notre délégation apprenait Ted Moses rencontre des villageois Embera dans la forêt tropicale de la Colombie.que, de 1975 à aujourd'hui, malgré ces garanties, plus de 500 militants autochtones étaient morts assassinés, la plupart dans des circonstances liées aux litiges territoriaux.Les autorités gouvernementales, bien que saisies de ces crimes, n'ont pas procédé à une enquête.Cela n'est guère surprenant car, si l'on en croit les organisations pour la défense des droits de la personne, la police et l'armée sont souvent impliquées.Et lorsque des suspects de la police ou de l'armée sont arrêtés, ils comparaissent devant un tribunal militaire auquel le public n'a pas accès.Nous avons entendu les gens se plaindre sans cesse du fait que la constitution de la Colombie n'est pas respectée, bien qu'en principe elle représente un modèle.Le Plan du Pacifique menace les Indiens et les forêts tropicales Le Plan du Pacifique conçu par le gouvernement colombien constitue une menace.Il vise à exploiter la forêt du Choco qui s'étend le long de la côte du Pacifique de la Colombie.Quoique la constitution exige que les autochtones participent à l'élaboration de projets d'aménagement de leurs territoires ancestraux, le gouvernement n'en a pas tenu compte.Le Plan du Pacifique porte sur l'exploitation de mines d'or ci de platine, de bois précieux, de pétrole et de la pêche, de barrages hydrauliques et d'un réseau d'autoroutes, y compris une liaison terrestre avec l'Atlantique.Le Plan comprend également des bases navales, des ports de mer, des installations touristiques et un prolongement de l'autoroute panaméricainc à partir de Panama.Les recherches effectuées dans la région par certaines organisations indiquent que des entreprises multinationales et étrangères ont déjà acquis de grandes propriétés et des droits d'exploitation de mines.t l'ai passé trois jours dans le Choco où j'ai rencontré des membres du comité directeur de l'OREWA (Organization regional Embera y Waunan).un organisme qui représente 204 communautés autochtones.Le président de l'OREWA, Gabriel Forastero m'a emmené en pirogue dans un village de la forêt où j'ai goûté au «guagua», sorte de cochon sauvage qui constitue la base alimentaire des Indiens Embera et dont le goût m'a rappelé celui du porc-épic.«Mais les guaguas sont une espèce en voie d'extinction», m'a-t-il dit.Et, dans les rivières qui depuis l'arrivée des mines d'or il y a dix ans charrient des eaux buoeuses, on trouve de moins en moins de poissons.Ils sont empoisonnés par le mercure, lequel mine aussi la santé des autochtones.Un autre dirigeant de l'OREWA, Fabio Piraza, a déclare que les routes, usines et pipe-lines proposés par le Plan constituent une menace pour le mode de vie et la survivance des Indiens.«S'ils s'emparent de notre poisson, de nos animaux, de nos arbres et de nos terres, nous ne pourrons survivre», a-t-il ajouté.«Ces projets visent l'cthnocide de notre communauté.La contre-proposition de l'OREWA pour l'aménagement de la région côtiè-re du Pacifique, qui a l'accord des organisations des Noirs, réclame des titres de propriété collectifs relativement aux territoires des peuples autochtone et noir, le respect de leur autonomie et de leurs cultures ainsi que leur participation à l'élaboration et à la mise en oeuvre du Plan, jusqu'ici les gens de la région n'ont pas été consultés.L'été dernier, un groupe d'Indiens Embera a barré la route aux bulldozers envoyés par le gouvernement pour \u2022construire une autoroute dans la région des sources du Rio San |uan de Choco.Au bout de deux semaines, le gouvernement a interrompu les travaux et accepté d'entreprendre l'étude d'impact réclamée par l'OREWA qui en assume la direction avec l'aide d'organisations internationales.Un dirigeant de l'OREWA a précisé qu'il ne s'agissait pas d'un cadeau du gouvernement lequel avait cède aux pressions.Cela ne rappclle-t-il pas la baie lames?Les dirigeants autochtones m'ont signale que l'Agence canadienne de déve- loppement international (ACDI) leur avait octroyé dès 1985 une aide capitale de 2,7 millions pour financer un programme qui allait connaître un grand succès.Géré par ONIC et CUSO, une.organisation canadienne sans but lùcreh tif, le programme a pour objectif d'aider les peuples autochtones à exploiter de petites fermes, à améliorer les soins de santé et la situation des femmes, à réaliser un développement démocratique, ainsi qu'à former des chefs.Les dirigeants autochtones estiment que ce soutien leur permet d'atteindre l'autosuffisance et de se défendre eux-mêmes.Ils ont ajouté qu'en partie grâce au programme, des candidats autochtones ont été élus au Sénat et aux conseils municipaux pour la première fois l'année dernière.|e rends hommage au Canada qui a su tendre la main à des.populations, parmi les plus marginalisées de la Terre, et ainsi promouvoir la démocratie en Colombie.Mais j'ai également appris que l'avenir de ce projet est incertain, L'ACDI n'a pas approuvé une proposition visant à poursuivre le programme avec l'apport d'une aide canadienne indépendante.Par contre, elle a accçpté un autre projet qui soulève de graves questions.En effet, l'ACDl a signé cette année un contrat pour la somme de 1,77 million avec Intera Technologies, une firme de Calgary spécialisée dans la photographie aérienne au radar, pour qu'elle évalue les réserves de pétrole de la côte du Pacifique en Colombie.La recherche a commencé sans qu'il y ait eu consultation de la population autochtone.Une telle situation m'inquiète car.en tant que Cri, j'ai vécu un cas similaire.Le Canada semble prêt à abandonner un programme d'aide qui a permis aux autochtones de sauvegarder leur environnement en faveur d'un projet qui les menace.Les Indiens de la Colombie ne s'opposent pas au développement pas plus que les Cris de la baie lames.Ils ne réclament que leur droit, celui de participer â l'élaboration et à la mise en oeuvre des programmes de développement.Ils tiennent à ce que les étrangers respectent leurs droits de décider de! leur avenir.* Le mot cle est l'adhésion.L'accord des habitants de la région devrait être une condition indispensable à l'octroi cle l'aide canadienne ou de l'appui, canadien aux prêts consentis à la Colombie par la Banque mondiale en regard des projets de la côte du Pacifique.Simultanément, le gouvernement canadien devrait renouveler son appui au projet innovateur de l'ACDl dont les retombées ont ete positives pour lefc Indiens de la Colombie.Un tel geste symbolique et pratique de la part du Canada marquerait l'année 199\"S proclamée par les Nations unies «Année internationale des peuples autochtones». 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camions.«Nous ne pouvons critiquer une telle mesure, même si elle est trop timide.Cependant, ce qu'il nous faut, ce sont des contrats routiers d'envergure.Nous avons hâte de voir si le gouvernement fédéral va tenir parole et investir plus d'un milliard de dollars au Québec dans les infrastructures routières», explique le président de l'association, M.Clément Bélanger, un camionneur gaspésien.Le prix de ce carburant est donc réduit de 2,2 cents depuis minuit hier matin, ce qui signifie un prix moyen à la pompe de 52,4 cents pour l'ensemble de la province.S'ajoute a cette mesure la Prix suggéré: 149,95 $ \u2022 Rabais additionnels chez les détaillants suivants: Santé-Services P.Bélanger Pharmaprix N.Caprio 815, Côte Vertu, St-Laurent 1500, Ste-Catherine ouest 748-6948 933-4744 Obonsoins Jean-Guy Morin Uni-Clinique Dahmé-Saulnier 5955, Sherbrooke est 15455, rue St-Augustin 254-7513 St-Augustin, Mirabel, 475-7650 Pour les noms de détaillants dans d'autres régions appelez-nous au 695-3005 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voitures neuves de J.D.Power et Associés, une maison de recherche réputée, révèle en effet qu'Infiniti est la meilleure gamme de voitures de toute l'industrie.Cette étude a été menée auprès de plus de 33 000 propriétaires américains et tient compte de deux modèles Infiniti disponibles au Canada.La puissante Q45 : désignée par le magazine Road & Track comme étant l'une des dix meilleures voitures au monde.Voici la toute nouvelle Jjo d'infiniti.Malheureusement, elle ne faisait pas partie du sondage de J.D.Power et Associés sur la qualité initiale des voitures neuves.Mais nous croyons qu'elle représente la plus haute expression d'infiniti jusqu'à maintenant.L'énergique G20 : un contrôle et une maniabilité qui laissent loin derrière toutes ces voitures affichant une réputation et un prix supérieurs.Et maintenant, une nouvelle venue s'ajoute à cette prestigieuse collée-tion: l'étonnante J30.Une voiture qui accorde une place de choix à vos exigences esthétiques et technologiques.Une voiture qui vous réserve des surprises dignes de la plus élégante berline au monde.INFINITI MO Une création Nissan Sondage de J.D.Power et Associés sur la qualité initiale mené auprès des consommateurs américains seulement en 1992.Un total de 33 575 réponses indique les problèmes rapportés par les v possibilité pour les transporteurs de payer les coûts d'immatriculation en deux versements, soit tous les six mois.Les camionneurs ne sont cependant pas sans craindre que les pétrolières ne profitent de cette baisse de la taxe pour augmenter le prix de base.«Si jamais les pétrolières décidaient de profiter de la situation, nous allons leur mener une guerre épouvantable.Nous prendrons tous les moyens», déclare M.Raymond Bréard, vice-président de l'Association des transporteurs, le plus important regroupement du Québec avec 800 membres propiétai-rcs de quelque 45 000 camions.Il importe cependant d'insister sur le fait que plus de 45 p.cent du prix d'un produit pétrolier va dans les coffres des gouvernements, souligne pour sa part le porte-parole de l'importante rafi-nerie Ultramar de Saint-Ro-muald, sur la rive sud de Québec.Bref, la décision de Québec de réduire sa taxe de 2,2 cents équivaut à une réduction d'à peine quatre p.cent de l'ensemble des taxes sur le carburant.M.Louis Forget, d'Ultramar, se réjouit bien sûr de l'annonce de cette réduction de 2,2 cents le litre, mais il ne peut d'aucune façon assurer que les pétrolières ne seront pas forcées, au cours des prochains mois, d'augmenter les prix de leurs différents produits.« Bien sûr la réduction de Québec paraîtra toujours à la pompe, mais les prix doivent s'ajuster à la situation du marché.Le froid que nous connaîtrons cet hiver, la concurrence, les prix mondiaux etc, sont tous des facteurs qui dirigent les décisions», explique-t-il.Chez Ultramar, comme chez la plupart de ses concurrentes, les ventes de carburant diesel représentent environ 30 p.cent du chiffre d'affaires.Une reprise Les gros transporteurs, comme le groupe Cabano, le plus important au Québec, reçoivent les mesures québécoises comme un véritable baume.«Nous connaissons actuellement une reprise de l'activité.Près de cent p.cent de nos équipements sont à l'oeuvre, partout au Québec, ailleurs au pays et aux États-Unis.La confiance revient et ces mesures arrivent à point», explique Raymond Bréard.Les camionneurs souhaitent cependant une révision en profondeur du système fiscal.«C'est décourageants de constater que nous payons ici le double du prix américain pour du carburant diesel, en raison des différentes taxes.Nous devons constamment nous défendre contre l'envahissement des transporteurs américains», poursuit M.Bréard.Cinq millions pour aider les pêcheurs Presse Canadienne SAINT-JEAN.Terre-Neuve ¦ Des centaines de pécheurs des provinces maritimes et du Québec recevront une aide spéciale afin qu'ils puissent être admissibles à Tassurance-chômage, a annoncé hier le ministre fédéral des Pèches, M.|ohn Crosbie.Ottawa dépensera environ cinq millions pour mettre sur pied des projets d'emploi destinés à tous ceux qui font les frais de la réduction des stocks de poisson sur la côte est du pays.Quelque 16 000 personnes reçoivent déjà 406$ de compensa-*, tion par semaine depuis l'entrée en vigueur, en juillet dernier, du moratoire sur la morue de l'Atlantique nord.Mais plusieurs autres ne pouvaient adhérer au programme et* n'avaient pas travaillé durant assez de semaines pour être admissibles aux allocations d'assurance-chômage.Plusieurs travailleurs actuellement sans emploi attendaient impatiemment l'annonce de cette mesure depuis des semaines.Des employés d'usines de traitement du poisson \u2014 surtout des femmes \u2014 ont manifesté ce mois-ci à Terre-Neuve.Lundi dernier, 15 femmes ont entamé une grève de la faim à Ferryland, à Terre-Neuve, pour attirer l'attention de la population sur leur situation désespérée.X \u2022\u2022¦\"¦>*\u2014 p,-.»« V.f.m^.m «_ I #~1 J JV^V.I\\_ .1 J UI !«¦ VjUJillL llllll.l\" III' in *| MTII.IIHIIIHil.mm m* \u2014 \u2022 \u2014\u2014 \u2014 \u2014 \u2014 «.-w - \u2014 - \u2014 - \u2022- propriétaires durant les 90 premiers jour qui ont suivi l'achat.Pour plus d'informations sur Infiniti, composez le 1S0O 361-4792.A Autres programmes M.Crosbie a également révélé les détails de deux autres programmes d'aide aux pêcheurs et aux travailleurs d'usine annoncés en début de semaine.Environ 100 millions seront destinés aux travailleurs de l'industrie âgés de 55 à 64 ans qui choisiront de quitter leur emploi d'ici le 31 décembre.Le gouvernement fédéral défraiera 70 pour cent de ce programme et Terre-Neuve le 30 pour cent qui reste.On estime que quelque 2000 personnes pourraient bénéficier de ces avantages si elles décident de prendre une retraite volontaire anticipée.Un autre montant de 15 millions servira à venir en aide aux propriétaires de chalutiers de Terre-Neuve qui ont besoin de conserver leur navire durant le moratoire de deux ans sur la, morue. LA PRESSE.MONTRÉAL, JEUDI 26 NOVEMBRE 1992 La Protection civile accueille avec stoïcisme les reproches du Vérificateur général MARIO FONTAINE ¦ Protection civile Canada a accueilli avec stoïcisme, hier, les reproches du Vérificateur général voulant quelle ne soit pas préparée à réagir a un tremblement de terre important, à un accident nucléaire ou à un gros déversement de produits chimiques ou pétroliers.«C'est vrai et c'est faux.On n'est jamais parfaitement prêt à faire face à des situations d'urgence qui, par définition, demeurent abstraites tant qu'elles ne surviennent pas.Mais s'il arrive quelque chose, il est certain qu'on peut intervenir très rapidement », a commenté hier le porte-parole de cette agence fédérale, lean-Claude Paradis.Dans son rapport annuel rendu public mardi, le Vérificateur général Denis Desautels écrit que la planification des mesures d'urgence par Protection civile Canada connaît des retards qui risquent de réduire sa capacité d'intervenir rapidement en cas de pépin, un facteur capital pour la protection des vies et des biens.M.Paradis rappelle que l'organisme (une centaine d'employés, budget annuel d'environ 18 millions) n'a pas pour rôle d'intervenir directement mais de coordonner les secours.Ainsi, c'est le ministère de l'Environnement qui s'occupera d'un incendie de BPC comme celui de Saint-Basile-le-Grand, et la Garde côtière du déversement d'hydrocarbures dans le Golfe du Saint-Laurent.Protection civile Canada, qui relève du ministère de la Défense, convient que les plans d'urgence ne sont pas encore complétés mais soutient qu'ils sont en bonne voie d'élaboration.Il s'agit d'un travail laborieux, qui implique les ministères fédéraux, les provinces, des organismes comme l'Ambulance Saint-|ean et la Croix rouge, etc.Les situations sont en constante évolution, ce qui complique encore davantage la tache.André Tremblay est directeur pour le Québec de Protection civile Canada.En tout, ils sont trois employés.C'est qu'il incombe d'abord aux municipalités de réagir en situation de crise.Si l'ampleur de la catastrophe les dépasse, elles font appel à la Sécurité civile, un organisme du gouvernement du Québec qui, en dernier lieu, demandera l'aide du gouvernement fédéral.Dans une année normale, la Protection civile Canada section Québec fera de deux à cinq interventions: feux de forêt, inondations, occasionnellement un tremblement de terre comme celui de Chicoutimi, l'incendie à Saint-Basile.«Dans le moment, on travaille surtout sur la répartition des compétences entre les ministères en cas de crise majeure.Le cas de Saint-Basile a servi de démonstration sur ce qui devait être fait», explique de son côté Marc Laval-léc, de la direction générale de la Sécurité civile.Cette agence québécoise compte 130 personnes à son service et dispose d'un budget de quelque 7,5 millions.Selon M.Lavallée, «on est prêt a faire face à des situations d'urgence de façon raisonnable».Pour le moment, on garde par exemple un oeil sur les sismographes, puisque cette époque de l'année est propice aux tremblements de terre.YAMAHA DOLBY SURROUND pro DSP-logic E1000 L'EXPERIENCE DU CINEMA DANS VOTRE MAISON Maximiser les merveilles des processeurs d effets de champs sonores digitaux YAMAHA cinema -DSP - vous permet de revivre I experience du enema ******** H*.» ^«,
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