La presse, 10 septembre 1994, B. Plus
[" CAHIER Montréal.samedi 10 septembre 1994 Éditorial Opinions Élections campag ne des chefs fâtm mmmm.Johnson : une pluie d'excuses mais pas d'orage ANDRÉ PÉPIN Le chef libéral Daniel Johnson aura finalement mené une campagne vigoureuse jusqu'à la fin, sans vraiment tribu-cher sur ces fameuses pelures de bananee qui marquent souvent ce type de match exigeant.Quelques déclarations malheureuses, des attitudes froides, mais pas de catastrophe.Curieusement, les petits malheurs de M.Johnson sont venus d'Ottawa.Pas de crise amérindienne, pas de BPC, pas trop de candidats maladroits, malgré I' inexpérience de 76 nouveaux venus.Un course folle, donc, sans collision frontale, sans piège à ours.Daniel Johnson, qui craignait avant tout le chef du Bloc québécois Lucien Bouchard, n'a jamais, ou presque, prononcé le nom de cet adversaire qui a fait campagne loin des projecteurs.Ce sont plutôt les « gros bonnets » d'Ottawa, les ministres André Ouellet, des Affaires étrangères, et Paul Martin, des Finances, qui ont mis les bâtons dans les roues du « petit frère ».Dès le début de l'engagement, M.Ouellet, qui se trouvait à l'étranger, a voulu rassurer les investisseurs en disant qu'un gouvernement péquiste ne menaçait pas l'économie, ajoutant que, de toute façon, il y aura un référendum.Une bonne gifle au petit frère Johnson qui clamait déjà partout les dangers d'élire Jacques Parizeau et ses troupes.Plusieurs fois, le chef libéral a dû rappeler à l'ordre ses amis d'Ottawa qu'ils n'avaient pas à faire campagne au Québec.Encore la semaine dernière, Johnson a dû réagir aux propos de M.Ouellet, qui se plaignait publiquement de la couverture des médias francophones, nommément de La Presse.« Il ne fait pas campagne au Québec ; moi je suis satisfait », a insisté M.Johnson.« Pourrait-il bien se la fermer ! » confiait, sur le ton de la confidence, un conseiller de M.Johnson, en parlant du ministre Ouellet.Puis, à la toute fin de la course, c'est l'important ministre canadien des Finances et responsable du développement régional qui échappe une tonne de briques sur la tête de M.Johnson, avec une lettre « écrite par erreur », un « malheureux malentendu ».La lettre de M.Martin au ministre des Affaires municipales Claude Ryan est pourtant cinglante, accusant les provinciaux d'annoncer des projets d'infrastructures sans consulter, avec un manque d'éthique regrettable.Daniel Johnson a mené une course folle, sans collision frontale, sans piège à ours.Malgré une mise au point composée à la hâte, en fin de soirée jeudi, cet « impair évident » (dixit Claude Ryan) risque d'être retenu comme une difficulté.Un ministre fédéral de l'importance de M.Martin peut-il signer une lettre sans en accepter le contenu ?M.Johnson avait pourtant exprimer son attachement au « grand frère » dès l'automne dernier, en affirmant « être Canadien, d'abord et avant tout ».Une déclaration exgérée, admet-il.en disant qu'il s'agissait d'un lapsus regrettable, que ce qu'il avait voulu dire, c'est qu'il est « fédéraliste avant tout ».Le grand ménage Avant de se lancer dans le marathon électoral, le nouveau premier ministre avait d'abord tassé des difficultés encombrantes en décidant de ne pas déménager l'Hôtel-Dieu de Montréal dans l'Est de l'île et en ënrayant le marché noir du tabac, réduisant les taxes de plus de la moitié, avec la collaboration du fédéral.La route était libre pour vendre son programme de l'emploi et clamer les dangers du séparatisme.Mais la route parcourue du 23 juillet jusqu'à la boîte de scrutin a été longue.Une campagne interminable de sept semaines.« Lorsque nous avons quitté Québec, fin juillet, c'était l'époque de la cueillette des framboises, mais nous allons terminer dans la neige », blague-t-on, dans l'autobus des libéraux.Une route assez longue pour se cogner le nez à quelques reprises, hn disant en Abitibi que le problème du manque de médecins est vraiment local.« Moi, dans mon comté de Vaudreuil, je n'ai aucune difficulté à trouver des médecins.Des cliniques privées sont ouvertes les fins de semaine, même les jours de fête », a alors dit M.Johnson.Un manque de sensibilité, ont souligné les observateurs qui le suivent à la trace.Une route assez longue également pour se dissocier de son ancien chef Robert Bourassa.C'était en Beauce, à la mi-campagne.Trois fois dans la même phrase, il a dit : « Je n'étais pas premier ministre.» Deux jours plus tard, il s'excusait.Un petit crochet dans son comté de Vaudreuil a permis aux journalistes de mettre sous le nez de M.Johnson plusieurs affiches unilingues anglaises, à Hudson.« J'ai autre chose à faire que de porter plainte.» M.Johnson soutient qu'il n'a pas voulu se montrer indifférent, mais cet épisode lui a collé à la peau, du moins un certain temps.Au débat télévisé, un trou de mémoire, dans la tension intenable d'un tel affrontement, lui a fait parler « des maux de femmes », en voulant souligner que des médecins pratiquent avec abus certaines interventions.Malheureux de cet impair, il s'est également excusé.Dans le dernier droit, toujours le plus dangereux, il y est allé d'une curieuse profession de foi nationaliste, après s'être pris aux cheveux avec l'ancien député bloquiste, l'animateur radiophonique Jean Lapierre, à CKAC.Lapierre l'accusait de manger dans la main de ses amis des autres provinces.« Si je peux concevoir être Québécois sans être Canadien, je ne peux concevoir être Canadien sans être Québécois.» Même son entourage a .cru qu'il venait de s'enfarger dans cette difficile tournure.« C'est bien ce que j'ai dit », a tranché M.Johnson.De petits incidents de parcours donc, des moments colorés, mais rien pour le crucifier, l'empêcher de demeurer premier ministre.Plus douloureux, tout le long de la route, l'avalanche des sondages d'opinion.Il ne les commentait pas, mais il était le premier à les lire.Il fallait voir son sourire radieux, jeudi matin,-lorsque que CROP l'a placé en avance, pour la première fois depuis la cueillette des framboises.Parizeau : en ligne droite sur les pelures de banane GILLES NORMAND Jacques Parizeau a dominé la lutte dès le départ en donnant deux crocs-en-jambe au chef libéral : « l'affaire Char-bonneau » et la fameuse lettre qu'un membre du personnel cadre de Bombar-dier-Canadair écrivait le 12 juillet au ministre de l'Éducation pour déplorer une pénurie de main-d'oeuvre spécialisée au Québec.Parizeau dénonce alors « l'immobilisme du gouvernement libéral dans le dossier de la main-d'œuvre ».Une attaque qui désarçonne le chef libéral.Le matin même où les journaux en font état, Daniel Johnson chavire soudainement son programme et fait ouvrir le cégep Édouard-Montpetit, à Saint-Hubert, pour annoncer de façon impromptue qu'une aide gouvernementale de 45 000 dollars appuiera un programme de formation spécialisée.La demande d'aide est datée de la veille.Le ton est donné.Johnson battra le territoire québécois de l'aube à la nuit, tandis que Parizeau répartira ses efforts de manière à se rendre au fil d'arrivée sans courir à l'épuisement.Si elle permet quelques gains, la stratégie libérale visant à affirmer que les élections générales auront une portée référendaire n'en est pas moins perçue comme une promotion du programme souverainiste et provoque certains vertiges dans les milieux libéraux.Pendant ce temps, Jacques Parizeau parle d'emploi et attaque Daniel Johnson sur ce qu'il appelle le « bilan économique désastreux du gouvernement libéral ».Johnson est placé sur la défensive et force est de constater que sa campagne en est une de réaction à Parizeau, qui n'a plus qu'à manoeuvrer comme si c'était lui qui orchestrait tout.Bien exploitée, « l'affaire Charbon-neau » oblige Daniel Johnson à presser son protégé de régler ses problèmes.L'ex-syndicaliste obtient un arrangement à l'amiable avec son créancier, la compagnie d'assurances Great West.Pendant ce temps, d'autres candidats vedettes mettent leur chef dans l'embarras, cette fois dans la formation péquiste.Les Jean Rochon \u2014 qui croit préférable de hausser les taxes sur la vente des produits du tabac \u2014 et Diane Lavallée \u2014 qui prône le retrait du ticket modérateur de deux dollars imposé sur les médicaments achetés par les personnes âgées \u2014 ont négligé d'accorder leur violon à celui du chef.Bulletins de nouvelles et journaux du lendemain crachent que « Bouchard nuit au PQ ».M.Parizeau soutient qu'il n'a pas cette perception et précise que seulement trois personnes sur les 24 consultées ont exprimé ce point de vue.Jacques Parizeau marquera des points en raillant son adversaire qui a tenté de se démarquer de l'ex-premier ministre Robert Bourassa : « Il a renié trois fois son ex-chef.11 aurait dû démissionner s'il n'était pas d'accord.» L'air fou Fort de l'appui de la FTQ, le chef péquiste s'en va en Beauce visiter une usine dont le propriétaire, Placide Poulin, fédéraliste, dira qu'il ne l'avait pas invité et qu'il souhaite la victoire de Johnson.\u2022 « J'ai eu l'air un peu fou ! » conviendra M.Parizeau.Le lendemain, Jean Chrétien téléphone au manufacturier pour le féliciter.Puis il ressort des négociations sur le \u201e débat télévisé que le PQ aurait manoeuvré de manière à ce qu'on n'aborde que marginalement la souveraineté.Ce qui le .que - -\u2014- \u2014\t-V-¦ veut qu'on en parle, mais pas Jacques Parizeau a réparti ses efforts de manière à se rendre au fil d'arrivée sans courir à l'épuisement Les péquistes essaient de rattraper les gaffes.Par exemple, on apprendra que le Dr Rochon parlait en son nom personnel.LecasLeHir Le PQ s'en tire sans trop de mal, il reste du temps.Mais l'ex-président de l'Association des manufacturiers et candidat du PQ dans Iberville, Richard Le Hir, confie au Gloge and Mail de Toronto qu'un Québec indépendant préférerait peut-être la monnaie américaine à la monnaie canadienne.Puis, M.Le Hir récidive et se dit opposé à un élément majeur de la plate-forme électorale de son parti : le prélèvement d'une taxe de un pour cent sur la masse salariale des entreprises pour nourrir un fonds destiné à la formation professionnelle.Là.ça barde ! M.Le Hir se rallie toutefois au programme, comprenant que l'engagement du chef de réformer l'ensemble du régime fiscal viendra assouplir cette mesure.Pendant ce temps, les libéraux font des gorges chaudes des « promesses de père Noël de Parizeau » et ils forcent l'image au point de déléguer un commando d'une dizaine de jeunes libéraux déguisés en autant de pères Noël pour troubler une conférence de presse à l'hôtel de ville de Québec, où Jacques Parizeau vient de recevoir l'appui du maire Jean-Paul L'Allier.Le chef péquiste les assomme littéralement en leur lançant, avec un bon gros rire de père Noël : « Les habits rouges ! » Les visiteurs sont démasqués et battent en retraite.La presse anglophone, qui talonne Jacques Parizeau et Lucien Bouchard, en vient à trouver que les deux leaders se contredisent dans leurs propos sur « l'en-clenchisme ».Quoi qu'il en soit, le Parti québécois profite du rassemblement de Joliette, à l'occasion de l'investiture de Guy Chevrette, pour se donner une image d'unité.On en parlera comme du « réalignement de Joliette ».Le chef du PQ sera souvent amené, par la suite, à expliquer que l'enclenchisme, c'est la préparation : « On est pas irresponsables, ça se prépare ces choses-là.» Quatre jours plus tard, nouvelle tuile.Un journaliste de CBC met la main sur un fax embarrassant.11 s'agit d'une « rétroaction-terrain », sorte de pointage régulier auprès d'une vingtaine de personnes, comme en font les entreprises.fait mal paraître.Jacques Parizeau expli-; qu'il au détriment du « bilan économique dé- * sastreux des libéraux ».On finit par s'entendre et le leader souverainiste fait bonne figure lors du débat.Plusieurs le disent gagnant.Johnson, qui se devait de l'abattre, ne l'a pas fait.En ce sens, le chef libéral a perdu.Le hic Mais voilà que Richard Le Hir met de nouveau son chef dans l'embarras à sa sortie d'un déjeûner de la Jeune Chambre de commerce de Montréal, la semaine dernière.Il n'acceptera pas un NON au référendum.Il y aura une deuxième consultation si nécessaire.Jacques Parizeau doit régler l'horloge : la loi ne permet qu'un référendum sur un même sujet à l'intérieur d'un même mandat.Si Le Hir avait encore la moindre chance d'accéder au conseil des ministres, il l'aura perdue ce jour-là à moins que, la poussière retombant.Ces derniers jours, le chef du PQ a parlé davantage de souveraineté, tant chez les étudiants que dans le milieu des d'affaires qui l'ont, l'un et l'autre, chaudement accueilli.Il a exhorté ses troupes à ne pas pécher par excès de confiance et à travailler très fort jusqu'à la dernière minute.Et.dernier message qu'il a lancé aux jeunes : « Allez voter, pour l'amour du ciel ! » B LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMED110 SEPTEMBRE 1994 Editorial Paul Desmarais président du conseil d administration Roger D.Landry président et editeur Claude Masson Marcel Desjardins editeur adjoint directeur de lïnformaticn Alain Dubuc éditorialiste en chef La responsabilité du vote de lundi es Québécoises et les Québécois vont aux urnes, lundi, pour s'élire un gouvernement.Mais, en plus, Ils se prononceront Indirectement sur l'avenir politique du Québec.C'est cette double dimension qui donne à ce scrutin des caractéristiques uniques et une portée qui dépasse de loin la nature normale des élections générales.Quels sont les enjeux en cause, pour l'immédiat comme pour l'avenir ?D'un côté, il y a ceux que propose le Parti libéral de M.Daniel Johnson.Héritier d'un gouvernement rendu Impopulaire par une profonde récession et des échecs constitutionnels répétés, Il devait lutter contre le sort que les électeurs réservent d'habitude à un gouvernement après deux mandats.Il a réussi, malgré tout, à renouveler le visage de son parti, notamment par sa profonde préoccupation face à l'emploi, plus spécialement chez les Jeunes, son sens de l'équilibre face à la crise des finances publiques et son engagement ferme de défendre avec acharnement les Intérêts fondamentaux du Québec par la réalisation d'ententes mutuellement acceptables.Pour sa part, le chef du Parti québécois, M.Jacques Parlzeau, propose « une autre façon de gouverner », en mettant notamment l'accent sur son équipe.Une autre façon beaucoup plus théorique que pratique qui, surtout en début de campagne, s'est cantonnée dans des engagements trop généreux.Mais une autre façon qui, au-delà de la rhétorique propre à un parti d'opposition et d'un programme dont on ne connaît pas la portée, nous laisse finalement entrevoir que la gestion qu'il propose est à peu de choses près celle que nous offre aussi le Parti libéral.Il faut tenir compte dans cet ensemble de la présence du Parti de l'action démocratique de M.Mario Dumont.Un jeune parti, un parti de Jeunes qui semble s'attacher un nombre Intéressant de voix, dont le Parti libéral paraît devoir faire les frais.Serait-ce un réflexe de cette attitude de vouloir « changer pour changer » ?Ce premier enjeu, celui de bien gérer, les deux principaux partis y adhèrent.Mais l'un de ces partis se distingue nettement de l'autre par son orientation et c'est là où se situent la véritable Importance et l'anjeu de cette élection.Au programme proposé par M.Parlzeau se profile en effet cette promesse de l'« enclenchement » du processus de la souveraineté.dès le 13 septembre.Et cet « enclenchement » va au-delà de la voix exprimée par près de 60 pour cent des Québécoises et des Québécois qui ont déclaré par sondage être opposés à la souveraineté du Québec.Élire le Parti québécois pour qu'il s'essaie à nous servir une « façon de gouverner » qui soit profitable économiquement et socialement à l'ensemble des Québécois, ce n'est pas à rejeter du revers de la main.Mais élire le Parti québécois en sachant d'avance qu'il utilisera tous les moyens possibles pour Inciter la grande majorité des Québécois et Québécoises à le suivre sur le chemin de son ambition souverainiste, c'est consacrer en Institution l'incertitude, génératrice de paralysie politique, sociale et économique.Et ceux qui nous auront entraînés dans cette vole risquée ne seront probablement plus là pour en prendre la responsabilité.Nous respectons l'opinion de ces Québécoises et Québécois qui sont prêts à prendre ce risque avec leur avenir.Mais nous devons aussi, tous, respecter l'opinion majoritaire si fortement exprimée de ces Québécoises et Québécois qui préfèrent encore le Québec dans l'ensemble canadien, cet ensemble qui, au-delà des discussions et des compromis qu'il suscite, les a mieux servis que les souverainistes s'évertuent à nous le faire croire.Là se situe la grande, l'Inévitable responsabilité de ceux et celles qui, dans leur désir de changer pour changer, envisagent de donner leur vote à ce parti qui affirme vouloir « nous donner un pays », alors que nous en avons déjà un qui fait l'envie du monde entier comme II fait la fierté de la majorité des Québécois et Québécoises.C'est cette logique qui se profile derrière cette opinion majoritaire des Québécois et Québécoises dans leur rejet de la souveraineté.Mais cette même logique nous invite à un choix qui Influencera directement l'avenir politique du Québec : soit de perpétuer des débats coûteux et dangereux, soit de retrouver une certaine tranquillité d'esprit, de beaucoup plus favorable à l'avancement économique et social.Tout au long de son histoire, La Presse s'est attachée à défendre les valeurs démocratiques.C'est dire qu'elle respectera l'opinion majoritaire qui se dégagera du vote de lundi.Mais elle ne reniera pas pour autant cette obligation morale qu'elle s'est donnée et qu'elle a maintenue de servir les meilleurs intérêts de la population.Quel que soit le parti qui sera porté au pouvoir, lundi, La Presse veillera à ce que les décisions qui seront prises à l'égard des Québécoises et des Québécois le soient dans leur meilleur Intérêt.Elle en a la force, elle en a les moyens, elle en a la volonté et elle en aura aussi, que les Québécoises et les Québécois en soient assurés, le courage.Roger D.LANDRY Président et éditeur Les cols bleus de l'instruction Ll Alliance des professeurs de Montréal persiste et signe.Avec la rentrée, les enseignants de la CECM ont trouvé dans leur courrier une reprise du mot d'ordre syndical lancé en Juin et les appelant à une grève du zèle.Le syndicat demande à ses membres de refuser toute occupation sortant du cadre de leur définition de tâche, dans sa version la plus minimaliste.Dans les prochains Jours, école par école, les professeurs seront amenés à choisir parmi une panoplie de moyens tels que : -Refuser de former des comités pour stimuler.soutenir et encourager une meilleure gestion de l'école ( projet éducatif.Gala Méritas, etc.) -Refuser d'ouvrir les portes de classe, lors de la journée portes ouvertes.-Refuser d'effectuer tout travail pendant les pauses quand celles-ci ne sont pas comptabilisées dans le temps de disponibilité de l'enseignant.L'Alliance donne des exemples de travail à éviter: rencontres avec les élèves, échange avec les professionnels.etc.-Refuser de participer aux activités qui excèdent la plage horaire, telles que les sorties éducatives, les classes de neige, les concerts ou expositions.Même si elle répond à des frustrations en bonne partie légitimes, cette mobilisation générale emprunte la pire vole possible, celle d'un syndicalisme calculateur et mesquin qui se retourne contre ceux qu'il prétend servir : les élèves.C'est vrai que les temps sont durs pour les enseignants : on leur demande d'en faire de plus en plus, avec des moyens de plus en plus restreints.C'est vrai également que la CECM porte une large part de responsabilité dans la dégradation de ses relations avec les profs.Le contrat local des enseignants est échu depuis deux ans.La direction de la commission scolaire, accaparée qu'elle est par ses problèmes de leadership, ses tiraillements politiques et ses préoccupations d'un autre âge au sujet de la confesslonna-lité scolaire, laisse traîner les choses Jusqu'à ce qu'elles s'enveniment.Voilà pour le climat général : il est pourri.Cela étant dit, les principaux paramètres du travail des enseignants ne sont pas fixés, rue Sherbrooke, mais à Québec.Et les revendications locales de l'Alliance concernent des détails qui justifient mal une montée aux barricades.Pourquoi l'Alliance se bat-elle ?En plus de l'affrontement autour des Journées de récupération salariale, l'Alliance souhaite répartir la rentrée scolaire des maternelles sur trois Jours, afin de réduire le choc chez les bambins.Elle de-\u2022mande que l'on assouplisse la manière dont les directions d'écoles Interprètent les « temps de présence obligatoire ».Elle veut davantage de spécialistes pour l'enseignement de la musique ou des arts plastiques au primaire.Ces questions ont bien sûr leur Importance.Mais franchement, est-ce une raison suffisante pour embrigader les enseignants dans une action de type « cols bleus », au risque de saboter les plus belles Initiatives et de vider les écoles de ce qu'elles ont de plus précieux ?Poser la question, «c'est y répondre.II y a des élections provinciales, lundi.En novembre.II y aura des élections scolaires à Montréal.Le paysage politique dans lequel évoluent les enseignants a des chances de changer.Les efforts collectifs des profs et de leurs représentants syndicaux devraient tendre à orienter ces changements dans la meilleure direction.Pas à saper l'énergie de ceux parmi les enseignants -et Ils sont nombreux-' qui croient envers et contre tous à ce qu'ils font.Dans les Jours qui viennent, ces enseignants ont la possibilité de se démarquer d'un syndicat qui tente de les entraîner dans une action indigne et contre-productive.C'est à eux de Jouer.Agnès CRUDA Et les femmes ?\u2022 Dl abord des chiffres : 139 femmes brigueront les suffrages à l'élection de lundi, comparativement à 544 hommes.Elles étaient 121, en 1989, par rapport à 437 hommes.Et bon nombre d'entre elles se battent pour obtenir le même siège de député.Puis les sujets négligés: les garderies, l'équité salariale, la rémunération du travail à temps partiel, la violence conjugale, la responsabilité parentale, le logement, la Justice et, bien sûr.même si nous vivons en I994, la discrimination.Tous des sujets qui sont la base même d'une société Juste.Qu'elle décide d'être llberale ou péqulste.Une question : où étions-nous, nous les femmes, durant cette campagne ?Avec et comme les hommes ?Ou nous a-t on tout simplement oubliées le temps de penser aux emplois ou à un potentiel pays à créer ?La réponse : nous ne nous sommes pas manifestées.A une prochaine fols.Claudette TOUCAS W ter cpa/i'/x&r&vï'jrë Jûjr ÇA\t.M4& l'WOéfëN&WCF TU i/eox & Au cours de la prochaine étape, qui commencera par'-\" la réaction du Canada anglais, le soir même des élec- ( > tions, et celle des marchés, dès le lendemain matin, les^ muselières que l'on s'était imposées volontairement tomberont.À mon avis, personne ne peut en prévoir les ^ conséquences.\tj L'emportement et l'émotion sont inévitables, commé:^ l'a démontré notre correspondance, au cours du prin-temps dernier.Nous avons tous deux constaté combien X il est facile de succomber à l'amertume et au ressenti- r; ment.Je crois qu'il est impossible d'éviter ces réactions.Mais, en reconnaissant qu'elles sont inévitables, sinon naturelles et honnêtes, peut-être arriverons-nous à limi- .ter les dégâts.À la prochaine, JOHN L'emploi 7 remploi 1 emploi ! 'il faut en croire libéraux et péquistes le chômage n 9a qu 'à bien se tenir i f DENIS LESSARD L#emploi.remploi, l'emploi ; libéraux et péquistes se disent carrément obsédés par la création d'emploi.Dans les deux camps, on promet mer et monde, mais la réalité risque d'être moins rose.Pour la plupart des spécialistes, en dépit de la relance tangible de l'économie, le Québec continuera de connaître un taux de chômage élevé au cours les prochaines années, indépendamment de l'équipe qui sera portée au pouvoir lundi.Depuis longtemps, aux Finances, à Québec, les mandarins répandent cette comparaison heureuse ; par rapport à la création d'emploi, les gouvernements sont comme des autos dotées d'un bien petit accélérateur mais de freins puissants.Une mauvaise décision et 1 État peut stopper net la reprise ; en revanche, une initiative du gouvernement, aussi judicieuse soit-elle, ne peut avoir que des effets limités.L'emploi reste, de loin, la première préoccupation des Québécois, selon tous les sondeurs.MM.Johnson et Parizeau, c'était prévisible, en firent rapidement leur crédo.Au Québec environ 800 000 p< de f; r>ersonnes 'assuran- ce-chômage ou de l'aide sociale \u2014, soit près d'un adulte sur cinq.Toutefois, la reprise économique plus vigoureuse que prévue \u2014 plus de 6 p.cent selon les dernières données \u2014 a provoqué une augmentation sensible de l'emploi, la première depuis 1990.La moitié des nouveaux emplois au Canada ont été créés au Québec.Depuis le début de l'année, le gain net en emploi au Québec est de 83 000 emplois.Entre juillet 1994 et juillet 1993, 148 000 emplois sont apparus, essentiellement à temps plein tandis que 36 000 emplois disparaissaient, surtout chez les temps partiel, un gain net de 112 000 meilleurs emplois, souligne André La-chappelle, porte-parole de la Société québécoise de développement de la main-d'œuvre.Statistique Canada évaluait de son côté que le Québec avait récupéré 132 000 des 168 000 emplois perdus durant la récession.mais l'afflux constant de jeunes sur le marché du travail a maintenu le taux de chômage élevé.Chez les 19-34 ans.le L'emploi reste, et de loin, la première préoccupation des Québécois.MM.Johnson et Parizeau en ont fait rapidement leur credo.s chômage frôle encore les 20 p.cent, triste témoin du taux élevé de décrochage scolaire.En 1985, 50 000 élèves avaient choisi le secondaire professionnel ; ils n'étaient plus que 8000 l'an dernier, sur un demi-million d'élèves du secondaire.La manne des nouveaux emplois n'est as tombée partout.Cet été.la région de ontréal-Laval comptait 10 000 emplois de moins que l'an dernier : au Saguenay, 6000 postes étaient disparus pendant la même période.On chômait plus longtemps aussi : 31 semaines en 1993, soit 5 ¢ de plus que l'année précédente, ème si la situation s'est légèrement améliorée, le chômage frôle toujours la barre des 20 p.cent en Gaspésie.' Depuis le boom économique des années soixante, le Québec n'a pas connu de véritable « plein emploi » \u2014 un taux de chômage de trois ou quatre pour cent venant des gens littéralement « entre deux emplois ».Le PQ promet le plein emploi, mais dans le contexte d'un Qué- bec souverain.Le PLQ lui promet de réduire de 5 p.cent le taux de chômage durant un prochain mandat, soit l'équivalent de 400 Ô00 nouveaux emplois.Restructuration Pour Yves Rabaud.professeur d'économie à l'Université du Québec à Montréal.l'engagement du PLQ de réduire le taux de chômage de 5 p.cent en un mandat était passablement ambitieux au printemps dernier mais pas complètement irréaliste.Le taux de chômage est passé d'environ 13 p.cent à 11.5 p.cent, la meilleure performance depuis trois ans, mais la conjoncture devra être très favorable, la croissance d'une durée quasi sans précédent, pour que le taux de chômage puisse descendre à 8 pour cent.Les médias y ont fait largement écho : les grandes entreprises nord-américaines ont traversé une importante phase de rationalisation.qui aura coûté des dizaines de milliers d'emplois.On a même vu des licenciements dans des entreprises de télécommunications.de téléphonie, note avec surprise M.Rabaud \u2014 ces secteurs de pointe étaient perçus jusqu'alors comme imperméables aux récessions.L'entrée en force de l'informatique a permis à d'importantes compagnies de pratiquer des coupes importantes dans le personnel administratif intermédiaire, explique M.Rabaud.Pour le président du Conseil du patronat.Ghislain Dufour, ce délestage était incontournable et probablement salutaire.On pourrait dire que les emplois sacrifiés ont permis d'en sauver dix fois plus, ex-plique-t-il ; pour rester concurrentielles les entreprises se devaient de sabrer leurs coûts de production.Ce constat remet à l'ordre du jour une préoccupation du secteur privé : le poid des taxes sur la masse salariale.Le PQ veut l'accroître de 1 p.cent, une mesure que privé.je désapprouvent les ténors du secteur ivé.L'Allemagne faisait l'envie de tous à cause de son partenariat exemplaire entre les patrons et les syndicats, mais le coût de la main-d'œuvre y est devenu si exorbitant que les entreprises allemandes commencent largement à investir à l'étranger plutôt qu'en Allemagne, cite en exemple M.Rabaud.Les politiciens ont tendance à exagérer l'importance de la PME comme moteur de l'emploi.Des études récentes \u2014 The Economist en faisait état il y a quelques semaines \u2014 montrent que la grande entreprise reste le moteur de la création d'emploi.Les PME sous-contractent auprès de ces industries, qui ne pourraient pas survivre sans une locomotive.Le principal problème de ces entreprises reste les coûts de production.Or l'ajout d'une taxe de 1 p.cent sur la masse salariale ne fait qu'accroître ce fardeau.prévient l'économiste Rabaud.Les PME québécoises font 17 p.cent des revenus d'entreprises au Québec mais paient déjà 30 p.cent des taxes prélevées sur la masse salariale.Formation Catalyseur des interventions du gouvernement en matière d'emploi, la nouvelle Société québécoise de développement de la main-d'oeuvre est toujours « une coquille vide » qui attend le transfert des programmes et des fonds fédéraux.estime M.Dufour.L'organisme créé il y a deux ans pour gérer le milliard de dollars de programmes fédéraux au Québec n'administre que 300 millions, assumés par Québec et Ottawa.En dépit des attentes de Québec, on retrouve toujours plus de 50 programmes différents de création d'emploi aux deux ordres de gouvernement ; on est encore très loin du « guichet uniaue ».l'objectif fixé par Québec dans la défunte entente constitutionnelle de Charlottetown.Pour tous les spécialistes, le Québec éprouve un sérieux problème d'arrimage entre la formation professionnelle et le marché du travail, l'un des défis de la SQDM.Toutefois personne n'a pu démontrer l'exactitude des chiffes véhiculés à la fois par le péquiste Richard Le Hir et le libéral Gérald Tremblay, pour qui entre 60 000 et 80 000 emplois au Québec étaient vacants, faute de candidats compétents.Les entreprises réinjectent 0.5 p.cent de la masse salariale en formation au Québec, contre 3 p.cent aux Etats-Unis et 5 p.cent en Allemagne.LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMED110 SEPTEMBRE 1994 chef péquiste et le chef libéral ont tous deux croisé des travailleurs mécontents au cours de leur campagne électorale, ces derniers en avaient surtout contre les lois qui ont gelé les salaires des employés de l'État et déréglementé le secteur de la construction.PLQ : réduire le chômage de 5 p.cent en cinq ans L#engagement libéral en matière de formation d'emploi tient de l'incantation : on veut réduire de cinq pour cent en cinq ans le taux de chômage.avec cinq moyens.Diamétralement opposée à celle du Parti québécois, la stratégie libérale propose de maintenir un programme oui existe déjà pour la formation professionnelle : offrir des exemptions fiscales aux entreprises qui investissent dans la formation de leurs employés.Clairement, un gouvernement libéral n'ajouterait aucune nouvelle taxe sur la masse salariale ; la formule proposée par le Parti québécois a été essayée en France notamment, avec si peu de succès qu'on s'en est débarrassé, soutiennent les ténors libéraux en matière d'emploi.Pour favoriser l'intégration des jeunes au marché du travail, un gouvernement libéral créerait 50 000 places de stage pour permettre aux élèves dont le programme débouche sur le marché du travail d'alterner entre la formation scolaire et l'apprentissage en milieu de travail.Les libéraux promettent en outre de revamper le programme des prêts et bourses et de favoriser l'ac- cès aux études post-secondaires.En dehors des « trois cinq », les engagements libéraux pour l'emploi sont plutôt avares de chiffres toutefois.Un gouvernement Johnson favoriserait la consommation en n'ajoutant pas au fardeau fiscal des individus.L'aide financière sera offerte aux « entreprises performantes », dit-on, et on appuiera les initiatives tournées vers l'exportation.Convaincu que les PME sont la bougie d'allumage de l'emploi \u2014 les deux partis ont clairement un préjugé favorable pour les petites et moyennes entreprises \u2014, on promet d'appuyer les petits entrepreneurs.en favorisant « l'essaimage » technologique, c'est-à-dire des PME qui serviront de fournisseurs aux grandes industries.Les innovations technologique seront épaulées par l'État \u2014 un gouvernement libéral viserait à ce que deux pour cent du produit intérieur bnit soit aiguillé vers la recherche et le développement.Le Fonds de développement technologique créé sous Robert Bou-rassa sera doté de nouveaux fonds.La SDI sera incitée à faire davantage pour les entreprises qui sont dans le créneau de la haute technologie.Le PQ : la relance passe par la formation professionnelle jgj^our le Parti québécois, la création d'emploi ^^ passe d'abord et avant tout par une amélioration du système de formation professionnelle, qui deviendrait un droit fondamental au même titre que l'accès à l'éducation, indique-t-on.Au coeur du programme du PQ dans ce domaine, l'application d'une taxe spéciale de l p.cent, pour toutes les entreprises sur l ensemble de la masse salariale.Tous les gestes posés par une compagnie en faveur de la formation \u2014 l'ouverture par exemple de ses installation en vue de cours de recyclage, l'accueil de stagiaires \u2014 seront comptabilisés comme contribution.Pour l'éauipe péquiste, la plupart des entreprises choisiront de former leurs propres employés.C'est pourquoi, même si l d.cent de la masse salariale au Québec représente 800 millions, on s'attend à ce que le Fonds national de formation atteigne 300 millions environ.Ce fonds restera distinct des budgets du gouvernement, sera décentralisé et administré par des représentants des patrons, des syndicats et des institutons d'enseignement.Cette recommandation se trouvait déjà dans un rapport fédéral sur l'adaptation au libre-échange, une commission présidée par Jean De Grandpré, prési- dent des Entreprises Bell Canada.Au PQ, on n'est pas tendre à l'endroit des réalisations libérales en formation professionnelle.Un crédit d'impôt annoncé en 1990 devait générer 275 millions de dollars en programmes, mais seulement 16 p.cent de ces sommes ont réellement été engagées, si on en croit l'évaluatiion faite par le PQ.Un gouvernement péouiste s'engage aussi à favoriser le démarrage des PME par un fonds spécial.Le gouvernement acceptera une partie du risque financier avec les institutions financières pour donner un coup de pouce aux entrepreneurs \u2014 25 000 $ pour une petite entreprise.Les institutions prêteuses seront responsables de la sélection des projets.Le PQ compte également réorienter la Société de développement industriel (SDI) vers les PME.Les taxes sur la masse salariale seront reformulées pour exempter les nouveaux emplois pour une période donnée.Un gouvernement péquiste compte enfin relancer les investissements publics en santé et en transports notamment.Québec donnera un coup de pouce aux entreprises pour assurer qu'elles augmentent de 50 p.cent leurs efforts en recherche-développement. PLUS LA PRESSE.MONTRÉAL.SAMED110 SEPTEMBRE 1994 Des promesses, des promesses.Les électeurs se méfient des engagements électoraux, ce qui n 'empêche pas les partis de les multiplier LOUIS FALARDEAU Les promesses électorales sont depuis toujours l'élément essentiel des campagnes électorales.Elles sont le piment des programmes des partis, le miel dont on se sert pour attirer les électeurs.Les candidats promettent un bout de route, un emploi ou une école, tandis que les partis parlent plutôt d'une autoroute, de 100 000 emplois ou d'une réforme de l'enseignement.Avec le temps, les électeurs ont toutefois appris à s'en méfier.Constatant que leur taux de réalisation était très faible et que les meilleures étaient recyclées pour servir à plusieurs élections, ils en sont venus à les considérer comme des promesses d'ivrogne.Mais les promesses électorales ne sont pas disparues pour autant.Quoi faire d'autre pour attirer des votes que de dire qu'on fera encore mieux, ou mieux que les précédents ?Les électeurs ont beau se dire sceptiques, ils n'en espèrent pas moins que « leur » promesse sera de celles qui seront tenues.Le Parti québécois a tenté, en 76, de refaire une vertu aux promesses électorales en leur donnant le nom d'« engagements ».Ça faisait plus sérieux, plus crédible, même si ça recouvrait la même réalité.Le Parti libéral a suivi l'exemple et aujourd'hui les deux grands partis ne font plus de promesses mais prennent des engagements.La Presse a voulu publier toutes celles \u2014 les promesses \u2014 qui ont été faites de- puis le début de la campagne.On s'est vite rendu compte que c'était une tâche impossible.D'abord, il y en a trop, assez pour remplir quatre pages de journal.Et puis, il y a promesse et promesse.Entre le « nous investirons 100 millions dans le projet X » et le « nous étudierons la possibilité, après consultation, de mettre sur pied.» il y a un monde.Nous avons tenté de retenir les plus concrètes.D'autre part, le PQ en a fait beaucoup plus, notamment parce que les libéraux.au pouvoir, ont déjà plusieurs projets en marche qu'ils promettent tout simplement de mener à terme.Nous avons donc fait un choix, à partir d'un certaine nombre de thèmes qui ont été au coeur de la campagne.Ils permettent de voir les différences, mais aussi les ressemblances, entre ce que nous promettent les deux grands partis.Enfin, nous nous en sommes tenus aux promesses des partis, de sorte que les lecteurs ne retrouveront pas dans la liste qui suit les cadeaux que M.Parizeau à fait miroiter à ses électeurs de l'Assomption ! De tous les Québécois, le maire de Montréal.Jean Doré, a sans doute été le plus choyé par les promesses électorales.Le chef libéral lui a promis de revoir le partage de l'assiette fiscale avec Montréal.Quant au chef péquiste.qui était déjà passé par là.il a promis d'abolir la surtaxe sur les Immeubles locatifs et établir un nouveau partage fiscal entre la province et les municipalités.\u2022t \u2022j n * H ÉDUCATION Parti libéral O après consultation, transférer l'autorité décisionnelle sur plusieurs aspects de la vie et du fonctionnement de l'école vers les commissions scolaires, et de ces dernières vers les écoles ; O décentraliser vers les commissions scolaires une part importante des éléments de la négociation des conventions collectives O étudier la possibilité d'allonger à une journée complète le séjour en classe des élèves de maternelle et modifier le programme de ces classes pour mieux les adapter aux enfants dont les séjours- en garderie ont amélioré les aptitudes sociales ; O étendre le recours aux sessions d'étude après les heures de classe dans toutes les écoles du Québec où la demande se manifeste ; O maintenir la gratuité de l'enseignement collégial ; O établir un secteur de formation des ressources humaines bien intégré, largement accessible, adapté aux aspirations des travailleuses et des travailleurs et aux besoins du marché de l'emploi dans la nouvelle économie ; O organiser les programmes de formation professionnelle en continuum avec le secondaire, le collégial et l'université et faire en sorte que la durée de la scolarité soit fonction des exigences propres à chaque profession.Parti québécois O convoquer des États généraux de l'éducation en vue de faire le point sur Pétat de la situation et de définir les orientations et les besoins du système d'éducation pour les prochaines années ; O ne pas augmenter les frais de scolarité des universités et des cégeps ; O abolir les frais de 50 $ imposés aux cégépiens qui ont accumulé cinq échecs ; O remettre en vigueur la politique de maintien de la dernière école de village ou de quartier, tout en l'adaptant aux réalités de 1994 ; O faire de l'accès à la formation professionnelle un droit aussi fondamental que l'accès à l'éducation O demander aux entreprises d'affecter progressivement, selon leur taille et leur activité, l'équivalent de 1 p.cent de leur masse salariale à la formation professionnelle, soit pour leur propre main-d'oeuvre, soit en contribuant à un Fonds national de la formation professionnelle, et rendre les sommes investies déductibles d'impôt.TRAVAIL Parti libéral O réformer les lois sur le travail dans le but de les moderniser et d'en alléger la complexité ; O consacrer des efforts importants à la déréglementation et faire procéder à l'analyse spécifique des règlements de la Loi sur les accidents de travail et les maladies professionnelles.Parti québécois O abolir la Loi 142 qui a déréglementé l'industrie de la construction et revenir aux consensus établis lors du sommet de la construction de l'automne 93 .AGRICULTURE Parti libéral O protéger la production québécoise en renforçant son accès aux marchés continentaux, et aider l'industrie à obtenir une pan du marché mondial représentant, en 1995, 3 p.cent du marché interne de tous les pays signataires des accords du GATT ; O soutenir la recherche appliquée visant la réduction des coûts de production et l'innovation technologique ; O modifier la Loi de la Société québécoise d'initiatives agro-alimentaires ( SOQUIA ) pour lui permettre d'investir dans le démarrage des petites entreprises de transformation ; O mettre en place des mesures financières assurant le transfert des fermes de façon graduelle.Parti québécois O bonifier la prime à l'établissement pour la relève agricole ; O augmenter de deux millions le budget des programmes d'aide à la commercialisation des produits alimentaires ; O rechercher les solutions susceptibles de rendre Essible la vente des vins produits au Québec dans ; dépanneurs et les magasins de la SAQ ; O réexaminer le rôle de SOQUIA pour faire en sorte qu'elle puisse favoriser le développement économique régional et les projets qui augmenteront la transformation des produits agricoles en région ; O permettre à la Société de financement agricole d'intervenir dans le développement de productions d'appoint aux productions agricoles ; O s'assurer que soient achevées dans les meilleurs délais les analyses visant à établir les retombées économiques au Québec des projets d'usines de fabrication de carburant à base de végétaux.Si elles sont concluantes, un gouvernement péquiste envisagerait l'abolition de la taxe sur l'essence pour ce type de carburant.EMPLOI SANTÉ Parti libéral O ne pas imposer de ticket modérateur : O maintenir le caractère universel du système de santé et améliorer sa performance en misant essentiellement sur la désinstitutionalisation de certains services, la décentralisation et l'assouplissement de l'administration et la prévention ; O améliorer l'accessibilité et la qualité des soins, tout en maîtrisant tout aussi rigoureusement la croissance des coûts ; O ne pas privatiser d'hôpitaux, mais privatiser certains services de soutien ; O donner des services en misant de plus en plus sur des moyens légers, moins institutionnels, comme le maintien à domicile et les chirurgies d'un jour.Parti québécois O pas de nouveau ticket modérateur ; O réduire de moitié le délai d'attente pour une intervention chirurgicale, lequel est actuellement de 90 jours ; O amener les hôpitaux à réorienter 1,5 p.cent de leur budget vers les services ambulatoires qui permettent d'éviter l'hospitalisation ou qui en raccourcissent la durée ; O créer 1000 nouvelles places en centre d'accueil pour les personnes âgées ; O étudier la façon d'instaurer un régime universel d'assurance-médicaments pour les 15 p.cent de Québécois qui n'en ont pa».Parti libéral O investir 100 millions en quatre ans pour susciter l'émergence d'une industrie québécoise du véhicule électrique ; O ramener le taux de chômage sous la barre des 5 p.cent d'ici cinq ans ; O faciliter l'essor des PME par un meilleur accès au capital, une aide à l'innovation bien structurée, un appui à l'exportation et à l'amélioration de la formation de la main-d'oeuvre ; O créer 50 000 stages pour des éléves du secondaire.du collégial et de l'université, selon la formule d'alternance travail-études ; crédit d'impôt remboursable pour les entreprises participantes ; O proposer un ensemble de mesures permettant aux régions d'avoir prise sur des budgets gouvernementaux de près de 600 millions par année et sur des instruments de développement économique.Parti québécois O mettre en place une véritable politiaue de plein-emploi, c'est-à-dire une politique qui tait en sorte que tous les efforts de l'Etat soient orientés vers l'établissement du climat le plus favorable à la création d'emplois ; O créer un programme de garantie de prêt des institutions financières pour le lancement de nouvelles entreprises.Le total des prêts garantis pourrait atteindre 300 millions en deux ans, ce qui permettrait de soutenir 10 000 projets et de créer 30 000 emplois ; O créer un programme spécial pour les jeunes entrepreneurs en vertu duquel le gouvernement appliquera au remboursement du prêt étudiant une remise annuelle équivalent à 5 p.cent de la masse salariale de la nouvelle entreprise ; O recentrer l'aide de la SDI vers les PME ; O enlever le plafond imposé aux contributions au Fond de solidarité de la FTQ et octroyer des avantages fiscaux similaires aux fonds régionaux de capital de risque.FINANCES Parti libéral O ne pas augmenter les impôts et les taxes au cours du prochain mandat et n'imposer aucune nouvelle taxe sur la masse salariale ; O ramener le déficit à zéro pour l'année fiscale 98-99 ; O réduire la dette totale du Québec en pourcentage du produit intérieur brut ( PIB ) ; O adopter une loi sur l'équilibre budgétaire dont l'objectif sera d'atteindre cet équilibre et éventuellement de dégager des surplus en période de croissance économique ; O réduire les dépenses à moins de 21 p.cent ( 25 p.cent présentement ) du PIB d'ici 5 ans ; O poursuivre le plan accéléré de privatisation des sociétés d'Etat à vocation commerciale, à l'exception d'Hydro-Québec et de Loto-Québec.Parti Québécois O éliminer le déficit des opérations courantes pour 1996-97 O limiter la croissance des dépenses à un niveau nettement inférieur à celui de la croissance du PIB ; O ne pas augmenter les taxes et les impôts des particuliers ; O introduire un impôt minimum sur les sociétés ; O revoir toutes les privatisations faites par les libéraux.MUNICIPALITÉS Parti libéral O revoir le partage de l'assiette fiscale avec Montréal afin de diversifier ses sources de financement à la lumière des responsabilités particulières qu elle assume ; O revoir la répartition des responsabilités entre la ville de Montréal et le gouvernement du Québec, de façon à ce que les serv ices soient offerts par le niveau d'administration le mieux placé pour rendre efficacement les serv ices à la population.Parti québécois O abolir la surtaxe sur les immeubles locatifs et établir un nouveau partage fiscal entre la province et les municipalités ; O étudiera la possibilité de transférer une partie des revenus provenant de la taxe de vente aux municipalités.LANGUE Parti libéral O ne pas modifier la Charte de la langue française au cours du prochain mandat : O mettre en place toutes les mesures utiles pour améliorer l'apprentissage et la connaissance du français dès les premières années d'école.Parti québécois O ne pas modifier la Loi ou les règlements sur la langue d affichage avant le référendum sur la souveraineté ; O étendre aux entreprises comptant plus de dix employés ( plutôt que 50 ) les dispositions relatives à la francisation des entreprises.FAMILLES Parti libéral O réduire le fardeau fiscal des familles : O mettre en place un système de perception des pensions alimentaires avec retenues à la source : O octroyer aux familles un crédit d'impôt remboursable pour les séjours en colonies de vacances.Il sera de 50 p.cent du montant déboursé pour les familles dont le revenu est inférieur à 40 000 S et il diminuera graduellement jusqu'à concurrence d'un revenu familial de 70 000 $ ; O rendre déductible du revenu une partie des intérêts hypothécaires.Parti québécois O reconduire pour une période de six mois à compter du premier octobre la somme forfaitaire de 6,5 millions oui avait été consentie aux garderies pour hausser de un dollar l'heure le salaire de leurs employés et réexaminer complètement d'ici au 31 mars 1995 le mode de financement des garderies ; O créer 8000 nouvelles places engarderie par année pendant cinq ans au lieu des 6000 prévues ; O établir un régime universel de perception des pensions alimentaires et mise sur pied d'un service de recherche des débiteurs introuvables ; O permettre aux acheteurs de maisons neuves de déduire de leur revenu les intérêts hypothécaires pendant les trois premières années.O instaurer une formule d'achat-rénovation permettant d'offrir des logements abordables pour les familles à faible revenu.\t1\t_ B 6 Lft PRESSE.MONTRÉAL, SAMED110 SEPTEMBRE 1990 ÉLECTIONS 94 * ?Ne croyez pourtant pas que Mme Dionne-Marsolais est prétentieuse.Sûre \u2022 d'elle, oui.Confiante en ses moyens, manifestement.Dotée d'un brillant cerveau, on n'en doute pas une seule seconde.Avec elle, la conversation ne dérougit .pas.On parle de l'ALENA \u2014 « Le Qué- Rita Dionne-Marsolais bec n'aura pas de difficulté à en faire partie, puisque la philosophie du traité est basée sur l'élargissement des marchés » \u2014, de son attitude le jour où elle a décidé de briguer l'investiture péquiste dans Rosemont \u2014 « On n'est pas pour niaiser, on va régler ça tout de suite » \u2014, et de sa foi souverainiste \u2014 « Nous ne pourrons jamais décentraliser le Canada ».Au Village olympique, en attendant l'arrivée du chef de l'opposition, elle salue les gens, des aînés pour la plupart, comme si elle les recevait dans son propre salon.Une petite tape sur l'épaule de monsieur et un sourire à madame : « Entrez donc, entrez donc, on vous a gardé des places à l'avant.» Dans son discours, elle raconte com- Nicole Thlbodeau ment elle a persuadé sa mère, une libérale convaincue, d'appuyer le Parti québécois lundi prochain.Plus tard, loin de la foule, elle confiera à voix basse : « Papa, lui, se retourne peut-être dans sa tombe.Je ne sais pas s'il aurait voté PQ.Avec un chef comme Jacques Parizeau, c'est possible.Contrairement à beaucoup de gens, il n'aimait pas René Lévesque ; il ne le trouvait pas assez ferme.» Deux plans de carrière L'adversaire libérale de Rita Dionne-Marsolais est Nicole Thibodeau, attachée politique du député sortant Guy Rivard durant neuf ans.« J'étais comme une travailleuse sociale.Chaque appel représentait un défi.Un jour, c'est un homme qui cherche un HLM pour sa famille.Le len- demain, c'est une dame âgée qui a besoin d'un nouveau dentier et n'a pas d'argent pour le payer.On trouvait des solutions pour les aider.» Femme joviale et résolument optimiste de 49 ans \u2014 « Mon verre est toujours à moitié plein, jamais à moitié vide », Mme Thibodeau incarne la bonté et le désir de bien faire.« Quand M.Rivard s'est retiré, des proches m'ont dit que j'étais la bonne Îersonne pour assumer sa succession, 'ai été surprise, puisque je n'aurais jamais cru être candidate un jour.L'idée de prononcer un discours me terrorisait.Aujourd'hui, je rencontre des dizaines de personnes à chaque jour ; je vais vers elles pour me présenter et leur dire bonjour.Je ne croyais jamais posséder cette force.» Mme Thibodeau a travaillé plusieurs années à l'hôpital Sainte-Justine.« Avant d'être secrétaire générale, une de mes responsabilités consistait à établir l'horaire des médecins dans la salle d'urgence.J'étais un genre de mère supérieure et je n'étais pas la plus populaire.» Fédéraliste convaincue, croyant à un nouvel accord constitutionnel entre le Québec et le Canada, la candidate libérale associe la séparation du Québec à la brisure d'un couple.« On est appauvri et meurtri par un divorce.Je le sais, je suis passée par là, il y a 20 ans.» Quand on la questionne sur son adversaire péauiste et son imposante feuille de route, Mme Thibodeau affirme simplement : « Son plan de carrière est sûrement plus élevé que le mien.» Rosemont, circonscription francophone à 79,1 p.cent, fait face à un choix difficile lundi.Le cheminement professionnel des deux principales candidates ne se ressemble en rien.Mais chacune d'entre elles, à sa façon, jure de bien servir le Québec.On n a pas de raison d'en douter.:\u2022:.- .: VIGER BOURGET GOUIN POPULATION (*) {francophone\tanglophone\tallophone I 79,1\t4,7\t16,1 ÉLECTIONS 1989 {%)\t\t plq\tpq\tautres 47,0\t46,5\t6,5 RÉFÉRENDUM 1992 lus à l'aise \u2014 se retrouvent à Long Is-and ou dans le nord du New Jersey, notamment.A New York même, il suffit de se promener dans certains quartiers de Brooklyn et de Queens pour réaliser que les Haïtiens forment une communauté beaucoup plus considérable qu'à Montréal.L'esprit d'entreprise des Haïtiens a fait naître une multitude d'épiceries, de salons de coiffure, de restaurants, de sociétés immobilières et de cliniques médicales.Dans une artère commerciale comme l'avenue Nostrand, à Crown Heights, on se croirait presque que dans les Caraïbes, l'accent créole et les rythmes antillais se mêlant joyeusement aux bruits de la rue.Deux hebdomadaires haïtiens sont publiés à New York \u2014 Haïti-Observateur et Haïti-Progrès \u2014 et plusieurs stations de radio et de télévision diffusent des émissions pour la communauté haïtienne.Maigre le sentiment croissant d'appartenance à la société américaine que l'on dénote au sein de la communauté, la situation en Haïti continue de monopoliser l'attention de ces médias.Les Haïtiens^s'entendent bien avec leurs voisins.A Crown Heights, par exemple, ils vivent dans un quartier qui compte un bon nombre de Juifs hassidi-aues, de Dominicains et de Noirs des Antilles anglaises.Mais les relations entre les Haïtiens et les Noirs américains demeurent délicates.« Les gens plus pauvres au sein de la communauté noire américaine voient seulement les Haïtiens comme des compétiteurs, qui viennent prendre leur travail ou leur argent », dit Carole Berotte Joseph, l'universitaire.Des préjugés tenaces De leur coté, certains membres de la communauté haïtienne entretiennent certains préjugés tenaces vis-à-vis des Noirs américains.« Il y a plusieurs Haïtiens qui vous disent que les Noirs américains sont inférieurs à eux, qu'ils sont paresseux, qu'ils ne veulent pas travailler », dit M.Chavanes, le professeur de Brooklyn.« Les médias haïtiens travaillent sérieusement à extirper cette mentalité chez les Haïtiens.Ils leur font voir que, n'était-ce de là lutte des Noirs américains, n'était-ce de Martin Luther King, ils ne seraient pas ici aujourd'hui.» Les plus jeunes membres de la communauté haïtienne ne partagent cependant pas tous ce sentiment de supériorité vis-à-vis des Noirs américains.Certains d'entre eux, en fait, renient carrément leurs origines, refusant même de parler créole.« Plusieurs jeunes vivent une crise d'identité », reconnaît Hugues Gingras.président de l'Association des étudiants haïtiens de l'Université de New York.« Ils ne veulent pas être associés aux problèmes d'Haïti, aux boat people, au sida.» Max Manigat, professeur d'histoire au City College de New York, croit qu'il faudra attendre une autre génération \u2014 la troisième aux États-Unis \u2014 avant que l'origine haïtienne ne soit revendiquée avec fierté par les jeunes.Le mètre phénomène s'est produit chez les Italiens, rappelle-t-il.Mais Tatania Wah, la ieune directrice d'un groupe de pression haïtien, n'a pas l'intention de s'excuser de ses origines.« Je me vois comme une Haïtienne-Amé-ricaine », dit-elle en employant un terme à la mode au sein de la communauté.« Je ne suis pas une Africaine-Américaine », ajoute-t-elle en employant le terme que les Noirs américains emploient désormais pour s'identifier.« Je suis fière de mes origines, de ma langue, de ftia culture, et je veux que les gens le sachent.» Tatania wah, directrice du Haitian-American Political Action Group.Hugues Gingras, président de l'Association des étudiants haïtiens de l'Université de New York.Des immigrants indésirables ?Les Haïtiens s'intègrent admirablement à la société américaine.Et pourtant, aucun groupe d'immigrants n'est plus indésirable aux yeux du grand public.Selon un sondage USA Today-CNN réalisé l'an dernier, 65 p.cent des Américains estiment que les Haïtiens « créent des problèmes » aux Etats-Unis, un pourcentage plus élevé que pour tout autre groupe d'immigrants, à l'exception des Iraniens.Seulement 19 p.cent des Américains croient que les Haïtiens représentent «< un plus pour le pays », un pourcentage plus bas que pour tout autre groupe d'immigrants, incluant les Iraniens.Les Américains ont une image tellement négative des Haïtiens qu'une majorité d'entre eux seraient en faveur d'une intervention armée, non pas pour rétablir la démocratie en Haïti mais pour empêcher d'autres réfugiés de gagner les États-Unis à bord de frêles embarcations.John Miller, directeur adjoint du Manhattan Institute's Center for the New American Community, n'accuse pas ses compatriotes de racisme à l'endroit des Haïtiens.Mais il ne se cache pas pour dire que leurs opinions n'ont aucun rapport avec la réalité.Honnêtes et travaillants « Le fait est que les Haïtiens font d'excellents Américains », a écrit M.Miller dans un article publié récemment par le Wall Street Journal.« Ils augmentent notre productivité, abaissent notre coût de vie et nous rendent plus compétitifs.Us se débrouillent beaucoup mieux aux États-Unis que la plupart des gens le pensent.Parmi les gens qui les connaissent le mieux, leur capacité de travail et leur honnêteté leur ont valu une excellente réputation.» M.Miller note que la participation des Américains nés en Haïti au marché du travail est très élevée : 78 p.cent, soit dix points de plus que les Américains d'origine.Il rappelle que les Haïtiens, comme la plupart des immigrants, accordent une très crande importance à l'éducation.Selon le dernier recensement, parmi les Américains nés en Haïti, deux personnes sur cinq ont fait des études collégiales et seulement une personne sur dix compte moins de huit années de scolarité.Les derniers arrivants sont peut-être moins éduqués, mais ils sont tous aussi déterminés à améliorer leur sort.M.Miller cite à cet égard l'étude d'un sociologue américain selon laquelle les élèves haïtiens de Miami font davantage de travaux scolaires à la maison et ont de meilleures notes en moyenne aue les Américains d'origine.Le taux ae décrochage scolaire des immigrants haïtiens est également inférieur à celui d'autres groupes.Ce n'est pas tout.Les immigrants haïtiens ne sont pas plus dépendants de l'aide sociale que le reste des Américains.Environ 5.7 p.cent des familles haïtiennes reçoivent des prestations Sociales.comparativement à 5,2 p.Cent pour l'ensemble des familles américaines.Dans le sud de la Floride, les pourcentages sont de 3,9 p.cent et de 4,3 p.cent respectivement.« Une bénédiction » « Plusieurs Haïtiens admissibles à l'aide sociale la refusent parce qu'ils ne font pas confiance au gouvernement ou ne veulent pas être stigmatisés ».commente M.Miller.^r _ Il y a cependant quelques ombresiiu tableau, estime M.Miller.À Miami, surtout, plusieurs des derniers arrivants sont jeunes et sans attaches familiales.Us ne sont pas à l'abri des tentations de la rue.D'autant plus que l'embargo commercial contre Haïti a tait mal à plusieurs petites entreprises de Miami qui fournissaient autrefois des emplois aux nouveaux arrivants.Néanmoins, rien de cela ne justifie « l'étrange peur qui nous pousse à traiter les Haïtiens différemment de tous les autres groupes de réfugiés »», dit M.Miller « L'immigration haïtienne n'est pas un problème, ajoute-t-il.C'est une bénédiction.» PHOTOS RICHARD HÉTU.collaboration spéciale B 10 \u2022 LA PRESSE.MONTRÉAL.SAMED110 SEPTEMBRE 1994 X La CIA ne s'est jamais préoccupée sérieusement du Québec MARIE TISON Presse Canadienne TON B Officiellement, la CIA ne veut pas discuter de ses activités au Canada.»'^ Officieusement, on raconte que ragè
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.