La presse, 8 octobre 1994, B. Plus
[" \"t CAHIER Montréal, samedi 8 octobre 1994 f ¦\u2022 «Stt&ft \u2022 \u2022\u2022 \u20221 * f k J \u2022 ' 4 Éditorial Opinions MmaMa&wms&Bm* PHOTO RÇUTÉR i Ordre du temple solaire annonçait la fin du monde.Celle-ci s est produite prématurément pour une cinquantaine de ses membres, cette semaine.Le gourou de l'apocalypse Luc Jouret présentait le Québec comme une terre d'asile en prévision de cataclysmes imminents MARTIN PELCHAT Au début des années KO, en Martinique, pays du volcan de la montagne Pelée, un brillant conférencier, Luc Jouret, intéressait ses adeptes à un « ordre » encore peu connu et présentait le Québec comme une terre d'asile, en prévision de cataclysmes imminents dans les Antilles.Les efforts de recrutement de Luc Jouret pour l'Ordre du temple solaire finirent par attirer l'attention publique quand six familles inquiètes alertèrent l'antenne martiniquaise de l'Association de défense des familles et de l'individu ( ADFI ), un regroupement basé en France qui suit de près les activités des sectes.Ces familles demandèrent l'appui du responsable de l'ADFI de cette île des Petites Antilles, Lucien Zecler.parce que certains des leurs voulaient vendre tout ce qu'ils possédaient pour aller au Canada, participer à l'« Arche de survie » de Luc Jouret.Le projet était aussi connu là-bas sous différentes dénominations : la « ferme de survie », de Sainte-Anne-de-la-Pérade, ou « Archedia ».Selon M.Zecler, Jouret avait parlé à ses disciples de çrands cataclysmes qui devaient frapper les Antilles et la Martinique \u2014 où le volcan de la montagne Pelée.aujourd'hui assez calme, a détruit la ville de Saint-Pierre en 1902, y faisant près de 30 000 morts.Le Canada allait cependant échapper à la grande destruction prévue par Jouret.« Le Canada avait valeur de terre nouvelle », corrige pour sa part une Martiniquaise qui a connu Jouret en 1987 et adhéré ensuite à l'Ordre du temple solaire.Selon cette femme, qui est demeurée fidèle à la philosophie de l'Ordre, I ADR et les médias ont toujours eu tendance à simplifier le message du charismatique Jouret.L'Inde était apparue pendant un certain temps comme une terre fertile sur le plan de la « révélation spirituelle », mais « c'était un peu passé », dit-elle.Le message que les membres de l'Ordre retenaient, c'est que « le Canada était considéré comme devant prendre le relais de l'Europe ».La section martiniquaise de l'Ordre du temple solaire a connu des années fastes pendant les années 80.L'Ordre y possédait un domaine de quatre hectares où il réunissait parfois des adhérents de Suisse, de France ou du Canada.« Ils ont tenu des convents annuels qui regroupaient 300 à 400 personnes », de rappeler Lucien Zecler.Dès 1986, l'Ordre organisait aussi des « séminaires d'initiation » au Canada pour ses membres.Les fidèles martiniquais de Jouret \u2014 comme ses recrues suisses ou québécoises \u2014 étaient souvent des gens d'âge mûr attirés par les médecines alternatives et l'ésotérisme.Ils venaient là-aussi de divers milieux : du secteur paramédical, du fonctionnariat, des affaires.Séduire et convaincre « D'après ce qui nous était dit.Jouret était un nomme qui pouvait cristalliser un certain nombre de désirs non réalisés, un homme qui pouvait séduire et convaincre », d'expliquer M.Zecler, qui parle aussi de Jouret comme d'un « playboy ».Luc Jouret.qui pratiquait l'homéopa- F thie, vantait aussi aux couples helvétiques, souvent aisés, qu'il recrutait en Suisse, le « refuge » du Québec.Là-bas, ils échapperaient aux périls qui guettaient le monde ; ils étaient des « élus ».11 les attirait aussi avec un projet, plus terre-à-terre, de ferme écologique et d'agriculture biologique, à Sainte-Anne-de-la-Pérade, où l'Ordre avait acquis pour 235 000 $, en 1984, l'ancien domaine du Sacré-Coeur.La demeure plus que centenaire, rebaptisée le « Centre culturel du Domaine du Sacré-Coeur », avait comme vocation de « sensibiliser le ublic à la dimension universelle de Homme », disait un dépliant.Jouret animait aussi à l'époque les clubs Amenta, également présents en Suisse ( Genève ) et en France ( Bordeaux, Brest etc.), où il réunissait entre autres des adeptes du végétarisme, de l'homéopathie et de l'acupuncture.L'Académie du temple solaire pour la recherche et l'étude des Hautes sciences, créée en 1987 et basée elle aussi à Sainte-Anne, était d'une autre mouture.Le formulaire d'adhésion comportait ces précisions : « Libre de toute contrainte et sans préjugés, je m'engage à participer par mon action tant concrète que spirituelle au sein de l'Ordre, par le versement régulier de mes cotisations, à la Vie et aux buts élevés et altruistes de l'Académie.Au cas où mon affiliation cesserait, quelle qu'en soit la raison, je m'engage à retourner tout document appartenant à l'Académie et à garder le silence absolu quant à leur contenu.» Rose-Marie Klaus et son mari ont quitté Fnbourg, en Suisse, en août 1986, pour vivre à Sainte-Anne-de-la-Pérade.Guéri par Jouret de ce que ce dernier disait être un cancer, M.Klaus y est devenu, avec sa femme, actionnaire de la Société agricole 81 Itée.En 1988, leur investissement dans cette société associée à l'Ordre s'élevait à près de 300 000 S.Cette année-là, Luc Jouret a prédit rien de moins que la fin du monde, raconte Mme Klaus, qui a quitté l'ordre avec fracas au début des années 90.après avoir dénoncé l'utilisation faite des capitaux.( Elle a aussi divorcé d'avec son mari et vit maintenant en Suisse.) Les fidèles ont alors vidé leurs comptes de banque, construit des abns, et constitué des réserves de nourriture, dit-elle.Selon Mme Klaus.Albert Giacobino, tué cette semaine en Suisse d'une balle dans la tête, était le principal bâilleur de fonds de l'Ordre à Sainte-Anne-de-la-Pérade.En 1989, quand l'OTS a envoyé Mme Klaus et sa famille vivre quelque temps sur une autre ferme de l'organisation à Perth.en Australie, c'est Albert Giacobino qui a payé leurs billets d'avion.Premiers ennuis de Jouret Au début des années 90.les choses ont commencé à mal tourner pour Luc Jouret, tant en Martinique qu'à Sainte-Anne-de-la-Pérade.Dans les Antilles, la campagne publique de l'ADFI \u2014 qui dénonçait notamment le discours apocalyptiuue de Jouret \u2014 avait fait très mal à l'OTS.Jouret a cessé de s'y rendre et ses disciples n'ont à peu près plus fait parler d'eux.« Depuis 1991, ils sont plus ou moins en sommeil, explique Lucien Zecler.Nous pensons aussi qu'ils ont de graves difficultés financières en Martinique » Pour Luc Jouret.«le Canada avait valeur de terre nouvelle ».Au Québec, à la même époque, Jouret aurait été carrément écarté du groupe de Sainte-Anne-de-la-Pérade, qui connaissait de plus des difficultés avec ses projets agricoles.C'est du moins ce que faisait savoir l'an dernier le leader du groupe de Sainte-Anne, Robert Falardeau, un fonctionnaire de Québec qui a aussi péri, cette semaine, dans les événements tragiques de Suisse.Dans un communiqué publié le 17 mars 1993, soit après que la Sûreté du Québec eut lancé contre Luc Jouret un mandat d'arrêt dans une affaire d'armes prohibées, l'Ordre précisait que « depuis 1990.monsieur Jouret n'avait d'autres liens avec l'Ordre que celui de membre du conseil d'administration », lequel siégeait une fois par année.Un avocat de Québec mandaté alors par l'OTS.Me Jacques Larochelle, avait ajouté que si l'OTS s'était dissocié de Jouret, c'était en raison du « caractère excessif ou démesuré » de certaines des conférences de l'homéopathe.«< Il faisait certains pronostics trop précis sur des choses qui devaient se passer, expliquait l'avocai.On trouvait qu'il allait trop loin dans ses certitudes.» Si Jouret était demeuré au conseil d'administration jusqu'à sa démission, le 7 janvier 1993, c'était par « diplomatie » envers lui, expliquait-on.« On a essayé de l'écarter sans le blesser.» Au cours d'une subséquente interview téléphonique avec La Presse.le successeur de Jouret à la tête de l'ordre, Robert Falardeau, avait été un peu plus explicite : « Luc est un chic type, mais il est dur à contrôler.» Le communiqué de l'an dernier de l'Ordre précisait aussi que les membres de l'OTS et les membres de l'ARCHS ( Académie de recherche et de la connaissance des Hautes sciences ) n'étaient pas les mêmes.Si l'OTS faisan allusion à l'ARCHS.une association « économico-ésotéri-que », c'est que c'était au sein de cette association que Luc Jouret déployait ses efforts de recrutement au Quénec depuis 1990.En 1990 et 1991, Luc Jouret recrutait beaucoup dans les milieux d'affaires québécois.Les buts de l'ARCHS : « consti- tuer un réseau de leaders qui sont en recherche et qui sont intéressés à acquérir une connaissance opérative provenant de la Haute science et à partager autour de travaux concrets afin d'appliquer cette synthèse dans leur milieu ».Le Sphinx et le chaos Un séminaire d'octobre 1991 de l'ARCHS, animé par Jouret.portait sur « l'entreprise et le chaos ».Un mois plus tôt, les Editions Atlanta annonçaient dans le magazine d'inspiration Nouvel Age Guide Ressources une conférence de Jouret intitulée « Le Sphinx, le Christ et l'Homme nouveau ».Un des collaborateurs de Jouret dans l'ARCHS était Jean-Pierre Vinet, cadre à Hydro-Québec.Depuis 1988.Jouret avait donné plusieurs conférences à des employés de cette société d'État, sur des thèmes comme le « sens de la vie et de la réalisation de soi ».Selon Hydro-Québec, 36 de ses employés avaient aussi assisté « à leur initiative personnelle » à des conférences données par Luc Jouret, soit dans des salles publiques, soit à Sainte-Anne-de-le-Pérade, soit à Saint-Sauveur, dans les Laurentides, où l'ARCHS disposait d'un luxueux siège social d'une valeur de 700 000 $, rue Lafleur.Cette résidence, où la SQ a saisi l'an dernier beaucoup de paperasse, mais pas d'armes, est le siège social des Projets Samassamox, qui exploitent des « bâtiments résidentiels et logements ».Le président en était encore, selon le dernier rapport annuel, celui de 1993, Joseph Di Mambro, que certains présentent comme le vrai leader de l'Ordre du temple solaire en Suisse, et dont l'épouse aurait aussi péri dans le carnage, affirmaient des médias européens hier.Le secrétaire de Samassamox était M.Albert Giacobino.Une enquête interne menée par HydroQuébec en mars et avril 1993 avait conclu que 15 de ses employés étaient ou avaient été membres de l'Ordre du temple solaire ou de l'ARCHS.On les retrouvait majoritairement dans cette dernière organisation.Un ancien membre du conseil d'administration de l'ARCHS a expliqué l'an dernier à La Presse que l'association avait tenu un maximum de huit séminaires.Le manque de disponibilité de Jouret, souvent parti en Europe, et le manque d'assiduité des participants, avaient eu raison de l'ARCHS, selon cette source.Mais c'est l'intervention spectaculaire de la SQ de mars 1993 qui a vraiment sonné le glas des activités officielles de Jouret au Québec.Présenté alors par la police comme « le gourou de la secte de l'Ordre du temple solaire », Jouret était recherché pour complot pour l'achat d'armes, dont un silencieux.Selon la SQ, la secte s'armait en prévision de la fin du monde.Jean-Pierre Vinet fut pour sa part inculpé, tout comme Herman Del orme, un agent d'assurances membre de l'ARCHS.Les trois hommes ont finalement plaidé coupable, au cours de l'été 1993.à des accusations réduites et ont bénéficie d'une absolution conditionnelle, le tribunal ayant conclu qu'ils avaient acheté ces armes à des fins défensives.Luc Jouret est aussitôt rentré en Europe, tandis aue Jean-Pierre Vinet se voyait forcé par Hy-dro à prendre sa retraite.M.Vinet, qui est par la suite demeuré en contact avec Luc Jouret et avec l'épouse de Joseph Di Mambro.est parti en voyage en fhîrope, il y a un mois, avec sa compagne Pauline.Il n'a pas donné de ses nouvelles depuis la découverte du carnage en Suisse.Son avocat et ami depuis une trentaine d'années, Denis Boudrias, est de plus en lus pessimiste à son sujet, à mesure que e temps passe et que la famille reste sans nouvelles.De plus.Annie, la belle-fille de Jean-Pierre Vinet, qui demeure en Suisse, est introuvable elle aussi.r< Avocat sceptique Me Boudrias craint qu'ils n'aient eux aussi péri, comme Robert Falardeau et la journaliste Jocelyne Grand-Maison, et comme le maire de Richelieu, Robert Os-tiguy, et sa femme.Mais l'avocat montréalais pense que si son ami Jean-Pierre Vinet est mort, il ne s'est sûrement pas enlevé la vie.« Je reste convaincu qu'il n'y a pas de suicide collectif dans ça », affirmait Me Boudrias hier.« 11 y a des sectes, des groupes, où on sent que la mort est vue comme une délivrance.Ce n'est pas le cas de ces gens«là.J'ai plus l'impression qu'on a voulu camoufler autre chose.» Bien qu'ébranlé par les événements de l'an dernier, Jean-Pierre Vinet.que Me Boudrias décrit comme un homme jovial, un optimiste, « s'était relevé de ça Il venait d'ailleurs d'emménager dans une nouvelle maison en banlieue de Montréal, et avait mis grand soin à la décorer avec sa compagne.« Je ne sais pas quoi penser », dit Denis Boudrias.Rose-Marie Klaus ne croit pas, elle non plus, à la thèse du suicide collectif.« Pour moi.les gens ne savaient pas qu'ils allaient mourir ».dit-elle.Lucien Zecler est quant à lui peu surpris par un tel dénouement.« Depuis qu'on a créé l'antenne de l'ADFI en Martinique ( 1984 ).il y a eu la Guyana.Waco.dit-il.L'expérience que nous avons de ces choses-là prouve que tôt ou tard, elles se terminent par un drame >» Quant à la disciple martiniquaise de Jouret interviewée par La Presse.elle ne voit rien dans sa propre expérience de l'Ordre du temple solaire qui annonçait ces morts tragiaues.« Au contraire, c'était la défense de la vie ».dit-elle.Elle ne croit pas à l'hypothèse des exécutions.de plus en plus accréditée.Ce ne peut-être, à son avis, qu'un suicide collectif. compris les plus farfelues, ont été essayées, de la souveraineté-associa-tion de Lévesque et du livre beige de Claude Rvan aux accords de Meech et de Charlottetown en passant par ce monument d'irrauonnalité qu'était le rapport Allaire.Elles ont toutes échoué, non pas seulement à cause de la mauvaise volonté des « Anglais ».mais parce que chacune engendrait de nouveaux problèmes, tous plus épineux les uns que les autres, et aurait conduit à un système encore plus bancal que celui qu'on a.Les politiciens, pressés qu'ils étaient d'en arriver a une entente, n importe laquelle, n'en ont guère parlé, mais le fait est que chacune de ces solutions mitoyennes risquait de constituer, pour les Québécois, un marché de dupes susceptible d'atténuer le pou\\oir réel dont ils disposent au sein de la fédération sans par ailleurs leur permettre de bénéficier des avantages de la souveraineté.=r- ** S'il y a référendum en 1995, il est infiniment probable que les Québécois auront à choisir entre, d'une part.I indépendance ( sans garantie d'association ) et le statu quo ( sans garantie de réforme constitutionnelle ).Ce n'est peut-être pas le choix dont plusieurs rêvent, mais au moins cela donne au Québec la chance de choisir entre deux options qui ont chacune des inconvénients sérieux, certes, mais aussi d'inestimables avantages.C'est mieux que de vivre dans un système où l'on aurait les désavantages de l'indépendance sans les avantages de l'indépendance, et les désavantages du fédéralisme sans les avantages du fédéralisme.Autrement dit, ou l'on reste dans la maison ancestrale mais à titre d'occupant de plein droit : on l'habite au complet, il n'y a pas de zone interdite, mais on n'est pas seuls à décider de la marche de la maison.( Notre voix compte, cependant, et nous avons plus souvent qu'à notre tour le contrôle du conseil d'administration.) Ou l'on se bâtit une maison à côté, que nous administrerons tout seuls, à notre goût La copropriété ou la maison unifanulialc.Des deux côtés, il y a des avantages et des inconvénients.Le pire \u2014 c'est ce que proposaient, mutatis mutandis.toutes les ébauches de « troisième voie » \u2014 serait de rester dans la maison ancestrale, mais comme occupant de seconde classe, marginalisé, relégué dans une aile « spéciale » où l'on ferait ce qu'on veut, mais avec peu de pouvoir sur la gestion générale, ou alors de se replier dans un bâtiment annexe tout en devant négocier interminablement le partage de la cuisine et du jardin * * * Pourtant, ce rêve d une « troisième voie \u2022> continue de flotter, incarné au premier chef par la formation du jeune Mario Dumont.lequel, fidèle héritier de la tradition allainste, n'en finit plus de jongler avec ces misérables coquilles sèches que sont les mots vidés de leur contenu.Ces jeux de mots charrient le vieux rêve d'un Québec indépendant dans un Canada uni.un rêve fou.irréalisable.qu'ont trop longtemps alimenté les élites politiques du Québec.Jacques Parizeau et Daniel Johnson, tous deux porteurs d'options claires et logiques, ont ramène la ration -nalité dans ce débat.C'est, pour l'un comme pour l'autre.un parti très risqué, mais qui au moins fera sortir le Québec des sables nious où il s'enlisait aveuglément C'est aussi un pari qui rend sa dignité à l'éleciorat, en le forçant à regarder la réalité en face LA PRESSE.MONTRÉAL, SAMEDI 8 OCTOBRE 1994 PLUS PHOTO JOONEO KHAN « Quand ils applaudissent les Gis qui investissent des repaires putschistes ou qui arrêtent des poflcters et des attachés, c'est la justice que les Haïtiens applaudissent ».estime un sociologue haïtien.L'Empire du Bien a besoin d'un triomphe en Haïti JOONEED KHAN Avec le débarquement militaire américain, l'espoir est revenu en Haïti.Le putsch sanglant de septembre 1991, ourdi par T armée liée à l'extrême droite et à l'ancienne administration Bush, ne l'avait pas exilé, mais il l'avait brutalement reloulé.Trois années de répression sans quartier l'enterrait toujours un peu plus, zom-hitié, sous une chape de terreur où il survivait en suspension animée, comme La Presse avait pu le constater en 1992 et 1993.Mais le débarquement de septembre 1994,\tdécidé par la nouvelle administration Clinton en guise de « Soutien à la démocratie » en Haïti, a rompu le charme narcoterroriste et militaro-macoute qui tenait en otage les sept millions d'habitants de ce pays.Le redéploiement de l'Empire Les implications de cette initiative sont multiples.Narguée dans son arrière-cour il y a un an par les attachés qui refoulèrent le Harlan County, la superpuissance états-unienne a réaffirmé sa suprématie, comme elle se devait de le faire, en vue de son redéploiement global dans le monde post-Guerre froide.Du coup, le président Bill Clinton, jeune démocrate handicapé par une réputation de pacifiste, réussissait son baptême du feu \u2014 aidé par un Jimmy Carter décidé à faire oublier sa propre ineptie militaire passée en signant un accord-piege avec les putschistes.En vue de ce redéploiement, l'équipe Clinton-Carter a adopté une approene « trilatéraliste » \u2014 du courant politique des années 1970 postulant une gestion mondiale fondée sur la démocratie, le droit et le partenariat : le débarquement en Haïti se fondait sur des résolutions de l'OEA et de l'ONU et, pour la première fois, la superpuissance US se rangeait avec la majorité pro-démocratique d'un pays pauvre contre ses bourreaux putschistes.Ce n'est donc pas l'unilatéralisme américain à la Reagan-Bush.Mais ce n'est pas non plus le multilatéralisme onusien dont rêve le Canada.Les « Forces multinationales » qu'attendaient voir fi les bérets bleus de l'ONU étaient jusqu'à mardi exclusivement US ; et les nouveaux arrivants sont quelques centaines à peine, entraînés et encadres par le^ États-Unis, face à 20 000 soldats américains ! Et c'est en Haïti que les USA s'efforcent désormais d'exorciser leur « syndrome vietnamien » : leur nouvelle armée multi-ethnique, comportant beaucoup de eunes Noirs, Hispaniques, Asiatiques, et aucoup de femmes, est traitée avec circonspection, mais aussi avec chaleur, par le peuple haïtien.Ce n'est ni le Koweït, ni la Somalie, ni la Rwanda.En Haïti, le peuple a déjà élu un gouvernement, et les Etats-Unis viennent le rétablir contre le gré de ceux qui l'ont renversé par la force.Des effets étonnants sur l'apartheid haïtien Ce revirement du rôle traditionnel de l'Oncle Sam a des effets pour le moins étonnants au niveau de l'apartheid haïtien, où la force, règle d'or du système, intervenait cette fois contre les plus forts.« Cédras, Biamby, Michel-François, les macoutes, les attachés ne croient qu'à la force et ne respectent que la force.Face aux Américains, ils ne pouvaient que plier », commentait cette dame de Pétionville devant la tournure des événements.« En Haïti, tout est rapport de forces.L'arrivée des Américains pour rétablir la démocratie et restaurer Aristide a fait basculer le rapport de forces en faveur du peuple, et celui-ci l'a très vite compris », a déclaré un journaliste haïtien.Si bien que les putschistes, qui jusque-là défiaient Washington tout en se drapant de la Bannière étoilée \u2014 c'est Clinton qu'ils narguaient, avec des clins d'oeil aux républicains \u2014, se sont mis à dénoncer « l'occupation américaine » avec des accents castristes ! Un « Comité patriotique » a accusé l'armée US d'avoir « planifié l'opération du Cap-Haïtien pour livrer la ville aux froupes Lavalas ».Dans le rapport sur opération où il se démet comme commandant du Nord, le colonel Claudel Jo-saphat en dit autant.À Port-au-Prince, le « président de facto » Emile Jonassaint, le « sénateur illégal » Dejean Bélizaire ainsi que l'avocate Mireille Durocher-Bertin « travaillent » le thème anti-américain en accusant Washington de violer ses engagements, de s'ingérer dans les affaires d Haïti et de pousser le pays vers la guerre civile.La méfiance populaire L'adhésion du peuple haïtien à l'intervention US n'est pourtant pas inconditionnelle.Haïti est après tout la 2e République libre de l'hémisphère.Son peuple se définit d'abord en fonction de son indépendance conquise sur ses maîtres esclavagistes.Et la 1ère occupation US, de 1915 à 1934, a laissé d'amers souvenirs.Au plus fort des mitraillages du FRAPH contre les manifestants au coin des rues de l'Enterrement et du Champ-de-mars, la famille pauvre qui nous avait cachés, une journaliste haïtienne et moi, n'était pas d'accord sur le rôle US.« Je te l'avais bien dit ; ça prouve que les Américains sont là pour le Môle Saint-Nicolas, pas pour nous protéger », rageait l'adolescent de fils.« Tais-toi, clamait la mère.Sans eux, nous serions tous déjà morts.» La nouvelle intervention US a souffert, et souffre encore, des prudences tactiques de Washington : l'appui du camp démocratique acquis, l'administration Clinton ne veut pas s'aliéner totalement le camp putschiste.Pour deux raisons : éviter des affrontements sanglants qui peuvent coûter la vie aux Gis, et préserver autant que possible des contre-poids au camp Lavalas ( pro-Aristide ).Ce qui explique l'ambiguïté de l'accord de Port-au-Prince ; la passivité des Gis devant l'agression mortelle de la police contre un marchand de cocos le 20 septembre ; l'absence totale des Gis à la marche du 30 septembre, 3e anniversaire du putsch, bloquée par les tireurs du FRAPH ; l'encadrement US de la conférence de presse du chef du FRAPH, Toto Constant, mardi au Champ-de-mars.Les optimistes retiennent à ce jour l'instauration croissante de la sécurité et de la normalité en Haïti ; le retour du Parlement légitime ; la réinstallatiçn du maire Evans Pai dio-télévision d'Etat ; la décapitation des la ra- latior libération de la iécapit Dhistiqi nouvelle mafia narco-milita ire ; la prise lu) ; la lib l'Etat ; la Ninjas, la milice ultra-sophistiquée de la lilitaire ; la prise du bar Normandie rue du Champ-de-mars.siège du FRAPH ; la saisie d'armes diverses sur des bases de l'armée et de la police, et sur les grandes propriétés ; et la fuite en république Dominicaine du colonel Joseph Micnel-François, chef de la police.Mais les pessimistes signalent que les autres leaders du putsch, notamment les généraux Raoul Cédras et Philippe Biamby, ainsi que Jonassaint lui-même, restent en place ; que le Palais national et le Grand quartier général de l'armée ne sont pas encore libérés ; et que le ménagement dont font preuve les Américains envers les tueurs, dont Toto Constant, augure mal pour l'avenir.Le retour d'Aristide L'avenir, pour l'instant en tout cas, passe par le retour et la réinstallation du président Aristide La « conversion » de Constant, montée en spectacle par le service de presse US au pied de la statue de Toussaint Louver-ture, visait sans doute à faire comprendre à Cédras.Biamby et Jonassaint, campés autour, que les carottes putschistes sont cuites.Surtout que Constant, qui exigeait tout récemment l'expulsion de Stanley Schra-ger, chef de l'USIS, a dit : « La réalité, c'est le retour d'Aristide en Haïti » \u2014 donnant un autre tour d'écrou dans la stratégie US de strangulation du régime putschiste.Mais ce dénouement hollywoodien si-gnifie-t-il que les Américains vont donner unilatéralement l'absolution aux puts-chistes repentis \u2014 alors que le gouvernement Mal val n'a même pas encore soumis le projet de loi d'amnistie à l'examen du Parlement ?En fait, le gouvernement Malval refuse de se manifester tant que dure l'équivoque Jonassaint.Le général Jean Béliotte, ministre de la Défense de Malval, a bien été chargé par Aristide de mener la « transition » en vue de son retour, mais de vives consultations sont en cours pour la désignation d'un nouveau premier ministre \u2014 et d'autres noms sont évoqués, dont ceux de Lesly Delatour, Mane-Mi-chèle Rey et Leslie Voltaire.La date du retour d'Aristide elle-même reste inconnue.William Perry, chef du Pentagone, a dit « après le 15 octobre ».À l'ONU, Aristide parlait mardi du 15 octobre.De toute façon, soulignent de nombreux Haïtiens, Aristide va revenir solidement encadré par l'armée US, et par les exigences du FMI et de la Banque mondiale.S'attardant sur les affrontements interhaïtiens tolérés par les Gis tant au Cap-Haïtien qu'à Port-au-Prince, alors que l'USIS observe le mutisme total sur la situation à Port-de-Paix et aux Cayes, les pessimistes estiment qu'au mieux Washington cherche à s'incruster en Haïti, et qu'au pire il pourrait invoquer le chaos pour retarder indéfiniment le retour d'Aristide.L'enjeu américain Or, le retour physique d'Aristide est devenu essentiel au succès de l'opération « Soutien à la démocratie ».Reste à savoir quand.Pour Clinton, qui joue sa majorité démocrate au Congrès dans un mois, et donc ses propres chances de réélection en 1996, l'enjeu politique reste énorme.Un October surprise peut intervenir contre lui, sous la forme de Gis tués en Haïti et les corps montrés à la télévision, ou, plus tragiquement, celle de l'assassinat d'Aristide après son retour.Il reste encore un mois jusqu'aux élections US, et la stratégie haïtienne de Clinton peut donc encore s'écrouler.Plusieurs Haïtiens n'écartent pas d'ailleurs que les Américains se contentent de leur stratégie actuelle d'asphyxie tranquille du régime putschiste, et'attendent après les élections du 8 novembre pour ramener Aristide en Haïti.Mais que les impératifs du redéploiement américain selon Clinton exigent désormais le retour physique d'Aristide en Haïti, cela ne fait plus de doute.Tout comme ces mêmes impératifs exigent des utschistes qu'ils se recyclent au plura-isme politique \u2014 ce que seul Toto Constant, solidement ébranlé il est vrai, semble avoir compris jusqu'à présent.Fort de l'arsenal nucléaire, militaire, financière, bancaire, technologique, industrielle, culturelle ( Hollywood, télé, musique pop ) pour étendre sa suprématie globale, la superpuissance US recherche en Haïti l'instrument stratégique qui lui fait défaut : l'autorité morale pour devenir l'Empire du Bien.Voilà pourquoi l'espoir est revenu en Haïti.Il faut maintenant qu'Aristide, exilé lui depuis trois ans, revienne, ramenant la légitimité démocratique, les institutions, la vie politique.Et la vie tout court, grâce à la Minuha chargée de rétablir les services de base \u2014 eau.électricité, téléphone, routes, écoles, hôpitaux.Avec, à terme, un nouvel ordre régional de démocratie et d échanges incluant Haïti, la république Dominicaine et Cuba.F, Une pomme de discorde : l'amnistie JOONEED KHAN our se développer, Haïti a besoin de stabilité politique, qui ne peut venir que de la réconciliation nationale après les clivages des trois dernières années, d'où la nécessité d une amnistie pour les auteurs du coup d État, raisonnent les Américains.Il ne peut y avoir réconciliation sans lustice, répliquent les adherents du camp démocratique, car s'il y a impunité pour les crimes commis sous le règne putschiste, les familles des victimes nsquent de se luire justice elles-mêmes et Haïti ne sera guère plus avancé au chapitre de la stabilité.C est en ces termes politiques que se pose ces jours-ci le débat sur l'amnistie en Haïti, controverse remise à l'ordre du jour par l'accord de Port-au-Prince, du 18 septembre 1994, qui stipule que les chefs oufvrhiquitteront le pouvoir qu une « amnistie générale » aura été votée par le Parlement La question reste académique tout de même puisque le même accord précise que les chefs putschistes, que l'on appelle seulement « certains officiers militaires des Forces d'armée d'Haïti », se retireront au plus tard le 15 octobre, que l'amnistie soit adoptée ou non.Une amnistie « politique » Le président Jean-Bertrand Aristide a bien convoqué le Parlement en session extraordinaire pour examiner sept projets de loi, dont un relatif à l'amnistie, et l'Assemblée s'est réunie en bonne et due forme à Port-au-Prince sous la protection de l'armée US.Mais ce n'est que ce mercredi que le ministre de l'Intérieur du gouvernement Malval, René Prosper, qui cumule le portefeuille de la Justice depuis l'assassinat du ministre Guy Malary, il y a un an, a déposé le projet de loi d amnistie.Le projet se contente de modifier une loi d'amnistie de 1860 pour dire que « le droit d'amnistier accordé par la Constitution au chef de l'Etat s'exerce en matière politiaue seulement » et que « l'amnistie peut être prononcée avant ou après les poursuites e! même «pr^s les condamnations par contumace ».On est loin de l'« amnistie générale » voulue par les putschistes pour eux-mê-mes et leurs complices militaires et ci- vils.Le projet, examiné séparément par la Chambre des députés et le Sénat, était jeudi soir par la Chambre, où le camp légitimiste détient adopté tel quel epui dès une confortable majorité.Le Sénat, où le camp putschiste dispose d'une meilleure marge obstructionniste, a adopté le même texte hier.Mais si amnistie il y a, elle ne sera que « politique ».Serges Gilles, chef du Panpra ( socialiste ayant collaboré avec le régime putschiste ) et « sénateur illégal » du 18 janvier 1993, souhaite une « amnistie générale, comme en Argentine après Raul Alfonsin, comme au Chili, comme au Salvador avec la Commission qui fit la vérité sur les crimes des deux camps ».Quant aux familles des victimes, dit-il, « qu'on leur accorde des compensations, afin d'éviter un cycle de revanches permanentes et de déstabilisation permanente, et de permettre au gouvernement de remettre Haïti vraiment sur les rails de la démocratie ».Les parlementaires pro-putschistes.sénateur Bernard Sansarirn rî le H^nut^ Franz Robert Monde, entendent élargir le projet d'amnistie déposé mercredi.A défaut de quoi, on s'attend à ce qu'ils contestent à nouveau la légitimité du Parlement en ressassant la controverse du quorum.Les ténors du camp légitimiste, comme les députés Ernst Pédro Casséus fc et Patrick Norzéus, et les sénateurs Fir-min Jean-Louis et Turneb Delpé, soutiennent, eux, qu'une loi d'amnistie générale telle que réclamée par les putschistes est une impossibilité.« Non seulement nous faut-il respecter les droits des tiers de demander justice, dit Delpé, il nous faut aussi fermer la porte aux putschistes futurs.Or, une loi a un caractère général.Nous ne pouvons as placer les putschistes au-dessus des ois.» Le président Aristide, en tout cas, a rappelé qu'en vertu de l'article 147 de la Constitution, il a déjà signé un décret d'amnistie ( politique ) dès juillet 1993, c'est-à-dire tel que stipulé dans l'accord de l'île des Gouverneurs.L'actuel projet de loi ne vise qu'à formaliser cela.« Amnistie limitée », dit la Maison-Blanche La Maison-Blanche a de son côté fléchi quelque peu la semaine dernière en estimant pour la première fois qu'une « amnistie limitée * pouvait être envisagée pour les putschistes.Dès la signature de l'accord de Port-au-Pnnce, Pierre Sané, secrétaire général d'Amnistie internationale ( Al ) affirmait qu'une « amnistie générale » ignorait les droits de l'homme, car elle accordait « l'impunité aux responsables de violations » et rendait « difficile une solution à long terme de la crise », car elle laissait « les tortionnaires et assassins hors d'atteinte ».À Montréal, le Centre international des droits réunissait le week-end dernier un panel sur les droits en Haïti pour « donner la parole à ceux qui s'élèvent contre l'impunité des responsables » des plus de 3000 assassinats et autres violations graves depuis trois ans dans ce pays.En Haïti, La Presse a interrogé des hommes et des femmes des couches pauvres ayant perdu des proches, dont des proches ont été battus, torturés, violés, ou qui eux-mêmes ont subi des sévices, durant la répression putschiste.Ils étaient unanimes : il faut que justice soit faite.« Quand ils applaudissent les Gis qui investissent des repaires putschistes ou qui arrêtent des policiers et des attachée, c'est la justice que les Haïtiens applaudissent », notait un sociologue haïtien.« En Haïti, les Gis jouent le rôle du shérif droit venu défendre les honnêtes gens contre les gangsters.La justice est au centre du succès de l'intervention américaine.Elle est aussi au centre des préoccupations du peuple haïtien ».ajoutait-il.f ?LA PRESSE.MONTRÉAL, SAMEDI 8 OCTOBRE 1994\tB5 PLUS Des groupes armés incontrôlés et antl-Aristlde ont tiré sur la foule, ils risquent de continuer a harceler la force d'intervention.cherchant à creer le chaos.PHOTOS JOONED KHAN.Li Presse Rassurés par la présence des militaires américains, accueillis comme des libérateurs, les partisans d'Aristide n'ont pas tardé à manifester dans les rues de Port-au-Prince Une phase cruciale pour la démocratie haïtienne CLAUDE MOÏSE Historien, l'auteur vient de publier un nouvel ouvrage sur Haïti « Une constitution dans la tourmente » LW intervention massive et méthodique des forces armées américaines met fin aux tergiversations, aux esquives des putchistes, aux spéculations de toutes sortes.Elle marque un tournant qui annonce la restauration effective de la légalité constitutionnelle et le retour d'Aristide à la présidence.Et surtout, elle libère le peuple de la terreur des putschistes, fait naître l'espoir d'un soulagement prochain des souffrances énormes imposées par l'embargo.La présence américaine crée ainsi de nouvelles conditions politiques de la relance du processus de développement et de démocratisation en Haïti.Mais elle ouvre aussi une période d incertitudes.L'opération baptisée « Soutien à la démocratie » atteint aujourd'hui une étape cruciale et délicate.Passés les premiers moments d'euphorie, les difficultés d'organisation de la vie quotidienne et de la normalisation de la vie générale reprendront le dessus.Elles se compliqueront de !a persistance des conflits sociaux et politiques, des problèmes dus à la destruction de pans entiers de l'économie nationale, à la faillite de l'État, à la dégradation de l'appareil administratif, aux rancoeurs tenaces, à la tentation de revanche, à la tradition haïtienne de justice expéditive après les renversements des pouvoirs dictatoriaux ( le déchoucage ).L'insécurité ne sera pas la moindre des difficultés.On doit s'attendre à ce que des groupes armés incontrôlés harcèlent la force d'intervention, cherchent à déstabiliser, à créer le chaos.L'instabilité ainsi entretenue dans le pays, les actes de violence contre les militaires américains et des journalistes étrangers renforceraient l'hostilité de l'opinion publique américaine face à la décision du président Clinton de faire intervenir son armée en Haïti.L'extrême droite américaine et l'opposition républicaine ne manqueraient pas de tirer à boulets rouges sur un président Clinton déjà affaibli politiquement.Telle pourrait être la stratégie des militaires haïtiens et de leurs alliés, qui ne renoncent pas à lutter contre la restauration de l'ordre constitutionnel.Et s'ils ne parvenaient pas à enrayer le processus, compte tenu de la détermination américaine et de l'ampleur des moyens engagés, ils pourraient adopter une position de repli, faire le mort en attendant des jours propices.En maintes occasions depuis 1986.ils ont montré qu'ils savaient attendre leur heure et repartir à l'attaque après une période d'accalmie.De leur côté, les forces américaines accueillies en libérateurs par le peuple sont contraintes de faire vite et bien, de procéder en douceur et avec fermeté à la fois pendant qu'elles bénéficient encore de la ferveur populaire.Elles vont tenter d'amadouer d'un côté la police haïtienne actuelle pour qu'elle coopère à des tâches de police qu'elles ne pourraient accomplir avec le maximum d'efficacité et, de l'autre, elles chercheront à convaincre les leaders lavalassiens sur le terrain d'éviter les rassemblements populaires dont pourraient profiter les provocateurs.Bien entendu, ce ne sont pas les militaires haïtiens évincés qui vont les aider, ni non plus les radicaux anti-impérialistes.Pour ces derniers d'ailleurs, l'intervention américaine est une occupation en bonne et due forme à des fins impérialistes qui n'ont rien à faire avec le processus de libération du peuple haïtien.La sécurité publique Dans ces conditions, les Américains alliés aux légitimes, ont besoin de résultats rapides auant à la normalisation constitutionnelle qu'ils recherchent et qui constituent l'objectif principal de l'opération couverte par la communauté internationale.Il s'agit en tout premier lieu du rétablissement de la sécurité publique.Mais le temps de formation et de mise en condition d'une nouvelle force de police peut être plus ou moins long.La situation est très délicate pour des Américains qui tiennent à éviter la confrontation, mais qui par la force des choses ne peuvent couvrir les pratiques policières haïtien- créer tant de difficultés pour la simple raison qu'elle ne saurait outrepasser l'article 147 de la Constitution qui accorde exclusivement au chef de l'État le privilège d'accorder l'amnistie en matière politique et conformément à la loi.Or la loi actuellement en vigueur, qui remonte à 1906, sauvegarde les droits des tiers.Rien n'empêcherait le président, comme cela s'est déjà produit en maintes circonstances historiques, d'émettre un décret limitatif, qui définit la nature et le temps de commission des délits pour lesquels l'amnistie est accordée.Que les législateurs, pour confirmer un accord politique, veuillent abroger la loi de 1906 pour la rendre plus conforme par exemple, rien ne s'y oppose pourvu que la nouvelle législation soit conforme à la Constitution.Dans le cadre du rétablissement de la légalité constitutionnelle, le rappel de Malval ne devrait pas non plus faire problème puisque son gouvernement est le seul légitime, même s'il est démissionnaire.Son retour au gouvernement comme le retour d'Aristide à la présidence constituera un acte éloquent de confirmation de la normalité constitutionnelle restaurée.Le chef de l'État, en concertation avec les présidents du Sénat et de la Chambre des députés, aura par la suite toute la latitude pour proposer un nouveau gouvernement au Parlement.Une fois rétablis le ouvoir exécutif et le pouvoir législatif, a question de la formation d'un nouveau Conseil Électoral pourra être abordée.De même, un commandant en chef de l'armée haïtienne et un nouveau chef de police pourront être nommés, ce dernier conformément à la Loi sur la création de police, dont le projet est probablement inscrit au feuilleton des Chambres législatives.Tout le programme législatif et le dispositif politique peuvent être bouclés dans un délai qui ne devrait pas dépasser très largement le 15 octobre si nous tenons pour acquis que les services de la présidence s'y étaient préparés ( projets de loi, consultation avec les groupes par lementaires, etc.) Mais, les affaires tiques haïtiennes ne sont jamais en dépit de la limpidité des normes.- luttes de pouvoir ne font pas dans la dentelle.P£ A moyen terme, il faut redouter la prochaine et très importante échéance électorale annonciatrice de compétitions chaudes dont les effets pervers se feront sentir au sein même de la coalition triomphante à l'abri des forces d'interposition.Le pays ne sera même pas encore délivré du traumatisme du sanglant coup d'Etat qu'il faudra subir les conséquences des luttes de factions.Mais puisqu'il importe de rétablir la légalité constitutionnelle, objectif pour lequel les démocrates se battent depuis trois ans, il faudra respecter les délais imposés par la Charte et aller aux urnes.Dès le mois de décembre, les électeurs haïtiens seront appelés à renouveler la composition des collectivités territoriales ( sections communales, mairies et départements ), la Chambre des députés et les deux tiers du Sénat.Même sous tutelle et malgré la force imposante des troupes étrangères, les questions de sécurité ne seront pas résolues du jour au lendemain.11 est permis de redouter une résurgence des susceptibilités nationalistes et une exploitation à outrance du sentiment national par ceux qui sont écartés du pouvoir ou qui n'espèrent jouer un rôle politique significatif dans le cadre d'un régime démocratique effectif.Sans vouloir jouer les Cassandre.nous pensons qu'il ne manque pas de raison> de s'inquiéter pour ceux qui sont appeles à assurer la relève du pouvoir en Haïti, qui doivent faire face au jeu compliqué des différents acteurs nationaux et étrangers.qui sont pris par l'urgence de résultats concrets au bénéfice d'un peuple qui doit en attendre tellement du nouveau cours des choses.Leur vision de l'avenir et leur sens politique vont être mis à rude épreuve.Mais, le défi à relever n'est pas le seul fait du pouvoir légitime restauré, c'est aussi celui de tout le Mouvement démocratique dont on ne peut s'empêcher de déplorer la faiblesse d'organisation et l'absence d'unité.Aux partis politiques, aux organisations de la société civile et de la mouvance religieuse il sera demandé beaucoup pour assainir le climat politique ei social, condition indispensable à un nouveau départ vers la démocratisation et le développement du pays nés, ni tolérer indéfiniment les actes de provocation des groupes armés hostiles.Il s'agit également de toute une série de mesures politiques et législatives.La normalisation passe par le rétablissement des autorités légitimes ( Évans Paul à la mairie de Port-au-Prince.Robert Malval à la tête du gouvernement, par exemple ) et par le fonctionnement efficace du Parlement qui doit voter plusieurs lois d'urgence dont celle relative à l'amnistie en vue d'accélérer le départ des militaires, selon l'accord de Gover-nors Island et le pacte de New York.Le retour du président Aristide constitue le point culminant de ce processus de restauration non seulement par son caractère symbolique, mais aussi parce qu'il permettra au pays de se rendre compte des effets immédiats de la politique annoncée de « réconciliation » et de « justice », parce qu'il donnera au gouvernement la latitude de fonctionner sur une base normale, parce cju'il favorisera la reprise immédiate de 1 aide économique et technique promise par la communauté internationale.Est-ce à dire que ce scénario se réalisera aisément dans les délais impartis ?Rien n'est moins sûr.On ne sait pas quelle sera la réponse du Parlement aux projets de loi qui lui seront soumis et dont on ignore le contenu.La majorité n'est pas acquise automatiquement au gouvernement légitime.À moins qu'entre-temps des négociations de coulisses aient eu lieu en vue de dégager une majorité favorable, on ne devra pas s'étonner que les parlementaires se tiraillent sur les mesures à prendre quant aux conditions de l'amnistie, à la création de la force de police, aux termes de référence sur le rôle et les modalités de l'assistance technique étrangère.On peut même craindre des incidents de procédure sur la base des prescriptions constitutionnelles se rapportant à l'inviolabilité du territoire.Le rappel de Malval À court terme, les questions pratiques à résoudre pour un commencement de sortie du coup d'État portent sur les points d'accord de Governors Island et du pacte de New York.La loi d'amnistie ne devraient pas ee LA PRESSE.MONTRÉAL.SAMEDI 8 OCTOBRE 1994 PLUS L'illusion du divorce à l'amiable NDLR \u2014 La semaine prochaine, les éditions Libre Expression publieront « Plaidoyer pour un pays mal aimé », une série de propos et réflexions de l'ancien premier ministre Joe Clark sur les choix politiques auxquels les Canadiens font face.Nous reproduisons ci-contre, en primeur, de larges extraits du chapitre « I/illusion du divorce à l'amiable », dans lequel M.Clark dit aux Québécois qu'ils ne doivent pas s'attendre à ce que leurs amLs canadiens-anglais d'aujourd'hui deviennent des ambassadeurs de la bonne entente dans un Québec séparé.Le choix des extraits et des sous-titres est de La Presse.Je n'ai pas souvenir de perspectives aussi sombres sur la possibilité pour le Canada de rester uni ; on semble si peu vouloir envisager les conséquences brutales de sa rupture.Plusieurs Canadiens, au Québec, présument qu'ils conserveront, dans un pays séparé, les avantages de l'appartenance au Canada : ses ententes commerciales, les bonnes relations avec les provinces voisines et les programmes sociaux.Les leaders séparatistes encouragent évidemment cette réconfortante opinion.Lucien Bouchard a même déclaré qu'un Québec indépendant continuerait d'utiliser la monnaie canadienne.Telle est l'illusion du « divorce à l'amiable ».Peut-être les leaders séparatistes sont-ils tout à fait sincères en pensant que les choses se passeraient de cette façon.Erreur monumentale Et celui qui parle ainsi incarne la quintessence même du « Canadien anglais modéré ».Les Québécois qui croient pouvoir conserver du Canada ce qui fait leur affaire et abandonner le reste s'illusionnent de façon tragique.Ils sous-estiment la déception et la fermeté avec lesquelles le reste du pays réagirait à la séparation.Et ce faisant, ils se trompent moins sur leurs adversaires que sur leurs alliés.Ils présument que la générosité et la compréhension qu'ils ont trouvées dans la Confédération s'étendraient spontanément aux forces qui auraient brisé le pays.Le calcul est mauvais, et pour deux raisons.D'abord, et c'est l'évidence, les Canadiens anglais qui sont déjà, au sein même du Canada, hostiles au Québec seraient impitoyables lors de la négociation sur l'indépendance.Ils exigeraient les conditions et les modalités les plus dures et, dans l'amertume qui suivrait la séparation, ils pourraient certainement compter sur un fort soutien public.Mais la plus sérieuse erreur de jugement porte sur l'attitude des Canadiens qui ont travaillé si ardemment à faire respecter le Québec et lui assurer une place à l'intérieur du Canada.Pour ma part, j'ai été inspiré par deux idéaux qui se complètent l'un l'autre et je soupçonne que d'autres ont de semblables motivations.D'une part, bien sûr, nous croyons à l'intégrité et à la vitalité de la société québécoise.Nous l'admirons et plusieurs d'entre nous ont joué leur carrière pour I aider à s'épanouir au sein du Canada.Mais nous avons également foi en un concept plus vaste, un Canada fait de respect mutuel et dans lequel les citoyens font tout ce qui est en leur pouvoir pour maintenir une communauté accueillante et globale.Je comprends très bien ceux qui avancent que la communauté canadienne n'a G pas toujours été très généreuse à l'endroit du Québec.Mais je sais également, et de remière main, combien sont nombreux es Canadiens qui tiennent profondément à l'épanouissement du Québec au sein du Canada.A mon avis, et pour autant qu'on accorde sa chance au pays, cet engagement mènerait, incontestablement à l'inclusion des garanties nécessaires dans la Constitution.Le droit de choisir La question s'est déjà posée de savoir si les Canadiens respecteraient, le cas échéant, le droit du Québec de quitter le Canada.La réponse est un « oui » sans ambiguïté.Plus importante est maintenant la question de savoir si les Québécois manifesteront leur sens des responsabilités en considérant cette option avec la plus grande prudence et en ne choisissant cette solution qu'en dernier ressort.Pour le reste du Canada, la décision du Québec de se séparer ne comporterait pas plus d'équivoque que n'en comporte son droit à le faire ; elle serait finale, et nous consacrerions nos énergies à tirer le meilleur parti du Canada qui nous resterait.En septembre 1991, mon ami et secrétaire parlementaire, Jean-Guy Hudon, organisa pour moi une assemblée publique dans sa ville de Valleyfield, non loin de Montréal.Il y avait beaucoup de monde, y compris une poignée d'indépendantistes, tous d'excellente humeur, qui me conspuèrent par principe avant d'ecouter avec courtoisie mon français de High River.Au cours des échanges qui suivirent, un de mes chahuteurs se présenta au micro pour dire qu'il n'aimait ni mes propositions constitutionnelles, ni mes politiques, ni même, tout compte fait, mon pays ; mais, ajouta-t-il : « Nous vous respectons, monsieur Clark, et nous espé-.rons qu'après l'indépendance vous serez nommé ambassadeur du Canada au Québec.» Personne, au Québec, ne devrait entretenir des illusions comme celle-là.Si le Québec décide de se séparer, les négociateurs canadiens ne seront pas des conciliateurs comme moi.Soyons plus précis : ceux qui ont travaillé si fort pour obtenir des accords, tels ceux de Meech et de Charlottetown, ne l'ont pas fait comme conciliateurs mais comme Canadiens ; non comme ambassadeurs mais comme concitoyens.Nous conserverions, sans doute, une profonde affection pour le Québec mais il serait alors devenu un autre pays qui aurait placé ses intérêts en conflit avec les nôtres.Les coûts du divorce A propos des conséquences de l'offen- sive séparatiste, on s'illusionne tout autant hors du Québec qu'au dedans.Plusieurs Canadiens ou bien écartent la perspective de la séparation ou bien prétendent qu'il serait plus coûteux de conserver le Québec que de briser la fédération.Et pendant que ce que l'on appelle le débat national se traîne sur une quatrième décennie, les camps s'éloignent les uns des autres et se laissent distraire par d'autres problèmes.La dette et le déficit accaparent la discussion publique, réduisent chaque problème à ses dimensions comptables et entretiennent le sentiment de l'échec du système, d'où l'idée que n'importe quel autre arrangement ne pourrait être pire, qu'on l'ait ou non étudié.Les Canadiens de l'Ouest se concentrent sur leur propre sentiment d'aliéna- tion, qui est réel, et élaborent inconsciemment un jeu dans lequel tout gain pour le Québec doit être une perte pour l'Ouest, et vice-versa.Les leaders autochtones, qui risquèrent plus que aui-conque lors des négociations de Charlottetown et furent eux aussi répudiés par leur peuple, insistent sur la primauté de la question autochtone.Les groupes d'intérêt se sentent menacés comme jamais auparavant par une époque de restrictions budgétaires et de changement' fonda-mentaux.et veillent, avant toute chose, à leur intérêt propre.Pendant ce temps, le Québec se transforme de plus en plus en une société distincte, différente du reste du Canada autant par son mode de vie et sa raison d'être que par sa langue.Les bulletins de nouvelles ne sont pas les mêmes au Canada français et au Canada anglais.Les nouvelles majeures ou internationales peuvent être traitées à peu près de la même façon à la télévision anglaise et à la Société Radio-Canada ou à TVA, mais les nouvelles locales et les commentaires ont bien peu en commun.Ils traduisent, littéralement, des univers différents.Il en résulte que les Canadiens anglophones voient rarement le Québec qui est montré quotidiennement aux francophones.Et l inverse s'applique au Québec.La stratégie Bouchard Le Bloc québécois et le Parti québécois exploitent natuiellement ce sentiment d'être différent.Le dernier scrutin fédéral a donné à Lucien Bouchard les prérogatives de chef de la loyale opposition de Sa Majesté, fonction qu'il utilise pour promouvoir sa cause.Il y a quelque paraaoxe à voir la « loyale opposition » oeuvrer à la destruction du pays, mais les paradoxes abondent au Canada et M.Bouchard a parfaitement le droit de remplir la fonction qui lui revient.Je m'attends à ce cju'il entreprenne d'autres voyages à l'etranger, dans des pays prêts à le laisser utiliser son titre officiel pour accroître la crédibilité d'un Québec séparatiste.L'aspect le plus révélateur de sa stratégie sera son comportement ici même au Canada, particulièrement hors Québec.Il entreprendra, ce qui ne surprendra personne, de provoquer les autres Canadiens, gentiment mais délibérément.Il est tout à son avantage d'avoir l'allure de quelqu'un qui fait des efforts de réconciliation avec le reste du pays, et plus encore lorsqu'il provoque des réactions apparemment impolies ou inamicales envers le Québec.Chaque réaction dure ou mal choisie apporte de !'eau au moulin séparatiste au Québec.Lucien Bouchard veut promouvoir la thèse de I impossibilité pour le pays de rester uni ; que le divorce se fasse à l'amiable ou non.le fait qu'il semble inévitable sert la cause séparatiste.Dans le même esprit, les stratèges séparatistes seraient ravis de voir les Canadiens se lancer davantage dans des spéculations sur « l'impensable » et développer des hypothèses sur le fonctionnement du Canada sans le Québec.Je comprends les frustrations qui pourraient amener les autres Canadiens à étudier de tels scénarios, tout comme je comprends l'argument de prudence selon lequel il vaut mieux se tenir prêt à toute éventualité.Mais nous frôlons alors le domaine des prophéties qui se réalisent précisément parce qu'on les a faites.Des énergies qu'on devrait employer au renouveUement du pays seraient alors détournées sur l'analyse des autres possibilités.Les Québécois dont la foi fédéraliste repose sur l'hypothèse que le Canada peut fonctionner se demanderaient si le reste du pays y tient vraiment.Dans l'Ouest et en Ontario, la tentation grandirait d'exploiter l'hostilité envers le Québec sous le prétexte de promouvoir une solution de remplacement.Une chose est certaine : chaque fois que les autres Canadiens envisagent sérieusement l'hypothèse d'un divorce avec le Québec, quels que soient les termes qu'ils emploient.les leaders séparatistes sont heureux.Les Allemands risquent d'élire un gouvernement faible FRÉDÉRIC WAGNIÉRE MUNICH La stabilité politique de l'Allemagne depuis la guerre est sans égal.Même la réunification de 1990, qui a entraîné la disparition d'un État ainsi que l'intégration de ses 17 millions de citoyens et de leur territoire dans la République fédé-le.s'est faite dans le calme et la compréhension.Cette stabilité a, cependant, le gros dé-vantage de cacher des déséquilibres uveaux parmi tous les aléas de la con-ncture politique et économique.Les ections au Bundestag du 16 octobre ortent plus sur les rapports entre une ignée de partis que sur la grande ques-on à laquelle personne n'a dé réponse.Il y a 25 ans, le taux de chômage était d'environ 1 pour cent.Aujourd'hui, ce sont 10 Allemands sur cent qui cherchent du travail sans en trouver.Bien entendu, le problème n'est pas unique à I Allemagne.Le chômage est encore pire en France, en Grande-Breta-gne.en Italie et en Espagne.Il faut aussi tenir compte de la réunification qui a mis dans le même panier les entreprises totalement improductives de l'Est avec celles qui ont réalisé le miracle économique de l'après-guerre dans l'Ouest.Une campagne traditionnelle Normalement, ce serait le rôle des partis politiques, à la veille d'une élection, de chercher la cause de cette détérioration de l emploi et de trouver des remèdes pratiquables.Or.ils semblent se contenter de mener une campagne très traditionnelle dans le but de former le prochain gouvernement ou d'y participer C'est ainsi qu'il est beaucoup Question de finances gouvernementales, de services sociaux, de protection de l'environnement et de sécurité intérieure.Ce sont toutes des questions importantes, mais elles ne correspondent pas au problème imprévu auquel l'Allemagne > - doit faire face : le ralentissement chroni- que de l'économie.Il est aussi connu \u2022\t-dans d'autres pavs industrialisés, comme .le Canada, mais en Allemagne il est in- lervenu au moment où le gouvernement fédéral avait pris l'ençagement à l'égard de l'Allemagne de l'Est, nouvellement réintégrée, de hisser son niveau de vie a la hauteur des Allemands de l'Ouest.Du \u2022\tjjoint de vue purement financier.Bonn a llnu parole, en dépit de la récession, mais i parr a été incapable de mettre en scène le climat économique qui aurait permis aux Allemands de l'Est de créer leur propre miracle économique.% A l'Est, les citoyens sont désabusés de leur nouveau sort.Ils en goûtent les nouvelles libertés et l'élévation du niveau de vie, mais ils ont une certaine nostalgie de la stabilité sans effort que l'ancien régime staliniste leur offrait.Cela explique les récents succès électoraux à l'échelle locale du Parti du socialisme démocratique ( PDS ), le successeur du Parti communiste.Il pourrait maintenant jouer un rôle important après les élections, si les deux grands partis atteignent des résultats bien en-deça de leurs attentes.Le PDS n'a toutefois pas d'idées nouvelles à offrir, son activité étant en grande partie limitée au maintien de certains avantages sociaux.On retrouve un faiblesse semblable du côté des verts qui ont des idées souvent très constructives sur certains problèmes de la société allemande actuelle, mais qui ne savent pas élargir leur pensée au surprenant manque de dynamisme de l'économie allemande, qui tend à freiner la recherche de solutions aux problèmes sociaux.Ce qui est toutefois beaucoup plus inquiétant pour l'avenir de l'Allemagne, c'est que les trois partis traditionnels qui ont formé à tour de rôle tous les gouvernements de la République fédérale souffrent tout autant a une pauvreté en idées que les partis de l'opposition, qui représentent surtout des intérêts particuliers.Un message qui sonne creux L Union démocrate chrétienne ( CDU ) continue à plaider pour la primauté de l'économie de marché, dans une tradition qui remonte à la naissance de la République fédérale après la guerre.Ce message commence toutefois à sonner un peu creux, car le gouvernement du chancelier Helmut Kohi n'est pas capable d'aller jusqu'au bout de ses convictions et de demander franchement aux électeurs l'autorisation d'abolir toute une panoplie de mesures sociales destinées à l'origine à protéger les droits des travailleurs, mais qui sont devenues d importants obstacles à l'embauche.Si la situation économique et sociale avait été plus dramatique, le gouvernement aurait peut-être adopté une politique qui le démarquerait plus de ses adversaires.Mais la reprise économique s'est enfin manifestée avec une certaine vigueur, comme au Canada, et le chance- Le chancelier Helmut Kohi compte sur la reprise économique.lier compte sur elle pour remporter les prochaines élections.Tant que durait la récession, les socialistes avaient le vent en poupe, mais les récentes élections en Saxe et en Bavière confirment la remontée des démocrates chrétiens, pour autant qu'ils puissent compter sur un chef énergique.tel aue M.Kohi La CDU n'a cependant aucun espoir de former le prochain gouvernement s'il n'a pas l'appui des libéraux, le FPD, avec lesquel il forme une coalition depuis 1982.Or, le FPD n'a pas réussi à franchir, lors des six dernières élections régionales.la bane des 5 pour cent du vote nécessaire pour siéger dans un Parlement allemand En Bavière, il est même tombé à moins de 3 pour cent, il y a une semaine.On pense cependant que les libéraux pourront recueillir assez de voix le 16 octobre pour siéger au Bundestag et faire partie du Gouvernement «vpc la CDU .Mais le grave problème est qu'une grande partie des voix du FDP ne viendra pas de libéraux convaincus mais de conservateurs qui voient la nécessité de sauver le petit frère de la coalition pour rester au pouvoir.Cela donne une très mauvaise image d'un parti qui s'est toujours targué de sa conscience sociale Les Allemands se posent donc beaucoup de questions sur le rôle disproportionné du FDP dans la vie politique.Les uns voient d'une façon positive son ap-t à la stabilité politiaue du pays.Ils ignent que, sans lui, l'Allemagne ne ibre dans une situation presque incou-nable, soit une grande coalition de la port à la stabilité politiaue du pays, fis craignent que, sans lui, l'Allemagne ne soml vernable, CDU avec les socialistes, soit un gouvernement socialiste et vert avec l'appui des ex-communistes.Ni l'une ni l'autre de ces possibilités n'est très prometteuse pour préparer l'Allemagne en vue du XXle siècle.Mais d'autres voient le problème d'une façon moins pragmatique.Ils constatent que l'apport des libéraux s'est toujours exercé sur le plan des principes.Lorsqu'ils formaient le gouvernement avec la CDU, ils arrondissaient les angles d'un grand attachement à l'économie de îP^fcM çr% insistant sur une grande protection des droits de l'homme et des droits sociaux.C'était un petit parti qui se distinguait par son idéalisme.En coalition avec les socialistes, en revanche, ils insistaient sur la renonciation à l'idéologie marxiste et sur le libéralisme économique.Avec des chefs de premier plan, ils ont loué un rôle déterminant, notamment lors du refus alle- mand de céder aux pressions soviétiques au sujet du stationnement de missiles à portée intermédiaire.Bref, c était un parti qui attirait les idéalistes et les intellectuels.Avec M.Hans-Dietnch Genscher, il a longtemps fait la politique exterieure de la République fédérale.Le successeur de M.Genscher, M.Klaus Kinkel, ne fait pas le poids.On dit maintenant volontiers que le FDP n'est plus un parti de principes mais le parti des gens aisés qui veulent participer au pouvoir : « Ce n'est plus le parti de l'État de droit mais un parti d'État de droite.» Cette réputation serait acquise de façon permanente si les libéraux participaient au prochain gouvernement uniquement grâce à l'appui opportuniste d'électeurs démiKrates chrétiens Les sondages % A en croire les sondages, les Allemands rééliront la coalition actuelle aux prochaines élections.Mais les élections en Bavière montrent que les socialistes peuvent encore remonter la pente et que les libéraux commencent vraiment à montrer l'usure du pouvoir.Le gouvernement qui sortira des prochaines élections sera nettement plus faible que celui que M.Kohi a pu former, il y a quatre ans, juste après la réunification.Au manque d'élan des libéraux, il faut ajouter les 12 années que M.Kohi a passé comme chancelier.Son sens de l'histoire et des besoins très fondamentaux des Allemands lui a permis de surmonter des crises importantes.Mais les Allemands savent bien qu'il n'a pas les dons d'un organisateur de l'économie.Ils ne s'attendent même pas à ce qu'il sache résoudre les problèmes structurels qui existent encore.Il est donc mal placé pour chercher à mobiliser les Allemands dans une nouvelle direction.Quant aux socialistes, s'ils sont appelés à former un gouvernement, ils pourraient s'éloigner de l'économie de marché sous l'influence des verts et des excommunistes, comme il ne l'ont pas fait lorsqu'il* éiaienl au pou\\ou avec Wiiiy Brandt et Helmut Schmidt.Quel que soit le résultat des élections, la direction politique de l'économie allemande risque d'être particulièiermnt faible alors que l'Allemagne, et avec elle l'Europe, ont tant de difficultés à créer des emplois et à .surmonter leurs problèmes structurels. LA PRESSE, MONTRÉAL.SAMEDI 8 OCTOBRE 1994 B 7 PLUS Grand remue-ménage à la radio FRANÇOIS VARY Consultâtir et analyste des médias, l 'auteur est président de Communications François Vary.L C a création surprise de Radiomédia.la semaine dernière, soulève plusieurs questions.Comme par exemple : pourquoi ferme-t-on CJMS, une station comptant près d'un demi-million d'auditeurs, alors que le Québec est une région des plus fertiles pour la radio au Canada avec plus de 23 heures d'écoute par personne chaque semaine ?Les artisans de cette restructuration de la Radio AM ont affirmé qu'il s'agissait avant tout d'une décision économique, au demeurant courageuse et très sage.Les dirigeants des deux réseaux ont fait leurs devoirs.Après avoir étudié plusieurs scénarios, ils ont mis de côté leur orgueil et ris les grands moyens pour colmater les rèches d'une situation qui engouffrait des sommes énormes.Mais cette fusion des AM de Télémédia et de Radiomutuel n'est peut-être que le premier pas vers d'autres types d'acions, car les tendances économiques dures de l'industrie de la radio confirment le vieillissement des auditoires AM, la prédominance du FM et un plafonnement des revenus publicitaires à la radio.Une autre question, à plus court terme celle-ci, se pose : est-il réaliste de penser que le « nouveau » CKAC pourra rapidement retrouver une certaine rentabilité et améliorer sa position concurrentielle dans le marché de la radio ?Contexte de la fusion Avant de spéculer sur les récupérations possibles d'auditoires, il convient de situer le contexte qui a déclenché la fusion et qui a donné le signal d'agir aux principaux intéressés.Il y a à peine 10 ans, CKAC était une station de pointe, dominant les ondes de Montréal, tet actif de notoriété, ainsi que les récents succès du réseau FM chapeauté par CITÉ et l'expérience de Télémédia dans rétablissement de réseaux ont peut-être motivé le choix de l'antenne CKAC aux dépens de celle de CJMS lors du remaniement.De façon plus brutale cependant, les chiffres^ d'auditoires devenaient accablants.À la suite des sondages BBM du printemps 94, CKAC occupait le dernier rang quant au nombre d'heures d'écoute dans l'agglomération de Montréal parmi les huit stations commerciales francophones ; elle occupait le 5e rang quant au nombre d'auditeurs.La station comptait 574 000 auditeurs dans son rayonnement tandis que CJMS en comptait 478 000, mais de plus fidèles.Les deux stations avaient sensiblement le même nombre d'auditeurs, touchant chacune 18 p.cent des francophones, alors que CJMS comptait 15 p.cent plus d'heures d'écoute.Pendant ce temps, CKVL, jadis anémique, commençait à talonner CKAC et CJMS avec 400 000 auditeurs ( une augmentation de 19 p.cent en trois ans ), réduisant de plus de 200 000 l'écart de 400 000 qui la distançait de CKAC en 1991.Fait à noter, lors du dernier sondage d'été ( moins utile comme baromètre des tendances pour la radio AM ), CKAC a connu un regain inhabituel, dû en grande partie aux succès des Expos dont les matchs étaient retransmis à cette station.Au même moment, CJMS tombait dans un creux de vague, à cause notamment des vacances estivales prolongées d'animateurs vedettes auxquels on avait substitué une programmation axée principalement sur la musique rétro.D autre part, les stations AM sacrifiées le 30 septembre à Trois-Rivières ( CJTR )f Hull ( CKCH ) et Chicoutimi ( CJMT ) ont globalement perdu 40 p.cent de leur écoute en trois ans.Durant cette période, les stations épargnées dans ces marchés ( CHLN, CJRC CKRS ) maintenaient leur auditoire dans l'ensemble mais subissaient elles aussi une baisse de 16 p.cent de leur écoute.Enfin, la part de l'écoute AM est à la baisse et le FM prend de l'importance depuis le milieu des années 80, dépassant en nombre les.heures consacrées au AM, Si bien qu'à Montréal seulement, plus des deux tiers de l'écoute se fait désormais au FM.Ce phénomène est légèrement moins prononcé en province.Cette érosion du AM est plus accentuée au Québec que dans le reste du Canada.A quoi s'attendre des changements Il sera difficile pour le nouveau « CKAC » d'atteindre le chiffre magique du million d*auditeurs.Tout au plus l'auditoire va remonter au niveau d'il y a trois ans.soit de l'ordre de 750 000 à 800 000 auditeurs, un niveau tout de même très appréciable.Il faudra attendre deux sondages ( automne 1994 et prin- temps 1 995 ) avant de mesurer l'impact mance future de véritable de cet amalgame CKAC-CJMS, infographie La Pnssi Radiomédia ont décidé de maintenir la qualité de leur programmation, en écu-mant le talent aes divers créneaux des deux stations \u2014 le talent de CJMS surtout.Mais devant les frictions inhérentes à toute nouvelle union et les impératifs de rentabilité, d'autres changements et rationalisations ( lire compressions ) s'imposeront nécessairement un jour ou l'autre.Car en misant sur l'informatique, sur les services ( météo, circulation ) et sur les tribunes téléphoniques animées par des personnalités, la radio AM se condamne à des ajustements constants, et le plus souvent coûteux.Il sera également intéressant de surveiller comment évoluera au cours des prochains mois la programmation de fin de semaine, car c'est peut-être la période où les deux ex-concurrentes offraient les types d'émissions les plus opposées et hétéroclites ( musique rétro, conseils de santé, tribunes de rencontres, chroniques de jardinage ).Radiomédia s'impose comme leader du marché dans les sports.Reste à savoir si la retransmission des matchs des Expos, des Nordiques et des Sénateurs ne sera pas un fardeau trop lourd à la longue, compte tenu du désenchantement qui pourrait résulter des problèmes que connaissent ces équipes, voire la perfor- e ces det :mieres.pour voir l'effet de la nouvelle programmation et pour dissiper la contusion du début et l'afflux passager d'auditeurs curieux attirés par 1 événement.L'auditoire de CKAC était âgé ( le deuxième plus âg:é après CKVL ) avec près de la moitié des auditeurs ( 48 p.cent ) âgés de 55 ans et plus, contre 31 p.cent pour CJMS, dont 6 auditeurs sur 10 se situaient dans le groupe-cible des 25-54 ans, un groupe très recherché par les annonceurs.Cela ne rendait toutefois pas CJMS moins vulnérable, car tous les FM font le plein d'auditeurs dans ce créneau.La plupart des auditeurs de CJMS passeront à CKAC, mais CKVL pourrait récupérer des auditeurs traditionnels de CKAC ( peut-être las du style controversé ou trépidant de nouveaux animateurs comme Gilles Proulx ) ; et certains adeptes plus jeunes de CJMS pourraient également tàter du FM.Dans l'immédiat, les responsables de La réalité économique Plus que jamais les annonceurs et leurs agences de publicité recherchent des auditoires actifs, et des médias innovateurs permettant de cibler avec créativité et.à moindres frais.Rien de surprenant alors à ce que les revenus publicitaires plafonnent au Canada, un marché de 9 milliards.Le bureau de la statistique de Maclean-Hunter rapporte que les investissements n'ont connu aucune croissance significative au Canada en 1993 par rapport à 1992.accusant même une légère baisse en dollars réels.Depuis 10 ans, les revenus ont glissé doucement vers l'affichage, la télévision ( et ses canaux spécialisés ) et des médias permettant le ciblage ( marketing direct, publicité dans les annuaires ).La situation du Québec est à peu près identique à cet égard.Les revenus de la radio ( 700 millions PHOTO MICHEL GHAVEl.U PfM$/> Transfuge de OMS.l'animateur Cilles Proulx parviendra-t-il à emmener ses fidèles sans pour autant faire fuir les auditeurs traditionnels de CKAC ?de dollars ) diminuent rapidement : de 9,-5 p.cent qu'elle était en 1983, la part des revenus de la radio est passée à 8 p.cent en 1993, une perte de 1,5 point.En fait, si la radio au Canada avait connu la même part du marché en 1993 qu'en 1983, c'est 135 millions de plus qu'elle aurait eu dans ses coffres pour la seule année 1993.Dans ce contexte, est-ce réaliste de songer à une augmentation de la tarte publicitaire par suite de la création de Radiomédia : La disparition de cinq stations fait craindre une augmentation des coûts.La loi de l'offre et de la demande veut qu'un stock réduit de temps d'antenne dicte une augmentation des coûts.Avec le « rajeunissement » prévu de l'auditoire de CKAC, les dirigeants du réseau sont invités à la prudence, puisque toutes les stations FM seront toujours l'arène des 25-54 ans, et ils doivent respecter le message livré par la baisse des investissements à la radio.La radio a déjà été identifiée comme une grande négligée des publicitaires.Les radiodiffuseurs peuvent toutefois se consoler : de grands annonceurs à succès ( Bell, McDonald, Jean Coutu ) y consacrent d'importantes sommes et depuis cinq ans la radio du Québec a fait du chemin.Longtemps peu pourvue en recherches pratiques, soumise à des pratiques de vente peu disciplinées, la radio s efforce de faire disparaître son image de parent pauvre ; elle s'est dotée d'un bureau de commercialisation, a posé des gestes pour valoriser les créations publicitaires et entreprend bientôt des recherches sur son efficacité L'organisme BBM entrevoit même d'ajuster sa méthodologie pour connaître plus rapidement les changements d'écoute.Les dirigeants de Radiomédia, dont plusieurs éléments clés ont oeuvré dans les deux réseaux jadis concurrents, ont démontré par le passé qu'ils étaient capables d'alliances sur le plan commercial en faisant fi des rivalités ; à preuve la coalition pour réaliser une campagne commune Télémédia-Radiomutuei pour les concessionnaires Chrysler, il y a quelques années, et mettant en vedette Michel Bergeron et Mario Tremblay.Le nouveau réseau gagnera à mettre en oeuvre tous les leviers des deux conglomérats ( affichage et Musique Plus pour Radiomutuel, revues et presse locale pour Télémédia ) pour ajouter de la synergie commerciale à leur produit radio, sans compter qu'ils bénéficient désormais, auprès des annonceurs nationaux, de la.coordination plus centralisée d'un réseau d'une vingtaine de stations majeures AM et FM du Que bec Pour mieux connaître vos droits La ligne est ouverte 24 heures sur 24! Un seul coup de téléphone vous permet d'écouter un enregistrement sur plus de 150 sujets d'information juridique et de vous orienter dans vos démarches.juridique \u2022\tJe me sépare : qui garde les enfants?N° 1106 \u2022\tJ'ai acheté une balayeuse d'un vendeur itinérant.et je n'en veux plus! N° 2202 \u2022\tLes pré-arrangements.est-ce que je me fais arranger?H° 2312 \u2022\tJe peux mettre mon locataire à la porte?N° 2503 \u2022\tComment partager les biens de mon pére qui vient de mourir?N° 2704 \u2022\tOn vient de me congédier.N° 3105 \u2022\tLe toit de ma maison neuve coule I N° 3206 \u2022\tViolence faiie aux femmes.H® 5109 \u2022\tAi-je droit au chômage?N° 7300 \u2022Mon fils a été arrêté.N°8101 Cette liste n'est pus exhaustive.Consulte/, la case l*> dos services Vidéoway ou procurez-vous le dépliant aux bureaux de Communication-Québec.I I t ë Le Téléphone juridique p« »ui mieux loiin.tiiu' \\on liions % I Source: BBM.nombred'iuteuri 12ans* Porté* hebdomadaire.urntoiriderayonnement L'ECOUTE radio françaises de Montréal 1991 Printemps 1994\tÉté 1994 393500\t310200 206200 236 300\t171 800 550700\t525400 335\t600 447 400\t408 800 613500\t617400 441 700 478 000\t390 500 574000\t707400 695 300 662 500\t677 400 1 207100\t1227 300 336\t800 400 700\t388 700 CJMS-AM CKMF-FM CKVL-AM CBF-FM 24 heures sur 24 1,50$ ht minute B 8 LA PRESSE.MONTRÉAL.SAMEDI 8 OCTOBRE 1994 Inde: la peste porte un coup à l'image de modernité du pays % rr SI C'EST UN PROBLÉMF ^ DANS TA VIE, JE SUIS PRÊT À T'AIDER PAUL AQUIN ET SON PERSONNEL Usi4) 2X9-3426, \\ TÉLÉCOPIEUR / NOTRE FAÇON DEPUIS 1978 PAVILLON GRAND ELAN 4171, RUE ROLLAND.C.P.119 MONT ROLLAND (QUEBfcC, JOR 1G0 IL Y A UN TUl: UNIQUE PAVVJ r>N GRAND tl fiN.fi MONr'nnLlAND i Le sax de A à Jazz Marc-André Chénard Pour mieux exercer votre mémoire Francme-Sophie Fontaine L'art du Mexique précolombien Suzel Perrotte La médecine traditionnelle chinoise Rejean Daigneault et équipe L'orchestre : reconnaître chacun de ses instruments Sophie Galaise Design intérieur Pour un chez-soi chaleureux\tMadeleine Arbour Le costume : de l'Antiquité à la Renaissance M -C Deprez-Masson Prendre le risque d'aimer Josette Ghedm Stanké .et bien d autres sujets encore offerts en soiree et en matmee Obtenez gratuitement le programme des Belles Soirees Renseignements 343*090 1 800 363*876\t3744 rue Jean-Bnllant 3e etage MH Université de Montréal I;Faculté de l'éducation parmanante propice à toutes sortes de maladie».La flambée de peste pulmonaire, qui a fait au moins 56 morts en Inde, s'est déclenchée dans la ville de Surat (état du Gujerat), dont de nombreux commentateurs ont noté qu'elle était à la fois la ville connaissant le développement industriel le plus rapide en Inde et la plus sale.Les journalistes qui se sont rendus sur place ont trouvé dans les rues des monceaux d'ordures et même des carcasses d'animaux laissées là par de récentes inondations.La multiplication d'installations industrielles, sans que les infrastructures aient suivi pour abriter une population ouvrière venue d'un peu partout en Inde, faisait de Surat une véritable «bombe à retardement», fait valoir Mme Dixit.La peste aura, de ce point de vue, contribué à une prise de conscience.Les autorités des grandes métropoles comme Bombay et New Delhi ont lancé d'urgence des campagnes de nettoyage et d'enlèvement des ordures, qui ont tendance à s'accumuler, en particulier dans les quartiers les plus pauvres.Il sera toutefois plus difficile de trouver les ressources pour assurer le bon fonctionnement des services publics \u2014 ne serait-ce que l'approvisionnement en eau potable \u2014 dans ce pays de plus de 900 millions d'habitants, qui est à la pointe de la technologie dans certains domaines, mais où plus d'un tiers de la population vit dans la pauvreté et des condition» insalubres.A plus court terme, les évaluations sur les pertes enregistrées par l'Inde à cause de la peste varient entre 300 millions et un milliard de dollars.Ces pertes sont dues notamment a I interruption des liaisons aériennes et des exportations, en particulier vers le Golfe, un des principaux marchés pour l'Inde, mais aussi au manque a gagner prévisible pour l'industrie du tourisme.Le corps de Louis Ferdinand de Prusse a été exposé à la cathédrale de Berlin Agence France-Presse BERLIN ¦ La dépouille mortelle du chef de la maison des Hohenzollern, le prince Louis Ferdinand de Prusse, prétendant au trône d'Allemagne décédé le 25 septembre, était exposée hier dans la cathédrale de Berlin, afin que la population puisse venir lui rendre un dernier hommage.Le matin avant l'ouverture de la cathédrale, quelques dizaines de personnes attendaient déjà de pouvoir défiler en silence devant le cercueil du petit-fils du dernier empereur d'Allemagne Guillaume II.Le cercueil, fermé, est recouvert de l'étendard noir, blanc, jaune et rouge des Hohenzollern, frappé de l'aigle prussien.Louis Ferdinand est mort à l'âge de 86 ans.Ses funérailles auront lieu aujourd'hui en présence de 420 invités des familles royales d'Europe, dont la * Si' * \" ~ reine Silvia de Suède.Deuxième fils du Kronprinz Guillaume, Louis Ferdinand était le prétendant au trône d'Allemagne depuis le décès de son père en 1951 et la renonciation de son frère à son droit d'ainesse.Né le 9 novembre 1907, il avait eu sept enfants de son mariage en 1938 avec la grande-duchesse russe Kira, decédèe en France en 1967.Chargé de l'administration des biens de la famille, il était également compositeur, et avait écrit notamment une marche qui a été jouée lors du transfert des restes de son père et de Fré-dérique II à Potsdam.Il partageait son temps entre Brème, Berlin et le château de Hohenzollern près de Hechin-gen.Il montait encore à cheval a 80 ans et a voyagé jusqu'à l'an dernier.À la mort de son fils nommé également Louis Ferdinand, décédé en 1977 au cours d'un exercice militaire, il avait désigné comme successeur son petit-fils Georg Fridrich Ferdinand.Le dernier empereur d'Allemagne Guillaume II avait abdiqué le 28 novembre 1918, au moment de la proclamation de la Republique de Weimar.Il s'était ensuite réfugié en Allemagne ou il est décede en 1941 a 82 ans.SOLDE DE L'ACTION DE GRACE ŒS DIMANCHE ET LUNDI 9 ET 10 OCTOBRE A L'ACHAT D'ARTICLES* A PRIX ORDINAIRE DE RENDRE GRACE À NOTRE CLIENTÈLE! cpptior s : produits de beauté; fragrances: articles Li7 Claibome.sacs a rnaii.& .i.>j>.r et.» .v ;ii * r>ftials e t IncliGIo de l'imex.Swatch.Guess et Fossil; tenues Guess DKNY -tenue*» .u-> i.-f- .vi.'.Mf* vêtements, sous vêtements, chausettes et accessoires mode pour homme: article T ju:; \\ Jv-î\t\u2022 \u2022 \u2022» nonssettes Perego: électroménagers de marques nationales: appareils èlectronu ju^t:\tî S.HMfHtîir produits pharmaceutiques* eî restaurants ' mimeir dompaqnie De laBaie tiÏHilson L'AVANTAGE DES MEILLEURS PRIX® PHOTO KUTf* commission scolaire de l'argile-bleue En plus de se proteger contre les microbes de la peste, les membres de cette famille de Ludhiana ont pris soin de couvrir la gueule de leur chien pendant sa promenade.Agence France-Presse NFW DtLHI ¦ La flambée de peste va coûter ¦ \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 \u2022 cher a l'Inde en lui taisant perdre des revenus d'exportations et du tourisme, mais elle risque surtout d'avoir porte un rude coup à l'image d'une Inde moderne en train d'emboîter le pas aux «dragons» d'Asie.Dans un éditorial publié hier par le quotidien The Asian Age, Mme Aabha Dixit, analyste de l'Institute of Defence Studies and Analysis de New Delhi, accuse le gouvernement d'« incompétence» face à la crise et de n'avoir pas su mesurer rapidement son impact négatif à l'étranger.«Cela entame la crédibilité du programme de libéralisation économique», lancé en 1991 par le gouvernement indien, et «met en question la capacité de l'Inde à s'attaquer aux problèmes sociaux et de santé, tout en ayant choisi la voie d'un développement rapide», écrit-elle.Dans un récent éditorial, l'influent Times of India estimait lui aussi que « la réputation du pays a subi un coup», à un moment où l'Inde était en train de se débarrasser de son image traditionnelle «de pays des vaches sacrés et des charmeurs de serpents, affecté en outre par une extrême pauvreté».Soulignant qu'une société moderne se caractérise aussi par «un environnement propre et sain », le journal déplore que «l'absence d'un minimum de conditions sanitaires dans les villes indiennes en fasse un terreau Aux fins de révision de la liste électorale, les électeurs pourront déposer des demandes d inscription ou de correction selon les modalités suivantes Lieu: Commission scolaire de I Argile-Bleue Bureau de la secretaire d élection 480.boul Laurier Mont-Samt-Hilaire tel.: 467-9323 Jour»: Les 11.12.13.14 et 15 octobre 1994 Heures: De 8 h 15 a midi et de 13 h 15 a 16 h 30 ACTIVITÉS CULTURELLES, CONFÉRENCES ET COURS-ATELIERS OCTOBRE ! RÉVISION DE LA LISTE ÉLECTORALE POUR L'ÉLECTION SCOLAIRE OU 20 NOVEMBRE 1994 AVIS est par la présente donné à l'effet que la liste électorale de chacune des 19 circonscriptions électorales de la Commission scolaire de I Argile-Bleue a été deposee le mercredi 5 octobre 1994, au siege social de la Commission scolaire situe au 480.boul.Laurier à Mont-Saint-Hilaire.Toute personne intéressée peut consulter la liste électorale en se présentant au bureau de la secretaire d élection, situé au 480.boul Laurier a Mont-Saint-Hilaire.Donne a Mont-Samt-Hilaire.ce 5 octobre 1994 Pierre Legault, président d'élection "]
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