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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1994-11-19, Collections de BAnQ.

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[" CAHIER la Presse Montréal.samedi 19 novembre Monde \u2022x J V.' .vv.Vv< vV.Mmwmmmm monstre bureaucratique La Commission des écoles catholiques de Montréal doit gérer 154 écoles primaires et secondaires, des plus pauvres aux plus riches MICHÉLE OUIMET LFecole pr i mai re Saint-Isaac-Jogues, l'une des plus riches à Montréal, a besoin de nouveaux dictionnaires.L'école primaire Mar-guerite-Bourgeoys, l'une des plus pauvres, a besoin d'interprètes qui parlent le chinois ou le mandarin.Située en bas de la côte Sherbrooke, tout près d'Ontario, l'école Mar-guerite-Bourgeoys est coincée entre les rues Plessis et Panet.Des taudis chambranlants menacent de s'écrouler dans la cour d'ecole mais les enfants ne voient rien et ils jouent au ballon chasseur sur l'asphalte crevassée en attendant que la cloche sonne la fin de la récréation.Dans le nord de la ville, au coeur du quartier Ahuntsic, dans le chic domaine Saint-Sulpice, les enfants s'amusent dans la cour BCBG de l'école Saint-Isaac-Jogues.En plus de la cour, il y a un parc avec une grande patinoire, une aire de jeux et des arbres, beaucoup d'arbres.L'école est entourée de rues paisibles aux bungalows sagement alignés.Même si Saint-Isaac-Jogues et Mar-guerite-Bourgeoys vivent chacune sur leur planète, elles font partie de la même commission scolaire, la CECM, un monstre bureaucratique qui gère 154 écoles primaires et secondaires, des plus pauvres aux plus riches.La CECM couvre le territoire de six municipalités, dont Montréal.Elle a un budget annuel de 625 millions de dollars et son parc immobilier est évalué à environ 1 milliard et demi.Elle embauche 9926 employés réguliers et 17 262 occasionnels.Elle dessert 88 000 élèves au secteur jeune, 27 000 à l'éducation des adultes et 5000 en formation professionnelle.C'est la plus grosse commission scolaire de la province.La plus politisée aussi.Demain, il y a des élections et trois partis politiques se font la lutte dans 21 circonscriptions.Mais peu de gens prennent la peine d'aller voter : à peine 1 5 p.cent en 1990.Pourtant, les enjeux sont de taille et la CECM est aux prises avec d'énormes problèmes dont un taux de décrochage effarant : 46 p.cent des élèves ne terminent pas leur secondaire.La disparité socio-économique entre les écoles et le caractère multiethnique de la clientèle rend la rend la tâche encore plus difficile.Deux planètes Claudette enseigne en première année à l'école Marguerite-Bourgeoys.Dans sa classe, elle a 24 enfants dont sept doubleurs, sept allophones qui parlent à peine français, deux enfants qui ont d'importants problèmes d'apprentissage et un élève qui a besoin d'une orthophoniste.Dans les milieux défavorisés, les écoles sont au front, dit Réna, une collègue qui enseigne en 2e année.Plus de la moitié des 313 enfants de Marguerite-Bourgeoys sont des allophones, d'origine asiatique ou lati-no-américaine, et les enseignants en arrachent pour joindre les parents qui, souvent, ne parlent ni français, ni anglais.À Marguerite-Bourgeoys, ce sont les enseignants qui courent après les parents.« On est incapables de communiquer avec environ 20 p.cent des parents parce qu'ils ne comprennent pas notre langue, explique la directrice, Monique Faubert-Mailloux.Il faut appeler à la CECM et demander des interprètes.» À Saint-Isaac-Jogues, c'est le contraire.Les classes sont assez homogènes \u2014 seulement le quart des élèves sont allophones \u2014 et les parents sont des professionnels, des cadres ou des entrepreneurs bien branchés sur l'éducation de leur progéniture.«Si tu fais la moindre affaire, la mère rebondit à l'école », affirme Claude, un enseignant de 6e année.Les enseignants trouvent que les élèves sont parfois baveux, voire arrogants, et les parents se rangent souvent du côté de leur enfant quand un conflit surgit avec l'école.Pendant qu'à Marguerite-Bourgeoys, la direction éteint des feux, Saint-Isaac-Jogues est pris avec l'insolence de jeunes élèves trop gâtés par leurs parents.Les élections Entre Marguerite-Bourgeoys et Saint-Isaac-Jogues, il y a les 152 autres écoles primaires et secondaires avec leur gamme infinie de problèmes a régler et leur piètre performan- PH0T0 PIERRE CÔTÉ, La Presse Située en bas de la côte Sherbrooke, l'école Marguerite-Bourgeoys est coincée entre les rues Plessis et Panet.Des taudis chambranlants menacent de s'écrouler dans la cour d'école, mais les enfants ne voient rien ; ils jouent au ballon chasseur sur l'asphalte crevassée en attendant que la cloche sonne la fin de la récréation.PHOTO PIERRE CÔTÉ.La Presse Dans le nord de Montréal, au coeur du quartier Ahuntsic, dans le chic domaine Saint-Sulpice.les enfants s'amusent dans la cour BCBG de l'école Saint-isaac-Jogues.En plus de la cour, il y a un parc avec une grande patinoire, une aire de jeux et des arbres, beaucoup d'arbres.L'école est entourée de rues paisibles aux bungalows sagement alignés.ce scolaire.Dans les examens du ministère, la CECM se classe au 121e rang.Les 21 commisssaires élus auront donc du pain sur la planche et les trois partis politiques en lice pour les élections de demain ont tous des solutions à proposer.Le Regroupement scolaire confessionnel (RSC), un parti catholique militant, promet de réduire le nombre d'élèves de 27 à 20 en première, deuxième et troisième année du primaire, et de mettre en place des maternelles 4 ans et 5 ans à temps plein.Le RSC songe aussi à retrancher une année du secondaire pour l'ajouter au primaire afin de diminuer la taille des polyvalentes.Mais l'option fondamentale du RSC reste le maintien du statut catholique de la CECM.D'ailleurs, tout le manifeste du parti est empreint de valeurs judéo-chrétiennes.Le programme du MEMO (Mouvement pour une école moderne et ouverte) est ambitieux : il contient 166 promesses.Ça fait 41,5 engagements par année à réaliser si jamais il est élu.Beaucoup de boulot en perspective.Le MEMO veut que l'école soit ouverte sur le milieu, investie d'une mission communautaire et non élitis-te.Les plus forts vont aider les plus faibles et les écoles à vocation particulière pour les enfants doués \u2014 en sciences, en musique ou en art \u2014 ne seront pas encouragées.Le MEMO veut aussi favoriser l'intégration des enfants handicapés, encourager les coopératives de classe au primaire, « promouvoir une pédagogie fondée sur le progrès collectif », combattre les stéréotypes sexistes.violents et racistes, installer des distributrices de condoms dans les écoles, etc.Quant au COURS ( Commissaires unis pour un renouveau scolaire ), le tout nouveau parti de l'ex-présidente de la CECM, Denise Soucy-Brousseau, il promet de rallonger l'école jusqu'à 17 h 00 afin de répondre aux besoins des parents.Cette idée a fait fureur et les deux autres partis se sont empressés de la démolir en affirmant qu'elle coûterait beaucoup plus cher que prévu.Le COURS promet également de transformer les écoles inoccupées en coopératives d'habitation et d'aménager des espaces verts dans certaines cours d'école pour en faire des jardins communautaires.De 1990 à 1994, le MEMO et le RSC se sont déchirés autour de la table du Conseil des commissaires, sorte de mini-Parlement où d'importantes décisions sont prises comme l'adoption des budgets, la création d'écoles à vocation particulière, le choix des manuels scolaires et la répartition des ressources entre les écoles pour les élèves en difficulté d'apprentissage.Le MEMO et le RSC se sont battus à coups d'amendements et de sous-amendements, paralysant pratiquement les travaux du Conseil.En 1992, le ministre de l'Éducation, Michel Pagé, a finalement imposé une tutelle pour rétablir le calme.L'élection de demain modifiera certainement la position des partis.À la veille des élections, le RSC avait huit commissaires, le MEMO sept et le COURS trois.Les commissaires sont parfois tellement occupés à faire de la politique qu'ils en oublient les écoles.En fait.affirment certains enseignants, les commissaires sont bien loin du plancher des vaches.« Les commissaires sont coupés de la réalité, croit Luc Lemoyne, un enseignant de 6e année à l'école Marguerite-Bourgeoys.Us sont conseillés par des fonctionnaires qui ne connaissent pas vraiment le milieu.Pourquoi ne viennent-ils pas s'asseoir avec nous dans les écoles ?» « Les élèves de 6e doivent réussir les examens du ministère et de la CECM, poursuit-il.Il faut qu'on donne nos cours ; alors on ne peut pas passer notre temps à demander aux enfants qui ont de la difficulté : 'C'est quoi ton problème, mon amour ?' » Les commissaires sont loin de ça et quand ils en sont conscients, ils l'écrasent en disant : 'Ah ! on n'a pas d'argent'.» À quel problème les commissaires nouvellement élus devraient-ils d'abord s'attaquer ?« le pourrais bien dire que je veux plus d'ordinateurs ou de livres dans la bibliothèque, mais il y a tellement d'urgences de vie et de survie, répond la directrice de Marguerite-Bourgeoys, Mme Faubert-Mailloux.Les milieux défavorisés nous ramènent aux vraies réalités, aux vrais problèmes.» « On a besoin de temps », ajoute-t-elle.Du temps pour organiser correctement les programmes auxquels ont droit les milieux défavorisés, comme les mesures d'aide alimentaire.Du temps aussi pour que les enfants puissent bien apprendre le français.Souvent, ils quittent trop rapidement leur classe d'accueil et ils n'arrivent pas à s'intégrer.« Il faut prendre le temps de parler avec les organismes communautaires.les CLSC, les enseignants et les parents pour mettre sur pied des projets spéciaux», dit Mme Faubert-Mail-loux.A Saint-Isaac-Iogues, l'école a une bonne bibliothèque et une salle d'ordinateurs.Mais le problème n'est pas là.« Les enfants ont tellement de choses à la maison, dit le directeur, Robert Bélec.Prenez, par exemple, les ordinateurs.Certains enfants sont mieux équipés à la maison.Ici, c'est l'enfant roi mis sur un piedestal par ses parents.» « On pense qu'ici, il y a moins de problèmes de discipline, mais ce n'est pas le cas, ajoute de son côté Françoise, une enseignante de 6e année.Beaucoup d'élèves sont impolis.Ils sont habitués de tout avoir.Ils sont gâtés, comblés.C'est dans une école favorisée qu'on a le plus de difficultés à passer les consignes parce que l'enfant est roi.» «< Il faut resserrer le comportement des élèves et leur rendement académique, croit Robert Bélec.L'école doit être plus exigeante.» À la fin de la journée, les autos font la file dans la rue paisible qui longe l'école Saint-Isaac-Jogues.Les parents viennent chercher leurs enfants.bien emmitoufflés dans leur manteau dont la couleur est coordonnée avec celle des bottes et du chapeau.À Marguerite-Bourgeoys, les élèves retournent chez eux a pied en se tiraillant sur les trottoirs.L'hiver, à peine 1 p.cent des enfants ont des pantalons de neige et très peu ont des gants ou des tuques.Deux mondes, deux planètes.que les 21 commissaires clus demain devront gérer.\t_ m, LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMED119 NOVEMBRE 1994 EDITORIAL Paul Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chet Pierre Bourque : le coup de barre Pierre Bourque mène la barque et n'a pas l'Intention de négocier trop longuement ses virages.Telle est l'impression qui se dégage des deux premières semaines de règne du nouveau maire de Montréal.Comme promis, les premières décisions du leader de vision Montréal reflètent un style de gestion bien particulier \u2022 un mélange de volontarisme et de populisme qui tranche nettement avec ce que les Montréalais ont connu depuis huit ans.Il faudrait être drôlement de mauvaise foi pour reprocher au 40ème maire de la métropole de vouloir secouer l'hôtel de ville de sa léthargie, ou encore d'agir avec une trop grande célérité.Après tout, c'est entre autres parce qu'ils en avalent soupé de la lenteur et de l'indécision de l'ancienne administration que les Montréalais ont décidé de faire le ménage à la mairie.Mais que l'on ne se fasse pas d'illusions : chacun a les défauts de ses qualités.Et avec ses premières décisions, M.Bourque laisse entrevoir les siens: derrière son leadership direct et énergique, se profile l'ombre d'un politicien centralisateur, qui voit à tout mais délègue peu, qui est prêt à assumer toutes les responsabilités, mais aussi à exercer le pouvoir qui vient avec.Toute la série de nominations de la semaine dernière va dans ce sens-lâ.Une fols de plus, M.Bourque a réussi à surprendre tout le monde en confiant la présidence du comité exécutif à une néophyte : Noushlg Eloyan n'a Jamais siégé au conseil municipal, on ne l'a Jamais vu Intervenir publiquement dans quelque dossier montréalais que ce soit, et elle n'a aucune autre expérience politique connue.La présidence du comité exécutif, c'est la fonction la plus névralgique à l'hôtel de ville, après celle du maire.Symboliquement, c'est également une sorte de contre-pouvoir parlementaire, face au pouvoir « présidentiel » du premier magistrat.Enfin, traditionnellement, la première responsabilité du président est la confection du budget - fonction vitale s'il en est.Voilà pourquoi c'est aux gros canons du conseil municipal que l'on confiait habituellement ce poste de commande.Quelles que soient les qualités personnelles de Mme Eloyan, rien dans son expérience passée ne l'a préparée à cette promotion.De deux choses l'une : ou bien elle nous réserve de grosses surprises, ou bien la nouvelle hiérarchie montréalaise dévalue ce poste-clé.Le fait que les responsabilités budgétaires aient été transférées au vice-président, Sammy Forclllo, contribue â alimenter la seconde hypothèse.Sous l'administration Doré, chaque membre du comité exécutif avait la responsabilité d'un ou plusieurs dossiers municipaux.D'après le nouveau partage des tâches, ce n'est plus le cas.Le maire Bourque veut élargir les rangs du comité exécutif afin que chaque région de la ville y soit représentée.On en dé- duit que les responsabilités de l'exécutif seront davantage géographiques que thématiques.Quant aux grands dossiers, Ils ont été confiés à des conseillers qui seront directement rattachés au maire.En revanche, les commissions du conseil, qui étudiaient divers dossiers et faisaient de* propositions à l'exécutif, seront réduites au minimum.M.Bourque a maintes fols affirmé son intention d'abattre l'hydre technocratique de l'hôtel de ville.En premier lieu.Il veut débarrasser la Ville de son puissant secrétariat-général, ce lieu saint par où passaient toutes les décisions administratives sous le RCM.Là encore, on ne va quand même pas le lui reprocher: son engagement à alléger l'appareil municipal constitue l'un des gros facteurs de son succès électoral, cela étant dit, une fonction publique forte, c'est aussi une sorte de contre-pouvoir, un garde-fou contre les embardées politiciennes.Assouplir la bureaucratie, c'est une chose.L'émasculer complètement, c'en est une autre.On ne sait pas encore comment tout cela va fonctionner et II manque encore bien des pièces au puzzle.Mais, additionnés les uns aux autres, les changements annoncés contribuent tous à concentrer plus de pouvoir entre les mains d'une personne : le maire.Ce dernier semble savoir si bien où II va, et II fonce à une telle vitesse, qu'il faut bien lui donner la chance de faire ses preuves.Mais il faudra suivre de près ses tendances monarchiques.Agnès CRUDA.L'éco-inquisition Le comité chargé d évaluer les études sur l'impact de Grande-Baleine, qu'Hydro-Québec a faites il y a un an, vient de renvoyer la société d'État faire ses devoirs.In-: satisfait de la qualité de ces études, le comité dénote 310 : cas où les réponses d'Hydro sont inadéquates.Les purs s'indigneront sans doute du fait que la société d'État, après avoir dépensé plus de 250 millions de dollars en études, n'ait toujours pas fait son travail.Il est possible que ce soit vrai.Mais ce qui est également évident, à regarder les 310 demandes de précision du comité, c'est que personne, ni à Hydro, ni au Québec, ni dans le monde, ne serait en mesure d'y répondre.On ne s'objectera pas à ce qu'un organisme s'assure que l'impact de ce projet : soit scrupuleusement mesuré.Mais ce n'est pas seulement \u2022\tde cela dont il s'agit : le comité, qui regroupe les cinq orga-' nlsmes fédéraux et provinciaux responsables de l'évalua-: tion environnementale de Grande-Baleine, veut tout savoir : sur la Justification du projet, sur l'histoire amérindienne, \u2022\tsur la zoologie des espèces de la région.Tout.I Voici des exemples de ce qu'on demande à Hydro : décri-: re comment le critère de neutralité tarifaire a influé sur le ; choix des programmes d'efficacité énergétique ; prévoir la \u2022\tdemande d'électricité Jusqu'en 2022 ; fournir des estima-' tlons du potentiel éolien et de son évolution prévisible ; ; quantifier l'abondance des oursins et des moules bleues : \u2022\tfaire une évaluation quantitative de l'état physique des caribous qui fréquentent la zone ; décrire les installations de logement nécessaires pour chacun des campements et ; fournir un calendrier indiquant les périodes approximatives ; de mobilisation, d'exploitation et de démantèlement.Avec la même logique, pas un triplex et pas un viaduc ne ; pourraient être construits à Montréal tant qu'on n'aurait ; pas décodé l'Impact de la densiflcation du tissu urbain sur ' les rapports synergiques entre pigeons et goléands argen-tes.Le premier ministre Parizeau, qui vient de mettre le projet sur la glace, a eu la bonne réaction.Grande-Baleine n'est pas nécessaire pour l'Instant et ne le sera pas pour un bon moment Et si on ne l'avait pas mis sur une tablette avant, c'est sans doute parce que le gouvernement libéral n'osait pas briser le rêve de Robert Bourassa.Il n'y a aucune raison de gaspiller, maintenant, une fortu-; ne en temps et en argent pour Justifier un projet non urgent devant des inquisiteurs de l'écologie qui ne le laisseront manifestement jamais passer.On règle du même coup une bonne partie du problème des Cris.Et, dans quelques années, si la demande en énergie le Justifie, peut-être que le discours écologique sera un peu moins délirant et qu'on pourra retrouver un semblant de sens commun.Alain dubuc De la rigueur La prise de position, Immédiate et volontaire, du président du Mouvement Desjardins en faveur de l'Indépendance du Québec surprend par sa rapidité, même si les convictions souverainistes de M.Claude Béland étaient déjà connues.Quelle sera la réaction à l'intérieur de la Confédération Desjardins?Et de la part des millions de sociétaires ?C'est là une question de régie interne.Les épargnants des caisses pop feront leur choix.M.Béland et tous ceux qui acceptent de se compromettre politiquement, qu'ils soient d'obédience fédéraliste ou souverainiste, doivent vivre avec leurs décisions.Toute prise de position d'un dirigeant d'entreprise entraîne Inévitablement des remous.La liberté d'expression n'est pas exclusive aux chefs syndicaux, aux éditorialistes, aux leaders sociaux et politiques.Comme une bonne partie du débat référendaire doit porter sur les coûts de la souveraineté et du fédéralisme, que les : citoyens peuvent être favorables à l'Indépendance au plan politique mais rêfractalres au plan économique, que les gens d'affaires ont une Influence souvent plus grande que les politiciens auprès des citoyens, Il est convenable et même souhaitable que les chefs d'entreprises participent au débat public.SI les Paul Desmarals.de Power Corporation, Laurent Beaudoin, de Bombardier, Guy St-Plerre, de SNC-Lavalin, et d'autres ont pris position en faveur des accords de Meech et Chailottetown et d'une unité nationale forte, qu'empêche les Claude Béland.Pierre Péladeau et autres gens d'af-: falres de se prononcer pour l'option souverainiste ?; Mais, habitués à la rigueur administrative de ceux qui brassent des millions, sinon des milliards, Il faut les appeler â la même rigueur dans leurs prises de position politiques, : Justement parce que le Jugement des gens d'affaires des ; deux camps risque d'avoir un effet majeur sur l'opinion pu-\u2022 blique, le moment du choix venu, il n'y a qu'à se rappeler : les prédictions farfelues de la Banque Royale dans le débat : de Charlottetown pour réclamer plus de sérieux de la part ; du monde financier et de ses dirigeants.C'est de ce milieu que doivent être attendues les études les plus réfléchies, les plus solides, les plus fouillées, les plus empreintes de sobriété mais aussi de vérité, qui nous fourniront l'éclairage « objectif » voulu avant d'arrêter notre choix collectif.Claude masson \\\tI Dresser les uns contre les autres pour mieux violer un contrat social Espère-t-on que le régime d'assurance-chômage serve de vache à lait dans la lutte contre le déficit ?MARCEL ADAM ttawa a entrepris de réviser les programmes sociaux qui grèvent lourdement son budget et comptent pour beaucoup dans son endettement.Le premier visé, le Régime d'assurance-chômage, est l'objet d'une étude publiée cette semaine qui décrit ses inadéquations et suggère des options de réforme.L'assurance-chômage a été instaurée dans le but d'aider temporairement les chômeurs à se trouver un nouvel emploi.Mais, en une époque où le chômage est souvent structurel, ce programme d'assurance est devenu pour une multitude de bénéficiaires d'industries saisonnières.comme la construction, la pèche, l'exploitation forestière et autres, un système de supplément annuel du revenu.Sont particulièrement visés par l'étude les chômeurs fréquents, soit ceux ayant fait trois réclamations ou plus en cinq ans.Ils constituent 38% des réclamants et reçoivent des prestations presque tous les ans ; ils reçoivent déjà beaucoup plus d'argent qu'ils n'en versent en cotisations et on prévoit qu'en 1996 ils retireront 40% des bénéfices.Parmi les scénarios envisages par le ministère, certains proposent de reduire les presta- tions de ces chômeurs d'habitude et de consacrer les sommes économisées à leur recyclage.D'autres suggèrent d'accorder des prestations en fonction du revenu des individus ou des ménages, afin d'exclure du régime ceux qui n'en ont pas besoin.Le ministère dénonce au surplus un vice du régime qui permet à des entreprises de mettre à pied les employés ayant travaillé le nombre de semaines permettant de bénéficier de l'assurance-chômage, pour reprendre ceux-ci une fois épuisées leurs prestations.S'en prenant à un système, le ministère ne veut pas blâmer les personnes qui profitent de diverses façons de l'assurance-chômage.On comprend mieux son indulgence quand on sait que le gouvernement contribue lui-même à le détourner de sa fin.Certains ministères ajustent eu aussi leur politique d'emploi au régime d'assurance-chômage.C'est le cas de Revenu Canada, qui emploie plus de neuf mille personnes durant la période des rapports d'impôt, pour les congédier à l'été et les réembaucher l'hiver suivant, permettant ainsi à plusieurs d'entre eux de travailler le temps requis pour avoir droit à des prestations de chômage.Ce qui a surtout retenu l'attention, c'est la partie de l'étude qui tend à établir que le régime d'assurance-chômage a déformé l'économie en avantageant certaines régions au détriment des autres et énumère les régions et catégories de bé- néficiaires qui sont gagnantes et perdantes au chapitre de l'assurance-chômage.On apprend que l'Est du pays, soit le Québec et les quatre provinces de l'Atlantique, comptent proportionnellement plus de bénéficiaires du régime que l'Ontario et les provinces de l'Ouest.On relève par exemple que, en 1993, Québec à reçu beaucoup plus du régime qu'il n'y a contribué, alors que l'Ontario est fortement déficitaire.Pour chaque dollar de cotisation, les Québécois ont reçu 1,29$, contre 72 cents pour l'Ontarien, les Terreu-viens, 3,58 $ contre 74 cents pour les Albertains.Quel est le but de cette comptabilité discriminatoire ?Pourquoi le ministère semble-t-il s'ingénier à créer du ressentiment en brossant un tableau où l'Ontario et l'Ouest laborieux subventionnent l'Est oisif et profiteur ?Un exercice qui fait appel à la mesquinerie et au chacun-pour-soi renie la philosophie du partage et de la solidarité dont s'ennorgueillit le Canada depuis un demi-siècle.II tend au surplus à infirmer une déclaration récente de Jean Chrétien dans laquelle il affirmait que les transferts interrégionaux de fonds de l'assurance-chômage constituent un des grands avantages du fédéralisme.Il s'inspire enfin du même esprit démagogique qui fait se demander au ministre Axwor-thy s'il est juste que les Canadiens à faible revenu financent les prestations d'assurance-chô-mage touchées par les nantis.Cette manière de voir est une négation de la nature même du régime, qui est une assurance mutualiste, un système en vertu duquel les cotisants s'assurent réciproquement contre certains risques, en l'occurrence la perte de l'emploi.Un tel programme est différent d'un régime d'assistance sociale en ce que, pour avoir droit à des prestations de chô- \u2022 mage, il suffit d'y avoir cotisé , un certain nombre de semaines.Choqué par cette approche qui contrarie le principe fondamental de solidarité entre ceux qui sont le plus exposés au risque et ceux qui le sont moins, le professeur de sociologie Yves Vaillancourt se demandait, cette semaine, où le gouvernement veut en venir.Comme celui-ci semble penser que des gens cotisent trop et d'autres pas assez, veut-il qu'en Ontario et en Alberta on paie moins de prime et qu'au Québec et dans les Maritimes on en paie plus?Dans cette logique, on pourrait dire que les gens qui ont la sécurité d'emploi n'en n'ont pas pour leur argent et devraient cotiser moins ou pas du tout.Quelle est l'intention réelle du gouvernement ?Il soumet une hypothèse.Le régime d'assurance-chômage fera un surplus de deux milliards, cette année, suite aux mesures restrictives imposées en février par le budget Martin.À ce rythme il éliminera son déficit accumulé et fera des surplus dans quelques annés.Peut-on penser que le régime servira de vache à lait dans la lutte contre le déficit ?WJbnAi Ui£N 4 F&uTeei rMjesr-y&rtffcrfa DROITS RÉSERVES LA PRESSE.MONTRÉAL.SAMED119 NOVEMBRE 1994 OPINIONS Lettre de Montréal La fermeture du Collège de Saint-Jean une bien grosse pelure de banane.L'éditorialiste en chef de La Presse, Alain Dubuc, et le président et éditeur du Toronto Star.John Honderich, poursuivent ici leur correspondance sur leurs visions respectives du Canada et du Québec.La présente lettre d'Alain Dubuc paraît en anglais dans le Star.ear John Ce qui risque d'être déterminant dans la bataille référendaire, ce ne sont ni les débats existentiels, ni les grandes réflexions constitutionnelles, mais les petites pelures de banane.Des événements, en apparence anodins, qui peuvent dégénérer et se transformer en symboles.Un mot de trop, la gaffe d'un politicien, une décision maladroite.le sais que vous êtes d'accord avec moi sur ce point, parce que nous avons eu l'occasion d'en parler, cette semaine, à Ottawa, lorsque nous avons donné ensemble une conférence qui nous a permis de faire face à face ce que nous faisons d'habitude à travers ordinateurs et modems.Ce que je ne sais pas cependant, c'est si nous allons être d'accord lorsqu'il s'agira d'identifier ces pelures de banane.Il y en a déjà une dans le paysage : c'est le dossier de la fermeture du Collège militaire royal de Saint-Jean, au Québec, et son déménagement à Kingston, fermeture décidée lors du budget fédéral de mars dernier.Cette affaire est en train de reprendre de l'ampleur, grâce aux gaffes du gouvernement Chrétien.Je dois vous dire, qu'en édito- rial, j'ai appuyé la décision du gouvernement fédéral de fermer le collège de Saint-Jean, même s'il était difficile d'approuver une mesure qui pénalisait le Québec.Je suis en faveur de la lutte au déficit, et je crois que cet effort doit d'abord passer par une réduction des dépenses militaires.En toute logique, les Québécois qui souhaitent la réduction des dépenses militaires, et ils sont nombreux, doivent en accepter le coût et les conséquences, y compris pour le Québec.C'est cette logique budgétaire qui m'a amené à me résoudre à la fermeture du collège militaire, malgré son évidente conséquence sociale, la disparition de la seule institution pouvant accueillir en français de futurs officiers francophones.Rétrospectivement, je dois admettre que je me suis trompé.À mesure que le temps avançait, on a en effet découvert que les hypothèses qui semblaient justifier la décision fédérale étaient erronées.Cela me force à changer mon fusil d'épaule.La première chose qu'on a découverte, c'est que la fermeture de Saint-Jean était totalement improvisée.Notre province devait être épargnée par les coupures parce que les dépenses militaires y sont plus faibles que presque partout ailleurs au Canada.Mais, parce que ça paraissait mal, on a décidé d'ajouter Saint-Jean à la dernière minute.La fermeture du collège, présentée comme une décision bien mûrie, s'est faite sans plan sérieux et sans réflexion sur le sort des étudiants francophones.Les militaires, incompétents quand il s'agit de dépenser, le sont tout autant pour couper.La seconde découverte, encore plus effarante, c'est que le gouver- nement fédéral n'économisera presque rien.L'obligation d'enseigner en français à Kingston et les critères d'encadrement des collèges militaires réduisent le potentiel d'économies.Et quand on ajoute à cela les travaux d'infrastructures pour accueillir les élèves de Saint-Jean, les coûts de fermeture, les coûts d'ajustement à deux systèmes d'écoles secondaires, les économies, qui justifiaient en principe l'opération, deviennent marginales.Et cela mène à une question de choix budgétaire ; est-ce qu'on fout le bordel pour une poignée de dollars ?La troisième découverte, c'est que le coût social et politique de l'opération sera beaucoup plus élevé qu'on ne l'affirmait à Ottawa.On savait déjà que Kingston n'était pas un endroit idéal pour favoriser la démarche militaire d'un jeune francophone.Mais, parce que les autorités militaires n'ont rien fait pour changer la culture du collège de Kingston, parce que la ville, homogène et fermée, n'a rien fait pour se faire accueillante, allant même jusqu'à bloquer pour raisons de zonage un projet d'école française, le déménagement à Kingston, pour les élèves et leurs professeurs, représente un stage d'immersion forcée.Le message qu'on envoie, c'est qu'il y a deux façons de devenir officier : soyez anglophones ou devenez-le.Voilà pourquoi le projet fédéral, logique au premier abord, est devenu difficilement défendable.Il l'est devenu encore plus parce que le Québec, opposé à la fermeture du collège et au prix de consolation proposé par le ministre fédéral Marcel Massé, une école de langue à Saint-Jean, a fait à Ottawa des offres qu'il ne peut pas refuser.La ministre péquiste Louise Beaudoin a offert à Ottav/a huit millions par année pour l'aider à maintenir le CMR ouvert ! Le ministre Massé à dit non à cette proposition très raisonnable, de peur que le CMR n'alimente un jour une armée souverainiste.Le maire de Saint-Jean est revenu à la charge, en proposant un « phasing out » sur trois ans, pendant lesquels les futurs élèves iraient à Kingston, tandis que les étudiants déjà à Saint-Jean y termineraient leurs études, le tout dans le but de réduire le choc de la fusion des collèges à Kingston et de faciliter la transition vers une activité civile à Saint-Jean.Marcel Massé a encore dit non.Pourquoi dit-il non ?Par rigueur financière et au nom de la bonne gestion ?Certainement pas : les propositions québécoises permettraient sans doute aux contribuables canadiens d'économiser davantage.Au nom de principes?Ce serait étonnant que le ministre Massé veuille nuire au fait français dans les forces armées.Pourquoi alors ?Pour ne pas perdre la face, ne pas céder aux péquistes et, surtout, ne pas avoir l'air de faire un cadeau au Québec.En général, je m'oppose à toutes les formes de chantage régionaux qui paralysent le Canada.Dans ce dossier, je ne veux certainement pas que le Québec ait droit à un traitement de faveur.Mais il n'est pas plus brillant de rejeter une solution, intéressante pour le Québec, mais tout autant pour le gouvernement canadien, uniquement pour des raisons d'image.Le message qu'envoie Ottawa, empêtré dans ses projets mal ficelés, c'est qu'on dit non au Québec seulement parce que c'est populaire ailleurs.Et ça, c'est une grosse pelure de banane.À la prochaine, Alain Gestion de l'État : la « gouvernance stratégique » au secours des politiciens KIMON VALASKAKIS L auteur est professeur-titulaire de sciences économiques à l'Université de Montréal, président de l'Institut Gamma et associé-fondateur d'Isogroup Consultants.epuis quelques années, les gouvernements n'arrivent plus à livrer la marchandise.Les politiciens sont mal vus, les véritables hommes d'État sont rares et les électeurs expriment leur mécontentement par des actions « ré-gicides ».On couronne un chef pour ensuite lui couper la tète.On vote systématiquement pour l'opposition.Les élections ne se gagnent plus.Elles se perdent.L'alternance règne.Les partis de gauche et de droite se succèdent avec la régularité d'un balancier.(.) Pourquoi ces alternances quasi universelles ?Les politiciens sont-ils moins compétents ou plus _ corrompus qu'auparavant ?Les mauvaises langues répondront par l'affirmative, mais il n'en est rien.La véritable faison de l'échec contemporain de l'État est qu'il n'arrive plus à gérer la compléxité du monde contemporain.Nous vivons une crise de « gouvernance » ( un néologisme venant de l'anglais et maintenant accepté par l'Académie ).Alors que la notion de « gouvernement » implique l'exercice du pouvoir, la notion de « gouvernance » évoque plus subtilement, « l'art de gouverner ».Le mot jouit aujourd'hui d'une légitimité accrue, car on s'aperçoit que le « business as usual » ne marche plus.La « gouvernance stratégique » est à l'ordre du jour.De quoi s'agit-il exactement ?La « gouvernance stratégique » cherche à adapter les principes de planification stratégique privée à la gestion de l'État.L'approche propose de distinguer entre « gouvernance » et « intendance » à l aide de cinq niveaux hiérarchiques de réflexion.On devrait commencer par le haut mais les gouvernements ont tendance à commencer par le bas.Au niveau 5, donc au plus bas, on trouve la gestion opérationnelle de l'État.C'est ici que l'on dessine les organigrammes de ministères.Depuis quelques années, les gouvernements n'arrivent plus à livrer la marchandise; les politiciens sont mal vus, les véritables hommes d'État sont rares et les électeurs expriment leur mécontentement par des actions « régicides » les plans de restructuration, ainsi que les budgets annuels.Afin d'assainir les finances de l'État, on privatise et on déréglemente sans plan directeur.On a besoin d'argent rapide et on vend les bijoux de famille.Mais la privatisation va souvent à l'encontre de la déréglementation, car on se retrouve avec un monopole privé, nouvellement privatisé, qui doit être re-ré-glementé pour protéger l'intérêt public.Quant aux coupures budgétaires, on décrète arbitrairement des retranchements « across the board » de 30 % pensant qu'en ce faisant on agit ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦ stratégique- ment.En réalité, il n'y a rien de moins stratégique que des coupures uniformes.Mieux vaut éliminer certains programmes entièrement que de les amputer tous.- t ¦ ¦ Le niveau 4 c'est l'univers des grands projets, tels que la Baie James, Hi-bernia, le tun-n e 1 sous la Manche, le TGV.le Concorde, etc.Moins fré- - quents de nos jours, on retrouve néanmoins ces grands projets dans plusieurs pays en voie de développement où on planifie des parcs industriels, des autoroutes, des complexes aéroportuaires, des centrales électriques.Un grand projet qui vise un objectif stratégique est très valable.Mais un grand projet qui n'a aucune finalité stratégique peut engloutir des milliards de dollars sans aucun résultat.On déplorera le fait que le gros des dépenses de l'État, celles qui engendrent les énormes déficits se font au niveaux 5 et 4 parce que c'est « concret », c'est « palpable » et donc politiquement rentable.L'État s'endette le plus au niveau de l'intendance alors que les véritables questions de « gouvernance » restent sans réponses.Le niveau 3 marque le seuil de la véritable « gouvernance stratégique » ou l'on commence à attaquer les grands défis de l'heure.C'est ici que se situerait le « plan stratégique du gouvernement » équivalent au « plan stratégique d'entreprise » du secteur privé.La liste courte des défis d'un État moderne est d'ailleurs partout la même : le déficit, l'emploi, la compétitivité internationale, la Kimon valaskakis protection sociale, etc.Mais la « gouvernance stratégique » exige une réponse cohérente à tous ces défis en même temps.On doit rejeter les solutions partielles qui répondent à un problème en aggravant un autre.Par exemple, de nouvelles taxes augmentent les recettes de l'État mais peuvent entraîner un déclin de compétitivité.Les coupures budgétaires aggravent le chômage, le souci démesuré de compétitivité peut réduire la protection sociale, etc.Au Canada, pays fédéral, les décisions de niveau 3 sont compliquées par l'existence de 11 gouvernements quasi indépendants qui se concertent rarement et se contredisent souvent.L'absence de plans stratégiques harmonisés inter-gouvernementaux engendre d'inévitables chevauchements, doubles emplois et contre-initiatives majeures aux dépens du contribuable.C'est aux niveaux 2 et 1 que l'on approche des sommets de la « gouvernance gtratégique ».Le niveau 2 pose la question du rôle de l'État, élément indispensable pour concevoir un plan stratégique du gouvernement.Mais, à son tour, l'énoncé de mission de l'État ne peut se faire qu'à partir d'une vision explicite de société (niveau 1), ce qui exige des jugements de valeur.Or, c'est précisément à ces niveaux supérieurs qu'on retrouve aujourd'hui le plus grand manque, au Canada comme ailleurs.Dans notre pays, la dernière vision de société explicite était celle de Pierre Trudeau : Une « société juste » qui nécessitait un État interventionniste et redistributeur.On l'aimait ou on la haïssait, mais elle était réelle.De 1984 à 1993, la vi- sion de société conservatrice était plus implicite.Signée Brian Mul-roney, elle vantait les mérites d'un laissez-faire, laissez-passer dans le cadre d'une libéralisation des échanges, associée à une réduction de la taille de l'État.Aujourd'hui, la « vision Chrétien » reste encore à définir.Le Livre rouge de 1993 aborde quelques thèmes, mais il n'offre aucune vision cohérente d'une société libérale pour le début du 21ème siècle.Les documents de discussion plus récents ( Rapports Axworthy et Martin ) se situent au niveau 5, car il s'agit de techniques de gestion de problèmes particuliers, mais ne reposent sur aucun nouvel énoncé du rôle de l'État et encore moins sur une véritable vision de société.Il incombe à un parti qui jouit de l'appui de 63 % des électeurs ( 52 points d'avance sur le Re-form ) d'expliciter cette nouvelle vision, même si l'entreprise ne sera pas facile.En effet, le Canada sera obligé d'inventer un nouveau modèle de gouvernance, car depuis 1989, on assiste à l'effondrement progressif d'à peu près tous les modèles existants.« There's nothing left on the left », comme on dirait en anglais, mais « ail is not right on the right » non plus.Dans un livre magistral publié en 1991, intitulé Capitalisme contre Capitalisme, Michel Albert, ancien commissaire au Plan français, oppose deux versions du capitalisme contemporain, l'un « germanique » ou « rhénan » teinté de so-cial-démocratie, et l'autre « anglo-saxon » très individualiste, et axé surtout sur les profits.Aujourd'hui, les deux modèles sont à revoir.(.) Devant cette mer houleuse et chaotique, il nous faut un cap et une boussole.« Il n'y point de vent favorable pour celui qui ne sait où il va.» Sans destination on tourne en rond.Dans sa seconde et troisième année de mandat le gouvernement canadien devrait se pencher sur les véritables grandes questions, celles qui dépassent l'envergure des budgets, des programmes particuliers et des organigrammes de ministères.La vision de société et le rôle de l'État dans cette société devront être explicités.À leur tour, les partis d'opposition devront proposer en solutions de rechange des visions cohérentes et les confronter à celles du gouvernement.Car, sans vision et mission, sans cap et boussole, pourquoi se battre pour un pays plutôt qu'un autre ?Les mérites du projet de société canadien, pays «exceptionnel», devront être comptabilisés avec attention.Dans une année référendaire cette comptabilisation ne sera pas triviale.Une thèse bien fragile e référendum?Quel référendum?Étes-vous bien sûr qu'il y en aura un?Il y a plusieurs mois déjà que je me demande s*1l ; n'est pas plus réaliste de se demander, plutôt que de se perdre en vaines conjectures sur la date du référendum et la nature de la question, s'il y aura un référendum.Lors du récent conseil national du Parti québécois, sa nouvelle vice-présidente, Monique Simard, épilo-guait tout haut sur la possibilité de retarder «de quelques semaines, de quelques mois» le référen-.,.dum promis pour 1995.\t^C \u2022 -4 Celle qui représente maintenant la plus haute au»\"t-torité du PQ hors de l'appareil gouvernemental \u2014 donc la voix des militants\u2014 venait d'ouvrir un.peu plus grand la porte entrouverte au lendemain J des élections par Lucien Bouchard, et de s'inscrire en faux contre ceux qui croient que l'échéance de 1995 est coulée dans le béton.Venant de M.Bouchard, qui a ses propres ambitions et qui est enclin aux parcours louvoyants, cette prudence, face au téméraire optimisme de M.Parî-zeau, pouvait être interprétée comme une dissidence.Venant de Mme Simard, l'allusion prend une autre dimension.C'est comme si elle préparait le terrain à la retraite à laquelle le gouvernement Parizeau pourrait finir par se résoudre, à supposer que la ferveur souverainiste n'ait pas substantiellement levé d'ici quelques mois.\t\u2022 Tout se passe en effet comme si M.Parizeau et ses ministres senior avaient décidé de tout faire pour créer un momentum en faveur de la souveraineté \u2014 ; notamment en fixant une échéance rapide, un -«deadline» susceptible de faire monter l'adrénaline des partisans et d'injecter un sentiment d'urgence dans la population \u2014 tout en confiant à d'autres le ^ soin de paver la voie à une retraite éventuelle, au cas où leurs efforts ne porteraient pas fruit.Or, qui dit report du référendum dit report sine die, et peut-être abandon tout court, car il serait étonnant que le gouvernement puisse réussir en fin de mandat \u2014 quand, pour toutes sortes de raisons,- ; l'insatisfaction commence à s'installer dans 1 electo-1-rat \u2014 ce qu'il n'aura pu faire dans l'euphorie des-1 «cent premiers jours».\t\u2022 tZ.* * * * y * » » Euphorie, vous dites?Si euphorie il y a, disons^; qu'elle n'est guère perceptible.Au moment même où Mme Simard expliquait aux journalistes que ce ne serait pas un drame de retarder le référendum, M.Parizeau s'évertuait à remonter le moral de ses troupes, dans un long discours qui \" ressemblait davantage au pep talk que livre à une équipe perdante un coach tentant de faire contre mauvaise fortune bon coeur, qu'au constat satisfait d'un leader qui vient de gagner les élections.Si les péquistes sont, de l'aveu même de leurs dirigeants, en proie à la «morosité» alors qu'ils devraient être en train de savourer le doux fruit retrouvé du pouvoir, c'est probablement qu'ils ont com- ' pris, peut-être plus vite que les élus happés par la fièvre gouvernementale, que le référendum tant attendu risque d'être perdu.Les militants sont restés * plus proches de la population que ceux des leurs qui sont maintenant dans la bulle du pouvoir, entourés de gens qui leur disent ce qu'ils veulent entendre.* * * é » Rien ne dit, évidemment, qu'il ne se passera pas-quelque chose (encore qu'il soit difficile d'imaginer.\u2022 quoi), quelque chose qui pourrait complètement renverser la vapeur, et redonner au camp souverainiste-?le puissant élan qui lui permettrait d'aller chercher.-de dix à vingt pour cent d'indécis et de «tièdes» \u2014 ce qui constitue, en termes politiques, un défi quasi-surhumain.Mais pour l'instant, rien ne laisse croire que l'affaire a décollé.On la sent dans la vie courante, cette ' absence totale de passion.qui n'est peut-être, au fond, que l'expression de la proverbiale ambivalence des «Canadiens-français», puisque c'est essentiellement d'eux qu'il s'agit.Une thèse, fort populaire dans ies cercles péquis- \\ tes, veut que la flambée souverainiste de 1990-91 pourra être recréée.Cette flambée, qui a même dépassé, à un moment donné, la barre des 65 p.cent, faisait suite au fiasco de Meech, aux atermoiements de M.Bourassa et à la tournée de la Commission Bé- \u2022 langer-Campeau.\t! Mais tout indique qu'il s'agissait précisément de cela: une flambée.Un émoi éphémère, un sursaut de ; colère, un rêve flottant dans l'air \u2014 sentiments qui \u2022 pouvaient s'exprimer au grand jour justement parce', qu'il n'y avait aucune échéance, donc aucun danger à l'horizon.À ce moment-là en effet, on était au beau milieu du mandat du gouvernement libéral.Qui plus est, té > gouvernement était dirigé par Robert Bourassa, le-.; quel, malgré son flirt verbal avec les concepts flous** de souveraineté et d'association, était, tout le monde le savait, un fédéraliste convaincu \u2014 à tout le moinfr-le genre d'homme à ne pas se lancer dans quelque aventure risquée que ce soit.\u2022 « La population l'a suivi instinctivement dans ses*-tactiques qui étaient de venger l'affront de Meech et£ de «faire peur aux Anglais» et d'essayer d'obtenir quelque chose en faisant semblant que le Québec était devenu «séparatiste».Mais l'opération était sans risque, puisqu'il était assez évident que M.Bourassa se ménagerait une porte de sortie quelconque.De toute façon, si ce 68 p.cent avait été composé de souverainistes relativement convaincus, prêts à.suivre M.Bourassa si ce dernier avait mené son flirt à bout, comment expliquer qu'une pareille majorité ait fondu si vite, revenant quelques mois plus tard à la barre traditionnelle du 40 p.cent \u2014 et cela, précisément au moment même où un parti indépendantiste s'approchait du pouvoir?Comment expliquer \u2022 que le Bloc n'ait recueilli, à peine deux ans plus tard, que 49,5 p.cent des voix?Et que le PQ n'en ait récolté, l'année d'après, que 44,07?Comment expliquer que, si l'on en croit Sonda-gem, la proportion de souverainistes ait même baissé de 4,5 points depuis que les souverainistes sont au pouvoir?Même en admettant qu'un unique sondage n'est pas probant et en tenant compte de la marge d'erreur maximale, il semblerait que dans la meilleure des hypothèses, l'arrivée au pouvoir d'un parti souverainiste n'a pas fait monter le baromètre de la ' souveraineté, et que ce pourrait même être le con- \u2022 traire: plus la souveraineté devient possible, plus s'affirme la résistance.D'où la terrible fragilité de la thèse qui veut que la .flambée sans danger des années Bourassa puisse se répéter dans un contexte où elle risquerait de déboucher sur la réalité.-1_i_ plus LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMED119 NOVEMBRE 1994 La décision de Jacques Parizeau et de Lizette Lapointe d'emménager dans une résidence cossue de la rue des Braves, à Québec, reste controversée.Rapidement baptisée l'Élysette.l'ancienne maison de Roger Lemelin est devenue le point de mire de bien des tribunes téléphoniques.Après deux mois de pouvoir, les péquistes sont bien maussades DENIS LESSARD du bureau de La Presse QUÉBEC oroses les pequistes a Québec.C'est peu dire.Après l'euphorie de la prise du pouvoir \u2014 un peu ternie, il est vrai, par la victoire à l'arraché du 12 septembre \u2014, après le discours flamboyant de lacques Parizeau au moment de la formation d'un gouvernement fort prometteur, et quelques bons coups, ce fut le trou noir.On est passablement maussade dans les coulisses du gouvernement.Après tout juste deux mois de pouvoir, les dernières semaines n'ont été qu'une enfilade de faux pas, de décisions souvent inexpliquées et parfois.inexplicables.L'accueil plutôt favorable au plan de relance des PME québécoises annoncé cette semaine par le ministre de l'Industrie et du Commerce, Daniel Paillé, constitue sans doute un des rares moments de grâce dans les milieux péquistes.Autre bon coup, le signal claironné à Oka par le ministre de la Sécurité publique, Serge Mé-nard ; longtemps freinés par Québec, les policiers auront désormais les coudées franches pour faire respecter la loi dans les réserves.Mais la liste des notes discordantes est passablement plus longue.Le symbole par excellence du flottement : la décision de Jacques Parizeau et de Lizette Lapointe d'emménager dans une résidence cossue de la rue des Braves, à Québec.Rapidement baptisée l'Élysette, l'ancienne maison de Roger Lemelin est vite devenue le point de mire et la cible de bien des tribunes téléphoniques.Elle ne devait rien coûter aux contribuables.ils en assumeront près de la moitié a cause des abattements fiscaux consentis aux donateurs.Cette semaine dans l'entourage de Jacques Parizeau.on ne prisait plus guère les blagues à ce sujet, tant la question était devenue controversée.Personne ne croit sérieusement que le chef du gouvernement tendrait davantage l'oreille aux doléances des éventuels donateurs, mais il est clair que les vizirs n'avaient pas alerté le Sultan qu'une aussi vive controverse était à prévoir dans le royaume.Une part importante du problème, c'est qu'il n'y avait plus de porte de sortie.une fois que le couple Parizeau eut franchi, un peu rapidement, celle du 1080 des Braves.De maison du premier ministre, on est passé rapidement à résidence officielle ; tant de gens défileront dans les salons que, Code du bâtiment oblige, on devra installer des gicleurs, ce qui fera grimper la facture.Triste ironie, depuis qu'ils ont appris que leur identité serait divulguée, les donateurs se font plus frileux, indique-t-on.Le quolibet de l'Élysette traduit un autre malaise, désormais tangible chez les péquistes : l'influence de Lizette Lapointe auprès du premier ministre.Déjà dans les coulisses de certains cabinets, on se fait l'écho des remarques des ministres qui trouvent que « Madame en mène large ».Elle téléphone elle-même dans les cabinets, pose des questions sur des dossiers qui la préoccupe, des initiatives que lui permet le poste qu'elle détient officiellement au cabinet du premier ministre \u2014 une fonction non rémunérée, il faut le rappeler.Embourbé dans ces passages difficiles, le gouvernement Parizeau a trouvé le moyen de rater des filets déserts.Après avoir lui-même fait monter les attentes sur les révélations des études secrètes du gouvernement prédécent, Richard Le Hir a maladroitement tiré des conclusions favorables à sa thèse à partir de documents dont il mettait en doute la crédibilité.« Le Hir, c'est un désastre ».confiera un stratège souverainiste.En publiant les études du gouvernement predécent sur les coûts de la souveraineté.le ministre délégué à la Restructuration y a ajouté quelques chiffres de son cru, histoire de rapprocher la note du fédéralisme des trois milliards lancés par Jacques Parizeau en campagne électorale.Le résultat fut unanimement critiqué par les médias.M.Le Hir avait fait abstraction des 3,7 milliards des paiements de péréquation, un détail dans l'addition qu'il présentait pourtant comme un bilan, le « bottom line », disait-il, du régime fédéral.Déjà au Conseil exécutif, on se démène pour dénicher des fonctionnaires et des conseillers externes qui connaîtront mieux les rouages de l'État, afin de les bombarder conseillers de Richard Le Hir.Ce dernier a comme mandat, rappelons-le, rien de moins que de dessiner la structure du nouveau gouvernement du Québec souverain.Côté relations fédérales-provinciales, le gouvernement Parizeau a dù rapidement déchanter.Il faut dire qu'il avait marqué un point important dès les premiers jours.Dès sa première passe d'armes avec son vis-à-vis, Marcel Massé, la ministre québécoise des Affaires intergouvemementales, Louise Beaudoin, obtenait 36 millions de dollars de compensations pour le référendum de 1992, arrachant plus en deux jours que ne l'avait fait le gouvernement Bourassa sur ce même dossier, en deux ans.Mais cette victoire parait déjà remonter aux calendes grecques.D'autant plus que, depuis, dans la controverse sur l'avenir du Collège militaire royal de Saint-Jean, le même Marcel Massé s'est révélé être un adversaire autrement plus pugnace que prévu.L'intervention de la ville de Saint-Jean \u2014 qui y est allée d'une nouvelle proposition pour l'avenir du Collège \u2014 fut providentielle pour Québec.Cette sortie a, momentanément du moins, déchargé le gouvernement, qui a accroché rapidement son wagon à cette nouvelle locomotive.Le but est simple : repousser un peu le choix cornélien qui s'offre au gouvernement Parizeau.D'une part, passer sous les fourches caudines de l'entente de principe conclue en juillet dernier entre Ottawa et le gouvernement précédent, cet accord qu'en arrivant aux affaires, le gouvernement Parizeau s'était empressé de désavouer.L'autre voix ne sera guère plus invitante : refuser d'entériner l'accord placera Québec dans le rôle du « vilain ».celui qui fermera les portes du Collège alors que cette initiative, il faut le rappeler, émanait d'Ottawa, à l'origine.Les autres contentieux avec Ottawa sont passés d'affrontements frontaux à guerres de tranchées.Tout le monde y perd son latin.Ainsi, Québec qui avait promis de donner le feu vert à un traversier pour relier les L'influence de Lizette Lapointe auprès du premier ministre Parizeau crée un malaise, désormais tangible, chez les péquistes.Déjà dans les coulisses de certains cabinets, on se fait l'écho des remarques des ministres qui trouvent que « Madame en mène large ».Îles-de-la-Madeleine a la Gaspesie, acquiesce à la préférence des Madeli-nots : une navette avec l'ile-du-Prin-ce-Édouard.On en est encore aux lettres revendicatrices.Une autre algarade avec le gouvernement fédéral a aussi mal tourné pour Québec.Le ministre Bernard Landry s'était moqué dès le début de la tournée asiatique de Team Canada, pilotée par Jean Chrétien ; un étiquette bien peu diplomatique, avait-il soumis avant de promettre que Jacques Parizeau n'achèterait pas de billet pour l'excursion.Une fois terminée \u2014 sans qu'on puisse jauger les résultats tangibles \u2014 l'expédition est un succès médiatique évident pour Ottawa.qui ne faisait que récolter les semences déposées par René Lévesque, qui s'était rendu en Chine dans les années 80, de risquer le ministre Landry.Moins évidentes, d'autres annonces ont fait tiquer bien des péquistes.Le retour à Paris d'Yves Michaud \u2014 après la kyrielle des retours de « la vieille gang » dans l'entourage du premier ministre Parizeau et dans plusieurs cabinets.En fond de scène, il y a la kyrielle des destitutions des hauts mandarins de l'État, associés au régime précédent.Certaines justifiables, d'autres moins, ces décisions donnent inévitablement l'impression d'une vendetta dans l'opinion publique.Québec a aussi eu fort à faire pour éviter que ne rejaillisse sur lui les indemnités de départ mirobolantes chez Domtar \u2014 des déclarations « politiciennes » d'un Guy Chevrettte n'ont guère été prisées dans les conseils d'administration des firmes où Québec est un des actionnnaires.Le gouvernement Parizeau n'a pu cacher ses divisions internes quant à la nécessité de maintenir le recours en justice contre Mario Bertrand, l'ancien bras droit de Robert Bourassa qui a encaissé des avantages importants d'une filiale d'Hydro-Québec au moment où il siégeait au conseil d'administration de la société d'État.Le procureur général Paul Bégin venait à peine de faire connaître sa décision que son collègue aux Ressources naturelles François Gendron étalait son désaccord.Le même ministre s'engageait aussi dans un autre combat douteux, remettant en question le rôle des commissions scolaires.Après avoir sursauté, la Fédération fut rapidement rassurée partout ailleurs au gouvernement, mais l'escarmouche laissera des traces.Déjà dans le réseau scolaire, on déplore le choix, à l'Éducation, de Jean Garon, « qui se promène en se contentant de dire qu'il faut être heureux dans nos écoles ».Finalement, habituellement plus habile, Jacques Brassard s'est laissé entraîner à spéculer sur les conséquences de l'immigration dans le résultat référendaire \u2014 un rappel de déclarations de M.Parizeau, il y a deux ans, qui avait dit que le référendum pouvait être emporté sans l'appui des Néo-Québécois, une bourde que bien des péquistes voulaient oublier.Côté référendum, le tableau n'est guère plus rose.Jean-François Lisée peut s'inviter à prendre le café chez l'ancien ministre libéral Yves Séguin, ou Rodrigue Biron comme Marc-An-dré Bédard multiplier les appels du pied auprès de leurs connaissances pour obtenir des appuis à la souveraineté, la coalition « arc-en-ciel » reste, obstinément, monochrome.Des joueurs importants s'alignent déjà pour porter la bannière souverainiste à la prochaine campagne référendaire, mais jusqu'ici, de Gérald Larose à Serge Turgeon, leur adhésion ne surprendra personne.Les noms de Claude Castonguay, Yvon Picotte et même Michel Page circulent encore comme des appuis possibles au clan du « Oui » \u2014 le dernier toutefois est bien peu probable.Mais même chez les souverainistes, on affiche une prudence de Sioux quand on spécule sur l'ampleur du ralliement.Il y a deux jours, il est vrai, les stratèges péquistes ont eu un peu de baume à la fin d'une autre mauvaise semaine.Claude Béland, l'un des souverainistes les plus «c assembleurs », a mis fin au mutisme que lui imposait jusqu'ici le Mouvement Desjardins, et s'est prononcé clairement en faveur de la souveraineté.au moins jusau'à la prochaine réunion du conseil d administration du Mouvement, inquiet des répercussions d'une telle prise de position auprès de la clientèle.Les proches de Jacques Parizeau indiquent déjà que tout sera mis en oeuvre pour que le référendum ait eu lieu avant le 24 juin 1995.Pour eux, la popularité du gouvernement Parizeau sera un élément déterminant dans les chances du « Oui ».« Si la tendance se maintient » comme le veut l'expression consacrée.l'autoroute de la souveraineté parait pleine de nids-de-poule.* * * f LA PRESSE.MONTRÉAL, SAMED119 NOVEMBRE 1994 PLUS D'ici 2008.Outremont va devenir un véritable chantier avec la construction de 2000 unités de logement de tours à bureaux et de commerces d'appoint sur les terrains de la gare de triage du Canadien Pacifique.Sur ie croquis ci-dessus, on peut voir la perspective des nouveaux Champs-Élysées de cette ville enclavée, le futur boulevard Beaublen.« Grande-Baleine » d'Outremont CLAUDE-V.MARSOLA1S e 1996 à 2008, tout le secteur nord de la ville d'Outremont va devenir un véritable chantier avec la construction de 2000 unités de logement ( moyen à haut de gamme ), de tours ** bureaux et de commerces d'appoint sur les terrains de la gare de triage du Canadien Pacifique.Un projet deux fois et demi plus important que Faubourg-Québec.Une mini Grande-Baleine en quelque sorte ! Le résultat net de cet immense complexe aura pour effet d'augmenter la population de cette ville enclavée de plus de 5000 personnes, de revitaliser tout un secteur désaffecté d'une superficie de 25 hectares avec l'ouverture de nouvelles rues et boulevards et l'aménagement d'un nouveau parc, et d'augmenter les revenus de la ville puisque le projet est évalué au ba?mot à 522 millions, soit le tiers de l'évaluation actuelle, qui est de 1,5 milliard de dollars.Il y h déjà plus de vingt ans que le projet de développer le vaste terrain de la gare de triage est dans l'air, mais ce n'est que depuis le 10 décembre 1993 que la ville d'Outremont et le Canadien Pacifique ont conclu une entente de principe qui destine cet immense terrain à une vocation résidentielle et commerciale.Le maire de la municipalité, Me Jean Pominville, explique que si sa ville a décidé d'opter pour le développement résidentiel plutôt que d'en faire par exemple un parc de haute technologie, c'est pour respecter la vocation traditionnelle de !a ville, dans le prolongement du concept de cité-jardin développé au début du siècle.« C'est en quelque sorte jouer 'fessier' », commente pour sa part un expert des finances publiques et des marchés immobiliers à l'INRS-Urba-nisation, M.Pierre Hamel, pour qui un tel complexe résidentiel n'est pas directement lié à l'activité économique de la métropole mais répond à d'autres considérations comme la constitution de nouveaux ménages, l'immigration, l'augmentation de la population, etc.En optant pour cette vocation, Outremont a fait réaliser de nombreuses études préalables par des firmes de consultants ( la Ville y a déjà engagé 275 000 $ ) dont la coordination fut assurée par la firme Pluram.Des séances d'informations se sont tenues au cours des mois de juillet et août et le conseil municipal adoptait à sa séance du 7 novembre un règlement modifiant le plan de zonage de la partie nord et est.Bref, pour le maire jean Pominville, tout va sur des roulettes et il compte bien procéder à la première pelletée de terre dès 1995.quelque temps avant la tenue des prochaines élections municipales.Mais cette précipitation commence à susciter de nombreuses inquiétudes chez les Ou-tremontois qui estiment problématiques certaines études portant sur la circulation, l'impact sur les finances de la Ville et l'évaluation des propriétés déjà bâties.La hauteur des immeubles résidentiels et des édifices à bureaux soulève aussi des craintes quant à l'obstruction de la vue et à la réduction de l'ensoleillement des maisons du voisinage.Les grandes lignes Le projet prévoit dans ses grandes lignes le maintien d'un corridor ferroviaire de 98 pieds à la limite des villes d'Outremont et de Mont-Royal, le démantèlement des voies ferrées de !a gare de triage proprement dite ainsi que l'assainissement du sol, le drainage par l'aménagement de trois bassins souterrains et d'un bassin de surface dans le parc central et l'érection d'un talus de 6 mètres formant un parc linéaire d'un kilomètre afin de servir d'écran sonore et visuel.De plus, le plan prévoit le prolongement vers le complexe de la plupart des avenues nord-sud existantes, la construction d'un boulevard dans le prolongement de la rue Beaubien ( les futurs Champs-Êlysés d'Outremont ) et d'un tunnel sous la voie ferrée pour rejoindre Montréal ainsi que l'aménagement d'un parc central de 210 000 pieds carrés avec son bassin d'eau.La conception du design urbain qui a été préparée par le groupe Cardinal Hardy ( firme qui a réalisé le Vieux-Port de Montréal ) envisage la construction d'édifices à bureaux à proximité du viaduc Rockland et de la voie ferrée, des immeubles résidentiels pouvant atteindre 14 étages le long du futur boulevard Beaubien, des maisons de 4 à 6 étages dans le prolongement des rues de L'Ëpée et Champagneur, des condos superposés de 2 à 4 étages et des résidences uni-familiales dans la partie nord et centrale du secteur, dans l'axe Outre-mont-Wiseman.La valeur des maisons de ville qui seront construites devrait approcher 314 000$ avant taxes, les condos superposés 205 600 $, et les appartements de 175 000 $ à 250,000 $, selon les immeubles.Donc des unités de moyenne et de haute gamme à l'image des résidants actuels de la Ville, dont le revenu par ménage est près du double de la moyenne québécoise ( 65 000 $ c.34 000 $ ).Quant à la valeur marchande unitaire des bureaux, elle est évaluée à 145 $ le pied carré et celle des commerces à 100 $ le pied carré.Dans la partie nord-est, qui est enclavée par la voie ferrée \u2014 le territoire délimité par les rues Atlantic, Du-rocher et Hutchison \u2014, le plan 0%\tM\tM « ^\t^ A\tM 4\tM O \u2022\u2022 1 \u2014fc\t\u2022 \u2022 1 f A A u ut uaïusuic auv)|nt pal ta vmc eu 1989 envisage d'en éliminer complètement la vocation industrielle et de lui substituer une vocation mixte comprenant des commerces et des bureaux, ainsi que la transformation d'entrepôts ou bureaux décrépits en lofts.Il avait été question de déménager dans ce secteur l'aréna municipal, situé actuellement près du viaduc Rockland, mais la municipalité a aban- donné le projet à la suite de demandes de citoyens.Qui paye quoi ?La ville d'Outremont a évalué à 15,4 millions les débours qu'elle devra assumer sur une période de 12 ans pour le financement des équipements et des infrastructures.De son côté, le Canadien Pacifique devait assumer une somme de 5 millions pour des travaux secondaires reliés à la remise en état du terrain.Or, le 7 novembre dernier, Canadien Pacifique remettait à la Ville une nouvelle proposition dans laquelle il s'engageait à absorber le coût des infrastructures ( sauf le déménagement du garage municipal ) à la condition que la municipalité s'engage à les louer pour une période de 20 ans après leur réalisation.Le loyer sera basé sur l'amortissement d'un prêt hypothécaire d'une durée de 20 ans portant intérêt au taux préférentiel, plus 1 pour cent.La société ferroviaire garantit aussi à la Ville que si au cours d'un exercice financier elle ne retire pas suffisamment de recettes à même les taxes foncières ou celles d'amélioration locale pour couvrir le loyer annuel, l'excédent du loyer sera reporté au prochain exercice.« C'est une protection pour les résidants actuels afin qu'ils n'aient à supporter aucun sous des infrastructures », d'expliquer le maire Pominville.Si ce scénario est officialisé, il sera très difficile d'évaluer les coûts totaux qu'Outremont aura à assumer puisqu'ils sont fonction du taux d'intérêt et de la réalisation du projet dans les délais prévus de 12 à 14 ans.Cette proposition inquiète l'Association des citoyens d'Outremont, qui y voit une forme de subventions aux nouveaux résidants du complexe de la cour de triage.« On crée une nouvelle catégorie de citoyens.On bouleverse toute l'économie de la fiscalité municipale, qui veut que chaque contribuable soit traité également et équitablement.Le taux de taxe doit être le même pour tous et le montant des taxes doit couvrir les dépenses des services municipaux.Dans les projets de développement, le financement des infrastructures s'effectue par des taxes d'amélioration locale en sus des taxes générales pour les services.Faire autrement serait leurrer les contribuables », soutient M.Romain Desbois.Devant cette critique, Me Pominville se fait rassurant en signalant que le Canadien Pacifique s'est engagé par écrit à faire payer les taxes d'amélioration locale directement aux nouveaux résidants du complexe.Il ne voit donc aucun fondement aux objections présentées.Le projet est-il rentable pour la municipalité ?La société Pluram avait évalué qu'à la 14e année du projet.Outremont obtiendrait des recettes additionnelles de 4,1 millions et un surplus net de 1 million si la Ville assumait elle-même le coût des infrastructures.De son côté, le maire est plus optimiste en situant les revenus à 6 millions et le surplus net à trois millions.Agé de 48 ans et faisant preuve d'une belle assurance, le maire Jean Pominville est d'autant plus pressé de voir le projet se concrétiser qu'il pressent des difficultés d'ordre financier à Outremont dans les années à venir.« En dix ans, la part du budget consacrée à la CUM a presque doublé, passant de 7 à 12,5 millions.Pendant ce temps, la part du budget affectée aux services propres de la municipalité ne s'est accrue que de deux millions, soit de 15 à 17 millions malgré une hausse des coûts généraux.La plupart de nos bâtiments sont vétustés et certaines de nos rues sont dans un état lamentable.Il faut donc y remédier.Or deux voies sont possibles : nous faisons financer ces investissements nécessaires par des hausses générales de taxes ou par le développement immobilier.Nous avons opté pour ce dernier choix, qui nous paraît le plus avantageux pour les citoyens.» De nombreux citoyens sont inquiets ien qu'ils soient favorables au développement de leur ville, de nombreux citoyens d'Outremont ont manifesté publiquement leurs inquiétudes face au projet du gigantesque complexe immobilier de la gare de triage du Canadien Pacifique.Ces inquiétudes ont trait en premier lieu au processus démocratique de consultation puis à d'autres problèmes comme la circulation des véhicules, l'effet sur l'évaluation des propriétés conti-guès, les projections de mises en chantier et la volumétrie de l'ensemble architectural.Deux organismes, le Comité des citoyens d'Outremont et le Comité des citoyens-Cour de triage, ont dénoncé la précipitation de la ville dans ce dossier, l'accusant d'avoir fait du « forcing » en ayant effectué sa phase de consultations publiques en pleine période de vacances, au cours des mois de juillet et août.Un conseiller de l'opposition, René Faribeau, les appuie et affirme que les citoyens n'ont pas été convenablement informés et consultés.« Je crains que l'attitude de confrontation du maire dans ce dossier n'ait pour conséquence de torpiller le projet », ajoute-t-il en signalant la possibilité que les citoyens rejettent la proposition lors d'un référendum.Le maire Jean Pominville rétorque que l'administration a fait preuve de totale transparence dans ce dossier puisque toutes les études d'experts ont été rendues publiques.« Nous avons tenu 40 soirées d'information où les experts étaient présents, mais seulement 500 citoyens se sont présentés.Doit-on en conclure que le projet ne les intéresse pas et qu'ils sont majoritairement d'accord ?» Outremont a probablement fait preuve de transparence dans l'élaboration du projet, mais on ne peut en dire autant quant à ses efforts pour informer adéquatement la population.Pour obtenir gratuitement le dossier complet du projet, La Presse a dû passer par la firme Pluram et divers autres organismes, car la ville exigeait le paiement d'une somme de 75 $.De même, les nombreuses tentatives de parler avec la présidente de la Commission d'urbanisme, Mme Chantai Raymond, se sont soldées par le mutisme le plus complet.Si l'on compare avec le projet Faubourg-Québec dont la période de consultations des citoyens a duré deux ans, de 1991 à 1993, force est de constater une certaine précipitation à Outremont puisque les modalités du projet n'ont été rendues publiques qu'en juin.La circulation Parmi les problèmes soulevés par les citoyens en regard du projet, la circulation fait l'objet d'une très grande préoccupation.Des Outre-montais se sont inquiétés des répercussions qu'auraient la présence de 3500 véhicules additionnels dans la ville.La firme Beauchemin, Beaton, Lapointe a calculé que cela se traduirait, du moins à l'heure de pointe du matin, en 2110 déplacements supplémentaires, auxquels il faut ajouter la circulation de transit actuel en provenance du nord et de l'ouest de la ville.Les rues les plus problématiques étant Davaar ( le matin ), McEachran ( fin d'après-midi ), Van Hçrne et Cô-te-Sainte-Catherine.La solution de la firme d'experts est de faire dévier la circulation de transit venant du viaduc Rockland par le futur boulevard Beaubien, au nord, vers l'avenue du Parc et de placer des entraves dans les rues les plus achalandées de manière à restreindre les allées et venues.Cette solution suppose évidemment l'accord des autorités de la ville de Montréal.Mais, selon nos informations, aucune étude n'a été commandée au service d'urbanisme de Mon-tréal pour en connaître les conséquences sur l'avenue du Parc.La ville de Mont-Royal avait aussi proposé de creuser un tunnel sous la voie ferrée afin de relier la rue L'Aca-die à la ville d'Outremont, mais cette proposition a été carrément rejetée comme il fallait s'y attendre.Dans ce dossier, l'administration de la Ville est consciente des enjeux puisqu'elle a créé un comité mixte citoyens-conseillers afin de proposer des solutions qui seront par la suite soumises à une firme d'experts.C'est ainsi que le comité a proposé de dévier la circulation lourde vers les rues Bâtes et Atlantic pendant la phase de construction.De plus, le maire Pominville compte sensibiliser son ho- monyme de Montréal, Pierre Bour-que.La mise en marché Parmi les autres craintes des citoyens, on soulève la problématique de l'état du marché de la vente des nouvelles unités d'habitation.Un ralentissement des ventes aurait comme conséquence une prolongation dans le temps de la réalisation du projet.La firme retenue pour faire des projections, le Centre d'analyse du marché immobilier ( CAMI ) prévoit la construction en 1995 de 17 000 nouvelles unités résidentielles et en 1999 de 26 000 pour la région de Montréal.À ia Société canadienne d'hypothèques et de logement ( SCHL ), on estime que ces projections sont très optimistes.« Le marché de la revente, qui a un effet sur l'achat de nouvelles résidences, est actuellement en chute libre.Si on ajoute l'effet démobilisateur d'une hausse des taux hypothécaires, c'est un indicateur précurseur de la tendance », note M.Jacques Pelletier.Mais le maire estime que le nombre retenu, la vente de 150 unités neuves annuellement au lieu des 250 proposées à l'origine, est une projection fiable et très conservatrice pour Outremont, compte tenu de la qualité de vie.Par ailleurs, la construction d'édifices de 14 étages risque-t-elle de plonger « dans l'ombre » les duplex et triplex que l'on trouve au pourtour du terrain.\tr « Une simulation faite par ordinateur par la firme Cardinal, Hardy montre qu'il n'y a pas d'effet appréciable sur le bâti actuel », note M.Richard Dion, de la firme Pluram, en ajoutant que personne ne se plaint actuellement de la présence de l'aréna ou du poste de police.Le maire est un peu moins catégorique puisqu'il admet qu'au moins 15 propriétés sises dans la rue Ducharme vont avoir leur vue coupée du côté est.Les maisons sises près du complexe vont-elles perdre de la valeur ?« Non, c'est le contraire puisqu'on va se retrouver avec deux types d'acheteurs, ceux qui veulent du neuf et ceux qui recherchent des résidences traditionnelles classiques », soutient M.Pominville en signalant que la réalisation du Sanctuaire n'a eu aucun effet négatif sur la valeur des maisons.« Les experts disent non, ajoute le conseiller Faribeau, mais la loi de l'offre et de la demande peut changer.Les propriétés actuelles qui pourraient en souffrir sont celles qui sont situées au nord de la rue Van Hor-ne.» Quant aux effets sur les commerces de la rue Van Home, tout laisse croire que le projet les avantagera puisqu'on ne comptera sur le nouvel emplacement que des restaurants, dépanneurs et nettoyetfTs.\tf PLUS LA PRESSE.MONTREAL.SAMED119 NOVEMBRE 1994 Le Canada anglais a assisté en spectateur à la grande joute constitutionnelle « À ceux qui soulevaient l'opposition du Québec, Pierre Trudeau répondait que les Québécois élisaient ses députés et l'appuyaient Et le Canada anglais est retourné à ses débats économiques, se contentant de regarder Trudeau jouer avec le bilinguisme et ia Constitution.» CftRALD LEBLANC Duncan Cameron est un enfant de l'Ouest, dont le grand-père écossais parlait le gaélique au foyer.Après des études en Alberta, le jeune diplômé s'enrôle dans la fonction publique et découvre, à Ottawa, l'importance du français.Cinq ans d'études doctorales à Paris et une compagne franco-montréalaise ont fait du professeur Cameron un Canadien bilingue qui connaît fort bien le Québec.Professeur de sciences politiques à l'Université d'Ottawa, il est aussi éditeur de Cartadian Forum, l'organe de la gauche et du nationalisme canadiens depuis 75 ans.C'est à ce spécialiste de la scène canadienne que nous avons demandé de nous initier aux grands courants de pensée du Canada anglais, qui discutait d'économie pendant que le Québec se colletait avec sa question nationale.* * * La Presse \u2014 II y 25 ans, arrivait à Ottawa un fringant leader qui allait changer la face du pays.Quels grands courants traversaient le Canada anglais lors de l'entrée en scène de Pierre Elliott Trudeau en 1968 ?Duncan Cameron \u2014 Trudeau a hérité d'un consensus, établi depuis la fin de la guerre, autour de trois grandes idées : 1 ) la porte ouverte aux investissements étrangers, qui se traduisait par une mainmise américaine grandissante ; 2 ) l'État-Providence qui partageait la richesse ; 5 ) la vision keynésienne de l'État interventionniste.Sur cet héritage, déjà en voie d'éclatement, Trudeau a placé un gla-mour qui rendait le Canada intéressant ; le Québec passait à l'avant-scè-ne et le français paraissait rentable pour le Canada anglais.D'oii venaient les fissures dans ce consensus d'après-guerre ?« Manufacturing consent », l'ouvrage du linguiste américain Norm Chomsky, a eu ici une grande influence.On introduisait alors un nouvel acteur, l'opinion publique, qui allait bouleverser l'échiquier canadien.Ainsi, Marc Lalonde répondait aux opposants au contrôle des investissements étrangers ou aux promoteurs du football américain au Canada, que l'opinion publique, révélée dans ses sondages, était contre eux à 70 ou 75 p.cent.Auparavant, l'agenda était déterminé par deux grands acteurs : le Parti libéral ( catholique québécois ) ou le Parti conservateur ( protestant ontarien ) et le monde des affaires, qui négociaient directement, sans intermédiaire.Le milieu des affaires s'est vite adapté aux nouvelles règles du jeu, en créant au milieu des années 70 le Business Council on National Issues, un regroupement de 150 géants corporatifs qui jouerait un rôle déterminant dans le nouveau consensus national.Quel était le nouveau credo canadien ?Le point de rupture est vraiment arrivé avec la récession de 1981, qui a entraîné la perte de 700 000 emplois.Rien n'allait plus et Trudeau mit alors sur pied une commission royale d'enquête sur l'économie, présidée par l'ancien ministre libéral Donald MacDonald.Fortement influencé par le milieu des affaires, via le Business Council et le C.D.Howe Institute, MacDonald allait fournir l'agenda de ia fin des années 80 et de la décennie 90 autour de trois éléments : 1 ) le li-bre-échange avec les États-Unis ; 2 ) la réduction de l'État-Providence pour affronter la concurrence internationale ; 3 ) la lutte à mort contre l'inflation, menée à sa façon par la Banque du Canada.Les grands penseurs et les gurus du Canada anglais étaient maintenant des économistes ?Les trois personnages les plus influents des dernières décennies furent en effet Thomas d'Aquino, le président du puissant Business Council ( Conseil canadien des chefs d'entreprise ), Tom Kierans, fils de l'ancien ministre Eric et membre influent du C.D.Howe Institute, et Tom Cour-chesne de l'université Queen's à Kingston, la plus influente de nos universités, d'où étaient sortis les grands mandarins de la fonction pu-bliq ue fédérale.On peut ajouter le Fraser Institute de Vancouver, une institution d'extrême droite qui veut réduire le rôle de l'État à celui de gardien de nuit, et qui a modifié l'échiquier, en faisant passer ies autres acteurs pour des modérés.Le centre s'est ainsi déplacé vers la droite et le néo-libéralisme a pris toute la place, notamment sous le gouvernement Mulroney.Le grand débat canadien fut finalement économique ?Face à la commission MacDonald, en-! t dossée par le gouvernement et le milieu des affaires, s'est levé un mouvement d'opposition un peu disparate : les femmes, les syndicats, les Églises ( surtout l'Église catholique ).Et l'on s'est retrouvé devant deux visions inconciliables : 1 ) le néo-libéralisme : le marché doit primer, l'État doit se retirer et les gens doivent se serrer la ceinture ; 2 ) le mouvement d'opposition : il y a de la place pour une stratégie nationale, l'État doit jouer un rôle dans la réglementation du capitalisme international et l'État doit servir de providence pour les plus fai- En 92, alors que le Tout-Canada était braqué sur l'accord de Charlottetown, deux professeurs de l'université York publiaient un livre carrément hérétique : Negotiating with a Sovereign Quebec (Négocier avec un Québec souverain).Le politicologue Daniel Drache et l'historien Roberto Perrin avaient décidé de sortir des sentiers battus : les « bons » fédéralistes contre les « mauvais » séparatistes du Québec.« Dans les cinq prochaines années, le Québec deviendra un pays souverain et voudra négocier une nouvelle relation avec le Canada.» Sur la base de cette présomption, les deux universitaires avaient demandé à seize spécialistes d'examiner les diverses facettes de cette complexe aventure.Tout y est examiné, avec sérénité et expertise, en tenant pour acquis la prémisse de départ : l'attitude à prendre, dure ou conciliante ; le coût de s'associer ou de ne pas s'associer ; les possibilités d'une stratégie et d'une monnaie commune ; les points sensibles des minorités ( anglophone au Ouébec et francophone au Canada } et des nations autochtones ; les fron- bles.La grande confrontation s'est cristallisée autour du libre-échange, sans conteste le débat marquant des années 80 et 90 au Canada anglais.Mais où était donc le Canada anglais durant le grand tournoi constitutionnel des 30 dernières années ?Le Canada anglais a assisté en spectateur à la grande joute constitutionnelle.Quand Trudeau est arrivé, il y avait une nouvelle prise de conscience du Canada anglais à l'endroit du Québec : les libéraux de Pearson envisageaient un statut particulier, les tières et la protection de l'environnement, qui traverse les frontières.Le volume vaut la peine d'être lu, en raison du sérieux de la démarche et en raison de la surprenante connaissance qu'ont du Québec certains des collaborateurs, notamment les deux responsables de l'ouvrage.Alors que les ténors d'Ottawa et de plusieurs capitales provinciales se plaisent à clamer haut et fort qu'il n'est pas question de parler d'un éventuel Québec souverain, d'autres Canadiens anglais examinent les diverses possibilités que pourraient offrir l'avenir.Comme on a peu parlé de cet ouvrage au Québec, il nous a paru opportun d'en signaler l'existence, comme nous l'avions fait, dans le cahier PLUS du premier octobre, pour quatre autres volumes parus au Canada anglais sur la question nationale.Negociating with a Sovereign Quebec, de Daniel Drache et Roberto Perrin, publié par famés Lorimer &.Company, Toronto, 1992, 296 pages, 19,95$.conservateurs de Stanfield avaient fait leur la thèse de Faribault sur les deux nations, les néo-démocrates de Douglas ne parlaient plus du gouvernement national mais du gouvernement fédéral.Trudeau a vite tourné au ridicule et Stanfield et Douglais, en disant qu'ils voulaient deux Canada tandis que lui en proposait un seul.À ceux qui soulevaient l'opposition du Québec, il répondait que les Québécois élisaient ses députés et l'appuyaient.Et le Canada anglais est retourné à ses débats économiques, se contentant de regarder Trudeau jouer y \u2022 NFegotia 11nc\t\t with a\t\t Soi Q\t/ere] 1jebï\t[gn lc « \tif\"888 iy,,! -\tr 1 i i \u2022 .r 1 j\tA ! \u2022 9\ti î i \u2022 ! Dtituri ht\t'Xihc tniii K} Agence France-Presse MOSCOU ¦ Placé en difficulté ces derniers jours par des accusations de corruption portées contre l'armée, le ministre de la Défense Pavel Gratchev a con-tre-aftaqué avec succès hier devant la Douma, la chambre basse du parlement russe, en demandant aux députés de sauver une institution vitale pour le pays et plongée dans une situation « catastrophique ».« Aidez-nous, l'armée vous en sera gré », a lancé le général, un ancien d'Afghanistan âgé de 46 ans et très proche du président Boris Eltsine, dont certains députés avaient dernièrement demandé la démission.Les députés, après avoir invité il y a plusieurs semaines le ministre à s'expliquer sur l'état « psychologique et moral » de l'armée, ont renoncé hier à voter contre lui une motion de défiance.Le général, qui retrouvait visiblement de l'aisance au fur et à mesure de son intervention longue de près d'une heure, a placé d'entrée de jeu le débat sur le terrain de la « grande misère » de l'armée, en lançant un avertissement aux parlementaires pour qu'ils augmentent la part du budget militaire.« le vous prie de prendre mes déclarations comme un avertissement: pas une armée au monde n'est dans une situation aussi désastreuse (.).L'aptitude au combat est sous une menace réelle, seuls 40 p.cent des effectifs sont équipés d'armes et de moyens techniques modernes, et d'ici à l'an 2000 seuls 10 p.cent des troupes disposeront d'un équipement adéquat », a-t-il dit.Le vice-ministre de la Défense André* Kokochine avait estimé jeudi que l'armée a besoin d'au moins 55 000 milliards de roubles (18 milliards de dollars), contre 45 600 milliards prévus dans le projet de budget 1995.Le général Gratchev est allé plus loin: l'armée n'a reçu que 18 800 milliards de roubles sur les 40 000 prévus en 1994, a-t-il indiqué, avant de révéler que seuls 23 p.cent des appelés répondaient à l'appel et que 34 000 anciens criminels ont été enrôlés cette année.« Le soldat fait un travail d'esclave, est exténué, devient méchant, déserte, se suicide ou tue.» 150 000 officiers sont actuellement sans logis, la situation est particulièrement dramatique dans l'Extrême-Orient et le Nord-Ouest, alors que la Russie doit « digérer » plusieurs centaines de milliers de militaires retirés d'Allemagne et des pays baltes ces derniers mois.« Ce retrait a été trop précipité, je l'avais dit, mais nous sommes des militaires, nous obéissons », a dit le général Gratchev.Si dans la nouvelle doctrine, « la Russie ne considère plus un seul État comme son ennemi, cela ne veut pas dire que nous n'avons pas d'inté-rét stratégique », d'autant que le pays doit faire face « à de nombreuses menaces: terrorisme, banditisme, séparatis-mes », a conclu le général Gratchev.Le général Gratchev avait été directement éclaboussé par l'assassinat au colis piégé le 17 octobre d'un journaliste, Dmitri Kholodov, alors que ce dernier s'apprêtait à faire de nouvelles révélations sur la corruption dans l'armée.Cet acte criminel, qui a traumatisé la Russie, a été suivi du limogeage du vice-ministre de la Défense, Matvei Bourlakov.CURA (S) GS-R 1995 UNPRIXggfe LE PRIX QU'ON VOUS DEMANDE AILLEURS: POUR UNE iomSOi^^ COMPLETEMENT EQUIPEE ACURA l-i a l'llu UMTU m a MO.U tttflM 2 sacs gonflables, climatiseur, groupe verrouillage électr., tout servo, toit ouvrant électr., chaîne stéréo haut de gamme, roues en alliage de 15\", etc.14 364 Corruption et trafics en tous genres: l'armée à l'image du pays tout entier d'après AFP MOSCOU ¦ Le meurtre d'un journaliste enquêtant sur les trafics dans l'armée russe a placé le sujet à la une des journaux, jusqu'à forcer le ministre de la Défense Pavel Gratchev à venir s'expliquer hier au parlement.Mais le soldat qui revend son arme ou le général qui détourne des fonds ne représentent qu'une petite partie de l'immense vague de corruption et de trafics en tous genres qui régnent aujourd'hui en Russie.Depuis le député qui accepte « en souvenir » une carte bancaire qui lui permet miraculeusement de retirer des fonds d'un compte qu'il n'a jamais ouvert, jusqu'au petit chef local qui se fait livrer de la viande en échange des autorisations nécessaires au kolkhoze local, en passant par les directeurs des grands combinats d'État utilisant à leur propre usage les fonds destinés aux salaires, la moindre parcelle de pouvoir est avant tout un moyen d'arrondir son compte en banque.Plus de 52 000 crimes et délits liés à la corruption ont été enregistrés l'an dernier en Russie, selon le ministère de l'Intérieur, et le système est tellement répandu que le Russe moyen n'imagine même pas pouvoir y échapper.Des experts cités par le journal Izvestia estimaient récemment que 30 à 50 p.cent des 2 000 milliards de roubles (plus d'un milliard de dollars) gagnés par les groupes criminels l'an dernier ont été reversés en pots-de-vin à la police, aux juges ou aux fonctionnaires attribuant les concessions les plus juteuses.La police estime par exemple à 100 millions de dollars le total des pots-de-vin touchés l'an dernier par les responsables distribuant les licences d'exportation de produits pétroliers.Mais la corruption proprement dite n'est qu'une petite partie du système.Le flou qui règne dans les structures économiques, l'écroulement des contrôles sur les entreprises d'État et la multiplication des entreprises privées, ouvrent la porte à tous les trafics.\u2022un seul paiement do 14 364 $ ou \"399 S par mois pendant 36 mois, valeur rôsiduello do 15 514 S Versement comptant 1 995 $ ou échange équivalent, taxes on sus.72 OCX) km inclus.6< du km excédentaire SEULEMENT CHEZ\tI o._aziû» (Compagnie fce laUaie îilxrtson C'EST JOLIMENT AVANTAGEUX! 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Rue Sainte-Catherine Ouest : 281-4781 Centre Rockland : 739-5521, poste 259 Promenades Saint-Bruno : 653-4455, poste 2243 Galeries d'Anjou : 353-3300, poste 3312 Carrefour Laval : 687-1540, poste 3210 Mail Champlain : 466-3220, poste 215 Veuillez noter que nous ne prendrons qu'un nombre limité de rendez-vous.Offre en vigueur jusqu'au samedi 26 novembre 1994.Compagnie î)e laTSaietilxrôson L'AVANTAGE DES MEILLEURS PRIX ® Voici deux façons de réagir aux variations de taux d'intérêt.HvSflufl 1' T.m,- mmmm' slK .< \\ la _ >5 ¦ 7-v\tsa®» r * 8 V ?y 9 » % Si les variations de taux d'intérêt de deux ans au nouveau taux vous arrachent les larmes, consolez-vous avec notre nouveau CPG.Si les taux montent, vous pourrez, à la lin de la deuxième année, prolonger le terme pour une période minimum LÉ NOUVEAU CPG pondéré.Alors, ne vous laissez plus abattre par les taux d'intérêt, rendez- c le YROIS ANS À TAU X PONDÉRÉ vous dans une succursale de la Banque Scotia et renseignez-vous sur notre gamme complète de placements garantis.Banque Scotia S "]
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