La presse, 8 avril 1995, D. Arts et spectacles
[" CAHIER La Presse Montréal, samedi 8 avril 1995 Spectacles Patrick Huard au Théâtre des 526-2527 JOCELYNELEPAGE 61 ans, Guy Robert \u2014 écrivain Mm d'art \u2014 a au moins réalisé un de ses rêves : il a sa petite maison en Provence, où il vit maintenant la moitié de l'année et où il peut écrire en paix.Mais un autre rêve, vieux de trente ans celui-là, revient parfois le hanter comme un cauchemar : la fondation du Musée d'art contemporain de Montréal qui remonte, dit-il, non pas à 1965, année où le Musée a ouvert ses portes au Château Dufresne, près du Jardin Botanique, mais à l'année précédente, en 1964.La petite histoire de la fondation du Musée d'art contemporain de Montréal, créé d'abord comme un simple service du ministère des Affaires culturelles auquel ministre et sous-ministre tentaient d'imposer leurs volontés ( et leurs expositions ), ressemble à bien d'autres petites histoires faites de guerres de clans, de harcèlement bureaucratique, de luttes de pouvoir et de « politicailleries ».Guy Robert en a gardé beaucoup d'amertume.Ce n'est pas cette petite histoire que nous avons retenue pour nos lecteurs à l'occasion du 30* anniversaire officiel du MAC, mais plutôt l'autre, l'Histoire, qui a permis la naissance du Musée.Nous avons demandé à Guy Robert, directeur- fondateur du MAC, de l'évoquer pour nous.Nous sommes Québécois « La toile de fond sur laquelle le Musée d'art contemporain s'est dessiné, c'est la Révolution tranquille qui fut vécue comme un enthousiasme spontané et non comme une idéologie, explique M.Robert.C'est plus tard, avec le recul, qu'on a mis une armature autour de ça.Le sens principal de cette révolution, c'est la valorisation de la société québécoise.On cherche un mot unique qui servira à nous définir, on en a marre du trait d'union ( entre canadien et français ).«c Au début des années soixante, on découvre que le pivot de notre identité est géographique bien plus qu'historique, poursuit-il.Ce qu'il faut, c'est nommer le pays, c'est valoriser les Québécois.Tous les artistes s'y mettent.» À l'époque où Guy Robert enseigne dans divers collèges, travaille aux éditions Deom, écrit dans plusieurs revues et participe à des émissions de radio et de télévision, la littérature française est la seule qui soit enseignée à l'université ( de Montréal, l'UQÀM n'existant pas encore ).« Nous étions contrôlés par l'ineffable culture française, dit-il.Aujourd'hui, nous vivons le problème inverse.Mais nous étions à l'époque tellement complexes, absolument complexés.On suivait des séminaires donnés par des « coopérants » français qui faisaient ici leur service militaire.Leur seule compétence, souvent : être Français.Ils nous regardaient avec dédain.On était pourris de complexes, vis-à-vis les Anglais, vis-à-vis les Français.Albert Memrai, qui est venu au Québec a quelques reprises, a bien décrit le phénomène dans Le complexe culturel.» La Révolution tranquille, qui coïncide avec la mort de Duplessis et l'arrivée de Jean Lesage au pouvoir, est.selon Guy Robert, « un grand souffle qui venait de toutes ces frustrations qu'on avait connues.» C'est Georges-Émile Lapalme qui a convaincu |ean Lesage de créer un ministère des Affaires culturelles, en 1961.M.Lapalme était le seul homme politique convaincu de la « nécessité culturelle ».« C'était un homme très cultivé, dit M.Robert, et presque agaçant dans sa manie de faire d'abondantes citations en latin et en grec.» Et c'est Georges-Émile Lapalme, le premier titulaire des Affaires culturelles, qui a demandé à Guy Robert de devenir le directeur d'un nouveau musée qui n'avait pas encore de nom.ni de fonction bien définie et que les artistes montréalais SUITE A LA PAGE D2 COMME UN «GRAND SOUFFLE» SUR NOS «TERRIBLES COMPLEXES» GUY ROBERT SE SOUVIENT \u2022 \u2022 \u2022 mardi 18 avril vendredi 21 avril samedi 22 avril à 20h Billeterie: Club Soda.Spectrum, comptoirs Admission et au 790-1245 La Presse D2 la presse.montréal.samedi 8 avril 1995 Tollé à Toronto: Harbourfront ferme boutique «imaginez qu'on ferme la Place des Arts, le Vieux-Port, le MAC et l'Agora de la danse !» SUZANNE DANS ERE AU de Ut l*resse Canadien ne TORONTO ¦ L'annonce de la fermeture du complexe Harbourfront .» Toronto à cause des compressions budgétaires fédérales suscite un immense tollé dans \\rt Ville-Reine et au sein de la communauté artistique au Canada.Dans les lignes ouvertes, sur la rue.les Torontois sont outres : « C'est terrible, c est impossible, c'est une perte énorme ».disent-ils.Au sein de la communauté artistique, règne un désarroi total : « L'onde de choc va se faire sentir à travers le pays ».prédit Keith Kelley.le directeur général de la Conférence canadienne des arts.« Imaginez qu'on ferme la Place des Arts, le Vieux-Port de Montréal, le Musée d'art contemporain et l'Agora de la danse en même temps.Cela vous donne une idée ?», lance-t-il.Harbourfront, c'est un vaste complexe d'installations touristiques, culturelles, récréatives et communautaires situées sur les rives du lac Ontario, à moins d'un kilomètre du centre-ville de Toronto.Le complexe appartient au gouvernement fédéral.Été comme hiver, plus de 3 millions de personnes s'y rendent pour voir des spectacles, des expositions, pour assister à des conférences, des festivals ; ou encore simplement pour patiner ou se balader sur le bord du lac.Son importance est non seulement locale, mais nationale et internationale : Harbourfront est le siège du Festival de lazz de Toronto, du Festival Du Maurier de théâtre du monde et du Festival des Auteurs.En septembre, il devait abriter la plus \u2022t.II \t\t \tJE**\t PHOT0 L3 Presse Le complexe Harbourfront.à Toronto : un vaste complexe d'installations touristiques, culturelles, récréatives et communautaires sises sur les rives du lac Ontario.importante exposition jamais montée sur la culture japonaise \u2014 où devait être lancée la prochaine grande oeuvre théâtrale du metteur en scène québécois Robert Le-page.En particulier pour les francophones, Harbourfront était le site du spectacle de la Saint-Iean-Baptiste qui a reçu des Claude Dubois ou Robert Charlebois.Richard Desjardins, Robert Lepage, la Bottine Souriante, O Vertigo, Richard Séguin.Yves Gaucher.Michel Rivard ont tous passé par Harbourfront.La semaine dernière, de façon assez ca- valière puisque c'était la veille de la nouvelle année fiscale, Ottawa a annoncé au conseil d'administration de Harbourfront qu'il coupait son aide de 32 p.cent pour cette année et que, pour l'an prochain, il n'y aurait pas un sou.Le conseil d'administration a réagi en annonçant qu'il fermait boutique.À compter du 15 septembre, il cessera toute programmation et remettra le gestion des terrains riverains dans les mains d'Ottawa.En 1994-95, le financement d'Ottawa s'établissait à 8,8 millions, soit 48 p.cent du budget.Mais selon une étude réalisée par la firme d'experts-conseil Peat Mar-wick, l'investissement de 8,8 millions qu'Ottawa faisait dans Harbourfront lui rapportait 24 millions par année en revenus de TPS, en plus d'injecter 125 millions dans l'économie locale.Harbourfront n'a jamais eu de déficit dans toute son histoire.C'est une société à but non-lucratif.Panique à Ottawa À Ottawa, le gouvernement libéral commence ù paniquer, d'autant plus qu'une importante manifestation est prévue aujourd'hui pour protester contre les compressions.Depuis mardi, les ministres Eggleton, Dupuy et Dingwall multiplient entrevues, communiqués de presse et justifications.( M.Dupuy a même annoncé l'octroi de 1 million pour sauver Harbourfront.avant de se rendre compte que le montant avait déjà été comptabilisé ).On ne s'attendait pas à un tel tollé, explique M.Kelley, de la Conférence canadienne des arts.Chose certaine, on n'avait pas prévu une fermeture : « Ils ne sont pas obligés de fermer.Ils pourraient réduire le nombre d'activités ou trouver d'autre financement » a répliqué le président du conseil du Trésor Art Eggleton.Mais ni la ville de Toronto, ni Queen's Park \u2014 qui fournissent déjà 10 p.cent du financement \u2014 ne sont prêts à ramasser la facture pour un site qui appartient à Ottawa.De plus, ils n'ont jamais été approchés par Ottawa pour tenter de trouver une solution au problème, relate le directeur de Harbourfront.M.William Boyle.Quant au financement privé.« nous recevons déjà 2 millions \u2014 ce qui est le plus gros montant venant du privé au Canada.Et comment convaincre les financiers si Ottawa se retire ?».Le MAC fut un hit dès son ouverture SUITE DE LA PAGE D1 PHOTO ROBERT MAILLOUX.L3 Presse Guy Robert, premier directeur du Musée d'art contemporain : « Je voulais que le Musée devienne un tremplin pour nos artistes vers la scène internationale.Mais il fallait un édifice à nous.réclamaient à grands cris.La grande demande s'est faite lors du lancement d'un livre de Guy Robert consacré à Alfred Pellan.L'École de Montréal L'idée que défendait Guy Robert au début des années soixante, avec Rodolphe de Repentigny et quelques autres, c'est qu'il existait une école de peinture à Montréal que personne ne reconnaissait et qu'ils ont appelée l'École de Montréal.« Il y avait dans les arts visuels la même effervescence qu'en littérature et en cinéma, dit-il.Si on examine les oeuvres des automatistes, on se rend compte qu'ils sont les initiateurs d'un courant qui éclatera plus tard à New York ( Action Painting ) et à Paris ( l'abstraction lyrique ).Nous étions frustrés que ce rôle de pionniers des artistes montréalais ne soit jamais reconnu.» Et ce n'est pas le Musée des beaux-arts de Montréal, alors presque exclusivement anglais, qui s'en chargera.« Le MBA était entièrement contrôlé par les Anglais, dit M.Robert et il était dirigé par des Britanniques ou des Américains.Les Anglais d'ici avaient leurs complexes eux aussi.» Ce sera donc le Musée d'art contemporain de Montréal, premier du genre en Amérique, qui s'occupera de faire voir et valoir l'art contemporain québécois.Quand il s'est installé au Château Dufresne, le nouveau musée fut un « hit », accueillant en neuf mois près de 100 000 visiteurs.« Ce que je voulais, moi, c'est que le Musée devienne un tremplin pour nos artistes vers la scène internationale.Nos artistes s'étranglaient ici dans un marché restreint.Mais pour réaliser ce rêve, il fallait un édifice à nous, et il fallait des sous.» Trente ans plus tard, l'édifice est là, à la Place des arts, ouvert depuis 1992.Le budget de fonctionnement du MAC est passé de 150 000$ ( salaires du directeur et des cinq employés compris ) a 9,5 millions, et le nombre d'employés tourne autour de 100.Mais le marche de l'art contemporain est toujours aussi restreint et traverse actuellement une crise dont on se demande s'il se relèvera.Nos artistes ont toujours du mal à se faire reconnaître à l'étranger.Quant a l'art contemporain, ou en est-il 30 ans après la fondation du MAC ?Que sont les artistes devenus ?C'est ce que nous verrons en page D4.Livres L'argent mène le monde ! * ¦ L'économie a désormais débordé de ses cadres pour se constituer en table morale \u2014 ou plutôt immorale \u2014 régissant tous les as pects de la vie en société.C'est le message qu'on trouvera dans deux récentes publications : Pour en finir avec l'économisme de Richard Langlois, économiste à la Centrale de l'enseignement du Québec, qui sera disponible le 11 avril ; ainsi que dans /'accuse Véconomie triomphante du généticien-philosophe Albert jacquard, depuis quelques jours en librairie et déjà coté sur les listes de best-sellers.En somme, l'argent mène le monde, le Capital exerce sa dictature.N'y a-t-il pas là quelque chose que nous ayions déjà entendu ?Et, une poussière d'éternité après la fameuse chute des idéologies, ne voit-on pas ainsi s'institutionnaliser un nouveau contentieux idéologique, s'interroge Mario Roy ?.On trouvera aussi, demain, dans le cahier Livres : \u2022 une entrevue avec l'au-teure-jeunesse Sonia Sarfa-ti, qui livre son premier roman pour adolescents.Il y est question d'anorexie, mais le livre n'est pas moralisateur pour deux sous ; \u2022 le premier de deux reportages sur la visite d'une délégation d'écrivains québécois chez leurs confrères de la région Rhône-Alpes, en France ; \u2022 la rencension d'une prose inédite de Georges Simenon : ses lettres à Tigy, sa première épouse, qui nous révèlent un côté inattendu du géant de l'écriture ; \u2022 une entrevue avec l'écri-vaine Taslima Nasreen.dont la tête est mise à prix par les fondamentalistes musulmans.« l'ai fait mon devoir, tout le monde devrait en faire autant », dit-elle.Tout cela en plus des chroniques habituelles, demain, dans le cahier Livres de La Presse.Votre soirée de télévision CHOIX D'EMISSIONS par Louise Cousineau 18:20 Q \u2014 RAISON PASSION Invités: le comédien Patrick Huard et l'astronaute Steve MeLean.20:30 © \u2014 LE MISSISSIPPI BRULE Un film de fiction a saveur documentaire sur le racisme dans le Sud des USA au moment de l'intégration raciale.Gene Hackman en vedette.21:00 EU\u2014 PARIS JE T'AIME Maurice Chevalier, Yves Montand, loséphine Baker.Edith Piaf, Charles Trenet, etc.nous entraîna ni dans les rues et les houes de la plus belle ville du mondoe.© \u2022 LA SAGA DE LA CHANSON FRANÇAISE Portrait du grand Georges Brassens.21:30 cd \u2014 PLAISIR DE LIRE L'auteur Neil Bissoon-dath et la comédienne Pascale Montpetit y sont.22:00 DU\u2014 EN RAPPEL Renée Claude dans un show de 1974.23:30 © -McCABE & Mrs MILLER Un wcMcrn bigiic Kuben Altman renouvelle le genre en 1971.Avec Warren Beatty et lulie Christ if CANAUX 18 h 00 | 18 h 30 19 h 00 19 h 30 20 h 00 20 h 30 21 h 00 21 h 30 22 h 00 22 h 30 23 h 00 23 h 30 9 Le Téléjournal CD CD 24 60 Ssj (30 > 13 8 13 f 3 7 8 r CE G9 sa GD Le TVA a Saga de la ormule 1 Raison PaSSIOn (18:20)1 L'Arche de Zoé / Dernière Hockey / Canadiens - Penguins Cinéma / MEURTRE DANS L'OBJECTIF (6) avec Mark Hennessy, Scott King Pour tout dire.Misez juste Saturday Evening News Newswatch Saturday Edition J aime la télé Janette.tout court/J'ai choisi le bonheur Le Téléjournal Nouvelles du sport (22 20) Cinéma / LE MISSISSIPPI BRÛLE (4) avec Gene Hackman, Willem Dafoe Cinéma / BOUM BOUM (5; avec V.Lazlo, S.Mateu (22 50) Le TVA & le TVA Sports 3 Gars, un samedi soir Cinéma / LE CHOIX DE SALOMON (6) avec Joanna Kerns, Bruce Davison Personal Best Busy Bodies Plaisir de lire Cinéma / MIRIANA (4) avec Gala Videnovfc.Milan Strljic Cinéma / POINT CHAUD (4) avec Don Johnson, Virginia Madsen Hockey / Jets \u2022 Toronto Hockey / Canadiens - Penguins Puise Newsline News ABC News Hockey World Régional Cont.ABC News Simpsons News ABC News Star Trek: Voyager Wheel of Fortune Jeopardy! Star Trek: Deep Space Nine CBS News NY Confidential CBS News NBC News The Lawrence Welk Show Inside Albany Media Watch (9D A & E BRAVO CANALD DISC.FOX FOX(Ont) MP NW RDI RDS TMN TSM TV5 YTV CANAUX CÂBLE: A & E - RDS i News National (1730) Nordic Fauna Think Tank Inside Albany Focus Ontario Hard Copy Murphy Brown ET.Weekend Edition The Road Wheel of.Jeopardy! Pub Jeopardy! Cheers NewsRadio Austin City Limits Lawrence Welk Show The Editors Montagne Senior Report Cinéma (1/30) Hed lireen McLaughlin tnterprise Highlander 2 Dr.Quinn, Médiane Woman Cinéma / Loterie (23:57) Bergerac (23:55) CANAUX 9.13 8 10 M40 09 CD 2» CD 45 Le Grand Journal
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