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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1995-04-09, Collections de BAnQ.

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[" L'ARGENT mène le monde cahier Livres L'homme qui avait un bras dans sa tête cahier Santé \t\\ é i mu é __ - - - -, \t4836414546| 2101218 23 37 SELECT MONTRÉAL, DIMANCHE 9 AVRIL 1995 111e ANNÉE N°168 Extérieur de la ville de 54 PAGES, 4 CAHIERS Québec (Région est): 65 cents Miami : 1,50$ US Abitibi-Témiscamingue: 55 cents À domicile par porteurs: 60 cents lies-de-la-Madeleine: 1 $ Routes motorisées: 70 cents Taxes en sus Bonjour! La personnalité de la semaine Marie Saint-Pierre pageB16 Météo Partiellement ensoleillé max 8 / min -3 page S16 Girerd UN St/HOtCAT i Î>E CLOUJMÇ ! 4 Index Annonces classées - immobilier\tC7àC9 \u2022 marchandises\tC9àC11 - emplois\tC11 - automobiles\tC11 àC13 - propositions d'affaires\tCI 3 Arts et spectacles\t - informations\tB8 a B12 \u2022 salles/répertoire\tB10 - télé-horaires\tB9 Additions croisées\tC11 Bandes dessinées\tC10 Bridge\tC11 Décès\tC13 Ecologie/environnement A8\t Étes-vous observateur?\tC7 Feuilleton\tC10 Horoscope\tC8 Le monde\tA7 et B14 Les jeux\tC6 Les petits compagnons\tA8 Loteries \u2014 résultats:\tAa Mot mystère\tC9 Opinions\tB2 Politique\tA5 L'automne 1995 ou.plus tard // faut attendre que les conditions soient favorables à la victoire du OUI, estime Bouchard GILLES GAUTHIER £m0Bë i les fédéralistes pensent \"Séw qu'on va leur faire un référendum perdant, ils vont attendre longtemps», a déclaré hier Lucien Bouchard dans le cadre du congrès du Bloc québécois.«Mon impératif premier, c'est un référendum gagnant», a-t-il affirmé, ajoutant même que «Jacques Parizeau a été élu pour un an de plus que )ean Chrétien.En Bloc et PO : les aléas de la vie à deux en congres politique, il s'agit là d'une carte redoutable».«Les fédéralistes croyaient qu'en ne faisant rien, ils allaient gagner, qu'ils n'avaient qu'à triompher.Il ne fallait pas comp- ter sur les souverainistes pour se livrer en pâture à un moment où il ne fallait pas le faire.L'agenda est maintenant contrôlé par le gouvernement du Québec».Le référendum doit se tenir à l'automne de 1995 «si possible».C'est-à-dire, a poursuivi le député de Lae-Saint-Jean lors d'une rencontre de presse, si les forces souverainistes peuvent établir «les conditions favorables qui permettront de le gagner».Il a par ailleurs indiqué que M.Parizeau n'avait pas été mis au courant de tous les éléments du «virage» amorcé par le Bloc et que M.Bouchard a expliqué dans le discours qu'il a prononcé vendredi soir, auquel assistait le chef du Parti québécois.«|e n'ai pas de doute qu'il sera d'accord avec l'essentiel de la proposition», a déclaré hier M.Bouchard.Le congrès du week-end, a-t-il expliqué, «est probablement le seul de toute l'histoire du Bloc.l'avais la responsabilité et l'obligation de dire ce que nous du Bloc pensons.C'est une contribution très utile à la réflexion des souverainistes et du principal d'entre eux, M.Parizeau, qui aura à prendre une décision au cours des prochains mois».«|e n'ai pas parlé depuis à M.VOIR BOUCHARD EN A 2 ¦ Autres textes sur le congrès du Bloc québécois en page A5.Le congrès que tient actuellement le Bloc québécois est devenu le décor d'une passe d'armes périlleuse entre les deux formations souverainistes et surtout leurs chefs respectifs.Elle est en voie de révéler très publiquement combien la cohabitation entre le Bloc québécois et le PQ devient précaire au fur et à mesure que la route vers la souveraineté se fait à pic.À tel point que Lucien Bouchard n'hésite pas à recourir à la force du poignet pour imposer une nouvelle tournure, qu'il espère plus «rassembleuse», au discours souverainiste.En prenant sur lui d'imprimer un virage au projet souverainiste, le chef du Bloc québécois Lucien Bouchard a en effet mis le premier ministre Jacques Parizeau devant un fait accompli, une proposition à prendre ou à laisser.11 la confirmé hier.Et pendant que tous les ténors péquistes minimisaient l'ampleur de sa manoeuvre, Lucien Bouchard en a rajouté encore un peu sur les divergences entre sa vision de l'après-souveraineté et celle véhiculée plus récemment par le Parti québécois.Le projet souverainiste qu'il a mis de l'avant vendredi soii, en présence de Jacques Parizeau, lierait davantage un éventuel État du Québec au Canada que la souveraineté-association d'an tan.Parce qu'elle comporte une Conférence parlementaire, ce que le PQ n'a pas envisagé jusqu'à maintenant, souligne Lucien Bouchard.Pour sa part, il l'apparente sans gêne à la super-structure de Robert Bourassa.Et elle le rapproche radicalement de l'Action démocratique de Mario Dumont.À la différence de 1980, cepen- VOIR ALÉAS EN A 2 LE CANADIEN S'AMELIORE ET GAGNE ¦.PHOTO BERNARD BRAUlT.La Presse Le centre Pierre Turgeon a offert une autre solide performance avec sa nouvelle équipe en inscrivant le but vainqueur dans un gain de 2-1 du Canadien face aux Penguins de Pittsburgh, hier soir, au Forum.Son trio a d'ailleurs constamment menacé.Le meilleur trio a toutefois été celui de Benoit Brunet, Mike Keane et Ed Ronan.Le meilleur joueur du match a été Vladimir Malakhov.Le Russe a réussi à neutraliser le trio numéro un des Penguins.Patrick Roy a brillé lui aussi en méritant la première étoile du match, m À lire en page S3 du tabloïd Sports.Les adolescents abandonnent l'école?Payons-les! RICHARD HÉTU \u2014 ii-1-\u2014 i _ iuiiavutanuii ^pitiaii' NEW YORK es Américains La Presse à WtM YORK ont mis a l'essai une stratégie originale pour combattre le problème du décrochage scolaire au h niveau secondaire: payer les adolescents pour les inciter à rester à l'école.L'expérience n'a rien de farfelue.Elle a été financée au coût d'un million par la très sérieuse fondation Ford.Commencée en 1989, elle a touché 100 adolescents choisis au hasard parmi un groupe d'étudiants issus de familles bénéficiant de l'aide sociale dans quatre villes: Philadelphie, Oklahoma City, San Antonio et Saginaw, au Michigan.Les adolescents venaient de milieux durs.Au cours de l'expérience, certains d'entre eux ont trouvé la mort dans les rues impitoyables de leur quartier, alors que d'autres se sont retrouvés en prison.Mais à la fin de l'expérience, en 1993, les adolescents avaient décroché leur diplôme d'études secondaires, avaient été acceptés au collège, avaient évité les grossesses et les démêlés avec la justice dans une proportion beaucoup plus grande qu'un groupe-témoin comparable.Le succès de l'expérience a incité la fondation Ford et le ministère du Travail américain à l'élargir à 700 adolescents dans cinq villes à partir de l'automne prochain.L'initiative est d'autant plus remarquable qu'elle survient à une époque où l'efficacité des programmes sociaux mis sur pied pour aider les pauvres est contestée de toutes parts aux Etats-Unis.Avant de passer à la description de l'expérience, il faut retenir un fait : le décrochage scolaire ne constitue pas aux Etats-Unis un problème aussi grave qu'au Québec.Dans les écoles publiques d'une ville comme New York, par exemple, le taux d'abandon scolaire était de 18,7 pour cent en 1994 ( il était de 25,2 pour cent pour les Hispaniques, de 9,4 pour cent pour les Asiatiques, de 12,3 pour cent pour les Blancs et de 18,9 pour cent pour les Noirs).À la même époque, à la Commission des écoles catholiques de Montréal, le taux de décrochage scolaire variait entre 35 et 46 pour cent, selon la méthode de calcul employée.Les éléments d'un succès L'argent n'est certes pas le seul élément du succès de l'expérience de la fondation Ford, connue sous le nom de Quantum Opportun i tics Program.Le facteur humain est également important, s'il faut se fier au compte rendu de l'expérience publié au début de mars dans le New York Times.Au Benjamin Franklin High School, de Philadelphie, par exemple, la conduite de l'expérience a été confiée à un jeune diplômé universitaire venant du même ghetto que les 25 adolescents enrôlés dans le programme.Pendant quatre ans, Reuben Mills a suivi et supervisé les membres du groupe, leur servant de père, de grand frère, d'ami, de confesseur, de motivateur, de présence constante et rassurante.Mills n'a jamais perdu la foi en aucun de ses jeunes.L'un d'entre eux, un étudiant de 10e année, a écopé sept à 17 ans de prison pour avoir tué un homme.Mills s'est assuré que l'adolescent termine ses études secondaires en prison.Mais l'argent est certainement l'aspect le plus original de l'expérience.Les élèves ne sont pas payés pour le temps qu'ils passent en classe, mais pour les heures qu'ils consacrent à des activités parascolaires.Ces activités vont de l'étude des mathématiques et de l'informatique aux services communautaires aux sorties au théâtre, au ballet, au musée.Pour chaque heure d'activités parascolaires, les étudiants sont payés 1,33 $.À chaque tranché de 100 heures, ils obtiennent un bonus de 100$.Et à la fin de l'expé- VOIR ADOS EN A 2 rix convenants à tous tes nonacei Distributeurs dans tout le Québec 9555, Henri-Bourassa est Montréal H1E 1P8 494-2400 Sans frais : 1-800-NORACEL LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 9 AVRIL 1995 r L incertaine « offensive politique » à Paris du gouvernement péquiste LOUIS-I ROBBTAIULE collaboration spéciale n ne peut pas dire que la règle de conduite adoptée par la Délégation générale du Québec à Paris, depuis la victoire du PO, soit d'une limpidité parfaite.A-t-on décidé d'y mener, dans la mesure des moyens disponibles, une «offensive politique» en régie (sans oublier le front culturel et les médias), en profitant des sympathies officielles françaises?A-t-on choisi au contraire d'y faire le strict minimum, sous le prétexte que le Québec n'a pas de grands moyens budgétaires à sa disposition et que, de toutes façons, ce n'est pas à Paris que se décide le référendum?Il semble que la réalité se situe quelque part entre les deux, mais dans une zone passablement floue où il est difficile de distinguer les lignes de force, entre ce qui serait un projet très activiste et la volonté de passer totalement inaperçus.À la décharge des responsables actuels \u2014 qu'ils soient à Québec ou a Paris \u2014 on a connu à la Délégation, dans des circonstances analogues, des précédents bien plus étonnants.Entre octobre 1976.victoire du PQ, et octobre 1977, date de la grande visite officielle de René Lévesque à Paris, il y avait eu tout simplement vacance quasi-totale de la direction, rue Pergolèse.Pendant toute cette année où, pour la première fois, les officiels et les médias français se passionnaient pour le Québec, ceux-ci ne trouvaient pratiquement aucun interlocuteur de poids à la Délégation.Comme René Lévesque avait de vieilles et vagues préventions contre la France, on suppose qu'il n'avait pas fait de Paris une grande priorité.Et comme il craignait d'être accusé de copinage, il avoit r&ntwifé* à nnmmaf A D.*\u2022».V%.,M.Michaud, qui était pourtant le mieux préparé pour occuper le poste.In extremis, un certain |ean Deschamps, spécialisé dans le monde des affaires et parfaitement ignorant du contexte français, avait été nommé, avant de se faire éjecter deux ans plus tard.Mais, dans la mesure où la Délégation prétend avoir un rôle politique à jouer, elle fut fantomatique à Paris pendant les deux ou trois ans où elle aurait justement pu le mieux jouer ce rôle.À la même époque, l'ambassade du Canada était tenue par un intime de Pierre Elliott Trudeau, Gérard Pelletier, qui connaissait bien du monde à Paris.En comparaison de cette période plutôt désastreuse, les réaménagements opérés depuis la victoire du PQ, l'automne dernier, ont été nettement plus rapides, efficaces et, dans une certaine mesure, cohérents.Mais tout se passe comme si on avait voulu ménager quand même la chèvre et le chou.D'un côté éviter tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à une chasse aux sorcières, en remplaçant les titulaires des postes les plus «sensibles» (médias, politiques) par des « militants» péquistes.De l'autre, amener effectivement à Paris ces mêmes «mili- L PARIS FRANCE tants» de la souveraineté pour faire passer le message du gouvernement auprès des milieux politiques français.Et Paris n'est-il pas l'un des rares endroits au monde (avec, timidement, Washington) où a iâ fois îâ Délégation ci «'Ambassade ont de fait un rôle politique à jouer?Dans ce contexte, on aurait compris que le nouveau gouvernement nomme des personnalités très politisées, évidemment pas au Tourisme ou à l'Immigration, mais aux affaires politiques, à la presse, etc.Pas nécessairement parce que les personnalités nommées sous les libéraux auraient été incapables de faire le travail, mais pour donner un signal clair aux milieux français.Pendant de longues années, le «travail» politique auprès des officiels français était tombé presque à zéro: il était donc souhaitable de mettre à ce poste de nouvelles figures pour marquer le changement.Côté médias, la Délégation \u2014 sur instructions de Québec \u2014 se contentait pour l'essentiel de faire connaître le Québec.sur le plan touristique et économique.Pouvait-on laisser à ce poste le même titulaire \u2014 quelles que soient ses opinions politiques » et lui demander de se livrer désormais au lobbying pro-souverainste ?Enfin, fallait-il laisser à la tête de la Délégation M.Claude Roquet, diplomate professionnel estimé, nommé par les libéraux (avec instruction d'en faire le moins possible sur le plan politique), mais tout de même considère comme pro-souverainiste et mal vu de ce fait par les libéraux?M.Roquet, sans jamais se départir d'une grande amabilité, est sans doute le diplomate canado^uébécois le plus fuyant à l'égard des journalistes qu'on ait vu depuis longtemps à Paris.Il rappelle les journalistes mais, deux jours plus tard, ne les rencontre jamais sans une tierce personne, et n'a jamais, depuis des années, laissé filer la moindre information off the record.Le lendemain de la victoire péquiste, en septembre dernier, interviewé dix longues minutes sur LCI, la chaîne d'info continue, il réussissait pratiquement à ne faire aucun commentaire politique sur l'événement.et à enterrer son inter-vieweur sous une avalanche d'informations concernant.le succès triomphal du tourisme français au Québec! M.Roquet n'a certes jamais cherché à gagner ses interlocuteurs.à la cause fédéraliste, contrairement à certains prédécesseurs, mais constitue le prototype même du diplomate neutre.Rien n'indique que, même au-joud'hui il se soit départi de cette neutralité.S'adressant à des sympathisants français en décembre dernier, il s'était signalé par une prudence parfaite dans ses formulations, citant les divers sondages, retranché derrière les déclarations mot à mot de M.Parizeau.Quand il rencontre des journalistes politiques «importants», il préfère généralement se faire accompagner par un adjoint plus « politique » qui s'avance à sa place.La question du remplacement de M.Roquet fut apparemment posée, au len- demain de la victoire péquiste, et il semble même qu'on ait envisagé (jusqu'à quel point?) de remettre à sa place Yves Michaud lui-même.En fait, on s'est contenté de nommer M.Michaud, mais à un poste non-répertorie de «conseiller».Avec pour mission expresse de «travailler» les milieux politiques français.Ce que semble faire l'ancien délégué, qui se présente en tout cas pour un «vendeur* pur et dur de la souveraineté.Et qui ne relève pour t essentiel que du premier ministre Parizeau \u2014 ou du ministre Bernard Landry.En tout cas M.Michaud travaille en solitaire.et ne parle pour ainsi dire pas à M.Roquet.L'autre pièce maîtresse du dispositif \u2014 à la presse \u2014 est Claude-H.Roy, homme de communications qui connaît bien Paris mais qui, par-dessus tout, est l'ancien chef de cabinet de Bernard Landry de 82 à 85, et donc un interlocuteur de poids auprès des «décideurs» français.M.Roy, qui constate dans les milieux français «beaucoup de sympathie pour la souveraineté, mais un certain scepticisme actuellement», défend clairement la ligne du référendum «en 1995».Lui travaille, semble-t-il, en collaboration avec M.Roquet, mais joue plutôt les premiers rôles quand il est question de politique.Telle est donc, dans son équilibre incertain, la troïka actuelle de la rue Pergolèse.Avec une tonalité certes souverainiste.Mais pas trop radicale.Et avec, à l'horizon de 1996, la nomination à Paris de quelque «personnalité» de prestige (de la culture, peut-être du monde syndical) à la tête de la Délégation.Demain dans La Presse Automobile Un duo plus musclé ¦ L'arrivée sur le marché d'une nouvelle camionnette compacte et d'une version à cabine allongée de la T100 revêt une grande importance pour la compagnie Toyota, puisque, dit notre collaborateur Denis Duquet, elle offre au constructeur japonais l'occasion de défendre son territoire face aux concurrents nord-américains, surtout depuis qu'ils ont choisi d'améliorer la qualité de leurs véhicules.Et, dans le cas du T-100, on veut aussi faire oublier le plus rapidement possible les débuts perturbés de cette camionnette intermédiaire.Ouant a Jacques Cagnon, il consacre sa chronique «Auto-rétro* a l'étonnante King Midget.A lire demain dans La Presse.n jour InfoBref Bell Vous voulez vous faire entendre?Répondez à la question du jour : Dans l'affaire de l'assassinat du pasteur Toope et de sa femme, la loi prévoit que deux des trois garçons accusés de meurtre et âgés de 14 et 15 ans peuvent être jugés comme des adultes.Etes-vous d'aeccord pour qu'il en sort ainsi?Pour faire connaître votre opinion, composez le 875-2355; au son de la voix faites le 220.La Presses La quotidienne\ta trois chiffres\t997 Tirage d'hier\ta quatre chiffres\t1191 IT.ABONNEMENT 285-6911 Le service des abonnements est ouvert du lundi au vendredi de 7 h a 17 h 30 HtUAullUN PROMOTION COMPTABILITE Grandes annonces Annonces classées 2ÔS-707Û 285-7100 285-6892 285-6900 ANNONCES CLASSEES lundi au vendredi de 8 h M a 17 h 30 Décès, remerciements GRANDES ANNONCES Détaillant» National, Tek.Vacances, Voyeses Carrière» et professions, nominatfon» 285-71 11! 285-6816 | 285-7202 j 285-7306 , 285-7265 la presse est publiée par LA PRESSE.LTEE.7.rue Samt-Jacques.Montréal H2Y1K9.Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les 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et il a montré qu'il était en évolution puisqu'il a annoncé cette semaine qu'il avait besoin de plus de temps».M.Bouchard attend maintenant le fruit de cette réflexion.Il n'entend toutefois pas lui donner « un chèque en blanc.Ce ne serait pas responsable».Invite a définir la différence entre le projet qu'il définissait vendredi et la souveraineté-association.M.Bouchard a rappelé qu'en 1980 René Lévesque avait proposé certaines institutions communes, auxquelles le Bloc a-joute maintenant une conférence parlementaire.^ «C'est un débat qui dure depuis bien des années parmi les souverainistes, à savoir si on ne pourrait pas accepter, pour asseoir les liens économiques qui subsisteront avec le Canada anglais, un Parlement qui continuerait de siéger pour réunir des représentants des États partenaires et égaux».«Nous du Bloc avons convenu qu'il fallait aller jusque là pour rassurer les gens quant à notre volonté de maintenir l'espace économique et l'encadrer».M.Bouchard souligne également qu'il ne propose pas, com- me le PQ en 1980, un mandat de négocier et qu'à l'époque du premier référendum n'existait pas l'exemple de l'Union européenne, «qui s'inscrit dans la voie de l'avenir».Il estime que les forces souverainistes ont perdu du terrain depuis un mois «parce qu'il fallait attendre les résultats des consultations.Ce silence nous a coûté très cher».Les militants ont, sur un autre plan, obéi à la consigne de leur chef et rejeté l'idée que leur formation se donne un caractère permanent.Le congrès se termine aujourd'hui.?ALÉAS Bloc et PO: les aléas de la vie à deux dant, il n'est pas question de quémander ce nouvel arrangement au reste du Canada avant d'avoir fait la souveraineté.Tout en se défendant de tirer le tapis de sous les pieds de lacques Parizeau, Lucien Bouchard a clairement indiqué qu'il voyait son discours comme un point de départ à peu près incontournable pour le camp souverainiste.Il aura l'occasion de plaider sa cause dès demain.Convoqué par le premier ministre lacques Parizeau, le camp souverainiste tiendra un conseil de guerre.Ce qu'il est communément convenu de désigner comme les «partenaires» souverainistes, à savoir les grandes centrales syndicales, le Bloc québécois, etc., tentera alors derrière des portes closes, de faire de l'ordre dans ses projets.La formation fédérale tient mordicus à en sortir appuyée dans ses positions.D'ailleurs, Lucien Bouchard lui-même ne garantit pas qu'il se rallierait à un projet de souveraineté qui ne retiendrait pas l'essentiel de ce qu'il avance, «le ne signe pas de chèques en blanc à personne», a-t-il affirmé.Le premier ministre Jacques Parizeau, pour sa part, n'a pas dit un mot sur la question depuis le discours auquel il a assisté avec tout son état-major et qu'il a applaudi à la fin.Selon toutes les informations disponibles, l'équipe de lacques Parizeau avait été informée des grandes lignes du discours qu'allait prononcer son allié souverainiste.Cependant, on ne lui avait pas précisé qu'il y serait question, en toutes lettres, d'un «virage» du projet souverainiste qu'il pilote.Ces informations lui ont d'ailleurs été transmises pour approbation, mais bien par courtoisie, eu égard à sa présence anticipée dans la salle au moment de l'allocution, précise-t-on.En clair, Jacques Parizeau aurait pu annuler sa présence à l'ouverture du congrès, mais Lucien Bouchard aurait prononcé le même discours avec ou sans son accord.Au cours d'un point de presse, le chef bloquiste lui-même a confirmé cet état de choses: «Il était au courant et je n'ai pas de doute qu'il se ralliera à l'essentiel de la proposition», a-t-il indiqué au sujet de lacques Parizeau.« Les marges de manoeuvre ne sont jamais absolues en politique.M.Parizeau a besoin, comme nous tous, de recevoir des suggestions», a-t-îl ajouté pour se défen- dre d'être en voie de tordre le bras de son partenaire.Ces propos tranchaient d'autant par rapport au flou artistique qu'entretenaient depuis le matin les ténors péquistes qui circulaient au congrès aussi bien sur la contribution de Jacques Parizeau aux propositions de Lucien Bouchard que sur l'importance à y accorder.« Le Bloc, le PQ, on se parle, on se rencontre, on se fréquente», affirmait la vice-présidente du PQ, Monique Simard tandis que, de son côté, la ministre Louise Beaudoin voyait dans la proposition Bouchard un «éclaircissement ou tout au moins une explication », retenant surtout qu'a tout événement, le Bloc québécois prône toujours l'accession à la souveraineté comme condition préalable incontournable à la négociation d'une nouvelle relation, d'État à Etat.?ADOS Les adolescents abandonnent l'école?Payons-les! \u2022 rience, un montant égal à leurs gains totaux est déposé par la fondation Ford dans un compte en banque.Cet argent doit servir uniquement au financement des études collégiales ou à la formation professionnelle des adolescents.Au cours des quatre années de l'expérience, les élèves du Benjamin Franklin Hîgîi School ont accumulé en moyenne 2300 heures en activités parascolaires, en plus de leurs 3600 heures en classe.Us ont gagné chacun environ 4000 $.Quant à Mills, son salaire annuel a augmenté de façon propor- tionnelle aux heures investies par les étudiants en activités parascolaires.Un enthousiasme justifié Pour la fondation Ford, les résultats ont justifié le coût de l'expérience, qui s'élève à 10600$ par étudiant.Des 25 étudiants de Philadelphie, 19 ont décroché leur diplôme d'études secondaires et 18 ont été admis dans un collège ou une école professionnelle.Parmi le groupe-témoin composé de 25 adolescents de la même école et du même milieu mais n'ayant pas participé à l'expérience, 12 ont obtenu leur diplôme et seulement sept ont décidé de poursuivre leurs études à un niveau supérieur.Des quatre écoles qui ont parti- cipé à l'expérience, le Benjamin Franklin Kigh School a obtenu les meilleurs résultats.Globalement, 63 pour cent des 100 adolescents enrôlés d«ns le programme ont décroché leur diplôme, 42 pour cent se sont inscrits à des études supérieures, 23 pour cent ont abandonné l'école, 24 pour cent ont eu des enfants et sept pour cent ont eu des démêlés avec la justice.Dans le groupe-témoin de 100 adolescents n'ayant pas participé à l'expérience, 42 pour cent ont fini leurs étude» secondaires, 16 pour cent ont poursuivi leurs études à un niveau supérieur, 50 pour cent ont abandonné l'école, 58 pour cent ont eu des enfants et 13 pour cent ont eu des démêlés avec la justice.Selon les experts, l'expérience Quantum prouve qu'une approche à long terme est la plus efficace pour combattre le décrochage scolaire.Aux États-Unis, la plupart des programmes ne durent qu'un an et rejoignent les adolescents à un moment où ils sont souvent irrécupérables.Mais l'expérience Quantum soulève aussi des questions.Les étudiants inscrits au collège y resteront-ils?Un tel programme serait-il aussi efficace sur une grande échelle?Et susciterait-il l'appui d'un pays de plus en plus réticent à investir de l'argent dans des programmes sociaux?Les questions sont importantes, mais l'enthousiasme des concepteurs de l'expérience est compréhensible.?lohnson : le Bloc et le PQ sèment la confusion Presse Canadienne TROIS LACS ¦ Selon le chef du Parti libéral du Québec, Daniel Johnson, malgré les allusions à l'union économique faites par Lucien Bouchard, l'option souverainiste prône avant tout la séparation du Québec et du Canada.M.Johnson a ainsi répliqué hier aux propos faits la veille par le chef du Bloc québécois privilégiant un virage vers la souveraineté-association.De passage en après-midi dans la région d'Asbestos, dans le cadre de la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec, M.Johnson a insisté sur le fait que le fondement de l'option souverainiste n'a pas changé malgré le virage proposant des institutions politiques communes au Canada, y compris une superstructure.«On peut essayer d'habiller et de masquer la vraie question référendaire en amenant sur le tapis l'idée de l'union économique avec le Canada, mais il est clair que ce n'est pas la pure réalité.Que les souverainistes fassent leur référendum et ensuite ils pourront analyser les différentes options à développer», a déclaré Daniel lohnson.De plus, questionné quant à savoir si la proposition faite par M.Bouchard à l'endroit du Parti québécois, soit le retour aux sources du Mouvement souveraineté-association fondé par René Lévesque en 1967, n'était pas en quel- que sorte un retour aux années 80, M.Johnson a dç nouveau expliqué que la situation était fort différente aujourd'hui.« Non.Il est clair que les souverainistes doivent accéder à la souveraineté avant de promettre quoi que ce soit.Leur option souverainiste précise très clairement que le Canada doit cesser «d'exister», a ajouté Daniel Johnson.De plus, il a souligné que beaucoup de confusion s'était installée dans le clan souverainiste au cours des derniers jours.«M.Parizeau tente actuellement de négocier ses propres convictions.Les Québécois attendent beaucoup de sa part.Us espèrent qu'il dira ce qu'il pense et qu'il fera ce qu'il leur dit depuis quelques mois», a conclu Daniel lohnson.\t\u2022 Un don pour l amour des enfants \tFONDATION DE L'HÔPITAL SAINTE-JUSTINE LU LU il §1 Un cahier spécial à ne pas manquer mercredi dans Aménagement extérie r 4» LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 9 AVRIL 1995 La Presse \u2022\u2022A3 Paupérisation rapide du centre-nord de Montréal ANDRÉ NOËL ¦ La pauvreté est désormais aussi présente dans le centre-nord de Montréal que dans le centre-sud, ont constaté hier les participants au Sommet socio-économique des quartiers Parc Extension, Villeray et Saint-Michel.«Avant, on parlait du T inversé de la pauvreté, avec une zone très pauvre étendue dans le bas de la ville, la barre du T étant constituée par la rue Saint-Denis.Puis, on a parlé du S de la pauvreté; et maintenant, la pauvreté s'étale vers le nord comme les trois sommets du W », a indiqué Bernard Normand, directeur de la Corporation de développement économique du centre-nord (CIDEC).La paroisse la plus pauvre du Québec se trouve dans le quartier Saint-Michel: il s'agit de la paroisse René-Goupil, prés de Montréal-Nord, a dit M.Normand.Mais c'est tout l'arrondissement qui s'appauvrit rapidement.Un portrait, remis lors du Sommet socio-économique, brosse une situation plutôt triste: C'est l'enfer que Jorge Passalacqua a vécu dans la prison de Lima CILLES TOUPIN envoyé spécial La Presse a LIMA ¦ (orge Passalacqua Extramadoyro, ce Canadien d'origine péruvienne emprisonné l'année dernière au Pérou dans des circonstances pour le moins obscures, est sorti de «l'enfer» de la prison de Lurigancho de Lima, jeudi dernier, et rentre à Montréal aujourd'hui.«Il va bien», a déclaré sa soeur San-dra, dans la nuit de vendredi à samedi à La Presse, à Lima.«Il est cependant affaibli par les ulcères.Il n'a pas mangé de fruits et de légumes pendant les sept mois et 13 jours de son emprisonnement et il est hypernerveux.Vous comprendrez qu'il se cache, qu'il ne veut voir aucun journaliste, jusqu'à ce qu'il puisse prendre son avion (samedi matin) et fuir ce pays.Vous ne pouvez pas savoir comment ça se passe ici et combien c'est encore dangereux pour lui.» Sandra Passalacqua était à Lima depuis deux mois, pour tenter avec le reste de sa famille de faire libérer son frère lorge, injustement emprisonné après une histoire abracadabrante.Épuisée, selon ses dires, elle rentrait à Montréal hier.«Ça a été l'enfer, vous ne pouvez pas vous imaginer», a-t-elle dit, à la veille de son départ.« Les gens de l'ambassade du Canada ont été formidables et nous ont grandement appuyés.» Elle a confié à La Presse que sa famille a dû verser de l'argent pour faire sortir son frère de 31 ans de prison et que, même vendredi, des policiers se sont rendus à son ancien appartement à Lima pour le localiser, (orge s'était caché ailleurs.«|e pense qu'ils voulaient encore de l'argent», a-t-elle dit.«Mais, comme nous n'en avons plus, il est préférable que (orge reste en sécurité jusqu'à son départ.On a tellement peur.» lorge Passalacqua faisait tranquillement sa thèse de maîtrise en littérature à l'université McGill, l'année dernière.Comme ses travaux portaient sur un poète péruvien, il s'est rendu dans son pays natal le 21 avril dernier pour compléter ses recherches et visiter sa fiancée, Patricia, qui travaillait à l'agence de voyages de son père, Tamiami Travel, à Lima.Comme il passait beaucoup de temps à l'agence, son père lui demanda en juin de remplacer pour un court temps le gérant, parti en vacances à la Coupe du monde de soccer.Fatal concours de circonstances, au même moment la police péruvienne met la main au collet d'un important narco-trafiquant, Lucio Enrique Tijero Guz-man.Dans les carnets du personnage, le nom de l'agence de voyage Tamiami figure en bonne place.«Pour cette seule raison, affirme Sandra, mon frère est arrêté et emprisonné sans autre forme de procès.Il avait des chances d'être jugé en juillet prochain, mais rien n'était moins sûr.Les procureurs parlaient de trente jours de plus.Ça aurait pu aller jusqu'à 18 mois avant qu'il passe en jugercer.t.» «Ces mois d'enfer ont été épouvantables, confie ia jeune soeur de lorge.Ma mère faisait le travail à Montréal auprès des médias et moi et mes frères, ici, on s'occupait du reste, les papiers, etc.Nous pouvions visiter lorge à la prison, le mercredi et le samedi pour les femmes, le dimanche pour les nommes.Pendant son emprisonnement, il y a eu sept émeutes à la prison et la sécurité de (orge était incertaine.Encore à sa sortie samedi, les prisonniers observaient une grève de la faim pour protester contre leurs mauvaises conditions d'emprisonnement, lorge craignait qu'il ne soit pris en otage par les autres prisonniers.» Sandra Passalacqa se dit soulagée que tout cela soit terminé.Elle n'avait pas dormi depuis 72 heures lorsque nous lui avons parlé à Lima.Elle se disait nerveuse et ne souhaitait qu'une seule chose: .prendre l'avion et rentrer à Montréal retrouver son frère et les siens.\u2014 Le nombre de ménages prestataires de la sécurité du revenu est passé à près de 17 000 l'an dernier, alors qu'il était de 13 000 trois ans plus tôt.Un enfant sur trois vit de l'aide sociale.\u2014 Le taux de chômage n'a cessé de s'accroître, si bien qu'il est désormais de trois pour cent plus élevé que la moyenne montréalaise.Le revenu d'emploi moyen est beaucoup plus bas dans l'arrondissement: 18 000$ par année plutôt que 22 500$.\u2014 La baisse de population a été plus importante que dans le reste de l'île: 30 pour cent en 25 ans.«Une partie des classes moyennes de Villeray, et à un moindre degré de Saint-Michel, a quitté notre territoire pour s'installer en banlieue; en contrepartie, des nouveaux arrivants à plus faible revenu \u2014 dont une partie venant de l'immigration et une autre, repoussée par le mouvement de gentrification près du centre-ville \u2014 sont venus résider dans nos quartiers», explique le document.Haïtiens mal logés Des milliers d'Haïtiens, notamment, habitent désormais le quartier Saint-Michel, lis vivent souvent dans des conditions précaires.Beaucoup de familles haïtiennes habitent des logements exigus dans des conciergeries.À ce portrait social s'ajoute la présence de la carrière Francon et de la gigantesque décharge municipale, aménagée dans l'ancienne carrière Miron, et qui constitue un des plus grand dépotoirs d'Amérique du Nord.Les mauvaises odeurs incommodent régulièrement les citoyens.Les autorités municipales promettent de fermer le dépotoir depuis plus de dix ans, mais reportent cette fermeture d'année en année.Dernier argument: il faut bien des déchets pour combler l'énorme trou.De surcroît, les autorités publiques ont été sensibilisées depuis longtemps au sort des autres quartiers pauvres de Montréal, comme Saint-Henri ou le centre-sud, et ont eu tendance à négliger le centre-nord.Il n'existe même pas d'association de marchands le long des rues commerçantes, comme on en voit sur la rue Fleury ou la rue Saint-Hubert.Malgré toutes ces difficultés, quelque 400 personnes, venant de tous les milieux, se sont réunies dans une école de Saint-Michel, hier, et ont décidé de se retrousser les manches.Le président de la CIDEC locale, Guy Cousineau, a expliqué que les groupes communautaires sont en train de motiver les commerçants et les industriels pour qu'ils participent à la relance de l'arrondissement.La CIDEC et divers groupes tentent notamment de convaincre les commerçants d'embaucher d'abord des gens de leur quartier.Ces nouveaux travailleurs ont ensuite les moyens de faire plus d'achats et, éventuellement, d'améliorer leurs logements.L'arrondissement peut par ailleurs s'appuyer sur un réseau important d'infrastructures, grands axes routiers, nombreux hôpitaux, CLSC, services municipaux, écoles, etc.La densité de population est très élevée, si on exclut les superficies des carrières Miron et Francon.Il y a moyen, selon M.Cousineau, de tabler sur ces facteurs positifs et de mobiliser la population pour que la roue, un jour, tourne dans l'autre sens: celui de l'enrichissement collectif.« Science on tourne ».à 401 tours-minute RAYMOND GERVAIS ¦ Fabriquer un propulseur capable de lancer un projectile, avec la seule énergie d'une trappe à rat, sur une distance horizontale de deux mètres vers une cible rotative qui effectuera, après l'impact du projectile, le plus grand nombre de révolutions complètes dans un délai maximal d'une minute.Tel était le défi lancé aux étudiants par la Fédération des cégeps, dans le cadre d'un concours scientifique et technique intercollégial intitulé Science on tourne.Au cours du mois de mars, pas moins de 150 équipes de jeunes scientifiques du niveau collégial, à travers les cégeps publics et privés du Québec, ont relevé le défi de fabriquer la fameuse machine.De ce nombre, 53 équipes, les meilleures ou les plus chanceuses qui ont remporté l'épreuve locale dans leur collège respectif, se sont affontées hier lors du «Championnat des machines aux mille et un tours» qui s'est déroulé au Salon international Pepsi jeunesse, au Stade olympique.Apfès les «machines à faire tomber les crayons et les véhicules à propulsion gravitationnelle» qu'on avait demandé aux étudiants de construire lors des deux précédents concours, on leur a demandé cette année de se surpasser et de fabriquer le fameux propulseur.Il y avait donc hier 53 machines, toutes plus bizarres les unes que les autres, qui ont été présentées tour à tour au jury par les étudiants.Un seul dénominateur commun les reliait entre elles, la fameuse trappe à rat donnant l'énergie nécessaire au projectile.m C'est l'équipe du cégep de Saint-Hyacinthe, composée par Samir Karazivan, 18 ans, et sa soeur Yasmine, 17 ans, qui a remporté le Prix du défi accordé à l'équipe remportant la finale provinciale.Les étudiants ont fabriqué une machine utilisant une raquette de tennis montée sur une poulie comme cible, qui une fois frappée par un projectile propulsé par la trappe à rat, déclenchée par une bille insérée dans un tube.Afin.de déclencher le fameux mécanisme, la bille placée au sommet d'un tube sur une feuille de papier à laquelle on met le feu, enclenche le mécanisme pour libérer la bille et lance le projectile vers la fameuse raquette.Cette dernière est reliée à un mobile, en l'occurrence à un ventilateur d'ordinateur qui, par un transfert d'énergie, est actionné.Vous avez compris le mécanisme?Sinon les étudiants l'ont compris eux et Samir et Yasmine ont réussi à faire Samir Karazivan et sa soeur Yasmine, du cégep de Saint-Hyacinthe, ont remporté le Prix du défi de la compétition « Science on tourne » organisée par le Fédération des cégeps.photo armand trottier u pm%e tourner la cible rotative 401 tours.Selon Samir, qui participe au concours pour la deuxième année, c'est le fait de relever un défi, de réaliser un projet qui fonctionne en plus de la compétition qui l'a motivé à présenter un nouveau projet cette année.Les deux étudiants méritent ainsi un stage de coopération scientifique d'une durée de dix jours en Belgique.Le Prix de la recherche et de l'ingéniosité a été remporté par Robert La-tour et Bruno Brochu du cégep André-Laurendeau.Le Prix recyclage a été dé- cerné à Serge Brunelle et Pierre-Hugues Chouinard du cégep Saint-Jean-sur-Richelieu.Le Prix originalité et design a été attribué à Jean-Thierry Bourque, Marc-Antoine Du-four et Stéphane Paré, du collège Méri-ci, à Québec.Le Prix participation été remporté par Brigitte Gendron du cégep Sorel-Tracy et une mention d'honneur accordée à l'équipe pour la qualité de sa communication a été accordée à Julie Poulin, Larry Gilbert et à Etienne Chabot, du cégep Beauce-Appalaches.Des vacances au Québec.c'est moins cher CILLES PAOUIN ¦ Les responsables du tourisme de la plupart des régions du Québec s'attendent à ce qu'un nombre sans précédent de vacanciers passent l'été chez nous cette année.Leurs prévisions optimistes semblent confirmées par le succès incontestable du Salon vacances et loisirs d'été qui se déroule présentement au Palais des congrès de Montréal.Tout au long de la journée, hier, des milliers de personnes avides de renseignements touristiques ont pris d'assaut les kiosques des 300 exposants provenant des quatre coins du Québec, des États-Unis et des provinces voisines.Rêvant déjà de dépaysement, ils déambulaient parmi les pavillons vantant la beauté sauvage des parcs du Québec, le charme envoûtant d'une croisière sur le fleuve ou, encore, les trésors méconnus d'une région.«La Gaspésie a connu une excellente saison touristique l'été dernier et, d'après l'intérêt que manifestent les gens ici, ce sera encore meilleur cette année», dit Christine Saint-Pierre, de l'Association touristique de la Gaspésie.Selon elle, les gens ont moins de sous en poche pour les vacances en raison de la situation économique.Ils posent beaucoup de questions et comparent avant de choisir un lieu de séjour.C'est à son avis ce qui explique aussi la popularité grandissante du camping, des parcs et des randonnées pédestres.C'est vrai qu'ils posent énormément de questions, mais ils ont déjà une petite idée en téte lorsqu'ils viennent au salon, ajoute Linda Tremblay, de la Société de développement de lonquière.L'immense majorité des gens nous disent qu'ils veulent passer leur vacances au Québec l'été prochain et plusieurs invoquent des raisons économiques, dit-elle.Pour Suzanne et André Chagnon qui exploitent un gîte à la ferme, les lardins de Vinoy, dans la Petite Nation, il n'est pas nécessaire de dépenser une fortune pour se dépayser.Les gens peuvent trouver une maison agréable dotée d'une bonne table en s'adressa nt à la Fédération des agricotours du Québec.C'est un message semblable que lance la Fédération des pourvoyeurs du Québec, un organisme qui regroupe 425 pourvoyeurs.L'an dernier, environ 12 000 personnes ont adopté cette for- mule pour profiter de l'été dans un chalet au bord d'un lac.Longtemps perçues comme étant à l'usage exclusif des chasseurs et des pêcheurs, les installations des pourvoyeurs offrent de plus en plus de services aux familles, dit Serge Tanguay.C'est notamment le cas des 64 auberges de la forêt et des 85 autres pourvoyeurs qui louent des chalets et préparent aussi des repas* Pour ceux qui révent d'une destination plus exotique sans vraiment quitter le Québec, il y a une terre lointaine et quasiment inhabitée qui les attend au milieu du Saint-Laurent: l'île d'Anticosti.Autrefois réservé à de rares privilégiés, ce vaste territoire giboyeux est maince-nant plus accessible grâce au Nordik Passeur, un traversier mis en service l'an dernier.Ce navire relie quotidiennement Anticosti à Rivière-aux-Renards et à Havre-Saint-Pierre.Cette île, plus grande que toutes les îles de l'archipel de Montréal réunies, est peuplée par un si grand nombre de chevreuils qu'ils viennent même se balader dans le village de Port Meunier; ses rivières à saumon sont parmi les plus réputées au Québec et ses paysages d'une exceptionnelle diversité.Que souhaiter de plus?L'EXPRESS DU MATIN DES AUTOS POUR HAÏTI.¦ Les policiers ont mis au jour une petite bande de criminels de Saint-Léonard qui volaient des autos pour les exporter en Haïti.Ce sont des citoyens qui ont alerté la police après avoir vu hier des manoeuvres bizarres dans la cour d'un entrepôt, situé dans le parc industriel de cette ville de l'est de File de Montréal.Les voleurs chargeaient les autos dans des conteneurs juchés sur des remorques.Les conteneurs étaient ensuite transportés dans le port de Montréal ou dans un port américain, d'où ils devaient être expédiés vers Haïti.Les policiers ont pris les voleurs sur le fait.Ils ont arrêté quatre hommes.Ils ont aussi récupéré cinq voitures, dont une |eep Cherokee presque neuve, et qui constitue le premier choix des voleurs d'autos, parce qu'elles se revendent cher et se déverrouillent facilement.Haïti est l'un des nouveaux pays de destination pour les véhicules volés, avec le Liban, la Russie et l'Afrique du Sud, a indiqué le lieutenant-détective Douglas Hurley.«Peu de vérifications sont faites dans les ports haïtiens», a-t-il dit.U y a quelque temps, la police de la Communauté urbaine de Montréal a créé le groupe « Cervo », de concert avec les douaniers et les agents de la SQ, pour vérifier les marchandises transitant par le port de Montréal.MEURTRE RUE HAMILT0N ¦ Un inconnu a assassiné un homme de 37 ans avec qui il circulait en auto sur la rue Hamilton, dans le sud-ouest de Montréal, vendredi soir.Pour une raison que la police ignore, les deux hommes sont sortis de l'auto ; l'assassin a alors brandi un fusil de calibre .12 et tiré trois fois en direction de sa victime.Il a ensuite pris la fuite sur la rue Springland.La victime habitait la Rive-Sud.Les policiers ignoraient, hier soir, le mobile du meurtre, le 14e sur le territoire de la CUM depuis le début de l'année.L'enquête a été confiée aux détectives Préfontaine et Pilon, des homicides.AUTOCHTONE POIGNARDÉ ¦ Une jeune mère de famille mon-tagnaise de 23 ans a été appréhendée par la Sûreté du Québec, après avoir poignardé à plusieurs reprises son conjoint au dos, vers 5 h, hier matin, dans leur résidence de la réserve de Betsiamites.près de Baie-Comeau, sur la Côte-Nord.Selon la SQ, l'agression est survenue à la suite d'une querelle de nature familiale.La victime a pu rentrer à la maison après avoir été brièvement hospitalisé.BAR CLANDESTIN ¦ Les policiers ont arrêté 35 personnes lors d'une descente dans un bar clandestin, au 4237, rue Ontario, près du boulevard Pie-lX dans l'est de Montréal, à quatre heures du matin hier.Les arrestations se sont faites dans des circonstances difficiles.Des clients du bar clandestin ont lancé des bouteilles de bière en direction des policiers; deux agents ont été légèrement blessés.La police a trouvé des stupéfiants et une arme chargée à bloc.Deux clients étaient des motards connus, membres des Rockers, une bande criminelle associée aux Hell's Angels dans la guerre contre le*» Rock Machines pour le contrôle de la vente de drogue.L'agent Raymond Labelle, a indiqué que la police retrouve souvent les mêmes clients lorsqu'elle fait des descentes dans des bars illégaux, généralement installés dans des appartements, et qui servent a boire après trois heures du matin.DES VÉLOS POUR LES JEUNES ¦ Grâce a un bienfaiteur anonyme, l'organisme communautaire leu-nesse au soleil distribuera, le 3 mai prochain, 50 vélos et casques à des jeunes de 5 à 14 ans qui aident leurs concitoyens, il suffit qu'un directeur d'école ou un travailleur communautaire fasse parvenir une brève note explicative pour soumettre une candidature, a déclaré un porte-parole de l'organisme.On peut écrire à leunesse au soleil.4251.rue Saint-Urbain, Montréal.H2W IV6, ou expédier un message par télécopieur au 842-5241 avant la fin du mois d'avril.ORANGES ET CITRONS CHEZ LES JOURNALISTES ¦ Pour la deuxième année consécutive, le congrès de l'Association des journalistes indépendants du Que-bec a remis ses prix Orange et Citron aux entreprises de presse du Québec.La Gazette des femmes a reçu le prix Orange pour souligner la qualité des relations de cette entreprise avec les journalistes indépendants par rapport aux normes de cette industrie.Le journal Icu-nes pour jeunes obtient pour sa part le prix Citron, en raison de ses relations difficiles avec les pigistes et La Presse, une mention désho-norable dans la même catégorie.mateurs de mots croisés et DICTION N Al R ILS IF ROBERT vous présentent La SupergrilLe de Pâques JL Le dimanche 16 avril 1995 IOO gagnant* mériteront un Dictionnaire étymologique du français de la série Les Usuels du Robert et le fameux t-shirt -J'ai réussi». A 4#© LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 9 AVRIL 1995 \u2022 - « Connaissez-vous la passion ?Les propos du père artin Lessard, un de nos correspondants qui ne tient pas à voir sa lettre publiée ici, nous prie d'illustrer nos goûts : théâtre, cinéma, littérature, etc.Je saute sur son voeu pour aborder un sujet qui me tient à coeur.Je vais être franc avec toi, Daniel, je m'inquiète des nouvelles génération*-Face à la culture en général, j'ai envie de vous poser la question suivante : connaissez-vous la passion ?Nous autres, à la fin des année 40, nous tombions dans les pommes à l'annonce d'un séjour du grand Louis jouvet et de sa troupe ; nous devenions comme fous d'assister, du troisième balcon, aux spectacles des Jean Vilar, Gérard Philippe.et Guy Provost, nous étions ivres de bonheur à regarder le film « Les Visiteurs du soir », et c'est avec fébrilité qu'on découvrait de simples reproductions des Matisse, Braque, Picasso.Enfin, c'était avec une ferveur inouïe qu'on lisait un nouveau roman de Malraux, de Camus.Bref, j'ai l'impression que ça n'existe plus cette excitation chez vous.Nous applaudissions à tout rompre un Guy Hoffman, au TNM de la rue Bleury, réinventant les bouffons du grand Molière.Après le grand dégel culturel des nôtres, cela a continué.Pour un film de Perrault, « Pour la suite du monde », pour un roman de Françoise Lo-ranger, « Mathieu », pour une nouvelle pièce de Marcel Dubé, « Un Simple soldat », pour la poésie moderne de Roland Giguère, tel « Le Défaut des ruines est d'avoir des habitants ».Vas-tu me détromper?l'ai la nette impression qu'il n'existe plus de ces dévotions, cultes parfois, qui faisaient le suc de notre existence.A quoi cela tient-il ?Manque d'ouvrages inspirants dans les années 70, 80?J'entends, bien sur, des éloges pour certaines créations actuelles, mais je ne trouve pas ce feu qui nous consumait dès après la guerre et jusqu'à la fin des années 60.Tous ceux de ma génération te diraient la même chose : jeunes, nous étions souvent portés par un enthousiasme délirant.Il me revient, par exemple, l'accueil fait pour « À tout prendre » de Claude Jutras ou pour « Le Chat dans le sac » de Gilles Groulx.Nous ne voulions plus rentrer à la maison, certains soirs, tant un film, un spectacle de théâtre, nous avait remplis d'ardeur, en sortant du Gésù, de l'Orphéum ou d'un cinéma de qualité ( l'Elysée du brave docteur Ostiguy ).Cela se produisait, crois-moi, plusieurs fois dans un seul mois.Nous allions ensuite dans des bistrots ( Petite Europe, Hutte suisse, Paloma, Échouerie, Casa Pedro, etc.) pour pouvoir discuter ad lib et ad infinitum sur le film vu, américain parfois, européen plus souvent, dont les Italiens nouveaux, tels De Sica, Antonioni, Fellini.De nos jours, av iz-vous encore de ces coups de coeur insensés ?Parlez-vous parfois, jusqu'à tard la nuit, d'une création ?Il me semble que le temps des passions s'est achevé en vitesse de votre côté.Est-ce que je me trompe ?La découverte, par exemple, d'un certain Gilles Vigneault ( au Chat noir, rue Milton ) fut un feu d'artifice dans nos milieux des arts et spectacles.Le premier roman d'Hubert Aquin, oh là là ! Celui de Rcjean Ducharme ! Et celui de Marie-Claire Biais ! J'ai l'impression que je ne suis pas victime de nostalgie, j'ai plutôt l'impression que ces feux exaltants sont dédaignés par ceux de votre génération et par les plus jeunes aussi.En 1965, nous parlions du dernier Truffaut durant des heures derrière quatre carafons de piquette rouge, nous dévorions le dernier numéro du PÈRE ET FILS « Quartier Latin » avec frénésie, nous avions une sorte de vénération « jouis-sive » envers certaines dramatiques télé.Et maintenant ?C'est tiède.Manque de générosité chez vous ?Revenus de tout ?Une génération de blasés ?Réponds-moi Daniel.La réaction du fils Tu abordes-la.cher papa, un thème fort complexe.Te dire tout d'abord, qu'à mon avis, l'intensité des passions varie en fonction des époques.Lorsqu'on vit sa jeunesse, comme toi, dans une période riche en bouleversements de tout acabit, on risque de vivre ses passions avec plus d'intensité.Or, n'oublie pas que tu as vécu cette célèbre « révolution tranquille » et que la culture, à cette époque-là, émergeait de toutes parts.Aujourd'hui, tout le monde s'entend pour dire que nous traversons une période un peu lymphatique mais tu te trompes royalement en pensant qu'après vous autres, ce fut le calme plat.Que fais-tu du mouvement Peace and Love, Hippy, du Flower Power ?Aurais-tu oublié que 20 ans plus tard, alors que tu vivais dans ton confortable cottage, que tu arrosais tes arbustes, ton entrée et que tu coupais ton gazon, une nouvelle génération vivait des moments plus exaltants encore?Si t'as des doutes, questionne Robert Charlebois et tous ceux qui sont dans la quarantaine aujourd'hui.Quant à moi, hélas, j'étais trop jeune pour embarquer là-dedans.( Heureusement diras-tu ! ) J'observais les plus vieux de mon quartier discutant de Jimmy Hen-drix, de Woodstock, de Hair, d'Easy Rider, de Clock-work orange.C'était l'euphorie totale.Ils rêvaient tous de vivre « en commune », de partir en camionnette en Californie ou en Amérique centrale.Toi ça été Vigneault, Brel, Ferré ?Moi ça été Harmonium, Supertramp, Genesis, et plus tard la musique alternative.T'as flippé sur les films de la Nouvelle vague ?Moi sur « Harold et Maud » d'Al Hasbey ou sur « Phantom of the paradise » de Brian de Palma.Autres générations, autres films ! Autres périodes, autres tendances.Cela dit, ton texte soulève aussi d'autres questions.Celle, entre autres, de ta culture par rapport à la mienne, à celle des générations nouvelles, comme s'il y avait eu détérioration, dégradation.Tu me parles du théâtre de Jouvet, des romans d'Hubert Aquin, des reproductions de Matisse qui t'émerveillaient tant, l'air de dire : vous autres, à part la musique rock, qu'est-ce qui vous fait vibrer ?C'est vrai papa qu'à quinze ans, pour moi et mes amis, nos oeuvres d'art c'étaient nos pochettes de disques et nos livres, bien souvent, c'étaient des albums des bandes dessinées ! Et puis après ?N'oublie pas que tu as fréquenté un collège élitiste à l'adolescence ( ton père te voulait en curé ) et qu'ensuite, aux beaux-arts, tu as fait partie d'une petite bande d'artistes.Moi j'ai grandi dans un monde bien différent du tien.Je suis un produit de la banlieue des années 70.A seize ans, je ne passais pas mes fins d'après-midi à faire du latin et à lire les grands classiques, je faisais du motocross dans les champs d'Hydro-Québec et les boisés de Cartieville, des expéditions en chaloupe à moteur et du ski dans les Laurent ides ! Si, par la suite, je me suis davantage intéressé aux arts et à la culture, c'est tout simplement parce que j'ai été refusé en sciences pures à Bois-de-Boulogne et que je me suis retrouvé au cégep Saint-Laurent en cinéma ! Ma passion pour le cinéma « autre qu'américain » s'est développé peu à peu et pas toujours dans le plaisir.On m'a forcé à connaître le cinéma russe, japonais, allemand, suédois, à découvrir de vieux films français, québécois, italiens.J'avais pas le choix d'être attentif, il y avait des examens, des comptes-rendus, des critiques à faire.On a beau dire, la culture ne vient jamais à nous comme ça, spontanément.Mais, tout compte fait, doit-on obligatoirement se passionner pour les arts et la culture ?Les jeunes ados d'aujourd'hui, au grand dam des intellectuels et des artistes de ta génération, se passionnent pour la musique pop, le skate-board, les planches à neige, les ordinateurs, les jeux vidéos et poursuivent leurs études là où il y a des de-bouchés, c'est-à-dire dans les technologies de pointe.Et alors ?Ne serait-ce pas une bonne chose finalement ?Moins de rêve, moins de passion, moins de désillusion.Le service InfoBref Bell Le téléphone le plus lu.Le quotidien le plus écouté! I 00 NOUVEAU Service rapide gratuit* accessible 24 heures sur 24, 7 jours par semaine, à l'aide d'un téléphone à clavier.Pour entendre le contenu de ces différentes rubriques, composez le 875-2355.Puis, au son de la voix, composez le code à trois chiffres correspondant à la rubrique choisie.Pour sortir rapidement de l'une de ces rubriques, faites le 33 puis, au son de la voix, appuyez sur le 9.Vous pourrez alors choisir une autre rubrique.\u2022 iKm \\ la /onc d'appel locale seulement.Nouvelles en bref La Une: .110 Nouvelles locales: .120 Nouvelles sportives: .130 Nouvelles économiques:.140 Nouvelles nationales et internationales:.ISO Arts et spectacles:.160 I n primeur:.170 Kditoriaux.210 Question du jour.220 Info-Affaire s Bell A surveiller cette semaine : .311 1 auserieset conférences d'affaires : .ï2\\ Perfectionnement en gestion :.331 I inance et comptabilité :.*41 Marketing, communication, vente et service a la clientèle :.151 Production, qualité.environnement et technologie: .31 Ressources humaines et formation : 371 Informatique: .381 Questions d'affaires Réponses d'affaires S choix de chroniques disponibles:.410 Produits et services de Bell.520 Services de lit Presse Service des abonnements:.610 Annonces classées : .620 Publicité:.630 Rédaction :.640 Information sur les concours:.650 Renseignements généraux :.660 INI oIS Bell \\ surveiller cette semaine:.710 Danse:.720 Musique et art lyrique: .730 Théâtre:.740 Variétés et humour:.750 1 ^positions et musées:.760 Service personnalisé (accès direct) .770 Revez-vous de vacances originales qui vous redonnent grande forme et énergie pour delongs mois?pour La THALASSOTHERAPIE à PASPEBIAC c'est profiter d'un climat marin régénérateur, de bains (chauds) d'eau de mer, d'une heure de massages thérapeutiques quotidiens, d'une compétence et d'un professionnalisme notoires.C'est aussi profiter de liberté, de temps.d'une table raffinée, d'une douce farniente dans un somptueux manoir victorien en bordure de la mer.\"la où tout dépasse l'ordinaire\".Auberge du parc £ Renseignements et brochures: | 1 800 463-0890 L'opposition dénonce une nouvelle crise de « structurite » de Bourque CILLES PAOUIN À PARTIR DU 2 AVRIL un service de consultation téléphonique du YI-KING KING LA CLEF DE L'INCONSCIENT I I I I Tous les dimanches I Souper musical I à partir de 17 h | 801, deMaisonneuve ouest Stationnement intérieur I 849-6331 La McGill 1 (514) 976-4666 5,95 $ par appel Quelle que soit la durée de l'appel.e k*>quebec NUMÉROS 862594 6259a 2594 59a 9a 862591 8625Œ 8621 Tirage du 95-04-07 LOTS 50 000 $ 5 000$ 250 $ 25 $ 5$ 1 000$ 100$ 10$ NUMÉROS 550399 50399 0399 399 99 Tirage du 95-04-07 LOTS 250 000 $ 2 500$ 250$ 25$ 10$ Tirages DIMANCHE LUNDI MARDI MERCREDI JEUDI VENDREDI SAMEDI fJYL du 95-04-02\t \tau 95-04-08 3\t4 562\t5622 498\t3420 100\t7aio 294\t0617 326\t2597 560\t7270 997\t1191 Tirage du 95-04-07 2\tJL\t12\t13\t14 13\t24\t29\t52\t43 07\t49\t52\t\t55 58\t63\t66\t62\t22 Prochain tirage : 95-04-08 T V A.LE RESEAU DES TIRAGES Les modalités d encaissement des billets gagnants paraissent au verso de billets En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle cette dernière a oriente 2223693 - 402 4 096 réponses e btrxjuetooc R ÈSULTAT S I 1 0 b LOTS é49 Tirage du 95-04-08 4 8 36 41 45 46 Numéro complémentaire: 18 GAGNANTS 6/6 5/6* ngpM Ventes totales: Prochain gros lot (approx.): Prochain tirage: 95*04-12 Tirage du 9 5 04-08 NUMEROS 781274 81274 1274 274 74 4 LOTS 100 000 $ 1 000$ 250$ 50$ 10$ 2$ Tirage du 95-04-08 1\t5\t7\t14\t16 13\t20\t22\t22\t2â 31\t32\t36\t41\t47 48\t56\t62\t63\t69 SIUCÏ m Tirage du 95-04-08 2 10 12 18 23 37 Numéro complémentaire CACNANTS 6/6 5/6+ 5/6 4'6 3/6 LOTS 0 1 000 000 00 $ 0 17 377,70 $ 25 1 158,50$ 1 133 47,70$ 17 991 5$ misetot 6 8 26 35 CACNANTS 68 LOTS 735.30 $ ventes totales: 69* 836,00 $ Cros lot a chaque tirage: 1 000 000,00 $ Tirage du 95-04-07 Tirage du vendredi 15 16 28 32 33 38 47 12 Numéro complémentaire CACNANTS 7/7 NUMÉROS 306623 06623 6623 623 23 3 LOTS 100 000$ 1 000$ 250$ 50$ 10$ 2$ LOTS 4 000 000,00 $ 38 374,90 $ 2 166,30 $ 156,60$ 10$ 10$ 1 participation gratuite (3 sélections) Ventes totales 4 149 922,00 $ Prochain gros lot tapprox ): 5 000 000,00 $ Prochain tirage: 95-04-14 6/7+ 6/7 5/7 4/7 3/7+ 0 2 31 1 531 33 723 31 578 3/7 283 423 TVA, LE RESEAU DES TIRAGES DE LOTO-OUEBEC Les modalités d encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets En cas de disparité entre cette i*te et la liste officielle, cette dernière a priorité ¦V 1- ¦ L'administration du maire Pierre Bourque traverse une nouvelle crise de «structurite» en chambardant l'organisation des services municipaux pour créer un nouveau poste de directeur du développement pour l'Est de Montréal, affirme le conseiller de la Coalition démocratique Marvin Rotrand.Il réagissait ainsi à la résolution adoptée par le Comité exécutif de la Ville de Montréal, le 5 avril dernier, dans le but de doter les arrondissements de Rivière-des-Prairies et de Pointe-aux-Trem-bles d'un nouveau super fonctionnaire au développement.Lors de son arrivée au pouvoir M.Bourque a aboli les postes de coordonateurs d'arrondissement et voilà qu'un tel poste est créé de nouveau, avec en prime, une capacité d'action démesurée, déplore la Coalition démocratique.«Cette nouvelle crise révèle de .graves malaises au sein de l'administration Bou;que.Le maire ne sait déjà plus de quelle façon il faut gérer les services aux citoyens», soutient M.Rotrand.Selon lui, le maire confond allègrement représentation politique et administrative.11 oublie complètement le discours environnemental pour permettre une autre poussée de croissance aux quartiers de type banlieue.La nomination d'un directeur qui aura le pouvoir d'exiger que tous les autres chefs de service se plient à ses demandes, pour ce qui est de son territoire, n'apportera guère d'harmonie au sein de la fonction publique, croit M.Rotrand.À son avis, on ne peut administrer une ville à la fois sur la base de services universels et sur la base de territoire autonome.La cohésion est impossible, soutient-il.Le conseiller de Snowdon juge également injuste que l'on nomme un directeur du développement exclusivement pour l'Est de Montréal.Ce dernier cherchera à concentrer plus de ressources sur son territoire aux dépens des autres quartiers, ce qui ne peut que provoquer des difficultés.Guerre du flétan : un accord possible PC ef Rcuicr BRUXELLES ¦ Les représentants de l'Union européenne prévoient passer la fin de semaine à ^réparer la première version d'u le proposition pour mettre fin au différend ca-nado-espagnol sur les pêches afin de les remettre à leurs ministres des Affaires étrangères lundi, a déclaré hier un porte-parole de la Commission européenne.L'Union européenne n'a pas prévu de discussions bilatérales avec le Canada.«Aucun contact n'est prévu avec les Canadiens ce week-end», a indiqué le porte-parole.Il a précisé que les représentants de la commission présenteraient verbalement leur proposition préliminaire lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères lundi.«Ce ne sera pas un document formel par lequel nous serions lies. LA PRESSE.MONTRÉAL.DIMANCHE 9 AVRIL 1995 Le projet d'institutions communes de Bouchard ne fait pas l'unanimité chez les souverainistes Presse Canadienne ¦ Chacun avait une interprétation à donner, hier, aux propositions faites vendredi soir par le chef du Bloc québécois, Lucien Bouchard.Et l'unanimité ne semblait pas faite autour de son projet d'institutions communes.Certains militants, sans désavouer leur chef, n'ont pas caché qu'ils avaient des doutes sur la portée de cette proposition.«le ne suis pas sûr que cela rassurera les indécis», d'indiquer Paule Desgagne, de Québec-Est.eBLOÇ en congrès «La question principale qu'il faut demander au peuple québécois \u2014 il faut arrêter de tourner en rond et de parler d'association avant d'indépendance et demander s'il se reconnaît comme peuple», a soutenu en plénière M.Adrien Dubois, de Verdun-Saint-Paul.«On fait ce qu'on doit faire, c'est-à-dire qu'on fait avancer le débat.On apporte une contribution.C'est notre travail», a explique le leader parlementaire Michel Gauthier.Selon lui, il n'est pas question de pousser dans le dos du Parti québécois ni de définir le projet souverainiste à sa place.«La souveraineté appartient à tous les souverainistes québécois, a-t-il ajouté.Dans ce sens-là, je pense que la contribution de tout le monde, incluant bien sûr celle du Bloc, est essentielle pour faire avancer le débat.» Le discours du chef du Bloc québécois Lucien Bouchard, vendredi soir, n'a pas fini de faire parler les souverainistes.photo cp ; Mais quand on lui demande si le Parti québécois endosse le projet d'institutions communes, même de nature politique, entre un Québec souverain et le Canada, il répond que les journalistes n'ont qu'à le demander aux pé-quistes.À part la directrice générale et vice-présidente du PQ, Monique Simard, et la ministre des Affaires intergouvernementales, Louise Beaudoin, les têtes d'affiche péquistes se sont tenues loin du congrès du Bloc, hier.Mme Simard a nié l'existence de frictions.Le chef bloquiste n'a fait que mettre en évidence des aspects des manifestes des deux partis.«Au niveau de l'essentiel de la démarche, le plan de match demeure le même.Il faut faire un référendum, un référendum sur la souveraineté pour pouvoir réaliser tout le reste.Et là-dessus.M.Bouchard a été sans ambiguïté», a ajouté Mme Simard.Ceci signifie, juge-t-elle, qu'il n'est pas question d'imiter le Parti de l'Action démocratique ou encore de revenir au projet de superstructure de Robert Bourassa.Fait étonnant, Mme Simard ne fait pas de cas des références à des institutions politiques.«(M.Bouchard) fait référence à des institutions qu'on peut appeler politiques mais qui sont essentiellement pour gérer l'association économique», a-t-elle dit.Sur les ondes de RDI, Mme Beaudoin a rejeté, comme Mme Simard, l'idée d'un virage quelconque.«C'est plutôt un éclaircissement, un approfondissement ou une explication des choses», a-t-elle déclaré.En coulisses, toutefois, une personne proche des deux chefs a confirmé que M.Parizeau était au courant des grandes lignes du discours de M.Bouchard.Cependant, M.Parizeau ignorait que le chef bloquiste ferait état d institutions politiques, une idée qu'il a toujours rejetée.Un autre proche a aussi reconnu que le Bloc cherchait à pousser Jacques Parizeau vers ce virage.L'ancien ministre libéral Yvon Picotte a jugé le virage du chef bloquiste Lucien Bouchard «d'une logique imperturbable».à condition que l'autre partenaire de l'association économique veuille embarquer.Agissant comme une personne-ressource dans un atelier, M.Picotte a souligné que la position de M.Bouchard le rapproche du Parti de l'Action démocratique \u2014ce que plusieurs ont signalé\u2014 mais il va jusqu'à y voir un rapprochement avec une position qu'a déjà défendue Robert Bourassa.Ce dernier avait effectivement évoqué un certain temps Maastricht et l'Union européenne, sans aller plus avant.Son ancien collègue jusqu'en 1990,1 ex-ministre de l'Éducation Michel Page, a lui aussi trouvé que les propositions de M.Bouchard étaient «d'un très grand réalisme».«|e crois que M.Bouchard a été, pas seulement pertinent, mais surtout courageux de le faire à ce moment-ci.Mais c'était le moment privilégié», a-t-il commenté en marge d'un atelier sur la culture et l'éducation où il agissait comme personne-ressource.À son avis, les propositions du chef bloquiste sont susceptibles de répondre aux inquiétudes des gens face au projet souverainiste.«Mais tout dépend du niveau de faisabilité», a-t-il lui aussi souligné.« Les dédoublements de structures sont souvent dus aux politiciens », dit Picotte LIA LEVESOUE de la Presse Canadienne ¦ Les dédoublements de structures entre gouvernements sont souvent dus tout simplement à des politiciens qui veulent se donner davantage de visibilité auprès des électeurs, alors que ceux-ci veulent justement moins de structures.Celui qui tient ces propos est un ancien ministre libéral du Développement régional à Québec, Yvon Picotte.M.Picotte agissait comme personne-ressource, hier, au congrès du Bloc québécois, dans le cadre d'un atelier sur le développement régional et l'emploi.Pourtant, M.Picotte n'est ni bloquiste ni souverainiste, mais fatigué des chevauchements de structures, «le suis un libéral qui cherche à faire comprendre aux gens que ce qui nous coûte cher, ce sont les structures qu'il faut éliminer, peu importe de quelle façon », confiait-il après son allocution.Dans son discours devant les participants de l'atelier, il a no- tamment affirmé qu'il y avait «deux fois trop de municipalités» au Québec et que trop souvent, celles-ci n'arrivaient même pas à s'entendre pour une mise en commun de leurs services, ce qui ferait pourtant épargner de l'argent aux contribuables.11 s'en est aussi pris aux politiciens qui promettent des subventions de 500 000$ aux communautés locales, simplement pour se donner de la visibilité auprès de l'électorat et mettre l'autre palier de gouvernement devant la pression populaire pour obtenir l'autre partie de subvention de 500 000$.M.Picotte, qui saisit bien l'importance du développement des régions, déplore l'exode des jeunes de ces régions et l'appauvrissement des grands centres.11 conseille aux défenseurs du projet souverainiste de lutter farouchement contre la pauvreté, cause d'insécurité.«Quand on est pauvre, on est insécure.Plus il va y avoir des pauvres, plus ça va nuire à votre projet», confiait-il aux bloquistes.«11 faut parler du projet de so- ciété, redonner le goût de l'aventure», croit l'ancien ministre de Robert Bourassa, mais d'une façon différente.«En quoi la société qu'on va proposer aux gens va les emballer.En rapatriant tous' les pouvoirs à Québec, si moi je décode que je débarque dans un État plus centralisateur.Faudra me dire que ce sera un État qui va partager avec ses composantes.» Le développement régional et l'emploi «sont au coeur de ce nouveau projet de société, en sont le moteur», estimait pour sa part M.Michel Payette, secrétaire général du Forum pour l'emploi, qui agissait aussi comme personne-ressource dans le même atelier.M.Payette a rappelé qu'il existe une centaine de programmes fédéraux et provinciaux destinés ù la formation de la main-d'oeuvre, et autant en aide à l'entreprise et au soutien à l'entrepreneurs-hip.L'atelier sur le développement régional et l'emploi était le deuxième plus populaire auprès des délégués bloquistes.La non-permanence du Bloc : un débat réglé rapidement LIA LEVESOUE de ta Presse Canadienne ¦ Le débat sur la non-permanence du Bloc québécois a finalement été réglé en moins de huit minutes dans une commission, hier, au congrès du parti.Ce débat, qui n'en a jamais vraiment été un soutenu, avait plutôt été lancé par quelques médias, la semaine dernière à Montréal, voyant que cinq associations de comté proposaient de biffer des statuts une phrase qui dit explicitement que «les présents statuts visent aussi à refléter le fait que le Bloc québécois n'est pas un parti ayant l'intention de former le gouvernement et de devenir permanent».Certains journalistes et analystes avaient un peu rapidement conclu à une contestation au sein du Bloc québécois de son caractère éphémère.Or, le chef Lucien Bouchard avait maintes fois répété que le succès du Bloc se mesurerait à la RÉCLAMATIONS?COMPTES / CHÈQUES / LOYERS / BILLETS / CONTRATS / DOMMAGES-INTÉRÊTS / PENSIONS ALIMENTAIRES.\"aucuns frais à débourser sans résultat' Nous assumons la totalité des coûts de perception de vos réclamations en souffrance.Lorsque nos efforts sont couronnes de succès, nous prélevons un pourcentage du montant perçu, pourcentage déterminé préalablement selon !e travail effectué.N'est-il pas temps de vous offrir l'économie substantielle d'un système de recouvrement de créances efficace el professionnel, sans déboursé do votre part?GOIRE PERRON & ASSOCIÉS avocats 84, rue Notre-Dame Ouest, 6e étage Montréal (Québec) H2Y1S6 ELLES ARRIVENT! 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accessoires de maison *Marque de prestige brièveté de son mandat.Encore vendredi soir, dans son discours d'ouverture au congrès, il évoquait le Bloc comme «un parti temporaire et qui doit le demeurer».Le sort de cette soi-disant contestation de fond a vite été réglé, et très largement en faveur du maintien de la position traditionnellement défendue par M.Bouchard.Même des représentants des circonscriptions qui avaient soumis cet amendement \u2014biffer la phrase\u2014 sont venus dire qu'ils n'avaient pas fait ça par opposition idéologique, mais pour éviter d'écrire, de figer sur papier ce qui est entendu.«L'intention, ce n'est pas de dire que le Bloc doit être permanent, loin de là.|e ne vois pas pourquoi nous, on doit écrire qu'on doit mourir», lançait un délégué de la circonscription de Saint-Denis.Les cinq comtés qui avaient soumis l'amendement sont ceux de Chicoutimi, Lotbinière, Rose-mont.Papineau-Saint-Michel et Saint-Denis.Pourquoi faut-il l'écrire noir sur blanc?demandait un autre délégué, qui ajoutait que les autres partis n'ont pas à inscrire dans leurs statuts qu'ils sont là pour rester.La députée bloquiste de Laval-Centre.Madeleine Dalphond-Guiral, a eu le mot de la fin, invitant les délégués de la commission à battre cette proposition d'amendement aux statuts.Pour elle, adopter l'amendement équivaudrait à «dire que le Bloc québécois est une police d'assurance», alors qu'une police d'assurance «c'est quand on a peur».Elle a été chaleureusement applaudie.Les délégués étaient si décidés qu'ils ont même battu une proposition visant à prolonger de trois minutes le débat.C'est donc en moins de huit minutes que le sort de cet amendement a été réglé, avec une forte majorité.11 ne s'cm même pus rendu en plénière.o AVIS 1ERRATUM 1 800 404-04 2 4 ?VISA No de carte:_ Veuillez me faire parvenir MasterCard ?Chèque ct-joint _Date cf expiration:__ 1 l I Nom: I l Prénom: copies du livre MAXI GOLF 1995_ 1 1à2copfcs 34.12$ ch.V Dans notre circulaire publiée le 8 avril, les prix annoncés sont valides jusqu'au 20 avril 1995 ou jusqu'à épuisement de la marchandise.Adresse: Ville:_ Prov.: Tél.: (4- I Fax.: tJ.Stature: Code postal: 344copies 3l,d5$ch.5à9copies 29,57$ ch.10 et plus 25,00 S ch.VTPSttTVQ INCLUSES Rempfcssez et retournez ce buletn à MAXI GOLF me.7575.route Transcanad*nne.but 500.St-laurent (Queoec) H4T 1V6 \u2022 Ou par tèiéœpKHjf au (514) 336-S034 Pour tes commandes te*ep*x»qujs composez le 1 Ô00 404W4 | TRANSIT 920 1G16 LIQUIDATEUR Samedi et dimanche de 10h à 17h 576, boul.Guimond, Longueuil Nous sommes désolés pour les inconvénients.Reine Mlml ans son bureau vitré oui donne sur un petit jardin de givre, parmi les vieilles photos jaunies et une forêt de plantes qui poussent à l'avenant, elle a branché sa vieille machine à écrire électrique qui ne sert plus depuis longtemps.De ses doigts hésitants, de ses yeux usés qui ne voient pratiquement plus sauf avec un lecteur électronique, elle a tapé la lettre.Une lettre ouverte à Jean-Louis Roux publiée dans La Presse il y a deux ou trois semaines.La lettre était signée Mimi d'Estée.En la lisant, j'ai réalisé que sur les 4800 membres de l'Union des artistes, aucun, à part André Montmorency, n'avait eu le courage de s'élever contre les propos de Jean-Louis Roux ni pris le temps de lui répondre.Personne sinon cette vieille dame aveugle et à moitié sourde de 87 ans.membre fondatrice de l'Union des artistes, ancienne reine de la radio, du théâtre et de la télévision et ex-courriériste du coeur aujourd'hui retirée du monde et vivant en solitaire dans sa maison de trois étages de Westmount.Sa lettre m'a servi de prétexte pour aller à sa rencontre.|e la connaissais à peine.Son nom n'a pas bercé les émissions de mon enfance.Tout ce que j'avais vu d'elle, c'est cette annonce diffusée à Noél où elle dévisse une capsule musicale devant un frigo rempli de bouteilles de bière.Mimi, Reine Deyglun de son vrai nom, m'a ouvert la porte de son royaume avec la petite robe noire à collerette blanche de l'annonce, ses cheveux blancs bouffés en chignon et ses yeux intenses fouillant les ombres.La vaste maison était plongée dans la pénombre avec ses meubles d'une autre époque, son toit qui coule et ses lézardes comme autant de rides sur les murs.Au-dessus de son bureau elle avait épingle une citation d'Einstein: «Il est plus facile de scinder un atome que de changer de préjugés».Mimi sortait de l'hôpital qu'elle ne cesse de fréquenter, soit pour une fracture de l'épaule ou d'une jambe, ou encore pour un coeur qui menace de flancher.Elle semblait frêle mais non diminuée.Nous nous sommes assises dans le salon qui servait de bureau à son défunt mari Henri Deyglun.Et nous avons discuté.\u2014 Quand j'ai entendu Jean-Louis à la radio, j'en avais les larmes aux yeux, le coeur bouleversé, m'a-t-elle raconté.Je comprends qu'il ait choisi le fédéralisme, mais avait-il besoin de s'en prendre avec autant de mépris à ce petit peuple courageux qui est le sien.Pendant monait au fait sortir cessais de vitalité de combatif.que Mimi s'épou-sujet de celui qui l'a de ses gonds, je ne m'émerveiller de la cet esprit fervent et À 87 ans, Mimi d'Estée est toujours aussi déterminée à ne pas perdre le fil de l'Histoire, à se tenir au courant de l'actualité politique et à voter Oui au référendum si elle s'y rend.\u2014 Avez-vous voté Oui en 80?lui ai-je demandé \u2014 Vous plaisantez?Bien sûr que oui.Vous ne pouvez pas vivre au Québec sans sentir le poids du fédéralisme et être nécessairement souverainiste.De fait, en 1980, et sur l'invitation de René Lévesque, Mimi a fait le tour des foyers et des maisons de retraite pour rassurer ses contemporains sur leur chèque de pension.\u2014 Moi.je suis une privilégiée, dit-elle, mais je comprends ceux qui sont dans le besoin, je ne leur en veux pas sauf que si le Non l'emporte cette fois, dans 20 ans le français au Québec c'est fini, fini ! Cette finalité pour Mimi est la pire de toutes.Pire que sa finalité à elle.Quand nous sommes montées au deuxième étage, elle ra-gait.Comme elle aurait voulu gravir les marches lestement et m'entraîner dans son tourbillon.Comme elle en voulait à ce pauvre corps de ne plus la suivre.Mais la reine en elle s'est faite une raison.Tout ce que Mimi demande â la vie maintenant c'est la permission de finir ses jours dans la lumière avec ses livres et ses auteurs favoris.Que |can-Louis Roux se le tienne pour dit. A6 LA PRESSE, MONTRÉAL.DIMANCHE 9 AVRIL 1995 Dossier Les frères Boucher, Daniel.Alain et Robert, devant le siège social de la Société franco-manitobaine, boulevard Provencher, au coeur du vieux-saint-Boniface.PHOTO COLIN CORNEAU.collaboration spéciale clan Boucher oui » i n - \u2022 m nu refuse entendre tocsin CÉRALD LEBLANC envoyé spécial La Presse À HÏXMPEG |e voulais rencon-» trer le Franco-Ma-nitobain type, la person-ne ou la famille ^ illustrant le parcours >**-MÊ collectif du dernier bastion français de l'Ouest canadien.« Ce serait intéressant de voir les frères Boucher : ils sont partout et connaissent tout ».m'avait suggéré Chantale Bérard de la Fédération ma-nitobaine des comités de parents.l'ai donc rencontré trois membres du clan Boucher, établi le long de la rivière Rouge depuis plus de 80 ans.Tout a commencé de façon originale lorsqu'un jeune aventurier breton, Joseph-Hervé Boucher, s'est embarqué à Brest, en mettant le cap sur le lointain Canada.C'était en I9l l ! Sur le bateau.loseph-Hervé fait la connaissance d'une compatriote bretonne.Camille Leost.venue comme lui conquérir le nouveau monde.C'était parti : une ferme à Saint-Laurent, patrie des Métis, et une famille de 10 enfants.Un seul des petits Boucher ira a l'université et deviendra médecin.À l'université Laval.Joseph fils rencontre une Acadienne.Raymonde Landry, et c'est reparti : une famille de sept enfants, six gars et une fille.Monique, enseignante de son métier et mère de son état, qui vivent tous autour de Winnipeg.Deux des six garçons travaillent dans le secteur privé et les quatre autres dans les organismes communautaires : la station de radio, le Centre culturel et la Société franco-manito-baine.C'est à la Maison franco-manitobai-ne, boulevard Provencher.au coeur du Vieux-Saint-Boniface.que j'ai rencontré trois des frères Boucher: Alain, directeur du Centre culturel ; Daniel, directeur général de la Société franco-manitobaine ; Robert, réalisateur à la station de radio francophone CKSB.Le quartier Saint-Boniface On emprunte toujours le pont Provencher pour rejoindre la rue Des-chambault.où une plaque commémo-rative orne la maison de la romancière Gabrielle Roy.mais Saint-Boniface n'est plus la ville française d'autrefois, seulement un quartier bilingue de *7innipeg.André Bédard se souvient qu'en 1970 on avait tenu un référendum dans les 18 municipalités devant être fusionnées à Winnipeg.«Toutes les villes ont dit oui.sauf une.Saint-Boniface, comme vous vous en doutez.On est quand même allés de l'avant, en nous promettant des services bilingues que l'on n'a pas obtenus et que l'on n'obtient jamais sans insister», dit ce Franco-Manitobain de vieille souche.On trouve toujours les noms d'autrefois ( Provencher.Langevin, Ma-rion.) avec les inscriptions bilingues nie-street, dans le Vieux-Saint-Boniface.qui abrite les principales institutions de la communauté, de la caisse populaire au collège universitaire de Saint-Boniface.Le quartier Saint-Bonitace.francophone à 24 p.cent, fait partie du district Ricl.avec les deux autres quartiers à concentration francophone.Saint-Vital ( 10.6 p.cent francophone ) et Saint-Norbert ( 5.8 p.cent francophone).Au provincial, on y élit le libéral Neil Gaudry, un Métis francophone.Les deux tiers des 50 000 Franco- Français, langue maternelle et langue d'usage au Manitoba\t\t Population\tLangue maternelle .'.'.*\u2022\u2022-\u2022.\u2022.* *\u2022'.\u2022\"\u2022 .V.\".«\u2022.\u2022\u2022*.\\W.'.'.*.- AV.'.*.¦ '\tLangue d'usage ¦ 9 .m .\u2022 ¦ \" ¦ ¦ m m a m m 9 t * \u2022 ¦ mf \u2022 \u2022 \u2022 1971 99250\t60545 (6,5%)\t39600(4,0%; 1981 1013070\t51620(5(7%J\t31030(3,7%; 1991 1079390\t50775 (4(7%j\t25045(2,3%; Source: Statistique Canada, catalogue 96-313 Manitobains vivent à Winnipeg.les autres se retrouvant dans un chapelet de villages entourant la métropole ( Sainte-Anne.Saint-Laurent.La Bro-querie.Saint-Claude.) et englobés dans des municipalités bilingues.Le tocsin des recensements Comme un tocsin, le recensement décennal sonne le déclin de la communauté franco-manitobaine.qui rétrécit comme peau de chagrin.Au recensement de 91, seulement 50 775 Manitobains.4,7 p.cent de la population, ont déclaré le français comme langue maternelle.Plus inqjiétant encore, seulement la moitié d'entre eux utilisent le français comme langue de tous les jours, la langue d'usage selon la formule officielle ( voir tableau ci-contre ).Le grand responsable de l'anglicisa-tion, un taux de 51 p.cent au Manitoba, c'est la quasi-nécessité de transmettre aux enfants la langue majoritaire du conjoint anglophone.Armand Bédard a produit, en 1993, une étude sur les ravages des mariages exogames pour la rétention du français : 55 p.cent des jeunes Fran-co-Manitobains contractent des mariages exogames.Le taux de transmission du français y est de 14 p.cent avec une mère française, et deux fois Infographie La Presse moins avec un père francophone.Et pourtant, la brochure officielle de la Société franco-manitobaine affiche un généreux optimisme.« Aujourd'hui, plus qu'à aucune autre époque de leur histoire, les francophones peuvent s'épanouir en français au Manitoba.» l'ai demandé aux trois frères Boucher et à Armand Bédard de m'expliquer cet optimisme contredit par les statistiques.Voici leurs réponses: Armand Bédard, directeur de la Commission nationale des parents francophones \u2022 « Le taux de transmission de la langue et de la culture est faible, mettant en danger le bassin de clientèle requis pour le maintien de nos écoles.Mais en même temps, il existe ici une vitalité et une énergie qu'on ne retrouverait pas au Québec dans une communauté de 25 000 personnes parlant français.On n'a pas !e choix : si on veut du théâtre ou de la musi- 8ne.il faut les produire soi-même.>u en serons-nous dans 50 ans ?le ne sais pas, mais je sais qu'au recensement de 1911.on prédisait notre disparition dans 50 ans.» Alain Boucher, directeur du Centre culturel franco-manitobain \u2022 « Les chiffres sont epeurants mais ne disent pas tout.Nous sommes moins nombreux mais disposons de meilleurs outils, d'un réseau d'institutions qui redonne confiance.Les classes d'immersion, où l'on retrouve plus de 20 000 enfants, ajoutent à la clientèle de nos organismes, comme le Festival des voyageurs, qui est devenu une institution nationale.» Robert Boucher, réalisateur à la radio francophone \u2022 « On a vécu avec ces chiffres toute notre vie.On les a vus défiler mais en même temps notre fierté augmentait.Je n'ai pas peur, comme Gabrielle Roy, de traverser le pont Provencher pour affronter les vendeuses anglaises de Eaton.Quand on a besoin de l'anglais, on l'utilise, mais ça ne nous empêche pas de vivre en français.Pour nous le français n'est pas un fardeau qui nous écrase.Mes trois enfants, de quatre à 12 ans, sont fiers et audacieux.Mon petit gars insiste pour que l'on prononce bien son prénom CabreL Us sont parfaitement à l'aise dans les deux langues mais sont fiers de leur appartenance française.» Daniel Boucher, directeur de la Société franco-manitobaine \u2022« Une délégation de la Beauce, en visite cette semaine, a été surprise de voir comment on pouvait vivre en français à Saint-Boniface ou à Saint-Jean-Baptiste.Nous avons maintenant nos écoles, une vingtaine, avec 4300 élèves, et l'on sent un essor incroyable dans la communauté.On sent une grande ouverture partout, à la ville comme à la province, et l'on veut bâtir en s'entendant avec tout le monde, en sachant et en acceptant qu'on vit dans les deux langues.» Le tocsin des statistiques a beau resonner ; les frères Boucher sont branchés sur un autre tambour ! 125 ans de résistance francophone \u2022 1870 : fondation du Manitoba Tout a commencé avec le Métis Louis Riel \u2014 réfugié à Batoche en Saskatchewan en 1870 et pendu par les autorités canadiennes en 1885\u2014, qui revendiquait un territoire pour le peuple métis, issu de l'union des aventuriers français avec les Amérindiennes.Le Canada crée donc en 1870 une nouvelle province, avec la reconnaissance constitutionnelle de la dualité linguistique et culturelle du Manitoba.dont les quelque 12 000 habitants étaient alors majoritairement francophones.1890 : suppression du français L'immigration ontarienne et britannique chan- ge la donne démographique du Manitoba, qui fait de l'anglais la seule langue officielle de la province et interdit l'enseignement du français dans les écoles.1971 : Saint-Boniface fusionné à Winnipeg Siège épiscopal des catholiques de l'Ouest et métropole des Franco Manitobains.la ville de Saint-Boniface est fusionnée à la capitale Winnipeg, malgré un vote négatif des francophones au référendum de 1970.On promet alors de maintenir des services bilingues dans le nouveau quartier Saint-Boniface.1979 .rétablissement du statut du français Un jugement de la Cour suprême déclare in- constitutionnelle l'abrogation du français en 1890 et oblige la province à traduire l'ensemble des lois adoptées depuis cette date.Les Franco-Manitobains négocient un comoromis : traduction limitée aux lois les plus importantes contre plus de services en français, qui est refusé, et la province rétablit le statut du français comme langue officielle du Manitoba.1991 : une mosaïque multiethnique Le recensement de 1991 révèle que les anciens « peuples fondateurs » ont fait place à une mosaïque multiethnique.Parmi les principales ethnies d'origine on retrouvait 183 485 Britanniques, 93 995 Allemands, 74 340 Amérindiens, 74 285 Ukrainiens, 53 585 Français, 22 045 Philippins, 21 600 Polonais et 12 265 Juifs.1994 : une commission scolaire francophone Après deux recours aux tribunaux pour le respect ce la Charte canadienne de 1982, les Fran-co-Manitobains obtiennent en 1994 leur propre commission scolaire, qui gère une vingtaine d'écoles fréquentées par 4300 enfants dont au moins un parent est francophone.Demain : le fer de lance de l'offensive autochtone L'écu attendra le xxième siècle L'EXPRESS PHOTO Rf UTER Les ministres des Finances Théo weigel d'Allemagne (à gauche) ainsi que Pedro solbes d'Espagne et Kenneth Clarke de Grande-Bretagne (à droite) entourent Jacques santer, président de la Commission européenne avant de se prononcer sur la monnaie commune de l'Europe, hier, à Versailles.INTERNATIONAL TCHÉTCHÉNIE Bombardements sur les montagnes ¦ Les avions russes ont bombardé hier les montagnes de l'est de la Tchétchénie et les réfugiés continuaient à regagner les villes, alors que dans l'ouest les Russes parvenaient à faire tomber le petit village de Samachki, une des principales poches de résistance indépendantiste.Dans la matinée les avions ont bombardé dans la montagne, lâchant leurs bombes sur une route menant vers la république russe voisine du Daghestan, ainsi que sur les forêts et sur un camp de réfugiés à peu près évacué.Ces raids visent les bases que les combattants indépendantistes préparent dans les montagnes, d'où ils comptent mener leur guérilla contre les forces russes, api es avoir dû leur abandonner une à une pratiquement toutes les villes.Sur les routes descendant des villages, le défilé de camions et véhicules en tous genres qui avait débuté vendredi s'est poursuivi hier, par les deux couloirs ouverts par les Russes aux réfugiés désireux de rentrer.d'après AFP AFRIQUE DU SUD Boycott de l'inkatha ¦ Le mouvement zoulou Inkatha qui a annoncé hier qu'il suspendait sa participation aux discussions sur la nouvelle Constitution sud-africaine, pourrait également boycotter les élections locales prévues le 1er novembre, a annoncé l'un de ses responsables Frank Mdlalose.Le parti zoulou a posé un nouvel ultimatum au gouvernement, l'enjoignant de faire appel d'ici mercredi à une médiation internationale faute de quoi il quitterait définitivement les discussions constitutionnelles.L'inkatha réclame que l'ANC et le Parti national ( NP ), ses partenaires au sein du gouvernement d'unité nationale, respectent un accord conclu juste avant les élections d'avril 1994, prévoyant une médiation internationale sur le statut du royaume zoulou et les pouvoirs dévolus aux différentes provinces d'Afrique du Sud.L'inkatha veut un Etat fédéraliste alors que l'ANC est pour un pouvoir central fort.d'après AFP ISLANDE Le gouvernement menacé ¦ Les 195 000 électeurs islandais se rendaient aux urnes hier pour choisir pour quatre ans les 63 députés de l'Althing, le plus ancien parlement d'Europe, et devaient selon les sondages mettre fin à la coalition mixte droite-gauche au pouvoir depuis 1991.La participation est traditionnellement élevée à toute élection en Islande, avec un taux en moyenne de 85 p.cent.Répartis sur une dizaine de listes,, environ un millier de candidats dont un tiers de femmes briguent les suffrages des électeurs.Les derniers sondages laissaient prévoir une légère érosion du Parti de l'Indépendance ( conservateurs ) du premier ministre David Oddson, à 37 p.cent contre 38,6 en 1991, et un net recul des sociaux-démocrates, à 11,5 p.cent contre 15,5 lors du précédent scrutin.Ces deux partis sont associés depuis quatre ans dans une coalition droite-gauche, mais leur union pourrait voler en éclats après le scrutin.d'après AFP GRANDE-BRETAGNE Déconfiture tory ¦ Le premier ministre britannique John Major a estimé hier que la déroute électorale de son parti en Ecosse s'explique par la désunion dans les rangs conservateurs, le sentiment d'insécurité des Britanniques, et le contrecoup de mesures économiques rigoureuses.Le parti conservateur a subi jeudi une humiliante défaite en Ecosse, où il a été quasiment rayé de la carte politique.Le Labour y a enlevé la majorité absolue dans 20 des 29 conseils locaux, alors que les Tories n'ont pu obtenir le contrôle d'aucun conseil.Pour M.Major, la défaite est aussi due à la désunion au sein du parti tory, déchiré entre eurosceptiques et proeuropéens.« Notre débat interne occulte le fossé entre les partis » conservateur et travailliste, esiime le premier ministre.Dans un clair message aux rebelles eurosceptiques de l'aile droite du parti, il somme les conservateurs d\"arréter de parler de leurs divergences d'opinion au lieu de ce qui les unit ».d'après AFP ALLEMAGNE Travailleurs vietnamiens ¦ L'Allemagne et le Vietnam ont réglé « en principe » le problème des 40 000 travailleurs vietnamiens résidant illégalement en Allemagne, a affirmé hier à Hanoi le ministre allemand de l'Économie, Gunter Rexrodt.« Les deux parties vont réaliser rapidement les accords sur le rapatriement.Les discussions reprendront fin avril ou début mai », a-t-il dit.La visite du Dr Rexrodt est survenue au moment ou Bonn et Hanoi divergent, pour des raisons financières, sur la mise en oeuvre d'accords de rapatriement de quelque 40 000 travailleurs vietnamiens.«\u2022 d'après AFP Agence France-Presse VERSAILLES ¦ Les Européens ont peu de chance d'avoir leur monnaie unique en poche avant 2002 ou 2003.Les ministres des Finances des quinze pays de l'Union Européenne réunis hier à Versailles en conseil informel sont convenus qu'il faudrait au moins trois ans entre le lancement de l'Union économique et monétaire, vraisemblablement en 1999, et une large circulation des pièces et des billets.C'était la première fois qu'un conseil des ministres des Finances planchait sur le passage à la phase finale de l'Union économique et monétaire, prévue au plus tôt au 1er janvier 199/ ou au plus tard en 1999.Aucune décision n'a été prise sur la date.Ce conseil était une réunion informelle, destinée à tracer des orientations générales.Mais pour de nombreux ministres présents, 1997 est d'ores et déjà exclue» la plupart des pays n'étant pas en mesure de respecter les critères de convergence fixés par le traité de Maastricht pour l'entrée dans le club de la monnaie unique.« Le sentiment général est que le passage à la troisième phase de l'Union économique et monétaire en 1997 est pratiquement exclu », a expliqué le ministre espagnol des Finances Pedro Solbes.Le ministre français Edmond Al-phandéry était l'un des rares à considérer que 1997 était encore «c possible ».Plusieurs ministres ont par ailleurs réaffirmé la nécessité pour les pays qui veulent adopter la monnaie unique d'appliquer rigoureusement les critères qui concernent le niveau de déficits publics, d'endettement, d'inflation et de taux d'intérêts des pays concernés.Les Quinze se sont ralliés aux théories de la commission qui table sur une mise en place de la monnaie unique en plusieurs étapes.« Tout le monde est d'accord pour penser que tout ne se fera pas en un jour.Il y a un consensus pour aller vers un scénario où les cho- ses se passent progressivement », a observé le Belge Philippe Maystadt.Le premier pas sera la décision politique prise par un sommet européen de lancer la phase finale de la monnaie unique.S'écoulera ensuite une période d'au moins 6 mois avant l'introduction irrévocable de parités fixes entre toutes les monnaies et l'attribution des pleins pouvoirs à la Banque centrale européenne pour la conduite de la politique monétaire.Puis la nouvelle monnaie sera introduite dans les échanges entre banques.La dernière étape sera la mise en circulation des billets et pièces, dont la production prendra au moins trois ans.Si ce scénario obtient globalement l'approbation des Quinze, des nuances existent : ainsi le président de la Bundesbank Hans Tietmeyer a jugé nécessaire une période de 12 mois entre la décision politique et la mise en oeuvre sans fausse note par la banque centrale européenne des parités fixes.De même, les effigies des sept billets prévus ne font pas totalement l'unanimité.Les Britanniques « veulent garder le portrait de la Reine », a expliqué le chancelier de l'Échiquier Kenneth Clarke.Pour le commissaire européen chargé des questions monétaires Yves Thibault de Silguy, » les ministres ont très largement insisté pour que les bil- Agence France-Presse brUxëïUs ¦ La justice belge a opéré des perquisitions vendredi soir au domicile privé et à la résidence bruxelloise de Willy Claes, actuel secrétaire général de l'OTAN, dans le cadre de l'affaire des pots-de-vin d'Agusta, quelques heures seulement après avoir eu le « feu vert » de la Chambre des députés belges.C'est Willy Claes lui-même qui a indiqué cette nouvelle hier à la radio publique belge RTBF.Les enquêteurs ont consulté des dossiers, des agendas et des comptes bancaires au domicile privé de M.Claes à Hasselt ( nord-est ), sans rien emmener, rapporte la RTBF.Us avaient du attendre le retour du secrétaire général de l'OTAN, qui dirigeait un orchestre dans une localité voisine avant de pouvoir pénétrer dans la maison.Willy Claes a également autorisé les enquêteurs à perquisitionner à sa résidence bruxelloise.Les enquêteurs n'ont rien emmené.Auparavant, on avait appris de source judiciaire que la justice belge a également perquisitionné vendredi soir au domicile privé de Louis Tobback, président du parti socialiste flamand ( SP ) et au siège du SP.Selon des porte-parole du SP, les enquêteurs ont emmené des documents trouvés au domicile privé de Louis Tobback dans un sac en plastique, tandis qu'ils se sont contentés de consul- comme le / ochain « dragon » économique d'Asit, vantant la stabilisation de l'archipel et le réveil de la croissance, qui a bondi à 5 p.cent en 1994 après quatre années très médiocres.Le succès de l'opération d'Ipil\u2014 sans précédent depuis la destruction de la ville de lolo ( extrême-sud ) en 1974 des rebelles du MNLF \u2014 pourrait encourager Abu Sayyaf à étendre ses opérations à la capitale avec le soutien de terroristes étrangers, avec un effet autrement dévastateur sur l'image du pays, craint-on à Manille.M.Ramos a confirmé ces craintes en affirmant hier que les liens d'Abu Sayyaf avec « avec des groupes terroristes internationaux ont déjà été montrés », citant, sans autre précision, l'arrestation la semaine dernière à Manille de six hommes originaires du Moyen-Orient soupçonnes par le*, autorités philippines d'être des terroristes et chez lesquels des armes et des explosifs ont été saisis Selon la police, ces hommes seraient liés à Ramzi Ahmed Yousef.l'un des auteurs présumes de l'attentat du World Trade Centre à New York en 1993, arrêté en février au iets soient le plus possible semblables entre les pays même s'ils comportent une petite zone d'identification nationale ».Pour les pièces, les ministres ont globalement donné leur approbation aux propositions des experts : il y aurait 8 pièces différentes, allant de 0,01 écu à 2 écus.Quant au métal utilisé, qui cause quelques petites frictions entre les pays \u2014 chacun souhaitant imposer sa technique de fabrication \u2014, il fera l'objet de nouvelles études des directeurs des monnaies.Le nom de la monnaie continuera a faire l'objet d'un vaste débat : l'écu ne fait toujours pas l'unanimité.ter des documents politiques appartenant à M.Tobback au siège du §P sans rien emporter.La Chambre des députés belges avait autorisé officiellement vendredi après-midi la justice belge a interroger Willy Claes.ministre des Affaires économiques lors de l'affaire des pots-de-vin versés en 1989 par la firme italienne Agusta au parti socialiste flamand ( SP ), ainsi que deux anciens ministres Louis Tobback, ministre de l'Intérieur a I époque des faits et Guy Coeme, ancien ministre de la Défense.Roberto d'AUesandro, ancien PDG d'Agusta a avoué, lors d'une audition avec la justice belge en juillet 1994, que la firme italienne a versé des pots-de-vin \u2014 1,6 million de dollars \u2014 pour obtenir le contrat aux dépens du groupe français Aérospatiale et du groupe allemand « MBB ».Un autre dirigeant d'Agusta, cité par le procureur, a affirmé qu'on savait que les pots\u2014de\u2014vin devaient parvenir à un cercle politique.Les ministères de la Défense et des Affaires économiques ont eu une importance égale.Il était inévitable pour vaincre la concurrence de payer des pots-de-vin ».Willy Claes a clamé son innocence depuis le début de l'affaire à la mi-février.Il a plusieurs fois souligné qu'il ne voulait pas démissionner de son poste de secrétaire général de l'OTAN et bénéficie d'ailleurs toujours du soutien des 16 pays-membres de l'Alliance.Pakistan après avoir échappé à la police à Manille en janvier.Sur la foi de documents saisis dans l'appartement qui lui servait de cache, les autorités affirment qu'il préparait un attentat contre le pape lors de sa visite en janvier à Manille, ainsi que des attaques contre les ambassades d'Israël et des États-Unis.De mêmes sources, on affirme que Yousef et ses complices étrangers agissaient en coordination avec un groupe musulman philippin non identifié.Une vingtaine de ses membres auraient subi les semaines précédentes un entraînement sur une plage isolée de la région de Batangas, au sud de Manille.Dirigé par un jeune prêcheur formé en Libye, Abubakar (anjalani.Abu Sayyaf prône l'instauration d'un Étal islamique à Mindanao.où est concentrée la minorité musulmane philippine ( 8 p.cent de la population, a 80 p.cent catholique ).La OUr jorite de la population de cette province, et sa couche la plus prospère, est aujourd'hui formée de descendants de colons chrétiens.La police perquisitionne a la résidence de Willy Claes Sur la piste des pots-de-vin d'Agusta PHOTO REUTER Le secrétaire de l'OTAN.Willy Claes de 1*Agence France-Presse MANILLE ¦ Six ans après la dernière tentative de coup d'Etat militaire, en 1989, dans le tumulte de l'après-Marcos, la multiplication des actes de terrorisme musulman ces derniers mois, puis le carnage d'Ipil, ont replongé les Philippines dans les heures noires du pays et pourraient menacer les efforts du président Fidel Ramos pour attirer les investisseurs étrangers.« Nous ne pouvons pas laisser le crime, la corruption, le terrorisme et la violence politique faire obstacle à la réalisation de notre potentiel en tant que nation moderne », a affirmé M.Ramos hier, en citant la mise à sac d'Ipil ( 740 kilomètres au sud de Manille), mardi dernier, par des « terroristes d'Abu Sayyaf ».L'audace avec laquelle quelque 200 guérilleros du groupe fondamentaliste ont pu s'emparer de cette ville a majorité chrétienne quatre heures durant, massacrer 50 personnes, piller et incendier le centre-ville, est venu rappeler que le Sud reste une poudrière bien mal contrôlée par l'ar- ?REPÈRES ?Philippines La montée du terrorisme musulman mée, où les groupes radicaux musulmans disposent de sanctuaires et d'une large liberté d'action.Surtout, la crainte qu'Abu Sayyaf bénéficie de soutiens étrangers et étende ses opérations au reste du pays, préoccupe vivement les autorités.Le réveil est brutal pour M.Ramos, qui citait volontiers en exemple de la stabilité retrouvée les négociations de paix menées depuis 1992 avec le principal mouvement musulman, le Front Moro de libération nationale ( MNLF ), en fort déclin après une rébellion indépendantiste avortée dans les années 1970.L'émergence d'Abu Sayyaf, qui est un peu au MNLF ce que le Hamas est à l'Organisation de libération de la Palestine ( OLP ), a été marquée depuis trois ans par une multiplication d'enlèvements et d'attentats antichrétiens meurtriers dans le Sud.Mais elle apparaissait aux autorites comme une difficulté locale circonscrite à la lointaine région de Mindanao.Depuis son arrivée au pouvoir, M.Ramos a multiplie les voyages à l'étranger pour promouvoir son pays A8 LA PRESSE.MONTRÉAL.DIMANCHE 9 AVRIL 1995 L ' A'R C H E Dt NOE LES FRANÇAIS MENACENT LES ESCARGOTS ¦ Le gouvernement polonais a décidé de limiter sévèrement la chasse aux escargots, menacés de disparition en raison de leurs exportations massives vers la France, a indiqué le ministère de l'Environnement.Une décision ministérielle entrée en vigueur le 1er avril limite la cueillette des escargots au seul mois de mai et aux spécimens dont la coquille a un diamètre supérieur à 30 mm.En outre, elle ne sera autorisée que dans des zones explicitement indiquées par les voivodes ( préfets ), a indiqué Mme Krystyna Panek, porte-parole du ministère.Jusqu'à présent, la Pologne exportait vers la France entre deux et trois cents tonnes d'escargots par an.Les Polonais, pour leur part, n'en consomment pas, et on ne trouve sur le marché que de rares escargots en boîte importés de France.Agence France-Presse EGYPTE : NON AUX SINGES ¦ Les autorités de l'aéroport du Caire ont renforcé ces derniers jours les contrôles pour empêcher l'entrée de singes en Egypte afin d'éviter la propagation du sida.Les autorités ont décidé d'interdire l'entrée des singes, y compris avec les^voyageurs en transit à l'aéroport du Caire.Les directeurs des bureaux d'ËgyptAir et des autres compagnies aériennes desservant l'Afrique ont été priés d'interdire à tous les passagers, accompagnés de singes, de monter à bord des avions se rendant au Caire.Deux singes avaient été abattus à leur arrivée le 29 mars à l'aéroport du Caire en provenance de New York parce qu'ils étaient porteurs du sida.photo pc Doux printemps Le bonheur des uns fait le malheur de autres, semble se dire Rosle, la chienne samoyède, qui ne peut pas se débarrasser facilement de son épais pelage comme nous de nos manteaux d'hiver pour profiter des premières manifestations du printemps.¦ TRAFIQUANTS D'OS DE TIGRE ARRÊTÉS ¦ Quatorze trafiquants chinois d'os et de peaux de tigre ont été arrêtés le mois dernier dans la province du Liaoning.Les trafiquants, originaires de la province voisine du Heilongjiang, étaient en possesion de 119 os et d'une peau de 3,45 mètres de long appartenant à un tigre de Sibérie tué en Russie et transporté clandestinement en Chine.Les os de tigre sont très largement utilisés dans la médecine traditionnelle de nombreux pays d'Asie, dont la Chine.Les défenseurs des espèces animales en danger estiment qu'il ne reste que 5 000 tigres en Asie.DRAME CHEZ LES RHINO ¦ Une lutte sans merci oppose deux rhinocéros mâles, fous d'amour pour la même femelle dans le parc kenyan de Nakuru, depuis le décès de janet, la rhinocéros blanche amenée l'année dernière d'Afrique du Sud avec neuf de ses congénères.La mort de Janet à la suite d'une pneumonie le mois dernier a déséquilibré le groupe, qui ne compte plus que quatre femelles pour cinq mâles et provoqué un veuvage, source de conflit, a expliqué au quotidien Nation Alfred Mayoli, gardien en chef du parc du Lac Nakuru.Des deux mâles qui tentent de gagner les faveurs de la même femelle, l'un est vieux et maladroit, tandis que l'autre est jeune et vigoureux.Le vieux tente de chasser son rival, mais la femelle semble préférer le jeune, avec lequel elle s'offre de fréquentes escapades.Agence France' Presse DES THERMO.PIES ?¦ Des scientifiques britanniques estiment avoir peut-être trouvé le premier signe authentique d'un réchauffement de la terre dans l'évolution du comportement des pies depuis 30 ans.Les pies font leurs nids deux semaines plus tôt environ que dans les années 60, tout en ayant des portées plus importantes : elles ont en moyenne presque un oisillon de plus par portée depuis 1974, selon les études de la Fondation britannique d'ornithologie.Le succès de la pie va infliger un revers aux sceptiques (.) qui ont suggéré que quelcies degrés de réchauffement ne causeraient pas grande différence pour l'homme ou la : aire.La rondation a ofcservS iet> mêmes tendances chez 10 autres variétés d'oiseaux qui, depuis 1962 ou 1963, ont progressivement commencé à nicher plus tôt.La taille des portées s'est surtout accrue chez les rapaces et les insectivores.Seules quatre espèces ont tendance à avoir moins d'oisillons : corbeau, vanneau, pouillot véloce et huitrier.Agence France-Presse I Qui aime bien châtie bien ! 2 é Dr FRANÇOIS LUBRINA collaboration spéciale Indigence de certains résultats scolaires, violence meurtrière chez les 'jeunes adolescents ( et sans remords apparent à Beaconsfield ), discipline tournée en ridicule, faillite de l'autorité parentale.Bref, après 25 ans de laisser-aller éducatif, cette « apparence » de chienlit pédagogique ferait partie, selon certains éducateurs permissifs, prompts à se disculper et disciples de Rousseau, d'un juste et légitime retour aux lois naturelles.Une simple période d'ajustement.Pourtant la nature, fût-elle sauvage, a elle aussi ses règles strictes.Quant aux bêtes, elles appliquent leurs propres lois, possèdent leur système d'éducation avec toute une gradation subtile tant pour les punitions que les récompenses.Égoïstes Chez les animaux, les punitions ont pour objet, en matière de formation des jeunes, d'asseoir l'autorité parentale ou des leaders, d'éduquer les petits, de décourager les parasites et les paresseux, mais aussi d'accroître la cohésion du groupe.Deux chercheurs britanniques, Clitton-Brock et Parker, des universités de Cambridge et Liverpool respectivement, viennent, dans une toute récente étude, d'en faire la brillante démonstration.Selon eux, les animaux ne sont pas dépourvus de tout sens moral.Chez les macaques rhésus par exemple, gifles et réprimandes sont administrées sans ménagement par le chef de bande aux plus égoïstes : par exemple à ceux qui ne partagent pas spontanément avec les copains les petites douceurs qu'ils récoltent dans la forêt et cachent subrepticement dans leurs abajoues.Ces condamnations publiques servent en outre à démontrer aux autres membres du groupe que le chacun pour soi et le Bon Dieu pour tous n'est pas un principe chrétien acceptable et charitable chez des animaux.Dans le monde animal, on ne prise V V Y \u2022/ Chez les grizzlis, maman ours, bien que très attachée à sa progéniture, sait se faire respecter en administrant, si besoin est, à son rejeton une bonne paire de baffes.( Photo extraite de Au pays des grizzlis, par Michio Hoshino aux éditions Nord-Sud ).guère les petits resquilleurs et autres pique-assiette : ainsi les jeunes éléphants de mer trop gourmands qui s'aventurent à chiper le lait des autres femelles sont violemment battus.Mis à mort parfois.Même chose en matière territoriale et respect des frontières naturelles : les léopards qui immigrent illégalement pour chasser sur les terres des chacals se font durement rabrouer.Puis éconduire jusqu'à la frontière sans ménagement ni autre forme de procès.Rancune En matière d'éducation des petits, de nombreux châtiments corporels sont prévus ( « Spare the rope, spoil the child » disent, ou plutôt disaient, les Anglais ) : ainsi, les mères griffent ou battent leurs rejetons trop gourmands au moment de la tétée.Chez les félins, les punitions iront crescendo selon l'âge et la gravité de la faute.Ainsi, jusqu'à trois mois, les tout-petits ont pratiquement tous les droits.Les mamans font alors montre d'une bonne dose de compréhension et d'une grande patience.Mais déjà la minette, le lionceau ou le tigron de cinq mois recevra de légères punitions : petits coups de patte ou de tète.Plus tard encore, lorsque le jeune félin ambitionnera sans ménagement aucun de piquer à sa propre mère la part dite « du lion », celle-ci, et pour le principe, fera au moins mine de lui résister.Au moment de la crise d'adolescence ou de l'âge adulte, les altercations entre mère et fils peuvent devenir très violentes.Mais jamais mortelles.Par contre, lorsque la tension est retombée et l'incident clos, le jeune félin fera, sans ressentiment aucun, la paix avec maman.Avec celle qui lui a donné la vie, enseigné le respect de l'autorité et appris les moyens de se défendre.Selon nos deux chercheurs britanniques ( à qui un certain anthropomorphisme ne semble pas faire peur ), les animaux ont au moins deux qualités « morales » qui devraient nous inspirer : ils ignorent l'injustice et ne cultivent pas la rancune.De plus, les punitions sont toujours proportionnelles à la faute et aux nuisances occasionnées.De cette manière, la leçon sera, en règle générale, bien comprise.Et les récidives assez rares.Écologie et environnement.Quand le brochet s'en va aux champs, c'est pour y frayer DANIEL CACNON collaboration spéciale Le grand brochet est un véritable poisson d'avril.C'est dans le mois d'avril, dès la crue printanière, que les femelles et les mâles quittent les grands cours d'eau comme le Saint-Laurent, l'Outaouais et le Richelieu pour aller se reproduire dans les champs ! Cette période varie d'une année à l'autre selon la température.Cette année, le frai du grand brochet est probablement déjà commencée parce que nous avons eu un hiver doux et un printemps hâtif.L'image saugrenue d'un grand brochet nageant dans un champ inondé est gravée dans ma mémoire, je l'avais vu dans le fossé sur le bord d'une route, en avril, alors que la fonte des neiges avait gonflé le niveau des eaux.Il est étonnant de voir un si gros poisson hors d'une rivière.Au moment de la crue, les grands brochets en profitent pour utiliser les fossés routiers, les caniveaux et les fossés de drainage des champs pour pénétrer dans les champs en friche, inondés temporairement.C'est là qu'ils effectuent leur frai, parmi les vieilles tiges de verges d'or, de graminées et de saules, dans moins de 60 cm d'eau.Les grands brochets utilisent également des milieux naturels inondés pour pondre.Le frai débute lorsque la température de l'eau dépasse 5 °C.L'eau de la crue printanière, qui déborde des rivières et du fleuve, se réchauffe beaucoup plus vite lorsqu'elle se répand ainsi dans les champs, formant une vaste nappe d'eau peu profonde.Le pic du frai a lieu lorsque la température de l'eau se situe entre 7 et 10 °C.Les femelles, moins abondantes que les mâles mais plus grosses, peuvent pondre en moyenne entre 14 000 et 25 000 oeufs.Les oeufs pondus au champ parmi les plantes éclo-sent 11 à 15 jours plus tard.Seulement 20 à 50 % des oeufs produiront des petites larves de 9 mm, moins longues que la largeur de l'ongle de vntw» rw»tit t\\r\\\\ et ajoutent à la puissance propulsive de la queue.La tète est énorme, comptant pour 25 à 30 % de la lon-geur du corps.Le museau allongé et en forme de spatule du grand brochet lui procure une grande gueule bardée de longues dents pointues comme des aiguilles.Ces dents peuvent s'incliner vers l'arrière, mais pas vers l'avant.Ainsi il n'y a aucune résistance offerte par les dents lorsqu'une proie entre dans la bouche.Ressortir est impossible, puisque les dents agissent comme des crochets.Le grand brochet chasse à l'embuscade.Il se dissimule dans une touffe de plantes aquatiques, parmi les branches ou sous le tronc d'un arbre mort tombé à l'eau.Immobile, il peut attendre pendant des heures qu'une proie passe à sa portée.Avec une rapidité incroyable, il se détend comme un ressort et happe sa proie.11 retourne tout aussi rapidement à sa cachette pour l'avaler tête première.Dans le lac des castors de la forêt laurentien-ne du Biodôme, on peut voir plusieurs grands brochets immobiles à leurs stations respectives, alors que tous les autres poissons nagent dans le bassin.La coloration olive grisâtre des taches du corps du grand brochet lui fournit un camouflage parfait.Il est invisible parmi les plantes aquatiques sur le bord des rivières et des lacs, son habitat favori.Le grand brochet peut commencer à se reproduire dès l'âge de 2 ans.La majorité des géniteurs \u2014 individus reproducteurs\u2014 dans les frayères du sud du Québec ont d'ailleurs entre 2 et 5 ans.Toutefois, le plus vieux brochet capturé avait 24 ans.Ces vieux individus sont aussi les plus gros, pouvant atteindre une longueur de 1,3 m et un poids de 20 kg.Le frai du grand brochet est un événement prin-tanier tout aussi typique que l'arrivée des premiers oiseaux.Il est synchronisé avec les inondations printanières de nos berges, avec lesquelles le succès de la reproduction du grand brochet est étroitement rattaché.Daniel Gagnon est directeur de la Recherche au Biodôme de Montréal et professeur à l'UQAM.* * * Quelle espèce de brochet est la plus grosse ?Répondez à la question ci-haut et gagnez une paire de billets pour visiter le Biodôme et le Planétarium.Deux bonnes réponses seront choisies au hasard chaque vendredi.Adressez vos réponses à : Chronique écologie et environnement, Biodôme de Montréal, 4777, Ave Pierre-de-Coubertin, Montréal, Québec, HIV 1B3.* ?Le réponse à la question de la semaine dernière est : « 1000 plants ».T T "]
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