La presse, 27 septembre 1995, B. Politique
[" CAHIER 1«« Pm'hsi Montréal.mercredi 27 septembre 1995 Éditorial Opinions mÊm I Mi M M ¦¦¦¦¦¦ \u2022 ¦M L'EXPRESS > POLITIQUE MANNING ÉCRIT AUX QUÉBÉCOIS ¦ Promettant un fédéralisme renouvelé imprégné de la vision réformiste, le chef du Parti réformiste, Preston Manning, a fait parvenir une lettre ouverte aux Québécois dans laquelle il souligne que son parti respectera le verdict référendaire.M.Manning a jugé bon de s'adresser aux Québécois pour leur dire qu'il était « inutile de partir » et que le lendemain d'une victoire du NON annonçait des jours meilleurs.« Si les Québécois disent OUI à la séparation, nous respecterons leur décision, écrit le chef réformiste.Mais un OUI signifiera la fin de l'union économique et politique du Québec avec le Canada.Un OUI ne donnera pas naissance à un partenariat renouvelé et meilleur avec le Canada », poursuit-il sans ambages.Selon M.Manning, un OUI ouvre la porte à de graves incertitudes, que ce soit au sujet des frontières, du sort des minorités linguistiques ou de la répartition de la dette.Selon lui, le NON est prometteur car il « peut mener à un nouveau type d'union économique et politique au sein du Canada.» Le chef réformiste promet un fédéralisme décentralisé qui fera une plus grande place aux provinces dans les domaines de la langue et de la culture, de la prestation des services sociaux, de la santé et de l'éducation et des ressources naturelles.D'après PC HAUSSE DE LA PENSION DE VIEILLESSE ¦ Les bénéficiaires de la pension de la sécurité de la vieillesse verront leur chèque mensuel grimper de 392,41 à 394,76 $ au cours du trimestre d'octobre à décembre, a annoncé hier le ministre des Ressources humaines, Lloyd Axworthy.Cette augmentation de 2,35 S a été établie en vertu de la hausse de l'indice des prix à la consommation.D'après PC PLAINTE DES MÉDECINS POUR LE OUI ¦ Le président des Médecins pour le OUI, le Dr Jacques Papillon a dénoncé en termes virulents le favoritisme dont, à son avis, les hôpitaux anglophones du centre-ville de Montréal étaient l'objet dans une lettre envoyée en janvier au vice-premier ministre, Bernard Landry.Le Dr Papillon se plaint notamment de l'inaction du gouvernement du Parti québécois, qui considérait à l'époque la possibilité d'accorder d'importantes subventions à un consortium d'hôpitaux anglophones qui voulaient réaliser un méga-hôpital dans le centre-ville.Le médecin dit avoir expliqué à plusieurs représentants du gouvernement le « déséquilibre croissant » entre les subventions accordées aux hôpitaux affiliés à l'Université Me Gill et à ceux associés à l'Université de Montréal.D'après PC BARIL ET LES JEUNES ¦ Même s'il a admis franchement que les jeunes éprouvent énormément de difficulté à se passionner pour le débat en cours, le député Gilles Baril, responsable du dossier jeunesse auprès du chef du gouvernement, n'en demeure pas moins convaincu que les 18-30 ans rejettent clairement le statu quo constitutionnel.À l'issue d'une tournée dans toutes les régions du Québec, l'attaché jeunesse de M.Parizeau a soutenu, au cours d'une conférence de presse, hier, que « le trou noir de l'exclusion pour des dizaines de milliers de jeunes est inacceptable dans une société qui se dit riche.« Les jeunes que j'ai rencontrés, a-t-il dit, m'ont exprimé clairement que le statu quo constitutionnel, économique et social leur est nuisible.» D'après PC UNE PUB « TROMPEUSE » ¦ Le camp du NON juge « trompeuse » la publicité des souverainistes qui prétendent que le sort de la langue française serait menacé si le NON .l'emporte au référendum.« On cherche à raviver les tensions linguistiques au moment où les Québécois ont fait la paix linguistique », a déclaré hier la député libérale de Marguerite-Bourgeoys, Liza Frulla, en conférence de presse.Mme Frulla a assimilé cette publicité souverainiste à « une campagne de peur » alors que les gens du OUI « jouent avec des concepts délicats ».La page de publicité publiée hier dans tous les quotidiens du Québec fait état qu'avec un NON, les Québécois « seront comdamnés à assister, impuissants, au déclin du français à Montréal ».Autres informations, B4 à B7 L'assurance-chômage encore sous le couperet Un document « secret » fait état d'une réorganisation et de nouvelles compressions CELLES GAUTHIER du bureau de La Prene OTTAWA Le gouvernement Chrétien excluera des programmes fédéraux de formation les femmes qui retournent sur le marché du travail, les personnes qui sont à la recherche d'un premier emploi et les immigrants récemment arrivés.Par ailleurs, les chômeurs qui veulent accroître leurs compétences recevront dorénavant des prêts plutôt que des allocations.C'est ce que révèle un document portant le mot « secret » rendu public hier par le député néo-démocrate Bill Blaikie.La page couverture indique qu'il a été présenté le mois dernier par le ministre du Développement des re-sources humaines, Lloyd Axworthy, au comité ministériel chargé de réduire les dépenses et de réorganiser les activités gouvernementales.Le gouvernement fédéral laissera les provinces former les assistés sociaux dont il s'occupait jusqu'à maintenant, soit quelque 15 p.cent du total.Il cessera ses « achats » auprès des provinces de cours de formation dans les institutions d'enseignement.Ces changements s'inscrivent dans la réforme en profondeur de l'assurance-chômage ( qui deviendra l'assurance* emploi ) que le gouvernement Chrétien rendra publique après le référendum.Ils s'ajoutent aux nouvelles compressions dans ce programme qui devraient également être annoncées au cours de l'automne.La définition de la clientèle dont s'occupera le gouvernement fédéral sera restreinte et ne comprendra plus que ceux qui reçoivent des prestations d'assurance-chômage ou ceux qui n'ont pas d'emploi et qui ont reçu des prestations au cours des trois dernières années.Les provinces qui le voudront pourront administrer le nouveau programme fédéral à la conditions qu'elles se plient aux normes nationales et rendent compte des résultats obtenus.À l'endroit du Québec, M.Axworthy recommande d'adopter une « position » qui soit « défendable dans le contexte référendaire » même si elle est inacceptable aux yeux du gouvernement du PQ.Il admet que certains éléments de la réforme « créeront des problèmes évidents pour les provinces », qui verront leurs coûts augmenter.La définition plus étroite de la clientèle fédérale, ex-plique-t-il, obligera bon nombre de personnes à recourir à des programmes provinciaux.La fin des « achats » de cours de formation et de programmes d'apprentissage aura les mêmes effets.Il veut par ailleurs que chaque « client » n'ait qu'un seul dossier dans lequel seront enregistrés l'aide qui lui sera apportée par Ottawa, le gouvernement provincial et les organismes locaux, ainsi que les résultats obtenus.Les programmes actuels d'aide à l'emploi, au nombre de 39, seront remplacés par cinq « outils » visant, espère-t-on, à remettre les gens au travail au moindre coût possible.Disparaîtront donc les prestations de formation ( 970 millions ), les prestations de création d'emploi ( 144 millions ), l'aide au travail indépendant ( 179 millions ), l'aide à la formation « à des fins productives », soit les frais de cours, allocations supplémentaires, aide à la mobilité de la main d'oeuvre, à l'activité indépendante et au réemploi, qui coûtent 585 millions.Ils seront progressivement abolis et auront à toutes fins pratiques disparu à la fin de l'année financière 1996-97, pendant que les nouvelles me- Le ministre des Finances du Canada, l'Association des MBA du Québec PHOTO REUTER .Paul Martin, a eu droit à une ovation hier, à l'Issue de son allocution devant L'union économique Canada-Québec ne se fera pas, prévient Martin M W union économique entre un Qué-bec souverain et le reste du Canada ne se fera pas, a averti hier le ministre canadien des Finances, Paul Martin, dans un des discours les plus durs à avoir été prononcés jusqu'à présent sur l'attitude d'Ottawa dans l'après référendum.Déjà intraitable sur l'union économique, M.Martin a en outre prédit au Québec plusieurs années de négociations ardues avant de pouvoir adhérer à l'ALENA et à l'Organisation mondiale du commerce, l'ancien GATT.Ces adhésions présentées comme quasi-automatiques et l'offre de partenariat contenue dans la question référendaire sont « deux prétentions dangereusement et fatalement viciées.Et sans leur réalisation, la thèse séparatiste s'effondre comme un château de cartes », a soutenu M.Martin.Prenant la parole devant l'Association des MBA du Québec, le ministre des Finances a affirmé que « la séparation, c'est la séparation.Cela signifie purement et simplement la destruction certaine de l'union économique et politique avec le Canada.Les séparatistes prétendent que l'union économique est inévitable, qu'elle est dans l'intérêt objectif du Canada.Ils ont tort ».Même si le Canada voulait négocier le même genre d'union économique qui existe aujourd'hui il ne le pourrait pas, car cela mettrait alors en péril ses ententes commerciales avec les autres pays, a poursuivi le ministre.Un exemple : si le Canada offre aux institutions financières d'un Québec souverain les droits et privilèges d'une union économique, il est tenu selon les termes de l'Accord de libre-échange nord-américain de les offrir aussi aux États-Unis et au Mexique.Et Ottawa ne veut pas donner carte blanche aux grandes banques américaines pour s'implanter ici.« Dès le début des négociations Canada-Québec, le géant américain fera partie de l'équation, soutient Paul Martin.Voilà bien le noeud du problème qui dépasse largement le secteur des banques.Les États-Unis saisiraient cette occasion inespérée pour renégocier nombre de protections essentielles que le Canada a obtenues à l'arraché pour lui comme pour le Québec.Pour aucune raison au monde le gouvernement canadien ne s'exposerait à de tels dangers.» Quand et à quel prix ?Du même souffle, le ministre pourfend « la couleur rose-bonbon des thèses séparatistes » voulant que le Que-bec puisse adhérer quasiment automatiquement à l'ALENA.À son dire, cette adhésion ne serait ni automatique, ni facile, ni rapide.Pire encore, elle pourrait être fort coûteuse.Le Québec devrait tout d'abord prendre sa place au sein de l'Organisation mondiale du commerce, qui a remplacé le GATT le premier janvier dernier.Pour y parvenir, il faudra plusieurs années de négociations intensives, croit le ministre canadien.Selon lui, « le Québec serait obligé de négocier des ententes séparées avec des douzaines de pays membres de l'OMC.Pas seulement avec des pays en développement, mais avec le G 7, com- me les États-Unis, le Japon, les Européens.et le Canada.Les conditions posées par ces pays risquent d'être substantielles ».Le ministre ne prétend pas qu'un Québec autonome ne deviendra jamais membre de l'OMC et de l'ALENA.La question, c'est le temps, les délais, l'incertitude que la souveraineté engendrerait selon lui.Une souveraineté qui ne protégerait pas davantage le français des pressions américaines, dit-il, rappelant l'actuel affrontement entre la France et les États-Unis sur la protection des industries culturelles.L'homme d'affaires devenu politicien se défend de tenir des propos revanchards, de laisser l'émotion le guider.Le Québec ne sera pas le seul à subir les coûts de la séparation, tempè-re-t-il.Tous les Canadiens en assumeront une part, tous y perdront au change.Le peuple en veut Le ministre a refusé de rencontrer les médias pour donner des précisions sur ce discours qui a suscité de vives réactions.Ainsi il parlait encore au Reine Élizabeth que, quelques coins de rues plus loin, le premier ministre Parizeau assurait que si Paul Martin ne veut pas d'une union économique avec un Québec souverain, la pression populaire lui forcera la main.« Il va bien falloir que ces gens-là consultent leur public.On sait qu'une majorité substantielle des autres provinces en veulent, et qu'une majorité de l'opinion publique québécoise en veut.Les deux peuples en veulent ( de l'union économique ) », a soutenu M.Parizeau.sures de « ré-emploi » seront graduellement mises en place pendant la même année.En 1998-99, un milliard sera ainsi consacré aux prêts et allocations de formation.Le document précise que les prêts, accordés selon les besoins, seront consentis pour défrayer les coûts de la formation ( frais de scolarité, livres ) et les coûts de subsistance.Le gouvernement versera une subvention pour rembourser les frais d'intérêts pendant la durées des études.Des allocations non remboursables seront versées à ceux qui ne peuvent rembourser les prêts à cause de leurs perspectives d'emploi après leur formation.Les autres mesures consisteront à aider les personnes à créer leur propre emploi ( 325 millions ) ; à verser à un employeur, à un groupe communautaire, à un organisme public, à l'individu, etc.une partie du salaire d'une personne qui peut difficilement se trouver du travail ( 200 millions ) ; à verser un supplément de revenu qui incitera par exemple les travailleurs saisonniers à occuper les emplois disponibles ( 250 millions ) ; enfin, 500 millions seront consacrés à des projets locaux visant à améliorer les infrastructures, les services, les installations, etc.« Martin mine sa crédibilité », soutient Landry du bureau de La Presse QUÉBEC ouverain, le Québec aura à renégocier sa participation à l'Accord de libre-échange, a admis hier le ministre des Affaires internationales, Bernard Landry, qui prévoit toutefois que des «changements mineurs» seulement satisferont les États-Unis et le Canada anglais.« Il faut resigner le traité, personne n'a jamais nié cela, ne serait-ce que pour changer le chiffre trois par quatre », lance M.Landry.Outre le Québec, les États-Unis, le Canada et le Mexique seraient membre du nouvel ALENA.Pendant des semaines, M.Landry a 'soutenu que le Québec pourrait profiter des accords internationaux dont fait partie le Canada à cause de la « règle de succession d'États », une thèse que contestait sérieusement le spécialiste Ivan Bernier, la semaine dernière, dans une étude commandée par Québec à l'INRS.Hier, le ministre Landry avait convoqué la presse pour attaquer la sortie faite en matinée par le ministre fédéral des Finances, Paul Martin.Pour M.Landry, « le ministre Martin mine sa crédibilité » auprès des spécialistes et à l'étranger par sa sortie d'hier.On s'explique mal pourquoi une réouverture du traité de libre-échange serait un drame quand on se rappelle que lean Chrétien en avait fait un engagement du PLC en 1993, souligne Bernard Landry.Dire que Québec perdrait tout contrôle sur la po-1 i t i q u e monétaire fera sourire les spécialistes européens pour qui l'indépendance d'une banque centrale des pouvoirs politiques est absolument essentielle.Mais surtout, contrairement à ce que soutient Paul Martin, une renégociation de l'ALENA avec les trois autres partenaires du Québec ne serait « ni longue ni difficile », croit M.Landry.Quand Ottawa signale qu'une trentaine de pays font la queue pour accéder à l'accord sur le commerce international \u2014 l'ancien GATT \u2014 il oublie de dire qu'il s'agit de pays de l'Est, des morceaux de l'ancienne URSS notamment, qui, à la différence du Québec, n'ont pas une économie de marché.Pour M.Landry, un OUI le 30 octobre ne bouleverserait pas les pratiques commerciales.Le statu quo s'appliquerait tant qu'un autre traité ne serait pas signé.Même avec une renégociation des traités, les politiques préférentielles d'achat, à Hydro-Québec par exemple, n'auraient pas à être éliminées, soutient-il.Les Américains ont leur « Buy America Act » et tous les barrages au sud du 45* parallèle sont réalisés par le US Corps of Engineers.Plus ces barrières disparaîtront rapidement, mieux tout le monde s'en trouvera, dit M.Landry, « mais ce n'est pas parce qu'on adhère à un traité international qu'on est obligé, le lendemain, de faire disparaître tout genre de barrière », a-t-il dit.Bernard Landry SONT ï FABRICVILLE TIENT TETE A LA CONCURRENCE ! Le jour: le samedi 30 septembre 5 L'endroit: dans le journal La Presse î LA CIRCULAIRE MONTRE BIEN OUI EST EN TETE OE LA MODE ! il B2 LA PRESSE.MONTRÉAL MERCREDI 27 SEPTEMBRE 1995 ÉDITORIAL Paul Desmarais Roger D.Landry président du conseil président d'administration et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Nous sommes tous des Québécois Le pdg de la standard Life.M.Claude Garcia, a suscité un réel malaise, dimanche, lors d'une assemblée partisane du camp du NON, en affirmant, dans un élan enflammé, qu'il fallait écraser les souverainistes.C'était une chose à ne pas dire.Fondamentalement, cet incident n'est rien d'autre qu'un fait divers politique monté en épingle.M.Garcia n'est pas un élu.Il n'est pas un leader du camp du NON et le chef Daniel Johnson s'est dissocié de ses propos.Et il serait en outre déraisonnable de voir autre chose dans sa sortie qu'une preuve de plus de l'Incapacité chronique des représentants du monde des affaires de se plier aux codes et aux exigences du débat politique.Mais la gaffe de M.Garcia aura au moins l'utilité de donner à toute la classe politique une leçon qui restera pertinente pendant toute la campagne référendaire, il y a une limite à ne jamais franchir dans le débat politique; cette limite, c'est le manque de respect envers les citoyens et leur démarche.Le vrai malaise suscité par la sortie du financier ne tient sans doute pas au fait qu'il ait voulu écraser ses adversaires.Nous savons très bien que tous les militants politiques souhaitent faire mordre la poussière à leurs vis-à-vis, même s'ils ont d'habitude la décence de pas exprimer à voix haute leurs pulsions guerrières.Ce qui ne passe pas, c'est que ce désir de vaincre ait visé non pas des leaders politiques ou un gouvernement, mais une partie importante de la population, des citoyens dont les convictions et les choix sont valides.Les politiciens ne se gênent pas pour multiplier les Injures et (es insultes, comme nous la montré le débat sur la question référendaire à l'Assemblée nationale, qui volait fort bas.Tant que les politiciens se contentent d'Injurier d'autres politiciens, comme ce fut le plus souvent le cas ces dernières semaines, on reste, en quelque sorte en famille.Mais, s'il y a une règle cardinale en démocratie, c'est que jamais cette agressivité politicienne ne doit se retourner contre les électeurs.Non seulement faut-Il s'incliner devant le choix que feront les Québécois, le 30 octobre prochain, mais il faut aussi respecter leur démarche et la validité des raisons qui les auront amenés à voter oui ou NON.C'est là un principe sacré qu'a transgressé M.Garcia.Comme l'ont fait de façon moins crue des leaders du OUI qui.en associant le refus de la souveraineté à la faiblesse, à la peur, ou à la démission, insultent des gens dont la démarche est légitime.Ou comme le ministre Guy Chevrette qui multiplie les Injures envers les anglophones et les allophones, qui constituent 20 % de la population québécoise.Cette surenchère risque à tout moment de faire perdre aux politiciens le sens des perspectives.Même si le débat référendaire divise inévitablement la population en deux camps, Ils ne doivent Jamais oublier que nous sommes tous des Québécois.Et qu'après ces cinq semaines de campagne, nous devrons tous vivre ensemble pendant des décennies et des généra- tions.C'est la responsabilité de la classe politique d'éviter que le déchirement référendaire ne laisse des cicatrices Indélébiles.Cette obligation pèse encore plus lourd sur les leaders fédéralistes.Les sondages et les tendances lourdes de la campagne nous Indiquent que la victoire du NON est pratiquement certaine, et qu'elle sera probablement décisive.La victoire, dans un débat comme celui-là, s'accompagne de devoirs.souvenons-nous du prix que le chef du camp du NON.lors du référendum de 1980.M.Claude Ryan, a dû payer pour son attitude arrogante et peu généreuse le soir de la victoire.Bien sûr, les leaders du camp du OUI.M.Jacques Parizeau en tête, doivent déjà penser à l'après-référendum, même dans la perspective de la défaite, surmonter l'amertume que l'on voit déjà poindre et éviter de couper les ponts avec leurs adversaires.Les membres du gouvernement péqulste doivent se rappeler qu'ils devront continuer à gouverner une société qui a majoritairement dit NON et à représenter des citoyens qui ont rejeté leur projet.Mais les leaders du camp du NON, après avoir contribué à rejeter le projet souverainiste, auront le devoir de rassembler les Québécois et de leur proposer autre chose.Le ministre fédéral Marcel Massé notait, cette semaine, qu'on « ne pourra pas mettre de côté les tenants du OUI ; vous devez les réintégrer, leur donner l'espoir que la société va continuer à se développer, même si leurs espoirs ne se sont pas réalisés ».Ce n'est certainement pas en insultant une partie de lélec-torat que les porteurs du projet fédéraliste réussiront à rassembler les Québécois.Alain dubuc Secrets de famille Tristes et stoïques jumelles Dlonne.À l'âge de 61 ans, les trois survivantes subissent à nouveau le supplice des médias.Mais, cette fols, avec leur consentement D'abord chez Denise Bombardier, samedi soir, à Raison Passion, où le téléspectateur était gêné, non pas à cause des questions de l'intervieweuse, mais des lourdes secondes de silence qui précédaient les réponses des trois jumelles.Trop souvent par un oui, ou par un non.La grande révélation de la soirée fut que les célèbres Jumelles ont été agressées sexuellement par leur père dans leur pré-»- adolescence.Le week-end prochain, c'est Janette Bertrand qui sondera leur coeur et leurs souvenirs.La chroniqueuse de La Presse, Louise Couslneau.a déjà visionné l'émission.Elle écrivait, hier, que les jumelles sont beaucoup plus à l'aise avec Janette.Elle les aurait presque apprivoisées.D'entrée de jeu, excluons la chasse des médias pour le scoop de l'entrevue.C'est de bonne guerre.La promotion du livre-vérité portant sur elles, rédigé par l'écrivain Jean-Yves Soucy.dépasse l'anecdote.On ne peut qu'éprouver du respect pour ces trois femmes qui indubitablement ont beaucoup souffert et ont vécu avec leur secret durant toutes ces années.Dans leur première enfance au bunker-Jardin, très heureuses avouent-elles, elles ont été des chiens de cirque offerts au monde entier.C'était la première fols qu'une femme, leur mère, mettait au monde cinq filles d'un seul coup.À cette époque, le gouvernement de l'Ontario s'est enrichi à leurs dépens, alors qu'elles vivotent actuellement À la suite de la télédiffusion de la première émission chez Mme Bombardier, une première question surgit : pourquoi ont-elles accepté, malgré tout ce qu'a pu comporter de douleurs pour elles cette présence à l'écran, d'« essayer» de parler publiquement ?Peut-être pour exorciser leurs peines et leurs angoisses maintenant qu'elles sont vieillissantes.Une sorte de thérapie de réparation.Et pour démythifier, malgré leur évidente inexpérience à communiquer verbalement, tout ce qui a été dit, écrit et raconté à leur sujet Faire « parler » le livre de leurs confidences.La réponse leur appartient.La sourde douleur d'Annette, d'Yvonne et de Cécile nous étreint Claudette toug as *3*fàt fe, MF MA-ëMire vf DROITS RÉSERVÉS EN REPRISE Im boîte aux lettres Robert Bourassa Appel à Robert Bourassa Monsieur Robert Bourassa, ¦ C'est un de vos fidèles partisans qui vous écrit.En effet, j'étais l'un des vôtres, dès 1970, lors du congrès libéral qui vous a élu chef du parti.l'y étais en tant oue délégué des jeunes du comté de Kamouraska.J'avais alors été gagné par votre sens de l'organisation et par votre leadership.Etant membre du Parti libéral, depuis 1961, j'ai accompagné vos candidats dans vos campagnes électorales.Puis, je vous ai admiré dans vos manières de défendre les intérêts des Québécois : lorsque vous vous êtes tenu debout à Victoria, lors de vos élans sur notre souveraineté culturelle, lors de votre engagement sincère en cours de négociation sur les accords du lac Meech, lorsque vous avez déclaré « Désormais, le Québec sera libre de ses choix », lorsque vous avez lancé la commission Bélanger-Campeau, lorsque votre parti, mon parti, a voté le rapport Allaire.Ce que je vous demande, aujourd'hui c'est d'être constant avec le personnage en qui j'ai cru.Pendant la campagne référendaire qui s'amorce, prenez une position ferme pour l'autodétermination du Québec.Proclamez haut et fort que le peuple du Québec a le droit démocratique de devenir souverain.Soyez franc, dites que, selon votre expérience, il est impossible de changer quoi que ce soit à la constitution canadienne, que le Canada anglais n'acceptera jamais de reconnaître le Québec comme société distincte, encore moins de lui accorder les pouvoirs réclamés par le Parti libéral dans le rapport Allaire.Après ce geste historique, retournez dans vos terres.Vous serez heureux d'avoir pensé à vos enfants et petits-enfants, cas la souveraineté du Québec c'est essentiellement pour eux.l'espèfle pouvoir jeter à la déchique-teuse les propos de Monsieur Lisée.Fernand NADEAU Pohénégamook Pour une question claire Monsieur Jacques Parizeau, ¦ Même s'il est trop tard, je veux vous dire quels changements j'apporterais à votre question référendaire.Le libelle devrait être le suivant : « Acceptez-vous que le Québec devienne un « pays » après avoir « obtenu » du Canada un partenariat économique et politique dans le cadre de ce que l'on a l'intention de faire pour l'avenir du Québec ?» « Offrir » ne veut pas dire « obtenir ».« Projet » veut dire : ce que l'on a « l'intention » de faire.Quant à l'entente signée le 12 juin 1995, bon nombre de gens ne la connaissent même pas.La question devrait être simple et claire pour tout le monde, analphabètes comme gens instruits.Êtes-vous pour la « séparation » du Québec, oui ou non ?Florence LAPIERRE Montréal Offre de bon voisinage ¦ Avez-vous entendu la publicité du camp du NON qui compare l'indépendance du Québec à un divorce et l'offre de partenariat à un remariage impossible ?Elle me fait rire à chaque fois.Les « stratèges » de monsieur Johnson ont choisi un bon exemple, mais ils l'ont biaisé, comme d'habitude.Plusieurs d'entre vous, comme moi, ont vécu un divorce.Combien ont voulu se remarier - avec la même personne, s'entend ?Lorsque la décision est mûrement réfléchie, et ici ça fait trente ans qu'on y pense, on n'offre pas un remariage.Cependant, c'est presque toujours le cas, les ex-époux doivent continuer à faire affaires ensemble.Et ces affaires sont réglementées par un « traité » signé de bonne foi par les deux parties, d'égal à égal.L'offre de partenariat n'est pas une offre de remariage, c'est une offre de bon voisinage, entre gens égaux.Et, contrairement à bien des contrats de divorce, elle sera à l'avantage des deux partenaires ! Pour moi il ne fait aucun doute que, quoi qu'en disent les fédéralistes aujourd'hui, au lendemain d'un OUI ce sera « business as usual ».Les divorces à l'amiable, ça se fait de plus en plus ! Michèle MORIN Pîerrefonds Est-ce si terrible de faire partie du 07 ?¦ Si l'histoire a empêché les Canadiens français de se développer aussi rapidement que les anglophones, c'est en raison de plusieurs facteurs mais ce n'est certainement pas à cause du Canada.La preuve ?La vitesse à laquelle le Québec, lors de la Révolution tranquille, a réussi à rattraper son retard et à devenir une société moderne qui n'a plus rien à envier aux autres et qui continue de progresser.Le Québec a fait la preuve qu'il peut se développer en toute harmonie à l'intérieur de la fédération canadienne.Bien que la fédération ne soit pas parfaite, sa souplesse fait qu'elle s'adaptera aux nouvelles réalités et aux besoins de changements pour les années à venir, besoins qui ne sont pas pour la seule province de Québec, mais qui font maintenant partie des revendications quotidiennes de tous les membres de la fédération, d'un océan à l'autre.La séparation ne servira qu'à isoler la province et à priver le Québec des nombreux avantages qu'il possède déjà en étant membre de l'Union.Est-ce si terrible de pouvoir faire partie du groupe sélect des sept pays les plus industrialisés ( le groupe le plus influent économiquement et politiquement ), de bénéficier des répercutions de la Prochaine zone de libre échange du acifique APEC ( la plus grande zone commerciale de la planète ), d'être reconnu et respecté mondialement ?Le seul obstacle à l'épanouissement des Québécois n'est pas la fédération canadienne, mais bien ces faux prophètes qui cherchent à inventer des maux qu'ils créent de toutes pièces.Une fois de plus, l'Organisation des Nations unies, quoi que l'on en dise, confère au Canada le titre de numéro Un au monde en ce qui a trait à la qualité de vie de ses citoyens et cela ne laisse personne indifférent.Jean-François BILODEAU Outaouais 50% plus un n'est pas suffisant Monsieur Parizeau, ¦ |e suis né à LaSalle, ea décembre 1964, d'un père et d'une mère nés à Montréal d'immigrants italiens.Ma langue maternelle est le français.le me compte privilégié de maîtriser cette très belle langue, et je le dois à mes parents qui, désireux de m'intégrer à mon milieu, m'ont envoyé étudier en français ( avant la Loi 101, et dans de bonnes écoles ) de la maternelle jusqu'à la fin du cégep.Et enfin, malgré mon admiration et mon amour du fait français qui persiste et signe au sein de l'Amérique du Nord, je souhaite aue le Québec demeure au Canada.Mais cela importe très peu, de même que vos propres sentiments en faveur de la souveraineté.Le véritable sujet de ma lettre, ce qui compte, c'est l'opinion de la population du Québec, de votre électorat.Ma question est donc la suivante : comment pouvez-yous, en homme instruit, dont l'esprit a été ouvert par les voyages, vous contenter de 50 % plus un du vote populaire pour faire l'indépendance du Québec ?C'est une question fondamentale aux implications très sérieuses pour les générations présentes et futures.C'est un choix qui exige d'être fait clairement.Renversons les rôles, M.Parizeau: le Québec est un État souverain depuis 20 ans, et un parti fédéraliste, dont l'objectif avoué est de réintégrer le Canada, est majoritairement conduit au pouvoir au Québec.Ce gouvernement soumet un choix aux électeurs par le biais d'un référendum.Le gouvernement \u2014 majoritaire, rappelons-le \u2014 décide qu'il suffira de 50 % plus un vote en faveur de sa proposition, pour rattacher le Québec au Canada.Par ailleurs, tous les sondages révèlent que la population est fortement divisée sur cette question.Or, vous êtes chef de l'opposition.Ne seriez-vous pas scandalisé par le fait d'une marge si faible, Rour trancher une question si forte ?le craindriez-vous pas que le climat social se tende si le Québec, par un mandat si faible, par une marge si étroite, passait de pays à province ?N'exigeriez-vous pas, en bon démocrate, une majorité plus claire ?François TALARICO 4 LAPRB88E, MONTRÉAL.27 SEPTEMBRE 1995 OPINIONS LE QUÉBEC DANS UN MONDE GLOBAL ( 2 ) Le choix des Québécois aura une portée universelle PIERRE S.PETTIGREW La Presse poursuit \\a série d'articles sur le phénomène de la mondialisa' tioti, phénomène auquel le Québec n'échappe pas.L'auteur des textes, Pierre S.Pettigrew, est expert-conseil en affaires internationales et en économie mondiale.fordre marchand, porté par l'émergence de cette puissante économie transnationale et mondiale, impose les lois du marché.Même les États sont soumis à sa discipline lorsqu'ils veulent financer leurs déficits et attirer chez eux des investissements créateurs d'emplois.Le GATT et le FMI, instruments de coopération inter-étatique, ont également entraîné un désarmement économique, privant l'État d'outils importants pour accomplir les tâches qu'on attendait de lui.L'État a donc cédé au marché une grande part de ses compétences et ce sont des acteurs transnationaux qui maîtrisent les éléments clés de la puissance : accès au financement, au marché, à la technologie.L'identité et l'allégeance citoyennes de l'individu, déjà ébranlés par les ratés de l'État-providence, ne trouvent toutefois pas leur compte dans la réduction que le marché leur impose, en les confinant aux seuls rôles de consommateurs et de producteurs.Il y a ici une sorte de vengeance de Marx.Le triomphe du libéralisme et la consécration du capital comme principal facteur de production seront de courte durée si le capitalisme n'arrive pas à résoudre la contradiction devant laquelle le placent ses deux dogmes fondamentaux de la démocratisation politique et de la libéralisation économique.En fait, la libéralisation prive l'État de moyens, outils et ressources qui l'empêchent de répondre aux besoins et demandes des citoyens et groupes d'intérêt que la démocratisation tend à augmenter et à légitimer.Ainsi, la redistribution de la richesse est de plus en plus difficile à réaliser alors même que l'écart entre riches et pauvres s'agrandit et conduit à des déséquilibres sociaux.Voilà une question philosophique essentielle dont la pertinence augmentera à mesure que la logique de la mondialisation l'entraînera vers ce que Bertrand Badie appelle les « tribulations de l'ordre marchand ».Fin du dogme libre-échangiste Mais il y a plus.Sans redistribution, quel espoir donner aux exclus dans la plupart des pays du Sud et à nombre de citoyens à l'intérieur même des pays industrialisés ?Surtout qu'en cette ère de mondialisation, le libre-échange ne profite plus à tous ceux qui le pratiquent comme autrefois.Le marché a offert, et avec raison, le libre-échange comme solution aux sociétés en quête de développement, et cela a fonctionné longtemps.Dans l'ordre international, où l'on pensait surtout en terme de commerce, tous les pays qui se sont soumis aux règles du GATT et à la discipline, ainsi qu'à la rigueur des lois du marché en ont largement profité.Leur productivité a augmenté, ainsi que leur développement et leur croissance.Ceux qui, au contraire, se sont exclus de ces règles et ce cette discipline, pays du Sud, pays communistes, ont considérablement reculé.(.) Dans l'économie nouvelle où le commerce, la production, la technologie, la distribution, la finance sont intégrés et où l'on connaît une mobilité extrême de ces facteurs au plan mondial, les effets du libre-échange ne sont plus nécessairement favorables et positifs pour tous.Dans ce contexte d'extrême mobilité et même de volatilité internationale des capitaux, à partir du moment ou les producteurs se sentent assez en sécurité pour aller investir à peu près n'importe où, c'est beaucoup plus la pression des avantages absolus ( et non des avantages relatifs comparés sur lesquels repose le dogme libre-échangiste ), qui trace la voie aux investisseurs.Autrement dit, une société, lorsqu'elle était moins efficace qu'une autre dans l'ensemble des productions, avait intérêt a se spécialiser dans les secteurs où son inefficacité était moins importante et pouvait ainsi s'enrichir.La mobilité des facteurs fait que ceci n'est plus vrai.La concurrence s'accroît donc, tout en changeant profondément de nature.L'écart de richesse entre riches et pauvres s'agrandit étant donné la rareté du capital à l'échelle mondiale et l'immense réserve de travailleurs, souvent plus instruits.De là résultent l'accroissement du chômage et des inégalités sociales, le surendettement, les pressions à la baisse sur toutes sortes d'institutions communautaires locales, sur la santé publique, la sécurité au travail, la sécurité du revenu, le contrôle de la pollution.Ce sont désormais les entreprises qui occupent une large part de la place que l'État occupait, en constituant un véritable système industriel et commercial mondial.La mondialisation s'accélère avec des échanges qui s'accroissent trois fois plus vite que les productions.(.) La logique d'intégration Sur le plan économique, la création d'un vaste marché régional parait souvent être la seule solution pour surmonter le handicap d'un marché intérieur limité et permettre d'investir dans la recherche et le développement.L'appartenance à un grand pays avec un marché intérieur significatif est cruciale.Mais pour tous les pays, la construction régionale représente encore une stratégie de défense contre l'extérieur.(.) La mondialisation entraine aussi les conditions de l'exclusion en rejetant a la périphérie tous ceux qui n'arrivent pas à s'insérer dans les réseaux internationaux.Cette exclusion vaut pour les États marginalisés sur la scène mondiale et les populations marginalisées dans leur propre société.D'où l'émergence d'un quart monde constitué d'immigrés et de nouveaux pauvres qui subit très directement la pression du nouvel ordre mondial.La logique d'exclusion radicalise la division internationale du travail et lui donne parfois un visage dramatique et dangereux.Elle laisse aux pays du Sud un ensemble d'activités dont les pays du Nord veulent se débarrasser.Jean-François Bayart parle de ces États à vendre.États-poubelles pour les déchets industriels, terrains d'expériences pour essais de tous genres tels les tests nucléaires, lieux de plaisirs interdits ( prostitution enfantine ), refuges pour trafiquants, repaires pour tous les terrorismes.Le pays exclu peut devenir un champ de manoeuvre docile et impuissant.Plusieurs sociétés du Sud risquent d'y tomber.Avec un commerce de la drogue dépassant en importance, semble-t-il, celui des carburants, cette économie suscite de faux États qui se constituent à l'intérieur des espaces nationaux officiels.Ainsi, le cartel de Medellin disposait en Colombie de la plupart des instruments du pouvoir étatique jusqu'à contrôler à une époque son propre espace aérien.Le cartel de Cali prend aujourd'hui la relève.Cette logique d'exclusion rend plus nécessaire que jamais de nouveaux modes d'intégration, le besoin de.développer des solidarités.Et l'État n'étant plus l'unité adéquate pour assurer les grandes régulations, l'avenir n'est pas évident.Chaque société, chaque entreprise, chaque individu doit faire preuve d'imagination, de flexibilité et de courage pour inventer sa façon d'être et trouver sa voie d'intégra- tion à des réseaux, a des alliances politiques, économiques, technologiques, industrielles et culturelles.Dans ce monde de grandes mutations, l'originalité n'est pas seulement possible, elle sera nécessaire.L'avenir du Québec C'est dans ce contexte de profondes mutations au plan mondial que le gouvernement du Québec a choisi de faire un nouveau référendum sur la souveraineté.Il est sûr que la situation est radicalement différente de celle de 1980.Le phénomène révolutionnaire de la mondialisation n'était pas encore apparu avec les bouleversements, les ruptures et les occasions remarquables qu'il offre.Le choix des Québécois au prochain référendum aura une portée universelle et sera chargé de sens pour un grand nombre de sociétés qui s'interrogent sur la meilleure manière d'entrer dans l'avenir incertain.Il m'appa-rait opportun, à ce moment-ci.d'évaluer la pertinence du projet de souveraineté du gouvernement du Québec, appuyé par ses alliés du Bloc québécois et de l'Alliance démocratique du Québec dans ce nouveau contexte.Comme nous sommes, selon l'analyse de Rosenau, dans un ordre ( désordre ) international entré dans une composition dualiste, nous nous pencherons sur la pertinence de la souveraineté par rapport aux deux mondes qui coexisteront encore longtemps.Demain, je m'intéresserai à l'impact qu'aurait la souveraineté sur la capacité du Québec à s'adapter à la mondialisation et aux forces transnationales qu'elle libère.Par la suite, je me tournerai vers l'ordre inter-national, ou l'État continue et continuera de jouer un rôle primordial, l'y évaluerai l'impact de la souveraineté sur la marge de manoeuvre du Québec.À SUIVRE Fiscalité : où finit r« éviteraient » et où commence l'évasion ?MICHEL BERNARD et LÉO-PAUL LAUZON Les auteurs sont professeurs au Département des sciences comptables del'UQAM.ù finit l'« évitement >?et où commence l'évasion en matière de fiscalité ?La frontière apparaît parfois bien ténue, comme vous le verrez.L'usage des paradis fiscaux par des compagnies canadiennes est en train de prendre des proportions démesurées.Il y a des actes non encore illégaux qui sont carrément immoraux et que des gouvernements moins complices et plus soucieux de la justice sociale que les nôtres ont déjà dénoncés par un resserrement de leur législation.Il y avait bien eu pourtant, en février 1994, un élan de redressement de l'épine dorsale gouvernementale par le ministre du Revenu fédéral, David Anderson.Il avait dénoncé ces comptables agréés et avocats fiscalités qui, disait-il, utilisent leurs talents pour conseiller leurs clients en matière d'évasion fiscale ( cheating ) ; il avait même parlé courageusement de leur faire goûter aux barreaux de la prison.Évidemment, l'Institut des comptables agréés et l'Association du barreau canadien avaient exigé et obtenu une rétractation du ministre.Le ministre a appris que le formidable « évitement » fiscal encouragé par les conseils de ces professionnels, pourtant formés par les fonds publics, n'est pas illégal car il découle justement du laxisme de la réglementation fiscale.Peut-être aurait-il dû s'en remettre alors à la catégorie de l'immoralité plutôt qu'à celle de l'illégalité et redresser le tout en changeant sa loi.Le lecteur jugera du rôle des comptables agréés dans 1« évitement » fiscal après avoir lu les quelques lignes qui suivent tirées d'un article intitulé «c Pour une fortune bien bronzée », publié dans la revue professionnelle des comptables agréés, le C.A.Magazine, sous la rubrique des conseils de planificaiton financière personnelle.Après une référence choisie à des citations qui prêchent la guerre du contribuable contre l'État, les auteurs abordent «c les stratégies légales d évitement fiscal pour les clients fortunés (.) en ayant recours à des fiducies et des sociétés extraterrito-riiles (.) Nous privilégions en gênerai les territoires qui, comme les îles Caïmans, sont des colonies britanniques plutôt que des États indépendants.Par exemple, il n'y a aucun impôt local aux îles Caïmans.Les produits de placements, les redevances et les gains en capital sont exempts de tout impôt.» L'article permet de juger de la vitesse de progression de l'épidémie : « Il y a présentement plus de 28 000 sociétés constituées aux îles Caïmans, chiffre qui augmente au rythme d'environ 4 000 nouvelles sociétés chaque année.( .) La quasi-totalité des grandes sociétés multinationales canadiennes ont recours à des sociétés domiciliées à l'étranger dans le cadre de leur stratégie de gestion fiscale.Nous terminons une étude qui prouve que, pendant que l'impôt minimal se fait attendre, un ordre de grandeur de 40 p.cent d'entreprises canadiennes paient moins de 20 p.cent d'impôts à cause des phénomènes de reports.Ce chiffre ne tient pas compte de l'« évitement » par « stratégies extraterritoriales » et, pourtant, c'est encore trop payé selon nos fiscalistes.Contrairement à une association de patrons allemande qui demandait la fin du recours aux paradis fiscaux, notre Conseil du patronat et nos chambres de commerces continuent de gémir et de clamer pratiquement le droit aux profits sans impôts pour ces vénérables compagnies créatrices d'emploi.L'article approuvé par le comité éditorial de la revue C.A.Magazine considère que les comptables agréés devraient conseiller à leurs clients fortunés, qui ont réalisé leur prospérité en utilisant les infrastructures canadiennes, d'aller maintenant vite cacher leurs revenus à l'étranger en laissant les dépenses déductibles au Canada ; «(.) les déficits considérables accumulés par les gouvernements fédéral et provinciaux les obligeront à augmenter les impôts (.)» On utilise l'euphémisme de planification fiscale audacieuse pour désigner ce phénomène contestable car, disent-ils, «(.) si Revenu Canada était au courant de toutes les opérations qui ont lieu, le ministère contesterait la légitimité de la plupart des structures extraterritoriales, ce qui entraînerait des frais juridiques et/ou des pénalités, de même que des intérêts supplémentaires.» Est-ce bien pour ne pas réveiller le monstre fiscal que cet article ajoute «(.) le plus important, toutefois, c'est que le client tienne ses affaires secrètes.Pour cela, il doit non seulement éviter de se vanter dans les réunions mondaines, mais aussi s'assurer, par exemple, que les opérations entre l'entité extraterritoriale et le Canada sont réduites au minimum ?Nos grandes banques canadiennes en situation de quasi-monopole battront cette année le record de profits de l'an dernier en maintenant des écarts de taux inégalés entre les dépôts et les prêts.Il est cocasse de constater la progression de leurs affaires dans les Antilles via 57 filiales.Naturellement, nos comptables conseillers financiers, loin de dénoncer cette situation, nous conseillent de participer aux résultats de l'abus et de l'évitement en achetant des actions des banques.Les Antillais disposent soudainement de fortunes et d'un esprit d'épargne que nous ne leur connaissions pas, non plus que ce besoin de sécurité pathologique des 60 000 habitants des Bermudes av.x leurs 1 300 compagnies d'assurance.Qu'arriverait-il si les particuliers, qui fournissent 70 % de la recette fiscale, cessaient d'observer volontairement la loi ou s'ils pouvaient tous se payer ces conseillers en évitement ?Il y a une urgence morale pour les gouvernements à modifier leurs lois pour que ces «évitements» soient dorénavant classés dans la catégorie des « évasions » et pour que l'immoral devienne aussi l'illégal (.).Les danseuses nues à 5 $ veulent se démarquer de celles qui pratiquent la « danse-contact » à 10 $.Les danseuses nues « clean » défendent leurs principes moraux Le texte qui suit a été signé par : Martine, étudiante de 3e année à l'Université de Montréal et danseuse nue Chez Parée ; Michelle, étudiante en soins infirmiers et danseuse nue au Cabaret Show Girls : Annie, danseuse nue Clu?z Parée ; Lin-da-Marie, étudante à l'Université McGill et danseuse nue au cabaret Wanda ; Claude Fortin, gérant de la maintenance Chez Parée ; Michelle Simard Mardi décoratrice d'intérieur et danseuse nue au Super Sex ; Isabelle, praticienne de médecines douces et danseuse nue au Cabaret Show Girls ; Nathalie Mat te, danseuse nue au Cabaret Slww Girls ; Marie-Josée Lépine, danseuse nue au cabaret Wanda ; Alfie, gérant Chez Parée ; Florence Chapliteau, serveuse au cabaret Wanda ; Richard Beaulieu, gérant au Super Sex ; Une Lapointe, danseuse nue au Cabaret Show Girls ; Josée, étudiante en coiffure et danseuse nue Chez Parée ; Pascale, danseuse nue au cabaret Wanda : Danny Demattos, DJ au cabaret Wanda ; Julie P., danseuse nue Chez Parée ; Marie-Noël Gérard, programmeuse analyste et danseuse nue au Super Sex ; Marily, étudiante en comptabilité et danseuse nue Chez Parée ; Roger Lemieux, portier Chez Parée ; Michelle Hamel, étudiante et danseuse nue au Super Sex : Silvy, serveuse Chez Parée : Jean-Philippe Truchon, DJ au Cabaret Show Girls ; Melissa, étudiante en esthétique et danseuse nue Chez Parée ; Annick, étudiante en psychologie et danseuse nue Chez Parée ; Pionne B., danseuse nue au cabaret Wanda ; Maurice Lemieux, propriétaire du Cabaret Show Girls ; Valérie, danseuse nue au Super Sex : Isabelle, serveuse Chez Parée ; André Mayeur, relationniste au Super Sex ; Suzanne, barmaid Chez Parée ; Y.Beaulieu* portier au Super Sex ; Tannia Martineau, danseuse nue au cabaret Wanda ; MarisoL propriétaire de l'agence de mannequins Perle d'ivoire et danseuse nue Chez Parée ; Roland Roy, gérant au Cabaret Show Girls ; Manon Gagnon, danseuse nue au cabaret Wanda ; Lucie, serveuse Chez Parée ; Mario Podaro, DJ Chez Parée.Le texte qui suit a été écrit à l'intention de tous les individus qui croient qu'en tant que « danseuses nues » nous ne méritons pas notre droit à l'écoute, à la crédibilité et au respect de nos convictions.Bien sûr, pour vous, nous ne sommes que des filles sans vertu et nous n'avons rien de mieux à faire que de nous montrer nues, sans principes ni valeurs morales.D'un côté, on nous accuse d'exploiter égoistement les « pôvres hommes » esseulés et, de l'autre, d'être nous-mêmes victimes d'exploitation sexiste de la part de ces derniers.Drôle de paradoxe, n'est-ce pas ?Et si ce n'était qu'un divertissement anodin et sécuritaire pour les hommes, et un métier convenable pour nous, qui nous permettrait de gagner honnêtement notre vie, sans avoir à recourir à l'assurance-chômage, au bien-être social ou aux prêts et bourses, assurant ainsi fièrement notre indépendance financière ?Nous posons la question et nous vous laissons réfléchir car, après tout, notre but en écrivant cette missive, n'est pas de débattre du bien-fondc ou non du métier de dan- - seuses nues, mais plutôt d'exprimer notre indignation face aux propos malveillants tenus par certaines mauvaises langues.Avec de tels propos, vous êtes venus nous mettre des bâtons dans les roues, en tournant au ridicule notre manifestation du vendredi 15 septembre devant le palais de justice.Comme si, parce que nous exerçons un métier controversé, nous n'avions pas la prérogative de défendre les valeurs auxquelles nous croyons.Parce que, justement, nous en avons des principes moraux.En écoutant certains commentaires publics, nous avons l'impression qu'on accorderait souvent plus de crédibilité et de respect à des prisonniers, qui sont pourtant coupables de meurtres, de vols ou de viols, qu'à nous dont le seul « crime » est de montrer notre corps nu.Nous admettons bien honnêtement que nos limites sont un peu plus larges que «c Madame Tout-Le-Monde ».Mais cela ne nous enlève en rien le droit de demander l'appui du public et des groupes de féministes qui, comme nous, croient qu'il faudrait faire la distinction entre des actes sexuels au vu et au su de tous dans un lieu public et dans un contexte totalement absent d'hygiène, et des danses inoffensives et sans danger de transmission de maladies ( incluant l'herpès, qui s'« attrape » par contacts buccaux et génitaux, ainsi que l'hépatite B et le sida qui peuvent être transmis par échange de fluides ).Plusieurs soutiennent que notre seule motivation est financière.Dans ce cas, pourquoi ne travaillons-nous pas dans des « bars à 10 S » à nous faire « tripoter » par une « gang » d'inconnus à l'hygiène douteuse ?Effectivement, nous ferions le double d'argent.Mais, voyez-vous, même avant l'avènement des danses à 10 S, faire le trottoir aussi aurait été plus payant.Pourtant, nous sommes restées dans nos clubs, bien satisfaites de savoir que chacune était à sa place.(.) Nous ne sommes pas des pauvres petites filles frustrées, incapables de faire face aux problèmes, mais bien un groupe de jeunes femmes intelligentes, soudainement confrontées à une situation qui fait préjudice à notre intégrité et à notre réputation.Nous voulons qu'il soit reconnu publiquement que, malgré tout ce que vous pensez de notre métier, nous allons défendre notre volonté de ne pas être associées au phénomène de la prostitution dans les « bars à 10 $ ».Et que les jeunes femmes qui choisiront de s'adonner à des échanges sexuels contre rémunération dans les bars comprennent qu'elles devront appeler les choses par leur nom : de la prostitution; et que les endroits ou de telles activités sont pratiquées s'appellent des bordels; et que les propriétaires de ces établissements, qui exigent souvent une redevance de leurs employées, s'appellent des proxénètes.De notre côté, nous voulons continuer d'exercer paisiblement notre métier de danseuses nues sans honte et sans humiliation. B4« LA PRESSE, MONTREAL, MERCREDI 27 SEPTEMBRE 1SS5 POLITIQUE_ mF*^JES^ ILe N0N 3 réussî â Prenclre l'offensive empi^ndePBomtertiier clans la campagne référendaire LAPOCATIÈRK ¦ Daniel Johnson, qui a entrepris sa tournée du Bas-du-Fleu ve par une visite de l'usine Bombardier de La Pocatière, a reçu un accueil poli, sans plus, à la cafétéria de l'entreprise où il était allé donner quelques poignées de main.Mais, dès qu'il s'éloignait, les employés ne se faisaient pas prier pour faire savoir aux journalistes que les propos récents de leur patron, Laurent Beau* doin, les avaient passablement embarrassés.« Ça me purge f C'est clair, là ! » répond Bernard Rossignol quand on demande au monteur ce qu'il pense de la déclaration de son patron qui, non seulement a pris pied dans le camp du NON, mais a affirmé que son entreprise, comme plusieurs autres, « n'aurait jamais pu être supportée de façon adéquate dans un État rapetissé aux dimensions d'un Québec souverain ».« Il n'aurait pas dû se mêler de ce que les travailleurs pensent.On a droit à nos idées et je pense qu'il ne peut pas s'ingérer là-dedans.Les gens d'affaires, qu'ils donnent leur opinion, mais qu'ils la donnent comme personnes », ajoute M.Rossignol, encerclé de journalistes qui l'interrogent sous une grosse affiche faite à la main, en carton brun portant les lettres OUI.Pancarte qu'un contremaître viendra par la suite arracher avec humeur.Quelques minutes plus tôt, le même contremaître avait retiré, dans le même secteur, une autre affiche disant : « Le 30 octobre, votons OUI à la séparation.» M.Rossignol indique toutefois qu'il n'a pas senti que des pressions aient été exercées sur les employés pour suivre le patron dans son cheminement référendaire.Il dit aussi que son idée est faite depuis longtemps, qu'il avait voté OUI en 1980 et qu'il fera de même cette année.André Bouchard, 47 ans, ne croit pas non plus que les propos de M.Beaudoin aient une influence sur les employés, sinon qu'auparavant, on parlait peu du référendum dans cette usine de quelque 475 employés, mais qu'aujourd'hui on en parle davantage et qu'autour de lui le OUI l'emporte.S'il estime que le président de Bombardier a peut-être provoqué un effet différent de celui qu'il aurait voulu obtenir, M.Bouchard ne croit pas que ses collègues de travail s'en trouvent indisposés au point d'éprouver de la colère.« Moi, je ne changerai pas d'opinion, je vais voter OUI quand même », indique-t-il.Un autre affirme qu'il votera OUI, et que ni la visite du chef libéral ni les déclarations de son patron n'y changeront quoi que ce soit.« Mon choix est fait depuis longtemps.C'est OUI et c'est décidé depuis 1990 », insiste-t-il.Tous ceux à qui on a adressé la parole, au hasard, se sont exprimés dans ce sens.Ceux qui ne l'ont pas fait s'en tenaient à dire qu'ils ne s'intéressaient pas à la politique ou que leur décision n'était pas arrêtée.Personne ne semble avoir entendu parler des pressions oui, selon le directeur général de la Confédération des cadres du Québec, Jean Perron, auraient été exercées sur le personnel cadre de Bombardier, par la haute direction, pour obtenir son adhésion au NON.M.Johnson a de lui-même abordé le sujet un peu plus tard, soulignant qu'il n'y avait rien d'anormal à ce que des travailleurs ne partagent pas l'opinion de leur employeur.CHANTAI HÉBERT ém burmm 4* La OTTAWA ¦ À sa propre surprise, le NON a pris l'offensive dans la campagne référendaire.Il occupe actuellement l'essentiel du terrain médiatique.L'arrivée en scène de ténors du gouvernement Chrétien force même le camp du OUI à passer plus de temps à défendre son projet de partenariat qu'à le mettre en valeur.Depuis le début de la semaine, les forces fédéralistes en provenance d'Ottawa se sont en effet déployées sur le terrain en tandem avec le départ de la tournée de Daniel Johnson.Alors qu'à l'instar de la caravane du OUI de Jacques Parizeau, la série d'apparitions-éclairs qu'entend faire, en marge des travaux parlementaires, le chef du Bloc québécois, Lucien Bouchard, ne commencera que la semaine prochaine, le gouvernement fédéral est déjà entré de plain-pied dans la campagne.Car, loin de mobiliser le gouvernement Chrétien aux Communes, c'est le Bloc québécois qui semble le plus captif des travaux de la Chambre.Hier, pendant que la quasi-totalité des députés bloquistes se morfondaient PHOTOPC Lucien Bouchard en Chambre, cinq des gros canons du cabinet fédéral faisaient la pluie et le beau temps de la journée référendaire au Québec et à l'étranger.Le ministre des Affaires étrangères, André Ouellet, livrait une allocution devant l'Assemblée générale des Nations unies.Son collègue Marcel Massé dispensait des largesses dans l'Outaouais.La ministre Lucienne Robillard et son collègue de la Justice, Al-lan Rock, apparaissaient con- jointement devant une assemblée partisane à Montréal.Surtout, le ministre des Finances, Paul Martin, entreprenait de démonter, pièce par pièce, le projet de partenariat économique du camp du OUI.Il ne fait pas de doute que le camp fédéraliste voulait frapper un grand coup.Paul Martin s'est présenté à Montréal bardé de fiches documentaires pour étoffer son propos et accompagné d'experts chargés de préparer le terrain de son intervention au cours d'une séance d'information donnée au préalable.Par comparaison, à Québec comme à Ottawa, la réplique du camp souverainiste s'est faite sous le signe de l'improvisation.Dépêchés dans les minutes qui ont suivi son intervention pour faire contrepoids au ministre fédéral, tant le critique du Bloc québécois, Yvan Loubier, que le ministre Daniel Paillé à Québec n'avaient pas suffisamment d'éléments en main pour répondre point par point à Paul Martin.Pour l'essentiel, le porte-parole bloquiste s'en est tenu à rejeter en bloc toutes les affirmations du ministre, soutenant 8u'elles visaient à effrayer les [uébécois.Le Bloc n'est pas revenu sur ce dossier pendant la période des questions qui a suivi.En attendant la réplique plus détaillée du vice-premier ministre Bernard Landry, à la sortie de la Chambre, le chef du Bloc québécois s'est retrouvé à son tour sur la sellette.Plutôt que de compter des points contre le gouvernement fédéral, comme le veut son plan de match, Lucien Bouchard a dû garder les filets du OUI.« C'est le monde à l'envers », fait remarquer un stratège fédéraliste qui s'étonne qu'avec, en main, le contrôle de l'ordre du jour référendaire, le camp du OUI laisse autant le champ libre à ses adversaires.À l'approche de la campagne référendaire en bonne et due forme, les rôles sont en effet complètement inversés sur plusieurs tableaux, tout au moins à Ottawa.Ainsi, alors qu'en 1993, le Bloc québécois avait réussi le tour de force de partir en campagne une semaine plus vite que les conservateurs de Kim Campbell, le contraire se produit cette fois-ci.Et, pendant que le Bloc québécois en est à recycler des questions pour alimenter son offensive aux Communes, ses vis-à-vis fédéraux réussissent à situer le projet de partenariat du OUI dans le cadre qui leur convient.Pearson : Nixon admet avoir omis plusieurs responsables clés NUGUITTI YOUNC d* la Press* Canadienne OTTAWA m C'était au tour, hier, de Robert Nixon, l'ex-trésorier libéral et auteur du rapport Nixon qui recommanda l'annulation de l'entente de privatisation de l'aéroport de Pearson, d'être sur la sellette.Interrogé longuement par des sénateurs conservateurs, M.Nixon a déclaré qu'il croyait m 4 aut s en souvenu toujours que le processus entourant le contrat de gestion des aérogares I et II avait fait l'objet de manipulation politique.En outre, a-t-il précisé hier matin, tout semblait indiquer que des lobbyistes avaient trempé dans cette affaire pour faire pencher la balance en faveur de la société Paxport Inc., une société to-rontoise ayant des liens conservateurs.M.Nixon, un ami du premier ministre Jean Chrétien qui a appuyé la candidature de ce dernier à la tête du Parti libéral à deux reprises, a accepté de revoir le contrat à la demande de M.Chrétien, a-t-il indiqué sous serment.Pendant la campagne électorale d'octobre 1993, M.Chrétien avait promis d'annuler cette entente si elle avait fait l'objet de tractations louches.Après son élection, le premier ministre Chrétien avait demandé à M.Nixon de faire rapport dans un délai de 30 jours, ce qu'il a accepté sans réserve au tarif de 750 $ par jour.À la suite des questions persistantes de la sénatrice Marjorie LeBreton, une responsable des nominations politiques de l'ex-premier ministre Brian Mulro-ney, M.Nixon a expliqué qu'il n'avait pas pris de notes pendant les conversations qu'il avait eues avec les hauts fonctionnaires et qu'il n'avait aucun enregistrement pour appuyer ses conclusions.Pour respecter l'anonymat de « quatre à cinq » sources, il n'a pas voulu dévoiler la teneur de toutes les conversations qu'il avait eues dans le cadre de son enquête.Par contre, il admis volontier qu'il n'avait pas parlé aux deux ministres des Transports mêlés au dossier de Pearson, Doug Lewis et Jean Corbeil, ni au responsable de l'évaluation des soumissions Ron Lane, ni à Victor Barbeau, le sous-ministre adjoint aux Transports « parce qu'il était en Inde ».Il en va de même pour Raymond Hession, l'ex-pré-sident de Paxport et des « lobbyistes enregistrés.» M.Nixon cependant soutenu n'avoir rien rien à se reprocher, qu'il avait été impartial dans son analyse car « il ne se considérait pas comme un agent du gouvernement du Canada.» M.Nixon n'a pas non plus rencontré Don Matthews, l'un des hauts dirigeants de Paxport et président de la campagne de financement de M.Mulroney.Par contre, il a expliqué qu'il s'était entretenu avec le président Jack Matthews, car il « était suffisamment bien équipé pour représenter le point de vue de Paxport.» M.Nixon a donné beaucoup de poids aux déclarations de Hu-guette Labelle, l'ex-sous-ministre des Transports.Elle avait indiqué que le processus d'évaluation semblait favoriser Paxport.Ils ont gravis les sommets des Rocheuses pour répandre le français, d'un océan à l'autre.fnf Sross&au, Dumoulin, 'rsmbtèty, Bouchant.B&gewn, F rackette, iuthm>Mémr&Uifiac,CÔié,L&vas&eur, tuhnetrPlanïçfiàcïi, Lefeovm Landty, BrOié, Wfcrd, Daliaîre, &f/)/
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