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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Référendum 95
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1995-10-27, Collections de BAnQ.

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[" Éditorial Opinions Monde Annonces classées Landry avait prévenu Clinton de rester coi Johnson se moque de cette « menace » à l'endroit de l'administration américaine L'EXPRESS POLITIQUE LE OUI EN AVANCE ¦ Le OUI détenait cette semaine une mince avance auprès des électeurs ayant fait leur choix en vue du référendum de lundi prochain, indique un nouveau sondage rendu public hier.Ce sondage Angus Reid effectué entre lundi et mercredi indique que 44 pour cent de l'électorat québécois aurait voté OUI, alors que 40 pour cent appuie le NON.Seize pour cent des personnes sondées n'avaient pas encore fait leur choix ou ont refusé de répondre.Ce sondage a été fait auprès de 1029 citoyens du Québec.11 comporte une marge d'erreur de 3,1 pour cent, 19 fois sur 20.Cela signifie que le OUI pourrait avoir obtenu l'appui de 47,1 pour cent des personnes interviewées, ou aussi peu que 40,9 pour cent.L'appui au NON aurait pu être au mieux de 43,1 pour cent, ou de 36,9 pour cent dans le sens contraire.D'après PC APRÈS LES CRIS, LES INUIT ¦ Les Inuit du Québec ont tenu leur propre référendum, hier, et tout porte à croire qu'une forte majorité se prononcera contre la souveraineté de la province.Les Inuit participeront également au référendum provincial de lundi mais leurs leaders souhaitaient s'assurer que la position des Inuit était bien claire.Environ la moitié des 8000 Inuit du Nord du Québec étaient admissibles au référendum d'hier.Un autre groupe autochtone du Nord du Québec s'est déjà prononcé cette semaine contre la séparation.Presque à l'unanimité, les Cris ont décidé de ne pas permettre au gouvernement du Québec de séparer leur vaste territoire traditionnel du Canada dans le cas d'une victoire du OUI au référendum de lundi.D'après PC LES POSTIERS COURTISÉS ¦ La section québécoise du Syndicat des postiers du Canada a envoyé une lettre à ses membres pour les inviter à voter OUI en joignant à son message une lettre de Jacques Pari/eau dans laquelle celui-ci leur garantit leur emploi et le respect de leur convention collective.Le Syndicat des postiers du Canada compte près de 10 000 membres au Québec.Le message du syndicat à ses membres ajoute que les lois québécoises sur le travail conféreront aux postiers des avantages tels que la loi anti-scabs, le retrait préventif des femmes enceintes, la loi sur la santé et la sécurité au travail, et les déducations à la source pour le Fonds de solidarité de la FTQ.En vertu de la Loi sur les consultations populaires au Québec, cet envoi pourrait constituer une infraction puisque les dépenses encourues par le syndicat des postiers ne sont pas comptabilisées par un des deux comités nationaux autorisés.Le camp du NON songe déjà à déposer une plainte au directeur général des élections contre le syndicat canadien de la fonction publique qui a fait circuler un trac similaire parmi ses membres.La Presse LE « POINT FAIBLE \u2022 DU OUI ¦ Interviewé sur les ondes de CKAC hier matin, Lucien Bouchard a décrit le point faible des souverainistes dans cette campagne.«c C'est le fait que personne ne peut tracer de plan précis, avec l'emplacement de tous les boulons et vis, durant les deux ou trois ans qui suivront l'accession à la souveraineté.Pas un économiste ne peut établir une prédiction précise, car personne ne peut prédire l'économie internationale, a va prendre de la solidarité et des gens solides.» Plus tard en journée, M.Bouchard a dit ignorer dans quelle mesure l'insécurité peut jouer un rôle dans la décision que prendront les Québécois.Mais à son avis, les « vieux démons de la peur » ont été terrassés, notamment en raison des prévisions apocalyptiques du ministre canadien des Finances, Paul Martin, selon qui la souveraineté menacerait un million d'emplois au Québec.Philippe Cantin BOUCHARD LOUANGE IEAUD0IN ¦ Après avoir été mis au banc des accusés par les leaders souverainistes, Laurent Beaudoin retrouve grâce aux yeux de Lucien Bouchard.Dans un discours devant les étudiants de l'École nationale d'aérotechnique, hier, à St-Hubert, le chef du Bloc québécois a salué les paroles « responsables et pragmatiques » du président de Bombardier.« Nous savons maintenant, parce que M.Beaudoin nous l'a dit clairement, que Bombardier resterait au Québec en cas de souveraineté, a dit M.Bouchard.Il faut saluer ces propos responsables.M.Beaudoin nous parle comme un Québécois, qui a ses racines ici, et qui sait devoir une partie importante du succès de son-entreprise à la loyauté, l'acharnement et l'expertise de sa main d'oeuvre.» Selon M.Bouchard, l'assurance donnée par M.Beaudoin démontre que tous les Québécois seraient solidaires après un OUI.f Plùlippe Cantin Dans une lettre adressée au secrétaire d'État américain Warren Christopher le 19 octobre, le ministre québécois des Affaires internationales, Bernard Landry, avait prévenu l'administration Clinton de ne pas intervenir davantage dans le débat référendaire.« Si des déclarations américaines devaient être perçues publiquement comme un élément de la décision que les Québécois s'apprêtent à prendre, elles seraient imprimées dans notre mémoire collective et nos livres d'histoire »9 écrit M.Landry.« Si la victoire échappe au OUI par une faible marge, ce qui est plausible, ceux qui auront voté OUI \u2014 une nette majorité de Québécois francophones \u2014 seront tentés de rejeter en partie la responsabilité de leur immense déception sur les États-Unis.le ne sais pas combien de décennies il faudra pour dissiper ce sentiment », poursuit-il.Il a ajouté qui si le OUI devait l'emporter, les Québécois et les historiens se rappelleront que la souveraineté du Québec se sera accomplie en dépit, ou même contre la volonté des Américains.« Cela rendra plus difficile la tâche de développer avec les États-Unis des relations productives et amicales auxquelles nous tenons » Le chef du NON, Daniel lohnson, a qualifié de « manque de jugement sans précédent » l'envoi de cette lettre par PHILIPPE CANTIN Les coûts de transport auront été modestes pour les milliers de personnes, venues de partout au Canada, dire leur amour aux Québécois aujourd'hui.Les rabais colossaux offerts par plusieurs entreprises, notamment les lignes aériennes Canadien, choquent Lucien Bouchard qui perçoit dans cette situation un signal inquiétant: «Ça veut dire que tous les moyens sont bons.On passe le bulldozer sur les lois du Québec, parce que le fédéralisme et le NON sont plus importants que le respect d'une loi fondamentale du Québec.» À Saint-Hubert hier midi, M.Bouchard a manifesté sa déception devant la décision de Canadien d'octroyer, malgré la mise en garde du directeur général des élections, des réductions de tarifs.En après-midi, à Saint-Hyacinthe, quand il est devenu évident que ce rassemblement réunirait une foule impressionnante, le chef du Bloc québécois a nettement durci le ton.Il a rappelé que ces rabais représentaient des dépenses non comptabilisées pour favoriser le camp du NON et violaient la Loi électorale adoptée sous l'égide de René Lévesque.« Une loi du Québec, c'est pas important pour Canadien, et pour tous ceux qui vont venir se promener, à 10 p.cent des tarifs, pour nous dire qu'ils nous aiment, à Montréal, a-t-il lancé.Une loi du Québec, c'est pas aussi respectable qu'une loi de l'Alberta ou de l'Ontario, ou une loi fédérale.On saura ce que ça veut dire, cette manifestation bidon, qu'on va nous servir pour nous tromper et nous faire croire qu'on nous aime.f le ministre Bernard Landry.M.Landry « a menacé les États-Unis \u2014 il faut le faire \u2014 en disant que ça va prendre des décennies pour oublier l'outrage qu'ils nous font.Il a dit aux Américains qu'ils n'ont qu'à bien se tenir.Il les menace et les intimide.Pour qui se prend-t-il ?», a ironisé M.lohnson hier alors qu'il était invité à la radio régionale de Radio-Canada.Selon le chef du Bloc québécois, Lucien Bouchard, le gouvernement du Canada a échoué dans sa tentative de convaincre les États-Unis de soutenir plus nettement la cause du NON.Et il estime que la lettre fort directe que M.Landry a fait parvenir jeudi dernier au secrétaire d'État des États-Unis n'a pas été vaine.En fait, l'appui très clair de Bill Clinton à l'unité canadienne ne gêne pas Lucien Bouchard.Au contraire, il se dit satisfait des commentaires exprimés mercredi par le président américain.« Quand on décode ces messages diplomatiques, on comprend que M.Clinton s'en tient aux positions traditionnelles adoptées par les États-Unis devant la montée du souverainisme québécois, a dit M.Bouchard, hier, lors d'un point de presse.Le président américain a une obligation de courtoisie internationale, qui est de ne pas s'immiscer dans quelque chose pouvant avoir l'air d'aider un démembrement de souveraineté.La courtoisie qu'il doit aujourd'hui à la souveraineté canadienne, il la devra demain à la souveraineté québécoise.» Dans le camp du OUI, on explique que la lettre de M.Landry du 19 octobre avait pour objectif de prévenir des déclarations encore plus favorables à l'unité canadienne de la part du président américain.On savait que MM.Chrétien et Clinton devaient se rencontrer à New York à l'occasion du 50e anniversaire de l'ONU le 21 octobre dernier.M.Landry a nié hier qu'il s'agisse-la de « menaces » faites par le Québec.« Peu de pays pourraient se permettre de faire des menaces aux États-Unis », a rapporté Catherine Lecompte, porte-parole de M.Landry.Le Québec souhaite seulement la neutralité des États-Unis dans le débat référendaire et le gouvernement québécois est satisfait de la déclaration du président Bill Clinton qui a déclaré mercredi qu'il ne veut pas « s'ingérer dans le débat », a-t-elle ajouté.Le Canada possède une ambassade à Washington où 300 fonctionnaires peuvent faire valoir le point de vue du Canada.«c Nous, on n'a même pas eu le droit d'avoir une représentante à Washington.Alors on écrit », a-t-elle dit.Mercredi, le président Clinton a affirmé que le Canada représentait un « modèle » pour le monde et que son leadership était ressenti au sein de la communauté internationale.« Le Canada est un allié puissant des États- ser n'importe quoi dans une campagne électorale ou référendaire.« M.lohnson doit reconnaître son obligation d'inclure dans la comptabilité des dépenses admissibles du comité du NON ces subventions qui résultent des diminutions de tarifs.Ça va nous coûter cher de se faire dire qu'on est aimé, la boite de bonbons va nous coûter cher! le ne suis pas fier de voir M.lohnson déambuler dans cette manifestation.Leur idée, c'est de culpabiliser les Québécois, de leur dire: \"Vous n'allez pas faire ça au Canada anglais qui vous aime tellement.\" » Les stratèges souverainistes ne sont pas convaincus que l'effet de cette manifestation sera profitable au camp du NON.On croit que de nombreux Québécois risquent plutôt de réagir avec colère, ou détachement, à cette initiative de dernière heure.De la même façon, on estime que le premier ministre Chrétien a joué et perdu en s'adressant à la nation mercredi soir.D'une part, il n'a soumis aucune proposition concrète de renouvellement constitutionnel et, d'autre part, il a permis au OUI de rappeler avec éclat son rôle lors de la nuit des longs couteaux en 1981, au détriment de René Lévesque.Les souverainistes reconnaissent néanmoins sans hésitation que la victoire n'est pas acquise pour leur option.Leurs chances seront bien meilleures, disent-ils, si une tranche des 10 p.cent de Québécois ne s'intéressant aucunement à la politique, et ne votant habituellement pas, participe au scrutin a la demande de parents ou amis.De là l'importance de pousser à fond l'Opération Convaincre, où 80 000 militants se sont déjà engagés à amener un indécis à dire OUI.t Unis et j'espère que ça continuera », a» t-il ajouté, à Washington.Si le OUI l'emporte le 30 octobre et que le Québec décrète sa souveraineté, la reconnaissance internationale de cette décision aura un impact majeur sur la suite des événements.De la l'importance de la réaction des États-Unis.Si ce pays reconnaît le Québec, cela pourrait provoquer une réaction en chaîne chez ses alliés.S'il ne le fait pas, à la demande du Canada ou autre* ment, le gouvernement de M.Parizeau sera confronté à un obstacle de taille.« le suis très content parce que M.Clinton a résisté aux pressions du gouvernement fédéral qui voulait le faire s'engager beaucoup plus avant et déroger à la ligne traditionnelle des Américains, a ajouté M.Bouchard.Il a répète clairement que la décision appartient aux électeurs du Québec.Le président américain s'en remet à la décision qui sera prise et en prendra acte.» M.Bouchard n'a pas commenté le ton de la lettre.Il a simplement expliqué qu'elle représentait une mise en garde de M.Landry à M.Christopher pour contrer « les pressions intensives déployées par des diplomates et ministres fédéraux » afin de convaincre les Américains d'abandonner leur position traditionnelle.« M.Clinton a pris note de cette mise en garde et conclu que les Américains devaient la maintenir », a dit M.Bouchard.Manif du NON: les dispositifs de la police seront en place dès ce matin BRUNO BISSON a!v^re un court délai, le Service de police de la Communauté urbaine de Montréal dit avoir pris les dispositions nécessaires en vue de la manifestation monstre qui doit se dérouler aujourd'hui autour de la Place du Canada, en pleine heure du midi, et au beau milieu du centre* ville.En raison de l'heure choisie par le comité du NON, au moment où des milliers d'employés des tours a bureaux voisines sortent pour le repas du raidi, on estime que la foule pourrait atteindre entre 25 000 et 70 000 personnes, dans le vaste périmètre fermé par la police.L'inspecteur Claude Lalonde, responsable de l'événement pour le district 25 ( centre-ville ouest ) de la CUM, a précisé que la tenue de cet événement forcera la fermeture de plusieurs rues à la circulation à partir de 10 h ou 10 h 30.Ce périmètre s'étend d'est en ouest des rues Uni-versity à Stanley, et du nord au sud entre Sainte-Catherine et De La Gauchetière.Ces quatre grandes artères ne se* ront pas elles-mêmes fermées à la circulation durant la manifestation, qui doit se terminer vers 13 h 15, mais le vaste secteur qu'elles englobent sera totalement interdit aux automobilistes, au moins jusqu'à 14 h.Malgré le très court délai, inhabituel, entre l'annonce de cet événement et sa tenue, l'inspecteur a pré* cisé que les dispositifs nécessaires seront en place dès ce matin.Le comité organisateur du NON n'a informé le service de police de cette manifestation que mercredi avant-midi.Par la suite, les annonces de réductions de tarifs aériens et de chemins de fer ont eu pour effet d'augmenter sensiblement les prévisions d'affluence, et, du même coup, la complexité de l'organisation policière nécessaire à l'événement.Étant donné les délais très courte le service de police a été forcé de faire des pieds et des mains pour trouver les effectifs nécessaires, tout en respectant ses budgets.On n'affecte pas les policiers à seulement quelques heures d'avis, en temps normal.M.Larose a parlé de « quelques centaines » pour cette manifestation.« On s'en tire bien » a dit l'inspecteur lorsqu'il a été interrogé sur le coût que devra absorber le service de police en raison des courts délais.« On ne sera pas obligé de payer les policiers affectés en temps supplémentaire.» Quant à la manifestation elle-même, elle n'atteindra peut-être pas les 20 000 personnes attendues, même si la présence en masse des employés des tours voisines risque fort de mêler les cartes.Selon l'inspecteur, les organisateurs auraient fait état, hier, de l'arrivée de 25 autobus nolisés du Nou-veau-Brunswick et d'une trentaine de véhicules pour la région de Montréal.« Ce qui fait à peu près 2500 personnes », résume M.Larose.Quant aux transporteurs aériens et ferroviaires, leur capacité maximale de transport s'établirait autour de 10 000 personnes.Le responsable de la logistique policière a par ailleurs précisé que les manifestants du NON retourneront chez eux en grande majorité, après l'événement, puisqu'on n'a pas signalé de hausses notables des réservations dans les h \u2022 tels montréalais.Du moins, pas pour le moment.I , PHOTO REUTER Lucien Bouchard, qui faisait campagne hier dans la région de Montréal, s'est élevé conre la décision de Canadien de maintenir ses rabais exceptionnels à l'occasion de la manif pour le NON.faisant ainsi fi de la Loi électorale québécoise.« Des soupirants cramoisis qui vont nous dire qu'ils nous aiment à 10 % du tarif » Lucien Bouchard s'élève contre l'initiative des tarifs réduits de Canadien « Est-ce qu'on va voler sur les ailes de Canadian et rouler sur les rails de Via Rail \u2014 dans des locomotives et des wagons désaffectés qui sont bons pour la scrap \u2014, parce que tout à coup, on a été saisi d'un amour transi pour le Québec?Vendredi» deux jours avant le scrutin, il faut aller dire aux Québécois qu'on les aime! Où étaient-ils en 1982 quand ils ont rapatrié la constitution contre nous autres?» Ironique à souhait, M.Bouchard s'est moqué de cette « manifestation d'amour spontané », de ces « soupirants cramoisis » et de ces « cupidons intéressés pas par hasard ».Il a tait ses choux gras d'une note de service, truffée de fautes de français, adressée aux employés des succursales d'Ottawa et de Hull de la Société centrale d'hypothèque et de logement ( SCHL ).Cet organisme fédéral les invite à prendre un congé avec solde pour assister au « Ralliement pour l'Unité ».On précise que les drapeaux seront fournis.Le chef du Bloc québécois a noté que le Québec contribuait financièrement au fonctionnement de la SCHL et dénoncé l'engagement politique de cet organisme.Mais ses rafales les plus glacées, il les a réservées à Daniel Johnson.« C'est le comité du NON qui a demandé le permis de manifestation, a-t-il dit.Elle s'inscrit donc dans les activités partisanes de la campagne.MM.lohnson et Chrétien participent à une opération qui se déroule sur un arrière-plan d'illégalité et d'un manque de respect flagrant d'une des belles lois du Québec, ceiie qui a changé les moeurs électorales, qui fait que l'éthique existe en matière de financement, et que les partis ne peuvent pas dépen- EDITORIAL Paul Desmarais Roger D.Landry président du conseil président d'administration et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Le courage d'un NON, pour en finir SI II y a un consensus entre les Québécois des deux camps, c'est leur profonde lassitude face au débat constitutionnel et leur volonté de passer à autre chose.Pour bien des gens, le choix du OUI correspond à ce désir d'en finir une fois pour toutes et repose sur l'espoir qu'un Québec enfin libre puisse s'affranchir des querelles fédérales-provinciales.C'est une grande illusion.La victoire du camp souverainiste mènerait à des chicanes avec Ottawa comme on n'en a jamais connu, sans doute des années de pour-H^^^ parlers, avec leur cortège de complets, de ne- ^^HP^ ffS gociations secrètes, de conférences de presse Indignées et de dénonciations des turpitudes du « partenaire » canadien.Le choix du OUI, ce n'est pas la voie du changement, ni la fin de cet interminable débat, mais au contraire son accélération.Le choix du non.dans l'état actuel des choses, n'offre pas tellement plus de perspectives libératrices, si les leaders fédéralistes québécois reprennent leurs pèlerinages à Ottawa où les mêmes demandes rencontreront sans doute les mêmes refus.Est-ce vraiment étonnant ?Libéraux et péqulstes forment les deux pôles d'une même stratégie, les complices de la même « game » que le Québec Joue depuis vingt-cinq ans, avec son alternance entre le chantage à la séparation et les luttes pour des réformes.Ce Jeu ne nous a mené nulle part et les Québécois sont dans une impasse, coincés entre les refus répétés du Canada face à toute concession et leurs hésitations à faire le grand saut.C'est la stratégie de l'ornière où le Québec, à force d'avancer et de reculer sur la même piste, a fini par s'enfoncer dans ses traces Jusqu'à l'essieu.Si ion veut s'affranchir de cet esclavage, il faut choisir le NON.parce que c'est la seule façon de créer les conditions qui nous permettront de dire non aux politiciens qui nous imposent leurs « bibittes » d'il y a un quart de siècle, que ce soient les souverainistes avec leurs mythes et les fédéralistes avec leurs demandes traditionnelles.Cela exige un courage certain, car il faut pour cela admettre que l'on a fait fausse route, depuis vingt-cinq ans, et arrêter de définir la destinée du Québec par la lunette réductrice des relations fédérales-provinciales.il est vrai que le régime fédéral est Imparfait et que l'exclusion du Québec de la Constitution est une anomalie.Mais cette bataille est la mauvaise bataille.Le gouvernement québécois qui fera le plus avancer le Québec sera celui qui osera carrément refuser de s'engager dans le débat constitutionnel.Les énergies, toutes les énergies, devraient être consacrées à s'occuper des choses importantes qui nous attendent : la lutte au chômage élevé et les pressions de la globalisation, qui nous obligent à nous préparer, mais aussi à nous protéger.C'est aussi en sattaquant à ces problèmes que nous protégerons le mieux notre identité.Qu'est ce qui est le plus Important pour assurer notre force dans l'avenir : réparer l'affront de Meech ou rebâtir notre système d'éducation bringuebalant ; négocier d'égal à égal ou encourager l'innovation ; trouver notre place dans la Constitution ou trouver notre place dans un monde global ?Le vrai choix est là.* * * Cela ne signifie pas que le régime fédéral dans lequel nous vivons est particulièrement remarquable pour relever ces défis.Mais II peut Jouer un rôle essentiel, comme tremplin, et comme parapluie, grâce à la protection qu'il nous propose contre les contrecoups les plus brutaux de la globalisation et ies pressions de notre voisin américain.Mais si on s'attarde aux réussites assez nombreuses dont le Québec est fier, depuis trois décennies, on découvrira que la plupart des pistes prioritaires pour nous préparer à ces chocs globaux \u2014 l'éducation, l'innovation, notre capacité d'essaimer à travers le monde, la redéfinition de l'État\u2014, ne dépendent pas du statut constitutionnel dans lequel nous nous trouvons.Le fédéralisme offre un autre avantage, énorme : il est déjà là.La souveraineté exigerait un incroyable détour pour arriver à peu près au même point, des années créatrices consacrées à négocier le statut du Québec, à lutter contre l'Inévitable dégradation de l'économie, au lieu de préparer le Québec à amorcer ses virages.En plus de ce gaspillage de ressources, à un moment si stratégique, le projet souverainiste comporte des éléments troublants, qui seront des freins puissants aux changements et à la modernisation dont le Québec a besoin.Premièrement, l'insécurité linguistique, qui nourrit encore la ferveur souverainiste, véhicule cette crainte de l'extérieur, du fait anglais, et annonce à ce chapitre des rapports difficiles avec le Canada, mais aussi avec le voisin américain.Avec sa promesse d'un cocon, le message souverainiste est aux antipodes de la nécessaire ouverture des Québécois.Deuxièmement, le projet de société souverainiste repose sur une glorification des réglons et une négation de la réalité montréalaise, qui priverait le Québec du seul outil dont II dispose pour s'affirmer comme nation moderne.Non seulement Montréal n'a pas vraiment de place dans le projet de société souverainiste, mais c'est Montréal qui supporterait les princi- paux coûts de la souveraineté, en raison de la concentration des anglophones, du départ des sièges sociaux et de la mobilité de ses industries de pointe.En choisissant de sacrifier Montréal, les souverainistes privent le Québec de sa porte sur le monde, mais aussi de sa porte sur l'avenir.Troisièmement, les appuis les plus fermes au projet souverainiste viennent maintenant de portions de la société qui Incarnent le frein au changement, en particulier les centrales syndicales et de multiples groupes de pression, qui sont tous en demande et attendent des largesses de l'État souverain.Veut-on vraiment que la société québécoise de demain ait été façonnée par la CSN ?Quatrièmement, le projet souverainiste s'Inspire d'une vision traditionnelle de l'État.Non seulement la souveraineté repose d'abord sur une vaste opération bureaucratico-politlque, avec son brassage de fonctionnaires, mais elle est renforcée par un projet social-démocrate pur et dur, comme on en rêvait il y a un quart de siècle, et qu'aucun pays n'a plus les moyens de se payer.C'est en fait une stratégie des années soixante qu'on plaquera, tant bien que mal.aux réalités de l'an 2000.* * * Cette réflexion sur la nécessaire modernisation du Québec ne doit évidemment pas nous faire oublier l'essentiel, l'importance primordiale d'affirmer l'identité des Québécois, de protéger le fait français et d'assurer la survie du peuple québécois.Mais II faut arrêter de croire que la destinée d'un peuple minoritaire se définit par des textes poussiéreux, par des négociations sur la formulation de la société distincte ou les nuances du partenariat.Il y a une convergence entre la modernisation du Québec et son épanouissement.Le peuple québécois assurera bien mieux sa survie par son dynamisme et ses réalisations, sa prospérité, sa force économique et culturelle.Plus le Québec sera fort, non pas dans ses batailles politiques mais dans ses actions, ici et à travers le monde, plus il pourra s'imposer et sécuriser son avenir.Les Québécois le sentent bien, eux qui sont si sensibles aux succès des Québécois à travers le monde, en cinéma, en musique, en littérature, dans le domaine de l'économie et de l'innovation.Ces succès, dont nous sommes si fiers, Jouent un rôle crucial pour affirmer notre Identité.Et si nos gouvernants cherchent une stratégie d'affirmation, qui mobilise les Québécois, les unit, et les renforce, c'est là qu'ils doivent la trouver, en transformant le Québec en machine à succès.C'est là la voie du vrai changement.Alain DUBUC Un coin de parapluie Àdeux reprises, des citoyens du « reste du Canada » qui ont voulu ajouter leur voix au débat référendaire se sont heurtés de front à la loi régissant les consultations populaires au Québec, il y a eu l'affaire du Toronto Star, qui avait fait imprimer un cahier spécial de lettres en faveur de l'unité canadienne.Puis celle des rabais consentis par des transporteurs aux personnes souhaitant participer à la « croisade du Canada ».lancée par le ministre fédéral Brian Tobin.Le directeur général des élections a jugé que ces initiatives devaient être comptabilisées dans les dépenses du NON.Résultat : les missives ontanennes n'ont pas été distribuées, alors que les compagnies de transport concernées s'exposent à des poursuites.D'un point de vue légal, M.Côté a raison.Il s'agissait de deux Interventions directes dans la campagne référendaire, occasionnant des frais « en vue de favoriser une option soumise au référendum ».Et dans les deux cas, on avait omis de placer la facture sous le parapluie concerné.Bref, le DCE n'a fait qu'appliquer à la lettre une loi visant à garantir l'égalité des moyens à chacun des deux camps.Ce souci d'équité est juste, mais l'approche binaire comporte aussi sa part de paradoxes.Elle agit comme un rouleau compresseur, qui défavorise les voix ne cadrant pas avec les discours dominants, élimine les nuances, et décourage les mouvements spontanés nés en réaction à la tournure des événements, on peut comprendre que ces limites paraissent inconcevables à des Canadiens qui.dans un élan de panique ou de coeur, voire les deux, veulent lancer un ultime appel aux Québécois confrontés à un choix qui, après tout, les concerne eux aussi.La mécanique référendaire est-elle trop tatillonne ?Y a-t-II moyen de préserver l'équité tout en faisant un peu plus de place sous les parapluies ?Ces deux épiphénomènes de la campagne en cours incitent au moins à se poser la question.Agnès GRUDA Quels Montréalais ?Cl est le rôle des élus municipaux de défendre les intérêts de leur ville.Et de tout faire pour y attirer des entreprises qui vont payer des taxes et créer des emplois.On ne saurait donc leur reprocher de privilégier celles qui y ont pignon sur rue.Dans cette optique, il n'y a rien d'anormal, à première vue.dans la décision de l'administration Bourque de réserver à des sociétés ayant leur place d'affaires à Montréal l'octroi de tout contrat de moins de 500 000 $ pour des services professionnels.C'est le bon vieux réflexe de «l'achat chez nous » que tous les gouvernements pratiquent plus ou moins ouvertement compte tenu des écarts de prix, des ressources locales disponibles et de la latitude qu'autorisent les règles du commerce International et autres accords de réciprocité commerciale.SI cette entorse au principe de la libre concurrence se défend habituellement au nom du développement économique pour des grands ensembles, elle comporte cependant des inconvénients qui risquent de neutraliser ses effets positifs dans le cas dune plus petite unité comme une administration municipale.On n'a qu'à penser au risque de devoir payer plus cher pour un contrat parce que, même dans une ville de l'importance de Montréal, le nombre de soumissionnaires est forcément plus limité que si on pouvait faire appel à tous les compétiteurs de la région.Sans parler des situations Injustes ou absurdes qu'on peut imaginer.Ainsi, par exemple, qu'arrive-t-il à des professionnels vivant à Montréal où ils paient des taxes et effectuent le plus gros de leurs dépenses personnelles mais qui ont leur bureau à Anjou ?Ou du mauvais côté de la rue Hutchison et considérés comme faisant affaire à Outremont ?C'est à de telles aberrations qu'on arrive quand on s'accroche à des solutions miracles qui ne tiennent pas compte de la réalité.Pierre C RAVEL _!_1-S- DROITS RÉSERVÉS La boîte aux lettres Rêves canadiens ¦ Le rêve de Terry Fox de courir de bord en bord d'un Canada qui s'unit pour lutter contre le cancer ne peut pas exister sans le Canada.Le rêve qu'a réalisé Marc Garneau a rendu tous les Canadiens, ceux de l'Est comme ceux de l'Ouest, très fiers de leur pays.Ce magnifique pays est rempli de futurs héros qui ont besoin de nous tous pour accomplir leurs rêves.Ne les décevons pas.Chris JILLINGS Kingston, Ontario Noble sentiment ¦ « La veille des élections, il t'appelait son fiston.Le lendemain, comme de raison, y avait oublié ton nom !» Il y a de ces chansons très simples qui disent en quelques mots des vérités étemelles.Félix Leclerc en a écrit d'autres de cette catégorie.Aujourd'hui même, grâce à la générosité aussi soudaine que désintéressée d'Air Canada, de Canadian et de Via Rail, des milliers de Canadiens d'un peu partout au pays sont venus nous dire jusqu'à quel point ils nous aiment.|e suis heureux que ces Canadiens nous aiment mais, comme je suis une nature sceptique et inquiète, j'attendrai après le référendum pour les croire vraiment.Si, le 30 octobre, les Québécois choisissent en majorité de dire OUI, et qu'ensuite ils font encore l'objet de semblables démonstrations, ils sauront qu'ils peuvent compter sur les Canadiens pour bâtir avec eux de solides et fructueuses relations de bon voisinage.Robert ROUSSEAU Montréal Des promesses MM.Bouchard et Parizeau.¦ Vous parlez des millions de dollars payés en impôts fédéraux qui reviendront à un Québec séparé.Mais vous semblez ignorer que, si le Québec se sépare du reste du Canada, environ 25 % de la dette canadienne s'ajoutera à la dette québécoise de 5 milliards.Ceci dit, pourrait-on s'attendre à une baisse d'impôts le lendemain du référendum ?l'en doute.Vous avez même dit qu'une victoire du camp souverainiste serait comme « un coup de baguette magique » sur le plan économique, Cela sera plutôt comme un coup de barre ?Les taux d'intérêt baisseront-ils, le 31 octobre ?Le dollar canadien prendra-t-il de la valeur ?Absolument pas.Vous avez promis d'intégrer les milliers de fonctionnaires fédéraux au Québec dans la nouvelle fonction publique québécoise en même temps que vous coupez dans les budgets des hôpitaux.Pourrez-vous tenir cette promesse ?Non.Elizabcth HOLDEN Gatineau L'heure est venue ¦ Après plusieurs refus du reste du Canada de reconnaître le caractère distinct de la société québécoise et de lui accorder certains pouvoirs reliés à ce caractère distinct ; Après maints échecs essuyés par le Québec dans ses revendications pour renouveler le fédéralisme dans le respect de ses intérêts et de son autonomie ; Après le « dites NON et cela voudra dire OUI » de 1980 qui fut suivi, entre autres choses, du rapatriement et de modifications à la Constitution sans notre accord; le pense sincèrement que le clan du NON nous a fourni jusqu'à date une multitude de raisons de croire que l'heure est venue de passer à autre chose, de démontrer qu'entre Québécoises et Québécois ouverts sur le monde, on est capables de façon respectueuse de s'assumer comme peuple.Claude DUTIL Saint-Georges-de-Beauce LA PRESSE.MONTRÉAL.VENDREDI 27 OCTOBRE 1995 __B 3 Opinions Le Québec n'a jamais été aussi français que maintenant La séparation politique n'ajoutera rien aux pouvoirs que nous possédons déjà de bâtir chez nous une société imprégnée de notre iangue et à l'image de notre culture CLAUDE RYAN La Presse reproduit ici de larges extraits du discours prononcé par Vex-chef libéral et chef du camp du NON.en 1980.dans le cadre des Dîners de Cité libre, le 12 octobre dernier.m* mesure que la campagne référen-mm daire prenait forme, la langue a occupé plus de place dans le discours du OUI.Depuis quelque temps, nous avons entendu à ce sujet nombre d'affirmations visant, manifestement, tantôt à exploiter la peur compréhensible de l'avenir chez certains, tantôt à attiser le préjugé et la passion chez d'autres, plutôt qu'à proposer un éclairage objectif sur les sujets abordes.je voudrais commenter quelques unes de ces affirmations des tenants du OUI en essayant de retrouver le personnage de l'éditorialiste que plusieurs m'ont reproché d'avoir abandonné pour une carrière politique.le procéderai à partir d'une page publicitaire qui a été publiée dans les journaux quotidiens, le 26 septembre dernier, sous la signature du Conseil pour la souveraineté du Québec, un organisme grassement subventionné par le gouvernement du Québec pour faire la promotion de l'option souverainiste pendant la période qui précéda le déclenchement officiel de la campagne référendaire.Dans cette page publicitaire qui résume toute la problématique souverainiste en matière linguistique, le Conseil pour la souveraineté nous prévient que si nous votons NON au référendum, nous serons condamnés, premièrement, à assister, impuissants, au dé-clin du français à Montréal ; deuxièmement, à laisser Ottawa continuer à désinformer nos immigrants, en leur cachant que les Québécois forment un peuple distinct, et en leur laissant entendre qu'il n'est pas nécessaire qu'ils fassent des efforts pour s'intégrer à la société québécoise ; et, troisièmement, à laisser les cours fédérales continuer à faire des trous dans la Charte de la langue française, et à élargir encore l'accès à l'école anglaise.Ces choses vous étonnent ?Elles ont pourtant paru en toutes lettres dans les journaux et elles sont répétées tous les jours par des porte-parole du OUI à travers tout le Québec.Dans ce message sur l'avenir du français intitulé « Qu'arrivera-t-il après le référendum ?», on ne trouve pas un mot sur le sort qui attendrait le million de francophones vivant dans les autres provinces et territoires advenant une victoire du OUI ; pas un mot sur ce qu'il adviendrait des garanties constitutionnelles accrues dont jouissent des francophones au Canada, depuis la loi de 1982 ; pas un mot sur les gains réalisés, ces dernières années, par les communautés francophones hors Québec dans le domaine scolaire ; ni sur la place beaucoup plus large qu'occupent les francophones dans la politique et l'administration fédérale depuis le passage de Lester Pearson, Pierre-Elliott Trudeau, Bryan Mulro-ney et |ean Chrétien à la tête du gouvernement fédéral ; pas un mot, non plus, sur le rayonnement international Claude Ryan largement supérieur à notre importance numérique que nous procure notre participation à la fédération canadienne.Silence troublant Comme ces faits et la réalité qu'ils évoquent ne concordent pas avec la vision souverainiste, le Conseil pour la souveraineté choisit commodément de faire le silence à ce sujet.Cette façon d'aborder le débat sur notre avenir linguistique est égoïste et étroite.Elle m'apparait contraire à notre tradition de solidarité avec nos compatriotes francophones des autres provinces et territoires, ainsi que l'intérêt bien compris du Québec et de la francophonie en Amérique.Au Québec même, le Conseil pour la souveraineté prend le relais d'un courant de pensée ancien qui a toujours brandi le spectre de l'assimilation afin de chercher à limiter et contrôler les choix que nous sommes appelés à faire comme citoyens.Depuis des décennies, on nous prédit la minorisation inexorable du français au Québec, dès que l'on semble vouloir s'écarter de l'orthodoxie nationaliste.Pour contrer ce péril, on multiplie les appels à l'intervention contraignante de l'État dans des domaines où celui-ci ne devrait normalement intervenir qu'avec grande circonspection pour des motifs graves et urgents.La vision pessimiste des souverainistes en matière linguistique est toutefois contredite par les faits.Au cours des 50 dernières années, à travers des mutations culturelles, sociales, démographiques et économiques sans précédent, la prépondérance du français au Québec, loin de diminuer, s'est au contraire renforcée.Au recensement de 1941, le français était la langue maternelle de 81,6% de la population québécoise ; au recensement de 1991, 50 ans plus tard, ce pourcentage était passé à 82.5 %.Au chapitre de la langue habituellement parlée à la maison, on dispose depuis 1971 de données précises qui n'étaient pas disponibles antérieurement.Selon ces données, 82,8 % des Québécois parlaient le français à la maison, en 1991, soit une proportion légèrement supérieure à celle des personnes de langue maternelle française.De 1871 à 1991, la population du Québec est passée de un million à près de sept millions.Pendant la même période, la proportion des francophones est passée de 79 % à 82.5 %.En pensant à ces chiffres et à tout ce que nous avons bâti, nous pouvons affirmer, sans crainte d'être contredits, que le Québec est plus français, en 1995, qu'il ne l'était, en 1867.À cela, les souverainistes répondent que c'est surtout la région de Montréal, et plus particulièrement la ville de Montréal, qui les inquiète.Mais l'évolution récente de la démographie linguistique dans la région montréalaise, tout en nous invitant à une vigilance de bon aloi, n'est pas celle que se plaisent à décrire les diagnostics des souverainistes.Une première constatation s'impose.Autant sous l'angle de la langue maternelle que sous celui de la langue parlée à la maison, l'anglais est en nette perte de vitesse, et ce tant au niveau de la région métropolitaine qu'à celui de l'île et de la ville de Montréal.À chaque niveau, les effectifs et l'importance relative de l'anglais sont en diminution.Cette baisse largement attribuable à une faible natalité et à l'exode des deux dernières décennies a sans doute été atténuée par les gains que l'anglais a faits auprès des personnes dont la langue maternelle n'était ni le français ni l'anglais.Même en tenant compte de ces gains, en les comptabilisant, la baisse de l'anglais demeure réelle et significative.Dans la région métropolitaine de Montréal, la proportion des personnes ayant l'anglais comme langue maternelle est passée de 18,4% de la population totale, en 1981.à 14,5%, en 1991.La proportion des personnes ayant l'anglais comme langue d'usage à la maison est passée, quant à elle, de 21,7% de la population, en 1981, à 18,1 %, en 1991.Cela représente une chute de l'ordre de 10 I, au plan des effectifs, qui sont passés de 613 000 à 551 000.Le français en progression On constate en second lieu que le français comme langue maternelle et langue d'usage est en progression dans la région métropolitaine qui embrasse toute la région de Montréal, un rayon d'à peu près une quarantaine de kilomètres autour de Montréal.Le français était, dans la région métropolitaine, en 1991, la langue maternelle de 68,5% de la population contre 68,4 %, en 1981, et la langue parlée au foyer était le français pour 68,9 % de la population contre 67.8, en 1981.Par contre, tout en demeurant fortement majoritaire sous l'angle des effectifs, le français accuse lui aussi un recul, à la fois comme langue maternelle et comme langue d'usage dans l'ile et la ville de Montréal.De 1981 à 1991.la proportion des personnes ayant le français comme langue maternelle a diminué de 9,1 % dans l'île de Montréal et de 3,1 % dans la ville de Montréal.Par ailleurs, la proportion des personnes ayant le français comme langue parlée a baissé de 7,2 % dans l'ile et de seulement de 2,9% dans la ville de Montréal.Concernant la ville de Montréal en particulier, 624 000 personnes y avaient le français comme langue d'usage, en 1991.Et 153 000 personnes parlaient habituellement l'anglais, et 167 000 parlaient habituellement une langue autre que le français ou l'anglais.Les personnes parlant le français au foyer représentaient ainsi 63,8 % de la population de la ville de Montréal, contre 11,8% pour les personnes ayant l'anglais comme langue d'usage.Parler d'anglicisation galopante dans ces conditions, c'est s'écarter dangereusement de la réalité.Montréal a été, depuis un siècle et demi, une ville habitée principalement par deux communautés linguistiques.Et en conséquence, une ville où le bilinguisme a toujours occupé une place importante.Tout en conservant cette dualité historique, Montréal a su, au cours des dernières décennies, affirmer davantage son caractère français, en même temps qu'elle devenait aussi une métropole multiethnique et multiculturelle.Ces trois éléments constitutifs de Montréal sont la source de sa richesse et de sa vitalité et le fondement de la liberté et de la créativité que l'on aime y trouver.Les modifications dans la place relative de l'anglais et du français dans la région montréalaise s'expliquent, non pas par la montée de l'anglais comme nous venons de le voir, mais par la place française plus importante qu'occupent les communautés culturel- les minoritaires dans la vie montréalaise.Ces communautés représentent maintenant 17,7% de la population dans la région métropolitaine, et le quart de la population dans l'île et dans la ville de Montréal.(.) Soi-disant dangers En quête d'arguments percutants pour donner du souffle à leur campagne référendaire, les souverainistes sont apparus jusqu'à ces jours derniers résolus à exploiter à fond les soi-di sants dangers que le fédéralisme canadien fait courir sur l'avenir de la langue française au Québec.Mais aucune de leurs affirmations apocalyptiques ne résiste au test de la réalité.Il est faux de soutenir que le Québec sera menacé à plus ou moins long terme d'anglicisation.II est faux de soutenir que Montréal serait condamnée à devenir une ville dominée par la langue anglaise, à moins que le Québec ne devienne un pays souverain.Il est faux de prétendre que les politiques canadiennes en matière d'immigration ignorent les caractéristiques et les besoins du Québec.Il est faux, enfin, de prétendre que les tribunaux auraient charcuté la Charte de la langue française au point de la rendre impuissante à réaliser des objectifs voulus par le législateur.Hormis certaines contraintes raisonnables qui visent à protéger les droits des minorités linguistiques et qui répondent aux meilleures normes de civilité en ces matières, le Québec dispose sous le régime fédéral canadien de toute la latitude voulue pour assurer sur son territoire la protection et la promotion de la langue française.11 s'est servi des pouvoirs étendus dont dispose son Assemblée nationale pour contribuer à l'édification d'une société fortement distincte à tous égards.Une société plus française, en 1995, qu'elle ne l'était au début de la fédération canadienne.Par sa situation géographique exceptionnellement favorable, le Québec dispose en outre au sein de la fédération canadienne d'un pouvoir d'influence qui déborde son seul poids démographique et dont il a efficacement usé pour garantir de manière plus forte les droits du français au Canada.À moins de vouloir rogner sur des droits minoritaires, que les souverainistes affirment par ailleurs vouloir respecter, la séparation politique n'ajoutera rien aux pouvoirs que nous possédons déjà de bâtir chez nous une société imprégnée de notre langue et à l'image de notre culture Elle mettra par contre en péril les droits chèrement acquis des communautés francophones dans les autres provinces et territoires.Elle nous priverait aussi du rayonnement très important que notre appartenance au Canada procure à la langue française et à ceux qui la parlent et veulent continuer de la parler.Devant ces perspectives, et en l'absence de preuves sérieuses quant aux dangers que ferait courir à notre langue l'appartenance au système fédéral canadien, la voie de la continuité apparaît plus rationnelle, plus solide, et plus prometteuse pour le Québec, que celle de la séparation et du repli sur soi Lettre à un immigrant qui ne veut plus l'être GUY BOUTHILLIER L'outew est président du Mouvement Québec français.Sf.lv a un domaine où le Canada ne nous a pas beaucoup réussi, à nous du Québec français, c'est bien celui de nos rapports avec l'immigration.Les chiffres sont là pour en témoigner : le plus clair des immigrants est allé du côté du Canada anglais, même ici au Québec.De cela ne s'étonneront que ceux qui oublient que l'unification du Canada a été conçue, en 1840, et poursuivie sans relâche, depuis, avec l'idée d'assurer la supériorité du nombre à la langue anglaise.Et comme le pouvoir aussi nous faisait défaut, l'immigration s'est peu intéressée à nous, et nous peu à elle.Pourquoi l'aurait-elle fait alors que le Canada anglais, plus nombreux et plus fort, lui promettait un avenir brillant ?Et nous, comment aurions-nous pu nous intéresser à elle sans avoir l'air de chercher à ajouter à une population humiliée des personnes venues ici dans le but précis d'échapper aux humiliations ?Et n'allez pas croire que cette distance ne nous faisait pas mal.Pas à cause du nombre, où nous tenions bon, du moins au Québec.Mais en raison de la perte sèche pour notre peuple en valeur humaine.Toutes ces têtes, tous ces talents, tous ces succès qui nous échappaient, vous croyez que nous ne les voyions pas ?Tous ces immigrants qui préféraient les autres, vous croyez qu'on ne le ressentait pas comme un dur jugement porté sur nous ?Bien sûr, on nous rassurait en disant que, tous comptes faits, c'étaient nous les plus gentils, comme le raconte si joliment Mordecai Richler dans ses souvenirs d'enfant de la « Main ».Longtemps, il est vrai, on s' est accommodé de cet état de choses, en invoquant la différence de religion.Mais quand on a vu s'éloigner de nous Tes Italiens, avec lesquels nous partagions une même allégeance romaine, et qui de surcroît avaient commencé à vivre avec nous, nous avons compris que c'est le Canada qui ne nous convenait pas, et que tant qu'il serait là au-dessus de nos têtes, nous resterions une minorité incapable d'attirer les immigrants.L'immigration nous aura ainsi aidé à prendre la juste mesure de notre poids réel au sein du Canada.Surtout, elle nous aura fait comprendre que si le Québec voulait s'affirmer vis-à-vis de l'immigration, il devait d'abord s'affirmer vis-à-vis du Canada, et que si l'on voulait abattre le mur d'indifférence qui nous séparait d'elle, il fallait d'abord rompre avec le Canada.Ainsi, avons-nous compris que c'est en dénouant le lien ô combien théorique qui nous liait à des Canadiens que nous ne verrions jamais parce qu'ils vivaient loin d'ici et souvent même à l'autre bout du continent, que nous pourrions commencer enfin à tisser des liens, bien réels ceux-là, avec ces voisins que l'on voyait tous les jours un peu plus s'installer à l'autre bout de la rue quand ce n'était pas en face de chez soi.* * * Et vous aussi vous avez cheminé.Et aujourd'hui vous êtes prêt à prendre votre place dans notre combat.Et si vous le faites, ce n'est pas pour nos beaux yeux : c'est pour vous et pour vos enfants ! Le Canada avait certes beaucoup à vous offrir, mais il avait plus encore à vous demander.Parce qu'il devait combattre l'enracinement québécois, il a chanté l'homme de nulle part et les vertus aériennes de l'immigration : et vous vous êtes retrouvé seul au milieu de notre peuple, traînant vos racines dans les nuages.Parce qu'il devait combattre la différence québécoise, le Canada a courtisé votre différence, jusqu'à en faire un culte : et vous vous êtes retrouvé parmi nous certes, mais classé, dénombré, à jamais étiqueté dans votre différence ! Passe encore que votre père soit demeuré un « immigrant ».Mais vous, qui êtes né ici, qui avez joué dans nos rues et nos ruelles, vous ne pouviez plus souffrir de l'être resté encore.Et c'est pour ne plus l'être que vous venez vous joindre à nous.Pour cela, il vous aura fallu du courage, car si au fond des officines fédérales et au sommet des « organisations ethniques », on aime bien la différence, on l'aime beaucoup moins lorsqu'elle est politique.Mais l'argument que l'on vous opposait de la loyauté obligée était faux et ne vous a donc pas convaincu : si les Québécois, qui le sont depuis si longtemps, ont le droit de ne plus être Canadiens, au nom de quel principe d'inégalité entre les humains vous empêcherait-on, vous qui l'êtes depuis moins longtemps, de choisir de ne plus l'être ?Et vous savez qu'ensemble nous pouvons réussir.Parce que ce que nous voulons, ce n'est pas faire du Québec une simple machine à distribuer des passeports: c'est en faire un pays, un vrai, qui appartienne à tous ceux et celles qui le reconnaîtront pour tel, et qui, ayant mis leurs pas dans le sillon déjà tracé, détermineront ensemble l'avenir ainsi devenu commun.Et nous réussirons parce que la situation sera enfin claire : s'il y a un domaine où deux États se nuisent, surtout lorsqu'ils sont animés chacun de volontés politiques opposées, c'est bien celui de la conquête des coeurs et des esprits.)ugez vous-même des moyens dont nous disposerons demain ! Dans le Québec souverain, il y aura un État, et un seul : c'est avec cet État que traitera l'immigrant.Il y aura une langue officielle, et une seule : l'immigrant comprendra que le Québec est un pays de langue française.Il y aura une citoyenneté, et une seule : c'est cette citoyenneté que recherchera l'immigrant et qu'il obtiendra grâce à sa connaissance du français et à l'occasion d'une cérémonie de naturalisation conduite dans cette langue.Ce pays, du reste, l'immigrant le verra de chez lui, cette partie bleue d'une Amérique autrement rouge, et il le connaîtra pour avoir entendu sa voix à l'ONU et visité ses consulats et ses ambassades.C'est ce pays, et nul autre, qui l'aura choisi, puis accueilli.C'est ce pays, et nul autre, qui lui aura apporté la sécurité judiciaire et assuré la protection sociale.C'est ce pays, et nul autre, qui l'aura reconnu dans tous ses droits et toute sa dignité d'Homme et de Citoyen.Et l'immigrant resterait indifférent devant pareille sollicitude ?Il ne voudrait pas prendre ce pays pour patrie ?II n'en choisirait pas d'emblée la langue pour en faire sa langue et celle de ses enfants ?Je n'en crois rien, et vous non plus : ce pays, nous allons le réussir.Et il sera solide.Car là ou deux langues et deux loyautés tiennent éloignes les uns des autres quand elles n'opposent pas les Québécois les uns aux autres, la citoyenneté québécoise enfin réalisée et le français enfin devenu langue commune, nous rapprocheront les uns des autres dans une même communauté nationale et un même avenir de confiance.La souveraineté, ce n'est pas seulement des pouvoirs accrus pour le Québec : c'est l'unité enfin rendue possible entre tous les Québécois.Pays de langue française, cela fera de nous, placés là où nous sommes, l'une de ces pointes avancées, comme il y en a heureusement quelques autres de par le monde, et dont Bernard- Bouthillier Henri Lévy nous disait récemment, lui qui s'y connaît, qu'ils sont « lieux de grande et haute culture, terres de métissages féconds, espaces ou s'aiguisent la quête de liberté et la conscience du monde ».Surtout, cela fera de nous une terre de rcsis tance.Tâche ardue certes, car s'il est facile de résister à un ennemi, il est beaucoup plus difficile de résister à un ami, un allié auquel tant de liens, et pas seulement matériels, nous unissent.Certains parmi les nôtres croient même la chose impossible et ont déjà baissé pavillon.Mais si nous réussissons, comme nous le croyons, notre victoire sera à la hauteur de l'obstacle surmonté.Elle portera alors à tous les peuples de la terre \u2014 notamment celui dont vous êtes issu \u2014 qui se refusent à l'uniformisation croissante de l'humanité le message que la victoire est possible puisque celui de tous les peuples qui était le plus menacé aura gagné.Ainsi, en aidant votre patrie d'adoption à prendre sa place parmi les nations du inonde, vous aiderez votre patrie d'origine à garder la sienne : la souveraineté d'un pays, c'est aussi la solidarité entre les pays.i i B4 LA PRESSE.MONTREAL, VENDREDI 27 OCTOBRE 1995 Un ouragan d'affection du Canada L'Ontario et la N.-Ê.proclament à leur tour le «caractère distinct» du Québec PHOTO PC Le premier ministre John Savage ( ci-dessus ) a fait adopter, hier, par l'Assemblée législative de la Nouvelle-Ecosse, une résolution proclamant le « charac-tère distinct » du Québec.L'Ontario a adopté une résolution similaire.RÉFÉRENDUM 95 JUSQUE DANS LE FINANCIAL TIMES ¦ Le référendum québécois a retenu l'attention de l'influent Financial Times, publié à Londres, qui lui a même consacre le haut de sa une mercredi.L'article du correspondant du Financial Times à Toronto souligne que la crainte d'une victoire souverainiste, attisée par les résultats des derniers sondages, a eu un effet double : une demande accrue de demandes de renseignements des clients des banques relativement à la possibilité d'un transfert de comptes dans l'État de New York ou ailleurs au Canada ; la récente chute abrupte de la valeur du dollar canadien.L'article fait remarquer que, advenant la proclamation de la souveraineté, la dette canadienne pourrait s'avérer le point de discussion le plus ardu entre le Québec et le Canada.En éditorial, le Financial Times note que les coûts de transition de l'accession du Québec à la souveraineté seraient « énormes » non seulement pour les Québécois et les Canadiens, mais également pour tous les détenteurs de valeurs québécoises et canadiennes.« MON OUI EST STIMULÉ PAR JÉSUS-CHRIST » B Représentant le Regroupement des religieux et religieuses pour le OUI en Monterégie, soeur Thérèse Soucy a indiqué que c'est essentiellement pour des raisons de solidarité sociale, et non pas à cause de Jacques Parizeau ou de Lucien Bouchard, que les membre de ce groupe voteront OUI au référendum.« Mon OUI est stimulé plus encore par Jésus-Christ, l'homme de ma vie », a dit la religieuse, qui est membre de la congrégation des Soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie « Il a été très attentif aux exclus de son temps, à tous ceux qui ne valent pas cher monétairement.» Soeur Soucy a donné quelques traits du Québec auquel elle aspire : « Le pays dont je rêve est un pays où les gens ordinaires seront considérés comme des personnes à part entière, dignes de respect, d'estime et d'amour.Pour construire ce pays, il faut se doter des outils nécessaires à sa réalisation, la première étape a franchir est d'accéder à la souveraineté du Québec.» l'« APPUI CRITIQUE » DE RELATIONS ¦ L'« appui critique » de Relations au projet souverainiste, comme le rapporte la directrice de la revue, a suscité l'adhésion de plusieurs des lecteurs de la revue, mais aussi de l'étonnement chez d'autres.^ Carolyn Sharp exprime dans ses propres mots les questions qui ont dû lui être posées : « Sur une question si clairement politique, une revue chrétienne peut-elle prendre parti ?», « Ne vaudrait-il pas mieux rester dans la neutralité et nous contenter de souligner les valeurs qui sont en jeu ?» Et elle repond : « C'est notre devoir de chrétiens et chrétiennes de nous engager dans la construction de notre société.Pour ce faire, il faut nous brancher, préciser nos analyses, oser proposer des pistes d'avenir.» BULLSHIT ! ¦ Le mot n'est pas beau.Mais c'est celui utilisé \u2014 et répété plusieurs fois \u2014 sur une affiche d'un groupe de libertaires distribuée ici et la à Montréal au temps de la commission Bélanger-Campeau et qui disait « bullshit » au consensus national, à la souveraineté nationale, à l'appel a la natalité, au Québec populaire et au nationalisme.Cette année, les mêmes libertaires ont produit une nouvelle affiche \u2014 à 1500 exemplaires \u2014 un peu moins verbeuse que la précédente.L'affiche version référendum de 1995 dit grosso modo ceci : « Ni Québec, ni Canada, ni patrie, ni État.À la question sociale pas de solution nationale ! Le 30 octobre, nous on vote pas ! » ODE À L'UNITÉ ¦ Cela se présente sous la forme d'une chanson.C'est, apparemment, une « toune » écoutée avec beaucoup d'émotion dans certains milieux du Canada anglais.Il s'agit d'une ode en anglais à l'unité du Canada écrite par le chanteur-compositeur et pilote d'hélicoptère d'Ottawa David Austin.Et ça dit à peu près ceci : Envolons-nous ensemble Nous sommes les oiseaux d'un même nul Nous pouvons en faire un meilleur endroit si nous le conservons et demeurons unis C'est le temps de célébrer notre unité et de nous affirmer Nous pouvons construire un grand pays plutôt que de le déchirer Canada, je t'aime.David Austin a sorti de ses propres goussets 150 000 $ pour l'enregistrement et la distribution de son ode.Il explique ainsi ce qui l'a motive : « l'ai perdu ma femme.J'ai perdu beaucoup d'amis.J'ai perdu des emplois et beaucoup d'argent.Mais savez-vous quoi ?je me suis dit un jour que rien ne devrait justifier que je perde mon pays ! » LES CHEFS ¦ Daniel lohnson fait campagne aujourd'hui dans la région de Montréal.Il participera a midi au grand rassemblement en faveur du NON en compagnie de Jean Chrétien.Lucien Bouchard dirige la caravane du OUI dans la région de Laval.Mario Dumont visite la région de Montréal cl s,t;i ce soir aux côté de l ucieo Bouchard lors d'un ralliement du OUI à Laval.Jacques Pari/eau participera dans la soirée a un ralliement a Sherbrooke.JULES BÉLIVEAU GÉRALD LEBLANC ¦ Heureusement que la campagne référendaire tire à sa fin, car le Québec risque d'être emporté par l'ouragan d'affection et d'attachement qui déferle des quatre coins du Canada.« La peur glaciale dans le coeur des fédéralistes », selon l'expression de Ro-semary Speir, porte les Canadiens à l'effusion débridée, aux gestes improvisés et souvent déroutants.Après le Nouveau-Brunswick, c'était hier au tour de l'Ontario et de la Nouvelle-Ecosse d'envoyer des messages de dernière heure pour conjurer la menace séparatiste du Québec.En Ontario, on ne parle plus de « société distincte » mais de «< caractère distinct » du Québec.«c L'Assemblée législative et la population de l'Ontario affirment que nous aimons profondément le Canada et que nous accordons une grande valeur au caractère distinct if du Québec au sein de notre pays » dit la résolution, présentée par le premier ministe Mike Harris et adoptée par les 130 députés ontariens.Évoquant son coin de pays de North Bay, séparé du Québec par la seule rivière Ottawa, M.Harris a rappelé comment toute sa vie s'est déroulée au contact des francophones des deux provinces, dont il n'a hélas pas appris la langue.« Nous aimons le Canada ! Nous aimons le Québec ! » a-t-il néanmoins conclu en français.En Nouvelle-Ecosse, on a aussi retenu la nouvelle trouvaille « caractère distinct du Québec au sein du Canada », et l'on a, de plus, hissé le fleurdelisé devant l'Assemblée législative.Le premier ministre, John Savage, fera partie du contingent de 400 Néo-Ecossais qui arriveront aujourd'hui à Montréal, à bord d'un avion nolisé, pour participer au grand rallye fédéraliste de la Place du Canada.« On ne veut pas que notre silence des derniers mois soit interprété comme de l'indifférence », expliquait la secrétaire de presse de M.Savage.La croisade du Canada Le Globe and Mail révélait, hier, que c'est à la suite d'une réunion du caucus libéral, au cours de la laquelle le premier ministe Chrétien a dû repousser des larmes à deux reprises, que ses plus fidèles lieutenants (Tobin, Marchi, Collenette et Dingwall ) ont décidé de tout faire pour sauver la tète de leur chef.Brian Tobin, le héros de la guerre du flétan, a pris les commandes de la « croisade du Canada ».« Nous allons à Montréal, a-t-il dit, comme des sentinelles silencieuses de la passion que nous entretenons pour ce pays et pour un Canada uni.» On ne sait plus trop combien de Canadiens hors Québec participeront à ce rallye organisé par le comité du NON, car on prévoit des flottes d'autobus du Nouveau-Brunswick, de l'Ontario et même du Manitoba, sans compter les avions nolisés et les rabais consentis par Via Rail et les grands transporteurs aériens.Les conseillers municipaux de la donne suite à son projet de tenir compte des revenus du ménage plutôt que de celui de l'individu.De plus, les femmes qui ont élevé des enfants et qui ont comme seul revenu autonome leur chèque de pension pourraient le perdre si les revenus globaux de leurs conjoints sont jugés suffisants.À l'heure actuelle, plusieurs des programmes et des avantages fiscaux qu'on veut, selon le document, éliminer, prévoient que des avantages sont accordés quel que soit le revenu de l'individu et du ménage.Par exemple, la déduction fiscale en raison de l'âge ou l'allocation au conjoint d'une personne qui prend sa retraite.Par contre, la pension de vieillesse doit déjà être remboursée en tout ou en partie si les revenus dépassent un seuil établi Le document, qui prend pour acquises les modifications proposées et porte sur les modalités du versement de la prestation fédérale unique, note que le nombre de personnes âgées augmentera de 41 p.cent au cours des quinze prochaines années , Communauté urbaine de Toronto participeront aussi, avec des représentants de leur personnel, au super love-in de Montréal.Le Toronto Star, le plus grand quotidien du pays, qui a loué des autobus en collaboration avec des députés de l'agglomération torontoise, a présenté, hier, une édition des grands jours, un journal des temps de guerre.En pages 18, on invite les gens à une promenade à Montréal aux frais du journal, en leur demandant d'apporter leurs drapeaux, comme ceux du Québec et du Canada qui couvrent l'entière page 19.La une est aussi ornée de drapeaux, canadien et québécois, entourant le message du premier ministre Jean Chrétien.La réponse de Lucien Bouchard vient loin à l'intérieur.Même importance au message télévisé de M.Chrétien dans The Ottawa Citizen et même renvoi de Lucien Bouchard à l'intérieur.L'heure n'est plus au partage équitable de l'information mais à la croisade pour le Canada.Le fleurdelisé flottait hier devant l'hôtel de ville de plusieurs grandes cités : Surrey, Burnaby, North Vancouver en Colombie-Britannique ainsi que Lethbridge en Alberta.Des vigiles seront tenues dans des églises de Toronto et de Calgary.On a même vu une pancarte \u2014 C'est mieux ensemble \u2014 plantée en plein champ, sur une ferme en Alberta.Que ce soit OUI ou que ce soit NON, le référendum de 95 aura valu aux Québécois plus de manifestations d'amour en cinq jours que durant les 128 années de la Confédération canadienne.Le Newfoundland Téléphone offrira, dimanche, à tous les citoyens de la province de téléphoner gratuitement au Québec pendant cinq minutes.On s'attend à ce que de 20 000 à 30 000 Terreneuviens profitent de cette offre.« Si ça continue, ils vont venir tondre mon gazon ! » s'exclamait un loustic de notre salle de rédaction.Ottawa mettrait la hache dans l'assurance-chômage, selon un document obtenu par la CSN FRÉDÉRIC TREMBLAY de la Presse Canadienne ¦ Discret sur ses intentions en raison de la campagne référendaire, le gouvernement fédéral s'apprête à mettre la hache dans le programme d'assurance-chômage, soutient le président de la CSN, Gerald Larose.En conférence de presse, hier à Montréal, M.Larose a exhibé un document obtenu par la CSN et qui constituerait un exemplaire de l'avant-projet de loi du gouvernement fédéral visant à réformer le programme d'assurance-chômage.Le document contient bon nombre de mesures qui auraient pour effet de réduire la durée des prestations, le montant de celles-ci en plus de rendre les conditions d'admissibilité plus difficiles.Ces modifications, qui permettraient d'économiser « des milliards de dollars par année » entreraient en vigueur le 1er juillet prochain.« Je mets le ministre Lloyd Axwor-thy ( Ressources humaines ) au défi de nier l'existence et le contenu de ce document, a lancé Gérald Larose.Le fédéral a fait son lit dans l'assurance-chômage.C'est un saccage en règle ».Ainsi, selon les informations recueillies par la CSN, les critères d'admissibité auront trait au nombre d'heures travaillées plutôt qu'aux semaines travaillées.Il faudra avoir accumulé entre 420 et 700 heures de travail selon le taux de chômage régional pour avoir droit à des prestations.Présentement, il faut avoir occupé un emploi d'une durée variant entre 12 et 20 semaines, selon les régions, et avoir travaillé un minimum de 15 heures par semaine pour pouvoir toucher des prestations d'assurance-chômage.Ce changement aurait pour effet d'obliger une personne travaillant 15 heures par semaine à occuper un emploi pour au moins 28 semaines ( pour obtenir 420 heures ), et jusqu'à 47 semaines dans certaines régions ( pour obtenir 720 heures ), avant d'avoir le droit de toucher des prestations d'assurance-chômage ( contre 20 semaines au maximun actuellement ).Nouveaux arrivants D'autre part, les nouveaux arrivants dans le programme de l'assurance-chômage devront avoir travaillé un minimum de 18 heures par semaine pour être admissibles aux prestations.Comme il faut avoir accumulé 910 heures de travail au cours des 52 semaines précédant la demande de prestations, la CSN en déduit qu'il faut avoir travaillé au minimum 18 heures par semaine pour y être admissible.Par ailleurs, le gouvernement fédéral voudrait pouvoir varier le niveau des prestations entre 48 et 55 pour cent du salaire gagné pour les personnes ayant eu recours au programme d'assurance-chômage dans les cinq dernières années.« Cette réduction de taux de prestation se fera à raison d'un pour cent par tranche de 10 semaines de prestations reçues », relève la CSN.Actuellement, tous les prestataires touchent l'équivalent de 55 pour cent de leur rémunération passée.La durée normale des prestations serait également touchée par la réforme fédérale.Elle passerait de 50 à 45 semaines.v Les frères Rose en campagne PHOTO PC Jacques ( à gauche ) et Paul Rose, deux ex-membres du FLQ condamnés relativement à l'enlèvement et à l'assassinat de Pierre Laporte, en 1970, ont repris le bâton du pèlerin durant la campagne référendaire.Les deux célèbres frères parcourent le Québec dans leur autobus d'écoliers réaménagé pour promouvoir la cause du OUI.Ottawa s'apprêterait à établir une prestation unique pour les gens âgés Cinq allocations ou programmes seraient regroupés en un seul GILLES GAUTHIER du bureau de La Presse OTTAWA ¦ La pension de vieillesse, l'allocation au conjoint, le supplément de revenu garanti pour les personnes âgées, le crédit d'impôt pour les revenus de pension et la déduction fiscale en raison de l'âge disparaîtront et seront remplacés par un seul programme iont les prestations seront calculées en fonction de l'ensemble des revenus.C'est ce que révèle un document du ministère fédéral du Développement des ressources humaines rendu public hier par la député de Mercier, Franci-ne Lalonde, du Bloc québécois.Le document précise que le Régime de pensions du Canada, équivalent dans les autres provinces du Régime des rentes du Québec, demeurera mais pourrait être sérieusement modifié.La pension d'ancien combattant ne sera pus intégrée à la prestation unique.L'assurance-chômage n'en fera également pas partie mais, comme l'ont indique plusieurs autres documents, ce programme sera profondément modifie et deviendra « l'assurance-emploi », qui mettra davantage l'accent sur des mesures favorisant le retour ou l'entrée sur le marché du travail et réduira ie soutien financier.Interrogé en Chambre hier par Mme Lalonde, le ministre du Développement des ressources humaines, Lloyd Axworthy, a déclaré, comme à chaque fois qu'un tel document devient public, qu'aucune proposition ou recommandation de cette nature n'avait été présentée au cabinet.Il a soutenu que le document n'était pas authentique.Mme Lalonde a expliqué qu'une telle mesure serait nuisible pour la clas- 9 ^^^H^^L Francine Lalonde se moyenne et pour les femmes.Le gouvernement additionnera les sommes provenant du Régime des rentes, du régime de pension de l'employeur, du REER, etc., pour déterminer le re venu, qui pourra alors être trop élevé pour donner droit à la prestation fédérale unique.Le seuil d'admissibilité di minuera encore si le gouvernement LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 27 OCTOBRE 1995 B5 il S F s H £ .IJ U .'J Chrétien reste nébuleux quant à une victoire serrée du OUI MARIO FONTAINE ¦ Les Québécois peuvent toujours aller voter lundi.Mais s'ils donnent la victoire au OUI par une faible marge, rien ne leur permet de croire que le premier ministre Chrétien acceptera le verdict.À quatre jours du vote, M.Chrétien a en effet de nouveau refusé, hier, de s'engager à valider les résultats du référendum si l'option fédéraliste est battue de justesse au fil d'arrivée.\u2014 Le NON aura-t-il gagné avec 51, 52 p.cent des suffrages ?lui a demandé en fin d'après-midi l'animateur Jean-Luc Mongrain.« C'est sûr.Les gens auront décidé de rester au Canada, c'est ça qui est important », a répondu le premier ministre canadien.\u2014 Donc vous reconnaissez la validité du 51 p.cent ?a poursuivi l'animateur.« Non, je n'ai pas reconnu rien, vous ne savez pas le résultat et moi non plus, explique le leader fédéraliste.Les gens auront ex-primé leur Eoint de vue.es mécanismes, après, c'est très nébuleux.» Ses adversaires souverainistes soutiennent que M.Chrétien légitimise la campagne référendaire en y participant activement.11 sera de nouveau dans la lutte ce midi, à l'occasion d'un grand rassemblement dans la métropole.Lui-même, toutefois, laisse planer le doute quant à son acceptation d'une éventuelle défaite, notamment parce qu'il considère que la question référendaire est confuse.De la même façon, le premier ministre refuse de dire si Ottawa continuera d'envoyer des chèques aux anciens combattants, aux chômeurs et aux retraités à compter de mardi prochain si les Québécois ont opté la veille pour la souveraineté.« Vous allez voter NON, vous allez tout garder, il n'y a pas de problème », a indiqué M.Chrétien.Si le OUI l'emporte.« il y aura des problèmes majeurs, prédit-il.Après ça, tout est dans l'air.» lacques Parizeau et Lucien Bouchard ont déjà affirmé qu'advenant un OUI les contribuables québécois continueront de payer des taxes et des impôts au fédéral durant la période de transition.Celle-ci se situerait entre le vote de lundi et la déclaration de souveraineté.Le premier ministre Jean Chrétien Pays de rêve Le moment est grave, a convenu hier le premier ministre Chrétien, pour qui la souveraineté équivaut à « plonger dans le noir ».Il ignore ce qui va arriver avec un OUI, mais il est certain qu'il n'y aura plus de Canada.Il n'a pas précisé si, dans cette hypothèse, le Parlement fédéral continuerait de siéger et si Ottawa continuerait de payer ses créanciers internationaux.|ean Chrétien préfère croire en la survie du Canada comme il est, « un pays de rêve qui fait l'envie du monde ».Un Arabe rencontré récemment lui a même confié qu'il priait pour la survie du Canada, a illustré M.Chrétien.Son passage à TVA constituait sa seule apparition publique de la journée.Elle suivait le grand rassemblement pour le NON de mardi et son discours à la nation d'avant-hier, dont il a repris les grands thèmes chez Mongrain.Avec un NON, on fera les changements qui s'imposent, a ainsi réaffirmé M.Chrétien, selon qui « le Canada, si on peut régler le problème de la stabilité politique, va connaître un essor économique assez extraordinaire ».Un Québec souverain gardera la base militaire de Bagotville, promet Parizeau Presse Canadienne CHICOVTIMI ¦ La base militaire de Bagotville reste une installation stratégique dans la perspective d'un Québec souverain.« Pas question que ça ferme, mais sa vocation sera différente », a déclaré le premier ministre lacques Parizeau, hier, devant les membres du Cercle de presse du Saguenay.Soulignant que le rôle des forces armées dans un Québec souverain ne sera pas trop compliqué, le chef du camp du OUI a précisé que des règles élémentaires de stratégie et de sécurité dictent la levée d'une armée.« le ne vois pas très bien ce qu'on fera it avec des frégates.Mais en ce qui concerne l'aviation, c'est autre chose.Le Québec devra avoir une capacité de surveillance du territoire comme le Canada le fait et les Américains le font.« Malheureusement, ça ne peut pas se faire en Cessna », a dit le premier ministre.Dans cette optique, des CF-18 stationnés actuellement à la base de Bagotville resteront au Québec.« C'est facile à comprendre, ils nous appartiennent.Cela fera partie de la négociation qui sera menée avec le Canada », a déclaré M.Parizeau.Par ailleurs, le premier ministre constate que la situation de la base militaire de Bagotville est considérée comme stratégique.« Si elle l'est actuellement, pourquoi cela changerait le 31 octobre.» D'autre part, il n'est pas question de faire du Saguenay-Lac-Saint-Iean un centre de décision dans un Québec souverain.Au chapitre de l'administration, c'est Québec, la capitale, qui serait la grande gagnante.Montréal consoliderait ses acquis comme la région de HtilL Dans l'esprit de Jacques Parizeau, les régions du Québec gagneront en raison de la décentralisation qui va s'opérer tout naturellement.M.Parizeau n'a rien promis, mais il croit que les sommes rapatriées d'Ottawa serviront en grande partie aux régions : ce sont les municipalités et les MRC qui en bénéficieront et elles deviendront le deuxième niveau de gouvernement.« On pourra toujours pelleter, mais cette fois, les enveloppes budgétaires viendront avec », a dit M.Parizeau.En ce qui concerne le fédéralisme, le premier ministre a essentiellement rappelé le discours des souverainistes.Au chapitre de l'aide sociale et du chômage, il confirme que le Québec retire plus d'Ottawa qu'il ne paie.Avec 25 pour cent de la population, le Québec reçoit 31 pour cent des subsides.C'est dans le domaine des dépenses créatrices d'emplois que l'exercice a'esl plus rentable.Selon lacques Parizeau, le Québec ne reçoit que 18 pour cent des paiements fédéraux.Ces dépenses créatrices d'emplois concernent principalement les sommes versées pour la recherche et le développement et l'attribution des contrats fédéraux.Interrogé par un journaliste parisien qui lui demandait ce qui allait se passer le 31 octobre, lacques Parizeau a réfléchi quelques secondes avant de dire : « le suggère aux Québécois de faire comme à l'habitude.Ils pourront allumer leur poste de télévision et constater que rien n'aura changé.Les chèques vont continuer à entrer, la TPS va se payer et les gouvernements vont gouverner.« Après, la négociation va commencer et je vous jure que ça va se faire assez rapidement », a dit M.Parizeau.PHOTO PC Le chef du camp du NON.Daniel Johnson, avait réuni hier, au Château Frontenac de la Vieille Capitale, ses prédécesseurs à la tète du Parti libéral du ouebec.lex-premier ministre Robert Bourassa et l'ex-ministre Claude Ryan.Johnson reçoit un coup de pouce de ses prédécesseurs GILLES NORMAND QUEBEC ¦ Il faut croire |ean Chrétien.Tel est l'essentiel du message qu'ont livré hier les prédécesseurs de Daniel lohnson à la tête du Parti libéral du Québec, l'ex-premier ministre Robert Bourassa, et celui qui a aspiré à l'être, Claude Ryan.Dans cette même salle du Château Frontenac où, en 1980, accompagnés de l'ex-premier ministre |ean Lesage, ils avaient donné le même mot d'ordre, MM.Bourassa et Ryan ont exhorté les Québécois à voter NON, lundi prochain, en s'efforcent de démontrer qu'un tien vaut mieux que deux tu l'auras.Plus tôt, au cours d'une assemblée partisane tenue dans le quartier Limoi-lou, c'est la vice-premier ministre du Canada, Sheila Copps, qui a livré un message d'amour fort exalte, si exalte qu'elle en est venu à dire que Daniel lohnson avait mené une campagne « très achalante ».On a tous compris qu'elle voulait décrire son effort comme acharné.Mais surtout, elle a affirme à un auditoire de personnes retraitées que les Canadiens aimaient le Québec et elle a invité chacun à voter NON pour empêcher les Parizeau et Bouchard d'« arracher le coeur du Canada ».lundi.Le camp du NON a fait dans la charge émotive, hier.Ainsi, abordant le ra-patriment de la Constitution et la loi constitutionnelle de 1982, adoptée sans le consentement du Québec, Claude Ryan a expliqué qu'il s'était « opposé à la manière dont elle avait été adoptée ».« Le Québec n'a rien perdu.Tout ce que cette loi a fait, c'est que la clause Canada pourrait s'appliquer partout au Canada », a-t-il soutenu, insistant sur «c le progrès phénoménal que le Québec a connu et peut encore connaître dans l'ensemble canadien ».Il s'est insurgé contre l'option souverainiste et ce qu'il a appelé « le jugement injuste et faux que portent les souverainistes sur le fédéralisme canadien qui nous a permis d'atteindre les niveaux de vie les plus enviables du monde entier ».Et comme en 1980, «mon NON au référendum sera d'abord un OUI au Canada, à l'union économique canadienne (.) et à la beauté de ses paysages ».Quant à Robert Bourassa, aujourd'hui professeur invité à la nouvelle chaire jean-Monnet qui s'intéresse à la politique québécoise à l'Université de Montréal, il reconnaît être sorti blessé de l'expérience de Meech, en 1990, et même de celle de Charlottetown en 1992, il estime qu'il « y a eu beaucoup de progrès depuis ».« Il faut considérer le nouveau climat créé par les engagements de M.Chré- tien », a-t-il indiqué, ajoutant que « le niveau de clarté » apporté par le premier ministre du Canada dans sa récente vision de l'avenir canadien diffère de celui du chef de l'État de l'époque.MM.Bourassa et Ryan se sont également employés à discréditer l'option souverainiste et son offre de partenariat dont ils ont dit qu'il ne vallait pas la peine de risquer ce que l'on possédait déjà « dans une aventure ».Même réaction de la part de Daniel lohnson, le camp du NON, qui a commenté l'intervention de Mme Copps comme l'expression du «débordement d'affection qui nous arrive de tous les coins du Canada anglais depuis quelques jours ».M.lohnson estime que les ténors du camp du OUI ont échoue devant « le devoir de clarté » qui leur incombait quant aux « véritables enjeux du référendum ».Mais surtout, le chef du PLQ a accusé les souverainistes de déformer la réalité et l'histoire lorsqu'ils utilisent des citations d'anciens premiers ministres.M.lohnson a insiste sur le cas de )ean Lesage, dont le célèbre « Maîtres chez nous», a souvent été utilisé par MM.Parizeau, Bouchard et Dumont dans la présente campagne.« l'étais là, en 1980.le faisais campagne avec Jean Lesage à Saint-Basile de Portneuf.À cette époque, on utilisait aussi cette citation.|e vais vous lire ce que M.Lesa- ge avait répondu ».a déclaré Daniel lohnson.« La politique du gouvernement que j'ai dirigé de 1960 à 1966.avait répondu M.Lesage.tendait princi paiement à faire du Québec une société moderne et à donner aux Québécois de langue française les outils nécessaires pour acquérir la maîtrise de l'économie.De là !e slogan Maîtres chez nous ! « Il ne m'est jamais venu à l'esprit, poursuivait M.Lesage, d'avoir un Québec séparé, souverain ou indépendant Dans cette optique, mon gouvernement et mon parti ont poursuivi des politi ques vraiment québécoises.Mais aller jusqu'à dire que l'indépendance ou la séparation en sont la suite logique, comme certains veulent le prétendre, est le fruit d'une imagination déformée par la partisanerie politique.» Terminant la lecture de ces propos.M.lohnson a qualifié d'insulte a l'intelligence » et de « mépris des Québécois » que de « se saisir comme cela de l'histoire à leurs propres fins», comme selon lui le font les leaders souveraini-ses.Mme Corrine Lesage.femme de l'ex-premier ministre, était présente au rassemblement de Limoilou.On y a fait monter sur scène le sénateur Roch Roi vin, ex-secrétaire général du Québec, et Mme Mary Lamontagne, la femme de l'ex-lieutenant-gouverneur Gilles Lamontagne, tous deux pour dire leur attachement et leur fidélité au Canada.Un congé pour calmer les passions référendaires à l'école des Sources PIERRE GINGRAS ¦ Après deux jours de tensions aigués où les passions référendaires se sont déchaînées parmi les élèves, certains en venant parfois aux coups, la direction de l'école secondaire des Sources, à Do 1 lard-des-Ormeaux, a décidé de faire de ce vendredi une journée pédagogique.La situation était d'autant plus inquiétante que l'on craignait que certains élèves d'écoles voisines viennent jeter de l'huile sur le feu.L'école secondaire française des Sources est l'une des plus importantes de la commission scolaire Balwin-Cartier avec ses 1400 élèves.Les passions référendaires y sont particulièrement vives, car les élèves des communautés culturelles sont pour un bon nombre anglophones et en faveur du NON, alors que les autres, des francophones, sont en majorité pour le OUI.Dans sa lettre adressée aux parents hier, le directeur, M.lean-Claude Achard, écrit : « Hier midi ( mercredi ), un certain nombre de nos élèves ont manifesté leur appartenance au OUI ou au NON.Ce fut un événement sponta- né qui a mobilisé quelques centaines de nos élèves et surtout les plus vieux.» La direction fait ensuite valoir qu'il faut assurer l'ordre dans l'établissement, la sécurité et le bien-être des élèves ainsi que la qualité de l'enseignement.« Nous voulons éviter toute situation qui se terminera en bousculades, tiraillements ou confrontations physiques », lit-on ensuite.« Considérant la situation particulière des événements chronologiques de ces derniers jours, l'état de fébrilité constaté aujourd'hui et la possibilité que demain ( vendredi ) d'autres écoles viennent ici, nous avons cru bon de décréter demain le 27 octobre une journée pédagogique.» À la direction de la commission scolaire, on indique que ce congé vise avant tout à calmer les élèves.Les enseignants seront à l'école au cours de la journée.* Nous souhaitons que les esprits se seront calmés d'ici le retour en classe et que c'est la dernière fois que ce genre d'événement se produit », a fait savoir la directrice générale adjointe de la commission scolaire, Rosalie .Fata.* « Mon NON est passionné ! » affirme Robillard devant la chambre de commerce de St-Léonard MARIE-CLAUDE LORTIE ¦ « Moi, je dis NON à l'instabilité économique, NON à l'instabilité sociale.NON à des lendemains qui pleurent », a laissé tombé la ministre Lucienne Robillard.On aurait entendu une mouche voler.Même si la foule de plus d'une centaine de gens d'affaires d'origine italienne en majorité était déjà convaincue, c'est un discours solennel, rempli d'émotions qu'a prononcé la ministre fédérale du Travail hier midi devant la chambre de commerce de Saint-Léonard.louant la carte d'une nationaliste québécoise refusant le bris du lien canadien et le risque économique, Mme Robillard a longuement expliqué aux convives que son NON était « passionné ».« Mon NON est l'affirmation de ma volonté d'enrichir ma langue et ma culture et nous allons l'affirmer encore plus.Pourquoi briser ce pays pour un rêve utopiste, pour un coup, de baguet- te magique ?Mon NON sera réfléchi et passionné », a-t-elle déclare « Ne nous racontons plus d'histoire, on ne peut faire éclater un pays sans danger, sans conséquence pour la population.Disons plutôt NON, sans renoncer à rien.Disons un NON passionné pour le Québec », a continué la ministre.Selon Mme Robillard, si le lien canadien doit être conservé, c'est non seulement parce que sa destruction « plongera le Québec et le reste du Canada dans une crise économique sans précédent », mais aussi parce que les Québécois ne devraient pas avoir à renoncer à ce qu'ils ont construit à l'intérieur de ce pays.« Ce pays qui nous rassemble nous ressemble aussi.C'est aussi nous qui l'avons façonné, qui avons conçu et bâti ce pays.» Dire OUI, d'après elle, c'est dire OUI a « l'explosion » de ce pays.« Le partenariat, dit-elle c'est une astuce, ce n'est pas sérieux, c'est de la poudre aux yeux.» Les gens d'affaires ont beaucoup apprécié ce discours.« Elle cherche à aller chercher les indécis, et c'est excel- lent comme orientation ».a lance un d'entre eux.Aucun ne semblait cependant d'accord sur l'efficacité des discours de Jean Chrétien des deux derniers soirv mais tous étaient d'accord pour dire que les chefs du NON ont fait beaucoup d'erreurs durant la campagne Certains auraient préfère qu'on explique mieux au Québécois ce qu'ils ont réussi à gagner à l'intérieur du payv au fait que ce sont eux qui ont envo>c des premiers ministres à Ottawa, qu'ils ont reçu beaucoup du Canada.Tous auraient aussi voulu que le cl i cours sur les conséquences économiques d'un OUI ait mieux passe.«C'est quand même incroyable que les études Le Hir aient été écartées si vite vmv que personne n'en semble offusque », a lancé l'un d'eux.Avant le discours, tout le monde ne parlait que d'une chose les clients de ces gens d'affaires qui ont retire leur argent du Québec durant la dernière semaine.« En tout, je crois que mes clients ont sorti 15 millions», a lance l'un d'eux à un collègue.« le le sais, a répondu l'autre, ch^z nous c'est pareil » & RÉFÉRENDUM 9! LA PRESSE, MONTRÉAL.VENDREDI 27 OCTOBRE 1995 Une bataille féroce se livre près des plaines d'Abraham Le OUI est en avance dans l'agglomération de Québec CILLES TOUPIN QUÉBEC ¦ Dans la Vieille Capitale, il y a ceux qui disent que le OUI redonnera à la ville le rôle qu'elle mérite vraiment, c'est-à-dire celui d'une grande capitale internationale, source d'activités économiques accrues.Il y a ceux qui disent que Québec est déjà une capitale, que c'est là que se prennent les grandes décisions du Québec, que « le trip' de la rue des ambassades, on en revient ! » et que l'enjeu de ce référendum ne porte pas sur le rôle de Québec mais bien sur la séparation.Ces derniers voteront NON lundi prochain.Avec ses onze comtés, l'agglomération de Québec est encore le terrain d'une bataille féroce et animée depuis le début de la campagne.Les deux camps ont adopté des stratégies différentes et tout s'est déroulé « sans heurts et sans violence », comme le rapporte à La Presse M.Benoit Savard, organisateur du camp du NON pour tout l'Est du Québec.À l'heure des derniers bilans avant le grand jour, M.Michel Lessard, président de la CSN à Québec et organisateur du OUI pour l'Est du Québec, affiche sa conviction d'une « vague de fond » du OUI dans les onze circonscriptions de la région.« Aucun comté du grand Québec ne va perdre, afffirme-t-il.Et les sondages officiels nous donnent 13 p.cent d'avance.» M.Savard de son côté remet en question les chiffres avancés par les sondages tout en admettant un léger retard sur le camp du OUI, « de quelque quatre ou cinq points », dit-il.« Mais nous avons gagné la campagne, poursuit-il, parce que le camp adversaire n'a tenu qu'un seul grand événement public et que la plupart de ses gros canons ne se sont pas montrés.» Question stratégie, le camp du NON a misé sur ce que M.Savard appelle « une campagne d'information » auprès des étudiants, des personnes âgées et des fonctionnaires.« Ce n'est pas faire une campagne de peur, dit-il, que de dire aux gens ce qui se passerait au lendemain d'un OUI.De plus, après la défaite de l'année dernière aux élections provinciales où nous n'avions gagné qu'un comté ici, le défi était grand pour nous de mobiliser les membres du Parti libéral.Mais les militants sont restés fidèles et nous avons eu l'aide aussi de gens qui n'ont jamais rien eu à voir avec la politique et qui ont décidé de nous prêter main forte en raison de l'importance du moment.» La technique du marathon Le OUI en revanche a utilisé « la technique du marathon », commente Michel Lessard, «en évitant de frapper le fameux mur ».« Nous sommes au dernier kilomètre, ajoute-t-il, et nous sommes pleins de forces.Et pourquoi allons-nous gagner ?Parce que dans la région la question de la souveraineté n'est pas une simple question de parti politique.Chez nous, il y a le OUI des partis, mais il y a aussi le OUI de tous les partenaires pour la souveraineté, de toutes les organisations syndicales, communautaires, féminines, artistiques et étudiantes.Ces partenaires, ce réseau incroyable d'organisations, qui n'ont pas milité pour les partis politiques du OUI, se sont déclarés en faveur de la souveraineté et ils rayonnent partout.Tous ces gens agissent quotidiennement ' dans leurs milieux, là où se trouve le monde ordinaire ; ils parlent à leurs pairs au travail, à leurs enfants, à leurs voisins.Il y a un enthousiasme et une fébrilité extraordinaires sur le terrain.» Le OUI a donc voulu creuser du côté des préoccupations sociales de la population.Mercre- di dernier, par exemple, dans le quartier défavorisé de Saint-Sauveur à Québec, le ministre de l'Environnement, Jacques Brassard, et le député de Tas-chereau, André Gaulin, ont longuement discuté avec une centaine de citoyens de questions telles que la réforme de la fiscalité, le maintien du filet social, la future commission itinérante chargée de préparer la Constitution, le partage de la dette, le rôle des organismes communautaires dans un éventuel Québec souverain, l'emploi, la transparence, la réforme du système électoral, etc.«Cette mobilisation, analyse Michel Lessard, a commencé avec les commissions régionales sur l'avenir du Québec auxquelles la population a participé massivement.Tout le monde disait alors qu'on avait les moyens de se prendre en main.Mais il y a eu une constante qui est ressortie de ces commissions et c'est cette idée de partenariat avec le Canada.On a des liens de famille avec le Canada et il faut conserver ça, disaient les gens.Le gouvernement a tenu compte de cela et c'est pourquoi aujourd'hui l'option souverainiste dépasse de beaucoup la simple partisanne-rie des partis politiques.« Et puis, insiste Michel Lessard, le monde dans la région est plus instruit qu'en 1980 ; il n'a plus peur.» Les indécis « Dans le camp du NON, affirme de son côté Benoit Savard, nous ne sommes pas inquiets pour deux raisons.D'abord, le taux d'indécis est encore élevé dans le grand Québec, les gens se posent encore des questions.Ensuite, je crois que ces indécis réalisent de plus en plus le sérieux du geste qu'ils vont poser lundi.Dans ce contexte, l'absence d'une garantie de partenariat dans le projet du OUI joue en notre faveur.» PHOTOPC Le chef huron Max Gros Louis et le grand chef Ovide Mercredi se sont concertés lors d'une réunion de l'Assemblée des premières nations, hier à Ottawa.Les chefs autochtones choisissent l'abstention MANON CORNELLIER de la Presse Canadienne OTTAWA ¦ Se méfiant autant des fédéralistes que des souverainistes, les autochtones du Québec ont choisi de s'abstenir de voter, le 30 octobre prochain.Us n'auront qu'une préoccupation : la défense de leurs droits ancestraux et de leur liberté de s'associer avec qui ils le souhaitent Mais si la souveraineté du Québec devenait réalité, ils exigent que le gouvernement fédéral voit à ce que les autochtones du Québec soient présents à la table de négociations et que leurs intérêts soient défendus.C'est la position qu'ils ont présentée hier et qui a été entérinée par la Confédération de l'Assemblée des premières nations réunie à Ottawa.Cela ne signifie pas que les peuples autochtones endossent le statu quo, bien au contraire, ont insisté les chefs.« Le statu quo ne nous a pas servis par le passé et nous ne croyons pas qu'il nous aide davantage dans l'avenir », a déclaré le chef régional pour le Québec et le Labrador, Ghislain Picard.Le grand chef Ovide Mercredi, qui ne favorise pas la souveraineté, a par contre noté que les souverainistes avaient su livrer un message d'espoir aux Québécois.Le problème, dit-il, c'est que « les forces fédéralistes ont été victimes de la position du premier ministre de ne vouloir aucun changement constitutionnel ».Or, a-t-il souligné, tant les Québécois que les autochtones rejettent la constitution actuelle et exigent des changements.Mais ces appels ont été ignorés par Ottawa, a souligné le chef national.Par conséquent, « les fédéralistes n'auront personne d'autres à blâmer qu'eux-mêmes s'ils perdent le référendum », a-t-il ajouté.M.Mercredi reconnaît que les Canadiens pousseront un soupir de soulagement si le NON gagne.« Mais ce ne doit pas être vu comme un laissez-passer vers l'inaction », a-t-il averti.Il ne s'illusionne pas.Peu importe qui gagne, a-t-il noté, les autochtones devront continuer à se battre.Le résultat ne fera que déterminer si ce sera sur un ou deux fronts.Les chefs du Québec ont tenté hier de faire comprendre leur point de vue aux Québécois.Pour ce faire, ils ont transformé leur conférence de presse, qui devait être retransmise en directe, en une succession de brefs discours.Le chef algonquin Albert Te-nasco a illustré en une seule phrase le point de vue des autochtones du Québec.« Ce n'est pas notre combat, mais il se fait sur notre territoire », a-t-il dit.Le chef huron Max Gros Louis a rappelé que les autochtones n'avaient rien contre les Québécois mais qu'ils ne pouvaient pas accepter le principe de l'intégrité territoriale du Québec.Y consentir, a-t-il expliqué, signifierait l'abandon de leurs propres droits territoriaux et ancestraux qui ne sont toujours pas reconnus.Les chefs mohawks ont adopté un ton plus provocateur.Le chef de Kanesatake, Jerry Pel-tier, a soutenu que la sécession était illégale et que les autochtones avaient un droit de veto.Son collègue de Kahnawake, Billy Two Rivers, a évoqué la possibilité d'un affrontement violent.Il a soutenu que les Mohawks avaient aidé la Couronne britannique à conquérir la Nouvelle-France et qu'ils se battraient encore pour maintenir leur souveraineté sur leur territoire.Le chef cri Mathew Coon-Come a mis les gouvernements en garde contre l'imposition d'une décision qui irait à rencontre de la volonté de son peuple.L'Enfance en détresse notre Mission I « oui ou non, il faudra négocier » depuis 30 ans! Le syndicaliste Bob White met les leaders canadiens en garde contre une attitude vengeresse PAUL ROY S.V.P.Adressez vos dons à: Les Maisons Familiales d'Youville Inc.a/s Sr Thérèse Paradis 10908, av.Bellevois Montréal-Nord (Québec) H1H3C9 Tél.: (514) 329-0288 Votre générosité est notre sécurité.Merci d'avance.I- | Nom I i Adresse I Ville Prov.Un reçu pour fins d'impôt est disponible.| Code postal I_____ Tél.: J ¦ Le plus important chef syndical du Canada a enjoint hier aux leaders politiques canadiens d'entamer des négociations avec le Québec, quelle que soit l'issue du référendum de lundi.« Le message semble très clair : des millions de Québécois veulent une relation différente et être reconnus différemment par le Canada.Alors, il va falloir entreprendre des discussions sérieuses », a dit hier Bob White devant 1700 délégués du Syndicat canadien de la fonction publique ( SCFP ), réunis depuis dimanche à Montréal.M.White s'est toutefois gardé de donner quelque conseil que ce soit sur la façon de voter : « La décision appartient aux Québécois », a-t-il signalé.Plus tard, en entrevue avec La Presse, il a dit croire que « les Québé- cois comprennent les enjeux qui sont devant eux ».Il n'en a pas dit davantage, par ailleurs, sur le type de relation qui pourrait résulter de négociations entre le Québec et le Canada.Mais il a tenu à préciser que celles-ci ne doivent pas aboutir à une décentralisation massive d'Ottawa vers les provinces, qui mettrait en péril le système de sécurité sociale canadien.Si le NON l'emporte, il préconise plutôt un statut particulier pour le Québec, un statut qui respecte sa différence.M.White est président de la plus importante organisation syndicale du pays, le Congrès du travail du Canada, qui regroupe 2,2 millions de travailleurs \u2014 dont les 300 000 membres et plus de la FTQ.En 1985, c'est lui qui a mis au monde le Syndicat des travailleurs canadiens de l'automobile, pendant canadien des Travailleurs unis de l'automobile.Ardent défenseur du droit du Québec à l'autodétermination.Bob White a affirmé hier aux membres du SCFP : « Peu importe ce qui arrivera lundi, notre mouvement restera solidaire des travailleurs québécois.» Si le OUI gagne, il met en garde les leaders politiques canadiens contre une attitude vengeresse.Il leur suggère plutôt de s'asseoir, de saisir le « momen-tum » que la campagne référendaire aura créé au Canada, et de négocier.Il admet que l'exercice risque de mettre la « générosité canadienne » à rude épreuve.Aussi, souligne-t-il l'importance de rester calme.Le mouvement syndical canadien pourra-t-il jouer un rôle dans ce débat ?« Notre voix sera importante », répond Bob White. La Prossc Montréal.vendredi 26 octobre 1995 B7 L'EXPRESS INTERNATIONAL WHITEWATER Documents requis ¦ Une commission spéciale du Sénat chargée d'enquêter sur l'investissement du président Bill Clinton dans Whitewater, a voté hier à l'unanimité un mandat ordonnant à la Maison-Blanche de remettre des archives, que la présidence est soupçonnée d'avoir dissimulées.Le sénateur Alfonse D'Amato, président de cette commission d'enquête sur la faillite de l'opération immobilière de l'Arkansas, a précisé que la « First Lady » Hillary Clinton pourrait être citée à comparaître comme témoin sur les coups de téléphone qu'elle aurait donnés le jour où un des responsables de la Maison-Blanche s'est suicidé.Les dirigeants de la majorité républicaine du Congrès ont accusé mercredi la présidence d'avoir caché des relevés téléphoniques, afin de couvrir une tentative d'obstruction de l'enquête des inspecteurs venus fouiller le bureau de l'ancien conseiller juridique de la présidence Vincent Foster le jour de sa mort le 20 juillet 1993.La présidence a montré quelques signes d'agacement.Les Républicains « cherchent quelque chose qui puisse faire la une des journaux et détourner l'attention sur ce qu'ils sont en train de faire au Medicare », le système actuel de santé américain menacé de disparition au Congrès, a estimé le porte-parole de la Maison-Blanche Michael McCurry.d'après AFP CHIAPAS Leader arrêté ¦ Les rebelles zapatistes du Chiapas ont fait savoir qu'ils étaient en état d'alerte après l'arrestation d'un des fondateurs présumés de leur mouvement et qu'ils discutaient d'une éventuelle rupture des discussions de paix avec le gouvernement.Fernando Yanez Munoz, qui selon le gouvernement ne serait autre que le « comandante German », fondateur de l'Aimée zapatiste de libération nationale ( EZLN ), a été arrêté samedi à Mexico pour détention d'armes.Un dirigeant zapatiste connu sous le nom de commandant Moises a déclaré que, depuis, les Zapatistes avaient remarqué une intensification des mouvements de l'armée mexicaine au Chiapas, province où l'EZLN a déclenché une révolte, le 1er janvier 1994, pour réclamer davantage de droits pour les Indiens.d'après Reuter SUÈDE-FRANCE Deneche ne sera pas extradé ¦ Le gouvernement suédois a officiellement rejeté hier la demande d'extradition française de l'Algérien Abdelkrim Deneche, suspecté par Paris d'avoir été mêlé à l'attentat du RER Saint Michel en juillet.Stockholm note que la police a conclu que Deneche se trouvait en Suède au moment de l'attentat.La semaine dernière, la Cour suprênme avait retenu cette même conclusion.Sans preuves, « il y a un empêchement juridique à l'extradition » note le ministère de la Justice.Arrêté en août, Deneche est toujours en prison en vertu de la législation anti-terroriste suédoise.Depuis son installation en Suède au début des années 90, Deneche a cherché à collecter de l'argent pour la lutte armée contre le gouvernement en Algérie.Les autorités suédoises ont prolongé sa détention jusqu'au début de novembre.Les autorités de Stockholm doivent se prononcer dans les prochaines semaines sur son éventuelle expulsion.d'après Reuter KURDES-TURQUIE Peine confirmée ¦ Six des huit députés turcs d'origine kurde condamnés à la prison pour collaboration avec la rébellion kurde ont vu leur peine confirmée hier en cassation, une décision qui risque d'être fraîchement accueillie au parlement européen.Les parlementaires de Strasbourg avaient demandé la libération des huit députés \u2014 condamnés essentiellement non pour des actes mais pour des déclarations ou écrits \u2014 au nom de la liberté d'expression et de la démocratie parlementaire.Us en avaient fait une condition de la ratification en décembre d'un accord d'union douanière entre la Turquie et l'Union européenne.Le président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe Miguel Angel Martinez s'est déclaré très « déçu » par cette décision.Il a dénoncé les « normes légales et constitutionnelles scélérates qui permettent de tels anachronismes et monstruosités juridiques en Turquie ».d'après ATP Eltsine victime d'une crise cardiaque La classe politique russe s'interroge sur ses capacités de continuer Agence France-Presse MOSCOU La nouvelle crise cardiaque du président russe Boris Eltsine, hospitalisé d'urgence hier trois mois après une première attaque, relance les questions sur ses capacités à diriger le pays et à briguer un second mandat présidentiel dans moins de huit mois.Boris Eltsine, 64 ans, a été admis en début d'après-midi à l'hôpital central du Kremlin ( au sud-ouest de Moscou ), en raison d'une « ischémie du myocarde », a annoncé le chef du service de presse de la présidence Igor Ignatiev.« Son état de santé ne suscite pas beaucoup d'optimisme », a même précisé le principal conseiller du président, Viktor Iliouchine, cité par Interfax.«Aucune opération n'est nécessaire pour l'instant » et les médecins donneront leur diagnostic vendredi ( aujourd'hui ), a-t-il ajouté.Les informations semblaient parfois contradictoires, le service de presse de la présidence s'attachant surtout à rassurer, en soulignant que le chef de l'État était « en état de gérer le pays » et que son moral était « bon ».La constitution charge le premier ministre ( actuellement Viktor Tcher-nomyrdine ) d'assurer l'intérim au cas où le président s'avérerait dans l'incapacité d'assurer ses fonctions.D'ores et déjà toutefois, la visite du chef de l'État prévue en Chine du 9 au 12 novembre \u2014 la première depuis trois ans \u2014 est annulée.Rien n'est encore décidé pour la rencontre au sommet que Moscou attend avec fierté : une réunion des présidents serbe Slobodan Milosevic, croate Fran-jo Tudjman et bosniaque Alija Izetbe-govic, mardi prochain, qui devait permettre à la Russie d'afficher son rôle dans le processus de paix en Bosnie.« Ce serait très dommage si cette rencontre était repoussée, car le président a fait beaucoup pour la paix dans les Balkans », a estimé M.Iliouchine.Boris Eltsine avait déjà subi une grave attaque en juillet dernier, où une « ischémie » ( obturation des artères qui peut entraîner l'infarctus ) l'avait obligé à quitter la scène publique pendant près d'un mois.Le mot « infarctus » n'avait pas été prononcé, mais le Kremlin avait recon- nu une « crise cardiaque » et l'incident avait mis en lumière la gravité des problèmes de santé de Boris Eltsine.Cette dernière année, les ennuis de santé du président russe se sont multipliés et celui qu'on surnommait « le lion » lors de son élection en 1991 a aujourd'hui une démarche hésitante, une élocution difficile et se fatigue facilement.Son penchant souvent évoqué pour la boisson n'est plus seul en cause.« Il semble évident que les artères du président russe se bouchent de plus en plus, ce qui correspond à l'évolution naturelle par étape de l'insuffisance coronarienne dont le pronostic varie « d'une minute à dix ans », a expliqué le cardiologue français Alain Ducardonnet.Cette aggravation peut généralement suivre « des situations de stress et de surcharge de travail », selon un généraliste russe.La nouvelle hospitalisation du président Eltsine intervient après un voyage chargé à l'étranger.M.Eltsine rentrait tout juste d'une visite de quatre jours en France puis aux États-Unis.Elle va donner de l'eau au moulin ¦ ¦ PHOTO AP Alessandra Mussolini, du parti de l'Alliance nationale, fraternise en chambre avec l'ex-premier ministre Italien Silvio Beriusconi.N'empêche, les deux ont perdu leur pari de faire chuter le gouvernement.Le président du conseil italien Dini étouffe l'offensive de Beriusconi Agence France-Presse ROME e président du Conseil italien Lamberto Dini a sauvé hier avec maestria son gouvernement, en faisant échouer la motion de censure de l'alliance de centre droit dirigée par l'ancien président du Conseil et magnat de la télévision privée Silvio Beriusconi.La motion de censure a été repoussée par une majorité de la Chambre des députés: 310 députés ont voté non, 291 oui, et un député s'est abstenu.Six cent deux députés ( sur 630 ) étaient présents.Les députés de Refondation Communiste se sont absentés au moment du vote, renonçant à ajouter leurs votes à ceux du centre droit pour faire tomber le gouvernement.Le ministre du Travail, Tiziano Treu, a paraphrasé William Shakespeare pour souligner que cette crise, c'était « beaucoup de bruit pour rien », et la bourse de Milan a repris 1,93 p.cent dans sa séance d'hier.La lire est remontée à 1135 lires pour un deutschemark, contre 1161 en matinée.Alors que les observateurs considéraient le gouvernement pratiquement perdu le matin même, un subtil jeu en coulisses s'est joué entre M.Dini et le groupe des 24 députés de Refondation Communiste qui devaient initialement voter pour la motion de censure présentée par le centre droit.Le chef du gouvernement a fait pencher la balance en sa faveur en annonçant, au cours de son interven- tion, que son gouvernement démissionnerait avant la fin de l'année, une fois votée par le parlement la loi de finances pour 1996.Cette clarification a paru une garantie suffisante à Refondation Communiste, fondamentalement hostile aux options libérales du gouvernement de techniciens de M.Dini qui est soutenu par les partis de centre gauche.Le sauvetage in extremis du gouvernement Dini est un cuisant échec pour l'ancien président du Conseil et magnat de la télévision privée qui avait mis en branle toute une machine de guerre pour faire tomber son ancien ministre du Trésor.Revenu à cette occasion sur le devant de la scène, M.Beriusconi espérait ainsi forcer le chef de l'État Oscar Luigi Scalfaro à convoquer des élections anticipées d'ic?décembre.Dans son discours, très chaleureusement applaudi par le centre gauche, M.Dini n'a pas paru préoccupé par la perspective d'éventuelles élections.Il a même exprimé son souhait de former un nouveau gouvernement sur une base élargie au premier semestre 1996, quand l'Italie assurera la présidence tournante de l'Union européenne, étant donné l'importance d'avoir à Rome un gouvernement économiquement capable et stable à cette époque.Le discours de M.Dini a été un fervent plaidoyer pour la politique d'assainissement budgétaire poursuivie depuis la formation du gouvernement en janvier.Le président du Conseil a insisté sur l'identité de son gouvernement de \u20ac techniciens », « qui n'est devenu l'otage de personne ».Il a averti qu'une censure ouvrirait une crise de confiance financière aux conséquences imprévisibles.Mais Lamberto Dini a aussi coupé plus nettement les ponts que par le passé avec le « Pôle de la Liberté », alliance de droite de Silvio Beriusconi.qu'il a qualifié d'« irresponsable ».Il a critiqué le « narcissisme » et la prétention à « l'infaillibilité » de son ancien chef de gouvernement Beriusconi.Pour la première fois, M.Dini a pris nettement position dans le débat ie plus chaud en Italie aujourd'hui: le rôle des juges de l'enquête anti-corruption « Mains propres ».Il a dénoncé son ancien ministre de la Justice, Filippo Mancuso, l'homme par qui la crise avait éclaté la semaine dernière, qui, a-t-il dit, «a voulu discréditer une magistrature qui a tant fait pour la lutte contre la corruption dans le pays ».Il a affirmé que « le courage et les compétences des juges étaient un motif d'orgueil » pour tous les Italiens et le gouvernement.M.Mancuso, juriste pointilleux, avait multiplié les enquêtes disciplinaires à rencontre des juges, leur reprochant leur prétendue partialité et leurs indiscrétions sur les enquêtes en cours.Il avait semblé vouloir défendre Silvio Beriusconi et les autres personnalités qui font l'objet d'enquêtes pour corruption.Du coup, le centre gauche avait présenté une motion de censure individuelle contre le ministre, qui avait été adoptée au Sénat la semaine dernière.M.Mancuso, bien que remplacé par M.Dini qui assure son intérim, affirme que sa démission n'est pas valable constitutionnellement.de ses nombreux adversaires qui n'ont de cesse de répéter que le chef de l'État n'est plus en mesure de diriger les affaires du pays, et que ce serait folie de le voir se présenter à nouveau pour la présidentielle de juin 1996.« À moins d'admettre un chef d'État en vacances perpétuelles et incapable d'assumer des voyages a l'étranger », relevait un diplomate.L'épouse du président avait indiqué en mars dernier qu'elle déconseillait à son mari de briguer un nouveau mandat, mais les politiques pensent que le numéro 1 du Kremlin se représentera devant les électeurs.Lors de sa visite à New York, Boris Eltsine a offert au président Bill Clinton un maillot sportif marqué « Eltsine 96 », geste interprété comme un aveu implicite d'une probable candidature.Mais si ce nouvel accident cardiaque s'avère sérieux, il pourrait aussi déstabiliser le pays à moins de deux mois d'élections législatives qui s'annoncent difficiles pour le pouvoir.« Si Boris Eltsine reste à l'hôpital quelques temps, cela va rendre encore plus imprévisibles les résultats des élections », relevait Dmitri Trénine, expert de la Fondation Carnegie.Slovaquie : des lois linguistiques controversées d'après AFP BRATISLAVA Le gouvernement nationaliste slovaque de Vladimir Meciar a adopté cette semaine deux projets de loi pour la défense de la langue slovaque qui provoquent de vives protestations tant en Slovaquie que dans la république tchèque.L'un de ces projets de loi prévoit de lourdes amendes pour les publications utilisant des mots étrangers là où existent des mots slovaques pour la même définition.Les représentants de la minorité hongroise, forte de 600 000 membres, ont dénoncé ce projet de loi qui considère comme « un phénomène temporaire » le droit constitutionnel des mi-norités d'utiliser leur langue maternelle dans les contacts officiels.Le texte par contre confirme les recommandations du Conseil de l'Europe, déjà adoptées par le parlement, concernant les droits des municipalités à majorité hongroise de poser des panneaux indicateurs bilingues et des femmes hongroises à ne pas ajouter la désinence féminine slovaque « -ova » à leur nom de famille.Le deuxième projet de loi oblige à doubler ou sous-titrer en slovaque les films tchèques.La presse dans son ensemble juge cette idée « complètement stupide », étant donné l'extrême parenté des langues de ces pays séparés depuis le 1er janvier 1993.Par ailleurs, l'Union européenne a effectué une démarche auprès des autorités slovaques pour manifester son inquiétude face aux tensions institutionnelles existant actuellement entre le premier ministre Meciar et le président Michal Kovac.Les ambassadeurs français, espagnol et italien < troïka de l'Union ) en poste à Bratislava ont rappelé aux autorités slovaques que l'Union « observe avec inquiétude la possibilité que des actions aient lieu à rencontre du président de la République qui pourraient porter atteinte à la Constitution et aux pratiques démocratiques ».En même temps, la troïka euro-pééenne ( composée des présidences semestrielle actuelle, précédente et suivante des Quinze ), a mis l'accent sur la nécessité pour la Slovaquie, pays associé à l'UE, de respecter les droits de l'Homme et les droits de la minorité hongroise.L'Union dispose de certains moyens de pression sur la Slovaquie, a souligné le porte-parole, contenus dans le traité d'association signé par Bratislava, candidat à l'adhésion à l'UE à l'horizon 2000.Les Quinze avaient déjà effectué une démarche similaire auprès des autorités slovaques en octobre 1994 pour leur rappeler la nécessité de stabilité dans les institutions politiques qui garantissent la démocratie et le respect des droits de l'Homme dans le pays.Le gouvernement Meciar a répondu hier en affirmant sa détermination à « poursuivre ses efforts pour devenir membre de plein droit » de l'Union, a annoncé hier le porte-parole gouvernemental.À Bratislava, le président Kovac a appelé hier le Parlement à ouvrir prochainement un débat sur cette initiative des Quinze, en mettant en garde contre un « isolement de la Slovaquie » si la situation politique actuelle devait perdurer.Une rélève pectaculaire Un cahier à ne pas manquer demain dans T LA PRESSE.MONTREAL.VENDREDI 27 OCTOBRE 1995 B9 I if IMMOBILIER 131 iLEDEMWrmiAL twi^ etc.foytTf pfoncfwr bon rafolt 1res propri^^arao» Indu, cMMftaa» élMirtaM.\u2022 MM 44I-24/I wril If le WBmWj bttmorchgh prêt mjh eMm Iov^ Llir* l«r dSc 44ilApr*i 17 h: 769-9261 modwrm VA à SVl MM rafranH pitdnt In»^ 7A1-éib9« 273^1.VBBUti ov.prfa bouL- LoMtofTA r.-dt-dw rénqv^ 4751, modwnt, rif., Hbrt, 193-3622.LMc5vt, 3'A 4yi Trèt oroMto opps» nwubw tt non mtuMè, pris àê tauf.MA-ISSI \u2014zstnamsssm\u2014 3475 ST-UKBAM l'A a*A 3e.2'a 3'a 4'a.1 5'a avec 3 vtKiins.970-5404,606-1141 chefs bois fran^ ^S» Trkio sërts Ind.Jtot, 375$.4y-6971,973-3635., 53 Codkux, 4'A, l 435 S.669-5210 4T\u20ac 1er, frais V1M0I«T.grand 6*a.3 dnmbres, 3 %JbQin.oarooe.Lft>re.979-9476.VIMOf«T, 3'A ovec foyer.4ei * à portfde 500 y 449-7074.MCOAX 3 chambres, condo neuf, bord du fleuve.1600 imwts.te soir àfrab 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