La presse, 3 mars 1996, B. Livres
[" CAHIER Montréal, dimanche 3 mars 1996 Opinions Arts et spectacles Umberto Eco Une histoire de mémoire, de désir contrarié.pageB6 2* s* W.A ' R \u2014.» 4 * ulÂf A >\u2022\u2022.'.'M ACHMY HALLEY collaboration spéciale ¦ Le monde entier s'apprête à célébrer la Journée internationale de la femme ( ce vendredi 8 mars ).Les éditions L'Instant même mettent sur le marché Parallèles, une anthologie de la nouvelle féminine ; le périodique Arcade y va aussi d'une anthologie ( voir le texte à ce sujet en page intérieure ) ; chez Tryptique, on a lancé un passionnant volume consacré au roman québécois au féminin ( entre 1980 et 1995 ).Deux journalistes qui n'ont pas froid aux yeux, Nathalie Collard et Pascale Navarro, proposeront en avril Interdit aux femmes, une réflexion peu orthodoxe sur les rapports entre féminisme et censure de la pornographie.Tout cela étant, pourquoi ne pas tenter d'interroger la pertinence de ce que certains nomment récriture féminine ( traduction libre et révélatrice de l'américain female writing ) ou l'écriture des femmes.Certes, le chemin parcouru est immense depuis que le révolutionnaire français Proudhon soutenait à la fin du siècle dernier que « le rôle de la femme, dans les lettres, est le même que dans la manufacture : elle sert là où le génie n'est plus de service, comme une broche, comme une bobine » ! Fort heureusement, plus personne n'ose s'interroger sur les limites du cerveau féminin et se demander « Est-il normal qu'un femme écrive ?», comme le faisait Jean Larnac en 1929 dans sa misogyne Histoire de la littérature féminine en France.La plainte de Virginia Woolf qui, au début du siècle, dénonçait « l'éternelle conspiration du silence et des biberons impeccables » n'a sans doute pas la même réalité en 96.f ,e \u2022 1 \u2022» \u2022 ^ -\u2022* *- 1 » *\u2022 tl \u2022 t a ffl -f 5 i wi \"^f '\u2022Al MÊ Mua 4^J * » 1 KK7 -.»«\u2022>.\u2022 4*.'Kà,V m \u2022 V SUITE A LA PAGE B 4 V IWus.Tation : Geneviève Côté / Graphisme : Hélène de Qoiee If o 2141 ^ 28o Z9o 30 MARS LE SPECTRUM IIUITS AU SPECTftUM (INFO: 861 -585 1 ) ET A TOUS LES COMPTOIRS ADMISSION.RESERVATIONS: 790-1245 EXT.DE MONTRÉAL 1 -800-361 -4595 - ¦ \u2014i\u2014¦ i- B2 .m r^SSE.MONTRÉAL.DIMANCHE 3 MARS 1996 Ornions Paul Dostnras Roget D.Landry président du conseil président d'administration et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef « » A votre tour bibliothèques.Surtout, n'éteignez pas ! CLAUDfc JASMIN L auteur est écrivain.Ouand je quitte le marché Jean-Talon et que je revois le poste de police et de pompiers de la rue Saint-Dominique, ma mémoire s'attendrit.* jeune adolescent, c'était un lieu béni.C'était la succursale de la bibliothèque de Montréal.Nous étions si nombreux à la maison qu'il était difficile d'y étudier en paix.Autour de la table de cuisine bien pleine de cahiers et de livres d école ouverts sur la nappe cirée, il y avait mes cadets, mon frère Raynald, mes soeurs Marielle, Nicole et Marie-Reine.Dans la chambrette, moitié d'un salon-double où je dormais avec mon frère dans « un lit de fer », se trouvait un tout petit pupitre.Mais les récitations du « par-coeur » orchestrées par maman m'empêchaient d'un minimum de concentration.Quel to-hu-bohu, chaque soir, après souper l Cherchant un toire, Saint-Anne, Missionnaires ), VAlmanach du peuple, Beauchemin et quelques numéros de L'Encyclopédie de la jeunesse, Grolier.Ajouterais-je les « comic books » qu'on se procurait pour cinq sous aux kiosques de bois des coins de rue importants.)e n'oublie pas les bandes dessinées de La Patrie, du Petit Journal et, cahier plus important, celles de La Presse.Une littérature disons dissolvante! Alors, désormais, autour de ma ta-ble d'études, c'est l'offre de centaines et de centaines de livres.Ca n'est pas long : je découvre le plaisir de glaner librement dans les étagères, de fouiller au sein même de ces innombrables suggestions de lecture.)e peux les emporter avec moi, il n'y a qu'à remplir une carte signalétique, c'est formidable ! Ainsi, grâce à la succursale de la rue Saint-Dominique, comme d'autres de Saint-Jean-de-la-Croix, de Saint-Edouard, de Saint-Vincent-Ferrier, de Notre-Dame-du-Rosaire et de Sainte-Cécile, ma paroisse, je deviendrai peu de silence, ¦»»» un jour de septembre, en 1943, je découvre l'étage des pompiers, rue Saint-Dominique, l'étais sauvé.La bibliothèque dite « Shamrock » m'épatait : ______ chaleur et bonne lumière assurées, tables et chaises de solide chêne vernis, sol de mosaïques.Durant quatre années, ce sera mon refuge merveilleux pour leçons et devoirs.Au collège Grasset, le samedi -était un jour de classe comme les au-l'très, c'est-à-dire jusqu'à six heures du - soir ! Nous avions congé les mardis et :-jeudis après-midi.Pas congé d'études, oh non ! ('allais, au dessus des pompiers ( ! ) travailler histoire, géographie, sciences, maths, etc.l'aimais l'ambiance de la biblio, les chuchotements, les fous rires réprimes, les efforts de tous, enfants ou adultes, employés, pour garder cette atmosphère de recueillement, une sorte de dignité quasi religieuse au lieu chéri.Cet écrit veut réfuter un certain correspondant de La Presse qui, pourtant écrivain, souhaitait, dans un article publié il y a plusieurs mois, la fermeture des bibliothèques ! Encore aujourd'hui, je peux voir des garçons et des filles qui se font des coins d'études, Avenue du Parc, à la bibliothèque du Mile-End.À Outremont, rue Davaar ( en attendant la neuve ).Rue Morin, à Sainte-Adèle-en-haut.À douze ans donc, découverte de ce merveilleux abri tout tapissé de volumes reliés pauvrement, uniformément ( on est en 1943 ).Chez moi, comme chez la plupart de mes copains de Vil-leray, il n'y avait pas de livres.Seulement quelques annales pieuses ( Ora- « Ceux qui distribuent les sous publics, au temps des « compressions budgétaires », doivent garder en mémoire que la bibliothèque publique, c'est la chance, une chance de se sauver.Par le haut » bientôt un fouineur à bouquins, un dévoreur boulimique et cette métamorphose qui me fait muer, changer, je la dois à cette modeste annexe de la bibliothèque publique.( Moins pauvre, plus tard, ce sera le goût des librairies ).À dix-sept ans, étudiant à l'École du Meuble ( de Jean-Marie Gau-vreau ), j'aurai des crises de lecture très profondes ! J'irai, chaque semaine, à la grande bibliothèque de la rue Sherbrooke ( qui va rouvrir bientôt ) : razzia ! Je lirai tout Eluard, A rayon, Desnos, Char, Supervielle, on disait « les poètes de la Résistance ».A la bibliothèque Saint-Sulpice ( devenue Nationale depuis ), ce sera tout Claudel, le poète et le dramaturge et puis, par vagues, tout Berthold Brecht, tout Pirandello, tout Garcia Lorca, etc.J'étais affamé de livres.Mais, quand j'ai treize ans, les envies de lire beaucoup viendront plus lentement.Je prendrai conscience peu à peu qu'il y a mieux que les romans-scout prêtés par les Sulpiciens du collège, que l'édifiante collection Signes de piste, par exemple.À quinze ans, je fais connaissance, ému, troublé même, avec Gabrielle Roy, avec le jeune Yves Thériault sans imaginer que nous serions amis dans une vingtaine d'années.Sans guide instruit, sans modèle, sans programme, éclectique, nous lisions un peu de tout, un peu n'impor- te comment.Je lis Mauriac et Gracq, je lis Hugo et Nelligan, je découvre le bizarre François Hertel, jésuite défroqué, du Octave Crémazie et Louis Fré-chette, j'aime Alain Grandbois et Le torrent, d'Anne Hébert.C'est plus fort que les candides fables naturalistes et symboliques de Félix Leclerc.Me voilà envoûté par Moira, de Julien Green, et je cherche tous les autres.Ca y est ! J'aime comme un fou fréquenter la bibliothèque au-dessus des policiers et des pompiers ! Ma tante Rose-Alba Jasmin tenait un petite bibliothèque de prêts pour amateures de « romances » ( c'était bien avant les « arlequinades » à bon marché ).J'y allai souvent, c'était à deux coins de rue, au sous-sol du 7454 de la rue Saint-Denis ; tante Rose-Alba, amusée de voir un gamin de douze ans fouiller ses tablettes, laxiste, me laissait lire du Magali, Max du Vezit et je me souviens encore de mes émotions sensuelles en lisant de Claude Farrère : Plus fort que la mort.Mais, rue Saint-Domnique, je découvre des romans ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦ autrement plus « secoueurs ».Je n'ai que seize ans et il faut être astucieux pour sortir des ouvrages « surveillés ».Mais j'y arrive.Il n'y aura jamais trop de bi-bliothèques.Je remercie la providence pour ce phare à la sortie du marché de mon quartier.Oasis de salut dans la tiédeur d'un quartier si modeste.Abri anti-médiocrité rare ! Bouée de sauvetage en existences, à l'époque, bien peu stimulantes I Je suis reconnaissant envers ces demoiselles-bibliothécaires si patientes face à nos flâneries, nos tiraillages mal retenus, certains après-midi de printemps.C'est là, à « Shamrock », que je me suis un peu construit, que j'ai pu me développer un peu les jeunes méninges, que j'ai commencé à me cultiver le moindrement.Entre les chaises et les tables de chêne vernis, j'ai pu me mettre, comme on disait, « un peu de plomb dans tète ».Une patinoire, une piscine, c'est utile, je le sais bien.L'aréna du parc est salutaire à la jeunesse.Pour tous les enfants des classes laborieuses, une bibliothèque c'est un lieu indispensable.Ceux qui distribuent les sous publics, au temps des « compressions budgétaires », doivent garder en mémoire que la bibliothèque publique, c'est la chance.Une chance de se sauver.Par le haut.L'enfant d'un milieu modeste y découvre tout, le vrai, le beau, le malheur et l'humour, la bêtise et la sainteté.Ne plus soutenir une bibliothèque, c'est éteindre la lumière.L'émission Majeurs et vaccinés à la SRC : un amas de clichés M ARC-AU RÊ LE MARSAN L*auteur est étudiant en Sciences politiques ûVUQAM.Je désire faire suite à l'article de Pascal Brissette ( La Presse, 28 janvier ) critiquant l'émission de télévision Pignon sut rue.J'aimerais faire part de mon opinion sur une émission du même genre ( les joies et les problèmes de la jeunesse d'aujourd'hui ) mais qui ne va guère plus loin : Majeurs et vaccinés ( SRC, samedi, I9h ).Rappelons d'abird que cette émission est écrite par deux jeunes diplômes de l'École de 1 humour : mais elle prouve hors de tout doute que ce n'est pas en passait par cette école que l'on acquiert nécessairement le talent d'être drôle.En fait, ce nouveau téléroman fait preuve de peu d'originalité, car il es; une pâle imitation des « sit-coms » américains.Quant au niveau d humour, il est comparable à celui, très peu subtil» d'une représentation théâtrale d'adolescents du secondaire.Si on peut excuser l'amateurisme d'une pièce d'école, on peut difficilement excuser Radio-Canada d'avoir accepté de donner du temps d'antenne à ce bâclage 3n'est Majeurs et vaccinés.Une sta-on de télévision professionnelle ne devrait jamais diffuser cela.Mais il y a pire que cela.Si la télévision donne la chance à deux auteurs de s'exprimer sur leur génération, ceux-ci devraient au moins avoir l'intelligence d'éliminer les clichés.Malheureusement, Majeurs et vaccinés est un amas de clichés.Le jeu caricatural des acteurs ne fait qu'accentuer le vide intellectuel de chaque personnage.L'image que cette émission véhicule est nulle autre que celle de la complaisance dans le misérabilisme du quotidien.Je trouve qu'il y a trop de mauvaises émissions dites « jeunesse » sur les écrans, ces temps-ci.Ces émissions dépassent très rarement les mêmes clichés sur les jeunes d'aujourd'hui et leur malheur existentiel.Majeurs et vaccinés est supposée être une comédie de situation mais on ne rit pas du tout pendant une demie-heure.Pire : on a honte d'appartenir à une génération qui se représente culturellement de façon aussi débile.L'humour a ses limites et Majeurs et vaccinés en est la parfaite représentation.J'ai peur, cependant, que cette émission devienne un exemple à ne pas suivre dans le sens que ce « sit-com » a été accepté par Radio-Canada pour être diffusé à une heure de grande écoute.Ainsi, les baby-boomers ont la chance inouie d'avoir devant eux la cible parfaite pour déclarer haut et fort que notre belle jeunesse ( leurs propres enfants ) n'a pas de culture et presque pas de talent ( si ce n'est celui de convaincre une station de télévision respectable et intelligente de faire passer un navet décourageant de nullité ).t La boîte aux lettres Retombez les pieds sur terre ! ¦ Je désire répondre à la lettre du docteur Jean Robert, publiée dans La Presse du 14 février dernier.Je suis le père d'une élève de l'école Saint-Joseph, cette école dans cette «certaine affaire de résidence sur une certaine rue de Bordeaux ».Cette école qui « a réveillé l'ogre ».J'ignore si le docteur Robert est un père de famille, mais moi je peux dire comment je suis heureux de voir ma fille s'épanouir dans cette institution.Celle-ci est un modèle d'école où on enseigne le respect des autres et l'amour d'apprendre.Et, croyez-le ou non, les élèves travaillent ! La nouvelle du projet visant à établir une résidence pour sidéens à proximité de l'école, avec une sortie SITUÉE À L'INTERIEUR DE LA COUR DE L'ÉCOLE SAINT-JOSEPH, nous a littéralement abattus.La perspective qu'un enfant, NOTRE ENFANT, trouve une seringue contaminée était peut-être seulement de l'ordre des chances de gagner la lotto 6/49.On s'en fout, c'était déjà trop de risques.Avant la décision de la Ville de reconsidérer le projet, mon épouse et moi cherchions déjà une autre école pour notre enfant, en pensant avec beaucoup de peine à ceux qui travaillent si fort pour maintenir le niveau d'excellence de cette école.Alors, oui docteur, je suis un ogre.Pour mon enfant, je serai le plus cruel des ogres I Et vous, je vous retourne le deuxième paragraphe de votre texte, celui qui commence par « Prenez une personne intelligente, sensible.» et qui se termine par Peters et Murphy.La référence au behavioriste Peters semble très appropriée dans ce cas-ci ! Alors, docteur, épargnez-moi ce baratin de latin, d'ogre, de fables de Lafontaine et vos autres prescriptions illisibles.Faites-moi le plaisir de retomber les pieds sur terre ! Daniel FITZPATRICK Montréal Pensions alimentaires : mais de qui se moque-t-on ?¦ Je suis avec consternation les péripéties de Susan Thibaudeau, qui tente de soustraire à l'impôt la pension alimentaire que lui verse son exmari.J'avoue mal saisir son intention dans ce dossier, qui prend l'allure d'une bombe dans les pages de La Presse.Mentionnons d'abord que le chèque que lui verse son ex-mari devrait représenter la somme de deux montants : celui de la pension alimentaire proprement dite et celui qu'on appelle « impact fiscal ».Le premier montant sert à couvrir les frais encourus pour la garde des enfants.Un débat animé pourrait être entrepris sur le fait qu'il soit suffisant ou non, mais tel n'est pas mon propos.Quant au second montant, il est calculé et versé de façon à couvrir l'excédant d'impôt que madame Thibaudeau doit payer à cause de ce supplément de revenu.En fin de compte, ce n'est pas vraiment madame Thibaudeau qui paye l'impôt qu'elle conteste si intensément sur sa pension alimentaire, mais bien son ex-mari.Elle se contente de faire passer la somme destinée à ces fins des poches de son mari à celles de l'État.Si le chèque que madame Thibaudeau reçoit de son ex-mari ne tient pas compte de cet impact fiscal, peut-être devrait-elle changer de conseiller juridique et faire réviser son jugement.Le débat se résume alors à une simple question de compétence.Mais ne s'agirait-il pas plutôt d'une question de bonne foi ?Quel gain madame Thibaudeau espère-t-elle faire au juste de ses démarches ?Hypothétiquement, une fois l'impact fiscal disparu, le chèque qu'elle recevrait serait considérablement réduit : en effet, pourquoi son mari continuerait-il de couvrir un impact fiscal disparu ?Voilà les vraies questions, Susan Thibaudeau celles qu'il faudrait finalement poser pour désamorcer ce qui me semble n'être qu'un pétard mouillé, mais qui est devenu une sasa juridique coûteuse pour les contribuables.le suis d'accord avec madame Thibaudeau pour dire que la Loi sur l'impôt peut paraître injuste, et parfois même l'être réellement.Cependant, la décence la plus élémentaire exige qu'on la conteste en suivant les règles du bon sens.Ou alors, qu'on m'explique.Gilles BUREAU Montréal Pub complètement inutile ¦ J'ai remarqué à la télévision la diffusion de commerciaux présentant la nouvelle pièce de 2 $.Puisque la monnaie ayant cours légal au Canada est celle que les banques canadiennes distribuent aux citoyens canadiens, était-il vraiment nécessaire d'encourir des coûts de production et de diffusion pour ces commerciaux ?La nouvelle pièce a déjà été tellement annoncée dans le cadre d'émissions de nouvelles et de variétés que cette dépense me semble, dans un contexte d'austérité, totalement irresponsable.Jean-Louis LANDRY Longueuil te série Urgence : entre la déception et l'indignation Madame Fabienne Larouche Monsieur Réjean Tremblay ¦ Lorsque la série Urgence a été annoncée à la télévision, je me suis dit : « Tiens, voici une série qui tombe bien dans le contexte que vivent les hôpitaux.Ceci va permettre aux gens de comprendre, du moins de voir la réalité d'une salle d'urgence.Peut-être aussi ceci va-t-il contribuer à valoriser les médecins et les infirmières qui y travaillent.» D'autant plus, que votre émission est supportée par une équipe de « conseillers du milieu ».Eh bien, d'émission en émission, je navigue entre la déception et l'indignation.Loin de laisser transparaître le travail quotidien des médecins, infirmières, personnel de soutien et administrateurs, cette émission projette une quantité impressionnante de préjugés que les auteurs semblent entretenir à l'égard des milieux hospitaliers.Si vous cherchez à régler des comptes avec les professionnels qui oeuvrent dans les hôpitaux, allez-y, vous avez trouvé le bon filon : le sen-sationnalisme nourrit.Je m'attendais de votre part à davantage de rigueur et d'honnêteté intellectuelle, afin de respecter minimalement les gens qui y travaillent.4 Je ne peux tolérer que vous laissiez croire à des milliers de téléspectateurs qui regardent votre émission Fabienne Larouche que ce qu'ils voient est véritablement ce qui se passe dans un hôpital pendant qu'eux attendent dans une salle d'attente.Ghislaine TESSIER infirmière et directrice des soins infirmiers Hôpital Laval, Québec s» Montréal, dimanche 3 mars 1996 B3 ivres photo sycma.reprise par stock L'entrepôt de Maurepas, le plus grande centre de distribution de livres en France.Y aura-t-il une vie après le livre ?M Sans disparaître, le livre verra son utilisation se modifier, son ' ifluence intellectuelle décroître, sa logistique industrielle se refaire sur le modèle des méga-entreprises des secteurs de l'audiovisuel et du multimédia.Le pire, c'est qu'il ne s'agira t.i d'une catastrophe ni d'une rcrte irréparable pour Thumanité.Le constat vient du chef des informations au périodique if«incais Livres Hebdo, Fabrice Piaplt, qui signe Le Livre, la fin d'un règne.Il s'agit d'un tableau fortement documenté de l'industrie française du livre se doublant d'une perspicace réflexion sur l'avenir du mot imprimé.Piault jauge les contrecoups de l'avènement de la civilisation de l'image, comme cela est de mise dans tous les best sellers sur la mort du livre.Mais il se fait aussi plus audacieux en se montrant sévère envers le monde du livre lui-même : un monde trop souvent inconscient de l'image négative d'« assiégé » qu'il projette et qui, écrit-il, «c s'est bâti une forteresse, au rîsque d'en être le premier prisonnier ».Le prix unique L'illustrâtiun la plus patente «les effets pervers d'une telle attitude est, démontre Piault, la « Loi Lang » adoptée en 1981 au j:?and contentement des éditeurs fiançais.Il s'agit d'une loi dite du « prix unique » destinée à protéger les libraires en interdisant la vente au rabais de livres \u2014 dans les grandes surfaces, par exemple.On sait qu'un certain nombre d'éditeurs québécois songent à reclamer I imposition ici d'une telle loi.Or, raconte Piault, la Loi Lang a produit des effets exactement contraires à ceux recherchés.D'abord, les comptoirs de livres se sont multipliés dans les grandes surfaces ( jusqu'à être présents dans le nombre incroyable de 850 hypermarchés et 5000 supermarchés ! ) : obligées par la Loi Lang de vendre au prix fort, elles y ont vu une source inépuisable de profits ; quant aux acheteurs, ils sont malgré tout demeurés sous 1 impression que les grandes surfaces vendaient moins cher que les librairies.Ce n'est pas le plus grave : l'effet psychologique d'une telle mesure est carrément désastreux.Piault écrit : « Loin de constituer un facteur qui rehausse l'image du livre, le cadre réglementaire souligne au contraire son archaïsme, et le repli de la profession sur elle-même.L'image du disque compact et celle de la vidéo ne paraissent pas plus dévaluées que celle du livre sous prétexte qu'on les trouve parfois proposés péle-mêle dans des bacs d'hypermarchés à 10 ou 15 francs pièce ! En revanche, cette faculté de discount ( sic ) leur donne une image d'accessibilité alors que le livre, lui, reste enfermé dans une logique élitiste qui le conduit tout droit au ghetto.» L'État français a cependant fait beaucoup mieux : pour le protéger des perfidités du commerce maudit, il a interdit la publicité du livre à la télévision ( comme pour le tabac et l'alcool ) de sorte que, fin 1994, on a vu « le Conseil supérieur de l'audiovisuel mettre en garde certains présentateurs contre la mise en avant trop ostensible de la couverture des ouvrages.» Avec des amis pareils, le livre n'a pas besoin d'ennemis ! L'oeuvre et l'industrie Pendant ce temps, le train passe, comme on dit.Aux Etats-Unis et en Allemagne, les grands de l'édition s'associent aux géants de l'audiovisuel ; cela donne Time Warner, Paramount Viacom et la présence du pdg d'Apple au conseil de Bertelsmann.Et au niveau du consommateur \u2014 le courant est visible au Québec comme partout ailleurs \u2014, le livre est de plus en plus intégré à des espaces de vente multimédia, où il côtoie la video, le disque, le logiciel, le jeu, l'information, l'artisanat, les arts visuels.En même temps, la littérature ne représente plus en France que 19 pour cent du chiffre d'affaires de l'édition.Et le secteur des sciences humaines, qui fut traditionnellement l'assise intellectuelle du livre, est un secteur « sinistré », commente Piault, « après le bouleversement des équilibres politiques et sociaux et le grand lessivage idéologique des années quatre-vingt ».Il faut comprendre que cette tendance n'est pas qu'industrielle et commerciale : elle s'apprête à toucher l'idée même que l'on se fait de Vm oeuvre » et de la création.Car.au-delà des bouleversements pratiques que laissent présager le CD-ROM, l'informatique ludique et les services « en ligne », ce qui s'annonce, c'est la création sans support exclusif ; en fait, la création s'exprimant de façon simultanée sur tous les supports.C'est l'idée de « concept », où le rôle de l'éditeur traditionnel n'est pas \u2014 c'est le moins qu'on puisse dire \u2014 encore défini et qui.comme l'a fait le langage écrit puis l'imprimerie au fil des siècles, modifiera la perception que l'on a et la représentation que l'on fait du monde.De tels concepts jetés sur multi-supports ( film, musique, livre, jeux, objets ; tout cela multilingue ) existent déjà : La Belle et la Bête, Aladdin% furassic Park, Le Roi Lion.Parce qu'il s'agit de concepts grand public \u2014 et de surcroit américains \u2014, on préfère fermer les yeux sur le fait que cette nouvelle façon de créer va fatalement s'étendre sur de multiples registres, dont les plus pointus.Cela a d'ailleurs déjà débuté.Devant tout cela, Piault conclut : « Il faut prendre la mesure de la fin de l'hégémonie du livre.Pour s'assurer que ses apports pèseront de tout leur poids dans le développement de nouveaux supports culturels.» IF LIVRE, LA FIN D'UN REGNE.Fabrice Piault.Stock, Pans.1995.263 pages.Le monde du livre précipite son propre déclin : « Il reste enfermé dans une logique élitiste qui le conduit tout droit au ghetto », estime Piault Semaine de la liberté de lire I 4 Presse ¦ La première Semaine de la liberté de lire est en cours, au Uué-bec, depuis mercredi dernier.Elle se terminera, le 6 mars à 20 heures, par un gigantesque « Bingo contre la censure » qui aura lieu au Sky Pub, 1474, rue Sainte-Catherine Est : des livres bannis seront distribués en rrix.Car on sait que des livres sont -Il ja bannis au Canada.Le 7 janvier dernier, le cahier Livres de La Presse faisait état de I affaire judiciaire opposant la librairie vancouvéroise Little Sis-ter's et les douanes canadiennes.Le.juge Kenneth Smith, de la Cour suprême de la Colombie-Britannique, vient de rendre jugement : il a statué que les douanes canadiennes faisaient effectivement preuve de discrimination dans leurs saisies, mais n'a pas Jugé bon de recommander la Modification de la loi.les douanes sont habilitées à saisir des li-\\res jugés « obscènes », les libraires devant ensuite faire la preuve qu'ils ne contreviennent pas a la loi I iules Sister souhaite pniwer plus loin «on combat juridique, et recueille des fonds nour ce faire.VheURe ôu CoN+-e Une ûCf klté pour \\es toof-pctlf a de 9 ans et- p\\os Dans les livres se cachent des princes charmants, des sorcières, des dragons, des loups affamés, des fées étourdies, de drôles de petits lapins et bien d'autres À personnages amusants, étonnants et même.un peu effrayants.Venez les rencontrer et écouter leur histoire.SAMEDI 9 MARS à 14h30 I RENAUD - B RAY \u2022 Emmanuel Aquin écrit pour les jeunes SONIA SARFATf collaboration spéciale ¦ Une planète sur laquelle il pleut une matière visqueuse, des blotchs, dont on se protège grâce à un parabloch ( en acier, comme il se doit ).En ces lieux, les chiens ont des ailes et leurs propriétaires, deux nez et autant de bouches.On se fait payer pour entrer dans un taxi, mais il faut ensuite payer ( cher ) pour en sortir.Emmanuel Aquin disait que le roman jeunesse qu'il allait publier ne serait pas « un truc qui se passe dans une polyvalente ».Tout sauf un roman miroir, quoi.Il n'avait pas menti : des situations abracadabrantes, il en pleut \u2014 avec ou sans para.chute \u2014 dans Le Sandwich au nilou-nilou.Dommage, toutefois, que l'auteur d'Icare et des trois « carnations » ( Incarnations, Desincarnations, Réincarnations ) se soit contenté de surfer sur ces bonnes idées ( il y en a des dizaines ! ) plutôt que d'y plonger.Et d'y faire plonger ses lecteurs.Il en résulte un roman de surface.Où l'on fait l'humour pour l'humour, l'absurde pour l'absurde.Comme si Emmanuel Aquin avait laissé son imagination courir à bride abattue.jusqu'à ce qu'elle s'emballe.Perte de contrôle ?Peut-être.Peut-être pas.Il est également possible que l'auteur ait tout simplement décidé de se faire plaisir, à lui plus qu'aux autres < comprendre, les lecteurs ).Le tout se déroulant sur un air que les « grands » lecteurs d'Aquin risquent de reconnaître \u2014 la recherche du sens de la vie \u2014 et reprenant un refrain lui aussi familier â l'auteur : la réincarnation.Qui, ici.n'en est pas vraiment une.Parlons plutôt de métamorphose.Celle d'un sandwich, en tueur en série ! Sauf que l'affrontement final entre les deux parties \u2014 U, le sandwich dans le coin droit ; Opzoxlub le glu-bien dans le coin gauche \u2014 n'est pas final du tout : il a lieu moins de vingt pages après le début du récit.C'est qu'U décide de ne pas avaler Opzoxlub.mais de le contraindre à l'aider à trouver un nouveau sens à sa vie.Les deux compagnons se lancent alors dans une quête périlleusement absurde qui les conduira sur deux des planètes du système Glub.Or, ce système en compte vingt-sept.Peut-être est-ce pour cela que Le Sandwich au nilou-nilou porte le sous-titre Chronique glubienne /.Mais si le prochain voyage se fait au même rythme que le premier, gare au mal de l'air et à l'indigestion.De sandwiches ou d'autres choses.LE SANDWICH AU NILOU-NILOU < CHRONIQUE GLUBIENNE I ).Emmanuel Aquin.Boréal lunior , Montréal.1995, 137 pages.~ Nilou-nilou ^37 6.Wt 2 U Curieuse métamorphose.un sandwich se transforme en tueur en série ! Librairie mmmm VENEZ RENCONTRER DENIS MONETTE LANCEMENT LE JEUDI 7 MARS DE 17h A 19h 1691.RUE FLEURYEST, MONTRÉAL SÉANCES DE SIGNATURES LE VENDREDI 8 MARS DE MIDIÀ13H30 COMPLEXE DESJARDINS LE SAMEDI 9 MARS DE MIDI À 14h PLACE VERSAILLES DE 14h30À16h30 GALERIES D'ANJOU Roman - Les Éditions LOGIQUES 5117, avenue du Pai*c, 276-7651 CLAUDE PELOQUIN Guérin l'éditeur de 101 poètes en Québec par Sylvain Rivion; Montréal, 1995 désire publier un correctif à la page 343 de ce tecueil au sujet de Claude Péloquin.\u2022 Voici la version officielle corrigée de son curriculum vitae- Péloquin, Claude IPéloI (1942-).Poète, né à Montréal.Il fait ses études classiques au Collège Sainte Marie et à Brébeuf.Trop pressé de partir en voyage, il abandonne son baccalauréat.Il est le poète des spectacles d'avant %arde.Il fonde le groupe l'Horloge du Nouvel-Âge et les «Zirmates».Il est le parolier de plusieurs chansonniers, t.*ut en se constituant personnellement une discographie intéressante (1973, 1977 et 1979).En 1963 paraît son premier recueil de poèmes Jéricho suivi d'une trentaine de recueils de prose et de poésie.On retrouve ces ouvrages dans Oeuvres complftes (1^42 à 1975) chez Beauchemin, en 1976.Il possède sans doute le sens de la surprise et de l'inédit si l'on se souvient de cette phrase controversée sur la murale de jordi Bonet au Grand Théâtre de Québec. B4 LA PRESSE.MONTREAL, DIMANCHE 3 MARS 1996 Livres « on ne peut pas faire un portrait-robot de l'écrivain femme » SUITE DE LA PAGE B 1 Llaffirmation de récriture féminine qui s'est développée dans le siJlQn porteur du féminisme des trenie dernières années a balayé bien des inepties machistes.m II est évident que le féminisme^ servi de terreau à une certaine écriture féminine.Mais il serait faux de penser que l'écriture féminine recoupe exactement le mouvement féministe.Le fait est que cet apport politique et social essentiel a sans doute changé le point de vue des tommes sur leur propre écriture », avance Gabrielle Pascal, professeure à l'université McGill et organisatrice d'un colloque sur le roman québécois au féminin, en septembre 1994.Comme neaucoup d'écrivaines interrogées, Gabrielle Pascal explique qu'il est difficile d'affirmer qu'il existe une écriture féminine de manière absolue : « le préfère parler de l'écriture des femmes.Il y a un regard féminin sur le monde qui fait que la littérature qui en sort est différente.» Lori Saint-Martin, professeure a l'Institut de recherches et d'études féministes de TUQAM et auteur de L'Autre lecture ( aux Editions XYZ ) qui a marqué le développement au Québec de ce qu'elle nomme la «critique au féminin ».insiste sur le lien qui s'établit entre politique et esthétique quand on parle d'écriture des femmes: «On ne peut pas trouver de caractéristiques communes à l'écriture des femmes, on ne peut pas faire un portrait-robot de l'écrivain femme.II s'agit plutôt d'un autre rapport au langage, à l'histoire de la littérature, à l'histoire collective.visible dans les livres écrits par des femmes.» Le fameux cas Yourcenar est sans doute un passionnant contre-exemple.En 1981, lors de la cérémonie de réception à l'Académie française de l'exilée du Maine, |ean d'Ormesson n'a-t-il pas parlé au sujet de l'auteur de Mémoires d'Hadrien de « l'accident de son sexe », ajoutant que « le mot écrivain ne connaît pas de distinction de genre ».Marguerite Yourcenar elle-même a toujours voulu se considérer comme un grand écrivain plutôt que com- me une grande écrivaine.notion réductrice à ses yeux.Même si elle regrettait avec un sourire ambigu que l'on « s'étonne toujours qu'une femme sache écrire sans fautes d'ortographe », elle affirmait volontiers : « le ne fais guère de différence entre les sexes quand je lis un écrivain.» Elle se sentait d'ailleurs peu solidaire des grandes dames de la littérature françaises, de Colette à Marguerite Duras et autres Simone de Beauvoir : « le crois que la femme garde encore aujourd'hui quand elle écrit une attitude revendicatrice et purement féminine, comme si elle n'avait presque pas le droit d'entrer dans le domaine de la littérature qui s'occupe de tous les problèmes qui nous concernent, en regardant le monde tel qu'il est avec des yeux aussi libres que si cette femme était un homme.Très souvent la littérature féminine s'occupe avant tout de la femme.Je ne lui en fais pas un reproche.îl se peut même que ce soit la preuve qu'il est nécessaire de changer quelque chose à la condition féminine.» Lori Saint Martin connaît le refrain : « Les auteurs peuvent bien dire ce qu'ils veulent, on écrit avec ce qu'on est, qu'on le veuille ou non.On n'échappe pas à sa condition de femme quand on écrit, ni à sa condition d'homme d'ailleurs.Toute écriture relève d'une appartenance sexuée ».Si on considère souvent l'écriture de Yourcenar, la première femme admise à porter l'habit vert des Immortels, comme masculine, l'oeuvre sublime de Marcel Proust est souvent donnée par les spécialistes comme un exemple d'écriture féminine.On raconte d'ailleurs que Virginia Woolf tombait dans des abîmes de découragement quand elle lisait la Recherche du temps perdu parce qu'elle avait le sentiment que Proust avait déjà dit exactement ce qu'elle voulait dire.« Les choses ne sont jamais étanches, reconnaît Lori Saint Martin.Chez nous, Michel Tremblay est également une exception.Il décrit dans ses livres les personnages féminins de l'intérieur, loin des clichés masculins, ce qui pourrait placer certains de ses écrits parmi la littérature féminine ».« Je garde une certaine distance avec la notion d'écriture féminine», avoue Marie Décary, artiste multidisciplaine, auteur de plusieurs romans jeunesse publiés aux éditions de la Courte Echelle.Cofondatrice de la revue féminine La vie en Rose ( 1980-1987 ) dont le but était de « faire entendre une voix différente », elle se sent redevable de l'apport considérable de ses aînées féministes pures et dures et reconnaît que son expérience de vie en tant que femme a sans doute teinté sans qu'elle ne s'en aperçoive son oeuvre d'écrivai-ne : « Mais je ne réfléchis pas à tout cela.Quand j'écris, c'est intégré dans ma personne.l'essaie d'abord de mériter le nom d'artiste sans distinction de genre.» Avis aux hommes de lettres.Depuis que des écrivaines de talent comme Nathalie Sarraute, Margaret Atwood ou Marie-Claire Biais irriguent de leur encre singulière l'immense territoire de la littérature, le terrain est peut-être miné.Comme l'explique Béatrice Didier dans son livre VÉcriture-femme, publié aux Presses universitaires de France : « Plutôt que de créer une littérature à part, les femmes me semblent capables d'apporter un renouvellement radical à l'écriture contemporaine.Parce que des femmes écrivent, les hommes ne peuvent plus écrire exactement comme ils le faisaient quand elles étaient réduites au silence, ou presque.» Et pendant ce temps, comment jouissent les femmes ?ACHWY MJU.USY collaboration spéciale Antoinette Fouque est la papesse des Éditions des Femmes, qu'elle a cofondées en 1973 et quelle dirige encore aujourd'hui.¦ Figure historique du mouvement des femmes en France, psychanalyste formée par Lacan, députée au Parlement européen, vice-présidente de la commission des droits de la femme, universitaire et éditrice, Antoinette Fouque est la papesse des Éditions des Femmes qu'elle a cofondées et qu'elle dirige encore aujourd'hui.Elle a accordé à La Presse cet entretien exclusif.* * * « Comment définissez-vous la spécificité de l'écriture féminine?\u2014 Écriture féminine est une traduction en français de l'expression female writing.Femelle et non pas féminine ! Or en français, il y a plusieurs siècles que la femelle n'est plus humaine ; autrement dit, la femme a perdu l'intégralité de son sexe.A avoir été cantonnée toute entière dans son utérus pendant des millénaires, elle a fini par se retrouver sans utérus et n'être plus qu'un genre, féminin.Parler d'écriture féminine c'est rester à l'intérieur du monisme phallique qui domine notre langue.La femelle est exclue de notre langue, phallique s'il en est.L'être humain naît sexué, fille ou garçon, mais aussi parlant.Nos expériences, nos actions sont en permanence informées par cette détermination physiologique.Pour l'homme comme pour la femme, la physiologie c'est le destin.Mais évidemment, à tout moment, nos paroles, nos écritures sont en accord ou en desaccord avec la contrainte que le corps impose à la langue et à ses effets de fantasmes.Le destin anatomique se marque, se dé- ; marque ou se remarque.La différence des genres viendra confirmer ou infirmer la différence des sexes.Un homme pouvant être féminin, une femme masculine.\u2014 Mais cette classification n'est-elle pas plus politique qu'artistique ?\u2014 Si je pense aux Éditions des Femmes et au désir qui a motive leur naissance en 1973, je peux dire qu'il était plus politique qu'éditorial : à travers la maison d'édition c'est de la libération des femmes qu'il s'agissait, qu'il s'agit de faire avancer.Nous voulions lever le refoulement 6ur les textes de femmes et publier le refoulé des maisons d'édition, ce qui ne voulait pas dire publier tous les manuscrits, cela aurait été de l'idéalisme.Nous l'avons fait, si bien qu'aujourd'hui on peut parler massivement de l'écriture des femmes.#\u2014Que pensez vous de l'opinion de Marguerite Yourcenar qui soutient que lorsqu'un écrivain est à sa table de travail il n'a plus de sexe, il n'est ni homme ni femme mais membre du genre humain ?\u2014 Ni homme ni femme?Neutre en quelque sorte.Comment l'écriture comme expérience d'un sujet sexué pourrait-elle être neutre?Pourquoi des textes, écrits par des femmes ne {ci raient-ils pas travailler la langue, n'y feraient-ils pas apparaître une différence sexuelle?Depuis des millénaires les hommes travaillent à la symbolisation et a l'inscription de leur libido phallique.Quand Kundera se demande dans L'Art du roman, comment faire passer bander en contrebande du français au tchèque et du tchèque au français, de quoi parle-t-il.de quoi s'agit-il ?Lacan disait aussi que la langue ne pense qu'à ça.À ça quoi ?À bander ?Et pendant ce temps comment jouissent les femmes?Il ne s'agit pas de décréter à priori qu'il y a une écri* ture de femme mais de laisser le temps aux femmes de faire un travail équivalent à partir de leur propre libido.» D'après vous, l'écriture a-t-elle un sexe ?Nicole Brossard Propos recueillis parAchmy Halley Nicole Brossard ¦ Si écrire c'est accommoder sa subjectivité, disons que le sexe masculin a depuis longtemps pris une bonne longueur d'avance en se composant dans la langue un rôle de premier choix et en se réservant le droit exclusif de rédiger les lois, assurant ainsi au fil des siècles la libre circulation de son point de vue sur le monde et ses fantasmes concernant les femmes et leur genre.Une autre façon de répondre à votre question serait, bien sûr, de nous demander si l'enfance a un sexe et si l'imagination qui en découle a des intuitions qui nous étonnent.Monique Urne ¦ L'écriture n'a pas de sexe mais l'écrivain en a un.L'écriture étant le produit de l'écrivain, elle peut ou non être marquée par le sexe de l'écrivain.Cela dépend du sujet, du genre littéraire.Par l'imagination, l'écrivain peut vouloir traverser les frontières sexuelles, ou encore dépasser la dualité sexuelle en recherchant ce que les sexes ont en partage.Les hommes ont souvent pris ce risque, heureusement et malheureusement, dans l'histoire de la littérature.Et les femmes commencent à le faire aussi, du moins dans le roman.Monique La rue Rachel Leclerc ¦ Lorsque je lis le livre d'une femme dont l'écriture ne porte, ni par sa forme ni par son sujet, les traces d'une perception féminine, je me demande parfois s'il aurait pu être écrit par un homme.Le fait est qu'il ne l'a pas été, qu'il ne le sera jamais.Enfouie là, il y a la vérité profonde, génitale plutôt que sexuelle, d'un être écrivant sa présence au monde, le crois que tout écrivain s'est inquiété un jour en voyant son écriture « changer de sexe ».Cela m'arrive.Peut-être alors suis-je en train de pénétrer la vérité d'un autre, et cela me fait peur.Monique Proulx Hélène Mouette ¦ Si je pense au corps comme le point de départ, puisqu'il tient la plume et nous tient en vie, puisque la main est animée par la conscience, la sensibilité, l'imaginaire et l'expérience de chacun ( homme ou femme ), l'écriture est unique, donc l'écriture d'une femme est unique.le pourrais dire : l'écriture est avant tout un geste, non, l'écriture n'a pas de sexe.Mais les corps s'agitent, perdent du sang, jouissent, souffrent, donnent la vie, la conscience et les sens écrivent.Alors Plath, Akmatova, Kofman, Rochefort et d'autres, les histoires et l'Histoire, et ma respiration ausi, me font répondre OUI.Marguerite Yourcenar Monique Prouli ¦ Dans l'écriture, il semble coexister des thèmes indéniablement féminins et d'autres masculins.À mon avis, ce n'est pas tant affaire de sexe, que d'obsessions.'Tous les êtres humains sont obsessifs, mais les écrivains ont fait de leurs obsessions leurs instruments de travail.Et les obsessions sont bâties à partir de tout.et de l'identité sexuelle, bien sûr.Des hommes écrivains ne se remettent pas d'avoir de la testostérone, des femmes écrivains baignent dans la sensiblerie jusqu'au cou : un livre ne peut que ressembler aux obsessions de son auteur.Marguerite Yourcenar ¦ Dans l'oeuvre littéraire, on peut faire intervenir l'élément sexe, on peut se demander si certains sentiments sont plus fréquemment féminins que masculins mais c'est une question excessivement obscure à laquelle il est difficile de répondre, le vais me permettre de répondre par une citation d'Hadrien qui dit que l'homme qui calcule, qui réfléchit ou qui lit ne se sent pas homme au sens de mâle.Il se sent membre du genre humain, le crois que c'est à peu près la même chose pour une femme.( Extrait de Radioscopie, diffusée sur France Inter le 15 juin 1979 ) mm m Les bases de l'amhm LES BASES DE L'ÉCRITURE H.Saint-Morand ÉDITIONS DE MORTAGNE Un ouvrage tecorçtet sur rétxfc ! graphoiogiqje.largement ius^ê par des exemptes (250 spécimens (récriture annotes).Une taçon agréable uS©r ; ,.r| 688-7776 PALACE 6 686 St© Catne'tne o 866-6991 2$ MATINEES (avant 18b00) 2,50$ EN SOIREE il GOLDENEYE (13*r 1 15-4 004 50-930 AMERICAN PRESIDENT (Gr 7 00-920 BABE (G)* 100-300-5 00-910 MONEY TRAIN(13*r2 15-4 50-7 40-10 05 GET SHORTY(13*r 1 45-4 20-7 30-9 40 SEVEN (14»r 1 30-4 10-7 20-955 ACE VENTURA: WNEN NATURE CALLI (Of 200-4 45-7:10 MUPPET TREASURE ISLAND (Gr 12 25-2 40-4 50-650-900 UP CLOSE A PERSONAL (GT 1 50-4 25-7 05-9 45 LEAVÏNG LAS VEGAS (ST.F.) (14«r 1 10-415-715-935 ANGELO FREDO 4 ROMEO (Gr 12 35-2 30-4 25-725-9 15 INTIME * PERSONNEL (Gr 1 15-3 55-700-930 FEMMES DE REVE (13+)' 1 20-3 504 55-9 10 THINGS TO DO IN DENVER (1»*r 12 40-3 15-7 10-9 55 COEUR VAILLANT (16«r 9 10 DOUBLE MEMOIRE (U*r 12 10-2 25-4 404 55 HISTOIRE DE JOUETS (Or 12 30-2 15 UNFORGETTABLE (1>r 4 154 45-9 50 MR HOLLANDS OPUS (Or 3 304 35-9 25 MOUTON NOIR (Gr \u2022 40 BEFORE ANO AFTER (Gr 1 30-4 00-7 05-920 L'OPUS DE M.HOLLAND (Gr 12 55-3 454 40-940 DORVAL 260 «v Dorval CINEMA ANGRIGNON 7077 boui Newman 366-2463 631-8586 ENTREE GENERALE 6.00$ MARDIS 4 MERCREDIS 4.254 - MATINEES 4.254 ENFANTS & AOE D'OR 4.25$ RUMBLE IN THE BRONX (U*r 1 15-3 15-515-7 15- 9.15 MR.MOLLANO*S OPUS (OT 1 00-3 55-450-9 45 MUPPET TREASURE ISLANO (OT 2 00-4204 40*00 TOY STORY (Gr 1 30-3 30-530 CITY HALL (Gr 7 30-10 00 ANGELO FREDO 4 ROMEO (Gr 2 20-4 25-7 256 20 BEFORE AND AFTER (Or 2 004 30-7 30-10 00 DOUBLE MEMOIRE (13*r 12 10-4 354 55-9 30 BABE V.F.(Gr 12 05-2 35 HISTOIRE DE JOUETS (Gr 12 00-2 00 MR HOLLAND-S OPUS (G)' 3 504 50-9 50 MRWRONG (Gr 2 25-4 45-7 00 BRAVEHEART (it*r 9 10 THINGS TO DO IN DENVER (1t*T 1 50-4 55-7 35-10 05 MUPPET TREASURE ISLAND (Or 1215-2 304 50-715-935 INTIME 4 PERSONNEL (Or 1 404 40-720-9 55 FEMMES DE REVE (13*r 940 UNFORGETTABLE (13*r 1 35-420-7 10 UP CLOSE 4 PERSONAL (Gr 1 304 15-705-945 GREENFIELD PARK 519 bout Tasctmau 671-6129 | VERSAILLES\t Placo Versa.i'at\t353-7880 2$ MATINEES (avant 18h00) _2.50$ EN SOIREE GOLDENEYE (13») 200-440-7 10-940 SEVEN (16*) 9 15 BABE VF (G) 2 20-420-720 L'OEIL DE FEU QOLDENEYE (!>?) 150-4 30-7 00- 935 Gilbert Sicotte et Patricia Nolin ont déjà joué Tchékhov Tchékhova, il y a près de dix ans au café de la Place, et peuvent se permettre un second regard sur l'oeuvre de François Nocher et Francine Berge.Un regard plus doux, plus mature et plus nuance.EN NOMINATION POUR ]Q OSCARS Mel Gibson Coeur Vaillant\t version française de: BRAVEHEART :\"\t PARISIEN 866-3856 480Sic CjtheimrO *\t CENTRE LAVAL 688-7776 1600 le Coibir.it i * O d>\tS0REL-TRACYW234 Si L.iurunt *¦ VOTKMOMMAtl AMSUUM\tCENTRE EATON 935-5730 705Stc-C3thcnneO ?6.ANGRIGNON 366-2463 7077 boul Newinan ir (s\tFAMOUS PUYERS 8 697-8095 POINTRUUII IISIUM * 0Ô> Il l'aimai! de loin.Ce n'était pas d'assez loin.Coeur léger coeur lourd : entreprise admirable, produit discutable.\u2022 T JEAN BEAUNOYER Prwo AMOLAltl \"VOUS RIREZ AUX ÉCLATS! ¦ Lz Brtm lOtOHJO SUt i EN NOMINATION POUR OSCARS dont: MEILLEUR ACTEUR Nicolas Cage Une histoire d'amour.INTIME A PERSONNEL (Or A 00-3 45-7 00-9 45 ANGELO FREDO A ROMEO (Gr 12 30-2 30-4 30-7 30-920 HISTOIRE DE JOUETS (Gr 12 002 45 L'OPUS DE M MOLLAND (Gr 2 15Q45-9 35 DOUBLE MEMOIRE (13*r 12 05-4 35-7 05-9 40 FEMMES DE REVE (13*r 12 15-2 35-4 50-725 CITY MALL (Or 9 50 RUMBLE IN THE BRONX (13*r 12 40-2 40-4 40-7 15- 9 25 I En nomination pour ï OSCAR du Meilleur Acteur Richard Dreyfuas L*Opusde CENTRE EATON 985-5730 705 SleCjlherine 0 *6 ANGRIGNON 366-2463 1 FAMOUS PUYERS8 697-3095 7077 boul ftawman ? y- NAM CENTRE EATON 98«730 705Sle CatheuncO X & FAMOUS PLAYERS 8 697-8095 FAMOUS PLAYERS 8 672-2229 mww 'Ml mir^wXOO» COTEDES-NEIGES 649-filu ANGRIGNON 366-2463 .7077 boul Newman ir 0 Ave Oorv.il * CENTRE LAVAL 688-7776 H.ilO lr Corbusicr XO 6- LE MIRAGE M40NE 9480boul.lacorduire X& ^¦¦1 VtRWON OfSOINALI AMOLAJtf ¦¦k\t LOEWS 861 7437 %4Slc CatherinrO ir O\tANGRIGNON 366-2463 7077 boul Newman * O FAMOUS PUYERS 8 697-6095 R)INTI'(IAIM Ui N,.»a *\tCENTRE LAVAL 688-7776 1600 U< Corbusicr AVÔ FAMOUS PUYERS 8 672-2229 Hlil'iiJNIi m'\u201eM,\u201e*.^\tUC0RDAIRE11324O000 SJC ftCft OesC'jrJrvP:>r*« # 6> MAIL CAVENOISH b49^ilu ttmfàktmWàim ttQçk\tSTE-ADELE 229-7655 CincmnPme X ¦ Si on oublie les création collectives des années 70, je ne me souviens pas d'une oeuvre théâtrale écrite par huit femmes au-teures.Au départ, l'entreprise qui a été menée à terme après six ans de travail, est admirable.D'autant plus que le produit final ou presque ( il s'agit d'un work in progress ) est homogène, épuré, parfois léger et fort bien défendu par les trois comédiennes.Cependant, il faut parler de témoignages bien plus que d'une oeuvre d'art.Sophie Clément, lors d'une entrevue, me confiait qu'elle n'entrevoyait pas un grand succès de Coeur léger coeur lourd auprès de la critique parce qu'elle estimait la pièce trop chargée d'émotion, le pense qu'elle avait vu juste en ce sens que le cheminement des auteu-res sombre parfois dans le prê-chi-précha, le théâtre à message, les démarches trop personnelles et le quotidien magnifié.Par contre, on ne peut que reconnaître l'authenticité, l'honnêteté et la force de vie que défen-dent énergiquement les comédiennes et auteures du spectacle.De plus, je m'empresse de souligner la qualité exceptionnelle des musiciens qui enveloppent ce spectacle en insistant sur la très belle voix de Lou Babin.Les comédiennes, pour leur part, nous font presque vivre dans les coulisses du théâtre tant elles sont vraies, chaleureuses et si proches du public ravi.Parce qu'il s'agit d'un spectacle particulièrement sympathique qui devrait plaire aux spectatrices d'abord mais sûrement à leurs compagnons qui s'acharnent depuis bien longtemps à comprendre les femmes.Et j'ajouterais qu'ils ne seront pas déçus.Les femmes qu'on nous présente dans Coeur léger coeur lourd sont généreuses, curieuses, courageuses, joyeuses et réfléchies.Elles ne sont pas toujours aimées comme elles l'espéraient mais elles deviennent sages après l'épreuve.En fait, on nous présente toutes les femmes en une seule.Il s'agit de « madame » qu'on nous fait voir avec trois visages : madame passionnée, madame romantique et madame blasée.Ces trois visages sont ceux de Violette Chauveau, Sophie Clément et Ginette Mono.Chacune raconte ses amours, ses voyages, ses recherches d'identité avec fougue, avec de doux sentiments ou avec détachement, c'est selon.Évidemment, on ne peut éviter les croyances, les écoles de pensée, les jugements et même les ruses.Et le meilleur moment de la pièce, c'est quand les trois dames se retrouvent autour d'une table,.en train d'inventer une recette spéciale, l'avoue avoir bien apprécié le plat et avoir bien digéré par la suite.Et tant pis pour les critiques \u2014 ce soir-là, j'ai préféré la fête d'amies.COEUR LÉGER COEUR LOURD, de Violette Chauveau.Sophie Clément, Andrée Duplantie.Poule Mainguy.Ginette Morin, Pascale Montpetit, Marie-Madeleine Raoult et Isabelle Vincent.Mise en scène de Sophie Clément, décor de François-Xavier Marange.costumes d'Elisabeth Savard.éclairages de Manon Chouaniere.Avec Violette Chauveau.Sophie Clément et Ginette Morin et les musiciens Bernard Poirier.Guy Thouin et Lou Babin.Spectacle sans entracte présente au Théâtre La Licorne jusqu'au 16 mars.1MLIS v.f.de: HOLLAND'S OPUS i Ci GAGNANT GOLDEN GLOBE m NicolasCage Elisabeth Shue L E AVI NI G PARISIEN ¦ F.P8 (GfwnWd Pork) \u2022 Q30IE LAVAI VERSAILLES \u2022 DAUPHIN - REPÉMT1GHY \u2022 ST-tttllf VALLFWIELD - SÏ-JEROME \u2022 MAISON DU QMtMA ST-HYACINTHE - DftUMMOMÛVYUE \u2022 JOUETTE - GftANIY \u2014\u2014\u2014i VBWOM O.AMOUUai \u2014\u2014¦ LOEWS ANGRIGNON - F.P.H(MnMMre);DORVAL CENTRE LAVAI CAVEHDKH \u2022 STE-AOCLE EN NOMINATION POUR MEILLEUR ACTEUR NicolasCage HISTOIR de G ROBERT MICHELLE REDFORD PFEIFFER Une Irrésistible attirance.Une authentique passion.Un amour inconditionnel.INTIME et PERSONNEL «MfH fnaçm fc Uf Qû$£ IMHML \u2014___- # i ; V.O.A.sous-titrais français I CEWS 8617i3*| CENTRE LAVAL mm \u2022 .su- C.rlhmnrO # -11 IMMJ lr Co»b»; i +J & FAMOUS PLAYERS 6 697-6095 vmtoN r«A»orsf \u2014 ANGRIGNON - FP.8 (GrttnM) Pork) \u2022 CENTRE LAVAL VERSAILLES ŒNTO VILLE \u2022 TpREBONNE \u2022 JOUETTE LACORDAIRE 11 \u2022 STE THERESE - ST-JEROME YALLEYRELO ST-WACINM ST JEAN - GRANBY SHAW1NIGAN - TROIS-RIVIERES mmm^mmmam Vt»VON O.AMOiAISf ™ i ¦ ¦¦ CENTRE UTÛN EPS (Pointa (khi) ¦ OORVAL CAYENWSM \u2022 LE MIRAGE PARISIEN 8m-38s6|ANCRtCNON 366-^63 i VERSAILLES 3Sr76«î| CENTRE LAVAL m~:t 480S1C CjttienneO * l;077boul Nrwmjn # é*l Place Vrr-.nlUs * ïj rm.nduCotrau # ¦ \u2022 STETHERESE 97^4 1JOLIETTE '564 377 1 ST-JEROME -36-59WIPU2A REPENTUUU 657 6-:.PIj/jSIp IhcifM WS I Johetta_ X | L-turtoui diiWuid_* | I ^,Uro^ Xrt STB ASILE *4ijW21 ST-HYACINTHE 1DRUNNOND VILLE -7^9X TROIS^IVIERES VWM 767 bout lauiiif X (S I lir P.iiis X I Capitol X lni|mfi.il X * \u2022 VIRilQN OPIOINALB A LOEWS 9*>4 Slt C.ilherin«>0 * -Z 0 I ¦ I T a 1 ANGRIGNON 366-2463 1 FAJy»0USPLAYERS8 697^0951 CENTRE LAVAL WTOl FAMOUS PLAYERS 8 S72-2229 7(J77bo»l Mi.'Min.in * révoient s'inscrire à la faculté de \u2022ommerce et d'administration ( les cours l'anglais s'adressant uniquement à eux ) ont invités à remplir un questionnaire ifin de sonder leurs besoins en prévision du futur programme.À quand les cours de français dans les universités rancophones pour les anglophones ?Myriam BERTHELET tEMBOURSEMENT DIFFÉRÉ I Le Programme de remboursement lifféré a été conçu pour venir en aide ux étudiants qui sont dans 'impossibilité de rembourser leur prêt tudiant obtenu dans le cadre du 'rogramme des prêts et bourses et du 'rogramme de garantie de prêt pour 'achat d'un micro-ordinateur.Avec ce programme, le gouvernement laisse aux tudiants quelques mois de répit avant le rembourser leurs dettes.Pour être dmissible à ce programme, il faut avoir onclu et signé l'entente de emboursement avec votre établissement inancier, avoir eu des revenus bruts l'emploi de 980 $ par mois ou moins, ai anticiper des revenus bruts qui ne lépasseront pas ce montant et inalement présenter une demande l'aide dans les 18 mois suivant la date le la fin de votre exemption.Pour un ormulaire de demande d'aide, contactez a Direction générale de l'aide inancière aux étudiants du ministère de 'Éducation : ( 418 ) 643-3750.Julie DESROSIERS 8LL0QUE DE FRANÇAIS I La salle Marie-Gérin-Lajoie de 'UQAM sera le théâtre d'un colloque ntitulé Le français et les langues cientifiques de demain, du 19 au 21 ?ars.Organisé conjointement par 'Association canadienne-française pour avancement des sciences, le Conseil de a langue française du Québec et la ociété royale du Canada, ce colloque se iendra dans le cadre de la semaine nternationale du français.Pour de plus m pies informations, téléphonez à 'atricia Legault, au 849-0045.Alexandre PRATT INE ASSEMBLÉE À LA TÉLÉVISION I Une première dans les annales du égep Edouard-Montpetit : l'assemblée :énérale du mercredi 28 février a été etransmise, par l'intermédiaire de la élévision étudiante ( ITEM-TV ), sur ous les écrans de télévision du collège.Vinsi, tous les étudiants ont pu suivre le léroulement de l'assemblée, à la afétéria comme à la bibliothèque, /expérience sera probablement répétée ors du NA1D-APRAX1A, un festival nternet, qui se tiendra au cégep Ulouard-Montpetit le week-end du !«¦ uin.Alexandre PRATT )H GRAND FILM I Vous êtes amateurs de cinéma ?Alors ourez vite voir Dead Man Walking, balisé par Tim Robbins et mettant en edette Susan Sarandon et Sean Penn.T'est l'histoire d'un condamné à mort Sean Penn ) qui demande à être iccompagné dans son cheminement vers a mort par une religieuse ( Susan iarandon ), qui prendra cette tâche très i coeur.Le jeu des acteurs est poustouflant, l'histoire vous prend aux ripes et suscite une profonde réflexion, iuant à la musique ( Eddie Vedder et >Jusrat Fatah Ali Khan, ainsi que Bruce ipringsteen ), elle est juste à souhait.La aise en scène de Robbins orchestre le out avec brio et contribue grandement i bouleverser les cinéphiles.Un grand ilm qu'il faut aller voir.Dominique MAUFFETTE FI LEON TRAVAIL A JEUNE PRESSE est une initiative du service le l'information de LA PRESSL lette page paraît chaque dimanche, lurant Vannée scolaire.Son objectif est l'initier les adolescents à l écriture ournalistique en leur permettant de 'exprimer sur les divers sujets qui les ntéressent.Le choix des thèmes et des hroniques est du ressort d'un comité de 'édaction sous la direction d'Alain de îepentigny, adjoint au directeur de 'information.Les élèves du cours econdaire et du cégep qui font de la photo ont également invités à participer à LA BINE PRESSE en communiquant avec M.de îepentigny.Téléphone: 285 7070 télécopieur: 285-6808).\\dresse: LA JEUNE PRESSE.7 me Saint-Jacques, Montréal, H2Y 1K9.Un emploi en plein air enrichissant ¦ Être moniteur dans un camp, y avez-vous déjà pensé ?U existe des dizaines de camps de toutes sortes, dans les environs de Montréal, qui emploient des moniteurs à chaque année.Par contre, il faut postuler dès maintenant car souvent, certains moniteurs restent à leur emploi d'une année à l'autre, ce qui laisse peu de postes vacants.D'anciennes monitrices de camp ont confié à la feune Presse que plusieurs qualités sont essentielles pour être en mesure de bien accomplir son travail.Le dynamisme, l'énergie, la patience, l'originalité, l'amour du plein air, la créativité, le sens de la communication, le sens de l'organisation et la passion des enfants, bien sûr, sont des atouts d'une grande importance.Selon Kim, monitrice l'an dernier dans un camp de jour, le travail de moniteur ressemble à celui d'un comédien car le moniteur doit constamment faire un spectacle pour avoir l'attention soutenue des entants, surtout des plus jeunes.D'après les anciennes monitrices, les enfants s'attachent rapidement et le moniteur devient pour eux un grand frère ou une grande soeur.Il faut être prêt à se dévouer entièrement, car dans les camps de vacances à l'extérieur de Montréal, les moniteurs sont généralement avec les campeurs 24 heures sur 24, pendant tout l'été, mis à part le ou les jours de congé, dépen-damment de la politique de chaque camp.Surtout, il importe de ne jamais oublier que les parents confient aux moniteurs ce qui est leur est le plus cher au monde.L'expérience de travail avec des enfants peut jouer un rôle dans le choix des moniteurs.Des atouts comme une Croix de Bronze ou un certificat de RCR ne sont pas non plus négligeables.Par ailleurs, avant le début du camp, les moniteurs reçoivent une formation adéquate.L'Association des camps du Québec recommande au moins 60 heures de formation, qui va de la philosophie du camp aux directives de premiers soins.Pour être accrédités par l'association, 80 % des employés du camp doivent être âgés d'au moins 18 ans et tous les employés doivent avoir plus de 17 ans.Des camps de formation d'aspirants moniteurs sont d'ailleurs offerts aux 16-17 ans, dans certains camps, pour une durée d'environ un mois.Pas de temps à perdre Voici quelques conseils si vous décidez de faire une demande d'emploi.\u2014 Premièrement, postulez dès maintenant.\u2014 Dans un second temps, soyez certain d'envoyer vos demandes aux camps qui sont compatibles avec votre personnalité et vos aptitudes, car certains camps peuvent être spécialisés dans un sport spécifique ou une discipline artistique quelconque.\u2014 En troisième lieu, accompagnez votre CV d'une lettre de présentation qui donne les raisons pour lesquelles vous souhaitez travailler dans un camp.\u2014 Lorsque vous êtes conviés à l'in- terview, habillez-vous proprement, affichez un sourire et répondez au meilleur de vos connaissances aux questions qui vous sont posées.Les in-tervieweurs veulent être en mesure de savoir, par des questions précises, si l'on peut sans aucune crainte vous confier des enfants.Surtout, n'hésitez pas â poser des questions sur votre rôle futur dans le camp ou sur le camp en général, une preuve de votre intérêt et votre enthousiasme.Pour plus d'informations sur les différents camps membres de l'Association des camps du Québec, on peut visiter la Foire des camps de vacances, qui prend fin aujourd'hui au Complexe Desjardins, puis qui visitera neuf villes du Québec.Sur place, on peut laisser son CV aux camps choisis.On peut également contacter l'Association des camps au ( 514 ) 252-3113 ou au 1-800-361-3586.Julie DESROSIERS Conservatoire Lassalle SOCIETE La Force : un journal « alternatif » qui s'implique ¦ Dans plusieurs cégeps, l'implication sociale des étudiants est à la baisse.Étant aux prises avec des études accaparantes et un emploi souvent indispensable, les cégépiens sont souvent moins enclins à s'engager dans les activités socioculturelles.Toutefois, malgré le manque de temps, la volonté d'être utile à quelque chose motive certains étudiants à s'impliquer.Si plusieurs jeunes pensent qu'il ne sert plus à rien de s'affirmer à travers des actions étudiantes ( parce que la puissante génération des baby boomers contrôle tout ), certains croient heureusement encore en leur pouvoir de faire changer les choses.Pour Caterine Vandal, étudiante au Collège Lionel-Groulx, agir concrètement pour la société consistait à fonder un outil de diffusion.Le journal « alternatif » La Force , qu'elle a lancé en mai 1994 alors qu'elle fréquentait la Polyvalente Sainte-Thérèse, a pour but de « développer une conscience sociale et une responsabilité face à la condition humaine ».Les sujets traités par La Force sont variés, de la suprématie des mass média au pouvoir des multinationales en passant par la vivisection.U est publié périodiquement, généralement aux deux mois.Agir pour la société Même si Caterine travaille désormais avec son ami Benoit Touchette et son frère Mathieu à la production de La Force, c'est elle qui a tracé les lignes directrices du journal.« Je me trouve devant une réalité : l'humanité court à sa perte.Je veux essayer de comprendre ce qu'on peut faire pour un monde meilleur, ce qui est certes utopique, mais essentiel à l'avancement des choses.» Elle a tout de même un net penchant pour l'action concrète.La Forer regorge de suggestions et de conseils pour inciter le lecteur à lutter contre les phénomènes dénoncés dans ses pages.Ainsi, on n'hésite pas à mentionner les noms des sociétés qui utilisent des animaux pour des tests de laboratoire, et on y inclut des lettres de pression que les lecteurs peuvent signer et faire parvenir à qui de droit pour faire bouger les choses.« Individuellement, nous avons un PHOTO PIERRE McCANN.La Presse Pour Caterine vandal, le journal La Force vise à « développer une conscience sociale et une responsabilité face à la condition humaine ».pouvoir limité, mais tout de même important si nous l'utilisons », souligne Caterine.La Force n'est pas un recueil de textes de révolte sans argumentation.Chaque article repose sur une recherche approfondie, et les sources sont clairement mentionnées.« Nous voulons, raconte Caterine, faire de l'information à caractère subjectif, en établissant toutefois des nuances.» Le journal ne veut pas être identifié à un mouvement idéologique, à un symbole ou à une cause en particulier car il tient à rester crédible.Ainsi, malgré ses images choc et sa mise en page frappante, La Force veut éviter de tomber dans le sensationnalisme et de choquer les gens.Ne croyant pas posséder de solution miracle pour régler les injustices de la société, le jeune journal préconise une remise en question de certaines façons de faire plutôt que l'affirmation d'une quelconque vérité.Avec six numéros produits et un septième en préparation ( qui portera en partie sur les mines antipersonnel ), La Force prend lentement mais sûrement de l'ampleur.Des 30 exemplaires du premier numéro, on en est rendu à en tirer 200.De plus, à chaque numéro, la présentation du journal s'améliore.« Nous continuerons tant que nous serons capables d'écrire, tant que nous aurons des idées à faire valoir.Nous prenons un numéro à la fois », dit Caterine.La Force tente de dénoncer les injustices de notre société.Ce faisant, elle nous demande si nous voulons collaborer à la tâche ou laisser le bateau couler.Sylvain LAROCQUE Collège Lionel-Groulx INTERVIEW Alain Souchon : éternel adolescent et papa ¦ Alain Souchon était de passage à Montréal récemment pour lancer son double album live Défoule sentimentale .Ce disque, compilation de 29 pièces enregistrées en deux ans de tournée, a remporté le prix de l'album de l'année aux Victoires de la musique en France, le mois dernier.Le chanteur quinquagénaire, né au Maroc, a accordé une interview à Claude Rajotte de MusiquePlus, le 20 février, avant de répondre aux questions de la leune Presse.Souchon compare son séjour au Québec à ses débuts sur la scène française, il y a 20 ans ; à présent, sans s'y dire « établi », il affirme y chanter depuis longtemps.U est en effet l'auteur de plus de 120 chansons et ce nouvel album est son 12*, mais il «aime bien » se faire connaître au Québec.Alain Souchon a également fait du cinéma ; il a joué, entre autres, avec Catherine Deneuve, dans le vous aime, de Claude Berri, et Isabelle Adjani, dans Tout feu, tout flamme, de Jean-Paul Rappeneau, et évidemment L'Été meurtrier, de |ean Becker.Préférence L'auteur-interprète préfère toutefois de loin la musique au cinéma : « Quand une chanson marche, je sais que c'est ma faute ; quand elle ne marche pas, je sais que c'est ma faute aussi, disait-t-il à Claude Rajotte.l'aime bien décider tout ce que je fais.Au cinéma, on est dépendant de beaucoup de choses extérieures à soi-même, et c'est désagréable.» Alain souchon On peut donc facilement comprendre que ce que Souchon apprécie de la chanson française, c'est la recherche dans les textes.U essaie de rendre les siens « très sophistiqués ».Quand il écrit, confiait-il à la feune Presse, il essaie de ne plus « se faire voir, de ne plus sortir, de ne plus aller à la télévision, d'être retiré du monde.)e vais à la campagne et, si je reste à Paris, je marche dans les rues et je réfléchis à mes chansons, l'ai une vie très normale pour pouvoir m'ennuyer et que ça me donne envie de faire des chansons ».La télévision le distrait et le gène parfois.Alain Souchon a beaucoup aimé Brel et Brassens, Bob Dylan, Simon and Garfunkel et les Rolling Stones.À présent, il les écoute « par habitude » et il fait sa musique « tout seul ».U la fait pour tout le monde, sans viser une catégorie de gens.Beaucoup perçoivent des traces de l'adolescence dans la musique de Souchon ; lui-même affirme avoir besoin de son art pour l'exprimer, mais il dit avoir « un rôle de papa » dans sa famille.Car il a deux fils dont l'aîné, à peine plus vieux que la carrière de son père, joue de la musique avec le fils de Laurent Voulzy, grand ami et collaborateur de Souchon.Voulzy a signé plusieurs des musiques de son copain.Mais le père Souchon n'a pas encore l'intention de passer le flambeau à fiston.La preuve : il pense déjà à son prochain album .Anna KRAfEWSKA Collège de Bois-de-Boulogne Vous pourrez lire la discographie et la videogra-phie d'Alain Souchon sur le site WEB de MusiquePlus a compter de demain.Visitez le site internet de M u s i q u e P I u_s http: //www, musiqueplus \u201ecom Posez votre question @ un\u2014d artistes préférés! ©réation origins*lg* mus "]
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