La presse, 29 mars 1996, B. Politique
[" B Montréal, vendredi 29 mars \u2022 1996 Politique La Presse EDITORIAL / OPINIONS / ARTS / ANNONCES CLASSÉES L'EXPRESS POLITIQUE La fermeture des délégations La société distincte, pour l'amour du ciel ! ¦ Le président de la plus grande compagnie d'assurance-vie au pays exhorte le Canada anglais à reconnaître au Québec un statut de société distincte.« Si reconnaître le caractère distinct de la société québécoise est l'un des moyens les plus efficaces pour éviter les conséquences catastrophiques d'une séparation, alors qu'attendons-nous pour le faire ?» a lancé hier le président de la Financière Manuvie, M.Dominic D'Alessandro, qui prenait la parole lors de l'assemblée annuelle des actionnaires, à Toronto.M.D'Alessandro est même allé jusqu'à dire que le Canada devrait « tout mettre en oeuvre » pour régler cette question.Selon lui, les gens d'affaires sont fortement préoccupés par cette question car ils commencent à voir l'impact que la crise a sur leur entreprise.En réponse à une question d'un journaliste, M.D'Alessandro a défendu les Québécois : « Ces gens-là sont ici depuis 400 ans, pour l'amour du ciel ! » s'est-il exclamé, expliquant que le statut de société distincte, le veto et une certaine dévolution de pouvoirs étaient des façons acceptables de répondre aux revendications du Québec.d après PC Le Parti de la souveraineté perd son statut ¦ Le directeur général des élections du Québec, Pierre F.Côté, a retiré hier l'autorisation du Parti de la souveraineté du Québec, une obscure formation qui lui avait soumis un rapport financier comportant des informations fausses, incomplètes et inexactes.Ce parti né peu avant les élections de 1994 avait présenté 19 candidats.Il ne pourra plus recueillir de fonds et effectuer de dépenses ayant notamment été reconnu coupable de différentes manoeuvres illégales dans ses activités de financement.Gilles Faquin Projet de coopération Québec, Montréal et Beyrouth ¦ Les maires de Québec, Montréal et Bevrouth ont annoncé hier la signature d'un projet de coopération destiné notamment à reconstituer le cadastre de la capitale libanaise.L'accord vise à la mise en oeuvre » et le processus de consulation de « bâclé ».Selon M.Bramley, l'étude d'évaluation approfondie du projet de récupération, réalisée par une kyrielle de fonctionnaires des ministère de l'Environnement et de Pêches et Océans, aidés de consultants pri-\\cs, est «< un maquillage qui comporte des défauts flagrants (et) ne constitue pas un examen objectif des différentes méthodes (de récupération des BPC et du mazout a bord de la barge) ».MhlnLyAUBERTÉ à l'étranger mal reçue DENIS LESSARD du bureau de La Presse, QUÉBEC La décision de Québec de réduire au minimum son réseau de bureaux et de délégations à l'étranger est perçue comme un geste « regrettable » par nombre de ceux qui ont participé à sa construction depuis 20 ans.Le ministre des Affaires internationales, Sylvain Simard, a précisé hier l'ampleur des compressions dans les bureaux du Québec à l'étranger.Treize bureaux seront fermés ; pour économiser sept millions cette année, Québec ne gardera que les six délégations générales de Paris, Londres, Bruxelles, New York, Mexico et Tokyo.« Il faut avoir les ambitions de ses moyens », a résumé hier le ministre Simard.En tout, 25 fonctionnaires québécois seront rapatriés et une centaine d'employés recrutés localement perdront leur emploi.Hier, le ministre Simard a parlé de « redéploiement », mais a rapidement admis que la place du Québec sur la scène internationale serait diminuée.Québec comptera sur des missions temporaires dans les endroits visés.On souhaite aussi en arriver à une forme de parte- nariat avec les entreprises québécoises qui se trouvent déjà sur place, mais la formule reste totalement à définir.La tronçonneuse s'est abattue aux États-Unis où les postes d'Atlanta, Boston, Chicago et Los Angeles devront, comme neuf autres ailleurs dans le monde, fermer leurs portes pour la fin du mois.En Europe, on ferme Dùsseldorf, Rome et Milan.En Amérique latine, Bogota, Caracas et Port-au-Prince n'auront plus de bureau du Québec, mais des postes d'une ou deux personnes.En Asie, on ferme à Hongkong et Séoul, et le poste au Caire est aussi aboli.« C'est très regrettable, le Québec a mis des années à monter ce réseau.On affaiblit un instrument selon moi très important », a dit Léo Paré, ancien délégué du Québec à New York entre 1987 et 1992.PHOTOPC Le ministre des Affaires internationales, Sylvain Simard « Ouvrir une délégation est un investissement à long terme, le temps mis à faire des contacts, à se tisser un réseau dans un milieu.Quand on ferme, tout disparaît.Ce n'est pas vrai que quelqu'un de passage peut faire la même chose » obser-ve-t-il.Jean-Marc Léger, ancien délégué à Bruxelles, trouvait aussi « regret- table » la décision qu'il expliquait toutefois par les problèmes de finances publiques.Claude Morin, ancien fonctionnaire devenu ministre responsable des questions internationales sous René Lévesque, était aussi attristé par la décision du gouvernement.Présent aux balbutiements des relations internationales du Québec dans les années 60, il juge « regrettables ces fermetures ».« J'imagine que c'est temporaire.S'il n'y a pas de moyen de faire autrement, je comprends », a-t-il ajouté.C'était la consternation au bureau de Los Angeles, où les employés ont appris la fermeture mercredi.« Ma priorité est que tout se fasse correctement », a dit Louis Duclos, l'ancien député fédéral arrivé en poste en août dernier seulement.Le bureau, fondé à la fin des années soixante, comptait 12 personnes.Tout récemment, M.Duclos rappelait que le commerce du Québec avec l'Ouest américain représentait davantage que les échanges avec la France et l'Angleterre réunis.Hier, il disait comprendre que Québec ait voulu conserver ces postes en priorité.« 420 millions dans la poche du contribuable Johnson accuse le gouvernement d'augmenter le fardeau fiscal » PHOTO PC « Alors que les dépenses doivent être baissées, on a plutôt choisi d'augmenter la tarification de 420 millions », a lancé le chef de l'opposition, Daniel Johnson.KATIA GAGN0N du bureau de La Presse.QUliBCC Les contribuable québécois devront débourser l'an prochain pas moins de 420 millions de dollars en nouveaux tarifs de toutes sortes et pourraient même être appelés à payer davantage après le prochain budget, croit le chef de l'opposition, Daniel Johnson.M.Johnson en arrive à ces chiffres en additionnant la hausse du tarif d'électricité et les nouveaux frais exigés par Hydro, ainsi que la possible hausse du compte de taxes scolaires et des autres « taxes déguisées » contenues, dit-il, dans les crédits d'hier.« Tout ça, c'est pris dans la poche du contribuable.Alors que les dépenses doivent être baissées, on a plutôt choisi d'augmenter la tarification de 420 millions », lance-l-il.Et, si on en croit l'analyse du chef de l'opposition, ce n'est pas terminé.« Si on regarde les annonces de déficit de 3,2 milliards, si on regarde le montant des transferts fédéraux et celui des dépenses, il manque plus d'un milliard de dollars de revenus propres », expli-que-t-il.Pour aller chercher ces nouveaux revenus, le gouvernement n'aura d'autre choix que de hausser les impôts.Envers et contre l'avis de tous, c'est le contribuable qui éco-pera encore, dit M.Jolinson.« Avec le taux de croissance économique qu'on connaît, on ne voit pas comment on peut aller chercher un milliard de revenus au taux d'imposition qui existe aujourd'hui, souligne-t-il.Le consensus, c'était que le déficit était trop élevé, il faut toucher à ça, tout en n'augmentant pas le fardeau fiscal.Ça faisait l'unanimité, mais là, ils vont manquer d'argent.» Au gouvernement on confirme que le manque à gagner existe bien, à cause de la décision du premier ministre de ne pas hausser la taxe de vente comme prévu, mais ce « trou » se situe plutôt, précise-t-on, autour de 600 millions.Ce montant est tout de même considérable, mais on indique que le ministre des Finances, sans augmenter les impôts, ira plutôt jouer du côté des abris fiscaux.Quant aux nouveaux tarifs de 420 millions, on se demande au gouvernement comment M.Johnson a pu en arriver à un tel calcul, puisque, rappelle-t-on, plusieurs hausses sont encore hypothétiques.** Le chef de l'opposition estime de son côté que le gouvernement aurait pu faire d'autres choix, sur la rémunération des employés de l'État, par exemple.« La loi 102 limitait le niveau de rémunération du secteur public.Mme Marois a négocié 900 millions d'augmentation avant le référendum aux fonctionnaires.C'est une réalité avec laquelle le gouvernement devra oeuvrer », conclut-il.Fortin et Bouchard d'accord : il aurait fallu un moratoire sur les mesures d'employabilité DENIS LESSARD et MATHIEU PERREAULT Au lieu de sabrer certains programmes de réinsertion au marché du travail pour les assistés sociaux, le gouvernement Bouchard aurait dû s'imposer un moratoire sur les mesures d'employabilité, estime les coprésidents du comité sur la réforme de l'aide sociale, Cainil Bouchard et Pierre Fortin.«« Comme il doit y avoir une reconfiguration de l'ensemble des programmes d'insertion à l'emploi, cela mérite un moratoire », dit Ca-mil Bouchard.La veille, la ministre Louise Ha-rel précisait que le programme PAIE allait être réduit de moitié.Ce programme consiste à subventionner les employeurs pour qu'ils embauchent des bénéficiaires.Des groupes sociaux avaient soutenu que des fonds publics étaient ver-sis a des compagnies à but lucratif i|iii reportaient d'autant la création de vrais emplois.*< De toute façon, ces program- dions notamment que l'argent sup-nies envoyaient des gens dans des primé soit reinvesti.Par contre, des emplois précaires, qui disparais- mesures comme l'assurancc-médi- saient six mois plus tard.Ils se retrouvaient prestataires de l'assu-rance-chômage >», convient facilement M.Bouchard.L'économiste Pierre Fortin se serait attendu pour sa part a ce que le programme PAIE soit refaçonné au lieu d'être tout simplement amputé de la moitié de son budget de 85 millions.« Pour l'instant, le programme équivaut à des subventions aux « Comme il doit y avoir une reconfiguration des programmes d'insertion à remploi, cela mérite un moratoire.» entreprises, dit-il.Il faut que les gens qui y participent conservent leur emploi, » La réduction aurait pu être pire, reconnaît M.Fortin.« Mais on a procédé trop vite, soutient-il.Mon rapport et celui de Camil Bouchard sont trop récents.Nous recomman- caments, l'allocation unifiée pour les enfants et le transfert des allocations au logement à la Régie du logement sont conformes a nos vues.Elles étaient dans l'air bien avant la publication de nos rapports.» Dans un communiqué, la ministre Harel soulignait hier que les 47 millions de compressions à l'aide sociale représentaient un pour cent seulement du budget.Le régime ainsi .impute devra néanmoins absorber l'arrivée de 25 000 ménages supplémentaires dans les rangs de l'aide sociale, conséquence de la reforme fédérale de l'assurance-chô-mage.M.Bouchard n'a pas pris con- ¦ naissance directement des crédits publiés mercredi.Il souligne que son groupe n'avait pas étudié de très près la consommation de services médicaux par les bénéficiaires.« Mais on avait observé que l'augmentation des coûts des médicaments pour les bénéficiaires était moindre que celle enregistrée par les régimes privés d'assurance sur 1j même période.Dans ses crédits hier, le gouvernement a annoncé des ponctions importantes d'une réévaluation des soins dentaires offerts gratuitement aux prestataires ; 27 millions d'économies sont attendus.On vise aussi les services d'optométrie.L'objectif explicite est de ramener la consommation des prestataires au même niveau que celle du reste de la population.Pour Camil Bouchard, le régime québécois d'aide sociale est dans la moyenne canadienne, sans plus.À l'étranger, certains pays ont plus de succès que le Québec dans l'efficacité des transferts aux individus. B2 LA PRESSE.MONTRÉAL, VENDREDI 29 MARS 1996 Editorial La Presse Paul Dr sm a r a i s président du conseil d'administration Roger D.Landry président et ld1teur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc editorialiste en chei- LâL FlOlidcl ! 14 sec\"e,7*&® ACCWÂ U STATtoN Mùl-/mQ « i Pierre Gravel Dans le train de compressions des dépenses évoquées, lundi, par Lucien Bouchard, ce ne sont pas les plus spectaculaires sur le plan des économies qui ont créé les premiers remous.Ce sont celles qui visent directement des groupés limités déjà en mesure d'évaluer l'impact des changements annoncés.D'où leur rapidité à succomber au syndrome «pas dans ma cour ».mmmmmÊÊÊÊmmmmm On Ta vu, cette semaine, avec les étudiants face à la menace d'une augmentation des frais de scolarité, qui ont trouvé dans le jeune ministre André Boisclair le bouc émissaire idéal pour crier leur indignation.Et on a déjà commencé à entendre les premières protestations des retraités devant l'annonce de coupes dans le remboursement des frais d'hospitalisation à l'étranger.Selon la Fédération de l'Âge d'or, cette décision fera planer un nuage d'inquiétude sur les vacances ensoleillées de 100 000 Québécois de plus de 65 ans.L'an dernier, 35 000 Québécois ont coûté 10,8 millions aux contribuables en vertu de ce programme.Ce n'est évidemment pas dramatique par rapport au budget total de la Santé, qui engloutit plus de 10 milliards.Mais c'est un bel exemple d'un dossier où, au moment de faire des choix difficiles, on peut aussi bien invoquer des arguments en faveur du statu quo que pour justifier une remise en question du système en vigueur.Ainsi, on a raison d'alléguer que ces retraités, qui ont payé taxes et impôts pendant des années, ont le droit d'utiliser leur pension comme ils l'entendent et où bon leur semble.Et qu'une hospitalisation à l'étranger ne coûte pas plus cher qu'au Québec puisqu'on ne rembourse que ce qu'elle aurait coûté ici, l'écart étant habituellement absorbé par une assurance privée que chacun doit payer de sa poche.Par ailleurs, contrairement à ce qu'on a trop souvent tendance à croire, tous ceux qui passent leur hiver en Floride ne sont pas nécessairement des millionnaires habitant des condos de luxe.Ils sont, dans la plupart des cas, des Québécois ordinaires au budget serré qui seraient incapables de faire face à l'augmentation des primes qu'entraineraii à coup sûr la réduction de la « couverture » assumée par l'État.Aussi convaincant soit-il, ce plaidoyer ne doit cependant pas faire oublier que la crise actuelle exige un effort collectif qui doit se faire en tentant de limiter les dégâts.Or, s'il est vrai que l'État n'a pas à décider où les retraités devraient vivre, il est normal que ceux-ci assument les conséquences de leur choix.S'ils ont le droit d'opter pour un séjour à l'étranger, ils n'ont pas celui d'exiger d'y recevoir tous les services qui sont offerts ici.En faisant des compressions dans ce secteur, le gouvernement a prévu économiser compte tenu du coût réel des soins offerts au Québec, qui s'avère inférieur à ce qu'indique l'exercice strictement comptable à la base du présent système de remboursement.On ne peut pas crier à l'injustice quand le droit fondamental à la Santé est respecté pour tout le monde comme c'est le cas présentement.Même avec des restrictions pour ceux qui choisissent de s'éloigner des centres où ils pourraient s'en prévaloir sans frais additionnels.Comme pour bien des gens ordinaires, la Floride n'est peut-être pas un caprice de millionnaire mais c'est, pour l'instant, un luxe qu'on rie peut plus se payer collectivement.Pour bien des \u2022» gens ordinaires, la Floride n?est peut-être pas un caprice de millionnaire mais c'est, pour l'instant, Un luxe qu'on ne peut plus se payer collectivement.La science contre la confiance L, autorisation de la Croix-Rouge de permettre * dorénavant aux parents de constituer des réserves de leur sang pour leurs enfants malades met fin à une longue et pénible histoire.À Même s'il s'agit d'une victoire pour le ¦ couple Quintal-Bruneau et la Société d'hémophilie qui ont mené une bataille nationale, en novembre dernier, en faveur des dons dirigés, le problème posé par cette affaire restera entier: celui d'un affrontement insoluble entre la science et la confiance.¦ iw mu\u2014nu.¦ On se souvient que, la semaine dernière, le juge Claude Benoit ordonnait à la Croix-Rouge, en émettant une injonction provisoire, d'effectuer des prises de sang du couple pour leur fils de deux ans qui doit subir une opération à coeur ouvert à cause d'une malformation congénitale.Une première au Canada.La Croix-Rouge qui, jusqu'à maintenant, acceptait seulement les dons autologues (pour soi-même), s'opposait aux dons dirigés.Ce refus, qui en a choqué plusieurs, reposait sur des arguments scientifiques convaincants.Les dons dirigés comportent des risques supérieurs à ceux du sang recueilli de façon traditionnelle, parce que le sang de proches peut parfois causer des problèmes médicaux importants, mais aussi parce qu'il est difficile, pour des raisons psychologiques évidentes, de mesurer le risque que représentent ces donneurs qui ont des relations intimes avec le receveur et vivent donc des moments éprouvants.À cela s'ajoutent des arguments économiques, car cette méthode coûte cher.Tous ces arguments mènent à la conclusion que le fait de donner son sang à son enfant, par exemple, ne réduit pas les risques de complications; il peut, au contraire, les Claudette Tougas augmenter.Mais toutes ces considérations ne font, helas, pas le poids face au fait que, depuis le scandale du sang contaminé, la confiance des receveurs et des donneurs a été dangereusement ébranlée.Tant que la Croix-Rouge ne pourra pas prouver hors de tout doute son intégrité quant à la qualité du sang de ses donneurs, et faire oublier la triste période du sang contaminé, il se trouvera des personnes qui voudront faire le nécessaire pour s'assurer que le sang qu'on leur donnera -et surtout qu'un enfant recevra- sera sain et qui croiront que la meilleure façon d'y parvenir, c'est d'utiliser son propre sang.Et, malgré toutes les mises en garde des opposants aux dons dirigés, qui supposent un système complexe de livraison du sang en augmentant les risques d'erreurs de manutention, il serait très difficile de blâmer les parents concernés.Même si la Croix-Rouge a souligné que les dons dirigés ne seront permis que dans des cas très particuliers, il ne faut pas être sorcier ou devin pour anticiper une multiplication de tels cas, au cours des prochains mois.Malgré les craintes fondées des gens à l'endroit du sang de la Croix-Rouge, il serait toutefois important et très opportun que la population en général soit consciente que la solution des dons dirigés ne règle pas tous les problèmes.Loin de là.Mais la détresse de ces utilisateurs est réelle.El la Croix-Rouge, qui sort d'une période où son image a été mise à rude épreuve, aurait dû le comprendre.Pour ces raisons, qui n'ont rien de scientifique, la Croix-Rouge aurait dû faire preuve d'empathie et de souplesse bien plus vite, aurait dû tout faire pour éviter cette odieuse guérilla juridique, et n'aurait certainement pas dû attendre cette injonction pour rendre public le rapport d'experts qui lui donnent le feu vert pour les dons dirigés.LA BOITE AUX LETTRES Qu'advient-il du partenariat ?¦ M.Bouchard est venu dire aux anglophones de Montréal qu'il n'était pas surpris que la plupart d'entre eux aient voté NON au dernier référendum.Il trouvait cela légitime vu qu'ils avaient des liens traditionnels avec leurs compatriotes du reste du Canada.Par ailleurs M.Bernard Landry mettait comme cojndition préalable à toute néo-ciation avec Ottawa qu'on reconnaisse le « peuple » québécois comme entité distincte.Et M.Parizeau, après avoir menacé la minorité Lucien Bouchard anglophone et allophone de faire la souveraineté malgré elle, l'accusait, le soir du référendum, d'avoir été la cause de la défaite.Historiquement les souverainistes « purs et durs » comptaient sur la majorité québécoise « de souche » pour imposer à la minorité un régime qui garantirait la survie de la culture française.Ce n'est qu'après coup qu'on en est venu à reconnaître ouvenement que tous les citoyens du Québec étaient des Québécois à part entière.Autrement dit, on passait d'une notion ethnique à une notion territoriale du peuple québécois.Le problème est que la grande majorité des Québécois anglophones et allophones de même qu'une forte proportion des francophones préfèrent garder des liens avec le reste du Canada.C'est pourquoi la question référendaire parlait de négocier un « partenariat » avec le reste du Canada.Alors pourquoi M.Bouchard a-t-il omis l'autre soir de parler du partenariat à négocier avec Ottawa et les autres provinces ?La recherche de ce partenariat serait pourtant une condition essentielle pour rassurer les minorités québécoises et favoriser du même coup la relance économique.Pierre LAPLANTE Postes Canada encore efficace ?¦ Voici plusieurs années que la Société canadienne des postes dépense des millions de dollars en publicité afin de convaincre les pauvres contribuables et naïfs citoyens que nous sommes d'utiliser ses divers services.Sans compter tout l'argent gaspillé en nombreux sondages destinés à faire croire que le temps de livraison ne cesse de s'améliorer et en nouveaux produits et services qui, dans les faits, devraient être entièrement confiés à la seule responsabilité du secteur prive.Le résultat ?Récemment, une importante lettre, que j'attendais dans un délai relativement normal, a mis huit jours à franchir les 216 kilomètres qui séparent la ville de Hull, d'où elle fut postée le 21 février - le cachet de la «< poste »> en faisant foi -, de la ville de Laval, où j'habite.Soit une distance quotidienne de 27 kilomètres, qui laisse fort sceptique sur l'efficacité d'une COÛtCUSe organisation qui profite de subsides publus.Le facteur aurait-il eu la rivière buissonnière, le long de l'Ou-taouais ?Ah ! j'oubliais.Cette lettre contenait une offre d'emploi à laquelle je n'ai pu répondre à cause de cet inqualifiable retard.Mais cela, le fonctionnaire s'en fout.Michel L SAINT-LAURENT Laval Le difficile exercice de la démocratie ¦ Le 26 février dernier, se tenait le premier Conseil de quartier de Ro-semont qui fut présidé par M.Hubert Deraspe, conseiller du distria de Louis-Hébert.Tout a bien commencé, à l'heure précise et la brève allocution d'ouverture de celui-ci invitait tous les participants à un échange constructif en oubliant les vaines querelles du passé.On ne pouvait souhaiter mieux pour l'inauguration de ce premier Conseil.Peu après son envol, ce beau voeu de collaboration piqua toutefois vite du nez.Aux questions des citoyens, M.André Lavallée, du RCM et chef de l'opposition officielle, apporta beaucoup de précisions et André Lavallee posa quelques questions au président, ce qui sembla visiblement gêner ce dernier.Le ton et l'attitude du président devinreni arro- gants.La période de questions fut prolongée en raison du nombre d'intervenants.Mais cet exercice démocratique fut vite écorché par le président d'assemblée qui se montra provocant et tranchant dans ses réponses.Écouter la voix des gens paraissait une contrainte et la voix de l'opposition officielle semblait l'embarrasser.Michel SAV1GNAC Montréal Une autre raison pour ne pas agir ¦ Le débat actuel sur l'unité canadienne semble vouloir s'enferrer à nouveau dans les ornières où la charrette du renouvellement constitutionnel a déjà passé plus d'une fois.Le Discours du trône du 27 février propose de consulter à nouveau les Canadiens.Autre commission d'enquête, autres dépenses, autre raison pour ne pas agir.Dans le débat qui fait rage d'une façon plus intense depuis 30 ans, le monologue québécois s'est toujours heurté au monologue du gouvernement fédéral qui dit parler au nom des Canadiens.On a toujours cru que le Canada de l'autre c'est Ottawa.Il est évident qu'un gouvernement existe eu fonction d'un pouvoir politique.H est également t% i-dent que c'est le gouvernement fédéral qui a le plus a perdre dans une redistribution du pouvoir politique au Canada, qui irait dans le sens d'une décentralisation, d'un fédéralisme executif, ou de la conclusion d'une nouvelle entente Canada/Québec.Ottawa n'a donc aucun intérêt à proposer des solutions qui l'excluraient.Jean-Claude COUTURE La comédie la plus drôle ¦ J'ai lu dans La Presse du 3 mars une lettre à laquelle il me faut répliquer.En effet, Marc-Aurèle Marsan s'y attaquait à une de mes émissions favorites : Majeurs et vaccines.Il accusait cette comédie d'être un amas de clichés, une copie des « sit-coms » américains et d'être d'une platitude incroyable.Je suis conscient que cette émission est une imitation de Friends, une émission diffusée sur NBC, mais je crois que c'est peut-être la comédie la plus drôle diffusée présentement en français et que c'est celle qui donne la représentation la plus juste de ma génération.Je trouve que les textes de cette comédie sont les meilleurs depuis longtemps.Ils prennent ce qu'il y a de mieux dans l'humour américain : l'absurde et l'ironie.Je suis heureux que la SRC ait enfin donne une chance à deux jeunes auteurs de nous montrer ce qu'ils savent faire.J'étais fatigué des comédies de théâtre d'été que la SRC nous servait à chaque année dont le pire exemple a sûrement été L'Arche de Zoe.Les auteurs de Majeurs et vaccine* nous prouvent que l'humour québécois peut riva-» liser avec l'humour américain sur son propre terrain.Mathieu LAMARRE étudiant en sciences pures Collège Bois-de-Boulognc LA PRfcSSE, MONTREAL, VENDREDI 29 MARS 1996 Opinions Pour l'enrichissement de tous ou de quelques-uns?I prévoir?Infirmières : pénurie à MICHEL VÉZINA L'auteur est présidait du Syndicat des professionnelles et professionnels municipaux de Montréal.L'avant-projet de loi sur la création de sociétés d'économie mixte ( SEM ) aura des incidences néfastes pour tous les Québécois s'il est adopté dans sa forme actuelle.Cet avant-projet, qui vise à permettre aux municipalités de créer, en partenariat avec des entreprises privées, des sociétés commerciales à but lucratif pour livrer et gérer les services publics, ouvre, selon nous, toute grande la porte à la dilapidation des biens publics.Non seulement il introduit la tarification comme mode privilégié de financement des services publics, mais il met en péril la transparence de la gestion des biens et services publics, de sorte qu'il finira par coûter cher au citoyen.La privatisation, même partielle, des services publics ne saurait contribuer à l'enrichissement collectif.Au contraire, l'expérience montre que, dans bien des cas, la privatisation, par la voie des SEM ou autrement, engendre une augmentation substantielle des charges pour les usagers qui pensaient diminuer leurs impôts.On pense, notamment, à l'expérience de partenariat entre la Ville de Montréal et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain qui a finalement tait augmenter le tarif du stationnement à Montréal de près de 50°/o.On pense également aux expériences françaises concernant la privatisation de l'eau et au nombreux scandales qui les ont entourées.Rappelons ici l'enquête des journalistes Yvon Laberge et André Noël, de La Presse, qui, dans une série d'articles récents, signalent que, depuis la privatisation de la distribution d'eau à Paris, en 1984, son prix a connu une augmentation de 154% comparativement à une inflation globale de 39% pendant la même période.Dans ces cas, les citoyens se sont vus prives des bénéfices de la privatisation.Ils en ont payé la note qui inclut, par ailleurs, une marge de profit qui n'existait pas auparavant.Le partenariat a donc passé ici à côté de son objectif, celui d'améliorer la prestation des services publics et d'en réduire les L'usine de traitement Des Baillets produit 700 000 mètres cubes d'eau par jour.La privatisation, même partielle, des services publics ne saurait contribuer à l'enrichissement collectif.coûts pour le bénéfice de tous.Dans le passé, la Ville de Montréal a souvent été critiquée, notamment par son Vérificateur général, pour son manque de transparence dans la gestion des sociétés paramunicipales.Une partie importante de l'endettement à long terme des Montréalais et Montréalaises provient d'ailleurs des emprunts contractés par la Ville pour ses paramunicipales.Mais, dans ce cas, le Comité exécutif, qui autorise les règlements d'emprunts, était quand même redevable devant le Conseil municipal.Or, la formule proposée par l'avant-projet de loi restreint la transparence des opérations des sociétés d'économie mixte encore davantage que celle à laquelle sont contraintes les paramunicipales, puisque leurs futurs administrateurs pourront bénéficier du secret commercial.Les citoyens, ainsi que les institutions démocratiques municipales, seront ainsi privés du contrôle qu'il sont encore en mesure d'exercer sur la gestion des biens et services publics.(.) Par a i11eurs, l'avant-projet de loi n'exige pas que le fondateur municipal de la SEM suive quelque processus que ce soit en ce qui a trait à la sélection des partenaires privés.Cela représente une invitation cordiale au favoritisme et entraînera des effets d'autant plus dévastateurs pour le public si la gestion et la prestation des services sont réalisées en l'absence de tout cadre concurrentiel.De surcroît, les SEM qui seront créées seront exemptées de l'obligation qu'ont les adminis- trations municipales de procéder par appels d'offre pour l'attribution de contrats majeurs d'approvisionnement.Ici, on ouvre encore la porte aux abus de toutes sortes.Peu importe la formule de partenariat adoptée, la gestion des services publics doit faire preuve d'une transparence sans faille, tout en étant soumise au contrôle direct des instances démocratiques municipales.(.) La tarification des services publics repose, à priori, sur une conception néolibérale de l'équité.Depuis les années 1930-1940, au moment où les fondements intellectuels de l'État-providence étaient jetés, la notion d'équité s'est articulée autour d'un projet de solidarité sociale et de redistribution des richesses par le biais de la fiscalité.Depuis une quinzaine d'années, avec la crise des finances publiques, une toute autre conception de l'équité et de la justice sociale s'impose de plus en plus, évacuant d'emblée toute notion de solidarité sociale et de redistribution des richesses.La tarification des services publics ne repose pas sur le critère de la capacité de payer, mais sur celui du bénéfice reçu.Autrement dit, on paie pour ce qu'on consomme individuellement et tant pis pour ceux et celles dont la capacité de payer est limitée ou inexistante ! Imaginez un instant le genre de situations qu'on pourra retrouver dans le domaine de la gestion de l'eau, une fois qu'une SEM en aura pris la charge et qu'une tarification sur la base de la consommation réelle sera introduite en lieu et place d'un impôt foncier général fondé sur la valeur immobilière.Compte tenu du degré élevé de pauvreté dans la population de Montréal, compte tenu des 200 000 personnes qui vivent de l'aide sociale et d'un taux de chô- mage officiel tournant autour de 14 ou 15%, l'eau doit demeurer accessible à tous et toutes.Sa privatisation et sa tarification sur le mode consommateur-payeur risquent de plonger plusieurs quartiers de Montréal dans des situations extrêmement difficiles.L'eau, devenue payante, voire même onéreuse, va rapidement devenir une source d'appauvrissement supplémentaire pour les moins nantis puisqu'il s'agit d'une denrée dont on ne saurait se passer.De surcroît, l'hygiène et la salubrité, raisons principales pour lesquelles l'approvisionnement de l'eau potable est devenu, historiquement, un service public municipal, risquent de dépérir dans plusieurs quartiers.(.) Le 13 mars dernier, notre syndicat a rejeté en bloc l'avant-projet de loi sur les SEM dans le secteur municipal.Cela ne signifie pas pour autant que nous rejetions l'idée générale de partenariat, ni celle des SEM, au contraire.Le concept de SEM pourrait s'avérer être une solution utile et fonctionnelle dans certains cas bien précis, mais il faut éviter de l'appliquer à toutes les situations et s'assurer de l'adapter aux valeurs démocratiques qui fondent la société québécoise.Selon nous, les SEM doivent s'inscrire en complémentarité avec l'expertise que détiennent déjà les municipalités québécoises.Cette expertise est un atout stratégique à préserver et il faut éviter de l'annihiler en la dispersant dans des organismes dont l'existence à long terme n'est pas assurée.Il faut éviter de se retrouver, comme plusieurs municipalités qui ont tenté de privatiser certaines de leurs activités traditionnelles, devant des situations où nous devrons éventuellement « remunicipaliser », et à grands frais, parce qu'il faudra rebâtir l'expertise.Canada-Québec: le consensus possible Bouchard a prouvé qu 'il est possible de réunir des adversaires traditionnels MICHELLE TISSEYRE L'auteure est conseillère en communciations.Elle a oeuvré, récemment, au Cabinet du premier ministre du Canada.Le récent sondage Crop/Environics/SRC/CBC sur l'état d'esprit des Canadiens, cinq mois après le référendum québécois, permet de tirer un certain nombre de conclusions intéressantes pour ceux qui croient au Canada.Tout d'abord, malgré la pléiade de facteurs qui militent actuellement en faveur de l'option souverainiste, celle-ci parait, au dire même des sondeurs, plafonnée autour de 51 % ( Crop ) - 53 % ( le plus récent Léger &¦ Léger).Une telle conclusion soulève des questions importantes: au lendemain d'un OUI arraché de justesse, serait-il possible de réussir la souveraineté alors qu'une proportion aussi élevée de la population demeure réfractaire à l'idée de quitter le Canada ?D'autre part, peut-on souhaiter pareil dénouement compte tenu des nouvelles données du sondage qui révèlent, advenant un OUI la prochaine fois» que 50 % des non-francophones quitteraient la province, que 50 % des Montréalais voudraient que la métropole demeure dans le Canada, que 78 % des anglophones et 41 % des francophones souhaiteraient que leur région demeure territoire canadien, que 50% des Québécois ( et 88 % des autres Canadiens ! ) croient que les autochtones auraient le droit de maintenir leurs territoires ancestraux dans le Canada ?(.) Par ailleurs, ce sondage indique que les Québécois se prononcent majoritairement pour un renouvel- lement du fédéralisme et qu'ils attendent du premier ministre Bouchard qu'il s'engage dans cette voie plutôt que sur le terrain miné de la sécession.Or, le sondage exhaustif de Crop/Environics permet de dégager des possibilités de consensus quant aux moyens de résoudre le bras de fer canadien.En effet, 58 % des personnes interrogées au Québec et 88 % dans les autres provinces pensent que le Québec devrait demeurer une province du Canada ; 64 % au Québec et 75 % dans le reste du pays croient qu'une entente qui satisferait tout le monde est possible ; 81 % des Québécois et 53 % des autres Canadiens souhaitent qu'Ottawa présente des offres constitutionnelles au Québec avant un prochain référendum ; 85 % des Québécois et 68 % des autres Canadiens souhaitent que la Constitution reconnaisse la différence dans l'égalité, du Québec par rapport aux autres provinces ; 82 % des Québécois et 84 % des autres Canadiens croient que le Québec est une composante essentielle de l'identité canadienne.Mais le consensus le plus prometteur qui pointe à l'horizon concerne un nouveau partage des pouvoirs.En effet si le Québec Micheile Tisseyre demeure la province la plus favorable ( 68 % ) à une décentralisation des pouvoirs vers les provinces, il trouve des alliées naturels parmi les Britanno-Colombiens ( 60 % ) et les Canadiens des Prairies ( 52 % ), alors qu'en Ontario et dans l'Atlantique autant de citoyens sont ouverts à la décentralisation ( 44 % ) que ne préfèrent le statu quo ( 44 % et 41 % ).( .) Convaincre : tout est la.Or, diront les sceptiques, toutes les tentatives ont échoué dans le passe.Là encore, le sondage Crop révèle des données importantes sur la société distincte, le droit de veto, le partage des pouvoirs et le taux de confiance dont bénéficient les leaders dans le dossier constitutionnel.Première donnée incontournable : la résistance ( 55 %, allant jusqu'à 60 % dans l'Ouest ) à la notion de société distincte dans le reste du pays.Est-ce si surprenant ?Dans une coopérative, accepterait-on qu'un membre jouisse de droits, de pouvoirs spéciaux ?(.) Deuxième donnée incontournable : les autres Canadiens sont ré-fractaires à toute solution qui reconnaîtrait des droits comme le veto ( 82 % ) ou des pouvoirs spéciaux (91 % ) uniquement au Québec.Par contre, ils deviennent tout a fait « parlables » ( 76 % ) quand on propose d'offrir le veto également à toutes les provinces.Le sondage n'a pas posé la question en ce qui concerne un nouveau partage des pouvoirs offert à toutes les provinces, mais il y a fort à parier que la réaction serait la même que pour le veto.(.) En conclusion, il est possible, à la lumière du récent sondage Crop/Environics d'envisager des solutions au problème de l'unité nationale.Les Canadiens sont prêts à reconnaître « l'égalité dans la différence » du Québec au sein du Canada ?Pourquoi ne pas leur proposer un nouveau partage des pouvoirs, égal pour toutes les provinces, quitte à ce que certaines d'entre elles \" redéleguent » au fédéral les pouvoirs dont elles ne veulent pas, et a prévoir un mécanisme de réexamen en vue de réajustements futurs ?(.) MADELEINE HOULE L'auteure s'exprime ici au nom des 34 professeur es en soins infirmiers du Collège de Maisonneuve.Madame Gyslaine Desrosiers, présidente.Ordre des infirmières et infirmiers du Québec L'état de choc dans lequel vous nous plongez nous empêche de trouver les mots qui peuvent le mieux exprimer les sentiments que nous ressentons pour qualifier vos propos lancés sur la place publique, le 13 mars 1996.Malgré votre charmante invitation à la collaboration et à l'harmb-nie, en écrivant dans votre lettre du 28 février dernier que « l'heuz£ n'est plus aux querelles ni aux dT9 visions internes », vous ouvrez la guerre : pour nous, le temps n'est plus aux formules de politesse, car vous nous dictez le ton à prendre par votre attitude méprisante et lamentable.Vous vous dites indignée, dans la lettre citée plus haut, de n'avoir1 pas été consultée par le ministère de l'Éducation sur le contingente-' ment au collégial ; qu'avez-vous fait des baisses de clientèle quand, dans votre étude ( Secor ) ( que les membres et les professeures des collèges ont financée ) vos chiffres ne tiennent même pas compte du contingentement prévu et que, de' ce fait, les données de base s'en, trouvent faussées.(.) En méprisant ainsi la formation au niveau collégial, vous exprimez votre désaveu de l'expertise des 63 p.cent de vos membres qui ont développé une compétence à dispenser des soins de qualité dans le réseau de la santé depuis plus de 25 ans.Comment pouvez-vous préten: dre représenter des membres que vous rejetez d'une façon aussi cavalière et gratuite ?~r Que pouvons-nous comprendre de l'arrimage entre cégeps et universités que vous prétendez défendre ?Dans le langage populaire,* l'arrimage signifie «jonction» *\\t implique donc une sorte de continuité.Les états généraux sur l'éducation préconisent actuellement des passerelles d'un ordre d'enseigne-, ment vers un autre.Comment pouvez-vous ainsi éliminer un ordre de formation en clamant un arrimage ?De ce fait.Madame Desrosiers, vous privez des femmes qui ont dé-, buté leur formation initiale au collégial et qui sont détentrices d'urj DEC \u2014condition d'admission a l'université»\u2014 de ne pouvoir continuer leurs études au premier cycle.Bien sûr, vous valorisez le bacca-! lauréat mais en accordant à ces diplômées le privilège d'exécuter des actes médicaux pour qu'elles deviennent de « petits médecins ».Est-ce là votre conception des soins ?Quel recul quant à l'essence même de la profession ! Avez-vous oublié ce que veut dire soigner pour une infirmière ?En faisant cela, vous ravivez les querelles inutiles entre les médecins et les infirmières.Guerre de pouvoir et, bien sûr, votre guerre, personnelle.Nous souscrivons aux: propos de la FNEEQ-CSN qui, dans son communiqué du 13 mars, disait : « L'Ordre fait fausse route\" en tentant de profiter de la réorganisation actuelle du réseau de la santé et des services sociaux pour éliminer l'enseignement des soins infirmiers au collégial.Si elle a de$£ représentations à faire sur toute la.question des actes délégués, qu'elle les fasse au bon endroit, soit à l'Office des professions.La tentative de détournement est trop évidente, nous voyons enfin la véritable nature du débat.» Vous vous servez bassement des économies potentielles de substitution et de l'enjeu des champs de 1 compétence pour opérer un viragejf complet sur le sens à donner à l'acte infirmier.De ce fait, vous induisez la population en erreur en utilisant des chiffres qui laissent croire à des économies.Des économies qui se feront, en réalité, sur le dos des femmes dont l'accessibilité à l'erri-' ploi dans ce secteur s'amenuise de plus en plus.Les conséquences de votre com-portement sont très sérieuses.Per-\" mettez-nous de douter que le Collège des médecins acquiescera à votre proposition: transférer 63 p.cent de ses actes aux infirmières f Pensez-vous sérieusement que les médecins obéiront à votre stratégie avec empressement ?Si, d'une part, les médecins n'acceptent pas et que, d'autre part, vous augmentez le nombre de bachelières, où sera ladite économie ?La grande perdante de toutes ces infamies, ce sera la population qui sera privée des services infirmiers.Car le pénurie d'infirmières ne sera pas longue à se faire sentir au moment ou la population ressent de l'insécurité face aux bouleversements majeurs entrepris dans le réseau de la santé.Il est révoltant de constater que la présidente de l'OIIQ, loin de rassurer la population, vienne au contraire contribuer à augmenter son angoisse.an B4 LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 29 MARS 1996 EN BREF Politique Les assistés ont perdu espoir « Les coupes sauvages sont enrobées dans un discours mielleux », affirme la présidente du Front commun MATHIEU PERREAULT La présidente du Front commun des assistés sociaux, Claudette Champagne, retient mal sa colère face aux pré visions de dépense du gouvernement péquiste.« Des personnes m'appellent pour savoir où se procurer du cyanure, soutient-elle.Le poison est devenu leur seul espoir.Lucien Bouchard fait au Québec la même chose que Klein et Harris en Alber-ta et en Ontario, à la différence qu'il enrobe les coupes sauvages de discours mielleux, » Participant à une conférence de presse réunissant les porte-paroles de huit organismes communautaires, Mme Champagne reprenait leurs revendications habituelles : réforme de la fiscalité pour tirer davantage des entreprises, des revenus de capital et des citoyens gagnant plus que 70 000 $.« Le gouvernement encourage le travail au noir en coupant les vivres aux plus pauvres, soutient-elle.Il devrait s'attaquer aux employeurs qui ne déclarent pas leurs salaires.» Le groupe d'organismes réitère son appui à l'objectif zéro en fait de déficit, mais s'oppose aux choix budgétaires du gouvernement.« Où sont les mesures de lutte contre la pauvreté et le chômage », demandait Jean-Pierre Wilsey, de Solidarité populaire.Selon le groupe, les coupes de 225 millions à la sécurité du revenu cette année sont trop élevées.Notamment, les dépenses pour les assistés sociaux seront diminuées de 21 % au niveau des soins dentaire et de 19 % pour les orthèses et prothèses.Une personne âgée devrait augmenter ses dépenses en médicaments de 100 à 522 $ avec les changements à l'assurance-médicament.Pour protester contre cette démonstration de « désolidarité sociale », Mme Champagne en appel- PH0T0 PIERRE McCAAN.La Pnssê Malgré des coupes supplémentaires de 43 millions, la régie régionale de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre soutient que le pire a été évité.Quarante-trois millions de moins pour les malades montréalais le à de grandes manifestations 'en mai et en juin.Par ailleurs, optométristes et chirurgiens dentistes déploraient la fin de la gratuité de leurs soins pour les assistés sociaux, dont le gouvernement souhaite que la consommation en soins dentaires et d'opto-métrie soit ramenée à la moyenne nationale.\u2022 La fréquence moyenne d'une visite par trois ans observée par -l'Association des optométristes- lui semble trop faible, alors que celle des chirurgiens dentistes craint que la fin de la gratuité n'augmente les caries chez les assistés sociaux, une clientèle à risque du fait de sa pauvreté.Consternation dans le milieu de la santé i Axworthy revient confiant des É.-U.¦ Le ministre canadien des Affaires étrangères Lloyd Axworthy a quitté Washington hier avec l'espoir que l'administration américaine fera preuve de souplesse dans la mise en oeuvre de la Loi sur les investissements étrangers à Cuba.À l'issue d'une visite de deux jours dans la capitale américaine, le ministre s'est montré encouragé par les propos du secrétaire d'État américain Warren Christopher.Au cours d'une conférence commune en début d'après-midi, M.Christopher a indiqué que son administration était en train d'étudier les procédures qu'il lui fallait mettre en place pour faire respecter la législation.M.Christopher a affirmé hier que les conséquences de cette législation n'étaient pas aussi grandes que ce que certains avaient prédit.Le président américain Bill Clinton aura le pouvoir de suspendre les poursuites pour une durée de six mois, renouvelable, si l'intérêt national des États-Unis l'exige.M.Christopher a cependant refusé de spéculer sur cette question, déclarant qu'elle sera étudiée plus tard cet été.Il a cependant affirmé que Washington tiendra compte des préoccupations et des intérêts du Canada.Il s'est dit confiant de voir le Canada et les États-Unis résoudre ce problème, comme ils ont réussi à résoudre beaucoup d'autres dans le passé.d'après PC Les gros mots du Bloc ¦ Dans une ambiance survoltée où les gros mots ne manquaient pas, deux députés du Bloc québécois ont accusé un comité parlementaire de vouloir faire le « procès du mouvement souverainiste » relativement à l'affaire Jacob C'est le communiqué de presse du 26 octobre dernier du député de Charlesbourg Jean-Marc Jacob qui est à l'origine du conflit.M.Jacob invitait les militaires à accorder leur loyauté à la nouvelle armée du Québec après l'indépendance.Les libéraux ont accepté que les travaux du Comité sur la procédure et des affaires de la Chambre portent strictement sur ce communiqué et non sur la sédition comme le souhaitent les réformistes.Hier, le Bloc a refusé de donner son aval pour entendre des témoins avant d'adopter un « ordre de renvoi clair ».d'après PC Entente de principe en Ontario ¦ Les parties syndicale et patronale en Ontario mettaient la touche finale, hier, à une entente qui permettra le retour au travail de 54 000 employés de la fonction publique, en grève depuis 32 jours.L'entente, qualifiée par un dirigeant syndical de ^âctoire des travailleurs, prévoit line protection accrue pour les syndiqués mis à pied ou dont le service sera privatisé, a indiqué *ïne source proche des négociations.L'entente de principe est intervenue après le règlement de pépins de dernière minute, et malgré une déclaration du ministre responsable des négociations, qui soutenait mercredi que la grève pourrait durer encore deux semaines.« Nous nous sommes entendus sur le coeur de l'entente », a indiqué avec fierté la présidente du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario, \u2022Leah Casselman, devant quelque 300 syndiqués qui faisaient du piquetage face à l'Assemblée législative.« C'est une victoire jp.) Nous avons en poche une entente dont vous serez maudi-teniem fiers.» ; \u2022 d'après PC Pas de vedette du PQ flans LvAssomption ai Le Parti québécois ne présentera pas de candidat vedette lors de la prochaine élection partielle dans L'Assomption, même si ^ancienne circonscription de Jacques Parizeau est considérée comme un comté sûr.« Les mites en candidature se terminent au milieu de la semaine prochaine.À moins de surprises, ça se décidera entre les trois candidats locaux qui se sont déclarés jusqu'à présent », expliquait hier le directeur général du PQ, Bob Dufour.En tête de liste vient l'actuel directeur général de la commission scolaire Le Gardeur, Thomas Du/ik.un militant de longue date du PQ.L'ex-secré-taire de comté de M.Parizeau, Claude Saint-André, remue lui aussi ciel et terre pour obtenir l'investiture péquiste, que convoite aussi activement l'avocat Alain Manseau.Le tout se décidera le mardi 9 avril, lors de l'assemblée d'investiture du Parti québécois.v Mario Fontaine MATHIEU PERREAULT Même si elle admet que les prévisions de dépenses gouvernementales ajoutent 43 millions aux coupes dont pâtiront l'an prochain les usagers des hôpitaux montréalais, la régie régionale de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre soutient que le pire a été évité.« Notre plan de réaménagement du réseau a été préservé par le gouvernement », explique Marcel Villeneuve, directeur général.« Les compressions réelles atteignent 60 millions, restant dans les limites prévues.Le seul élément nouveau, c'est la nécessité pour les hôpitaux d'absorber l'augmentation salariale de un pour cent consentie à leur personnel, une dépense de 43 millions pour 1996-97.» Ce montant s'ajoute à l'absence d'indexation des sommes prévues pour les médicaments, les équipe- Le premier budget de crédits de Lucien Bouchard aura au moins fait une rare unanimité par-delà le fossé des générations.Professeurs, administrateurs et étudiants ont continué, hier, à dénoncer les compressions de 408 millions annoncées mercredi par le gouvernement du Québec* « Le premier ministre fait de bien beaux discours, mais il réduit le déficit sur le dos des jeunes », a accusé Pascal De Guise, de la Fédération étudiante collégiale.« Et des moins bien nantis », a ajouté Frédéric Lapointe, de la Fédération universitaire québécoise.Diane Drouin, de la Fédération des commissions scolaires s'est dite «< bouleversée » et a dénoncé «< l'acharnement » sur le réseau primaire-secondaire, « qui écope d'une 13e année consécutive de coupes », en l'occurrence 257 millions.Elle a exigé du corps professoral un « assouplissement de l'organisation du travail ».Elle a qualifié d'« inacceptable » le fait que le système public soit amputé de 6,1 % de ses crédits tandis que les compressions aux subventions du système « privé » n'atteignent que 3,1 %.Justement, le réseau privé s'est également plaint des compressions qui l'affectent.La Fédération des associations de l'enseignement prive a dénoncé la comparaison du système québécois avec celui des provinces voisines commet* inspirées des théories de la CEQ ».ments et les autres augmentations salariales, pour doubler les mesures de non-financement pour la métropole.« Le 43 millions supplémentaires signifie que la réinsertion des 4300 employés déplacés qui attendent un nouveau poste sera plus lente, indique M.Villeneuve.Les économies de 190 millions ne viendront donc pas d'ici trois ans, à moins que le gouvernement accepte d'investir une centaine de millions pour favoriser les départs volontaires et les mises à la retraite.Le ministre Rochon nous a fait savoir qu'il nous aiderait dans ce sens.» Jusqu'à hier, la régie régionale évaluait entre 40 et 100 millions le financement du départ de 1000 employés à Montréal.Avec le dépôt des prévisions de dépenses, M.Villeneuve parle maintenant de 1500 salariés.Guy Lessard, représentant des directeurs, s'est dit « inquiet ».L'impact sur la capacité des commissions scolaires sera « catastrophique », a prévenu le président de la CECM, Michel Pallascio.A elle seule, estime-t-il, la CECM pourrait devoir absorber des compressions de 15 à 20 millions.La présidente de la CEQ, Lorraine Page a qualifié de « terrible » le train de compressions et a réagi à la demande de rouvrir les conventions collectives des professeurs, formulée mercredi par François Ouimet, critique de l'opposition libérale en matière d'éducation.« Les profs du Québec sont déjà au Se rang de la rémunération, sur 10 provinces, a rétorqué Mme Page.On vient de signer des conventions qui permettent déjà une économie de 100 millions.Les seules économies logiques qui restent se trouvent dans la réduction du nombre de commissions scolaires.11 y en a 156 au Québec contre une centaine en Ontario, qui a deux millions d'habitants de plus.» « Les université avaient prévu un trou de 100 millions ; alors la qualité de l'enseignement et de la recherche devrait être préservée cette année », a dit Pierre Reid, recteur de l'Université de Sherbrooke et porte-parole des universités du Québec.« Mais c'est la dernière année de miracles.Si on coupe autant l'an prochain, le Québec aura le choix suivant : hausser les frais de scolarité ou accepter une baisse de la qualité.» La possibilité d'absorber l'augmentation de un pour cent variera d'un établissement à un autre.Pour un CLSC ou un centre d'hébergement ayant un budget de six millions, 48 000 $ devraient être plus faciles à trouver que le 1,2 million nécessaire à un hôpital dépensant 155 millions par année, selon M.Villeneuve.Les directions et les syndicats devront faire leur part, note-t-il.Vendredi dernier, la régie régionale avertissait que toute nouvelle coupe dans le réseau montréalais de la santé serait « contre-productive » et compromettrait les économies escomptées de 190 millions.Hier, on tenait la situation pour « gérable ».Par ailleurs, la régie régionale apprécie la progression du dossier de l'assurance-médicaments, une solution qu'elle préconise depuis quelques années.PIERRE GINCRAS Si l'amélioration et la réfection du réseau routier viennent d'être mises en veilleuse pour un an par le ministère des Transports du Québec, permettant des économies de 114 millions, cette situation ne pourrait se prolonger davantage sans risque pour nos routes, recon-nait-on au cabinet du ministre Jacques Brassard.Aussi prévoit-on à ce chapitre « un retour à la normale » dès l'an prochain, fait-on valoir au cabinet du ministre.Et cet argent sera vraisemblablement puisé dans les poches des automobilistes, notamment par le péage sur certaines autoroutes, et dans les.commissions scolaires.La plus grande partie du transport scolaire est assumée par Québec et cette note augmente de 17,6 millions cette année pour atteindre les 443,5 millions.Mais le programme de subventions doit être renégocié l'an prochain et le ministère des Transports indique clairement qu'il entend serrer les cordons de la bourse.Comme il avait été prévu toutefois, certains travaux importants «< mettant en jeu la sécurité des automobilistes » seront effectués tel que prévus, comme c'est le cas du chantier du pont-tunnel Louis-Hip-polyte-Lafontaine, une dépense d'environ 25 millions.Les travaux promis par Monique Simard au cours de sa campagne électorale seront faits, car ils eutrent dans cette catégorie.MATHIEU PERREAULT Les acteurs du milieu de la santé craignent fort pour l'accessibilité aux soins.Infirmières, omnipriti-ciens et médecins spécialistes sont unanimes pour déplorer les prévisions de dépenses gouvernementales.L'incertitude quant à la direction que prendra le réaménagement du réseau de santé domine également les réactions du milieu, notamment au niveau des modalités de l'assurance-médicaments et de la révi-sion du panier de services.Seuls les établissements de soins de longue durée et les CLSC expriment une prudente satisfaction, conscients que les régies régionales peuvent chambarder les orientations fournies par le gouvernement péquiste.Pour faire face à des compressions qu'elle évalue à presque 350 millions, dont 120 à 130 millions pour Montréal, l'Association des hôpitaux du Québec réclame la décentralisation du réseau.« L'assouplissement des conventions collectives permettrait de donner une marge de manoeuvre aux gestion-naires », estime Martin Fournier, porte-parole de l'Association.« Par exemple, un employé d'un établissement de Rouyn-Noranda doit présentement être relocalisé à moins de 50 kilomètres, ce qui est impossible.» Après des coupes de 204 millions en 1994-95 et 399 millions en 1995-96, l'Association veut que le gouvernement favorise les départs de salariés.« Le maintien de 40 % de la main d'oeuvre déplacée sur des listes de rappel constitue un goulot d'étranglement intolérable », soutient M.Fournier.Quant au président de la confédération régionale des hôpitaux de Montréal, Georges Maillet, il affirme que la sécurité d'emploi des salariés fait problème.« Le gouvernement ne peut s'abstenir à la fois de rouvrir les conventions collectives et d'améliorer les conditions de de-part », dit-il.Les autorités ministérielles insistent aussi sur le fait que le programme d'entretien et d'exploitation du réseau routier sera maintenu tel que prévu et que ce budget est de 350 millions.Si bien que les compressions « réelles » dans tout le ministère seront « seulement » de 201 millions, dit-on.On parle donc de réduire de 34 millions les frais d'administration du ministère, ce qui se traduira par la suppression de 637 postes, ce qui était déjà prévu.L'abolition de ces postes, qui ne devrait pas.entraîner de pertes d'emplois, permettra de réduire la masse salariale de 11 millions.\u2022 Les municipalités auront elles aussi à subir d'importants contrecoups du régime d'austérité puisque l'aide aux réseaux municipaux sera amputé d'environ 35 millions pour atteindre maintenant 25 millions seulement.On constate par ailleurs qu'une somme de 95 millions sera aussi épargnée.Par exemple, le budget prévu cette année pour le parachèvement du circuit ferroviaire Deux-Montagnes ne sera pas versé les travaux étant terminés.Une bonne partie des 50 millions destinés' eu Conseil métropolitain du transport en commun ne sera pas utilisée, le budget de la nouvelle Agence métropolitaine de transport provenant d'une taxe spéciale.Le budget d 9,4 millions prévu pour la transfor, mation de * l'estacade du .pon Champlain sera retardé à l'an.pro» chain.Le milieu de l'éducation Le programme d'entretien unanime contre le budget des routes n'est pas touché DENIS ARCAND LA PRESSE, MONTRÉAL VENDREDI 29 MARS 1996 B 5 Arts et spectacles Michel Rivard au coeur de Deux films Ma première Place des Arts f MARIE-CLAUDE GIRARD Pour sa deuxième édition, le concours Ma Première Place des Arts lancera à l'automne un album spécial qui réunira ses grands lauréats et l'heureux interprète d'une pièce créée pour l'occasion par Michel Rivard.La chaîne culturelle FM de Radio-Canada et les disques Fonovox ont indiqué hier qu'ils offriront aux gagnants des catégories interprète et auteur-compositeur-interprète l'enregistrement sur disque compact de.trois de leur chansons dans le très perfectionne studio 12 de Radio-Canada.Hydro-Québec financera l'enregistrement de « l'oeuvre imposée » Sur la rue Sanschagrin.une histoire de misère urbaine écrite par Michel Rivard.L'auteur n'aura pas la tâche facile puisqu'il devra choisir sous peu qui, des vingt participants au concours, interprète le mieux sa chanson.Certains Michel Rivard en point de presse.ont choisi de respecter fidèlement son style, d'autres ont modifié à leur gré les arrangements.Aussi, le directeur général de la Société pour l'avancement de la chanson française, Robert Maltais n'était pas peu fier d'annoncer hier une série de spectacles de Michel Rivard au Studio-théâtre du Maurier les mercredis du mois de mai.Après deux années de promotion et de tournée avec Beau Dommage, le chanteur a senti le besoin de « prendre le maquis » et de retourner à un cadre plus libre et intimiste.Pour l'événement, il ressuscitera en version ensemble de cordes son Flybin band.Le titre du spectacle Chansons tousses et cordes sensibles illustre bien l'état d'esprit et l'orientation musicale que comptent lui insuffler Rivard et ses musiciens, Mario Légaré, Rick Ha-worth et le violoncelliste Claude As-selin.« Les spectacles dans les très grandes salles, c'est bien mais on a aussi besoin de sentir que quelqu'un nous raconte une histoire.On veut prendre certaines libertés.Chose certaine, on ne fera pas le même show deux semaines de suite », promet-il.Le spectacle s'annonce comme un joyeux mélange de pièces anciennes et inédites, d'invités, d'amis et de surprises.Les finales de Ma première Place des Arts auront lieu le 10 mai ( catégorie interprète ) et le 11 mai ( auteur-compositeur-interprète ).Les prix Hydro-Québec et Radio-Canada, chaîne culturelle FM, seront remis le 27 mai lors d'un gala diffusé sur les ondes de Radio-Canada dans le cadre de l'émission Chansons en liberté.Le nouveau TNM : 22 avril 97 En attendant l'itinérance continue de lui réussir JEAN BEAUNOYER On entreprendra les travaux de démolition d'une partie de l'édifice abritant le Théâtre du Nouveau Monde, la semaine prochaine et on procédera à l'ouverture du nouveau TNM, le 22 avril 1997.C'est ce que nous annonçait hier la directrice générale.Lorraine Pintal, qui profitait de l'occasion pour dévoiler Je contenu de la prochaine saison du théâtre qu'elle dirige depuis quatre ans.« On peut expliquer le retard de trois mois des travaux par la réduction du budget de 14 millions à 12.5 millions, expliquait madame Pintal.De plus, il y a eu des permis qu'il fallait demander à la Ville de Montréal, des ajustements au niveau de l'architecture mais dans l'ensemble nous sommes satisfaits et nous voulons rassurer nos abonnés qui, soit dit en passant, nous ont appuyés durant la présente saison.Il faut croire que l'itinérance nous a porté chance puisque nous avons augmenté le nombre de nos abonnés de 5800 à 6200, cette saison ».Le TNM présente actuellement Hed-da Gabier de Ibsen au Monument-National et terminera sa saison au même endroit avec Lulu de Wedekind.En novembre 1996, la 45e saison du Théâtre du Nouveau Monde s'ouvrira avec le Passage de l'indiana de Normand Chaurette dans une mise en scène de Denis Marteau.Il s'agit du production du Théâtre Ubu dans une salle à déterminer.En janvier.Lorraine Pintal monte son premier Molière au TNM.Elle a choisi Tartuffe qui sera présenté à la salle Pierre-Mercure.En mars, en coproduction avec le Théâtre du Trident, on propose un des meilleurs Gorki, Les estivants dans une salle à déterminer.Finalement, c'est la grande ouverture du nouveau TNM, le 22 avril 1997 avec La vie est un songe de Calde-ron de la Barca dans une mise en scène de Claude Poissant.D'ici là, le TNM doit lancer une grande campagne de financement afin de recueillir 1,5 million pour compléter son budget.On annoncera en mai les noms des comédiens qui participeront aux prochaines productions du TNM ainsi que le choix définitif des salles où elles seront présentées.Précisons que la salle de spectacle du TNM sera conservée avec une scène qui gagnera 15 pieds de profondeur, qu'on démoliera le hall et qu'on rouvrira le deuxième balcon de l'édifice, le paradis.De plus, le TNM reprend possession du bâtiment au moyen d'un bail emphytéotique d'une durée de 40 ans.deux échecs Après Octobre et Eldorado, Le vent du Wyoming tentera sa chance à Paris MICHEL D0LBEC de la Presse Canadienne.PARIS Deux films, deux échecs.La dernière ( mini ) of- ! fensive du cinéma québécois sur les écrans français a fait long feu.Eldorado et Octobre, sortis l'un à la suite de l'autre, n'ont pas trouvé leur public.\u2022u Dans le cas d'Octobre de Pierre Falardeau, l'échec est sévère.Présenté depuis une semaine dans une bonne salle d'art et d'essai du Quartier Latin, ce long métrage racontant l'enlèvement et l'exécution de Pierre Lapone par le FLQ a attiré moins de 300 spectateurs.C'est «très très mauvais», reconnaît le distributeur Jean-Marc Causse, d'Action-Gitane.Résultat des courses: Octobre garde l'affiche pour une deuxième semaine mais à raison d'une seule projection quotidienne.Les premiers résultats ne sont guère encourageants.Onze spectateurs seulement ont assisté à la séance de mercredi.«Il est clair que les gens n'avaient pas envie de voir un sujet politique, ça ne leur parlait pas assez, dit Jean-Marc Causse, d'Action Gitanes.La presse n'a pas mordu.La critique a dit «bof », sans s'enflammer.Il n'y a rien de pire pour un film .Les choses se passent mal également pour Eldorado, de Charles Binamé, malgré l'importante campagne de promotion qui a entouré sa sortie (300000$ de promotion \u2014 800 affiches dans le métro).En deuxième semaine, le film, soigneusement démoli par l'ensemble de la critique, a presque perdu la moitié de son public.A Paris, il a fait 2600 entrées comparativement à 4500 la première semaine (1200 en province).Ses distributeurs comptent garder le film dans trois salles parisiennes pendant encore quelque temps (avec des projections moins fréquent tes dans certains cas) mais son déclin semble inéluctable.«En première semaine, il avait atteint une masse critique suffisante pour déclencher le bouche-à-oreille.Mais il est évident que les gens n'ont pas incité leurs amis à aller voir le film», explique-t-on.Le premier mai prochain, André Forcier.avec Le vent du Wyoming, tentera à son tour de séduire le public français.On s'attend à ce que la critique, qui l'aime bien, lui réserve un accueil favorable, comme elle l'avait fait pour Une histoire inventée il y a quatre ans.Malgré cela, le beau long métrage de Forcier avait été lui aussi un échec commercial.En fait, en matière de cinéma québécois (mais la règle vaut sans doute pour tous les pays qui se disputent les cinq pour cent de parts de marché non occupées par les films américains et français), le bouche-à-oreille a plus d'importance que la critique.À moins que celle-ci ne crie unanimement au génie.Elle s'était ainsi enflammée pour Un zoo la nuit et Léolo de Jean-Claude Lau-zon et avait assez bien accueilli Le Confessionnal de Robert Le-page.Le public, encore là, n'avait pas suivi.Le dernier grand succès québécois en France demeure donc Le Déclin de l'empire américain, qui avait été vu par plus de trois millions de spectateurs.VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION par Suzanne Colpron 18:45 El LÉGENDE D'AUTOMNE Avec Brad Prît.En 1917, trois frères partent au front tors de rentrée en guerre des États-Unis.19:00 CD LE QUÉBEC AUJOURD'HUI Entrevues avec quatre autoentones qui ont été victimes d'agressions sexuelles dans les pensionnats amérindiens dans les années 60.20:00 CD DROIT DE PAROLE La pnson est-elle un bon moyen pour réhabiliter les personnes ayant commis un acte cnminel?21:30 QD LES FRANCOfOUES DE MONTRÉAL Avec Catherine Lara.Richard Cocciante.Daniel Lavoie.Véronique Sanson.Marie Philippe et Victor Lévy 22:00 \u20acD BESOIN D'AMOUR Invités Jim Corcoran et l'ancien ministre de l'Éducation.Jean Garon 22:30 CD CHABADA Invités: André Robrtaâe et Claude ftajotte 22:50 El LUNES DE FIEL Drame de Roman Polanski avec Emmanuelle Seigner et Hugh Grant 23DO CD LE CHEMIN BRUT Documentaire de Richard Boutet qui raconte la vie de deux personnes hospitalisées pendant 35 ans à LH.Lalontame Elles s'en sont sortes * grâce a la thérapie par l'art 23:00 OU BLACX0UT Reportage sur Amsterdam: sexe, drogue et rock and roi.23:45 GD TARATATA Nagui reçoit Lenny Knvrtz, le chanteur aux dreadlccks.panes d'etephant.chemise à fleurs et boa constricteur.Auteur de quatre albums, il a aussi compor4 pour Mjc* Jagger.Madonna et Vanessa Paradis.CANAUX CE 18 h 00 Ce soir 18 h 30 19 h 00 19 h 30 20 h 00 20 h 30 21 h 00 21 h 30 22 h 00 22 h 30 | 23 h 00 23 h 30 CANAUX Cinéma / LES AVENTURES DE HUCK FINN (4) avec Efijah Wood, Courtney B.Vance Le TVA 39(11} Passe-Partout o' GB) Suerre des clans ABC CD CBS CD NBCCC CD a4 i BRAVO CANAL D FOX FOX(Ont) ROI 7MN T8W TV» Piment fort/ Bernard Fortin J.E./ Pauvres veuve! 3 dames dépouillées de leur héritage Tribulations du cabotin Flash Cinéma / FLAMME SUR GLACE (5) avec 0.8.Swteney.Moira Kelly Newswatch Puise Newsline News ABC News News News NBCNews Newshour ITNNews .pas sorcier Pumped' Nightty Bus J'aime la télé Ott me Hook Quincy M E Jazzman Performances Animalier: les lions d'Étosha Beyond 2t Blossom The Simpsons The Simpsons Roseanne Ptanète Rock World News Euronews Rugby (17 00) Bus World Au travail' Le Québec aujourd hui LesPrtxdu Québec Scène de.(?125) Cinéma / C0LUM80: MEURTRE AU CHAMPAGNE (4) avec Peter Fa*.Rlp Tom Droit de parole / La Prison: un moyen de réhabilitation?Inside Qc On me Road ET.Wheel of.Roseanne CBS News Home Improv Nightfy Bus.Air Farce BuzZone The Rez Muppets Tonight! Unsorved Mystenes Jeopardy Home Videos ET.Wheel of.VTtriis Week Newshour Panorama Animal Hosp Montagne Joumeys The Equahzer Bravo1 News Family Matters Moesha Muppets.Due South Unsorved Mystenes Wash.Week Wall Street Fat Man.Garden Bouillon de culture Studio 2 Biography: Huey Long MovteteievBion Ad ors Studio 20e Siècle / Guerre de 6 tours d discovery ca Home Improv Cbeers SeinfekJ Home Improv Le Décompte MusiquePlus Earty Edition Monde ce soir Sports 30 Map Cinéma.(18 20) Outer Umtts(i7 45) Rinksrfe Reurs et VTV CANAUX Bigshots Sportsdesk Studio Gabriel Captai n Power Dinosaures (2/4) West Wmd Wiidlrfe Taies Avec un grand A / Pauline et Renée Aux frontières du réel Buffy Sainte-Mane Outer Limits / Début Le Téléjoumal Le TVA Point Médias (22 24) Sport/ Météo (23:25) chaBada / André Robitaille.Claude Rajotte Janette tout court / Mon père est un monument Besoin d'amour Grand Journal CBC News Homicide Lite on me Street Onéma/NÔWHERETORUN (6) avec Jean-Oaude Van Damme Family Matters Step by Step Diagnosis Murder Dateiine NBC Fate of the Plains Inspector Morse 20/20 Nash Bridges /Début Homicide: Life on the Street David Frost / Shimon Pères Love Hurts / Stster Wendy Cinéma / L'HOMME SUR LES QUAIS (4) avec Jennttef Zutoar Cinéma / SOUVENIRS- TVA Sports/ Loteries (23 52) Cinéma / LE CHEMIN BRUT DE LISETTE ET ROMAIN (4) Sports Plus News CTV News News Sports Plus extra Larry Sanders Puise Nightline Nightline (23:35) Late Sh.(23 35) Tonight (23 35) Cinéma / Choix du public Cinéma / J0HNNY STECCHINO Panorama Hamish MacBelh Cinéma / WE fHINK THE WORLD Of Y0U (5) Qnéma/ ALL THE KING'S MEN (3) av*c Brodertck Crawfotd Montagne Baldy.(23 40) Law and Order ûnéma / LA BAMfiA (4) avec Lou Diamond Phttp*.Liai Morato Grands Cnmes du XXe siècle Sliders Le Combat des clips The Lead Face Ott Capital Actions Reportages / Deux Hommes A.C.Clarke's.Heaven & Earth The X Ries Les Aventures du Grand Talbot NationaJ Forum on Le Téiéfournal Scully RDI Destination Danger .Tomorrow Carriers Star Trek: The Next Génération Seirrtetd Cops Bouge de là The NationaJ Simplement.Forum (22 20) Mary Hartman Am 2-Night Cinéma / PAPY FAIT DE.(4 )* 1 154 10-7 00-9 50 lun JtU 7 00-9 50 (Po«nte-Cia«ra) 185 bout Hymu$ 697-8095 HOMEWARD BOUND II (Gr 1 00-3 1 55 30 lun.marJni 5 30 OEAO M AN WALKING (13*r 7 30-10 10 A FAMILY THING (Gr 2 00-4 35-7 05-9 40 lun.marjtu 7 05-9 40 OLIVER 4 COMPANY (Or 1 40-3 355 357 35925 lun.mar jau 5 35-7 359 25 BIROCAGE (Gr 1 30-4 10-7 00-9 35 k*n.m«rjau 7 00- 9 35 PRIMAL FEAR\u2022: Frcmi Film SOS rut S^brooki bl bwroou 7401 MaaMai tliHfîl GAGNANT D'UN POURLE MEILLEUR ACTEUR Nicolas Cage 9A ISr>#^PICTURE5 MEILLEUR ACTEUR Micoiaa Caaa N'KOLtiOci Elisabeth Shl e LEAVIN G 9 présente OUVER «a .VEItSIOM ORIGINALE AVEC SOUS-TITRES FRANÇAIS LOEWS 861-7437 VERSAILLES 3S3-78Ô0 9S4Slc-C3lrwiinr0 ?O Place Vcr*.nllrs Ar -V O ANGRIGNON 3652463 \u2022' i.'-'boul Mrwrrun A CV VERSION ORIGINALE.ANGLAISE W \"Un film extraorrJinairanwnt beau, chargé d'atmosphère et d'une intensité dramatique absolument bouleversante.\" Oaud» Oogm, LA FIBSE eOvrc'l-wwt *x G Maintenant à lafflehel tOS,7fm PARISIEN 866-3856 480Sle-CathcnneO * vHHBH ANGRIGNON 3^2463 nmeeat.aewm»* cv CARREFOUR S654366 ûv I E'.lnc.SHERBROOKE A TERREBONNE 4714644 1071 Chemin de Coteau A C> SORELTRACY SI^Mtcnt * ST-JEAN MT-2037 ¦ otluafllni A VERSAILLES 3S3-78WIFAMOUS PUYERS 8 672-223 Place Versatiles A O I iWIT riHÉ WÉIeiiiÉifTrrfj UCORDAIRE11324O0001 REPtHTICNY Kl**} 5=0C bovi Ontfjnar hunr.* 61 miHrr OaMlJ^irlbenrflri A ' y CENTRE LAVAL 688-7776 1600LeCortwMer ^ Oés CREMAZIE ws-FiLM 9610 rue S» Ornis A (& CHATEAUGUAY 691-2463 ?40il Jr.inll.ipti-.tr J .I/ bO% ^>orv 467-4477._ HOSTELLERIE LES TROIS TILLEULS: HOSTELLERIE RIVE GAUCHE: F» vous désirez annoncer sou1 cette rubrique, appelez (514) 285-7228, du Québec 1 (800) 667-596 î "]
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