La presse, 10 mai 1996, B. Montréal métro
[" I Montréal métro \u2022 ÉDITORIAL / OPINIONS / MONDE / ANNONCES CLASSÉES Québec refuse la nomination de Ryan à l'Agence métropolitaine de transport CLAUDE-V.MARSOLAIS Le ministre d'État à la métropole, Serge Ménard, a refusé la proposition des élus de l'île de Montréal de nommer le maire de Montréal-Nord, Yves Ryan, au conseil d'administration de l'Agence métropolitaine de transport, parce qu'il serait en conflit d'intérêts, étant président de la STCUM.L'EXPRESS DU MATIN Feu le Méridien ¦ Un nom familier aux voyageurs disparaîtra du paysage montréalais le 26 mai prochain, quand l'hôtel Méridien passera à l'histoire.La société Place Des-jardins a en effet annoncé hier qu'elle avait décidé de mettre fin à cette date au contrat la liant depuis près de 20 ans à la Société des hôtels Méridien ( Canada ) pour la gestion des installations hôtelières situées au complexe Desjardins.En conséquence, les quelque 350 employés de l'hôtel seront licenciés et un nouveau gestionnaire prendra la responsabilité des installations.Place Desjardins croit possible de mettre en place une nouvelle équipe avant le début de la saison estivale.Cadavre dans le fossé ¦ Un cadavre en état de putréfaction a été retrouvé hier, vers 15 h 15, dans un fossé adjacent à la rue Laguë, dans la municipalité de L'Ange-Gardien.Le corps a été découvert, à moitié plongé dans l'eau, par un adolescent d'une quinzaine d'années qui s'affairait à nettoyer l'endroit, a indiqué l'agent Pierre Robi-chaud, de la Sûreté du Québec.Une autopsie devrait être pratiquée aujourd'hui au Laboratoire de médecine légale à Montréal.Même le sexe du mort ne pouvait être déterminé hier.\u2022 Enfants en danger ?¦ Les chauffeurs d'autobus scolaires de Le Gardeur et de Re-pentigny soutiennent que les enfants sont en danger lorsqu'ils arrivent et repartent de leurs écoles primaires.Selon les chauffeurs, les autobus n'ont pas d'espace réservé près des écoles pour stationner et les chauffeurs doivent se garer en double.Us demandent notamment que des brigadiers ou des parents bénévoles surveillent les enfants en matinée et l'après-midi.Ils veulent aussi que les policiers soient plus présents.Selon le porte-parole du syndicat, François Meunier, aucune de ces recommandations n'est coûteuse.Enquête du coroner ¦ L'enquête publique du coroner Anne-Marie David sur les causes et les circonstances du décès de Martin Omar Suazo reprendra mardi pour se poursuivre, le 16 mai, au palais de justice de Laval.Le coroner David y entendra entre autres un technicien-ambulancier, un policier et deux témoins civils.L'avocat Jim Murphy doit aussi présenter une requête pour la réouverture d'un contre-interrogatoire.Le 31 mai 1995, Martin Suazo a été atteint à la tête par un projectile provenant de l'arme d'un policier du Service de poHce de la CUM qui procédait à son arrestation.Accompagnée d'un homme et d'une femme, la victime venait, semble-t-il, de voler quelques vêtements dans une boutique quand un policier, passant devant le magasin, a remarqué les voleurs et a obtenu de l'aide de collègues pour prendre la voiture des fuyards en chasse.C'est assez ! ¦ ACTA-Québec exige que les normes régissant les agences de voyages du Québec soient révisées à la hausse afin d'éviter la panoplie de cas de fraudes, de manque de professionnalisme et de faillites qui ont des conséquences fort négatives pour les consommateurs et les agences professionnelles qui en paient la note, tant en argent qu'en réputation.On fait valoir que ce n'est pas le gouvernement, ni l'Office de protection du consommateur qui paie la note du manque de contrôle dans l'émission des permis des agences de voyages et le manque de surveillance par la suite : ce sont les agences de voyages qui le font, à même leur fonds collectif.Déchets dangereux ¦ La Ville de Longueuil organise, dans divers quartiers, des collectes itinérantes de déchets domestiques dangereux.La première se tiendra le 18 mai, au stationnement du métro Longueuil, pour les résidants au sud du boulevard Curé-Poirier et à l'ouest du Chemin Chambly.Une preuve de résidence pourra fétre demandée.Cette affaire a été rendue publique hier à l'Assemblée nationale par la députée libérale de Margue-rite-Bourgeoys, Lisa Frulla.S'expliquant, le ministre Ménard a dit qu'une opinion juridique demandée au ministère des Transports avait soulevé cette situation de conflit d'intérêts.« Ce n'est pas la personne qui est mise en cause dans cette affaire, a dit le ministre, mais le poste du titulaire.M.Ryan est président d'un organisme qui serait bénéficiaire de sommes versées par l'Agence métropolitaine de transport.Certaines décisions de celle-ci pourraient être contestées avec succès devant les tribunaux par d'autres organismes qui n'auraient pas de représentants à l'agence.» M.Ménard a ajouté qu'il avait demandé une autre opinion juridique au ministère de la Justice.Le ministre a soutenu que M.Ryan aurait été son choix n'eût été cette question de conflit d'intérêts.Il a ajouté que le maire de Montréal, Pierre Bourque, s'était opposé à la nomination du maire de Montréal-Nord, mais qu'il se serait rallié à la décision de l'ensemble des élus de l'île.Le président de la Conférence des maires de banlieue.Peter Trent, s'est dit très surpris par cette question de conflit d'intérêts, en indiquant que cela n'avait pas posé de problèmes au Bureau de transport métropolitain ( l'ancêtre de l'Agence métropolitaine ) où M.Ryan siégeait.« En le choisissant, nous voulions protéger nos intérêts puisque les dépenses de la STCUM représentent 85 % des dépenses du transport en commun régional.Si un élu ne peut pas représenter les intérêts du territoire de l'île, qui va représenter qui ?» a demandé le maire de Westmount.Dans une lettre au ministre datée du 7 mai, M.Trent écrit : « Une telle décision apparaît contradictoire avec le contexte et le climat \"de collaboration et de coopération que vous cherchez à établir avec les autorités locales de l'ensemble du milieu.Plus encore, une telle décision laisse présager de sérieuses difficultés de démarrage de la nouvelle agence ainsi que le développement potentiel de rapport de méfiance, entre les représentants de l'Agence, les responsables des autorités organisatrices du transport, les élus locaux ainsi que les citoyens qu'ils représentent.» PHOTO PIERRE LALUMIÉRE, LâPmse Victor Regalado avec ses deux enfants, Ixchel Melina, 3 ans, et Manuel Atonal, un an.Lueur d'espoir pour Regalado Le ministère de l'Immigration est prêt à des arrangements MARIE-CLAUDE LORTIE Si tout fonctionne sans anicroche, Victor Regalado pourrait avoir le temps de partir du Canada, d'y revenir et de demander la résidence permanente d'ici 30 jours, affirme Noël Saint-Pierre, l'avocat du maintenant célèbre réfugié salva-dorien qui cherche depuis 14 ans à régulariser sa situation au Québec.Me Saint-Pierre et M.Regalado sont sortis « optimistes et confiants » de leur réunion hier matin avec l'agent d'immigration responsable du dossier.« Il serait irresponsable de ma part de ne pas être inquiet, mais je suis optimiste.Je crois à la bonne volonté de Mme Robillard ( la ministre fédérale de l'Immigration ).Je crois que ce sera une victoire pour la Justice », a déclaré M.Regalado hier, après la rencontre.Il habite sans statut officiel au Québec depuis 1982.Il a été accepté comme réfugié, à l'époque, mais il a par la suite été jugé inadmissible au Canada pour des raisons de sécurité qui sont toujours demeurées secrètes.L'ordre d'expulsion émis contre lui il y a 14 ans n'a cependant jamais été exécuté.Pressions publiques et interventions politiques ont amené le gouvernement à revoir le dossier, mais Immigration Canada a décidé l'an dernier de maintenir « l'attestation de sécurité » qui le rend techniquement inadmissible.On cherche toutefois maintenant un autre moyen de permettre à M.Regalado de rester au Canada avec sa femme et les deux enfants qui sont nés depuis son arrivée.Selon ce qui a été convenu, M.Regalado doit maintenant obtenir un passeport salvadorien, ce qui devrait normalement se faire sans problème, a-t-on fait savoir hier au consulat général du Salvador.Puis, il devra aller aux États-Unis pour revenir immédiatement au Canada, avec un permis ministériel spécial qui lui donnera droit de séjour.Hier, Immigration Canada a demandé à M.Regalado de se présenter de nouveau à ses bureaux, avec son passeport, à la fin du mois.a Mais si on obtient le document rapidement, on va devancer la rencontre pour que ça se règle le plus vite possible », a expliqué Me Saint-Pi erre.Immigration Canada propose que M.Regalado attende ensuite pendant cinq ans, avec son permis spécial, avant de demander la résidence permanente.Mais Me Saint-Pierre a fait savoir au ministère qu'il entendait demander la résidence permanente tout de suite.Selon lui, ce délai n'est pas justifié puisque M.Regalado habite au Canada depuis 14 ans et a donc ainsi prouvé être un citoyen exemplaire.« On les a avertis et ils nous ont dit que c'est une question qu'ils sont prêts à discuter », a dit Me Saint-Pierre.Selon l'avocat, il « faudra encore négocier, mais il y a clairement une volonté de régler le dossier.Dans l'ensemble c'est positif même si on demeure toujours sur nos gardes.» Un présumé pédophile n'est pas accusé GEORGES LAMON Même si les proches de la jeune Kalpana Modi, 10 ans, souhaitaient le contraire, la Couronne ne portera aucune accusation de tentative d'agression sexuelle contre le quinquagénaire surpris en compagnie de la fillette.Me Marie-Andrée Trudeau, substitut du procureur général à Montréal, a assuré hier que même si les versions de l'enfant et de Mohan Patel, qui s'est interposé, ne se contredisent pas, on ne peut conclure qu'il y ait eu tentative d'agression sexuelle de la part de l'homme de 55 ar.s.« Le soir même de l'incident, ex-plique-t-elle, les enquêteurs concluaient que le dossier ne pouvait être retenu comme une tentative ou une agression sexuelle.» Selon les faits rapportés aux enquêteurs par la jeune Moldi et son sauveteur, la fillette avait assuré ne pas avoir été attirée par le quinqua-génaire ni soumise à des attouchements sexuels de sa part.Quant à Patel, s'il est accouru, c'est qu'il présumait des intentions de l'homme.Les enquêteurs gardent néanmoins le dossier ouvert.Le sergent-détective Michel Al lard a indiqué hier qu'il reprendrait l'enquête sur la question des.voies de fait qui auraient pu être commises au moment de l'intervention de Mohan Patel.Pour sa part, l'inspecteur Alain Barbagallo, responsable du district 31, admet que cet incident a créé un certain émoi dans le secteur.«« Nous ne sommes pas insensibles à ce que vil la communauté, a-t-il noté.C'est une situation délicate et nous voulons avant tout rassurer la population qui a démontré qu'elle prenait ses responsabilités à coeur.Il est heureux que l'enfant n'jÀl pas été trop traumatisée par l'incident.» Un Algérien en instance de déportation malmené ?MARIE-CLAUDE LORTIE Immigration Canada a tenté, en vain, mercredi soir, de renvoyer dans son pays un Algérien de 29 ans à qui on a refusé le statut de réfugié.Il est hospitalisé depuis à l'infirmerie de la prison de la rue Parthenais, souffrant de blessures à la tête, au cou et aux pieds.D'après l'infirmier qui l'a traité à son arrivée, « il est clair qu'il a 'mangé' des coups, qu'il s'est fait battre ».Saadi Bouslimani devait partir dans un avion d'Air France, mercredi soir, en compagnie de deux agents d'Immigration Canada.Selon Richard Saint-Louis, directeur régional du ministère à Montréal, M.Bouslimani n'a pas été déporté parce que, « comme ça arrive souvent », il a fait preuve d'un comportement « exalté » à bord de l'appareil.C'est le capitaine, dit-il, qui a demandé qu'on le sorte de l'engin.« On va essayer de nouveau, sous peu.La décision de le renvoyer est ferme.Mais on va réévaluer nos moyens de s'y prendre », a déclaré M.Saint-Louis, qui a refusé d'en dire plus sur les méthodes utilisées par Immigration Canada.L'avocat de M.Bouslimani, Ste-wart Istvanffy, a déposé hier une requête au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.II a aussi déposé une demande auprès d'Immigration Canada pour que son client puisse rester au Canada pour des raisons humanitaires.Arrivé en décembre 1992, M.Bouslimani a épuisé tous les recours possibles mais n'a jamais été accepté comme réfugié.Torturé Selon Me Istvanffy, il s'agit pourtant du cas, « extrêmement clair, d'une personne très politique qui est en danger de mort dans un pays où la situation est complètement détraquée ».M.Bouslimani est membre actif du Front des forces socialistes, parti opposé à la fois au parti au pouvoir et aux intégristes du Front islamiste du salut.Il est berbère, une communauté ethnique persécutée.C'est un déserteur.Il a déjà été torturé.Récemment, de nouvelles preuves ont été amenées au dossier pour prouver son appartenance à divers groupes vulnérables à la répression, mais tout a été rejeté et la décision de lui refuser le statut de réfugié a été maintenue.D'après Immigration Canada, il ne court pas de danger en Algérie.En fait, selon Ottawa, la situation n'est pas encore assez grave en Algérie, malgré la violence extrême qui y règne, pour qu'on impose un moratoire sur les renvois.Cette politique a été confirmée en mars par la ministre de l'Immigration, Lucienne Robillard.Actuellement, les seuls pays où le Canada ne renvoie personne sont le Burundi, le Rwanda et l'Afghanistan.« Ici, on est prêt à renvoyer des gens n'importe où, lance Me Istvanffy.Le système d'évaluation du danger est en faillite totale.» Selon Graziella Mousseau, directrice du centre d'Immigration Canada pour les audiences et les renvois, le Canada a renvoyé (k-ux Algériens chez eux depuis le début de l'année.En 1995, 21 personnes y ont été renvoyées et 28 en 1994.Environ 55 Algériens attendent actuellement au Québec d'être dépor- LA PRESSi:, MONT RI: AL, VENDREDI 10 MAI 1996 Editorial La Presse Paul Des marais president du conseil d'administration Roger D.Landry pki si dent iti.diteur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins DIKi CTIiUR M 1 IMORM VI ion Alain Dubuc éditorialiste en chef Un budget terne, prévisible, mais efficace t.e budget que le ministre des Finances, Bernard Landry, a présenté, hier, est très certainement le budget le plus ennuyeux, le plus « platte », que le Québec a connu depuis un quart de siècle : un budget sans élans, sans surprises, ni bonnes ni mauvaises, et sans bonbons.Même la couleur du document reflète cette absence de piquant : un beige brunâtre, « dra-be » comme son contenu.kmotmmhkvh» McliS, [HUIT UH (IKOHIIS SUT le budget, ce caractère terne est une vertu.Notamment parce que les budgets-spectacles masquent trop souvent des cachotteries.Le budget de M.Landry est sans surprises parce que le ministre et son gouvernement avaient déjà fixé des objectifs, les avaient expliqués, les avaient discutés publiquement et les avaient môme fait accepter.Nous connaissions depuis le sommet socio-économique du mois dernier, à Québec, les cibles financières du gouvernement Bouchard.Cette année, le déficit devait passer de 3,9 à 3,2 milliards, pour être réduit à 2,2 milliards, l'an prochain, à 1,2, dans deux ans, et à zéro, dans le budget 1999-2000.Le mandat de Bernard Landry, dans son premier discours du budget, c'était de démontrer que son gouvernement pourrait atteindre ces objectifs d'élimination du déficit de façon crédible en utilisant des moyens acceptables.Les prévisions déposées hier permettent effectivement de croire que le gouvernement Bouchard est bien en selle dans sa lutte contre le déficit.Bien sûr, la mécanique budgétaire masque des trucs et des expédients.Par exemple, le fait que Québec pourra profiter de transferts fédéraux de 900 millions plus élevés Alain Dubuc que ne le prévoyait le ministre Campeau, l'an dernier, ou encore que les travaux routiers \u2014250 millions\u2014 sont comme par hasard sortis du budget.Mais les prévisions reposent sur des hypothèses très prudentes, une croissance de un pour cent cette année, une prévision bien plus basse que celle des spécialistes, qui donne un bon coussin au ministre.Et la Loi sur l'élimination du déficit encadrera de façon convaincante l'action gouvernementale et rassurera sans doute les marchés financiers.Tout cela permet de croire que la lutte contre le déficit est plus convaincante au Québec qu'en Ontario.Non seulement la province voisine arrivera, si tout va bien, au déficit zéro un an plus tard que le Québec, mais elle arrivera à s'endetter de 22 milliards avant d'avoir atteint cet objectif, tandis que la dette du Québec n'augmentera que de 6,6 milliards avant que le déficit ne soit éliminé.Quant au dosage des outils de lutte contre le déficit, même si le gros de l'effort, 2,5 milliards, repose sur la réduction des dépenses, il n'en reste pas moins que le ministre Landry s'apprête, sans le dire, à augmenter le fardeau fiscal de 600 millions, d'ici deux ans.Il est vrai que ces revenus fiscaux proviennent de moitié du resserrement des contrôles, que les hausses d'impôt reposent sur la perte de privilèges pour des contribuables mieux nantis qui sont retraités ou qui vivent seuls.Mais il n'en reste pas moins que le fisc se fait plus gourmand.D'autant plus que le budget annonce une autre ponction de 300 millions pour l'an prochain.Ces hausses donnent du relief à une critique qui fera surface souvent : le fait que le Québec ne réduit pas les impôts, comme l'a fait l'Ontario.Bien sûr, la voie onta-rienne est tentante.Mais l'idée de réduire les impôts quand on est encore en situation de déficit est un non-sens économique.Ni l'Alberta ni le Nouveau-Brunswick n'ont fait cela.La logique veut que l'on commence par éliminer le déficit avant de baisser les impôts.L'autre grande critique, c'est que le budget Landry ne contient rien pour l'emploi.Un vide que le ministre Landry tente de masquer par une liste impressionnante de grenailles : un peu pour les chantier navals, pour les jeunes, pour les PME, pour le vin québécois, pour le multimédia.Mais ce bouquet de mesures, au premier abord, n'est ni impressionnant ni convaincant.La vérité, c'est que Bernard Landry a compris qu'un gouvernement, à plus forte raison un gouvernement endetté, ne peut pas vraiment « créer » des emplois.Un budget, de nos jours, n'est plus un outil privilégié d'intervention économique, mais un exercice de gestion des finances publiques.Et il en sera ainsi tant que « l'argeni frais » devra être remboursé par nos enfants.Le véritable test du gouvernement Bouchard, ce sera l'an prochain.La vraie lacune de ce budget n'est pas là.Les données budgétaires indiquent que l'effort de réduction des dépenses de 2,5 milliards, cette année, devra être suivi d'un autre choc du même genre, l'an prochain, soit 2,6 milliards, pour que Québec puisse en arriver au déficit zéro en quatre budgets.Or, on ne sait rien de la façon dont le gouvernement s'y prendra pour amorcer cette deuxième grande vague de compressions, qui sera nécessairement plus douloureuse et plus déchirante que la première.On sait aussi que des compressions réussies ne peuvent pas s'improviser en quelques mois.On explique que ces choix seront faits lors du sommet de septembre prochain.Mais les délais seront courts, et les consensus plus difficiles.Pour ces raisons, il faut voir ce budget comme un exercice.Le véritable test du gouvernement Bouchard, ce sera l'an prochain.Frédéric Wagnière Le diable sur la muraille lors que Québec mettait fin à la saison budgétaire canadienne, hier, le gouverneur de la Banque du Canada, Gordon Thiessen, a exprimé, de son côté, quelques doutes au sujet de la solidité de la conjoncture au Canada.mm Contrairement à ce que ses prédécesseurs ont tait à maintes reprises, il a évoqué la possibilité d'une déflation, et non d'une inflation qui s'aggrave au point où la banque centrale doit donner un coup de frein à l'économie.Pour un banquier central, c'est un comble, car c'est la seule crise contre laquelle il est virtuellement impuissant.Dans un commentaire sur la politique monétaire de la Banque du Canada, M.Thiessen a dit qu'une hausse des prix de l'ordre d'un pour cent, comme c'est le cas actuellement, soulève la possibilité d'une baisse généralisée des prix, qui se répercuterait sur l'activité économique si les consommateurs décidaient de remettre à plus tard des achats importants.\u2022 Il ne s'agit que d'une possibilité assez éloignée.Tout dépend de la façon dont le public réagit à la stabilité remarquable des prix.S'il est encouragé par le succès de longues années de lutte contre l'inflation, sa confiance alimentera la croissance, qui bénéficie déjà d'une baisse des taux d'intérêt et de la dernière reprise aux États-Unis.Dans ce cas, les ministres des Finances auront gagné leur pari, car ils comptent tous sur la hausse des revenus de l'impôt, au cours des prochaines années.Et ils le feront même avec pas mal d'éclat, puisqu'ils ont pris l'habitude de choisir des projections extrêmement prudentes, préférant l'éventuelle possibilité d'une bonne surprise à la honte, toute aussi éventuelle, d'avoir à annoncer une augmentation imprévue du déficit, en dépit de sacrifices considérables demandés aux citoyens.Mais la possibilité d'une déflation semble chicoter M.Thiessen, qui explique que celle-ci dépend avant tout de la confiance des consommateurs et des chefs d'entreprise.Si l'on en parle officiellement, aujourd'hui, c'est vraisemblablement parce que tout le monde semble avoir une perception de l'économie, et surtout du chômage, qui est pire qu'à d'autres moments au cours des dernières décennies, même si le taux de chômage et d'autres indicateurs étaient alors dans un plus piètre état.Cette morosité se répand dans tout le monde industrialisé.Même les excellentes nouvelles économiques qui viennent de l'Asie sont interprétées de façon négative.C'est comme si leur miracle économique se faisait à nos dépens, au lieu d'être d'importants facteurs potentiels dans notre relance.Il n'y a pas de solution magique à ce problème.La confiance ne se crée pas de toute pièce ; elle se mérite lentement.Le budget du Québec va dans ce sens grâce à son manque de prétention.Du point de vue financier, le gouvernement semble se contenter de rétablir son crédit et sa crédibilité.Dans le cas de l'Ontario, le budget va beaucoup plus loin, à cause de la diminution des impôts.C'est nettement plus dangereux, mais le budget veut aussi assurer la relance.Il y a cependant un aspect du problème qui échappe complètement aux gouvernements et à la Banque du Canada.Une des caractéristiques d'une crise déflationniste est l'extrême réticence à emprunter, soit pour acheter une voiture ou une maison, soit pour investir.Il est impossible d'avoir des taux d'intérêt assez bas pour relancer les marchés financiers.Or, les taux d'intérêt restent relativement élevés, aujourd'hui, et il l'ont été depuis plus de dix ans, compte tenu du niveau extrêmement bas de l'inflation.Et c'est en grande partie la dette publique qui maintient les taux d'intérêt à long terme à un niveau si élevé.En d'autres termes, le danger d'une déflation qui trouble M.Thiessen ne vient pas des mesures actuelles des gouvernements, mais du fait qu'ils ont trop attendu avant de commencer à prendre leur situation financière au sé- \u2022 Le i^eforv7) coutre la T>IscR\\ntuA-nou .c'est Pfcs oue raSsoo des malahes! munis itrumi > LA BOITE AUX LETTRES Combien de référendums ffaudra-t-il ?¦ Il y a quelques semaines, le premier ministre, Lucien Bouchard, déclarait que le Québec déciderait démocratiquement de son avenir.Pourtant, j'avais bien l'impression que le Québec avait déjà pris une telle décision à deux reprises.Maintenant, M.Bouchard déclare que la « seule solution qui reste » ( et que, présumément, il entend préconiser lors d'une future conférence fédérale-provinciale ) « c'est la souveraineté du Québec, assortie d'une proposition de partenariat » ( La Presse, 17 avril ).Lucien Bouchard ricux.Mais, n'est-ce pas justement l'option que le Québec a rejetée \u2014démocratiquement \u2014dans un référendum, il y a quelques mois ?M.Bouchard, selon vous, en quoi consiste une décision démocratique ?Michel CLÉROUX Question frauduleuse ?¦ Dans leur article du 2 mai intitulé «« La fausse science au service de la vraie politique », MM.Edouard Clou-tier et Pierre Drouilly s'offusquent que certains chercheurs aient pu discréditer la démocratie québécoise par leur analyse des bulletins de vote rejetés au référendum d'octobre 1995.Je ne doute pas un instant de la qualité de l'analyse de Cloutier et Drouilly, quoiqu'il soit déjà clair qu'il y a eu fraude dans certains comtés ( même un statisticien séparatiste aurait de la difficulté à expliquer 12 % de voix rejetées ).Cependant, ce qui a le plus souillé la démocratie québécoise, lors du référendum, ce n'est pas la fraude électorale « classique », mais plutôt la question elle-même.Comment ce vote pouvait-il être démocratique, quand les citoyens n'arrivaient même pas à s'entendre sur le sens de la question ?Il est évident que cette question stupide et trompeuse avait été conçue à partir de sondages, uniquement dans le but d'obtenir un oui.D'ailleurs, je suis convaincu qu'il n'y aura jamais de référendum vraiment démocratique sur la question de l'indépendance du Québec, parce que le gouvernement du Québec n'a pas assez de courage et d'honnêteté pour le faire.Gérald J.PRUD'HOMME Université /vuGiII Langage « pompeux » ¦ Je désire faire suite à un article écrit dans un langage « pompeux » par M.F.Moussally Sergieh, dans La Presse du vendredi 26 avril.Ce monsieur se questionne sur le respect de la culture ethnique advenant un Québec souverain.Entre autres, se demande-t-il, une musulmane portant le voile pourrait-elle accéder à tous les cycles de l'enseignement et un sikh potinait-il porter son turban s'il devenait policier ?Si ce monsieur suggère d'accepter ces différences ethniques, pourquoi les pays d'origine de ces « différences culturelles » nous obligent-ils, eux, à nous conformer à leur culture ?Pourquoi les enseignantes québécoises travaillant dans les écoles musulmanes de Montréal sont-elles obligées de porter le voile ?Au pays des sikhs, un Québécois « punk » pourrait-il devenir policier tout en conservant ses épingles de nourrice dans les oreilles ?Un Québécois, émule de Raèl, travaillant en Algérie pourrait-il se promener nu le jeudi après-midi ?i * Louise TREMBLAY.Montréal s Merci, Mme Richer ! ¦ Chaque fois qu'un article est signe Anne Richer, je prends le temps de le lire jusqu'au bout et je ne suis jamais déçue.Un style alerte et précis, un regard sur l'autre plein de respect en même temps que soucieux du détail et de ce qui fait la beauté de chaque personne.En ce lundi 22 avril, Mme Richer nous a donné deux articles extrême-ment intéressants.Et parfois, quand un .mire auteur rapporte une entrevue de façon négative ou agressive, je me dis : dommage que la rencontre n'ai! pas été réalisée par Anne Richer! Merci, Mme Richer, d'apporter cet espace de soleil dans notre journal.Louise LÉGER Saint-Jérômr LA PRESSE, MONTRÉAL, VENDREDI 10 MAI 1996 Opinions ¦ Rigueur et équité Un budget qui n 'est « pas inspiré par la facilité », dit Bernard Landry Le texte qui suit est l'allocation que le ministre ds Finances, Bernard Landry, a prononcée, hier après-midi, à l'intention des journalistes et des observateurs qui étudiaient son discours du budget avant sa lecture à l'Assemblée nationale.Dans quelques heures, j'aurai l'honneur de prononcer à l'Assemblée nationale le Discours sur le budget 1996-1997.Ce budget, je peux le qualifier en deux mots : rigueur et équité.Rigueur, parce qu'il tient le cap sur les objectifs que nous nous sommes donnés collectivement d'assainir les finances publiques et de rétablir durablement les conditions de la création d'emplois.Équité, parce qu'en dépit de l'effort important qu'il exige, il maintient nos grandes solidarités sociales, il épargne les plus démunis, et il est sans indulgence pour les fraudeurs.Assainissement des finances publiques Ce budget n'est pas inspiré par la facilité.À terme, l'objectif est clair: éliminer le déficit.Et c'est une entreprise majeure.Le désordre des finances publiques qui prévaut depuis plusieurs années entrave la marche de notre économie et est extrêmement coûteux en terme d'emplois.Tous maintenant en conviennent, il faut agir.Ainsi, conformément au consensus des partenaires de la Conférence de Québec, le budget prévoit que le déficit sera de 3,2 milliards de dollars, en 1996-1997, de 2,2 milliards, en 1997-1998, et de 1,2 milliard, en 1998-1999.À compter de 1999-2000, le déficit sera éliminé.Tel que convenu aussi avec les partenaires, je déposerai à l'Assemblée nationale, dans quelques jours, un projet de loi qui viendra encadrer étroitement ce plan d'élimination du déficit.Cette loi empêchera les gouvernements de déséquilibrer à nouveau les finances publiques: plus jamais l'État ne doit pratiquer lapo-litique de la fuite en avant, aux dépens des jeunes générations.Atteindre l'objectif de baisse de déficit pour 1996-1997 Dans l'immédiat, malgré une conjoncture plus difficile et une baisse des transferts fédéraux de 1 milliard et demi de dollars, l'objectif de déficit de 3,2 milliards sera atteint en 1996-1997.Et cela, tel que promis, sans hausser le taux de la TVQ, ni aucun autre taux d'impôt ou de taxe.Le fardeau fiscal au Québec a déjà at-.teint la limite du tolérable.L'augmenter davantage serait contre-productif : trop d'impôts tue l'impôt, trop d'impôts tue aussi l'emploi.Pour redresser les finances publiques, ce budget emprunte cinq axes d'intervention prioritaires.1) Réduire les dépenses : D'abord, nous comptons sur une réduction sans précédent des dépenses de programmes.Dépenses qui ont baissé l'an dernier pour la première fois depuis au moins 25 ans.Ainsi, en 1996-1997, sur un effort budgétaire total de 3,2 milliards de dollars, les mesures de réduction de dépenses annoncées lors du dépôt des crédits et celles du présent budget totalisent 2 milliards et demi.Pour chaque dollar de mesures augmentant les revenus, le budget réduit les dépenses de programmes de quatre dollars.2) Combattre l'évasion fiscale et le travail au noir : Nous allons aussi renforcer l'offensive lancée l'an dernier pour combattre l'évasion fiscale et le travail au noir.Au moment où des sacrifices importants sont demandés à tous, il est normal que nous soyons sans indulgence pour ceux qui tentent de frauder le fisc.C'est notre devoir de protéger les citoyens honnêtes, c'est-à-dire la grande majorité, qui paient des taxes pour financer des services dont les fraudeurs profitent.3) Resserrer les avantages fiscaux : En attendant les conclusions des travaux de la commission sur la fiscalité et le financement des services publics, nous faisons en outre un premier ménage dans les avantages fiscaux des particuliers et des entreprises.Nous le faisons dans un souci d'équité et de protection des plus démunis.Ainsi, les contribuables qui gagnent moins de 26 000 $ de revenu net par an ne seront pas affectés, sauf marginalement dans quelques cas.De plus, le soutien spécifique aux familles, notamment celles à faibles revenus, demeure une priorité du gouvernement et est intégralement maintenu.4) Contribution momentanée des grandes entreprises : Nous demandons également aux grandes entreprises de faire momentanément un effort particulier de solidarité pour l'assainissement des finances publiques.Je dis « momentanément », car nous sommes conscients de la nécessité d'assurer aux entreprises un environnement fiscal compétitif.Cet effort est nécesaire puisque les diverses restria ions aux avantages fiscaux que comporte le budget ne produiront leur plein impact qu'à partir de l'an prochain.Or, c'est dès cette année que nous devons réduire le déficit.5) De plus, nous allons mettre à contribution les sociétés d'État : Les Québécois y ont investi beaucoup d'argent.Il faut qu'elles améliorent leur rentabilité, qui a un impact direct sur les revenus de l'État.Relancer remploi Nous faisons tous ces efforts de redressement financier parce que l'accumulation des déficits est un boulet pour l'économie : elle nous coûte des emplois.Mais nous n'attendrons pas d'avoir éliminé tout le déficit pour travailler à la création d'emplois.À ce chapitre, le budget propose une nouvelle approche où l'État ne cherchera plus à tout faire lui-même.Nous ne chercherons pas à relancer l'économie à coups de millions, générateurs d'emprunts et de taxes néfastes.Nous chercherons plutôt à définir une vision globale et à coordonner l'action des entreprises, des tra-vailleurs et des groupes communautaires afin de provoquer des synergies créatrices.Bernard Landry (.) En terminant, je voudrais rappeler que ce budget n'est qu'une étape, mais une étape déterminante, dans la démarche globale que poursuit le gouvernement pour relancer l'emploi et assainir les finances publiques.Le grand chantier de l'économie et de l'emploi et la Commission sur la fiscalité contribueront à faire avancer notre réflexion.Us déboucheront, au Sommet de l'automne, sur un plan d'action qui enclenchera une série de réformes et de réajustements ?pour faire reculer le chômage partout au Québec.C'est aussi à ce sommet que nous forgerons,, avec nos partenaires, les consensus nécessaires sur la ,.içon de tenir nos objectufs et d'élhniner complètement le déficit, au rythme convenu.Pour le moment, j'ai la conviction que ce budget représente un pas de géant dans la bonne voie, celle que nous nous sommes collectivement tracée pour que le Québec tout entier en sorte gagnant.Pour l'élection directe du premier ministre au suffrage universel ANDRÉ LAROCQUE L'auteur est professeur invité à l École nationale d'administration publique.De tous les mythes sur lesquels est bâti le parlementarisme britannique \u2014 et ils sont légion \u2014 le plus significatif est celui de l'élection du gouvernement par le peuple.Il est faux de dire que le peuple élit le gouvernement.Le peuple élit les députés à l'Assemblée nationale.Et ce ne sont pas non plus les députés à l'Assemblée nationale qui élisent ou désignent le premier ministre.Le premier ministre en régime parlementaire est désigné purement à l'interne par le parti qui détient le plus de sièges à l'Assemblée, et cela selon les seules règles et coutumes de son parti.Et, de toute évidence, le premier ministre, c'est le gouvernement.Par son monopole des nominations politiques et le contrôle de la discipline de parti, le premier ministre, chef de parti par définition, devient chef de l'État, chef du gouvernement, chef du Parlement, chef de la majorité à l'Assemblée, chef de l'organisation gouvernementale, chef de l'administration.Nous ne sommes pas en régime parlementaire.Nous sommes en régime « premier-ministériel » non élu.Régime « premier-ministériel » Le premier ministre, c'est le gouvernement.En effet, le premier ministre, à son gré, convoque, proroge et dissout l'Assemblée nationale et établit, selon les stratégies de son parti, la date des élections générales et complémentaires.Il nomme les secrétaires généraux du Conseil exécutif, du Conseil du trésor et de l'Assemblée nationale ; il nomme et dénomme les ministres et les sous ministres ; il nomme le président de l'Assemblée nationale, le leader et le whip gouvernementaux, les présidents des commissions et les adjoints parlementaires.Le premier ministre nomme les dirigeants des Sociétés d'État et des organismes publics ; il nomme les juges des cours du Québec et le directeur de la Sûreté.Le premier ministre nomme le Vérificateur général, le Protecteur du citoyen, le Directeur général des élections.Le premier ministre détermine la politique du gouvernement ; il approuve le discours du budget ; il détermine l'agenda gouvernemental ; il préside le comité interministériel des priorités ; il approuve toute déclaration ministérielle majeure ; il interprète le sens des décisions du Conseil des ministres.Le premier ministre détermine l'ensemble de l'organisation du gouvernement.Il est le premier porte-parole du Québec, au Québec, au Canada et sur le plan international.Dans le cadre de ses pouvoirs et prérogatives, le premier ministre en régime parlementaire est plus puissant, rencontre moins d'opposition et est infiniment moins responsable que le président des USA.Or, plus de pouvoirs ne devrait-il pas entraîner plus de responsabilité ?Introduire une dose d'imputa-bilité administrative ou alléger quelque peu la discipline de partis par un occasionnel vote libre ne représentent que de maigres palliatifs.Dans une société où, négativement, la confiance des citoyens dans leurs institutions politiques est au plus bas, et où, positivement, l'on se prépare à la souveraineté de l'État québécois, le moment n'est-il pas tout indiqué pour d'abord établir dans la réalité le premier principe de la démocratie : la souveraineté du peuple ?Se donner un État pleinement souverain sans en remettre le gouvernement au choix et au contrôle effectifs des citoyens, c'est remodeler les institutions sans en saisir le sens et la portée profonds.C'est faire oeuvre de droit plutôt que de démocratie.Bien sûr, une telle réforme appellera l'obligation de remodeler des institutions, et les modèles ne manquent pas.L'étude des avantages et des désavantages est à faire et elle ne manquera ni d'intérêt ni de belligérants.Mais l'organisation des modalités, quelle que soit leur importance, ne doit pas masquer l'objectif fondamental : le gouvernement doit appartenir aux citoyens.Si nous voulons vivre vraiment en démocratie, si nous voulons situer la souveraineté là où elle devrait être vraiment, si nous voulons réhabiliter nos institutions et donner une portée politique réelle à la citoyenneté québécoise, la première mesure qui s'impose est d'établir l'élection du chef du gouvernement au suffrage universel direct des Québécoises et des Québécois.L'élection du chef de l'exécutif au suffrage En régime parlementaire, le premier ministre est plus puissant, fait face à moins d'opposition et est infiniment moins responsable que le président des États-Unis.universel donnerait l'occasion de libérer l'Assemblée de la discipline rigide des partis et d'en faire une assemblée à la fois vraiment représentative des électeurs et vraiment consacrée à sa mission de légiférer et de contrôler l'administration.En effet, le chef de l'exécutif élu par le peuple est directement responsable au peuple et ne tient pas par la discipline de parti à l'Assemblée.Si, de plus, on libérait le chef de l'exécutif de la contrainte de devoir choisir ses ministres dans le bassin extrêmement réduit des élus de son parti, l'Assemblée nationale cesserait de constituer l'anti-chambre du Conseil des ministres et libérerait tous et chacun des députés en vue de leur rôle premier de représentants de leurs électeurs.Une telle assemblée, libérée non pas des partis politiques mais de la discipline rigide des partis, constituerait une institution séparée de fait du pouvoir exécutif, capable d'agir en contrepoids au gouvernement et apte à rendre l'administration vraiment imputable.Si l'élection populaire du chef de l'exécutif ouvre la voie à une Assemblée autonome et libre de remplir sa mission, cela ne produit pas automatiquement une Assemblée représentative.Il est maintenant de notoriété publique que le système électoral utilisé au Québec déforme la volonté populaire, crée des distorsions graves dans la représentation, prive généralement la majorité des électeurs de la représentation qu'ils souhaitaient et va jusqu'à accorder le gouvernement au parti que les électeurs avaient désigné en seconde place ! À ce dernier égard, d'ailleurs, si on cite souvent les cas de 1944 et de 1966, on ne devrait pas perdre de vue qu'à la dernière élection, celle de septembre 1994, la différence entre le vote populaire accordé aux deux premiers partis était de 13 744 votes ! C'est dire qu'avec un déplacement de moins de sept mille votes du PQ vers le PLQ, le Parti québécois aurait terminé second dans la volonté populaire mais aurait néanmoins conservé une très large majorité des sièges à l'Assemblée.Système moins démocratique Il est évident que le scrutin uninominal à un tour est le moins démocratique des systèmes électoraux.Par contre, il est clair que bon nombre de citoyens y voient l'avantage de la simplicité et du « déjà connu ».La très stable et tres efficace République allemande l'a bien compris en créant la « proportionnelle personnalisée ».Là, la moitié des députés sont élus au scrutin uninominal à un tour et apportent les avantages reconnus à ce système.L'autre moitié de l'assemblée provient d'un scrutin proportionnel, lequel sert à corriger complètement les distorsions du scrutin uninominal et donc à établir la distribution des sièges à l'Assemblée conformément à la.volonté exprimée par les électeurs.À titre d'exemple très rapide, on pourrait penser qu'un Québec souverain disposerait d'une Assemblée nationale de 150 membres, au lieu des 125 actuels, l'augmentation étant largement absorbée par la disparition de 75 députés fédéraux.La moitié des élus le seraient dans 75 circonscriptions, le modèle de départ pouvant être justement les 75 circonscriptions fédérales actuelles.75 autres députés proviendraient du scrutin proportionnel et seraient alloués aux partis de façon à ce que leur pourcentage de sièges à l'Assemblée se conforme au pourcentage de votes que les électeurs ont bien voulu leur accorder.Enfin, les circonscriptions utilisées pour le scrutin à la proportionnelle pourraient être les régions québécoises, ce qui apporterait à une très large volonté de décentralisation au Québec l'élément qui lui manque le plus, un lieu géographique déterminé devenu assise politique responsable.Élire le chef de l'exécutif au suffrage universel sans prendre les moyens pour donner à l'Assemblée nationale une représentativité vraiment démocratique, ce serait faire le travail à moitié.La Parti libéral, particulièrement sous la direction de Claude Ryan, s'était intéressé à ces dimensions de la réforme électorale.Le Parti québécois a inclus dans son programme un élément correcteur du mode de scrutin mais qui ne pourrait avoir que des effets marginaux.L'Action démocratique, à la deuxième réunion de son Conseil national, vient de se prononcer en faveur de la proportionnelle personnalisée et de s'avancer vers l'élection populaire du premier ministre.Le gouvernement s'est engagé à discuter de réforme électorale dans toutes ses dimensions.Le scénario serait-il enfin en train de se mettre en place pour une réhabilitation des institutions aux yeux des citoyens ?Le clé, me semble-t-il, est justement là : dans le pouvoir des citoyens à la fois sur le choix du chef du gouvernement et sur la représentativité et la responsabilité de l'Assemblée nationale. LA PRESSE, MONTRÉAL.VENDREDI 10 MAI 1996 Montréal métro Huit ans pour un meurtre commis en 90 en YVES BOISVERT Daniel Murphy, un « homme d'affaires » de 39 ans, de Laval, qui avait été épingle grâce à un test d'ADN, a reconnu avoir tué de 74 coups de couteau son ex-partenaire d'affaires en 1990.Le ministère public ( France Charbonneau ) a accepté que, pour ce meurtre, Murphy plaide coupable à une accusation réduite d'« homicide involontaire ».Le juge Albert Ouellette, de la Cour du Québec, a quant à lui accepté la suggestion commune des avocats au sujet de la peine d'emprisonnement : huit ans de pénitencier ( sans compter sept mois de détention préventive depuis son arrestation en octobre 1995 ).Dante Denis Mandanici, 60 ans, a été poignardé à mort chez lui, dans le quartier Ahuntsic, le 29 juillet 1990.La police soupçonnait déjà Murphy, mais n'avait aucune preuve concluante.Murphy refusait de donner un échantillon de sang.Mais en 1995, la loi a été modifiée, permettant de forcer un suspect dans une cause de ce type à donner un échantillon.Les tests ont révélé que le sang de l'agres- seur retrouvé sur le lieu du meurtre correspond génétiquement à Murphy.Le mobile du meurtre, d'après le ministère public, est que Murphy voulait s'emparer des sommes d'argent importantes que la victime avait l'habitude de porter sur elle.La défense prétend de son côté que c'est la relation d'affaires qui a mal tourné.Les deux étaient dans le commerce des pièces d'autos usagées.i Le bâtiment de le rue Roy devrait être reconstruit GEORGES LA M ON « Le bâtiment du 50-60, rue Roy Est, à Montréal, incendié en décembre 1994 et depuis laissé à l'abandon à la suite d'une question d'assurance 'non encore réglée, sera démoli et rebâti.En effet, la Ville de Montréal qui, lundi, avait donné 48 heures au propriétaire Pentelis Paliouta-kis pour démolir une partie apparemment dangereuse du bâtiment, a conclu une entente avec lui.Dans les prochains jours, les travaux de démolition commenceront, après quoi on s'attaquera à la reconstruction.Il faut dire que M.Palioutakis bénéficiera du programme de revitalisation des quartiers urbains de la Ville de Montréal.En particulier, le volet « bâtiments vacants et \u2022 barricadés ».En vertu de ce programme, le propriétaire pourra obtenir une subvention d'environ 20 % de l'investissement global, soit \u2022 189 000 $.En l'occurrence \u2022 12 000 $ pour chacun des 12 loge-! ments reconstruits, et 45 000 S r pour les 450 m2 d'espace commercial.Cette reconstruction pourrait s'élever à environ un million de dollars.Le propriétaire aura six mois pour obtenir son permis de ! construire, 12 mois pour commen-! cer les travaux qui devront être achevés en deux ans.Selon François Lemay, chargé des communications au Service i des permis et inspections, ce : « coup de main fort appréciable de .la Ville » procure en fait au pro-} priétaire une garantie qui devrait lui permettre d'aller chercher le financement nécessaire pour la re- construction.Toutefois, la subvention ne sera versée que lorsqu'au moins 50 % du bâtiment sera reconstruit.PHOTO PIERRE CÔTÉ.LêPrtssê Claude Picher, régisseur du canal de Lachine, montre un des endroits où seraient retenus les sédiments contaminés du canal.Projet de décontamination du canal de Lachine CLAUDE-V.MARS0LAIS Une commission commune fédérale-provinciale évaluera, à compter de lundi, un projet de décontamination du canal de Lachine soumis par Patrimoine Canada, qui consiste à enlever un mètre de sédiments contaminés et à les encapsuler à trois endroits bien précis du canal.L'opération, si elle est acceptée par les quatre commissaires ( deux représentants du gouvernement fédéral et deux autres du gouvernement québécois ), coûtera 20 millions de dollars.Selon les explications fournies par les spécialistes, on recueillera à l'aide de dragueurs 500 tonnes de sédiments contaminés du canal qui seront ensuite déposés en trois lieux de 200 à 300 mètres de long dans le lit du canal.Ces dépôts seront retenus par deux membranes géothermiques et par des barrages de gravier.D'après un analyste du ministère de l'Environnement, Serge Daoust, il s'agirait de la méthode jugée la meilleure pour décontaminer le canal, quoique les spécialistes présents lors d'une visite guidée par autocar n'ont pu nommer un seul endroit dans le monde où cette expérience a été testée.Si le projet de décontamination est acceptée, le régisseur du canal, Claude Picher, a indiqué qu'une deuxième phase de consultations publiques devrait se tenir pour déterminer les usages futurs du canal tels la baignade, le canotage, etc.a assez du pourrissement du climat avec les cols bleus ANDRÉ PÉPIN Le maire de Montréal dit en avoir assez du pourrissement des relations de travail avec ses cols bleus.Il soutient que le gouvernement du Québec devra intervenir avec un règlement ou une législation dès la semaine prochaine si les négociations actuelles n'aboutissent pas.« Je ne céderai devant aucune menace des employés municipaux.Tous doivent collaborer.Montréal ne peut plus assurer une sécurité d'emploi à toute épreuve.Il faut permettre aux jeunes d'accéder à des emplois, principalement durant l'été », a-t-il déclaré hier à la suite d'un discours qu'il prononçait devant l'Institut d'administration publique du Grand Montréal, qui tenait une session d'étude sur les nouvelles formes de gestion, notamment le partenariat, la privatisation, l'impartition et de nouvelles approches dans le domaine des grandes administrations.« Durant les années 50 et 60, le gouvernement du Québec a donné le premier grand élan à la fonction publique.Il est temps, 30 ans plus tard, de revoir les formules.Nous ne pouvons même pas accorder des tontes de gazon à l'entreprise privée », souligne le maire.M.Bourque ne parle jamais directement de privatisation, mais toujours de « partenariat ».« Nous pouvons assurer la gestion des services, mettre notre fonction publique à contribution, mais nous ne pouvons plus être prisonniers des conventions collectives », insiste-t-il, déplorant le peu de sensibilité de Québec à cet égard.« Il faudra que le gouvernement du Québec nous donne des outils pour administrer efficacement.» Il rappelle que Montréal se trouve dans une situation fiscale extrêmement délicate.« Les grandes villes, règle générale, montrent des budgets équivalant à 100 millions de dollars par 100 000 habitants, alors que Montréal, avec un million d'habitants, a vu son budget atteindre près de deux milliards, une situation intenable qui paralyse les investissements », note-t-il.L'arbitre donne raison au syndicat des cols bleus ANDRÉ NOËL \u2022 Un tribunal d'arbitrage donne rai- \u2022 son au syndicat des cols bleus de Montréal et accepte d'étudier son grief sur l'application de la conven- \u2022 tion collective en période de con- % nu.Au début de l'année, la Ville avait décidé que la convention ne s'applique plus, étant donné que les cols bleus refusent de travailler en heures supplémentaires, en guise de moyen de pression.Le syndicat ( SCFP-FTQ ) a dé- posé un grief, mais les avocats de la Ville ont contesté la compétence du tribunal d'arbitrage en cette matière.Dans une décision rendue lundi, l'arbitre.M* Guy Dulude, rejette les prétentions de la Ville.Le boycott des heures supplémentaire n'est pas une grève géné- rale, indique l'arbitre.Les conditions de travail sont généralement maintenues en cas de conflit, ajou-te-t-il.Depuis janvier, la Ville ne respecte plus le plancher d'emploi : c'est environ 125 postes de cols bleus qu'elle n'a pas comblés.Le plancher d'emploi constitue un enjeu majeur des négociations, lesquelles ont repris depuis quelques semaines.Dans un communiqué, les avocats de la Ville disent qu'ils étudient la possibilité d'en appeler de la décision de l'arbitre.Rénovez maintenant.et commencez à payer seulement dans 6 mois ! RénoU/f tion 0 Grâce au programme Réno\\action® de la Banque Laurcntienne, vous pouvez emprunter les fonds dont vous avez besoin pour rénover maintenant, sans avoir à effectuer un seul paiement avant six mois.1 Pour obtenir plus de renseignements, téléphonez au 1 800 BLC-1846.BANQUE LAURENTIENNE Tout simplement.1 Wmu être admivut i*.voua devez tare une demande avant le 31 juillet 1996 et obtenir une approbation de crédit de la Banque Laurrnnenne.Les prêt» doivent lenrir cxcluuvement a la rénovation de votre mauon La déclaration de Québec Les 6 et 7 mai 1996 les infirmières et infirmiers du québec réunis en états généraux sur l'avenir de leur profession, renouvellent leur profond engagement envers la population du québec: Aucune réforme, aucun virage ne saurait nous détourner de notre mission fondamentale à l'égard du droit à la santé pour tous, Demain comme hier, notre engagement se perpétuera dans une pratique professionnelle empreinte d'excellence et de sollicitude. b o i v 1 i\\LiOL, lViOi.Nl f\\i-/\\L, \\ L-l\\UL\\L.UL 1U iVLrvi l//o Monde L'EXPRESS INTERNATIONAL PROCES TADIC Milosevic et Karadzic ¦ Le président serbe Slobodan Milosevic et le leader des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic ont fait figure hier de principaux accusés dans le procès intenté à La Haye par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie ( TPI ) à Dusan Tadic, un Serbe de Bosnie jugé pour crimes contre l'humanité.S'ap-puyant sur le témoignage d'un spécialiste de la Yougoslavie, le britannique Andrew Gow, l'accusation s'est employée à convaincre le tribunal de l'implication du président Milosevic dans la conduite de la guerre, avec l'aide de M.Karadzic (lui-même inculpé par le TPI ), de l'armée yougoslave et de milices paramilitaires, afin de créer une « Grande Serbie ».J'après AFP WHITEWATER Le témoin Clinton ¦ Le président Bill Clinton a affirmé hier avoir répondu de son mieux, par vidéo interposée, aux questions d'un tribunal chargé de juger un pan du scandale politico-financier Whitewater, ajoutant que son témoignage parlerait de lui-même.Interrogé à ce sujet lors d'une conférence de presse, le président américain a indiqué que son témoignage, qui devait être diffusé devant le tribunal dans l'après-midi, était « franc et direct » mais qu'il ne pensait pas qu'il ait une importance capitale.d'après AFP BURUNDI Coup d'État annoncé ¦ Un haut responsable de l'ONU a évoqué devant le Conseil de sécurité la possibilité d'un coup d'État au Burundi d'ici à la fin du mois de juin, ont affirmé hier des responsables de l'ONU ayant requis l'anonymat.Selon des diplomates ayant participé à la réunion du Conseil de sécurité, le conseiller spécial du secrétaire général Boutros Boutros-Ghali, Chinmaya Gharekhan, a évoqué ce danger de coup de force alors qu'il dressait un tableau de la situation du petit pays d'Afrique centrale déstabilisé par les rivalités ethniques.d'après AFP RUSSIE Commémoration ¦ Plus de 15 000 communistes sont descendus hier dans les rues de Moscou pour commémorer le 51e anniversaire de la victoire sur l'Allemagne nazie et acclamer leur candidat aux élections présidentielles, Guen-nadi Ziouganov.Deux heures plus tôt, le président Boris Eltsine avait assisté, du haut du mausolée Lénine, au traditionnel défilé sur la place Rouge auquel participaient cette année un peu plus de 7000 militaires.d'après Reuter TURQUIE Enquête sur Ciller ¦ Le parlement turc a décidé hier l'ouverture d'une commission d'enquête sur les accusations de corruption contre l'ancien premier ministre Tansu Ciller, ouvrant ainsi la voie à une crise pouvant déboucher sur l'éclatement de la coalition conservatrice au pouvoir.Les députés ont adopté par 376 voix contre 141 une motion déposée par les islamistes du Parti de la prospérité, qui accusent Tansu Ciller d'abus de pouvoir lors de la privatisation du constructeur automobile Tofas.J'après Reuter SIERRA LEONE Civils tués ¦ Plus d'une centaine de civils ont été tués mercredi lors d'une attaque attribuée à la rébellion à Bendu-Malen, dans la région de Pcjehun, à 160 km au sud-ouest de Freetown, a affirmé hier la radio nationale sierra-léonaise.Selon des témoins cités par la radio nationale, les rebelles onl tué toutes les personnes âgées de plus de 50 ans et abandonné la les enfants de moins de cinq ans.Les adolescents ont été captures et emmenés au « camps Libye », la base principale des rebelles dans le sud du pays.J'après AFP * P FHCT0 REUTEa Dans la plus grande démocratie au monde, celle de l'Inde, les boites de scrutin pullulent.Et cet employé a jugé avoir mérité du repos.Le premier ministre de l'Inde démissionne La plus cuisante défaite du parti au pouvoir depuis Vindépendance d'après AFP NEW DELHI Le premier ministre indien P.V.Narasimha Rao présente aujourd'hui la démission de son gouvernement, après la cuisante défaite de son parti aux élections législatives, a annoncé la télévision nationale.Alors que le parti du Congrès, qui a dirigé l'Inde presque sans interruption depuis l'indépendance, s'apprêtait à prendre le chemin des bancs d'opposition, les nationalistes hindous et leurs adversaires du centre-gauche s'efforçaient de trouver des partenaires pour former un gouvernement de coalition.M.Rao a pris sa décision après une entrevue avec le président Shankar DayaJ Sharma, au cours de laquelle celui-ci lui a conseillé de démissionner
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