La presse, 13 juillet 1996, B. Plus
[" B Montréal, Samedi 13 juillet 1996 US La Presse ÉDITORIAL / OPINIONS / MONDE Départs tous les jours do l'année 4 fois par four avec Autocors Adirondock Autocars Deluxe avec vidéos I Choix do 6 hôtels sur Manhattan * _ Autwear» ÏT-S^rr^.W! /%dir\u20ac»ndaek i CONSULTEZ VOTRE AUCNCE DE VOYAGES Sida i FraDDer vite et fort Mais cela ne changera rien dans les pays du tiers-monde Carole Thibaudea u envoyée spéciale de La Presse VANCOUVER Il y a 21,8 millions de personnes dans le monde infectées du virus de l'immu-nodéficience humaine ( VIH ).Au cours de la XI* Conférence internationale sur le sida, tenue cette semaine à Vancouver, on leur a fait la déclaration suivante : si votre charge virale est basse \u2014 peu de virus dans le sang \u2014 vous pouvez espérer une survie longue et de qualité ; nous pouvons maintenir très basse cette charge virale, chez la majorité des personnes atteintes, grâce à une combinaison d'antiviraux.Mais pour 20,4 millions des porteurs et porteuses du virus, cette belle victoire ne change rien.Dans les pays en voie de développement, on soigne le sida avec de l'aspirine, quand il en reste.Les quelque 15 000 délégués venus assister à la Conférence avaient donc des intérêts différents, que Ton pourrait partager grosso modo en trois points de vue : celui des personnes vivant avec le VIH / sida ( et ceux des personnes qui les soignent ), celui des pays en voie de développement, et celui des femmes, dont beaucoup portent un double fardeau : l'incapacité totale de se protéger et de protéger la vie à naître.Les femmes représentent 42 % des personnes atteintes.Si bien que l'histoire du sida, qui a d'abord présenté un défi scientifique, est devenue une question de droits humains, aspect qui émergeait beaucoup au cours de cette XIe Conférence.Les délégués avaient le loisir d'entendre des spécialistes dans quatre grandes disciplines : sciences fondamentales, sciences cliniques, santé publique et sciences sociales.Voici ce que la XIe Conférence leur a appris.Charge virale Médecins et personnes atteintes repartent de Vancouver plus convaincus que jamais de la nécessité d'un test de charge virale gratuit, ce qu'on espère obtenir dans le courant de l'automne au Québec.Comment, sinon, savoir si la médication atteint son but, qui est de diminuer la quantité de virus dans l'organisme?Au cours de la semaine, le Comité international du traitement du VIH / sida a fait ses recomanda-tions: s'il y a des symptômes, on traite le patient lorsque sa charge virale est entre 5 000 et 10 000 copies par ml.S'il n'a pas de symptômes, on traite lorsqu'elle est entre 30 000 et 50 000.C'est une approche beaucoup plus précoce et plus agressive que par le passé.Dans le domaine des sciences fondamentales, une nouvelle famille de molécules a, pendant quelques heures, volé la vedette aux antiviraux : les « chimokines », substances naturelles émises entre autres par les globules blancs CD8, en réponse à l'infection.« C'est une nouvelle voie thérapeutique qui s'ouvre, dit Eric Cohen, biologiste moléculaire à l'Université de Montréal.» Par ailleurs, les antiviraux connus attaquent le virus par l'une ou l'autre de deux protéines : la trans-criptase inverse ( AZT, 3TC ) ou la protéase ( saquinavir, indinavir, ri-tonavir ).« Le virus a au moins 14 protéines essentielles.On devrait généraliser le principe à toutes ces protéines », a fait valoir le docteur Didier Trono, du Sait Institute for Biologi-cal Studies de San Diego.Les homosexuels séropositifs Malgré l'espoir de vivre une vie normale en dépit du virus, les per- Deux participants à la conférence se recueillent devant la courte-pointe symbolique des victimes de la maladie.« Une femme a peur d'être battue par son mari si elle propose des pratiques sexuelles sûres », est venue dire Katherine Nyb-enda, de Zambie, une conférencière de 24 ans, mère de deux enfants, dont l'un est malade.C'est à Genève, lors de la XII* Conférence, qu'on espère voir poindre la possibilité de l'éradication totale du virus dans l'organisme.En bas, la séance de clôture de la XI* Conférence, sonnes atteintes ne croient plus au père Noël.« Dans les années S0, on ne vivait que dans l'attente du médicament ou du vaccin, rappelle René Lavoie, directeur de Accent Séro-Zéro, un organisme montréalais de prévention en milieu gai.Maintenant, nous essayons de nous organiser pour vivre avec cette maladie.Et aussi, plus important que jamais, pour la prévenir.» Côté prévention, Montréal n'est pas très bien servie, estime M.Lavoie, et les résultats présentés à la Conférence de Vancouver lui donnent raison, si on compare par exemple Montréal à New-York.La population gaie de New-York a eu un taux de séropositivité dé- croissant entre 1990 et 1993, d'après un tour d'horizon présenté par le docteur Adjorlolo-Johnson, de la Côte d'Ivoire.( Le déclin de la prévalence a été plus marqué chez les Blancs que chez les minorités.) La situation est moins bonne à Montréal, où le nombre d'homosexuels infectés par le VIH continue d'augmenter de 2 à 3 % par année.( Entre 18 et 22 % des gais de Montréal sont séropositifs.) M.Lavoie cite en exemple les interventions faites en Australie dans les milieux gais, interventions « musclées », si l'on peut dire, et avant-gardistes.Les Australiens ont été les premiers à promouvoir une philosophie de prévention plus souple que «< le condom pour le reste de tes jours ».Us préconisent, entre autres, une entente de fidélité entre partenaires concordants, c'est-à-dire tous deux séronégatifs ou tous deux séropositifs.Toujours au chapitre de la prévention, l'exemple de la Thaïlande, qui a connu une épidémie explosive, concentrée chez les travailleurs du sexe et les usagers de drogues injectables ( UDI ), est intéressant.Dès 1991, le gouvernement thaïlandais a implanté un programme de prévention sévère ( sanction dans les établissements de sexe sans condom, entre autres ).Résultat : depuis 1992, la seroprevalence est à peu près stable dans le milieu de la prostitution, et les MTS ont elles aussi diminué.Mais ces résultats ponctuels encourageants ne peuvent faire oublier que presque tous les pays dans le monde ont un taux de VIH / sida qui ne cesse d'augmenter.Le Canada: 3e du G 7 Le Canada ne fait pas exception ' à la règle : 40 000 personnes sont atteintes, et il y aura de 3 000 à 5 000 nouvelles victimes en 1996, d'après les chiffres du Réseau canadien de recherche sur le VIH.Avec le troisième taux d'incidence des pays du G 7, le Canada est celui qui dépense le moins en recherche et en prévention, fait remarquer Maggie Atkinson, coprési-dente de AIDS-ACTION! Alors que dans les pays industrialisés, le taux de personnes infectées augmente d'environ 2 % chaque année, il a bondi de plus de 10 % sur la planète en 1995 ( 2,7 millions de nouveaux adultes ).Les pays du tiers-monde paient le gros de la note : prévalence de 40 % dans certaines populations africaines.Le tribut le plus lourd est payé par les femmes, qui n'ont pas le pouvoir de se protéger même si elles le désirent.« Une femme a peur d'être battue par son mari si elle propose des pratiques sexuelles sûres », dit Katherine Nyirenda, de Zambie, une conférencière de 24 ans, mère de deux enfants dont l'un est malade.Katherine décrit la confusion engendrée par les messages contradictoires des différentes Églises et des organismes non gouvernementaux : « L'un conseille de parler de sexe, l'autre pas ; l'un dit de porter le condom et l'autre que le condom n'est pas efficace.Qui devons nous croire ?» Ces femmes du tiers-monde continueront d'être très vulnérables au virus du sida tant que les compagnies pharmaceutiques n'auront pas mis au point des microbicides vaginaux efficaces et bon marché* Certaines compagnies travaillent en ce sens.Par ailleurs, des études font ressortir les effets pervers du développement économique \u2014 construction d'autoroutes, d'usines \u2014 ou de la guerre sur le taux de séropositivité d'une population : en éloignant des hommes de leur famille, en déséquilibrant le nombre d'hommes par rapport au nombre de femmes.La guerre et la dégradation de l'environnement ont le même résultat, poussant de plus à la prostitution comme gagne-pain.Les populations déplacées de l'Ethiopie et du Rwanda en sont des exemples.Quant au fameux vaccin contre le virus, grand espoir pour les pays en voie de développement, on en est encore loin.Les représentants de ces pays n'ont cessé de répéter qu'on devrait faire plus d'essais cliniques pour des vaccins.Ce à quoi l'Américain John Moore ( Aaron Diamond AIDS Research Center, New-York ) répliquait qu'aucun vaccin n'est rendu au stade des essais cliniques à grande échelle.La XIIe : à Genève C'est à la XIIe Conférence que se poursuivra le prochain épisode, encore non écrit, de l'histoire du sida.On y apprendra les effets à long terme de la combinaison de trois antiviraux, et peut-être verra-t-on poindre la possibilité de l'éradica-tion totale du virus dans l'organisme.Les pays en voie de développement bénéficieront peut-être alors de la création d'un « task force » international en leur faveur, comme les délégués du Forum des communautés l'ont fortement recommandé cette semaine.Ce lobby pourrait inviter des compagnies pharmaceutiques qui mettent au point des antiviraux efficaces mais peu lucratifs, du fait qu'ils sont arrivés deuxièmes dans la course, à écouler leurs pilules dans les pays du tiers-monde, presque au prix coûtant.« Au moins quatre compagnies majeures pourraient vivre ce scénario, affirme le professeur Cooper.Il y a déjà eu des précédents dans le cas d'autres grandes épidémies, connue la cécité des rivières et la schistosomiase.» B 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 1 3 JUILLET 1996 Editorial La Presse André Desmarais président du consell d'ad mini stratio n Roger D.Landry président et editeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Québec, Catalogne : la volonté d'être e jeu des comparaisons constitue un exercice périlleux, est venu rappeler le président du gouvernement autonome de la Catalogne, Jordi Pujol, qui effectuait cette semaine une tournée québécoise après un bref détour par Ottawa.¦mur Contrairement aux Catalans dont la langue a été interdite pendant plus de deux siècles, les Québécois francophones n'ont jamais subi de véritable persécution linguistique, a dit grosso modo M.Pujol.Cette précision a fait l'effet d'une douche froide sur Québec, qui avait placé la visite du leader catalan sous le signe des similitudes entre deux peuples-à-la-recherche-d'un-pays.Ainsi donc, toutes proportions gardées, le Québec n'aurait pas vraiment de quoi se plaindre ?Sa situation actuelle constituerait un rêve presque inaccessible pour les nationalistes catalans ?Et la Catalogne, qui ne cherche nullement à s'arracher de l'Espagne, servirait plutôt de modèle aux fédéralistes québécois ?En fait, toute analogie entre le Québec et la Catalogne est un peu comme une auberge.espagnole : chacun peut y trouver ce qu'il veut bien y apporter.Les Catalans n'ont pas cle problème à se faire reconnaître comme « nation » ?Un point pour les souverainistes québécois.Les champs de compétence du gouvernement catalan sont infiniment plus minces que ceux du Québec ?Un point pour les fédéralistes de chez nous.La Catalogne est la région la plus riche de l'Espagne et ne dépend pas économiquement de Madrid, alors que le Québec tend à s'appauvrir ?Et vlan.Agnès Gruda La saga de Alain Dubuc Selon le prix du cuivre qui entre dans la composition du bronze, le coût de production du cent oscille entre 1,25 et 2,25 sous.Cet exercice comparatif est amusant mais un peu puéril.Les différences et les similitudes québéco-catalanes comportent toute une gamme de nuances.Mais au-delà des détails, les deux peuples partagent, quant à l'essentiel, la même démarche.Dans les deux cas, il s'agit d'un nationalisme moderne qui s'exprime en toute démocratie.Le discours dominant n'est pas celui des anciennes luttes anticoloniales, mais plutôt celui d'une affirmation nationale tranquille.Les deux nationalismes ont des fondements ethniques, mais tentent de les dépasser en élargissant l'identité nationale à des critères géographiques.Cette attitude répond notamment à des impératifs démographiques : les Catalans « de souche » ne forment que 55 % de la population de la Catalogne.Le Québec doit tenir compte de sa minorité anglophone et de ses nouvelles minorités.L'aspiration à devenir un pays indépendant est plus forte au Québec qu'en Catalogne, où le parti politique prônant la sécession récolte moins de 10 % des voix.En fait, les deux peuples trouvent des avantages à appartenir à un ensemble plus vaste et cherchent surtout à marquer leurs différences et à obtenir des garanties politiques pour les préserver.C'est ainsi que la Catalogne se bat pour garder un statut distinct de celui des autres régions.Jordi Pujol a déjà dit que le fédéralisme ceruie noire Dans les prochains jours, si vous tombez sur une nouvelle pièce d'un cent, vous découvrirez qu'elle a perdu ses angles pour redevenir parfaitement ronde.Pourquoi ?Parce que depuis le mois de juillet, ces pièces sont frappées, à moindre coût, aux États-Unis.¦HHBHBHnHBH Ce dernier épisode de la saga du sou noir est lourde de symboles pour un pays qui, surtout du côté anglophone, définit largement son identité par ses efforts pour se distinguer des É.-U.Et pourtant, cette blessure d'amour-propre aurait pu être évitée.Depuis 15 ans, l'existence du sou noir a en effet été régulièrement remise en cause.Tout d'abord, la poussée inflationniste des années 70 a affecté considérablement notre dollar et nos pièces de monnaie.Depuis 1926, le dollar a perdu 90 % de sa valeur.Par exemple, une pièce de deux dollars d'aujourd'hui vaut moins qu'un 25 cents de l'époque.Quant à la cenne noire, son pouvoir d'achat est devenu quasi nul.Lors de l'introduction de la pièce de un dollar, en 1987, les critiques sont revenues à la surface : si on s'ajuste à 1 'inflation à un bout du spectre, pourquoi pas à l'autre ?Ensuite, l'arrivée de la TPS, qui a multiplié les prix qui n'arrivaient pas juste, a provoqué une pénurie de sous noirs et une autre remise en cause.Enfin, l'an dernier, avec la nouvelle pièce de deux dollars, l'absurdité d'un système qui laisse coexister une pièce qui vaut deux cent fois moins qu'une autre a sauté aux yeux.Et pourtant, on continue à en frapper.Il y en a 7,5 milliards en circulation, et l'on en ajoute encore 900 millions par année, à perte.En effet, selon du prix du cuivre qui entre dans la composition du bronze, le coût de production du cent oscille entre 1,25 et 2,25 sous.Mais pourquoi ?Il est clair que le maintien des sous noirs est coûteux et parfaitement irrationnel.On ne peut rien acheter avec, on les laisse trainer dans des bocaux.L'explication de ce mystère tient à l'âme canadienne.Le Canada est assis entre deux chaises.La plupart des pays européens modifient leur gamme de pièces aux deux bouts : on crée des pièces qui ont plus de valeur et on élimine les petites.Les États-Unis, eux, ne bougent pas.Typiquement, le Canada fait les deux à la fois : il ajoute de nouvelles pièces, mais garde les obsolètes.Le second élément d'explication, lui aussi canadien, s'inspire de la démocratie participative si populaire dans les autres provinces.On a interrogé les Canadiens et découvert leur attachement au sou noir.Comme d'habitude, cette question divise lé pays : le Canada anglais est pour à 53 %, sauf au Québec, où l'appui à la piécette tombe à 48 %.Le troisième argument, typique de la gauche canadienne, repose sur la crainte que sa disparition, en forçant les marchands à arrondir leurs prix, pénaliserait les consommateurs.Pourtant, les consommateurs, nubiles et vaccinés, savent parfaitement que l'arrondissement des prix répond à des règles arithmétiques connues.% Cet immobilisme a cependant un coût.Le gouvernement fédéral a quand même voulu réduire les pertes engendrées par cette pièce coûteuse.Pour cela, il a dû faire appel au privé.Mais l'ALENA le force à ouvrir ses soumissions aux entreprises américaines.Et ce sont donc des Américains, capables de faire mieux, qui ont ramassé le morceau.Un autre symbole qui fout le camp.Ce revirement modifiera sans doute l'attitude des Canadiens face au sou noir.Si, dans un autre sondage, organisé par exemple par la nouvelle agence de Mme Copps, on demandait aux Canadiens s'ils veulent toujour garder le sou noir, sachant qu'il sera fabriqué aux É.-U., il y a de bonnes chances pour qu'ils changent d'idée ! Et voilà pourquoi les adversaires de la cenne noire disposent maintenant d'un argument-massue, l'identité canadienne ! Les deux peuples trouvent des avantages à appartenir à un ensemble plus vaste et cherchent surtout à marquer leurs différences et à obtenir des garanties politiques pour les préserver.communautés autonomes, dont plusieurs n'ont aucune conscience nationale propre.C'est un peu le même débat que celui sur les deux peuples fondateurs versus les dix provinces comme mode d'organisation du Canada.Comme quoi l'exemple catalan ne discrédite pas le nationalisme québécois lequel, comme on le sait, se heurte à un mur dès qu'il tente de faire reconnaître le caractère spécifique du Québec.La différence, c'est que le contexte politique actuel favorise la Catalogne qui, avec son bloc de 16 députés, a pu exercer une influence tant sur le gouvernement socialiste, que sur les conservateurs qui viennent de leur succéder.Pour pouvoir gouverner, ceux-ci avaient besoin de l'appui des Catalans.Pour obtenir cet appui, il leur ont promis de nouvelles ressources fiscales, une plus grande participation à la gestion des impôts, etc.Finalement, comme le disait Jordi Pujol, Québécois et Catalans ont une grande chose en commun: la « volonté d'être ».Celle de s'affirmer et d'être reconnus comme une entité distincte.Les Catalans partent de plus loin, et n'ont pas encore tous les outils dont dispose le Québec, mais la dynamique politique actuelle leur permet de croire que le modèle espagnol est encore élastique et réformable.Comme les Catalans, la majorité des Québécois favorisent une réforme du fédéralisme idéal serait celui qui reconnaîtrait l'existence de quatre comprenant une reconnaissance identitaire du Québec.Un nations ( catalane, basque, castillane et galicienne ) au processus qui, dans le Canada d'aujourd'hui, paraît à tout sein de l'Espagne, au lieu de fonctionner sur la base de 17 le moins incertain.LA PRESSE ET VOUS Place à Atlanta et à Juste pour rire À compter de vendredi prochain, le 19 juillet, pour une durée de deux semaines, tous les yeux seront tournés vers Atlanta.À la télévision comme dans les médias écrits, il n'y en aura que pour le rassemblement des athlètes du monde à l'occasion des Jeux olympiques d'été.À tous les Jeux, ceux d'hiver comme ceux d'été, La Presse se démarque totalement de ses concurrents par l'envergure et la variété de ses reportages et informations sur cet événement mondial.Ce ne sera pas différent du 19 juillet au 4 août.Nos lecteurs seront littéralement comblés.Pour la durée des Jeux, le cahier des sports sera augmenté de quatre pages par jour, initiative qui démontre à elle seule le grand intérêt porté par La Presse à cette célébration olympique.Chaque jour, en direct d'Atlanta, notre « columnist » Pierre Foglia, à sa façon propre, nous fera part des dessus et des dessous des Jeux, consacrant plusieurs de ses écrits aux athlètes eux-mêmes et à la vie sur les lieux des Jeux.Il se retrouvera aussi bien en première page du journal que dans les pages sportives.Notre journaliste Philippe Cantin sera aussi présent à Atlanta.Ses services ont été retenus par Radio-Canada, mais il rédigera régulièrement une page du cahier des sports sur divers aspects des Jeux.En outre, de Montréal, nos chroniqueurs spécialisés Gilles Blanchard et Robert Duguay «couvriront» certains aspects inusités, originaux, différents, qui permettront à nos lecteurs de mieux saisir ce monde particulier de l'olym-pisme.Vous voudrez connaître la « performance » de nos athlètes et la situation de leurs concurrents ?Chaque jour, des pages de statistiques seront publiées.En fait, toute la vaillante équipe des sports sera mise à contribution pour offrir aux lectrices et aux lecteurs la « couverture » la plus complète qui soit des Jeux d'Atlanta, sous la direction de Michel Blanchard, adjoint au directeur de l'information, et de Michel Marois, chef de division aux sports.Comme nous l'avons fait pour le Festival international de jazz de Montréal et comme nous le ferons pour le Festival Juste pour rire, La Presse aura son invité qui commentera trois fois la semaine les Jeux spécialement pour nous: il s'agit de Jean-Luc Brassard, lui-même médaillé olympique aux derniers Jeux d'hiver de Lillehammer.Ce n'est pas tout.Une de nos stagiaires d'été, Claudine Hébert, se joindra à 48 cyclistes qui franchiront, en vélo, en trois jours et trois nuits, la distance de 2000 kilomètres séparant Montréal et Atlanta afin de porter les messages d'encouragement du public aux athlètes olympiques canadiens.Initiative de la Fondation des maladies du coeur du Québec et de la Corporation d'urgences-santé de la région du Montréal Métropolitain, cette « course cycliste » permettra aux courageux participants de faire la promotion de l'activité physique et de modes de vie sains tout en recueillant des fonds au profil de la Fondation des maladies du coeur.Seule La Presse, comme média d'information, prendra part à cette initiative tout à fait exceptionnelle.Stéphane Laporte et Juste pour rire À Montréal, durant cette période, se déroulera du 17 au 28 juillet, le Festival Juste pour rire, auquel La Presse est as- sociée, tout comme elle l'est pour l'ensemble des festivals de cet été dans la métropole : Festival des feux d'artifice Benson and Hedges; Festival international du jazz de Montréal ; FrancoFo-lies de Montréal ; Festival international du film de Montréal.Or, en plus de la « couverture » détaillée du Festival Juste pour rire par les journalistes et collaborateurs de la division des arts et spectacles, sous la direction d'Alain De Repentigny, adjoint au directeur de l'information, et de Daniel Lemay, chef de division, nous aurons notre humoriste bien à nous pour commenter le Festival.Concepteur et auteur de L'Enfer c'est nous autres à ses premières années, auteur du Bye Bye depuis trois ans, concepteur et auteur des Couche-tôt, qu'il va également produire en France au cours des prochains mois, et auteur des textes d'André-Philippe Gagnon, Stéphane Laporte va écrire à cinq reprises pendant le Festival Juste pour rire, à compter du 18 juillet.Laporte a une connaissance « intime » du milieu de l'humour.Pendant le Festival, il se mêlera aux humoristes et nous écrira des articles hors de la portée d'un simple observateur.Parmi les sujets qu'il veut aborder, Stéphane Laporte nous promet un portrait d'Yvon Deschamps, l'idole des humoristes'qui, habituellement, a droit à son party d'anniversaire pendant le Festival.Laporte veut aussi comparer le volet Juste pour rire au volet Just for Laughs et parler du Festival Juste pour rire comme d'un tremplin pour les nouveaux humoristes québécois.Bons Jeux ! Bon Festival Juste pour rire ! Claude MASSON Editeur adjoint LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 13 JUILLET 1996 De victimes et de persécutions La mode est aux victimes, et dans le grand concours de la victimi-sation, tant les personnes que les pays se battent pour la première place.C'est à qui aurait eu l'enfance la plus malheureuse, à qui aurait le plus souffert de discrimination, à qui aurait passé au travers des pires persécutions.Sur le plan individuel, la palme toutes catégories revient certainement à Mme Katherine Nyirenda, qui fut l'héroïne de la 11e Conférence internationale sur le sida qui vient de se terminer à Vancouver.Mme Nyirenda est femme et noire; elle vient d'un des pays les plus misérables de la planète, la Zambie, elle est mère célibataire de deux enfants, elle est pauvre comme Job, elle est malade du sida et a été rejetée par toute sa communauté.Tous ces malheurs en auront fait la vedette de la conférence, alors que les chercheurs qui sont en train de trouver un remède au sida seront passés inaperçus, tant il est vrai que de nos jours, on aime mieux les victimes que les vainqueurs.Idem sur le plan collectif.Avant de se demander qui, du Québec ou de la Catalogne, est la minorité la plus productive et la plus déterminée, on a commencé par se demander laquelle avait le plus souffert.Durant les années 60 et 70, le Québec tenait solidement la palme du martyre \u2014 au Canada, s'entend.Quand il était question de savoir quel groupe avait été le plus ignominieusement traité au Canada, il était communément admis que le premier prix du malheur revenait aux Canadiens français.Hélas ! Vinrent les Japonais ( persécutés durant la guerre ), les Chinois ( réduits à l'esclavage lors de la construction du chemin de fer est-ouest ), et surtout, les autochtones.Maintenant, pour la majorité des Canadiens, ce sont les Amérindiens qui inspirent le plus de pitié et de culpabilité, tandis que les Québécois font le plus souvent figure d'enfants gâtés jamais satisfaits.D'où la nécessité de dénicher, sur la scène internationale, quelques parallèles bien choisis.Les contrées où se vivent les vrais drames \u2014 Bosnie, Proche-Orient, Liban, Rwanda, etc.\u2014 sont évidemment exclues : trop de morts, trop d'atrocités, trop de misère.Restent de paisibles petites contrées aux langues minoritaires ayant triomphé d'un destin cruel.La Catalogne, tiens ! Hélas, le président du gouvernement catalan, M.Jordi Pujol, entendait bien gagner le concours, étant sûr, non sans raison d'ailleurs, que sa province a dépassé de beaucoup le Québec sur la voie du malheur.Et le voilà qui, au gran dam de ses hôtes québécois, rejette l'idée de toute comparaison.« Vous né savez pas cé qu'est la perrrsecucionne », tonne l'invité.Pis encore, malgré les tentatives du gouvernement Bouchard et des journalistes pour extraire de l'invité une déclaration en faveur de la souveraineté, M.Pujol résiste, renâcle, et finit par dire que lui, en tout cas, ne voit pas la nécessité pour les Catalans de quitter le cadre espagnol.« Nous, Flamands, Écossais, Catalans, pouvons atteindre nos objectifs dans le cadre de nos États respectifs et de l'Union européenne.».ô décepcionne ! Le scénario se répète à chaque fois.Dès Lysiane GAGNON qu'un chef de gouvernement étranger met le pied à Québec ou à Ottawa, tant les souverainistes que les fédéralistes tentent désespérément de l'entraîner de leur bord.Aussi le passage de M.Pujol au Québec aura-t-il donné lieu à des passes d'armes aussi pathétiques que divertissantes.J'entendais l'autre jour un reporter de la radio torturer M.Pujol pendant dix minutes dans l'espoir d'obtenir une déclaration pro-souverainiste.Faute de résultat, et devant le manque de coopération de l'invité, il sort l'argument-massue : une frontière n'empêcherait-elle pas la répétition d'événements sanglants comme l'assassinat par Franco d'un président catalan ?M.Pujol a eu du mal à comprendre le sens de la question, et pour cause ! Seul un Nord-Américain peut s'imaginer qu'une frontière empêche les agressions, et que l'Europe pourrait fonctionner si elle vivait en fonction du passé.Il y a, c'est sûr, des parallèles saisissants entre la Catalogne et le Québec : la population ( six millions ), la vitalité culturelle, le désir d'autonomie relative, l'attachement à la langue.À Barcelone, écriteaux, panneaux et menus sont bilingues.Surtout, le catalan est maintenant enseigné à l'école.( Mais il n'y a pas une famille éduquée qui ne s'assurera que son enfant n'apprenne aussi l'espagnol ).Barcelone, qui est à une heure et demie de la frontière, est à tous égards la ville d'Espagne où l'influence française est la plus forte.Le catalan est plus proche du français que de l'espagnol.Par exemple, on dira plaçii plutôt que plaza.Le catalan « sonne » plus doux à l'oreille que l'espagnol, dont l'évolution a été marquée par l'influence arabe.Les vieux paysans du Languedoc et du Roussillon qui parlent encore le dialecte occitan se retrouvent chez eux en Catalogne.ce qui n'a rien d'étonnant, puisque toute cette région parlait naguère la langue d'oc, celle qui fut vaincue par la langue d'oïl que l'on parlait dans la vallée de la Loire et à la cour de France.Contrairement au Québec, qui s'appauvrit constamment, la Catalogne est la région la plus prospère et la plus dynamique de l'Espagne, et sa superbe capitale, Barcelone, est le foyer culturel le plus vivant du pays après avoir été le bastion de l'anti-franquisme.Comme le Québec par rapport au reste du Canada, la Catalogne est certes une région « distincte », avec une histoire propre et une farouche volonté d'autonomie, mais cette « différence » est loin d'être absolue.On est assurément en Espagne quand on est en Catalogne : on n'efface pas cinq siècles d'histoire.D'ailleurs, ni Jordi Pujol ni son parti n'ont jamais visé l'indépendance.En fait, c'est le statut actuel du Québec qu'envient les nationalistes catalans ! Ils seraient ravis d'avoir le même poids politique que le Québec par rapport au Canada ( la Catalogne forme moins de 14 p.cent de la population espagnole ), de même que les pouvoirs d'une province canadienne.Malgré son statut spécial, la Catalogne est autonome dans des domaines limités à la culture et à l'éducation, et n'a qu'un faible pouvoir de taxation.Voilà qui montre bien que la vitalité écomomique et culturelle n'est pas qu'affaire de constitution.Opinions Pensions alimentaires : des avocates licenciées contestent la décision M.Paul Bégin, ministre de la Justice Monsieur le ministre.Nous sommes sept avocates travaillant au Contentieux du ministère de la Justice à Montréal et nous désirons par la présente vous sensibiliser aux effets de nos licenciements qui surviendront sous peu dans le Service des pensions alimentaires.Ces licenciements s'inscrivent dans le plan d'assainissement des finances publiques du gouvernement québécois et auront pour effet entre autres de supprimer près de 280 postes au ministère de la Justice du Québec.Nous ne pouvons être en désaccord avec l'objectif de réduire les dépenses de l'État afin de garantir les acquis de la société québécoise.Mais nous osons, en ce qui nous concerne, remettre en question le choix de ces compressions de personnel qui, selon nous, vient en contradiction avec le discours politique de votre gouvernement.Le premier ministre Lucien Bouchard déclarait lors de son discours inaugural qu'il fallait oser assainir les finances publiques pour faire de la place aux jeunes et à ceux qui ont le droit d'avoir un avenir et oser assainir les finances publiques pour favoriser l'équité des chances à l'emploi.Ce discours nous semble vide de sens puisque les mesures adoptées auront l'effet contraire.Nous en sommes un exemple concret.Il y a près de huit ans le ministère de la Justice du Québec nous recrutait successivement comme occasionnelles pour un projet visant à récupérer pour l'État des sommes dues à titre alimentaire aux bénéficiaires de dernier recours.À notre travail s'ajoute aussi un aspect appréciable de « dissua-tion » et « d'éducation ».L'État, par notre intermédiaire, oblige les débiteurs à prendre leurs responsabilités envers leurs enfants et leurs ex-conjoints( es ).C'est un message important que la société doit véhiculer compte tenu de la grande pauvreté dans laquelle vit une majorité de mères seules, bénéficiaires de l'aide de dernier recours.Ce service, nous l'avons implanté en huit ans dans plusieurs régions du Québec, par notre présence quotidienne à la Cour.L'ensemble des tribunaux et des avocats nous considère comme des partenaires compétentes et crédibles, détenant l'expertise de pointe dans ce domaine.L'histoire a voulu que pour remplir ce mandat, les candidats appelés fussent exclusivement des femmes.Au fil des ans, la pérennité du projet fut assurée par sa grande rentabilité, soit la récupération de plus de sept millions de dollars par année.Nous avons donc dans les faits cessé d'être des « occasionnelles » et avons de renouvellement en renouvellement vainement revendiqué notre vrai statut, celui de permanentes.Aujourd'hui le couperet tombe.Malheureusement ce sont « encore » des femmes qui écopent.Le mandat survivra, mais sans nous, sans aucune considération pour le travail effectué depuis toutes ces années.On licencie sept avocates» tantôt mères de jeunes familles, tantôt à la tête de familles monoparentales.Belle application du prin- cipe d'équité ! Nous comprenons sans aucune difficulté qu'il y a des efforts à faire et des solutions à trouver.Cependant, nous osons croire qu'il y a moyen de faire des coupes autrement, moins aveuglément et avec plus de discernement.Il nous est permis de douter que l'expertise, la stabilité et la rentabilité de ce service seront assurées à la suite à notre départ.Depuis un an votre gouvernement exprime avec justesse sa volonté de prioriser la question des pensions alimentaires : par l'adoption d'une loi facilitant le paiement des pensions alimentaires et par l'adoption d'un projet de fixation de barème pour les tribunaux.Dans un tel contexte, n'est-il pas illogique que vous mettiez à la porte des avocates qui sont parmi les meilleures expertes en cette matière au sein de la fonction publique ?Nous osons mettre notre dynamisme et nos convictions à votre service afin de trouver l'autre façon d'assainir les finances publiques.Nous nous occupons actuellement de récupérer des arrérages de pensions alimentaires.Ne devrions-nous pas en vertu de notre expertise être mises à contribution à l'étape de la fixation de ces pensions ?Une étude du ministère de la Sécurité du revenu et notre expérience ont par ailleurs démontré que notre intervention à ce stade des procédures a pour effet de faire « doubler » les pensions fixées par les tribunaux.De plus, nous croyons que le ministère du Revenu aura sous peu un besoin criant en avocats pour travailler à l'application de la nouvelle Loi facilitant le paiement des pensions alimentaires.Voici des solutions de rechange et il y en a bien d'autres.Nous voudrions oser croire en la bonne foi du gouvernement.Pour cela, nous vous invitons à remettre en question ce choix de compressions budgétaires qui nous semble à courte vue.M» Julie Baril, M« Carole Gravel, W Michèle Uvergne, M* Dominique LegauK, M* Denise RoMard, M« Isabelle Tougis, M* Claire Tmdet 999 De Néron à Coca-Cola PIERRE DESJARDINS L'auteur est professeur de philosophie au collège Montmorency À l'origine, l'olympisme était une trêve de quelques mois que Ton s'accordait de part et d'autre durant les guerres pour permettre aux citoyens de s'entraîner à l'art du combat.Mais ces « jeux » ont, faut-il le préciser, très vite dégénéré : s'ils furent au début associés à l'idée de la « pai-déia » grecque, c'est-à-dire l'art d'initier les jeunes aux choses importantes pour la cité, ils furent vite pervertis car, dès l'ère romaine, les empereurs, notamment Néron, n'y virent que l'expression de leur pouvoir.Et déjà, à l'époque de Rome, les compétitions olympiques étaient devenues des spectacles féroces devant lesquels le public hurlait et sur lesquels on pariait fort.Et aujourd'hui, qu'en est-il donc?Les rivalités belligérantes entre peuples ayant été mises de côté depuis la fin de la guerre froide, l'olympisme serait-il alors enfin devenu plus « civilisé » ?Je ne crois pas : malgré les bons voeux du fondateur des Jeux de l'ère moderne, Pierre de Coubertin, les rivalités n'ont effectivement pas cessé.Elles ont cependant changé de terrain : nous en sommes maintenant, à l'image du libre marché qui règne sur nos sociétés, aux rivalités commerciales entre multinationales.Ces grandes firmes privées qui, utilisent sans scrupule les meilleurs athlètes du monde afin de se positionner sur l'échiquier du commerce international, ont une fois de plus dans l'histoire des Jeux détourné le sens du mérite sportif.Les belligérants d'hier ont vendu leur âme à leur mentor, et nos antiques dieux du stade ont été remplacés sur le podium par les veaux d'or actuels de la consommation et de la vile marchandise, de la pacotille hissée au rang de divinité, de toutes les marques de produits qui feront rêver des milliards de téléspectateurs écrasés pendant deux semaines devant leur téléviseur.Nous sommes passés de l'ère de Néron a celle de Coca-Cola : c'est à la parade des nouveaux pouvoirs que nous aurons droit à Atlanta ; non plus ceux, devenus désuets et uniquement symboliques, des athlètes nationaux exhibant fièrement mais naïvement leur drapeau lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux, mais plutôt ceux, omniprésents à l'échelle du globe, du néo-libéralisme économique ayant réussi, à l'instar de ce qu'il a fait avec le sport « professionnel », à asservir l'athlétisme olympique à ses fins promotionnelles.Ce qui restait dans ces olympiades, de la grandeur et de la beauté du sport, cédera sa place au tape-à-l'oeil et au m'as-tu-vu le plus mercantile.Et ce sera de nouveau sur l'autel du dieu argent que sera sacrifié le sport devenu l'otage de publicistes sans patrie, ni éthique ni morale.Après ces Jeux, nous saurons sûrement où déposer notre argent, quoi manger, quoi boire, quel téléviseur ou quel ordinateur acheter, ou quelle marque de chaussures ou de voiture choisir; peut-être nous rappellerons-nous aussi du nom des plus grands vainqueurs des Jeux et de leur sponsor, mais qu'aurons-nous retenu de l'exemple du courage et de la détermination de l'ensemble des athlètes ?Le vedettariat sportif se faisant garant du matérialisme le plus éculé, les vrais vainqueurs de ces Jeux seront plutôt à mon avis les « grands » du libre marché : ils profiteront de cette manifestation sportive mondiale pour se disputer la planète et ses marchés, comme s'il s'agissait d'un ballon de football.Suivant ce nouvel esprit mercantile qui.semble vouloir dominer les Jeux, les pays riches auront, tout comme déjà lors des derniers Jeux d'été, recours a « leurs » athlètes « professionnels » qui, en tant que simples produits du libre-marché, seront guidés uniquement par l'argent pour choisir leur conduite ou leur m appartenance nationale ».L'acceptation de ces joueurs par le Comité international olympique constitue évidemment un déni flagrant des idéaux que voulait mettre de l'avant Pierre de Coubertin car ces pros du sport ne sont là que pour gagner, envers et contre tous, la signature de leur prochain « gros » contrat sur la scène « professionnelle » en dépendant évidemment.Et nous, nous nous verrons contraints de consommer ce spectacle sportif grotesque « arrangé » que nous imposent les « faiseurs d'images », ces stations de télévision complètement à la solde de leurs riches et omnipuis-sants commanditaires.Mais posons la question : au niveau du sport lui-même, quelles sont les répercussions de Jeux olympiques commercialisés de la sorte ?Car ce qui, selon le baron Pierre de Coubertin, devait être une voie d'éducation populaire, un support de la fraternité humaine et de la compréhension internationale me semble plutôt tourner maintenant au crétinisme organise.Avec les trois milliards dépensés uniquement pour l'organisation et la télédiffusion commerciale des Jeux, quel est l'impact réel de ce sport-spectacle d'élite sur « nos corps et nos es- prits » et notamment sur le développement de l'activité sportive au sein de nos communautés ?Rappelons-nous les mots qu'écrivait le baron de Coubertin en 1928 : « Je voudrais un lieu d'où les concours et les records soient proscrits, mais où, chaque adulte, à tout moment, selon sa convenance, puisse sans risquer d'être épié, critiqué, se livrer gratuitement aux exercices les plus simples : courses, sauts, lancers, gymnastique.Le culte du record mondial déborde fâcheusement sur la foule de ceux qui n'y peuvent aucunement aspirer et pourtant s'en inspirent.» ( Lettre à Franz Reichel, Le Figaro, 8 juillet 1928).On sait déjà que, dans nombre de pays, plus rien n'assure le bien-être physique de la population ; au contraire, pendant que des compagnies richissimes \u2014avec l'approbation des gouvernements locaux \u2014 subventionnent à prix d'or l'élite sportive olympique ou le sport « professionnel », c'est-à-dire « leurs » super-athlètes qui, devant des millions de téléspectateurs, se verront décerner en « leur » nom des trophées ou des médailles, on laisse sans remords se dégrader la santé publique.Même dans les pays fortement industrialisés comme les États-Unis, pays hôte des Jeux, les installations sportives se font inaccessibles aux citoyens ordinaires ; seuls les plus fortunés \u2014ou, disons, les plus déterminés\u2014 peuvent se payer certaines pratiques sportives qui demeurent un grand luxe pour les classes moyennes.Les citoyens sont pourtant en très mauvaise condition physique ; l'on sait qu'un Nord-Américain sur quatre souffre d'obésité.Et chez nous, la chose n'est guère plus reluisante : alors que s'élance dans le ciel de Montréal un stade en ruine d'un milliard de dollars, ( intérêts non compris ), la Ville de Montréal hésite cet été à dépenser quelques milliers de dollars pour promouvoir l'activité sportive chez les jeunes ; ses installations sportives sont, dans l'ensemble et depuis des années, dans un état lamentable.Le simple citoyen peut bien, comme dit l'expression populaire, « aller se rhabiller », et oublier l'équilibre physique et mental que pourrait lui procurer le sport s'il vivait dans un monde dépourvu de tous ces lugubres exploiteurs de nos corps et de nos esprits.Je crois que ce qu'on appelle déjà, en raison de leur commercialisation excessive, les Jeux Coca-cola de l'histoire olympique, marquent un malheureux mais décisif tournant dans l'évolution des Jeux, un tournant que le comité international olympique ( CIO ) devra revoir et rectifier au plus tôt avant qu'il ne soit trop tard.Sinon, au train ou vont les choses dans le domaine de l'olympisme, nous en serons malheureusement en effet vite réduits à vivre sur une bien « petite planète », comme nous l'annonce déjà une pub d'IBM. B 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 13 JUILLET 1996 Plus vingt ans, Montréal enivrait d'olympisme UNE PAGE D'HISTOIRE mm Pierre Verinat Ces jours-ci, toute l'attention se porte vers Atlanta où se déroulent cette année les Jeux olympiques.Mais tout cela ne doit pas nous faire oublier qu'il y a exactement vingt ans, c'était ici même, à Montréal, que ça se passait.Des Jeux dont le coût faramineux, qu'on n'a pas encore fini d'éponger, fait toujours jaser.Une commission d'enquête, présidée par le juge Malouf, devait d'ailleurs blâmer sévèrement le maire Jean Drapeau pour ses projets grandioses.Un stade dont la toile qui se déchire, dont le toit rétractable qui ne s'ouvre plus, les poutres qui font craindre pour la sécurité ont fait la manchette depuis vingt ans.Il en est de même pour la malheureuse exposition artistique Corridart, qui avait pour but de faire renaître la rue Sherbrooke, entre Atwater et le Stade olympique et que le comité exécutif fit détruire en pleine nuit.Bref, comme le craignait Roger Rousseau, ce diplomate tiré du Cameroun pour agir comme commissaire général des Jeux de 1976, il s'en fallut de peu pour que les Jeux de Montréal ne soient des jeux maudits ! Et pourtant ces Jeux qui, pendant deux semaines, furent un succès, charmèrent, amenèrent à Montréal des dizaines de milliers de visiteurs, constituèrent une trêve dans le ciel politique animé de l'année 1976.Des Jeux qui, malgré le boycott des pays africains faisant porter au Canada le poids de leur colère envers la Nouvelle-Zélande qui persistait à maintenir ses relations sportives avec l'Afrique du Sud, constituèrent un succès sportif.Des Jeux pendant lesquels la jeune gymnaste Nadia Comaneci gagna le coeur de millions de personnes à travers le monde à tel point que son récent mariage en Roumanie fit la manchette de tous les téléjournaux, vingt ans après ses exploits olympiques.Des Jeux pendant lesquels la reine Elisabeth put circuler sans problème à Montréal, dans une province qui se préparait à porter au pouvoir, quatre mois plus tard, René Lévesque et son gouvernement souverainiste.«Merci Jean» En juillet 1976, les Montréalais avaient donc l'esprit à la fête et Jean Drapeau était leur héros.Dans les rues de Montréal, de dizaines, probablement des centaines de milliers de personnes s'étaient massées le long des rues, entassées sur les balcons des maisons, chandelles à la main, ferveur dans le regard et sourire accroché au visage pour souligner le passage de la flamme olyumpique.Comme l'écrivait alors Réjean Tremblay, « les motocyclettes pétaradantes des policiers, les sirènes, les autobus qui précédaient les coureurs, rien de cela ne pouvait altérer la \"qualité\" de l'air qu'on respirait à Montréal.une atmosphère de joie et de fraternité ».« Et quand Kathy Kreiner, médaille d'or à Innsbruck, l'hiver précédent, et Gérard Côté, gagnant du marathon de Boston à quatre reprises, alors âgé de 67 ans, ont apporté la flamme au pied de la croix du mont Royal et allumé la vasque, ce curieux mélange de christianisme et de paganisme a incité des jeunes à crier : \"Remercions l'Être supérieur\", alors que d'autres scandaient : \"Merci Jean, merci M.Drapeau\".» Dès le début des Jeux, il était évident que les Montréalais avaient le coeur à la fête, et que rien n'allait les en détourner.L'arrivée dans m Véritable héros des Jeux, Jean Drapeau hisse le drapeau olympique sur «son» stade.Pendant deux semaines, toutes les polémiques sur le coût des Jeux et du Stade se sont tues.le Stade de la flamme portée par deux jeunes \u2014 une première dans l'histoire des Jeux modernes, le Montréalais Stéphane Préfontaine et la Torontoise Sandra Hender- son \u2014 l'allumage de la vasque, la prestation de serment par Pierre Saint-Jean au nom de tous les compétiteurs, et peut-être aussi la place prioritaire donnée au français, tout provoqua chez la foule un enthousiasme quasi délirant.Même la Reine Elisabeth et son époux le prince Phillip furent accueillis par des applaudissements très nourris, à la surprise de plusieurs.Une fête douce Il en fut ainsi pendant deux semaines.Dans La Presse, Claude Gravel écrivait quant à lui qu'on se croyait plongé en plein Zola, la misère humaine en moins.Il n'y avait point de message.Sauf que Montréal fêtait.Mais c'était une fête sans cris et sans éclat.Ici et là, des grappes plus bruyantes se détachaient mais, dans l'ensemble, c'était une fête douce.Les restaurants et les discothèques du centre et de l'ouest de la ville étaient bondés.Les seuls mécontents étaient les chauffeurs de taxi.Eux n'ont pas fait d'affaires d'or.Lorsque tout fut fini, les gens se sont levés pour acclamer le maire de Montréal, Jean Drapeau.L'hommage était tout entier dirigé vers le maire Drapeau, rejetant, dans l'ombre le premier ministre Robert Bourassa assis à ses côtés.Jusqu'à la fin, malgré l'intervention de sauvetage de M.Bourassa et son équipe, les Jeux auront donc été l'affaire du maire Drapeau.Mais, comme l'écrivait l'éditorialiste Jean-Guy Dubuc le lendemain : « Les Jeux de Montréal sont finis à tout jamais.Tant de fois, on a entendu des gens à tous les niveau dire : \"Tout cet argent dépensé pour seulement deux semaines de festivités.\" Et ces gens ont raison.Si les Jeux nous ont coûté un milliard de dollars pour faire une fête aussi brève, ils sont cent fois ou mille fois trop chers.Ils sont un scandale et une injustice.» Malgré tout, il reste toujours, vingt ans plus tard, un souvenir de fraternité et d'amitié.Et c'est beaucoup.On se serait cru, par moments, aux plus beaux jours d'Expo 67.En 1976, on rêvait de paix et d'amour.Les Montréalais avaient les soucis bien loin.Pendant deux semaines, ils ont oublié leur grisaille.Corridart: de Montréal à Atlanta.PASCALE CHOQUETTE collaboration spéciale En ce centième anniversaire des Jeux olympiques modernes, ce sont les exploits sportifs, l'histoire générale et le sport qui sont à l'honneur dans les rappels des Jeux.Or, dès les premiers Jeux, le baron Pierre de Coubertin espérait faire des olympiades une exaltation de l'Homme complet et donc, de stimuler la performance physique et intellectuelle en liant le sport et l'art.Ambitieux projet.De 1912 aux années 40, les artistes et les athlètes reçurent des prix au podium à chaque olympiade.Toutefois, la difficulté de primer des oeuvres \u2014 les critères évidents des dixièmes de secondes inhérents aux compétition sportives étant ici inappropriés\u2014 les artistes se désintéressèrent de ces concours.Depuis 1948, ces compétitions artistiques se sont transformées en obligation pour la ville hôtesse d'organiser, en parallèle, un volet culturel rassemblant des artistes de tous les pays participants.Cela afin de rappeler encore plus précisément un autre anniversaire, moins glorieux celui-là, et qui entache à jamais l'histoire des Jeux olympiques de Montréal : « L'affaire Corridart ».Les Jeux olympiques de Montréal en 1976 ne sont pas seulement particuliers quant à leur monumental déficit, un des premiers d'une telle envergure dans les annales des Jeux, mais parce qu'ils comportaient un volet culturel au contenu exclusivement canadien.Ainsi créait-on un précédent puisque, auparavant, les olympiades rassemblaient des artistes et des artisans de tous les pays participants.L'ensemble des provinces canadiennes fut représenté et participa au budget de 8,5 millions du programme Arts et culture du COJO.De toutes les activités culturelles, une seule était ' exclusivement consacrée lux altistes québécois: Corridart, qui se déroulait rue Sherbrooke.Corridart d'Atwater à Pie IX Rappelons les faits, Corridart rue Sherbrooke était une exposition d'art\" contemporain à ciel ouvert, i inancée entièrement par le gou- Inaugurée dés le 7 juillet, Corridart a reçu un accueil mitigé de la part des critiques.L'exposition fut démantelée dans la nuit du 13 Juillet, trois Jours avant l'ouverture des Jeux, par la Ville de Montréal qui prétextait l'absence d'oeuvres d'art.vemement du Québec, au coût de 350 000 $, « cette galerie d'art » gérait le plus gros montant alloué à une activité du programme Arts et culture du COJO.Située le long de la rue Sherbrooke sur un parcours de 8 km, delà rue Atwater au Stade de la rue Pie IX, cette exposition avait été élaborée par Melvin Charney.Elle rassemblait une soixantaine d'artis-tes dont une vingtaine lurent choisis par concours pour un ensemble d< ll projets différents.Ces artistes, ayant différentes pratiques artistiques, parèrent la rue Sherbrooke d'un labyrinthe de pierres d'une tonne chacune ( Stone Maze, de William Vazan ) ; de boites-hommages rassemblant divers objets, textes ou photos de personnalités ayant vécu sur ou autour de la rue Sherbrooke ( Légende des artistes, de Françoise Sullivan); de photos-montage ( Une rue montréalaise, de Marc Cramer et Rues-miroirs, de Kevin McKenna ) ; et de nombreuses autres oeuvres.Inauguré dès le 7 juillet, Corridart eut un accueil mitigé de la part des critiques.L'exposition fut démantelée dans la nuit du 13 au 14 juillet, donc trois jours avant l'ouverture des Jeux, par la Ville de Montréal.Certaines oeuvres furent eut reposées en secret à la fourrière municipale et d'autres furent envoyées au dépotoir.La raison, selon la Ville, de cette mesure radicale : l'absence d'oeuvres d'art, fcn l'absence de Charte des droits et libertés, une quinzaine d'artistes in- tentèrent un procès en dommages et intérêts contre Montréal.En 1981, un jugement défavorable au Comité des artistes de Corridart fut rendu par le juge Deslauriers.II portait sur l'esthétisme de l'exposition.Les artistes interjetèrent appel et cette affaire fut résolue 12 ans après le démantèlement, en 1988, par un règlement à l'amiable au moment où Montréal était dirigé par le RCM.Les oeuvres Plusieurs oeuvres lurent critiquées: une réplique couchée de la croix du mont Royal, par Pierre Ayot et Denis Forcier ; le Télétron, de Michael llaslam, qui diffusait des textes ci de la poésie hétérodoxes; l'oeuvre de Jean-Pierre Se- guin, Intervention, qui consistait en deux amoncellements de boîtes de carton dont l'un protégé par une bâche.Toutefois, ce sont les échafaudages jaunes, et les oeuvres de fond de Corridart, les mains didactiques qui pointaient leur index sur des centres d'intérêt et l'oeuvre Mémoire de la rue de Jean-Claude Marsan, Lucie Ruelland et Pierre Richard, soit des agrandissements de photos d'archives de la grande et petite histoire de la rue Sherbrooke, qui canalisèrent la colère de l'élite montréalaise de l'époque.Les artistes participant à Corridart n'avaient aucun droit de regard sur le concept de l'exposition.Néanmoins, toute exposition, jugée « laide et obscène » par le maire Jean Drapeau lors du procès, fut démantelée.Précisons que personne ne put voir l'exposition dans son ensemble.Corridart, censure politique ?Dans l'histoire culturelle québécoise, il y a peu de geste de censure aussi éclatant que cette affaire.Corridart fut un sacrifice exemplaire à l'autel de la conformité, de l'académisme et d'une certaine vision qui écarte le moindre discours parallèle.L'affaire Corridart ne devint jamais une affaire politique confinée qu'elle fut dans le champ de l'esthétisme par des points de vue superficiels.Le verdict, rendu en mai 1981, dégagea la Ville de Montréal de ses responsabilités et le jugement à l'amiable permit aux artistes de recevoir réparation.Toutefois, les responsabilités du démantèlement ne furent jamais dégagées et certaines contradictions et points obscures demeurent.De nombreux cas de censure semblable à l'affaire Corridart nous sont parvenus par l'entremise des médias et ces derniers ont contribué à accentuer une pression sociale sur les pays où cette censure s'est exercée.Citons en exemple le cas de l'URSS qui, en 1974, fit démanteler à l'aide de bulldozers une exposition d'art en plein air dans la capitale moscovite.En avril dernier, la ville de Buenos Aires, en Argentine, fit démanteler une exposition de murales extérieures.Les multiples débats entourant l'art contemporain et la musique actuelle laissent à penser que d'autres événements du genre peuvent se produire. Québec doit légiférer pour barinir les cumulards Plus de 2 500 postes auraient pu être créés si la double rémunération était réglementée KATIA GAGNON du bureau de La Presse, QUÉBEC Alors que 2 000 personnes se pressent aux portes pour tenter d'obtenir une soixantaine d'emplois dans un nouveau Provigo de la région de Québec, plus de 2 500 postes auraient pu être créés dans la Fonction publique québécoise et l'entreprise privée si plusieurs retraités de l'État ne touchaient pas, en plus de leur pension, un nouveau salaire.Cette ironique réalité fait sortir de ses gonds le président de l'Association des cadres de collège, Jean Perron, qui a présenté la semaine dernière un mémoire incisif lors de la consultation qui se termine à Québec, dans la discrétion la plus totale, sur ce phénomène de la double rémunération.Au moment où il avait lui-même dû abandonner, en pleine controverse, sa pension de député fédéral, le premier ministre Lucien Bouchard avait en effet demandé à un groupe de travail de lui faire rapport sur la question.L'ouvrage fait, depuis ce printemps, l'objet d'une consultation et le mémoire de l'ACCQ est venu jeter un pavé dans la mare, puisque l'association considère que le gouvernement est beaucoup trop timide dans ses recommandations et devrait sévir très sévèrement contre ces cumulards de l'État.« Le Québec est l'une des rares provinces qui n'a pas légiféré en cette matière.L'État \u2014qui vit des problèmes économiques certains \u2014 paie certaines personnes deux fois et s'en lave les mains », s'insurge M.Perron.Au gouvernement fédéral, on est beaucoup plus sévère, il -lustre-t-il : la rente versée au retraité cesse complètement lorsque cette personne occupe de nouveau un emploi dans la fonction publique.« Il ne s'agit pas de sacrifier les aînés à la jeune génération.Mais d'un côté, on a des gens qui ont un revenu, souvent plus que modeste, et de l'autre, on a des jeunes qui n'ont aucun revenu.Un travailleur sur trois n'a pas d'emploi », rappel-le-t-il.Bannir les retraités L'ACCQ propose donc d'interdire carrément l'embauche, dans le secteur public, de tout retraité \u2014 du secteur public, fédéral comme provincial ou du secteur privé \u2014 peu importe son ancien emploi.On voudrait également que le gouvernement exige de ces fournisseurs de services qu'aucun retraité du secteur public ne soit à son emploi, afin de contrer la tendance de plus en plus importante à la « sous-traitance » de retraités de l'État.Le Québec devrait donner force de loi à ces dispositions et accorder un an aux entreprises et aux personnes pour s'y conformer.Le gouvernement devrait également inclure dans ces dispositions toutes les sociétés d'État dont il est l'actionnaire majoritaire.Ce secteur public revu et corrigé regrouperait donc 770 000 travailleurs et retraités.L'ACCQ juge également que le gouvernement devrait déterminer si ce phénomène touche aussi le secteur privé, auquel cas il y aurait peut-être lieu de le circonscrire plus largement.« La question importante n'est pas de savoir si le cumul de revenus provient exclusivement des fonds publics, mais bien de déterminer le fardeau indirect qu'il entraîne et le nombre de postes à temps plein qui s'en trouve réduit », écrit M.Perron.Ce dernier ne nie pas que le gouvernement ait besoin, dans certaines circonstances, de l'expertise d'un retraité de l'État.« Mais pour une courte période, pas à vie », lan-ce-t-il.De plus, les fonctionnaires prenant leur retraite de plus en plus jeunes, la tentation sera grande, dans les prochaines années, de se fier exclusivement à ce bassin immense de travailleurs compétents.La question de la transmission des connaissances à des plus jeunes se pose donc de façon aiguë.Un bassin de compétences m Comment peut-on exploiter ses compétences sans empêcher des plus jeunes de les acquérir ?C'est ça la question », résume M.Perron.Le président de l'ACCQ suggère donc d'augmenter les exemptions fiscales des retraités à faible revenu plutôt que leur permettre un accès illimité au marché du travail et surtout, il suggère que les retraités de l'État qui désireraient agir bénévolement au sein de l'appareil d'État bénéficient aussi d'un traitement de faveur au niveau fiscal.« Plusieurs approches peuvent être considérées », dit-il.Selon les données de la Commi-sion administrative des régimes de retraite et d'assurance, qui administre les régimes de retraite de plus de 80 % des employés du secteur public, 40 000 de ses 550 000 cotisants ont cumulé deux revenus en 1993 en oeuvrant pour plus d'un employeur, qu'il soit du secteur privé ou public.Cette pratique de double rémunération est réellement entrée dans les moeurs : à preuve, la réaction du premier ministre Bouchard lorsqu'on lui demandait, au printemps, d'abandonner sa pension de député fédéral.«< Toutes ces années à Ottawa, je l'ai gagnée, cette retraite ! Et j'en ai payé presque la moitié », déclare M.Bouchard dans l'ouvrage du journaliste Michel Vastel.Le premier ministre fraîchement élu s'était à l'époque fait rappeler à l'ordre par le cardinal Jean-Claude Turcotte, qui jugeait que le premier ministre aurait été bien mal avisé d'empocher deux revenus alors qu'il s'apprêtait justement à demander des sacrifices à la population.Mais certains fonctionnaires de l'Eut, qui bénéficient de la pratique, voient les choses d'un autre oeil.« J'ai payé la moitié de ma pension.J'aurais pu l'investir dans un REER ou ailleurs.Et, de toute façon, j'aurais pu aller travailler dans le secteur privé et avoir ma pleine pension », souligne un haut fonctionnaire, qui gagne un salaire confortable en plus de toucher une partie de sa rente de retraite.Policiers et politiciens devront faire front commun Jean-Paul Charbonneau Des millions de dollars pourraient être économisés par l'ensemble des municipalités du Québec, tout en augmentant l'efficacité des forces de l'ordre, si les politiciens et les autorités policières faisaient front commun « au lieu de se renfermer dans leur petit clocher afin de ne pas perdre leur chasse gardée ».C'est ce qui ressort d'une série d'interviews de chefs de police et de dirigeants syndicaux réalisées lors du dernier congrès de l'Association des directeurs de police et pompiers ( ADPPQ ), et de la lecture du document du ministre de la Sécurité publique, Robert Per-reault, intitulé Vers une organisation policière plus efficace, plus équitable, plus communauUiire.« Notre position est la même depuis 10 ans et plus, explique le directeur général de l'ADPPQ, Lorrain Audy.Les municipalités de moins de 5 000 habitants doivent être des territoires relevant de la Sûreté du Québec.Mettre sur pied avec les MRC et la SQ des services de police est un excellent projet, ça ressemble à la police de quartier que Jacques Duchesneau est en train d'implanter à travers la Communauté urbaine de Montréal.Le ministre Perreault est sur la bonne voie.Une fois les services de base sur pied en 1997, il faudra tenir compte du fait que la Loi de police parle aussi d'of-trir des services adéquats.On peut être adéquat en payant très cher ou en favorisant des ententes entre corps de police qui réduiraient les coûts.Les escouades spé-ti.tlisées et de soutien des services de police municipaux pourraient desservir une même grande région.Il ne faut pas, toutefois, que le mi nistre donne trop de pouvoir aux «D'accord pour des patrouilles locales autonomes, mais pourquoi ne pas regrouper tous les services spécialisés.La criminalité à Montréal, à Laval où sur la Rive-Sud est la même.» municipalités, il ne faut pas revenir à une police politique.» « Le rapport Pichette ( groupe de travail sur Montréal et sa région ), c'est la solution de l'avenir, affirme pour sa part le président de la Fraternité des policiers de la CUM, Yves Prud'Homme.Pourquoi avoir dans la grande région de Montréal des doublements de services policiers offerts aux diverses populations.D'accord pour des patrouilles locales autonomes, mais pourquoi ne pas regrouper tous les services spécialisés.La criminalité à Montréal, à Laval où sur la Rive-Sud est la même, » « Bien sûr qu'il y a trop de corps de police, pense André Nadon, vice-président de la Fédération des policiers du Québec.Pour avoir une police plus efficace, il va falloir que le gouvernement mette ses culottes, comme celui de Jean Lesa-ge au début des années 60, qui a décrété la fusion des 14 municipalités de l'île Jésus pour créer Laval.Les sondages étaient contre, tout comme plusieurs politiciens.Mais le gouvernement a décidé et il a tranché.» Ceux qui prendront la route du Québec pendant les vacances pourront constater comment les postes de police des diverses* municipalités sont près les uns des autres.Et dans chacun, il y a des cellules, des salles pour prises d'empreintes digitales et de photos, des postes de communications etc.L'exercice en vaut la peine.À certains endroits, dans les villes de banlieue, un sergent a en moyenne un peu plus de deux agents sous ses ordres.Au SPCUM, un sergent en a entre 15 et 20.Si les élus locaux veulent réellement réaliser des économies tout en maintenant des services adéquats, pourquoi ne pas avoir un seul numéro de téléphone, un seul poste avec tout l'équipement nécessaire et un seul répartiteur pour desservir une même région ?Montréal et Québec Le ministre Perreault a informé l'ADPPQ qu'il y aurait probablement un régime spécial pour les régions de Montréal et de Québec.À Québec, il est de plus en plus question d'une union des services spécialisés des villes avoisi-nantes afin de ne plus faire appel à la SQ.Au SPCUM, des rencontres se- Yves Prud'Homme crêtes ont lieu depuis des semaines afin de mettre sur papier un plan qui ressemblerait à celui présenté dans le rapport Pichette visant à desservir 110 municipalités.Avec les escouades spécialisées regroupées dans le grand Montréal, il pourrait n'y avoir sur la Rive-Sud qu'un seul centre de détention \u2014 au lieu d'un par ville comme actuellement \u2014 situé à Longueuil où tous les corps de police amèneraient leurs prévenus.À cet endroit, il y aurait prises d'empreintes et de photos.On pourrait aussi y faire les comparutions par vidéo.Cela permettrait des économies considérables.Que penser aussi du dédoublement actuel d'équipements et du gaspillage de milliers de dollars à Montréal.À quelques kilomètres de distance, on retrouve les quartiers généraux de la SQ et du SPCUM avec les mêmes fichiers et équipements spécialisés.Si les deux directions se parlaient sérieusement au lieu de tirer la couverture chacun de leur côté, des économies importantes pourraient être réalisées en fusionnant certains départements.Toutes les personnes rencontrées soutiennent que la SQ a sa raison d'être en dehors des régions périphériques de Montréal et de Québec.Dans ces deux centres urbains, la sécurité de la population est la responsabilité des corps de police municipaux qui doivent regrouper leurs services spécialisés afin d'être prêts à faire face a toute éventualité Lorrain Audy Des chiffres En 1994, les services policiers au Québec ont coûté 1 299 701 123 $ : SQ.445 934 500 $ SPCUM.393 335 378$ Corps de police (villes de plus de 5 000 habitants) .449 610 449 $ Moins de 5 000.10 MO 796 $ Au SPCUM, les coûts de la police représentent 13,08 % du budget total de la CUM.Après l'Ontario ( 194 $ ), c'est le Québec qui vient en tête des provinces canadiennes pour les coûts consacrés aux services po- liciers avec 193 $ par habitant.Au Québec, il y a 13 330 policiers, ce qui représente un ratio de 1,85 agent par l 000 habitants.Tout en gardant à peu près les mêmes effectifs, il est possible de diminuer les coûts en procédant à une meilleure répartition.L'assiette est divisée en trois : la SQ emploie le tiers des policiers, le SPCUM un autre tiers et les corps municipaux l'autre.En pensant à sa police nationale, le gouvernement du Parti québécois veut maintenir des effectifs supérieurs à 4 000 à la SQ.Les économies ainsi réalisées par la disparition des chevauchements seraient énormes, même si les municipalités devaient payer pour avoir droit aux services spécialisés du SPCUM.Actuellement, quand Saint-Hubert ou Boisbriand demande l'assistance de la SQ, il n'en coûte rien.Dans des cas particuliers comme la guerre des motards ou la lutte au crime organisé, tous reconnaissent que les services de renseignements de la SQ, du SPCUM et même de la GRC doivent unir leurs forces.Toutes les administrations cher-' chent des solutions pour économisa des millions.« C'est à force de se parler que les élus vont trouver des solutions sans rien enlever aux contribuables », croit M.Prud'Homme.« Il est nécessaire d'avoir une police communautaire.Lors de la création de la CUM, ce fut une erreur de \"montréaliser\" la police.Vingt-cinq ans plus tard, Jacques Duchesneau renvoie les policiers dans chacune des municipalités pour qu'ils soient plus proches de la population, sans pour autant abandonner ses sections spécialisées », a précisé.Audy, ex-membre dt* l'état - major du SPCUM- T B 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI l 3 JUILLET 1996 Plus «Avec l'apparition de nouvelles générations nées dans des conditions de dénuement et d'isolement, la notion d'opposition cède le pas à une culture de la ségrégation de plus en plus autonome et indépendante.Le gang de rue est, en quelque sorte, la figure emblématique de cette culture de ségrégation et d'exclusion.» Si on veut que nos enfants suivent nos traces % i » .il faudrait faire attention où on se met les pieds i t -2- Samedi dernier, La Presse publiait la première tranche de la conférence prononcée par Maurice Chalom devant l'Association des directeurs de police et de pompiers réunie à Québec.Cette semaine, nous présentons la deuxième et dernière tranche de cette intervention remarquée sur la violence et Vémergence des gangs en milieu urbain.Les sous-titres et le choix des extraits sont de La Presse.MAURICE CHALOM conseiller en relation avec la communauté auprès du SPCUM Il apparaît clairement que la famille, l'école et le quartier font partie de l'environnement immédiat de l'individu et jouent un rôle déterminant dans l'expression de la violence et des conduites délinquantes.\u2014 Les travaux sur la famille font ressortir une forte corrélation entre une structure familiale inadéquate et un comportement déviant.Qu'il s'agisse de relations conjugales conflictuelles, d'absence de discipline ou de modes de contrôles déficients, d'un manque d'affection, d'une faible cohésion familiale ou d'une piètre qualité relationnelle entre les membres de la famille ou encore d'une stucture familiale dissociée; il appert que l'ampleur et la gravité des conduites délinquantes sont en relation directe avec une structure familiale déficiente.\u2014 En ce qui a trait à l'école, les études de Le Blanc et al.( 1992 ) entres autres, ont établi que l'inadaptation scolaire qui s'exprime par des troubles du comportement, un manque d'intérêt pour les études, etc., précède et, à la limite, annonce les conduites délinquantes.Hors de l'école, le jeune, inactif, recherchera l'association avec ses pairs, association qui devient à son tour un facteur déterminant des conduites délinquantes et d'expression de la violence.\u2014 La plupart des études relatives aux agglomérations urbaines concluent à des clivages entre quartiers.Ces clivages, certains auteurs parlent même de ségrégation, s'opèrent selon les classes sociales et, pour Montréal plus particulièrement, ces clivages s'opèrent également selon les groupes démo-linguistiques.L'interaction de la pauvreté \u2014résultat d'un chômage de longue durée\u2014 et du clivage accélère la concentration spatiale des plus démunis dans des isolats urbains dont la composition sociologique et ethnique est de plus en plus homogène.La cassure sociale Corrolairement, cette interaction contribue à orienter ces collectivités vers des activités économiques marginales voire même criminelles.Les facteurs associés à ce constat de dislocation sociale \u2014 assistanat, toxicomanie, maternités précoces \u2014 sont donc multiples et complexes et ne peuvent être simplement réduits à une explication de type « culture de pauvreté ».Il y a risque de cassure sociale.Risque qui pourrait être alimenté par l'émergence de revendication identitaire sur une base ethnique, d'autant plus que la situation d'exclusion alimente l'affirmation identitaire construite sur le refus de participation à la société globale et consacre, l'existence de ghettos totalement coupés du régime commun des échanges sociaux.Dans ces quartiers, se développe donc un système alternatif qui se définit en opposition aux idéaux et valeurs de toute société démocratique.Pour l'essentiel, il s'agit d'une culture qui explique et légitimise l'échec dont est faite la vie des résidants de ces quartiers en déshérence.Cette culture d'opposition, ou pour certains auteurs cette culture de la ségrégation, valorise et met en exergue un mode de vie qualifié de déviant et d'indigne pour le reste de la société.(.) Que peut faire la police ?La question du rôle et de l'efficacité policière dans le traitement de la violence chez les jeunes en général et des gangs en particulier ne peut faire l'économie d'une réflexion sur la lecture et le sens que l'institution policière fait et donne des réalités sociales d'une part et corollairement, de la compréhension qu'elle a de sa propre mission.Placée sur le continuum « mode technique \u2014 traitement politique », la police devrait-elle consacrer ses énergies à traquer le délinquant ou plutôt oeuvrer à enrayer ou contrôler le processus de marginalisation d'un segment de la population ?Si la réponse n'est pas évidente, c'est qu'elle traduit, entre autres choses, l'ambivalence qu'entretient l'institution policière à l'égard de sa mission.Face au phénomène des gang de rue, il y a urgence que notre institution réfléchisse à son intégrité propre : c'est-à-dire évalue à quel point ses actions concordent avec sa mission, et à quel point cette mission tient compte des besoins, des espoirs et des aspirations légitimes de sa clientèle.En regard des expériences européennes ( les observatoires sur la violence dans les cités ) et nord-américaines ( The Mi (ton Eisenho-wer Foundation, The Police Executif Research Forum ou encore the John Howard Society of Alberta ), il est cependant possible de «< profiler » le rôle et les stratégies de la police dans le traitement de la petite délinquance.Tout d'abord, l'identification et l'affiliation à un gang ne se produit pas du jour au lendemain.Des comportements « pré-gangs » se manifestent en générale dès l'âge de l'école primaire.Une observation attentive de comportements peut aider les éducateurs à dépister ces enfants ou ces pré-adolescents.Que l'on pense par exemple aux éléments suivants : \u2014 poor progress or achievement in school ; \u2014 truancy from school ; \u2014 lack of hobbies or something to do with leisure time ; \u2014fréquent négative contact with police ; \u2014 draws gang insignias ; \u2014 problems ai home ; \u2014 tattooing self; \u2014 résidence in a neighborhood where gangs exist ; \u2014friends are gang members or « dres-sing down » in gang attire ; \u2014 wants to dress in traditional gang cloutes.* Il est évident que le policier éducateur a un rôle de premier plan à jouer non seulement afin d'accumuler de l'information qui sera traitée et utilisée par d'autres unités de son organisation, mais aussi et surtout de développer conjointement avec le milieu scolaire et les affaires sociales des actions ciblées autant sur l'enfant que sur sa famille.Au plan de l'organisation policière, des stratégies ciblées sur des « quartiers à risque » peuvent également être élaborées* Que l'on pense par exemple à certaines façons de faire : 1.Establish a gang intelligence unit in the city police department which can function as a clearing-home and mo-nitoring center for gangs.2.Set up a hotline for youths and parents where advice on dealing with gangs can be disseminated.3.Enact both at the school board level and city government level ordinances making it a felony for gangs to recruit in school or intimidate youngsters to join a gang.4.Insist that schools make available a rich assortment of extracurricular programs for youngsters and provide incentives for them to participate in thèse programs.5.Organize a séries of workshops on street gangs, to be taught to parents, grandparents, and guardians of school-age children.6.Provide public seminars on « street gangs» throughout the calendar year.7.Run a séries of articles in newspapers on street gangs, stripping them of their mystique and exposing them for what they are.8.Encourage service clubs and church groups to sponsor a battery of corn-munity speak-outs during the year on the topic of street gangs, with the help of the police department, courts, youth service agencies, and schools.9.Recruit and organize an army ofeiti-zens to patrol trough their communi-ty and erase gang graffiti whenever it appears.La famille On ne le repétera jamais assez, personne ne peut remplacer la famille.Ceci étanj dit, un nombre grandissant de familles ne sont plus à même de remplir adéquatement leur rôle parental.Le policier, au même titre que le travailleur de rue, le travailleur social ou le travailleur communautaire peut contribuer à redonner aux parents leur rôle d'éducateurs.Il ne s'agit pour autant de se substituer aux autres intervenants mais de contribuer à redonner aux parents leur statut.(.) Depuis bientôt quinze ans, nous savons que l'efficacité passe par les approches globales et intégrées, qu'elle nécessite de travailler sur les causes et non sur les symptômes.Les actions intégrées ( prévention et répression ) et concenées ( à l'interne et à l'externe ) ont fait l'objet d'évaluations rigoureuses.L'Office of Juvénile and Delinquency Prévention du ministère de la Justice américain a procédé à une enquête, en 1987, auprès de 250 responsables de la police, de l'administration de la justice, de travailleurs sociaux, d'associations de 45 villes.Ces derniers étaient interrogés sur les politiques de leurs agences ou les programmes inter-agences mis en oeuvre.Cinq types de stratégies ont été recensés : \u2014 la sratégie répressive, incluant le travail de renseignement, l'interpellation, l'incarcération ; \u2014 la stratégie de l'intervention sociale s'appuyant sur un traite- mpnt catÎr\\ 1 rit»c ii»nni>f r\\t* l*>iir UIX-Ill I\"VIU1 WV.J JVUIIV.J V.I UV 1VU1 famille pris en charge par les services sociaux ; \u2014 la statégie de l'accroissement des opportunités d'insertion sociale par le développement de l'éducation, de la formation et de l'emploi ; \u2014 la statégie de la mobilisation communautaire avec la mise en oeuvre de programmes coordonnés entre les institutions représentant le système pénal et les organisations « communautaires », ( associations relais de la population par exemple ) ; \u2014 la stratégie de « l'organizational development » ou stratégie du « changement organisationnel » au sein des agences chargées du problème, reposant sur la création d'unités spéciales de lutte conte les gangs au sein des services de police, de systèmes de poursuite et de liberté surveillée spécialisés, d'interventions spécifiques à rencontre des noyaux durs.Cette stratégie vient souvent en appui aux précédentes^.) Le partenariat Par delà les nouvelles stratégies du contrôle social \u2014 l'approche de résolution de problèmes et des sta-tégies partenariales\u2014 ce sont les bases d'un nouveau contrat social qui sont à repenser, en commençant par doter les villes de politiques de développement économique et social étroitement liées.Car des signes prodromiques de convergence entre violence et insécurité se multiplient.Que l'on pense à la relégation de populations dans les secteurs les plus bas du marché du travail et des programmes de formation, à la déréliction d'un nombre croissant de citoyens, à l'apparition de la drogue et du développement de l'économie de transit \u2014tous ces phénomènes sont porteurs de violence \u2014 qui tendent à se cumuler dans les mêmes quartiers populaires en déshérence ( Body - Gen-drot, 1993 ).Le manque de possibilités de s'en sortir, la pauvreté omniprésente, le désespoir croissant activent une dynamique socio-psychologique, à l'origine de cette culture d'opposition.Les résidants de ces enclaves de pauvreté peuvent difficilement développer une estime de soi ou acquérir une certaine reconnaissance par des voies socialement acceptées.Parce qu'ils jugent avoir raté leur vie, selon les nonnes générales, ils se constituent un système de statuts parallèles définis par son opposition à la culture majoritaire Avec l'apparition de nouvelles générations nées dans des conditions de dénuement et d'isolement, la notion d'opposition cède le pas à une culture de la ségrégation de plus en plus autonome et indépendante.Le gang de rue est, en quelque sorte, la figure emblématique de cette culture de ségrégation et d'exclusion.En d'autres termes, oeuvrer selon un mode technique ( développer l'analyse tactique- gérer l'information quant au développement des gangs, effectuer des opérations coup de poing, développer des programmes de prévention de la violence à l'intention des publics scolaires) est totalement insuffisant.En effet, le principe d'économie et, reconnaisons-le, l'urgence de la situation qui conduit à privilégier les interventions sectorielles, s'avèrent particulièrement coûteux, plus coûteux en dépit des apparences que les politiques préventives plus amples et plus difficiles à mener.En outre, la facilité qui consiste à traiter le symptôme plutôt que la cause en réduisant, pour l'essentiel, la question sociale à une question de police à travers principalement la répression de la petite délin-quence, a finalement un coût exorbitant, au plan des économies locales et au plan du sentiment d'insécurité à la hausse parmi les populations urbaines.Rappelons-le, le phénomène des gangs de rue est symptomatique d'une situation sociale bien plus grave.Il ne s'agit pas d'une crise ponctuelle mais bien d'un processus général de déstabilisaiion des conditions socio-économiques d'un nombre croissant de citoyens.Cette situation sociale exige un traitement politique (action concertée pour agir sur les causes génératrices ) et des alternatives durables à la déshérence et à l'anomie.Notre conception du social et notre philosophie d'intervention influencent et délimitent grandement nos pratiques.Nous passons plus et trop de temps à justifier notre existence et nos programmes plutôt qu'à réfléchir ou repenser notre raison d'être, notre impact social et notre contribution réelle à l'amélioration de la condition humaine, celle des jeunes en particulier.^.) -FIN- LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 1 3 JUILLET 1096 Monde L'EXPRESS INTERNATIONAL LIBAN Cessez-le-feu ¦ Les cinq pays membres du comité de surveillance du cessez-le-feu au Liban sud ( États-Unis, France, Liban, Israël, Syrie) sont parvenus hier à Washington à un accord sur les modalités de contrôle de ce cessez-le-feu.Cet accord devrait permettre de mettre enfin sur pied le comité, prévu par l'arrangement du 26 avril entre Israël et le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah, qui faisait suite à deux semaines d'échanges de tirs par dessus la frontière israélo-libanaise et à d'intenses efforts de médiation des États-Unis et de la France.Un diplomate israélien a précisé que les pays participants considèrent que le comité « pourrait commencer à travailler d'ici à la fin juillet ».d'après AFP ITALIE Financement illégal ¦ Les deux anciens présidents du Conseil italien Silvio Berlus-coni et Bettino Craxi seront renvoyés devant la justice le 21 novembre à Milan pour financement illégal de part apolitique.Plusieurs dirigeants de Fi-ninvest, le holding de Berlusco-ni, devront répondre des mêmes chefs, dont Ubaldo Livolsi, directeur général du groupe de télévision Mediaset.Le frère de Craxi, Antonio, et son épouse Silvia Sàrda seront également dans le box des accusés pour avoir perçu illégalement de l'argent.Berlusconi est accusé d'avoir couvert le versement de 9 millions de dollars au Parti socialiste de Bettino Craxi par le canal d'une société du groupe Fininvest, All-Iberian.L'argent était déposé dans une banque de Lugano et à la Banque commerciale de développement, à Genève.Berlusconi est déjà en procès à Milan pour une autre affaire de corruption visant la Fininvest.Il est accusé d'avoir fermé les yeux sur le versement de pots-de-vin à des inpecteurs du fisc en échange d'audits complaisants.d'après Reuter MOSTAR Colère croate ¦ L'Union européenne, qui administre Mostar, cette ville bosniaque divisée en deux secteurs, l'un croate et l'autre musulman, a annoncé que les élections du 30 juin avaient été remportées par la liste multiethnique conduite par Safet Orucevic, actuellement maire du secteur musulman et favorable à la réunification de la ville.Cette annonce a provoqué la colère des nationalistes croates, partisans du maintien de la division de la ville en deux secteurs.Les élus croates, qui ont présenté une plainte pour fraude, refusent pour le moment de participer à la formation du conseil municipal.d'après AFP CAMBODGE Aide promise ¦ Une vingtaine de pays et d'institutions internationales se sont engagés hier à fournir 500 millions de dollars d'aide pour la reconstruction du Cambodge en 1996-1997.Les représentants de 16 pays et cinq institutions internationales réunis pendant trois jours à Tokyo ont publié un communiqué annonçant le montant de cette aide, auquel s'ajoutent 17 millions de dollars fournis par plusieurs Organisations non gouvernementales.Le Japon fournira près de 90 millions de dollars d'assistance économique plus 2,5 millions de dollars au titre de sa contribution au fonds de 16 millions de dollars destiné à financer le déminage du pays.Le Camdodge, représenté par les deux co-premiers ministres Norodom Ranariddh et Hun Sen, avait demandé une aidé internationale supplémentaire de 940 millions de dollars.d'après AFP.PHOTO AP Dm experts recueillent des débris du trolleybus.Bombes à Moscou les Tchétchènes montrés du doigt d'après AFP MOSCOU Un attentat à la bombe hier dans un trolleybus de Moscou \u2014 le second en deux jours \u2014 a fait une trentaine de blessés, dont huit grièvement, et le maire de Moscou a immédiatement mis en cause les indépendantistes tchétchènes.Le premier ministre avait indiqué dans l'après-midi qu'une personne était décédée de ses blessures.Mais un responsable de la santé pour la ville de Moscou, Igor Nadejdine, a affirmé qu'on l'avait « mal renseigné », et que personne n'était mort.Toutefois, l'un des 28 blessés hospitalisés était en fin de journée dans un état « très grave », a-t-il ajouté.Les autorités municipales de la capitale ont affirmé avoir reçu des menaces d'autres attentats à venir.Elles ont immédiatement dénoncé le « terrorisme tchétchène », promis de « nettoyer la ville » et diffusé un portrait-robot d'un suspect» de type caucasien » à tous les commissariats de la capitale.La veille, un attentat perpétré dans un autre trolleybus, dans des circonstances semblables, avait fait 5 blessés.Les deux bombes ont été déposées à une heure d'affluence ( 9h00 et 8h00 du matin ) dans un sac « oublié » sous un siège.Hier, le trolleybus, qui faisait route vers le centre sur l'une des principales artères de Moscou, la Prospekt Mira, était totalement déchiqueté et carbonisé sur son flanc droit.« Par chance, l'arrêt précédent est un arrêt proche du métro où beaucoup de gens descendent », a expliqué un témoin sur place.La veille, l'explo- sion avait eu lieu à quelques mètres du terminus, et les passagers étaient très peu nombreux.Aucun des deux attentats n'a été revendiqué.Mais les autorités municipales ont avancé avec détermination la piste tchétchène, alors que la Russie a relancé la guerre à grande échelle en Tchétchénie.« La piste tchétchène se précise », a déclaré M.Loujkov, le maire de Moscou.« C'est certainement un acte terroriste tchétchène.Ils sont coincés et n'ont pas d'autres moyens pour agir », a estimé Telman Gdlian, député démocrate de la Douma et célèbre juge anti-corruption du début des années 1990.Un conseiller du président, Mikhaïl Krasnov, a déclaré à Interfax que ces attentats n'avaient sans doute rien à voir avec les indépendantistes ni avec la reprise de la guerre.Selon lui, les éléments de l'enquête penchent plutôt pour un acte purement criminel, qui vise à miner les mesures annoncées cette semaine par le général Lebed pour lutter contre la mafia et le crime organisé.Boris Eltsine a également annoncé hier qu'il prenait sous son propre contrôle la lutte contre le terrorisme.« Moscou est infesté de terroristes, il est nécessaire de prendre des mesures dures », a déclaré M.Eltsine, cité par Interfax.Le maire de Moscou a indiqué de son côté qu'un correspondant anonyme avait menacé par téléphone de commettre de nouveaux attentats dans la capitale.« Si vous n'en n'avez pas assez avec les trolleybus, attendez sur la ligne circulaire du métro », a dit ce correspondant qui avait « un accent du Caucase », selon le maire.M.Loujkov, qui s'est rendu sur les lieux de l'attentat, a affirmé avoir reçu des instructions présidentielles pour « nettoyer » la capitale des « personnes suspectes ».Il a ajouté qu'il fallait « prendre des mesures et chasser d'ici toute la diaspora ».La paix mal en point d'après Reuter et AFP BELFAST La paix en Irlande du Nord semblait mal en point hier, après la vague de violence qui a accueilli la décision des autorités de laisser les orangistes défiler dans les quartiers catholiques.Lors d'une conférence de presse à Belfast, Gerry Adams, le leader du Sinn Fein ( aile politique de l'Armée républicaine irlandaise ), a jugé « inacceptable » le revirement de la police d'Uls-ter.« Je veux dire clairement que le processus de paix est totalement en ruines et la respon-sabili té en incombe au premier ministre britannique John Major, comme elle lui incombe de le restaurer », a-t-il lancé.Près de 100 000 protestants ont défilé hier sous haute protection policière dans tout f'Ulster, alors que la police redoutait que la nuit soit propice à une flambée de violence des catholiques rendus furieux par la traversée de leurs quartiers par les Orangistes.Pour la commémoration de la victoire de Guillaume d'Orange sur les catholiques du 12 juillet 1690, les protestants ont défilé dans le calme, traversant dans la matinée à Belfast le quartier catholique ultra-sensible de Lo-wer Ormeau Road, protégés par des policiers en tenue anti-émeutes, épaulés par des véhicules blindés.Furieux que la police ait fait volte-face en laissant passer jeudi les protestants par un quartier nationaliste de la petite ville de Por-tadown ( sud ) après leur en avoir barré l'accès pendant cinq jours, les habitants catholiques de Lower Ormeau Road ont été tenus à distance du défilé et n'ont pu qu'hurler des insultes depuis les rues adjacentes barrées par les forces de l'ordre.L'absence d'incidents hier contrastait avec une nuit de violence qui avait secoué les quartiers catholiques de plusieurs villes, dont Londonderry.Seules quelques rafales ont été tirées sur les émeutiers armés de cocktail-mo-lotovs, à Newry où la police avait décidé de modifier le parcours traditionnel d'une marche.Dans la nuit de jeudi à vendredi, trois policiers ont été blessés par balles dans le quartier catholique du nord de Belfast.Dans l'ouest de la ville, le conducteur d'une camio-nette a été sérieusement brûlé et hospitalisé, par une bombe incendiaire.À Londonderry, les émeutes ont été « les plus graves » qu'ait connu la police, qui a dénombré plus de 900 coctail molotov jetés par des manifestants nationalistes.PHOTO AP Jerry Adams bien entouré.REPERES / France Chirac doit contre-attaquer alain navarr0 de l'Agence France-Presse.PARIS Le président gaulliste Jacques Chirac tentera demain une contre-offensive politique, lors de son allocution pour la fête nationale du 14 juillet qui intervient dans une atmosphère de désillusion générale minant son pouvoir.Depuis son élection au suffrage universel il y a quatre cents jours, les signes d'une perte de confiance à son égard, et plus encore à rencontre de son premier ministre Alain Juppé, n'ont cessé de s'accumuler, le contraignant à reprendre l'initiative.La sinistrose se nourrit d'un chômage en hausse perpétuelle touchant 3 millions de Français ( 12 % des actifs ), d'une économie totalement anémiée et d'une grave tension entre la justice et le pouvoir autour d'affaires de corruption touchant des gaullistes.Le moral des ménages français.selon les statistiques officielles, se-situe à son plus bas niveau depuis dix ans, déjà atteint en décembre lors des grandes grèves du secteur public.Il n'y a désormais plus un sondage 'd'opinion qui ne témoigne d'une désaffection record pour un pouvoir aussi fraîchement installé, depuis le début de la V* république en 1958 par le général de Gaulle, dont Jacques Chirac, 63 ans, se veut l'héritier.Après une embellie, la cote de popularité du chef de l'État, s'est à nouveau affaissée, avec une chute de sept points en juillet, pour s'établir à 40 % de Français satisfaits par son action, selon le baromètre Gai lup-L'Express.Quant à M.Juppé, 50 ans, à l'impopularité chronique, seulement un tiers des personnes interrogées approuvent sa politique, témoignant du manque de sympathie qu'inspire aux Français le fidèle lieutenant de M.Chirac, juge cassant et technocratique.La classe politique et la presse, de droite comme de gauche, sont convaincues que le président va tenter de reprendre la main, à moins de deux ans d'élections législatives s'annonçant très périlleuses pour l'écrasante majorité gaul-lo-centriste.Chassée du pouvoir, usée et entachée par des scandales, la gauche pourrait remporter une victoire en 1998, même si une majorité des Français ne la croit pas prête à reprendre les rênes du pays, selon une enquête publiée la semaine dernière.Le chef du parti socialiste, Lionel Jospin, qui n'assume que du bout des lèvres l'héritage de l'ancien président François Mitterrand, a affirme qu'il ne serait pas hostile, en cas de victoire, à une cohabitation avec M.Chirac.Pour le directeur de l'influent quotidien Le Monde, Jean-Marie Co-lombani, les heures de M.Juppé sont comptées, « tant nous sommes proches de cette phase classique sous la V« République dans laquelle un président doit faire payer au chef du gouvernement le prix de sa propre sauvegarde ».- Le grand quotidien de droite, le Figaro, convient qu'un recadrage politique s'impose d'urgence.« Les interrogations des Français sur la politique gouvernementale appellent des réponses que seul peut apporter le chef de l'État », écrit son éditorialiste, Charles Rebois.Élu sur le thème de la lutte contre la « fracture sociale », M.Chirac avait remisé en six mois ses promesses électorales pour faire cap sur la rigueur exigée par le Traité de Maastricht en vue du passage à l'euro, la monnaie unique européenne, en 1999.« Mon septennat sera celui de l'adaption de la France à l'an 2000.Les groupes de pression peuvent crier, manifester.Je m'en fous, j'ai sept ans », avait confié fin décembre M.Chirac, signifiant qu'il mènerait les reformes promises, mais a son rythme.Dans le camp de la majorité, l'inquiétude est cependant manifeste, avec une attente d'un message fort demain, même si un remplacement précipité de M.Juppé paraît exclu. MJ O La Chambre des représentants vote contre les mariages homosexuels Agence France-Presse WASHINGTON La Chambre des représentants a adopté hier un projet de loi empêchant au niveau fédéral toute reconnaissance des mariages d'homosexuels, un sujet devenu terrain d'affrontement à la faveur de la campagne présidentielle.Adopté au terme de 43 heures d'âpres débats par 342 voix pour et 67 contre, ce projet de loi intitulé « Acte de défense du mariage », définit, pour la première fois au niveau fédéral, le mariage comme l'union entre un homme et une femme.Les couples homosexuels continueront ainsi d'être exclus des prestations fédérales dont bénéficient les couples mariés, notamment en matière de retraite et de santé.La Maison Blanche a confirmé peu après que le président Bill Clinton, « opposé de longue date aux mariages entre homosexuels » signerait ce projet de loi.Mais son porte-parole a estimé que cette loi était inutile et avait pour but d'éloigner la communauté homosexuelle du président Clinton.Le rival républicain de M.Clinton à la présidence.Bob Dole, soutenait aussi ce projet de loi, auquel 224 républicains ont apporté leur soutien, un seul votant contre.64 démocrates s'y sont opposés, 118 ont voté pour.Le débat a donné lieu à de violents affrontements, les partisans du projet de loi plaidant la défense des valeurs familiales, les seconds dénonçant une bigoterie opportunément électoraliste, à moins de quatre mois de la présidentielle.« Aucune cultive ayant accepté l'homosexualité n'a survécu », a dit le représentant républicain de l'Oklahoma, Steve Largent, avant le vote.La démocrate Patricia Schroeder ( Colorado ) a estimé pour sa part que ce projet de loi était « un scandale », comme s'il « n'y avait pas assez de haine et de polarisation » aux États-Unis.« Comment le fait que j'aime un autre homme menace-t-il votre mariage », s'est emporté le démocrate Baraey Frank ( Massachusetts ), l'un des trois homosexuels affichés du Congrès, en dénonçant un projet de loi « purement politique ».La représentante démocrate de Hawaï, Patsy Mink, s'est également emportée contre un projet qui, selon elle, « annule » les prérogatives des États, et refuse aux homosexuels « les droits accordés à tous les autres citoyens ».Les questions relatives au mariage sont aux États-Unis traditionnellement du ressort des États.Mais la perspective d'une décision judiciaire qui pourrait reconnaître en septembre les mariages homosexuels dans l'État de Hawaï a poussé les défenseurs de cette institution à soutenir le projet de « Défense du mariage ».D'autant que la Constitution américaine impose aux États de reconnaître les actes officiels ( mariages, permis de conduire.) établis dans les autres États.Si les mariages homosexuels étaient reconnus à Hawaï, ils devraient l'être par les autres États.Aucun État ne reconnaît les mariages homosexuels et onze d'entre eux les interdisent.Une vingtaine d'autres États s'apprêtent à faire de même.C'EST DUR A D'ETRE UNE FEMME SURTOUT POUR (EUE QUI DEVRA AFFRONTER MONICÀ SELES.i s du Maurier Les Internationaux de tennis féminin du Canada Du 3 au 11 au ut 1996 Découvrez le nouveau Stade du Maurier à Montréal Si vuub ii dtheie/ pas de billet, vous ne poune/ pas y assister billets a partir de 10 S.Appelez le Réseau Admission au.- (S14) 790 1245 o COPEL VIT) Aussi disponible avec le groupe d'équipements préférés 351 A.Location de 24 mois TRANSPORT INCLUS Avec mis* de foods de 2 955$.Première \u2022ensuite et dépét de sécante de 400 $ exigés.InnatriciUtion, asm tes et taxes applicables en sus.Des frais de 0,08 $ du kilomètre après 36 000 kilomètres et d'autres coodrbtns s'appbtueirL Offerte avec le groupe d'équipements préférés 357A: ?Moteur V6 de 3,8 litres, 200 chevaux *> Freins assistés avec ABS aux 4 roues ¦ Climatiseur \u2022 $ Vitres électriques et verrouillage électrique des portes * Radio AM/FM stéréo cassette FORD 4 fauteuils Capitaine 7 passagers Volant inclinable Régulateur de vitesse PROGRAMME POUR DIPLÔMÉS : Obtenez un rabais Commanditaire officiel des Expos de Montréal \u2022 dt 750$.fcf fttrt wmmtmÊnwmimê/kÊL Vos concessionnaires Ford et vos concessionnaires Lincoln Mercury MERCURY LINCOLN « "]
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