La presse, 13 novembre 1996, B. Politique
[" B Montréal, mercredi 13 novembre 1996 - Magazines en péril dans le cyberespace page B7 ÉDITORIAL / OPINIONS L'EXPRESS POLITIQUE Robert Perreault Chrétien et Bouchard coude à coude ¦ Les membres du Conseil du patronat du Québec sont massivement fédéralistes.Ce qui ne les empêche pas de placer Lucien Bouchard à égalité avec Jean Chrétien dans leur appréciation des leaders politiques, indique le dernier bulletin de l'organisme.Réalisée le mois dernier, une consultation express à laquelle ont répondu 85 membres corporatifs du CPQ nous apprend aussi qu'ils apprécient davantage les chefs québécois que les fédéraux.Ainsi, c'est Daniel Johnson, chef du PLQ, qui vient au deuxième rang ( 42 % d'appréciation ), suivi par l'adéquiste Mario Du-mont, à 35%.Le réformiste Preston Manning ( 28,5 % ) et Michel Gauthier ( 23,5 % ), du Bloc québécois, ferment la marche.Le nom du conservateur Jean Charest n'avait pas été inscrit sur la liste proposée aux membres.À noter que ce coup de sonde a été réalisé avant le Sommet sur l'économie et l'emploi, dont se sont félicités les gens d'affaires.Mario Fontaine Perreault reste muet M.Le ministre de la Sécurité publique, Robert Perreault.était muet hier devant les révélations de l'émission de Radio-Canada, Enjeux.L'émistson montrait d'anciens délateurs de la SQ au prit de qui la police provinciale n'a pas tenu ses enga-g e m e n t s .« Toute personne qui a besoin de protection peut la trouver auprès des corps policiers *, s'est-il contenté de dire, soulignant que les tribunaux avaient précisément a lever le voile sur les pratique de la SQ.M.Perreault promet d'ici « quelques jours » une nomination au poste de directeur de la SQ \u2014 Georges Bol fard a été nommé temporai-fettjent pour remplacer son ancien patron, Serge Barbeau.Il aVat pas impossible qu'un civil Soit retenu, explique-t-il.Quant Aux deux commissaires qui, avec Lawrence Poitras, feront enquête sqr ta SQ, ils devraient être con-dans !e prochains jour, a indique le ministre.pfrrb Lessard Un enfant modèle.Que faisait Bernard Landry les années 1940 ?Le prestigieux quotidien torontois The Globe and Mai! n'a sûrement pas consulté le cuniculum vitae de M- Landry avant de poser la question, dans la foulée de 4 l'affaire Jean-Louis Roux ».Le quotidien torontois s'interrogeait sur les activités du vice-premier ministre pendant la Deuxième Guerre mondiale.Amusé, celui-ci a relevé les interrogations du quotidien « le plus sérieux du Canada, en anglais ».« Ma vieille mère, qui a 86 ans, a répondu au Globe qu'étant né en 1937, dans les années 40 j'étais un enfant modèle, a dit M.Landry.Elle était fi ère de moi et elle l'est encore », a-t-il conclu.Denis Lessard Bouchard à Toronto ¦ À l'invitation de son homologue ontarien, Mike Harris, le premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, a accepté de se rendre a Toronto, le 6 décembre prochain.Le premier ministre québécois rencontrera M.Harris en tête-à-tête et leur entretien portera principalement sur les dossiers à caractère économique, communs au Québec et à l'Ontario, indique un communiqué transmis hier par le bureau de M.Bouchard.Les deux chefs de gouvernement s'étaient déjà rencontrés une première fois au printemps, à Québec.Presse Canadienne Autres informations page B 4 Québec confirme à mots couverts la coupe salariale chei les députés La caisse de retraite des employés de l'État pourrait être utilisée pour dorer la pilule aux syndiqués DENIS LESSARD du bureau de La Presse, QUÉBEC Québec tentera d'utiliser la formidable caisse de retraite accumulée des employés de l'État pour dorer la pilule aux syndiqués, estime-t-on du côté syndical.Hier, Québec a confirmé à mots couverts qu'une coupe salariale serait décrétée chez les députés et le personnel politique pour donner le ton aux discussions à venir avec le secteur public.« On cherche un pont du point de vue salarial pour traverser les deux prochaines années », a résumé Gérald La rose, de la CSN, soulignant que les discussions avec Québec étaient encore très générales.Les surplus au REGOP ( la caisse de retraite des employés de l'État ) oscillent entre 1,5 et 2 milliards et, en filigrane, il paraît clair que Québec lorgne de ce côté.Une réduction non compensée de la semaine de travail pourrait avoir des effets nuls sur les chèque de paye si elle survient en même temps qu'une réduction des cotisations à la caisse de retraite \u2014 les employés versent 5 % de leur salaire à cette caisse.Dans les centrales du secteur public, à la CSN et chez les fonctionnaires notamment, on évalue présentement l'impact d'un tel scénario.Commentant la nouvelle de La Presse quant à une réduction prochaine des salaires des élus, le ministre des Finances, Bernard Landry, a soutenu qu'il « n'y a pas de décision formelle, il y a des réflexions, mais il est dans la philosophie du gouvernement de s'imposer à lui-même tous les sacrifices qu'il pourrait être tenté d'imposer à d'autres.L'exemple doit venir de haut, en essayant d'épargner les moins nantis », lance-t-il.Pour le vice-premier ministre, il est évident que si le geste vise à servir d'exemple «< si cela doit avoir une valeur symbolique, c'est certain qu'on commence par donner l'exemple avant d'imposer quoi que ce soit aux autres ».Président du Conseil du Trésor, Jacques Léonard a décrit comme Bernard Landry une « hypothèse sérieuse » la nouvelle de La Presse voulant que les élus auraient les premiers à passer au couperet.« Nous devons commencer dans notre propre cour », a-t-il dit.M.Léonard parle d'un effort-« minimum » de compressions de 5 à 7 % sur les « coûts de main-d'œuvre », ce qui comprend les avantages sociaux et le salaire.Sur une masse salariale de 20 milliards, on parle de 1 à 1,4 milliard, fait-ii valoir, mais il faut inclure des économies comme les 150 millions à la suite du programme de départs accélérés des fonctionnaires.Du côté libéral, Jacques Cha-gnon est resté mystérieux sur la position de l'opposition devant un éventuel projet de loi pour baisser les salaires des élus.Depuis plusieurs années, le salaire des députés est aligné sur celui d'un cadre intermédiaire, souligne-t-il.Pour le reste, le gouvernement%péquiste se retrouve coincé par son incurie après avoir cédé des conditions trop généreuses aux centrales, juste avant le référendum de l'automne 1995, résume M.Chagnon.Sans détour, Bernard Landry reconnaît de son côté qu'une cible de 5 % comme compression est considérée pour les élus.« Cela dépend de la surface ( du nombre d'employés visés par la mesure ), c'est une cible réaliste à moins que l'assiette ne change », a-t-il dit.Ministre au début des années 1980 quand le gouvernement Lé-vesque a décrété des coupes aux salaires de ses employés, M.Landry constate que l'opinion publique a bien changé.« La conscience de la crise financière de l'État était moins prononcée qu'aujourd'hui ».Les demandes de René Lévesque avaient été repoussées du revers de la main.« Aujourd'hui, on se parle ( avec les centrales ) ; le niveau de responsabilité me semble aujourd'hui plus élevé », a-t-il dit.Le non catégorique des centrales sur toute baisse de salaire ne l'émeut pas.« Il y a des dialogues qui commencent par non et qui évoluent par la suite », a souligné M.Landry.Le président de la commission sur la Somalie refuse de se laisser bousculer par Young Près* Canadienne OTTAWA Si le ministre de la Défense, Doug Young, est mécontent de la lenteur des travaux de la commission d'enquête sur la Somalie, il n'a qu'à s'en prendre à son propre ministère, a déclaré hier le président de l'enquête, Gilles Létourneau.M.Young a dit à maintes reprises au cours des dernières semaines qu'il souhaitait que l'enquête sur le malheureux déploiement du Régiment canadien aéroporté en Somalie en 1992-93 termine ses audiences d'ici le 31 mars.Au cours d'une conférence de presse avec le premier ministre Jean Chrétien, hier, pour discuter de la situation au Zaïre, M» Young a réitéré qu'il préférait que la commission présente un rapport et des recommandations de façon à ce que « les incidents qui se sont produits en Somalie ne se répètent pas ».Le ministre a expliqué qu'il ne voulait pas se lancer en campagne électorale avec l'enquête encore en train de siéger.Des élections pourraient être déclenchées dès le printemps prochain.Ces déclarations ont été citées hier par deux avocats à l'enquête.Ils se sont plaints au sujet de ce qu'ils otU décrit comme « le pouvoir en place.fourrant son nez politique dans les travaux de (eue commission d'enquête.» Gilles Létourneau, le président de la commission, a indiqué qu'il n'allait pas se laisser bousculer : « Une fleur ne pousse pas plus PHOTOPC Lé ministre de la Défense, Doug Young, le premier ministre Jean Chrétien et le ministre des Affaires étrangères, Uoyd Axworthy, au cours de leur conférence de presse d'hier.vite parce que l'on tire dessus », a-t-il lancé.Le président a montré du doigt le ministère de la Défense qui s'est traîné les pieds lorsque la commission lui réclamait des documents, ce qui a contribué à allonger le processus.?< Le ministère de la Défense nationale a mis plus d'un an pour remettre les documents d'une importance minime que nous avions demandés », a souligné M.Létourneau.Ce n'est que lorsque des officiers et des bureaucrates ont été convoqués pour expliquer les délais que les documents en question ont été mis à la disposition des commissaires.« Nous recevons encore des documents et nous sommes toujours en train de discuter au sujet de documents que cette enquête juge pertinents et qui ne nous sont pas encore parvenus.» Le vérificateur se penchera sur certaines transactions de la SIQ Jacques Léonard DEMIS LESSARD du bureau de La Presse, QUÉBEC Le Conseil du Trésor confirmera aujourd'hui avoir confié au vérificateur général du Québec le mandat d'examiner certaines transactions conclues par la Société immobilière du Québec entre 1989 et 1994.Des sources, tant à la SI Q qu'au gouvernement, ont indiqué hier à La Presse que dans quelques cas de location à long terme, on s'attendait à ce que les dossiers soient par la suite transmis à la Sûreté du Québec.La décision du Conseil a été prise à la réunion hebdomadaire, hier.En Chambre, le président du Conseil du Trésor, Jacques Léonard, a soulevé de nombreuses questions sur les critères de décision utilisés par l'organisme res- ponsable du parc immobilier du gouvernement \u2014 dont 10% des bureaux étaient vides.Des baux ont été signés « en l'absence d'étude économique, en l'absence des alternatives au renouvellement des baux, des baux accordés quand le taux de vacances, le marché et le début des compressions budgétaires militaient contre l'approche retenue par la SIQ >».Des « locations à très long terme, 30 ans, ont été évaluées comme contraires aux intérêts de la SIQ, absence de clauses permettant au locataire de se désister, transactions se soldant par des dépenses additionnelles, location simultanée d'espace à deux endroits pour le même service, prolongation de cinq ans d'un bail alors qu'il restait encore 12 ans à courir avant l'échéance, avec en plus des avantages pour le locateur », a énuméré le ministre Léonard.« Et quand ces gestes furent-ils posés ?Durant l'administration libérale », conclut le ministre.À la SIQ, toutefois on s'interrogeait ouvertement sur ce que pourrait ajouter l'enquête du vérificateur Guy Breton, les vérificateurs internes de l'organismes ayant déjà produit un dossier étoffé.M.Léonard répondait à Y von Bordeleau, député libéral de L'Aca-die, pour qui il restait de nombreuses choses à clarifier dans l'affaire des contrats du secrétariat à la Restructuration sous Richard Le Hir.Les responsabilités politiques n'étaient pas du ressort du vérificateur, a souligné M.Bordeleau au ministre Léonard qui, déjà, siégeait comme membre du Conseil du trésor quand les contrats controverses accordés aux firmes reliées à M.Claude Lafrance avaient eu le feu vert du gouvernement.i B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 13 NOVEMBRE 1996 Editorial La Presse André Desmaraïs president du conseil d'administration Roger D.Landry président bt éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en (iii.i La faim et les moyens Frédéric Wagnière e Sommet de l'alimentation mondiale s'ouvre aujourd'hui à Rome, sous l'égide de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture ( FAO ).Les dirigeants politiques qui y participent devront se pencher sur le sort des 840 millions de personnes sous-alimentées dans le monde.De tous les Sommets récents des Nations unies, celui de Rome est de loin celui qui aborde les problèmes avec Se plus de réalisme.Cela est possible parce que les progrès réalisés depuis 20 ans au chapitre de l'alimentation mondiale, surtout en Chine et en Inde, nous permettent de nous référer à des politiques qui ont fait leurs preuves.C'est d'ailleurs là un des facteurs qui font en sorte que le nombre de personnes sous-ali-mentées est plus bas qu'il y a 20 ans, représentant 20 % de la population mondiale, contre 35 % alors.La Déclaration de Rome, qui sera sanctionnée par le Sommet, n'a donc rien en commun avec les publications du Club de Rome, dont l'idéalisme alarmiste a trop longtemps pesé sur le développement économique mondial.La Déclaration fait sienne la conclusion d'une étude sur la faim que la Banque mondiale a publiée, il y a une dizaine d'années.Elle a constaté que la pauvreté est la cause principale de la faim, et non la pénurie d'aliments.De cette constatation, découle une nouvelle politique de développement économique.On ne s'attarde plus au faux problème du partage des ressources limitées et on voit maintenant l'aide alimentaire comme un pis-aller qui ne Apprendre à congédier Pierre Gravel résoud rien, sauf dans les cas de catastrophe naturelle ou de crise politique grave.La pauvreté dans le tiers-monde est le plus souvent le résultat d'un chômage chronique.Or le secteur où un pays sous-développé peut le plus facilement créer de nouveaux emplois est justement l'agriculture, pour autant que les prix alimentaires ne soient pas maintenus à un niveau artificiellement bas par des subventions, visant à faciliter l'industrialisation, ou par l'état du marché international.La Chine et l'Inde sont parvenues à mettre fin à leurs disettes perpétuelles en revalorisant le travail agricole et en arrêtant de financer, sur le dos des campagnes, les industries lourdes et le développement urbain.Depuis 50 ans, on a trop souvent négligé le développement de l'agriculture, qui fournit et les emplois et les aliments.Le Sommet souligne l'effort fait dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce ( OMC ) pour mettre de l'ordre dans la structure des prix alimentaires mondiaux.Les participants s'engageront à « poursuivre des politiques commerciales, notamment dans le domaine des denrées alimentaires, qui encourageront (les) producteurs et (les) consommateurs à utiliser les ressources disponibles de façon économiquement rationnelle et durable ».Le mot « durable », très à la mode, trouve donc sa place dans un contexte commercial et non dans celui du « développement durable », avec ses relents de rationnement et de dirigisme.Si la lutte contre la faim dans le monde se résumait à la création d'emplois et à l'ouverture des marchés mondiaux, on n'aurait besoin d'aucune organisation spécialisée des Nations unies autre que la Banque mondiale et l'OMC.Mais le sous-développement n'est pas uniquement un phénomène économique.Il est aussi politique et social, voire culturel.La Déclaration de Rome insiste donc sur la nécessité de développer les droits individuels et la démocratie, ainsi que l'éducation et la santé.Cela tombe sous le sens, car on ne peut pas concevoir le développement économique dans la corruption, l'injustice, l'ignorance et l'insalubrité.Ce n'est pas pour rien que la famine afflige ou menace des pays comme le Zaïre et la Corée du Nord.On a longtemps voulu résoudre le sous-développement dans le cadre d'un dialogue Nord-Sud et par une nouvelle répartition des richesses.C'est simplifier le problème à outrance, donnant de faux espoirs aux uns et effarouchant inutilement les autres.Le Sommet parle davantage de la responsabilité de chaque pays en vue d'un objectif commun.Au cours des 20 dernières années on a vu beaucoup de pays sortir de leur sous-développement pour s'industrialiser.L'aide a toujours joué un rôle modeste à côté du commerce et de l'éducation.La lutte contre la faim fait partie du même effort, et c'est à la fois faux et injurieux à l'égard des pays sous-développés de prétendre qu'il n'y a que l'aide au développement et un nouveau partage des richesses qui peuvent les sortir de la misère.Si tous les pays, riches et pauvres, respectent les engagements qu'ils prendront à Rome, beaucoup de pays auront la fierté et le mérite de sortir de leur sous-développement et de la disette par leurs propres moyens.De tous les Sommets récents des Nations unies, celui de Rome est de loin celui qui aborde les problèmes avec le plus de réalisme.Lb annonce de prochaines sessions de forma-* lion pour apprendre aux employeurs comment réduire le nombre de leurs employés sans avoir à payer les indemnités de départ ê auxquelles ils auraient normalement droit a ¦ provoqué de vifs remous.Et ça se comprend.Mais ce qui est anormal et inadmissible dans cette initiative, ce n'est pas tant que des patrons cherchent à limiter les coûts de « congédiements sans cause » comme le fait que cet exercice soit officiellement endossé par la Société québécoise de développement de la main-d'oeuvre ( SQDM ).¦¦sBHHBnHHBNa II y a, bien sûr, quelque chose de parfaitement odieux dans la démarche de chefs d'entreprise qui se refilent des tuyaux sur la façon, par exemple, de congédier une femme enceinte sous un faux prétexte pour éviter d'avoir à lui verser les allocations prévues dans ce cas.Ou encore de se débarrasser d'un cadre sans respecter les ententes conclues lors de son embauche tout en le persuadant qu'il est traité équitablement.Il reste qu'au-delà de son caractère public, qui lui donne une dimension particulièrement choquante, ce programme, mis au point .par l'Institut canadien, de Toronto, et offert dans divers grands centres avec la collaboration de spécialistes locaux, ne fait que divulguer des « trucs » qui sont déjà monnaie courante dans bien des milieux.Et dont, sans tomber < dans le cynisme, il faut une bonne dose de naïveté pour .s'en étonner.# \u2022 Que des employeurs consultent leurs avocats pour découvrir des astuces susceptibles de leur faire réaliser des .économies tout en respectant la lettre de la loi à défaut de son esprit, c'est tout à fait normal.À la limite, c'est une préoccupation qui s'inscrit dans la même logique que le recours à l'aide d'un fiscaliste pour échapper à toute la rigueur de l'impôt.Même si, en l'occurrence, ce n'est pas ' très édifiant parce qu'il ne s'agit plus, cette fois, de se dérober face au Trésor public mais de priver littéralement des personnes de revenus auxquels elles ont normalement droit.-i ¦ En ce sens, ce colloque, qui se tiendra en janvier prochain à Montréal, ne fait que mettre à la portée de tous les patrons une expertise que, jusqu'ici, les plus importants avaient, seuls, les moyens de se payer.Il n'a, en soi, rien de scandaleux même s'il ne contribuera certainement pas à redorer le blason d'un patronat inhumain et sans coeur uniquement préoccupé de ses profits.Ce qui dépasse l'entendement, par contre, c'est que les trais engagés par les entreprises pour participer à ces séances soient considérés comme des dépenses de formation par l'organisme public ayant la responsabilité de la Loi sur le développement de la main-d'oeuvre.Au lendemain du Sommet sur l'emploi, où les participants ont fait semblant de s'entendre pour combattre le chômage, voilà qu'on accrédite officiellement des cours ouvertement axés sur les meilleurs moyens de l'accroître sans qu'il en coûte trop cher aux employeurs.On peut présumer qu'en acceptant d'avaliser ce projet pour le moins discutable, la SQDM s'en est fait passer « une p'tite vite ».Et il faut espérer qu'elle trouvera à son tour une astuce légale pour retirer sa caution à ce projet qui se situe à l'opposé de son mandat et se sortir du guêpier où elle s'est mise.Mais, même dans cette hypothèse, ses dirigeants auront beaucoup à faire pour dissiper les plus graves effets de ce faux pas.Ce que plusieurs retiendront, en effet, de cette histoire, ce n'est pas tant que des experts en matière de formation de la main-d'oeuvre se soient fait avoir.C'est que certaines craintes, qui se sont exprimées avant l'adoption de cette loi, étaient fondées.Surtout celles qui prédisaient que cette nouvelle intervention de l'État dans le fonctionnement des entreprises ouvrirait la porte à des interpréta-tions folichonnes.POUR APPREkJPR'E.A.CDU&ÉlteR OUE FEW)E O^EÛUTTL SfcU?PO0R UE, LM0GA6£ X LA l'ROtTiRlSKKU s LA PRESSE ET VOUS Dédommagement injuste ?¦ Il y a quelques jours, enfoui dans une page quelconque de La Presse, un petit article nous informait, comme ça en passant, que les sinistrés du Saguenay seraient dédommagés par le gouvernement du Québec et par la Croix-Rouge pour les dommages causés ( on s'en souvient.) à leurs chalets et résidences secondaires.J'avoue publiquement que j'ai commis un péché en lisant cet article : j'ai sacré.Et quand j'y repense, je sacre encore-Ce qui est enrageant, ce n'est pas tant de savoir que ce dédommagement sera de 10, de 25 ou de 50 pour cent du montant des dommages, mais c'est surtout d'apprendre que le gouvernement donne son aval à un tel dédommagement.Il aurait pu, mais il ne veut pas, se contenter de paroles réconfortantes.C'est une décision vraiment inexplicable, à moins que.Non, je ne dirai pas le fond de ma pensée, car je veux demeurer dans la limite du raisonnable et du rationnel et ne pas succomber à la tentation de faire de la politicaillere-rie.Il semble que la Croix-Rouge aura de la difficulté à dépenser, jusqu'à la dernière « cenne », les 26 millions qu'elle a ramassés.Elle a un surplus de générosité à gérer.Le gouvernement vient à sa rescousse en lui demandant de s'associer à lui pour faire quelque chose pour les centaines de chalets et de résidences secondaires endommagés du Saguenay.Ça part sûrement d'un bon sentiment.Mais le RDQ ( restant du Québec ) a un problème avec toute cette démarche.H sait qu'il existe des gens qui sont, au moins autant, sinon plus, miséreux que les gens du Saguenay qui ont été éprouvés cet été.Sûrement que ces gens pourraient bénéficier de ce sur- plus ( qui met la Croix-Rouge dans l'embarras ) de générosité manifesté par les Québécois, et des gens de l'extérieur du Québec, dans les circonstances que, tous, nous connaissons.Ainsi, avant de se préoccuper et de s'occuper des résidences secondaires des Saguenéens, on pourrait peut-être faire un petit quelque chose de supplémentaire, comme ça, sans prévenir, envers ceux et celles qui n'ont pas ( ou si peu ) de résidence primaire.Ce serait sûrement une meilleure façon de disposer de la générosité des gens.Normand BRISEBOIS Boisbriand La voie de l'avenir ¦ Vouloir créer des emplois n'est qu'une partie de la solution.Le vrai problème c'est qu'il va y avoir de plus en plus de monde et de moins en moins d'emplois.Le Bien-être social, même si cela semble ridicule, est la voie de l'avenir.Un jour ou l'autre, la société se verra dans l'obligation de subvenir aux besoins de plus en plus de gens sans travail.L'ère du grand partage est à nos portes.Ce n'est pas trop tôt.Raymond LÉVESQUE Longueuil La gratuité scolaire complète, ça n'existe plus ! ¦ Dans un article publié le 2 novembre dernier, une mère de famille critiquait les écoles qui organisent des activités parascolaires en sollicitant une contribution financière des parents : « Souvent, d'ailleurs, ces projets ont des objectifs pédagogiques douteux », disait-elle ! Mais qu'ont-ils donc tous ces Qué- bécois à vouloir s'enfermer dans leur petit monde ?N'est-ce pas merveilleux que des enfants puissent ouvrir leurs horizons à d'autres cultures, d'autres réalités et puissent parfois faire le vide et s'amuser un peu ?N'est-ce pas une chance unique pour un enfant que de laisser de côté les manuels scolaires pour visiter le Biodôme ou un musée et ainsi découvrir de nouvelles choses et peut-être même une nouvelle passion, un nouveau passe-temps ?Bien sûr, ces activités ne sont pas toujours gratuites.Une minorité de familles n'ont pas les ressources nécessaires pour permettre à leurs enfants de participer à ces sorties.À cause de cet état de fait, on demande aux écoles de prévoir moins d'activités ou de les annuler, ou encore, de les rendre gratuites.Mais pourquoi faudrait-il priver des enfants de découvertes parce que certains ne peuvent y participer ?Enfin, il est vrai que, pour financer ces projets, les parents se retrouvent bien souvent à vendre du chocolat pour leurs enfants.Alors là, c'est leur problème s'ils ne laissent pas cette responsabilité aux enfants.Je pense que c'est un moyen efficace de leur faire réaliser que, pour obtenir quelque chose, il faut souvent faire face à des obstacles et redoubler d'efforts.C'est la meilleure façon de leur faire apprécier ce qu'ils obtiennent et de leur faire découvrir la fierté qui résulte de l'effort.Mais nous vivons dans une société où tout coûte toujours trop cher, où tout devrait être gratuit.La loi du moindre effort, plusieurs la connaissent.Restez dans vos illusions petits Québécois, vous irez loin, très loin ; mais pas en France, ni en classe verte, blanche, bleue ou rouge ! Isabelle VALLÉE Longueuil LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI M NOVEMBRE 1996 B 3 Le Québec était fasciste en 1942 ?JACQUES ROUILLARD l'auteur est professeur au département d'histoire de l'Université de Montréal.La confession de Jean-Louis Roux a ranimé le débat autour de la présence d'un courant nazi, fasciste et antisémite au Québec, dans les années 1930 et 1940.Il avoue avoir arboré une croix gammée sur son sarrau de laboratoire et avoir participé à une « émeute » à Montréal où des groupes de jeunes, en route pour saccager les bureaux du journal The Gazette, ont brisé des vitrines de magasins appartenant surtout à des Juifs, Le national-socialisme n'a rallié qu'une petite minorité de francophones, durant les années 30 et 40f probablement pas plus au Québec que dans les autres provinces du Canada.Effectivement, il y a eu des groupes et des intellectuels qui ont manifesté des penchants fascistes et antisémites, particulièrement dans les années 1930.Mais la tendance, depuis quelque temps, à braquer les feux de l'actualité sur ces groupes agit comme un miroir déformant et amène à exagérer indûment leur importance dans la société francophone de l'époque.La manifestation à laquelle a participé Jean-Louis Roux survient après une assemblée organisée par la Ligue de défense du Canada, en février 1942, pour protester contre la décision du gouvernement fédéral d'organiser un référendum pan-canadien pour le libérer de la promesse solennelle de ne pas imposer la conscription pour service outremer.La promesse faite en 1940 par les politiciens fédéraux visait particulièrement les Canadiens français qu'on savait réfractaires à l'envoi de conscrits pour combattre en Europe.À noter que les groupes nationalistes francophones ne s'opposaient pas à la conscription pour la défense du Canada ou à l'envoi de volontaires, mais ils s'opposaient à l'obligation faite aux conscrits de servir outre-mer.Ils percevaient le conflit comme une autre guerre impériale où la Grande-Bretagne voulait entraîner le Canada sans que ce dernier n'ait d'intérêts si fondamentaux qu'il doive obliger ses jeunes à « payer l'impôt du sang ».(.) Les orateurs à l'assemblée organisée par la Ligue de défense du Canada (8 000 à 10 000 personnes ) s'indignent de la décision d'Otta\\va de revenir sur sa promesse et conseillent de voter NON au prochain plébiscite.Il n'y a rien dans leurs propos d'antisémite ou de sympathique envers l'Allemagne.Le principal orateur, Henri Bourassa, fondateur du Devoir et bien connu pour avoir dénoncé l'antisémitisme chez les siens, prêche le calme et la modération.( Le Dexoir, 12 février 1942, p.6; La Presse, 12 février 1942, p.3 ) Le conseil n'est pas suivi par tous puisque des jeunes se répandent dans les rues de Montréal après la manifestation.Certains chantent le O Canada pour bien montrer leur attachement à leur pays ( autonomie ) et brûlent le drapeau britannique, symbole de la dépendance du Canada envers la Grande-Bretagne.Ils veulent aussi s'en prendre aux bureaux du journal fortement conscription ni su- The Gazette et, pour montrer leur frustration, ils brisent des vitres de tramways et de commerces, particulièrement ceux d'israélites en scandant « À bas les Juifs ».Ces deux derniers éléments sont évidemment révélateurs de leur antisémitisme.Mais l'assemblée comme telle n'était en rien dirigée contre les Juifs et les orateurs étaient soucieux de présenter leur point de vue à titre de Canadiens et non de Canadiens français.La Ligue pour la défense du Canada réussit à canaliser le mécontentement du Canada français, même si la plupart des médias d'information sont du côté du gouvernement et que la censure de guerre pèse sur eux.Les résultats du plébiscite montrent un clivage profond entre francophones et anglophones au Canada : le Québec vote NON à 71 % et le reste du pays OUI à 80 %.Si on pouvait isoler le vote francophone au Québec, c'est probablement à plus de 80 % que les francophones votent NON.Les Canadiens français réalisaient encore une fois leur statut de minorité au Canada quand vient le temps de trancher sur un enjeu important.Après le référendum, la Ligue pour la défense du Canada devient un parti politique, le Bloc populaire canadien, qui présente des candidats aux élections provinciales de 1944 et fédérales de 1945 avec un programme tout ce qu'il y a de plus modéré.C'est dans ces circonstances troublées que Jean-Louis Roux décide de dessiner une croix gammée sur-son sarrau, symbole du pays et du régime contre qui le Canada est en guerre.Certains y ont vu une adhé- sion au nazisme et une manifestation d'antisémitisme.Pour le nazisme, ce serait très étonnant, compte tenu du milieu qu'il fréquente ; pour l'antisémitisme, il en subit l'influence comme il l'avoue lui-même dans sa lettre de démission.Mais si on tient compte du contexte du début de l'année 1942, son geste est probablement bien plus une bravade pour scandaliser, dirigée non pas tellement contre les Juifs que contre les politiques conscrip-tionnistes du gouvernement fédéral.La croix gammée est avant tout le symbole du pays et du régime contre qui le Canada est en guerre.Dans les années 1930 et 1940, le national-socialisme ( nazisme ) trouve des appuis plutôt faibles au Canada français et encore moins pendant la Deuxième Guerre.Le groupe qui l'incarne le mieux au Québec, le Parti national social chrétien, fondé par Adrien Arcand en 1934, est né dans le sillage de la crise économique de 1929.Au-delà des exagérations des journaux et des dirigeants du groupe, son membership ne dépassera pas 1800 membres pour l'ensemble du Canada, selon certains dirigeants qui ont fait défection du groupe.Comme le montre l'historien Martin Robin dans son livre ( Shades of Right, Nativist and Fascist Politics in Canada.1920-1940, Uni-versity of Toronto Press ), les francophones sont loin d'avoir le monopole de ce genre de mouvement.D'autres groupes fascistes se développent au Canada anglais où flottent aussi un sentiment antisémite avant la Deuxième Guerre ( Blue Shirts of Canada.Canadian Union of Fascists, etc.Ibid,, p.185-232.) D'ailleurs, en 1938, le parti d'Arcand fusionne avec des groupes fascistes anglophones pour devenir le Parti de l'Unité nationale.L'entrée du Canada en guerre va discréditer complètement tous ces groupes, y compris celui d'Arcand, au Canada comme au Québec.Dans l'analyse que certains auteurs font du fascisme et de l'antisémitisme chez les francophones au cours de cette période, il y a malheureusement le réflexe d'identifier le Canada français à ses tendances les plus conservatrices, soit à certaines revues et à des journaux comme Le Devoir et L'Action catholique, de Québec.Ces journaux ont été fondés pour faire contrepoids aux quotidiens à grand tirage que sont La Presse et Le Soleil et ils défendent fidèlement l'enseignement social de l'Église catholique.Ces deux derniers quotidiens ont des tirages de beaucoup supérieurs à ceux des journaux catholiques : La Presse vend 177 000 exemplaires en 1942, Le Soleil 75 000, L'Action catholique 70 000 et Le Devoir 17 000 ( source ABC ).À mesure que des historiens s'intéressent à ces jour-naux, leurs travaux montrent qu'ils sont animés d'une vision libérale de la société et qu'ils propagent un discours bien différent de la presse clérico-conservatrice, y inclus sur le sujet qui nous intéresse.Aussitôt que Hitler prend le pouvoir en Allemagne en 1933, La Presse, Le Soleil et Le Canada, organe du Parti libéral, critiquent très sévèrement la dictature nazie dans de nombreux éditoriaux et témoignent de leur attachement à la démocratie.( Claude Couture, La presse libérale au Québec entre 1929 et 1935.Analyse de contaiu des éditoriaux de La Presse, du Soleil et du Canada, thèse de Ph.D., département d'histoire.Jean-Louis Roux Université de Montréal, 1987, p.260-263.Voir aussi Antonin Dupont, Quelques problèmes politiques et sociaux ( 1933-1935 ) d'après l'Action nationale, le Canada, le Devoir, mémoire de maîtrise ( histoire ), 1965, p.53-71.) Cette presse dénonce le fascisme et l'antisémitisme aussitôt qu'il se manifeste dans la province et elle appelle à la tolérance à l'égard des Juifs.Le journal Le Canada, dont on connaît mieux le contenu sur toute la période, s'est fait le champion de la cause juive pendant les années 1930 et 1940.Journal d'opinion comme Le Devoir, il a un tirage comparable pendant toute cette période ( 15 000, en 1942 ).Ses éditoriaux fustigent l'antisémitisme et se portent à la défense de la minorité juive.Pendant la Deuxième Guerre, il dénonce très tôt les persécutions juives en Allemagne et commence à rendre compte de leur extermination à la fin de 1942.(.) Comme on le sait, l'attitude de la presse clérico-conservatrice est teintée de méfiance et d'hostilité envers la communauté juive.Durant la guerre, elle ne rend compte des centres d'extermination contre les Juifs en Europe qu'en 1943 et elle le fait beaucoup plus rarement que Le Canada.Elle ne s'y attarde vraiment qu'à la fin de la guerre.Après le conflit, elle est plus réservée mais toujours suspicieuse et critique des actions des Juifs jusqu'à la fin des années 1940.Ce n'est pas mon intention dans cette courte mise au point d'élaborer sur le caractère « fascisant » de la presse clérico-conservatrice, dans les années 1930 et 1940.De nombreuses nuances s'imposent, surtout que ce courant au Québec comporte une dimension anti-étatique importante à cause de l'influence cléricale.Je m'arrête uniquement sur l'attitude que pouvait avoir le journal Le Devoir envers les régimes fascistes puisque l'affaire Roux en a amené plusieurs à s'interroger.Je m'inspire du mémoire de maîtrise en histoire de Paul Ga-reau qui porte précisément sur l'attitude du journal à l'égard de ces régimes.( Paul M.Gareau, L'attitude des nationalistes traditionnels du Devoir face aux fascistes européens et américains (1929-1940), mémoire de maîtrise, 1992.) A partir du milieu des années 1930, le quotidien devient très critique du régime nazi quand il commence à persécuter les catholiques et les Juifs et qu'il représente une menace pour la paix en Europe.Avec la guerre, il en brosse un tableau sinistre au même titre que l'URSS, ce qui n'est pas peu dire pour ce journal catholique.Ses lecteurs assidus ne peuvent qu'avoir de l'aversion pour le régime d'autant plus que Mgr Gauthier, archevêque de Montréal, condamne le groupe d'Arcand en 1938 et le nazisme en 1940.À propos de l'Italie, le journal présente une image plutôt positive jusqu'en 1938, année où le Duce lie sa cause au Fuhrer et que le pape dénonce avec force la doctrine raciste et fasciste de Mussolini.Deux ans plus tard, c'est une condamnation totale quand l'Italie attaque sournoisement la France.Pour sa part, la cause franquiste reçoit un appui complet du journal pour qui la guerre civile en Espagne ( 1936-1939 ) est une lutte entre le catholicisme ( Franco ) et le communisme athée ( répub I i \u2022 cains ).Ainsi donc, caractériser le Québec francophone des années 1930 et 1940 de société fasciste et antisémite manque pour le moins de nuances.Le national-socialisme ne rejoint qu'une petite minorité de francophones, probablement pas plus au Québec que dans les autres provinces.La presse quotidienne est nettement divisée sur l'attitude à avoir avec les Juifs et les régimes fascistes.Les journaux clérico-conservateurs font montre à l'occasion d'antisémitisme ( rien de comparable aux feuilles d'Arcand ) et ils présentent sous un jour favorable, jusqu'à la guerre, les régimes fascistes d'Italie et d'Espagne.Au Québec, le bouillonnement socio-politique des années 1930 donne naissance à l'Union nationale de Duplessis, en 1935, qui remporte les élections Tannée suivante.11 est défait en 1939 par le Parti libéral de Godbout, dont l'organe au Québec est Le Canada.Le président de l'Assemblée nationale, J-P- Charbonneau.La « bataille du temps » de J.-P.Charbonneau RUSSELL DUCASSE L'auteur est politologue.Dans le passé, M.Jean-Pierre Charbonneau s'est penché sur les agissements du monde interlope, à Montréal, et a même failli y laisser sa peau.On l'a connu comme sauveteur d'OXFAM-Québec, secouée par un scandale de détournement de fonds.Il pratique aussi le karaté avec brio.Mais pourra-t-il, cette fois comme président de l'Assemblée nationale, gagner « la bataille du temps » qu'il vient d'engager avec son projet de réforme parlementaire conçu pour rehausser la crédibilité des élus auprès de la population ?Ami de M.Philippe Séguin, son homologue du Palais de Bourbon, en France, il suit à peu près le même plan d'attaque que lui en proposant des aménagements au calendrier et à l'horaire de l'Assemblée et des commissions et une réglementation plus stricte des temps de parole généraux des diverses motions inscrites dans le Règlement de l'Assemblée.Ainsi, le président Charbonneau souhaite faire siéger l'Assemblée pendant une plus grande partie de l'année : du deuxième mardi de février au 15 juin et du deuxième mardi de septembre au 15 décembre avec des interruptions de travaux pendant les deux semaines suivant le dimanche de Pâques et pendant les deux semaines suivant le dernier dimanche d'octobre.Il veut également abolir les séances du soir en session ordinaire « où l'Assemblée prend parfois des décisions majeures lorsque la plupart des citoyens sont au lit ».Alors que le gouvernement mène âprement la lutte contre le déficit, il invite le Parlement à faire sa part par une réduction générale des temps de parole de ses membres.Citant la mieux connue des lois de Parkin-son \u2014 plus on dispose de temps pour accomplir un travail, plus ce travail précisément prend du temps\u2014 et le vieux dicton, le temps c'est de l'argent, il propose de réduire de 25 % ou plus les temps de parole prévus dans le Règlement et de limiter certaines interventions dont la durée est actuellement indéterminée.Il veut aussi diminuer d'environ 25 % les débats restreints, c'est-à-dire les débats dont la durée globale est fixée dans le Règlement et qui, en règle générale, excluent d'avance la participation de tous les députés, comme par exemple les débats sur les rapports des commissions contenant des recommandations, les débats sur l'adoption des crédits budgétaires par l'Assemblée et le débat sur le discours du budget ( Réforme parlementaire : proposition du président de l'Assemblée nationale, monsieur Jean-Pierre Charbonneau ; présentation générale et première phase, octobre 1996 ).En accédant au fauteuil présidentiel, le 12 mars 1996, M.Charbonneau avait dit à ses collègues et à ceux-là même qu'il avait invité à son investiture que, sous sa gouverne, la réforme ne serait pas un rêve sans lendemain.« Arrive un moment, ajoutait- il, où l'audace de changer l'ordre des choses n'est plus de la témérité, mais une question de respect élémentaire pour le peuple souverain, qui attend impatiemment d'en avoir pour son argent ».On cherche en vain cependant ce qu'il y a d'audacieux dans ce nouvel épisode de la réforme parlementaire qui doit sa logique uniquement aux priorités de l'heure, soit l'assainissement des finances publiques.Une fois reconnu le bien-fondé de réaménager l'horaire de l'Assemblée et les temps de paroles pour éviter notamment les palabres inutiles, les joutes de procédure et la fatigue excessive avec tout son lot de scènes disgracieuses, le coup d'audace serait de livrer la « guerre de l'indépendance », celle qui ferait en sorte que les commissions parlementaires atteignent le degré d'autonomie leur permettant d'utiliser à bon escient les pouvoirs qui leur sont dévolus.Un rapport du Secrétariat des commissions, publié en mars 1995, ne manquait pas de pointer les forces de résistance de la réforme et d'esquisser des lignes d'offensive.Tant que la discipline de parti et la règle de la double majorité des commissions permettront de récupérer les travaux à des fins partisanes, tant que les présidents des commissions ne seront pas de véritables présidents, avec des pouvoirs réels leur permettant d'assumer leur leadership et de faire contrepoids à l'influence prédominante de l'Exécutif, tant que le leader du gouvernement continuera d'intervenir dans les négociations entourant la tenue de mandats d'initiatives ou de surveillance dévolus aux commissions, tant que le chef et le leader de l'Opposition ne manifesteront pas le même esprit d'ouverture en laissant aux présidents et vice-présidents issus de leur parti pleine latitude pour l'organisation des travaux des commissions, tant que l'ambition suprême d'un élu sera d'accéder au cercle influent du Conseil des ministres, les meilleures intentions vont fondre comme neige au soleil.Il faut reconnaître que le dernier document soumis aux députés par le Cabinet du président est tout imprégné du style du député de Borduas.Le ton combatif, l'éloquence et la conviction y sont.« Il faudra, somme-i-il, en arriver à négocier un 'désarmement équilibré' entre toutes les formations politiques qui leur permettra, par la suite, de livrer à l'électorat un généreux 'dividende de la paix'.» Et c'est probablement par habileté que cet adepte du karaté livre sa lutte en commençant par le moins périlleux de ses coups.Car, quoiqu'il dise, le réaménagement du temps de travail des parlementaires ne constitue pas une réforme en soi.Si nécessaire soit-il, il n'a pas une importance telle qu'il faille renvoyer à plus tard les autres phases de la réforme, notamment celles touchant le fonctionnement général de l'Assemblée et de ses commissions permanentes et spéciales.En France, certes, le groupe de travail constitué par Philippe Séguin, en 1993, avait considéré qu'il était impératif de faire la bataille du temps à l'Assemblée nationale aux prises avec des familles politiques diverses et très aguerries, un gouvernement de la République prépondérant, un Conseil constitutionnel « humiliant » et avec, bien sûr, des débats de politique intérieure et extérieure on ne peut plus complexes.Mais ici, au Québec, on n'a pas la même dynamique des forces en présence et le système politique et parlementaire est différent.En août 1966, on pouvait lire dans la revue britannique, The Economist, la remarque suivante : « Le Gouvernement voit surtout dans le Parlement une machine à enregistrer ses projets de loi.Sur les premières banquettes de l'opposition, on le considère comme un tremplin pour la propagande.Aucun des deux camps ne désire qu'il devienne une force en lui-même.» Trente ans plus tard et à quelque trois ans du nouveau millénaire, cette observation n'a pas perdu son acuité et la réforme du Parlement n'a son rang que dans nos utopies. B4 LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 13 NOVEMBRE 1996 Politique Le NPD dénonce les déductions fiscales relatives aux lobbies Ces déductions font perdre à Ottawa 50 millions de dollars, soutient Alexa McDonough JULES RICHER de la Presse Canadienne.OTTAWA Parce que le trésor fédéral y perdrait des dizaines de millions de dollars par année, Ottawa devrait abolir les déductions fiscales accordées aux grandes sociétés qui ont recours à des spécialistes en lobby gouvernemental, soutient le chef du NPD, Alexa McDonough.Citant des économistes non identifiés, Mme McDonough estime que les pertes pourraient atteindre au moins 50 millions.« Tandis que les Canadiens de la classe moyenne ont de plus en plus de difficulté à influencer le gouver- nement, les grandes sociétés déposent d'un accès facile au gouvernement grâce à des firmes de lobby payées à fort prix », a-t-elle souligné, hier.« Et qui paie pour cela ?Les contribuables canadiens.Ce n'estpas Alexa M c Donoug 11 correct et c'est injuste », a-t-el-leajouté.Mme McDonough, qui mène son parti sans disposer de siège à la Chambre des communes, prétend que les firmes de lobby travaillent contre les intérêts des Canadiens moyens.Elle a cité l'exemple des grandes sociétés pharmaceutiques qui auraient réussi à retarder la disponibilité des médicaments généri- De généreuses allocations de voyage MICHEL HÉBERT de la Presse Canadienne.QUÉBEC Les députés de l'Assemblée nationale voyagent beaucoup moins sur Internet que sur les autoroutes 20 et 40.Contrairement à l'inforoute, circuler sur les autouroutes du Québec leur accorde un remboursement de 0,37 $ du kilomètre parcouru.Le « Règlement sur les allocations aux députés » accorde un tel taux aux députés de l'Assemblée nationale.En 1990, ce taux était de 0,32 $.Un règlement, concède une source autorisée, empreint de générosité.Hypothèse : si quatre députés d'une même région prennent une seule automobile pour aller de l'Assemblée nationale à leur comté respectif, il n'y a pas que le conducteur qui pourra réclamer un remboursement.Les quatre pourront l'exiger en toute conformité avec le règlement.Est-ce que les restrictions budgétaires toucheront ce genre d'avantages?« Aucune décision n'a été prise », a déclaré hier le président du Conseil du trésor, Jacques Léonard.Nouvelles allégations de conflit d'intérêts contre Klein Presse Canadienne EDMONTON Le commissaire à la déontologie de l'Alberta a entrepris une enquête à la suite de nouvelles allégations impliquant le premier ministre Ralph Klein.Le chef conservateur aurait contrevenu à la loi sur les conflits d'intérêts en faisant la promotion d'une société dont sa femme, Colleen, était actionnaire.Ces allégations, faites par l'opposition libérale, laissent entendre que M.Klein, lors d'une mission commerciale en Chine, en 1994, a fait la promotion de Multi-Corp, une société de Calgary dont Mme Klein possédait 10 000 actions.Le commissaire à la déontologie.Bob Clark, a déjà enquêté sur l'affaire, il y a plus d'un an.Il avait alors conclu qu'il n'y avait pas eu d'infraction en décembre 1993, quand Colleen Klein avait acquis ces actions pour 1 $ pièce alors qu'elles se transigeaient à 1,62 S en bourse.« Ce n'est pas une réouverture de la précédente enquête, a souligné hier, dans un communiqué, M.Clark.Les allégations cette fois ( du député Frank Bruseker ) portent sur des événements survenus lors de la mission du premier ministre à Hong Kong et en Chine, en 1994, puis lors de la visite en Alberta du gouverneur de la province du Guangdong.» Plus tôt dans la journée, le premier ministre Klein avait accusé les libéraux d'abus de procédure : « Quand arrivons-nous à une situation d'abus?Nous pouvons nous poser la question ».Cet achat d'actions par son épouse a déjà été scruté quatre fois, a ajouté M.Klein, et rien de répré- hensible n'a été trouvé.Le commissaire Clark prévoit envoyer des questionnaires à M.Klein et à d'autres personnes ayant eu à voir avec ce litige.De l'avis de l'opposition libérale, il faut mener une enquête formelle avec des témoignages assermentés.M.Klein réplique que ses adversaires cherchent à étirer l'affaire Multi-Corp simplement pour le discréditer, en vue des élections attendues pour le printemps.Face aux critiques coissantes, Colleen Klein avait vendu, à la fin de 1995, ses parts dans cette compagnie qui vend des logiciels informatiques.Elle a alors versé à des oeuvres de charité une partie de son bénéfice de 51 000 $.Des comptables et avocats ont touché leurs honoraires mais, au bout du compte, « un montant net de 40 000 $ est allé à des oeuvres », a affirmé M.Klein.Un climat de changement règne dans les entreprises canadiennes.; Le programme Défi-climat (Mesures volontaires et Registre) souligne les efforts des organismes canadiens qui se sont démarqués en prenant des mesures pour limiter leurs émissions de gaz à effet de serre.Le programme Défi-climat a été mis sur pied pour aider le Canada à respecter son engpgement international d'atténuer le changement climatique.Les entreprises canadiennes ; reconnaissent l'importance de cette question - plus de 600 organismes des secteurs privé et public ont accepté de relever le défi à ce jour - et se sont engagées à changer leur mode de fonctionnement afin de limiter leurs émissions nettes de gaz à effet de serre.Les entreprises et les organismes ci-dessous ont reçu un prix du programme Défi-climat en recon-\u2022 naissance de leur leadership dans leur secteur respectif.Le 23 octobre, ils ont reçu leur prix des mains de l'honorable Anne McLellan, ministre de Ressources naturelles Canada et championne de ce partenariat unique en son genre entre le gouvernement fédéral, les provinces et le secteur privé.\u2022 Air Canada \u2022 Association canadienne de l'électricité \u2022 Association canadienne des fabricants de produits chimiques \u2022 association canadienne des pipelines de ressources énergétiques \u2022 Association canadienne des producteurs de pâtes et papiers \u2022 Association canadienne des producteurs pétroliers \u2022 Association canadienne du gaz \u2022 Avenor Inc.\u2022 Northwestern Utilities ' Limited \u2022 NOVA Corporation \u2022 Ontario Hydro \u2022 Potash Corporation or Saskatchewan Inc.\u2022 Produits forestiers E.B.Eddy Ltee \u2022 SaskPower \u2022 Shell Canada Limitée \u2022 societe d'électrolyse et de chimie alcan ltée \u2022 Stelco Inc.\u2022 Stora Forest Industries Limited \u2022 Suncor Inc.\u2022 TransAlta Corporation \u2022 Université de Calgary \u2022 Université de Toronto \u2022 Université du Québec à Montréal \u2022 Viridian Inc.\u2022 Weyerhaeuser Canad^Ltd Pour phts dlnforniatian, communiquez avec le Bureau du Défi-climat, 580.rue Booth, 19e étage, O&awa (on^ Kl a 0e4 Tél.; (013) 9698 Courrier ekc VCRInfo^\\* rutxoq:xx http-y/wwwvcr^Tca B.C.Hydro Cambridge Leaseholds Limited Charles Hantho Chrysler G\\nada Ltée consumers gas Dominion Textile Inc.Fletcher Challenge Canada Limitée Gardiner Oïl and Gas Limited Gouvernement de CAlberta Health Care Corporation of St.John's Hotels et Villégiatures Canadien Pacifique Husky Oïl Ltd Institut canadien des produits pétroliers Institut canadien des textiles MacMillan Bloedhl Ltée MVR \u2022 VCR m i ques grâce à un lobby bien orchestré.Cette mesure aurait coûté des milliards aux Canadiens.La chef du NPD en a particulièrement contre la déduction de frais de représentation, permise aux firmes de lobby.« Un régime fiscal équitable n'accepterait pas que l'on puisse déduire les dîners et les cocktails, dont les seules raisons d'être sont des prix plus élevés et moins d'emplois pour les Canadiens », a-t-elle dit.Réagissant à ces assertions, Mi-chael Coates, président de Hill et Knowlton, une des plus importantes firmes de lobby d'Ottawa, soutient que les groupes de pressions comme le sien jouent, dans la société, un rôle aussi légitime que les avocats et les comptables.« Les avocats et les comptables font constamment des représenta-lions auprès du gouvernement, et les entreprises qui les emploient déduisent ces dépenses », affirme-t-il.Selon lui, tous ont le droit de faire des représentations dans le système démocratique canadien.M.Coates croit que le NPD s'est lancé dans une croisade contre les firmes de lobby dans un but strictement partisan.« Il n'y aurait pas de démocratie parlementaire sans les journalistes et les médias d'information », a soutenu hier le président de l'Assemblée nationale, Jean-Pierre Charbonneau, à l'occasion du 125* anniversaire de la Tribune de la presse.La Tribune de la presse célèbre ses 125 ans NORMAN DELISLE de la Presse Canadienne.QUÉBEC Trop peu de femmes jounalistes sont affectées au secteur politique, a déploré hier la ministre de la Culture, Louise Beaudoin.Prenant la parole à l'Assemblée nationale à l'occasion d'une motion soulignant le 125e anniversaire de la Tribune de la presse, Mme Beaudoin a signalé que « malheureusement trop peu de femmes » exercent la profession de courriéristes parlementaires.« Connaissant ma position sur une présence accrue des femmes en politique, je formule aujourd'hui le souhait de voir s'accroître le nombre de femmes journalistes à la Tribune de la presse », a dit Mme Beaudoin.Elle a rappelé que la Tribune de la presse existe depuis 1871, mais ce n'est qu'au début des années 1960 que les premières femmes sont arrivées comme journalistes au parlement québécois.Mme Beaudoin a noté qu'à la pionnière Evelyne Dumas, ont succédé les Françoise Côté, Lisa Balfour et Gisèle Gallichan.À peine une demi-douzaine de femmes sont actuellement en poste à l'Assemblée nationale sur quelque 40 journalistes.Il y a par contre une majorité de femmes au sein des responsables des services de documentation parlementaire des entreprises de presse.Quant au président de la Chambre, Jean-Pierre Charbonneau, député de Borduas et lui-même un ancien journaliste, il a soutenu qu'il n'y « aurait pas pas de démocratie parlementaire sans les journalistes et les médias d'information ».h II ne faut pas avoir unique- ment la liberté d'expresion, il faut aussi avoir la liberté d'information ».Il a invité les journalistes à « développer l'angoisse de la vérité ».Pierre-Etienne Lapone, député d'Outremont, a lui aussi souligné que « la diffusion de l'information politique est primordiale dans l'exercice de la démocratie ».« Nous, parlementaires, n'appré-ciont pas toujours la médecine que les journalistes nous administrent, mais leur travail est essentiel », a dit le député Lapone.Plusieurs événements ont marqué hier, à l'Assemblée nationale, le 125e anniversaire de la Tribune de la presse, l'organisme qui regroupe les courriéristes parlementaires.À midi, en présence du président de la Chambre, Jean-Pierre Charbonneau, et du président de la Tribune, le journaliste Pierre April, une maquette a été dévoilée et un recueil de témoignages compilés depuis 125 ans a été lancé officiellement.Le recueil contient des textes des Michel David, Gilles Lesage et Ly-siane Gagnon, mais aussi des ancêtres des journalistes politiques québécois, soit les Orner Héroux, Damase Potvin et Pierre Lapone.Puis, un monument marquant l'anniversaire a été dévoilé sur la rue Saint-Amable, à proximité de l'édifice André-Laurendeau qu'occupe la presse parlementaire.Le monument a été dévoilé en présence de MM.Charbonneau, April, et du président de la Commission de la capitale nationale, Pierre Boucher.En soirée, un banquet réunissant parlementaires et journalistes a été tenu.FAIRE LE POINT sur l'actualité Plus samedi é« ON COUVRE toutes les scènes ».samedi» I Prt^ssi! Arts & Spectades LA PRESSE, MONTRÉAL, MERCREDI 13 NOVEMBRE 1996 B 5 « Conjoints de même sexe », discriminatoire ?Presse Canadien ne OTTAWA Trois syndicats accusent le gouvernement fédéral de faire de la discrimination à l'endroit des couples d'homosexuels et de lesbiennes en les définissant comme des conjoints de même sexe dans les conventions collectives.Ces syndicats, qui appuient une plainte logée par deux fonctionnaires fédéraux homosexuels devant la Commission canadienne des droits de la personne, soutiennent que le gouvernement ne devrait faire aucune distinction entre les couples hétérosexuels et homosexuels dans ses conventions collectives.Mais un porte-parole fédéral a indiqué qu'Ottawa refusait d'adopter une définition neutre du terme « conjoint ».Le gouvernement définit un conjoint comme une personne du sexe opposé.Il accorde le droit aux régimes d'assurance médicale et den- taire aux partenaires d'employés gais ou lesbiennes, mais les classe dans une catégorie différente comme membres de « couples de même sexe ».« Établir des régimes distincts perpétue la discrimination dans sa forme la plus explicite et outrageante », a affirmé l'avocat représentant l'Alliance de la Fonction publique du Canada, Andrew Rave n.Brian Saunders, un avocat du ministère de la Justice, a fait valoir qu'il n'y avait pas de discrimination parce que les homosexuels et les lesbiennes ont droit aux mêmes avantages sociaux que les hétérosexuels.Une affirmation que conteste un des plaignants, Stanley Moore.Les proches d'employés gais pourraient se voir refuser certains de ces avantages sociaux, a-t-il dit, donnant l'exemple de deux homosexuels, dont l'un a des enfants d'un précédent mariage.Si l'un des hommes était affecté à un poste à l'étranger.Ottawa ne paierait peut-être pas les dépenses requises pour permettre aux enfants d'accompagner le couple, a-t-il dit.Daniel Lavoie, porte-parole du Conseil du trésor, a indiqué que le, gouvernement n'entend pas modifier la définition de conjoint parce qu'il ne considère pas ce changement nécessaire.Un tel changement aurait des implications allant au-delà de la juridiction du tribunal des droits de la personne, a ajouté M.Lavoie.Un cours de maths qui J£ DONNE, RECHANGE reviendra cher avec 1 la calculatrice à 150 $ Presse Canadienne QUÉBEC Pour chacun des 54 000 élèves qui suivront le cours Mathématiques 436 du nouveau programme d'études secondaires, le gouvernement devra assumer des irais d'une calculatrice à affichage numérique avec graphiques, au coût de 150 S pièce.La facture totale grimpera à 6,5 millions, a soutenu le député libéral de Marquette, François Ouimet, en soulevant l'affaire à l'Assemblée nationale hier.Pour chaque professeur, on devra également fournir de l'équipement didactique constitué d'acétates et évalué à 500 $, a révélé le député Ouimet.M.Ouimet a soutenu que la mi nistre de l'Éducation Pauline Ma-rois n'était pas « consciente des impacts financiers » en adoptant ce programme.Embarrassée, cette dernière a reconnu que l'implantation du nouveau programme « a un impact et un effet au niveau du budget ».Mais pour évaluer cet impact, il faut tenir compte du fait que le coût de l'équipement sera amorti sur trois ou quatre ans.De plus, Mme Marois a expliqué qu'une partie de l'argent nécessaire pour le nouveau matériel sera disponible à partir des sommes dégagées pour les anciens cours qui ne seront plus requis.Elle a promis de vérifier le coût exact de l'implantation du nouveau cours de Mathématiques 436.École fermée pour cause d'amiante Reuter NICE.France le maire de Nice, Jacques Peyrat, a annoncé hier la fermeture de l'école municipale d'arts plastiques en raison d'un taux d'amiante supérieur à la normale.La villa Thiole, qui abrite l'école, présente un taux de 38 fibres d'amiante par litre d'air alors que la norme admise est de 25 fibres / litre, selon le résultat d'un audit réalisé à la demande de la mairie sur l'ensemble des bâtiments scolaires de la ville.Selon l'étude conduite par une société indépendante de la municipalité, aucun autre établissement contrôlé ne présente un taux supérieur à la norme.Le taux découvert à la villa Thiole n'est toutefois pas excessif et la ville disposait de 12 mois pour remettre les locaux en conformité.Le maire, qui a pris connaissance hier des résultats de l'étude, a néanmoins préféré fermer l'école dès mercredi.Les 369 enfants et 750 adultes qui fréquentent le centre d'arts plastiques seront relogés provisoirement dans des salles de classe d'une école du centre-ville.À la défense de trois responsables de la Croix-Rouge Presse Canadienne TORONTO Des témoins se sont portes hier à la défense de trois anciens responsables de la Croix-Rouge visés par l'allégation qu'ils n'ont pas suffisamment cherché à dissuader les personnes « à risque de contracter le sida » de donner du sang, dans les années 1980.« Je pense qu'ils ont eu une attitude responsable et joué un rôle efficace à une époque où on ne disposait que de très peu d'information », a soutenu le docteur James Goldie, de la Société du cancer de Colombie-Britannique.Le Dr Goldie et M.Vince Venoitte, ex-président du recrutement des donneurs de sang du Nouveau-Brunswick, témoignaient à l'enquête fédérale sur le scandale du sang contaminé.Le juge Horace Krever, qui préside la commission d'enquête, a avisé le Dr John MacKay, ex-directeur médical de la Croix-Rouge du Nouveau-Brunswick, ainsi que NoJel Buskard et Terry Stout, les homologues du Dr MacKay en Colombie-Britannique dans les années 1980, qu'ils pourraient être pointés du doigt dans son rapport final, pour n'avoir pas stoppé la collecte de sang aux cliniques situées en plein coeur de la communauté homosexuelle de Vancouver, de 1983 à 1985.La Croix-Rouge n'a commencé à effectuer des tests de dépistage du virus du sida qu'au milieu de 1985, se fiant à l'hypothèse que les donneurs « à risque » s'abstiendraient d'eux-mêmes de donner du sang.Plusieurs anciens directeurs de la Croix-Rouge craignent des poursuites au civil et au criminel si le juge Krever les blâme dans son rapport final, attendu pour le 30 avril.Le Dr Goldie a déclaré avoir collaboré avec M.Stout au sein d'un comité sur le cancer qui a avisé au début de 1983 les membres de la communauté homosexuelle de Vancouver du risque de transmission du sida par les dons de sang.M.Veinotte a soutenu que le Dr MacKay s'était bel et bien assuré qu'il y ait suffisamment de brochures disponibles pour avertir les gens des dangers de transmission du sida par les dons de sang.La commission d'enquête avance qu'en plus du Dr Mackay, de MM.Buskard et Stout, le Dr Morris Blajchman, directeur médical de la Croix-Rouge à Ha-milton, a également omis de cesser la collecte de sang ou n'a pas demandé aux organisations homosexuelles d'aviser leurs membres de ne plus donner de sang.L'avocat du Dr Blajchman n'a pas présenté de témoin mais les documents soumis à l'enquête incluent une lettre de son adjointe, datée du 20 juillet 1983, demandant à une organisation homosexuelle de Hamil-ton de cesser volontairement de donner du sang.Centraide du Grand Montréal le don de changer les choses.288-1261 Merci aux amis de Centraide qui ont assumé les coûts de cette annonce.Chaussettes \"Kodiak\" 50 de rabais - Chaussettes \"JB Fields\" 50\" de rabais Chemises en oxford 29w \u2014 Blousons matelassés, prix avantageux 29Ws 99$ Economiser 60 S Blouson d'aventurier itnoJilcCPMW Prix emunt yJ.W $ 99$ Economise! $10 Pantalon infroissable Denver Hayes\" pair homme\" et tctnmo Prix uH^r.im 44.9°> Economise: 10 $ Blue-jeans \"Denver Haycs p«»ur tomme* ei femmes ¦ Prix courant J9.994 Encore plus pour encore moins! 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Service rapide GRATUIT* accessible 24 heures sur 24, 7 fours par semaine, à l'aide d'un téléphone Touch-Tone\".Pour entendre le contenu de ces différentes rubriques, compose/ le 875-2355.Puis, au son de la voix, composez le code à trois chiffres correspondant à U rubrique choisie.Pour sortir rapidement de l'une de ces rubriques, faites le 33 puis, au son de U voix, appuyez sur le 9.Vous pourrez alors choisir une autre rubrique.* Dons Uiumed apptl L*.ak xukmenl.Nouvelles en bref La Une:.110 Nouvelles locales:.120 Résumé du cahier du sport : .130 Nouvelles économiques :.140 Nouvelles nationales et internationales :.150 Arts et spectacles :.160 En primeur:.170 Édhoriaux.210 Question du jour.220 Question sportive du jour.230 Commentaires aux chroniqueurs de La Presse Claude Picher:.241 Ré|ean Tremblay:.242 Pierre Foglia :.243 Claude Masson :.244 Nathalie Petrowski :.245 Michel Girard:.246 Alain Dubuc:.247 Michel Blanchard:.248 Info Affaires^ Ml_ À surveiller cette semaine:.311 Nouveaux médias, nouvelles technologies:.321 Causeries et conférences d'affaires :.331 Perfectionnement en gestion:.341 Marketing, communication, vente et service à la clientèle : 351 Production, qualité et environnement:.361 Ressources humaines et formation:.371 Informatique:.381 \\honiK s de IU II Mobilitf compose/ s.ms ti\\ii\\ Résultats de la loterie_ 6/49: .411 Lotto Super 7:.412 Sélect 42:.413 Banco: .414 La Quotidienne :.415 Bulletins météorologiques d'Environnement Canada Région de Montréal : .421 Prévisions à long terme (Montréal):.422 Estrie,Québec,Laurentides .423 Villes canadiennes:.424 Villes américaines :.425 Produits et services de Bell.520 Téléconférence et vidéoconférence.-.530 Services de la Presse_ Service des abonnements :.610 Annonces classées:.620 Pubi ici t£ « .630 Rédaction :.640 Information sur les concours: .650 Renseignements généraux : .660 INFOARTS Bell ¦ À surveiller cette semaine :.710 Danse :.720 Musique et art lyrique:.730 Théâtre:.740 Variétés et humour: .750 Expositions et musées:.760 Service personnalisé (accès direct) : .770 Séisme au Pérou : au moins 10 morts et 300 blessés Agence France-Presse LIMA Le séisme qui a atteint 7,3 degrés sur l'échelle de Richter hier vers 17 h GMT dans le sud au Pérou a fait au moins dix morts, 300 blessés et dix disparues, selon un nouveau bilan de la Défense civile.La région la plus touchée est celle de Nazca ( 500 km au sud de Lima ).ou 10 à 15 % des maisons ont été totalement détruites, tandis que près de 50 % des autres habitations ont été endommagées, selon le maire de la ville.Guillermo Luna.Dans cette ville de 21 000 habitants, le séisme, qui a duré pres-qu'une minute, a atteint 6,4 degrés sur l'échelle de Richter, a précisé l'Institut géophysique du Pérou ( IGP ), signalant qu'il y a eu « beaucoup de dégâts matériels ».Selon l'IGP, l'épicentre a été localisé dans le Pacifique, a 135 km au sud-ouest de la localité.« Dans certaines rues de la ville, seules deux ou trois maisons sont restées debout », a précisé un témoin à l'AFP.Selon l'IGP, les secousses ont été ressenties dans le port de San Juan de Marcona, à 500 km au sud de Lima et les localités de Palpa et Ica.Teodoro Mato Rivera, responsable de la Défense civile de la ville d'Ica (sud, 150km au nord de Nazca ), a signalé que près d'une quarantaine de répliques ont suivi la secousse principale dans la région.Dans la capitale Lima, le séisme a dépassé les 4 degrés sur l'échelle de Richter, se prolongeant durant 55 secondes, faisant osciller les tours et grands bâtiments du quartier d'affaires et de commerces de San Isidro, tandis que des centaines d'employés et clients sortaient en courant dans les rues.La plupart des cas mortels sont dus à l'effondrement des plafonds et des murs dans les maisons en briques, a indiqué une source officielle exprimant des craintes que le nombre des morts ne s'avère plus imponant.Quelques heures après le séisme, l'hôpital de la ville de Nazca était débordé de blessés qui s'entassaient dans les couloirs et dont le nombre a atteint quelque 300, dont 90 grièvement atteints.Ils proviennent aussi des bourgades voisines d'Ica, Palpa et une trentaine d'autres localités, selon les autorités hospitalières.Selon la police, des équipes spéciales ont été formées pour essayer de retrouver une dizaine de disparus, pour la plupart des enfants.Selon la Défense civile, la prison de la ville a également été dé- truite, mais aucune évasion n'a pour le moment été signalée.Les détenus devraient être transférés en lieu sûr.La route panaméricaine, qui traverse Nazca, est coupée en plusieurs endroits en raison de glissements de terrains survenus essentiellement dans les quartiers situés sur les flancs de la Cordillère and i ne.À la tombée du jour, les habitants de Nazca s'apprêtaient à passer la nuit dans les rues et sur les places publiques, parmi les décombres de leurs maisons, surtout dans les quartiers pauvres où près de 90 % des habitations sont détruites.Les secours sont rendus extrêmement difficiles en raison des interruptions de courant électrique et d'eau potable, tandis que la police et l'armée tentent d'assurer l'ordre public.Le ministre de la Santé, Marino Costa, qui est arrivé hier soir a Nazca, a promis pour la matinée d'aujourd'hui les premiers envois d'urgence de couvertures et de médicaments.Pour sa part, la Croix-Rouge du Pérou a dépéché à Nazca une équipe de 80 personnes, médecins et infirmières.L'organisation humanitaire Médecins sans froniercs a elle aussi envoyé un groupe de spécialistes avec des médicaments de première nécessité pour quelque 2000 personnes, a déclare ù l'AFP un membre de l'organisme.AUCUN ACCENT L I COMPTANT ACCENT L 1996 1.5 LITRE 92 CHEVAUX (Photo a titre indicatif *eul»-ment> ^^m^^ .^H^.S TRANSPORT â partir de Jfa /mois rien !>/.pu s! I LANIRA GL PREPARATION - ET TAXES INCLU ELANTRA GL 1996 1 8 LITRE 16 SOUPAPES 130 CHEVAUX (Photo J titre .ndtcatif srulem.gJÊÊÊÊ ^0^^ df* â partir de éÊKÊÊ^^^W /mois r/e\\ de pws! ELANTRA F.WIII.IAI I ¦ : ELANTRA FAMILIALE 1996 1.8 LITRE 16 SOUPAPES 130 CHEVAUX a partir de éÊ^ÊÊ /mois rîèn déplus! InfoBref InfoBref I n f o Bref 3 'Photo», a hrrr indicatif wfc-mmt PoMihihtr de financement Sur wr un Nul auto-optoon de tti mon.ACCFVT L \"*» a partir de 20»* tV> s \u2022 mor* *\\rc une vtltw rendue! le de 7 3 I50L001 L obligation totale du .5RL.modèle KA%5\\* Cotai de* paumrnts 25 12K S» Un acompte'
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