La presse, 14 septembre 1997, B. Livres
[" \u2022 \u2014 » \u2022 I m f.\u2022 ., ¦ » Montréal, dimanche T14 septembre La Presse ' \"fia QUÉBEC: LE SALON ET LA FOIRE Le Salon du livre de Québec, qui ouvre ses portes, mercredi, au Palais des congrès, est jumelé cette année à la nouvelle Foire internationale du livre en sciences humaines et sociales.« Les universitaires sont capables de parler pour être compris».assure un responsable.page B3 .\u2022.\u2022 - ¦ ¦m m * mm'- y m S I I II ECOLPRON suis profondément con-Incue quç personne ne sait {gui je suis.» Si cette phrase étonne ans la bouche de Lise yette, on découvre, à la ecture de son autobio-raphie, qu'elle renferme une part de vérité.On connaît l'animatrice de talk-show, celle, qui se faisait appeler Lise, tard le soir.On connaît l'ex-ministrc d'État à la Condition féminine dans le gouvernement Lévesque.On connaît l'auteure des ¦.Machos, de Mari tyn, de Montréal ville ouverte.Un signe de feu, L'Or et le Papier, Des dames de coeur, La Bonne Aventure.Mais on sqnnaît moins JLise Ouimct, lie en 1931 fans le quarter Saint-e n r i , iontréal.Vr SE PAYETTE Vie privée vie publique Mi.\u2014 O Or 2= «> 'a tn lia a ca C3 - * tri \u2022 ; - \u2022 v \u2022 \u2022* - * - - V \u2014 \u2022s Luc Mercier m 4 l'histoire que vous allez lire est \\ Il \\ll .à ee détail près qu'elle n'est pas exacte.Vraie, parce que railleur y raconte la vie mouvementée d'un enfant québécois, lors d'un passé pas si lointain, et inexacte parce que certains détails ont été changés dans le but de protéger les innocents (pas trop nombreux, hélas), les sii*eeptiblcs ou les deux à la fois.Les Éditions internationales Alain Stanké 1212.rue Saint-Mathieu, Montréal H3H 2H7 (514) 935-7452 B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 14 SEPTEMBRE 1997 Livres ROMAN Kokis : de l'art et des hommes REGINALD MARTEL La littérature est maquillage, trahison de la vérité, que porte un incoercible désir de beauté.Sachant cela aussi bien que quiconque, Sergio Kokis, qui fait tout avec excès, comme écrivain je veux dire, n'allait pas se priver de phagocyter un univers qu'il connaît bien et où dominent les mêmes passion et illusion, les arts plastiques, pour en faire un récit baroque, bavard, passionné et passionnant, qui traverse allègrement les trois dernières décennies.Max Willem, un artiste montréalais, découvre un jour que la production de faux est une bonne affaire, qui peut même être plaisante.Il a du talent, il peut vous brosser un Fortin ou un Richard aussi bien que ces peintres eux-mêmes.Le besoin aidant, il se mettra au service d'un escroc montréalais, un certain Rosenberg, et alors commencera une escalade de l'imposture qui le mènera à New York puis en Europe, dans les hauts lieux du racket des faux.Le jeune homme a des scrupules \u2014 la jeunesse est ainsi \u2014, et il espère pouvoir un jour pratiquer son art propre, en vivre si possible.Bien naïf il me semble, il se rend compte très tard qu'on sort de la pègre plus difficilement encore qu'on y entre, même si le marché des faux a des allures chic, étant ai- 0 4 faire d'esthètes, ou de frustrés qui veulent se donner le sentiment d'un certain pouvoir.Il se rendra compte, bien tard, qu'il y risque sa peau.Il nous aura révélé entre-temps, et c'est la dimension documentaire de ce vaste roman, que les faux ne sont pas nécessairement faux, c'est-à-dire qu'ils cessent de l'être quand tous les acteurs de ce commerce lucratif y trouvent leur intérêt.Autrement dit, le système ne peut fonctionner qu'avec la complicité des galeristes, des experts, des revendeurs, des conservateurs de musée et j'en oublie peut-être.Ces choses-là ne sont pas vraiment des révélations.On sait que les États-Unis, par exemple, possèdent des dizaines de milliers de faux, tout à fait authentifiés, attribués à des artistes aussi différents que Rembrandt ou Corot.La naïveté même de Max Willem, qui est un peu celle du lecteur, permet à celui-ci d'absorber à justes doses la complexité des réseaux qui rendent les faux possibles et rentables.Amateur d'art, notre héros est aussi amateur de femmes.Il en consomme beaucoup, en bon macho qu'il est, et il sera évidemment puni, car il deviendra amoureux, et trois fois plutôt qu'une.Souvent, il ne s'en rend pas compte assez vite : « Non, pas amoureux ; j'éprouvais à son égard une sorte de tendresse, comme celles qu'ont les gens envers leurs animaux domestiques.» De l'amour, quand il le reconnaît, notre naïf attend sans doute ce qu'il ne peut pas donner.Grave erreur, comme celle qui consiste à confondre art et beauté, lui dira un de ses mentors particulièrement cyniques.Le cynisme s'attrape, Max Willem le sait.Et il craint d'y sombrer, ce qui lui inspire une jolie comparaison : « Vois-tu, je me sens souvent comme un écrivain qui tenterait sérieusement d'écrire, tout en gagnant sa vie comme journaliste.Impossible de faire la pute et de penser en même temps à l'amour sans tomber dans le ridicule le plus grotesque.» C'est qu'il aime l'art, le brillant faussaire, même s'il sait que cet amour est « une perversion » ! Il aime l'art qu'il sait pouvoir faire, et il admire certains peintres célèbres avec une ferveur égale à celle qui lui fait mépriser d'autres peintres, tout aussi célèbres.Les aficionados de l'art contemporain et de l'art moderne pourront suivre et comprendre, mieux que les simples dilettantes, les théories et jugements de Willem.Ce qui peut rejoindre tout le monde, c'est le discours très étayé, mais parfois répétitif, qui porte sur la dissimulation, le masque, bref, tout l'art du maquillage évoqué dans le titre du roman.L'art est en cause, évidemment, mais tout autant les relations humaines, qui semblent devoir pourrir irrémédiablement dès que s'insinue entre les êtres le désir de paraître autres qu'ils sont.L ART DU MAQUILLAGE, Sergio Kokis.XYZ éditeur, Montréal, 1997,376 pages.BIOGRAPHIE i V A ¥ Sa - m « j4 a: v Illustration, Le peintre et la mort ( détail ).de Sergio Kokis, repris par XYZ éditeur.Une petite vie irlandaise ¦ -m CAROLE-ANDRÉE LA NI EL collaboration spéciale Il y a des personnages \u2014 bien souvent ce sont des enfants \u2014 qui captivent les lecteurs avec l'histoire de leur vie pleine de malheurs, avec leur fausse innocence et leur regard si particulier.Un de ceux-là s'appelle Frank McCourt, il est le héros inoubliable des mémoires de l'auteur du même nom.Les Cendres d'Angela, une enfance irlandaise.Ce livre, qui a valu à l'auteur le prix Pulitzer, le National Book Cri-tics Circle Award et qui a été élu meilleur livre de Tannée 1996 par Time Magazine, est écrit par un homme qui a survévu à la diphtérie et à l'Irlande, ce qui n'est pas rien.Il raconte ses années de misère avec Juste ce qu'il faut d'humour et de compassion pour l'enfant maigrichon qu'il fut, pour ses frères survivants et ses parents.Frank McCourt est né en 1930 aux États-Unis de parents irlandais.Un mariage hâtif, des naissances ¦ rapprochées, la pauvreté, les cuites du père, la résignation de la mère et la mort de la petite soeur marquent le trop court séjour de la famille en cette terre de liberté.Sans ressources, la famille s'installe dans une ville irlandaise aussi catholique que se peut.Limerick, puritaine, rigide, n'aimant pas les pauvres et les gens du Nord, ces anciens cathos qui ont renié leur religion pour de la soupe protestante.Les bébés n'en finissent plus de naître dans ce pays où limiter les naissances est un péché mortel ( Frank ne nous prive pas de ses réflexions sur le péché, quels que soient sa nature et son objet ).Tandis que la famille se délabre petit à petit dans la douleur à la suite de la mort de deux autres enfants, Frank grandit, croûtes aux genoux et poux à volonté.Quelles images de l'Irlande garde ce garçon de cinq, 10, puis 19 ans?La honte de surprendre sa mère mendiant de l'argent dans les rues ou un gîte à un parent, la déception de savoir son père, un marcheur solitaire et fainéant, au pub dès qu'il reçoit une paie ( il lui arrive de trouver un emploi mais de la garder, jamais ), de voir sa propre pauvreté en celle de ses frères, de lécher un papier journal barbouillé de graisse de poisson-frites.Personne n'est heureux.Les seuls moments de répit, on les vole à ses poumons en grillant à fond une cigarette, comme sa mère, Angela.Une image si forte qu'elle a inspiré le titre à l'auteur.Les Cendres d'Angela.Pendant ce temps, au rez-de-chaussée \u2014 qu'ils ont surnommé l'Irlande par boutade\u2014 l'eau couvre les planchers et l'odeur des latrines lève le coeur.Tandis qu'à l'étage \u2014 baptisé l'Italie \u2014 la vie s'organise autour de la charité des uns et de la mesquinerie des autres.C'est leur coin de soleil quand ils ont des moments de bonheur.Aussi rares l'un que l'autre.L'amour des siens est un fort héritage qui se transforme en élan quand vient le temps de prendre son destin en main.Car il n'y a qu'une façon de s'en sortir, c'est de retourner en Amérique.Fuir Limerick à tout prix, récolter l'argent à tout prix, que ce soit en rédigeant des lettes de menace aux pauvres clientes d'une commerçante ou en distribuant des journaux anglais, l'Ennemi de tous les Irlandais.Dans le grand drame de cette existence, Frank McCourt ne se prive pas de raconter certains moments, amusants ou non, avec quelque drôlerie.Il fait sourire pour cacher la tristesse.Il se souvient de son père quand il revenait \u2022 de sa tournée des bars, ivre, beuglant à tue-tête une chanson patriotique.Il obligeait alors ses fils à se lever en pleine nuit et.à jurer de mourir pour l'Irlande.Frank McCourt ne mourra pas pour l'Irlande.Elle aurait pu avoir sa peau, elle en a bien eu d'autres, mais il a été plus fort qu'elle.Et cette force, aujourd'hui, il la lui renvoie bien, avec un style inspiré venu de l'enfance, de la ruelle, des prières et les blasphèmes.LES CENDRES D 'ANGELA.UNE ENFANCE IRLANDAISE, Frank McCourt, traduit de l'américain par Daniel Bismuth.Éditions Belfond, Paris, 1997,450 pages.Lise Payette : vie privée, vie pu LISE PAYETTE / Suite de la page B l - ¦ \u2014 - 9 « Ce livre donne les clés pour comprendre le reste de mes engagements », dit Lise Payette.Elle s'exprime lentement, d'une voix douce et posée.Sa coiffure, éternelle, et l'abondance de sa production font oublier le passage des ans.Elle occupe un assez grand bureau, avenue Laurier, entre l'avenue du Parc et la rue Saint-Urbain, ordonné et tapissé de caricatures.Personnage à la fois aimé et détesté s'il en est un.Use Payette se fait généreuse en entrevue et calme les angoisses de la journaliste immobilisée sous le coup de l'émotion devant la championne toutes catégories de l'interview.\u2014 Selon vous, quel détail de votre livre surprendra le plus les lecteurs ?\u2014 L'influence des femmes dans ma vie, de ma mère, de ma grand-mère, Marie-Louise ; de mes amours, de mon grand amour pour mon mari, répond-elle sans hésiter.Son autobiographie.Des femmes d'honneur, largement illustrée et publiée aux éditions Libre Expression, retrace 37 ans d'une existence en zigzag, marquée par la pauvreté et l'absence du père ( chauffeur d'autobus ), une existence qui ne la destinait pas à son sort de vedette de la télé et de porte-voix de la cause féministe.Lise Payette ne rêvait pas de journalisme ; à l'adolescence, elle ignorait même que c'était un métier.Ses confidences reposent sur une mémoire d'une extrême précision et nous amènent à découvrir une enfant entourée de femmes, farouche et éprise de liberté ; une adolescente ambitieuse doublée d'une jeune femme amoureuse.Avec ses trois enfants, Daniel, Dominique et Sylvie, elle suit son mari de ville en ville et part pour Paris, à la fin de la vingtaine, où l'attend une vie misérable de femme trompée, abandonnée dans sa banlieue lointaine.L'idée d'écrire ce livre lui est venue d'une lettre.Un jour, il y a environ deux ans, quelqu'un qu'elle ne connaissait pas lui a écrit pour lui demander la permission de faire sa biographie.Lise Payette n'a pas répondu.Puis, elle a pensé à sa petite-fille Flavie, qui a aujourd'hui neuf ans et demi.Une petite-fille adorée qui partage souvent ses dimanches, avec qui elle aime parler et raconter des choses.« Plus elle avance en Age et moi aussi, par la même occasion, plus Je me dis que je n'aurai pas le temps de lui raconter toutes ces choses-là.Il y a des gens qui le font.Il y a du monde ordinaire qui fait ça, écrire pour les enfants de la famille.Alors, je me suis lancée.» Flavie a lu le premier chapitre, mais ses parents souhaitent qu'elle poursuive sa lecture plus tard.D'ici là.Lise Payette aura peut-être écrit la suite de ses mémoires.\u2014 Pourquoi avoir mis un point après 37 ans de vie et 278 pages 7 \u2014 Parce qu'après ça, je deviens un personnage public.C'est pas la radio qui fait des grandes vedettes, c'est la télé, explique-t-elle.Je savais que le passage de la radio à la télévision était un moment marquant.C'est, à la fois, le départ d'André ( son ex-mari dont elle a gardé le patronyme ), c'est à la fois, tout à coup, la liberté.Lise Payette avait aussi besoin de régler des comptes avec son passé avant de plonger plus avant, dans ses années à la télévision et sa carrière politique.« Je n'étais pas capable de commencer à écrire ça tant que j'avais pas écrit le début de ma vie.Il fallait que je règle ça avant de pouvoir aborder le reste.» \u2014 Avez-vous trouvé l'expérience difficile 7 Use Payette dans l'uniforme de réserviste de son père.\u2014 Oui, ça a fait très mal.Il y a des matins, devant mon ordinateur.Je me mettais à pleurer comme un veau, des matins où je devais raconter la mort de ma mère, par exemple, ou les dernières discussions avec André.J'appelais Laurent ( l'homme qui partage sa vie depuis 1969 ) qui venait me consoler.Des regrets, elle n'en a pas.« Ce n'est pas vraiment 'mon genre, avouc-t-clle.Je trouve que j'arrive à tirer des expériences positives d'à peu près tout ce que m'est arrivé.» Pourtant, on le sent.Lise Payette n'a pas toujours eu la vie facile.Mais elle a su saisir les occasions chaque fois qu'elles se sont présentées.«« Je ne devais pas me tromper.Je ne me suis jamais donné la chance de l'échec.Je me disais, si Je me casse la gueule, ça ferme la porte aux femmes qui veulent faire ce que Je fais.Avec la télévision.Je suis dc- \u2022 venue une espèce d'emblème.Et s'il avait fallu que je me casse la gueule, je n'aurais pas été la seule.Il fallait que je me dépasse.« Je suis prête à me reconnaître un tantinet d'intelligence, mais une grande partie de mon succès, c'est la santé.J'ai une grande capacité de travail, une grande capacité de récupération.Le 4 juin dernier, je suis tombée sur le trottoir devant Télé-Métropole.J'ai eu le nez cassé, j'avais les deux yeux au beuçre noir, une fracture du coude, une fissure du poignet et une épaule démise.J'ai passé six jours à l'hôpital et un mois après, j'étais debout.» À 66 ans.Lise Payette travaille toujours autant et dévore chaque semaine à peu près tous les hebdos français et américains sur le marché.Les textes de la prochaine année des Machos sont écrits et elle compte bientôt entamer la saison 1998-1999.En outre, dans quelques jours, elle s'envole pour cannes dans le but d'intéresser un éventuel producteur allemand à une série de 13 épisodes sur les débuts de la médecine au Québec.Un autre de ses projets télé.« Je n'irais pas travailler en usine, mais le travail que je fais est un travail agréable pour moi.Il m'apporte tous les jours un défi.Je travaille avec des gens plus jeunes que moi, ce qui ne me laisse pas vieillir.» Deux heures ont passé dans ce bureau de l'avenue Laurier sans qu'on y prenne garde.Le magnétophone a cessé de tourner, emprisonnant les mots échangés dans la pièce.On saisit mieux le personnage, mais le sujet semble inépuisable.Lise Payette a encore beaucoup à dire.DES FEMMES D'HONNEUR, UNE VIE PRIVÉE 1931-1968, Lise Payette.Libre Expression, Montréal, 1997,276 pages. LA PRESSE, MONTRÉAL DIMANCHE 14 SEPTEMBRE 1997 B 3 Livres Plus témoignage Une planète et des livres que littérature REGINALD MARTEL p éditeur ne manque pas de culot et c'est bien ainsi, qui annonce en bandeau que La Ruelle au fond du coeur, c'est meilleur que du Tremblay ! Le texte de présentation, en quatre de couverture, est moins rassurant : « Le roman d'Allen Côté, c'est la réalité.La vraie vie ! » Ce jugement, un oxymo-re, est juste.Va donc pour la réalité et la vraie vie.Ce qui manque, c'est son contraire, c'est le roman.Un adolescent écrit le récit de sa vie.Une mère seule, barmaid dans une ville du Saguenay qui n'est pas nommée, une grand-mère bonne et généreuse, comme elles le sont toute s, les virées avec les copains, les jours d'école et les jours de congé, tout cela est raconté sans relief particulier, avec un souci d'exactitude qui n'est jamais pris en défaut.On s'attendrait, pour que naisse ce glissement qui fait entrer dans la fiction, que le garçon exprimât à l'occasion des sentiments, voire une amorce de pensée.Rien de cela, sinon un leitmotiv dont on finit par espérer un développement : « Cette chose qui me serre la poitrine.» Rien ne vient qui nouerait pour de bon ou dénouerait ce sentiment proche de l'angoisse.Il faudra se contenter de suivre, à un niveau très superficiel, l'évolution du personnage à travers ses rencontres, dont le moins qu'on puisse dire est qu'elles lui sont rarement favorables.L'adolescent sera séduit sans l'être par un pédéraste, il entrera lentement dans la délinquance, il rêvera de filles sans les conquérir, il sera interné dans un foyer d'accueil, il fuguera vers Montréal puis semblera se réhabiliter.Tant d'expériences, même si elles n'ont rien d'extraordinaire, finissent par imposer à un adolescent une certaine vision des choses de la vie.Cette vision ne va pas très loin : « On court toujours après les ennuis, comme s'ils nous faisaient découvrir le monde.C'est peut-être à cause d'une insatiable soif de vivre.Se contenter d'imaginer les choses ne permet pas d'en toucher le fond.» Sans doute, mais des enfants moins intelligents que le héros, plus jeunes et ne sachant pas écrire encore, ont des trouvailles plus originales, plus porteuses de sens.En jouant la carte de la sobriété et de la prétendue vérité, Allen Côté est passé plus près du témoignage, même fictif, que de la littérature.LA RUELLE AU FOND DU COEUR.Allen Côté.Les Intouchables.Montréal, 1997, 176 pages.De la première vache aux gâteaux Vachon CLAUDE MARCIL collaboration spéciale Ce livre publié récemment a malheureusement toutes les chances de passer inaperçu : éditeur peu connu, titre rébarbatif, couverture neutre.Ce serait dommage ! Depuis maintenant huit ans, l'agronome Claude B.Aubé glane des informations sur les dates, les événements, les technologies et la fondation d'industries alimentaires.Ce travail de bénédictin qui couvre toute l'histoire alimentaire du Québec, de la Nouvelle-France à aujourd'hui est fascinant à lire.On y apprend que les vaches sont arrivées ici en 1610, que les recollets brassaient de la bière en 1620, que la Nouvelle-France comptait 3107 bêtes à cornes en 1667 et qu'on mangea du cheval pour la première fois en 1757.On trouve aussi dans ce livre des encadrés sur la laiterie, la vie alimentaire à Montréal vers 1700, la législation sur les boissons alcooliques et de nombreuses recettes d'époque pour conserver les pommes ou faire du bon pain.Le premier magasin Steinberg, l'invention du Map-O-Spread, l'arrivée des gâteaux Vachon et du yogourt, la fondation de l'Association des beurreries et fromageries du Québec, la première pellicule de cellophane, rien ne semble avoir échappé à l'oeil de l'auteur.De plus, il a réussi à trouver, avec les difficultés qu'on imagine, de nombreuses illustrations et photos qui agrémentent ce portrait croustillant de notre histoire alimentaire et de son évolution.CHRONOLOGIE DU DÉVELOPPEMENT ALIMENTAIRE AU QUÉBEC.Claude B.Aubé.Éditions Somabec.1997.188 pages.Internet et tueurs en série CLAUDE MARCIL collaboration spéciale A.J.Holt est un pseudonyme.Un homme ?Une femme ?On ne sait rien de l'auteur de Meurtres en réseau, sinon qu'il vit dans l'État de Washington et qu'il travaille à un second roman.\u2022 .L'auteur combine dans ce thriller trois valeurs sûres : Internet, les tueurs en série et le désir de se faire justice soi-même.Jay Fletcher, agent du FBI, est une spécialiste dans l'investigation informatique des homicides.Coincée entre les lois qui protègent la vie privée des citoyens et le désir d'envoyer un tueur en prison, elle a décidé que ce dernier était plus important.Indignés, ses supérieurs l'exilent à Santa Fe pour aider une enquête locale contre les incendies criminels.Mais, rapidement, elle retourne à son ordinateur et découvre que des tueurs se retrouvent sur un site Internet protégé pour se vanter de leurs crimes.Mais comment repérer le site, comment retrouver le créateur de ce monstrueux programme ?Commence pour elle une longue traque vengeresse, qui lui vaudra de retrouver la trace d'un des lueurs ; elle n'hésite pas à l'exécuter ci décide de faire subir le même sort aux autres, de redoutables psychopathes : un vétérinaire qui pratique des expériences de vivisection sur ses victimes, un collectionneur d'art qui embaume des femmes après les avoir éviscérées et décéré-brves, d'autres encore.Pour chacun, c'est la même sentence expéditive.Pendant ce temps à Washington, le FBI est sur la piste d'un autre maniaque, surnommé Iceman, dont la spécialité est de congeler les vic- times.Depuis trente ans, il signe chacun de ses meurtres en envoyant des photos à Bill Hawkins, ancien du FBI devenu un eminent crimi-nologue.Malgré sa perspicacité, Hawkins sera lui aussi victime de Iceman.C'est Jay, elle-même recherchée par le FBI, qui le vengera.Ce roman terrifiant et provoquant fera hurler les politically correct.MEURTRES EN RÉSEAU, deAJ.Holt, traduit de l'américain par Alexis Cham-pon.Thrillers Belfond, Paris, 1997, 340 pages.F MARIO ROY QUÉBEC est un pari qui ne manque pas d'audace que celui de terminer la « rénovation » du Salon du livre de Québec \u2014 lequel, on le sait, a fait paître quelques vaches maigres\u2014 en appelant à la rescousse un escadron d'essayistes et autres penseurs.« Les universitaires sont capables de parler pour être compris », assure cependant Guy Champagne, président de la Foire internationale du livre en sciences humaines et sociales.Celle-ci constitue la grande nouveauté dont on cause sur et autour de la Grande-Allée : le Salon du livre est en effet jumelé cette année à cet événement spécialisé qui se tiendra au même moment et au même endroit : à compter de mercredi et jusqu'à dimanche inclusivement, sur deux étages du Palais des congrès de Québec.La fort belle affiche dessinée pour promouvoir cette foire-salon, conçue sur le thème de « Rêver-Penser », est certainement le portrait fidèle de ce que l'on entend faire.Guy Champagne, donc, parle d'un milieu qu'il connaît bien.L'homme est aussi directeur général de Nuit Blanche éditeur, petite maison de Québec où l'on ne craint pas les oeuvres savantes, où l'on ne recule pas non plus devant la publication d'essais à la fois fouillés et susceptibles de joindre un public relativement large : on se souvient, par exemple, de thèses intéressantes portant sur la littérature populaire \u2014le roman d'amour, les best-sellers\u2014 et frappées du logo de l'éditeur.Le président de la toute nouvelle Foire n'est pas non plus insensible au positionnement international de ï ï .5 * \u2022 \u2022 « \u2022 \u2022 > son projet.Bien entendu, ce ne sera pas Francfort ( la Foire allemande est gigantesque, indélogeable ) mais « le créneau des sciences humaines et sociales n'était pas couvert, avons-nous constaté.Or, il y va peut-être de la survie des salons que de développer des spécialités », dit encore Guy Champagne.À l'échelle internationale, c'est effectivement ce qui se passe : le Salon de Genève est flanqué de celui des musées, Francfort pousse du côté du multimédia, Paris s'est donné une extension destinée aux étudiants.« L'animation et les débats qui auront lieu ici ouvrent certainement la porte, pour les années à venir, à la tenue de congrès internationaux qui pourraient se greffer à la Foire internationale », ajoute De- nis Lebrun, président du Salon du livre de Québec.On connaît déjà le thème retenu pour la Foire, en 1998 : la ville.C'est d'ailleurs l'an prochain que l'on pourra vérftablement juger de la réussite du premier événement : plusieurs maisons d'édition étrangères spécialisées délèguent en effet cette année des représentants à Québec, dans le but, entre autres, de jauger les possibilités.Une vingtaine d'éditeurs américains seront ainsi présents, une trentaine de français et de suisses, ce qui comprend la prestigieuse Association des presses Universitaires françaises, qui chapeaute une vingtaine de maisons.Les presses universitaires québécoises \u2014elles sont une demi-douzaine \u2014 seront évidemment présentes, bien que Guy Champagne semble trouver l'enthousiasme de certaines d'entre elles plutôt modéré.« Il y a des dinosaures dans ce milieu », laisse-t-il tomber.Au total, le Salon et la Foire amèneront sur place 600 éditeurs et quelque 400 auteurs.On ne fera pas ici la liste des universitaires et essayistes qu seront au Palais des congrès à compter de mercredi \u2014 il y en a une bonne quinzaine, de Jean Daniel à Benjamin R.Barber en passant par Benoîte Groulx et Ignacio Ramonet.Et on se contentera d'indiquer que le thème général, « Une planète, un modèle ?» faisant référence à la mondialisation, sera abordé, sous forme de conférences et de débats, sous tous ses angles possibles : l'économie, la culture, l'identité nationale, la justice sociale, le syndicalisme.Ces centres d'intérêt explorés à la Foire trouvent en partie un écho dans les débats dans le cadre du Salon du livre lui-même ( sur la scène Forum ) : nationalisme et apport culturel des ethnies, langue, littérature et mondialisation.Les beaux esprits La Presse \" uw^ \" n philosophe, // B g ce n'est pas toujours un es-H B prit profond ft I produisant de ^^m0^ sublimes pensées », statuent au départ les auteurs de ce petit ouvrage tragicomique.Le Bêtisier des philosophes, réjouissant de pompié-risme satisfait et de.bêtise ( comme de juste ) ânonnante.On y verra cette galerie de grands esprits se pencher sur des thèmes aussi divers que le sexe ( bien entendu ), l'amour, la pensée et bien d'autres encore.Sait-on, par exemple, que Paul Valéry estima que « ce que l'on peut reprocher à la philosophie.c'est qu'elle ne sert à rien » ?Et que « la femme est notre ennemie », selon Schopenhauer ?Peut-on évaluer la clairvoyance de Heidegger lorsqu'il dit : « L'individu, où qu'il se dresse, ne vaut rien.Le destin de notre peuple dans son État vaut tout » ?Il est vrai que Voltaire avait déjà indiqué que « le peuple ressemble à des boeufs, à qui il faut un aiguillon, un joug et du foin ».Enfin, pour revenir au point de départ, sachons que Jules Lagneau expliqua : « Disons-le hardiment, philosopher c'est expliquer, au sens vulgaire des mots, le clair par l'obscur.» LE BÊTISIER DES PHILOSOPHES.Jean-Jacques Barrèreet Christian Roche.Le Seuil.Paris.1997.189 pages.Jean-Jacques 8arr«r« & Christian Roche LE BETISIER NOEL PERUSSE A GRAINE DE TRAITRE Mémoires d'un déraciné \u2022 Tome I Nocl Pt'l lls\\-' Dans Graine de traître, le premier tome des Mémoires d'un déraciné, Noël Pérusse rappelle à sa façon les années 1927 à 1957, cette période riche et mouvementée qui est le théâtre de la Grande Crise, de la Seconde Guerre mondiale, du début des «Trente Glorieuses » et qui prépare, chez nous, ce qu'il est convenu d'appeler la Révolution tranquille.Il fait revivre des milieux disparus, comme celui des collèges classiques où il côtoie de futurs notables, dont Claude Ryan.Il rend toute la saveur du monde universitaire du temps qu 'il marque de son passage au Quarti er Latin avec, entre autres, Camille Laurin.Il évoque des médias, tel Le Devoir d'où Gérard Vilion Pexclut pour raison d'agnosticisme, religieux et national, et Radio-Canada d'où il sera bientôt proscrit.Il relate les difficultés qu 'il a connues pour avoir été classé «¦ security risk » par la Gendarmerie royale du Canada.Bref, outre qu 'il évoque une galerie de personnalités comprenant aussi bien André Laurendeau que Claude Jutra, David Lewis ou René Lévesque, Noël Pérusse dépeint une période dont il a des raisons personnelles de témoigner, comme il le dit lui-même.«* Agnostique précoce et déclaré, divorcé au milieu des années 60, défroqué de r église syndicale en 70, désintéressé, voire imprudent, dans mes relations, exclu de ce fait de toute coterie, marginal d'une sociétéfoncièrement cléricale (catholico-nationaliste), voila une expérience, parfois pénible mais souvent exaltante, qui pourrait, me semble-1-il, être utile à une jeunesse déboussolée qui régurgite sa liberté.Mais alors, pas question de règlements de compte avec ses contemporains ?]e ne promets rien.» Collection « Mémoires et Souvenirs > h|É5ÉL Les Éditions Photos \u2022 Index \u2022 324 pa*« / 27,95 $ vffm> Varia La rentrée littéraire bat son plein et nous réserve de belles surprises nichées dans cette multitude d'ouvrages qui rendront nos choix difficiles et nns découvertes d'autant plus précieuses.Comment réagissez-vous lecteur quand on vous propose tous ces livres de la rentrée?Un nom connu qui a su vous faire rêver retient votre attention, un premier roman qu'un ou deux chroniqueurs encensent vous tente ou vous voguez au fil de vos intuitions ?Nous sommes tous pareils, on note, on retient un nom.Ah oui, celui-là semble nous promettre ce quelque chose d'indéfinissable qui devrait nous passionner.On achète, on attend ?Au fond nous sommes devant un coffre au trésor, une caverne de merveilles.Et nous devons choisir entre tous ces mondes fabuleux.Cette année la rentrée est féconde de promesses.Elles feront bien sûr, notre menu à Plaisir de lire.Et pour souligner ce moment particulier d'effervescence après l'accalmie de l'été nous avons quitté notre studio pour aller là où ça se passe, dans une librairie.Jacques Lanctôt et Alain Stanké nous parleront de leur saison et de leur passion pour les livres.Je vous propose aussi une rencontre avec un être paradoxal au coeur d'un autre de ses paradoxes : Yvon Deschamps qui vient commenter sa biographie « Yvon Deschamps, un aventurier fragile » de Claude Paquette.Était-il d'accord pour qu'on fasse sa biographie?Pas vraiment.Il n'a pas dit non, a collaboré par des entretiens, a refusé de lire la moindre ligne avant que cela soit publié.Quand je l'ai rencontré avec son biographe il avait passé la nuit à lire cette esquisse de sa vie.Enfin Christiane Frenette qui n'avait publié jusqu'ici que de la poésie nous présente son premier roman, une de ces belles surprises de la rentrée « La terre ferme » publié chez Boréal.Les titres des livres dont nous avons parlé à « Plaisir de lire » à notre dernière émission: \u2014 C'est pas moi, je le jure ! de Bruno Hébert chez Boréal \u2014 Nous mentons tous de Normand de Bellefeuille chez Québec-Amérique \u2014 L'Oblomova de Tecia Werbowski chez Actes Sud \u2014 Nostalgie de la magie noire de Vincent Ravalée chez Flammarion Rendezvous demain 21 h, à Télé-Québec.Danièle Bombardier Télé-Québec LA l'Kfcbbfc, MON 1Kb AL, DIMANCHE 14 SEPTEMBRE 1997 Livres ique Le Clézio Jacques Folch-Ribas collaboration spéciale M ille regrets.On a parfois du mal à suivre les parutions, celles des excellents écrivains en tout premier lieu, noyés qu'ils sont sous les vagues, dites chaque fois nouvelles, de l'insignifiance célèbre.C'est ainsi que je plonge, mû par une curieuse impression de culpabilité, au fond des eaux printaniè-res, et j'en retire un Poisson d'or, c'est le titre du dernier roman de J.M.G.Le Clézio.Ouf, un peu plus, j'oubliais de vous le signaler.Poisson d'or, c'est l'histoire d'une émigrée.marocaine nommée Laïla.Ce sont quinze années de sa vie, depuis ce jour où Laïla fut enlevée, volée, jetée au fond d'un sac et puis vendue à une mémère juive espagnole nommée Lalla Asma.L'histoire d'une esclave, si l'on veut ?Mais surtout d'une servante qui devient la petite-fille adoptive de sa patronne, apprend tout et subit tout, et quitte le Maroc pour émigrer à Paris, et puis.Cette Laïla descend d'une tribu, les Hilal, qui vivent de l'autre côté des montagnes, près d'un fleuve sec, qui ressemble à tous les oueds marocains.Elle a la peau très sombre des natifs de l'Atlas.Alors voilà, vous savez le fond de l'affaire.Le Clézio va vous raconter le reste, c'est-à-dire quinze années d'errance, du Maroc à Paris, qui sont un chemin de croix, celui de Laïla.Rien ne lui sera épargné, ni les blessures qui la rendront sourde, ni la police qui la poursuivra comme la menteuse et la voleuse qu'elle n'est pas, ni le rejet par sa famille d'adoption, puis par une soi-disant « éducatrice » qui trahira son travail.Ni, plus tard, les faux espoirs d'un couple de Français, auquel elle croira, et qui eux aussi abuseront d'elle.Laïla va passer par tous les stades du malheur : par un hôpital où elle essaiera de travailler, par une cave dans laquelle elle essaiera de vivre avec un autre rebut de la société aussi mal loti qu'elle.Bref, Le Clézio, lui non plus, ne nous épargnera rien.Mais, chose curieuse que je n'arrive pas à m'expliquer, jamais, en lisant les romans les plus sombres de cet homme qui est un ascète de la littérature, cette histoire, comme toutes les histoires qu'il nous raconte, est littéralement baignée de lumière, de poésie, de bonheur \u2014 oui, de bonheur\u2014 comme si l'immense pitié de son « inven- teur » caressait Laïla ( qui signifie Nuit ) et la recouvrait de tout l'amour possible, pour faire d'elle un Poisson d'or.Le Clézio est un ascète, disais-je, et je persiste.Pas seulement parce qu'il vit, la moitié de l'année, au fond d'un désert du Mexique.Pas seulement parce qu'il aime décrire les tribus indiennes du Panama et d'ailleurs dans ce qu'elles ont de plus secret, et de plus abstrait.Mais surtout parce que ses livres sont, depuis son premier roman.Le Procès-verbal ( 1963 ) des critiques absolues, indiscutables, de la société de consommation et de sottise ( mais c'est la même chose ) dans laquelle nous vivons.C'est peut-être en faisant visiter par Laïla un « musée des arts africains » dé\" Paris, que l'auteur nous fait voir, en même temps qu'elle, ce que l'homme d'aujourd'hui a perdu, par sa faute.Une visite extraordinaire.Quelques lignes : on a tout compris.Le Clézio est l'homme de la pitié, de la beauté, et du secret.IL s'intéresse au particulier, au sens des choses et des hommes, à la description de la beauté du monde, à la liberté, et naturellement à l'amour des êtres victimes.Laïla, dans ce Poisson d'or, est un exemple superbe, une cristallisation des thèmes qui intéressent Le Clézio.Ainsi le désert ( il avait écrit Désert eh 1980 ), ce sera, cette fois, le Maroc-dont sa femme est originaire, mais ce sera aussi Paris et sa misère.Tous lieux où il nous montrera cette sottise sociale dont je parlais.Poisson d'or est un roman superbe.J'avais hâte, tout en lisant, d'aller chercher, vite, vite, les autres romans, Le Chercheur d'or, par exemple, qui m'avait laissé une marque profonde, ou les livres de beauté comme Printemps et autres saisons, ou Trois Villes saintes.Je crois qu'il ne faut pas oublier très longtemps les livres de Le Clézio.Mille regrets.POISSON D'OR, J.M.G.Le Clézio.Éditions Gallimard, Paris, 1997,252 pages.IDÉES Le chemin d'Octavio Paz : lucidité, exclusion et humanisme STÉPHANE POTVIN collaboration spéciale Prix Nobel de littérature de 1990, ambassadeur du Mexique en Inde, essayiste de renom, grand démocrate, homme libre en ce siècle étourdi d'idéologie, Octa-vio Paz est une des grandes forces de notre temps.Même la France a reconnu la valeur universelle de son oeuvre.Fait rare au pays des Lumières, elle y fait l'unanimité au-delà même des allégeances politiques ( de Touraine à Sorman ), attestant son caractère non dogmatique.Avec l'arrivée en librairie de Lueurs de l'Inde, suite de son autobiographie intellectuelle Itinéraire, parue l'année dernière, l'occasion est belle de redécouvrir cet humaniste en quête d'altérité.D'autant plus que cet Itinéraire et ces Lueurs de l'Inde ont les qualités des grands crus d'Octavio Paz, soit la lucidité politique de l'essai Une planète et quatre ou cinq mondes, et la beauté pénétrante de L'Arc et la Lyre, cette réflexion sur la spécificité du dire poétique.Cet Itinéraire et ces Lueurs de l'Inde, traduits par Jean-Claude Masson, il faut les lire non pas comme le récit de sa vie, mais comme une autobiographie intellectuelle, contrepartie des révélations intimistes de son oeuvre poétique.Il est à l'Amérique latine ce qu'Aron est à la France L'Itinéraire, en premier lieu, est le récit des événements sous-jacents à l'élaboration du discours politique d'Octavio Paz.Le poète originaire du Mexique se remémore alors son enfance, la Révolution mexicaine, son action politique contre le fascisme lors de la guerre d'Espagne, son séjour aux États-Unis de 1943 à 1945, l'enchantement suscité par la Révolution russe, ainsi que le désenchantement suite à la découverte des purges staliniennes.Ce récit nous permet de revisiter les grandes lignes du discours politique d'Octavio Paz.Comme dans ses essais sur Marcel Du-champ, Lévi-Strauss, ou même le marquis de Sade, tout y est nuance.Tôt dans sa vie, il deplore l'absence d'autocritique des élites Octavio Paz mexicaines qui, jusqu'à tout récemment, rejetaient leurs propres échecs sur l'ennemi impérialiste du passé, l'Espagne de la Conquête, ou sur l'ennemi impérialiste d'alors, les États-Unis.S'il reconnaît, avec les élites, la nécessité de résister aux États-Unis, il dénonce leur aveuglement devant une force bien plus néfaste à cette époque : le communisme soviétique.Lui-même communiste durant sa jeunesse, il est un des premiers, sinon le premier, à pourfendre, dès les années 40, les ravages du communisme en Amérique laane, suivi en cela par le romancier péruvien Mario Vargas Llosa.Excommunié pour cette déviation, on peut dire de lui qu'il est à l'Amé- rique latine ce qu'Aron est à la France, le conservatisme en moins.Dans l'adversité, il répond alors à ses détracteurs par ce qui apparaît maintenant comme une des grandes leçons de ce siècle : il faut hiérarchiser notre indignation.Si la puissance des États-Unis est hégémonique, celle de l'URSS est impérialiste.De même, si le modèle libéral est à parfaire, le modèle communiste est imperfectible.Depuis, il mène une lutte acharnée pour la reconnaissance de l'universalité du libéralisme, avec ses deux vecteurs fondamentaux : la démocratie politique et la liberté économique.Car le libéralisme est à ses yeux l'unique solution au problème du sous-développement.Mais voilà, tout en militant pour le libéralisme, Paz le soumet à une critique sévère.Il nivelle les identités nationales, engendre des inégalités monstrueuses et s'accompagne d'un phénomène doublement pervers : la massification et l'isolement.C'est pourquoi, fidèle à ses idéaux de jeunesse, il souhaite encore aujourd'hui le dépassement des sociétés capitalistes.Une quête d'altérité Dans les Lueurs de l'Inde, la politique cède le pas à la poésie.II vous est recommandé de les lire parallèlement à Versant est, ce recueil de poésie inspiré du séjour d'Octavio Paz en Inde de 1962 à 1968, date où il démissionne de son poste d'ambassadeur, le gouvernement mexicain ayant écrasé, dans le sang, une manifestation étudiante.Dans ces Lueurs, le poète tente d'abord de ; répondre à la question du nationalisme indien, question complexe étant donné les 14 langues officielles reconnues dans ce pays.Complexe considérant l'institution de castes.Complexe, enfin, à cause de l'irréconciliable coexistence du monothéisme islamiste et du polythéisme hindou, coexistence dont le moment fort demeure le vibrant appel pacifiste du mahatma Gandhi.\u2022 \u201e Nous sommes invités ensuite à découvrir la poésie sanskrite de l'âge classique indien, inconnue des Occidentaux.Cette longue présentation, en plus de nous initier aux contradictions de la poésie sanskrite, où cohabite l'érotisme et l'ascétisme le plus pur, est une exclusivité de l'édition française.Elle débouche sur une réflexion métaphysique comparant le temps linéaire des religions occidentales au temps cyclique oriental.En somme, l'oeuvre d'Octavio Paz est traversée d'une même quête d'altérité, que l'Autre soit l'Espagnol, l'Américain ou l'Indien.Elle est un phare qui nous guide sur les eaux ténébreuses d'une recherche passionnée, où « la perte dans l'Autre est retour à ce dont nous avons été arrachés ».LUEURS DE L'INDE, Octavio Paz, traduction de Jean-Claude Masson.Gallimard, France, 1997,223 p.ITINÉRAIRE, Octavio Paz.traduction de Jean-Claude Masson.Gallimard, France, 1996, 145 pages.LES BEST SELLERS Éditions québécoises Fiction [romans!\t\t\t 1 C'est pas moi, je le jure\tBruno Hébert\tBoréal\t(D 2 Onze nouvelles humoristiques.\tEn collaboration\tLanctôt\t(D 3 L'île de la Merci\tÉlise Turcotte\tLeméac\td) Essais\t\t*\t 1 Ma petite histoire de la Nouvelle-France\tGilles Proulx\tPriorité\t(2) 2 Histoire populaire du Québec (Tome 4)\tJacques Lacoursiere\tSeptentrion\t(2) 3 René Lévesque (Tome 2)\tPierre Godin\tBoréal\t(7) Éditions étrangères\t\t\t Fiction [romans]\t\t\t 1 Messieurs, les enfants\tDaniel Pennac\tGallimard\t(D 2 Saga\tTonino Benacquista\tGallimard\t(1) 3 Ni vue, ni connue\tMary Higgins Ciark\tAlbin Michel\t(4) Essais\t\t\t 1 L'InstHIgsnce émotionnelle\tDaniel Goieman\tLaftont\t(15) 2 La petite philosophie à l'usage des non-philosophes\tAlbert Jacquard\tQuébec Livret\t(D 3 Le Moine et le Philosophe\tJ.F Revel et M Ricard\tNIL\t(4) Livres pratiques\t\t\t 1 Le Petit Larousse illustré 98\tEn collaboration\tLtfOUJM\t(2) 2 Le Petit Robert de« noms communs\ten cosaDoranon\tRobert\t(2) 3 Je mange, donc je maigris\tMichel Montignac\tJ'Ai Lu\t(19) Les listes nous sont fournies par les librairies suivantes Archembeutt, Bertrand.Champigny.Le Fureteur (StLamoert), Gémeau, Guerin, Hermes, René Martin (Josette).Monet, Le Parchemin.Les Bouquinistes (Chicoutimi).Payette (Sherbrooke).Guy Pokier (Trois-Rivières).Raffin.Renaud-Bray, Sons et Lettrée, Librairie Smith (Promenades de la Cathédrale).EN QUELQUES MOTS par Pierre Vennat Le cheval rouge ¦ Depuis sa parution discrète chez Ares, un petit éditeur milanais, en 1983, Le Cheval rouge, une fresque historique où se mêlent la résistance italienne, la campagne de Russie, la barbarie nazie et le communisme, est devenu en Italie un vrai phénomène littéraire.Les rééditions en italien se sont succédé, puis les traductions en espagnol, li-tunaien, anglais, japonais et roumain.Paraît enfin la traduction française publiée à l'Âge d'homme, maison suisse, et distribuée au Québec par Diffusion Liber.LE MYTHE DE Mini-poche pour Elvis ¦ Le trentième anniversaire de la mort d'Elvis Presley en a amené plusieurs à se demander s'il ne serait pas encore vivant 1 En mythe, à tout le moins.Gremese publie en français un mini-livre de poche sur Elvis et son mythe.La même maison, distribuée au Québec par Liber, en publie également un sur le mythe de John Lennon, autrefois des Beatles.Des artistes apparemment encore plus présents morts que vivants.De vrais mythes ! Aflne CUrae Clkhc\t LA SAINTE FAMILLE\t ¦ ¦ 1 \" 1\t 1 *\t \t \t Un second roman ¦ Anne Élaine Cliche, qui a remporté le Grand Prix du livre de Montréal il y a cinq ans avec La Pisseuse, nous revient, chez Tryptiquc, avec La Sainte Famille.La famille constitue bien sûr le thème autour duquel se déroule le roman.Famille que l'au-teure définit ainsi : « Un nom qui s'orchestre et dont les solistes ratent tour à tour la tonalité, fredonnent un autre air, cherchent un rythme nouveau sans jamais que le trait infime qui fait l'oeuvre ne soit perdu.» Culture clynamicme < nie* X ullmvlL* * ¦ Les Montagnais ¦ Les éditions JCL publient trois ouvrages de Camil Girard qui se penche sur les relations eth-noculturelles de sa région et la vie des Montagnais.Dans Culture et dynamique intercultuorelle, texte présenté à la commission royale sur les peuples autochtones, il raconte l'histoire d'une chasseuse amérindienne, d'une agricultrice de Laterrière; d'une Saguenayenne d'origine anglaise et d'un ex-chef montagnais.Puis dans La Prise en charge et Un monde autour de moi, il donne la parole à un Montagnais et une Mon-tagnaise. LA PRESSE, MOlNIKbAL, DIMANCHE 14 SEPTEMBRE 1997 et La présence au MIDEM latino ALAIN BRUNET MIAMI Entre ses chansons, Lhasa de Sela leur a causé en espagnol.C'était la première fois qu'elle présentait le répertoire de La Llorona ( son premier album ) à un auditoire « naturellement » disposé à comprendre ses rimes.Mercredi soir, ce concert à visée promotionnelle fut présenté au Stella Blue, un des lieux nolisés à South Beach par le Marché international du disque et de l'édition musicale, version Antilles/Amérique latine.La foule modeste semble avoir vraiment apprécié cette artiste pour le moins habitée par ses chansons.Depuis plusieurs mois, le potentiel international de la Montréalaise avait été évalué à la hausse par les dirigeants d'Audiogram, l'étiquette qui l'endosse.D'où sa présence au MIDEM prévue depuis plusieurs mois.Entre-temps, les dirigeants de l'étiquette québécoise eurent l'occasion de trouver des partenaires sérieux aux États-Unis afin de lancer le disque de Lhasa sur les grands marchés du monde.« Cela se produit souvent ainsi », dit Michel Bélanger, propriétaire d'Audiogram, présent au Stella Blue de Miami.« Nous prévoyons venir faire des affaires au MIDEM ou dans d'autres foires du genre, mais les négociations s'amorcent bien avant que ces événements se produisent.Dans le cas de Lhasa, nous sommes sûr le point de prendre une décision avec une importante compagnie américaine.» « Ça nous a pris plusieurs MIDEM avant de faire notre premier deal », raconte Cussy Nicodemo, copropriétaire des Disques Dance Plant.Installés à Montréal-Nord où ils ont grandi, les frères Nicodemo ont trimé dur avant d'exporter leurs disques hors des frontières canadiennes.Les contacts ont fini par porter fruit.Désormais, Michael et Cussy Nicodemo multiplient les en- i.«in- tentes commerciales avec l'Amérique latine, l'Europe et l'Asie du Sud-Est.Outre les Disques Dance Plant et Audiogram, onze autres firmes spécialisées dans l'édition ou la production de disques étaient au MIDEM Antilles/Amérique latine.Les Productions Guy Cloutier et les Disques Star faisaient notamment partie du contingent, afin de faire valoir certaines de leurs productions ciblées pour le marché latino.Raymond Du Berger, propriétaire des éditions musicales Variole, a amorcé des négociations avec d'éventuels partenaires brésiliens pour sa cliente Carmen Bonifacio.Et puisque les firmes européennes participent à l'explosion du marché latino, pourquoi pas transiger avec eux ?Ainsi, Du Berger a conclu une entente avec un partenaire français ; Média 7 lancera bientôt le plus récent album de Corbach.Romulo Larrea, lui, a resserré les liens avec ses partenaires argentins et a poursuivi des démarches avec d'éventuels clients nippons.« Les Japonais mettent du temps avant de prendre une décision.Mais lorsqu'ils la prennent, c'est pour de bon », a confié le leader et producteur de l'ensemble de tango qui porte son nom.L'éditeur Jehan Va-liquette, pour sa part, a intéressé des gens d'affaires du Brésil en ce qui a trait au répertoire d'un de ses plus gros clients, le Français Nicolas Peyrac.Les gens de la compagnie Cyber Music, eux, se sont limités à faire évoluer leurs relations.Encadrée par une équipe de l'ADISQ, cette délégation de gens d'affaires accueillait les partenaires latinos, carribéens ou autres au PHOTO BERNARD BRAULT.La Presse Les dirigeants de l'étiquette Audiogram ont trouvé des partenaires sérieux aux États-Unis afin de lancer le disque de Lhasa de Sela sur les grands marchés du monde.stand baptisé Music from Quebec.Orné du drapeau canadien, ( puisque les congressistes ne reconnaissent pas vraiment le fleurdelisé ), le stand québécois semble avoir été le lieu de bonnes affaires au premier MIDEM latino.« Cette opération a été principalement axée sur le soutien des membres qui y ont participé.Il fal- lait faire en sorte qu'ils travaillent dans un environnement favorable », explique Louise Laplante, productrice à l'ADISQ, responsable du stand québécois du MIDEM.Elle indiquera en outre que les membres de l'ADISQ ne vont pas à tous les MIDEM.« Cela varie selon le type de marché qui les intéresse.» Le problème cubain forcera peut-être le MIDEM à quitter Miami Tan prochain ALAIN BRUNET MIAMI L'impossibilité d'accueillir les Cubains pourrait bien conduire au déménagement du MIDEM Antilles/ Amérique latine.C'est, du moins, ce qu'a laissé entendre son grand patron au terme de l'événement, jeudi.« Miami réunit les conditions nécessaires à la tenue d'un grand événement.// has the magic.Nous espérons revenir à Miami, mais il faut que TOUTE la musique latine y soit présente », a déclaré Xavier Roy, à la clôture du premier MIDEM latino.Pour la ville de Miami, métropole hispanophone des USA et carrefour par excellence de l'industrie de la musique latino-carribéenne, c'est un pensez-y bien.L'impact financier sur le secteur occupé par le MIDEM ( South Beach fait partie du Dade County ) a été de 87,5 millions de dollars ces derniers jours.L'embargo économique américain dirigé contre Cuba a beau exclure les arts, une résolution adoptée en 1991 au Dale County ( dont fait partie Miami ) interdit tout marchand qui fait affaires avec des entreprises qui ont des relations d'affaires avec Cuba, ce qui inclut le MIDEM.Les gens du MIDEM avaient accepté de se plier à cette restriction, mais les pressions provenant de nombreuses entreprises du disque et de l'édition musicale auraient conduit les gens du MIDEM à reconsidérer le choix de MIAMI pour la tenue du prochain MIDEM Antilles/Amérique latine.Le MIDEM avait conclu une entente de de cinq ans ( renouvelable à chaque année ) avec la ville de Miami.Les dirigeants du MIDEM rendront leur vercict d'ici 90 jours.PHOTO ROBERT SKINNER.Lê On veut figurer ! La possibilité d'apparaître dans une superproduction américaine a attiré hier matin des milliers de personnes à l'ancien Forum de Montréal, où le film Snake Eyes est présentement tourné.Près de 5000 aspirants-figurants ont dû retourner chez eux bredouilles, après avoir fait la queue pendant plusieurs heures dans l'espoir de participer au tournage du film.Le choix du MIDEM Antilles/ Amérique latine a été fait au détriment du MIDEM/Asie.« L'intérêt des membres allait davantage vers le MIDEM latino, mais c'est circonstanciel, dit Louise Laplante.En termes de volume et de types d'affaires traitées, les deux MIDEM régionaux se ressemblent.» McCartney affirme avoir initié Mike Jagger au cannabis Agence France-Presse LONDRES L'ex-Beatle Paul McCartney affirme avoir initié le chanteur des Rolling Stones, Mike Jagger, au cannabis, dans une biographie dont l'hebdomadaire britannique l'Observer publie aujourd'hui des extraits.McCartney révèle que Bob Dylan lui a fait découvrir le cannabis en 1964 dans une chambre d'hôtel de New York.« Nous étions assez fiers d'avoir été initiés par Dylan », raconte-a-il dans sa biographie écrite par Barry Miles, intitulée Many Years Ft cm Now qui doit paraître en octobre.Il ajoute avoir à son tour initié Mike Jagger deux ans plus lard à Londres.« C'est drôle, parce que fout le monde aurait cru que cela se serait passé dans le sens inverse », dit-il.¦ Scandale autour d'un tableau à Chicago Associated Press CHICAGO La toile s'intitule Le Palais du diable et a donné lieu à un scandale : cette oeuvre du peintre Hulbert Waldroup représente le Christ, assis aux côtés du diable, devant une table où sont servis des yeu\\ humains, une jambe et dis oreilles.Les visiteurs du James R.Thompson Center de Chicago se sont plaints de ce tableau sacrilège qui a été retiré de l'exposition par ses organisateurs.Le peintre s'est vu saisir son matériel, mais a pu garder la toile.Et vendredi, il est revenu et a déposé la toile contre un mur, devant des passants, certains scandalises, d'autres amuses.L'artiste âgé de 30 ans, dit avoir été inspiré par la haine et la violence, « le tout au nom de la religion », au cours d'un voyage en Israël. B 6 ?LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 14 SEPTEMBRE 1997 Les uns et les autres e n'est pas parce qu'elle aime l'acteur Vincent ' Cas-sel que Monica Belluci a repoussé les avances de l'agent 007, mais RPPT Dobermann.Un rôle de sjçrde-muette oublié le ttmps d'une interview avec rfS Magazine.-j Vous vous méfiez de votre beauté ?-5- On doit s'en méfier mais eft même temps on ne peut pas oublier que ça change tout d'être belle, même des petits trucs, ne pas faire la queue à la poste et tout ça.Mais quand une femme belle n'est pas intelligente, c'est terrible car ce pouvoir se retourne contre elle, justement parce qu'elle croyait avoir un pouvoir et du coup elle est vulnérable.La beauté elle doit être maîtrisée.Monica Belluci aimez.On arrive à débrancher quand on quitte le soir les vêtements de deux personnages qui vivent une autre histoire ?\u2014 C'est ce que nous ressentons l'un pour l'autre qui fait que nous sommes ensemble, ce n'est pas notre passion pour le cinéma.\u2014 Vous jouez dans Dobermann le rôle d'une gitane sourde et muette.Un tel rôle doit demander une présence énorme à l'écran, non ?\u2014 Incarner un rôle aussi violent avec seulement les yeux et les gestes, c'est très difficile.Chaque fois que la caméra est sur vous, vous devez tout exprimer autrement et avec plus de force encore.Au départ, dans le livre dont est tiré le film, c'était une pute, une fille qui parlait comme une pétasse.C'est alors que le scé- \u2014 Vous avez tourné plusieurs films dont Dober- nariste a eu l'idée d'en faire une sourde et muette.J'ai mann avec Vincent Cassel et dans la vie vous vous un peu contribué à définir le rôle, à l'inventer.ZOOM POP-CORN ¦ Je ne me laisserais voir sans maquillage en public que si l'on m'apprenait que mon mari était à l'article de la mort.En tout cas, il faudrait qu'il soit très mala- de* Dolly Parton ¦ Pour trouver un sens à ce métier, il faut passer à la mise en scène.J'ai le sentiment que des acteurs qui ne seraient qu'acteurs deviendraient fous.Lambert Wilson ¦ Je n'ai jamais pu trouver des vêtements aussi confortables que les vêtements d'hommes.Si bien qu'aujour-d'hui, je ne porte plus rien d'autre.RosseU|n| ¦ Je suis beaucoup plus qu'une simple paire de seins.Ce que je représente aujourd'hui, c'est le succès, le travail acharné et la joie de vivre.Pamela-Anderson Lee ¦ Je suis parvenue au point où une femme a le choix entre se laisser aller et lutter pour demeurer jeune.Glenn Close LES MOTS Tommy Lee Jones Depui 27 am.Tommy Lee Jones, vedette de Men in Black, ttfrrrtt une réputation de sale type « dur à cuir ».Pourtant, ce brave homme mène une vie pépère entre son ranch du Texas et lïollywood où il tourne cinq mois par an./y Ce qu'on pense de moi n'est pas très f f important, ce qui est important, c'est que le ^ ^ public perçoive les personnages de Men in BWcomme des types bien.Ce que je fais quand je ne tournes pas ?Je passe le plus de temps possible au Texas dans l'un de mes deux ranchs où j'élève du bétail.J'adore lire ; mes livres préférés sont Shakespeare et la Bible.Je fais aussi beaucoup de polo car c'est un sport qui rapproche l'homme de l'animal.Je n'ai pas la télé chez moi, et si je veux écouter la radio, je dois me déplacer dans mon camion.Je suis un homme très sauvage.Mes projets ?Je vais faire la suite du film Le Fugitif, mais sans Harrison Ford, ce que je regrette profondément.Max » Les mots de l'amour ¦ Aimer, c'est ne plus comparer.Bernard Grasset ¦ Ce qu'il y a d'ennuyeux dans l'amour c'est que c'est un crime où l'on ne peut pas se passer d'un complice.Charles Baudelaire ¦ Dire que c'est en faisant exactement la même chose qu'un homme honore une femme ou la déshonore.Noctuel ¦ Le plus beau moment de l'amour, c'est quand on monte l'escalier.Clemenceau ¦ Ce qu'il y a d'admirable dans l'amour, c'est qu'en s'oc-cupant de l'autre, on s'occupe encore de soi.Michel Corday ¦ L'amour, c'est l'effort que fait l'homme pour se contenter d'une seule femme.paul Géraldy ¦ Je t'aimerai le temps de voir dans ce grain de beauté une verrue.» ¦ » .Jules Renard ¦ La comédienne Rachel ( 1821-1858 ) reçut un jour dans sa loge ce mot cavalier que lui adressa le prince de Join-ville, fils de Louis-Philippe et roi des goujats : « Quand ?Où ?Combien ?» Rachel ayant regardé la signature répondit sur le même mode : « Quand vous voudrez.Chez vous.Pour rien.» Au bonheur des mots FLASH La même Sîgourney Weaver méchante reine Il n'est pas étonnant que Sigourney Weaver tourne .toujours des films d'horreur, comme Alien, au lieu d'obtenir des rôles romantiques : l'actrice de 47 ans, qui mesure six pieds, terrifie les producteurs, le plus souvent beaucoup plus petits qu'elle.« Ils sont petits et je suis grande, explique-t-elle.Lorsque je pénètre dans un bureau pour discuter d'un rôle normal, ils prennent la fuite.Ils cherchent la gentille petite blonde qui lève timidement les yeux vers eux.» Sigourney Weaver incarne la dans Showtime's Snow White : A Tale of Terror.Son imprésario commente tristement : « Ils ne savent pas combien elle est gentille.» Bella Mafia ¦ Vanessa Redgrave sera la Marraine dans une nouvelle minisérie de CBS intitulée Bella Mafia.Vanessa, Nastassja Kinski et Jennifer Tilly joindront leurs forces pour se venger des meurtriers de leurs maris, trois maffiosi abattus par les membres d'une famille rivale.Erreur sur la personne ¦ Après avoir observé pendant plusieurs minutes une femme qui expliquait à une amie comment s'appelaient les diverses pièces constituant le couvert disposé à leur table, dans un restaurant de Los Angeles, Sandra Bullock s'approcha et demanda à la cliente si elle ne voyait pas d'objection à ce !qu'elle la regar-ÈlgSïf^^Ë de travailler.*^^H Elle précisa ^BPR^PH qu'elle devait ^ jH incarner une 8-¦ handicapée mentale dans son prochain film, Molly, et qu'elle pourrait sans doute recueillir des indices précieux d'une experte dans ce domaine.Mon amie n'est pas une handicapée mentale, rétorqua sèchement l'experte en question, elle est Française et je lui apprends l'anglais.L'actrice regagna sa table, rouge d'embarras.L'inspiration.¦ Dès que Sharon Stone fréquente un propriétaire de journal, elle est convaincue qu'elle sait écrire.Sa liaison précédente avec un éditeur l'avait incitée à se lancer dans la rédaction d'un roman d'amour dont on commence à douter qu'il voie jamais le jour, mais maintenant, elle projette d'écrire une chronique hebdomadaire axée sur la mode dans un Sandra Bullock quotidien de San Francisco qui appartient à son nouvel ami, Phil Bronstein ! Un coup de jeune ¦ Les patrons de CBS ont demandé à David Let ter man de modi: fier de fond en comble son apparence pour tenter d'attirer des téléspectateurs plus jeunes.Ils ont laissé entendre à l'animateur du Late Show qu'il commençait à paraître un peu fané en comparaison de son rival Jay Leno, du Tonight Show, et qu'une petite opération de déridage ferait beaucoup pour rajeunir son image.Dave refuse énergiquement le bistouri, mais il a promis de se teindre les cheveux, qui, avoue-t-il, commencent à grisonner d'une façon inquiétante.Tori s'envoie en l'air ¦ Si elle incarne une jeune fille sage dans Beverly Hills 90210, Tori Spelling s'est comportée récemment d'une façon beaucoup moins exemplaire à bord d'un avion, faisant l'amour avec un compagnon dans les toilettes après avoir buun peu trop de vin.« Prendre l'avion me terrifie, explique la jeune actrice de 24 ans, si bien que j'ai bu quelques verres de vin, qui ont eu pour effet de m'enlever toutes mes inhibitions* Personne ne nous a même jeté un coup d'oeil lorsque nous sommes entrés ensemble dans les toilettes, ajoute-t-elle.Peut-être avaienûHs tous bu trop de vin eux aussi.» Haro sur Dustin ¦ Fou de rage, Bill MurrajL.3 poursuivi durant une demi-heure Dustin Hoffman à traversées rues de Manhattan.Ayant aperçu Hoffman dans un taxi arrêté à côté du sien à un feu rouge, il ordojôàd à son chauffeur de le prendre en chasse.Lorsqu'il l'eut rattrapé, il se pencha à la portière et se »mit à l'insulter copieusement.Murray ne peut accepter que Hoffman, sa co-vedette de Toot-sie, ait refusé de tourner une suite de ce film, qui connut un grand succès.Médusé.Hoffman paya son chauffeur >H prit la fuite à pied, se perdant dans la foule.Opéra minceur ¦ La fille de Luciano Pavarotti, Christina, âgée de 33 ans, vient de faire ses débuts en tant que metteur en scène à Barcelone, Espagne, dans un opéra intitulé Maigrissez en trois jours.Son célèbre père n'a pas manqué d'assister â la représentation, où il aura sans nul doute puisé quelques recettes qui pourrait lui être des plus utiles.SOURCES : AP, Star, Moxneline, Globe Dustin Hoffman Annaud va de conquête en conquête EN VADROUILLE t Francine Grimaldi collaboration spéciale e n'ai pas encore vu Seven Years in Tibet, présenté en première mondiale pour la clôture du 22e Festival international du film de Toronto, et j'ai hâte de rencontrer le beau Brad Piltit David Thewlis, ainsi que cet «iiJdacieux réalisateur français qqjest Jean-Jacques Annaud, un homme qui va de conquête en con-quSe depuis La guerre du feu en 1982.H était venu nous présenter son film de quarante minutes sur la conquête de la Cordillère des An-dab par le pilote de VAéropostale, Henri Guillaume!, en 1930, Les Ailc\\ dit courage, véritable épopée, au cinema IMAX il y a exactement deux an».C'était le premier film de fiction réalisé en 70mm et 3D.An-n.uid nous revient avec un autre tilm historique d'aventure en montagne ( étalé sur 131 minutes ), soil t I la conquête du plus haut sommet de l'Himmalaya.Pas une conquête facile pour Annaud car il a dû tourner en Argentine et en Colombie-Britannique, même les scènes du temple de Lhasa ! Un film d'aventure auquel s'ajoute une dimension spirituelle à partir du moment où l'alpiniste autrichien Heinrich Marrer ( Brad Pitt ! ) devient le professeur du Dalai Lama, alors âgé de onze ans.Dommage que Harrer, aujourd'hui âgé de 85 ans, ne vienne pas assister au lancement pour donner sa version des faits devant le scénariste Becky Johnston.Christian Duguay n'est pas content ¦ J'ai eu le plaisir de prendre un pot avec le plus international de nos réalisateurs québécois, Christian Duguay.D'abord reconnu comme le premier utilisateur de Steadycam au Canada, puis comme directeur-photo et réalisateur à la télé avec des séries à succès comme Crossbow et Million Dollar Babies sur les jumelles Dionne, il a aussi réalisé plusieurs téléfilms ( encore aucun en français ).Son style s'est raffiné avec ses deux Scanners et Screamers avant d'atteindre la maîtrise avec The Assignment.Il est arrivé à Toronto pour la première mondiale de son nouveau film, tout bronzé après ses vacances en Californie avec son épouse et actrice Li-li.m.i Komorowska.Il était très contrarié: «Je ne comprends Ml pourquoi on annonce mon film comme étant une production américaine dans le programme officiel* » The Assignment va être lancé dans une quarantaine de salles aux États-Unis mais c'est Tom Berry et Franco Battista de Allégro Films ( affilié à Coscient ) de Montréal PQ qui l'ont produit ! J'ai tourné en Israël, en Hongrie et à Montréal.Je ne suis pas devenu un réalisateur américain et je n'ai pas l'intention d'émigrer.Je veux continuer à faire des films accessibles mais personnalisés, avec une stylistique plus appliquée.Mon rythme est américain pour ce thriller mais la structure narrative et la psychologie des personnages sur les trois quarts du film, ce n'est pas dans le style américain ! D'ailleurs, je considère que j'ai mis dix ans à faire mon apprentissage et qu'aujourd'hui, c'est mon premier film professionnel.J'ai acquis beaucoup de confiance en tournant The Assignment grâce à la générosité et à l'écoute incroyable de Donald Sutherland et de Ben Kingsley.On tournait une scène et ensuite, s'ils sentaient la moindre hésitation dans mon regard, ils en discutaient avec moi, prêts à recommencer autrement.Que l'on tourne à moins 40°C dans le cimetière sur le Mont-Royal ou à plus 40°C au bord de la mer Morte.Nous avons développé une bonne complicité et nous avons eu du plaisir à créer en équipe.Avec Aidan Quinn pour son double role d'officier de la marine et du terroriste Carlos « The Jackal » et Céline Bonnier, que j'avais dirigée dans le rôle de la mère des jumelles Dionne, j'ai eu le temps de bien leur expliquer la complexité de leurs personnages.» Cinq offres ¦ Surprise ! Quand j'ai demandé à Christian Duguay des nouvelles du tournage de sa superproduction pour la Paramount : « Je n'ai malheureusement pas tourné Pathfinder à Montréal.Tout était prêt, l'équipe, les locations, quand Mel Gibson a laissé tomber ce projet.Le film ne se fera pas.Grosse déception.J'ai lu près de 400 scénarios depuis, et j'ai cinq offres fermes de différents studios.» À suivre.Atom Egoyan a écrit un opéra ¦ Atom Egoyan ( The Sweet Hereafter) sera-t-il plus chanceux avec Mel Gibson que Christian Duguay ?Atom m'a dit que le projet de Felicia's Journey est encore au stade de l'écriture et qu'il a bien d'autres choses à réaliser avant de faire ce film : « Je suis dans l'opéra.Après Salome, j'ai deux autres opéras à monter : Dr Ox's Experiment, avec le compositeur Gavin Bryars, a Londres ; puis, .Elsewhereless, un opéra original dont j'ai écrit le livret, une histoire de massacre en Afrique qui m'est inspiré par le drame du Rwanda mais je n'ai jamais été en Afrique ! Je travaille avec le compositeur canadien Rodney Sharman, de Vancouver.Atom Egoyan était rayonnant mer- credi soir.Et pour cause, il recevait, des mains de l'ambassadeur de France au Canada, les insignes de chevalier des arts et des lettres.Moi aussi je rayonnais, de plaisir parce que c'était ma première réception au champagne.Une suggestion à Serge Losique ¦ Suggestion à Serge Losique et Danièle Cauchard pour les prochains FFM : que chaque programmateur ( trice ) vienne sur scène, avant la projection, présenter le film qu'il a sélectionné ainsi que la délégation qui accompagne son film ! C'est plus sympathique qu'une hôtesse anonyme qui lance froidement un « Accueillops Atom Egoyan.Canada.» Cela serait aussi plus intéressant pour le public,, et cette démarche rend plus conscient le responsable qui doit ensuite expliquer son choix dans le programme officiel et sur scène t Ce n'est pas parce que le Festival de Toronto le fait que le Festival de Montréal devrait nous priver de ce pl.u sir ! Non ?.Au FFM on peut marcher d'une salle de cinéma à une autre, à Toronto les salles du festival ne Boni pas regroupées.Je me déplace souvent en taxi.Certains jounalistes prêtèrent le métro maigre le die ion populaire qui, selon Donna Lyp-chuk, va comme suit : « In Toronto, we only go underground when we mant to die.>» Sur ce, bon dimanche. RICHARD LABBE collaboration spéciale La dernière fois que Morrissey avait mis les pieds à Montréal, c'était il y a 11 ans.À l'époque où il oeuvrait au sein des Smiths, groupe phare des années 80.Ce fait peut servir à expliquer la folie furieuse qui sévissait hier soir au Saint-Denis.Quelque 2000 spectateurs étaient sur place pour accueillir ce chanteur britannique qui, bon an mal an, parvient encore à attirer les foules, à provoquer les dithyrambes partout où il passe.ni.Les Montréalais l'attendaient, ce Morrissey.Ils voulaient lui toucher, lui lancer des fleurs, l'embrasser même.Une quinzaine de minutes avant l'arrivée du Morrissey en question, plusieurs spectateurs étaient debout, les mains en l'air, tout en chantant.Aucun doute, il régnait hier soir au théâtre Saint-Denis une atmosphere très spéciale.Le genre d'atmosphère qui prévaut lors des soirees de retrouvailles avec des potes d'une autre époque.Le genre de réception que l'on réserve aux plus grands.A 21 h 15.enfin, Morrissey, accompagné de ses quatre musiciens, foule les planches du Saint-Denis.Le délire, mes amis.Juste devant moi, un jeune homme tombe à la renverse, sans doute un peu trop ému.D'autres sautillent et hurlent sans arrêt, tandis que Retour éclatant de Morrissey à Montréal Stephen Morrissey et sa bande démarrent avec Maladjusted.Il est alors évident que les sièges du Saint-Denis seront tout à fait inutiles, voire encombrants.Sauf pour les plus fous, qui sautent par-dessus ces sièges pour tenter de mieux voir leur idole.Bien en forme, farouchement dandy, Morrissey a l'air de.Morrissey.Les gestes sont sensiblement les mêmes qu'à l'époque des Smiths.Avec sa chemise impeccable et son pantalon bien pressé, il a toujours ce petit air hautain, et se permet de jouer les précieuses à plus d'une occasion.Dès la seconde pièce.Boy Racer, Morrissey s'aventure à l'avant, touche ses fidèles de la main droite, lève le nez sur les fleurs qu'on lui lance.L'homme possède du charisme, il le sait, et il joue la carte charme de façon régulière.Une sono plutôt quelconque Billy Budd.Alma Matters.Ambitious Outsiders et Now My Heart Is Full suivent ensuite.Malgré la sono plutôt quelconque, la pop purement britannique de Morrissey va droit au but.Solides, délicieusement mélodiques, les pièces du chanteur anglais ne perdent rien de leur fraîcheur en spectacle.Et le groupe assure, reste stoïque en dépit des problèmes de son.Ensuite, la surprise.Alors que personne ne s'y attend, Morrissey se réconcilie avec son passé et livre une pièce des Smiths, Paint a Vulgar Picture.Et, le croirez-vous, il remet ça au rappel, avec cette fois Shoplifters Of The World, un tube des Smiths qui date de 1987.Avec une telle finale, le verdict est catégorique : le retour de Morrissey à Montréal aura été fort éclatant. B8 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 14 SEPTEMBRE 1997 Il y a 15 ans, Grace de Monaco mourait SOUVENIRS, SOUVENIRS Pierre Vennat Il y a 15 ans aujourd'hui, le 14 septembre 1982, la princesse Grace de Monaco, ancienne star de cinéma succombait aux suites des blessures occasionnées par l'accident de la route dont elle avait été victime la veille, près de la principauté, en compagnie de sa fille cadette Stéphanie.Grace Kelly avait obtenu un Oscar d'interprétation à Hollywood en 1955 pour Une fille de la province dont elle partageait la vedette avec Blng Crosby.Actrice favorite d'Alfred Hitchcock, elle avait joué dans trois de ses films : La Main au collet avec Cary Grant ; Le Meurtre était presque parfait avec Robert Cummings ; et Fenêtre sur cour avec James Stewart.Elle avait également joué dans Le train sifflera trois fois avec Gary Cooper.L'un de ses derniers films.Le Cygne ( 1956 ), racontait l'histoire d'une jeune femme qui épousait un prince héritier.Elle avait fait ses debuts au cinéma en 1951, dans un film intitulé Quatorze heures.Elle mit fin à sa carrière cinématographique en tournant Haute société en 1956, avant d'épouser le prince Rainier, l'année suivante.fois l'Amérique, avec un budget de 22 millions, dans nos murs.Le film avait pour vedette principale Robert De Niro et retraçait sur une période de 40 ans ( de 1920 à 1960 ), l'histoire américaine, et entre au« très, la guerre des gangs à l'époque d'Al Capone.Le tournage à Montréal dura environ trois semaines et on avait transformé l'ancienne École polytechnique de l'Université de Montréal, rue Saint-Denis, en un poste de police new-yorkais des années 30.En costumes d'époque ( 1932 ), casquette et feutre, pardessus et tailleurs longs, photographes ajustant leur encombrant appareil pour immortaliser le chef de police nouvellement promu, rien, écrivait alors Georges Lamon, ne manquait au décor pour fixer cette scène mémorable.Les figurants, en majorité québécois, n'en finissaient plus d'aller et de venir, de faire éclater leurs lampes-éclair, répétant sans cesse la même scène, sous l'oeil critique du grand Leone, qui apparemment était de fort mauvaise humeur ce jour-là.¦ La Presse du 14 septembre 1982 soulignait aussi le passage à Montréal de Sergio Leone, le père du western-spaghetti, qui après // était une fois dans l'Ouest filmait // était une ¦ Le 12 septembre 1977, il y a donc 20 ans ces jours-ci, la direction de l'Orchestre symphonique de Montréal annonçait officiellement ce que Claude Gingras avait déjà prédit le 16 février 1977 : la nomination de Charles Dutoit au poste de directeur artistique et de chef d'orchestre permanent.Entrant en fonction immédiatement, le musicien suisse, qui fait depuis lors partie du décor montréalais, signait un contrat de quatre ans qui fut toujours renouvelé.À l'époque, Charles Dutoit dirigeait l'Orchestre symphonique de Gôtenberg, en Suède.Le contrat de Dutoit à Gôtenberg prenait fin au printemps de !979.Qualifié de «jeune et dynamique musicien suisse » par notre critique, Dutoit était déjà bien connu en Europe et aux États-Unis.Formé à la tradition «< stra-vinskyenne » de son compatriote Ansermet plutôt qu'à celle de la Nouvelle École de Vienne, Charles LES CINÉMAS FAMOUS PLAYERS 1 ecran geant! qualité du son! grande différence! EIM MATINÉE ¦> REPRESENTATIONS AVANT 1 8h00 HORAIRES DU 14 au 18 SEPT.?INFO-FILM: 866-0111 samedi, dimanche et jours fériés PARISIEN 480.rue Ste-Cattwrw 0 866-3856 F.P.8-GREENFIELD PK PROGRAMME DOUBLE HERCULE (G)' 1 00-5 15 PROGRAMME DOUBLE GEORGES DE LA JUNGLE (Cf 3 00-7 15 DOUBLE/IDENTITE (13*r 9 30 EVENT HORIZON VF (1**)# 1 45-4 15-7 30-10 00 TRUANO (1#>)' 1 06-3 35-« 45-9 20 CLANDESTINS (13*r 1 20-3 45-7 10-9 25 LE CINQUIEME ELEMENT (13*r 1 15.3 50-7 05-9 30 \\^lf^ '.5-3 50-9 30 L APPARTEMENT (Gr \u2022 30-4 00-7 15-9 40 G I JANE VF (13.)' 1 10-4 10-7 00-9 35 5000 boui Tasc*w*ju 672-2229 CENTRE EATON 985-5730 705 5te Cat-.erre o ;5*r e*.ùje) ?P»RE DOWN BELOW (Gf 1 15-4 15-7 00-9 40 ?HOODLUM (1*.)« 12 20-3 25-9 20 ?CONTACT (Gf 12 30-3 30-6 35-9 30 ?BATMAN & ROBIN OêUw promo) (Gf dim 12 30 ?FIRE DOWN BELOW (Gr 1 45-4 45-7 30-9 50 dim 4 45-7 30-950 ?DOUBLE BILL HERCULES (O)' 1 00-5 15 ?DOUBLE BILL GEORGE OF THE JUNGLE (Gr 3 00- 7 15 ?FACE/OFF (I3*r 930 ?CONSPIRACY THEORY 45-9 30 L'APPARTEMENT (Gr 7 15-9 45 dan 1 30-4 15-7 15-4 45 ?PROGRAMME OOUBlE HERCULE (Gr 7 15 dan 1 OO 7 15 ?PROGRAMME OOUBLE GEORGES DE LA JUNGLE (Gr 9 i5dton30O4 15 truand (lft*)\u2022 7 00-9 35 drm 1 05-3 45-7 00-9 36 ?fire down below (Gr 6 50-0 25 dan 1 25-4 0O6 5O 9 25 ?THE GAME (Gr 7 0O9 40 dan 1 15-4 10-7 05-940 PS \u2022 i M*! JmmIiW !aM mm at* -riiiw* ^vum ¦ LAURENCE FISHBURNE TUR ROTH VANESSA WILLIAMS ET ANDY GARCIA dam Mi r6la da iuûxy luciano 61 ofUtNi an aMMatl ou» PUIS** AMGtlGNON (IHTBlâVAl VlftAJUK F f 8 GtttMiU/j *\"MK OaSON 0OB0N Sf-fUSUCHf TlWfêONMi sif-nitfu STIASHI BWHÏICMY VNlEYfiBJ) STMUdNDf OtUMMONOVIUJ SOKft ItAfY SMMVWICAN rtOIS«TV.OMNAX ootoM \u2022mmmmmfiau klson .nome TERftEIOMNl ?CB*4UA SOREl »TIAU«*NT ' JWtl TRACY ?Dis A lf> GAASBY - | -RIVIERES \u2022 Il CAMf*f \u2022 0»J» \u2022 JULIETTE ?jI n-OTRcamg « 11 ct-jebomi ?4 CAP\"Ot LAN ?lÊVfui ATVWATER \" fWnn noiom ~~\\ QttTuaauT attti.! r> ooCon II ci* ATER .cfiim-¥iai \u2022 - PtNTTf-ClAM \u2022 DORVALé< LACOAOAlRf 11* k CIVtMBM (MM) \u2022 v r IROSSARD > s 1 MtMMOaOVtlli ?1 C Mit MA OU ÇAf ^ j.j ?um wutài \u2014 1 LAS AU! (Fiac«) OMSKCX QCMQN-LAVAI {C«itrtf«) » 'THMAAIT* \u2022 2*46710 Bran Van 3000 bientôt endisqué aux USA Une entente entre une multinationale du disque et Audiogram serait sur le point d'être conclue afin de lancer l'excellent groupe montréalais Bran Van 3000 sur le marché américain.À cet effet, les dirigeants de l'étiquette québécoise ont passé quelques jours à New York la semaine dernière.Deux multinationales seraient en ronde finale.Lesquelles ?On l«; saura sous peu. LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 14 SEPTEMBRE 1997 B9 Monde S AT ¦ ._ L'EXPRESS INTERNATIONAL HEZBOLLAH Fils tué ¦ Le fils aîné du chef spirituel du Hezbollah, Cheik Hassan Nasrallah, a été tué au cours de combats entre la milice pro-ira-nienne et l'armée israélienne au Sud-Liban, a annoncé hier le Hezbollah, selon lequel c'est , Larmée israélienne qui a récupéré le corps du jeune homme.Dans un communiqué, le Hezbollah précise que Hadi Nasrallah, 18 ans, a été tué dans un affrontement vendredi matin.II aurait été identifié sur une vidéo des victimes prise à l'hôpital de Marjayoun, principale ville de la zone occupée par Israel au Sud-Uban.Le Hezbollah détient pour sa part les restes d'un soldat israélien tué le 5 septembre dans le raicj manqué de Tsahal qui avait fait 11 autres morts parmi les soldats israéliens.d'après AP GOMA insécurité croissante ¦ Huit mille Tutsis congolais originaires de la région du Masi-si, dans l'est de la République démocratique du Congo < RDC\u2014ex-Zaïre ), ont quitté leurs villages pour se rendre à Goma en raison de l'insécurité croissante.D'importants combats se sont produits dans la région depuis plusieurs semaines.Le 5 septembre, l'Association congolaise de défense des droits de l'homme ( AZADHO ) avait déclaré que plus de 2000 personnes avaient été tuées depuis juillet dans l'est de la RDC, lors :
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