La presse, 4 octobre 1997, B. Plus
[" B Montréal, samedi 4 octobre 1997 ?Plus Le Canada de Tan 2000 des Clark, McKenna, Tobin et Romanow pages B 4 et B 5 ÉDITORIAL / OPINIONS / POLITIQUE / MONDE Autopsie de la stratégie Trudeau L'ex-premier ministre a finalement mystifié tout le monde, estime le professeur Kenneth McRoberts Gérald LeBlanc K enneth McRoberts a toujours manifesté un vif intérêt et beaucoup de sympathie pour les aspirations nationalistes du Québec.« C'est peut-être parce que j'arrivais des Etats-Unis, sans idées toutes faites, avec un regard neuf » avoue cet enfant de Vancouver, déménagé en Californie alors qu'il avait 18 ans.À l'Université de Chicago, pour sa maîtrise et son doctorat en sciences politiques, le jeune McRoberts rencontre un professeur qui l'incite à retourner voir ce qui se passe au Canada.À l'été 1965, il travaille à la Commission sur le bilinguisme et le biculturalisme, comme assistant de recherche, et est fort impressionné par son président, André Lau-rendeau.Il passe ensuite deux étés au Québec pour apprendre le français qu'il maîtrise assez bien pour y conduire une interview par téléphone.Toute sa carrière, surtout à l'université York de Toronto, s'est ensuite déroulée à l'ombre de cet éternel problème du Québec.Pourquoi a-t-on échoué ?Comment a-ton pu rater tant d'occasions ?Pourquoi le Canada est-il plus divisé que jamais ?L'heure est aux autopsies ! Le professeur McRoberts a publié, ce printemps, un important volume de 395 pages \u2014Misconcei-\\ïn$ Canada.The Struqalc for National Unity \u2014 pour cerner la cause de l'échec des nombreux essais de faire une place à un Québec de plus en plus français dans un Canada de plus en plus anglais.Sa conclusion est simple et limpide : on a échoué parce qu'on a suivi la mauvaise statégie, celle de Pierre Elliott Trudeau qui a finale- photopc Le professeur Kenneth McRoberts ment mystifié tout le monde.Le virage de 1968 Au début des années 60, Ottawa cherchait à concilier l'unité du Canada et les revendications nationalistes du Québec.Les chefs des trois grands partis ( Pearson, Stan-field et Douglas ) parlaient volontiers de nation et de peuple pour désigner le Canada français.Puis survint Pierre Elliott Trudeau, venu à Ottawa pour renforcer la présence francophone au fédéral, qui imposa une nouvelle stratégie qui allait devenir une nouvelle orthodoxie nationale.Le professeur McRoberts dégage les grandes lignes de cette vision de Trudeau : bilinguisme et multiculturalisme, égalité des individus et des provinces, charte des droits et refus de reconnaître toute collectivité au sein du Canada.Trudeau voulait que les Franco-Québécois, ou les autochtones.s'identifient directement au Canada, sans passer par l'intermédiaire du Québec ou des nations amérindiennes.Il fallait donc fixer le bilinguisme, non pas sur des bases territoriales, mais sur le droit individuel de tout Canadien où qu'il soit au pays.Qu'on y parle le français ou pas, le Canada serait un pays bilingue d'un océan à l'autre, dans ses institutions, comme le décrétait la loi fédérale.Visa le noir, tua le blanc Le professeur McRoberts démontre ensuite que si la stratégie de Trudeau a lamentablement échoué au Québec, où les francophones se disent toujours Québécois d'abord, elle a admirablement bien réussi dans le reste du Canada.Au Québec, on votait pour un des siens, brillant et talentueux, en se disant qu'il était pour le bilinguisme et sans trop s'attarder à son rejet de tout statut particulier pour le Québec.Même Jean Marchand avait averti Pearson que son ami Trudeau n'était pas branché sur le Québec français.Et la plupart des ministres québécois votèrent contre Trudeau lors du congrès au leadership qui le porta à la direction des libéraux et du Canada en 1968.Au Canada anglais, on ne percevait pas ces divergences et l'on se contentait de savoir que Trudeau était un Franco-Québécois parlant au nom du Québec.On accueillait comme un messie celui qui allait fournir une nouvelle identité canadienne, alors que l'ancien lien britannique s'effritait de plus en plus.Les Canadiens, particulièrement l'intelligentsia de Toronto, se sont alors totalement identifiés à la vision de Trudeau, un modèle emballant de justice et d'égalité qui ferait l'envie du monde entier.« Bien que la stratégie Trudeau n'ait pas réussi à persuader les Franco-Québécois d'abandonner leur attachement historique à une collectivité nationale, elle a convaincu la plupart des anglophones que toute reconnaissance constitutionnelle des revendications du Québec constituait un viol du principe de l'égalité.Cette vision est devenue tellement ancrée que plusieurs Canadiens anglais peuvent maintenant plus facilement reconnaître le caractère distinct du Québec à l'extérieur qu'à l'intérieur du Canada.» L'emprise de Trudeau Même retiré avec ses trois fils au pied du mont Royal, Pierre Elliott Trudeau, un vieil homme de 78 ans qui a quitté le pouvoir depuis une quinzaine d'années, exerce toujours une grande emprise sur la marche du débat national, selon M.McRoberts.« Pour ne pas le heurter de front, on avait remplacé les mots peuple et nation par société dans les accords de Meech et Charlottetown.Et voici qu'à Calgary, on évite même le mot société pour ne parler que du caractère unique du Québec.On fait précéder la reconnaissance du Québec du rappel de quatre autres principes de la vision Trudeau, dont l'égalité des provinces, qui nie précisément tout statut particulier au Canada »>, explique le professeur de Toronto.Tout en souhaitant un retour à l'esprit des années 60, où l'on cherchait à intégrer et non à écraser les aspirations nationalistes du Québec, le professeur torontois doute qu'on puisse infléchir l'orthodoxie trudeauiste au Canada anglais.« Il existe un véritable culte de Trudeau, particulièrement à Toronto, où on le compare volontiers à Roosevelt ou Churchill >», conclut le fédéraliste fatigué qu'est devenu Kenneth McRoberts.« Bien plus qu'une voie vers l'unité nationale, la vision Trudeau est devenue pour plusieurs Canadiens anglais le fondement même de la justice et de l'égalité », écrit-il dans l'introduction de son livre.Une toile de fond qui laisse peu de place à la reconnaissance du peuple québécois ou à l'aménagement territorial des politiques linguistiques, conditions sine qua non au maintien du Québec dans le Canada, selon le professeur McRoberts.Des extraits du livre Voici des extraits de l'étude de McRoberts démontrant la néfaste emprise de Trudeau sur l'évolution du dossier de l'unité nationale.« Fils d'un père canadien-français et d'une mère canadienne-anglaise d'origine écossaise, Trudeau acquit un rare degré de bilinguisme, exceptionnel non seulement au Canada, mais n'importe où dans le monde.En conséquence, il ne voulait ou ne pouvait s'identifier exclusivement au Canada anglais ou français.Il s'attacha plutôt à la suprématie de l'individu.» ( p.56 ) Messianisme de la raison « S'appuyant sur les écrits de Lord Acton, Trudeau présenta le fédéralisme comme une forme supérieure d'organisation qui substituait la raison à l'émotion du nationalisme.À mesure que progressait sa carrière politique, il développa une autre solution de re- change au nationalisme : la notion d'une communauie politique ou d'une société juste.Sur ces fondements, Trudeau pouvait offrir une nouvelle et convaincante vision du Canada, modèle pour le monde entier.D'où la vocation pour les Canadiens de surmonter leurs divisions et, en particulier, de défaire les forces du nationalisme au Québec.L'enjeu dépassait grandement le seul Canada et englobait des valeurs universelles : la défense de la raison, menacée par les forces de l'émotion.Sa vision du Canada comportait une forte composante de « messianisme de la raison », pour reprendre l'expression de Reg Whitaker.» ( p.63 ) La faute de Trudeau « Misconceivinq Canada veut démontrer que la cause de l'impasse actuelle se trouve dans la stratégie de Trudeau.Alors qu'au début des années 60, la montée du nationalisme québécois avait amené les trois grands partis fédéraux à chercher les moyens de répondre aux aspirations du Québec, à la fin de la décennie, une nouvelle stratégie avait pris forme sous le leadership de Pierre Trudeau.En fin de compte, la stratégie de Trudeau n'a pas réussi à effacer la conviction des Québécois de former une collectivité distincte au sein du Canada.Ironiquement cependant, c'est la façon de voir leur pays des Canadiens anglais qui s'est transformée.C'est seulement en abandonnant la vision de Trudeau et en renouant avec l'esprit des années 60 que les Canadiens peuvent espérer garder leur pays uni.» ( résumé du livre paraissant à l'endos de la couverture et rédigé par l'auteur lui-même.) Les limites du réel « Au Canada anglais, le gouvernement Trudeau a pu mobiliser les forces sociales en faveur de sa nouvelle conception du Canada, tandis qu'au Québec ce sont les forces sociales qui lui ont barré la route.Finalement, les conditions sociales posent des limites précises à l'influence des leaders politiques et de l'appareil public en général.» ( p.259 ) Visa le noir, tua le blanc « Si la thèse de ce livre est valide, elle révèle de profondes ironies.Pierre Trudeau, l'an-ti-nationaliste autoproclamé, est enlacé par le Canada anglais comme le « sauveur » de la nation canadienne et ressort en bout de piste comme le champion du nationalisme canadien.Une stratégie visant à changer la façon de voir le Canada des Québécois a eu peu d'impact au Québec, mais a transformé le Canada anglais.Finalement, au lieu de saper les forces du séparatisme québécois, la stratégie de Trudeau les a renforcées, entraînant le Canada au bord du précipice.»> ( p.276 ) L'autre stratégie « Une solution de rechange à la stratégie de Trudeau a déjà été bien définie dans les années 60, sur la base de la dualité et de l'asymétrie.Ces notions ont été raffinés par la commission Pepin-Robarts, qui a aussi opte pour le principe territorial dans l'aménagement linguistique.C'est de là qu'il faut repartir.»( p.260 ) Vous voulez vendre.N.B.Vu les conditions particulières de cette offre, aucun changement ne peut être apporte an texte original en cours de publication.On peut, d'autre ptirt.\\c prévaloir du privilège il annulatum en tout temps a partit de la première parution, mais une telle annulation n\\iltère eti rien la facturation ijui s établira ot>ligutoue-ment sur 7 jours de publication.I Autos, fourgonnettes, camions, 4X4, motocyclettes, véhicules tout terrain et même le Petite* annon c«ecfe lignes d'annonces jours consécutifs covoiturage pour 24 99 $ (8,33 $ par ligne additionnelle) Appels interurbains sans frais 1 800 361-5013 J B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 OCTOBRE 1997 Editorial La Presse André Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Il y a dix ans, le libre-échange 1 y a dix ans jour pour jour, le 4 octobre 1987, le premier ministre d'alors, Brian Mulroney, signait avec le président Ronald Reagan l'accord de libre-échange entre les deux pays, une entente qui devait entrer en vigueur un peu plus d'un an plus tard, après de nombreuses péripéties et d'épiques débats.¦¦¦¦¦¦ Cet anniversaire, dont personne.ne se souvient, marque pourtant l'un des moments les plus importants de l'histoire canadienne de cette deuxième moitié du siècle, un moment qui a mené à des changements profonds de notre vie économique et sociale, mais aussi de notre perception du monde.Alain Dubuc Même dix ans plus tard, il est encore difficile de faire un bilan complet de l'aventure du libre-échange.D'une part, parce que ses effets, bons et mauvais, comptent beaucoup d'éléments intangibles.Mais aussi, parce que le Canada a été bousculé, comme l'ensemble de la planète, par une série d'autres chocs qui ont fragilisé ses frontières : l'arrivée massive des nouvelles technologies, la mondialisation des marchés, les accords commerciaux internationaux, la déréglementation mondiale de certaines industries, comme le transport aérien.Il devient presque impossible de déterminer ce qui peut être attribuable au libre-échange avec les États-Unis.On peut cependant procéder à l'envers, et voir ce que le libre-échange n'a pas fait.On se souvient en effet que cet accord a suscité une très vive opposition au Canada, surtout au Canada anglais, et que ce fut là le thème central de la campagne électorale qui reporta Mulroney au pouvoir, en 1988.Les libéraux étaient contre, mais l'opposition la Le ménage hacun son tour.C'est maintenant le Parti libéral du Canada qui est l'objet d'une enquête de la GRC, de questions embêtantes des partis d'opposition et des rumeurs plus ou moins fondées que déclenche inévitablement une première éraflure sur l'image d'intégrité d'une organisation politique, m On l'a vu durant le premier mandat du gouvernement Mulroney, l'opinion publique est toujours prompte à conclure qu'il n'y a pas de fumée sans feu.D'où la difficulté pour un parti au pouvoir de dissiper des doutes qui se changent rapidement en convictions avant même de s'appuyer sur des faits avérés.Il en ressort que ceux qui sont en situation de lancer des accusations doivent faire preuve de discernement et que ceux qui en sont la cible ont tout intérêt à démontrer rapidement leur bonne foi.En l'occurrence, il est clair que, à la lumière de ce qu'on a déjà appris, le PLC n'a pas aidé sa cause en négligeant, aussitôt après avoir été informé du déclenchement d'une enquête, de mettre l'employé concerné hors d'état de poursuivre des activités qui le mettaient en cause.C'eût été la meilleure façon d'envoyer à tout le monde, le personnel et l'opinion publique, le message qu'on y est intraitable en matière de trafic d'influence.Et qu'on ne s'y contente pas de formuler des directives générales en attendant de voir des preuves irréfutables que quelqu'un s'est fait prendre à ne pas les respecter.Quand on a donné des leçons de propreté aux autres pendant des années, on n'a pas de risque à prendre lorsque le moindre indice suggère qu'on devrait peut-être faire la ménage chez soi.Pierre Gravel plus farouche est venue de l'intelligentsia de gauche, intellectuels, centrales syndicales, néo-démocrates, dont les arguments, contestables à l'époque, deviennent, rétrospectivement, parfaitement imbéciles.Dans une brochure qui était alors la bible des anti-libre échangistes, on retrouve des perles délicieuses : « Les Américains obtiennent le droit de diriger tous nos hôpitaux, nos maisons de pension, nos cliniques, et même nos centres de don de sang » ; « Les Américains obtiennent les mêmes droits sur notre eau que sur les autres ressources.Le gouvernement dit qu'il ne laissera pas notre eau être vendue, mais ce n'est pas ce que dit l'accord » ; « Nous avons abandonné le contrôle sur toute notre énergie : gaz, pétrole et électricité » ; « Les producteurs de fruits et légumes vont être balayés par les produits américains qui pénétreront nos frontières à l'année ».Rien de cela ne s'est produit.Il y évidemment eu des chocs considérables.Le libre-échange, en ouvrant nos frontières avec les États-Unis, nous donnait un meilleur accès au marché américain, essentiel pour un pays comme le Canada qui dépend à un large degré de son commerce extérieur.Par contre, il nous exposait aussi à une concurrence accrue et limitait les outils de protection traditionnels.Les impacts ont été importants.Le libre-échange est sans doute l'une des causes du grand bouleversement du début des années 90 : restructurations, départs d'entreprises américaines, redéploiement d'industries entières, avec leur cortège de mises à pied et leur lot d'inquiétude.Est-ce que le jeu en valait la chandelle ?Su/ le plan strictement quantitatif, les effets positifs ont été évidents.Le commerce extérieur canadien a littéralement bondi.En 1989, le Canada exportait pour six milliards de plus qu'il importait.En 1993, le surplus s'élevait à 9 milliards.Mais en 1996, il a bondi à 34 milliards ! Cette performance exceptionnelle, qui explique largement la forte croissance canadienne des dernières années, est largement attribua- ble à notre commerce avec les États-Unis.Notre surplus commercial avec ce pays, qui était de 19 milliards en 1993, atteint maintenant les 40 milliards, un gain enregistré surtout grâce à nos ventes de produits manufacturés.Mais est-ce que ces gains, spectaculaires, justifient lfcs sacrifices, pourrait-on être tenté de demander.Ce n'est pas une bonne façon de poser la question.Le libre-échange, en amorçant le processus d'adaptation au monde global, nous a certes bousculés.Mais sans ce changement, sans cette préparation à ce qui allait suivre, nous aurions été lavés.C'est l'apprentissage du libre-échange qui nous a permis d'être prêts pour le rendez-vous de l'ALENA avec le Mexique, qui nous a permis d'être les précurseurs dans une entente avec le Chili, qui nous a permis de profiter du processus qui a mené à la création de l'Organisation mondiale du commerce, au lieu d'en souffrir.Mais plus encore, c'est le libre-échange qui a amorcé le changement de notre culture économique et permis cette nouvelle façon de voir, où l'ouverture sur le monde est perçue, même dans les PME, comme la clé du succès.Sans cette nouvelle façon de voir, les industries dont le Québec est particulièrement fier ( aéronautique, pharmaceutique, nouvelles technologies ), n'auraient pas connu l'essor que nous connaissons.Sans l'entente, des secteurs que l'on croyait moribonds, comme le vêtement ou le meuble, auraient poursuivi leur agonie.Sans la détermination de Brian Mulroney, cette étape essentielle de notre développement n'aurait pas eu lieu.N'oublions pas que les libéraux de John Turner s'opposaient à cet accord, tout comme ils se sont opposés, en 1993, sous la direction de Jean Chrétien, à l'ALENA avec le Mexique.Ainsi, lorsque le gouvernement Chrétien se vante de résultats économiques qui commencent à avoir de l'allure, il le fait en tant qu'héritier des conservateurs, en tant que gestionnaire de décisions stratégiques qui ont été prises par son prédécesseur.\u2022KEVV/ TRUPEL EXPLIQUE DKOfTÏ RtlUIVti _LA PRESSE ET VOUS_ « Vivre selon ses moyens » C'était une idée un peu fofolle ! Comme le sont quantité d'innovations ! Allez donc trouver deux ou trois familles québécoises qui vont accepter de « se mettre à nu », d'étaler devant le public leur situation budgétaire sans oublier le moindre détail.C'était un beau rêve ! L'idée originale provient d'un adjoint au directeur de l'information, Daniel Marsolais.Après avoir défini le concept et après maintes démarches, avec la précieuse collaboration du groupe Option Consommateurs ( connu jusqu'à tout récemment sous le nom d'ACEF-Centre ) et en particulier de mesdames Martine La vallée et Louise Rozon, grâce à l'enthousiasme personnel et professionnel de notre journaliste Danielle Bonneau, ce beau projet est devenu réalité.Depuis samedi dernier, et toutes les deux semaines en alternance d'une famille à l'autre, sur une période d'une année complète, à paraître dans nos éditions du samedi et du dimjnche, deux braves familles nous permettront à tous, consommatrices et consommateurs, de voir comment évolue un budget familial sur un an.Déjà, après la première publication portant sur l'étalement du budget des familles de Christian et de Micheline et de leurs deux enfants Pierre-Marc et Christine, d'une part, et du budget de Nathalie et André et de leurs trois enfants Marc-Antoine, Maxence et Marie-Micheline, d'autre part, dans nos éditions de samedi et dimanche derniers, des dizaines de familles ont décidé de commencer à faire leur propre budget ou à comparer leurs revenus et leurs dépenses mensuels avec nos deux modèles familiaux choisis.C'est un exercice que vous êtes invités à faire chaque mois, durant un an.Les deux familles sont représentatives : la première a trois jeunes enfants de 6, 4 et 2 ans et un revenu familial annuel de près de 80 000 Us sont propriétaires d'une maison jumelée à Laval-des-Rapides.André est chef de la planification de l'exploitation dans une grande entreprise de communications, tandis que sa conjointe, Nathalie, est infirmière à temps partiel à l'Hôpital général pour enfants de Montréal.La seconde famille, celle de Micheline et de Christian, avec un salaire annuel familial d'environ 50 000 $, compte deux enfants : Pierre-Marc, 16 ans, et Christine, 10 ans.Le chien Pic sou complète la famille.Christian est inspecteur au Service du génie dans une municipalité de la région de Montréal.Micheline a décidé de cesser de travailler lorsqu'elle a eu Christine.Elle travaille occasionnellement, réalisant des contrats de courte durée.Depuis la publication de leurs premiers témoignages, les réactions affluent.Nathalie et André, ainsi que Micheline et Christian, ont reçu plein de messages d'encouragement, de suggestions, de recommandations.On dirait que des gens veulent leur venir en aide pour favoriser une meilleure gestion de leur budget.C'est amusant ! C'est instructif ! Vous pouvez d'ailleurs leur adresser votre propre message par Internet : generalOlapresse.À La Presse même, nous avons reçu des messages sur Internet, des téléphones, des télécopies et du courrier, la plupart des correspondants approuvant cette initiative de faire parler les gens directement de leur situation budgétaire, de façon à inciter d'autres familles à réaliser leur propre budget.C'est un exercice d'information mais aussi d'éducation populaire qui a été entrepris par cette série « Vivre selon ses moyens ».Dans la présente édition, Danielle Bonneau rend compte des principaux témoignages adressés à nos deux braves fami'î-s par des lecteurs soucieux de leur son financier.Parmi toutes les réactions reçues, il y a quelques critiques, naturellement.Très peu cependant.Par exemple : Pourquoi ne pas avoir choisi une famille de Montréal ?Il fallait trouver des volontaires, prêts à tout dire sur leurs finances personnelles.Si une famille de Montréal, représentative, est disposée à imiter nos deux familles, faites-nous le savoir par Internet : general@lapresse ou par ma boîte vocale au 285-7343, poste 8207.Entre les reportages à paraître chaque mois sur chacune de nos deux familles, ii nous sera possible de publier des articles occasionnels sur les budgets d'autres familles de différents types, aux revenus moindres.Pourquoi avoir choisi des familles ayant un revenu familial de 50 000 $ ou 80 000 $, alors que bon nombre de familles ont un revenu moindre ?Encore là, il fallait trouver des volontaires.Et des familles qui n'avaient jamais fait de budget.Et un revenu familial englobe le salaire des deux conjoints.Les familles choisies sont passablement représentatives.Selon Statistiques Canada, le revenu moyen des familles comptant trois personnes, au Québec, était de 53 364 $, en 1995, de 59 501 $ pour une famille de quatre personnes et de 60 853 $ pour les familles de cinq personnes et plus.Toute suggestion est bienvenue.La relation directe avec nos lecteurs est un gage d'adaptation continue à leurs préoccupa-tions.C'est notre plus grand désir de maintenir ce contact permanent avec eux.Claude MASSON Éditeur adjoint LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 OCTOBRE 1997 Le premier ministre des francos.Chantai Hébert En élevant maintenant à la Cour suprême du Canada un champion des droits des minorités francophones hors Québec et du fédéralisme comme Michel Bastarache, il ne fait pas de doute que le premier ministre Jean Chrétien en fait d'abord et avant tout à sa tête.Non seulement la nomination d'un homme dont la force des convictions est au moins équivalente à son talent juridique survient-elle à un moment délicat de l'histoire de la Cour, celui où elle est saisie de la question du droit à la sécession du Québec, mais en plus, elle contrevient au principe d'une certaine alternance.En installant Michel Bastarache dans le siège de l'Atlantique laissé vacant par Gérard LaForest, un autre juge francophone du Nouveau-Brunswick, Jean Chrétien fait en effet passer son tour à toute une génération de juristes anglophones de la région.Seule l'histoire dira si le premier ministre entendait ainsi signifier que les francophones hors Québec ont désormais une place acquise au sein du plus haut tribunal du pays.Ce qui est certain, c'est que l'arrivée au pouvoir du gouvernement Chrétien a signalé le début d'une ère de plus grande visibilité pour les francophones hors Québec.À cette enseigne, le gouverneur général actuel du Canada est un francophone du Nouveau-Brunswick, deux membres du cabinet fédéral.Don Boudria et Diane Marleau sont franco-ont .mens, alors qu'un tioisième, Ron Duhamel, est député de Saint-Boniface, au Manitoba.En quatre ans, M.Chrétien a également expédié une demi-douzaine de francophones de l'extérieur du Québec au Sénat.C'est trois fois plus en deux fois moins de temps que Brian Mulroney.En procédant ainsi, le premier ministre fédéral cherche-1-il vraiment, comme le Bloc québécois l'a laissé entendre au moment de la nomination du juge Bastarache, à s'entourer de défenseurs à toute épreuve du fédéralisme ?C'est loin d'être évident.D'abord, chaque fois ou presque que le premier ministre nomme un francophone du reste du Canada à de hautes fonctions, il lui donne une place qu'il offrirait autrement à un anglophone de la même région.Pour des raisons évidentes, les communautés francophones de l'Ontario, du Nouveau-Brunswick ou d'ailleurs sont très attachées à l'unité canadienne, mais pas davantage que leurs voisines anglophones.D'où vient l'idée qu'un Michel Bastarache est plus susceptible d'être acquis aux vues fédéralistes du gouvernement Chrétien que ses collègues de langue anglaise de l'Atlantique ?Pour arriver à une telle conclusion, il faudrait en déduire qu'en matière de fédéralisme à la sauce libérale, les francophones du reste du Canada sont foncièrement plus catholiques que le pape.Diane Marleau Ce n'est pas ce que suggère l'histoire récente.Le parcours juridique des francophones du Québec et du Canada révèle, par exemple, que si un groupe a eu à se plaindre de l'autre depuis l'avènement de la Charte des droits, ce ne sont pas les Québécois mais bien leurs compatriotes franco-canadiens.Alors que Québec n'a pas laissé passer une occasion d'aller plaider contre elles chaque fois qu'elles se sont adressées aux.tribunaux pour faire valoir leurs droits scolaires, les communautés francophones ont largement évité de s'associer aux multiples contestations de la loi 101.Plus souvent qu'autrement sur le terrain, les leaders des communautés francophones hors Québec ont d'ailleurs été des défenseurs éloquents du régime linguistique québécois, ne se gênant pas pour souligner aux défenseurs canadiens de la minorité anglo-québécoise un cas flagrant de deux poids deux mesures.Il faut avoir vécu en milieu minoritaire pour savoir combien une telle position, qui peut sembler évidente vue de Québec ou de Trois-Rivières, va à contre-courant du climat ambiant dans le Canada profond.Idem pour ce qui est du débat sur la partition.Au Nouveau-Brunswick, ce sont des munipalités acadiennes qui ont sévèrement rappelé à l'ordre le premier ministre Frank McKenna à ce sujet.Même scénario en Ontario.Le rare conseil municipal francophone, celui de la banlieue outaouaise de Vanier, à s'être hasardé à flirter avec le projet des par-titionnistes québécois a rapidement eu maille à partir avec plusieurs de ses propres concitoyens.De tous temps, le Parti libéral du Canada a été celui des francophones qui vivent en minoritaires sur le territoire du reste du Canada.L'instauration du bilinguisme officiel y est pour beaucoup.Mais l'emprise du PLC est loin d'être absolue.Aux élections de juin, les Acadiens sont parmi ceux qui ont fait le Jean Chrétien qu'au Québec.plus solide pied de nez au PLC en préférant le NPD ou les conservateurs aux candidats-vedettes de M.Chrétien.Bien sûr, ce n'est pas par simple grandeur d'âme que Jean Chrétien fait tant de place à d'autres francophones que ceux du Québec dans ses nominations.Ce faisant, il fait plaisir à une section conséquente de son caucus.Jusqu'en juin dernier, les rangs libéra u x à Ottawa comptaient au moins autant de francophones élus à l'extérieur du Québec Encore aujourd'hui, ils comptent pour un sur dix sur les banquettes du gouvernement.En plein débat sur l'avenir du Québec au sein de la fédération, Jean Chrétien trouve également son compte politique à ce que le Canada montre un visage francophone qui n'est pas exclusivement québécois à l'échelle internationale.( Encore qu'on puisse se demander si le premier ministre ne fait pas preuve d'un masochisme exceptionnel en confiant à Diane Marleau, sa ministre la plus affligée par la langue de bois, le rôle d'ambassadrice de la francophonie canadienne à l'échelle de la planète.) Sciemment ou non, en multipliant les nominations de francophones de partout au Canada à des postes visibles, Jean Chrétien en-voit enfin encore un autre message.Lui qui s'est entêté longtemps à parler de Canadiens français pour désigner tout ce qui était francophone au pays, reconnaît aujourd'hui par ses actes l'existence de francophonies québécoise et canadienne bien distinctes l'une de l'autre.Robert Bourassa: un exemple d'engagement et une source d'inspiration Un j eune pays qui pense vieux CLAUDE RYAN La Presse publie ici l'allocution prononcée par M.Claude Ryan, le 2 octobre, au cimetière de la Côte-des-Neiges, a l'occasion d'une cérémonie commémorant le premier anniversaire du décès de Robert Bourassa.La rencontre d'aujourd'hui est à l'image de la fidélité qui marqua de son vivant les rapports de Robert Bourassa avec ses amis et ses proches collaborateurs.Elle lui eut été très agréable par son caractère simple et spontané.En notre nom à tous, je remercie les personnes qui ont pris l'initiative de nous inviter à ce rappel du premier anniversaire du départ de M.Bourassa.La rencontre nous permet aussi de renouer avec une vieille tradition.Les Anciens vouaient en effet après leur mort un culte empreint de respect à ceux qui avaient bien servi la patrie.Ils signifiaient ainsi que, dans une perspective de long terme, l'expérience de la vie en société relie entre eux autour de certaines valeurs communes non seulement les vivants mais aussi ceux qui les ont précédés et ceux qui seront appelés à les suivre.C'est dans la fidélité à cette continuité historique que se forgeaient selon les Anciens le caractère et le destin des peuples.Si Robert Bourassa avait pu vivre pour être témoin du courant de sympathie qui suivit son décès, il jurait constaté combien se trompaient les critiques qui le décrivaient souvent comme le mal-aimé de la politique québécoise.Il était au contraire respecté et estimé de ses concitoyens.À l'occasion de son départ, ce sentiment déborda en un véritable concert d'affection.Quelque temps avant sa mort, lors d'une visite que je lui fis à sa chambre d'hôpital, me fondant sur des conversations que j'avais eues avec de nombreuses personnes au hasard des rencontres, je lui dis : « Vous n'êtes pas seul dans votre combat.Des milliers de Québécoises et de Québécois sont avec vous et vous aiment.» Il me parut heureux de cette observation mais, selon son habitude, il n'en tira aucune vanité et passa vite à autre chose.Ce détachement à l'endroit de sa personne était l'un des traits les plus attachants de Robert Bourassa.Comme chacun d'entre nous, il avait néanmoins besoin d'être aimé.Or, il fut aimé plus qu'il ne l'avait cru.Il fut aime de son peuple, cè qui eut été sa suprême consolation.Mais il fut davantage encore aimé de celles et ceux qui eurent la chance de le connaître de près.Par notre présence, nous qui l'avons côtoyé pendant de nombreuses années, avons voulu lui dire aujourd'hui que l'attachement que nous lui portions de son vivant dure par-delà la mort.De la vie publique de Robert Bourassa, nous retenons surtout le dévouement indéfectible qu'il voua au Québec et les années de progrès et de paix que connut le Québec Claude Ryan pendant les quatre mandats qu'il reçut de la population.Mais en une occasion comme celle-ci, nous retenons bien davantage les traits humains qui le caractérisèrent.Son style, son éloquence, sa manière d'agir, étaient extrêmement dépouillés.Il était simple et sans prétention.Dans les rapports humains, il était affable, courtois et respectueux.Tout en sachant ce qu'il voulait, il était capable d'écouter et de modifier au besoin son opinion.Il encaissait la critique avec flegme.Il n'éprouvait pas le besoin de se venger de ses critiques.Devant un article injuste, il se bornait plutôt à redresser si nécessaire les faits mais sans jamais s'en prendre à la personne de l'auteur.Avec l'adversaire, il s'en tenait généralement à un discours civilisé, laissant tout au plus percer dans la chaleur du débat une pointe d'ironie exempte de méchanceté blessante.En campagne et à l'Assemblée nationale, il se battait durement mais de manière civilisée, ne traînant jamais l'adversaire dans la boue.Une fois connu le résultat, il acceptait sans récriminer le verdict s'il lui était défavorable.U avait par contre le triomphe modeste.Quand il gagnait, il avait toujours une pensée aimable pour les perdants.Dans l'exercice du pouvoir, il était surtout soucieux d'équilibre.Il savait mieux que tout autre qu'il est impossible en politique de prétendre obéir à un seul principe à l'exclusion des autres et que l'art suprême de l'acteur politique consiste au contraire à établir une équation viable entre plusieurs principes apparemment opposés.H ne prétendait jamais détenir la solution parfaite.Il cherchait plus modestement, mais de manière plus vraie, a trouver la solution la plus juste et la plus pratique.En plus de ces traits que l'on pouvait admirer chez l'homme pu- Robert Bourassa blic, Robert Bourassa attachait beaucoup d'importance aux rapports avec les personnes.Peu de personnes l'auront rencontré sans conserver le souvenir d'une parole aimable, d'un geste affable qu'il eut à leur endroit.Celles et ceux qui l'ont côtoyé de plus près savent combien ses goûts et ses exigences étaient simples, combien il pouvait être prévenant envers son entourage, combien ses conversations étaient empreintes de cordialité.Mais à travers ces traits que nous aimions chez lui, Robert Bourassa se livrait peu.Il conservait pour lui-même ses réflexions sur les réalités les plus fondamentales de l'existence.Ainsi qu'il s'en était ouvert à quelques proches, il avait néanmoins une grande foi en Dieu et, afin d'éviter toute ostentation, il préférait, selon le conseil de l'Écriture, le prier d'une manière qui n'attirait pas l'attention.Un jour, il me confia que, sentant venir une défaite qui allait être cruelle, il était allé se recueillir dans un temple situé tout près du lieu où nous sommes réunis.Il attachait aussi une grande importance au rôle civilisateur de la religion dans la vie des peuples.Le Dr Ayoub, qui l'assista dans son dernier combat contre la maladie, a témoigné publiquement que Robert Bourassa aborda avec courage, sérénité et pieté la dernière étape de son séjour parmi nous.Pour celles et ceux d'entre nous qui partagent l'espérance chrétienne en une vie qui n'aura pas de fin, Robert Bourassa est toujours vivant et nous solliciterons tantôt la clémence de Dieu pour que sa sollicitude continue de s'exercer sur ce Québec qu'il a tant aime.Pour ceux et celles qui ont choisi et choisiront de faire leur vie au Québec, puisse le souvenir de Robert Bourassa, qui fait désormais partie de notre patrimoine commun, demeurer longtemps un exemple d'engagement et une source d'inspiration.EMILE COLAS L'auteur est avocat.Alors que nos premiers ministres provinciaux se réunissaient à Calgary, le dimanche 14 septembre, pour tenter, pour la nième fois, de trouver une solution aux problèmes constitutionnels canadiens, le premier ministre Tony Blair, de Grande-Bretagne, avait déjà enregistré un succès retentissant le vendredi 12 septembre avec le triomphe du OUI au référendum d'autonomie en Ecosse.Il s'agit-là de la première étape d'une modernisation en profondeur de la Grande-Bretagne.Comme le rappelait Monsieur Blair devant la foule rassemblée face à l'ancien parlement, à Édin-bourg : « C'est un bon jour pour l'Ecosse, et c'est un bon jour pour la Grande-Bretagne et le Royaume-Uni.» Et il ajoutait qu'il s'agissait de la fin de l'ère du gouvernement centralisé et « l'aube d'une nouvelle constitution essentielle au renouveau politique et à la nouvelle Grande-Bretagne en chantier ».Voici l'exemple parfait d'un vieux pays qui pense jeune face à un jeune pays qui pense vieux.En un tempes record, le plus jeune premier ministre depuis près de deux siècles met en branle un concept hybride qui s'adresse à la monarchie, aux syndicats, au pays de Galles et à l'Ulster, après avoir libéré l'Ecosse.Dans le même temps, cette vision optimiste et généreuse entend établir une économie parfaitement en place avec le nouveau marché planétaire, en État-providence empreint de justice sociale, des institutions adaptées aux besoins des citoyens.Ces objectifs ne pouvant s'articuler que dans une identité clairement définie et un rôle bien déterminé dans le monde extérieur.Au lieu de s'entêter à enculer les mouches, les politiciens canadiens devraient cesser de vouloir qualifier le Québec de société distincte, de société unique et s'attacher à permettre aux citoyens d'un océan à l'autre de se prononcer sur la société qu'ils veulent pour le prochain siècle.Des erreurs fondamentales ont été commises telles le rejet de l'Entente de Victoria, par Robert Bourassa, le rapatriement de la Loi du Parlement impérial de 1867, la politique de multiculturalisme, le maintien de l'apartheid des autochtones, du lac Mccch et Chariot -letown.Demain, ce sera Calgary.Une assemblée constituante doit être élue pour rédiger une nouvelle constitution qui soit le fruit d'un consensus de tous les Canadiens et Canadiennes d'un océan à l'autre, où l'on doit privi légier le fédéralisme, s'interroger sur les derniers relents d'un colonialisme attardé, regrouper les territoires en cinq régions fédérées unies dans une Confédération, le partage des pouvoirs qui définirait clairement le champ de chacune des parties, évitant la dualité de juridiction.Tant et aussi longtemps que l'on s'entêtera à vouloir faire marcher un régime bâtard, qui est cause de désaccords perpétuels, en proposant des cataplasmes sur des jambes de bois, on ne fera qu'attiser les haines et les frustrations et l'on provoquera des heurts inutiles et meurtriers.À partir du constat que le Canada est un pays trop vaste et trop peu peuplé, trop gouverné, trop centralisé dans certains domaines, en faisant comprendre aux excités de part et d'autre de la muraille que le Québec est la clef de voûte du pays, que la sécession peut créer un Canada de l'Est et un Canada de l'Ouest, tous deux voués à tomber à plus ou moins brève échéance dans le giron du puissant voisin.En expliquant aux Canadiens hors Québec, que ce qui fait l'originalité du pays c'est la présence d'une population qui parle français, qui est régie par un code civil, qui appartient à une civilisation ancienne porteuse de valeurs fondamentales.11 faut pour cela exorciser les vieux démons qui se sont accumulés dans les consciences populaires au cours des conflits qui, pendant les siècles passés, ont opposé la France et l'Angleterre et ont ainsi laissé des préjugés qui n'ont plus de sens à l'ère où l'homme a conquis la Lune et Mars.La population canadienne doit s'affirmer par son originalité, son dynamisme, sa fierté si elle veut éviter de s'enliser dans une américanisation envahissante et destructrice au Canada.Il n'y a jamais eu d'amour charnel de la patrie ; l'indépendance a été progressivement acquise sans coups férir, sur des champs de bataille étrangers.En aucun temps, la population civile n'a été exposée aux destructions meurtrières et l'intégrité du territoire national n'a jamais été menacée.Pour devenir véritablement un citoyen à part entière dans ce pa\\ s canadien, il faut se dépouiller du vieil homme, s'appuyer sur un passe riche en sacrifices, peuplé par des hommes et des femmes aguerris à un climat rude et vivifiant dépouille de tous les préjuges bases sur la race, la langue et la religion, attaché à des valeurs de civilisations qui transcendent toutes les valeurs de culture et soucieux de se doter d'un pacte social qui sort adapté aux transformations contemporaines et aux exigences de l'évolution de la science et de la technologie.Le drame, dans tout ce débat, c'est que les politiciens n'ont jamais fait confiance au sens commun des électeurs pour déterminer le contenu du pacte social qui pourra les unir et les régir en abordant le 2ll siècle. B4 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 OCTOBRE 1997 Plus / Le Canada de l'an 2000 Apres le précipice le plateau ?Chantai Hébert Il n'y a pas de nouvelle querelle de ménage référendaire et encore moins de grand divorce canado-québécois dans les plans que tire prudemment ces jours-ci l'élite politique provinciale du reste du Canada pour le début du troisième millénaire, s'il faut en croire une brochette de premiers ministres rencontrés par La Presse à l'occasion de la rentrée politique d'automne.À la place, aux yeux des McKenna, Clark, Tobin et Romanow, le Canada a de fortes chances d'entTer dans le prochain siècle, non seulement en bien meilleure posture économique que celle dans laquelle il a passé le dernier quart du XXe siècle, mais également en un seul morceau et sans nécessairement avoir été ébranlé par un autre référendum.Pourtant, même si elle évite la rupture prochaine, la fédération canadienne n'est pas, à leurs yeux, nécessairement promise à une réconciliation nationale spectaculaire ou rapide.Simplement, à moins d'un accident de parcours du style de la débâcle de l'accord du lac Meech, susceptible de déclencher la furie populaire, les premiers ministres d'autres provinces prévoient que le Canada et le Québec vont évoluer dans le sens d'un débat collectif plus serein, où tout le monde va être plus disposé à tenter de mettre de l'eau dans son vin.Ces prévisions, qui sont en contradiction avec les projets maintes fois réitérés du premier ministre Lucien Bouchard d'organiser un rendez-vous référendaire victorieux pour la souveraineté en l'an 2000, démontrent que, deux ans après la victoire serrée du NON, il n'y a pas qu'au Québec que la fébrilité post-référendaire s'est dissipée.Il n'y a définitivement plus autant de référendum sur la souveraineté qu'avant dans l'air politique du reste du Canada ces temps-ci.Sans soutenir que la question québécoise va quitter le devant de la scène du débat politique canadien, les premiers ministres croient en effet de moins en moins à l'hypothèse d'une sorte de big-bang qui viendrait confirmer ou mettre fin à l'existence de la fédération.Après avoir frôlé le précipice politique et économique, ils ont l'impression que le Canada s'engage sur un plateau et qu'il devrait en profiter pour régler calmement certains de ses problèmes les plus tenaces.Voici certains des faits saillants du paysage qu'ils entrevoient pour le Canada de l'an 2000: \u2014 Le report ou l'annulation probable du rendez-vous référendaire québécois.Vu de Fredeàicton comme de Regina, ce n'est pas le reste du Canada qui préviendra la tenue d'un autre référendum sur la souveraineté par ses efforts ou encore par des menaces.C'est plutôt Lucien Bouchard qui va y renoncer parce qu'il n'aura pas de certitude raisonnable que le OUI va l'emporter.Loin de douter des convictions souverainistes de Le Canada et le Québec vont évoluer dans le sens d'un débat collectif plus serein, où tout le monde va être plus disposé à tenter de mettre de l'eau dans son vin.PHOTOS PC Le premier ministre de l'Alberta et hôte de la conférence de Calgary, Ralph Klein, présentant le mois dernier le texte de la déclaration de Calgary.Les premiers ministres interrogés par La Presse entrevoient pour Tan 2000 des progrés modestes sur le front de la place du Québec dans la fédération canadienne.Aucun ne voit la déclaration de Calgary comme une solution en soi, susceptible de clore le débat.Quant à la modernisation du fédéralisme, ils estiment tous que l'exercice va se poursuivre mais, là encore, sans grand fracas.leur collègue québécois, les premiers ministres ie croient plutôt sur parole quand il déclare qu'il ne déclenchera jamais un référendum qu'il n'a pas d'excellentes chances de gagner.En l'absence d'un événement mobilisateur, ils jugent que le contexte ne sera pas assez favorable aux souverainistes.\u2014 Seulement des progrès modestes sur le front de la place du Québec dans la fédération.Aucun des premiers ministres rencontrés ne voit la déclaration de Calgary comme une solution en soi, susceptible de clore le débat.Quant à la modernisation du fédéralisme, ils estiment tous que l'exercice va se poursuivre mais, là encore, sans grand fracas.De façon générale, ils ont tendance à voir le récent discours du Trône du gouvernement Chrétien, avec sa réaffirmation d'un rôle fédéral en matière de politique sociale, comme un juste retour du balancier plutôt qu'une volonté d'intrusion dans les affaires des provinces.\u2014 Le départ de Jean Chrétien, et l'arrivée possible à la tète du gouvernement canadien d'un premier ministre qui serait d'ailleurs que du Québec.Cette dernière impression n'est pas nécessairement complètement désintéressée, en particulier dans le cas de Brian Tobin.\u2014 Une crise existentielle profonde pour deux des trois grands partis traditionnels, soit le NPD et le Parti conservateur, ni l'un ni l'autre n'étant considéré comme assuré de survivre à la fin du XXe siècle.Sur le plan politique, même si les autres premiers ministres, sans exception, rejettent d'emblée la notion de partenariat Canada-Québec que véhicule le premier ministre du Québec, chacun est fier de dire, exemple à l'appui, combien il est capable de travailler avec Lucien Bouchard et tous en parlent en bien.Ci-haut, Lucien Bouchard en compagnie de Frank McKenna et Glen Clark, à la conférence annuelle des premiers ministres, en août 1996, à Jasper.Aux extrémités du pays et de la carrière de premier ministre Pour prendre le pouls des provinces au moment où le dossier de l'unité canadienne faisait sa grande rentrée sur la scène politique provinciale, La Presse a rencontré quatre premiers ministres pour leur demander comment ils envisageaient le parcours de leur province et de la fédération canadienne d'ici l'échéance de l'an 2000.Ils évoluent aux deux extrémités du Canada et également à des bouts bien différents de la carrière de chef de gouvernement provincial.Brian Tobin, le premier ministre libéral de Terre-Neuve, et Glen Clark, qui dirige le gouvernement NPD de la Colombie-Britannique, ont entamé récemment leur premier mandat à la tête de leur province.À une demi-douzaine de fuseaux horaires l'un de l'autre, ils ont mené des carrières qui ne sont pas sans ressemblances.Comme ministre fédéral des Pêches, Brian Tobin s'est retrouvé aux premières loges du spectacle dévastateur pour sa province qu'a été la crise qui a secoué l'industrie de la pêche de l'Atlantique.Comme ministre des Finances d'un gouvernement nco-démocrate, Glen Clark a personnellement eu maille à partir avec les nouveaux compromis qu'impose la mondialisation des marchés.Aujourd'hui, tous deux sont détermines a faire entendre leur voix sur la scène nationale.Tous deux sont intimement convaincus que le prochain siècle sera celui de leur pro- vince.Le libéral Frank McKenna, au Nouveau-Brunswick, et le néo-démocrate Roy Romanow, en Saskat-chewan, sont en fin de parcours.Peu de gens s'attendent à ce que le premier sollicite un autre mandat.Quant au second, la question de son avenir se posera d'ici peu.Après avoir été réélus à plusieurs reprises, l'un comme l'autre devrait, en principe, ne plus avoir grand chose à prouver à personne.Mais en les écoutant, on s'aperçoit tout de suite que le dossier de l'unité canadienne, dans lequel ils n'ont pas eu le beau rôle aux yeux de bien des gens, les tenaille comme un vieux bobo qu'ils grattent sans arrêt.( Une parenthèse ici sur les premiers ministres conservateurs des provinces, en particulier les Ralph Klein de l'Alberta et Mike Harris de l'Ontario.Nombreux sont ceux à Bay Street comme à Ottawa qui voudraient les voir devenir des acteurs de premier plan sur la scène pancanadienne.Tout indique que ce n'est pas pour demain.Lors de la rencontre des premiers ministres le mois dernier à Calgary, M.Klein, tout hôte de la conférence qu'il était, refusait systématiquement toute entrevue.Quant à Mike Harris, depuis qu'il s'est embourbé dans une comparaison maladroite entre le caractère « unique » du Québec et la relation « unique »» entre la Colombie-Britannique et le saumon chinook, il semble avoir abandonné le projet de se plonger davantage dans ce genre de débat.) Sous le charme Un mot enfin sur les perceptions qu'ont ces premiers ministres de leur collègue du Québec.À l'extérieur du sérail québécois, les premiers ministres des autres provinces sont les Canadiens qui ont eu le plus d'occasions d'observer de près Lucien Bouchard.Non seulement ont-ils voyagé avec lui en mission commerciale en Asie, mais ils l'ont côtoyé socialement et lors de séan-ces de travail dans le cadre, notamment, des rendez-vous estivaux annuels des provinces.Ce sont également des observateurs avertis.Par exemple, malgré le jeune âge de trois d'entre eux, les Romanow, Tobin, McKenna et Clark ont tous plus d'années de service en politique active que M.Bouchard.Résultat : d'abord, au plan personnel, les collègues premiers ministres de Lucien Bouchard ne l'imaginent pas en politique bien au-delà d'un autre mandat.Tous sont convaincus qu'il s'est fixé une échéance personnelle pour retrouver une vie plus privée.Ensuite, sur le plan politique, même si les autres premiers ministres, sans exception, rejettent d'emblée la notion de partenariat Canada-Québec que véhicule le premier ministre du Québec et lui ont communique de vive voix les multiples difficultés que son projet contient à leurs yeux, chacun est fier de dire, exemple à l'appui, combien il est capable de travailler avec Lucien Bouchard et tous en parlent en bien.D'ailleurs, à les entendre, les premiers ministres des provinces sont bien davantage sous le charme de M.Bouchard que sous celui de leur allié naturel, Daniel Johnson. LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 4 OCTOBRE 1997 Plus / Le Canada de l'an 2000 Frank McKenna Un «vide» à combler Tirant sa révérence définitive de la politique à l'hiver de 1993, I ex-premier ministre Brian Mulroney était resté sans voix et, par la suite, sans réponse quand un journaliste lui avait demandé s'il estimait avoir fait des erreurs de parcours.À la veille de son dixième anniversaire comme premier ministre du Nouveau-Brunswick, Frank McKenna n'a pas la même hésitation quand on lui demande si le zèle qu'il met actuellement à chercher une Solution à la crise de l'unité canadienne est motivé par une forte de dose de remords pour le rôle qu'il a joué dans l'échec de l'accord du lac Meech.« Avec Meech et Charlottetown et le rapatriement de la Constitution, il y a tellement de responsabilité à partager que tout le Canada petit en revendiquer une partie », répond-il avant de préciser que, -sans être motivé par des remords, il ne se s~entira jamais comblé tant que le cas de la place du Québec dans la fédération canadienne restera en suspens.« Je veux un Canada dans lequel le Québec se sente bienvenu, dans lequel nous sommes tous traités comme des égaux et dans lequel le Québec a de l'espace pour respirer.Ma perspective sur l'unité canadienne est très différente de celle de quelqu'un qui vit à 2000 milles du Québec.Je vis sur la ligne.\\jes Québécois sont nos voisins, nos cousins, ce sont les gens avec qui nous partageons nos étés.Je me sens tout simplement insatisfait ( unfulfilled ) à la vue de ce dossier », affirme-t-il.À entendre le premier ministre du Nouveau-Brunswick, ce vide non comblé ne l'empêchera cependant pas nécessairement de quitter son poste de premier ministre bien avant l'an 2000.À l'origine, il avait promis à ses électeurs qu'il se retirerait après dix ans.Aujourd'hui, il parle comme un homme qui est à l'heure des bilans.Voici Quelques-unes de ses réflexions.\u2014 Sur la déclaration de Calgary, où il a investi beaucoup d'efforts : « Ce n'est pas un effort pour compter un grand but ou présenter une solution définitive au Québec.U s'agit plus simplement d'un effort pour faire un pas sur la route de la réconciliation.Par définition, la déclaration de Calgary n'a pas le potentiel d'être un échec majeur ou un succès majeur, son objectif est trop modeste.» \u2014 Sur la tenue d'un autre référendum au Québec qu'il juge, somme toute, improbable : « Le contexte actuel ne permet pas à Lucien Bouchard d'être confiant de gagner.Bien sûr, il peut compter sur son c-haï isme, mais avec le temps, cela va devenir de moins en moins performant.Comme premier ministre, je peux vous dire que plus longtemps nous gouvernons, plus les gens nous connaissent et moins nous Frank McKenna \u2014 Libéral \u2014 Né le 19 janvier 1948 \u2014 Élu à Fredericton pour la première fois en 1982 \u2014 Premier ministre depuis 1987 \u2014 Début du mandat actuel : 1995 sommes capables de les émouvoir avec de la passion ou même de la vision.» \u2014 Sur la perspective d'aller faire carrière à Ottawa : « Être un premier ministre provincial est certainement plus passionnant qu'être n'importe quoi à Ottawa, exception faite de premier ministre.» \u2014 Sur la vie politique en générale : « Je ne peux pas encourager quelqu'un à se lancer en politique.Si vous avez le moindrement vécu avant de faire de la politique, votre vie va être passée au peigne fin.Je ne connais personne qui peut subir ce genre d'examen à la loupe pendant dix ans.Ces temps-ci, les gens qui se lancent en politique durent un seul mandat.U n'y aura plus de politiciens comme Jean Chrétien qui réussissent à durer.Cela ne se produira tout simplement plus.Ma crainte, c'est que seuls les retraités et ceux qui ont une pension vont faire de la politique.Ce n'est pas mauvais en soi mais je ne crois pas que cela nous donne le bon équilibre pour avoir des institutions dynamiques.» Brian Tobin Le rêve d'un grand rôle Quand on demande au premier ministre de Terre-Neuve où en sera son français en l'an 2000, il abandonne instantanément l'anglais pour exhiber son beau vocabulaire tout neuf dans la langue de Molière.Du même souffle, Brian Tobin confie qu'il a un nouveau professeur de français et, le sourire en coin, il explique : « Il est important que le premier ministre de Terre-Neuve puisse parler à celui du Québec en français.» C'est peut-être exact, mais l'acquisition d'une bonne connaissance du français est quand même nettement plus essentielle à un premier ministre fédéral qu'à celui de Terre-Neuve.Pour l'heure, Brian Tobin n'en est pas encore à dire ouvertement qu'il a tendance à voir le 24, Sussex, dans sa soupe.( Il est toutefois curieux de savoir si le fait d'avoir un premier ministre qui n'est pas du Québec ne rendrait pas la défense du fédéralisme plus facile auprès des Québécois.Et M.Tobin de faire la grimace quand on lui répond que c'est difficile à dire.) Mais cela ne l'empêche pas de parcourir le pays dans tous les sens, notamment pour promouvoir le projet de reconnaître le « caractère unique » du Québec.Cela ne l'empêche pas non plus de cultiver, comme aucun autre de ses collègues, le turbulent Glen Clark, de la Colombie-Britannique, et d'« avoir des pronostics sur le tournant du siècle » qui débordent largement du cadre de Terre-Neuve.\u2014 Sur l'avenir de sa province, pour laquelle il se dégage de nouvelles perspectives grâce à Hibernia et au projet minier de Voisey's Bay : « Quand les gens regardent Terre-Neuve, ils voient une province qui est littéralement aux premières étapes d'une transformation similaire à celle qu'a connue l'Alberta avec le développement de ses ressources énergétiques.Ce genre d'espoir n'est pas exagéré.Cela ne se réalisera pas pour l'an 2000 mais c'est en bonne voie.» \u2014 Sur la tenue d'un autre référendum au Québec : « Selon moi, les circonstances du dernier référendum étaient uniques et aussi favorables qu'elles ne pourront jamais l'être à la souveraineté.Je ne peux pas imaginer un moment où ces circonstances vont se reproduire.Cela dit, c'est une route difficile pour tout le monde, fédéralistes comme souverainistes.U ne s'agit pas d'un exercice où une partie traverse un champ de mines tandis que l'autre a le plan du terrain et sait où sont les explosifs.Ceux qui posent les mines, ce sont les Québécois, qui vont insister pour examiner à fond les deux options et qui attendent aussi bien les fédéralistes que les souverainistes au tournant.» \u2014 Sur l'hypothèse d'une réconciliation Québec-Canada : « Il y a au Canada une détermination plus grande qu'il y a deux ou Brian Tobin \u2014 Libéral \u2014 Né le 21 octobre 1954 \u2014 Élu à Ottawa pour la première fois en 1980 \u2014 Premier ministre depuis 1996 trois ans à répondre aux aspirations légitimes du Québec.Le débat est plus posé.Le niveau de décibels a baissé.Ce qui a changé, c'est que le concept qui veut que diversité et unité aillent de pair a fait son chemin.Et dans mon esprit, en 1995, le Canada anglais a dit aux Québécois que leur vote serait suivi de gestes concrets.Pour autant, je ne m'attends pas à un moment spectaculaire où tout le monde va dire : terminé, c'est réglé.Je crois que tant qu'il y aura un mouvement souverainiste au Québec, et il y en aura toujours un selon moi, il y aura toujours un débat sur la place du Québec au Canada.Et à l'avenir, il y aura d'autres provinces qui vont aussi vouloir débattre de leur propre place dans la fédération.» \u2014 Sur Preston Manning et ses chances de devenir premier ministre : « Les trois coins de rue qui séparent le 24, Sussex, de Stornoway ( la résidence officielle du chef de l'opposition ) comportent un large fossé et ce fossé est celui de la réalité canadienne.S'il a l'ambition de l'enjamber, il ne peut plus continuer à ne pas tenir compte du Québec dans ses calculs.» Glen Clark L'art de ruer dans les brancards Roy Romanow L'envers de la sérénité Depuis la rentrée aux Communes, il a été presque autant question de l'exaspération de la Colombie-Britannique à l'égard d'Ottawa que de griefs québécois à propos du même sujet.En l'espace de quelques jours, cette frustration a trouvé un exutoire aussi bien dans les déclarations pro-sécessionisme de la sénatrice conservatrice Pal Carney, une ancienne du cabinet Mulroney, que dans des accusations de trahison à l'égard du gouvernement Chrétien proférées en pleine Chambre par le néo-démocrate Svend Robinson pour la conduite fédérale dans le dossier du saumon.À entendre le premier ministre Glen Clark, ce n'est qu'un début.Si l'expression « ruer dans les brancards » a un sens en politique, le leader néo-démocrate de la Colombie-Britannique en est l'incarnation.Sa vraie bête noire, ce n'est pas le Québec, c est Ottawa.Pour ne pas être complètement désarçonné par son approche dans le dossier québécois, il faut d'abord saisir sa conviction que la Colombie-Britannique est actuellement flouée en termes d'influence politique et que l'importance qu'on lui accorde est loin d'être proportionnelle à son poids économique.El il faut ensuite savoir que Glen Clark a adopté le populisme comme monture comme jamais un premier ministre île la Colombie-Britannique l'avait l.lit avant lui.Voilà un peu ce que cela donne comme résultat.\u2014 Sur la façon dont il entend aborder l'unité canadienne : « Je suis déterminé à représenter la Colombie-Britannique de telle façon qu'elle devienne un vrai joueur plutôt que de se cantonner dans la périphérie.Nous voulons être au centre d'un projet de solution.Les gens de la Colombie-Britannique s'adonnent à penser qu'ils ont de bonnes réponses aux problèmes nationaux.Us veulent une voix.Ottawa ne coinprend pas ça.Profondément, au fond de U ni être, les gens d'Ottawa ne le comprennent pas.L'arrogance insupportable d'Ottawa est telle qu'on s'y imagine que ma province n'est qu'une région braillarde qui veut être cajolée.» \u2014 Sur les consultations qu'il entreprend sur la dé< laratlon de Calgary : « C'est un effort authentique pour parler avec les citoyens de la Colombie Britannique de leur rôle dans la fédération.» \u2014 Sur le fait qu'il a fait figure d'enfant Glen Clark \u2014 Néo-démocrate \u2014 Né le 22 novembre 1957 \u2014 Élu à Victoria pour la première foison 1986 \u2014 Premier ministre depuis 1996 terrible à la table des premiers ministres en jetant une douche froide sur leur projet de se lancer, toutes voiles dehors, vers un amendement constitutionnel pour reconnaître la spécificité du Québec : « Je reflète plus fidèlement l'opinion des gens de la Saskatchewan que Roy Romanow.Ceux qui veulent aller vite sont exactement ceux qui sont associés aux échecs du passe.» \u2014 Sur l'attitude qu'adopterait la Colombie-Britannique si le Québec votait OUI à la souveraineté : « Les gens qui pensent que la ( olomhie-Britannique serait généreuse et s assoirait pour négocier se trompent.Nous ne négocierions pas.À la place, nous tenterions probablement de faire des arrangements différents.Le Québec pourrait toujours IlégOCler avec quelqu'un d'autre, nous aurions notre propre débat sur l'avenir de la Colombie-Britannique et, selon moi, l'Alberta et la Saskatchewan seraient avec nous.» De tous les premiers ministres provinciaux, Roy Romanow est le seul qui puisse rivaliser avec Jean Chrétien pour la longévité.Entre en politique l'année de l'Expo, il devra décider au cours des prochains mois s'il passe la main à temps pour le début du nouveau siècle, ou s'il tente sa chance auprès de l'électoral encore une autre fois.Est-ce l'imminence d'un départ de la politique active, ou tout simplement le sentiment d'avoir passé un temps immense à des dossiers qui semblent quand même piétiner, toujours est-il que le premier ministre Romanow dégage l'image d'un homme qui piaffe d'impatience ces jours-ci.Qu'il soit question de l'avenir de la gauche au Canada ou de l'unité canadienne, il ne mâche pas ses mots pour montrer que les choses n'évoluent pas assez rondement à son goût.\u2014 Sur le NPD fédéral et sa capacité de retrouver une place influente sur l'échiquier national : « La question est de savoir si le NPD fédéral veut disparaître ou s'il veut avoir une certaine pertinence.Le NPD doit changer.11 doit comprendre la nature changeante de l'économie globale, le fait que nos atouts résident désormais dans les connaissances plutôt que dans la force de nos bras.Nous devons comprendre que l'époque où nous pouvions accumuler déficits et dettes est terminée.Le NPD fédéral n'a jamais été au pouvoir.La chose la plus facile à faire dans l'opposition, c est dire oui à tout le monde.» \u2014 Sur la déclaration de Calgary : « Elle n'a pas l'élégance de la Constitution américaine, mais elle constitue un effort honnête pour faire avancer les choses.Je voudrais que d'ici la fin de l'année, nous nous entendions suffisamment sur le sujet pour avoir des textes constitutionnels disponibles* Je pourrais même me charger d'en soumettre un à ma législature.Mes collègues premiers ministres vont découvrir au !il des mois que les pressions pour que l'opération soit un succès vont devenir immenses.En vertu de ce processus, nous pourrions réussir à mettre derrière nous les crises référendaires.» \u2014 Sur ceux qui s'inquiètent de ce que le Québec ferait d'une marge de manoeuvre plus grande, en particulier en malien île politique sociale : « Le Québec a toujours été aussi compatissant sinon plus que les Roy Romanow \u2014 Néo-démocrate \u2014 Élu à Regina pour la première fois en 1967 \u2014 Premier ministre depuis 1991 \u2014 Début du mandat actuel : 1995 autres gouvernements en matière sociale.» \u2014 Sur la notion de voir après Jean Chrétien un premier ministre fédéral qui ne serait pas du Québec apparaître sur la scène fédérale : « Oui.ça ferait une certaine différence, surtout dans l'Ouest et surtout au début.Le dossier de l'unité, symboliquement tout au moins se présenterait un peu différemment si quelqu'un qui n'était pas du Québec le pilotait.Au bout du compte cependant, la compétence et la capacité de comprendre le pays sont quand même plus Importantes.Surtout qu'après quelque temps, le fait que k premier ministre ne viendrait pas du Québec ne l'empêcherait pas de se taire reprocher les mêmes choses par les mêmes gens.» \u2014 Sur la décision en 1982 de rapatrier sans le consentement de Québec la Constitution canadienne : «« C'était la décision appropriée pour l'époque, mais je préfère ne pas en débattre avec vous aujourd'hui ! » PLACEMENT COLLÉGIAL Une vingtaine de techniques en manque de diplômés ANDRÉ 6IR0UX collaboration spéciale Les techniques collégiales n'offrent pas toutes les mêmes ouvertures.Plusieurs ne connaissent aucun chômage, tandis que d'autres affichent un taux de plus de 60 %.À la fin de l'année scolaire 1996-1997, le guide Les Carrières du collégial a effectué un sondage dans les cégeps du Québec.Nous y avons fait quelques trouvailles permettant d'expliquer ou de nuancer les statistiques nationales.Notons que les avis recueillis concernent principalement des situations locales.« Au cégep de Lévis-Lauzon, sur la centaine d'offres en génie mécanique que des employeurs nous ont envoyées, au moins la moitié n'a pas trouvé preneur faute de diplômés, explique André Caulet, aide pédagogique individuel du cégep.Des besoins énormes existent sur le marché dans la spécialité de* conception et fabrication assistée par ordinateur.Or, nous n'avons promu que quatre personnes au cours de la dernière année.Les salaires de départ varient pourtant entre 14$ et 18$ l'heure.Dès le mois de septembre, nous nous arrachons les cheveux pour combler ces postes.» La ferme, la forêt et les mines « Sur 40 demandes en gestion et exploitation d'entreprise agricole, nous en avons comblé deux, ajoute M.Caulet.C'est que les diplômés retournent souvent sur la ferme familiale.Ce type de travail exige une grande disponibilité et de la polyvalence.» Le programme en productions animales offre à son titulaire un emploi sur une ferme familiale, une coopérative agricole, une meunerie ou chez un inséminateur.Le salaire de départ est d'environ 10 $ l'heure et les besoins sont là pour des gens qui acquièrent des connaissances en chimie et en calcul.À l'Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe, l'agent d'information Bernard Desautels indique la recherche de diplômés en technique de transformation des aliments.L'année 1996-1997 a été marquée par une « recrudescence dans ce secteur, note-t-il.Nous avions 108 emplois à offrir à 29 diplômés.Le marché est en expansion depuis quelques années, à cause de l'importance grandissante des systèmes de contrôle de la qualité.» Dans ces fonctions, la formation accroît rapidement les responsabilités et le salaire.« Il peut être de 40 000 $ après deux ans d'expérience », précise M.Desautels.En technique des équipements agricoles, neuf personnes ont obtenu leur diplôme de l'Institut en 1996.Quatre d'entre elles sont retournées sur la ferme familiale et trois ont poursuivi à l'université.Il ne restait que deux personnes disponibles pour le marché du travail.« Notre répertoire d'entreprises compte plus de 200 noms, précise M.Desautels.Pour septembre 1997, 21 personnes se sont inscrites.Il y aurait de la place pour 25.» Ces postes exigent de bonnes habiletés en sciences, électricité et électronique.« Nous pourrions placer une vingtaine de personnes de plus », estime René Thiffault, enseignant en technologies minérales au Collège de la région de l'amiante, à Thetford Mines.Ce domaine compte trois spécialités : la géologie, l'exploitation et la minéralur-gie.Il est possible d'obtenir des emplois à Québec, à Montréal ou dans les autres régions du Québec.Les diplômés pourront notamment oeuvrer à la caractérisation et à la restauration des sols contaminés, au forage ou au dynamitage lors de la construction de routes, par exemple.« L'hydrogéologie est un secteur en expansion, affirme l'enseignant, pour la recherche d'eau sous terre.» La navigation Le secteur de la navigation affiche un taux de chômage de 50 % selon le sondage du ministère de l'Éducation du Québec.« C'est que les personnes qui sont en mer n'y répondent pas, rétorque le directeur aux affaires étudiantes de l'Institut maritime du Québec, Pierre Michotte.Du mois de décembre à la fin avril, ajoute-t-il, il n'y a pas d'emploi au Canada.Or, le MEQ effectue son sondage à la fin mars.» M.Michotte estime au contraire qu'il y a pénurie d'officiers de marine.« Sur le plan international, il en manquerait de 25 000 à 30 000, dit-il.Au Québec, à la mi-mai 1997, sur les neuf finissants sur le marc hé du travail, huit avaient un emploi à temps plein, permanent ou temporaire d'une durée d'au moins six mois.L'autre personne avait décroché un emploi occasionnel.Dans le cadre de la formation, 15 stages de haute qualité n'ont pu être comblés faute de stagiaires.» Les salaires varient en général entre 2 500 $ et 6 500 $ par mois, selon l'employeur.Les revenus étant souvent moins élevés en mer, le navigateur a le choix entre l'aventure internationale et le salaire canadien.La spécialisation de mécanique de marine est particulièrement recherchée.« À l'approche de la trentaine, ajoute M.Michotte, le diplômé qui a acquis ses brevets et diplômes en cours de carrière peut devenir chef mécanicien et gagner un salaire annuel de plus de 70 000 $.» Après quelques années en mer, il sera possible de trouver un emploi sur terre.L'industrie Le génie mécanique présente des débouchés intéressants, remarque l'adjoint au directeur des études du cégep de Sorel-Tracy, Jacques Desbois.« Les employeurs ont recruté des élèves de première année, faute de diplômés, précise-t-il.Cette formation n'offre pas de stage, mais les emplois d'été y sont souvent reliés.Le marché de l'emploi est diversifié.Quant aux salaires, ils varient selon la taille de l'entreprise, généralement entre 13 $ et 17 $ l'heure.Nous pourrions accueillir une dizaine d'élèves de plus par année.» L'industrie recherche des techniciens d'analyse d'entretien, note Noël Lambert, coordonnateur au développement pédagogique du cégep de l'Abitibi-Témiscamingue.« Il manquerait une dizaine de diplômés », indique-t-il.Ce que confirme Claude Mongrain, conseiller à l'emploi au cégep de Rimouski.« Ce technicien travaille en étroite collaboration avec l'équipe de génie mécanique.Le technicien d'analyse d'entretien s'assurera de l'entretien préventif.Il travaillera souvent en grande entreprise, où le salaire varie entre 17 $ et 25 $ l'heure dès le départ.Il s'agit par contre d'une formation exigeante et d'un métier à risques.Il faut être prudent.» Le cégep de l'Abitibi-Témiscamingue offre ce programme en alternance travail-études.Le taux de placement se situe entre 90 et 95 % en technologie de l'électronique, signale Michel La-londe, enseignant au cégep André-Laurendeau.« Sur 15 diplômés, 13 trouvent un emploi lié à leur champ de formation ou très près de cette formation, signale-t-il.Il existe un besoin de relève et quelques postes demeurent vacants.Le travail peut en être un de représentation, d'intégration de systèmes informatiques ou de soutien dans un bureau d'ingénieurs.» Au départ, le travail est plus souvent temporaire et le salaire est d'environ 12 $ l'heure.Les sciences La technologie physique aurait le double d'emplois à offrir si le nombre de diplômés était suffisant, estime Pierre Thibault, professeur au cégep André-Laurendeau.Sur 30 inscriptions en 1994, six personnes ont obtenu leur diplôme en 1997.Cinq de ces derniers ont un emploi à temps plein, permanent et lié à leur domaine d'études.« Plusieurs élèves abandonnent en cours de route, soit parce que le programme d'études ne correspond pas à ce à quoi ils s'attendaient, soit parce qu'il est plus exigeant que prévu, soit parce qu'ils n'ont pas les capacités », note l'enseignant.Ce programme n'est pas contingenté, mais l'enseignant suggère fortement aux candidats potentiels d'avoir réussi les cours de physique et de mathématiques de cinquième secondaire.L'effort peut en valoir la peine.« Le salaire de départ se situe aux alentours de 25 000 $ à 30 000 $, indique Pierre Thibault.Il monte rapidement pour atteindre 45 000 $ après seulement trois ans, surtout en entreprise privée.» L'Institut national d'optique pourrait devenir un important réservoir d'emplois ( entre 30 et 60 postes au cours des sept ou huit prochaines années ).Si la tendance se maintenait, tous les finissants de cette technique se retrouveraient au même endroit.La chimie analytique offre de bons dtbouchés, selon André Caulet, du cégep de Lévis-Lauzon.« 11 s'agit souvent d'empiois occasionnels, mais ils peuvent être renouvelés.S'ils ne le sont p.is, le passage d'un employeur à l'autre s'effectue facilement >», précise-t-il.Une dizaine de postes étaient ouverts t < < juin dernier.Le domaine pharma-cvutiqiu et les centres de recherclu universitaires ont un bon potentu I «Sur 40 demandes en gestion et exploitation d'entreprise agricole, nous en avons comblé deux.C'est que les diplômés retournent souvent sur la ferme familiale.» «Aussi paradoxal que cela puisse paraître dans le contexte du virage ambulatoire, les soins infirmiers pourraient se retrouver en pénurie de main-d'oeuvre d'ici deux ou trois ans.» «Sur le plan international, il manquerait de 25 OOO à 30 OOO officiers de marine.Au Québec, à la mi-mai 1997, sur les neuf finissants sur le marché du travail, huit avaient un emploi à temps plein, permanent ou temporaire d'une durée d'au moins six mois.L'autre personne avait décroché un emploi occasionnel.Dans le cadre de la formation, 15 stages de haute qualité n'ont pu être comblés, faute de stagiaires.» de placement.Il en va de même en chimie-biologie.L'environnement et la génétique offrent de bonnes possibilités d'emploi.D'une moyenne horaire de 8,50 $, le salaire y est relativement faible toutefois.« Certains employeurs offrent jusqu'à 15 $ l'heure », ajoute-t-il.\u2022 Les services La responsable du service de placement du collège Laflèche, Hélène Brouillette, signale un bon taux de placement en éducation en services de garde à l'enfance.Il est de 93 %, dont 67 % à temps complet.Elle prévoit une augmentation de la demande au cours des prochaines années.« L'avènement de la maternelle à temps plein dès l'âge de cinq ans, à l'automne 1997, ne jouira pas en défaveur des services de garde, es-time-t-elle.La garderie pourra prendre charge des enfants le temps que les parents reviennent du travail.La politique familiale de la ministre de l'Éducation, Pauline Marois, prévoit de plus de bas ta- rifs de garde pour les enfants de quatre ans, ce qui donnera un nouveau souffle aux garderies.Nous recevons aussi des appels de l'Office de garderie franco-ontarien lorsqu'il a besoin de personnel.» Les services en informatique continuent d'être très demandés à plusieurs endroits.Les cégeps de Drummondville, de Rimouski et de Sorel-Tracy cherchent des élèves.Les collèges François-Xavier-Gar-neau et de l'Abitibi-Témiscamingue ne parviennent pas à remplir leurs classes en techniques de bureautique.Pourtant, des postes sont ouverts.Les soins infirmiers Aussi paradoxal que cela puisse paraître dans le contexte du virage ambulatoire, les soins infirmiers pourraient se retrouver en pénurie de main-d'oeuvre d'ici deux ou trois ans.« La prévision des surplus a incité le gouvernement à diminuer le nombre d'élèves dans ce secteur, explique Jacques Desbois.Or, nombre de candidats l'ont dé- serté, si bien que les quotas, même revus à la baisse, ne sont pas atteints.Dans un contexte de vieillis sèment de la population, le Québec continuera à avoir besoin d'infirmières.Le nombre de personnes ayant pris une retraite anticipée en juin 1997 semble plus important que prévu.Il faudra éventuellement assurer une relève : le nombre d'entreprises privées augmente et les soins à domicile exigeront du personnel.» Pierre de Passillé, secrétaire général du Service régional d'admis sion du Grand Montréal, tout en confirmant la tendance actuelle au sous-emploi, reconnaît que l'hypothèse de la pénurie est sérieuse, « mais je n'ai pas de boule de cris tal.nuance-t-fl.Le surplus d'au jourd'hui compensera-l-il suffisant ment la pénurie de demain ?C'est aussi possible.» On trouvera Je nombreuses informations complémentaires au sujet des techniques « | it n dans te
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