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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Zap
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1998-09-27, Collections de BAnQ.

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[" Cahier B, Montréal, dimanche 27 septembre 199B La culture à la maison sques livres vidéos Jeux télévision .4 2 ?priori, beaucoup peuvent se demander ce qu'un produit jfÊjh informatique, un simple jeu de motocyclette par surcroît, peut ^J^Kl bien avoir de palpitant.Mine de rien, ce jeu informatique est annonciateur des nouvelles tendances qui bientôt secoueront le ' .monde des loisirs.Motocross Madness est en effet parmi les premiers jeux pour grand public à exiger officiellement l'utilisation d'une carte vidéo soutenant le traitement des images tridimensionnelles complexes.La tendance est amorcée: il y a fort à parier que les aventures en 3D et en temps réel feront un malheur sur le marché.Désormais, avance André Mondoux, les jeux nous proposeront des univers de plus en plus réalistes dans lesquels les joueurs plongeront pour faire l'expérience de nouvelles sensations fortes.Même si l'aspect ludique de la nouvelle génération de jeux informatiques vous laisse plutôt froid, songez qu'en ce moment les jeux représentent probablement le secteur le plus innovateur de toute l'industrie informatique.Ce ne sont plus le traitement de texte, les bases de données ou même la réseautique qui sont les secteurs de pointe: le flambeau de la technologie est entre les mains des concepteurs de jeux.Et puis, il y bien une autre raison qui pourrait vous motiver à faire l'essai de Motocross Madness.Même virtuelle, l'expérience peut évoquer les charmes de se promener en solitaire dans un désert rocailleux et à chaque saut se sentir un peu plus libre page B2 vidéos) La Maman et la Putain Un film qui avait causé tout un émoi à sa sortie en 1973, La Maman et la Putain, arrive cette semaine en vidéocassette dans une édition intégrale restaurée.Un monument de deux cassettes et 220 minutes, livré en noir et ^* blanc.4 !¦ SS page B2 télévision ) La gang d'Henri Quand elle a traversé la frontière, la série King ofthe Hill s'est trouvée un fort accent québécois et a même transplanté ses pénates dans un village typiquement d'ici.Le résultat est mitigé, juge Suzanne Colpron, mais Henri, le héros du dessin animé, reste un épais.total.page B3 livres ) Les saisons de la nuit New York, la cité, est au centre du deuxième roman de Coi uni McCann, Les Saisons de la nuit, qui tisse le fil de deux destins liés à la fin.Ce pourrait bien être un grand livre, écrit Mario Roy.sons nuit m !.«*\u2022*.\u2022 page B4 RICHARD LABBÉ collaboration spéciale e matin-là, Shurik'n quitte sa chambre d'hôtel pour rencontrer La Presse.Attablé au 15e étage d'un hôtel du centre-ville, le rapper français boit un peu de café et discute en bâillant, tout en s'excusant des effets du décalage horaire.Il est venu de loin, l'ami Shurik'n.De Marseille plus précisément.Le grand saut pour revenir au Québec et parler du compact Où je vis, premier disque solo pour cet homme qui, d'ordinaire, crache ses rimes au sein du puissant commando rap IAM.On reconnaît déjà le rapper de loin: tête fraîchement rasée, regard sombre, fringues hip-hop.On réalise qu'il parle comme il rappe: de cette voix grave qui fait sa force.De façon régulière, Shurik'n se frappe le coeur d'un petit coup de poing, comme pour nous rappeler que, pour lui, c'est l'émotion qui compte avant tout.Pas étonnant donc qu'Où je \\is carbure à l'émotion.L'émotion d'un jeune homme de Marseille pour qui la vie n'est pas toujours rose.A Marseille, les mêmes problèmes existent depuis des années: violence dans la rue, marasme économique, flics très rapides du bâton.Où je vis raconte un peu tout ça.«Il y a toujours des problèmes là-bas, explique Shurik'n.Ça n'a pas changé; ce sont les problèmes qui changent.Y'a toujours des problèmes, alors y'a toujours des choses à dire.Le jour où y'aura pas de problèmes, peut-être que je n'aurai plus rien à dire.Mais on est encore loin de là.» Rapper de rue, Shurik'n?Il hésite.Avec lui, manifestement, les catégories ne servent à rien.Mais il est clair qu'Où je vis ne suit pas les chemins exécrables du rap de variétés à la française.«Oui, mais il faut du rap pour tout le 9 amurai du rap monde.Où je vis, c'est ma vision du hip-hop, c'est ce que j'aime entendre.Pour moi, le sens profond du hip-hop, c'est de dire quand ça va et quand ça va pas.Pour l'instant, l'heure est grave.» D'où ce goût immodéré pour les arts martiaux et l'autodéfense.Dans l'imaginaire Shurik'n, les références aux guerriers japonais abondent.Pensons au titre Samurai.Pensons au nom du rapper, qui évoque les petites étoiles de métal plutôt meurtrières utilisées par les ninjas.On pourrait croire que des kilomètres et des kilomètres séparent l'univers du samurai et l'univers d'un rapper français, mais Shurik'n y voit un certain rapprochement.«Je pratique les arts martiaux depuis 13 ans maintenant.Ça fait partie de ma vie.Ça fait partie de moi, alors ça se retrouve dans les textes et c'est normal.Le samurai de l'époque était lettré, était poète.et maître dans l'art de tuer.Il avait réalisé qu'en plus de maîtriser l'art de tuer, il devait maîtriser l'art de créer.En ce sens, on peut faire un parallèle avec le hip-hop; avec le hip-hop, je crée, et le reste du temps, j'apprends à me défendre.» Impossible, évidemment, de laisser de côté IAM.Lorsque, comme Shurik'n, on est un des leaders du plus important groupe rap de France, les questions de groupe refont inévitablement surface.Alors, quoi de neuf chez IAM?Disons simplement que les membres profitent d'une petite pause pour travailler en solo, pour lancer un CD, pour rayonner d'une façon personnelle.«Il faut que ça reste comme ça.Il ne faut pas poser des barrières, ça freine la créativité.Le projet solo, ça permet d'explorer des voies qu'on n'explore pas en groupe.Sur Où je vis, il y a des chansons comme L.E.F, Lettre, Mémoire, Oncle Shu.j'aurais pas pu faire ça avec IAM.» «Cet album, c'est un aspect plus intime de ma personne.C'est très personnel au chapitre des textes, et je me positionne socialement.Je râle aussi.Mais il y a un lien avec IAM.Moi, Imhotep, Freeman.Tout ça, ça fait IAM.L'esprit du groupe est toujours omniprésent.Entre nous, il n'y a pas de chichi.On se pose pas de questions.Le seul critère, c'est la qualité.» Pour Shurik'n et les collègues, le calendrier est plutôt chargé.Demain, Shurik'n retrouve ses amis d'IAM en studio pour la création d'un maxi.Ensuite?Clip d'IAM, clip de Shurik'n, album solo pour Freeman, album solo et film pour Akhenaton, quelques spectacles pour Shurik'n (dont un au Québec, «Le plus tôt possible, quand il fera beau») et, bien sûr, le nouveau CD d'IAM en 2000.En attendant, Shurik'n souffle un peu, fier du succès obtenu par ce compact solo.Au Québec, Où je vis vagabonde dans le top 10 des ventes francophones depuis un mois, approchant rapidement le cap des 10 000 exemplaires vendus.Étonnant?Pas du tout, foi de Shurik'n.«Le mouvement hip-hop est arrivé tardivement au Québec, mais les gens attendaient depuis un moment, lance-t-il avant de prendre congé.Avec IAM la dernière fois, on était à Montréal une dizaine de jours, et y'avait des soirées hip-hop un peu partout.Le truc était là, mais il n'y avait pas de réponse du côté des médias et des maisons de disques.J'aime bien le rap d'ici comme Dubmatique et Shades Of Culture.Et un de ces jours, on retrouvera Montréal quelque part dans mes textes.» * Le Chaînon La maison de Montréal Un livre de Sylvie Halpern Préfaces de Judy Richard et d'Yvon Deschamps 190 pages plus 16 pages de photos \u2022 19.95 $ Stanké ».boul.René-Lévesque Ouest, bureau 1100.Montréal H3B 1P5 (514) 396-5151 ACHETERCE if Ml 1 LIVRE C'EST AIDER DIRECTEMENT LES FEMMES DU CHAÎNON ! B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 27 SEPTEMBRE 1998 vidéos ) Tous les cinéphiles connaissent.SONIA SARFATI Les oeuvres qui ont été sources ( abondantes ) de controverse dans les années 70 sont décidément au goût du jour.Ainsi, tandis que Les oranges sont vertes de Claude Gauvreau font un tabac au Théâtre du Nouveau Monde ( où la production avait fait scandale en 1972 ), La Maman et la Putain de Jean Eus tache \u2014 film qui avait causé tout un émoi à Cannes en 1973 \u2014 nous arrive mardi en vidéocassette, dans une édition « neuve, restaurée et intégrale ».« Et je ne dis pas ça pour la publicité, c'est vrai ! J'ai tiré ma copie d'un master qui avait été nettoyé, restauré, réétalonné, revu.car beaucoup de scènes avaient été coupées.Même le son a été rééquilibré », souligne ici Louis Dussault, président de K.Fi 1ms Amérique, pas peu fier de son coup : sa « Collection des grands classiques du cinéma » ga- gne en effet tout un morceau, elle qui était déjà riche & Ascenseur pour Véchafaud de Louis Malle, de Vivre sa vie de Jean-Luc Godard et de Lola Montes de Max Ophùls.La Maman et la Putain \u2014 dont le Larousse du cinéma dit qu'elle est « l'une des créations les plus fortes du cinéma contemporain » \u2014, c'est 220 minutes d'un texte dense, livré en noir et blanc, vécu ( plus que joué ) par Jean-Pierre Léaud ( Alexandre ), Bernadette La-font ( la maman ) et Françoise Lebrun ( la putain ).Lui, est un jeune homme oisif en plein spleen post-soixante-huitard.Il passe ses journées au Flore ou aux Deux-Magots.À lire.À lire et, surtout, à parler.Le soir, il rentre au bercail.Chez Marie, qui l'entretient.Et la nuit, de plus en plus souvent, il baise avec Veronika.Va de l'une à l'autre.Se regarde vivre.Jusqu'à ce que la vie, sa vie, le rattrape.Les dialogues sont crus.Le ton, désespéré.L'oeuvre, d'un avant-gardisme qui surprend encore aujourd'hui.L'ironie, omniprésente.Tangible dès la scène d'ouverture, où Alexandre emprunte la voiture d'une copine qui le prévient : « Mon clignotant gauche ne marche pas.Alors, je m'arrange pour toujours tourner à droite.» Une certaine gauche s'était sentie visée.Bref, le film avait remporté le Prix spécial du jury à Cannes.Les critiques avaient été séduits.Le public avait, par contre, moins suivi.Mais le ( très ) long métrage écrit, réalisé et monté par Jean Eustache a fait date.Tous les cinéphiles « connaissent » La Maman et la Putain.Même si plusieurs ne l'ont jamais vu.Et pour cause.Rappelons qu'après le suicide du cinéaste, en 1981, les négatifs de ses films avaient été saisis par les laboratoires.« Eux, réussissent toujours à se faire payer », ironise Louis Dussault.Mais il y a eu prescription cette année et la saisie a été levée.Permettant la ( re )projection de La Maman et la Putain dans les cinémas français.Puis, quelques mois plus tard, au Québec.Desfca-by-boomers, de ceux qui « savaient », se sont précipités.Des cinéphiles plus jeunes [ont suivi.Tous ont découvert une oeuvre à part.Une oeuvre dans laquelle on s'immerge lentement.À cause de l'attitude des comédiens, au départ très théâtrale et très froide.Une commande de Jean Eustache.« Il y a un texte ici », semble-t-il indiquer au spectateur.Une fois cela installé, Léaud, Lafont et Lebrun se prêtent davantage au jeu de l'acteur.Ils s'y plongent véritablement.Et il est impossible de ne pas les y suivre.Le tout dure presque quatre heures, oui.Mais on n'en voudrait pas moins.?*?LA MAMAN ET LA PUTAIN Écrit, réalisé et monté par Jean Eustache.Avec Jean-Pierre Léaud, Bernadette Lafont et Françoise Lebrun.Sortie : 29 sept.i ?*?PAULIE ( V.F.: PAULIE ) Comédie fantaisiste John Robert*.Avec Tony Srulhoub.Cena Rowlands.Cheech Marin.Hallie Katc Eivenberg.Sonic : 29 sept.Un p'tit cochon nommé Babe a été l'une des belles surprises de l'année cinématographique 1995.Le perroquet nommé Paulie aurait pu faire la même chose au printemps, mais les circonstances semblent s'être moins prêtées à son envol.Il sera toutefois possible de se rattraper prochainement avec la sortie en vidéocassette de Paulie, une charmante comédie fantaisiste qui suit les mésaventures d'un perroquet parti à la recherche de Mark, sa petite propriétaire.Oui, il y a du Lassic et du Retour au bercail là-dedans.Mais il y a également, en sous-texte, un discours subtil et fin sur l'importance de communiquer.Le tout, amené avec humour et tendresse.Rires et larmes au programme \u2014et pas juste sur l'écran ! ?*V2 THE JUNGLE BOOK MOWGLI'S STORY Film familial de Nick Marck.Avec Brandon Baker et les voix de Fred Savage.Eartha Kut.Bryan Doyle-Murray, Wallacc Shawn.Sortie : le 29 sept.Inspiré du classique de Rudyard Kipling, The Jungle Book Mowgli's Story présente une relecture des événements qui ont fait un enfant-loup d'un petit d'homme \u2014avant de suivre, grosso modo, la trame dramatique développée dans le dessin animé réalisé en 1967 dans les studios Disney.Lesquels redonnent ici la parole à Mowgli et à ses amis les bêtes.tous, cette fois, en chair et en os.Pas tellement de trucages, dans cette production.Les animaux ont été filmés au naturel et une voix a été superposée à leur .'\"Oi{ji; «.\u2022 \u2022 \u2022 \" \" les.L'Abitibi est aujourd'hui un pays fascinant, mais on imagine sans peine les souffrances vécues par les prisonniers, leurs femmes et leurs enfants.La documentation du roman historique de M.Massicotte semble très sûre et rien ne permet en effet de douter de la véracité des faits relatés.La dimension historique fait de ce livre une oeuvre utile, mais on ne peut en dire autant de la dimension romanesque.Trop soucieux peut-être de ne pas trahir la vérité, l'auteur n'a pas su donner libre cours à son imagination pour créer des personnages auxquels on puisse s'identifier.Ariette Cousture n'a pas fait école encore.C'est dommage.LIBERTÉ DÉFENDUE L'ABITIBI CONTENTRATIONNAIRE Gilles Massicot le Vents d'Ouest, 164 pages Salut Les Débrouillards! Il y a trois ans, l'émission Les Débrouillards a fait une pause.Nul ne s'imaginait, à ce moment-là, que la pause serait éternelle pour l'une d'entre nous.Tu sais, même dans le feu de l'action, l'image de Marie-Soleil, ma complice de la première série, me revient en tête.Mais son souvenir ne m'attriste pas.Au contraire.Elle m'inspire.Nous sommes enfin de retour.Et nous sommes heureux de l'être.Pourquoi?Parce que, comme toi, nous sommes des curieux absolument insatiables.Parce qu'un tas de choses nous intéressent.Parce qu'il nous reste plein de questions à poser et d'aventures lévision N'oubliez pas de nous regarder H3C mercredi à 16h30.à vivre.Parce qu'il y a une foule de métiers captivants que tu ne connais pas.Parce qu'il y a des gens, jeunes et moins jeunes, qui sont des génies.Parce que la nature, la Terre, les hommes et leur histoire ont des secrets merveilleux que nous voulons comprendre et découvrir.Depuis le 2 septembre, tu as fait connaissance avec mes amis Caroline Théroux, Cédric Pépin, Claudia Laurie, Karine Vanasse et Yan Girard.Des filles et des gars tellement débrouillards qu'ils font maintenant partie de l'équipe d'animation! Comme moi, ils savent que les choses qui nous font peur sont celles que nous ne connaissons ou ne comprenons pas.Mais ils savent aussi que pour connaître et comprendre, il faut voir, dans tout ce qui nous entoure, une aventure.La nouvelle équipe des Débrouillards est prête à tout! T\\i viens avec nous?Ça va être spectaculaire.Spectaculaire comme un édifice qu'on démolit en quelques secondes.Spectaculaire comme certains manèges de La Ronde.Spectaculaire comme Karine quand elle se met à abattre un mur avec une massue (hi hi hi.Tu le verras bien mercredi à 16 h 30 au petit écran.On sera à la Ronde pour un plaisir.Monstrel| 2c Dur dur d'être solide! Cette semaine, tu vas voir une émission béton sur le thème de la solidité.Pourquoi, par exemple, un gratte-ciel résiste-t- il à un tremblement de terre tandis que l'autre, ¦jg^^ à côté, s'écroule comme T un château de cartes?Sois solide, montre-toi souple! Rigide ou flexible?Voilà la question! N'importe quelle structure subit des assauts et elle doit être assez solide pour y résister.Des assauts qui sont en fait des forces qui agissent sur elle de toutes sortes de manières: par exemple, par la flexion, la torsion, la traction, la pression ou la tension.Quelle souplesse! Dans les habitations, les poutres de plancher ont une certaine flexibilité qui leur permet d'absorber les chocs (et les poids) sans casser.Ça passe ou ça casse?L'avenir est à la flexibilité! Tordage.Lors d'une tempête, les branches des arbres sont secouées et même tordues.La torsion qu'elles subissent n'est pas si différente de celle qui agit sur les vilebrequins des moteurs ou sur les arbres de propulsion des navires.Si tu as vu le film Titanic.tu te rappelles sûrement la fameuse salle des machines.Pousse, ça presse! Les intellectuels sont les plus forts! T\\i sais pourquoi?Parce qu'ils transportent plus de livres! Dès qu'on déplace, qu'on tire, qu'on soulève ou qu'on pousse une charge, on a besoin de force.Et quand on se trouve juste en-dessous, il faut résister sans s'effondrer! Quelle pression, mes amis! Les deb-winettes de Deb Web J'ai une petite charade pour toi.Réponse mercredi quand tu regarderas l'émission.La voici : Mon premier est l'une des premières consonnes de l'alphabet Mon deuxième est un poisson Mon troisième est l'oeuvre de l'artiste Mon quatrième est un mois du printemps Mon tout est vraiment très très solide! Un indice de plus : ça n'a rien a voir avec les militaires Écris-nous! Désormais, chaque dimanche, je te donne rendez-vous ici.Et n'oublie pas de regarder notre émission le mercredi à 16h30 à Radio-Canada.N'hésite donc pas à m'en-voyer tes commentaires à l'adresse postale suivante : Les Débrouillards 465, rue McCill, 6e étage Montréal (Québec) CANADA H2Y4A6 La Presse LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 27 SEPTEMBRE 1998 livres ) amuseur public L'esprit, les mille chansons et les yeux tristes de Jacques Normand DOMINIQUE PAUPARDIN collaboration spéciale Avec la mort, le 7 juillet 1998, de Raymond-Pascal Chouinard, alias Jacques Normand, disparaissait l'un de nos plus grands amuseurs professionnels.Depuis ses débuts comme annonceur à la radio en 1942 jusqu'à ses performances d'animateur de cabarets et d'émissions de variétés à la télévision, « l'enfant terrible » du showbiz québécois possédait l'art et la manière pour divertir un vaste auditoire.Son sens de l'improvisation, ses mots d'esprit, son bagout et son humour joyeusement féroce ont fait mouche durant plusieurs décennies.Les 2000 chansons de son répertoire, son pouvoir de séduction, son élégance nonchalante et ses yeux tristes ont, en prime, fait chavirer bien des coeurs féminins.C'est en 1996 que le scénariste et écrivain Robert Gauthier a rencontré Jacques Normand pour la première fois.Il avait alors en tête l'idée d'écrire une minisérie de quatre heures qui le mettrait en vedette.Pendant plus de deux ans et demi, le grand artiste affaibli par la maladie allait répondre à toutes ses questions d'ordre professionnel, à la condition qu'ils n'abordent jamais ensemble le sujet trop intime de ses histoires de coeur et de « ses parties de fesses ».Chemin faisant, l'idée de la minisérie a été mise de côté et Robert Gauthier a décidé de rédiger une biographie, devenue aujourd'hui un hommage posthume.Cet excellent ouvrage raconte l'ascension d'un petit gars né le 15 avril 1922, rue Saint-Vallier à Québec, et qui, à force de talent et de persévérance, deviendra le roi des nuits de Montréal.Le premier chapitre est vraiment très chouette.Il raconte la manière dont son ( futur ) père, un veuf combinard et beau parleur, avec sept enfants à charge, a dragué, puis marié sa maman, mannequin et vendeuse au grand magasin Paquet.Puis, le récit déboule \u2014 vraiment, cela se lit comme un roman.Raymond-Pascal ( le dixième enfant de son père, le deuxième de sa mère ) est doté d'un caractère espiègle.Adolescent, il se passionne pour la natation, le plongeon et le canotage.Il rêve de participer aux Jeux olympiques.Un accident va anéantir les ambitions de l'athlète de 17 ans : un jour où il veut épater une jolie fille, il fait un mauvais plongeon qui lui brise la colonne vertébrale.Heureusement, la technique révolutionnaire du stretch lui redonne l'usage de ses jambes.Il gardera toute sa vie des séquelles de cet accident.Raymond Chouinard reste alité de longs mois et s'ennuie à mourir.Pour tuer le temps, il écoute la radio, déteste tous les animateurs en bloc, sauf Roger Baulu qu'il admire et prend comme modèle.Une fois remis sur ses deux pieds, il réussit contre toute attente à se faire engager comme annonceur-maison à CHRC.Après une grosse bévue, il se fait mettre à la porte, change de nom et devient Jacques Normand pour se faire embaucher à CKCV.De fil en aiguille, il se taille un franc succès à la radio de Québec.Henri Deyglun le pousse à déménager à Montréal où il devient, en compagnie de Lise Roy, la vedette du feuilleton radiophonique Mariages de guerre.Il épouse Lise afin que son père la laisse partir en tournée.Grand buveur et noceur invétéré, il n'est pas à proprement parler le mari idéal.Le couple divorce rapi- dement.Jacques Normand aura une seconde épouse, un autre divorce et un nombre incalculable de maîtresses.Pourtant, sa mère sera la seule femme qui va vraiment compter dans sa vie : « Les autres femmes, elles, ne feront que passer.» Il devient par la suite animateur dans des clubs du fameux Red Light, là où les petits racketteurs italiens à la solde de Vincent Co-troni lui mènent la vie dure.Il y aura maintes péripéties.Dont celle-ci : Cotroni veut l'écarter un moment de la scène montréalaise et l'envoie travailler au Bal Tabarin, à New York.Jacques est encensé par la critique, mais lassé, revient au Québec où il anime bientôt plusieurs émissions de radio très populaires : La Parade de la chanson française, Le Fantôme au clavier, Le Music-hall de Jacques Normand, etc.Après bien des hauts et des bas que je vous laisse découvrir, il devient l'animateur-vedette de plusieurs cabarets à la française tel Le Faisan Doré : « À l'heure prévue, il entre sur scène.Improvisés, ses commentaires et ses monologues, parfois rigolos, parfois dithyrambiques, souvent sarcastiques sur les points chauds de l'actualité, se font l'écho de sa lucidité décapante.Jacques amuse, détend et surprend son public.» Les cabarets ont eu leur époque de gloire ; après avoir trôné au firmament du music-hall, Jacques concentre ses énergies vers la télévision.Il coanime avec brio l'émission Les Couche-tard auprès de son idole et ami, Roger Baulu.Il joue les mauvais garnements, confronte les personnages publics et improvise ses textes tandis que Baulu fait le modérateur \u2014 Jacques Normand croit que la consommation d'alcool lui donne de l'esprit : les réalisateurs de l'émission vont donc lui permettre de travailler assis derrière une table plutôt que debout devant le micro.Sa biographie met en scène ses bons coups et retrace avec les faits marquants de sa carrière, mais elle relate aussi la chute de l'ange, les échecs, la maladie et même son agonie.Ce dernier chapitre est d'ailleurs un peu longuet, comme si le biographe lui-même ne voulait pas lâcher prise.Le saviez-vous ?Jacques Normand est décédé des suites d'un cancer de la gorge.Comme il le disait lui-même : « On est toujours puni par où l'on a péché ! » ?* * JACQUES NORMAND, L'ENFANT TERRIBLE Robert Gauthier Les Éditions de l'Homme, 312 pages François Barcelo dans la Série noire SONIA SARFATI À la lecture de Cadavres, on se rend compte à quel point le noir va bien à François Barcelo, premier Québécois à être publié dans la Série noire de Gallimard.À la suite d'une série d'événements qui tient vraiment du roman-feuilleton.Quand il a écrit Moi, les parapluies., le romancier s'était dit que cette histoire \u2014 celle d'un enfant de dix ans condamné pour le meurtre de sa grand-mère\u2014 pourrait intéresser les responsables de la Série noire, chez Gallimard.Il a donc passé son manuscrit à un ( bon ?) ami.Selon qui le roman ne convenait pas à la Noire.Moi.les parapluies.est sorti chez Libre Expression, l'éditeur habituel de François Barcelo.Mais deux ans plus tard, en 1996, l'idée trottait encore dans la tête du romancier.Qui a décidé d'envoyer son texte chez Gallimard, sans mentionner qu'il était publié au Québec.Et sans se faire d'illusions.« J'espérais des commentaires, sans plus », note François Barcelo.C'est ainsi qu'il a filé au Mexique et planté sa tente à Xcalacocco pour travailler sur un autre roman.Vie sans suite.Sauf que l'épisode Gallimard en avait une, suite : l'éditeur français, a-t-il appris par téléphone, était intéressé à publier le livre.L'écrivain a alors abattu ses cartes, dévoilant ainsi son « jeu » et révélant, aux uns, que le manuscrit était déjà publié ; aux autres, que Gallimard était intéressé par son récit.« Ils se sont entendus, et Moi, les parapluies.sortira dans la Série noire au printemps », fait François Barcelo.Lequel, entre-temps, s'était attelé à une autre histoire.Une histoire commençant par « Savcz-vous quand j'ai commencé à regretter la mort de ma mère ?» Une histoire grinçante, pleine de cadavres, et pleine d'un humour.couleur Série noire.D'où l'idée de foncer.De présenter directement le manuscrit à Gallimard.Sans, encore une fois, se faire d'illusions.« Trois semaines après, j'avais une réponse.Elle était positive », poursuit François Barcelo.Le roman vient de paraître.Il s'intitule Cadavres.Notez le pluriel.Car ils s'empilent au fil des pages.Et d'un.Et de deux.Et de trois.C'est d'ail- leurs le titre des chapitres.II y en a neuf.Des chapitres, et des cadavres.Des cadavres qui vont s'accumuler dans la cave de Raymond.Assisté social professionnel.Qui vient de tuer sa mère.Dont il a égaré le cadavre.Interviennent ensuite dans le récit, la soeur Angèle ( qui n'est pas religieuse, mais actrice plutôt minable ), des policiers, des motards, des cochons.alouette ! Le tout, drôle comme tout.Absurde et surréaliste.« Un pastiche de roman noir », commente François Barcelo.Peut-être.Une chose est sûre : Cadavres se lit d'une traite, le sourire au coin des lèvres.CADAVRES François Barcelo Gallimard, 214 pages François Barcelo o Le pari inouï d'une brillante neurologue Robert Mawson L'ENFANT LAZARE roman L'AUBERGE DU FANTÔME BAVARD L'AUBERGE OU FANTÔME BAVARD Suzanne Julien HURTUBISE HMH Une nuit durant ses vacances à l'Auberge du fantôme bavard, Jasmme découvre de mystérieux pirates et un charmant adolescent Est-elle la seule à pouvoir voir des fantômes?Il se pourrait bien, mais ça ne l'empêchera pas de se faire un ami pour la vie.Collection Plus.80 pages - 7,95 $ \u2022 8 ans et plus issu T3 LE CŒUR ENTRE LES DENTS LE COEUR ENTRE LES DENTS Monique Ponty HURTUBISE HMH Dès qu'il a aperçu Lola, Bastten est devenu amoureux fou.Quel bonheur! Mais à l'école, c'est autre chose.Il y a des nouveaux camarades violents qui font régner la peur.Basben doit se défendre.et défendre Lola.Collection Plus.80 pages - 7,95 $\u2022 8 ans et plus 2 MM $ O Réussira i elle, mal£tfé IOpposition farouche des 'autorités.et île 'f^'Wrk\"'*' l'establishment médical, à ramener sa jeune patiente à la vie?LE CYCLONE MAKILYN LE CYCLONE MARILYN Gisèle Pineau HURTUBISE HMH En Guadeloupe, un cyclone menace le village de Mantyn.Son papa est absent son petit frère trop jeune, sa grand-mère trop v>edte et sa maman trop pantquée, c'est donc à Mantyn que revient la tâche de protéger la maison.Un merveileux récit aux couleurs chajdes de cette ïe, la Guadeloupe, dont l'auteure est ongnaire.Collection Plus.80 pages \u2022 7,95 $\u2022 8 ans et plus UNE VOIX DANS LA NUIT km V^.v«4 UNE VOIX DANS LA NUIT Marie-Angèle Kingué HURTUBISE HMH Bassi, dix are, en compagnie de ses amis, s'initoe aux mystères des adultes de son village au cours d'une étrange cérémonie de nuit Un récit empreint d'exotisme pour le lecteur d'ici qm découvrira tes coutumes, les traditions et la culture d'un pays, le Cameroun.Collection Plus.80 pages - 7,95 $ \u2022 8 ans et plus UNE VRAIE FAMILLE Irina Drozd HURTUBISE HMH C'est le chien Félix qui nous raconte l'histoire de David qui vit avec Gies, le seul papa qu'il connaisse et Mali, sa vraie maman Durant set vacances, David fera la connaesance d'Emma qui a servi de méœ à Main En sa compagnie, i dècouvnra tes )0»es d'une vraie famie, rassemblée de gens qui s'aiment et qui sentraident.CofectionPIus.80pages-7,95$«8ansetpJus SORTIE DE NUIT\tSORTIE DE NUIT Cécile Gagnon HURTUBISE HMH m\tElvua est un squelette qui s'ennu»e et qui voudrait bien aller voir ce qui sapasse au-dessus d'elle.Par un sot d'Haltoween.elle tente sa première sortie depuis longtemps.Ce soir-la, son apparence ne semble pas faire problème.Mae les autres jours,.?Coiection Plus.80 pages-7.95$»8ans et plus \t B6 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 27 SEPTEMBRE 1998 livres ) De l'ivresse des mots Pierre Bourdieu est à son tour mis en accusation MARIO ROY Pendant un demi-siècle, une partie importante de l'intelligentsia française a succombé à l'ivresse des mots, bâtissant des systèmes d'explication globale définitifs et séduisants.Autour de ces somptueux édifices, elle a érigé des remparts imprenables, embrigadant de fidèles disciples pour servir de garde rapprochée, taillant un langage sur mesure afin de tenir à distance la langue commune, bricolant des cadres « scientifiques », inédits et sur mesure eux aussi, destinés à rendre compte d'un réel qu'à l'extérieur de la forteresse, on commençait à soupçonner \u2014 mais tout bas, il n'était pas très bien vu d'en rire \u2014 d'avoir été sérieusement ravalé.Puis l'esprit critique, ou le principe de réalité, revint petit à petit et les têtes se mirent à tomber, les plus politiques d'entre elles, d'abord, puis les autres, que l'on examine aujourd'hui sous un autre angle : ce sont les méthodes mêmes des penseurs « globaux » que l'on remet en question.Après le grand coup donné par Alan Sokal et Jean Bricmont qui, dans Impostures intellectuelles ( Odile Jacob, 1997 ), intentaient des procès, sous inculpation de charlatanisme scientifique, à une phalange de penseurs français ( Lacan, Bau-drillard, Deleuze, Kristeva, Debray, Serres et d'autres ), une autre Affaire \u2014 elle vaut bien une majuscule\u2014 éclate maintenant sur la Rive gauche.C'est cette fois sous des accusations de terrorisme intellectuel et d'abus de langage que comparaît le pape français de la sociologie, Pierre Bourdieu.Agissant en poursuite dans cette cause, Jeannine Verdès-Leroux, directrice de recherche au CNRS, qui dépose Le Savant et la politique ( Grasset, 1998 ).Et comme un malheur n'arrive jamais seul, Bour- Pierre Bourdieu dieu profite de l'occasion pour lancer La Domination masculine ( Le Seuil, 1998 ), court essai que l'on croirait fait exprès pour verser au dossier une quantité accablante de pièces à conviction.On connaît les lignes de force du discours que Pierre Bourdieu a élaboré depuis trente ans dans plus d'une trentaine de publications \u2014 dans quelque chose comme 10 000 pages, ce qui en a fait l'un des trois penseurs français les plus souvent cités ! En simplifiant à l'extrême : la totalité du réel est explicable par un faisceau de relations dominant s-domines, lesquel- les se perpétuent grâce à un ensemble de « violences symboliques » relevant du domaine de l'insconscient social.Ces violences forgent une interprétation de la so-ciété allant, même chez les dominés, dans le sens de la conservation de l'ordre établi.Face à cela, le devoir du sociologue, qui est avant tout un homme de science, est, malgré cette distance supposée, de donner des armes aux dominés.Dans La Domination masculine, le sociologue applique imperturbablement sa grille d'analyse aux relations hommes-femmes, parvenant très exactement aux mêmes conclusions \u2014 mais coulées dans un mo- nument conceptuel orné de luxuriantes frises lexicales\u2014 que des bataillons d'auteur( e )s féministes depuis un demi-siècle.Or, voilà précisément ce que Verdès-Leroux dit de Bourdieu : l'homme ne cesse d'enfoncer des portes ouvertes, ce qui ne l'empêche pas, chaque fois, de lourdement insister sur le courage qu'il lui a fallu pour sortir des sentiers battus et la difficulté qu'il a éprouvée à affronter l'ordre établi l Pour ne pas la faire mentir, Bourdieu débute La Domination masculine par ces mots : « Je ne me serais sans doute pas affronté à un sujet aussi difficile si je n'y avais été entraîné par toute la logique de ma recherche » ! Cela serait somme toute assez trivial si la totalité de ce que l'au-teure appelle le « commerce bour-dieusien » ne reposait sur « une vue fantasmatique du monde », lequel devient sous la plume du sociologue « un monde de luttes inexorables, inexpiables, permanentes, éternelles, sans aucun répit, sans issue.un monde d'airain, rempli de ressentiments, vivant à chaque instant des rapports de violence ( symbolique > entre des dominants abominables et des dominés, écrasés, humiliés, honteux qui sont définis par la dépossession ».Cette vision cauchemardesque ne se retrouve pas que chez Pierre Bourdieu, bien entendu, mais celui-ci se signale par l'ardeur qu'il met à présenter son système comme la pensée unique \u2014 c'est ce qu'il fait encore et toujours dans La Domination masculine\u2014 et par son insistance à fonder son interprétation du monde sur une stricte démarche scientifique : sa sociologie est une science exacte, affirme-t-il, qui ne saurait souffrir l'attaque de la simple opinion.Cela ouvre toutefois la porte à un examen de la méthode, comme Sokal et Bricmont l'ont fait pour d'autres, et ce dont Verdès-Leroux ne se prive pas.Analysant par exemple l'un de ses textes.Un jeu de société, fondé sur un sondage dont elle conteste le mode d'interprétation, l'auteure décrit : « Laxisme méthodologique, usage qui se veut scientifique d'un sondage sans prétention, curieuse lecture des statistiques, commentaires péremptoires sans fondement, et commentaires non moins péremptoires et non moins envahissants de thèmes sans intérêt.Sa sociologie, malgré toutes ses proclamations de scientificité, n'est qu'un discours idéologique ».Sur cette sorte de marécage intellectuel et tout en plaidant la nécessité qu'il y a à être entendu des « dominés » privés, hélas !, de « capital culturel », Bourdieu a élaboré un langage «< artificiel » et « épuisant », décrit encore Verdès-Leroux.Elle s'efforce de démontrer que cette ivresse des mots semble faite \u2014mais peut-être n'est-ce qu'un hasard ?\u2014 pour décourager toute lecture qui s'accomplirait hors des cercles bourdieusiens et, par conséquent, disqualifier à l'avance toute critique s'exerçant sur un autre terrain que le sien.De cette façon, on entre presque dans le domaine de la foi et on ne s'étonnera pas que, dans ses Mémoires ( Julliard, 1983 ), Raymond Aron ait qualifié Pierre Bourdieu de « chef de secte ».Aujourd'hui, Jeannine Verdès-Leroux le situe plus haut dans la hiérarchie mystique en concluant : « Ses ouvrages étalent une obsession, sans équivalent dans le champ universitaire, d'être Dieu.» ?LE SAVANT ET LA POLITIQUE Jeannine Verdès-Leroux Grasset, 248 pages LA DOMINATION MASCULINE Pierre Bourdieu Le Seuil, 142 pages Fitzgerald et la génération perdue Les magnifiques raccourcis des chemins de la condition humaine JACQUES FOLCHRIBAS collaboration spéciale On a tout dit de lui.Jaloux : « Il écrivait de la prose alimentaire ! Sa femme Zelda lui disait : La petite a besoin de chaussures, et il s'asseyait à sa table pour pondre une nouvelle qui lui serait achetée 4000 dollars.» Savantissime : « Que d'approximations de sentiment ! Souvent, cela ne tient pas debout, mon cher : je veux dire psychologiquement.» Justicier : « Des riches, toujours des histoires de riches ! Alors, pas de prolétaires en Amérique?C'est une honte.» Profond : « Ce sont des histoires de jeunes filles superficielles qui rêvent d'épouser un milliardaire.Voilà.» Commère : « Sa femme est devenue folle.Comme je vous le dis.Et ils étaient tous deux alcooliques.» Hemingway : « C'est le meilleur écrivain américain.Après moi, naturellement.» On pourrait ajouter le proverbe maure : « Plus le singe monte haut, plus il montre son derrière.» Donc, il s'appelait Francis Scott Fitzgerald.Né a Saint Paul, Minnesota.Ori- gine irlandaise.Devient aide de camp d'un général, ce qui lui permet d'écrire des romans, des contes, des nouvelles.Épouse Zelda, qui lui donne une fille.Zelda, qui fut aussi célèbre que lui et sombra, comme lui, dans l'alcoolisme.Dernier poème à Zelda, internée : « Tout est tari, et maintenent je suis comme toi.» Les fameuses nouvelles de Fitzgerald ! Au nombre de 164 ( compris celles écrites par Zelda, corrigées par lui, et signées de leurs deux noms ).De la littérature commerciale, et alimentaire?Certes, voui, voui, causez toujours, les critiques.Mais, dites-moi, comment peut-on écrire sans être dedans, soi-même l'auteur ?Si vous avez la recette, dites-la moi, je commence tout de suite.Tout est dans tout, et inversement.Le choix des sujets, et des personnages, c'est le choix de Fitzgerald.De jeunes provinciales américaines, des bas bleus, celles qu'on appela des Baby Soxers, de la façon qu'elles habillaient leurs jambes.Et elles rêvent d'épouser un millionnaire, il y en avait beaucoup encore dans les universités et parmi la gentry de la côte est des États-Unis.Vouloir pénétrer dans un milieu doré, en se vendant, et quitte à Francis Scott Fitzgerald le détruire.C'est tout lui, cela.De jeunes fats qui voulaient s'amuser, sortir, danser, boire, et naturellement devenir célèbres.C'est lui.Cette société s'appelait la Belle Époque, et les Années Folles.Un monde emballé comme un moteur de Chrysler.C'est ce monde-là qu'il admirait ( hum, pas sûr, qui le fascinait ), auquel il voulait appartenir, tout en sachant qu'il n'y parviendrait jamais.Dès 1916, il travaille à un roman, The Romantic Egotist.Refusé.Il se tourne vers les nouvelles, il en écrit une dizaine.Refusées.Il tapisse sa chambre avec 22 lettres de refus.En 1920, il remanie son texte L'Envers du Paradis.Cette fois, accepté.Enfin.Il s'achète un complet neuf.En 1925, c'est Gatsby le magnifique, puis Tendre est la nuit.Deux chefs-d'œuvre, dans lesquels comme par hasard, on trouve des passages entiers de ses nouvelles refusées.Tendre est la nuit, c'est l'histoire de Zelda, devenue folle, et du malheur de voir sombrer l'inconscient d'une femme qu'on aime à la folie.Cela aussi, c'est le choix de Fitzgerald^ qui écrivit : « J'ai besoin d'un choc émotionnel pour commencer à écrire.» Cette génération perdue des années 20 et 30, il en a fait partie, en Amérique et en France, il en a été le plus spectaculaire des acteurs.Je me demande même, avec d'autres.s'il n'en a pas inventé le nom, tant elle lui ressemble.Et tout finira à la Crise de 1929, et à la guerre de 1940.Effondrement d'un monde, et mort de Fitzgerald en Californie, où il essayait de travailler pour le cinéma.Sans conviction.Comme son ami Faulkner \u2014 mais de quel écrivain de cette génération ne fut-il pas l'ami, même détesté ?Ce livre rassemble 64 nouvelles, certaines inédites, traduites et présentées par Jacques Tournier et Nicole Tisserand.Il se termine, si l'on peut dire, avec Tendre est la nuit.Je crois bien que c'est le meilleur «< rassemblement » de l'oeuvre, bien qu'il y manque ce que l'on pourra trouver chez d'autres éditeurs qui ne cessent depuis 1920 de publier Fitzgerald ( Gallimard, Folio, Grasset, Le Livre de poche, Laf-font, Belfond ).L'élégance et la grâce.Les chemins de la condition humaine, et américaine, prennent parfois de magnifiques raccourcis.?FRAGMENTS DE PARADIS, LOVE BOAT et 63 autres nouvelles Francis Scott Fitzgerald Omnibus, 1410 pages Critique radicale de la religion t m \" ***** À quoi imputer le fanatisme religieux ?À un simple excès de foi ?Professeur de cinéma au collège Ahunstic, Yves Lever croit plutôt que c'est la religion elle-même qui est coupable.Car elle prend prise sur notre ignorance, et non sur notre responsabilité.Des lors, ne serait-il pas souhaitable que la religion disparaisse ?Ancien jésuite.Lever l'espère.La science s'est jadis émancipée du joug de Dieu ; que l'éthique en fasse de même, maintenant.Lever nous invite ainsi à définir une nouvelle morale qui jaillisse du dynamisme même de l'être humain, et non de Dieu.Non seulement cette invitation a déjà été lancée, mais celte critique de la religion est radicale.Ne ser.ni-il pas mieux de reconnaître que la religion fait resurgir le pire mais aussi le meilleur en l'homme ?Stéphane Potvin ?CRITIQUE DE LA DÉRAISON RELIGIEUSE Yves Lever Liber, 225 pages Taylor et la modernité Charles Taylor est un des rares philosophes canadiens à jouir d'une réputation internationale.Ses ouvrages sont largement commentés, notamment dans le prestigieux Magazine Littéraire de Paris.Et le Centre culturel international de Cerisy-la-Salle, qui a pris la relève des célèbres décades de l'abbaye de Pontigny, haut lieu des débats intellectuels en France, lui a consacré un colloque.Ce sont les actes de celui-ci que les Presses de l'Université Laval viennent de publier dans un ouvrage placé sous la direction de Guy Lafo-rest et Philippe de Lara.Un ouvrage qui ne manque pas d'intérêt mais trop aride pour la majorité.Certains des textes, avec des paragraphes de 60 lignes, sont tellement pointus, que rares sont ceux qui les liront jusqu'au bout.Pierre Vennat ?CHARLES TAYLOR ET L'INTERPRÉTATION DE L'IDENTITÉ MODERNE Sous la direction de Guy Laforesi et Philippe de Lara Presses de l'Université Laval, 372 pages La Floride comme médecine Wilkie Walker est un vieux prof à la retraite, naturaliste et un peu écrivain, rugueux, fatigué.Il file un mauvais coton dans les brumes de la Nouvelle Angleterre.Ces gens-là ont souvent près d'eux une Madame esclave, aux petits soins du grand homme célèbre.C'est Jenny, sa femme, un ange toujours prêt à chercher des solutions.L'ange propose un été en Floride, à Key West.Le grand homme accepte, il se dit qu'un suicide par noyade, ce serait bien.Wilkie, le dépressif, dans une propriété de rêve et Jenny, toute pimpante, qui s'ennuie très vite.On s'amuse beaucoup dans ce livre d'Alison Lu-rie, qui écrivit neuf romans puis se tut durant dix ans.On la regrettait, pour son ironie, son charme, sa pugnacité.En fait, il y a un mot pour la littérature d'Alison Lurie : c'est charmant.Sans aucune mièvrerie.Jacques Folch-Ribas UN ÉTÉ À KEY WEST Alison Lurie Rivages, 276 pages Le Dr Virag et le Viagra Depuis son apparition sur le marché, les médias présentent une image magnifiée du Viagra.Pour Ronald Virag, spécialiste des dys-fonctions sexuelles, cette image dissimule le fait que la pilule n'est pas une vitamine mais un médicament ( le sildéna-fll ).Mettant son savoir au profit du lecteur, Virag répond, dans ce livre écrit à la hâte, à certaines questions relatives à « la pilule du plaisir » ( A qui s'adresse-1-elle ?Comment doit-on l'utiliser ?).Toutefois, il en laisse plusieurs autres en suspens.Le sildénafil peut-il guérir les impuissants ?Est-il sans risque cardiaque ?Selon Virag, l'état actuel des connaissances ne permet pas d'y répondre.Mais alors, pourquoi publier ce livre maintenant ?Serait-ce pour profiter du battage médiatique dont fait l'objet le Viagra ?Stéphane Potvin LA PILULE DE L'ÉRECTION ET VOTRE SEXUALITÉ : MYTHES ET RÉALITÉS Ronald Virag Albin Michel, 184 pages I LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 27 SEPTEMBRE 1998 disqueis) Les deux font la paire JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE collaboration spéciale \u20224 ' Il y a de l'agitation dans les bureaux des disques Star.À quelques Jours de la première du show de « Patrick et Renée Country * qui débute mercredi au Casino, l'ambiance est fébrile.Coiffé de son chapeau Musimax, le chanteur / batteur Bourbon Gauthier vient de terminer son interview avec les deux stars du country québécois.Il rigole un bon coup avec Patrick Norman dans le couloir, pendant que Renée Martel invite l'auteur de ces lignes à prendre place dans la salle de réunion, pas trop loin du mur tapissé de disques d'or.La rencontre a quelque chose de convivial.Les deux chanteurs picossent dans une grappe de raisin en évoquant leur traitée de vieux souvenirs.On croirait presque entendre un vieux couple, mesurant à haute voix le chemin parcouru, se rappelant la première rencontre, les gens croisés sur la route, les anecdotes.« On a-tu déjà sorti ensemble.Renée ?» lance Patrick en fronçant joyeusement les sourcils.« Y'a eu un temps où les gens se le demandaient.» répond-elle en esquissant un clin d'oeil.Il y avait un bon moment que l'un et l'autre n'avaient pas travaillé ensemble.Cette série de spectacles mise sur pied par André DiCesare serait même le premier concert officiel jamais donné par les deux artistes, qui ont pourtant un historique commun plutôt chargé.Certains se souviennent peut-être de l'émission Patrick et Renée à TVA.C'était en 1978 et des poussières.Ce « programme » de country-variétés qui succédait au Ranch à Wil-lie aura vécu deux belles années, avant d'être retiré de l'horaire.« Ça a été un deuil », souligne Patrick.Un deuil pour les amateurs de country itou, qui ont dû attendre l'émission Country Centre-Ville ( animée par Renée de 1993 à 1995 à la SRC ) pour les revoir se croiser à l'occasion.C'est dire que les prochains concerts au Casino auront cette petite saveur de rendez-vous.Entre le public et les deux chanteurs, puis entre les deux chanteurs eux-mêmes, qui comptent sur une complicité et une affection réciproques jamais démentie.« Quand on chante ensemble, il y a comme une chimie qui s'installe », souligne Patrick Norman.On déduira que leur collaboration n'a rien, mais alors rien du tout d'un mariage d'intérêt.Les carrières solo de l'un et l'autre roulent à plein régime ( cela malgré le snobisme tenace des radios montréalaises ) que PHOTO ANDRÉ FORGET, Le Ptbsm Parallèlement au spectacle qui les réunit sur la scène du Casino de Montréal, Patrick Norman et Renée Martel ont enregistré dans les studios d'André DiCesare un disque qui lui fait directement écho.Wynette, Hank Williams, Patsy Cline et Marty Robbins pourraient rôder dans les coulisses du Casino, sans compter « la bonne bande » de cinq musiciens et deux choristes qui accompagnera le tandem sur scène.L'idée d'une tournée en province est loin d'être exclue, ajoutent-ils.Mais « on va partir le moulin et on verra après.Pour l'instant, on est sur le bateau pis on a du fun en maudit ».« C'était le moment idéal, conclut Renée Martel.Patrick et moi on s'en va dans la même direction.On sait ce qu'on veut et ce qu'on ne veut plus faire.On ne recherche que l'authenticité.C'est un peu ça la maturité.On a fait un grand bout de chemin chacun de notre bord, dans nos vies et dans nos carrières.On a une vision inspirée de notre vécu.Aujourd'hui on se retrouve, tous les deux on est le même être humain sur la scène que dans la vie.On est ce qu'on chante et on chante ce qu'on est.C'est un tout.» ce soit sur scène ou sur disque.Elle pour le magnifique album Country lancé il y a sept mois, lui pour le jubilant CD des Fabuleux Élégants sorti cet été, sont d'ailleurs en nomination pour la meilleure galette country au prochain gala de l'ADISQ.Patrick et René, le disque Le tandem vient également d'enregistrer l'album Patrick et Renée Country qui fait directement écho au spectacle du Casino.Enregistré en quelques jours et sorti pas plus tard que la semaine dernière à grands renfort de pub télé, ce « Grands Succès » commun servira de carte postale au concert, comme un souvenir à ramener du voyage pour le revivre à la maison.Mille après mille, Lady, C'est mon histoire.Nous, Quand le soleil dit bonjour aux montagnes, Vivre, Lucille, Stewball : le spectacle du Casino promet le disque au complet ( soit 14 titres ) et beaucoup plus encore.« Des surprises, du glamour, du plaisir, les gens vont être complices », avance Patrick Norman en se pinçant les lèvres pour ne pas trop en dire.Il paraît même que les fantômes de Tammy PATRICK ET RENÉE COUNTRY, au Cabaret du Casino de Montréal du 30 septembre au 4 octobre, à 20h.Électronica ?**l/2 COME FROM HEAVEN ( 1998 ) et PEPPER ( 1997 ) Alpha, Me 1 an ko lie Pour apprivoiser le tandem Alpha ( Corin Dingley et Andy Jenks ) et conclure à une inspiration céleste ( Corne From Heaven.), il faut d'abord écouter l'album Pepper.Paru en 1997 et lancé récemment en exemplaire domestique par Virgin Canada, ce disque tonifiant puise dans le drum'n'bass, le hip hop et des musiques de films triées sur le volet.La démarche se poursuit avec Corne From Heaven, un disque plus aérien par lequel le duo a imaginé de véritables chansons aux côtés d'invités spéciaux ( Wendy Stubbs, Helen White, Martin Barnard, etc.).L'esprit y est plus classique, les références sont directement empruntées à des compositeurs issus d'une autre époque : Percy Faith, Francis Lai, Michel Legrand, George Gershwin.Ces deux disques représentent une importante contribution à la pop électronique.\u2014 Alain Brunei I SING THE BODY ELECTRO Kurtis Mantronik.OMW/Fusion m Grosse pointure, méga-rythmes.Dès le milieu des années 80, Kurtis Mantronik préfigurait le style Big Beat ( Chemical Brothers, Propellerheads ) avec ses pièces hip hop gavées de beats funky furieux.Douze ans plus tard, cet homme-machine ( man-tronik ?) a le doigt toujours aussi pesant sur la boîte à rythme et, attachez vos ceintures, ça y va aux toasts ! Dansant ?Parfois à en perdre la tête ( King ofthe Beat, Baby You Blow my Mind ) parfois plus un peu moins, vu côté expérimental de certains morceaux ( Original Electro ).Dans tous les cas, le mélange éléetro-hip hop-rock-drum'n'bass de ce New-Yorkais d'origine jamaïcaine reste accessible, et incluerait même deux pièces rap parfaitement commercialisa-bles ( Mad, Cow Bites Man ).« King of the beat » de la semaine.\u2014 Jean-Christophe Laurence THE BEAT ASSASSINATED DJ Cam, Columbia Parmi la pléthore de créateurs électroniques français ( Laurent Garnier, Dimitri, Air, Daft Punk, etc.), Laurent Daumail alias DJ Cam est de loin mon préféré.DJ Kicks, son album paru l'an dernier en importation ( !K7/ Fusion III ), m'avait mis sur le cul.L'esprit hip hop y dominait largement, mais on y sentait aussi une touche européenne différente de l'approche des as dj's afro-américains tels Funkmasterflex, Premier, Shadow ou Q-Bert.Son plus récent disque, The Beat Assasrinatod, met en relief un solide baratin rythmique articulé par différentes familles rap ( Renegade, Channel Five, etc.).Ce projet fait étal d'un scratching vigoureux et rigoureux, de références musicales fort judicieuses, mais.où est le fil conducteur?Un disque intéressant, quoi que échevelé.\u2014 Alain Brunei Machines symphoniques ALAIN BRU NET Craig Armstrong évolue dans le giron de Massive Attack ; 3D, Daddy G et Mushroom participent à certaines ses oeuvres, sans compter le célèbre producteur Nellee Hooper \u2014qui fut jadis du Wild Bunch, tribu fondatrice de tous ces groupes et artistes ftom Bristol.The Space Between Us, l'album dont il est ici question, a été lancé sur le label Melankolic, propriété de Massive Attack.La particularité du travail de Craig Armstrong réside dans l'utilisation des technologies numériques dans l'élaboration d'oeuvres carrément symphoniques.Ses travaux s'inscrivent dans la tradition des grandes musiques de films , généralement créées par des compositeurs néo-classiques ouverts au modernisme \u2014 notre homme, d'ailleurs, crée pour le cinéma ; cet album comprend la pièce écrite pour la scène du balcon du film Romeo and Julict.Cet artiste inspiré s'applique donc à construire d'ambitieuses fresques orchestrales à partir de musiciens en chair et en os.et de machines.La mélodie n'y est jamais négligée, l'harmonie y est généralement ( trop ) conforme aux règles classiques pré-contemporai- 1 nés, la dimension rythmique, y est relativement mince si on l'inscrit dans l'actuelle mouvance électronique.Mais la fusion de toutes ces caractéristiques m'apparaît on ne peut plus séduisante.Pour Armstrong, en fait, un compositeur contemporain ne se limite à AUCUNE lutherie : l'orchestre qu'il dirige lui-même et les machines qu'il pitonne y font bon ménage.Pour Craig Armstrong, un compositeur contemporain n'exclut AUCUNE tradition ou tendance, y compris la club culture et la forme chanson \u2014Elisabeth Fraser, ex-Cocteau Twin, y fut d'ailleurs convoquée pour interpréter This Love, sans compter le toujours renversant Paul Buchanan du groupe The Blue Nile.Nous n'assistons peut-être pas à l'émergence d'un compositeur important si on situe Craig Armstrong dans le monde de la recherche fondamentale en musique contemporaine de souche européenne.Mais la déconstipation dont il fait preuve, sa proximité avec nombre d'artistes cruciaux de la nouvelle musique électronique au Royaume-Uni font de lui un compositeur-clé.L'homme dans l'ombre d'IAM JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE collaboration spéciale La pyramide IAM semble décidément très vaste.Outre trois albums collectifs importants ( dont le plus récent, L'École du Micro d'Argent, s'est écoulé à 850 000 exemplaires en France et 40 000 au Québec ) le groupe-phare du mouvement rap français génère des albums solos à un rythme constant, laissant supposer l'intarissable inspiration de ses membres.Après Akhénaton, DJ Khéops et Shurik'n ( voir notre article en une de ce cahier ), trois pharaons de la verve hip-hop, voici qu'on découvre les trésors instrumentaux du discret et non moins intrigant Imhotep .Architecte et explorateur du son, « l'homme dans l'ombre de IAM » propose un voyage musical à influences multiples difficilement classable.Post rock?world trip hop?Ambiant?Ethno-groove?Toutes ces réponses et un peu plus encore.Si l'ossature du disque reste foncièrement rap ( abondance de rythmes groovy et chaloupés ), le musicien pousse cependant le genre un peu plus loin.L'absence de l'usuel « flow » de paroles y est pour quelque chose.À ce chapitre, ceux et celles qui en ont marre d'entendre des rappeurs verbeux débiter leur message sur un ton monocorde, trouveront ici de quoi se réconcilier avec le genre.L'apport des diverses tendances musicales rajoute également à l'effet de dépaysement.Sur ce Blue Print parfumé d'effluves orientalisantés, Imhotep superpose des éléments de reggae, de trip hop, de dub et des rumeurs de vie marocaine ( bruits de marchés, conversations de cafés, musiques gnawa et jajouka enregistrés sur le terrain par le musicien lui-même ) qui servent d'interlude « anthropologique » aux morceaux proprement dits.Cette vision musicale cosmopolite pourrait rejoindre celle d'une certaine scène de « world groove » londonienne ( Talvin Singh, Transglobal Underground, Cor-nershop, etc ).Sans effort apparent, Imhotep cimente les cultures an ces traies et modernes, efface les contrastes entre les époques et les continents pour créer un métissage assez réussi en son genre et résolument actuel.Les rythmes auraient peut-être gagné à être plus variés.Mais il ne faut pas oublier qu'Imho-tep est issu du rap et non du drum'n'bass.Prenons-le donc pour ce qu'il est: un musicien ouvert sur le monde qui a su se dégager des standards hip-hop traditionnels pour s'inventer un monde rien qu'à lui.THE SPACE BETWEEN US Craig Armstrong, Melankolic / Virgin BLUE PRINT Imhotep, Virgin / Delabel Hip Hop *?*?THE MISEDUCATION OF LAURYN HILX Lauryn Hill, Ruffhouse / Columbia / Sony Grâce à ses explosions vocales au sein des Fugees, la chanteuse-rappeuse Lauryn Hill est devenue une des grandes de la nation hip-hop américaine.Pas étonnant, donc, de la voir en solo, sur son propre chemin, bien décidée à défricher quelques arpents à sa façon.D'emblée, c'est sa voix qui frappe.Une voix chaude, puissante, qui lui permet de passer du rap au soul au reggae sans jamais perdre en efficacité.Elle groove, dame Hill.Appuyée par quelques amis ( notons Carlos Santana, dont la guitare magique enrobe l'incroyable To lion de belle façon ), Hill prouve ici que les Fugees lui doivent beaucoup.Malheureusement, elle étire la sauce : 77 minutes de musique, c'est un peu long.Mais le résultat n'en demeure pas moins fort agréable.\u2014 Richard Labbé *?CAN-I-BUS Canibus, Universal Dans l'arène du rap de rue, un autre aspirant : Canibus, protégé du grand Wyclef et spécialiste des uppercuts percutants.Un peu crâneur, le rapper américain crache son venin sur tout ce qui bouge et n'hésite pas à enchaîner les mots pour projeter l'ennemi au plancher.Pas mauvais, le jeune Canibus, mais cette approche quelque peu éculée ne lui permet pas de sortir du troupeau.Notons toutefois le titre rock-rap Rip Rock en fin de CD, un titre intéressant qui laisse croire que Canibus pourrait se démarquer un de ces jours.\u2014 Richard Labbé *?OPÉRA PUCC1NO Oxmo Puce i no, Delabel / Virgin Encore une fois, un rapper qui ne comprend pas le principe du « less is more ».Avec des pièces énergiques comme Visions de vie.Hitman et Peur Noire en début de compact, le rapper français Oxmo Puccino décolle sur les chapeaux de roue.Mais plus on avance et plus l'écoute devient pénible.Même 24 heures à \\i\\re \u2014 titre qui réunit les puissants Akhénaton, Freeman, Le Rat Lu-ciano et Pit Baccardi \u2014 a ce terrible goût du travail bâclé, rien que pour attirer les fans et faire un coup d'argent.Après cinq ou six pièces, on réalise que rien ne peut sauver ce CD prévisible, oeuvre d'un rapper peu inspiré.C'était pourtant bien parti.\u2014 Richard Labbé B8 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 27 SEPTEMBRE 1998 disques; Les altitudes de Polly Jean Harvey MÊÊÊÈ I Rock PSYCHO-CIRCUS Kiss, Mercury / Polygram Quelque 18 ans après le flop de l'album Unmasked, les quatre membres originaux de Kiss sont enfin réunis, maquillage, costumes et bottes plates-formes bien en évidence.Oui, cette réunion sent le fric à des milles, mais il faut reconnaître une chose : avec Psycho-Circus, Kiss donne aux fidèles ce qu'ils voulaient depuis une mèche, c'est-à-dire un album rock bourré d'hymnes à chanter le poing en l'air.Original ?Du tout.Efficace ?Plutôt.Paul Stanley est bien en voix, Space Ace étonne et la machine est diablement bien huilée malgré la réalisation aseptisée de Bruce Fairbairn.Est-ce le retour de la Kissmania ?Sans doute.Et l'on reverra sous peu des dizaines de petits Gene Simmons à nos portes le soir de l'hallo-ween.\u2014 Richard Labbé ?DADA Dada,.Universal Cela ne fait aucun doute : le groupe californien Dada vient de pondre son plus grand album en huit ans de carrière.Dada est une véritable leçon dans l'art de la création pop-rock.On pourrait bien tenter de souligner les meilleurs titres de l'album, les meilleurs moments, mais il s'agirait-là d'une tâche impossible : tous les titres sont d'impeccables joyaux qui coulent des haut-parleurs avec élégance.Des refrains majestueux aux cordes symphoniques, des guitares magnifiques aux harmonies vocales sans failles, le monde de Dada regorge de ces instants qui nous rappellent que la vie mérite d'être vécue.Splendide, tout simplement.\u2014 Richard Labbé En vrac BEST OF LARA Catherine Lara La si belle musique / Musicor ¦ Le meilleur de la rockeuse de diamant, dominé par la période 1980-1990.La moitié des chansons portent la griffe Plamon-don.\u2014 J.-C.L.GREATEST HITS Hcart.Epie / Sony ¦ Flash-back à la fin des années 70 et au début des années 80, époque où la corpulente Ann Wilson, chanteuse de Heart, pouvait encore entrer à l'intérieur d'une voiture.\u2014 R.L.SUSHI 4004 Différents artistes ¦ Compilation d'artistes club pop et techno japonais.Inégal mais sourire garanti.\u2014 J.-C.L.THINK TANK Henry Rollins Dreamworks / Universal ¦ Le punk-rocker Henry Rollins et ses monologues en spectacle.Bien des gros mots, bien des histoires.et beaucoup de plaisir.\u2014 R.L.RESPECT Shaquille O'neal Twism /A&M ¦ Shaq le basketteur se transforme en rapper.Une seule question : pourquoi ?\u2014 R.L.CHAGRIN D'OBUS Obscur, Star / Select ¦ Hard FM meilleur avant.Cinq étoiles pour le titre.\u2014 J.-C.L.THE ART OF DARKNESS Différents artistes Universal ¦ Tour d'horizon du monde gothique-industriel avec Sisters Of Mercy, Skinny Puppy et Mari-lyn Manson, entre autres.Un conseil : cachez les enfants et verrouillez les portes.\u2014 R.L.ALAIN BRUNET Est-il possible de créer un autre album de la trempe de To Bring You My Love, le plus grand disque de rock au féminin imaginé en cette fin de siècle ?Susciter le même ravissement ?Exercer la même fascination ?Difficile de répondre par l'affirmative, mais affirmons haut et fort que Polly Jean Harvey ne s'est pas égarée depuis qu'elle a atteint ce sommet.Qu'en posant la question Is This Désire ?elle a trouvé de vraies réponses, et s'est maintenue dans les mêmes altitudes.Que les chansons A Perfect Day Elise, The Wind ou The Garden peuvent être d'ores et déjà considérées comme des joyaux de culture rock.Is This Désire ?, qui sera en vente mardi, n'est pas facile d'accès.Weird, insolite, ce disque exige une écoute attentive.Pas vrai- Rock ment ce qu'on appelle du divertissement.Is This Désire ?retourne aux sources ( chaudes ) du désir, aborde des thématiques lourdes, construites sur des scénarios légers.Une pute y fabule, un homme y fait une rencontre déstabilisante au milieu d'un jardin, deux êtres se draguent au crépuscule.On perd pied, les entrailles se déchirent, on se repent des péchés commis, on se confesse devant l'Éternel, on souhaite la rédemption.And he was walking in the night I And he was singing a sad love song I And he was praying for his life.Et une fille a fini par se pointer dans le jardin, and there was trouble taking place.Dans le canal météo de miss PJ, la brume et la bruine sont omniprésentes, elles peuvent faire place.au tonnerre et au déluge.Et Chansons lorsque le soleil se montre le museau, il inflige des blessures à l'épidémie.De concert avec Harvey, Flood et Head ont coréalisé Is This Désire ?John Parrish ( dont Polly Jean a signé les textes de Dance Hall at Louse Point ), Eric Drew Feldman ( Pixies, Captain Beefheart ), Joe Gore ( Tom Waits ), Mick Harvey ( The Bad Seeds ) et Rob Ellis ( membre du trio originel ) ont participé à cet enregistrement.Les arrangements ( cordes, vibraphone, trompettes, machines ) et trouvailles de studio ( filtres vocaux, crépitements, effets de saturation.) se découvrent progressivement, au fil des écoutes.Le synthétique et l'analogique créent un alliage parfait.Voilà qui fait avancer la cause du rock.Et Dieu sait qu'il en a besoin.**?* IS THIS DESIRE ?P.J.Harvey, Island / PolyGram Daniel Seff lance son premier album made in Québec JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE collaboration spéciale Il a fallu que le Français Daniel Seff s'installe au Québec pour vivre son premier lancement d'album.Il faut dire qu'en France, l'incontournable rituel de la sortie de disque n'est pas chose courante comme ici.À chaque showbiz ses habitudes.Lui semble avoir assimilé les nôtres assez facilement.Mardi soir au Whisky Café, on le sentait comme un poisson dans l'eau ( de vie ?), entre deux poignées de main et le brouhaha des mondanités.\\ On dit bien son premier « lancement » et non son premier disque.Aussi nouveau soit-il à Montréal ( il y est depuis 18 mois ), l'auteur-compositeur de 48 ans a déjà une discrète mais longue carrière derrière lui.Mes jours d'ailleurs ( Musiart / Gam ) est le sixième album en 18 ans ans pour Daniel Seff.Si on calcule bien, ça fait un disque tous les trois ans.C'est peu, mais c'est oublier que ce Toulousain et grand copain de Cabrel a passé plus de temps à écrire pour les autres qu'à écrire pour lui.Dans les années 70, il a pondu des « tubes » pour Mike Brant et Gérard Lenorman, entre autres.Plus récemment, il a participé à deux albums de la chanteuse Axelle Red, en plus d'écrire pour Lara Fabian ( Ici, Allelujah ) et le Corse Patrick Fiori, le Phoebus de PHOTO DENIS C0URVILLE, Mes jours d'ailleurs a beau être le sixième album en 18 ans ans de Daniel le Toulousain maintenant établi au Québec n'en vit pas moins ces jours-ci l'excitation d'un premier « vrai » lancement.La Presse Seff, Notre-Dame de Paris dont le premier album doit paraître sous peu.À l'aise dans l'ombre, Seff n'est pas pour autant mal à l'aise au soleil.Si l'interprète a toujours eu moins de succès que l'auteur-compositeur, il n'en demeure pas moins bien vivant et avec des choses à dire.D'où cette envie de se remettre à chanter, lui qui n'avait pas endisqué depuis quatre ans, depuis l'album Prévenez les anges paru sans en 1995.Après avoir parlé pour Axelle et Lara le temps était venu de se remettre à parler de lui.« Quand on écrit pour les autres, on se dédouble un peu, on épouse leur personnalité.Vient un moment où on a plaisir à faire des choses plus personnelles, de se dire c'est vraiment moi.Retrouver le besoin d'intimité avec soi-même.Et ça c'est quelque chose de récurrent chez moi.Comme un mal qui revient régulièrement et qui a besoin de fleurir.» La fleur a dix pétales, dix chansons dont les paroles ont été pour la plupart écrites en sol québécois.Pas un hasard s'il a choisi Loin d'ici (Mes jours d'ailleurs) comme emblème et premier extrait de son album, le texte résumant assez fidèlement les récents chambardements dans sa vie privée et professionnelle, comprendre son déménagement officiel au Québec.Seff, qui se dit en équilibre musical entre l'Europe et l'Amérique ( le disque se promène de chanson française en ballade bluesy, avec un détour du côté de la Louisiane ) n'aurait pu choisir meilleure terre d'accueil que Montréal.D'autant que le chanteur a connu un certain succès chez nous au milieu des années 80, avec l'album Vols de nuits.« J'arrivais à un âge où je pouvais choisir », explique-t-il lorsqu'on l'interroge sur ses « jours d'ici ».« Il y a eu une situation dans ma vie privée où il m'était possible de le faire.Je savais que c'était le moment ou jamais.Or Montréal est une ville où je ne me suis jamais senti étranger.Je n'ai rien contre la France, ma relation avec elle est même meilleure aujourd'hui.J'ai simplement eu besoin de mouvement, d'une nouvelle dynamique, d'un autre air, carrière ou non.» La sortie européenne du disque n'est pas prévue avant janvier 1999.D'ici là, Seff prévoit renouer avec les planches \u2014 « J'ai les articulations qui grincent », lance celui qui n'a pas donné de spectacle depuis 1995 \u2014et se payer le plaisir d'une tournée en région, avec une petite formation.Le reste est affaire « de bonne étoile », dit-il.Et nous d'évoquer cette phrase que lui avait un jour lancée Nou-garo : « La chanson n'est pas un métier, c'est une foi.» Seff : « L'important est de faire son chemin comme on le pense, avec honnêteté et sincérité, sans se soucier des modes, des cycles et du court terme.Au bout du compte, tu sais, la vérité s'établit toujours d'elle-même.» Classique Le Saint-Pétersbourg et le Prazak, représentants d'une grande tradition CLAUDE GINGRAS Nos deux principales sociétés de musique de chambre, le Ladies' Morning Musical Club et Pro Musica, présentent en début de saison deux jeunes quatuors à cordes étrangers que l'on connaît par le disque mais dont ce seront les premiers concerts ici.Aujourd'hui même, au LMMC, on entend le Saint-Pétersbourg, fondé en 1985, dans un programme comprenant notamment le neuvième Quatuor de Chostakovitch.D'une intégrale des 15 Quatuors du compositeur russe entreprise par le groupe, Sony n'a publié à ce jour que deux disques, la valeur de six quatuors.Le neuvième n'y est pas encore.Pour l'instant, c'est le concert qui permettra de connaître la conception pétersbourgeoise de cette oeuvre de plus de 25 minutes, en cinq mouvements joués sans interruption.Ce début d'intégrale nous révèle cependant un jeune ensemble qui, par sa maîtrise technique, sa densité sonore, sa concentration, se situe indiscutablement dans la lignée des plus grands quatuors russes.Les références sont pourtant de taille.Et nombreuses, à commencer par le Beethoven et le Borodine.Le Quatuor Beethoven d'URSS, qui exista de 1923 à 1975, l'année de la mort de Chostakovitch, créa tous ses quatuors, sauf le premier et le dernier ; il les enregistra tous également, et ces précieuses gravures ont été préservées en compact par la marque Consonance.Un autre quatuor russe, le Borodine, bien que n'ayant créé aucun Chostakovitch, les enregistra tous, et certains plus d'une fois, sous différentes marques ( Melodiya, EMI, Virgin, Russian Disc ).PU A A K i/VK I l l J.f-'t >*» /A \\ t < ./ A' Le Quatuor Prazak, de Prague, illustre le même phénomène du jeune ensemble abordant la musique de son pays et s'y révélant un digne continuateur de la grande tradition représentée par ses prestigieux aînés.Cette fois, le disque nous vaut une véritable avant-première puisque le Prazak vient d'enregistrer chez Praga les deux Quatuors de Janacek qu'il jouera le 26 octobre à Pro Musica.Ce concert prendra la forme d'un « événement paroles et musique » au cours duquel les comédie us Jean-Louis Roux, Andrée Lachapelle et Gérard Poirier liront de larges extraits des textes qui ont inspiré les deux oeuvres.Concernant le premier Quatuor, c'est le roman de Tolstoï La Sonate à Kreutzer, l'histoire d'une femme tuée par son mari, qu'elle trompait avec un violoniste.Dans le second cas, les lettres que le vieux Janacek adressa à une jeune temme dont il était amoureux, d'où le sous-titre Lettres intimes donné à l'oeuvre.Tous les grands quatuors tchèques ont confié au disque ces deux pages essentielles de leur répertoire national : le Janacek bien nommé, les Smetana, Talich, Vlach, Panocha et autres.Le Prazak, formé en 1978, est à tous égards d'une force égale.Très difficiles d'exécution, les deux oeuvres font alterner des interventions dramatiques de chacun des participants avec de longues séquences où les quatre instruments, se multipliant en sonorités rugueuses, étranges, semblent lutter les uns contre les autres.Dans le premier Quatuor, le Prazak rend bien le caractère insolent du violoniste de tournée, « séducteur cosmopolite » ( le mot est de Pierre-Emile Barbier ) qui tombe ses auditrices en leur jouant la Kreutzer de Beethoven ; plus tard, les musiciens décrivent avec la même vérité la course folle de la victime vers l'abîme.Autobiographique, mais tout aussi troublé, le deuxième Quatuor prend avec le Prazak un véritable ton de confidence.Le disque a l'avantage de contenir une troisième oeuvre de Janacek, la Sonate pour violon et piano, jouée par le premier-violon du Prazak et une pianiste invitée.Ce n'en est pas la version idéale, mais elle tient bien sa place entre les deux frénétiques Quatuors.JANACEK Quatuors a cordes no 1 ( Sonate à Kreutzer ) ( 1923 ) et no 2 ( Lettres intimes ) ( 1928 ).Quatuor Prazak ; Sonate pour violon et piano ( 1912-21 ) ; Vaclav Rcmcs, violoniste et Sachiko K.iy.ihnr.i, pianiste l'rafja, PRD 25
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