La presse, 21 mars 1999, B. Zap
[" Cahier B, Montréal, dimanche SI mars 1999 «Y i.V \u2022* ¦ i ¦ ¦ I.¦¦¦ livres jeux télévision Rnuvenîrs de IVIiss ! gatha Christie n'a pas seulement inventé des intrigues policières abracadabrantes pleines de stéréotypes.Elle a aussi manié l'ironie, la caricature, s'est ; autocritiquée et pastichée.C'est sous cet aspect qu'Huguette Bouchardcau aborde la romancière dans Agatha Christie.Présenté comme une biographie, ce livre en est une, certes, mais très sommaire.Agatha Christie mettant sa vie et ses préoccupations en scène dans ses écrits, voilà ce qui intéresse particulièrement la biographe, une agrégée de philosophie, ancienne ministre de l'Environnement en France.page B5 V .J .i S .'y \u2022 i V l La culture à la maison cw Le retour de Sierra Les amateurs de longue date des jeux informatiques connaissent le nom de Sierra, une firme qui a dominé longtemps le monde ludique, depuis les années 70, mais qui avait connu un certain déclin ces dernières années.André Mondoux nous signale cette semaine le retour sous les projecteurs de ce pionnier avec trois jeux promis au succès: King's Quest VIII, Caesar III et Half-Life.0~-¦ \".'jny'.- page B3 \"télévision ) Les gagnants de la\"loterie Pivot\" Les écrivains Gaétan Soucy, Dany Laferrière et Robert Lalonde sont les gagnants de ce que l'on pourrait appeler la \"loterie Pivot\", puisqu'ils sont les trois invités québécois de l'émission Bouillon de culture, de l'animateur Bernard Pivot, enregistrée hier pendant le Salon du livre de Paris.Suzanne Colpron a pris connaissance du contenu de cette émission.i page B2 cinéma maison On s'étrippe en public Ça se saute dessus à qui mieux mieux, ça tente de s'arracher les cheveux et les yeux, ça se déshabille en se faisant aller la cellulite, ça jure comme une armada de charretiers.«Ça», c'est un public hors de lui-même qui constitue l'auditoire régulier de l'animateur de shows américains Jerry Springer.«Plus vide que ça, j'sais pas.tu flirtes avec le trou noir», écrit \\_ _; Sonia Sarfatl, n^qui a vu certaines de ces émissions transférées sur cassettes et depuis peu chez votre aimable locateur vidéo.i page B3 des mil e x o s ion ALAIN BRUNET impact inattendu, l'an dernier, de Tfiè La Lhorona, premier album de Lhasa de Sela vendu à plus de Montréalaise originaire des Açores.Producteur d'André Gagnon, Patrick Norman (naguère Roch Voisine, Marie-Denise Pelletier 200 000 exemplaires au Canada et ou Martine Saint-Clair), André Di Cesare n'a en France, a mis la puce à l'oreille de plusieurs producteurs québécois.En moins de quelques semaines, plusieurs productions de musiques du monde ont été mises en marché par des labels québécois.De souche ouest-africaine, le disque de Lilison pas tout à fait l'habitude des musiques du monde.15 millions d'albums dont 1>5 wallon au Canada.Pendant plusieurs semaines, il a devancé les Amerloques sur les' palmarès.Un signe des temps.«La France a été très importante dans cette évolution des mentalités.Là-bas, on n'a jamais Mais «ça marche», justifie-t-il dans un élan de considéré le produit international de la même pragmatisme.façon que les Anglais ou les Américains.Les «Il existe tout un marché d'adultes qui en ont liens avec le monde arabe ou le monde africain assez du mainstream, qui ne consomment pas les y sont plus solides», souligne Natacha Atlas, Cordeiro (Bambatulu, étiquette Musicomptoir) a disques de Céline Dion, Roch Voisine ou récolté des critiques frisant le dithyrambe, BMG a mis ses billes sur la pop multilingue de Francesca, le label Lost Chart vient de lancer l'album Pensando En Ti de la chanteuse Chus, native de Barcelone, et voici Paixào de Fado chez les Disques Star, qui met en relief Sao, une Shania Twain.La musique classique et les musiques du monde sont ainsi devenues les musiques alternatives des \"vieux\"», soulève le propriétaire des Disques Star, non sans humour.«On n'a plus besoin de faire partie de l'élite pour voyager, ajoute-t-il.Les gens de la classe moyenne ne vont plus systématiquement en Floride, ils sé retrouvent partout dans le monde.Us peuvent aussi découvrir de nouveaux territoires par l'intermédiaire d'émissions spécialisées, ou encore en surfant surInternet.Forcément, ils finissent par avoir envie d'entendre les musiques qui correspondent aux pays explorés.» Pierre Rodrigue, président de l'ADISQ et manager de Lhasa de Sela (sans compter Bran Van 3000 et plusieurs autres), ne s'étonne pas de cette avalanche locale.«C'est le signe que tout\"le monde (producteurs, artistes et ateurs) est prêt.Les propriétaires de labels indépendants savaient le manque de diversité de notre showbiz, mais n'osaient pas plonger.Or le succès de Lhasa a été perçu comme un signal.» Voici enfin réunies les conditions favorables qui permettront à nos artistes world des réseaux souterrains et de mettre en valeur leur identité composite./ r Comme tant d'autres, Sao attendait son tour.«Je ne voulais pas copier le fado d'Amalia Rodriguez, il fallait une couleur d'ici», explique Sao.«Voilà pourquoi mon équipe et moi avons aussi fait les versions françaises des chansons portugaises.Je suis soucieuse de garder mes traditions, mais il me fallait rénover le fado en y ajoutant une section rythmique, des flûtes, etc.Après tout, je suis une personne à double identité: je ne peux pas nier mes racines et j'ai grandi sur le Plateau Mont-Royal.Prenez moi-comme je suis!» L'émergence des musiques du monde au Québec n'est pas unique.Sur les palmarès du monde entier, plusieurs artistes non anglophones maximum de cultures en que positif».en.^^tant Les Simpson Capitaine Star Worid's most Heroic firefighters Sportsdesk La vie à deux pas du rivage La Révolution du Viagra Jake & the Kid Dunk Street Copines d'abord Dcepwater Black 11 11 37 13 50 30 30 32 33 40 27 15 35 18 18 h 30» I Î9 h 00 19 h 30 20 h 00 20 h 30 21 h 00 21 h 30 22 h 00 22 h 30 23 h 00 23 h 30 CF VD CÂBLE: A & E = ARTS AND ENTERTAINMENT - CÂBLE 9 V.= CÂBLE 9 VIDEOTRON - CNN m NOUVELLES - DISC.- DtSCOVERY - MM ¦ MUCH MUSK?- MP « MUSIQUE PLUS - MMAX « MUS.MAX NW = NEWSWORLD - RDI = RESEAU DE L'INFORMATION RDS = RESEAU DES SPOFTT8 - TLC = THE LEARNNG CHANNEL - TSN = THE SPORT NETWORK - TV5 » TÉLJÉVISON INTERNATIONALF - YTV n YOUTH TV ( 1 t y LA i'KliSSI-, MONTRÉAL» DIMANCHE 21 MARS 1999 B 3 cinéma maison J Ça s'peut pas.Mais on va vous le montrer! SONIA SARFATl Emboîtant le pas à saint Thomas, l'adage dit ci ne, parfois, « il faut le voir pour le croire ».Une formule qui se prête à merveille au Jerry Sprin-ger Show.Il est en effet difficile, pour l'individu moyennement normal, de croire que les gens qui se pointent à cette émission et les situations dont ils font état, existent réellement.Enfin, qu'ils existent, passe encore.On finit ( presque ) par s'y faire.Mais qu'ils déambulent librement dans les rues des cités américaines.disons qu'il y a là un petit quelque chose d'inquiétant.En tout cas, si l'on se fie à ce qu'on voit pendant le talk-show en question.Et ce que l'on n'y voit pas \u2014 heureusement révélé ( alléluia ! ) dans Jerry Springer: The Ringmaster, une fiction qui nous entraîne dans les coulisses de ce zoo ; et dans Jerry Springer : trop sauté pour la télé, des extraits qui n'ont pu être diffusés pour leur caractère trop osé.Le tout, disponible en version québécoise.C'est sûrement ce qu'on appelle le progrès.Surtout dans le second cas, qui fait partie d'une série distribuée et mise en vente par Videoville Showtime, doublée par des amateurs ( de quoi ?).Les gars parviennent à émettre quelques grognements ( sur l'échelle de l'évolution, on atteint à peine le stade primate ) et les filles réussissent à glousser ( allez, viens poupoule, viens ! ) ou à hurler ( pas à la lune, elles ne sont pas à la veille de la décrocher.pour leur rôle ).Et ça se saute dessus à qui mieux mieux, ça tente de s'arracher les cheveux et les yeux, ça se déshabille en se faisant aller la cellulite, ça jure comme une armada de charretiers.Ce, par l'intermédiaire de courts extraits montés à la va-vite.Plus vide que ça, j'sais pas.tu flirtes avec le trou noir.Ou avec Jerry Springer.Non, non.Soyons honnête : le gars n'est sûrement pas bête.À preuve, l'opération Jerry Springer.The Ringmaster.Un long métrage qu'il a produit.Pour pouvoir y dire.non pas ses quatre vérités, il n'en a qu'une : les émissions de fiction nous entraînent aujourd'hui dans le lit et les travers des riches et célèbres ; The Jerry Springer Show fait la même chose, mais en donnant la parole au vrai monde.À vous et à moi.À vous et à MOI ?Brrr.Que de sagesse, non ?Et c'est en ce sens, plus dans les raclées que l'on s'administre et les sujets qu'abordent les personnages ( « J'ai couché avec mon beau-père » et autres « J'ai piqué le chum de ma meilleure amie » ) que la production est vicieuse.Elle présente l'animateur comme un être affable et charmant, toujours de bon conseil.Devant la caméra comme derrière.Dans ces coulisses que, sous des dehors documentaires \u2014 la pseudo émission présentée est à la hauteur (!) du véritable talk-show \u2014, on nous ouvre.Faisant ainsi la preuve que les Ions, c'est les autres.L'enfer aussi.Jerry Springer, lui, est en voie de béatification.Il ira dire bonjour à saint Thomas pour nous.i ?1/2 JERRY SPRINGER : THE RINGMASTER ( V.F.: SCANDALE EN DIRECT ) Comédie de Neil Abramson.Avec Jerry Springer, Jaime Prcssly, William McNa-mara.Sortie : 23 mars en VHS, 30 mars en DVD JERRY SPRINGER : TROP SAUTÉ POUR LA TÉLÉ i [traits lin Jerry Springer Show.VHS (H .» » 4 PLEASANTVILLE ( V.F.: BIENVENUE À PLEASANTVILLE ) Comédie fantaisiste de Gary Ross.Avec Tobey Maguire, Reese Wi-therspoon, Jeff Daniels, Joan Allen.Sortie: 23 mars (VHS et DVD) Dans ses scénarios précédents, Gary Ross avait mis un garçon dans le corps d'un homme ( Big ) et un excentrique dans la peau d'un président ( Dave ).Dans sa nouvelle oeuvre, il expédie deux ados des années 90 dans une série des années 50.Bienvenue à Pleasant-ville ! Au départ, David, qui délire sur l'émission, est ravi de ce qui lui arrive.Pas sa soeur Jennifer.Chacun reviendra sur sa position, tandis que leur présence fera changer les mentalités des habitants de cette ville close (!) et parfaite \u2014 le ciel y est bleu, les mamans s'occupent de leurs enfants ( tous, papas compris ).Quant aux lits à deux places, on n'a jamais vu cela en ces lieux où tout se conjugue en noir et blanc.Ouvrant ces êtres ternes aux sentiments, David et Jennifer mettront un peu de couleur à Pleasant-ville.Au figuré comme au propre \u2014 d'où les effets spéciaux, particulièrement réussis.Si récompense Pleasantvillc doit recevoir, elle se trouve là plus que dans le scénario qui, lui, manque de contrastes.?*?FIRELIGHT ( V.F.: LUEURS MAGIQUES ) brame de sentimental de William Nichol-son.Avee Sophie Mareeau, Steph Diliane Kevin Anderson, Lia Williams.Sortie : 23 mars ( VUS ) « Dans la lueur du feu, vous faites ce que vous voulez, vous dites ce que vous voulez », affirme Elisabeth, l'héroïne de Firelight qu'incarne Sophie Marceau.Toujours belle, la Sophie.Bien sûr, la moue est boudeuse et le regard, grave.Mais son visage s'éclaire par moments d'une fugace lueur magi- que.Cela appuyant bien le propos de ce drame sentimental.Marié à une femme dans le coma deux ans, un propriétaire terrien anglais du siècle dernier, « engage » une mère porteuse.Une jeune Suissesse qui, en échange d'une somme d'argent ( la dame s'en servira pour payer les dettes de son père ), lui donnera une fille.Qu'elle s'engagera à ne jamais revoir.Elle reviendra sur sa parole.Sept ans plus tard.Pour l'enfant.Mais aussi pour le père.Elle n'a pu oublier cet homme qui a partagé sa couche.Et qui la partagera encore.Un beau film, pour les amateurs de romance et de reconstitution d'époque.STRIKE ! ( V.F.: LES FILLES FONT LA LOI ) Comédie de Sarah Kcrnoehan.Ave*.Kirs ton Dnnst, Gaby Hoffmann, Lynn Redgrave.Monic.i Kivn.i.Sortie: 23 mars ( VHS ) Un peu comme les petites filles de Madeline qui ont tout mis en oeuvre pour sauver leur pensionnat, les adolescentes fréquentant la Miss Godard's Prep School for Girls vont s'unir pour empêcher le jumelage de leur école avec une institution accueillant, elle, des garçons.En ces années 60, elles sont au départ ravies par la nouvelle.Mais, en l'espace d'une soirée, elles vont se rendre compte de l'impact qu'aura cette union de lait sur leurs études.Ht sur leur avenir.Faisant preuve d'autant d'originalité que Màcaulay Culkin détendant sa maison dans Home Atone, mais possédant les forces ( et les faiblesses?) de l'adolescence* les filles de Strike ! vont vraiment (aire la loi.Rien ni personne ne pourra les arrêter.Une comédie adolescente qui arrachera peut-être même quelques sourires a ceu\\ qui ont vécu les poussées d'hormones et de boutons en ces années 60.MIGHTY JOE YOUNG ( V.F.: LE PUISSANT JOE YOUNG) Film familial de Ron t'nderwood.Avee Charli/e Thcrun.Bill Paxton, Rade Sher-bedgia.Peler Firth.Sortie : 23 mars ( VHS et DVD ) Une fillette et un bébé gorille deviennent orphelins le même jour, des braconniers ayant tué leurs mè-res respectives.Vingt ans plus tard, l'amitié ehtre la belle et la bête ne s'est pas démentie.Mais un danger planant sur la forêt tropicale où vit l'animal \u2014 devenu géant \u2014, son amie accepte de le transplanter dans une réserve de Los Angeles.Sauf que des méchants ont vent de l'affaire et tenteront de s'en emparer.Bref, l'histoire n'a pas un brin de crédibilité, l'intrigue se déroule selon un schéma hyper prévisible, les méchants sont d'une méchanceté totale, les gentils sont bons jusqu'à la dernière goutte, la belle est très belle et la bête est bien bien bonne.Pourtant, par ses effets spé-eiaux ( en particulier dans la scène finale, quand l'animal sauve un gamin coincé dans une grande roue en flammes ), Mighty Joe Young exerce un indéniable attrait sur les puces ( ! ) de salon.EN DVD APOLLO 13 de Ron Howard.Le film qui a remis dans les oreilles de tous l'historique « Houston, nous avons un problème ».12 MONKEYS de Terry Gilliam.Bruce VVillis en homme du futur qui revient à notre époque afin île s.m\\er l'avenir du genre humain.Un lilm de science-fiction complexe, qui va beaucoup plus loin que les poursuites en vaisseau spatial et la chasse aux extraterrestres.JESUS CHRIST SUPERSTAR de Norman Jewison.En cette période de l'année, peut-être pas le \u2022< Film de Pâques » traditionnel \u2014 comme Ben Hur ou /.es dix commande' mails On y chante en eltet autre i hose que la messe.\u2014Sonia Sarfati jeux) m Le retour de Sierra ANDRÉ M0ND0UX collaboration spéciale Si vous êtes un amateur de longue date des jeux informatiques, le nom de Sierra ne vous est certainement pas inconnu.Fondé à la fin des années 70, sous le nom de « On-Line System », par Ken Williams, la firme a retenu l'attention grâce à son jeu Mystery House, une aventure conçue par sa femme Roberta.Ce jeu marqua le début des aventures à interface graphique qui trouvèrent leur pleine mesure avec la série des King's Quest.Pendant une décennie, les Williams firent de Sierra un leader incontesté des jeux d'aventures, misant à chaque fois sur les plus récentes technologies.Ainsi, les produits Sierra furent parmi les premiers à soutenir les caries de son d'AdLib, de Rolland et de Creative Labs et dès qu'une nouvelle norme d'affichage graphique voyait le jour, les amateurs pouvaient être assurés que le prochain jeu de Sierra la mettrait à profit.En 1989, la firme comptait plus de 700 employés et avait un chiffre d'affaires de plus de 80 millions S.Après une vpériode d'acquisition ( dont Impression Software, Berkeley Systems et Coktel Vision ), la firme fut elle-même achetée par le géant mondial Cédant Software.Cependant, malgré bien des efforts, la firme n'a jamais su reconquérir sa position dominante.Le vent semble maintenant vouloir changer de direction.Au cours des six derniers mois, Sierra a lancé trois jeux qui ont aidé la firme à renouer avec le succès : King's Quest VIII, Caesar III et Half-Life.?1/2 King's Quest VIII Masque d'éternité, Windows La série des King's Quest a toujours eu un charme indéniable : un judicieux mélange d'aventure et d'action ponctué d'une pincée de jeu d'arcade.Le tout était enrobé d'une interface de style «bande dessinée» servant de trame à des histoires riches en rebondissements et où l'humour réussissait toujours à se faire une place.Mais le paysage des jeux a bien changé depuis les dernières années.Les jeux 3D à point de vue subjectif ( les héritiers de Quake ) ont littéralement pris le marché d'assaut avec de nouvelles technologies.Comment le doyen des jeux d'action/aventure allait-il riposter ?King's Quest V7//.Toujours conçus par Roberta Williams, le jeu met en vedette le chevalier Connor qui doit sauver le royaume de Daventry contre les forces du Mal.Pour ce faire, il devra affronter la brochette réglementaire de monstres et de sorciers afin de réunir les pièces d'un masque magique.Quittant les graphiques du genre «BD», KQ8 offre un environnement 3D sophistiqué, une interface de contrôle de jeu évoluée et la possibilité de jouer avec les angles de vue.Techniquement parlant, c'est un produit très impressionnant, mais.On ne retrouve malheureusement pas le charme des autres titres de KQ.Voulant être à la fois un jeu de tole ( RPG ), d'aventure et d'action, on ne peut dire que le jeu brille de façon exceptionnelle dans une de ces catégories.Et puis, il y aun prix a paver pour la technique : plus de 400 Mo d'espace disque et de longues et exaspérantes opérations de chargement de données avant de commencer le jeu.Cependant.KQ8 reste on produit de qualité qui saura oltrir un plai- sir certain.m t I \"' ruoi «si .r 'id Ifiq r r4 \" rL f i ni > 1/2 César III Windows, Macintosh ( cet été ) j ion » L'idée est certes séduisante : ju?mêler la construction d'une ville ( SimCity ) à la gestion d'un empire ( Civilization II ) dans un environnement graphique riche en détails ( Age of Empire ).Le but de Caesar III est d'ériger une ville digne du célèbre empereur romain.Pour ce faire, vous débutez par la construction d'habitat lions afin d'attirer les émigrants qui se pointeront en diverses vagues.Afin de lutter contre le feu çt la détérioration, vous devrez érigef des unités ( ingénierie et sécurité) non loin des bâtiments à protéger.Pour nourrir votre population,, il faudra construire des fermes ; pour amasser des fonds ( taxes ), il faudra disperser des forums ; pour apaiser les dieux, vous devrez éri-» ger des temples, etc.Beaucoup dç construction, donc.Mais l'élément le plus important est le soin que vous mettrez è construire votre réseau routier.Par exemple, pour amener des ouvriers aux fermes, il faudra relier celles-ci aux unités d'habitation par.une route.Les temples et les postes de sécurité ne peuvent être efficaces que si les prêtres et ingénieurs peuvent circuler parmi les rues de la ville afin d'accéder aux bâtiments.Vous devrez alors prendre garde à la multiplication des carrefours,qui peuvent désorienter et ainsi ralentir les unités.La ligne droite est toujours le chemin le plus court eiitrê deux points.Par contre, sur le plan des opéra-tions militaires, le jeu déçoit un peu.Votre principale tâche sera de simplement repousser les barbares voulant pénétrer dans la ville.Ceci dit, Caesar III offre une expérience de jeu fort agréable comme en témoigne sa popularité.?1/2 Half-Life Windows Un des jeux les plus marquants de l'année, indéniablement.Vous êtes un chercheur dans un laboratoire menant des expériences sur des matériaux «anormaux».Soudainement, une explosion dévaste l'immense complexe souterrain et vous voilà plongé dans un monde où le bizarre et l'horreur se côtoient.Contrairement à bien des jeux d'action à point de vue subjectif, Half-Life n'est pas une simple course dans des dédales où il faut tirer sur tout ce qui bouge.La qualité première du jeu est de plonger complètement le joueur dans un monde mi-réel, mi surréaliste, avec une petite pincée de culture «extrême».Le tout est très convaincant : on s'y croirait.En vous frayant un chemin parmi les décombres, vous serez constamment aux aguets : chaque tournant, chaque pièce peut receler un adversaire, un allié ou un piège.Vos ennemis seront composés d'humains ( le gouvernement veut clore l'incident de façon définitive.) et de bibittes particulièrement féroces ( et graphiquement bien rendues ) : elles vous attaqueront notamment à coups de griffes avérées ou de décharges électriques et seront cachées sous l'eau ou blotties au plafond dans l'attente de votre passage.Si vous êtes un amateur de jeux d'action à point de vue subjectif, Hall-I itc ne vous décevra pas.Voila un jeu qui aura laissé sa marque : les futurs jeux de ce type devront tenir compte des nouvelles directions qu'il aura proposées., 1 Wi r B4 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 21 MARS 1999 livres ) Pa 11 i^ia 11 M*r*érnÀteT& K^KJJLJLLVVl^LL ILLIUUVt SOL 1 JLCll 1JLL11^ GILBERT GRAND n incendie suspect dans le ranch d'un magnat de la presse du Sud, noir et très porté sur les jeunes filles.Un cadavre dans les décombres, calciné de façon à faire disparaître les horribles mutilations qu'il a subies.Une dangereuse psychopathe qui prend le large, la vengeance au coeur.Il fait bon, dans Combustion ( Point of Origin, 1998 ), retrouver Patricia Cornwell et Kay Scar-petta, son héroïne fétiche, en terrain connu et à nouveau au sommet de leur art, ou presque.Car elles reviennent de loin, très loin.Même les plus ardents partisans de Miss Cornwell ( et j'en suis ) convenaient de la déception énorme causée par ses récents romans ( Morts ai eaux troubles, Mordoc et surtout La Ville des frelons ).Prisonnière de son succès planétaire et de la pression de contrats astronomiques ( 24 millions de dollars US pour trois Scarpetta ), absorbée par l'écriture à la chaîne pour la télévision, par l'adaptation cinématographique de From Potter's Field { Une mort sans nom ), par la direction de sa maison de production Cornwell Enterprises qui emploie huit personnes à temps plein, elle court après tant de lièvres qu'elle en vient à bâcler son travail.Et à craquer.Placée en dos de jaquette de son dernier roman, l'image glamour de la romancière dans la quarantaine radieuse, femme d'affaires posant sûre d'elle devant son hélicoptère privé, est , en effet, des plus trompeuses.Certes, la petite fille rêveuse, abandonnée par ses parents et élevée par l'entourage du télévangé- liste Billy Graham, puis étudiante boulimique-anoxérique, a fait du chemin, mais à ciuel nrix ! Un ma-riage raté avec un prof d'anglais devenu pasteur.Une carrière remarquée de journaliste à Richmond sur le dangereux beat « faits divers criminels » ( elle sera agressée lors d'une enquête sur la prostitution ).Un stage d'informaticienne à l'institut médico-légal, .et de policier volontaire sur le terrain, assorti de cours à l'école du FBI à Quan-tico.Puis, le succès météoritique des premiers romans, la notoriété si grisante mais si pesante entre louanges, jalousies èt lettres de menaces.L'alcoolisme, cause d'un accident à Malibu pour lequel elle sera lourdement condamnée, en plus de devoir suivre une cure de désintoxication.La dépression chronique qu'elle soigne au Prozac, puis au lithium.Le scandale, enfin, entourant sa liaison tumultueuse avec une agente du FBI, Marguerite Bennett ! Et voici que l'on découvre soudain à quel point Patricia Cornwell a laissé sa vie privée déborder insidieusement dans son oeuvre, transformant souvent son héroïne, le médecin légiste Kay Scarpetta, de même que Lucy, la nièce lesbienne de celle-ci, en porte-parole masquées de ses frustrations et de ses déceptions, en baromètres aussi de ses angoisses de plus en plus envahissantes.Dans sa préface au premier tome \u2014 vraiment indispensable, je vous le dis \u2014 de l'intégrale Cornwell publiée par le Masque ( on y trouve les excellents Postmortem, Mémoires mortes, Et il ne restera que poussière.Une peine d'exception ), François Rivière éclaire sans lourdeur tout ce contexte homosexuel, dont beaucoup se plaisent à traquer ( et trouver ) les indices dans les romans.Si le parcours de Lucy est en cela assez transparent, concéderez-vous, qu'en est-il de la relation torride, mais aussi culpabilisante, entre Kay Scarpetta et Benton Wesley, l'agent du FBI marié ?Eh bien, si le narrateur de Proust a eu son Al-bertine ( masque d'Agostinelli, son chauffeur ), Scarpetta / Cornwell aurait, elle, son Benton ( masque de Marguerite Bennett ) ! Tiré par les cheveux, tout cela ?Pas si sûr, au vu des multiples confidences détournées dont la romancière émail le ses récits.Combustion inclus.Et quand elle essaie de changer de thématique et de ton avec La Ville des frelons, que met-elle en scène ?La liaison entre une policière et Andy Brazil, un jeune journaliste qui, n'eût été du refus de son éditeur, devait être une journaliste ! Dans ce contexte professionnel et personnel extrêmement tendu, la parution de Combustion, un dixième roman aux qualités certaines, a de quoi rassurer, en ce qu'il témoigne d'un équilibre qu^si retrouver L'intrigue, qui évolue dans l'univers familier de Richmond, nous ramène dans cette morgue où Scarpetta débusque la Mort et le Mal à la pointe de son scalpel.Cette fois-ci, le danger ne vient pas vraiment de l'assassin pyromane dont elle met au jour les méfaits, mais bien plus de l'évasion de la terrifiante Carrie Grethen, véritable nemesis des épisodes précédents de la saga.Cette criminelle psychopathe fait peser une menace constante sur Kay et Lucy, dont elle fut l'amante à Quantico.Comme pour ajouter à l'atmosphère étouffante qui baigne sur tout le récit, la relation Scarpet-ta-Benton qui traversait des écueils, s'achève brutalement par la mort violente du brillant agent du FBI ! Plus seule que jamais, que fera Scarpetta ?Dire qu'on attend, le souffle court, le prochain épisode, Black Notice, qui doit paraître en juillet prochain, est un euphémisme.Entre-temps, Cornwell aura déjà fait paraître un recueil mêlant nouvelle et recettes ( Scarpetta 's Winter Table ), le deuxième Andy Brazil ( Southern t Cross ), descendu unanimement par la critique, mais qui caracole en tête des palmarès anglo-saxons, et enfin pour Pâques, un conte pour enfants ( Life Little Fable ).Soit la bagatelle de 14 livres en une dizaine d'années ! Comment ne pas manquer de souffle ?***l/2 COMBUSTION Patricia Cornwell Calmann-Lévy, 349 p.****!/2 PATRICIA CORNWELL - 1 Intégrales Le Masque, 1209 p.Mémoires d'une geisha KAREN RICARD collaboration spéciale Cm est en suivant le destin de * Chiyo Sakamoto ( alias Sayuri Nitta ), narratrice de ces « mémoires inventées » d'une geisha du XXe siècle, qu'Arthur Golden nous entraîne dans l'univers méconnu des geishas.Née au début des années 20, élevée dans une famille de pêcheurs de Yoroïdo, Chiyo Sakamoto a neuf ans lorsque son père la vend à une « okiya » de Kyoto, une maison où elle doit faire son apprentissage de geisha.Un destin qu'elle mettra plusieurs années à accepter, voire à surmonter, puisque son parcours, comme celui de toute bonne héroïne de roman populaire, sera parsemé- d'embûches.« Nous ne devenons pas geishas pour jouir de la vie, mais parce que nous n'avons pas le choix », dira-t-on un jour à Chiyo.Justement, dès son arrivée à l'okiya Nitta, Chiyo est confrontée à l'hostilité de la geisha Hatsumomo qui, parce que ses honoraires constituent l'unique source de revenus de l'okiya, est la vraie maîtresse des lieux.« Aussi cruelle qu'une araignée », Hatsumomo prend ombrage du fait que Chiyo, si elle devient à son tour geisha pourrait.comme le veut la tradition, être « adoptée » par la maison, ce qui lui conférerait pouvoir et honneurs.C'est dans Pétymologie du mot geisha que se cache en partie la clé du destin de Chiyo \u2014le « gei » de geisha signifiant « arts » alors que le mot « geisha » veut dire « artiste ».La geisha est, comme nous l'apprend Golden, « avant tout une artiste, capable de se produire en public ».Pour y arriver, l'apprentie geisha doit s'astreindre à des leçons de danse, de chant et de musique afin de pouvoir divertir les hommes dans les maisons de thé.Quant à Chiyo, le plus important consistera pour elle à se faire l'artiste de son destin, puisqu'elle aura fort à faire pour échapper aux griffes de Hatsumomo et se frayer un chemin dans les intrigues qui nourrissent le quotidien des geishas, l'argent et l'ambition y jouant un rôle déterminant.Pour pouvoir accéder au statut d'apprentie geisha, Chiyo devra d'ailleurs se trouver une « grande soeur » qui investira dans son apprentissage et l'introduira en société.Après un premier faux départ, Chiyo trouvera une complice en la personne de la geisha Ma-meha, qui jouera un rôle clé dans l'ascension et la formation de Chiyo.Une formation plus complexe qu'il n'y paraît puisqu'il semble bien que tout, dans la vie d'une geisha, soit aussi complexe que raffiné.Le maquillage, la coiffure, l'art d'enfiler le kimono et d'attacher le obi, l'amour, le désir, les alliances intéressées.Historien de formation, Arthur Golden reconstitue fort habilement le monde des geishas du Japon de la « vallée des ténèbres » ( expression désignant la période de Dépression ayant affecté le pays dans les années 30 et 40 ).Là où se manifeste aussi le talent de Golden, c'est dans le langage imagé utilisé par Chiyo, qui s'exprime en recourant de manière caractéristique à des métaphores nuancées qui réfèrent souvent à l'eau, son élément naturel.« Je suis une maison qui se dresse bravement sous la pluie, de l'eau dégouline sur ma façade ».Chiyo accédera au statut de geisha.Elle deviendra alors Sayuri Nitta, l'une des plus populaires geishas de son époque.Mais c'est surtout sur la période de formation de Chiyo que se concentre le récit d'Arthur Golden.Ce qui nous vaut quelques longueurs, l'intrigue étant d'une simplicité proprement désarmante.C'est peut-être justement la simplicité de cette histoire qui a permis à cette Geisha de hanter depuis 60 semaines la liste des livres les plus vendus du Publisher's Weekly, et qui a incité Steven Spielberg à s'en procurer les droits.Nul doute que l'histoire de Geisha, qui se lit agréablement, sera encore plus palpitante une fois portée à l'écran.**?GEISHA Arthur Golden JC Lattes, 525 pages Quand Bruno Roy se pense drôle Bruno Roy n'est pas que le porte-parole des orphelins de Duples-sis.Ni des écrivains québécois dont il a été, pendant près de dix ans, le président.Ni même qu'un enseignant, profession qu'il a exercée durant trente ans.L'homme écrit et se prétend même humoriste, ce qui, | avouons-le, n'est pas toujours évident.Mais comme il dit lui-même : « On reconnaît le vrai humoriste au sérieux qu'il prend à vivre ».Il écrira même que « l'humour, comme la politesse, est l'art de raffiner l'insulte ».Tout cela pour dire que son petit livre, format de poche, consiste surtout en un glossaire par ordre alphabétique où il s'amuse à faire des calembours pseudo-humoristiques.Cela donne des définitions comme celles-ci : « aveugle : ivoire noir » ; « liberté : ce qui donne du lousse à une chaîne » ; « grossesse : « mise en scène » ; « guerre : fauteur de crimes » ; ou «< hôpital : sépulcre blanchi ».Ad nauseam.Et de petits textes remplis de phrases courtes comme celles-ci : « La femme est irréfléchie parce qu'elle veut se voir à tout prix dans un miroir ; l'homme, parce qu'il n'ose pas se regarder ».Rien de quoi révolutionner le paysage littéraire québécois.Pierre VENNAT Les j uif S Un polar pour d'ici mélomane JfcPL\u2014 mÊÊIm Nul universitaire québécois francophone n'aura davantage contribué au rapprochement des communautés juive et « québécoise de souche« que Pierre Anctil, de l'Université McGill.Celui-çi signe ici sa deuxième traduction d'un ouvrage paru en yiddish, une histoire du mouvement ouvrier juif au Canada, publié à Montréal en 1956.On l'oublie souvent, mais nos compatriotes juifs, de Montréal et d'autres grandes villes comme Toronto et Winnipeg, ont joué un grand rôle au début du siècle dans la syndicalisation et l'amélioration des conditions de travail de plusieurs travailleurs immigrants, notamment dans la confection, ainsi que dans la naissance du socialisme démocratique au pays.Ce sont eux qui, en 1912 et 1917, déclenchèrent les premières grèves radicales, boulevard Saint-Laurent, dans le secteur du vêtement.Et les retombées de leurs luttes profitèrent à tous.P.V.Dernière *?LES MOTS CONJOINTS Bnino Roy XYZ Éditeur, 125 p LE MOUVEMENT OUVRIER JUIF AU CANADA Simon Belkin, traduit par Pierre Anctil Éditions du Septentrion, 390 p.I I ijBRlfcfc^^^ Marchant sur les tra-tLhII ifîWWtJI ces d'Arturo Perez Reverte ( Le tableau du Maître flamand ), Philippe Delelis propose avec La dernière cantate un déroutant polar qui convoque à la barre des témoins les plus grands compositeurs allemands des trois derniers siècles.Rien de moins ! Selon l'un des ordinateurs de l'IRCAM, une erreur se serait glissée dans le thème principal de L'Offrande musicale que Jean-Sébastien Bach a écrite en 1747 à la demande de Frédéric II de Prusse.Et s'il ne s'agissait pas d'un lapsus involontaire mais bien plutôt d'un message codé dont la clef fut successivement transmise jusqu'à nos jours par les Jean-Chrétien Bach, Mozart, Beethoven, Wagner, Manier et Webern ?Quel peut bien être ce secret si dangereux dont la protection a déjà coûté la vie à quelques curieux passés ( Mozart, Webern ) et présents ?se demande un commissaire de police parisien, passionné de musique, alors que les cadavres s'accumulent au Conservatoire.Les ressorts de cette intrigua qui joue habilement avec les zones d'ombre de l'histoire de la musique piqueront certainement mélomanes et musicologues.Les personnages fictifs contemporains, ainsi que les dialogues, ne sont malheureusement pas du même calibre.Gilbert GRAND ?*?LA DERNIÈRE CANTATE Philippe Delelis Suspense 6- Cie, JC Lattes, 305 p.i.Lectures gourmandes De plus en plus, ceux qui aiment bien manger cuisinent eux-mêmes.Et de plus en plus également, ces cuisiniers et cuisi-n i è r e s amateurs lisent sur le sujet.Pour ceux-là, Jean-François Plante est l'homme tout désigné.Véritable crack de la cuisine gourmande, propriétaire des boutiques « l'Aromate », copropriétaire du café-bistrot Rock-détente, chroniqueur culinaire à la radio et à la télévision.Plante rédige un nouveau livre dans lequel il élabore, avec toute une gamme de recettes illustrées de photos qui donnent l'eau à la bouche, une nouvelle manière de festoyer simplement en cuisinant avec des mélanges ou les saveurs s'affirment et où les contrastes s'attirent irrésistiblement.On y apprend comment confectionner des huiles au safran, aux agrumes, aux anchois et comment mitonner des vinaigres aux fuits ou aux herbes, etc.Ou encore quel vinaigre utiliser pour rehausser nos grillades.Ou encore quelle huile santé convient le mieux à la friture.Bref, un livre qui met l'eau à la bouche.P.V ._.__»_ ?HUILES ET VINAIGRES Jean-François Plante Éditions de l'Homme, 220 pages 1 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 21 MARS 1999 B 5 lu porte jlc Qieiiun d'un homme l/n peur roman époustouflant de Martine Marie Muller JACQUES F0LCH-RIBA5 collaboration spéciale II y a des romans qui sont de la littérature, et celui-là en est un.Il m'épate.Il m'époustoufle.Je m'évente un peu, ce qui est pour le moins paradoxal durant ces jours de froidure.Il me laisse amoureux, de lui et de la littérature que, ces derniers temps, je trouvais absente de mes lectures ( J'en vois qui ne sont pas là, disait un prof.).Oui mais, dites-vous, qu'appelez-vous littérature ?Ah bien, là, si vous posez des questions semblables un dimanche matin au petit déjeuner, je vous trouve plus courageux que moi.Je ne sais quoi répondre.Si, peut-être : que la littérature se reconnaît sans qu'on puisse l'expliquer.Et bref, que vous n'êtes pas fou, ni folle, et saurez la reconnaître tout de suite.Dès les premières lignes : « Il était un homme qui vivait à flanc de montagne, il y a longtemps de cela ; un homme jeune et fruste, fort et sauvage, un homme d'autrefois, un homme d'avant le déluge, une lame d'homme pyrénéen.Il était un homme simple mais qui rêvait du ciel.» Je vous dis un mot de Martine Marie Muller?Ce sera une question de justice pour elle, me semble-t-il.Elle est professeur de lettres, près de Paris, elle est mariée, elle a trois enfants.Elle est d'origine béarnaise, du pied des Pyrénées, et son cher Béarn qui est une terre rude et belle ( souvenez-vous d'Henri IV.) lui a fourni l'inspiration pour plusieurs de ses romans, comme Terre-Mégère ou Les Amants du Pont d'Espagne.Cette inspiration terrienne lui a valu de faire partie de la fameuse École de Brive, qui ainsi montre qu'elle n'est pas sectaire et adopte jusqu'à des Béarnaises.Tout cela pour vous dire un genre, qui est celui des romans de Martine Marie Muller.Mais voici un écart, soudain et magnifique, un petit livre qui est un chef-d'oeuvre : La Porte.Quel dommage que les couvertures des livres nous racontent, plus ou moins, l'histoire qu'ils contiennent.Dommage aussi, les articles comme celui-ci, qui se trouvent presque obligés de vous la raconter.Tout cela, c'est la chiennerie de notre société médiatique.Comment faire autrement, pourtant, sans trop déflorer ?Un petit roman de rien du tout me vient soudain à l'esprit \u2014 parce que celui-ci y fait penser.Imaginez l'embarras de la critique lorsque parut Le Vieil homme et la mer.Fallait-il raconter?Pouvait-on raconter ?Raconter quoi ?On lut des tentatives comiques : « C'est l'histoire d'un vieux pêcheur qui réussit à prendre un énorme poisson, et puis son poisson est dévoré par les requins ».Devant de pareils résumés, on est désarmé ( Jarry avait expliqué la bible ainsi : « Un couple mystérieux a des ennuis avec sa descendance ».) Tenez donc, si c'était justement cela la littérature, ce qu'on ne peut raconter sans être ridicule ?Je vous l'avais bien dit.Le Vieil homme et la mer, ce roman m'y fait penser.Or, je donnerais tout l'oeuvre d'Hemingway ( L'Adieu aux armes compris ) pour ce vieil homme-là.Qui d'ailleurs lui valut le Nobel, dit-on, ou au moins le lui servit sur un plateau.Je n'oserais souhaiter le Nobel à Martine Marie Muller, mais je lui souhaite des millions de lecteurs.Par exemple, ceux de Soie, de Ba-ricco, auquel ce récit se rattache, par sa poésie et sa sobriété.La Porte me fait également penser, cette fois par sa musique rude, sensuelle, profonde, on dirait du Mahler, à du Giono, le Giono deuxième manière, le stendhalien.C'est lui qui disait que pour faire un bon roman, vous prenez un homme et vous le faites se déplacer d'un lieu à un autre.La Porte raconte l'histoire d'un homme ( il se nomme Barcus ) auquel il arrive une aventure qui le force à se déplacer d'un point ( sa ferme béarnaise ) à un autre ( la petite ville de Saint-Jean-Pied-de-Port ), de l'autre côté de la montagne.Cet homme est accompagné d'un chien, Oursou, qui n'est pas le moindre personnage du roman.J'en ai déjà trop dit.À bientôt.*?LA PORTE Martine Marie Muller Robert Lafforft, 118 p.Agatha Christie encadrée par son oeuvre.Agatha Christie telle qu'en elle-même ELISABETH BENOIT collaboration spéciale L, homme mesure un mètre soixante-deux, * a le crâne en forme d'oeuf, la moustache cirée, les cheveux gominés, est toujours tiré à quatre épingles.Il possède une in-j telligence « hallucinante » et une vanité ¦ excessive.Voilà, en quelques mots.Hercule Poirot.Très fier du bouillonnement de ses petites cellules grises qui lui ont permis de démasquer tant de criminels, le détective belge prévoyait tout de même se retirer des « affaires » pour se consacrer à la culture des cucurbitacées, construisait des châteaux de cartes pour se calmer les nerfs, affectait par ailleurs un goût immodéré pour l'ordre et la symétrie et supportait mal une épingle de cravate agrafée de travers.La romancière Agatha Christie s'est peut-être déjà mordu les lèvres d'avoir donné naissance à ce redoutable petit Hercule.Chose certaine, Ariane Olivier, romancière fictive, se repentait, elle, d'avoir inventé un détective finlandais végétarien : « Je devais être folle le jour où j'ai inventé cet insupportable personnage.Pourquoi est-il finlandais alors que je ne sais rien de la Finlande ?Pourquoi est-il végétarien ?Pourquoi est-il affublé de je ne sais combien de manies ridicules ?Tout ça, je l'ignore.(.) On invente une histoire et, un beau matin, on s'aperçoit qu'on traîne derrière soi un Sven Hjerson dont on ne pourra jamais se débarrasser.(.) Si je le rencontrais dans la vie, ce maudit végétarien finlandais, je le tuerais.» Ariane Olivier récrimine ainsi dans Mrs McGinty est morte, un roman d'Agatha Christie.Agatha Christie, on l'oublie souvent, n'a pas seulement inventé des intrigues policières abracadabrantes pleines de stéréotypes.Elle a aussi manié l'ironie, la caricature, s'est autocritiquée et pastichée.C'est sous cet aspect qu'Huguette Bouchardeau aborde la romancière dans Agatha Christie.Présenté comme une biographie, ce livre en est une, certes, mais très sommaire.Agatha Christie mettant sa vie et ses préoccupations en scène dans ses écrits, voilà ce qui intéresse particulièrement la biographe, une agrégée de philosophie, ancienne ministre de l'Environnement en France.La biographe, donc, ne cesse de faire des aller-retour entre la vie et l'oeuvre, et cite abondamment VAutobiographie de l'écrivain.Elle nous raconte, bien sûr, qu'Agatha Christie, née Miller, a grandi dans une maison pourvue de quantité de tables Sheraton et de chaises Chippcndale.La petite, d'une timidité maladive, se retirait le matin dans les toilettes pour accorder des audiences .i îles personnages imaginaires et possédait un chien, Tony, traité aux petits oignons.Chez les parents d'Agatha* l'on voyait ainsi la servante, Marie, arriver au Jardin, « un tablier noué autour de la taille, annonçant poliment : Monsieur Tony pour le bain.» Plus tard dans sa vie, c'est le mariage avec Archibald Christie, la découverte des poisons durant la Première Guerre alors qu'elle travaille'dans un dispensaire pharmaceutique, récri- ture d'un premier roman, la naissance d'une fille, Ro-salind.En 1926, Archibald la quitte.Elle rencontrera l'archéologue Max Mallowan près de Bagdad, sur le site d'Ur, et l'épousera en 1930.Elle deviendra une romancière célèbre, sera une habituée des fouilles archéologiques et, au milieu du désert, elle continuera à porter ses tailleurs de tweed bien coupés et à décrire les mondanités londoniennes.Elle sera anoblie par la reine en 1971.En 1961, l'Unesco annonce qu'elle est l'auteur de langue anglaise le plus vendu dans le monde.Graham Green, qui arrive en deuxième position, vend la moitié moins de livres.Elle restera malgré tout extrêmement timide et à l'entrée d'un grand hôtel où elle doit prononcer un discours, elle sera refoulée par un portier qui ne l'a pas reconnue.et elle n'osera protester.Toute cette vie qu'elle raconte sert, en quelque sorte, de cadre à Huguette Bouchardeau, qui n'hésite parfois pas à renvoyer le lecteur à la lecture d'une biographie plus documentée s'il désire davantage de détails.Archibald a quitté Agatha pour une secrétaire de dix ans sa cadette ?La biographe ne s'attarde pas trop longtemps sur la chose, mais remarque que le personnage de la secrétaire-maîtresse fait quelques apparitions dans l'oeuvre de la femme délaissée.Autre exemple : le début de la guerre froide verra naître les intrigues où se côtoient défenseurs de l'Occident, représentant sans vergogne d'États totalitaires et savants fous.Et ainsi de suite.Avec, au passage, des commentaires sur la création de personnages tels qu'Hercule Poirot, Mr Quinn, et l'efficace Miss Marple, qui ne sort jamais de chez elle ( « Il n'est pas, en Angleterre, de fin limier capable de rivaliser avec une vieille fille désoeuvrée.» ) Pour faire des rapprochements entre la vie et l'oeuvre, Huguette Bouchardeau procède parfois en stipulant qu'il y a identification entre l'auteure et un de ses personnages.Ainsi, dans Rendez-vous à Bagdad, Agatha Christie décrira son expérience de l'archéologie à travers celle de Victoria.Et à travers le personnage d'Ariane Olivier, elle pourra remarquer cyniquement, dans Mort dans les nuages : « Mes lecteurs raffolent de poisons qui ne laissent aucune trace, des inspecteurs de police stupides, de jeunes filles ficelées dans les caves.» Mais c'est aussi à propos de sa propre vie qu'Agatha Christie fera preuve d'autodérision.Max Mallowan, de retour de la guerre en 1945, surprend sa femme à la cuisine.Elle est en train de faire frire des harengs.Les retrouvailles sont heureuses, le moment est touchant, mais l'écrivaine ajoute : !e la Presse Canadienne Alors que l'avenir du rock apparaît chaque jour plus incertain que la veille, le sort réservé a son instrument fétiche, la guitare, commence également à susciter de sérieuses questions.Et s'il fallait un jour compter sans elle ?Deux magazines rock parmi les plus sérieux qui soient, le mensuel français KockcïFolk et le bimensuel américain Rolling Stone , consacrent leur plus récent numéro à la guitare ainsi qu'à ceux qui en jouent.Pure coïncidence?Sans doute, ces publications étant totalement indépendantes l'une de l'autre.Néanmoins, ce choix éditorial commun et simultané est révélateur.Un simple coup d'oeil au plus récent classement Billhoard 200 des albums les plus populaires, tous genres confondus, suffit à faire comprendre la situation.Il faut en effet destendre jusqu'au neuvième rang pour enfin trouver un groupe dont la musique repose largement sur l'emploi de la guitare, soit The Ofisprinjz ( Americana ).Fnsuifc ?Fraîchement ressuscité du cime- tière de la new wave, Blondie occupe le lointain 28^' échelon, Creed tient le 31s les Goo Goo Dolls se maintiennent au 33s et c'est à peu près tout jusqu'au 5t> rang.Bref, pas de quoi provoquer une ruée chez Fender, Gib-son et autres luthiers.« Quel futur pour la guitare ?» s'interroge donc Rock&Folk dans son édition de mars.« L'âge des acheteurs de guitares ne cesse de grimper et la tendance est plutôt aux platines et ( échantillonneurs ) », constate-t-il avant de laisser la parole aux membres de Placebo et des Stéréophonies, jeunes groupes n'ayant pas renoncé à la bonne vieille « six cordes », ainsi qu'à Jeff Beck, guitariste de renom qui succéda à Eric Clapton au sein des légendaires Yardbirds.« C'est ,i des gens comme moi de prouver qu'il y a un lutur pour la guitare.De démontrer aux jeunes que presser un bouton n'est pas tout, qu'apprendre et souffrir font partie du jeu », déclare Beçk, dont le nouvel album, Who Ehe ! sort justement ces jours-ci.Dieux de la guitare Pour Rolling Stone, moins alarmiste que son concurrent français, la guitare demeure l'arme de choix.«clElle n'est pas le seul instrument rock'n'nrt! capable d'exprimer la Du Chopin au violon La jeune violoniste Catherine Manou-kian vient d'enregistrer pour l'étiquette canadienne Marquis des arrangements d'oeuvres de Chopin.Presque tout est à l'origine pour piano, forcément, mais on y trouve aussi, transcrite pour le violon, la Sonate pour violoncelle, l'un des rares instruments autres que le piano auxquels s'intéressa le compositeur polonais.Les transcriptions sont de Behzad Ranjbaran, professeur de composition à Juilliard, mais aussi de Saint-Saëns et de violonistes de différentes époques : S a rasa te, Milstein, Albert Spalding.Une Salome Scandinave Une nouvelle version de Salome, de Richard Strauss, est annoncée par Chandos.Dans les principaux rôles : Inga Nielsen, Robert Haie, Reiner Goldberg et, en Hero-dias, Anja Silja qui chanta autrefois le rôle-titre.Une production de Scandinavie, avec Michael Schoenwandt au pupitre, mais chantée dans l'allemand original.Retour du Loewenguth Le Quatuor à cordes Loewenguth, qui exista de 1929 à 1983, est « ressuscité » sur un récent compact de la marque française Mandala.On y trouve le deuxième Quatuor de Roger-Ducasse, que le Loewenguth créa en 1953.Concertos de Briihl Vingtième parution dans la série « The Romantic Piano Concerto » de Hyperion : les deux Concertos de Ignaz Brùhl, compositeur autrichien qui vécut de 1846 à 1907, joués par Martin Roscoe.Autour de Louis Cahuzac La marque Lys, spécialisée dans les documents historiques, lance une série consacrée aux grands clarinettistes du passé et consacre le premier disque à Louis Cahuzac, créateur de plusieurs oeuvres du XXV siècle.Les compositeurs représentés : Pierné, Jeanjean, Weber et Cahuzac lui-même.Le piano d'Elliott Carter Pour les 90 ans du compositeur américain Elliott Carter, la marque Bridge a monté un disque de ses oeuvres pour piano jouées par Charles Rosen.Les enregistrements sont de 1982 et 1996 et le disque comprend une interview de Carter.le joie profonde et l'honnêteté explosive ; piano et le saxophone font partie de l'architecture de base.Mais elle demeure le miroir de la pureté et de l'engagement pour les mêmes raisons qu'elle fut le moteur principal de l'évolution du rock : elle est abordable, accessible, et il ne suffit pour en jouer que d'en avoir l'envie et de l'imagination.Le talent demeure facultatif », avance RS dans son numéro daté du i« avril.Dans un article intitulé Guitar GodsT, dont on retrouve le contenu augmenté d'extraits sonores sur Internet ( www.rollingsto-ne.com ), quelque 40 musiciens, parmi lesquels Beck, Clapton, Keith Richards, Buddy Guy, Brian Set/er, Peter Buck ( R.E.M.), The Edge ( U2 ), Kirk Hammett ( Metallica ) et Eddie Van Halen, parlent avec passion de leurs propres guitar heroes: Jimi Hendrix, le plus adulé d'entre tous, Chuck Berry, Pete Townshend, Carlos Santana, les frères Jim-mie et Stevie Ray Vaughan.« Alors que le siècle s'achève, écrit le magazine, la guitare parvient toujours à rapprocher les générations, provoquer une secousse, traduire la douleur et ramener à ses racines le rock, le hip-hop ou toui autre genre de musique populaire.Puisse cela être toujours le cas.» ?**l/2 MOONTIDE Helmut Lipsky, World Chart S'il existait un « Violon rouge » de la note bleue, sans doute appartiendrait-il à Helmut Lipsky.Le compositeur d'origine suisse-allemande, qui propose ici son cinquième album, est surtout connu dans les milieux du jazz montréalais.Mais ce Moontide déborde des frontières stylistiques pour offrir ce que le violoniste appelle une collection de « tableaux en musique et en émotion ».Ses quinze portraits aux couleurs parfois joyeuses, souvent mélancoliques explorent le tango dénaturé ( Gilango ) le lyrisme à l'italienne ( Melo-dia ), le jazz tirant sur le rock ( Heaxy An-gels ) ou le folk celto-alpin ( yodels de Ka-ren Young sur Mad Cowyirl ! ).Livré en plusieurs langues, ce travelogue de musiques voyageuses n'a pas besoin de sous-titres.À chacun de comprendre l'histoire comme il l'entend., \u2014 Jean-Christophe Laurence LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 21 MARS 1999 B 7 disques Le retour d'XTC Pop-rock L'Afrique grandiose d'Abdullah Ibrahim alain brunet La rencontre d'Abdullah Ibrahim avec le compositeur et arrangeur suisse Daniel Schnyder lui a été salutaire.On avait un peu oublié ce jazzman jadis découvert par Duke Ellington, ce Sud-Africain qui avait apporté une touche si singulière au jazz moderne dès l'aube des années 60.Depuis la grande époque de l'album Ekaya ( au milieu de la précédente décennie, il atteignait de nouveaux sommets ), on avait senti un certain plafonnement.En 1997, de nouveau la lumière.Cette fabuleuse African Suite pour trio et orchestre comporte une vingtaine d'instruments à cordes.L'oeuvre est cohérente du début à la fin, profondément inspirée.La musique d'Abdullah Ibrahim n'a pas foncièrement changé, remarquez, mais ces sédiments de cordes symphoniques lui confèrent une dimension insoupçonnée.L'Afrique y est ici évoquée telle une fresque grandiose, continent mythique habité par de grands esprits.La quête mystique du pianiste a pour effet d'augmenter considérablement les vibrations d'un projet or- chestral qui aurait fort bien pu s'avérer frisquet et maniéré.Tant de mariages jazzo-symphoniques ont laissé les mélomanes sur leur appétit.Au contraire, les arrangements de Schnyder comportent une richesse et une modernité harmoniques assez puissantes pour transcender les thèmes et improvisations d'Abdullah Ibrahim.L'amalgame est d'autant plus réussi que les nappes orchestrales n'amoindrissent en rien la pulsion du contrebassiste Belden Bullock et du batteur George Gray.Le trio du pianiste y forme une entité mature, magnifiquement soudée.On ne peut parler de complexité structurelle chez Ibrahim.Ses solos disent tout en peu de notes, ses motifs pianistiques flirtent avec un certain minimalisme.Le faste orchestral crée une tension magnifique avec le laconisme de ce jazz de souche africaine.On a l'impression, en somme, d'un accomplissement suprême dans l'oeuvre de celui qu'on appelait Dollar Brand avant sa conversion à l'islam.?* AFRICAN SUITE Abdullah Ibrahim Enja / Justin Time ?* 1/2 REMEMBER SHAKTI John McLaughlin, Zakir Hussain, T.H.Vinayakram, Hariprasad Chaurasia Verve / PolyGram / Universal Le Mahavishnu Orchestra avait été fondé par le meilleur guitariste de l'ère jazz rock.Au moment où il se distanciait de Sri Chinmoy, gourou indien à qui il vouait le plus grand respect, John McLaughlin fondait avec le violoniste L.Shankar et le tablaïste Zakir Hussain la plus belle fusion entre musique improvisée d'allégeance jazzistique et musique classique indienne.C'était la fin des années 70.Un quart de siècle plus tard, un projet de tournée britannique a donné l'occasion à la formation anglo-indienne de se réunir provisoirement.J'aimais mieux l'ancien Shakti, pour tout vous dire.Plus dynamique, plus spectaculaire, moins méditatif.Le centre d'intérêt, selon moi, résidait dans l'émulation créée entre McLaughlin et L.Shankar.Or, ce dernier n'a pas participé à Remember Shakti.Dommage.Cela dit, cette nouvelle mouture se laisse lentement siroter.Lentement mais sûrement.Le percussionniste TH Vinayakram y reconfirme son statut de pandit ( un maître, en fait ) du ghatam.Le génie de Zakir Hussain y est aussi reitéré, cet homme demeure le plus fantastique joueur de tabla du jazz moderne.Le flûtiste bansuri ( une traversière en bois ) Harisapad Chaurasïa, invité d'honneur à la table anglo-indienne, n'a rien à envier à ses collègues.McLaughlin, lui, opte pour la guitare semi-acoustique, ce qui donne une nouvelle couleur à cet ensemble de haute tenue.\u2014Alain Brunet ?RITES Jan Garbarek, ECM / BMG Servie sur disque double, les ambiances germano-scandinaves de Jan Garbarek s'inspirent de plusieurs chercheurs associés à la nouvelle musique instrumentale.Un soupçon de Jean-Michel Jarre, une larme de Brian Enfo, une pincée de Kraftwerk, des effluves de musique classique, des bribes de folklore et, surtout, ce timbre unique au ténor comme au soprano.Jazz ?Pas vraiment.On est beaucoup plus proche d'une pop instrumentale sophistiquée que du jazz contemporain au- quel Garbarek nous a habitués.Ce répertoire quelque peu baroque repose sur des structures relativement simples, alliage de synthétique et de performance humaine.Buggee Wesseltoft y prépare les toiles de synthés.Rainer Bruning-haus s'occupe des autres claviers, Eberhard Weber officie à la contrebasse, Marilyn Mazur à la batterie ainsi qu'aux percussions.Ces Rites sont parfois concluants, pas brillants sur toute la ligne.Vast Plain, Clouds, par exemple, est une marche à peine plus intéressante que L'Enfant au tambour.Enfin.lt's High Time, en revanche, s'inspire des esthétiques techno ou jungle.On peut conclure à l'intégration sommaire des nouvelles tendances en musique électronique, ce qui pourrait attirer une portion de l'auditoire trip-hop.\u2014 Alain Brunet ?OPUS 4,7 Marcaurelle Les Disques Lost Chart François Marcaurelle en est à son Opus 4,7, son quatrième disque cette fois conçu en quatuor.Ces musiques sont généralement construites avec rigueur et minutie, on y évoque jazz fusion, grooves latins, funk, mais aussi du jazz jazz.Quelques ponctions dans les années 80 et 90, mais essentiellement une esthétique des années 70.Esthétique révolue ?Peut-être, mais le groupe de Marcaurelle n'a jamais si bien sonné.Même les impros ( un peu pataudes ) du leader me semblent concluantes parce leur laconisme et leur pertinence font oublier leurs limites techniques.Là n'est pas le rôle de Marcaurelle, de toute façon.La virtuosité en solo, il la laisse à Sylvain Provost, un guitariste polyvalent et inspiré.Pour compléter le portrait, on a droit à une section rythmique impeccable formée du batteur Denis Mai Houx et du bassiste Norman Lachapelle.\u2014 Alain Brunet jean-christophe laurence On les croyait morts, ils n'étaient qu'en grève.Pendant sept ans, XTC a refusé de sortir ses nouvelles chansons, prétextant le mauvais traitement de la compagnie Virgin, avec laquelle ils avaient pourtant fait de grandes choses sur la planète pop.Libérés de leurs anciens employeurs, allégés par quelques défections, les voici de retour sous les jupes d'une petite étiquette nommée TVT.XTC, groupe phare des années 80.Si on récapitule, cela fait très exactement 19 disques depuis 1977, incluant quelques compils et les deux galettes psychédéliques des Dukes of Stratosphère, qui furent à XTC ce que Hyde était à Je-kyll.Les modes étant ce qu'elles sont, ces dignes descendants des Beatles n'ont pas connu que des sommets.Commercialement, leur carrière s'est déroulée en montagnes russes, mais rarement XTC a-t-il loupé la coche artistiquement.Album à prédominance accousti-que, Apple Vettus témoigne encore de l'étonnante qualité d'écriture des deux Britanniques Andy Par-tridge ( celui qui se prend pour Lennon ) et Colin Moulding ( celui qui se prend pour McCartney ).On - I1!SIb ' m b y retrouve ce même luxe d'harmonies, de mélodies beatlesques, d'arrangements baroques ( violons, clavecin, trompettes ), de textes à la fois sarcastiques et surréalistes.Plus que convaincant, le résultat est envoûtant.Obtenu tout en finesse et avec une indéniable maîtrise du format pop.Je connais peu d'artistes dans la quarantaine encore capables d'une aussi belle inspiration \u2014 ce qu'on souhaiterait à un Joe Jackson par exemple.N'attendez pas de spectacle, Partridge étant, à l'instar de Brian Wilson, réfractaire à tout projet de performance publique.Contentons-nous plutôt du disque en attendant le second volume, plus électrique, prévu avant la fin de l'année.APPLE VENUS XTC, TVT Universal FAN MAIL TLC, LaFace / BMG À en croire la bio, le trio féminin TLC serait une véritable révolution dans le monde des musiques noires.La réalité est un peu différente.Si cette vague réplique d'En Vogue fait effectivement le lien entre le rap, le pop et le soul / R'n'B, son produit haut de gamme me semble encore trop « coincé » pour briller.Leur troisième album a de la gueule ( pas fines fines les filles, on est loin de Whitney Houston ) et quelques bons grooves ( Vm Good at Beiny Bad, pesante et entraînante ) mais à force de perfection, le résultat finit par manquer de souplesse.Il faudrait dire à Lisa, Chilli et Tionne que le soul est aussi une question de plaisir, de sueur et de laisser-aller.Trois éléments qui font défaut dans ce Fan Mail synthétique, dont la pochette est par ailleurs très réussie.Vive le 3D.\u2014 Jean-Christophe Laurence **?1/2 PEASANTS PIGS and ASTRONAUTS Kula Shaker, Columbia / Sony Vos vieux disques d'acid rock sont rayés, finis, usés jusqu'à la corde ?Vous avez le choix.Les racheter un par un ou opter pour le deuxième album de Kula Shaker qui de toutes façon les résumera tous.En 12 morceaux produits par monsieur Bob Ezrin, le plus nostalgique des groupes anglais fait le voyage sans escale entre 1999 et 1969.Retrouvez la mystique hindouesque de George Harrisson, les duels orgue-guitare des Small Faces, les grooves psychédéliques du Pink Floyd, les jams bluesy des Yardbirds ou les broderies folkisantes d'incredi-ble String Band.En d'autres temps, on aurait crié au cambriolage.Mais vu le piteux état du rock en ce moment, ne levons pas le nez sur une aussi belle réussite.Allumez l'encens, ouvrez la « black light », roulez-en un gros.\u2014 Jean-Christophe Laurence LIAISONS DANGEREUSES Doc Gyneco, Virgin Les Liaisons dangereuses sont celles qu'entretient Doc Gyneco sur les 18 titres de son deuxième album, qui sont presque tous des tandems.La star du rap français a invité ses potes de la scène hip-hop ( Arsenik, MC Jean Gabin, Nemesis, La Clinique ) mais aussi quelques vedettes consacrées comme Renaud, Catherine Ringer et.Bernard Tapie qui sort ( de prison ) sa belle voix de crooneur.Musicalement inspiré et sophistiqué ( choix de samplings somptueux ) le rap de Doc Gyneco ne m'en paraît pas moins ambigu.L'ex-membre de Ministère AMER 0 semble toujours tiraillé entre la désinvolture et le plus grand sérieux, entre le rap profond et la pop légère, entre son désir d'être respecté par la base hip-hop et celui de plaire à Michel Drucker.« Vendu » ou intègre ?II se pose lui-même la question dans L'homme qui ne valait pas dix centimes.Le seul morceau qu'il chante tout seul, soit dit eu passant.\u2014 Jean-Christophe Laurence LA PRESS \u2022 \u2022 ¦ «.-\u2022».\u2014 \u2022\u2022 .* ' * 1.Les Quatre Saisons Vivaldi .- - 2.Si niplwuie \\o.5;Bèeth \\ .¦ \\ \u2022 \\ - .- - - -\u2022.\u2022 - >¦»\u2022 ¦ \u2022¦.\" - \u2022\u2022* .> -, I \"M- 3.Syiunlwttii 1 1 î.Si mij;Ii(>iiîc ISo.9 Beethoven 4.Soimie à la lune Beethoven >.Oiiioii l\\u helbel 6.Symphonie \\o.6 Beethoven 5.Canon Fac helbel y.JMiiii Si liïr lilise IUm J.UiittflO A 7.liotéro Rave! \\\\r lilise Beethoven ' >v * *~ * '^r -v.\u2022 \u2022 t%i 3*^?m yf.9.Adaqio Alhinoni 10.lirandetwurqeois JS Bac h II.Clair-de lune Debussy .Petite Musique de \\nil Mo/.ni iz.-renie Musique di *u &0*\\À*
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