La presse, 18 novembre 1999, D. Sortir
[" 4LP0101D1118 D 1 jeudi Quoi Faire 4LP0101D1118 ZALLCALL 67 00:50:28 11/18/99 B FILL17 4LP0201D1118 d-2 jeudi 4LP0201D1118 ZALLCALL 67 00:48:18 11/18/99 B D 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 18 NOVEMBRE 1999 Berryman Actrice devenue chanteuse \u2014 ou chanteuse devenue actrice ?\u2014, Dorothée Berryman propose de transmettre son amour du jazz, jusqu\u2019à dimanche, au Cabaret du Saint-Sulpice.Avec ses musiciens Sylvain Daigneault, Frédéric Darveau et Richard Provençal.Info: 844-9458.Intakto Alejandro Venegas et Simon Claude forment Intakto, un groupe de tango « latino, rigolo ».Ce soir et demain, 20h30, au Lion d\u2019Or.Info: 790-1245.Le Menteur « La mise en scène du Menteur, qui respecte le texte à l\u2019alexandrin près mais joue avec l\u2019époque, est à décrocher les mâchoires tant elle étonne et fait rire.» (S.Sarfati) À 16h, au Théâtre Denise-Pelletier.Info: 253-8974.Gracieuse rockeuse STÉPHANIE BRODY collaboration spéciale «Quand je travaille sur un projet, je suis tellement dedans que j\u2019en oublie même de n o u r r i r mon chien », dit Guylaine Savoie en montrant du doigt un gros toutou noir qui ronge patiemment son frein, couché sur un sofa dans le local de répétition de sa maîtresse.La danseuse vient de terminer un enchaînement de son solo Le Portrait, inspiré d\u2019une nouvelle fantastique d\u2019Edgar Allan Poe.Dansée avec grâce par l\u2019ex-rockeuse de Brouhaha Danse, rockeuse qu\u2019elle est encore un peu dans la vie, sa nouvelle création est pour le moins étonnante.Et pourtant.À cinq ans, Guylaine voulait faire du ballet « pour les diadèmes et les tutus ».Amère désillusion : de tels atours ne sont pas vraiment inscrits au programme.Quand une tante organise sa réception de première communion au Vieux-Munich, la petite découvre la danse sociale et se lance corps et âme dans la polka et le cha-cha-cha.C\u2019est la piqûre.À l\u2019école, elle s\u2019inscrit à toutes les classes de ballet jazz.Mais la vie emprunte parfois de bien étranges détours et elle commence sa vie d\u2019adulte assise derrière un bureau.Un voyage de bohème en Californie lui replacera les idées : sa vie passera par les arts.De retour à Montréal, elle suit des cours de danse et de théâtre.La danse l\u2019emporte et elle plonge avec passion dans le bac en danse de l\u2019UQAM, se rue sur tous les spectacles de danse à Montréal : « Je ne sais pas comment je faisais.Aujourd\u2019hui, je ne suis pas capable d\u2019aller en voir un seul tellement je suis cassée.» En 1988, fraîchement sortie de l\u2019université, elle est acceptée au sein de Carbone 14 (elle y restera cinq ans).La même année, elle fonde Brouhaha Danse avec Ginette Ferland, Hélène Langevin et Rolline Laporte.L\u2019aventure Brouhaha durera dix ans.Dix ans au cours desquels les quatre filles se démarquent et acquièrent la réputation d\u2019enfants terribles de la danse montréalaise.Leurs pièces sont crues et revendicatrices.Elles s\u2019amusent à repousser les limites de la mise en scène de danse en y intégrant du théâtre, du chant, même du cinéma.Le collectif est un lieu d\u2019expérimentation, une structure au sein de laquelle Guylaine fait ses armes de chorégraphe.Elle collabore à la création de Méfiez-vous des faux frissons (1989), tirée d\u2019une nouvelle d\u2019Edgar Allan Poe, de Claire (1991), en hommage à une amie danseuse assassinée, et de La Galerie des horribles (1993) sur la montée du nazisme.« Dans le groupe, nos talents se complétaient.Mes lacunes étaient comblées par les forces des autres.En 1995, j\u2019ai eu le goût de voir où j\u2019en étais et ce que je pouvais faire seule.» Elle signe Cynicus, une oeuvre troublante et torturée inspirée d\u2019une toile de Jérôme Bosch.« Ça parlait de la mort, de la vie après la mort, de l\u2019au-delà.» Elle y pousse à fond sa recherche sur la suspension des corps, en harnachant ses danseurs au plafond, et sur la théâtralité du geste, nourrie à l\u2019école de Carbone 14.Depuis la dissolution de Brouhaha l\u2019an dernier, Guylaine Savoie s\u2019est lancée dans la création solo, sans le cocon d\u2019un groupe.« J\u2019aime être dans l\u2019eau bouillante.Faire du solo ne m\u2019est pas nécessairement facile, mais il faut qu\u2019il se passe quelque chose.Il faut que la vie soit pleine.Je ne veux pas passer à côté.» Il faut dire que la plus rockeuse des filles de Brouhaha sortait d\u2019une profonde dépression quand elle a créé Cynicus.« Quand je suis entrée en solo, il y avait tout à coup plus de lumière, plus d\u2019espoir.Là, j\u2019ai eu le goût de vivre en maudit.Plus qu\u2019avant.C\u2019est peut-être pourquoi mes pièces étaient plus dures, plus sanguinaires.» Si ses solos sont moins noirs, ils conservent toutefois leur part de mystère et de magie.« J\u2019aime jouer avec l\u2019inconscient.Ça ne me dit rien de parler de la vie telle qu\u2019elle est.Le quotidien ne m\u2019intéresse pas.J\u2019ai envie de faire rêver, de me faire rêver, d\u2019inventer des mondes.» En 1998, elle crée Les chiens aboient.la caravane passe, un petit bijou de composition, dans lequel elle donne vie à trois fascinantes Tziganes.La semaine prochaine, au nouveau lieu de diffusion MAI, elle reprendra cette création, suivie du Portrait, une oeuvre plus douce et épurée : « J\u2019avais besoin de me présenter sans artifices.Parfois, on se cache derrière les gros éclairages et les costumes.Je voulais faire quelque chose de plus simple et de plus sobre.Juste moi, dans tout ce que je peux être.» Elle se découvre du coup un vif intérêt pour la vidéo de danse : « J\u2019aimerais réaliser un film de danse sur mesure pour la caméra, comme Le Bal d\u2019Ettore Scola », une solution de rechange quand son corps meurtri de près de 40 ans ne suivra plus.GUYLAINE SAVOIE présente Les chiens aboient.la caravane passe et Le Portrait au MAI, 3680, rue Jeanne-Mance, jusqu\u2019au 28 novembre.Info : 514 982-3386.PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse © Guylaine Savoie, chorégraphe et danseuse : « Le quotidien ne m\u2019intéresse pas.J\u2019ai envie de faire rêver, de me faire rêver, d\u2019inventer des mondes.» 2802259 2804520 2783947 2804711 2805384 2805843 4LP0301D1118 d-3 jeudi 4LP0301D1118 ZALLCALL 67 00:47:59 11/18/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 18 NOVEMBRE 1999 D 3 L\u2019Arche de Noémie Le Théâtre Bouches Décousues présente L\u2019Arche de Noémie, un texte de Jasmine Dubé qui raconte l\u2019histoire d\u2019une jeune fille seule sur sa barque.À la Maison Théâtre (8-13 ans).Info: 288-7211.Le Show du Refuge Dan Bigras remet ça.Et le dixième Show du Refuge promet: Richard Desjardins, Lili Fatale, Michel Rivard, Richard Séguin, Steve Hill, Laurence Jalbert, Isabelle Boulay, Steve Faulkner, No Déjà et Éric Lapointe.À guichets fermés.Spectrum, 20h.Deux luthistes La compagnie musicale La Nef présente les luthistes Sylvain Bergeron et Terry McKenna dans un programme consacré aux musiques anglaises et espagnoles.À la salle Redpath, 20h.Info: 398-4547.Anywhere But Here « Anywhere But Here est une comédie dramatique bien tassée qui atteint le but qu\u2019elle s\u2019est fixé: faire sourire le spectateur, le faire rire parfois, l\u2019attendrir au besoin, pour finalement mieux lui tirer les larmes d\u2019usage.» (M.-A.Lussier) Singe-o-thon Découvrez Hector-Charland La salle est belle, chaleureuse, plus belle encore quand elle est pleine et elle est pleine souvent.Depuis quelques semaines, L\u2019Assomption et le sud-ouest de Lanaudière se pressent au Théâtre Hector-Charland, inauguré officiellement vendredi dernier par la ministre de la Culture, Agnès Maltais.Une ouverture sobre mais dense, qui voulait annoncer les couleurs de la place : chanson, théâtre, danse, un pied dans le millénaire nouveau, l\u2019autre dans la presqu\u2019île de la tradition.Pas trop de pétage de bretelles, mais une fierté toute légitime devant une réalisation née de l\u2019indéfectible volonté d\u2019une communauté de se doter d\u2019un lieu de plaisir et de découverte.Par ici les Deux pianos, quatre mains (il reste quelques places pour le spectacle de 15 h, samedi), par ici La Comtesse d\u2019Harmonia (dimanche 15 h), par ici Leahy (le 27).mais il n\u2019y a « plus de place pour une mouche ».THÉÂTRE HECTOR-CHARLAND, 225 boul.L\u2019Ange-Gardien, L\u2019Assomption (sortie 108 de l\u2019autoroute 40), 450 589-9198.L\u2019ésotérisme vu par.À l\u2019aube du troisième millénaire (ou de l\u2019Apocalypse, c\u2019est selon), le réalisateur Denys Desjardins propose sa « vision » de l\u2019ésotérisme, ce soir et demain, à 19 h, au Cinéma ONF.Almanach est un moyen métrage qui aborde avec humour et ironie l\u2019univers des arts divinatoires et du paranormal, avec le regard de personnages colorés dont « le sceptique » Alain Bonnier (M.Bit.), le cosmoparapsychologiste Denis Ménard et la météorologue Jocelyne Blouin.Les projections seront suivies de discussions en compagnie du cinéaste : ce soir, Pascal Forget et les Sceptiques du Québec remettront en cause l\u2019importance accordée à l\u2019ésotérisme dans les médias.ALMANACH : aujourd\u2019hui et demain, 19 h, au Cinéma ONF (1564, rue Saint-Denis).Info : 514 496-6895.I Musici chez Ogilvy L\u2019Orchestre de chambre I Musici de Montréal présente une dernière série de spectacles, aujourd\u2019hui et demain, à la salle Tudor du magasin Ogilvy, avant d\u2019entreprendre une tournée espagnole et allemande.L\u2019ensemble dirigé par Yuli Turovsky propose un programme tout en cordes (Schubert, Prokofiev, Bellavance) avec le jeune guitariste canadien Patrick Kearney.Les concerts sont présentés deux fois par jour, à 11 h et 17 h 45.I MUSICI : aujourd\u2019hui et demain, salle Tudor du magasin Ogilvy (1307, rue Sainte-Catherine Ouest, 5e étage).Billets : 16 $ (aînés : 13,50 $ ; étudiants 10 $).Info : 514 982-6038.JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE L\u2019homme descend du singe, c\u2019est connu.Mais avec un peu d\u2019imagination, on pourrait aussi prétendre le contraire.Cette sombre perspective, explorée par le romancier Pierre Boule donnera naissance à l\u2019une des plus cauchemardesques séries du cinéma de science-fiction, à savoir les cinq épisodes de La Planète des singes.Trente et un ans après la sortie du long métrage initial (avec Charlton Heston et feu Roddy McDowall), Montréal ressuscite Zaïus, Cornelius, Zira et autres général Ursus pour un week-end simiesque au cinéma Impérial.Baptisé Ape-O-Thon 99, l\u2019événement diffusera sur deux jours tous les films de la série (Planet of the Apes, Beneath the Planet of the Apes, Escape from Planet of the Apes, Conquest of the Planet of the Apes, Battle for the Planet of the Apes) à raison de trois vues par soir.Autour et entre les films, on nous promet quelques « images uniques » et des objets reliés aux films (incluant costumes et accessoires originaux) ainsi que le buste de plâtre de Roddy McDowall, utilisé pour créer le personnage de Cornelius le chimpanzé.L\u2019Américain Ron Chamberlain, un spécialiste en maquillages spéciaux, sera sur place pour faire revivre quatre singes, qui viendront harceler les spectateurs pendant les entractes.C\u2019est tout ?Pas tout à fait.Si les négociations avec la Ville de Montréal se passent bien, un cheval monté par un gorille devrait nous accueillir à l\u2019entrée du cinéma.Bref, le cauchemar comme si vous y étiez, humour en prime, terreur en moins.Organisé par Philippe Spurrel, le Ape-O-Thon confirme la place de la Planète des Singes parmi les films-culte du cinéma de science-fiction, pas trop loin de 2001 Odyssée de l\u2019espace et THX-1138.En attendant le remake de la Fox, annoncé depuis quelques années déjà.APE-O-THON au cinéma Impérial, samedi, à partir de 20 h, et dimanche, à compter de midi.Billets pour le forfait : 16 $ à l\u2019avance, 18 $ à la porte.Info : 514 848-0300.Plaisir oral CHANTAL GUY collaboration spéciale tes-vous du genre à vous s e n t i r mal lorsqu\u2019on vous propose une soirée de lecture de poésie ?Votre esprit est soudainement assailli d\u2019un tas de clichés : vous voyez des poètes main-surle- coeur, foulard-au-vent, triturer des feuilles de cahier Canada devant un auditoire faussement intéressé, le tout enrobé d\u2019une bonne odeur de bière et de fumée de cigarettes.C\u2019est bizarre, mais vous avez toujours un souper chez des amis le soir des lectures publiques.Le cabaret littéraire Lectures délicieuses proposé par les éditions Planète rebelle au Salon du livre, samedi soir, risque fort de bousculer les idées préconçues des plus blasés d\u2019entre vous.Les auteurs publiés par Planète rebelle ont tous un point en commun (outre le fait qu\u2019ils vont régulièrement s\u2019engueuler aux soupers de leur éditeur, André Lemelin) : ils ont fait autant de scène qu\u2019ils ont écrit de textes.C\u2019est pourquoi leurs livres sont accompagnés de versions sonores sur disque compact, une spécialité de la maison (d\u2019édition !).André Lemelin, Christine Germain, Anne Dandurand, Jean-Marc Massie, Mitsiko Miller et Ronald Larocque ont tous cassé la baraque lors du premier cabaret littéraire de Planète rebelle qui s\u2019est tenu au Lion d\u2019or cet automne.À n\u2019en pas douter, ces auteurs aux styles les plus divers (du conte mutagène au spoken word) sont en train de changer le visage des lectures publiques au Québec.« Faut pas se le cacher : dans beaucoup de spectacles de poésie, c\u2019est souvent emmerdant », avoue Christine Germain, que l\u2019on peut entendre à l\u2019émission Les Décrocheurs.d\u2019étoiles à la chaîne culturelle de Radio- Canada.Elle se définit, en paraphrasant son collègue Michel Garneau, comme poturge et dramapète.« Moi, c\u2019est la vie réelle qui m\u2019intéresse.Je suis un auteur voyeur.» « Ça prend un talent particulier pour être écrivain et conteur », souligne Anne Dandurand, une routière du genre qui a souvent recruté son lectorat dans des lectures publiques.« J\u2019écris tout le temps en récitant à voix haute.Tout bon écrivain doit le faire.C\u2019est l\u2019épreuve du gueuloir de Flaubert ! » Jean-Marc Massie, un des fondateurs des Dimanches du conte à la taverne du Sergent Recruteur, insiste sur la nature de ses spectacles.« Je tiens à le dire, je ne fais pas de littérature orale.Il faudra changer ce terme- là un moment donné, parce qu\u2019on ne respecte pas la littérature et l\u2019oralité dans les deux cas.Je conte et j\u2019écris, j\u2019écris et je conte.Ce n\u2019est pas la même chose.» Jean-Marc Massie est aussi créateur du conte mutagène et se dit influencé par Hubert Aquin, Heiddeger et.Mick Jagger ! « Sans vouloir tomber dans les gros clichés, il y a quelque chose de très humain dans l\u2019oralité à une époque où l\u2019on se parle par répondeurs, par courrier et par fax », souligne Mitsiko Miller, fondatrice des soirées La Vache enragée au Cheval blanc.Elle est surtout connue comme « prêtresse du spoken word » même si son champ d\u2019activité est beaucoup plus vaste.Cette grande admiratrice de Serge Gainsbourg et Jacques Dutronc est une passionnée de la scène et soutient que « la meilleure façon de nous connaître, c\u2019est de venir nous voir et nous entendre en spectacle ».Et pourquoi Lectures délicieuses ?À cette question, Anne Dandurand répond avec superbe : « Parce que nous sommes tous exquis à notre manière, ma chère ! » LECTURES DÉLICIEUSES, avec Ronald Larocque, Christine Germain, Anne Dandurand, Jean-Marc Massie et Mitsiko Miller au Salon du livre de Montréal le samedi 20 novembre, place Marcel-Couture, 20 h.PHOTO RÉMI LEMÉE, La Presse © Christine Germain, Anne Dandurand, Jean-Marc Massie et Mitsiko Miller, de véritables athlètes de la lecture.Sens urbains Paul Landon fait dans le lisse, le clean et le précis.Il cible et, avec son expo Le Départ de la fiction, présentée à la galerie Oboro jusqu\u2019au 12 décembre, il fait mouche.Son propos, sorte d\u2019étude : la structure du mouvement urbain.À l\u2019entrée de la galerie, cinq moniteurs vidéo reconstituent en silence l\u2019intersection d\u2019une ville par de simples phrases qui défilent à vitesse variable sur leurs écrans.Un texte multicolore nous apprend qu\u2019une « bicyclette verte passe », « qu\u2019une voiture de police bleue et blanche s\u2019arrête ».Ailleurs, on circule autour d\u2019une grande charpente de bois blond rappelant un complexe de boutiques.Dissimulés dans ses angles et arêtes, de petits microphones diffusent des voix neutres et anonymes décrivant ce que l\u2019on ne voit pas : « femme dépose ses paquets dans un 4 x 4 violet », « homme en bleu de travail jongle avec des clés dans l\u2019entrée d\u2019une église ».Cet étrange mais fascinant parcours qui nous garde à distance de l\u2019activité qu\u2019il évoque prend fin avec des rétroprojections sur verre où, comme à travers une vitrine de magasin, l\u2019on aperçoit un flux incessant de voitures, de passants.Leurs roues, leurs jambes, leurs sacs.GALERIE OBORO, 4001, rue Berri, espace 301, 514 844-3250.La télé a un temple Fabienne Lasserre ne craint pas les images.Moins encore leurs symboles.Cette jeune artiste montréalaise constitue avec frénésie une iconographie où la bédé flirte avec le mysticisme.Où le contemporain se fait archétypal et inversement.Présentée jusqu\u2019au 18 décembre dans la pénombre de la galerie Articule, sa Caverne est un fameux pied de nez à la « religion » qu\u2019est devenue la télé.Une quinzaine d\u2019installations faites de vieux téléviseurs allumés épousent la forme d\u2019immenses autels et donnent à voir une madone tatouée, cigarette au bec, un arbre de vie prenant racine dans le sexe d\u2019un homme, un oisillon cartoon qui brandit une hache sanguinolente et autres ogres avalant leurs enfants.Peinte en noir à même les écrans, cette faune d\u2019effroi et d\u2019humour (car le sourire est bien présent) laisse transparaître, dans ses espaces blancs, des parcelles d\u2019émissions culinaires, de soaps et de bulletins d\u2019informations.Et la cacophonie n\u2019est pas que visuelle.Saisissant.GALERIE ARTICULE, 4001, rue Berri, espace 105, 514 842-9686.Histoire de pierres Il n\u2019y a pas que les pierres qui brillent.Sous verre actuellement à la boutique Cartier de Montréal, une petite mais extravagante (que si !) exposition fait briller l\u2019ingéniosité de la griffe de cette maison de joaillerie.Une vingtaine de pièces mariant saphirs, rubis, émeraudes et diamants en petites bêtes à plumes, écailles et fourrure proposent un bestiaire à titiller.Jusqu\u2019au 24 novembre, L\u2019Art de Cartier : le Royaume des animaux fait miroiter broches, bracelets et colliers créés entre 1904 et 1975 et ayant appartenu, pour certains d\u2019entre eux, à des célébrités.La duchesse de Windsor, Barbara Hutton, Maria Felix, ça vous dit ?Mais hormis l\u2019éclat des pierres, la prouesse.c\u2019est qu\u2019il faut voir les ressorts délicats qui font battre les ailes diamantées de cette broche en libellule au corps en cabochon d\u2019émeraude, ou ce tigre souple et assoupi malgré le poids de sa peluche d\u2019or, d\u2019onyx et de diamants, ou ce duo d\u2019alligators pouvant être porté comme broches ou comme collier.Qui a dit que le luxe n\u2019était pas pratique ?BOUTIQUE CARTIER, 1498, rue Sherbrooke Ouest, 514 939-0000.Jennifer Couëlle collaboration spéciale FILL12 4LP0401D1118 D 4 jeudi SORTIR 4LP0401D1118 ZALLCALL 67 00:48:32 11/18/99 B D 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 18 NOVEMBRE 1999 Virée dans les Laurentides CATHERINE CRÉPEAU collaboration spéciale Besoin de prendre l\u2019air et de vous dégourdir les jambes.prenez la route des Laurentides et découvrez que les montagnes cachent une vie nocturne riche et diversifiée.Les producteurs de spectacles ont envahi « le terrain de jeu des Montréalais », où ils multiplient les séries de concerts, festivals et événements culturels.Les propriétaires de bars et de petits théâtres suivent le mouvement en offrant un menu varié.avec ou sans le repas.Jici Lauzon producteur L\u2019humoriste et comédien Jici Lauzon est le dernier en date à se lancer dans la production de spectacles avec son complice, le chansonnier Daniel Fontaine.Les deux hommes ont déniché la salle de leurs rêves, à Sainte-Margueritedu- Lac-Masson.Construit dans les années 30 pour abriter un restaurant cinq étoiles, le théâtre qu\u2019ils viennent d\u2019acquérir dispose d\u2019une immense verrière ouverte sur le lac Masson et sa plage.Un décor de rêve pour présenter des soupers spectacle, du théâtre d\u2019été et des brunches musicaux, aux dires des nouveaux propriétaires.Laissée pratiquement à l\u2019abandon depuis cinq ans, à l\u2019exception d\u2019une saison de théâtre d\u2019été, en 1996, la salle de 300 places fait présentement l\u2019objet de travaux de restauration.Et les premiers clients sont attendus pour le nouveau millénaire.Le comédien Claude Blanchard sera le premier à fouler les planches du Cabaret-Théâtre de Sainte- Marguerite-du-Lac-Masson.Celui qui a pratiquement inventé les spectacles de cabaret au Québec promet de faire danser la foule avec ses sept musiciens et un accordéoniste ! Pour cette fête qu\u2019il veut mémorable, Jici Lauzon a invité deux autres complices de l\u2019émission Virginie.Les comédiens Frédéric Angers et Patrice Bissonnette (les interprètes de Guillaume et Hugo) sortiront leurs compositions musicales et leur saxophone pour se mettre de la partie.Après ce grand lancement, Jici Lauzon et Daniel Fontaine prévoient organiser des soupers spectacle hebdomadaires.On y entendra du blues, du jazz, de la musique populaire et de l\u2019humour.Une plate- forme qui sera mise à la disposition des jeunes artistes avides d\u2019acquérir de l\u2019expérience.Quant aux amis humoristes et chanteurs des propriétaires, ils seront invités à y casser leur spectacle avant de le présenter à Montréal.L\u2019été prochain, le théâtre reprendra ses droits alors que sera présentée la pièce Une chance sur un million de Norm Foster.D\u2019importants investissements devraient permettre au cours des prochaines années de doter la salle de spectacles d\u2019un équipement multimédia et d\u2019un système de projection cinématographique.À ce stade, Jici Lauzon s\u2019emballe et se met à rêver d\u2019enregistrer une émission de télévision du type de Métropolis qu\u2019il animait à Radio-Canada.« Ce n\u2019est pas très compliqué d\u2019installer une ligne pour permettre d\u2019enregistrer une émission de télé.Et une salle de 300 places, c\u2019est parfait.Ça permet d\u2019être près du public, d\u2019établir un contact, sans que les applaudissements s\u2019éternisent », résume Jici Lauzon.CABARET-THÉÂTRE de Sainte-Marguerite- du-Lac-Masson : 414, rue Baron-Louis- Empain, Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, 450 228-8808 ou 1-877-251-2228.Manger en musique Bonne bouffe et spectacles intimistes, voilà le menu du Quid de Sainte-Adèle.Le restaurant d\u2019une centaine de places a une carte bien étoffée ; autant côté variétés que gastronomie.Tous les samedis, la chanson française, le blues, le jazz ou l\u2019humour sont au menu.Une programmation éclectique qui reflète bien le désir des propriétaires de satisfaire aussi bien les jeunes amateurs d\u2019humour que les nostalgiques qui veulent réentendre des airs qui ont bercé leur jeunesse \u2014 le Quid accueille l\u2019humoriste Jean-Marc Parent, samedi, et Stephen Faulkner, alias Cassonade, le 27 novembre.Jumelée au studio d\u2019enregistrement du Centre Imagine Musique, le Quid s\u2019est donné comme mission de promouvoir la relève musicale québécoise.Le concours réservé aux nouveaux talents prend place tous les jeudis.Pour un peu moins de 10 $, les spectateurs peuvent ainsi entendre trois nouveaux musiciens, chanteurs ou auteurs-compositeurs- interprètes et manger de la pizza à volonté ! Les gagnants sont invités à se produire en première partie du spectacle de la semaine suivante.Ils reçoivent en prime des heures d\u2019enregistrement.Une façon pour les propriétaires du Quid d\u2019encourager les jeunes à se présenter dans les maisons de disques avec un matériel de qualité.LE QUID : 524, rue Patry, Sainte-Adèle, 1-800-579-5311.Des lundis branchés Le Bourbon Street est sans conteste l\u2019endroit branché des Laurentides pour faire la fête le lundi, une soirée généralement tranquille côté spectacles.Une popularité attribuable en grande partie aux employés des hôtels de la région qui ont fait du bar de Sainte-Adèle leur lieu de rencontre.C\u2019était il y a plus de dix ans.Ils profitaient alors de cette soirée de relâche pour aller se trémousser sur la piste de danse.Les staff nights ont fait des adeptes et aujourd\u2019hui la salle de 500 places paraît exiguë quand les groupes montent sur scène.Mais l\u2019endroit n\u2019est pas fréquenté que le lundi.Le lancement des Vendredis fous, fous, fous l\u2019an dernier a soulevé l\u2019enthousiasme des jeunes amateurs de musique house et techno.Ces soirées pendant lesquelles les shooters s\u2019enflamment sont devenus un must.Difficile de ne pas remarquer les efforts des animateurs qui profitent de cette ambiance survoltée pour imaginer mille et un jeux farfelus.Une fois par mois, l\u2019humour prend le pas sur la musique.La discothèque devient salle de spectacles, mettant en valeur le charme de la salle qui rappelle le vieux quartier français de La Nouvelle-Orléans.Les Samedis de l\u2019humour sont l\u2019occasion de se dilater la rate avec les Grandes Gueules, Peter McLeod et autres Bruno Landry.LE BOURBON STREET : 2045, route 117 Nord, Sainte-Adèle, 229-2905, poste 0.Vingt ans de spectacles En passant sur la rue Principale de Saint-Sauveur-des-Monts, il est difficile d\u2019imaginer que cette grande maison victorienne de deux étages abrite un bar à la mode.Et pourtant, Les Vieilles Portes célébraient la semaine dernière leur 20e anniversaire.Construite en 1859, la maison possède un cachet intimiste qui plaît aux habitués.Avec ses boiseries, son plancher en bois franc et ses deux gros foyers de pierre, l\u2019endroit possède un charme unique.Assis dans un fauteuil, près du bar, on se croirait chez des amis.si ce n\u2019était de la scène installée dans le coin du salon ! C\u2019est que les groupes qui y défilent deux à quatre soirs par semaine (selon les périodes de l\u2019année) ont le mandat de faire danser la clientèle.Rock, disco, rhythm\u2019n blues.tout y passe.À ce rythme, il faudra bientôt agrandir le piste de danse.si ce n\u2019est le salon ! Et pour ceux qui préfèrent jouer les observateurs en sirotant un verre, il est toujours possible de se réfugier sur la mezzanine.LES VIEILLES PORTES : 185, rue Principale, Saint-Sauveur-des-Monts, 450 227-2662.PHOTO DENIS COURVILLE, La Presse © Jici Lauzon devant son Cabaret-Théâtre, à Sainte-Marguerite-du- Lac-Masson.2805922 LADIES\u2019 MORNING MUSICAL CLUB KEMAN GEKIC, piano 2803756 21 novembre 1999 Au programme : Liszt, Chopin 2802419 2786318 2800924 2806021 4LP0501D1118 D 5 (jeudi) ARTS 4LP0501D1118 ZALLCALL 67 00:56:48 11/18/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 18 NOVEMBRE 1999 D 5 Arts et spectacles Les deuxièmes Rencontres du documentaire proposent 53 films venus de 25 pays MARC CASSIVI Les cinéastes d\u2019ici et d\u2019ailleurs pourront à nouveau profiter d\u2019un lieu de diffusion exceptionnel à Montréal, du 1er au 5 décembre, à l\u2019occasion des deuxièmes Rencontres internationales du documentaire.Dédiées à la mémoire des réalisateurs Yves Patry \u2014 cofondateur de l\u2019événement \u2014 et Pierre Perrault, grand maître du film documentaire québécois, les Rencontres proposeront cette année 53 documentaires provenant de 25 pays, dont plusieurs seront présentés en primeur nord-américaine au Cinéma ONF et à la Cinémathèque québécoise.À en croire Jean-Daniel Lafond, cinéaste et président des Rencontres, qui dévoilait hier sa nouvelle programmation aux médias, l\u2019organisation de l\u2019événement n\u2019a pas été plus aisée cette fois que lors du baptême de 1998.Question de sous, évidemment.« Si notre ardeur a doublé, nos moyens sont restés modestes et si nous sommes ici aujourd\u2019hui, cela tient encore autant du miracle que de la conviction partagée que le cinéma documentaire au Québec a le droit et le devoir d\u2019être fêté à sa juste valeur », a déclaré Lafond.Début décembre donc, les Rencontres internationales du documentaire accueilleront les oeuvres de cinéastes mexicains, français, polonais, hollandais, suédois, néo-zélandais, russes, canadiens, etc., à commencer par Si me comprendieras, du Cubain Rolando Diaz, un film traitant de la situation économique des femmes cubaines, qui sera présenté en lever de rideau, le 1er décembre, à 19 h 30, à la Cinémathèque québécoise.Cinq documentaires seront par ailleurs présentés à l\u2019antenne de Télé- Québec, qui s\u2019associe cette année aux Rencontres, du 27 novembre au 5 décembre.« Je crois que la programmation témoigne de la qualité des films et de la diversité de leurs écritures, a souligné Jean-Daniel Lafond en annonçant la tenue d\u2019ateliers, de débats et d\u2019un forum sur la télévision publique.Cette année encore, le cinéma d\u2019ici rencontrera le cinéma venu d\u2019ailleurs.» Les documentaires sélectionnés traiteront entre autres des bouleversements de régimes politiques, de conflits armés et de grands drames de ce siècle, comme d\u2019histoires plus personnelles, de portraits intimes et de regards critiques, notamment sur le journalisme et le cinéma documentaire.Une place toute spéciale sera faite au cinéma balte (six films), scandinave (quatre films) et argentin (trois films), grâce à la collaboration des programmateurs invités Tue Steen Müller (Danemark), Kerstin Hagrup (Suède), Marcelo Cespedes et Carmen Guarini (Argentine), et une douzaine d\u2019oeuvres de documentaristes québécois seront présentées dans le cadre des Rencontres, dont les films récents de Lucie Lambert, Isabelle Lavigne, Manon Barbeau et Magnus Isaacsson.L\u2019événement s\u2019associe en outre à la présentation, le 30 novembre, à 19 h 30, au Cabaret du musée Juste pour rire, du documentaire Opération SalAMI, les profits ou la vie ?, que les cinéastes montréalais Isaacsson, Malcolm Guy et Anna Paskal ont tourné à l\u2019occasion et à la suite de la manifestation contre l\u2019Accord multilatéral sur les investissements (AMI) de mai 1998, devant l\u2019hôtel Sheraton de Montréal.« Nous avons suivi quatre manifestants néophytes, depuis les jours qui ont précédé la manifestation jusqu\u2019à l\u2019arrestation d\u2019une centaine de personnes et le procès qui a suivi », a expliqué hier Malcolm Guy.La soirée du 30 novembre, qui sera suivie d\u2019une discussion animée par Patrick Masbourian, coïncide avec l\u2019ouverture, à Seattle, d\u2019une nouvelle ronde de négociations de l\u2019Organisation mondiale du commerce sur l\u2019AMI.PHOTO AP Une scène du nouveau James Bond, The World Is Not Enough.James Bond de retour Agence France-Presse LOS ANGELES Pour la 19e fois en 36 ans, James Bond, le plus célèbre et le plus profitable espion de l\u2019histoire du cinéma, est de retour sur les écrans pour, comme à son habitude, sauver le monde et déverser quelques dizaines de millions de dollars dans les coffres de la Metro Goldwyn Mayer.The World Is Not Enough, mis en scène par Michael Apted, sort demain sur les écrans nord-américains, avec pour la troisième fois Pierce Brosnan dans le rôle de l\u2019agent 007.Comme il se doit, le film a son « méchant », Renard, un terroriste international insensible à la douleur, interprété par Robert Carlyle, et ses « J a m e s B o n d Girls » : l\u2019Américaine Denise Richards, la Française Sophie Marceau et l\u2019Italienne Maria Grazia Cucinotta.De Bilbao à Istanbul en passant par le Kazakhstan, Bakou et l\u2019Azerbaïdjan, sur terre, sur et sous l\u2019eau, sur la neige, à l\u2019intérieur d\u2019un oléoduc et finalement dans un sous-marin, 007 va protéger une riche héritière, échapper à ses poursuivants et retrouver une bombe atomique avant de connaître un repos du guerrier bien mérité.James Bond (alors incarné par Sean Connery) est apparu pour la première fois sur les écrans en 1963 dans Dr No.Depuis, 007 s\u2019est adapté à l\u2019évolution du monde, notamment à la fin de la guerre froide.Il a cessé de fumer mais est resté identique à lui-même : 1,83 mètre, 76 kilos, avec, précise le dossier de presse du film, quelques vices : « la boisson, mais sans excès, et les femmes ».Au total, MGM estime que le nombre d\u2019entrées dans les cinémas ayant projeté ses aventures dépasse les deux milliards, soit près de la moitié de la population de la planète.Le mois dernier, plus de 20 millions de visiteurs, en six langues, sont allés sur jamesbond.com, nouveau site Internet consacré à The World Is Not Enough mais aussi aux précédentes aventures de 007.Quant aux recettes, elles avoisinent les trois milliards de dollars à travers le monde, ce qui en fait la franchise la plus profitable de l\u2019histoire du cinéma.Selon un calcul du Los Angeles Times, ajusté pour l\u2019inflation, cela représente plus de 6,7 milliards de dollars en 1998.À eux seuls, les deux derniers films de la série, Golden Eye et Tomorrow Never Dies ont chacun recueilli quelque 350 millions de dollars à travers le monde, sans compter quelque 100 millions de dollars supplémentaires en produits dérivés, droits de diffusion télévisée et cassettes vidéo.Pour MGM, qui possède les droits exclusifs de la franchise, James Bond a été une garantie de recettes qu\u2019elle a farouchement défendue.Ainsi, en 1997, lorsque Sony a voulu réaliser des films de James Bond, MGM a intenté un procès.Le différend a été réglé à l\u2019amiable, à l\u2019avantage de MGM.Sony a renonçé à tout droit et MGM a acquis ceux de Casino Royale, la seule aventure de 007 qui lui manquait.Pour The World is Not Enough, MGM cible une clientèle plus jeune qu\u2019habituellement.La musique du film a été confiée à Garbage, un groupe de rock alternatif, et sa sortie a été précédée par une centaine d\u2019heures de programmation sur MTV.Pour l\u2019avenir, le retour de 007 sur les écrans est assuré puisque le contrat de Pierce Brosnan stipule qu\u2019il doit tourner un quatrième James Bond.Mais cela pourrait être son dernier : « J\u2019en ferai un quatrième », a-t-il déclaré au Los Angeles Times.Mais.précise-t-il, « j\u2019aimerais quitter (le rôle) au numéro 20 en 2002.» Une scène du film Opération Salami.PHOTO CP Pierce Brosnan Le saxophoniste Yannick Rieu, l\u2019indomptable créateur ALAIN BRUNET Débutons par un cliché : rebelle devant l\u2019Éternel, Yannick Rieu est l\u2019antithèse de la docilité.Enchaînons avec un cliché surprise : le saxophoniste s\u2019est assagi, pacifié, on le retrouve en parfait équilibre avec lui-même.Pour trois soirs consécutifs, l\u2019homme s\u2019apprête à répandre ses bonnes ondes au Théâtre La Chapelle.Vous vous en doutiez, on charrie sur les deux extrémités.Dialectique, quand tu nous tiens ! Bien que.Depuis des années, Yannick Rieu a campé le rôle de l\u2019indomptable créateur, aux antipodes de la compromission, volontairement expatrié en France, toujours sur le bord d\u2019exploser internationalement.Et, pour ajouter à sa légende, il se voit confiné à une certaine modestie économique avec tout ce que ça comporte de révoltant pour quelqu\u2019un dont la réputation est celle d\u2019un virtuose.Si pur ?Si sûr ?Quoi qu\u2019il en soit, Rieu n\u2019a jamais eu froid aux yeux.Le musicien québécois a décoché ses flèches sur l\u2019establishment festivalier du jazz, il s\u2019est attiré les foudres des hautes instances festivalières et les sympathies romantiques de leurs détracteurs.Il a envoyé chier qui il voulait, il a dit tout haut ce que tant de jazzmen locaux pensaient tout bas.Et la reconnaissance du showbiz ?Un gros bof.Rieu a plus ou moins haussé les épaules lorsque l\u2019ADISQ lui a décerné un Félix (pour l\u2019album What is the Color of Love ?), qui nous sortait enfin de la sempiternelle ronde des Caron, Cusson et autres Jones.Le temps passe et voilà Rieu qui rebondit, en paix avec lui-même, en harmonie avec ses proches, heureux sur les deux rives de l\u2019Atlantique qu\u2019il fréquente assidûment.Qui plus est, fort d\u2019un album excellent, Little Zab.Comment expliquer cette plénitude ?Établie en France, Élizabeth (Zab) fut en proie à un sérieux mal de vivre, Yannick fut aussi secoué par la tempête qu\u2019affrontait sa soeur.« Ça m\u2019a mené à certaines remises en question, confie le saxophoniste.Qu\u2019est-ce que je fais là ?Quelle direction prendre ?Pourquoi souffler là-dedans ?Je me suis finalement dit que jouer et composer, c\u2019était ma façon à moi d\u2019aller vers les autres.» Et Rieu a allumé tous ses circuits disponibles.Il a soufflé dans son ténor avec un raffinement hors du commun, il a entrepris de faire un disque rédempteur, il nous a émis des fréquences magnifiques comme on applique un baume sur le dos endolori de sa blonde.Le baume d\u2019un tigre, indeed.Little Zab est le disque d\u2019un saxophoniste qui s\u2019accommode de sa condition matérielle, qui poursuit sa quête indépendamment des modes et des pressions sociales.Le disque d\u2019un artiste ayant acquis sa pleine maturité.Yannick Rieu, lui, refuse de prétendre à l\u2019accomplissement de l\u2019oeuvre avec un grand O.« Mon but n\u2019est pas de devenir un grand.En fait, je n\u2019ai pas de nobles objectifs artistiques.Je m\u2019arrange pour ne pas en avoir, j\u2019essaie plutôt de passer mes journées dans la simplicité ; travailler sur un son, explorer une gamme, faire un spaghetti.On ne doit pas perdre sa vie à souffrir pour une idée qui ne se réalisera probablement pas.Et c\u2019est au bout d\u2019une vie que l\u2019on peut déterminer s\u2019il y a oeuvre ou pas.Le présent, en ce sens, m\u2019importe plus que le futur ou le passé.» Ce qui n\u2019amoindrit en rien la quête (quotidienne) du jazzman.La matière de Little Zab en témoigne.« Chaque note, indique-t-il, comporte des sons différents.Chaque note y est attaquée différemment.Un peu plus haut, un peu plus bas.D\u2019autre part, je voulais le saxophone en avant dans le mix pour que les mélodies passent mieux (comme si on écoutait un chanteur), mais aussi pour que l\u2019auditeur puisse pénétrer dans chacune des notes.» Affectueusement, on lui dit qu\u2019il s\u2019est définitivement dégagé de ses influences coltraniennes, qu\u2019il laisse passer l\u2019air de l\u2019anche comme Ben Webster ou George Adams l\u2019on fait par le passé.Qu\u2019il a un son unique, en quelque sorte.« Tant mieux si tu vois les choses ainsi, réplique-t-il calmement, mais j\u2019ajouterais que la recherche sonore de Little Zab est totalement inspirée de Coltrane \u2014 qui a toujours tenté de faire évoluer chacune des notes de ses saxophones.» OK d\u2019abord.En passant, Rieu tient à souligner une autre recherche sous-tendue à Little Zab.« Je voulais faire contraste entre la densité de certaines introductions et la fluidité du jeu qui s\u2019ensuivait.Je voulais mes improvisations libérées de la pulsation et des harmonies que prescrivent les pièces.» On apprendra en outre que des pièces inédites (dont certaines plus musclées que les ballades de Little Zab) figureront aux menus des trois concerts au Théâtre La Chapelle ; entre autres, un hommage à Charles Trenet, des références aux musiques classiques qui ont marqué l\u2019enfance du musicien.Le contrebassiste Frédéric Alarie, le batteur Philippe Soirat, le guitariste Sylvain Provost accompagneront Yannick Rieu.Ce soir, la première partie sera assurée en trio : sax, guitare et batterie.Le programme de demain (vendredi) s\u2019amorcera par un tandem : contrebasse et saxophone.Celui de samedi réunira batterie et saxophone.Tout les plats de résistance seront servis en quatuor.Et nous serons quelque part entre la douceur et l\u2019impétuosité.Dialectique, quand tu nous tiens ! PHOTO ARMAND TROTTIER, La Presse Yannick Rieu 4LP0601D1118 D 6 (jeudi) ARTS 4LP0601D1118 ZALLCALL 67 00:54:08 11/18/99 B D 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 18 NOVEMBRE 1999 Lynda Lemay à l\u2019Olympia La collection de violons de Menuhin MICHEL DOLBEC dispersée par ses héritiers Presse Canadienne, PARIS Lynda Lemay se produira dans la mythique salle des Grands Boulevards le 3 avril, au terme de la tournée de 45 spectales qu\u2019elle vient tout juste d\u2019entreprendre en France et en Belgique.Le moment fort de cette tournée devait être le spectacle que donnera la chanteuse le 6 décembre au Bataclan, le Spectrum parisien (environ 700 places), mais « les billets sont partis tellement vite qu\u2019on a décidé d\u2019ajouter l\u2019Olympia », explique-t-on chez ses producteurs et à sa maison de disques.Lynda Lemay s\u2019est produite en France pour la première fois en 1995, aux FrancoFolies de La Rochelle, mais c\u2019est en janvier 1998, lors de son deuxième passage au Sentier des Halles, que sa carrière française a vraiment démarré.La directrice de cette petite salle de spectacle du Sentier, le quartier de la fripe, Nicole Mingasson- Londeix, peut se vanter de l\u2019avoir découverte.« Lynda Lemay a été le plus grand coup sûr de ma vie », dit-elle.La chanteuse avait rapidement transformé l\u2019essai.À la fin de 1998, « parrainée » par Charles Aznavour et l\u2019écrivain sentimental Alexandre Jardin (Le Zèbre), elle avait remporté un énorme succès à l\u2019Européen, où elle avait tenu l\u2019affiche pendant un mois et demi.Au printemps, son disque live avait même figuré quelques semaines au Top 50 Album.Loin des succès commerciaux de Céline Dion ou de Lara Fabian, Lynda Lemay fait donc son petit bonhomme de chemin en France, dans le créneau de la « chanson à texte ».Son Olympia devrait lui apporter une plus large reconnaissance.Agence France-Presse LONDRES Du violon italien que ses parents lui avaient acheté pour ses huit ans, aux instruments offerts par les luthiers du monde entier, la collection de Yehudi Menuhin vient d\u2019être vendue aux enchères par ses héritiers, à Londres, huit mois après la mort du musicien légendaire.Sotheby\u2019s en attendait environ 200 000 $.Collectionneurs et musiciens ont finalement payé 335 000 $ au total pour acquérir la quarantaine de violons, et la trentaine d\u2019archets réunis toute une vie durant par l\u2019un des plus grands interprètes du siècle, mort à Berlin à l\u2019âge de 82 ans.Éclectique, celui qui se faisait appeler « citoyen du monde », avait amassé des instruments et archets de multiples origines et de toutes les époques, achetés ou offerts au gré d\u2019innombrables tournées.Très souvent, il les accompagnait de petites notes, tel ce précieux archet du maître français du XIXe siècle Nicolas Voirin.« Archet acheté au début des années 30.C\u2019est celui que j\u2019utilise le plus.Approuvé par Enesco.» Georges Enesco, compositeur roumain, fut aussi le professeur du jeune Menuhin, alors qu\u2019il était déjà, à 10 ans, célébré aux États- Unis et dans toutes les capitales d\u2019Europe pour son talent unique.Un instrument du maître italien de Cremone, Giovanni Maria Del Busseto (XVIIe siècle), a atteint quelque 53 000 $.Mais les plus beaux instruments que possédait Yehudi Menuhin n\u2019étaient pas proposés à Londres.Délaissant l\u2019archet pour la direction d\u2019orchestre vers la fin de sa vie, il avait cédé en 1986 au violoniste Itzhak Perlman l\u2019un de ses plus beaux Stradivarius.Un autre de ses instruments les plus précieux, un Guarneri de 1742, a été vendu début novembre par un marchand zurichois pour quelque 1,2 million de dollars, le prix le plus élevé jamais atteint pour un violon.Le produit de ces ventes devait aller à ses héritiers.Parmi lesquels sa Fondation pour les jeunes artistes, et l\u2019école qu\u2019il avait créée en 1963 dans le Surrey, près de Londres, et qui a formé depuis des centaines de violonistes.EN BREF Décès de Marthe Gagnon-Thibodeau n Marthe Gagnon-Thibodeau, romancière populaire à la vocation tardive, est décédée à Montréal le 13 novembre.Elle avait 70 ans.Après avoir mené une carrière d\u2019enseignante, Mme Gagnon-Thibodeau a vécu dans de nombreux pays, puis s\u2019est lancée dans le monde des affaires avant de découvrir l\u2019écriture.En une douzaine d\u2019années, elle aura publié autant de romans qui se sont vendus, au total, à 305 475 exemplaires selon les éditions JLC qui pleurent la mort de leur prolifique auteure.La romancière a publié, entre autres, Pure laine pur coton (1988), Le Mouton noir de la famille (1990), Lady Cupidon (1991).Le dernier, Bonheurs dérobés (1999) est dans la liste des best-sellers parmi lesquels les visiteurs du Salon du livre doivent choisir la semaine prochaine leur livre préféré.Toutes nos condoléances à sa famille, à ses amis et à ses nombreuses lectrices.24 poses.et plus n Bonne nouvelle ! Il y aura des représentations supplémentaires du 24 poses (portraits) de Serge Boucher, mis en scène par René Richard Cyr.Les 2, 3 et 4 décembre, au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui, Richard et Nicole (Roger Léger et Adèle Reinhardt) recevront donc encore la famille dans la cour arrière de leur maison.Ils parleront, ils riront.Et, derrière les banalités, cacheront le drame.Leurs drames.Le quotidien, à peine revu et corrigé.C\u2019est ce qui fait la force de cette pièceévénement.Départ à La Licorne n Daniel Simard, codirecteur général et directeur du développement de public au Théâtre de La Manufacture et de La Licorne, quittera ses fonctions à la fin du mois de décembre.Désirant orienter ses activités professionnelles vers de nouveaux défis, M.Simard tourne donc une page qu\u2019il écrivait depuis 17 ans.Il s\u2019était joint, en 1982, au resto-théâtre La Licorne qui était alors installé boulevard Saint-Laurent.Au fil des ans, il aura combiné ses activités de directeur de théâtre à celles de comédien, de metteur en scène et d\u2019enseignant.Moi.et les autres n L\u2019animatrice Kathie Lee Gifford ne veut pas être la seule blâmée, au sujet des dures conditions de travail dans lesquelles sont fabriqués des vêtements à son nom.À l\u2019émission Dateline, au réseau NBC, elle a nommé d\u2019autres têtes télévisées qui font dans le produit dérivé, Michael Jordan et Jaclyn Smith, et qui, selon elle, devraient recevoir une attention égale.L\u2019été dernier, un syndicat américain avait dénoncé les conditions de fabrication de sa gamme de vêtements en Amérique centrale, notant que l\u2019animatrice avait promis en 1996 d\u2019améliorer la situation.Mme Gifford affirme avoir fait de son mieux à ce chapitre.Concerné par le même problème avec les chaussures Nike fabriquées en Asie, Jordan a déjà dit avoir confiance en cette marque pour corriger la situation, raconte Mme Gifford, ajoutant que Mme Smith a nié que sa gamme soit le fruit de l\u2019exploitation des couturières.Délit d\u2019opinion.n L\u2019animateur et journaliste Michael Enright, de la radio de Radio-Canada, a été blâmé par l\u2019ombudsman David Bazay pour avoir émis son opinion sur les armes à feu, fin avril.À l\u2019émission matinale qu\u2019il anime, avant de diriger un débat sur la propriété et le contrôle des armes, il avait affirmé que celles-ci devraient de façon générale être interdites.Les règles de la CBC interdisant à tout employé qui parle à l\u2019antenne de donner son opinion, M.Bazay a dit n\u2019avoir d\u2019autre choix que de sanctionner l\u2019initiative de M.Enright.Mais l\u2019ombudsman a noté aussi que ces règles mériteraient d\u2019être réévaluées, car il y a une nette différence entre les bulletins de nouvelles et les émissions d\u2019affaires publiques où la personnalité de l\u2019animateur va davantage influencer le contenu.M.Bazay a admis qu\u2019une fois son avis exprimé, ce 29 avril, Michael Enright a mené ce débat d\u2019une heure d\u2019une façon équilibrée.2806277 2805585 2805789 4LP0701D1118 D 7 (jeudi) ARTS 4LP0701D1118 ZALLCALL 67 00:56:55 11/18/99 B LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 18 NOVEMBRE 1999 D 7 Une femme d\u2019honneur.Le moins qu\u2019on puisse dire de Micheline Charest, la présidente de Cinar, c\u2019est qu\u2019elle ne manque pas de cran.Hier, pour la première fois depuis que sa compagnie est sous enquête par la GRC, elle faisait une sortie dans le grand monde.L\u2019occasion ?Une conférence- midi organisée par l\u2019Association des MBA du Québec et « bookée » bien entendu plusieurs mois avant la tempête.Vu les circonstances, le moment était mal choisi.Tellement mal choisi que la présidente n\u2019aurait eu qu\u2019à faire un coup de téléphone en prétextant une fusion, une acquisition, un voyage à l\u2019étranger ou même une violente migraine pour tout annuler.Mais Micheline Charest est une femme d\u2019honneur, comme s\u2019est plu à le répéter ad nauseam François Beaudoin, le président du conseil des MBA.Elle a donc tenu son engagement.Tailleur-pantalon sombre et strict, silhouette filiforme, cheveux auburn coupés à la garçonne, la femme d\u2019honneur la plus « hot » en ville s\u2019est amenée à l\u2019hôtel Omni hier midi.Si elle s\u2019était pointée seule, j\u2019aurais salué son prodigieux courage.Mais Micheline Charest est arrivée avec un bataillon, pour ne pas dire un arsenal nucléaire humain constitué des principaux poids lourds de la ville.Des gens comme l\u2019honorable Francis Fox, comme Paul Gobeil de Métro-Richelieu, Francesco Bellini de Biochem-Pharma, André Bureau d\u2019Astral, Daniel Lamarre de TVA, tous venus lui prêter main-forte et lui servir de garde du corps devant la meute affamée des journalistes.Qu\u2019il y ait autant de poids lourds pour une petite conférence-midi témoignait des excellents contacts de Micheline Charest, mais surtout du fait que ses amis haut placés ont décidé de se serrer les coudes.Enquête de la GRC ou pas, ils ne la laisseront pas tomber.n n n L\u2019allocution de Micheline Charest sur la production télévisuelle à l\u2019heure de la mondialisation a duré une vingtaine de minutes.Pas une fois, pas une, Micheline Charest n\u2019est-elle sortie de son texte.Cela me fait dire que si Micheline Charest était un moyen de transport, elle serait un train suisse.Si elle était une actrice, on ne la verrait jamais à la LNI.De cette allocution en forme de long fleuve tranquille, j\u2019ai retenu deux passages.Le premier portait sur la main-d\u2019oeuvre artistique (sic).« Les pénuries de main-d\u2019oeuvre qualifiée, ça existe aussi dans l\u2019univers artistique », a-t-elle rappelé.Traduire, si j\u2019engage des scénaristes américains, c\u2019est parce que j\u2019en trouve pas d\u2019aussi bons ici.Le deuxième passage portait sur l\u2019hermétisme des programmes d\u2019aide canadiens.« Nous ne pouvons plus nous permettre de conserver des programmes d\u2019aide hermétiques et centrés sur nous-mêmes », a-t-elle annoncé.Traduction.Donnez-nous des crédits d\u2019impôt au nom de la pérennité du contenu canadien, mais laissez-nous engager des Américains en paix.Voyant que je n\u2019apprendrais rien de nouveau, j\u2019ai fermé les yeux et je me suis laissée bercer par la voix de Micheline Charest.Cette voix, je vous le jure, est un poème.Ni trop haute, ni trop basse, avançant en ligne droite sans trémolos, ni écarts, ni effusion, froide mais sucrée, la voix suave de Micheline Charest est un modèle de contrôle ouaté.C\u2019est la voix d\u2019une hôtesse de l\u2019air engagée par EgyptAir pour rassurer les passagers.C\u2019est en écoutant la voix de Micheline Charest que j\u2019ai pu mesurer l\u2019extraordinaire caractère d\u2019une femme qui puise sa force de persuasion dans la négation du doute et de la vulnérabilité.À force de vous marteler que tout va bien et qu\u2019elle est la meilleure, elle finit par vous convaincre qu\u2019effectivement tout va bien.Si vous ne le croyez pas, vous êtes un paumé.Sauf qu\u2019une femme d\u2019honneur aussi sûre d\u2019elle-même soit-elle ne peut pas tout contrôler.Aussi, ce qui s\u2019annonçait comme un discret triomphe sur l\u2019adversité s\u2019est-il mué à la fin en foire d\u2019empoigne.Convaincus que Micheline Charest allait filer à l\u2019anglaise, les journalistes se sont rués sur elle, l\u2019ont encerclée, pressée de questions et talonnée jusqu\u2019à la sortie.André Bureau, le président d\u2019Astral, s\u2019est porté à sa défense.Il a failli en venir aux coups avec Normand Rhéaume de TVA.Bref, la belle harmonie de ce vol nolisé s\u2019est considérablement gâtée.Vous dire que je me suis follement amusée serait mentir.La bousculade entre Mme Charest et les médias n\u2019était pas très élégante.Ce qui l\u2019était encore moins, c\u2019est la réaction outrée de ses amis.Ah ! ces brutes de journalistes ! persiflaient-ils.Quel métier minable, ils font ! Mais à quoi les amis de Micheline s\u2019attendaient- ils au juste ?À ce que les journalistes gobent paisiblement la salade du chef de Cinar ?À ce qu\u2019ils fassent les bons chienschiens dans leur coin ?À ce qu\u2019ils prennent un numéro et fassent la file pour obtenir une bénédiction de la femme d\u2019honneur ?Les journalistes ont beau être des pouilleux et des paumés, pour ne pas dire des bêtes puantes et sanguinaires pour certains, ce ne sont pas eux qui en ce moment font l\u2019objet d\u2019une enquête de la GRC.S\u2019il n\u2019y avait pas une enquête en cours, si Sheila Copps n\u2019avait pas juré de faire toute la lumière sur l\u2019affaire, si Agnès Maltais n\u2019avait pas commandé un rapport sur les pratiques de Cinar, les journalistes seraient restés chez eux.À l\u2019hôtel Omni, malgré tout ce qu\u2019on peut penser, ils ne faisaient que leur boulot.Mais voilà, faire son boulot, poser des questions, s\u2019intéresser à la façon dont les fonds publics sont dépensés, demander des comptes aux gens qui les dépensent, faire en sorte que l\u2019information circule et qu\u2019elle ne soit pas l\u2019apanage d\u2019une minorité, n\u2019est plus un métier honorable.Aujourd\u2019hui, pour être un homme ou une femme d\u2019honneur, il faut brasser des milliards, bâtir un empire, être inscrit en Bourse et se faire un point d\u2019honneur de ne jamais annuler un dîner-conférence.Nathalie 2799368 2799204 2802079 D8 LA PRESSE, MONTRÉAL, JEUDI 18 NOVEMBRE 1999 Le marché de l'art contemporain est en hausse Agence France-Presse NEW YORK La première soirée des ventes d'an contemporain à New York, qui a enregistré de multiples records, a confirmé mardi soir une tendance à la hausse enregistrée la semaine dernière sur le marché international.Dix-huit prix records pour des oeuvres d'artistes contemporains ont été enregistrés lors des enchères chez Christie's, qui ont atteint un total de 13,2 millions pour les 56 lots vendus.Ce chiffre dépasse de plus de 400 000$ l'estimation la plus optimiste faite avant la vente par la maison d'enchères d'origine britannique, aujourd'hui contrôlée par le financier français François Pinaull.L'oeuvre maîtresse de la soirée était La Panthère rose, une sculpture en porcelaine de l'Américain Jeff Koons représentant le célèbre personnage de bande dessinée enlaçant une beautée blonde à demi-nue.Estimée entre 600 000 $ et 800 000 $, elle a fait l'objet d'une féroce compétition entre cinq acheteurs.L'un d'entre eux, anonyme intervenant par téléphone, a accepté de débourser 1,8 million, le prix le plus élevé jamais atteint dans une vente par une oeuvre de cet artiste.Selon Christie's, 43 % des acheteurs de la soirée étaient américains.55 % européens et 2 % asiatiques.Le total de la soirée tient compte des droits de vente, qui s'élèvent à 15 % sur une première tranche forfaitaire de 50 000 S et à 10 % sur le reste.Les estimations ne tiennent pas compte de ces droits.Parmi les tableaux, un portrait de la photographe Cindy Sherman par Chuck Close a été vendu pour le double du prix minimum estimé, soit 1,2 million de dollars, après que cinq amateurs se le furent disputé.En 1992, la même toile n'avait atteint que 231 000$ lors d'une vente chez Sotheby's.Christie's sépare depuis l'an dernier l'art PHOTO REUTERS Le tableau de Cézanne intitulé Bouilloire et fruits, retrouvé le mois dernier.contemporain de l'art moderne, organisant des enchères spécifiques pour des oeuvres postérieures à 1965.« Nous avons décidé que la frontière serait déterminée par l'apparition de l'art minimal », explique Philippe Ségalot, un Français qui dirige les départements d'art contemporain chez Christie's.« Nous avons créé, structuré un second marché pour l'art contemporain.».« Cette vente démontre que ce nouveau domaine continue de croître avec des collec- tionneurs, nouveaux ou établis, qui s'affrontent intensément pour ces oeuvres », se félicite Christopher Burge, président de Christie's-Amériques.Mais pour certains experts, les niveaux de prix très élevés atteints mardi laissent présager d'un emballement du secteur.« C'est le début d'un marché malsain », a commenté le galeriste de Manhattan, Edward Nahem, cité par le New York Times.Un Cézanne refait surface Par ailleurs, un tableau de Cézanne intitulé Bouilloire et fruits, retrouvé en octobre dernier après son vol il y a 21 ans chez un propriétaire américain, sera mis en vente le 7 décembre prochain chez Sotheby's à Londres.Le tableau de l'impressioniste français, peint entre 1888 et 1890 et qui réprésente un ensemble de pommes, oranges et citron disposés sur une nappe blanche aux côtés d'une bouilloire en étain, est estimé entre 9 et 12 millions de livres selon Sotheby's.« 11 illustre parfaitement l'importance de Cézanne comme source d'inspiration du Cubisme et du développement de l'art moderne au XXe siècle », indique le communiqué.Le tableau avait été volé en 1978 dans la maison du Massachusetts du Dr Harry Bak-win, un riche pédiatre américain tombé amoureux de la peinture impressionniste et ayant vécu autrefois à Berlin et Vienne.Ce sont ses héritiers qui le mettent en vente aujourd'hui.Un porte-parole de l'Art Loss Register, un organisme privé répertoriant et diffusant les copies d'oeuvres volées à travers le monde pour faciliter leur recherche, a indiqué \u2014 sans vouloir donner plus de détails \u2014 que l'oeuvre avait été retrouvée grâce à lui par les autorités américaines il y a un mois.Motion International et Productions Phoebus en accord avec Loulling Système présentent [iJlii d'après l'oeuvre de Victor Hugo livret et paroles LUC PIAMOND mKo cin sconc GILLES MAHEli musique 107.3 m lin grand prix de 10001)0$ Roulez dans la neu v©ll© forâ foow« § 2000 ZT8 birilne RICHARD COCCIANTE 25 000 $ de certificats-cadeaux au CARREFOUR ANGRIGNON 25000$ oe voyages^ Tous les jours, répondez à la question se rapportant au siècle dernier dans La Presse, écoutez le 1073 CITÉ RockDétente MA RADIO AU BOULOT entre 9 h et 17 h pour connaître la réponse et remplissez votre coupon de participation.Jusqu'au 10 décembre, vous pourriez avoir une visite de CITÉ RockDétente à votre boulot, cù que vous soyez.Sylvie Bisson vous remettra une trousse cadeau comprenant : une escapade détente au Centre de AQUA CITÉ, un livre 100 ans d'actualité 1900-2000 de La Presse et un passeport d'admissibilité au tirage du grand prix.§ Banque Scotia
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