La presse, 7 août 2003, C. La Presse Affaires
[" Quand le FMI gronde les États-Unis Le fondateur de Saputo cède son trône à son fils KARINE FORTIN Presse Canadienne Après 49 ans à la barre de l'entreprise qui porte son nom, Lino Saputo s'apprête à céder la place à son fils et proche collaborateur, Lino, âgé de 37 ans et président de la division des Produits laitiers américains depuis 2001.La transition amorcée au printemps devrait être complétée d'ici 12 mois.Même s'il a l'intention de jouer un peu plus souvent au golf, M.Saputo entend demeurer président du conseil d'administration.« À 66 ans, même si j'aime encore mon travail, je dois penser à profiter un peu plus de la vie, a-t-il dit aux actionnaires réunis hier en assemblée annuelle à Laval.Je suis très heureux, parce que je sais que Lino Junior possède les compétences et l'énergie nécessaires pour faire avancer l'entreprise.» Très ému, l'homme d'affaires d'origine italienne a promis de continuer à veiller comme un bon père de famille sur les quelque 7000 employés des 47 usines de fromage et de produits d'épicerie de son empire.« J'ai dépassé de beaucoup mes rêves, mais ma plus grande réalisation, c'est d'avoir bâti une équipe solide et solidaire », a-t-il confié aux journalistes au cours d'un point de presse après l'assemblée.L'avenir de Vachon L'équipe Saputo pourrait toutefois perdre des joueurs au cours des prochains mois.Une rationalisation est en cours dans les divisions de production de fromages et de produits laitiers, tant au Canada qu'aux États-Unis.Par ailleurs, Saputo a aussi laissé savoir qu'elle pourrait se départir de sa division Boulangerie, acquise de Culinar en 1999 et dont les ventes stagnent depuis quelques années.Basée à Sainte-Marie-de-Beauce, cette entreprise fabrique notamment les gâteaux Vachon et les collations Hop, en plus de détenir 21 % du fabricant de biscuits Dare.Son chiffre d'affaires représente environ 5 % des revenus consolidés de Saputo.« Nous allons tout faire pour que ça devienne une division gagnante, mais si ça ne fonctionne pas, nous allons nous en départir de façon totale ou partielle pour le bien des employés et des actionnaires », a déclaré le PDG.La direction de Saputo se donne environ six mois avant de prendre une décision.Des assises solides À son entrée en fonction comme président et chef de la direction, Lino Saputo fils héritera d'une société aux assises solides, qu'il rêve de faire croître sur les marchés internationaux.Fondée en 1954 avec 500 $ et un vélo « pour faire la livraison », Saputo est progressivement devenue la plus importante entreprise de transformation de produits laitiers au Canada.Depuis son entrée en Bourse en 1997, la société a vu son bénéfice d'exploitation augmenter en moyenne de plus de 30% par année.Au cours de l'exercice 2003, terminé le 31 mars dernier, ses revenus ont totalisé 3,4 milliards et son bénéfice net a été de 110,2 millions.Voir SAPUTO en C2 LA VIE ÉCONOMIQUE Même les puissants États-Unis ne sont pas à l'abri des coups de semonce du Fonds monétaire international (FMI), comme on a pu le voir hier.Policier de l'ordre financier international depuis plus de 50 ans, le FMI est surtout connu pour ses interventions dans les affaires des pays en développement.Il lui arrive aussi, plus rarement, d'intervenir auprès des pays riches.C'est ainsi que le Canada, qui a connu une crise financière majeure dans les années 90, a reçu deux avertissements, en 1989 et en 1993.Dans le cas des États-Unis, c'est une première.En gros, le FMI déplore la détérioration des finances publiques américaines, due en bonne partie aux baisses d'impôts du président Bush.Le déficit budgétaire américain devrait atteindre 455 milliards cette année et 475 milliards l'an prochain.Cette détérioration, explique le Fonds, compromet la capacité de l'administration à affronter le vieillissement de la génération du baby-boom, risque de chasser les investissements et d'éroder la croissance de la productivité.Comme les États-Unis sont, et de loin, la première puissance économique de la planète, ses difficultés peuvent entraîner des conséquences incalculables ailleurs, et notamment au Canada, lourdement dépendant de l'état de santé de l'économie américaine.Le FMI critique donc l'« usage extensif » des baisses d'impôt et demande à l'administration de les réaxaminer « avec soin ».Mais les baisses d'impôts ne sont pas seules en cause.Le FMI note aussi que les dépenses sont mal maîtrisées, certains coûts importants ayant même été omis des récentes projections budgétaires.À plus long terme, il invite les États-Unis à prendre des « actions décisives » au cours des prochaines années, de façon à revenir à l'équilibre budgétaire « d'ici 10 ans ».L'intervention du FMI a donc toutes les apparences d'un authentique coup de semonce, qu'il importe néanmoins de situer dans sa juste perspective.p p p Bien que les interventions du FMI n'apportent généralement rien de nouveau à ce que les principaux intéressés connaissent déjà, leur poids est considérable.Voir FMI en C2 Photo MARTIN TREMBLAY, Archives La Presse © Il y a quelques semaines, à l'occasion d'un encan, Lino Saputo s'est porté acquéreur de cette Bugatti qui avait appartenu au peintre Jean-Paul Riopelle.AUJOURD'HUI Encore ! Après quelques jours de guerre de prix, les détaillants d'essence ont rangé les armes hier et augmenté le prix du litre de presque 10 cents.Page 3 CAE optimiste Malgré des résultats encore décevants, les dirigeants de CAE ont soutenu, hier à Toronto, que le pire est passé pour le fabricant de simulateurs de vol.Page 5 Un excellent trimestre Au cours du trimestre terminé le 27 juin, le fabricant de peinture longueuillois Sico a réalisé un bénéfice net de 6,8 millions, en hausse par rapport à celui de la période équivalente l'an dernier.Page 5 Charles Sirois s'intéresse aux stations AM d'Astral Média RÉJEAN BOURDEAU ALORS QUE le Groupe TVA jette définitivement l'éponge, l'homme d'affaires Charles Sirois s'intéresse aux stations de radio mises en vente par Astral Media, a appris La Presse Affaires.Selon nos informations, le président du holding Télésystème offrirait 10 millions pour le réseau de huit stations AM, incluant CKAC, à Montréal.Reste à voir si la seule station FM à vendre, CFOM, de la région de Québec, est incluse dans les plans.À ce prix, il s'agirait d'une offre inférieure de 3 millions à celle du Groupe TVA et de Radio Nord Communications, dont l'achat des stations a été refusé le mois dernier par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour des raisons de concentration.Ni les dirigeants d'Astral Media, ni ceux de Télésystème, la société de portefeuille de Charles Sirois, n'ont voulu commenter l'information.M.Sirois a déjà eu des intérêts dans le secteur.En 1997, il a d'ailleurs vendu à Astral la part de 25 % que détenait Télésystème dans Radiomutuel.Il a aussi de bons contacts dans le milieu, notamment avec le président du conseil d'Astral Média.En effet, depuis trois mois, André Bureau est aussi président du conseil de Microcell, une des sociétés de télécommunications sans fil appartenant à Charles Sirois.La stratégie de M.Sirois, qui possède aussi des intérêts dans la société déficitaire TIW, une télécom sans fil oeuvrant sur la scène internationale, viserait à tisser des liens plus grands entre les différentes stations plutôt qu'à décentraliser dans les régions.Il souhaiterait également stopper l'hémorragie de CHRC à Québec, la station la moins rentable du groupe avec des pertes de 800 000$ par an.À l'exception de CKAC et de CFOM, les sept autres stations ont perdu de l'argent au cours des cinq dernières années.Les autres acteurs Selon nos informations, Astral accepte des offres jusqu'à la fin de cette semaine.La porte-parole de l'entreprise, Rachel Yates, n'a toutefois pas voulu confirmer l'information.Voir SIROIS en C2 Photo ARMAND TROTTIER, Archives La Presse © Charles Sirois Grâce à votre carte VISA, c'est facile de vous procurer des billets pour le Festival des films du monde.En effet, tous les titulaires de carte VISA ont un accès exclusif à des billets avant le grand public.De plus, les titulaires des cartes VISA Or et VISA Platine peuvent obtenir des rabais spéciaux grâce au carnet VISA de 30 coupons.Hâtez-vous d'en profiter, à partir du 2 août! 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plus de moitié au deuxième trimestre terminé le 30 juin, malgré une baisse de ses ventes de près de 17%.L'entreprise, qui fabrique des remorques, des structures d'acier et de l'équipement forestier, a notamment été affectée par la force du dollar canadien durant la période et la faiblesse de l'économie américaine.Au deuxième trimestre, Canam- Manac a enregistré une perte nette de 4,4 millions, par rapport à une perte de 10,6 millions à la période correspondante de l'an dernier.Ses ventes sont passées de 229,9 millions au deuxième trimestre de l'an dernier, à 191,1 millions cette année.Au premier semestre, les ventes de la compagnie ont été de 380,8 millions cette année, contre 448,9 millions l'an dernier, alors que sa perte nette est restée pratiquement inchangée à un peu plus de 12 millions.Au premier trimestre, alors qu'elle déclarait une perte de 7,7 millions sur des ventes de 190,4 millions, l'entreprise a abandonné le versement de dividendes sur ses actions ordinaires et a indiqué hier que cette mesure était maintenue.Presse Canadienne Baisse du titre de Research In Motion LE TITRE de Research In Motion (RIM) a chuté en début de séance hier, au lendemain d'une décision d'un tribunal américain condamnant le fabricant du dispositif pour courriel sans fil Black Berry à verser 53,7 millions de dollars américains en dommages pour contrefaçon de brevet.Peu après l'ouverture des marchés à la Bourse de Toronto hier, l'action de RIM s'échangeait à 32,51 $, en baisse de 2,69 $ par rapport à la clôture la veille.Depuis vendredi dernier, jour où le titre de RIM avait clôturé à 38,14 $, l'action de la compagnie de Waterloo, en Ontario, a baissé de près de 15 %.Cette dégringolade survient dans la foulée d'une hausse subite, des rumeurs voulant que l'entreprise soit une cible de rachat.Mardi, un tribunal de Virginie a rendu une décision finale susceptible d'avoir un effet dévastateur sur RIM, bien que les pénalités ne seront pas appliquées pendant que la compagnie fait appel, un processus qui peut s'étendre sur des années.En juin dernier, RIM a fait état d'une perte trimestrielle de 8,2 millions US sur des revenus de 104,5 millions US, soit une hausse par rapport aux ventes de 71,6 millions US un an plus tôt.Presse Canadienne Le bénéfice de Magna grimpe LE FABRICANT de pièces automobiles Magna International Inc.a fait état hier de profits en hausse au deuxième trimestre grâce à un bond de 18% de ses ventes.La société d'Aurora, en Ontario, qui compte les constructeurs General Motors Corp.et Ford Motor Co.comme principaux clients, a fait état d'un bénéfice net de 174 millions, ou 1,76 $ par action, au cours du trimestre terminé fin juin, par rapport à 159 millions, ou 1,63 $ par action, un an plus tôt.Ses ventes se sont élevées à 3,85 milliards par rapport à 3,27 milliards à la même période en 2002.Quinze analystes sondés par Reuters Research tablaient en moyenne sur un bénéfice de 1,70 $ l'action.La production nord-américaine de véhicules a décliné de près de 9 %, au cours du deuxième trimestre, tandis que celle de l'Europe est restée inchangée, a indiqué Magna.La présence de pièces de Magna par véhicule a toutefois grimpé de 31 % en Europe et de 23% en Amérique du Nord durant cette même période.Reuters Brevet américain pour TSO3 TSO3 a obtenu un brevet américain pour son indicateur chimique, un petit autocollant qui permet de valider que tous les paramètres requis à la stérilisation étaient présents au cours d'un cycle.L'indicateur prend la forme d'un autocollant doté d'une substance qui change de couleur en présence des paramètres requis à la stérilisation.Cet autocollant d'environ deux pouces carrés est un élément essentiel dans le cadre de la commercialisation du stérilisateur à l'ozone 125L de TSO3, puisqu'une méthode de validation est requise par les autorités pour tout procédé de stérilisation.L'indicateur chimique doit accompagner chacun des emballages contenus dans une charge de stérilisation.Pierre Bellemare DENIS ARCAND LE GOUVERNEMENT du Québec ne mettra pas un sou pour brancher le laboratoire de Bio Chem Pharma sur le respirateur artificiel, mais il a pris contact avec la direction de Shire Pharmaceuticals pour s'assurer que l'entreprise anglaise explore pleinement l'option de vendre le laboratoire plutôt que de le fermer.« Nous avons abordé cette question précise avec le président de la filiale canadienne de Shire (Joe Rus), a dit le ministre du Développement économique Michel Audet.« Est-ce que tout le travail a été fait pour explorer le scénario de vendre le laboratoire en bloc, plutôt que de le démanteler et vendre séparément les éléments d'actif ?Nous sommes prêts à faire un travail de facilitateur, mais il n'y aura pas de fonds publics d'investis là-dedans.On n'a pas les ressources financières pour ça et ce n'est pas le rôle du gouvernement de faire de la recherche pharmaceutique à long terme.» Shire a annoncé la semaine dernière un changement de stratégie commerciale et la fermeture de Bio Chem Pharma, qu'elle a acheté en 2001.Mardi, au cours d'une entrevue à La Presse, l'ancien patron de la recherche pharmaceutique chez Bio Chem, Gervais Dionne, avait dénoncé la décision de Shire de vendre à la pièce les éléments d'actif du laboratoire fondé en 1986 afin de mettre au point le médicament antiviral québécois 3TC, qui est aujourd'hui le médicament le plus utilisé au monde pour combattre le VIH/sida.Selon M.Audet, la direction canadienne de Shire collabore pleinement à la démarche de Québec : « Ils vont vérifier (avec le siège social, en Angleterre) divers scénarios et peut-être que certaines options sont ouvertes.» Si le laboratoire a une valeur de revente comme entité complète, les gens de Shire ont tout intérêt à agir en conséquence, a estimé M.Audet.« Joe Rus va nous revenir là-dessus.» À Ottawa, la directrice adjointe d'Investissement- Canada, Suzanne Mc Kellips, n'a pu dire si Shire a respecté tous les engagements de dépenses en recherche pris lors de l'acquisition de Bio Chem en 2001.Mme Mc Kellips, qui a participé à l'examen fédéral de la transaction, a indiqué que la loi garantit la confidentialité de ce type de discussions.Par ailleurs, le gouvernement du Québec est satisfait de voir que la division des vaccins de Shire demeurera en place, même si Shire a annoncé son intention de s'en départir et d'en faire une compagnie indépendante (sous une forme finale qui n'a pas été précisée).En attendant, Shire maintient son projet de construire un centre de recherche de 28 millions à Laval.« Tout le volet des vaccins va se poursuivre et ce sera fort », a dit M.Audet.Son ministère a aussi discuté avec Shire de la possibilité de trouver un partenaire québécois afin de mettre au point un médicament anti-VIH expérimental sorti du labo de Bio Chem Pharma, le SPD754.M.Audet a dit qu'il n'a pas l'intention, dans l'avenir, « d'expliciter toutes les options sur la place publique », puisque Shire est « une firme privée ».Le ministre a rappelé que Shire était dans son droit de fermer : en dernière analyse, « Bio- Chem a été payé assez cher par Shire, c'est leur entreprise ».Les résultats de Saputo (premier trimestre terminé le 30 juin en millions de dollars) REVENUS 816,8 873,9 Produits laitiers 775,7 831,4 Produits d'épicerie 41,1 42,5 Bénéfice net 46,1 41,3 Source : Saputo SAPUTO Suite de la page C1 Au premier trimestre de 2004 clos le 30 juin, Saputo a réalisé un chiffre d'affaires de 816,8 millions, comparativement à 873,9 millions à la période correspondante l'année précédente.Selon la direction, cette diminution s'explique par le faible prix du fromage ainsi que par une légère diminution des ventes sur le marché américain.Le bénéfice net a cependant augmenté de 11,6% pour atteindre 46,1 millions, ou 45 cents par action, par rapport à 41,3 millions, ou 40 cents par action, en 2003.Ces résultats tiennent compte de frais de restructuration liés à la fermeture d'une usine en Ontario ainsi que de pertes comptables liées à l'appréciation du dollar canadien.Hier, à la Bourse de Toronto, l'action de Saputo (SAP) a pris 22 cents et a terminé la séance à 27,90 $.FMI Suite de la page C1 L'expérience canadienne nous permettra de mieux comprendre cela.Le premier avertissement du FMI au gouvernement canadien, en 1989, s'inquiétait de l'accumulation de déficits à Ottawa, et suggérait au ministre des Finances de corriger rapidement le tir, à défaut de quoi le Canada se dirigeait vers une grave crise.Le deuxième avertissement, en 1993, a été beaucoup plus dur.Le FMI constatait que les finances publiques canadiennes, incluant celles des provinces, avaient atteint un stade de délabrement avancé, et qu'il fallait agir de toute urgence.Or, dans les deux cas, tout cela était abondamment connu chez tous ceux qui suivent ces questions.À l'époque, la plupart des dirigeants politiques, les milieux d'affaires, l'opinion publique et même certains chefs syndicaux étaient largement sensibilisés à l'égard du cul-de-sac financier où leur gouvernement s'était enfoncé.Le FMI n'a donc strictement rien apporté de nouveau.Certes, il n'a jamais été question, pour le FMI, de déléguer à Ottawa quelques technocrates qui auraient pris en main l'administration des finances publiques, comme cela s'est fait dans des pays endettés du tiers-monde.Personne n'a jamais douté de la capacité du Canada à se sortir du trou.En revanche, les avertissements du FMI ont reçu une abondante couverture médiatique, au Canada et à l'étranger.Ils ont ébranlé l'opinion publique et convaincu les milieux d'affaires de multiplier les pressions sur les gouvernements.Si le ministre Paul Martin et ses homologues provinciaux ont réussi à maîtriser leurs déficits, c'est en grande partie parce que les Canadiens se sont rendu compte de l'ampleur de la catastrophe.Les avertissements du FMI ont certainement joué un rôle dans ce dossier.p p p Et c'était voulu comme cela.Dans le cas des pays industrialisés, qui ont suffisamment de ressources (dont une vaste capacité fiscale, atout qui échappe aux pays pauvres) pour surmonter les crises, le FMI ne publie jamais d'avertissement sans consulter le pays concerné.Au Canada, le « sévère » avertissement de 1993 a été publié avec la bénédiction du ministère canadien des Finances, qui a même participé à sa rédaction.En fait, le FMI remet une évaluation annuelle à chaque pays membre ; ce document est fondé sur des données provenant en grande partie du pays concerné.Chaque pays est libre de publier ou non cette évaluation.Depuis six ans, le gouvernement canadien diffuse les résultats de l'examen à chaque année.L'avertissement émis hier n'est pas différent des autres.Tout le monde sait, depuis des mois, que les finances publiques américaines se détériorent rapidement sous l'effet des baisses d'impôts.Tout le monde s'inquiète du vieillissement de la population.Le FMI n'apprend rien à personne en disant que des finances publiques en mauvais état découragent l'investissement et compromettent les gains de productivité.Il est clair, d'autre part, que le FMI n'a pas émis son coup de semonce d'hier sans en informer l'administration.L'avertissement peut même devenir commode.Si jamais la situation continue à de détériorer, le gouvernement américain disposera d'un prétexte en or pour différer les baisses d'impôts déjà annoncées.Le FMI, enfin, constate avec satisfaction l'engagement des États- Unis à renforcer son budget d'aide internationale.Il pense aussi que les États-Unis pourraient être plus ouverts envers les importations en provenance des pays pauvres, notamment en réduisant davantage leurs subventions agricoles et leurs barrières non tarifaires.Comme quoi le FMI n'est pas que le fléau décrit en certains milieux.8:57F=BAE CD=H=?#>-2 %-01/3J-, $:'2 3, .:, \"# #
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