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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
G. Actuel
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2003-11-29, Collections de BAnQ.

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[" magazine MONTRÉAL SAMEDI 29 NOVEMBRE 2003 Votre guide télé GOURMANDISE RENCONTRE AVEC UN SÉRIEUX GOURMAND PAGES 22 À 25 LES BELLES HISTOIRES DE DOMINIQUE DEMERS SSOOISS BBEELLLLEE EETT BBAATTSS-TTOOI Nouvelle vague de femmes violentes à l'écran UN DOSSIER DE SILVIA GALIPEAU PAGES 8 À 13 3186433A POUR NOUS JOINDRE La Presse / cyberpresse.ca , 7, rue Saint-Jacques, Montréal (QC) H2Y 1K9, (514) 285-7070, actuel@lapresse.ca Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au 7, rue Saint-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 1K9 et il est imprimé à Transcontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles, division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.Guy Crevier.Président et éditeur.ACTUEL magazine ENCOUVERTURE Sois belle et bats-toi.La violence des femmes à l'écran.Un dossier de Silvia Galipeau Pages 8 à 13 LES FLEURS ET LE POT Page 4 QUESTIONS EXISTENTIELLES Par Nicolas Langelier Page 5 LE LOOK DE LA SEMAINE Page 6 JE T'AIME MOI NON PLUS La chronique de Rafaële Germain Page 7 DOSSIER Solutions rangements Pages 14 à 19 VA SAVOIR Une page mondaine et insolite Page 20 FAITS ETGESTES La chronique de François Berger Page 21 GOURMANDISE Une rencontre avec un grand gourmand Pages 22 à 25 DU VIN La chronique de Jacques Benoit Pages 26 et 27 VINS ET METS La chronique de François Chartier Pages 28 et 29 RESTAURANTS La chronique de Françoise Kayler Pages 30 et 31 CETTE SEMAINE PHOTO TOSHIFIUMI KITAMURA, AFP Et si les lutins étaient des volatiles.Vêtu d'un costume de père Noël, le manchot Ikepen se pavane sur la passerelle à l'aquarium de Yokohama, dans le cadre d'un spectacle inusité organisé en prévision du temps des Fêtes.INSOLITE LES FLEURS ET LE POT LE SITE WEB DE LA SEMAINE LES FLEURS ET LE POT LES FLEURS À tous ceux et celles qui ont participé hier à cet événement mondial de grande importance qu'est la Journée sans achat.Bravo, votre conscience planétaire est admirable.Vous pouvez aujourd'hui vous récompenser en achetant tous les objets totalement inutiles mais hautement désirables qui vous ont tant fait envie hier.LE POT Pour la deuxième semaine de suite, nous croyons de notre devoir de dénoncer une attaque contre le droit inaliénable de tout être humain d'embrasser qui il veut, où il veut, avec autant de bave qu'il le désire.Et c'est donc aux autorités de l'école secondaire River Hill, au Maryland, que nous remettons aujourd'hui le pot pour avoir suspendu deux étudiantes qui se sont embrassées dans la cafétéria.Cette triste histoire a d'ailleurs une forte teneur ironique puisque les étudiantes, incidemment tout à fait hétérosexuelles, avaient agi ainsi dans le cadre de leur cours d'anglais, qui leur demandait de faire un geste anticonformiste.NICOLAS LANGELIER COLLABORATION SPÉCIALE LE TOP 100 DES C-60 Polar Alert est un joli site consacré au design graphique et aux arts visuels d'avant-garde.Mais sur sa version actuelle, c'est plutôt à un retour dans le passé qu'il nous convie, avec une cyberexpo consacrée à cet art oublié qu'est le graphisme des cassettes audio compactes, aujourd'hui pratiquement disparues avec la multiplication des Mini Discs, lecteurs MP3 et autres appareils électroniques qui ne mangent pas les rubans.Une occasion unique de revoir de grands classiques comme la BASF LH 60, la Scotch Ferrichrome 60 et la Memorex Chromium Dioxyde 60.Vous rappellera avec bonheur ces cours du cégep où il faisait bon dormir pendant que votre fidèle enregistreuse se chargeait d'écouter votre prof de philo.http://www.polaralert.com/ exhibition/top100/ CITATION ÉCLAIRANTE DE LA SEMAINE «La vie entière de Conrad tournait autour de l'idée que, à la suite d'une combinaison de circonstances, d'accidents et d'évolution, Dieu lui avait accordé ce pouvoir extraordinaire qu'il devait protéger et faire partager.Il s'est toujours vu comme un instrument de l'Histoire.» \u2014L'HISTORIEN LAURIER LAPIERRE À PROPOS DE SON ANCIEN ÉLÈVE CONRAD BLACK Nouveau look?Le père Noël est-il à la recherche d'un nouveau look ?C'est ce que croit cette lunetterie de la rue Sainte-Catherine, qui n'a pas hésité à doter le vénérable personnage de montures passablement plus actuelles que les traditionnelles lunettes rondes un peu grand-père dont il est habituellement affublé.Un petit lecteur MP3 avec ça ?PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE © QUESTIONS EXISTENTIELLES L'éthique dans la vie de tous les jours Se gâter tout de suite, rembourser plus tard?NICOLAS LANGELIER COLLABORATION SPÉCIALE QAlors que j'éprouvais des difficultés financières, j'ai emprunté 2000 $ au père d'un ami.Plusieurs mois plus tard, après un contrat très exigeant mais plutôt lucratif, j'ai gagné assez d'argent pour le rembourser.Mais voilà que j'ai une occasion incroyable de m'acheter un cinéma maison de bonne qualité à moitié prix, soit.2000 $.Ce serait ma récompense pour avoir rushé comme un malade.De plus, le père de mon ami est plutôt bien nanti et n'a pas besoin de cet argent de façon urgente.Que faire ?Serait-ce vraiment égoïste de ma part d'agir ainsi ?Manquerais-je de gratitude envers mon prêteur en ne le remboursant pas tout de suite ?Ou bien celui-ci devrait-il faire preuve de compréhension ?L.D.Montréal RDans votre situation, le fait que le père de votre ami ait ou non besoin de l'argent est secondaire.D'ailleurs, ce n'est pas à vous de juger de ses besoins financiers : vous n'êtes pas son comptable, après tout, et sans que vous le sachiez, il éprouve peut-être des problèmes de liquidité, ou il a envie de voyager, ou il veut investir dans un RÉER.Ou dans un cinéma maison.La question, ici, doit être considérée en fonction de l'entente \u2014formelle, verbale ou autre \u2014 qui vous lie à votre prêteur.Quelles sont les conditions de remboursement?S'il a été entendu que vous deviez rembourser votre dette dès que vous en auriez raisonnablement les moyens, alors c'est ce que vous devriez faire sur-le-champ, peu importe l'occasion alléchante et imbattable qui s'offre à vous.Ce serait la moindre des choses, après l'important coup de pouce que votre prêteur vous a donné.Rien ne vous empêche cependant de lui expliquer votre situation.S'il n'a effectivement pas besoin de cet argent, il acceptera peut-être de convenir avec vous d'une nouvelle date de remboursement.Mais c'est son argent, pas le vôtre, et c'est donc à lui de prendre cette décision.Par ailleurs, si votre bienfaiteur vous fait confiance (et tout porte à croire que c'est le cas), il est fort possible que, au moment du prêt, rien n'ait été dit quant aux conditions de remboursement.Après tout, quand on aide quelqu'un de bon coeur, celles-ci sont souvent sans importance.Si c'est le cas, vous devez malgré tout l'informer de vos surplus bancaires : le prêt était destiné à vous dépanner pendant une période de difficultés financières, pas à soutenir vos activités de divertissement domestique.Encore là, il est possible que, informé de la situation, le père de votre ami décide de repousser la date de remboursement.Mais c'est à lui d'en décider, pas à vous.QMa femme et moi siégeons tous deux au conseil d'administration de la chambre de commerce de notre petite ville.Entre les branches, plusieurs de nos concitoyens ont commencé à s'opposer à cette situation.Ont-ils raison, d'un point de vue éthique ?ANONYME ROui, ils ont raison.Vous ou votre femme, devriez remettre votre démission.Éthiquement, votre relation risque d'avoir un impact sur vos décisions.Et cela dans un sens comme dans l'autre.Dans un couple harmonieux (ça existe sûrement), l'un des membres pourrait être tenté de faire plaisir à l'autre en votant comme lui, alors que dans un couple moins harmonieux, hmmm.il pourrait avoir envie de lui mettre des bâtons dans les roues pour le punir de son infidélité, de son incapacité à communiquer ses émotions ou simplement d'avoir laissé traîner ses maudits bas sales.D'abord et avant tout, c'est une simple question de perception.C'est ce qu'on appelle un conflit d'intérêts apparent : une personne raisonnable pourrait avoir une crainte raisonnable que vos intérêts personnels influencent vos décisions.Même si, j'en suis sûr, vous êtes tous les deux des individus forts et inflexibles, un doute pourrait surgir dans l'esprit des personnes touchées par vos décisions et ainsi affecter la légitimité de tout le conseil d'administration.Ce seul facteur devrait être suffisant pour que l'un d'entre vous cède sa place.Vous avez des interrogations éthiques, des dilemmes moraux déchirants et autres questionnements existentiels ?Écrivez-nous à actuel@lapresse.ca INSOLITE Dindes relax AGENCE FRANCE-PRESSE LONDRES \u2014 Des éleveurs de dindes anglaises vont recevoir un CD de musique « relaxante », dans le cadre d'une expérience du syndicat national des agriculteurs visant à déterminer les effets de la musique douce sur l'engraissement des volailles.Envoyé à 114 agriculteurs volontaires, le disque contient 10 morceaux comprenant des chants d'oiseaux, de baleines ou même des enregistrements de dindes « joyeuses ».« On sait qu'une volaille stressée est plus susceptible de tomber malade », a déclaré un porte-parole de la National Farmers' Union (NFU).Une grande partie de son énergie est gaspillée par la peur au lieu de lui servir à grandir et engraisser.Les producteurs qui ont l'habitude de mettre la radio dans les enclos des dindes pensent qu'elles ont ensuite un meilleur goût.» Grâce à cette expérience, le NFU espère mieux comprendre l'impact des musiques d'ambiance sur les dindes d'élevage ainsi que découvrir quel type de musique a le plus de vertus apaisantes parmi les titres proposés.« Nous voulons obtenir une réponse définitive qui pourrait aider les producteurs de dindes à l'avenir », a souligné le porte-parole.Des moules contre les crocodiles AGENCE FRANCE-PRESSE DARWIN, Australie \u2014 Une aborigène de 40 ans a survécu à l'attaque d'un crocodile, en Australie, en frappant l'animal avec un sac rempli de moules qu'elle venait de ramasser.Cette femme originaire d'une communauté aborigène de l'État d'Australie du Nord a été attaquée par un crocodile de mer dimanche dans une rivière après s'être séparée d'un groupe de ramasseurs de moules dans l'île de Melville, au large de la côte nord de l'Australie.« Elle a raconté qu'elle avait essayé de traverser le cours d'eau en début de soirée dimanche à marée haute et qu'elle avait été attaquée par un crocodile », a déclaré un porte-parole de la police.« L'animal l'a mordue dans le dos, mais elle l'a combattu et l'a chassé avec son sac de moules.Elle a ensuite grimpé dans un arbre de la mangrove où elle a passé la nuit avant d'aller chercher des secours lundi », a-t-il poursuivi.La femme souffre de blessures dans le haut du dos, mais elle est en bonne « santé physique et mentale », a également indiqué la police.Les crocodiles de mer, plus gros que ceux des rivières, peuvent atteindre 7 mètres de long.Vivant aussi bien en eau douce qu'en eau salée, ils sont répandus dans les cours d'eau du nord de l'Australie.Dix personnes ont été tuées par des crocodiles en Australie depuis 1982.La dernière victime est une touriste allemande de 24 ans, attaquée alors qu'elle nageait avec des amis dans une rivière d'un parc national.Mauvais cygne ASSOCIATED PRESS BALE, Suisse \u2014 Une passante a été heurtée par un cygne sur un pont en plein centre de Bâle en Suisse, apparemment à la suite d'un moment d'inattention du majestueux volatile qui remontait le Rhin lorsqu'il a été stoppé en plein vol par une guirlande de Noël.Déséquilibré, il est tombé de tout son poids sur une passante, a précisé la police.Sous le choc, la femme a été projetée contre la barrière du pont.Elle a eu plus de peur que de mal.Le cygne, en revanche, n'a pas survécu. LE LOOK DE LA SEMAINE TROUVAILLE PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE© PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE© À la fois coquette et extravagante avec son petit look rococo-baroque, Aude a laissé tomber depuis belle lurette le classicisme afin de s'ouvrir à la fantaisie.Laissant libre cours à son imagination, elle aime se concocter un look bien particulier; un style différent, quoi! Coiffure des années 50, chapeau des années 20 et jupe des années 2000: mélanges et superpositions sont au rendez-vous.Véritable fan de tissus, elle se réserve des journées entières de magasinage.Mais pas n'importe où.Son chouchou : Centraide.«Mon fun, c'est de découvrir des morceaux parmi un tas de trucs usagés.Ce n'est pas comme dans les friperies où la sélection est déjà faite.Quand je trouve, c'est trippant.Je peux aussi bien faire un bandeau avec une jupe ou une robe avec une vieille jaquette.» Éclectiqueàlabase, Aude s'identifie au look d'époque mais reste tout de même très urbaine.Sporty-clash-chic-punkette sont autant de synonymes pour la définir.«Quand on s'habille, c'est comme une oeuvre d'art quotidienne, on ne choisit pas vraiment la mode.Je suis mes émotions du moment et ça donne des styles bien différents chaque jour.» Friande de tissus zébrés et à pois, de jupons et du fameux t-shirt-jeans (oui oui, comme tout le monde un bon dimanche après-midi), cette avant-gardiste n'a pas fini de surprendre.LYSONMARCHESSAULT COLLABORATION SPÉCIALE LOUISE LABRECQUE COLLABORATION SPÉCIALE Qui a dit que la pastille de plastique noire faisait vieux jeu?Il n'en est rien.Clin d'oeil aux années 60 et à Paco Rabanne, cette rondelle brillante retrouve sa place là où domine la tendance rétro.Afin de vous mettre au diapason de la saison, adoptez ces pastilles sixties qui ajouteront un brin de folie lors de votre prochain party de bureau.Optez pour la minirobe cocktail réinventée par la créatrice new-yorkaise Anne Klein ou alors préférez cette camisole Holt Renfrew qui métamorphosera un simple tailleur en tenue de fête.HOLTRENFREW, (125 $) 1300 SHERBROOKE OUEST (514) 842-5111 AUDE BEAUCHAMP BOURDEAU Rafaële Germain collaboration spéciale H C 'est juste un ami JE T'AIMEMOI NONPLUS élène est assise au bout de la grande table, en train d'essayer d'ouvrir une huître.«Ce n'est pas ouvrable, ces maudites affaires-là», marmonne-t-elle entre deux jurons.«C'est ton couteau qui ne doit pas être efficace», dit-elle à Delphine, qui prend un air offensé.«L'autre jour, j'étais chez Laurent et il n'avait aucune misère à ouvrir ses huîtres.Plop plop plop, ça y allait par là.» Delphine et moi échangeons un regard amusé.Plop plop plop?«Il en a ouvert 24 en cinq minutes», ajoute Hélène en serrant les dents \u2014 elle force tellement que tout le haut de son corps tremble.«C'est qui, Laurent?» demande Delphine.\u2014C'est un ami.L'huître s'échappe soudainement des mains d'Hélène et vole vers la porte d'une armoire, à l'autre bout de la cuisine.«OK.C'était la dernière fois que je touchais à une huître.On est d'accord?» \u2014 Ça va, ça va, dit Delphine en se penchant pour ramasser l'huître.Mais euh.c'est juste un ami, Laurent?Tu ne nous en a jamais parlé.\u2014 Ah, vous n'allez pas commencer, vous aussi, hein?\u2014Commencer quoi?\u2014À sous-entendre des petites choses coquines avec votre petit ton fin finaud! Mon chum n'arrête pas de me dire que c'est suspect cette amitié.C'est un gars que j'ai rencontré au travail et avec qui je m'entends bien, c'est tout.On va souper ensemble de temps en temps.Je ne comprends pas.On dirait que pour Paul, c'est strictement impossible qu'un gars et une fille soient juste amis.Delphine et moi émettons un ouin simultané.Je me dis que Paul devrait faire confiance à sa blonde qui l'aime depuis 10 ans, mais, dans une certaine mesure, ses interrogations me semblent légitimes.Je sais que presque tout le monde, à unmoment ou un autre, s'est déjà posé la question: une amitié entre un homme et une femme peut-elle être exclusivement platonique?D'un côté comme de l'autre?Et je sais aussi que personne n'a jamais pu y répondre de façon définitive.«C'est normal que Paul se pose des questions», dit Delphine.\u2014 Je ne sais pas.soupire Hélène.Il trouve ça bizarre parce que je n'ai jamais eu d'amis gars, mais c'est juste parce qu'en général, je m'entends mieux avec les filles, c'est tout.Je ne comprends pas pourquoi il a tant de misère que ça à concevoir qu'un homme et une femme puissent être amis.Une conversation que j'ai eue, il y a longtemps, avec une de mes amies me revient à l'esprit.«Il n'est pas le seul, dis-je à Hélène.J'ai une amie pour qui c'est aussi absurde que d'entretenir une amitié avec une pierreouavec une poule, par exemple.Pire, je pense qu'à ses yeux c'est immoral.Quand je lui dis que j'ai des amis gars, elle ne comprend pas.Et, évidemment, elle n'est pas trop enchantée par l'idée que son chum puisse avoir des amies filles.Peut-être que Paul est un peu jaloux lui aussi.\u2014 Mais oui, c'est une question de confiance, s'écrie Hélène.Si je dis à Paul qu'il n'y a rien entre Laurent et moi, je m'attends à ce qu'il me croit, c'est tout.\u2014 Es-tu sûre qu'il n'y a rien entre Laurent et toi?\u2014Les filles! Franchement! \u2014 Non, je veux dire, OK, toi tu n'es peut-être pas attirée par Laurent, mais qu'est-ce qui te dis que lui ne l'est pas?Hélène me regarde comme si j'étais une élève de deuxième année.«Mais parce que je le sais, c'est tout! Câline, j'ai 40 ans, Laurent en a au moins 10 de plus, ce n'est pas comme si on était des ti-culs de 18 ans qui pensent juste au cul dès qu'ils voient une personne du sexe opposé!» \u2014 L'âge n'a rien à voir avec ça, dit Delphine.C'est vrai que lorsque tu es jeune, tu veux sauter sur tout ce qui bouge, et que c'est probablement plus difficile d'entretenir une amitié platonique à cet âge qu'à 50 ans, mais moi je persiste à croire qu'à 20 ans comme à 60 ans, une amitié entre homme et femme, c'est quelque chose qui repose sur un équilibre très, très délicat.Je fais une remarque: «En fait, on dit souvent qu'il faut désamorcer la relation pour qu'une amitié entre un gars et une fille fonctionne.Moi j'ai plusieurs amis de gars, et dans tous les cas sauf un, il y a eu, à un moment donné, une attirance d'un côté ou de l'autre.Dans certains cas, ça remonte à l'époque où nous avions 15 ans.On dirait qu'il faut que cette chose-là soit exorcisée d'une façon ou d'une autre pour qu'on puisse la mettre derrière nous et repartir à neuf, vraiment, avec une amitié.» \u2014 C'est vrai, ça, dit Delphine.C'est comme les ex.Si tu te sépares en bons termes, ils deviennent souvent d'excellents amis.Et souvent, comme tu es allée au bout de quelque chose avec eux, la tension sexuelle est, comment dire, évacuée?Hélène nous écoute, l'air un peu étonné.«Mais d'où sortez-vous?Il n'y a pas automatiquement une tension sexuelle entre deux personnes!» \u2014Non, lui dis-je.Pas au départ.Mais quand tu apprends à connaître quelqu'un et qu'il devient ton ami parce que vous avez des points en commun, que vous avez du plaisir à être ensemble, c'est plus que de la tension sexuelle, en fait.Souvent tu commences à te poser des questions, à imaginer : comment ça serait, nous deux?\u2014 D'accord, d'accord, dit Hélène en s'allumant une cigarette.C'est peut-être vrai.Et pour être parfaitement honnête avec vous, je me suis imaginée comment ce serait de baiser avec Laurent.Je pointe un doigt vers elle en criant: «Ha!Ha!» «Mais, poursuit Hélène enm'attrapant le bout du doigt, ça ne veut rien dire.Je fais ça tout le temps quand je rencontre des nouvelles personnes.Je les observe et j'essaie d'imaginer comment ils font l'amour.Pas vous?» Delphine et moi hochons la tête d'un air incertain.«En tout cas, poursuit Hélène.Ce que je veux dire, c'est que, la question peut se poser, l'espace d'un instant, mais au bout du compte, j'ai un chum que j'aime, moi, et je ne vois pas pourquoi j'irais me mettre à rêvasser à un autre gars, juste parce que je m'entends bien avec lui.OK là?» \u2014Mais oui, dit Delphine.On te croit, on te croit.Tout ce que je dis, c'est que ce n'est pas si étonnant que Paul tique un peu là-dessus.Il y a beaucoup de belles amitiés platoniques entre hommes et femmes.Mais il y en a aussi beaucoup qui sont plus ou moins ambiguës.L'affaire, poursuit-elle, c'est que c'est tellement difficile, de nos jours, de trouver un chum ouune blondequiade l'allure, de rencontrer quelqu'unavec qui tu peux vraiment partager quelque chose, que lorsque ça arrive, c'est difficile de ne pas se demander ce que ça donnerait si on partageait juste un peu plus.Je repense à Mignon qui a plusieurs grandes amies, et qui disait à l'une d'elles qu'ils seraient peut-être aussi bien de se marier.«On blaguait, m'avait-il raconté, mais il y avait quand même quelque chose là.Tu te dis, à un certain moment, que tu ne trouveras probablement jamais quelqu'un avec qui tu t'entendras aussi bien, alors que c'est un peu absurde de continuer à chercher.Mais en même temps, il ne faut pas forcer les choses.Dans certains cas, une amitié, c'est juste une amitié.Et tu sais, déjà ça, en soi, c'est quelque chose d'assez extraordinaire.» Questions?Commentaires?On peut écrire à Rafaële Germain à actuel@lapresse.ca ou au 7, rue Saint-Jacques, Montréal, H2Y 1K9.À l'occasion, dans ses chroniques, elle répondra à certaines questions de ses lecteurs.Je sais quepresque tout le monde, à unmoment ou un autre, s'est déjà posé la question : une amitié entre un homme et une femme peutelle être exclusivement platonique?D'un côté comme de l'autre?Et je sais aussi que personne n'a jamais pu y répondre de façon définitive.PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE© DOSSIER nelles, n'est évidemment pas le premier film à mettre en scène des femmes aussi violentes.Hollywood nous a déjà offert Pamela Anderson dans Barb Wire ou, plus récemment, Angelina Jolie dans Lara Croft, toutes deux également animées par ces motivations plus «masculines».Comment en est-on arrivé là?«Dans notre culture, nous sommes désormais à l'aise avec une telle image, répond Henry Jenkins.Le pouvoir, dans la culture populaire, se traduit par la représentation de la violence.Un moyen d'illustrer le pouvoir des femmes (dans la société), c'est de leur donner des armes (à l'écran)».Selon le spécialiste, l'évolution de la violence des femmes dans le cinéma hollywoodien se diviseentrois époques.Dans lapremière, remontant aux années 1960\u2014époque des Women in prison «Ce qui est ici nouveau, c'est qu'on est en train de voir de plus en plus de femmes animées à l'écran par des motivations jusqu'ici masculines», analyse aussi Henry Jenkins, directeur du centre d'étudescomparéessur lesmédias, au Massachusetts Institute of Technology (MIT).Ce qu'il entend par motivations masculines?«On se bat pour la cause», explique le professeur, joint à ses bureaux de Cambridge.Contrairement à la violence plus traditionnellement «féminine», où la femme se défend (du système, d'un mari ou d'une bestiole quelconque), ou encore protège (ledit système, un enfant, ou une bestiole quelconque), dans le cas d'une violence plus «masculine», la femme ne réagit à rien, mais elle agit.De réactive, elle devient proactive.Kill Bill, avec sa brochette de tueuses profession- Vous l'avez peut-être vu, ou du moins en avez-vous entendu parler.Le tout dernier film de Quentin Tarantino, Kill Bill, dont la suite est prévue pour janvier, est un film disons, très, très violent.On n'y compte plus les personnages massacrés, les têtes tranchées, les bras taillés.Le sang gicle comme s'il sortait d'une fontaine.Bref, dans le film, qualifié par certains critiques de «plus violent de l'histoire du cinéma», toute la boucherie n'est pas l'oeuvre d'un quelconque monstre musclé.Enfin si, mais le monstre n'est pas masculin, mais féminin.Et il n'est pas si monstrueux que ça, puisque c'est la très belle et très sexy Uma Thurman qui l'incarne.Et elle fait ici preuve d'une soif de violence insatiable, d'une agressivité démesurée jusqu'ici réservée, pour la quasi-totalité, à des personnages masculins.Son look musclé, Jada Pinkett Smith, alias Niobe dans The Matrix, l'a atteint en gagnant 15 livres (que du muscle, il va sans dire).Sois belle et bats-t i Avis à tous les Rambo et Terminator de ce monde: les poitrines voluptueuses et les fesses d'acier de ces dames n'ont plus rien à envier à vos biceps.Car pour le meilleur et pour le pire, la force du coup de poing ne dépend plus du taux de testostérone ni du poil au menton.Àl'écran, les femmes ne sont plus seulement victimes, elles sont aussi bourreaux.Mais y a-t-il vraiment de quoi se réjouir?UN DOSSIER DE SILVIA GALIPEAU VIOLENTESÀ L'ÉCRAN pour les intimes, ou, plus vulgairement, des Chicks in chains (nul besoin ici de traduction) \u2014, les femmes étaient violentées, violées ou autrement tabassées, souvent emprisonnées, se révoltant un beau matin contre le système, explique Henry Jenkins.Le producteur Roger Corman, le père du cinéma trash, incarne ce courant, avec, entre autres films de série B, Big Bad Mama (1974), au titre pour le moins suggestif.Quelques années plus tard, les femmes ont accédé au rôle de partenaire des hommes, à titre d'égales, ajoute le professeur.On peut penser ici à Jinx (incarnée par Halle Berry) aux côtés de James Bond, par exemple.Et puis d'égales, elles sont devenues des maîtres.Assez fortes, merci, pour ne plus avoir besoin de partenaire.Bienvenue dans l'univers de Kill Bill.Avant d'apparaître en bikini dans Charlie's Angels, Demi Moore a eu droit à une petite liposuction sur le ventre, les fesses, les hanches, à quelques injections de collagène dans les lèvres, sans oublier les couronnes de porcelaine qu'elle s'est fait poser sur les dents.Plus naturelle que ça .>>> DOSSIER Tous les spécialistes interrogés ne sont toutefois pas d'accord avec la lecture que fait ici le directeur du MIT.Certains ne voient pas d'égalité des femmes et des hommes dans la violence à l'écran, loin de là.«Il y a une recrudescence de personnages violents, mais on ne peut pasdirequ'il s'agissedelamêmeviolence», commente Mike Vienneau, chargé du cours Femmes et cinéma à l'UQAM.D'après lui, la violence des femmes reste, encore aujourd'hui, plus réactive que proactive.Si elles sont violentes, «c'est pour se défendre ou par mission», dit-il, mais rarement «gratuitement», commedans le cas d'un Ramboquin'hésite pas àmassacrer des milliers d'âmes.Pour Carole Zucker, professeured'études cinématographiques à l'Université Concordia, il n'y aurait pas non plus de nouvelle tendance en matière de violence féminine.De Bonnie and Clyde à Aliens, les exemples de violence commise par des personnages féminins ne manquent pas, dit-elle.Aujourd'hui, les femmes ne seraient ni plus ni moins sanguinaires qu'hier, pense-t-elle.Seule différence, «la violence est simulée par ordinateur», dit-elle avec une pointe de cynisme.Aupetit écranaussi Quoi qu'en pensent les spécialistes, reste que les chiffres démontrent une nette augmentation de la violence à l'écran, une tendance à laquelle les personnages féminins n'échappent pas.Guy Paquette, responsable du groupe de recherche sur laviolenceàlatélévision au Centre d'études sur les médias à l'Université Laval, a analysé la programmation de tous les réseaux généralistes (TVA, TQS, SRC, CBC, CTV et Global) de 1993 à 2002, en choisissant une semaine type du mois de mars chaque année.Résultat?«Il y a eu une augmentation notable de la violence», dit-il.En 2001 seulement, le professeur a noté une hausse de 25% de la violence par rapport à l'année précédente.Entre 2001 et 2002, «on a franchi la frontière psychologique des 10 000 actes (violents en une semaine)», indique-t-il.En1998, seule année où Guy Paquette a classé la violence selon les sexes, 85% de la violence était masculine, 15% féminine.Ce qui ne veut pas dire que les femmes soient moins violentes pour autant.Car si elles tapent et frappent peut-être moins souvent que les hommes, elles manipulent tout autant les esprits.«Je suis convaincu que si nous n'avions examiné que la violence psychologique, on aurait eu un rapport plus égalitaire», précise le professeur.Fait à noter, pour l'année 1998, les hommes faisaient davantage preuve de violence entre hommes que vis-àvis des femmes.Du côté des femmes, elles étaient tout autant violentes face aux hommes qu'entre femmes.>>> Autres femmes fatales en acier: Carrie-Anne Moss (Trinity) dans The Matrix (à gauche), les trois anges de Charlie, Lucy Liu, Cameron Diaz et Drew Barrymore (ci-haut), et Halle Berry en Jinx (à droite), la partenaire de James Bond dans Die Another Day.La violence des femmes reste, encore aujourd'hui, plus réactive que proactive.Si elles sont violentes, «c'est pour se défendre ou par mission», mais rarement «gratuitement».MIKE VIENNEAU chargé du cours Femmes et cinéma à l'UQAM. DOSSIER Ça, c'est Lara Croft, la vraie, l'héroïne du jeu vidéo, incarnée à l'écran par Angelina Jolie (dont les mensurations, soit dit en passant, n'ont rien à envier à celles du personnage virtuel).Même sans avoir les chiffres pour l'ensemble de la période étudiée, Guy Paquette ajoute: «Je suis convaincu que les femmes participent d'avantage à la violence qu'autrefois».Pourquoi?«Je n'ai pas d'explication.C'est l'évolution de nos valeurs et de nos moeurs, l'évolution de la place qu'occupent les femmes dans nos sociétés», répond-il.Violentes et sexy Y a-t-il de quoi se réjouir?Sans pouvoir éviter le jeu de mot, Henry Jenkins affirme que : «c'est une victoire à double tranchant.D'un côté, la culture populaire reconnaît le pouvoir des femmes, mais d'un autre, ce pouvoir s'incarne dans des personnages sexy avec des costumes très suggestifs.» Parce que les Pamela Anderson, Angelina Jolie, Uma Thurman et compagnie, avec leurs tailles de guêpe, leurs poitrines protubérantes et leur poigne de fer, ne sont pas des personnages ordinaires, prend-il la peine de préciser.«C'est unmiroir de la réalité, une reconnaissance de ce qui se passe», ajoute Carole Zucker.Mais il n'y a pas non plus de quoi se féliciter, préciset- elle.«Ça n'est pas extra de voir une femme hacher des têtes.Je ne pense pas que ce soit une avancée pour notre sexe.C'est une certaine forme d'égalité.Oui.Les femmes peuvent être aussi violentes que les hommes.Mais est-ce que c'est une bonne chose?Je ne pense pas.» Comme modèle pour les filles, «c'est nul (it sucks), dit-elle sans détour.Voulez-vous être une Charlie's Angels vous?» Pire, non seulement est-ce «nul», c'est aussi franchement «paradoxal», ajoute la criminologue Ruth Gagnon, directrice générale de la Société Élizabeth Fry, qui administre une maison de transition pour ex-détenues.Alors que, socialement, on dénonce la violence, les «modèles féminins sont de plus en plus des modèles de sportives, de filles athlétiques qui se défendent et qui agressent».Quant à conclure que ces représentations sont des incitations à la violence des filles, il y a un pas qu'elle refuse de franchir.«Je ne pense pas que cela ait une influence», dit-elle.D'après Guy Paquette, tout est question de distance.Si les filles réalisent que les Charlie's Angels, c'est de la fiction, pas de problème.«Dans la mesure où les gens sont capables de maintenir une distance entre la réalité et la fiction, je pense que pour la majorité des individus, il n'y a pas de problème.» D'un point de vue féministe, enfin, la violence des femmes à l'écran véhicule même unmessage sexiste.Le message est double, souligne ici Francine Descarries, sociologue à l'UQAM.«D'un côté, on dit que l'égalité passe par l'adoption des comportements masculins.Et d'un autre, on dit que quand les femmes deviennent violentes comme les hommes, elles deviennent pires que les hommes.» Cette quasi omniprésence de la violence à l'écran témoigne selon elle «de l'acceptation par l'ensemble de la population de la violence comme mode de résolution des conflits».Sans violence, point de salut, quoi.Mais réaliste, elle conclut: «évidemment, un film sur la négociation, ça ne serait pas très drôle!» VIOLENTESÀ L'ÉCRAN Uma Thurman, l'héroïne de Kill Bill, ne compte plus les têtes, les bras, et les pieds, qu'elle tranche dans le dernier film de Tarantino. DOSSIER DOSSIER SILVIA GALIPEAU >>> SOS rangement Vos placards ne vous appartiennent plus?Ils ont été envahis depuis des années par des patins usés, des skis démodés, des valises défoncées et autres babioles accumulées?La quête de vos clés est une croisade quotidienne, quand ce n'est pas les gants de monsieur ou le chapeau de bébé qui se sontt encore volatilisés?Rassurezvous, vous n'êtes pas seuls.Des experts en organisation ne demandent même qu'à vous soigner.ous voulez déménager car vous pensez manquer d'espace de rangement ?Vous criez sans cesse à vos enfants de ramasser leurs choses?Vous avez peur d'ouvrir certains placards.Si vous vous êtes reconnus dans l'un ou l'autre de ces symptômes, c'est sans doute que, comme des millions de gens, vous souffrez de désorganisation chronique.» Un petit communiqué anodin, comme on en reçoit des dizaines, est venu nous chercher bien loin l'autrematin.Nous ?Désorganisés chroniques?Allons donc! Le communiqué se poursuivait comme suit: «Par chance, il existe maintenant un remède efficace: l'organisation résidentielle».Qu'est-ce que cette nouvelle invention, vous demandezvous?Une profession en bonne et due forme, qui compte depuismaintenant trois ans une association, la POC (Professional Organizers in Canada), dont la division québécoise a été créée l'an dernier.Ces professionnels qui oeuvrent dans l'organisation résidentielle sont évidemment des gens bien organisés, capables d'écouter leurs clients et de leur faire des suggestions appropriées.Ils vous aideront à améliorer vos espaces de rangement et à vous défaire du superflu.S'il ne reste plus de lame aux patins et que les skis sont cassés, c'est un signe qu'il est temps de vous en séparer.En prime, ils travailleront avec vous pour adaptervotreenvironnementàvos petites habitudes.Marre de jouer à cache-cache tous les matins?Pourquoi alors cacher vos clés sous le journal, le bol de café ou le pot de confiture de la table de cuisine?Oups.L'auteure du communiqué, Sophie Legault, présidente d'Espace Retrouvé, offre trois types de services: le conseil (elle visite votre maison et émet de petites suggestions pour améliorer votre rangement), l'accompagnement (elle visite, conseille, et se lance dans le rangement en votre compagnie), ou carrément la prise en charge du rangement (en quelques heures, elle remet en ordre le chaos du garage, de la cuisine ou du garde-robe).Mettre ledoigt sur le bobo Un lundi matin, Sophie Legault est venue sonner chez nous.Objectif: des conseils.Pour ne pas avoir l'air trop atteinte par le syndrome de la désorganisation chronique, une demi-heure avant son arrivée, nous nous sommes affairées à astiquer notre petit cinq et demi.En un tour de main, les toutous de bébé se sont envolés dans la chambre, les jouets dans le coffre, le journal au recyclage, et la vaisselle dans l'évier.Mais la jeune femme n'a pas été dupe.En 40 minutes de visite, elle a été capable de mettre le doigt sur la plupart de nos bobos.Sans nous juger et plutôt en franche complicité, elle nous a suggéré de nous débarrasser de quelques inutilités, de replacer certaines babioles, et de déplacer quelques meubles.«Souvent, les clients vont pleurer, a-t-elle commenté.Ils vont se dire: mon Dieu, je rentrais dans ce pantalon! Mais il faut faire le deuil d'une vie passée.» Exit donc nos livres d'université, les Locke, Hobbes, et autres Platon, qu'on ne risque pas de consulter de sitôt.Cela fait mal, mais c'est un fait.Exit aussi l'intégrale de Nelligan, héritée de la grand-mère, mais jamais touchée en 10 ans.«Est-ce qu'on a vraiment besoin de tout ce qui nous entoure?On a des choix à faire», commente l'organisatrice en regardant notre collection de magazines.Désolée, mais celle-là, elle ne bouge pas.«V RANGEMENT Vos souliers à vous sont-ils aussi bien rangés?PHOTOS ALAIN ROBERGE, LA PRESSE© DOSSIER Sophie Legault n'est pas une sainte.«Chez moi, je pitche le journal par terre!», confie-telle.Lors de notre passage dans son petit appartement de l'est de la ville, son pyjama traînait sur son lit, et il y avait même de la vaisselle sale dans l'évier.«Je vis aussi, je ne suis pas capotée!» La jeune femme s'avoue aussi paresseuse, une paresse à l'origine de son sens de l'organisation.«Il faut se faciliter la vie!», ditelle.Pour ne pas avoir à chercher sans cesse le bon disque à écouter, elle a rangé ses CD par ordre alphabétique.Idem pour ses épices.Dans un placard de la cuisine, on a même aperçu les couvercles de ses Tupperware rangés non seulement par ordre de grandeur, mais aussi par couleur.Selon elle, pour mettre de l'ordre dans nos maisons, il faut avant tout prendre «rendezvous avec soi».Pas la peine de mobiliser un week-end au complet, quelques minutes volées pendant la pub en regardant la télé suffisent pour commencer.Il faut ensuite s'attaquer à la pièce ou au tiroir qui nous hérisse le plus, en passant tous les objets au test.Par exemple, at- on toujours vraiment besoin de son agenda du secondaire?Si oui, on le range, sinon, on le met à la poubelle ou au recyclage.Ces règles d'or de l'organisation sont partagées par la plupart des professionnels en la matière.Dans son best-seller Clutter Control, putting your home on a diet, Jeff Campbell dresse 12 règles, qui peuvent se résumer ainsi: dans le doute, on jette.Pas demain, ni plus tard, mais là, tout de suite.Mais pourquoi diable est-ce si difficile?«C'est comme se mettre au régime, répond-il, joint à ses bureaux de San Francisco.On sait qu'il faut manger moins et faire de l'exercice, mais le savoir, cela ne suffit pas».Ce qu'il faut, c'est passer enfin à l'action.Dans le doute, on jette.Pas demain, ni plus tard, mais là, tout de suite.Une armoire signée California Closets.PHOTOS ALAIN ROBERGE, LA PRESSE© RANGEMENT >>> Remettre les maisons en forme SILVIA GALIPEAU près le psy pour se remonter le moral, l'entraîneur pour retravailler son look, voici l'organisateur professionnel pour faire le tri dans ses placards.Mais d'où vient ce besoin de se faire organiser?«C'est qu'on a de plus en plus de choses», répond Anne Darche, publicitaire chez Allard-Johnson Communications.Non seulement on consomme de plus en plus, mais notre consommation est segmentée, ajoute-telle.Vous souvenez-vous du temps où les familles n'ouvraient qu'une seule boîte de céréales à la fois?Aujourd'hui, «il n'est pas rare de voir des familles avec sept ou huit boîtes de céréales ouvertes en même temps», indique-t-elle.Dans les familles, la femme et l'homme travaillant au même rythme, plus personne ne s'occupe à temps plein de l'organisation de la maison.Résultat: «Les gens sont de passage et les maisons doivent être des centres hyper efficaces!» Par ailleurs, vieillissement de la population oblige, les designers se sont mis à vendre non seulement des vêtements, mais aussi des accessoires de maison.«Le tiers de la population est composé de baby-boomers.Ce sont des gens au pouvoir d'achat important, rappelle la publicitaire.Mais à unmoment donné, quand le tour de taille s'épaissit, on a moins de plaisir à s'habiller, et plus de plaisir à habiller son intérieur.» En prime, les enfants de ces baby-boomers, qui constituent à eux seuls près de 20%de la population, sont tous en pleine adolescence.«Il y a un ouragan visuel et sonore dans les maisons, ce qui amène son lot de défis!» Pour se retrouver dans cet «ouragan» de produits consommés quotidiennement, les gens très riches s'achètent de l'espace.Les autres?«Une façon de s'acheter de l'espace, c'est de faire le ménage pour reprendre le contrôle de l'espace», répond Mme Darche.Fait à noter, les clients de ces experts en rangement ne sont pas de richissimes familles, mais bien des travailleurs ordinaires, souvent de jeunes couples, tout simplement débordés.La publicitaire ne voit d'ailleurs pas d'unmauvais oeil l'apparition d'organisateurs professionnels.«C'est comme un entraîneur ou un psychologue, ils remettent les maisons en forme!» DOSSIER Incursion dans les placards soignés d'une personne organisée.Maintenant, jalousez! RANGEMENT Michèle Dubreuil, directrice de Décormag, est plus sceptique.«Moi, personnellement, je trouve que c'est un peu tiré par les cheveux.Ça me dépasse un peu.» Elle se demande si on a besoin de quelqu'un pour nous dire d'acheter des petits paniers, comment ranger le fouillis de notre garderobe et où ranger nos boîtes à savon.«Mais pourquoi ne pas avoir un bel intérieur quand on travaille?s'interroge à son tour Viviane Djandji, l'une des propriétaires des magasins Au printemps, à Montréal, le paradis des accessoires de rangement.«Les gens ont beaucoup de vêtements, ils veulent que leurs espaces de rangement soient beaux et fonctionnels, mais sont très pressés», ajoute l'experte en rangement, qui oeuvre dans l'aménagement de placards depuis plus de 20 ans.Pourtant, le rangement n'a rien de bien compliqué, ajoute Lianne Deckelbaum, propriétaire de California Closets à Montréal.Cette mère de famille affirme que même les placards de ses trois jeunes enfants n'ont rien à envier aux photos des Real Simple, Martha Stewart et autres magazines de décoration.«Si on a une place précise pour chaque chose, c'est facile!» Mais attention! Ce n'est pas parce qu'on range mieux que l'on consomme moins.«Les gens se sentent organisés quand ils ont leurs choses dans des boîtes, commente Darrel Zehr, responsable du marketing chez Rubbermaid, expert en boîtes de rangement de toutes sortes.Après, ils peuvent consommer davantage.» Signe de cette fièvre de la consommation-rangementconsommation, Rubbermaid fait maintenant des boîtes de rangement destinées à des objets spécifiques.La favorite ces jours-ci, la boîte verticale, qui peut contenir jusqu'à 20 rouleaux de papier d'emballage! Pensez-y: 20 rouleaux! A-t-on besoin de quelqu'un pour nous dire d'acheter des petits paniers, comment ranger le fouillis de notre garde-robe et où ranger nos boîtes à savon?Une armoire de cuisine revampée par Sophie Legault, organisatrice professionnelle.PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE© PHOTO SOPHIE LEGAULT MICHÈLE DUBREUIL, directrice de Décormag. 3187985A VA SAVOIR Petite revue de la semaine «people», mondaine et insolite Le bébé d'Edward et Sophie sort finalement de l'hôpital AGENCE FRANCE-PRESSE LONDRES \u2014 La dernière-née de la famille royale britannique, premier enfant de Sophie Rhys-Jones et du prince Edward, a quitté l'hôpital dimanche dernier, 15 jours après sa naissance prématurée.Le plus jeune fils de la reine Élisabeth II, sa fille dans les bras, et son épouse ont été salués par le personnel de l'hôpital Frimley Park dans le Surrey, au sud-ouest de Londres, à leur sortie de l'établissement.« Elle lui ressemble », a lancé la jeune mère, ajoutant qu'il s'agissait « du plus beau jour » de sa vie.Le nourrisson, qui n'a toujours pas de nom, est le septième petit-enfant de la reine Élisabeth II.Il est né le 8 novembre après une opération par césarienne effectuée d'urgence, un mois avant le terme de la grossesse.À sa naissance, il ne pesait qu'environ 2 kg.Le bébé princier, premier de la famille royale à naître dans un établissement public, Frimley Park, avait ensuite été transféré dans une unité spéciale de l'hôpital St.George dans le sud de Londres.Six jours plus tard, il était revenu à Frimley Park, où sa mère est restée jusqu'à mercredi dernier.Le nouveau-né est huitième dans l'ordre de succession au trône, juste derrière son père.Le prince Charles est premier, suivi de ses fils William et Harry.Viennent ensuite le prince Andrew et ses deux filles, Beatrice et Eugenie, puis le prince Edward et enfin le bébé de Sophie et Edward.Le septième petit-enfant de la reine Élisabeth II n'a toujours pas de nom.Le roi de Suède aurait favorisé son fils STOCKHOLM \u2014 Le roi Carl XVI Gustaf de Suède regrette toujours que la Loi de succession de 1980 ait stipulé que la couronne échoue à l'enfant aîné du monarque, donnant ainsi à sa fille Victoria la primauté au détriment de son frère cadet, Carl Philip, jusque-là héritier du trône.Interrogé par la télévision suédoise pour savoir s'il est toujours d'avis que ce changement de la Constitution du royaume fut une erreur, Carl XVI Gustaf a répondu : « Oui, bien sûr ! C'est simple.Une loi constitutionnelle qui agit rétroactivement, ce n'est pas bien.» Le Parlement suédois avait changé en 1980 la loi successorale de la monarchie constitutionnelle, privant ainsi le fils du roi, alors âgé de sept mois, de son titre de prince héritier et ouvrant à son aînée, Victoria, la voie au trône.Le couple royal a trois enfants : Victoria, née le 14 juillet 1977, le prince Carl Philip, né le 13 mai 1979, et la princesse Madeleine, née le 10 juin 1982.À la suite de cette déclaration du monarque durant le week-end dernier à la télévision, un porte-parole de la famille royale, Élisabeth Tarras-Wahlberg, s'est empressée de souligner que le roi était très content de la manière dont la princesse Victoria s'acquitte de ses tâches de future reine.L'intrus à l'anniversaire du prince Williams récidive ASSOCIATED PRESS LONDRES \u2014 Le comédien qui s'était fait connaître en s'invitant à la réception organisée pour le 21e anniversaire du prince William a écopé d'une peine de 28 jours de prison lundi dernier pour avoir aspergé un artiste et ses oeuvres de peinture rouge.Aaron Barschak, qui s'est autoproclamé « comédien terroriste », avait été reconnu coupable de dégradations volontaires le mois dernier et la justice l'avait prévenu qu'il risquait une peine de prison pour son « coup publicitaire ».Il s'était rendu le 30 mai dernier dans une galerie d'Oxford exposant les oeuvres des frères Jake et Dinos Chapman, et avait aspergé de peinture le premier, ainsi que les murs de la salle et certaines des figures grotesques pour lesquelles ils sont connus.Barschak avait expliqué à la police qu'il créait une oeuvre d'art.Mais le « comédien terroriste » s'était surtout fait connaître lorsqu'il avait pénétré le château de Windsor, le 21 juin, déguisé en Oussama ben Laden. FAITS ET GESTES Un survol d'informations sur des faits de société Taille de guêpe LE CORSET est revenu à la mode à la faveur de l'obsession des baby-boomers pour leur apparence, qu'ils veulent jeune.Disparu il y a une centaine d'années de la mode féminine de tous les jours, les corsets de style XVIIIe et XIXe siècles, améliorés pour éviter l'étouffement, font désormais partie de la garde-robe de nombreuses femmes « ordinaires » d'Amérique comme d'Europe.Âgées surtout de 30 à 55 ans, elles veulent généralement gommer un ventre rebondi ou rehausser un décolleté.Instrument de transformation temporaire, donc aux effets réversibles, il s'agirait même pour certaines d'un substitut de la chirurgie plastique.Idéal aussi pour les paresseuses qui détestent le gymnase ! Objets de lingerie fort recherchés, les sous-vêtements amincissants, dont les corsets font partie, ont vu leurs ventes augmenter de 3 % l'an dernier aux États-Unis, un marché annuel évalué à 400 millions de dollars.Sources : Associated Press ; Seattle Post-Intelligencer, Le Quotidien du médecin Bébé et la télé LES BÉBÉS ne restent pas inertes devant la télévision, dont ils tirent une « information émotionnelle », a montré une étude de l'Université Tufts, à Boston.On a présenté à des bébés une vidéo montrant des acteurs qui réagissaient à des objets.Des objets similaires étaient ensuite remis aux enfants âgés de 10 à 12 mois.Les bébés d'un an jouaient volontiers avec les objets montrés sous un jour agréable dans la vidéo, mais ils rejetaient ceux qui avaient paru effrayer les acteurs.Vie de misère QUELQUE 40% des sans-abri de Montréal dorment dehors de temps à autre, dans des parcs ou près de bouches d'air chaud, selon une enquête de l'Institut de la statistique du Québec.Dans la ville de Québec, un itinérant sur quatre dort parfois dehors.Le quart des clochards montréalais dorment par moments dans des lieux publics (gare, terminus, entrée des immeubles) et un sur sept choisit un endroit abandonné (hangar, garage).On estime que Montréal compte plus de 12 000 personnes sans domicile fixe, des hommes à 86 % et ayant la plupart du temps moins de 30 ans.Aussi, 28 000 démunis y fréquentent au moins une fois l'an les refuges ou les soupes populaires.Un itinérant sur cinq ne prend qu'un repas par jour.Une femme itinérante sur sept se prostitue, tandis qu'un homme sans-abri sur 11 est client de la prostitution.Seulement 4 % des hommes itinérants se prostituent.Plus de la moitié des sans-abri sont arrêtés par la police au cours d'une année et autant sont alcooliques ou toxicomanes.À Montréal, près d' un clochard sur deux vient d'ailleurs.Âge critique UN ADOLESCENT sur quatre, à l'âge de 16 ou 17 ans, passe de temps en temps la nuit hors du foyer familial sans la permission de ses parents, a trouvé une enquête longitudinale de Statistique Canada qui suit les mêmes personnes depuis l'âge de 10 ans.Lorsqu'ils avaient 12 et 13 ans, il est arrivé à 9 % de ces mêmes ados de rester dehors sans l'accord de leurs parents.Un adolescent sur sept a dérobé de l'argent à ses parents lorsqu'il avait 12 ou 13 ans, mais près d'un sur trois l'a fait à l'âge de 16 ou 17 ans.Environ 5 % des adolescents prennent part à des bagarres causant des blessures, tandis que 12%se livrent à du vandalisme.Le virus du nul EN INTERDISANT l'usage de la cigarette, les prisons du Colorado ont favorisé un marché noir très lucratif parmi leurs 18 000 prisonniers, presque tous des fumeurs qui font leur boucane la nuit ou dans les buanderies embrumées de vapeur d'eau.Le tabac introduit par les gardiens et les conjointes des détenus est vendu en « rouleuses » à 3 $ pièce (le papier de toilette sert à rouler).Le profit des trafiquants est de 50 fois plus élevé que pour la cocaïne, rapporte le Denver Post.Prolifiques LA FÉCONDITÉ dite « biologique » veut, en démographie, qu'une femme normalement constituée vivant en couple et n'essayant pas de limiter sa descendance accouche tous les deux ans et demi en moyenne, pour un total de 15 enfants au cours de sa vie féconde entre les âges de 13 et 50 ans.Les fermières québécoises nées avant 1900, et réputées pour leur forte fécondité, ont eu en moyenne sept enfants, mais toutes n'étaient pas mariées dès 13 ans, peu s'en faut, d'où leur moyenne inférieure au postulat de la théorie démographique.Aujourd'hui, il faut cinq Québécoises pour faire le même nombre d'enfants (1,4 par femme en moyenne).La fécondité a chuté partout sur la planète et s'établit à trois enfants par femme (encore cinq en Afrique).La fécondité la plus faible au monde se trouve en Arménie, avec une moyenne de 1,15.Il faut 2,1 enfants par femme, en moyenne, pour maintenir la taille d'une population.Sources : La Métamorphose de la population canadienne, par Jacques Henripin (Éditions Varia, Montréal), 2003 ;World Population Prospects (ONU) APHORISME «Le vrai domicile de l'homme n'est pas unemaisonmais la route, et la vie ellemême est un voyage à faire à pied.» \u2014Bruce Chatwin (1940-1989), naturaliste anglais FRANÇOIS BERGER fberger@lapresse.ca SAVEURS GOURMANDISE Robert Beauchemin collaboration spéciale arc-André Blanchard se demande bien pourquoi La Presse s'intéresse à lui.C'est que lui s'intéresse à toute la presse, puisqu'il est avocat de la défense, spécialisé en litiges de toutes sortes impliquant journalistes, photographes et compagnie, luttant tous pour la liberté d'expression.Mais Marc-André Blanchard a une autre vie, moins connue celle-là, moins médiatique aussi.C'est un passionné, un fou de cuisine, de bonnes tables et de grands vins.Dans sa coquette maison, la cuisine tient la place centrale, séparée de la salle à manger par un petit muret qui laisse entrevoir l'activité fébrile du chef.«On a tout refait ici, la cuisine a été repensée afin qu'on puisse recevoir les amis et la famille et que je puisse aussi participer à la conversation tout en cuisinant».Ensoleillée, ouverte sur un beau jardin, la cuisine a été conçue pour que l'éclairage mette en valeur chaque comptoir, chaque plan de travail et l'îlot central sur lequel tout est monté, préparé, malaxé.Et cette cuisine, est-il besoin de le dire, est équipée comme celle d'un grand restaurant, avec tous les outils auxquels on serait en droit de s'attendre de la part d'un chef professionnel.Tout en préparant la mise en place de ce soufflé au caramel qui prendra vie dans quelques minutes \u2014 tout est mesuré et versé dans des contenants distincts, comme à la télé: «la mise en place, c'est ce que tous les bons chefs croient être le préambule d'un repas fait avec efficacité», dit-il \u2014 Me Blanchard raconte son passé de gourmand invétéré.«J'ai vraiment découvert la cuisine en France.Mon père était professeur et avait pris une année sabbatique à la fin des années 60.On est tous allés vivre à Paris pendant cette période.C'est vraiment là que j'ai pris conscience de ce que voulait dire la fraîcheur des ingrédients, la qualité des préparations, des produits.J'ai aussi découvert le plaisir de l'abondance parce que juste en bas de notre appartement parisien, il y avait un petit marché où l'on achetait nos produits à tous les jours».Au Québec, à cette époque, on ne trouvait pas d'aubergines ni de courgettes, et le citron vert était à peu près inconnu.Que de chemin parcouru, selon Blanchard, qui s'anime devant les changements qui se sont produits.>>> SAVEURS PHOTOS PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE© Rencontre avec un sérieux gourmand Marc-André Blanchard à l'oeuvre. SAVEURS «Je me rappelle qu'à Saint-Jean-Port- Joli, où on allait prendre des vacances estivales, on ne trouvait aucun autre restaurant que des estaminets pas chers où la cuisine était épouvantable.C'était un désert.Ça a pris une génération et tout a basculé.Aujourd'hui, le village compte plusieurs bonnes tables».Produits nature Pour lui, il est clair que nous avons repris tout le temps perduet même davantage.En cuisine, Marc-André Blanchard part du produit nature.«On n'achète rien de préparé, on fait tout à partir des ingrédients bruts : les fonds, les glaces, les jus d'agneau, de perdrix, de dinde».En me disant cela et comme pour me le prouver, il ouvre la porte du congélateur où se trouvent des dizaines de contenants et de bacs à glace remplis de fonds de toutes sortes.«Comme ça, on peut faire ses sauces à la dernière minute et on a tout à portée de la main.Rien n'est plus facile que de faire un poulet rôti si on a un fond de volaille pour en faire une sauce».L'homme dans la jeune quarantaine a beau avoir étudié le droit, il semble tout à fait à son aise devant le four au gaz et le mélangeur.Il faut le voir tourner la cuillère de bois dans le caramel bien chaud en parlant de ses convictions profondes sur la liberté de presse.«De ça, on n'en aura jamais assez dans nos sociétés».Comme on aura jamais assez de bonnes tables.Puis, il nous parle du dernier déjeuner qu'il a pris en juin dernier à l'Ambroisie à Paris \u2014 un trois étoiles Michelin tout de même \u2014 en pleine canicule, lui et sa femme en shorts et en t-shirts, en soutenant que, vraiment, la France aussi avait changé.Que la haute cuisine aussi s'était démocratisée.Deuxième visite chez El Bulli Récemment, Me Blanchard est aussi allé chez El Bulli, lieu culte de la cuisine actuelle, à la frontière de l'Espagne et de la France, et s'est émerveillé de la manière qu'à ce chef de concevoir la chimie culinaire.«Au-delà des mousses et des vapeurs, le chef Ferràn Adria a réellement métamorphosé la façon de cuisinier.C'est tellement révolutionnaire et tellement complexe, et en même temps, sa cuisine ne sacrifie jamais le goût».C'est cette recherche du goût et cette curiosité qui lui fait dépenser des sommes folles en livres de cuisine, en magazines et en produits fins de toutes sortes.Il fréquente aussi les meilleures épiceries, les plus grands restaurants et se fait ami avec des cuisiniers, avec lesquels il échange sur la texture des sauces, le tout nouveau resto de Ducasse, le dernier livre de Bras.Si son intérêt pour les grandes tables lui vient de voyages, ceux-ci auront commencé quand il était étudiant.Entre le Barreau et le stage dans un bureau d'avocat, il est parti sac au dos pour plusieurs mois en Europe.«À l'époque, on n'avait pas beaucoup d'argent et le but était de rester le plus longtemps possible sur le vieux continent.Mais en ce qui me concernait, il ne fallait pas faire trop de compromis côté bouffe.Depuis, je prends des vacances en considérant toujours un passage chez les grands cuisiniers».Et le coût?«Ce n'est pas qu'une question d'argent, voyons; les Français, même s'ils n'ont pas les moyens de se payer une grande table toutes les semaines, s'en offrent à l'occasion.Et ça devient vraiment une fête, quand ils le font».La fête, ça résume un peu la philosophie de Blanchard, grand jouisseur, très grand gourmand.> Le plat qui a tout déclenché Le premier steak-frites, pendant son premier séjour à Paris.> Ce qu'il aime le plus maintenant «C'est difficile à dire.J'aime tellement de choses.Mais surtout les repas entre amis, ça compte vraiment.» > Ce qu'il aime le moins «Oh! Pas grand-chose, je suis vraiment omnivore, mais j'ai de la difficulté avec les andouillettes.En fait, tout ce qui est tripe me déplaît.Je n'aime pas trop les oeufs, ça doit venir de mon angoisse vis-à-vis des brunchs.Et le scotch, en fait tous les alcools.Je préfère le vin.» > Ses restaurants préférésà Montréal Toqué!, La Bastide, Cube, Au Pied de cochon, Il Mulino, Tchang Kiang > Les chefs qui ont eu le plus d'influence sur lui Ferràn Adria (El Bulli, Catalogne), Normand Laprise (du Toqué!) Michel Bras (à Laguiole, en France).Quelques questions.Il faut le voir tourner la cuillère de bois dans le caramel bien chaud en parlant de ses convictions profondes sur la liberté de presse.«De ça, on n'en aura jamais assez dans nos sociétés».Comme on aura jamais assez de bonnes tables. SOUFFLÉ AU CARAMEL ET SALADE D'AGRUMES Ce plat est une version personnelle d'un plat inspiré à Marc-André Blanchard par Marc Meneau, un grand chef étoilé bourguignon.Ce dessert en quatre temps, véritablement de saison, est certes bien «riche», mais comme l'avoue son auteur, «c'est l'hiver et on a besoin de quelque chose d'à la fois réconfortant et de complètement cochon».POUR 4 PERSONNES INGRÉDIENTS Pour le soufflé 250ml (1 t.) de lait homogénéisé bouillant 3 jaunes d'oeufs moyens 25 g (1 1/2 c.à soupe) de sucre 35 g (2 1/4c.à soupe) de farine tout-usage 6blancs d'oeufs Le caramel 150g de sucre 20 ml d'eau ou un peu moins d'une cuillère à soupe Pour la salade d'agrumes Pamplemousse rose et orange (ou oranges sanguines, et même clémentines selon la saison) Eau de fleur d'oranger Miel Pour le sorbet (1 litre de sorbet environ) 3 tasses de jus de pamplemousse ou d'orange 350g de sucre (1 1/3 t.) 1 c.à soupe de jus de citron PRÉPARATION 1.Faites préchauffer le four à 400ºF.Commencez à faire le soufflé.Fouettez les jaunes d'oeufs avec le 25 g de sucre jusqu'à ce que vous obteniez une belle coloration jaune pâle.2.Incorporez la farine.Rajoutez doucement le lait bouillant afin d'éviter de faire des grumeaux.Mettez sur feu moyen et remuez sans arrêt (idéalement avec une spatule qui résiste à la chaleur) jusqu'à ce que lemélange épaississe.3.Faites le caramel en mélangeant le 150g de sucre à l'eau et en faisant cuire à feu moyen dans un poêlon jusqu'à l'obtention d'une belle coloration dorée.Attention de ne pas laisser brûler le caramel, il aurait un goût amer.4.Incorporez lentement le caramel brûlant au mélange de jaunes d'oeufs, et lissez bien avec la spatule.Si vous ne parvenez pas à éviter les grumeaux, vous pouvez passer le mélange au tamis, une fois refroidi.5.Montez les blancs d'oeufs en neige (n'ajoutez aucun sel ni crème de tartre).6.Incorporez délicatement les blancs d'oeufs au mélange de caramel et remplissez avec le mélange obtenu quatre ramequins de taille moyenne, jusqu'à ras bord.Mettez au four et baissez la température à 350ºF.Laissez cuire les soufflés de 13 à 15 minutes.Pour la salade 1.Pelez les agrumes à vif et retirez-en les quartiers.Mettez dans un bol.Recueillez le jus et ajoutez une petite cuillère de miel liquide.Ajoutez aussi quelques gouttes d'eaude fleur d'oranger.Versez ce jus sur les agrumes et mettez de côté.Pour le sorbet 1.Faites bouillir pendant trois minutes tous les ingrédients.Refroidir et mettez dans le bocal d'une sorbetière puis turbinez.Vous pouvez aussi mettre au congélateur et casser les fragments de glace à toutes les 15 minutes jusqu'à ce que lemélange soit bien onctueux.Ou faites congeler et une fois bien pris, passez au robot.2.À mi-chemin de la prise, le sorbet devrait être encore légèrement liquide, ajoutez une feuille de menthe émincée finement.Et si vous le voulez, un petit morceau de citron ou de pamplemousse confit, finement émincé ou même de gingembre confit.L'assemblage 1.Après avoir sorti les soufflés du four, saupoudrez d'un peu de sucre glace et présentez sur une petite assiette.Sur une seconde assiette, présentez la salade d'agrumes et déposez une quenelle de sorbet au pamplemousse sur les quartiers.PHOTOS PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE© SAVEURS DU VIN Jacques Benoit jbenoit@lapresse.ca Il arrive, fréquemment, que l'on préfère un vin moins cher à un autre qui l'est davantage.Il n'y a là rien de très étonnant, peut-on dire.Le prix n'est pas un gage de qualité, en effet, d'autant plus que les viticulteurs ont tendance, surtout à l'heure actuelle, à gonfler artificiellement leurs prix.« Le prix fait partie de l'image de marque », répète-t-on souvent dans le milieu du vin.Autrement dit, plus un vin est cher, meilleur il serait.C'est, du moins, ce qu'on veut-on faire croire au consommateur.Ainsi, beaucoup de producteurs de Californie, prenant exemple sur Bordeaux, ont augmenté considérablement les prix de leurs vins, notamment de leurs cuvées prestige (ou prétendues telles), au cours des dernières années.Cela a marché un temps.Et puis la chose s'est retournée contre eux, puisque bon nombre de ces vins californiens très coûteux se vendent aujourd'hui de plus en plus difficilement.Tout cela pour en arriver à ceci.À savoir qu'on peut préférer \u2014 entre deux vins d'une même appellation et d'un même producteur\u2014 le moins cher des deux ! Goûtés ainsi en en ignorant le prix respectif, le Corbières 2001 Château du Grand Caumont \u2014 il s'agit de la cuvée courante de ce domaine\u2014 m'a semblé de la sorte nettement supérieur au Corbières 1999 Cuvée Impatience Château du Grand Caumont, qui est la cuvée prestige du même producteur.Grenat foncé sans être opaque, la Cuvée Impatience se présente avec un bouquet généreux, de petits fruits noirs et rouges, relevé par une note, comme on dit, confiturée, et aux nuances épicées (le bois) particulières.Vin charnu, il a du corps, des tannins fermes, et même assez rudes, de sorte qu'il fait un peu Corbières rustique d'autrefois.On peut ajouter qu'une partie de ce vin (40 %) est élevée en fûts pour une période de 12 mois.S, 978189, 20,25 $, FF $$, à boire, 1 an.L'autre, le Corbières 2001 Château du Grand Caumont, inscrit celui-là au répertoire général, est un vin complètement différent.Passablement coloré lui aussi, mais un peu moins que l'autre, son bouquet, dans lequel prédominent les arômes de petits fruits noirs de la Syrah, est extrêmement séduisant.Et on croirait presque, à son parfum, un très beau vin du nord de la vallée du Rhône, genre Côte-Rôtie.« Est-ce que je rêve ?» ai-je noté en le goûtant.Au plus moyennement corsé, il a de belles saveurs franches, beaucoup d'éclat en bouche, avec des tannins tendres et veloutés.Seule petite réserve qu'on puisse faire : l'après-goût ne persiste pas longtemps.Mais quel charme ! C, 316620, 14,25 $, FFF(F) $($), à boire, 1-2 ans sans doute.La Syrah compte pour 25 % de cette cuvée, à quoi s'ajoutent 15% de Grenache et 60% de Carignan, une variété jugée souvent quelconque, mais dont les fruits de vieilles vignes peuvent donner des vins soyeux et suaves.Or, selon son producteur, les deux tiers du Carignan (donc 40% de toute la cuvée) proviennent de vieilles vignes.De là, peut-on croire, le charme et l'éclat de ce vin étonnant.Aussi de Syrah La Syrah, avec entre autres le Cabernet Sauvignon, a la cote, comme on dit.Restons-en momentanément aux vins de cette variété ou qui en renferment une bonne proportion.Exemple, le Côtes du Rhône 2002 Chapoutier, qui est lui aussi, comme le précédent, un produit courant et donc vendu dans beaucoup de succursales.Élaboré avec de la Syrah et du Grenache à parts égales, c'est pourtant, chose rare, le Grenache et ses arômes de fruits rouges qui dominent au nez et en bouche.(Alors que la Syrah, normalement, même s'il y en a moins, éclipse le Grenache par la puissance de ses arômes.) Vin peu corsé, il possède un bon goût de fruits rouges, avec toutefois des tannins assez astringents, ce qui est sans doute dû au millésime 2002, lequel a été fort ingrat presque partout en France.C, 476846, 15,65 $, FF $($), à boire, 1 an.Le Côtes du Vivarais 2000 Domaine Gallety, d'une appellation très peu connue de la vallée du Rhône, est fait lui aussi des deux mêmes cépages, dans des proportions égales (moitiémoitié).Le style est fort différent.Grenat foncé, celui-ci a un bouquet de bonne ampleur, aux nuances de torréfaction (réglisse, entre autres) bien présentes, avec la Syrah qui perce à travers le tout.Charnu, corsé, ses saveurs sont elles aussi très marquées par les arômes de torréfaction, et ses tannins sont bien enrobés, sans dureté aucune.Lemoins cher est meilleur. SAVEURS À noter enfin qu'il s'agit d'un vin biologique, et donc de fruits cultivés sans produits ni engrais chimiques.S, 918615, 24,65 $, FFF $$$, à boire, 2-3 ans.Et le Shiraz, comme l'appellent les Australiens ?.Rares sont les vins de Syrah, d'Australie \u2014 ou donc de Shiraz \u2014qui ont les arômes caractéristiques des vins du même cépage de la vallée du Rhône, notamment d'olives noires.Richement coloré sans qu'il soit opaque, le South Australia 2000 Kalimna Shiraz Bin 28 Penfolds, au bouquet volumineux, très fruits noirs, relevé de nuances de torréfaction, genre goudron et réglisse, est ainsi.très australien, exubérant, et pas du tout Rhône ! La bouche est bien en chair, corsée, les tannins gras et veloutés.Très bon dans son genre, mais bien cher.S, 422787, 33,75 $, FFF $$$($), à boire, 3-4 ans environ.Le Coonawarra 2000 Shiraz Bin 128 Penfolds, et donc du même producteur, est dans le même style, mais en plus retenu, plus discret, de facture plus européenne, pour ainsi dire, avec des tannins serrés, quoique sans rugosité aucune.Très réussi également.S, 509919, 33,75 $, FFF $$$($), à boire, 4-5 ans.Bizarrement, le Cornas 2001 René Balthazar, du Rhône celui-là, d'un grenat-pourpre soutenu, a quelque chose.de quasi-australien, du moins au départ.Large, profond, de petits fruits noirs surtout, son bouquet comporte aussi, en effet, une nuance curieuse rappelant l'odeur de la confiture de fraises ! Puis, avec l'aération, cette nuance s'estompe.Sans être extrêmement concentré, c'est un vin relativement corsé, charnu, aux tannins compacts et en même temps veloutés.Très\u2014très\u2014bon.S, 480277, 43,25 $, FFF(F), à boire, 5-6 ans.Un Chablis Est-ce le millésime, jugé particulièrement réussi pour la Bourgogne ?Toujours est-il que le Chablis 2002 Joseph Drouhin es t un vi n étonnamment aromatique (on y détecte des notes minérales, de noix, de beurre aussi) pour cette appellation aux arômes d'ordinaire plutôt discrets.Beaucoup de saveurs aussi, bien nettes, avec aussi du corps pour un Chablis.Délicieux.C, 199141, 21,30 $, FFF $$($), à boire, 2-3 ans environ.D'un millésime dit « difficile» et beaucoup moins réputé pour la Bourgogne, le Fixin 2000 Clos Marion Domaine Fougeray de Beauclair, rouge clair à reflets rosâtres, au beau bouquet retenu, et donc peu intense, s'en tire plus que honorablement.Moyennement corsé, il a des saveurs franches et des tannins serrés, mais sans dureté aucune.Très bon, mais bien cher.S, 872952, 44 $, FFF $$$$, à boire, 2-3 ans environ.Le prix grimpe.Et, dans ce cas, la qualité de même.Un peu plus coloré que le précédent, le Vosne Romanée 2001 Domaine des Perdrix, encore très jeune, au suberbe bouquet, à la fois élégant et profond, est en effet remarquable en bouche.Par sa texture et donc la qualité de ses tannins fins et serrés, également en raison de la beauté de ses saveurs.Grand bourgogne.S, 862862, 70 $, FFFF, à boire, 5-6 ans au moins.Enfin, et sans doute encore là à cause du millésime, le Carinena 2000 Crianza Monasterio de las Vinas, d'Espagne, a, de mémoire, nettement plus de corps que dans de précédents millésimes.Il tiendra donc tête, sans problème, à des viandes rouges.Le bouquet est plutôt simple, mais de bon volume, relevé de notes boisées (genre.odeurs de madrier, m'a-t-il semblé), la bouche relativement corsée, sur des tannins assez rugueux.Fort bon quand même.Surtout à ce prix.C, 539528, 11,70 $, FF(F) $, à boire, 3-4 ans.Le plus grand magasin spécialisé en celliers et accessoires au service du vin au Québec Celliers Carafes Tire-bouchons et limonadiers Verres Casiers-bouteilles Cadeaux Appareils de réfrigération Accessoires pour sommeliers Cours de formation Ateliers et conférences Plus de 20 modèles de celliers en montre Le plus vaste choix de livres sur le vin Centropolis Laval (angle St-Martin et autoroute 15) 1910, av.Pierre-Péladeau, Laval (450) 781-8467 Téléc.: (450) 781-8468 Vinetpassion.com Spécial d 'ouverture Financement 24 mois SANS INTÉRÊT sur tous les celliers VINS ET METS François Chartier collaboration spéciale Harmonies élégantes pour grands bourgognes PHOTOS ROBERT SKINNER LA PRESSE© SAVEURS ême si les grands bourgognes rouges de la Côte de Nuits \u2014 où sont élaborés les plus grands rouges de pinot noir de ce monde, sur les coteaux des villages au nom prestigieux, tels que Gevrey- Chambertin, Vosne-Romanée et Chambolle- Musigny \u2014, sont réputés pour être les pinots noirs les plus substantiels de France, ce serait mal comprendre la Bourgogne que de cataloguer ses vins dans un style unique.C'est justement sur l'originalité et la diversité que la réputation des vins de cette grande mosaïque de terroirs s'est construite depuis que les moines en ont découvert les meilleurs lieux-dits au XIIIe siècle.Certains villages, tout comme plusieurs premiers crus et grands crus, produisent des vins rouges portant le sceau de l'élégance.Cette légendaire finesse bourguignonne semble aujourd'hui incomprise par les nouveaux consommateurs, aficionados des vins qui vous en mettent plein les papilles, plus souvent qu'autrement sans aucune subtilité et sans aucun sens du détail et de l'originalité.Pour parveniràlaréalisation de belles harmonies avec ces grands vins de Bourgogne, il faut savoir donner dans le détail, l'élégance et la précision.Il faut oublier les sauces aigres-douces de la cuisine moderne, tout comme les traces de vinaigre balsamique qui ornent trop souvent les assiettes des restaurants et les puissants fromages à croûte lavée.De foie et de poitrine de.volaille! S'il y a un domaine dont les vins se démarquent du goût généreux et sucré actuellement en vogue, c'est bien celui de Bruno Clair.Les modes passent, mais pas son style établi depuis 1979 et qui mise sur la finesse et la pureté.Àpreuve, ses épurés 2000, actuellement disponibles au Québec.Faites vos classes en matière de sobriété avec l'épicé Marsannay Les Longeroies 2000 Domaine Bruno Clair (41 $; S-873190).La finesse de son grain de tanin n'a d'égal que le soyeux de son gras et que l'épure de ses saveurs de girofle, de muscade et de cerise au marasquin.Parfaite structure pour s'unir à la fraîcheur des griottes et à la densité des foies de volaille qui composent la salade du même nom.L'épuré et savoureux Bourgogne 2001 Georges Faiveley (20,75$; S-142448) ira dans le même sens.Quant au Chambolle-Musigny Les Veroilles 2000 Domaine Bruno Clair (56 $; S-880542), plus gourmand, plus ouvert, croquant de vérité et de fruit, avec une pointe d'estragon, il trouvera écho dans le moelleux et la finesse de texture des poitrines de volaille à la crème d'estragon.Ce mets, à la saveur de réglisse, fera le pont aromatique avec cet excellent chambolle ainsi qu'avec l'aérien et parfumé Maranges 1er cru Clos des Loyères 2001 Domaine Vincent Girardin (27,50 $ ; S-881722).Ces quatre vins sauront soutenir le crémeux du délectable fromage québécois Migneron, tout comme l'élégance du Gré des champs.Cailles, lapin, canard.Pour poursuivre sur le ton de la délicatesse, rien de mieux que la chair tendre d'une caille rôtie, qui aurait idéalement été farcie de griottes et de foie gras.Pour que l'accordsoit audiapason, il faut dénicher un vin à la fois subtil et velouté, aérien et moelleux, possédant de riches effluves de griottes et d'épices douces, tel le Vosne-Romanée Les Champs Perdrix 2000 Domaine Bruno Clair (71 $; S-880534).Vous pourriez aussi braiser longuement des cuisses de lapin et les baigner d'une réduction du jus de cuisson parfumé à l'estragon, qui fera le pont avec les saveurs de réglisse du Gevrey-Chambertin 1er cru Clos Saint-Jacques 2000 Domaine Bruno Clair (129 $; Signature-725531), doté de tanins tissés avec du fil de soie.Pour le plus classique magret de canard rôti, il serait judicieux de choisir comme sauce d'accompagnement un limpide consommé de canard aux épices.Ce qui laissera place à la texture ultrafine du Chambertin-Clos de Bèze Grand Cru 2000 Domaine Bruno Clair (184 $; S- 714311) qui, comme le terroir le veut, possède quand même la chair, le gras et le volume connus des vins de ce cru.Le fromage français reblochon, tout comme le québécois Cadet Roussel, qui possèdent tous deux des notes aromatiques de terre humide, seront le choix ultime pour épouser la texture de ces trois grands vins de pinot noir.Thon rouge Les sceptiques à l'égard de l'harmonie entre les vins rouges et le poisson seront confondus ! Grâce à la texture satinée des grands bourgognes, doublée de la sève que recèlent certains grands crus, aucun goût métallique n'apparaît lors de la rencontre de ces deux géants de la gastronomie.Il importe que les tanins soient des plus fins, tout en étant d'une maturité optimum.À ce jeu du mariage du rouge sur rouge, le Clos des Lambrays Grand Cru 1998 Domaine des Lambrays (85 $; Signature-924399), à la couleur du thon oeil de tigre, au nez à la fois fumé, floral et fruité, à la bouche charnue sera sans aucun doute victorieux! Victoire qui sera aussi célébrée par la fraîcheur et la sève de l'épatant Chorey-les-Beaune 2000 Domaine Catherine & Claude Maréchal (30,25 $ ; S-917617).Optez pour un thon saisi, presque cru, accompagné d'une réduction de fond de veau avec des champignons sauvages et des lentilles vertes.Ce thon pourrait aussi être accompagné par la même base de sauce, mais que vous auriez liée au foie gras.Grands vins, grande cuisine oblige! Donc, malgré les prix élevés de certains de ces vins, faites-vous plaisir à l'approche des Fêtes, ou, encore mieux, inscrivezles à votre liste de cadeaux! Quelques harmonies.NOTES DU SOMMELIER COURRIER DU VIN M.Chartier, je garde quelques bonnes bouteilles dans l'armoire télé du salon de mon condo.Cet appartement est très lumineux et ensoleillé.Par conséquent, très chaud en été.J'ai une bouteille de Château Beychevelle 1991 que je conserve ainsi dans des conditions très peu appropriées.Mais j'ai été très chanceux, car les quelques autres bouteilles que j'ai gardées dans ces conditions étaient, à mon humble avis, parfaites lors de la dégustation.Scientifiquement, cela est évidemment contre nature, mais devrait-on aviser vos lecteurs que c'est possible, mais loin d'être idéal, de garder du bon vin dans des conditions pas toujours idéales?Ai-je été très chanceux?MARCEL CHARBONNEAU Comme je l'ai écrit à plusieurs reprises, les conditions gagnantes pour obtenir une excellente maturation des vins est l'humidité (à plus de 70 %) et la fraîcheur (à plus ou moins 12ºC), sans oublier d'éviter les changements brusques de température.Donc, la façon dont vos vins sont entreposés est à mille lieues de l'idéal.Sur une courte période, disons moins de trois à quatre ans, vos vins ne devraient, je dis bien ne devraient pas trop en souffrir, même si des différences sont perceptibles à la dégustation de deux bouteilles du même vin qui ont été conservées dans des conditions différentes.C'est à long terme que ça risque de se gâter.Premièrement, en raison de la chaleur et des grands écarts de température, votre vin aura perdude sa fraîcheur initiale.Deuxièmement, le manque d'humidité aura desséché le bouchon et ce dernier, une fois amaigri, aura laissé malencontreusement pénétrer l'oxygène de l'air, ce qui est néfaste pour le vin.Donc, je vous conseille de boire au plus vite votre Beychevelle 1991 et de penser à entreposer vos futures bouteilles dans un cellier approprié.Identifiez le cépage LE CÉPAGE BLANC de l'énigme de cette semaine est un descendant direct du vitis apiana, grand cépage à la base des légendaires vins des empereurs romains, qui s'affirme aujourd'hui comme la perle des cépages blancs autochtones de Campanie.Les amphores romaines contenant le vin de ce cépage ont été les premiers contenants à indiquer l'origine d'un vin.Ce cépage est aujourd'hui à la base des élégants et suaves vins blancs provenant de la zone d'Avellino.Il embaume de jolis parfums de fleurs, de miel, de poire et de noisettes, complexifiés quelquefois par une touche minérale et soutenus par une bouche à la fois ample et fraîche.Il donne plus souvent qu'autrement des vins secs, mais aussi quelques excellents vins liquoreux.Il semble s'être très bien adapté à la Sicile depuis quelques années.GRANDS BOURGOGNES ROUGES Salade de foie de volaille aux griottes.Poitrines de volaille à la crème d'estragon.Caille rôtie, farcie de griottes et de foie gras.Cuisses de lapin braisées et jus de cuisson à l'estragon.Magret de canard rôti et consommé de canard aux épices.Thon rouge saisi, presque cru, réduction de fond de veau, champignons sauvages et lentilles vertes.Thon rouge saisi, presque cru, réduction de fond de veau liée au foie gras.Fromages: Cadet Roussel, Gré des champs, Migneron et reblochon.Santorin en danger?LE VIGNOBLE QUI recouvre la majestueuse Santorin, une île volcanique des Cyclades, où la viticulture connut un essor considérable au XIVe siècle grâce aux Vénitiens, semble aller vers sa disparition.Les jeunes ne sont pas intéressés par la viticulture et les vignerons, dont la moyenne d'âge est de 65 ans, n'ont d'autre choix que de laisser leurs vignes dépérir au profit du développement touristique, beaucoup plus rentable.Heureusement, quelques vignerons attachés à l'héritage ampélographique de l'île, qui comprend l'assyrtiko, le grand cépage blanc de la Grèce, tentent de faire classer le vignoble de Santorin au patrimoine mondial de l'UNESCO.Espérons que la tenue en Grèce des Jeux olympiques, en août 2004, ainsi que du Concours du meilleur sommelier du monde, aidera à la surviedudoucereuxvissantode Santorin.2003: retour vers le futur.SELON LES PLUS récentes données concernant le réchauffement du climat planétaire\u2014la haussepourrait osciller entre 1,4ºC et 5,8ºC avant la fin du XXIe siècle \u2014 les vins qui résulteront de la canicule qui a sévi en Europe en 2003 nous donneront un avantgoût de ce qui pourrait bien être la norme dans la seconde moitié du XXIe siècle.Les bouleversements climatiques sont actuellement si intenses que même le réchauffement qu'apporte le Gulf Streamsur l'Europe en période hivernale \u2014 phénomène dont les effets bénéfiques sont étroitement liés à la qualité des vins de Bordeaux entre autres \u2014 serait en voie de disparition.En France, le climat méditerranéen semble même progresser vers le Nord et pourrait bien s'installer d'ici quelques décennies jusqu'à Lyon.Donc, les vins de feu de 2003, à l'acidité basse, à la couleur profonde, au fruité tropical, possèdent un profil typique des vins des pays chauds du Nouveau Monde, tels le Chili et l'Australie.Même les cépages rouges d'Allemagne, habituellement presque tous vinifiés en mousseux, donneront de grands vins rouges tranquilles! Alors, lorsque les premiers vins européens de 2003 seront versés dans nos verres, n'oublions pas d'avoir une pensée pour le millésime 2067 que dégusteront nos descendants.François Chartier est l'auteur du guide d'achat des vins et d'harmonisation avec les mets La Sélection Chartier 2004, aux Éditions La Presse.On peut lui envoyer des questions à actuel@lapresse.ca ou au 7, rue Saint-Jacques, Montréal, H2Y 1K9.SAVEURS SAVEURS RESTAURANTS > L'art de recevoir en donnant FRANÇOISE KAYLER La table d'hôte du soir est à prix fixe.Jamais table d'hôte ne pourrait être plus généreuse que celle que propose ce restaurant.Cette générosité ne veut pas dire quantité dans l'assiette.Elle est synonyme de générosité élégante.Et le véritable art de la table est fait d'élégance.Chez Européa, on sait offrir.L'apéritif est servi avec trois petites bouchées, tartare de saumon et feuilleté de boudin.Mais ce n'est pas encore la « mise en bouche ».Elle arrive sous une autre forme.Ce soir-là, c'était une bisque de homard en forme de minuscule capuccino, un velours parfumé.Entre le plat et le dessert, un « avantdessert » viendra, qui unifiera les papilles en les rafraîchissant.Tuiles et petits biscuits concluront le repas en attendant le café.L'élégance L'élégance du geste s'accompagne de l'élégance des présentations.Vaisselle et verrerie sont choisies pour mettre en valeur chacun des services.Mais si le mets étonne le palais et si le plat étonne le regard, c'est toujours dans le respect de la cuisine L'élégance, elle est aussi dans la sobriété du décor.Européa est logé dans un espace dont l'aménagement initial a été entièrement transformé.C'est un beau restaurant, petit et accueillant, appuyé sur des murs de briques et de pierres, réchauffé par quelques tableaux, éclairé à partir des murs par une lumière douce.On peut jeter un coup d'oeil du côté de la cuisine en traversant le rideau qui la sépare de la salle.Et de ce côté-là aussi, le décor est élégant.Les amateurs peuvent y réserver une table.Le service, lui, a l'élégance et la générosité de la maison.Le cerf rouge de Boileau a droit à un traitement original en entrée.C'est le collier qui est servi, viande aux longues fibres, braisée pour devenir fondante et succulente, dont la texture moelleuse est piquée de lamelles croustillantes de rattes, ces pommes de terre à chair fine.Un oignon confit, une trace d'une sauce puissante sur fond d'assiette équilibrent et complètent la dégustation.Des girolles sautées coiffent la tranche de foie gras poêlée servie sur une purée de petits pois, fine comme une crème.L'ensemble est réjouissant, sensations douces et presque sucrées pour les saveurs, caressantes pour les sensations tactiles.Cette entrée se déguste en silence.Ce n'est pas un plat végétarien.C'est un plat de légumes.Des légumes que l'on connaît et que l'on ne traite plus de cette façon.Ils sont farcis d'une duxelle de champignons savoureux qui étonnent.Un plat simple et bien fait, présenté à la moderne comme pour une dégustation et qui fait appel à des valeurs oubliées.Européa fait partie de ces établissements qui ont des liens étroits avec les producteurs.La carte les identifie et, en particulier, dans le cas de ce lapin servi de trois façons.La cuisse confite au gras de canard, le râble légèrement farci, une aumônière croustillante enveloppant de petits morceaux de chair tendre.C'est une assiette dégustation intéressante avec, en garniture, des lamelles de pommes de terre d'un fondant particulier et une purée fine de céleri-rave, mais c'est un plat qui peut dérouter les amateurs de lapin à la moutarde.Le service du fromage peut tenir lieu de dessert.Présentés sur un chariot, bien identifiés, venant tous du Québec, les fromages sont accompagnés, non seulement de raisins et de noix, mais aussi de figues tièdes.Le vrai dessert, ce soir-là, c'était une mousse toute blanche enfermant une autre mousse, miel et marrons cerclés de chocolat blanc.Au verre, le vin est servi avec le même soin que dans le cas d'un choix de bouteille.EUROPÉA 1227, de la Montagne (514) 398-9229 Ouverture : du mardi au vendredi à partir de 18 h.Les jeudi et vendredi, le midi Fumée : Non Eaux embouteillées : importées et québécoise (St-Justin).Prix : 5,50$ Mise en bouche Collier de cerf rouge de Boileau, pommes de terre rattes croustillantes, oignon confit Escalope de foie gras poêlé sur purée fine de petit pois, girolles sautées Assiette de légumes d'antan remis au goût du jour, en petits farcis Lapin de la Lapinière en trois façons, jus au verjus Pré-dessert Mousse miel et châtaignes Café et infusion Menu pour deux, avant vin, taxes et service : 85 $ Au restaurant Européa, l'élégance du geste s'accompagne de l'élégance des présentations. SAVEURS LIVRES > «Terroir»: cachez ce mot GASTRONOTES > Cuisine et langue, même défense FRANÇOISE KAYLER Le terroir a bon dos.On l'utilise à tout propos du moment que le produit qu'il qualifie vient d'une région.N'importe quelle région.On a fait de ce mot ce que l'on a fait du mot gastronomie.Ni l'un ni l'autre ne veulent plus rien dire.« Terroir », c'est un beau mot.Un mot riche de sens.À une époque où l'on veut retrouver le vrai, le pur, le naturel, où l'on veut savoir d'où vient ce que l'on mange, à l'époque de la « traçabilité », c'est évidemment un mot vendeur.Et ceux qui l'utilisent pensent se rendre service, oubliant même que ce n'est pas parce que c'est du terroir que c'est bon.Que de produits dits « du terroir » sur nos marchés qui n'ont aucune qualité particulière, aucun caractère particulier ! Le consommateur devrait savoir que rien ne réglemente encore l'emploi de ce terme et que son utilisation n'est aucunement une garantie de quoi que ce soit.Pas plus que n'est encadrée l'utilisation du nom d'une région pour identifier un produit.Cela saute aux yeux quand une confiture de kiwis est associée à Charlevoix, mais c'est plus trompeur lorsqu'il s'agit d'un plat d'agneau, identifié sur un menu, alors que la bête n'a jamais vu le ciel de Charlevoix.Produit du terroir est devenu synonyme de produit régional.On confond la terre, avec tout ce qu'elle représente d'ancrage lié au sol, aux traditions, au savoir et au savoir-faire de ses habitants, avec le territoire.La publication du livre Les Terroirs du Québec illustre bien le fouillis dans lequel on insère l'utilisation du mot « terroir ».Le livre aurait pu porter son sous-titre en titre : Guide agrotouristique.Et le terme n'est même pas approprié dans ce cas, les agriculteurs qui sont présentés ne disposent pas tous des installations permettant d'accueillir des touristes.Ce livre promène le lecteur de région en région (16 régions) en s'arrêtant chez des producteurs (800 adresses) qui présentent toute une gamme de produits, régionaux, familiaux, artisanaux, fermiers, tous confondus.C'est un répertoire qui, comme tous les répertoires, a des lacunes inévitables puisque l'on y remarque, au moins, une fermeture d'établissement.Encore faut-il avoir la patience de décortiquer les informations, l'édition mêlant textes et photos dans une présentation du style Cercle des fermières.Mais où est le terroir dans ce livre des Terroirs du Québec ?L'auteur, même dans son texte « la loi du terroir, les labels et la certification », ne semble pas être très au courant de l'application de la Loi sur les appellations réservées du Québec.Il est évident que terroir ne rime pas avec passé.Le terroir se construit.Sinon nous n'aurions ni vache, ni poule, ni pomme.Il se construit, mais pas à n'importe quel prix.Normandie, produits du terroir et recettes traditionnelles, est le 22e volume de la collection L'inventaire du patrimoine culinaire de la France entreprise il y a près de 20 ans sous la responsabilité du Conseil national des arts culinaires, à la demande des ministres de la Culture et de l'Agriculture.Le premier objectif de l'inventaire est culturel.Le deuxième est économique.« Il doit permettre de mieux connaître le patrimoine alimentaire de la région étudiée et d'y associer des actions spécifiques permettant la relance de productions restées trop méconnues.Les produits dont la sélection a été faite selon des critères précis sont présentés dans des chapitres distincts : boissons, fruits, légumes, poissons et fruits de mer, produits laitiers, viandes et volailles.Pour chacun, la séquence de présentation est la même : particularité, description, historique, usages, savoir-faire.Une cinquantaine de recettes traditionnelles sont ensuite présentées.Mais l'essentiel de cet inventaire concerne les produits.Aucune illustration, mais une lecture passionnante.LES TERROIRS DU QUÉBEC Jacques Dorion, Trécarré NORMANDIE \u2014 Produits du terroir et recettes traditionnelles L'inventaire du patrimoine de la France, Albin Michel/ Institut régional de la qualité agroalimentaire (IRQUA) de Normandie FRANÇOISE KAYLER Manuel Vàzquez Montalban est mort.On le connaît peu ici, même s'il est déjà venu à Québec pour participer à un salon du livre.Il devait venir à Montréal à l'occasion du dernier Festival Montréal en lumière, mais des problèmes de santé l'en ont empêché.Il est mort subitement, seul dans une salle d'attente d'aéroport.Montalban est un écrivain catalan.Un écrivain engagé dans la défense de l'autonomie de la Catalogne.Il a défendu ses points de vue sur bien des plans, s'intéressant aussi bien à l'urbanisme qu'à la chanson populaire en plus d'être un gourmet militant.Et il a fait de la langue et de la cuisine ses chevaux de bataille.On a parfois résumé la création du personnage Pepe Carvalho en le réduisant à la dimension d'un personnage aimant manger, aimant la cuisine.Détective privé, Pepe Carvalho figure dans 20 livres.Dans chacun, si la part de la cuisine est aussi importante, c'est que pour l'auteur la cuisine est aussi essentielle que la langue pour différencier la Catalogne de l'Espagne.Dans Le Prix, si l'auteur décrit aussi minutieusement la préparation du pan con tomate, simple assemblage de pain, tomate, huile et sel, c'est que « ce prodige alimentaire a été découvert par les Catalans il y a un peu plus de deux siècles, avec une conscience tellement aiguë de leur découverte qu'ils en ont fait un trait d'identité au même titre que la langue ou que le lait maternel ».Pepe Carvalho cuisine, mange et boit.Il défend ce qui fait l'essence de la culture culinaire de cette Catalogne où, maintenant, on a remis en culture des produits qui disparaissaient, où l'on a repris l'élevage de races qui allaient mourir et où des chefs aux noms puissants font parler d'eux et servent d'exemple bien au-delà des frontières catalanes.Pepe Carvalho se définissait ainsi dans Avant que le millénaire nous sépare : « Je suis un moyen technique qui fait la cuisine.» Et qui fait si bien la cuisine dans les romans « plus ou moins policiers » de Montalban que l'on pourrait reproduire le plat.Et saisir ainsi une partie de l'identité catalane.Salon des cidres La deuxième édition du salon Cidres et saveurs du terroir se déroule aujourd'hui et demain dans les locaux du collège Saint-Hilaire, dans la municipalité du même nom.Initiative de la Confrérie des Chevaliers du cidre du Québec, organisme bénévole voué à la promotion des cidres du Québec, ce salon-dégustation accompagnera la présentation des cidres, de produits de boulangerie, de confiserie, de pâtisserie, de charcuterie, etc.Cette vitrine où les produits de la Montérégie seront mis en valeur se tient juste à temps pour donner des idées de cadeaux ou des suggestions de menus pour le temps des Fêtes.Pour tout renseignement : Tourisme Montérégie, (450) 469-0069 ou 1-866-469-0069.La cuisine selon Guy Savoy « C'est une discipline où le temps et le travail se conjuguent en une pratique soumise à l'appréciation de la vue, du toucher, de l'odorat et du goût.Ce sont les sens qui façonnent la réalité culinaire.La cuisine a ceci de commun avec les arts classiques qu'elle s'apprend par l'imitation d'un modèle.Elle est l'art de transformer instantanément en joie des produits chargés d'histoire.La cuisine mobilise tous les talents de la brigade afin de mettre en valeur les vraies saveurs des produits de la nature, le fruit du travail des meilleurs fermiers, éleveurs, pêcheurs et producteurs, tous justement conscients de la valeur d'un tel patrimoine ».Guy Savoy vient d'ouvrir à Paris, un cinquième restaurant, l'Atelier de Maître Albert, rue Maître Albert \u2014Albert-le- Grand, qui fut le maître de Thomas d'Aquin.La publication du livre Les Terroirs du Québec illustre bien le fouillis dans lequel on insère l'utilisation du mot «terroir». CONSOMMATION La troisième vie de Midge, la poupée enceinte SYLVIE ST-JACQUES COLLABORATION SPÉCIALE Il y a un an, les Wal-Mart américains jugeaient que Midge, la Barbie « enceinte », pouvait avoir une mauvaise influence sur les petites et retiraient de leurs tablettes la pauvre poupée.Un an plus tard, à l'approche de Noël, chez les Wal-Mart canadiens et les autres grands magasins où elle est vendue ici, Midge et son bébé sont plus populaires que jamais.« Aux États-Unis, ils (les magasins Wal-Mart) ont reçu plusieurs plaintes de clients qui craignaient surtout que la poupée Midge entraîne des cas de grossesse adolescente », explique Andrew Pelletier, porte-parole de Wal-Mart Canada.Mais seulement les succursales américaines de cette chaîne ont été frappées par l'interdiction.Au Canada, Midge et son bébé n'ont pas subi la censure ni les plaintes de parents scandalisés.« Les consommateurs canadiens sont différents des Américains », pense Andrew Pelletier.C'est en 1963 que la compagnie Mattel a pour la première fois tenté de commercialiser la poupée Midge, qui portait alors le titre de «meilleure amie de Barbie ».À l'époque, sa protubérance abdominale avait mis dans l'embarras des consommateurs qui craignaient que Midge incite les petites filles à poser des questions un peu trop pertinentes sur les raisons de la différence anatomique de leur nouvelle poupée.En décembre 2002, Mattel a donné une seconde vie à Midge.Selon les résultats d'une étude du Conseil canadien d'évaluation des jouets, Midge et bébé (conçus par la collection de Barbie Mattel), se classent parmi les 10 jouets préférés des enfants qui ont participé une enquête évaluant de 400 à 600 jouets vendus au pays.Les enfants, dit Leigh Poirier, ont aimé le petit bébé magnétique qui se colle au ventre de Midge, une fonction qui lui permet ainsi d'accoucher et de retomber enceinte instantanément.«Les participants de l'enquête ont relevé que c'était une façon d'amorcer les échanges sur la famille, sur le fait d'avoir un bébé », ajoute-t-elle.La facilité de placer bébé dans les bras de Midge ainsi que les accessoires comme le berceau, la table à langer et les biberons sont autant de détails qui auraient séduit les petits consommateurs ayant participé aux tests du Conseil canadien d'évaluation des jouets.Francine Ferland, professeure à l'École de réadaptation de l'Université de Montréal et auteure de l'ouvrage Et si on jouait le jeu avec l'enfant de la naissance à six ans, émet de son côté certains doutes à l'égard de la pertinence de Midge et son bébé.« Les petites filles de 8-10 ans qui autrefois jouaient à la Barbie s'en désintéressent aujourd'hui.Les plus jeunes (3 à 6 ans) qui s'y intéressent auront du mal à manipuler le petit élément qui colle au ventre, et s'en désintéresseront probablement assez vite.À cet âge-là, les enfants ont besoin de concret.» D'autre part, Francine Ferland trouve que l'idée d'une poupée enceinte n'est pas mauvaise en soi, mais à condition que les dimensions de la mère et du bébé fictifs soient plus réalistes.« Ça peut être intéressant lorsque la mère de l'enfant est enceinte, par exemple.Mais je préférerais une poupée plus grande dans laquelle l'enfant peut entrer et sortir à sa guise le « bébé ».Ce serait une forme plus efficace pour exprimer toutes sortes d'émotions et de sentiments, que le fait de jouer avec une Barbie sur laquelle on pose un rond magnétique.« PHOTO AP Midge, la meilleure amie de Barbie.3181811A "]
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