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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
P. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 2003-12-20, Collections de BAnQ.

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[" Le partage a ses classiques.On peut contribuer à Centraide.Ou donner une pièce de monnaie au mendiant au coin de la rue.Mais l'entraide pousse parfois sous des formes inattendues, dans des lieux étonnants.Du bénévolat scolaire aux cafés Internet dans la brousse, en passant par les massages pour bébés, voici un tour d'horizon des différentes incarnations d'une même qualité humaine : la générosité.UNE BRÈCHE DANS LA BULLE RIMA ELKOURI relkouri@lapresse.ca Patricia voulait faire du bénévolat.Mais pas n'importe quel type de bénévolat.Elle tenait à faire ce qu'elle sait faire le mieux : masser.Qu'est-ce donc que cette histoire de bénévolat érotique ?demanderont certains.Où sont passées nos bonnes soeurs d'antan qui organisaient des bazars dans les sous-sols d'église ?Ne vous émoustillez pas trop.Patricia n'est pas masseuse dans un salon XXX, mais massothérapeute.Nuance.Une massothérapeute un peu mère Teresa à ses heures, qui croit que si chacun faisait du bénévolat dans son corps de métier \u2014 si l'électricien donnait par exemple quelques heures de son travail, le chef cuisinier cuisinait pour des gens sans le sou, etc.\u2014 le monde s'en porterait un peu mieux.Pourquoi ne pas masser une personne par semaine, gratuitement ?s'est donc dit la massothérapeute.Masser des corps qui ont mal, des corps qui ont besoin d'être dorlotés, mais qui n'en ont pas les moyens.Non pas pour recevoir une médaille.Non pas pour se donner bonne conscience.Mais simplement pour le plaisir de donner.L'idée lui trottait dans la tête depuis quelque temps.Ses affaires roulaient bien, la vie lui souriait.C'était le moment ou jamais.La massothérapeute s'est assise devant le téléphone.Elle a appelé différents organismes communautaires pour leur proposer ses services.À sa grande surprise, partout, elle se heurtait à des portes closes.Partout, on lui expliquait qu'elle pouvait rendre service en faisant un don, en distribuant des repas ou en aidant des jeunes à faire leurs devoirs.Mais les massages, oubliez ça ! Elle a tenté sa chance du côté des refuges pour femmes victimes de violence.On lui a répondu qu'il était trop difficile pour des femmes habituées de recevoir des claques d'accepter de se faire masser.Tout de même déterminée à mener son projet à terme, la massothérapeute en a parlé à ses clients.Elle a envoyé un courriel à ses amis.« Si vous connaissez quelqu'un qui aurait besoin d'un bon massage mais qui ne peut se le payer, faitesmoi signe.» Que ce soit un chômeur qui aurait intérêt à se détendre avant une entrevue, un étudiant sans le sou qui étudie fort pour ses examens, une jeune maman à bout de souffle, des personnes qui se relèvent d'un deuil, d'un cancer, d'une dépression, d'un exil involontaire.L'idée semblait excellente sur papier.Mais la stratégie de bouche à oreille a plus ou moins fonctionné.Parfois, des gens référés par des clients acceptaient l'offre.pour ensuite se désister à la dernière minute.Sans doute parce qu'il est souvent plus difficile de recevoir que de donner, s'est dit Patricia.Sans doute parce que les personnes qui vivent des situations difficiles et qui auraient le plus besoin d'un massage sont aussi les plus enclines à se replier sur ellesmêmes.Sans doute aussi parce que le toucher demeure un sens tabou.On l'associe d'emblée au sexe ou à la violence.Mais entre les deux, c'est comme s'il n'y avait rien.Notre société a beau être impudique, le fait est que les gens se touchent de moins en moins, constate la massothérapeute.Quand elle prend l'autobus ou le métro, elle est toujours surprise de voir à quel point une main effleurée par mégarde suscite des sursauts, voire des réactions agressives.Comme si nos bulles étaient de plus en plus larges, de plus en plus étanches.Comment faire une brèche dans ces bulles?De fil en aiguille, en poursuivant ses recherches, Patricia a finalement trouvé.Elle a appris tout récemment que le Centre canadien de recherche sur le toucher (affilié à l'institut Kiné-Concept, où elle a fait ses études) lançait, en collaboration avec le CLSC de la Petite- Patrie, un projet qui consiste à aider 70 jeunes mamans de milieux défavorisés ou chefs de famille monoparentale à masser leur nouveauné.Elle a sauté sur l'occasion.L'impact du toucher Le but du projet, c'est de démystifier le massage, de favoriser un meilleur contact entre la mère et l'enfant tout en recueillant des données sur l'impact du toucher dès la naissance dans les milieux défavorisés.La peau a un cerveau, une mémoire, comme l'a fait valoir l'anthropologue américain Ahsley Montagu, un des pionniers de la recherche sur le toucher.Des expériences menées dans les années 60 avec des bébés singes ont démontré que, contrairement à ce que l'on pourrait croire, la soif de toucher est encore plus forte que le besoin de nourriture.>Voir BULLE en 2 PHOTO ROBERT MAILLOUX, LA PRESSE Patricia, massothérapeute, enseigne à une jeune mère la façon de masser son bébé.INSTALLATION GRATUITE! (Valeur de 99.95$) 58$ 140$ Après le crédit de programmation de 140$.GRATUIT! \u2020 DC de WILFRED LeBOUTHILLIER 3182987A \u2020 À l'achat d'un terminal illico de base.Détails en magasin.LA CHARITÉ SELON YOUSSOU N'DOUR Alexandre Vigneault PAGE 5 SOMMES-NOUS PINGRES ?Louise Leduc PAGE 2 AIDER POUR LES NOTES Marie Allard PAGE 3 dossier L'ENTRAIDE PLUS L'ENTRAIDE L'entraide aux champs JUDITH LACHAPELLE Dans le bon vieux temps, que ce soit pour aider le voisin à bâtir son étable ou pour faire les foins, l'entraide allait de soi en campagne.Mais aujourd'hui, à l'époque des moissonneuses-batteuses et de la traite automatique des vaches, le travail agricole requiert moins de bras.«À part quand on passe au feu, se souvient le président de l'Union des producteurs agricoles, Laurent Pellerin.Quand ma grange a brûlé, il fallait que je gère tout le monde qui était venu pour nous aider à reconstruire ! » Le désir de rendre service est donc toujours là, c'est seulement que les occasions de se rencontrer sont moins fréquentes.Il faut alors les créer.Les fermes qui participent au programme d'Agriculture soutenue par la communauté (ASC) fournissent des paniers de légumes biologiques à leurs partenaires ayant investi dans la ferme.Elles les invitent à venir leur rendre visite et à leur donner un coup de main pendant l'été.« Mais juste le fait d'acheter des légumes locaux, c'est déjà une forme d'entraide », note Isabelle Joncas, coordonnatrice du programme à l'organisme Équiterre.À la ferme Cadet-Roussel, le coup de main des bénévoles est indispensable pour pouvoir offrir des légumes biologiques à prix abordables.Pour inciter les partenaires à donner une journée pendant l'été pour le repiquage des plants, pour le désherbage ou pour la récolte, la ferme Cadet-Roussel ajoute 60 $ au coût du panier annuel.À la fin de l'année, ceux qui sont venus à la ferme se voient rembourser 60 $.L'an prochain, la ferme songe plutôt à remettre double ration de légumes à ceux qui viendront mettre les mains à la terre.« Il y a deux catégories de gens, raconte Madeleine Roussel.Il y a ceux qui viennent parce qu'ils aiment ça, peu importe les 60 dollars, et il y a ceux qui ne viendront jamais.» Parmi les partenaires, beaucoup de familles viennent passer une journée pas comme les autres en reprenant contact avec la terre et les animaux.« C'est un peu comme un musée, dit Mme Roussel.Les gens de la ville sont un peu coupés de la campagne.Moi j'ai 57 ans, et dans ma famille on avait toujours un oncle, un grand-père qui avait une ferme.Mais aujourd'hui, les gens sont très citadins.Ils nous demandent : comment il se fait qu'il y a de la terre sur vos pommes de terre ?Eh bien, c'est parce qu'elles poussent dans la terre et qu'on ne les lave pas entièrement pour mieux les conserver ! » À l'automne, la ferme Cadet- Roussel fait une grande fête des carottes et des poireaux où une centaine de personnes viennent faire la récolte.En un après-midi, les bénévoles ont vidé les champs de leurs légumes et sont un peu plus sensibilisés aux mystères de la nature.« Si nos partenaires reçoivent ensuite une carotte un peu croche dans leur panier, ils se disent que c'est peut-être celle qu'ils ont déterrée et ils ne la voient pas de la même façon.Dans le commerce, il y a énormément de perte parce que toutes les carottes sont calibrées de la même grosseur.Nous, parfois, il y en a qui sont un peu tordues mais ce n'est pas grave, elles sont bonnes quand même ! » Maria Labrecque-Duchesneau, de l'organisme « Au Coeur des familles agricoles », se consacre à l'entraide psychologique entre producteurs.Ceux-ci se sentent incompris des consommateurs, ditelle.Et il n'y a rien de mieux que de passer une journée dans leur salopette pour comprendre un peu mieux ce qu'ils vivent.La journée portes ouvertes tenue en septembre a connu un succès fou et les producteurs lui parlent encore du plaisir et de la fierté qu'ils ont eu à accueillir des visiteurs sur leur ferme.Mais elle rêve aujourd'hui d'un autre projet, celui de jumeler la ville avec la campagne.« Tout le monde est capable de ramasser des roches, dit-elle.J'ai moi-même donné une journée de travail dans chacune des productions agricoles et je me suis beaucoup amusée.Pourquoi ne serait-ce pas le cas pour d'autres personnes ?Les gens pourraient y découvrir comment le travail de la terre peut être ardu.» Une telle corvée ne s'organise cependant pas à l'improviste, rappelle Madeleine Roussel.« Les personnes qui s'occupent des bénévoles travaillent plus ou moins cette journée-là, explique-t-elle.C'est sûr que les bénévoles nous donnent un bon coup de main, mais il faut tout leur montrer pour ne pas qu'ils enlèvent les carottes au lieu des mauvaises herbes ! » Mais à la fin de la journée, malgré la fatigue et la saleté, une nouvelle complicité s'établit entre gens de la ville et de la campagne.« Le monde urbain es t - i l conscient qu'il doit faire attention au producteur agricole ?se demande tout haut Maria Labrecque- Duchesneau.Parce que la passion, ça peut s'éteindre.Et c'est nous qui allons en souffrir.» .L'Agriculture soutenue par la communauté (ASC) : www.equiterre.qc.ca/asc Maria Labrecque-Duchesneau songe à mettre sur pied un réseau d'entraide où des gens de la ville pourraient venir donner un coup de main bénévole aux agriculteurs débordés.Elle invite les personnes intéressées à envoyer leurs coordonnées à son adresse courriel (entraideacfa@ hotmail.com ).N'attendez cependant pas une réponse immédiate de sa part, quelques étapes sont encore nécessaires avant de démarrer officiellement le projet.À l'automne, la ferme Cadet-Roussel fait une grande fête des carottes et des poireaux où une centaine de personnes viennent faire la récolte.PHOTO ÉQUITERRE À la ferme Cadet-Roussel, le coup de main des bénévoles est indispensable pour pouvoir offrir des légumes biologiques à prix abordables.Bénévolat: unmanque d'assiduité Confiez-leur des boat people à parrainer, des sinistrés du Saguenay à secourir, des victimes du verglas à réchauffer, donnez-leur quelques numéros de téléphone au bas d'un écran pendant un téléthon et les Québécois francophones se rueront pour secourir tout un chacun.Pour le bénévolat assidu, on n'est pas trop, trop champion.LOUISE LEDUC «Au moment de grandes crises, de pannes ou d'événements spéciaux, les francophones ont tout particulièrement le coeur sur la main, raconte Antonella Campa, coordonnatrice au Centre d'action bénévole de Montréal.Les anglophones, eux, sont plus du type à faire du bénévolat de façon régulière, toutes les semaines.» Une étude de marketing commandée à la firme Lavoie et David Associées il y a quelques années confirme ce dont se doutait déjà le Centre d'action bénévole de Montréal.Contrairement aux anglophones, peut-on y lire, les francophones ne se sentent pas d'emblée redevables à la société et ne se font pas bénévoles par acquit de conscience ou par devoir.Non, ce qu'ils recherchent, « c'est l'immense satisfaction de voir les fruits immédiats de leurs gestes ».Voilà pour la version politiquement correcte.« On dit que les Québécois francophones ont le coeur sur la main lors des grandes crises comme le verglas, mais connaissez- vous un seul peuple sur la terre qui reste de glace devant des sinistrés d'un drame ?» nuance Jacques T.Godbout, sociologue à l'Institut national de la recherche scientifique.Le sociologue conteste aussi l'idée reçue selon laquelle les Québécois seraient des donneurs spontanés qui ne prennent même pas la peine de réclamer leur reçu d'impôt.« Où sont les études qui prouvent que nous nous distinguons vraiment à cet égard ?Et qui a prouvé que les Québécois font beaucoup plus de dons qu'il n'en paraît, mais qu'ils réclament moins de reçus d'impôt que les autres Canadiens ?» Une chose est sûre : le temps des Fêtes est particulièrement propice aux bénévoles de l'immédiat, ceux qui veulent aider là, tout de suite.« En cette période de l'année, ça presse ! observe Mme Campa.Les gens appellent assez tard et veulent souvent qu'on leur trouve rapidement des activités bénévoles.Il s'agit souvent de parents désireux de montrer à leurs enfants que certains sont beaucoup moins choyés qu'eux.» Après l'État Les causes les plus populaires, temps des Fêtes ou pas ?L'aide aux enfants, aux personnes âgées.Le recrutement de bénévoles auprès de personnes handicapées intellectuelles ou physiques, par contre, est autrement plus ardu, poursuit Mme Campa.« Nombreux sont ceux qui nous disent se sentir mal à l'aise avec ce type de personnes ».L'État, qui a pris le relais de l'Église dans le soutien aux démunis, s'en remet de plus en plus aux quelque 8000 organismes communautaires que compte le Québec.En 1973, Québec ne subventionnait que 30 organismes de santé et de services sociaux.Aujourd'hui, il en subventionne pas moins de 2400 dans ce même secteur ! Dans tous les domaines confondus, le Québec verse aujourd'hui plus de 470 millions aux organismes communautaires.Et c'est loin de témoigner d'un grand progrès, note M.Godbout.« Quand on est rendu à solliciter des dons pour répondre aux besoins fondamentaux des gens, comme manger et se loger, c'est plutôt inquiétant ! Et je ne parle même pas du fait que l'on fait maintenant des collectes de fonds pour acheter des scanners dans les hôpitaux.Les organismes communautaires occupent de plus en plus l'espace de l'État de jadis, sans que l'on se soit vraiment questionné sur les responsabilités qui devraient toujours relever du gouvernement auquel on verse nos impôts, sans non plus que le travail des organismes communautaires ne fasse l'objet de contrôles très raffinés.» On ne parle plus de charité mais d'entraide, mais la réalité est la même.« Le problème, avec le bénévolat et le don, c'est qu'il comporte une bonne part d'humiliation pour celui à qui le geste est destiné, observe M.Godbout.Celui qui reçoit aimerait tellement ne pas avoir à tendre la main ! » Le donneur en retire au contraire une réelle fierté.et quelques autres avantages au passage.Ainsi, selon l'étude de Lavoie et David, si les bénévoles francophones plus âgés se disent surtout motivés par leur désir de rester actifs, de sortir de l'isolement, de se faire des amis et de se sentir utiles, les jeunes bénévoles francophones disent qu'ils espèrent au détour élargir leur réseau de contacts et décrocher une expérience de travail.Idem chez les anglophones : pour les plus âgés, le bénévolat répond au besoin de participer à la vie de la communauté ; les plus jeunes, eux, ajoutent que ce sera bon pour leur curriculum vitae et que leur engagement bénévole leur ouvrira les portes de soirées et d'événements où ils pourront rencontrer des gens.Plus pingres qu'ailleurs?Le toucher est crucial pour le développement de l'enfant LOUISE LEDUC L'Enquête nationale sur les dons et le bénévolat, réalisée par Statistique Canada en 2000, trace un portrait peu reluisant du Québec, qui, de toutes les provinces, arrive au dernier rang.Le pourcentage de Québécois faisant du bénévolat n'est que de 19 %, comparativement à 25 % pour l'Ontario, et 37 % pour l'Îledu- Prince-Édouard, par exemple.Les Québécois sont aussi, selon la même enquête, ceux dont le don annuel moyen est le plus bas \u2014 117$ comparativement à 383 $ pour les Manitobains.C'est dans la catégorie des jeunes de 15 à 24 ans (qui représentent 29 % du total) et chez les 35 à 54 ans (30 %) que l'on recrute le plus de bénévoles.« Chez nous, il n'est pas rare que des jeunes de 12 ou 13 ans frappent à notre porte alors qu'on ne peut les prendre qu'à partir de 14 ans, note Mme Antonella Campa, du Centre d'action bénévole de Montréal.On attire beaucoup de jeunes de 25 à 35 ans, des femmes essentiellement », poursuit Mme Campa.La bénévole type n'est donc pas cette dame fin cinquantaine ou début soixantaine aux cheveux d'argent.Celle-là est sans doute déjà trop prise par les soins à prodiguer aux parents ou au conjoint malade.À 90 %, les aidantes naturelles sont en effet des femmes qui, selon ce qu'a établi Francine Ducharme, professeur à la faculté des sciences infirmières à l'Université de Montréal, passent autant d'années à soigner leurs proches âgés qu'à élever leurs enfants, soit 18 ans.« Il ne faut pas se le cacher, dit pour sa part Johanne Charbonneau, sociologue à l'INRS.Envoyer un chèque à Centraide ou ailleurs, c'est vite fait, bien fait, et ça ne demande pas un grand effort.On peut aussi parvenir assez facilement à dégager quelques heures pour faire un peu de bénévolat chaque mois.Il en va tout autrement dans la sphère privée, là où il est impossible de travailler à temps plein et de s'occuper à temps plein d'un proche malade.» BULLE suite de la page 1 Mis dans une cage avec, d'un côté, une maman en fil de fer munie d'un biberon et de l'autre, une maman en peluche mais sans nourriture, les bébés singes préféraient mourir de faim dans les bras douillets de la mère en peluche plutôt que d'aller vers celle qui ne pouvait leur offrir que du lait.Bien sûr, les nouveau-nés ne sont pas des petits singes.Mais il ne fait plus de doute aujourd'hui que le toucher est crucial pour le développement de l'enfant.Il y a quelques semaines, Patricia a rencontré une première jeune mère, chef de famille monoparentale, et son nouveau-né.Elle a adoré l'expérience.Sauf que, là encore, figurez-vous que le plus grand problème des instigateurs du projet, ce n'est pas tant de recruter des massothérapeutes bénévoles.que de trouver des mamans qui accepteraient qu'on fasse une brèche dans leur bulle.Si vous connaissez des jeunes mères (moins de 25 ans) qui seraient intéressées à participer à ce projet, vous pouvez contacter Céline Normand, du Centre canadien de recherche sur le toucher.(514) 272-2254 ou par courriel : cnormand@ccrt-ctrc.org L'ENTRAIDE PLUS PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE Anaïs Lacroix, 16 ans, étudie à l'École internationale de Montréal, consacre 20 heures par semaine à la nage synchronisée et fait du bénévolat : « Je me dis que j'apprends plus en aidant les autres qu'en étant caissière au supermarché.» Aider pour les notes Oubliez l'image de la vieille dame qui fait du bénévolat pour remplir ses journées.L'entraide, ça s'apprend de plus en plus jeune.Y compris à l'école.Coup d'oeil sur un phénomène en pleine expansion.MARIE ALLARD «Au début, personne ne voulait que mes ados aillent faire du bénévolat dans leur organisme, se rappelle Jany Lavoie, coordonnatrice du service communautaire à l'École internationale de Montréal.Les gens avaient peur de se faire voler ! Aujourd'hui, c'est différent : nous croulons sous les demandes.» Chassez vos préjugés : il n'y a pas que les retraités qui font du bénévolat.Les jeunes s'y mettent aussi, par choix ou par obligation.Depuis 13 ans, les 625 élèves de l'École internationale de Montréal doivent par exemple tous faire de « l'implication communautaire » pour obtenir leur diplôme, peu importe s'ils ont un anneau au sourcil ou les cheveux bleus.Ils ne sont pas seuls : la règle existe dans les 85 établissements québécois membres de la Société des écoles d'éducation internationale (SEEI).« Le service à la communauté est situé au coeur de notre programme, confirme Louis Bouchard, directeur général de la SEEI.Nous enseignons aux jeunes qu'il est important de redonner à la communauté, sans attendre d'avoir 60 ans pour le faire ! » Les élèves fréquentant ces écoles doivent consacrer de 10 à 25 heures par an au bénévolat, selon leur niveau d'études.«Les nôtres font plutôt 45 heures en moyenne (par année), le soir ou la fin de semaine », souligne Mme Lavoie.Ce n'est pas vain, puisque la nouvelle Politique d'évaluation des apprentissages du ministère de l'Éducation (MEQ) prévoit reconnaître les efforts des jeunes bénévoles.Mention spéciale au bulletin ou crédits supplémentaires?La formule n'a pas encore été déterminée, mais le MEQ tient à « valoriser certains apprentissages résultant d'expériences faites hors du cadre scolaire ».Obligatoire en Ontario Le reste du Canada va encore plus loin.Déjà, en 2001, quatre provinces canadiennes exigeaient un certain nombre d'heures de bénévolat comme préalable à l'obtention du diplôme d'études secondaires.« Le plus radical de ces programmes est mis en oeuvre en Ontario, où chaque élève est tenu de faire 40 heures de participation communautaire avant d'être diplômé », dit l'étude Perspectives bénévoles : nouvelles stratégies pour favoriser la participation des jeunes, publiée en 2001 par l'organisme Bénévoles Canada.Tout cela porte ses fruits.Les jeunes Canadiens de 15 à 19 ans ont enregistré le taux de bénévolat le plus élevé de toutes les tranches d'âge, avec 37% de bénévoles contre 26% pour l'ensemble de la population, selon L'Enquête nationale sur le don, le bénévolat et la participation 2000 de Statistique Canada.Parmi eux, 35 % ont dit faire une activité bénévole parce qu'ils y étaient obligés.Au Québec, où la tendance du bénévolat scolaire est plus récente, seuls 18% des 15 à 24 ans donnent de leur temps de façon organisée, soit 1% de moins que l'ensemble de la population.Ils ne sont pas fainéants pour autant, leur engagement étant de 140 heures en moyenne par année.« Nous n'avons pas de portrait global de la situation, mais nous voyons par l'entremise des médias régionaux qu'il y a des projets d'entraide un peu partout », indique Denis Pouliot, porteparole de la Fédération des commissions scolaires du Québec.Au Canada, les deux activités bénévoles les plus souvent accomplies par les adolescents sont l'organisation d'activités (53 % le font) et les collectes de fonds (39 %).Les organismes qui en bénéficient sont d'abord ceux qui se consacrent à l'éducation (notamment l'aide aux devoirs), aux services sociaux (hôpitaux) et aux arts, à la culture et aux loisirs (musées, sports organisés).Le bénévolat est-il cool ?Aider son prochain n'est cependant pas aussi cool que de traîner au centre commercial.« Les adolescents ont souvent l'impression que le bénévolat est ennuyeux, mal organisé et prévu pour les femmes âgées de la classe moyenne », reconnaît l'étude de Bénévoles Canada.Àl'École internationale de Montréal, seuls une trentaine d'élèves sur 625 font leurs heures sans enthousiasme, affirme Mme Lavoie.« En 1e et 2e secondaire, c'est difficile pour certains élèves qui sont gênés.D'autres sont tout excités, ils ont hâte de sauver le monde ! Aller passer une entrevue, puis travailler avec des adultes les emballe au plus haut point.Je dois leur rappeler qu'ils ont des études, une vie familiale, et qu'il est hors de question qu'ils soient dans la rue quand il fait noir ! » Au fil des ans, la coordonnatrice voit ses élèves devenir plus responsables, ouverts aux autres et autonomes.«Être acceptés par des adultes et être utiles à autrui les valorise énormément, indique-t-elle.Ils viennent me voir le lundi matin et me disent : Jany, la vieille dame que je suis allée reconduire à la messe hier, elle avait les larmes aux yeux tellement elle était contente ! » Ils restent malgré tout des jeunes.« Je leur fais signer un contrat avec les dirigeants des organismes pour les responsabiliser, dit Mme Lavoie.Il arrive tout de même que certains disent à leurs parents qu'ils vont faire du bénévolat, alors qu'ils vont rejoindre leurs amis ! Que voulezvous, ce sont des adolescents.» La vieille dame que je suis allée reconduire à la messe hier, elle avait les larmes aux yeux tellement elle était contente ! C'est téteux mais ça rapporte MARIE ALLARD Anaïs Lacroix, 16 ans, est une vieille routière du bénévolat.Élève en 5e secondaire à l'École internationale de Montréal, elle a déjà donné de son temps à une garderie, un hôpital, une cuisine communautaire et des organismes de défense des droits de l'homme ! « Aujourd'hui, avec l'expérience que j'ai acquise, je peux dire que l'implication communautaire m'a permis de m'ouvrir l'esprit, indique la jeune fille dont la blondeur angélique n'est démentie que par un anneau au sourcil.Je suis consciente du fait qu'il y a des familles analphabètes au Québec.Elles ont besoin d'aide pour les devoirs de leurs enfants, ce qui est très différent de la réalité des élèves de mon école.» Dans les programmes d'éducation internationale, le bénévolat est aussi obligatoire qu'un cours de maths ou de français.N'est-ce pas un peu paradoxal d'être forcé à aider ?« Oui, au début, c'est un peu un fardeau de faire son implic, reconnaît-elle.Puis, tu te trouves toi-même, tu découvres tes intérêts et tu vas à un endroit qui te correspond.» En 1re secondaire, la jeune Montréalaise était bénévole dans une garderie.« J'étais mal à l'aise, j'étais à peine plus vieille que les enfants », rigole-t-elle.L'année d'après, elle décide de suivre une copine qui se rend à l'hôpital de Verdun.« On jouait aux cartes, aux poches ou au bingo avec les patients, ce qui nous permettait de les connaître, se souvient-elle.J'ai appris à parler avec les personnes âgées, à qui on ne s'adresse pas comme à des enfants, c'est illogique ! » Peut-être faut-il être un ado \u2014 et non pas un adulte \u2014 pour s'en apercevoir.En 3e et 4e secondaire, Anaïs devient livreuse de petits plats préparés par le Santropol roulant.« J'y allais avec des amis, c'était le fun ! On voyait par contre des choses difficiles.Des personnes avaient attendu toute la journée qu'on passe les voir cinq minutes.Ils voulaient qu'on reste plus longtemps, alors qu'on avait d'autres livraisons à faire.Disons que c'était dur de ne pas être troublée.» Depuis la rentrée, elle a plutôt décidé de défendre les droits de l'homme en se joignant à l'UNICEF et à Amnistie internationale.Cela correspond à un changement de la philosophie de son école, qui préfère maintenant voir les élèves monter un projet personnel plutôt qu'accumuler des heures de bénévolat à gauche et à droite.« Nous proposons trois étapes : la sensibilisation, l'action et la réflexion, indique Louis Bouchard, directeur général de la Société des écoles d'éducation internationale (SEEI).Au départ, ce sont les professeurs qui sensibilisent les jeunes à la communauté dans leurs cours, puis le responsable de l'action propose différents engagements.Au terme de tout cela, l'élève doit faire un retour sur ce qu'il en a retiré.» Anaïs a étudié les droits de l'homme en classe, puis elle a décidé d'aller parler de l'UNICEF dans des écoles primaires de la région de Montréal.« Je fais des présentations, avec une grosse boîte lourde qui contient les cahiers et les crayons qu'on envoie dans les pays qui en ont besoin, explique-t-elle.Ça me touche plus que je ne l'aurais pensé.» À un point tel que son « projet personnel» \u2014 une minithèse de fin d'études secondaires exigée par le SEEI \u2014 porte sur les droits des enfants.« Je pense aussi aller étudier en droit international, indique-t-elle.C'est téteux de dire ça, mais le bénévolat a été aussi important pour moi que les apprentissages scolaires.» . PHOTO MARTINCHAMBERLAND, LA PRESSE Edgardo Burin, Nora Golic et leurs enfants Anabel et Carlos ont rapidement refait leur vie à Montréal.Débarqués à Dorval en août dernier en provenance de l'Argentine, ils ont profité de l'étonnant programme d'aide aux immigrants juifs mis en place par leur communauté.« Tu sens qu'il y a quelqu'un derrière toi, quelqu'un qui connaît bien la vie ici et qui peut t'aider dans tous les domaines », raconte Edgardo Burin.AIDE AUX IMMIGRANTS Atterrir en douceur PLUS L'ENTRAIDE Des premières démarches pour obtenir un visa jusqu'au premier emploi dans son pays d'adoption, l'immigration est une véritable course à obstacles.L'aide que la communauté juive offre aux nouveaux arrivants permet d'amortir le choc.KARIM BENESSAIEH Egdardo Burin et Nora Golic sont arrivés à Montréal en août dernier.En quelques mois, le couple d'Argentins a trouvé emplois et logement\u2014un coquet 6 et demi dans Côte-des- Neiges.Leurs deux enfants, Anabel et Carlos, suivent les cours dont ils rêvaient et ont même reçu un petit prêt étudiant.La rapidité avec laquelle ils ont refait leur vie ici fait rêver.Leur secret?Ils sont juifs et ont eu l'aide active et gratuite de leur communauté.Toutes les semaines, par exemple, leur conseillère les appelle et s'assure qu'ils n'ont besoin de rien.C'est elle qui leur a appris à monter un curriculum vitae à la québécoise ou à chercher un appartement de façon efficace.« En Argentine, plus le C.V.est long et mieux c'est.Ici, on doit être « synthétique », explique Nora Golic.Pour l'appartement, nous avons commencé à fouiller dans les journaux.On nous a plutôt conseillé d'arpenter les rues et de sonner aux portes : c'est comme ça qu'on a finalement trouvé ce qu'on cherchait.» « Tu sens qu'il y a quelqu'un derrière toi, quelqu'un qui connaît bien la vie ici et qui peut t'aider dans tous les domaines », résume Edgardo Burin.Guillermo Felsztyna, sa femme Miriam Schrager et leurs deux filles de 7 et 3 ans ont atterri à Dorval en octobre 2002, en provenance de Buenos Aires.Quatorze mois plus tard, ils ont tous les deux un emploi, elle comme enseignante, lui comme employé de bureau, grâce aux services d'emploi offerts aux immigrants juifs.«L'aide qu'on a reçue, c'est fondamental, ça fait une grande différence, estime M.Felsztyna.Et je n'avais jamais vu une organisation aussi efficace, des gens aussi solidaires qu'à Montréal.» De l'aide à l'obtention des visas en Argentine jusqu'à l'inscription à l'école des deux petites filles, en passant par les rencontres sociales qui leur ont permis de rencontrer des Argentins bien implantés ici, les Felsztyna-Schrager ont eu droit au traitement royal que réserve leur communauté à ses nouveaux arrivants.Et ce n'est pas fini : M.Felsztyna, qui était avocat en Argentine, peut compter sur l'aide de professionnels pour passer son examen au Barreau québécois.Un mythe, la fameuse solidarité juive envers les nouveaux arrivants ?La réalité est en tout cas très séduisante et ferait pâlir d'envie tous les gouvernements qui rêvent d'intégration et d'accueil des immigrants.Les Burin-Golic et les Felsztyna-Schrager font partie des quelque 780 familles d'immigrants juifs qui ont été accueillies cette année à Montréal par leur communauté, dans le cadre de l'étonnant programme des Services d'assistance aux immigrants juifs (JIAS).En résumé, les nouveaux arrivants sont pris en charge avant même leur arrivée et sont littéralement couvés pendant les deux premières années.Gratuitement, uniquement parce qu'il faut bien s'entraider.Tout un départ pour une nouvelle vie, on en conviendra.« Nous avons un comité appelé le Welcome and Hospitality Committee qui va accueillir les gens à l'aéroport, les transporter, que ce soit une seule personne ou une famille de huit, avec leurs bagages, dit Howard Magonet, coordonnateur de programmes et services au JIAS.Nous allons les mener à leur appartement et, s'ils n'en ont pas, nous avons quelques suggestions pour eux.» Chez l'immigrant, l'espoir se mêle presque toujours à un sentiment de grande perte, parfois à une détresse difficile à comprendre pour la société d'accueil, souligne M.Magonet.« C'est compliqué au jour le jour : où dois-je aller pour me trouver une carte d'assurance-maladie?Comment trouver mes médicaments à la pharmacie ?Où est le métro ?Quel est le système d'autobus ici ?Toutes ces choses que nous tenons pour acquises parce que nous sommes nés ici, elles doivent être enseignées aux immigrants.» Les Argentins s'organisent Les quelque 2000 immigrants accueillis l'an dernier proviennent, pour près du quart, d'Argentine.Les autres pays d'origine les plus courants sont la France, les États de l'ex- URSS et Israël.Le phénomène récent de l'immigration argentine est évidemment lié à la grave crise financière qui a secoué le pays en 2001.« La communauté argentine déjà installée ici a elle aussi son propre réseau, note le coordonnateur.Ils sont très organisés et très efficaces.C'est fascinant de voir comment nous avons dû changer nous-mêmes nos façons de faire afin de les accommoder.Un exemple : JIAS utilise maintenant le courriel pour établir un contact et aider les immigrants potentiels à l'étranger.« Avant, nous n'en avions jamais besoin parce que la plupart des gens qui voulaient immigrer étaient déjà physiquement à Montréal.» Une fois le contact fait, les professionnels de l'organisme \u2014 ils sont 11 employés permanents dans les locaux du centre communautaire juif de Côte-des-Neiges \u2014 vont aider les immigrants à obtenir le meilleur score possible auprès des autorités canadiennes.« Nous les guidons.Il y a des gens par exemple qui peuvent être à cinq ou six points d'être acceptés, alors nous leur disons, par exemple, qu'ils pourraient avoir des points supplémentaires s'ils étudiaient le français.Même chose s'ils obtenaient un diplôme dans tel domaine.Il y a plusieurs combinaisons possibles.» Une fois acceptés, les immigrants sont accueillis à l'aéroport avec une banderole, reçoivent chacun un panier contenant quelques produits de base et obtiennent, moins de deux jours plus tard, un rendez-vous avec un conseiller.Cet employé de JIAS sera en quelque sorte leur mentor, leur guide dans le dédale administratif.«À leur arrivée, les immigrants sont confiés à un conseiller qui, pendant ces deux ans, s'assure qu'ils ont un toit, de la nourriture sur la table, s'occupe des aspects sociaux.Pour tous ces services, il existe des consultants qui vont faire payer, et cher, souligne M.Magonet.Mais nous, nous le faisons gratuitement.Une centaine de bénévoles sont prêts à aider l'organisme dans sa mission, précise-t-il.Un des projets qui lui tient le plus à coeur est l'appariement des immigrants avec une famille établie à Montréal.Le processus est soigneusement conçu pour mettre en contact des gens aux goûts et au vécu semblables.On offre également une clinique de soins dentaires gratuits une fois par mois et un service de comptabilité pour les déclarations de revenus.« Beaucoup de gens sont impressionnés par le large éventail et la qualité des services que nous leur offrons.» Pourquoi tant de générosité à l'égard de purs étrangers?M.Magonet sourit quand on utilise le mot « étrangers ».« Il y a toute une histoire de soutien et de solidarité entre les Juifs.C'est un peuple qui a erré, de temps à autre, lance-t-il en riant.En fait, il erre depuis la nuit des temps.Quand des gens décident de quitter leur maison, nous, comme peuple, devons faire savoir à ces gens qu'il y a toujours une maison pour eux.» La première maison, précise-t-il, devrait être Israël.Et c'est ce choix que JIAS tente d'abord de « vendre » aux immigrants.« Mais parfois, les gens ont déjà pris leur décision et ils ont décidé qu'ils ne voulaient pas aller là, dit le coordonnateur.Alors nous faisons la promotion de Montréal comme lieu pour immigrer.Parce que c'est une ville magnifique, elle a une saveur européenne, le statut d'une métropole.» « Et comme communauté, nous nous sentons bienvenus ici.» « L'aide qu'on a reçue, c'est fondamental, ça fait une grande différence.Et je n'avais jamais vu une organisation aussi efficace, des gens aussi solidaires qu'à Montréal.» Les matins de Noël à l'Accueil Bonneau ANDRÉ DUCHESNE Évelyne Racette a eu la piqûre du bénévolat par sa mère qui, chaque année à Noël, à Pâques et pendant les vacances d'été, accueillait deux petits orphelins, Pierre et sa soeur Marie.Les deux enfants ne vivaient pas dans le même orphelinat et n'étaient réunis que durant leurs brefs séjour chez la famille Racette.« Je me suis longtemps demandée si ce n'était pas cruel d'aller chercher des enfants le jour de Noël ou à Pâques, de leur faire vivre de bons moments et de les retourner au dortoir après, raconte Évelyne, 42 ans et conseillère en éthique dans la fonction publique québécoise.Mais Pierre, qu'elle a revu il y a quelques années, l'a rassurée.« Il m'a dit combien il avait appris avec nous ce qu'était une vraie famille.» Évelyne a voulu passer à ses trois fils cette tradition familiale de s'occuper de plus mal pris que soi, le jour de Noël.Pourquoi ?« Le 25 décembre est une journée de famille, où la solitude est plus difficile à porter.C'est une journée d'amour, de prospérité, d'abondance.Il y en a qui n'ont pas accès à cela.» Pendant cinq ans, le matin de Noël, Évelyne a donc amené ses trois fils, Simon, Thomas et Jérémie, servir des repas aux sans-abris à l'Accueil Bonneau.Même si la veille, elle avait reçu la parenté chez elle.Même si le soir de Noël, elle allait dans une autre fête.Un jour\u2014c'est son souvenir à la fois le plus cher et le plus triste \u2014 son cadet s'est approché d'un vieux monsieur amoché pour lui offrir un jus.« Jérémie avait alors 10 ou 11 ans.Il a les cheveux blonds et les yeux bleus.Le vieux monsieur lui a demandé s'il était un ange.Il lui a dit : « Tu me fais penser au petit garçon que j'ai été.» Il avait de grosses larmes toutes rondes sur les joues.Mon fils était tout à l'envers.Évelyne et ses fils n'iront pas à l'Accueil Bonneau cette année.Son aîné lui a dit qu'il ne voulait plus y aller.Évelyne sait que les trois garçons n'ont pas toujours trouvé cette expérience facile à vivre.Le contact avec les sans-abri n'était pas facile.« Je me suis dit que l'expérience n'était peut-être pas très positive », relate leur mère.Dans le bénévolat, certains cherchent un échange, un sourire, un merci, un éclair dans les yeux qui ne vient pas toujours.« On fait souvent du bénévolat pour échanger mais parfois, ce n'est pas ce qui survient.Il faut alors faire un don complet de soi », constate Évelyne.De l'expérience vécue, elle ne fait pas de constat d'échec pour autant.Au contraire, deux mois après lui avoir dit qu'il ne voulait plus retourner à l'Accueil Bonneau le 25 décembre, son aîné lui a annoncé son intention de faire du bénévolat auprès des jeunes démunis pour les aider dans leurs devoirs de maths, domaine où il excelle.En plus, il a commencé à donner un peu de son temps dans un hôpital.« La valeur de l'entraide est dans son coeur et son esprit », croit Évelyne.Elle poursuit : « Le bénévolat n'est pas quelque chose qui te remplit d'un immense bonheur.C'est plutôt un simple partage.» L'ENTRAIDE PLUS La charité selon Youssou N'Dour Avec Noël qui approche, plusieurs artistes et personnalités publiques nous incitent à ouvrir notre portefeuille et à partager avec les plus démunis.Combattre la misère, c'est aussi l'objectif de Youssou N'Dour, le chanteur africain le plus populaire de la planète.Plutôt que d'inviter les autres à donner, il a choisi de prêcher par l'exemple et utilise une partie de sa fortune pour financer un organisme de charité déterminé à changer durablement la vie des gens.La Presse l'a rencontré chez lui, à Dakar.ALEXANDRE VIGNEAULT ENVOYÉ SPÉCIAL À DAKAR L'espoir loge ici pour bien des Sénégalais sans ressources.La boîte aux lettres de cette grande maison rouge et bleu reçoit chaque jour des dizaines d'appels à l'aide.Les messages demandent un peu d'argent pour soigner un parent malade, pour envoyer un enfant à l'école ou simplement pour acheter de quoi manger.Ce n'est écrit nulle part, mais bien des Dakarois semblent savoir que derrière ce mur de stuc coloré se trouve le quartier général de Youssou N'Dour, l'un des hommes les plus riches du pays.« Lorsqu'il est à Dakar et que le bruit se répand, il y a des gens qui viennent attendre devant la porte toute la journée en espérant le voir », raconte Cheikh N'Dour, qui veille sur les lieux en cette très chaude première nuit d'octobre où le chanteur nous a donné rendez-vous.Youssou N'Dour a déjà vécu dans cette grande maison moderne pleine de fenêtres.L'endroit baptisé Xippi (« ouvre les yeux », en wolof, principale langue d'usage au Sénégal) abrite aujourd'hui un studio d'enregistrement à la fine pointe de la technologie ainsi que le bureau de la fondation qui porte son nom.« Ma musique ne m'appartient pas à 100%, elle vient en partie du peuple », expose Youssou N'Dour, qui a grandi dans la Médina, un quartier populaire du centre de Dakar.«Quand j'ai du succès et de l'argent, je dois donc en redistribuer une partie aux gens de mon pays.» Et le pays en a bien besoin.En 2001, la Banque mondiale estimait que le revenu moyen dans ce petit pays situé à l'extrémité ouest du continent africain était de 650$ par année.Un homme d'influence Dire que Youssou N'Dour domine la vie culturelle sénégalaise n'a rien d'exagéré.Ses chansons tournent continuellement à la radio et ses prestations, même en play-back, suscitent un enthousiasme qui frôle l'hystérie.Son opinion compte et son influence déborde largement la sphère musicale, même s'il se défend de faire de la politique à la manière des politiciens.« Tout ce qu'il dit ou fait a un impact, assure Aziz Samb, un producteur de télévision rencontré en marge d'un gala auquel participait le célèbre chanteur.Il est plus populaire que le président de la République.» Youssou N'Dour a pris conscience de son énorme influence en 1990.Son album Set (« Propre ») a spontanément suscité la naissance d'un mouvement d'écologie urbaine : du jour au lendemain, les gens se sont mis à nettoyer les rues, à rénover des logements, à repeindre des bâtiments et même à améliorer l'approvisionnement en eau.sans intervention gouvernementale ! Quelques fresques peintes à cette époque subsistent encore dans le centre de Dakar.« Ça m'a beaucoup fait réfléchir, admet le chanteur, en repensant à cet épisode.J'étais très fier de voir ce mouvement se développer et j'ai constaté que mon travail de musicien et les questions sociales se chevauchaient.» Une décennie plus tard, après avoir passé des années à faire du cas par cas, à donner à ceux qui font la manche, à prêter son nom, sa voix ou son image à diverses causes, au Sénégal et ailleurs, il s'intéresse au développement durable.Ou plutôt à la charité durable.Très attaché au concept des organismes à but non lucratif, il a créé une fondation dont le premier défi a été de mettre sur pied un réseau de centres communautaires branchés sur Internet.L'ambitieux projet baptisé Joko ( qui signifie « lien », d'après le titre de son album paru en 2000) s'est concrétisé en 2001, mais il n'a pas donné les résultats escomptés, sauf dans le village de Ngoundiane (voir autre texte).Des idées à la réalité Deux ans plus tard, la fondation a réajusté le tir et articule ses projets selon trois critères fondamentaux : tous les projets doivent viser la pérennité, la transmission d'un savoirfaire et impliquer au maximum les gens qu'ils desservent.«Il y a une tonne d'ONG au Sénégal et le pays n'est pas encore développé, remarque Fatou Thioune Sarr, administratrice de la fondation.Ces ONG font l'erreur de vouloir imposer une vision des choses, la leur.Elles ne mettent pas assez l'accent sur l'approche participative.» Plutôt que de donner du poisson aux affamés, Youssou N'Dour et ses collaborateurs veulent leur donner l'occasion d'apprendre à pêcher, pour reprendre une image souvent utilisée par les partisans de l'aide au développement.« Nous n'exécutons pas les projets que nous finançons, précise l'administratrice.Nous avançons des idées, nous recevons des demandes et nous allons chercher les partenaires les plus qualifiés, qu'ils se trouvent en Afrique ou ailleurs.» En octobre, lorsque nous avons rencontré Youssou N'Dour et ses collaborateurs à Dakar, deux projets avaient reçu le feu vert : un programme de bourses pour les jeunes femmes défavorisées et un autre visant à former des professionnels de l'industrie musicale, un secteur d'activité économique et culturelle important pour toute l'Afrique de l'Ouest.Jusqu'en janvier, 500 musiciens, producteurs et imprésarios en provenance du Sénégal et des pays voisins assisteront à des séminaires portant sur divers aspects légaux et techniques de leurs métiers.Et ce n'est qu'un début.Fatou Thioune Sarr, qui a travaillé pour Amnistie internationale à Londres, évoque notamment la construction d'un siège social pour la fondation à l'extérieur de Xippi.Un projet plus ambitieux qu'il n'y paraît puisqu'elle souhaite que le chantier de construction soit également un lieu de formation.L'immeuble serait érigé par de jeunes ouvriers en train d'apprendre des métiers tels charpentier, plâtrier et électricien ! Youssou N'Dour n'a toutefois pas la prétention de transformer l'Afrique à lui tout seul, même si sa fondation aspire à avoir un impact bien au-delà du Sénégal.« Mon projet est connu ailleurs sur le continent et les présidents d'autres pays me demandent d'aider à mettre sur pied d'autres structures comme celle que nous avons à Dakar, dit-il.Il faudrait que, dans chaque pays, des leaders coupent un peu de leur argent pour aider les autres.» Le jour, Xippi bourdonne d'activité.Trop de va-et-vient pour que le chanteur puisse se concentrer sur sa musique.Alors il y vient tard le soir.La nuit où nous l'avons rencontré, il enregistrait un album dédié aux grandes figures de l'Islam, paru le mois dernier au Sénégal sous le titre Sant Allah (gloire à Dieu).Ce reportage a été réalisé avec la collaboration d'Air France, qui a assuré le transport entre Montréal et Dakar.PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE Youssou N'Dour, le chanteur africain le plus populaire de la planète.« Ma musique ne m'appartient pas à 100 %, elle vient en partie du peuple.Quand j'ai du succès et de l'argent, je dois donc en redistribuer une partie aux gens de mon pays.» Un club Internet en pleine brousse L'artiste africain le plus connu ALEXANDRE VIGNEAULT NGOUNDIANE \u2014 Modou Nging n'est pas professeur d'informatique.Son boulot consiste plutôt à gérer les opérations courantes de la Mutuelle de crédit de Ngoundiane \u2014 équivalent local de nos caisses populaires \u2014 où toutes les transactions se font encore à la mitaine.Ces deux dernières années, il a pourtant contribué à une véritable révolution du savoir dans son village de brousse situé à une centaine de kilomètres à l'est de Dakar.Ici, l'éducation et même l'alphabétisation passent par l'initiation à l'informatique.Ngoundiane ne correspond pas exactement à l'image qu'on se fait d'un centre des technologies de l'information.Les villageois s'y déplacent à pied et dans des charrettes tirées par un âne ou un cheval.Des champs s'étendent à perte de vue au-delà des maisons coiffées de tôle ondulée.Toute la région vit principalement de la culture de l'arachide, du maïs et du mil.Les agriculteurs de Ngoundiane peuvent toutefois se vanter d'habiter l'une des rares communautés rurales du pays à posséder un pavillon informatique relié à Internet.En août 2001, la Fondation Youssou N'Dour et la compagnie américaine Hewlett-Packard y ont implanté le premier Joko Club à l'extérieur de Dakar.L'ambitieux réseau de cybercafés imaginé par le chanteur a échoué, pour le moment, mais c'est ici que l'idée s'est le mieux incarnée dans la réalité.« La collectivité en a fait un centre de formation pour toute la zone », explique Fatou Thioune Sarr, administratrice de la fondation.Dix ordinateurs Alors que le Joko Club de Dakar a vite périclité, celui de Ngoundiane a été complètement pris en charge par la communauté.Le bâtiment de stuc blanc rénové par la fondation abrite toujours les 10 ordinateurs branchés à Internet qui ont permis d'initier plus de 750 personnes à l'informatique et même d'alphabétiser un bon nombre de villageois.« Nous avons invité les femmes, les hommes, les jeunes, les gens âgés, il ne fallait pas faire de discrimination », précise Abdoulaye Ngom, président de la communauté rurale qui regroupe 15 villages et environ 24 000 habitants.« L'implantation d'Internet dans notre communauté visait à éviter un développement à deux vitesses.La pauvreté commence par le manque de connaissances », insiste-t-il.L'apport de l'informatique aurait d'ailleurs eu un impact très positif sur la réussite scolaire des enfants du village.« En faisant une dictée sur ordinateur, tu apprends non seulement à taper correctement, mais aussi à te corriger puisque les fautes sont soulignées », signale Abdoulaye Ngom.L'intérieur du Joko Club ressemble à une classe d'informatique.Une reproduction d'un clavier d'ordinateur occupe tout un mur au centre du local utilisé tour à tour par les écoliers et par la population.« En montrant les lettres sur le clavier, les gens apprennent vite à les reconnaître, indique Modou Nging, qui a formé et même alphabétisé plusieurs de ses concitoyens.Ensuite, ils découvrent les icônes et apprennent à naviguer assez facilement.La plupart des villageois utilisent Internet pour communiquer avec des correspondants à l'étranger ou pour lire les journaux puisqu'ils ne sont pas distribués à Ngoundiane.La radio publique constituait jusqu'ici la seule source d'information dans ce village pourtant situé à seulement une vingtaine de kilomètre de Thiès, deuxième ville en importance au Sénégal.En plus de donner accès à de multiples sources d'information, le Joko Club permet aussi la formation continue à distance.Le défi de Ngoundiane consiste aujourd'hui à entretenir son centre informatique.Chaque utilisateur doit débourser 1000 CFA par mois (2,34 $) pour avoir accès aux ordinateurs.En comparaison, une heure d'Internet coûte en moyenne 500 CFA au Sénégal.Le double ou le triple dans les régions les plus éloignées.Un exemple Ngoundiane est un exemple, selon Fatou Thioune Sarr.Les trois autres Joko Club implantés dans la phase initiale du projet n'ont pas bien fonctionné, convient Ousmane Sow Huchard, principal mandataire de Youssou N'Dour.« Puisque l'accès aux ordinateurs était gratuit dans le Joko Club de Dakar, personne ne s'en sentait responsable, les gens ne voyaient pas la nécessité de l'entretenir.» Qu'à cela ne tienne, Joko renaîtra sous la forme de franchises « à vocation sociale » au cours de l'année 2004.Ousmane Sow Huchard, qui a étudié au Québec il y a une vingtaine d'années, a imaginé un modèle de micro-entreprise inspiré de nos PME.L'idée demeure de permettre l'accès à Internet à prix modique dans des cybercafés exploités par de jeunes entrepreneurs.Idéalement quelqu'un du quartier, précise- t-il.« C'est comme cela ici, il est important de connaître la personne qui exploite un commerce.C'est mieux lorsque c'est un cousin ou un ami.» Fils d'un mécanicien et d'une griotte, Youssou N'Dour est né en 1959 à Dakar.Sa puissante voix au registre particulièrement étendu et son interprétation du mbalax, musique populaire sénégalaise où se combinent rythmes traditionnels et influences afro-cubaines, lui ont valu une notoriété internationale.Il est considéré comme l'artiste africain le plus connu dans le monde.Sa percée internationale, Youssou N'Dour la doit en partie à Peter Gabriel, qui l'a invité à chanter une chanson intitulée In Your Eyes sur son album So.Les deux amis ont souvent collaboré depuis.Des amis, Youssou N'Dour en a partout et entre autres au Québec.Il joue régulièrement avec le batteur Alain Bergé (anciennement chez Leloup) et a prêté sa voix à quelques chansons de Discosis, deuxième album du collectif Bran Van 3000.Il a rejoint Bono dans sa croisade pour l'annulation de la dette des pays du Tiers Monde.Musulman, il a annulé sa tournée nord-américaine l'hiver dernier à la suite de l'offensive militaire en Irak. PLUS L'Eldorado de l'Italie du Nord Dans la province agricole de Parme et dans toute l'Émilie-Romagne, qui abritent4millions d'habitants, dans le nord de l'Italie, l'économie tourne à plein régime.Chômage à4%, produit intérieur brut par habitant parmi les plus élevés au monde.Une formidable richesse assurée par des dizaines de milliers de microentreprises.Et par quelques géants qui sont souvent de simples entreprises familiales.LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE PARME \u2014 Le secret est plutôt bien gardé : la région la plus riche d'Europe, et sans doute du monde, se trouve en Italie du Nord, qui compte quelque 25 millions d'habitants.Aucune région française, ni même la très riche Bavière allemande, ne se compare à cette vaste zone géographique qui va de Gênes à Venise et de Turin à Bologne.Le taux de chômage dépasse à peine les 4%, et tous les entrepreneurs cherchent désespérément de la main-d'oeuvre.Alors que la moyenne européenne de production de richesse par habitant est fixée à l'indice 100, la Lombardie, région de Milan, est à l'indice 136, et la Vénétie, qui englobe Venise, à 130.En comparaison, la région française de Rhône-Alpes (Lyon et Grenoble), qui passe pour industrieuse et prospère, a un indice de 103 \u2014 et 10% de chômeurs.Symptôme qui ne trompe pas : les prix de l'immobilier en Italie du Nord sont deux fois plus élevés qu'en France, et Milan se compare plutôt à Londres, la ville la plus chère d'Europe.Le secret est d'autant mieux gardé que cette formidable richesse ne saute pas aux yeux au premier coup d'oeil : dans le Nord presque autant que dans le Sud, les chemins de fer sont de mauvaise qualité, tout comme le téléphone, la poste et, jusqu'à un certain point, les hôpitaux.Et le réseau routier laisse à désirer quand il n'est pas totalement saturé.« L'Italie du Nord, c'est la grande richesse privée et la grande misère publique: les Italiens s'occupent parfaitement de leurs affaires personnelles et familiales, pas du tout du bien-être collectif », note un journaliste économique de Milan.À 120 kilomètres au nord de Bologne, dans le coeur historique de l'Émilie-Romagne, Parme, avec ses 170 000 habitants, est à la fois une splendeur et une grosse bourgade provinciale.D'un côté, il y a ici l'un des plus beaux centres historiques d'Italie, un extraordinaire Duomo du 13e avec son baptistère, des palais ducaux, un opéra qui se souvient encore de Verdi et Toscanini, de très riches musées installés dans ce qui reste du palais Farnèse du 15e siècle.De délicieux restaurants tellement provinciaux où les familles viennent déjeuner le dimanche.De beaux cafés du 19e.De grandes librairies.Une université de taille respectable avec 28 000 étudiants.Un quotidien local de niveau « national », La Gazetta di Parma, qui vend 50 000 exemplaires et qui a été fondée en.1735 ! À part ça, la presse internationale est pratiquement introuvable en ville \u2014 sauf quelques exemplaires du Monde qui arrivent un jour sur deux à la gare.Parme a l'air d'une splendeur endormie, au milieu de cette belle région paisible et agricole.La plus grande agitation que l'on puisse constater, c'est lorsque l'équipe de football de Modène, la ville rivale et voisine, vient affronter celle de Parme, comme c'était le cas l'autre dimanche.En réalité, la province de Parme, avec ses 400 000 habitants, est le théâtre d'un incroyable fourmillement économique, elle ignore ce qu'est le chômage et compte 45 000 entreprises inscrites au registre du commerce.« Cela fait un tissu économique extrêmement dense et solidaire, avec des micro entreprises familiales de quelques personnes, m'explique l'historien et président de la chambre de commerce, Andrea Zanlari.Ça résiste mieux aux crises et c'est très performant : est-ce que vous savez que la province a encore aujourd'hui une balance commerciale excédentaire avec la Chine ?» Silicon Valley à l'italienne Parme serait-elle le centre d'une petite Silicon Valley à l'italienne, qui aurait brillamment résisté à l'effondrement du NASDAQ?Pas exactement.La quasi-totalité de l'économie de la province tourne autour de l'agroalimentaire.Ici on vend du jambon de Parme \u2014 chaque année, 20 millions d'unités, à raison de 400 $ CAN pièce dans le commerce.On vend du fromage : « La dénomination d'origine contrôlée a été inventée en 1612 pour le parmigiano », soutient le dottore Zanlari.On vend des produits laitiers et des pâtes.Et, à partir de cette activité, les autres se sont développées : on a fait des conserves, et puis des machines-outils pour faire de la conserverie.Aujourd'hui ce secteur de la machine-outil spécialisée compte pour la moitié des exportations de Parme.De la fabrication de bouteilles, on est passé à une forte activité dans le verre et la céramique.À quoi l'on doit ajouter un modeste secteur pharmaceutique et un peu de textile.Voilà sur quoi est installée la fortune de Parme.« Contrairement à la Vénétie, plus au nord, qui est profondément conservatrice et familiale, et où il n'y a que des microentreprises, continue Andrea Zanlari, la province de Parme a une économie bien plus équilibrée : des myriades de toutes petites entreprises, quelques moyennes, et une douzaine de très grosses.» À quoi il faudrait ajouter : même les deux mastodontes de l'agroalimentaire sont restés totalement fidèles à leur ville natale.« C'est un peu comme si Saint- Hyacinthe comptait deux géants mondiaux ! » plaisante, admiratif, un spécialiste canadien des affaires économiques italiennes.Sur ma gauche, la maison Barilla, qui a commencé à faire des conserves au début du siècle dans un hangar et qui vend aujourd'hui des pâtes et des conserves dans le monde entier.Chiffre d'affaires : environ 6 milliards d'euros, soit près de 10 milliards $ CAN.Sur ma droite, l'empire Parmalat (produits laitiers comme on s'en doute) : la petite affaire familiale en est aujourd'hui à 12 milliards d'euros.De quoi donner envie à ses dirigeants de partir pour la grande ville, sinon New York du moins Milan, et de frayer avec d'autres multinationales.Or les deux entreprises ont bel et bien conservé leur siège social dans leur ville natale : les trois jeunes frères Barilla, Paolo, Guido et Luca, élégants, discrets et très BCBG, ont repris la direction à la mort de leur père, et Barilla n'est même pas inscrit en Bourse ! Et si Parmalat est aujourd'hui coté, en revanche, la direction n'a jamais échappé à la famille Tanzi, \u2014 aujourd'hui Callisto, début de la soixantaine.Ici on ne plaisante pas avec la famille.Singularité finale, non seulement de Parme, mais de l'ensemble de cette Émilie Romagne si travailleuse et prospère : à l'extrême opposé de la Vénétie, la région a une inébranlable tradition de gauche, et a connu sans interruption des gouvernements locaux à direction communiste à partir des années 60, en pleine apogée de la Démocratie chrétienne.Aujourd'hui encore, la région et la province ont des « gouvernements » de gauche.Et si la municipalité de Parme est « tombée » récemment à droite, c'est avec discrétion : le maire est un non-inscrit du genre modéré.« La raison de cette tradition de gauche ?demande l'historien Zanlari.Cela tient sans doute au fait qu'à l'origine, l'agriculture parmesane s'est construite sur de grands domaines « d'État », ce qui a développé le sens des solidarités.Et à travers les premières luttes syndicales de 1860, on peut dire que c'est à Parme qu'est apparu le mouvement socialiste.» Et le président de la chambre de commerce de Parme semble penser que, si Parme s'enorgueillit d'avoir inventé l'AOC, elle peut aussi se vanter d'avoir inventé le socialisme rural.PHOTO BLOOMBERG À Parme on vend.du jambon de Parme.Chaque année, 20 millions d'unités, à 400 $ CAN pièce dans le commerce.Vive le capitalisme familial! LOUIS BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE PARME \u2014 De Parme, vous prenez de petites routes secondaires qui, après quatre kilomètres, sillonnent à travers les champs de culture.Tel qu'annoncé sur l'itinéraire ultraprécis produit par ordinateur, Sala Baganza se trouve à 14 kilomètres du centre-ville.Petit village qui semble avoir regroupé un certain nombre d'entreprises industrielles.Frigomeccanica, où j'ai rendezvous, a l'air connu ici comme le loup blanc.Pourtant ce n'est pas énorme : cela ressemble plutôt à un très gros atelier, avec quelques bureaux en annexe.Un atelier aussi propre et bien rangé qu'un cabinet de dentiste \u2014 comme cela se trouve souvent en Italie du Nord.Renato Remedi est l'un des deux patrons de la boîte, qui compte 60 salariés.« Ces jours-ci, explique M.Remedi, il y a mon neveu qui se trouve à la foire de la viande de Chicago.Évidemment il y a aussi mes deux fils qui me secondent.» Pour l'Émilie-Romagne \u2014 et plus encore la Vénétie, où les entreprises de moins de 15 salariés sont la règle \u2014, la société de M.Remedi fait déjà figure de moyenne-grosse entreprise.Mais, avec 60 salariés, Frigomeccanica reste une affaire à dimension strictement familiale et locale.Or le chiffre d'affaires annuel est de 310 millions d'euros (environ 50 millions de dollars canadiens).Et là-dessus, les chiffres à l'exportation représentent en moyenne 20% du chiffre d'affaires.« Mais, certaines années, dit Remato Remedi, nos activités à l'étranger comptent pour 40 %.» Dernier exploit en date : un contrat de 1,5 million d'euros dans le Rhode Island.Mais Frigomeccanica, en dehors des grands pays européens qui constituent sa clientèle naturelle, fait également des affaires au Chili, en Argentine, au Brésil.Et au Canada où, par exemple, Santa Maria Foods de Toronto demeure un client important.La boîte de Renato Remedi vend des installations sophistiquées pour le séchage, la maturation et la conservation de jambons de pays, de salamis et de fromages : « Si un grossiste ou un centre de grande distribution veulent acheter des jambons de Parme encore frais et les amener à maturation, ils doivent les conserver dans des chambres spéciales, avec non seulement une température parfaitement contrôlée et variable, mais également une hydrométrie très précise.» C'est ce que M.Remedi appelle du « froid technologique ».Des chambres froides catégorie Ferrari en somme.Bien entendu, avec ses 60 personnes, Frigomeccanica a largement dépassé le seuil social des 15 salariés, à partir duquel le marché du travail devient plus « rigide », à peu près comme en France et en Allemagne.« Même lorsque le chiffre d'affaires tombe brutalement, dit Remedi, il est pratiquement impossible de licencier des employés.Quand ça va très mal, il reste à déposer le bilan.» Éternelle complainte de l'entrepreneur \u2014 fondée ou non.« Ce qu'on souhaiterait ici, c'est une politique à la Aznar.» Du nom du premier ministre de droite qui a ces dernières années mis la hache dans les rigidités du marché espagnol, et obtenu de fait à la fois une croissance soutenue et une forte baisse du chômage.Apparemment, ça ne va pas si mal pour la famille Remedi.Un chiffre d'affaires de 310 millions d'euros, ça n'est pas très banal.Explication du mystère : « Environ 75 % de l'activité est réalisée à l'extérieur de notre maison.» Un moteur dessiné sur mesure pour tel contrat, des pièces d'équipement, des services : la Frigomeccanica est entourée d'une nébuleuse de sous-traitants locaux qui, eux, ne sont pas soumis aux contraintes des moyennes et grosses entreprises.Le modèle économique peut varier, à l'intérieur de l'Eldorado de l'Italie du Nord.Indéniablement, la Lombardie, où se trouve le centre économique et financier de l'Italie, compte bien davantage de grandes entreprises.En revanche, si l'on remonte vers le nord-est, la Vénétie, puis le Frioul (à la frontière de l'Autriche), on arrive au royaume de la microentreprise familiale.Dans ce que les gens appellent les « districts » vous trouverez, près de Come, une petite région où des dizaines et centaines de boîtes minuscules ne fabriquent que des collants et des bas de nylon.Un peu plus loin, un district spécialisé dans la robinetterie.Selon un expert économique américain, « il s'agit d'une véritable division du travail, où toutes ces entreprises, liées par des liens familiaux, se répartissent la fabrication de certaines pièces, ou de machines- outils, les écoles de formation ou les services financ conglomérats familiaux, en somme ».Ainsi, très au nord-est de l'Italie, dans la région d'Udine, dans le Frioul, le district de Manzano : pas une seule grosse entreprise à l'horizon, seulement de toutes petites sociétés familiales.Qui produisent des chaises.Du haut de gamme, du bas de gamme, des chaises ordinaires, des chaises design.Du district de Manzano, bien peu connu en dehors de la région, sortent chaque année.44 millions de chaises.Le tiers des chaises produites dans le monde.« Même lorsque le chiffre d'affaires tombe brutalement, dit le patron de Frigomeccanica, il est pratiquement impossible de licencier des employés.Quand ça va très mal, il reste à déposer le bilan.» PLUS PHOTOASSOCIATED PRESS Le premier ministre italien Silvio Berlusconi.PHOTOASSOCIATED PRESS Dans les régions les plus actives de l'Italie \u2014 l'axe Gênes-Milan-Venise notamment \u2014 le réseau autoroutier a atteint le point de saturation.La République dumalgoverno LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE MILAN \u2014 La capitale financière de l'Italie est l'une des villes les plus riches du monde.En plein coeur de l'Italie du Nord, l'une des régions les plus prospères en Europe.Et, de fait, ce n'est pas le tiers-monde.Mais, par bien des aspects, les services publics restent assez loin des normes européennes comparables, notamment celles de la France et de l'Allemagne, qui ont des niveaux équivalents de richesse et de pression fiscale.À Milan, pour un appartement plutôt banal, dans un quartier central, vous payez facilement un million de dollars canadiens, et bien davantage pour un appartement luxueux.Mais pour l'installation d'une ligne de téléphone privée et fixe, vous pourrez attendre jusqu'à six mois.Quant aux téléphones publics, dans le centre de cette agglomération de trois millions d'habitants, ils sont rares, vieillots, souvent en panne, à peine protégés de la pluie par une coquille de plastique.« Les Italiens s'accommodent d'autant plus facilement de cette situation, explique un diplomate américain de Milan, que tout le monde ici fonctionne au cellulaire.Vous savez combien on compte aujourd'hui de portables en Italie ?59 millions d'appareils pour 57 millions d'habitants ! Beaucoup de gens en ont deux ou trois, et tout le monde veut s'acheter le dernier modèle, celui qui reçoit Internet sur un écran et prend des photos en même temps.Le marché est encore en pleine expansion.» Comme l'indique un journaliste économique de Milan, « c'est un peu à l'image des autres services publics italiens : la poste, qui est très lente et inefficace au regard des bonnes moyennes européennes, s'est plutôt améliorée, notamment pour cette raison que la plupart des entreprises utilisent DHL et Fedex.Quant aux hôpitaux, traditionnellement en mauvais état, ils auraient eu tendance à s'améliorer ces dernières années \u2014 encore là, ils ont été aidés par le fait que, à Milan ou ailleurs, les gens qui ont de l'argent (et des assurances privées) ont volontiers recours aux cliniques privées, y compris pour des cas graves.Dans ce secteur, la situation paraît variable.Un sculpteur français installé en Toscane, Jean-Paul Philippe, frappé par un infarctus à 30 kilomètres de Sienne, a été sauvé in extremis à l'hôpital public, dans un service de cardiologie ultramoderne.« En revanche, me disait récemment l'éditorialiste de Rome Arturo Gismondi, il y a à l'hôpital de Catania (Sicile) deux fois plus d'infirmières que dans son équivalent de Chicago, et rien ne marche.On dira donc prudemment qu'en Italie, la qualité des services publics est extrêmement variable selon les régions, mais avec une moyenne défaillante.Dans toutes les régions les plus actives de l'Italie \u2014 l'axe Gênes-Milan-Venise notamment \u2014 le réseau autoroutier a atteint le point de saturation.Dans les zones montagneuses, vous traversez sans interruption, à 140 à l'heure, de longs tunnels mal éclairés et dépourvus de voie de secours en cas d'urgence.Quant aux routes « nationales », elles traversent pratiquement tous les villages petits et moyens et ne servent qu'au trafic de proximité.Le réseau routier italien ressemble davantage à celui des pays européens les plus pauvres qu'à celui de l'Europe la plus riche.Et, dans ce pays qui a une superficie habitable presque de moitié inférieure à celle de la France \u2014 et une très forte densité de population \u2014, les chemins de fer, qui constituent la meilleure méthode de transport, restent de niveau médiocre.Alors qu'on fait aujourd'hui Paris-Bruxelles en une heure et vingt minutes, ou Paris-Marseille (800 kilomètres !) en trois heures et dans un confort parfait, il n'y a pas le moindre train rapide entre Milan et Rome, et le trajet est encore de cinq heures dans des wagons plutôt vieillots.Certes, en Grande-Bretagne, les chemins de fer et le National Health Service sont dans un état pitoyable.Mais, au moins, la pression fiscale et les prélèvements obligatoires sont beaucoup plus faibles que sur le « continent ».En Italie, le malgoverno dénoncé dans les années 70 et 80 reste d'actualité, et l'État réussit à être à la fois inefficace et extrêmement dépensier.Lorsque le gouvernement canadien a actionné le signal d'alarme budgétaire au milieu des années 90, la dette publique avoisinait 60% du produit intérieur brut.C'est aujourd'hui la limite théorique imposée par le traité de Maastricht aux pays membres de l'euro.La France a aujourd'hui une dette à 61.3 %.Or la dette italienne, après avoir amorcé une descente sous les gouvernements de centre gauche de 96 à 2000, est aujourd'hui remontée à 106% du PIB ! Et selon la Commission européenne de Bruxelles, le déficit public de l'Italie se dirige vers les 2.6% en 2003, 2.8% en 2004 et 3.5 % en 2005 ! « Nous avons un État tellement dépensier, pour si peu de résultats ! » se lamente l'entrepreneur Renato Remedi, de la région de Parme.Cette situation explique en partie le fait que, selon les termes d'un diplomate nord-américain en Italie, « l'évasion fiscale constitue un sport national ».Et cette évasion fiscale sur une grande échelle contribue du fait même à aggraver les problèmes.De la même manière, l'Italie fonctionne sur une masse colossale de travail au noir : il y a trois semaines, le ministre (ultra-libéral) de Berlusconi, Giulio Tremonti, évaluait publiquement cette économie « noire » à 27% du PIB en Italie.Même si cette évaluation est un peu exagérée, comme le pensent certains, l'importance de cette économie « clandestine » a pour résultat de nourrir le malgoverno italien.et de démoraliser ceux qui, au Nord notamment, travaillent et ont la naïveté de payer normalement des impôts.Une dette à 106%du PIB, le déficit annuel qui s'envole, des services publics défaillants, une économie « noire » évaluée à 27%du PIB : l'Italie est un pays riche qui va toujours assez mal.« Nous avons un État tellement dépensier, pour si peu de résultats ! » se lamente l'entrepreneur Renato Remedi, de la région de Parme.Les recettes du bon docteur Berlusconi Des amnisties immobilières et fiscales à répétition LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE MILAN \u2014 Dans toute l'Italie, très densément peuplée, le sport favori, après l'évasion fiscale, consiste à bâtir sur des terrains inconstructibles, en montagne ou avec vue sur la mer.Cela se fait en petit, en moyen ou en gros : un tel se bâtit une villa en toute illégalité, tel autre rajoute deux étages avec véranda panoramique à sa maison de campagne, un troisième profite de la « distraction» des élus locaux pour aménager un développement immobilier sur un site classé.Autour de la Méditerranée, la pression immobilière est permanente et violente.C'est pourquoi, en France par exemple, la « loi littorale », depuis une quinzaine d'années, interdit toute construction sur la mer (y compris en Corse !).Et, de temps à autre, pour l'exemple, un gros propriétaire indélicat est condamné à détruire à ses frais la luxueuse villa de 20 chambres à coucher qu'il a construite sans autorisation avec vue imprenable sur la mer.Ainsi, récemment, le richissime promoteur Christian Pellerin sur la Côte d'Azur.Cela en fait réfléchir quelques autres.Taxe forfaitaire Silvio Berlusconi, lui, a décidé de faire autrement.Et, dans sa loi de finances pour 2004, qui se discutait cet automne à Rome, il a prévu que la totalité des abus immobiliers pourraient être amnistiés, et les constructions régularisées, à la condition qu'elles soient dûment déclarées et qu'une taxe forfaitaire soit payée en proportion de la surface habitable.Une amnistie immobilière qui devrait rapporter au Trésor environ 3 milliards d'euros (près de 5 milliards$ CAN).Parmi ces constructions illégales, on note un développement immobilier sur le site archéologique classé d'Agrigente en Sicile.« Ce sont des méthodes de gangster ! » me dit à Milan une responsable culturelle.À la vérité, il s'agira de la troisième amnistie immobilière en moins de vingt ans.La précédente avait eu lieu en 1994.sous le premier gouvernement Berlusconi.Et la toute première en 1985, sous le gouvernement du « socialiste » Bettino Craxi, premier parrain politique de Berlusconi, et mort en exil en Tunisie pour éviter la justice.Élu en mars 2001 avec une assez confortable majorité, le self-made man et richissime homme d'affaires Berlusconi, à la tète de son parti improvisé Forza Italia ! (En avant l'Italie !) était supposé remettre le pays et ses finances en ordre.En guise de remède aux colossaux déficits publics, le bon docteur Berlusconi a trouvé en fait des solutions simples et de bon sens : proposer aux Italiens des amnisties fiscales à répétition en échange d'une modeste contribution des « repentis ».Une première amnistie décidée peu après son élection de 2001 offrait à tous les grands fraudeurs, qui avaient expédié leur argent à Monaco, Jersey ou simplement à Lugano, de l'autre côté de la frontière avec la Suisse, de rapatrier leur argent en échange d'une amande forfaitaire de 2.5 %.Il était revenu aussitôt 60 milliards d'euros, et cela avait fait rentrer 1,5 milliard d'euros dans les caisses.Dans l'actuelle loi de finances, il est également proposé, en échange d'une somme fixe, de passer définitivement l'éponge sur les innombrables amendes et contraventions impayées etc.Une amnistie libératoire pour les petits délits qui devrait rapporter 8 milliards d'euros.Enfin, dans un genre voisin, le ministre Tremonti propose dans son budget 2004 d'autoriser les pouvoirs publics, nationaux ou locaux à vendre au secteur privé tous les biens culturels (sauf certains spécifiquement classés.comme le Colisée de Rome ou la fontaine de Trevi), à la seule condition que les administrateurs régionaux du patrimoine ne fassent pas opposition dans les quatre mois.Des délais tellement courts que, selon les administrateurs en question, on aurait le temps de vendre à Coca-Cola les Arènes de Vérone ou la Chartreuse de Parme avant que les responsables aient eu le temps de s'en rendre compte et de réagir.On a déjà vu dans les dernières décennies des gouvernements utiliser l'argent de grosses privatisations industrielles ou bancaires pour boucher les trous dans le budget.De là à vendre le patrimoine historique.Élu en mars 2001 avec une assez confortable majorité, le self-made man et richissime homme d'affaires Berlusconi (.) était supposé remettre le pays et ses finances en ordre. SANTA FE GL 2004 ACCENT GS 2004 ELANTRA GL 2004 redessinée 0% SONATA GL 2004 PDSF DE 22 395 $ FINANCEMENT À L'ACHAT\u2020\u2020 Moteur 2,0 litres à DACT, CVCS et 16 soupapes Deux coussins gonflables Transmission manuelle à 5 rapports Dossier arrière rabattable 60/40 Radio AM/FM/CD Télécommande d'ouverture du coffre et du volet de réservoir Porte-verre double Suspension indépendante aux 4 roues Et beaucoup plus PDSF DE 12 895 $ PDSF DE 15 625 $ C'EST PRESQUE DONNÉ! MAIS ÇA NE DURERA PAS LONGTEMPS.HÂTEZ-VOUS! 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