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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A - Monde
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 2004-02-10, Collections de BAnQ.

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[" SEMAINE DE MODE UN BILAN MITIGÉ ACTUEL, PAGE 1 SPORTS NOUVEAU CONTRAT POUR BENCAHOON AVEC LES ALOUETTES PAGE 4 Montréal mardi 10février 2004 Le plus grand quotidien français d'Amérique 65¢ taxes Montréalmardi 10 février 120e année no 110 72 pages 5 cahiers Ciel variable, Max.-1 Min.-8 en sus - Édition provinciale 70¢ Claude Ryan emporté par un cancer à l'âge de 79 ans LE QUÉBEC PERD UN GRANDHOMME D'IDÉES MARIO CLOUTIER L'ancien journaliste et homme politique Claude Ryan a rendu l'âme hier matin à l'Hôtel-Dieu de Montréal, vaincu par un cancer de l'estomac à l'âge de 79 ans.Sa disparition a provoqué une pluie d'éloges au Québec et au Canada, des hommages qui ont souligné son apport considérable à la société, sa grande rigueur intellectuelle et son sens inné du service public.Actif et lucide jusqu'à la fin, Claude Ryan a d'ailleurs laissé derrière lui un texte ultime, une sorte de testament adressé aux Québécois, a appris La Presse.Ce texte, qui traite de sa conception de la vie et de ses attentes pour le Québec, est en possession de la famille Ryan qui devrait le diffuser cette semaine, probablement à ses funérailles nationales.Ce dernier hommage aura lieu vendredi à 11 h en la basilique Notre- Dame de Montréal sous la présidence du cardinal Jean-Claude Turcotte.La dépouille sera exposée en chapelle ardente jeudi à compter de 12 h 30 à la chapelle Notre-Dame du Sacré-Coeur.Le public pourra lui rendre un dernier hommage au même endroit dès 15 h.Depuis hier, le drapeau du Québec est en berne à l'Assemblée nationale.Un registre de condoléances y est également disponible jusqu'à jeudi.Claude Ryan, qui avait perdu sa femme en 1995, laisse dans le deuil son frère Yves, cinq enfants et 11 petits- enfants.Il était hospitalisé au pavillon Hôtel-Dieu du CHUM depuis mardi dernier.>Voir RYAN en A2 La mort d'un juste Gagliano rappelé du Danemark Le scandale des commandites et ses acteurs reviennent sur la sellette YVES BOISVERT Le jour où je suis devenu camelot du Devoir, la gérante m'avait prévenu que j'aurais l'insigne honneur de livrer son propre journal au directeur lui-même, sorte de légende vivante, puisqu'il se trouvait sur ma route, boulevard Saint-Joseph.Elle n'était pas peu fière de préciser que, quoique seul maître à bord de « son » journal, monsieur Ryan « a toujours payé lui-même son abonnement, c'est un homme de principes ! » Je me souviens des sourcils froncés de mon père qui lisait >Voir BOISVERT en A6 JOËL-DENIS BELLAVANCE OTTAWA \u2014 Le gouvernement Martin doit annoncer aujourd'hui la mise sur pied d'une enquête publique sur le scandale des commandites qui éclabousse les libéraux fédéraux depuis deux ans, et le rappel de l'ambassadeur du Canada au Danemark, Alfonso Gagliano, responsable de ce programme lorsqu'il était ministre des Travaux publics.Ces deux mesures se veulent la réponse «musclée» du gouvernement Martin au rapport accablant de la vérificatrice générale, Sheila Fraser, portant sur le fouillis qui a caractérisé la gestion du controversé programme des commandites, créé par le gouvernement de Jean Chrétien pour augmenter la visibilité du fédéral au Québec dans la foulée de la mince victoire du NON au référendum de 1995.Le rapport de Mme Fraser, que des proches collaborateurs du premier ministre Paul Martin décrivent depuis des mois comme « une bombe à retardement », sera déposé à la Chambre des communes cet aprèsmidi.Selon des informations obtenues par La Presse hier, le cabinet était fortement divisé sur l'à-propos d'une enquête publique sur cette affaire qui risque de donner de nouvelles munitions aux partis >Voir GAGLIANO en A8 PHOTO PIERRE CÔTÉ, LA PRESSE Claude Ryan a apporté une contribution de premier plan au débat public.On l'aperçoit sur notre photo, en septembre 2002, alors qu'il lançait un livret sur l'apport du PLQ à l'édification du Québec, ouvrage qui visait à freiner l'Action démocratique de Mario Dumont, alors en pleine ascension.Mon clin d'oeil STÉPHANE LAPORTE Et la main de Dieu serra celle de Claude Ryan.Insurrection dans la partie nord d'Haïti Préoccupé, Kofi Annan annonce que l'ONUva accroître son engagement dans ce pays Météo Ciel variable, maximum -1, minimum -8, plus de détails en page SPORTS 16 SOMMAIRE Bandes dessinées ACTUEL 7 Bridge AFFAIRES 16 Décès AFFAIRES 16 et 17 Feuilleton ACTUEL 7 Forum A 18 à 21 Horaire télévision ARTS 4 Horoscope AFFAIRES 15 Loteries A 14 Mots croisés ACTUEL 7 et SPORTS 11 Mot mystère ACTUEL 7 Observateur AFFAIRES 14 Petites annonces AFFAIRES 14 et AFFAIRES 2 AGENCE FRANCE-PRESSE PORT-AU-PRINCE \u2014 La partie nord d'Haïti échappait hier au contrôle du président Jean-Bertrand Aristide tandis que des violences continuaient à toucher d'autres villes du pays, liées parfois à des affrontements entre bandes rivales.L'ONU, les États-Unis, la France, le Canada et l'Organisation des États Américains (OEA) ont tour à tour appelé à l'arrêt immédiat des affrontements, qui ont fait 41 morts depuis jeudi.Dans une dizaine de villes, les commissariats de police étaient désertés hier, après avoir été pillés et incendiés par des opposants.Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a annoncé que l'organisation allait « très prochainement » accroître son engagement en Haïti, tandis que le département d'État accusait le gouvernement haïtien de contribuer « assez souvent » à la violence.« Il y a des bandes violentes, des brutes des deux côtés », a affirmé son porteparole, Richard Boucher.Comme les États-Unis, la France « appelle à l'arrêt immédiat des violences d'où qu'elles viennent, et au respect des règles de droit », selon le ministère français des Affaires étrangères.Le Canada a aussi appelé au « calme et au respect intégral de la primauté du droit » en Haïti.« Le Canada condamne fermement le recours à la violence », a affirmé le ministre canadien des Affaires étrangères, Bill Graham.Au cours du week-end, l'OEA avait réclamé que tout changement politique soit mené « de manière pacifique et démocratique ».De fait, depuis la fin de la semaine dernière, plusieurs zones du Nord sont livrées à l'anarchie, avec des tirs et des pillages.Hier, des renforts de la police acheminés de Port-au-Prince, équipés notamment d'hélicoptères, ont réussi à reprendre le contrôle de la ville de Saint-Marc, à 96 kilomètres au nord de la capitale, selon des habitants et une source policière.>Voir HAÏTI en A8 Correction de la vue sur mesure Une nouvelle technologie pour corriger la vue au laser.(514) 288-0088 Prenez rendez-vous! 3194738 LA CLINIQUE DE L'OEIL DE MONTRÉAL 1 888 844-8888 Dr S.Fanous, M.D.www.cdom.com Le dernier sage La chronique de Vincent Marissal page A3 Un homme d'influence Un reportage de Denis Lessard pages A4-A5 Le devoir de réfléchir L'éditorial d'André Pratte Forum, page A20 L'erreur des mesures de guerre Un éditorial de Claude Ryan écrit en 1970 Forum, page A20 CLAUDE RYAN :À LIRE CLAUDE RYAN 1925-2004 Le Ryan du 20mai 1980 était-il vraiment un sans-coeur?DENIS LESSARD QUÉBEC \u2014L'adversaire péquiste était à terre, les souverainistes désemparés, 40% de la population avait les larmes aux yeux et le chef libéral Claude Ryan.exigea des élections générales.Les discours sont importants en politique.Le message livré par le chef du camp du NON, victorieux le soir du 20 mai 1980, entacha pendant des années sa feuille de route.Après le René Lévesque au coeur brisé, qui demande aux souverainistes d'attendre « à la prochaine fois », le ton vindicatif du vainqueur Claude Ryan restera longtemps dans la mémoire collective.Acclamé par 3000 personnes à l'Auditorium de Verdun, le chef du NON avait sans égard rappelé au gouvernement péquiste qu'il était en fin de mandat, qu'il atteindrait à l'automne suivant l'échéance normale des quatre années.« Étant donné le scepticisme du premier ministre à l'endroit des réformes du fédéralisme, j'ose espérer qu'il ne poussera pas audelà de quatre ans le mandat qu'il détient », avait lancé M.Ryan.Les électeurs devaient avoir rapidement l'occasion « de dire quel parti est le mieux pour négocier au nom du Québec ».« En aucun moment M.Ryan n'a félicité son adversaire politique pour le type de campagne qu'il a mené », relevait La Presse du 21 mai 1980.Cette indifférence à l'endroit de l'adversaire défait, Claude Ryan l'avait déjà démontrée en refusant de tendre la main à Raymond Garneau lors du leadership libéral de 1978.Vingt ans plus tard, pour l'anniversaire du référendum, l'ancien politicien retraité reconnaissait facilement que cette sortie n'avait pas été bien mesurée.« C'est un incident dont un souvenir amer est resté.Cela m'a coûté cher.Les gens m'ont trouvé mesquin », a expliqué M.Ryan à La Presse en mai 2000.Car en toile de fond \u2014 l'histoire ne sera révélée que plus tard \u2014, Claude Ryan avait dû livrer, dans les instants précédant son allocution, une énorme partie de bras de fer.Une entente verbale avec le premier ministre Pierre Trudeau prévoyait que le chef du camp du NON serait le premier à intervenir pour le camp souverainiste après la victoire prévisible depuis plusieurs jours.Or, dans sa voiture en route pour l'Auditorium de Verdun, M.Ryan avait entendu M.Trudeau s'adresser à la population.« Quand je l'ai entendu, je me suis dit : il brise toute notre affaire.Quand je suis arrivé à Verdun, j'étais furieux », racontera-t-il à André Pratte, de La Presse.Ce n'était qu'un début.Arrivé dans la salle, l'organisateur Pierre Bibeau avisa son patron que Jean Chrétien, acteur important de la campagne référendaire, voulait lui aussi s'adresser à la foule.La réplique vint, sans appel.« Son boss vient de parler, moi je vais parler.Ce sera un à un (un libéral fédéral, un provincial) pas deux à un.Les libéraux fédéraux ne sont pas nos grands frères ou nos protecteurs », a lancé M.Ryan.« Il n'a pas parlé , il voulait s'approcher, mais je lui ai dit : je n'en veux pas », dira 20 ans plus tard le chef du NON.Même avec le recul, Claude Ryan estimait « avoir objectivement raison de demander des élections, mais ce n'était pas la chose à dire ce soir-là ».« J'ai déraillé un petit peu sur le ton aussi, quand tu as un motton comme ça dans la gorge, tu te laisses aller un petit peu », a-t-il ajouté.Le geste de réconciliation à l'endroit des souverainiste n'était pas clair, « j'avais les gens de notre côté, j'ai oublié les autres, c'était aussi bête que ça.Au point de vue tactique, c'est sûr que j'ai fait une erreur », a reconnu M.Ryan.Légende urbaine ?Relus hier, des éléments du discours de M.Ryan du 20 mai montrent cependant qu'il n'avait pas oublié les perdants ce soir-là.« N'oublions pas que les tensions qui nous séparent, séparatistes ou souverainistes d'un côté et fédéralistes canadiens de l'autre ne sont qu'une facette de conflits de valeurs beaucoup plus profonds et étendus qui opposent présentement à la suite des transformation multiples qu'on a connues depuis 20 ans, les citoyens de cette province », avait lancé M.Ryan.Puis, tendant la main aux adversaires, il avait ajouté : « Il faudra que nous apprenions de part et d'autre à mieux comprendre le point de vue de l'autre.À nos amis qui ont opté pour la voie souverainiste, je demande très simplement de faire un effort spécial pour mieux comprendre les motifs sincères qui animent leurs concitoyens d'allégeance politique différente.» Et, poursuivit-il, «à mes concitoyens qui partagent ma propre option, je demande de faire un effort spécial pour mieux comprendre la position de l'autre ».« Sans adopter des positions que nous ne saurions approuver, nous devons apprendre à les comprendre et à les respecter.C'est une condition essentielle pour qu'on puisse franchir avec succès l'étape très délicate qu'ouvre pour le Québec et le Canada le résultat du référendum de ce soir », avait soutenu le chef du NON.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE © Après le discours rempli d'émotion d'un René Lévesque au coeur brisé, qui demandait aux souverainistes d'attendre « à la prochaine fois », le ton vindicatif du vainqueur Claude Ryan restera longtemps dans la mémoire collective après la victoire du NON au référendumdu 20 mai 1980.Meilleur journaliste que politicien?FRANÇOIS CARDINAL et JUDITH LACHAPELLE Impitoyable et rigoureux.Le journaliste Claude Ryan n'est pas devenu « la conscience du Québec» en flattant collègues et amis.Bien au contraire.Ceux qui l'ont côtoyé se souviennent d'un travailleur infatigable au verbe franc et sévère.Et tous vantent ses analyses pointues qui ont fait sa réputation.D'ailleurs, « Claude Ryan était meilleur journaliste que politicien », affirme catégoriquement Gérard Filion, son prédécesseur à la direction du Devoir.« C'était un très grand journaliste.Il a dominé son époque.Mais je pense qu'il n'était pas fait pour la politique.C'était un homme d'analyse, pas d'action.» L'affirmation fait sourire les journalistes qui l'ont connu.« Je suis tout à fait d'accord », dit Gilles Lesage, ancien correspondant du Devoir à Québec.«Ryan a eu plus d'importance profonde et durable sur le Québec et le Canada comme directeur du Devoir que par la suite.À mon avis, s'il est allé en politique, c'est seulement à cause du référendum, qu'il a d'ailleurs fait gagner avec sa crédibilité et son autorité morale.» Bernard Descôteaux, directeur actuel du Devoir, est plus nuancé.« Là où je considère qu'il a raté sa carrière, c'est comme chef du Parti libéral.C'était un politicien atypique, sans charisme, qui affrontait René Lévesque, qui lui en débordait, dit-il.Mais il a été plutôt bon ministre.» Lise Bissonnette, que Claude Ryan n'avait pas hésité à nommer correspondante parlementaire du Devoir à Québec en 1975, croit qu'il a continué à exercer également son influence en politique après avoir quitté la plume.« Comme ministre, il était redevenu une éminence grise, dit-elle.Son bureau était une porte tournante où défilaient tous les politiciens.Pierre Trudeau se vantait d'être l'un des seuls à ne pas lui demander conseil ! » Les capacités intellectuelles de Claude Ryan, il faut le dire, se doublaient d'un franc-parler qui faisait de lui un être redouté.et pas seulement par la classe politique.Ses confrères et collègues n'ont jamais hésité à le qualifier d'« austère », de « sévère » et de « coriace ».La critique, a-t-on toujours laissé entendre, écrite ou verbale, ne lui faisait pas peur.« Il faisait un journalisme de dossier et non d'humeur, fait remarquer le journaliste Jean-Claude Leclerc, qui a fait partie de l'équipe éditoriale de M.Ryan à partir de 1970.Il lisait par exemple tous les rapports d'enquête de la première à la dernière page, les annotant tous en fin de document.» « C'était un homme dur dans l'exécution de ses tâches, précise Michel Roy, qui l'a remplacé à la tête du journal à titre intérimaire en 1978.Il n'avait pas de rapports amicaux ni intimes avec les gens.Il n'avait pas non plus le tutoiement facile, sauf avec Mme Ryan.Et il disait toujours aux gens ce qu'il pensait, que ça leur plaise ou non.» Avec le temps, son autorité morale est devenue telle que ses écrits, rassemblés par la suite dans un ouvrage en plusieurs tomes, étaient non seulement attendus, mais aussi décortiqués et analysés.À titre de principal éditorialiste du quotidien de la rue Saint-Sacrement, il pouvait se vanter d'avoir une audience beaucoup plus large que le tirage de son journal.Son caractère intransigeant et impitoyable lui aussi permis, à titre de directeur du Devoir, de se tailler une place enviable.Il lui a par exemple permis de procéder aux changements qu'il considérait nécessaires, par exemple donner à la culture et à l'international une place prépondérante dans le journal.Il lui a aussi permis de faire face à un nouveau concurrent, Le Jour, et à une grève des journalistes en 1975, sans que son quotidien aux finances précaires n'en souffre.« Claude Ryan n'était pas un innovateur, se rappelle Jean-Claude Leclerc.Mais il a réussi à introduire au Devoir les meilleurs standards anglo-américains.Avec lui, Le Devoir pouvait rivaliser intellectuellement avec tous les grands journaux du monde.» « Ryan a eu plus d'importance profonde et durable sur le Québec et le Canada comme directeur du Devoir que par la suite », dit un ancien du Devoir.Le Québec perd un grand homme d'idées RYAN suite de la page A1 Il avait sombré dans le coma en fin de semaine et était entouré de sa famille lors de son décès.« Il a eu la chance de rester en pleine possession de ses moyens jusqu'à la toute fin.Il a eu le temps de voir venir, de se préparer.Et on a eu le temps de se préparer avec lui », a confié son fils aîné Paul.Auparavant, il avait été hospitalisé à la mi-décembre pour des troubles digestifs.Après une courte intervention chirurgicale, des examens approfondis ont révélé la présence d'un cancer à l'estomac.En mars 2003, il avait été victime d'un accident vasculaire cérébral.« Conscience du Parti libéral du Québec » pour les uns, « constructeur du Québec moderne» pour les autres, « libre penseur» aux yeux de tous, Claude Ryan aura marqué les 50 dernières années en oeuvrant tour à tour comme secrétaire de l'Action catholique, directeur du journal Le Devoir, puis chef et ministre du Parti libéral du Québec.Une contribution inestimable Le premier ministre Paul Martin a rendu hommage à Claude Ryan en saluant l'un des « hommes publics les plus marquants de son époque ».Il pense que M.Ryan aura été «au coeur des grands débats sur l'évolution du Québec au sein de la fédération canadienne ».Il estime que sa contribution à cet égard mérite la reconnaissance de tous.Au Québec, le premier ministre Jean Charest a déclaré que «M.Ryan a fait une contribution d'une valeur inestimable à la construction du Québec moderne ».Le qualifiant d'exemple et d'inspiration, M.Charest a souligné sa « contribution inestimable ».« Il nous impressionnait par la rigueur de sa pensée et son appréciation des événements, a-t-il dit.J'ai toujours beaucoup apprécié ses conseils.M.Ryan s'est engagé.Il avait des idées et il était prêt à les défendre dans les moments les plus difficiles.C'est un exemple pour plusieurs générations à venir.» Le chef de l'opposition officielle, Bernard Landry, a également salué ce « très grand Québécois », « l'un des plus grands journalistes de notre époque » et « l'homme d'idées et de convictions » qui a contribué à la Révolution tranquille.« Il a cherché ce qu'il y avait de mieux pour notre Québec, y compris dans ses relations avec le Canada », même si, ajoute-t-il, « la question du Québec n'a pas évolué dans le sens souhaité par Claude Ryan ».Ses anciens collaborateurs et collègues ont aussi vanté sa grande influence, sa sagesse, mais aussi son humilité et sa simplicité.Claude Ryan était «marié au service public », a dit l'ancien premier ministre libéral Daniel Johnson.«M.Ryan a profondément marqué la vie politique et intellectuelle du Québec », a ajouté son collègue Gil Rémillard.Une vocation de service Né à Montréal le 26 janvier 1925, Claude Ryan est entré au service de l'Action catholique en 1952 après des études qui l'avaient mené jusqu'à Rome, à l'Université pontificale grégorienne.En 1958, à 33 ans, il épouse Madeleine Guay, militante de l'Action catholique.Ils auront cinq enfants.M.Ryan coordonnera les activités du mouvement laïque canadien-français jusqu'en 1962 au moment où il devient directeur et éditorialiste en chef du quotidien Le Devoir.Claude Ryan s'engage à « valoriser la solidité avant l'éclat des formules ».Il se veut un éditorialiste de terrain, qui veut connaître personnellement les hommes publics plutôt que de rester enfermé dans son bureau.Très vite, il est consulté par plusieurs politiciens.Pendant 14 ans, M.Ryan rejette le « séparatisme» puisque le Canada a permis au Québec, écrit-il, « une communauté culturellement assiégée et économiquement faible de demeurer, quant à l'essentiel, fidèle à ellemême tout en participant aux avantages nombreux et indéniables de l'intégration dans une ensemble plus large ».En 1978, après la cuisante défaite du PLQ en 1976, Claude Ryan quitte le journalisme pour la politique active.Il remporte l'investiture du Parti libéral du Québec, mais n'est élu député d'Argenteuil qu'un an plus tard.Son haut fait d'armes politique demeure la victoire du camp du NON au référendumsur la souveraineté du Québec de 1980.Avant, pendant et après la campagne référendaire, ce fédéraliste convaincu plaidera en faveur de changements à la Constitution afin de permettre au Québec de mieux s'épanouir au sein du Canada.Claude Ryan perd ensuite les élections provinciales en 1981.Il cède les rênes du PLQ à Robert Bourassa avec qui il retournera au Parlement en 1985 pour occuper pendant neuf ans diverses fonctions ministérielles : Éducation, Sécurité publique et Affaires municipales.Il a notamment été responsable de la Charte de la langue française à compter de 1989.Il met un terme à sa carrière politique en 1994 mais pas à sa vie publique.Il demeurera un conférencier prisé jusqu'à la fin de sa vie et surtout un des principaux maîtres à penser du Parti libéral.Tout récemment, il rencontrait encore le premier ministre Jean Charest.Claude Ryan ne manquait jamais une occasion de rappeler aux leaders politiques l'importance des valeurs qui ont guidé le PLQ depuis Jean Lesage et Robert Bourassa.« LA MAIN DE DIEU » C'est l'expression que Claude Ryan a employée pour expliquer son arrivée en politique durant une entrevue accordée en 1978 à la télévision de langue anglaise.Il a révélé plus tard qu'elle lui était venue spontanément et qu'il n'avait jamais songé à la retirer même si le milieu politique, de toute évidence, n'était pas prêt à entendre de tels propos. « Je n'aurais jamais pensé personnellement qu'après deux siècles de vie partagée au sein de structures politiques communes, nous en viendrons, nous francophones, à nous faire interpeller par des concitoyens anglophones avec autant d'incompréhension.» Extrait d'une lettre publiée dans La Presse alors que l'accord du lac Meech était sur la corde raide (mars 1990) Le «pape laïque du Québec» GÉRALD LeBLANC De tous les titres qu'il a portés ou qu'on lui a accolés, c'est celui de « pape laïque du Québec » qui décrit le mieux l'autorité morale de Claude Ryan durant les années décisives de la Révolution tranquille et de la montée du mouvement souverainiste.Toujours fédéraliste, mais toujours partisan d'un statut particulier pour le Québec, seul État francophone d'Amérique, Claude Ryan a tenté, en vain semble-t-il, de tracer une troisième voie entre le rigide fédéralisme de Pierre Trudeau et le risque séparatiste de René Lévesque.« Ce qui sépare en définitive MM.Lévesque et Trudeau, c'est un désaccord profond sur la réalité nationale et sur ce qu'elle représente dans le monde d'aujourd'hui.Avant de se laisser emprisonner dans une querelle autour du fédéralisme et du séparatisme, il faudra d'abord approfondir cette réalité nationale.Ce devrait être l'une des toutes premières étapes du débat qui s'annonce » écrivait-il deux semaines après l'élection d'un premier gouvernement souverainiste, le 15 novembre 1976.Militant, journaliste puis politicien On peut diviser la vie de ce bourreau de travail surdoué en quatre étapes d'égale durée : militantisme à l'Action catholique de 1945 à 1962, journalisme au quotidien Le Devoir de 1962 à 1978, action politique au sein du Parti libéral du Québec de 1978 à 1995, interventions ponctuelles d'un sage à la retraite depuis une dizaine d'années.On a ainsi souvent pu lire ses toujours pénétrantes analyses dans La Presse.Enfant d'un père irlandais volage et d'une mère canadienne-française déterminée, d'une famille pauvre qui fut même sur le « secours direct » comme on désignait l'aide sociale à l'époque, Claude Ryan apprit dès le jeune âge, tout comme ses frères Gérald et Yves, qui furent respectivement juge à la Cour supérieure et maire de Montréal- Nord, que rien ne remplace le travail acharné.Si ses professeurs ont loué son rare talent intellectuel, ses collaborateurs, en journalisme ou en politique, se souviennent d'un workaholic, impossible à suivre et difficile à satisfaire.Ses études, en service social à l'Université de Montréal et en histoire de l'Église à Rome, ont laissé de profondes traces chez ce chrétien préoccupé de justice sociale.« La main de Dieu » On a souvent ri de ses références trop directes au religieux, autant de la « main de Dieu » qui guidait ses choix de carrière que de ses critères moraux pour le choix des candidats libéraux, ridiculisés par Reed Scowen qui en a fait « un des acteurs les plus tragicomiques de la scène politique contemporaine du Québec ».Après avoir dirigé les forces victorieuses du NON au référendum de 1980, mais perdu les élections de 1981, M.Ryan fut évincé de la tête du Parti libéral du Québec qui le trouvait trop nationaliste et pas assez solidaire des libéraux fédéraux de Trudeau et Chrétien.Comme il l'avait fait durant la crise d'octobre 1970, Claude Ryan s'est en effet opposé aux tenants de la démarche trudeauiste lors de l'adoption d'une nouvelle constitution canadienne sans l'accord du Québec en 1982, lors du renvoi par le gouvernement fédéral devant la Cour suprême et de la loi établissant les conditions de sécession du Québec en 1999.On lui a aussi reproché son manque de tact et de compassion envers ses adversaires, de l'intérieur lorsqu'il a carrément écarté Raymond Garneau après l'avoir battu au congrès à la direction du PLQ en 1978, ou de l'extérieur en refusant de tendre la main aux nationalistes défaits au référendum de 1980.Ce sont donc son épineuse recherche d'une troisième voie tout autant que ses manques de savoir- faire qui l'ont empêché de répéter sur la scène politique ses exploits journalistiques.Marié à Madeleine Guay, qui l'a précédé dans la tombe, il laisse dans le deuil ses cinq enfants : Paul, Monique, Thérèse, Patrice \u2014 le mari de notre journaliste Marie-Claude Lortie \u2014 et André.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE © On peut diviser la vie de Claude Ryan en quatre étapes d'égale durée : militantisme à l'Action catholique de 1945 à 1962, journalisme au quotidien Le Devoir de 1962 à 1978, action politique au sein du Parti libéral du Québec de 1978 à 1995, interventions ponctuelles d'un sage à la retraite depuis une dizaine d'années.« LE PAPE DE LA RUE SAINT-SACREMENT » En fait, on utilisait aussi l'expression « pape laïque de la rue Saint- Sacrement » pour décrire M.Ryan alors qu'il travaillait au journal Le Devoir, dont les bureaux se trouvaient dans la rue du même nom.On lui accorda le surnom parce qu'on affirmait qu'il y était seul maître à bord après Dieu.Il connaissait parfaitement ses dossiers, sauf l'économie et les arts, qu'il censurait souvent.Son style de gestion autocratique (il n'hésitait pas par exemple à imposer un article sur l'un de ses propres discours à la une du journal) provoquait parfois la grogne chez les journalistes qui reconnaissaient toutefois son intérêt passionné pour le journal.VINCENT MARISSAL Le dernier sage Liza Frulla est rarement à court de mots.Pourtant, elle avait été tellement impressionnée de se retrouver à la même table que Claude Ryan quand elle est entrée au cabinet Bourassa en 1989 qu'il lui avait fallu au moins six mois avant d'être capable de lui parler.« J'étais tellement intimidée par cet homme, par sa stature intellectuelle, raconte la ministre fédérale.J'étais honorée de me retrouver dans la même pièce que M.Ryan, mais j'étais complètement figée.» Cette anecdote, et des dizaines d'autres témoignages recueillis auprès de gens qui ont côtoyé de près Claude Ryan, démontre à quel point l'homme était respecté.Craint aussi, souvent, et toujours écouté.Quand quelqu'un d'aussi important meurt, on a souvent la fâcheuse tendance dans les médias d'en étaler beaucoup, trop même, avec tous les risques de débordement que cela comporte.Mais dans le cas de Claude Ryan, on peut écrire plusieurs fois et en majuscules les mots rigueur, intégrité et droiture sans risque d'exagérer.C'est ce qui le rendait si impressionnant et tellement incontournable chaque fois que surgissait au Québec un grand débat.C'est aussi ce qui explique ce grand vide qu'il vient de laisser en quittant ce bas monde.Posez-vous la question : combien y a-t-il au Québec de personnages ayant la force intellectuelle de Claude Ryan, sa constance et sa cohérence, sa logique, son expérience politique, son bagage professionnel et son influence au cours des 50 dernières années ?Vous en voyez peutêtre un ou deux autres ?Pas plus.Ajoutez à cela cette rigueur \u2014 eh oui, encore la RIGUEUR ! \u2014 et cette discipline de bénédictin et il ne reste plus que Claude Ryan.Quand quelqu'un d'aussi important meurt, on pèche souvent par hyperbole, mais avec la mort de Claude Ryan, on peut certainement dire que l'on perd un de nos rares sages.Peut-être même le dernier.Chose certaine, les politiciens comme les journalistes viennent de perdre une référence précieuse autant par son intégrité intellectuelle que par sa place dans l'histoire.Dans les salles de rédaction du Québec, c'était devenu un cliché : chaque fois que l'on cherchait les commentaires d'un analyste crédible et honnête sur des phénomènes sociaux ou politiques profonds, le nom de Claude Ryan revenait toujours en premier.Mais l'ancien directeur du Devoir et ex-chef du PLQ a eu la sagesse de doser ses sorties publiques à la fin de sa vie.À l'époque de la clip-télé à tout prix et des leaders politiques fabriqués à haute vitesse sur Internet, Claude Ryan détonnait, forcément.Depuis hier matin, le mot austère revient constamment pour le décrire.Il est vrai que les grands intellectuels, surtout quand ils ont la vertu de leur bord, ont rarement le charisme des rock stars.M.Ryan, c'est un fait, n'a jamais soulevé les foules, mais peu de politiciens peuvent se vanter d'avoir exercé, aussi longtemps, une telle influence sur leur société et sur leurs pairs.Il y a 40 ans, Jean Chrétien, alors jeune avocat de province, était venu à Montréal expressément pour consulter le directeur du Devoir avant de lancer sa carrière politique.(Pour la petite histoire, M.Ryan avait alors estimé que Jean Chrétien n'aurait pas une carrière ultra brillante, mais qu'il pourrait néanmoins être un honnête député pendant quelques années.) Au début de janvier, Jean Chrétien a appelé Claude Ryan pour le Nouvel An.Le geste avait touché M.Ryan, qui était heureux de constater que des années de divergences politiques n'avaient pas entamé le civisme de leur relation.Paul Martin aussi a téléphoné à Claude Ryan pour prendre de ses nouvelles et causer un brin politique.Il y a un mois aujourd'hui, quelques heures avant d'entreprendre une tournée des provinces, Pierre Pettigrew a rendu visite à son ancien patron et mentor politique à sa maison d'Outremont.Il lui a apporté le New York Times du dimanche, un des petits plaisirs de M.Ryan, et ils ont parlé de la vie et de la mort avec « un courage et une lucidité admirable ».Ils ont parlé de politique aussi et de Constitution, Claude Ryan demandant même à son ancien chef de cabinet devenu ministre fédéral de l'appeler pour lui faire un compte rendu de sa tournée des premiers ministres.Dans les premiers jours de 2004, Jean Charest a lui aussi longuement visité Claude Ryan au cours de laquelle il a été notamment question, selon un proche de M.Ryan, des « valeurs libérales » auxquelles il tenait tant.En septembre 2002, six mois avant les élections québécoises, alors que le PLQ traînait en troisième place dans les sondages, Jean Charest avait fait appel à Claude Ryan pour rappeler aux Québécois le sens des « valeurs libérales ».À l'époque, M.Ryan disait notamment qu'« il ne suffit pas de se réclamer de l'esprit libéral.La personne qui oeuvre dans la politique doit chercher à déployer cet esprit au service de valeurs capables de faire avancer les libertés individuelles et le bien général de la société ».Avait-il vu se profiler à l'horizon les écueils qui attendaient le gouvernement Charest?Il l'a prévenu, en tout cas, des risques d'érosion des « valeurs libérales » en critiquant sévèrement les projets de restructuration de l'État l'automne dernier.Jean Charest a parlé hier de Claude Ryan comme d'« un phare qui brillera longtemps sur le Québec ».Comme un clin d'oeil au destin, Claude Ryan s'est éteint au moment où son parti navigue en plein brouillard.Claude Ryanavait-il vu seprofileràl'horizon les écueils qui attendaient le gouvernement Charest ?Il l'aprévenu, entout cas, des risques d'érosiondes « valeurs libérales »encritiquant sévèrement les projets de restructurationde l'État l'automne dernier. PHOTOARCHIVES PC Claude Ryan lors d'un rassemblement du camp du NON à Hull, le 20 avril 1980.Un homme d'influence Au cours des dernières décennies, les libéraux provinciaux ont eu beaucoup de chefs.Les guides spirituels furent bien moins nombreux.Certains ont vu en Claude Ryan la « conscience du Québec », mais cet intellectuel, rigoureux et autoritaire, était loin d'être le personnage désincarné que l'on croyait.Par son engagement politique, il parvint à changer le cours des choses ; sur les plans constitutionnel et linguistique, le Québec serait différent sans le passage de ce politicien hors norme.DENIS LESSARD QUÉBEC «J'en ai fait beaucoup pour ce gouvernement, je n'accepterai pas d'être insulté.Allez, on s'en va.» Médusé le nouveau chef de cabinet de Claude Ryan, Martial Filion n'en revenait pas.Cet après-midi de mars 1991, dans la salle bondée, surchauffée, du Palais des congrès de Montréal, 3000 militants libéraux gonflés à bloc venaient d'appuyer dans l'enthousiasme le rapport Allaire, une longue liste de revendications « non négociables» adressées au Canada anglais.Claude Ryan, qui avait toujours réprouvé en coulisses la stratégie de louvoiements constitutionnels de Robert Bourassa, venait de claquer la porte.Une décharge émotive évidente, puisque son parti avait, sans ménagement, refusé ne serait-ce que de se pencher sur la solution de compromis qu'il avait concoctée.Bien sûr, il y avait les principes, sa vision du Québec au sein du Canada, mais cet après-midi-là, c'était spontanément la blessure d'amour-propre et l'affront de ces « libéraux nationalistes» qui avaient fait déborder le vase.Dans une cohue indescriptible, l'homme fort du gouvernement Bourassa quitte sur-le-champ le Palais des congrès pour « réfléchir ».Tout à coup les enjeux deviennent clairs : l'ancien chef, le fiduciaire du courant fédéraliste chez ces libéraux déboussolés de l'après-Meech, vient de prendre 3000 délégués, son parti et Robert Bourassa en otage.L'atmosphère est lugubre ce soirlà, un samedi, au 20e étage du complexe Desjardins, au bureau du ministre Ryan.« Il a réuni tous les employés du cabinet et annoncé qu'il démissionnait, que sa décision avait été difficile, mais qu'il n'était pas d'accord avec l'orientation prise par le parti, qu'il ne pouvait plus être ministre dans ce gouvernement », se souvient le député Geoffrey Kelly, alors responsable des question autochtones au cabinet Ryan.L'ancien chef était l'homme-orchestre de Robert Bourassa, il avait été responsable au fil des ans de tous les dossiers délicats « et il estimait qu'il avait été trahi ».Pas question pour lui de négocier une solution avec Robert Bourassa au téléphone.« Le premier ministre sait ce qu'il a à faire », répliquera sans appel Claude Ryan à Martial Fillion.Le lendemain, devant les mêmes congressistes qui, la veille, flirtaient avec la souveraineté, Robert Bourassa était forcé de freiner, brutalement.Le Canada, « l'un des pays les plus enviés du monde.reste le premier choix de l'ensemble du Parti libéral ».M.Bourassa ajouta une allusion au travail incessant de l'ancien chef Claude Ryan.Les délégués se levèrent spontanément pour une longue ovation.«C'était un message pour M.Ryan », estime John Parisella, le chef de cabinet de M.Bourassa qui avait concocté l'affaire.« J'ai eu l'impression qu'il s'était assoupi pendant le discours diffusé à la télévision, que je l'avais réveillé », se souvient Martial Filion.Pour conserver son lieutenant, Robert Bourassa avait dû mettre au pas les nationalistes de son parti.Quatre mois plus tard, la plupart se retrouveront autour de Mario Dumont, formant la base de l'Action démocratique.Avec sa démission d'un jour, Claude Ryan était parvenu à influer sur le cours des choses \u2014 le flirt, bien stratégique, de Robert Bourassa avec le courant souverainiste avait vécu.Pourtant M.Ryan n'avait pas été laissé pour compte dans la stratégie constitutionnelle de Robert Bourassa, insiste Jean-Claude Rivest.Chaque dimanche soir, à l'insu du ministre responsable Gil Rémillard, M.Rivest se rendait chez M.Ryan.Dans un rituel de boeuf aux légumes suivi d'un porto, l'alter ego de Robert Bourassa faisait son rapport détaillé des progrès comme des reculs de l'entente du lac Meech, puis de la gestation de l'entente de Charlottetown.Claude Ryan avait pu influencer les dernières moutures du rapport Allaire, dit catégorique M.Rivest.Mais essentiellement, il aura toujours regretté de n'avoir pas été nommé ministre responsable du dossier constitutionnel, estime aujourd'hui Geof Kelly.Il aura une douce revanche.C'est lui qui, le dernier, pourra toucher au texte de la question au référendum de Charlottetown.Transmise à Ottawa, sa question servira à la grandeur du Canada.L'ÉMINENCE GRISE La vie politique n'était pas un point de chute évident pour Claude Ryan en 1978.Depuis 1962, l'ancien directeur de l'Action catholique dirigeait Le Devoir et jouissait d'une immense influence sur la vie publique québécoise.En 1977, après le départ en exil de Robert Bourassa, une phalange de libéraux pilotée par Guy Saint-Pierre avait pressenti le «pape de la rue Saint-Sacrement », sans succès.Il accepte toutefois de participer à un colloque, « Le Québec des libertés », et l'ovation monstre qu'il y reçoit l'ébranle assurément, se souvenait hier John Parisella, l'ancien bras droit de M.Bourassa.«M.Bourassa avait subi une cuisante défaite ; pour certains le remplaçant devait venir de l'extérieur du PLQ », résume aujourd'hui M.Parisella.Aussi, sans l'avouer, les libéraux se trouvent démunis devant les politiciens passionnés du Parti québécois, les René Lévesque et Claude Charron, à l'approche de l'inévitable référendum.Pour avoir l'autorité intellectuelle d'un Claude Ryan, ils sont prêts à choisir comme chef ce politicien hors norme, à accepter les pellicules sur ses épaules, ses rictus sardoniques et ses énormes lunettes démodées.Mais ce choix n'est pas évident pour bien des libéraux ; moins de deux ans plus tôt, l'auguste éditorialiste avait appuyé le Parti québécois.Dès qu'il devient chef du PLQ au détriment de Raymond Garneau, en avril 1978, les plus intuitifs des militants perçoivent un autre Claude Ryan.À son premier discours à la tête du parti, il n'aura pas un mot pour son adversaire carrément humilié, une vindicte qui allait bien longtemps assombrir son image publique.Pire encore le lendemain, il ne voit aucun avenir, aucune responsabilité particulière pour le rival battu.« On attendait une main tendue qui n'est jamais venue », se souvient l'ancien ministre Marc-Yvan Côté, un des organisateurs de Raymond Garneau.« Les libéraux l'avaient choisi pour son autorité morale à l'approche du référendum, explique Jean-Claude Rivest.M.Ryan considérait l'engagement politique comme une affaire d'idées, mais le travail de chef, c'est aussi une affaire de relations humaines, et il était moins fort là-dessus.Il n'a jamais accordé d'importance aux états d'âme.» Ironiquement, M.Rivest, étroitement associé à Robert Bourassa, se fait élire dans Jean-Talon malgré l'opposition de Claude Ryan \u2014 une petite vengeance des libéraux de Québec, proches de M.Garneau.L'arrivée de Claude Ryan au PLQ régénère le parti et attire de nouveaux éléments de valeur.Avec lui entrent en scène le directeur d'Alliance Québec, John Parisella, un jeune brillant originaire de Québec, Pierre Pettigrew, et un universitaire de Sherbrooke, Alain Cousineau.Tous feront leur marque.« J'ai pris ma carte à l'instant même où j'ai su qu'il serait candidat au leadership », se rappelle M.Parisella.Bourreau de travail, aussi exigeant envers les autres qu'envers lui-même, Claude Ryan est vite vu comme un chef sans pitié.Il peut admonester publiquement, en caucus, une députée expérimentée comme Lise Bacon : « Taisez-vous.vous n'êtes pas intelligente.Encore aujourd'hui, Mme Bacon refuse de commenter le parcours de son ancien chef.Pendant toute la durée de sa carrière politique, il ne sera jamais tendre à l'égard d'un collègue mal préparé.À sa première réunion du comité ministériel des affaires sociales, en 1989, Lisa Frulla veut faire entrer son sousministre pour expliquer le mémoire qu'elle compte présenter.« Pas ques- PHOTO ARMAND TROTTIER, ARCHIVES LA PRESSE© Le chef du camp du NON a été fort bien accueilli par les Yvette au Forum de Montréal, peu avant le référendumde 1980.CLAUDE RYAN 1925-2004 «Il a réuni tous les employés du cabinet et annoncé qu'il démissionnait.Il estimait qu'il avait été trahi.» CLAUDE RYAN EN QUELQUES DATES 26 janvier 1925 Naissanceà Montréal.Fils de Henri-Albert Ryan et de Blandine Dorion.1944\u20141946 Études à l'École de service social de l'Université de Montréal.1945\u20141962 Secrétaire national de la section de langue française de l'Action catholique canadienne.1951\u20141952 Stage d'études en histoire de l'Église et en histoire universelle à l'Université pontificale grégorienne de Rome.1955-1961 Président de l'Institut canadien d'éducation des adultes.Éditorialiste au quotidien Le Devoir.Mai 1964 Devient directeur du Devoir, poste qu'il occupera jusqu'en janvier 1978.Est aussi gérant de l'Imprimerie populaire, société éditrice de ce journal.1964-1971 Membre du conseil d'administration de la Presse Canadienne.15 avril 1978 Élu chef du Parti libéral du Québec dans une course à la direction l'opposant à l'ancien ministre Raymond Garneau.30 avril 1979 Élu député d'Argenteuil au cours d'élections partielles.Il sera réélu aux élections générales de 1981, 1985 et 1989.9 mai 1979 Devient chef de l'opposition officielle.20 mai 1980 Premier référendum sur la souveraineté.Chef du camp du NON, qui remporte la victoire avec près de 60%des voix.Il aura cependant obtenu un sérieux coup de main de politiciens de partis politiques fédéraux, dont Jean Chrétien.1979 > « L'heure est venue de procéder à une réforme en profondeur de la Constitution.Deux raisons justifient cette conclusion: les imperfections objectives du document constitutionnel actuel et les réalités nouvelles, (qui) feront éclater le pays si rien n'est fait.» Une nouvelle fédération canadienne (Livre beige), 1980 tion, vous reviendrez la semaine prochaine pour nous l'expliquer vousmême », dira, tranchant, M.Ryan, qui présidait le comité.« Souvent, il connaissait davantage le dossier que le ministre sectoriel, il lisait absolument tout et quand il donnait son aval à un projet, l'adoption au Conseil des ministres devenait une formalité », se souvient Jean-Louis Dufresne, conseiller spécial au cabinet de Robert Bourassa.« C'était quelqu'un de très travaillant, mais pour lui, les gens devaient faire leurs devoirs.Il pouvait être impitoyable avec un collègue qui ne s'était pas préparé suffisamment pour défendre son dossier.Quand il n'était pas satisfait, il disait : c'est pas mûr.Il avait le don de poser la question supplémentaire qui démolissait une présentation bâclée », se souvient Geoffrey Kelly.Nouveau chef du PLQ, Claude Ryan fait place nette.Il congédie brutalement le directeur général du parti, Ronald Poupart.«C'est tout récemment qu'il m'a dit qu'il regrettait de m'avoir congédié en 1978 », confie un peu triste ce dernier, revenu en grâce avec Robert Bourassa et aujourd'hui conseiller de Jean Charest.LA MAIN DE DIEU Comme chef libéral, Claude Ryan fait parfois sourire.Il édicte des « critères » pour la sélection des futurs candidats libéraux, ces derniers doivent mener une vie absolument exemplaire.Plusieurs députés qui ont une existence plus tumultueuse se sentent visés.« Il ne s'est jamais préoccupé de son image publique.Vingt ans après la Révolution tranquille, le Parti libéral avait un chef qui disait avoir été choisi par la main de Dieu », rappelle John Parisella.Car la dimension spirituelle, la foi chrétienne ont toujours été une dominante de la trajectoire de Claude Ryan.Il y a trois semaines, ses disciples Russel Copeman et Geoffrey Kelly lui ont rendu visite à son domicile d'Outremont.Diminué physiquement, il demanda qu'on lui fasse du thé, «mais son esprit était incandescent, il était lucide comme jamais.On était le 7 janvier et il nous a dit que ce qu'il regrettait le plus, c'était de ne plus pouvoir continuer à donner son cours à Mc Gill », rappelle M.Kelly.L'université avait demandé à cet intellectuel sans diplôme de donner un cours en religion à la chaire Newman, du nom du cardinal du XIXe siècle qui avait guidé sa vie.Ces derniers mois, Claude Ryan s'affairait à traduire une série de sermons de ce religieux, pour qui la foi devait se prolonger dans l'action sociale.Élu dans une partielle en avril 1978 dans Argenteuil, la région où sa femme, Madeleine, avait vu le jour, il se révèle un chef de l'opposition pugnace, très incisif, en particulier sur la loi 101.Au débat référendaire, il incite ses troupes à décortiquer la « question » déposée par René Lévesque, une erreur stratégique devant les péquistes qui font des envolées lyriques sur la souveraineté.Toute la campagne du NON devient un chassé-croisé entre Claude Ryan et son éternel rival, Pierre Trudeau, l'autre ténor fédéraliste.Le soir du vote, Claude Ryan fera un discours qui entachera longtemps son image.Sans égard aux 40% de Québécois qui avaient appuyé la souveraineté, il fait une sortie partisane, réclamant même que René Lévesque, assommé, déclenche des élections.« Ce n'était pas la chose à dire ce soir-là.J'ai déraillé un petit peu sur le ton aussi », reconnaîtra-t-il à La Presse 20 ans plus tard.Pour John Parisella, « il accepté d'être chef du PLQ essentiellement pour participer au débat référendaire ».Aussi, il accepta facilement de rester comme député puis ministre sous Robert Bourassa.En décembre 1979, il sort de son sac le livre beige, son credo constitutionnel ; un nouveau partage des compétences entre Ottawa et les provinces, l'abolition du Sénat et la mise en place d'une Chambre des provinces, un rempart devant le pouvoir de dépenser d'Ottawa.« Toute sa vie, il restera fidèle à ce document », résume Geoffrey Kelley.Mais cette profession de foi est mal accueillie par les intellectuels à l'époque \u2014Léon Dion demande qu'on la mette carrément au rancart.Aux élections d'avril 1981, les Québécois qui ont brisé le coeur de René Lévesque au référendum veulent consoler le chef péquiste.Avec seulement 42 députés contre 80 au PQ, Claude Ryan essuie une défaite cuisante.C'est devant une salle vide qu'il fait son discours au cégep du Vieux Montréal ce 13 avril au soir.Arrivé au travail à 9 h le lendemain matin, il sera fin seul au bureau.Claude Ryan sait dès lors qu'il entreprend un long chemin de croix.Au printemps, ses convictions l'amènent à demander à son parti de voter avec le gouvernement Lévesque une résolution condamnant le rapatriement unilatéral de la Constitution.C'est le schisme.Neuf députés, dont de gros canons comme Herb Marx, John Ciaccia et Richard French, refusent de suivre leur chef.« Ce n'était pas une fronde contre M.Ryan, on aurait voté cette résolution s'il avait été premier ministre.Mais pas question de donner un chèque en blanc à Claude Morin », explique aujourd'hui Bill Cusano, le seul des « neuf » à toujours siéger à l'Assemblée nationale.Pour M.Cusano, c'est l'entourage de M.Ryan qui fit de ce vote une question de loyauté au chef.De l'élection de 1981 jusqu'à son départ, en août 1982, c'est la descente aux enfers.Il est en sursis, pendant que ses députés et ses organisateurs spéculent ouvertement sur son départ.À quelques semaines d'un congrès, d'un vote de confiance qu'il ne pourra clairement pas traverser, Claude Ryan jette l'éponge.Redevenu député, il ne perdra jamais plus le respect de ses pairs.« En 23 ans de carrière, c'est le député et le ministre le plus respecté que j'ai vu », insiste Bill Cusano.« Il a grandi dans les années qui ont suivi sa démission comme chef », dit sans détour son disciple Parisella.Comme chef, il avait obstinément refusé d'accueillir Robert Bourassa, qui souhaitait ardemment revenir comme candidat.« Il avait dit à M.Bourassa : j'aime mieux perdre l'élection sans vous que la gagner avec vous », se souvient même Jean-Claude Rivest.Revenu à la tête du PLQ, Robert Bourassa, au contraire, tient absolument à pouvoir compter sur le jugement sûr de cet intellectuel.« Le Québec, le gouvernement et le Parti libéral ne peuvent se passer d'un Claude Ryan », avait tranché Robert Bourassa, se souvient Marc- Yvan Côté.200 MAINS À SERRER Durant ses discours, Claude Ryan se laissera toujours un peu emporter dès qu'il sent de la sympathie autour de lui.« Quand il entrait dans une salle où se trouvaient 200 personnes, il n'en sortait pas avant d'avoir serré 200 mains.Dans les restaurants, il faisait le tour des tables et on le retrouvait parfois à saluer les gens dans les cuisines », se souvient Martial Filion.Heureusement, il n'allait pas souvent au restaurant \u2014il se contentait de la cafétéria du Complexe G, à Québec, ou des comptoirs rapides au rez-de-chaussée du Complexe Desjardins.Pour une escapade, il se permettait un Da Giovanni au centre-ville, ou quand il voulait se gâter, il atterrissait au Laurier-BBQ d'Outremont.Au volant, sa distraction est légendaire.Il a éraflé bien des autos garées dans les rues de Montréal, se souvient André Fortier, son chef de cabinet à l'Éducation.« Un soir très tard, sur la 40 de Québec à Montréal, il prend le volant pendant que je dors.Il me réveille pour prendre la relève.On était en route.pour La Tuque !» se souvient, amusé, M.Fortier.Avec l'élection des libéraux en décembre 1985, Claude Ryan obtient le dossier qu'il désire, l'Éducation, un portefeuille qu'il ne quittera qu'à regret en octobre 1990, pour aller faire le ménage à la Sécurité publique, un ministère ébranlé par la crise d'Oka.Dès lors, il redevient la bête de somme, le travailleur increvable.Il passe ses journées à rencontrer les groupes de pression, les commissions scolaires, les recteurs.Puis après le souper, il fait trimer ses fonctionnaires dans des réunions qui se prolongent très tard.Il lira toujours méticuleusement le courrier qu'on lui envoie.«Il avait coutume de dire que c'est dans ces lettres qu'on voit les vrais problèmes », se souvient Martial Filion.Chaque missive vaut une réponse personnelle du ministre ; « il répondait à son courrier au dictaphone, sa dictée était fluide, exactement comme s'il avait lu un texte qui défilait devant ses yeux », poursuit Filion.Le lundi matin, le ministre Ryan déposait une pile de cassettes à transcrire sur le bureau de sa secrétaire.C'est l'époque où, quand il part se reposer à son chalet du lac Sir John, dans l'Outaouais, Claude Ryan trimballe avec lui une pleine valise de lectures.Il amène, par exemple, toute la plaidoirie sur la confessionnalité des commissions scolaires devant la Cour suprême, « certainement pas l'idée que je me fais d'une lecture de vacances », se souvient Geoffrey Kelly, amusé.Contrairement à l'image populaire, Claude Ryan «l'inébranlable» consultait énormément.Il était bien plus influençable qu'il ne le laissait voir, mais il vous écoutait seulement s'il avait l'impression que vous aviez fait vos devoirs, insistent ses anciens collaborateurs.Claude Ryan aura toujours un statut particulier au gouvernement Bourassa.Jamais on ne réduira les budgets de l'Éducation tant qu'il en sera responsable.LA LANGUE, SON DERNIER LEGS En mars 1989, Robert Bourassa lui confie sa mission la plus délicate : rétablir la paix linguistique après le clivage profond causé par les choix de l'année précédente.Devant le jugement de la Cour suprême à la fin de 1988, le gouvernement Bourassa avait opté pour le recours à la clause dérogatoire de la Constitution pour maintenir l'interdiction de l'anglais dans l'affichage extérieur.« Claude Ryan estimait que compte tenu du climat social, la population n'était pas prête à accepter un jugement d'une Cour dont six juges ne venaient pas du Québec.Mais il voyait le nonobstant comme temporaire, transitoire », se souvient Jean- Claude Rivest.Le débat intense au sein du gouvernement avait donné naissance à une formule alambiquée, où l'anglais était permis pour l'affichage à l'intérieur des commerces.Trois des principaux ministres du gouvernement, Richard French, Clifford Lincoln et Herbert Marx, avaient claqué la porte et la communauté anglophone, irritée, préparait sa riposte sous la forme du Parti égalité qui, en septembre 1989, fera élire quatre députés.Claude Ryan a le mandat de faire table rase des circonvolutions maladroites de son prédécesseur, le Dr Guy Rivard.Partisan du recours au nonobstant en 1988, Claude Ryan avait prédit qu'il ne saurait être que temporaire.Dès 1990, il met la machine administrative en marche pour préparer une revue méthodique et méticuleuse de tout le dossier linguistique.Reprenant la formule du jugement de la Cour suprême, qui reconnaît au Québec le droit d'assurer la « nette prédominance » du français, il s'accroche à cette balise, qu'il illustrera par la suite par un exemple proche du sens commun, le français deux fois plus important que l'anglais.La réforme de la loi 86, adoptée en 1993, c'est l'héritage politique de Robert Bourassa et de Claude Ryan.La formule retenue sera si proche de l'équilibre souhaité par la population que, près de 10 ans plus tard, les états généraux sur la langue présidés par Gérald Larose se contenteront d'ajustements mineurs à la politique linguistique.« Si la loi adoptée alors tient toujours, c'est que le travail avait été bien fait », résume Jean-Claude Rivest.Ministre le plus écouté du gouvernement, Claude Ryan ne s'oppose pas systématiquement à ce qu'il réprouve.Il aura toujours d'énormes réticences à la création d'un casino à Montréal, tout comme Robert Bourassa d'ailleurs.Il obtient que l'établissement ne trouve pas place au centre-ville de Montréal.Durant la crise d'Oka, Claude Ryan, ministre de la région, se rend périodiquement sur la réserve, parfois avec un gilet pare-balles.Il va lui-même constater le retour à la normale, conduisant sa vieille Buick Century familiale.« Ses gardes du corps étaient découragés », se souvient John Parisella.Après l'affrontement, c'est lui que désignera Robert Bourassa pour remettre de l'ordre à la Sécurité publique.Puis, comme responsable des Affaires municipales, on lui demande de participer au redressement des finances publiques.Il fera, de bon gré, la première opération de délestage vers les municipalités.À l'origine, la loi 145 visait à retourner aux villes 400 millions de dollars en responsabilités, essentiellement l'entretien des routes locales.Quelques mois plus tard, il tient parole, mais l'opération ne livrera « que » 280 millions.Après 16 ans d'une vie politique trépidante, constamment sous les feux de la rampe, Claude Ryan quittera ses fonctions tout de suite après Robert Bourassa.Il annoncera la fin de sa carrière politique en avril 1994.Il sera toujours modeste sur sa contribution pourtant hors du commun.De ses trois carrières, les 17 années à l'Action catholique « furent les plus heureuses.puis j'ai été en journalisme.Ce fut une belle période ».« Et en politique.ce fut extrêmement intéressant », concluait M.Ryan lors de l'annonce de son départ.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE© Claude Ryan à la taverne d'Henri Richard (au centre), en février 1980.« Quand il entrait dans une salle où se trouvaient 200 personnes, il n'en sortait pas avant d'avoir serré 200 mains.Dans les restaurants il faisait le tour des tables », se souvient son ancien chef de cabinet, Martial Filion.«Il considérait l'engagement politique comme une affaire d'idées.mais le travail de chef, c'est aussi une affaire de relations humaines, et il était moins fort là-dessus.» PHOTO ROBERT NADON, ARCHIVES LA PRESSE© Aux côtés de Pierre Elliott Trudeau, pendant la première campagne référendaire.QUELQUES DATES 2 décembre 2002 Il reçoit un doctorat honoris causa de l'École de technologie supérieure (Université du Québec) en reconnaissance de son apport au développement de cette institution.19 décembre 2002 Claude Ryan annonce lui-même qu'il est atteint d'un cancer de l'estomac inopérable.Hospitalisé au pavillon Hôtel-Dieu du CHUM, il rédige lui-même le communiqué faisant le point sur son état de santé.12 novembre 2000 Reçoit un doctorat honoris causa en théologie du Collège dominicain de philosophie et de théologie.Janvier 2002 Devient professeur en études catholiques à l'Université Mc Gill.12 décembre 1985 \u2014 5 octobre 1990 Àla suite de la victoire des libéraux aux élections du 2 décembre 1985, il devient ministre de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Science.3 mars 1989 \u2014 11 janvier 1994 Ministre responsable de la Charte de la langue française.5 octobre 1990 \u2014 11 janvier 1994 Ministre de la Sécurité publique.5 octobre 1990 \u2014 26 septembre 1994 Ministre des Affaires municipales.16 novembre 1996 Fait compagnon de l'Ordre du Canada.10 août 1982 Incapable de conduire ses troupes à la victoire aux élections d'avril 1981, il démissionne du poste de chef du Parti libéral du Québec et du poste de chef de l'opposition officielle.Il demeure cependant à son siège de député.Robert Bourassa redeviendra chef du PLQ, après un intérim assuré par Gérard D.Levesque.1982 > Claude Ryan a aussi été membre de plusieurs conseils d'administration, a remporté de nombreux prix de journalisme et a publié une dizaine d'ouvrages.Le frère aîné de Claude Ryan, Gérald, était juge à la Cour supérieure.Son frère cadet, Yves, a été maire de Montréal-Nord durant 38 ans, jusqu'à la fusion des municipalités de l'île de Montréal, en novembre 2001. CLAUDE RYAN 1925-2004 Un homme qui a fait avancer le Québec PASCALE BRETON QUÉBEC \u2014 Ses adversaires politiques trouvaient parfois Claude Ryan bagarreur, voire hargneux, tandis que ses pairs admiraient sa recherche constante des faits.Tous soulignent aujourd'hui sa rigueur intellectuelle qui a contribué à l'avancement du Québec.«M.Ryan a fait une contribution d'une valeur inestimable à la construction du Québec moderne.Ce qu'on retient de sa vie, c'est à quel point il a tenu par ses engagements à donner aux Québécois tout ce qu'il y avait de mieux en terme de réflexion », indique le premier ministre Jean Charest, rappelant que le document réactualisé en 2002 par Claude Ryan sur les valeurs libérales en est un bel exemple.Le chef de l'opposition officielle, Bernard Landry, parle pour sa part d'un « homme d'idées et de convictions » qui a contribué à la gestation de la Révolution tranquille.Comme ministre, M.Ryan « a cherché ce qu'il y avait de mieux pour notre Québec, y compris dans ses relations avec le Canada ».Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, qui a côtoyé M.Ryan dans les rangs libéraux avant de claquer la porte et de fonder l'ADQ, souligne qu'il était un homme de réflexion.« On pouvait être d'accord ou pas avec ses idées à différents moments, mais tout le monde doit reconnaître qu'il posait les jalons sur le plan des grands courants d'idées du Québec.» Inspirés par M.Ryan, plusieurs ont fait le saut en politique, dont l'ancien premier ministre Daniel Johnson.Les deux hommes ont travaillé ensemble dans le deuxième gouvernement Bourassa.L'image d'austérité qui colle à M.Ryan est « biaisée », affirme M.Johnson.« Ce n'est pas évident de l'extérieur.Mais c'était un homme d'une très grande ouverture, malgré l'image publique sévère.Il était d'une délicatesse extraordinaire avec les gens.» Sensible aux autres, mais exigeant des faits, rappellent plusieurs anciens collègues, dont l'ex-ministre Marc-Yvan Côté.« Au Conseil des ministres, c'était quelqu'un de redoutable.C'était quelqu'un qui avait ses idées, qui les défendait et qui avait une totale indépendance sur à peu près tous les sujets.» Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, collègue de M.Ryan de 1989 à 1994, confirme.« Sa rigueur intellectuelle, sa connaissance des grands enjeux, sa capacité de les situer dans leur ensemble faisaient de Claude Ryan une référence incontournable et des plus crédibles.» Alter ego de Robert Bourassa, le sénateur Jean-Claude Rivest ajoute que M.Ryan n'a jamais joué le jeu des groupes de pression.« Son critère absolu était le service public façonné dans le prisme de ses valeurs à lui, de ses valeurs humaines et politiques.» Les valeurs sociales étaient importantes pour M.Ryan, insiste le député de Jacques-Cartier, Geoffrey Kelley, qui a travaillé à son cabinet avant de se lancer à sa suite comme politicien.« Je suis un disciple, un acolyte de Claude Ryan.C'était vraiment quelqu'un qui croyait dans la justice sociale, qui croyait que le gouvernement pouvait jouer un rôle pour égaler les chances dans la société.» Le chef et l'après-chef Aujourd'hui ministre de la Sécurité publique, Jacques Chagnon était de ceux qui incitaient M.Ryan à briguer la tête du PLQ en 1978.Il sera ensuite son attaché politique, avant de devenir lui-même un élu, des années plus tard.« Il est un véritable mentor.Il m'a appris à travailler, à être rigoureux, à refuser les évidences, les choses qui apparaissaient faciles, à remettre en question et à chercher les faits.» L'ancien chef de cabinet de Robert Bourassa, John Parisella, considère M.Ryan comme une « caution morale » du PLQ.S'il a su mener la campagne référendaire de 1980 pour faire triompher le NON, M.Ryan était peut-être moins préparé pour le pouvoir, ce qui l'a mené à démissionner comme chef en 1982, redevenant alors simple député.« Parfois maladroit, il n'avait pas la langue de bois.Mais il est demeuré jusqu'à la fin un libre penseur », louange M.Parisella.L'ancien ministre John Ciacca croit pour sa part que le passage de M.Ryan à la tête du Parti libéral du Québec a permis d'en restaurer la crédibilité par ses valeurs et ses idées.Avec le retour de Robert Bourassa comme chef, il a ensuite prouvé son humilité et son influence en demeurant ministre.« C'était rare que le premier ministre allait à l'encontre de ce que M.Ryan disait », souligne M.Ciacca.Politicien depuis 1973, le député de Richmond, Yvon Vallières, a bien connu le Claude Ryan chef et l'après-chef.« Autant son approche semblait difficile quand il était chef, autant par la suite il était de tous les dossiers, d'une grande amabilité en soutien à l'ensemble de la députation et très près des clientèles dont il était responsable », confirme-t-il.Si le Part libéral du Québec existe tel qu'il est aujourd'hui, c'est grâce à René Lévesque, pour le financement des partis politiques et grâce à Claude Ryan, pour la structure «moderne et forte » qu'il lui a donnée, conclut l'ancien directeur général du PLQ, Pierre Bibeau.Avec la collaboration de Mario Cloutier PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE © « M.Ryan a fait une contribution d'une valeur inestimable à la construction du Québec moderne », a déclaré le premier ministre Jean Charest.Ottawa vante la rigueur de l'ex-chef libéral ISABELLE RODRIGUE PRESSE CANADIENNE OTTAWA \u2014 Le décès de Claude Ryan a semé la tristesse dans la capitale fédérale, où tous ont souligné hier la rigueur et le dévouement au service public de l'ex-chef libéral québécois.« Sa rigueur intellectuelle, sa curiosité naturelle et son érudition auront fait de lui un des hommes publics les plus marquants de son époque », a déclaré le premier ministre Paul Martin dans un communiqué.M.Martin a souligné également « sa capacité d'analyse », son « esprit de synthèse », sa « plume impeccable » et « son engagement inébranlable à l'amélioration de la société canadienne ».« Il m'a impressionné par la profondeur de ses convictions, par la sagesse qu'il apportait aux discussions », a ajouté le premier ministre.Pierre Pettigrew, ministre de la Santé et des Affaires intergouvernementales, qui a été journaliste au quotidien Le Devoir sous M.Ryan, puis chef de cabinet du politicien, dit avoir perdu un ami, un mentor et un exemple de fidélité envers ses convictions profondes.« L'une des lumières de notre société vient de s'éteindre », a dit M.Pettigrew, n'hésitant pas à qualifier l'ex-chef libéral de « géant ».« C'était un homme intellectuellement supérieur, d'une érudition et d'une culture remarquable, mais il était aussi, au plan stratégique, un homme qui a fait une contribution politique majeure en incarnant le nationalisme québécois tout en disant : on peut voter non », a poursuivi M.Pettigrew.Les deux hommes se sont vus pour la dernière fois en janvier, à la veille d'une tournée pancanadienne du ministre fédéral.Pour la dernière fois, il a pu bénéficier des conseils de son ex-patron.« Il était affaibli physiquement, mais c'était la même lucidité, la même clarté de vue.J'ai eu droit à ses conseils sur chaque région que j'allais visiter.Ç'a été formidable.C'était plus émotif que d'habitude puisqu'on se doutait que ça allait être notre dernière rencontre.Mais à l'image de l'homme, il n'y a pas eu de mièvrerie », a relaté M.Pettigrew, qui dit aussi garder l'image d'un homme rigoureux, certes, mais aimant rire et s'amuser.L'ex-premier ministre Jean Chrétien, qui a travaillé avec M.Ryan lors de la campagne référendaire du NON en 1980, a parlé du rôle qu'a joué l'ex-chef libéral comme d'un « impact durable sur le Québec et le Canada.» M.Chrétien a souligné comment l'épreuve du référendum de 1980 fut difficile pour Claude Ryan.« J'ai eu l'honneur de travailler en étroite collaboration avec lui pendant le référendum de 1980 lorsque son intellect et son engagement envers son pays ont été soumis aux plus grandes épreuves, a déclaré M.Chrétien dans un communiqué.Il a beaucoup contribué au Québec d'aujourd'hui.» C'est le dévouement de M.Ryan envers le service public qui aura pour sa part marqué le sénateur conservateur Jean-Claude Rivest, ex-conseiller du premier ministre Robert Bourassa.« Que ce soit en journalisme ou en politique, c'est un homme qui n'avait pas d'agenda caché et qui n'était pas associé à quelques intérêts particuliers (.) Il était uniquement voué et dévoué au service public », a déclaré le sénateur.Il se rappelle aussi de l'influence et du respect qu'imposait Claude Ryan au sein du conseil des ministres.« Sur tous les sujets, hors catégories, son opinion comptait, s'est souvenu M.Rivest.Jamais le gouvernement de M.Bourassa n'a pris une décision importante, de quelque nature que ce soit, sans que M.Ryan n'ait été consulté par le premier ministre ou ses collègues.» Ses collègues, d'ailleurs, pouvaient compter sur ses conseils, mais devaient également être très préparés, se sont rappelées trois « recrues » de Robert Bourassa au Conseil des ministres de l'époque : Liza Frulla, Lucienne Robillard et Serge Marcil, aujourd'hui sur la scène fédérale.« Pour nous, c'était comme notre professeur, a affirmé la ministre du Développement social, Liza Frulla.Moi, je dois dire que comme ministre, c'est M.Ryan qui m'a formée, parce qu'il fallait se lever de bonne heure avant de lui présenter un dossier.Il lisait tous, tous, tous, les détails, et ne laissait rien passer.» « C'était un homme toujours d'une très grande rigueur dans l'analyse de ses dossiers et il avait des opinions très fermes, a commenté la ministre de l'Industrie, Lucienne Robillard.Alors il fallait être solidement armé, je dirais, pour discuter avec M.Ryan.» Le député Serge Marcil se souvient même de moments où « il connaissait même le dossier plus en profondeur que certains ministres », a-t-il fait observer.Il ajoute que les critiques du parti adversaire avaient beaucoup de difficultés à prendre M.Ryan en défaut.Mais cette rigueur et analyse intellectuelle n'empêchait pas Claude Ryan d'être «charmant », selon Mme Frulla, en plus d'être très ouvert et très disponible.Même s'ils ne partageaient pas les mêmes convictions politiques, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a tenu à souligner la mémoire d'un homme d'une « grande intelligence ».« C'était un homme d'une grande rigueur intellectuelle, avec qui on avait des désaccords, mais qui situait le débat politique à un niveau élevé », a fait valoir M.Duceppe, soulignant lui aussi le niveau de maîtrise des dossiers de celui qui a été ministre sous le gouvernement libéral, de 1985 à 1994.La gouverneure générale, Adrienne Clarkson, a aussi exprimé ses condoléances à l'annonce du décès de Claude Ryan, notant que «le Canada pleure l'un de ses libres penseurs les plus respectés », dont la pensée « a fait évoluer plusieurs enjeux de notre société ».BOISVERT suite de la page A1 religieusement \u2014 oui, il y avait de la dévotion là-dedans \u2014 les écrits de Claude Ryan.Des textes sans la moindre fantaisie, sans concession au style.Pas de coups de gueule, d'humeurs encore moins.Le bonhomme ne se regardait pas écrire.Mais il écrivait dru et il écrivait droit des analyses bétonnées.J'ai fini par m'en faire à peu près l'idée qu'on véhicule abondamment depuis hier : celle d'un homme austère, pieux, rigoureux, rigoriste même, un type admirable, certes, mais grave et assez ennuyeux, finalement.Ce n'est pas tout faux, bien sûr.Son idée d'une bonne soirée au restaurant ressemblait plus à un spagatt vite fait chez Da Giovanni qu'à une visite dans un restaurant chic du boulevard Saint-Laurent.Et il faudra fouiller loin et longtemps dans ses archives pour trouver des preuves de « vacances », c'est-à-dire une enfilade d'au moins 12 heures sans travail, excluant le sommeil.Les hasards de la distribution de journaux et de la vie ont fait que je l'ai croisé quelques fois dans son habitat familial.Heureux.Il est toujours rassurant, mais combien déconcertant, de rencontrer un monument en pyjama en allant lui porter le journal le samedi matin.Toujours est-il que, contre toute attente, l'homme était d'un naturel joyeux, rieur.Très rieur, le père Ryan.Ça ne l'empêchait pas d'expliquer à la télévision, le plus sérieusement du monde, qu'il s'était senti poussé par la « main de Dieu » vers l'action politique.On l'a ridiculisé abondamment.Mais tout Claude Ryan est là-dedans : le fervent croyant, l'homme de devoir et d'action civique, qui répond à un appel, mais aussi l'homme orgueilleux, supérieur, imbu de sa rectitude morale.Avant de sauter en politique, il avait fait une série d'éditoriaux venimeux contre la loi 101, qu'il percevait comme abusive.Il allait en devenir le gardien 12 ans plus tard, présidant à certains assouplissements, mais reconnaissant l'importance historique de la Charte de la langue française.Exemple parmi mille montrant que l'homme n'était pas un « doctrinaire » (une de ses insultes préférées), mais un esprit pratique, concret.Il disait avoir pour devise « toujours prêt à rester, toujours prêt à partir ».C'est-à-dire : prêt à rester pour servir, prêt à s'en aller pour préserver ses principes.Il est parti comme chef après avoir perdu les élections, en 1981.Et il est resté quand Robert Bourassa le lui a demandé.Un acte d'une certaine humilité.Ça lui arrivait.C'est une maxime, toutefois, qui ne s'appliquait pas à la question constitutionnelle.Il n'était pas prêt à partir du Canada.Lui qui s'est opposé à la vision canadienne de Pierre Trudeau pendant toute sa carrière, lui qui a voté avec le Parti québécois pour dénoncer le rapatriement de la Constitution sans l'accord du Québec, en 1981, lui qui avait plaidé pour un « statut particulier» et une réforme en profondeur de la Constitution, a fini par jeter du lest à la fin de sa carrière.Il n'était pas question pour lui du rapport Allaire ou d'un référendum sur une quelconque forme de souveraineté, aventure périlleuse, sans lendemain à ses yeux.Enfin, lui qui a été élevé avec ses deux frères, Gérald et Yves, par une mère seule, savait ce qu'être pauvre voulait dire.La justice sociale n'était pas une de ses obsessions pour rien.Comment se sent-on, monsieur Ryan, quand on se fait chahuter dans une assemblée publique ?lui avait-on demandé un jour.Plutôt que de livrer ses états d'âme \u2014 en avait-il?\u2014 il avait expliqué sa « théorie de l'homme juste ».Ces jours-là, quand la foule vous prend à partie, en général il se lèvera un inconnu du fond de la salle pour dire un instant les amis, du calme, qu'êtes-vous en train de faire- là ?L'homme juste, guidé par sa conscience, au service de la vérité, du bien commun.Il me semble qu'il a tenté, autant qu'un homme peut y travailler, d'être celui-là.La mort d'un juste « .» Nom de la personne citée titre de la personne citée Tout gouvernement fédéral qui se respecte doit viser à faciliter la réintégration digne et honorable du Québec dans la normalité constitutionnelle.» Conseil à Paul Martin tiré du dernier texte publié par M.Ryan dans La Presse, le 14 novembre 2003 Quelques anecdotes L'arrivée au Devoir Gérard Fillion, directeur du Devoir de 1947 à 1963 « Après 16 ans à la barre du Devoir, je cherchais quelqu'un pour prendre la relève.Un jour de 1961, après une fête à Saint-Bruno, j'ai eu une conversation avec le père Ambroise «NDLR : communicateur et globe-trotter bien connu de l'époque, dont le père, Napoléon, était l'un des fondateurs du Devoir ».Il m'a dit : Pourquoi tu ne recrutes pas Ryan ?Je ne le connaissais pas, je ne lui avais jamais parlé.J'ai songé à ça pendant quelques jours, puis j'ai rencontré Ryan et lui ai fait une proposition.Il m'a dit qu'il n'était pas prêt, il était à L'Action catholique à ce moment.Je lui ai dit de me rappeler quand il serait prêt.Il m'a rappelé au bout de quelques mois et on s'est entendu.Il est devenu directeur en 1963.Il y avait eu un peu d'opposition.Il y en a qui disaient qu'étant à moitié d'origine irlandaise, il n'avait rien à voir dans les affaires des Canadiens français ! » Claude Ryan, patron de presse Michel Nadeau, éditorialiste et journaliste au Devoir de 1974 et 1984 « Le titre dont Claude Ryan était le plus fier était celui de chef d'entreprise.Après l'heure de tombée, son cigare à la bouche, il lançait toujours ses commentaires personnels vitrioliques : Bourassa n'a jamais rien géré avant de devenir premier ministre.» (.) Il aimait fréquenter à l'occasion les grands banquiers ou assureurs : à quelques reprises, nous sommes allés manger avec des dirigeants de la Banque de Nouvelle-Écosse et, lorsque c'était au Devoir d'inviter, tout le monde allait au St-Hubert.Le plus sérieusement du monde, il lançait en abriant son côté un peu radin d'une justification intellectuelle : ils doivent connaître nos succès québécois.» Une bière avec le patron Gilles Lesage, ex-correspondant parlementaire du Devoir à Québec « C'était en 1971, il y avait une commission parlementaire avant la rencontre de Victoria.Claude Ryan était la vedette du jour.C'était comme un évêque quand il sortait ! Il m'avait téléphoné, très courtois, pour m'inviter à luncher.J'accepte, et nous allons au café du Parlement.On nous offre un apéritif, moi je ne disais rien, j'attendais qu'il dise quelque chose.Il me regarde et dit : «Monsieur Lesage, on pourrait bien prendre une bière ?» J'ai dit : « Ah ! Si vous voulez monsieur.» Il a regardé le serveur et lui a dit : « Eh bien, ce sera une bière et deux verres, s'il vous plaît.» Propos recueillis par Judith Lachapelle Éditorialiste et.traducteur Louis Falardeau, journaliste réviseur à La Presse « Lors de la démission de Richard Nixon de la présidence des États-Unis à la suite du scandale du Watergate, en 1974, La Presse avait décidé de publier le texte qu'il avait lu pour annoncer qu'il quittait son poste.Je travaillais alors au pupitre et, certains que l'Agence France-Presse allait nous envoyer le texte en français, nous ne l'avions pas fait traduire par un de nos journalistes.« Quand nous avons reçu Le Devoir vers minuit \u2014 La Presse, journal d'aprèsmidi, fermait beaucoup plus tard à cette époque \u2014, nous avons vu que le texte en français de la lettre de démission s'y trouvait.Nous avons alors conclu que le commis aux dépêches avait égaré le texte envoyé par France-Presse et nous avons utilisé le texte paru dans Le Devoir, certains qu'il provenait de l'agence.Quelle ne fut pas ma surprise quelques jours plus tard quand mon patron m'apprit qu'il venait de recevoir une facture de Claude Ryan pour la traduction du texte de Richard Nixon.En plus de diriger son journal, d'écrire un éditorial sur le départ du président des États-Unis, M.Ryan avait lui-même traduit son texte.Il a dû bien rire en encaissant le chèque d'un concurrent disposant de tellement plus de moyens que son journal, mais à qui il venait néanmoins de donner une leçon.» «Vous pouvez faire mieux.» André Pratte, éditorialiste en chef de La Presse À la suite de la publication de son livre sur le mensonge en politique, André Pratte avait sollicité l'opinion de M.Ryan.L'ancien directeur du Devoir donna rendez-vous à son interlocuteur un samedi soir, à 20 h.Après lui avoir offert une tasse de thé, il prit le petit bouquin et le laissa tomber sur la table en faisant une moue de dépit : « Ça, ça vaut pas de la m.Vous pouvez faire beaucoupmieux, M.Pratte.» Une longue, fascinante et très agréable discussion s'amorça.«Me prêterais-tu une plume?» Ex-journaliste de La Presse, André Pépin travaille maintenant pour le quotidien L'Acadie Nouvelle.CARAQUET \u2014 « Tout a commencé par une gaffe.On me demande de couvrir Ryan, me semble que c'était à Lachute.Or j'ai tout oublié.Je m'approche et lui demande : « Monsieur Ryan, me prêterais-tu une plume ?» Il m'a souri et demandé à son tour : « Voudriez-vous aussi des feuilles pour écrire ?» Il m'en a glissé trois, avec un crayon jaune au bout duquel trônait une gomme à effacer rose.Je n'ai strictement rien compris de ce qu'il a dit, une histoire très longue qui commençait par le mot « nonobstant ».Une fois que la conférence de presse fut terminée, il m'a retenu : « Monsieur Pépin, monsieur Pépin, c'est bien votre nom ?Où avez-vous complété vos études ?»J'ai rien dit et je l'ai écouté, valait mieux.Il m'a expliqué qu'il était chef de l'opposition, qu'il n'aimait pas se faire accompagner d'un gendarme de la Sûreté du Québec.Il avait conduit son automobile sur le chemin glissant de Lachute, puis il avait abouti dans le décor.Fallait que je l'aide en catimini à se sortir de là ! Je ne pensais pas une seconde que nous deviendrions de vieux complices, mais c'est arrivé à partir de ce jour-là.» Un Ryan à visage humain Pierre Vennat, journaliste retraité de La Presse « Printemps 1978.Je venais d'acheter la biographie de Claude Ryan écrite par son neveu, Robert Guy Scully.Les journalistes de La Presse étant alors en grève, je me dirigeais, seul dans ma voiture, vers le cégep de Victoriaville où je donnais des cours, le volume de Scully sur la banquette avant.Tout à coup, j'aperçois dans mon rétroviseur la limousine du nouveau chef libéral qui s'apprête à me dépasser.«M.Ryan étant assis à la droite du chauffeur, je croise son regard et lui montre à bout de bras le volume avec sa photo en page couverture.À ma grande surprise, M.Ryan fit alors stopper son chauffeur, en pleine autoroute, sortit de la voiture, plume à la main et me dédicaça le volume sur-le-champ.» PHOTO LA PRESSE Alice, la petite dernière, est née le jour de la première opération de son grand-père en décembre.Ce dernier aura eu le temps de la prendre plusieurs fois dans ses bras.Baseball, sermons et conversations JUDITH LACHAPELLE Dans les souvenirs des enfants Ryan, il y a ce gros livre intitulé Encyclopédie du baseball.Claude Ryan, politicien à l'image austère, se métamorphosait en analyste de baseball le soir venu avec ses trois garçons et deux filles.« On a passé des moments merveilleux à parler de baseball et à assister à des matchs ensemble, se souvient Paul, l'aîné.On pouvait passer des soirées à regarder l'Encyclopédie ensemble.Il nous faisait regarder les statistiques, puis nous racontait les légendes derrière tel ou tel joueur.» Le temps a passé, les enfants ont grandi.et les Expos sont à moitié partis ! « Je pense qu'il s'était, à regret, éloigné du baseball ces dernières années, dit son fils.Je pense qu'il avait fait son deuil de notre équipe avec le capitalisme à outrance qui sévit dans ce sport-là ! » Les cinq enfants de Claude et Madeleine Ryan se comptent aujourd'hui chanceux de s'être rapprochés de leur père ces 10 dernières années, depuis que M.Ryan avait pris sa retraite de la vie politique.« Dans notre jeunesse, raconte Paul Ryan, on ne l'a pas vu autant qu'on l'aurait souhaité.» C'est davantage Madeleine Ryan, « une personne pleine de talent mais qui a accepté à cette époque de se vouer à la cause de la famille », qui les a élevés.« Mais à l'adolescence, ç'a été un père exceptionnel.Autant son image publique était sévère, autant avec nous, c'était le contraire.Il avait pour principe que les meilleures leçons sont celles que l'on s'inflige à soi-même, que celles qu'on retient le mieux sont celles où on se cogne soi-même le nez contre le mur.Il nous a toujours répété ce qu'étaient ses principes et convictions à lui, mais il nous a toujours accordé la liberté de faire nos propres expériences.» Claude Ryan passait peut-être beaucoup de temps au travail, mais dès qu'il n'y était pas, il se consacrait à sa famille.Il avait, selon Paul Ryan, accepté sa maladie avec sérénité puisque c'était le « verdict de Dieu », tout en regrettant de ne pas avoir le temps d'achever les projets qui lui tenaient à coeur.Car la fin est arrivée plus vite que prévu : jusqu'à mardi dernier, il vivait toujours seul à son domicile où ses enfants venaient le visiter.« On passait l'après-midi et le début de la soirée avec lui, et il nous demandait de le laisser seul le soir.Il voulait avoir le temps pour méditer sur ce qui lui arrivait.» Mardi dernier, lors d'une visite de routine à l'hôpital pour recevoir une transfusion sanguine qui lui redonnait des forces, le médecin a décidé de l'hospitaliser.Son état s'est par la suite détérioré.Il a reçu l'extrême- onction jeudi.« On a eu une belle cérémonie avec le prêtre, où mon père nous a résumé un texte religieux sur lequel il travaillait », raconte Paul Ryan.Puis, il est tombé dans un coma léger dans la nuit de samedi à dimanche et est décédé la nuit suivante.Ses enfants, qui avaient été près de lui ces deux derniers mois, n'étaient pas à ses côtés à ce moment.Comme s'il avait profité de leur absence pour s'éclipser discrètement.Claude Ryan laisse dans le deuil cinq enfants et 11 petits-enfants âgés de 20 ans à 2 mois.Alice, la petite dernière, est née le jour de la première opération de son grandpère en décembre.Il aura eu le temps de la prendre plusieurs fois dans ses bras et jusqu'aux derniers jours, il aura tenu longuement dans sa main la menotte de sa dernière petite-fille.Il laisse aussi plusieurs projets inachevés.Un ouvrage sur l'enseignement social de l'Église catholique, sur lequel il avait commencé à travailler pour les fins du cours qu'il donnait à l'Université Mc Gill depuis deux ans.Le travail est cependant assez avancé pour permettre la publication du livre.Il traduisait aussi des sermons du cardinal John Henry Newman, « son maître à penser, sa source d'inspiration toute sa vie », dit Paul Ryan.« Il travaillait beaucoup là-dessus quand il est tombé malade.Il aurait voulu en faire une trentaine, il a réussi à en faire seulement une dizaine, il était un peu désappointé.» Et il laisse également une grande famille politique qui bénéficiait toujours de ses conseils.Encore récemment, raconte Paul Ryan, le ministre de la Sécurité publique, Jacques Chagnon, s'est entretenu pendant deux heures avec lui à la suite de la crise à Kanesatake.L'ancien premier ministre péquiste Lucien Bouchard est aussi venu le visiter il y a un mois, une visite qui avait touché profondément Claude Ryan, « il en est resté illuminé pendant quelques jours ».Puis, ce fut le tour du premier ministre Jean Charest d'aller s'entretenir une dernière fois avec ce pilier du Parti libéral.Laissera-t-il ses mémoires?Non, dit Paul Ryan.« Ça aurait été évidemment quelque chose d'extraordinaire qu'il puisse faire ses mémoires, mais il avait une humilité qui ne l'avait jamais quitté.Je pense qu'il était gêné avec l'idée de les écrire.» Par contre, il a laissé dans ses notes un dernier message qu'il souhaitait faire diffuser publiquement après sa mort.La famille n'a pas encore pris de décision quant au moment de diffusion de ce message posthume.Le testament audiovisuel de Claude Ryan HUGO DUMAS TÉLÉVISION Radio-Canada diffusera dimanche soir un documentaire fouillé sur la vie de Claude Ryan, qui a été préparé par le journaliste Jean-François Lépine et le réalisateur Jean- Luc Paquette, tous deux de l'émission Zone libre.« Nous avons passé de longues heures de préparation avec Claude Ryan.Il a voulu en faire une sorte de testament », dit Jean- François Lépine, joint hier.Le documentaire Claude Ryan, un homme engagé, d'une durée de plus de deux heures, retrace les grands moments de la vie de Claude Ryan et pas nécessairement en ordre chronologique.On y évoque sa jeunesse, où il a vécu dans une extrême pauvreté, son passage à l'Action catholique, son entrée au Devoir, la crise d'Octobre, la conférence de Victoria, le référendum de 1980, le rapatriement de la Constitution, etc.On donne aussi la parole à des gens avec qui il a croisé le fer à plusieurs reprises.Claude Ryan a cependant demandé que le document soit diffusé après sa mort.« Il ne voulait pas attirer la pitié.Il voulait que sa maladie soit tenue discrète », souligne Jean-François Lépine, qui planche sur ce projet depuis septembre 2002.Tout au long des deux heures, une trentaine de gens livrent leurs témoignages, dont les enfants de Claude Ryan, son frère Yves, de même que Jean Chrétien, Brian Mulroney, Jacques Parizeau, Marc Lalonde, Claude Castonguay, Claude Charron, Marc-Yvan Côté, Jean Allaire, Pierre Bibeau, Jean- Claude Leclerc, Michel Roy et Gérald Le Blanc.À la caméra, Claude Ryan a luimême donné une quinzaine d'heures d'entrevue.Selon Jean- François Lépine, il n'a pas été très difficile à convaincre.M.Lépine lui a fait la proposition après les funérailles de Pierre Elliott Trudeau, à l'automne 2000, sur le parvis de la basilique Notre-Dame.« Il a été très généreux », précise le journaliste de Radio-Canada.Le documentaire est prêt depuis janvier et Claude Ryan est un des seuls à en avoir obtenu une copie.« Mais sa fille m'a dit qu'il ne l'a pas vu.C'est dommage, j'aurais aimé qu'il le voie », note Jean- François Lépine.Claude Ryan avoue à la caméra avoir été blessé par Pierre Elliott Trudeau, qui n'a pas attendu l'élection des libéraux québécois après de référendum de 1980 pour enclencher le processus de rapatriement de la Constitution.« Il a eu l'impression d'avoir été floué par Trudeau », rappelle M.Lépine.Le documentaire sur M.Ryan a été programmé dans le cadre des Beaux Dimanches, qui commencent à 19 h 30.Il ne contiendra presque pas de publicités.Par ailleurs, la chaîne spécialisée Historia repasse ce soir, à 19 h, un entretien d'une heure avec Claude Ryan, qui a été réalisé par l'historien Jacques Lacoursière.L'entrevue s'inscrit dans le cadre de la série Artisans de notre histoire. CLAUDE RYAN 1925-2004 Un chrétien éclairé et indépendant SOPHIE BROUILLET COLLABORATION SPÉCIALE De profondes convictions chrétiennes ont marqué la carrière de Claude Ryan.Mais elles l'ont fait en se moulant dans un tempérament d'une grande indépendance.C'est ce qui apparaît assez tôt dans l'histoire personnelle du leader québécois : enfant d'une famille monoparentale très pauvre, il a vu son éducation payée en grande partie par le clergé qui, à l'époque, prenait en charge les meilleurs élèves des classes de milieux défavorisés.La contrepartie de cette générosité était une quasiobligation morale de devenir prêtre une fois les études terminées, écrit Aurélien Leclerc dans sa biographie de Claude Ryan.De surcroît, selon l'auteur, « toutes les communautés religieuses s'arrachaient Claude Ryan », et sa mère aussi le voyait prêtre.Dans une décision «proche du sacrilège », le jeune homme a pourtant opté pour des études en travail social.Tout aussi indépendant dans le monde laïque, il allait les abandonner deux ans plus tard en déclarant qu'il n'avait pas besoin de « diplôme pour accrocher sur unmur ».Claude Ryan est entré dans sa voie propre à 20 ans, en 1945, lorsque qu'il a été élu secrétaire de la section francophone de l'Action catholique canadienne.Durant 15 ans, le mouvement allait amener Ryan d'un bout à l'autre du Canada.À l'époque déjà, le jeune homme discutait politique, remarque Aurélien Leclerc.Mais il abordait ce sujet « à un niveau d'abstraction assez élevé, sans partisanerie et avec davantage d'intérêt pour les questions fondamentales que pour le quotidien ».Cet esprit allait s'affirmer encore davantage à l'occasion d'un séjour de deux ans à Rome pour étudier l'histoire de l'Église.« Ces études et son goût naturel pour l'histoire ont accentué sa tendance à situer un débat dans une perspective historique globale, à partir d'un schème de référence chrétien », estime son biographe.Mais si l'Action catholique a façonné Claude Ryan, l'inverse est tout aussi vrai.Selon Aurélien Leclerc, il est vite devenu le penseur du mouvement et, bien avant Vatican II, un ardent promoteur de l'autonomie des laïques par rapport au clergé.C'est l'Action catholique qui a mené Claude Ryan au Devoir.S'il y est entré comme éditorialiste en 1962, c'est notamment parce qu'à cette époque où des idées nouvelles commençaient à bouleverser les mentalités, il était un candidat acceptable pour l'Église encore influente.Dans son premier éditorial, il a d'ailleurs présenté son nouveau mandat comme une « prolongation » de l'ancien.Pourtant, le journal identifié jusque-là au catholicisme a pris un virage séculier avec l'arrivée de son nouveau patron.Ryan a notamment appuyé le rapport Parent sur la prise en charge de l'éducation par l'État, tout en souhaitant le maintien d'écoles confessionnelles pour les parents qui en voulaient.Et en 1968, lors d'une crise sur la question de la langue d'enseignement, il a écrit que le critère linguistique devrait primer sur le critère religieux pour l'organisation scolaire.« La contribution la plus importante du Devoir à la sécularisation du Québec est sans aucun doute celle de Claude Ryan », estime le président du Conseil supérieur de l'éducation, Jean-Pierre Proulx, ex-journaliste de ce quotidien.Dans une société de plus en plus pluraliste, l'enracinement chrétien du directeur s'est surtout manifesté par la promotion du débat religieux, et par l'accent sur les valeurs qui lui a donné tant d'autorité, estime Aurélien Leclerc.« Il ne regardait pas les choses en fonction de l'opinion publique ou des modes, il cherchait plutôt les valeurs, et il a influencé beaucoup de monde comme ça.Les gens, notamment les politiciens, disaient : qu'en pense Ryan ?C'était unmilitant au sens noble du terme.» De même, le biographe se dit convaincu que Claude Ryan est entré en politique par conviction plus que par intérêt.« Il s'est adapté à la politique, et il a toujours fait la différence entre ses croyances et le rôle de l'État, explique John Parisella.Mais sa grande force a continué d'être cette façon d'agir selon ses convictions et non selon les modes.» Après l'aventure politique, une retraite active a été jalonnée de nombreux engagements chrétiens.Il est notamment devenu professeur en études catholiques à l'Université Mc Gill en janvier 2002, et jusqu'à sa maladie, on le voyait régulièrement donner des conférences.En décembre, malgré la maladie, il nourrissait toujours le projet de traduire une série de sermons du cardinal Newman, un défenseur du rôle des laïcs dans l'Église, qu'il présentait comme un guide dans sa vie.L'ACTION CATHOLIQUE CANADIENNE L'organisme a été mis sur pied en 1945 par l'épiscopat pour donner de l'élan à différents mouvements catholiques laïques en formation et pour coordonner leurs gestes.L'Action catholique canadienne était également vouée au regroupement d'organismes nationaux et de diocèses.M.Ryan a été secrétaire national de la section de langue française de l'Action catholique, de 1945 à 1962.L'organisme a cessé ses activités durant la Révolution tranquille en 1971.PHOTO PC Claude Ryan a été un ardent promoteur de l'autonomie des laïques par rapport au clergé.Ceci représente le taux annuel maximumpouvant être versé pour le terme de 5 ans.En effet, le rendement maximal pouvant être versé sur ce produit est de 50 % sur 5 ans.Donc, si l'appréciation de l'indice entre l'émission et le terme du produit égale ou dépasse 50 % vous aurez droit au rendement annuel pondéré de 8,45 % pour le terme de 5 ans.Le rendement annuel pourrait être inférieur ou être nul si l'appréciation de l'indice est moindre ou inexistante.Le capital déposé devra être remboursé à l'arrivée du terme.Tous les détails sont disponibles en succursale.Offre d'une durée limitée.OSEZ www.banquelaurentienne.com/REER Et choisir de diversifier son portefeuille Pour déterminer l'option REER qui vous convient, rencontrez un conseiller de la Banque Laurentienne ou composez le 1 877 BLC-REER.85ANS 45% POTENTIEL DE RENDEMENT PLUS ÉLEVÉ QU'UN CPG RÉGULIER CPGACTION CANADIEN ON NE CHOISIT PAS SON PATRON MAIS ON PEUT CHOISIR SON REER 3200258A SUITESDE LA UNE Gagliano rappelé du Danemark GAGLIANO suite de la page A1 de l'opposition aux Communes à quelques semaines du déclenchement probable des élections.Mais M.Martin, qui était ministre des Finances au moment où le programme a été mis sur pied, a finalement tranché en faveur de la tenue d'une enquête pour montrer sa détermination à combattre quelque abus que ce soit des derniers publics.L'opposition, le Bloc québécois en tête, réclame depuis 18 mois une enquête publique.Le président du Conseil du Trésor, Reg Alcock, qui a mené la croisade en faveur de la tenue d'une enquête, le ministre des Travaux publics, Stephen Owen, et le ministre de la Santé et des Affaires intergouvernementales, Pierre Pettigrew, tiendront une conférence de presse cet aprèsmidi pour annoncer un train de mesures et s'assurer qu'un tel fiasco administratif ne se reproduise pas.« Je ne suis pas du tout, mais pas du tout heureux de ce que j'ai vu (dans le rapport de la vérificatrice générale).Je peux vous assurer que nous prenons cette affaire très au sérieux », a déclaré hier M.Alcock au cours d'un point de presse.L'adoption d'un projet de loi protégeant les dénonciateurs au sein de la fonction publique est l'une des mesures envisagées par le gouvernement Martin pour rassurer les contribuables au sujet de la bonne gestion des fonds publics.L'Alliance de la fonction publique réclame depuis des années l'adoption d'une loi pour protéger de représailles les fonctionnaires qui désirent dénoncer des abus de cadres supérieurs.Par ailleurs, toute la journée hier, des émissaires de Paul Martin ont tenté de convaincre Alfonso Gagliano, qui était le lieutenant politique de Jean Chrétien au Québec avant d'être nommé ambassadeur du Canada au Danemark en janvier 2002, après que des allégations de favoritisme et de conflit d'intérêts eurent été formulées contre lui, de démissionner ou de rentrer au pays de son propre gré.Mais ces démarches n'ont manifestement pas porté leurs fruits, M.Gagliano refusant systématiquement toute requête de mettre fin à sa nouvelle carrière de diplomate.Paul Martin n'a donc pu faire autrement que de décider de rappeler au pays son ancien collègue du cabinet.« Il s'en vient lundi ou nous le ramenons au pays mardi », a lancé une source libérale pour illustrer la détermination du gouvernement à cet égard.Aux Communes, hier, le ministre des Affaires étrangères, Bill Graham, a d'ailleurs déclaré qu'Ottawa « prendra les mesures nécessaires afin de protéger la réputation du Canada et l'intégrité de (son) corps diplomatique à l'étranger» en réponse à une question du député conservateur Leon Benoit.Si le retour de M.Gagliano au pays ne faisait plus de doute hier, il reste à savoir le sort exact que lui réservera le gouvernement Martin.Des avocats évaluaient hier si l'ancien ministre des Travaux publics pouvait intenter une poursuite devant les tribunaux contre Ottawa s'il était carrément congédié.« M.Gagliano est ambassadeur et le demeure tant que le gouvernement n'a pas décidé autrement.Mais si on le congédie, il faut justifier notre décision en fonction de son travail actuel et non pas en fonction de ce que pourrait contenir le rapport de la vérificatrice générale.Voilà le noeud du problème », a déclaré un stratège libéral qui a requis l'anonymat.Depuis des semaines, les libéraux de Paul Martin appréhendent le jour où ils devront répondre aux questions des partis de l'opposition et des médias sur le scandale des commandites.L'une des premières décisions de Paul Martin dans les heures qui ont suivi sa prestation de serment comme premier ministre a été de mettre la hache dans le programme des commandites, doté d'un budget annuel de 40 millions de dollars, et d'abolir l'organisme qui en était responsable, Communication Canada.Insurrection dans la partie nord d'Haïti Précisions HAÏTI suite de la page A1 Depuis ce week-end, deux bandes armées rivales s'affrontaient dans cette localité de 160 000 habitants, où des barricades enflammées avaient été érigées.Les affrontements d'hier ont fait un mort et deux blessés du côté des rebelles.La police est venue aider des militants du mouvement local «Balai Rouzé », favorables au gouvernement, à prendre le dessus sur une bande armée dénommée Rassemblement des militants conséquents de Saint-Marc.Ce groupe, opposé au président, avait incendié samedi le commissariat de la ville et s'était emparé d'armes et de munitions après la fuite de policiers.Afin de montrer l'autorité de l'État, le premier ministre Yvon Neptune s'est rendu dans l'aprèsmidi dans la ville qui se trouve sur la route menant de Port-au-Prince aux Gonaïves, dans le nord-ouest du pays.Principale ville de la région nordouest, les Gonaïves (200 000 habitants) est depuis jeudi sous le contrôle des rebelles du Front de résistance révo l u tionnai re de l'Artibonite.Dans le nord d'Haïti, un commissariat de la localité de Dondon a été incendié par la population, faisant fuir les policiers, selon Radio Vision 2000, citant son correspondant local.Des tirs nourris ont d'autre part été entendus dans la nuit de dimanche à hier à Cap-Haïtien, deuxième ville du pays, visant notamment les maisons de membres présumés de l'opposition locale.L'usine qui fournit l'électricité à cette ville a cessé ses activités, faute de carburant qui transite par les Gonaïves.Selon des médias locaux, le calme régnait toutefois hier au Cap-Haïtien, où écoles et commerces ont ouvert leurs portes.À Port-au-Prince, la situation est restée également calme, de même qu'à Jacmel, dans le sud-est du pays, où des hommes armés opposés au gouvernement ont fait récemment leur apparition à l'est de la ville.AUTRES TEXTES Des Montréalais d'origine haïtienne inquiets, page A12 Le retour aux sources de Luck Mervil en Haïti, page A12 Maisons efficaces Une erreur s'est glissée dans le tableau publié en page 12 du cahier La Presse Affaires du dimanche 8 février.Sous le titre « Faire faire une analyse sur la maison », il aurait fallu lire : « Ce programme est subventionné à 50% et revient à 150 $ plus taxes », et non 50 $.Toutes nos excuses.Jean Charest Dans une analyse publiée samedi dernier sous la plume de notre chef de bureau à Québec, Denis Lessard, la phrase « Pas besoin d'être un diplômé en physique nucléaire pour comprendre qu'on vous demande de vous fermer la trappe ! » a été faussement attribuée au premier ministre Jean Charest à la suite d'une erreur typographique.Nos excuses à M.Charest et à l'auteur de l'article. « Les humanismes (autres que la religion) qui ont été proposés à la famille jusqu'à maintenant ne réussissent à lui procurer l'équilibre sans lequel l'existence ne vaut presque pas la peine d'être vécue.» Claude Ryan L'UdeM allait décerner un doctorat honorifique à Claude Ryan MARIE ALLARD ET LAURA-JULIE PERREAULT Claude Ryan a été l'un des rares ministres de l'Éducation \u2014 poste qu'il a occupé de 1985 à 1990 \u2014à ne pouvoir accrocher un diplôme universitaire à son mur.Robert Lacroix, recteur de l'Université de Montréal (UdeM), allait lui décerner un doctorat honorifique en mars.Comme bien des intervenants du monde de l'éducation et des affaires municipales, c'est avec peine qu'il a appris le décès de l'homme politique, hier.« Claude Ryan a été l'un des très grands ministres de l'Éducation au Québec, a dit M.Lacroix, qui était doyen de la faculté des arts et des sciences de l'UdeM à l'époque.Il connaissait ses dossiers de façon remarquable et accordait beaucoup d'importance à la liberté académique et à la recherche fondamentale.Quand on voulait lui parler d'un sujet, il nous proposait de passer chez lui pour le petit déjeuner et on avait l'assurance que nos demandes allaient être examinées à leur juste valeur.» L'ex-journaliste savait que l'Université de Montréal comptait l'honorer sous peu.« Il avait reçu la lettre lui disant que nous souhaitions lui remettre un doctorat honoris causa, et il avait accepté avec une grande joie », a indiqué M.Lacroix.Au cours des dernières années, l'Université Laval, l'École de technologie supérieure et le Collège dominicain de philosophie et de théologie lui avaient remis de pareilles distinctions.Plus d'importance à la formation professionnelle Bien que ne partageant pas l'enthousiasme de M.Ryan pour la fédération canadienne, Pauline Marois, critique péquiste en matière d'éducation, a tenu à souligner « la grande rigueur intellectuelle et la grande intégrité » du disparu.« Il avait une conscience de son rôle comme ministre de l'Éducation qui l'honore », a-t-elle dit.Son héritage à ce titre consiste en une rénovation de la Loi sur l'instruction publique, une place plus importante accordée à la formation professionnelle et une réforme de la formation des maîtres, a indiqué Mme Marois.Cédrick Pautel, ex-président de la Fédération des étudiantes et étudiants du Québec (FEEQ), s'est plutôt souvenu du choc causé par la hausse de 140% des droits de scolarité, une décision prise par M.Ryan en 1989.« Nous nous sommes opposés sur ce dossier, mais je n'ai jamais douté de l'intérêt que portait M.Ryan à la jeunesse québécoise », a-t-il indiqué.En octobre 1990, Guy d'Anjou, président de la Fédération des commissions scolaires catholiques, avait dit du disparu qu'il était « très honnête et très franc» et qu'il avait su donner de bons « coups de barre » au réseau scolaire.M.Ryan devait alors quitter le ministère qu'il dirigeait depuis cinq ans.« Par la suite, il est resté très à l'écoute, se prêtant facilement à des conversations avec tout un chacun quand nous l'invitions à participer à nos congrès », a dit Josée Bouchard, vice-présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec.Plus de sous pour les villes En plus d'avoir marqué le milieu de l'Éducation, M.Ryan a laissé sa trace en politique municipale.De 1990 à 1994, année de son retrait de la vie politique, il a mené de main de fer le ministère des Affaires municipales et a imposé aux villes certaines réformes qui ont causé des grincements de dents.Claude Ryan a notamment balayé dans la cour des municipalités la responsabilité du transport en commun.Le maire de Laval, Claude Vaillancourt, garde néanmoins un très bon souvenir du disparu.« Quand il est devenu ministre, le monde municipal a vite compris que les choses allaient être claires.Il avait l'honnêteté de nous dire jusqu'où il pouvait aller dans les négociations », s'est rappelé M.Vaillancourt.« Ils nous a donné plus de responsabilités, c'est vrai, mais il a aussi été le seul en 25 ans à accorder aux villes de nouveaux revenus », a ajouté le maire de Laval.La taxe résidentielle a été adoptée sous Claude Ryan.Il a aussi instauré la taxe que tous les abonnés du téléphone paient pour le 911.Même après son retrait de la vie politique, le maire Vaillancourt a gardé un très bon rapport avec l'exministre.« Chaque année, je lui envoyais un petit cadeau.L'an dernier, il m'a écrit une petite note pour me dire que c'était la dernière année », a dit tristement, hier, l'élu municipal.PHOTOTHÈQUE PC © En novembre 1998, l'ex-journaliste et ex-chef libéral Claude Ryan avait reçu un doctorat honorifique de l'Université de l'Alberta, à Edmonton.Sur la photo, la chancelière de l'université, Mme Lois Hole, aidait M.Ryan à ajuster son mortier.FUNÉRAILLES NATIONALES Les funérailles de Claude Ryan auront lieu le vendredi 13 février à 11h en la basilique Notre-Dame de Montréal et seront présidées par le cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal.La dépouille sera en chapelle ardente à compter de 12h30 le jeudi 12 février à la chapelle Notre-Dame du Sacré-Coeur, située au 426, rue Saint-Sulpice.CONDOLÉANCES Le public pourra rendre un dernier hommage à M.Ryan de 15h à 22h, le jeudi 12 février.La famille recevra des condoléances au Centre funéraire Côte-des-Neiges, 4525, chemin de la Côte-des- Neiges, de 14h à 17h et de 19h à 22h.INHUMATION L'inhumation aura lieu le samedi 14 février à Saint- Philippe-d'Argenteuil.À la demande de la famille, la cérémonie sera privée.REGISTRE Un registre de condoléances sera disponible dans le grand hall de l'hôtel du Parlement à Québec, le mardi 10 février de 10h à 16h de même que les mercredi et jeudi 11 et 12 février de 8h à 16h.INTERNET On peut exprimer sa sympathie à la famille par le registre de condoléances sur Internet : protocole.gouv.qc.ca ou à l'adresse suivante : 4525, chemin de la Côte-des- Neiges, Montréal (Québec), H3V 1E7.QUÉBEC PLACE STE-FOY GALERIES DE LA CAPITALE VIEUX-QUÉBEC, MONTRÉAL CENTRE-VILLE, PROMENADES ST-BRUNO, LAVAL CARREFOUR LAVAL , SHERBROOKE CARREFOUR DE L'ESTRIE LE TEE-SHIRT DE NUIT ROMÉO ET JULIETTE 12.99 Économisez 35% sur une exclusivité SIMONS.Le cadeau idéal pour fêter l'amour.Un tee-shirt tricot pur coton, imprimé coeurs, avec bordures surfilées au point zigzag.Tons de rose et rouge sur fond bleu ciel.Tp.-p., m.-g., tg.Rég.20.00 LA ST-VALENTI N , 1 4 F É V R I E R 3201266A QUÉBEC PLACE STE-FOY GALERIES DE LA CAPITALE VIEUX-QUÉBEC, MONTRÉAL CENTRE-VILLE, PROMENADES ST-BRUNO, LAVAL CARREFOUR LAVAL , SHERBROOKE CARREFOUR DE L'ESTRIE LE BALCONNET FLEURS AU FILET 17.99 Économisez 40% sur un balconnet signéWONDERBRA.Féminité extrême du bonnet coussiné à demi, jouant sur la transparence et procurant un galbe extraordinaire, fines bretelles.Noir ou blanc.34-36 A, 34 à 38 B, 34-36 C et D.Rég.30.00 Bikini coordonné 8.99 LA ST-VALENTI N , 1 4 F É V R I E R 3205420A L O N D O N T O R O N T O K I N G S T O N O T T A W A M O N T R É A L Q U É B E C EnVIAble Réservez vos billets dès aujourd'hui au www.viarail.ca MC Marque de commerce propriété de VIA Rail Canada inc.pour le confort.1 888 VIA-RAIL (1 888 842-7245) ATS 1 800 268-9503 (malentendants) 3197982A ACTUALITÉS Les CLSC s'inquiètent de voir leurs médecins partir ARIANE KROL Des CLSC de la région de Montréal se voient contraints de réduire leur offre de services médicaux, car les nouvelles exigences du ministère de la Santé obligent leurs médecins à travailler jusqu'à 12 heures par semaine dans des hôpitaux et des CHSLD.« On a déjà deux médecins qui sont partis et un troisième qui est en réflexion », témoigne Sylvie Lorange, porte-parole du CLSC de Rosemont.Depuis 10 jours, ce CLSC a dû réduire son offre de cinq à deux ou trois demi-journées de clinique sans rendez-vous par semaine.La direction estime qu'environ 200 personnes ont perdu leur médecin de famille, une situation qu'elle juge inquiétante, car près du tiers de sa clientèle est composée de patients de 65 ans ou plus qui n'arrivent pas à se trouver de médecins dans les cliniques privées du quartier.« On essaie de leur donner les meilleurs soins avec le nursing, mais après avoir épuisé toutes les possibilités, c'est vers les urgences qu'ils vont se tourner », dit Sylvie Lorange.Le CLSC Pointe-aux-Trembles\u2014 Montréal-Est se montre aussi très inquiet pour l'avenir de sa clinique médicale sans rendez-vous, accessible une cinquantaine d'heures par semaine et qui joue un rôle de mini-urgences dans le quartier.L'établissement a convoqué les groupes communautaires et la population à une réunion demain soir pour former une coalition baptisée « Sauvons notre urgence ».La direction, qui prévoit rencontrer les médias demain aprèsmidi, n'était pas disponible pour commenter la situation hier.Selon les informations obtenues par La Presse, une douzaine de médecins pourraient être touchés, ce qui réduirait l'offre de consultations en clinique des deux tiers.La situation actuelle découle de l'entente sur les activités médicales particulières (AMP) conclue l'automne dernier entre la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) et le ministère de la Santé et des Services sociaux, dans la foulée de la loi 142 adoptée en décembre 2002.De six à 12 heures d'AMP En vertu de cette entente, les omnipraticiens qui ont moins de 20 ans d'expérience doivent consacrer, selon leur ancienneté, de six à 12 heures de leur pratique hebdomadaire à des activités qui ont été identifiées comme prioritaires : urgences, soins de courte durée, garde dans un CHSLD ou un centre de réadaptation, etc.Les heures de clinique en CLSC, qui permettaient auparavant d'être exempté d'AMP, ne font pas partie de ces priorités.Les CLSC redoutent donc un exode de leurs médecins.Pour la FMOQ, cette entente est plutôt une affaire d'équité puisque depuis 1992, c'était les médecins ayant moins de 10 ans de pratique qui gagnaient plus de la moitié de leurs revenus en clinique privée qui étaient astreints aux AMP.« Les CLSC, comme les cabinets privés, ont raison d'être inquiets des changements que les AMP pourraient apporter, mais on ne peut pas présumer actuellement qu'ils vont se vider », dit le porteparole de l'organisme, Jean Rodrigue.Les programmes de soutien à domicile des CLSC font déjà partie des AMP et certaines autres de leurs activités pourraient aussi être reconnues, souligne-t-il.L'impact sera progressif, car seuls les médecins qui ont commencé leur pratique l'an dernier seront conscrits aux AMP dès juin prochain.Les autres suivront d'ici décembre.Plusieurs CLSC ne savent donc pas encore si et comment leurs services médicaux seront affectés.« Ça suscite une grande inquiétude chez les médecins, mais ce que ça voudra dire dans les prochaines semaines et les prochains mois, c'est un peu l'inconnu », commente le directeur général du CLSC Métro, Gary Furlong.KANESATAKE Des membres de la commission de police quittent les négociations SUE BAILEY PRESSE CANADIENNE OTTAWA \u2014 Des membres de la commission de police de Kanesatake ont quitté une séance de négociation sur la restauration de la paix et de la sécurité dans la communauté, hier.« Nous leur avions demandé de rester et de discuter de la situation, mais ils se sont levés et sont partis », a affirmé le grand chef James Gabriel.Cinq membres de la commission s'étaient déplacés pour participer, à Ottawa, à une rencontre à laquelle étaient aussi présents des représentants de la communauté mohawk et des gouvernements fédéral et provincial.Ils ne sont restés que le temps de dire que la paix était déjà revenue, a précisé M.Gabriel.Aucun membre de la commission de police n'a pu être joint pour des commentaires.«À terme, s'ils ne coopèrent pas, ils feront preuve de manquement à leur devoir, a ajouté James Gabriel.Tout le monde a la responsabilité de s'impliquer dans ces discussions pour régler le problème.« S'ils ne veulent pas assumer leurs responsabilités, nous allons prendre les décisions à leur place.» M.Gabriel a fui le territoire de Kanesatake le mois dernier après des débordements de violence liés à ses efforts pour contrer le commerce illégal des cigarettes et de drogues.Des manifestants avaient empêché des policiers autochtones embauchés par le grand chef Gabriel de sortir du poste de police et avaient entravé la circulation sur la route 344 pendant plusieurs heures à la mi-janvier.Au cours des événements, la résidence de M.Gabriel a été incendiée.Le gouvernement du Québec, dans sa volonté de désamorcer la crise, avait conclu une trêve temporaire à l'issue de négociations avec des membres des corps de police de Kanesatake et de Kahnawake.James Gabriel n'a pas été partie prenante de ces négociations ; le gouvernement a immédiatement été critiqué pour ne pas avoir tenu compte de l'autorité d'un chef dûment élu.L'entente qui devait permettre à un certain nombre de policiers autochtones de travailler à Kanesatake arrive à échéance samedi.James Gabriel a affirmé hier qu'il a convoqué les six conseillers de Kanesatake à une réunion qui doit avoir lieu mercredi à Laval.Un vote sera tenu à cette occasion pour prolonger l'entente jusqu'à la mi-mars.Cela donnerait plus de temps à la communauté pour le choix d'un nouveau chef de police, a dit M.Gabriel, qui a congédié le dernier chef de police, un geste \u2014avec l'embauche de policiers autochtones d'autres communautés\u2014 qui a déclenché les événements de la mi-janvier.James Gabriel n'est pas encore convaincu que le moment est venu de retourner à Kanesatake.Lui et sa famille ont quitté le territoire de la communauté en janvier et vivent dans un endroit gardé secret.« Les affaires de la communauté vont aller de l'avant que les réunions aient lieu à l'intérieur ou à l'extérieur du territoire.» Entre-temps, M.Gabriel espère que la commission de police de Kanesatake, qui comprend certains de ses opposants, va accepter de coopérer avec lui, avec les représentants des deux ordres de gouvernement et avec un consultant, sur le processus qui mènera au choix d'un nouveau chef de police.La situation découle de l'entente sur les activités médicales particulières (AMP) conclue l'automne dernier.MIEUX CONSOMMER, c'est d'abord et avant tout un principe auquel tous et toutes, particuliers comme entreprises, peuvent adhérer.Pour parvenir à protéger notre richesse collective qu'est l'électricité, nul besoin de changer radicalement notre façon de consommer.De petits gestes quotidiens peuvent faire toute la différence, car multipliés par trois millions d'utilisateurs, ils donneront des résultats impressionnants.Quand vous visiterez nos partenaires détaillants, recherchez le logo MIEUX CONSOMMER, qui identifie clairement les produits économiseurs d'énergie.www.hydroquebec.com/residentiel 3203787A EN BREF Des sages-femmes à l'hôpital Le Centre hospitalier de La Salle et le CLSC du Lac-Saint-Louis ont finalement conclu la première entente par laquelle des sages-femmes pourront accoucher leurs patientes qui le désirent à l'hôpital plutôt qu'en maison de naissance.Le Collège des médecins du Québec avait d'abord demandé que les sages-femmes soient intégrées aux conseils des médecins, dentistes et pharmaciens des hôpitaux, mais le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, avait indiqué en novembre dernier qu'il n'avait pas l'intention de modifier la loi pour les y obliger.Les sages-femmes demeureront donc employées du CLSC, et non de l'hôpital. ACTUALITÉS La mission de l'OTAN en Afghanistan maintenant dirigée par un Canadien PRESSE CANADIENNE KABOUL \u2014 Un Canadien, le lieutenant- général Rick Hillier, assure le commandement de la mission de l'OTAN en Afghanistan depuis hier.Le lieutenant-général Hillier a promis de déployer davantage de militaires dans les zones à risque du pays, tout en précisant que les soldats canadiens de la Force internationale d'assistance à la sécurité ne seraient pas de ces missions en dehors de Kaboul avant le mois d'août.« Nous ne voulons pas perdre ce que nous avons acquis en affectant ailleurs dans le reste du pays un nombre significatif de soldats stationnés à Kaboul », a dit M.Hillier peu après avoir pris le commandement des 6000 militaires de la FIAS \u2014 dont 2100 sont canadiens.Le lieutenant-général Hillier a précisé que les Forces canadiennes, qui effectuent principalement des patrouilles à l'intérieur de Kaboul, attendent les ordres pour les opérations du mois d'août.À ce moment-là, la participation canadienne devrait être passablement réduite.Le premier ministre Paul Martin a déjà laissé savoir que le contingent canadien serait limité à 500 soldats à la fin de la présente mission de six mois qui doit prendre fin en août.De son côté, le ministre de la Défense, David Pratt, a affirmé que le gouvernement est à définir le nouveau rôle de l'armée en Afghanistan.Plusieurs pays membres de l'alliance atlantique offrent d'envoyer des troupes dans les régions de l'Afghanistan pour assurer la sécurité et aider à rebâtir le pays.« Une fois que les autres membres de l'OTAN auront défini ce qu'ils feront, nous serons dans une meilleure position pour dire de quelle façon nous allons contribuer », a affirmé le ministre Pratt, qui est arrivé en Afghanistan hier en compagnie de l'ancien premier ministre Joe Clark.« Rien n'a été décidé à ce moment-ci, mais nous allons certainement assurer un suivi à notre participation actuelle.Nous examinons cela à l'heure actuelle.» Récemment, le calme avait prévalu à Kaboul avant que deux attentats suicide, au mois de janvier, ne viennent enlever la vie à deux soldats, un Britannique et un Canadien.Le nouveau secrétaire général de l'OTAN, le Néerlandais Japp de Hoop Scheffer et plusieurs autres dirigeants de l'OTAN étaient aussi de passage, hier, à Kaboul \u2014 qui était sous haute sécurité.« La situation est fragile, a affirmé M.Hoop Scheffer.Ce qui se passe dans d'autres régions du monde nous le démontre : il est extrêmement difficile d'assurer une défense à 100 pour cent efficace contre ces horribles attentats suicide.» Des représentants des talibans ont revendiqué les deux récentes attaques de Kaboul.Jusqu'à maintenant, les résistants de l'ancien régime et des partisans du mouvement terroriste Al-Qaeda avaient concentré leurs actions dans les régions plutôt que dans la capitale.« Ils constituent encore une menace, c'est clair, a affirmé le lieutenant-général Hillier.À mesure que la capacité de la police afghane et ses institutions s'améliorent, à mesure qu'ils deviennent plus à même de réaliser leur travail, la sécurité et la stabilité de Kaboul vont s'améliorer.Nous n'y sommes pas encore.» PHOTOASSOCIATED PRESS Le lieutenant-général Rick Hillier, qui assure depuis hier le commandement de la mission de l'OTAN en Afghanistan, a promis de déployer davantage de militaires dans les zones à risque du pays.À l'heure actuelle, les Forces canadiennes effectuent principalement des patrouilles à l'intérieur de Kaboul, comme on le voit ci-dessus.valide jusqu'au 30 avril 2004 Vieux-Québec 44, côte du Palais, Vieux-Québec (Qc) G1R 4H8 Tél.: 418.692.1030 Fax: 418.692.3822 Courriel: admin@manoir-victoria.com 1 800 463.6283 Forfait gastronomique p Incluant le forfait Vieux-Québec plus le dîner du soir / table d'hôte à « La Table du Manoir» pour 2 personnes en Forfai t À partir de 175$ PAR CHAMBRE, PAR NUIT, TAXES EN SUS Forfait vieux-québec p 1 nuit à l'hôtel pour 2 personnes p Petits déjeuners américains p Accès à la piscine intérieure/ sauna/ club santé p Frais de service À partir de 119$ PAR CHAMBRE, PAR NUIT, TAXES EN SUS www.manoir-victoria.com Découvrez le nouveau Spa du Manoir! 3179265A Vote référendaire de 1995: Alliance Québec va en appel PRESSE CANADIENE Le groupe de pression Alliance Québec a l'intention d'interjeter appel d'un jugement de la Cour supérieure concernant les bulletins de vote rejetés lors du référendum de 1995.L'organisation anglophone avait déposé une poursuite en 1996 alléguant qu'il y avait eu complot pour nuire au vote fédéraliste.Or, le mois dernier, le juge Jean-Jacques Croteau a déclaré que cette cause ne relevait pas de sa juridiction.La poursuite d'Alliance Québec s'appuie essentiellement sur l'allégation voulant que plusieurs des 86 000 bulletins de vote rejetés dans certaines circonscriptions plutôt fédéralistes n'auraient jamais dû l'être.Selon l'organisme, cette situation a indûment favorisé la camp du oui.L'avocat du lobby anglophone, Michael Bergman, a soutenu que la Cour d'appel du Québec doit se prononcer parce que la place du Québec au sein du Canada suscite toujours un débat.EN BREF 1 800 463-5229 1% BONI DE Capital garanti à 100 %.Taux avantageux garantis pour 10 ans.Remboursables sans pénalité, chaque année, à leur date anniversaire.Achat à partir de 100 $.la première année pour les nouveaux Les taux annoncés peuvent varier en fonction des conditions du marché.fonds REER.2,25 2,50 3,00 3,50 4,00 4,75 5,25 6,00 6,50 7,00 1re 2e 3e 4e 5e 6e 7e 8e 9e 10e année REER Obligations à taux progressif La retraite en bout de ligne: Téléphonez-nous du lundi au vendredi, de 8h à 20 h, et les samedis de janvier et de février, de 10 h à 16 h.Passez nous voir au 2000, av.Mc Gill College à Montréal, du lundi au vendredi, de 8h à 17 h, et les samedis de janvier et de février, de 10 h à 16 h.Visitez le www.epq.gouv.qc.ca 3205708A GM rappelle 636000 VUS General Motors rappelle environ 636 000 véhicules utilitaires sport de modèles intermédiaires des années 2002 et 2003.Le constructeur a indiqué hier que le système d'essuie- glace des véhicules sera inspecté et que des réparations seront effectuées si nécessaire.Des fuites d'eau dans le système d'essuie-glace de certains modèles ont été rapportées.Au moins deux accidents auraient été causés par cette défectuosité, a indiqué la compagnie.Les modèles touchés par le rappel sont les Chevrolet Trail Blazer et Trail Blazer EXT 2002, les GMC Envoy et Envoy XL ainsi que le Oldsmobile Bravada construits entre octobre 2000 et juin 2002.Certains Trail Blazer et Trail Blazer EXT 2003 et certains Envoy, Envoy XL et Bravada construits entre avril et novembre 2002 font aussi partie du rappel.Quelques Isuzu Ascender 2002 seront aussi rappelés.Environ 580 000 des véhicules rappelés ont été vendus aux Etats- Unis, 31 000 au Canada, alors que les autres ont été vendus dans d'autres pays.Les propriétaires des véhicules touchés par le rappel seront contactés par GM au cours du troisième trimestre de l'année en cours.Les réparations seront effectuées aux frais de la compagnie.Associated Press JOALLIERS EXCLUSIFS DEPUIS 1954 www.kaufmanndesuisse.com de 1,150 $ à 9,500 $ fait à la main par KAUFMANN de SUISSE Avez-vous enchaîné son coeur ?MONTRÉAL 2195 CRESCENT (514) 848-0595 NEW YORK, NY 785, MADISON AVE, (212)-249-5700 PALM BEACH, FL 210 WORTH AVE (800) 832-2808 ACTUALITÉS Un voyagiste montréalais sur la liste noire du gouvernement américain NICOLAS BÉRUBÉ Caribe Sol, un voyagiste montréalais spécialisé dans les séjours à Cuba, est tombé dans le collimateur du département du Trésor des États-Unis, qui lui reproche de vendre des séjours à Cuba.Dans un geste visant à réitérer son engagement à lutter contre le financement du régime castriste, le département du Trésor a identifié hier 10 compagnies « qui appartiennent ou qui sont contrôlées par le gouvernement cubain ou par des individus de nationalité cubaine ».Les compagnies visées, des voyagistes pour la plupart, offrent des voyages à Cuba et comptent parmi leurs clients plusieurs Américains qui veulent se rendre dans l'île malgré l'embargo imposé depuis 31 ans par leur gouvernement.« Ces compagnies offrent un accès facile à Cuba aux Américains qui choisissent d'enfreindre la loi, a dit le secrétaire du Trésor, John Snow, lors d'un discours présenté devant un groupe d'expatriés cubains, en Floride.Nous intervenons, nous prenons des moyens concrets pour empêcher que des dollars américains n'atterrissent dans les poches de Fidel Castro.» Les 10 entreprises citées hier sont basées en Argentine, au Bahamas, au Chili, aux Pays-Bas et en Angleterre.Au Canada, seule Caribe Sol a été identifiée par le gouvernement américain.Selon les mesures annoncées hier, les compagnies visées n'ont plus le droit de brasser des affaires en sol américain, et toutes leurs propriétés situées aux États-Unis seront gelées.Le gouvernement américain interdit aussi aux citoyens des États-Unis de faire affaire avec ces entreprises.Caribe Sol, dont l'actionnaire majoritaire, Corporacion Cimex S.A, est détenu par le gouvernement cubain, offre une grande variété de séjours dans plusieurs hôtels de Cuba.Il n'a pas été possible hier soir de joindre la direction de Caribe Sol.À l'Association canadienne des agences de voyages (ACTA), on se disait « étonné » de la sortie du gouvernement américain.« Nous ne savions pas, tout le monde ici est un peu surpris », a dit Christiane Théberge, porte-parole de l'ACTA.Selon elle, la compagnie Caribe Sol a très bonne réputation dans le milieu des agences de voyages.« Caribe Sol a un permis de l'Office de protection du consommateur.Ils donnent de très bons services.Nos agences vendent leurs produits régulièrement.» « Il y a des Américains qui s'en prévalent, tout comme ils font affaire avec d'autres compagnies de voyages, a-t-elle ajouté.Pour nous, ce sont des voyageurs comme les autres.Ça fait longtemps que Cuba est sur la liste noire du gouvernement américain.Ça ne semble pas avoir empêché les Américains d'y aller », a-t-elle dit.Avec Associated Press PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE© Pierre-Antoine (au premier plan), et Lys Bermadela (debout, à l'arrière-plan) ont réagi aux récentes manifestations anti- Aristide, à Haïti.Des Montréalais d'origine haïtienne inquiets La compagnie compte parmi ses clients plusieurs Américains qui veulent se rendre à Cuba malgré l'embargo TRISTAN PÉLOQUIN « Fôs nous fait union ! » Debout dans le petit salon de barbier du quartier Saint-Michel, à Montréal, gesticulant généreusement pour appuyer son discours ponctué d'expressions créoles, Dennyt Eddzier tentait par tous les moyens, hier, de convaincre ses confrères qu'Haïti a tout simplement perdu la foi.« Il est là, le problème d'Haïti.La devise du pays est « l'union fait la force », mais il n'y a plus rien pour unir le peuple.La religion a disparue, nous perdons nos racines à une vitesse démesurée et, surtout, plus personne ne croit en Aristide », lance à pleine voix l'Haïtien d'origine, à l'attention de ses camarades.« Non, non, non ! réplique aussitôt Lou Loune, sa camarade, d'une voix encore plus puissante.Le problème d'Haïti, c'est que le gouvernement est corrompu à la moelle.Les enfants de 12 ans se promènent avec des armes automatiques et les routes sont complètement défoncées, mais Aristide s'en fout ; lui et ses ministres se promènent uniquement en hélicoptère, loin du danger.» Bruyante, la discussion laisse à peine filtrer le son de la petite radio \u2014 branchée en permanence sur Radio- Union, 1610 AM \u2014 qui trône sur le comptoir du barbier.Personne ne semble s'entendre sur les causes profondes de la crise qui secoue le pays depuis vendredi, mais chose certaine, mis à part le barbier lui-même, tous sont amèrement déçus du président Aristide.Mais en même temps, dans ce quartier fortement peuplé d'Haïtiens d'origine, personne ne se réjouit de la rébellion en cours à Gonaïves, à Saint-Marc et ailleurs dans le nord du pays.« Quand bien même les rebelles parvenaient à renverser Aristide, qui viendra le remplacer ?» se demandait Steve Jecrois, propriétaire d'une épicerie créole située à l'angle des rues Saint-Michel et Bélanger.« C'est vrai que les choses vont de mal en pis en Haïti, mais si on en vient à renverser le gouvernement, ce ne sera, au bout du compte, qu'une nouvelle attaque contre la démocratie », croit l'épicier qui demeure malgré tout convaincu qu'une intervention internationale aurait pu prévenir le pire.Le retour aux sources de Luck Mervil en Haïti MICHÈLE LAFERRIÈRE LE SOLEIL Parti en Haïti pour « un retour aux sources », Luck Mervil s'est retrouvé en pleine manifestation anti-Aristide, aussitôt le pied posé à Port-au-Prince.Il a vu un homme mourir à côté de lui, d'une balle tirée par un soldat.« Il s'appelait Max.» À l'autre bout du fil, la voix est pleine de ferveur et d'exaltation.« Non, je n'ai pas eu peur, raconte Mervil.La vie est faite pour être vécue.Et la mort fait partie de la vie.Tant qu'à avoir peur, vivons ! » N'empêche.Se trouver dans une foule de 15 000 Haïtiens qui crient et qui chantent, « c'est hallucinant ».« J'avais la chair de poule, poursuit Luck Mervil.Tu entends chaque pas bien rythmé qui frappe sur le sol.Il fait 35 degrés.Et il y a des crieurs qui hurlent en créole : « Les enfants n'ont plus rien à manger ! » Et la foule leur répond : « C'est la faute à Lavalas ! » (le parti du président Jean-Bertrand Aristide).» Des gens, dans cette marée humaine, ont reconnu Luck Mervil, dont les chansons jouent à la radio en Haïti.Ils ont aussi repéré Lôlô, un chanteur qui a dû « prendre le maquis » pour survivre dans son propre pays.« Quand Lôlô est entré dans la foule, il a suscité beaucoup d'émotion.» Luck Mervil répond toujours « présent » quand il est temps de sortir dans la rue pour la paix.Il l'a fait en février, pour clamer son opposition à la guerre contre l'Irak.« Mais une balle tirée par vous, et je ne suis plus là », a-t-il prévenu les Haïtiens, au lendemain de la manif, à la radio de Port-au-Prince.Aujourd'hui, il a envie de témoigner de la détresse d'un pays qu'il a quitté alors qu'il était tout petit et dont il ne lui reste aucun souvenir.« Les Haïtiens sont pacifiques, ce ne sont pas les brutes qu'on nous montre à la télé et dans les journaux, affirme- t-il.Mais ils ne sont pas idiots.Ils savent que tant qu'ils seront pacifiques, personne ne parlera d'eux dans les médias.Les journalistes étrangers veulent du sang et des choses dégueulasses.Deux morts ne leur suffisent pas.Il leur en faut 30, 40, 50 pour faire la nouvelle.» Le chanteur québécois considère cette marche comme « un exercice démocratique » qui ne dit qu'une chose : le mécontentement du peuple à l'endroit de son président.« Votre armée, symbole de votre souveraineté, est entraînée par les Américains, lance-t-il aux Haïtiens.Votre président a été rétabli par les Américains.Ce sont les Américains qui vous contrôlent.Vous êtes Américains, gang ! » Luck Mervil était parti pour Haïti le 6 janvier, avec la mission (proposéepar Radio-Canada) de faire un retour aux sources d'une semaine, à l'occasion du bicentenaire de la révolution haïtienne, qui s'est conclue par son indépendance en 1804.Il a vu l'endroit où il est né, à Port-au-Prince.Et il a « capoté » quand il a admiré les falaises de Petite-Rivière-aux-Cayes, où sa mère a vu le jour.Sa maison a été arrachée par un ouragan, mais la vaste terre est toujours là, avec « la vue sur la légendaire île à la Tortue ».« C'est la Gaspésie d'Haïti, mais avec des palmiers et des mangues », résume-t-il.Mercedes-Benz Montréal Automobiles Silver Star Inc.7800, boul.Décarie, Montréal ( 514) 735-3581 Mercedes-Benz West Island 4525, boul.St-Jean Dollard-des-Ormeaux (514) 620-5900 Mercedes-Benz Laval 3131, Autoroute 440 Ouest Laval ( 450) 681-2500 Mercedes-Benz Rive-Sud 4844, boul.Taschereau Greenfield Park (450) 672-2720 ©Mercedes-Benz Canada Inc., Toronto, Ont., 2004.Offre de durée limitée, sur approbation du crédit.Bail de 39 mois et de 58 500 km avec valeur de reprise fixe et taux d'intérêt annuel de 3,9 %.ML350 Élégance2004 équipée de verre intimité, au PDSF de 58 325 $, avec acompte de 8 378,68 $ et obligation totale de 21 411 $ ; dépôt de garantie remboursable, frais de transport et de préparation, taxes en vigueur et frais d'enregistrement et d'immatriculation en sus.Frais de 0,25 $/km supplémentaire au-delà de 18 000 km/an.Option d'acheter le véhicule en fin de bail (sauf au Manitoba) pour la somme de 33 828,50 $, plus les frais et les taxes en vigueur.\u2020Il faut verser un acompte de 15 % du PDSF pour être éligible à rendre le véhicule entre le 27e et le 39e mois sans pénalité.Options en sus.Le concessionnaire peut offrir un prix de location moindre.Détails auprès du concessionnaire.Taux de financement à l'achat de 2,9 % - sur approbation du crédit - offert pendant 36 mois pour certains modèles de Classe M 2004.Exemple de financement : 25 000 $ à 2,9 % par an équivalent à 725,93 $ par mois pendant 36 mois.Le coût de l'emprunt est de 1 133,48 $, d'où une obligation totale de 26 133,48 $.Les paiements mensuels et le coût de l'emprunt varient selon la durée du contrat, la somme empruntée et le montant de l'acompte/la reprise.Taxes, frais d'immatriculation, d'enregistrement, de documentation, d'inspection avant la livraison et d'administration PPSA, ainsi que charges financières, frais de transport et autres options en sus.Détails auprès du concessionnaire.ML500 montrée avec Ensemble Sport, en option.549$ 2,9 % À L'AC H AT C L A S S E M LA NOUVELLE CLASSE M 2004.Grâce à la location-bail la plus flexible de l'industrie, la Mercedes de Classe M peut être rendue sans difficulté à tout moment entre le 27e et le 39e mois, et ce sans pénalité.\u2020 Et avec des caractéristiques de série comme l'entraînement aux 4 roues, le Freinage d'urgence assisté (BAS), des jantes en alliage, un moteur de 232 ch ainsi qu'une transmission automatique à 5 rapports adaptable au conducteur, c'est le partenaire idéal.Alors si vous êtes de ceux qui aiment l'aventure, venez faire un essai routier sans tarder.Mercedes-Benz.N'attendez plus.Le flirt Pour ceux qui fuient les relations sérieuses, voici une location-bail à clause échappatoire.3204470A ACTUALITÉS PROCÈS DES HELLS ANGELS La défense s'attaque à la crédibilité des témoins de la Couronne ANDRÉ CÉDILOT À en croire les avocats de la défense, la volumineuse preuve que le ministère public a présentée au jury depuis un an au procès pour gangstérisme des neuf Hells Angels Nomads et Rockers de Montréal n'est qu'un artifice.« La théorie de la Couronne n'a pas de sens.Dans les faits, l'État mise sur votre imagination pour faire condamner les accusés », a déclaré hier Me François Taddeo.Tout comme son collègue Roland Roy qui a plaidé juste avant lui, Me Taddeo estime que la poursuite n'a pas réussi à démontrer la participation individuelle de son client à des complots pour meurtres, trafic de drogue et gangstérisme.« S'il n'avait pas le titre de prospect Nomads, aurait-il été accusé de tous ces crimes ?Tout ce que l'on a, c'est peut-être une preuve de mauvais comportement, comme à la petite école.Mais vous n'êtes pas là pour évaluer le comportement, mais s'il y a réellement eu des crimes qui ont été commis », a-t-il rappelé en s'adressant au jury.De son point de vue, le seul crime que l'on peut réellement imputer à Luc Bordeleau est la possession du pistolet que la police a trouvé sur lui au moment de son arrestation, le 15 février 2001.Et il a déjà admis sa responsabilité pour cette offense, de préciser Me Taddeo.« Si une arme sert à protéger un Hells Angel, c'est le même crime que le mari qui protège sa femme menacée de mort.On ne l'accuse pas pour un crime qu'on pense qu'il pourrait commettre », a-t-il dit, en réfutant les accusations de complots pour meurtres qui pèsent sur Bordeleau.En ce sens, il soumet que les tâches de surveillance et d'escorte \u2014 la « watch », comme on l'appelle \u2014 dont la poursuite a largement fait écho durant le procès ne prouvent rien.« Il y a une différence entre vouloir rester en vie et enlever la vie », estime Me Taddeo.Il en va de même des photos de motards ennemis saisies dans le véhicule de Bordeleau.« On ne peut faire parler les photos et en tirer des conclusions contre mon client.Ce serait de la spéculation, et on n'est pas dans un film où l'on trouve des intentions », souligne-til.Me Taddeo s'est aussi longuement attardé à mettre en doute la crédibilité des délateurs et des agents sources appelés à la barre.À l'instar de Me Roy, qui défend le Rocker André Couture, il les a dépeints comme des témoins qui ont tout à gagner en ajustant leurs témoignages au gré des circonstances.Les deux avocats, par contre, se sont servis de la déposition de ces mêmes témoins pour expliquer certains agissements de leurs clients.Durant sa plaidoirie d'environ une heure, Me Roy a également émis des doutes sur la valeur d'une série de 64 feuillets qui démontreraient l'implication de Couture dans le trafic de drogue, et que la police avait saisis en 1997.«Comment un policier peut-il se rappeler ces documents deux ans plus tard.Est-ce crédible ?S'ils étaient si incriminants, pourquoi ne pas l'avoir accusé sur-le-champ ?» demande le criminaliste.Me Taddeo terminera sa plaidoirie aujourd'hui.Les six autres avocats plaideront à tour de rôle.Entamé hier, ce processus crucial pour la défense des neuf motards devrait durer quelques jours encore.Me Taddeo estime que la poursuite n'a pas réussi à démontrer la participation individuelle de son client à des complots pour meurtres, trafic de drogue et gangstérisme.Nidsde- poule: peu de recours Pour plus de détails sur cette super offre, passez nous voir dans une boutique TELUS Mobilité, chez un détaillant autorisé ou l'un de nos marchands.Tous les détails à telusmobilite.com Nouvelles mises en service seulement.Les téléphones offerts peuvent varier d'un emplacement à l'autre.La messagerie photo est seulement 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Communications 1485, rue Amherst Dollard-des-Ormeaux La Zone SCP 3349B, boul.des Sources Saint-Laurent D2 Technologie 2119, boul.Marcel-Laurin PC Page Communications inc.3832, boul.Côte-Vertu LAVAL ET RIVE-NORD Blainville Digital Radiocommunication inc.9, boul.de la Seigneurie, bureau 7 Joliette Multicom Communications 2000 159, boul.Antonio-Barrette Laval Carrefour Laval Centre Laval Contact Com.D.L.Communications 1521, autoroute 440 Ouest Proxi Télécom inc.1662, boul.Saint-Martin Ouest SRAD Communications inc.2995, boul.Dagenais, local D Repentigny Galeries Rive-Nord Technicomm 346, rue Notre-Dame, bureau C Rosemère Place Rosemère Contact Com.D.L.Communications 259, boul.Labelle, bureau 102 Saint-Jérôme Carrefour du Nord Terrebonne Galeries de Terrebonne SRAD Communications inc.2292, ch.Gascon RÉGIONS Saint-Hyacinthe Cellulaire + Galeries Saint-Hyacinthe 3200, boul.Laframboise RIVE-SUD Mail Champlain Place Longueuil Promenades Saint-Bruno Beloeil Cellulaire + 559, boul.Laurier Candiac D2 Technologie 89, ch.Saint-François-Xavier Greenfield Park Proxi Télécom inc.3814, boul.Taschereau Sainte-Julie Alto Communication 1950, ch.du Fer-à-Cheval le futur est simpleMD MC On vous fait une fleur.À la Saint-Valentin, offrez un photo-téléphone Photo-téléphone LG 5450 149,99$ chacun avec un contrat de 3 ans Photo-téléphone Audiovox 8900 30 jours gratuits de messagerie photo\u2020 10 impressions gratuites jusqu'à 4 mois d'appels locaux illimités Faites vite, l'offre se termine le 16 février ! DE PLUS, à l'achat d'un photo-téléphone, offrez-vous une imprimante photo HP pour 34,99$\u2020\u2020 (prix de détail de 199,99 $) En cadeau ! Un CD inédit gratuit ! 3198831A NATHAËLLE MORISSETTE Vous roulez en voiture sur le même nid-de-poule depuis des mois, si bien que vos pneus et votre suspension ont rendu l'âme.Comble de malheur, si vous souhaitez poursuivre la Ville pour lui faire payer sa négligence, vous devrez vous armer de patience.En effet, depuis les cinq dernières années, 17 automobilistes frustrés ont intenté une poursuite et seulement trois ont obtenu gain de cause, pour une valeur totale de 2600 $.« L'article 604.1 de la Loi sur les cités et villes (en vigueur depuis le 1er avril 1993) dégage les municipalités en ce qui concerne les dommages causés aux pneus et à la suspension des voitures, explique Marianne Aubert, porte-parole de la Ville de Montréal.Si un automobiliste est mécontent, il peut poursuivre, mais un grand nombre de bris engendrés par les nids-de-poule touchent les pneus ou la suspension.» Avant de se rendre devant les tribunaux, plusieurs personnes envoient plutôt une réclamation.En 2003, la Ville en a reçu 303.De ce nombre, seulement 3% ont été remboursées.« En ce qui concerne les cas remboursés, il s'agissait pour la plupart de dommages au carter, mentionne Mme Aubert.Les montants d'argent remis tournent autour de 500 $.» Dans ces conditions, même si peu de gens obtiennent gain de cause, Jean Hétu, spécialiste en droit municipal à l'Université de Montréal, estime que les automobilistes peuvent réussir à gagner leur point en démontrant « qu'il y a eu négligence grossière ».Et ce, même dans un cas de pneu crevé.« La Ville est responsable si elle n'intervient pas pour réparer un trou qui grossit de semaine en semaine », souligne-t-il.Selon lui, peu de citoyens se rendent devant les tribunaux parce qu'ils ignorent ce fait.Armand Poupart, avocat spécialisé en droit municipal, explique que la plupart des dommages causés par les « cratères de rue » sont inférieurs à 7000 $.« Les gens doivent donc aller devant la Cour des petites créances et se défendre seuls.» C'est pourquoi plusieurs décident finalement de renoncer à l'idée de poursuivre la Ville.Malgré tout, les nids-de-poule font jaser à l'hôtel de ville depuis le début de l'hiver.Rappelons qu'en décembre, un conseiller de l'Union des citoyens et des citoyennes de l'île de Montréal (UCIM), Jeremy Searle, a quitté la formation pour mieux partir en croisade contre les fameux nidsde- poule.Au début du mois de janvier, le conseiller municipal de Côte-des-Neiges\u2014Notre-Damede- Grâce a même invité les Montréalais à trouver le plus gros nidde- poule de la ville.En effet, les aléas de la température des derniers mois ont grandement contribué à la création de ces cratères qui se font de plus en plus nombreux. ACTUALITÉS Les conseillers en publicité du Journal de Montréal mis en lock-out TRISTAN PÉLOQUIN Près d'une cinquantaine de conseillers en publicité du Journal de Montréal ont été mis en lock-out hier matin, après que les négociations entourant le renouvellement de leur convention collective eurent achoppé.Quebecor, l'employeur, tente depuis la mi-octobre de modifier en profondeur le mode de rémunération de ces employés payés uniquement à la commission.Depuis les cinq dernières années, les ventes publicitaires du quotidien auraient augmenté de plus de 30 %, ce qui, aux yeux de Quebecor, a entraîné une hausse « irréaliste » des revenus des conseillers en publicité.« Ces employés font en moyenne 200 000 $ de revenus par année.Certains font même des salaires faramineux, qui peuvent atteindre jusqu'à 600 000 $ par année, affirme Luc Lavoie, porte-parole de Quebecor.Nous n'avons d'autre choix que de ramener ces revenus à des niveaux plus réalistes.De son côté, le syndicat (affilié à la FTQ) affirme avoir mis de l'eau dans son vin en acceptant de « réaménager considérablement» le mode de rémunération, mais les exigences de Quebecor équivaudraient à des réductions salariales de plus de 25 %.« C'est inacceptable ! En cinq ans, nous sommes parvenus à faire augmenter de 30% les ventes (publicitaires) du Journal alors que son tirage est demeuré stagnant.C'est en grande partie grâce à nous si les profits du Journal sont si élevés », tonne Richard Dupuis, porte-parole du syndicat.Selon le syndicat, rien ne justifiait que Quebecor impose le lock-out, puisque aucun moyen de pression n'était en vigueur et que les négociations avançaient.D'ici à ce que le conflit se règle, le personnel cadre de l'entreprise assurera les ventes publicitaires.La publication du quotidien ne devrait pas en être affectée.Les travailleurs en lock-out ne comptent d'ailleurs pas dresser un piquet pour protester contre la décision de Quebecor.« Nous allons rester en contact avec les clients afin de nous assurer que nos relations demeurent impeccables et que les cadres n'essaient pas de profiter de notre absence pour changer le prix des publicités », explique M.Dupuis.Il s'agit du deuxième lock-out du genre à être déclenché par l'entreprise depuis le début de l'année.Six représentants publicitaires à l'emploi de TVA-Estrie, une filiale de Quebecor, ont connu le même sort le 30 janvier dernier.Nombre de pages imprimées par mois : Coût mensuel d'exploitation : 135$ Nombre de pages imprimées par mois : Coût mensuel d'exploitation : 146 $ Nombre de pages imprimées par mois : Coût mensuel d'exploitation : 139$ HP LASERJET, MODÈLE II OU III (Vers 1990) - Vitesse d'impression : jusqu'à 8 ppm - Mémoire : 1 - 5 Mo - Capacité d'alimentation : 200 feuilles - Cycle mensuel d'utilisation : 20 000 - Résolution d'impression : 300 ppp HP LASERJET 2300n -Vitesse d'impression : jusqu'à 25 ppm, trois fois plus rapide -Mémoire : 48 - 304 Mo -Capacité d'alimentation : 350 - 850 feuilles -Cycle mensuel d'utilisation : 50 000 -Résolution d'impression : 1 200 ppp -No de pièce: Q2473A HP LASERJET 3330mfp -Vitesse d'impression : jusqu'à 15 ppm, presque deux fois plus rapide -Mémoire : 32 - 96 Mo -Capacité d'alimentation : 250 feuilles -Cycle mensuel d'utilisation : 10 000 -Résolution d'impression : 1200 ppp -Quadruplez la fonctionnalité : imprimez, copiez, numérisez, télécopiez -No de pièce : C9126A HP LASERJET 4200n -Vitesse d'impression : jusqu'à 35 ppm, 4,5 fois plus rapide -Mémoire : 64 - 416 Mo -Capacité d'alimentation : 600 - 2600 feuilles -Cycle mensuel d'utilisation : 150000 -Résolution d'impression : 1200 ppp -No de pièce: Q2426A Nombre de pages imprimées par mois : Coût mensuel d'exploitation : 148$ En changeant votre ancienne imprimante pour passer à un niveau supérieur, vous pourriez bien épargner plus d'argent que vous n'en dépenserez.Les innovations de HP en matière de technologie d'impression peuvent aider à réduire de beaucoup vos coûts d'exploitation, tout en accroissant votre productivité.En fait, vous pouvez réaliser des économies suffisantes en électricité, fournitures et frais de soutien connexes pour payer en entier le prix d'une mise à niveau.Et si vous faites entrer en ligne de compte nos 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36 mois qui prévoit une option de rachat à la juste valeur marchande du produit à la fin du contrat de location.D'autres restrictions peuvent s'appliquer.Visitez le site www.hp.ca ou appelez au 1800 HP-LEASE pour de plus amples renseignements.Bien que les utilisateurs de nouvelles imprimantes HP puissent réaliser des économies de coûts, vos résultats sont susceptibles de varier.Les calculs du RCI effectués par HP sont fondés sur des profils d'utilisation typiques et sur des essais internes faisant appel uniquement aux normes internes de HP pour le calcul du coût de propriété.Il n'existe actuellement aucune norme standard en industrie pour le calcul du coût de propriété.Visitez le site www.hp.ca/InstantROI pour consulter la liste des promotions avantageuses touchant les produits admissibles, ainsi que les modalités et conditions des remises, et pour en savoir davantage au sujet du RCI des imprimantes et des calculs figurant ci-dessus.Page pour page, il vous en coûtera moins cher de 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sur nos lits pour qu'on se lève le plus rapidement possible », poursuit cet homme originaire du Mali, en détention depuis le mois de décembre.Il raconte également qu'un garde est déjà passé derrière lui en se pinçant le nez.« Il ne m'a pas dit que je sentais mauvais, mais c'est tout comme.» Pour l'instant, ces revendicateurs d'asile ignorent pendant combien de temps ils tiendront le coup, mais selon cet homme, ils sont déterminés à faire valoir leur point de vue.Janet Dench, directrice du Conseil canadien des réfugiés, n'est pas surprise de voir que certains détenus dénoncent leurs conditions d'incarcération.« Ce genre de plainte est assez fréquent, dit-elle.C'est difficile de surveiller le comportement des gardiens.Selon Robert Gervais, porte-parole d'Immigration Canada, c'est la première fois que plusieurs individus décident ensemble de faire la grève de la faim.« Ces détenus font la grève de la faim parce qu'ils souhaitent qu'on leur rende leur liberté, explique- t-il.D'autres refusent qu'on leur assigne une chambre et voudraient décider eux-mêmes de la pièce qu'ils doivent occuper et avec quelles personnes ils la partagent.» En ce qui concerne la façon dont les détenus se font tirer du lit, il assure que les gardiens agissent plus fermement lorsqu'ils n'ont plus le choix.« Il y a des normes à respecter et quand les gens refusent de se lever, les gardes cognent aux portes de manière plus insistante.» En moyenne, une plainte est déposée chaque mois concernant l'attitude des gardes.Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.Tirage du 22000044-0022-0099 Tirage du 22000044-0022-0099 Tirage du 22000044-0022-0099 NUMÉRO 29988119999 ACTUALITÉS Un sans-abri condamné à payer 60 000$ CHRISTIANE DESJARDINS Un détenu à la « mèche courte », Denis Philion, qui avait poussé un codétenu dans une prison de Hull en 1991 parce qu'il avait changé la chaîne de télévision, vient de se voir condamné à payer 60 000 $ avec intérêts à sa victime, Gregory Papadakis, qui s'était fracturé une hanche en tombant.Une compensation essentiellement symbolique, puisque Philion est maintenant sans-abri.Dans cette affaire, Papadakis poursuivait aussi le procureur général du Québec, de même que le directeur du Centre de détention de Hull, mais le juge Martin Bédard estime que, même si les détenus avaient signé une pétition pour faire déplacer Philion dans les jours précédents, l'incident qui a mené à la fracture de la hanche de Papadakis n'était pas prévisible, et que ni le procureur général ni le directeur ne peuvent en être tenus responsables.Pour l'éviter, il aurait fallu mettre Philion au trou tout le temps, ce qui aurait été contraire à ses droits, de dire le juge.Papadakis avait commencé à purger une peine d'un an de prison le 4 décembre 1991 pour trafic de cocaïne.Il se trouvait dans une aile du Centre de détention de Hull, avec 10 autres détenus, dont Philion.Le 29 décembre 1991, alors que Philion a obtenu une sortie, ses codétenus signent une pétition pour le faire envoyer ailleurs.Il sème le trouble, disent-ils.Mais à cause des Fêtes, l'étude de ce transfert est remise à plus tard.Le 31 décembre, Philion est de retour.Papadakis et un autre détenu écoutent une émission de télé dans le salon.Philion arrive, change la chaîne, puis repart vers sa cellule.Connaissant Philion, ils ne bougent pas.Mais au bout d'un moment, croyant que Philion est parti, Papadakis change chaîne.Philion arrive en trombe et pousse Papadakis, qui tombe et se casse une hanche.La Cour d'appel maintient le congédiement de deux ambulanciers Marchandise sélectionnée.Vente finale.Aucune rectification de prix sur marchandise soldée.Complexe Les Ailes, centre-ville Montréal (514) 282-4537 Sacs en nylon Les Ailes 5$ à partir de à partir de à partir de à partir de à partir de à partir de à partir de Robes variées pour femme Chemises habillées pour homme 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rapport et de se remettre en disponibilité.Ils sont allés chez Baskin Robbins, puis ont fait un arrêt dans un dépanneur, avant de revenir dans le stationnement de l'Institut.Là, ils ont rempli leur rapport et ont basculé leurs sièges pour se reposer un peu.En tout ils ont perdu une quarantaine de minutes avant d'être de nouveau disponibles.Deux autres ambulanciers les ont vus, et l'un d'eux leur a même passé une remarque : « Cessez de jouer le système, sinon ça vous tombera sur la tête.» Valade et Gariépy leur ont fait un air qui voulait dire de se mêler de leurs affaires, et sont repartis vers minuit quinze.Peu après, alors qu'ils étaient rue Viau, à l'angle de Viterbe, une voiture s'est arrêtée environ 25 pieds devant eux.Dans ce véhicule se trouvaient Ghislain Tremblay, le conducteur, ainsi que deux passagers, Christopher Vaillancourt et Janin Folchitto.Ce dernier n'arrivait plus à respirer ni à parler.Pendant que Tremblay sortait Folchitto de la voiture, Vaillancourt s'est précipité vers l'ambulance.« J'ai besoin d'aide.Je ne sais pas ce qu'il a fait ou ce qu'il a pris, mon chum ne va vraiment pas bien », a-t-il dit à l'ambulancier Valade, qui occupait le siège passager.« Amène-le à l'hôpital, la meilleure affaire que tu peux faire, il y a un hôpital à deux lumières en arrière.On ne peut rien faire de plus », a répondu Valade.Désemparé, le jeune homme est retourné vers le véhicule.Il a aidé Tremblay à remettre Folchitto dans la voiture et ils se sont dirigés vers l'Institut de cardiologie.À leur arrivée à l'hôpital, d'autres ambulanciers se sont vite portés au secours de Folchitto, mais il était trop tard.Le jeune homme, fils d'un commandant du Service de police de Montréal, était mort d'un arrêt cardiorespiratoire.Mis au courant de l'attitude de ses collègues Valade et Gariépy, l'un des ambulanciers a signalé l'incident au répartiteur et une enquête a été ouverte.Les deux ambulanciers ont été congédiés.Ils ont répliqué en déposantun grief.L'arbitre a estimé qu'il y avait eu fautes graves, et n'a pas aimé l'attitude suffisante des deux ambulanciers, ni le fait qu'ils aient menti pour se couvrir.Mais il a attribué leur faute à leur jeune âge.Estimant qu'ils avaient « toute la vie pour se reprendre », il a ordonné leur réintégration.L'employeur en a appelé, et a obtenu gain de cause en Cour supérieure.Le syndicat des techniciens ambulanciers a alors porté le jugement de la Cour supérieure en appel dans l'espoir de le faire renverser, mais n'a pas réussi.Une personne sensée, victime d'un accident ou de maladie, ne voudrait pas être prise en charge par ces deux individus, a conclu la Cour d'appel. LE TOUR DU GLOBE ISRAËL La Cour suprême examine le mur La Cour suprême d'Israël a examiné hier deux appels sur le mur de sécurité que l'État hébreu érige en Cisjordanie, tandis qu'un ministre palestinien a annoncé un sommet entre les premiers ministres Ariel Sharon et Ahmad Qoreï vers le 20 février.À deux semaines de la réunion de la Cour internationale de justice (CIJ) de la Haye sur la légalité du mur, le tribunal a examiné les appels du Centre de défense de l'individu et de l'Association pour les droits civiques, protestant contre son tracé qui s'enfonce profondément en Cisjordanie afin d'englober les principales colonies juives.L'instance juridique suprême d'Israël devrait rendre sa décision dans les prochains jours.AFP IRAK Al-Qaeda mis en cause Le secrétaire d'État américain Colin Powell a estimé hier que la découverte d'un document attribué à un Jordanien lié au réseau Al-Qaeda donnait du « crédit » à la thèse du lien entre l'organisation terroriste et le régime de Saddam Hussein qu'il avait exposée l'an dernier.L'armée américaine a confirmé dans la journée la saisie à Bagdad d'un document de 17 pages attribué à Abou Moussab al-Zarqaoui qui appelle au déclenchement d'un conflit entre sunnites et chiites en Irak.« Cela donne, je pense, du crédit à ce que j'avait dit devant l'ONU l'an dernier, sur le fait que al-Zarqaoui était actif en Irak pour faire des choses qui auraient dû être connues des Irakiens » avant le déclenchement du conflit en mars 2003, a-t-il déclaré à la presse.AFP AFRIQUE DU SUD Élections le 14 avril Les élections générales sud-africaines, les troisièmes depuis la fin de l'apartheid il y a 10 ans, auront lieu le 14 avril, a annoncé hier le président Thabo Mbeki au Parlement, au Cap.Les quelque 20 millions de personnes inscrites sur les listes électorales, sur une population totale de 44,8 millions de personnes, seront appelées à élire le Parlement qui désignera le chef de l'État.Le scrutin sera doublé d'élections provinciales, pour élire les parlements des neuf provinces.AFP MAROC Code de la famille en vigueur Le nouveau Code de la famille qui accorde des droits additionnels aux femmes marocaines a été publié au bulletin officiel, entrant ainsi en vigueur dans tout le royaume, a-t-on appris hier auprès du Secrétariat général du gouvernement à Rabat.Le nouveau code a été approuvé définitivement par le Parlement marocain le 23 janvier dernier, certains députés l'ayant qualifié de « révolution ».Le nouveau texte \u2014 dont le roi Mohammed VI avait annoncé les grandes lignes le 10 octobre dans un discours télévisé \u2014 place la famille « sous la responsabilité conjointe des deux époux », pose de sévères conditions à la polygamie et à la répudiation et porte à 18 ans au lieu de 15 ans l'âge légal du mariage des femmes.AFP PAKISTAN Collaboration avec l'AIEA Le Pakistan coopérera « pleinement » avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AEIA) dans l'enquête sur les fuites de technologie orchestrée par Abdul Qadeer Khan, le père du programme nucléaire pakistanais, a affirmé hier à Berlin le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Khurshid Mahmud Kasuri.Les autorités pakistanaises « partageront avec l'AEIA toutes les informations » découvertes lors de l'enquête sur ces fuites de technologie à l'étranger, a-til assuré.AFP PHOTO AFP Le candidat à l'élection présidentielle russe Ivan Rybkine écoute son allié, l'homme d'affaires Boris Berezovski, lors d'une vidéo-conférence tenue à Moscou en décembre dernier.M.Rybkine, porté disparu depuis jeudi dernier, avait lancé quelques jours plus tôt une vive attaque contre le président russe Vladimir Poutine, dont M.Berezovski est l'un des principaux opposants.Un candidat à la présidentielle russe disparaît mystérieusement EMMANUEL GRYNSZPAN COLLABORATION SPÉCIALE MOSCOU \u2014 Ivan Rybkine, candidat à l'élection présidentielle russe du 14 mars prochain, a mystérieusement disparu jeudi dernier, trois jours après avoir publié de virulentes critiques contre le président Vladimir Poutine.Âgé de 57 ans, M.Rybkine est lié à l'oligarque en exil Boris Berezovski.Sa disparition a semé la consternation à Moscou, où le parquet a ouvert, puis annulé une enquête pour meurtre prémédité.Des informations officieuses relayées hier par la police moscovite indiquaient que Ivan Rybkine aurait pu se trouver dans un sanatorium de la capitale.Mais ces rumeurs ont été vite démenties par le premier adjoint de la police pour la région de Moscou, Guennadi Deïnieko.Lundi dernier, Ivan Rybkine a publié une publicité pleine page dans le quotidien russe Kommersant, qui appartient à Boris Berezovski, où il décrit Poutine comme « le premier oligarque de Russie ».Par cette accusation, Rybkine s'est montré beaucoup plus virulent que les autres adversaires de Vladimir Poutine.Les oligarques sont très impopulaires en Russie, où on leur reproche d'avoir détourné à leurs fins personnelles les richesses du pays.Poutine s'est construit une image de président fort capable de « tenir les oligarques à équidistance du Kremlin » selon ses termes.Dans une entrevue publiée également hier dans le journal Novaïa Gazeta, M.Rybkine affirme que les dirigeants de plusieurs sociétés ayant connu un essor rapide ces dernières années avaient pour point commun d'être des proches du président russe.Il est peu probable que ces dénonciations aient un impact important sur l'électorat, d'autant plus que les télévisions contrôlées par le Kremlin se sont gardées de les relayer.Seule une partie de la presse écrite moscovite s'en est fait écho.Pour le moment, les sondages indiquent que moins de 1% des électeurs soutiennent la candidature de Rybkine, ce qui en fait le dernier des candidats en terme de popularité.Le financement de sa campagne par l'oligarque exilé Boris Berezovski, la bête noire du Kremlin et personnalité très impopulaire, ne l'aide pas à décoller dans les sondages.Si la disparition de Rybkine ne remet pas en cause la réélection presque assurée de Vladimir Poutine dès le premier tour, elle épice une campagne fort terne.Les autorités restaient incapables hier soir de retrouver sa trace.« Il est rentré à la maison vers 20h et a renvoyé son chauffeur et son garde du corps.Quand je suis rentré plus tard à la maison, vers 23h, il n'y était plus et depuis, je n'ai plus eu de nouvelles », a indiqué sa femme Albina Rybkina.Aucune trace de violence n'a été retrouvée dans l'appartement.Mme Rybkina pense que son mari est sorti à la suite d'un coup de fil sans prendre sa veste, restée dans l'appartement.« Quelqu'un a dû l'appeler pour une brève entrevue.Il devait certainement penser qu'elle serait courte, puisqu'il ne m'a pas laissé de message.» La police n'a reçu la plainte que dimanche.D'après la loi russe, une personne ne peut être considérée disparue avant que trois jours ne se soient écoulés.Alexandre Toukaïev, chargé de la campagne électorale de Rybkine, estime cependant que vu l'importance du personnage, les autorités auraient du démarrer une enquête bien avant.Mais il est probable cependant que le FSB (police intérieure, ex-KGB) suivait de près le candidat à la présidentielle\u2014une tradition en Russie.Rybkine se plaignait d'ailleurs la semaine dernière d'être constamment suivi par des agents du FSB.Selon le candidat, le FSB a illégalement perquisitionné le quartier général de sa campagne électorale, saisi des documents et détenu un des employés.Enlèvement politique ou mise en scène organisée par Rybkine pour faire parler de lui, les spéculations les plus diverses fleurissaient hier sur sa disparition du candidat.L'information selon laquelle il aurait été localisé dans une maison de repos a été diffusée puis démentie.Àl'origine de cette rumeur, le député pro-Poutine Guennadi Goudkov, qui s'est dit « certain à 99% qu'il s'agit d'un coup monté organisé par Berezovski ».Dans une entrevue au Moscow Times, ce dernier s'est dit convaincu que Rybkine était « vivant et en forme ».Coup monté ou pas, le parti de Rybkine, Russie libérale, a été plusieurs fois la cible de violentes attaques.Deux de ses dirigeants, Sergueï Iouchenkov et Vladimir Golovliov, ont été assassinés l'année dernière dans des circonstances encore mal élucidées.Avec AFP et la BBC Ventres creux en Corée du Nord MARC THIBODEAU REGARD SUR LE MONDE La Corée du Nord peine depuis une décennie à nourrir sa population, qui a été frappée durant cette période par des vagues de famine et de disette ayant fait plusieurs centaines de milliers de morts, voire des millions.Si le nombre exact de victimes demeure incertain, comme tout ce qui touche le régime d'inspiration stalinienne de Pyongyang, l'importance du problème ne fait aucun doute.Et il ne risque pas de disparaître de sitôt.Le Programme alimentaire mondial (PAM), qui fournit normalement des rations quotidiennes à plus de quatre millions de personnes dans le pays, a annoncé hier qu'il se voyait forcer d'interrompre son aide pour quelques mois en raison du manque de dons de la communauté internationale.« Le robinet d'aide s'ouvre et s'éteint régulièrement, et chaque fois, la population s'affaiblit un peu plus », a déploré hier Trevor Rowe, porte-parole du PAM pour l'Amérique du Nord.Faute d'une aide extérieure suffisante, nombre de personnes devront se contenter, au moins jusqu'en avril, du programme d'aide alimentaire du régime, qui se limite à 300 grammes de nourriture par jour, soit moins de la moitié de la ration recommandée.Selon M.Rowe, la situation est suffisamment critique pour compromettre les gains réalisés au cours des dernières années, alors que le nombre d'enfants souffrant de malnutrition est tombé au pays de 62% à 42% de 1998 à 2002.« Ce sont des temps très difficiles », résume-t-il.Les difficultés du pays dans le domaine alimentaire sont le résultat d'un mélange de facteurs économiques et naturels.L'éclatement de l'Union soviétique au début des années 90 a notamment privé le régime d'un apport précieux en combustibles, fertilisants et technologies agricoles.Des inondations et des sécheresses ont par ailleurs été des causes importantes de la réduction de la production nationale, qui est passée de 9,1 millions de tonnes de céréales en 1990 à 3,2 millions en 2000.Le régime nord-coréen ne fait rien pour encourager l'aide internationale puisqu'il limite sérieusement la liberté de mouvement des employés du PAM, ce qui suscite chez les pays donateurs des interrogations sur la fiabilité du système de distribution.« Nous sommes confiants que la nourriture se rend à destination, mais les donateurs sont inquiets.Le régime doit faire preuve d'une plus grande ouverture », déplore M.Rowe.La lutte contre la « famine silencieuse », comme on la désigne fréquemment, est aussi freinée par le délicat jeu diplomatique dans lequel est engagée la Corée du Nord, qui a accepté de participer à des pourparlers multilatéraux à la fin du mois pour tenter de dénouer les tensions crées par la relance de son programme nucléaire à la fin de 2002.Le président américain George W.Bush, qui avait fait cette année-là du régime de Pyongyang un membre de « l'axe du mal » lors de son discours sur l'état de l'Union, a passablement baissé le ton depuis ce temps.Dimanche, lors d'une entrevue à la télévision américaine qui visait d'abord à répondre à la controverse découlant de l'absence d'armes de destruction massive en Irak, il a affirmé que la diplomatie « ne fait que débuter en Corée du Nord » et que « de bons progrès» avaient été obtenus jusqu'à maintenant.Loïc Tassé, politologue de l'Université de Montréal familier avec la région, ne croit pas que les Américains songent sérieusement à lancer une offensive militaire contre Pyongyang, une manoeuvre « illogique » qui mènerait nécessairement à un bain de sang.L'instabilité du régime incite plutôt les États-Unis et les pays voisins à faire pression sur le régime, tout en évitant de l'isoler totalement, de manière à l'amener à se transformer sans susciter de réaction radicale, voire désespérée, ditil.La Corée du Nord cherche de son côté à obtenir, en échange de l'abandon de son programme nucléaire, le plus d'aide possible en matière énergétique et alimentaire ainsi que des garanties de nonagression que l'administration américaine se montre réticente à donner.Ces tractations diplomatiques se déroulent sur fond d'incertitude puisqu'il est très difficile de savoir si le régime nord-coréen possède bel et bien, comme il se plaît à le suggérer, l'arme atomique.Un rapport de l'International Institute for Strategic Studies, groupe de recherche indépendant basé à Londres, concluait il y a deux semaines que le régime dispose, s'il a retraité comme il l'affirme les barres de combustible utilisées dans ses installations nucléaires, de suffisamment de plutonium pour fabriquer de quatre à huit bombes.MONDE MONDE Offensive démocrate auprès des anciens combattants ALEXANDRE SIROIS VIENNA \u2014 C' e s t s eulement lorsqu'on aperçoit le missile, situé un peu en retrait du bâtiment beige anonyme et sans charme, qu'on comprend que c'est bel et bien l'endroit où on a rendez-vous.Un lieu qui, en Virginie, a cette année une importance stratégique dans la course à l'investiture démocrate : un centre d'anciens combattants.Perdu au milieu d'un quartier résidentiel de la municipalité de Vienna, dans le nord de la Virginie, le « poste 180 » est l'un des nombreux centres de la Légion américaine dispersés dans l'État.Ce regroupement, fondé en 1919, se targue d'être la plus importante association d'anciens combattants au monde.Sitôt franchie la porte principale, on se retrouve devant un bar en forme de fer à cheval autour duquel sont assis une douzaine de gaillards dans la force de l'âge, les yeux rivés sur l'une des trois grandes télés suspendues au plafond qui diffusent les nouvelles du réseau CNN.L'un d'entre eux, Dan Dellinger confirme que le vote des anciens combattants est plus courtisé que jamais par les aspirants démocrates à la Maison- Blanche.« Les anciens combattants votent en plus grande proportion que l'ensemble des Américains.Probablement parce que nous avons servi notre pays, nous sommes fiers de notre pays et nous nous sentons donc responsables de notre pays », dit cet ancien capitaine d'infanterie.En Virginie, faire la cour aux anciens combattants est d'autant plus incontournable qu'ils forment, avec les militaires actifs, plus de 17% de la population en âge de voter.Kerry fait de l'effet M.Dellinger, un quinquagénaireau regard perçant et à l'air préoccupé, a lui-même été contacté par les organisations de deux candidats démocrates : le général à la retraite Wesley Clark et le sénateur du Massachusetts, John Kerry.Ils ont sollicité son appui à l'occasion des primaires de la Virginie, qui ont lieu aujourd'hui parallèlement aux primaires du Tennessee.Ces politiciens, tous deux forts d'un glorieux passé militaire, sont ceux qui utilisent avec le plus d'efficacité le réseau des anciens combattants pour recruter des appuis.C'est d'ailleurs l'une des raisons principales pour lesquelles John Edwards, sénateur de l'État voisin de la Caroline du Nord, semble incapable d'effectuer la percée souhaitée en Virginie.Selon M.Dellinger, c'est Kerry qui fait le plus d'effet aux anciens combattants.« Je pense que même si Clark est très respecté, il y a ce sentiment selon lequel vous devez voter pour quelqu'un qui a un background politique en plus d'un passé de militaire », explique l'ancien capitaine.Il ajoute que l'étoile de l'ancien général a pâli auprès des militaires à la retraite lorsqu'il a dénigré Kerry parce que celui-ci était simple lieutenant dans l'armée américaine.M.Dellinger s'attend à ce que les anciens combattants jouent aussi un rôle important à l'approche de l'élection présidentielle de novembre.Il ne croit toutefois pas nécessairement que Kerry, qui a remporté 10 des 12 premières étapes de la course à l'investiture de son parti, ait plus de chances de battre George W.Bush parce que son passé militaire est plus reluisant que celui du président.« Ils ont tous les deux servi leur pays », résume-t-il.Bush ou rien Les commentaires de Russell Simpson, ancien combattant de 81 ans qui raconte avec passion les souvenirs de sa participation à la Deuxième Guerre mondiale, semblent donner raison à M.Dellinger.Peu importe les exploits de Kerry au Vietnam, ce républicain efflanqué au visage parcheminé ne porte pas le candidat démocrate dans son coeur.Ayant été prévenu de notre venue, il s'est muni d'un exemplaire récent du National Enquirer qui se targue d'exposer « la vie secrète » de Kerry et de sa femme, Teresa Heinz Kerry, héritière de l'empire du ketchup.Dans sa liste de doléances, il note que Kerry a uniquement pris part à la guerre du Vietnam pendant six mois alors que les militaires américains y passaient en général une année complète.PHOTO REUTERS Le candidat à l'investiture démocrate, John Kerry, a reçu hier l'appui des pompiers de Roanoke dans le cadre des primaires qui se tiennent aujourd'hui en Virginie.Iran : le parti des modérés de Khatami participera aux élections législatives AGENCE FRANCE-PRESSE TÉHÉRAN \u2014 Le parti du président iranien Mohammad Khatami participera bien aux législatives du 20 février malgré le rejet massif des candidatures réformatrices par les organes de contrôle conservateurs, ont indiqué deux de ses dirigeants à l'agence estudiantine Isna.L'Association des religieux combattants, parti réformateur modéré, pourrait même dans les prochains jours publier une liste commune avec d'autres organisations, a dit l'un de ses membres, Rassoul Montajabnia.Au risque de diviser les réformateurs, ces déclarations coupent court aux spéculations sur un éventuel boycottage du scrutin par les Religieux combattants.Elles confirment que le courant Khatami a fait, comme prévu, le choix de la retenue.Mohammad Khatami lui-même avait bien protesté vendredi, mais s'était résigné à organiser les élections à la date prévue, comme l'avait ordonné le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.Il avait ainsi désactivé l'arme dont son propre camp menaçait de faire usage : le report des élections.« Au cours de notre réunion d'hier (dimanche) soir, nous avons décidé de présenter une liste », a déclaré Majid Ansari, un des chefs des Religieux combattants, cité par Isna.« Aucun des candidats de l'Association des religieux combattants n'a l'intention de retirer sa candidature », a-t-il ajouté.Rassoul Montajabnia a indiqué pour sa part que les Religieux combattants et « un certain nombre » des membres du Front du 2 Khordad, la coalition de 18 organisations soutenant le président Khatami, allaient « présenter une liste commune ».« Nous discutons actuellement avec ces groupes, et, dans les prochains jours, nous allons publier une liste commune », a dit Rassoul Montajabnia, qui a démenti avoir lui-même refusé de se présenter aux législatives.L'Association des religieux combattants, dans une déclaration publiée dans la nuit, a appelé les électeurs à voter pour les candidats réformateurs dans les circonscriptions où la censure des organes conservateurs ne les a pas éliminés, et pour les indépendants dans les autres.Il s'agit, dit-elle, d'empêcher « les auteurs d'un coup d'État parlementaire destiné à élire une assemblée fantoche de parvenir à leurs fins» et d'empêcher les « candidats du totalitarisme d'entrer au parlement ».Mais elle participera bel et bien, à la différence des partis réformateurs les plus critiques.MC Marque de commerce de La Banque de Nouvelle-Écosse.Le Groupe Banque Scotia désigne La Banque de Nouvelle-Écosse et ses filiales canadiennes.\u2020 Les taux d'intérêt offerts par les autres membres des cinq grandes banques canadiennes peuvent être équivalents, mais non supérieurs.Les Fonds Portefeuilles Partenaires Scotia sont offerts par Placements Scotia Inc., membre du Groupe Banque Scotia et filiale en propriété exclusive de La Banque de Nouvelle-Écosse dotée d'une personnalité juridique distincte.DES SOLUTIONS RER SIMPLES ET 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compréhensible, étaient un peu moins tonitruants qu'autrefois.Malgré les circonstances, cette rencontre s'est déroulée selon le scénario habituel et a ressemblé aux innombrables autres dont ma vie a été enrichie.Il y a eu peu de formules conventionnelles de courtoisie.Il m'a donné quelques nouvelles de lui \u2014 il fallait bien parler de son état de santé \u2014, et puis, très vite, s'est engagé un échange sur l'état des choses, sur la société en général et sur la politique en particulier.Inévitablement, notre dernière rencontre fit place à quelques réactions émotives de part et d'autre.M.Ryan était très conscient de sa situation.Il parsema ses commentaires de nouvelles de chacun de ses enfants.Il en était si fier.« Madeleine les a bien élevés, a-til déclaré.\u2014 Ça se fait à deux, M.Ryan, ai-je répliqué.Croyez-moi, on aime autant son père que sa mère, d'un amour différent mais tout aussi profond.» Cela, il le savait en fait et en était heureux.À vrai dire, il était grandement impressionné par la manière si attentive dont ses enfants s'occupaient de lui.En dépit de sa conscience aiguë de son état, il demeurait généreux de ses analyses et de ses commentaires.Il a partagé avec moi sa satisfaction à la suite du long entretien qu'il avait eu la semaine précédente avec Jean Charest.« Une vraie bonne discussion de fond », dont il était content.Jean Chrétien lui avait téléphoné une ou deux semaines plus tôt et ils avaient eu un bel échange : tous deux pourraient tourner la page en toute paix.Il fut particulièrement sensible au téléphone que lui fit Paul Martin à l'occasion du Jour de l'An.Le premier ministre lui a dit que le pays avait encore besoin de ses conseils.Même si M.Ryan savait déjà qu'il ne pourrait plus guère offrir ses opinions à ses concitoyens, il a apprécié au plus haut point la délicatesse du nouveau premier ministre.J'allais bientôt effectuer une tournée canadienne et, donc, visiter chacune des dix provinces ainsi que les trois territoires.M.Ryan en était fier.« Tu vas bien faire ça, assura-t-il.Il est grand, le pays.Nous sommes chanceux.» J'ai ensuite eu droit, sur chacune des rencontres que j'allais faire, à des précisions accompagnées d'anecdotes du référendum de 1980 et de bien d'autres considérations enrichissantes.Je ne pouvais pas ignorer que ces quelques heures de rencontre seraient nos derniers moments ensemble.« N'oublie pas de me donner des nouvelles de ton voyage », insista t-il.Nous avons eu par la suite deux conversations téléphoniques pendant lesquelles j'ai partagé une fois de plus mon analyse.Mais, lors son anniversaire, le 25 janvier, je n'ai pu lui parler : il dormait bien ce matin-là.J'ai simplement laissé un message.Fidèle à lui-même, M.Ryan a eu jusqu'à la fin de sa vie des projets en chantier.Par exemple, il a évoqué dans nos derniers échanges quatre livres dont il espérait ardemment achever la préparation éditoriale.Le travail aura marqué sa vie, le travail lui tint à coeur jusqu'à la toute fin ! Chemin parcouru Qu'il est mémorable le chemin parcouru depuis notre première rencontre ! Ma première rencontre avec cet homme hors du commun à tant d'égards remonte à 1975.Léon Dion, qui m'avait enseigné à l'Université Laval, l'avait organisée à la suite d'une lettre ouverte que j'avais publiée dans Le Devoir et qui avait mené à mon recrutement comme journaliste.Cette rencontre devait marquer ma vie de façon indélébile, notamment parce qu'elle allait mener à mon premier engagement politique.J'assumai en effet la fonction de directeur de cabinet de M.Ryan qui était devenu chef du Parti libéral du Québec.Il m'avait alors invité à l'appeler Claude, conformément aux usages qu'il avait remarqués dans le milieu politique.Il avait précisé : « Je vous appellerai Pierre, M.Pettigrew.» Je n'y suis jamais arrivé.Lui, oui ! Ce qui n'a nullement empêché l'amitié profonde qui nous a unis.J'ai par ailleurs eu la chance de passer des heures et des heures à sillonner les routes du Québec en compagnie de Claude Ryan, puis de poursuivre les réflexions et discussions à la table familiale.Il connaissait tout le monde : en politique, dans la magistrature, en affaires, en littérature, à l'université.Et son réseau, qui débordait largement le Québec, était impressionnant.C'est ainsi que j'ai appris à connaître ma société et ses acteurs principaux, tant en politique qu'en économie ou en littérature, à travers la « lunette Ryan ».Car il a toujours eu la générosité de me dire exactement ce qu'il pensait.Claude Ryan aura marqué profondément sa société.J'espère que son influence persistera longtemps, en raison surtout de son engagement, de son exigence, de sa persévérance.Il aura inspiré un grand nombre de ses concitoyens, et sur plusieurs générations.Peu d'hommes auront connu une vie publique aussi durable que la sienne : quelque cinquante ans ! À titre d'illustration, je signalerai ceci : une des dernières joies de mon grand-père maternel consistait à commenter avec son frère les éditoriaux de Claude Ryan.Nous étions dans les années 1960, et M.Ryan figurait déjà depuis un bon moment parmi les lumières de sa société.Sa lumière vient de s'éteindre, du moins en ce monde.Quant à l'autre monde, Claude Ryan l'attendait sereinement.Les idées, l'influence de cet homme agiront encore.Du moins, je l'espère pour les plus démunis qu'il n'a jamais oubliés, pour les minorités auxquelles il s'est toujours montré sensible.Car s'il a été attaché d'abord et avant tout à la liberté individuelle, Claude Ryan n'a jamais renié sa sensibilité aux valeurs collectives.Il aura sans relâche cherché le juste équilibre en tout, ce qui n'est pas la moindre de ses contributions.Pour le Québec, sa patrie qu'il a constamment chérie.Pour le Canada, son pays qu'il a honoré d'un attachement indéfectible.Il aurainspiré ungrand nombrede ses concitoyens, et sur plusieurs générations.Peud'hommes auront connuune vie publiqueaussi durable que lasienne.Un analyste rigoureux Il n'écrivait pas pour amuser et distraire, mais pour changer les choses, ou les préserver; à sa manière et en son temps, il fut un journaliste engagé GÉRALD LEBLANC L'auteur est un ancien journaliste au Devoir età La Presse.Parmi les nombreux souvenirs de mes sept années au quotidien Le Devoir, durant les années 70, le premier qui remonte à la surface touche le scoop du rapport Gendron, obtenu par le collègue Pierre O'Neil, quelques semaines avant sa publication officielle.Le Devoir avait décidé de publier in extenso les trois tomes de cette enquête sur l'état du français, qui avait sonné l'alarme et amené le gouvernement Bourassa, en 1974, à faire adopter la loi 22 faisant du français la langue officielle du Québec.Le troisième tome, qui portait sur l'aspect constitutionnel de la question, avait été rédigé en anglais par le juriste Edward Mc Whinney.Il fallait donc traduire à toute vitesse.Qu'à cela ne tienne ! Ryan était parti, le vendredi, avec le rapport d'une centaine de pages sous le bras.Le lundi matin, il était revenu avec une version française prête pour publication.« Franchement, à part les repas et les 15 dernières minutes du match du Canadien le samedi soir, je n'ai rien fait d'autre que de traduire cette sacrée étude constitutionnelle », m'avait-il dit, en sachant sans doute l'effet d'entraînement qu'il produirait sur son collaborateur, souvent réticent devant ce travailleur modèle aux convictions trop conservatrices.Combien de fois ne m'a-t-il pas embarrassé en me demandant mon opinion sur un rapport touchant l'éducation, que je n'avais pas lu bien que ce fut mon domaine de couverture.Comblant mon silence gêné, il étalait alors, non sans vanité, ses commentaires démontrant qu'il avait, lui, lu le rapport, bien qu'il fut directeur du journal, éditorialiste et responsable des relations de travail.Il travaillait tellement qu'il s'était indigné de notre intention de remplacer le mot « journalistes» par « travailleurs de l'information » dans l'appellation officielle de notre syndicat.Avec son visage angulaire allongé, sa voix nasillarde et un peu grincheuse, qui renforçait son allure de prédicateur d'un autre temps, il m'avait alors apostrophé : « Franchement, Monsieur Le Blanc, ceux qui travaillent le plus ici sont les trois membres non syndiqués de la rédaction », avait-il dit, avec raison sans doute, mais laissant aussi paraître le bouillant et vindicatif Irlandais se cachant derrière l'image de l'austère directeur du Devoir.Frugalité monacale M.Ryan était d'une frugalité monacale.J'ai pu le constater lors d'un congrès du Parti québécois des années 70, alors qu'il était encore traversé par l'urgence de la cause qui transformait ses assises en sorte d'université populaire.Et le Devoir couvrait in extenso ces délibérations, sans doute un peu pour se faire pardonner son biais fédéraliste.Je couvrais l'événement avec Michel Roy, et Claude Ryan y assistait en tant qu'éditorialiste comme il tenait souvent à le faire.« J'ai pris des notes sur les ateliers économiques et je pourrais vous les passer si nous allions dîner ensemble.On pourrait aller au St-Hubert BBQ.C'est une des rares bonnes places encore abordables », m'avait-il dit, pour ajouter à la fin du repas, où il s'était permis une bouteille de Seven-Up : « Comme vous avez un per diem, je vous laisse payer votre repas.» Une autre fois, je couvrais une rencontre des chauffeurs de taxi, alors en pleine crise, que devait animer Claude Ryan.« C'est vous qui couvrez.Vous pouvez venir avec moi.On sauvera un taxi et on arrêtera à la maison.Madeleine (sa femme et la mère de ses cinq enfants) va nous préparer un sandwich.On va sauver du temps et de l'argent », m'avait alors dit, en toute candeur, l'économe directeur du journal qui ne comprenait pas qu'on réclame un meilleur per diem pour rattraper les autres journaux : « C'est drôle, moi je reviens toujours avec de l'argent de mes voyages.Il suffit de coucher dans les YMCA ou même dans les presbytères des petits villages », nous disait- il, à la table de négociation.Parlant de sa femme Madeleine, une Guay du Bas-du-Fleuve qu'il avait rencontrée au secrétariat de l'Action catholique, on venait d'apprendre qu'elle souffrait d'un cancer du sein.À son arrivée au journal, devant le petit comptoir à café où l'on échangeait sur les vraies choses de la vie, je lui offre mes sympathies pour l'épreuve frappant sa femme.« Ne m'en parlez pas.Me voyez-vous sans Madeleine.Je perdrais toute mon infrastructure », m'avait-il dit, me stupéfiant avec une telle remarque.Infrastructure, quel terme romantique pour décrire son amoureuse.J'en ai bien ri et bien fait rire mes confrères, aussi moqueurs que moi devant le côté vieux curé de notre boss.Il a fallu que je perde moi aussi une femme chère pour comprendre sa remarque.Langage simple et direct Tout à l'opposé de l'image d'intellectuel austère projetée devant le grand public, Claude Ryan avait le plus souvent recours à un langage simple et direct, surtout quand il s'indignait des propos des leaders politiques.« Franchement, c'est dégueulasse, je n'aurais jamais pu faire une telle chose », m'avait-il dit, toujours au petit comptoir à café, en me montrant la lettre écrite par Margaret pour glorifier Trudeau et prendre tout le blâme pour l'échec de leur mariage.La dernière fois que je lui ai parlé, il y a cinq ou six ans, c'était au dépanneur de la rue Laurier, à l'angle de la rue de l'Épée, alors qu'il venait de prendre sa copie du Devoir.\u2014 Vous lisez encore ce journal, devenu séparatiste.\u2014 C'est pas tellement ça le problème.C'est plutôt le style filandreux de Mme Bissonnette, qui écrit comme une patineuse de fantaisie.Ce ne fut jamais le problème du pape laïc de la rue Saint-Sacrement, l'ancienne adresse du Devoir, qui écrivait clairement certes, mais se laissait peu aller aux humeurs et états d'âme susceptibles d'attirer le lecteur.Passé directement du mouvement de l'Action catholique, où l'on voulait améliorer le monde, à l'éditorial et à la direction du Devoir, il n'écrivait pas pour amuser et distraire, mais pour changer les choses, ou les préserver.À sa manière et en son temps, il fut un journaliste engagé.Les journalistes du Devoir entretenaient une relation d'amour-haine avec leur directeur, dont ils admiraient le travail acharné et la rigueur d'analyse, mais ne partageaient ni le conservatisme ni le refus d'embarquer dans le bateau souverainiste, lui qui fustigeait pourtant le fédéralisme rigide de Pierre Elliott Trudeau.Les choses se sont un peu gâtées quand M.Ryan s'est approché de la politique active et que son journal \u2014 «Le journal de Claude Ryan qui loge à l'enseigne du Devoir », avait écrit Jean-V.Dufresne \u2014 est devenu l'instrument de sa lutte contre le Parti québécois.Lors du débat sur l'adoption de la loi 101 en 1977, il était déjà dans l'antichambre du Parti libéral dont il allait assumer la direction peu après.Comme journaliste, on peut regretter ce passage, assez peu réussi, dans l'arène politique de celui qui fut, malgré ses travers et ses biais, le plus rigoureux analyste qu'ait produit le journalisme québécois.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE© Claude Ryan (à droite) discutant avec des journalistes dans la salle de rédaction du Devoir, en mai 1973.Il fut le plus rigoureux analyste qu'ait produit le journalisme québécois. FORUM «Formidable! Formidable!» Claude Ryan savait faire preuve d'une grande délicatesse dans ses rapports de tous les jours avec tous ceux qu'il rencontrait DANIEL JOHNSON Ancien chef du Parti libéral, l'auteur a été premier ministredu Québec en 1994.Dès l'entrée de Claude Ryan dans la course à la direction du Parti libéral du Québec, en 1978, je devins membre du PLQ, comme des milliers de Québécois.Pendant plus de vingt-cinq ans, j'aurai eu le privilège d'avoir eu monsieur Ryan comme chef, d'être son collègue à l'Assemblée nationale et au conseil des ministres, de le compter dans mon cabinet, et de jouir de son amitié durant tout ce temps.Il racontait souvent devant moi qu'à l'occasion d'une rencontre fortuite, alors qu'il soupesait les appels pressants à briguer la direction du Parti libéral du Québec, je lui avais suggéré qu'il avait toujours l'option de demeurer directeur du Devoir, et ainsi continuer à jouir d'une grande influence transcendant les partis, plutôt que de faire le plongeon dans un parti.Il concluait, avec raison, sur un ton badin qu'il maniait mieux que l'on aurait pu croire, que je m'étais trompé.et je soulignais alors qu'il s'était lui aussi trompé en annonçant d'abord qu'il ne donnerait pas suite à ces appels, mais que j'avais eu la chance et le privilège de pouvoir répondre au sien en 1981.J'avais été conquis par l'intégrité et la volonté de servir d'un homme de grand talent, qui avait fait le choix réfléchi de la vie publique.Comme chef de parti, il a su vivifier le Parti libéral du Québec.Comme ministre, il était un joueur d'équipe et un collègue accessible dont on recherchait les avis, et qui savait aussi à quel moment les faire valoir, avec finesse et en toute amitié, avant même qu'on ne les lui demande ! Comme député, il n'y en avait pas de plus dévoué aux causes de son comté et de sa région : lorsque je présidais le Conseil du trésor, il était un négociateur tenace pour satisfaire les besoins formulés par Lachute et les villes et comtés environnants des Laurentides.Comme militant, il était toujours prêt à servir, souvent avec discrétion, comme en 1997 alors que le comité constitutionnel du PLQ a pu compter sur sa plume pour traduire le fruit de nos délibérations.Je suis triste à constater son absence, que ne pourront combler les nombreux souvenirs de nos rencontres depuis un quart de siècle.Souvenirs des moments forts ou dignes de mention de la vie politique, ou des anniversaires, qui l'amenaient invariablement à souligner l'occasion en offrant des livres, très souvent des biographies ou traités touchant des personnages politiques ou des épisodes jalonnant l'histoire des États-Unis.Souvenir de sa soif toujours vive de la lecture, d'ouvrages sur les récentes tendances démographiques, le processus démocratique, la lutte aux inégalités sociales, les systèmes de gouvernement, qui tous concouraient à parfaire sa contribution au débat politique, aux décisions qui affectent le quotidien de nos concitoyens, et au triomphe du sens commun et du respect des autres.Souvenir d'une visite à l'hôpital Notre-Dame il y a un an : en quelques instants, la discussion fut alimentée par sa lecture courante, abondamment soulignée et annotée, et partagée avec son interlocuteur.Souvenir d'une visite à l'Hôtel-Dieu il y a quelques semaines, où nous plongeons là aussi dans le vif de la réflexion qu'un nouveau livre suscite chez lui.Souvenir de notre brève conversation le 26 janvier dernier, date de son soixante-dix-neuvième anniversaire de naissance.Souvenir d'une grande générosité à l'endroit des causes qui touchent les jeunes ou les malades.Souvenir enfin de sa grande délicatesse dans ses rapports de tous les jours avec tous ceux qu'il rencontrait : un rire sonore et original accompagnait une longue et tout aussi originale poignée de main lors des échanges de salutations, et fusaient les questions visant à s'assurer des faits et gestes récents de son interlocuteur, le tout souligné par des « Formidable! Formidable ! » encourageants.et je me prends à sourire à cette évocation.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE© Claude Ryan (à gauche) en compagnie de Daniel Johnson, lors d'une conférence de presse en 1998, à Montréal.Tantôt sévère, tantôt indulgent MICHEL ROY Ancien collèguede Claude Ryanàladirection du Devoir, l'auteur a par lasuite été vice-président et éditeur adjoint de La Presse.Il est aujourd'hui président du Conseil de presse.La mort de Claude Ryan est un deuil éprouvant à la fois pour sa famille, l'ensemble de la société québécoise et la communauté journalistique du pays.Ses lecteurs, même quand ils n'étaient pas tous d'accord avec ses conclusions, voyaient en lui un géant du métier, un éditorialiste qui s'imposait par le fond et la forme, par la cohérence de son propos et un remarquable pouvoir d'analyse politique.Cet homme avait une résistance physique et intellectuelle peu commune.Depuis son arrivée au Devoir en 1964, il n'était pas rare que ses journées de travail s'étendent sur une quinzaine d'heures.Qu'il fut bien portant ou souffrant, surtout ces derniers mois, il s'engageait dans la rédaction d'articles analytiques sur les sujets les plus ardus, estimant que le journal et son directeur se devaient de prendre position, par exemple sur le mariage entre homosexuels.Il pouvait passer la nuit à lire un ouvrage imposant publié la veille (sur l'économie, la démocratie ou les autochtones) et le commenter le lendemain en page éditoriale.Directeur du Devoir, journaliste rigoureux, analyste lucide et pénétrant, tantôt sévère, tantôt indulgent, il conservait des liens professionnels et amicaux dans plusieurs provinces, de même qu'aux États-Unis et en Europe, avec des universitaires, des élus et des chroniqueurs.L'austérité que dégageait parfois sa personnalité aux yeux de ceux qui le connaissaient peu révélait bientôt un homme enjoué et une évidente disposition à la bonne humeur.Ce qui ne l'empêchait pas d'exprimer en clair sa contrariété sur un ton définitif, à propos de questions qu'il jugeait essentielles, en présence d'interlocuteurs qui ne partageaient pas son avis.Nommé directeur du Devoir en 1964 après un séjour de quelques années comme secrétaire national de l'Action catholique, il n'était pas vraiment un homme d'équipe comme l'avaient été avant lui Gérard Filion et André Laurendeau.Mais, tout en limitant la durée des entretiens dans son bureau, il accueillait sur demande ceux des journalistes ou des hommes publics qui sollicitaient ses conseils.Il se refusait toutefois aux longs palabres avec les principaux cadres de la rédaction appelés quotidiennement à débattre des éditoriaux et du traitement des nouvelles majeures du lendemain.Il fallait dire ce qu'on avait à dire, éviter les répétitions et conclure en peu de mots.Ceux qui n'observaient pas cette règle étaient aussitôt rappelés à l'ordre.Il m'arriva un jour de lui suggérer une réunion de quelques professeurs de l'Université de Montréal sur les qualités et les faiblesses de l'enseignement supérieur.Il me répondit aussitôt : « Franchement, monsieur Roy, j'ai pas de temps à perdre avec ce monde-là ! » Avec le directeur, le vouvoiement était bien sûr de rigueur, comme il l'avait été avec MM.Filion et Laurendeau avant lui.Quelques exceptions étaient tolérées lorsqu'un jeune rédacteur avait bien connu l'un de ces messieurs plusieurs années auparavant et que la familiarité était devenue naturelle.Claude Ryan ne se laissait jamais bousculer ou intimider par les manifestations syndicales de ses journalistes au cours des conflits de travail qui n'ont pas épargné le journal.Mais, quand la tension et l'hostilité propres aux négociations devenaient trop irritantes, le directeur savait se montrer conciliant : ce qu'il refusait depuis un mois devenait soudain possible et la détente s'opérait comme par magie.Certains conflits de travail se sont révélés plus pénibles parce que le directeur refusait de céder au syndicat des pouvoirs qui relevaient de la seule direction.Autoritaire et parfois intransigeant durant une longue période à l'égard de ses journalistes, dont il attendait, au-delà du talent et de la bonne volonté, des efforts de création et d'originalité, Claude Ryan s'est montré plus indulgent en fin de mandat et lorsqu'il eut quitté Le Devoir.C'est ainsi qu'à l'occasion d'un colloque sur l'information à l'Université Laval, en 2001, il fit l'éloge du chef d'information et du rédacteur en chef que j'avais été au Devoir.Émotion et surprise.D'autres collègues ont aussi été réhabilités à cette époque.Un phénomène analogue s'était produit lorsque M.Ryan éprouva des difficultés avec son caucus du PLQ à l'Assemblée nationale.Il n'a pas été bien compris de ses députés ; il n'a pas fait non plus beaucoup d'effort pour les comprendre.En revanche, il a réussi à rationaliser le fonctionnement de son équipe parlementaire.Puis, comme ministre du gouvernement Bourassa à l'Éducation et à la Sécurité publique, il a joué un rôle majeur.Il n'était pas rare que ses journées de travail s'étendent sur une quinzained'heures.Hommage à un homme libre YVAN ALLAIRE L'auteur est professeur éméritede stratégie à l'UQAM et fut président de la commission politiquedu Parti libéral du Québec de 1979 à1982.J'ai rencontré Claude Ryan pour la première fois en 1974 à son bureau, chez lui, boulevard Saint-Joseph.Le décor était celui d'un intellectuel frugal.L'homme était érudit, sagace, judicieux ; mais ce qui me surprit, fut son rire, fréquent, franc et joyeux, avec une note espiègle.Le rire de l'homme ne prend-il pas la mesure de son âme?J'allais bien connaître M.Ryan au cours des années qui suivirent.Il était de ces personnes qu'on ne peut amadouer, ni effrayer, ni soudoyer.Il vint à la politique par devoir, bien déterminé de pratiquer ce nouveau métier à sa façon et selon ses valeurs.Cela ne lui valut pas toujours la faveur des foules, mais assurément le respect de tous.« La politique, c'est l'art d'expliquer simplement des choses complexes sans faire une entorse à la vérité », me dit-il un jour.Il était fier, à juste titre, d'avoir contribué à relever le niveau du débat politique au Québec, d'avoir suscité l'engagement politique d'une nouvelle génération.Il a légué à son parti une philosophie et des valeurs authentiquement libérales.Sa conception du Québec et du Canada, son attachement à l'un et l'autre, ont trouvé leur expression dans un programme constitutionnel nuancé mais audacieux (le « livre beige »).Ce document garde encore sa pertinence et pourrait s'avérer prophétique.Le leitmotiv de sa vie publique fut sans doute l'équilibre à maintenir entre les libertés individuelles et la justice sociale.Cette quête, noble et jamais achevée, était, pour Claude Ryan, le trait dominant d'un esprit libéral.Dans son document de l'automne 2002 « les Valeurs libérales et le Québec moderne », il écrit : « Une société où l'accent serait mis exclusivement sur l'exaltation des valeurs individuelles deviendrait vite une société égoïste.Tôt ou tard, elle serait livrée à la domination de ses membres les plus forts, au détriment de ses membres les plus faibles.» Il aurait pu citer Lacordaire qui a écrit : « Entre le riche et le pauvre, entre le fort et le faible, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit.» Nous avions discuté de l'attrait et du péril de cette formulation.Un esprit libéral, disait-il, doit chercher à résoudre ce paradoxe, à trancher le noeud gordien.C'est pourquoi le plus bel hommage qu'il pouvait rendre à une personne était de dire d'elle que c'était un esprit libéral.Lorsque son épouse, Madeleine, mourut à la suite d'une longue maladie, il me dit à quel point son courage et sa foi l'avaient soutenue.« Elle m'a appris à ne plus craindre la mort.» Claude Ryan, un esprit libéral, un homme de devoir, un homme de foi, n'est plus.Faisant mentir le cynique adage, il est la preuve qu'un homme peut être grand et bon. FORUM André Desmarais > Président du conseil d'administration Guy Crevier > Président et éditeur Philippe Cantin > Vice-président à l'information et éditeur adjoint Éric Trottier > Directeur de l'information André Pratte > Éditorialiste en chef .ÉDITORIAL Le devoir de réfléchir apratte@lapresse.ca ANDRÉ PRATTE Au cours de son engagement en politique, Claude Ryan suscitait parfois la colère des journalistes en refusant de réagir à chaud aux événements importants.Il préférait attendre, un jour ou deux, le temps de lire les documents pertinents, de décortiquer le problème, d'étudier les arguments de part et d'autre.Voir, juger, agir: M.Ryan fut toute sa vie guidé, imprégné par la devise de l'Action catholique, dont il dirigea la section canadienne-française pendant 17 ans.Voir, juger, agir : la méthode Ryan se forge dans ses écrits de cette époque.Déjà, on constate la profondeur et la rigueur de l'analyse, la diversité des sources (sur le terrain, dans les écrits européens et américains), les inspirations (le cardinal Newman, en particulier).C'est cette méthode qui fera de M.Ryan un des plus influents intellectuels de l'histoire du Québec.Un penseur, mais un penseur qui avait les deux pieds sur terre, et pour qui l'action était une exigence.Manifestation concrète de cette rigueur, son fameux carnet noir, dans lequel il ne cessait de prendre des notes.C'est dans ce carnet qu'il élaborait la structure de ses allocutions, qu'il préparait chaque entrevue, notait des statistiques.Claude Ryan détestait l'improvisation.Arrivé au Devoir en 1962, il en deviendra le directeur deux ans plus tard.L'originalité et la rigueur de sa démarche feront vite de ses éditoriaux une lecture incontournable.Alors que beaucoup de commentateurs privilégiaient le style pamphlétaire, Ryan se démarquait par son approche chirurgicale des dossiers.Avant d'arriver à une opinion, il retournait aux principes fondamentaux qui lui étaient chers : le respect des libertés individuelles, l'attachement au Québec, l'équilibre canadien, la justice sociale.Il définissait l'objectif recherché.Il analysait les différentes pistes de solution proposées.Et finalement, tranchait.C'est parce qu'une telle rigueur était rarissime dans le monde politique de l'époque que Claude Ryan y acquit tant d'influence.Qui d'autre, interrogé sur tel ou tel sujet, se serait référé aux Confessions de Saint-Augustin ?Je n'étais pas un intime de M.Ryan, mais le hasard a voulu que nos chemins se croisent à plusieurs reprises.Je l'ai toujours considéré comme un modèle.Il le savait, m'encourageait, mais se montrait souvent déçu du travail de son émule.M.Ryan pouvait être dur, cruel, mesquin diront certains.Ce n'était pas de la méchanceté ; seulement, il était terriblement exigeant.Il se consacrait à son travail avec une telle abnégation qu'il ne pouvait tolérer que d'autres n'en fassent pas autant.C'est sans doute une des sources de sa difficile relation avec Pierre Elliott Trudeau, à qui tout semblait si facile.Lorsque Trudeau qualifie d'« énorme farce » l'« Égalité ou indépendance » de Daniel Johnson père, le directeur du Devoir réagit violemment : « Le Pierre Trudeau des années 50 aurait au moins fait l'effort d'étudier et de discuter avec précision pareilles propositions.(.) La conclusion aurait pu être négative ; elle aurait au moins été fondée sur une apparence de raisonnement.Face à un Parti québécois idéaliste, promettant de nettoyer les moeurs politiques, préparant un référendum sur la souveraineté, le Parti libéral devait sortir de ses ornières, frapper un grand coup.Les dirigeants du parti conclurent que seul Claude Ryan, qui personnifiait comme pas un l'intégrité et la profondeur, était le candidat idéal.Malheureusement, Claude Ryan n'était pas fait pour la politique des années 1970, de plus en plus dominée par la télévision.Analyser, peser longuement le pour et le contre, c'était parfait pour un éditorial.Mais pour un discours, c'était suicidaire.Pour le meilleur et pour le pire, la politique fit ressortir des facettes inconnues de sa personnalité.Son plaisir de côtoyer les gens \u2014 on l'a vu plus d'une fois traverser une rue, à ses risques et périls, pour aller serrer la main d'un électeur.Mais surtout son intolérance pour la bêtise, son acharnement contre des adversaires.Ces traits de caractère ne furent jamais autant en évidence que lors de son discours du 20 mai 1980, le soir de la victoire du NON.Il conviendra, plusieurs années plus tard, qu'il avait « déraillé un petit peu sur le ton ».La foi de Claude Ryan était profonde.Il n'en faisait pas étalage, elle vivait en lui, teintait subtilement chaque réflexion, chaque geste.Lorsqu'il eut le malheur de l'évoquer \u2014 « la main de Dieu » \u2014 il s'attira la risée d'une société qui ne voulait plus rien savoir de la volonté divine.Claude Ryan a fait du Parti libéral du Québec un parti moderne, capable de démocratie et de débats.Sous sa gouverne, le PLQ publia le programme constitutionnel le plus réfléchi de toute l'histoire du Québec (le « livre beige ») : « On a longtemps cru que le malaise canadien se résoudrait éventuellement.On a aussi espéré que la dimension québécoise du mal finirait par s'atténuer.Après vingt ans, force est de reconnaître que le malaise est toujours là, qu'il est même allé en s'aggravant.» Pierre Trudeau rejeta le document du PLQ du revers de la main, un soufflet que M.Ryan ne lui pardonnera jamais.Après la défaite électorale de 1981, Claude Ryan n'a d'autre choix que de démissionner.Lorsque Robert Bourassa revient au pouvoir en 1985, le député d'Argenteuil fait preuve d'une exceptionnelle loyauté, devenant le ministre des dossiers difficiles.Pas une journée où il ne travailla comme un forcené.Travailler comme un forcené : c'est ce qu'il fit jusqu'à ce que la maladie lui enlève la dernière once d'énergie.Par delà des combats politiques dans lesquels il a joué un rôle de premier plan, Claude Ryan s'est mérité le respect de tous.Lorsqu'il allait acheter le New York Times que le dépanneur du coin lui réservait, des gens de tous horizons l'abordaient : « M.Ryan, je n'étais pas d'accord avec vous, mais j'ai toujours admiré votre intégrité.Lors de notre dernière rencontre, l'automne dernier, M.Ryan semblait plus fragile.On le sentait nostalgique, ce qui n'était pas dans sa nature.À mon grand étonnement, il me fit un cadeau.Un livre de l'historien Claude Couture, Le Mythe de la modernisation du Québec.« Vous verrez, me dit-il, que les choses ne sont pas toujours comme on nous les présente.» C'est le legs de Claude Ryan aux journalistes, aux politiciens, à tous les Québécois, le rappel d'une exigence fondamentale pour le progrès du Québec : le devoir de réfléchir.Au nom du président et éditeur Guy Crevier et de la direction de La Presse, je tiens à exprimer toute ma sympathie aux proches de M.Ryan, dont notre collègue Marie-Claude Lortie.Son devoir accompli, l'âme de Claude Ryan repose en paix.serge.chapleau@lapresse.ca DROITS RÉSERVÉS DOCUMENT > Pour nous écrire : forum@lapresse.ca Alors que beaucoupde commentateurs privilégiaient le style pamphlétaire, Ryanse démarquait par son approche chirurgicale des dossiers.L'erreur des Mesures de guerre Pour le bénéficedes personnes qui n'ont jamais lu Claude Ryan, l'éditorialiste, nous publions ici l'essentiel d'unde ses éditoriaux les plus importants, publié dans Le Devoir, enoctobre 1970.Cet extrait est tiréde « Une société stable », unrecueil d'éditoriaux publié en 1978par les Éditions Héritage.Tirant des archives un texte enfoui sous la poussière depuis vingt ans le gouvernement canadien a décidé de frapper un grand coup contre les terroristes québécois en inv o q u a nt l es p o u v o i r s extraordinaires que lui confère la loi des mesures de guerre.Cette loi confère des pouvoirs si étendus au gouvernement central qu'elle n'a jamais, de mémoire d'homme, été décrétée en temps de paix.C'est la première fois dans toute l'histoire de la Confédération qu'un gouvernement ose invoquer à des fins de paix intérieure une loi aussi extrême.Il s'agit là d'un geste d'une gravité qu'on est en droit de se poser à ce sujet certaines questions fondamentales.Une première question va de soi : la décision d'Ottawa était-elle rigoureusement justifiée dans l'immédiat ?M.Trudeau a invoqué, pour justifier sa décision, des lettres de MM.Bourassa, Drapeau et Saulnier affirmant qu'un danger d'insurrection ayant surgi à Montréal et au Québec, il fallait, pour y faire face, des moyens tout à fait inusités.Il se peut que les autorités québécoises et montréalaises aient disposé, sur l'état réel de la situation, de données qui échappent à la presse.Rien, cependant, dans le film des premiers jours, ne laissait présager un tel dénouement.M.Robert Bourassa, dans son allocution, avait paru opter pour une solution négociée du drame Cross-Laporte.Pendant les trois jours qui suivirent la déclaration, il n'avait rien fait qui pût laisser croire à des intentions contraires de sa part.Puis, soudain, M.Bourassa faisait appel au concours de l'armée.Ici encore, on prenait soin de préciser qu'il s'agissait d'un recours limité et circonscrit ; on laissait entendre qu'il n'était pas question d'aller plus loin.(.) Quelles raisons précises ont porté M.Bourassa à opter soudain pour la rigidité ?Quels motifs l'ont amené à se jeter dans les bras de M.Trudeau alors qu'il pouvait très probablement tenir le coup ?Ces questions se posent avec acuité dans l'esprit de plusieurs.Il incombe d'autant plus à M.Bourassa d'y répondre que plusieurs estiment aujourd'hui qu'il a peut-être délibérément induit la population en erreur en laissant croire, une semaine plus tôt, qu'il favorisait une ligne plus souple.Pour M.Bourassa et son gouvernement, il y avait bien davantage, dans le drame Cross-Laporte, que la nécessité d'enrayer par tous les moyens le péril d'insurrection.Il y avait aussi et surtout une occasion unique d'affirmer au niveau le plus élevé la responsabilité de l'État québécois.Aux prises avec une situation inédite qu'aucun gouvernement comparable du monde atlantique n'a dû encore envisager, le gouvernement Bourassa devait montrer qu'il a le plus haut respect de la vie.Il devait aussi trouver une formule susceptible de constituer un premier pas vers la réintégration dans le processus démocratique d'éléments provisoirement égarés au chapitre des méthodes d'action, mais dont les convictions politiques et sociales correspondent à celles de milliers de leurs concitoyens.Ce double défi était très exigeant.Il obligeait le gouvernement à ne pas céder aux pressions réclamant de lui un déploiement de force plus impressionnant.Il l'obligeait à faire passer au second rang les considérations d'orgueil et de puissance.Il l'obligeait à accorder un début de reconnaissance à un mouvement dont on peut contester les objectifs et réprouver les méthodes, mais dont on ne saurait nier la réalité.C'était une voie difficile, laborieuse, ingrate.C'était néanmoins la voie la plus généreuse et, à long terme, la plus réaliste.Abandonnant les velléités qu'il avait manifestées en ce sens, M.Bourassa a préféré, en dernière analyse, recourir à la puissance d'Ottawa.En sollicitant de sa propre initiative la mise en vigueur de la loi des mesures de guerre, le premier ministre québécois consentait en principe à subordonner son gouvernement à celui de M Trudeau.Il consacrait, aux yeux du reste du pays, un vieux souvenir voulant qu'Ottawa soit le siège du vrai gouvernement national et que le Québec ne soit en définitive, qu'une province un peu plus turbulente que les autres.Ce glissement rapide est contraire à l'évolution des dernières années.Il indique peut-être aussi ce qui pourrait se produire dans d'autres domaines.M.Bourassa, au milieu d'une crise, a cédé une fois à la peur.Il aura du mal à se défaire de cette image tant aux yeux de ses collègues fédéraux que de ses propres concitoyens.Quant à M.Trudeau, il réussira peut-être, dans l'immédiat, à écraser le FLQ.Mais il ne réussira pas à empêcher certaines idées de vivre et peut-être même, avec l'aide d'Ottawa, à se diffuser.Il ne saurait surtout faire oublier que, dans le drame actuel, « la question finale » n'a été que mise entre parenthèses et qu'elle devra finalement se régler au Québec même, sans ingérence de l'extérieur.L'ancien théoricien de la méfiance à l'endroit de l'autorité constituée devient aujourd'hui un protecteur militaire.On chercherait en vain, dans les édits qui portent sa signature, la trace de ces vertus de rationalité, de libre consentement, de mesure et de respect fondé sur l'égalité, auxquelles il aimait naguère identifier le fédéralisme.M.Trudeau dira qu'il fut acculé au choix : plusieurs lui répondront qu'il ne l'a point volé.« QuantàM.Trudeau, il réussira peut-être, dans l'immédiat, àécraser le FLQ.Mais il ne réussirapasà empêcher certaines idées de vivreet peutêtremême, avec l'aided'Ottawa, àse diffuser.» Il seconsacraitàson travail avec une telle abnégationqu'il ne pouvait tolérer que d'autres n'en fassent pas autant.« C'est lapremière fois dans toute l'histoirede la Confédération qu'un gouvernement ose invoqueràdes fins de paix intérieureune loi aussi extrême.» LYSIANE GAGNON lgagnon@lapresse.ca Il n'était pas beau.Il n'avait pas une once de charisme.Rien ne venait apporter quelque charme à ce visage ingrat, rongé par l'acné : ni ses manières, plutôt brusques ; ni son sourire, rare et coincé, qui pouvait se transformer abruptement en une cascade de rires saccadés ; ni ses propos, drus et directs, qui ne ménageaient pas l'interlocuteur.Il aimait passionnément la politique \u2014 si l'on peut utiliser le mot « passion » à propos d'un homme qui était l'austérité incarnée \u2014 mais son passage en politique active ne fut pas à la hauteur de ses écrits.Conférencier intéressant mais orateur nul, il n'était même pas non plus un bon écrivain.Ses articles-fleuves et ses analyses étaient écrits correctement, mais sans style.La phrase était lourde, ampoulée, sans éclat ni surprise.Pourtant, cet homme laissera le souvenir d'un monument, d'un grand Québécois, dont tout un chacun loue cette semaine l'intégrité morale et la vigueur intellectuelle.Claude Ryan aura peut-être été le dernier survivant d'une ère éteinte, celle des clercs censés guider le peuple et posséder la vérité.C'est en tout cas ainsi que bien des gens le voyaient, qui allaient solliciter ses avis avec la déférence et l'humilité de pèlerins en route pour le Vatican.Ce n'est pas par hasard qu'on l'appelait le « pape » \u2014 plus précisément « le pape de la rue Notre-Dame », où logeait le Devoir lorsqu'il en était directeur.Lui-même d'ailleurs se voyait ainsi.Sa haine envers Pierre Elliott Trudeau ne tenait pas qu'à des raisons politiques.Elle venait du fait que ce dernier n'avait jamais fait le pèlerinage au Devoir pour lui demander conseil avant d'entrer en politique.(Jean Chrétien, lui, s'était conformé à la coutume.pour se faire dire qu'il n'avait pas l'envergure nécessaire pour faire sa marque au Parlement !) De sa tribune du Devoir, Claude Ryan distribuait les blâmes, les indulgences et les encycliques, tout en dirigeant son journal d'une main ferme et économe.Il reprochait à ses reporters, pourtant fort mal payés, leurs goûts luxueux : pourquoi diable allaient-ils à l'hôtel plutôt que dans un YMCA quand ils étaient en reportage ?Et pourquoi ne se contentaientils pas, comme lui, d'un sandwich pris sur le pouce ?En fait, c'est la vie monastique plus que la magnificence papale qui aurait convenu à Claude Ryan.À part sa famille, rien ne l'intéressait en dehors des affaires publiques.Le cinéma, la littérature, les arts, tout cela n'était pour lui que perte de temps et futilité.Sous sa direction, ce fut le secteur négligé du Devoir.Sa nomination comme directeur du journal, en 1962, surprit tout le monde car M.Ryan ne passait pas pour le membre le plus brillant de l'équipe éditoriale.Mais il allait vite faire mentir ses détracteurs.Son extraordinaire force de travail, ses nombreux contacts, le respect qu'il inspirait, tout cela allait le rendre incontournable.C'est pourquoi, après leur amère défaite de 1976, encouragés par les virulents éditoriaux qu'il avait écrits contre la loi 101, quelques libéraux influents se tournèrent vers Claude Ryan.Seul un intellectuel de sa trempe, croyaient-ils, pouvait sauver le parti.Mais les intellectuels font rarement de bons politiciens.Au référendum de 1980, la façon dont il dirigeait la campagne du NON faisait le désespoir de ses stratèges.Négligeant les thèmes porteurs et la communication, l'austère théoricien s'obstinait à parler d'un « livre beige » qui n'intéressait personne.La campagne fut rescapée in extremis par le phénomène des Yvette et les interventions de Trudeau.Lorsque Ryan abandonna le leadership du PLQ, peu après la défaite électorale de 1981, personne au parti ne tenta de le retenir.Redevenu député, puis ministre après le retour au pouvoir des libéraux, il se révéla toutefois un très bon soldat, loyal et efficace, capable même de reconnaître ses erreurs.Ainsi, il avait cessé de voir la loi 101 comme une atteinte aux libertés individuelles.Dégagé des responsabilités du leadership, il devint une sorte d'« elder statesman » dont le premier ministre Bourassa respectait scrupuleusement les avis.Il n'a pas lancé de grands projets dans les ministères qu'il a successivement occupés.C'était plutôt sa réputation de sérieux, et les valeurs qu'il représentait \u2014 le respect des libertés individuelles, le nationalisme modéré, la préoccupation sociale, etc.\u2014 qui en firent un phare du second gouvernement Bourassa.L'homme avait des défauts ; il pouvait faire preuve d'une mesquinerie étonnante chez un esprit préoccupé d'idées nobles.Et il avait de remarquables qualités : entre autres, une rigueur intellectuelle peu commune, et un inébranlable sens du travail qui en faisaient presque un anachronisme dans notre société hédoniste.Il est mort comme il a vécu : en travaillant, dans la sérénité du devoir accompli.JEAN-CLAUDE TURCOTTE L'auteur est archevêquede Montréal.Le Québec et le Canada viennent de perdre un homme remarquable qui a grandement contribué à leur développement.L'Église du Québec vient de perdre un homme de foi qu'elle admirait et qu'elle savait lui être profondément attaché.Moi, je viens de perdre un ami.J'ai connu Claude Ryan au début des années 60.J'étais alors jeune prêtre et je venais d'être nommé aumônier de l'Action catholique.Lui, il était président de l'Action catholique de Montréal.Il avait été nommé à ce poste non seulement en raison de ses convictions religieuses personnelles, mais aussi parce qu'il avait de l'Église une vision dont plusieurs pressentaient déjà la richesse.Claude Ryan avait une foi adulte.Il avait beaucoup réfléchi sur ce qu'implique être un baptisé et un disciple du Christ.Il était imbu de la pensée d'Henry Newman, ce converti aussi solidement attaché à la liberté qu'il l'était à l'Église.Dans l'exercice de son travail à l'Action Catholique, Claude Ryan a montré qu'il avait des convictions et une visée qu'il savait promouvoir avec ferveur, respect, pondération, ténacité et patience.Il mettait déjà de l'avant des idées et des orientations qui allaient être mises en pleine lumière au concile Vatican II.Il avait ce qu'on peut appeler une ecclésiologie ouverte.Il croyait à l'importance du laïcat et à la nécessaire collaboration entre clercs et laïcs.Pour lui, le laïc n'était pas un baptisé de seconde classe.Claude Ryan était convaincu qu'il n'y avait pas d'avenir possible pour l'Église sans l'apport déterminant du laïcat.J'ajoute qu'il croyait à l'idéal de la sainteté proposé à tous les baptisés.À ses yeux, ce mot sainteté n'était pas vide de sens.Je suis persuadé qu'il en avait fait un mot clef de sa vie.Quand Claude Ryan a été invité à devenir directeur du journal Le Devoir, j'ai été étonné de ne le voir prendre sa décision qu'après avoir sollicité l'avis des prêtres et des laïcs impliqués dans l'Action catholique.Je n'étais qu'un débutant et lui, dans l'Église, il avait acquis une notoriété qui impressionnait.Parce qu'il était homme d'Église, il tenait cependant à cette démarche et la jugeait même indispensable.Durant des années, j'ai lu avec attention et avec un vif intérêt tout ce que Claude Ryan a écrit.J'admirais cette façon bien personnelle qu'il avait d'analyser les événements.Il n'était pas un idéologue déconnecté du réel et il n'avait rien d'une moralisateur.J'admirais en particulier ce souci, que je discernais en lui, de se laisser largement inspirer par l'Évangile, par la doctrine sociale de l'Église et par la réflexion des plus grands théologiens contemporains.Je suis assuré que de là lui venait, pour une large part, son sens de la justice, son amour de la fraternité et son respect à l'égard des êtres les plus faibles de nos sociétés.J'ajoute que Claude Ryan était d'une rigueur intellectuelle rare, qui souvent m'impressionnait.Quand il a fait le saut en politique, Claude Ryan est demeuré lui-même, Je ne sais pas s'il connaissait ces mots du pape Pie XI , qui a un jour déclaré que « le domaine de la politique.est le champ de la plus vaste charité, la charité politique », mais il m'a paru que sa décision témoignait d'une volonté d'agir avec encore plus d'efficacité en vue de la réalisation de son idéal humaniste et chrétien.(.) PHOTO ARCHIVES LA PRESSE© Claude Ryan Un homme de foi Il croyait à l'importance du laïcat et à la nécessaire collaboration entre clercs et laïcs Fidèle à ses convictions Un autre grand chêne vient de tomber ! Il a toujours été fidèle à ses convictions les plus profondes.Il commandait le respect.Le Québec a-t-il les moyens de perdre un homme aussi sincère, simple et honnête et qui a guidé les Québécois, à sa façon ?Bon repos Monsieur Ryan ! Fernande Trottier Victoriaville .Un homme chaleureux J'ai eu le plaisir de rencontrer M.Ryan il y a plusieurs années à la résidence B.du Tremblay lors d'un pique-nique pour les familles des résidents.Nos mères avaient ensemble réservé une table.À ma grande surprise j'ai découvert un homme chaleureux qui aimait rire et faire rire.C'est regrettable que son image publique soit si différente.Jean Demers Boucherville .Un grand serviteur Un grand journaliste capable de traiter des sujets à fond.Claude Ryan était un homme qui ne cachait pas sa foi et c'est un homme vrai qui pratiquait la charité en toutes occasions.Nous perdons un grand serviteur du Québec.Denis Le Blanc Varennes .Un après-Claude Ryan ?Pendant des décennies, Claude Ryan aura incarné ce qu'on n'ose même plus appeler le « fédéralisme renouvelé ».De l'échec de Victoria, puis de l'échec des accords de Meech et Charlottetown, il aura personnifié la quête du Québec pour un statut particulier.Ce 9 février, M.Ryan nous a quittés mais son rêve d'une constitution canadienne reconnaissant le Québec pour ce qu'il est l'a depuis longtemps précédé dans la mort.Le décès de cet homme aux valeurs authentiquement libérales est une occasion de constater à quel point son actuel successeur à la tête du PLQ n'a absolument rien en commun avec lui.Tout autant, les premiers gestes de Paul Martin à titre de premier ministre du Canada nous obligent à faire face à une autre exaspérante réalité : Claude Ryan a eu beau passer sa vie à condamner les ingérences fédérales dans les champs de compétences du Québec, rien ne semble avoir changé, en cette matière non plus.Ce pourrait-il que nous soyons passés maîtres dans l'art de radoter sans jamais rien régler ?Christian Gagnon Montréal .La perte d'un sage Nous venons de perdre un cerveau que la nature avait bien construit.Doué d'une âme et d'une tête surplombant un corps, deux bras et deux jambes comme tout autre humain, il ne passait pas inaperçu.Monsieur Ryan inspirait un respect inconditionnel.Il pouvait exprimer une opinion complètement opposée à la nôtre et malgré ce fait, il méritait d'être écouté ou bien d'être lu.Aujourd'hui, nous avons perdu un bon vieux sage politique, même si je n'ai pas toujours été en accord avec lui.Ce jour ne doit pas être fait pour pleurer.Il faut juste se souvenir et puis il sera intéressant, dans quelques semaines, quelques mois ou quelques années, de relire ses textes sur nos courants politiques passés.Allez, Monsieur Ryan, serrez donc la main de ce Dieu, en qui vous avez eu pleinement confiance, probablement plus que le dieu « politique » qui vous a habité bien souvent.Gilles Pelletier Québec .Attachement au fédéralisme Avec mes yeux de Québécois, je retiens de Claude Ryan qu'il possédait une stature d'homme politique dans ses analyses empreintes d'un attachement au fédéralisme.Là où je le trouvais politicien comme un autre, (d'une grandeur toute relative) c'est que son attachement partisan au fédéralisme primait sur la défense des intérêts et des besoins fondamentaux des Québécois dans la mer anglo-saxonne nord-américaine où nous tentons de préserver notre culture, notre identité.Aujourd'hui, devant la tournure des événements, alors que le fédéral accentue ses empiétements dans les champs de juridictions des provinces, je crois bien que l'honnêteté intellectuelle qu'on reconnaît à monsieur Ryan l'amènerait à réviser ses positions politiques.Tous ses concitoyens peuvent prendre cet homme comme modèle dans son engagement à servir le Québec avec une honnêteté intellectuelle et un dévouement exemplaires.Louis-M.Marcheterre Baie-Comeau .Profonde éthique J'ai côtoyé M.Ryan à plusieurs reprises et à chaque occasion il ne m'a pas laissé indifférent.C'était un homme de profonde éthique, autant personnelle que professionnelle, et d'une rigueur peu commune.Il a apporté du calme et de la raison là où nos émotions menaçaient de guider nos choix politiques et sociaux.C'était un régulateur, tantôt freinant les passions, tantôt les attisant.Québec a besoin d'autres Claude Ryan.Au revoir ! Raymond Tessier .Où est la relève ?Un monument d'intégrité morale et politique et la conscience du Québec catholique viennent de disparaître ! Hélas ! Il ne semble pas y avoir de relève ! Alain Carrier .Un modèle à suivre Par son authenticité, Claude Ryan a été une grande inspiration pour des générations de penseurs, de décideurs et de lecteurs.Au cours de sa vie active, sa rigueur intellectuelle et son esprit visionnaire ont influencé les grands choix des sociétés québécoise et canadienne.Vers 1971-72, alors que je participais activement aux sections « courrier du lecteur » des grands quotidiens, Claude Ryan était alors le seul rédacteur en chef à prendre l'initiative de donner un feed-back sur les ébauches proposées.Vers 1973, dans nos cours de sciences politiques au cégep, où nous devions étudier l'actualité des grands quotidiens, le contenu éditorial sous la plume de Claude Ryan retenait toujours notre attention, à cause de la profondeur dans les dossiers traités, sa capacité d'analyse et son opinion distinctive.Son jugement authentique était respecté et considéré.Claude Ryan restera un modèle à suivre.Gaétan Veillette L'hommeavait des défauts ; il pouvait fairepreuved'une mesquinerie étonnantechez unesprit préoccupé d'idées nobles.Et il avait de remarquables qualités : entre autres, une rigueur intellectuelle peucommune.FORUM Le monument Vous pouvez lire la plupart des courriels que nous avons reçus hier au sujet de la mort de Claude Ryan sur notre site Web : www.cyberpresse.ca . Les systèmes décrits et les promotions d'une durée limitée sont offerts uniquement aux entreprises canadiennes de 99 employés ou moins.Tous les achats sont soumis aux conditions de l'entente signée entre Dell et son client ou aux conditions de vente standard, aux conditions visant la garantie limitée Dell et à celles des accords de service pertinents conclus avec Dell ou des tiers.Des copies sont disponibles sur demande ou à l'adresse www.dell.ca/fr.Tous les prix, ainsi que toutes les spécifications et offres promotionnelles, peuvent comporter des erreurs et être annulés ou modifiés à tout moment sans préavis.Aucune des offres promotionnelles ne peut être combinée à d'autres offres, à d'éventuels rabais pour achats en quantité ou à d'autres types de rabais.Pensez à toujours sauvegarder vos données.Dell ne peut être tenu responsable des données ou des logiciels perdus ou endommagés.Limite d'une (1) offre par système admissible.Dell se réserve le droit de limiter les quantités à cinq (5) systèmes par client.La société ne peut être tenue responsable des erreurs touchant la typographie ou les photographies.1.FRAIS D'EXPÉDITION STANDARD ACTUELS: 139$ POUR UN DIMENSION ET UN INSPIRON, 99 $ POUR LES PRODUITS DE GESTION EN RÉSEAU (SERVEURS ET UNITÉS DE STOCKAGE), LES PROJECTEURS DELL ET LA TÉLÉVISION DELL ACL, 25$ POUR LES LECTEURS DE MP3 DELL DJ, LES DELL AXIM ET LES IMPRIMANTES DELL, ET 15 $ POUR TOUS LES AUTRES LOGICIELS ET PÉRIPHÉRIQUES.Les prix promotionnels ne peuvent être combinés à d'autres offres, à moins d'indication contraire.Les stocks peuvent être limités.Les logiciels pré-installés ne sont pas fournis avec la documentation et peuvent différer des versions vendues au détail.2.Le crédit-bail est offert uniquement aux entreprises admissibles par les Services financiers de Dell Canada, qui est une entité indépendante, sous réserve de l'approbation du crédit et de la disponibilité.Montant minimal de 699$ par transaction (avant frais d'expédition et taxes applicables).Le prêteur se réserve le droit de limiter les quantités à cinq (5) systèmes par client.Les paiements mensuels sont basés sur un contrat de 36 mois.Rachat à la juste valeur marchande au terme du bail.Votre mensualité pourrait être plus élevée selon votre cote de crédit, établie par le prêteur à son entière discrétion.Les conditions du financement peuvent comporter des erreurs ou changer sans préavis.Veuillez communiquer avec les Services financiers Dell, au 1 888 438-1112, pour plus de détails.3.Vous trouverez tous les détails sur les garanties et le service après-vente dans le contrat de service avec Dell ou avec les tierces parties, et dans les conditions de garantie Dell.Pour obtenir des copies de ces documents, communiquez avec nous ou visitez le site de Dell à l'adresse www.dell.ca/fr.Les services ne sont pas nécessairement offerts dans toutes les régions.Le service sur place le jour ouvrable suivant peut être assuré dans le cadre de contrats signés par le client avec des tierces parties, mais pas nécessairement dans toutes les régions.UN TECHNICIEN SERA ENVOYÉ SUR PLACE SI CELA EST JUGÉ NÉCESSAIRE APRÈS LE DIAGNOSTIC TÉLÉPHONIQUE.Il faut que Dell avise le fournisseur de services avant 17 h, heure locale pour le client, sans quoi celui-ci attendra peut-être un jour ouvrable de plus.La couverture Complete Care couvre uniquement les éléments matériels internes, et ne couvre pas les périphériques, les dommages ou les pertes causés par le feu, le vol ou des actes intentionnels, ou par l'usure normale si celle-ci ne nuit pas aux performances du système.En ce qui concerne l'échange, la pièce ou le système de remplacement sera expédié, au besoin, à la suite d'un dépannage téléphonique, avant la réception de la pièce/du système défectueux que vous nous aurez retourné.Il peut arriver que les pièces/systèmes défectueux soient reconditionnés.Toute unité défectueuse doit nous être renvoyée.La disponibilité peut varier.D'autres conditions s'appliquent.4.Les fonctions de gestion de l'alimentation limitent la vitesse du processeur afin de maintenir le système à une basse température ou de réduire sa consommation.5.Une quantité de mémoire maximale de 64 Mo peut être allouée pour la prise en charge des graphiques, selon la capacité de mémoire du système et d'autres facteurs.MCDell, le logo Dell, Dimension, Inspiron, Axim, Power Edge, Open Manage, Ultra Sharp, Be Direct et Complete Care sont des marques de commerce de Dell Inc.MCMicrosoft, MS, Intelli Mouse, Windows et Windows NT sont des marques déposées de Microsoft Corporation.MCIntel, Intel Inside et son logo, Intel Centrino et son logo, Pentium et Celeron sont des marques de commerce ou des marques déposées d'Intel Corporation ou de ses filiales aux États-Unis et dans d'autres pays.MCToutes les autres marques de commerce et marques déposées appartiennent aux sociétés qui en sont respectivement détentrices.© 2004 Dell Inc.Tous droits réservés.Technologie mobile Intel CentrinoMC Processeur Pentium M d'Intel à 1,4GHz Carte mini-PCI pour RL sans fil Intel PRO 2100 (802.11b) Microsoft Windows XP Édition familialeu Écran XGA TFT de 14,1 po (1024 x 768) 512 Mo de SDRAM DDR à 266MHz GRATUIT ! Disque dur de 60 Go Combo modulaire graveur de CD/lecteur de DVD 24X Carte graphique DDR ATI MOBILITY RADEON 9000 de 64 Mo Pour obtenir une configuration complète, appelez-nous ou visitez notre site dès aujourd'hui Processeur Pentium 4 d'Intel à 2,88GHz avec bus frontal à 533MHz Microsoft Windows XP Édition familialeu 256 Mo de SDRAM DDR à deux voies à 333MHz GRATUIT ! Disque dur de 80 Go (7 200 trs/min) Moniteur E773 de 17 po (16 po affichables) Carte graphique Intel 3D Extreme 2 intégrée Lecteur de DVD-ROM 16X Lecteur-graveur de CD 48X (2e logement) Ensemble Productivity Pack, incluant Word Perfect GRATUIT ! IMPRIMANTE DELL TOUT-EN-UN A920 Service sur place le JOS pendant un an3 Pour obtenir une configuration complète, appelez-nous ou visitez notre site dès aujourd'hui Processeur Pentium 4 d'Intel à 3GHz avec technologie HT et bus frontal à 800MHz Microsoft Windows XP Édition familialeu 256 Mo de SDRAM DDR à deux voies à 400MHz GRATUIT ! Disque dur SATA de 120 Go (7 200 trs/min) Moniteur E773 de 17 po (16 po affichables) Carte graphique DDR Ge Force FX 5200 de 128 Mo avec sortie TV et DVI Lecteur de DVD-ROM 16X Lecteur-graveur de CD 48X (2e logement) Ensemble Productivity Pack, incluant Word Perfect GRATUIT ! IMPRIMANTE DELL TOUT-EN-UN A940 Service sur place le JOS pendant un an3 Pour obtenir une configuration complète, appelez-nous ou visitez notre site dès aujourd'hui À partir de 45 $/mois Bail PME de 36 mois2 EN COMMANDANT, VEUILLEZ INDIQUER: Code E-Value: 71129 CBF30W2 LUN-VEN 8 H - 19 H (HNE) SAM 10 H - 17 H (HNE) Affaires Excellence du rendement PC Dimension 8300 Faites-en le PC idéal : Haut-parleurs d'ambiance Dell 5650 5.1 Ajoutez 100 $1 Service sur place le JOS pendant 3 ans3 Ajoutez 169$1 Écran plat numérique Dell Ultra SharpMC 1800FP de 18,1 po Ajoutez 639$1 À partir de 29$/mois Bail PME de 36 mois2 EN COMMANDANT, VEUILLEZ INDIQUER: Code E-Value: 71129 CBF28W2 Puissance et bon rapport qualité-prix PC Dimension 4600 Faites-en le PC idéal : 512 Mo de SDRAM DDR à deux voies Ajoutez 140 $1 Service sur place le JOS pendant 3 ans3 Ajoutez 169$1 Écran plat E172FP de 17 po Ajoutez 439$1 EN COMMANDANT, VEUILLEZ INDIQUER: Code E-Value: 71129 CBFC4W2 PC de base abordable PC DimensionMC 2400 Processeur CeleronMD d'IntelMD à 2,4GHz MicrosoftMD WindowsMD XP Édition familialeu 128 Mo de SDRAM DDR partagée5 à 266MHz GRATUIT ! Disque dur de 80 Go (7 200 trs/min) Moniteur E773 de 17 po (16 po affichables) Carte graphique Intel 3D Extreme intégrée Lecteur de CD-ROM 48X Ensemble Productivity Pack, incluant Word PerfectMD Service sur place le jour ouvrable suivant (JOS) pendant un an3 Pour obtenir une configuration complète, appelez-nous ou visitez notre site dès aujourd'hui À partir de 55 $/mois Bail PME de 36 mois2 EN COMMANDANT, VEUILLEZ INDIQUER: Code E-Value: 71129 CB51WF2 Processeur Pentium 44 d'Intel à 2,8GHz Microsoft Windows XP Édition familialeu Écran XGA TFT de 15 po (1024 x 768) 512 Mo de SDRAM DDR à 266MHz GRATUIT ! Disque dur de 40 Go Combo graveur de CD/lecteur de DVD 24X Carte graphique DDR ATI MOBILITYMC RADEONMC 7500 de 64 Mo GRATUIT ! IMPRIMANTE DELL TOUT-EN-UN A920 Service «retour au dépôt» pendant un an3 Pour obtenir une configuration complète, appelez-nous ou visitez notre site dès aujourd'hui Performant et économique Bloc-notes Inspiron 5100 Faites-en le bloc-notes idéal : Couverture Complete CareMC pendant un an3 Ajoutez 99 $1 Écran SXGA+ TFT de 15 po (1400 x 1050) Ajoutez 100 $1 Disque dur de 60 Go Ajoutez 200 $1 Rendement et mobilité Bloc-notes Inspiron 600m Faites-en le bloc-notes idéal : Couverture Complete CareMC pendant un an3 Ajoutez 99 $1 Écran SXGA+ TFT de 14,1 po (1450 x 1050) Ajoutez 100 $1 Batterie ion-lithium de rechange Ajoutez 129$1 À partir de 39$/mois Bail PME de 36 mois2 EN COMMANDANT, VEUILLEZ INDIQUER: Code E-Value: 71129 CB11WF2 Système mobile pour petits budgets Bloc-notes InspironMC 1100 Faites-en le bloc-notes idéal : Batterie ion-lithium 12 éléments Ajoutez 39$1 Mallette de luxe en nylon Ajoutez 50 $1 Couverture Complete CareMC pendant un an3 Ajoutez 99 $1 Processeur Celeron4 d'Intel à 2,4GHz Microsoft Windows XP Édition familialeu Écran XGA TFT de 14,1 po (1024 x 768) 512 Mo de SDRAM DDR partagée5 à 266MHz GRATUIT ! Disque dur de 40 Go Combo graveur de CD/lecteur de DVD 24X Carte graphique Intel Extreme intégrée Service «retour au dépôt» pendant un an3 Pour obtenir une configuration complète, appelez-nous ou visitez notre site dès aujourd'hui Votre mensualité pourrait être plus élevée selon votre cote de crédit, établie par le prêteur à son entière discrétion.Voir les détails à la note 2.u Vous ne pouvez pas enregistrer de domaine avec Windows XP Édition familiale.Si votre entreprise doit enregistrer ses domaines, nous vous recommandons de passer à l'édition professionnelle de Windows XP.Dell recommande MicrosoftMD WindowsMD XP Professionnel aux entreprises.AD CODE LPT02 NOTA : Les prix annoncés n'incluent ni les frais d'expédition ni les taxes, sauf indication contraire.Les frais d'expédition sont indiqués à la note 1.IMPRIMANTE TOUT-EN-UN DELL GRATUITE à l'achat de certains PC d'ici au 12 février MISE À NIVEAU GRATUITE DES DISQUES DURS à l'achat de certains PC d'ici au 12 février Économisez jusqu'à 20 % à l'achat de certains serveurs d'ici au 29 février 10 % DE RABAIS SUR TOUS les accessoires achetés en ligne d'ici au 12 février Économisez jusqu'à 1 000 $ en ligne à l'adresse www.dell.ca/fr Non combinable avec d'autres offres.AUBAINES DELLMC ! Une entreprise florissante.Facile, avec Pour commander facilement, visitez le site www.dell.ca/lapresse ou appelez sans frais au 1 800 781-7344 Dell recommande la technologie mobile IntelMD CentrinoMC.Crédit-bail non offert À partir de 64$/mois Bail PME de 36 mois2 EN COMMANDANT, VEUILLEZ INDIQUER: Code E-Value: 71129 CB6MWF2 Faites-en le PC idéal : Lecteur-graveur de CD 48X Ajoutez 95 $1 Clé de mémoire Dell Dimension USB de 128 Mo Ajoutez 99 $1 Service sur place le JOS pendant 3 ans3 Ajoutez 169$1 «J'utilise toujours des produits frais.Dell adopte la même approche.» Promotion sur les serveurs Dell Économisez jusqu'à 20 % sur certains serveurs Power Edge D'ici au 29 février.Le rabais est calculé sur les prix avant taxes et frais d'expédition.Non combinable avec d'autres offres.Complétez votre système avec une imprimante Dell Chercheur de ligne Wi-Fi Kensington 33 $1 Limiteur de surtension APC Professional 49$1 Imprimante laser Dell P1500 399 $1 Projecteur Dell 2200MP 1 299 $1 UGS A960CAN 279$1 Imprimante à jet d'encre DELLMC A960 À la fois imprimante couleur, photocopieur, scanner et télécopieur autonome.Imprimez et faites des photocopies jusqu'à 17 ppm en noir et blanc et 12 ppm en couleur.Elle est équipée d'un alimenteur automatique de documents (50 pages) et d'un scanner plat 48 bits.Elle est couverte par une garantie d'échange pendant un an3.Les imprimantes Dell vous facilitent la vie : 1.Une fenêtre flash vous avertit que votre niveau d'encre est bas.2.Un lien automatique vous connecte directement au site Web de Dell, ou s'affiche la référence exacte de l'encre qu'utilise votre imprimante.3.Passez votre commande, et vos cartouches vous seront expédiées le jour ouvrable suivant.Dell prend en charge vos frais de livraison.Complétez votre système avec ces logiciels et ces périphériques 499$1 899$1 1399$1 1199$1 1699$1 1999$1 Trish Magwood, propriétaire Dish Cooking Studio - Toronto (Ont.) Société créée en 2000.26 employés (temps plein ou temps partiel) Trish Magwood, propriétaire de la société Dish Cooking Studio, sait que faire prospérer une entreprise, c'est un peu comme préparer un repas gastronomique: il faut avoir le souci du détail, suivre la bonne recette et toujours utiliser des produits frais.C'est la raison pour laquelle cette femme d'affaires à la têted'une entreprise florissante a opté pour Dell.Voici ce qu'elle nous a dit: «Mes PC constituent des produits importants pour mon entreprise.J'ai choisi Dell parce que ce fabricant offre les composants les plus récents et soumet tous ses systèmes à des tests rigoureux.De plus, Dell n'assemble les systèmes qu'une fois que je les ai achetés.» Cette école de cuisine créée il y a quatre ansà Torontooffre aujourd'hui des services de traiteur et fera bientôt l'objet d'une émission de télévision.Pour gérer plus facilement sa base de données contenant les noms de 6000 clients, ses réservations en ligne et toutes les applications administratives et financières, Dish utilise 8 PC Dell.«Je ne veux pas de systèmes dépassés qui traînent depuis un certain temps sur les étagères d'un magasin.Mon entreprise se doit de travailler avec des produits de qualité.Et c'est précisément ce quem'offre Dell.» « Pendant 22 trimestres consécutifs, les PC Dell se sont classés n° 1 pour la satisfaction de la clientèle.» (aux États-Unis) Source : étude réalisée par TBR au troisième trimestre 2003 à propos de la satisfaction des entreprises en matière de service et de soutien technique, décembre 2003.MC 3202961A ."]
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