La presse, 15 février 2004, C. Arts et Spectacles - Lectures
[" DAWN TYLER WATSON Une visite chez ma mère La dame chante le blues NATHALIE PETROWSKI RENCONTRE npetrows@lapresse.ca À Calgary, Toronto, Fredericton ou même à Paris (France), les gens n'ont aucun problème avec le nom de Dawn Tyler Watson.Allez savoir pourquoi à Montréal, Québec ou Chibougamau, son nom se fait toujours écorcher.Des fois, c'est le « Dawn » qui en pâtit.Des fois, c'est le « Tyler » qui devient « Taylor ».Et des fois, les trois noms fondent comme un carré de sucre dans un café brûlant, plongeant ceux qui tentent désespérément de s'en souvenir en pleine amnésie.« C'est pourtant simple, dit-elle avec un lourd accent québécois mâtiné d'anglais.Dawn c'est comme le mot « on » avec la lettre « d » devant.Et Tyler, c'est Tyler.Pas Taylor.» Il n'y a aucun reproche dans sa voix.Seulement un soupçon d'amusement devant ce problème de mémorisation collective qu'elle subit depuis 1988, date de son arrivée accidentelleà Montréal.Nous sommes assises à une minuscule table devant deux jolis verres bleus, remplis de thé au citron et miel, au milieu de son appartement de Saint-Henri.Les lieux sont étroits mais colorés et chaque pouce des murs, couvert de cadres exposant des photos qui racontent l'essentiel de sa vie.Ici, ses parents adoptifs, deux Britanniques d'origine jamaïcaine comme elle, qui se sont établis à London, en Ontario, à la fin des années 60.Là, une photo de Dawn peu de temps après sa naissance à Manchester, en Angleterre.Là, un cliché d'elle, croqué en plein concert, pendant un festival de blues d'une quelconque municipalité américaine ou canadienne.Ici, une photo de la chanteuse prise avec Céline en 1999, à l'occasion d'un mariage du clan Dion où elle était l'artiste invitée.Là, au-dessus de nos têtes, une nouvelle photo : celle de la chanteuse, déguisée en Curly Brown, le personnage qu'elle interprète aux côtés de Roy Dupuis dans le film de Gilles Noël, qui porte le titre évocateur de Jack Paradise.Je suis allée au visionnement du film il y a quelques semaines pour deux raisons.D'abord pour le sujet : le milieu du jazz montréalais dans les années 30 et 40 avant Jean Drapeau et Pax Plante.Et puis bien sûr pour Roy Dupuis, qui y interprète le rôle d'un pianiste de jazz blanc, inspiré en partie de la vie du pianiste Guy Langlois.Mais dès que Dawn Tyler Watson est apparue à l'écran avec sa tête toute bouclée et son sourire espiègle, ma curiosité a été piquée.J'ai immédiatement voulu savoir qui était cette jolie inconnue dont la présence à l'écran était indéniable.Je n'avais jamais entendu parler d'elle, son visage ne me disait rien.Pendant un instant, j'ai cru qu'elle était une actrice de Harlem parachutée à Montréal.Mais Dawn Tyler Watson est Montréalaise depuis près de 15 ans.La plupart des musiciens de blues, comme Bob Harrisson, Steve Hill, Carl Tremblay et Jim Zeller, la connaissent bien et ont joué avec elle.Idem pour Nanette Workman, qu'elle rejoindra le 3 mars pour le spectacle Les Grandes Dames du blues au Café Campus.Idem pour Normand Brathwaite, qui l'a invitée à quelques reprises à Beau et chaud.Malgré ses contacts dans le milieu, Dawn Tyler travaille plus ou moins dans l'ombre des bars enfumés de Montréal et d'ailleurs.Cela ne la dérange pas le moindrement.Au contraire.« Des fois, on me dit que je devrais arrêter de chanter dans les bars et me brancher dans un type de musique plus qu'un autre.Mais j'aime tous les styles, tous les genres et, par-dessus tout, j'aime chanter dans les bars », affirme-t-elle sans sourciller.Il faut dire que, jusqu'à l'âge de 23 ans, la chanteuse a tout fait sauf chanter.Elle a beaucoup fêté, beaucoup bu et fumé.Elle a aussi été mannequin, vendeuse, serveuse, barmaid et hôtesse de restaurant.« Je n'étais pas très sérieuse et souvent très gelée, jusqu'au jour où j'ai décidé de me prendre en main.» Ce jour-là, sa grande amie d'enfance, qui a grandi avec elle à London, lui a annoncé qu'elle s'en allait étudier la composition musicale à l'Université Concordia de Montréal.« Tu devrais t'inscrire toi aussi », lui a-t-elle conseillé.Il n'en fallait pas plus pour que la jeune rebelle, surnommée Snake à l'école primaire, prenne le conseil de son amie au pied de la lettre.L'espace d'une audition à Concordia, elle était acceptée en chant jazz.« J'aurais préféré étudier le blues, mais ça ne s'enseignait pas.Alors je me suis dirigée vers le jazz, avec une idée du jazz qui se limitait à Billie Holiday.Très vite, je me suis rendu compte que j'avais du talent \u2014un talent brut\u2014 qui était comme un cadeau du ciel, mais qui avait besoin d'être mieux canalisé.Des fois, quand j'écoute comment je chantais à l'époque, je n'en reviens pas.Je chantais faux, j'étais d'une arrogance crasse et, surtout, complètement à côté de la réalité.>Voir WATSON en 6 Les amateurs de blues, ceux qui fréquentent le Jello, le Tsirco ou le Biddle's le dimanche soir, connaissent bien Dawn Tyler Watson.Pour les autres, c'est une pure inconnue.Mais dès qu'ils auront vu Jack Paradise, qui sort en salle le 20 février prochain, ils voudront à coup sûr découvrir cette chanteuse de jazz et de blues qui ressemble à s'y méprendre à la petit soeur québécoise de Billie Holiday.DANY LAFERRIÈRE CHRONIQUE COLLABORATION SPÉCIALE dlaferri@lapresse.ca J'étais en train de me demander qui était cette longue jeune fille qui s'avançait vers moi en dansant dans la lumière dorée de cette fin d'après-midi.Je sirotais tranquillement près de la piscine de l'hôtel un rhum-punch, assez corsé ma foi, tout en préparant ma journée de tournage du lendemain.Qui a dit qu'il fallait travailler dans la douleur ?Je venais de passer une semaine d'enfer à filmer dans les rues de Montréal par - 30 degrés.C'est ma faute, je n'avais pas à écrire un scénario qui se passe en hiver, et qui exigeait même beaucoup de neige et un temps très froid.Heureusement que je m'étais ménagé quelques jours de tournage dans la chaleur de Port-au-Prince.Je parle comme un vieux blasé dont c'est le trentième film.En réalité, j'ai écrit cette histoire sans penser aux conséquences.J'entendais simplement faire un parallèle entre le froid et le chaud, c'est-à-dire entre Montréal et Port-au-Prince.La prochaine fois, s'il y a une prochaine fois, ce sera le contraire : un film entre l'été montréalais et l'hiver port-au-princien.Depuis que je suis dans le cinéma (j'en parle de plus en plus, mais c'est toujours ainsi avec les néophytes), les jeunes filles me sourient volontiers dans la rue.Alors en voyant arriver dans ma direction cette éblouissante beauté, je n'ai pas pensé une seconde qu'elle pouvait être ma nièce.En fait, elle était venue me chercher pour m'emmener voir ma mère.Dès qu'on s'est installés dans la voiture, elle a mis de la musique, sa musique.Un solide rap en créole.J'écoutais Tabou Combo au début des années 70.La musique de ma génération a chassé celle de ma mère, et celle de ma nièce me fait passer aujourd'hui pour un ringard.J'observe ma nièce à la dérobée.Son aisance m'époustoufle.Elle slalome avec dextérité à travers les nombreux nids-de-poule, tout en téléphonant à ses copines.Elle parle de son boulot, de son copain, de musique.Elle passe de l'anglais au créole.Et le français alors ?« Je ne vais pas gaspiller mon français avec les amies, je ne l'utilise qu'au travail ou si je veux impressionner quelqu'un.» Juste une remarque en passant à propos des derniers événements politiques qui rendent la circulation encore plus difficile.Elle n'est pas insouciante pour autant.C'est simplement une jeune femme qui entend vivre sa vie.Ma mère m'attendait, debout dans la cour, à côté d'un petit chien nerveux qui n'arrête pas de japper.Une enfance interminable Ma mère ne comprend pas que je ne descende pas chez elle quand je viens en Haïti.Je lui raconte toutes sortes de bobards qu'elle n'avale d'ailleurs pas.Mais la vraie raison, c'est qu'elle n'arrive pas à voir en moi autre chose >Voir LAFERRIÈRE en 2 PHOTO ANDRÉ PICHETTE, COLLABORATION SPÉCIALE © « J'aime tous les styles de musique, tous les genres et, par-dessus tout, j'aime chanter dans les bars », affirme sans sourciller Dawn Tyler Watson.ARIANE MOFFATT AQUANAUTE 5 MARS AU MÉTROPOLIS En personne au Spectrum 318, rue Sainte-Catherine Ouest Par Internet www.admission.com Par téléphone (514) 790-1245 BILLETS EN VENTE MAINTENANT SUPPLÉMENTAIRE! ©photo: Laurence Labat 145 MON T R É AL DI M A N C H E 1 5 F É V R I E R 2 0 0 4 SCÈNE DE HEAD ON BERLINALE LA RELÈVE RÉCOMPENSÉE PAGE 3 STÉPHANE DOMPIERRE LA GÉNÉRATION FLOUE PAGE 7 LECTURES ARTS ET SPECTACLES CHANSON Forte dose de sentimentalisme Enrique Iglesias au Centre Bell: le chanteur fait la cour aux filles ISABELLE MASSÉ CRITIQUE Demande en mariage, gestes lascifs savamment exécutés, petit cris s'échappant d'une bouche prête à mordiller, séances de photos.En spectacle, Enrique Iglesias fait la cour aux filles devant lui autant qu'à son micro.Leurs coeurs ont fait trois tours sur eux-mêmes vendredi soir, veille de la Saint-Valentin, au Centre Bell.Impossible pour les spectatrices de rester de glace quand le chanteur d'origine espagnole s'offre en cadeau sur une scène.Il n'a eu qu'à entamer les premières rimes de The Way you Touch Me (de son plus récent album en anglais, Seven) pour les faire frémir.Il était 21 h 05.Éric, d'Occupation double, victime consentante d'un concours radiophonique d'accouplement d'un soir, venait de jouer au latin lover pendant une bonne demi-heure, au parterre, avec des dizaines de filles souhaitant se faire photographier avec lui.Le temps était venu pour le tombeur québécois de laisser sa place à son joyeux rival et de retomber momentanément dans l'oubli.Quelques drapeaux d'Espagne flottaient dans la salle, et également d'énormes cartons sur lesquels on avait rédigé avec amour Te Amo Enrique.Tout y était pour que la vedette de la soirée ressente l'affection des Montréalais(es) dès le pied posé sur la scène.Sen uel, Enrique ?Quand il chante et qu'on ferme les yeux, assurément.Gagné d'avance, le public a récité comme des prières les Rhythm Divine, Bailamos, Addicted et autres Escape qui ont été offertes (et livrées par six musiciens et trois choristes) en 85 minutes.On l'aura remarqué, voilà toutes des odes à Cupidon.Dans un spectacle convenu, nullement original, le chanteur de 27 ans, qui a évité les notes trop haut perchées, n'a pas eu à en faire beaucoup pour se faire désirer.Tant mieux, car il n'est pas du genre à se trémousser sur scène comme un certain Ricky Martin.Une fesse qui se dresse ici, une cheville qui frétille là.Plutôt statique, Enrique Iglesias ! Le magnétisme de la star ne passe pas par des pas de danse.Plutôt par des sourires et des contacts avec son entourage.Passage à l'acte À la fin de la ballade Could I Have This Kiss Forever, chantée en duo, il est « passé à l'acte » avec une de ses choristes, en s'agenouillant, en lui écartant les jambes, puis en s'étendant de tout son long sur elle.Charmant pour certains.Ridicule pour d'autres.Plus tard, durant la portion rock-détente espagnole du concert, il s'est couché sur les jambes d'une spectatrice (qui doit maintenant songer au divorce) pour lui murmurer les paroles de deux chansons.Où était Anna Kournikova ?« Au diable la joueuse de tennis devenue mannequin pour le Swimsuit Issue du Sports Illutrated ! » ont dû se dire, vendredi soir, les 5000 spectateurs présents.(Oui, il y avait plusieurs garçons au Centre Bell.Cadeau de la Saint-Valentin ?) Beau comme un coeur, Enrique Iglesias, qui a hérité du côté sensuel posé de son père Julio, avait 17 chansons à leur offrir (dont des reprises de Bob Dylan et Depeche Mode).et une grande blonde riche n'allait sûrement pas leur gâcher la soirée ! En anglais Les spectatrices ne semblent même pas avoir été déçues que le succès Love to See you Cry (Tes larmes sont mes baisers) ait été chantée seulement en anglais.Ni que l'idole n'ait lancé en français qu'un « Merci ! » en toute fin de spectacle.On pardonne tout à un homme qu'on aime.Quelques drapeaux d'Espagne flottaient dans la salle, et d'énormes cartons sur lesquels on avait rédigé avec amour Te Amo Enrique PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE © Le chanteur Enrique Iglesias sur la scène du Centre Bell vendredi.Une visite chez ma mère LAFERRIÈRE suite de la page 1 que cet éternel petit garçon qui n'a jamais quitté ses jupes jusqu'à son départ d'Haïti, à l'âge de 23 ans (ouf ! il était temps).J'ai eu une enfance interminable.J'avais de la difficulté à respirer quand, durant mes premiers voyages, je séjournais chez elle.Elle me gavait de nourriture sans cesser de me mettre en garde contre toutes sortes de gens que je ne connaissais même pas.Une fois, par hasard, je l'ai croisée dans la rue.Elle marchait très vite, comme à son habitude.L'air soucieux.Je l'ai rejointe, et elle m'a raconté que, subitement inquiète, elle était partie à ma recherche.Comme ça, à travers les rues incertaines d'une ville de près de 2 millions d'habitants.J'avais 42 ans à l'époque.J'ai déjà tenté, un soir, d'expliquer à ma mère qu'étant donné que je voyage beaucoup, il m'est déjà arrivé de me retrouver dans des situations un peu difficiles.Je lui ai raconté aussi les pays étranges que je visite, les gens fascinants que je rencontre, les livres que j'écris, toute cette vie mouvementée que je mène.Elle m'a écouté avec ce sourire lointain, comme si elle savait tout cela depuis longtemps.Elle est heureuse, chaque fois, de découvrir que j'adore toujours autant les avocats et les mangues.Mais ce qu'elle aime par-dessus tout, c'est s'asseoir avec moi, dans la pénombre du salon, pour parler de la famille, c'est-à-dire de ses soeurs, cette nuée de tantes qui peuplent mes romans.Le temps Elle déteste que je parle de mon âge en public parce qu'elle tient le sien tellement secret que j'ignore aujourd'hui encore si elle est née en 1927, 1929 ou 1931.Je lui ai téléphoné, un soir.\u2014Maman, il me faut ta date de naissance.\u2014Le 4 février.\u2014Je sais.De quelle année ?Un long silence à l'autre bout du fil.\u2014Maman, j'ai besoin absolument de savoir l'année, c'est important.\u2014Je comprends, finit-elle par dire d'une toute petite voix.C'est en 1931, je crois.\u2014Je suis sérieux, maman.\u20141929 alors.\u2014Il faut que ce soit la date qui se trouve sur ton acte de naissance, sinon tu pourrais avoir des problèmes plus tard, quand tu viendras me visiter.\u20141927, lance-t-elle sur ce ton qui ne tolère aucune réplique.Et il n'y avait plus rien à faire.Comme j'insistais, elle a pris le prétexte cousu de fil blanc qu'elle avait quelque chose en train de déborder sur le feu.Un jour, je l'ai ébranlée en lui faisant remarquer que si elle venait à mourir subitement, j'aurais l'air idiot de ne pas pouvoir écrire son âge dans la notice nécrologique.Elle semblait à deux doigts de me faire la grande révélation pour se raviser à la dernière seconde.Quand ma mère ne veut pas que je dise mon âge, est-ce parce qu'elle veut que je sois à tout jamais son petit garçon, ou entend-elle simplement garder pour toujours l'âge (son âge étant intrinsèquement lié au mien) qu'elle avait quand mon père est parti en exil ?Sans presque bouger, ma mère semble avoir une vie intérieure beaucoup plus dense que la mienne.Le goût de la vie Ma mère ne peut plus tolérer le riz, ce qui m'a un peu étonné car elle a toujours mangé du riz avec grand appétit.Le riz est l'aliment sacré du tiers-monde.Elle me raconte qu'elle a perdu certains goûts dernièrement pour en retrouver d'autres.J'ai, naïvement, cru que le riz était la seule nourriture susceptible de l'accompagner jusqu'au bout.Dire qu'un jour je pourrai perdre le goût de l'avocat ou de la mangue ! Quand je suis à Port-au-Prince, je mange au moins un avocat et trois mangues par jour, et les fruits d'Haïti ont un goût si différent de ceux que j'achète à Montréal.Comme la vie elle-même semble plus dense à Port-au-Prince.Aujourd'hui, comme un enfant, ma mère ne se nourrit que de friandises.Ma soeur m'avait déjà alerté qu'elle refusait de s'asseoir à table pour manger.La moindre contrainte l'énerve au plus haut point, elle qui a tant tenu à nous inculquer les bonnes manières.Je lui apporté alors une pleine valise de ces délicieuses choses qu'elle peut manger, assise sur la galerie.Sa position politique reste assez proche de la majorité silencieuse.Aristide l'a profondément déçue, mais elle garde encore bien cachée dans son armoire une photo du jeune prêtre qui l'avait tant fait tant rêver au début des années 90.Pour une fois, son Église rejoignait pleinement son rêve de société.On lui parlait enfin de travail, de nourriture, de santé et de justice.Cela ne s'efface pas facilement de la mémoire des gens.Aujourd'hui, elle entend davantage parler contre Aristide que de la souffrance du peuple, ce peuple définitivement condamné à choisir entre les démagogues et les cyniques.Les gens ne sont pas dupes, mais ils n'ont pas le choix : un démagogue sera toujours préférable à un cynique.Même les citoyens riches, en santé et bien éduqués des pays les plus puissants passent leur temps à ingurgiter les promesses électorales les plus farfelues venant des plus grossiers démagogues.À plus forte raison un pays comme Haïti, qui n'a connu que la dictature.Une surveillance constante Ma mère est l'être humain le plus raffiné que je connaisse.Son ancienne amie et couturière, rencontrée à Miami il y a deux ans, m'a rappelé, avec encore une lueur d'admiration dans les yeux, que ma mère restait intraitable quant à la qualité de la coupe.L'envers de la robe devait être aussi impeccable que l'endroit.Et elle était prête à y mettre le prix, alors même qu'elle gagnait juste assez pour nourrir sa famille et payer l'école de ses enfants.« Si ta mère, m'a dit tante Renée, n'avait pas gardé les yeux grands ouverts, tu serais un voyou à l'heure qu'il est.Il y avait trop de gamins qui n'allaient pas à l'école dans le quartier.» Je me souviens qu'elle pouvait débarquer à tout moment quand, après l'école, je restais pour jouer au volley- ball avec les copains.Elle ne faisait pas, comme d'autres mères, une entrée intempestive de mère-dragon, pas du tout son genre, elle se contentait de m'attendre derrière le mur.J'étais le seul à savoir qu'elle était là.Alors je quittais le jeu, refusant tout de même de marcher à ses côtés.Je la précédais, fulminant de colère.Son but ultime était de me faire traverser sans encombre cette mare de requins qu'était devenu Port-au- Prince depuis l'arrivée de Duvalier au pouvoir.À l'époque, j'ignorais totalement les dangers que je pouvais encourir.Port-au-Prince étant ma ville.Que pouvait-il m'arriver dans ma propre ville?Le pire pour ma mère n'était pas la menace que constituait la présence constante des assassins à la solde de Duvalier dans nos rues, mais plutôt que je puisse devenir moi aussi un assassin.J'étais entouré de gens qui ne pensaient qu'à se trouver un revolver et une carte de police secrète pour jouer les fiers-à-bras tout en rançonnant les pauvres gens.Un monde féminin Mon père étant en exil, ma mère s'est retrouvée seule à m'élever.Son obsession de ne pas faire de moi une mauviette l'a poussée à chercher de l'aide auprès de ses amies qui avaient encore un mari et un fils.Il lui arrivait aussi de prendre des initiatives, qui furent la plupart du temps désastreuses.Je me souviens de ce jour où elle est arrivée avec un cadeau bien emballé.Je déchire fébrilement l'enveloppe pour découvrir, avec horreur, un livre de la comtesse de Ségur.Les Malheurs de Sophie, je crois.Faut pas espérer l'ombre d'un coup de poing dans un tel livre.À l'époque, on échangeait nos bouquins entre amis, mais je me suis bien gardé de faire circuler celui- ci.La honte.La Bibliothèque rose.Une réputation est vite salie à cet âge-là.Un jour qu'il pleuvait, et n'ayant vraiment rien à me mettre sous la dent, j'ai sorti de l'armoire où je l'avais enfoui, sous une pile de draps et de serviettes, le petit livre de la comtesse.Je me rappelle encore cette étrange surexcitation qui se dégageait du livre.Comme si tout se passait à l'intérieur des personnages.Aucune extériorité.Seulement des mensonges et des secrets.C'était vraiment loin de l'univers des Bob Morane, des James Bond et des Zembla, de tous ces héros virils qui avaient tissé jusqu'alors ma sensibilité.Je crois que ma mère a senti un monstre se réveiller en moi, et, pour tenter de l'apaiser, elle a cherché de l'aide auprès de la faussement placide comtesse.Elle a eu raison, car tout à coup, j'ai commencé à développer un nouveau champ d'intérêt.Le jour, j'étais encore le petit garçon qui ne pensait qu'à courir et à se battre, mais le soir, après mes leçons et mes devoirs, je rentrais sous les draps avec Sophie, le général Dourakine, Camille, Madeleine, l'âne, tout l'univers de la comtesse.Je me rappelle de tout cela en voyant mon neveu (qui s'appelle aussi Dany) s'étirer paresseusement sur son lit, avec, par terre, une pile de bouquins (dont deux de la comtesse de Ségur) à côté d'un grand verre de lait chaud et bien sucré.Je souris de voir que si les situations politiques changent, la vie profonde reste la même.Si j'ai voulu raconter ces moments intimes et personnels, c'est pour qu'Haïti ne devienne pas uniquement une suite de chiffres : la comptabilité de la mort. ARTS ET SPECTACLES La relève primée à Berlin L'Ours d'or va à Fatih Akin, cinéaste allemand d'origine turque LUC PERREAULT À LA BERLINALE ENVOYÉ SPÉCIAL BERLIN \u2014 Fuyant les noms déjà reconnus tels qu'Angelopoulos, Rohmer ou Loach, le jury du 54e Festival de Berlin a décidé d'encourager la relève en accordant l'Ours d'or, la récompense suprême de cette manifestation, à un cinéaste allemand de 30 ans, Fatih Akin, pour son film Head On, qui rafle également le Prix de la critique remis par la Fipresci.J'avais signalé vendredi l'intérêt de cette oeuvre qui traite de la rencontre de deux laissés-pour-compte de la société allemande, deux marginaux appartenant à la communauté turque, l'un punk alcoolique, la seconde en rupture avec sa famille, qui joignent leurs forces pour le meilleur et pour le pire.C'est une oeuvre pleine de fraîcheur mais au ton grave et incisif qui méritait d'être soulignée.Pour le cinéma allemand, cette récompense vient par ailleurs signaler l'existence d'une nouvelle génération de cinéastes très différente de celle des Fassbinder, Wenders, Herzog et compagnie.Le dernier Ours d'or à une production allemande remonte à 18 ans.Il avait été remis à Stammheim, de Reinhard Hauff (sur la bande à Baader).Le prix souligne enfin la vitalité de cette deuxième génération d'immigrés turcs qui tentent d'occuper leur place dans une société pas toujours prompte à reconnaître leurs droits de citoyens à part entière.L'Argentin Daniel Burman, qui n'a que 31 ans, rafle pour sa part l'Ours d'argent, l'équivalent du Grand Prix du jury, pour El Abrazo partido (Baiser perdu), une intéressante étude sociale centrée sur les marchands d'un petit centre commercial de Buenos Aires, vus à travers les yeux du fils d'une vendeuse de dessous féminins, un film qui m'avait paru « tendre, sarcastique et pétillant d'esprit ».Le comédien argentin Daniel Hendler, qui tient le rôle du jeune homme dans ce film, remporte de son côté l'Ours d'argent du meilleur acteur.Il s'agit donc d'un doublé pour un cinéma, l'argentin, qui résiste avec courage à la crise économique, sujet même de Memoria del saqueo (Mémoire d'un saccage), le dernier film d'un pionnier de ce cinéma, Fernando Solanas, à qui le Festival de Berlin a rendu hommage.Un autre Ours d'argent, destiné cette fois au meilleur metteur en scène, a été attribué au Nord-Coréen Kim Di-Duk pour son film Samaria.Le réalisateur de 43 ans en était à son huitième long métrage, une oeuvre de maturité traitant d'un sujet grave, la prostitution chez les mineures.À la conférence de presse, menée tambour battant par la présidente du jury, Frances Mc Dermond, l'annonce de ce prix a provoqué quelques remous.Il en avait été de même pour l'Ours d'argent de la meilleure musique, décerné à Banda Osiris pour la trame musicale du film italien Primo Amore, de Matteo Garrone.Plusieurs, dont je suis, s'attendaient à ce que cette récompense aille à Eleni Karaindrou, la compositrice attitrée d'Angelopoulos, pour son dernier film, Trilogie : la femme qui pleure.La concurrence était vive pour l'Ours d'argent de la meilleure interprète féminine.Le jury a donc décidé de couper la poire en deux.On n'est guère surpris que Charlize Theron l'ait emporté pour son rôle à transformation dans Monster, premier long métrage de Patty Jenkins.Par contre, dans le cas de l'actrice colombienne Catalina Sandino Moreno, dont il s'agit de la première apparition à l'écran, la surprise est complète.Elle tient le rôle d'une passeuse de drogue (ou mule) dans le film de Joshua Martson, Maria, llena eres de gracia (Marie, pleine de grâce), une coproduction américano-colombienne distinguée par ailleurs par le prix Alfred-Bauer (du nom du fondateur de la Berlinale).Dernière récompense du jury du long métrage, l'Ours d'argent de la meilleure contribution artistique est allé à toute l'équipe du film suédois Om jag vänder mig om (Si je me retourne), réalisé par Björn Runge, également distingué par le prix Ange- Bleu du meilleur film européen, lequel s'accompagne d'une bourse de 25 000 euros.Un prix pour Robert Lepage Le Canada, qui n'était pourtant pas dans la course, n'ayant aucun film en compétition officielle, a cependant eu droit à un prix de consolation : La Face cachée de la lune, de Robert Lepage, le film qui a le plus fait parler de lui dans la section Panorama, obtient le Prix de la critique (Fipresci).Le producteur Roger Frappier, qui était à Berlin pour en assurer la vente internationale, a confié à La Presse que ce film aurait normalement fait partie de la compétition s'il n'avait pas d'abord été présenté en première mondiale à Toronto.Un jury de trois membres \u2014 la Française Sophie Maintigneux, l'Autrichienne Christine Dolhofer et la Danoise Vinca Wiedemann\u2014a remis de son côté l'Ours d'or du meilleur court métrage à Un cartus de Kent si un pachet de cafea, (Une cartouche de Kent et un paquet de café), du Roumain Cristi Puiu.L'Ours d'argent est allé à un film néerlandais, Vet! (Super!), de Karin Junger et Brigit Hillenius.Il serait fastidieux de donner la liste de tous les prix qui se greffent à cette liste officielle.Signalons cependant que le percutant Ae Fond Kiss, de Ken Loach, a obtenu le Prix oecuménique, sans oublier celui de la Guilde allemande des cinémas d'art et d'essai.Le prix de la Paix est allé au film croate Witnesses, de Vinko Bresan.Le cru 2004, qu'on pourrait qualifier dans son ensemble de moyennement bon, n'aura finalement pas accouché avant la fin de cette révélation tant espérée, de ce coup de coeur qui aurait fait l'unanimité parmi les festivaliers.Dernier film de la compétition, 25 degrés en hiver, de Stéphane Vuillet, a cependant clos le Festival sur une note plutôt drôle.Jacques Gamblin y tient le rôle d'un livreur distrait, chargé d'aller cueillir tôt en matinée un colis à l'aéroport et qui revient avec une immigrée clandestine, une Lituanienne, Ingeborga Dapkunaite, évadée d'un centre de transition, désespérément en quête de son mari.Pendant une journée, Gamblin, accompagné d'une fillette sympathique, de Carmen Maura (dans le rôle de sa mère, immigrée espagnole) et de l'étrangère, sillonnent les rues de Bruxelles jusqu'à la mer.Ce premier long métrage de Stéphane Vuillet, un Français, accumule les finesses de ton, les détails saugrenus, jusqu'à cette image finale d'un toréador (le frère du héros) perdu au milieu d'un troupeau de vaches.« C'est mon caractère », a répondu le réalisateur à la question du choix de la comédie pour traiter d'un sujet aussi sérieux.« Face à un drame, a-t-il dit, si on peut en rire, c'est toujours mieux.C'est aussi une façon de se cacher.Mieux vaut en rire que d'en pleurer.» Belle façon de prendre à contrepied un festival qui s'est surtout soucié cette année de sujets graves et de situations extrêmes.PHOTO AFP Le jury du 54e Festival de Berlin a accordé son plus prestigieux trophée à un cinéaste allemand de 30 ans, Fatih Akin, pour son film Head On.VISITEZ WWW.TRIBUTE.CA NE MANQUEZ PAS LA SOIRÉE DES OSCAR® LE 29 FÉVRIER version française de «CATCH THAT KID» «BRAVO!» CINÉPLEX ODÉON CAVENDISH (Mail) / LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 / MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / FAMOUS PLAYERS DORVAL / MÉGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 / FAMOUS PLAYERS CENTRE EATON / FAMOUS PLAYERS COLISÉE KIRKLAND / CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE / CINÉPLEX ODÉON CHÂTEAUGUAY ENCORE / CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON / CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION / CINÉMA GALERIES GRANBY / LE CARREFOUR 10 JOLIETTE / LES CINÉMAS LANGELIER 6 / CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL / LES CINÉMAS GUZZO PARADIS / MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN / CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE / CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE / CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO / LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 / CINÉMA ST-EUSTACHE / GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE / CAPITOL ST-JEAN / CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 / CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD / MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 / GVISA GÉNÉRAL VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE / SON À L'AFFICHE! DIGITAL 3206485A 19, 20 ET 2 1 FÉVRIER 200 4 Ballet de l 'O pér a de L y on B ille ts : 842 - 2 112 G r o u pes : 849-8 6 81 présente 3205847A L'ULTIME CÉLIBATAIRE VA FAIRE FACE À L'ULTIME ÉPREUVE version française de big fish sony.com/Big Fish NOMINATIONS AUX BRITISH 7ACADEMY FILM AWARD MEILLEUR FILM DONT «\u2039big fish\u203a parvient à nous accrocher le coeur comme peu de films le font.à ne pas manquer.» Leah Rozen, people magazine AUSSI À L'AFFICHE EN VERSION ORIGINALE ANGLAISE VISITEZ www.tribute.ca FAMOUS PLAYERS CARR.ANGRIGNON / CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE / CINÉ-ENTREPRISE CINÉMA DU CAP / CINÉPLEX ODÉON CHÂTEAUGUAY ENCORE / CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON / CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION / CINÉMA CAPITOL DRUMMONDVILLE / CINÉMA 9 GATINEAU / CINÉ-ENTREPRISE FLEUR DE LYS GRANBY / LE CARREFOUR 10 JOLIETTE / MÉGA-PLEXTM GUZZO LACORDAIRE 16 / LES CINÉMAS GUZZO LANGELIER 6 / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / CINÉMA MAGOG MAGOG / LES CINÉMAS GUZZO PARADIS / MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 / FAMOUS PLAYERS POINTE-CLAIRE / CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN / CINÉMA GALAXY SHERBROOKE / MAISON DU CINÉMA SHERBROOKE / CINÉMA TRIOMPHE LACHENAIE / CINÉMA ST-LAURENT SOREL-TRACY / CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE / CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO / LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 / CINÉMA ST-EUSTACHE / GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE / CAPITOL ST-JEAN / CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME / MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 / MÉGA-PLEXTM GUZZO TERREBONNE 14 / CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD / CINÉMAS GALAXY VICTORIAVILLE / CINÉMA BIERMANS SHAWINIGAN / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ HULL / MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 / FLEUR DE LYS TROIS-RIVIÈRES O./ CINÉMA PIXEL LOUISEVILLE / FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL / VERSION FRANÇAISE LAISSEZ-PASSER REFUSÉS VOYEZ LA SOIRÉE DES OSCAR7 LE 29 FÉVRIER À CTV DÈS 20H00 VOYEZ LA SOIRÉE DES OSCAR7 LE 29 FÉVRIER À CTV DÈS 20H00 G présentement à l'affiche! Visitez www.tribute.ca VISA GÉNÉRAL version française de «SOMETHING'S GOTTA GIVE» NOMINATIONAUXOSCAR MEILLEURE ACTRICE - DIANE KEATON VOYEZ LA SOIRÉE DES OSCAR7 LE 29 FÉVRIER À CTV DÈS 20H00 GVISA GÉNÉRAL PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE ! G À L'AFFICHE VISA GÉNÉRAL / SON DIGITAL version française de 50 FIRST DATES Visitez www.tribute.ca 3206467A GVISA GÉNÉRAL VOYEZ-LE MAINTENANT! Regardez les OscarsMD le 29 février à 17 h HNP, 20 h HNE au réseau CTV DISTRIBUÉ PAR BUENA VISTA PICTURES DISTRIBUTION.©DISNEY ENTERPRISES, INC.miracle.movies.com (VERSION FRANÇAISE) MEGA-PLEX GUZZO SPHERETECH 14/ MEGA-PLEX GUZZO MD TASCHEREAU 18/ MEGA-PLEX GUZZO MD LACORDAIRE 16 / CINEPLEX ODEON MD CAVENDISH CINEPLEX ODEON CÔTE DES NEIGES FAMOUS PLAYERS ANGRIGNON/ FAMOUS PLAYERS FAMOUS PLAYERS 8POINTE CLAIRE / FAMOUS PLAYERS COLISÉEKIRKLAND / FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL / FAMOUS PLAYERS PARAMOUNT/ TERREBONNE 14/ CARNAVALCHATEAUGUAY/ LES CINÉMAS GUZZO MEGA-PLEXMDGUZZO STE.THERESE 8/ CINEPLEX ODEON ST.BRUNO CINÉ-ENTREPRISE JACQUES-CARTIER 14/ TRIOMPHE LACHENAIE MEGA-PLEX GUZZO MEGA-PLEXMDGUZZO PONT-VIAU 16 MD GROUPE MATHERS ST.EUSTACHE/ LES CINÉMAS GUZZO LANGELIER 6/ CINEPLEX ODEON QUARTIER LATIN FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTREAL / VERSION ORIGINALE ANGLAISE VERSION FRANÇAISE À L'AFFICHE! PRÉSENTÉ EN SON THX GVISA GÉNÉRAL CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS « CHEZ LE BARBIER 2 EST UNE DE CES RARES SUITES DIGNE DE L'ORIGINAL où le sérieux et le comique se retrouvent face à face en parfaite synergie.» Kevin Thomas, LOS ANGELES TIMES CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS JAMAISVU.Steve Gow, The Movie Network « LE MEILLEUR FILM DE HOCKEY JAMAIS VU.» Steve Gow, THE MOVIE NETWORK « C'EST LE MEILLEUR FILM DE HOCKEY, UNPOINT C'EST TOUT.» David Spaner, VANCOUVER PROVINCE 3206452A 3205983A Le dimanche dans CE QU'ON A LU, CE QU'ON EN PENSE. VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION .ARTS ET SPECTACLES LES UNS ET LES AUTRES Les monstres de Kassovitz Avec Gothika, Mathieu Kassovitz a signé son premier thriller surnaturel et aussi son premier film américain.Et ce n'est pas un hasard s'il fait dans ce genre-là, il raffole des monstres depuis qu'il est tout petit, comme il l'a raconté au magazine Ciné Live.« Mon enfance n'a été nourrie que de films d'horreur, de monstres, de science-fiction.La Colline a des yeux, La Dernière Maison sur la gauche, Les Griffes de la nuit, tous les Wes Craven m'ont terrorisé et ont fait mon cinéma quand j'étais gamin.Quand j'avais 12 ans, mon père m'a fait découvrir Les Dents de la mer.À la fin, il m'a dit : Maintenant, revois-le et essaie de comprendre pourquoi ça fait peur ! Je l'ai revu et je me suis aperçu qu'on ne voyait jamais le requin, ou seulement sur trois plans.Que c'était la musique, le requin.Mon père m'a dit que c'était Spielberg le réalisateur, celui qui avait fait Duel.Et il m'a montré Duel.J'étais scotché.« Pour me faire réformer, une semaine avant de faire mes trois jours au service militaire, j'ai passé mes nuits à ne pas dormir et mes journées à boire du café et à prendre des cachets de je ne sais pas quoi.Je voulais être complètement déglingué quand arriverait le moment d'aller faire les trois jours.Pour rester éveillé, je regardais beaucoup de films.C'était en 1985.Brazil venait de sortir.Je suis donc allé le voir dans un état de fatigue assez poussé.La fin du film est très choquante.Tu crois que tout va bien, mais boum ! le film revient à la réalité et la façon dont c'est réalisé m'a cloué sur mon siège.Je suis sorti du cinéma, je suis remonté sur ma mobylette et, au bout de 10 minutes, je me suis rendu compte que je ne pouvais plus détacher les mains de la mobylette.J'étais en train de faire une crise de tétanie.Je suis allé à l'hôpital directement, mort de trouille.On m'a fait respirer du gaz carbonique dans un sac en plastique.Après, j'allais mieux.On m'a expliqué que j'avais dû avoir un choc psychologique qui, associé à la fatigue, avait créé cette tension nerveuse.Quand j'étais juré à Cannes, la première chose que j'ai dite à Terry Gilliam, qui faisait aussi partie du jury, c'est : Tu es le premier metteur en scène qui m'a rendu physiquement malade.Il était supercontent.» Mathieu Kassovitz ZOOM Coup de pouce à l'estime de soi Jamie Lee Curtis a un bon mot pour les femmes qui ne sont pas à l'aise dans leur peau.« J'ai fait des photos pour la promotion de mon livre sur l'estime de soi.Or, je me suis rendu compte que j'avais du mal à m'accepter physiquement car, avec l'âge, mon corps a changé, a-t-elle confié à Paris Match.J'ai pensé que je pouvais faire la promotion de mon livre en avouant mon propre combat et en montrant mon corps grassouillet.J'ai du sang juifhongrois et je ressemble aujourd'hui à ma grand-mère, Helen Schwartz, la mère de Tony Curtis.Avec ces photos, je voulais dire aux femmes : Vous êtes complexée parce que vous n'avez plus le corps de vos 20 ans ?Eh bien, moi aussi ! et qu'elles puissent penser : Elle est comme nous !.Je n'ai ni entraîneur, ni chef cuisinier pour me préparer des plats pauvres en calories.C'est moi qui fais la cuisine.Je n'ai pas le temps de faire du sport, mes journées sont très remplies, j'ai des enfants.Les autres femmes ont, elles aussi, une vie normale.Et tout ce qu'elles voient, ce sont des photos d'actrices qui passent quatre heures par jour dans une salle de gym ! » Modeste Sharon.Dès qu'elle les avait portés une seule fois, Sharon Stone avait coutume de faire don de ses vêtements à une oeuvre de charité.Plus maintenant.« J'ai atteint l'âge où je peux porter plusieurs fois la même chose sans que personne ne s'en aperçoive », a commenté l'actrice de 45 ans.Une journée bien ordinaire À quoi ressemble une journée ordinaire de Tom Cruise?«Tout dépend du planning de mes deux enfants et de leurs emplois du temps !, a-t-il répondu au magazine Ciné Live.J'ajuste mon programme en fonction du leur.Dès qu'ils sont réveillés, je suis debout moi aussi.Quand je tourne, ils viennent avec moi.Mon temps libre, je l'occupe à faire de la moto, de l'escalade en montagne, du VTT, à piloter, pratiquer l'acrobatie aérienne et le parachutisme.Je ne suis pas du genre à aller me faire dorer au soleil sur une plage.Ce serait pour moi le comble de l'ennui.Tout le contraire de la détente en ce qui me concerne.E x p r e s s Une femme de 22 ans retrouvée dans un terrain vague, le corps torturé puis sectionné en deux.Nous sommes en 1947.Deux policiers de Los Angeles vont faire de cette énigme, tirée du Dahlia noir de James Ellroy, leur obsession, dévorante et désespérée.Un vertige du polar noir que David Fincher a fini par lâcher.Aujourd'hui, c'est Brian De Palma qui compte s'y plonger.Marlon Brando, qui pesait plus de 300 livres, a perdu 85 livres au cours des derniers mois en mangeant moins gras, en réduisant un peu les portions, et rendu au dessert, au lieu de tomber dans les gâteaux et la crème glacée, il mange une pomme.C'est en tant que père et fille que Claude Rich et Sandrine Bonnaire s'avancent sur les chemins de la vérité.Accompagnés de Darry Cowl, les deux acteurs servent ici Le Cou de la girafe.Leur périple sera initié par Mathilde, la fillette de 9 ans d'Hélène (Bonnaire), lorsque l'enfant demande à son grand-père (Rich), de retrouver sa mamie, disparue depuis 30 ans.People, Ciné Live, Star, Vanity Fair Gérard Depardieu « Je suis tout le contraire de mon image.Je suis un romantique, à la limite de l'angélisme.Je regarde tout avec amour et passion, j'éprouve très peu de haine, même face à des cons.Et je ne m'aime pas.Je n'aime pas mon physique, ni mon visage, ni mon corps, ni mes mains, ni mes pieds.Je n'aime rien ! Et très surpris qu'on puisse aimer quelque chose de moi.Je suis le contraire d'un acteur.Je ne crois pas à ma séduction.Il faut être idiot pour s'affirmer conquérant.Paris Match Jamie Lee Curtis THÉRÈSE PARISIEN COLLABORATION SPÉCIALE 17H a 5 SUR 5 Où aboutissent les lettres et colis que les postiers ne réussissent pas à distribuer ?Pourquoi n'y a-t-il pas plus d'argent investi dans les soins à domicile ?Où en est l'affaire Martha Stewart ?Bernard Derome donne les réponses.18H30 r COMICOGRAPHIE « SPÉCIAL COUPLES » Lise Dion, Patrick Huard, Claudine Mercier, Anthony Kavanagh, Ding&Dong et Martin Matte se demandent bien ce qui pousse les hommes et les femmes à vivre ensemble.19H K CINÉMA-PROGRAMME DOUBLE Une soirée Angelina Jolie.Dans Lara Croft\u2014Tomb Raider, la belle incarne une experte en arts martiaux et dans Le Désosseur (21h), elle fait équipe avec Denzel Washington pour retrouver un tueur.19H30 TV5 PORTRAIT DE FAMILLE Martine Doucet rencontre Pascale Bussières et ses deux fils dans leur maison de campagne.Tout mignon.19H30 r STAR ACADÉMIE C'est parti mon kiki! Présentation des recrues de Star Académie 2004 qui nous aideront à passer l'hiver.Vingt finalistes monteront sur scène; 14 d'entre eux seront choisis en direct.Et c'est rien qu'un début! 19H30 a LES BEAUX DIMANCHES \u2014 CLAUDE RYAN, UN HOMME ENGAGÉ Un excellent documentaire sur un homme qui a exercé une influence déterminante au Québec, mais aussi un survol fascinant d'un demi-siècle de notre histoire politique et sociale.Claude Ryan se livre franchement et certains témoignages sont marqués de révélations étonnantes.Le Téléjournal Découverte / La grippe aviaire; le pont de Millau Les Beaux Dimanches / Claude Ryan, un homme engagé Le Téléjournal Conversation Le Garage DES ANGES ET DES.(4) Le TVA 18 heures Comicographie \"Spécial Couples\" Star Académie 2004 Céline Dion:1 Fille & 4 Types Le TVA / Loteries Familles.(23:27) Cultivé et bien élevé La Poudre d'escampette Les Grands Documentaires - Nature / Fifi, la chimpanzé Boston Public COSMOS (5) avec David La Haye, Audrey Benoît VOYAGES (3) avec Shulamit Adar (22:46) 101 misères de stars LARA CROFT - TOMRAIDER: LE FILM (5) avec Angelina Jolie, Iain Glen LE DÉSOSSEUR (4) avec Denzel Washington, Angelina Jolie Le Grand Journal News Assignment SHREK (3) Film d'animation Law& Order: Criminal Intent The Eleventh Hour CTV News News News MAX KEEBE'S BIG MOVE (5) avec Alex D.Linz, Larry Miller East Coast Music Awards Sunday Report Venture East Coast Music Awards ABC News Homeowner America's Home Videos Extreme Makeover Alias The Practice Beautiful.Pub .(15:00) News 60 Minutes Cold Case IT MUST BE LOVE avec Ted Danson, Mary Steenburgen News .Raymond News NBC News SHREK (3) Film d'animation American Dreams Law& Order: Criminal Intent .Machine Outdoor.Wildlife Trailside Naturescene Nature / Real Macaw Masterpiece Theatre THE GIN GAME (4) avec Dick Van Dyke American.(16:30) André Rieu / La vie est belle André Rieu: Live in Dublin André Rieu at the Royal Albert Hall BBC News Wall Street .(17:30) Makeover.Crossing Jordan Love, Hollywood Style Cleavage LE SECRET DE.(17:00) Orgueil et Préjugés NELLY ET MONSIEUR ARNAUD (3) avec Emmanuelle Béart L'Actors./ Roseanne Barr Silence, on court! Passions of Howard Hughes Arts&Minds Shaping Art Heroines CASINO (3) avec Robert De Niro, Joe Pesci Québec en humour Docu-D / La Vie secrète des geishas Sans détour Urgence Venin Les Ultimes / L'Ultime Train Psychologie de la famille Enseigner.Santé mentale, vieillissement UQAR.Bilan.Technologie.La Formation.Le Monde.Activités physiques.Dino-Nite! / Chased by Dinosaurs - Africa's Dinosaurs Dinosaur Planet /White Tip's Tail - Alpha's Egg - Pod's Travels Vidéo Guide Airport .plongée .le spa Maeva Guide Debeur Bain de soleil Reiselust Pilot Guides Hoze Houndz (18:20) .(19:10) King (19:35) Disney's I Shrunk the Kids A PYROMANIAC'S LOVE STORY (5) .(22:35) WESTWORLD (4) (22:52) Everwood King of the Hill Oliver Beene The Simpsons Bernie Mac Malcolm in the Middle Arrested.Charmed The Surreal Life Global News Global Sunday Bob &.Half Men .Raymond The Shield Global News Global Sports Trouvailles &Trésors Made in Québec Série noire / St-Basile JAG DOCTEUR JIVAGO (2) avec Omar Sharif, Julie Christie The World in Art / 1776 Warships / Aircraft Carriers Crown and Country BUGSY (4) avec Warren Beatty, Annette Bening Crisis Zone Fashion File Matchmaker Girlstuff.Trading.Girlz TV Crisis Zone Skin Deep Birth Stories Popop Bruno Une diva.Nostalgia / Paul Simon Musicographie / J.-P.Ferland Week-end de stars / Barbra Streisand - Timeless Musicographie / J.-P.Ferland Bécosse.the Pops Plus sur commande Concert Plus / Dido Live.Babu à planche Karaoclip Dollaraclip Vidéo Clips Music Box 60 Minutes In Montreal .arménien La Caravane .Vietnam The Practice Teleritmo BBC News CBC News Homeless: Live on the Street Sunday Report Venture The Passionate Eye / Return to Kandahar Hemispheres Second Regard Le Téléjournal Le Journal La Part.Zone libre / .des armes à feux Le Téléjournal Le Point 5/5 Le Journal La Part.forestier Sports 30 Golf PGA / Invitation Buick - dernière ronde Sports 30 Golf / Championnat Longue Distance Largo Winch Saint-Tropez, sous le soleil Brigade spéciale L'Oeil du crime Hommes en quarantaine Les Experts Prime Suspect NORTH OF SIXTY: DREAM STORM avec Tina Keeper Trailer Park Boys TenaciousD Is Harry on the Boat?Relic Hunter V Star Trek: Enterprise WESTWORLD (4) avec Richard Benjamin, Yul Brynner THE 13TH WARRIOR (5) Sportsnetnews NBA XL NBA Warmup NBA Basketball / NBA All-Star Game Sportsnetnews Grand Galop .Palmarès Panorama Yparaît que.Les Étrusques: un voyage.LA KERMESSE HÉROÏQUE (2) avec Françoise Rosay, Jean Murat Rythmes du monde For Better or for Worse (17:00) Trading Spaces: Family David Blaine - Street Magic Rides /Westside Trading Spaces: Family Sportscentre Westminster Kennel Club Dog Show Sportscentre Boxing Moi Willy.le meilleur Silverwing Dilbert Bugs Bunny and Tweety Les Simpson Futurama South Park Downtown Les Simpson Futurama Le Génie.Soluble.Journal FR2 Portrait.Campus / Le Bien, le Mal, etc.L'Esprit.Le Journal Kiosque Bibliotheca Reach for.Class Act Renegadepress Vox ANOTHER LIFE avec David Jason, Bruce Alexander SECRETS OF THE DEAD (1/2) Diplomatic.Film 101 Les Doux Plaisirs Décore ta vie Métamorphose .secondes 2e Peau Une chance qu'on s'aime Pour un flirt à New York! Éros et Compagnie .(17:30) Jouez.À l'heure de Montréal Parole et Vie Doc Lapointe Ma maison Célibataires:mode d'emploi Sur la colline Edgemont Loup-garou Smallville Dawson Degrassi.Montana Jacob Two.Mental Block YTV's Hit List Trading Spaces Girlz TV .Hunters Timeblazers 2030CE Breaker High Ready or not MutantX Cour à \"Scrap\" Robots Wars Métal hurlant Fastlane The Dead Zone CÂBLE PBS CTV TQS TQc TVA :RDS: :S+: :SHOW: :SPA: :SPN: :TFO: :TLC: :TSN: :TTF: :TV5: :TVO: :VIE: :VOX: :VRAK: :YTV: :Z: :BRAV: :CD: :CS: :DISC: :EV: :FOX: :GBL-Q: :A&E: :ARTV: :MTL: :HI: :HIST: :LIFE: :MMAX: :MP: :NW: :RDI: CBC h ABC D CBS b NBC g aq cj or yA EM zH VD VDO CANAUX VD VDO 18h00 18h30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 SRC CÂBLE PBS CTV TQS TQ TVA RC ARTS ET SPECTACLES ARTS VISUELS EN BREF Trois histoires anciennes Les femmes dans l'histoire de l'art canadien Elles sont 50.Elles sont toutes représentées dans les coffres du Musée d'art de Joliette.Et elles composent une manifestation, aux allures peut-être féministes, mais qui offre bien plus qu'un portrait de société.L'École des femmes (c'est le titre de l'exposition) survole l'histoire de l'art canadien du 20e siècle de manière originale.Il y a les incontournables, aujourd'hui consacrées (Ferron, Sullivan, Letendre, Goodwin), les oubliées, et pas juste aujourd'hui (Suzanne Duquet, Sylvia Daoust) et les encore fort actives (Dominique Blain, Clara Gutsche).Si l'organisation est disparate (on passe d'un courant, le modernisme, à une approche, l'intimité), le parcours souligne une évidence, pourtant souvent réfutée : la création féminine est touche-à-tout.Pas une école, mais des écoles.À Joliette donc, jusqu'au 22 février.Info : 450 756-0311.Jérôme Delgado collaboration spéciale JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE Béotie, Tanagra, Thèbes, amphore, lécythe, sarcophage: le vocabulaire mis en valeur au Musée des beauxarts a soudainement pris un coup de vieux.De façon exponentielle : le pavillon Michal et Renata Horsntein, le plus ancien, abrite depuis quelques jours non pas un mais trois ensembles mettant à l'honneur surtout la Grèce antique.D'abord, le groupe qui fait événement, parce qu'il est temporaire et qu'il vient de Paris : Tanagra, le petit peuple d'argile (Tanagra, mythe et archéologie, dans la version du Louvre).Composée de quelque 180 objets, la plupart en argile et datant du 4e siècle avant notre ère, l'expo relève l'impact de figurines féminines sur la création artistique.Tant à leur époque qu'au 19e siècle, lors des premières fouilles.La présentation s'ouvre et se ferme d'ailleurs sur l'époque moderne, entre l'art honnête et admiratif du peintre et sculpteur Jean-Léon Gérôme et celui, osé, des faussaires.En moins de 10 ans (1872 à 1880), l'engouement a été tel que les Tanagras, statuettes baptisées ainsi en référence à la cité de la Béotie (centre-est de la Grèce) où elles ont été trouvées, sont devenues symbole de féminité et de séduction.Comme ce n'est pas une expo d'archéologie, il ne faut pas s'attendre à ce que tout soit expliqué.D'une approche davantage artistique, la mise en place montre rapidement le contexte dans lequel les Tanagras sont apparues.La deuxième salle, en préambule au véritable sujet, survole d'ailleurs confusément les périodes mycénienne, archaïque et classique.Drapée et la pose légèrement déhanchée, la Tanagra type est admirable par la minutie de ses détails (dans les plis des tissus) et par l'intemporalité de ses attributs (elle semble éternelle).Et bien qu'il y en ait un grand nombre, certaines plus grandes et plus colorées \u2014 La Dame en bleu et La Sophocléenne occupent le centre de la salle\u2014, d'autres personnages ont aussi été moulés : acteurs, vieillards, éphèbes, enfants et, même, une femme obèse.L'expo Tanagra est loin de manquer d'intérêt, mais étonnamment c'est le groupe venu de moins loin, des soussols de deux musées québécois pour ainsi dire, qui s'avère la belle surprise.En consacrant au premier étage de son bâtiment nord de nouveaux espaces permanents à l'Antiquité, le MBA mélange avec audace et goût deux collections de civilisations méditerranéennes, la sienne et la Diniacopoulos du Musée national des beaux-arts du Québec.Cette dernière apparaît enfin là où elle aurait dû être (dans un musée) depuis son acquisition, en 1967, pour 100 000 $, par le gouvernement québécois.Depuis, elle avait été conservée à l'Université Laval, accessible un certain temps aux chercheurs, mais jusqu'à tout récemment à l'abri des regards.Ce n'est qu'en 2002 que le musée du Québec, propriétaire par décret, aurait pris intérêt à la montrer.Méconnus du grand public, Vincent et Olga Diniacopoulos, aujourd'hui décédés, ont laissé tout un trésor à leur terre d'accueil.Les 72 vases, masques et objets en céramique (dont une trentaine est exposée) ne représentent qu'une petite partie de leur vaste collection, mais ils en sont la dernière trace, le reste ayant été dispersé en 1999 par un encan international.Prêtés à long terme au MBA, les objets exposés sont d'autant mieux mis en valeur qu'ils cohabiteront pour au moins 10 ans avec des pièces du musée montréalais.Des amphores et des lécythes en céramique (vases grecs), des marbres, une éclatante série de lampes en terre cuite, des flacons en verre, le tout dans une mise en scène à l'ancienne (cabinets vitrés et estrades), c'est un fascinant retour dans le temps.Parmi les gros morceaux, l'Apollon Chigi qui accueille le visiteur, preuve du poids actuel de l'art ancien au musée (il a été acheté en 2003).Ou la Statue d'homme, un bois datant de l'Égypte d'il y a 4000 ans, don de Cleveland Morgan, un des fondateurs de cette collection du MBA.Ou encore, l'immense Tapis de mosaïque, un autre prêt (du gouvernement syrien) et véritable bijou, exemple des premières églises chrétiennes dans l'est méditerranéen.TANAGRA, LE PETIT PEUPLE D'ARGILE, Musée des beaux-arts de Montréal, jusqu'au9mai.Ouvert du mardi au dimanche.Info : 514 285-2000 SPECTACLES G É N I ES EN HER B E # 1080 ghpanto@videotron.ca A- PHOBIES 1 De quoi a peur une personne qui souffre d'éreutophobie?2 Comment appelle-t-on celui ou celle qui a peur des endroits clos?3 Si vous vous sentez mal en assistant à un spectacle en plein air avec 100 000 autres personnes, de quelle phobie risquez- vous de souffrir?4 Si vous souffrez de xénophobie, de quoi avez-vous peur?5 Si vous éprouvez une peur excessive devant des animaux inoffensifs, de quelle phobie êtes-vous probablement atteint( e)?B- POLITIQUE INTERNATIONALE 1 En quelle année l'Algérie accède- t-elle à son indépendance de la France?2 Quel président américain de la seconde moitié du XXe siècle remporta le prix Nobel de la paix en 2002?3 Quel territoire portugais fut rétrocédé à la Chine en 1999?4 De quel pays David Ben Gourion a-t-il été le premier président en 1948?5 Quel pays africain a été soumis à un régime de terreur sous le président Idi Amin Dada de 1971 à 1979?Prix Nobel de la paix en 2002 D- JEUX 1 Au Monopoly, quel terrain a la plus grande valeur?2 Quel jeu consistant à jouer avec des lettres pour former des mots a été breveté par l'Américain James Butts en 1946?3 Dans quel jeu, très populaire auprès des jeunes filles, faut-il atteindre le ciel pour gagner?4 Quel est le nom du jeu de société dans lequel, en plus de répondre à des questions de culture générale, vous devez faire des dessins, des mimes et des sculptures avec de la pâte à modeler?5 Quel jeu de société consiste à trouver des mots, qui n'ont pas été trouvés par les autres joueurs, dans diverses catégories, commençant par une lettre définie au moyen d'un dé, et tout cela dans un temps très restreint?F- FESTIVALS 1 Dans quelle ville de la région de Lanaudière y a-t-il un festival annuel de la galette de sarrasin?2 Quelle société d'État québécoise commandite le festival des feux d'artifice à Montréal?3 Quel animal marin est la vedette d'un célèbre festival à Matane?4 Quelle ville de la Mauricie est le théâtre annuellement d'un festival western de renommée internationale?5 Dans le cadre de quel festival montréalais pouvez-vous visionner des projections cinématographiques en plein air sur l'esplanade de la Place des Arts?G- JEUX OLYMPIQUES 1 Dans quelle ville italienne auront lieu les prochains Jeux olympiques d'hiver en 2006?2 Quelle chanteuse canadienne a chanté le God Bless America lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux d'Atlanta en 1996?3 Quel chef d'État a refusé de serrer la main de l'athlète noir Jesse Owens lors des Jeux olympiques d'été en 1936?4 Quel coureur de marathon éthiopien, champion olympique en 1960 et 1964, courait les pieds nus?5 Combien de médailles d'or le Canada a-t-il remporté lors des Jeux olympiques de Montréal, établissant ainsi un record pour un pays hôte?Chef d'État C- ANAGRAMMES : ÉCRIVAIN(E)S 1 E I I S R T H C 2 A A E I N M T R L 3 A E R M L T Y B 4 E I O N T L K 5 I O N L G R W H- IDENTIFICATION PAR INDICES 1 Comédien et homme de théâtre né en 1909 à Saint-Tite, en Mauricie.2 Il déménage à Montréal où il fait son entrée à la radio en 1934 dans le Curé de village.3 Surnommé «Monsieur Virgule», il est l'auteur de la pièce Tit- Coq.4 Sa renommée lui vient majoritairement de l'invention de son personnage Fridolin.Surnommé « Monsieur Virgule » GEN15FR SOLUTION DANS LE CAHIER DES PETITES ANNONCES E- LES SIMPSONS 1 Quel est l'âge perpétuel de Bart Simpson?2 Quelle profession Edna Krabappel exerce-t-elle?3 Quel personnage des Simpsons est le fils d'un rabbin?4 Qui sont Patty et Selma?5 De quel instrument de musique Lisa joue-t-elle?CINÉMAS INDÉPENDANTS ARBRES précédé de L'ENFANT PARLE ARBRE Parallèle: 15h30, 19h15.CASABLANCA Cinéma du Parc (2): 14h45.CÔTELETTES (LES) Cinéma Beaubien: 21h.Ex-Centris: 15h, 19h.DANS L'OEIL DU CHAT Cinéma Beaubien: 13h15, 15h15, 17h15, 19h15, 21h15.JEAN-PIERRE RONFART: SUJET EXPÉRIMENTAL Parallèle: 17h, 20h30.LE CHIEN, LE GÉNÉRAL ET LES OISEAUX Cinéma Beaubien: 12h15, 17h, 19h.ENFANT QUI VOULAIT ÊTRE UN OURS (L') Ex-Centris: 11h.MADAME BROUETTE Cinéma Beaubien: 15h.Ex-Centris: 15h15, 17h30, 19h30, 21h35.MILLE MOIS Cinéma Parallèle: 21h15.MONSTER Cinéma du Parc (1): 15h, 17h10, 19h20, 21h30.ROGER TOUPIN, ÉPICIER VARIÉTÉ Parallèle: 13h, 21h35.TRIPLETTES DE BELLEVILLE (LES) Cinéma Beaubien: 12h30, 14h15, 16h, 17h45, 19h30, 21h30.Ex-Centris (salle Fellini): 13h30, 17h30, 21h30.DANSE PLACE DES ARTS (Théâtre Maisonneuve) Amelia, par La La La Human Steps: 20h.MUSIQUE SALLE WILFRID-PELLETIER DE LA PLACE DES ARTS Orchestre Symphonique de Montréal.Dir.Jo Ann Falletta.Marc-André Hamelin, pianiste: 14h30.SALLE PIERRE-MERCURE Troubadours Art Ensemble.Flamenca et les troubadours: 20h.ÉGLISE DES SAINTS-ANGES (Lachine) Chorale Cantabile et orchestre: 15h.21h Cosmos Six histoires.Six réalisateurs.Un chauffeur de taxi partage des parcelles d'existence avec ses clients.Avec David La Haye, Élise Guilbault, Alexis Martin, France Castel.Hep! taxi.Ce soir.Télé-Québec, ça change de la télé De la bonne chère! 17 h À la di Stasio Champvallon à la viande de cerf, une embeurrée de choux au magret de canard au foie gras.3161706A ARTS ET SPECTACLES Opéra sans musique CLAUDE GINGRAS CRITIQUE Réalisation conjointe des élèves de chant et d'art dramatique du Conservatoire, pour les 60 ans de la maison, Hermione et le Temps est appelé « opéra » dans le programme.Il s'agit plutôt d'une pièce de théâtre assortie d'un peu de musique de scène, en fait l'adaptation française, de Normand Chaurette, du Winter's Tale de Shakespeare.Un roi, fou de jalousie, accuse faussement son épouse Hermione d'adultère.Simple en apparence, ce thème donne lieu à un scénario très complexe étiré sur deux heures, sans entracte, et d'autant plus difficile à suivre que chacun des rôles principaux est tenu par deux interprètes, un acteur et un chanteur, et que tous les participants, une vingtaine en tout, se confondent sous des costumes et maquillages si extravagants qu'on ne sait plus toujours qui est qui.J'envie ceux qui ont absolument tout compris.Je n'ai pas cette intelligence.Mais j'ai admiré la réalisation visuelle, jusqu'au genre Hells Angels-Michael Jackson-squeegeesoft porn adopté ici, et j'ai vibré au jeu des acteurs.Christian Baril en roi et Évelyne Brochu, l'amazone qui se porte à la défense de l'accusée et tient tête au roi, ont une électrisante présence et projettent le texte parlé comme de vrais professionnels.Hélas ! la musique glissée ici et là dans le déroulement dramatique est très inférieure à celui-ci.Dans la fosse, le petit ensemble instrumental fait bien le peu qu'il a à faire, mais ce qui est chanté ( ?) sur scène est d'une consternante indigence (sous- Stravinsky, sous-Poulenc, etc.) et livré par des voix médiocres.Il y a même là un numéro choral où, comme si la chose était voulue, on ne comprend pas un traître mot.Il est manifeste que Denis Gougeon n'a pas mis le temps voulu à cet « opéra » qui n'en est d'ailleurs pas un.Mais pour le théâtre et le visuel, c'est presque 10 sur 10.HERMIONE ET LE TEMPS, livret de Normand Chaurette d'après The Winter's Tale de Shakespeare, musique de Denis Gougeon (2003) (création).Production : Conservatoire de Musique et d'Art dramatique de Montréal.Mise en scène : Suzanne Lantagne.Ensemble instrumental, dir.Raffi Armenian.Théâtre d'Aujourd'hui (3900, Saint-Denis).Première vendredi soir.Autres représentations : auj., 16h, mar., mer., jeu., ven.et sam., 20 h.RÉÉDITIONS DANSE STÉPHANIE BRODY CRITIQUE COLLABORATION SPÉCIALE Lente et contemplative méditation sur la vie et la mort, The Life of Mandala, était présenté, jusqu'à hier à la salle Pierre-Mercure, par Tai-gu Tales Dance Theatre, une companie de danse contemporaine de Taiwan.Une oeuvre fort poétique de la chorégraphe Hsiu- Wei Lin, qui tient à la fois du surnaturel, du cérémonial et du primitivisme cru.L'oeuvre en quatre tableaux s'inspire des mandalas, ces dessins éphémères composés de sable de différentes couleurs qui appellent à la méditation.L'oeuvre se déploie très lentement, dans une pénombre quasi constante, léchée de lueurs chatoyantes.Les interprètes de la compagnie, formés dans la tradition de l'opéra chinois pour les hommes et à la danse classique et moderne pour les femmes, sont d'une force et d'une solidité incroyables (même si leur jeu relève parfois d'un expressionnisme quelque peu surrané).Cela dit, malgré cette densité physique, leur présence se fait aisément évanescente, ce qui ajoute à la transparence de l'oeuvre.Le premier tableau baigne dans la lueur incertaine d'une flamme vacillante.Là, des êtres sans visage, emmaillotés dans un tissu écru, errent comme des âmes au purgatoire.Ils se tordent lentement ou tentent de s'extirper violemment par des brusques sauts spectaculaires.Déjà ici, Lin oppose de magnifiques jeux de lignes à des poses de groupe où les corps s'entremêlent pour former des motifs complexes, un procédé intéressant dont elle se servira avec parcimonie tout au long de l'oeuvre.Dans le deuxième tableau, les corps se libèrent et se dénudent, s'ouvrant à un monde de désirs, d'abord de manière très digne, puis dans une bestialité charnelle qui explose en combats agressifs.Dommage que la chorégraphe verse ici carrément dans le caricatural : combats de territoire, femmes déchaînées que les hommes empoignent par la chevelure, homme qui tourne en rond imitant le lion en cage.Le troisième tableau, très noir, rappelle les pleureuses grecques.Ici, l'oeuvre s'étire en longueur, surtout pour un public occidental, rongé par les troubles de l'attention.Mais le dernier tableau triomphal s'ouvre sur la lumière et l'espoir.Au son psalmodiant des chants bouddhiques, les danseurs virevoltent tout en faisant tournoyer et papillonner les longues manches de leurs immenses costumes rosés.Dans The Life of Mandala, Lin et ses danseurs, mais aussi le concepteur d'éclairages Choo-Yean Wong et le scénographe Ho-Chin Chang, offrent à notre regard une série d'images intenses et graves dans lesquelles ils ont su intégrer avec subtilité quelque chose d'étrangement lumineux et translucide.Au Bataclan, avec le Velvet Underground Méditation translucide JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE jlaurenc@lapresse.ca Ignoré de son vivant, vénéré depuis sa mort, le Velvet Underground continue de hanter l'histoire du rock.Si tout a été dit sur l'influence MAJEURE de ce groupe sixties new-yorkais, il semble qu'il y avait encore de quoi racler les fonds de tiroirs.OK, Bataclan 72 n'est pas exactement un album du Velvet.Mais pour les fans, c'est tout comme.À l'hiver 1972, le Velvet Underground est bel et bien mort.Tel un rat quittant le navire, Lou Reed a laissé le groupe deux ans plus tôt.Après avoir travaillé comme dactylo chez son père, il se lance difficilement dans une carrière solo.Son premier album a été un échec et le disque Transformer \u2014 qui le relancera éventuellement\u2014 n'est encore qu'au stade de projet.En cet humide mois de janvier donc, le petit teigneux du Bronx se trouve en Europe en même temps que deux anciens membres du Velvet, l'intellectuel gallois John Cale et l'Allemande Nico, grande prêtresse gothique.Le premier vit en Angleterre et la seconde en France.Occasion unique de les réunir, le temps d'un improbable concert au Bataclan de Paris.Filmé, le spectacle doit être au centre d'un documentaire sur la défunte formation.Événement?Sans aucun doute.Concert mémorable?Moins sûr.Quatre ans plus tôt, ces trois egos monstrueux étaient à couteaux tirés.Nico a été mise à la porte du Velvet.Puis à son tour John Cale, pour des raisons de divergence artistique.Visiblement, les plaies ne sont pas encore refermées.Sur scène, l'interaction semble nulle.Chacun y va de sa demi-douzaine de chansons, appuyé sans enthousiasme par les autres.Entre deux pièces de leurs albums solo respectifs, les trois chanteurs reprennent quelques classiques du Velvet : Waiting for the Man, Heroïn, Femme Fatale, I'll Be your Mirror, All Tomorrows Parties, le tout interprété sans passion, avec l'air hagard d'héroïnomanes sur un down, ce qu'ils étaient sans doute \u2014au moins deux d'entre eux ! Loin de l'électricité dévastatrice du Velvet, le traitement musical est acoustique et minimaliste.Guitare sèche (désaccordée), piano, violon alto dissonant, harmonium dépressif, voix approximatives.Pendant les silences (mortels), on pourrait entendre une mouche voler, ou plutôt une chaise craquer.Plus près de l'album pirate que du live officiel, l'enregistrement vient avec ses défauts: bruits de fonds, toussements, craquements, coups sur les micros, retours de son involontaires.Quant aux applaudissements, ils sont sauvagement coupés entre les morceaux, signe que cette captation n'était pas, mais alors pas du tout destinée à devenir un disque.Ironiquement, c'est aussi ce qui fait tout son charme.L'impression d'y être en personne, pour le meilleur et le moins bon.Reste que ce concert ambiant a tout d'une rencontre entre trois solitudes.Trois artistes à la croisée des chemins, qui ne filaient pas leur meilleur coton à l'époque, surnageant entre dope, désillusion et reconstruction.Ce qui n'enlève rien à la valeur historique de Bataclan 72, en soit une raison suffisante pour justifier cette réédition.For fans only.FFF BATACLAN 72 Lou Reed, John Cale&Nico (Alchemy Entertainment/Fusion III) Un jam de Bruce Palmer Mythique groupe de l'ère hippie, The Buffalo Springfield est connu pour avoir mis au monde Neil Young, Stephen Stills et Richie Furay (Poco).On sait moins, en revanche, que leur discret bassiste Bruce Palmer grava cet inclassable microsillon instrumental au début des années 70.Enregistré avec des membres du groupe Kaleïdoscope (autre formation californienne du temps), The Cycle is Complete est une sorte de long jam folk-jazz-world-psychédélique mené par une gang de « poteux » talentueux, « trippeux» de musique moyen-orientale.Atmosphérique, accoustique, exploratoire, le résultat préfigure à sa façon la musique du groupe world-jazz Oregon.Pour ce qui est de la valeur commerciale, on repassera.Dépité par l'échec commercial de son disque, désavoué par sa maison de disques (MGM), Palmer prendra sa retraite du showbiz, avant de refaire surface aux côtés de Neil Young au début des années 80.FFF THE CYCLE IS COMPLETE Bruce Palmer (Collector's Choice Music) RééditionCDdisponible par Internet: www.collectorschoicemusic.com.La dame chante le blues WATSON suite de la page 1 Pendant ses études, la chanteuse monte des petits groupes de rock, tendance Jimi Hendrix, qui jouent dans les bars de Morin Heights.« Un de mes groupes s'appelait Two Third Scotch, un nom qui en disait long sur nos priorités du moment : faire un peu de musique, fumer des cigarettes et boire beaucoup de scotch.» Les nuits de scotch enchantaient Dawn, comme dans la chanson de Luce Dufault, mais on ne peut pas dire qu'elles l'aidaient à devenir une meilleure chanteuse ni une femme ambitieuse et organisée.Un jour de rare sobriété, elle comprend que si elle poursuit dans cette voie, elle n'ira nulle part et n'arrivera à rien.En 1994, elle tire un trait définitif sur le scotch et la cigarette, mais pas sur la musique.« Je peux dire que c'est à ce moment- là que ma carrière a vraiment débuté.J'ai renoncé à tout un pan de ma vie qui n'était pas réel et qui m'empêchait de vraiment ressentir la joie et le plaisir que l'on a quand on fait un métier que l'on aime.» Presque en même temps, elle se met en ménage avec un policier de la CUM, plus âgé qu'elle.Au bout de quelques années, les deux s'installent sur une ferme, à Montebello, et, à l'ombre d'une maison de rêve, ils élèvent des vaches importées de France.Ils ont toujours un pied-à-terre à Montréal, mais ils passent le plus clair de leur temps à la campagne.« C'était une vie de rêve, raconte Dawn.Le seul ennui, c'est que le rêve que je vivais était celui de Guy, pas le mien.Je continuais à chanter dans les bars, à faire des tournées avec la bénédiction de Guy, mais il y avait quelque chose qui ne marchait pas.Je vivais comme une artiste établie alors que dans les faits, je n'avais encore rien accompli.Plus le temps passait et plus le besoin de prouver aux autres et à moi-même ce dont j'étais capable grandissait en moi.» En 2000, au prix de mille déchirements et de remises en cause, elle décide de revenir à Montréal et de voler de ses propres ailes.Elle se met à écrire ses propres chansons et enregistre un premier disque, Ten Dollar Dress, qui lui vaudra une nouvelle reconnaissance dans le petit milieu du blues canadien.Elle entreprend par la même occasion une carrière parallèle de bénévole auprès des jeunes en difficulté et auprès des aînés, pour lesquels elle chante à l'occasion dans les foyers d'accueil.« Je ne cache pas que j'ai eu une vie mouvementée.J'ai traversé de grands moments de doute et de noirceur, mais quand je me retrouve avec une bande de jeunes qui ont des problèmes, j'ai l'impression que je n'ai pas traversé tout cela pour rien.Aider les autres m'a fait énormément de bien et surtout m'a aidée à mieux vivre.» Curly Brown, c'est elle Le film de Gilles Noël est arrivé à point nommé dans son parcours.Sur le coup, pourtant, Dawn a été un peu prise de panique à l'idée d'incarner un personnage alors qu'elle n'est pas une actrice professionnelle et que ses brefs cours d'art dramatique remontent aux calendes grecques.Mais le réalisateur a insisté: c'est elle qu'il voyait dans le personnage de Curly Brown.Elle.Personne d'autre.Pas très branchée sur la culture québécoise, elle ne savait rien de Roy Dupuis, sinon qu'il avait joué dans Nikita, une série américaine qu'elle regardait à l'occasion.« Quand j'ai tapé son nom sur Internet et que j'ai vu ces milliers d'inscriptions à son nom, une partie de moi fut littéralement terrorisée, et une autre, complètement enchantée d'avoir l'honneur et le privilège de jouer à ses côtés.» Au bout du compte, elle est sortie de l'expérience comblée, même si elle aurait souhaité chanter davantage et surtout chanter des grands classiques du blues et du jazz dont les droits étaient malheureusement trop chers à acquérir.À une semaine de la sortie du film, Dawn continue sa vie de chanteuse comme si de rien n'était.Ce soir encore, on peut la retrouver sur la scène du Biddle's, qui a changé de nom mais pas d'adresse, et que tout le monde continue d'appeler Biddle's de toute façon, avec le DTW Jazz Quartet.Au printemps, elle fera une tournée en France, un pays auquel elle voue une affection particulière et où elle compte un nombre grandissant d'inconditionnels.Ce sera peut-être le cas un jour à Montréal.En attendant, si vous la rencontrez dans la rue, de grâce, n'écorchez pas trop son nom.« Je ne cache pas que j'ai eu une vie mouvementée.J'ai traversé de grands moments de doute et de noirceur.» LES PETITES ANNONCES pour s e ulement 32,04 $ pour 3 lignes 2,67 $ par ligne additionnelle par jour taxes en sus 4jours cons é cuti fs Pour cette offre spéciale, aucun changement ne peut être apporté au texte original en cours de publication.On peut annuler après la première parution, cependant la facturation s'établira obligatoirement pour le nombre de jours de parution demandé lors de la réservation.Payables avant publication.ANIMAUX 987-VENDU sans frais 1 866 987-VENDU (8363) 3206281A DERNIER FILM Les Pirates des Caraïbes, avec Johnny Depp.DERNIER LIVRE Harry Potter 3.DERNIER SPECTACLE La comédie musicale Annie (au Théâtre du parc La Fontaine), dans laquelle sa filleule, Saskia Rose Gaucher, tenait un rôle.UN AIR EN TÊTE Amazing Grace.UNE OEUVRE CHOC Tous les tableaux du Louvre dans le couloir qui mène à la Mona Lisa.DES ARTISTES INSPIRANTS Aretha Franklin, Ella Fitzgerald et Billie Holiday.PERSONNAGE DE FICTION AUQUEL ELLE S'IDENTIFIE Trinity, dans The Matrix, et Doby, l'elfe dans Harry Potter. Venez discuter du livre du mois\u2026 Tout ce que vous ne devriez jamais savoir sur la sexualité de vos enfants, du pédopsychiatre Marcel Rufo.Jean Fugère anime un débat avec ses invités : Denise Bombardier, le pédiatre Jean-François Chicoine et Jocelyne Robert (sexologue et pédagogue).Le dimanche 22 février, chez Renaud-Bray, succursale Champigny, 4380, rue St-Denis.Métro Mont-Royal, de 15 h 30 à 17 h.C'est un rendez-vous, dimanche prochain.3206709A .LECTURES Exceptionnel / Excellent FFFF / Bon FFF / Passable FF / À éviter NOS LECTEURS DU MOIS SOPHIE FAUCHER ET JEAN-FRANÇOIS MARTIN PAGE 0 LA GÉNÉRATION CHANTAL GUY COLLABORATION SPÉCIALE téphane Dompierre a passé 15 ans de savieàpromener ses démos de compagnie de disques en compagnie de disques, sans succès.C'est finalement unmanuscrit qui lui a ouvert toutes grandes les portes: son premier roman, Un petit pas pour l'homme, a spontanément séduit la maison d'édition Québec-Amérique.«J'ai vraiment l'impression d'avoir gagné un concours, lance celui qui travaille pour l'instant «dans un bureau».Je me sens comme si j'avais deux vies, comme Clark Kent et Superman!» La surprise est sûrement de taille quand on a bûché si longtemps pour se tailler une place dans l'industrie musicale.Musicien de formation, Stéphane Dompierre a fait partie de plusieurs groupes aux noms très changeants \u2014 notamment Marie-Madeleine qui s'est rendu en finale de l'Empire des Futures Stars\u2014sans vraiment parvenir à percer.Mais c'est pendant ces années de galère qu'il s'est initié à l'écriture de chansons, tout en conservant précieusement ses pages inutilisées qui lui ont servi, au bout du compte, à écrire Un petit pas pour l'homme.Un livre né de la crise existentielle inévitable à ceux qui voient approcher la trentaine et qui se résume à ceci : Que vais-je faire de ma vie?Une question fondamentale qui résonnera dans les oreilles de toute personne possédant au moins «un meuble d'inspiration suédoise en bois pâle non verni», à qui est destiné ce roman «urbano-funkyscratchironico- technopop-rétrochic-chocpost- moderno-laouèrasseplateaumachin ».«J'ai ressorti mes cahiers après une rupture amoureuse, raconte l'auteur.On a toujours du temps après une rupture.Ça correspondait aussi dans ma vie à un entre-deux, parce que la musique, ça ne marchait pas.J'avais l'impression que ça n'allait pas me mener à grand chose, que j'avais donné tout ce que j'avais à donner.À20 ans, c'est un rêve que j'avais vraiment de monter dans un autobus avec ma gang et d'aller faire la tournée des bars à 50$ la soirée.Mais à 30 ans, c'est un idéal qui ne me ressemble plus.» \u203a Voir DOMPIERRE en page 8 Gardez-vous d'aimer un pervers Véronique Moraldi \u203a Psycho pop FFF1/2 PAGE 11 La Folle de Warshaw Danielle Phaneuf \u203a Roman FFF1/2 PAGE 8 Journal de Cabbagetown Juan Butler \u203a Roman FFF PAGE 10 Dictionnaire québécois instantané Melançon et Popovic FFF PAGE 8 PHOTO IHANOH DEMERS, LA PRESSE © Sur le Plateau, on ne lave plus son linge sale en famille.STÉPHANE DOMPIERRE LECTURES LITTERATURE QUEBECOISE Trois femmes, trois quetes desesperees du bonheur MARIE-CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPECIALE Une jeune mere qui cherche le salut dans les plus humbles taches menageres, une acheteuse compulsive qui cherche un sens a sa vie dans les soldes de chez Warshaw, et une journaliste roumaine qui cherche l'extase dans les bras d'un Chinois ; trois romans comme autant de quetes desesperees du bonheur avec un grand B.Vous devez etre heureuse est le recit d'une jeune femme, mere d'un petit garcon de 4 ans, mariee a un ingenieur qui passe le plus clair de son temps a l'etranger.Elle s'appelle Claire, elle a un jour nourri de grandes ambitions, elle aurait voulu jouer au theatre comme son pere, qui les a si mal aimees, elle et sa soeur.Mais voila, elle s'est mariee trois mois apres avoir rate son audition a l'Ecole nationale de theatre, elle a eu son petit garcon, a achete cette belle maison au bord d'une riviere.Aujourd'hui, elle passe ses journees a revasser, a faire des confitures ou des gateaux au chocolat, a balayer, jardiner, jouer ou inventer des histoires.Elle voudrait etre heureuse.Elle voudrait que son role de mere et de menagere la comble.Mais sa vie est triste a perir.Quand le destin d'un jeune pianiste beau et tenebreux croise le sien, cette fille qui porte ses blessures d'enfance comme des cicatrices sent son coeur chavirer.Elle n'est pas sans charme, cette femme portee vers le mysticisme, cette Bovary de banlieue nourrie de reve et de television, cette orpheline de mere qui a du, a 15 ans, devenir autonome.Mais il se passe si peu de choses dans sa vie, sa passion est si retenue, le rythme de son recit est si lent que l'on traverse avec peine les quelque 300 pages que compte son histoire.La jeune romanciere (qui a fait son memoire de maitrise sur Saint- Denys Garneau) multiplie les sentences un peu creuses ( oui, la pire des peurs est celle que l'on a de soi ; Au fond, tout ce qui est previsible est doux ; La fin de l'imaginaire est le debut du reel ) et parfois maladroites : Dans le monde segmente d'une mere et de son enfant, le temps se repose sur un palier avant de glisser vers un autre palier qui n'est, lui aussi, qu'un espace de transition .Elle s'attarde a decrire dans les moindres details les evenements les plus banals de la vie de son heroine : Je demande a Nicolas de m'aider : Viens ! On va essayer de retrouver les bas perdus .Je vide un panier en osier rempli de vetements propres : Voila, je te donne ton pyjama et des linges a vaisselle.Moi, je vais prendre le reste.Je plie des jeans, une veste orangee, des calecons et cinq chandails que j'empile.La pile s'effondre.Etc.Or il faut avoir un style magnifique pour que le recit du quotidien atteigne au sublime.Celui de Katerine Caron n'est pas (encore) a la hauteur de ses ambitions.La course aux aubaines Pour La Folle de Warshaw, de Danielle Phaneuf, la course aux aubaines est un fabuleux exutoire.Quand la Folle est triste, et elle est souvent triste, elle se precipite chez Warshaw.S'il y avait un benitier a l'entree, elle se signerait, elle s'agenouillerait pour remercier le fonctionnaire de l'Immigration qui a autorise ce Polonais a implanter son epicerie bazar a quelques rues de chez elle.Mais c'est un bonheur bien fugitif.Elle a beau etre folle, l'heroine du premier roman de Danielle Phaneuf n'est pas dingue.Cette naufragee de l'amour sait tres bien que son magasinage compulsif est une bouee de sauvetage.Au jour de l'An, elle prend donc une resolution : Faire un face-a-face avec le sens de sa vie avant le printemps.Elle se met en tete de trouver six raisons de vivre.Pas plus, pas moins.Avec le magasinage, elle en a deja deux.Il n'en manque que quatre.Ca ne devrait pas etre si difficile.Elle est a la fois tragique et formidablement drole, cette celibataire de 46 ans que son cordonnier courtise, cette archeologue de l'aubaine , minee par les bobos reels ou imaginaires, qui ne fait pas un pas sans son Ventolin, ses anxiolytiques et ses ouates dans les oreilles.Publiee aux Editions Marchand de feuilles, cette petite maison qui nous a reserve plusieurs belles surprises .dont les recueils de nouvelles de Suzanne Myre, Danielle Phaneuf a cree un personnage follement attachant.Le bonheur est dans le sexe C'est dans la sexualite que l'heroine du second roman de Felicia Mihali cherche un certain bonheur.Dans ses samedis passes avec Yang, ce jeune medecin chinois venu travailler en Roumanie (pays d'origine de l'auteure) apres avoir recu une bourse de recherche.Yang ne donnait aucun cours, aucune conference, aucun seminaire sans faire ensuite un compte rendu detaille de son travail.Et pour renforcer le supplice, ses superieurs voulaient que le texte soit redige en francais.Comme elle a le don des langues (a l'instar de Mihali, qui detient une licence en chinois et en neerlandais), la narratrice de Luc, le Chinois et moi passe donc ses samedis apres-midi a aider le docteur a traduire ses comptes rendus.En echange de quoi il lui cuisine de somptueux repas, lui masse les jambes et le dos avec de mysterieuses lotions, lui concocte d'odorantes potions et lui fait l'amour en silence, le regard ailleurs.L'auteure du Pays du fromage aurait pu faire de cette relation amoureuse l'unique sujet de son roman.Mais comme si elle n'avait pas cru cette histoire assez forte, elle lui en a accole une autre.Entre les chapitres decrivant les rencontres de la narratrice et de son medecin chinois, entre leurs visites a l'ambassade ou leur sejour dans l'Ermitage des anachoretes (l'un des meilleurs passages du roman), sont intercales d'autres chapitres nous decrivant de l'interieur le quotidien L'Evenement du jour, ou la narratrice (comme la romanciere l'a fait pendant sept ans) travaille comme chroniqueuse culturel en compagnie de Luc, son collegue et ami.Entre Luc et le Chinois, il n'y aura jamais aucun lien ni contact.Jamais leurs histoires ne se croiseront.Ce qui fait de ce roman que Mihali a d'abord ecrit en roumain, (qui a a l'epoque connu un tirage quasi confidentiel, dixit l'editeur Andre Vanasse, et qu'elle a reecrit en francais, comme Nancy Huston l'a fait avec Le Cantique des plaines), un bien etrange objet, un hybride fragile qui nous laisse avec la tenace impression qu'on a greffe de force deux histoires incompatibles.FF1.2 VOUS DEVEZ ETRE HEUREUSE Katerine Caron Boreal, 2004, 290 pages FFF1.2 LA FOLLE DE WARSHAW Danielle Phaneuf Editions Marchand de feuilles, 2004, 192 pages FF1.2 LUC, LE CHINOIS ET MOI Felicia Mihali XYZ, 2004, 191 pages LIVRES QUEBECOIS REGINALD MARTEL La premiere edition est parue en 2001.Elle s'intitulait Le Village quebecois d'aujourd'hui.Glossaire.C'etait un portrait de ce que les Quebecois parlaient et ecrivaient alors.Les usagers de la langue, qui en sont aussi les auteurs, ne niaisent pas avec la puck.Il fallait rafraichir cet essai.Une nouvelle edition parait donc, revue, corrigee et full upgradee .Les auteurs du Dictionnaire quebecois instantane, Benoit Melancon et Pierre Popovic, ont ajoute de nouveaux mots et expressions, en ont scrappe d'autres, ont modifie les definitions selon les usages nouveaux et renouvele les citations.Ils ont fait ce travail, si cela en est un, avec autant de legerete que possible et sans jouer les censeurs.Le resultat est rejouissant, a peine moins pour ceux qui ont lu la premiere version.Si nous ne le savions pas deja, le Dictionnaire quebecois instantane nous apprendrait que les mots ne servent pas seulement a dire les choses, mais aussi a ne pas les dire.Il en va ainsi pour ce qui concerne le discours neo-liberal, d'abord limite aux milieux economiques puis repris avec un zele touchant par les politiciens et les editorialistes.Prenons pour exemple le fameux contrat de performance .le virage ambulatoire ferait tout aussi bien l'affaire.L'expression suggere une gestion efficace des fonds publics, ce qui serait evidemment souhaitable en ces temps de commandites suspectes.MM.Melancon et Popovic, qui n'hesitent pas a precher pour leur paroisse, proposent une definition moins rose : Facon dont une institution ou une entreprise transforme ses employes en vassaux serviles hyperactifs et craintifs.(.) le gouvernement quebecois souhaite en faire usage pour s'arroger le droit de decider ce que les universites doivent enseigner ou non ; il s'ensuit que le contrat de performance abolit la liberte de penser et de creer.De tels epanchements d'humeur n'entravent pas le mouvement d'humour qui en regle generale anime les auteurs.Tout les inspire : la vie quotidienne, l'actualite politique, economique ou sociale, la publicite, le sport et la culture.Ils sont specialement attentifs aux glissements et extensions de sens, qu'ils decrivent avec une remarquable precision.C'est la dimension la plus exigeante de leur essai : creer des definitions pour des mots dont la signification n'a pas ete arretee encore par l'usage et le temps.Plusieurs disparaissent d'ailleurs aussi vite qu'ils sont apparus, ce qui leur vaut une place sous la rubrique Le cimetiere des mots .Il en serait ainsi de achalant, qui a ete flushe par gossant , de phat ( ?), de quetaine, de tripper et de twit.D'autres mots reviennent, moumoune par exemple, ce qui lui vaut le Perroquet du meilleur retour.D'autres enfin devraient etre flushes, tels incontournable, interpeller, opportunite ou problematique, parce que tout le monde les emploie et que pour etre tendance, il faut savoir se distinguer .Definitivement ! Peu normatif en apparence, le Dictionnaire l'est pourtant, par l'absurde.L'article dont en est un bon exemple : Pronom relatif typique des Francais de France.Lui preferer que, plus vif et plus precis.Le livre que j'ai photocopie deux pages.Le livre que j'ai de besoin.Le Dictionnaire des professeurs Melancon et Popovic a sa place dans la lexicographie quebecoise.Pour corriger les fautes qui nous viennent par ignorance ou contamination.Pour ne pas etre en retard d'une mode.Et surtout, pour rigoler un peu.Ce mot prend un sens plus tragique dans une chanson country injustement meconnue : Tu as flushe mon amour dans la toilette de ton coeur.FFF DICTIONNAIRE QUEBECOIS INSTANTANE Benoit Melancon Fides, 240 pages Un dictionnaire rejouissant La generation floue DOMPIERRE suite de la page 7 Tiens, ca nous fait penser a Daniel, le personnage principal de son roman.On peut lire en quatrieme de couverture de Un petit pas pour l'homme : A 20 ans, il n'y avait rien de plus cool que d'etre gerant d'une boutique de disques.A 30 ans, c'est autre chose.Daniel vient tout juste de larguer sa blonde et fantasme sur sa nouvelle liberte en transformant son studio trop cher du Plateau en baisodrome.Le probleme, c'est que cette liberte tant revee ne le comble pas autant qu'il l'esperait.Encore une autofiction sur la vie sans reperes des jeunes du Plateau Mont-Royal ?Oui et non.Si Stephane Dompierre ne s'identifie pas vraiment au personnage qu'il a cree, il en comprend l'univers, et c'est cette distance qui lui permet d'en rire, avec son look branche qui sied tres bien a l'environnement ou il a donne rendez-vous a La Presse, soit un cafe du Plateau ! J'aime ca caricaturer le Plateau Mont-Royal, parce que je fais partie de cette faune-la, moi aussi, concede-t-il, avant de regarder autour de lui avec un sourire.Je suis certain qu'ici, on peut trouver quelqu'un qui est en train d'ecrire son premier roman.On ne peut entrer dans un cafe du Plateau sans croiser un ecrivain en devenir.Je m'amuse avec ces cliches que les gens entretiennent et c'est pourquoi je voulais que le monde de Daniel soit cloisonne, qu'il n'ait pas une vision tres large de ce qui l'entoure.Un peu borne Il est vrai que pour une bonne partie du roman, Daniel ne voit pas bien plus loin que sa queue, comme son poisson rouge.Je voulais qu'il soit un peu borne, qu'il ne voie pas son passe ni son avenir, et que le lecteur l'observe comme s'il etait dans un bocal.Ce n'est pas pour rien qu'il habite un 1 et demi ! Dans le meme esprit, Daniel est en mode stationnaire sur le plan professionnel, aimant reluquer les disquaires-amazones du magasin ou il est gerant.Les principales references culturelles de sa vie, jusqu'a son fantasme d'enfance (Fifi Brindacier) lui viennent de la culture pop et de la mode.J'aurais pu decider de faire un personnage super intelligent et tres litteraire, qui aurait explique pourquoi la tele est nefaste, mais je ne voulais pas me mettre en valeur par le personnage, parce que je pense que c'est l'erreur des premiers romans.Je voulais que ce soit au lecteur de faire ses reflexions.L'ecrivain a tendance a vouloir montrer qu'il est lyrique, reflechi et pose.Mais mon personnage est volontairement un peu nono.On n'a pas l'impression qu'il vit difficilement sa rupture, alors que dans le fond, il est tout a l'envers, et c'est probablement d'une relation stable qu'il a besoin.Ce n'est pas parce qu'on rejette les valeurs pronees par ses parents qu'on se retrouve necessairement libre, surtout si l'on n'en a pas cree d'autres en retour, croit Stephane Dompierre.Il estime que ce flou est la principale caracteristique de sa generation et qu'il explique en grande partie pourquoi la rupture amoureuse est l'un des moteurs romanesques preferes des ecrivains d'aujourd'hui.Le mariage ne veut plus dire grand-chose et on change souvent d'emplois.Les relations, c'est un point d'attache, un pivot, un repere pour les gens.Des qu'on perd ce pivot, on devient tout croche.Je connais beaucoup de gens qui se sentent adultes principalement parce qu'ils ont suivi les traces de leurs parents.Boulot, maison, enfants.Je ne juge pas ce choix, car il est evident que ca represente un confort et une securite, mais c'est aussi ce dont beaucoup de gens ont peur, parce que ca signifie justement devenir adulte.La maculee conception La celebre phrase de Neil Armstrong qui donne son titre au roman fait reference a la maculee conception de Daniel dont les parents lui ont appris qu'elle s'est probablement produite sur le divan de tante Lucienne le jour ou l'Homme a mis le pied sur la Lune.Il s'avere que cette date est aussi celle de la naissance de Stephane Dompierre.Je pense que cette anecdote de la conquete de l'espace est vraiment symbolique, affirme-t-il.On a l'impression que c'etait des annees ou il se passait de grandes choses mais que presentement, on est un peu blase.On parle de Mars, mais ca ne suscite pas l'interet comme a cette epoque.Ce que vit mon personnage, c'est un petit pas pour l'homme mais pas de grand pas pour l'Humanite.Il se sent tourner en rond dans pas beaucoup d'espace, comme dans un bocal.Ajoutons que Daniel, de meme que ses copains, est aussi a l'etroit dans des relations dont il est prevu d'avance qu'elles excedent rarement les six ans, comme le demontre l'une des nombreuses theories, humoristiques et grincantes, inserees un peu partout dans le roman.Stephane Dompierre n'est pas pour autant un cynique de l'amour.J'y crois encore et je suis tres amoureux en ce moment, dit-il.C'est peut-etre lorsqu'on est mis devant ces theories froides qu'on se reveille et qu'on a envie de les contredire, de faire quelque chose.On ne veut pas que ca nous arrive.Daniel retombera-t-il dans le cycle de l'amour, qui est la derniere phase du celibat, soit celle du lemming qui se balance en bas de la falaise comme tous ses amis lemmings, prouvant ainsi qu'il n'a rien compris dans la phase 4 ?Pour le decouvrir .et connaitre les quatre autres phases du celibat .lisez Un petit pas pour l'homme ! . LECTURES NOS LECTEURS DU MOIS Sophie Faucher et Jean-François Martin Avant de nous faire connaître, dimanche prochain, l'opinion de Sophie Faucher et de Jean-François Martin sur les déclarations de Marcel Rufo, pédopsychiatre, dans Tout ce que vous ne devriez jamais savoir sur la sexualité de vos enfants (éd.Anne Carrière), Jean Fugère leur fait raconter leur histoire de lecteurs.PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE © Sophie Faucher La reine des casse-tête PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE © Jean-François Martin Sauvé par John Irving JEAN FUGÈRE COLLABORATION SPÉCIALE «J'étais une enfant solitaire, j'étais la reine des casse-tête.On me donnait un sac de pièces de casse-tête et on m'oubliait dans un coin.» On l'imagine mal silencieuse dans un coin, elle qui déplace tellement d'air et de mots dans un même souffle.Cheveux et rires en cascades, c'est une eau vive.Elle est droite, ardente, imprévisible.Elle a un sens inouï de la repartie et sait moduler la langue et sa voix avec un panache qui n'appartient qu'à elle.« Bizarrement, j'ai des souvenirs d'histoires.des tas d'histoires comme Colargol, l'ours qui chante en fa en sol, tous les contes aussi, Blanche-Neige, Cendrillon, Le Petit Poucet et aussi les Fables de la Fontaine.J'écoutais énormément de disques et j'étais sensible aux paroles de chansons.J'aimais les MOTS, j'aimais qu'on me raconte.En fait, j'étais une lectrice paresseuse !» (grand éclat de rire.) Elle qui a incarné si passionnément Frida Kahlo sous l'oeil vigilant et stimulant de Robert Lepage affiche depuis toujours dans ses lectures un faible pour les personnages féminins.« Évidemment.Comme je m'appelle Sophie, j'ai lu Les Malheurs de Sophie.Tous les Comtesse de Ségur, j'adorais ça.J'aimais Sophie, son côté turbulent, je ne suis pas allée jusqu'à me couper les sourcils et faire des histoires comme elle, mais bon, je prenais pour elle.» Le grand bouleversement, ce fut le Journal d'Anne Frank.« Il faut dire que j'ai tenu un journal de 9 à 14 ans tous les jours, explique- t-elle.Pendant cinq ans de ma vie, je lui ai parlé quotidiennement, je pourrais te donner la météo des années 60 ! » Outre le Journal d'Anne Frank, un autre journal intime : La Vie de Etty Hillesum, la vie d'une jeune juive dans un camp de concentration, l'a complètement subjuguée.Tout Colette également, La Prisonnière, de Malika Oufkir, Les Mots pour le dire, de Marie Cardinal « une parole de femme qui m'a éveillée au féminisme, j'ai tout lu d'elle ou presque ».Bien sûr, il y a eu le Journal de Frida Kahlo.« Elle aurait pu être auteure, dit Sophie Faucher.Elle a une plume envoûtante.Je suis une fille de biographies.Les livres qui m'ont le plus bouleversée, ce sont des récits de vie.» Chez elle, tout est lié à la personne.« J'ai lu Marguerite Yourcenar après l'avoir rencontrée à l'île du Mont Désert.J'ai eu cette chance inouïe, à 16 ans.Elle avait des yeux d'un bleu incroyable et durant l'entrevue, comme elle voulait regarder quelqu'un au lieu de regarder la caméra, c'est à moi qu'elle a raconté sa vie.Puis, elle s'est levée et a dit : « Bon, je vais me balader avec Sophie.» Elle m'a même offert de devenir sa dame de compagnie.Après, j'ai lu cette oeuvre puissante, j'ai été impressionnée par toute cette culture, c'était comme être à côté d'un socle qui se déplace.» Commelectrice, Sophie Faucher est bel et bien la reine des casse-tête.Elle se bouleverse pour une Mexicaine, pour le destin d'une Marocaine, elle se sent tchekovienne dans l'âme.Et comme actrice, ça se complique puisqu'elle est une fausse Blanche dans Comment conquérir l'Amérique en une nuit, le film en tournage de Dany Laferrière.Recherche : Marie Sterlin JEAN FUGÈRE COLLABORATION SPÉCIALE «Je lis dans le métro, je suis un lecteur de métro, 20, 25 minutes, chaque fois.Je pars dans mon roman et j'oublie tout.À cause des enfants, c'est le seul moment où je peux vraiment lire.» Jean-François Martin a eu une carrière de lecteur plutôt inusitée.Durant son enfance, hormis les bédés, les livres l'ont peu intéressé : trop longs, trop « plates ».« Ma mère est une grande lectrice mais d'aussi loin que je me souvienne, elle ne me lisait pas de livres.Il faut dire que nous étions neuf enfants.Ce dont je me souviens, ce sont les bandes dessinées : Astérix, Tintin, Achille Talon dont j'aimais le côté débonnaire et les envolées du style : « Je me brosse frénétiquement le nombril avec le pinceau de l'indifférence ! » À l'adolescence, il faudra attendre, la lecture ne le recrute pas encore.« Je m'intéressais beaucoup au cinéma mais je n'avais aucun intérêt pour Bob Morane ou Agatha Christie, qu'on lisait à l'époque.Et puis un jour, catastrophe, pour épater un des mes copains qui était très érudit, j'ai acheté L'Être et le Néant, de Jean-Paul Sartre.Je n'ai jamais pu le lire, c'était trop pour moi et à partir de là, j'ai cru que les livres, il fallait que j'oublie cela.» En fait, le professeur en techniques d'éducation spécialisée au cégep du Vieux- Montréal est non seulement un lecteur tardif mais un rescapé de justesse.« Celui qui m'a sauvé, c'est John Irving.Ahhhh ! Le Monde selon Garp.Là, j'ai reconnu un peu de la verve d'Achille Talon, une façon de jouer aussi avec les mots, les situations, avec des personnages excentriques, particuliers.Et du coup, je suis devenu un lecteur hyperactif.Pas un dévoreur, mais un hyperactif qui, sauf exception, n'achètera pas plus d'un livre du même auteur puisque, telle le veut la ligne de conduite de l'hyperactif, un livre en appelle un autre et on ne peut donc pas s'attarder à un auteur.Ainsi a-t-il aimé UN livre d'Amélie Nothomb (Stupeur et tremblements), UN livre de Gérald Messadié, (L'Homme qui devint Dieu), roman qui lui a donné le goût des romans trempés d'histoire et qui marque aussi un autre tournant.« Là, je me suis à lire en fonction non pas des autres mais de mes intérêts : de plus en plus de livres à caractère historique.Par intérêt, je vais aller vers des essais sociologiques.Par exemple, Jared Diamond, Le Troisième Chimpanzé, c'est sur l'évolution et l'avenir de l'homme.Beaucoup aimé.Ou les trois premiers de Jean Auel, qui sont particulièrement intéressants.Et puis j'ai commencé à m'intéresser à des auteurs québécois.Jusque-là, j'étais plus américain et plus européen.Un roman qui m'a ouvert à la littérature québécoise, c'est celui du romancier Gil Courtemanche (Un dimanche à la piscine à Kigali).À cause du contenu historique, du contenu sociologique, de l'inscription dans la réalité contemporaine.Au moment où paraissent ces lignes, Jean-François Martin et sa conjointe reviennent d'Haïti, où ils sont allés quérir la petite fille qu'ils ont adoptée.Sa conjointe est aussi grande lectrice mais il ne compte absolument pas sur elle pour trouver des suggestions de lecture.« On est vraiment à l'opposé dans nos goûts de lecture.Elle aime beaucoup les romans transgénérationnels, les sagas familiales.Elle va hurler, mais les livres qu'elle m'a donnés en cadeau, je les ai presque tous retournés ! Récemment, pourtant, j'ai aimé un roman de fille, ce dont j'ai un peu honte : La Jeune Fille à la perle, de Tracy Chevalier.Bourré d'émotivité, de sensualité.» Notre lecteur ne se dissocie jamais complètement du professeur.« Quand je lis, je note des phrases, des citations et je mets toujours une pensée au tableau au début de mes cours.C'est une façon de partager ce que je peux lire.Par exemple, celle-là de Monique Proulx : « Un locataire est quelqu'un qui ne se sent responsable de rien dans le lieu où il se trouve.» Les livres qui l'ont marqué récemment : « L'histoire de Pi, de Yann Martel, qui permet de nous questionner sur beaucoup de choses par rapport à ce que nous sommes.» Et, de Sylvain Trudel, Du mercure sous la langue « parce que ça révèle des aspects incroyables de notre propre violence, notre propre agressivité ».Exprimez-vous! Faites-nous connaître votre opinion sur les déclarations faites par le Dr Marcel Rufo lors de son passage au Québec le mois dernier, et que l'on peut aussi trouver dans son essai intitulé Tout ce que vous ne devriez jamais savoir sur la sexualité de vos enfants.Vous trouverez sur www.cyberpresse.ca/arts, à la rubrique Club de lecture, l'entrevue que le Dr Rufo a accordée à notre journaliste Lilianne Lacroix de même que l'article de Jean Fugère sur ce psychiatre controversé.Vous pouvez réagir à ces articles ou au livre luimême, publié aux éditions Anne Carrière.Envoyez-nous vos commentaires à clubdelecture@ lapresse.ca La meilleure lettre vaudra à son auteur un bon d'achat de 200 $ en livres dans les librairies de la chaîne Renaud-Bray.RAPPEL : Jean Fugère vous invite à venir discuter du livre et des idées du Dr Rufo avec le « bon docteur » Jean-François Chicoine, la sexologue Jocelyne Robert et l'auteure et animatrice Denise Bombardier, le dimanche 22 février, 15 h 30, à la librairie Champigny, 4380, rue Saint-Denis.P R É S E N T E THÉÂTRE ST-DENIS www.tel-spec.com 514.790.1111 140 . LECTURES DAVID HOMEL COLLABORATION SPECIALE Les livres peuvent connaitre plusieurs vies, s'ils sont chanceux.Les titres oublies d'un ecrivain peuvent beneficier d'un nouveau lancement si leur auteur devient subitement celebre.Apres le succes du Monde selon Garp de John Irving, les premiers romans de cet auteur, completement negliges par la critique, sont revenus sur les rayons des librairies, ou on les a decouverts, comme pour la premiere fois.Chose etrange, le destin des livres.Parfois, la traduction redonne vie a un livre.C'est le cas de deux parutions recentes.Avec Journal de Cabbagetown, le regrette Juan Butler, le revolte de Toronto, revit.Et les aventures frontalieres de l'Americain Toby Olson nous reviennent apres une tres longue absence aussi.Voila deux nouveautes qui ont deja eu des carrieres dans d'autres pays, ailleurs, au passe, dans d'autres langues.Juan Butler a vecu sa vie, semble- t-il, avec un seul but : souiller la reputation de Toronto, qui etait blanche comme neige.Toronto the Good, disait-on, Toronto la vertueuse.Ah, oui ?Promenons-nous plutot du cote d'Allan Gardens, dans le Cabbagetown.Le Cabbagetown, ou le quartier des choux, fut ainsi nomme pour rendre un hommage ironique aux immigrants irlandais qui y avaient fait leur nid au 19e siecle.Ce nid etait tout sauf douillet.Aujourd'hui encore, c'est un coin de tavernes, de prostitute(e)s, et de maisons de chambres qu'on incendie.Malgre les efforts des vendeurs de reves de gentrification, le quartier reste fidele a l'image qu'en fait Juan Butler.Et qui etait Juan Butler ?Ne en Angleterre, il est arrive a Toronto a l'age de 6 ans.Disons que ce n'etait pas le genre d'individu qu'Immigration Canada aurait choisi.Avant de se donner la mort dans un asile psychiatrique a 37 ans, il a eu le temps d'ecrire Journal de Cabbagetown, et une autre (L'Eboueur).Son Journal, publie en 1969, donne la parole a Michael, un vaurien urbain, barman a ses heures, grand observateur des bas-fonds d'Allan Gardens.Michael se contente de peu.Quand il n'a pas les sous pour se payer une biere, il se rend dans un bar gai, ou il se procure de l'alcool gratis, et une fellation, au meme prix.Ce n'est pas le cas de son ami George.Plus ambitieux, George a pour but la prise et la destruction par la dynamite de l'hotel de ville de Toronto.Grand lecteur du petit livre du parfait terroriste urbain, George sait fabriquer des cocktails Molotov et des bombes incendiaires.Mais la Republique libre de Cabbagetown ne verra jamais le jour, faute de discipline.Les clochards font rarement de bons revolutionnaires.Il y a Terry aussi, la blonde de Michael.La femme ideale, facile a combler, car ce qu'elle cherche d'un homme, c'est un toit pour la nuit, et s'il y a de la tendresse, elle est en prime.Bien traduit en francais, ce Journal se place solidement du cote de ses personnages, des hommes et des femmes marginaux, au sens noble du terme.La Frontera Le Mexique a toujours joue un role particulier dans l'imagination des Americains.Pays sans loi, terre de violence, c'est la que l'on va pour se mettre a l'epreuve, c'est la que l'on va pour s'echapper a la fois de la bienseance et de la police.Toby Olson met ce Mexique en scene dans La Femme qui echappa a la honte (en librairie le 24 fevrier).Le Mexique est plutot mythique dans ce roman ; on ne trouve pas plus de vrais Mexicains dans ce livre qu'on trouve de Vietnamiens dans le film Apocalypse Now.Le pays n'est qu'une scene ou quelques Americains jouent leurs drames de violence et d'obsession.Toby Olson est aussi l'auteur de Seaview, un roman sur le golf, un sport bien champetre, mais l'ambiance est loin d'etre paisible dans La Femme qui echappa a la honte.La honte, c'est d'avoir ete droguee, et ensuite forcee de participer a un film pornographique.Voila le sort de Mary Grace, un nom au lourd symbolisme, compagne de voyage du heros, Paul Corbs, qui est aussi froid que les instruments chirurgicaux qu'il vend.Dans la scene cle du roman, Corbs est temoin du viol de Mary Grace par un ane.Il se rendait compte que l'ane etait egalement brutalise , ecrit Olson.Cette observation, quoique originale, repousserait avec raison certains lecteurs.Le livre met en scene l'industrie de la porno, mais les aventures ne s'arretent pas la.Paul va croiser des chevaux aux sabots incrustes de pierres precieuses ; apres le Mexique, le cheval est le veritable personnage principal du roman.Le heros va rencontrer des bandits mexicains, moins corrompus, il est vrai, que les rois de la porno americains.Mais comme dans tous les road novels, Paul Corbs va rencontrer ses propres limites.Certains lecteurs le suivront, d'autres, non.FFF JOURNAL DE CABBAGETOWN Juan Butler, traduit de l'anglais par Michel Albert Triptyque, 262 pages FFF LA FEMME QUI ECHAPPA A LA HONTE Toby Olson, traduit de l'anglais par Bernard Hoepffner Le Serpent a Plumes, 388 pages LITTERATURE DU VOISIN Des voix lointaines Parfois, la traduction redonne vie a un livre.Avec Journal de Cabbagetown, le regrette Juan Butler, revit.Et avec La Femme qui echappa a la honte les aventures de l'Americain Toby Olson nous reviennent.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll LITTERATURE FRANCAISE Monsieur l'abbe litteraire qui frequentait le beau monde JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPECIALE Salut, l'abbe! disaient les aristos du boulevard Saint-Germain, a Paris, au debut du siecle, en accueillant dans leurs Salons (en majuscules, bien sur.) un pretre a la soutane elimee, aux taches de sauce, au rabat vieilli, aux gros souliers de campagne, a la tete hirsute sous le chapeau a trois pointes datant du siecle precedent, aux grosses lunettes rondes qui cachaient une myopie tenace (on lui avait predit qu'il deviendrait aveugle), a l'air renfrogne, fatigue par les multiples confessions du Tout-Paris.Mais attendu comme la vedette qu'il etait.C'etait l'abbe Mugnier.Un campagnard correzien (a l'epoque, la Correze est au bout du monde en tournant a droite derriere la grange) qui devint la coqueluche des salons parisiens.Un pretre mis au ban de ses pairs qui le jalousaient sans doute d'etre le pasteur bienveillant, et l'invite de toutes les familles, d'une singuliere paroisse : celle des gens de lettres.Sa passion, c'etait l'art, la litterature et les ecrivains.Il les frequentait tous, riches ou pauvres, celebres ou non, avec une predilection pour certains comme son ami Huysmans, ou George Sand qu'il avait admiree, ou Chateaubriand qu'il lisait et relisait sans cesse, ou encore son ami Leautaud qui (chose rare, l'on s'en doute si l'on connait le tres repute raleur) lui rendait sa sympathie avec une vacherie : C'est un homme de theatre dans la debine.Il ne ratait pas une soiree, un repas, une confession, une conference chez les grands bourgeois.Il devint un observateur, un commentateur dont on se repetait les bons mots, les jugements parfois comiques et peu catholiques (par exemple sur Claudel ou Mauriac).L'abbe Mugnier, c'etait quelqu'un.Confesseur des dames du monde, Madame de Noailles, la princesse Jeanne Bibesco, la comtesse Greffulhe (qui servit de modele a Proust pour creer la duchesse de Guermantes), Judith Gautier (la fille de Theophile, qui devint la maitresse de Wagner ; l'abbe aima beaucoup Wagner.) Il faudrait les nommer toutes, et tous.Nous allons les trouver dans le Journal.Car Mugnier tenait un journal, que l'on avait publie naguere, introuvable, et que l'on vient de reediter au Mercure de France.C'est une magnifique histoire de la litterature et de l'art de la fin du siecle et du debut du suivant, de 1879 a 1939.A cheval sur deux siecles, Mugnier nous relate ce qu'il a vu, ceux qu'il a frequentes, ceux qui ont compte pour quelque chose.Et il n'est jamais dupe, de rien ni de personne.Il faut le lire aux funerailles de Victor Hugo (effare), il faut le lire au moment de l'affaire Dreyfus (horrifie), a la creation de l'Academie Goncourt (dubitatif) pour devenir comme lui un observateur a la fois amoureux et detache d'un monde auquel il se sentait le seul homme d'eglise interesse.Il ecrit en 1880 : Nous pretres, nous clerge, nous Eglise, nous sommes bien en dehors de tout ce qui se fait, dans la societe, de litteraire et de poetique et d'artistique.Autrefois les peintres et les sculpteurs invoquaient le patronage des cardinaux et des papes.Aujourd'hui quel est l'eveque, quel est le pretre qui patronne ouvertement, publiquement, officiellement les beauxarts ?Mais quel monde, que celui de cette epoque ! .Un monde ou l'on ne parlait jamais du temps qu'il fait, ni du sport ni de la chanson ni des faits divers ni des maladies, mais souvent, toujours, de litterature, de musique, de peinture, de philosophie et d'idees parfois, pas souvent de cul, ce qui n'empechait pas les sentiments, et bref, un monde que l'on se prend a regretter avec une nostalgie un peu coupable.Il faut voir evoluer l'abbe Mugnier parmi les celebrites, ou sans elles.A l'enterrement de Verlaine, a l'acquittement de Dreyfus, a la mort de Zola, et naturellement durant les malheurs de la guerre qu'on appela la Grande Guerre et qui fut si petite d'esprit.Il faut le suivre lors de la separation de l'Eglise et de l'Etat, pour savoir que la naissance de la Republique moderne ne lui procura aucun des frissons ni des peurs qui saisirent le clerge de son temps.Le monde de l'Abbe Mugnier est mort, et enterre, et paix a ses cendres.Son amour de l'art et des lettres est immortel.A 86 ans, il dit Si je devais revivre ma vie, je la revivrais avec plus d'enthousiasme encore .L'heureux homme.FFF JOURNAL DE L'ABBE MUGNIER, 1879-1939 Le temps retrouve, Mercure de France, Paris 640 pages en format de poche JEUNESSE SONIA SARFATI Jouant au jamais-deux-sanstrois, Dominique Demers et Stephane Poulin unissent de nouveau leurs talents et presentent, apres Vieux Thomas et la petite fee et Annabel et la Bete, un nouvel album tout de beaute, de gravite et de profondeur : L'Oiseau des sables.Apres un drame comme l'enfance en pourvoit en quantite (le vol d'une bille preferee), un garcon marche avec son pere sur une plage.Moment de consolation.La, ils trouvent un coquillage duquel s'echappent cinq oiseaux de pierre.Minuscules.Charges de mystere.Chacun d'eux pourra exaucer un de tes voeux , dit l'homme a l'enfant.Qui lance immediatement le premier a l'eau et souhaite retrouver ses billes.Il les retrouvera.La magie fonctionne.Il ne la gaspillera pas.Elle l'aidera a surmonter la mort de son pere, a epouser celle qu'il aime.Mais viendra le jour d'un choix dechirant, alors qu'il n'y aura plus qu'un oiseau de sable dans la paume de sa main.Un album puissant dont le coeur bat au rythme d'une relation pere-fils bellement rendue et ou, comme dans les deux livres precedents du tandem, la mer est tres presente.Donc, dans les toiles de Stephane Poulin.Cette mer qu'il sait faire danser.Dont il anime avec grandeur la force, les coleres, les fremissements et le souffle apaisant.Un album comme un grand grand lit ou se laisser bercer.Petit Bonhomme devient grand Gilles Tibo, l'homme qui ecrit plus vite que son imprimante et publie plus vite que son ombre, dit-on, se lance dans des aventures litteraires aussi riches que diversifiees.Celle du Petit Bonhomme n'est pas le moindre des defis qu'il s'est lances : melant le quotidien a la philosophie (oui, oui !), la tendresse a l'humour, la fantaisie petillante au documentaire (re-oui, oui !), la serie joliment illustree par Marie-Claude Favreau raconte les mots, les chiffres, les musiques et, depuis quelques semaines, les images.Rien de moins.et meme un peu plus puisque, chaque fois, une personnalite pertinente signe l'introduction : Sol pour Les mots du Petit Bonhomme, la meteorologue Eve Christian pour Les Chiffres du Petit Bonhomme, Angele Dubeau pour Les Musiques du Petit Bonhomme et le producteur Rock Demers pour Les Images du Petit Bonhomme.Et parler des images, quand on s'appelle Gilles Tibo, c'est parler des images qui bougent et de celles qui ne bougent pas ; des critiques et des graffitis, des affiches et des symboles, des albums et de la caricature, des tatouages et des images sacrees, de la tele et du cinema, des reves et du miroir.mais aussi du monde sans images qu'est celui des aveugles.Tout cela, en moins de 50 pages et a l'attention des.petits bonshommes.Un tour de force ?Surement meme si, a cette lecture, on sent le plaisir .et non la souffrance .d'un createur qui aime les defis.La encore, il ne manque pas d'inspiration pour s'en lancer.FFFF L'OISEAU DES SABLES Dominique Demers (illustrations de Stephane Poulin) Dominique et compagnie, 36 pages (des 5 ans) FFF1.2 LES IMAGES DU PETIT BONHOMME Gilles Tibo (illustrations de Marie-Claude Favreau) Quebec Amerique Jeunesse, 47 pages (des 6 ans) Jamais deux sans trois BLOC-NOTES Quinzaine Jacques Ferron Jusqu'au 24 fevrier, la petite ville de L'Assomption est l'hote de la Quinzaine Jacques Ferron.Au programme : une exposition des oeuvres et manuscrits relatifs a Jacques Ferron ; la projection du film : Le Cabinet du docteur Ferron, de Jean-Daniel Lafond ; une lecture des lettres de Ferron, des conferences et des debats.Pour en savoir plus : www.ecrivain.net/ferron Studios litteraires Depuis le mois de janvier, le Studio- theatre de la Place des Arts presente ses Studios litteraires, une serie de spectacles ou la litterature est a l'honneur.Apres le recital de poesie donne par le comedien Jean Dalmain, et le spectacle de Lou Babin chantant des textes de Michel X.Cote, le public est invite, le 25 fevrier prochain, a aller entendre Dernieres lettres de Stalingrad, une lecture- spectacle signee Marie-Louise Leblanc, ou les comediens Francoise Faucher, Christian Begin, Claude Gagnon, Marcel Pomerlo et Denis Trudel liront d'authentiques lettres de soldats allemands saisies par Hitler, puis classees dans des archives.Billetterie : (514) 842-2112 / 1 866 842-2112 www.pda.qc.ca . LECTURES PSYCHO POP JEUNESSE Gare aux pervers Les meteorites en deux lecons faciles MARIE-ANDREE AMIOT Novembre a ete un mois formidable pour les astronomes amateurs friands de details croustillants sur notre firmament.Alors que la television de la CBC presentait un long documentaire fascinant sur les asteroides, la maison d'edition Multi Mondes lancait un rare livre pour jeunes sur les meteorites.Coincidence, evidemment car Guillaume et la meteorite, de la journaliste de La Presse Carole Thibaudeau, etait en gestation depuis huit ans.Son ouvrage est un outil fort interessant pour les amateurs de roches volantes pouvant s'abattre sur nos tetes a tout moment.Le roman / ouvrage scientifique / manuel pedagogique sur les meteorites aurait pu etre bien aride.Presque autant que les crateres et les impactites dont il est amplement question.Mais l'auteur a choisi de mettre en vedette un enfant de 10 ans qui decouvre une meteorite tombee sur le terrain voisin de son oncle et de sa tante.Le personnage de Guillaume est inspire d'une anecdote vecue par un jeune garcon qui se trouvait a Saint-Robert en juin 1994 quand s'est abattue une pluie meteoritique dans un rang pres de Sorel, a une soixantaine de kilometres de Montreal.Les aventures de Guillaume et de sa tribu (y compris sa tante, journaliste a La Presse, tiens, tiens) adoucissent la lecture et facilitent la transmission d'informations didactiques.Les details scientifiques ne manquent pas : sous la forme de capsules et d'exergues, on y apprend tout et meme davantage sur les meteorites, sujet qui fascine bon nombre d'enfants et d'adultes.L'auteure a pris soin d'enrober les informations scientifiques de mystere et d'un brin d'aventure.Quand Guillaume perd son fragment de meteorite precieuse, il est convaincu qu'il a ete victime de vol.Un des inquietants personnages scientifiques qui rodent autour du champ chanceux lui aurait-il emprunte sa meteorite ?On a hate d'en savoir davantage et les notions d'astronomie passent tout doucement ! Seul bemol sur ce manuel a offrir aux jeunes scientifiques de 10 a 15 ans passionnes par les espaces sideraux : les dessins, qui n'inspirent pas a la lecture.On a plutot l'impression d'etre tombes dans une aventure de Martin le Malin, circa 1958.Dommage.Alors que le choix des graphiques et des photos est judicieux, les dessins sont pas rapport, comme dirait Guillaume.FFFF GUILLAUME ET LA METEORITE Carole Thibodeau Editions Multi Mondes.Pour les 10 a 15 ans.LILIANNE LACROIX Elle-meme y a goute et c'est en toute connaissance de cause qu'elle lance a ses congeneres, sous forme de quelques centaines de pages, ce cri d'alarme : Gardez-vous d'aimer un pervers.Formee en psychologie sociale et en psychopathologie apres avoir tate de la philosophie et du droit, Veronique Moraldi nous presente, dans la foulee de Les Manipulateurs sont parmi nous, d'Isabelle Nazare-Aga, et du Harcelement moral, de Marie-France Hirigoyen, un ouvrage didactique mais aussi visceral, empreint a la fois de connaissances professionnelles et de beaucoup, beaucoup d'experiences personnelles.C'est la sa particularite et son charme.En le lisant, celles qui vivent ou ont vecu, elles aussi, sous l'emprise d'un pervers reconnaitront surement l'ame soeur.Ainsi, quand elle parle de l'habilete machiavelique du pervers a vous faire endosser ses propres fautes, a projeter ses travers sur l'autre, quand elle vous le presente depouillant sa compagne, la vampirisant puis lui reproche d'etre sans interet, quand elle traite sa victime de gourde, vous comprenez qu'elle vous raconte sa vie.Elle ne donne pas des exemples, elle donne son exemple.Le pervers, semble-t-il, elle l'a beaucoup pratique et en est encore marquee.L'arme favorite du pervers, ce sont les mots.Il maitrise a la perfection l'art de faire des reproches , dit-elle en precisant : Il dit, par exemple : C'est le bordel chez toi !, alors qu'il est egalement chez lui.S'il est habile, il vous isolera totalement ou persuadera vos proches et connaissances que c'est vous le probleme.Et quand vous n'en pourrez plus et que vous eclaterez, le pervers vous reprochera de vous livrer aux extremites auxquelles il vous a acculee .Le pervers, ce parasite , Mme Moraldi le decortique : Il est vide interieurement ; il n'a aucune passion pour rien.C'est pourquoi vivre avec lui finit par etre aussi ennuyeux qu'epuisant.S'il est attentif aux plus petits indices qui peuvent travailler a ses interets, c'est aussi un maniaque qui vous pourrit la vie avec des details insignifiants.Si vous croyez que vous le changerez ou qu'il appreciera votre patience et votre amour desinteresse et sans bornes, detrompez-vous : Il fait payer tres cher tout ce qu'il recoit, dit l'auteur, il ne veut avoir aucune dette morale.Quand vous aurez compris que trop de gentillesse est une provocation insupportable, vous serez sur la voie du salut ! Car, dit-elle, il n'y a guere de solutions pour echapper au pervers qui reve de vous detruire a petit feu.Si la loi peut le tenir en respect quelque temps pour lui faire payer une pension alimentaire par exemple (car il ne veut jamais etre pris en defaut officiellement), la seule veritable cle est dans la fuite.Meme si vous trouvez le courage de vous liberer de son emprise, ne vous inquietez surtout pas pour lui : Le pervers a horreur du vide, le sien.Ainsi, il n'est jamais entre deux femmes, il a toujours prevu la suivante.Quant a vous, apprenez a reconnaitre les mecanismes qui vous ont designee comme une proie et sachez identifier le prochain rapace qui se presentera.Par solidarite feminine et en souvenir de son pervers, Mme Moraldi ne demande qu'a vous y aider.Le nouveau couple Etes-vous fusionnel, du genre a laisser tomber tous vos amis des que vous tombez amoureux, ou etes-vous plutot solitaire et craintif a l'idee que l'amour puisse vous arracher une parcelle de votre precieuse liberte ?Etes-vous branche uniquement sur le rationnel au detriment de tout ce qui est emotionnel ou vibrez-vous sans cesse comme une corde de violon ?Est-ce que vous recherchez toujours un amoureux, une amoureuse qui pourrait combler vos besoins et panser vos blessures ?Si votre couple traine la patte, rien ne sert de vouloir changer votre partenaire car tout desequilibre dans une relation amoureuse doit d'abord etre interprete comme le signe d'un malaise existant en soi .Titulaire d'une maitrise en sexologie, conferenciere et therapeute apres avoir enseigne a l'UQAM, l'auteure Claire Reid vous invite a sortir de tous ces pieges, a eliminer ces images de l'ancien couple impuissant a repondre a nos attentes amoureuses pour vous preparer a former le nouveau couple constitue de deux personnes responsables qui choisissent le couple comme laboratoire d'experimentation dans leur processus de transformation personnelle .Plutot que de chercher a se completer a travers les forces de l'autre (plutot que d'essayer de transformer l'autre), chacun enclenche alors le processus de se completer lui-meme.Ce n'est plus le voyage vers l'autre, c'est le cheminement a deux vers un meme but : la realisation de soi.A cause de leurs differences respectives, les partenaires acceptent d'apprendre de l'autre et aussi de l'alimenter en decouvertes et en enseignements.Selon la sexologue, c'est d'abord a cette quete interieure et quasi spirituelle qu'il faut nous livrer en travaillant a marier en nous les polarites feminine et masculine, l'Homme interieur et la Femme interieure, qui nous habitent tous.Et quand on choisit de le faire a deux, parallelement, en s'enrichissant mutuellement de nos experiences et de nos personnalites, c'est ca, le nouveau couple.Le mariage interieur d'abord puis l'union exterieure pour poursuivre et completer le cheminement.Deux mariages en un, quoi ! Une grosse commande ! Mais qui peut reussir, nous assure l'auteur, pour une raison bien simple : La meilleure garantie que je possede de vivre une relation harmonieuse et equilibree, c'est le choix que je fais d'etre la, pour moi.FFF1.2 GARDEZ-VOUS D'AIMER UN PERVERS Veronique Moraldi Editions de l'Homme, 275 pages FFF1.2 ETES-VOUS FUSIONNEL OU SOLITAIRE ?Claire Reid Editions Louise Courteau, 215 pages Etes-vous fusionnel, du genre a laisser tomber tous vos amis des que vous tombez amoureux ou etes-vous plutot solitaire et craintif a l'idee que l'amour puisse vous arracher une parcelle de votre precieuse liberte ?3205955A RECIT Simenon, son ami MARIO ROY Combien d' amis George Simenon a-t-il eus de par le monde, au faite de sa gloire .laquelle s'etendit, de son vivant, sur trois ou quatre decennies ?Quelques centaines?Quelques milliers?En tout etat de cause, l'auteur quebecois Pierre Caron dit faire partie de ceux-la.Et il signe precisement Mon ami Simenon, sorte de recit des relations qu'il a eues avec le geant belge de la litterature, c'est-a-dire une correspondance a la fois sporadique et souvent lapidaire, ainsi qu'une rencontre qui fut certainement memorable.Caron dit savoir que, age, malade, Simenon aurait decide lui-meme de l'heure de sa mort.Ce qui n'est pas impossible, certes.Mais n'est ni prouve, ni d'un interet incommensurable, au regard de tous les aspects autrement fascinants de celui que plusieurs considerent comme le plus grand .et veritable.romancier du XXe siecle.Cela dit, Mon ami Simenon contient de fort belles pages, dues essentiellement a l'amour passionne que Caron voue a George Simenon, bien entendu, ainsi qu'a la litterature en general.Un gout effrene, dit-il, avant de savoir vraiment ce que c'est, sinon qu'elle ouvre la voie vers un monde infini, accessible et sans cesse renouvele, et que c'est le meilleur moyen de s'isoler sans se reduire a la solitude .FF1.2 MON AMI SIMENON, Pierre Caron, VLB editeur, Montreal, 2003, 230 pages.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE c Georges Simenon 3183850A LA PERSONNALITÉ DE LA SEMAINE ENCORE PLUS QUE DU TALENT, DE L'INTELLIGENCE, MÊME DU GÉNIE, L'EXCELLENCE NAÎT DE L'EFFORT ALCAN Maître international d'échecs à 16ans, un exploit que seuls huit des plus grands joueurs du monde ont réussi avant lui, Thomas est en route pour une brillante carrière internationale.PHOTOSMARTIN TREMBLAY LA PRESSE © JEAN-PAUL SOULIÉ homas Roussel-Roozmon joue aux échecs depuis l'âge de 5 ans.Àla veille de ses 16 ans, il s'est offert un beau cadeau : il a conquis le titre de maître international, un exploit que seulement huit des plus grands joueurs d'échecs au monde avaient réussi avant lui.Le jeune Lavallois a fait sa troisième «norme» au tournoi Avenir 5 de Montréal, le6janvierdernier.Lesdeuxpremiers tournois qui lui avaient permis de se qualifier pour le titre avaient eu lieu à Guelph, en Ontario, en août dernier, et à Villeurbanne, en France.Aujourd'hui, Thomas Roussel-Roozman est dans l'avion d'Aeroflot qui l'emmène à Moscou, où il va disputer un important tournoi.La Presse souhaite un fructueux séjour en Russie au jeune maître international Thomas Roussel-Roozmon et le nomme Personnalité de la semaine.Dans le monde des échecs au Québec et au Canada, la carrière fulgurante de Thomas Roussel-Roozmon passionne tout le monde.La coordonnatrice de l'Association Échecs et Mat, Maria Manuri, le décrit comme «un petit génie qui va très vite, un enfant dont la vie était trop facile à l'école, et qui apprend seul».Son père, informaticien et joueur d'échecs amateur, lui a appris les règles du jeu quand il avait 5 ans.À 9 ans, trop fort pour sonâge, Thomasparticipaitàdestournois avec des adultes, mais il y avait un certain blocage, pense Maria Manuri.«Sans doute impressionné, il cherchait la nulle.» Sa mère se souvient de cette époque: «Il arrivait à peine au niveau des tables, dit-elle en riant.Il s'agenouillait sur les chaises pour être à la hauteur.Onm'avait conseillé de lui donner un coussin, mais il n'en a jamais voulu.» Pour Yves Casaubon, arbitre international d'échecs, la progression de la cote de Thomas depuis six ou sept mois est extraordinaire.«Entreseptembre 2003 et janvier 2004, Thomas a fait un saut de 150 points.Il se rapproche très rapidement de Pascal Charbonneau, qui étudie la fiscalité dans une université du Maryland, véritable repaire de grands joueurs d'échecs.Il n'est pas loin non plus de Lesiège, grand maître international.» «Grand maître international, c'est mon prochain objectif», affirme calmement Thomas Roussel-Roozmon.Dans combien de temps?«Je me donne deux ou trois ans pour y arriver.Actuellement il y en a un seul au Canada, c'est Lesiège.Je l'ai rencontré plusieurs fois.J'ai fait plusieurs nulles avec lui, mais je n'ai gagné que dans des parties rapides.» Thomas n'a pas d'entraîneur, pas de professeur.«Peu sont meilleurs que moi», dit-il simplement.Il travaille seul, analyse des parties, étudie et joue avec des programmes d'ordinateurs.Il passe quatre heures par jour en moyenne à étudier les échecs.«En ce moment je termine ma cinquième secondaire.J'ai sauté une année, mais j'ai encore une moyenne de 97%.Mes professeurs me laissent beaucoup de temps pour aller disputer des tournois.Je vais continuer au cégep en sciences pures et en sciences de la nature, mais je ne sais pas encore dans quoi je pourrais étudier ensuite.Jeveux fairemavie avecmapassion, les échecs.C'est assez difficile, parce qu'il n'y a pas assez de bons joueurs, ici.Il faudrait que je sois en Europe ou en Russie: ils ont plus de 100 maîtres internationaux.» Faire sa vie avec les échecs, c'est étudier beaucoup et c'est aussi voyager.Thomas est allé trois fois en France, deux fois en Angleterre, une fois en Suisse, en Californie et dans la plupart des villes canadiennes.Tout ça coûte cher.Sa mère fait des campagnes de financement pour lui, et Thomas joue des parties simultanées pour ramasser des sous.Ses trois petites soeurs l'encouragent, elles ont 12, 10 et 7 ans.«La plus jeune est la seule qui aime jouer aux échecs, mais toutes les trois sont fières de moi.Elles s'ennuient quand je suis loin de la maison, mais elles aimeraient bien voyager elles aussi.» En dehors des échec, lui, ses trois soeurs et leur maman font du karaté trois fois par semaine, tous ensemble.Àl'école Curé-Antoine-Labelle, la plupart de ses copains sont fiers de lui, d'autres sont un peu jaloux.Mais il se fait aussi des amis avec les échecs, même s'il joue contre des gens plus vieux que lui.«Ils ne sont pas de mon âge, mais quand on joue aux échecs, il y a tellement de choses à analyser et à se raconter sur nos parties, sur celles des autres, sur les rencontre des grands champions, que la différence d'âge importe peu.Nous avons tous la même passion.» Thomas Roussel-Roozmon «Grand maître international, c'est mon prochain objectif.Jeme donne deux ou trois ans pour y arriver.Actuellement il y en a un seul au Canada, c'est Lesiège.Je l'ai rencontré plusieurs fois.J'ai fait plusieurs nulles avec lui, mais je n'ai gagné que dans des parties rapides.» "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.